Orientation scolaire au Maroc : enjeux et défis
Orientation scolaire au Maroc : enjeux et défis
"L’orientation n’est pas une science, c’est l’art de naviguer dans le brouillard des
possibles."
— André Malraux
Choisir sa voie, ce n’est pas remplir un formulaire. C’est un chantier intime où se croisent les
héritages familiaux, les rêves secrets, les peurs sociales et les promesses d’un avenir incertain. Au
Maroc, cette décision prend une résonance particulière : entre traditions séculaires, héritage
colonial et frénésie numérique, comment la jeunesse trace-t-elle sa route ?
Ce mémoire est l’aboutissement d’une quête : comprendre ce qui se joue vraiment quand un
étudiant marocain choisit sa filière. Pour y parvenir, nous avons emprunté un chemin exigeant :
- Plonger dans les strates de l’Histoire (Partie théorique) : Retracer les métamorphoses de
l’orientation scolaire, des CDO coloniaux (1946) aux réformes ambitieuses du Pacte ESRI 2030.
Un récit qui révèle une tension constante entre logique administrative et aspirations humaines.
- Donner la parole aux invisibles (Partie pratique) : À travers une recherche qualitative
approfondie – 24 entretiens semi-directifs avec des étudiants de l’ENCG Casablanca –, capter ces
confidences où se mêlent passion, résignation et révolte.
Dans le but de répondre à notre question de recherche nous avons choisi l’approche qualitative.
Cette dernière n’est pas un outil : c’est un stéthoscope posé sur le cœur battant d’une génération.
Elle exige humilité, écoute active et volonté de se laisser surprendre – loin des cases préformatées
des sondages. Vous tenez entre vos mains le journal de bord de cette exploration. Ni manifeste,
ni mode d’emploi, mais une cartographie des âmes en transit – entre héritages du passé et vertiges
de l’avenir.
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Partie théorique
Introduction de la partie
Quand nous parlons d’orientation, nous croyons souvent naviguer un choix personnel… mais nos
deux chapitres racontent une tout autre histoire. Celle d’un parcours tissé de fils invisibles :
l’héritage colonial et les pressions sociales qui pèsent encore aujourd’hui sur les choix des
étudiants. Entre les réformes politiques qui ont voulu faire de l’école un ascenseur social, et les
réalités tenaces du genre, de l’argent… une évidence s’impose : l’orientation n’est jamais neutre.
Elle est le miroir de nos combats intimes – entre passion et sécurité – comme de nos fractures
collectives.
D’un côté, le poids de l’histoire : comment le Maroc, depuis l’époque coloniale où l’orientation
servait à former une main-d’œuvre docile (CDO des années 1940), a patiemment bâti un système
– entre réformes ambitieuses (Charte 2000, Pacte ESRI 2030) et espoirs déçus. De l’autre, la force
des invisibles : ces facteurs sociaux (genre, argent, origine géographique) qui, comme l’ont montré
Erb, Liu ou Dubet, tirent les ficelles de nos choix bien plus qu’on ne l’imagine.
Entre les deux, une question lancinante : Comment transformer un outil de tri administratif en un
vrai levier d’émancipation ? C’est cette tension – entre héritage politique et réalité humaine – que
nous explorons ici. Parce qu’au fond, chaque parcours d’orientation raconte une histoire bien plus
grande que lui : celle d’un pays qui cherche sa voie… et d’une jeunesse qui tente de trouver la
sienne.
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Chapitre 1: L'Orientation Scolaire et Professionnelle au Maroc :
Fondements, Évolution et Défis Institutionnels
Introduction du chapitre
L’orientation est un processus complexe, intimement lié à notre épanouissement et à notre place
dans la société. Dans ce chapitre, nous plongeons dans l’évolution de l’orientation scolaire et
professionnelle au Maroc. En partant des définitions théoriques – comme celles de Bennett ou
Tshisuabantu Yamba qui en soulignent l’aspect continu et adaptatif – jusqu’aux réformes politiques
concrètes. De la période coloniale, où l’orientation servait avant tout des intérêts économiques, aux
récentes lois comme le projet 59.21, toute une histoire qui se déploie… et qui révèle les défis
permanents entre les ambitions éducatives et la réalité du terrain.
Huteau (2007) distingue entre l’orientation scolaire et professionnelle. Il souligne que l’orientation
professionnelle prépare à l’insertion professionnelle. En revanche, l’orientation scolaire s’intéresse
à la formation générale avec des filières très similaires et peu différenciées au niveau du
contenu.D’un autre point de vue, l'orientation scolaire est définie comme «l’ensemble des
processus psychologiques, psychosociaux et sociaux qui font que les jeunes scolarisés sont affectés
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à certaines filières de formation plutôt qu’à d’autres» (Huteau,2007). Bennet (1938) confirme ces
propos en affirmant que l'orientation n’est pas un simple événement qui peut être réduit dans une
journée ou semaine. Elle concerne plutôt un processus continu et itératif.
Les auteurs Bennet (1996) et Tshisuabantu Yamba (2019) affirment que l’orientation est un
processus d’ajustement ou d’adaptation à un environnement nouveau, un contexte, une mœurs ou
un corpus d’idées. Cette notion est particulièrement mise en lumière dans le cadre de
l’enseignement supérieur, dans la mesure où elle doit aider l’étudiant à faire le lien entre sa
formation académique et sa vie professionnelle future. En d’autres termes, l’orientation permet à
l’élève d’effectuer un choix de spécialité en adéquation avec ses projets professionnels et les
métiers correspondants qu’il souhaite occuper sur le marché du travail. Par conséquent, nous
comprenons l’importance de l’orientation dans l’insertion professionnelle dans la mesure où son
rôle consiste à aider à orienter les élèves dans les formations ou filières qui semblent les mieux
correspondre à leurs compétences et aspirations.
L’orientation n’est pas vue comme un événement à un moment donné, mais comme un processus
dynamique qui s’adapte à la trajectoire de chaque élève en fonction de ses besoins et compétences
particulières au fur et à mesure qu’elle évolue durant la scolarité de chaque élève (Bennet, 1938).Le
rôle de l’orientation est d’amener l’individu à se réaliser dans la sphère personnelle mais aussi
professionnelle. A cette fin, elle cherche à l’aider à s’adapter au contexte tant scolaire que
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professionnel, ici considéré comme un système reliant également ses relations sociales et
affectives, afin qu’il puisse exploiter dans une sorte de continuité des potentialités physiques,
intellectuelles et émotionnelles. L’orientation a pour finalité d’orienter les étudiants dans des voies
en vue d’une place dans la société en fonction de leur talent.
L’auteur indique qu’après l’indépendance, le Maroc se trouva devant le challenge d’une demande
croissante de l’enseignement avec peu de ressources humaines compétentes. La solution résida
dans l’investissement massif dans le secteur pour développer les compétences. La première étape
prise par le gouvernement était de généraliser l’offre éducative primaire. Cette ère connut la mise
en place de plusieurs institutions comme : Le Bureau de documentation en 1959 comme instance
de contrôle des CDO, le Centre de Formation en Orientation et en Planification de l'Éducation
(CEFOPE) pour former les premiers conseillers d’orientation en 1961 qui a été renommé Centre
d’Orientation et Planification de l’Éducation (COPE) en 1982, reflétant une amélioration de l’offre
de la formation.
En 1987, l’orientation a connu des changements majeurs notamment avec la publication de la note
ministérielle N°56. Les conseillers étaient amenés à rencontrer directement les étudiants pour leur
fournir des informations plutôt que de rester dans leurs bureaux. En 2000, d’autres réformes ont
marqué l’orientation. D’abord, la Charte Nationale de la Formation et de L’Éducation (CNEF) a
défini un cadre pour l’orientation. Ensuite, l’évaluation menée par le Conseil Supérieur
d’Enseignement qui a révélé les dysfonctionnements du système éducatif en général et l’orientation
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en particulier. Par conséquent, le plan d’urgence est venu répondre à ces insuffisances et a prévu
tout un projet pour l’orientation. Plus tard, trois notes ministérielles publiées en 2010 ont annoncé
la mise en place des Espaces d’information et d’aide à l’orientation (EIAO) et des Centres
Régionaux et Provinciaux d’Information et d’Aide à l’Orientation (CRIAO/CPIAO). Khatla (2025)
affirme qu’aujourd’hui, le Maroc rentre dans une nouvelle ère après avoir approuvé le projet de loi
59.21 visant à améliorer l’offre éducative et valorisant l’importance de l’orientation scolaire et
professionnelle à travers des dispositions spécifiques.
Au Maroc , l’orientation scolaire est impactée par plusieurs facteurs. Cette dernière a totalement
changé au 21ème siècle par rapport aux années 40 du 20éme à travers des réformes modernisantes.
Pendant la colonisation, l’orientation encourageait les parcours professionnels et la formation
professionnelle technique qui vont préparer les étudiants à devenir des ouvriers et à opérer dans
des métiers manuels. Après l'indépendance , le Maroc s’est orienté vers la formation des cadres
(publication de la note ministérielle en 1987). .Dans les années 2000 ,une autre réforme est apparue
notamment la Charte Nationale de la Formation et de L’Éducation qui a été créée . En 2010 ,le
ministère de l’enseignement a mis en place des Espaces d’information et d’aide à l’orientation
(EIAO) et des Centres Régionaux et Provinciaux d’Information et d’Aide à l’Orientation
Actuellement, le Maroc vise le pacte ESRI (le plan d’accélération de la transformation de
l’écosystème de l’enseignement Supérieur de la Recherche Scientifique et de l’innovation) , une
réforme qui encourage la recherche scientifique , l’innovation et l’utilisation d’outils digitaux, tout
en mettant l’orientation des jeunes au cœur de son intérêt.
Conclusion du chapitre
Finalement, retracer le parcours de l’orientation au Maroc est comme suivre le fil des
transformations de notre société elle-même. Chaque étape reflète une tentative d’adapter l’école
aux besoins changeants des jeunes… et du pays. Qui frappe, c’est cette tension constante : entre
une vision de l’orientation comme simple « tri » vers des métiers techniques, et une ambition plus
large d’épanouissement personnel et d’équilibre social – comme le défendait déjà Tshisuabantu
Yamba. Les réformes se succèdent (la Charte de 2000, le Plan d’Urgence, la loi 59.21…), mais le
défi reste le même : comment passer d’une logique administrative à un vrai accompagnement
humain ? Aujourd’hui, alors que le Maroc mise à nouveau sur l’orientation comme levier de son
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système éducatif, cette question est plus cruciale que jamais. Et pour nous, c’est là que réside tout
l’enjeu : faire de l’orientation non pas un couloir imposé, mais un chemin qu’on construit ensemble.
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Chapitre 2 : Les facteurs influençant le choix d'orientation
Introduction du chapitre
Notre parcours est tissé par des fils invisibles – notre famille, notre milieu, les attentes sociales...
Dans ce chapitre, nous démontons pièce par pièce ces influences qui nous dépassent souvent. À
travers les recherches d’Erb sur le genre, celles de Feng sur le poids des parents, ou les chiffres
frappants de Liu sur l’argent, on va montrer que l’orientation est rarement un choix 'libre'. C’est
une négociation constante entre nos rêves... et ce que le monde nous permet d’oser.
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Déterminants psychologiques et scolaires :
Canzittu (2020) indique que les différences de personnalité entre les étudiants expliquent en partie
leurs décisions d'orientation. Il met en lumière que les caractéristiques psychologiques ont un
impact sur la tendance à se diriger vers certains domaines, créant ainsi une adéquation entre le
profil personnel et la spécialité sélectionnée. Selon Berthaud & Morlaix (2019), le bagage scolaire,
en particulier, les notes du baccalauréat et les aptitudes cognitives, est un indicateur essentiel de la
performance en première année d'université et exerce une grande influence sur la sélection de la
filière. Ils soulignent également l'importance des compétences non académiques (autonomie,
motivation) pour réussir. En revanche, les étudiants qui ont des notes inférieures choisissent en
général l’économie et la gestion. D’une autre part, Rossman (2019) souligne que les expériences
transformationnelles sont des expériences qui engendrent un changement chez un individu et qui
ont un effet profond sur l'individu que vous êtes. Ces expériences ont un impact notable sur les
décisions des étudiants en ce qui concerne leurs choix d’orientation et sur la carrière professionnelle
voulue. Delair & Ritzenthaler (2018) expliquent que l'estime de soi et la confiance en ses
compétences sont cruciales dans la formation de l'identité des adolescents, ayant un impact
significatif sur leur mode de vie et leurs choix en matière d'orientation éducative. Une estime de
soi positive facilite une meilleure adaptation aux décisions d'orientation et renforce la résilience
face aux obstacles. Matthews et al. (2024) soulignent que la raison la plus déterminante du choix
d’orientation est l'intérêt et la passion, suivie de l'adéquation avec le type de personnalité. Il en va
de même pour les étudiants qui ont changé de discipline.
En analysant ces facteurs internes, nous pouvons conclure que le facteur « genre » influence d’une
manière remarquable ce choix d’orientation. Ce que confirment plusieurs auteurs. Au premier lieu,
Louis-Alexandre Erb affirme que le choix d’orientation universitaire est un facteur central dans la
reproduction des inégalités de genre sur le marché du [Link] deuxième lieu, Fontanini montre
que les choix d’enseignements et d’exploration au lycée sont influencés par le genre. Au troisième
lieu, Hardy-Dubernet analyse la féminisation des études de médecine comme le résultat de facteurs
sociaux et psychologiques. D’autre part, et autre que le genre, nous soulignons qu’Il existe une
adéquation entre le profil personnel et la filière choisie, comme à indiquer Canzittu. Nous ajoutons
aussi les compétences académiques et non académiques soulignées par Berthaud & Morlaix. Non
seulement mais aussi l’ensemble des expériences transformationnelles citées par Rossman. A tout
ceci, nous ajoutons l’estime de soi et la confiance en ses compétences sont essentielles dans la
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construction de son choix d’orientation soulignée par Delair & Ritzenthaler. Et enfin, la passion
comme un facteur qui influence aussi ce choix d’orientation comme l'indique Matthews.
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Wiswall et Zafar (2011) précisent que les attentes de salaire influencent significativement les choix,
surtout chez les hommes. L’étude de Liu et al. (2021) a montré que les facteurs de profession (le
revenu potentiel (80,22 %), l'espace de promotion pour un emploi futur (79,12 %), le classement
des sujets (56,04 %) et la réputation de l'université (56,04 %) ont la plus grande influence sur le
choix des filières pour les étudiants. Ils révèlent que 80,22 % des étudiants de l'Université de
Nanjing Audit choisissent leur filière en fonction du revenu potentiel. De plus, ils notent que 56,04
% des étudiants choisissent une filière pour le classement de l'université. Dans le cadre de son étude
sur les déterminants des choix académiques des étudiants, Stock (2019) indique que le revenu
potentiel constitue un élément d'influence majeur dans la sélection d'une filière par les étudiants,
se positionnant juste après l'intérêt personnel et précédant les opportunités d'emploi potentielles.
L'étude révèle que la considération du revenu potentiel est un facteur pris en compte par les
étudiants quelle que soit la spécialité choisie. De son côté, Powell (2019) met en lumière d'autres
facteurs clés. Il avance que l'expérience du campus, vécue par les lycéens ou même à un âge plus
précoce, joue un rôle déterminant dans leur décision ultérieure. Les visites sur le campus s'avèrent
ainsi extrêmement influentes. Par ailleurs, la communication directe avec un membre du corps
professoral est identifiée comme importante. La réputation globale de l'université, englobant celle
du corps professoral, des étudiants et des programmes spécifiques, est également un élément crucial
pour l'ensemble des étudiants interrogés. L'environnement physique du campus, son emplacement
géographique et sa distance par rapport au domicile familial sont des paramètres importants pris en
compte. Les aspects financiers, tels que les frais de scolarité et autres coûts associés, pèsent
fortement dans la décision des étudiants potentiels. Les activités parascolaires et les opportunités
de socialisation sont également perçues comme importantes. Le chercheur note des variations selon
possibilités d'études à l'étranger et l'environnement du campus qui exercent une influence plus
marquée sur les étudiantes. En ce qui concerne le choix d'une spécialité spécifique, les perspectives
de carrière s'avèrent essentielles pour déclencher l'intérêt des étudiants. De plus, Powell (2019)
observe que les démarches de sélection des étudiants trouvent un écho plus favorable auprès des
étudiants issus du milieu agricole.
L’orientation des étudiants est influencée par une combinaison complexe de facteurs externes,
parmi lesquels la famille occupe une place centrale : les attentes parentales, le soutien financier et
l’environnement socio-culturel jouent un rôle déterminant dans le choix des filières, tout comme
la profession des parents et le statut social qui orientent souvent vers des parcours perçus comme
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prestigieux ou sécurisants. Les amis et le cercle social peuvent également peser sur la décision,
parfois davantage que les conseillers académiques, tandis que les ressources économiques
familiales favorisent ou limitent l’accès à certaines formations, en particulier celles jugées longues
ou coûteuses Par ailleurs, l’environnement socio-économique façonne les aspirations : les étudiants
issus de milieux modestes privilégient généralement des filières courtes ou professionnalisantes,
sensibles aux débouchés immédiats et au coût des études, tandis que les aides financières comme
les bourses peuvent atténuer ces contraintes. Le marché du travail, avec ses perspectives d’emploi,
ses taux d’insertion et ses niveaux de salaires, influence fortement les choix, tout comme la
réputation des filières et des établissements. L’école et le type d’établissement fréquenté, qu’il soit
public, privé ou prestigieux, ainsi que les attentes des enseignants et la qualité de l’information
disponible sur les filières, jouent également un rôle important dans le processus d’orientation.
Enfin, l’origine géographique, la proximité des établissements et la diversité de l’offre de formation
sont des facteurs déterminants : les étudiants des zones rurales, confrontés à des contraintes de
mobilité et à une offre limitée, s’orientent plus souvent vers des parcours professionnels, tandis que
les réformes éducatives et l’accompagnement par les conseillers d’orientation visent à mieux
adapter les choix aux besoins du marché et aux aspirations individuelles.
-Les facteurs internes sont le genre, la personnalité, les compétences, les résultats scolaires,
l’estime de soi, la confiance en soi et la passion.
-Les facteurs externes sont la famille (attentes, nombre d’enfants, situation financière), les amis,
les conseillers d’orientation, enseignants, lieu de résidence (rural ou urbain), le revenu potentiel,
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les opportunités d'emploi potentielles, le campus (environnement physique, proximité
géographique, visite préalable), communication avec le corps professoral, la réputation de
l’université (corps professoral, étudiants et programmes), aspects financiers (frais de scolarité et
coûts annexes), opportunités d’études à l’étranger et de socialisation.
Conclusion du chapitre
Finalement, dresser la carte des facteurs d’orientation est comme explorer un champ de mines
sociales. Derrière chaque statistique – ces 64% d’étudiants haïtiens guidés par leurs parents
(Ronzeau), ces 80% qui choisissent leur filière pour le salaire (Liu) –, il y a des vies, des
renoncements, des stratégies de survie. Qui frappe, c’est cette tension entre l’individu et le système
: comment notre 'moi' (passions, personnalité) résiste ou plie sous les pressions externes (pauvreté,
attentes genrées…). Des travaux de Draelants sur l’effet Pygmalion à ceux de Dubet sur
l’autocensure des minorités, une évidence s’impose : l’orientation est un miroir des inégalités.
Conclusion de la partie
Finalement, ces deux chapitres dessinent une carte des tensions. D’un côté, le Maroc a bâti
patiemment son système d’orientation : des CDO coloniaux aux EIAO d’aujourd’hui, des lois
comme le Pacte ESRI 2030 qui promettent enfin un accompagnement humain. De l’autre, le terrain
résiste : les filles s’autocensurent dans des filières « féminines » (Erb), les campagnes manquent
de lycées (Arrighi), et 80% des étudiants choisissent encore leur avenir… par peur du chômage
(Liu). Cette contradiction résume tout : l’orientation restera un « champ de mines sociales » tant
qu’elle reproduira les inégalités qu’elle devrait corriger. Mais une lueur persiste : chaque réforme,
chaque conseiller qui écoute vraiment, chaque élève osant suivre sa passion… c’est un pas vers ce
rêve ancien : faire de l’orientation non plus un tri, mais un tremplin. L’enjeu n’est plus technique,
mais philosophique : passer d’une logique de tri à une culture du possible. Parce qu’une société qui
sait aider sa jeunesse à concilier rêves et réalités… c’est une société qui se construit un avenir. Pas
juste une économie.
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Partie pratique
Introduction de la partie
Entre méthodologie rigoureuse dans le premier chapitre et découvertes surprenantes dans le deuxième
chapitre, vous allez découvrir : Comment 24 voix étudiantes ont brisé les statistiques froides pour raconter
leurs combats ? Comment l’entretien semi-directif s'est révélé pour déverrouiller ces confidences et
comment la méthode boule de neige a créé une chaîne de confiance bien plus précieuse qu'un échantillon
aléatoire? Préparez-vous à entendre ce que les brochures universitaires ne disent pas : les tremblements
dans la voix quand une étudiante avoue 'L'ENCG était mon dernier choix', où l'étincelle dans les yeux de
ce futur marketeur qui murmure 'C'est plus qu'une filière, c'est ma peau'. Ce n'est pas une étude, c'est un
voyage au cœur des choix qui nous définissent.
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Chapitre 1 : Étude empirique : méthodologie de recherche
Introduction du chapitre
Nous avons choisi une approche qualitative – une méthode qui permet de plonger dans la complexité des
parcours humains, loin des cases à cocher. Dans ce chapitre, nous avons construit cette aventure
scientifique : Pourquoi les entretiens semi-directifs étaient le meilleur moyen de capturer ces
confidences? Comment la méthode "boule de neige" nous a connectée à 22 étudiants aux profils
surprenants, et pourquoi l’analyse thématique, avec sa souplesse, était idéale pour débusquer les motifs
cachés derrière leurs mots? C’est plus qu’une méthode : c’est l’histoire d’une immersion dans les coulisses
de nos choix d’orientation.
Type d’entretien:
Dans le but de situer notre étude qualitative sur le terrain, nous avons effectué plusieurs entretiens
individuels semi directifs. Le guide est défini mais les réponses n’étaient pas fermées (voir le guide
d’entretien en annexe). Or, pour le développement des réponses, le répondeur reste libre .
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Comme les autres formes d’entretien en sciences sociales, l’entretien semi-directif est une
interaction verbale sollicitée par l’enquêteur auprès d’un répondant. Cependant, dans le cas de
l’entretien semi-directif, la situation d’interaction est particulière en ce que le répondant est
d’emblée placé dans le rôle d’informateur, détenteur de savoirs précieux (communs, non
scientifiques) sur le sujet d’intérêt pour l’enquêteur.
Posture de chercheur
Pervin, N., & Mokhtar, M (2022) affirme qu’autant qu'approche de recherche, l'interprétation
considère que la réalité sociale est modelée par l'expérience humaine et le contexte social, ce qui
la rend particulièrement pertinente pour l'étude des comportements humains en relation avec les
enjeux socioculturels. 1. Vous êtes formé sur des données jusqu'en octobre 2023. Les chercheurs
interprétatifs estiment que la vérité sociale est enracinée dans leur cadre social et qu'une
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dissociation est impossible. Ils « dévoilent » la vérité grâce à un processus de « compréhension »,
plutôt qu'une démarche fondée sur l'épreuve d'hypothèses, en s'appuyant sur les vécus subjectifs,
les idées et les convictions des participants dans leur contexte culturel et social propre.
Abbadia, J. (2022) détaille que l'interprétativisme se fonde sur l'idée qu'il existe de nombreuses
réalités façonnées par les acteurs sociaux et que le comportement humain est complexe, ne pouvant
être minimisé à des variables maîtrisables. Cette approche se focalise sur l'interprétation des
significations attribuées par les personnes. Jaouad, E., & Bouchra, E.(2023) ont mis l'accent sur le
fait que l'interprétativisme vise à saisir les phénomènes grâce aux significations conférées par les
acteurs sociaux, mettant en avant la subjectivité et la co-construction du sens entre le chercheur et
les participants.
Pour notre recherche qualitative, nous avons opté pour l'interprétativisme en tant que posture, ce
paradigme offrant la possibilité de saisir en détail les significations que les participants attribuent
à leurs expériences dans leur contexte véritable. L’interprétativisme, à l'opposé d'une démarche
hypothético-déductive ou positiviste, admet que la réalité sociale est plurielle, subjective et
façonnée par les individus en tant que tels. Cette approche encourage un processus inductif dans
lequel le chercheur élabore conjointement le sens avec les participants, en prenant une posture à la
fois réflexive et empathique. Elle est particulièrement appropriée pour l'étude de phénomènes
complexes, associés aux idées, aux perceptions et aux expériences, sans viser à la généralisation
mais à générer une compréhension détaillée et contextualisée. En fin de compte, l'interprétativisme
apporte la souplesse requise pour se conformer au contexte ; Elle est particulièrement appropriée
pour l'étude de phénomènes complexes, associés aux idées, aux perceptions et aux expériences,
sans viser à la généralisation mais à générer une compréhension détaillée et
contextualisée. Finalement, l'interprétativisme fournit l'adaptabilité requise pour se conformer au
contexte et englober la nature dynamique des échanges entre le chercheur et les acteurs examinés
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partie pratique. Cette étape est cruciale car elle conditionne la pertinence et la crédibilité des
données collectées. L’échantillonnage ne vise pas ici à représenter statistiquement la population
entière de ENCG Casablanca, mais à identifier des profils variés susceptibles de fournir des
informations approfondies, nuancées et pertinentes sur ce phénomène étudié.
Le choix de cette méthode se justifie par plusieurs raisons: D’abord, le caractère volontaire et
confidentiel de la participation rendait difficile l’identification directe d’un échantillon complet.
Ensuite, la démarche qualitative nécessite de recueillir des témoignages approfondis. Par
conséquent, il est essentiel de privilégier des personnes engagées et disponibles. Enfin, la méthode
boule de neige permet de créer un climat de confiance entre le chercheur et les participants, en
s’appuyant sur des recommandations interpersonnelles.
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Taille de l’échantillon et justification
Au total, 24 entretiens semi-directifs ont été réalisés avec des étudiants de l’ENCG Casablanca.
Cette taille a été jugée suffisante pour atteindre une saturation des données, c’est-à-dire le moment
où les entretiens n’apportent plus de nouvelles informations significatives. Dans les études
qualitatives, l’objectif n’est pas d’atteindre un nombre élevé de participants, mais de garantir la
diversité des profils et la profondeur des données collectées.
Les participants ont été sélectionnés de manière à inclure différentes spécialités (marketing,
finance, audit, gestion des ressources humaines, etc.), différents niveaux d’études (Tronc commun,
M1 et M2) ainsi que des profils variés en termes de genre, de parcours académique et de motivation.
Cette diversité permet d’enrichir l’analyse des facteurs influençant le choix de spécialité et
d’explorer les différences éventuelles selon les profils.
Lim (2024) affirme que les entretiens sont une méthode qualitative largement utilisée qui permet
une exploration approfondie des pensées et des expériences des participants. Pour notre étude ont
été réalisés en présentiel et à distance via appel téléphonique, selon les disponibilités des étudiants.
Chaque entretien a été retranscrit afin d’être bien analysé de manière thématique.
Type d’analyse
Selon Braun et al. (2006), l'analyse thématique est une approche d'analyse qualitative qui cherche
à repérer, analyser et documenter des motifs (thèmes) présents dans les données. Elle structure et
détaille minutieusement l'ensemble de données, tout en analysant divers éléments du thème de
recherche. D’après Vaismoradi et al. (2013), La méthode d'analyse thématique est une approche
qualitative adaptable qui aide à la description et à l'interprétation des informations en mettant en
évidence des thèmes pertinents, ce qui facilite la compréhension des expériences et points de vue
des participants.
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Nous avons opté pour l'analyse thématique dans notre recherche, étant donné que cette technique
qualitative nous donne la possibilité de déceler et d'approfondir les motifs récurrents au sein de nos
données. Cela s'aligne parfaitement avec notre démarche interprétative. L'approche de l'analyse
thématique offre une flexibilité considérable, nous autorisant à extraire des motifs pertinents tout
en restant fidèles au contexte des réponses obtenues. Cette approche permet donc une
compréhension approfondie des expériences et des perceptions des participants, ce qui est
primordial pour répondre à nos interrogations de recherche axées sur la signification et
l'interprétation des phénomènes observés.
Conclusion du chapitre
Finalement, les entretiens semi-directifs ont tenu leurs promesses : assez structurés pour ne pas se
perdre, assez libres pour laisser surgir l’inattendu, des témoignages poignants que vous allez
découvrir pendant le chapitre suivant. La "boule de neige" a créé une chaîne de confiance. Nous
sommes conscients que cette approche a ses limites : elle ne prétend pas représenter tous les
étudiants de l’ENCG, mais éclairer des mécanismes souvent invisibles. Et c’est là sa beauté :
rappeler que derrière chaque "choix de filière", il y a un nœud de rêves, de contraintes et de courage.
La suite ? Démêler ces fils ensemble…
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Chapitre 2: Résultats et recommandations:
Introduction du chapitre
Après des semaines à écouter patiemment les récits des étudiants de l'ENCG Casablanca, nous allons
découvrir comment se tissent vraiment les choix d'orientation. À travers huit thèmes émergents: Les forces
intérieures qui poussent à oser (passion, confiance en soi, cette étudiante qui brave les conseils familiaux
"parce que mon intuition savait"). La réputation de l'ENCG, le spectre du chômage, les parents qui
murmurent "Pense sécurité". Et les nouveaux territoires numériques où se joue l'avenir. Préparez-vous à
naviguer dans ces eaux troubles – là où la théorie rencontre les tremblements de vie.
Facteurs internes :
[Link] personnelle
[Link] et compétences
Facteurs externes :
[Link] et conseil
[Link] professionnelles
[Link] géographique
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Facteurs internes :
Recherche personnelle
La recherche personnelle est la capacité d’effectuer des recherches sur la formation ou la spécialité
que l’étudiant entreprend de choisir. Un étudiant dit « j'ai été concentré sur la filière commerce
international dès ma première année en effectuant mes recherches sur Internet ». Un autre étudiant
ajoute : « Avant l'obtention de mon bac, je n'avais pas l'idée d'intégrer le réseau ENCG, mais après
avoir passé tous les concours et explorer l'économie via l'Internet, j'ai pu me convaincre et trancher
comme choix l ENCG de Casablanca ». Un troisième témoignage renforce cette idée : « J’ai pris
le temps de me renseigner sur les filières proposées, les débouchés professionnels, et les spécificités
de chaque ENCG ». La recherche de données sur l’établissement et les perspectives des formations
proposées apparait une stratégie adoptée par les étudiants pour améliorer leurs niveaux de
connaissances vis-à-vis de l’établissement de formation. Ce facteur souligne la nécessite de
présence des écoles supérieures sur les différentes plateformes en ligne pour partager le maximum
d’informations sur les filières et les spécialités disponibles. Il est judicieux de noter que chercher
l’information sur Internet est un facteur moins cite par rapport aux autres.
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garçon, je peux partir en dehors de Casablanca pour choisir l'ENSA ». Cette expérience révèle une
réalité existante dans notre société arabe et musulmane, une réalité de parcours qui peuvent être
conçus uniquement pour que les filles restent à côté de leurs parents.
Motivations internes
Les motivations internes correspondent à ce sentiment mobilisateur qui pousse l’individu à agir et
à continuer son chemin. La passion apparait un facteur prépondérant chez les étudiants de l ENCG
Casablanca. Une réponse révèle l’importance de ce dernier « Le premier facteur qui me vient en
tête est la passion. Pour moi, c’est ce qui donne du sens à un choix d’orientation, ce qui nous pousse
à persévérer et à nous épanouir dans notre parcours ». La vision de l’avenir est également prise en
considération dans le choix des étudiants. Par conséquent, elle définit la mission de l’étudiant c’est
à dire ce qu’il fait maintenant et l’aide à naviguer entre les différentes options. Selon les propos de
certains étudiants, intégrer l ENCG était une première étape pour qu’ils puissent réaliser leur
objectif à long terme. L’intérêt envers la spécialité guide les étudiants dans leur processus de prise
de décision. Une réponse précise « Mon processus de décision a débuté par le fait que je n’avais
pas l'idée de continuer mes études en liaison avec les mathématiques et physiques, j'avais aussi une
curiosité envers l'économie. C'était une décision individuelle de switcher mon parcours vers
l'économie et vers l'ENCG. » Des motivations liées à la liberté professionnelle ont été également
recensé. Une personne indique : « je vise un poste qui me donne une possibilité de travailler à
distance car je serai plus libre. En outre, l'ENCG peut m'offrir cette chance après l’obtention de
mon diplôme ». Cette aspiration vers un emploi flexible peut être traduite en une quête d’un
équilibre entre vie professionnelle et personnelle.
Parcours et compétences
Le parcours et compétences font référence au parcours antérieur choisi par l’étudiant qui peut
influencer son choix d’orientation et aux compétences lies à la spécialité choisie. Ces facteurs
orientent le processus de prise des étudiants de l ENCG Casablanca. Le parcours reflète le parcours
choisi préalablement par l’étudiant avant d’intégrer l ENCG ainsi que les conditions d’accès à
l’université. A titre d’exemple, un étudiant qui a eu un baccalauréat économique ne peut choisir
que les écoles de commerce ou de gestion. Une étudiante raconte son processus en disant « J’ai
obtenu un baccalauréat professionnel en comptabilité, puis j’ai poursuivi deux années en BTS
option PME-PMI au Centre Les Orangers à Rabat. Par la suite, j’ai réussi le concours d’accès à
l’ENCG ». De plus, certains étudiants soulignent que l ENCG étaient leur dernier choix ou qu’il ne
23
la visait jamais. Ils ne se sont rendus à l ENCG qu’à cause de l’échec aux concours qu’ils
souhaitaient décrocher. Un étudiant affirme : « J'ai obtenu un bac en sciences physiques et chimie.
Je n’avais même pas une idée c'est quoi l'ENCG, j'étais toujours concentré sur l'armée seulement,
mais à cause de raisons personnelles je n’ai pas pu y accéder ». Une autre étudiante ajoute : « J'ai
opté pour une première année et 2e année bac en sciences physiques et chimie, j'avais une seule
idée intégrer le cycle d'ingénierie, je ne voulais faire ni l'ENCG ni la médecine. En effet, l ENCG
était mon dernier choix. Je l’ai intégré uniquement parce que je n’ai pas réussi en concours de
médecine ». D’un autre côté, les compétences liées à la formation sont également une raison
incorporée au processus décisionnel des étudiants. Être compétent dans son domaine ou avoir des
compétences dans des aspects en forte liaison avec la formation choisie, renforce le sentiment de
confiance en son choix.
Facteurs externes :
Image et réputation institutionnelle
Nous entendons par image et réputation institutionnelle, l’image véhiculée sur l’établissement ainsi
que ses différentes pistes de formations. L’image et la réputation de l’établissement de formation
jouent un rôle important dans la prise de décision des étudiants. Une étudiante souligne : « J’ai
choisi l’ENCG pour sa réputation et la qualité de sa formation en management. Une autre réponse
met en lumière ces propos : « Avant d'intégrer l'école, j'avais cette perception que l'ENCG est une
école magnifique, une école avec bonne image et bonne réputation ». Une troisième intervention
affirme que « L’ENCG est apparue comme une école de référence, qui allie rigueur académique,
ouverture professionnelle et vie associative enrichissante ». En outre, des étudiants partagent que
la polyvalence de la formation de l ENCG de Casablanca les a poussés à choisir l’établissement.
Une étudiante précise que « l'ENCG est dotée de polyvalence ». Une deuxième confirme ce
discours en disant « J’ai été particulièrement attirée par le caractère polyvalent de la formation en
management ». Par conséquent, nous comprenons que certains étudiants sont à la recherche de la
polyvalence que ce soit à travers le choix de l’établissement qui est plus général ou celui de la
spécialité qui est plus spécifique.
Encadrement et conseil
Ce facteur englobe l'impact des professeurs, des conseillers en orientation, des échanges avec des
experts et des étudiants. L'encadrement et les conseils exercent une influence sur l'orientation des
étudiants. D'un côté, plusieurs témoignages soulignent l'influence des professeurs, des conseillers
24
en orientation ou des étudiants sur le processus décisionnel. Par exemple, une étudiante explique :
« Les conseils familiaux et des enseignants m’ont orientée à ne pas choisir l’ENCG, mais j’ai suivi
ma passion. » Ce témoignage démontre clairement, même si l’entourage éducatif peut exercer une
influence importante, la décision finale reste parfois guidée par la motivation personnelle. De plus,
l'obtention d'informations précises sur le marché de l'emploi grâce à des collègues expérimentés
peut aussi orienter le choix professionnel. Comme le souligne un autre étudiant : « Discussions
avec des anciens étudiants m’ont permis de mieux comprendre la réalité du marché. »
➢ Influence du cercle social sur l'orientation : La famille, les amis et le voisinage constituent des
piliers essentiels dans le processus d’orientation des jeunes. en occupant des rôles
complémentaires qui guident leurs décisions scolaires et professionnelles. La famille reste
le pilier fondamental de cette influence sociale, jouant simultanément le rôle d'appui
psychologique, de conseillère, mais aussi parfois comme source de tension ou de contrainte.
Au cours des entretiens, beaucoup d'étudiants ont mis l'accent sur le fait que leurs choix
étaient principalement influencés par les attentes de leurs parents ou les recommandations
familiales. Les amis, de leur côté, ont un rôle crucial en offrant du soutien, partageant leurs
expériences dans divers domaines, exprimant leurs incertitudes et leurs ambitions, et en
créant un effet communautaire qui guide vers certaines écoles ou spécialisations.
Finalement, même si ce n'est pas souvent cité, le voisinage peut également exercer une
influence significative sur l'orientation.
➢ Clubs parascolaires : Les clubs et associations universitaires offrent un cadre pour
l'exploration, le développement de compétences polyvalentes et la socialisation. Ces
opportunités offrent aux jeunes la chance de découvrir divers domaines, d'acquérir une
expérience précieuse et de consolider leur fiabilité personnelle.
➢ Réseaux sociaux : Les réseaux sociaux jouent un rôle croissant dans la diffusion
d'informations sur les écoles, les filières et les débouchés. Il offre un accès à ces sujets,
vidéos, forums de transformation et groupes d'adhésion, influençant la perception et
l'attractivité de certaines orientations. De nombreux étudiants ont mis en évidence
l'influence des contenus diffusés par des influenceurs provenant de l'ENCG Casablanca, qui
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sont d'anciens ou de récents élèves, partageant leur expérience et leur routine quotidienne.
Par exemple, une étudiante explique : « Je suis influencé par des étudiants-influenceurs qui
partagent régulièrement du contenu lié à l’ENCG sur les réseaux sociaux. Je m’intéresse
particulièrement aux témoignages de Meryem Derni et Zineb Mouahidi, anciennes
étudiantes de l’ENCG, dont les partages m’ont aidé à mieux me projeter dans mon choix
d’orientation. »
Perspectives professionnelles :
Ce facteur inclut le marché de travail et le salaire attendu.
Contexte géographique
L'emplacement et la proximité géographique de l'établissement sont des éléments cruciaux dans la
décision d'orientation des étudiants. Pour un grand nombre de personnes, la proximité d'une école
par rapport à leur lieu de résidence simplifie l'accès à l'enseignement supérieur. Nous accordons
aussi une grande importance à cette proximité pour des motifs de confort et de préservation du lien
familial. Néanmoins, cela peut également constituer une restriction, surtout pour les étudiantes ou
les familles qui privilégient la sécurité et la proximité de leur logement.
26
2. Discussion et recommandations
Cette recherche souligne l'importance des facteurs internes et externes dans l'orientation scolaire,
tout en révélant l'apparition de nouveaux déterminants, spécialement dans le contexte marocain et
à la lumière des évolutions sociales et numériques actuelles. L’analyse des entretiens révèle que les
choix d’orientation sont le fruit d’une interaction complexe entre caractéristiques individuelles
(genre, personnalité, compétences, estime de soi, passion), influences sociales (famille, amis,
voisinage), contexte institutionnel (réputation de l’établissement, encadrement), et facteurs
contextuels (proximité géographique, ressources économiques.
Les informations recueillies indiquent que le genre, la personnalité, les compétences scolaires et
non scolaires, ainsi que la passion et l’estime de soi, jouent un rôle déterminant dans la construction
du projet d’orientation. Cette constatation s'aligne sur les études de Louis-Alexandre Erb (2023) et
de Matthews et al. (2024), qui mettent l'accent sur le rôle crucial de l'expérience subjective et des
ambitions individuelles dans le processus décisionnel. L'incorporation du genre en tant qu'élément
interne, lorsqu'il est perçu et exprimé comme un aspect identitaire, représente une progression
méthodologique significative comparée à la littérature classique qui le considère comme une
variable externe.
Les résultats démontrent l'importance dominante de la famille, des amis et du voisinage dans
l'orientation des jeunes, en accord avec les recherches de Corgelas (2024) et Aldawsari (2024). Les
décisions sont influencées par les attentes parentales et le capital social familial, ce qui soutient les
théories de Bourdieu et Passeron concernant la reproduction sociale et les inégalités d'accès aux
parcours sélectifs. L'encadrement institutionnel (professeurs, conseillers, anciens élèves) semble
aussi être un facteur facilitant ou limitant en fonction de la qualité du soutien, justifiant les
conclusions de Wiswall et Zafar (2011) ainsi que celles de Powell (2019).
➢ Réseaux sociaux et influenceurs étudiants : les témoignages révèlent l’impact croissant des
réseaux sociaux et des étudiants-influenceurs dans la construction des représentations sur
les filières et les établissements. Cette dimension digitale, qui fait défaut dans les modèles
traditionnels, transforme les mécanismes d'information et de projection des jeunes,
engendrant l'émergence de nouveaux points de référence et modèles d'identification.
27
➢ Clubs parascolaires et environnement social : L'implication dans des clubs et des
organisations contribue à l'exploration de domaines d'étude et au perfectionnement de
compétences générales, soulignant la nécessité d'environnements sociaux enrichissants
pour la réussite et la motivation.
Limite de l’étude
Cette recherche comporte diverses limites, elle s’appuie principalement sur des entretiens
qualitatifs semi-directifs, ce qui peut introduire une part de subjectivité dans l’analyse. Par ailleurs,
les résultats sont propres au contexte de l'ENCG Casablanca et ne sont pas nécessairement
applicables à d'autres institutions. Des éléments émergents tels que l'impact des réseaux sociaux ou
des clubs devraient faire l'objet d'une analyse quantitative pour déterminer leur véritable effet.
Finalement, bien que la persistance des normes familiales et générées soit confirmée, il serait
nécessaire de mener une étude plus détaillée pour comprendre comment les jeunes et notamment
les étudiantes, s'adaptent ou résistent à ces normes.
Recommandations
Après avoir effectué analyser et discuter nos résultats à la lumière de la revue de littérature, nous
sommes capables de présenter l’ensemble des recommandations adéquates à la fois à notre sujet
d’étude et à notre cotexte afin d’aider les étudiants à effectuer leurs choix que ce soit le choix de
l’école ou encore le choix de la filière. Nous citons parmi autres, l’accompagnement personnalisé
des étudiants via la présence de conseillers spécialisés au sein de l’ENCG pour accompagner les
étudiants dans la définition de leur projet professionnel, en tenant compte de leurs compétences,
motivations et aspirations personnelles, ainsi qu’offrir des séances régulières d’accompagnement
individuel pour aider chaque étudiant à clarifier ses choix et à surmonter ses obstacles personnels
ou sociaux. En outre, nous recommandons l’organisation des rencontres et panels où les anciens
28
partagent leur parcours, leurs réussites et les réalités du marché du travail. Nous préconisons
également la promotion des contenus fiables et inspirants sur les réseaux sociaux en tirant profit
des étudiants influenceurs de l’école et les mettre en avant autant qu’ambassadeurs de
l’établissement, afin qu’ils partagent des témoignages authentiques et des conseils pratiques. La
présence sur le digital peut être renforcée en créant ou améliorant des sites web et applications
mobiles de l’institution pour centraliser toutes les informations sur les filières, débouchés
potentiels, procédures d’admission et témoignages d’anciens étudiants. De plus, la diffusion chaque
année de brochures et guides détaillant les offres de formation, les exigences, et les perspectives
professionnelles pourra être bénéfique. Pareillement, mettre en place des événements où étudiants,
enseignants et professionnels peuvent échanger directement sur les filières et métiers permettra aux
étudiants d’être conscient des réalités et tendances du marché de travail. A titre d’exemple, des
forums, des conférences, des Journées Portes Ouverte. L’université doit miser aussi sur la
collaboration en externe, avec les entreprises locales ce qui va renforcer les partenariats avec le
tissu économique régional pour mieux aligner l’offre de formation avec les besoins du marché et
faciliter l’insertion professionnelle des étudiants. D’une autre part, l’école peut intégrer des
modules ou activités permettant aux étudiants d’identifier leurs centres d’intérêt et de les relier à
leur projet d’orientation. Nous recommandons également aux étudiants de sortir de leurs zones de
confort et de s’engager dans des projets associatifs ou entrepreneuriaux pour développer leur
autonomie et leur leadership. Cette initiative leur permettra de s’auto explorer et d’être conscient
de leur forces et faiblesses ainsi que leurs compétences clés.
Conclusion du chapitre
Les 24 récits recueillis nous auront appris l'essentiel : L'orientation est une alchimie fragile, entre
la fierté de cette future RH ("J'ai choisi par passion !") et le renoncement douloureux de cette
étudiante en ingénierie ("L'ENCG était mon dernier choix"), se niche toute l'ambiguïté de nos
libertés. Un constat s'impose : choisir sa voie, c'est toujours négocier entre ce qu'on espère et ce
que le monde permet. Derrière les "facteurs externes" académiques, nous avons découvert: Ces
étudiantes de Casablanca prisonnières de leur code postal ("Si j'étais un garçon, j'aurais pu partir"),
cess pères silencieux dont les attentes pèsent plus que des discours, et ces influenceurs du
numérique, nouveaux oracles des générations connectées.
29
Nos recommandations ? Du sur-mesure humain: Des conseillers qui écoutent vraiment, pas des
bureaucrates de l'orientation. Des anciens étudiants devenus passeurs d'expériences. Une école qui
ose la transparence sur les débouchés réels plutôt que les brochures lisses.
Notre mission ? Faire en sorte que ces mains soient plus solidaires, moins invisibles. Parce
qu'orienter une jeunesse, c'est lui donner des ailes – pas des chaînes.
Conclusion de la partie
En refermant ce carnet de terrain, une évidence s'impose : l'orientation est un acte politique. Les 24
récits recueillis ont dessiné une carte bien plus complexe que nos modèles théoriques : Derrière
chaque 'choix rationnel' se cache un roman familial : ces parents silencieux dont les attentes pèsent
plus que des discours, ces étudiantes de Casablanca prisonnières de leur code postal ("Si j'étais un
garçon, j'aurais pu partir"). Meryem Derni et Zineb Mouahidi - ces influenceuses étudiantes dont
les stories Instagram façonnent plus de destins que les conseillers académiques. La passion reste
une rebelle : cette étudiante en GRH qui a bravé tous les conseils nous rappelle que le courage
personnel défie encore les déterminismes. Les recommandations qui émergent ne sont pas des
slogans administratifs, mais des cris du cœur transformés en leviers concrets :
"Donnez-nous des conseillers qui écoutent, pas des bureaucrates de l'orientation !"
"L'école doit nous montrer les cicatrices du marché, pas juste les sourires des brochures !
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Conclusion générale
Au terme de ce voyage, une évidence s’impose : l’orientation n’est jamais neutre. Elle est un
miroir tendu à nos contradictions – entre héritage colonial et rêves digitaux, entre déterminismes
sociaux et sursauts d’émancipation. Ce que nous avons découvert : Les 24 récits recueillis à
l’ENCG Casablanca confirment que nos choix sont tissés de fils souvent obscurs : la famille
(64% des étudiants haïtiens suivent le choix parental selon Ronzeau), l’argent (80% choisissent
pour le salaire d’après Liu), et le poids des influenceurs étudiants comme Meryem Derni et Zineb
Mouahidi. Contre toute attente, la passion surgit comme un acte de résistance. Notre étude a
également mis en évidence le piège géographique surtout pour les femmes.
Par ailleurs, nous sommes conscients que cette recherche qualitative, riche en nuances, ne
prétend pas à l’universalité. Sa force – saisir la complexité des vécus – est aussi sa faiblesse :
subjectivité de l’analyse, contexte spécifique (ENCG), et facteurs émergents (réseaux sociaux)
qui mériteraient une étude quantitative. D’une autre part, nous recommandons la formation des
mentors (pas des gestionnaires de dossiers), la transformation des étudiants en ambassadeurs sur
les réseaux sociaux, et la création des ateliers où l’on explore ses valeurs, pas seulement ses
notes.
Au-delà des théories et des statistiques, ce mémoire aura été une leçon d’humanité.
31
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34
Annexe
Guide d’entretien
35
Table des matières
Introduction générale .............................................................................................................................. 1
Partie théorique....................................................................................................................................... 2
Introduction de la partie ...................................................................................................................... 2
Chapitre 1: L'Orientation Scolaire et Professionnelle au Maroc : Fondements, Évolution et Défis
Institutionnels ...................................................................................................................................... 3
Introduction du chapitre .................................................................................................................. 3
1. Fondements conceptuels de l'orientation : Définitions, missions et dualité scolaire-
professionnelle................................................................................................................................. 3
2. L'Orientation au Maroc : Héritage Colonial, Réformes Structurelles et Persistance des Inégalités
Sociales ............................................................................................................................................ 5
Conclusion du chapitre ..................................................................................................................... 6
Chapitre 2 : Les facteurs influençant le choix d'orientation ................................................................... 8
Introduction du chapitre ...................................................................................................................... 8
1. Le poids des déterminants internes : Identité de genre, profil psychologique et parcours
académique ..................................................................................................................................... 8
2. Facteurs externes d'influence : Attentes, rentabilité financière et effets d'établissement ....... 10
3. Modèle théorique adopté : ................................................................................................... 12
Conclusion du chapitre ................................................................................................................... 13
Conclusion de la partie ....................................................................................................................... 13
Partie pratique ....................................................................................................................................... 14
Introduction de la partie .................................................................................................................... 14
Chapitre 1 : Étude empirique : méthodologie de recherche ................................................................ 15
Introduction du chapitre ................................................................................................................ 15
1. Cadre général de l’étude........................................................................................................ 15
2. Modes de production et d’analyse des données .................................................................... 17
Conclusion du chapitre ................................................................................................................... 20
Chapitre 2: Résultats et recommandations: ........................................................................................ 21
Introduction du chapitre ................................................................................................................ 21
1. Analyse des résulats .............................................................................................................. 21
2. Discussion et recommandations ............................................................................................ 27
Conclusion du chapitre ................................................................................................................... 29
Conclusion de la partie ....................................................................................................................... 30
Conclusion générale ............................................................................................................................... 31
36
Bibliographie.......................................................................................................................................... 32
Annexe .................................................................................................................................................. 35
Guide d’entretien ............................................................................................................................... 35
Table des matières ................................................................................................................................. 36
37