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Guide sur le Mécanisme de Développement Propre

Ce qu'il faut savoir sur les Mécanismes de développement propre

Transféré par

Boufeldja Benabdallah
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© All Rights Reserved
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Ce qu'il faut savoir sur les Mécanismes de développement propre

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IIED natural resource issues paper

Poser les fondations d’un


développement ‘propre’ :
Préparer le secteur de
l’affectation des terres
Un guide concis du Mécanisme
pour un Développement Propre
Poser les fondations d’un
développement ‘propre’ :
Préparer le secteur de l’affectation
des terres

Un guide concis du Mécanisme pour un


Développement Propre
Poser les fondations d’un
développement ‘propre’ :
Préparer le secteur de
l’affectation des terres

Un guide concis du Mécanisme pour un


Développement Propre

Louise Aukland et Pedro Moura Costa – EcoSecurities


Stephen Bass, Saleemul Huq, and Natasha Landell-Mills – IIED
Richard Tipper et Rebecca Carr – The Edinburgh Centre for
Carbon Management
Poser les fondations d’un développement ‘propre’ : Préparer le secteur de l’affectation des terres

Poser les fondations d’un développement


‘propre’ : Préparer le secteur de
l’affectation des terres

Un guide concis du Mécanisme pour un


Développement Propre
Cette publication est l’un des résultats d’un programme de recherche financé
par le Département pour le Développement International (DFID) du
Royaume-Uni, au profit des pays en voie de développement. Les opinions
exprimées dans cette publication ne sont pas nécessairement celles du
gouvernement britannique.
DFID Forestry Research Programme ZF0167
Mars 2002

Site internet : [Link]


Citation: Aukland L, Moura Costa P, Bass S, Huq S, Landell-Mills N,
Tipper R, et Carr R, 2002. Jeter les fondations d’un
développement ‘propre’ : Préparer le secteur de l’utilisation des
terres. Un guide concis du Mécanisme pour un développement
propre. IIED, Londres.
Production: Sue Mylde, IIED
Conçu par : My Word!, 138 Railway Terrace, Rugby CV21 3HN
Imprimé par The Russell Press Ltd, Nottingham, NG6 0BT

iv
Préface
Parmi les personnes travaillant dans les domaines de l’affectation des terres et
de la foresterie, nombreux sont ceux qui attachent de plus en plus
d’importance à l’inclusion de leur secteur d’activité dans les débats de
politique internationale sur le changement climatique. L’augmentation du
niveau de carbone atmosphérique est l’une des causes majeures du changement
climatique global. De ce point de vue, les écosystèmes terrestres jouent un rôle
important, à la fois de manière positive, en agissant en tant que ‘puits’ à
carbone (en séquestrant le carbone au moyen de la photosynthèse), ainsi que
de façon négative, en tant que ‘source’ de carbone (à cause du déboisement, de
la décomposition organique, de l’érosion du sol, etc.).
L’émergence de nouvelles opportunités pour le développement de projets de
réduction d’émissions de carbone, tout en attirant l’investissement étranger, est
d’une importance toute particulière pour les pays en voie de développement.
En ce qui concerne le secteur de l’affectation des terres, ceci comprend le
boisement et le reboisement. Ces opportunités sont offertes dans le contexte
du Mécanisme pour un Développement Propre (MDP) du Protocole de Kyoto,
l’accord international sur le changement climatique.
Cette publication est une source d’information pour les audiences des secteurs
de l’affectation des terres et de la foresterie, issues principalement des pays en
voie de développement, désirant en savoir plus sur le MDP et sur la manière
dont ce dernier affecte leurs activités. Elle introduit la politique existante ainsi
que le cadre législatif constitué par le MDP. C’est un guide en ce qui constitue
l’éligibilité de différents types de projets, qui présente aussi ce que les
différents pays peuvent faire pour se préparer au MDP dans le secteur de
l’affectation des terres. Elle offre un aperçu sur les implications globales du
MDP ainsi que sur son évolution future.

v
Table des matières
1. Qu’est que le Mécanisme pour un Développement Propre ? 1
Qu’est que la Convention-cadre sur les changements climatiques ? 1
Comment le MDP affecte-t-il les pays en voie de développement ? 1
Quel est le lien entre le MDP et le secteur de l’affectation des terres ? 2
Que puis-je espérer du MDP ? 4
Quelles sont les règles et les conditions du MDP ? 5
Qu’incluent les définitions de «boisement» et de «reboisement» ? 6
Quelles sont les règles du MDP qui restent définir ? 7
2. Comment peut-on se préparer au MDP ? 9
Quelle est le rôle des gouvernements et des organismes de planification ? 9
Que peut-on faire pour encourager des projets appropriés dans le 10
secteur de l’affectation des terres ?
Quels sont les principes relevant de la foresterie et de l’affectation des
terres à appliquer dans la conception et l’évaluation de projets 14
relevant du MDP ?
3. Comment développe-t-on des projets relevant du MDP ? 19
4. Que peut-on anticiper au fur et à mesure de l’évolution du MDP ? 23
Les bénéfices seront-ils à la hauteur des efforts fournis ? 23
Quels seront les effets sur l’affectation des terres dans les pays en 23
voie de développement auxquels nous pouvons nous attendre ?
Quels seront les effets sur les conditions d’existence, en particulier 24
celles des plus pauvres?
Quels seront les comportements collectifs des investisseurs du MDP ? 25
Où ira l’investissement et que doivent faire les pays en voie de 26
développement ?
Comment le marché global du MDP évoluera-t-il ? 27
5. Où pourrais-je obtenir plus d’information ? 29
Où pourrais-je trouver des informations sur les réunions et les textes 29
officiels ?
Comment pourrais-je en savoir plus sur le processus de la politique 29
sur le climat ?
Comment pourrais-je en savoir plus sur la connaissance et la 30
recherche scientifique sur le MDP ?
Comment pourrais-je en savoir plus sur les projets carbone pilotes ? 31
Où pourrais-je trouver une aide institutionnelle ? 33
Comment pourrais-je en savoir plus sur la vente des droits 34
d’émissions et sur les aides financière ?
Où pourrais-je obtenir aide et conseils ? 34
Glossaire: termes liés aux droits d’émissions de carbone 37

vii
1. Qu’est que le Mécanisme pour un
Développement Propre ?

Qu’est que la Convention-cadre sur les changements


climatiques ?
C’est une convention-cadre des Nations Unies ayant pour objectif de stabiliser
les gaz à effet de serre à un niveau qui empêcherait des changements dangereux
du climat. La Convention-cadre sur le changement climatique fut approuvée à
la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement
(CNUED) tenue à Rio en 1992. A ce jour, 186 pays ont ratifié la Convention.
Un protocole fut esquissé à Kyoto en 1997 afin de rendre la Convention
opérationnelle. L’aspect le plus important du Protocole de Kyoto est
l’engagement juridiquement de 39 pays développés pour une réduction de
leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) de 5,2 % en moyenne par rapport
aux niveaux de 1990. Ces réductions d’émissions doivent être réalisées
pendant la période allant de 2008 à 2012: c’est ce qui a été défini comme la
‘première période d’engagement’. Les pays développés ayant des cibles de
réduction des émissions sont définis en tant que pays visés à l’Annexe 1, alors
que ceux n’ayant pas de cibles de réduction sont désignés comme étant les
pays non visés à l’Annexe 1.
Le Protocole de Kyoto permet aux pays développés de remplir leurs
engagements de réduction de différentes manières au moyen de ‘mécanismes de
flexibilité’. Ceux-ci comprennent : le marché de permis d’émissions (marché de
droits d’émissions entre pays développés), la mise en œuvre conjointe (transfert
de droits d’émissions entre pays développés, liés à des projets spécifiques de
réduction d’émissions), et le Mécanisme pour un Développement Propre
(MDP). Le MDP est le seul mécanisme de flexibilité qui implique les pays en
voie de développement. Il permet aux pays développés de réaliser une partie de
leurs obligations de réduction grâce à des projets dans les pays en voie de
développement, réduisant les émissions, ou ‘séquestrant’ (piégeant) le CO2
présent dans l’atmosphère. Cette publication décrit le potentiel existant pour les
projets d’affectation des terres au sein du MDP. Il offre un guide aux personnes
qui, dans les pays en voie de développement, sont responsables de
l’établissement de politiques et de mesures rendant possibles de tels projets
dans ce domaine, ainsi qu’aux développeurs de projets.

Comment le MDP affecte-t-il les pays en voie de


développement ?
Pour le moment les pays en voie de développement n’ont aucune obligation de
limitation de leurs émissions de GES. Par contre, ils ont toujours la possibilité
de contribuer, de manière volontaire, aux réductions globales des émissions, en
accueillant des projets dans le cadre du Mécanisme pour un Développement
Propre.
Le MDP a deux objectifs essentiels :

1
Poser les fondations d’un développement ‘propre’ : Préparer le secteur de l’affectation des terres

■ Assister les pays en voie de développement accueillant des projets relevant


du MDP à réaliser un développement durable ;
■ Accorder une certaine flexibilité aux pays développés pour la réalisation
de leur engagement à la réduction d’émissions, en les autorisant à
bénéficier de droits d’émissions issus de projets réducteurs d’émissions
ayant lieu dans les pays en voie de développement.
Les bénéfices, en termes de gaz à effet de serre, de chaque projet relevant du
MDP seront mesurés suivant des méthodes agréées au niveau international et
seront quantifiés en unités standard, définies en tant que ‘Réductions d’Emissions
Certifiées’ (REC). Celles-ci sont exprimées en tonnes d’émissions de CO2 évitées.
On anticipe que, lorsque le protocole de Kyoto sera totalement opérationnel, ces
‘crédits carbone’ seront achetés et vendus au sein d’un nouveau marché de
l’environnement ; ils sont déjà en train de devenir une marchandise.

Quel est le lien entre le MDP et le secteur de l’affectation


des terres ?
Le niveau atmosphérique de CO2 en augmentation est le principal agent du
changement climatique. Le schéma 1 illustre le budget global de carbone. Les
encadrés montrent les stocks de carbone présents dans les différentes parties de
la biosphère. Les flèches indiquent les mouvements annuels de carbone entre les
principaux composants. Les mouvements les plus importants entre les océans, les
forêts et l’atmosphère adviennent naturellement. Mais les émissions produites par
la combustion des combustibles fossiles et par la production de ciment modifient
l’équilibre naturel et augmentent le niveau de CO2 dans l’atmosphère – ce qui
engendre une instabilité du climat. Les effets de l’activité humaine sur les forêts
et les sols sont aussi des facteurs essentiels, dans la mesure où 25% des émissions
annuelles de CO2 résultent de la destruction de forêt. Cependant, la plantation
d’arbres ou la régénération d’écosystèmes forestiers retirent du CO2 de

Atmosphère 750, +3 par an


de combustibles
Production et

et de ciment
respiration

90
déboisement

120 6.5
terrestre

Production

123
Oceanic océanique
exchange

1.8

92
Echange

Ecosystème terrestre
Végétation 610 Océan
Sols 1400
Déchets 60

Total 2070

Réserves de
combustibles fossiles
4000

Schéma 1 : Les stocks de carbone sont donnés en Gt (gigatonnes) et [Link]–1 de carbone

2
Qu’est que le Mécanisme pour un Développement Propre ?

Encadré 1 : Comment sommes-nous parvenus aux règles actuelles ?


Le rôle de l’Utilisation des terres, les changement d’affectation des terres et la
foresterie (‘UTCF’ ou ‘puits’ dans le jargon des négociateurs) dans la Convention-
cadre sur le changement climatique a subi une évolution complexe. Le protocole de
Kyoto fait référence à deux groupes principaux d’activité : le boisement, le
reboisement ou le déboisement (article 3.3) d’une part, et les activités anthropiques
supplémentaires des secteurs de l’agriculture et de la foresterie (article 3.4) d’autre
part. Cependant l’article 12 concernant le MDP fait uniquement référence aux
‘réductions d’émissions’ sans mentionner aucune activité spécifique. Ceci a conduit à
diverses interprétations sur le rôle possible de l’affectation des terres et de la
foresterie au sein du MDP.
L’affectation des terres et la foresterie sont rapidement devenus des sujets brûlants des
réunions de la Conférence des Parties. Lors de la quatrième réunion de la Conférence
des Parties, en 1998, il fut décidé d’une date, 2000, pour les décisions relatives à
l’utilisation des terres et de la foresterie ou ‘puits’. Lors de la sixième réunion de la
Conférence des Parties en 2000, les opinions opposées sur l’inclusion des activités
forestières dans le MDP contribuèrent à l’échec des négociations.
Après le retrait des Etats-Unis du processus de Kyoto en mars 2001, il fut encore plus
urgent de sauvegarder quelque chose de la sixième réunion manquée de la Conférence
des Parties. La réunion fut reprise en juillet 2001, et certaines décisions sur le rôle des
‘puits’ dans le MDP furent finalement prises. Le boisement et le reboisement sont les
seules activités relevant de l’affectation des terres à être éligibles pour la première
période d’engagement (2008 – 2012). Une limite fut aussi posée quant à l’utilisation
de projets d’utilisation des terres s’inscrivant dans le cadre du MDP pour la
réalisation des cibles de réduction d’émissions par les pays visés à l’Annexe 1. Seul
1% de l’équivalent des émissions annuelles d’un pays développé, pour chacune des 5
années de la période d’engagement, peut être réalisé au moyen des puits. Ceci
équivaut à environ 20% des cibles de chaque pays. Le rôle des projets relevant de
l’affectation des terres et de la foresterie dans le MDP après 2012 sera établi au cours
des négociations sur la seconde période d’engagement.
La septième Conférence des Parties tenue à Marrakech en novembre 2001 a nommé
un Comité exécutif (10 membres) qui établit plus en détail les règles et guidances pour
les projets, y compris les projets relevant de l’affectation des terres et de la foresterie.

l’atmosphère au fur et à mesure de la croissance végétale ; ce processus est appelé


le ‘séquestration de carbone’. (Environ 50% de la masse sèche de la végétation
des arbres est composée de carbone). La gestion du sol est aussi essentielle, dans
la mesure où les sols contiennent substantiellement plus de carbone que
l’atmosphère. Différentes activités relevant de l’affectation des terres auront donc
différents effets sur le bilan en carbone : certaines peuvent résulter en une
séquestration nette, d’autres en une émission nette.
Le rôle de la foresterie dans la réalisation des objectifs de la Convention-cadre
sur les changements climatiques a été une source de contentieux tout au long des
négociations. Bien qu’il soit reconnu que l’affectation des terres est une partie
intégrante du cycle du carbone, il existe diverses opinions quant à son rôle exact
pour la réalisation des cibles de réduction des émissions (voir encadré 1). Une
décision fut prise à Bonn en 2001, laquelle accepte le boisement et le reboisement
comme les seules activités relevant de l’affectation des terres éligibles pour le
MDP. Ces dernières peuvent être d’une grande ou d’une petite échelle, impliquer
une ou plusieurs espèces, relever de la pure foresterie ou s’intégrer à un système
d’exploitation agricole (illustrés dans le schéma 2), tels que :

3
Poser les fondations d’un développement ‘propre’ : Préparer le secteur de l’affectation des terres

Les plantations industrielles,


dans le bon contexte, peuvent séquestrer
le carbone en plus d'apporter d'autres
bénéfices.
Potentiel: jusqu'à 100 tC/ha

Les systèmes agro-forestiers


peuvent piéger le carbone grâce
à l'introduction d'arbres.
Potentiel: 20–60 tC/ha

La production de charbon
de bois comme substitut
La réhabilitation de zones dégradées à d'autres combustibles
telles que les berges des rivières ou les tel que le charbon.
terres de pâturage.
Potentiel: 40–80 tC/ha

Les énergies non polluantes


peuvent être doublement
bénéfiques, le piégeage de carbone
associé à la culture d'arbres d'une
part et le bénéfice continu apporté
par la substitution de combustible
d'autre part.
Potentiel: jusqu'à 100 tC/ha,
plus substituton de combustible

Schéma 2 : activités relevant de l’affectation des terres éligibles pour le MDP. Avec une
estimation de leur potentiel à générer des compensations carbone (en tonnes de carbone
par hectare, tC/ha)

■ la création de parcelles boisées sur des terrains communaux,


■ le reboisement de zones marginales avec des espèces d’origine : les berges,
les escarpements, les zones existant entre et en marge de fragments de
forêts (grâce à la plantation et à la régénération naturelle),
■ des nouvelles plantations industrielles de grande envergure,
■ la création de plantations de biomasse pour la production d’énergie et la
substitution de combustibles fossiles,
■ la création de petites plantations par les propriétaires terriens,
■ l’introduction d’arbres dans les systèmes d’exploitation agricole existants
(activités agroforestières),
■ la réhabilitation de zones dégradées au moyen de plantations ou de
régénération naturelle assistée.

Que puis-je espérer du MDP ?


Les pays industrialisés développeront progressivement des politiques
domestiques pour se mettre en conformité avec le Protocole de Kyoto. Ceci
conduira à un accroissement de la demande en droits d’émissions de carbone.
Les pays en voie de développement seront vraisemblablement bien placés pour
fournir de tels droits d’émissions. Bien que de nombreux facteurs soient en
mesure d’influencer la taille et la stabilité du marché global, des études
montrent que ce marché pourrait acquérir une valeur de milliards de dollars
par an. Par comparaison, l’aide totale apportée aux activités forestières dans les
pays en voie de développement s’élève à environ 1,5 milliards de dollars par an.
L’effet que le MDP aura sur les parties impliquées dans les pays en voie de
développement, variera et dépendra : – des objectifs et des priorités de ces
parties, - des planifications et des régulations mises en place pour assurer que

4
Qu’est que le Mécanisme pour un Développement Propre ?

les projets répondent à ces objectifs et priorités, - ainsi que l’affectation des
terres et le cadre institutionnel préexistants sur lesquels les projets relevant du
MDP seront bâtis. Le MDP pourra offrir aux gouvernements des pays en voie
de développement l’opportunité de promouvoir et d’attirer des investissements
dans des projets de foresterie durable, de reboisement, de réhabilitation des
terres, d’efficacité énergétique et d’énergie renouvelable. Pour les développeurs
de projets, le Mécanisme pourra offrir l’apport additionnel permettant la
viabilité financière du projet. Pour un agriculteur local, il pourra apporter une
source additionnelle de revenu ou un accès à une aide technique.
Les manières dont les règles et les procédures du MDP évolueront, dépendront
de nombreux facteurs, dont l’influence importante des pays en voie de
développement. Cependant, si le processus de développement et de régulation
des projets relevant du MDP n’est pas correctement planifié, certaines de ces
opportunités ne se concrétiseront peut-être pas et pourront même devenir une
source de problèmes. La section 2 s’intéresse à la manière dont les pays en
voie de développement peuvent se préparer pour le MDP et faire en sorte que
les besoins du secteur de l’affectation des terres soient pris en compte. La
section 3 présente les dangers possibles d’un développement non planifié du
MDP dans les pays en voie de développement.

Quelles sont les règles et conditions du MDP ?


Les projets s’inscrivant dans le cadre du MDP doivent obtenir l’approbation
du Comité Exécutif du MDP. Un certain nombre de règles et de conditions
seront appliquées – certaines d’entre elles à tous les types de projet, et d’autres
spécifiquement aux projets de boisement et de reboisement. Alors que
certaines des procédures détaillées qui seront appliquées aux projets de
foresterie relevant du MDP doivent encore être approuvées, le cadre général
pour l’approbation des projets et la comptabilisation des droits d’émissions de
carbone générés est déjà établi :
1. Seules les zones qui ne relevaient pas de la définition de ‘forêt’ au 31
décembre 1989 sont susceptibles de répondre aux définitions de boisement
et de reboisement telles qu’elles le sont formulées dans le cadre du MDP.
2. Les projets doivent résulter en réductions d’émissions ‘réelles’,
‘mesurables’ et ‘durables’, et être certifiées par un organisme tiers (‘entités
opérationnelles’ dans le langage de la Convention). Les stocks de carbone
générés par le projet doivent être garantis au long terme ( la
‘permanence’), et toute émission future pouvant provenir de ces stocks
doit être prise en compte.
3. Les réductions ou le retrait par la séquestration d’émissions doit être
supérieur à celles qui auraient eu lieu en l’absence du projet. Elles doivent
résulter en une séquestration net de carbone et donc en un retrait net en
dioxyde de carbone de l’atmosphère. C’est ce que l’on appelle
l’‘additionnalité’, laquelle est établie en comparant les stocks et les
mouvements de carbone des activités relevant du projet par rapport à son
‘niveau de référence’. Par exemple, le projet pourrait proposer de boiser une
terre agricole avec des espèces natives d’arbre, accroissant ainsi son stock en
carbone. En comparant le carbone séquestré dans les plantations ‘issues du
projet’ (le carbone élevé) avec le carbone qui aurait été séquestré dans la
terre agricole abandonnée constituant le ‘niveau de référence’ (carbone bas),
5
Poser les fondations d’un développement ‘propre’ : Préparer le secteur de l’affectation des terres

il est possible de calculer le bénéfice net de carbone. Il existe encore un


certain nombre de discussions techniques ayant trait à l’interprétation des
exigences de l’‘additionnalité’ dans certains contextes spécifiques.
4. Les projets doivent être en accord avec les objectifs du développement
durable, tels qu’ils sont définis par le gouvernement qui les accueille.
5. Les projets doivent contribuer à la conservation de la biodiversité et de
l’utilisation durable des ressources naturelles.
6. Seuls les projets initiés à partir de 2000 seront éligibles.
7. Deux pour-cent des droits d’émissions de carbone accordés à un projet
relevant du MDP seront alloués à un fond destiné à couvrir les coûts
engendrés par les pays sévèrement touchés par le changement climatique
pour les mesures d’adaptation (l’impôt pour l’adaptation). Ce fond pour
l’adaptation peut apporter un soutien à des activités relevant de
l’affectation des terres qui ne sont actuellement pas éligibles pour le MDP,
par exemple la conservation de ressources forestières existantes.
8. Une partie des produits des ventes des droits d’émissions de carbone
résultant de tous les projets s’inscrivant dans le cadre du MDP seront
utilisés pour couvrir les dépenses administratives engendrées par le MDP
(cette proportion est encore à définir).
9. La durée des projets doit être constituée d’une période pendant laquelle les
droits d’émissions puissent être accumulés ; soit une période maximale de
sept ans pouvant être renouvelée deux fois au plus, soit un maximum de
dix ans sans option de renouvellement.
10. Les projets s’inscrivant dans le cadre du MDP ne doivent pas être financés
par un détournement de fonds officiels d’assistance au développement.
11. Chaque plan de gestion de projets relevant du MDP doit rendre compte de
fuites potentielles. La fuite est une émission indirecte non planifiée de
CO2, résultant des activités des projets. Par exemple, si le projet implique
la création de plantations sur une terre agricole, une fuite peut advenir si
les personnes qui cultivaient antérieurement cette terre, émigrent et
défrichent une terre en un autre lieu.

Qu’incluent les définitions de ‘boisement’ et de


‘reboisement’ ?
Bien que le boisement et le reboisement soient les seules activités relevant du
secteur de l’affectation des terres étant éligibles dans le cadre du MDP, il existe
quelques incertitudes quant aux définitions à adopter. Ceci est en train d’être
discuté, une décision étant attendue à la neuvième réunion de la Conférence
des Parties en 2003. Les définitions contenues dans le texte officiel servant de
base aux négociations, se rapportent aux Articles 3.3 et 3.4 du Protocole
(activités liées à la foresterie et à l’affectation des terres dans les pays
développés) établissent que :
■ Le ‘boisement’ est ‘la conversion anthropique directe en terres forestières
de terres qui n’avaient pas porté de forêts pendant au moins 50 ans par
plantation, ensemencement et/ou promotion par l’homme d’un
ensemencement naturel’;
■ Le ‘reboisement’ est ‘la conversion anthropique directe de terres non
forestières en terres forestières par plantation, ensemencement et/ou
promotion par l’homme d’un ensemencement naturel sur des terrains qui

6
Qu’est que le Mécanisme pour un Développement Propre ?

avaient précédemment porté des forêts mais qui ont été convertis en terres
non forestières. Pour la première période d’engagement 2008–2012, les
activités de reboisement seront limitées au seul reboisement de terres qui
ne portaient pas de forêts à la date du 31 décembre 1989’.
■ La ‘forêt’ est une zone minimale de 0.05–1.0 hectares avec plus de 10 à 30
pour cent d’arbres pouvant atteindre une hauteur minimum de 2 à 5
mètres à maturité in situ. Une forêt peut consister soit de formations
forestières rapprochées dans lesquelles les arbres de différents étages et le
sous-bois couvrent une proportion importante du sol ou d’une forêt
ouverte. Les zones naturellement boisées couvertes de jeunes arbres et
toutes les plantations dont les sommets ont encore à atteindre une densité
de 10 à 30 pour cent ou une hauteur d’arbres de 2 à 5 mètres, sont
répertoriées sous le terme de forêt, ainsi que les zones temporairement non
répertoriées sous ce terme suite à des causes naturelles ou a une
intervention humaine telle que la mise en culture, Dont on attend la
régénération.
Même si ces définitions s’appliquent en principe à tous les projets relevant du
MDP, il est presque certain que les gouvernements des pays en voie de
développement les adapteront en fonction de leurs écosystèmes naturels. En
effet, la stricte application de ces définitions aurait pour conséquence d’exclure
tous les projets de réhabilitation, de revégétation, de plantation
d’enrichissement et de régénération naturelle qui n’impliqueraient pas la
conversion de ‘végétation non forestière’ en ‘végétation forestière’. Ceci
réduirait le champ d’application et les bénéfices possibles provenant de projets
d’affectation des terres réalisés dans le cadre du MDP (voir encadré 2).

Quelles sont les règles du MDP qui restent à définir ?


Beaucoup de règles et conditions du MDP pour les projets d’affectation des terres
sont encore à définir. Elles comprennent la définition des procédés suivants:
■ le calcul du bénéfice en carbone net des projets relevant du MDP,
■ le traitement des systèmes d’affectation des terres flexibles et temporaires,
■ la prise en considération des effets sociaux et environnementaux des projets.
Bien que des décisions soient prises au niveau international, leur effet sur le
terrain et pour les projets sera significatif. Deux groupes consultatifs de la
Convention cadre sur le changement climatique, appelés l’Organe subsidiaire
de conseil scientifique et technologique (OSCST) et le Groupe d’experts
intergouvernemental sur l’évolution du climat (GEIC), préparent une série de
rencontres qui vont se tenir d’ici à la neuvième Conférence des Parties (prévue
pour 2003). Les organismes des pays en voie de développement ont encore la
possibilité de contribuer à ce processus, via leurs points focaux nationaux ou
en envoyant des délégations aux réunions du GEIC et de l’OSCST. Entre
temps, des projets peuvent déjà être développés en utilisant les méthodologies
existantes et en les soumettant à des ajustements une fois que les règles finales
auront été définies. Il existe aussi toute une série d’activités que les pays en
voie de développement peuvent mettre en œuvre pour préparer et faciliter le
développement de projets relevant du MDP. La section 2 explore cet aspect.

7
Poser les fondations d’un développement ‘propre’ : Préparer le secteur de l’affectation des terres

Encadré 2 : La réhabilitation de zones dégradées : La fondation


FACE en Malaisie
Le projet ‘Innoprise-fondation Face’ de réhabilitation de la forêt équatoriale
(INFAPRO) fut le premier projet mondial en foresterie de compensation carbone à
large échelle. Son objectif est de réhabiliter 25000 ha de zones dégradées au moyen
de plantations d’enrichissement et d’amendement, en utilisant des espèces d’arbres
indigènes telles que les diptérocarpes, les pionniers à croissance rapide, et les arbres
fruitiers forestiers. C’est une entreprise de coopération entre la fondation Sahbah, une
organisation forestière semi-gouvernementale de l’état malais et de la fondation FACE
des Pays Bas. L’investissement total auquel s’est engagée la fondation FACE atteint les
15 millions de dollars américains. On attend que le projet résulte en une
séquestration d’au moins 4,25 millions de tonnes de carbone (15,6 millions de tonnes
de CO2) pendant sa durée de vie à un coût moyen de 3,52 dollars américains par
tonne de carbone (0,95 dollars américains par tonne de CO2).
La phase de plantation durera 25 ans et les forêts seront entretenues pendant 99 ans.
La longue durée du projet doit rendre possible l’entretien et les traitements sylvicoles
nécessaires au maintien permanent des taux de croissance. On s’attend à ce qu’à la
fin des 60 premières années du cycle de croissance, ces forêts seront exploitées pour le
bois de construction, laquelle exploitation appartient à la fondation Sabah.
Cependant, la récolte du bois de construction devra être réalisée prudemment, de
façon à ce que des résidus de pousses en bonne santé puissent de nouveau régénérer
une forêt bien approvisionnée, afin d’entretenir un réservoir de carbone pour la
fondation FACE, laquelle possède les droits exclusifs sur le carbone séquestré tout au
long des 99 années de durée du projet.
En plus de son rôle de séquestration de carbone, le projet produira tout au long de sa
durée plus de 4 millions de m3 de bois dur de construction. Comme la fondation est une
organisation semi-gouvernementale ayant la mission d’améliorer le bien-être de la
population dans l’état de Sabah, on attend du projet qu’il engendre des bénéfices sociaux
substantiels : la création de 230 emplois par an est prévue durant la phase de plantation,
ainsi que des travaux de recherche importants et la formation d’étudiants malais.
Cette étude de cas montre comment les définitions de la foresterie donnée par le
protocole de Kyoto peuvent affecter l’éligibilité des projets. Si les définitions actuelles
de boisement et de reboisement utilisées pour les activités dans les pays développés
sont appliquées de manière stricte, ce projet ne sera vraisemblablement pas éligible
dans le cadre du Protocole, dans la mesure où les zones réhabilitées ont une grande
couverture et seraient déjà répertoriées comme ‘forêts’. Des définitions appropriées de
foresterie devraient être adoptées de façon à rendre possible l’inclusion d’un plus
grand nombre de projets.

Encadré 3 : Qu’adviendra-t-il des projets pilotes existant relevant


des ‘activités mises en œuvre conjointement’ ?
En tant qu’exercice d’apprentissage, une phase pilote d’activités de mise en œuvre
conjointe fut établie en 1994, par laquelle des projets peuvent être réalisés afin de
gagner de l’expérience – mais sans qu’aucune forme officielle d’échange de droits
d’émissions de carbone ne soit autorisée entre pays développés et pays en voie de
développement. Malgré des plans prévoyant la mise la place du MDP pour 2000, ceci
ne fut pas réalisé et la phase pilote continue. Ce qu’il adviendra des projets existant
une fois que MDP sera totalement opérationnel –de même que la question du
transfert de ces projets au MDP- n’a pas encore été défini.

8
2. Comment peut-on se préparer au MDP ?
Le succès des projets relevant du MDP, dans les pays développés comme dans
les pays en voie de développement, dépendra de l’environnement institutionnel
et politique dans lequel ils sont mis en œuvre. Les politiques pertinentes
comprennent celles de la foresterie, de la planification, du développement
durable, de l’affectation des terres en secteur rural et de diminution de la
pauvreté. Cette section présente la manière dont les pays en voie de
développement peuvent se préparer au MDP par la création d’ un
environnement qui encouragera des projets adaptés.

Quelle est le rôle des gouvernements et des organismes


de planification?
Le Protocole de Kyoto attribue la responsabilité pour la détermination des
procédures d’approbation de projets aux pays d’accueil (c’est-à-dire les pays
en voie de développement). Sans une telle approbation, les projets ne pourront
être remis auprès du Comité Exécutif du MDP ; c’est pourquoi les
gouvernements des pays en voie de développement désirant accueillir des
projets relevant du MDP doivent impérativement mettre en place ces
procédures.
Au-delà d’une simple approbation ou d’un simple rejet des projets, ces pays
ont un rôle important à jouer en ce qui concerne le succès du MDP. Les rôles
possibles varient de passifs à très actifs, de la façon suivante :
■ Définir - les exigences minimales pour les projets relevant du MDP,
lesquelles peuvent relever des critères nationaux en terme de
développement durable, - et les procédures pour l’approbation des projets
par le gouvernement,
■ Produire une liste d’activités non éligibles (par exemple, certains pays
pourraient décourager certaines activités d’affectation des terres),
■ Développer une infrastructure pour la promotion et/ou le traitement de
projets relevant du MDP, ce qui peut comprendre un plan d’identification
de zones ou d’activités prioritaires(s’intégrant de préférence aux plans
nationaux d’affectation des terres), l’extension des services et des aides,
l’apport d’informations sur les opportunités offertes par le MDP, la
facilitation des investissements, etc.
■ Développer un programme complet d’identification et de promotion de
projets. Un exemple de cette approche est le programme développé par
l’Office du Costa Rica pour la mise en œuvre conjointe ; celui-ci apportait
une offre financière aux petits agriculteurs pour la mise en place d’activités
de gestion de la forêt générant des droits d’émissions de carbone que
l’Office vendait sur le marché international (voir encadré 4).
Parmi les acteurs de mise en place de projets relevant du MDP, les organismes
d’affectation des terres et de foresterie des pays en voie de développement ou
même les ONG et les acteurs du secteur privé peuvent avoir un rôle important.
Ils doivent être capables d’interagir avec le point focal du gouvernement du
pays concerné, pour l’application de procédures nationales. Peu de pays ont
mis en place de telles procédures ; les organismes d’affectation des terres et de

9
Poser les fondations d’un développement ‘propre’ : Préparer le secteur de l’affectation des terres

foresterie doivent soutenir leur gouvernement national dans le développement


de critères pertinents.

Que peut-on faire pour encourager des projets


appropriés dans le secteur de l’affectation des terres ?
Quel que soit l’intérêt du gouvernement du pays d’accueil, des critères doivent
être remplis avant qu’un projet soit considéré auprès du Comité Exécutif du
MDP. D’autres facteurs aident énormément à la mise en œuvre du MDP, mais
ne sont pas essentiels. Les structures institutionnelles essentielles ainsi que
celles qui seraient souhaitées sont indiquées ci-dessous :

Encadré 4 : Les programmes promus par le gouvernement et le


paiement direct aux agriculteurs : le Costa Rica
En 1997 le Costa Rica devint le premier pays en voie de développement à lancer un
programme national de séquestration de carbone. Le Programme privé de foresterie
(PPF) encourage les propriétaires terriens à opter pour des utilisations des terres liées
à la foresterie en fournissant un paiement direct pour des services environnementaux
–fixation de CO2, qualité de l’eau, biodiversité, beauté du paysage. Les
encouragements financiers ont pour but d’accroître l’attrait de la foresterie par
rapport à des utilisations des terres dommageables à l’environnement. Les aides sont
payées aux propriétaires terriens pendant les 5 ans qui suivent la signature d’un
contrat obligeant à utiliser la terre concernée de la manière spécifiée pendant au
moins 20 ans. Les agriculteurs qui choisissent ces aides, transmettent leurs services
environnementaux directement au gouvernement qui ensuite les vend à des
investisseurs.
L’institution coordonnant ces aides est appelée FONAFIFO, un fond de financement
de foresterie dépendant du ministère de l’énergie et de l’environnement. Le
FONAFIFO reçoit et analyse les dossiers de candidature, conduit les vérifications sur
le terrain, est responsable des paiements, et assure le suivi des projets de foresterie.
Les crédits carbone sont vendus par le Bureau du Costa Rica pour la mise en œuvre
conjointe (OCIC). L’OCIC agit essentiellement comme un ‘magasin’ de vente et
d’achat de crédits carbone (connus sous le nom de Compensation Certifiée
Commercialisable ou CTO). Les investisseurs internationaux intéressés par l’achat de
compensations certifiées s’adressent à l’OCIC pour acheter des CTO développés soit
par les programmes gouvernementaux soit par les développeurs particuliers. Même
lorsque la vente est négociée directement entre les acheteurs et les vendeurs, ils ont
l’obligation d’être inscrit à l’OCIC. En centralisant les compensations carbone,
l’OCIC a pour objectif de diminuer les coûts des transactions. Le premier lot de
crédits carbone (200 000 tonnes de carbone) fut vendu à un consortium norvégien (à
10 dollars américains la tonne de carbone soit 2,70 dollars américains la tonne de
CO2) pour un total de 2 000 000 dollars américains.
Au-delà des crédits carbone, le Costa Rica est en train de travailler dans le but de
commercialiser d’autres services environnementaux engendrés par les activités de
foresterie encouragées par ses programmes. Un exemple est un système pour faire
payer la conservation du captage d’eau des plantes hydroélectrique. Un mécanisme
similaire en cours de développement est la rémunération des agriculteurs dans les
régions de tourisme vert. Dans le cas de la biodiversité, des contrats de prospection
génétique ont été signés entre l’Institut du Costa Rica pour les ressources génétiques
et des entreprises pharmaceutiques internationales.

10
Comment peut-on se préparer au MDP ?

Ratification du Protocole de Kyoto


La participation à l’activité du MDP n’est possible que si le pays d’accueil est
une Partie du Protocole de Kyoto. En février 2002, 47 Parties avaient ratifié le
Protocole. Il est cependant probable que les projets initiés avant ratification
par le pays en question aient la possibilité d’être inscrits à titre du MDP après
ratification du Protocole.

Instaurer une autorité nationale pour le MDP


Les pays d’accueil doivent désigner une autorité nationale pour le MDP afin
de pouvoir y prendre part. Cette autorité peut, entre autres, être représentée
par le point focal pour la Convention cadre sur le climat. L’autorité nationale
doit être en mesure de coordonner de manière effective les organismes
responsables de la mise en place des politiques de développement durable, de
réglementation de l’environnement et de l’investissement, et les organismes
impliqués dans le MDP. Elle doit aussi fournir :
■ Des principes clairs de sélection de projets prioritaires et de critères
nationaux pour l’approbation des projets,
■ Des procédures effectives et transparentes pour l’évaluation des projets,
■ Des procédures pour répertorier et assurer le suivi des activités des projets
sur le terrain, y compris l’évaluation des bénéfices et des coûts en termes
de développement durable local,
■ Des procédures pour l’autorisation des organisations de vérification
validant et certifiant les projets,
■ Des principes clairs sur les processus de sélection, de consultation et de
suivi requis pour les projets,
■ De l’aide pour la gestion des risques liés au portfolio national relevant du
MDP, par exemple, en établissant des réserves de droits d’émissions qui
pourraient être utilisés en tant qu’assurance dans le cas d’échec de certains
projets,
■ Des informations sur les possibilités de projets et de financement pour les
développeurs présents dans le pays.

Développer des politiques, des plans et des systèmes de contrôle pour le


développement durable
Des objectifs clairement définis de développement durable sont favorables au
développement de projets en permettant aux développeurs et aux investisseurs
d’identifier des projets compatibles avec ces objectifs (voir encadré 5). Des
politiques et des systèmes de contrôle clairs sont aussi favorables à une
meilleure planification et conception des projets.

Développer et intégrer des politiques nationales et régionales


Les pays ayant des politiques sur les questions liées au changement climatique,
et plus précisément sur le MDP, ont plus de chances d’être en mesure
d’encourager des projets répondant à des objectifs nationaux ou régionaux
plus larges. Le développement de projets relevant du MDP dans le secteur de
l’affection des terres sera influencé par un certain nombre de politiques, dont
celles concernant la foresterie et l’agriculture, les terres agricoles, la
planification de l’utilisation des terres, le développement durable, le commerce,
l’investissement, l’énergie rurale, etc. Les projets relevant du MDP seront

11
Poser les fondations d’un développement ‘propre’ : Préparer le secteur de l’affectation des terres

Encadré 5 : Pourquoi le développement durable est-il important et


que concerne-t-il ?
En premier lieu, le développement durable est une exigence du Protocole de Kyoto.
En effet, un des buts du MDP est : ‘d'aider les Parties ne figurant pas à l'annexe I à
parvenir à un développement durable’ (Article 12). Deuxièmement, un projet relevant
du MDP, en reflétant les principes du développement durable, résultera en une
réduction des risques environnementaux, sociaux et politiques et sera ainsi plus
durable. Enfin, la responsabilité pour la définition des critères de développement
durable relève du pays d’accueil.
Le développement durable signifie ‘répondre aux besoins de la génération actuelle
sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs besoins’. Le
développement durable a trois objectifs qui s’intègrent les uns aux autres –
environnemental, social et économique. Il est important de ne pas faire l’erreur de
considérer le développement durable comme relevant d’un seul souci
‘environnemental’ – ceci peut causer des problèmes sociaux ou économiques.

Equilibrer les questions de durabilité à différents niveaux :


Projet : par exemple la façon dont le sol et l’eau sont gérés, la façon dont les
employés sont traités, les effets sur les conditions d’existence des voisins et les
infrastructures, et d’autres questions pratiques de gestion. Une question clef : le projet
utilise-t-il les pratiques les plus appropriées au niveau local ?
National : par exemple la contribution du projet à la réduction de la pauvreté et à
l’emploi, à l’intégration des groupes marginalisés, l’amélioration des revenus de l’Etat
ainsi que de ceux provenant de l’exportation, l’amélioration des techniques, et
d’autres questions concernant le but et la contribution du plan au développement
durable. Une question clef : le projet contribue-t-il aux visions et aux plans nationaux
sur le développement durable ?
Global : amélioration de l’équité dans le développement entre pays, et les questions
concernant les services publiques globaux, tels que la protection d’une biodiversité
importante au niveau global et la gestion de l’équilibre des gaz à effet de serre. Une
question clef : le projet reflète-t-il les normes et les obligations internationales sur les
droits de l’homme, le développement environnemental et le développement
économique ?
Il est important de ne pas faire l’erreur de considérer le développement durable
comme ‘la mise en œuvre des meilleurs principes globaux’. Il est plus favorable
d’élaborer des approches agréées localement, et de n’introduire les préceptes
internationaux que pour traiter des questions globales (ci-dessus) ou pour combler le
manque de principes à quel niveau que ce soit.

vraisemblablement meilleurs si ces politiques sont à la fois cohérentes les unes


avec les autres et si elles prennent en compte les règles du MDP.

Identifier les priorités et les opportunités pour les projets relevant du


MDP
Les investisseurs éventuels, les institutions des pays d’accueil ou les ONG
locales peuvent tous être impliqués dans l’identification des opportunités pour
les projets relevant du MDP. Il est tout à fait possible que cela devienne un
processus continu, conformément aux priorités et stratégies nationales pour
l’affectation des terres et une compréhension améliorée des flux de carbone
dans le secteur rural. Il est fort probable que les investisseurs potentiels dans le
développement d’un projet relevant du MDP et les institutions du pays

12
Comment peut-on se préparer au MDP ?

d’accueil auront des perspectives différentes quant au choix de projets. Pour


les investisseurs, la priorité sera d’identifier des projets qui produiront un bon
retour financier avec un minimum de risque. Pour le pays d’accueil, l’objectif
sera sans doute la contribution à la réalisation d’objectifs de développement
plus larges.
Voici quelques questions d’ordre pratique que les participants locaux et les
institutions des pays d’accueil doivent se poser :
■ Quels sont l’échelle et le type de boisement qui conviendront le mieux au
modèle d l’agriculture locale ?
■ La mise en forêt des terres affectera-t-elle la sécurité alimentaire de la zone ?
■ Quels sont les lieux où le boisement risque de diminuer la disponibilité en
eau ?
■ Comment, et pendant quelles périodes, les plans de foresterie affecteront-
ils la demande en force de travail ?
■ Quels sont les types d’investissement pouvant améliorer les compétences et
capacités locales ?
■ La gestion de la séquestration accrue de carbone réduira-t-elle le revenu
provenant du bois de construction ?

Promouvoir l’investissement dans les projets d’affection des terres


relevant du MDP
La réalisation des bénéfices issus du MDP dépendra des ventes réussies de
droits d’émissions et de l’attrait de fonds étrangers. Les activités suivantes,
sous la direction du gouvernement, peuvent pousser l’investissement du MDP
à répondre aux priorités du pays :
■ Identifier les types de projet prometteurs, évaluer leur potentiel en termes
de flux de carbone et d’effets sociaux, économiques et environnementaux
associés,
■ Développer, pour ces types de projets, des niveaux de référence qui
puissent ultérieurement être utilisés par les développeurs de projets,
■ Établir les règles et conditions d’investissement dans les projets
sélectionnés,
■ Établir les exigences pour le développement de projets en fonction des
objectifs nationaux de développement durable,
■ Établir le lien entre les conditions d’investissement et les régulations et
mesures d’encouragement nationales quant à l’investissement direct
étranger et le commerce extérieur,
■ Préparer un programme ou un plan d’investissement propre au MDP,
contenant l’ensemble ou une partie des points développés ci-dessus,
■ Établir un point focal clair auprès duquel les investisseurs étrangers
puissent s’informer sur les opportunités relevant du MDP,
■ Offrir des informations sur les opportunités ouvertes par le MDP dans le
pays, au moyen de foires commerciales, d’expositions, et des sites web des
institutions nationales.

13
Poser les fondations d’un développement ‘propre’ : Préparer le secteur de l’affectation des terres

Renforcer la capacité et l’infrastructure nécessaires à la mise en œuvre


des projets
L’infrastructure et la capacité de mise en œuvre des projets doivent être en
place de façon à ce que les projets soient pratiques et rentables. Dans le cas de
projets d’affectation des terres, ceci peut comprendre les ONG locales, les
organismes de crédit, les institutions de recherche, les serres, les techniciens des
eaux et forêts, les personnes en charge du développement ou les experts de
l’affectation des terres. La force d’une telle capacité peut être importante dans
le choix des activités prioritaires et des ères géographiques dans lesquelles les
projets seront développés. Dans de nombreux cas, la capacité ne sera pas
adéquate, mais peut être renforcée dans le cadre de la préparation au MDP.
Les mécanismes de financement internationaux seront disponibles pour le
renforcement de la capacité dans le cadre du MDP.

Développer une compréhension, propre au pays, des flux de carbone ainsi


que des données disponibles pour le secteur de l’affectation des terres
Tandis que les projets doivent refléter les priorités locales et nationales de
développement, les institutions des pays d’accueil doivent aussi développer une
bonne compréhension des flux de carbone dans les différents types
d’affectation des terres, de façon à déterminer le potentiel technique des
différentes options offertes par le MDP. Bien que le Protocole de Kyoto ne
demande pas spécifiquement que les données des projets relevant du MDP
fassent l’objet de références croisées avec les données nationales sur les
émissions, des liens entre les deux types de données contribueront à
l’amélioration des projets comme à celle des registres nationaux.

Définir le cadre légal de propriété du carbone


Une question clef pour la sécurité des droits d’émissions de carbone créés à
partir de projets est la suivante : à qui appartiennent les réductions
d’émissions? Il est probable que les lois nationales concernant les droits de
propriété devront être révisées afin de permettre aux développeurs de projets
d’accéder à la propriété des droits d’émissions produits sans contestation
possible. Dans les cas où la terre, les cultures et les arbres appartiendraient à
un individu ou une entreprise unique cela serait relativement simple à
démontrer. Cependant, dans les situations où ces droits seraient divisés entre
terres nationales, communales ou en location ou dans lesquelles certains
groupes auraient des droits d’accès coutumiers ou réglementaires, des
problèmes légaux complexes devront être adressés.

Quels sont les principes relevant de la foresterie et de


l’affectation des terres à appliquer dans la conception et
l’évaluation de projets relevant du MDP ?
Le but de tout projet relevant du MDP est sa compatibilité avec les visions, les
stratégies, les plans et les objectifs du développement durable agréés au niveau
national. Deux types d’initiatives peuvent être utilisés dans le respect de celui-
ci : - des critères et des standards pour la gestion durable des terres au niveau
des projets, - et des plans de développement durable au niveau national.

14
Comment peut-on se préparer au MDP ?

Au niveau des projets, des ensembles actuels de critères, d’indicateurs et de


standards peuvent être utiles pour juger de leur conformation aux exigences
du développement durable. Autant que possible, ils doivent aussi refléter les
principes des conventions sur le développement durable adoptées au niveau
national et au niveau global. La plupart des critères et des indicateurs pour
une bonne gestion forestière possède déjà un degré de compatibilité
internationale (par exemple par rapport à l’International Tropical Timber
Organisation1 (organisation internationale de l’exploitation du bois de
construction tropical)), bien que, pour l’instant, il n’existe pas d’ensembles de
critères qui soient acceptés au niveau mondial.
Le Forest Stewardship Council (FSC)2 (conseil du service forestier), une
organisation non gouvernementale, préconise un ensemble de dix principes et
critères universels associés à une bonne gestion forestière, couvrant les aspects
sociaux, environnementaux et économiques. Ces derniers doivent être précisés
en terme de standards nationaux et interprétés par les gestionnaires forestiers
et certificateurs afin de les rendre compatibles aux conditions locales. En
contraste avec la foresterie, le nombre de critères d’une affectation des terres et
d’une agriculture durable est limité, en particulier pour les systèmes mixtes
complexes, dont les activités agroforestières. Cependant l’International
Federation of Organic Agriculture Movements3 (IFOAM) (Fédération
internationale des mouvements d’agriculture biologique) a créé un standard
international de base pour l’agriculture biologique et des critères
d’accréditation pour les programmes de certification de l’agriculture
biologique. Certains pays possèdent aussi des régulations et des principes
nationaux qui doivent être appliqués. En ce qui concerne la biodiversité, des
indicateurs sont en cours de développement dans le cadre de la Convention sur
la biodiversité.
Les procédures pour évaluer le caractère durable des projets comprennent :
l’évaluation des effets environnementaux et sociaux, et la certification
forestière, les deux pouvant être utilisés avant et pendant le projet. Les
procédures d’évaluation des effets environnementaux et sociaux doivent être
mises en œuvre conformément aux standards légaux nationaux, être acceptées
par les participants nationaux, être transparentes, et doivent permettre
l’émergence d’options de mitigation claires.
Au niveau national, le défi est d’identifier les plans et stratégies de
développement durable existants pouvant fournir de bons principes quant à la
sélection des meilleurs projets relevant du MDP. Les initiatives nationales les
plus utiles seront celles étant appliquées activement et étant bien intégrées au
niveau local. Six types importants d’initiatives sont décrits ci-après. Il reste
cependant que l’expérience accumulée dans le domaine du développement
durable est relativement faible et nombre d’initiatives ne seront pas en mesure
de fournir tous les principes nécessaires pour un projet relevant du MDP. (Il y
aurait peu d’intérêt à évaluer un projet relevant du MDP selon une initiative
n’étant pas acceptée au niveau local ou relevant de l’utopie). Evaluer les

1 [Link]
2 [Link]
3 [Link]

15
Poser les fondations d’un développement ‘propre’ : Préparer le secteur de l’affectation des terres

initiatives nationales selon les critères4 qui suivent peut être utile dans la
détermination des initiatives à appliquer afin de développer des stratégies
pour le MDP d’une part, et de développer et d’évaluer des projets particuliers
relevant du MDP. Les stratégies nationales doivent :
■ couvrir de manière équilibrée les dimensions environnementales, sociales
et économiques,
■ être formulées au moyen de contributions participatives des multiples
parties impliquées appartenant au gouvernement, à la société civile et au
monde des entreprises,
■ identifier les besoins locaux et y répondre,
■ être associées à des initiatives internationales, par exemples les
conventions sur l’environnement,
■ posséder un haut niveau de soutien politique et juridique,
■ être caractérisées par des systèmes continus et non par une simple liste de
principes,
■ être mises œuvre et suivies activement.
Une ou plusieurs des initiatives suivantes peuvent être à l’origine de bons
principes pour le développement de stratégies nationales pour le MDP et
peuvent contribuer à la réalisation et/ou l’évaluation des projets individuels :
1. Le ‘Programme national sur la forêt’ (PNF) offre des éléments spécifiques
sur les pratiques souhaitées en foresterie et en investissement dans la
foresterie. Ce programme est censé être une articulation (plutôt lourde) de
270 ‘propositions d’actions’ agréées au niveau international. Les
propositions du PNF les plus récentes répondent à beaucoup des critères
donnés ci-dessus. Le PNF est vraisemblablement compatible avec
l’ensemble des critères et indicateurs de foresterie s’appliquant à la gestion
forestière dans le pays considéré.
2. Les divers plans d’actions nationaux sur les conventions internationales
sur l’environnement – en particulier sur la biodiversité et la
désertification- offrent quelques éléments spécifiques sur les objectifs
environnementaux qui seront les plus importants et les indices à suivre.
D’autre part, ces plans d’actions requièrent une évaluation des effets
environnementaux de projets, qui s’appliquera aussi à ceux relevant du
MDP.
3. Les ‘stratégies de réduction de la pauvreté’5 offrent des éléments
spécifiques sur ce qui est considéré comme souhaitable en terme de
l’amélioration des conditions de vie et peut contribuer à rendre les
objectifs sociaux plus clairs. Cependant, certains d’entre eux peuvent être
plus une expression de l’intention des donneurs qu’un engagement
national, et la prise en considération des questions de l’environnement
peut être incomplète.
4. Les ‘agendas locaux 21’ offrent des éléments spécifiques sur les priorités
locales pour l’intégration des objectifs sociaux, environnementaux et

4 Résumés à partir du UN-DESA en vigueur (2002) et de la guidance sur les stratégies


nationales pour un développement durable du Comité pour l’Assistance au Développement
de l’OCDE
5 [Link]/poverty/strategies

16
Comment peut-on se préparer au MDP ?

économiques. Ils existent sous forme de plans pour le développement


durable pour un district donné, lesquels plans doivent préciser les
différents types souhaités d’affectations des terres.
5. Les plans d’affectation des terres peuvent exister sous de nombreuses
formes, mais les plans organisés par les gouvernements sont souvent la
chasse gardée des technocrates. En tant que tels ils peuvent n’apporter que
peu de guidance sur les besoins locaux en développement durable si ce
n’est des informations sur la capacité et la convenance des terres. Bien que
la planification de l’affectation des terres réalisée par le gouvernement soit
souvent en plein désarroi dans beaucoup de pays en voie de
développement (et par conséquent ignorés), certains projets de
développement rural sont en train de redéfinir cette planification par le
biais d’approches plus participatives. En particulier, dans les cas où l’on
repose sur des systèmes de ressources en propriété commune de large
échelle, ces projets ont le potentiel d’aider les pauvres des milieux ruraux
à répondre aux exigences d’échelle requis par les projets relevant du MDP.
6. Les ‘stratégie nationale pour un développement durable’6 (sndd) sont en
cours de développement quant aux critères présentés plus haut. Le
concept de sndd fut approuvé à Rio en 1992 comme moyen d’appliquer
l’‘Agenda 21’ au niveau national, grâce à des partenariats entre le
gouvernement, la société civile et le monde des entreprises. Ce n’est que
depuis très récemment que l’on dispose de lignes directrices sur les sndd,
lesquelles proviennent des Nations Unies et de l’OCDE. Cependant, il
n’existe pas pour l’instant beaucoup de sndd, ou aucune qui ne réponde à
tous les critères énoncés ci-dessus.

6 [Link]

17
Poser les fondations d’un développement ‘propre’ : Préparer le secteur de l’affectation des terres

18
3. Comment développe-t-on des projets
relevant du MDP ?
Que les projets soient initiés par le secteur privé, par des organisations non
gouvernementales ou par des organismes gouvernementaux, leur
développement nécessitera un certain nombre d’étapes essentielles. Cette
section présente ces exigences pour le développeur de projet. Elles sont
illustrées dans le schéma ci-dessous. Les entités responsable de différentes
activités sont indiques en tant que : développeur de projet, gouvernement du
pays d’accueil, entité opérationnelle (troisième parti pour la certification) ou le
Comité Exécutif du MDP.

Rôles:
Identification du projet et développement de note de Développeur
conception du projet de projet

Quantification du bénéfice en termes de GES et Développeur


développement du Document de Conception du Projet de projet
Comprend:
Définir les limites du projet et le niveau de référence
Définir le scénario du niveau de référence et l'aditionnalité
Etablir le niveau de référence des émissions et la période de crédit
Calculer les émissions deniveau de référence Développeur
de projet
Calculer les émissions du projet
Ajuster pour prendre en compte les déperditions
Ajuster pour prendre en compte le risque

Gouvernement du
Validation du projet Approbation du pays d'accueil Pays d'accueil
Selon le Document de
Conception du Projet Entité opérationnelle
Remise des rapports de
Entité opérationnelle
validation et du Document de
Conception du projet
Examen possible par le
Conseil Exécutif du MDP
Inscription au MDP Conseil Exécutif
du MDP

Développeur
Mise en oeuvre et suivi du projet de projet
Legende:
Développeur
de projet Inscription au MDP Entité opérationnelle
Gouvernement du
pays d'accueil Examen possible par le
Entité opérationnelle Conseil Exécutif du MDP Conseil Exécutif
Assurance des REC aux du MDP
Conseil Exécutif du MDP développeurs de projets

Schéma 3 : Déroulement simplifié d’un projet relevant du MDP – Perspective du


développeur de projet

Identifier le projet et développer une note de conception du projet


La première étape est l’identification du projet potentiel relevant du MDP. Il
sera alors nécessaire de prendre en compte toutes les exigences nationales et
régionales concernant l’éligibilité du projet. Les développeurs de projets

19
Poser les fondations d’un développement ‘propre’ : Préparer le secteur de l’affectation des terres

doivent noter que les investisseurs potentiels et les organismes de vérification


déploieront aussi leurs propres procédures d’évaluation. Dès le début, il est
important que les besoins et les aspirations des partis locaux impliqués soient
considérés.

Quantifier les bénéfices en termes de gaz à effet de serre


Chaque plan de projet doit préciser la manière dont les bénéfices en termes de
gaz à effet de serre seront calculés et comment leur suivi sera effectué. Dans la
plupart des cas la quantification des bénéfices commencera avant la remise à
l’Autorité Nationale du MDP. La quantification implique les étapes suivantes :
■ Définition des limites du projet – ceci résultera en une liste de tous les
processus qui, dans le cadre des activités du projet, résultent en une
absorption ou une libération de carbone (et des autres gaz à effet de serre
couverts par le Protocole de Kyoto).
■ Description du niveau de référence et de l’additionnalité – l’effet du projet
est mesuré à partir d’un ‘scénario de niveau de référence’ qui représente ce
qui se serait passé en l’absence du projet. L’additionnalité représente tout
ce qui dans les activités promues par le projet (par exemple la plantation
d’arbres) ne peut advenir que grâce à l’intervention spécifique du projet.
L’interprétation précise de l’additionnalité et les méthodes à utiliser pour
la mesurer font partie des éléments qui sont encore en cours de discussion
entre les Parties de la Convention sur le changement climatique.
■ Quantification des émissions du niveau de référence et de la période de
crédit – les émissions qui seraient advenues dans le cadre du scénario du
niveau de référence, et le nombre d’années pendant lesquelles le projet
peut obtenir des droits d’émissions, seront définis en utilisant une des
procédures approuvées par le Comité Exécutif du MDP.
■ Les émissions et l’absorption de carbone par le projet – Pour les projets de
boisement et de reboisement, l’absorption de carbone sera calculée en
utilisant les données de croissance de foresterie. Le bénéfice net du projet
sera ensuite calculé en soustrayant les émissions qui seraient advenues
dans le scénario du niveau de référence.
■ Ajustement afin de prendre en compte les ‘fuites’ et les risques – il est
possible que le montant des bénéfice au niveau duquel le projet pourra
obtenir des droits d’émissions soit ajusté en fonction des ‘fuites’ et des
risques. Les procédures spécifiques à employer sont en cours de
développement au sein du Comité Exécutif du MDP, mais la création
d’une réserve ou d’un tampon de compensation carbone est une méthode
qui a été proposée afin de faire face aux risques présentés par les projets.
La meilleure approche pour la gestion des ‘fuites’ est de les éviter en
premier lieu. Ceci est réalisé au mieux à l’étape de conception du projet,
notamment au moyen de :
– La consultation avec les partis locaux impliqués,
– L’intégration de la conception du projet dans les priorités et les
législations locales, régionales et/ou nationales,
– La participation des propriétaires terriens et des gestionnaires agricoles
dans le projet, en évitant ainsi leur exclusion ou leur mauvais placement,
– Un partage clair et juste des bénéfices tout au long du projet,
– La prise en conscience des besoins du projet en termes de carbone,

20
Comment développe-t-on des projets relevant du MDP ?

– Un suivi effectif des activités du projet et des sources possibles de ‘fuite’.


Dans la mesure où les procédures de quantification des bénéfices en termes de
gaz à effet de serre des projets individuels sont plutôt complexes et onéreuses,
les développeurs de projets et/ou les institutions des pays d’accueil voudront
sans doute considérer le groupement de projets de petite échelle, de façon à ce
que les coûts engendrés par les travaux techniques, de même que les risques,
puissent être partagés. Le Plan Vivo7 utilise un système de gestion qui peut
regrouper les bénéfices provenant de nombreuses activités de foresterie de
petite échelle (voir encadré 6).

Développer un Document de Conception du Projet


Les résultats et les méthodologies utilisés dans la quantification des bénéfices
en terme de gaz à effet de serre devront être présentés dans un Document de
Conception du Projet. Un rapport résumant les commentaires des partis
locaux impliqués et la manière dont ces commentaires sont pris en
considération dans la conception du projet doit aussi être intégré à ce
document.

L’approbation du pays d’accueil


Tout projet désirant participer au MDP doit obtenir l’approbation du
gouvernement du pays d’accueil. Une autorité nationale gouvernementale pour
le MDP résolument active facilitera cela. Le gouvernement du pays d’accueil
doit en plus déterminer si le projet conduit ou non à des bénéfices en termes
de développement durable.

Validation du projet
Avant que les projets puissent produire des réductions d’émissions reconnues
par le MDP, ils doivent être ‘validés’ par une des entreprises indépendantes
approuvées par le Comité Exécutif du MDP. Le développeur de projet doit
remettre le Document de Conception du Projet ainsi que toute documentation
associée à l’‘Entité Opérationnelle’. Le processus comprendra une analyse
détaillée de la capacité institutionnelle des partis impliqués dans le projet, des
éléments supportant les calculs des bénéfices en terme de carbone, et bien sûr
des approbations gouvernementales appropriées. Pendant cette période, le
Document de Conception du Projet sera mis à la disposition du public qui
aura ainsi la possibilité d’y commenter.

L’inscription au MDP
Le rapport de validation et le Document de Conception du Projet seront remis
au Comité Exécutif du MDP par l’Entité Opérationnelle. L’inscription sera
finalisée dans les 8 semaines après réception des documents, à moins qu’une
révision ne soit demandée.

La mise en oeuvre et le suivi du projet


Il sera requis des projets inscrits au Mécanisme, ainsi qu’à ceux en phase de
mise en œuvre, d’opérer des systèmes internes de suivi afin de démontrer la

7 [Link]

21
Poser les fondations d’un développement ‘propre’ : Préparer le secteur de l’affectation des terres

Encadré 6: Scolel Té et le système du Plan Vivo


En 1994 un groupe de chercheurs de l’Université d’Edimbourg et de El Colegio de la
Frontera Sur de Mexico entreprirent une étude pour déterminer si la vente de services
carbone pouvait améliorer les conditions de vie des agriculteurs indigènes du
Chiapas, au sud du Mexique. Cette étude identifia le besoin d’un cadre administratif
flexible mais structuré afin d’agréger les bénéfices, en termes de carbone, provenant
de nombreuses activités de petite échelle. Les agriculteurs individuels voulaient avoir
le droit de choisir comment et quand ils voulaient participer, et on assuma que les
acheteurs et les autorités régulatrices demanderaient des procédures effectives de suivi
et de vérification.
Pendant les 3 années suivantes, un financement du Programme de recherche en
foresterie du DFID du gouvernement britannique fut utilisé pour développer un
système intégré de planification, d’administration et de suivi, reposant sur les
demandes identifiées au cours de l’étude. Le système fut ensuite connu sous le nom de
Plan Vivo. En 1997, les organisations collaboratrices s'attachèrent l'intérêt d’un
acheteur de services carbone. Le projet pilote, connu sous le nom de Scolel Té (‘Les
arbres qui grandissent’) commença avec un accord pour fournir 18 000 tonnes de
CO2 par an, sous forme de ‘prototypes de crédits de carbone’, à un prix de 2,7
dollars américains par tonnes de CO2 (10 dollars américains par tonne de C) à la
Fédération internationale de l’automobile. Ces fonds furent utilisés pour fournir aux
agriculteurs des paiements de carbone afin qu’ils établissent des systèmes d’activités
agroforestières, des plantations de petite échelle et des activités de reboisement des
biens communaux.
Le projet Scolel Té est maintenant dirigé par un trust – le Fondo BioClimatico – qui
est devenu une organisation financièrement viable, dont les revenus proviennent de la
vente de services carbone. Il y a actuellement plus de 400 participants individuels
provenant de plus de 30 communautés, représentant quatre groupes ethniques
différents et une grande variété d’écosystèmes.
Le système Plan Vivo est actuellement aussi utilisé dans un projet agroforestier et
d’énergies non polluantes, situé dans le sud de l’Inde, dirigé par une ONG appelée
‘femmes pour un développement durable’. Il existe des plans pour d’autres projets au
Mozambique et en Ouganda. Une entreprise de vérification internationale, SGS, et
des organisations mexicaines et indiennes sont actuellement impliquées afin de
garantir la compatibilité du système avec les exigences du MDP.

réalisation des réductions d’émissions spécifiées dans le Document de


Conception du Projet.

Vérification et certification
Une fois le projet mis en œuvre, il sera soumis à une analyse supplémentaire
par des entités opérationnelles sous la forme de vérification et de certification.
Le rapport de vérification sera ensuite mis à la disposition du Comité Exécutif
du MDP et du public, après quoi le développeur de projet se recevra les
Réductions d’Emissions Certifiées dans un délai de 15 jours, à moins que le
Conseil Exécutif ne demande le réexamen du dossier.

22
4. Que peut-on anticiper au fur et à
mesure de l’évolution du MDP ?

Les bénéfices seront-ils à la hauteur des efforts fournis ?


L’absorption, le stockage et la libération de carbone par la végétation terrestre
auront vraisemblablement des implications économiques croissantes dans les
décennies à venir. Les institutions responsables de l’affectation des terres
devront donc commencer à considérer le carbone au-delà des autres objectifs
de la gestion des terres.
Certaines questions doivent être revues régulièrement au fur et à mesure que le
marché du MDP se développe afin de mieux déterminer s’il faut ou non
encourager des projets relevant du MDP dans le secteur de l’affectation des
terres – notamment : qui peut en bénéficier ? De combien ? Sous quelles
conditions ? D’autres fonds et d’autres bénéfices peuvent-ils être obtenus ? Le
MDP ne sera pas toujours le meilleur mécanisme pour un projet d’affectation
des terres ou pour assurer une amélioration sociale, économique et
environnementale. Au fur et à mesure que la conscience du changement
climatique augmente dans le monde entier, des programmes parallèles
promouvant la séquestration de carbone seront sans doute développés, comme
dans le cas des programmes de conservation des forêts financés par le carbone
promus par certaines ONG.

Quels seront les effets sur l’affectation des terres dans les
pays en voie de développement?
Les effets que le MDP aura sur l’affectation des terres dépendront largement
des éléments que le Comité Exécutif du MDP doit encore décider et adopter –
sur l’éligibilité des projets, sur les conditions requises afin d’assurer la
permanence des bénéfices issus du projet, et sur les procédures permettant de
déterminer les niveaux de référence. Les acheteurs de carbone préfèrent
actuellement les projets des secteurs énergétiques et industriels, en partie à
cause de l’incertitude continuelle sur l’éligibilité des projets d’affectation des
terres, mais aussi à cause de la perception des risques associés aux projets dans
ce dernier secteur.
Dans le secteur de l’affectation des terres, on continuera à privilégier les projets
de foresterie – par rapport aux activités agricoles, – avant tout à cause : du
taux relativement élevé d’absorption de carbone et de la facilité à mesurer le
carbone dans les arbres par rapport aux sols, – des périodes d’engagement de
courte durée (cinq ans) pour les réductions d’émissions, – et de la mise à
disposition plus rapide des critères et des standards acceptés au niveau aussi
bien global que local.
A moins qu’il n’y ait une intervention active de la part des gouvernements et
des organismes des pays en voie de développement désirant promouvoir un
secteur forestier orienté vers les habitants, ce qui sera le plus recherché seront
les types de forêts simples, notamment les plantations d’espèce unique, dans
des zones peu peuplées dans lesquelles peu de questions concernant les

23
Poser les fondations d’un développement ‘propre’ : Préparer le secteur de l’affectation des terres

habitants seront posées. Ces derniers sont plus simple à mettre en place que
des projets forestiers complexes, de petite échelle, visant à bénéficier les
moyens d’existence locaux (qui, malgré les bénéfices qu’elle apporte au niveau
local, tend à ne pas être reconnue par les standards actuels de foresterie).
Il est probable que les systèmes de projets forestiers de grande échelle seront
les plus courants, sur les terres à fort taux de croissance, par l’utilisation de
techniques d’amélioration de ces taux. Du point de vue financier, les marges de
profit sont ténues sur presque tout l’ensemble des activités du secteur de
l’affectation des terres – c’est pourquoi on constate une tendance à investir
dans des projet à économie d’échelle. Le coût des transactions entraîné par les
projets relevant du MDP sont aussi significatifs: les exigences sont
considérables en termes d’information, de négociation, de conception, de suivi
et de gestion des risques. Seules les opérations à grande échelle seront capables
de répondre à de telles exigences, à moins qu’il n’y ait des interventions pour
rassembler ou partager les coûts entre de nombreux projets de petite taille.
De tels projets forestiers, simples et à grande échelle, qui évitent (ou évacuent)
les habitants locaux peuvent être très efficaces pour séquestrer le carbone.
Mais ils présentent aussi le risque d’empêcher d’autres initiatives relevant du
développement durable qui visent à obtenir des services et des biens multiples
des forêts, et qui cherchent à rendre le pouvoir et des droits aux bénéfices aux
pauvres et personnes dépendant des forêts. D’où la nécessité de faire en sorte
que les projets relevant du MDP soient soutenus par des initiatives de
développement durable acceptées au niveau local.

Quels seront les effets sur les conditions d’existence, en


particulier celles des plus pauvres?
Là où les biens et les services apportés par les forêts sont rares, là où les
techniques et les investissements manquent ou dans les régions et où il n’y a
que peu de possibilités d’emploi, les projets relevant du MDP peuvent
bénéficier aux communautés – en particulier s’il existe des conventions afin
d’assurer l’accés à ces bénéfices aux membres des communautés qui sont dans
le besoin. Mais de tels projets peuvent aussi avoir des effets néfasyes sur la
sécurité alimentaire locale ainsi que sur les options de développement. Il est
trop facile pour les gouvernements et les corporations d’assumer que les terres
‘vides’ ne sont pas utilisées.
Etant donné l’importance qui sera probablement appliquée à la foresterie de
grande échelle, l’amélioration des conditions d’existence dépendra :
■ Des partis dirigent les projets
■ Du mode de mise en œuvre de ces projets
Les exigences du MDP en ce qui concerne le déroulement des projets peuvent
être décourageantes pour les groupes plus petits ayant peu de connections
internationales. Les coûts de transaction peuvent être élevés. C’est pourquoi il
sera plus difficile pour les entreprises et les groupes communautaires plus
petits d’accéder aux bénéfices offerts par le MDP. Les effets sur les conditions
d’existence des projets dirigés par les grandes entreprises ont, par conséquent,
tendance à être déterminés par : les standards sociaux sélectionnés (une raison

24
Que peut-on anticiper au fur et à mesure de l’évolution du MDP ?

pour bien choisir les critères de développement durable), leur application


pratique (une raison pour établir des liens avec des initiatives actives de
développement durable pouvant assurer que le boisement ne soit pas réalisé
sur des terres ayant une importance sociale), et l’étendue des partenariats
entre corporations – communautés.
Si des communautés ou des petits propriétaires doivent être impliqués
activement dans un projet relevant du MDP, il ne faut pas seulement que leurs
systèmes d’affectation des terres soient reconnus par les critères de
développement durable appliqués au MDP au niveau national, mais les coûts
de transaction doivent aussi être couverts. Ceci ne peut être réalisé que si un
troisième parti (par exemple une ONG, une banque de développement rurale
ou un service d’extension gouvernemental) rassemble les personnes dans un
système de groupes, de façon à assurer l’apport d’informations, la consistance
du régime de gestion, et des systèmes financiers et de gestion pour le partage
des coûts et des bénéfices entre les nombreux petits participants. Le cadre des
conditions d’existence durables peut apporter un diagnostique utile lors de
l’évaluation des effets de tels projets de groupe.8
Enfin, plutôt que le boisement, les activités de conservation du carbone
(gestion des forêts à des fins de biodiversité, d’écotourisme, de réserves d’eau
et autres activités non-consommatrices) peuvent offrir des bénéfices des plus
importants en termes de conditions d’existence. Cependant, ces dernières ne
sont pas encore éligibles dans le cadre du MDP. Parmi les activités éligibles,
l’agroforesterie et la foresterie rurale intégrée et les projets énergétiques
offrent des bénéfices considérables en termes de conditions d’existence.

Quels seront les comportements collectifs des


investisseurs du MDP?
Les entreprises du secteur privé joueront un rôle essentiel dans la mise en
œuvre du MDP. Les entreprises développeront des idées de projets et
investiront dans des systèmes approuvés (voir encadré 7). Il est aussi probable
que les entreprises seront aussi impliquées dans des activités relevant du MDP
là où, dans les pays d’accueil, elles ont déjà des opérations. Il est probable que
les projets seront avant tout sélectionnés en fonction des bénéfices financiers,
et en accord avec les activités commerciales existantes. C’est pour cette raison
que les activités de foresterie peuvent être relativement impopulaires.
Au long terme, dans le courant commercial le plus important du domaine
forestier, il n’y a que peu de preuves de l’apport de bénéfices commerciaux de
l’adoption de standards environnementaux et sociaux élevés. Pour les
investisseurs conservateurs, il est probable que cela réduira l’acceptation des
opportunités offertes par le MDP qui ne sont que marginalement viables
économiquement. Par contraste, quelques entreprises innovatrices peuvent
avoir des gains potentiels, en termes de réputation, dans l’investissement dans
des projets de foresterie socialement responsables.

8 [Link]

25
Poser les fondations d’un développement ‘propre’ : Préparer le secteur de l’affectation des terres

Encadré 7: Les plantations forestières de large échelle en Tanzanie


Tree Farms AS, une entreprise norvégienne de foresterie, espère vendre des droits
d’émissions à des émetteurs privés de GES en Norvège dans la mesure où les cibles de
réduction imposées par le Protocole de Kyoto commencent à avoir des effets et que le
gouvernement fait pression sur les entreprises pour qu’elles atteignent les objectifs de
réduction des émissions. Actuellement il n’existe qu’une seule entreprise, Industrikraft
Midt-Noorge, ayant fait part de plans d’achat de compensations provenant de projets
de foresterie relevant du MDP. En 1996, cette dernière décida d’un contrat provisoire
d’options de compensations carbone (lequel lui offre l’option d’acheter des
compensations carbone à une date future désignée à un prix décidé aujourd’hui) avec
la Tree Farms AS à juste au-dessous 4,5 dollars américains par tonne de CO2. Ces
options seront exercées tout au long de la première période d’engagement du
Protocole de Kyoto allant de 2008 à 2012.
Les compensations carbone doivent être fournies au moyen de boisements utilisant
l’eucalyptus et le pin en Asie de l’Est. En Tanzanie des sites forestiers, d’une surface
totale de 87 568 hectares sont acquis en leasing dans les hauts pays, et sont boisés
par une filiale de Tree Farms. Comme les locations à bail, qui durent 99 ans, ne
peuvent être obtenus qu’au moyen de procédures bureaucratiques complexes
demandant l’approbation d’organisations communautaires à travers des organismes
gouvernementaux, l’entreprise est encore en attente de l’approbation nécessaire.
Néanmoins, la plantation a déjà commencé (approximativement 1 840 hectares en
2000) et l’entreprise a pour objectif la production de compensations carbone en plus
du bois de construction. On estime que, pour une seule de ces trois plantations, les
revenus provenant du carbone atteindront, sur une période de 25 ans, les 27 millions
de dollars américains.

Dans ce contexte, les pays en voie de développement doivent définir des


critères de développement durable et des codes de conduite collectifs
applicables dans leur pays.

Où ira l’investissement et que doivent faire les pays en


voie de développement ?
Au fur et à mesure que le marché global du MDP évoluera, il est probable
qu’il faudra suivre le chemin emprunté au cours des dernières décennies par la
plupart des investissements étrangers directs. Il est vraisemblable que la
plupart des projets seront mis en place dans une douzaine de pays développés
parmi les plus importants, lesquels possèdent les infrastructures et les
institutions pour traiter facilement des projets à grande échelle. Pour la vaste
majorité des pays en voie de développement les plus pauvres, il n’y a que peu
de chances que le secteur privé, laissé à lui-même, montre beaucoup d’intérêt,
à moins que des initiatives actives ne soient mises en œuvre afin d’attirer des
projets relevant du MDP. Ceci peut être fait de deux manières :
■ Utiliser un portfolio d’investisseurs tel que celui du Prototype Carbon
Fund, de la Banque Mondiale, et autres institutions financières
importantes, qui peuvent vouloir accroitre l’étendue de leur portfolio de
projets dans les pays en voie de développement, en particulier dans les
pays les plus pauvres, dans lesquels le secteur privé, n’investirait pas de
lui-même,

26
Que peut-on anticiper au fur et à mesure de l’évolution du MDP ?

■ Utiliser des fonds d’assistance au développement internationaux afin


d’aider les pays en voie de développement les plus pauvres à renforcer la
capacité nationale pour le développement et la promotion de projets
relevant du MDP.

Comment le marché global du MDP évoluera-t-il?


L’avenir du marché global dépendra largement de la demande en projets
relevant du MDP provenant des entreprises et des pays du Nord. Sans la
participation des Etats-Unis d’Amérique au marché du MDP du Protocole de
Kyoto (bien que ce dernier puisse établir un marché parallèle), il est probable
que la demande soit considérablement limitée, réduisant le capital disponible
pour le développement de ces projets.
De plus, les pays développés qui se tournent vers le marché du MDP afin de
promouvoir des investissements internes et des projets de développement
durable jugeront le marché non seulement suivant le nombre de projets que ce
dernier est capable de générer, mais aussi sur le nombre de pays ayant été
capables d’en tirer profit. S’il n’y a que quelques pays en voie développement
qui bénéficient de ce marché, il sera sans doute difficile pour le reste des pays
en voie de développement de décider d’autres extensions du concept du MDP
dans les périodes d’engagement à venir.

27
Poser les fondations d’un développement ‘propre’ : Préparer le secteur de l’affectation des terres

28
5. Où pourrais-je obtenir plus
d’information ?
L’information disponible sur le MDP est extrêmement riche. Trouver
l’information exacte n’est pas toujours facile. Une section croisée de sites web
et de sources d’information, avec une préférence particulière pour ceux et
celles contenant des bons liens vers d’autres sources, est fournie ci-dessous.
Cette liste n’est en aucun cas complète, et l’inclusion dans cette dernière
n’implique en aucune manière une approbation du contenu par les auteurs.

Où pourrais-je trouver des informations sur les réunions


et les textes officiels ?
La Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique
(CCNNCC) – [Link] – La CCNNCC maintient sur son site
web une liste complète des documents relatifs à la Convention, dont le
Protocole de Kyoto et offre aussi un accès aux rapports nationaux. Ce site
contient tous les rapports sur les différentes Conférences des Parties. Pour
accéder à cette documentation cliquer sur le bouton ‘Documents’.
Le site de la CCNNCC sur le MDP - [Link] - Pour des
informations sur le MDP, les réunions du Comité Exécutif et le cycle
d’activités du projet.
National Communications Support Programme – [Link] –
Le National Communications Support Programme travaille avec plus de 130
pays participants dans 8 sous régions: l’Afrique, les Pays arabes, l’Europe et la
Confédération russe, l’Asie, le Pacifique, les Caraïbes, l’Amérique centrale et
l’Amérique du sud. Il fut lancé par le Programme des Nations Unies pour le
Développement (PNUD) et le Programme des Nations Unies pour
l’Environnement (PNUE), en coopération avec le Secrétariat de la CCNUCC.
Le programme offre une aide technique afin de renforcer la capacité des pays
non visés à l’Annexe 1 à préparer leurs communications nationales initiales. Il
aspire aussi à promouvoir la qualité, la portée et l’à propos des
communications nationales.
GIEC – Rapports spéciaux sur l’affectation des terres, le changement
d’affectation des terres et la foresterie – [Link] Il est possible de
télécharger tous les rapports spéciaux du GIEC, ainsi que d’autres publications
et information relatives aux travaux de l’GIEC.

Comment pourrais-je en savoir plus sur le processus de la


politique sur le climat ?
International Institute for Sustainable Development (IISD), Canada –
[Link] – publie une lettre d’information
électronique sur toutes les réunions internationales importantes sur le
changement climatique (dont la Conférence des Parties).

29
Poser les fondations d’un développement ‘propre’ : Préparer le secteur de l’affectation des terres

Pew Centre for Climate Change – [Link] –publie des


articles sur les questions relatives au changement climatique à l’intention des
corporations et du public des Etats Unis d’Amérique.
Earth Negotiations Bulletin (ENB) – [Link] –
offre une couverture quotidienne sur les réunions de la Conférence des Parties,
dont des analyses des négociations et des rapports sur les événements
collatéraux.
Climate Policy – [Link] – un journal de recherche
s’intéressant aux traitements du changement climatique, aux niveaux
nationaux et internationaux et en termes de réponses politiques -y compris les
aspects de la foresterie et du MDP.
Centre for Clean Air Policy (CCAP) – [Link] – offre des
informations, des publications et des discussions à jour sur les politiques
domestiques et internationales sur le changement climatique – dont le rôle de
l’affectation des terres dans le MDP.
Resources for the Future (RFF) – [Link] – utilise un ‘réservoir
intellectuel’ extensif de chercheurs spécialisés, et se concentre avant tout sur les
sciences économiques et sociales des questions liées aux ressources naturelles.
Le site possède une bibliothèque en ligne extensive, comprenant des sections
séparées sur la foresterie, l’affectation des terres et le climat.

Où pourrais-je obtenir plus d’information sur la


connaissance et la recherche scientifique sur le MDP ?
IPCC (GIEC) Data Distribution Centre (DDC) – [Link]
– créé pour faciliter la distribution en temps voulu d’un ensemble consistant en
scénarios mis à jour de changements de facteurs climatiques ainsi que des
éléments socio-économiques et environnementaux associés afin d’évaluer les
impacts sur le climat. L’intention est que ces nouvelles évaluations puissent
être intégrées à la révision du processus de l’IPCC (GIEC), en particulier au
Troisième Rapport d’Evaluation.
IPCC National Greenhouse Gas Inventories Programme –
[Link]
Pacific Institute for Studies in Development – [Link] – un
centre indépendant, à but non lucratif, créé en 1987 afin de conduire des
recherches et des analyses politiques sur l’environnement, le développement
durable et la sécurité internationale, avec un intérêt tout particulier pour les
solutions à long terme qui sont requises par une perspective interdisciplinaire.
Bangladesh Centre for Advanced Studies (BCAS), Bangladesh –
[Link] – possède de nombreuses publications, essentiellement sur
la vulnérabilité au changement climatique du Bangladesh et les impacts de ce
changement sur ce pays.
Center for International Forestry Research (CIFOR) –
[Link] – couvre la gestion durable et l’utilisation des forêts
dans les pays en voie de développement, en particulier dans les pays des

30
Où pourrais-je obtenir plus d’information ?

tropiques. Ceci comprend le carbone forestier, les moyens d’existence durables


et la biodiversité.
The FAO Climate change and forestry mailing list –
[Link] – des mises à jour régulières par courriel
sur toutes les questions relatives au changement climatique et à la foresterie, y
compris les publications, les informations sur les politiques, et les sites web
intéressants.
International Institute for Environment and Development (IIED) –
[Link] – une organisation indépendante, à but non lucratif,
ayant pour but la promotion de voies durables de développement du monde
au moyen de recherches réalisées en collaboration, de développements de
réseaux et de disséminations des connaissances. Le site comprend des
informations sur les critères et les stratégies de développement durable, la
foresterie, l’affectation des terres et le changement climatique, ainsi qu’une
liste importante de publications qui peut être téléchargée.
Forest Trends – [Link] – une organisation cherchant à
promouvoir des approches de conservation des forêts reposant sur le marché.
Son site web possède quelques bons liens avec d’autres sources d’information
sur les questions de foresterie - dont une section sur le carbone forestier, sous
le titre ‘forest service’.
Climate Ark (portail internet sur le changement climatique et les énergies
renouvelables) – [Link] – Un portail internet dédié à la
promotion des politiques publiques répondant au changement climatique au
moyen de la réduction des émissions en dioxyde de carbone et autres gaz, des
énergies renouvelables, de la conservation d’énergie et de l’arrêt du
déboisement. Climate Ark offre un moteur de recherche utile sur les questions
liées au changement climatique, ainsi que des liens sur les informations
actuelles et passées.

Comment pourrais-je en savoir plus sur les projets


carbone pilotes?
Activités de mise en œuvre conjointe –
[Link] – La liste officielle de la CCNNCC
des projets relevant d’activités de mise en œuvre conjointe acceptés par les
autorités nationales concernées.
ICRAF (Centre international de recherche en agro-foresterie) –
[Link] – L’ICRAF, basé à Nairobi, Kenya, maintient des
informations sur des activités agroforestières, y compris sur des projets pilotes
relevant du MDP.
Face Foundation – [Link] FACE (Forêts absorbant les
émissions de dioxyde de carbone) est une organisation à but non lucratif
finançant la plantation et l’entretien de forêts depuis 1990.
Ilha do Bananal – [Link] – un projet pilote de
compensation carbone et de conservation au Brésil.

31
Poser les fondations d’un développement ‘propre’ : Préparer le secteur de l’affectation des terres

South-south north – [Link] – est de concevoir, de


développer et de mettre en œuvre le Mécanisme pour un développement
propre du Protocole de Kyoto.
Plan Vivo – [Link] – Le site comprend un manuel en ligne
pour les systèmes Plan Viva de planification, de gestion et d’évaluation de la
fourniture en services carbone par des petits agriculteurs, en particulier dans
les pays en voie de développement, de façon à améliorer les conditions
d’existence en milieu rural.
The Nature Conservancy (TNC) – [Link] –
TNC est une organisation de conservation basée aux Etats-Unis d’Amérique,
ayant des organisations partenaires en Asie – Pacifique, au Canada, dans les
Caraïbes et en Amérique latine. Elle travaille à la préservation des plantes, des
animaux, des communautés naturelles, essentiellement grâce à l’achat de
terres. Elle est impliquée dans des projets de changement climatique dans
plusieurs pays, dont Rio Bravo au Brésil et Noël Kempff en Bolivie.
The Center for Environmental Leadership in Business, au Conservation
International – [Link] – établit des partenariats entre le secteur
privé et la communauté de l’environnement. Ceci comprend des projets de
compensations des émissions de carbone grâce à la conservation des forêts et
le reboisement.
The World Land Trust – [Link] – The World Land
Trust est une organisation à but non lucratif de conservation qui achète des
terres dans les pays en voie de développement pour conserver la biodiversité et
les écosystèmes menacés. Elle est en train de développer des services de
conseils pour les politiques de développement de projets relevant du DFID et
du MDP.
Tanzania International Small Group and Tree-planting Program (TIST) –
[Link] – formé en 1999, ce programme, dirigé par les
communautés locales, est destiné à séquestrer le carbone et à créer des
systèmes de stockage de carbone d’une façon qui soit compatible avec les
meilleures pratiques du développement durable. Ce programme est développé
dans le cadre des principes du MDP.
World Resources Institute (WRI) – [Link] – des informations sur
une série de questions importantes pour le MDP et le secteur de l’affectation
des terres, dont certains projets pilotes relevant du MDP. De nombreuses
publications sont disponibles.
United States Initiative on Joint Implementation (USIJI) –
[Link] – USIJI est un programme pilote qui a pour but
d’encourager les projets d’adaptation des émissions de gaz à effet de serre et
promouvant un développement durable. Le site offre des informations utiles
sur la manière de développer un projet, sur les projets existants et sur des liens
sur le changement climatique et les documents associés.
Moving Towards Emissions Neutral Development (MEND) –
[Link] – fut un projet financé par le DFID afin
d’étudier la manière de mettre en œuvre des projets relevant du MDP de façon

32
Où pourrais-je obtenir plus d’information ?

à optimiser les objectifs d’un développement durable. Les pays d’étude étaient
le Ghana, le Bangladesh, la Colombie et le Sri Lanka.
Carbon Monitor – une lettre d’information publiée par Environmental
Intermediaries & Trading Group Limited. Elle couvre de nombreuses
questions liées à la commercialisation des compensations carbone créées par
Kyoto et offre des mises à jour régulières avec des commentaires. Vous pouvez
vous abonner gratuitement à cette lettre d’information en envoyant un courriel
à Richard Hayes – rhayes@[Link]

Où pourrais-je trouver une aide institutionnelle ?


US Country Studies Program – [Link] –
Grâce au U.S. Coutry Studies Program, le gouvernement des Etats-Unis
d’Amérique a offert une aide technique et financière à 56 pays en voie de
développement ou ayant des économies de transition pour les assister dans la
conduite d’études sur le changement climatique. Ces études ont permis à ces
pays de développer des inventaires de leurs émissions anthropogéniques de gaz
à effet de serre, d’estimer leur vulnérabilité au changement climatique et
d’évaluer les stratégies d’adaptation et de réponses au changement climatique.
Ce programme fut annoncé par le Président avant la Conférence des Nations
Unies sur l’Environnement et le Développement (CNUED), aussi connu sous le
nom de Sommet de la terre, et qui fut tenue à Rio de Janeiro, au Brésil, en
1992.
The Global Environment Facility (GEF) – [Link] – le GEF est
financé par la Banque Mondiale et fonctionne en conjonction avec les
gouvernements nationaux, les ONG et les organisations scientifiques afin
d’offir des subventions à des projets sur la biodiversité, le changement
climatique, les eaux internationales et l’ozone. Les projets financés
comprennent des projets de protection des puits de carbone, ainsi que des
projets de développement et de restauration de projets améliorant la
séquestration du carbone dans la biomasse et dans les sols.
The Joint Implementation Network (JIN), the Netherlands –
[Link] – fut créé en 1994 afin d’établir un réseau
international pour la recherche et l’échange d’informations sur la mise en
œuvre conjointe, dont les mécanismes et les projets relevant du MDP. Le JIN
publie the Joint Implementation Quarterly qui analyse les développements
actuels et les progrès des projets.

Comment pourrais-je en savoir plus sur la vente des


droits d’émissions et sur les aides financière?
The Prototype Carbon Fund (PCF) – [Link] –
Le PCF de la Banque Mondiale a pour objectif de démontrer comment les
transactions d’émissions reposant sur des projets peuvent adapter le
changement climatique. Le site contient des rubriques d’information, des
forums de discussions, et des documents clefs sur des projets ayant fait acte de
candidature au PCF, dont des études sur les niveaux de référence, le suivi et la
vérification des protocoles et des contrats de vente.

33
Poser les fondations d’un développement ‘propre’ : Préparer le secteur de l’affectation des terres

CERUPT – [Link] –
financé par le gouvernement des Pays-Bas, le programme CERUPT achète des
droits d’émissions de carbone aux projets relevant du MDP. Le programme est
dirigé par Senter, l’agence responsable de la mise en œuvre de dispositifs de
subventions pour plusieurs ministères néerlandais. A ce jour, le CERUPT n’a
accepté aucun droit d’émissions provenant de projets d’affectation des terres
relevant du MDP.
Future Forests – [Link] – une entreprise anglaise offrant
des compensations carbone volontaires à des entreprises et des individus. Elle
achète des droits d’émissions à des projets de foresterie au Royaume-Uni et
dans les pays en voie de développement.
PrimaKlima – [Link] – une organisation
allemande qui finance et met en œuvre des projets de boisement, de gestion
forestière et de conservation de la forêt en coopération avec des organisations
reconnues aux niveau national et international afin d’adapter le changement
climitique global. Elle conduit aussi des recherches pour la CEE sur les lignes
directrices pour les projets relevant de la mise en œuvre conjointe et du MDP.
EcoSecurities Ltd – [Link] – une entreprise de conseil en
services financiers pour l’environnement qui offrent des conseils techniques,
politiques et financiers sur les questions de changement climatique avec des
spécialisations sur l’affectation des terres et le MDP.

Où pourrais-je obtenir aide et conseils ?


Environment and Development Action in the Third World (ENDA) –
[Link] – bien que se concentrant avant tout sur l’énergie,
l’ENDA possède un groupe actif sur le changement climatique et donne un
aperçu des opportunités offertes par le MDP, en particulier en Afrique.
Tata Energy Research Institute (TERI), India – [Link] – possède
un nombre important de rubriques sur les questions de changement
climatique, dont le MDP, en Inde. Il publie aussi régulièrement une lettre
d’information.
The Edinburgh Centre for Carbon Management (ECCM) –
[Link] – l’ECCM offre des conseils politiques et techniques
au gouvernement et à l’industrie dans les domaines de la foresterie et de
l’affectation des terres. L’ECCM développe aussi des projets de séquestration
de carbone dans les pays en voie de développement.
EcoSecurities Ltd – [Link] – Ce site internet a plus de
50 publications couvrant une série de questions spécifiques au MDP et au
secteur de l’affectation des terres, dont la déperdition, la permanence, les
niveaux de référence, l’évaluation et l’allocation de droits d’émissions.
Winrock International – [Link] – emploie un groupe
d’experts dans la quantification et l’évaluation de projets importants sur le
carbone, et offre des services d’aide technique à l’agriculture, la foresterie et la
gestion des ressources naturelles.

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Où pourrais-je obtenir plus d’information ?

Oak Ridge National Laboratory (ORNL) Carbon Dioxide Information


Analysis Center (CDIAC) – [Link] – Le centre d’analyse des
données et des informations sur le changement gobal du ministère américain
de l’énergie (DOE). Il possède d’importants ensembles de données qui sont
pertinents pour de nombreux domaines du changement climatique.
Trexler and Associates, Inc. (TAA) – [Link] – Trexler offre
des services de gestion des risques liés au changement climatiques aux grandes
entreprises et développe des projets d’adaptation, dont des projets de foresterie
de compensation carbone.
Société Générale de Surveillance (SGS) –
[Link] – La SGS a déjà gagné de
l’expérience dans la certification d’un certain nombre de projets relevant de
l’affectation des terres et des résumés sont disponibles sur le site web.

35
Poser les fondations d’un développement ‘propre’ : Préparer le secteur de l’affectation des terres

36
Glossaire: termes liés aux droits
d’émissions
Depuis le début des années 1990, divers termes ont été utilisés pour les
mécanismes d’adaptation du changement climatique mis en œuvre au niveau
de projets, et pour leurs rendements. Les significations de nombreux termes
ont évolué depuis. Ci-dessous se trouvent quelques-unes des définitions qui ont
été utilisées. La plupart des termes ont une certaine relation avec la
Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique
(CCNUCC), signée en 1992, aux dispositions de laquelle le Protocole de
Kyoto, signé en décembre 1997, donne corps.

Mécanisme (1) – Définitions antérieures au Protocole de


Kyoto.
Mise en œuvre conjointe
Le concept de mise en œuvre conjointe fut introduit en 1991 par la Norvège
au cours des négociations précédant la CNUED. Ceci se reflète dans l’Article
4.2(a) de la CCNUCC qui donne aux pays visés à l’Annexe 1 la possibilité de
contribuer aux objectifs de la Convention en mettant en œuvre des politiques
et des mesures conjointement avec d’autres pays. Les participants s’investissant
dans ces projets espéraient demander des ‘droits’ de réductions d’émissions
pour les activités financées qui auraient, dans leur propre pays, diminué la
responsabilité en termes d’émissions de gaz à effet de serres qui leur était
attribuée. Cette attente n’a pas été concrétisée.

Activités de mise en œuvre conjointe


Dans la première Conférence des Parties de la CCNUCC, tenue à Berlin en
1995, le mécontentement des pays développés avec le modèle de la mise en
œuvre conjointe s’exprima dans un refus formel de la mise en œuvre conjointe,
avec l’idée que cette dernière allait à l’encontre des objectifs définis dans la
Convention. Un compromis fut trouvé, lequel prit la forme d’une phase pilote
au cours de laquelle des projets furent appelés ‘activités de mise en œuvre
conjointe’. Au cours de la phase pilote des activités de mise en œuvre
conjointe, des projets furent conduits dans le but d’établir des protocoles et de
gagner de l’expérience, sans que toutefois les transferts de droits d’émissions
entre pays développés et pays en voie de développement soient autorisés. A la
6ième Conférence des Parties, 2ième Parti, tenue à Bonn, il fut décidé de
poursuivre la phase pilote des activités de mise en œuvre conjointe.

Mécanismes (2) – Définitions postérieures au Protocole


de Kyoto
Le Protocole de Kyoto de la CCNUCC a créé trois instruments, connus
collectivement sous le nom de ‘mécanismes de flexibilité’, dans le but de
faciliter la réalisation des objectifs de la Convention. Une nouvelle
terminologie fut adoptée pour faire référence à ces mécanismes (voir ci-
dessous). Il est à noter qu’à cause de la distinction que fait le Protocole de

37
Poser les fondations d’un développement ‘propre’ : Préparer le secteur de l’affectation des terres

Kyoto entre les projets conduits dans les pays développés et ceux qui le sont
dans les pays en voie de développement, certains projets relevant des activités
de mise en œuvre conjointe peuvent être reclassés comme projets relevant du
MDP ou de la mise en œuvre conjointe.

Mise en œuvre conjointe


Définie dans l’article 6 du Protocole, la mise en œuvre conjointe fait référence
à des projets d’adaptation du changement climatique mis en œuvre entre deux
pays de l’Annexe 1 (voir ci-dessous). La mise en œuvre conjointe permet la
création, l’acquisition et le transfert de d’‘unité de réduction des émissions’
(URE).

Le mécanisme pour un développement propre (MDP)


Le MDP fut établi par l’article 12 du Protocole et fait référence aux projets
d’adaptation du changement climatique entrepris entre les pays visés à
l’Annexe 1 et ceux non visés à l’Annexe 1 (voir ci-dessous). Ce nouveau
mécanisme, bien que ressemblant à la mise en œuvre conjointe, présente
d’importants points de différence avec cette dernière. En particulier, les
investissements dans le projet doivent contribuer au développement durable du
pays non visé à l’Annexe 1 qui accueille le projet. Les projets doivent aussi
impérativement être certifiés de manière indépendante. Cette dernière exigence
a donné naissance à l’expression ‘unités de réduction certifiées’ (REC),
lesquelles décrivent les rendements des projets relevant du MDP et , sous les
termes de l’article 12, peuvent être comptabilisées à partir de l’année 2000,
soit huit ans avant la première période d’engagement (2008-2012).

Permis d’émissions
L’article 17 du Protocole permet aux pays de l’Annexe B de transférer à
d’autres pays de l’Annexe B des portions de leurs quantités attribuées
d’émissions de GES. Sous ce mécanisme, les pays qui émettent moins que ce
qu’ils sont autorisés dans le cadre du Protocole (leurs quantités attribuées)
peuvent vendre leurs surplus aux pays qui ont excédé leurs quantités
attribuées. De tels transferts ne doivent pas nécessairement être liés à des
projets spécifiques de réductions des émissions.

Quels pays dans quels mécanismes ?


Les pays visés à l’Annexe 1
Ce sont les 36 pays industrialisés ou en transition économique, répertoriés
dans l’Annexe 1 de la CCNUCC. Leurs responsabilités sous la Convention
sont variées et comprennent un engagement non contraignant à réduire leurs
émissions de GES au niveau de 1990 pour l’an 2000.

Les pays visés à l’Annexe B


Ce sont les 39 pays industrialisés ou en transition économique, répertoriés
dans l’Annexe B du Protocole de Kyoto. Les obligations de réduction
juridiquement contraignantes des pays visés à l’Annexe B vont en moyenne
d’une diminution de 8 pour cent (CE par exemple) à une diminution de 10

38
Glossaire

pour cent, par rapport au niveau de 1990 et pour la première période


d’engagement du Protocole allant de 2008 à 2012.

Annexe 1 ou Annexe B?
Dans la pratique, l’Annexe 1 de la Convention et l’Annexe B du Protocole
sont utilisées presque de manière interchangeable. Cependant, ce sont les pays
visés à l’Annexe 1 qui peuvent investir dans les projets de mise en œuvre
conjointe / relevant du MDP et qui peuvent accueillir des projets de mise en
œuvre conjointe, même si ce sont les pays visés à l’Annexe B qui ont des
obligations de réduction des émissions sous le Protocole. Il est à noter que la
Biélorussie et la Turquie sont répertoriées dans l’Annexe 1 mais ne le sont pas
dans l’Annexe B. La Croatie, le Liechtenstein, Monaco et la Slovénie sont
répertoriés dans l’Annexe B et ne le sont pas dans l’Annexe 1.

Les rendements des projets


Les compensations carbone – utilisées dans différents contextes, le plus
communément soit pour signifier le rendement de projets de séquestration de
carbone dans le secteur de la foresterie ou, plus généralement, pour faire
référence au rendement de n’importe quel projet d’adaptation du changement
climatique.
Les droits d’émissions de carbone – de la même façon que pour les
compensations carbone, avec cependant l’ajout des connotations suivantes :
(1) d’être utilisés comme ‘crédits’ dans la comptabilité des pays ou des
entreprises pour compenser les ‘débits’, c’est-à-dire les émissions, et (2) d’être
commercialisables, ou au moins d’être compatible avec le système de vente de
permis d’émissions.
Unités de réduction d’émissions (URE)– terme technique pour le rendement
des projets de mise en œuvre conjointe, tel qu’il est défini par le Protocole de
Kyoto.
Unités de réduction certifiées d’émissions (REC) – terme technique pour le
rendement des projets relevant du MDP, tel qu’il est défini par le Protocole de
Kyoto.
Unité de retrait (RMU)- un nouveau terme technique représentant les crédits
en termes de puits engendrés par les pays de l’Annexe 1 pouvant être
commercialisés au moyen des mécanismes du commerce de permis d’émissions
et de la mise en œuvre conjointe.

39
Parmi les personnes travaillant dans les domaines de l’affectation des
terres et de la foresterie, nombreux sont ceux qui attachent de plus
en plus d’importance à l’inclusion de leur secteur d’activité dans les
débats de politique internationale sur le changement climatique.
L’augmentation du niveau de carbone atmosphérique est l’une des
causes majeures du changement climatique global. De ce point de
vue, les écosystèmes terrestres jouent un rôle important, à la fois de
manière positive, en agissant en tant que ‘puits’ à carbone (en
séquestrant le carbone au moyen de la photosynthèse), ainsi que de
façon négative, en tant que ‘source’ de carbone (à cause du déboise-
ment, de la décomposition organique, de l’érosion du sol, etc.).

L’émergence de nouvelles opportunités pour le développement de


projets de réduction d’émissions de carbone, tout en attirant l’in-
vestissement étranger, est d’une importance toute particulière pour
les pays en voie de développement. En ce qui concerne le secteur de
l’affectation des terres, ceci comprend le boisement et le reboisement.
Ces opportunités sont offertes dans le contexte du Mécanisme pour
un Développement Propre (MDP) du Protocole de Kyoto, l’accord
international sur le changement climatique.

Cette publication est une source d’information pour les audiences des
secteurs de l’affectation des terres et de la foresterie, issues princi-
palement des pays en voie de développement, désirant en savoir plus
sur le MDP et sur la manière dont ce dernier affecte leurs activités.
Elle introduit la politique existante ainsi que le cadre législatif consti-
tué par le MDP. C’est un guide en ce qui constitue l’éligibilité de dif-
férents types de projets, qui présente aussi ce que les différents pays
peuvent faire pour se préparer au MDP dans le secteur de l’affecta-
tion des terres. Elle offre un aperçu sur les implications globales du
MDP ainsi que sur son évolution future.

Cette publication est l'un des resultats d'un programme de recherche finance
par le Departement pour le Developpement International (DFID) du
Royaume-Uni, au profit des pays en voie de developpement.

ISBN 1-84369-413-1 ISSN 1605−1017


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Laser Proof
Laser Proof

9 781843 694137 9 771605 101003

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