Simulation en santé : état des pratiques
Simulation en santé : état des pratiques
Janvier 2012
Le Pr Jean-Claude Granry et le Dr Marie-Christine Moll
sont les auteurs de ce rapport
Le traitement des bases de données a été réalisé par Virginie Roue
Synthèse du rapport 7
1. Définition de la simulation 7
2. Enseignements de l’utilisation de la simulation dans les activités à risques en dehors de la santé 7
3. Synthèse de l’état des lieux international : Amérique du Nord et Europe 8
4. Intérêts pédagogiques de la simulation en santé 9
5. Simulation, gestion des risques et DPC 10
Conclusion et propositions 11
Introduction 13
1. Définitions de la simulation 13
2. Historique de la simulation en santé 15
3. Simulation en dehors de la santé 16
4. Simulation en santé : état des lieux 26
5. Simulation en santé : techniques, bonnes pratiques et perspectives 57
6. Conclusion : intérêts et limites de la simulation en santé - propositions 78
Annexe 1 81
Annexe 2 82
Annexe 3 83
Annexe 4 84
Annexe 4b 88
Annexe 5 89
Annexe 5b 93
Annexe 6 94
Annexe 7 95
Annexe 8 100
Annexe 9 101
Dans un premier temps, il nous a paru important de définir la notion de « Simulation » dans ce contexte
puis, après un bref rappel historique, d'étudier l'apport de la simulation pour la formation « continue » dans
certains métiers à risques. L'expérience de ces métiers nous est apparue indispensable à connaître comme
préalable à l'étude de la simulation en santé.
Celle-ci fait ensuite l'objet de l'état des pratiques internationales, tant à travers la littérature (enquêtes et
revues) que par la vision de spécialistes reconnus. La visite de certains centres de référence a permis de
préciser la réalité de ces pratiques sur le terrain.
La méthodologie et les résultats de deux enquêtes nationales effectuées dans le cadre de la mission sont
rapportés. La première est une enquête « généraliste » utilisant un questionnaire simplifié et destinée à
appréhender une vision globale de l'utilisation des techniques de simulation au sein des établissements de
santé et des écoles des métiers de la santé (médecins, infirmières) en France. La seconde, plus complète,
a pour but de préciser l'organisation et le fonctionnement des centres de simulation installés ou en cours
d'installation.
La dernière partie du rapport développe les aspects actuels de la formation par la simulation. Les
techniques de simulation sont décrites, tandis qu'une revue de la littérature retient les points essentiels de
la formation par cette méthode. Le lien est ainsi établi avec le développement professionnel continu, au
cours duquel la simulation peut représenter un outil particulièrement efficace.
Au terme de ce travail, des propositions générales sur la simulation en santé sont présentées.
1. Définition de la simulation
La définition suivante nous a paru intéressante, car elle intègre bien le rôle de la simulation dans la
formation des professionnels de santé : « Le terme Simulation en santé correspond à l’utilisation d’un
matériel (comme un mannequin ou un simulateur procédural), de la réalité virtuelle ou d’un patient
standardisé pour reproduire des situations ou des environnements de soin, dans le but d’enseigner des
procédures diagnostiques et thérapeutiques et de répéter des processus, des concepts médicaux ou des
prises de décision par un professionnel de santé ou une équipe de professionnels.»1
La première est la conviction profonde que la simulation pouvait apporter une amélioration de la sécurité.
Ce concept, qui n’a pu être aujourd'hui démontré, reste cependant pour ces secteurs une évidence sur
laquelle on ne peut revenir.
Le deuxième élément, qui a motivé la mise en place, est l'enjeu économique. En effet, il est moins coûteux
d’entraîner des pilotes sur des matériels à terre que de faire voler un avion de ligne à vide. Concernant
l'industrie nucléaire française, des gains financiers ont même été mesurés par une diminution de 20 % de
la fréquence des arrêts automatiques des réacteurs.
L'amélioration du savoir-faire grâce à la simulation est indiscutable de même que l'analyse et la modification
des comportements, tout particulièrement en situation de crise. En revanche, certaines questions demeurent
sans réponse : la formation par simulation diminue-t-elle les risques aéronautiques ou les incidents dans
les centrales nucléaires ? Existe-t-il une corrélation entre formation par cette méthode et la performance ?
Est-il justifié d'évaluer les professionnels par ces techniques ?
C. En France, la simulation est une activité émergente, mais qui intéresse de plus en plus
le monde de la santé
L’activité de simulation en santé, même si elle n’est pas encore très dense, se répartit sur l’ensemble du
territoire national et intéresse toutes les disciplines. Beaucoup d’activités utilisant les principes de la
simulation existent, mais demeurent assez artisanales.
Les centres français de simulation disposent en général de locaux dédiés de superficie modeste (en
moyenne moins de trois salles par centre, équipées ou non de systèmes vidéo). Les locaux annexes
permettant convivialité et debriefing sont peu développés. À l’exception de rares établissements, les
matériels et équipements sont peu nombreux et encore assez peu diversifiés (tous déclarent cependant
utiliser au moins un mannequin haute-fidélité). Par exemple, les simulateurs chirurgicaux sont rarement
cités au sein des centres constitués. La simulation, ayant recours à des environnements virtuels, est quasi
inexistante.
Les ressources humaines allouées sont faibles et particulièrement pour les personnels supports (technicien,
hôtesses et secrétaires). En revanche, il existe une réelle compétence au sein des centres puisqu’ils
disposent le plus souvent de formateurs formés à la simulation (formations diplômantes).
La qualité des réponses concernant les ressources humaines montre une difficulté à évaluer précisément
le niveau de celles-ci, souvent intriquées avec les personnels des services de soins des établissements. Il
est probable qu’une part non négligeable de l’activité soit réalisée sur du temps non rémunéré (temps
personnel, repos de garde, etc.). De la même manière que pour les ressources humaines, les structures
semblent mal définies, les organigrammes et la gouvernance sont peu ou pas formalisés. Les structures
présentent une grande disparité en matière d’organisation et de modalités de formation dispensées. Il est
par ailleurs difficile d'évaluer le niveau d'activité moyen des centres.
Les centres souffrent d’un manque de règles ou de bonnes pratiques (par exemple les résultats de la séance
font rarement l'objet d'une fiche d'aide à la progression), d’une grande dispersion des méthodes, des
moyens, et des tarifs de formation. Et enfin, contrairement à ce qui est observé dans le reste de l'Europe,
la recherche est très peu structurée.
Les résultats rapportés tiennent compte essentiellement des implications de ces travaux pour la pratique
et selon les principes de l'Evidence Based Medicine. Ils peuvent être résumés ainsi :
le debriefing est une étape essentielle de la simulation (47 % des articles retenus). De même que la
pratique répétée (39 % des articles) ;
l'intégration de la simulation dans le curriculum global de formation (initiale ou continue) est un autre
point majeur (25 % des articles cités) ;
la formation doit être réalisée avec des niveaux de difficulté croissants (14 %) en utilisant plusieurs
stratégies d'apprentissage (10 %) ;
la formation doit permettre de reproduire des situations cliniques variées (10 % dans un environnement
contrôlé (où les apprenants peuvent faire, détecter ou corriger des erreurs sans risque) (9 %) ;
les expériences pédagogiques avec la simulation doivent être reproductibles, standardisées et impliquant
activement les participants (9 % des articles) ;
les objectifs pédagogiques doivent être précis et explicites, permettant des comparaisons et des résultats
mesurables (6 %) ;
enfin, il convient de s'assurer que le simulateur est un outil validé d'apprentissage (3 %).
A. Prérequis utilisés
Les projets de DPC s'appuieront sur la définition qu'en fait la loi (la loi HPST2 réunit la formation continue
et l'EPP sous le terme générique de DPC), et engloberont à la fois le champ de la qualité et de la gestion
des risques. Les caractéristiques validant les projets ont été définies comme suit :
une analyse de pratique en lien avec l’activité du professionnel concerné ;
un enjeu d’amélioration de la qualité permettant de dégager une marge significative de progrès ainsi que
la mesure d’un résultat qui signe l'amélioration effective de la pratique ;
la prise en compte de références validées et d'un outil entériné par la HAS.
Par ailleurs, en ce qui concerne la gestion des risques et le DPC, des pratiques de « fiabilités humaines »
ont été développées dans les industries dites ultra sûres. Les erreurs, étant surtout liées aux facteurs
humains, il est nécessaire de développer des stratégies pour les récupérer ou les anticiper. Ces pratiques
de fiabilité ou attitudes sécuritaires peuvent être détectées en simulation, et même servir de fil conducteur
à l'analyse du scénario en termes de gestion des risques. Aussi, plusieurs approches par la simulation ont
été abordées : la fiabilisation des pratiques par la simulation des accidents afin d'encourager l'apprentissage
par l'erreur (RMM simulée), mais aussi le développement chez les professionnels de la capacité de
détection et de récupération des erreurs en utilisant la synergie d’équipe et les attitudes sécuritaires.
L'objectif de mise en place de programmes consiste à s'assurer que chaque professionnel de santé dispose
d'une stratégie visant l'amélioration continue et l'évaluation périodique de ses pratiques.
Cette stratégie peut être de nature individuelle ou s'intégrer dans une démarche plus globale d'équipe, de
service, de pôle ou de discipline nécessitant l'implication du management dans le domaine de l'amélioration
des pratiques. Il est bien évident que la simulation ne peut constituer à elle seule un programme de DPC.
C'est bien la combinaison des outils et des approches individuelles, collectives et de différents modes de
formation qui permettra d'atteindre les objectifs choisis.
Conclusion et propositions
Compte tenu de tous ces éléments, la simulation couvre bien l'ensemble du champ du DPC. En effet, elle
peut permettre aussi bien la formation procédurale à des gestes ou des situations techniques (formation
classique d'apprentissage) que l'évaluation des pratiques professionnelles et des synergies d'équipe.
La simulation permet une véritable implication individuelle « vérifiable » ainsi qu’une amélioration significative
de la performance individuelle et collective des professionnels confrontés à une situation de prise en charge.
Si une politique concernant la formation par la Simulation était définie, cela permettrait en particulier la mise
à disposition de plates-formes mutualisées de formation par la simulation, autorisant ainsi l'accès à ce mode
de formation au plus grand nombre de professionnels. L'enjeu majeur est de garantir une formation optimale
des professionnels pour l'acquisition et le maintien de leurs compétences, afin d’améliorer la qualité et la
sécurité des soins dans l'intérêt des patients.
En conclusion du rapport, dix actions sont proposées qui permettraient un développement structuré de la
simulation et un impact incontestable sur la qualité et la sécurité des soins :
Proposition 4
La formation initiale et continue par la simulation doit faire l'objet de coopérations entre les universités et les structures de soins
ou les instituts de formation (publics ou privés).
Proposition 5
Les formateurs en matière de simulation doivent bénéficier d'une compétence réelle, validée par l'obtention de diplômes
universitaires spécifiques.
Proposition 6
Chaque société savante doit identifier des programmes de formation par la simulation adaptés aux priorités de leur discipline.
Proposition 7
L'ensemble des ressources doit faire l'objet d'une mutualisation selon des critères validés (plates-formes équipées accessibles,
banque de scénarios, programmes de DPC, etc.).
Proposition 8
Au niveau national ou régional, les accidents les plus graves ou les plus signifiants doivent faire l'objet de reconstitutions en
simulation afin d'en analyser les causes et de prévenir leur répétition.
Proposition 9
La simulation peut être utilisée comme un outil de validation des compétences (ou de transfert de compétences) des
professionnels au sein de structures « certifiées ».
Proposition 10
Les travaux de recherche sur la simulation en santé doivent faire l'objet d'une méthodologie rigoureuse et d'une collaboration
en réseau.
Dans un premier temps, il nous a paru important de définir la notion de « simulation » dans ce contexte puis,
après un bref rappel historique, d'étudier l'apport de la simulation pour la formation « continue » dans
certains métiers à risque. L'expérience de ces métiers nous est rapidement apparue indispensable à
connaître en préalable à l'étude de la simulation en santé.
Celle-ci fait ensuite l'objet de l'état des pratiques internationales, tant à travers la littérature (enquêtes et
revues) que par la vision de spécialistes reconnus. La visite de certains centres de référence a permis de
préciser la réalité de ces pratiques.
La méthodologie et les résultats de deux enquêtes nationales, effectuées dans le cadre de la mission, sont
rapportés. La première est une enquête « généraliste », utilisant un questionnaire simplifié et destiné à
appréhender une vision globale de l'utilisation des techniques de simulation au sein des établissements de
santé et des écoles des métiers de la santé. La seconde, plus complète, a pour but de préciser
l'organisation et le fonctionnement des centres de simulation installés ou en cours d'installation.
La dernière partie du rapport développe les aspects actuels de la formation par la simulation. Les
techniques de simulation sont décrites, tandis qu'une revue de la littérature retient les points essentiels de
la formation par cette méthode. Le lien est ainsi facilement établi avec le développement professionnel
continu, au cours duquel la simulation peut représenter un outil particulièrement efficace.
Au terme de ce travail, des propositions générales sur la simulation en santé sont présentées.
1. Définitions de la simulation
D'après « Le Robert®», dictionnaire historique de la langue française, le verbe « simuler » est emprunté au
XIVe siècle au latin classique simulare avec les sens de :
« représenter exactement », « copier », « imiter », « feindre », « prendre l'apparence de » ;
« donner pour réel ce qui n'est pas, en imitant l'apparence de la chose à laquelle on veut faire croire ».
L'adjectif « simulé » semble plus usité que le verbe au moins jusqu'au XVIIIe siècle, et s'applique
couramment à :
« ce qui est feint » ;
« imité » (Rabelais).
Le mot « simulation » désigne une méthode de mesure et d’étude consistant à remplacer un phénomène,
un système à étudier par un modèle plus simple, mais ayant un comportement analogue (« Petit
Larousse®»).
Plusieurs définitions de la simulation sont retrouvées dans la littérature ; il n’existe pas cependant a priori
de définition consensuelle et internationalement reconnue. Nous en proposons quelques-unes : trois
« généralistes » et une plus spécifiquement dédiée à la simulation en santé.
Si l'on recherche une définition encyclopédique de la simulation on retrouve celle-ci : « La simulation est
un outil utilisé par le chercheur, l’ingénieur, le militaire, le médecin, etc. pour étudier les résultats d’une
action sur un élément sans réaliser l’expérience sur l’élément réel. Le moyen le plus simple serait de tenter
l’expérience, c’est-à-dire d’exercer l’action souhaitée sur l’élément en cause pour pouvoir observer ou
mesurer le résultat. Dans de nombreux cas, l’expérience est irréalisable, trop chère ou contraire à l’éthique.
Pour certains auteurs [Pascal Béguin et Annie Weill Fassina (4)], la simulation est une méthode
d'enseignement, de savoir-faire et d'habiletés utilisés dans des tâches pour lesquelles un enseignement
direct s'avère impossible pour des raisons déontologiques (sécurité et sûreté), économique (coût du
matériel) ou technique (très faible probabilité d'occurrence des incidents ou accidents). L'objectif est de
permettre à l'opérateur d'apprendre à reproduire de la façon la plus réaliste et fidèle les comportements
attendus.
Pour Leplat « La notion de simulation recouvre le plus souvent le cas où il est fait appel à un objet support,
le simulateur, spécifié par un but lié très directement au travail ; mais il est d’autres catégories de simulation
dans lesquelles le rôle de l’objet support n’est plus joué par un dispositif matériel mais par un être ou groupe
humain ou par une situation symbolique ou virtuelle » (5).
En ce qui concerne la simulation en santé proprement dite, la définition suivante nous a paru intéressante,
car elle intègre bien le rôle de la simulation dans la formation des professionnels de santé : « Le terme
simulation en santé correspond à l’utilisation d’un matériel (comme un mannequin ou un simulateur
procédural) de la réalité virtuelle ou d’un patient standardisé pour reproduire des situations ou des
environnements de soin, dans le but d’enseigner des procédures diagnostiques et thérapeutiques et de
répéter des processus, des concepts médicaux ou des prises de décision par un professionnel de santé
ou une équipe de professionnels » (Chambre des représentants USA, 111th congress 02-2009).
Les différentes approches de la simulation peuvent être résumées par le schéma ci-dessous [d'après
[Link] (6)]. Dans ce schéma, la zone grisée correspond aux méthodes de simulation les plus
fréquemment utilisées aujourd'hui.
Au XVIIIe siècle, une sage-femme, Madame Du Coudray (9), décide d’enseigner aux matrones des
campagnes « l’art des accouchements». Une partie de cet enseignement repose déjà sur l’utilisation d’une
panoplie de mannequins qui permet de recréer des manœuvres obstétricales. Elle parcourt ainsi la France
pendant vingt-cinq ans et forme plus de 5 000 femmes grâce à la simulation. Au cours de sa campagne de
formation, il est estimé qu’environ 4 000 sages-femmes à travers la France ont utilisé ce mannequin, et que
la mortalité infantile a montré ensuite une nette diminution.
De très nombreux exemples sont retrouvés dans l’histoire : Platon et Aristote évoquent déjà l’apprentissage
par l’amusement et l’imitation de certaines activités, guerrières en particulier.
Au Moyen Âge, les chevaliers s’entraînent avec des simulateurs pour les joutes et les tournois permettant
de développer leurs aptitudes au combat.
À la Renaissance, le jeu de rôle et le théâtre sont largement utilisés comme arts pédagogiques (10).
À partir de 1910 et jusqu’au milieu des années 70, un mannequin de bois, surnommé Madame Chases (du
nom de sa conceptrice, fabricante de jouet) sera utilisé par les élèves infirmières, du Hartford Hospital
Training School of Nurses, pour la pratique des soins de nursing de base. Ce modèle va se perfectionner
et sera toujours utilisé par l’armée américaine durant la seconde guerre mondiale. Durant les années 50,
le Pr Peter Safar, du Baltimore City Hospital, tente de perfectionner les manœuvres de réanimation cardio-
respiratoire. À cette époque, il doit encore mettre à contribution les membres de son équipe pour simuler
les patients. Les volontaires sont alors endormis et intubés. Devant le manque évident de modèle de
simulation, il va s’associer avec le médecin norvégien Bjorn Lind, pour tenter de développer un modèle
adapté à la réanimation cardio-respiratoire. Le fabricant de jouet Asmund Laerdal, qui fabrique déjà des
patients factices pour l’armée, développe avec les deux médecins le fameux mannequin Resusci Anne au
début des années 60. À la même époque, les docteurs Stephen Abrahamson et Judson Denson mettent
au point le premier mannequin contrôlé par ordinateur, le Sim One (11). Il sera le modèle qui inspirera, par
ses capacités et son réalisme, les mannequins haute-fidélité actuels (8).
À côté de l’évolution technologique, l’utilisation du patient standardisé (12) (un acteur simulant un patient)
commence dès les années soixante aux États-Unis, initié par le Dr Howard Barrows (le premier
« patient » simulera un cas de sclérose en plaques). Toujours à la même époque, un autre mannequin de
simulation, Harvey, entièrement dédié à la cardiologie est mis au point par le Dr Michael Gordon. Ce
mannequin peut mimer plus de trente pathologies cardiaques. Le développement de la programmation
permet de mettre au point différents modèles physiologiques et pharmacologiques réalistes et adaptés à
la pédagogie. Par exemple, le logiciel GasMan (développé par le Dr Philip en 1984) simule les échanges
pharmacologiques de différents produits en anesthésie. En 1986, le Dr Gaba met au point le
Comprehensive Anesthesia Simulation Environment (CASE), dans le cadre de ses recherches sur les
facteurs humains et la gestion des crises en anesthésie. Ce simulateur était composé à son origine d’un
simulateur de monitorage, d’une tête d’intubation modifiée et d’un bras de perfusion. Progressivement, le
modèle va être perfectionné puis distribué sous le nom du Eagle Patient Simulator en 1995. À la même
époque, un autre mannequin, tout aussi perfectionné, le Gainesville Anesthesia Simulator, peut analyser
en direct les échanges gazeux. Il sera encore perfectionné et commercialisé sous le nom de Human Patient
Simulator par le distributeur METI. Un modèle moins perfectionné, mais adapté à la médecine d’urgence,
le SimMan, est proposé en 2000 par Laerdal. Aux États-Unis, en 2001, la publication du rapport « to Err is
Human » (13) permet une prise de conscience de l’importance du facteur humain dans les erreurs
médicales, et propose de positionner la simulation médicale comme l’un des moyens d’en réduire la
fréquence ou les conséquences.
Les premiers simulateurs de vol (on devrait dire de machines volantes) sont apparus en début du XXe
siècle, concomitamment aux vrais avions ; ils ont mélangé très tôt des capacités de découverte des
commandes et des procédures, d’émulation du vol, et un usage tourné vers la sélection pour tester les
aptitudes spatiales des candidats.
Il faut dire que la sanction répétée des accidents mortels lors de l’entraînement initial sur des machines
inconnues, particulièrement des chasseurs monoplaces, a très vite motivé l’adoption d’une découverte
première de l’appareil sur simulateur, d’abord limitée techniquement à l’environnement de base du cockpit
et à l’apprentissage des procédures, puis de plus en plus précise et réaliste, restituant le vol et le
mouvement.
Ces acquis militaires ont diffusé naturellement à l’aviation civile dès l’après guerre.
On notera toutefois que la formation en vol réel avec instructeurs perdure, y compris de nos jours pour les
acquisitions ab initio (la formation initiale de pilote privé et de pilote de ligne), et ce même si cette formation
initiale est de plus en plus aidée par des simulateurs simplifiés, voire partiels, qui servent à enseigner la
navigation, le maniement de secours de certains équipements, etc. L’arrivée massive de micromondes
réalistes avec des simulateurs de vol sur PC à très bas coûts n’y change rien. En bref, on ne peut pas
apprendre à voler sans voler. Le nombre de vols réels pour chaque niveau de qualification de pilote (pilote
privé, pilote professionnel) est même imposé, non dérogeable et fixé par les règles internationales.
Le simulateur va, en revanche, être utilisé massivement pour les formations de reconversion spécifique à
chaque appareil qui rythment la carrière des pilotes, et pour leurs séances de réentraînement continu
imposées par les règlements tous les six mois.
C’est évidemment un outil rêvé pour ce faire, capable d’entraîner les pilotes à des pannes rares ou des
pannes qui sont trop dangereuses pour être produites en vol réel.
La première qualification sur un appareil (on parle de Qualification de Type : QT) autorisée sans aucun vol
dans le cursus par les autorités internationales de l’aviation civile remonte à la fin des années quatre-vingts
chez Airbus (qualification sur Airbus A310) : les pilotes venaient pour un stage de cinq semaines,
découvraient pendant quinze jours l’appareil et ses fonctions de façon interactive sur un système
d’apprentissage par ordinateur, puis entraient dans une série de simulations sur simulateur à base fixe qui
leur faisait découvrir l’appareil, les procédures et la gestion des pannes les plus habituelles. La dernière
semaine était consacrée à des séances sur un simulateur mobile, où l’équipage en formation devait
affronter des conditions plus dégradées. Aujourd’hui, les stages se sont raccourcis, mais plus aucune QT
chez aucun constructeur mondial n’utilise de vol réel (trop cher, trop dangereux).
Mais la formation continue sur simulateurs concerne bien plus de personnels ; elle s’est imposée dans les
années quatre-vingts aux personnels de cabine pour l’évacuation (toboggans, ouverture des portes et
issues de secours, etc.) et aux contrôleurs aériens pour leur entraînement initial et continu.
Elle est en revanche à peine débutante en formation continue pour la maintenance (enseignement assisté
par ordinateur plus que simulation). Dans ce domaine, elle existe surtout en Conception Assistée par
Ordinateur (CAO) grâce au logiciel CATIA (Dassault System), qui se présente comme un outil exceptionnel
permettant de faire vivre le produit avant qu’il n’existe (intérêt technique et commercial), de le visiter, de le
régler, et de tester à l’avance toutes les opérations de maintenance, leur faisabilité, les habilités requises
et comment préparer leur enseignement (mannequins électroniques simulant les mécaniciens interagissant
avec l’environnement émulé par l’ordinateur et testant l’anthropométrie requise pour réaliser chaque
réparation : quelle taille, quelle force, quelle corpulence, quel savoir-faire, quel outil, avec en retour des
modifications de conception chaque fois que la maintenance va s’avérer trop difficile).
Dans tous les cas, l’aéronautique est certainement le secteur industriel mondialisé où il y a le plus de
simulateurs de tous ordres, le plus de règlements les imposant3 dans la formation continue, et le plus
grand taux de satisfaction des professionnels.
Types de simulation
L’aéronautique utilise toute la gamme de simulations possibles :
jeux électroniques (micromondes réalistes), aujourd’hui extrêmement réalistes et accessibles sur
ordinateur. Ces jeux de simulation ne sont pas reconnus par les autorités, relèvent d’achat personnel,
n’ont pas de place obligatoire dans les cursus, mais ils sont encouragés et participent au maintien
général des compétences aussi bien en aviation militaire que civile ;
simulateurs de conception, domaine particulier presque entièrement résumé à CATIA, le logiciel de
CAO tellement puissant qu’il s’est imposé comme un standard mondial. Ce simulateur informatique est
certifié ;
simulateurs informatiques d’apprentissage : ce sont des simulateurs informatiques plus sophistiqués que
les jeux sur ordinateur, souvent vendus avec la machine comme outils d’entraînement libres et bas
coûts, parfois intégrés au cursus de formation. Ces simulateurs n’ont pas d’obligation légale ;
simulateurs simplifiés : il s’agit de cockpits ou d’entraîneurs au contrôle aérien sur une base en dur,
assez réaliste mais qui n’émule qu’une partie du travail : découverte de l’interface de dialogue de la
machine, travail sur la navigation, etc. Ils sont achetés par les institutions, souvent posés en self-service
dans les centres opérationnels militaires, de contrôle aérien, de secteurs de compagnies aériennes. Ils
ont parfois des obligations réglementaires, et sont dans ce cas certifiés par les autorités de l’aviation
civile (simulateur de toboggans d’évacuation par exemple) ;
simulateurs réalistes complets : il s’agit de simulateurs d’entraînement surtout réservés à la formation
continue, hautement réalistes pour l’interface et pour le modèle de processus à contrôler (le vol, le
contrôle aérien). Ces simulateurs sont certifiés et ont des obligations réglementaires à la fois dans leur
performance, leur usage et leur contrôle ;
3. Arrêté du 27 juillet 2006 modifiant différents arrêtés relatifs aux membres d'équipage de conduite d'avion.
Moyens alloués
Les moyens alloués à la simulation en aéronautique sont considérables. On ne parlera pas ici de formation
initiale. Mais la seule formation continue en aéronautique constitue un poids moyen de 10 à 15 % du budget
total d’une compagnie ou d’un système de contrôle. L’imposition réglementaire est si forte (pas de maintien
de qualification sans formation continue) que l’aéronautique a intégré le temps de formation dans le
provisionnement de ses effectifs, et considère ainsi qu’un secteur normal de travail doit avoir 110 % de
postes par rapport à l’usage imposé par le service proprement dit. Les 10 % supplémentaires sont réservés
au temps de la formation ou à des décharges partielles d’activités au profit d’activités de cadres et
d’instruction.
Difficultés et limites
L’aéronautique a tout misé sur la formation aux procédures normales et anormales (entraînement à des
pannes rares ou des situations difficiles). Le simulateur est un outil parfait pour cela.
En revanche, l’usage de l’outil pour des situations plus complexes, plus liées à des comportements humains
a toujours posé problème.
À la fin des années 80 puis au début des années 90, l’OACI (Organisation de l’aviation civile internationale)
a préconisé des entraînements facteurs humains pour gérer les conflits à bord, les problèmes de
communication, les problèmes de distractions, etc. L’interprétation de ces demandes a conduit à mettre au
point deux types de formations :
les CRM (Crew-Resource Management) : des cours résidentiels pour quinze à vingt participants d’une
durée de un à deux jours sur la façon de se comporter avec des jeux de rôles et des saynètes montrant
des professionnels en difficulté pour lesquels réagissent les participants ;
les LOFT (Line Oriented Flight Training) sont des séances de simulation annuelles imposées, où le
scénario est plus complexe, avec une interactivité plus importante concernant le contrôle aérien et les
incidents non nécessairement techniques par rapport aux entraînements liés aux procédures.
Le résultat est discutable et discuté sur le long terme. Les CRM et les LOFT sont pratiqués parce qu’ils sont
obligatoires et réglementaires, mais leur contenu a souvent été pointé du doigt comme se dégradant au
fil du temps pour devenir des scénarios trop simples, vite connus de tous et peu porteurs d’apprentissage
réel. Le système a particulièrement souffert dans la durée, de l’érosion des formateurs motivés sur ces
sujets : les premiers instructeurs l’étaient, les suivants ont plus été contraints et sont sans doute moins
psychologiquement préparés et entraînés à des debriefings complexes. Un effort international est en cours
pour corriger ce problème, mais il se heurte à d’autres priorités.
Jusqu’à présent, et au nom d’une confiance qu’il faut préserver à tout prix dans le système et les
procédures, les autorités et l’industrie aéronautique se sont totalement refusées à injecter dans les
simulations facteurs humains des pannes, conflits ou situations très rares qui conduiraient à mettre en
doute la machine et le contrôle aérien, ou pire à former des opérateurs à prendre des initiatives et récupérer
une autonomie que personne ne souhaite qu’ils reprennent.
Inversement, l’aéronautique a mis l’accent, à partir de 1998, sur la nécessité d’évaluer ces formations
facteurs humains devenues obligatoires, mais faites au départ sur des bases volontaristes. L’évaluation est
aujourd’hui imposée mais ne fonctionne pas très bien, et se limite finalement à une évaluation de conformité
aux procédures. Plus globalement, l’utilisation de milliers d’instructeurs et d’évaluations professionnelles
directes et sanctionnantes a toujours pour corollaire un encadrement fort, afin de ne pas créer de jugement
trop personnel vis-à-vis du regard soupçonneux et scrupuleux des syndicats. C’est un point sur lequel
l’aéronautique a très bien réussi concernant la formation aux procédures, moins bien pour filtrer par la
simulation ses professionnels les plus marginaux ou dangereux.
En termes de prospective, la simulation en aéronautique n’est pas dans une phase de révolution ; on peut
parler aujourd'hui de simple continuité.
► Aiguilleurs du ciel
Au fur et à mesure de l’évolution des technologies dans le contrôle aérien, la simulation s’est imposée
comme un moyen essentiel pour former les contrôleurs. Toutefois, tous les pays n’utilisent pas la simulation
de la même manière, souvent pour des raisons économiques.
Avantages et inconvénients
Les avantages de cette méthode de formation sont variés. Le fait d’être détaché du trafic réel a des
avantages pédagogiques et sécuritaires. Les instructeurs peuvent aller plus loin dans les situations ; ils
peuvent tester les limites des élèves en toute sécurité et leur faire comprendre par eux-mêmes certaines
erreurs de raisonnement ; ils peuvent programmer une séance en fonction du niveau de l’élève, ou en
ciblant une difficulté particulière, ce qui est impossible dans la réalité, où l’on subit la quantité et la
complexité du trafic par nature imprévisibles.
En revanche, il est difficile de concevoir et d’effectuer des simulations qui correspondent complètement à
la réalité, avec la part de surprise et d’imprévu.
Formation initiale
Actuellement, dans l’aviation civile, le simulateur est utilisé en formation initiale, à l’ENAC de Toulouse
(École nationale de l’aviation civile), avec des simulateurs correspondant aux différents métiers et
différentes phases de formation des contrôleurs : contrôle tour, contrôle d’approche, contrôle en route.
Les examens de contrôle aérien se déroulent donc obligatoirement sur simulateur pendant les études.
La dernière partie de la formation initiale des contrôleurs se déroule dans les centres d’affectation. Et
comme pour la formation continue, les moyens de simulation dépendent du centre : plus le centre est
important, plus la formation sur simulateur est importante. Par exemple à Nantes, les élèves doivent passer
quatre journées réglementaires sur simulateur, dont un stage de qualification (examen) nécessaire à
l’obtention de la qualification du centre ; auxquelles se rajoutent une journée de formation initiale à
l’approche et des journées de formation en fonction de la demande de l’élève ou des instructeurs.
Formation continue
Pour la formation continue, il est obligatoire d’effectuer un stage « Situations inhabituelles et dégradées »
tous les trois ans. Ce stage comporte une demi-journée de théorie et un jour et demi de simulateur. Le
programme permet de rester à jour sur toutes les situations rares et critiques : pannes de tous matériels
côté contrôleur, phénomènes météo particuliers, problèmes avions divers (pannes, déroutements,
détournements, alertes, détresse, malades à bord, etc.), fermeture de piste, accidents, etc.
Pour les contrôleurs qui ne font que du contrôle « tour », il n’existe pas encore de simulation « tour » dans
les services (hormis à l’ENAC). Ce stage se déroule donc uniquement de manière théorique, et les
contrôleurs ayant expérimenté les deux systèmes de formation sont unanimes sur la prédominance de la
simulation sur la théorie.
Pour les constructions de nouveaux aéroports, pour tous les changements importants de la structure des
espaces aériens, il est obligatoire de réaliser les formations des contrôleurs au moyen de simulateurs,
puisque les structures n’existent pas encore, que les temps de formation sont longs, que la formation doit
être terminée et les personnels compétents le jour J.
Résultats
Le bénéfice de la simulation est très difficilement quantifiable et séparable du reste de la formation. La
simulation est actuellement considérée comme un passage obligatoire, que personne ne veut ni ne peut
remettre en cause. La tendance serait de manière très nette pour l’allongement des temps de formation sur
simulateur.
Introduite dès le début des années 80 pour l’entraînement au travail sur radar, la simulation a depuis étendu
son champ d’activité à tous les domaines du navire et augmenté sa fidélité jusqu’au niveau full mission,
niveau dans lequel le réalisme des situations permet de travailler – au-delà des tâches techniques – les
comportements (14).
► Enjeux
L’enjeu majeur de la simulation est un enjeu de société : la sécurité ; l’accident n’est plus tolérable.
Cet enjeu explicite global mobilise de multiples enjeux intermédiaires :
pédagogiques : le travail en dynamique permet d’introduire l’entropie qui rend la validité d’une décision
limitée dans le temps et fait prendre conscience de la notion d’irréversibilité ;
politiques : il était difficile de rester à l’écart d’une tendance lourde. De plus la compétition ouverte dans
une activité mondialisée impose à l’enseignement maritime d’innover sans cesse pour rester dans le
peloton de tête et justifier la présence de marins français à bord ;
financiers : les assureurs, payant en dernier ressort, poussent à l’utilisation de la simulation afin
d’augmenter la compétence pour diminuer l’accidentologie ;
techniques : dans la conception d’un projet maritime, la simulation permet de valider des options, comme
la taille maximale des navires ou de fixer a priori des limites pour l’exploitation d’un terminal.
judiciaires : cet enjeu est apparu ces dernières années avec l’intensification des recherches en
responsabilité après des événements de mer : les stages de formation continue sur simulateur
permettent aux compagnies de navigation de voir s’éloigner un reproche de négligence.
réglementaire : (Annexe 1. Arrêté du 30 juin 1999 relatif à l’utilisation des simulateurs dans les formations
conduisant à la délivrance de titres de formation professionnelle maritime). L’OMI (Organisation Maritime
Internationale), qui tente depuis soixante ans de réglementer une activité historiquement très libre,
impose de plus en plus le recours à la simulation pour concilier les exigences contradictoires du
commerce maritime mondial : davantage d’officiers, plus vite et mieux formés et si possible déjà en
possession de savoir-faire.
► Moyens alloués
À l’heure actuelle, il n’y a pas de moyens spécifiques alloués à la simulation en elle-même. Les
établissements d’enseignement, du niveau académique ou de niveau intermédiaire choisissent la simulation
parmi d’autres investissements possibles. La montée en puissance de ces outils très coûteux en acquisition,
entretien et frais de fonctionnement (un à deux instructeurs pour huit stagiaires), explique peut-être pour
une part les façades parfois délabrées de certaines écoles maritimes. Des partenariats public-privé
commencent à se mettre en place.
► Types de simulation
L’outil, qui simule une partie de l’installation, permet d’apprendre les gestes techniques : simulateur radar,
installation radio ou carte électronique, ou de valider un module de connaissances par les savoir-faire :
simulateur de chargement par exemple.
Le simulateur dit full mission permet par le réalisme de l’installation d’exercer l’ensemble des savoir-faire,
mais surtout de travailler sur les comportements en conduite du navire.
Un autre type de simulation est dit « de bas niveau » : une situation schématique est projetée sur un écran.
Elle stimule la réflexion et permet de travailler efficacement en petits groupes sur les processus de prise
de décision : ici se vérifie particulièrement l’adage : la simulation n’est qu’un prétexte au debriefing.
► Bénéfices
Ils sont difficiles à quantifier, d’autant plus que les lieux de l’activité étant très éloignés de ceux de
l’enseignement, les retours des établissements sur la qualité de leur formation sont très limités.
Le signe le plus tangible de retour positif est que les compagnies de navigation n’hésitent plus aujourd’hui
à investir des sommes importantes, afin de posséder leurs propres installations de simulation, ce qui pose
la question de la qualité de la pédagogie mise en œuvre.
Plusieurs champs sont exploités en vue de garantir ces impératifs : l’aspect technique en premier lieu
puisqu’il s’agit de faire fonctionner un système technique. Cette dimension reçoit toute l’attention des
ingénieurs, de la conception au démantèlement d’une centrale, en passant par la construction et
l’exploitation. L’aspect organisationnel ensuite est fondamental, avec une volonté permanente d’analyse et
d’adaptation de cette organisation, en prenant en compte l’homme dans toute sa dimension, puisqu’il s’agit
d’exploiter un système sociotechnique (16,17).
De nombreux autres champs sont exploités en permanence, parmi lesquels ceux mis en œuvre pour
répondre à la capacité de développer et de maintenir le savoir-faire (18,19) : EDF dispose pour cela de
simulateurs de pilotage de réacteur nucléaire. Les salles de commande sont reproduites à l’échelle 1
(simulateurs « pleine échelle »), et des calculateurs permettent en temps réel de simuler les paramètres
physiques de l’installation. Le choix d’un tel outil pédagogique est motivé notamment par une double
nécessité : créer des situations les plus proches de la réalité d’exploitation pour entraîner une équipe
à piloter un système technique complexe en collectif. Dans cette perspective, le simulateur « pleine
échelle » a démontré toute sa plus-value pour l’industrie nucléaire.
Les acteurs de la situation simulée sont les membres de l’équipe de conduite4 et les instructeurs ou
formateurs. Une équipe de conduite de réacteur nucléaire est généralement composée d’une quinzaine de
personnes qui ont en charge le pilotage et l’exploitation d’une paire de réacteurs et équipements associés.
La mission de l’équipe de conduite est de piloter le réacteur en fonction de la demande pour produire de
l’électricité à partir de l’énergie nucléaire, tout en garantissant la sûreté des installations. Au sein de cette
équipe, quatre à six personnes sont concernées directement par le pilotage, les autres étant rattachées aux
manipulations d’organes sur l’installation directement.
L’utilisation du simulateur est cadrée par des scénarios qui permettent d’initier la situation de travail et de
Les instructeurs ont des profils de carrière divers. Être issu du métier donne une certaine légitimité d’emblée
face aux personnes en formation, et permet d’agrémenter la formation d’exemples concrets ; être novice
favorise la prise de recul par rapport à la situation simulée et évite à l’instructeur de s’engager dans des
débats exclusivement techniques.
L’ensemble de ce qui est mis en œuvre en situations simulées et en debriefing est essentiellement issu des
travaux de recherche réalisés par Pastré, Samurçay, et Plénacoste, de 1996 à 2001 (20,21). Ils donnent
une description sous l’angle conceptuel des situations de simulation et de debriefing (22), travaux
complétés par Fauquet (23).
Pour résumer, retenons que différentes modalités de travail existent sur simulateur en fonction des objectifs
recherchés : professionnalisation initiale, recyclage, application de procédures accidentelles,
développement des savoir-faire. La professionnalisation initiale est elle-même décomposée en différentes
phases : découverte et appropriation du simulateur, fonctionnement basique de l’installation,
fonctionnement en situation de pannes. Cette approche progressive est fondamentale, car elle permet de
placer les apprenants dans de bonnes conditions d’apprentissage : des travaux récents ont montré qu’une
mise en situation de simulation de crise sans approche progressive plaçait la plupart des apprenants dans
une zone de désordre cognitif néfaste à l’apprentissage (24).
Pour atteindre ces objectifs, des méthodes d’analyse de pratiques sont utilisées (cf. ci-dessous). Ce
dispositif permet de réinterroger ce qui est réalisé par l’équipe comme ce qui ne l’est pas, les moteurs ou
les freins, avec une perspective de transformation éventuelle, individuelle ou collective, ou une prise de
conscience concourant à l’ancrage de ces pratiques professionnelles et éventuellement permettant de les
penser autrement (25). La prise de conscience, d’abord individuelle, diffuse dans le collectif pour s’intégrer
dans un genre professionnel (26).
L’effet recherché, lors du debriefing de séance, passe par la distanciation des pilotes concernant leur action
lors de la situation simulée qu’ils viennent de vivre.
Le debriefing renvoie aux méthodes d’analyse de l’activité de travail développée par Yves Clot (26-30) et
s’apparente, par certains de ses aspects, aux Crew-Resource Management pratiqués par les compagnies
aériennes.
Le passage en situation de simulation d’une équipe de conduite est réalisé en moyenne sur trois jours,
divisés la plupart du temps en une séance de 3 heures (passage sur simulateur) et un debriefing de
3 heures, séparés par une pause de trente minutes.
Il faut garder à l’esprit qu’une situation de simulation n’a de sens qu’en associant des durées de debriefing
adaptées, donnant le temps de discussion nécessaire. En d’autres termes, croire qu’une bonne situation
de simulation est celle qui privilégie le temps de passage sur simulateur est une erreur.
Formation, étude, etc. et évidemment évaluation ! Depuis plus de dix ans, les capacités des personnels
formés au pilotage des réacteurs sont soumises à évaluation initiale, mais le renouvellement de la validation
des capacités n’est en œuvre que depuis 2005. Sur ce point, il faut noter la difficulté rencontrée par la
compagnie afin de mettre en place ce système d’évaluation continue : la décision de direction s’est vue
confrontée, dès le début du projet, à une opposition forte d’une certaine catégorie de personnels fortement
relayée par les organisations syndicales. L’un des enseignements de cette situation est que, pour éviter ce
Les progrès, induits par la formation sur simulateur, ont été tels que la direction de production nucléaire
d’EDF a récemment pris deux décisions majeures, lourdes de conséquences organisationnelles et
financières, mais fructueuses en termes de développement de compétences et de résultats sûreté. À la fin
des années quatre-vingt-dix, chacun des vingt sites nucléaires français a été doté d’un simulateur de
pilotage. Puis en 2006, la direction a choisi d’étendre cette action pédagogique à d’autres métiers que le
pilotage : chaque site nucléaire a été doté d’un simulateur de maintenance « Pleine échelle « dans des
structures dites « chantier école » (200 m2 reproduisant un environnement industriel dédié à la formation
par la simulation).
Quantifier le résultat, induit par de telles mesures, est difficile car elles font toujours partie d’un plan
d’action ; ce qui peut être mesuré est le résultat de l’ensemble de ces actions conjointes. Pour ne donner
qu’un seul chiffre, depuis 2006, le nombre d’arrêt automatique réacteur du parc nucléaire français a été
réduit de plus de 20 %, ce qui est considérable.
Le simulateur permet également de varier la cinétique des phénomènes physiques dans deux sens : gel
du simulateur pour comprendre ce qui se passe, ou accélération d’un phénomène lent pour éviter l’attente.
Toutefois, en parallèle de l’avantage pédagogique de compréhension, les apprenants courent le risque de
ne pas s’entraîner à la gestion de la cinétique réelle.
Pour aider les personnes en formation, les instructeurs suivent leur évolution d’une formation à une autre
par un système de FAP, Fiche d’aide à la progression ou à l’aide d’un contrat de transfert collectif rédigé à
la fin des trois jours.
La séparation physique instructeurs/équipe de conduite présente plusieurs avantages : elle favorise une
mise en situation des acteurs, permet une concertation entre instructeurs sans perturbation ni interférence
avec les acteurs de l’équipe, et favorise la prise de notes.
L’une des contreparties d’un instructeur, issu d’un métier de conduite ou de maintenance, est qu’il peut
s’engager dans des débats techniques pendant le debriefing. La difficulté réside à garder la distance
nécessaire pour ne pas tomber dans un tel piège. Cependant, la solution ne peut pas être opposée, soit
choisir des instructeurs qui n’ont pas une réelle expérience professionnelle, car cela impose d’accéder à
une légitimité, a priori plus acquise. Il est nécessaire pour l’instructeur, non issu des métiers de la conduite,
de connaître a minima ce qui fait la technicité de ces métiers. Cependant, il pourra gagner une légitimité
par l’utilisation de techniques ou de méthodes appropriées afin d’aider, par son questionnement, les acteurs
à analyser leurs pratiques. Le fait qu’il ne soit pas du métier lui ouvre alors des portes pour un
questionnement productif des acteurs.
Lorsque utilisé pour la formation par des professionnels de la formation, le simulateur se révèle être un outil
remarquable. S’appuyer sur une telle compétence est fondamental, s’en priver peut devenir dangereux :
les risques premiers peuvent être la déconstruction de savoir-faire, de collectif, voire l’implantation de
mauvaises pratiques. Car même sans être incompétents, les formateurs peuvent générer des résultats
leur échappant dans un premier temps pour leur revenir via l’analyse des événements indésirables : de
nouveau intervient le problème de l’effet produit par l’entraînement sur simulateur. En chirurgie par exemple
(35), une simulation virtuelle où le patient virtuel peut « mourir » sans conséquences, avec possibilité de
rejouer la situation jusqu’au succès de l’opération, pose une question majeure : entraîne-t-on à opérer ou
à banaliser la mort ou les deux ?
Toutefois, l’exploitant se heurte à un problème d’investissement, car les objets techniques pilotés par
calculateur que sont les simulateurs coûtent très chers à l’achat et à l’entretien. Les évolutions
technologiques sont néanmoins là pour réduire ce coût et ouvrir de nouvelles perspectives. Certains
développeurs ont conçu des systèmes hybrides qui allient l’environnement de travail des pilotes (les
pupitres de commandes taille réelle) et l’imagerie virtuelle (le pupitre ne comporte aucun bouton réel, mais
est lui-même un grand écran LCD tactile qui reproduit les boutons et indicateurs configurables par simple
touché de l’écran). En parallèle se développe actuellement le marché des Serious Games qui plonge
l’apprenant dans un monde totalement virtuel représentant au plus près la réalité d’exploitation. La réduction
des coûts est considérable puisque, du simulateur, il ne reste que le calculateur, l’objet technique devenant
obsolète. La question qui doit alors être posée porte sur ce que l’on perd avec de tels systèmes du point
de vue de l’intégration des savoir-faire, car la pratique professionnelle ne s’incorpore plus de la même
façon (37). Ce champ reste à explorer.
Il est cependant possible de dire, avec René Amalberti (30) que « la simulation professionnelle n'est pas
un jeu. Elle donne à voir les compétences, les échecs, questionne l'ego des professionnels, et peut susciter
une émotion réelle des participants. Ces dimensions peuvent servir utilement l'acquisition des
compétences, mais leur gradation doit être particulièrement contrôlée, et probablement appliquée avec
discernement selon les personnalités des opérateurs. Car l'opérateur de conduite en formation est bien la
cible du dispositif ; et c'est bien aussi le seul élément du puzzle qui ne soit pas simulé […] ».
Une enquête publiée en 2002 (38) avait pour objectif de rassembler les informations concernant l'utilisation
de la simulation pour la formation, l'évaluation et la recherche en anesthésie. Un questionnaire de soixante-
sept items avait été adressé à cent cinquante huit centres de différents pays pratiquant la simulation
médicale. Soixante réponses reçues (38 %) dont quarante et une émanant de facultés de médecine avaient
permis de préciser que 77 % des centres répondeurs intervenaient dans la formation initiale et 85 % dans
la formation continue. Peu de ces centres étaient impliqués dans l'évaluation des compétences.
L'insuffisance de ressources financières et humaines a été le critère le plus fréquemment souligné par les
répondants.
Ce mode de formation était tout à fait accepté aussi bien par les étudiants en formation initiale que par les
professionnels en formation continue. Le jeu de rôle occupait également une place importante. L'une des
conclusions portait aussi sur la nécessité de développer la recherche, afin de montrer l'impact des
différentes techniques de simulation sur la formation en psychiatrie et d'en évaluer la qualité. Plusieurs
travaux ont concerné la simulation chirurgicale (39).
La formation aux actes interventionnels consiste à atteindre des objectifs cliniques, techniques et
comportementaux. Le compagnonnage demeure le principal mode d'entraînement pour cette formation,
mais la nécessité de répéter les gestes techniques en particulier a conduit à utiliser des modèles tels les
animaux ou les cadavres, et plus récemment les simulateurs. La question qui se pose aujourd'hui est de
savoir non seulement si ces nouvelles méthodes pédagogiques sont utiles à la formation des futurs
opérateurs, mais également si elles permettent de limiter les risques pour les patients.
Quelques revues ont étudié la validité des travaux scientifiques concernant la simulation chirurgicale. Nous
en retiendrons deux :
la première, réalisée par des équipes australiennes (40) retrouve par l'intermédiaire de plusieurs bases
de données (principalement Medline, Embase, the Cochrane Library, etc.) trente études randomisées
contrôlées sur le sujet comportant au total 760 participants.
les principaux résultats sont les suivants : la méthodologie utilisée est notablement insuffisante (absence
de double aveugle et de suivi en particulier), petits échantillons de participants, comparaisons multiples
et non précises, techniques non standardisées, etc.). Les résultats globaux ne permettent pas d'affirmer
la supériorité d'une des méthodes de simulation (informatique, vidéo, matériel ou cadavre) par rapport
à une formation classique ou à l'absence de formation préalable.
En conclusion, les auteurs insistent sur la nécessité de réalisation d'études multicentriques randomisées
avec des protocoles communs. Le coût de la simulation doit être parallèlement étudié.
La seconde revue, réalisée par the Institute for Simulation and Interprofessionnal Studies (ISIS) (41) a
retenu 83 études (pubmed). Une grande majorité de celles-ci (82 %) était monocentrique, et la moyenne
des participants étudiés était de 37. Pour les auteurs, moins de la moitié des études retenues (45 %)
rapportait des données fiables. Pour les études comportant des évaluations par des observateurs (33 %),
un tiers d'entre elles (34 %) n'utilisait pas de méthode en aveugle. Les résultats les plus fréquemment
rapportés étaient la durée de la tâche (86 %), les erreurs techniques (48 %) et le nombre de mouvements
réalisés (15 %).
► Simulation paramédicale
(Contribution du professeur Guillaume Alinier, manager du programme de simulation, centre médical et de
recherche Sidra, (Doha, Qatar), et professeur en formation du personnel de santé par la simulation,
université de Hertfordshire, Hatfield, Grande-Bretagne).
Les professionnels paramédicaux constituent l’effectif majeur du personnel de santé, et la plus grande
partie de leur temps est passé au contact direct avec les patients, raison pour laquelle il est important de
mettre à leur disposition les meilleurs moyens de formation possibles, que ce soit de façon unidisciplinaire
ou multidisciplinaire.
Dès 1971, cependant, des modifications furent apportées au premier simulateur de patient afin d'étendre
son utilisation à d’autres professionnels de la santé (11). À cette époque, un nombre très limité de
personnes avait alors l’opportunité de prendre part à des sessions de simulation.
De nos jours, on observe une nouvelle émergence de l’utilisation des méthodes de simulation pour le
personnel paramédical en formation initiale comme en formation continue. Au Royaume-Uni, la formation
des élèves infirmiers est constituée de 2 300 heures de pratique (contact avec des patients) sous la forme
de stages en hôpital, ainsi que de 2 300 heures de formation théorique en établissement universitaire,
incluant les sessions pratiques en laboratoire. Ce modèle de formation fait qu’il y a une demande
permanente de places de stage, et que leur qualité éducationnelle varie grandement en fonction du service
et du support donné par les superviseurs, le manque d’opportunités de stages hospitaliers de qualité (47)
et la recommandation de reconnaître les heures de formation par la simulation comme une méthode de
formation à part entière (48). Le Nursing and Midwifery Council (NMC) a d'ailleurs lancé un appel à projets
de recherche universitaire (49).
Le NMC a accompagné treize projets de relativement courte durée (trois mois), de nature très diverse en
termes de pédagogie et de simulation, et sans support financier. Informé des résultats des divers projets
de recherche menés par différentes universités (48,50,51), le NMC a publié une circulaire officielle stipulant
qu’un maximum de 300 heures de formation pratique hospitalière pouvaient maintenant être acquises par
le biais de la simulation en laboratoire universitaire (52). Cependant, cette dérogation ne donne aucune
définition du terme « simulation », mais stipule simplement que ces heures de formation pratique doivent
s’effectuer dans un environnement clinique simulé. Bien que la plupart des universités n’utilisent pas encore
leur quota de 300 heures de simulation, quelle qu'en soit la forme (basse ou haute-fidélité), il y a eu une
plus grande prise en compte de l’importance des divers types d’approches éducationnelles à la formation
des élèves infirmiers. Certains états d’Amérique du Nord ont adopté une approche similaire en
reconnaissance de la valeur éducationnelle de l’expérience acquise au travers de la simulation (53,54).
La prise en charge des patients est un travail d’équipe et bien que chaque profession ait sa spécificité, il
est maintenant reconnu qu’un certain degré de formation en commun est requis afin d’assurer le
fonctionnement optimum d’une équipe (55,56). Cela permet d'augmenter les opportunités de formation
multiprofessionnelles tant en formation de base qu’en formation continue (57-59).
Dans l’état de l’Oregon, il est intéressant de noter que la stratégie d’adoption globale de la simulation dans
le secteur de la santé a commencé par le domaine paramédical, car la simulation y est plus communément
utilisée que dans le domaine médical (60). Certains hôpitaux aux États-Unis ont aussi adopté la simulation
pour l’orientation des nouveaux infirmiers (61), dans des programmes de formation du second cycle
universitaire (62). L'objectif est de mieux les préparer à l'activité clinique en les confrontant à des cas
complexes en simulation impliquant d’autres professions, mais aussi en formation continue, afin de juger
les compétences cliniques du personnel infirmier (63). Une étude doctorale, conduite en 2005 aux
États-Unis, rapportait que d’ici 2008, 88 % des programmes de formation des infirmiers anesthésistes
allaient inclure l’utilisation de simulateurs de patients (64). En vue de promouvoir le développement de la
pratique de la simulation aux États-Unis, une association fut créée en 2001 sous l’appellation INACSL pour
Internationale Nursing Association for Clinical Simulation and Learning et son journal « Clinical Simulation
in Nursing » commença à être publié en 2006.
► Simulation et recherche
Plusieurs revues mettent en évidence les faiblesses méthodologiques des travaux de recherche concernant
la simulation en santé (41,70). Les causes en sont nombreuses et non limitatives : faible nombre de sujets
inclus, puissance statistique insuffisante, grande variabilité des tests utilisés pour l'évaluation, etc.
La revue Cochrane, publiée en 2009 (71) reprenant les études contrôlées randomisée sur l'efficacité des
méthodes de simulation en chirurgie, concluait sur la nécessité d'une plus grande rigueur méthodologique
dans les travaux entrepris. Van Nortwick et al. (37) ont proposé des recommandations pour une
standardisation méthodologique des travaux de recherche sur le thème de la simulation.
Il a par ailleurs été proposé que les techniques de simulation soient utilisées pour les essais cliniques de
phase 3. L’incorporation de la simulation au sein des protocoles aurait de nombreux avantages : diminution
des violations de protocole, augmentation du nombre de participants inclus, augmentation de la sécurité des
participants, etc.(72). Enfin, selon Taekman et al., la formation des coordonnateurs d’études cliniques pourrait
être notablement améliorée par la simulation. Ces travaux demandent cependant d’être confirmés (73).
Le but du texte suivant est de fournir une synthèse de l’état des lieux et de l’évolution de la place de la
simulation en santé en Amérique du Nord (74,75).
La simulation est largement intégrée dans l’enseignement des disciplines de santé en Amérique du Nord.
Elle est utilisée de façon routinière en particulier dans les formations médicales, chirurgicales,
paramédicales (infirmières, ambulanciers, kinésithérapeutes) et aussi de diététique, de pharmacie. La
grande majorité des établissements de formation en santé dispose d’un programme de simulation. Il est
intéressant de noter la distinction entre un programme en simulation et un centre de simulation. Un
programme de simulation signifie que la simulation est utilisée comme outil d’éducation, alors qu’un centre
de simulation correspond à un lieu physique dédié spécifiquement à l’enseignement par simulation. La
distinction est intéressante, car il est possible de disposer d’un programme de simulation accrédité sans
disposer de centre de simulation à proprement parler.
Le premier centre de simulation canadien a ouvert en 1995 à Toronto, peu de temps après les premiers
centres aux États-Unis. Il existait une demi-douzaine de centres de simulation en 1999, plus de soixante
lors du dernier recensement en 20095. Ceci correspond à environ quatre-vingts programmes de simulation
d’après les estimations actuelles. Beaucoup de centres de simulation se situent dans les hôpitaux, d’autres
sont dans les institutions de formation, notamment paramédicales. Aujourd’hui, les établissements de soins
et de formation ne disposant pas de centre de simulation, sont considérés comme peu attractifs aussi bien
par les patients que les étudiants. Les centres de simulation sont donc aussi une vitrine pour la promotion
de l’excellence des établissements de soins et de formation. Après la phase naturelle de construction de
centres, la priorité a été de coordonner les différents centres en réseaux, avec l’objectif d’optimiser les
ressources : c’est par exemple un des objectifs du Network of Excellence in Simulation for Clinical Teaching
and Learning de Toronto, Canada.
5. Données non publiées, fournies gracieusement par le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada.
En effet, la formation des personnels de santé, lors d’introduction de nouveaux matériels ou nouvelles
techniques de soins (en chirurgie par exemple), est de plus en plus assurée grâce à des simulateurs avant
la mise en place clinique auprès des patients.
La simulation est aussi utilisée pour développer la formation et la recherche en éducation médicale ainsi
que dans le domaine en expansion constante des facteurs humains et des compétences non techniques
telles que la communication et le travail en équipe (76).
Un des axes de recherche actuel est celui de l’optimisation des ressources pour l’enseignement par
simulation (77). Le développement actuel de la simulation interprofessionnelle est majeur, même si de
nombreuses barrières persistent concernant son utilisation routinière.
Enfin, un autre axe de développement important est celui de la certification et recertification des
professionnels de santé. La certification (obtention du diplôme de formation initiale) est déjà utilisée
régulièrement pour les ambulanciers et autres professions paramédicales. La simulation, notamment grâce
à des patients standardisés, a une place pour l’instant limitée pour la validation des compétences des
professions médicales, mais devrait s’accroître au cours des prochaines années (77).
La simulation a aussi été introduite pour la recertification (autorisation d’exercice soumise à une revalidation
régulière). Par exemple, les anesthésistes des États-Unis doivent participer à une séance de formation
par simulation (programme MOCA) à chaque cycle de recertification. Pour le programme MOCA, il s’agit
pour l’instant d’une évaluation formative (la simple participation est validante), non sommative (pas
d’examen sur simulateur) pour l’instant.
Le financement des programmes et centres de simulation a été principalement public. Dans un second
temps, des centres privés ont été créés principalement aux États-Unis, alors que le Canada a privilégié
les partenariats privé-public.
Le modèle économique des centres publics repose sur le principe d’autofinancement par les formations,
les donations et la recherche, une fois la phase de lancement initiale passée. Le personnel, spécifiquement
dédié au fonctionnement des centres de simulation, est primordial ; il optimise la valeur ajoutée de chaque
intervenant dans les formations. Le coût en personnel tel que les techniciens en simulation et les formateurs
ne doit pas être sous-estimé et peut représenter plus de la moitié du budget de fonctionnement (78).
Les programmes de formation notamment recertificatifs sont une source de revenus non négligeable pour
les centres de simulation et contribue en partie à leur autofinancement. Les assureurs des professions
médico-chirurgicales proposent depuis plusieurs années aux États-Unis des réductions significatives de
primes d’assurance pour les praticiens justifiant de formation sur simulateurs. Au Canada, les leviers de
financement sont au contraire majoritairement publics.
L’accréditation des centres de simulation est en place aussi bien aux États-Unis qu’au Canada avec des
systèmes et philosophies différents. Aux États-Unis, plusieurs organismes ont la possibilité de certifier les
formations dispensées par les centres de simulation : la société internationale de simulation en santé, la
société américaine des anesthésistes, la société américaine des chirurgiens, etc. Chaque organisme
accréditeur est en mesure de certifier une formation particulière au sein d’un centre de simulation donné.
En conclusion, la simulation est partie intégrante du monde de la santé en Amérique du Nord. La simulation
est un des éléments essentiel de la formation de toutes les professions de santé et est de plus en plus
utilisée à visée (re)certificative.
La formation continue était cependant réalisée dans 80 % des centres, et 40 % réalisaient des évaluations
par cette méthode. Il faut noter l'hétérogénéité géographique des centres : 50 % des centres répondeurs
étaient situés au Royaume-Uni, pays particulièrement en avance sur les méthodes de prévention des
risques liés aux soins.
Bologne Italie
La moitié des centres a été créée avant 2001. La
Copenhague Danemark région de Galice en Espagne développe une
Gjovik Norvège politique nationale (cf. « Rapport NHS »).
Genève Suisse Les centres sont dirigés dans les 2/3 des cas par
des médecins (deux professeurs et cinq docteurs en
Santiago de Compostela Espagne médecine) appartenant à l'hôpital et à l’université.
Stavenger Norvège Dans certains centres, on trouve des managers
Tubingen Allemagne disposant de compétences purement administratives
(type directeur d’hôpital) ou en sciences de l’éduca-
Université de Hertfordshire Royaume-Uni tion. Lorsqu’il s’agit de médecins, se sont le plus
souvent des médecins anesthésiste-réanimateurs.
Swindon Royaume-Uni
► Financement de départ
Plusieurs centres sont financés de manière non négligeable par la clientèle externe à l’hôpital ou à
l’université, mais de manière générale, les principaux financeurs sont les régions, les fonds privés de
l’industrie y compris pharmaceutique et les centres hospitaliers.
► Activité de formation
► Scénarios
Tous les centres utilisent des scénarios comme support de formation.
Principaux types de scénarios
Arrêt cardio-respiratoire Coma
Douleur thoracique Complication anesthésique
Choc hémorragique Intubation difficile
Infarctus du myocarde Anaphylaxie
Traumatismes Debriefing d’accident
Épilepsie Réanimation néonatale
Consultation d’annonce de mauvaise nouvelle Complications néonatales
► Recherche
Huit centres sur neuf ont des activités de recherche et de publication très importantes portant
particulièrement sur : le transfert de compétence, la gestion des situations de crises, l’évaluation de l'impact
de la simulation sur la formation versus la formation classique, l’intérêt de la simulation pour améliorer la
sécurité des soins en particulier dans les situations d'urgences, les méthodes de validation des scénarios,
la validité écologique des scénarios, les facteurs humains, les analyses d'accident, la simulation et
formation en soins infirmiers, etc.
Il est important de considérer également, pour l’état des lieux européen, les éléments du rapport du NHS
anglais, qui sert de base à la politique du Royaume-Uni originale en matière de simulation.
Cette diversité a entraîné le développement de « visions » locales de la simulation. Certaines régions sont
très bien organisées (Londres), tant au plan des objectifs pédagogiques que de l’organisation des moyens
et de la recherche. D’autres régions ont des approches moins claires et souvent dépendantes de
personnalités locales.
Cependant, la plupart des régions considère la simulation comme une priorité. Leurs avis sur l’organisation
divergent. Beaucoup sont en faveur d’une centralisation des moyens, mais obligent les apprenants à se
déplacer. Certains sont en faveur d’une centralisation, mais avec la possibilité de délocalisation (structures
mobiles). D’autres enfin sont favorables à l’apprentissage au plus près du lieu de travail. Toutefois, tout ceci
est lié aux moyens financiers et humains (formateurs) disponibles.
Une plus grande transparence des financements (pour la simulation, mais aussi pour l’éducation en
général) apparaît nécessaire et est réclamée par beaucoup d’équipes (financement transparent, adéquat
et équitable). Certains centres sont contraints de faire payer leurs formations en l’absence de subvention.
Ces éléments ne peuvent faciliter la création de réseaux. En outre, le « suivi financier » manque souvent
de professionnalisme.
Le deuxième temps de l'étude s'est attaché à évaluer le nombre de structures formalisées de formation par
la simulation et leur répartition géographique. Elle a permis de connaître l'offre de formation ainsi proposée
et d'en évaluer le niveau de qualité à la fois sur le plan de la structure, des moyens alloués et des
programmes de formation. Les résultats devraient donc permettre de mesurer le niveau d'avancement
français dans ce domaine.
4.5.2 Méthodologie
Différentes méthodes ont été utilisées :
un questionnaire d’enquête simplifié ayant pour but de repérer les activités de simulation dans les
différents types d'établissements de santé et les écoles. Ce questionnaire a été complété par une
recherche internet sur les diplômes universitaires en santé, utilisant la simulation comme outil
pédagogique.
un questionnaire d'enquête complet destiné à préciser l'organisation et le fonctionnement des centres
de simulation installés ou en cours d'installation.
Échantillon
Le questionnaire a été adressé à un échantillon représentatif des établissements de santé d'une taille
considérée comme suffisante pour engager des moyens de formation de type simulation :
les établissements publics de plus de 500 lits ;
les établissements privés de plus de 250 lits ;
l'ensemble des centres de lutte contre le cancer ;
les établissements PSPH de plus de 250 lits.
Bien que le champ de l'étude reste le DPC, ce questionnaire a également été adressé aux facultés de
médecine et de pharmacie, aux instituts de formation en soins infirmiers (IFSI) et aux écoles de sages-
femmes, afin d'identifier si la culture simulation existe en amont du DPC, mais aussi si les facultés et écoles
développent des programmes de formation postuniversitaires dans ce domaine.
Items du questionnaire
Trois questions ouvertes ont été proposées :
votre établissement réalise-t-il des formations par la simulation ?
si oui décrivez-les brièvement ;
communiquez les coordonnées des personnes en charge de la formation.
Une plaquette décrivant brièvement les différentes méthodes de simulation était jointe au questionnaire afin
que chaque établissement puisse se représenter ce qui dans sa structure pouvait être considéré comme
méthode de formation par la simulation (cf. Annexe 3).
Tableau 1. Modalité de classement des techniques de simulation citées par les répondants
Techniques de simulation Exemples
Haute-fidélité avec matériel Mannequins pilotés par informatique
Situation de consultation simulée
Haute-fidélité avec environnement réaliste
Reconstitution d'une officine
Apprentissage de technique : pose de perfusion, de voie veineuse
Simulation procédurale
centrale, intubation
Mise en situation Jeux de rôles, études de cas
Tableau 2. Modalité de classement des activités de simulation citées par les répondants
Activités de simulation Exemples
Activités par disciplines Simulation chirurgicale, obstétricale, cancérologique
En revanche, on ne peut en déduire que le nombre des non-répondants correspond à ceux qui ne
pratiquent pas de simulation. L'absence de réponse correspondant soit à un manque d'intérêt pour
l'enquête, soit à la difficulté d’identifier la simulation comme outil de formation.
Assistance
44 12 27,2 12 27,2
publique
CLCC 20 10 50 8 40
PSPH/ESPIC
50 13 26 12 24
(hors CLCC)
Clinique 47 8 17 8 17
Total
établissements 836 200 23,9 174 20,8
de santé
École de
36 19 52,7 19 52,7
sages-femmes
Écoles
Faculté de
médecine +
57 20 35,1 20 35,1
Faculté de
pharmacie
Graphique 2.a. Répartition des techniques Graphique 2.b. Répartition des techniques
de simulation au sein des établissements de simulation au sein des écoles
Disciplines
SAMU-CESU 13,1 %
Urgences 5,2 %
Obstétrique 4,4 %
Anesthésie-Réanimation 4,1 %
Néonatalogie 3%
Chirurgie 2,9 %
Pédiatrie 1,5 %
Cancérologie 1,4 %
Gérontologie 1,4 %
Psychiatrie 1,4 %
Cardiologie 0,6 %
Gynécologie 0,6 %
Pneumologie 0,4 %
Néphrologie 0,3 %
Neurologie 0,1 %
Odontologie 0,1 %
Urologie 0,1 %
Hygiène 3,3 %
Médicament 3,3 %
Hémovigilance 2,2 %
Douleur 1,7 %
Éthique 0,1 %
Activités support
Ergonomie 4%
Communication 5,9 %
Qualité 0,7 %
Autre
Autres dont simulation animale 1,4 %
En ce qui concerne les activités par discipline, le SAMU (CESU6) arrive nettement en tête des réponses
(cela est probablement dû à l'antériorité de formations procédurales dans ce domaine). La médecine
d'urgence, l'obstétrique et la néonatalogie ainsi que l'anesthésie réanimation sont également bien placées,
et cette distribution correspond aux spécialités dites à risques. Parmi les activités de soins transversales,
ce sont les soins infirmiers qui sont le plus souvent concernés par ces techniques (approches procédurales
de soins infirmiers).
Il est intéressant de noter par ailleurs que les activités support et managériales développent aussi des
activités de simulation, on retrouve par exemple historiquement toutes les démarches de simulation
incendie.
Pour répondre à notre premier objectif d'évaluer à la fois le niveau de connaissance de ces méthodes et
l'attrait qu'elles suscitent de la part des professionnels de santé, cette première analyse montre qu'il existe
une sensibilité aux techniques de formation par la simulation. On peut aussi noter, en marge des réponses
au questionnaire, que plusieurs centres ont exprimé par contact direct leur grand intérêt pour le sujet et le
souhait de recevoir les résultats de l'étude.
Compte tenu de la répartition des réponses, il semble probable que la mutualisation des ressources autour
de plates-formes pourraient sans doute permettre à plus d'établissements d'accéder à ce type d'activité.
► Structure
L'ensemble répertorié à ce jour des centres de simulation français, trente-quatre au total, a été sollicité sur
la base des informations délivrées par l'AFSARMU. Vingt et un centres ont répondu, soit un taux de réponse
de 63,6 %. Parmi les non-répondants, deux centres sont en projet.
Formalisation de la gouvernance
► Ressources humaines
Les établissements disposent en moyenne de 0,36 ETP de personnel de formation vraiment dédié. Les
établissements ont cependant du mal à identifier les ressources dédiées en personnel (parfois confondues
avec celles d'autres activités) En dehors des formateurs, peu d’autres catégories de personnel sont
dédiées : en moyenne 0,48 ETP et majoritairement des secrétaires et des personnels techniques.
Hôtesse 0 0 4
Secrétaire 0,50 9 3
Communication 0 0 10
Démarchage 0,50 1 1
Qualiticien 0,50 1 0
Formateurs
La majorité des formateurs est représentée par des praticiens hospitaliers et des infirmiers, qu'il s'agisse
de formateurs ponctuels ou permanents.
Les formateurs permanents suivent davantage les formations à la simulation. Parmi les personnes formées
(formateurs permanents et formateurs ponctuels), environ la moitié suit des formations diplômantes.
L'affectation des salles est très diversifiée sur l'ensemble des disciplines enseignées en simulation.
Chambre de réanimation 1
Médecine d'urgence 2
AR-MU-Pedia-Néonat 1
Multi-disciplinaire 3
Salle de naissance 2
Bloc opératoire 5
Chambre conventionnelle 1
Bureau de consultation 1
Adulte 1
Tableau 7. Équipement
Nbre de centres Moyenne
Nombre d’équipement
répondants par centre
4 centres disposent de 3 mannequins
Mannequin adulte 17 3 centres disposent de 2 mannequins 1,6
10 centres disposent d'un mannequin
Mannequin enfant 9 1 mannequin par centre 1
8 centres disposent de 1 mannequin
Mannequin nouveau-né 10 1,2
2 centres disposent de 2 mannequins
6 simulateurs pour ce centre (3FLS,
Simulateur chirurgical et la paroscopie 2 1 SIMBIOTICS et 2 SIMSURGERY 4
2 FLS pour un centre
Réalité virtuelle 1 1 digital trainer 1
► Financement
L'origine des financements initiaux semble relever généralement de l'université et de fonds publics
régionaux et, pour un centre, de fonds privés. Les résultats sont présentés avec moyenne et médiane pour
minimiser l'impact des valeurs extrêmes dans l'interprétation des données.
Il a été difficile d'obtenir des renseignements précis sur les éléments budgétaires qui parfois relèvent de
données confidentielles. Le financement annuel (cinq centres) varie entre 5 000 et 12 000 000 d’euros.
Il est par ailleurs difficile de savoir si les charges de personnels sont toujours incluses dans les budgets
annoncés.
ARH 20 000
Les centres contractualisent peu avec d’autres Conseil général 540 000
structures de formation, environ la moitié. United States Surgical Corporation 1 500 000
Quand la contractualisation existe, elle est
réalisée avec les réseaux, les IFSI et IFCS, des
Répartition des contributeurs au financement
organismes de santé où les facultés de pharmacie.
L'activité de formation se répartit en deux groupes : les centres qui dispensent moins de 40 heures par an
(trois centres) et ceux qui dispensent plus de 150 heures (trois centres).
Évaluation de la formation
Enfin, les formations font toujours l'objet d'une évaluation, mais par simple enquête de satisfaction. Dans
très peu de cas, des évaluations écrites sont remises avec conseil sur le mode de progression.
Politique de communication
Outils de communication
Notoriété
L’attractivité est essentiellement locale et régionale.
Le rayonnement est à peu près superposable, sauf pour deux centres qui ont des liens avec des universités
étrangères.
Notoriété
Attractivité
Les centres de simulation français disposent en général de locaux dédiés, mais la surface en reste assez
modeste (en moyenne moins de 3 salles par centre équipées ou non de systèmes vidéo). Les locaux
annexes permettant convivialité et debriefing sont peu développés. Tous les centres déclarent utiliser au
moins un matériel haute-fidélité. Cependant, de manière générale, les matériels et équipements sont peu
nombreux et encore assez peu diversifiés à l’exception de rares établissements (en moyenne 1,6
mannequin HF adulte et 1 mannequin HF enfant). Par exemple, les simulateurs chirurgicaux sont rarement
cités au sein des centres constitués. La simulation ayant recours à des environnements virtuels est quasi
inexistante.
Beaucoup de thèmes ou de disciplines sont couverts par la simulation même si certains thèmes sont plus
récurrents tels que ceux se rapportant à l’anesthésie réanimation, à la médecine d’urgence et à la
périnatalité (néonatalogie et obstétrique), de même que tout ce qui concerne les soins infirmiers.
Les ressources humaines allouées sont faibles et particulièrement pour le personnel support (technicien,
hôtesse et secrétaire). En revanche, il existe une réelle compétence au sein des centres puisqu’ils
disposent le plus souvent de formateurs formés à la simulation (formations diplômantes).
La qualité des réponses concernant les ressources humaines montre une difficulté à évaluer précisément
le niveau de celles-ci, souvent intriquées avec les personnels des services de soins des établissements.
Il est probable qu’une part non négligeable de l’activité soit réalisée sur du temps non rémunéré (temps
personnel, repos de garde, etc.). De la même manière que pour les ressources humaines, les structures
semblent mal définies, les organigrammes et la gouvernance sont peu ou pas formalisés. Les structures
présentent une grande disparité en matière d’organisation et de modalités de formation dispensées. Il est
par ailleurs difficile d'évaluer le niveau d'activité moyen des centres ; sur les six centres qui ont répondu,
on identifie deux groupes : ceux dont l'activité est régulière et opérationnelle (> 150 h/mois) et ceux dont
l'activité semble plus aléatoire (< 40 h/mois).
Les centres souffrent d’un manque de règles ou de bonnes pratiques (par exemple les résultats de la
séance font rarement l'objet d'une fiche d'aide à la progression), d’une grande dispersion des méthodes,
des moyens, et des tarifs de formation.
Sur l’ensemble des réponses, deux centres se distinguent nettement des autres (un centre rattaché à
l’université et un centre privé) en termes de moyens financiers, de ressources humaines et de programmes
de formation. Ils ne sont pas représentatifs de la réalité actuelle sur le territoire national.
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Simulateur-d-accouchement-PROMPT
Les mannequins grandeur nature (adulte, enfant,
nourrisson) sont souvent extrêmement réalistes. Plus ou
Les simulateurs moins sophistiqués, ils peuvent être pilotés par ordinateur
et ont la possibilité de respirer, parler, et répondre à des
haute-fidélité dits
stimuli lors d'interventions. Le mannequin obéit à un
« pleine échelle » : scénario préétabli ; le formateur peut faire varier les
(mannequin piloté constantes vitales et l'état clinique du mannequin.
par informatique) Contextualisées dans une salle d'opération ou de
(92) réanimation, les situations cliniques vécues le plus
souvent en équipe sont extrêmement proches de la
réalité.
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Rédaction
Réalisation d’un scénario : obj 1
Situation simulée
Situation
Objectif
Stagiaire Simulateur
environnement
Formateur
interface interface
En effet :
c’est un temps indispensable de familiarisation des stagiaires avec le matériel (possibilités et limites du
mannequin), de répétition d'un geste technique sur le mannequin (intubation), de présentation du dossier
du patient et de contextualisation, par exemple ce qui a précédé la prise en charge simulée (passage
aux urgences ou sortie de bloc opératoire, etc.). Il permet aussi de présenter et de commenter
l’environnement de la situation (locaux, présence de tiers ou de la famille, etc.) ;
certains éléments seront reprécisés comme par exemple les attentes des stagiaires, de manière à
éventuellement réduire le décalage entre attente du stagiaire et objectif de la formation. D'autres
éléments psychologiquement importants seront aussi passés en revue, en particulier l'absence de
jugement porté (ce n’est pas un examen ni une séance d'humiliation), de pièges intentionnels de la part
des formateurs, et bien entendu l'absence de risque pour le « patient » !
► Debriefing
En premier lieu, il est important de respecter une pause entre la séance de simulation (qui peut être très
consommatrice de ressources physiques et psychologiques pour le stagiaire) et le debriefing. Cette
interruption permettra aux stagiaires d’observer un temps de repos, de prendre du recul et d’échanger
entre eux à chaud sur les éléments qui seront mieux verbalisés ensuite en séance.
Le debriefing est le temps le plus important de la séance de simulation. La durée du debriefing doit au
moins être égale à celle de la situation de simulation, soit en moyenne entre 30 et 90' (94), mais elle peut
se prolonger bien au-delà. Le debriefing comporte habituellement trois phases : la phase descriptive, la
phase d'analyse et enfin la phase dite « d'application ou de synthèse ».
Phase descriptive : dans un premier temps, le formateur rappellera les informations permettant de
travailler et de s'exprimer en confiance, afin d’éliminer de nouveau l’idée de jugement et de piège. Les
participants décrivent leurs impressions, ce qu’ils ont ressenti. Le formateur pose des questions simples
(que s’est-il passé ? Pouvez-vous décrire le scénario ?). Les stagiaires verbaliseront les faits, les causes
des actions entreprises, le comment (la pratique professionnelle) de ces actions, et surtout ce qui a été
pensé mais non verbalisé, autrement dit les motivations et les intentions (quand j’ai fait cela je pensais
que… ; je voulais parvenir à… ; j’ai cru que X voulait ça, etc.). Seront donc évoquées les activités
suspendues, contrecarrées ou gênées un peu à la manière d'un entretien d'autoconfrontation (96).
L’ensemble de ces échanges croisés doivent aboutir à un nouveau savoir.
► Évaluation de la séance
La simulation, se situant dans le contexte du développement professionnel continu, doit comporter des
éléments d’évaluation. Ceux-ci porteront sur les acquisitions en simulation et comporteront un système
d’évaluation du progrès réalisé.
Un document de fin de séance sera proposé au stagiaire et conjointement validé (document d’aide à la
progression) présentant les axes de progrès, l’orientation des formations à venir, l’évaluation de ce qui a
été acquis, éventuellement des mesures d'impact sur la pratique suite à la formation. Les programmes de
DPC réalisés pourront intégrer ces différents éléments.
Cependant, parmi les travaux sélectionnés, les résultats suivants pouvaient être retenus :
Une troisième revue (40) découvre un avantage de la simulation par rapport à l'enseignement standard
dans ce type de formation. L'enseignement par vidéo n'amène pas de modification notable.
Une revue (100) évalue l'intérêt de la simulation par la formation en endoscopie digestive ; celle-ci a un
intérêt pour le confort du patient, mais les preuves sont insuffisantes pour affirmer une amélioration de la
formation.
Une autre revue (101), concernant l'enseignement de la traumatologie, ne met pas en évidence d'avantages
par rapport à l'enseignement traditionnel.
Une seconde revue (103) découvre également la supériorité de cette formation lors de consultations de
tabacologie (conseils pour cesser de fumer chez des patients standardisés).
La première (2) a étudié cinq bases de données par l'intermédiaire de quatre-vingt-onze mots-clés sur une
période de trente-cinq ans (1969-2003). Durant cette période, les auteurs ont retenu cent neuf études selon
les quatre critères suivants : élimination des articles réalisés avec une méthodologie empirique ; utilisation
d'un simulateur pour une évaluation objective des apprenants avec des résultats quantitatifs ; travaux de
recherche comparatifs, expérimentaux ou quasi expérimentaux ; travaux de recherche impliquant la
simulation comme unique méthode de formation. Les données des cent neuf articles ont été analysées par
neuf lecteurs indépendants, selon un protocole standardisé.
Les résultats rapportés tiennent compte essentiellement des implications de ces travaux pour la pratique
et selon les principes de l'Evidence Based Medicine. Ils peuvent être résumés ainsi :
le debriefing est une étape essentielle de la simulation (47 % des articles retenus) ;
de même que la pratique répétée (39 % des articles) ;
l'intégration de la simulation dans le curriculum global de formation (initiale ou continue) est un autre
point majeur (25 % des articles cités) ;
la formation doit être réalisée avec des niveaux de difficulté croissants (14 %) ;
en utilisant plusieurs stratégies d'apprentissage (10 %) ;
et la possibilité de reproduire des situations cliniques variées (10 %) ;
► Debriefing
Pour de nombreux auteurs, le debriefing est la partie la plus importante de l'apprentissage par simulation.
Il doit être structuré. En 2008, Salas et al. (105) ont décrit les douze meilleures pratiques du debriefing
fondées sur des preuves :
Plusieurs articles ont montré l'intérêt du debriefing (107,108) au cours de situations cliniques critiques.
Malgré ces évidences, plusieurs questions demeurent : quelles sont les caractéristiques du debriefing
idéal ? Existe-t-il des techniques plus performantes et plus économes en ressources ? Des guidelines
doivent être développées pour qu'en particulier les compétences des instructeurs puissent être évaluées.
L'efficacité de cette méthode éducationnelle a été montrée pour la réanimation cardio-pulmonaire (83,110)
ou certains gestes techniques (ponction pleurale (24), et mise en place de cathéters centraux) (111,112).
Ces évaluations demeurent un enjeu essentiel pour préciser l'efficacité de cette formation.
► Formation d'équipes
La notion d'équipe est essentielle en matière de prise en charge des patients. Les dysfonctionnements à
l'intérieur des équipes soignantes sont responsables de nombreux effets indésirables. Cette formation
serait notablement améliorée par la simulation (119). Un des objectifs majeurs est ici d'évaluer la
performance des équipes par la simulation.
7. Article 11 du Code de déontologie (décret n° 95-1000 de septembre 1995) « Tout médecin doit entretenir et perfectionner ses
connaissances ; il doit prendre toute disposition nécessaire pour participer à des actions de formation continue, tout médecin participe
à l'évaluation des pratiques professionnelles ».
8. Ordonnance n° 96-345 du 24 avril1996 faisant de la FMC une obligation légale.
Niveau 1
Réactions : Comment ont réagi les formés à l'issue
de la formation ? Ont-ils apprécié celle-ci ? En sont-
ils satisfaits ?
Niveau 2
Apprentissage : Qu'ont appris les formés à l'issue
de la formation ? Quelles connaissances, habiletés
4. Résultats
(bénéfices
et/ou attitudes (savoir, savoir-faire, savoir-être) ont
4 niveaux
pour les patients)
été acquises ? Les objectifs pédagogiques ont-ils
d’évaluation
Niveau 3
(impact sur la pratique)
2. Acquisition de compétences Transfert : Est-ce que les formés utilisent ce qu'ils
2b. mesurées ont appris en formation à leur poste de travail ?
2a. auto évaluées Quels comportements professionnels nouveaux ont
été adoptés ?
Niveau 4
1. Réactions
(satisfactions)
Résultats organisationnels : Quel est l'impact de la
formation sur la prise en charge des patients ?
En ce qui concerne la formation par la simulation, il est aujourd’hui prouvé qu’elle répond positivement aux
niveaux 1, 2 et 3 ; des éléments de preuve sont encore nécessaires pour affirmer que la simulation améliore
indiscutablement la qualité des soins fournis aux patients.
On peut donc penser qu’une combinaison des méthodes d’EPP et de simulation pourrait représenter un
bon compromis, à la fois en termes de conséquences pédagogiques, mais aussi d’intérêt des
professionnels dans le cadre des démarches de DPC.
« L’évaluation des pratiques professionnelles a pour but l’amélioration continue de la qualité des soins et
du service rendu aux patients par les professionnels de santé ».
« Elle vise à promouvoir la qualité, la sécurité, l’efficacité et l’efficience des soins et de la prévention et plus
généralement la santé publique, dans le respect des règles déontologiques ».
Dans un second temps, la loi HPST confirme l’obligation de formation continue et d’EPP, sous le terme
unifié de Développement professionnel continu (DPC). Le DPC est défini dans l’article 59 de la loi HPST
comme : « l’évaluation des pratiques professionnelles, le perfectionnement des connaissances,
l’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins ainsi que la prise en compte des priorités de santé
publique et de la maîtrise médicalisée des dépenses de santé ».
Les décrets d’application, définissant les modalités d’application de ce dispositif, et la validation de leur DPC
par les professionnels sont parus le 30 décembre 2011.
En aéronautique, comme dans d'autres activités à risque, l'étude des facteurs humains a fait l'objet de
formations spécifiques. Ainsi, les pilotes ont pu bénéficier de séances d'entraînement sur simulateurs, leur
permettant d'affronter nombre de situations à risque, sans danger pour leurs passagers. De même, la
formation des personnels de santé par la simulation a fait l'objet de nombreux travaux qui démontrent
l'intérêt de cette méthode pédagogique dans l'amélioration de la qualité des soins et la limitation des EIG.
► Fiabiliser les pratiques : simuler les accidents pour apprendre de ses erreurs
Dans l'aéronautique comme dans le domaine de la santé, il est possible de comprendre les événements
indésirables grâce à des analyses de causes rétrospectives utilisant les méthodes de retour d'expérience.
Ceci se fait lors des revues dites de « mortalité-morbidité ou RMM » (revue périodique des événements
iatrogènes morbides ou létaux). Il existe des liens entre RMM (outil d'EPP et de gestion des risques) et
simulation. Dans les deux cas il s'agit, à partir de l'histoire d'un événement indésirable, souvent grave,
d'analyser les causes, d'identifier celles qui seraient évitables, de confronter la discussion à la littérature
et de mettre en place des actions correctives évitant que la situation ne se reproduise. La RMM peut être
utilisée en simulation (130).
La mise en situation simulée de la RMM comporte un avantage distinctif sur l'identification des actions
d'amélioration. En effet, celles-ci porteront à la fois sur l'amélioration des connaissances techniques, des
compétences, mais aussi de la connaissance de soi et des synergies d'équipes. En cela elles constituent
un outil d'évaluation formative et de fiabilisation basée sur le retour d’expérience. Par le partage vécu de
la situation, la simulation permettra au plus grand nombre d’améliorer la capacité à faire face si une situation
identique se reproduit.
Minute d’arrêt
Pendant l'exécution d'une tâche sensible en matière de sécurité, l’opérateur doit pouvoir refuser de se
laisser interrompre, sinon il doit gérer l’interruption de la tâche en utilisant la « minute d’arrêt », et :
repérer le point précis de son interruption ;
reprendre l’identification complète des éléments de la tâche ;
recommencer au point précis de l’interruption (si inconnu, reprendre entièrement la procédure).
Autocontrôle
Il s’agit du contrôle par l’exécutant lui-même de l’action qu’il va réaliser. Cette vérification est un acte
professionnel : l'agent suit la procédure à haute voix, et vérifie en parallèle à haute voix les différentes
étapes de la tâche. Cela garantit l’adéquation entre action prévue et action réalisée, et permet de mobiliser
l'attention exclusivement sur la tâche.
Cette attitude doit être utilisée en particulier si l’action comporte un enjeu fort ou si l’acte est complexe
avec des conséquences potentielles graves ou irréversibles pour le patient.
Briefing
Les professionnels doivent, avant la réalisation de la tâche, dialoguer pour s’organiser, pour définir les
points de surveillance, les parades possibles aux risques, les interactions entre eux, le retour d’expérience
dans une situation similaire vécue antérieurement.
Contrôle croisé
Il est important d’utiliser cette méthode quand la réalisation d’actions ou de séquences d’actions peut
aboutir à des conséquences graves, si elles sont réalisées de façon incorrecte et pour lesquelles il n’y a
pas de marche arrière possible. Cela permet de bénéficier du regard et du contrôle (bienveillant) de l’autre,
avant action ou saisie d’un paramètre critique. C’est le dernier regard d’un tiers avant validation (dernière
chance, ou barrière).
Check-list
Cette liste permet de vérifier que les actions essentielles prévues ont bien été effectuées. Avant l’action, il
s’agit de vérifier que les prérequis indispensables à la sécurité sont bien disponibles. Avant une action
irréversible, il s’agit de s’assurer collectivement une dernière fois de la bonne configuration du système.
Communication sécurisée
Il s’agit d’une action de communication (geste ou parole) qui permet de s’assurer que le message transmis
a bien été compris.
Cela permet de garantir la transmission orale d’une information claire, complète et ciblée (les 3 C). Cela
renforce la mémorisation de l’intervenant. La pratique des 3 C est totalement nécessaire pour tout transfert
d’informations critiques (bloc opératoire, réanimation, etc.).
Délégation contrôlée
Lors d’une délégation de tâche, c’est la démarche du « rendu compte ». Le contrôle est réalisé par les deux
acteurs, la responsabilité reste au délégataire. Cela donne, en toute sécurité, une latitude pour certaines
délégations de tâches et en particulier autorise le délestage en cas de surcharge de travail lors de situations
particulièrement tendues. Ceci n’est bien sûr réalisable que lorsque la délégation est réglementairement
possible ou lors de la formation initiale.
Debriefing de l'activité
Comme dans la réalité, il permettra de vérifier :
si les tâches ont été réalisées comme prévu ;
si les procédures étaient correctes et facilement utilisables par un novice ;
si les moyens et matériels étaient suffisants ;
si tous les risques avaient bien été évalués ;
si des éléments peuvent être améliorés pour la prochaine fois.
C’est à ce moment que pourront être analysés les éléments d’une bonne synergie d’équipe (14) qui repose
sur quatre piliers principaux :
un leader qui fixe objectifs et priorités, décide, partage les informations, délègue, écoute les remarques
de ses assistants ;
un objectif commun clairement partagé ;
un mode de fonctionnement défini ;
le soutien des assistants qui informent, surveillent, proposent, réagissent s’ils constatent une anomalie.
L'absence de leadership et une mauvaise répartition des tâches sont souvent associées à une réanimation
éloignée des recommandations officielles (134). La communication, verbale ou non verbale, entre l'équipe
et le leader est souvent réduite en quantité et en qualité en situation de crise (135). Plusieurs outils existent
pour garantir une communication efficace en situation de crise (136). Ces techniques de communication
permettent de réduire la surcharge de tâches déléguées aux infirmières pour la préparation des
médicaments de réanimation, terrain favorable à des erreurs (137).
Recommandée dans les ACRM, l’utilisation de l’aide cognitive doit être encouragée. Elle est cependant
encore considérée comme une aide destinée aux seuls débutants (133). En 2006, Harrison et al. retrouvent
par exemple une relation significative entre la performance du traitement d’une hyperthermie maligne et
l’utilisation pendant la prise en charge d’un protocole écrit (138).
Cette adaptation est réalisée sur la base d'un objectif fixé en fonction du type de situation simulée. Un
parallèle entre la méthode telle que présentée par la HAS (principes clés de la méthode) et sa transposition
en outil de simulation est proposé pour trois outils princeps : l'audit clinique, la revue de mortalité morbidité
(déjà évoqué plus haut) et le chemin clinique (tableaux 10, 11 et 12).
Tableau 9. Répartition des outils d'EPP selon les différentes approches qualité ou risque (seuls les outils
sélectionnés pour leur capacité à être transposés en simulation sont cités) (139).
Approche Qualité (Q) ou
Type d’approche Outil utilisable
Gestion des risques (GDR)
Approche par comparaison à un Audit clinique ou audit clinique ciblé (ACC)
Q
référentiel et par la performance Revue de pertinence des soins
Analyse de morbidité-mortalité
Approche par les problèmes Arbres de causes de défaillance, ALARM GDR
Méthode de résolution de problèmes
Un référentiel de pratiques
Identifier les bonnes pratiques se rapportant à une situation clinique
Une grille d’évaluation avec des critères déclinés
du référentiel Bâtir le scénario de manière à s’assurer que les praticiens et l’équipe
devront obligatoirement appliquer les recommandations pour résoudre
Une autoévaluation basée sur une observation le problème
directe et une revue de dossiers
Debriefer :
Une mesure des écarts entre pratique de
référence et pratique réalisée en rappelant les éléments de bonnes pratiques,
en comparant la performance de plusieurs équipes.
La mise en œuvre d’actions de réduction de ces
écarts (amélioration) Identifier les points forts et les meilleures stratégies de mise en œuvre
Deux campagnes d’évaluation pour mesurer le Promouvoir les meilleures approches
progrès
Comparer les résultats entre plusieurs équipes ou entre deux séances
Un champ plus ou moins large : audit clinique ou réalisées à distance
audit clinique ciblé
Suivi des actions d'amélioration
Suivi des actions d'amélioration
Tableau 11. Approche par les problèmes et gestion des risques a posteriori
Remarque : l'adhésion aux mesures d'améliorations mises en œuvre se trouve considérablement renforcée par le vécu direct (en
temps qu'acteurs) ou indirect (spectateur du scénario) de l'équipe de RMM.
Planification, rationalisation et standardisation de Conception du scénario afin d’entraîner les équipes pour permettre la
la prise en charge pluridisciplinaire des patients standardisation et la maîtrise de certaines pratiques de prise en charge
présentant la même pathologie
Après entraînement sur simulateur, les nouvelles procédures pourront
Analyse exhaustive du « processus » de prise en être appliquées de manière ad hoc et homogène
charge existant. Critique de l’existant par rapport
à un référentiel et à la sécurité de prise en charge Des entraînements périodiques pourront être organisés, afin de vérifier
l’apparition de déviances ou pour permettre l’actualisation des
Définition de la prise en charge optimale protocoles
Identification des critères d’inclusion des patients L'impact des séances de simulation pourra être évalué sur
Formalisation d'un « super dossier de soins » l'amélioration des indicateurs de performances des soins séquentiels
Définition d'objectifs quantifiables journaliers La conformité des stratégies d’inclusion des patients pourra aussi être
d'impact thérapeutique évaluée
► Programmes
L'objectif de mise en place de programmes consiste à s'assurer que chaque professionnel de santé dispose
d'une stratégie visant l'amélioration continue et l'évaluation périodique de ses pratiques.
Cette stratégie peut être de nature individuelle ou s'intégrer dans une démarche plus globale d'équipe, de
service, de pôle ou de discipline faisant intervenir aussi les notions de management dans le domaine de
l'amélioration des pratiques. Il est bien évident que la simulation ne peut constituer à elle seule un
programme de DPC. C'est bien la combinaison des outils et des approches individuelles et collectives qui
permettra d'atteindre l'objectif. Dans cet esprit, trois exemples sont proposés faisant intervenir soit une
logique où un praticien réfléchit seul à son parcours, ancré néanmoins dans les exigences de sa pratique,
soit une logique plus managériale et collective dans laquelle un praticien va s'insérer, et enfin la présentation
détaillée de deux programmes de DPC.
Organisation par le praticien de son parcours formatif individuel (durée au moins 2 ans)
Programme d’évaluation des pratiques
Prévisionnel de séquences de simulateurs, en lien avec les objectifs d’amélioration personnelle (vu par
exemple avec son organisme de DPC), du service ou du pôle.
Intégration des autres méthodes comme la RMM, la réalisation de staff EPP ou d’études de benchmarking
interéquipes ou établissements.
Intégration des préconisations des sociétés savantes.
Le pôle anesthésie réanimation poursuit sur deux ans deux objectifs principaux : lutter
contre l’iatrogénie et améliorer la prise en charge de l’urgence vitale
Il met en place :
une RMM quatre fois par an ;
une séquence simulateur basée sur les événements marquants de la pratique identifiés en RMM ;
la mise en place d’un scénario de traitement de l’arrêt cardiaque validant les recommandations ;
la mise en place d’une séquence comparative entre les équipes du pôle pour la vérification de la bonne
intégration d’un référentiel de pratique ;
la validation : commission EPP CME ou organisme agréé.
Tableau 13. Six domaines de compétences pour la revalidation des pratiques en anesthésie réanimation (3),
selon le ACGME (Accreditation Concil for Graduate Medical Education) et l'ABSM (American Board of Medical Specialites)
Au total
L'obligation d'EPP a constitué une opportunité majeure afin d’impliquer les praticiens et les professionnels
de santé dans une dynamique d'amélioration du service « médical » rendu et de sa sécurité.
L’utilisation des simulateurs permet une véritable implication individuelle « vérifiable », une amélioration
significative de la performance individuelle et collective des professionnels confrontés à une situation de
prise en charge. Si une politique concernant la formation par la simulation était définie, cela permettrait par
exemple la mise à disposition de plates-formes mutualisées de formation par la simulation, autorisant ainsi
l'accès à ce mode de formation au plus grand nombre de professionnels. L'enjeu majeur est de garantir une
formation optimale des professionnels pour l'acquisition et le maintien de leurs compétences, dans l'intérêt
des patients.
6.1 Intérêts
La simulation permet aux apprenants à la fois d’acquérir des connaissances, de renforcer les acquis sans
risque pour le patient, de faciliter leur réflexion en groupe et d’améliorer la confiance en soi. Elle favorise
l’apprentissage dit « actif ». Elle permet de reproduire une grande variété de situations rares, ainsi elle se
place en tant que solution potentielle pour réduire l'écart existant entre le haut degré de compétences
cliniques requis et le faible niveau d’exposition.
Plusieurs articles retrouvent un niveau de satisfaction élevé chez les participants, avec une expérience
enrichissante ainsi qu’un niveau de réalisme élevé (143,144). Weller signale, chez des internes formés à
la pratique de l’Anaesthesia Crisis Resource Management (ACRM), que la formation en simulation a
changé leur comportement : sentiment de mieux communiquer et de mieux travailler en équipe (145).
Au-delà de la satisfaction globale des participants, des compétences techniques variées peuvent être
enseignées et renforcées par la simulation. Les manœuvres de réanimation cardio-respiratoire sont grevées
d’erreurs, et Wayne et al. retrouvent une meilleure application des recommandations scientifiques après
une formation sur simulateur (110,146). Dans un autre domaine, les aptitudes en fibroscopie sont
également améliorées significativement (durée d’intubation et taux de réussite) (147). Barsuk et al.
retrouvent à la fois de graves lacunes dans la prise en charge du traumatisé crânien grave et du traumatisé
thoracique, mais surtout une amélioration significative des compétences après une formation sur simulateur
(148). Enfin pour Schwid et al., la formation par la simulation améliore considérablement la restitution des
La simulation médicale renforce donc les connaissances grâce à l’expérience sur le terrain, mais surtout
elle va permettre de comprendre les barrières dans leur mise en œuvre (151).
Une méta-analyse récente et complète, ayant pour but de comparer les résultats de la formation par
simulation par rapport à la formation « classique » (152), apporte des conclusions très intéressantes.
Reprenant 10 903 articles de la littérature, les auteurs ont sélectionné 609 études comportant 35 226
participants. La formation par la simulation est constamment associée à une amélioration significative des
connaissances, des pratiques et des comportements. En revanche, les effets sur la prise en charge des
patients demeurent a priori modérés.
La présence d'un personnel qualifié en simulation semble indispensable (153). L'équipe de base pourra être
représentée par un médecin, un infirmier et un technicien. Les quelques articles citant les ressources
nécessaires montrent bien l’hétérogénéité des fonds utilisés. Selon les locaux (sur plans ou réhabilités), le
matériel (matériel procédural ou mannequin HF), et le personnel présent, les frais de fonctionnement
peuvent aller d’une dizaine de milliers à plus d’un million d'euros, avec parfois un coût de maintenance
annuel qui peut presque représenter la moitié du coût d’investissement initial. En 1996, le coût de mise en
place du Sunnybrook Health Center de Toronto était estimé à 665 000 dollars US, dont 85 % étaient
destinés à l'achat du matériel et 15 % aux salaires du personnel. Le coût annuel était de 165 000 dollars
US, essentiellement pour les salaires (78).
McIntosh a calculé, en 2007, que le coût initial était de 876 485 dollars US pour la rénovation de locaux et
l’achat du matériel, et 361 425 dollars US pour le coût annuel de fonctionnement (154).
L’aspect émotionnel et stressant du simulateur constitue aussi un frein pour les participants. Le briefing joue
ici un rôle capital pour rassurer les participants sur le caractère non sanctionnant de la formation qui leur
est proposée. Leur nombre doit rester suffisamment limité, et c'est là une des contraintes face à
l'apprentissage de masse des cours théoriques. Cela apporte en revanche une atmosphère propice à
l'échange, mais aussi facilite la mise en situation (155).
Le debriefing est une étape essentielle d’une séance de simulation. Bien réalisée, elle doit surtout permettre
une autoanalyse des participants. Elle doit faire envisager une « remise en cause », la mise en œuvre
d’actions d’amélioration et de perfectionnement, tant dans les aspects techniques que comportementaux.
Enfin, malgré les progrès croissants de la robotique, le matériel actuellement commercialisé n’arrive pas
encore à recréer le réalisme d’un patient de chair et d’os. Toute la sémiologie cutanée (marbrure, éruption
cutanée, cyanose, etc.) et la motricité, couramment utilisée pour évaluer le score de Glasgow, sont quasi
inexistantes sur les mannequins actuels. L’avenir de la simulation passera alors probablement par la réalité
virtuelle ou augmentée, déjà utilisée en chirurgie, pour s’amender de ses limites et proposer une simulation
La simulation haute-fidélité constitue donc un outil de formation complet pouvant réduire le fossé entre
une faible exposition aux situations critiques et une pratique répétée nécessaire à une prise en charge
efficace. Malgré des difficultés, d’ordre essentiellement économique, la simulation est une méthode
pédagogique d’intérêt. Elle est très largement acceptée et souhaitée, tant par les étudiants que les
enseignants. Elle a déjà fait ses preuves dans différents domaines. Elle demande certainement à être
développée, dans l’objectif prioritaire d’une amélioration des pratiques et de la gestion optimale des risques.
C'est pour l'ensemble de ces raisons que ce rapport propose dix actions qui permettraient, sans doute, un
développement favorable de la simulation et un impact incontestable sur la qualité, la sécurité des soins.
Proposition 3
Une politique nationale doit permettre à la formation par la simulation d'être valorisée et dotée de manière adaptée.
Proposition 4
La formation initiale et continue par la simulation doit faire l'objet de coopérations entre les universités et les structures de soins
ou les instituts de formation (publics ou privés).
Proposition 5
Les formateurs en matière de simulation doivent bénéficier d'une compétence réelle, validée par l'obtention de diplômes
universitaires spécifiques.
Proposition 6
Chaque société savante doit identifier des programmes de formation par la simulation adaptés aux priorités de leur discipline.
Proposition 7
L'ensemble des ressources doit faire l'objet d'une mutualisation selon des critères validés (plates-formes équipées accessibles,
banque de scénario, programmes de DPC, etc.).
Proposition 8
Au niveau national ou régional, les accidents les plus graves ou les plus signifiants doivent faire l'objet de reconstitutions en
simulation afin d'en analyser les causes et de prévenir leur répétition.
Proposition 9
La simulation peut être utilisée comme un outil de validation des compétences (ou de transfert de compétences) des
professionnels au sein de structures « certifiées ».
Proposition 10
Les travaux de recherche sur la simulation en santé doivent faire l'objet d'une méthodologie rigoureuse et d'une collaboration
en réseau.
Tout simulateur utilisé dans une formation conduisant à la délivrance d'un titre de formation
professionnelle maritime doit :
être adapté aux objectifs fixés et aux tâches à effectuer dans le cadre de la formation ;
être capable de simuler les capacités de fonctionnement du matériel de bord concerné, avec un réalisme
d'un niveau approprié aux objectifs de formation, et incorporer les capacités, limitations et erreurs
possibles de ce matériel ;
simuler le comportement avec suffisamment de réalisme afin de permettre à un élève d'acquérir les
aptitudes correspondant aux objectifs de formation ;
créer un environnement d'exploitation contrôlé, capable de produire diverses conditions qui peuvent
inclure des situations d'urgence, des situations potentiellement dangereuses ou des situations
inhabituelles en rapport avec les objectifs de formation ;
fournir une interface permettant une interaction entre l'élève et le matériel, l'environnement simulé et,
selon le cas, l'instructeur ;
permettre à l'instructeur de contrôler, de surveiller et d'enregistrer les exercices, afin qu'il puisse analyser
efficacement avec l'élève sa prestation.
Tout simulateur, utilisé pour évaluer les compétences requises ou pour toute démonstration du
maintien des compétences, doit :
être capable de répondre aux objectifs d'évaluation spécifiés ;
être capable de simuler les capacités de fonctionnement du matériel de bord concerné, avec un réalisme
d'un niveau approprié aux objectifs d'évaluation, et incorporer les capacités, limitations et erreurs
possibles de ce matériel ;
simuler le comportement avec suffisamment de réalisme, afin de permettre au candidat de montrer les
aptitudes correspondant aux objectifs d'évaluation ;
fournir une interface permettant une interaction entre le candidat, le matériel et l'environnement
simulé ;
créer un environnement d'exploitation contrôlé, capable de produire diverses conditions qui peuvent
inclure des situations d'urgence, des situations potentiellement dangereuses ou des situations
inhabituelles en rapport avec les objectifs d'évaluation ;
permettre à l'évaluateur de contrôler, de surveiller et d'enregistrer les exercices, afin qu'il puisse évaluer
de manière efficace les prestations des candidats.
Loi du 21 juillet 2009 (n° 2009-879) dite « Loi Hôpital Patients Santé Territoires » ou HPST.
Article 59 relatif au développement professionnel continu (DPC).
Décret n° 2011-2114 du 30 décembre 2011 relatif au développement professionnel continu des profes-
sionnels de santé paramédicaux.
Décret n° 2011-2118 du 30 décembre 2011 relatif au développement professionnel continu des phar-
maciens.
Décret n° 2011-2117 du 30 décembre 2011 relatif au développement professionnel continu des sages-
femmes.
Qu’entend-on par
« Simulation » en Santé?
Pour parler de formation par la simulation
il faut:
Quelques exemples
Autre:
•Animation de réunion
•Simulation d’entretien pour auditeur
•Simulation des plans de secours..
1.1 Cadre
Dans le cadre du développement professionnel continu, un programme d'évaluation des pratiques
professionnelles concernant l'amélioration des pratiques de consultation d'annonce du cancer est défini.
1.2 Validation
Ce programme est validé par la commission EPP de la CME, en ce qu'elle constituera à terme un
organisme agréé de DPC (décret à paraître). Ce programme peut être validé par un organisme agréé en
cancérologie (INCA ?).
1.3 Engagement
Les professionnels, souhaitant obtenir la validation de leur EPP, s'engagent à suivre l'ensemble du
programme par :
le suivi de l'exhaustivité des séances prévues ;
le suivi des propositions qui seront faites en matière d'amélioration de leurs pratiques à l'issue du
programme ;
la participation à l'étude d'impact.
Le respect de cet engagement conditionne l'attribution du certificat de DPC.
La réalisation des méthodes de simulation est assurée par un centre ayant une compétence reconnue
dans ce domaine.
Compte tenu de la nature des scénarios, un psychologue est sollicité pour l'accompagnement des
professionnels.
Le scénario est bâti sur la base des bonnes pratiques citées ci-dessous.
Le scénario est suivi d'un debriefing permettant aux participants une autocritique.
Un compte-rendu écrit d'évaluation est rendu aux participants et comporte les conseils en vue de
l'amélioration des pratiques.
3. Validité du programme
Pour répondre au critère d'EPP, le programme réalisé repose sur des référentiels de pratique :
« Information des patients, recommandations destinées aux médecins » – Anaes – Mars 2000.
« Les recommandations nationales pour la mise en œuvre du dispositif d’annonce du cancer dans les
établissements de santé » – Novembre 2005.
Debriefing avec les participants et l'équipe 3C, en particulier avec l'aide des psychologues.
Séance 1
Difficulté niveau 1 (par exemple, un patient seul, situation simple).
Séance 2
Difficulté 2 (par exemple, un patient et un ou deux membres de sa famille, situation incurable pathologie
simple).
Séance 3
Difficulté niveau 3 (patient difficile, pathologie complexe).
Réalisation des préconisations aux participants
Évaluation de l'impact
Évaluation intermédiaire ; évaluation finale.
5. Confidentialité
Toutes les données de l'évaluation personnelles sont confidentielles.
Les images, réalisées lors de la simulation, ne seront pas diffusées ou utilisées sans autorisation expresse
des participants.
Signature du document de restriction de l'utilisation de l'image en annexe.
Vous êtes son médecin et vous allez aujourd’hui lui donner les résultats du bilan que vous avez demandé
après la mise en évidence d’une anomalie sur la radiographie thoracique.
M. A. est ancien plombier, en retraite depuis 2 ans. Il a fumé pendant 30 ans un paquet de cigarettes par
jour. Il a arrêté depuis votre première consultation. Il sait qu’il a manipulé des produits renfermant de
l’amiante.
Vous devez lui annoncer, ce matin, qu’il a un cancer et qu’une opération à visée curatrice peut lui être
proposée. Vous devez lui expliquer que des traitements complémentaires peuvent lui être proposés selon
les résultats des analyses postopératoires. Vous devez aussi obtenir son accord en vue de présenter son
dossier en réunion de concertation pluridisciplinaire. Le patient vous attend dans la salle d’attente.
Faire sonner un téléphone pendant la consultation.
Centre hospitalier périphérique La famille a été envoyée en salle 1. Accueil de la famille Matériels :
sur une garde de nuit à 22 d'attente du déchoquage. table salle d'attente ;
heures : homme de 84 ans Infirmière appelée en salle 2. Annonce de diagnostic
adressé au déchoquage après chaises ;
d'attente, car « petit » malaise grave
un AVP piéton contre VL. Le carafe d'eau + verres ;
d'un membre de la famille. Ils
patient aurait traversé par s'impatientent, tentent d'avoir des 3. Bien se faire comprendre blouse médecin et IDE.
mégarde. nouvelles. et s'assurer d'avoir bien
été compris Acteurs :
Atcd : angine poitrine, ACFA, Le médecin n'arrive qu'ensuite. Selon effectifs encadrants,
Alzheimer, HTA. idéalement non connus des
4. Proposer soutien
Traitement : PREVISCAN, Phrases à prononcer par la participants, 2 à 3 membres
TANAKAN famille : de la famille :
mutiques ;
ACR sur place récupéré quelles seront les séquelles ?
initialement par l'équipe du qui est responsable de agressifs ;
SAMU + ACR durant le ne comprend rien.
l'accident ?
transport. Nouvel ACR au
déchoquage : 30 minutes de pompiers arrivé trop tard ? Public cible :
réanimation. Décision collégiale il aurait souhaité donner ses jeune senior ;
d'arrêt de réanimation (réflexion organes ?
entre SAMU et médecin de qu'allons-nous faire maintenant ? interne avancé dans son
cursus ;
garde).
infirmière de réanimation ;
La famille a suivi, est avertie par
des voisins. Ils ne sont au IADE.
courant de rien.
Alternative : scénario
demande PMO
1. Caractéristiques du programme
1.3 Cadre
Dans le cadre du développement professionnel continu, le programme d'évaluation des pratiques
professionnelles concerne l'amélioration des pratiques pré, per et postopératoires.
1.4 Validation
Ce programme est validé par la commission EPP de la CME, en ce qu'elle constituera à terme un
organisme agréé de DPC (décret à paraître). Ce programme peut être validé par un organisme agréé en
chirurgie, en anesthésie-réanimation ou dans les disciplines spécifiques aux actes interventionnels.
1.5 Engagement
Les professionnels qui souhaitent obtenir la validation de leur EPP s'engagent à suivre l'ensemble du
programme :
suivi de l'exhaustivité des séances prévues ;
suivi des propositions qui seront faites en matière d'amélioration de leurs pratiques à l'issue du
programme ;
participation à l'étude d'impact.
Le respect de cet engagement conditionne l'attribution du certificat de DPC.
4. Construction du programme
Le programme se déroule selon le plan suivant (les séances pourront être espacées de un à trois mois).
Principe de la séance
Accueil des participants au centre de simulation.
Pré-briefing :
présentation par l'équipe du centre de simulation du principe de la formation en simulation ;
du principe de la check-list ;
information des participants sur leur intervention, prise de connaissance de l'histoire, du contexte, de
l'environnement techniques (locaux, matériel support).
Séance 1
Difficulté niveau 1 : objectif – observer comment l'équipe utilise la check-list pendant les phases pre, per
et post-interventionnelle, situation simple d'utilisation de la check-list, comportant une erreur à repérer. La
coopération des acteurs est observée. En ce qui concerne le modèle d'outil EPP, audit clinique, la
comparaison de la pratique réalisée par rapport à la pratique préconisée est effectuée. Ici toute l'équipe est
testée.
Séance 2
Difficulté niveau 2 : l'équipe passant en simulation est confrontée aux résistances à la mise en œuvre (dans
ce cas des acteurs sont introduits dans le scénario). Les observations retenues sont les stratégies pour
obtenir la compliance de l'équipe et la sécurité du patient.
Remarque
Le scénario sera adapté en fonction de la cible : interventions programmées, ambulatoire ou actes
interventionnels.
Évaluation de l'impact
Pour l’évaluation finale, on pourra également en proposer une intermédiaire.
5. Confidentialité
Toutes les données de l'évaluation personnelles sont confidentielles.
Les images réalisées, lors de la simulation, ne seront pas diffusées ou utilisée sans autorisation expresse
des participants (signature du document de restriction de l'utilisation de l'image en annexe).
1. Le patient doit être interviewé 9 heures Nom : Justin Bienvenu Niveau 1 : Synergie d'équipe Matériels
dans la salle d'opération, avant L'arrivée du patient est Homme 65 ans hospitalisé La prise du leadership de la Ventilateur.
induction par le personnel habi- annoncée, appel du service pour pour PTH gauche check-list de manière adaptée Drogues anesthé-
lité (MAR, chirurgien, IADE, signifier que le patient descend. par une personne habilitée. siques usuelles +
IBODE). Sont présents MAR, IADE et ATCD Réaliser un véritable partage éphédrine
Les informations attendues au IBODE circulante. HTA depuis 8 ans traitée homogène de l'information Moniteur :
minimum sont identitées (nom, concernant le patient.
9 h 05 bithérapie depuis 5 ans
prénom, DN, le motif de l'inter- FC-ECG ;
vention et les côtés à opérer). Le patient conscient est dans le Hyper uricémie Niveau 2 : Actions PNI ;
sas du bloc. Il est accueilli par un
2. En phase de préinduction, une Cure hémorroïde sous AG Les différents temps de la check- SaO2 ;
ou plusieurs professionnels de
personne prend le leadership l'équipe. list sont respectés. EtCO2 ;
de la check-list. L'équipe chirurgicale termine une ALLERGIE Toutes les informations signi- T°C*.
Les éléments vérifiés concer- intervention, celle-ci doit être Rush cutané à 1 antibiotique fiantes sont recueillies avant la
nent : l'installation, la prépara- Feuille anesthésie
disponible, en principe vers 9 h lors d'une fièvre réalisation d'actions
opératoire
1.1 Objectifs institutionnels (à remplir par pôle, structure spécifique, 3C, CLIN, etc.)
5. Validation
Engagement du professionnel Validation du programme par
Responsable de pôle
inscrit dans le programme organisme de DPC
Établissement :
Adresse :
Responsable : Nom Tél. : Mail :
Date de création :
Politique
Il existe une politique nationale concernant le développement de la simulation
Quels en sont les axes principaux ?
Document de référence
Management
Promoteur de l'idée :
Direction de la structure :
Le directeur : son titre son appartenance ses compétences son temps dédié
Ressources humaines
Formateurs permanents
Statut (PH, IDE, contractuel, etc.) Formation simulation (non, oui, diplômante, etc.) ETP
Statut (PH, IDE, contractuel, etc.) Formation simulation (non, oui, diplômante, etc.) ETP
Encadrement opérationnel
Salle de debriefing :
nombre :
surface partagée avec une autre affectation : oui/non
Si oui, quoi ? : (exemple avec salle de pause)
Espace de convivialité :
salle de pause salle d'attente
machine à café zone d’accueil
autre
Autres locaux :
Modalités de financement
Financement initial
Partenaire 1 : niveau de financement :
Partenaire 2 : niveau de financement :
Partenaire 3 : niveau de financement :
Déficit de financement
Commentaire : à quoi devez-vous renoncer ?
Formation initiale :
Si oui :
Interne médecine Interne pharmacie
Externe médecine Externe pharmacie
Élèves sage-femme
Élèves IDE (IADE, IBODE, puéricultrices, etc.)
Autre élèves paramédicaux
Autres stagiaires :
% selon le stade de la formation (début, milieu, fin) ;
Total activité mensuelle en heures de formation homme ;
Taux de remplissage de vos programmes de formation.
Formation continue :
Médecins séniors (disciplines)
Pharmaciens séniors
Sage-femme
IDE (IADE, IBODE, puér.)
Autre paramédicaux
Autres professionnels (pompiers, etc.)
Moyenne d'âge des participants :
Moyenne d'ancienneté dans l'activité :
Sex ratio :
Total activité mensuelle en heures de formation homme :
Taux de remplissage de vos programmes de formation :
Total activité mensuelle :
Taux de progression sur 3 ans :
=
Attractivité du centre
locale départementale régionale interrégionale nationale internationale
Offre de formation
1. Quels sont les champs de la formation ?
Amélioration des connaissances Acquisition de connaissances
Amélioration des compétences Acquisition de compétences
Gestion des risques associés aux soins Habilitation de professionnels
Qualification des professionnels Remise à niveau
Simulation de crise Reconstitution d'accidents
Étude des facteurs humains Développement professionnel
EPP
5. Séance de simulation
Quels sont les différents temps de votre programme ou séance de formation par la simulation ?
Avez-vous une banque de scénarios ? (préciser)
Quel est leur taux de renouvellement ?
Plusieurs fois par an Tous les ans De temps en temps
Évaluez-vous vos séances de simulation ?
si oui, comment ?
Questionnaire de satisfaction
Impact sur la pratique
Nombre de séquence par participant.
Délivrez-vous ?
Une évaluation écrite de la séance
Des conseils de formation pour progresse
6. Avez-vous
Des programmes phare
Les programmes rentables
Des programmes innovants ou expérimentaux ou de recherche
Si oui, sont-ils financés votre revenu de formation ?
Bénéficiez-vous de financement spécifique recherche ?
Bénéficiez-vous d'un mécénat et de quel type ?
7. Communication
Disposez-vous d'une politique de communication pour faire connaître vos activités ? (préciser)
Disposez-vous d'outils spécifiques de communication ?
Site internet Plaquette Réseau de diffusion de l'information Autre (préciser)
8. Recherche
Avez-vous une activité de recherche ?
Si oui :
Laboratoire de recherche ?
Axes de recherche (préciser) ?
Programme en cours (préciser) ?
Publication (joindre bibliographie) ?
Financement (préciser) ?
Guillaume Alinier, manager du programme de simulation, centre médical et de recherche Sidra, Doha,
Qatar, professeur en éducation du personnel de santé par la simulation, université de Hertfordshire,
Hatfield, Royaume-Uni (visite du centre de simulation).
Pr René Amalberti, docteur en médecine et en psychologie, chercheur à l'IMASA-CERMA, chargé de
mission auprès de la direction générale de l'aviation civile (depuis 1994), spécialiste en gestion des
risques.
Dr Jérôme Berton, médecin anesthésiste-réanimateur, responsable du centre de simulation du CHU
d'Angers.
Dr Sylvain Boet MD, MEd, Family Patient Simulation Center, St. Michael’s Hospital, University of Toronto,
Toronto, Ontario, Canada, Department of Anesthesiology.
Jean-Pierre Clostermann, capitaine illimité, professeur de l'enseignement maritime et instructeur sur
simulateur à l'ENSM du Havre (visite du centre de simulation de L'ENSM).
Philippe Fauquet-Alekhine, consultant facteurs humains au CNPE de Chinon, chercheur au laboratoire
de recherche pour les sciences de l’énergie) (visite du centre de simulation de la centrale nucléaire de
Chinon).
Pr Jean-Paul Fournier, responsable du centre de simulation de Nice et Pr Daniel Benchimol Doyen de
la faculté de médecine de Nice (visite du centre de la faculté de médecine).
Florence-Marie Jegoux, subdivision instruction, subdivision Nantes Atlantique-Ouest (visite du centre de
simulation des aiguilleurs du ciel de l'aéroport Nantes Atlantique).
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simulateurs à EDF. In: Pastré P, ed. Apprendre par International and interdisciplinary conference on
la simulation. De l'analyse du travail aux modeling and using context. Brevia and
apprentissages professionnels. Toulouse: Octares; demonstrations presentations, Paris. CNPE
2005. Chinon: Chinon; 2005. p. 36-41.
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