QU’EST-CE QUE LA
GLOBALISATION FINANCIERE ?
I. LE FONCTIONNEMENT DES PRINCIPAUX MARCHES
FINANCIERS
1. Les différents marchés financiers
L’expression « marchés financiers » peut être résumée à deux significations :
- Au sens large, ensemble des marchés des capitaux et marché des changes
- Au sens strict, ensemble des marchés des capitaux à long terme
Ils permettent la rencontre directe entre les agents qui ont un besoin de financement
(demandeurs) et ceux qui en ont la capacité (offreurs)
1- Le marché monétaire : Composé de l’ensemble des transactions à court terme (moins de
24 heures) et à moyen terme (7 ans maxi). Ce marché a un rôle de refinancement des
banques (faire face aux retraits aux guichets, aux virements vers d’autres banques…).
C’est sur ce marché que l’on retrouve également les échanges de titres négociables
(montant minimal d’un titre 150 000€) que sont les bon du Trésor (émis par l’Etat) ou les
billets de trésorerie (émis par les entreprises).
2- Les marchés financiers : Ils regroupent les marchés des actions et des obligations (ainsi que
les titres hybrides)
a. Le marché des actions permet aux entreprises qui désirent avoir des ressources à
long terme, d’émettre des titres (actions) qui seront une partie du capital de la
société et donneront donc droit à une partie des dividendes (partage des bénéfices)
en terme de rémunération. Il existe 3 marchés d’actions :
i. le premier marché (25 % du capital minimum mis à la disposition du public
et CA supérieur à 75 Md’€),
ii. le second marché (10 % du capital minimum mis à la disposition du public)
et
iii. le nouveau marché (pour les entreprises jeunes à fort potentiel de
croissance)
b. Le marché des obligations permet aux entreprises d’émettre des titres de dettes
(on parle d’emprunt obligataire). Chaque acheteur finance une partie de l’emprunt
émis par la banque et récupère un intérêt sur la part qu’il aura prêté à la société.
c. Les titres hybrides constituent le passage entre l’obligation et l’action. Le prêteur
souscrira à une obligation qu’il aura la possibilité de convertir en une action à une
date fixée au préalable.
3- Les marchés dérivés : Ils ne permettent pas d’acheter ou de vendre directement un produit
mais de prévoir cette opération (achat ou vente) à terme différé en fixant aujourd’hui les
conditions futures de la transaction. Exemple je passe la transaction aujourd’hui pour
l’achat dans un mois d’ 1 tonne de blé à un cours (dans un mois) de 100 euros la tonne. A
l’arrivé du terme, je peux, soit revendre mon option d’achat à quelqu’un d’autre soit lever
mon option (acheter réellement ma tonne)
Ce jour-là tout dépendra du taux réel, s’il est supérieur à 100 euros j’aurai gagné la
différence, s’il est inférieur j’aurai perdu la différence.
Mais si j’ai pris la peine de revendre juste avant le terme je n’aurai soit rien à payer
(j’encaisse la différence positive) soit à verser la perte enregistrée (mais juste la différence
entre le prix théorique négocié et le prix réel final)
C’est le marché qui est le plus critiqué depuis la crise des subprimes, principalement sa
branche gré à gré (rencontre directe entre acheteur et vendeur) sans intervenant comme
dans la branche des marchés organisés (avec une chambre de compensation)
4- Le marché des changes : C’est un marché à part (on parle aussi de Forex) qui n’assure pas
le financement de l’économie. On y échange des devises contre d’autres devises. Les
opérateurs (appelés cambistes) échangent quotidiennement plus de 4000 milliards de
dollars.
On est sur un marché uniquement de gré à gré, sans cotation centralisée, qui fonctionne 24
h/24 et 5 jours par semaine.
On peut l’utiliser soit pour se protéger sur un futur achat dans une monnaie différente de
la monnaie nationale, soit pour simplement spéculer sur la baisse ou la hausse d’une
monnaie.
2. Les différents acteurs sur le marché financier
On retrouve tous les agents économiques sur ce type de marché, cela va des ménages aux
entreprises en passant par les Etats et les banques.
On peut les classer en deux parties :
1- Les Emetteurs : Ce sont les agents qui sont en recherche de ressources pour financer
leurs investissements. Principalement les entreprises, l’Etat et les collectivités locales.
Comme nous l’avons dit plus haut, les entreprises ont essentiellement deux moyens de
se financer, ouvrir leur capital (par émission d’action) ou créer un emprunt (emprunt
obligataire)
Pour l’Etat et les collectivités locales, le recours à l’augmentation de capital n’est pas
possible puisqu’elles n’ont pas de capital. Elles n’auront d’autres ressources (en dehors
des impôts, ressources naturelles) que de recourir à l’emprunt public.
2- Les investisseurs : Ce sont les agents qui ont de l’épargne disponible pour financer les
besoins des Emetteurs.
L’agent principal dans cette catégorie étant les ménages, pas souvent en
investissement direct (achat direct d’actions ou d’obligations) mais plutôt en
investissement indirect par l’achat d’assurance vie ou de plan d’épargne d’entreprise
(composés en réalité d’actions et d’obligations)
On retrouve ensuite les investisseurs institutionnels (appelés « zinzins ») qui sont
chargés de placer les épargnes collectées principalement dans les fonds de pension
(épargnes retraites par capitalisation)
Puis les fonds spéculatifs (hedge funds) dont le but n’est que de spéculer sur les
différents marchés.
Les fonds souverains qui gèrent les fonds des Etats auxquels ils appartiennent.
Et enfin dans un moindre mesure les entreprises qui sont pérennes et cherchent à
investir dans d’autres structures.
3. Les rôles des marchés financiers
Le premier rôle des marchés financiers est, sur le marché primaire, de mettre en rapport les
investisseurs et les demandeurs afin de contribuer au financement de l’économie.
Ce marché primaire permet ce financement sans passer par les intermédiaires banquiers. On le
voit dans le cas des Sociétés Anonymes qui peuvent financer leurs investissements par l’émission
de nouvelles actions.
Une fois ce financement créé, les titres émis se retrouvent en général sur un second marché
(marché dit secondaire) où l’attrait est essentiellement celui de la spéculation pour le détenteur
ou le futur détenteur du titre.
Ce second marché se retrouve dans les Bourses, marché où la confrontation des offres et des
demandes va fixer le prix des actions ou des obligations négociées. Les cours et quantités ne
s’équilibrant en général pas vraiment, on procédera à la technique du « premier entré premier
servi » pour l’exécution des ordres.
Comme vu dans le paragraphe « marchés dérivés » les risques sont importants pour des
opérations trouvant leur conclusion dans le futur. Il existe donc des produits financiers permettant
de limiter et de couvrir ce type de risque. On peut citer :
- Les swaps qui sont des contrats d’échanges sur les taux, sur les devises (exemple pour
un swap de taux, on emprunte à un taux variable en se garantissant la possibilité de
changer pour un taux fixe si le taux variable devenait moins intéressant)
- Les contrats à terme, on fixe à l’avance (à partir de prévisions du marché) le prix final
de la négociation
- Les options qui permettent (mais pas d’obligation) d’acheter ou de vendre à un terme
précis à un taux précis.
II. EVOLUTION DU MARCHE DES CAPITAUX DEPUIS LES
ANNEES 80
A la suite des chocs pétroliers les revenus des pays exportateurs de pétrole se sont accru tout en
creusant le déficit des pays importateurs. C’est ce décalage qui a poussé les pays importateurs à
développer les marchés financiers.
Ce phénomène de libéralisation de la finance se symbolise par les 3 D.
1. Le Décloisonnement
Il est de double nature, la disparition des barrières extérieures et l’ouverture des marchés
nationaux mais également la disparition des barrières mises entre les banques de dépôt et les
banques d’investissement.
A l’heure actuelle nous avons un grand marché global accessible à tous les intervenants.
2. La Désintermédiation
C’est la possibilité d’avoir accès aux marchés de capitaux sans passer par les intermédiaires
traditionnels (les banques)
3. La Déréglementation
C’est la suppression de toutes les réglementations nationales qui régissaient et bloquées la
circulation libre des capitaux. C’est cette dérèglementation qui sera à l’origine de la création des
produits dérivés, visant à maîtriser l’instabilité des taux de changes et des taux d’intérêts.
Nous sommes maintenant dans un marché mondial où les décisions des Etats jouent
immédiatement sur celui-ci.