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Examen de mathématiques PTSI2 - 2025

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M.

Duval PTSI2, Lycée Raspail 11 octobre 2025

DS 2
Durée : 3h30
11 octobre 2025
Le sujet comporte trois exercices indépendants et sept pages. Vous pouvez traiter les exercices dans l'ordre de

votre choix.

Le sujet est long, il est parfaitement normal de ne pas le terminer.

L'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite.

Aucun document n'est autorisé.

Si, au cours de l'épreuve, vous repérez ce qui vous semble être une erreur d'énoncé, vous le signalez sur votre

copie et poursuivez votre composition en expliquant les raisons des initiatives que vous êtes amenés à prendre.

Exercice 1 : Mise en bouche


Les questions de cet exercices sont indépendantes entre elles.
1) Montrer la formule suivante :
n
X

∀n ∈ N , k2k = (n − 1)2n+1 + 2
k=1

k
Aide : On pourra remarquer que k = 1.
P
i=1
2) Calculer, en fonction de l'entier n ∈ N∗ xé, la valeur de Sn := |i − j|.
P
16i,j6n

Rappels des notations utilisées pour les exercices de géométrie


− →

Lors des deux exercices suivants, on munit le plan P d'un repère orthonormé (O, i , j ). On pourra
encoder les points du plan ou bien par leurs coordonnées réelles, ou bien par leur axes complexes.
Pour un complexe z , on désignera par M(z) le pointqui  a pour axe z et que l'on note M. De
x
même, pour un couple de réels (x, y) on désignera par N le point noté N dont l'abscisse vaut x
y
et l'ordonnée vaut y .
On rappelle qu'en vertu de la dénition des axes complexes, on a donc l'équivalence suivante pour
tout z ∈ C et tout (x, y) ∈ R2 :
  (
x x = Re(z)
M(z) = N ⇐⇒ z = x + iy ⇐⇒ .
y et y = Im(z)
On utilisera également les notations suivantes :
Notation 1. On note Cu le cercle unité. C'est-à-dire que Cu = {M(z) ∈ P | |z| = 1}.

Notation 2. On note Du le disque unité qui représente le domaine intérieur (au sens large du cercle
unité). C'est-à-dire que Du = {M(z) ∈ P | |z| 6 1}.
Enn, on rappelle la dénition de tangente pour un cercle.
Dénition 3. Soit C un cercle de centre U et M un point de C . On appelle tangente à C au point M
la droite qui passe par M et qui est orthogonale à la droite (UM).

Exercice 2 : Illustre Archimède, plus de 2 000 ans de progrès humain


Archimède vécut à Syracuse en sicile lors du iii-ème siècle avant notre ère. Ses contributions scien-
tiques sont aussi vastes que légendaires. Il est en particulier célèbre pour avoir déterminer un enca-
drement assez précis de π grâce à une habile méthode de polygones réguliers inscrit et circonscrit au

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M. Duval PTSI2, Lycée Raspail 11 octobre 2025

cercle. Nous nous proposons ici de revenir sur cette méthode en la présentant à l'aune de la trigono-
métrie moderne. Ceci constitue donc un anachronisme complet, les fonction sinus et cosinus étant par
exemple complètement inconnues d'Archimède.
On admet également trois propriétés de géométrie euclidienne bien connue d'Archimède :
axiome 4. Le segment joignant deux points est la longueur minimale de toute courbe entre ces deux
points.
axiome 5. Tout cercle a un périmètre ni et ce périmètre est proportionnel au diamètre du cercle. On
note alors π la constante de proportionnalité ainsi dénie. En particulier, on admet donc que le cercle
unité a un périmètre égal à 2π .
axiome 6. Tout disque a une aire nie et cette aire est proportionnelle au carré du rayon du cercle.
La constante de proportionnalité ainsi dénie vaut également π . En particulier, on admet donc que le
disque unité a une aire égale à π .
Nous supposerons également connues toutes les propriétés de cours des fonctions sinus, cosinus et
tangente.

A : L'Archimède des temps modernes


On notera dans tout l'exercice les expressions suivantes en fonction d'un entier naturel n.
π
θn = , an = cos(θn ) et bn = sin(θn ).
3 × 2n
   
1 an
1) On xe n ∈ N et on considère dans un repère orthonormé, les points P et An
0 bn
.
1.a) Représenter la situation sur un schéma et déterminer la longueur du segment [P An ].
1.b) Justier à l'aide des axiomes introductifs que cette longueur est inférieure ou égale à θn .
2) En déduire la minoration de π suivante :
∀n ∈ N, 3 × 2n+1 bn+1 6 π.

3) On xe un entier k au moins égal à 3 et on considère le polygone régulier à k côtés passant par le
point P et circonscrit au cercle unité Cu . C'est-à-dire que chaque côté de ce polygone est tangent à Cu
en son milieu ; voir le dessin en gure 1.
Justier à l'aide des axiomes introductifs que le périmètre de ce polygone est supérieur ou égal
à 2π .

Figure 1  Polygone régulier à k = 5 côtés circonscrit au cercle unité. Tous les côtés ont même
longueur et tous les angles du polygone ont même mesure. Le point P est le milieu d'un côté du
polygone. Et ce côté est bien tangent au cercle unité en P . La situation se répète pour chaque côté :
il est tangent au cercle unité en son milieu.

4) En déduire que ∀n ∈ N, π 6 3 × 2n × an .
bn

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B : Version pratique de l'encadrement


Comme expliqué, Archimède ne connaissait pas les fonction trigonométriques et serait donc in-
capable de calculer en pratique les valeurs de l'encadrement précédent. Nous allons donc chercher à
donner un moyen de calcul presque accessible aux contemporains d'Archimède.
5) Étudier la monotonie des suites a et b.
q
6) Montrer que ∀n ∈ N, an+1 = 2 .
1+an

7) Établir la formule suivante pour tout n ∈ N :


n
Y b0
bn ak = .
2n
k=1

C : Approximations de l'encadrement
Ce qui précède montre que Archimède a besoin de calculer des valeurs approchées de racine carrées
pour déterminer un encadrement pratique de π . Pour ce faire, il consulte d'antiques grimoires babylo-
niens qui contiennent une méthode ecace d'approximation √ de racines carrées. An de simplier les
calculs, nous présentons ici une méthode pour approximer 2.
On considère une suite u dénie par récurrence de la manière suivante :
(
u0 = 2
un 1
∀n ∈ N, un+1 = 2 + un .

8) Justier que la suite u est bien dénie et minorée par 2.

9) Établir que la suite u est décroissante et converge vers 2.

10) On note maintenant, pour tout n ∈ N, εn := |un − 2|.
10.a) Établir ∀n ∈ N, , εn+1 = (ε2unn) .
2

10.b) En déduire que ∀n ∈ N, log2 (εn+1 ) 6 −1 + 2 log2 (εn ).


On rappelle que log2 = ln(2) .
ln

n
11) En s'intéressant à la somme 1 1
log2 (εk ) , démontrer que :
P 
2k+1
log2 (εk+1 ) − 2k
k=0
1
∀n ∈ N, εn 6 .
22n −1

12) Supposons qu'Archimède ait la patience de calculer la valeur de √u5 . Montrer que ε5 6 10−9 et en
déduire qu'Archimède est capable de calculer une approximation de 2 à neuf décimales correctes.
Note culturelle : ceci est purement anachronistique. Archimède aurait certainement donné son ap-
proximation sous forme de fraction et non sous forme décimale.

D : Épilogue
Lors de sa preuve historique de l'encadrement de π , Archimède utilisa des polygones réguliers à 96
côtés.
On rappelle que les parties précédentes ont permis de montrer :
bn
∀n ∈ N∗ , 3 × 2n bn 6 π 6 3 × 2n .
an
 
Pour tout entier n ∈ N∗ , on dénit alors la précision de cet encadrement par γn := 3×2n bn
an − bn .

13) Établir la formule :



γn an (1 − an+1 ) 1 − an
∀n ∈ N, γn+1 = 6 γn .
an+1 (1 − an ) (1 − an )

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M. Duval PTSI2, Lycée Raspail 11 octobre 2025

n−1
14) En déduire que ∀n ∈ N∗ , 1+ ak .
1
Q
γ n 6 γ0 √
k=0

15) Conclure enn ∀n ∈ N, γn 6 2n−1


3n−3/2
.
16) En faisant le bilan de l'exercice, quelle précision peut espérer Archimède dans son encadrement
de π avec ses polygones à 96 côtés ?

Note culturelle : En réalité, la précision obtenue par Archimède est environ 150 fois meilleure. On
a été trop prudent en question 13. Par ailleurs, les grimoires babyloniens évoqués en début de partie C
sont ctifs. Archimède n'a en fait pas donné de justication pour ses approximations de racines carrées.
Néanmoins, vu les encadrements qu'il propose, tout laisse à penser qu'il a bien utilisé la méthode connue
des babyloniens et qui passa ensuite à la postérité grâce à Héron d'Alexandrie.

E : Interlude poétique avant l'exercice suivant


17) Faites une micro-pause en méditant sur les vers suivants.

Que j'aime à faire apprendre ce nombre utile aux sages !


Immortel Archimède, artiste ingénieur,
Qui de ton jugement peut priser la valeur ?
Pour moi, ton problème eut de pareils avantages.
Jadis, mystérieux, un problème bloquait
Tout l'admirable procédé, l'÷uvre grandiose
Que Pythagore découvrit aux anciens Grecs.
Ô quadrature ! Vieux tourment du philosophe
Insoluble rondeur, trop longtemps vous avez
Déé Pythagore et ses imitateurs.
Comment intégrer l'espace plan circulaire ?
Former un triangle auquel il équivaudra ?
Nouvelle invention : Archimède inscrira
Dedans un hexagone ; appréciera son aire
Fonction du rayon. Pas trop ne s'y tiendra :
Dédoublera chaque élément antérieur ;
Toujours de l'orbe calculée approchera ;
Dénira limite ; enn, l'arc, le limiteur.
De cet inquiétant cercle, ennemi trop rebelle
Professeur, enseignez son problème avec zèle.

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Exercice 3 : Nouveau point de vue sur les cercles


Précision sur l'interdépendance des parties : La partie B nécessite d'avoir traité en premier lieu la
partie A. En revanche, les parties C et D peuvent être traitées sans avoir traiter ni la partie A ni la
partie B, à condition d'admettre le résultat principal rappelé en début de partie C.

A : Dénition d'une transformation du plan


Pour un point M quelconque du plan, on applique si possible le programme de construction
suivant. Ceci est illustré sur la gure 2.

ˆ On note CM le cercle qui passe par O et M et dont la tangente au point O est exactement l'axe
des ordonnées (Oy). Ce cercle coupe l'axe des abscisses en deux points : l'origine O et un autre
point que l'on note A.
ˆ On note P un point d'intersection des cercles Cu et CM si cette intersection est non vide.

ˆ La droite ∆ passant par P et orthogonale à l'axe des abscisses (Ox) coupe l'axe (Ox) en un point
que l'on note H.
ˆ On note enn f (M) le point d'intersection des droites (OM ) et ∆.

Figure 2  Construction de f (M)


Le but de cette première partie est d'étudier à quelle condition cette construction est possible.
On xe alors z ∈ C et on s'intéresse au point M(z) d'axe z . Pour simplier les notations dans
cette première partie, on notera simplement M ce point
1) Montrer que si M n'appartient pas à l'axe (Oy), alors il existe eectivement un unique cercle CM
passant par O et M et dont la tangente au point O est exactement l'axe des ordonnées (Oy).
Déterminer alors l'axe complexe du point A en fonction de z dans ce cas.

Dans la suite de la partie, on supposera toujours que le point M n'appartient pas à l'axe (Oy).
2) Justier que si M n'appartient pas au disque unité Du ni à l'axe (Oy), alors l'intersection des cercles
Cu et CM comprend exactement deux points.
Ainsi, on peut alors dénir un point P comme suggéré dans le programme de construction. Mais il
y a deux possibilités.
3) Justier que si l'intersection des cercles Cu et CM comprend exactement deux points (que l'on notera
P1 et P2 ), alors la droite orthogonale à (Ox) passant par P1 est confondue avec la droite orthogonale
à (Ox) passant par P2 .

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M. Duval PTSI2, Lycée Raspail 11 octobre 2025

4) Faire le bilan de la partie en prouvant que pour un point M n'appartenant ni au disque unité Du ,
ni à l'axe (Oy) ; alors le point f (M ) est bien déni de manière unique.
5) Déterminer explicitement l'ensemble des points M du plan tels que le cercle CM intersecte le cercle
Cu en au moins un point.
On notera E cet ensemble et on en donnera une présentation cartésienne ainsi qu'une représentation
sur un dessin.

B : Extension de la transformation
On xe encore un point M d'axe z .
Le but de cette partie est d'étendre la construction de f (M ) y compris dans les cas où le programme
de construction semble mal déni.
6) On considère. dans un premier temps que le point M n'appartient pas au disque unité Du et
n'appartient pas non plus à l'axe (Oy). La première partie assure alors que le point f (M ) est bien
déni. On notera alors z 0 l'axe de f (M ).
6.a) En se rappelant que le point P est à l'intersection des cercles CM et Cu , donner l'axe complexe
du point P en fonction de z .
6.b) En déduire que l'axe z 0 du point f (M ) est déni par :
1
z0 = (F )

7) Dans cette question, on suppose maintenant que le point M appartient au disque unité sans appar-
tenir au cercle unité Cu .
Montrer qu'il existe un unique point N situé à l'extérieur du disque unité tel que f (N) = M.
Dans ce cas, on pose alors f (M) = N.
8) Faire le bilan de cette partie en précisant l'ensemble de tous les points M pour lesquels on a
nalement déni le point f (M ). Dans quel cas, la formule (F ) est-elle valide ?

Finalement, On convient de poser pour tout point M(z), distinct de O, le point f (M) comme étant
celui d'axe z̄1 . Ceci y compris dans les cas de point M n'ayant pas encore été traités par cette partie.

C : Image de certains cercles la transformation


On rappelle que l'on a déni dans les parties A et B une transformation f du plan privé de
l'origine O. Pour tout complexe z non nul, l'image f (M(z)) du point d'axe z est le point d'axe z̄1 .
On dénit également pour tout paramètre a > 0 deux ensembles de points suivants :

Ta := M (z) | ∃t ∈ R, z = a − aeit


Ua := {M (z) | z + z̄ = a} .

9) Pour le choix a = 2, représenter sur un schéma chacun des ensembles T2 et U2 .


Aucune justication demandée, en revanche, le schéma devra être légendé et sans ambiguïté.
10) Donner en fonction d'un
 paramètre
 réel t, la forme trigonométrique du complexe wt := 1 − eit .
Puis, si wt 6= 0, calculer Re w1t .
On pourra exprimer certaines réponses à l'aide de la fonction cotan := sin .
cos

11) En déduire, que pour tout a ∈ R∗+ , on a l'implication suivante :


∀z ∈ C? , M(z) ∈ Ta =⇒ f (M(z)) ∈ U1/a .

12) Étudier la réciproque de l'implication précédente.

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D : Application à l'étude des points rationnels d'un cercle


Dénition 7. Un point du plan est dit rationnel si ses deux coordonnées
( sont des nombres rationnels.
Re(z) ∈ Q
Autrement dit un point quelconque M(z) d'axe z est dit rationnel si .
et Im(z) ∈ Q

13) On xe un point M(z) distinct de l'origine O.


Justier que M(z) est rationnel si et seulement si f (M(z)) est rationnel.
14) On note A le cercle de centre A (1/2) et de rayon 12 .
Conclure l'exercice en montrant que le cercle A contient une innité de points rationnels.

Fin du sujet

Remarque culturelle pour conclure : Après le cercle, les mathématiciens s'intéressèrent aux points
rationnels sur des courbes elliptiques 1 . Au contraire d'un cercle les points rationnels sur une courbe
elliptique  typique  sont en nombre ni et très restreints. C'est en montrant ce fait que M. Andrew
Wiles parvint à démontrer le théorème de Fermat qui avait résisté à plus de deux siècles de tentatives
de preuves de la part de la communauté mathématique.

1. Le dénomination est légèrement trompeuse car, par exemple, les ellipses ne sont pas des courbes elliptiques.

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