COMMENT EXPLIQUER LES CRISES
FINANCIERES ET REGULER LE
SYSTEME FINANCIER ?
I. LES MECANISMES SUSCEPTIBLES D’ENGENDRER UN
CHOC SYSTEMIQUE
1. L’exemple de la crise de 1929
On
considère
que
les
origines
de
cette
crise
proviennent
essentiellement
des
décisions
prises
à
l’issue
de
la
première
guerre
mondiale.
D’une
part
la
condamnation
de
l’Allemagne
à
payer
les
dommages
de
la
guerre,
fait
rejeté
par
Keynes
(qui
refusa
de
signer
le
traité
de
Versailles).
Décision
qui
endetta
les
générations
futures
d’allemands
et
bloqua
la
reprise
économique
de
l’Allemagne.
La
décision
de
l’Angleterre
de
rétablir
la
convertibilité
or
de
la
livre
sterling
sur
la
parité
d’avant-‐
guerre.
Conséquence,
la
livre
se
retrouve
forte
et
bloque
ainsi
la
compétitivité
prix
du
royaume
uni.
Associé
à
une
politique
déflationniste
qui
fragilisera
le
pouvoir
d’achat
et
développera
un
chômage
massif
et
durable.
Et
d’autre
part
les
Etats
Unis
qui
choisiront
une
politique
isolationniste
en
se
recentrant
essentiellement
sur
leur
demande
intérieure.
Conséquence
de
tout
cela
la
valeur
des
titres
financiers
à
Wall
Street
est
multipliée
par
3
entre
1925
et
1929
et
80
%
des
transactions
se
fait
à
crédit
et
à
terme.
Le
24
octobre
1929
débute
un
mouvement
massif
baissier
et
l’effondrement
a
lieu
le
29
octobre
avec
plus
de
26
millions
de
titres
vendus
dans
la
journée.
En
deux
mois
les
50
plus
grosses
entreprises
perdent
la
moitié
de
leur
valeur.
L’arrêt
brutal
de
la
croissance
économique
américaine
favorisera
cette
crise
économique
qui
de
nationale
deviendra
rapidement
internationale
Les
entreprises
et
les
banques
qui
font
faillites
entraînent
leurs
créanciers
dans
cette
spirale
et
touchent
très
rapidement
l’Autriche
et
l’Allemagne
(qui
étaient
exclusivement
financés
par
les
Etats
Unis)
puisque
les
banques
américaines
leur
demandent
de
rendre
rapidement
les
fonds
prêtés.
Réaction
mondiale
un
mouvement
protectionniste
qui
pénalise
le
commerce
international,
instaure
des
droits
de
douane
exorbitants
et
renforce
le
commerce
à
l’intérieur
des
zones
coloniales
(France,
Grande
Bretagne,
Belgique)
Ajouté
à
cela
une
politique
des
taux
d’intérêts
élevés
pour
soutenir
les
taux
de
change
(au
contraire
de
ce
que
Keynes
voulait
mettre
en
place)
et
on
se
retrouve
avec
un
chômage
de
plus
de
25
%
de
la
population
active
aux
Etats
Unis,
de
30
%
en
Allemagne.
Ce
n’est
que
l’entrée
de
l’Economie
vers
l’Economie
de
guerre
qui
apportera
un
mieux
à
l’économie
mondiale
(un
paradoxe)
2. L’exemple de la crise des subprimes
Comme
pour
la
crise
de
1929
la
mondialisation
créée
des
mécanismes
de
mimétismes
(anticipation
moutonnières)
qui
provoquent
ces
crises
systémiques.
Ajouté
à
cela
les
comportements
irresponsables
des
assurances
et
des
institutions
financières
et
la
crise
des
subprimes
arrive.
D’abord,
crise
de
la
dette
aux
Etats
Unis
par
le
refinancement
des
crédits
et
la
création
d’un
surendettement
généralisé
des
emprunteurs
et
ensuite
par
la
titrisation
de
ces
crédits,
qui
seront
revendus
sur
les
marchés
internationaux.
Conséquence,
une
crise
nationale
se
propage
à
la
planète
entière
en
très
peu
de
temps.
Pour
bien
comprendre
voyons
ce
que
sont
les
fameux
subprimes.
Dans
une
Amérique
endettée,
les
organismes
financiers
trouvent
une
solution
pour
relancer
l’économie.
Prêter
à
nouveau
sur
une
valeur
potentielle
et
hypothétique
de
revente
d’un
bien
déjà
financé
(et
principalement
à
taux
variable)
Prenons
un
exemple
:
Un
ménage
a
emprunté
pour
financer
son
logement
à
taux
variable
sur
une
base
de
100
000
$,
les
remboursements
initiaux
sont
de
400
$
par
mois,
les
taux
variables
variant
la
mensualité
est
maintenant
de
600
$.
Le
ménage
n’arrive
plus
à
rembourser,
il
va
voir
sa
banque
pour
refinancer
son
crédit
sur
une
évaluation
(fictive)
de
son
bien
immobilier.
La
banque
l’estime
à
150
000$,
elle
lui
prête
donc
50
000
$
de
plus
qui
lui
serviront
à
payer
l’ancien
crédit,
le
nouveau
et
peut
être
à
faire
des
achats.
C’est
l’engrenage
et
la
généralisation.
Jusqu’au
jour
ou
les
ménages
les
plus
endettés
cherchent
à
revendre
des
biens
surestimés
qui
ne
trouvent
plus
preneurs
et
dont
les
prix
s’effondrent.
C’est
le
début
de
la
crise.
La
titrisation
qui
en
a
découlé
a
porté
cette
crise
au
niveau
mondial.
La
titrisation
c’est
une
pratique
inventée
aux
Etats
Unis
dans
les
années
70
et
qui
consiste
à
mettre
sous
forme
de
titres
(obligations)
les
risques
découlant
des
crédits
immobiliers
consentis.
Permettant
ainsi
d’alléger
le
risque
pour
la
banque
émettrice
en
le
revendant
morcelé
à
d’autres
organismes.
La
garantie
du
titre
pour
le
créancier
étant
de
pouvoir
récupérer
le
bien
immobilier
en
cas
d’insolvabilité.
Le
prix
de
l’immobilier
américain
ayant
été
multiplié
par
deux
entre
1995
et
2007,
l’attrait
pour
ces
titres
est
devenu
mondial
et
nombre
de
banques
internationales
ont
placés
les
fonds
disponibles
sur
ce
secteur
financier.
C’est
cette
amplitude
de
placements
qui
a
rendu
cette
crise
aussi
rapide,
par
un
enchainement
en
cascade
des
faillites.
Les
Etats
n’ayant
plus
comme
possibilité
que
de
faire
intervenir
les
banques
centrales
pour
injecter
des
liquidités
(+
de
700
milliards
aux
états
unis
en
2008),
et
de
nationaliser.
3. Une crise qui devient économique, internationale,
menaçant les états
Une
crise
financière
devient
économique
pour
plusieurs
raisons
:
-‐
Lorsque
le
marché
financier
est
touché,
c’est
l’économie
qui
est
touchée
car
à
lui
seul
il
représente
30
%
du
PIB
des
nations
principales
(Etats
Unis,
Allemagne,
France,
Royaume-‐Uni)
-‐
La
crise
financière
rationne
l’accès
au
crédit
pour
le
financement
de
toutes
les
activités
économiques
ainsi
que
l’accès
au
crédit
des
ménages
-‐
L’orientation
à
la
baisse
du
patrimoine
immobilier
agit
en
négatif
sur
la
propension
marginale
à
consommer
qui
demeure
l’élément
principal
de
la
croissance.
-‐
Pour
les
décideurs
une
crise
financière
est
considérée
comme
un
élément
annonciateur
de
fragilisation
de
l’activité
économique,
il
y
aura
donc
une
«
prudence
extrême
»
de
leur
part
Une
fois
cette
crise
implantée
elle
devient
internationale
pour
les
raisons
suivantes
:
-‐
La
mondialisation
concerne
à
la
fois
l’économie
réelle
mais
également
la
finance,
les
risques
pris
par
les
banques
mondiales
sur
les
subprimes
ont
fragilisé
leurs
sources
de
financement.
-‐
Nous
ne
sommes
plus
en
présence
d’un
système
financier
mondial
régulé.
L’expansion
d’Internet
a
créé
une
transmission
des
effets
de
la
crise
beaucoup
plus
rapide
que
par
le
passé.
La
crise
touche
les
Etats
:
-‐
La
lutte
contre
la
crise
augmente
la
dette
publique
(par
les
efforts
de
politique
budgétaire
de
relance
de
l’économie)
et
fait
craindre
à
la
faillite
de
certains
états.
-‐
Les
Etats
qui
faisaient
croître
leur
économie
à
travers
l’immobilier
(Espagne,
Portugal)
se
sont
retrouvés
plus
touchés
par
cette
crise.
-‐
Les
falsifications
des
données
statistiques
présentées
par
la
Grèce
en
2001,
les
économies
parallèles
amplement
développées
en
Grèce
et
en
Italie,
faussent
également
le
jeu
au
niveau
européen.
II. LA VOLATILITE DES MARCHES RENFORCE CE
PHENOMENE DE CRISE
1. Du point de vue de l’offre
Le
sous
investissement
qui
s’est
développé
durant
les
années
80
et
90
(lorsque
les
prix
étaient
au
plus
bas)
et
une
mauvaise
gestion
internationale
des
stocks,
font
que
lorsque
la
demande
repart,
l’offre
ne
peut
pas
suivre.
De
ce
fait,
l’ajustement
du
marché
à
court
terme
ne
se
fait
pas
par
une
augmentation
de
l’offre
mais
par
une
montée
des
prix
(du
fait
de
la
rareté
de
l’offre)
Cela
est
le
cas
pour
le
pétrole,
pour
les
matières
premières
agricoles.
Ces
marchés
deviennent
à
leur
tour
des
marchés
spéculatifs
qui
vont
intensifier
l’effet
de
la
crise.
2. Du point de vue de la demande
Le
développement
des
pays
émergents
créé
une
demande
continuellement
à
la
hausse.
Que
ce
soit
pour
les
besoins
alimentaires
qui
n’étaient
pas
entièrement
satisfaits
ou
pour
les
besoins
plus
secondaires
qui
apparaissent
à
mesure
que
le
pays
s’enrichit.
La
demande
mondiale
est
donc
croissante
et
ne
trouve
plus
une
offre
disponible
suffisante.
De
ce
fait
les
denrées
alimentaires
deviennent
des
biens
spéculatifs
alors
qu’auparavant
ce
n’étaient
que
des
biens
primaires.
Cette
raréfaction
précipite
les
convoitises
et
la
corruption.
3. Les instruments de régulation des marchés
financiers
-‐
La
réglementation
prudentielle
:
On
parle
ici
essentiellement
des
accords
de
Bâle
(I
puis
II
puis
III)
qui
visait
à
imposer
un
rapport
minimal
de
solvabilité
aux
banques
par
rapport
aux
crédits
octroyés.
Actuellement
les
banques
doivent
avoir
un
rapport
entre
les
crédits
octroyés
et
leur
fonds
propres
de
6
%.
On
peut
considérer
que
ces
ratios
ont
conduit
les
banques
à
faire
de
la
titrisation
pour
détourner
ce
ratio.
-‐
Le
rôle
des
agences
de
notation
:
Créées
suite
à
la
crise
de
1837,
elles
proposent
aux
emprunteurs
et
aux
prêteurs
un
avis
sur
la
solvabilité
des
agents
concernés.
A
savoir
que
pour
être
noté
une
entreprise
doit
payer
cette
prestation,
on
peut
donc
rester
prudent
sur
l’exactitude
de
la
notation
puisque
les
notés
sont
également
les
clients
de
l’agence.
-‐
La
nécessité
de
prévenir
les
risques
systémiques
:
Pour
cela
les
états
(principalement
autour
de
G20)
ont
décidé
de
réguler
ce
risque
systémique.
Création
d’un
conseil
de
stabilité
financière,
mise
en
place
de
garde-‐fous
à
travers
des
superviseurs
indépendants,
volonté
d’une
meilleure
organisation
des
marchés
des
matières
premières
pour
y
limiter
les
spéculations.