Introduction à l'optique physique
Introduction à l'optique physique
Département de physique
Notes de cours
Module 2
Automne 2025
2
Chapitre 3
Optique physique
Les phénomènes reliées à la lumière sont expliquées par l’optique. Dans les premières
sections, nous allons étudié quelques phénomènes de l’optique géométrique où la propagation
de la lumière se fait alors en ligne droite. La réflexion et la réfraction sont les phénomènes
qui seront utiles pour l’optique physique. L’optique physique regroupe pour sa part des
phénomènes qui se produisent lorsque la nature ondulatoire de la lumière doit être prise en
compte. Cette réalité mène à des phénomènes intrigants, comme la polarisation, l’interférence
et la diffraction. C’est ce que nous étudierons dans ce chapitre.
3.1 Lumière
Tout d’abord, commençons par définir ce qu’est la lumière. La lumière est une onde
électromagnétique. Elle est composée d’un champ électrique et d’un champ magnétique qui
oscillent dans le temps. Ces champs sont perpendiculaires entre eux, et perpendiculaires à la
vitesse de propagation de l’onde.
Quoique, pendant longtemps, on a pensé que la lumière se propageait dans une substance
qu’on nommait éther, nous savons maintenant que les ondes électromagnétiques ne sont pas
des ondes mécaniques : elles n’ont pas besoin de substance pour se propager. Ainsi, la lumière
voyage dans le vide autant que dans une substance.
La lumière et les couleurs que l’on distingue composent en fait une partie minime de
l’ensemble des ondes électromagnétiques. Le spectre électromagnétique inclut la lumière
visible, mais aussi une panoplie d’ondes invisibles comme les micro-ondes, les ondes radios,
les rayons infrarouges, les rayons ultraviolets, les rayons X et les rayons gamma. Notre œil
ne peut distinguer que les longueurs d’onde du spectre visible (d’environ 400 nm à 700 nm).
65
visibl
rayons
UV
IR
CHAPITRE 3. OPTIQUE PHYSIQUE
micro-ondes
ondes radio
rayons X
visible
rayons
UV
IR
(m)
22 17 12 7 2
10 10 10 10 10 103
400 nm 700 nm
2 7
3.2 Réflexion
3.2 Réflexion
Lorsqu’un rayon
réflexion ✓′0 d’un lumineux
rayon
10
Lorsqu’un rayon lumineux entre en collision avec une surface, il est réfléchi. L’angle de
entre
lumineux est en collision avec
directement relié une surface,
à l’angle il est réfléchi.
d’incidence ✓ par L’angle
la loi dede
la
10
réflexion
réflexion.θ d’un rayon lumineux est directement relié à l’angle d’incidence θ par la loi de la
réflexion. ✓ = ✓0 (3.1)
= θ′
Les angles d’incidence et de réflexion sontθ mesurés (3.1)
par rapport à la normale de la surface
comme l’illustre la figure 3.2.
Les angles d’incidence et de réflexion sont mesurés par rapport à la normale de la surface
comme l’illustre la figure 3.2.
✓ ✓0
θ θ′
00 nm Un rayon frappe une combinaison de deux miroirs formant un angle de 110 ° avec un
angle d’incidence de 70 °. Quel angle fera-t-il avec le deuxième miroir après sa deuxième
réflexion ?
66
700 nm
66
3.3. RÉFRACTION
Exemple 3.1
Un rayon frappe une combinaison de deux miroirs formant un angle de 110 ° avec un
angle d’incidence de 70 °. Quel angle fera-t-il avec le deuxième miroir après sa deuxième
réflexion ?
Solution
La situation est celle illustrée par la figure ci-contre.
θ3
θ2
70 ° θ1
110 °
θ1 = θi = 70 °
θ3 = θ2 = 40 °
L’angle par rapport au deuxième miroir est l’angle complémentaire à ce dernier, donc
50 °.
3.3 Réfraction
Lorsqu’un rayon lumineux change de milieu de propagation, il se divise en deux : la
grande majorité poursuit son chemin dans le nouveau milieu, mais une petite portion (5 à
8 %) est réfléchie. Le rayonnement qui poursuit sa route voit sa vitesse et sa longueur d’onde
modifiées. Sa fréquence reste la même par contre. La nature d’un milieu est caractérisée par
son indice de réfraction n. L’indice de réfraction d’un milieu est défini comme étant le ratio
67
CHAPITRE 3. OPTIQUE PHYSIQUE
La fréquence à la séparation des deux milieux ne peut changer, car le nombre d’onde
dans un temps précis qui traverse la surface doit être le même de chaque côté.
v = f λn
c = f λ0
Considérant cette équation et le lien entre la fréquence et la longueur d’onde, on trouve que
la longueur d’onde de la lumière dans un milieu dépend de son indice de réfraction :
c f λ0 λ0
n= = =
v f λn λn
λ0
λn =
n
où λ0 est la longueur d’onde de la lumière dans le vide.
Lorsqu’un rayon lumineux passe d’un milieu à un autre, il subit également une déviation
appelée réfraction. Lors de la réfraction, un rayon incident se dirigeant vers l’interface entre
les deux milieux à un angle θi (angle entre le rayon incident et la normale de l’interface
entre les milieux) est réfracté lors du changement de milieu. Le rayon réfracté continue à se
propager dans le deuxième milieu à un angle θr (angle entre le rayon réfracté et la normale de
l’interface entre les milieux). L’angle de réfraction θr est directement relié à l’angle d’incidence
θi par la loi de la réfraction, aussi nommée loi de Snell-Descartes.
ni sin θi = nr sin θr (3.3)
où ni est l’indice de réfraction du milieu incident et nr , celui du milieu de réfraction.
Si le rayon passe d’un milieu avec un faible indice de réfraction vers un milieu plus
réfringent (avec un plus grand indice de réfraction), l’angle de réfraction sera inférieur à
l’angle d’incidence, comme à la figure 3.3. S’il se déplace vers un milieu moins réfringent,
son angle de réfraction sera supérieur à son angle d’incidence.
Comme pour la réflexion, les angles d’incidence et de réfraction sont mesurés par rapport
à la normale de la surface comme l’illustre la figure 3.3.
La réfraction explique pourquoi une paille apparaît pliée lorsqu’elle est dans un verre
d’eau : les rayons qui se rendent à notre œil ont subi une réfraction et celui-ci perçoit la
paille à un endroit autre d’où elle est réellement. Une situation similaire est représentée à
la figure 3.4. Un objet O émet des rayons lumineux et celui se rendant jusqu’à notre œil
est présenté. Ce rayon est dévié lors du changement de milieu. Nous percevons toutefois un
rayon comme s’il voyageait en ligne droite et avons donc l’impression que le rayon provient
d’un autre endroit que l’objet. Nous observons une image semblant se situer au point I.
68
3.3. RÉFRACTION
œil
θi
ni < nr air
eau
I
θr
O
Exemple 3.2
Un rayon lumineux se dirige vers un prisme d’indice de réfraction 1,45 ayant un angle
au sommet de 70 °. Il frappe le prisme en faisant un angle de 30 °, comme l’illustre la
figure ci-bas. De quel angle δ déviera-t-il lors de son passage dans le prisme ?
70 °
δ
30 °
Solution
Nous sommes en présence de deux réfractions successives. Nous les étudierons donc
successivement. L’angle d’incidence pour la première réfraction est l’angle complé-
mentaire à celui qui est donné, donc 60 °, car l’angle donné est celui par rapport au
changement de milieu et non par rapport à la normale. On trouve alors
Avec cet angle, on peut, par géométrie, trouver le deuxième angle d’incidence. On voit
en effet dans la figure ci-bas qu’un triangle est formé avec comme sommet les deux
points de réfraction et l’angle du prisme. On a donc
θ2 = 90 ° − θ1 = 90 ° − 36,7 ° = 53,3 °
θ3 = 180 ° − 70 ° − θ2 = 180 ° − 70 ° − 53,3 ° = 56,7 °
θ4 = 90 ° − θ3 = 33,3 °
69
CHAPITRE 3. OPTIQUE PHYSIQUE
70 °
θ2
60 ° θ3
θ1
θ4
Si un rayon lumineux part d’un milieu plus réfringent vers un milieu moins réfringent,
l’angle de réfraction sera supérieur à l’angle d’incidence. Il y aura alors un angle, qu’on
appelle angle critique θc , qui mènera à un angle de réfraction maximal de 90 °, le rayon
réfracté longeant alors la délimitation entre les milieux. La figure 3.5 illustre le tout.
θr
θr = 90 °
ni > nr
θi θc θ > θc θ′ = θ
La relation pour trouver l’angle critique est l’application de la loi de la réfraction (équation
3.3) à cette situation.
ni sin θc = nr (3.4)
70
3.3. RÉFRACTION
Si l’angle d’incidence d’un rayon est supérieur à l’angle critique, toute réfraction est
impossible et il y aura alors réflexion totale interne. Ce phénomène est utilisé dans différentes
applications, comme dans la fibre optique. En utilisant un indice de réfraction qui varie selon
le rayon de la fibre optique, cela permet de s’assurer que le signal lumineux reste dans le
cœur de la fibre optique, peu importe la forme de celui-ci. On doit aussi utiliser une gaine
avec un indice de réfraction compatible. Et comme la lumière se propage très rapidement,
cela permet un transfert très rapide de l’information sous forme de rayons lumineux.
cœur
gaine
Exemple 3.3
Une lumière est placée sous une plaque de 10 cm d’un verre d’indice de réfraction
inconnu. La lumière produit un cercle de 19 cm de diamètre sur le haut du verre. Quel
est son indice de réfraction ?
Solution
Nous sommes ici dans une situation de réfraction jusqu’à l’angle critique. En effet, tant
que la lumière fait un angle inférieur ou égal à l’angle critique, elle peut être perçue dans
le milieu final (qui est l’air). Par contre, si l’angle d’incidence est supérieur à l’angle
critique, il y a réflexion totale interne et la lumière reste prise dans le verre. Elle ne
peut donc être perçue à l’extérieur. La grandeur du cercle est donc liée directement à
l’angle critique du verre, comme l’illustre la figure ci-bas.
e = 10 cm θc
R = 9,5 cm
71
CHAPITRE 3. OPTIQUE PHYSIQUE
critique.
3.4 Polarisation
La polarisation de la lumière est l’axe selon lequel le champ électrique oscille. Il est
toujours perpendiculaire à la propagation de la lumière, mais peut être selon n’importe quel
axe dans le plan perpendiculaire à cette propagation. La polarisation peut être quelconque,
circulaire ou linéaire. Nous étudierons particulièrement la polarisation linéaire.
La polarisation est dite linéaire si l’axe d’oscillation du champ électrique est linéaire. La
majorité de la lumière est polarisée linéairement, mais elle peut également être circulaire.
Dans ce cas, l’axe de polarisation tourne dans le temps. Lorsque la lumière est polarisée
linéairement, son angle de polarisation est arbitraire. La polarisation peut être autant verti-
cale qu’horizontale ou diagonale. Afin de représenter une lumière polarisée linéairement, on
utilise une ligne avec une flèche à chaque extrémité. La ligne est dans le même sens que l’axe
d’oscillation du champ électrique. La figure 3.7 montre une lumière polarisée verticalement.
Il est aussi possible qu’un faisceau lumineux ne soit pas polarisé. On parle alors de lumière
non polarisée. C’est entre autres le cas de toute la lumière émise par une source naturelle, car
chaque émission de rayonnement (nous verrons dans le troisième module comment le tout
se fait) est totalement indépendante de la précédente. La polarisation de chaque faisceau est
donc aléatoire. Le rayonnement global est non polarisée et son symbole est celui de la figure
3.8.
Figure 3.7 – Lumière linéairement polarisée Figure 3.8 – Lumière non polarisée
72
3.4. POLARISATION
E0
θ E∥
Figure 3.10 – Composante du champ électrique parallèle à l’axe de transmission qui pour-
suit son chemin à travers le second polariseur
3.4.2 Polariseurs
Loi de Malus
73
CHAPITRE 3. OPTIQUE PHYSIQUE
I = I0 cos2 θ (3.5)
Lorsqu’une lumière non polarisée d’intensité Inp se dirige vers un polariseur, toutes les
composantes parallèles à l’axe de transmission seront transmises. L’intensité transmise sera
donc la moyenne sur tous les rayons lumineux (donc de toutes les orientations) de la loi de
Malus.
R 2π
cos2 θdθ π
I = Inp < cos2 θ >= Inp 0 R 2π = Inp
dθ 2π
0
Inp
I= (3.6)
2
Multiples polariseurs
Si une lumière polarisée (ou non polarisée) traverse plusieurs polariseurs, chaque élément
doit être traité individuellement par la loi de Malus, en prenant l’intensité lumineuse trans-
mise par un polariseur comme l’intensité incidente du polariseur suivant. Ainsi, l’intensité
résultante est le produit des intensités transmises par chaque polariseur.
Exemple 3.4
De la lumière provenant du Soleil se dirige vers un ensemble de deux polariseurs dont les
axes de transmission sont séparés de 50 °. Quelle est l’intensité de la lumière résultante
en fonction de l’intensité de la lumière incidente ?
Solution
Le premier polariseur permet de polariser linéairement la lumière incidente non-
polarisée. L’intensité transmise est alors
I
I1 =
2
L’intensité après le deuxième polariseur est alors calculée par la loi de Malus (équation
74
3.4. POLARISATION
3.5).
I
I2 = I1 cos2 50 = × 0, 413 = 0, 207I
2
20,7 % de l’intensité initiale sera donc transmise par l’ensemble de polariseurs.
Si la lumière frappe la surface d’un dioptre à un angle autre que l’angle de polarisation,
la lumière réfléchie et la lumière réfractés seront partiellement polarisées.
n1 sin θp = n2 sin θr
n1 sin θp = n2 sin(90 ° − θp )
n1 sin θp = n2 cos θp
Exemple 3.5
Quel est l’angle de polarisation d’un rayon passant de l’air à l’eau ?
Solution
Le milieu incident est l’air, le milieu de réfracté est l’eau. On trouve l’angle de polari-
75
CHAPITRE 3. OPTIQUE PHYSIQUE
3.5 Interférence
La lumière étant une onde, le traitement de deux ondes lumineuses se fait par le principe
de superposition que nous avons développé dans le premier module. Nous ferons désormais
référence au terme interférence pour exprimer la superposition de deux ou plusieurs ondes.
L’interférence entre deux ondes dépend de la différence de phase entre celles-ci. Ces ondes
peuvent s’additionner en tout point, s’opposer en tout point ou s’additionner de manière
variable selon la position. L’interférence peut être constructive (figure 3.12), destructive
(figure 3.13) ou quelconque (n’importe quelle autre situation). L’interférence de la lumière
est une preuve expérimentale de la nature ondulatoire de la lumière. Les lentilles antireflet
et les reflets colorés dans une bulle de savon en sont des exemples concrets, comme nous le
verrons dans cette section.
Tous les types d’onde peuvent produire de l’interférence. Nous utiliserons souvent l’exemple
d’une corde pour rendre plus concrète la situation, mais tous les phénomènes étudiés sont
aussi possible avec la lumière et le son. Nous verrons que c’est même possible d’observer
l’interférence avec des électrons !
76
3.5. INTERFÉRENCE
Lorsque deux sources sont en phase, celles-ci émettent des ondes synchronisées, c’est-à-
dire qu’à l’endroit où se trouvent les sources, les ondes sont au même point de la fonction
sinusoïdale les représentant. Elles atteignent ainsi leur maximum au même moment et leur
minimum au même moment.
Dans le cadre du cours, lorsque deux sources sont dites hors phase, les deux ondes sont
déphasées de π rad l’une par rapport à l’autre. Lorsqu’une onde est à son maximum, l’autre
est à son minimum et inversement.
S1 S1
S2 S2
Figure 3.14 – Ondes émises par deux sources en phase (gauche) et hors phase (droite)
77
CHAPITRE 3. OPTIQUE PHYSIQUE
δ = mλ, m ∈ Z (3.9)
Cette condition d’interférence constructive peut aussi être représenté sous forme d’angle, en
radians. La longueur d’onde représentant la distance d’un cycle et 2π, l’angle d’un cycle, on
trouve par équivalence
δ ϕ
=
λ 2π
2πδ 2π(mλ)
ϕ= =
λ λ
ϕ = 2πm, m ∈ Z (3.10)
Comme pour l’interférence constructive, cette condition d’interférence destructive peut s’ex-
primer sous forme d’angle.
(m + 21 )λ
1
ϕ= 2π = (m + )2π, m ∈ Z (3.12)
λ 2
Dans les équations précédentes (3.9 à 3.12), m est un entier quelconque. Dans une même
situation, il y a plusieurs points respectant les conditions d’interférence constructive et des-
tructive. Ainsi, il y a plusieurs points d’interférence constructive, et plusieurs points d’inter-
férence destructives.
78
3.5. INTERFÉRENCE
Exemple 3.6
Solution
La situation peut être représentée par la figure ci-bas.
S1 P S2
d 4−d
La différence de marche est la distance entre les deux sources (équation 3.8). Ainsi,
δ = r2 − r1 = (4 − d) − d = 4 − 2d
Exemple 3.7
Deux sources en phase séparées d’une distance d
émettent des ondes de 50 cm de longueur d’onde. S1
Perpendiculairement au segment joignant les deux d
sources, comme le montre la figure ci-contre, à un
point P situé 3 m plus loin, l’intensité du son est à S2 P
3m
son maximum. De quelle distance minimale d sont
séparées les sources ?
Solution
La différence de marche est la distance entre les deux sources (équation 3.8). Ainsi,
√
δ = r1 − r2 = d2 + 32 − 3
79
CHAPITRE 3. OPTIQUE PHYSIQUE
(équation 3.9).
√
δ = mλ ⇒ d2 + 32 − 3 = mλ
d2 + 32 = (3 + mλ)2
p
d = (3 + mλ)2 − 32
La distance minimale est trouvée avec la valeur minimale de m, si celle-ci est non-nulle
pour éviter une distance nulle. Donc m = 1.
p p
d = (3 + mλ)2 − 32 = (3 + 0,5)2 − 32 = 1,80 m
4.2. INTERFÉRENCE
3.5.3
4.2.3 Expérience
Expérience de
de Young
Young
L’observation
L’observation réalisée
mentales
réalisée parpar Thomas
Thomas Young
Young enen 1801
1801 fût
fût une
une des
des premières
premières preuves
mentales de la nature ondulatoire de la lumière. Un rayonnement d’une source cohérente de
de la nature ondulatoire de la lumière. Un rayonnement d’une source
preuves expéri-
expéri-
cohérente de
y
lumière (ou de n’importe quel type d’ondes) est envoyé perpendiculairement
lumière (ou de n’importe quel type d’ondes) est envoyé perpendiculairement à deux minces à deux minces
fentes
fentes comme
comme l’illustre
l’illustre lala figure
figure 3.18.
4.11. Une
Une lumière
lumière est est cohérente
cohérente sisi tous
tous les
les rayons
rayons provenant
provenant
de
de la source sont en phase. L’observation (classique) attendue sur un écran situé après
la source sont en phase. L’observation (classique) attendue sur un écran situé après les
les
fentes
fentes est
suite
suite de
est de
de deux
de franges
deux points
points très
franges brillantes
brillantes et
très lumineux
lumineux sur
et sombres,
sur un
sombres, comme
un fond
fond noir.
comme l’illustrer
noir. L’observation
L’observation réelle
l’illustre2lala figure
figure 3.19.
4.12.
réelle est
est plutôt
plutôt une
une P
y
r2 P
✓ r1
d d ✓ r1
I
δ ==|r|r22− rr11||≃
'ddsin
sinθ✓ (4.9)
(3.13)
L’anglesous-tendant
L’angle sous-tendantlelepoint
pointPPpeut
peutaussi
aussiêtre
êtrecaractérisé
caractérisépar
parune
unedistance
distanceyy sur
surl’écran
l’écranpar
par
rapport au centre des fentes.
y
tan80
✓= (4.10)
L
Pour un petit angle d’observation sur l’écran, sin ✓ ' tan ✓, les équations 4.9 et 4.10 per-
mettent d’obtenir
3.5. INTERFÉRENCE
L’ordre des différents maxima d’intensité est l’entier m. Le pic central est caractérisé par
m = 0, les autres suivant dans l’ordre. Le dénombrement des maxima à partir du centre et
la valeur de m sont équivalents (huitième frange brillante correspond à m = 8). Ce n’est
pas la même chose pour les minima d’intensité. Le premier minimum d’un côté du centre
est calculé à partir de m = 0, et avec m = −1 de l’autre côté du centre. Du côté où m = 0
pour le premier minimum, le dénombrement des franges sombres est décalé par rapport à
la valeur de m (huitième frange sombre correspond à la condition d’interférence destructive
m = 7).
Exemple 3.8
Un laser envoie de la lumière rouge de 650 nm vers deux fentes séparées de 500 µm.
À quelle distance du pic central se trouvera la quatrième frange brillante sur l’écran
situé à 4 m ? Et la quatrième frange sombre ?
Solution
Une frange brillante fait référence à une interférence constructive. Le quatrième maxi-
mum après le central est relié à m = ±4. En utilisant les équations 3.9, 3.13 et 3.14,
on trouve :
δ = mλ
d sin θ = mλ
y
d = mλ
L
mλL ±4 × 650 × 10−9 × 4
⇒y= = = ±2,08 cm
d 500 × 10−6
Une frange sombre fait référence à une interférence destructive. Dans ce cas cependant,
81
CHAPITRE 3. OPTIQUE PHYSIQUE
E1 = E sin(ωt)
E2 = E sin(ωt + ∆ϕ)
Comme les deux sources sont considérées en phase, le déphasage est relié à la différence de
marche.
∆ϕ δ
=
2π λ
2πδ
∆ϕ =
λ
Le champ électrique résultant peut être calculé avec l’identité trigonométrique sin A±sin B =
2 sin 2 cos 2 .
A±B A∓B
ωt + ∆ϕ − ωt
ωt + ∆ϕ + ωt 1 1
Etot = E2 + E1 = 2E sin cos = 2E sin ωt + ∆ϕ cos ∆ϕ
2 2 2 2
L’amplitude de cette onde stationnaire est 2E cos 21 ϕ , car le sinus est la partie qui varie
82
3.5. INTERFÉRENCE
I
4I0
2I0
ϕ(rad)
π 2π 3π 4π 5π 6π 7π 8π
Exemple 3.9
Deux fentes sont séparées d’une distance de 50 µm. Une lumière à 520 nm est projetée
vers les fentes. L’écran est à 80 cm des fentes.
a) Quelle proportion de l’intensité lumineuse maximale de la figure d’interférence
est à 7 mm du centre ?
b) Si on considère qu’il est impossible de différencier l’intensité maximale de 80 %
de sa valeur maximale, quelle est la largeur d’un maxima ?
Solution
Nous sommes en présence d’une situation de deux fentes, comme celle de Young.
a) Avec la position sur l’écran et les distances fournies, on peut trouver le déphasage
du point observé.
83
CHAPITRE 3. OPTIQUE PHYSIQUE
Une pellicule mince est formée par un milieu d’indice de réfraction np et d’épaisseur
e. D’un côté de la pellicule mince se trouve un milieu d’indice de réfraction n1 d’où la
84
3.5. INTERFÉRENCE
I
1 2
n1
A
e np
n2 B
lumière incidente provient. De l’autre côté de la pellicule mince se trouve un milieu d’indice
de réfraction n2 (voir figure 3.21). Par exemple, pour une flaque d’huile, l’huile forme une
pellicule mince entourée par l’air (n1 ) d’un côté et l’eau (n2 ) de l’autre côté. Afin qu’un
phénomène d’interférence soit observé, l’épaisseur de la pellicule mince doit être de l’ordre
de la longueur d’onde de la lumière, d’où le nom de pellicule mince.
Observons un rayon lumineux incident (I) se dirigeant vers la pellicule mince. Au contact
du dioptre formé par l’interface entre n1 et np , le rayon se scindera en deux parties : une
partie réfractée et une partie réfléchie. La grande majorité du rayonnement (plus de 90 %)
est réfractée, une faible partie est réfléchie. Le rayon réfracté traverse la pellicule mince
jusqu’au deuxième dioptre formé par l’interface entre np et n2 où il est encore divisé en une
partie réfractée et une autre réfléchie. La partie réfléchie revient vers le premier dioptre et se
divise à nouveau par réfraction et réflexion. Ces divisions se poursuivent pour la partie du
rayonnement restant dans la pellicule, mais son intensité diminue rapidement sachant que
moins de 10 % de l’intensité est réfléchie à chaque contact avec un dioptre. Les rayons qui
nous intéressent sont les rayons 1 et 2 représentés à la figure 3.21. Ces deux rayons interfèrent
et les conditions de la pellicule mince (épaisseur et indice de réfraction de chaque milieu)
déterminent quel type d’interférence se produit (constructive ou destructive).
Bien que la figure 3.21 illustre le cas général où le rayonnement incident possède un angle
incident quelconque, nous allons nous limiter à l’étude du rayonnement incident normal.
Tous les rayonnements réfléchis et réfractés sont alors le long de la normale aux dioptres.
Les rayons seront tout de même représentés comme à la figure 3.21 car il serait difficile de
distinguer les différents rayons si nous les traçons de façon normale à la surface.
L’interférence entre les rayons 1 et 2 est déterminée par la différence de phase entre
ceux-ci. Commençons par étudier la phase de chacun des rayons séparément. Pour le rayon
1, son seul changement de phase est lié à sa réflexion au point A. Comme pour la réflexion
d’une onde sur une corde, la réflexion pour une onde lumineuse peut être dure ou molle.
Une réflexion dure a lieu lorsque l’indice de réfraction du milieu incident est plus petit que
l’indice de réfraction du milieu réfringent. Une réflexion dure a comme effet d’inverser la
forme de l’onde. Sur une onde périodique, cela correspond à un déphasage de π radians. À
l’inverse, si l’indice de réfraction du milieu incident est plus grand que l’indice de réfaction du
85
CHAPITRE 3. OPTIQUE PHYSIQUE
milieu réfringent, il s’agit d’une réflexion molle et l’onde lumineuse ne subit aucun déphasage.
Pour le rayon 1, le déphasage dû à sa réflexion au point A (ϕA ) dépend donc des indices de
réfraction et est donné par :
(
0 si n1 > np
ϕA =
π si n1 < np
Pour ce qui est du rayon 2, son déphasage a deux parties. Premièrement, le rayon 2 subit
une réflexion au point B. Comme pour le rayon 1, le déphasage relié à sa réflexion dépend
des indices de réfaction.
(
0 si np > n2
ϕB =
π si np < n2
Deuxièmement, le rayon 2 parcourt une distance plus grande que le rayon 1. Cette différence
de marche introduit également un déphasage. Comme le rayon 2 fait un aller-retour dans
la pellicule mince et que nous traitons le rayonnement incident normal, cette différence de
marche est de
δ = 2e.
δ ϕδ
=
λn 2π
2πδ 2π(2e)
ϕδ = =
λn λ0 /np
4πnp e
ϕδ = (3.16)
λ0
L’aller-retour se faisant dans la pellicule mince, c’est cet indice de réfraction qui est considéré.
ϕ2 = ϕB + ϕδ
∆ϕ = ϕ2 − ϕ1 = (ϕδ + ϕB ) − ϕA .
Comme les rayons 1 et 2 proviennent initialement du même rayonnement incident, ils sont
initialement en phase. Les conditions d’interférence entre les deux rayons sont alors
(
(m + 12 )2π si l’interférence est destructive
∆ϕ = (3.17)
m · 2π si l’interférence est constructive
86
3.5. INTERFÉRENCE
où m est un entier. Lorsque la différence de phase n’est pas un facteur entier de π, l’interfé-
rence est intermédiaire, entre l’interférence destructive et constructive.
Selon les équations 3.16 et 3.17, la différence de phase dépend en partie de la longueur
d’onde de la lumière. Si une lumière blanche incidente est envoyée vers la pellicule mince,
certaines longueurs d’onde donneront des conditions d’interférence constructive et seront ac-
centuées tandis que d’autres longueurs d’onde correspondront à des conditions d’interférence
destructive et seront atténuées. De plus, dans nos exemples initiaux de flaque d’huile et de
bulles de savon, l’épaisseur de la pellicule mince n’est pas uniforme. Selon l’équation 3.16, la
différence de phase dépend également de l’épaisseur de la pellicule mince. Ainsi, si l’épais-
seur change, cela change également les longueurs d’onde qui correspondent aux conditions
d’interférence constructive et destructive. C’est ce qui est à l’origine des différentes couleurs
observées dans ces situations.
Exemple 3.10
Une pellicule d’huile de moteur d’automobile ayant un indice de réfraction de 1,40
repose sur une flaque d’eau (neau = 1,33). Son épaisseur est de 1,2 µm.
a) Quelle(s) longueur(s) d’onde dans le spectre visible est(sont) accentuées ?
b) Quelle(s) longueur(s) d’onde dans le spectre visible est(sont) atténuées ?
Solution
Nous sommes en présence d’une situation avec une pellicule mince d’une épaisseur
connue. Calculons d’abord la différence de phase entre les rayons réfléchis. Pour le
rayon 1, la réflexion au point A est dure car l’indice de réfraction du milieu incident
(nair = 1) est plus petit que l’indice de réfraction du milieu réfringent (nhuile = 1,40).
ϕA = π
Pour le rayon 2, sa réflexion au point B est molle puisque l’indice de réfraction du milieu
incident (nhuile = 1,40) est plus grand que l’indice de réfraction du milieu réfringent
(neau = 1,33).
ϕB = 0
Le déphasage lié à la différence de marche du rayon 2 est donné par l’équation 3.16.
4πnp e
ϕδ =
λ0
La différence de phase entre les deux rayons est donc donnée par :
∆ϕ = ϕ2 − ϕ1 = (ϕδ + ϕB ) − ϕA
4πnp e 4πnp e
∆ϕ = +0 −π = −π
λ0 λ0
87
CHAPITRE 3. OPTIQUE PHYSIQUE
a) Si les longueurs d’onde sont accentuées, nous sommes en présence d’une interfé-
rence constructive. La différence de phase est donc
∆ϕ = 2mπ
4πenp
− π = 2πm
λ0
4πenp
= (2m + 1)π
λ0
4enp
λ0 =
2m + 1
Plusieurs longueurs d’onde sont accentuées. Pour déterminer celles situées dans
le domaine du spectre visible, déterminons les valeurs de m pour les extrêmes
du spectre visible, soit 400 et 700 nm. La valeur de m lorsque la longueur d’onde
est de 400 nm est
1 4enp
m= −1
2 λ0
1 4 × 1,2 × 10−6 × 1,40
m= − 1 = 7,9
2 400 × 10−9
Pour la longueur d’onde de 700 nm, m = 4,3. Comme m est un entier, les valeurs
possibles de m sont 5, 6, et 7. Pour chacune de ces valeurs, la longueur d’onde
peut être calculée à partir de la même équation. On obtient des longueurs d’onde
de 611 nm (m = 5), 517 nm (m = 6) et 448 nm (m = 7).
b) Si les longueurs d’onde sont atténuées, nous sommes en présence d’une interfé-
rence destructive. La démarche est la même, seulement les conditions d’interfé-
rence [Link] différences de phase sont donc
1
∆ϕ = (m + )2π
2
4πnp e 1
− π = (m + )2π
λ0 2
4enp
λ0 =
2m + 2
Plusieurs longueurs d’onde sont atténuées. Utilisons les longueurs d’onde limites
du spectre visible pour déterminer les valeurs limites de m.
1 4enp
m= −2
2 λ0
Pour une longueur d’onde de 400 nm, m = 7,4 et pour une longueur d’onde
de 700 nm. m = 3,8. Les valeurs de m possibles sont donc 4, 5, 6 et 7. Les
longueurs d’onde obtenues pour chacune de ces valeurs sont 672 nm (m = 4),
560 nm (m = 5), 480 nm (m = 6) et 420 nm (m = 7).
88
3.5. INTERFÉRENCE
Coins
Un coin est une pellicule mince d’épaisseur variable. En fait, son épaisseur varie linéaire-
ment avec la distance transversale. Une autre particularité d’un coin est qu’il est nécessai-
rement composé de seulement deux matériaux : un matériau composant le coin et un autre
dans lequel ce dernier baigne. La figure 3.22 illustre un coin d’air entouré de verre. L’angle
du coin est généralement très petit, car sa hauteur est de l’ordre du micromètre. Un coin
permet de mesurer l’épaisseur d’un petit élément, comme un bout de cheveu pris entre les
deux plaques de verre.
O
P
∆e
Comme pour une pellicule mince, l’interférence dans un coin est formée par deux rayons
réfléchis, un à chaque surface du coin. Le changement d’épaisseur du coin forme une succes-
sion de franges brillantes et sombres où les conditions d’interférence constructive et destruc-
tive alternent. Ce qui nous intéresse dans un coin est la comparaison entre les conditions
d’interférence de deux points où l’épaisseur du coin est différente.
Prenons l’exemple des points O et P de la figure 3.22. À chaque point, le rayon incident
est réfléchi directement à la surface supérieure du coin (verre-air) ; c’est le rayon le plus grand
sur la figure. La partie réfractée du rayon traverse le coin, est réfléchie vers le haut par la
surface inférieure du coin (air-verre), puis réfractée ; c’est le rayon à la sortie le plus petit
sur la figure.
On pourrait étudier les point O et P individuellement, mais c’est la différence entre les
deux qui nous intéresse. Ainsi, regardons ce qui différencie l’interférence observée aux points
O et P. D’abord, les réflexions du rayon directement réfléchi et de celui qui est réfléchi après
avoir traversé le coin sont les mêmes aux points O et P. Ainsi, comme les réflexions aux
points O et P sont les mêmes, celles-ci n’amènent pas de différence de phase.
La différence entre les interférences des points O et P est seulement la différence de marche
supplémentaire parcourue par le rayon au point O. En terme de phase, cette différence de
marche est donnée par
δ ∆ϕ
=
λn 2π
2π × δ 2π × 2∆e
∆ϕ = =
λn λn
89
CHAPITRE 3. OPTIQUE PHYSIQUE
Cette différence de parcours entre les deux points produit une interférence, qui est observée
par les franges produites par le coin. Il faut alors compter le nombre de franges d’interférence
entre les deux points considérés. Dans notre cas, on a ∆ϕobs = 2π × 6. On trouve ainsi un
lien entre l’épaisseur entre deux points et le nombre de franges observé entre lesdits points.
Exemple 3.11
Vous placez un cheveu entre deux plaques de verre (nverre = 1,5) ayant une longueur de
10 cm. Le cheveu est placé à l’extrémité des plaques. En utilisant un laser de 650 nm,
vous observez 16 franges sombres par cm.
a) Quel est le diamètre du cheveu ?
b) Comment varierait la figure d’interférence si l’expérience était réalisée dans
l’eau ?
Solution
a) Lorsque le cheveu est placé entre les deux plaques de verre, un coin d’air est
formé. Ainsi, la longueur d’onde dans le coin d’air est la longueur d’onde dans
le vide (λn = λ0 ). La hauteur du coin est le diamètre du cheveu, sa longueur est
de 10 cm.
Pour l’ensemble de la longueur du coin, le nombre de franges d’interférence sera
∆m = 16 fr/cm × 10 cm = 160 fr
∆ϕ = 2π∆m
2π × 2D
= 2π∆m
λ0
∆m 160
D= λ0 = × 650 × 10−9 = 52 µm
2 2
b) La longueur d’onde dans l’eau est plus petite que la longueur d’onde dans l’air
(λn = λ0 /n). Pour une même épaisseur de cheveu et une plus petite longueur
d’onde, le nombre de franges d’interférence (∆m) doit augmenter.
90
3.5. INTERFÉRENCE
Le phénomène d’interférence est utile pour mesurer certaines quantités comme l’indice
de réfraction d’un matériau et la concentration de certains éléments. L’interféromètre de
Michelson est un instrument particulièrement précis et simple utilisé à cet effet. Il est illustré
sur la figure 3.23.
M2
P
source
M1 M1
Ainsi, deux rayons seront observés. Il y aura donc interférence, et selon les distances
entre P et M1 ainsi qu’entre P et M2 , l’interférence pourra être constructive ou destructive.
Mais l’intérêt principal de l’interféromètre de Michelson n’est pas dans la figure initiale,
conséquence de ces deux parcours, mais plutôt sa variation suite à des changements dans le
système.
91
CHAPITRE 3. OPTIQUE PHYSIQUE
Cette différence de marche est liée au changement de la figure d’interférence. Par exemple, si
la figure d’interférence reste la même, c’est que le rayon réfléchi par le miroir mobile a repris
la même phase qu’avant son déplacement, ce qui correspond à une différence de marche égale
à un nombre entier de longueur d’onde
δ = ∆mλ
où ∆m représente le nombre de franges qui ont défilé lors du déplacement du miroir. Dans
une situation où les franges brillantes et sombres sont inversées suite au déplacement du
miroir, alors ∆m prendrait des valeurs demi-entières.
Exemple 3.12
Solution
L’inversion de la figure d’interférence signifie que la différence de marche est d’une
demie longueur d’onde.
λ 600 × 10−9
δ= = = 300 nm
2 2
Cette modification de la figure d’interférence provient de l’augmentation du parcours
du rayon par l’aller-retour supplémentaire d’une distance d.
δ = 2d
On trouve alors
λ
= 2d
2
λ 600 × 10−9
d= = = 150 nm
4 4
Il est aussi possible de mesurer des indices de réfraction (et donc la concentration de
certains éléments dans une solution) à l’aide d’un interféromètre. Si on insère une lame
92
3.5. INTERFÉRENCE
2e 2e
#λlame = = λ0
λlame n
2ne
#λlame = .
λ0
Sans la lame, le nombre de longueurs d’onde pour la même distance est donné par
2e
#λ0 = .
λ0
Le nombre de franges qui défilent (∆m) correspond à la différence entre le nombre de lon-
gueurs d’onde avant (#λ0 ) et après (#λlame ) l’insertion de la lame.
∆m = #λlame − #λ0
2ne 2e
∆m = −
λ0 λ0
2e
∆m = (n − 1) . (3.18)
λ0
Exemple 3.13
Si, en insérant un gaz d’indice de réfraction inconnu dans une cavité de longueur
e = 100 µm, on observe le déplacement des franges sombres en franges brillantes et
vice-versa, quel est l’indice de réfraction de ce gaz ? La lumière utilisée est de 500 nm.
93
CHAPITRE 3. OPTIQUE PHYSIQUE
Solution
Le déplacement d’une frange brillante à la frange sombre adjacente correspond à un
défilement d’une demie-frange (∆m = 1/2). En isolant l’indice de réfraction dans
l’équation 3.18,
Nous avons étudié le cas de la lumière passant par deux fentes à travers l’expérience de
Young. Qu’en est-il si le nombre de fentes augmente ? C’est ce que nous allons regarder dans
cette section.
4.2. INTERFÉRENCE
Si plusieurs fentes sont présentes, l’interférence se fera entre l’ensemble de celles-ci, comme
l’illustre la figurefentes
Si plusieurs [Link]
On remarque
présentes, que l’écart de se
l’interférence phase
fera ∆θ entre
entre deux sources
l’ensemble est toujours
de celles-ci, comme
constant, ce qui nous permet d’écrire les équations de l’onde émanant de chaque fente
l’illustre la figure 4.18. On remarque que l’écart de phase ✓ entre deux sources est toujours comme
constant, ce qui nous permet d’écrire les équations de l’onde émanant de chaque fente comme
y1 (x, t) = A sin(kx − ωt + ϕ) = A sin(θ)
y2 (x, t)y1=(x,
At)sin(kx − ωt + ϕ!t
= A sin(kx + )==AAsin(θ
+ ∆θ) sin(✓)+ ∆θ)
y3y(x,
2 (x,
t) t)==A Asin(kx − ωt!t
sin(kx ++ϕ ++ 2∆θ) ✓)==AAsin(θ
sin(✓++2∆θ)
✓)
y3 (x, t) = A sin(kx y4!t (x,+t) =+... ✓) = A sin(✓ + 2 ✓)
y4 (x, t) = ...
d
d ✓
2 ✓
✓
2 ✓
Figure 4.18 – Fentes multiples
Figure 3.25 – Fentes multiples
Pour
Pourréaliser
réaliserune
unetelle
telleaddition,
addition,nous
nousallons
allonsutiliser
utiliserles
lesvecteurs
vecteursde deFresnel.
[Link]
Lesfonctions
fonctions
trigonométriques à additionner sont les composantes verticales d’un vecteur de
trigonométriques à additionner sont les composantes verticales d’un vecteur de longueur AA longueur
tournant
tournant dans
dans un
un cercle
cercle trigonométrique,
trigonométrique, comme
comme l’illustre
l’illustre lala figure
figure 3.26.
4.19.
sin ✓ 94
✓+2 ✓
3.5. INTERFÉRENCE
sin θ
θ + 2∆θ
A sin θ
θ y = y1 + y2 + y3
cos θ
θ + ∆θ
Figure 3.26 – Vecteur de Fresnel Figure 3.27 – Addition avec de vecteurs de Fresnel
Ainsi, si on a plusieurs ondes à additionner, on peut mettre bout à bout les vecteurs de
chaque onde et prendre la composante verticale du résultat comme somme. La figure 3.27
illustre un exemple.
Avec la représentation des vecteurs de Fresnel, il sera possible d’observer les conditions
d’interférence à plusieurs fentes pour avoir un maximum principal, un minimum ou un maxi-
mum secondaire. Pour ce faire, nous considérerons que la phase commune θ = π2 pour illustrer
l’intensité de la première fente. Ainsi, si l’écart de phase ∆θ est nul ou de 2π, tous les vec-
teurs seront alignés et le maximum est alors très intense. C’est le maximum principal, tel
qu’illustré sur la figure 3.28.
∆θ = π 2π
∆θ = 3
π
∆θ = 2 2π
∆θ = 5
Figure 3.28 – Maxima principaux selon Figure 3.29 – Premier minimum selon
le nombre de fentes le nombre de fentes
Il est également possible de trouver par des dessins l’écart de phase minimal pour avoir
un minimum. La figure 3.29 illustre le cas de deux à cinq fentes. On remarque alors que
l’écart de phase pour la situation du premier minimum change selon le nombre de fentes de
π = 2π2
, 2π
3
, π2 = 2π
4
à 2π
5
. On trouve ainsi que la condition pour le premier minimum, autant
pour l’écart de phase que pour la différence de marche, sont
2π λ
∆θ = ,δ = . (3.19)
N N
95
CHAPITRE 3. OPTIQUE PHYSIQUE
Ainsi, selon la figure 3.28, plus le nombre de fentes est grand, plus le maximum princi-
pal sera grand. De plus, l’augmentation du nombre de fentes rend plus étroit ces maxima
principaux, car le premier minimum se rapproche de manière inversement proportionnelle
au nombre de fentes (comme on l’a vu dans le traitement de la figure 3.29). On peut ainsi
illustrer l’intensité lumineuse en fonction de la position sur l’écran pour deux et huit fentes,
comme le fait la figure 3.30.
I
8 fentes
2 fentes
3.5.8 Réseaux
Un réseau est une série de minces fentes séparées par une distance uniforme, comme le
montre la figure 3.31. Un réseau avec un grand nombre de fentes sera utile pour séparer des
éléments lumineux rapprochés, car, comme mentionné dans la section précédente, plus le
nombre de fentes sera élevé, plus les maxima principaux seront intenses et étroits.
On remarque sur la figure 3.31 que la condition d’interférence constructive est observée
entre deux fentes successives. La figure d’interférence ressemblera alors à la figure 3.32. Cela
signifie, comme illustré à la figure 3.28 de la section précédente, que l’interférence entre toutes
les fentes sera constructive, ce qui explique l’intensité du maximum.
La condition pour l’observation d’un maximum d’intensité est celle d’une interférence
constructive entre deux fentes.
∆θ = 2πm, m ∈ Z
δ ≃ d sin θ = mλ, m ∈ Z (3.20)
La distance d entre chaque fente est appelée le pas du réseau. Il est à noter que l’angle
des raies (maxima principaux) observées est souvent grand, ce qui ne permet pas toujours
l’utilisation de l’approximation des petits angles.
96
y
=
d
signifie, comme illustré à la figure 4.21 de la section précédente, que l’interférence entre toutes
les fentes sera constructive, ce qui explique l’intensité du maximum.
La condition pour l’observation d’un maximum d’intensité est celle d’une interférence
constructive entre deux fentes.
Figure 3.32 – Figure de diffraction d’un réseau
✓ = 2⇡m, m 2 Z
Exemple 3.14 ' d sin ✓ = m , m 2 Z (4.16)
Le pas d’un réseau est de 20 µm. Le maximum de deuxième ordre est à 9 cm du centre,
Lasur un écran
distance situé chaque
d entre à 150 cm. Quelle
fente est longueur
appelée led’onde estréseau.
pas du utiliséeIl? est à noter que l’angle
des raies (maxima principaux) observées est souvent grand, ce qui ne permet pas toujours
l’utilisation de l’approximation des petits angles.
Solution
Les raies des réseaux correspondent à la condition
129 d’interférence constructive de l’ex-
périence de Young. Ainsi,
d sin θ = mλ
y
d = mλ
L
dy 20 × 10−6 × 9 × 10−2
λ= = = 600 nm
mL 2 × 1,5
La résolution d’un réseau est la capacité de distinguer des maxima d’intensité pour des
rayonnements avec des longueurs d’onde différentes, mais rapprochées. Comme nous l’avons
97
CHAPITRE 3. OPTIQUE PHYSIQUE
vu précédemment, plus le nombre de fentes d’un réseau est important, plus ses maxima sont
intenses et étroits. La résolution d’un réseau dépend donc du nombre de fentes.
δ1 = m(λ + ∆λ)
1
δ2 = m + λ
N
Figure 3.33 – Limite de résolu-
Pouvoir de résolution tion
Ces deux points étant les mêmes, les deux différences de marche sont identiques. On
trouve alors le pouvoir de résolution R d’un réseau de diffraction.
λ
m∆λ =
N
λ
⇒R= = Nm (3.21)
∆λ
Le pouvoir de résolution est défini comme étant la plus petite variation de longueur d’onde
observable autour d’une certaine longueur d’onde. Il n’a pas d’unités. Il dépend linéairement,
par le traitement précédent, du nombre de fentes N et de l’ordre d’observation m. Plus il y a
de fentes ou plus l’observation est réalisée à un ordre important, plus le pouvoir de résolution
est grand. Cependant, il est souvent impossible d’utiliser les ordres supérieurs à 2 (et même à
1), car la fin de l’ordre précédent se confond avec le début de l’ordre d’intérêt. C’est pourquoi
le nombre de fentes est le critère pratique le plus important dans le pouvoir de résolution
d’un réseau.
Pouvoir de dispersion
d sin θ = mλ
d cos θ∆θ = m∆λ
98
3.5. INTERFÉRENCE
Exemple 3.15
Un réseau de 2 cm possédant 3000 lignes est éclairé par la longueur d’onde moyenne
visible de 550 nm.
a) Quels sont les pouvoirs de résolution et de dispersion de ce réseau au premier
ordre ?
b) Quel écart de longueur d’onde pourrait-on observé au deuxième ordre ?
Solution
Dans un réseau, on observe des raies brillantes par interférence constructive.
a) Le pouvoir de résolution est défini par l’équation 3.21.
R = N m = 3000 × 1 = 3000
Pour trouver le pouvoir de dispersion, il faut d’abord calculer l’angle relié à la
longueur d’onde d’intérêt. Pour ce faire, il faut d’abord trouver le pas du réseau.
Nd = L
L 0,02
d= = = 6,67 µm
N 3000
Cela peut se faire par la condition d’interférence constructive, dans un réseau
(équation 3.20).
d sin θ = mλ
1 × 550 × 10−9
mλ
θ = arcsin = arcsin = 4,73 °
d 6,67 × 10−6
On peut alors utiliser la définition du pouvoir de dispersion (équation 3.22).
m 1
D= = = 151 × 103 m−1
d cos θ 6,67 × 10−6 cos 4,73
b) Puis qu’on cherche au 2e ordre, le pouvoir de résolution sera de 6000. Il reste
alors à déterminer l’écart de longueur d’onde pouvant être observé. On peut le
calculer par la définition du pouvoir de résolution.
λ
R=
∆λ
λ 550 × 10−9
∆λ = = = 0,091 67 nm
R 6000
99
CHAPITRE 3. OPTIQUE PHYSIQUE
3.6 Diffraction
Comme nous l’avons vu dans la section précédente, la lumière passant par deux fentes
interfère. La largeur des fentes n’a cependant jamais été prises en compte. Ainsi, qu’arrive-
t-il si on considère que la fente traversée par la lumière a une certaine largeur a ? La réponse
à cette question dépend de la largeur de la fente.
Si la fente est très large (a ≫ λ), la lumière passant par le trou poursuit son chemin en
ligne droite, comme sur la figure 3.34. La diffraction commence à apparaître lorsque la fente
est plus étroite (a > λ), mais elle apparaît réellement lorsque la largeur de la fente est de
l’ordre de la longueur d’onde (a ∼ λ).
Figure 3.34 – Aucune dif- Figure 3.35 – Début de dif- Figure 3.36 – Diffraction
fraction par une large fente fraction par une fente étroite
Ce phénomène est utilisé dans les appareils photographiques et dans notre oeil. Dans
chaque cas, une petite ouverture (la pupille ou le diaphragme) permet l’observation des
détails plus ou moins petits. Nous verrons d’ailleurs que la grandeur de la fente est reliée à
la grandeur des détails pouvant être observés. Précédemment, nous étudierons précisément
le phénomène de diffraction.
Une fente ayant une certaine largeur a peut être vue comme étant une série de sources
secondaires alignées sur cette distance a, comme le montre la figure 3.37. Observons les
conditions d’interférence destructives.
100
4.3.1 Diffraction par une fente
Une fente ayant une certaine largeur a peut être vue comme yétant une série de sources
secondaires alignées sur cette distance a, comme le montre la figure
[Link]. Observons les
DIFFRACTION
conditions d’interférence destructives.
y
✓
a a
✓
I I
=
=
4.30 –– Diffraction
Figure3.37
Figure Diffraction par
par une
une fente
fente
Dans la figure 3.37, la fente est formée par 12 sources secondaires. Il s’agit d’un nombre
arbitraire
Dans la utilisé
figurepour sa la
4.30, symétrie,
fente estmais nouspar
formée aurions pu utiliser
12 sources n’importe
secondaires. Il quel
s’agitautre
d’unnombre.
nombre
Nous allonsutilisé
arbitraire séparer la sa
pour fente en deux
symétrie, parties
mais nous égales
aurionsformées de six
pu utiliser sources,quel
n’importe la partie
autre du haut
nombre.
contient les sources
Nous allons séparer 1la àfente
6 (duen haut
deux vers le bas)
parties et formées
égales la partiededu
sixbas contient
sources, les sources
la partie 7
du haut
àcontient
12 (également du haut
les sources 1 à 6vers
(dulehaut
bas).vers
Si les sources
le bas) 1 et
et la 7 sont
partie duenbasinterférence
contient les destructive
sources 7
(comme sur la figure 3.37), alors, par symétrie, il y aura également interférence destructive
pour les autres paires de sources 2 et 8, 3 133 et 9, etc. Comme nous regardons la situation
d’interférence destructive, un minimum de l’intensité lumineuse sera observé sur l’écran.
Dans cette situation, la différence de marche entre chaque paire de sources est de 21 λ. Par le
même raisonnement que pour l’expérience de Young, on trouve que la différence de marche
est alors donnée par
a
δ= sin θ
2
a λ
sin θ =
2 2
a sin θ = λ.
Nous avons séparé la fente en deux afin d’utiliser la symétrie du problème, mais nous
aurions aussi pu la scinder en quatre parties. Dans ce cas, chaque partie serait formée par
trois sources. Si les sources 1 et 4 sont en interférence destructive, ce sera également le cas
pour les autres paires de sources. Dans ce cas, la différence de marche est donnée par
a
δ= sin θ
4
101
CHAPITRE 3. OPTIQUE PHYSIQUE
De façon générale, il est donc possible d’utiliser la symétrie du problème en divisant notre
fente par un nombre pair. Prenons 2M où M ∈ Z∗ (rappelons que Z∗ est l’ensemble formé
par les nombres entiers non nuls) pour représenter l’ensemble des nombres pairs non nuls
(nous reviendrons à l’exclusion du 0). La condition d’interférence destructive devient
a λ
sin θ =
2M 2
a sin θ = M λ, avec M ∈ Z∗ . (3.23)
Les valeurs positives de M sont associées à un côté du centre de l’écran et les valeurs négatives
à l’autre côté.
Les maxima se trouvant entre les minima, la condition pour avoir un maximum de dif-
fraction est donc le complément.
1
δ ≃ a sin θ = M+ λ, M ∈ Z∗ (3.24)
2
L’approximation des petits angles est encore utilisée dans cette situation pour la comparaison
de la largeur de la fente par rapport à la distance entre la fente et l’écran. Le résultat de ce
phénomène de diffraction est illustré sur les figures 3.38 et 3.40. Le maximum d’intensité au
centre de l’écran est appelé pic central et est délimité par le premier minimum de diffraction
de chaque côté du centre. Ainsi, ce n’est pas un minimum, mais un maximum qui est présent
au centre, d’où l’exclusion de la valeur nulle dans les conditions de minima et maxima de
diffraction (équations 3.23 et 3.24).
δ(m)
−2λ −λ 0 λ 2λ
102
3.6. DIFFRACTION
Exemple 3.16
Quelle est la largeur du pic central de diffraction si l’écran est à 2 m d’une fente de
150 µm et qu’une lumière de 600 nm est utilisée ? Quelle est alors la largeur du pic
suivant de diffraction ?
Solution
La largeur du pic central est la distance entre le premier minimum de chaque côté du
maximum central. Il faut donc d’abord trouver la position du premier minimum.
a sin θ = M λ
y
a = Mλ
L
M λL 1 × 600 × 10−9 × 2
⇒y= = = 8 mm
a 150 × 10−6
Comme le minimum est des deux côtés du maximum central, il est large de 16 mm.
Les autres pics de diffraction sont délimités par la distance entre deux minima de
diffraction. La distance entre les minima étant constante, la largeur des autres pics est
de 8 mm. Notez que c’est la moitié de la largeur du pic central.
Nous venons de voir l’effet de la largeur de la fente sur l’observation. Il est important de
faire un retour sur l’expérience des fentes de Young avec cette nouvelle information. Si chaque
fente produit de la diffraction, s’il y a plusieurs fentes, ces sources secondaires interfèrent
ensemble pour former la suite de franges sombres et brillantes présentée précédemment (voir
la figure 3.19). Si les deux phénomènes sont présents (il y a deux fentes de la largeur de
l’ordre de la longueur d’onde), l’intensité résultante est alors celle des figures 3.39 et 3.41.
On remarque que l’intensité résultante est simplement le produit des intensités de la dif-
fraction et de l’interférence. Le nombre de pics d’interférence dans le pic central de diffraction
est relié au ratio de la largeur d’une fente par rapport à la distance entre les deux fentes,
comme le montre l’exemple suivant.
Exemple 3.17
Deux fentes de 0,1 mm sont séparées de 400 µm. Combien de pics complets seront
observés dans le pic central de diffraction ?
103
CHAPITRE 3. OPTIQUE PHYSIQUE
δ (m)
−2λ −λ 0 λ 2λ
Figure 3.40 – Figure de diffraction par une Figure 3.41 – Figure de diffraction par
fente deux fentes
Solution
Comme l’information recherchée est liée à la fin du pic central de diffraction, on utilise
ce point d’étude. On sait donc, en diffraction, que nous sommes à M = 1.
a sin θ = M λ
En interférence, nous sommes au même point, donc θ est identique.
d sin θ = mλ
On cherche alors l’ordre m à ce point. Il reste à comparer les deux équations.
a sin θ = M λ
d sin θ = mλ
a M
=
d m
d 400 × 10−6
m= M = ×1=4
a 0,1 × 10−3
Ainsi, la premier minimum de diffraction correspond au 4e maximum d’interférence.
Ce maximum d’interférence n’est donc pas visible, car il est superposé au minimum
de diffraction. Pour voir clairement ce maximum, on devrait minimalement voir le
minimum le suivant (une valeur de m=4,5 serait la limite pour que le 4e maximum
soit visible en entier). Nous pouvons ainsi compter, de part et d’autres du maximum
central, trois maximum d’interférence. Avec le maximum central, ça fait un total de 7
pics d’interférence (3 + 3 + 1) dans le pic central de diffraction (figure 3.39).
104
3.6. DIFFRACTION
Une fente est utile afin de séparer la lumière provenant de deux sources rapprochées.
Chaque source crée une figure de diffraction dont la position du pic central sur l’écran est
en ligne droite avec la source (figure 3.42), et les deux figures de diffraction se superposent.
Le but est de pouvoir différencier deux éléments lumineux, comme sur la figure 3.43 a).
a sin α = λ. (3.25)
Figure 3.42 – Critère de Rayleigh
Cette relation permet de déterminer la plus
petite séparation angulaire α entre deux sources afin de pouvoir les distinguer. Sur la partie
c), la séparation angulaire entre les sources est plus petite que cet angle et un seul élément
est observé.
Bien que nous ayons travaillé avec des fentes rectangulaires jusqu’à maintenant, les ins-
truments d’optique utilisés pour distinguer deux sources (œil, télescope, jumelles, etc.) ont
une fente de forme circulaire. Dans ce cas, la condition de l’équation 3.25 devient
Le facteur 1,22 vient de la forme circulaire de la fente. L’équation 3.26 est appelée critère de
Rayleigh.
Exemple 3.18
La pupille de notre œil mesure environ 2 mm de diamètre. Si vous regardez une fleur
située à 120 cm de votre visage, quelle distance minimale doit séparer deux petits
insectes rouges (600 nm) pour que vous puissiez les distinguer ?
Solution
Dans cette situation, notre pupille joue le rôle d’une fente circulaire. Ainsi, au critère
de Rayleigh, la position du premier minimum de diffraction correspondra à la limite
possible d’observation. Notre angle sera ici petit, on peut donc laisser tomber le sinus
105
' a sin ↵ = 1,22 . (4.22)
Le facteur 1,22
CHAPITRE 3. vient de la forme
OPTIQUE circulaire de la fente. L’équation 4.22 est appelée critère de
PHYSIQUE
Rayleigh.
a) b) c)
I I I
✓ ✓ ✓
Figure 4.363.43
Figure – Résolution par par
– Diffraction uneune
fente simple
fente
Exempleest
(l’angle 4.15
alors nécessairement en radian).
La pupille de notre œil mesure environ 2 mm de diamètre. Si vous regardez une fleur
située à 120 cm de votre visage,a sin α ≃ distance
quelle aα = 1,22λ
minimale doit séparer deux petits
insectes rouges (600 pour que × 600
1,22vous × 10−9les distinguer−4
puissiez = 3,66 × 10 ? rad
1,22λ
nm)
α= = −3
a 2 × 10
La distance entre les deux insectes sera reliée à cet angle par la trigonométrie.
Solution
Dans cette situation, notre pupille joue le rôle d’une
d fente circulaire. Ainsi, au critère
de Rayleigh, la position du premiertan α ≃ α =de diffraction correspondra à la limite
minimum L
possible d’observation.
d = αL = 3,66 × 10 × 1,2 = 4,39 × 10−4 mdonc
Notre angle
−4sera ici petit, on peut laisser
= 0,439 mmtomber le sinus
(l’angle est alors nécessairement en radian).
138
106
Chapitre 4
Relativité restreinte
Vers la fin du XIXe siècle, une grande partie des phénomènes physiques connus était
expliquée. Les lois de Newton avaient quelques siècles, l’électricité et le magnétisme venaient
d’être unifiés par James Clerk Maxwell, les trois principes de la thermodynamiques étaient
connus, les règles de l’optique géométrique étaient appliquées dans les télescopes et dans la
vie quotidienne, l’effet de la nature ondulatoire de la lumière sur les phénomènes optiques
comme l’interférence et la diffraction avait été débusqué. Plusieurs en sont même venus à
penser que la physique comme science était à la limite de son existence, n’ayant plus rien à
expliquer. Pourtant...
Nous avons vu précédemment que toutes les ondes sont des conséquences de l’équation
d’onde. Comme la vitesse de la lumière est connue, l’équation d’onde pour la lumière s’écrit
∂ 2 y(x, t) 1 ∂ 2 y(x, t)
=
∂dx2 c2 ∂dt2
Comme toute onde mécanique (comme le son), il était entendu que la lumière se propa-
geait à travers un milieu. La notion d’éther a été ainsi développée. Il s’agissait à l’époque
du milieu dans lequel la lumière se propageait. Cette matière remplissait l’Univers, car elle
107
CHAPITRE 4. RELATIVITÉ RESTREINTE
permettait à la lumière de se déplacer du Soleil et des autres étoiles jusqu’à nous (entre
autres). On a ainsi voulu détecter la présence de l’éther en mesurant les conséquences de sa
présence.
Expérience de Michelson-Morley
Vers la fin du XIXe siècle, Albert Abraham Michelson et Ewdard Morley tentent de
mesurer la vitesse de la Terre par rapport à l’éther. Le principe est assez simple : comme la
Terre se déplace par rapport à l’éther, nous devrions mesurer l’effet du "sillon" de la Terre
à travers l’éther, l’équivalent d’un vent d’éther. Pour ce faire, ils construisent un appareil
que nous avons déjà vu dans l’étude de l’interférence : un interféromètre de Michelson. On
suppose que la longueur de chaque bras de l’interféromètre est L0 .
M2
⃗v
L0
P
M1
L0
E
Supposons que la Terre se dirige vers la droite dans notre situation illustrée par la figure
4.1. Le vent d’éther ⃗v serait alors parallèle à la trajectoire des rayons que frappent le miroir
M1 , vers la gauche. La vitesse de la lumière sera ainsi affectée par cette vitesse de l’éther
d’une manière différente pour les rayons se rendant et étant réfléchis par M1 et pour ceux se
rendant et étant réfléchis par M2 .
Le temps t1 mis par les rayons reliés au miroir M1 peut être divisé par le temps de l’aller
"contre le vent d’éther" et le temps du retour "dans le sens du vent d’éther".
L0 L0 L0 (c + v) + L0 (c − v) 2L0 c 2L0 /c
t1 = t1aller + t1retour = + = = 2 2
= 2
c−v c+v (c + v)(c − v) c −v 1 − vc
On ne connaît pas la vitesse v de la Terre par rapport à l’éther, mais on sait qu’elle est
beaucoup plus petite que la vitesse de la lumière c. On peut ainsi utiliser le développement
de Taylor du dénominateur autour d’une valeur vc petite devant l’unité.
2L0
v 2 −1 2L
v 2 2L0
v 2
0
t1 = 1− ≃ 1− − = 1+
c c c c c c
108
4.1. RELATIVITÉ RESTREINTE
Comme mentionné précédemment, la vitesse de la Terre par rapport à l’éther est faible en
comparaison de la vitesse de la lumière, on peut encore utiliser le développement de Taylor.
2L0
v 2 −1/2 2L
1 v 2
2L0
1 v 2
0
t2 = 1− ≃ 1− − = 1+
c c c 2 c c 2 c
On peut alors calculer le nombre de franges ∆m relié à cet écart de temps, car l’écart de
différence de marche est la distance que parcourt la lumière pendant l’intervalle de temps
précédemment calculé.
∆δ = ∆mλ = c∆t
c∆t L0 v 2
∆m = =
λ λ c
Cette interférence est trop petite pour être observée, surtout à la fin du XIXe siècle. Les
scientifiques réfléchissent alors à sa constante ou non dans le temps. L’interférence dépend
de la direction du vent d’éther, et comme la Terre tourne autour du Soleil, la vitesse relative
reliée au miroir M1 s’inverse six mois plus tard. On devrait alors observer une modification
deux fois plus importante de la figure d’interférence en comparant les figures d’interférence à
six mois d’intervalle. Avec des bras d’interféromètre de 10 m, une longueur d’onde de 500 nm
et la vitesse de la Terre autour du Soleil de 3 × 104 m/s, on devrait alors trouver
2
2 × 10 3 × 104
2L0 v 2
∆mannee = = = 0,4 frange
λ c 500 × 10−9 3 × 108
109
CHAPITRE 4. RELATIVITÉ RESTREINTE
La conclusion plus porteuse est la mise de côté de l’existence de l’éther. C’est donc dire
que, contrairement aux ondes mécaniques comme le son, la lumière peut se déplacer dans le
vide ! La lumière est vraiment une onde particulière.
La légende veut que dans sa jeunesse, Albert Einstein était fasciné par la lumière et se
posait énormément de questions quant à sa nature. Notamment, il savait bien que lorsqu’il
se déplaçait à vélo le long d’un rail de chemin de fer, il arrivait à pédaler très fort et à
presque égaler la vitesse du train. À ce moment, en regardant les passagers du train, il avait
l’impression qu’ils étaient immobiles, et eux avaient la même impression en le regardant
pédaler. En effet, lorsque deux voitures côte à côte ont la même vitesse sur l’autoroute,
une personne dans une voiture peut regarder une personne dans l’autre voiture et avoir
l’impression que les deux sont immobiles, car elles ne bougent pas l’une par rapport à l’autre.
Einstein se demandait si c’était la même chose avec la lumière : si on arrivait à égaler ou
s’approcher de la vitesse de la lumière, est-ce qu’on pourrait voir la lumière arrêtée ?
Plus précisément, il proposa une des premières expériences de pensée : si une personne
(disons Superman pour être contemporain) se déplace à la vitesse de la lumière avec un miroir
dans sa main, est-ce qu’elle verra sa réflexion dans le miroir ? Cette question semble bien
simple, mais les réponses à celle-ci illustre l’écart entre la physique classique et la physique
moderne.
Pour Isaac Newton et tous les physiciens classiques, la réponse devait être négative :
aucune réflexion ne devait être visible. En effet, comme le miroir s’éloigne aussi rapidement
de la personne que la lumière veut s’en approcher, jamais la lumière ne l’atteindra. Ainsi, il
ne sera pas possible d’observer les rayons réfléchis par le miroir, car ils ne se rendront même
pas à ce dernier.
Pour Einstein, la personne devait pouvoir observer son image. Sinon, cela signifierait
qu’elle connaîtrait sa vitesse (celle de la lumière). Pourtant, pour Einstein, peu importe la
vitesse à laquelle on voyage, toutes les observations doivent rester les mêmes, sans exception.
Un peu comme en automobile. Si vous êtes passager et que vous avancez à 100 km/h sur
l’autoroute, si vous fermez les yeux (il ne faut pas le faire si vous conduisez, on s’entend),
vous ne devriez pas être capable de savoir si vous êtes au repos ou si vous êtes en mouvement.
Les observations que vous réalisez dans l’automobile (sans regarder à l’extérieur) ne doivent
pas dépendre de la vitesse de votre mouvement. C’est seulement en observant les vaches dans
110
4.1. RELATIVITÉ RESTREINTE
le pré que vous déduirez que vous avancez et qu’elles sont immobiles.
4.1.3 Postulats
La relativité restreinte est basée sur deux postulats. Des postulats sont des énoncés pris
pour acquis, qui ne sont pas prouvés ni argumentés. La théorie repose sur la pertinence de
ceux-ci, car les conséquences sont normalement de simples déductions desdits postulats.
Principe de relativité
Le premier postulat est une exigence naturelle que les physiciens théoriciens imposent à
tous les modèles représentant la réalité. Il s’agit du principe de relativité. C’est une forma-
lisation d’un constat qu’a fait Galilée en remarquant que si on se déplace en ligne droite à
vitesse constante, il est impossible de s’en rendre compte. Ainsi, dans la vie de tous les jours,
si on se déplace à vitesse constante, les lois du mouvement sont les mêmes que si on était au
repos. Par exemple, un objet lancé parfaitement à la verticale nous retombe dans la main,
que nous soyons immobile dans un champ de maïs ou en déplacement à vitesse constante de
300 km/h dans un train ultrarapide.
Ainsi, le premier postulat de la relativité restreinte stipule que les lois de la physique
ont la même forme dans tous les référentiels inertiels.
Une conséquence du principe de relativité est qu’une observation ne peut être reliée à
notre vitesse relative. Ainsi, il est impossible pour une personne en mouvement de ne pas
voir son image dans le miroir si une personne au repos le voit.
Cette conclusion de l’expérience de pensée est contre-intuitive. Par exemple, si mon bras
111
CHAPITRE 4. RELATIVITÉ RESTREINTE
me permet de lancer un caillou à une vitesse de 10 m/s par rapport au sol, je peux réussir
à augmenter ma vitesse de lancer si je me donne un élan en courant. Si je réussis à courir
à 5 m/s par rapport au sol, dans la même direction que mon lancer, le caillou quittera ma
main à une vitesse de 15 m/s mesuré par rapport au sol.
Mais la lumière n’est pas une roche ! Si je suis dans un train qui se déplace à une grande
vitesse, et que j’ai une lampe de poche qui envoie un rayon lumineux vers l’avant du train,
alors un observateur dans le train et un observateur immobile dans le champ (comme une
vache) verrait le rayon lumineux aller à la même vitesse ! En fait, on pourrait imaginer une
course de lumière : moi dans le train ultrarapide avec ma lampe de poche et une autre
personne à l’extérieur, immobile sur le sol avec sa lampe de poche. Si on envoie nos rayons
de lumière dans la même direction, ils iront à la même vitesse. La vitesse de la source de
lumière n’influence aucunement la vitesse de la lumière issue de cette source !
Cette réalité est étrange, même contre-intuitive. En fait, elle peut même être difficile à
accepter, c’est pourquoi c’est un postulat. On ne peut prouver une telle affirmation, mais on
peut tester ses conséquences, ce qui fût fait. Il ne faut pas oublier non plus que les effets de
la relativité se font sentir lorsque les vitesses sont immenses. Nous en reparlons plus tard.
Ces deux postulats ont été testés à maintes reprises : aucune observation ne nous permet
de dire que l’un ou l’autre de ces postulats est faux. Il faut donc les considérer comme étant
des acquis, à moins de preuve contraire, comme le veut toute démarche scientifique.
Au-delà des postulats de la relativité restreinte, ce sont les conséquences de ces postulats
qui frappent l’imaginaire. Ainsi, Newton prétendait que les vitesses s’additionnaient, même
pour la lumière. Si ce n’est pas le cas, il faut donc qu’autre chose change selon la vitesse
relative de l’observateur. Einstein trouva que le temps et la distance sont des quantités
relatives à la vitesse des observateurs et non des quantités absolues comme le prétend la
physique classique. Cela signifie que deux événements simultanés ne le sont pas pour tous.
4.1.4 Conséquences
Relativité de la simultanéité
Comment tout cela peut-il être cohérent ? C’est possible si les longueurs changent avec
la vitesse de déplacement, de même que le temps d’ailleurs.
Dilatation du temps
113
CHAPITRE 4. RELATIVITÉ RESTREINTE
que la distance parcourue par le rayon lumineux n’est pas la même, le temps mesuré dans
chacun des deux référentiels ne sera pas le même !
h
h
C D
A B
vT
Figure 4.5 – Aller-retour du rayon lumi-
Figure 4.6 – Aller-retour vu de l’exté-
neux vers le miroir
rieur du train
Reprenons la même situation en effectuant le développement mathématique afin de voir
comment les temps mesurés dans chaque référentiel sont reliés. Pour l’observateur dans le
train, la lumière monte vers le plafond puis redescend, le rayon semblant parcourir deux fois
la hauteur du train h. Le temps de l’aller-retour T0 est donc
2h
T0 = .
c
Dans le référentiel des vaches, si le temps pris pour que le rayon fasse l’aller-retour est
T , le train aura avancé d’une certaine distance vT . Contrairement au passager du train qui
observe seul le rayon partir de revenir au même endroit, les vaches doivent être deux pour
observer l’aller-retour du rayon sur le miroir du train (points C et D). Pour calculer le temps
mesuré par les deux vaches, on utilise l’analyse de l’aller du rayon vers le miroir.
2 2
T T
c = v + h2
2 2
2
c − v2
2 2
h =T
4
2 4h2
T = 2
c − v2
En faisant la relation entre le temps mesuré par le voyageur et les vaches, on trouve
On trouve donc
T = γT0 (4.3)
1
où γ = q (4.4)
v 2
1− c
114
4.1. RELATIVITÉ RESTREINTE
Par rapport à tout ce que nous avons appris de la physique classique, ce phénomène
de dilatation du temps est contre-intuitif. Pourtant, il est bien réel. Avec deux horloges
atomiques (donc très précises), une qui reste à la surface de la Terre pendant qu’une autre
est mise dans un avion se déplaçant rapidement, on observe bel et bien un écart de temps
entre les deux horloges lorsque l’avion revient à la surface de la Terre. Et on ne parle pas
d’illusion ou de problème de mesure. Les mesures de temps seront réellement différentes.
Un exemple souvent utilisé pour représenter l’effet de la dilatation du temps est celui
de deux jumeaux identiques, dont un est astronaute. Imaginons que les deux jumeaux sont
séparés à l’âge de 18 ans. L’un voyage dans une navette spatiale ultrarapide, l’autre reste sur
la Terre. Si le voyageur est parti 10 ans selon son observation, il terminera son voyage âgé
de 28 ans alors que le jumeau qui reste au repos aura un âge différent. Il pourrait avoir 30,
35, 40 ans ou plus tout dépendant de la vitesse à laquelle s’est déplacée la navette. Plus la
115
CHAPITRE 4. RELATIVITÉ RESTREINTE
navette a une vitesse proche de la vitesse de la lumière, plus l’écart d’âge sera important !
Il est important de bien noter que ce n’est pas le processus de vieillissement qui est
différent entre les deux jumeaux. Les cellules de chacun évoluent au même rythme, un jour à
la fois. En fait, c’est le « temps » d’une seconde qui n’est pas la même pour chaque jumeau.
En effet, le temps pour le jumeau dans la navette s’écoule plus lentement que pour celui resté
sur la Terre.
— Dans la figure 4.5, le temps mesuré est propre, car le point de mesure (envoi et réception
du rayon) ne bouge pas par rapport au passager du train.
— Dans la figure 4.6, le temps mesuré est dilaté, car le temps mesuré est la différence entre
le temps de réception du rayon et celui d’envoi. Il faut donc deux observateurs pour
mesurer le temps précisément. Les observateurs mesurent le temps d’un référentiel en
mouvement.
— Le temps entre les moments où l’avant du train passe devant un premier poteau et le
moment où l’avant du train passe devant un second poteau est un temps propre pour
des passagers dans le train, car l’observateur dans le train est au repos par rapport
à l’avant du train et qu’un seul passager assis à ce point peut mesurer l’intervalle de
temps pertinent.
— Le même temps entre les moments où l’avant du train passe devant un premier poteau
et le moment où l’avant du train passe devant un second poteau est un temps dilaté
pour des observateurs à l’extérieur du train, car l’avant du train est en mouvement
par rapport à eux et qu’ils doivent être deux observateurs pour mesurer l’intervalle de
temps : un près du premier poteau et l’autre près du second poteau.
116
4.1. RELATIVITÉ RESTREINTE
Pour deux référentiels en mouvement l’un par rapport à l’autre, les deux mesureront la
même vitesse relative de un par rapport à l’autre. Si on reprend l’exemple des jumeaux, il s’est
écoulé un temps T0 pour celui qui a fait un voyage spatial et un temps dilaté plus long T pour
le jumeau resté sur Terre. Comme les deux jumeaux mesurent la même vitesse du vaisseau
spatial par rapport à la Terre mais pas la même durée pour le voyage, ils ne s’entendront
pas sur la distance parcourue par le jumeau dans la navette spatiale. La distance parcourue
mesurée par le jumeau dans la navette spatiale (vT0 ) sera plus petite que celle mesurée par
le jumeau resté sur Terre (vT ). C’est ce qu’on appelle la contraction des longueurs ! Voyons
comment les mesures de longueur entre deux référentiels en mouvement l’un par rapport à
l’autre peuvent être reliées.
La longueur propre L0 est la longueur d’un objet dans le référentiel où l’objet est au
repos. Prenons l’exemple de la longueur d’un train. Pour l’observateur dans le train, cette
longueur est propre, le train étant immobile par rapport à lui. Deux observateurs dans le
train peuvent prendre un ruban à mesurer, s’installer aux deux extrémités du train et prendre
la mesure de la longueur du train. Le train et les deux observateurs sont au repos les uns par
rapport aux autres, la longueur est donc propre. Une façon de connaître cette longueur est
de mesurer le temps qu’elle prend pour franchir un point extérieur unique (comme passer
devant un poteau). Le temps mesuré est alors dilaté car deux observateurs, un à chaque
extrémité, sont nécessaires pour mesurer ce temps. La longueur propre est donc reliée au
temps dilaté par la vitesse relative du train par rapport au champ.
L0 = vT
La même longueur du train sera contractée (L) pour un observateur dans le champ. Elle
pourra aussi être calculée en mesurant le temps propre entre le passage du devant et du
derrière du wagon de train devant un point, comme le poteau.
L = vT0
L0 T0 L0
L= T0 = L0 = ,
T T γ
Il est important de noter que c’est seulement la dimension en mouvement qui est contrac-
tée. Ainsi, si une voiture se dirige vers la droite, sa hauteur ne sera aucunement affectée par
la contraction des longueurs, mais sa longueur le sera.
117
CHAPITRE 4. RELATIVITÉ RESTREINTE
Ainsi, la longueur d’un objet mesuré par des observateurs au repos par rap-
port à l’objet est la longueur propre. Tout autre observateur en mouvement
par rapport à l’objet mesurera une longueur contractée. Il est important de noter
qu’une longueur est toujours mesurée par deux observateurs qui prennent une mesure au
même temps (aux deux extrémités de la règle). Et comme la simultanéité des mesures est
elle-même relative, la mesure de la longueur le sera également.
Il est très important de noter qu’il n’est pas possible, dans un même référentiel, de
mesurer la longueur propre et le temps propre relié. En effet, si la longueur considérée est
au repos (longueur propre), il faut donc que l’observateur se déplace pour mesurer le temps
pour franchir ladite longueur (temps dilaté). Si la longueur est en mouvement (longueur
contractée), l’observateur pourra mesurer le temps sans se déplacer (temps propre).
Confirmation de la théorie
Il existe dans la nature des particules semblables à des électrons, mais plus massives : ce
sont des muons. Ces particules sont produites dans la haute atmosphère quand les rayons
cosmiques interagissent avec les atomes présents. Il est connu que la durée de vie moyenne
des muons au repos est de 2,2 µs et qu’ils voyagent à 0,995 c.
118
4.1. RELATIVITÉ RESTREINTE
Le résultat expérimental fût différent : on observa que 73,8 % des muons initiaux attei-
gnaient le bas de la montagne. La différence est énorme, et elle est expliquée par la relativité
restreinte, autant du point de vue du scientifique que du muons.
Pour le scientifique sur la Terre, la hauteur de la montagne est une longueur propre. Elle
est bien au repos par rapport à lui (on l’espère !). Les muons sont par contre en mouvement,
à une vitesse relativiste.
1 1
γ=q =p = 10, 01
v 2
1 − (0,995)2
1− c
Leur durée de vie de 2,2 µs se dilate pour nous. La durée de vie dilatée T des muons est
donc
T = γT0 = 10, 01 × 2,2 = 22 µs (4.6)
Avec cette correction relativiste, on trouve que le nombre de muons qui franchissent la
montagne doit être de
−6
− 6,7 × 10−6
N = N0 e−t/T = N0 e 22 × 10 = 73,8 %N0
Ce résultat est exactement le résultat expérimental !
La même réalité peut aussi être expliqué du point de vue du muon. Pour celui-ci, son
temps de vie est vraiment de 2,2 µs, car il est au repos par rapport à lui-même ( !). Il voit
cependant la montagne se diriger vers lui à une vitesse de 0,995 c. La montagne ne mesure
donc pas 2 km pour lui, car elle est contractée.
L0 2000
L= = = 199,7 m
γ 10, 01
Avec ce résultat, on trouve également le résultat attendue pour le nombre de muons fran-
chissant la montagne.
−t h/v 199,7/(0,995×3 × 108 )
− −
N = N0 e T0 = N0 e T0
= N0 e 2,2 × 10−6 = 73,8 %N0
119
CHAPITRE 4. RELATIVITÉ RESTREINTE
Exemple 4.1
Un train long de 100 m voyage à 0,8 c.
a) Quelle est la longueur du train pour une personne dans ce dernier ?
b) Et pour une personne dans le champ ?
c) Combien de temps prendra ce train pour passer devant un poteau pour une
personne dans le champ ?
d) Et pour une personne dans le train ?
Solution
Le facteur relativiste peut être calculé à partir de la vitesse du train.
1 1
γ=q =p = 1,67
1− v 2
1 − (0,8)2
c
a) La longueur de 100 m est la longueur propre, donc mesurée par une personne
dans le train.
b) Une personne dans le champ voit le train bouger. Elle mesure donc une longueur
contractée.
L0 100
L= = = 60 m
γ 1,67
c) Le temps mis par le train d’une longueur contractée de 60 m pour passer devant
le poteau peut être calculée à partir de sa vitesse. Ce temps est propre, car il
peut être mesurée par une seule personne.
L 60
T0 = = = 250 ns
v 0,8 × 3 × 108
d) Le temps mesuré par une personne dans le train sera dilaté, car il doit y avoir
deux personnes pour le mesurer (une à chaque extrémité du train).
Exemple 4.2
Un astronaute désire atteindre une étoile située à 4 al de la Terre. S’il met 10 années
à atteindre l’étoile, quelle a été sa vitesse ?
120
4.1. RELATIVITÉ RESTREINTE
Solution
Les deux valeurs connues sont les valeurs propres. La longueur de 4 al est la valeur
propre, car elle est mesurée alors que nous sommes au repos par rapport à l’Univers
(imaginez deux personnes, une sur la Terre et une près de l’autre étoile et les deux ont
un gigantesque galon à mesurer pour mesurer la distance entre les deux). Le temps
de 10 ans est aussi propre, car c’est le temps mesuré par l’astronaute et que celui-ci
peut mesurer la durée du trajet avec une seule horloge. On peut relier la vitesse avec
le facteur relativiste.
r
L0 L0 v 2 L0
v= = = 1− 2
T γT c T0
0 2
2
v L0
v2 = 1 − 2
c T02
L2 v 2 L2
v 2 + 02 2 = 02
T0 c T0
v v
u L2 u L2 s
u 0 u 2 02 42
u T02 u c T0 102
v=t L2
=t L2
c= 42
c = 0,371 c
1 + 2 02 1 + 2 02 1 + 10 2
c T0 c T0
La masse est reliée à la quantité de matière qu’elle contient, elle doit donc être invariante
(constante) selon sa vitesse relative. Par contre, on remarque qu’il est beaucoup plus difficile
d’accélérer une masse déjà en mouvement qu’une masse au repos. Ainsi, la vitesse relative
de la masse a des effets physiques sur son mouvement.
La masse au repos m0 est un invariant, elle est donc constante. L’effet de cette masse
change selon son mouvement relatif, de la même manière que le temps se dilate et que la
longueur se contracte. C’est le même facteur relativiste γ qui importe.
m = γm0 (4.7)
Deux interprétations de cette réalité sont présentées. Dans un cas, on parle de la masse
m en mouvement relatif comme d’une masse relativiste, comme si sa valeur était relative,
121
CHAPITRE 4. RELATIVITÉ RESTREINTE
Énergie relativiste
E = mc2 (4.8)
Cette équation est connue d’à peu près tout le monde, mais que signifie-t-elle réellement ?
C’est plus qu’une relation entre la masse et l’énergie. L’équation 4.8 signifie que toute
masse est également de l’énergie et que toute quantité d’énergie est également une masse,
qu’il est possible de transformer toute masse en énergie et toute énergie en masse. En effet,
si on concentre assez d’énergie en un point précis, il peut « apparaître » des particules du
« vide ». De la même façon, des particules peuvent « disparaître » en tout temps, mais
en émettant une énergie et en respectant les principes de conservation (de l’énergie, de la
quantité de mouvement et du moment cinétique).
Ces processus se sont beaucoup déroulés au cours des premières minutes de l’Univers,
juste après le Big Bang, lorsque la température de l’Univers (et donc l’énergie de l’espace)
était élevée. Ainsi sont nées les premières particules de matière.
Cette relation est aussi à la base de la physique nucléaire qui sera étudiée au chapitre 7.
L’énergie libérée par une réaction nucléaire (comme une bombe nucléaire, mais également
une centrale nucléaire) provient de la transformation d’un défaut de masse en énergie.
Prenons l’exemple d’une fusion nucléaire combinant deux atomes d’hydrogène pour pro-
duire un atome d’hélium. Lors de cette fusion, la masse du produit (l’hélium) n’égale pas la
masse des réactants (l’hydrogène). Une partie de la masse disparaît et se transforme en éner-
gie. En effet, si on fusionne 600 kg d’hydrogène, il en résultera seulement 596 kg d’hélium !
La masse perdue de 4 kg est transformée en énergie selon l’équation 4.8. Et de quel ordre
de grandeur serait cette énergie ? Elle serait suffisante pour alimenter tous les États-Unis
122
4.1. RELATIVITÉ RESTREINTE
L’énergie de l’équation 4.8 est l’énergie mécanique d’une particule. Son énergie potentielle
est son énergie au repos. On peut alors calculer son énergie cinétique relativiste.
K = E − U = mc2 − m0 c2 = γm0 c2 − m0 c2
K = m0 c2 (γ − 1) (4.9)
Cette équation est très différente dans sa forme à l’équation de l’énergie cinétique non re-
lativiste, mais à petite vitesse, on retrouve une forme connue. Pour ce faire, utilisons le
développement de Taylor pour de petites vitesses devant celle de la lumière.
!
v 2 −1/2
1 v 2
2 2 2
K = m0 c (γ − 1) = m0 c 1− − 1 ≃ m0 c 1 − − −1
c 2 c
1 v2 1
K = m0 c2 2 = m0 v 2
2 c 2
Nous retrouvons pour les petites vitesses la forme connue de l’énergie cinétique. Cela illustre
que la relativité restreinte est en fait une généralisation de la physique classique, cette dernière
s’appliquant lorsque la vitesse relative est petite par rapport à la vitesse de la lumière.
La quantité de mouvement d’une particule dépend donc de sa vitesse, tout comme son
énergie dépend de la vitesse. On devrait ainsi pouvoir trouver un lien entre l’énergie d’une
particule et sa quantité de mouvement.
m 0 c2
E = mc2 = γm0 c2 = q 2
1 − vc
v2 E 2v2 m 2 c4 v 2
m0 c = E 1 − 2 = E 2 − 2 = E 2 −
2 4 2
2
= E 2 − p 2 c2
c c c
Cette relation est alors
E 2 = p2 c2 + m20 c4 (4.11)
Cette équation illustre que même une particule sans masse possède une quantité de
mouvement, liée à son énergie mécanique.
E
p=
c
123
CHAPITRE 4. RELATIVITÉ RESTREINTE
Exemple 4.3
Solution
La différence entre la quantité de mouvement classique et relativiste est la masse
relativiste.
a) L’information donnée permet de faire ce lien.
1,1pclas = prel
1,1m0 v = mv
1,1m0 v = γm0 v
γ = 1,1
b) Son énergie mécanique peut être calculée par la célèbre équation d’Einstein.
124
4.1. RELATIVITÉ RESTREINTE
Exemple 4.4
Le Large Hadron Collider est un accélérateur de protons situé à la frontière franco-
suisse. L’accélérateur principal est construit dans un tunnel de 26,7 km de circonfé-
rence. Les protons sont accélérés pour atteindre une énergie de 7 TeV (7 × 1012 eV).
a) Quelle est alors la vitesse des protons ?
b) Quelle est leur quantité de mouvement ?
c) Quelle est alors la masse d’un proton ?
Solution
Nous connaissons l’énergie mécanique du proton.
a) Pour trouver la vitesse, il faut d’abord calculer le facteur relativiste.
E = mc2 = γm0 c2
E 7 × 1012 × 1,602 × 10−19
γ= = = 7458
m0 c2 1,673 × 10−27 × (3 × 108 )2
E 2 = p2 c2 + m20 c4
r
E 2 − m20 c4
p=
s c2
(7 × 1012 × 1,602 × 10−19 )2 − (1,673 × 10−27 )2 (3 × 108 )4
p=
(3 × 108 )2
p = 3,74 × 10−15 kg·m/s
125
CHAPITRE 4. RELATIVITÉ RESTREINTE
⃗a
⃗g
Regardons les deux cas plus précisément. Sur la Terre, comme l’illustre la partie de gauche
de la figure 4.7, la personne subit son poids. La normale peut être trouvée par la deuxième
loi de Newton.
X
Fy = 0
N − mg = 0
N = mg
Dans l’espace, comme l’illustre la partie de droite de la figure 4.7, la personne subit une
accélération extérieure. La normale peut aussi être trouvée par la deuxième loi de Newton.
X
Fy = may
N = ma
Ainsi, si l’accélération extérieure dans l’espace est de même grandeur que l’accélération
126
4.2. RELATIVITÉ GÉNÉRALE
gravitationnelle terrestre, la personne ressentira le même poids apparent. Elle ne pourra donc
pas distinguer les deux situations, sauf en regardant un point extérieur de la navette.
4.2.2 Espace-temps
Selon la conception classique attribuée à Isaac Newton, notre espace est composé de trois
dimensions (longueur, largeur et hauteur). Des objets sont présents dans cet espace et se
déplacent dans les trois dimensions à des vitesses plus ou moins rapides, ce qui fait qu’il est
possible de mesurer un intervalle de temps entre deux positions du même objet. Dans cette
façon de voir l’univers, celle de la physique classique, le temps est traité comme une flèche,
s’écoulant d’une extrémité vers l’autre extrémité. Il n’est en effet pas possible de revenir dans
le temps, comme c’est possible de revenir sur ses pas dans l’espace.
127