Prise en charge des fièvres hémorragiques
Prise en charge des fièvres hémorragiques
ISBN 978-92-4-254960-7
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Citation suggérée. [Prise en charge clinique des cas de fièvre hémorragique virale: Guide de poche pour l’agent de santé de
première ligne [Clinical management of patients with viral haemorrhagic fever: A pocket guide for front-line health workers]].
Genève : Organisation mondiale de la Santé ; 2018. Licence : CC BY-NC-SA 3.0 IGO.
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Imprimé en Suisse.
Prise en charge clinique des cas
de
fièvre hémorragique virale
Guide de poche pour
l’agent de santé de première ligne
Remarque : l’adaptation de ce document par les autorités sanitaires des pays touchés
par l’épidémie de maladie à virus Ebola (MVE), peut permettre de l’utiliser comme
un guide de prise en charge des patients atteints de FHV dans les centres de santé
spécialisés (centres de traitement Ebola (CTE), centres ou unités de transit pour
les patients atteints MVE et centres de soins communautaires Ebola) ou généraux
(secteur d’isolement au sein d’un établissement de santé non spécialisé) et pour la
prise en charge des patients au sein de leur communauté avant leur transfert vers un
centre de traitement Ebola.
Pour les pays à risque, il convient d’inclure dans ce guide les recommandations
essentielles pour les établissements de soins, sans capacité spécifique de traitement
des fièvres hémorragiques virales (FHV), mais qui pourraient être amenés à dépister
des patients suspects de MVE ou d’autres FHV et, le cas échéant, à assurer leur
isolement (avec port d’équipement de protection individuelle adapté lors des soins)
puis leur transfert rapide vers un CTE ou un centre de transit pour les patients atteints
de MVE.
Bien que ces recommandations portent plus particulièrement sur la MVE, elles sont
également valables pour la fièvre de Lassa, une maladie endémique en Sierra Leone
également présente au Libéria, en Guinée et au Nigéria, ainsi que pour deux autres
fièvres hémorragiques virales à transmission interhumaine, la fièvre hémorragique de
Marburg et celle de Crimée-Congo. L’adaptation par chaque pays de ce guide de poche
doit mettre l’accent sur les FHV présentes dans le pays.
v
Introduction à la deuxième édition, février 2016
L’épidémie récente de MVE en Guinée, en Sierra Leone et au Libéria a nécessité
l’ouverture de nombreux nouveaux centres de traitement et de transit Ebola et une
intensification considérable des activités de formation et d’encadrement des agents
de santé. Cette intensification a nécessité le développement préalable de démarches
de soins utiles et réalistes pour la prise en charge des cas. Au cours de cette épidémie,
beaucoup d’informations complémentaires sont venues étayer ce que nous savions
du tableau clinique et de la prise en charge de ces patients. Le guide de poche pour la
prise en charge des FHV a constitué une ressource précieuse pour la formation et les
soins au sein des unités de traitement Ebola.
L’expérience acquise lors du traitement des patients atteints de MVE dans les
structures de soins dédiées montre que le taux de létalité de ces patients est réduit
lorsque la prise en charge thérapeutique est assurée par du personnel bien entraîné en
effectifs suffisants. Ce constat met en lumière l’intérêt d’améliorer la prise en charge
symptomatique dispensée dans les différentes structures de soins (3), en particulier
concernant la nécessaire correction des désordres hydro-électrolytiques (4,5). Chez
les patients qui ne sont pas en mesure de s’hydrater par voie orale, « ...la pose d’un
cathéter intraveineux et l’administration de solutions de remplacement appropriées
sont nécessaires, cependant beaucoup de patients très gravement malade sont
décéder sans réanimation liquidienne adéquate par voie intraveineuse » (1). L’absence
de notification de surcharge hydro-sodée voire même d’œdème pulmonaire dans
ces centres de traitement Ebola, alors même que cela s’est produit chez certains
patients pris en charge dans ces structures (6), suggère que la réanimation hydro-
électrolytique y était perfectible .
vi
disponible a été insuffisamment entraîné. L’objectif doit être d’admettre le plus
grand nombre de cas possible afin de leur prodiguer des soins de base de qualité et
d’interrompre les chaines de transmission, tout en offrant les meilleurs soins avec les
effectifs de personnel disponibles.
Ce guide de poche fournit une aide essentielle pour la mise en œuvre d’interventions
clés visant à sauver des vies et réalisables dans les centres de traitement Ebola, et
également à soulager efficacement la douleur ainsi que d’autres symptômes altérant
la qualité de vie de ces patients. De fait, prodiguer des soins de qualité avec un
équipement de protection individuelle (EPI), lequel réduit le temps consacré aux soins
du patient tout en altérant la vision et la dextérité, représente une réelle difficulté. Des
approches pratiques pour mieux déterminer les volumes de liquides à administrer que
ce soit par voie orale, veineuse ou intra-osseuse sont également exposées.
Ce guide de poche a pour but de donner des orientations claires sur les meilleures
pratiques actuelles dans le domaine des FHV, que ce soit pour la prise en charge clinique
ou pour lutter contre l’infection. Cet ouvrage destiné aux agents de santé sur le terrain,
en première ligne dans la lutte contre la MVE fournit des indications concernant tout
particulièrement le triage, donc la définition des cas, la prise en charge précoce, le
suivi des cas, l’hygiène et la prévention de la transmission croisée et, enfin, la sortie de
l’hôpital. Les recommandations fournies dans ce document proviennent en majeure
partie des principes de prise en charge des FVH déjà publiées (principalement issues de
consensus), mais aussi des algorithmes de prise en charge des affections diarrhéiques,
des septicémies et des saignements vaginaux, tirés des recommandations de l’OMS
pour la prise en charge intégrée des maladies de l’adolescent et de l’adulte (PCIMAA)
et des maladies de l’enfant (PCIME), et d’autres recommandations actuelles de l’OMS. Le
choix d’inclure dans ce guide la prise en charge des pertes gastro-intestinales dues aux
diarrhées et aux vomissements, et les algorithmes pour les septicémies, se justifie par
le fait que de nombreux patients touchés par l’épidémie de MVE en Afrique de l’Ouest
présentaient des diarrhées et vomissements graves qui ont conduit à une déshydratation
et à un état de choc; d’autres présentaient également un tableau septique sévère
(augmentation de la perméabilité vasculaire, vasodilatation, défaillance multiviscérale
et état de choc). En outre, cet ouvrage fournit les principes essentiels visant à réduire la
transmission nosocomiale de virus des FHV et les informations cliniques nécessaires à
l’agent de santé de première ligne afin d’optimiser son niveau de vigilance afin qu’il soit
en mesure de détecter un cas potentiel de FHV avant même qu’une nouvelle épidémie
vii
ne soit signalée dans sa communauté d’exercice. Certaines considérations spécifiques à
la prise en charge des enfants et des femmes enceintes ont été consignées à part dans
ce guide.
Ce guide est la version mise à jour de l’ouvrage de l’OMS intitulé « Prise en charge
clinique des cas de fièvre hémorragique virale : Guide de poche pour l’agent de santé
en première ligne. Guide d’urgence provisoire » – version générale pour l’adaptation
en Afrique de l’Ouest, initialement publié en mars 2014 (7).
viii
Table des matières
1. Introduction. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
2. Principes de la prise en charge des patients atteints de FHV. . . . . . . . . . . . . . 6
2.1 Identification/détection des cas.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.1.1 Antécédents d’exposition au virus Ebola/Marburg, de la fièvre de Lassa ou de
la FHCC . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.1.2 Évaluation clinique détaillée et histoire naturelle. . . . . . . . . . . . . . . 11
2.1.3 Dépistage d’Ebola.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.1.4 Surveillance : le formulaire d’investigation des cas à remplir. . . . . . . . . 28
2.2 Analyses de laboratoire et collecte des échantillons. . . . . . . . . . . . . . . . . 29
2.2.1 Tests de dépistage des FHV en laboratoire. . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
2.2.2 Autres analyses de laboratoire. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
2.4 Isolement et/ou transfert des patients. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
3. Prise en charge des cas suspects ou confirmés d’infection à virus Ebola (valable
également pour la fièvre de Lassa, l’infection à virus Marburg et la FHCC)............... 40
3.1 Traitements et considérations pour tous les cas suspects ou confirmés d’Ebola ou
d’autres FHV.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
3.2. Prise en charge des signes et symptômes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
3.3 Prise en charge des cas de sévérité modérée. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
3.4 Réanimation liquidienne – administration par voie orale et intraveineuse.. . . . . 50
3.5 Traitement spécifique pour la fièvre de Lassa et la FHCC. . . . . . . . . . . . . . . 56
3.6 Considérations particulières pour la femme enceinte et le nouveau-né. . . . . . . 58
3.7 Considérations particulières pour la femme allaitante et concernant l’utilisation des
substituts de lait maternel. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
3.8 Considérations particulières pour l’enfant.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
3.9 Nutrition. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
4. Prise en charge des cas sévères confirmés d’infection à virus suspects ou (également
valable pour la fièvre de Lassa, l’infection à virus Marburg et la FHCC) . . . . . . 80
4.1 Suivi des patients gravement malades. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80
4.2 État de choc chez les patients atteints de FHV.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
4.3 Prise en charge de l’hypovolémie due à des pertes gastro-intestinales importantes
chez les adolescents et les adultes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
4.3.1 Évaluation de l’état de choc, des signes de déshydratation et surveillance
des pertes gastro-intestinales. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
4.3.2 Réanimation liquidienne en cas de pertes gastro-intestinales importantes. 85
4.3.3 Corrections des anomalies électrolytiques et glucidiques . . . . . . . . . . 87
ix
4.3.4 Antibiothérapie des patients présentant des pertes gastro-intestinales
importantes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
4.4 Prise en charge du choc septique chez l’adolescent et l’adulte. . . . . . . . . . . . 89
4.5 Évaluation et prise en charge de l’état de choc et de la déshydratation chez
l’enfant. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
4.5.1 Évaluation de l’état de choc, de la déshydratation sévère, de la
malnutrition sévère, de l’anémie sévère . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99
4.5.2 Réanimation liquidienne initiale de l’enfant en état de choc sans
déshydratation sévère, anémie sévère ou malnutrition sévère. . . . . . . 101
4.5.3 Réanimation liquidienne initiale de l’enfant en état de choc avec
malnutrition aiguë sévère. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103
4.5.4 Remplissage vasculaire de l’enfant présentant des signes de
déshydratation sévère ou des pertes gastro-intestinales importantes. . . 105
4.5.5 Évaluation des objectifs de réhydratation et des signes de surcharge
hydrosodée. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 109
4.5.6 Anomalies électrolytiques.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111
4.6 Prise en charge du choc septique chez l’enfant (non du choc causé par des
pertes gastro-intestinales importantes). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 112
5. Contacts : rôle du clinicien dans la recherche des contacts et la prise en charge
des sujets exposés. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 114
5.1 Rôle du clinicien dans la recherche des contacts. . . . . . . . . . . . . . . . . . 114
5.2 Prise en charge des agents de santé exposés. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 114
5.3 Prise en charge de l’enfant contact à haut risque. . . . . . . . . . . . . . . . . . 116
6. Soutien psychologique. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 118
7. Lutte contre l’infection1. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 122
7.1 Recommandations concernant les soins directs dispensés aux cas confirmés ou
suspects de FHV. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 123
7.2 Précautions standard à respecter en permanence pour tous les patients. . . . . . 126
7.3 Étapes pour revêtir et ôter un EPI. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 135
7.4 Circulation des agents de santé et des patients dans les unités de traitement
Ebola. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 149
7.5 Comment les agents de santé contre l’infection (y compris protéger hors
du lieu de travail). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 153
8. Sortie de l’hôpital.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 155
9. Suivi . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 157
Annexe. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 164
Liste des abréviations, des sigles et définitions de certains termes médicaux.. . . . . 194
Index. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 196
Références bibliographiques. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 197
Remerciements.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 206
x
Annexes
Annexe A. Définitions de cas...................................................................................... 182
Annexe A1. Définitions des cas pour Ebola ou Marburg............................................... 182
Annexe A2. Définition de cas, pour la fièvre de Lassa.................................................. 184
Annexe B. Plans A, B et C de réhydratation (liquides et aliments)................................ 185
Annexe C. Posologie de la morphine, du tramadol, du paracétamol et des antipaludiques..... 188
Annexe D. Interactions médicamenteuses............................................................................... 192
Annexe E. Formulaires de suivi clinique................................................................................... 196
Annexe F. Tableau d’équilibre liquidien.................................................................................... 198
Annexe G. Tableaux nutritionnels............................................................................................ 199
Annexe H. Lutte contre l’infection en dehors des soins aux patients........................................ 206
ANNEXE I. Comment préparer une solution chlorée................................................................. 210
ANNEXE J. Emballage des échantillons FHV à expédier localement ou vers l’international...... 211
xi
Tableaux
Tableau 1. Tableau clinique précoce et tardif des infections à virus Ebola/Marburg. . . . . . 14
Tableau 2. Histoire naturelle d’Ebola, basée sur l’épidémie de 2014 – expérience combinée
de la Sierra Leone et du Libéria. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
Tableau 3. Stades cliniques de la fièvre de Lassa sévère. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
Tableau 4. Symptômes d’Ebola chez l’adulte et l’enfant de 3 ans ou plus et chez l’enfant de
moins de 3 ans. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
Tableau 5. Prélèvement des échantillons pour les fièvres hémorragiques virales. . . . . . . 34
Tableau 6. Interprétation des résultats de laboratoire des patients présentant des
symptômes aigus de FHV. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
Tableau 7. Prise en charge spécifique des signes et symptômes. . . . . . . . . . . . . . . . 46
Tableau 8. Quantité de liquide à administrer en fonction du poids et par 24 heures. . . . . . 54
Tableau 9. Posologie de la ribavirine dans le traitement de la fièvre de Lassa et de la FHCC. . . 58
Tableau 10. Recommandations provisoires pour l’allaitement au sein. . . . . . . . . . . . . 73
Tableau 11. État de choc observé chez des patients Ebola lors de l’épidémie en Afrique de
l’Ouest 2014-2015.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
Tableau 12. Classification et traitement de la déshydratation – modifié pour Ebola. . . . . . 89
Tableau 13. Traitement de remplacement du potassium chez l’adolescent et l’adulte. . . . . 94
Tableau 14. Prise en charge du choc septique chez l’adolescent et l’adulte. . . . . . . . . . . 98
Tableau 15. Volume de liquide selon le poids pour le choc septique chez l’adolescent et
l’adulte. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102
Tableau 16. Réanimation liquidienne initiale immédiate pour l’état de choc chez l’enfant en
l’absence de déshydratation sévère, d’anémie sévère ou de malnutrition sévère. 110
Tableau 17. Réévaluer l’enfant après la perfusion d’un volume suffisant. . . . . . . . . . . 112
Tableau 18. Réanimation liquidienne immédiate chez l’enfant en état de choc présentant
une malnutrition sévère.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 113
Tableau 19. Réanimation liquidienne immédiate chez l’enfant en état de choc présentant
une déshydratation sévère mais pas de malnutrition sévère. . . . . . . . . . . 115
Tableau 20. Réanimation liquidienne chez l’enfant présentant des signes de déshydratation.. 118
Tableau 21. Pouls normal, PA systolique et fréquence respiratoire chez l’enfant. . . . . . . 119
Tableau 22. Correction des pertes potassiques chez l’enfant.. . . . . . . . . . . . . . . . . 123
Tableau 23. Protocoles standard de décontamination du matériel. . . . . . . . . . . . . . . 146
xii
Tableaux dans les annexes
Tableau 24. Posologie des analgésiques chez l’adolescent et l’adulte : morphine,
tramadol, paracétamol. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 186
Tableau 25. Posologie du paracétamol et de la morphine chez l’enfant en fonction du poids. 187
Tableau 26. Association artésunate-amodiaqine à dose fixe. . . . . . . . . . . . . . . . . 188
Tableau 27. Association artéméther-luméfantrine. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 188
Tableau 28. Posologie de l’artésunate en IV ou IM et de l’artéméther en IM. . . . . . . . . 189
Tableau 29. Médicaments susceptibles d’allonger l’intervalle QT et/ou d’induire des
torsades de pointe.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 191
Tableau 30. Interactions médicamenteuses (adapté de Lexi-Comp OnlineTM Interaction
Analysis).. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 192
Tableau 31. Quantité journalière de formule nourrisson prête à consommer nécessaire
pour un nourrisson. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 198
Tableau 32. Exemple de quantités de F-75 en fonction du poids. . . . . . . . . . . . . . . 199
Tableau 33. Phase d’entretien (peu d’appétit, pas de déshydratation) : quantité de F-75
par jour. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 200
xiii
Sources
Ce manuel s’inspire fortement des sources suivantes :
• Ministère de la santé et de l’assainissement de la Sierra Leone. Prise en charge
clinique des patients dans les centres de traitement Ebola et dans les autres
centres de soins en Sierra Leone : Guide d’urgence provisoire. Freetown,
15 décembre 2014 (8).
• Organisation mondiale de la santé (OMS). Manuel du clinicien de district pour la
prise en charge intégrée des maladies de l’adolescent et de l’adulte (PCIMAA) :
soins hospitaliers (9).
• OMS. Soins hospitaliers pédiatriques : lignes directrices pour la prise en charge des
affections courantes chez l’enfant, 2e édition (10).
• Médecins sans frontières. Lignes directrices pour la prise en charge des fièvres
hémorragies virales (11).
• Lignes directrices de l’OMS pour la prévention et la lutte contre l’infection
(12,13,14).
• Expérience des Ministères de la santé de la Sierra Leone, du Libéria et de la Guinée,
de l’OMS, des organisations non gouvernementales et d’autres partenaires dans
la gestion des centres de traitement Ebola et des unités de transit pour les
patients Ebola, dans les modes opératoires normalisés nationaux issus des piliers
du Ministère de la santé pour la prise en charge des cas dans le cadre de la riposte
à Ebola.
• Contributions d’experts et publications cliniques récentes.
• OMS. Examen informel de l’expérience clinique des patients atteints de la maladie
à virus Ebola dans le contexte de l’épidémie actuelle en Afrique de l’Ouest,
Genève, 21-22 juillet 2014.
• OMS. Consultations informelles sur les aspects cliniques de la maladie à virus
Ebola et l’élaboration de normes en matière de soins cliniques, Genève, 26–27
janvier 2015 (15) et Rome, 20–21 avril 2015 (3).
• OMS. Consultations informelles sur les aspects cliniques et la prise en charge des
cas pédiatriques atteints de la maladie à virus Ebola, Freetown, 2 mars 2015 et
Genève, 25-26 mars 2015.
Les indicateurs d’amélioration de la qualité des soins cliniques basés sur les lignes directrices
contenues dans ce guide de poche sont présentés ici : [Link]/qi/ebola/.
xiv
1
1-Introduction
Le terme de fièvre hémorragique virale (FHV) est un terme général pour désigner une
affection grave, parfois associée à des saignements, qui peut être due à un certain
nombre de virus. Il s’applique habituellement à des maladies causées par les familles
de virus suivantes :
• Arénaviridés (Lassa, Lujo, Junin, Guanarito, Sabia, Machupo et Chapare)
• Bunyaviridés (fièvre hémorragique de Crimée-Congo [FHCC], fièvre de la vallée
du Rift et hantavirus)
• Filoviridés (Ebola et Marburg)
• Flaviviridés (fièvre jaune, dengue, fièvre hémorragique d’Omsk, maladie de la
forêt de Kyasanur et fièvre hémorragique Alkhurma).
Objet
Ce guide de poche a pour objet de donner des recommandations claires sur les
meilleures pratiques actuelles de prise en charge des FHV dans les différents types
d’établissements de santé.
Objectifs
• Instaurer une méthode systématique de prise en charge clinique globale des cas
de FHV.
• Renforcer la capacité des agents de santé à appliquer les bonnes pratiques
actuelles de prise en charge des FHV.
• Grâce à la formation et au transfert de compétences, développer la confiance
des agents de santé dans leur propres capacités à prendre en charge les FHV en
réduisant les risques au minimum.
2 INTRODUCTION
Les FHV sont des viroses sévères, potentiellement mortelles, qui ont une importance
particulière pour la santé publique parce qu’elles peuvent se propager en milieu
hospitalier, ont un taux de létalité élevé et sont difficiles à reconnaître rapidement.
Hormis le traitement symptomatique, les options thérapeutiques efficaces avec un
niveau de preuves suffisant, font défaut pour Ebola et Marburg. Bien que l’on puisse
administrer de la ribavirine pour la fièvre de Lassa et la FHCC, le taux de létalité reste
élevé.
Le décès des agents de santé étant souvent le signal d’alerte indiquant le début
d’une épidémie de FHV, l’identification rapide de la maladie et la mise en œuvre des
mesures pour les protéger sont les principaux objectifs de la gestion précoce de ces
événements.
Ebola et Marburg sont des filovirus dont la transmission au cas index survient
probablement lors d’un contact avec des animaux infectés (ou avec des liquides
biologiques d’un survivant de MVE, dans lesquels le virus peut persister longtemps).
Par la suite, la transmission se fait par contact avec le sang ou les liquides biologiques
infectés du cas index.
INTRODUCTION 3
à quelques dizaines de milliers par an ; l’incidence la plus élevée se trouve dans les
districts de Kenema et Bo en Sierra Leone, mais la fièvre de Lassa sévit aussi dans
d’autres districts en Sierra Leone ainsi qu’au Nigéria, en Guinée et au Libéria. Dans le
cas de l’épidémie de maladie à virus Ebola de 2014-2015 en Guinée, au Libéria et en
Sierra Leone, il est nécessaire de distinguer le virus Ebola du virus de Lassa grâce aux
techniques de diagnostic biologique, puisque seul le virus de Lassa peut être traité par
la ribavirine. En dehors de cette différence spécifique de traitement, la prise en charge
clinique et les mesures de lutte contre l’infection dans les établissements de santé
sont les mêmes pour Ebola, Marburg, la fièvre de Lassa et la FHCC.
Les FHV peuvent survenir à n’importe quel moment ce qui nécessite une bonne
préparation et une planification préalables de la réponse à l’épidémie. Au démarrage
des flambées épidémiques de FHV, les personnes malades finissent par se présenter
à l’établissement de santé de proximité pour s’y faire soigner. Aux premiers stades
d’une épidémie et avant qu’elle ne soit identifiée, les cas de FHV se présentent à
l’établissement de santé local avec une multitude de symptômes peu spécifiques.
Ainsi, à ce stade de l’épidémie, le diagnostic de FHV n’est souvent pas évoqué tant
la maladie est difficile à distinguer d’autres infections courantes (paludisme, fièvre
typhoïde, autres infections bactériennes ou encore gastroentérite aiguë). Cependant,
si les précautions standard de lutte contre l’infection ne sont pas appliquées
rigoureusement et de façon systématique, et en l’absence d’une forte suspicion
clinique de FHV, le personnel de santé et les patients dont ils ont la charge sont
exposés à la contamination croisée et risque de contracter la maladie.
Dispenser des soins à des patients en état critique peut être un exercice difficile, et ce,
quel que soit le cadre d’exercice, mais c’est particulièrement vrai dans les milieux où
les ressources sont limitées (ceci concerne le personnel de santé ainsi que les produits,
matériels et équipements médicaux), milieux dans lesquels les épidémies à FHV
surviennent plus volontiers. Lors d’une flambée épidémique de FHV, l’insuffisance
des ressources, des connaissances et des compétences pour réduire au minimum les
risques de transmission aux agents de santé peut altérer les capacités de soins des
patients.
Les agents de santé sont tenus de dispenser des soins médicaux de qualité pour
améliorer les chances de survie des patients, mais aussi pour soulager leurs
symptômes et assurer des soins palliatifs le cas échéant. Pour les patients présentant
4 INTRODUCTION
une FHV, les soins cliniques doivent être renforcés, tout en réduisant le plus possible
le risque de transmission à autrui, y compris aux agents de santé. Par conséquent, il
est essentiel que les personnels de santé améliorent leurs connaissances des FHV et
appliquent avec rigueur les recommandations de lutte contre l’infection (que l’on soit
ou non en situation épidémique). En effet, des soins sub-optimaux sont susceptibles
d’accroître la réticence des populations à se faire soigner dans certains établissements
de santé et à se conformer aux actions de santé publique (identification et isolement
de cas possibles). Ceci peut avoir de très fâcheuses répercussions sur le contrôle de
l’épidémie.
INTRODUCTION 5
2-Principes de la prise en charge
des patients atteints de FHV
2.1 Identification/détection des cas
Le diagnostic de FHV repose sur trois éléments :
• les antécédents d’exposition ;
• l’examen clinique détaillé ;
• les analyses de laboratoire.
Le cas le plus courant est l’exposition au sang ou à tout autre liquide biologique
(par exemple : vomissures, diarrhée, sueur, urine, sperme) d’un cas suspect ou avéré
d’infection à virus Marburg ou Ebola (vivant ou mort), le plus souvent en prodiguant
des soins ou en participant à une inhumation. Avant l’identification d’une flambée
Classiquement, les personnes les plus exposées au risque sont les membres de la
famille, les guérisseurs traditionnels et les chefs religieux qui ont été exposés à du
sang ou des liquides biologiques, et ceux qui ont participé aux rites traditionnels
d’inhumation. Les agents de santé constituent un groupe à haut risque et, en cas de
fièvre, ils devront être interrogés sur leurs contacts récents avec des patients ou des
collègues malades. Il faut également chercher à savoir si les agents de santé ont été
exposés au sein de leurs familles ou de leurs amis, dans la communauté et dans les
dispensaires privés ou autres lieux de soins privés.
Remarque : le virus est facilement détruit par la chaleur. On considère donc que la
viande bien cuite ne contient pas de virus.
• L’allaitement au sein par une femme porteuse du virus Ebola ou Marburg est
considéré comme une exposition ; la présence du virus Ebola dans le lait maternel
a été mise en évidence (16) et des données probantes récentes suggèrent que le
lait maternel peut rester positif pour le virus Ebola pendant au moins neuf mois
après l’apparition des symptômes chez les survivantes qui étaient enceintes ou qui
allaitaient au moment de l’infection. Il a également été signalé une galactorrhée
• Rapports sexuels avec un homme qui est un cas avéré ou suspect, l’ARN viral
restant présent dans le sperme jusqu’à 12 mois après la guérison clinique
(18,19,20,21).
Remarque : le virus ne survit pas très longtemps dans des matières non organiques
hors de l’organisme, mais il peut être présent sur des objets contaminés par des
liquides biologiques (comme des aiguilles ou d’autres instruments médicaux
réutilisés, des draps de lit sales, etc.).
• Soins reçus d’une personne qui traite également des cas d’infection à virus
Ebola ou Marburg et qui n’a pas pris les précautions appropriées de lutte contre
l’infection.
Lors d’une infection par le virus Ebola au cours de la grossesse, l’ARN viral peut
persister dans les annexes materno-fœtales (liquide amniotique, placenta, fœtus).
Les produits de la conception peuvent rester potentiellement infectieux chez les
survivantes qui étaient enceintes pendant l’infection. Les femmes enceintes infectées
par le virus Ebola peuvent ne manifester aucun symptôme clinique (et ne répondent
pas aux définitions de cas d’Ebola) (22) ou présenter des symptômes cliniques légers.
Toute personne présentant une maladie aiguë et ayant des antécédents d’exposition
tels que décrits ci-dessous doit être considéré comme un cas suspect (voir les
En Sierra Leone, c’est pendant la saison sèche que l’on enregistre la plus forte incidence
(entre novembre et avril/mai).
L’être humain est sensible à tout âge. Les femmes enceintes ont une probabilité accrue
de développer une forme grave de la maladie, en particulier au troisième trimestre
de la grossesse.
En dehors de l’exposition à des rats infectés au domicile, les autres modes d’exposition
sont les suivants :
• Contacts proches avec un cas de fièvre de Lassa dans les trois semaines suivant le
début de la maladie. Classiquement, les personnes les plus exposées au risque sont
les membres de la famille, ceux qui se sont occupés des malades, les guérisseurs
traditionnels et ceux qui participent aux rites traditionnels d’inhumation.
• Soins reçus d’une personne qui traite également des cas de fièvre de Lassa et qui
n’a pas pris les précautions appropriées de lutte contre l’infection. Les agents de
santé constituent un groupe à haut risque; ils devront être interrogés sur leurs
contacts récents avec des patients ou des collègues malades. Appartiennent à ce
groupe les personnes qui participent aux soins des patients («les aidants») ainsi que
les personnels des laboratoires qui manipulent les prélèvements biologiques des
patients, dans les trois semaines suivant l’apparition de la maladie.
Remarque : le virus ne survit pas très longtemps dans des matières non
organiques, mais il peut être présent sur des objets contaminés par des liquides
biologiques (comme des aiguilles ou d’autres instruments médicaux réutilisés,
des draps de lit sales, etc.).
• Piqûre par une tique infectée ou le fait d’écraser une tique contre la peau. Les
Ixodes (tiques dures), et plus particulièrement les tiques du genre Hyalomma,
jouent à la fois le rôle de réservoir et de vecteur du virus de la FHCC. De nombreux
animaux sauvages et domestiques, comme les bovins, les chèvres, les moutons et
les lièvres, servent d’hôtes amplificateurs.
• Contact avec le sang d’un animal infecté. Les gardiens de troupeaux, les personnes
travaillant dans les élevages et les abattoirs en zone d’endémie sont exposés au
risque de FHCC.
De plus, il existe une différence entre les signes cliniques précoces et tardifs des
FHV. Il est donc important de se rappeler que les patients peuvent se présenter à
différents stades de leur maladie. La gravité de celle-ci peut dépendre d’un certain
nombre de facteurs, comme la réponse immunitaire naturelle de l’organisme, le
mode de transmission, la durée de l’exposition, l’importance de l’inoculum, le stade
de la maladie au moment du diagnostic, et peut-être aussi la souche virale. L’agent
de santé en première ligne doit donc maintenir un degré élevé de suspicion de FHV
chez les patients qui ont des antécédents d’exposition, même lorsque leur tableau
clinique semble bénin.
Complications • Gingivorragies
hémorragiques • Méléna
• Hématémèse
• Épistaxis
• Saignement aux points de ponction et d’abord
veineux
La différenciation clinique des FHV est difficile. Il est donc important de faire
rapidement des analyses à visée diagnostique en laboratoire afin d’identifier
rapidement la fièvre de Lassa et administrer précocement la ribavirine. L’œdème du
visage et du cou est un signe classique de la fièvre de Lassa qui ne se produit que
dans 10 % des cas environ, mais n’est pas observé au cours des maladies à virus Ebola
ou Marburg. Le mal de gorge peut survenir dans les deux cas, mais une pharyngite
exsudative et une perte auditive de convalescence doit évoquer une fièvre de Lassa.
Des douleurs à la palpation du foie évoquent Ebola/Marburg. Seuls environ 20 %
des patients atteints de fièvre de Lassa font une hémorragie. En général, les signes
associés à la fièvre de Lassa sont moins marqués ; les patients se sentent fatigués
et fiévreux pendant quelques jours. En comparaison, les maladies à virus Ebola ou
Marburg commencent plus brutalement et évoluent plus rapidement.
La fièvre de Lassa est bénigne et sans symptômes observables chez environ 80 % des
sujets infectés. L’infection asymptomatique, établie par un diagnostic sérologique,
est courante en zone d’endémie. En raison de la fréquence des infections bénignes,
le taux de létalité global peut être relativement faible ; des études menées chez des
patients symptomatiques hospitalisés indiquent un taux de létalité de 15 à 25 %
(33 ,34). Cependant, des formes graves avec manifestations systémiques et défaillance
multiviscérales ont été observées dans certains sous-groupes de patients ou lors des
certaines épidémies, la mortalité pouvait alors atteindre 80 %. Les souches virales de
la fièvre de Lassa au Nigéria et en Sierra Leone peuvent présenter des différences.
De plus, la maladie semble plus grave en cas de grossesse, avec une mortalité
maternelle élevée, notamment au troisième trimestre, aboutissant à la perte du
fœtus dans 80 % des cas.
Le virus est excrété dans les urines pendant 3 à 9 semaines après l’infection et dans le
sperme pendant 3 mois (35). La fréquence relative de la transmission par voie sexuelle
reste à ce jour indéterminée.
Les signes biologiques comprennent une lymphopénie précoce pouvant être suivie
d’une polynucléose neutrophile tardive. La numération plaquettaire est modérément
diminuée et la fonction plaquettaire est anormale. L’augmentation du taux
d’aspartate aminotransférase (AST) au-dessus de 150 et une virémie élevée sont des
indicateurs de mauvais pronostic pour le patient. La forme grave de la maladie peut
s’accompagner d’une albuminurie et d’une hémoconcentration.
L’apparition de la FHCC est brutale, avec des signes et symptômes initiaux comprenant
céphalées, forte fièvre, anorexie, léthargie, douleurs dorsales, articulaires et
abdominales et vomissements. Ictère et, dans les cas graves, sautes d’humeur et
modifications des perceptions sensorielles sont parfois observés.
Les patients qui arrivent pour un dépistage peuvent se présenter spontanément (en
particulier dans des établissements de soins non-Ebola) ou être envoyés par un agent
de surveillance Ebola de la communauté (généralement par ambulance). Certains
arrivent aussi en taxi ou par d’autres moyens de transport payants, ce qui nécessite
de désinfecter le véhicule et d’informer/évaluer les autres personnes (par exemple,
le chauffeur de taxi).
Il est à noter que le dépistage d’Ebola reste nécessaire pour les survivants de la
maladie de virus Ebola pour plusieurs raisons. Une personne peut croire à tort être un
survivant d’Ebola simplement parce qu’elle a été admise dans une unité de traitement
Ebola et qu’elle a été autorisée à quitter l’établissement. En réalité, il peut s’agir d’un
cas suspect dont le test pour Ebola était négatif. Il a également été signalé des cas
confirmés d’Ebola qui ont survécu, ont obtenu un résultat négatif au dépistage et
ont été autorisés à repartir, mais qui sont revenus par la suite avec des symptômes
et un test de dépistage de nouveau positif (recrudescence). Se référer aux conseils
cliniques pour la prise en charge des survivants de maladie à virus Ebola dans le cadre
d’une éventuelle recrudescence (17). On a aussi signalé des cas de recrudescence de la
maladie chez des survivants à Ebola séropositifs pour le VIH (41).
Lorsque l’épidémie a commencé à reculer et que les cas ne se déclaraient plus que
dans quelques districts, le Ministère de la santé et de l’assainissement sierra-léonien
(43) a adopté une définition de cas plus sensible pour les cas probables (Contact ET au
moins un symptôme d’Ebola), a défini des signes en fonction de l’âge pour les enfants
de moins de trois ans (voir le Tableau 4), a prévu une séparation plus fonctionnelle des
cas probables et suspects, et a porté une attention particulière aux femmes enceintes
(voir ci-dessous et la section 3.6). Par ailleurs, les critères de contact ont été étendus
pour inclure : évaluation ou traitement par un guérisseur traditionnel, admission
récente dans un établissement de soins Ebola ou dans un secteur d’isolement pour les
patients Ebola potentiel, tout autre risque d’infection par le virus Ebola, par exemple,
un contact sexuel avec un homme survivant ou le fait de toucher ou de soigner une
personne qui est tombée malade ou est décédée après s’être rendue dans un district
où des cas d’Ebola avaient été rapportés.
Lors d’une flambée épidémique d’Ebola, toutes les femmes enceintes ou venant
d’accoucher qui, à un moment donné, répondaient à la définition des cas suspects
ou probables d’Ebola alors qu’elles étaient enceintes, ont survécu et présentent des
complications de la MVE (avortement, rupture prématurée des membranes, travail
ou accouchement prématuré, hémorragie ante-partum, intra-partum ou du post-
partum, mort fœtale, mortinaissance ou décès néonatal), sont considérées comme
un contact (même asymptomatique). Elles doivent être prises en charge comme si
elles étaient infectées (donc potentiellement contagieuses) jusqu’à l’obtention d’un
résultat négatif de PCR sur un échantillon sanguin prélevé chez la mère et, le cas
échéant, sur un échantillon des produits de la conception ou du bébé prélevé sur
écouvillon (liquide amniotique, fœtus/mortinaissance/nouveau-né, surface interne
du sac amniotique) (44). Voir la section 3.6 sur le risque de transmission. La mère
et le nouveau-né doivent rester dans l’établissement de soins Ebola et leur prise en
charge requiert le port d’un EPI complet et l’application des mesures de lutte contre
l’infection jusqu’à l’obtention des résultats des tests de PCR.
La définition de cas met l’accent sur la fièvre au cours des dernières 48 heures – soit
une température >38,0 °C enregistrée au moment du dépistage ou dans les deux
jours précédents, soit une notion de fièvre au cours des dernières 48 heures. La notion
de fièvre au cours des dernières 48 heures ou pendant la phase aiguë de la maladie
constituent une indication valable de l’existence d’une fièvre. Cependant, le patient
peut avoir pris du paracétamol ou des anti-inflammatoires non stéroïdiens, ce qui
peut masquer la fièvre.
Les cliniciens doivent rechercher des signes indiquant que le patient ne se sent
pas bien, qu’il est déshydraté ou qu’il se trouve dans un état présyncopal. À noter
Pour un nourrisson âgé de moins d’un an, les antécédents maternels sont très
importants. S’il n’y a pas d’antécédent d’Ebola chez la mère ou dans la famille, et
que le nourrisson n’a pas été manipulé par un visiteur ni touché par d’autres enfants
venant de l’extérieur de la maison, une infection par le virus Ebola est peu probable.
Un patient qui ne se sent pas bien, avec des antécédents de contact clairement établis,
peut être rapidement prioritaire pour une admission, même s’il nie ses symptômes.
Les personnes considérées comme des contacts sont celles qui répondent à l’une ou
l’autre des descriptions suivantes :
• les personnes qui ont eu un contact physique direct avec un cas potentiel/
confirmé (vivant ou mort) pendant sa maladie, y compris celles qui ont touché le
sang ou les liquides biologiques (notamment urine, selles, vomissures, larmes ou
sueur) d’un cas pendant sa maladie ;
• les personnes qui ont eu un contact sexuel avec un cas potentiel/confirmé ou un
rapport sexuel non protégé avec un homme survivant d’Ebola dans les 12 mois
suivant sa guérison et dont le sperme n’a pas été testé ou a été testé mais n’est
pas encore négatif ;
• les personnes qui ont vécu sous le même toit que le cas potentiel/confirmé
(vivant ou décédé) depuis l’apparition des symptômes (cela inclut tous ceux qui
ont dormi dans la maison) ;
• les personnes qui ont touché les vêtements ou le linge d’un cas potentiel/
confirmé ;
• les personnes qui ont participé aux rituels de préparation de l’inhumation ou aux
funérailles d’une personne atteinte de maladie à virus Ebola et qui ont touché le
corps ou qui ont eu un contact avec les liquides ou le matériel entré en contact
avec le corps ;
• un bébé nourri au sein par une femme atteinte d’Ebola ou une survivante d’Ebola
(qui était infectée pendant cette grossesse) dont le lait maternel n’a pas été testé
ou n’est pas encore négatif à la PCR ;
• un patient qui a été admis dans le service des cas suspects d’un centre de
traitement Ebola et qui a été autorisé à quitter l’établissement (après des PCR
négatives), au cours des 21 derniers jours.
Les personnes qui ont participé à une enterrement digne et sécurisée (cadavre placé
dans une housse mortuaire et inhumé conformément au protocole) ou qui ont assisté
à une inhumation sans entrer en contact avec le corps ni avec ceux qui ont touché le
corps ou les liquides biologiques ou du matériel entré en contact avec le corps, ne
sont pas considérées comme des contacts. En cas de doute, considérer toute personne
ayant participé à une inhumation suspecte comme un contact, et examiner ses
antécédents d’exposition avec le responsable de la surveillance.
Les contacts asymptomatiques ne sont pas contagieux. Chez les contacts hospitalisés
pour d’autres maladies, le développement de nouveaux symptômes pouvant
correspondre à une maladie à virus Ebola doit être surveillé à chaque changement
d’équipe soignante.
Dans les trois premiers jours suivant l’apparition des symptômes, un test PCR pour
Ebola peut rester négatif. C’est pourquoi les patients (y compris tous les cas probables)
dont le test PCR initial est négatif doivent bénéficier d’un second test PCR le troisième
jour suivant l’apparition des symptômes avant de pouvoir être considérés réellement
négatifs. Chez les cas suspects dont les symptômes se sont améliorés ou ont disparu
avant le troisième jour, la deuxième test PCR pour Ebola peut ne pas être nécessaire.
Déterminer le début des symptômes peut se révéler difficile chez les enfants. Si l’on
n’est pas sûr de la date d’apparition des symptômes, il faut donc répéter le test PCR
pour le virus Ebola chez tous les enfants symptomatiques qui sont des contacts (c’est-
à-dire les cas probables) trois jours après leur admission. Les nouveau-nés dont la
mère est un cas suspect ou probable d’Ebola doivent être manipulés en portant un
EPI complet même si le test PCR initial pour le virus Ebola est négatif. La PCR doit
être répétée au bout de deux jours (voir la section 3.6). Les nouveau-nés dont la
mère est un cas confirmé d’Ebola doivent rester dans l’unité de traitement Ebola et
leur test PCR doit être répété si des symptômes apparaissent. Même en l’absence de
symptômes, une PCR doit être réalisée sur un échantillon de sang du nouveau-né les
22e et 24e jours après la naissance. S’il est en bonne santé, le nouveau-né pourra alors
quitter l’établissement à condition que les deux tests soient négatifs (avec un plan
d’alimentation).
Laboratoires en mesure de réaliser des PCR pour les virus Ebola ou Marburg :
…………………………………………………………….
……………………………………………………………
……………………………………………………………
Le test PCR repose sur la détection de l’ARN viral grâce à l’amplification du nombre de
copies d’ARN à chaque cycle effectué par la machine. Les résultats de PCR sont souvent
exprimés en nombre de cycles nécessaires pour détecter l’ARN viral ou seuil (Ct) ou de
charge virale (copies/ml). Le Ct est défini comme le nombre de cycles nécessaires pour
détecter l’ARN viral au-delà du bruit de fond (c’est-à-dire pour dépasser le seuil). Le
Ct est inversement proportionnel à la charge virale (plus le Ct est faible, plus la charge
virale est élevée).
Le choix du test diagnostique doit être soigneusement pesé, en tenant compte des
spécifications techniques, de l’incidence –et de la prévalence de la maladie, ainsi que
des implications médicales et sociales des résultats fournis. Aujourd’hui, on dispose
Les tests de diagnostic rapide (TDR) – test de détection d’antigènes à flux latéral –,
hautement spécifiques et sensibles, sont recommandés comme outil de dépistage
dans les zones reculées où la PCR n’est pas facilement accessible. Dans des contextes
épidémiologiques où la prévalence d’Ebola est faible, les TDR hautement spécifiques
sont nécessaires. En effet, à défaut, l’utilisation de tests peu spécifiques est susceptible
de générer davantage de faux positifs que de vrais positifs. Tous les TDR positifs
devront être testés à nouveau par PCR pour confirmer ou non le diagnostic.
Si un test réalisé dans les 72 heures suivant l’apparition des symptômes est négatif,
il doit être répété.
Tableau 6. Interprétation des résultats de laboratoire pour une FHV chez des
patients présentant des symptômes aigus
Confirmation en laboratoire : Résultat
Infection aiguë PCR et/ou IgM positives
Infection récente (dans les deux mois
IgM et IgG positives
précédents)
Infection plus ancienne IgG positives seulement (pas d’IgM)
Pour confirmer un cas de FHV, on peut soumettre les échantillons sanguins (sang,
sérum ou plasma) prélevés sur les cas suspects à trois tests de laboratoire ; le choix
du test dépend du moment du prélèvement par rapport à la date d’apparition de la
maladie.
• Le test PCR – souvent appelé PCR en temps réel ou PCR après transcription
inverse ou RT-PCR – met en évidence la présence du virus dans le sang ou les
tissus pendant la phase aiguë de la maladie. C’est la méthode de choix pour
confirmer une FHV, pour des échantillons sanguins comme pour des échantillons
oraux prélevés sur des cadavres. Dans certaines circonstances, on peut remplacer
cette épreuve par un test ELISA de détection d’antigènes, mais ce test est moins
sensible.
• La détection d’anticorps IgM, généralement par un test ELISA, indique une
infection récente, datant de quelques mois au plus.
• Les anticorps IgG, également détectés par un test ELISA, persistent pendant
des années après une maladie aiguë. La seule présence d’IgG n’indique pas une
La charge virale augmente pendant les premiers jours des symptômes, tout comme la
contagiosité du patient. La charge virale dépend à la fois de la réponse immunitaire
du patient et de la dose infectante (inoculum viral). Si le patient mobilise une bonne
réponse immunitaire au virus, les anticorps (IgM et IgG) commenceront à être produits
et pourront être dosés. Inversement, une faible réponse immunitaire est corrélée avec
une forte virémie et associée à une mortalité élevée.
Pour les patients décédés, les tests d’immunohistochimie peuvent être utilisés pour
détecter des FHV (Ebola ou Marburg par exemple) dans des nécropsies cutanées.
Cependant, en cas de flambée épidémique, la méthode de choix reste la réalisation
de PCR sur des échantillons oraux prélevés sur des cadavres.
Tous les échantillons destinés à des analyses de laboratoire provenant de cas possibles
de FHV doivent être considérés comme très infectieux et traités en conséquence
(c’est-à-dire qu’ils doivent être envoyés à des laboratoires prédéterminés et
dûment informés de l’expédition d’échantillons ou qui reçoivent en routine ce type
d’échantillon à haut risque via un service de transport déposant les échantillons
quotidiennement et à heure fixe). Les tests biologiques indispensables doivent être
réalisées par des laboratoires entièrement dédiés au dépistage des FHV, afin d’éviter
d’exposer inutilement le personnel de laboratoire chargé des tests de routine.
Chez les patients qui se présentent tardivement au cours de leur maladie ou qui ont
développé une forme légère de la maladie, la virémie et la PCR peuvent être négatives.
En cas de forte suspicion clinique, on peut avoir recours à la sérologie.
Chez un cas suspect d’Ebola dont l’examen clinique évoque une FHV mais dont les
résultats de tests sont négatifs, il convient d’envisager un dépistage de la fièvre
de Lassa et de garder à l’esprit que de nouveaux virus peuvent émerger, virus qui
donneraient alors des résultats négatifs à tous les tests actuellement existants.
Dépistage du paludisme
Le paludisme peut être dépisté au moyen d’un test de diagnostic rapide (TDR) réalisé
au chevet du malade ou en faisant appel au laboratoire de proximité qui réalisera le
TDR. Si le TDR est négatif, le patient sera considéré exempt de paludisme.
Si le TDR du paludisme est positif, mais que l’on considère le patient comme
un cas suspect au cours d’une flambée d’infection à filovirus, de fièvre de
Lassa ou de FHCC, ou à n’importe quel moment en zone d’endémie de la
fièvre de Lassa, il faut attendre la confirmation virologique de l’infection à
filovirus, de la fièvre de Lassa et/ou de la FHCC (ou la réponse au traitement
antipaludique) avant de laisser sortir le patient du secteur d’isolement.
Autres investigations
Dans les unités de traitement Ebola dotées de laboratoires, certains laboratoires
sont en mesure de réaliser des TDR pour le paludisme et d’autres tests pour doser les
électrolytes (par exemple, au moyen d’un analyseur de type Piccolo) ou pour détecter
d’autres causes de maladie fébrile (hors Ebola) en utilisant la PCR multiplex.
Dans certaines unités de traitement Ebola, des cliniciens munis d’un EPI complet
effectuent des tests sur le lieu des soins dans la zone rouge (par exemple, TDR pour le
paludisme ou le VIH, glycémie, I-Stat pour les électrolytes, etc.), tandis que d’autres
font uniquement des prises de sang qui seront envoyées au laboratoire de l’unité pour
analyses.
Dans ce contexte, des oxymètres de pouls sont utiles pour mesurer rapidement la
fréquence cardiaque et la SpO2.
À noter également qu’il est peu probable que les instruments de laboratoire, de
type « Piccolo », « PCR multiplex » ou dispositif portatif « I-Stat » soient disponibles
avant la déclaration officielle d’une flambée épidémique et l’arrivée d’une aide
supplémentaire.
Des tests de grossesse doivent être réalisés pour toutes les femmes en âge de procréer
en cas de doute sur une grossesse en cours. Le test urinaire peut être réalisé par la
femme elle-même et permet d’éviter qu’un agent de santé soit en contact physique
avec des liquides biologiques. Il faut expliquer à la femme qu’elle doit uriner
directement sur la bandelette, puis communiquer le résultat à l’agent de santé ou
lui montrer.
2.3 Notification
Dans cette épidémie d’Ebola, la notification immédiate a lieu dans l’ordre de priorité
suivant :
1. le laboratoire notifie le clinicien qui a demandé le test ;
2. le laboratoire envoie au moins quotidiennement les résultats au Ministère de la
santé et de l’assainissement – selon les structures chargées de la riposte ;
3. les structures nationales ou de district peuvent recevoir les résultats de laboratoire
au même moment par courriel ou selon d’autres modalités.
Lors d’une nouvelle flambée épidémique, dès qu’il y a une suspicion de FHV, il
faut immédiatement le notifier au niveau supérieur et au district, par les moyens
appropriés les plus rapides dont on dispose, notamment par téléphone ou selon
d’autres modalités, comme le système de suivi par sms (« mTRAC »). L’événement doit
aussi être documenté en utilisant le formulaire de notification prévu à cet effet (HMIS
033a). Tous les cas suspects ultérieurs doivent être notifiés et enregistrés sur une liste
pour la suite des opérations (voir le Guide 2010 pour la surveillance intégrée de la
maladie et la riposte (49) pour plus d’informations).
Pendant une flambée épidémique, tous les établissements de santé non-Ebola doivent
renforcer les précautions standard et l’hygiène des mains. Chaque établissement
de soins doit prévoir une zone de dépistage à l’entrée du bâtiment et un secteur
d’isolement ou de transit pour les cas suspects d’Ebola qui attendent leur transfert
vers une unité de traitement Ebola.
La prise en charge clinique des FHV est avant tout un traitement symptomatique et
de support des fonctions vitales. Pour ce faire, la prise en charge doit être axée sur
l’identification précoce des patients à risque d’évolution grave et de complications,
en association avec un traitement symptomatique adapté. Le niveau des soins et des
interventions requis varie selon le niveau de gravité de la maladie, ceci comprenant
notamment la prise en charge du choc septique et les soins palliatifs s’ils sont indiqués.
Le contrôle de la douleur et la prise en charge de l’anxiété sont particulièrement
importants et tous les patients doivent bénéficier d’un suivi attentif de ce point de
vue, ainsi qu’un soutien psychologique (voir la section 6).
Au cours de la dispensation des soins, les agents de santé doivent être particulièrement
attentifs aux précautions standards ainsi qu’aux bonnes pratiques concernant le port
de l’EPI (voir la section 7).
Les flacons contenant les médicaments injectables à prélever ne doivent pas être
en verre ou, s’ils le sont, ils doivent être munis d’un bouchon en caoutchouc. Éviter
d’utiliser des flacons qui nécessitent de briser le verre, car c’est à la fois difficile et
dangereux en EPI ; cela a donné lieu à plusieurs évacuations médicales pour cause
d’exposition (à faible risque). Dans certaines unités de traitement Ebola, les
médicaments sont préparés en zone verte afin de réduire le risque d’exposition aux
objets piquants/tranchants en zone rouge. Cependant, certains médicaments ne
peuvent pas être préparés longtemps à l’avance, d’autres font l’objet d’une décision
médicale urgente, ils devront être déconditionnés et préparés à l’intérieur de la zone
rouge.
Les SRO doivent être disponibles pour tous les patients. Vérifier régulièrement
l’approvisionnement en SRO.
*** Si un diagnostic spécifique est posé en plus d’une FHV (pneumonie par
exemple), appliquer les principes et directives établis pour traiter cette affection.
Il est important que l’identification de la source d’infection ne retarde pas
l’administration de traitements symptomatiques et d’antibiotiques empiriques.
Voir le manuel de PCIMAA, section 10.1, et le guide de poche pour les soins
pédiatriques p.305.
Hémorragie aiguë Envisager une transfusion de sang total frais ou de globules rouges sur
importante/ pâleur la base des indicateurs cliniques et, idéalement, de laboratoire (par
sévère exemple, Hb, hématocrite, INR, etc.). Beaucoup de patients malnutris,
ou qui s’alimentent peu, et ceux qui suivent un traitement antibiotique
ont une légère carence en vitamine K qui peut conduire à des élévations
de INR/TP et prédisposer à l’hémorragie. Il convient alors d’administrer
des multivitamines et/ou de la vitamine K (par exemple, 10 mg par
jour par voie orale pendant trois jours) au moment de l’admission,
ou 10 mg de vitamine K par voie intraveineuse pour les patients
incapables d’avaler des médicaments, qui saignent et qui ont un accès
IV ; cependant, on ignore l’efficacité de cette mesure chez les patients
Ebola. Le traitement d’une hémorragie importante avec du plasma
frais congelé doit de préférence être décidé en fonction de la valeur
de INR/TP. On peut envisager d’administrer d’autres médicaments
pour prévenir ou traiter l’hémorragie telle que des antifibrinolytiques
(acide tranexamique par voie IV) en fonction des données probantes
extrapolées à partir d’autres populations de patients, mais on ne
dispose pas de ces données pour les patients Ebola. Voir le manuel de
PCIMAA, section 4.0, et le guide de poche pour les soins pédiatriques
p.161, 218, 308-312.
Douleur Pallier 1 : paracétamol (voie orale ou IV)
Pallier 2 : tramadol (voie orale ou IV)
Pallier 3 : morphine (voie orale ou IV)
Éviter le diclofénac, l’ibuprofène, l’aspirine et autres AINS en raison de
leurs effets sur les plaquettes et sur l’appareil digestif.
Attention à la dépression respiratoire et aux troubles de conscience chez
les patients sous morphine.
Voir l’annexe C pour la posologie du paracétamol, du tramadol et de la
morphine.
Voir le manuel de PCIMAA, section 20, et le guide de poche pour les soins
pédiatriques, section 10.4, p.306.
*IM : ATTENTION L’INJECTION IM PEUT ÊTRE CONTRI-INDIQUEE EN CAS DE TROUBLES SEVERES DE LA COAGULATION
*ATTENTION, TRES IMPORTANT : Suppose des tubulures de perfusions « adulte » avec lesquelles 20 gouttes=1 ml. Refaire le
calcul si les tubulures utilisées sont pédiatriques avec lesquelles 60 gouttes=1 ml.
Chez les enfants qui présentent des saignements spontanés, il faut sérieusement
réfléchir aux risques liés à mise en place d’un accès IV. En fonction de la situation, il
peut y avoir un risque de saignement au niveau des points de ponction (ou des voies
d’abord veineux), donc un risque pour les agents de santé avec un bénéfice médiocre
pour le patient.
Chez l’enfant âgé de plus de 9 ans, la posologie de la ribavirine orale ou IV est la même
que celle de l’adulte. Chez l’enfant âgé de 6 à 9 ans, la posologie est de 400 mg par
voie orale toutes les 6 heures. Chez l’enfant âgé de 3 à 6 ans, une posologie de 7,5 mg/
Lassa
• La mort fœtale survient chez 80 % des femmes enceintes atteintes de fièvre de
Lassa, et la mortalité maternelle est élevée. Néanmoins, des améliorations de
FNPC : formule nourrisson prête à consommer ; UHT : lait stérilisé à ultra haute température ; voir la section 3.9.
* Il y a une grande incertitude concernant les risques liés à la poursuite de l’allaitement au sein quand la mère et l’enfant sont
tous deux positifs. Cette information doit être donnée à la mère dans le cadre des conseils prodigués, si elle souhaite continuer
l’allaitement au sein ; dans ce cas, elle doit être soutenue dans son choix. À noter qu’un nouveau-né pris en charge avec un
traitement expérimental a survécu.
** En ajoutant un supplément en poudre contenant plusieurs micronutriments quand la teneur en nutriments des aliments de
complément n’est pas suffisante.
*** Cela inclut les mères mises en quarantaine avec un enfant nourri au sein.
Parmi les patients hospitalisés dans une unité de traitement Ebola, il y a deux groupes
qui requièrent une attention particulière : les nourrissons et les jeunes enfants
orphelins de mère d’un côté, et le groupe des femmes allaitantes et leurs nourrissons
et jeunes enfants de l’autre (voir la section 3.7).
Sachant que le virus Ebola se retrouve dans plusieurs liquides corporels, y compris le
lait maternel, et que le recours à l’allaitement au sein par une nourrice doit être évité,
les dispositions recommandées pour les orphelins de mère sont les suivantes :
• les nourrissons âgés de moins de six mois doivent recevoir un substitut de lait
maternel approprié, par exemple une formule nourrisson prête à consommer ou,
à défaut, une formule nourrisson en poudre dont les quantités et la fréquence
seront adaptées à l’âge ;
• les nourrissons et les jeunes enfants de 6 à 23 mois doivent recevoir du lait
stérilisé à ultra haute température (UHT) et une alimentation de complément
adaptée à leur âge ;
• les nourrissons âgés de moins de six mois dont la sortie d’hôpital a été autorisée
doivent recevoir des quantités de formule nourrisson prête à consommer
suffisantes pour les nourrir jusqu’à l’âge de six mois. Les personnes qui s’occupent
d’eux doivent recevoir une formation à la nutrition, en particulier à la bonne
utilisation des formules nourrissons prêtes à consommer et de l’alimentation de
complément, afin d’éviter les complications liées à ces méthodes d’alimentation
(hygiène+++).
L’expérience sur le terrain avec des patients Ebola dans les centres de traitement a
montré que la capacité d’alimentation différait d’un patient à un autre en fonction
du stade de la maladie. Trois phases d’alimentation chez les patients Ebola peuvent
ainsi être distinguées : l’alimentation d’entretien, l’alimentation de transition et
l’alimentation de stimulation, en plus d’une phase initiale de réhydratation, le cas
échéant (voir la Figure 1 ci-dessous)(70). Pour les patients qui nécessitent un soutien
nutritionnel, les principales considérations à prendre en compte dans le choix des
aliments sont leur osmolarité (pour équilibrer le bilan hydro-électrolytique), ainsi que
leur consistance (liquide, semi-liquide, hachée, normale).
Évaluer la déshydratation
Le patient est-il sévèrement déshydraté ?
oui non
Le patient présente…
Nutritional support
Évaluer la capacité
physique à boire/
manger
avec ou sans
avec des difficultés sans difficulté sans difficulté
difficulté à
s’alimenter à s’alimenter à s’alimenter à s’alimenter
d’alimentation
Phase
Phase
d’alimentation de Phase d’alimentation Phase d’alimentation
maintienb de transition de stimulation
Gravité de la
Convalescent
Gravement
maladie
malade Malade
Symptomatique précoce
1 Il est très important de maintenir l’hydratation avec une solution de sels de réhydratation orale (SRO), en particulier
pendant la phase d’entretien.
2 Ces patients ont besoin de SRO. La compensation des pertes hydro-électrolytiques doit être la priorité pendant cette phase.
3 Le « phase d’alimentation d’entretien » fait référence au maintien des fonctions vitales.
4 Avec ou sans difficultés à s’alimenter, la prise en charge nutritionnelle sera la même.
5 La présence ou l’absence de difficultés à s’alimenter déterminera la prise en charge nutritionnelle.
6 Pour les patients convalescents, ne pas limiter la quantité de nourriture et donner des en-cas supplémentaires.
a
Il est très important de maintenir l’hydratation avec des sels de réhydratation orale, en particulier pendant la phase d’alimentation d’entretien.
b
La « phase d’alimentation d’entretien » fait référence au maintien des fonctions organiques vitales.
Vérifier si le patient présente des signes d’urgence à l’aide du contrôle rapide (« Quick
Check » (9) chez l’adolescent et l’adulte) ou du TETU (chez l’enfant) (10).
Pour les enfants, évaluer également les signes de déshydratation sévère (deux signes
parmi les suivants : léthargie, yeux enfoncés dans les orbites, pli cutané (effacement
très lent du pli après un pincement de peau).
80 PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE
est difficile d’évaluer séparément le volume d’urine, de vomissures et de selles
(plusieurs seaux), on peut estimer qualitativement et quantitativement les
volumes par rapport au marquage à l’extérieur du seau. Former le personnel à
mesurer les volumes de déchets avant de les jeter. Si c’est faisable, inscrire les
volumes sur un tableau (voir l’annexe F).
• S’il est impossible de quantifier le débit urinaire, essayer de noter la fréquence des
émissions à chaque changement d’équipe soignante.
• Consigner les données cliniques chaque jour sur le formulaire de suivi du patient.
• Actualiser le tableau ou tout autre système d’information collective à l’intérieur/à
l’extérieur du service après chaque changement d’équipe soignante (voir l’annexe
E).
Priorité secondaire :
• magnésium
• hémoglobine ou hématocrite
• numération plaquettaire
• INR et TP
PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE 81
• Faible pression artérielle (pression artérielle systolique <90 mm Hg ; voir le
tableau 21 page 109 qui présente la PAS selon l’âge/le poids de l’enfant).
Appeler le clinicien le plus expérimenté disponible lorsqu’un patient Ebola est en état
de choc.
Les patients atteints de FHV peuvent se trouver en état de choc en raison d’une
hypovolémie due à des pertes gastro-intestinales (très fréquentes dans la flambée
épidémique d’Ebola 2014-2015 en Afrique de l’Ouest), d’un choc septique ou d’un
choc hémorragique (rare), ou d’une combinaison de ceux-ci.
82 PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE
Tableau 11. État de choc observé chez des patients Ebola lors de l’épidémie en
Afrique de l’Ouest 2014-2015
*** Pertes gastro-intestinales Suivre les lignes directrices pour la réanimation hydro-
importantes avec déshydratation : électrolytique; voir les sections 4.3 (adolescents et adultes)
CHOC HYPOVOLÉMIQUE et 4.5 (enfants)
État de choc non expliqué par
des pertes gastro-intestinales ou Suivre les lignes directrices pour le choc septique ; voir les
hémorragies importantes : sections 4.4 (adolescents et adultes) et 4.5.7 (enfants)
CHOC SEPTIQUE
Procéder à une transfusion sanguine. Souvent impossible
CHOC HÉMORRAGIQUE (rare)
cependant.
PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE 83
°° Pincer la peau de l’intérieur de l’avant-bras pendant 1 seconde, puis
relâcher.
• Les volumes des selles et des vomissures sont-ils importants ?
* L’expérience acquise avec la plupart des maladies diarrhéiques de l’adulte, causées par le choléra et d’autres agents
pathogènes, suggère que la plupart des adultes qui développent des signes de déshydratation auront soif ou boiront
avidement ; ils peuvent être pris en charge avec une solution de réhydratation orale. En revanche, la faiblesse et la léthargie
souvent rencontrées au cours de la maladie à virus Ebola ainsi que les contraintes de temps imposées aux équipes soignantes
pour la prise en charge des patients dans les centres de traitement Ebola nécessitent que les patients présentant des signes
de déshydratation modérée, avec léthargie ou faiblesse associée à la diarrhée, ou avec des vomissements importants, soient
immédiatement mis sous perfusion intraveineuse active tout en maintenant la prise de SRO.
84 PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE
4.3.2 Réanimation liquidienne avec pertes gastro-
intestinales importantes
Quand les pertes gastro-intestinales dues à la diarrhée et aux vomissements sont
importantes, il faut administrer massivement des liquides par voie IV pour les
compenser. Ne pas attendre les signes de déshydratation avant de commencer ou
d’augmenter l’administration de liquides par IV. Souvent, les patients s’alimentent
mal par voie orale et leur état peut se dégrader rapidement.
• Soluté de perfusion de choix dans ce contexte le Ringer lactate (également appelé
solution d’Hartmann)
• Poser un cathéter IV (diamètre d’au moins 18 Gauges) dans une veine périphérique
de bon calibre. Éviter le pli du coude si un autre site est disponible, car le débit est
souvent interrompu quand le patient plie le coude.
Bolus liquidiens
Adultes : administrer un bolus IV de 1 litre en 30 min ou moins.
• Réévaluer les signes de déshydratation et de choc dès que le bolus est passé.
• Si les signes de choc persistent, administrer un nouveau bolus de soluté (RL ou
SSI 9 ‰).
• Souvent, les adultes gravement malades avec des pertes gastro-intestinales
importantes nécessitent 3 à 6 litres de liquide par jour et même au-delà.
• En cas de signes de déshydratation sévère, voir le plan C pour les besoins liquidiens
(voir l’annexe B).
PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE 85
Objectifs de la réhydratation chez l’adulte
• FC <100 battements/min
• Débit urinaire >30 ml/heure
• PAS >90 mm Hg
• Les autres marqueurs de perfusion sont notamment :
• temps de recoloration capillaire <3 secondes
La plupart des adultes nécessitent 2-3 litres d’apport liquidien de base par jour. Pour
les adultes, le débit d’entretien peut aussi être estimé en se basant sur un apport
de 2 ml/kg/h ou en utilisant la même formule que pour les enfants : 4 ml/kg/h
jusqu’à 10 kg, plus 2 ml/kg/h pour les 10 kg suivants, plus 1 ml/kg/h pour chaque kg
supplémentaire (voir le tableau à la section 3.4, page xx).
Même si la restauration de la volémie doit se faire au cas par cas, on peut doubler (ou
plus) l’administration journalière totale de liquides par rapport au débit d’entretien
standard chez les patients qui ont des pertes gastro-intestinales supplémentaires
importantes et continues (vomissements et/ou diarrhée). Les objectifs de la
réhydratation doivent être évalués au moins une fois à chaque changement d’équipe
soignante.
86 PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE
Solutions possibles pour faire face aux difficultés liées à l’administration
adéquate de liquides au sein d’un centre de traitement Ebola :
• planifier des passages spécifiquement consacrées au réapprovisionnement de
poches de perfusion ;
• utiliser des poches de 1 litre de Ringer lactate ou de solution saline normale à
9 ‰;
• suspendre deux poches simultanément en utilisant un raccord en « Y ».
Pour éviter la survenue d’accidents hémorragiques chez les patients perfusés mais
dont la surveillance continue est difficile à assurer, en particulier la nuit, le cathéter
pourra être obturé ou disposer d’une valve unidirectionnelle anti-reflux (De type
Clave®). Ainsi, au départ de l’équipe soignante, le bras portant le cathéter sera protégé
à l’aide d’un pansement de gaze.
En plus des liquides, les patients diarrhéiques doivent continuer à manger et à prendre
des SRO même s’ils sont réhydratés par voie veineuse.
PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE 87
D’autres boissons et aliments peuvent être de bonnes sources de potassium (par
exemple, l’eau gélifiée ou la noix de coco en contiennent 54 mEq/L et la banane
environ 10mEq/banane) ;
• la correction concomitante de l’hypomagnésémie, également fréquente avec
Ebola, aide à corriger l’hypokaliémie. Les suppléments de magnésium par voie
orale peuvent exacerber la diarrhée ; en revanche, l’administration de magnésium
par voie intraveineuse (2–4 g/IV en une heure) peut faciliter la correction de
l’hypokaliémie ;
• les patients qui souffrent d’une atteinte rénale aiguë due à une insuffisance pré-
rénale (état de choc) peuvent présenter une hyperkaliémie et une acidose.
• L’hypokaliémie n’est pas la seule anomalie liée au potassium susceptible de
survenir, d’où la nécessité de surveiller systématiquement les électrolytes chez
ces patients.
Bien qu’elle ne soit pas fréquente chez les patients adultes, l’hypoglycémie
peut accompagner la déshydratation et entraîner des crises convulsives, le coma et la
mort. Les jeunes enfants, les adultes très gravement malades et les personnes âgées
ou encore les patients gravement malnutris sont particulièrement à risque.
• En cas de suspicion d’hypoglycémie, doser la glycémie à l’aide d’un glucomètre au chevet du
patient. Restaurer la glycémie selon les besoins. Le traitement de l’hypoglycémie est urgent,
le traitement doit être mis en œuvre au plus vite (ne pas attendre le résultat d’une glycémie
dosée en laboratoire, par exemple)
• Pour administrer du glucose, ajouter des ampoules de D50 aux poches de Ringer
lactate ou de sérum salé isotonique à 9 ‰.
88 PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE
• En cas d’impossibilité de doser la glycémie capillaire au lit du patient, administrer
empiriquement le glucose si le patient devient léthargique, comateux ou présente
une crise convulsive. Voir la section 3.2.
Chez les cas confirmés d’Ebola, arrêter les antibiotiques au bout de cinq jours si les
symptômes s’améliorent ou sans autre indication pour continuer le traitement.
PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE 89
ET
• Un ou plusieurs des signes suivants :
°° pouls >100/minute
°° fréquence respiratoire >24 cycles/minute
°° température anormale (<36 ºC ou >38 ºC).
Le tableau présenté dans les pages suivantes donne des orientations spécifiques pour
la prise en charge du choc septique. Il est organisé en fonction des heures écoulées à
partir de l’arrivée du patient ou du diagnostic de choc septique et met en œuvre une
méthode systématique pour reconnaître les problèmes, administrer l’oxygène et les
apports volémiques, contrôler, noter les observations et réagir.
Ces recommandations donnent des orientations sur les soins intensifs des patients
adolescents et adultes présentant un état de choc couvrant la plupart des étiologies, y
compris la FHV. À la suite du tableau, des informations plus détaillées sont présentées.
90 PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE
Tableau 14. Prise en charge du choc septique chez l’adolescent et l’adulte
Prise en charge du choc septique dans les
2 premières heures de 2 à 6 heures
Diagnostic clinique du sepsis sévère ou du choc Si la PAS ne remonte pas après l’administration des
septique bolus, envisager d’autres causes de choc.
• Suspicion d’infection, et
Reconnaître
normale (9 ‰) à la vitesse de 20 ml/kg/heure, jusqu’à conduite la PAS <90mm Hg, commencer les
60 ml/kg pendant les 2 premières heures (voir le vasopresseurs (si possible) et poursuivre la perfusion
Tableau 15, page 95). à la vitesse de à 5-10ml/kg/heure (voir Tableau 15,
(Voir le tableau à la page suivante pour les volumes à page 95). Donner des vasopresseurs uniquement si le
administrer en fonction du poids du patient.) personnel est formé et qu’une surveillance continue
du patient est possible.
À défaut de pouvoir administrer des vasopresseurs,
continuer à donner des bolus de 500 ml toutes
les 30 minutes, en surveillant très attentivement
le patient.
Antimicrobiens empiriques d’urgence Traiter toute autre source d’infection.
• Antibiotiques. Adapter la prise en charge, en particulier hydro-
• Antipaludiques (si le TDR du paludisme au chevet électrolytique et métabolique aux résultats des
du patient est positif, si le résultat du test tarde à examens biologiques
venir ou à défaut de TDR).
• Antiviraux – envisager la ribavirine chez les cas
confirmés de fièvre de Lassa ou de FHCC.
Traiter l’infection
PAS : Pression artérielle systolique, FC : fréquence cardiaque, SpO2 : saturation artérielle en oxygène à l’oxymètre de pouls,
PVJ : pression veineuse jugulaire, SSI : Sérum salé isotonique, RL : Ringer lactate.
AVPU (score) : Alert (Eveillé), Verbal (Ordres), Pain (Douleur), Unresponsive (Sans réaction).
PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE 91
Toutes les 30 minutes jusqu’à stabilisation du Toutes les 30 minutes jusqu’à stabilisation du
patient, puis toutes les heures patient, puis toutes les heures
• PAS, FC • PAS, FC
• Fréquence respiratoire • Fréquence respiratoire
• SpO2 • SpO2
• État de conscience (AVPU) • État de conscience (AVPU).
Contrôler, noter
92 PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE
Prise en charge du choc septique de 6
à 24 heures après la réanimation
Si PAS inchangée après l’administration des bolus Refaire un bilan complet.
de soluté de remplissage (SSI 9 ‰ ou RL): Réétudier les données disponibles pour le diagnostic
• réévaluer les diagnostics possibles. et traiter une affection non prise en compte jusqu’à
• Rechercher une autre infection. Pourrait-il y présent.
Reconnaître
PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE 93
Ajouter 25–50 ml de dextrose à 50 % dans la Procédures à suivre quand le patient est stabilisé
poche de perfusion toutes les 6 heures. ou après 1-2 jours:
• À cause du risque de fausse route, ne pas
donner de nourriture par voie orale si le patient
ne peut pas déglutir sans risque (par exemple,
à cause d’une altération de l’état de conscience,
de difficultés respiratoires sévères ou de
vomissements itératifs).
• Tous les autres patients doivent être alimentés.
La plupart perd l’appétit du fait de la maladie et
tolère mieux des aliments mous ou liquides. Des
collations fragmentées et répétées au cours de
la journée sont souvent mieux tolérées.
• Envisager l’alimentation semi-liquide par sonde
nasogastrique (bouillies ou purées) si le patient
ne peut pas déglutir sans risque et s’il n’est
pas gravement malade (attention au risque de
régurgitation++++)
• Au départ, donner une petite quantité (par
exemple, 20–40 ml/heure) et contrôler
l’absorption en vérifiant la quantité résiduelle
après une heure en aspirant doucement par la
sonde nasogastrique
Nutrition
• Débit urinaire.
Toutes les 12 heures :
• Répéter la glycémie et l’hémoglobine si les
valeurs initiales étaient anormales.
Réagir à d’éventuels changements, comme Réagir à d’éventuels changements, comme indiqué
indiqué dans la colonne « de 2 à 6 heures » à la plus haut.
Réagir
page précédente.
94 PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE
Tableau 15. Volume de liquides en fonction du poids du patient en cas de choc
septique chez l’adolescent et l’adulte
Petit patient Patient moyen Grand patient
Volume cible (30 kg) (50 kg) (≥70 kg)
Bolus initial 20 ml/kg 500 ml en bolus 1 000 ml en bolus 1 500 ml en bolus
Perfuser pendant 1-2 heures 500–1 000 ml/1-2 h 1 000–2 000 ml/1- 1 500–3 000 ml/1-
(20-40 ml/kg) 2h 2h
Répéter les bolus si la PAS 250 ml/30 min 500 ml/30 min 750 ml/30 min
reste <90 mm Hg sans
vasopresseurs - toutes les 30
minutes, en surveillant de
près les objectifs d’expansion
volémique et les signes de
surcharge hydrique
Débit de perfusion en 60 ml/h =240 ml en 100 ml/h =400 ml 140 ml/h =760 ml
entretien une fois que la PAS 4 heures en 4 heures en 4 heures
>90 mm Hg (2 ml/kg/h) et que
le débit urinaire est correct
PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE 95
• Pour éviter une surcharge hydrique, donner des bolus plus petits (voir le tableau
ci-dessus).
• Entre 2 et 6 heures, si la PAS passe au-dessus de 90, poursuivre l’administration
de liquides à 2 ml/kg/heure. Le volume doit être calculé et administré en 3 ou 4
heures au moment des tours de visite des malades (voir le tableau ci-dessus).
En revanche, si la fréquence cardiaque reste élevée et que d’autres signes de
mauvaise perfusion persistent, le patient peut encore être en état d’hypovolémie
et avoir besoin de recevoir davantage de soluté de remplissage vasculaire (NaCl
9 ‰ ou RL).
• Surveiller attentivement les signes de surcharge hydrique (augmentation de
la fréquence respiratoire, augmentation de la pression veineuse jugulaire,
apparition/aggravation des râles crépitants à l’auscultation thoracique). Dans ce
cas, diminuer le débit de la perfusion.
96 PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE
• Antipaludiques : si le patient est positif au TDR (ou si le TDR n’est pas disponible ou
que les résultats tardent à venir), commencer l’artésunate en IV (voir l’annexe C
pour la posologie des antipaludiques).
• Antiviraux : envisager la ribavirine uniquement pour des cas confirmés de fièvre
de Lassa ou de FHCC.
PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE 97
4.5 Évaluation et prise en charge de l’état de choc
et de la déshydratation chez l’enfant
NON
OUI
98 PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE
* Seuls les enfants qui présentent les trois signes de choc (extrémités froides,
pouls faible et rapide, et temps de recoloration capillaire >3 secondes) sans anémie
sévère ou malnutrition sévère doivent recevoir 10-20 ml/kg Ringer lactate en
30-60 minutes (52).
Les enfants en état de choc qui présentent ces trois signes nécessitent une expansion
volémique immédiate.
PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE 99
Évaluation de l’état de choc
Vérifiez si l’enfant est léthargique ou inconscient.
Vérifiez si l’enfant a les mains froides. Si c’est le cas, vérifiez si le temps de
recoloration capillaire dépasse les 3 secondes. Appliquez une pression pendant
5 secondes pour que l’ongle du pouce ou du gros orteil blanchisse. Mesurez le
temps qui s’écoule entre le relâchement et le retour complet à la couleur rose.
• Si le temps de remplissage capillaire est supérieur à 3 secondes, contrôlez le
pouls. Est-il faible et rapide? Si le pouls radial est fort et n’est pas manifestement
rapide, l’enfant n’est pas en état de choc. Si vous ne parvenez pas à sentir le
pouls radial d’un nourrisson (âgé de moins de 1 an), prenez le pouls brachial ou,
si le nourrisson est couché, le pouls fémoral. Si vous ne sentez pas le pouls radial
d’un enfant, prenez-le au niveau de la carotide. (Voir le guide Triage, évaluation
et traitement d’urgence (10)).
Évaluation de l’anémie sévère
• Pâleur palmaire sévère
Souvent accompagné d’un pouls d’un rapide, d’une respiration difficile, d’un état
de confusion ou d’agitation.
Évaluation de la malnutrition sévère Sont à considérer comme sévèrement
malnutris :
• les nourrissons âgés de 0 à 6 mois dont le poids pour la taille est inférieur
à –3 écarts-type (Voir les abaques dans “Soins Hospitaliers Pédiatriques”, p
439);
• les enfants âgés de 6 mois à 5 ans dont le périmètre brachial à mi-hauteur
est <115 mm et/ou qui présentent un œdème bilatéral prenant le godet au
niveau des pieds.
Évaluation des signes de déshydratation sévère :
• léthargie ;
• yeux creux, cernés, enfoncés dans les orbites ;
• pli cutané qui revient en place très lentement ;
• patient qui ne boit pas ou peu.
100 PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE
l’état de choc, c’est-à-dire les trois signes présents ensemble, ne doivent pas recevoir
de perfusion rapide de soluté de remplissage (RL ou SSI 9 ‰) mais doivent néanmoins
recevoir des perfusions d’entretien et une compensation volume à volume des pertes
gastro-intestinales ou des pertes dues à la fièvre, adaptés à leur âge et à leur poids.
PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE 101
Tableau 16. Remplissage vasculaire initial immédiat de l’enfant en état de choc
sans déshydratation sévère, anémie sévère ou malnutrition sévère
10-20 ml/kg de lactate de Ringer ou de solution saline en 30-60 minutes
20 ml/kg en 20 ml/kg en gouttes 10 ml/kg en 10 ml/kg en gouttes par
Poids 30-60 minutes par minute* si en 60 30-60 minutes minute*
(kg) en ml minutes en ml si en 60 minutes
2 40 13 20 7
2,5 50 17 25 8
3 60 20 30 10
4 80 27 40 13
5 100 33 50 17
6 120 40 60 20
7 140 47 70 23
8 160 53 80 27
9 180 60 90 30
10 200 67 100 33
11 220 73 110 37
12 240 80 120 40
13 260 87 130 43
14 280 93 140 47
15 300 100 150 50
16 320 107 160 53
17 340 113 170 57
18 360 120 180 60
19 380 127 190 63
20 400 133 200 67
* ATTENTION : Suppose des systèmes IV « adulte » avec lesquels 20 gouttes=1 ml. Refaire le calcul si le système IV utilise
une burette pédiatrique avec laquelle 60 gouttes=1 ml.
Les enfants en état de choc qui présentent une anémie sévère (hématocrite <15
ou hémoglobine <5 g/dl) (10) doivent recevoir une transfusion sanguine le plus
tôt possible et ne recevoir d’autres liquides par IV que pour maintenir un état
102 PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE
d’hydratation normal. L’enfant doit être réévalué à la fin de la transfusion et dans les
heures qui suivent pour surveiller son état.
Tout enfant dont l’état ne s’améliore pas au bout d’une heure doit recevoir une
transfusion sanguine (10 ml/kg lentement en 3 heures au moins). L’enfant peut avoir
une hémorragie interne ou nécessiter une transfusion en cas de choc septique sévère
pour améliorer la capacité de transport de l’oxygène.
PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE 103
Tableau 18. Réanimation liquidienne immédiate de l’enfant en état de choc
avec malnutrition aiguë sévère
10-15 ml/kg Ringer lactate avec 5 % de glucose (dextrose) solution de Darrow avec 5 %
de glucose réduite de moitié (dextrose) NaCl à 0,45 % plus 5 % de glucose (dextrose)
10 ml/kg en
15 ml/kg 15 ml/kg en gouttes 10 ml/kg gouttes par
en 60 minutes par minute* en 60 minutes minute*
Poids (kg) en ml si en 60 minutes en ml si en 60 minutes
2 30 10 20 7
2,5 38 13 25 8
3 45 15 30 10
4 60 20 40 13
5 75 25 50 17
6 90 30 60 20
7 105 35 70 23
8 120 40 80 27
9 135 45 90 30
10 150 50 100 33
11 165 55 110 37
12 180 60 120 40
13. 195 65 130 43
14 210 70 140 47
15 225 75 150 50
16 240 80 160 53
17 255 85 170 57
18 270 90 180 60
19 285 95 190 63
20 300 100 200 67
* ATTENTION : Suppose une tubulure de perfusion « adulte » avec lesquels 20 gouttes=1 ml. Refaire le calcul si il s’agit
d’une tubulure de perfusion pédiatrique avec laquelle 60 gouttes=1 ml.
104 PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE
• Dès que l’enfant est conscient, introduire la formule F-75 et réduire en
conséquence les quantités de ReSoMal administrées.
PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE 105
mort, qui survient en quelques heures au lieu de quelques jours après l’apparition
des symptômes. Il faut donc se montrer proactif en ce qui concerne l’accès IV lorsque
la prise orale de liquides est jugée insuffisante, sans attendre les signes de sévérité.
Tableau 19. Réanimation liquidienne immédiate de l’enfant en état de choc
avec déshydratation sévère mais sans malnutrition sévère
Plan C – Étape 1 Plan C – Étape 2
Lactate de Ringer 70 ml/kg ou SRO par voie
Lactate de Ringer 30 ml/kg nasogastrique
Volume à perfuser (mL) Âge <12 mois Âge ≥1 an,
Poids en 1 heure si âge <12 mois en 5 heures en 2 heures ½
(kg) en 1/2 heure si âge ≥12 mois gouttes/min volume gouttes/min*
2 60 10 140
2,5 75 13 175
3 90 13 210
4 120 20 280
5 150 27 350 55
6 180 27 420 55
7 210 33 490 66
8 240 33 560 66
9 270 40 630 80
10 300 50 700 100
11 330 55 770 110
12 360 55 840 110
13 390 60 910 120
14 420 66 980 135
15 450 66 1 050 135
16 480 75 1 120 150
17 510 80 1 190 160
18 540 80 1 260 160
19 570 90 1 330 180
20 600 95 1 400 190
*ATTENTION : Suppose une tubulure de perfusion « adulte » avec lesquels 20 gouttes=1 ml. Refaire le calcul si il s’agit
d’une tubulure de perfusion pédiatrique avec laquelle 60 gouttes=1 ml.
106 PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE
En contexte pédiatrique, si les tentatives de mise en place d’un cathéter intraveineux
se révèlent infructueuses, il faut alors utiliser un cathéter intra-osseux, à condition
que le personnel soit correctement formé. L’accès intra-osseux, de préférence avec
un dispositif électrique, comme EZ-IO©, est rapide, sûr et bien plus simple que la
pose d’une voie IV chez des enfants qui présentent des saignements spontanés. Il faut
être extrêmement prudent lors de la mise en place d’un accès intra-osseux manuel
(par exemple, avec une aiguille Cook©), car il existe un risque de blessure par piqûre
d’aiguille. En raison de ce risque de contamination, ce dispositif électrique intra-
osseux doit être réservé en priorité au cas confirmés de maladie à virus Ebola. L’accès
intra-osseux doit être remplacé dès que possible par un cathéter intraveineux.
Afin d’éviter les bolus administrés trop rapidement, penser à vérifier le débit de
perfusion régulièrement, en particulier aux nourrissons et aux nouveau-nés. En
effet, une étude a mis en évidence que l’administration répétée de bolus de 20 ml/
kg pouvait augmenter la mortalité ; à noter cependant que cette étude excluait les
patients souffrant de gastro-entérite (73).
Les enfants âgés de moins de cinq ans présentant une diarrhée, une déshydratation
modérée ou des apports liquidiens par voie orale insuffisants doivent être mis sous
perfusion IV précocement. Alternativement, lorsque l’accès IV se révèle difficile,
la réhydratation peut être effectuée via une sonde nasogastrique chez les enfants
capables de tolérer la sonde gastrique et sous réserve d’une supervision étroite par
le personnel soignant.
PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE 107
Tableau 20. Réanimation liquidienne de l’enfant présentant des signes de
déshydratation modérée
Plan B – 75 ml/kg
Poids (kg) SRO voie orale/nasogastrique
En 4 heures
2 150
2,5 190
3 225
4 300
5 375
6 450
7 525
8 600
9 675
10 750
11 825
12 900
13 975
14 1 050
15 1 125
16 1 200
17 1 275
18 1 350
19 1 425
20 1 500
108 PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE
4.5.5 Évaluation des objectifs de réhydratation et des
signes de surcharge hydrosodée
Objectifs de réhydratation chez l’enfant :
• temps de remplissage capillaire <2 secondes, pouls normal et extrémités tièdes ;
• fréquence cardiaque normale pour l’âge ;
• débit urinaire >1 ml/kg/heure.
PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE 109
Surveiller attentivement les signes de surcharge hydrique ou
hydrosodée chez l’enfant.
La surcharge hydrosodée est une complication fréquente du traitement de l’état
de choc. Elle peut avoir plusieurs explications :
• solutés IV administrés trop rapidement ou en trop grande quantité ;
• usage de solutions cristalloïdes hypotoniques au lieu d’isotoniques ;
• solutés IV administrés trop longtemps (après disparition de la fuite
plasmatique) ;
• trop grands volumes de solution IV chez l’enfant avec fuite capillaire
importante.
Signes précoces
Respiration rapide Ascites
Tirage sous-costal Œdème périorbitaire ou des tissus mous
Épanchement pleural
Signes tardifs
Œdème pulmonaire Cyanose
Choc irréversible (associant souvent hypovolémie et insuffisance cardiaque)
Œdème cérébral chez le nourrisson
110 PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE
Remarque : dans un contexte d’hémorragie majeure, d’état de choc sévère entraînant
un risque élevé de décès à court terme, il faut se poser la question de la poursuite
du traitement curatif (accès IV ou intra-osseux) ou opter pour des soins palliatifs
éventuellement plus appropriés.
PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE 111
Tableau 22. Traitement de remplacement du potassium chez l’enfant
Taux de potassium Posologie
3,0 ou plus Aucune
0,5-2 mEq/kg par voie orale toutes les 12 heures
2,5-2,9
Entretien : 10 mEq/L de soluté de perfusion
<2,5 0,5 mEq/kg/heure par IV pour correction.
Entretien : 20-40 mEq/L de soluté de perfusion, 2 mEq/kg par voie orale
toutes les 12 heures
• pour le maintien d’une kaliémie correcte par voie veineuse, 10-20 mEq/L sont
recommandés ;
• l’ajout de potassium aux solutions IV doit être réalisé avec précaution pour éviter
les erreurs ; dans ce cas, il est recommandé d’étiqueter clairement, les poches de
soluté dans lesquelles du potassium a été ajouté dès leur préparation en zone
verte ;
• la concentration maximum pour corriger l’hypokaliémie par voie veineuse est de
40 mEq/L ; le débit maximum est de 0,5 mEq/kg/h (par exemple, 5 mEq pour un
nourrisson de 10 kg en 1 heure) ;
• les concentrations élevées requièrent une veine suffisamment grosse, en raison
des effets irritants sur les tissus (injection douloureuse et risque de veinite/
thrombose veineuse);
• la correction concomitante de l’hypomagnésémie, également fréquente au
cours de la maladie à virus Ebola, facilite la correction de l’hypokaliémie. Les
suppléments de magnésium par voie orale peuvent exacerber la diarrhée ; en
revanche, l’administration de magnésium par voie intraveineuse (25-50 mg/
kg IV en 6 à 12 heures, dose unique maximum de 2 grammes) peut faciliter la
correction de l’hypokaliémie.
112 PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE
Au début, il peut être difficile de distinguer un choc hypovolémique d’un choc
septique. En cas de doute, administrer des solutions de remplacement pour le choc
hypovolémique pendant les deux premières heures.
PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE 113
5-Contacts : rôle du clinicien dans
la recherche des contacts et la prise
en charge des sujets exposés
114 RÔLE DU CLINICIEN DANS LA RECHERCHE DES CONTACTS ET LEUR PRISE EN CHARGE
• il est essentiel que l’agent de santé reste calme et suive strictement la procédure
de retrait de l’EPI pour éviter l’exposition à une partie potentiellement contaminée
de l’EPI au moment où il l’enlève ;
• une fois dans la zone verte, laver la surface cutanée ou les muqueuses concernées
comme décrit ci-dessus ;
• l’incident d’exposition doit être immédiatement notifié au professionnel chargé
de la santé au travail ;
• les personnes exposées doivent faire l’objet d’un bilan médical et recevoir des
soins de suivi, avec notamment la prise de la température deux fois par jour
pendant 21 jours suivant l’exposition.
°° Si la température dépasse 38 °C ou que d’autres symptômes cliniques
de FHV (diarrhée, etc.) apparaissent, une hospitalisation immédiate en
isolement strict s’impose. La période d’incubation entre l’exposition et
les symptômes cliniques est au minimum de 48 heures.
°° Une prophylaxie post-exposition (par exemple, VIH, hépatite B) doit être
envisagée.
Les agents de santé chez lesquels une infection à virus Ebola est suspectée (c’est-à-
dire qui présentent des symptômes évocateurs d’une infection à virus Ebola) doivent
être isolés, et les recommandations présentées dans ce document doivent être
appliquées jusqu’à ce que le diagnostic soit infirmé ou confirmé. La recherche et le
suivi des contacts sont indispensables – famille, amis, collègues et autres patients
ayant pu être exposés par un contact rapproché avec des agents de santé infectés.
RÔLE DU CLINICIEN DANS LA RECHERCHE DES CONTACTS ET LEUR PRISE EN CHARGE 115
3) participation à des procédures d’urgence sans équipement de protection
individuelle approprié (par exemple, réanimation après un arrêt cardiaque,
intubation ou aspiration) ; ou
4) contact prolongé (quelques heures) et continu dans un espace clos sans porter
d’équipement de protection individuelle approprié (par exemple, un agent de
santé accompagnant un patient pendant une évacuation sanitaire dans un petit
avion) (74).
Pour l’estimation du risque d’infection, noter que les patients les plus infectieux sont
ceux dont l’état clinique est le plus grave, en général à un stade avancé de la maladie.
La prophylaxie ne doit pas être utilisée quand une seule exposition s’est produite
pendant la période d’incubation ou durant la convalescence, après disparition de la
fièvre (74).
116 RÔLE DU CLINICIEN DANS LA RECHERCHE DES CONTACTS ET LEUR PRISE EN CHARGE
parfois à côté de l’unité de traitement Ebola. Les survivants d’Ebola peuvent être formés
pour s’occuper de ces enfants. Des normes strictes et des précautions pour se protéger
des contacts et des gouttelettes doivent être appliquées dans ces installations, de
même que la capacité d’accroître rapidement le niveau d’isolement et la quantité
d’EPI disponibles au cas où un enfant présenterait des symptômes compatibles avec
la maladie à virus Ebola. Les différents choix possibles sont notamment (75) des soins
dispensés par la famille en quarantaine, des soins nourriciers assurés par un survivant,
ou un centre de soins d’observation temporaire. Voir également la section 3.6.
• Sur la base des données disponibles indiquant qu’ils peuvent rapidement
succomber à la maladie, les contacts âgés de moins de 5 ans qui ont été exposés
au virus Ebola nécessitent la présence de personnel soignant expressément
chargé de surveiller attentivement l’apparition de symptômes, notamment par
une prise pluriquotidienne (3 fois/jour) de la température.
RÔLE DU CLINICIEN DANS LA RECHERCHE DES CONTACTS ET LEUR PRISE EN CHARGE 117
6-Soutien psychologique
De nombreux patients Ebola restent très conscients jusqu’à la fin et ne sont pas
encéphalopathes. D’autres sont très confus et agités. Certains deviennent très confus,
délirants et non communicants, tout en déambulant.
Pour le soutien psychosocial et spirituel du patient et le soutien dont ont besoin les
membres de la famille pour le deuil, la perte et le chagrin éprouvés, voir aussi le
module PCIMA - PCIME de directives Soins palliatifs : gestion des symptômes et soins
de fin de vie (77).
Soutenir autant que possible les patients et les membres de la famille au sein du
centre de traitement Ebola :*
• prévoir un espace à l’extérieur pour les membres de la famille ;
• essayer de concevoir un espace dans lequel le personnel et la famille peuvent voir
les patients à travers une paroi en plexiglas ;
• encourager les patients stables à s’asseoir à l’extérieur pour communiquer avec
leur famille à travers la barrière ;
• informer régulièrement la famille sur l’état du patient, et informer le patient que
sa famille est là ;
* Ces visites ne sont pas toujours possibles notamment si le service est surchargé, s’il
manque de personnel ou si les mesures de lutte contre l’infection sont insuffisantes,
etc. Les membres de la famille munis d’un EPI complet sont exposés à des risques
lorsqu’ils se trouvent dans la zone rouge, et ces risques doivent être soupesés au
regard des avantages procurés.
Le soutien psychologique du personnel est essentiel pour l’aider à faire face à une
mortalité élevée, aux cas d’infection parmi les collègues et à des conditions de
travail difficiles (par exemple, le stress lié à la chaleur environnante). Le personnel
clinique est confronté à des patients qui souffrent de douleurs sévères et de gênes
qu’il est difficile de soulager. De nombreux patients Ebola sont conscients jusqu’à la
fin ; d’autres sont très confus et agités, ou non communicants. Le personnel doit être
préparé à gérer ces situations stressantes.
Il est essentiel que le soutien psychologique soit adapté à la culture. Quand Autant
que possible, la formation et la supervision du personnel local pour assurer un
soutien psychologique au patient et à sa famille dans les langues locales doit être
envisagé. Pendant la flambée épidémique d’Ebola en Afrique de l’Ouest, très peu de
psychologues formés étaient présents localement alors que la demande était très
forte.
1 Les recommandations relatives à la lutte contre l’infection figurant dans ce document sont fondées sur des directives
publiées de l’OMS (9, 13, 14).
Les précautions contre les contacts s’ajoutent aux précautions standard pour
réduire le risque de transmission des agents infectieux par le toucher (ou contact)
direct ou indirect.
Les précautions contre les gouttelettes s’ajoutent aux précautions standard pour
réduire le risque de transmission des agents infectieux qui se propagent via de grosses
gouttelettes (>5 µm).
Veiller à ce que les produits nécessaires pour l’hygiène des mains soient disponibles
(eau propre, savon, serviettes propres jetables et solution hydroalcoolique pour
les mains). Les solutions hydroalcooliques pour les mains constituent la norme et
doivent être disponibles dans tous les lieux de soins. On peut utiliser des solutions
javellisées/chlorées à 0,05 % dans les situations d’urgence jusqu’à ce que des solutions
hydroalcooliques ou de l’eau et du savon soient disponibles dans l’établissement (83).
Voir l’annexe I. Préparation d’une solution chlorée.
3. Matériel jetable/consommables
Dispositifs à • EPI à usage unique MON 4
usage unique non • Cathéters pour intraveineuse périphérique À jeter immédiatement
coupants non ou centrale, stériles, jetables, avec dispositif après usage dans un sac
piquants de prévention des piqûres à déchets sûr, étanche et
clairement étiqueté car
• Feuilles/films, pansements, transparents, ce matériel est associé
stériles, adhésifs à un risque d’infection
• Sets de perfusion croisée.
• Robinets d’arrêt 3 voies avec tubulure
d’extension Le matériel en stock
• Bandes, auto-adhésives, jetables encore dans son
• Systèmes d’obturation/capuchons/embouts emballage d’origine
fermés pour ligne intraveineuse peut être renvoyé
au fournisseur ou
• Gaze redistribué.
• Cathéters, Foley, stériles, jetables
• Canules à oxygène, nasales, non stériles
• Tubes à oxygène, extensions
• Tubes d’aspiration/de nutrition
• Tubes de nutrition stériles
• Tampons, coton-tiges, tubes, stériles
• Boîtes d’emballage triple pour le transport
d’échantillons
• Tubes pour prise de sang, stériles
• Tubes pour prise de sang, sérum
• Tubes pour prise de sang, ordinaire/sec
• Pipettes
Les informations qui suivent sur le bon usage de l’EPI pendant une flambée
épidémique de FHV s’adressent aux agents de santé qui dispensent des soins directs
et indirects à des patients atteints de FHV. Elles constituent les directives minimales
à respecter pour obtenir une protection adéquate contre l’infection. Il est important
de noter que, pendant une flambée épidémique, les types d’EPI disponibles sur le
terrain ne sont pas toujours identiques et peuvent même différer en fonction de
l’organisation qui les fournit. Il est donc impératif que l’équipe clinique chargée
du triage et de la prise en charge clinique des patients évalue la situation tout au
Les instructions qui suivent illustrent donc les étapes pour mettre et enlever l’EPI et
présentent également quelques mesures supplémentaires à appliquer en fonction des
événements survenant pendant l’épidémie. Ces instructions peuvent être adaptées en
fonction des conditions d’exercice locales.
OU
cou et les côtés de la tête (préférable avec un écran facial) OU cagoule simple.
12. Enfilez le tablier jetable étanche (à défaut, utiliser un tablier réutilisable
résistant et étanche).
OU
13. Enfilez une seconde paire de gants (longs de préférence) par dessus la manche
de la combinaison.
À la fin de la journée, les bottes doivent être désinfectées : les tremper dans une
solution chlorée à 0,5 % pendant 30 minutes, puis les rincer et les sécher.
Si vous utilisez des blouses dans un établissement de santé non-Ebola, suivez les
étapes d’enfilage et de retrait expliquées ici : [Link]
publications/ebola/ppe-steps/fr/.
AZaVkV\ZYZhbV^ch"8dbbZci4
A6K:GA:HB6>CH6JH6KDC:I6A:6JADGHFJ:AA:HHDCIK>H>7A:B:CIHDJ>AA::H
H>CDC!JI>A>H:GA6;G>8I>DC=N9GD"6A8DDA>FJ:EDJGA=N<>:C:9:HB6>CH
Mouiller les mains Appliquer suffisamment de savon Paume contre paume par
abondamment pour recouvrir toutes les surfaces mouvement de rotation,
des mains et frictionner :
le dos de la main gauche avec un les espaces interdigitaux paume les dos des doigts en les tenant
mouvement d'avant en arrière exercé contre paume, doigts entrelacés, dans la paume des mains
par la paume droite, et vice et versa, en exerçant un mouvement opposées avec un mouvement
d'avant en arrière, d'aller-retour latéral,
le pouce de la main gauche la pulpe des doigts de la main droite Rincer les mains
par rotation dans la paume par rotation contre la paume de à l'eau,
refermée de la main droite, la main gauche, et vice et versa.
et vice et versa,
sécher soigneusement les mains fermer le robinet à Les mains sont prêtes
avec une serviette à usage unique, l'aide de la serviette. pour le soin.
Design: mondofragilis network
L’OMS remercie les Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG), en particulier les collaborateurs
du service de Prévention et Contrôle de l’Infection, pour leur participation active au développement de ce matériel.
Octobre 2006, version 1.
Toutes les précautions ont été prises par l’OMS pour vérifier les informations contenues dans la présente publication. Toutefois, le document est diffusé sans garantie, explicite ou implicite, d’aucune sorte.
L’interprétation et l’utilisation des données sont de la responsabilité du lecteur. L’OMS ne saurait en aucun cas être tenue pour responsable des dommages qui pourraient en résulter.
Source : [Link]
LUTTE CONTRE L’INFECTION 145
AV[g^Xi^dc]nYgd"VaXdda^fjZ
8dbbZci4
JI>A>H:GA6;G>8I>DC=N9GD"6A8DDA>FJ:EDJGA=N<>:C:9:HB6>CH
A6K:GA:HB6>CH6JH6KDC:I6A:6JADGHFJ:AA:HHDCIK>H>7A:B:CIHDJ>AA::H
Remplir la paume d'une main avec le produit hydro-alcoolique, Paume contre paume par
recouvrir toutes les surfaces des mains et frictionner : mouvement de rotation,
.
le dos de la main gauche les espaces interdigitaux les dos des doigts en les tenant
avec un mouvement d'avant paume contre paume, doigts dans la paume des mains
en arrière exercé par la entrelacés, en exerçant un opposées avec un mouvement
paume droite, et vice et versa, mouvement d'avant en arrière, d'aller-retour latéral,
le pouce de la main gauche la pulpe des doigts de la main Une fois sèches,
par rotation dans la paume droite par rotation contre la les mains sont prêtes
refermée de la main droite, paume de la main gauche, et pour le soin.
et vice et versa, vice et versa.
Design: mondofragilis network
L’OMS remercie les Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG), en particulier les collaborateurs
du service de Prévention et Contrôle de l’Infection, pour leur participation active au développement de ce matériel.
Octobre 2006, version 1.
Toutes les précautions ont été prises par l’OMS pour vérifier les informations contenues dans la présente publication. Toutefois, le document est diffusé sans garantie, explicite ou implicite, d’aucune sorte.
L’interprétation et l’utilisation des données sont de la responsabilité du lecteur. L’OMS ne saurait en aucun cas être tenue pour responsable des dommages qui pourraient en résulter.
Source : [Link]
La condensation peut être un problème majeur : elle entrave la vision et peut donc
être dangereuse. L’utilisation d’un spray antibuée peut permettre d’éviter ou de
réduire autant que possible la gêne visuelle.
Gants
L’efficacité des gants pour éviter la contamination des mains des agents de santé et les
aider à réduire la transmission des agents pathogènes dans les établissements de soins
a été confirmée par plusieurs études cliniques. Il faut néanmoins informer les agents
de santé que les gants n’offrent pas une protection complète contre la contamination
des mains. Les agents pathogènes peuvent contaminer les mains à travers de petits
défauts présents sur les gants ou lorsqu’on les retire. L’hygiène des mains – par friction
ou lavage – reste le meilleur moyen de garantir la décontamination des mains après
avoir enlevé les gants.
Les gants médicaux sont à usage unique. La décontamination des gants dans le but
de les réutiliser est donc déconseillée et doit être évitée, même si cette pratique est
courante dans de nombreux centres de soins dont les ressources et les stocks de gants
sont limités.
Vestiaires
hommes
Nettoyage
Salle de réunion
Vestiaires
femmes
Alimentation
en eau
Cafétéria Espace de repos
Entrée du personnel
Medical Team
visiteurs visiteurs visiteurs
Flow Gestion des
déchets
Incinérateur
D
Service Service Morgue
o Service des
u des cas des cas
c cas suspects
h
probables confirmés D
o
u
e c
h
e
Vestiaires
Nettoyage
hommes
Salle de réunion
Vestiaires
femmes Alimentation
en eau
Cafétéria Espace de repos
Entrée du personnel
Vestiaires
hommes
Nettoyage
Salle de réunion
Vestiaires
femmes Alimentation
en eau
Cafétéria Espace de repos
Entrée du personnel
^ ^^^
D
o Service des
Service Service Morgue
des cas des cas
u
cas suspects
c probables confirmés D
o
h u
c
e h
e ^^
Vestiaires
hommes
Nettoyage
Salle de réunion
Vestiaires
femmes Alimentation
en eau
Cafétéria Espace de repos
Entrée du personnel
Un cas « alerte » peut quitter l’hôpital si les toutes conditions sont réunies. A savoir,
que le patient, après avoir été examiné par l’équipe de prise en charge clinique des
cas de FHV :
• ne répond pas à la définition d’un cas suspect et n’a aucun lien épidémiologique
avec un cas suspect ou confirmé ;
• a fait l’objet d’un diagnostic concluant indiquant qu’il ne s’agit pas d’une FHV, tout
en reconnaissant que des co-infections peuvent exister ;
• a répondu à un traitement spécifique ;
• est en bon état de santé et peut rentrer chez lui.
Un cas confirmé ou suspect de FHV peut quitter l’hôpital sur la base du tableau
clinique et de l’interprétation correcte des résultats des examens de laboratoire. La
sortie de l’hôpital peut être envisagée lorsque les critères suivants sont remplis :
• Trois jours ou davantage sans fièvre ni symptôme significatif†
• les symptômes évocateurs d’une élimination du virus en cours (par exemple
diarrhée, toux, saignements) doivent avoir disparu. Les selles molles ne sont pas
considérées comme une élimination du virus en cours chez l’enfant âgé de moins
de cinq ans ;
• l’élimination du virus dans le sperme des patients de sexe masculin et dans le
lait maternel des femmes allaitantes ne doit pas être un obstacle à la sortie de
l’hôpital, mais doit être prise en compte dans les instructions qui seront données
aux patients (voir ci-dessous).
ET
• Amélioration significative de l’état clinique†
ET
• Capacité du patient à mener ses activités quotidiennes† : il s’alimente
de manière indépendante et est en mesure d’accomplir les autres gestes de la
vie courante, par exemple se laver et marcher sans aide sous réserve d’éventuels
handicaps préexistants.
†Si pour un cas confirmé d’Ebola la persistance des symptômes et/ou l’absence
d’amélioration de son état ne semblent pas liées à une infection aiguë à filovirus, et si
et seulement si deux PCR sont négatives à 48 heures d’intervalle, dont une effectuée
au moins 3 jours après l’apparition des symptômes, alors le patient peut sortir ou être
transféré dans un service de soins adapté hors du centre de traitement Ebola pour la
poursuite de sa prise en charge.
À la sortie du CTE, fournir aux patients toutes les informations indispensables à leur
sortie e l’hôpital et programmer un suivi post-thérapeutique – voir la section 9.
Patients hospitalisés mais qui, finalement, ne sont pas des cas d’Ebola : s’ils
présentent une autre maladie, le transfert dans un service adapté hors CTE est parfois
nécessaire. Le système de soins usuel est souvent réticent à accepter ces patients
et, même si c’est le cas, leur prise en charge risque d’être négligée. Le transfert doit
donc être suivi de près par le centre de traitement Ebola demandeur de ce transfert.
Concernant le retour au domicile, il arrive que la communauté de voisinage des
patients sortants demande préalablement des assurances de la part des autorités
sanitaires.
SUIVI 157
de santé (en cas de transfert) pour s’assurer que tous comprennent bien que le
patient ne représente aucun danger pour la communauté.
• Délivrer un certificat médical à la sortie pour attester que le patient ne représente
aucun danger pour sa famille et ses voisins. À leur sortie, les survivants d’Ebola
doivent recevoir un ensemble de documents : identifiant patient, nom, âge,
symptômes à l’arrivée et symptômes à la sortie de l’hôpital le cas échéant, compte
rendu de prise en charge dans le centre de traitement Ebola, et le certificat
médical susmentionné. Ces informations faciliteront le « transfert » vers une
prise en charge en ambulatoire. Ils doivent les apporter à toutes les consultations
futures au dispensaire ou à l’hôpital.
• Planifier soutien et suivi psychologiques, avec des mesures d’accompagnement
du retour du patient, notamment auprès des chefs locaux, si nécessaire.
• Mettre en relation le patient avec un centre de soins pour les survivants d’Ebola.
Voir le document Interim guidance: Clinical care for survivors of Ebola virus disease (17).
164 ANNEXE
Pour la surveillance ordinaire dans les pays sans épidémie d’Ebola ou de
Marburg : définitions de cas standard, dans le cadre du programme Surveillance
intégrée des maladies et riposte, pour la notification des cas d’Ebola et de
Marburg, à l’usage des pays sans épidémie en cours (42,49)
ANNEXE 165
Annexe A2. Définition de cas, suspicion de
fièvre de Lassa
Fièvre >38 °C depuis moins de trois semaines ET
Absence de signes d’inflammation locale ET
Pas de réponse clinique après 48 heures de traitement antipaludique et/ou
antibiotique à large spectre ET
Deux signes majeurs ou un signe majeur et deux signes mineurs décrits ci-dessous
SIGNES MAJEURS SIGNES MINEURS
Saignements Céphalées
Œdème du cou ou du visage Mal de gorge
Injection conjonctivale ou hémorragie sous- Vomissements
conjonctivale
Avortement spontané Douleurs abdominales diffuses/
sensibilité à la palpation
Éruption maculopapuleuse ou pétéchiale Douleurs thoraciques/
rétrosternales
Apparition d’acouphènes ou altération de Toux
l’audition (apparaît quand la phase aiguë de
la maladie se termine)
Hypotension artérielle persistante Diarrhée
Pas de réponse clinique après 48 h sous Myalgies ou arthralgies
antipaludique et/ou antibiothérapie à large généralisées
spectre
Transaminases hépatiques élevées, en Grande faiblesse
particulier AST>ALT
Exposition à un cas suspect ou confirmé de Protéinurie
fièvre de Lassa
Exposition directe à des rongeurs (contact avec Leucopénie <4G/L (4000/µl)
un animal vivant ou avec de la chair crue et
exposition à l’urine ou aux déjections)
166 ANNEXE
Annexe B. Plans A, B et C
d’administration de liquides
(liquides et aliments)
2. Continuer à manger
ANNEXE 167
3. Revenir à l’établissement de santé si :
°° la diarrhée empire
°° la diarrhée persiste ou devient très abondante
168 ANNEXE
3. Si le patient doit quitter l’établissement avant la fin de son traitement :
°° montrez-lui comment préparer une solution de SRO à la maison
°° indiquez-lui la quantité de SRO nécessaire pour un traitement de 4
heures à la maison
°° donnez-lui suffisamment de sachets de SRO pour la réhydratation
(2 sachets, comme recommandé dans le Plan A)
* Répétez une fois l’opération si le pouls radial est très faible ou imperceptible.
ANNEXE 169
Si vous ne pouvez pas administrer de liquides par IV : organisez le transfert du
patient vers un établissement de santé équipé pour le faire. Commencez la
réhydratation en administrant des SRO par sonde nasogastrique (ou par la
bouche). Donnez 20 ml/kg/heure pendant 6 heures (soit 120 ml/kg au total).
• Réévaluez l’état du patient toutes les 1 à 2 heures :
°° en cas de vomissements répétés ou de distension abdominale,
administrez la solution plus lentement ;
°° si l’état d’hydratation ne s’améliore pas au bout de 3 heures,
transférez le patient pour un traitement par IV.
170 ANNEXE
Annexe C. Posologie de la
morphine, du tramadol, du
paracétamol et des antipaludiques
Tableau 24. Posologie des analgésiques chez l’adolescent et l’adulte :
morphine, tramadol, paracétamol (9)
Effets secondaires
Dose initiale chez et précautions à
Analgésiques l’adulte Limites prendre
Paracétamol* Voie orale : 1 gramme Un seul comprimé Ne pas dépasser
(agit également toutes les 4 à 6 heures, pourra suffire chez les 4 grammes par
contre la fièvre) sans dépasser 4 personnes âgées ou 24 heures (risque
grammes par 24 heures gravement malades, de grave toxicité
ou s’il est associé hépatique).
Voie IV : avec un opioïde. On
<50 kg : 15 mg/kg en IV peut atténuer les
toutes les 6 heures, sans douleurs légères en
dépasser 750 mg/dose administrant une
ou 3,75 grammes/ jour dose toutes les 6
heures.
50 kg ou plus : 1000
mg en IV toutes les 6
heures, sans dépasser 4
grammes/jour
Tramadol 50–100 mg voie orale/ Peut entraîner une
IM/IV faible débit, toxicité hépatique.
toutes les 4 à 6 heures Abaisse le seuil
selon les besoins convulsif.
Morphine voie orale Initialement, 2,5-10 mg Selon la douleur Sauf si le patient est
5 mg/5ml ou de sulfate de morphine diarrhéique, donner
50 mg/5ml ou toutes les 4 heures. Il n’y a PAS de dose un laxatif pour éviter
comprimés à libération Si la douleur persiste, maximale la constipation.
prolongée (10 mg ou augmenter la dose de Une dose excessive
30 mg). 30 % à 50 %. peut entraîner
À donner par la Si le patient est très âgé une dépression
bouche. ou fragile, commencer respiratoire/
Si nécessaire, peut être avec une faible dose de diminuer la fréquence
administré en IV, IM 2,5-5 mg. respiratoire.
ou en sous cutané.
*Paracétamol : Utilisation prudente, tenir compte des anomalies du bilan hépatique
ANNEXE 171
Tableau 25. Posologie du paracétamol et de la morphine chez l’enfant en
fonction du poids corporel
10 kg à <15 kg
15 kg à <20 kg
20 kg à <29 kg
6 kg à <10 kg
3 kg à <6 kg
Médicament Posologie Forme galénique
Paracétamol 10-15 mg/kg, Comprimé de – 1 1 2 3
jusqu’à 6 fois 100 mg
par jour Comprimé de – ¼ ¼ ½ ½
500 mg
Morphine Calculer la dose exacte en fonction du poids corporel de l’enfant.
Voie orale : 0,2-0,4 mg/kg toutes les 4 à 6 heures ; augmenter la dose si
nécessaire en cas de douleurs aiguës.
En IM : 0,1-0,2 mg/kg toutes les 4 à 6 heures
En IV : 0,05-0,1 mg/kg toutes les 4 à 6 heures, ou 0,005-0,01 mg/kg par
heure en perfusion IV
172 ANNEXE
Tableau 27. Association artéméther-luméfantrine
À donner 2 fois par jour pendant 3 jours*
10 kg à <15 kg
15 kg à <20 kg
20 kg à <24 kg
20 kg à <50 kg
6 kg à <10 kg
3 kg à <6 kg
>50 kg
Posologie Forme galénique
Voie orale : Comprimé : 1 1 1 2 2 3 4
2 mg/kg 20 mg
d’artéméther – d’artéméther
12 mg/kg – 120 mg de
de luméfantrine luméfantrine
2 fois par jour
* Le premier jour, la seconde dose doit être administrée entre 8 et 12 heures après la première dose. Les deuxième et
troisième jours, la posologie est de 2 fois par jour (matin et soir). L’absorption de la luméfantrine est favorisée par l’ad-
ministration concomitante de matières grasses. Il est indispensable que les patients ou les soignants soient informés de la
nécessité d’administrer ce médicament immédiatement après une boisson ou un repas gras, particulièrement les deuxième
et troisième jours du traitement.
Le traitement de choix est l’artésunate en IV, surtout si le patient est en état de choc.
ATTENTION AUX TROUBLES DE LA COAGULATION pour la voie IM+++
ANNEXE 173
Tableau 28. Posologie de l’artésunate en IV ou IM et de l’artéméther en IM
ARTÉSUNATE IV ou IM ARTÉMÉTHER IM
2,4 mg/kg en IV ou IM
au moment de l’admission,
puis à
12 heures et à 24 heures, Dose de charge initiale :
puis une fois par jour. 3,2 mg/kg
Préparer chaque dose juste
avant utilisation : mélanger Doses suivantes :
une ampoule de 60 mg d’acide 1,6 mg/kg chaque jour jusqu’à ce que le patient soit
artésunique anhydre capable de prendre un médicament par voie orale
avec 1 ml de solution de
bicarbonate
de sodium à 5 %.
En IV, diluer En IM, diluer
avec 5 ml de avec 2 ml de Adulte Adulte Enfant Enfant
dextrose à 5 % dextrose à 5 % 80 mg/ml 80 mg/ml 20 mg/ml 20 mg/ml
(pour 10 mg/ (pour 20 mg/ (ampoule (ampoule (ampoule (ampoule
Poids ml) ml) de 1 ml) de 1 ml) de 1 ml) de 1 ml)
3 kg 0,8 ml 0,4 ml — — 0,5 ml 0,3 ml
4 kg 1,0 ml 0,5 ml — — 0,6 ml 0,3 ml
5 kg 1,2 ml 0,6 ml — — 0,8 ml 0,4 ml
6 kg 1,4 ml 0,7 ml — — 1,0 ml 0,5 ml
7 kg 1,7 ml 0,8 ml — — 1,1 ml 0,6 ml
8 kg 2,0 ml 1,0 ml — — 1,3 ml 0,7 ml
9 kg 2,2 ml 1,2 ml — — 1,5 ml 0,7 ml
10 kg 2,4 ml 1,2 ml — — 1,6 ml 0,8 ml
15 kg 3,6 ml 1,8 ml — — 2,4 ml 1,2 ml
20 kg 4,8 ml 2,4 ml — — 3,2 ml 1,6 ml
30 kg 7,2 ml 3,6 ml 1,2 ml 0,6 ml
40 kg 9,6 ml 4,8 ml 1,6 ml 0,8 ml
50 kg 12,0 ml 6,0 ml 2,0 ml 1,0 ml
60 kg 14,4 ml 7,2 ml 2,4 ml 1,2 ml
70 kg 16,8 ml 8,4 ml 2,8 ml 1,4 ml
80 kg 19,2 ml 9,6 ml 3,2 ml 1,6 ml
90 kg 21,6 ml 10,8 ml 3,6 ml 1,8 ml
174 ANNEXE
Annexe D. Interactions
médicamenteuses
Types d’interactions médicamenteuses possibles dans un centre de traitement Ebola
ANNEXE 175
Les médicaments dépresseurs du SNC couramment utilisés dans les centres de
traitement Ebola sont la chlorpromazine, le diazépam, l’halopéridol, la morphine, le
tramadol, le phénobarbital et la prométhazine.
176 ANNEXE
Pas de risque connu (pour chaque amodiaquine, amoxicilline et clavulanate,
médicament administré seul) artéméther, sous-salicylate de bismuth,
céfixime, céftriaxone, furosémide, gaviscon,
ivermectine, sulfate de magnésium,
misoprostol, oméprazole, paracétamol,
phénobarbital, chlorure de potassium,
ranitidine, chlorure de sodium, thiamine,
tinidazole, tramadol, sulfate de zinc
ANNEXE 177
DRUG INTERACTIONS TABLE Adapted from Lexi-Comp Online™ Interaction Analysis
artemether/lumefantrine
amodiaquine
chlorpromazine
ciprofloxacin
amodiaquine
artéméther/luméfantrine
erythromycin
QT
diazepam
chlorpromazine ë
magnesium trisilicate
QT QT
haloperidol
ciprofloxacine
diazepam CNS metoclopramide
érythromycine QT QT QT é
metronidazole
halopéridol QT QT CNS QT
magnésium trisilicate ê ê
oméprazole
QT CNS QT QT CNS
ondansetron
métoclopramide
métronidazole QT QT QT QT QT
oméprazole é
oxytocin
phenobarbital
potassium chloride
ondansetron QT QT QT QT QT QT QT
oxytocine QT QT QT QT QT QT
promethazine
ê CNS ê
sodium bicabornate
phénobarbital ê ê ê ê ê ê
quinine
potassium chloride (oral)
zithromax (azithromycin)
ranitidine
prométhazine QT QT CNS QT CNS QT í
quinine é QT QT ë QT í QT QT QT QT íé QT
tramadol
ranitidine ë í ë
sodium bicarbonate ê é
tramadol í í CNS í CNS CNS í CNS í
azithromycine QT QT QT QT QT QT QT QT QT QT é é :
Autres associations à éviter
Injection de Ceftriaxone dans un tubulure de perfusion contenant du Ringer Lactate.
178 ANNEXE
Formation de précipité de Calcium insoluble.
Nom : Date d’admission : Zone : /Lit N° :
Âge : Sexe : M F Si F, grossesse ? O N
Contrôle rapide
(Quick Check)/
Autres évaluations Observations Date Heure Date Heure Date Heure Date Heure Date Heure Date Heure Date Heure
clinique
Voies aériennes/ Détresse Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ]
respiration respiratoire ?
Pouls Rapide ? [ ] Rapide ? [ ] Rapide ? [ ] Rapide ? [ ] Rapide ? [ ] Rapide ? [ ] Rapide ? [ ]
Faible ? [ ] Faible ? [ ] Faible ? [ ] Faible ? [ ] Faible ? [ ] Faible ? [ ] Faible ? [ ]
Normal ? [ ] Normal ? [ ] Normal ? [ ] Normal ? [ ] Normal ? [ ] Normal ? [ ] Normal ? [ ]
Temps de recoloration Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ]
capillaire (>3 s)?
Saignement ? Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ]
Site :
Convulsions ? Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ]
Confusion/
convulsions [ ]A [ ]V [ ]A [ ]V [ ]A [ ]V [ ]A [ ]V [ ]A [ ]V [ ]A [ ]V [ ]A [ ]V
AVPU [ ]P [ ]U [ ]P [ ]U [ ]P [ ]U [ ]P [ ]U [ ]P [ ]U [ ]P [ ]U [ ]P [ ]U
Déambulation? Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ]
État général
Miction ? Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ]
Température (°C)
Signes vitaux
Fréquence
cardiaque (bpm)
Exemples de formulaires de suivi clinique à placer au chevet du patient
Annexe E. Formulaires de suivi
Fréquence
respiratoire (cycles/
min)
PAS (mm Hg)
Saturation O2 (%)
Autres
ANNEXE 179
observations
Signes gastro- Résultats de
Signes vitaux intestinaux Traitement liquidien Autres médicaments laboratoire et date
Du jour ou à Du jour ou à Du jour ou à Du jour ou à Du jour ou à Observations et
Nom l’admission ? l’admission ? l’admission ? l’admission ? l’admission ? complications Sortie
180 ANNEXE
Lit N° Fièvre : Vomissements ? Liquides voie orale ? 1. PCR Ebola à Date du dernier
[] O [] N [] O [] N [] O [] N l’admission : symptôme :
2. [] Pos. [] Nég.
Date d’admission Pouls : Diarrhée ? Liquides IV ? 3. Date (JJ/MM) : Date de la dernière
(JJ/MM) [] faible [] rapide [] O [] N [] O [] N PCR :
4. Conseil ? [] O [] N
Âge Score AVPU : Saignements ? IV posée ? TDR paludisme :
[] O [] N [] O [] N 5. [] Pos. [] Nég.
7.
Grossesse Déambulation ?
[]O [] N [] O [] N
Annexe F. Tableau d’équilibre
liquidien
Exemple de tableau pour le bilan liquidien des Entrées-Sorties. (Peut être reproduit
sur un tableau blanc placé au chevet des patients gravement malades).
Date : Nom :
Liquides 8 h 00-20 h 00 20 h 00-8 h 00
APPORT Voie orale
Voie intraveineuse
PERTE Urine
Diarrhée
Vomissures
Mixte
Sang
Autre
ANNEXE 181
Annexe G. Tableaux nutritionnels
Enfants
Au moment de l’admission :
• peser l’enfant (sur une balance recouverte de plastique), mesurer le périmètre
brachial à mi-hauteur (avec un mètre ruban individuel) et examiner les pieds à la
recherche d’un œdème bilatéral prenant le godet ;
• le poids corporel commande les besoins du patient, l’âge n’étant utilisé que si le
poids n’est pas connu ;
• déterminer si l’enfant est nourri au sein ou pas. Voir la section 3.7 ;
• en cas de malnutrition aiguë sévère, suivre les recommandations spécifiques de
prise en charge liquidienne et d’alimentation.
Phase de réhydratation :
• l’hydratation est la priorité absolue et consiste à administrer des SRO ou des
liquides par IV ;
• voir la section 4.3 sur la prise en charge liquidienne.
182 ANNEXE
• Si l’on ne peut pas donner de lait maternel, le remplacer par un substitut de lait
maternel adapté (de préférence une formule nourrisson prêt à l’emploi, sinon une
formule nourrisson en poudre).
• Se laver les mains avec de l’eau propre et du savon avant de nourrir le bébé.(Voir
lavage des mains, page 144)
• Les formules nourrisson prêtes à consommer sont plus sûres que les laits en
poudre car elles ne nécessitent ni préparation ni dilution.
• Les formules prêtes à consommer et les formules en poudre reconstituées doivent
être utilisées dans les deux heures suivant leur ouverture ; passé ce délai, les jeter.
• Le nourrisson doit être nourri à la demande ; ne pas restreindre ni forcer
l’alimentation du nourrisson.
• Verser la quantité recommandée (voir le tableau ci-dessous) dans un gobelet
propre et désinfecté (voir les instructions sur l’alimentation au gobelet) ( )
• NE PAS utiliser de biberons : les risques d’infection sont élevés car les biberons et
les tétines sont difficiles à nettoyer.
ANNEXE 183
Apports nutritionnels d’entretien de l’enfant >6 mois
• Il est conseillé d’utiliser la formule F-75 comme aliment liquide pendant la phase
d’entretien. Les aliments liquides sont généralement mieux tolérés, le transit est
plus rapide et le risque de vomissements est faible. A défaut utiliser du lait UHT
(70 kcal/100 ml, 75 kcal/100 ml pour la formule F-75).
• Noter que la formule F-75 est normalement conçue pour les patients souffrant
de malnutrition sévère compliquée, dont les fonctions hépatiques et rénales
sont altérées à cause de l’infection. Ce plan nutritionnel permet aux fonctions
biochimiques, physiologiques et immunologiques de commencer à récupérer
avant de subir le stress supplémentaire lié à la fabrication de nouveaux tissus.
184 ANNEXE
Adolescents et adultes
Phase de réhydratation (déshydratation sévère) :
• l’hydratation est la priorité absolue (liquides par IV et SRO) ;
• voir la section 4.3 sur la prise en charge liquidienne.
•
Phase d’entretien (peu d’appétit, pas de déshydratation) :
• les aliments liquides sont généralement mieux tolérés, le transit est plus rapide et
le risque de vomissements faible ;
• F-75 de préférence, sinon lait UHT (70 kcal/100 ml, 75 kcal/100 ml pour le F-75) ;
ANNEXE 185
• plats familiaux ordinaires (additionnés de micronutriments en poudre si aucun
aliment enrichi n’est proposé) ; il est conseillé de proposer des pâtes prêtes à
consommer ou des biscuits en complément de ces plats.
Les patients convalescents ont généralement besoin (et envie) de manger davantage :
ne pas limiter la quantité de nourriture et proposer des aliments supplémentaires
enrichis, à forte teneur en nutriments et prêts à consommer.
186 ANNEXE
En raison de la forte osmolarité des boissons gazeuses et jus sucrés, il est important de
ne pas les proposer aux patients diarrhéiques car cela pourrait exacerber la diarrhée.
De plus, la quasi-totalité des boissons gazeuses sucrées est pauvre en électrolytes
et en nutriments essentiels. Si les patients demandent ce type de boissons, ne leur
proposer que lors de la phase d’alimentation de stimulation.
ANNEXE 187
Annexe H. Lutte contre l’infection :
activités en dehors des soins aux
patients (pour des cas avérés ou
suspects de FHV)
LUTTE CONTRE L’INFECTION – Activités en dehors des
soins aux patients
Diagnostic au laboratoire
• Les activités comme le micropipetage et la centrifugation peuvent produire
mécaniquement de fins aérosols pouvant entraîner un risque de transmission de
l’infection par inhalation.
• Le personnel de laboratoire manipulant des échantillons cliniques provenant
de cas potentiels de FHV doit porter un EPI complet, un appareil de protection
respiratoire (par exemple de type FFP2 de l‘Union européenne ou N951 certifié
NIOSH des États-Unis) et une protection oculaire ou un appareil de protection
respiratoire à épuration d‘air motorisé (PAPR) pour le prélèvement de fractions
aliquotes, la centrifugation, ou pour entreprendre toute autre procédure
susceptible de générer des aérosols.
• Lors du retrait de l’équipement de protection, éviter tout contact entre les articles
souillés (par exemple, les gants, les combinaisons ou les blouses) et le visage tout
particulièrement les yeux, le nez et la bouche.
• Pratiquer l‘hygiène des mains immédiatement après avoir enlevé l‘équipement
de protection utilisé pendant la manipulation des échantillons et après tout
contact avec des surfaces potentiellement contaminées.
• Mettre les échantillons dans des récipients clairement étiquetés, étanches et qui
ne soient pas en verre, et les envoyer directement dans une zone spécifique où les
échantillons seront traités.
• Désinfecter soigneusement (avec un produit désinfectant efficace) toutes les
surfaces externes des récipients contenant des échantillons avant le transport.
(Exemple de désinfectant efficace : alcool ou hypochlorite de sodium à 0,5 %,
5000 ppm de chlore actif, c’est-à-dire dilution à 1/10e d’eau de Javel ménagère à
une concentration initiale de 5 %).
188 ANNEXE
Autopsies
• L’autopsie du corps de patients ayant contracté une FHV doit se limiter aux
examens strictement essentiels et doit être pratiquée par du personnel formé.
• Le personnel qui examine les cadavres doit porter un EPI complet, comme le
personnel chargé des soins aux patients.
• En plus, le personnel chargé d‘autopsier des cas avérés ou suspects de FHV doit
porter un appareil de protection respiratoire avec une protection oculaire ou un
écran facial ou, de préférence, un appareil de protection respiratoire à épuration
d‘air motorisé (PAPR).
• Lors du retrait de l‘équipement de protection, éviter tout contact entre les gants
ou l‘équipement souillés et le visage (c‘est-à-dire les yeux, le nez ou la bouche).
• Pratiquer l‘hygiène des mains immédiatement après avoir enlevé l‘équipement
de protection utilisé pendant l‘autopsie ou susceptible d‘avoir été en contact avec
des surfaces potentiellement contaminées.
• Mettre les échantillons dans des récipients clairement étiquetés, étanches et
qui ne soient pas en verre, et les adresser directement aux zones réservées à la
manipulation des échantillons.
• Désinfecter soigneusement (avec un produit désinfectant efficace) toutes les
surfaces externes des récipients contenant des échantillons avant le transport.
• Les tissus ou liquides biologiques à éliminer doivent être placés avec précaution
dans des récipients clairement marqués et scellés pour l‘incinération.
ANNEXE 189
• L’EPI doit être enfilé à l’endroit où le cadavre doit être enlevé, et porté pendant
toute la procédure (déplacement du corps et placement dans la housse mortuaire).
• L‘EPI doit être enlevé immédiatement après avoir placé le cadavre dans la housse
mortuaire à l‘intérieur du cercueil.
• Les corps doivent être enveloppés dans une housse scellée et étanche, puis
enterrés rapidement ou incinérés, selon la culture.
190 ANNEXE
Gestion des déchets pendant les épidémies de FHV (84)
• Les déchets doivent être triés pour un traitement adapté et sécurisé.
• Les objets piquants ou coupants (aiguilles, seringues, matériel en verre par
exemple) et les tubulures qui ont été en contact avec le sang doivent être mis
dans des récipients résistants aux perforations. Ceux-ci doivent être placés aussi
près que possible de la zone dans laquelle ils sont utilisés.
• Collecter tous les déchets médicaux solides, non pointus et non coupants dans des
sacs étanches à placer dans des poubelles avec couvercle.
• Les déchets seront mis dans une fosse aménagée à cet effet et ayant une
profondeur suffisante (par exemple 2 mètres de profondeur et remplie jusqu‘à
1-1,5 mètres). Après chaque déversement de déchets, ceux-ci doivent être
recouverts d’une couche de terre de 10 à 15 cm d’épaisseur.
• Un incinérateur peut être employé sur de courtes périodes pendant une flambée
épidémique pour détruire les déchets solides. Il est cependant essentiel de
s’assurer que l’incinération a bien été totale. La prudence est également de
rigueur pour manipuler du matériel inflammable et lorsqu’on porte des gants en
raison du risque de brûlure si les gants s’enflamment.
• Les tissus placentaires et les échantillons anatomiques doivent être enfouis dans
une fosse séparée.
• L‘accès à la zone réservée au traitement final et à l‘élimination des déchets doit
être contrôlé pour éviter que des animaux, du personnel non qualifié ou des
enfants n‘y pénètrent.
• Porter des gants résistants, une blouse et des chaussures fermées (bottes, par
exemple) pour manipuler les déchets infectieux solides.
• Les déchets comme les matières fécales, l’urine et les vomissures, et les déchets
liquides provenant du lavage, peuvent être évacués dans un égout sanitaire ou
dans une latrine à fosse. Aucun autre traitement n’est requis.
• Porter des gants, une blouse, des chaussures fermées et une protection faciale
pour manipuler des déchets liquides à risque infectieux (par exemple des
sécrétions ou des excrétions avec du sang visible, même si elles proviennent
d‘une cavité normalement stérile de l‘organisme). Éviter les éclaboussures lors de
l’élimination des déchets liquides à risque infectieux. Les lunettes de protection
protègent mieux que les écrans faciaux des éclaboussures qui peuvent venir du
bas lorsqu’on verse les déchets liquides d’un seau.
ANNEXE 191
Annexe I. Comment préparer une
solution chlorée
APPENDIX I. How to prepare chlorine solution
Préparation d’une solution chlorée
Mettre des gants, une protection oculaire et un masque facial pour préparer
la solution chlorée
Préparation d’une solution chlorée Préparation d’une solution
à partir d’eau de Javel à 5 % chlorée à partir de chlore
en poudre (70 %)
Appliquer la règle « 1+9 »
10 cuillères à
soupe pour
20 litres d’eau
9 parts d’eau
1 part d’eau
de Javel
0,05 % 0,05 %
1 part
de solution chlorée à 0,5 % 1 cuillère à soupe
pour 20 litres d’eau
9 parts d’eau
0,05 %
0,05 %
192 ANNEXE
Annexex J. Emballage des
échantillons
APPENDIX FHV
APPENDIX J. Packaging
J. Packaging à expédier
VHF specimens for transport locally and
VHF specimens for transport locally and
internationally
localement
internationally ou vers l’international
Triple packaging for transport of blood samples to lab at ETU
Tripleorpackaging
Exemples nearby for transport
de triple(these of blood samples
are examples)
emballage des échantillons de sangto lab at ETU
à expédier au
or nearby (these are examples)
laboratoire du centre de traitement Ebola ou à proximité
LABORATOIRE à proximité
Contenant primaire
PULVÉRISER abondamment
avec de l’eau chlorée à 0,5 %
Emballage secondaire
1. échantillon
étiqueté 4. (nombreux échantillons)
Emballage tertiaire
LABORATOIRE Biohazard
2. 50 ml d’un sur place Urgent
DangerBiohazard
biologique
échantillon 3. sachet zip (1 échantillon) 4. (nombreux échantillons) Urgent
urgent
[Link]
[Link]
=1
[Link]
=1
Triple packaging shipment of human blood samples within a
Triple emballage
Triple des échantillons
packaging shipment ofde sang humain
human à expédier
blood samples à a
within
country by road, rail and sea or internationally
l’intérieur
countrydubypays ou rail
road, à l’international par la route, le rail ou la mer
and sea or internationally
Contenant primaire Couvercle
(tube à essai) Matériau absorbant
Emballage secondaire Fiche échantillon (indique tous les éléments
(étanche) contenus à l’intérieur)
Emballage extérieur
194 ANNEXE
IV voie intraveineuse
mg milligramme
ml millilitre
MSF Médecins sans frontières
odynophagie déglutition douloureuse
OICC Observational Interim Care Centre (centre de soins d’observation
temporaires)
OMS Organisation mondiale de la Santé
ONG organisation non gouvernementale
PAPR appareil de protection respiratoire à épuration d’air motorisé
PCIMAA Prise en charge intégrée des maladies de l’adolescent et de l’adulte
PCIME Prise en charge intégrée des maladies de l’enfant
PCR amplification en chaîne par polymérase (également appelée RT PCR)
photophobie hypersensibilité douloureuse à la lumière
TP temps de prothrombine
PTME prévention de la transmission de la mère à l’enfant
PVJ pression veineuse jugulaire
FC fréquence cardiaque
réservoir toute personne, animal, plante ou substance pouvant abriter un
microorganisme et, par conséquent, être la source d’une flambée
épidémique
ReSoMal solution de réhydratation pour la malnutrition
SNC système nerveux central
SpO2 saturation périphérique en oxygène
SRO sels de réhydratation orale
tachypnée Fréquence respiratoire rapide
PAS Pression artérielle systolique
TDR test de diagnostic rapide
UHT, lait lait traité par ultra haute température
UNICEF Fonds des Nations Unies pour l’enfance
μg microgramme
ANNEXE 195
Index
196 ANNEXE
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ANNEXE 205
Remerciements
Rédaction et édition globales par Sandy Gove avec Frédérique Jacquerioz, Shevin
Jacob et Neill Adhikari de IMAI-IMCI Alliance. Autres contributeurs techniques
importants à l’élaboration de cette version : Rob Fowler, Jan Hajek, Tom Fletcher,
Sharmistha Mishra, Marta Lado Castro-Rial (King’s Partnership/Connaught),
Indi Trehan (PIH), Srinivas Murthy, Ketil Stordal, Billy Fischer, Adrienne Chan ; de
l’OMS – Dan Bausch, Rosa Constanza Vallenas Bejar de Villar, Zita Weise Prinzo,
Benedetta Allegranzi, Anthony Twyman, Alaa Gad, Lisa Thomas, Wilson Were, Nigel
Rollins, Matthews Mathai, Andrea Bosman, Pierre Formenty, Tim O’Dempsey ; de
l’UNICEF – Trevor Duke, David Clark, Katherine Faigao, Maaike Arts, Diane Holland,
France Bégin, Angela Kingori, Dolores Rio, Patricia Hoorelbeke, Hélène Schwartz ; de
l’Emergency Nutrition Network – Marie McGrath. Ont contribué à l’élaboration du
tableau d’interactions médicamenteuses Kuntheavy-Roseline Ing. et Caroline Samer
(Hôpitaux universitaires de Genève) et Mohammed Lamorde (Institut des maladies
infectieuses, Ouganda).
Autres contributeurs à la version générique d’origine du guide de poche pour les FHV
de mars 2014 (non cités ci-dessus) : Henry Kyobe Bosa, James Lawler et Sheik Humarr
Khan (Kenema General Hospital, Sierra Leone – décédé). Contributeurs à l’adaptation
à la Sierra Leone : Alie Wurie et collègues du Ministère de la santé, Juan Diez (SCI),
CDC, CDC Chine, Department for International Development (DFID) du Royaume-Uni,
Emergency, GOAL, IMC, King’s Partnership/Connaught, MSF, PIH, UK Med, Ministère de
la défense du Royaume-Uni, UNICEF, Welbodi Partnership, OMS et les forces armées de
la Sierra Leone, et en Sierra Leone : Medical and Dental Association/Council, Nursing
Association, Nurses & Midwifery Board et Pharmacy Board.
206 ANNEXE
L’élaboration de la version originale ougandaise de ce manuel, la version générique
originale et la présente mise à jour du guide de poche pour les FHV, ainsi que son
adaptation à l’Afrique de l’Ouest ont été financées par le gouvernement des États
Unis d’Amérique (DOD DTRA) et le gouvernement du Japon à travers des subventions
accordées à l’unité OMS/HSE/Pandémies et épidémies (chef de projet Nikki Shindo
– Epidemic Clinical Management) avec l’appui du Bureau régional OMS de l’Afrique et
des bureaux de l’OMS dans les pays touchés.
ANNEXE 207
ISBN 9 7892 42 5 4960 7