Phénomènes d'adaptation et mort cellulaire
Phénomènes d'adaptation et mort cellulaire
Regragui
Sommaire :
Définition :
Le maintien de l’Homéostasie tissulaire implique une adaptation.
Adaptation : réponse fonctionnelle et structurale à des stimuli physiologiques ou pathologiques.
- Phénomènes physiologiques : stimuli normaux (hormones…)
- Phénomènes pathologiques : échappement à une agression
C’est un processus réversible.
Si le stress > capacité adaptative => lésions dégénératives.
Si le dommage cellulaire devient irréversible => mort cellulaire
1- Phénomènes d’adaptation :
A. Hypertrophie :
- Cellulaire : Augmentation réversible de la taille d’une cellule en rapport avec une augmentation de la taille
et du nombre de ses constituants. (Augmentation de la synthèse de protéines de structure et d’organites)
- Tissulaire : augmentation du volume d’un tissu ou d’un organe, liée à une hypertrophie cellulaire.
Exemples :
Hypertrophie physiologique : Hypertrophie pathologique :
Muscle strié chez le sportif Muscle cardiaque (Mécanisme limité : vascularisation,
Myomètre au cours de la grossesse mitochondries, protéines contractiles.) (*la vascularisation au
niveau du cœur est de type terminal) => insuffisance cardiaque
NB : Hypertrophie = Même nombre de cellules
B. Hyperplasie :
L’hyperplasie est l’augmentation anormale du nombre de cellules d’un tissu ou d’un organe, sans modification
de l’architecture, résultant habituellement en l’augmentation de volume du tissu ou de l’organe concerné.
- Hyperplasie souvent concomitante avec hypertrophie
- Uniquement dans les tissus capables de réplication
- Impliquant hormones et facteurs de croissance
- Réponse contrôlée à des stimuli : arrêt de stimulation, disparition de l’hyperplasie.
(*l’hyperplasie n’est pas une néoplasie du moment que la réponse est contrôlée)
Exemples :
Hyperplasie physiologique : Hyperplasie pathologique :
Hormonale : glande mammaire après la puberté, au cours Hormonale : hyperplasie de la prostate
de la lactation/ endomètre au cours du cycle menstruel. Facteurs de croissance (induits par des virus)
Facteurs de croissance peptidiques : Rein ou foie : verrue HPV
(résection ou rein non fonctionnel)
C. Atrophie :
- Cellulaire : diminution de la masse fonctionnelle d’une cellule habituellement liée à une diminution de son
activité. Elle se traduit par une diminution du volume cellulaire en rapport avec une diminution du nombre
et de la taille des constituants normaux de la cellule.
- Tissulaire : est due à l’atrophie cellulaire et /ou à la diminution du nombre des cellules.
Étiologies :
Immobilisation— Ischémie — Dénervation —Réduction stimuli hormonaux….
D. Aplasie/ Hypoplasie:
- Aplasie : l’absence d’un organe provoquée par l’absence de développement de son ébauche
embryonnaire. / L’arrêt transitoire ou définitif de la multiplication cellulaire dans un tissu qui devrait
normalement se renouveler en permanence (aplasie médullaire)
- Hypoplasie : développement embryologique anormal d’un viscère ou d’une partie d’un viscère aboutissant
à un organe fonctionnel mais trop petit. / Le développement insuffisant d’un tissu lorsque les stimuli
assurant sa trophicité normale diminuent ou cessent.
E. Métaplasie
- Anomalie acquise résultant de la transformation d’un tissu normal en un autre tissu normal, de structure
et de fonctions différentes, normal quant à son architecture, mais anormal quant à sa localisation.
Exemples :
-
2- Dégénérescence cellulaire :
Ensemble de lésions élémentaires cellulaires réversibles pouvant préceder l’apparition de modiifications
cellulaires irréversibles correspondant à la nécrose.
Les lésions sont cytoplasmiques, sans atteinte nucléaire, et ne sont d’abord observables qu’en microscopie
électronique : dilatation des organites cellulaires, désagrégation des ribosomes, accumulation de lipides,
protéines…
En microscopie optique : modifications plus tardives, parfois difficiles à détecter (lésions plus importantes)
Types de lésions dégénératives :
- Hydropique : par oedème intracellulaire, avec clarification et/ou vacuolisation cytoplasmique
- Graisseuse : par impossibilité par la cellule d’utiliser les triglycérides, par exemple la stéatose hépatique
(*au niveau du foie et du muscle strié)
3- Mort cellulaire :
- Phénomène physiologique : important au cours de l’embryogénèse et développement des organes
(Maintien de l’homéostasie).
- Phénomène pathologique : Causes multiples : anoxie, infection…
A. Nécrose :
La nécrose cellulaire désigne les modifications morphologiques irréversibles coïncidant avec la mort cellulaire.
Ces modifications touchent aussi bien le noyau que le cytoplasme.
Observables lorsque la cellule morte reste dans un environnement vivant, et doit donc être distinguée de
l’autolyse (*l’autolyse concerne les corps cadavériques.
o Physiopathologie :
- Diminution de la quantité de l’ATP
- Augmentation de la production d’Oxygène et radicaux libres
- Perte de l’homéostasie du calcium — Anomalies de la perméabilité membranaire
- Lésions mitochondriales irréversibles
o Types :
Nécrose de Infarctus.
coagulation Blocage des enzymes induisant la protéolyse : accumulation de cellules à cytoplasme
éosinophile à noyaux pycnotiques ou en caryolyse
Préservation de l’architecture tissulaire
Protéolyse : action des enzymes leucocytaires
Nécrose de Fait intervenir les micro-organismes : bactéries+++
liquéfaction Inflammation importante
Liquéfaction des tissus par digestion totale des cellules : enzymes leucocytaires
Nécrose Terme plutôt clinique
gangréneuse Nécrose de coagulation impliquant plusieurs couches tissulaires
Cause : ischémie combinée à l’action des germes (anaérobies, saprophytes)
2 types : sèche vs humide
Stéatonécrose Destruction enzymatique tissue adipeux (lipases)
Liquéfaction des membranes des adipocytes + hydrolyse des triglycérides
Libération d’acides gras qui se combinent au Ca2+
Aspect crayeux macroscopique
MO : nécrose des adipocytes + dépôts calciques + inflammation
Nécrose caséeuse Tuberculose +++
Macroscopiquement: lait caillé
MO : Matériel nécrotique grumeleux, éosinophile, sans architecture cellulaire ou tissulaire
Nécrose fibrinoïde Dépôts de complexes immuns parois vasculaire+ fibrine d’origine plasmatique
aspect de nécrose éosinophile amorphe
B. Apoptose :
Mort cellulaire programmée au cours de laquelle la cellule active elle-même des enzymes dégradant l’ADN ainsi
que les protéines nucléaires et cytoplasmiques.
Le plus souvent physiologique, rarement pathologique (la nécrose est toujours pathologique).
Apoptose induite par des processus pathologiques peut progresser vers une nécrose.
o Causes :
Physiologiques : Pathologique :
Maintien du nombre de cellules au sein d’un tissu ou Dommage cellulaire irréversible ou
élimination de cellules devenues « inutiles » altération génétique n’ayant pas pu être
- Embryogénèse réparée.
- Involution des tissus hormono-dépendants (cycle mentruel) - Altération génôme
- Homéostasie des tissus à renouvellement rapide - Accumulation de protéines mal repliées
- Cellules ayant accompli leur mission (PNN inflammation) - Apoptose viro-induite (Adénovirus)
- Elimination des lymphocytes ne reconnaissant pas le soi - Atrophie parenchymateuse par occlusion
- Elimination des cellules infectées par les virus canalaire
- Sénéscence
o Mécanisme :
Activation des enzymes Caspases Voie intrinsèque mitochondriale Voie Granzyme/Perforine
- C : Cystéine
- ASP : résidus aspartiques
- ASE : Protéases
Historiquement trois formes de morts cellulaires ont été décrites uniquement sur des critères morphologiques
: la nécrose, l’apoptose et l’autophagie.
1- Apoptose :
Aussi appelé suicide cellulaire, (ou mort cellulaire programmée). C’est le processus par lequel
des cellules déclenchent leur autodestruction en réponse à un signal.
C'est l'une des voies possibles de la mort cellulaire, qui est physiologique, génétiquement programmée,
nécessaire au développement et à la survie des organismes multicellulaires.
Son équilibre avec la prolifération cellulaire permet l'homéostasie tissulaire. Contrairement à la nécrose, elle ne
provoque pas d'inflammation : les membranes plasmiques ne sont pas détruites, du moins dans un premier
temps, et la cellule émet des signaux qui permettront sa phagocytose par des globules blancs, notamment
des macrophages.
o Rôles : exemples :
- Morphogénèse
L'apoptose joue un rôle dans la formation du corps d'un organisme, par exemple l'émergence des doigts. Au
début de sa formation, la main ressemble à une moufle (ou une palme), puis les cellules se trouvant entre les
futurs doigts disparaissent.
Elle joue un rôle dans la formation du cerveau : très tôt dans l'embryogenèse, le cerveau subit une vague
apoptotique qui le remodèle. Ensuite, les neurones forment entre eux des liaisons synaptiques au hasard, et
une deuxième vague apoptotique élimine ceux qui n'ont pas établi de liaisons utiles.
- Système immunitaire :
En réponse à l'apparition d'un antigène étranger dans le corps, des lymphocytes B se mettent à produire
chacun un anticorps particulier, en recombinant au hasard leurs gènes d'immunoglobulines . Ceux qui
produisent des anticorps inactifs ou autoimmuns sont éliminés par apoptose.
En cas d'infection virale, les lymphocytes T cytotoxiques produisent des molécules toxiques pour les cellules
infectées ; ils sont détruits par apoptose lorsque l'infection est maîtrisée.
o Étiologies :
- Une cellule normale a constamment besoin que le corps lui confirme son utilité, aux moyens de facteurs de
croissance. La perte de ces signaux peut déclencher un processus apoptotique.
- Des signaux émis à la suite des dommages subis par l'ADN (par exemple à la suite d'une irradiation aux
rayons UV ou aux rayons X) sont capables de déclencher l'apoptose: en effet c'est alors soit une cellule
potentiellement cancéreuse, soit une cellule totalement dysfonctionnelle. Dans les deux cas, cette cellule
doit être éliminée sans dommage pour le reste du tissu adjacent.
- Des signaux hormonaux, notamment par les glucocorticoïdes, peuvent déclencher l'apoptose. C'est un
mécanisme important, de régulation du système immunitaire.
- Pression sur le réticulum endoplasmique : lorsqu'une cellule a un problème dans la conformation d'une
protéine, qui aboutit à une accumulation de cette protéine dans le réticulum endoplasmique, elle peut
entrer en apoptose.
o Manifestations cytologiques :
L'apoptose se manifeste sur ces cellules isolées
Les cellules apoptotiques perdent les interactions cellules-cellules puis deviennent rondes. La chromatine dans
le noyau cellulaire devient condensée (pyknosis) et le noyau se fragmente (caryorrhexis). Les cellules implosent
et présentent des phosphatidylsérines sur leurs membranes qui pourront être reconnues par les phagocytes
L'intégrité des membranes est conservée au cours du processus apoptotique évitant ainsi toute réaction
inflammatoire. Les corps apoptotiques sont protégés par une enveloppe membranaire issue de la convolution
des membranes.
Deux voies de signalisation sont impliquées dans l'apoptose : la voie extrinsèque et la voie intrinsèque.
- La voie extrinsèque se déclenche lorsqu’un ligand se fixe au récepteur de mort présent à la surface des
cellules.
- La voie intrinsèque se déclenche lorsqu'une cascade d’événements intracellulaires permettent la
perméabilisation de la membrane mitochondriale, laissant passer un facteur mitochondrial qui va aboutir à
l'apoptose.
Les caspases sont des enzymes primordiales pour ces deux voies
2- Nécrose :
La nécrose est la mort prématurée et non-programmée, causée par des dommages physiques ou chimiques qui
peuvent fragiliser des cellules voire des tissus.
la nécrose est presque toujours néfaste, échappe au contrôle de l'organisme et peut s'avérer fatale
(septicémie / gangrène mortelle).
o Étiologies :
o Mécanisme biologique
- Une perte de l'intégrité membranaire permet l'écoulement de produits issus de la mort cellulaire vers
l'espace hors-cellule (ce qui se traduit par un changement de la peau qui devient violacée à brun-noir).
- Cette perte de contenu cellulaire provoque une réponse inflammatoire dans le tissu environnant :
des phagocytes à proximité ne peuvent ni localiser ni engouffrer les cellules mortes, ce qui aboutit à
l'accumulation du tissu mort et des fragments cellulaires auprès du site.
- Ceci se traduit par la présence d’exsudat et de cellules spécialisées du système hématopoïétique comme
les lymphocytes et les macrophages.
o Types :
Nécrose ischémique (ou nécrose de coagulation) : elle est liée à un arrêt de la circulation sanguine causé par
un caillot ou bouchon, par exemple lors d'infarctus et de brûlures. Le cytoplasme coagule (par dénaturation des
protéines et en particulier de l'albumine qui se solidifie et s'opacifie à la suite des changements de milieu local
en termes de ph et autres.
Au microscope, le noyau disparait, mais la forme de la cellule (l'architecture des tissus) est maintenue sous
forme d'un squelette cellulaire (ou silhouette) Ceci est dû au fait que les protéines lysosomales sont dénaturées
et ne sont pas capables de digérer le contenu cytoplasmique. Quand ils sont visibles, les tissus morts de la plaie
présentent un aspect gélatineux.
Ce type de nécrose apparait généralement lorsque survient une condition hypoxique assez longue pour
asphyxier des tissus, typiquement lors d'un infarctus. La nécrose de coagulation touche préférentiellement les
tissus rénaux, cardiaques et les glandes surrénales, ou n'importe quel tissu soumis à une ischémie sévère
Nécrose de liquéfaction (ou nécrose de colliquative) : contrairement à ce qui se passe dans la nécrose de
coagulation, il y a ici digestion (hydrolyse) des cellules mortes, qui forme une masse de liquide visqueux. Elle
est généralement causée par une infection bactérienne et/ou éventuellement fongique, en raison de leurs
capacités enzymatiques et/ou à stimuler une forte réponse inflammatoire. La plaie contient une grande
quantité de pus formant un liquide nécrotique crémeux jaunâtre et parfois odorant (mélange de débris
cellulaires et de globules blancs altérés). L'infarctus hypoxique du cerveau présente aussi ce type de nécrose
car le cerveau contient peu de tissu conjonctif mais de grandes quantités d'enzymes digestives et de lipides. Les
cellules peuvent donc y être facilement digérées par les propres enzymes de l'organisme.
Nécrose gangréneuse.
Nécrose caséeuse : La nécrose caséeuse est la nécrose typique de la tuberculose. On peut la considérer comme
une combinaison des nécroses de coagulation et de liquéfaction ci-dessus décrites. Elle résulte généralement
de l'action destructrice de mycobactéries et d'autres organismes opportunistes (champignons, bactéries) et
substances étrangères.
Le tissu nécrotique est blanchâtre à grisâtre, grumeleux et friable (un peu comme du fromage blanc en
grumeaux). Les cellules mortes sont en grande partie désintégrées, mais incomplètement digérées, laissant des
particules granulaires
Nécrose fibrinoïde : C'est une lésion vasculaire des parois des vaisseaux qui apparait lors de certaines
maladies à médiation immunitaire (ex. : lupus érythémateux disséminé, périartérite noueuse. On trouve dans la
partie nécrosée de la paroi artérielle un mélange de fibrine, d'immunoglobulines et de complexes antigènes-
anticorps parfois dit « complexes immuns »
Nécrose des tissus adipeux : cette forme de nécrose ne touche que les tissus gras, généralement à la suite d'un
traumatisme du pancréas ou à une pancréatite. Elle peut aussi toucher le cerveau riche en tissus gras) et
les glandes salivaireElle affecte parfois le nouveau-né après un traumatisme lors de l'accouchement. Lors
d'une pancréatite aiguë, les enzymes pancréatiques s'échappent dans la cavité péritonéale et peuvent alors
digérer et liquéfier la membrane (en scindant les esters de triglycérides en acides gras par saponification des
graisses Des ions calcium, magnésium ou sodium peuvent se lier à ces lésions et leur donner un aspect blanc
crayeux
3- Autophagie :
L’autophagie est un mécanisme de survie de la cellule à une carence en nutriments. L’auto-digestion de ses
organites permet à la cellule de palier ses besoins en substrats. Lorsque la carence persiste, la cellule enclenche
un processus de mort cellulaire régulée (« autophagyassociated cell death »). C’est la destruction de matériel
biologique comme les organites et les macromolécules, par les lysosomes. Il existe trois formes d'autophagie
mais une seule permet la mort cellulaire : la macroautophagie. En effet, celle-ci permet de dégrader les
constituants du cytoplasme en les évacuant dans l'autophagosome, qui fusionnera avec le lysosome.
Amyloses :
Définition :
L’accumulation en extracellulaire sous forme fibrillaire d’une substance protéique anormale et pathologique
dans les différents tissus de l´organe.
Les dépôts peuvent être localisés à un seul organe ou diffus progressif et insidieux
Manifestations cliniques variées, tardives et graves engageant le pronostic vital et fonctionnel.
o Epidemiologie :
Amylose (AA) :
- Forme la plus fréquente au Maroc
- L’Atteinte rénale est la plus habituelle et la plus grave
- Principale cause de mortalité par amylose
- Deuxième cause de syndrome néphrotique
- Age de découverte : 52-55 ans.
Diagnostic :
A- Clinique :
- Diagnostic de présomption
- Symptomatologie variable en fonction de l’organe atteint
- Guide les biopsies
B- Anatomie pathologique :
- Diagnostic de certitude
- Biopsies +++
o Aspects macroscopiques :
(Aspects variables en fonction de la localisation des lésions)
- Organes hypertrophiés, aspect pâle
- Consistance cireuse, ferme
- Hypertrophie nodulaire pseudotumorale
- Aspect normal
o Histologie : Dépôts extraellulaires+++ : tissus conjonctifs communs et parois vasculaires
Coloration standard : Colorations spéciales :
Aspect éosinophile finement o Positivité au PAS : violet
craquelé, anhiste. o Rouge congo : Spécifique de l’amylose, Rouge brique,
Architecture tissulaire préservée, biréfringence vert pomme à la lumière polarisée
absence de cellules inflammatoires o Thioflavine T : Aspect fluorescent au microscope à fluorescence
o Etude immunohistochimique :
C- Diagnostic differentiel :
Coloration standards
- Certains dépôts extracellulaires prennent également un aspect éosinophile :
- Dépôts fibrinoides et la hyalinose sont beaucoup plus éosinophiles.
Colorations spéciales
- L’élastine, la kératine prennent le rouge congo mais ne donnent pas une biréfringence verte en lumière
polarisée.
- Le collagène est spontanément biréfringent mais cette réfringence est jaune et non vert pomme.
Classification anatomoclinique :
Définition :
L’amylose est une maladie rare dans laquelle des protéines anormalement repliées forment des accumulations
appelées fibrilles amyloides qui s’accumulent dans différents tissus et organes menant parfois à une
dysfonction organique, une défaillance organique et au décès.
Étiologie :
Les protéines sont de longues chaînes de molécules qui prennent une certaine forme en se repliant.
Cette forme est essentielle au fonctionnement de chaque protéine.
Les protéines anormalement repliées se regroupent et s’accumulent dans divers tissus de l’organisme sous
forme de dépôts amyloïdes. Ces dépôts sont constitués de fibrilles amyloïdes, qui contiennent des fibres
protéiques anormales que l’organisme ne parvient pas à dégrader facilement.
Ils perturbent donc le fonctionnement normal de l’organe dans lequel ils se trouvent.
Classification :
1- Amylose systémique : L’amylose systémique peut être classée en quatre groupes principaux :
L’amylose AL Survient avec des anomalies des plasmocytes qui Peau, cœur, reins, nerfs,
(primaire) (amylose entraînent une production excessive d’anticorps langue, l’intestin, foie,
à chaîne légère) rate et vaisseaux sanguins
(protéines) anormaux appelés chaînes légères.
L’amylose AA Peut se développer en réponse à différentes maladies Rein +++
(secondaire) qui entraînent une infection ou une inflammation
persistante (comme la tuberculose, la polyarthrite
rhumatoïde et la fièvre méditerranéenne familiale) et
à certains types de cancer.
L’amylose AF Ensemble de maladies héréditaires rares qui Reins, les nerfs ou le
(familiale) provoquent des symptômes chez l’adulte. Le défaut cœur
produisant de l’amyloïde survient en raison de la
présence de mutations héréditaires de protéines
spécifiques dans le sang. La transthyrétine mutée, une
protéine produite par le foie, est la cause la plus
fréquente d’amylose familiale.
Amylose ATTRwt (Précédemment appelée amylose systémique sénile) Cœur +++
(transthyrétine de L’amylose ATTRwt est causée par un repliement
type sauvage) anormal de la protéine transthyrétine normale (type
sauvage, non mutée). On ne connaît pas la cause de
l’accumulation de l’amyloïde dans le cœur.
2- Amylose localisée
L’amylose localisée se produit lorsque la substance amyloïde est déposée dans des organes ou tissus
spécifiques. Par exemple, des dépôts amyloïdes se produisent dans le cerveau des personnes qui souffrent
de la maladie d’Alzheimer. Des dépôts d’amyloïdes localisés peuvent aussi se former dans la peau, les voies
digestives, les voies respiratoires ou la vessie.
Symptômes :
- Asthénie perte de poids
- Essoufflement, evanouissements..(Troubles de rythme ou insuffisance cardiaque)
- Picotements ou engourdissements dees doigts et orteils (atteinte des nerfs)
- Œdème des MI parfois de l’abdomen (atteinte rénale)
Diagnostic :
Biopsie +++
Les médecins soupçonnent une amylose lorsque les personnes présentent des symptômes touchant
plusieurs organes de l’organisme, ou en cas d’insuffisance cardiaque, rénale ou hépatique inexpliquée. La
macroglossie n’est pas un symptôme fréquent, mais lorsqu’elle est présente, elle est évocatrice d’une
amylose.
Traitement de l’amylose :
Dans l’amylose AL : chimiothérapie
Dans l’amylose AA : traitement de la cause sous-jacente
Dans l’amylose causée par des dépôts de la protéine transthyrétine : médicaments qui stabilisent la
transthyrétine
Parfois, greffe d’organe (ex : Dans l’amylose familiale à transthyrétine, une greffe de foie peut être réalisée)
Pronostic :
Facteurs de risque :
o Age > 40 ans.
o Sexe : homme +++ (la femme est protégée par les hormones oestroprogestatives jusqu’à la ménopause)
o HTA : agit par son influence hémodynamique et facilite la précipitation dans les vaisseaux.
o Diabète :intervient du fait de l’insuffisance enzymatique des cellules endothéliales et l’insuffisance
catabolique des pericytes ; il en résulte une accumulation de mucopolysacharides dans l’intima.
o Hyperlipidémies: facteur de risque majeur avec implication directe du LDL cholestérol.
o Tabagisme: rôle ++ dans l’induction des mécanismes de rupture que dans la constitution de la plaque.
o Facteur génétique : le Risque IDM x 5 si parents souffrants d’athérosclérose coronarienne. Elle est en
relation avec une accumulation familiale d’autres FR comme l’HTA , et le diabète ou d’anomalies
génétiques du métabolisme des lipoprotéines (hypercholesterolemie familiale).
o Mode de vie : surmenage et stress, sédentarité.
Conséquences cliniques :
o Cœur : angor stable, instable, IDM selon le degré de la sténose ou la thrombose, mort subite, IC
ischémique
o Cerveau : AVC ischémique +++, Démences vasculaires
o Membres inférieurs: ischémie d’aval
o Plus rarement, manifestations rénales
Physiopathologie :
Les acteurs mis en jeu dans l ’athérosclérose :
o Cellules : (cellules endothéliales et musculaires lisses / plaquettes /Macrophages et lymphocytes)
o Paroi artérielle : tissu conjonctif
o Eléments du sang : lipoprotéines
Formes anathomopathologiques :
On distingue :
Lésions La strie lipidique :
initiales de Accumulation de cellules spumeuses.
la maladie - Retrouvée chez de nombreux sujets jeunes de 20 à 30 ans.
- L’évolution vers la plaque est lente et progressive.
- Peut régresser
Macroscopie: élevure jaunâtre <1 mm
Microscopie : amas de cellules spumeuses
La plaque gélatineuse :
- Macroscopie : plaque grisâtre et translucide sur l’intima de 0 ,5 à 1 cm de diamètre
- Microscopie : oedème sous-endothélial (dépourvu de lipides)
- Ces lésions sont dues à un insudat, (arrivée massive de plasma sous l’endothélium par
augmentation de la perméabilité endothéliale)
- Elles peuvent: régresser, se transformer en plaque fibreuse, ou bien se charger en lipides et se
transformer en plaque d’athérosclérose.
Lésions La plaque d’athérome
constituées - Macroscopie : Lésion lenticulaire de 0,5 à 3 cm de diamètre.
- Microscopie : Cœur lipidique (cristaux de cholestérol, cellules spumeuses )+ chape fibreuse
(collagène et cellules musculaires lisses)
Lésions Sténose:
évoluées Processus lent (Symptômes cliniques si sténose >50%)
Intéresse les 2 composantes : cœur lipidique et chape fibreuse
Anévrysme :
Dilatation et perte du parallélisme des parois vasculaires
Atrophie de la média + Perte de la structure musculo-élastique
Prédispose aux thromboses avec risque de rupture (Aorte abdominale +++)
Lésions Ulcération :
compliquées Nécrose endothéliale qui met en contact le sang et le matériel athéromateux
Bouillie athéromateuse : Susceptible de se détacher, de migrer
Thrombose :
Phénomène inconstant mais fréquent après la rupture de la plaque d'athérosclérose
Conséquences : occlusion thrombotique, embolie.
Embolie :
De type athéromateux à partir de la plaque ulcérée.
Ou de type Fibrino-cruoriques à partir du thrombus.
Conséquence : ischémie des tissus et organes situés en aval.
Hématome:
Accumulation de sang dans une brèche créée par une ulcération.
Peuvent occasionner de brutales augmentations de volume des lésions, voire entrainer un
clivage de la paroi, voire même une rupture.
Diagnostic différentiel :
Définition :
Maladie dans laquelle des dépôts de substance graisseuse se forment dans les parois des artères de moyen et
gros calibre provoquant une diiminution ou un blocage du flux sanguin.
Causes :
l’événement initiateur semble être une lésion subtile et répétée de la paroi interne de l’artère (endothélium)
par divers mécanismes.
Ces mécanismes comprennent :
o Des contraintes physiques : dues au flux sanguin turbulent (HTA++)
o Des phénomènes inflammatoires impliquant le système immunitaire : (tabagisme ++)
o Des anomalies chimiques : (taux de cholestérol élevé ou hyperglycémie)
NB :
o Tabagisme :
- Diminue le taux de lipoprotéine de haute densité (HDL), ou « bon » cholestérol, et augmente le taux
de lipoprotéine de basse densité (LDL), ou « mauvais » cholestérol.
- Augmente le taux de monoxyde de carbone sanguin, ce qui peut augmenter le risque de lésion de
l’endothélium artériel.
- Provoque le rétrécissement des artères déjà réduites par l’athérosclérose, réduisant encore plus la
quantité de sang qui irrigue les tissus.
- Augmente la capacité du sang à coaguler (en augmentant l’agrégation plaquettaire)
o Un taux élevé de cholestérol LDL est un autre facteur de risque modifiable important.
o Un taux élevé de cholestérol HDL (bon cholestérol) réduit le risque d’athérosclérose.
o Alcool : L’alcool augmente le taux de cholestérol HDL (bon cholestérol) et diminue le risque de caillots
sanguins et d’inflammation, et protège le corps des produis dérivés de l’activité cellulaire. Toutefois, une
consommation d’alcool plus que modérée peut causer de gros problèmes de santé et augmenter le
risque de décès.
o Les veines ne développent pas d'athérome car elles ne sont pas soumises à la même
pression hémodynamique sauf si elles sont déplacées chirurgicalement pour servir d'artères, comme lors
d'un pontage aorto-coronarien.
Évolution :
L'athérome débute par une « strie lipidique », simple dépôt de graisse, linéaire et sans conséquence pour le
flux, située entre endothélium et media. Puis, on assiste à une prolifération de cellules musculaires lisses et
de tissu conjonctif, entraînant la formation d'une plaque instable inflammatoire.
La plaque d'athérome est constituée d'un noyau nécrotique (débris cellulaires, cristaux de cholestérol et
de calcium), entouré d'une couche fibreuse (cellules musculaires lisses, cellules spumeuses, cristaux de
cholestérol), avec destruction de la lame limitante élastique interne. Le cholestérol occupe 10 % seulement du
volume total de la plaque. On ne peut donc pas dire que « le cholestérol bouche le vaisseau » à lui tout seul.
Celle-ci devient plus ou moins importante et peut diminuer suffisamment le calibre de l'artère pour diminuer
son débit.
Il existe deux types de complications :
- la première, d'évolution longue, est due à sa croissance lente, gênant de plus en plus le passage du sang
jusqu'à l'empêcher totalement par obstruction.
- la seconde, rapide et responsable des complications aiguës, consiste en la rupture de l'endothélium : la
brèche formée est alors obstruée par une agrégation des plaquettes sanguines et la formation d'un
caillot sanguin qui peut rapidement totalement obstruer le vaisseau. Ce caillot peut également se
détacher et obstruer plus en aval. La plaque peut également se détacher partiellement et obstruer
également l'artère, ou plus rarement, libérer son contenu et faire une embolie de cholestérol.
Les complications se manifestent par des troubles de la vasomotricité, une ulcération de la plaque d'athérome,
une thrombose, une rupture de la plaque, un anévrisme ou encore une embolie.
Pour récapituler : l'évolution de l'installation de la plaque se fait en plusieurs stades :
Traitement :
Il s'agit en fait, soit d'empêcher la survenue de complication (rupture de plaque entraînant une occlusion aiguë
du vaisseau), soit de freiner sa progression, voire de la stabiliser.
La lutte contre les facteurs de risque est essentielle et a largement prouvé son efficacité. Il peut s'agir de
mesures, dites « hygiéno-diététiques », comme l'exercice physique, un amaigrissement des sujets en surpoids,
l'arrêt du tabac, une modification de l'alimentation
Il peut consister en la prise de médicaments (antidiabétiques en cas de diabète, statines pour le cholestérol et
en cas de prévention secondaire).
Les antiagrégants plaquettaires empêchent théoriquement l'agrégation des plaquettes sanguines en cas de
lésion de l'endothélium au niveau d'une plaque d'athé[Link] antiagrégants ayant prouvé une efficacité en
termes de diminution d'accidents dues à l'athérome sont essentiellement l'aspirine et le clopidogrel.
Les traitements ne jouent pas sur la plaque d'athérome (à part l'athérectomie) mais tentent de pallier les
conséquences d'une obstruction d'un vaisseau sanguin par celle-ci. Le terme « curatif » ne signifie pas ici
« guérison », d'autant moins que les gestes proposés doivent toujours être associés à une prise
médicamenteuse à vie.
En cas d'obstruction ou de rétrécissement artériel important par de l'athérome, trois types de geste peuvent
être proposés, le choix reposant sur l'état de l'artère atteinte et le terrain général :
- Un pontage chirurgical permet de dériver le sang en amont de la plaque d'athérome responsable des
signes.
- Une angioplastie peut être pratiquée : un ballonnet est introduit dans l'artère, et gonflé au niveau de la
plaque qui est écrasée contre la paroi artérielle, ce qui permet la levée de l'obstacle. La mise en place
d'un stent, petit ressort métallique, peut alors contribuer à assurer un diamètre intérieur suffisant à
l'artère. Le risque principal, de récidive de la sténose, est ensuite combattu par la mise sous
antiagrégants plaquettaires (aspirine, clopidogrel)
- L'ablation chirurgicale de la plaque peut être également proposée, notamment en cas de sténose
carotidienne.
Fibrose:
Rappel :
La MEC est constituée de :
Macromolécules de la matrice extracellulaire + cellules de la matrice extracellulaire.
Rôles :
- Soutien mécanique des tissus
- Échange de messages via les molécules d'adhésion cellulaire et leur ligands dans la MEC
Définition :
Lésion élémentaire du tissu conjonctif caractérisée par l’augmentation de la quantité des constituants
fibrillaires de la matrice extra cellulaire dans un tissu ou un organe.
Peut intéresser uniquement:
- les fibres de réticuline (fibrose réticulinique)
- les fibres de collagène (fibrose collagène)
- Les fibres élastiques (élastose) .
Mais souvent associés au sein d’une même lésion .
Retentissement fonctionnel plus ou moins important :
o Forme mutilante :
- Irréversible
- Bouleversement de l'architecture normale de l'organe et, en particulier, de la distribution vasculaire.
o Forme systématisée :
- Simple épaississement de la trame conjonctive normale de l'organe
- Respecte l’architecture et notamment la distribution vasculaire
- Susceptible de régresser voire de disparaître.
Formes étiologiques :
o Fibrose au cours des réactions inflammatoires : La fibrose se développe le plus souvent suite à un
processus inflammatoire marqué par l’afflux dans le tissu de leucocytes et de macrophages. Ces cellules
vont libérer des cytokines et des facteurs de croissance dont le principat est le TGF-β (« Transforming
Growth Factor » qui entament le processus de fibrose.
o Fibrose non inflammatoire ou dystrophique :
- Ces fibroses s'établissent sur le long terme
- Aucune réaction inflammatoire
- Elles impliquent des facteurs de croissance et des cellules, les macrophages, comme dans la réaction
inflammatoire chronique
- Causes Vasculaires (ex cardiopathie ischémique chronique)
- Causes Métaboliques (ex Diabète, hémochromatose, dysfonction thyroïdienne)
o Fibrose ou stroma des cancers : Quand le stroma est très fibreux, il est responsable de l'aspect dur et
rétracté de certains cancers. (Linite gastrique, cancer du pancréas)
Pour conclure :
La fibrose (synonyme de sclérose) est un processus actif, le plus souvent irréversible qui survient à la suite
d'une destruction substantielle des tissus, ou lorsqu'une inflammation a lieu à un endroit où les tissus ne se
régénèrent pas. L'exsudat (protéines plasmatiques ayant migré vers le milieu interstitiel lors de la réaction
inflammatoire) n'est pas réabsorbé ou ne l'est pas suffisamment (par la lymphe) et s'agence avec le tissu
conjonctif dans le milieu interstitiel.
Face à des dommages tissulaires majeurs, la cicatrisation est la seule issue.
Pathologie circulatoire et hémodynamique
Introduction :
L’ appareil cardio-circulatoire est fréquemment sujets à des traumatismes importants :
o Une hémostase inadéquate peut entraîner une hémorragie, qui peut compromettre la perfusion tissulaire
régionale et, si elle est massive et rapide, peut entraîner une hypotension, un état de choc et la mort.
o Le Thromboembolisme est au cœur de trois causes majeures de morbidité et de mortalité :
- L'infarctus du myocarde
- L'embolie pulmonaire
- L'accident vasculaire cérébral (AVC)
1- Stase sanguine :
a. Congestion : Augmentation de la quantité de sang associée à la dilatation des vaisseaux sanguins d'un
tissu. La congestion peut être active ou passive.
Active Passive
Conséquence d’une augmentation de Conséquence d’un ralentissement du drainage sanguin veineux (stase).
l’apport de sang artériel (hyperhémie) Elle s’accompagne d’une dilatation passive des veines et capillaires et
par vasodilatation active des artérioles d’une diminution du débit sanguin
de la microcirculation Les organes sont froids, bleu violacé (= cyanose par désaturation de
Causes : sollicitation fonctionnelle, l’hémoglobine), de poids augmenté
irritation (traumatisme/ inflammation) Causes :
Une rougeur et une chaleur locales Localisée (d’origine veineuse) : liée à une stase, à une oblitération
Les organes touchés sont de poids (thrombose) ou à une compression veineuse.
augmenté. Généralisée(une insuffisance cardiaque)
b. Œdème : Augmentation de la quantité d’eau dans les espaces extravasculaires. 2 types d’œdème :
- Œdème hémodynamique : Par augmentation de la pression hydrostatique dans le secteur veineux,
Diminution de la pression oncotique des protéines plasmatiques, Rétention hydro-sodée, Obstacle au
drainage lymphatique.
- Œdème lésionnel : par augmentation de la pérméabilité endothéliale au cours des inflammations.
3- Thrombose – Embolie :
a. Thrombose : Une thrombose est la formation d’un caillot dans une cavité vasculaire (coeur, artère,
veine, capillaire) au cours de la vie. Le thrombus est le caillot ainsi formé.
A exclure par définition : Caillots sanguins post-mortem / Collections sanguines hors
des cavités vasculaires.
Physiopathogénie :
Trois facteurs principaux, associés
o Facteur pariétal : lésion endothéliale +++ Nécessaire et suffisant
- Anoxie, lésion pariétale profonde, toxines, Ag-Ac, Rx*
- Libération de thromboplastines tissulaires, activateurs de la coagulation
- Mise à nu du collagène : adhérence plaquettaire, phase initiale de formation du thrombus
o Facteur hémodynamique :
- Ralentissement de la circulation = STASE, rapprochement des éléments du sang vers la périphérie
- Turbulences
o Facteur humoral
- Causes d’hypercoagulabilité : hémoconcentration, polyglobulie, hyperplaquettose, Sdnéphrotique,
postpartum, cancer
Morphologie du thrombus :
Aspects variables, qui dépendent de son siège et de ses circonstances d’apparition :
Dans le cœur et les artères : Dans le système veineux :
Il apparaît en général au niveau d’une lésion endothéliale (plaque Il siège habituellement dans une zone de
athéroscléreuse) ou d’une zone de turbulences (anévrisme) stase sanguine et a tendance à s’étendre
Il adhère à la paroi vasculaire au niveau de la lésion d’origine, et a en suivant le sens du flux sanguin
tendance à s’étendre de façon rétrograde
Dans sa forme typique, le thrombus veineux,, comporte trois parties :
- Une tête : le thrombus blanc adhérant à la paroi : plaquettes + fibrine.
- Un corps : le thrombus mixte constitué en alternance d’éléments figurés du sang et de fibrine : aspect
hétérogène et strié (stries de zahn)
- Une queue : le thrombus rouge formé de sang plus ou moins bien coagulé avec peu de fibrine
Evolution du thrombus :
Thrombolyse : destruction du thrombus par les enzymes fibrinolytiques
Organisation fibreuse
Migration : Embolie.
Calcification
Ramollissement : sous l’action des enzymes des polynucléaires présents dans le thrombus
b. Embolie : Un embole est un corps étranger non dissous qui se déplace dans le système vasculaire
(sanguin ou lymphatique). Une embolie est l’arrêt d’un embole dans un vaisseau dont le calibre est trop
petit pour lui livrer passage.
Variétés d’emboles :
Selon la nature Selon le cheminement
Fibrino-cruorique (95%) ++++ Tumoral Voie habituelle : sens normal de la circulation
Athéromateux Exemples
Gazeux : plaie vasculaire, maladie des caissons * Thrombus des veines de la grande circulation au
Graisseux : traumatisme des os longs VD puis artère pulmonaire.
Lipidique : iatrogène, stéatose hépatique * Thrombus VG : arrêt dans une artère systémique
Amniotique : embolies pulmonaires + CIVD dont le calibre est trop petit pour lui livrer passage.
Parasitaire : bilharzies * Thrombus des artères vers une artère de plus
Exogène accidentel : fragments de cathéter,coton.. petit calibre
Thérapeutique
4- Ischémie – Infarctus :
a. Ischémie : L’ischémie est une diminution (ischémie relative), ou abolition (ischémie complète) de
l’apport sanguin artériel dans un territoire limité de l’organisme. Elle provoque : Une hypoxie / Selon son
degré de sévérité : une anoxie
Causes des ischémies :
- Thrombose, embolie
- Athérosclérose
- Artérite (maladie inflammatoire primitive de la paroi artérielle)
- Compression extrinsèque
- Spasme artériel prolongé
- Dissection artérielle
Conséquences de l’ischémie :
- Une ischémie complète et étendue : une nécrose complète du territoire d’ischémie : infarctus,
ramollissement, gangrène .
- Une ischémie incomplète et transitoire : claudication intermittente d’un membre inférieur/angor
d’effort/angor intestinal
- Une ischémie incomplète et chronique : une atrophie (apoptose des cellules les plus fonctionnelles) avec
remplacement progressif du tissu par de la fibrose
Ex : sténose de l’artère rénale = une atrophie fibrose du rein
b. Infarctus : Un infarctus est un foyer circonscrit de nécrose dans un viscère (ou le cerveau), consécutif à
une oblitération artérielle. 2 types d’infarctus : blanc et rouge
Définition L’infarctus blanc est un territoire de L’infarctus rouge est un territoire de nécrose
nécrose ischémique exsangue, dans ischémique par obstruction d’une artère terminale
un organe plein, par obstruction avec apparition secondaire d’une inondation
d’une artère terminale hémorragique en rapport avec une double circulation
Le territoire atteint subit une ou avec une abondante circulation collatérale.
nécrose de coagulation Ce type d’infarctus touche notamment :
Ce type d’infarctus peut toucher : le - Les poumons = double vascularisation artérielle
cœur, les reins, la rate, le cerveau (pulmonaire et bronchique)
(circulation de type terminal) - L’intestin grêle = importante circulation
collatérale
Histologie Lésions 6ème à 48ème H Nécrose de coagulation
Nécrose de coagulation : cytoplasme Architecture conservée
acidophile, noyau picnotique ou Inondation hémorragique
absent Hémosidérose localisée
Architecture conservée Liseré de polynucléaires et capillaires congestifs
Inflammation en périphérie, liseré de
polynucléaires et capillaires
congestifs