0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
5 vues5 pages

Impact des mouvements sociaux sur Macron

Le mouvement social actuel en France, lié à la réforme des retraites, a des conséquences plus graves sur le pouvoir d'Emmanuel Macron que le mouvement des 'gilets jaunes'. Contrairement à la crise de 2018, où Macron avait pu regagner du soutien grâce à des mesures économiques et un grand débat, cette fois-ci, il est perçu comme responsable des blocages et des manifestations. La crise actuelle pourrait disloquer son espace politique et nuire à ses perspectives électorales, alors qu'il fait face à un mécontentement croissant et à une absence de majorité à l'Assemblée nationale.

Transféré par

qffvh5nmxk
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
5 vues5 pages

Impact des mouvements sociaux sur Macron

Le mouvement social actuel en France, lié à la réforme des retraites, a des conséquences plus graves sur le pouvoir d'Emmanuel Macron que le mouvement des 'gilets jaunes'. Contrairement à la crise de 2018, où Macron avait pu regagner du soutien grâce à des mesures économiques et un grand débat, cette fois-ci, il est perçu comme responsable des blocages et des manifestations. La crise actuelle pourrait disloquer son espace politique et nuire à ses perspectives électorales, alors qu'il fait face à un mécontentement croissant et à une absence de majorité à l'Assemblée nationale.

Transféré par

qffvh5nmxk
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

« Le mouvement social actuel est en train d’avoir des conséquences …ires sur le pouvoir en place que le mouvement des

“gilets jaunes” » 28.11.25, 19:49

DÉBATS RÉFORME DES RETRAITES

Article réservé aux abonnés


« Le mouvement social actuel
ela deviendrait presque une est en train d’avoir des
habitude. Comme lors de conséquences bien pires sur le
son premier mandat,
Emmanuel Macron est
pouvoir en place que le
confronté à une crise sociale mouvement des “gilets
et politique majeure, en
jaunes” »
début de quinquennat. A l’automne 2018, l’élan
présidentiel s’était en e!et brisé sur le mur des « gilets
jaunes ». Né de manière spontanée sur Facebook pour

TRIBUNE contester la mise en place d’une taxe sur les carburants,


ce mouvement avait très vite muté en quelque chose de
beaucoup plus large et de beaucoup plus imprévisible,
Antoine Bristielle avec, comme revendication première, la mise en place du
directeur de l’Observatoire de référendum d’initiative citoyenne (RIC). Après plusieurs
l’opinion de la Fondation Jean Jaurès
mois de mobilisations
émaillées de violences, la L’image d’Emmanuel Macron est bien plus affectée
cote de popularité par la crise sociale actuelle que par celle née fin
d’Emmanuel Macron avait 2018, estime Antoine Bristielle, directeur de
été profondément ébranlée : l’Observatoire de l’opinion de la Fondation Jean
en décembre 2018, Jaurès, dans une tribune au « Monde ».

C
seulement 23 % des Publié le 14 avril 2023 à 06h00, modifié le 14 avril 2023 à
Français 06h00 | Lecture 4 min.
approuvaient
l’action du président, contre 43 % en juin, selon l’IFOP.

Désormais, dans ce début de second quinquennat, c’est le mouvement d’opposition à la réforme des
retraites qui vient freiner les désirs réformateurs du président. Si cette crise est également en train
d’atteindre négativement la cote de popularité d’Emmanuel Macron – seuls 28 % des Français se
déclarent satisfaits de son action, toujours selon l’IFOP –, le pouvoir en place a pensé dans un premier
temps pouvoir y faire face de manière beaucoup plus simple.

Alors que le mouvement des « gilets jaunes » s’était distingué par son imprévisibilité, son absence
d’interlocuteurs désignés et une volonté de remettre en question les règles de la démocratie
représentative, le mouvement social actuel se caractérise par une forme plus classique que celui des
« gilets jaunes » : les organisations syndicales mènent le front de la contestation dans la rue, tandis

[Link] Страница 1 из 5
« Le mouvement social actuel est en train d’avoir des conséquences …ires sur le pouvoir en place que le mouvement des “gilets jaunes” » 28.11.25, 19:49

que les partis politiques d’opposition font de même à l’Assemblée nationale. Autant d’éléments qui
n’ont pas incité le président à la prudence lors des derniers mois.

Grand débat en 2019

Pourtant, à bien des égards, le mouvement social est en train d’avoir des conséquences bien pires sur
le pouvoir en place que le mouvement des « gilets jaunes ». En e!et, Emmanuel Macron avait été en
mesure de se sortir de cette précédente crise grâce à trois éléments. D’une part, le président avait
réussi à reprendre la main sur la séquence au début de l’année 2019, grâce à la mise en place du grand
débat, lui permettant de renouer le dialogue avec les Français tout en collant à son narratif d’un
homme politique capable d’inventer de nouveaux objets politiques et de nouvelles stratégies pour
aller de l’avant. D’autre part, l’exécutif s’était montré sensible à certaines revendications du
mouvement, annonçant fin 2018 plusieurs mesures économiques d’urgence pour soulager le pouvoir
d’achat des citoyens les plus modestes. Enfin, la violence présente dans les di!érents samedis de
mobilisation avait fini par lasser une partie de la population.

Or c’est bien une attitude complètement inverse qu’a adoptée Emmanuel Macron lors de cette
réforme des retraites, en sous-estimant largement l’ampleur de la crispation que cette réforme
suscitait. En cherchant à enjamber la séquence et en refusant la main tendue des syndicats pour
négocier, les deux tiers des Français lui attribuent désormais la responsabilité principale des blocages
et des manifestations, d’après un sondage Odoxa publié en février.

Lire aussi : « Macron veut étouffer l’idée selon laquelle sa légitimité se serait heurtée à
celles du Parlement, des syndicats et du peuple »

Or si ces deux crises sont di!érentes à la fois dans leur nature et dans la façon dont elles ont été
appréhendées par l’exécutif, elles risquent également d’avoir des conséquences électorales
diamétralement opposées. Contrairement à une idée reçue, le mouvement des « gilets jaunes » avait
eu pour résultat de fédérer la base sociale d’Emmanuel Macron plutôt que de la diviser. Ainsi, avant
leur mouvement, un sondage IFOP pour les européennes de 2019 donnait la liste gouvernementale à
20 % des intentions de vote, en septembre 2018. En janvier 2019, cette liste avait pris 3 points, d’après
le même sondeur, atteignant 23 %, le score qu’elle réalisa e!ectivement peu ou prou dans les urnes
quelques mois plus tard.

Immobilisme

Or, à ce niveau, la crise des retraites a un impact complètement di!érent sur le pouvoir en place. En
cas de dissolution de l’Assemblée nationale, la liste Renaissance n’obtiendrait que 22 % des votes au
premier tour, soit 4 points de moins que le score réalisé en juin 2022, quand, dans le même temps, la
liste Nupes reste stable à 26 % et la liste du Rassemblement national gagne 7 points, passant de 19 % à
26 %, d’après un sondage IFOP publié fin mars. Alors que la crise des « gilets jaunes » avait permis à
Emmanuel Macron d’a"rmer sa mainmise sur son espace politique, la crise des retraites en en train
de disloquer cet espace.

Lire l’analyse : Face à la crise politique et sociale, Macron peut-il faire oublier Macron ?

D’autre part, lorsque l’on s’intéresse aux traits d’image prêtés à Emmanuel Macron, les résultats sont
également frappants. Lors de son premier quinquennat, le président était perçu comme un
réformateur compétent, qui manquait certes de proximité avec la population, mais qui avait
néanmoins la stature d’un chef d’Etat. Or ces di!érentes caractéristiques, qui faisaient

[Link] Страница 2 из 5
« Le mouvement social actuel est en train d’avoir des conséquences …ires sur le pouvoir en place que le mouvement des “gilets jaunes” » 28.11.25, 19:49

indéniablement la force du président, sont en train de s’e!riter progressivement dans la situation


actuelle. Depuis octobre 2022, il perd en e!et 13 points sur son caractère « dynamique » (54 %
désormais), 6 points concernant sa volonté de « vraiment changer les choses » (41 % désormais), et 6
points sur sa capacité à réformer le pays (36 % désormais), selon les résultats d’une enquête d’opinion
Elabe du 23 mars.

Dans une situation où Emmanuel Macron n’a pas de majorité absolue à l’Assemblée, où toute
coalition avec son allié naturel, Les Républicains, semble désormais plus chancelante que jamais,
l’immobilisme qui lui est dorénavant associé a toutes les chances de lui être profondément
préjudiciable lors des prochaines échéances électorales. Car, rappelons-le, l’essence même du
macronisme, c’est bien d’être « En marche ! ».

En refusant d’entendre les inquiétudes des Français et la demande de négociations émanant des
syndicats, Emmanuel Macron pensait pouvoir survoler la séquence des retraites sans trop être a!ecté
par celle-ci. Or il devient de plus en plus évident que cette séquence va marquer de manière
importante le pouvoir en place : les dynamiques électorales qui s’enclenchent dans les crises se
retrouvent immanquablement dans les urnes aux élections suivantes.

¶ Antoine Bristielle est professeur agrégé de sciences sociales, chercheur en


science politique à Sciences Po Grenoble ; il est directeur de l’Observatoire
de l’opinion de la Fondation Jean Jaurès.

Retrouvez nos tribunes sur la réforme des


retraites

• Astrid Panosyan-Bouvet, députée (Renaissance) : « La


sortie précoce des seniors du marché de l’emploi n’est pas

une fatalité »

• Olivier Mériaux, ancien haut fonctionnaire : « Reculer l’âge

légal sans avoir obtenu de résultats tangibles en matière


d’emploi des seniors est hypocrite et dangereux »

• Benjamin Morel, maître de conférences en droit public :


« Faire passer la réforme des retraites par la voie d’un projet
de loi de finances rectificatif de la Sécurité sociale est plus

qu’un détail technique »

• Sébastien Crozier, président de CFE-CGC Orange : « Le vrai

[Link] Страница 3 из 5
« Le mouvement social actuel est en train d’avoir des conséquences …ires sur le pouvoir en place que le mouvement des “gilets jaunes” » 28.11.25, 19:49

débat n’est pas l’âge de départ, mais la durée de vie après la

carrière »

• Jean-Hervé Lorenzi et Alain Villemeur, économistes : « Le

véritable défi consiste surtout à augmenter le taux d’emploi


des seniors »

• Franck Morel, avocat : « La réforme est courageuse et va être

di$icile »

• Bruno Palier, politiste : « Forcer les perdants de la

mondialisation à travailler plus longtemps va attiser la colère


sociale qui nourrit le RN »

• Nicolas Moreau, professeur d’économie à l’université de La

Réunion, et Elena Stancanelli, directrice de recherche au


CNRS et professeure à l’Ecole d’économie de Paris : « Et si
nous laissions aux seniors français le choix de l’âge de leur

départ, entre 62 et 67 ans ? »

• Christiane Marty, ingénieure-chercheuse, membre du conseil

scientifique d’Attac et de la Fondation Copernic : « Présenter


la réforme des retraites comme juste pour les femmes relève
du boniment »

• Corinne Gaudart, ergonome, directrice de recherche au


CNRS, et Serge Volkoff, administrateur à l’Insee (à la
retraite), chercheur associé au Centre d’études de l’emploi et

du travail (CEET/CNAM) et membre du Centre de recherches


sur l’expérience, l’âge et les populations au travail (Creapt) :
« Les effets de l’âge ne sont ni uniformes ni systématiques »

• Jean Vercherand, économiste et historien : « En s’appuyant


[Link] Страница 4 из 5
« Le mouvement social actuel est en train d’avoir des conséquences …ires sur le pouvoir en place que le mouvement des “gilets jaunes” » 28.11.25, 19:49

• Jean Vercherand, économiste et historien : « En s’appuyant


sur un logiciel économique erroné, la droite puis la Macronie
persistent depuis vingt ans dans une impasse »

Antoine Bristielle (directeur de l’Observatoire de l’opinion de la Fondation Jean


Jaurès)

[Link] Страница 5 из 5

Vous aimerez peut-être aussi