Notes de cours sur la papyrologie
Notes de cours sur la papyrologie
ÉTUDIANTS
Ces notes, particulièrement imparfaites, sont destinées avant tout comme support de
cours pour mes étudiants, mais je m'aperçois que plusieurs personnes de divers pays
les ont consultées ou même téléchargées. Il est vrai que les francophones peuvent
trouver en elles un succédané de manuel en leur langue, manuel que l'on attend
toujours.
Le coeur de ces notes est le fruit d'un pillage de quatre manuels de papyrologie en
langues étrangères (Montevecchi, Turner, Lewis, Pestman). Au fil du temps, je les ai
mises à jour et complétées, mais le travail reste très inachevé (certains chapitres n'ont
jamais été écrits). Je demande donc à ceux qui liront ce syllabus beaucoup
d'indulgence et, surtout, de ne pas hésiter à me faire part des erreurs qui subsistent
certainement.
Les annexes et les documents destinés à la partie pratique du cours ne sont pas
présents.
Enfin, la bibliographie de ces notes étant complétées régulièrement, ceux qui les ont
téléchargées devraient tenir compte de ce fait et voir s'ils sont en possession de la
dernière version.
Jean A. Straus
[Link]@[Link]
1
UNIVERSITÉ DE LIÈGE
INITIATION
À LA PAPYROLOGIE
DOCUMENTAIRE
NOTES DU COURS
DE
JEAN A. STRAUS
2
AVERTISSEMENT
Ces notes sont un support de cours destiné aux étudiants. Elle ne peuvent se com-
prendre pleinement que comme accompagnement du cours oral. Elles sont
complétées lors des exercices pratiques qui se font tout au long de l'année et qui
constituent la partie la plus importante du cours. Certains aspects de ces notes,
obscurs ou même apparemment erronés, ne s'éclairent ou ne se «corrigent» qu'à la
lumière de ces exercices. L'auteur saura donc gré à l'utilisateur de cette brochure de
toujours garder ces remarques à l'esprit au cours de la lecture. Par ailleurs, il tient à
manifester un sentiment de profonde gratitude envers les auteurs de la Bibliographie
papyrologique de l'Association Égyptologique Reine Élisabeth sans lesquels ces
notes ne pourraient être tenues à jour aussi promptement.
3
PREMIÈRE PARTIE : INTRODUCTION
CHAPITRE PREMIER
LE PAPYRUS DANS L'ANTIQUITÉ
§ 1. – La plante
La présence en Égypte de la plante de papyrus est attestée très tôt. Dès le qua-
trième millénaire av. n. è., le papyrus est utilisé comme symbole de la Basse-Égyte.
4
(Houlé), le long du Jourdain, à environ 17 km en amont du lac de Tibériade ou mer
de Galilée. Depuis lors, les travaux de drainage entrepris dans la région ont dû l'en
faire disparaître. Notons en passant que l'étymologie de la ville de Byblos ne se ratta-
che pas au grec βύβλος (bublos), mais vraisemblablement au nom phénicien de la
cité, Gubal, « montagne ».
§ 2. – Utilisations du papyrus
Tout au long de l'histoire, roseaux et joncs ont rendu des services à l'homme
dans de multiples emplois. Cyperus papyrus ne fait pas exception. Les Égyptiens ont
trouvé des utilisations à chaque partie de la plante, de la racine à la couronne.
a) Le rhizome
5
sortes d'ustensiles » (Hist. plant., IV, 8, 4, trad. Amigues). Ces pratiques se sont
poursuivies aux époques grecque et romaine. Par exemple, un texte grec d'Égypte,
daté par son éditeur du IVe s., mentionne une table faite en papyrus : ἐπὶ παπυρίνης
τραπέζης, épi papurinès trapedzès, « sur une table de papyrus » (P. Lond. I, 46, p.
71, ligne 205; cfr p. 104, ligne 618). Selon le médecin Dioscoride (I, 115 ; Ier s. de n.
è.), les Égyptiens mangeaient la racine du papyrus. C'est sans doute vrai quand elle
est jeune et encore croquante, avant qu'elle ne commence à se lignifier.
b) La tige
Bien entendu c'est la tige du papyrus qui se prête aux emplois les plus variés.
Divers. Des huttes et des abris faits de tiges de papyrus sont représentés sur
les monuments égyptiens. Enfin le papyrus était employé en médecine. La cendre
avait des propriétés caustiques et dessicatives et entrait dans la composition de po-
tions et onguents. Le papyrus servait à faire des bandelettes. On citera aussi le témoi-
gnage du médecin Soranos d'Éphèse (IIe s.) selon lequel les sages-femmes égyptien-
nes se parsèment les mains de rognures de fin papyrus afin de ne pas laisser échapper
le nouveau-né ni le contusionner en le recevant à la naissance (Maladies des femmes,
II, 6, 4 = pp. 8-9 dans l'édition de la collection des Universités de France, Paris,
1990).
c) La couronne
La corolle au sommet de la tige servait à des fins ornementales pour faire des
guirlandes et comme offrande aux funérailles.
§ 3. – Le « papier » de papyrus
6
notoires ont été réalisés grâce à des expériences en laboratoire, mais surtout à la suite
de l'analyse attentive des rouleaux et des fragments de papyrus trouvés en Égypte et à
Herculanum.
b) Terminologie
7
supplémentaire, il sert à nommer le livre réalisé à partir d'un rouleau de papyrus.
Bien qu'il soit possible de citer quelques références où le mot désigne le papyrus
vierge (Hérodote, V, 58, 3), βίβλος (et ses dérivés) s'applique aux livres et aux
documents de toutes sortes portant de l'écriture. On sait que τὰ βιβλία τὰ ἅγια (ta
biblia ta hagia), « les livres saints » (1 Mac., 12, 9) constitueront la βίβλος par
excellence, la Bible.
W. Clarysse, Tomoi Synkollesimoi, dans Maria Brosius (Ed.), Ancient Archives and Archival
Traditions. Concepts of Record-Keeping in the Ancient World (Oxford Studies in Ancient
Documents), Oxford, 2003, pp. 344-359, figg. 16.1-2.
Pour une liste, voir [Link]
M. Capasso, Ὀµφαλός/umbilicus : dalla Grecia a Roma. Contributo alla storia del libro antico, dans
Rudiae, 2 (1990), pp. 7-29 et 16 pll. ; Idem, Ancora su Ὀµφαλός/umbilicus, dans Rudiae, 3 (1991),
pp. 39-41 et pll. VIII-IX ; Id., Volumen. Aspetti della tipologia del rotolo librario antico (Cultura, 3),
Naples, Procaccini, 1995, pp. 73-98 ; Id., L'umbilicus in una statua del Museo greco-romano di
Alessandria, dans Rudiae, 8 (1996), pp. 21-24 (l'auteur confirme les observations qu'il a faites
auparavant en attirant l'attention sur la statue d'un orateur (?) romain conservée dans les jardins du
Musée gréco-romain d'Alexandrie. À la gauche du personnage figurent une capsa et deux rouleaux
munis d'un umbilicus).
8
185-199 et 8 pll. ; Id. « Etichette » e sillyboi, dans M. Capasso (éd.), Il rotolo
librario: fabbricazione, restauro, organizzazione interna (Papyrologica Lupiensia,
3), Lecce, Congedo, 1994, pp. 229-231 ; M. Caroli, Il titolo iniziale nel rotolo
librario greco-egizio. Con un catalogo delle testimonianze iconografiche greche e di
area vesuviana (Πίνακες, 6), Bari, Levante, 2007. – Sur le genre du mot : M. Caroli,
Σίλλυβοι o σίλλυβα? (Cicerone, Ad Attico 4, 4a; 4, 8, 2; 4, 5, 4), dans Segno e
Testo, 3 (2005), pp. 39-49. Le terme, qui désigne l'étiquette portant le titre d'un
rouleau de papyrus, est neutre.
9
l'Institut de Recherche et d'Histoire des Textes (Bibliologia, 9), Turnhout, Brepols,
1989, pp. 71-101. De toutes façons, l'opposition « papyrus = rouleau », « parchemin
= codex » qui eut longtemps cours n'est pas fondée. Les codex sont faits aussi bien
en papyrus qu'en parchemin. L'origine matérielle du codex est la tablette à écrire (cfr
ci-dessous, § 8), son antécédent immédiat, le carnet de parchemin (membranae,
µεµβράναι, membranai, cfr Quintilien, Inst. Or., X, 3, 31-32). Les témoignages
antiques semblent indiquer que le codex de papyrus et probablement aussi celui de
parchemin, inspirés du cahier de tablettes, étaient déjà créés au Ier s. av. n. è. (G.
Cavallo, Le tavolette come supporto della scrittura: qualche testimonianza indiretta,
dans Élisabeth Lalou (éd.), Les tablettes à écrire de l'Antiquité à l'Époque moderne
(Bibliologia, 12), Turnhout, Brepols, 1992, pp. 97-105). L'existence du codex de
parchemin est attestée au Ier s. de n. è. par Martial (Épigrammes). Elle est confirmée
par la découverte en Égypte d'un fragment écrit en latin et daté de c. 100 de n. è. (P.
Oxy. I, 30 = Mertens-Pack3 3000, de bellis Macedonicis), actuellement le plus ancien
codex connu. Les plus anciens codex de papyrus connus datent du IIe s. de n. è. (e.g.
PSI II, 147 = Mertens-Pack3 1362, Pindare, Péans). Selon Elizabeth A. Meyer,
l'apparition du codex est le résultat d'un choix conscient des scribes chrétiens qui ont
très probablement pris comme modèle les documents légaux écrits sur les tablettes de
bois (Roman Tabulae, Egyptian Christians, and the Adoption of the Codex, dans
Chiron, 37, 2007, pp. 295-347). — J. van Haelst, Les origines du codex, dans A.
Blanchard (éd.), Les débuts du codex, pp. 13-35.
W. J. Tait, Rush and Reed : the pens of Egyptians and Greek scribes, dans Proceedings of the XVIIIth
International Congress of Papyrology, Athènes, 1986, II, pp. 477-481 ; E. Delange, M. Grange, B.
Kusko, E. Menel, Apparition de l'encre métallogallique à partir de la collection de papyrus du
Louvre, dans RdÉ, 41 (1990), pp. 213-217 ; L. H. Blumell, Report of Proceedings in Red Ink from
Late Second Century AD Oxyrhynchus, dans BASP, 46 (2009), pp. 23-30, 1 fig.
1 Le noir de fumée est un résidu carboné obtenu par la combustion incomplète de diverses
matières organiques riches en carbone. Il peut être utilisé comme pigment pour des peintures,
de l’encre ou du cirage
10
2460 av. n. è.) (cfr N. Grimal, Histoire de l'Égypte ancienne, Paris, Fayard, 1988, p.
94). Durant quatre millénaires le papyrus devint et demeura le principal matériau
d'écriture de la civilisation occidentale, lorsque les voies du commerce le
conduisirent à l'étranger, d'abord au Proche Orient puis dans tout le monde
méditerranéen. Une suggestion vieille d'un siècle selon laquelle les Akkadiens du
XVIe s. av. n. è. auraient utilisé le papyrus importé d'Égypte reste sans preuve
évidente (A. Sayce, dans Trans. Soc. Bibl. Arch., 1, 1872, p. 344 ; aussi M.
Rostovtzeff, dans Gnomon, 12, 1936, p. 49). La première indication claire que
l'usage du papyrus a débordé les frontières de l'Égypte se trouve dans un texte
conservé aujourd'hui au Musée Pouchkine de Moscou. Il relate le voyage
d'Ounamon, un ambassadeur envoyé en Phénicie pour rapporter du bois destiné à la
barque sacrée d'Amon thébain, probablement vers la fin du règne de Ramsès XI (c.
1060). Entre autres choses, Ounamon emportait avec lui 500 rouleaux de très beau
papyrus (mais, sur la géographie dans ce récit, voir C. Vandersleyen, Ouadj our. Un
autre aspect de la vallée du Nil, Bruxelles, Connaissance de l'Égypte ancienne,
1999). Ailleurs au Proche Orient l'usage du papyrus est attesté en Assyrie au VIIIe s.
av. n. è. (cfr ci-dessus, § 1) et en Palestine à peu près à la même époque (P.
Murabba'at 17 de c. 750, le plus ancien papyrus trouvé hors d'Égypte; il est écrit en
hébreu).
11
Europos (sur l'Euphrate) qui a rendu de nombreux documents, mais dont les papyrus
datent uniquement de la période d'occupation romaine (165-256 de n. è.).
Établi par les Grecs et les Romains comme le support d'écriture universel du
monde méditerranéen, le papyrus resta en usage des siècles après le déclin de
l'empire romain. Aux VIe, VIIe et VIIIe s., les rouleaux de papyrus sont parmi les
marchandises importées déchargées régulièrement au port de Marseille. De là ils sont
transportés dans la Gaule entière, jusqu'au marché de Cambrai, par exemple. Après
677 la chancellerie mérovingienne utilise seulement le parchemin, mais le papyrus
continue d'être employé en France au moins jusqu'en 787 (M. Prou, Manuel de
paléographie latine et française, 4e éd., Paris, 1924, p. 9). La dernière bulle papale
sur papyrus est une bulle de Victor II datée de 1057. Mais en Sicile et en Italie
méridionale des livres et des documents écrits sur papyrus se trouvent au XIe et peut-
être au XIIe s. Après, l'usage du papyrus cessa. Le mot latin papyrus fut retenu pour
désigner le papier, mais le matériau d'écriture fait de la plante de papyrus sortit
complètement de l'expérience du commun.
12
(1967), pp. 203-210 et 2 pll. – Papyrus de Malte : T. C. Gouder et B. Rocco, Un talismano bronzeo da
Malta contenente un nastro di papiro con iscrizione fenicia, dans Studi Magrebini, 7 (1975), pp. 1-
18 ; H.-P. Müller, Ein phönizischer Totenpapyrus aus Malta, dans Journal of Semitic Studies, 46
(2001), pp. 251-265. — Papyrus du Wadi Daliyeh (Samarie, c. 450-332 av. n. è., en araméen) : Jan
Dusek (éd.), Manuscrits araméens du Wadi Daliyeh et la Samarie vers 450-332 av. J.-C., Leyde,
Brill, 2007.
En Égypte, les papyrus ne se trouvent pas dans la zone du Delta, parce qu'elle
est humide, mais le long de la vallée, au sud du Caire, dans des localités plus élevées
ou ensablées et arides où n'arrive pas l'eau du Nil, ou encore aux confins du désert.
Le cas des papyrus de Thmouis et de Boubastis, dans le Delta, est unique et est dû au
fait qu'ils étaient à demi carbonisés par l'incendie des bâtiments dans lesquels ils se
trouvaient. La construction du Haut barrage d'Assouan a pour conséquence que la
nappe phréatique remonte et menace donc les papyrus qui n'ont pas encore été
exhumés. L'extension des cultures et l'urbanisation intensive constitue de même un
danger pour ces papyrus (Cfr C. Gallazzi, Trouvera-t-on encore des papyrus en
2042 ?, dans A. Bülow-Jacobsen (Éd.), Proceedings of the 20th International
Congress of Papyrologists. Copenhagen, 23-29 August, 1992, Copenhague, Museum
Tusculanum Press, 1994, pp. 131-135 ; Id., Trouvera-t-on encore des papyrus en
2042 ? Suite, dans P. Schubert (éd.), Actes du 26e Congrès international de
papyrologie. Genève, 16-21 août 2010 (Recherches et Rencontres. Publications de la
Faculté des Lettres de Genève, 30), Genève, Droz, 2012, pp. 275-282).
13
* * * * *
Il n'est pas inutile de passer en revue d'autres supports d'écriture utilisés dans
l'Égypte gréco-romaine. Cette démarche permettra de donner ensuite une définition
de la papyrologie.
§ 7. – Les ostraca
Les ostraca, tessons de vases récoltés parmi les rebuts et écrits sur leur partie
convexe, constituent un matériau d'écriture accessible à tous et pour cette raison fort
utilisé en Égypte et dans d'autres parties du monde antique. On connaît l'usage
particulier qu'on en a fait à Athènes (ostracisme). En Égypte, on en a retrouvé des
milliers. Un bel exemple de découverte exceptionnelle (plusieurs milliers) est celle
du Mons Claudianus, cfr J. Bingen et alii, Mons Claudianus. Ostraca Graeca et
Latina, I--III (DFIFAO, XXIX, XXXII et XXXVIII), Le Caire, Institut Français
d'Archéologie Orientale, 1992, 1997 et 2000. Les fouilles du Mons Porphyrites dans
le désert oriental apportent aussi chaque année leur lot d'ostraca. Ainsi, en 1997,
environ 200 ostraca, — comprenant un remarquable ensemble de commandes de
pain, — ont été mis au jour, cfr JEA, 83 (1997), p. 13. On range aussi parmi les
ostraca les éclats de pierre qui portent de l'écriture.
2 Des papyrus écrits en araméen ont été retrouvés en Égypte. Cfr A. Cowley, Aramaic Papyri of
the Fifth Century B.C., Oxford, Clarendon Press, 1923 (réimpression Osnabrück, Otto Zeller,
1967); P. Grelot, Documents araméens d'Égypte (Littératures anciennes du Proche Orient, 5),
Paris, Le Cerf, 1972; B. Porten et A. Yardeni, Textbook of Aramaic Documents from Ancient
Egypt, I-III, Jérusalem, 1986-1993; Bezalel Porten et alii, The Elephantine Papyri in English.
Three Millennia of Cross-Cultural Continuity and Change (Documenta et Monumenta Orientis
Antiqui), Leyde - New York - Cologne, Brill, 1996.
14
Les ostraca servent essentiellement comme reçus des taxes. Cfr U. Wilcken,
Griechische Ostraka aus Ägypten und Nubien, Berlin-Leipzig, 1899, 1 volume de
synthèse + un volume de documents (1624 ostraca). Mais on les utilisent aussi
comme support de brefs documents, de lettres, d'exercices scolaires (très
fréquemment) et enfin de quelques textes littéraires (un texte de Sappho = PSI XIII
1300 = Mertens-Pack3 1439). Fabian Reiter, Osservazioni sul contributo degli
ostraka greci allo studio della storia antiqua, dans Atene e Roma, N.S. Secunda, 3
(2009), pp. 120-131.
§ 8. – Les tablettes
Il faut bien faire la distinction entre les tablettes de bois et les tablettes de
cire. Dans le premier cas, la tablette est coupée et polie en vue de recevoir
directement l'écriture. On utilise la plume et l'encre pour écrire. L'exemple le mieux
connu de ces tablettes : les tablettes écrites en latin trouvées depuis 1973 à
Vindolanda (Angleterre), cfr A. K. Bowman and J. D. Thomas, Vindolanda : The
Latin Writing-Tablets (Britannia Monograph Series, 4), Londres, Society for the
Promotion of Roman Studies, 1983. Plus général, A. K. Bowman, Life and Letters on
the Roman Frontier. Vindolanda and Its People, Londres, British Museum Press,
1994 [48E254]. En Égypte on notera l'existence d'étiquettes de bois qui servaient à
marquer les momies par l'inscription du nom, de la filiation paternelle et maternelle,
le lieu de provenance du défunt, le métier (cfr les nombreux articles sur le sujet dus à
la plume de B. Boyaval). Certaines tablettes servent de support à des inscription
funéraires (cfr celle en provenance de Panopolis et conservée au Musée d'Art et
d'Histoire de Genève que nous étudierons plus tard). Dans le second cas, la tablette
présente une face parfaitement lisse; l'autre face est délimitée par une petite bordure
résultant du fait que, à l'intérieur, se trouve une portion rectangulaire dans laquelle le
bois est d'épaisseur moindre. Cette portion creuse est enduite de cire très dure sur
laquelle on écrit au moyen d'un stylet pointu. Deux tablettes ou plus peuvent être
liées ensemble. Dans ce cas les parties écrites sur cire se trouvent à l'intérieure pour
être protégées. À l'extérieur, sur le bois, on écrit à l'encre le contenu du document qui
figure à l'intérieur, un résumé de celui-ci, ou encore une seconde copie. Parfois le
texte commencé à l'intérieur se continue et se termine sur la quatrième face, ou bien
s'y écrivent les noms des témoins d'un acte ou d'autres indications. Les tablettes
portent des trous, généralement deux, sur le bord gauche, dans lesquels passent des
cordons 3. Quand elles sont écrites on peut agir de même à droite et, le cas échéant,
sceller l'ensemble. Citons, pour l'exemple, deux groupes de tablettes particulièrement
intéressants trouvés hors d'Égypte : 1° les tablettes du banquier L. Caecilius
Iucundus, découvertes en 1875 dans une maison de Pompéi, cfr J. Andreau, Les
affaires de Monsieur Jucundus (Coll. de l'École française de Rome, 19), Rome,
École française, 1974, pp. 13-23 (les tablettes) ; 2° les tablettes trouvées en 1959 à
Agro Murecine, près de Pompéi, concernant des affaires conclues à Pouzzoles entre
3 Un sénatus-consulte de 61 (dont l'application n'a pas été immédiate et uniforme avant 63)
décide que seuls les instruments qui présentent les caractéristiques suivantes sont valables au
regard du droit romain : emploi de tablettes, de préférence perforées, tenues serrées par un
triple fil de lin ; double rédaction du texte en une écriture intérieure et une extérieure ; écriture
intérieure scellée ; présence de témoins à la clôture de l'acte. Cfr Suétone, Néron, 17 ; Sent.
Paul., 5, 25, 6. — Sur la date, cfr G. Camodeca, Nuovi dati dagli archivi campani sulla
datazione e applicazione del S. C. Neronianum, dans Index, 21 (1993), pp. 353-364.
15
26 et 61 de n. è., cfr G. Camodeca, L'archivio puteolano dei Sulpicii (Pubbl. del
Dipartimento di diritto romano e storia della scienza romanistica dell' Università
degli Studi di Napoli «Federico II», IV), Naples, Jovene, 1992 et Tabulae
Pompeianae Sulpiciorum. Edizione critica dell'archivio puteolano dei Sulpicii
(Vetera, 12), 2 vol., Rome, 1999 ainsi que J. Andreau, Affaires financières à
Pouzzoles au Ier siècle ap. J.-C. : les tablettes de Murecine, dans REL, 72 (1994), pp.
39-55 4. En Égypte on a trouvé des tablettes de cire écrites en latin au contenu varié :
certificats de naissance, documents militaires, documents relatifs à la tutela, reçus,
déclarations de recensement. Mais aussi de nombreux exercices scolaires en grec, cfr
Raffaella Cribiore, Writing, Teachers, and Students in Graeco-Roman Egypt
(American Studies in Papyrology, 36), Atlanta, Scholars Press, 1996. Autre exemple
encore d'utilisation des tablettes de bois : un codex qui contient un ensemble de
comptes d'une exploitation agricole du IVe s., cfr R. S. Bagnall et alii, The Kellis
Agricultural Account Book (P. Kell. IV Gr. 96) (Dakhleh Oasis Project. Monograph,
7 = Oxbow Monograph, 92), Oxford, Oxbow Books, 1997. — Mise au point sur les
tablettes en général : Élisabeth Lalou (Éd.), Les tablettes à écrire de l'antiquité à
l'époque moderne (Bibliologia, 12), Turnhout, Brepols, 1992 ; Paola Degni, Usi delle
tavolette lignee e cerate nel mondo greco e romano (Ricerca papirologica, 4),
Messina, Sicania, 1998. – Elizabeth A. Meyer, Legitimacy and Law in the Roman
World. Tabulae in Roman Belief and Practice, Cambridge, Cambridge University
Press, 2004.
En Égypte on trouve aussi quelques exemples d'écriture sur étoffes et sur ta-
blette de plomb outre les inscriptions sur bronze et sur pierre. Nombreux graffiti,
spécialement dans les sanctuaires les plus renommés (touristes et pèlerins): nécropole
de Thèbes = colosse de Memnon, cfr A. et É. Bernand, Les inscriptions grecques et
latines du colosse de Memnon (Bibliothèque d'étude, XXXI), Le Caire, Institut
Français d'Archéologie Orientale, 1955 ; époque chrétienne: monastère d'Épiphane à
Thèbes.
EA = Egyptian Archaeology.
4 Liste plus complète dans Bowman et Thomas, Vindolanda, pp. 33-36. Ajoutez Michael
Alexander Speidel, Die römischen Schreibtafeln von Vindonissa. Lateinische Texte des
militärischen Alltags und ihre geschichtliche Bedeutung (Veröffentlichungen der Gesellschaft
Pro Vindonissa, 12), Brugg, Gesellschaft Pro Vindonissa, 1996. — Sur les tablettes du monde
romain on se reportera à R. Marichal, Les tablettes à écrire dans le monde romain, dans É.
Lalou (éd.), Les tablettes à écrire de l'Antiquité à l'Époque moderne (Bibliologia, 12),
Turnhout, Brepols, 1992, p. 165-185.
16
plusieurs étaient toujours serrés par une fibre de papyrus et scellés. EA, 25 (2004), p.
36. – Mario Capasso, I papiri e gli ostraka greci, figurati e copti (2001-2009), dans
Mario Capasso e Paola Davoli (a cura di), Soknopaiou Nesos Project. I (2003-2009)
(Biblioteca degli "Studi di Egittologia e di Papirologia", 9), Pise - Rome, F. Serra,
2012, pp. 231-247, 2 figg.
17
Touna el-Gebel (Hermoupolis Ouest). Universités du Caire et de Munich.
Mars - mai 2003. Papyrus grecs. EA, 23 (2003), p. 34. - Printemps 2005. 1 fragment
de papyrus grec. EA, 27 (2005), p. 29.
Umm Balad (désert oriental, du côté de la mer Rouge). Ministère français des
Affaires étrangères et IFAO. Décembre 2002 - mars 2003. Des centaines d'ostraca
comprenant une abondante correspondance adressée à l'architecte Hiéronymos déjà
connu par des ostraca du Mons Claudianus. EA, 23 (2003), p. 30.
Khashm al-Minayh (Didyme dans l'Itinéraire Antonin, mais Didymoi dans les
ostraca), sur la route de Coptos à Bérénikè (désert oriental). IFAO. Décembre 1997-
mars 1998. Environ 300 ostraca grecs. EA, 13 (1998), p. 25. – Décembre 1998-mars
1999. Environ 350 ostraca grecs et une belle peinture d'une chasse à la gazelle sur un
parchemin. EA, 15 (1999), p. 32. – Hiver 1999-2000. Ostraca grecs. EA, 17 (2000),
p. 29.
18
Mons Porphyrites. Egypt Exploration Society. Décembre 1995-mars 1996.
Une intéressante collection d'ostraca. EA, 9 (1996), p. 29. – Mars-mai 1997. Un
ensemble d'ostraca comprenant des ordres de livraison de pain. EA, 11 (1997), p. 28.
N. Lewis, Papyrus in Classical Antiquity, Oxford, Clarendon Press, 1974 ; Id., Papyrus in
Classical Antiquity. A Supplement (Papyrologica Bruxellensia, 23), Bruxelles, Fondation Égypto-
logique Reine Élisabeth, 1989 ; Id., Papyrus in Classical Antiquity : An Update, dans Chronique
d'Égypte, 67 (1992), pp. 308-318 ; O. Montevecchi, La papirologia, ristampa riveduta e corretta con
addenda, Milan, Vita e pensiero, 1988, pp. 11-29 ; H. Ragab, Contribution à l'étude du Papyrus
(Cyperus papyrus L.) et à sa transformation en support de l'écriture, Le Caire, Dr. Ragab Institute,
1980 ; E. G. Turner, Greek Papyri. An Introduction, 2e éd., Oxford, Clarendon Press, 1980, pp. 1-41 ;
H.-A. Rupprecht, Kleine Einführung in die Papyruskunde, Darmstadt, Wissenschaftliche
Buchgesellschaft, 1994, pp. 3-10 et 19-21 = Introduzione alla Papirologia, Turin, Giappichelli, 1999,
pp. 2-10 et 20-22 ; R. Parkinson - S. Quirke, Papyrus (Egyptian Bookshelf), Londres, British Museum
Press, 1995 ; W. Clarysse - Katelijn Vandorpe, Boeken en Bibliotheken in de Oudheid (Mimemata, 2),
Louvain, 1996 ; Odette Bouquiaux-Simon, Les livres dans le monde gréco-romain (Cahiers du
CeDoPaL, 2), Liège, Les Éditions de l'Université de Liège, 2004, pp. 7-26 ; M. Capasso, Introduzione
alla papirologia (Manuali), Bologne, il Mulino, 2005, pp. 65-84.
Donald R. Ryan, Papyrus, dans Biblical Archaeologist, 51 (1988), pp. 132-140 (les différents
usages du papyrus) ; Mario Capasso, Per la storia della fabbricazione della carta di papiro, dans
Rudiae, 4 (1992), pp. 79-99 ; William A. Johnson, Pliny the Elder and Standardized Roll Heights in
the Manufacture of Papyrus, dans CP, 88 (1993), pp. 46-50 ; Ève Menei, Remarques sur la
fabrication des rouleaux de papyrus: précisions sur la formation et l'assemblage des feuillets, dans
REg, 44 (1993), pp. 185-188, 8 figg. (Des observations répétées montrent qu'il n'y a que 3 couches de
fibres, — au lieu de 4, — superposées au niveau des joints des rouleaux. Cela implique que la
formation du futur joint était prévue au moment de la fabrication des feuillets) ; E. Puglia, Notizie sul
restauro librario antico da Plinio, Nat. Hist. XIII 81-82, dans M. Capasso (a cura di), Il rotolo
librario: fabbricazione, restauro, organizzazione interna (Papyrologica Lupiensia, 3), Lecce,
Congedo, 1994, pp. 27-35, 1 fig. ; Mario Capasso, Volumen. Aspetti della tipologia del rotolo librario
antico (Cultura. Collana di Studi «Dall'Antico al Moderno»), Naples, Procaccini, 1995 ; Andrew D.
Dimarogonas, Pliny the Elder on the Making of Papyrus Paper, dans CQ N.S., 45 (1995), pp. 588-590
(la hauteur de la feuille confectionnée, l'usage de la colle d'amidon, l'usage de l'eau limoneuse) ; A.
Hüttermann, M. Fastenrath, A. Kharazipour et U. Schindel, Making of Papyrus - An Ancient
Biotechnology Or: Pliny was Right Indeed, dans Naturwissenschaften, 82 (1995), pp. 414-416, 1 tabl.,
5 figg. coul. (Les données microbiologiques montrent que la description par Pline, XIII, 23, 77 du
processus de fabrication du papier de papyrus est absolument correcte. Le traitement avec l'eau
limoneuse du Nil c'est-à-dire avec la flore microbienne présente dans cette eau, donne une force
mécanique plus grande au produit) ; Corrado Basile et Anna Di Natale, Alcuni dati analitici su papiri
antichi, dans Papyri, 2 (1997), pp. 3-10, 7 pll. (premiers résultats d'une analyse des substances liantes
utilisées dans la finition de la feuille de papyrus) ; Isolina Marota, Corrado Basile et Franco Rollo,
Alla ricerca della molecola perduta : l'applicazione della tecnologia del DNA antico allo studio dei
papiri, dans Archeologia e papiri nel Fayyum. Storia della ricerca, problemi e prospettive. Atti del
Convegno internazionale, Siracusa, 24-25 Maggio 1996 (Quaderni del Museo del Papiro, 8),
Syracuse, 1997, pp. 165-172 ; Adam Łukaszewicz, Diviso acu. Was a Needle Used in Papyrus
Manufacturing?, dans JJP, 27 (1997), pp. 61-65, à lire avec N. Lewis, Notationes Legentis, dans
19
BASP, 36 (1999), pp. 10-11 ; Enzo Puglia, La cura del libro nel mondo antico. Guasti e restauri del
rotolo di papiro (Arctos, 3, Profili), Naples, Liguori, 1997 ; C. Basile, New Discoveries concerning
the Fabric of Papyrus, dans ASAE, 73 (1998), pp. 28-34 et 3 pll. ; A. Bülow-Jacobsen, Writing
Materials in the Ancient World, dans R. S. Bagnall (éd.), The Oxford Handbook of Papyrology,
Oxford, Oxford University Press, 2009, pp. 3-29, 15 figg., 2 tabl.
20
CHAPITRE 2
LA PAPYROLOGIE
§ 1. – Définition
Rappelons qu'il existe aussi des papyrus trouvés hors d'Égypte et écrits en
hébreu, araméen et nabatéen (P. Yadin 6 et 9), grec et syriaque (Palestine), en grec et
en syriaque (Syrie), sans oublier les papyrus d'Herculanum, en grec et en latin.
Parlera-t-on d'une papyrologie propre à chacune de ces langues et à chacun de ces
pays ?
21
§ 2. – Les différentes papyrologies grecques et latines
22
Introduzione allo studio della Papirologica giuridica, 2e éd., Turin, Giappichelli,
1994.
§ 3. – Orientation bibliographique
L’étude du droit hellénistique s’appuie sur la papyrologie juridique : Joseph Mélèze Modrzejewski, Le
droit grec après Alexandre (L’Esprit du droit), Paris, Dalloz, 2012 ; Julie Velissaropoulos Karakostas,
Droit grec d'Alexandre à Auguste (323 av. J.-C.-14 ap. J.-C.) Personnes - Biens - Justice
(Meletemata, 66), 2 vol., Athènes, 2011 (diffusion, Paris, De Boccard). - B. Legras, La papyrologie
juridique grecque : la formation d’une discipline, dans V. Azoulay, R. Gherchanos, S. Lalanne (édd.),
Le banquet de Pauline Schmitt Pantel. Genre, moeurs et politique dans l’antiquité grecque et
romaine, Paris, Publications de la Sorbonne, 2012, pp. 559-571.
23
CHAPITRE 3
HISTOIRE DE LA PAPYROLOGIE
24
O. Primavesi, Zur Geschichte des Deutschen Papyruskartells, dans ZPE, 114 (1996), pp. 173-187.
Allemagne.
W. Luppe, Die Hallenser Papyrussammlung, dans Joachim Ebert (herausgegeben von den
Mitarbeitern des Instituts für Klassische Altertumswissenschaften unter Leitung von), 100 Jahre
Archäologisches Museum in Halle 1891-1991. Zur Geschichte des Robertinums, seiner Sammlungen
25
und Wissenschaftsdisziplinen, Halle, Saale, Martin-Luther-Universität Halle-Wittenberg, 1991, pp.
27-29.
J. Herrmann, Die Papyrussammlung von Pommersfelden, dans Atti dell' XI Congresso Internazionale
di Papirologia, Milano 2-8 settembre 1965, Milano, 1966, pp. 188-194 et pll. II-VII = Johannes
Herrmann, Kleine Schriften zur Rechtsgeschichte (Münchener Beiträge zur Papyrusforschung und
antiken Rechtsgeschichte, 83), Munich, Beck, 1990, pp. 138-151, 6 pll.
Autriche.
Belgique.
A. Martin, Les collections de papyrus conservées en Belgique, dans Isabella Andorlini, G. Bastianini,
M. Manfredi et Giovanna Menci (Édd.), Atti del XXII Congresso Internazionale di Papirologia.
Firenze, 23-29 agosto 1998, II, Florence, 2001, pp. 887-905.
26
Canada
États-Unis.
S. Emmel, Antiquity in Fragment : A Hundred Years of Collecting Papyri at Yale, dans YLG, 64
(1989-1990), pp. 38-58.
France.
Grande Bretagne.
P.G. Naiditch, Notes on the History of British Papyrology : II. The Development of Papyrology in
Great Britain to 1896, dans LCM, 17 (1992), pp. 71-73.
27
Italie.
PSI = Papiri della Società Italiana per la ricerca dei papiri greci e latini in
Egitto (papyrus conservés dans diverses collections italiennes), cfr P. A. Carozzi, Alle
origine della "Società Italiana per la ricerca dei papiri greci e latini in Egitto" (dal carteggio inedito
di Girolamo Vitelli con Uberto Pestalozza, 1898-1908), dans AeR, n.s., 27 (1982) pp. 26-45 ; I. Crisci,
La collezione dei papiri di Firenze, dans Proceedings of the Twelfth International Congress of
Papyrology, Toronto, 1970, pp. 89-95.
Pays-Bas.
28
Pologne.
Suisse.
§ 3. – Orientation bibliographique
29
CHAPITRE 4
LES INSTRUMENTS DE TRAVAIL
N.B. Pour une liste complète des instruments de travail hébergés sur Internet,
voir les liens proposés par l'Association internationale de papyrologues sur son site
([Link]
§ 1. – Manuels de papyrologie
30
Ruzena Dostálová, Radislav Hosek, Gabriella Messeri, Wolf B. Oerter,
Rosario Pintaudi, Papyrologie (recka, latinska, koptska), Univerzita Karlova v Praze,
Nakladatelstvi Karolinum, 2006.
Mario Capasso, Che cos'è la papirologia (Le Bussole, 351), Rome, Carocci,
2009.
§ 2. – Bibliographies et chroniques
Depuis 1995, la version sur fiches fait place à une version sur feuilles de
format A4 et une version électronique fonctionne sous FileMaker Pro. Les disquettes
sont de format 3,5". La totalité de la Bibliographie papyrologique se trouve sur un
CD édité par l’Association Égyptologique Reine Élisabeth. La dernière édition date
de 2010, Subsidia Papyrologica 4.0 (logiciel FileMaker). Depuis 2005, la disquette
est remplacée par un fichier attaché à un message électronique. En 2012, la BP est
accessible sur Internet via [Link] puis Bibliography.
31
J. Modrzejewski, Droits de l'Antiquité. Chronique. Égypte gréco-romaine et
monde hellénistique, dans Revue historique de droit français et étranger, 39 (1961) -
71 (1993).
J. Partsch, ensuite, L. Wenger, puis H. J. Wolff, Juristische
Literaturübersicht, dans Archiv für Papyrusforschung., 5 (1913) - 17, 2 (1962). Suite
par J. Modrzejewski, Bibliographie de papyrologie juridique, dans APF, 24/25
(1977) - 34 (1988). Reprise par J. Hengstl, Juristische Literaturübersicht, dans APF,
38 (1992) Æ. Le même publie un Juristische Literaturübersicht dans Journal of
Juristic Papyrology, 27 (1997) → et un Juristisches Referat dans APF, 44(1988) →.
J. Modrzejewski, Papyrologie documentaire, dans The Journal of Juristic
Papyrology, 20 (1990) - 22 (1992).
§ 3 – Éditions de textes
Une liste des papyrus publiés comprenant quelques informations utiles dont
la datation corrigée se trouve sur le site appelé Heidelberger Gesamtverzeichnis der
griechischen Papyrusurkunden Ägyptens einschließlich der Ostraka usw., der
lateinischen Texte, sowie der entsprechenden Urkunden aus benachbarten
Regionen : [Link]
32
XXIV et les volume XXVII, 1 et 2 (Wiesbaden, Harrassowitz, 2007 et 2012), les
index du volume XXVI.
La liste des textes papyrologiques récemment publiés (dans les périodiques
ou sous la forme de recueils) figure dans les
Testi recentemente pubblicati, dans Aegyptus, 2 (1921) →.
On verra aussi l’Archiv für Papyrusforschung und verwandte Gebiete sous la
rubrique « Urkundenreferat ».
Rodney Ast and James Cowey éditent une liste de corrections en ligne,
Bulletin of Online Emendations to Papyri, Heidelberg, Ruprecht-Karls-Universität
Heidelberg, Institut für Papyrologie, (accessible en ligne, en téléchargement gratuit
< [Link]
html >)
33
Il n'est d'ailleurs pas exclu que, à l'avenir, la photographie qui accompagne
l'édition d'un papyrus soit remplacée par une référence à l'endroit où elle se trouve
sur le réseau informatique. Voyez, par ex., P. van Minnen et J. D. Sosin, Imperial
Pork. Preparation for a Visit of Severus Alexander and Iulia Mamaea to Egypt, dans
Anc. Soc., 27 (1996), pp. 172-181. Les auteurs de cet article publient le P. Duke inv.
531 recto. Au lieu de la photographie traditionnelle, les éditeur du papyrus donnent
les informations suivantes (p. 172, n.1) : Scans of the papyrus at 72 and 150 dpi as
well as detailed catalogue record can be found in the Duke Papyrus Archive
([Link] – Autre exemple: R. S.
Bagnall, Christina Helms, A. M. F. W. Verhoogt, Documents from Berenike. Volume
I. Greek Ostraka from the 1996-1998 Seasons (Papyrologica Bruxellensia, 31),
Bruxelles, Fondation Égyptologique Reine Élisabeth., 2000 : [Link]
edu/dlc/apis/berenike/.
§ 4. – Anthologies
34
Livia Migliardi Zingale, Vita privata e vita pubblica nei papiri d'Egitto.
Silloge di documenti greci e latini dal I al IV secolo d.C., Turin, Giappichelli, 1992.
Traduction italienne.
P. W. Pestman, The New Papyrological Primer, 2e éd., Leyde, Brill, 1994.
Pas de traduction.
A. Papathomas, Αρχαία ελληνικά κείµενα σε παπύρους της
ελληνορωµαϊκης περιόδου (4ος αι. π.Χ. - 7ος αι. µ.Χ.), Athènes, Ekdotikos
Organismos P. Kyriakidè, 2008. Traduction grecque.
P. Schubert et alii, Vivre en Égypte gréco-romaine. Une sélection de papyrus
(Le chant du monde), Vevey, Éditions de l'Aire, 2000. Pas de texte original,
traduction et commentaires de 70 papyrus.
R. Burnet, L'Égypte ancienne à travers les papyrus. Vie quotidienne, Paris,
Flammarion (Département Pygmalion), 2003. Pas de texte original, traduction et
commentaire de 227 documents grecs.
§ 5. – Dictionnaires et lexiques
35
Ph. Huyse, Iranisches Personennamenbuch. Band V, Faszikel 6 a : Iranische
Namen in den griechischen Dokumenten Ägyptens, Vienne, Österreichische
Akademie der Wissenschaften, 1990.
§ 6. – Grammaires
36
E. G. Turner, Greek Manuscripts of the Ancient World (BICS, Supplements,
46), éd., Londres, 1987 (abrégé GMAW2).
2e
G. Cavallo - H. Maehler, Greek Bookhands of the Early Byzantine Period.
A.D. 300-800 (BICS, Supplements, 47), Londres, 1987.
H. Harrauer, Handbuch der griechischen Paläographie, 2 vol., Textband; -
Tafelband (Bibliothek des Buchwesens, 20), Stuttagrt, A. Hiersemann, 2010.
§ 8. – Géographie
§ 9. – Prosopographies
Franz Paulus, Prosopographie der Beamten des Arsinoites Nomos in der Zeit
von Augustus bis auf Diokletian, Leipzig - Borna, Noske, 1914.
37
Werner Matthes, Prosopographie der ägyptischen Deltagaue auf Grund der
griechischen Urkunden von 300 [Link].-600 [Link]., Diss. Jena, 1932.
Hubert Devijver, De Aegypto et Exercitu Romano, sive Prosopographia
Militiarum Equestrium quae ab Augusto ad Gallienum seu statione seu origine ad
Aegyptum pertinebant (Studia Hellenistica, 22), Louvain, Studia Hellenistica, 1975.
J. M. Diethart, Prosopographia Arsinoitica I. s. vi-viii (Pros. Ars. I) (MPER, N.S.,
XII), Vienne, Hollinek, 1980.
Willy Clarysse and G. van der Veken, with the assistance of S.P. Vleeming,
The Eponymous Priests of Ptolemaic Egypt. Chronological Lists of the Priests of
Alexandria and Ptolemais with a Study of the Demotic Transcriptions of Their
Names (Papyrologica Lugduno-Batava, XXIV), Leyde, Brill, 1983.
B. W. Jones - J. E. G. Whitehorne, Register of Oxyrhynchites 30 B.C. - A.D.
96 (American Studies in Papyrology, 25), Chico, Scholars Press, 1983.
Pieter J. Sijpesteijn, Nouvelle liste des gymnasiarques des métropoles de
l'Égypte romaine (Studia Amstelodamensia ad epigraphicam, ius antiquum et
papyrologicam pertinentia, XXVIII), Zutphen, Terra, 1986.
María Jesús Albarrán Martínez, Prosopographia asceticarum aegyptiarum
(Colección DUCTUS, 1), Madrid, Consejo Superior de Investigaciones Científicas,
2010.
Giovanni Roberto Ruffini, A Prosopography of Byzantine Aphrodito
(American Studies in Papyrology, 50), Durham, North Carolina, American Society
of Papyrologists, 2011
38
Chronique d'Égypte, Bruxelles, 1 (1925) →. [Cron. d'Ég., CdÉ, CÉ].
39
Geneviève Husson et Dominique Valbelle, L'État et les institutions en
Égypte, des premiers pharaons aux empereurs romains (Collection U-Histoire
ancienne), Paris, Colin, 1992.
B. Lançon - Ch.-G. Schwentzel, L'Égypte hellénistique et romaine
(Collection 128, n° 232), Paris, Nathan, 1999.
B. Legras, L'Égypte grecque et romaine (Collection U - Histoire), Paris,
Colin, 2004.
B. Legras, Hommes et femmes d’Égypte (IVe s. av. n. è. - IVe s. de n. è.).
Droit, histoire, anthropologie (Collection U), Paris, A. Colin, 2010.
N. Lewis, Life in Egypt under Roman Rule, Oxford, Clarendon Press, 1983;
trad. française de l'édition anglaise corrigée: La Mémoire des Sables. La vie en
Égypte sous la domination romaine, Paris, A. Colin, 1988. Nombreux papyrus
traduits.
Id., Greeks in Ptolemaic Egypt, Oxford, Clarendon Press, 1986.
Cl. Orrieux, Les papyrus de Zénon: l'horizon d'un Grec en Égypte au IIIe
siècle avant J.-C., Paris, Macula, 1983. Nombreux papyrus traduits en français.
P. W. Pestman et al., Vreemdelingen in het land van Pharao, Zutphen, Terra,
1985.
Claire Préaux, Les Grecs en Égypte d'après les archives de Zénon (Collection
Lebègue, 7e série, n° 78), Bruxelles, Office de Publicité, 1947.
40
DEUXIÈME PARTIE: LA LECTURE DES PAPYRUS
CHAPITRE 5
L'ÉCRITURE DES PAPYRUS
Les textes littéraires sont habituellement écrits par des scribes expérimentés
dans ce que l'on appelle une « écriture libraire » (anglais : bookhand; allemand :
Buchschrift; italien : scrittura libraria). Les lettres de cette écriture sont de hauteur
uniforme et écrites sans ligatures. Une telle écriture est très impersonnelle. Il est
donc particulièrement difficile de dater un texte littéraire en se fondant uniquement
sur l'écriture.
L'époque ptolémaïque. Au début, les caractères sont rarement liés les uns aux
autres. En général ils sont larges et la ligne horizontale prédomine. Ils ont l'air de
« pendre » à une ligne plutôt que de « reposer » sur elle. L'écriture est claire,
régulière et élégante. Plus tard elle devient plus coulante et ressemble à un ruban.
41
L'époque romaine. Au début, les scribes sont assez relâchés. Les caractères
prennent diverses formes, parfois simplifiées à l'extrême. En règle générale, les
écritures sont petites et très rapides, mais le second siècle apporte plus de netteté. Le
troisième siècle montre une complète anarchie. Les caractères dépassent vers le haut
et le bas sans aucune régularité. Ils présentent des dimensions divergentes et des
formes différentes (carrée à côté de rectangulaire, circulaire à côté d'ovale, incurvée à
côté d'angulaire).
L'époque byzantine. Sous l'influence de la cursive latine, les scribes
développent graduellement une écriture très typique, grande, coulante, élégante,
pourvue de nombreuses fioritures. L'élément vertical prédomine largement.
§ 4. – Orientation bibliographique
42
CHAPITRE 6
LA LANGUE DES PAPYRUS DOCUMENTAIRES
§ 1. – Les papyrus grecs ont une immense valeur pour notre connaissance de
la langue grecque et de son histoire. Ils nous mettent en relation avec la langue quoti-
dienne telle qu'elle était parlée dans tous les cercles d'une population très variée et ils
nous dévoilent divers vocabulaires techniques (juridique, administratif, religieux,
agricole, etc.).
§ 3. – Orientation bibliographique
43
auf der Basis der zeitgenössischen griechischen Papyri (Tyche. Supplementband, 7), Vienne, A.
Holzhausen, 2009.
Latin : T. E. Evans, Latin in Egypt, dans Christina Riggs (éd.), The Oxford Handbook of
Roman Egypt, Oxford, Oxford University Press, 2012, pp. 517-525. — Sur les lettres latines et leur
langue, voir Paulus Cugusi (collegit, commentario instruxit), Corpus Epistularum Latinarum Papyris
Tabulis Ostracis servatarum (CEL) I. Textus; - II. Commentarius, III. Addenda, Corrigenda, Indices
rerum, Indices verborum omnium (Papyrologica Florentina, XXIII et XXXIII), Florence, Gonnelli,
1992 et 2002 ; Hilla Halla-Aho, The Non-literary Latin Letters. A Study of Their Syntax and
Pragmatics (Commentationes Humanarum Litterarum, 124, 2009), Helsinki, Societas Scientiarum
Fennica, 2009.
44
CHAPITRE 7
CHRONOLOGIE ET MÉTROLOGIE
Les dates dans les documents grecs d'Égypte suivent le modèle pharaonique
qui mentionne l'année de règne du souverain, le mois et le jour. L'année (ἔτος, étos)
est au génitif, le jour (ἡµέρα, hèmera) au datif et le mois (µήν, mèn) au génitif. Dans
les dates complètes des documents lagides figurent aussi les prêtres éponymes. Les
titres honorifiques des rois lagides et des empereurs romains sont souvent donnés.
« Sous les consuls nos seigneurs Dioclétien Auguste pour la 6e fois et Constance
César pour la 2e fois. » (P. Oxy. LXIX 4747, 1-2 ; 296).
45
Si le nom des consuls de l'année n'est pas encore connu en Égypte, on écrit
µετὰ τὴν ὑπατίαν = « après le consulat de » avec référence au consulat de l'année
prédédente.
§ 2. – Les calendriers
L'année égyptienne est faite de 12 mois de 30 jours, soit 360 jours, suivis de 5
jours « surajoutés » (ἐπαγόµεναι, épagomenai), donc au total 365 jours. La durée ef-
fective de l'année solaire étant de 365 jours, 5 heures, 48 minutes et presque 46
secondes, l'écart qui résulte entre le calendrier et le temps réel augmente
progressivement à raison d'un jour par quatre ans. Les Égyptiens arrivaient à
contrôler cette année mobile (ou « vague ») en notant la date à laquelle se produisait
un phénomène astronomique fixe, vital à leurs yeux, le lever de l'étoile Sothis
(Sirius) qui, une fois dans l'année (le 19 juillet du calendrier julien), est visible à
l'horizon juste avant le lever du soleil, donnant, pensaient-ils, le signal de la montée
des eaux du Nil dont la crue commence effectivement vers la même époque.
À l'époque romaine entre en application une décision prise dès 238 av. n. è.
par un synode de prêtres égyptiens réunis à Canope : « ajouter à partir de maintenant
tous les quatre ans un jour aux cinq jours supplémentaires, avant le commencement
de la nouvelle année » (SB V 8858 = OGIS 56, 44-45). La réforme du calendrier par
Auguste introduit cette modification. Par ailleurs, le début de l'année égyptienne, le
1er Thoth, est fixé au 29 août.
a) pour le calendrier macédonien de 260 à 221 av. n. è., cfr P. Lug. Bat. XXI,
pp. 220-263 ; sur l'histoire du calendrier macédonien de 336 à 246 av. n. è., voyez
aussi E. Grzybek, Du calendrier macédonien au calendrier ptolémaïque problèmes
de chronologie hellénistique, Bâle, 1990, les tableaux. Mais cet ouvrage a fait l'objet
de critiques. Voyez par exemple H. Hauben, La chronologie macédonienne et
ptolémaïque mise à l'épreuve. À propos d'un livre d'Erhard Grzybek, dans Chr.d'Ég.,
67 (1992), pp. 143-171 ; G. Hölbl, Bemerkungen zur frühptolemäischen
Chronologie, dans Tyche, 7 (1992), pp. 117-122 ; Hélène Cadell, À quelle date
Arsinoé II Philadelphe est-elle décédée?, dans H. Melaerts (Éd.), Le culte du
souverain dans l'Égypte ptolémaïque au IIIe siècle avant notre ère (Studia
Hellenistica, 34), Louvain, Peeters, 1998, pp. 1-3.
b) pour le calendrier égyptien à l'époque lagide, cfr T. C. Skeat, The Reigns of
the Ptolemies (Münchener Beiträge, 39), 2e éd., Munich, 1969 ;
c) pour le calendrier égyptien à l'époque romaine, cfr P.W. Pestman, Chrono-
logie égyptienne d'après les textes démotiques (P. Lugd. Bat. XV), Leyde, 1967, pp.
84-127 et le tableau entre les pages 8 et 9 ; T. C. Skeat, The Reign of Augustus in
Egypt. Conversion Tables for the Egyptian and Julian Calendars. 30 B.C. - 14 A.D.
(Münchener Beiträge, 84), Munich, Beck, 1993 ; ce dernier fait l'objet de critiques de
46
la part de D. Hagedorn, Zum ägyptischen Kalender unter Augustus, dans ZPE, 100
(1994), pp. 211-223, qui propose un autre système de conversion et établit un
concordance entre les calendriers égyptien et julien de l'an 1 (30/29) à l'an 9 (22/21)
du règne ; T. C. Skeat, The Egyptian Calendar under Augustus, dans ZPE, 135
(2001), pp. 153-156 compare son système et celui de Hagedorn.
d) pour les calendriers égyptien et romain de la période byzantine, cfr R. S.
Bagnall et K. A. Worp, Chronological Systems of Byzantine Egypt, 2e édition, Leyde,
Brill, 2004.
Sur la manière d'indiquer l'heure, cfr H. Harrauer, dans Anal. Pap., 2 (1990),
pp. 132-137.
§ 3. – La métrologie
a) Monnaie
47
b) Mesures
ἄρουρα (aroura) : l'aroure est une unité de surface. La surface d'une aroure
est 100 x 100 πήχεις (pèkheis) = c. 2756 m2 (2 aroures = environ un terrain de
football) L'unité standard est ὁ πῆχυς (ho pèkhus), la coudée, de 0, 525 m. Une
personne pouvait vivre avec le revenu net de 1,4 à 2 aroures.
ἀρτάβη (artabè) : l'artabe est une mesure de produits secs (céréales, haricots,
graines végétales, etc.) de capacité variable. La capacité de l'artabe est souvent de 40
χοίνικες (khoinikes), soit approximativement 40 litres, mais des artabes plus grandes
ou plus petites sont connues. L'unité standard est ἡ χοῖνιξ (hè khoinix) (0,98 litre).
Une personne pouvait vivre avec environ 10 artabes de blé par an.
µετρητής (ὁ) (métrètès, ho) : le métrète est une mesure de liquides de capacité
variable, souvent de 12 χόες (khoes), soit probablement environ 35 litres.
§ 4. – Bibliographie
Pour la chronologie, aux ouvrages et articles cités dans Montevecchi, La Papirologia et dans
le présent chapitre, ajoutez
G. Bastianini, Nozioni di astronomia e misurazione del tempo nell'Egitto antico. Note per gli studenti
dei corsi elementari di papirologia, dans Comunicazioni. Istituto Papirologico "G. Vitelli", 4,
Florence, 2001, pp. 63-83 (I movimenti apparenti delle stelle e del sole. - Il sorgere eliaco della stella
Sothis. - L'anno civile egiziano. - Il ciclo sotiaco. - Cronologia assoluta secondo il dato sotiaco. - Le
date in epoca tolemaica. - L'anno civile egiziano riformato (anno giuliano). - L'ultima riforma. -
Bibliografia sintetica aggiornata) ; J. Mélèze Modrzejewski, Chronotomie grecque dans l'Égypte
hellénistique et romaine, dans Robert W. Wallace und Michael Gagarin (édd.), Symposion 2001.
Vorträge zur griechischen und hellenistischen Rechtsgeschichte (Evanstan, Illinois, 5.-8. September
2001). Papers on Greek and Hellenistic Legal History (Evanstan, Illinois, September 5-8, 2001)
(Akten der Gesellschaft für griechische und hellenistische Rechtsgeschichte, 16), Wien, 2005, pp.
247-262 (1. Calendrier macédonien et calendrier égyptien. - 2. La décade gréco-égyptienne: jours de
repos et jours de dévotion. - 3. L'hebdomade contre la décade. - 4. "Jour du Soleil", "Jour du
Seigneur". - 5. Un voyage en "Terre sainte") ; T. Boiy, Between High and Low. A Chronology of the
Early Hellenistic Period (Oikumene. Studien zur antiken Weltgeschichte, 5), Francfort-sur-le-Main,
Antike Verlag, 2007.
48
pour l'époque romaine : J.-Cl. Grenier, Les titulatures des empereurs romains dans les documents en
langue égyptienne (Papyrologica Bruxellensia, 22), Bruxelles, FÉRÉ, 1989 ; D. Hagedorn - K. A.
Worp, Das Wandeljahr im römischen Ägypten, dans ZPE, 104 (1994), pp. 243-255, 1 tabl. ; C.
Bennett, The Early Augustan Calendars in Rome and Egypt, dans ZPE, 142 (2003), pp. 221-240 (l'A.
passe en revue les documents contemporains illustrant le fonctionnement des calendriers civils
romains et égyptiens de 45 av. à 8 apr. J.-C. et propose un modèle selon lequel le même calendrier
civil romain était en usage à Rome et en Égypte) ; Id., The Early Augustan Calendars in Rome and
Egypt: Addenda et Corrigenda, dans ZPE, 147 (2004), pp. 165-168 ; Id., The Two Egyptian Birth
Days of Augustus, dans ZPE, 161 (2007), pp. 195-198 (Augustus was born on 23 September 63 B.C.
(Roman calendar). At different times, his birth day was marked on two days of Egyptian months : the
25th and the 27th.) ; A. Jones, Calendrica II: Date Equations from the Reign of August, dans ZPE,
129 (2000), pp. 159-166 ; T. C. Skeat., A Forgotten Factor in the Debate on the Calendar in Augustan
Egypt, dans ZPE, 132 (2000), p. 240 (attire l'attention sur le témoignage de Dion Cassius LI, 19, 6) ;
Buttrey, Documentary Evidence for the Chronology of the Flavian Titulature (Beiträge zur
Klassischen Philologie, 112), Meisenheim am Glan, Hain, 1980 ; Zola M. Packman, Epithets with the
Title Despotes in Regnal Formulas in Document Dates and in the Imperial Oath, dans ZPE, 90
(1992), pp. 251-25 et Regnal Formulas in Document Date and in the Imperial Oath, dans ZPE, 91
(1992), pp. 61-76 ; N. Gonis, On the Knowledge in Egypt of the Death of Severus, dans ZPE, 137
(2001), pp. 223-224 ; D. Hagedorn, Entsprach der Monat Domitianos in Ägypten dem Phaophi oder
dem Hathyr ?, dans ZPE, 159 (2007), pp. 261-266 (Domitianos = Phaophi) ;
pour l'époque byzantine : A. Chastagnol, La datation par années régnales égyptiennes à l'époque
constantinienne, dans Aiôn. Le temps chez les Romains (Caesarodunum, X bis), Paris, 1976, pp. 221-
238 ; R. S. Bagnall, Regnal Formulas in Byzantine Egypt (BASP Supplements, 2), Missoula, Scholars
Press, 1979 ; K. A. Worp, Regnal Formulas of the Emperor Heraclius, dans JJP, 23 (1993), pp. 217-
232 ; F. Reiter, Datierungen nach dem Postkonsulat des Basilius in Papyrusdokumenten, dans ZPE,
145 (2003), pp. 231-245, tabl.
Pour trouver à quelle date précise commence le règne d'un empereur romain, cfr D. Kienast, Römische
Kaisertabelle. Grundzüge einer römischen Kaiserchronologie, 2e éd., Darmstadt, Wissenschaftliche
Buch-gesellschaft, 1996 ; D. W. Rathbone, The Dates of the Recognition in Egypt of the Emperors
from Caracalla to Diocletianus, dans ZPE, 62 (1986), pp. 101-131.
Liste des consuls de l'empire tardif : R. S. Bagnall, A. Cameron, S. R. Schwartz, K. A. Worp, Consuls
of the Later Roman Empire (Philological Monographs of the American Philological Association, 36),
Atlanta, Scholars Press, 1987.
49
Studies. Acts of the Third International Congress of Coptic Studies. Warsaw, 20-25 August, 1984,
Varsovie, 1990, pp. 209-210 ; J.-L. Fournet, Révision du P. Rein. II 107. Un papyrus de Syène de
moins, un étalon monétaire de plus, dans ZPE, 117 (1997), pp. 167-170 et pll. I-II (mentionne un
ζυγὸς πενήτων, « étalon des pauvres », jusqu'ici inconnu) ; R. Bland, The Roman Coinage of
Alexandria, 30 B.C.-A.D. 296 : Interplay between Roman and Local Designs, dans Archaeological
Research in Roman Egypt. The Proceedings of The Seventeenth Classical Colloquium of The
Department of Greek and Roman Antiquities, British Museum, held on 1-4 December, 1993 (JRA.
Supplementary Series, 19), Ann Arbor, Michigan, 1996, pp. 113-127, 63 figg. sur 3 pll., 6
graphiques ; Sitta von Reden, Money and Coinage in Ptolemaic Egypt. Some Preliminary Remarks,
dans Akten des 21. Internationalen Papyrologenkongresses (ArchPF. Beiheft 3), Stuttgart - Leipzig,
1997, pp. 1003-1008 ; Hélène Cadell et Georges Le Rider, Prix du blé et numéraire dans l'Égypte
lagide de 305 à 173 (Papyrologica Bruxellensia, 30), Bruxelles, Fondation Égyptologique Reine
Élisabeth, 1997 (Première partie : aperçu du monnayage lagide de Ptolémée I à Ptolémée VI) ; R. S.
Bagnall et K. A. Worp, Τετράχρυσον, dans Tyche, 15 (2000), pp. 3-6 (dans les P. Kellis Gr. I 29 et
S.B. XII 10784, les mots τετράχρυσον νόµισµα font sans doute référence à une monnaie de 100
deniers soit l'ancien aureus ?) ; Erik Christiansen, Coinage in Roman Egypt. The Hoard Evidence,
Aarhus, Aarhus University Press, 2004 ; Frédérique Duyrat et Olivier Picard (édd.), L'exception
égyptienne ? Production et échanges monétaires en Égypte hellénistique et romaine (Études
alexandrines, 10), Le Caire, Institut Français d'Archéologie Orientale, 2005 (Présentation des
éditeurs : La monnaie frappée en Égypte par les rois hellénistiques puis par les empereurs romains
représente-t-elle une exception dans l'histoire monétaire de l'Antiquité ? De nombreux indices
peuvent le faire pense :: dès 315 av. J.-C., la monnaie d'argent émise à Alexandrie utilise un étalon
plus léger qu'ailleurs cependant que les pièces de bronze y jouent un rôle particulièrement important.
Des papyrus indiquent que la monnaie étrangère ne pouvait pénétrer dans le pays. D'Auguste à
Dioclétien, les empereurs ont poursuivi cette politique avantageuse pour le souverain, en faisant
frapper une monnaie à l'iconographie très variée. Parallèlement, les papyrus font apparaître une
montée impressionnante des prix et les historiens en ont conclu que, tout à la recherche du profit, les
Ptolémées auraient déclenché une inflation qui avait ruiné le pays. Ce colloque fait le point sur la
question en rassemblant la documentation disponible sur la circulation du numéraire égyptien et en
comparant les pratiques monétaires du royaume et de la province à celle des autres États
hellénistiques et au reste de l'Empire. L'originalité en est incontestable, mais elle ne se situe pas
toujours là où on le pensait et l'Égypte n'est pas cet isolat financier que certains ont parfois supposé.
Éclairée par une riche documentation papyrologique, la numismatique égyptienne n'en pose pas
moins de graves problèmes d'interprétation dont les discussions cernent les contours et analysent les
possibles explications) ; Sitta von Reden, Money in Ptolemaic Egypt. From the Macedonian Conquest
to the End of the Third Century BC, Cambridge, Cambridge University Press, 2007.
S. P. Vleeming, The Artaba, and Egyptian Grain-Measures, dans Proceedings of the XVI
International Congress of Papyrology, Chico, Scholars Press, 1981, pp. 537-545 ; P. Köln VII,
Anhang : Beobachtungen zu den Längen- und Flächenmassen Ägyptens in römischer und
byzantinischer Zeit ; K. A. Worp, A Survey of ἁπλᾱ, δι(δι)πλᾱ and τριπλᾱ Measures in the Papyri,
dans ZPE, 131 (2000), pp. 145-149 ; Ph. Mayerson, The Value of the Maximian Cotyla in P. Oxy. L
3595 and PSI XII 1252, dans ZPE, 131 (2000), pp. 167-169 ; Idem, The Monochoron and Dichoron :
Standard Measures for Wine Based on the Oxyrhynchition, dans ZPE, 131 (2000), pp. 169-172 ; Id.,
Standardization of Wine Measures at Oxyrhynchus in the Third Century A.D. and its Extension to the
Fayum, dans BASP, 37 (2000), pp. 105-109 ; Id., The Brief Life of an Innovation: The Tri-Keramia
System Based Upon the Maximian Cotyla, dans ZPE, 136 (2001), pp. 221-224 ; Id., Σηκώµατα :
Measures of Wine, Not Jars, dans BASP, 38 (2001), pp. 97-101 ; Id., The Enigmatic Knidion : A Wine
Measure in Late Roman / Byzantine Egypt ?, dans ZPE, 141 (2002), pp. 205-209 (le knidion sert
comme mesure pour le vin et vaut environ 2,2 l.) ; Id., The κάγκελλον Artab Measure Equals Five
Modii Xysti?, dans BASP, 40 (2003), pp. 179-185; Id., Mega Kankellon and Metron in Late Receipt
and Expenditure Accounts, dans BASP, 43 (2006) pp. 107-111 ; Idem, The Modius as a Grain
Measure in Papyri from Egypt, dans BASP, 43 (2006), pp. 101-106 ; Gyula Priskin, Reconstructing
the Length and Subdivision of the iteru from Late Egyptian and Graeco-Roman Texts, dans
Discussions in Egyptology, 60 (2004), p. 57-71, 4 tabl. (Introduction. - The number of stades in one
iteru. - The number of cubits in one stade. - The cubit and the iteru. - The schoinos in Late Period and
Ptolemaic Egypt. - Conclusion. - Note. - References).
50
CHAPITRE 8
LES MÉTHODES DE PUBLICATION
Les textes sont transcrits en minuscules. Les accents et les esprits sont
indiqués comme en grec attique 6.
Dans les papyrus documentaires, l'iota « souscrit » n'existe pas. Il est soit né-
gligé, soit adscrit. Par convention, dans une édition de papyrus, l'iota adscrit signifie
que le scribe a réellement utilisé l'iota adscrit tandis que l'iota souscrit signifie que le
scribe a omis l'iota.
6 Sur quelques cas particuliers d'accentuation, cfr W. Clarysse, Greek Accents on Egyptian Names,
dans ZPE, 119 (1997), pp. 177-184 ; S. Radt, Zur Akzentuierung lateinischer Namen im
Griechischen, dans ZPE, 121 (1998), p. 72 [reproduit dans Annette Harder, Remco Regtuit,
Peter Stork, Gerry Wakker (édd.), S. Radt, Noch einmal zu ... Kleine Schriften von Stefan Radt
zu seinem 75. Geburtstag, (Mnemosyne. Supplementum, 235), Leyde, 2002, pp. 450-451] ; J.
Kramer, Zur Akzentuierung lateinischer Wörter in griechischen Papyri, dans Isabella
Andorlini, G. Bastianini, M. Manfredi et Giovanna Menci (édd.), Atti del XXII Congresso
Internazionale di Papirologia. Firenze, 23-29 agosto 1998, Volume II, Florence, 2001, pp.
753-761 ; Idem, Von der "lex Wackernagel" zur "lex Clarysse": Zur Akzentuierung der
Latinismen im Griechischen, dans ZPE, 123 (1998), pp. 129-134 (en faveur des propositions de
W. Clarysse) ; S. Radt, Noch einmal zur Akzentuierung lateinischer Namen im Griechischen,
dans ZPE, 126 (1999), p. 98 [reproduit dans Annette Harder, Remco Regtuit, Peter Stork,
Gerry Wakker (édd.), S. Radt, Noch einmal zu ... Kleine Schriften von Stefan Radt zu seinem
75. Geburtstag, (Mnemosyne. Supplementum, 235), Leyde, 2002, pp. 451-452].
51
SIGNES CRITIQUES
52
RECOMMANDATIONS AUX ÉDITEURS DE DOCUMENTS
adoptées au XIIe Congrès International de Papyrologie (Ann Arbor, 1968)
« Tout en rappelant qu'une référence papyrologique (du type P. Oxy. XVIII 2191, 1) devrait
toujours comporter l'indication du tome lorsqu'elle apparaît pour la première fois dans un ouvrage,
I'Assemblée Générale de l'A.I.P., réunie à Ann Arbor le 17 août 1968, recommande :
a) que les éditeurs adoptent dans les publications de textes en plusieurs volumes une numérotation
continue de volume en volume ;
b) qu'ils évitent l'utilisation concomitante de numérotations différentes pour le même papyrus,
comme la numérotation continue de volume en volume (qui seule est souhaitable) avec la
numérotation à l'intérieur du volume (P. Heid. N.F. 3) ou suivant le numéro d'inventaire (P.
Erlangen), etc. ;
c) qu'ils ne publient pas plusieurs documents sous un même numéro ;
d) que des documents différents apparaissant sur un même papyrus (par exemple, au recto et au
verso) aient chacun un numéro différent dans la publication ;
e) que, dans la mesure du possible, dans un document en plusieurs colonnes ou en plusieurs
fragments, la numérotation des lignes soit continue.
Ces recommandations sont conformes aux usages les plus répandus. Leur observance allégera
considérablement nos références et nos index, et évitera des erreurs et des confusions. On a fait
remarquer que, pour l'automatisation de l'information en papyrologie, de telles règles permettront
un usage plus rationnel et beaucoup moins coûteux des moyens mis à notre disposition» [cf. ChrEg
43 (1968) No. 85, p. 212].
« La commission restreinte formée au sein du Comité International de Papyrologie suggère que les
index des publications papyrologiques présentent les verbes suivant la méthode de nos deux
dictionnaires de base, le Wörterbuch et le Liddell-Scott-Jones, c'est-à-dire à la première personne du
singulier de l'indicatif, et non à l'infinitif: phileo et non philein, oida et non eidenai. Cette
normalisation simplifiera certaines recherches et facilitera ultérieurement la constitution d'un
dictionnaire automatique » [cf. ChrEg 43 (1968) No. 86, p. 457].
Orientation bibliographique
53
TROISIÈME PARTIE: GÉOGRAPHIE, HISTOIRE, ADMINISTRATION
CHAPITRE 9
GÉOGRAPHIE.
54
fallait domestiquer les flots aux prix d'un énorme travail (construction puis entretien
de canaux et de digues, par exemple). Il ne fait aucun doute que la surface de terre
cultivée dans l'antiquité atteint son maximum aux époques lagide et romaine. Mais,
en plus des céréales, le pays était riche de sa flore (e.g. papyrus), de sa faune (e.g.
oiseaux aquatiques, poissons) et de ses ressources minérales (e.g. granit du Mons
Claudianus, porphyre du Mons Porphyrites).
§ 2. – Le texte d'Hérodote.
Hérodote a écrit, lit-on dans presque tous les livres et les manuels, que
l'Égypte était un don du Nil. Mais ce mot imagé ne s'applique pas à la totalité du
pays. Le sud n’est pas concerné. Voici le texte :
Δῆλα γάρ [---] ὅτι ⟨ἡ⟩ Αἴγυπτος ἐς τὴν Ἕλληνες ναυτίλλονται ἐστὶ Αἰγυπτίοισι
ἐπίκτητός τε γῆ καὶ δῶρον τοῦ ποταµοῦ, καὶ ⟨ἡ⟩ τὰ κατύπερθε ἔτι τῆς λίµνης ταύτης
µέχρι τριῶν ἡµερέων πλόου, τῆς περὶ ἐκεῖνοι οὐδὲν ἔτι τοιόνδε ἔλεγον, ἔστι δὲ
ἕτερον τοιοῦτο.
« Il est évident [ - - - ] que la région de l'Égypte où les Grecs se rendent en bateau est
une terre qui s'ajouta au pays des Égyptiens, un présent du fleuve ; et aussi la région
située encore au-dessus de ce lac jusqu'à une distance de trois journées de navigation,
de laquelle jusqu'à ce jour les prêtres n'ont rien dit de pareil, mais qui en est un
autre. » (texte et traduction de Ph.-E. Legrand, coll. des Universités de France, Paris,
Les Belles Lettres, 1963).
§ 2. – Orientation bibliographique
55
CHAPITRE 10
LINÉAMENTS HISTORIQUES
570-526 Amasis. Selon Hérodote (II, 178-179), Naucratis était le seul port
commercial en Égypte et Amasis permit aux Grecs de s'y installer.
Mais les découvertes archéologiques attestent l'existence d'autres
établissements grecs.
56
Classical Archaeology), Oxford, Oxford University Press, 2000, Ursula Höckmann
et Detlev Kreikenbom (édd.), Naukratis. Die Beziehungen zu Ostgriechenland,
Ägypten und Zypern in archaischer Zeit. Akten der Table Ronde in Mainz, 25.-27.
November 1999, Möhnesee, Bibliopolis, 2001; Autour de Naucratis, dans Topoi, 12-
13 (2005), pp. 133-205 (plusieurs contributions) ; Olaf Höckmann, Griechischer
Seeverkehr mit dem archaischen Naukratis in Ägypten, dans Talanta 40-41 (2008-
2009) pp. 73-135, 11 figg. (résumé en anglais) ; Jean-Yves Carrez-Maratray et
Catherine Defernez, L'angle oriental du Delta : les Grecs avant Alexandre, dans
Pascale Ballet (éd.), Grecs et Romains en Égypte. Territoires, espaces de la vie et de
la mort, objets de prestige et du quotidien (Bibliothèque d'Étude, 157), Le Caire,
IFAO, 2012, pp. 31-45.
---- Une garnison juive est stationnée dans l'île d'Éléphantine pour
défendre la frontière sud de l'Égypte; découverte de trois dossiers de
papyrus araméens (Ve s.).
57
vorderorientalischen Grossmächte. Die Kontakte zwischen dem Pharaonenreich und
der Ägäis vom 7. bis zum 4. Jahrhhundert vor Christus (Forum Alte Geschichte, 1)
Munich, M. Maidenbauer, 2011 (p. 201-218 : Alexandre III et l’Égypte; - p. 219-
256 : les Grecs en Égypte pendant la 26e Dynastie. 650-525 av. n. è.; - p. 257-279 :
les Grecs en Égypte sous la domination perse ; - p. 281-307 : les Grecs en Égypte
pendant le IVe s. av. n. è.). – Sur Rakote/Rhacotis, cfr Michel Chauveau, Alexandrie
et Rhakôtis : le point de vue des Égyptiens, dans Alexandrie: une mégapole
cosmopolite. Actes du colloque de la Villa Kérylos à Beaulieu-sur-Mer les 2 et 3
octobre 1998 (Cahiers de la Villa «Kérylos», 9), Paris, Académie des Inscriptons et
Belles-Lettres, 1999, pp. 1-10. Sur la fondation d'Alexandrie : Arrien, Anabase, III,
1, 5 - 2, 2 ; Plutarque, Vie d'Alexandre, 26, 3-10. P. M. Fraser, Ptolemaic
Alexandria, I, Oxford, Clarendon Press, 1972, pp. 3-7.
Bibliographie. Sur les Grecs en Égypte avant le royaume lagide, cfr O. Montevecchi, La papirologia,
pp. 104-106 et 549. Ajoutez Dominique Valbelle, Les neufs arcs. L'Égyptien et les Étrangers de la
préhistoire à la conquête d'Alexandre, Paris, 1990, pp. 216-218 et 239-346 ; F. Kammerzell, Studien
zu Sprache und Geschichte der Karer in Ägypten (Göttinger Orientforschungen, IV. Reihe : Ägypten,
27), Wiesbaden, 1993 ; A. Laronde, Mercenaires grecs en Égypte à l'époque saïte et à l'époque perse,
dans Colloque Entre Égypte et Grèce. Actes (Cahiers de la Villa "Kérylos", 5), Paris, Les Belles
Lettres, 1995, pp. 29-36 ; Pernigotti, op. cit. ; Werner Huß, Ägypten in hellenistischer Zeit. 332-30 v.
Chr., Munich, Beck, 2001, pp. 20-191 ; Günter Vittmann, Ägypten und die Fremden im ersten
vorchristlichen Jahrtausend (Kulturgeschichte der antiken Welt, 97), Mayence/Rhin, Ph. von Zabern,
2003, pp. 194-235.
58
Manéthon écrit une histoire d'Égypte en langue grecque. Des savants
juifs traduisent l'Ancien Testament en grec (la Septante). Les archives
de Zénon.
Sur la traduction de la Septante, cfr J. Mélèze Modrzejewski, La Septante comme
nomos. Comment la Torah est devenue une «loi civique» pour les Juifs d'Égypte,
dans Annali di Scienze Religiose, 2 (1997), pp. 143-158. Mais voyez aussi Marc
Philonenko, La Bible des Septante, dans Alexandrie : une mégapole cosmopolite.
Actes du colloque de la Villa Kérylos à Beaulieu-sur-Mer les 2 et 3 octobre 1998
(Cahiers de la Villa « Kérylos », 9), Paris, Académie des Inscriptons et Belles-
Lettres, 1999, pp. 145-155.
Éloge de Philadelphe : Théocrite XVII. - Theocritus. Encomium of Ptolemy
Philadelphus. Text and Translation with Introduction and Commentary by Richard
Hunter (Hellenistic Culture and Society, 39), Berkeley - Los Angeles - Londres,
University of California Press, 2003.
Sur le décret de Canope : OGIS 56, avec J. Delorme, Le monde hellénistique (323-
133 avant J.-C.). Événements et institutions (Regards sur l'Histoire, 25), Paris,
S.É.D.E.S., 1975, pp. 359-362 (cfr en annexe un extrait traduit intitulé « Décret du
synode des prêtres égyptiens (238) ») ; Stefan Pfeiffer, Das Dekret von Kanopos
(238 [Link].) : Kommentar und historische Auswertung. Eines dreisprachigen
Synodaldekretes der ägyptischen Priester zu Ehren Ptolemaios' III. und seiner
Familie (ArchPF, Beiheft 18), Munich - Leipzig, Saur, 2004. – Fragments de deux
nouveaux exemplaires du décret : SEG XVIII 631a (fragment de stèle bilingue
découvert à El-Kab) et Christian Tietze, Mohamed Maksoud et Eva Lange, Zeichen
setzen. Spektakulärer Fund : Das Kanopus-Dekret von Tell Basta im östlichen Delta,
dans AntW, 35 (2004), No. 3, pp. 75-76 ; Chr. Tietze, Eva R. Lange et K. Hallof, Ein
neues Exemplar des Kanopus-Dekrets aus Bubastis, dans ArchPF, 51 (2005), pp. 29
et pll. I-III (24 lignes en démotique et 67 lignes en grec gravées dans un bloc de
granit noir découvert dans le temple de Bastet à Boubastis). – Willy Clarysse,
Ptolémées et temples, dans Dominique Valbelle et Jean Leclant (édd.), Le décret de
Memphis. Colloque de la Fondation Singer-Polignac à l'occasion de la célébration
du bicentenaire de la découverte de la Pierre de Rosette, Paris, 2000, pp. 41-65
[Montre que les décrets trilingues des Lagides ressortissent pour l'essentiel aux
décrets honorifiques grecs, non sans emprunter des traits propres à la couleur locale
égyptienne. Ces décrets ont été rédigés par les prêtres égyptiens à la tête du clergé.
Ils ne contiennent aucun élément qui permette de se prononcer sur une diminution du
pouvoir royal ou sur une égyptianisation des Ptolémées. - Pp. 63-65: Annexe.
Synoptiques des décrets de Canope (237 av. J.-C.) et de Memphis (196 av. J.-C.).
Résumé BP fiche 00/0152].
59
Les historiens antiques et, à leur suite, un grand nombre d’historiens modernes, ont
sévèrement critiqué le quatrième souverain de l’Égypte hellénistique, Ptolémée
Philopator, et au-delà de la figure historique, leur jugement s’est naturellement
focalisé sur le bilan de son règne. Cet état de fait tient en grande partie à la tradition
transmise par Polybe et reprise par ses successeurs. Cependant, une remise en
question de cette vision trop négative est perceptible depuis une quarantaine
d’années grâce à une relecture des sources et à une analyse nouvelle des faits (dont
certains inconnus des historiens de la première moitié du XXe siècle).
Sur Raphia : Polybe V, 79-87 avec J. Delorme, op. cit., pp. 390-404. — Troubles :
Polybe V, 107, 1-3 et XIV, 12, 3-4.
Voir, par ex., Bernard Legras, Les reclus grecs du Sarapieion de Memphis. Une
enquête sur l’hellénisme égyptien (Studia Hellenistica, 49), Louvain, Petters, 2011.
60
Guerre civile et révoltes : Diodore de Sicile XXXI, 15 a et 17 b.
Exemple fameux de l'aide de Rome, l'épisode de Popilius Laenas (168) : Polybe
XXIX, 27 et Tite-Live XLV, 12. Sur l'ambassade romaine en Égypte, voir aussi
Tite-Live XLIV, 19; XLV, 10-12.
145 Ptolémée VII Néos Philopator (il n'a peut-être jamais régné).
Mais voyez H. Heinen, Der Sohn des 6. Ptolemäers im Sommer 145. Zur Frage nach
Ptolemaios VII. Neos Philopator und zur Zählung der Ptolemäerkönige, dans Akten
des 21. Internationalen Papyrologenkongresses (Archiv für Papyrus-forschung.
Beiheft 3), Stuttgart-Leipzig, Teubner, 1997, pp. 449-460. Aussi M. Chauveau,
Encore Ptolémée "VII" et le dieu Néos Philopatôr!, dans REg, 51 (2000), p. 257-261
(Mise au point sur la question controversée de Ptolémée "VII" à la lumière de P.
Köln VIII 350, et nouvelle interprétation d'inscriptions hiéroglyphiques de Karnak
en faveur de l'identité du dieu Néos Philopatôr avec Ptolémée dit « Memphitès »).
116-101 Cléopâtre III (d'abord avec Ptolémée IX Sôter II, puis avec Ptolémée
X Alexandre). Influence grandissante de Rome.
88-80 Ptolémée IX Sôter II, qui a été exilé à Chypre, est rappelé par les
Alexandrins qui ont chassé Ptolémée X.
Kathrin Christmann, Ptolemaios XII. von Ägypten, Freund des Pompeius, dans Altay
Coskun (éd.), en collaboration avec Heinz Heinen et Manuel Tröster, Roms
auswärtige Freunde in der späten Republik und im frühen Prinzipat (Göttinger
Forum für Altertumswissenschaft. Beihefte. 19), Göttingen, 2005, pp. 113-126.
À lire avec Anne Burton, Diodorus Siculus. Book I. A Commentary (ÉPRO, 29),
Leyde, Brill, 1972. Cfr aussi F. Chamoux, L'Égypte d'après Diodore de Sicile, dans
Colloque Entre Égypte et Grèce. Actes (Cahiers de la Villa « Kérylos », 5), Paris,
Les Belles Lettres, 1995, pp. 37-50.
51-30 Cléopâtre VII, régnant conjointement avec ses frères Ptolémée XIII et
XIV et son fils Césarion (Ptolémée XV), finalement avec Césarion
seul. P. van Minnen pense que le P. Bingen 45 porte une annotation
de la main de Cléopâtre ; ce n'est pas impossible. Bataille d'Actium
(31).
Voir : Dion Cassius, L et LI.
Sur le P. Bingen 45 : P. van Minnen, An Official Act of Cleopatra (with a
Subscription in her Own Hand), dans AncSoc, 30 (2000), pp. 29-34 ; Royal
Ordinance on papyrus of Cleopatra VII, granting tax privileges to Publius Canidius,
dans Susan Walker et P. Higgs (Édd.), Cleopatra of Egypt. From History to Myth,
61
Londres, British Museum Press, 2001, p. 180, n° 188 ; Further Thoughts on the
Cleopatra Papyrus, dans ArchPF, 47 (2001), pp. 74-80 et A Royal Ordinance of
Cleopatra and Related Documents, dans Susan Walker et Sally-Ann Ashton (Édd.),
Cleopatra Reassessed (The British Museum Occasional Paper, 103), Londres, 2003,
pp. 35-44 ; K. Zimmermann, P. Bingen 45: Eine Steuerbefreiung für Q. Cascellius,
adressiert an Kaisarion, dans ZPE, 138 (2002), pp. 133-139, 2 figg. et pl. IV ; C.
Schäfer, Kleopatra (Gestalten der Antike), Darmstadt, Wissenschaftlichen Buch-
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entre Lagides et Séleucides).
§ 3. – Période romaine
30 av. n.è. Auguste (30 av. - 14 apr. J.-C.). Dans les papyrus, il est appelé
Καῖσαρ et, après sa mort, θεὸς Σεβαστός. L'Égypte devient une
province romaine sous un préfet romain. Réforme du calendrier :
introduction de l'année bissextile. — Le premier préfet d'Égypte, C.
Cornelius Gallus, doit réprimer deux insurrections, l'une à Héroonpolis
dans le Delta oriental, l'autre dans la région de Thèbes. Cette deuxième
révolte donne lieu à une expédition militaire jusqu'à Syène. Gallus en
fait graver le compte rendu dans une inscription trilingue (latine,
grecque et hiéroglyphique) trouvée dans l'île de Philae devant le
temple d'Auguste (OGIS II, 654 = I. Philae II, 128) (Cfr le texte en
annexe). Gallus est aussi un poète. Des fragments de son oeuvre écrits
sur papyrus ont été retrouvés à Qasr Ibrim, en Nubie. Ils constituent le
plus ancien manuscrit de poésie latine actuellement connu (voyez, par
exemple, Pierre Grimal, La littérature latine, Paris, Fayard, 1994, pp.
260-262).
20 av. n.è. Confiscation des domaines des temples égyptiens. Voir toutefois Livia
Capponi, Priests in Augustan Egypt, dans James H. Richardson and
Federico Santangelo (édd.), Priests and State in the Roman World
(Potsdamer Altertumswissenschaftliche Beiträge, 33), Stuttgart, 2011,
pp. 507-528. L’auteure met en doute l’idée que la conquête romaine
marque le début du déclin des temples et que les prêtres perdent
l’essentiel de leurs privilèges. Ceux-ci continuent à affermer leurs
terres et à payer des taxes sur elles.
63
quelques papyrus, notamment le P. Oxy. XXV, 2435 recto = Mertens-
Pack3 2216, compte rendu de sa rencontre avec les Alexandrins
comprenant le discours qu'il a prononcé en grec à cette occasion).
Dieter Georg Weingärtner, Die Ägyptenreise des Germanicus (Papyrologische Texte
und Abhandlungen, 11), Bonn, R. Habelt, 1969.
Pieter W. Van der Horst, Philo's Flaccus : The First Pogrom. Introduction,
Translation and Commentary (Philo of Alexandria Commentary Series, 2), Leyde,
E.J. Brill, 2003.
54-68 Néron (an 1 = 54/55). Crise économique dont on trouve la trace dans
les papyrus. Le Juif Ti. Iulius Alexander, préfet d'Égypte, favorise
l'accession de Vespasien à l'Empire.
69-79 Vespasien (an 1 = –/69). Après la chute de Jérusalem en 70, Titus fait
une halte à Alexandrie. Une lettre privée conservée sur papyrus nous
en indique le moment précis : le 25 avril 71, vers 7 heures du matin (P.
Oxy. XXXIV, 2725).
64
117) ; J. Mélèze Modrzejewski, Ἰουδαῖοι ἀφῃρηµένοι. La fin de la communauté
juive d'Égypte (115-117 de n.è), dans Symposion 1985. Vorträge zur griechischen
und hellenistischen Rechtsgeschichte (Ringberg, 24.-26. Juli 1985), Cologne -
Vienne, Böhlau, 1989, pp. 337-361 ; Sabino Perea Yébenes, Aspectos políticos y
religiosos de las revueltas judías en época de Trajano, en Egipto, Chipre y
Mesopotamia, dans Sabino Perea Yébenes, Entre Occidente y Oriente. Temas de
historia romana : aspectos religiosos (Graeco-Romanae religionis electa collectio,
4), Madrid, Signifer, 2001, pp. 315-333.
161-180 Marc Aurèle (an 1 = –/161). Conjointement avec Lucius Verus (161-
169) et Commode (177-180). Révolte des βουκόλοι (boukoloi,
bouviers) dans le Delta. Elle est réduite par le gouverneur de Syrie,
Avidius Cassius, qui se proclame empereur en 175 à Syène (an 1 = –
/175). Reconnu par les Alexandrins, il règne sur l'Égypte de la mi-
avril à la mi-juillet. — Visite de Marc Aurèle en Égypte (176).
249-251 Dèce (an 1 = 249/250). Persécution des chrétiens. Libelli conservés sur
papyrus (voir chapitre 14).
65
Cambridge, Cambridge University Press, 1991 ; Autour de la rationalité antique,
dans Topoi, 12-13 (2005), pp. 259-309 (plusieurs contributions).
§ 4. – Période byzantine
fin IIIe - déb. IVe s. Dossier d'Aurélios Isidoros (P. Cair. Isidor.)
66
395 Division de l'empire romain. L'Égypte appartient à la partie orientale.
Le prestige du gouvernement central décline. Pouvoir grandissant des
patriarches alexandrins et des grands propriétaires terriens.
§ 5. – Période arabe
639-641 Les Arabes font la conquête de l'Égypte qui devient une province du
califat.
Dossier de Qurra ben-Sharik, gouverneur d'Égypte. Il entretient une
correspondance en langue grecque et arabe avec Basileios, pagarque
67
d'Aphrodito, dans le premier tiers du VIIIe s. (e.g. P. Lond. IV, SB X
10453-10460).
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arabe, dans Guillemette Andreu-Lanoë (éd.), Inventaire de l'Égypte, Paris,
Encyclopaedia Universalis, 2010, pp. 117-121, 1 fig.
68
CHAPITRE 11
GOUVERNEMENT ET ADMINISTRATION
§ 1. – Période ptolémaïque
7 Une interprétation différente est proposée par B. P. Grenfell lorsqu'il explique le titre νοµάρχηϲ
(Revenue Laws of Ptolemy Philadelphus, Oxford, 1896, p. 133 ; P. Tebt. I, 61 (b), l. 46) : «… les
nomarques n'étaient pas en fait les chefs du 'nome', mais les chefs de la 'distribution' (νέµω) de la
récolte, … il est très douteux que … nomarque en soit jamais venu à signifier 'chef de nome',
comme on le suppose généralement.» Voir aussi Maria Rosaria Falivene, Government,
Management, Literacy. Aspects of Ptolemaic Administration in the Early Hellenistic Period, dans
Anc. Soc., 22 (1991), pp. 209-210.
69
Commandant militaire à l'origine, le stratège gagne, dès le IIIe s., des
pouvoirs civils aux dépens du nomarque.
§ 2. – Période romaine
Les plus hautes charges sont occupées par des Romains qui appartiennent à
l'ordre équestre ou sont des affranchis de l'empereur. Tous les autres fonctionnaires à
partir du niveau du stratège sont des Grecs.
70
L'Égypte est divisée en plusieurs vastes districts : le Δέλτα (Delta) ou Basse
Égypte, l'Ἐπτὰ Νοµοὶ καὶ Ἀρϲινοίτηϲ (hepta nomoi kai Arsinoïtès, les Sept nomes et
l'Arsinoïte (les Sept nomes sont aussi appelés Heptanomie) et la Θηβαίϲ (Thèbaïs,
Thébaïde). Dans la seconde moitié du IIe s., une division supplémentaire apparaît à la
suite du dédoublement du Delta en Delta oriental et Delta occidental. Chacun de ces
districts est gouverné par un ἐπιϲτράτηγοϲ (épistratègos, épistratège) qui est toujours
un chevalier romain.
Les métropoles des nomes sont le siège des autorités du nome sous le
contrôle du stratège et du basilocogrammate. Les magistrats de ces métropoles sont
choisis parmi l'ordre privilégié des Grecs. Il existe six charges métropolitaines :
Les trois cités grecques jouissent toujours d'une position spéciale. Une
quatrième cité privilégiée est fondée en 130 par Hadrien en l'honneur de son ami
décédé Antinoos : Antinooupolis.
À partir du Ier s., de plus en plus de charges deviennent des liturgies. Ce fait
implique que le coût de la charge repose sur les épaules du fonctionnaire en question
et que celui-ci doit garantir la rentrée des revenus, principalement des taxes dues à
l'État. À cause de ces obligations, seules les riches personnes sont désignées comme
fonctionnaires. On établit des listes d'εὔποροι καὶ ἐπιτήδειοι (euporoi kai épitèdeioi),
« ceux qui sont nantis et qui conviennent ». Les fonctionnaires sont choisis sur ces
listes. Tout le monde à partir de 17 ans est susceptible de revêtir une charge de
liturge à moins d'appartenir à une classe ou à une profession privilégiée.
8 Dans les métropoles des nomes existe aussi un agoranome qui exerce des fonctions de notaire
public. Il s'agit peut-être du même magistrat.
71
personnes qui sont responsables de l'administration des métropoles et du
fonctionnement des liturgies est augmenté.
En général les taxes ne sont plus affermées, mais collectées par des liturges.
La capitation (λαογραφία, laographia, laographie) tient une place particulière. C'est
une taxe en argent levée à un taux uniforme, sans souci des revenus. La population
rurale paie le taux plein. Certains métropolites paient un taux réduit. Les citoyens
romains, les citoyens des quatre cités grecques et d'autres groupes privilégiés ne
paient pas la capitation (e. g. vainqueurs aux jeux et certains prêtres).
§ 3. – Période byzantine
Elle est dirigée par le praefectus Aegypti (ἔπαρχοϲ, eparkhos) qui réside à
Alexandrie. C'est un gouverneur civil avec des compétences juridiques. Un dux est
responsable des affaires militaires.
Au début du IVe s., le système municipal romain est introduit en Égypte. Les
anciens nomes deviennent le territoire de cités et sont appelés ciuitates ; les ciuitates
sont subdivisées en pagi.
72
ekdikos), qui est chargé de la protection juridique de la population et devient le plus
important fonctionnaire municipal en tant que président des curiales.
Le privilège par lequel on permet aux ciuitates de collecter les taxes dure
moins d'un siècle. Au Ve s., les puissants propriétaires terriens voient les fermiers de
leurs grands domaines assignés comme coloni : la collecte des taxes dues par ces
« serfs » revient aux propriétaires terriens.
Au VIe s., l'administration financière est pour une grande part transférée aux
παγάρχαι (pagarkhai, pagarque). Les papyrus de cette époque nous donnent une
bonne idée du pouvoir et de la richesse de ces pagarques.
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(1994), pp. 337-348 (la fonction de defensor ciuitatis n'est pas créée par une loi de Valentinien datant
de 368. Une étude des sources juridiques, papyrologiques et littéraires suggère que la fonction est le
fruit d'une législation perdue du début du IVe s.) ; Idem, Contra Potentium Iniurias. The Defensor
Civitatis and Late Roman Justice (Münchener Beiträge zur Papyrusforschung und antiken
Rechtsgeschichte, 90), Munich, Beck, 2001 - Sofía Torallas Tovar, Los riparii en los papiros del
Egipto tardoantiguo, dans Aquila legionis. Cuadernos de estudios sobre el ejército romano, 1 (2001),
75
pp. 123-151 ; Sven Tost, Die Unterscheidung zwischen öffentlicher und privatgeschäftlicher Sphäre
am Beispiel des Amts der riparii, dans Paul Schubert (éd.), Actes du 26e Congrès international de
papyrologie. Genève, 16-21 août 2010 (Recherches et Rencontres. Publications de la Faculté des
Lettres de Genève, 30), Genève, Droz, 2012, pp. 773-780 ; Avshalom Laniado, Recheches sur les
notables municipaux dans l'Empire protobyzantin (Travaux et Mémoires. Monographies, 13), Paris,
Association des Amis du Centre d'Histoire et Civilisation de Byzance, 2002 ; R. M. Errington, A Note
on the Augustal Prefect of Egypt, dans Tyche, 17 (2002), pp. 69-77 (aussi sur la création du diocèse
d'Égypte en 381) ; Klaus Maresch, Vom Gau zur Civitas. Verwaltungsreformen in Ägypten zur Zeit
der Ersten Tetrarchie im Spiegel der Papyri, dans Rudolf Haensch et Johannes Heinrichs (édd.),
Herrschen und Verwalten. Der Alltag der römischen Administration in der Hohen Kaiserzeit (Kölner
historische Abhandlungen, 46), Cologne - Weimar - Vienne, Böhlau, 2007, pp. 427-437 (stratège sans
décaprotes à partir de 302. - Le logistes à côté du stratège de 302 à 307) ; Richard L. Burchfield, The
Scribe of the pagus: New Evidence for the Administration of Fourth Century Oxyrhynchos, dans Paul
Schubert (éd.), Actes du 26e Congrès international de papyrologie. Genève, 16-21 août 2010
(Recherches et Rencontres. Publications de la Faculté des Lettres de Genève, 30), Genève, Droz,
2012, pp. 99-106 ; Mohamed S. Solieman, Tesserarius and quadrarius: Village Officials in Fourth
Century Egypt, dans Paul Schubert (éd.), Actes du 26e Congrès international de papyrologie. Genève,
16-21 août 2010 (Recherches et Rencontres. Publications de la Faculté des Lettres de Genève, 30),
Genève, Droz, 2012, pp. 715-719.
Roger S. Bagnall, Greek Papyri and Coptic Studies (1990-1995), dans Stephen Emmel, Martin
Krause, Siegfried G. Richter et Sofia Schaten (édd.), Ägypten und Nubien in spätantiker und
christlicher Zeit. Akten des 6. Internationalen Koptologenkongresses, Münster, 20.-26. Juli 1996.
Band II = Sprachen und Kulturen des christlichen Orients. 6, 2, Wiesbaden, 1999, pp. 219-230.
Égypte sassanide. Patrick Sänger, Saralaneozan und die Verwaltung Ägyptens unter den
Sassaniden, dans ZPE, 164 (2008), pp. 191-201 ; Id., The Administration of Sasanian Egypt: New
Masters and Byzantine Continuity, dans GRBS, 51 (2011), pp. 653-665, 1 tabl.
Égypte arabe. Petra M. Sijpesteijn, New Rule over Old Structures : Egypt after the Muslim
Conquest, dans Harriet Crawford (éd.), Regime Change in the Ancient Near East and Egypt. From
Sargon of Agade to Saddam Hussein (Proceedings of the British Academy, 136), Oxford, 2007, pp.
183-200 ; F. Morelli, ‘Amr e Martina : la reggenza di un'imperatrice o l'amministrazione araba
d'Egitto, dans ZPE, 173 (2010), pp. 136-157 ; Id., Consiglieri e comandanti: i titoli del governatore
arabo d'Egitto symboulos e amîr, dans ZPE, 173 (2010), pp. 158-166 (Les termes symboulos et amîr
ont à l'origine des significations différentes. Le terme symboulos est sans doute la traduction d'un
terme arabe (peut-être mushîr), utilisé dans les premiers temps pour désigner le gouverneur de
l'Égypte. Le mot amîr a remplacé ce premier terme à la fin du VIIe ou au début du VIIIe siècle. BP
10/2/133).
76
QUATRIÈME PARTIE : LA RELIGION
CHAPITRE 12
LA RELIGION PAÏENNE
77
égyptiens et la religion égyptienne traditionnelle. La nouveauté introduite par l’auteur dans ce
contexte est la distinction très ferme qu’il établit entre le culte du souverain d’une part et le culte
dynastique d’autre part. « Elle peut n’avoir pas toujours été présente à l’observateur actuel et souvent
sûrement non plus à celui qui rendait un culte dans l’antiquité, mais elle me paraît importante étant
donné que religieusement et cultuellement cela fait une différence si le couple des souverains recevait
un culte seul ou si le culte était adressé au couple des souverains dans le contexte de sa dynastie. » (p.
3) Dans le premier cas, la divinité du couple des souverains est issue d’eux-mêmes et leur puissance
semblable à celle des dieux légitime le culte. Dans le second cas, la liaison rétrospective de la divinité
aux ancêtres est nécessaire pour recevoir un culte. Le couple des souverains vivants y est relégué au
second plan même s’il est nommé en première position. Le culte dans ce cas est légitimé
principalement par le fait que le souverain descend des dieux que l’on honore avec lui. Le culte
dynastique sert principalement à la légitimation de la souveraineté du couple royal. Il est initié avant
tout par les officiels du régime, fonctionnaires gréco-macédoniens du souverain ou prêtres égyptiens
alors que les témoignages sur le culte du souverain proviennent principalement du contexte privé. En
parallèle avec le culte du souverain et le culte dynastique grecs qui sont pratiqués surtout par les
Hellènes, on trouve un culte égyptien qui ne peut être confondu en aucun cas avec le culte du roi de
l’Égypte ancienne. Le culte du souverain et le culte dynastique égyptiens se pratiquent dans un
contexte indigène et sont célébrés selon le rituel égyptiens par des Égyptiens, mais, selon l’auteur,
aussi par beaucoup de Grecs vivant en Égypte. D’ailleurs, étant donné la présence de certains
éléments grecs (e.g. iconographiques), S. Pfeiffer parle d’Inkulturation griechischen Gedankengutes
in die ägyptische Welt et de Mischkult. Finalement, les cultes des souverains et dynastique auraient
donné lieu à un rapprochement entre les cultures et les ethnies. L’auteur a mené son enquête de
manière scrupuleuse et donne un livre qui prendra une place primordiale dans les études sur le sujet.
En particulier, son désir de différencier le culte du souverain du culte dynastique me semble légitime.
78
CHAPITRE 13
LE JUDAÏSME
E. Mary Smallwood, The Jews under Roman Rule from Pompey to Diocletian. A Study in
Political Relations (Studies in Judaism in Late Antiquity, XX.), Leyde, Brill, 1981, pp. 220-255, 364-
368 et 389-412 ; A. Kasher, The Jews in Hellenistic and Roman Egypt. The Struggle for Equal Rights
(Texte und Studien zum Antiken Judentum, 7), Tübingen, Mohr, 1985 ; J. Mélèze Modrzejewski, Les
Juifs d'Egypte de Ramsès II à Hadrien (Quadrige, 247), Paris, PUF, 1997 ; James Carlton Paget, Jews
and Christians in ancient Alexandria from the Ptolemies to Caracalla, dans Anthony Hirst et Michael
Silk (édd.), Alexanndria, Real and Imagined, Aldershot, Ashgate, 2004, pp. 143-166.
1. Les Hébreux en Égypte.
2. Le judaïsme hellénistique et la traduction des Septante.
Vues originales sur les raisons de la traduction du Pentateuque en grec : J. Mélèze
Modrzejewski, La Septante comme nomos. Comment la Torah est devenue "loi civique" pour les Juifs
d'Égypte, dans Annali di Scienze religiose, 2 (1997), pp. 143-158, version anglais : The Septuagint as
Nomos : How the Torah Became a "Civic Law" for the Jews of Egypt., dans J. W. Cairns and Olivia F.
Robinson (Edd.), Critical Studies in Ancient Law, Comparative Law and Legal History, Oxford, Hart
- Portland, Oregon, Thomas Carothers, 2001, pp. 183-199.
CHAPITRE 14
LE CHRISTIANISME SELON LES PAPYRUS
New Documents Illustrating Early Christianity, North Ryde, Austr., Macquarie University.
The Ancient History Documentary Research Centre, 10 volumes parus.
D. J. Martinez, The Papyri and Early Christianity, dans R. S. Bagnall (éd.), The Oxford
Handbook of Papyrology, Oxford, Oxford University Press, 2009, pp. 590-622 ; M. Choat,
Christianity, dans Christina Riggs (éd.), The Oxford Handbook of Roman Egypt, Oxford, Oxford
University Press, 2012, pp. 474-489.
Les libelles. En 250, l'empereur Dèce promulgue un édit qui oblige chaque
citoyen et sa famille à prendre part à un sacrifice aux dieux païens (supplicatio). En
apparence, cette mesure n’est pas directement dirigée contre les chrétiens, mais,
comme ces derniers ne peuvent sacrifier, ils subissent les conséquences de leur
refus 9. En effet, chacun doit accomplir les gestes rituels sous les yeux d’une
commission chargée de veiller à la bonne participation de tous. Les candidats qui ont
sacrifié reçoivent un certificat ou libellus 10.
9 Sur l'interdiction faite aux chrétiens de sacrifier aux dieux païens, voir W. Schäfke,
Frühchristlicher Widerstand, dans ANRW, II, 23, 1, Berlin - New York, 1979, pp. 495-502.
10 Sur les persécutions de Dèce, voir, par exemple, A. Alföldi, Zu den Christenverfolgungen in
der Mitte des 3. Jahrhunderts, dans Klio, 31 (1938), pp. 323-348; J. R. Knipfing, The Libelli of
the Decian Persecution, dans HThR, 16 (1923), pp. 345-390; P. Keresztes, The Decian libelli
and Contemporary Literature, dans Latomus, 34 (1975), pp. 761-781 (très fructueuse
confrontation entre les textes littéraires et papyrologiques).
79
En Égypte, quarante-six libelli sur papyrus attestent la persécution de Dèce 11.
En voici un exemple qui provient d'Oxyrhynchos.
P. Oxy. IV 658 (14 juin 250) : «Aux responsables des offrandes et des
sacrifices de la cité, de la part d'Aurélios [ ]thion, fils de Théodoros et de
Pantonymis, de la même cité. Je n'ai jamais cessé de faire des sacrifices et des
libations aux dieux et maintenant aussi devant vous selon les ordres, j'ai offert
une libation et j'ai sacrifié et j'ai goûté les offrandes avec mon fils, Aurélios
Dioscoros, et ma fille, Aurélia Laïs. Je vous demande d'en prendre note. An 1
de l'Empereur César Gaius Messius Quintus Trajanus Decius Pius Felix
Augustus, Pauni 20». — Sur ce papyrus, voir Meyer, Libelli, n° 24, p. 33-34.
Ewa Wipszycka, The Institutional Church, dans Roger S. Bagnall (Ed.), Egypt in the Byzantine
World, 300-700, Cambridge, Cambridge University Press, 2007, pp. 331-349.
CHAPITRE 15
LA MAGIE
Elle est très présente dans les papyrus de l'Égypte gréco-romaine et les
papyrus sont utilisés dans tous les ouvrages sur la magie antique.
11 Voir, par ex., BGU I 287 = W. Chr. 124 ; P. Hamb. I 61 ; P. Meyer 15-17 ; P. Mich. III 157-
158 ; P. Ryl. II 112A-112C ; PSI V 453 ; P. Wisc. II 87 ; SB I 4435-4455 ; SB I 5943 ; SB III
6827-6828 ; SB VI 9084 ; W. Chr. 125, tous de l'Arsinoïte. — Sur la persécution de Dèce dans
les papyrus, voir P. M. Meyer, Die Libelli aus der decianischen Christenverfolgung, dans
Abhandlungen der Königlich Preussischen Akademie der Wissenschaften. Philosophisch-
historische Klasse, Jahrgang 1910, Anhang 5, Berlin, 1910; O. Montevecchi, La papirologia,
2e éd., Milan, 1988, p. 288-289 et 294 (bibliographie) ; G. H. R. Horsley, dans New Documents
Illustrating Early Christianity, 2, 1982, p. 180-185.
12 Voir J. Modrzejewski, The προσταγμα in the Papyri, dans JJP, 5 (1951), p. 202.
80
William M Brashear., The Greek Magical Papyri : an Introduction and Survey : Annotated
Bibliography (1928-1994), dans ANRW, II, 18, 5, Berlin, de Gruyter, 1995, pp. 3380-3684 ; Sergio
Pernigotti, La magia del quotidiano nell'Egitto copto: introduzione, dans Ricerche di Egittologia e di
Antichità Copte, 1 (1999), pp. 77-94 ; Georg, Luck, Recent Work on Ancient Magic, dans Idem,
Ancient Pathways and Hidden Pursuits. Religion, Morals, and Magic in the Ancient World, Ann
Arbor, 2000, pp. 203-222.
Ouvrages généraux : A. Bernand, Sorciers grecs (Collection Pluriel), Paris, Fayard, 1991 ; F. Graf, La
magie dans l'Antiquité gréco-romaine. Idéologie et pratique (Histoire), Paris, Les Belles Lettres,
1994 ; M. Martin,, Magie et magiciens dans le monde gréco-romain (Collection des Hespérides),
Paris, Errance, 2005.
81
CINQUIÈME PARTIE : L'ÉCOLE ET LA CULTURE
CHAPITRE 16
LES PAPYRUS LITTÉRAIRES
COMME DOCUMENTS DE LA CULTURE HELLÉNISTIQUE EN ÉGYPTE
Sur le livre, la lecture et les lecteurs, on utilisera avec profit Bernard Legras, Lire en
Égypte, d'Alexandre à l'Islam (Antiqua, 6), Paris, Picard, 2002 ; Odette Bouquiaux-Simon, avec la
collaboration de Marie-Hélène Marganne et aussi de Willy Clarysse & Katelijn Vandorpe, Les livres
dans le monde gréco-romain. Suivi de : Jean-Christophe Didderen, Liber antiquus : bibliographie
générale (Cahiers du CeDoPaL, 2), Liège, CeDoPaL - Éditions de l'Université de Liège, 2004 ;
Marie-Hélène Marganne, Le livre médical dans le monde gréco-romain (Cahiers du CeDoPaL, 3),
Liège, CeDoPaL - Éditions de l'Université de Liège, 2004.
Sur l’éducation, Raffella Cribiore, Education in the Papyri, dans R. S. Bagnall (éd.), The Oxford
Handbook of Papyrology, Oxford, Oxford University Press, 2009, pp.320-337.
CHAPITRE 17
LES DOCUMENTS DE L'ÉCOLE ET L'ANALPHABÉTISME
82
des débutants. Mais elle ne s'interdit de compléter son information en utilisant des exercices coptes
(jusqu'au VIIIe siècle inclus) lorsqu'ils documentent l'apprentissage de l'écriture et de l'alphabet coptes
par des débutants. Sa première démarche a donc été d'établir un catalogue des exercices scolaires en
tenant compte des critères suivants auxquels elle consacre les développements nécessaires dans la
suite de l'ouvrage : 1) le genre du texte, 2) le support de l'écriture et son usage, 3) les caractéristiques
d'un exercice, 4) les fautes et 5) l'évaluation de la main. Le classement des exercices à l'intérieur du
catalogue se fonde sur les différents niveaux d'apprentissage : 1) lettres de l'alphabet écrites plusieurs
fois (numéros 1 à 40), 2) alphabets complets ou non (41-77), 3) syllabaires (78-97), 4) listes de mots
(98-128), 5) exercices d'écriture copiés sur des modèles magistraux ainsi que des mots ou de courts
passages répétés plusieurs fois (ce niveau et le suivant se chevauchent quelque peu) (129-174), 6)
courts passages : maximes, proverbes et nombre limité de vers (pas plus de huit lignes en général)
(175-232), 7) passages plus longs : copies ou dictées (233-324), 8) scholia minora de la main des
étudiants ou des enseignants qui les écrivent comme modèles à copier (325-343), 9) compositions,
paraphrases, résumés (344-357), 10) exercices grammaticaux (358-378), 11) carnets c'est-à-dire
collections d'exercices de contenu varié qui sont parfois compilées par plus d'un étudiant (379-412).
Chaque numéro de ce catalogue contient les informations suivantes : l'editio princeps, le numéro
d'inventaire de la collection où le document est conservé, l'endroit où figure une photographie du
document (135 sont reproduites sur 80 planches de l'ouvrage recensé), la littérature importante parue
depuis la seconde édition du catalogue de R. Pack, la provenance et la date quand c'est possible, le
matériau employé comme support de l'écriture, le contenu du document, la main.
Dans la seconde partie de l'ouvrage, R. Cribiore approfondit l'étude des moyens qui lui ont
permis d'identifier les exercices scolaires. Son analyse porte d'abord sur les onze niveaux de contenu
cités ci-dessus. Elle affine considérablement la connaissance que l'on a du processus d'apprentissage
de l'écriture. R. Cribiore passe ensuite aux supports de l'écriture : papyrus, ostraca, tablettes,
parchemins. Elle montre que le papyrus est le support le plus utilisé pour les exercices scolaires. Elle
s'attarde à préciser l'aspect extérieur, la qualité et les caractéristiques des papyrus scolaires. Elle
examine le problème des exercices scolaires écrits au dos d'un rouleau de papyrus. Quoique la gratuité
soit la raison majeure de leur emploi, les ostraca ne sont pas utilisés seulement par les étudiants
pauvres, mais probablement par tous les étudiants à un certain niveau et pour des types particuliers
d'exercices. À l'inverse, l'emploi de tablettes revient toujours relativement cher lorsqu'on le compare à
celui des autres supports. Les exercices scolaires sur parchemin sont extrêmement rares et datent des
IVe-VIe siècles. Enfin, l'auteur parvient à établir un rapport entre le support de l'écriture et le niveau de
complexité des exercices. Par exemple, les ostraca sont le matériau le plus utilisé au niveau 6, « courts
passages ». Mais les syllabaires, qui demandent une grande surface d'écriture, sont écrits de
préférence sur papyrus. R. Cribiore relève ensuite les caractéristiques qui sont susceptibles de
distinguer les exercices scolaires. Elle envisage successivement la mise en page et les décorations
(réglures et lignes horizontales, réglures verticales, bordures, lignes ornées, décorations, initiales,
titres, dessins), la ponctuation (paragraphos, diplè obélismenè, corônis, espaces blancs, points), les
signes de lecture (diairèsis, apostrophe, diastolè, hyphen, accents, esprits, marques de quantité,
abréviations, etc.), les dates (de la copie), les fautes (glissements de la plume, erreurs phonétiques,
morphologiques, syntaxiques, corrections et effacements). Enfin, R. Cribiore consacre un chapitre
important à la paléographie. « Je suis la première à identifier et à exploiter la distinction entre mains
de professeurs et mains d'étudiants », écrit-elle avec une fierté tout à fait légitime à mes yeux. Car la
distinction est cruciale puisqu'elle aide à séparer les activités du professeur et de l'étudiant. R. Cribiore
arrive à la conclusion que la qualification d'une écriture par l'expression school hand est nettement
insuffisante. En plus de la division entre teachers' hands et students' hands, elle propose une typologie
des schools hands. La main 1, the zero-grade hand, représente l'écriture du novice absolu avec un
manque de coordination entre la main et l'oeil et une connaissance insuffisante de la forme des lettres ;
la main 2, the alphabetic hand, est caractérisée par une maladresse identique, mais montre que
l'étudiant a appris les formes de base des lettres ; la main 3, the evolving hand, laisse encore paraître
beaucoup de traits irréguliers et maladroits, mais est assez aisée et ne s'éloigne pas tellement de
« l'écriture » ; la main 4, the rapid hand, est tout à fait aisée, même si elle n'est pas toujours nette et
régulière.
Dans la troisième partie, R. Cribiore synthétise les résultats de ses analyses et les complète
sous le titre Writing in Graeco-Roman Schools. Elle revient de manière approfondie sur les modèles
que les maîtres donnent à copier. Puis elle essaie de déterminer le rapport entre développement de
l'habilité à écrire et niveau d'éducation. Enfin, elle donne la synthèse sur la manière dont on apprend à
écrire et à lire d'après les sources littéraires puis selon les exercices scolaires. On retiendra une
conclusion importante: l'apprentissage de la lecture et celui de l'écriture ne sont pas des parties d'un
processus indifférencié qui suivrait une méthode identique.
83
Sur l'enseignement de la littérature, de la grammaire, de la rhétorique, cfr Teresa Morgan,
Literate education in the Hellenistic and Roman worlds (Cambridge Classical Studies), Cambridge,
Cambridge University Press, 1998, qui utilise les papyrus.
Dans le monde gréco-romain, la literate education c'est-à-dire la connaissance de la
grammaire, de la rhétorique, de la philosophie et des mathématiques est plus ou moins répandue et
développée selon le lieu, l'époque et le groupe socio-économique auquel on appartient. Teresa Morgan
consacre son livre à l'étude approfondie de certains aspects de la problématique. Elle utilise le mot
éducation dans le sens d'enseignement de la lecture, de l'écriture et du calcul. Ce sont les sources, dit-
elle, qui lui impose cette restriction. Pas tant les auteurs grecs et romains, qui fournissent de riches
informations en tout genre, que les sources papyrologiques abondantes, certes, mais aux données plus
stéréotypées ou, à tout le moins, différentes. Or, une grande part de cette étude consiste en la
comparaison et le rapprochement de ces deux types de sources : l'auteur a donc dû s'en tenir au plus
petit commun dénominateur. De toute façon, pousuit T. Morgan, les écrits littéraires aussi bien que les
papyrus montrent que l'éducation à la lecture, à l'écriture et au calcul constitue une catégorie
particulière au sein des pratiques éducatives, distincte de l'éducation physique et de la formation
professionnelle. Mais il ne s'agit pas là de la seule réduction du sujet. En effet, à l'intérieur de la
catégorie relativement étroite de l'éducation à la lecture, à l'écriture et au calcul, l'auteur laisse tomber
la documentation relative à l'enseignement des mathématiques pour des raisons matérielles (this book
would have been unmanageably long). Elle minimise toutefois aussitôt l'impact de cette manière
d'agir: le fait de ne pas prendre en compte le matériel mathématique ne vicie pas la discussion sur le
plan de la literate education puisque la littérature, la grammaire et la rhétorique étaient considérées
comme un trio intégré tandis que les mathématiques constituaient un sujet relativement distinct avec
ses propres relations internes entre arithmétique, algèbre et géométrie. D'ailleurs, les sources montrent
que ceux qui apprenaient à lire et à écrire apprenaient aussi à calculer. Laisser tomber l'étude de
l'apprentissage du calcul ne devrait donc pas fausser les conclusions sur la literate education. Autre
réduction du champ de la recherche : l'auteur n'aborde pas le cas de la philosophie. Pourquoi ? Parce
que les sources littéraires semblent souvent l'exclure de l'éducation « commune » ou ἐγκύκλιος
παιδεία (egkuklios paideia) qui est le principal centre d'intérêt du livre recensé, mais aussi parce qu'il
est impossible de distinguer un texte philosophique à usage scolaire d'un texte philosophique à usage
professionnel. D'ailleurs, selon l'auteur, la distinction est probablement dénuée de sens. T. Morgan
estime que la limitation suivante sera plus controversée: elle ne parle guère des exercices rhétoriques
d'un niveau élevé — déclamations, controuersiae et suasoriae — alors qu'il tiennent une place
importante dans les classes. Ce choix est dû au fait que les exemples dont on dispose ont été composés
par des professionnels et non par des élèves à l'école, mais aussi au fait que ces exercices semblent
n'avoir aucun pendant parmi les papyrus scolaires. Ici apparaît de manière évidente l'importance
primordiale qu'accorde l'auteur à la documentation papyrologique que, à côté des sources littéraires,
elle veut utiliser à la lumière des nouveaux courants de la recherche en histoire de l'éducation. Le
lecteur sait maintenant ce qu'il ne doit pas chercher dans cet ouvrage; voyons ce qu'il y trouvera.
Dans un premier chapitre qui sert d'introduction, T. Morgan définit le sujet et délimite le
champ de son étude (voyez ci-dessus). Elle rappelle ce qu'est l'éducation gréco-romaine et précise la
notion d' ἐγκύκλιος παιδεία (egkuklios paideia) à laquelle elle consacre la totalité du second chapitre.
Elle ne manque évidemment pas de présenter la documentation papyrologique ni d'insister sur les
caractéristiques des papyrus scolaires. Son analyse de la répartition chronologique et géographique de
la documentation papyrologique scolaire est intéressante et prudente, mais les conclusions n'échappent
pas aux aléas des découvertes nouvelles. Ainsi, ce qui est dit d'Éléphantine doit déjà être modifié
puisque la publication des P. Eleph. DAIK permet d'ajouter trois alphabets (126, 163, 164) et autant
d'exercices d'écriture (162, 224, 240) au tableau 1 (pp. 288-289). Or, aucun alphabet en provenance
d'Éléphantine n'était recensé par l'auteur. T. Morgan consacre les chapitres suivants à l'étude de
l'enseignement de la littérature (ch. 3), de la littérature gnomique (ch. 4), de la grammaire, qui
n'apparaît pas dans l' ἐγκύκλιος παιδεία (egkuklios paideia) avant la fin de l'époque hellénistique (ch.
5) et de la rhétorique dont l'importance dans la société gréco-romaine est inversement proportionnelle
au nombre de ceux qui l'étudient, the most prominent and influential members of their society (ch. 6).
Dans toute cette partie de l'ouvrage, l'auteur a toujours soin d'établir la comparaison entre ce qui se
trouve dans les papyrus et ce qui était recommandé par les auteurs anciens qui ont porté quelque
intérêt à l'éducation. Tous ces chapitre nous informent essentiellement sur les matières enseignées.
Dans le chapitre 7, l'auteur passe de « ce qui était appris et ses effets au processus d'éducation lui-
même ». Ne sont toutefois pas envisagés ici l'analyse de ce qui se passait dans la classe — nous
sommes mal informés sur le sujet —, mais « la description systématique de la manière dont l'esprit de
l'élève se développait, la contribution du maître et de l'élève au processus et l'ordre dans lequel les
84
changement prenaient place ». Cette partie de l'ouvrage me semble la plus novatrice, car l'auteur y
étudie les théories hellénistiques et romaines du développement cognitif et montre comment les
spécialistes de l'éducation avaient la prétention de transformer, par la literate education, les jeunes
enfants (des groupes sociaux dominants surtout, cela va de soi dans l'Antiquité) en de bons citoyens et
en des leaders de la société.
Sur l'éducation grecque dans l'Égypte hellénistique et romaine, cfr Raffaella Cribiore,
Gymnastics of the Mind. Greek Education in Hellenistic and Roman Egypt, Princeton - Oxford,
Princeton University Press, 2001.
R. Cribiore s’intéresse depuis longtemps à l’éducation dans l’Égypte gréco-romaine. En 1996, elle
présentait les résultats d’une recherche centrée sur le premier niveau d’éducation et l’apprentissage de
l’écriture : Writing, Teachers, and Students in Graeco-Roman Egypt. Au départ d’un remarquable
corpus des exercices scolaires, elle se livrait à un examen minutieux des écritures des maîtres et des
étudiants qui lui permettait de proposer une typologie des schools hands. On se rend compte
maintenant qu’il s’agissait là d’un travail préparatoire à un autre ouvrage dont le champ d’étude est
bien plus étendu puisqu’il envisage les trois degrés de l’ ἐγκύκλιος παιδεία (egkuklios paideia),
l’« éducation libérale ». Il ne couvre toutefois pas l’enseignement des mathématiques supérieures, de
la géométrie ou de l’astronomie, qui est confié à des professeurs spécialisés, ni l’éducation
philosophique, qui ne fait pas partie de l’ ἐγκύκλιος παιδεία (egkuklios paideia) et concerne une
population estudiantine très restreinte (sur les pratiques enseignantes des philosophes, cf. H. G.
Snyder, Teachers and Texts in the Ancient World. Philosophers, Jews and Christians, Londres - New
York, 2000). Les deux niveaux les plus élevés de l’éducation libérale qui sont abordés dans ce livre
sont donc ceux auxquels enseignent le grammairien et le rhéteur. En ce qui concerne l’éducation
élémentaire, l’auteur fait porter son enquête sur toutes les disciplines à savoir la lecture, l’écriture et
l’arithmétique, qui sont enseignées par le même maître. L’auteur fonde son étude sur la riche
documentation papyrologique de l’Égypte qu’elle complète par le recours à des textes littéraires, en
particulier les lettres de Libanios relatives à l’éducation. Le procédé est sans doute licite dans la
mesure où l’éducation des populations hellénisées est largement uniformisée dans tout le Proche-
Orient hellénistique et romain. Son utilisation pourrait cependant sembler parfois excessive. Ainsi,
dans le paragraphe relatif au suivi des activités scolaires par les parents (pp. 108-114), l’auteur en est
réduite à faire appel à un seul témoignage égyptien (SB III, 6262), tout l’exposé reposant sur des
informations tirées de sources extérieures à l’Égypte. Reconnaissons toutefois qu’il s’agit d’un cas
extrême et que, dans la plus grande part du livre, le rapport entre les diverses sources est tout à fait
raisonnable.
Dans la première partie de l’ouvrage, R. Cribiore examine les conditions dans lesquelles se font
l’enseignement et l’étude ainsi que le rôle joué dans l’éducation par les enseignants, les parents et les
étudiants. Les écoles d’abord : par quels mots les désignent-on, où sont-elles installées, quelles sont
leur situation matérielle, leur organisation et leur structure ? Un paragraphe est réservé au gymnase,
l’un des symboles de l’éducation grecque. Les enseignants ensuite. Sont envisagés les cas du
pédagogue, des enseignants du cycle élémentaire, de ceux de la grammaire et de la littérature, enfin
des professeurs de rhétorique. Les compétences et les obligations de ces maîtres sont très variables. Il
en va de même de leur situation économique et sociale. En revanche, la plupart d’entre eux utilisent
les châtiments pour maintenir la discipline qui « régissait l’éducation dans l’Égypte gréco-romaine
comme ailleurs » (p. 68). Un chapitre traite des femmes et de l’éducation sous deux perspectives : les
femmes qui dispensent l’éducation (on peut les trouver jusqu’au plus haut niveau d’enseignement,
mais elles y sont quand même rares) et les femmes qui reçoivent l’instruction (elles sont cantonnées
dans l’enseignement élémentaire et celui de la grammaire). Les parents prennent une part active à
l’éducation de leurs enfants, surtout au niveau élémentaire. L’éducation peut se faire au sein de la
famille, mais, plus le niveau s’élève, plus le besoin se fait sentir d’aller vers les grandes cités où
enseignent les meilleurs maîtres. L’éloignement suscite une correspondance entre père ou mère et fils
(les filles quittent plus difficilement la maison paternelle et bénéficient bien plus rarement de cette
éducation de haut niveau) que les papyrus illustrent d’une façon particulièrement vivante. Sur le P.
Oxy. III, 531, voir B. Legras, Néotês. Recherches sur les jeunes Grecs dans l'Égypte ptolémaïque et
romaine (Genève, 1999), pp. 43-46. À propos de l’exhortation à bien travailler, φιλοπόνει, philoponei
(pp. 118-119), cf. G. Nachtergael, « Une sentence de Ménandre. Exercice scolaire sur un fragment
d’albâtre provenant d’Hermoupolis », ChrÉg, 66 (1991) pp. 221-225.
La seconde partie décrit la progression de l’éducation élémentaire à l’éducation avancée. Elle
commence par un chapitre sur les instruments qui soutiennent l’apprentissage : les modèles préparés
par les enseignants (l’apport de la papyrologie est fondamental en ce domaine), les livres utilisés
(ceux-ci le sont plutôt au niveau supérieur de l’éducation), les matériaux d’écriture variés et les outils
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manipulés par les étudiants au cours de leurs exercices. Suit, en trois chapitres successifs, l’étude des
méthodes et des contenus de l’enseignement élémentaire, de la grammaire et de la rhétorique. C’est ici
qu’apparaît clairement la comparaison entre l’athlète et l’étudiant, le premier se livrant à un effort
physique, le second à une véritable gymnastique intellectuelle, gymnastics of the mind. Selon
l’auteur, le formidable fardeau qui consistait à acquérir une éducation n’était supportable que parce
que le parcours était réparti entre plusieurs étapes. « Un étudiant était fait pour avancer avec une
régularité assidue. En escaladant la colline de l’instruction, l’‘ athlète’ ne montait pas directement la
pente, mais s’acheminait en cercles lents. Chaque cercle élargissait et enrichissait l’étendue du
précédent – en plus d’introduire de la matière neuve – et comprenait des auteurs et des exercices qui
avaient été introduits auparavant, mais étaient utilisés maintenant dans un but différent et de manière
plus approfondie. Suivant la métaphore de l’éducation conçue comme une gymnastique mentale, nous
disons que les mêmes exercices étaient pratiqués en utilisant des poids qui devenaient graduellement
plus lourds. » L’auteur conclut par une proposition séduisante : l’expression ἐγκύκλιος παιδεία
(egkuklios paideia) is usually taken to mean ‘general education’ , with the adjective enkyklios
(‘circular’) pointing to the completeness of a program that had to envelop a student. It is possible that
it also hinted at the multiplicity of the educational circles involved and at the cyclic revisiting of the
same texts (p. 129). Mais il faudrait pouvoir étayer l’hypothèse par des témoignages antiques.
L’ouvrage est agrémenté d’illustrations jamais gratuites. Il est bon et, ce qui ne gâte rien, sa lecture est
plaisante.
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établi entre les deux, l'hupographeus apparaissait alors comme un témoin de choix
puisqu'il était évident qu'il avait rédigé une partie du contrat.
Sur les rapports entre l'analphabète et celui qui écrit pour lui, ajoutez Rita
Calderini Gli ἀγράµµατοι nell'Egitto greco-romano, dans Aegyptus, 30 (1950), p. 30-
32.
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