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Analyse des classes sociales et mobilité

Le document analyse la structure sociale à travers les concepts de classes sociales selon Karl Marx et Max Weber, en définissant les classes en soi et pour soi. Il présente également les catégories socio-professionnelles en France, soulignant une évolution vers une société de services et une moyennisation des classes, rendant la lutte des classes moins pertinente. Enfin, il met en évidence la difficulté d'identifier les frontières de classes et la pauvreté dans le contexte actuel.

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Analyse des classes sociales et mobilité

Le document analyse la structure sociale à travers les concepts de classes sociales selon Karl Marx et Max Weber, en définissant les classes en soi et pour soi. Il présente également les catégories socio-professionnelles en France, soulignant une évolution vers une société de services et une moyennisation des classes, rendant la lutte des classes moins pertinente. Enfin, il met en évidence la difficulté d'identifier les frontières de classes et la pauvreté dans le contexte actuel.

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CLASSES, STRATIFICATION

ET MOBILITÉ SOCIALE

COMMENT ANALYSER LA
STRUCTURE SOCIALE ?

I. QUELQUES DEFINITIONS

La classe en soi : Ensemble des individus qui détiennent une position semblable dans le
processus de production.

La classe pour soi : On peut la définir comme une classe en soi qui a pris conscience d’intérêts
communs et d’une classe ennemie contre laquelle une entrée en lutte est nécessaire.

Holisme : Cela consiste à expliquer des faits sociaux par d’autres faits sociaux. La société exerce
une contrainte sur l’individu qui doit intérioriser les principales règles et les respecter.

Nominalisme : Rien n’existe que ce qu'un individu pense. L'ensemble des pensées d'un individu
forme un tout cohérent, qu'il lui est impossible de réellement tester.
II. LES FONDATEURS DE LA STRUCTURE SOCIALE

1. KARL MARX

Sociologue, historien, économiste et philosophe, Karl Marx (1818-1883) de nationalité


Allemande, est à l’origine de la conception de classe sociale.

Sa conception (au contraire de Max Weber) est une conception réaliste, cela signifie que les
classes observées existent réellement.

C’est donc, pour Karl Marx, la place qu’occupe l’individu qui détermine la classe auquel il
appartient. Avec à l’origine une diversité de classes dans l’œuvre de Marx (jusqu’à 7) sa théorie
principale reposera sur seulement deux classes :
- Le prolétariat
- La bourgeoisie

Ce qui résumera pour lui le système capitaliste.

La classe prolétaire, en nombre la plus importante, ne détenant que sa force de travail,


nécessaire à leur survie et créatrice de richesse.

La classe bourgeoise (les capitalistes) qui détiennent les moyens de production et en dégage
une plus-value.

Cette répartition en deux classes peut être retrouvée dans les peuples plus anciens, maîtres et
esclaves, seigneurs et vassaux, etc. et résume le principe du dominant, dominé.
A partir de cette constatation Marx définira les deux concepts que sont les classes en soi et les
classes pour soi (voir définition plus haut)

Ainsi Karl Marx définira la classe sociale comme étant un ensemble d’individus qui partagent
une condition commune, des intérêts communs et qui luttent ensemble pour promouvoir les
intérêts.

2. MAX WEBER

Max Weber, économiste et sociologue (1864-1920), est un partisan de l’individualisme


méthodologique. Au contraire de Marx il ne part pas des classes mais de l’individu et de sa
motivation à comprendre la société. On parlera d’approche subjective.

La classe sociale sera donc, pour lui, un ensemble d’individus qui partagent un destin commun
(« chances de vies ») en fonction de leur place dans les échelles sociales, économiques et
politiques, mais sans être forcément conscients de leur situation et de leurs intérêts communs.

Si l’on compare les deux approches l’on peut dire que pour Karl Marx la structure sociale est une
conception holiste, réaliste et conflictuelle quand pour Max Weber elle est individualiste,
nominaliste et pas forcément conflictuelle.

On parlera de notion de structure sociale pour Marx et de stratification sociale pour Weber.
III. LES CATEGORIES SOCIO PROFESSIONNELLES

Créé en 1954 et réactualisé en 1982 et en 2003, cet outil est l’outil référence de l’INSEE.

La catégorisation mise en place répond à la définition donnée par l’Insee :

« Regrouper les individus vivant dans des situations objectives voisines, ayant des conditions de
travail, des formations et souvent des origines sociales analogues, des moyens économiques,
des conditions de vie et de logement de même type, les personnes d’une même catégorie
socioprofessionnelle ont une probabilité notable d’avoir des pratiques et des projets
semblables, parce que produits par des conditions voisines »

On est donc très proche de la définition de classe sociale qu’elle soit de Marx ou de Weber.

Les classes sociales ainsi définies en CSP sont au nombre de 6 pour les actifs et 2 pour les
inactifs

Nous nous intéresserons exclusivement aux catégories actives. Retenir que celles-ci sont
subdivisées en 32 postes et en 497 professions.
A noter dans cette représentation en pyramide que les PCS Agriculteurs et Artisans,
Commerçants, Chefs d’entreprise peuvent se retrouver dans les différentes classes
(supérieures, moyennes, populaires) tout va dépendre des revenus dégagés par leur activité.

Les PCS sont numérotées :

PCS 1 : Agriculteurs exploitants

PCS 2 : Artisans, Commerçants, Chef d’entreprise

PCS 3 : Cadres, Professions intellectuelles supérieures

PCS 4 : Professions intermédiaires

PCS 5 : Employés

PCS 6 : Ouvriers
IV. LA STRUCTURE SOCIALE FRANÇAISE ACTUELLE

A l’issue des trente glorieuses, la société industrielle étudiée par Marx et Weber a disparu pour
laisser apparaître une société tournée vers les services et dans laquelle les groupes sociaux
n’ont plus le même visage.

On voit évoluer les Catégories des employés, des professions intermédiaires et des cadres et
professions intellectuelles supérieures au détriment des agriculteurs et des ouvriers.

De même, on constate une réduction des inégalités de niveau de vie entre les catégories. Le
développement de l’Etat Providence, la consommation de masse et l’accès à la culture créent
une homogénéisation des valeurs et des modes de vie.

On parlera de moyennisation de la société française (principe évoqué par H. Mendras), c’est le


processus par lequel de plus en plus d’individus appartiennent aux strates moyennes d’une
société. Il n’y a donc plus, dans ce cadre-là, de personnes exploitées et de personnes qui
exploitent, tel que l’avait vu Marx.

Cette moyennisation rend la lutte des classes impossible et préjudiciable aux classes
défavorisées qui peuvent accéder à la propriété, à la consommation … etc. et rejoindre pour
certaines valeurs les classes les plus aisées.

Il résulte de tout cela, des frontières de classes brouillées et des contours de la pauvreté
difficilement identifiables.

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