Introduction au Droit et ses Caractéristiques
Introduction au Droit et ses Caractéristiques
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Ces règles ont pour objectif de faciliter la vie en société et, plus
fondamentalement, de l’organiser, de la réguler. Le droit est partout. Un
individu n’a pas besoin de règles de droit dans la mesure où il vit seul sur une île
déserte, sans contact avec les autres. Ce besoin va naître s’il se mêle aux autres,
circule dans la rue, noue des contacts avec ses semblables, etc. Aucun corps
social ne peut en effet subsister sans une certaine discipline de ses membres. Le
droit détermine alors un ensemble de normes de conduite. Il détermine ce que
chacun peut et doit faire pour que la vie en société soit possible et paisible. Il
concerne tous les individus d’une société comme le témoigne un adage: « ubi
societas, ibi jus ; ibi societas, ubi jus » ; c’est-à-dire : « il n’y a pas de société
sans droit ; il n’y a pas de droit sans société ». Autrement dit, dès qu’il y a une
société, il y a du droit. Le droit régit la vie des hommes. Aussi, surgit-il dans
tous les rapports humains. A défaut de la règle de droit, la société serait soumise
à la loi du plus fort, à savoir, la violence.
Le droit est à la fois un art et une science. C’est un art, puisqu’il s’agit
d’élaborer la règle de droit en se rapprochant le plus possible d’un idéal de
justice auquel aspirent tous les humains. C’est une science (on parle de sciences
juridiques), car la connaissance des êtres humains est nécessaire pour élaborer la
règle de droit. Comme toute science, le droit a son propre langage (jouissance=
droit qui permet de percevoir les fruits d’un bien, de les conserver ou les
consommer), son propre verbe (ester en justice= agir en justice), voir des
locutions latines (ex nihilo = à partir de rien, res = chose). Il utilise souvent le
vocabulaire usuel, mais le sens est généralement différent (plus large ou plus
restreint).
Parfois, les mots ont deux concepts distincts : il en est ainsi du mot « droit ». En
effet, tantôt on parle « du droit », tantôt « des droits ». La langue anglaise utilise
deux termes différents pour effectuer la distinction : law et rights.
Le droit, au singulier, correspond à l’ensemble des règles sociales qui régissent
la vie des hommes en société et qui sont sanctionnées par la puissance publique
(l’Etat). Les juristes parlent alors du droit objectif (Chapitre I). Exemple : le
droit français, le droit togolais, le droit ivoirien, etc.
Au pluriel, « les droits » désignent les pouvoirs juridiques (les prérogatives) qui
appartiennent à une personne et lui permettent d’accomplir un acte protégé par
la puissance publique. Exemple : les droits de propriété, de vote, de se marier,
etc. Un individu peut se prévaloir de ses droits. En ce sens, il convient de parler
de « droites subjectifs », c’est-à-dire droits du sujet (chapitre II).
Mais les deux concepts de droit sont en relation étroite. En effet, l’objet du droit
objectif (règle de droit) est de reconnaître des prérogatives aux individus qui
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sont les sujets du droit. Ces prérogatives sont des droits subjectifs mises à la
disposition des individus dans leurs relations avec les semblables. Ces deux
concepts doivent être distingués du droit positif, qui est le droit en vigueur à un
moment donné, dans un Etat ou un espace international.
CHAPITRE I :
LE DROIT OBJECTIF : LA REGLE DE DROIT
Les informations contenues dans ce chapitre constituent une leçon de droit
positif. Le droit objectif est l’ensemble des règles de droit qui gouvernent
l’activité de l’homme, et dont l’inobservation est sanctionnée. C’est la loi au
sens général du terme dont ses caractéristiqu es propres (section I) sont
évidentes. Le droit est comme une science en mutation, qui se révèle à travers
des règles issues de différentes branches (section II) et dont les origines sont
divergentes (section III).
Section I : Les caractères du droit objectif
La règle de droit présente trois caractères qui la distinguent d’autres règles de
conduite sociale : elle est obligatoire (paragraphe I) ; elle est générale et
impersonnelle (paragraphe II) ; et elle est permanente (paragraphe III).
P I : LA REGLE DE DROIT EST OBLIGATOIRE
Le caractère obligatoire est le propre de toute règle. On le retrouve tout
naturellement dans la règle de droit. Ce caractère apparaît d’évidence lorsque la
règle interdit tel comportement, par exemple, lorsqu’elle définit et réprime les
infractions pénales ou, plus généralement, lorsqu’elle interdit de causer un
dommage à autrui. Elle est un commandement, donc obligatoire ou coercitive. A
défaut de ce caractère, la société des hommes se trouverait dans un désordre, où
règnerait une anarchie totale comme système de gouvernance et d’organisation.
Par ce caractère, elle se distingue des autres règles de conduite qui ne sont pas
sanctionnées par l’autorité publique, à savoir, la morale, etc. (B).
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Donc, la règle de droit ordonne, organise, assure la protection des personnes et
des biens, distribue, récompense et sanction, etc. Toutefois, la règle de droit
n’est pas obligatoire au même degré : la règle de droit est sanctionnée
lorsqu’elle se traduit par des lois impératives ou d’ordre public ; par contre, les
lois supplétives peuvent être écartées par la coutume ou la convention.
Quiconque ne respecte pas la règle de droit encourt des sanctions. Sa mise en
œuvre exige que des poursuites judiciaires ou administratives soient déclenchées
par les représentants de l’Etat ou des particuliers, victimes des agissements
reprochés. Exemple: action intentée par la victime d’un dommage devant une
juridiction civile. En principe, la sanction de la règle de droit prévue, est
appliquée par l’autorité publique (garante du respect de la règle de droit), qui
peut en cas de besoin, utiliser la force pour en assurer l’exécution. Ces sanctions
sont diverses (A)
A – Les diverses sanctions de la règle de droit
On y distingue :
- les sanctions pénales : C’est le cas d’une violation des règles de droit pénal,
qualifié de crime, de délit ou de contravention. La peine infligée peut être
corporelle, c’est-à-dire peine de prison, de mort (certains Etats) pour les
infractions à la loi pénale : délits contraventions, crimes. Elle peut aussi
consister en une peine pécuniaire, c’est-dire-dire amendes versées à l’Etat en
fonction de la gravité de l’infraction, en peines de prison, en privation de
certains droits (interdiction de séjour,…)
- les sanctions civiles : C’est souvent l’inexécution ou la mauvaise exécution
d’une obligation. Leur mise en œuvre consiste à demander la réparation du
dommage causé à la victime. Ces sanctions civiles sont nombreuses :
• Certaines sanctions ont un caractère préventif. C’est l’hypothèse par exemple,
où la justice ordonne la fermeture d’une clinique parce que la direction de cette
dernière ne respecte pas certaines règles sanitaires.
• D’autres jouent la fonction de réparation : on parle de la sanction réparatrice.
La peine doit réparer le préjudice subi par la victime et amender le coupable :
dommages matériels, dommages corporels, dommages moraux. Dans ce cas, le
juge ordonne le paiement des dommages et intérêts à la victime. Cela consiste en
une somme d’argent, versée à la victime correspondant à l’importance du
préjudice. Exemple article 1149 du Code civil dispose «les dommages-intérêts
dû au créancier sont, en général, de la perte qu’il a faite et du gain dont il a été
privé »
• Il peut s’agir aussi d’une peine de nullité. Cette peine anéantit les actes formés
en violation des règles légales : vice de consentement, défaut de capacité,
d’objet ou de cause. Avec cette sanction, l’acte est censé n’avoir jamais existé.
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Par exemple le juge peut prononcer la nullité, c'est-à-dire l'annulation d'un
contrat s'il constate qu'il est contraire à l'ordre public.
• La sanction peut également consister en une exécution forcée. On utilise la
force publique pour contraindre un débiteur qui n’exécute pas ses obligations. Il
peut s’agir d’une saisie des biens, d’une vente forcée des biens, d’une
confiscation, d’une expulsion.
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Droit et morale entretiennent des rapports étroits. Par exemple, la norme qui
interdit de tuer est à la fois juridique et morale, voire religieuse. Toutefois, il
convient de bien distinguer ces deux types de règle afin de rechercher les
critères du juridique. Diverses observations peuvent alors appuyer cette
distinction.
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La règle de droit et les comportements sociaux entretiennent des relations
étroites. Parfois, la règle de droit vient en aide et consolide certains
comportements sociaux, jugés inappropriés. Par exemple, la reconnaissance
sociale de l’homosexualité a donné lieu au changement radical de la loi de
mariage pour aboutir à la reconnaissance du mariage homosexuel, dénommé
« mariage pour tous », par la loi n° 2013-404 du 17 mai 2013.
D’une manière générale, le droit se distingue nettement des comportements
sociaux. En effet, on note de nombreuses contraintes qui restent de nature non
juridique. Par exemple, c’est le cas des règles de pure convenance (bienséance,
des règles d'éducation et de politesse), qui régissent les rapports sociaux naturels
que l’on se conforme par tradition, respect des autres, peur du ridicule, mais
auxquelles on peut se soustraire sans aucune condamnation judiciaire.
PII : Le caractère général et impersonnel
La règle de droit ne vise aucune personne déterminée, mais les situations
juridiques dans lesquelles elle se trouve. C’est pourquoi, sa formulation est
impersonnelle: « quiconque »…, «chacun», « toute personne ». Placé dans les
conditions, toutes les personnes ont les mêmes droits et les mêmes obligations :
les hommes sont juridiquement égaux (les hommes naissent et demeurent libres
et égaux en droit : article 1er de la Déclaration de droit de l’homme et du
citoyen).
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application sont réunies. Autrement dit, tout le temps qu’elle est en vigueur, elle
a une faculté intense à s’appliquer. Peu importe que cette application soit
régulière ou non.
A – Le droit national
Le droit national, encore appelé le droit interne, est le droit en vigueur à
l’intérieur des frontières d’un Etat donné. C’est l’ensemble des règles de droit
qui régissent les rapports sociaux se produisant à l’intérieur d’un Etat déterminé.
Le droit national dispose des sources propres à l’Etat dans lequel il s’applique.
L’Etat est le seul habilité à travers ses divers organes, à mettre et à assurer
l’application des sanctions qui découle du droit national. Le droit national se
subdivise en droit public et en droit privé : cette distinction sera abordée plus
tard.
B – Le droit international
On parle du droit international, lorsqu’il y a un élément étranger qui se glisse
dans une situation juridique, entre autres, une personne étrangère, un contrat
étranger, etc. On note le droit international public (1) et le droit international
privé (2).
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compétence et le pouvoir des organisations internationales (ONU, OMS, etc.).
Il puise ses sources dans les coutumes, les conventions et les traités
internationaux. L’ordre international dispose également ses propres juridictions,
en l’occurrence, la cour de justice de la CEDEAO.
Ces deux divisions s’analysent aussi par leur but. Le but du droit privé est de
garantir les intérêts individuels tandis que le but du droit public est de protéger
l’intérêt général. De plus, le droit public est un droit impératif auquel il n’est pas
permis de déroger, alors que le droit privé met en évidence la volonté
individuelle et permet souvent aux sujets de droit d’en écarter l’application.
1) Le droit constitutionnel
Le droit constitutionnel détermine les règles relatives à la forme de l’Etat, à ses
organes, leurs pouvoirs et les rapports qu’ils entretiennent. Exemple : les règles
qui commandent l’élection du Président, des députés et des sénateurs.
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2) Le droit administratif
Le droit administratif réglemente l’organisation des collectivités publiques (Etat,
région, commune, etc.) et des services publics ainsi que leurs rapports avec les
particuliers. En fait, en 1873, le juge (tribunal des conflits) s’est prononcé en
faveur de la soumission de l’administration à un droit spécifique, autre que les
principes régis par le code civil pour les rapports entre les particuliers : c’est le
droit administratif.
3) Le droit fiscal
Le droit fiscal peut se définir comme l’ensemble des règles permettant à l’Etat
de percevoir auprès des sujets de droit (particuliers, sociétés ou entreprises), les
moyens financiers pour remplir sa mission : redistribuer les richesses créées et
servir l’intérêt général (éducation, santé, sécurité, etc.). L’ensemble de ces
prélèvements constitue les divers impôts ou taxes. Certains prélèvements sont
obligatoires : c’est le cas des cotisations sociales qui servent à financer les
diverses prestations sociales aux assurés sociaux, d’une part, et d’autre part des
impôts qui financent les dépenses publiques de l’Etat et des collectivités
territoriales.
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B – Le droit privé et ses différentes branches
Le droit privé est l’ensemble des règles qui régissent les rapports des particuliers
entre eux ou avec les collectivités privées, telles que les sociétés, les
associations. C’est la branche de droit qui étudie, détermine les règles
applicables à certains rapports juridiques, en l’occurrence, les règles relatives
aux conditions de formation, de sanction du contrat ; la vente d’un bien ; le
contrat de travail ; le contrat d’assurance ; etc.
1) Le droit civil
Le droit civil est le droit commun applicable aux relations entre les particuliers,
chaque fois qu’aucune règle particulière ne régit la situation, soit en fonction de
la qualité de la personne, soit en considération de la nature des actes.
Ainsi, on peut dire que le droit civil fixe les règles juridiques que les particuliers
peuvent utiliser dans leurs rapports entre eux ainsi que les obligations
réciproques qui pèsent sur eux. Par exemple : l’article 544 du Code civil : « la
propriété est le droit de jouir et disposer les choses de la manière la plus absolue,
pourvu qu’on en fasse pas un usage prohibé par les lois ou par les règlements ».
2) Le droit commercial
Le droit commercial est l’ensemble des règles de droit relatives aux opérations
juridiques accomplies par les commerçants, soit entre eux, soit avec leurs
clients. Ces opérations se rapportent à l’exercice du commerce appelé actes de
commerce. A partir de ce profil, on peut dire que le droit commercial est donc à
la fois le droit des commerçants et le droit des actes de commerce.
De nos jours, le droit commercial tend à être absorbé dans un ensemble plus
vaste, celui du droit des affaires, qui comprend des règles du droit pénal, du
droit fiscal, du droit du travail, etc.
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De plus, dans sa marche évolutive, diverses matières de règles du droit
commercial ont acquis progressivement une indépendance remarquable pour
devenir un droit autonome : le droit de la concurrence, le droit de l’ingénierie
financière, le droit de la consommation, le droit des nouvelles technologies de
l’information et de la communication, le droit bancaire, le droit intellectuel, le
droit maritime, le droit aérien, etc.
3) Le droit social
Le droit social a deux branches : le droit du travail (a) et le droit de la sécurité
sociale (b).
a) Le droit du travail
Le droit du travail peut être défini comme l’ensemble des règles applicables aux
relations entre employeurs et salariés, est donc un droit imposé par l’Etat d’un
droit résultant d’accords entre les partenaires sociaux (employeurs et les
représentants des salariés).
Le droit du travail pose les règles de solution des conflits qui peuvent naître à
l’occasion de l’exécution du contrat de travail. Il détermine les institutions
représentatives du personnel.
4) Le droit rural
Le droit rural, contenu pour l’essentiel dans le Code rural (et de la pêche
maritime), et en partie, dans le Code civil, est relatif aux activités agricoles,
forestières, d’élevages, etc.
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A – Définition et nature du droit pénal
Le droit pénal se compose de l’ensemble des règles qui qualifient chaque
infraction (infraction dont une personne physique ou une personne morale peut
être le cadre) dans ses éléments constitutifs et déterminent les peines applicables
à leurs auteurs et complices.
Le droit pénal est en principe du ressort du droit public, puisqu’il tend à assurer
le maintien de l’ordre social. Toutefois, le droit pénal, en réprimant le préjudice
causé à une personne concerne également les rapports entre particuliers. Il relève
alors également du droit privé. D’où son nom de droit mixte.
Les sources du droit désignent l’ensemble des règles juridiques applicables dans
un Etat à un moment donné, c’est-à-dire le droit positif. Elles sont nombreuses
et diffuses. Définir les sources du droit revient à se demander : qui est habilité à
créer le droit ? La légitimité de la règle de droit tient donc à sa source.
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Si la loi est la principale source du droit, elle n’est pas la seule et le droit positif
résulte du parlement, mais aussi du gouvernement, des collectivités locales, des
institutions internationales, des juges et même, dans certains cas, des personnes
concernées par la règle elle-même. Il est donc nécessaire d’ordonner les sources
de droit, c’est-à-dire les présenter dans leur hiérarchie. Il faut successivement
étudier les sources formelles (PI), et les sources non formelles (PII).
1) La constitution
C’est le texte fondamental de l’Etat. Elle est placée au sommet de la hiérarchie
des textes en droit togolais tout comme en droit français. La constitution est un
document écrit, comportant un ensemble de règles de forme spéciale,
solennellement adoptée, par une autorité, généralement supérieure à celles des
lois. La révision de la constitution obéit à une procédure très lourde. Elle
organise la répartition entre pouvoir exécutif et pouvoir législatif et énonce les
droit et devoirs fondamentaux du citoyen d’un Etat. Il est constitué d’une
succession d’articles qui organisent fonctionnement de l’Etat (fonctionnement
des institutions et la répartition des pouvoirs).
La constitution est complétée par des lois organiques, précisant les modalités
d’organisation et de fonctionnement des pouvoirs publics. Par exemple, les lois
organiques pour préciser les modalités de l’élection du président de la
République au suffrage universel.
2) La loi ordinaire
La loi ordinaire suit un parcours strict avant son entrée en vigueur et son
application dans l’espace et dans le temps.
a) Origine de la loi
Au sens large, on entend par « loi » tous les textes émanant du pouvoir législatif,
incarné par le parlement au Togo (composé de députés), (élus pour un mandat de
5 ans au suffrage universel direct). Toutefois, au stricto sensu, la loi ordinaire est
le texte adopté par le parlement.
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b) Le domaine de la loi
Toute constitution en principe, assigne un domaine réservé et limité à la loi, hors
duquel le parlement ne peut légiférer. Alors, la loi peut intervenir dans le cadre
de la compétence exclusive du parlement et dans le cadre des principes
fondamentaux qui relèvent de la compétence du parlement.
• S’agissant de la compétence exclusive, le parlement fixe la totalité des règles
en détail dans certains domaines, ainsi que leurs règles d’application. On peut
noter, notamment:
- les droits civils et les garanties fondamentales accordés aux citoyens pour
l’exercice des libertés publiques ;
- la nationalité, l’état de capacité des personnes, les régimes matrimoniaux, les
successions et libéralités ;
- la détermination des crimes et délits ainsi que les peines qui leur sont
applicables ; la procédure pénale ; l’amnistie, la création de nouveaux ordres de
juridiction et le statut des magistrats ;
- l’assiette, le taux et les modalités de recouvrement des impositions de toutes
natures ;
- le régime électoral des assemblées parlementaires et des assemblées locales ;
- la création de catégories d’établissements publics ;
- les garanties fondamentales accordées aux fonctionnaires civils et militaires de
l’Etat ;
- les nationalisations d’entreprises et les transferts de propriété du secteur public
et du secteur privé.
• En ce qui concerne les principes fondamentaux (d’où le renvoie à des
règlements d’application), c’est-à-dire que le parlement fixe les principes
fondamentaux, et il revient au gouvernement de prendre les mesures
d’application. Il y a donc deux textes de nature différente sur le même sujet : une
loi et un règlement. Il s’agit de :
- de l’organisation générale de la défense nationale ;
- de la libre administration des collectivités locales, de leurs compétences et de
leurs ressources ;
- de l’enseignement ;
- du régime de la propriété, des droits réels et des obligations civiles et
commerciales ;
- du droit du travail, du droit syndical et de la sécurité sociale.
c) L’élaboration de la loi
Aux termes de l’article 83 de la constitution togolaise, l’initiative appartient
concurremment :
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- au Premier ministre et aux membres du gouvernement qui établissent un projet
de loi, délibéré en conseil des ministres ;
- aux députés, qui formulent une proposition de loi, précédée d’un exposé de
motifs.
Le projet émanant du gouvernement ou la proposition établie par les
parlementaires est alors déposé sur le bureau de l’assemblée qui confie à l’étude
d’une commission spécialisée et nomme un rapporteur. Le projet est inscrit à
l’ordre du jour à l’assemblée et le vote va passer plus tard en séance publique.
Les simples citoyens n’ont pas l’initiative des lois. Ils s’expriment par
l’intermédiaire de leurs représentants au parlement.
- La promulgation
La promulgation est l’acte par lequel le Président de la République atteste
l’existence et la régularité de la loi, et ordonne sa publication et son exécution
par tous ceux y sont assujettis. La date de la promulgation devient celle de la
loi. En principe, le Président de la République doit promulguer la loi dans les 15
jours qui suivent sa transmission au gouvernement par décret.
- Un délai légal est accordé aux citoyens pour prendre connaissance de la loi. A
l’expiration de ce délai, « nul n’est censé ignoré la loi » : dans ce cas, la loi
devient obligatoire. A Lomé, la loi est obligatoire un jour franc après sa
publication. Le jour franc est un jour légal plein qui court de 0 heures à minuit.
A l’intérieur du pays, la loi est obligatoire un jour franc après la distribution
effective du Journal Officiel de la République dans les préfectures et sous-
préfectures.
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- Une loi est impérative, parce qu’elle s’impose à tous et dont on ne peut écarter
l’application.
Exemple : la majorité est à 18 ans.
- Une loi est dite supplétive quand elle s’applique aux individus qui n’ont pas
manifesté une volonté différente. Autrement dit, la loi supplétive est une loi dont
son application peut être écartée par la simple volonté de ceux qui veulent y
soustraire. Exemple : un couple qui se marie sous le régime de la communauté
légale, sauf s’il désire adopter devant un notaire un autre régime, comme celui
de la séparation des biens.
- Une loi est dite interprétative de la volonté des parties lorsque le législateur a
établi une règle qui répond aux aspirations profondes des différents acteurs. Elle
se permet à préciser le sens ambigu ou contesté d’une loi antérieure, sans créer
de droits nouveaux. Par exemple, un vendeur est tenu de rendre la chose vendue,
et l’acquéreur de payer le prix de la chose, sans que cela soit expressément
stipulé dans le contrat de vente.
f) L’application de la loi
Il faut distinguer selon qu’il s’agit d’une application de la loi dans le temps ou
d’une application dans l’espace.
- L’application de la loi dans le temps : afin d’assurer la sécurité des relations
juridiques, en principe, les lois ne sont pas rétroactives. Ceci dans le but de ne
pas remettre en cause des droits acquis. Exceptionnellement, certains cas
dérogent à la règle, en l’occurrence, la loi interprétative est naturellement
rétroactive puisqu’elle s’incorpore à la loi qu’elle interprète. Elle s’applique aux
instances en cours. Il faut souligner aussi qu’expressément, le législateur prévoit
parfois des dispositions allant dans ce sens, qui s’appliquent à des situations
antérieures ou à des contrats en cours ; la loi pénale plus douce (elle atténue ou
supprime les pénalités) ; loi de procédure et de compétence (s’applique au
procès en cours, car elle améliore le service de la justice).
- L’application de la loi dans l’espace : la loi interne s’applique sur tout le
territoire togolais. Mais parfois, la présence d’étrangers sur le sol togolais peut
entrainer un conflit de loi, relevant du domaine du droit international privé.
g) L’abrogation de la loi
L’abrogation est l’acte mettant fin à la force obligatoire de la loi pour l’avenir.
- Elle peut être expresse : c’est quand la nouvelle loi précise qu’elle abroge
l’ancienne.
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- Elle peut être tacite : la nouvelle loi est différente de l’ancienne et les règles
qu’elle pose prévalent.
L’abrogation n’est pas rétroactive, car une loi abrogée n’est pas annulée pour le
passé mais pour l’avenir.
4) Les ordonnances
Il y a des moments où la constitution autorise l’exécutif à empiéter sur le
législatif : c’est le cas des ordonnances. Pour l’exécution de son programme ou
pour transposer dans le droit interne, dans les délais impartis les divers textes, le
gouvernement demande au parlement une délégation de pouvoirs, pour un temps
limité, en vertu de laquelle pourront être prises par ordonnances des mesures
qui, normalement, relèvent du domaine de la loi. Le parlement vote une loi
d’habilitation et le projet de l’ordonnance est adopté en conseil des ministres,
puis soumis à l’avis de la juridiction suprême de l’ordre administratif.
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B – Les sources formelles internationales
Les traités ou accords internationaux sont des accords entre les Etats. Ils
établissent des dispositions concernant les rapports entre Etats contractants, mais
aussi des règles de droit privé régissant la situation des ressortissants de ces
Etats. Selon l’article 2 de la convention de Vienne sur le droit des traités de
1969, un traité est tout « accord international conclu par écrit entre Etats et régi
par le droit international, qu’il soit consigné dans un instrument ou dans des
instruments connexes et quelle que soit sa dénomination particulière ». Ils
peuvent être bilatéraux ou multilatéraux suivant qu’ils s’appliquent à deux ou
plusieurs pays.
Pour être incorporé dans le droit national, les traités internationaux doivent être
régulièrement ratifiés ou approuvés par le président de la République, ou par le
parlement. Après la ratification et sa publication au journal officiel, les traités
entrent en vigueur. Ils se situent alors, dans la hiérarchie des normes entre la
constitution et les lois ordinaires, si la condition de réciprocité est remplie. Ils
doivent être conformes à la constitution, mais corrélativement les lois internes
ne peuvent pas aller à l’encontre de leurs dispositions.
1) La jurisprudence
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La constitution repose sur la séparation des pouvoirs et lu juge ne fait pas
directement la loi. Mais, il a un rôle considérable à jouer, en ce qui concerne
l’interprétation des lois en vigueur. Le juge n’a que le pouvoir de juger en
l’espèce, c’est-à-dire que l’autorité relative à la décision, ne dépasse pas le
cadre de l’affaire jugée. Avant toute chose, il faut mettre en évidence la
définition et formation (a), le rôle (b) et sa place parmi les sources du droit (c).
b) Le rôle de la jurisprudence
La jurisprudence a un rôle créateur qui se manifeste à deux niveaux :
- Elle interprète les lois : les lois sont souvent obscures et parfois se
contredisent. Le juge doit les interpréter. Il peut ainsi donner plus ou moins
d’extension à la réglementation.
- Elle comble les lacunes de la loi : en ce sens que le juge ne peut imaginer et
régler à l’avance toutes les situations qui peuvent se présenter, à cause des
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insuffisances des lois. Or, l’article 4 du Code civil dispose que : « le juge qui
refusera de juger, sous prétexte de silence, de l’obscurité ou de l’insuffisance de
la loi pourra être poursuivi pour déni de justice ». Dans le silence de la loi, le
juge interpelle : les principes généraux du droit, l’esprit de la législation,
l’équité, etc.
2) La doctrine
On appelle doctrine (doctus = savant) l’ensemble des opinions marquantes
émises par les juristes spécialisés sur différents problèmes de droit. Leurs
travaux sont publiés dans les ouvrages ou la presse spécialisées. Ils commentent
des décisions de justice, soit des textes législatifs, soit des faits de société
susceptibles de faire évoluer le droit. Ces réflexions peuvent, en proposant de
nouvelles interprétations ou solutions, influencer le juge ou le législateur. Ainsi
donc, le rôle de la doctrine est de suggérer des redressements dans un idéal de
justice.
3) La pratique
Le rôle des praticiens (notaire, avocat, etc.) est d’aider des particuliers à
résoudre les difficultés d’ordre juridique auxquelles ils font face dans la vie de
tous les jours. Ils interviennent comme défenseur ou conseil. Par ce rôle, ils
créent indirectement des règles de droit dans la mesure où les clauses et
formules dans leurs actes finissent par devenir des figures de style adoptées par
tous.
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On les appelle sources complémentaires ou sources non légiférées : il s’agit de
la coutume et des usages.
1) La coutume
Successivement, nous allons étudier la définition de la coutume (a), les
conditions de sa formation (b), ainsi que son autorité (c).
a) Définition de la coutume
La coutume est l’usage prolongé d’une règle de droit non écrite. Il s’agit de
règles qui se dégagent lentement et spontanément de faits ou de pratiques
habituellement suivis dans un milieu social et dont l’application apparaît comme
obligatoire, indépendamment de toute intervention expresse ou approbation,
même tacite, du législateur.
Par exemple : la coutume permet à une femme mariée d’emprunter le nom de
son mari.
- L’élément matériel
C’est une pratique, un comportement répété et habituellement suivie. De ce
point de vue, deux points méritent d’être étudier :
• dans l’espace, il faut que l’usage soit largement répandu dans un milieu social,
dans une profession ou encore dans une localité ;
• dans le temps, l’usage devient coutume quand il est constant, régulièrement
suivi et présente une certaine durée (tant il est vrai qu’une fois n’est pas
coutume).
c) L’autorité de la coutume
Trois rapports nous intéressent :
- La coutume secundum legem (qui seconde la loi) : c’est la loi elle-même qui
renvoie à la coutume. Alors, elle constitue une source de droit par la volonté
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même de la loi. Par exemple, lorsque la loi renvoie à l’usage pour régler des
points particuliers : les articles 6, 900, 1133, 1172 du Code civil renvoient aux
« bonnes mœurs »
- La coutume praeter legem (en marge de la loi) : elle développe et comble les
lacunes laissées par les lois. Exemple, la preuve de la qualité d’héritier se fait
par des procédés mis au point par les notaires.
2) Les usages
Ce sont des pratiques contractuelles souvent spéciales à une région ou à une
profession. On les rencontre généralement en matière commerciale : contrats
types, clauses habituelles insérées dans un contrat de manière constante et
généralisée. Elle est tellement ancrée dans les habitudes qu’on n’éprouve plus le
besoin de l’exprimer. La pratique est devenue usage de de fait, car elle joue le
rôle d’une convention tacite. Les parties qui n’ont rien précisé, sont censées s’y
être référées.
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- la coutume s’impose même à ceux qui l’ignoraient, alors que l’usage s’évacue
si une partie prouve qu’elle n’en avait pas connaissance ;
- l’usage est écarté si un commerçant traite en dehors de sa place ou avec un
cocontractant membre d’une profession dont il ignore les usages (cass. Com., 18
janv. 1972, n° 70-12. 195).
- si l’usage peut être largement répandu dans un milieu social ou géographique,
il peut également être restreint (par exemple, à une entreprise), alors que la
coutume se caractérise par sa généralité, au sens qu’elle s’applique, en principe,
plus largement, en tous lieux, à tout contrat du même type.
24
CHAPITRE II :
Le droit objectif reconnaît aux individus des prérogatives : ce sont les droits
individuels ou droits subjectifs. Les personnes, titulaires sont, sujets de droit.
Les droits subjectifs sont multiples et variés : droits sur les biens, droits de
famille, etc.
Pour un sujet de droit déterminé, la naissance des droits subjectifs est liée à
certains évènements ou comportements, reconnus par le droit objectif qui en
constitue les diverses sources : ce sont les juridiques et les faits juridiques
(section I).
25
L’idée ici est que la parole donnée engage. La volonté d’une personne l’oblige
parce qu’elle s’est engagée à exécuter une certaine prestation, le plus souvent
après s’être mise d’accord avec les autre. L’acte juridique se définit comme
l’acte d’une volonté qui se manifeste en vue de réaliser certains effets de droit.
Exemple : J’achète un bien pour en devenir propriétaire ; une personne loue un
appartement pour percevoir un loyer ; on travaille pour obtenir un salaire.
26
société à but lucratif (recherche de d’économie ou de bénéfices à partager).
Exemple : la vente d’un bien appauvrit son propriétaire. Il ne peut plus l’utiliser
et ceci peut lui occasionner une gêne mais en même temps l’enrichit car il reçoit
en compensation, une somme monétaire. Il repose sur l’idée d’échange.
- L’acte juridique patrimonial porte sur des droits patrimoniaux (contrat notarié
de mariage, cession de clientèle commerciale ou d’un brevet d’invention,
donation avec ou sans charge).
- L’acte à cause de mort produit ses effets juridiques seulement au décès de son
auteur. Exemple : à la mort du testateur, le testament prend vie.
27
La distinction entre les actes à exécution instantanée et les contrats à exécution
successive repose sur le rôle du temps.
- L’acte instantané donne naissance à une obligation qui doit être exécutée en
une seule fois. Ex : une vente dont la chose est livrable ou dont le prix est
payable d’un seul coup. La commande d’une bouteille de bière dans un bar.
L’achat de titchinga à Zogo.
- L’acte est dit successif si l’écoulement du temps est nécessaire pour son
accomplissement. Exemple : le contrat de travail, le contrat de société, vente en
l’état futur d’achèvement.
a) La capacité
Cette condition permet de protéger certaines catégories de personnes contre des
engagements inconsidérés ou excessifs. La capacité est l’aptitude à être sujet de
droits et d’obligations et à les exercer. Tout individu peut vendre, acheter des
biens, travailler, se marier, etc. : le principe est la pleine capacité. Toutefois,
deux types de personnes sont frappés d’incapacité, à savoir : les mineurs et les
majeurs protégés.
- Pour les mineurs, c’est-à-dire ceux qui n’ont pas encore 18 ans, l’incapacité
demeure la règle sauf pour les actes de la vie courante. Ils sont titulaires des
droits, mais ne peuvent pas les exercer sans être représentés par leurs parents ou
par leur tuteur qui agiront en leur nom.
- Pour les majeurs protégés, la capacité est le principe. Mais, cette règle
rencontre des exceptions où certains majeurs seront reconnus incapables par une
décision de justice. Ainsi donc, l’incapacité d’exercice prévue par la loi alors
déclarée pour les personnes dont les facultés mentales ou physiques sont altérées
(fou, l’aveugle, le dément, le vieillard, …), mais aussi pour le personne qui
dépense beaucoup, ou celle qui s’adonne à la boisson, etc. Il est alors mis en
place un système de protection pour régler chaque cas, suivant la gravité de
l’état du majeur. Il sera mis soit, sous sauvegarde de justice (mesure de
protection temporaire qui résulte d’une déclaration médicale ou d’une
28
déclaration de justice) ; soit, en curatelle (mesure d’assistance), soit en tutelle
(système de représentation. Il s’ouvre lorsque les deux parents légitimes de
l’enfant sont décédés, ou ont perdu l’autorité parentale, ou encore, lorsque
l’enfant n’a pas été reconnu). Les actes juridiques nécessaires seront alors passés
suivant les règles prévues par le régime applicables à ces catégories de majeurs.
b) Le consentement
La volonté n’engage que si elle est exempte de vices selon les termes de l’article
1109 du Code civil : « il n’y a pas de consentement valable, si le consentement
n’a été donné que par erreur, ou s’il a été surpris par le dol ou extorqué par la
violence ». Le Code civil met alors en évidence, trois vices de consentement :
l’erreur, le dol, la violence.
- Le dol est une tromperie qui a pour l’objet de provoquer dans l’esprit d’une
des parties une erreur qui le détermine à contracter. Par exemple, un garagiste
falsifie le compteur kilométrique ‘une auto, le faisant passer de 100.000 km à
30.000 km. Il provoque ainsi l’achat d’un consommateur abusé. Pour vicier le
consentement, le dol présenter certains caractères :
• recours à des manœuvres frauduleuses : exemple : une mise en scène,
mensonge, silence, etc. Ces manœuvres doit être intentionnelles et suffisamment
graves ;
• ces manœuvre doit émaner du partenaire de l’acte juridique ou d’un complice ;
• ces manœuvres doivent avoir été déterminantes du consentement. Elles doivent
avoir poussé la personne à consentir à l’acte juridique.
• le doit être prouvé par celui qui l’invoque : tous les moyens de preuve sont
admissibles.
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- La violence est une contrainte physique ou morale exercée sur un partenaire ou
un proche en vue de l’amener à consentir à l’acte juridique. Exemple :
séquestration, chantage exercé sur un partenaire ou un membre de sa famille.
Elle n’est cause de nullité que si elle présente certains caractères :
• elle doit être déterminante du consentement, ce qui suppose une certaine
gravité que définit l’article 1112 du Code civil. Elle a donc poussé le partenaire
à consentir à l’acte juridique. Tel est le cas lorsqu’elle est de nature « à faire
impression sur une personne raisonnable ».
• elle doit être illégitime, c’est-à-dire non conforme au droit. Elle est illégitime
soit par des moyens employés, soit par le but poursuivi.
• elle se prouve par tous moyens et s’apprécie in concreto : on tient compte de
l’âge, du sexe et de la condition des personnes.
c) L’objet
C’est le résultat juridique voulu par les parties. L’objet de l’obligation, c’est ce
qui est dû au créancier par le débiteur. S’agissant du contrat, l’article 1126 du
Code civil le définit en ces termes : « tout contrat a pour objet une chose qu’une
partie s’oblige à donner, ou qu’une partie s’oblige à faire ou à ne pas faire ».
Ainsi, l’objet peut être de transférer la propriété d’un bien, d’accomplir telle ou
telle prestation, etc. Exemple 1 : transmettre un droit : le vendeur du sac du
mais à Akodessewa en transfère la propriété à la cliente acquéreuse. Exemple
2 : effectuer une action au profit d’un créancier : le médecin soigne son patient.
Exemple 3 : respecter une abstention : le salarié de la BB s’engage à ne pas
concurrencer son employeur.
Pour la validité de l’acte juridique, l’objet doit répondre à trois conditions :
• il doit être certain (article 1110 C. civ.), c’est-à-dire suffisamment déterminé
ou déterminable dans l’acte pour que les parties puissent mesurer l’étendue de
leurs engagements. Dans la vente, la chose et le prix doivent être en principe
déterminés, ou tout du moins déterminables (art. 1591 C. civ.).
• il doit être possible : c’est la traduction juridique de l’adage « à l’impossible,
nul n’est tenu ». Cette impossibilité peut être matérielle (vente d’une machine à
remonter le temps) ; ou juridique (donation de la chose d’autrui).
• il doit être licite, c’est-à-dire conforme à l’ordre public et aux bonnes mœurs.
Certaines choses sont hors du commerce (le corps humain, etc.). De même,
certaines obligations de faire ou de ne pas faire sont illicites (contrat de vente
d’armes chimiques).
d) La cause
Pour sa validité, l’acte doit avoir une cause licite, c’est-à-dire conforme à l’ordre
public et aux bonnes mœurs.
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2) Les conditions de forme
Du point de vue de la forme, règne une grande diversité. Dans certains cas,
aucune formalité particulière n’est exigée. Dans d’autres, des mentions
particulières, voire un écrit sont nécessaires.
La forme est celle qui est exigée à peine de nullité de l’acte. Faisant échec au
principe de consensualisme, la loi impose parfois le respect de formes, en
général dans le souci de protection de celui qui s’apprête à s’engager et qui est
de ce fait invité à réfléchir.
La forme peut être une cérémonie, par exemple, le mariage devant l’officier de
l’état civil. Mais souvent, c’est la rédaction d’un écrit, soit par le notaire (acte
authentique), soit par les parties elles-mêmes (acte sous seing privé), qui fait foi.
31
juridiques que la loi lui attache. Autrement dit, il manque à son auteur
l’intention de nuire. Il s’agit de l’état de négligence ou d’imprudence qui
correspond au quasi-délit civil (presque un délit civil), ou encore au quasi-
contrat.
Au-delà même de l’état des personnes, la loi attache toutes sortes d’effets de
droit à l’écoulement du temps : dans la mesure où, il emporte la prescription
acquisitive lorsqu’il se joint à la possession, et la prescription extinctive des
droits et actions (article 2219 du Code civil).
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- Les servitudes d’écoulement des eaux : les fonds inférieurs s’assujettissent
aux supérieurs. Les premiers doivent recevoir les eaux qui coulent naturellement
des seconds. Le propriétaire du terrain situé en aval ne peut rien faire pour
empêcher l’écoulement, et, inversement, le propriétaire en amont ne peut rien
entreprendre qui aggraverait la servitude du fonds
a) La gestion d’affaire
Généralement, c’est un cas où une personne gère volontairement les affaires
d’autrui, dans le but de les sauvegarder, et, ceci dans l’ignorance totale du
propriétaire, c’est-à-dire sans mandat apparent de ce dernier. Le gérant qui au
départ n’était tenu à rien (absence d’obligation juridique), prend l’engagement
de poursuivre la gestion (première obligation) qu’il a commencée (voire de
l’achever), jusqu’à ce que le maître soit en état d’y gérer lui-même. Il doit
(seconde obligation) apporter à la gestion de l’affaire tous les soins d’un « bon
père de famille ».
En retour, le géré qui n’avait rien demandé, mais dont les affaires ont été bien
managées, a l’obligation de prendre à sa charge les engagements que le gérant a
contracté pour son compte et dans son intérêt. Il doit aussi l’indemniser des
obligations personnelles prises et lui rembourser les dépenses utiles ou
nécessaires. Toutefois, si le maître ratifie après coup l’affaire, le quasi-contrat se
requalifie rétroactivement en mandat. Ce qui exclut le caractère utile de l’affaire.
b) La restitution de l’indu
Lorsqu’une personne (le récepteur) reçoit, par erreur ou sciemment, ce qui ne lui
revient pas, elle a l’obligation juridique de procéder à sa restitution. Ce cas
intéresse les situations suivantes :
- il n’y a ni créance, ni dette ;
33
- il y a une dette, mais celui qui a reçu le paiement n’avait pas qualité de
créancier ;
- il existe bien une créance, mais le payeur ne devait rien. Il est de règle
qu’aucune personne ne doit s’enrichir aux dépens des autres : exemple, la
caissière qui rend trop de monnaie, la banque qui crédite par erreur un compte.
Ainsi donc, celui qui a reçu indûment une somme d’argent de bonne foi, garde
les fruits et ne doit les intérêts légaux que du jour de la sommation ou de la
demande en justice. S’il est de mauvaise foi, il a l’obligation, tant de restituer le
capital, que les fruits civils (intérêts légaux) produits à compter du jour du
paiement indu.
34
Le terme de « preuve » est en premier lieu, la démonstration de l’existence d’un
fait ou d’un acte dans les formes admises par la loi. C’est également les
procédés techniques utilisés pour établir l’existence de ce fait ou de cet acte afin
de soutenir une certaine prétention. En amont du procès, la preuve joue la
fonction préventive. En aval du procès engagé, le droit de la preuve s’emploie à
la recherche de la vérité, voire recherche de l’apaisement du conflit pour garantir
la paix sociale.
En définitive, le droit sans preuve n’est rien, comme le dit la maxime : «Pas de
preuve pas de droit » et « pas de droit pas d’action » en justice. L’administration
de la preuve pose trois questions fondamentales : que faut-il prouver ? (l’objet
de la preuve); qui doit prouver ? (charge de la preuve) et comment prouver ?
(moyens de preuve).
PI : L’objet de la preuve
Résoudre le problème de l’objet de la preuve revient à répondre à la question
suivante : que faut-il prouver ? La matière est commandée par un principe selon
lequel, le juge s’appuie sur la règle de droit qui n’a pas à être prouvée, et ce
contrairement aux faits. L’objet de la preuve est la recherche de la vérité
juridique et judiciaire.
En définitive, les parties n’ont à prouver que les faits, donc des circonstances
particulières et non le droit. Exemple : pour connaître la responsabilité des
parents d’un enfant qui a brisé la vitre arrière de la voiture de KOFFI, stationné
devant sa demeure, il faudra établir la matérialité des faits (jeu et l’accident), par
35
témoignage par exemple. La preuve ne peut pas porter sur n’importe quel fait. Il
faut que les faits présentent certaines qualités, à savoir :
- le fait douteux : l’évidence n’a pas à être prouvée ;
- le fait contesté : si l’adversaire est d’accord sur l’existence du fait, celui-ci est
tenu pour vrai sauf décision contraire du juge ;
- le fait pertinent : le fait à prouver entretien un rapport avec l’affaire à trancher.
2) Les exceptions : la preuve du droit
Les règles de droit considérées comme fait, méritent en conséquence, être
prouvées.
c) Les contrats
Selon l’article 1134 du Code civil, le contrat fait la loi des parties. Partant de ce
principe, le juge n’est pas censé le connaître. En cas de contestation, le contrat
relève d’un régime probatoire. Son existence et son contenu suivent la règle
propre à la matière des actes juridiques. Un vice de consentement, ou une
dissimulation frauduleuse d’une partie du prix de vente d’un immeuble, peut être
établie par tous les moyens, car il s’agit de fait juridique (cass. 1 er, 17 déc. 2009,
n° 08-13276).
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B – Le fait juridique, objet de preuve
D’une part, ii y a lieu de noter le principe (1), et d’autre part, les exceptions au
principe (2)
1) Le principe
Comme déjà défini, on peut dire que le fait juridique est un événement,
volontaire ou non, produisant des effets de droit, des conséquences juridiques
qui n’ont pas été, en principe voulues.
La preuve concerne les faits. Cette notion est plus large que les faits juridiques
dans la mesure où les éléments de fait englobent également les actes (testament,
etc.) et les situations juridiques. L’objet de la preuve est donc constitué de tous
les événements qui ont une portée juridiques. Il revient à celui qui entend se
prévaloir de l’événement de l’établir.
2) Les exceptions
Certains cas nous intéressent dans ce domaine :
- Le fait non contesté : il faut que le fait soit contesté. Tel n’est pas le cas,
lorsque les faits sont, soit notoires et connus de tous (tremblement de terre, par
exemple), soit lorsqu’ils sont admis par l’autre partie. Ce qui signifie en
définitive que le fait n’est objet de preuve, que s’il est objet d’une contestation.
- Le fait non rapportable : il faut que le fait soit rapportable. Un fait peut ne
pas l’être dans les circonstances suivantes :
• soit, parce que le législateur en a décidé ainsi : par exemple, en cas de
présomptions légales absolues (irréfragable), où toute démonstration de preuve
contraire est interdite ;
• soit, la preuve peut s’avérer impossible : c’est le cas d’un fait négatif, dans la
mesure où on ne peut prouver que ce qui existe et non le contraire ;
• soit parce que la preuve est interdite : lorsqu’elle se heurte au secret
professionnel ou à un principe de l’article 1331 du Code civil : « nul ne peut se
constituer sa propre preuve ».
- Le fait inutile : les faits inutiles sont hors-sujet à la solution du litige. Ainsi
donc et à contrario, ne sont admis que :
• les faits pertinents, c’est-à-dire ceux qui ont un lien avec le litige ;
• les faits concluants, c’est-à-dire ceux qui peuvent avoir une incidence sur la
décision à venir.
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C – La preuve des actes juridiques
On y rencontre le principe(1), et les exceptions (2)
2) Les exceptions
Les exceptions à ce principe de preuve parfaite, c’est-à-dire par écrit, sont
nombreuses :
- En matière commerciale, la preuve de l’acte juridique peut être rapportée par
tous moyens. La vie des affaires ne peut pas se bloquer en permanence à cause
d’écrits ;
- La preuve d’un acte juridique portant sur un objet d’une valeur inférieure à un
certain seuil (1500€ en France, environ 1000000 CFA au Togo) peut être
rapportée par tous moyens;
- En cas d’impossibilité matérielle ou morale de se procurer d’un écrit, on peut
prouver par tous moyens ;
- Dans le cas où une partie détient un commencement de preuve par écrit, c’est-
à-dire un document imparfait qui rend plausibles ses prétentions. Par exemple,
un contrat établi sans respect des formes prévues par la loi.
A – Le principe
Kafui vend une liquette (made in America) à Léila. Kafui réclame le paiement
du prix à Léila. Il faut prouver l’existence de la vente et le non-paiement du
prix. Qui doit apporter la preuve ? Doit-il s’agir de Kafui, la créancière ? Ou
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au contraire, est-ce Leila, la débitrice qui doit démontrer qu’elle a payé le
prix ? La réponse à toutes ces questions se trouve dans la lettre et dans l’esprit
de l’article 1315 du Code civil. Le principe est posé par l’alinéa 1 de l’article
1315 en ces termes : « Celui qui réclame l’exécution d’une obligation doit la
prouver » ; ce qui signifie que la charge de la preuve incombe au demandeur ;
principe jadis exprimé dans un adage latin Actio incumbit probatio.
Toutefois, le principe doit être bien saisi, dans la mesure où il n’est pas dit que le
défenseur n’aura jamais rien à prouver. Si le demandeur établit une
démonstration de sa prétention, l’adversaire peut lui opposer des moyens de
défense. Or, la preuve qui paralyse la demande (paiement, prescription
extinctive, nullité du contrat, etc.), se trouve dans le carquois de celui qui, se
prétend libéré, selon les dispositions de l’alinéa 2 de l’article 1315 :
« Réciproquement, celui qui se prétend libéré doit justifier le paiement ou le fait
qui a produit l’extinction de son obligation » (Reus in excipiendo fit actor).
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d’une trace de freinage de cent mètres (fait connu), le juge tirera la vitesse d’un
véhicule (fait inconnu) ayant causé un accident.
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accident de circulation se fondera sur la longueur des traces d’un freinage pour
démontrer au juge la vitesse excessive du véhicule. Ici, il ne s’agit plus de la
charge de la preuve, mais d’un mode de preuve que le juge est libre de
considérer ou non comme probant.
1) L’acte authentique
L’acte authentique est un document rédigé dans des formes prescrites par la loi
et authentifié par un officier public (notaire, greffier, huissier ou officier d’état
civil) ayant le droit d’instrumentaliser dans le lieu où l’acte se dresse, et avec les
solennités requises. Depuis la loi du 13 mars 2000 (article 1317 du Code civil),
de tels actes peuvent se dresser sur support électronique, tout comme les actes
sous seing privé.
Autrement dit, pour valoir acte authentique, l’acte doit satisfaire à trois séries de
conditions :
- Il doit être rédigé par un officier public, c’est-à-dire une personne
officiellement investie de cette mission ;
- L’officier doit être compétent, à la fois pour le type d’acte qu’on lui demande
d’établir (compétence d’attribution) et quant au lieu où il intervient (compétence
territoriale) ;
- L’acte doit être établi dans les formes prévues par la loi.
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personnellement constaté. L’action en inscription de faux peut être utilisée pour
contester ces éléments.
- Les mentions qui n’ont qu’une valeur relative : ce sont les éléments de l’acte
que l’officier de l’état civil n’a pas personnellement constatés, et qu’il se
contente de transcrire. La preuve contraire est rapportable pour ces données.
a) La forme
La forme de l’acte sous seing privé est en principe libre. La seule exigence
concerne la signature manuscrite ou électronique (loi du 13 mars 2000). La
signature nécessaire à la perfection d’un acte juridique revêt deux fonctions :
- Elle identifie celui qui l’appose ;
- Elle manifeste le consentement des parties aux obligations qui découlent de cet
acte.
b) La force probante
La force probante de l’acte sous seing privé est toujours inférieure à celle de
l’acte authentique. La partie à laquelle on l’oppose peut désavouer sa signature.
Il faudra que le demandeur établisse la vérité par une procédure de vérification
d’écriture. Mais si la procédure aboutit à la validation de la signature contestée,
l’article 1322 du Code civil prévoit que la force probante de l’acte devient la
même que celle d’un acte authentique.
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S’agissant de la force probante de la date, l’article 1328 du Code civil, précise
que les actes sous seing privé n’ont de date certaine contre les tiers que le jour
où :
- Ils ont été enregistrés auprès de l’administration fiscale ;
- Du jour de la mort de celui ou de l’un de ceux qui les ont souscrits ;
- Du jour où leur substance est constatée dans les actes dressés par des officiers
public, tels que les procès-verbaux de scellés ou d’inventaire (acte notarié).
3) L’aveu
Avouer, c’est reconnaître comme vraie l’affirmation de la partie adverse. On ne
peut avouer que les faits. Vu le caractère fragile ce mode de preuve, les juges le
reçoivent avec précaution. Par ailleurs, dans certains cas prévu par la loi, il n’est
pas recevable (par exemple : l’aveu de l’existence d’une dette d’un époux envers
l’autre n’est pas recevable).
4) Le serment décisoire
Il s’agit d’un moyen de preuve auquel le juge peut avoir recourt en dernier lieu
et qui est rarissime en pratique dans le droit actuel. C’est l’affirmation solennelle
par une partie d’un fait qui lui est favorable dans l’instance engagée. Le
demandeur, qui ne dispose d’aucune preuve, somme son adversaire de prêter
serment. Exemple : demander à son adversaire de jurer qu’il ne lui doit rien.
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La valeur de ce serment est très importante puisque le juge est tenu par le
résultat de cette lutte. Le droit impose donc des conditions strictes pour son
utilisation :
- on ne peut le déférer que sur les questions de fait ;
- le fait sur lequel il porte doit être pertinent et concluant ;
- le juge ne peut l’ordonner d’office : les représentants des parties doivent le
demander.
1) Le témoignage
Le témoin est les yeux et les oreilles de la justice. Le témoin est celui qui, non
interdit de témoigner (enfants, même majeurs, ne peuvent déposer sur les causes
de divorce de leurs parents), a vu et/ou entendu lui-même un fait qu’il rapporte
oralement, sous serment, devant le juge au cours d’une procédure contradictoire
dite « d’enquête » ou, indirectement, par le dépôt d’une attestation écrite. Les
témoignages ne se comptent pas, ils se pèsent.
2) L’aveu extrajudiciaire
Il est fait en dehors du procès, ou au cours d’une instance judiciaire différente. Il
peut s’agir de : la lettre, sommation interpellatrice faite par l’huissier, etc.
4) Le serment supplétoire
Il sert de complément de preuve. Il s’agit du serment que le juge propose à l’une
des parties de prêter lorsque les preuves présentées sont insuffisantes. Il en
conserve la libre appréciation.
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avoir un caractère pertinent, c’est-à-dire rendre vraisemblable ce que l’on veut
établir. Sont aussi considérés comme commencement de preuve par écrit, des
comportements que le juge considère comme révélateurs. Par exemple : des
déclarations faites par une des parties lors de sa comparution, son absence à la
dite comparution.
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