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L'idéalisation amoureuse chez Flaubert

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Le texte à commenter est un extrait de l’œuvre monumentale intitulée «

l’éducation sentimentale ». c’est un roman commis par Flaubert, figure du proue du


mouvement réaliste qui a marqué la scène littéraire et culturel en France au cours de la
deuxième moitié du XIX ème siècle. Ainsi, en réaction au romantisme qui dépeint une
réalité fantasmée et idéalisée, le réalisme substitue un modèle de représentation du vécu
sans fard, et en l’occurrence la peinture des émotions amoureuses. C’est ce dont témoigne
le présent extrait qui aborde la problématique de la première rencontre amoureuse. De fait,
nous pouvons approcher le texte sous la problématique suivante :

En quoi cette scène, décrite d’après le point de vue du personnage, traduit-elle


une forme idéalisée de l’amour pour anticiper la chute du personnage ?

Pour développer cette problématique, nous allons aborder, dans un premier temps,
comment la trame narrative construite d’après le regard du personnage met en relief un
coup de foudre amoureux. Puis, nous analyserons pourquoi cet amour idéalisé est un amour
impossible qui précipite la chute du personnage amoureux.

Flaubert a choisi de présenter cette scène iconique sous le point de vue du


personnage pour rendre cette scène du coup de foudre plus palpitante. En ce sens, le choix
de la focalisation interne est illustratif. Les verbes de perceptions « il distingua » « il la
regarda » « jamais il n’avait vu » « il considérait » permettent au lecteur de découvrir la
passion incandescente depuis ce qui se passe à l’intérieur même du personnage
amoureux.

Aussi est-il que ce type de focalisation interne, très fréquent chez Flaubert, appuie la
nature saisissante voire aveuglante de ce coup de foudre. En effet, la comparaison au
début du texte « ce fut comme une apparition » est un rapprochement qui accorde une
dimension syllogique à cette rencontre si bien que la suite du texte se présente comme une
explication et un développement de cette figure de style. De plus, le simultanéité dans la
phrase « en même temps qu’il passait, elle leva…il fléchit, il se fut..il regarda » fait
succéder, en un laps de temps, un ensemble d’actions. Cette succession très rapide des
verbes suit le mouvement du cœur de personnage qui bat trop vite sous l’effet de son
ouragan passionnel.

Ainsi est-il possible de se demander dans quelle mesure la peinture de ces émois
émotionnels traduisent-elle une forme excessivement idéalisée voire divinisée de l’amour et
de l’être aimé ?

En effet, le narrateur poussent les limites de l’idéalisation de l’être aimé et désiré


jusqu’à la divinisation. De cette dernière témoigne à juste titre le champ lexical emprunté à
la religion catholique « apparition, une chose extraordinaire, splendeur, ébahissement... » .
Le narrateur fait, en réalité, référence à l’apparition de la vierge Marie dont la lumière de la
révélation cause l’éblouissement des fidèles.

Dans le même ordre d’idées, le narrateur dresse un portrait de la femme, la rapprochant


d’une statue sacrée autour de laquelle gravite un fidèle zélé. En vérité, les déictiques
spatiaux relatifs aux deux personnages ne sont pas identiques. Quand ils se rapportent à la
femme, ces déictiques sont statiques « elle était assise, elle gardait la même attitude... ».
Or, quand ils renvoient au personnage amoureux, ils deviennent dynamiques pour mettre en
lumière son mouvement voire son agitation « il passait, il se fut mis plus loin, du même côté,
de droite à gauche… ».

Par ailleurs, ce portrait de la femme est dressé sur un arrière fond bleu. Le choix de la
mer et la symbolique de la couleur bleue est très révélateur. Car, cet arrière fond accentue
la sensation de l’absolu chez le personnage qui est mise en évidence aussi par les
différentes figures de styles d’ exagération : l’ hyperbole « jamais il n’avait vu », ou encore
l’énumération « quels étaient son nom, sa demeure, sa vie, son passé ? » . De fait,
l’attachement émotionnel se veut donc sans bornes ni limites. Il est singulier, unique,
absolue.

Par conséquent, l’excès de l’idéalisation de la femme aimée anticipe l’échec de l’homme


à gagner le cœur de la femme. Etant donné que cette dernière est présentée comme
aveuglante, ébahissante, elle de devient, de facto, inatteignable voire impossible. l’adjectif
épithète à la fin du texte « curiosité douloureuse » met le personnage devant son
impuissance et par conséquent devant son destin tragique : celui d’être condamné à l’échec.
En guise de conclusion, la description de cette scène de rencontre amoureuse est
singulière à bien des égards. Car, la nature et l’essence de la flemme amoureuse porte en
germes les raisons de son échec. Tout en idéalisant l’être aimé, le personnage précipite les
raisons de sa perte. Cet extrait est donc une illustration presque parfaite de la conception
réaliste au sujet des prouesses amoureuses dans la mesure où pour Flaubert la démesure
et l’exagération ne se soldent pas toujours par le succès attendu.

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