Cours de Mathématiques : Nombres Complexes
Cours de Mathématiques : Nombres Complexes
Cours de mathématiques
Jean-Philippe Nicolas
LMBA,
Université de Brest, 6 avenue Victor Le Gorgeu,
29200 Brest.
Bureau H109
email : [Link]@[Link]
https: // jnicolas. pages. math. cnrs. fr/
2
Table des matières
1 Nombres complexes 5
1.1 Les ensembles de nombres usuels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 Les nombres complexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2.1 Représentation cartésienne ou algébrique . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2.2 Représentation polaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.3 Racines n-ièmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.4 Equations du second degré . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.4.1 Cas réel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.4.2 Cas complexe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.4.3 Une propriété importante . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.5 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2 Vecteurs 17
2.1 Cadre général . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.2 Produits de vecteurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
2.2.1 Produit scalaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
2.2.2 Produit vectoriel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.2.3 Produit mixte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
2.3 Coordonnées angulaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
2.4 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
3 Fonctions 29
3.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
3.2 Limites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
3.2.1 Quotient de polynômes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
3.2.2 Opérations sur les limites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
3.3 Continuité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
3.4 Dérivation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
3.5 Quelques fonctions usuelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
3.5.1 Polynômes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
3.5.2 Exponentielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
3.5.3 Logarithme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
3.5.4 Les puissances réelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
3
4 TABLE DES MATIÈRES
4 Equations différentielles 43
4.1 Equations et solutions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
4.2 Equations du premier ordre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
4.2.1 Résolution de l’équation homogène . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
4.2.2 Résolution de l’équation complète . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
4.2.3 Résolution du problème de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
4.2.4 Principe de superposition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
4.3 Equations du second ordre à coefficients constants . . . . . . . . . . . . . . 48
4.3.1 Résolution de l’équation homogène . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
4.3.2 Résolution de l’équation avec second membre . . . . . . . . . . . . 50
4.4 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
5 Intégration 55
5.1 Définitions et premières propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
5.2 Primitive et intégrale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
5.3 Intégrations par parties et changement de variable . . . . . . . . . . . . . . 56
5.4 Quelques intégrales de fractions rationnelles . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
5.5 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
Chapitre 1
Nombres complexes
N = {0, 1, 2, 3, 4, ...} ;
5
6 Nombres complexes
x2 = −1
n’ont
√ pas de solution. Cardano décide de considérer une solution à cette équation notée
−1. Evidemment il ne s’agit pas d’un nombre réel, car aucun nombre réel n’a un carré
égal à −1. Mais il décide de le manipuler comme si c’était un nombre usuel et de calculer
avec. Il a ainsi
√ accès à tout un ensemble de nombres dits imaginaires et qui sont de la
forme a + b −1 où a et b sont des nombres réels. Cela donne des méthodes efficaces pour
résoudre des équations algébriques de degrés 2, 3 et 4. Même si les solutions sont des
nombres réels, le fait d’utiliser ces nombres imaginaires permet de résoudre les équations
alors qu’en se limitant aux nombres réels, on n’a pas de méthodes systématiques.
Les nombres complexes ne seront correctement formalisés que beaucoup plus tard, par
Hamilton en 1835. Il définit un nombre complexe comme un couple z = (x, y) de nombres
réels. Pour deux nombres complexes z = (x, y) et z ′ = (x′ , y ′ ), on définit leur somme et
leur produit de la façon suivante :
z + z ′ = (x + x′ , y + y ′ ) , zz ′ = (xx′ − yy ′ , xy ′ + x′ y) .
Cela revient exactement à considérer que l’ensemble C des nombres complexes est muni
d’une base canonique (un repère) notée :
1 = (1, 0) , i = (0, 1)
C = {z = x + iy , x, y ∈ R} .
Remarque 1.1. A noter que comme i2 = −1, il suit que i(−i) = 1 et donc −i = 1i .
c’est la distance entre le point (x, y) ∈ R2 et l’origine (0, 0). Le complexe conjugué de z
est le nombre complexe
z̄ = x − iy .
On remarque que
z z̄ = |z|2 .
1. z̄¯ = z,
2. z + z̄ = 2Re z, z − z̄ = 2iIm z,
3. |z̄| = |z|,
6. si z ̸= 0,
1 1 1 1 w w̄ w |w|
= , = , = , = .
z z̄ z |z| z z̄ z |z|
Une autre propriété fondamentale est l’inégalité triangulaire, qui existe sous deux
formes équivalentes.
De plus, elles sont équivalentes, c’est-à-dire qu’on peut déduire l’une de l’autre et inverse-
ment.
|z + w|2 = (z + w)(z + w)
= z z̄ + z w̄ + wz̄ + ww̄
= |z|2 + 2Re (z w̄) + |w|2
≤ |z|2 + 2|Re (z w̄)| + |w|2
et comme
|Re (z w̄)| ≤ |z w̄| = |z||w| ,
il suit
|z + w|2 ≤ |z|2 + 2|z||w| + |w|2 = (|z| + |w|)2 .
On en déduit donc que
|z + w| ≤ |z| + |w| .
Montrons maintenant l’équivalence des deux formes (1.2) et (1.3). On commence par
montrer la seconde en utilisant la première :
et donc
|z| − |w| ≤ |z − w| .
En échangeant les rôles de z et w on obtient aussi
et on a alors
z = |z|(cos θ + i sin θ) .
On essaye souvent de choisir θ ∈ [0, 2π[, il est alors unique. Mais on peut aussi faire
d’autres choix.
Deux exemples.
√ √
1. Soit z = 1 + i. Le module de z est donné par |z| = 1 + 1 = 2 et donc
√
1 1
z = 2 √ + i√ .
2 2
On cherche alors θ tel que
1
cos θ = sin θ = √ ,
2
θ = π/4 convient. On a donc
√
1 + i = 2eiπ/4 .
Les nombres complexes 11
z = reiθ
où r = |z| et θ = Arg (z). Les n racines n-ièmes distinctes de z sont alors données par
θ 2kπ
wk = r1/n ei( n + n ) , avec k = 0, 1, 2, ..., n − 1 .
Cas particulier des racines carrées. On a deux racines carrées de z qui sont
√ √ θ 2π √
rei( 2 + 2 ) =
θ θ
w0 = rei 2 , w1 = rei 2 eiπ = −w0 .
a2 − b2 + 2iab = x + iy .
On écrit donc les équations qui identifient les parties réelles d’un côté et les parties imag-
inaires de l’autre. Pour simplifier la résolution, on écrit aussi l’égalité du module de z et
du module de w2 . On a donc le système de trois équations suivant:
2
a − b2 = x
Re (w2 ) = Re z
Im (w2 ) = Im z ⇔ 2ab = yp
|w2 | = |z|
2
a + b2 = x2 + y 2
w1 = 1 + 2i , w2 = −1 − 2i .
Equations du second degré 13
az 2 + bz + c = 0 , (1.7)
On voit donc que (1.7) est équivalente à l’équation suivante, appelée la forme canonique
de (1.7)
2
b2 − 4ac
b
z+ = . (1.8)
2a 4a2
On note
∆ := b2 − 4ac
et on l’appelle le discriminant du polynôme az 2 + bz + c. A noter que (1.8) est encore
équivalente à une autre équation, obtenue en multipliant par 4a2 des deux côtés :
L’équation (1.9) nous dit exactement que 2az + b est une racine carrée de ∆. Elle va donc
nous permettre de trouver les solutions de (1.7).
az 2 + bz + c = a(z − x1 )(z − x2 ) .
14 Nombres complexes
2eme cas : ∆ = 0. Alors (1.7) a une seule solution, qui est réelle et donnée par
b
x0 = − .
2a
Le polynôme az 2 + bz + c se factorise alors sous la forme
az 2 + bz + c = a(z − x0 )2 .
Il suit que (1.7) a deux solutions complexes conjuguées l’une de l’autre qui sont
p p
−b − i |∆| −b + i |∆|
z1 = , z2 = = z1 .
2a 2a
Le polynôme az 2 + bz + c se factorise alors sous la forme
az 2 + bz + c = a(z − z1 )(z − z2 ) .
az 2 + bz + c = a(z − z0 )2 .
Lorsqu’on n’a pas accès à la forme polaire explicite de ∆, on peut utiliser la seconde
méthode pour calculer les deux racines carrées de ∆. On a donc deux racines
complexes (qui en général ne sont pas conjuguées l’une de l’autre)
−b − d1 −b + d1
z1 = , z1 = .
2a 2a
Le polynôme az 2 + bz + c se factorise alors sous la forme
az 2 + bz + c = a(z − z1 )(z − z2 ) .
Exercices 15
z 2 − Sz + P
où
S = z1 + z2 , P = z1 z2 .
1.5 Exercices
Exercice 1.1. Effectuer les calculs suivants :
1 + i iπ/2
(1 + 5i)(4 + 8i) , , e (3 + 6i) , (2 + i)(1 + i)(3 + i) .
1−i
Exercice 1.2. Mettre les nombres complexes suivants sous la forme a + ib :
2
3 + 6i 1+i 3 + 6i 2 + 5i 2 − 5i
, + , + ,
3 − 4i 2−i 3 − 4i 1 − i 1+i
√ !3
5 + 2i 1 3 (1 + i)9
, − +i , .
−2i 2 2 (1 − i)7
Exercice 1.4. Représenter sous forme polaire les nombres complexes suivants
√ 1+i 2 √
1, − 2, i, 1 − i, 1 + i, 1 + i 3, √ , − i, − 3 − 1.
1+i 3 5
Exercice 1.5. Trouver toutes les solutions dans C des équations suivantes :
z 3 = 1 , z 3 = −1 , z 4 = 16 ,
z2 + i = 0 , z2 + z + 1 = 0 .
16 Nombres complexes
z 2 − 3z + 1 = 0,
z 2 − 2iz + 3 = 0,
z 2 + 16i = 0,
z 4 − 2z 2 + 2 = 0,
z6 = −1 .
Chapitre 2
Vecteurs
• Chaque vecteur ⃗u peut être multiplié par un nombre réel λ pour donner un nouveau
vecteur :
u1 λu1
λ · ⃗u = λ · ... := ... .
un λun
17
18 Vecteurs
Les illustrations suivantes permettent de se faire une idée géométrique de ces opérations :
L’addition du vecteur rouge et du vecteur bleu donne le vecteur vert. Il s’agit du vecteur
que l’on obtient lorsqu’on translate le vecteur bleu le long du vecteur rouge. Si les deux
vecteurs changent de rôle dans cette construction on obtient le même résultat (l’addition
est commutative).
⃗ ∈ Rn on a (⃗u + ⃗v ) + w
1. Pour tout ⃗u, ⃗v , w ⃗ = ⃗u + (⃗v + w).
⃗
Définition 2.2 (Espace vectoriel). On dit qu’un ensemble V , contenant un élément par-
ticulier ⃗0 et sur lequel est définie une opération d’addition + entre éléments de V et une
opération de multiplication · entre nombres réels et éléments de V , est un espace vectoriel,
si les deux opérations satisfont toutes les propriétés 1. à 8. de la proposition précédente.
Exemples.
La vérification du fait qu’un ensemble est un espace vectoriel est en général un peu longue.
Par contre, si un ensemble est un sous-ensemble d’un espace vectoriel, vérifier qu’il est lui-
même un espace vectoriel sera très facile. Nous introduisons ici la notion de sous-espace
vectoriel.
3. ⃗0 ∈ F .
Exemples.
1. Dans R2 .
(a) L’ensemble
v1 2
F1 = ⃗v = ∈ R ; v1 = v2
v2
est un sous-espace vectoriel de R2 .
(b) L’ensemble
v1 2
F2 = ⃗v = ∈ R ; v1 = 1 − v2
v2
n’est pas un sous-espace vectoriel de R2 car il ne contient pas ⃗0.
20 Vecteurs
(c) L’ensemble
v1 2 2 2
F3 = ⃗v = ∈ R ; (v1 ) + (v2 ) = 1
v2
qui est le cercle de centre ⃗0 et de rayon 1 dans R2 , n’est pas un sous-espace
vectoriel de R2 . Il ne contient pas ⃗0.
(d) L’ensemble
v1 2 2
F4 = ⃗v = ∈ R ; v2 = (v1 )
v2
est une parabole dans R2 . Cet ensemble contient bien ⃗0 mais n’est pas un sous-
espace vectoriel de R2 car il n’est pas stable par addition ni par multiplication
par un scalaire. En effet les vecteurs
−1 1
⃗u = , ⃗v = ,
1 1
sont tous les deux dans F4 mais ce n’est pas le cas de leur somme, ni de, par
exemple, 2⃗u.
Définition 2.4. On dit que les vecteurs ⃗v1 , ⃗v2 , ..., ⃗vm d’un espace vectoriel sont linéaire-
ment indépendants si la seule solution λ1 , ..., λm ∈ R de l’équation
est donnée par λ1 = 0, ..., λm = 0. Sinon on dit que les vecteurs ⃗v1 , ⃗v2 , ..., ⃗vm sont liés.
Remarque 2.1. Si un des vecteurs parmi ⃗v1 , ..., ⃗vm est le vecteur nul, disons ⃗v2 = ⃗0,
alors les vecteurs sont liés, car il y a par exemple la solution
λ1 = 0, λ2 = 1, λ3 = 0, ..., λm = 0
à l’équation
λ1⃗v1 + λ2⃗v2 + ... + λm⃗vm = ⃗0
|⃗x.⃗y | ≤ ∥⃗x∥∥⃗y ∥ .
Produits de vecteurs 23
∆ = (x, y) ∈ R2 ; u2 x − u1 y = 0 .
• Dans R2 . Equation
de
la droite ∆ passant par le point M0 = (x0 , y0 ) et de vecteur
u1
directeur ⃗u = . La droite ne passe plus nécessairement par l’origine. Dans
u2
ce cas, un
point M = (x, y) de R appartient à ∆ si et seulement si le vecteur
2
−−−→ x − x0 −−→
M0 M = est orthogonal à ⃗v , c’est-à-dire si et seulement si OM .⃗v = 0.
y − y0
Ce produit scalaire s’écrit
−−→ x − x0 u2
OM .⃗v = . = u2 (x − x0 ) − u1 (y − y0 ) .
y − y0 −u1
∆ = (x, y) ∈ R2 ; u2 (x − x0 ) − u1 (y − y0 ) = 0 .
En général, cette droite n’est pas un sous-espace vectoriel de R2 car elle ne passe
par l’origine (elle ne contient pas le vecteur nul).
• Dans
. Equation du plan P passant par l’origine et orthogonal au vecteur ⃗v =
R 3
v1
v2 . Un point M = (x, y, z) de R3 appartient à P si et seulement si le vecteur
v3
24 Vecteurs
x
−−→ −−→
OM = y est orthogonal à ⃗v , c’est-à-dire si et seulement si OM .⃗v = 0. Ce
z
produit scalaire s’écrit
x v1
−−→
OM .⃗v = y . v2 = v1 x + v2 y + v3 z .
z v3
Le plan P est donc décrit par l’équation suivante
P = (x, y, z) ∈ R3 ; v1 x + v2 y + v3 z = 0 .
P = (x, y, z) ∈ R3 ; v1 (x − x0 ) + v2 (y − y0 ) + v3 (z − z0 ) = 0 .
(⃗u + ⃗v ) ∧ w
⃗ = ⃗u ∧ w
⃗ + ⃗v ∧ w
⃗ et ⃗u ∧ (⃗v + w)
⃗ = ⃗u ∧ ⃗v + ⃗u ∧ w
⃗
Produits de vecteurs 25
• Quels que soient les vecteurs ⃗u et ⃗v non nuls dans R2 , la valeur absolue de ⃗u ∧⃗v peut
se calculer en fonction des normes des deux vecteurs et du sinus de l’angle θ ∈ [0, π]
formé par les deux vecteurs :
Si ⃗u et ⃗v ne sont pas parallèles, ceci est l’aire du parallélogramme engendré par les
vecteurs ⃗u et ⃗v .
Définition 2.10. Pour deux vecteurs ⃗u et ⃗v de R3 nous définissons leur produit vectoriel
par :
u1 v1 u2 v3 − u3 v2
⃗u ∧ ⃗v = u2 ∧ v2 := u3 v1 − u1 v3 .
u3 v3 u1 v2 − u2 v1
Proposition 2.4. On a
• Pour tout ⃗u, ⃗v , w
⃗ ∈ R3 on a
(⃗u + ⃗v ) ∧ w
⃗ = ⃗u ∧ w
⃗ + ⃗v ∧ w
⃗ et ⃗u ∧ (⃗v + w)
⃗ = ⃗u ∧ ⃗v + ⃗u ∧ w
⃗
• Quels que soient les vecteurs ⃗u et ⃗v non nuls dans R3 , la norme du vecteur ⃗u ∧⃗v peut
se calculer en fonction des normes des deux vecteurs et du sinus de l’angle θ ∈ [0, π]
formé par les deux vecteurs :
Si ⃗u et ⃗v ne sont pas parallèles, ceci est l’aire du parallélogramme engendré par les
vecteurs ⃗u et ⃗v .
Remarque : L’avant-dernier point de la proposition précédente dit que le produit vec-
toriel de ⃗u et ⃗v est un vecteur qui est orthogonal au plan engendré par les deux vecteurs
⃗u et ⃗v . L’orientation du vecteur ⃗u ∧ ⃗v par rapport aux deux vecteurs ⃗u et ⃗v correspond
à l’orientation du majeur de la main droite par rapport au pouce et l’index (règle de la
main droite). Ceci dit que si on aligne le pouce au vecteur ⃗u et l’index au vecteur ⃗v alors
le majeur montre dans la direction de ⃗u ∧ ⃗v . C’est l’orientation qu’on appelle “directe”.
La longueur du vecteur ⃗u ∧ ⃗v correspond à l’aire du parallélogramme engendré par ⃗u
et ⃗v sur le plan qui contient ⃗u et ⃗v .
26 Vecteurs
|⃗u, ⃗v , w|
⃗ := ⃗u.(⃗v ∧ w).
⃗
vol(P ) = |⃗u, ⃗v , w|
⃗ = |⃗u.(⃗v ∧ w)|.
⃗
• |⃗u, ⃗v , w|
⃗ ≠ 0 si et seulement si {⃗u, ⃗v , w}
⃗ est un repère de R3 .
• |⃗u, ⃗v , w|
⃗ > 0 si et seulement si {⃗u, ⃗v , w}
⃗ est un repère direct de R3 .
• |⃗u, ⃗v , w|
⃗ < 0 si et seulement si {⃗u, ⃗v , w}
⃗ est un repère indirect de R3 .
p
r = x2 + y 2 ,
x = r cos θ ,
y = r sin θ .
Coordonnées cylindriques
On peut rajouter une dimension verticale aux coordonnées polaires pour paramétriser
l’espace à trois dimensions R3 . On a alors les rapports suivant entre les coordonnées
cartésiennes (x, y, z) d’un point M et ses coordonnées cylindriques (r, θ, z) :
Exercices 27
z = z,
p
r = x2 + y 2 ,
x = r cos θ ,
y = r sin θ .
Coordonnées sphériques
Après avoir choisi un repère, tout point M de l’espace R3 peut être décrit par sa
distance de l’origine r, l’angle θ entre l’axe Oz et la droite qui relie l’origine à M et
finalement l’angle φ entre la droite qui relie la projection du point M sur le plan engendré
par les deux premiers axes et l’origine et le premier axe. On a alors les liens suivants entre
les coordonnées cartésiennes (x, y, z) et les coordonnées polaires (r, θ, φ) du point M :
p
r = x2 + y 2 + z 2 ,
x = r sin θ cos φ ,
y = r sin θ sin φ ,
z = r cos θ .
2.4 Exercices
Exercice 2.1. Soit les deux vecteurs dans R2 :
⃗ 1 ⃗ 4
U= , V = .
2 −2
1. Calculer leurs normes.
2. Sont-ils orthogonaux?
3. Déterminer l’aire du parallélogramme engendré par U
⃗ et V⃗ .
2. Le triplet {⃗u , ⃗v , w}
⃗ est-il un repère de R3 ? Si oui, est-il direct ou indirect?
Exercice 2.4. Donner dans R2 l’équation de la droite passant par le point (−1, 3) et
orthogonale au vecteur (2, −1).
Exercice 2.5. Déterminer l’équation de la droite dans le plan R2 passant par le point
(1, 5) et de vecteur directeur (−1, 2).
Exercice 2.6. Donner l’équation du plan dans R3 contenant les trois points suivants :
A = (1, 0, 1), B = (0, 2, 0), C = (−2, 3, 1).
1
(1, 2, 1) et orthogonal au vecteur ⃗v = −2.
2
Chapitre 3
Fonctions
3.1 Généralités
• Domaine de définition. Souvent une fonction est définie par une expression
algébrique sans préciser pour quelles valeurs de la variable elle est définie. On
appelle domaine de définition d’une fonction f (x) l’ensemble des valeurs de x pour
lesquelles f (x) est bien définie. Par exemple la fonction f de la variable réelle x
1 + 2x − x2
f (x) =
(x − 4)(x + 3)
g ◦ f (x) = cos(x2 )
29
30 Fonctions
Définition 3.1. On dit que f est surjective si pour tout choix d’un élément y dans
l’ensemble F on peut trouver un élément x dans l’ensemble E de sorte que f (x) = y.
Définition 3.2. On dit que f est injective si pour tout choix de deux éléments
distincts x1 et x2 dans l’ensemble E on a toujours f (x1 ) ̸= f (x2 ).
Définition 3.3. On dit que f est bijective si elle est à la fois surjective et injective.
Dans le cas d’une fonction bijective f : E → F , il existe pour tout y ∈ F une unique
solution x ∈ E de l’équation : f (x) = y. Cette solution unique x dépend du choix de
y. On peut symboliser ceci en choisisant la notation xy pour dénoter la solution de
l’équation. On a donc f (xy ) = y pour tous les choix de y. La fonction qui attribue à
y l’unique solution xy de l’équation est appelée la fonction réciproque de la fonction
f . Si on définit la fonction g : F → E; y 7→ xy on obtient la proposition suivante.
Proposition 3.1. Soit f : E → F une fonction bijective. Alors il existe une unique
fonction bijective g : F → E de sorte que :
• Croissance et décroissance.
3.2 Limites
3.2.1 Quotient de polynômes
On considère une fonction
P (x)
f (x) =
Q(x)
où P et Q sont des polynômes sur R.
• La limite de f en 0 est donnée par la limite du quotient des termes de plus bas
degré.
• La limite de f en +∞ est donnée par la limite du quotient des termes de plus haut
degré, même chose en −∞.
Alors
Lorsqu’une des deux limites est infinie, on peut utiliser le tableau suivant :
limx→x0 f (x) limx→x0 g(x) limx→x0 (f (x) + g(x)) limx→x0 f (x) · g(x) limx→x0 f (x)/g(x)
+∞ l2 > 0 +∞ +∞ +∞
l1 > 0 +∞ +∞ +∞ 0
+∞ −∞ indéterminée −∞ indéterminée
0 +∞ +∞ indéterminée 0
+∞ 0 +∞ indéterminée +∞
0 0 0 0 indéterminée
Les limites “indéterminées” signifient que selon les exemples on peut avoir des limites
différentes. Quelques formes indéterminées résolues :
3.3 Continuité
• Une fonction f est dite continue en x0 si
Les limites
lim f (x) et lim+ f (x) ,
x→x−
0 x→x0
• On dit qu’une fonction est continue sur un intervalle si elle est continue en tout
point de l’intervalle (intuitivement, cela veut dire qu’on peut tracer son graphe sans
lever le crayon).
Exemples :
• La fonction
1 si x ≥ 0 ,
g(x) =
x si x < 0 ,
n’est pas continue en 0.
Théorème 3.1 (des valeurs intermédiaires). Soit −∞ < a < b < +∞ et f : [a, b] → R
une fonction continue. Alors pour tout y ∈]f (a), f (b)[, il existe x ∈]a, b[ tel que f (x) = y.
Dérivation 33
3.4 Dérivation
Définition 3.5. On dit qu’une fonction f :]a, b[→ R est dérivable en x0 ∈]a, b[ si la limite
f (x0 + h) − f (x0 )
lim
h→0 h
df
existe dans R. Si c’est le cas on la note f ′ (x0 ) ou encore dx
(x0 ) et on l’appelle la dérivée
de f en x0 .
Comme pour la continuité, une fonction f : I → R est dite dérivable sur I si elle est
dérivable en tout point de I.
Définition 3.6 (Dérivabilité à gauche et à droite). Soit une fonction f :]a, b[→ R. On
dit que
f (x0 + h) − f (x0 )
fg′ (x0 ) := lim−
h→0 h
existe dans R.
f (x0 + h) − f (x0 )
fd′ (x0 ) := lim+
h→0 h
existe dans R.
Théorème 3.2. Si une fonction est dérivable en un point, alors elle est continue en ce
point.
Dérivées usuelles. (On les verra une à une dans la section suivante)
1
(xα )′ = αxα−1 , (ex )′ = ex , (ln x)′ = ,
x
(sin x)′ = cos x , (cos x)′ = − sin x ,
1 −1
(tan x)′ = 2
= 1 + (tan x)2 , (cot x)′ = = −1 − (cot x)2 ,
(cos x) (sin x)2
1 −1 1
(arcsin x)′ = √ , (arccos x)′ = √ , (arctan x)′ = .
1−x 2 1−x 2 1 + x2
34 Fonctions
Produit et quotient.
′
′ ′ ′ u′ v − uv ′
u ′ 1 −u′
(uv) = u v + uv , = , = ,
v v2 u u2
(uv)′′ = u′′ v + 2u′ v ′ + uv ′′ .
• Si f ′ < 0 sur ]a, b[, alors f est strictement décroissante sur ]a, b[.
3.5.2 Exponentielle
On peut la définir comme une limite de polynômes.
+ x
x n
exp : R → R , x 7→ e := lim 1 + .
n→∞ n
Cette fonction satisfait les propriétés suivantes :
• Formule produit: ex+y = ex ey ; i.e.: exp(x + y) = exp(x) exp(y).
d
exp(x) = exp(x).
dx
y = ex
8
−4 −2 2 4
Graphe de la fonction exponentielle.
3.5.3 Logarithme
La fonction logarithme naturel (népérien)
ln : R+∗ → R
exp : R → R+∗ ; x 7→ ex .
• On a
exp(ln(x)) = x ∀x ∈ R+∗ et ln(exp(x)) = x ∀x ∈ R.
y = ex y=x
10
5
y = ln(x)
−5 5 10
−5
5 √
y= x
−2 2 4
−5
Quelques fonctions usuelles 37
π π
sin( − x) = cos x et cos( − x) = sin x
2 2
d d
sin x = cos x et cos x = − sin x.
dx dx
38 Fonctions
1.5
y = cos x
1
0.5 y = sin x
−2 2 4 6
−0.5
−1
y = tan x
−1 1 2 3 4
−5
y = cot x
Les graphes des fonctions tan(x) et cot(x).
Quelques fonctions usuelles 39
1 1
arcsin′ (x) = ′ = .
sin (arcsin x) cos(arcsin x)
Comme la fonction arcsin est à valeurs dans [−π/2, π/2], cos(arcsin x) ≥ 0 et donc
q √
(cos(arcsin x))2 = 1 − (sin(arcsin x)) = 1 − x2 .
p
cos(arcsin x) =
Si on restreint la fonction cosinus sur l’intervalle [0, π], elle est bijective de [0, π] dans
[−1, 1]. Il existe donc une fonction inverse appelée la fonction arc-cosinus. On a donc
arccos : [−1, 1] → [0, π] de sorte que
1 −1
arccos′ (x) = = .
cos′ (arccos x) sin(arccos x)
Comme la fonction arccos est à valeurs dans [0, π], sin(arccos x) ≥ 0 et donc
q √
(sin(arccos x))2 =
p
sin(arccos x) = 1 − (cos(arccos x)) = 1 − x2 .
2 y = arcsin x
1
y = arccos x
−1 −0.5 0.5 1
−1
−2
Les graphes de arccos(x) et arcsin(x).
1 1 1
arctan′ y = ′
= 2
= .
tan (arctan y) 1 + tan (arctan y) 1 + y2
2 y = arctan x
1
y=arccotx
−10 −5 5 10
−1
3.6 Exercices
Exercice 3.1. Calculer les limites suivantes si elles existent :
x3 + 2x x4 − 2x + 3
lim , lim ,
x→0 x4 − x3 + 1 x→−∞ 3x4 + 6x3 + 4x
x3 + x x3 + x
lim+ 4 , lim .
x→0 x + x2 x→0 x4 + x2
si x ≤ 0 ,
2
x + 2x − 3
h(x) =
2 sin x − 3 cos x si x > 0 .
Exercice 3.6. Donner un exemple de fonction continue sur R et non dérivable en 0.
Exercice 3.7. On considère la fonction f : R → R définie par
sin(x2 ) si x ≤ 0 ,
f (x) =
e−1/x si x > 0 .
Etudier la dérivabilité de f sur R.
42 Fonctions
Exercice 3.11. Calculer les dérivées des fonctions suivantes en précisant leur domaine
de définition :
Equations différentielles
Remarque 4.1. Comme a ne s’annule pas sur I, on peut écrire (E) et (E0 ) respective-
ment sous la forme
y ′ (t) = α(t)y(t) + β(t) , (Ẽ)
y ′ (t) = α(t)y(t) (Ẽ0 )
où les fonctions α et β sont les fonctions continues sur I définies par
−b(t) c(t)
α(t) = , β(t) = .
a(t) a(t)
Définition 4.2 (E.D.L. du second ordre à coefficients constants). Une E.D.L. du second
ordre à coefficients constants est une équation de la forme
ay ′′ (t) + by ′ (t) + cy(t) = d(t) (e)
43
44 Equations différentielles
où a, b, c ∈ R ou C, a =
̸ 0, d est une fonction continue sur R à valeurs dans R ou C et
y : R → R ou C est la fonction inconnue.
• On appelle équation homogène associée à (e) (ou équation sans second membre)
l’équation
a(t)y ′′ (t) + b(t)y ′ (t) + c(t)y(t) = 0 . (e0 )
Proposition 4.1. Soit S0 l’ensemble des solutions de (Ẽ0 ) et s0 l’ensemble des solutions
de (e0 ). S0 et s0 sont des espaces vectoriels.
1. Soit z une solution de (Ẽ), alors l’ensemble des solutions de (Ẽ) est
S = {z + y ; y ∈ S0 } .
2. Soit z une solution de (e), alors l’ensemble des solutions de (e) est
s = {z + y ; y ∈ s0 } .
C’est-à-dire que pour résoudre (Ẽ), ou (e), il suffit de connaître l’ensemble des solutions
de l’équation homogène associée et une solution de l’équation complète.
2. Cette proposition montre aussi que si y est solution de (Ẽ0 ) et si y n’est pas iden-
tiquement nulle sur I, alors y ne s’annule pas sur I. Autrement dit, si une solution
s’annule en un seul point, alors elle est nulle partout sur I.
3. Dans le cas réel, on voit facilement pourquoi les solutions sont λeA(t) : a, b et y sont
à valeurs réelles et on suppose que y ne s’annule pas sur I, alors
y ′ (t)
= (ln |y(t)|)′ = α(t) .
y(t)
Donc la fonction ln |y(t)| est une primitive de α(t), i.e. il existe K ∈ R tel que
ln |y(t)| = A(t) + K. Il suit |y(t)| = CeA(t) où C = eK ∈ R+∗ . La fonction y
étant dérivable, et donc continue, sur I et ne s’annulant pas sur I, elle est de signe
constant sur I. On a donc : y(t) = CeA(t) si y est positive sur I et y(t) = −CeA(t)
si y est négative sur I. Les solutions ne s’annulant pas sur I sont donc y(t) = λeA(t)
avec λ ∈ R∗ . On en déduit que l’espace vectoriel des solutions est l’ensemble des
fonctions y(t) = λeA(t) , λ ∈ R.
c1 y ′ (t) + c2 y(t) = 0
y ′ = αy
d’où, λ′ (t) = et , i.e, λ doit être une primitive de et , λ(t) = et convient1 . Une solution
particulière de l’équation complète est donc donnée par z(t) = tet et la solution générale
à valeurs réelles est donc :
y(t) = tet + λt , λ ∈ R .
où A(t) est une primitive donnée de α(t) et B(t) une primitive donnée de β(t)e−A(t) . Pour
y solution de (Ẽ), y(t0 ) = y0 équivaut à
i.e. à
λ = y0 − B(t0 )eA(t0 ) e−A(t0 ) .
et y2 est solution de
a(t)y ′ (t) + b(t)y(t) = c2 (t)
alors λ1 y1 (t) + λ2 y2 (t) est solution de
Ce principe est utile pour calculer des solutions particulières d’équations dont le second
membre est une combinaison linéaire de fonctions simples.
Exemple : on considère l’équation
y ′ (t) + y(t) = et + e−t sur R .
La solution générale de l’équation homogène est
y(t) = λe−t , λ ∈ R .
On cherche une solution particulière de chacune des équations suivantes :
y ′ (t) + y(t) = et
y ′ (t) + y(t) = e−t
et on les additionne. De façon générale, on cherche une solution particulière de
y ′ (t) + y(t) = ekt , k ∈ R , (4.1)
par variation de la constante. z(t) = λ(t)e−t est solution de (4.1) si et seulement si
λ′ (t)e−t − λ(t)e−t + λ(t)e−t = ekt
i.e.
λ′ (t) = e(1+k)t .
Si k ̸= −1, on peut prendre
1 (1+k)t
λ(t) = e
1+k
et si k = −1, on a λ′ (t) = 1 et λ(t) = t convient. Pour notre équation, on additionne les
solutions particulières pour k = 1 et k = −1 ; on obtient la solution particulière
1
z(t) = et + te−t .
2
2. Si l’équation caractéristique ar2 +br+c = 0 admet une racine double r0 , les solutions
de (e0 ) sont
y(t) = (λ1 + λ2 t) er0 t , λ1 , λ2 ∈ C .
Remarque 4.3. La proposition (4.7) montre que l’ensemble des solutions de (e0 ) dans le
cas complexe est un C-espace vectoriel de dimension 2.
Cas réel
On considère l’équation (e0 ) dans le cas où a, b et c sont réels et où on cherche des solutions
réelles (on suppose toujours a ̸= 0).
Remarque 4.4. Lorsque a, b et c sont réels, on peut aussi chercher les solutions complexes
de (e0 ). On peut alors appliquer la proposition 4.7, ou encore appliquer la proposition 4.8
en prenant λ1 et λ2 dans C. Les deux méthodes sont équivalentes.
50 Equations différentielles
Les solutions de l’équation homogène sont données par la proposition 4.7 (par la proposi-
tion 4.8 si a, b et c sont réels et si on cherche des solutions réelles ; il faut alors aussi que
d soit à valeurs réelles). Il suffit maintenant de trouver une solution particulière de (e).
S’il n’y a pas de solution particulière évidente, on a plusieurs méthodes selon la forme de
d.
Si d = P , polynôme de degré p
On cherche une solution particulière z(t) sous la forme d’un polynôme
• de degré p si c ̸= 0,
• de degré p + 1 si c = 0 et b ̸= 0,
• de degré p + 2 si b = c = 0.
Dans les trois cas, az ′′ (t) + bz ′ (t) + cz(t) est un polynôme de degré p et on identifie ses
coefficients avec ceux de P pour calculer les coefficients de z(t).
Exemple : on cherche les solutions réelles de y ′′ (t) + y(t) = 1 + t2 .
Principe de superposition
Proposition 4.9. Si y1 est solution de
ay ′′ (t) + by ′ (t) + cy(t) = d1 (t)
et si y2 est solution de
ay ′′ (t) + by ′ (t) + cy(t) = d2 (t) ,
alors pour tout λ1 , λ2 ∈ C, λ1 y1 + λ2 y2 est solution de
ay ′′ (t) + by ′ (t) + cy(t) = λ1 d1 (t) + λ2 d2 (t) .
52 Equations différentielles
Par le principe de superposition, z(t) = z1 (t) + z2 (t) est une solution particulière de
4.4 Exercices
Exercice 4.1. Donner l’ensemble des solutions des équations différentielles suivantes :
y ′ − 4y = 3 ,
y ′ + y = 2ex ,
y
y′ − = x.
x
Exercice 4.2. Résoudre les problèmes de Cauchy suivants :
y ′ − 2y = 4 , y(0) = 0 ,
1
y ′ − 2y = 2t , y(0) = ,
4
y+1
y′ = , y(0) = 0 .
t
Exercice 4.3. On considère l’équation différentielle suivante
2t t2 + 2
y ′ (t) − y(t) = , sur ]0, +∞[ . (4.8)
t2 + 2 t
1. Donner la solution générale de l’équation homogène associée à (4.8).
54 Equations différentielles
Intégration
{(x, y) ∈ R2 ; a ≤ x ≤ b , 0 ≤ y ≤ f (x)} .
Rb
• Pour une fonction continue de signe quelconque. L’intégrale a f (x)dx
représente l’aire délimitée par le graphe de f au dessus de l’axe Ox moins l’aire
délimitée par le graphe de f au dessous de l’axe Ox.
• Linéarité de l’intégrale.
Z b Z b Z b
(f + g)(x)dx = f (x)dx + g(x)dx ,
a a a
Z b Z b
αf (x)dx = α f (x)dx .
a a
55
56 Intégration
• Orientation et découpage.
Z b Z a
f (x)dx = − f (x)dx ,
a b
Z b Z c Z b
f (x)dx = f (x)dx + f (x)dx .
a a c
d √
x + a d x + a
F (x) = b − a2 arctan √ +K = √ arctan √ +K,
b − a2 b − a2 b − a2 b − a2
avec K ∈ R.
c 2x + 2a d − ac
f (x) = + .
2 x2 + 2ax + b x2 + 2ax + b
La première fraction a pour primitives évidentes
c
ln(x2 + 2ax + b) + K , K ∈ R
2
(pas de valeur absolue dans le log car le trinôme est partout strictement positif) et
la seconde se traite comme dans le cas 3 (on remplace juste d par d − ac).
5.5 Exercices
Exercice 5.1. Trouver toutes les primitives des fonctions suivantes en indiquant leur
domaine de définition :
2x sin x −1 1
f1 (x) = , f2 (x) = cos(x)e , f3 (x) = , f 4 (x) = √ .
1 + x2 1 + x2 2x − 1
Exercice 5.3. Calculer les intégrales suivantes à l’aide d’intégrations par parties :
Z 2 Z Z 2 Z 1
2 −x
x ln xdx , π cos x sin(2x)dx , x e dx , arctan xdx .
1 0 0 0
Exercices 59
Indication : on pourra couper l’intégrale en deux sur [−7, 0] et sur [0, 7] et dans l’une des
deux intégrales faire un changement de variables x 7→ −x.