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Introduction à l'Analyse Complexe

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Analyse

Complexe

Analyse Complexe

LEMNAOUAR Mohamed Reda

Université Mohammed V Rabat – EMI-Rabat


GI 1

2020/2021
Analyse
Complexe

Définition
Soit f : C −→ C une fonction complexe, et soit
f 0 (z0 ) = limh→0 f (z0 +h)−f
h
(z0 )
.
0
Si f (z0 ) existe pour tout z0 dans le domaine de f , et la
fonction z0 −→ f 0 (z0 ) est continue, on dit que f est
holomorphe.
Analyse
Complexe

Fait
La somme de deux fonctions holomorphes sur U ⊂C est
une fonction holomorphe sur U ⊂C, et on a
(f + g)0 = f 0 + g 0 .
Le produit de deux fonctions holomorphes sur U est une
fonction holomorphe sur U, et on a
(fg)0 = fg 0 + gf 0 .
Analyse
Complexe

Fait
Le quotient de deux fonctions holomorphes f , g est
holomorphe sur son domaine de définition, et on a
0 0f
( gf )0 = f g−g
g2
.
La composée de deux fonctions holomorphes est
holomorphe sur son domaine de définition, et on a
(f (g(x )))0 = f 0 (g(x )).g 0 (x ).
Analyse
Complexe

Exemple
Les fonctions constantes et l’identité sont holomorphes.
Les fonctions polynomiales sont holomorphes.
Une fonction rationnelle est holomorphe sur son domaine
de définition.
La conjugaison complexe n’est pas holomorphe.
f (z0 +h)−f (z0 )
h = z0 +h−z
h
0
= h̄h .
Si h = ir alors la limite est −1, et si h = r , alors la limite est 1.
Donc la fonction f (z) = z̄ n’est pas holomorphe.
Analyse
Complexe

Théorème
Soit x , y des réels. La fonction f (z) = u(x , y ) + iv (x , y ) est
holomorphe dans un point z = x + iy , les dérivées partielles du
premier ordre de u et v existent et satisfont les équations de
Cauchy-Riemann :
∂u ∂v
∂x = ∂y ,
∂u
∂y = − ∂v
∂x .
Analyse
Complexe
Les fonctions suivantes sont holomorphes :
f (x + iy ) = x 2 − y 2 + 2ixy ,
x y
h(x + iy ) = x 2 +y 2
− i x 2 +y 2,

Les fonctions suivantes ne sont pas holomorphes :


f (x + iy ) = x 2 − y 2 − 2ixy ,
h(x + iy ) = x − iy ,
g(x + iy ) = x 2 + y 2 .

Remarque
Une fonction non constante f : C −→ R n’est jamais
holomorphe.
Analyse
Complexe

Théorème
Si P, Q sont de classe C 2 et P + iQ est holomorphe, alors P et
Q sont harmoniques c’est à dire :
∂2P ∂2P
∂x 2
+ ∂y 2
= 0,
∂2Q ∂2Q
∂x 2
+ ∂y 2
= 0.

Les fonctions suivantes sont harmoniques :


f (x , y ) = x 2 − y 2 ,
g(x , y ) = x 3 − 3xy 2 ,
La fonction h(x , y ) = x 2 y 2 n’est pas harmonique.
Analyse
Complexe

Définition
Un chemin sur C est défini par :
γ : [a, b] −→C tel que : γ(t) = x (t) + iy (t) et
γ ∈ C 1 [a, b], alors x (t) et y (t) sont de classe C 1 [a, b].
Si γ(a) = γ(b) le chemin γ est fermée et on appelle que γ
est un lacet.
Exemple : Le cercle de centre z0 = 0 et de rayon r = 1.
g : [0, 2π] −→ C,θ −→ e iθ .
Le segment de droite joignant 0 et 1 + i.
g : [0, 1] −→ C,t −→ t + it.
Analyse
Complexe

Définition
Soit Γ un chemin donné par la paramétrisation
Γ : [a, b] −→ C,
t −→ g(t).
On définit l’intégrale de f le long de Γ par :
Z Z b
f (z)dz = f (g(t))g 0 (t)dt.
Γ a

Exemple :On considère la paramétrisation suivante :


Γ : [0, 2π] −→ C,
θ −→ e iθ .
Z Z 2π Z 2π
n inθ iθ
Alors I = z dz = e ie dθ = i e iθ(n+1) dθ.
Γ 0 0
Donc I = 2iπ si n = −1 et I = 0 si non.
Exemple

Analyse
Complexe
Z
Calculer I = z̄dz où Γ est le chemin reliant z = 0 et
Γ
z = 4 + 2i donné par la paramétrisation z = t 2 + it.
Z
I = z̄dz,
ZΓ2
= (t 2 + it)(t 2 + it)0 dt,
Z0 2
= (t 2 − it)(2t + i)dt, (1)
Z02
= (2t 3 − it 2 + t)dt,
0
8i
= 10 − 3.
Analyse
Complexe Théorème
Si f est holomorphe dans U et Γ est un chemin de classe C 1
dans U et de plus f (z) = F 0 (z) où F est holomorphe dans U.
Soit Γ un chemin entre deux points z1 , z2 de U. Alors
Z
f (z)dz = F (z2 ) − F (z1 ).
Γ

Démonstration :
Z Z b
f (z)dz = f (Γ(t))Γ0 (t)dt,
Γ Za b
= F 0 (Γ(t))Γ0 (t)dt,
Za b
(2)
= [F (Γ(t))]0 dt, ,
a
= F (z2 ) − F (z2 ).
Analyse
Complexe

Γ : [0, 1] −→ C,
Exemple :
t −→ t + it.
Z h i1+i
z4
z 3 dz = 4 0 ,
Γ
(1+i)4 (3)
= 4 ,
= −1.
Analyse
Complexe

Théorème
Soit D ⊂ C, f est une fonction holomorphe sur
Z D et Γ un lacet
dont son intérieur est contenu dans D. Alors f (z)dz = 0.
Γ

Théorème
Soit D ⊂ C, f est une fonction holomorphe sur D et Γ un lacet
simple orienté vers le sens positive ainsi que son intérieur est
contenu dans D. Alors pour tout z0 à l’intérieur de Γ :
f (z)
Z
dz = 2iπf (z0 ).
Γ z − z0
Analyse
Complexe

Théorème
Soit D ⊂ C, f est une fonction holomorphe sur D, z0 ∈ D et Γ
et r > 0 tel que B(z0 , r ) ⊂ D. Alors sur B(z0 , r ), f est somme
d’une série entière,
+∞
an (z − z0 )n .
P
f (z) =
n=0
Analyse
Complexe
Démonstration :
f (t)
Z
1
f (z) = 2iπ dt,
ZC (z0 ,r )
t −z
1 f (t)
= 2iπ dt,
ZC (z0 ,r )
t − z0 + z0 − z
1 f (t) 1
= . dt,
2iπ
C (z0 ,r ) t − z0 1 − z−z 0
t−z0 (4)
f (t) +∞ X z − z0
Z
= 1
2iπ . ( )n dt,
C (z0 ,r ) t − z0 n=0 t − z0
+∞ f (t)
Z
P (z−z0 )n
= 2iπ dt.
n=0 C (z0 ,r ) (t − z0 )n+1

f (t)
Z
1
Avec an = 2iπ dt.
C (z0 ,r ) (t − z0 )n+1
Analyse
Complexe

Théorème (Laurent)
Soit z0 ∈ C, r > 0, et f holomorphe sur D = B(z0 , r ) − {z0 }.
Alors sur D, la fonction f s’écrit comme somme d’une série de
Laurent
+∞
an (z − z0 )n .
P
f (z) =
n=−∞

a−2 a−1 2
f (z) = ...+ (z−z 2 + z−z +a0 +a1 (z −z0 ) +a2 (z −z0 ) +.........
0) 0
Le résidu de f en z0 est le terme a−1 . (Le coefficient du terme
1
z−z0 )
On note que Res(f , z0 ) = a−1 .
Exemples

Analyse
Complexe

La fonction f (z) = sinz


z5
est holomorphe sur C∗ , elle admet alors
un développement en série de Laurent au voisinage de 0 :
1 3 5 7 9
f (z) = z5
(z − z3! + z5! − z7! + z9! − .....)
1 2 4 (5)
= z4
− z 213! + 5!
1
− z7! + z9! − .....
Donc Res(f , 0) = 0.
Exemples

Analyse
Complexe

z
La fonction g(z) = ze 3 est holomorphe sur C∗ , elle admet alors
un développement en série de Laurent au voisinage de 0 :
1 2 3 4
g(z) = z3
(1 + z + z2! + z3! + z4! + .....)
1 (6)
= z3
+ z12 + 2!z
1 1
+ 3! z
+ 4! + .....
Donc Res(g, 0) = 12 .
Exemples

Analyse
Complexe

z
La fonction h(z) = z−1 est holomorphe sur C − {1}, elle admet
alors un développement en série de Laurent au voisinage de 1 :
z
h(z) = z−1
z−1+1
= z−1 (7)
1
= z−1 + 1.
Donc Res(h, 1) = 1.
Analyse
Complexe

Définition
Soit D ⊂ C. a est un point singulier de f si la fonction f est
une fonction holomorphe sur D − {a}.
Une singularité a est dite apparente de la fonction
holomorphe f , si f (a) est non définie, mais f est
prolongeable par continuité en a.
On dit qu’un point singulier a est un pôle d’ordre n pour f
g(z)
si f (z) = (z−a) n avec g est fonction holomorphe au

voisinage de a et g(a) 6= 0.
La singularité a est essentielle si limz→a f (z) n’existe pas.
Analyse
Complexe

Exemples : Donnez les point singuliers et leurs nature aux cas


suivants :
1
f (z) = sinz z+2i
z , g(z) = (z+1)(z 2 +1) et h(z) = e .
z
Analyse
Complexe

Théorème
Soit D ⊂ C. Soit f une fonction holomorphe sur D − {a}.
Si a est un pôle simple alors Res(f , a) = lim (z − a)f (z).
z→a
Si a est un pôle d’ordre n ∈ N∗ , alors
1
Res(f , a) = (n−1)! ((z − a)n f (z))(n−1) (a).
Si a est une singularité essentielle il faut développer en
série de Laurent.
Exemple

Analyse
Complexe

ez
La fonction f (z) = (z−1)(z+1)2
est holomorphe sur C − {−1, 1}.
1 est un pôle simple de f alors,
ez
Res(f , 1) = lim (z − 1)f (z) = lim 2 = 4e .
z→1 z→1 (z+1)
-1 est un pôle double alors,
ez 0 e z (z−2) −3e −1
Res(f , −1) = lim ( z−1 ) = lim 2 = 4 .
z→−1 z→−1 (z−1)
Analyse
Complexe

Théorème
Soit z1 , z2 , . . . , zn des pôles ou singularités essentielles d’une
fonction f holomorphe sur D − {z1 , z2 , . . . , zn }, et γ est un
lacet qui entourent les singularités z1 , z2 , . . . , zn , alors selon le
théorème du résidus :
Z n
X
f (z)dz = 2iπ Res(f , zk ) (8)
γ k=1
Z 2π
Intégrale du type I = R(cosθ, sinθ)dθ
0

Analyse
Complexe

Théorème
Soit R(x , y ) une fraction rationnelle en x et en y qui n’a pas
de pôles sur le cercle C (0, 1), alors on posant z = e iθ :
z + z −1 z − z −1 dz
Z 2π Z
I= R(cosθ, sinθ)dθ = R( , ) .
0 C (0,1) 2 2i iz
−1 −1
Posons f (z) = iz1 R( z+z2 , z−z2i ), on a alors :
X
I = 2πi Res(f , zk ). (9)
|zk |<1
Exemple
Z 2π
Analyse dx
Complexe Calculer I = , on pose z = e ix , donc dz = izdx ,
0 2 + cosx
−1
On a cosx = z+z2 ,
1
et cosx1 +2 = z+z 2z
−1 = z 2 +4z+1 ,
Z2+ 2
2 1
Donc I = i dz,
C (0,1) z2
+ 4z + 1
1
La fonction f (z) = z 2 +4z+1 admet deux pôles simples :
√ √
z1 = −2 − 3, z2 = −2 + 3.
On a |z1 | > 1 et |z2 | < 1 Selon le théorème du résidus on a :
2
I = 2iπ Res(f , z2 ),
i
= 4π limz→z2 (z − z2 )f (z), (10)
1
= 4π z2 −z 1
,

= √3 .
Z +∞
Intégrale de type f (x )dx
−∞

Analyse
Complexe Définition
Soit D ⊂ C. On suppose que f est holomorphe sur
D − {a1 , a2 , . . . , an } où Im(ak ) > 0 pour k = 1, . . . , n.
On considère le lacet suivant : γr = [−r , r ] ∪ Cr ,
n > |ak |) pour o
avec (r tous les indices k et

Cr = re , θ ∈ [0, π] .
Selon le théorème de résidus
Z :
Z r Z n
X
f (x )dx + f (z)dz = f (z)dz = 2iπ Res(f , ak ).
−r Cr γr k=1
Z
Si de plus lim f (z)dz = 0, alors,
r →+∞ Cr

Z +∞ n
X
f (x )dx = 2iπ Res(f , ak ). (11)
−∞ k=1
Premier cas

Analyse
Complexe

Proposition
P(z)
Si f (z) = Q(z) où P et Q sont des polynômes premiers
entre eux. Aucun des racines de Q n’étant réel. Supposons
en outre que l’on ait, deg(Q) ≥ 2 + deg(P).
La formule (11) est valable, les ak étant les zéros de Q
tels que Im(ak ) > 0.
Exemple

Analyse
Complexe
Z +∞
1
Calculer I = 2 2
dx
−∞ (1 + xn ) o
Soient Cr le demi cercle z = re iθ , θ ∈ [0, π] , et
γr = [−r , r ] ∪ Cr . (r > 1) Donc, selon le théorème de résidus :

1
Z
dz = 2iπRes(f , i),
γr (1 + z 2 )2  0
= 2iπ lim (z − i)2 (z−i)21(z+i)2 , (12)
z→i
−2
= 2iπ lim 3 = 2iπ 4i1 = π2 .
z→i (z+i)
Analyse
Z r
Complexe
1 1 1
Z Z
On a 2 )2
dz = dz + dx ,
γr (1 + z Cr (1 + z 2 )2 −r (1 + x 2 )2
Il est clair que |(re iθ )2 + 1|2 ≥ (r 2 − 1)2

rie iθ
Z π
1
Z
| dz| = | dθ|,
Cr (1 + z 2 )2 (1 + (re iθ )2 )2
Z π0
rie iθ (13)
≤ | iθ 2 2
|dθ,
0 (1 + (re ) )
≤ (r 2πr
−1)2
.

1
Z
Donc quand r → +∞ dz = 0.
Z +∞ Cr (1 + z 2 )2
1 π
D’où I = 2 2
dx = .
−∞ (1 + x ) 2
Deuxième cas

Analyse
Complexe

Proposition
P(z) iaz
Soit a > 0. Si f (z) = Q(z) e où P et Q sont des
polynômes premiers entre eux. Aucun des racines de Q
n’étant réel. Supposons en outre que l’on ait,
deg(Q) ≥ 1 + deg(P).
La formule (11) est valable, les ak étant les zéros de Q
tels que Im(ak ) > 0.
Exemple

Analyse
Complexe
Z +∞
cosx
Calculer I = dx
n −∞ 1 + x2o
Soit Cr = iθ
re , θ ∈ [0, π] , et γr = [−r , r ] ∪ Cr . (r > 1)
!
e ix
Z +∞
On a I = Re 2
dx .
−∞ 1 + x
Selon le théorème du résidus :
e iz
Z
dz = 2iπRes(f , i),
γr 1 + z2  
iz
e
= 2iπ lim (z − i) (z−i)(z+i) , (14)
z→i
e iz −1
= 2iπ lim = 2iπ e2i = πe .
z→i (z+i)
e iz e iz r e ix
Z Z Z
Analyse
Complexe On a 2
dz = 2
dz + 2
dx ,
γr 1 + z Cr 1 + z −r 1 + x
Il est clair que |(re iθ )2 + 1|2 ≥ (r 2 − 1)2 . On posant
z = re iθ = x + iy , θ∈[0, π], avec x = rcosθ, y = rsinθ ≥ 0.
Z π ix −y iθ
e iz e rie
Z
| dz| = | dθ|,
Cr 1 + z2 1 + (re iθ )2
Z π0
e ix −y rie iθ
≤ | iθ 2
|dθ, (15)
Z0π 1 + (re )
r
≤ | 2 |dθ,
0 r −1
πr
= r 2 −1
.

e iz
Z
Donc quand r → +∞, 2
dz = 0.
Z +∞ Cr 1 + z
cosx π
D’où I = 2
dx = .
−∞ 1+x e

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