Impact des dépenses publiques sur la croissance économique en RDC
Isaac Ilinga
7 décembre 2025
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INTRODUCTION
0.1 Etat de la question
La question des dépenses publiques et de leur impact sur la croissance économique a été largement débattue
dans la littérature économique. En effet, l’impact des dépenses publiques sur la croissance dépend de leur nature,
de leur organisation, de leur gestion, et de la manière dont elles sont allouées dans les secteurs économiques. Le
premier volet de cette étude présente les travaux antérieurs sur cette problématique.
Dans son mémoire de licence intitulé ≪ Les dépenses publiques et leur impact sur le développement économique
de la RDC ≫, Michée Matulapaka conclut que l’économie congolaise souffre de l’inefficacité de la gestion des dépenses
publiques. En effet, la répartition mal orientée des dépenses publiques a conduit à une insuffisance de financement
des secteurs clés de l’économie, notamment les infrastructures et les services sociaux. L’inefficacité des dépenses
publiques empêche ainsi une croissance économique soutenue, créant des déséquilibres macroéconomiques. Lorsque
le pays alloue des ressources à des secteurs peu productifs, cela engendre des déficits budgétaires chroniques et une
incapacité à financer les investissements nécessaires au développement à long terme.
Vanessa Nsungi, dans son mémoire intitulé ≪ Analyse des effets des dépenses publiques sur la croissance
économique en RDC ≫, identifie trois points essentiels : la mauvaise répartition des dépenses publiques, l’ineffi-
cacité dans la gestion des ressources publiques, et la dépendance des dépenses à des financements extérieurs. Il
constate que ces éléments ont freiné la croissance économique au Bénin, car les dépenses ne sont pas investies de
manière productive, ce qui a un effet néfaste sur la croissance.
Dans son étude ≪ Évaluation de l’impact des dépenses publiques sur la croissance économique dans les pays
de la région des Grands Lacs (2013-2018) ≫, Germain BYAOMBE MIHALI analyse la situation de la RDC, de
la Zambie, du Rwanda et du Burundi, et conclut que les dépenses publiques dans ces pays ont souvent été mal
orientées. La RDC, en particulier, a eu un solde budgétaire déficitaire constant, ce qui a limité l’effet des dépenses
publiques sur la croissance économique. Par ailleurs, les dépenses consacrées à des secteurs non productifs ont freiné
la diversification économique et l’industrialisation, éléments pourtant cruciaux pour la croissance durable.
Contrairement à ces travaux, la présente étude se concentre sur l’analyse de l’organisation et de la gestion des
dépenses publiques en RDC, en mettant l’accent sur leur contribution réelle à la croissance économique.
0.2 Problématique
À l’heure actuelle, aucune nation ne peut atteindre une croissance durable sans une gestion efficace de ses
dépenses publiques. Les dépenses publiques, qu’il s’agisse de l’investissement dans les infrastructures, la santé,
l’éducation, ou d’autres secteurs clés, jouent un rôle central dans le développement économique d’un pays. Le
commerce extérieur, bien qu’essentiel, n’est qu’un des leviers économiques, et la gestion interne des finances publiques
constitue un moteur incontournable de croissance.
Les dépenses publiques sont essentielles pour stimuler la demande agrégée, améliorer les infrastructures et fournir
des services sociaux, mais elles doivent être bien orientées et allouées de manière stratégique. Dans le contexte de
la RDC, les dépenses publiques ont un potentiel énorme pour soutenir la croissance économique, mais ce potentiel
est souvent compromis par une gestion inefficace et une mauvaise allocation des ressources.
En 2022, les dépenses publiques en RDC ont été concentrées dans les secteurs de l’administration publique et de
la sécurité, avec une part relativement faible allouée aux investissements dans les infrastructures productives et le
secteur privé. Cette répartition déséquilibrée des dépenses a freiné l’impact des finances publiques sur la croissance
économique. En outre, la gestion de ces dépenses reste marquée par une corruption persistante et un manque de
transparence, ce qui limite leur efficacité.
Les travaux précédents montrent qu’un usage optimal des dépenses publiques dans des secteurs créateurs de
richesse, comme l’industrie, l’agriculture, et les infrastructures, pourrait considérablement améliorer la situation
économique de la RDC. Cependant, ces dépenses doivent être accompagnées de réformes institutionnelles, de ren-
forcement des capacités de gestion, et d’une plus grande transparence pour garantir qu’elles produisent l’effet
attendu sur la croissance économique.
Ainsi, cette étude se propose de répondre à la question suivante : Comment les dépenses publiques sont-elles
organisées et gérées en RDC, et quel est leur impact réel sur la croissance économique ?
0.3 Objectifs
D’une manière générale, l’objectif de cette étude est d’analyser l’impact des dépenses publiques sur la croissance
économique en RDC.
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Pour mener cette investigation scientifique, les objectifs spécifiques suivants ont été proposés :
— Définir les concepts liés aux dépenses publiques et à la croissance économique.
— Présenter les tendances et la structure des dépenses publiques en RDC.
— Analyser l’impact des dépenses publiques sur la croissance économique en RDC, à travers une analyse
économétrique.
— Proposer des recommandations pour améliorer l’utilisation des dépenses publiques afin de favoriser une
croissance économique durable en RDC.
0.4 Méthodologie
Plusieurs méthodes et techniques ont été utilisées pour la matérialisation de cette étude, à savoir :
— Méthode descriptive : Elle a permis de recueillir des données quantitatives relatives aux dépenses publiques
et à la croissance économique en RDC.
— Méthode économétrique : Elle a été utilisée pour analyser les effets des dépenses publiques sur la croissance
économique en RDC.
— Technique documentaire : Cette technique a permis de collecter les informations en se basant sur la revue
de littérature afin de mieux maı̂triser le contexte du sujet.
— Technique d’entretiens : Elle a été utilisée pour recueillir des informations auprès des professionnels ou expert
en économie.