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Prise en charge des fièvres hémorragiques

Ce guide de poche de l'OMS fournit des recommandations pour la prise en charge clinique des cas de fièvre hémorragique virale, en particulier la maladie à virus Ebola, pour les agents de santé de première ligne. Il met l'accent sur l'importance d'une réanimation hydro-électrolytique adéquate et d'une formation appropriée du personnel soignant pour réduire la mortalité. Le document est conçu pour être adapté aux contextes locaux et inclut des principes de prévention de la transmission et de triage des patients.

Transféré par

Goukouni Hassane Choua
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Prise en charge des fièvres hémorragiques

Ce guide de poche de l'OMS fournit des recommandations pour la prise en charge clinique des cas de fièvre hémorragique virale, en particulier la maladie à virus Ebola, pour les agents de santé de première ligne. Il met l'accent sur l'importance d'une réanimation hydro-électrolytique adéquate et d'une formation appropriée du personnel soignant pour réduire la mortalité. Le document est conçu pour être adapté aux contextes locaux et inclut des principes de prévention de la transmission et de triage des patients.

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Prise en charge clinique des cas

de fièvre hémorragique virale


Guide de poche pour l’agent de santé
de première ligne
FÉVRIER 2016

Guide d’urgence provisoire à adapter aux


conditions d’exercice dans les différents pays
Prise en charge clinique des cas de fièvre hémorragique virale : guide de poche pour l’agent de santé de première ligne2016 –
guide d’urgence provisoire à adapter aux conditions d’exercice dans les différents pays [Clinical management of patients with
viral haemorrhagic fever: a pocket guide for front-line health workers – interim emergency guidance for country adaptation]

ISBN 978-92-4-254960-7

© Organisation mondiale de la Santé 2018


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commerciale – Partage dans les mêmes conditions 3.0 IGO (CC BY NC-SA 3.0 IGO ; [Link]
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originale anglaise est l’édition authentique qui fait foi ».
Toute médiation relative à un différend survenu dans le cadre de la licence sera menée conformément au Règlement de
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Citation suggérée. [Prise en charge clinique des cas de fièvre hémorragique virale: Guide de poche pour l’agent de santé de
première ligne [Clinical management of patients with viral haemorrhagic fever: A pocket guide for front-line health workers]].
Genève : Organisation mondiale de la Santé ; 2018. Licence : CC BY-NC-SA 3.0 IGO.

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Mise en page: L’IV Com Sàrl, Villars-sous-Yens, Suisse.

Imprimé en Suisse.
Prise en charge clinique des cas
de
fièvre hémorragique virale
Guide de poche pour
l’agent de santé de première ligne

Guide d’urgence provisoire


à adapter aux conditions d’exercice
dans les différents pays

Organisation mondiale de la Santé


Février 2016
Insérer l’avant-propos du Ministère de la santé du pays

Remarque : l’adaptation de ce document par les autorités sanitaires des pays touchés
par l’épidémie de maladie à virus Ebola (MVE), peut permettre de l’utiliser comme
un guide de prise en charge des patients atteints de FHV dans les centres de santé
spécialisés (centres de traitement Ebola (CTE), centres ou unités de transit pour
les patients atteints MVE et centres de soins communautaires Ebola) ou généraux
(secteur d’isolement au sein d’un établissement de santé non spécialisé) et pour la
prise en charge des patients au sein de leur communauté avant leur transfert vers un
centre de traitement Ebola.

Pour les pays à risque, il convient d’inclure dans ce guide les recommandations
essentielles pour les établissements de soins, sans capacité spécifique de traitement
des fièvres hémorragiques virales (FHV), mais qui pourraient être amenés à dépister
des patients suspects de MVE ou d’autres FHV et, le cas échéant, à assurer leur
isolement (avec port d’équipement de protection individuelle adapté lors des soins)
puis leur transfert rapide vers un CTE ou un centre de transit pour les patients atteints
de MVE.

Bien que ces recommandations portent plus particulièrement sur la MVE, elles sont
également valables pour la fièvre de Lassa, une maladie endémique en Sierra Leone
également présente au Libéria, en Guinée et au Nigéria, ainsi que pour deux autres
fièvres hémorragiques virales à transmission interhumaine, la fièvre hémorragique de
Marburg et celle de Crimée-Congo. L’adaptation par chaque pays de ce guide de poche
doit mettre l’accent sur les FHV présentes dans le pays.

v
Introduction à la deuxième édition, février 2016
L’épidémie récente de MVE en Guinée, en Sierra Leone et au Libéria a nécessité
l’ouverture de nombreux nouveaux centres de traitement et de transit Ebola et une
intensification considérable des activités de formation et d’encadrement des agents
de santé. Cette intensification a nécessité le développement préalable de démarches
de soins utiles et réalistes pour la prise en charge des cas. Au cours de cette épidémie,
beaucoup d’informations complémentaires sont venues étayer ce que nous savions
du tableau clinique et de la prise en charge de ces patients. Le guide de poche pour la
prise en charge des FHV a constitué une ressource précieuse pour la formation et les
soins au sein des unités de traitement Ebola.

Le syndrome clinique prédominant dans l’épidémie de MVE en Afrique de l’Ouest est


un tableau gastro-intestinal grave avec vomissements et diarrhée entraînant une
déplétion volémique, des anomalies métaboliques et un choc hypovolémique (1,2).

L’expérience acquise lors du traitement des patients atteints de MVE dans les
structures de soins dédiées montre que le taux de létalité de ces patients est réduit
lorsque la prise en charge thérapeutique est assurée par du personnel bien entraîné en
effectifs suffisants. Ce constat met en lumière l’intérêt d’améliorer la prise en charge
symptomatique dispensée dans les différentes structures de soins (3), en particulier
concernant la nécessaire correction des désordres hydro-électrolytiques (4,5). Chez
les patients qui ne sont pas en mesure de s’hydrater par voie orale, « ...la pose d’un
cathéter intraveineux et l’administration de solutions de remplacement appropriées
sont nécessaires, cependant beaucoup de patients très gravement malade sont
décéder sans réanimation liquidienne adéquate par voie intraveineuse » (1). L’absence
de notification de surcharge hydro-sodée voire même d’œdème pulmonaire dans
ces centres de traitement Ebola, alors même que cela s’est produit chez certains
patients pris en charge dans ces structures (6), suggère que la réanimation hydro-
électrolytique y était perfectible .

Ce guide de poche fournit des recommandations nécessaires à l’amélioration de la


réanimation hydro-électrolytique et à l’utilisation raisonnée de certains examens
biologiques complémentaires. Il convient de souligner que ce niveau de soins peut
se révéler irréalisable en pleine épidémie si l’affluence de cas est telle qu’elle met en
péril la bonne adéquation du ratio personnel-patients ou si le personnel soignant

vi
disponible a été insuffisamment entraîné. L’objectif doit être d’admettre le plus
grand nombre de cas possible afin de leur prodiguer des soins de base de qualité et
d’interrompre les chaines de transmission, tout en offrant les meilleurs soins avec les
effectifs de personnel disponibles.

Ce guide de poche fournit une aide essentielle pour la mise en œuvre d’interventions
clés visant à sauver des vies et réalisables dans les centres de traitement Ebola, et
également à soulager efficacement la douleur ainsi que d’autres symptômes altérant
la qualité de vie de ces patients. De fait, prodiguer des soins de qualité avec un
équipement de protection individuelle (EPI), lequel réduit le temps consacré aux soins
du patient tout en altérant la vision et la dextérité, représente une réelle difficulté. Des
approches pratiques pour mieux déterminer les volumes de liquides à administrer que
ce soit par voie orale, veineuse ou intra-osseuse sont également exposées.

Ce guide de poche a pour but de donner des orientations claires sur les meilleures
pratiques actuelles dans le domaine des FHV, que ce soit pour la prise en charge clinique
ou pour lutter contre l’infection. Cet ouvrage destiné aux agents de santé sur le terrain,
en première ligne dans la lutte contre la MVE fournit des indications concernant tout
particulièrement le triage, donc la définition des cas, la prise en charge précoce, le
suivi des cas, l’hygiène et la prévention de la transmission croisée et, enfin, la sortie de
l’hôpital. Les recommandations fournies dans ce document proviennent en majeure
partie des principes de prise en charge des FVH déjà publiées (principalement issues de
consensus), mais aussi des algorithmes de prise en charge des affections diarrhéiques,
des septicémies et des saignements vaginaux, tirés des recommandations de l’OMS
pour la prise en charge intégrée des maladies de l’adolescent et de l’adulte (PCIMAA)
et des maladies de l’enfant (PCIME), et d’autres recommandations actuelles de l’OMS. Le
choix d’inclure dans ce guide la prise en charge des pertes gastro-intestinales dues aux
diarrhées et aux vomissements, et les algorithmes pour les septicémies, se justifie par
le fait que de nombreux patients touchés par l’épidémie de MVE en Afrique de l’Ouest
présentaient des diarrhées et vomissements graves qui ont conduit à une déshydratation
et à un état de choc; d’autres présentaient également un tableau septique sévère
(augmentation de la perméabilité vasculaire, vasodilatation, défaillance multiviscérale
et état de choc). En outre, cet ouvrage fournit les principes essentiels visant à réduire la
transmission nosocomiale de virus des FHV et les informations cliniques nécessaires à
l’agent de santé de première ligne afin d’optimiser son niveau de vigilance afin qu’il soit
en mesure de détecter un cas potentiel de FHV avant même qu’une nouvelle épidémie

vii
ne soit signalée dans sa communauté d’exercice. Certaines considérations spécifiques à
la prise en charge des enfants et des femmes enceintes ont été consignées à part dans
ce guide.

Il est important de souligner que le présent document ne traite pas de la mise en


place d’un centre de traitement des FHV (c’est-à-dire un secteur d’isolement), pas
plus que des interventions communautaires destinées à endiguer la transmission ou
à lutter contre les flambées épidémiques. Nous espérons que ce manuel complètera
utilement les recommandations déjà existantes et permettra donc de renforcer la
riposte globale aux flambées de FHV en Afrique, contribuant ainsi à la bonne mise
en œuvre de la surveillance intégrée des maladies et de la riposte requise au titre du
Règlement sanitaire international.

Ce guide est la version mise à jour de l’ouvrage de l’OMS intitulé « Prise en charge
clinique des cas de fièvre hémorragique virale : Guide de poche pour l’agent de santé
en première ligne. Guide d’urgence provisoire » – version générale pour l’adaptation
en Afrique de l’Ouest, initialement publié en mars 2014 (7).

viii
Table des matières
1. Introduction. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
2. Principes de la prise en charge des patients atteints de FHV. . . . . . . . . . . . . . 6
2.1 Identification/détection des cas.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.1.1 Antécédents d’exposition au virus Ebola/Marburg, de la fièvre de Lassa ou de
la FHCC . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.1.2 Évaluation clinique détaillée et histoire naturelle. . . . . . . . . . . . . . . 11
2.1.3 Dépistage d’Ebola.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.1.4 Surveillance : le formulaire d’investigation des cas à remplir. . . . . . . . . 28
2.2 Analyses de laboratoire et collecte des échantillons. . . . . . . . . . . . . . . . . 29
2.2.1 Tests de dépistage des FHV en laboratoire. . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
2.2.2 Autres analyses de laboratoire. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
2.4 Isolement et/ou transfert des patients. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
3. Prise en charge des cas suspects ou confirmés d’infection à virus Ebola (valable
également pour la fièvre de Lassa, l’infection à virus Marburg et la FHCC)............... 40
3.1 Traitements et considérations pour tous les cas suspects ou confirmés d’Ebola ou
d’autres FHV.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
3.2. Prise en charge des signes et symptômes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
3.3 Prise en charge des cas de sévérité modérée. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
3.4 Réanimation liquidienne – administration par voie orale et intraveineuse.. . . . . 50
3.5 Traitement spécifique pour la fièvre de Lassa et la FHCC. . . . . . . . . . . . . . . 56
3.6 Considérations particulières pour la femme enceinte et le nouveau-né. . . . . . . 58
3.7 Considérations particulières pour la femme allaitante et concernant l’utilisation des
substituts de lait maternel. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
3.8 Considérations particulières pour l’enfant.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
3.9 Nutrition. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
4. Prise en charge des cas sévères confirmés d’infection à virus suspects ou (également
valable pour la fièvre de Lassa, l’infection à virus Marburg et la FHCC) . . . . . . 80
4.1 Suivi des patients gravement malades. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80
4.2 État de choc chez les patients atteints de FHV.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
4.3 Prise en charge de l’hypovolémie due à des pertes gastro-intestinales importantes
chez les adolescents et les adultes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
4.3.1 Évaluation de l’état de choc, des signes de déshydratation et surveillance
des pertes gastro-intestinales. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
4.3.2 Réanimation liquidienne en cas de pertes gastro-intestinales importantes. 85
4.3.3 Corrections des anomalies électrolytiques et glucidiques . . . . . . . . . . 87

ix
4.3.4 Antibiothérapie des patients présentant des pertes gastro-intestinales
importantes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
4.4 Prise en charge du choc septique chez l’adolescent et l’adulte. . . . . . . . . . . . 89
4.5 Évaluation et prise en charge de l’état de choc et de la déshydratation chez
l’enfant. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
4.5.1 Évaluation de l’état de choc, de la déshydratation sévère, de la
malnutrition sévère, de l’anémie sévère . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99
4.5.2 Réanimation liquidienne initiale de l’enfant en état de choc sans
déshydratation sévère, anémie sévère ou malnutrition sévère. . . . . . . 101
4.5.3 Réanimation liquidienne initiale de l’enfant en état de choc avec
malnutrition aiguë sévère. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103
4.5.4 Remplissage vasculaire de l’enfant présentant des signes de
déshydratation sévère ou des pertes gastro-intestinales importantes. . . 105
4.5.5 Évaluation des objectifs de réhydratation et des signes de surcharge
hydrosodée. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 109
4.5.6 Anomalies électrolytiques.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111
4.6 Prise en charge du choc septique chez l’enfant (non du choc causé par des
pertes gastro-intestinales importantes). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 112
5. Contacts : rôle du clinicien dans la recherche des contacts et la prise en charge
des sujets exposés. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 114
5.1 Rôle du clinicien dans la recherche des contacts. . . . . . . . . . . . . . . . . . 114
5.2 Prise en charge des agents de santé exposés. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 114
5.3 Prise en charge de l’enfant contact à haut risque. . . . . . . . . . . . . . . . . . 116
6. Soutien psychologique. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 118
7. Lutte contre l’infection1. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 122

7.1 Recommandations concernant les soins directs dispensés aux cas confirmés ou
suspects de FHV. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 123
7.2 Précautions standard à respecter en permanence pour tous les patients. . . . . . 126
7.3 Étapes pour revêtir et ôter un EPI. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 135
7.4 Circulation des agents de santé et des patients dans les unités de traitement
Ebola. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 149
7.5 Comment les agents de santé contre l’infection (y compris protéger hors
du lieu de travail). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 153
8. Sortie de l’hôpital.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 155
9. Suivi . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 157
Annexe. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 164
Liste des abréviations, des sigles et définitions de certains termes médicaux.. . . . . 194
Index. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 196
Références bibliographiques. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 197
Remerciements.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 206

x
Annexes
Annexe A. Définitions de cas...................................................................................... 182
Annexe A1. Définitions des cas pour Ebola ou Marburg............................................... 182
Annexe A2. Définition de cas, pour la fièvre de Lassa.................................................. 184
Annexe B. Plans A, B et C de réhydratation (liquides et aliments)................................ 185
Annexe C. Posologie de la morphine, du tramadol, du paracétamol et des antipaludiques..... 188
Annexe D. Interactions médicamenteuses............................................................................... 192
Annexe E. Formulaires de suivi clinique................................................................................... 196
Annexe F. Tableau d’équilibre liquidien.................................................................................... 198
Annexe G. Tableaux nutritionnels............................................................................................ 199
Annexe H. Lutte contre l’infection en dehors des soins aux patients........................................ 206
ANNEXE I. Comment préparer une solution chlorée................................................................. 210
ANNEXE J. Emballage des échantillons FHV à expédier localement ou vers l’international...... 211

xi
Tableaux
Tableau 1. Tableau clinique précoce et tardif des infections à virus Ebola/Marburg. . . . . . 14
Tableau 2. Histoire naturelle d’Ebola, basée sur l’épidémie de 2014 – expérience combinée
de la Sierra Leone et du Libéria. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
Tableau 3. Stades cliniques de la fièvre de Lassa sévère. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
Tableau 4. Symptômes d’Ebola chez l’adulte et l’enfant de 3 ans ou plus et chez l’enfant de
moins de 3 ans. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
Tableau 5. Prélèvement des échantillons pour les fièvres hémorragiques virales. . . . . . . 34
Tableau 6. Interprétation des résultats de laboratoire des patients présentant des
symptômes aigus de FHV. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
Tableau 7. Prise en charge spécifique des signes et symptômes. . . . . . . . . . . . . . . . 46
Tableau 8. Quantité de liquide à administrer en fonction du poids et par 24 heures. . . . . . 54
Tableau 9. Posologie de la ribavirine dans le traitement de la fièvre de Lassa et de la FHCC. . . 58
Tableau 10. Recommandations provisoires pour l’allaitement au sein. . . . . . . . . . . . . 73
Tableau 11. État de choc observé chez des patients Ebola lors de l’épidémie en Afrique de
l’Ouest 2014-2015.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
Tableau 12. Classification et traitement de la déshydratation – modifié pour Ebola. . . . . . 89
Tableau 13. Traitement de remplacement du potassium chez l’adolescent et l’adulte. . . . . 94
Tableau 14. Prise en charge du choc septique chez l’adolescent et l’adulte. . . . . . . . . . . 98
Tableau 15. Volume de liquide selon le poids pour le choc septique chez l’adolescent et
l’adulte. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102
Tableau 16. Réanimation liquidienne initiale immédiate pour l’état de choc chez l’enfant en
l’absence de déshydratation sévère, d’anémie sévère ou de malnutrition sévère. 110
Tableau 17. Réévaluer l’enfant après la perfusion d’un volume suffisant. . . . . . . . . . . 112
Tableau 18. Réanimation liquidienne immédiate chez l’enfant en état de choc présentant
une malnutrition sévère.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 113
Tableau 19. Réanimation liquidienne immédiate chez l’enfant en état de choc présentant
une déshydratation sévère mais pas de malnutrition sévère. . . . . . . . . . . 115
Tableau 20. Réanimation liquidienne chez l’enfant présentant des signes de déshydratation.. 118
Tableau 21. Pouls normal, PA systolique et fréquence respiratoire chez l’enfant. . . . . . . 119
Tableau 22. Correction des pertes potassiques chez l’enfant.. . . . . . . . . . . . . . . . . 123
Tableau 23. Protocoles standard de décontamination du matériel. . . . . . . . . . . . . . . 146

xii
Tableaux dans les annexes
Tableau 24. Posologie des analgésiques chez l’adolescent et l’adulte : morphine,
tramadol, paracétamol. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 186
Tableau 25. Posologie du paracétamol et de la morphine chez l’enfant en fonction du poids. 187
Tableau 26. Association artésunate-amodiaqine à dose fixe. . . . . . . . . . . . . . . . . 188
Tableau 27. Association artéméther-luméfantrine. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 188
Tableau 28. Posologie de l’artésunate en IV ou IM et de l’artéméther en IM. . . . . . . . . 189
Tableau 29. Médicaments susceptibles d’allonger l’intervalle QT et/ou d’induire des
torsades de pointe.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 191
Tableau 30. Interactions médicamenteuses (adapté de Lexi-Comp OnlineTM Interaction
Analysis).. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 192
Tableau 31. Quantité journalière de formule nourrisson prête à consommer nécessaire
pour un nourrisson. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 198
Tableau 32. Exemple de quantités de F-75 en fonction du poids. . . . . . . . . . . . . . . 199
Tableau 33. Phase d’entretien (peu d’appétit, pas de déshydratation) : quantité de F-75
par jour. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 200

xiii
Sources
Ce manuel s’inspire fortement des sources suivantes :
• Ministère de la santé et de l’assainissement de la Sierra Leone. Prise en charge
clinique des patients dans les centres de traitement Ebola et dans les autres
centres de soins en Sierra Leone : Guide d’urgence provisoire. Freetown,
15 décembre 2014 (8).
• Organisation mondiale de la santé (OMS). Manuel du clinicien de district pour la
prise en charge intégrée des maladies de l’adolescent et de l’adulte (PCIMAA) :
soins hospitaliers (9).
• OMS. Soins hospitaliers pédiatriques : lignes directrices pour la prise en charge des
affections courantes chez l’enfant, 2e édition (10).
• Médecins sans frontières. Lignes directrices pour la prise en charge des fièvres
hémorragies virales (11).
• Lignes directrices de l’OMS pour la prévention et la lutte contre l’infection
(12,13,14).
• Expérience des Ministères de la santé de la Sierra Leone, du Libéria et de la Guinée,
de l’OMS, des organisations non gouvernementales et d’autres partenaires dans
la gestion des centres de traitement Ebola et des unités de transit pour les
patients Ebola, dans les modes opératoires normalisés nationaux issus des piliers
du Ministère de la santé pour la prise en charge des cas dans le cadre de la riposte
à Ebola.
• Contributions d’experts et publications cliniques récentes.
• OMS. Examen informel de l’expérience clinique des patients atteints de la maladie
à virus Ebola dans le contexte de l’épidémie actuelle en Afrique de l’Ouest,
Genève, 21-22 juillet 2014.
• OMS. Consultations informelles sur les aspects cliniques de la maladie à virus
Ebola et l’élaboration de normes en matière de soins cliniques, Genève, 26–27
janvier 2015 (15) et Rome, 20–21 avril 2015 (3).
• OMS. Consultations informelles sur les aspects cliniques et la prise en charge des
cas pédiatriques atteints de la maladie à virus Ebola, Freetown, 2 mars 2015 et
Genève, 25-26 mars 2015.

Les indicateurs d’amélioration de la qualité des soins cliniques basés sur les lignes directrices
contenues dans ce guide de poche sont présentés ici : [Link]/qi/ebola/.

xiv
1
1-Introduction
Le terme de fièvre hémorragique virale (FHV) est un terme général pour désigner une
affection grave, parfois associée à des saignements, qui peut être due à un certain
nombre de virus. Il s’applique habituellement à des maladies causées par les familles
de virus suivantes :
• Arénaviridés (Lassa, Lujo, Junin, Guanarito, Sabia, Machupo et Chapare)
• Bunyaviridés (fièvre hémorragique de Crimée-Congo [FHCC], fièvre de la vallée
du Rift et hantavirus)
• Filoviridés (Ebola et Marburg)
• Flaviviridés (fièvre jaune, dengue, fièvre hémorragique d’Omsk, maladie de la
forêt de Kyasanur et fièvre hémorragique Alkhurma).

Le présent guide s’intéresse plus particulièrement à certaines FHV – Ebola, Marburg,


FHCC, fièvre de Lassa (et Lujo) – qui surviennent en Afrique et sont susceptibles de
se transmettre d’une personne à l’autre. Il ne traite pas de la prise en charge d’autres
infections virales, comme la dengue, la fièvre de la vallée du Rift ou la fièvre jaune,
qui peuvent également entraîner des manifestations hémorragiques, mais pour
lesquelles il n’y a pas de transmission directe d’une personne à une autre.

Objet
Ce guide de poche a pour objet de donner des recommandations claires sur les
meilleures pratiques actuelles de prise en charge des FHV dans les différents types
d’établissements de santé.

Objectifs
• Instaurer une méthode systématique de prise en charge clinique globale des cas
de FHV.
• Renforcer la capacité des agents de santé à appliquer les bonnes pratiques
actuelles de prise en charge des FHV.
• Grâce à la formation et au transfert de compétences, développer la confiance
des agents de santé dans leur propres capacités à prendre en charge les FHV en
réduisant les risques au minimum.

2 INTRODUCTION
Les FHV sont des viroses sévères, potentiellement mortelles, qui ont une importance
particulière pour la santé publique parce qu’elles peuvent se propager en milieu
hospitalier, ont un taux de létalité élevé et sont difficiles à reconnaître rapidement.
Hormis le traitement symptomatique, les options thérapeutiques efficaces avec un
niveau de preuves suffisant, font défaut pour Ebola et Marburg. Bien que l’on puisse
administrer de la ribavirine pour la fièvre de Lassa et la FHCC, le taux de létalité reste
élevé.

Le décès des agents de santé étant souvent le signal d’alerte indiquant le début
d’une épidémie de FHV, l’identification rapide de la maladie et la mise en œuvre des
mesures pour les protéger sont les principaux objectifs de la gestion précoce de ces
événements.

Ebola et Marburg sont des filovirus dont la transmission au cas index survient
probablement lors d’un contact avec des animaux infectés (ou avec des liquides
biologiques d’un survivant de MVE, dans lesquels le virus peut persister longtemps).
Par la suite, la transmission se fait par contact avec le sang ou les liquides biologiques
infectés du cas index.

L’agent étiologique de la FHCC est un nairovirus, un groupe de virus apparenté à la


famille des Bunyaviridés. La FHCC est transmise par une tique à partir d’animaux
domestiques ou sauvages infectés (comme les cervidés, les bovins, et les ovins), mais
elle peut aussi se transmettre par contact avec du sang ou des liquides biologiques
d’animaux ou d’êtres humains infectés.

Lassa et Lujo appartiennent à la famille des Arénaviridés. Les humains s’infectent


en s’exposant aux déjections du Mastomys natalensis, également appelé ‘‘rat
plurimammaire”, réservoir du virus. La transmission interhumaine secondaire du
virus de Lassa se produit aussi lors de contacts directs avec du sang ou des sécrétions
infectés.

Des épidémies de maladie à virus Ebola ou Marburg et de FHCC surviennent


régulièrement mais restent imprévisibles. Une unique petite flambée épidémique
d’infection à virus de Lujo a été signalée en Zambie et en Afrique du Sud. Contrairement
à la plupart des FHV, qui ne sont identifiées qu’au cours des flambées épidémiques,
la fièvre de Lassa est endémique en Afrique de l’Ouest, avec un nombre de cas estimé

INTRODUCTION 3
à quelques dizaines de milliers par an ; l’incidence la plus élevée se trouve dans les
districts de Kenema et Bo en Sierra Leone, mais la fièvre de Lassa sévit aussi dans
d’autres districts en Sierra Leone ainsi qu’au Nigéria, en Guinée et au Libéria. Dans le
cas de l’épidémie de maladie à virus Ebola de 2014-2015 en Guinée, au Libéria et en
Sierra Leone, il est nécessaire de distinguer le virus Ebola du virus de Lassa grâce aux
techniques de diagnostic biologique, puisque seul le virus de Lassa peut être traité par
la ribavirine. En dehors de cette différence spécifique de traitement, la prise en charge
clinique et les mesures de lutte contre l’infection dans les établissements de santé
sont les mêmes pour Ebola, Marburg, la fièvre de Lassa et la FHCC.

Les FHV peuvent survenir à n’importe quel moment ce qui nécessite une bonne
préparation et une planification préalables de la réponse à l’épidémie. Au démarrage
des flambées épidémiques de FHV, les personnes malades finissent par se présenter
à l’établissement de santé de proximité pour s’y faire soigner. Aux premiers stades
d’une épidémie et avant qu’elle ne soit identifiée, les cas de FHV se présentent à
l’établissement de santé local avec une multitude de symptômes peu spécifiques.
Ainsi, à ce stade de l’épidémie, le diagnostic de FHV n’est souvent pas évoqué tant
la maladie est difficile à distinguer d’autres infections courantes (paludisme, fièvre
typhoïde, autres infections bactériennes ou encore gastroentérite aiguë). Cependant,
si les précautions standard de lutte contre l’infection ne sont pas appliquées
rigoureusement et de façon systématique, et en l’absence d’une forte suspicion
clinique de FHV, le personnel de santé et les patients dont ils ont la charge sont
exposés à la contamination croisée et risque de contracter la maladie.

Dispenser des soins à des patients en état critique peut être un exercice difficile, et ce,
quel que soit le cadre d’exercice, mais c’est particulièrement vrai dans les milieux où
les ressources sont limitées (ceci concerne le personnel de santé ainsi que les produits,
matériels et équipements médicaux), milieux dans lesquels les épidémies à FHV
surviennent plus volontiers. Lors d’une flambée épidémique de FHV, l’insuffisance
des ressources, des connaissances et des compétences pour réduire au minimum les
risques de transmission aux agents de santé peut altérer les capacités de soins des
patients.

Les agents de santé sont tenus de dispenser des soins médicaux de qualité pour
améliorer les chances de survie des patients, mais aussi pour soulager leurs
symptômes et assurer des soins palliatifs le cas échéant. Pour les patients présentant

4 INTRODUCTION
une FHV, les soins cliniques doivent être renforcés, tout en réduisant le plus possible
le risque de transmission à autrui, y compris aux agents de santé. Par conséquent, il
est essentiel que les personnels de santé améliorent leurs connaissances des FHV et
appliquent avec rigueur les recommandations de lutte contre l’infection (que l’on soit
ou non en situation épidémique). En effet, des soins sub-optimaux sont susceptibles
d’accroître la réticence des populations à se faire soigner dans certains établissements
de santé et à se conformer aux actions de santé publique (identification et isolement
de cas possibles). Ceci peut avoir de très fâcheuses répercussions sur le contrôle de
l’épidémie.

La mise en œuvre des compétences spécifiques et l’utilisation des protocoles de soins


appropriés permettent de faciliter la prise en charge des patients atteints de FHV.
L’approche optimale nécessite une parfaite compréhension des voies de transmission
au cours des soins de santé (et donc des risques réels pour les agents de santé). Cette
compréhension permet de renforcer la confiance dans l’efficacité des mesures de
protection et la prudence au cours de leur mise en œuvre. Cela est nécessaire pour
minimiser les risques liés aux soins tout en maximisant leur efficacité.

INTRODUCTION 5
2-Principes de la prise en charge
des patients atteints de FHV
2.1 Identification/détection des cas
Le diagnostic de FHV repose sur trois éléments :
• les antécédents d’exposition ;
• l’examen clinique détaillé ;
• les analyses de laboratoire.

Dans un contexte épidémique compatible, les personnels de santé doivent pouvoir


évoquer une FHV chez tout patient présentant une fièvre d’origine inconnue.
Des définitions de cas standard de FHV ont été élaborées pour identifier les cas
« alerte », « suspects », « probables » et « confirmés » avant et pendant une flambée
épidémique (voir l’annexe A1 : Définitions de cas, Ebola ou Marburg). Une fois que
les cas « alerte » ont eu contact avec le personnel médical, ce qualificatif d’ « alerte »
doit être abandonné au profit de « suspects », « probables » ou « confirmés » selon
l’évaluation qui aura été faite. Ces définitions de cas devront peut-être être précisées
selon les caractéristiques cliniques et épidémiologiques particulières de la flambée
épidémique en cours.

2.1.1 Antécédents d’exposition au virus Ebola/Marburg,


de la fièvre de Lassa ou de la FHCC
Antécédents d’exposition au virus Ebola/Marburg
Identifier un antécédent d’exposition dans les 2 à 21 jours précédant l’apparition des
symptômes – c’est-à-dire la durée potentielle d’incubation pour l’infection à virus
Ebola ou Marburg - est un apport essentiel au diagnostic de FHV.

Le cas le plus courant est l’exposition au sang ou à tout autre liquide biologique
(par exemple : vomissures, diarrhée, sueur, urine, sperme) d’un cas suspect ou avéré
d’infection à virus Marburg ou Ebola (vivant ou mort), le plus souvent en prodiguant
des soins ou en participant à une inhumation. Avant l’identification d’une flambée

6 PRINCIPES DE LA PRISE EN CHARGE DES FHV


épidémique, le premier indice sera souvent la découverte d’une exposition préalable
à des personnes gravement malades ou brusquement décédés.

Classiquement, les personnes les plus exposées au risque sont les membres de la
famille, les guérisseurs traditionnels et les chefs religieux qui ont été exposés à du
sang ou des liquides biologiques, et ceux qui ont participé aux rites traditionnels
d’inhumation. Les agents de santé constituent un groupe à haut risque et, en cas de
fièvre, ils devront être interrogés sur leurs contacts récents avec des patients ou des
collègues malades. Il faut également chercher à savoir si les agents de santé ont été
exposés au sein de leurs familles ou de leurs amis, dans la communauté et dans les
dispensaires privés ou autres lieux de soins privés.

La propagation au sein de la communauté se produit principalement au


travers du réseau social, quand les amis ou les parents s’occupent d’un
patient ou à l’occasion d’une participation à des activités funéraires.

Autres sources d’exposition :


• Contact avec des animaux infectés, habituellement des singes et des chauves-
souris, vivants ou morts, par exemple en manipulant et en consommant du gibier
infecté, en allant dans des grottes (Marburg) ou dans des champs à proximité
d’arbres fruitiers (Ebola) où des chauves-souris infectées vont se percher, ou en
mangeant des fruits déjà entamés par des chauves-souris.

Remarque : le virus est facilement détruit par la chaleur. On considère donc que la
viande bien cuite ne contient pas de virus.

• L’allaitement au sein par une femme porteuse du virus Ebola ou Marburg est
considéré comme une exposition ; la présence du virus Ebola dans le lait maternel
a été mise en évidence (16) et des données probantes récentes suggèrent que le
lait maternel peut rester positif pour le virus Ebola pendant au moins neuf mois
après l’apparition des symptômes chez les survivantes qui étaient enceintes ou qui
allaitaient au moment de l’infection. Il a également été signalé une galactorrhée

PRINCIPES DE LA PRISE EN CHARGE DES FHV 7


spontanée chez des survivantes – le lait maternel d’une survivante s’est révélé
positif au virus Ebola par PCR neuf mois après la survenue des symptômes (17).

• Rapports sexuels avec un homme qui est un cas avéré ou suspect, l’ARN viral
restant présent dans le sperme jusqu’à 12 mois après la guérison clinique
(18,19,20,21).

• Contact avec des objets contaminés, par exemple du matériel médical, de la


vaisselle, du linge provenant de patients infectés (16).

Remarque : le virus ne survit pas très longtemps dans des matières non organiques
hors de l’organisme, mais il peut être présent sur des objets contaminés par des
liquides biologiques (comme des aiguilles ou d’autres instruments médicaux
réutilisés, des draps de lit sales, etc.).

• Soins reçus d’une personne qui traite également des cas d’infection à virus
Ebola ou Marburg et qui n’a pas pris les précautions appropriées de lutte contre
l’infection.

Lors d’une infection par le virus Ebola au cours de la grossesse, l’ARN viral peut
persister dans les annexes materno-fœtales (liquide amniotique, placenta, fœtus).
Les produits de la conception peuvent rester potentiellement infectieux chez les
survivantes qui étaient enceintes pendant l’infection. Les femmes enceintes infectées
par le virus Ebola peuvent ne manifester aucun symptôme clinique (et ne répondent
pas aux définitions de cas d’Ebola) (22) ou présenter des symptômes cliniques légers.

Les nouveau-nés de mères infectées peuvent être contagieux même s’ils ne


manifestent aucun symptôme (voir la section 3.6).

Il a récemment été démontré la persistance et la viabilité du virus Ebola dans l’humeur


aqueuse de l’œil d’un survivant neuf semaines après la convalescence, mais pas dans
les larmes ni dans les sécrétions conjonctivales (23).

Toute personne présentant une maladie aiguë et ayant des antécédents d’exposition
tels que décrits ci-dessous doit être considéré comme un cas suspect (voir les

8 PRINCIPES DE LA PRISE EN CHARGE DES FHV


définitions de cas à l’annexe A). Malheureusement, il n’est pas toujours possible
d’établir clairement les antécédents (par exemple si le sujet ne se souvient pas bien de
ses contacts ou s’il est réticent à évoquer des contacts avec les animaux).

Antécédents d’exposition à la fièvre de Lassa


Les rats plurimammaires se reproduisent fréquemment et sont des rongeurs
courants en Afrique, particulièrement dans les zones rurales, et plus souvent dans
les habitations qu’en rase campagne (24). Chez les rats infectés, le virus passe dans
les excreta. L’être humain s’infecte par contact avec ces animaux ou leurs excreta,
ou encore, dans certaines régions, en les consommant. Des espèces de rongeurs
porteuses du virus sont présentes dans toute l’Afrique de l’Ouest ; ainsi, l’étendue
géographique réelle de la maladie pourrait donc couvrir d’autres pays de la région,
au-delà de la Sierra Leone, de la Guinée, du Libéria et du Nigéria.

En Sierra Leone, c’est pendant la saison sèche que l’on enregistre la plus forte incidence
(entre novembre et avril/mai).

L’être humain est sensible à tout âge. Les femmes enceintes ont une probabilité accrue
de développer une forme grave de la maladie, en particulier au troisième trimestre
de la grossesse.

En dehors de l’exposition à des rats infectés au domicile, les autres modes d’exposition
sont les suivants :
• Contacts proches avec un cas de fièvre de Lassa dans les trois semaines suivant le
début de la maladie. Classiquement, les personnes les plus exposées au risque sont
les membres de la famille, ceux qui se sont occupés des malades, les guérisseurs
traditionnels et ceux qui participent aux rites traditionnels d’inhumation.

• Soins reçus d’une personne qui traite également des cas de fièvre de Lassa et qui
n’a pas pris les précautions appropriées de lutte contre l’infection. Les agents de
santé constituent un groupe à haut risque; ils devront être interrogés sur leurs
contacts récents avec des patients ou des collègues malades. Appartiennent à ce
groupe les personnes qui participent aux soins des patients («les aidants») ainsi que
les personnels des laboratoires qui manipulent les prélèvements biologiques des
patients, dans les trois semaines suivant l’apparition de la maladie.

PRINCIPES DE LA PRISE EN CHARGE DES FHV 9


• Rapports sexuels avec un homme qui est un cas avéré ou suspect, le virus restant
présent dans le sperme jusqu’à trois mois après la guérison clinique.

• Contact avec des objets contaminés, par exemple du matériel médical, de la


vaisselle, du linge provenant de patients infectés.

Remarque : le virus ne survit pas très longtemps dans des matières non
organiques, mais il peut être présent sur des objets contaminés par des liquides
biologiques (comme des aiguilles ou d’autres instruments médicaux réutilisés,
des draps de lit sales, etc.).

Antécédents d’exposition au virus de la FHCC (25,26)


Les agriculteurs, les employés des abattoirs, les vétérinaires et les agents de santé font
partie des groupes professionnels à risque.

La transmission du virus de la FHCC à l’humain peut se produire de plusieurs manières:

• Piqûre par une tique infectée ou le fait d’écraser une tique contre la peau. Les
Ixodes (tiques dures), et plus particulièrement les tiques du genre Hyalomma,
jouent à la fois le rôle de réservoir et de vecteur du virus de la FHCC. De nombreux
animaux sauvages et domestiques, comme les bovins, les chèvres, les moutons et
les lièvres, servent d’hôtes amplificateurs.

• Contact avec le sang d’un animal infecté. Les gardiens de troupeaux, les personnes
travaillant dans les élevages et les abattoirs en zone d’endémie sont exposés au
risque de FHCC.

• Transmission interhumaine par contact avec du sang ou des liquides biologiques


infectés, dans la communauté ou dans les hôpitaux. Les procédures qui génèrent
des aérosols ont également entraîné des cas d’infection nosocomiale secondaires
parmi les agents de santé (27,28).

• Propagation également signalée dans des hôpitaux en raison de la mauvaise


stérilisation du matériel médical, de la réutilisation d’aiguilles ou de l’utilisation
de fournitures médicales contaminées.

10 PRINCIPES DE LA PRISE EN CHARGE DES FHV


• Possibilité d’une transmission verticale de la mère à l’enfant. Le risque d’exposition
pendant l’allaitement au sein n’est pas établi, bien qu’il soit considéré comme
élevé (29).

2.1.2 Évaluation clinique détaillée et histoire naturelle


Tableau clinique courants des infections à virus Ebola, Marburg, de la
fièvre de Lassa et de la FHCC
Les manifestations cliniques initiales des infections à virus Ebola, Marburg, de la
fièvre de Lassa et de la FHCC ne sont pas spécifiques et ressemblent à de nombreuses
infections courantes, ce qui rend difficile un diagnostic précoce. Il est donc important
de connaître les définitions de cas et d’élargir le diagnostic différentiel à d’autres
causes de fièvre et de symptômes non spécifiques (par exemple le paludisme, la
typhoïde, la gastroentérite, les infections respiratoires et les infections urinaires).
De plus, malgré l’appellation de fièvre hémorragique virale, le tableau clinique des
FHV lors des précédentes épidémies comprenait des hémorragies dans moins de la
moitié des cas confirmés d’infection à virus Ebola/Marburg et dans moins de 20 %
des cas confirmés de fièvre de Lassa. Dans la flambée d’Ebola actuelle en Afrique de
l’Ouest, les hémorragies importantes sont encore moins fréquentes ; en revanche,
vomissements et diarrhées importants sont des symptômes prédominants en plus de
la fièvre. Il est essentiel que les agents de santé connaissent bien les autres signes et
symptômes courants des FHV, pour permettre une identification précoce des cas de
FHV en l’absence d’hémorragie.

De plus, il existe une différence entre les signes cliniques précoces et tardifs des
FHV. Il est donc important de se rappeler que les patients peuvent se présenter à
différents stades de leur maladie. La gravité de celle-ci peut dépendre d’un certain
nombre de facteurs, comme la réponse immunitaire naturelle de l’organisme, le
mode de transmission, la durée de l’exposition, l’importance de l’inoculum, le stade
de la maladie au moment du diagnostic, et peut-être aussi la souche virale. L’agent
de santé en première ligne doit donc maintenir un degré élevé de suspicion de FHV
chez les patients qui ont des antécédents d’exposition, même lorsque leur tableau
clinique semble bénin.

PRINCIPES DE LA PRISE EN CHARGE DES FHV 11


Selon leur âge, les enfants expriment leur douleur moins clairement que les adultes.
Les pleurs et l’irritabilité traduisent généralement une douleur ; les enfants peuvent
aussi se renfermer ou rester anormalement immobiles lorsqu’ils souffrent. Les
difficultés respiratoires, les éruptions et la conjonctivite sont également des signes
courants mais non spécifiques. Il faut recueillir les antécédents auprès des personnes
en charge de l’enfant ou à défaut auprès de voisins, ainsi que leur numéro de
téléphone mobile, quand ils en ont un, si l’enfant est séparé de ces personnes. Chez
les jeunes enfants, la maladie risque de progresser plus rapidement vers une forme
grave. Ils doivent être étroitement surveillés et l’administration de liquides par voie
intraveineuse doit être rapidement mise en place (voir les sections 3 et 4.4).

Tableau clinique des infections à virus Ebola et Marburg (30,11)


Les virus Ebola et Marburg appartiennent tous deux à la famille des Filoviridés. La
période d’incubation (c’est-à-dire le laps de temps au cours duquel le patient reste
asymptomatique après l’exposition à un contact) va de 2 à 21 jours. En général, elle est
de 5 à 9 jours pour le virus Marburg et de 3 à 12 jours pour le virus Ebola.

Les maladies à virus Ebola et Marburg commencent habituellement par un syndrome


de type grippal avec de la fièvre et une grande faiblesse, s’accompagnant souvent
d’arthralgies, de myalgies, de céphalées, d’anorexie et parfois de hoquet. Il arrive aussi
que les patients se plaignent de dysphagie et de douleurs abdominales (douleurs
épigastriques, douleurs sous-costales droites et douleurs abdominales basses). Les
symptômes gastro-intestinaux à type de nausées, vomissements et diarrhée sont
également fréquents. Voir le Tableau 1.

12 PRINCIPES DE LA PRISE EN CHARGE DES FHV


Dans l’épidémie d’Ebola 2014-2015 en Afrique de l’Ouest, les symptômes gastro-
intestinaux (anorexie, vomissements, diarrhée) ont été particulièrement graves et
ont entraîné la plupart des altérations des fonctions vitales observées. Les atteintes
multi-viscérales fréquemment observées au cours de cette épidémie incluaient
notamment : choc hypovolémique, choc septique, acidose métabolique, anomalies
hydro-électrolytiques, insuffisance rénale, détresse respiratoire hypoxique plus
occasionnellement et anomalies de la coagulation rarement associées à un choc
hémorragique cependant (3). Voir le Tableau 2.

Contrairement à une croyance répandue selon laquelle l’hémorragie est une


caractéristique essentielle des infections à filovirus, les hémorragies extériorisées
peuvent être rares. Lorsqu’elles existent, elles apparaissent rarement au début mais
bien plus souvent aux stades tardifs de la maladie et se manifestent alors sous la
forme d’un saignement extériorisé ou d’un syndrome hémorragique généralisé
intéressant plusieurs organes ou muqueuses d’importance variable mais souvent
minime et parfois uniquement interne (donc passant souvent inaperçu).

PRINCIPES DE LA PRISE EN CHARGE DES FHV 13


Tableau 1. Tableau clinique précoce et tardif des infections à virus Ebola/Marburg
Remarque : Le plus souvent, les symptômes précoces et tardifs sont observés
concomitamment, mais il est rare d’observer tous les signes et symptômes chez un
même patient.
Tableau clinique précoce (30)
• Fatigue intense, faiblesse, malaise • Conjonctivite
• Fièvre (définie comme une température • Nausées et perte d’appétit
axillaire >38,0 °C)* • Mal de gorge et déglutition
• Céphalées difficile
• Myalgies (douleurs musculaires) • Douleurs abdominales et
• Arthralgies (douleurs articulaires) épigastriques
• Hoquet • Diarrhée (parfois sanglante)
• Irritabilité, pleurs excessifs, agitation chez les
enfants de moins de 5 ans
Tableau clinique tardif
• Confusion et irritabilité
• Crises d’épilepsie
• Douleurs thoraciques
• Diarrhée (aqueuse ou sanglante)
• Vomissements (parfois sanglants)
• Éruption cutanée
• Saignements internes et/ou externes, notamment:
-- suffusion hémorragique aux points de -- épistaxis (saignement du nez)
ponction -- hématémèse (sang dans les
-- lésions cutanées évocatrices de troubles de la vomissures)
coagulation (par exemple ecchymoses, -- hémoptysie (sang dans les
-- pétéchies, purpura) crachats)
-- gingivorragies (saignement des -- sang noir dans les selles
gencives) (méléna, rectorragies)
-- hémorragie conjonctivale (saignement des yeux) -- hématurie (sang dans les
-- saignement vaginal inexpliqué chez la femme urines)
• Fausse-couche chez les femmes enceintes** • État de choc (voir la définition à
• Détresse respiratoire la section 4)
* La fièvre peut être absente aux stades précoce et tardif de la maladie (31).
** Fausse-couche ou saignements vaginaux inexpliqués peuvent constituer la manifestation
initiale de la maladie chez une femme enceinte. La fausse-couche est fréquente chez la femme
enceinte atteinte de FHV. Lors d’une épidémie de maladie à virus Ebola/Marburg ou de FHCC, une
fièvre avec fausse-couche ou saignements vaginaux anormaux (en dehors des menstruations
normales) doit amener à demander une PCR pour exclure la FHV.

14 PRINCIPES DE LA PRISE EN CHARGE DES FHV


Tableau 2. Histoire naturelle d’Ebola, basée sur l’épidémie de 2014 – expérience
combinée de la Sierra Leone (32) et du Libéria (2)
Délai moyen
écoulé depuis
l’apparition
des
symptômes Stade de la maladie Tableau clinique
0-3 jours Affection fébrile • Fièvre (température axillaire ≥38,0 ºC) (certains ne
indifférenciée (90 %) signalent pas de fièvre)
• Douleurs d’origines diverses y compris arthralgie
(occasionnellement mal de dos)
• Asthénie progressive et profonde (peut précéder
la fièvre)
• Perte d’appétit (Anorexie)
• Mal de gorge
• Céphalées
• Fatigue
4-10 jours Gastro-intestinal (60 • Douleurs thoraciques basses et douleurs
80 %) épigastriques
• Nausées et vomissements
• Hoquet
• Diarrhée (occasionnellement avec mucosités)
• Crampes et douleurs abdominales diffuses (parfois
sensibilité à la palpation de l’aire hépatique
[hypochondre droit])
• Injection conjonctivale
• Éventuellement hypovolémie et déshydratation
avec état de choc

PRINCIPES DE LA PRISE EN CHARGE DES FHV 15


>10 jours Choc • Oligoanurie
hypovolémique/ • Sécheresse des muqueuses
déshydratation • Hypoglycémie
• Tachypnée
• Tachycardie
• Altération de l’état de conscience/coma
Complications
neurologiques • Confusion et désorientation
• Agitation (parfois à l’origine de chutes)
• Bradypsychie et troubles de l’attention)
• Asthénie extrême (incapacité à se lever et à
marcher)

Le décès peut survenir dans les 24 à 48 heures suivant


l’apparition des anomalies neurologiques.

Complications • Gingivorragies
hémorragiques • Méléna
• Hématémèse
• Épistaxis
• Saignement aux points de ponction et d’abord
veineux

Complications • Anomalies hydro-électrolytiques


tardives • Infections secondaires (y compris candidose,
ulcérations orales)
• Tachypnée (dyspnée de Kussmaul liée à l’acidose)
• Crises d’épilepsie/Coma
OU • Défaillance multiviscérale
• Décès

Guérison • Disparition des symptômes gastro-intestinaux et


de la fièvre
• Reprise de l’appétit
• Reprise progressive de l’activité
• Faiblesse durable pendant toute la convalescence

16 PRINCIPES DE LA PRISE EN CHARGE DES FHV


Tableau clinique de la fièvre de Lassa
La période d’incubation est de 6 à 21 jours.

La différenciation clinique des FHV est difficile. Il est donc important de faire
rapidement des analyses à visée diagnostique en laboratoire afin d’identifier
rapidement la fièvre de Lassa et administrer précocement la ribavirine. L’œdème du
visage et du cou est un signe classique de la fièvre de Lassa qui ne se produit que
dans 10 % des cas environ, mais n’est pas observé au cours des maladies à virus Ebola
ou Marburg. Le mal de gorge peut survenir dans les deux cas, mais une pharyngite
exsudative et une perte auditive de convalescence doit évoquer une fièvre de Lassa.
Des douleurs à la palpation du foie évoquent Ebola/Marburg. Seuls environ 20 %
des patients atteints de fièvre de Lassa font une hémorragie. En général, les signes
associés à la fièvre de Lassa sont moins marqués ; les patients se sentent fatigués
et fiévreux pendant quelques jours. En comparaison, les maladies à virus Ebola ou
Marburg commencent plus brutalement et évoluent plus rapidement.

La fièvre de Lassa est bénigne et sans symptômes observables chez environ 80 % des
sujets infectés. L’infection asymptomatique, établie par un diagnostic sérologique,
est courante en zone d’endémie. En raison de la fréquence des infections bénignes,
le taux de létalité global peut être relativement faible ; des études menées chez des
patients symptomatiques hospitalisés indiquent un taux de létalité de 15 à 25 %
(33 ,34). Cependant, des formes graves avec manifestations systémiques et défaillance
multiviscérales ont été observées dans certains sous-groupes de patients ou lors des
certaines épidémies, la mortalité pouvait alors atteindre 80 %. Les souches virales de
la fièvre de Lassa au Nigéria et en Sierra Leone peuvent présenter des différences.
De plus, la maladie semble plus grave en cas de grossesse, avec une mortalité
maternelle élevée, notamment au troisième trimestre, aboutissant à la perte du
fœtus dans 80 % des cas.

Le virus est excrété dans les urines pendant 3 à 9 semaines après l’infection et dans le
sperme pendant 3 mois (35). La fréquence relative de la transmission par voie sexuelle
reste à ce jour indéterminée.

PRINCIPES DE LA PRISE EN CHARGE DES FHV 17


Tableau 3. Stades cliniques de la fièvre de Lassa sévère
Stade Symptômes
1 • Faiblesse généralisée et sensation de malaise
(1-3 jours) • Forte fièvre, >39 °C constante avec des pics à 40-41 °C
2 • Mal de gorge (avec plaques exsudatives blanchâtres =
(4-7 jours) fausses membranes) très fréquent
• Céphalées ; douleurs dorsales, thoraciques, lombaires ou
abdominales
• Conjonctivite
• Nausées et vomissements
• Diarrhée
• Toux productive
• Protéinurie
• Hypotension (Pression artérielle systolique <100 mm
Hg chez l’adulte)
• Anémie
3 • Œdème du visage et du cou
(après 7 jours) • Convulsions
• Saignement des muqueuses (bouche, nez, yeux)
• Hémorragie interne
• Encéphalopathie
4 • Coma
(après 14 jours) • Décès

Lors de la convalescence, il n’est pas rare d’observer une alopécie ou un épisode


d’ataxie transitoire. La surdité de perception (atteinte du huitième nerf crânien)
est fréquente (29 % des cas confirmés hospitalisés contre aucun cas parmi les
sujets témoins fébriles) (36), sans lien avec la gravité de l’infection virale. La moitié
seulement récupère un certain degré de fonction auditive.

Les signes biologiques comprennent une lymphopénie précoce pouvant être suivie
d’une polynucléose neutrophile tardive. La numération plaquettaire est modérément
diminuée et la fonction plaquettaire est anormale. L’augmentation du taux
d’aspartate aminotransférase (AST) au-dessus de 150 et une virémie élevée sont des
indicateurs de mauvais pronostic pour le patient. La forme grave de la maladie peut
s’accompagner d’une albuminurie et d’une hémoconcentration.

18 PRINCIPES DE LA PRISE EN CHARGE DES FHV


Tableau clinique de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo (37,38,39)
Pour la FHCC, la période d’incubation dépend du mode de contamination, mais elle est
habituellement comprise entre 3 et 7 jours. Elle est au maximum de 9 jours après une
piqûre de tique et de 13 jours après un contact avec du sang ou des tissus infectés. Le
spectre de gravité de la maladie chez les patients atteints de FHCC est très large, allant
d’une affection bénigne à une évolution fatale (taux de létalité de 5 à 30 %).

L’apparition de la FHCC est brutale, avec des signes et symptômes initiaux comprenant
céphalées, forte fièvre, anorexie, léthargie, douleurs dorsales, articulaires et
abdominales et vomissements. Ictère et, dans les cas graves, sautes d’humeur et
modifications des perceptions sensorielles sont parfois observés.

La période hémorragique commence habituellement entre le 3éme et le 5ème jour de


la maladie, elle s’installe rapidement pour un durée brève en général (de 2 à 3 jours,
mais pouvant aller jusqu’à 2 semaines). Les manifestations hémorragiques de la FHCC
sont fréquentes et vont de simples pétéchies à des hématomes cutanéo-muqueux
étendus. Les sites de saignement les plus courants sont le nez (épistaxis), le système
gastro-intestinal (hématémèse, méléna, saignements intra-abdominaux), l’utérus
(ménorragie – écoulement menstruel excessif ; autres saignements vaginaux), les
voies urinaires (hématurie) et les voies respiratoires (hémoptysie). On peut aussi
observer des saignements persistants aux points de ponction ainsi qu’au niveau
d’autres sites comme des saignements intra-cérébraux par exemple. Environ 30 % des
patients présentent une hépato-splénomégalie.

Du point de vue biologique, les anomalies suivantes sont souvent observées au


cours de la FHCC : thrombopénie, leucopénie, élévation des enzymes hépatiques
et allongement du temps de saignement. Chez les survivants, la normalisation
des anomalies biologiques s’observe en 5 à 9 jours. La plupart des signes cliniques
précoces de la FHCC ne sont pas spécifiques et sont aussi observés avec Ebola/
Marburg et la fièvre de Lassa ; c’est pourquoi la différenciation repose souvent sur
les antécédents d’exposition et les tests diagnostiques en laboratoire. Les indicateurs
de mauvais pronostic et les facteurs de risque sont : âge >60 ans, progression rapide
de la maladie, somnolence et anomalies biologiques (numération plaquettaire <50
000 mm3, allongement du temps de céphaline activé) (40).

PRINCIPES DE LA PRISE EN CHARGE DES FHV 19


Toute maladie aiguë, en particulier fébrile, qui n’est pas clairement due à un
agent pathogène courant ou qui ne répond pas au traitement empirique initial,
doit faire craindre une FHV. Ceci est d’autant plus vrai que le patient présente des
saignements inexpliqués ou que son état se détériore rapidement.

2.1.3 Dépistage d’Ebola


Précautions et conseils pour le dépistage dans des établissements de soins
Ebola (unités de traitement Ebola, centres de transit pour les patients
atteints d’Ebola) et dans les établissements de santé non-Ebola pendant
une flambée épidémique d’Ebola

Le dépistage repose sur un interrogatoire approfondi et une observation attentive du


patient, notamment sur le développement des symptômes observés, les antécédents
de contact et l’épidémiologie locale. Aucun examen clinique n’est réalisé dans la zone
de dépistage – seule la température corporelle est mesurée (voir ci-dessous) – mais
l’analyse de signes révélateurs est importante, tout particulièrement si les patients ne
parlent pas de leurs symptômes, par peur, ou parce qu’ils ne veulent pas être isolés
dans une unité de traitement Ebola, notamment.

Les agents de santé doivent porter un équipement de protection individuelle (EPI)


léger (écran facial, blouse et gants propres ; à défaut d’écran facial, on peut utiliser
un masque et des lunettes de protection) pendant l’entretien avec le patient.
Pour admettre un patient dans une unité de traitement Ebola (ou dans un secteur
d’isolement ou pour isoler le patient avant son transfert par ambulance vers une unité
de traitement Ebola), il faut faire appel à un agent de santé, portant un EPI complet
pour Ebola. Ce dernier accompagnera le patient jusqu’à l’unité en question et réalisera
l’examen clinique initial à l’intérieur de la zone rouge (Zone à haut risque).

L’aménagement de l’espace réservé au dépistage doit permettre de maintenir en


permanence une distance de 1 à 2 mètres entre le personnel et le patient :
• si possible, prévoir une barrière physique entre le patient et l’agent de santé qui
permette de faire passer, dans un seul sens, des médicaments ou du matériel au
patient ;

20 PRINCIPES DE LA PRISE EN CHARGE DES FHV


• à défaut de barrière physique, décaler la position du patient afin d’éviter qu’il ne
soit face-à-face avec l’agent de santé au cours du dépistage.

Plusieurs méthodes de mesure de la température sont réalisables :


• le thermomètre à infrarouges (l’agent de santé peut se tenir jusqu’à un mètre du
patient). À nettoyer avec une solution chlorée à 0,5 % en cas de contact avec le
patient ; OU
• le thermomètre numérique à remettre au patient après lui avoir montré comment
l’utiliser. Le patient mesure sa température axillaire (ou celle de son enfant) et lit
le résultat à voix haute ou bien le montre à l’agent de santé. Le thermomètre reste
avec le patient si celui-ci est admis dans l’établissement ou est nettoyé avec une
solution chlorée à 0,5 % entre chaque patient dans la zone de dépistage.

Les patients qui arrivent pour un dépistage peuvent se présenter spontanément (en
particulier dans des établissements de soins non-Ebola) ou être envoyés par un agent
de surveillance Ebola de la communauté (généralement par ambulance). Certains
arrivent aussi en taxi ou par d’autres moyens de transport payants, ce qui nécessite
de désinfecter le véhicule et d’informer/évaluer les autres personnes (par exemple,
le chauffeur de taxi).

Il est à noter que le dépistage d’Ebola reste nécessaire pour les survivants de la
maladie de virus Ebola pour plusieurs raisons. Une personne peut croire à tort être un
survivant d’Ebola simplement parce qu’elle a été admise dans une unité de traitement
Ebola et qu’elle a été autorisée à quitter l’établissement. En réalité, il peut s’agir d’un
cas suspect dont le test pour Ebola était négatif. Il a également été signalé des cas
confirmés d’Ebola qui ont survécu, ont obtenu un résultat négatif au dépistage et
ont été autorisés à repartir, mais qui sont revenus par la suite avec des symptômes
et un test de dépistage de nouveau positif (recrudescence). Se référer aux conseils
cliniques pour la prise en charge des survivants de maladie à virus Ebola dans le cadre
d’une éventuelle recrudescence (17). On a aussi signalé des cas de recrudescence de la
maladie chez des survivants à Ebola séropositifs pour le VIH (41).

PRINCIPES DE LA PRISE EN CHARGE DES FHV 21


Entretien
• Veiller à la confidentialité de l’entretien.
• Former les agents de santé au recueil des antécédents à l’aide de questions
ouvertes suivies de questions plus ciblées, et à l’observation clinique.
• L’observation clinique des patients fait partie intégrante de l’entretien. Il se peut que
les patients ne parlent pas de leurs symptômes (par peur ou par déni) ou, dans le cas
d’enfants non accompagnés ou de patients dont l’état neurologique est altéré, qu’ils
soient incapables d’expliquer leurs antécédents et leurs symptômes. Les agents
de santé doivent être formés à l’observation et à l’interprétation de l’apparence
générale du patient, et doivent rester vigilants aux éventuelles incohérences entre
l’observation clinique et les symptômes décrits.
• Veiller à la présence de membres du personnel ou de la famille capables de parler
les langues locales. La communication doit être efficace entre l’agent de santé
qui conduit l’entretien et l’équipe de recherche des contacts, la famille et l’agent
de santé référent ou le responsable de la surveillance, afin de clarifier les liens
épidémiologiques et les antécédents de contact ou d’exposition. En effet, les
patients peuvent dire qu’ils se sentent bien au moment où vous leur parlez, mais
ils peuvent avoir été malades récemment ou nier leurs symptômes.

Dépistage d’Ebola et définitions de cas (42, 45)


L’annexe A1 présente les définitions des cas suspects, probables et confirmés. Ces
définitions de cas pour la surveillance diffèrent selon qu’une flambée épidémique
d’Ebola ou de Marburg est en cours ou non.

Un formulaire de dépistage d’Ebola doit inclure les définitions de cas utilisées. Ce


formulaire sert à déterminer si un patient répond à la définition d’un cas probable ou
d’un cas suspect d’Ebola.

Les définitions de cas peuvent varier en fonction du stade de la flambée épidémique


et selon que l’accent est mis sur la sensibilité ou sur la spécificité. Par exemple, en
Sierra Leone, la définition de cas pour les adultes au début et au pic de l’épidémie,
comprenait l’un quelconque des critères suivants :
• Fièvre ET contact avec un cas clinique ; OU
• Fièvre ET au moins trois autres symptômes* d’Ebola ; OU
• Contact ET au moins trois symptômes* d’Ebola ; OU

22 PRINCIPES DE LA PRISE EN CHARGE DES FHV


• Saignement inexpliqué ou fausse-couche ; OU
• Décès soudain inexpliqué
* Autres symptômes : céphalées, fatigue, douleurs généralisées ou articulaires, perte
d’appétit, nausées, vomissements, diarrhée, douleurs abdominales, déglutition difficile,
hoquet, difficultés respiratoires, fausse-couche.

Lorsque l’épidémie a commencé à reculer et que les cas ne se déclaraient plus que
dans quelques districts, le Ministère de la santé et de l’assainissement sierra-léonien
(43) a adopté une définition de cas plus sensible pour les cas probables (Contact ET au
moins un symptôme d’Ebola), a défini des signes en fonction de l’âge pour les enfants
de moins de trois ans (voir le Tableau 4), a prévu une séparation plus fonctionnelle des
cas probables et suspects, et a porté une attention particulière aux femmes enceintes
(voir ci-dessous et la section 3.6). Par ailleurs, les critères de contact ont été étendus
pour inclure : évaluation ou traitement par un guérisseur traditionnel, admission
récente dans un établissement de soins Ebola ou dans un secteur d’isolement pour les
patients Ebola potentiel, tout autre risque d’infection par le virus Ebola, par exemple,
un contact sexuel avec un homme survivant ou le fait de toucher ou de soigner une
personne qui est tombée malade ou est décédée après s’être rendue dans un district
où des cas d’Ebola avaient été rapportés.

Lors d’une flambée épidémique d’Ebola, toutes les femmes enceintes ou venant
d’accoucher qui, à un moment donné, répondaient à la définition des cas suspects
ou probables d’Ebola alors qu’elles étaient enceintes, ont survécu et présentent des
complications de la MVE (avortement, rupture prématurée des membranes, travail
ou accouchement prématuré, hémorragie ante-partum, intra-partum ou du post-
partum, mort fœtale, mortinaissance ou décès néonatal), sont considérées comme
un contact (même asymptomatique). Elles doivent être prises en charge comme si
elles étaient infectées (donc potentiellement contagieuses) jusqu’à l’obtention d’un
résultat négatif de PCR sur un échantillon sanguin prélevé chez la mère et, le cas
échéant, sur un échantillon des produits de la conception ou du bébé prélevé sur
écouvillon (liquide amniotique, fœtus/mortinaissance/nouveau-né, surface interne
du sac amniotique) (44). Voir la section 3.6 sur le risque de transmission. La mère
et le nouveau-né doivent rester dans l’établissement de soins Ebola et leur prise en
charge requiert le port d’un EPI complet et l’application des mesures de lutte contre
l’infection jusqu’à l’obtention des résultats des tests de PCR.

PRINCIPES DE LA PRISE EN CHARGE DES FHV 23


Tableau 4. Tableau comparatif des symptômes d’Ebola chez l’adulte et l’enfant
de plus de 3 ans d’une part et chez l’enfant de moins de 3 ans d’autre part (43)
Apparition récente des symptômes d’Ebola (moins de 3 semaines)
Chez l’adulte et l’enfant de 3
ans ou plus Chez l’enfant de moins de 3 ans
Fatigue intense (faiblesse Prostration / faiblesse sévère
généralisée)
Perte d’appétit Mauvaise alimentation / incapacité à téter
Nausées ou vomissements Nausées ou vomissements
Diarrhée Diarrhée
Douleurs abdominales Douleurs abdominales
Douleurs musculaires, articulaires Pleurs excessifs/irritabilité/agitation
ou dorsales
Mal de gorge ou déglutition Bave/déglutition douloureuse
douloureuse
Hoquet Hoquet
Respiration difficile Respiration difficile
Injection conjonctivale (« yeux Conjonctivite (« yeux rouges »)
rouges »)
Saignements inexpliqués Saignements inexpliqués
Céphalées

La définition de cas met l’accent sur la fièvre au cours des dernières 48 heures – soit
une température >38,0 °C enregistrée au moment du dépistage ou dans les deux
jours précédents, soit une notion de fièvre au cours des dernières 48 heures. La notion
de fièvre au cours des dernières 48 heures ou pendant la phase aiguë de la maladie
constituent une indication valable de l’existence d’une fièvre. Cependant, le patient
peut avoir pris du paracétamol ou des anti-inflammatoires non stéroïdiens, ce qui
peut masquer la fièvre.

Les cliniciens doivent rechercher des signes indiquant que le patient ne se sent
pas bien, qu’il est déshydraté ou qu’il se trouve dans un état présyncopal. À noter

24 PRINCIPES DE LA PRISE EN CHARGE DES FHV


cependant que certains patients nient leurs symptômes pour éviter l’admission dans
une unité de traitement Ebola.

Pour un nourrisson âgé de moins d’un an, les antécédents maternels sont très
importants. S’il n’y a pas d’antécédent d’Ebola chez la mère ou dans la famille, et
que le nourrisson n’a pas été manipulé par un visiteur ni touché par d’autres enfants
venant de l’extérieur de la maison, une infection par le virus Ebola est peu probable.

Lors de son dépistage, le clinicien doit chercher à recueillir d’autres informations


cliniques et épidémiologiques afin d’éclairer sa décision d’admission s’il considère le
patient comme un cas suspect ou probable de maladie à virus Ebola.

Un patient qui ne se sent pas bien, avec des antécédents de contact clairement établis,
peut être rapidement prioritaire pour une admission, même s’il nie ses symptômes.

Si le patient répond à la définition de cas suspect ou probable :


• Informer le patient de sa situation et de la prise en charge proposée.
• Isoler le patient. Demander à au moins 2 membres du personnel habillé
en EPI complet d’accompagner le patient en secteur d’isolement (ou de
s’occuper du patient avant son transfert vers une unité de traitement Ebola).
°° Donner au patient une solution de réhydratation orale (SRO) et
l’encourager à en boire.
°° Ne pas réaliser d’examen clinique dans la zone réservée au dépistage.
°° Ne pas réaliser de test de diagnostic rapide du paludisme. (Celui-ci
sera réalisé dans l’unité où le patient sera pris en charge. Parfois, des
zones de « transit » (zones rouges) jouxtent les zones de dépistage
pour accueillir les patients qui attendent leur transfert vers les unités
réservées aux patients suspects/probables ou à l’isolement. Ces zones
peuvent permettre de réaliser sans risque (port d’un EPI complet) un
examen clinique et/ou un test de diagnostic rapide du paludisme, et
surtout de commencer le traitement (antipaludiques, antibiotiques,
perfusion intraveineuse, etc.).
• Notifier le cas suspect ou probable (« alerte cas vivant ») au système de surveillance
et travailler avec l’équipe d’investigation des cas pour identifier tous les contacts
possibles, y compris dans les établissements de santé.

PRINCIPES DE LA PRISE EN CHARGE DES FHV 25


Qu’entend-on par contact ? (45)
La recherche des contacts ne permet de rompre la chaîne de transmission du virus
Ebola que si elle est mise en œuvre immédiatement après l’identification d’un cas
potentiel d’Ebola. L’identification d’un cas suspect, probable ou confirmé d’Ebola
doit déclencher une « alerte cas vivant » ou une alerte de décès suspect, probable
ou confirmé d’Ebola. La confirmation en laboratoire ne doit pas retarder le début
de la recherche des contacts. Quand un cas potentiel d’Ebola est détecté dans un
établissement de santé ou dans la communauté, l’équipe d’investigation des cas doit
être immédiatement mobilisée pour mener l’enquête sur le terrain.

Les personnes considérées comme des contacts sont celles qui répondent à l’une ou
l’autre des descriptions suivantes :
• les personnes qui ont eu un contact physique direct avec un cas potentiel/
confirmé (vivant ou mort) pendant sa maladie, y compris celles qui ont touché le
sang ou les liquides biologiques (notamment urine, selles, vomissures, larmes ou
sueur) d’un cas pendant sa maladie ;
• les personnes qui ont eu un contact sexuel avec un cas potentiel/confirmé ou un
rapport sexuel non protégé avec un homme survivant d’Ebola dans les 12 mois
suivant sa guérison et dont le sperme n’a pas été testé ou a été testé mais n’est
pas encore négatif ;
• les personnes qui ont vécu sous le même toit que le cas potentiel/confirmé
(vivant ou décédé) depuis l’apparition des symptômes (cela inclut tous ceux qui
ont dormi dans la maison) ;
• les personnes qui ont touché les vêtements ou le linge d’un cas potentiel/
confirmé ;
• les personnes qui ont participé aux rituels de préparation de l’inhumation ou aux
funérailles d’une personne atteinte de maladie à virus Ebola et qui ont touché le
corps ou qui ont eu un contact avec les liquides ou le matériel entré en contact
avec le corps ;
• un bébé nourri au sein par une femme atteinte d’Ebola ou une survivante d’Ebola
(qui était infectée pendant cette grossesse) dont le lait maternel n’a pas été testé
ou n’est pas encore négatif à la PCR ;
• un patient qui a été admis dans le service des cas suspects d’un centre de
traitement Ebola et qui a été autorisé à quitter l’établissement (après des PCR
négatives), au cours des 21 derniers jours.

26 PRINCIPES DE LA PRISE EN CHARGE DES FHV


Pour trouver tous les contacts, il faut enquêter sur :
• toutes les personnes qui ont rendu visite au cas potentiel/confirmé (vivant ou
décédé) depuis l’apparition des symptômes (par exemple, à la maison, dans
un établissement de santé) ou qui sont entrés en contact avec le cas potentiel/
confirmé depuis l’apparition des symptômes (par exemple, au travail, à la
pharmacie, dans les lieux de culte ; la famille élargie, les guérisseurs traditionnels) ;
• tous les établissements de santé dans lesquels le cas potentiel/confirmé s’est
rendu, y compris tous les agents de santé qui se sont occupés du cas (quand
les précautions pour éviter l’infection par Ebola, notamment le port d’un EPI
complet, n’ont pas été prises) et les patients qui se trouvaient dans le même
service médical. Les agents de santé comprennent à la fois les cliniciens et les
auxiliaires, ainsi que les personnes chargées du nettoyage ou de la gestion des
déchets, les techniciens de laboratoire, etc.

Les personnes qui ont participé à une enterrement digne et sécurisée (cadavre placé
dans une housse mortuaire et inhumé conformément au protocole) ou qui ont assisté
à une inhumation sans entrer en contact avec le corps ni avec ceux qui ont touché le
corps ou les liquides biologiques ou du matériel entré en contact avec le corps, ne
sont pas considérées comme des contacts. En cas de doute, considérer toute personne
ayant participé à une inhumation suspecte comme un contact, et examiner ses
antécédents d’exposition avec le responsable de la surveillance.

Les contacts asymptomatiques ne sont pas contagieux. Chez les contacts hospitalisés
pour d’autres maladies, le développement de nouveaux symptômes pouvant
correspondre à une maladie à virus Ebola doit être surveillé à chaque changement
d’équipe soignante.

Amplification en chaîne par polymérase (PCR): test et répétition du test


Les cas sont confirmés par des analyses de laboratoire, par exemple, un test PCR
positif pour le virus Ebola. Les cas suspects, probables et confirmés doivent être admis
en isolement dans des zones/services physiquement séparés des autres patients.
Les agents de santé doivent circuler en partant des cas suspects pour aller vers les
cas probables et finir par les cas confirmés, afin de réduire le risque de transmission
nosocomiale à l’intérieur d’une unité de traitement Ebola (voir la section 7.4). Les
patients doivent être ultérieurement séparés en fonction de leurs symptômes,

PRINCIPES DE LA PRISE EN CHARGE DES FHV 27


« secrétants » (diarrhée, vomissements ou saignements) ou « non-secrétants » (pas de
diarrhée, pas de vomissements, pas de saignements).

Dans les trois premiers jours suivant l’apparition des symptômes, un test PCR pour
Ebola peut rester négatif. C’est pourquoi les patients (y compris tous les cas probables)
dont le test PCR initial est négatif doivent bénéficier d’un second test PCR le troisième
jour suivant l’apparition des symptômes avant de pouvoir être considérés réellement
négatifs. Chez les cas suspects dont les symptômes se sont améliorés ou ont disparu
avant le troisième jour, la deuxième test PCR pour Ebola peut ne pas être nécessaire.

Déterminer le début des symptômes peut se révéler difficile chez les enfants. Si l’on
n’est pas sûr de la date d’apparition des symptômes, il faut donc répéter le test PCR
pour le virus Ebola chez tous les enfants symptomatiques qui sont des contacts (c’est-
à-dire les cas probables) trois jours après leur admission. Les nouveau-nés dont la
mère est un cas suspect ou probable d’Ebola doivent être manipulés en portant un
EPI complet même si le test PCR initial pour le virus Ebola est négatif. La PCR doit
être répétée au bout de deux jours (voir la section 3.6). Les nouveau-nés dont la
mère est un cas confirmé d’Ebola doivent rester dans l’unité de traitement Ebola et
leur test PCR doit être répété si des symptômes apparaissent. Même en l’absence de
symptômes, une PCR doit être réalisée sur un échantillon de sang du nouveau-né les
22e et 24e jours après la naissance. S’il est en bonne santé, le nouveau-né pourra alors
quitter l’établissement à condition que les deux tests soient négatifs (avec un plan
d’alimentation).

2.1.4 Surveillance: le formulaire d’investigation des cas


à remplir
• Les établissements de prise en charge des cas d’Ebola doivent avoir un responsable
de la surveillance qui travaille avec le clinicien chargé du dépistage afin de remplir
les formulaires.
• À défaut, le clinicien doit remplir lui-même le formulaire d’investigation des cas
et le formulaire de laboratoire, attribuer aux patients un numéro d’identification
unique ou utiliser les formulaires et autocollants portant un code à barres, puis
notifier le cas au système de surveillance.
• La famille/les proches doivent également être informés de l’admission du patient.

28 PRINCIPES DE LA PRISE EN CHARGE DES FHV


2.2 Analyses de laboratoire et collecte des
échantillons
2.2.1 Tests de dépistage des FHV en laboratoire (46)
Tous les échantillons doivent être considérés comme à haut risque infectieux, et donc
dangereux, du fait de leur caractère hautement pathogène et de leur fort potentiel
de contagiosité. L’identification précoce des FHV repose sur un niveau de suspicion
clinique élevé de la part de l’agent de santé. La capacité à confirmer le diagnostic
d’Ebola ou d’autres FHV suppose de faire appel à des laboratoires de référence
très spécialisés. Inscrire ci-dessous la liste actuelle des laboratoires nationaux (ou
régionaux les plus proches) pour le dépistage des fièvres hémorragiques virales dans
votre pays, notamment :

Laboratoires en mesure de réaliser des PCR pour les virus Ebola ou Marburg :
…………………………………………………………….
……………………………………………………………
……………………………………………………………

Laboratoires en mesure de réaliser des PCR pour la fièvre de Lassa :


…………………………………………………………….
…………………………………………………………….
…………………………………………………………….

Laboratoires en mesure de réaliser des PCR pour la fièvre hémorragique de


Crimée Congo :
…………………………………………………………….

Un système de collecte et de transport d’échantillons capables de s’adapter à


l’évolution de la situation est nécessaire (augmentation ou diminution du nombre de
cas, mise en place de nouveaux laboratoires mobiles, etc.). Le personnel qui collecte et
manipule les échantillons (personnel de laboratoire, personnel infirmier, médecin et
infirmiers-préleveurs, personnel de conditionnement des échantillons avant transport
et responsables de la surveillance qui recueillent les échantillons oraux prélevés sur
les cadavres) doit être formé à l’habillage et au déshabillage en EPI. L’expédition
sécurisée de substances biologiques hautement infectieuses doit respecter des modes
opératoires normalisés locaux garantissant le respect des procédures suivantes :

PRINCIPES DE LA PRISE EN CHARGE DES FHV 29


• veiller à la disponibilité de tous les contenants et du matériel de collecte des
échantillons (voir le Tableau 5). Veiller à ce que le matériel soit assemblé
préalablement à son utilisation. Utiliser de préférence des dispositifs qui évitent
les piqûres d’aiguille, s’il y en a, et toujours garder à portée de la main une boîte
à aiguilles ;
• dans l’idéal, les procédures invasives doivent être réalisées par deux agents de
santé ;
• appliquer les mesures de protection nécessaires lors du prélèvement
d’échantillons, notamment le port d’un EPI complet ;
• veiller à ce que les échantillons soient correctement étiquetés, avec notamment
trois identifiants uniques pour chaque patient – nom, âge et numéro
d’identification unique ;
• utiliser un triple emballage pour les échantillons – voir les exemples en annexe J;
• envoyer immédiatement les échantillons au laboratoire de référence approprié
avec la mention « urgent » et le pictogramme de danger biologique. Il peut
y avoir un réseau national des laboratoires qui collecte les échantillons en vue
de les acheminer vers le laboratoire national de référence (ou un établissement
équivalent dans un pays voisin). Souvent, les centres régionaux ont les capacités
de collecter les échantillons dans des établissements de santé de niveau inférieur
situés dans leur zone d’action.

Le test PCR repose sur la détection de l’ARN viral grâce à l’amplification du nombre de
copies d’ARN à chaque cycle effectué par la machine. Les résultats de PCR sont souvent
exprimés en nombre de cycles nécessaires pour détecter l’ARN viral ou seuil (Ct) ou de
charge virale (copies/ml). Le Ct est défini comme le nombre de cycles nécessaires pour
détecter l’ARN viral au-delà du bruit de fond (c’est-à-dire pour dépasser le seuil). Le
Ct est inversement proportionnel à la charge virale (plus le Ct est faible, plus la charge
virale est élevée).

Le choix du test diagnostique doit être soigneusement pesé, en tenant compte des
spécifications techniques, de l’incidence –et de la prévalence de la maladie, ainsi que
des implications médicales et sociales des résultats fournis. Aujourd’hui, on dispose

30 PRINCIPES DE LA PRISE EN CHARGE DES FHV


de la PCR et de la PCR automatisée, comme GeneXpert. La PCR et GeneXpert sont
tous deux des tests d’amplification de l’acide nucléique qui peuvent être utilisés pour
confirmer une infection par le virus Ebola.

Les tests de diagnostic rapide (TDR) – test de détection d’antigènes à flux latéral –,
hautement spécifiques et sensibles, sont recommandés comme outil de dépistage
dans les zones reculées où la PCR n’est pas facilement accessible. Dans des contextes
épidémiologiques où la prévalence d’Ebola est faible, les TDR hautement spécifiques
sont nécessaires. En effet, à défaut, l’utilisation de tests peu spécifiques est susceptible
de générer davantage de faux positifs que de vrais positifs. Tous les TDR positifs
devront être testés à nouveau par PCR pour confirmer ou non le diagnostic.

Si un test réalisé dans les 72 heures suivant l’apparition des symptômes est négatif,
il doit être répété.

PRINCIPES DE LA PRISE EN CHARGE DES FHV 31


Tableau 5. Prélèvement des échantillons pour les fièvres hémorragiques virales
Échantillon Pour PCR : sur sang total ou sang coagulé, ou sérum/plasma ou tissu,
échantillon oral prélevé sur des cadavres, sperme et lait maternel.
Pour ELISA : sang total, sérum ou plasma.
Pour l’immunohistochimie : échantillons de peau ou de tissu provenant
des cas décédés.
Moment et modalité Prélever un échantillon sur chaque cas suspect.
de prélèvement Tous les échantillons doivent être considérés comme potentiellement
infectieux. Les agents de santé qui effectuent les prélèvements ou qui
transportent ces échantillons doivent porter un EPI complet et appliquer
de manière stricte les autres précautions relatives aux FHV (voir la
section 7) pour réduire au minimum le risque d’exposition à des agents
pathogènes.
Préparation, MANIPULER ET TRANSPORTER LES ÉCHANTILLONS DE CAS SUSPECTS
conservation et DE FHV AVEC UNE EXTRÊME PRUDENCE. PORTER UN EPI ET PRENDRE
transport DES PRÉCAUTIONS D’ISOLEMENT (voir la section 7) jusqu’à ce que les
échantillons soient enfermés dans un triple emballage.
• Échantillon pour ELISA ou PCR : réfrigérer le sang total, le sérum, le
sang coagulé et les échantillons oraux ;
• Échantillons pour l’isolement viral : congeler (≤ –20 ºC [=inférieur
à moins vingt degrés Celsius])
• Tissus pour l’immunohistochimie : fixer les biopsies cutanées dans
du formol. Les échantillons peuvent être alors conservés jusqu’à 6
semaines. Ils ne sont plus infectieux dès qu’ils sont dans le formol.
Les échantillons fixés dans le formol peuvent être stockés et
transportés à température ambiante et ne requièrent pas de triple
emballage.
REMARQUE : TOUS LES ÉCHANTILLONS DOIVENT ÊTRE ENFERMÉS DANS UN
TRIPLE EMBALLAGE, À L’EXCEPTION DES ÉCHANTILLONS FIXÉS DANS LE
FORMOL (voir l’annexe J).
LES ÉCHANTILLONS DOIVENT ÊTRE CORRECTEMENT ÉTIQUETÉS ET
ACCOMPAGNÉS D’UNE DOCUMENTATION COMPLÈTE (Y COMPRIS LE
FORMULAIRE D’INVESTIGATION DES CAS).

32 PRINCIPES DE LA PRISE EN CHARGE DES FHV


Diagnostic en laboratoire des infections à virus Ebola/Marburg, de la
fièvre de Lassa ou de la FHCC
Le diagnostic en laboratoire peut être difficile selon le stade de la maladie / le moment
où le patient se présente, la durée des symptômes et les antécédents d’exposition
(Tableau 5). En général, la confirmation du diagnostic étiologique de FHV requiert des
laboratoires de référence très spécialisés (avec un haut niveau de sécurité biologique)
situés à un niveau central. Cependant, lors de la vaste épidémie d’Ebola en Afrique de
l’Ouest, il a été nécessaire de mettre en place des laboratoires mobiles en mesure de
réaliser des PCR à proximité des lieux d’intense transmission et de prise en charge des
cas, plutôt qu’au niveau central.

Tableau 6. Interprétation des résultats de laboratoire pour une FHV chez des
patients présentant des symptômes aigus
Confirmation en laboratoire : Résultat
Infection aiguë PCR et/ou IgM positives
Infection récente (dans les deux mois
IgM et IgG positives
précédents)
Infection plus ancienne IgG positives seulement (pas d’IgM)

Pour confirmer un cas de FHV, on peut soumettre les échantillons sanguins (sang,
sérum ou plasma) prélevés sur les cas suspects à trois tests de laboratoire ; le choix
du test dépend du moment du prélèvement par rapport à la date d’apparition de la
maladie.
• Le test PCR – souvent appelé PCR en temps réel ou PCR après transcription
inverse ou RT-PCR – met en évidence la présence du virus dans le sang ou les
tissus pendant la phase aiguë de la maladie. C’est la méthode de choix pour
confirmer une FHV, pour des échantillons sanguins comme pour des échantillons
oraux prélevés sur des cadavres. Dans certaines circonstances, on peut remplacer
cette épreuve par un test ELISA de détection d’antigènes, mais ce test est moins
sensible.
• La détection d’anticorps IgM, généralement par un test ELISA, indique une
infection récente, datant de quelques mois au plus.
• Les anticorps IgG, également détectés par un test ELISA, persistent pendant
des années après une maladie aiguë. La seule présence d’IgG n’indique pas une

PRINCIPES DE LA PRISE EN CHARGE DES FHV 33


infection récente ou active, mais l’analyse d’échantillons appariés mettant en
évidence une séroconversion des IgG peut permettre de confirmer une infection
aiguë. L’inconvénient des dosages d’IgG est qu’ils donnent souvent lieu à des
réactions croisées.

La charge virale augmente pendant les premiers jours des symptômes, tout comme la
contagiosité du patient. La charge virale dépend à la fois de la réponse immunitaire
du patient et de la dose infectante (inoculum viral). Si le patient mobilise une bonne
réponse immunitaire au virus, les anticorps (IgM et IgG) commenceront à être produits
et pourront être dosés. Inversement, une faible réponse immunitaire est corrélée avec
une forte virémie et associée à une mortalité élevée.

Bien qu’elles ne soient pas recommandées en raison du risque de transmission lors


des activités de routine du laboratoire, les analyses de sang qui mettent en évidence
une thrombocytopénie, une hausse de l’hématocrite et une leucopénie marquée (en
lien avec le tableau clinique) sont évocatrices d’une FHV sans toutefois permettre un
diagnostic étiologique formel.

Pour les patients décédés, les tests d’immunohistochimie peuvent être utilisés pour
détecter des FHV (Ebola ou Marburg par exemple) dans des nécropsies cutanées.
Cependant, en cas de flambée épidémique, la méthode de choix reste la réalisation
de PCR sur des échantillons oraux prélevés sur des cadavres.

Tous les échantillons destinés à des analyses de laboratoire provenant de cas possibles
de FHV doivent être considérés comme très infectieux et traités en conséquence
(c’est-à-dire qu’ils doivent être envoyés à des laboratoires prédéterminés et
dûment informés de l’expédition d’échantillons ou qui reçoivent en routine ce type
d’échantillon à haut risque via un service de transport déposant les échantillons
quotidiennement et à heure fixe). Les tests biologiques indispensables doivent être
réalisées par des laboratoires entièrement dédiés au dépistage des FHV, afin d’éviter
d’exposer inutilement le personnel de laboratoire chargé des tests de routine.

34 PRINCIPES DE LA PRISE EN CHARGE DES FHV


Pièges dans l’interprétation des résultats de laboratoire
Des faux-négatifs peuvent se produire avec des échantillons prélevés au tout début de
l’infection quand la charge virale est encore faible. C’est pourquoi une PCR négative sur
des échantillons de sang total, de plasma ou de sérum, prélevés moins de trois jours
après l’apparition des symptômes, doit conduire à prélever de nouveaux échantillons
pour répéter le test deux à trois jours plus tard. La PCR sur des échantillons oraux est
moins sensible que la PCR sur des échantillons sanguins, en particulier au tout début
de l’infection. Les échantillons oraux sont prélevés uniquement sur des cadavres, dans
lesquels la charge virale est élevée.

Chez les patients qui se présentent tardivement au cours de leur maladie ou qui ont
développé une forme légère de la maladie, la virémie et la PCR peuvent être négatives.
En cas de forte suspicion clinique, on peut avoir recours à la sérologie.

Chez un cas suspect d’Ebola dont l’examen clinique évoque une FHV mais dont les
résultats de tests sont négatifs, il convient d’envisager un dépistage de la fièvre
de Lassa et de garder à l’esprit que de nouveaux virus peuvent émerger, virus qui
donneraient alors des résultats négatifs à tous les tests actuellement existants.

2.2.2 Autres analyses de laboratoire


À cause du risque potentiel de transmission aux employés des laboratoires, les
analyses de sang supplémentaires ne doivent pas être confiées à des laboratoires
d’analyses biologiques de routine, tant que les résultats du dépistage des FHV ne sont
pas connus et négatifs. Exception : on peut utiliser des tests de diagnostic rapides pour
le paludisme ou le VIH, et d’autres trousses de test sur le lieu des soins à condition que
ces tests soient réalisés à l’intérieur de la zone rouge par du personnel correctement
formé portant un EPI complet.

Dépistage du paludisme
Le paludisme peut être dépisté au moyen d’un test de diagnostic rapide (TDR) réalisé
au chevet du malade ou en faisant appel au laboratoire de proximité qui réalisera le
TDR. Si le TDR est négatif, le patient sera considéré exempt de paludisme.

PRINCIPES DE LA PRISE EN CHARGE DES FHV 35


Il est dangereux d’attribuer la fièvre au paludisme si tel n’est pas le cas ; la
prise en charge du patient serait alors inadaptée.

Si le TDR du paludisme est positif, mais que l’on considère le patient comme
un cas suspect au cours d’une flambée d’infection à filovirus, de fièvre de
Lassa ou de FHCC, ou à n’importe quel moment en zone d’endémie de la
fièvre de Lassa, il faut attendre la confirmation virologique de l’infection à
filovirus, de la fièvre de Lassa et/ou de la FHCC (ou la réponse au traitement
antipaludique) avant de laisser sortir le patient du secteur d’isolement.

Autres investigations
Dans les unités de traitement Ebola dotées de laboratoires, certains laboratoires
sont en mesure de réaliser des TDR pour le paludisme et d’autres tests pour doser les
électrolytes (par exemple, au moyen d’un analyseur de type Piccolo) ou pour détecter
d’autres causes de maladie fébrile (hors Ebola) en utilisant la PCR multiplex.

Dans certaines unités de traitement Ebola, des cliniciens munis d’un EPI complet
effectuent des tests sur le lieu des soins dans la zone rouge (par exemple, TDR pour le
paludisme ou le VIH, glycémie, I-Stat pour les électrolytes, etc.), tandis que d’autres
font uniquement des prises de sang qui seront envoyées au laboratoire de l’unité pour
analyses.

Dans ce contexte, des oxymètres de pouls sont utiles pour mesurer rapidement la
fréquence cardiaque et la SpO2.

À noter également qu’il est peu probable que les instruments de laboratoire, de
type « Piccolo », « PCR multiplex » ou dispositif portatif « I-Stat » soient disponibles
avant la déclaration officielle d’une flambée épidémique et l’arrivée d’une aide
supplémentaire.

Des tests de grossesse doivent être réalisés pour toutes les femmes en âge de procréer
en cas de doute sur une grossesse en cours. Le test urinaire peut être réalisé par la
femme elle-même et permet d’éviter qu’un agent de santé soit en contact physique
avec des liquides biologiques. Il faut expliquer à la femme qu’elle doit uriner
directement sur la bandelette, puis communiquer le résultat à l’agent de santé ou
lui montrer.

36 PRINCIPES DE LA PRISE EN CHARGE DES FHV


Pour le diagnostic de la tuberculose (TB), le système GeneXpert permet de
réduire notablement la manipulation des expectorations ; ce système est donc
recommandé par rapport à d’autres tests TB de laboratoire (examen au microscope
des expectorations, culture conventionnelle, test phénotypique de sensibilité aux
antituberculeux) pour limiter le risque de transmission du virus Ebola au personnel
de laboratoire (48). Si le test Xpert MTB/RIF est disponible (48), il convient de prélever
un échantillon d’expectorations, de préférence tôt le matin, et de commencer le
traitement si les résultats du test confirment la TB.

2.3 Notification
Dans cette épidémie d’Ebola, la notification immédiate a lieu dans l’ordre de priorité
suivant :
1. le laboratoire notifie le clinicien qui a demandé le test ;
2. le laboratoire envoie au moins quotidiennement les résultats au Ministère de la
santé et de l’assainissement – selon les structures chargées de la riposte ;
3. les structures nationales ou de district peuvent recevoir les résultats de laboratoire
au même moment par courriel ou selon d’autres modalités.

Lors d’une nouvelle flambée épidémique, dès qu’il y a une suspicion de FHV, il
faut immédiatement le notifier au niveau supérieur et au district, par les moyens
appropriés les plus rapides dont on dispose, notamment par téléphone ou selon
d’autres modalités, comme le système de suivi par sms (« mTRAC »). L’événement doit
aussi être documenté en utilisant le formulaire de notification prévu à cet effet (HMIS
033a). Tous les cas suspects ultérieurs doivent être notifiés et enregistrés sur une liste
pour la suite des opérations (voir le Guide 2010 pour la surveillance intégrée de la
maladie et la riposte (49) pour plus d’informations).

2.4 Isolement et/ou transfert des patients


L’un des principes essentiels de la prise en charge des FHV consiste à dépister les cas
et à veiller à l’isolement des cas suspects, probables ou confirmés pour atténuer les
risques de propagation de la maladie. Lors d’une nouvelle flambée épidémique, en
cas de suspicion de FHV, une zone de soins isolée doit idéalement être disponible
pour l’admission des patients qui nécessitent cette mesure. Si ce n’est pas le cas, ou si
aucune préparation n’a été anticipée, il faut immédiatement désigner et mettre à part
une chambre simple. Celle-ci doit être équipée d’un WC ou d’une latrine, d’une bonne
aération, de moustiquaires aux fenêtres et l’accès doit être restreint. Des documents

PRINCIPES DE LA PRISE EN CHARGE DES FHV 37


expliquant la mise en place d’un secteur d’isolement dans un centre de traitement des
FHV sont disponibles, les consulter si nécessaire.

Pendant une flambée épidémique, tous les établissements de santé non-Ebola doivent
renforcer les précautions standard et l’hygiène des mains. Chaque établissement
de soins doit prévoir une zone de dépistage à l’entrée du bâtiment et un secteur
d’isolement ou de transit pour les cas suspects d’Ebola qui attendent leur transfert
vers une unité de traitement Ebola.

38 PRINCIPES DE LA PRISE EN CHARGE DES FHV


3-Prise en charge des cas suspects
ou confirmés d’infection à virus
Ebola (valable également pour la fièvre de Lassa,
l’infection à virus Marburg et la FHCC)

La prise en charge clinique des FHV est avant tout un traitement symptomatique et
de support des fonctions vitales. Pour ce faire, la prise en charge doit être axée sur
l’identification précoce des patients à risque d’évolution grave et de complications,
en association avec un traitement symptomatique adapté. Le niveau des soins et des
interventions requis varie selon le niveau de gravité de la maladie, ceci comprenant
notamment la prise en charge du choc septique et les soins palliatifs s’ils sont indiqués.
Le contrôle de la douleur et la prise en charge de l’anxiété sont particulièrement
importants et tous les patients doivent bénéficier d’un suivi attentif de ce point de
vue, ainsi qu’un soutien psychologique (voir la section 6).

Au cours de la dispensation des soins, les agents de santé doivent être particulièrement
attentifs aux précautions standards ainsi qu’aux bonnes pratiques concernant le port
de l’EPI (voir la section 7).

Les flacons contenant les médicaments injectables à prélever ne doivent pas être
en verre ou, s’ils le sont, ils doivent être munis d’un bouchon en caoutchouc. Éviter
d’utiliser des flacons qui nécessitent de briser le verre, car c’est à la fois difficile et
dangereux en EPI ; cela a donné lieu à plusieurs évacuations médicales pour cause
d’exposition (à faible risque). Dans certaines unités de traitement Ebola, les
médicaments sont préparés en zone verte afin de réduire le risque d’exposition aux
objets piquants/tranchants en zone rouge. Cependant, certains médicaments ne
peuvent pas être préparés longtemps à l’avance, d’autres font l’objet d’une décision
médicale urgente, ils devront être déconditionnés et préparés à l’intérieur de la zone
rouge.

Toujours commencer l’évaluation du patient par le contrôle rapide ou « Quick


Check » (9) (chez l’adolescent et l’adulte) ou l’algorithme de triage, d’évaluation et
de traitement d’urgence ou TETU (chez l’enfant) (10) pour reconnaître les signes

40 PRISE EN CHARGE DES CAS SUSPECTS OU CONFIRMÉS D’INFECTION À VIRUS EBOLA


d’urgence et répondre par un traitement adéquat (voir la section 4 pour les signes
d’urgence). Si le patient présente des signes de gravité, se reporter à la section 4.
Les affiches murales qui présentent les signes de gravité et les dosages, enfants et
adultes, des médicaments courants doivent être disposées bien évidence dans l’unité
de soins confinée (ou l’unité dans laquelle les patients sont placés en isolement). Le
manuel de PCIMA pour le clinicien de district (9) (IMAI DCM) et le guide de poche Soins
hospitaliers pédiatriques (10) doivent pouvoir être consultés si nécessaire.

3.1 Traitements et considérations pour tous les cas


suspects ou confirmés d’Ebola ou d’autres FHV
Traitement antipaludique : si un TDR est disponible, tester et traiter le patient
s’il est positif. En l’absence de TDR ou si les résultats tardent à venir, administrer des
antipaludiques de manière empirique à tous les patients qui ont de la fièvre ou des
antécédents de fièvre.
• Il est important de savoir si le TDR pour le paludisme est positif, en particulier si
le patient est un enfant.
• Traiter le patient avec de l’artésunate injectable plutôt qu’une association
médicamenteuse comportant de l’artémisinine (ACT) par voie orale, si les signes
indiquent une forme grave de paludisme (administrer de l’artésunate pendant
au moins 24 heures, puis compléter avec une ACT pendant trois jours entiers).
(Voir l’annexe C)
• Un TDR peut être fait au chevet du patient en prélevant du sang sur la tubulure
IV, ce qui élimine les risques associés à l’utilisation d’une aiguille supplémentaire.
• Administrer un traitement antipaludique empirique si aucun résultat fiable et
immédiat n’a pu être obtenu lors du test au chevet du patient.
• Noter si le patient a déjà reçu un traitement antipaludique et le nombre de
doses reçues, le cas échéant, dans un centre de transit ou dans un centre de soins
communautaire, ou encore avant son transfert depuis un établissement de santé
non-Ebola.
• Les TDR doivent provenir d’un fournisseur fiable (voir [Link]
entity/malaria/publications/atoz/rdt_selection_criteria/en/[Link]).

Donner des sels de réhydratation orale (SRO). En cas de vomissements, de


diarrhée, de signes patents de déshydratation ou si les apports hydrosodés sont

PRISE EN CHARGE DES CAS SUSPECTS OU CONFIRMÉS D’INFECTION À VIRUS EBOLA 41


insuffisants, commencer l’administration de liquides en IV – voir les sections 3.3 et
4.2. Voir la section 3.3 pour les approches permettant d’optimiser la prise de SRO.

Les SRO doivent être disponibles pour tous les patients. Vérifier régulièrement
l’approvisionnement en SRO.

Antibiotiques : les antibiotiques oraux empiriques (par exemple, ciprofloxacine,


céfixime ou amoxicilline-clavulanate) ou les antibiotiques en IV (par exemple,
ceftriaxone) doivent être administrés :
°° aux cas suspects d’Ebola qui présentent des signes cliniques faisant
craindre une infection bactérienne, par exemple des antibiotiques ciblés;
°° à tous les patients gravement malades, en raison du risque de septicémie
bactérienne ;
°° à tous les enfants âgés de moins de cinq ans admis avec une suspicion
d’infection à virus Ebola : les signes et symptômes de septicémie chez
l’enfant ne sont pas spécifiques, donc il est recommandé d’administrer
systématiquement des antibiotiques à large spectre en IV ou en
IM (ceftriaxone 80 mg/kg IV/IM une fois par jour pour les enfants
âgés de plus d’une semaine, maximum 2 grammes pendant 5 à 10
jours. Pour les nourrissons âgés de moins d’une semaine, 150 mg IV/
IM). (Alternativement, il est possible également d’administrer de la
ceftriaxone 50 mg/kg deux fois par jour à toutes les tranches d’âges ;
ainsi, si une seule dose est oubliée, l’enfant ne manquera d’antibiotiques
que pendant 12 heures.)
• Si le patient reçoit du Ringer Lactate par IV, rincer la tubulure de perfusion avec
10 ml de solution saline à 0,9 % avant de l’utiliser pour administrer la ceftriaxone,
afin d’éviter la formation de précipités calciques.
• Quand faut-il arrêter les antibiotiques ? Évaluer le besoin en antibiotiques et leur
efficacité, et limiter la durée du traitement autant que possible. Si le patient
présente un résultat de PCR positif pour Ebola et qu’il n’est pas gravement malade,
envisager d’arrêter les antibiotiques.
• Prendre en compte les risques d’interactions médicamenteuses (voir l’annexe D)
et les effets secondaires.
• En cas d’aggravation des douleurs abdominales ou de diarrhée sanglante,
envisager d’ajouter du métronidazole au traitement.

42 PRISE EN CHARGE DES CAS SUSPECTS OU CONFIRMÉS D’INFECTION À VIRUS EBOLA


AUTRES CONSIDÉRATIONS
• Si le patient est une femme en âge de procréer, lui demander si elle est enceinte
et effectuer un test de grossesse.

• Envisager les diagnostics différentiels ou associés, notamment l’existence de


comorbidités : pneumonie, fièvre typhoïde, VIH, tuberculose, drépanocytose,
malnutrition, autres infections tropicales endémiques en Afrique de l’Ouest (par
exemple : amibiase, schistosomiase, filarioses, trypanosomiase, géohelminthiase,
giardiase et rickettsioses). Une hyperinfestation à strongyloïdes peut ressembler
à une infection sévère à virus Ebola. Pour les patients gravement malades, en
particulier les cas suspects dont la PCR pour Ebola est négative, envisager un
traitement empirique par Iivermectine.

Les patients sous traitement antirétroviral pour le VIH ou sous traitement


antituberculeux, ceux qui prennent des médicaments pour le diabète sucré,
l’hypertension ou d’autres affections chroniques, doivent continuer leur traitement
(sachant qu’une modification du dosage de certains médicaments peut s’avérer
nécessaire si le patient est gravement malade et qu’il présente une insuffisance
rénale ou hépatique, ou qu’il fait de l’hypertension). Si le traitement antirétroviral
ou le traitement antituberculeux sont interrompus au cours d’une maladie grave,
ils doivent être à nouveau administrés dès que possible, et l’interruption doit être
signalée à l’équipe clinique qui prend en charge la tuberculose ou le traitement
antirétroviral du patient (50).

Réaliser un bilan complet des nourrissons et des jeunes enfants, y compris


nutritionnel, et envisager le diagnostic différentiel et les traitements empiriques,
suivant l’approche de la Prise en charge intégrée des maladies de l’enfant (PCIME)
(51) et le guide de poche Soins hospitaliers pédiatriques (10). Garder à l’esprit que de
nombreux enfants hospitalisés en raison d’une suspicion d’Ebola peuvent être atteints
de maladies sous-jacentes autres qu’une infection à virus Ebola.

*** Si un diagnostic spécifique est posé en plus d’une FHV (pneumonie par
exemple), appliquer les principes et directives établis pour traiter cette affection.
Il est important que l’identification de la source d’infection ne retarde pas
l’administration de traitements symptomatiques et d’antibiotiques empiriques.

PRISE EN CHARGE DES CAS SUSPECTS OU CONFIRMÉS D’INFECTION À VIRUS EBOLA 43


Envisager d’autres causes de fièvre dans le cadre du diagnostic différentiel, à exclure,
le cas échéant, après des investigations ad hoc, si celles-ci sont disponibles et si elles
peuvent être menées sans risque (voir la section 2.2.2), ou envisager un traitement
empirique si ces autres causes de fièvre ne peuvent pas être exclues de manière fiable
et sûre. Consulter le tableau des diagnostics différentiels pour les adultes dans le
manuel de PCIMAA pour le clinicien de district (9) et le guide de poche Soins hospitaliers
pédiatriques (10).

3.2. Prise en charge des signes et symptômes


Des suggestions relatives à la prise en charge spécifique des signes et symptômes
sont présentées ci-dessous. Faire attention aux interactions médicamenteuses et
éviter la polymédication, en particulier l’administration concomitante de plusieurs
médicaments susceptibles d’allonger l’intervalle QT sur l’électrocardiogramme
contribuant ainsi au développement d’arythmies (ces médicaments sont
notamment l’ondansétron, l’amodiaquine, la luméfantrine, la ciprofloxacine) (voir
l’annexe D). Pour certains patients, il peut être possible d’éviter l’administration
d’un antiémétique en corrigeant l’acidose par une réhydratation IV. Il est important
d’arrêter l’administration de médicaments une fois qu’ils ne sont plus nécessaires.

44 PRISE EN CHARGE DES CAS SUSPECTS OU CONFIRMÉS D’INFECTION À VIRUS EBOLA


Tableau 7. Prise en charge spécifique des signes et symptômes
Symptôme/signe Traitement
Fièvre Paracétamol (adapter la posologie à la dysfonction hépatique, voir la
(>38,0 °C) posologie à l’annexe C). Éviter les anti-inflammatoires non stéroïdiens
(diclofénac, ibuprofène ou aspirine) en raison de leurs effets sur les
plaquettes et sur le système digestif. (Voir également la section 3.1 :
Traitement antipaludique).

Voir le manuel de PCIMAA, section 10.1, et le guide de poche pour les soins
pédiatriques p.305.
Hémorragie aiguë Envisager une transfusion de sang total frais ou de globules rouges sur
importante/ pâleur la base des indicateurs cliniques et, idéalement, de laboratoire (par
sévère exemple, Hb, hématocrite, INR, etc.). Beaucoup de patients malnutris,
ou qui s’alimentent peu, et ceux qui suivent un traitement antibiotique
ont une légère carence en vitamine K qui peut conduire à des élévations
de INR/TP et prédisposer à l’hémorragie. Il convient alors d’administrer
des multivitamines et/ou de la vitamine K (par exemple, 10 mg par
jour par voie orale pendant trois jours) au moment de l’admission,
ou 10 mg de vitamine K par voie intraveineuse pour les patients
incapables d’avaler des médicaments, qui saignent et qui ont un accès
IV ; cependant, on ignore l’efficacité de cette mesure chez les patients
Ebola. Le traitement d’une hémorragie importante avec du plasma
frais congelé doit de préférence être décidé en fonction de la valeur
de INR/TP. On peut envisager d’administrer d’autres médicaments
pour prévenir ou traiter l’hémorragie telle que des antifibrinolytiques
(acide tranexamique par voie IV) en fonction des données probantes
extrapolées à partir d’autres populations de patients, mais on ne
dispose pas de ces données pour les patients Ebola. Voir le manuel de
PCIMAA, section 4.0, et le guide de poche pour les soins pédiatriques
p.161, 218, 308-312.
Douleur Pallier 1 : paracétamol (voie orale ou IV)
Pallier 2 : tramadol (voie orale ou IV)
Pallier 3 : morphine (voie orale ou IV)
Éviter le diclofénac, l’ibuprofène, l’aspirine et autres AINS en raison de
leurs effets sur les plaquettes et sur l’appareil digestif.
Attention à la dépression respiratoire et aux troubles de conscience chez
les patients sous morphine.
Voir l’annexe C pour la posologie du paracétamol, du tramadol et de la
morphine.
Voir le manuel de PCIMAA, section 20, et le guide de poche pour les soins
pédiatriques, section 10.4, p.306.

PRISE EN CHARGE DES CAS SUSPECTS OU CONFIRMÉS D’INFECTION À VIRUS EBOLA 45


Difficultés/ détresse Oxygène : titrer le débit d’oxygène jusqu’à obtenir une Sp02 ≥90 %
respiratoires Si SpO2 <90 %, chez l’adulte, donner 5 litres/minute (masque, canule
nasale selon le matériel disponible et le risque hémorragique) ; pour
l’enfant, commencer à 1-2 litres/ minute (canule nasale). Dans la phase
aiguë de l’état de choc (les 24 premières heures) chez l’enfant, quand
l’apport en oxygène est insuffisant, donner de l’oxygène si SpO2<94 %
(52).
Rechercher des signes/symptômes en faveur d’une étiologie
particulière : une pneumonie, une respiration sifflante (asthme), une
surcharge hydrique, une insuffisance cardiaque, et prendre en charge en
conséquence. (Ne pas utiliser une même canule pour plusieurs patients
– la jeter après utilisation par un patient.)
Voir le manuel de PCIMAA, section 3.2 pour la prise en charge de la
détresse respiratoire, de l’insuffisance cardiaque et de la pneumonie, et le
guide de poche pour les soins pédiatriques, p. 11, 82, 312-315.
État de choc Voir la section 4. (Voir le manuel de PCIMAA, section 3.1, et le guide de
poche pour les soins pédiatriques, section 1.3.)

46 PRISE EN CHARGE DES CAS SUSPECTS OU CONFIRMÉS D’INFECTION À VIRUS EBOLA


Diarrhée, SRO. Surveiller les signes de déshydratation. Pas de déshydratation :
vomissements, signes plan A ; légère déshydratation : plan B ; déshydratation sévère : plan C.
de déshydratation Voir les sections 4.2 (adulte) ou 4.3 (enfant).
Donner 20 mg/jour de zinc pendant 10 à 14 jours aux enfants
diarrhéiques ; pour les nourrissons de moins de 6 mois, 10 mg/jour.(53)
Les nausées et les vomissements sont courants. Les vomissements dus
à l’acidose peuvent régresser avec une réhydratation IV adaptée ; tout
patient présentant des vomissements importants devrait recevoir un
traitement IV contenant du glucose.
Les médicaments antiémétiques peuvent apporter un certain
soulagement et faciliter la réhydratation orale, en particulier lorsque
des vomissements prolongés gênent la prise orale.
Traitement de choix : ondansétron 4 mg en comprimés :
de 6 mois à 2 ans (<10 kg) : ½ comprimé une fois par jour
de 2 à 4 ans (>10 kg) : ½ comprimé deux fois par jour
de 4 à 12 ans : 1 comprimé deux fois par jour
12 ans et plus, adultes : 1 à 2 comprimés deux fois par jour.

Ondansétron en injection pour les patients à partir de l’âge de 6 mois,


0,15 mg/kg trois fois par jour.
Ou pour les adultes, donner 25-50 mg de chlorpromazine, quatre fois
par jour en IM* ou par voie orale, ou 10 mg de métoclopramide en IV ou
par voie orale trois fois par jour jusqu’à l’arrêt des vomissements.
Ou pour les enfants >2 ans, donner 12,5 mg de prométhazine en IM*.
Surveiller les signes extrapyramidaux.
Attention, ces traitements ne doivent pas conduire à une sédation
excessive.

Diarrhée sanglante : envisager d’ajouter du métronidazole ou du


tinidazole pour l’amibiase (+/- ciprofloxacine si le patient n’est pas sous
ceftriaxone).
Voir le manuel de PCIMAA, sections 10.7c et 10.7d, et le guide de poche
pour les soins pédiatriques, section 5.
Dyspepsie Adultes et enfants ≥10 ans : 20-40 mg/jour d’oméprazole par voie orale
(« brûlures d’estomac ») ou 2 comprimés de trisilicate de magnésium toutes les 8 heures jusqu’à
disparition des symptômes.
Enfants de 2 à 12 ans, 10-20 mg (1 mg/kg) d’oméprazole ou 5-10 ml
de trisilicate de magnésium trois fois par jour, ou Gaviscon® ou
peptobismol liquide si disponible.
Voir le manuel de PCIMAA, section 10.7c.

PRISE EN CHARGE DES CAS SUSPECTS OU CONFIRMÉS D’INFECTION À VIRUS EBOLA 47


Convulsions/ crises Aborder les patients convulsifs avec prudence, demander de l’aide,
donner un traitement uniquement en cas de nécessité (contrôle des
indications pour éviter des effets secondaires, en particulier sédatifs).
Garder à l’esprit l’hypoglycémie (mesurer la glycémie),
l’hyperpyrexie ( mesurer la température) et d’autres causes
réversibles de convulsions (médicaments).
Donner du diazépam pour faire cesser la crise convulsive si elle se
prolonge, par voie rectale si une voie IV n’est pas posée et en l’absence
de diarrhée – adulte 20 mg (4 ml d’une solution à 10 mg/2ml), enfant
0,5 mg/kg, puis contrôler avec une dose de charge de phénobarbital
(enfant : 15 mg/kg en 15 minutes – en IM ou IV) ; adulte : 10 mg/kg IV).
Voir le manuel de PCIMAA, « Quick Check », p. 42 et TETU p. 15.
Signes d’hypoglycémie Mesurer la glycémie et la contrôler régulièrement. (Si le dosage de la
glycémie n’est pas disponible et qu’une hypoglycémie est suspectée,
traiter de manière empirique et observer la réponse.)
Si la glycémie est faible : chez l’enfant, donner 5 ml/kg de G10% (ou
1 ml/kg de G50%) ; chez l’adolescent ou l’adulte, donner 125 à 250 ml de
G10% rapidement (ou 25 à 50 ml de G50%). Utiliser du G5% dans toutes
les perfusions de base à délivrer en continu sur 24 h.
Apporter un soutien alimentaire/nutritionnel (voir la section 3.8).
S’assurer que l’enfant est alimenté.
Voir le manuel de PCIMAA, « Quick Check », p. 42 et TETU p. 16.
Anxiété Apporter un soutien psychologique (voir la section 6). Diazépam –
adultes : on peut envisager 5-15 mg/jour en trois doses dans les cas
sévères.
Voir le manuel de PCIMAA, section 10.11.
État de confusion chez Raisonner le patient de manière calme et sans agressivité. Laisser la
le patient coopératif lumière allumée la nuit.
Envisager de donner 5 mg de diazépam la nuit (adulte).
Agitation, confusion Sédation : 2,5 à 5 mg d’halopéridol en IM (selon la taille de l’adulte).
et agressivité chez un Aborder le patient avec prudence, demander de l’aide, donner un
patient non coopératif traitement uniquement si c’est sans danger.
Voir le manuel de PCIMAA, « Quick Check » p. 60.

48 PRISE EN CHARGE DES CAS SUSPECTS OU CONFIRMÉS D’INFECTION À VIRUS EBOLA


Symptômes Envisager une carence en thiamine (béribéri) et donner 50 mg de
neurologiques vitamine B1 en IM ou IV une fois par jour pendant plusieurs jours.
inexpliqués, notamment
neuropathie
périphérique, paralysies
du nerf crânien,
encéphalopathie,
aphonie, insuffisance
cardiaque

*IM : ATTENTION L’INJECTION IM PEUT ÊTRE CONTRI-INDIQUEE EN CAS DE TROUBLES SEVERES DE LA COAGULATION

3.3 Prise en charge des cas moins sévères


Les manifestations cliniques d’une infection à virus Ebola peuvent varier et les
patients se présenter avec des symptômes légers ou modérés, surtout au début de
la maladie. En effet, en dépit de ces symptômes (fièvre, céphalées et/ou fatigue, ces
patients peuvent :
• marcher ;
• ne pas vomir ni présenter une forte diarrhée ;
• manger et boire.
• Tous les patients doivent recevoir des sels de réhydratation orale (SRO) et doivent
être encouragés à les boire.
• Prendre en charge les symptômes (voir la section 3.2).
• À chaque changement d’équipe soignante surveiller l’apparition éventuelle de
signes de gravité (voir la section 4).
• Si le patient est stable, il n’est pas nécessaire d’effectuer d’autres analyses de
laboratoire après le TDR initial pour le paludisme.
• En l’absence de fièvre pendant 72 heures, demander une nouvelle PCR et
programmer la sortie du patient (voir la section 8).

PRISE EN CHARGE DES CAS SUSPECTS OU CONFIRMÉS D’INFECTION À VIRUS EBOLA 49


3.4 Réanimation liquidienne – liquides par voie
orale et intraveineuse
Approches permettant d’optimiser la prise de SRO et d’autres liquides :
• les patients doivent être activement encouragés à boire fréquemment. Dans le
secteur des cas confirmés, demander aux patients les moins graves d’encourager
la prise de SRO par les patients plus gravement atteints ;
• en cas de nausées ou de vomissements, envisager l’administration d’un
antiémétique comme l’ondansétron ;
• donner des SRO aromatisés ou de l’eau gélifiée (lait de coco provenant d’une noix
de coco jeune) ou mélanger avec du jus de fruit ;
• utiliser un récipient que le patient peut facilement prendre en main lorsqu’il est
allongé sur son lit (fournir une paille ou utiliser un gobelet à bec si possible) ;
• fournir au patient une table de nuit ou une étagère à une hauteur adaptée pour
que le récipient soit facilement accessible ;
• prévoir un oreiller avec housse en plastique pour les patients faibles afin de les
aider à se mettre en position semi-couchée pour boire plus facilement ;
• pour les enfants qui sont seuls ou qui sont accompagnés par un parent malade,
maintenir un apport liquidien suffisant peut se révéler difficile. Dans le secteur
des cas confirmés, les patients les plus légèrement atteints peuvent apporter une
aide. Dans le secteur des cas suspects, on peut envisager d’employer un survivant
d’Ebola comme superviseur de l’apport liquidien chez les enfants hospitalisés ;
• chez les enfants, en particulier avant l’âge de 2 ans, il faut prévoir une sonde
nasogastrique d’alimentation adaptée à l’âge si l’apport liquidien est faible.
En effet, les aliments liquides (F-75) peuvent être administrés via la sonde
nasogastrique. Avant de faire passer des aliments, le fait d’aspirer ou de rincer la
sonde avec 10 ml de solution saline à 9 ‰ sans que l’enfant ne tousse permet de
s’assurer que la sonde est bien en place.

50 PRISE EN CHARGE DES CAS SUSPECTS OU CONFIRMÉS D’INFECTION À VIRUS EBOLA


Pour évaluer si le patient est capable de s’hydrater uniquement avec des
SRO, et non des perfusions IV :
Il est important de vérifier que la prise de SRO par le patient est adéquate. Les prises
de SRO reposent sur l’auto-administration par le patient. En général, commencer une
hydratation par voie IV dès qu’un doute existe sur la capacité du patient à s’hydrater
suffisamment par voie orale. Vérifier les points suivants :
• le patient est trop faible pour soulever le récipient ?
• quelle quantité reste dans le récipient depuis votre dernière visite ? (surveiller
l’apport).
• le patient est-il capable de se lever de son lit et de marcher ?
• le patient a-t-il des vomissements ?
• le patient a-t-il la diarrhée ? Si oui, la diarrhée est-elle importante/très fréquente ?
• le patient présente-t-il des signes de choc ou de déshydratation ?
• s’agit-il d’un enfant modérément malade ? est-il accompagné d’un aidant ?

PRISE EN CHARGE DES CAS SUSPECTS OU CONFIRMÉS D’INFECTION À VIRUS EBOLA 51


Algorithme décisionnel pour conduire la réhydratation (= le
patient peut-il se réhydrater exclusivement grâce aux SRO ou doit-il
bénéficier d’une perfusion IV)
Le patient a-t-il ...
• des vomissements ?
• une forte diarrhée ?
Concernant le patient ...
• est-il très faible ?
• ne boit-il pas et ne mange-t-il pas suffisamment ?
• est-ce un enfant malade non accompagné d’un aidant ?
• est-il inconscient ?

OUI à toutes les questions NON à toutes les questions

Poser une perfusion IV Donner des SRO – optimiser et


Envisager une voie intra-osseuse chez surveiller la prise de SRO (réévaluer
l’enfant très malade – si la prise est insuffisante, utiliser
la voie IV)
Signes de choc ou de déshydratation ? Encourager le patient à s’alimenter
Forte diarrhée ? Si l’enfant a moins de 2 ans et
s’alimente mal, poser une sonde
nasogastrique pour les SRO et les
OUI NON aliments liquides F-75

Réanimation liquidienne rapide Liquides en IV – entretien et


par IV – administrer du Ringer remplacement en cas de pertes gastro-
lactate intestinales supplémentaires et de pertes
Adultes : voir les sections 4.2 dues à la fièvre – administrer du Ringer
et 4.3 Lactate
Enfants : voir la section 4.4 Adultes : au moins 2-3 litres /jour ou selon
Continuer à donner des SRO si le tableau page suivante
possible Enfants : voir le tableau page suivante

52 PRISE EN CHARGE DES CAS SUSPECTS OU CONFIRMÉS D’INFECTION À VIRUS EBOLA


Tableau 8. Volumes de perfusion à administrer (par heure et par 24 h) en
fonction du poids
Calcul du débit basé sur le poids corporel total : 4 ml/kg/h pour les 10 premiers kg
+ 2 ml/kg/h pour les 10 kg suivants + 1 ml/kg/h pour chaque kg supplémentaire de
poids corporel
Liquide Liquide
Poids Liquide en ml/ Poids Liquide en ml/
corporel en ml/ Gouttes/ jour (24 corporel en ml/ Gouttes/ jour (24
(kg) kg/h minute* heures) (kg) kg/h minute* heures)
1 4 1 96 19 58 19 1 392
2 8 3 192 20 60 20 1 440
3 12 4 288 21 61 20 1 464
4 16 5 384 22 62 21 1 488
5 20 7 480 23 63 21 1 512
6 24 8 576 24 64 21 1 536
7 28 9 672 25 65 22 1 560
8 32 11 768 26 66 22 1 584
9 36 12 864 27 67 22 1 608
10 40 13 960 28 68 23 1 632
11 42 14 1 008 29 69 23 1 656
12 44 15 1 056 30 70 23 1 680
13 46 15 1 104 35 75 25 1 800
14 48 16 1 152 40 80 27 1 920
15 50 17 1 200 45 85 28 2 040
16 52 17 1 248 50 90 30 2 160
17 54 18 1 296 55 95 32 2 280
18 56 19 1 344 60 100 33 2 400

*ATTENTION, TRES IMPORTANT : Suppose des tubulures de perfusions « adulte » avec lesquelles 20 gouttes=1 ml. Refaire le
calcul si les tubulures utilisées sont pédiatriques avec lesquelles 60 gouttes=1 ml.

PRISE EN CHARGE DES CAS SUSPECTS OU CONFIRMÉS D’INFECTION À VIRUS EBOLA 53


Comment prendre en charge les perfusions IV ?
Le personnel qui manipule des cathéters IV doit appliquer strictement les précautions
de lutte contre l’infection (voir la section 7) afin d’éviter les accidents d’exposition au
sang. Les approches pour optimiser la sécurité des cathéters IV pour le personnel et
les patients sont les suivantes :
• Exigences liées au personnel :
°° personnel expérimenté et formé à la pose de cathéter IV ;
°° temps suffisant et personnel disponible (dans certaines situations,
lorsque les effectifs et le temps sont insuffisants, il peut se révéler
impossible de mettre en place et de surveiller un cathéter IV
conformément aux précautions d’usage ;
°° au moins un membre du personnel supplémentaire doit être disponible
pour aider lors de la pose du cathéter IV (il en faut davantage pour les
enfants) ;
°° dans les unités de traitement Ebola qui accueillent beaucoup de
patients, envisager de constituer une équipe dédiée à la mise en place
des perfusions IV ;
°° envisager d’organiser les effectifs de personnel clinique de manière à
échelonner l’entrée dans l’unité de traitement Ebola afin d’aider à la
mise en place ou à la poursuite de l’administration des perfusions IV qui
souvent ne peut pas être gérée le temps d’une seule rotation d’équipe.
• Exigences liées au matériel :
°° réunir tout le matériel : collecteur à piquants/tranchants au chevet du
patient, pansement adhésif, cathéter IV, tampons désinfectants, garrot ;
°° les kits de préparation de cathéter IV à usage unique contenant des
tampons désinfectants, un garrot et des pansements adhésifs sont utiles
en simplifiant la pose du cathéter et la préparation du matériel ;
°° si possible, utiliser des cathéters sécurisés avec aiguilles rétractables
protégées pour réduire le risque de piqûre d’aiguille ;
°° dans l’idéal, utiliser un système à valve unidirectionnelle (par exemple,
Clave©) fixée à la canule intraveineuse, qui permet d’éviter le reflux du
sang dans la tubulure IV lorsque la poche de perfusion est terminée.
Cela facilite le retrait de la tubulure IV une fois que l’administration de la
poche de perfusion est terminée ;
°° pour les enfants et les adultes chez lesquels l’accès veineux est difficile,
il faut rapidement envisager un accès intra-osseux (en utilisant de

54 PRISE EN CHARGE DES CAS SUSPECTS OU CONFIRMÉS D’INFECTION À VIRUS EBOLA


préférence un dispositif électrique, si disponible), si du personnel formé
à cette technique est disponible ;
°° envisager l’utilisation de dispositifs de compression pour l’hémostase si le
saignement du point de ponction IV ne s’arrête pas par l’application d’une
simple compresse de gaze maintenue en pression avec un sparadrap.
• Préparer le patient et confirmer, ou non, la pose du cathéter au regard
du risque encouru :
°° expliquer correctement la procédure au patient ;
°° la pose d’un cathéter IV chez un patient agité peut poser des problèmes
de sécurité : la décision repose alors sur le jugement clinique ;
°° désinfecter les gants en les frottant avec une solution hydroalcoolique ou,
à défaut, se laver les mains gantées avec une solution chlorée à 0,5%, puis
désinfecter convenablement la peau au niveau du site de ponction (14).
• Poser le cathéter intraveineux et adapter la tubulure de perfusion.
• Surveiller attentivement la perfusion IV et l’adéquation du débit aux
besoins de la réanimation liquidienne :
°° il faut surveiller attentivement les patients qui reçoivent des perfusions IV;
°° les tableaux qui indiquent les volumes de liquide à administrer avec le
nombre de gouttes par minute supposent l’utilisation de tubulures de
perfusion IV « adulte » avec lesquels 20 gouttes=1 ml. Avec tubulures
de perfusion IV pédiatrique, 60 gouttes=1 ml soit 20 gouttes par
minute=20 ml/h. Dans la mesure du possible, utiliser une pompe à
perfusion électronique pour pouvoir titrer avec précision les quantités
de perfusion IV à administrer, en particulier chez l’enfant ;
°° mesurer régulièrement la quantité de liquide perfusé, et adapter le
débit de perfusion si besoin ;
°° surveiller l’état d’hydratation du patient (voir la section 4.1) ;
°° surveiller régulièrement la présence de signes de choc ou de
déshydratation, et augmenter le débit de la perfusion si de tels signes
se manifestent (voir la section 4.2) ;
°° surveiller régulièrement les signes surcharge hydro-sodée et qui
peuvent inclure une détresse respiratoire (lié à un œdème pulmonaire)
ou des œdèmes déclives périphériques (pieds enflés ou dans les
parties déclives du corps). De manière générale, des œdèmes déclives
n’imposent pas l’arrêt de la perfusion à eux seuls. Cependant, ils invitent
à réévaluer attentivement le risque d’œdème pulmonaire par surcharge
hydro-sodée, ce qui mettrait la vie du patient en danger;
PRISE EN CHARGE DES CAS SUSPECTS OU CONFIRMÉS D’INFECTION À VIRUS EBOLA 55
°° en l’absence de personnel soignant ou autre personnel compétent (par
exemple la nuit), le cathéter doit être fermé et enveloppé, sauf si une
supervision adéquate est assurée ;
°° chez l’enfant, le cathéter doit être bien enveloppé et fixé par une attelle
si possible. Il peut aussi être utile de couvrir le cathéter au niveau du pied
ou de la main au moyen d’une chaussette.

Chez les enfants qui présentent des saignements spontanés, il faut sérieusement
réfléchir aux risques liés à mise en place d’un accès IV. En fonction de la situation, il
peut y avoir un risque de saignement au niveau des points de ponction (ou des voies
d’abord veineux), donc un risque pour les agents de santé avec un bénéfice médiocre
pour le patient.

3.5 Traitement spécifique pour la fièvre de Lassa


et la FHCC
On peut utiliser de la ribavirine pour traiter les cas de fièvre de Lassa et de FHCC et
l’envisager pour les contacts à haut risque de ces patients. La ribavirine n’est pas
utilisée pour traiter la maladie à virus Ebola ou Marburg contre laquelle elle n’est pas
efficace. Son efficacité clinique dans le traitement de la FHCC et de la fièvre de Lassa
n’a pas été prouvée par un essai contrôlé randomisé, et les avis des experts publiés
dans la littérature divergent à ce sujet. Néanmoins, des données observationnelles
sur la fièvre de Lassa semblent indiquer que la ribavirine est plus efficace lorsqu’elle
est administrée dans les six premiers jours de la maladie (33, 34).

Tableau 9. Posologie de la ribavirine dans le traitement de la fièvre de Lassa et


de la FHCC (34)
Voie d’administration Posologie Intervalle d’administration
30 mg/kg
IV* Dose de charge suivie de :
(maximum 2 grammes)**
15 mg/kg Toutes les 6 heures pendant 4
IV*
(maximum 1 gramme)** jours, suivi de :
7,5 mg/kg Toutes les 8 heures pendant
IV*
(maximum 500 mg)** 6 jours

* Diluer la ribavirine dans 150 ml sérum salé à 0,9 % et perfuser lentement.


** Réduire les doses chez les personnes souffrant d’insuffisance rénale (clairance de la créatinine <50 ml/minute).

56 PRISE EN CHARGE DES CAS SUSPECTS OU CONFIRMÉS D’INFECTION À VIRUS EBOLA


Les effets indésirables graves d’un traitement court à la ribavirine sont rares, mais
nécessitent une surveillance stricte. L’effet secondaire le plus fréquent est, selon la dose
administrée, une anémie hémolytique légère ou modérée, qui nécessite rarement une
transfusion et qui régresse à l’arrêt du traitement. Des frissons peuvent apparaître
lors d’une administration trop rapide. Les contre-indications relatives comprennent :
anémie sévère ou hémoglobinopathie, maladie coronarienne, insuffisance rénale,
hépatopathie décompensée, allaitement au sein et hypersensibilité connue. Une
jaunisse peut se développer chez les patients atteints du syndrome de Gilbert. Les
taux d’hémoglobine, d’hématocrite et de bilirubine doivent être vérifiés au début
du traitement par la ribavirine, puis à intervalles de quelques jours ; si le patient
développe une anémie importante, il faut envisager une transfusion de concentrés
de globules rouges.

En raison de sa demi-vie d’élimination longue (~24 heures) et du grand volume de


distribution, l’effet de la ribavirine peut persister pendant des heures voire des jours
après l’arrêt du traitement, en particulier dans les globules rouges où elle s’accumule.
Malgré la mise en évidence d’effets tératogènes et de la perte du fœtus chez des animaux
de laboratoire sous ribavirine, qui a conduit à contre-indiquer cette substance chez les
femmes enceintes, il faut néanmoins envisager de l’administrer dans le cadre d’une
mesure de survie, compte tenu de la mortalité maternelle et fœtale extrêmement élevée
associée à la fièvre de Lassa pendant une grossesse (34). Les patients qui ont suivi un
traitement de ribavirine doivent éviter les relations sexuelles non protégées pendant une
durée allant jusqu’à six mois après la fin du traitement.

Il est établi que l’anémie hémolytique progressive et l’hypomagnésémie sont dose-


dépendantes (54). La bradycardie a également été signalée. Les autres effets non
spécifiques associés à la ribavirine sont notamment les céphalées, la fatigue, les
insomnies et les nausées.

L’administration orale doivent être limitée au traitement prophylactique après une


exposition à haut risque à la fièvre de Lassa et à la FHCC (voir la section 5).

Chez l’enfant âgé de plus de 9 ans, la posologie de la ribavirine orale ou IV est la même
que celle de l’adulte. Chez l’enfant âgé de 6 à 9 ans, la posologie est de 400 mg par
voie orale toutes les 6 heures. Chez l’enfant âgé de 3 à 6 ans, une posologie de 7,5 mg/

PRISE EN CHARGE DES CAS SUSPECTS OU CONFIRMÉS D’INFECTION À VIRUS EBOLA 57


kg toutes les 12 heures a été utilisée dans le cadre du traitement de l’hépatite C, et
peut être envisagée ici (55).

3.6 Considérations spéciale pour la femme


enceinte et le nouveau-né
Ebola (44)
• Il est important d’identifier et d’évaluer le risque de transmission du virus Ebola
chez toutes les femmes enceintes ou qui viennent d’accoucher, lorsqu’elles se
rendent dans des établissements de soins très fréquentés ou lors de leur admission
dans un établissement de soins Ebola. La grossesse doit être soigneusement
documentée dans le dossier médical.
• Il n’existe pas de données probantes indiquant que les femmes qui survivent à
Ebola et tombent enceintes par la suite représentent un risque de transmission
du virus Ebola. Néanmoins, les femmes enceintes touchées par une infection
active à virus Ebola et les femmes enceintes qui ont survécu à Ebola sans faire de
fausse-couche, peuvent transmettre le virus lors de l’accouchement et/ou de la
prise en charge des complications obstétricales. Les femmes enceintes qui sont
des contacts de cas confirmés d’Ebola présentent un risque potentiel.
• L’infection à virus Ebola pendant la grossesse est associée à un taux élevé de
complications obstétricales, maternelles et périnatales néfastes : avortement
spontané, rupture prématurée des membranes, travail prématuré/naissance
prématurée, hémorragie ante-partum et du post-partum, mort fœtale in-
utero, mortinaissance, décès maternel et décès néonatal. Bien que cela soit rare,
certaines femmes enceintes infectées par le virus Ebola ont guéri sans faire de
fausse-couche. Dans ce cas, il a été démontré que le contenu intra-utérin reste
positif au test PCR de détection de l’ARN du virus Ebola ( ) et seuls quelques rares
nouveau-nés ont survécu au-delà de la période néonatale.
• Au premier contact avec une femme en âge de procréer, il faut
impérativement se renseigner sur une grossesse potentielle et sur
la date de ses dernières menstruations. Ces informations doivent être
documentées et communiquées aux autres agents de santé (en veillant à
préserver la confidentialité et la vie privée, dans la mesure du possible). En
cas d’aménorrhée ou de doute sur une possible grossesse, un test de grossesse
urinaire doit être réalisé. Si c’est réalisable, un test de grossesse urinaire
systématique peut être envisagé pour toutes les femmes en âge de procréer. Il

58 PRISE EN CHARGE DES CAS SUSPECTS OU CONFIRMÉS D’INFECTION À VIRUS EBOLA


est à noter que les précautions de lutte contre l’infection doivent être appliquées
lors du test urinaire.
• Les femmes enceintes, cas suspects, probables ou confirmés d’Ebola doivent
être orientées vers une unité de traitement Ebola avec la capacité (personnel
et équipement) de prendre en charge les principales complications liées à
l’accouchement, tant obstétricales que néonatales.

Prise en charge des femmes enceintes et du post-partum dans une


unité de traitement Ebola
• Déterminer l’âge gestationnel en fonction de la date des dernières règles, vérifier
la taille de l’utérus par palpation abdominale et mesurer la hauteur utérine.
• Demander à la femme si elle allaite au sein et si elle a déjà eu une césarienne.
• Utiliser un Doppler pour déterminer la présence ou l’absence des battements
cardiaques fœtaux au moment de l’admission dans l’unité de traitement Ebola,
ceci afin, d’une part, d’informer la mère et recueillir son consentement éclairé et,
de l’autre, pouvoir prendre une décision médicale argumentée.
• Les femmes enceintes doivent être prises en charge dans une zone spécifique
du centre de traitement permettant de préserver leur intimité. Prévoir les
équipements nécessaires pour sécuriser les accouchements et une zone réservée
à la prise en charge des complications de la grossesse, comme les avortements
spontanés, par exemple. Comme décrit ci-dessous, des précautions doivent être
prises au cours de l’accouchement et de la prise en charge des complications
obstétricales afin d’éviter la contamination des agents de santé.
• Prescrire et administrer les apports liquidiens, les traitements anti-infectieux
(antibiotiques, antiparasitaires et antiviraux) en fonction des besoins,
conformément aux indications fournies dans la section 3. Dès que l’état de la
patiente le permet –stabilité clinique, prescrire du sulfate de fer/de l’acide folique
et des multivitamines. Dans la mesure du possible, suivre les recommandations du
Ministère de la santé ou de l’OMS concernant le dépistage du VIH et la prévention
de sa transmission de la mère à l’enfant.
• Une antibioprophylaxie doit être administrée en cas de rupture prématurée
de la poche des eaux et peut être envisagée en cas d’avortement incomplet,
d’hémorragie obstétricale ou de rétention placentaire. Une antibiothérapie doit
être administrée en cas de suspicion de chorioamniotite, d’infection génitale
haute ou d’abcès tubo-ovarien. Envisager également l’administration d’une
antibiothérapie en cas de procédures de soins intra-utérines ou si les circonstances

PRISE EN CHARGE DES CAS SUSPECTS OU CONFIRMÉS D’INFECTION À VIRUS EBOLA 59


font craindre la survenue d’une surinfection à la suite d’un accouchement
spontané normal par voie basse.
• Les kits d’accouchement prêts à l’emploi (clamps en plastique, gaze, ciseaux
jetables, champs absorbants, protections hygiéniques, et misoprostol [pour
la prévention de l’hémorragie du post-partum], ainsi que les kits de prise en
charge des complications obstétricales, comme l’hémorragie du post-partum ou
l’éclampsie, doivent être immédiatement disponibles dans tous les établissements
de santé (Ebola et non-Ebola) pour réduire les risques liés à l’accouchement.
• La prise en charge des complications, comme la dystocie, dépendra des
compétences du personnel de l’unité de traitement Ebola et de sa capacité
à réaliser des actes chirurgicaux pour sauver la mère, tout en prenant en
considération les risques de contamination en appliquant rigoureusement les
mesures appropriées de lutte contre l’infection.
L’exposition des agents de santé au sang et aux autres liquides
biologiques doit être réduite au minimum pendant les procédures
• Planifier et organiser l’équipe soignante avant de réaliser les procédures (quatre
membres du personnel formés sont recommandés – deux expérimentés dans
les accouchements et les soins obstétricaux d’urgence, un chargé d’identifier
et de décontaminer les surfaces souillées et un observateur chargé de veiller à
l’application des mesures de lutte contre l’infection).
• Porter un EPI complet lors de la dispensation des soins liés à l’accouchement
dans les établissements Ebola (protection de la tête, masque facial, lunettes de
protection ou écran facial, bottes, combinaison ou blouse, tablier et une double
paire de gants), avec des gants longs recouvrant les avant-bras jusqu’aux
coudes (44).
• Les mesures standard de lutte contre l’infection doivent être strictement
appliquées – lavage des mains, circuit d’élimination des déchets contaminés
par du sang ou d’autres liquides biologiques sécurisé, gestion adéquate du linge
souillé, manipulation et élimination sans risque des objets piquants/tranchants,
et désinfection adéquate des instruments et équipements contaminés.
• Éviter d’utiliser des instruments ou du matériel tranchants ou piquants – préférer
des ciseaux jetables.
• Limiter les examens vaginaux et les actes invasifs.

60 PRISE EN CHARGE DES CAS SUSPECTS OU CONFIRMÉS D’INFECTION À VIRUS EBOLA


Travail et accouchement
• Porter un EPI complet lors de la dispensation des soins liés à l’accouchement
dans des établissements Ebola, avec des gants longs recouvrant les avant-bras
jusqu’aux coudes ; après chaque intervention, changer systématiquement la
2ème paire de gants, la plus externe, et laver les mains gantées (1ère paire, la
plus interne).
• Poser une perfusion intraveineuse périphérique afin de disposer d’une voie de
remplissage intravasculaire en cas d’injection intraveineuse de médicaments en
urgence.
• Sauf en cas d’indication formelle, ne pas interférer avec le déroulement spontané
du travail :
°° Ne pas rompre artificiellement les membranes.
°° Limiter le nombre d’examens vaginaux.
• Si possible, réaliser une partogramme.
• Le rythme cardiaque fœtal doit être mesuré avec un Doppler au moment de
l’admission dans l’établissement de traitement Ebola, puis selon l’évolution
clinique. Il n’est pas conseillé de mettre en place une surveillance fœtale continue.
• Administrer un utérotonique immédiatement après l’expulsion du bébé pour
prévenir l’hémorragie du post-partum, conformément aux recommandations de
l’OMS et nationales ( ). Si le personnel qualifié n’est pas disponible, donner du
misoprostol et attendre l’expulsion du placenta.
• Adapter les procédures au statut de l’enfant :
°° Si l’enfant est mort-né : il est inutile de clamper et de couper le cordon.
°° Si l’enfant est vivant : attendre une minute après la naissance (jusqu’à
trois minutes si le cordon continue de battre), puis clamper le cordon
à l’aide de deux clamps jetables et le couper en utilisant des ciseaux
jetables.
• La sécurité des agents de santé et l’impact potentiel des décisions thérapeutiques
doivent être soigneusement pris en compte avant d’entreprendre des actes
invasifs comme l’épisiotomie, l’extraction manuelle du placenta ou l’aspiration.
• Limiter l’exposition aux objets piquants/tranchants et aux liquides biologiques
en envisageant des approches thérapeutiques alternatives moins à risque. Ainsi :
• Il faut d’abord comprimer avec un tampon absorbant les déchirures périnéales
superficielles au lieu de les suturer d’emblée;
• En cas de rétention placentaire, si la femme est cliniquement stable, proposer
une prise en charge conventionnelle consistant successivement à administrer un

PRISE EN CHARGE DES CAS SUSPECTS OU CONFIRMÉS D’INFECTION À VIRUS EBOLA 61


agent utérotonique, garder la patiente sous observation assez longtemps avant
d’envisager une éventuelle extraction manuelle.
• Seul le personnel soignant formé portant des gants longs recouvrant les avant-
bras jusqu’aux coudes peut procéder à une extraction manuelle du placenta.
• Au moment de la sortie de la patiente de l’unité de traitement Ebola, lui
donner des conseils sur l’allaitement au sein, sur la prévention des infections
sexuellement transmissibles et sur l’utilisation de méthodes de planification
familiale (voir la section 9).

Prévention de l’hémorragie du post-partum (HPP)


• Vérifier qu’il n’y a pas d’autre fœtus dans l’utérus.
• L’oxytocine est l’agent utérotonique de choix pour la prévention et le traitement
de l’hémorragie du post-partum (HPP). Cependant, à défaut d’oxytocine, on peut
utiliser du misoprostol. Étant donné que l’administration rapide de l’utérotonique
est capital pour la prévention de l’HPP, le misoprostol a été recommandé comme
agent de première intention dans les unités de traitement Ebola. Le suivi des
recommandations de bonne pratique et une formation sont nécessaires : les
agents utérotoniques ne doivent être administrés et gérés que par du personnel
soignant formé.
• Si l’oxytocine n’est pas disponible ou s’il n’est pas possible de l’administrer, donner
du misoprostol 600 μg par voie orale pour la prévention de l’HPP immédiatement
après l’expulsion du (dernier) bébé. Si la patiente n’est pas capable d’ingérer le
médicament, on peut opter pour une dose de 400 μg par voie sublinguale.
• Si une perfusion IV est en place, on peut administrer 10 UI d’oxytocine en IV direct
pour une légère stimulation (en utilisant un robinet à trois voies et sans dilution
dans la poche de perfusion de 1 litre).
• Une injection IM* d’oxytocine (10 UI) est également envisageable en l’absence de
voie d’abord veineux immédiatement disponible.

62 PRISE EN CHARGE DES CAS SUSPECTS OU CONFIRMÉS D’INFECTION À VIRUS EBOLA


• Dans les 2 cas, il conviendra de mettre en œuvre les mesures de prévention des
accidents d’exposition, en particulier celles s’appliquant aux objets piquants/
tranchants.

Remarque : les effets secondaires potentiels du misoprostol comprennent :


fièvre, frissons, nausées, vomissements et diarrhée, similaires aux symptômes
d’Ebola. Cependant, les effets secondaires du misoprostol disparaissent souvent
spontanément. Traitement symptomatique à adapter au cas par cas.

Traitement de l’hémorragie du post-partum


• l’oxytocine est l’agent utérotonique de choix. En plus des solutés de remplissage
visant à compenser les pertes hydro-électrolytiques et ainsi éviter l’installation
d’un état de choc hypovolémique, perfuser 40 unités d’oxytocine par litre
(40 UI/L)– en commençant par un débit de 60 gouttes par minute pendant les
contractions utérines, puis de 40 gouttes par minute (tubulure de perfusion
adulte : 20 gouttes = 1 ml).
• S’il n’est pas possible d’utiliser de l’oxytocine, administrer du misoprostol
800 microgrammes par voie sublinguale.
• Si réalisable, effectuer un massage utérin externe avec une protection (par
exemple des tampons absorbants) sur l’abdomen de la patiente, en se tenant à
côté d’elle. Afin d’éviter l’exposition au sang ou à d’autres liquides biologiques, ne
pas se tenir directement face à la patiente. Une compression aortique externe est
également envisageable.
• Le recours à un pantalon antichoc non pneumatique comme mesure d’attente en
cas d’hémorragie obstétricale est envisageable s’il est disponible et en présence
de personnel formé à son utilisation.

PRISE EN CHARGE DES CAS SUSPECTS OU CONFIRMÉS D’INFECTION À VIRUS EBOLA 63


Soins du nouveau-né
À ce jour, les quelques données disponibles semblent montrer que le pronostic
fœtal et néonatal des enfants nés de mères infectées par le virus Ebola pendant leur
grossesse est mauvais ; pour autant, le nouveau-né doit recevoir des soins essentiels,
conformément aux recommandations de l’OMS sur la prise en charge intégrée de la
grossesse et de l’accouchement :
• Le matériel de réanimation néonatale (aspiration, insufflateur manuel et masque)
doit être disponible et utilisé par du personnel soignant formé.
• Donner de la vitamine K en IM (dans l’idéal, le nouveau-né doit également
recevoir les vaccinations de routine – BCG et hépatite B).
• Garder l’enfant au chaud et au sec.
• Les agents de santé doivent appliquer les mesures appropriées de prévention de
l’infection pour éviter une infection néonatale lors des soins du cordon.
• Les mères infectées doivent décider si elles allaiteront leur nouveau-né au sein ou
non, en fonction de leur état de santé et de leur préférence – voir la section 3.7 sur
l’allaitement au sein et l’utilisation de substituts de lait maternel.
• Les nouveau-nés confirmés positifs à Ebola doivent être pris en charge
activement dans l’unité de traitement Ebola, et bénéficier d’une prise en charge
symptomatique visant notamment à pallier les défaillances vitales en association
à un traitement antibiotique prophylactique visant à prévenir d’une septicémie
néonatale.

Déclenchement du travail à terme (60)


• Le misoprostol ne doit pas être administré aux patientes qui ont déjà eu une
césarienne ou une chirurgie utérine (61). À mesure que la taille de l’utérus
augmente, celui-ci devient plus sensible au misoprostol et des doses plus faibles
doivent être alors utilisées.
• Utiliser de préférence des comprimés de 25 microgrammes de misoprostol.
• Administrer 20–25 μg de misoprostol par voie orale toutes les deux heures (62).
Vérifier le dosage des comprimés de misoprostol – s’il est de 200 μg, dissoudre
un comprimé dans 200 ml l’eau et faire boire à la patiente 20 ml toutes les deux
heures.

64 PRISE EN CHARGE DES CAS SUSPECTS OU CONFIRMÉS D’INFECTION À VIRUS EBOLA


Prise en charge d’un avortement / fausse-couche incomplets (63)
• Les patientes enceintes infectées par Ebola présentent un risque accru
d’avortement spontané.
• L’exposition au sang et aux autres liquides biologiques des agents de santé doit
être réduite au minimum.
En raison des risques associés à l’utilisation d’aiguilles et autres instruments,
il convient d’administrer du misoprostol au cours de la prise en charge d’un
avortement incomplet en lieu et place d’une révision utérine.

Si la taille de l’utérus au moment du traitement correspond un âge


gestationnel inférieur ou égal à 13 semaines
• Donner une dose unique de 400 microgrammes de misoprostol par voie
sublinguale.
• Si les saignements sont abondants et que l’état clinique de la patiente se dégrade,
augmenter les apports intraveineux (Sérum salé isotonique ou Ringer lactate)
et, en fonction des ressources disponibles, envisager une aspiration manuelle en
prenant les précautions qui s’imposent pour la sécurité du personnel soignant.

Si la taille de l’utérus au moment du traitement correspond un âge


gestationnel supérieur à 13 semaines
• Donner une dose de 400 microgrammes de misoprostol par voie sublinguale.
Répéter la dose toutes les 3-4 heures si nécessaire.
• Si les saignements sont abondants et que l’état clinique de la patiente se dégrade,
augmenter les apports intraveineux (Sérum salé isotonique ou Ringer lactate) ou
transfuser du sang total frais et, en fonction des ressources disponibles, envisager
une aspiration utérine manuelle en prenant les précautions qui s’imposent pour
la sécurité du personnel soignant.

Remarque : il n’y a pas de recommandations de l’OMS pour la prise en charge médicale


d’un avortement incomplet au deuxième trimestre quand la taille de l’utérus est
supérieure à celle d’une grossesse de 13 semaines. Les experts recommandent de
suivre le schéma thérapeutique du premier trimestre, puis de répéter la dose au
besoin. On peut aussi envisager des doses plus importantes de misoprostol. Dans la
mesure du possible, documenter le traitement et son résultat.

PRISE EN CHARGE DES CAS SUSPECTS OU CONFIRMÉS D’INFECTION À VIRUS EBOLA 65


Soins post-avortement
• Après un avortement, les femmes doivent recevoir des soins post-avortement
appropriés. Avant de quitter l’établissement de santé, toutes les femmes doivent
recevoir des informations sur la contraception, y compris des conseils sur les
méthodes de contraception post-avortement et sur la contraception d’urgence. La
double protection – utilisation de préservatifs seuls ou avec une autre méthode,
pour éviter les grossesses et les infections sexuellement transmissibles – doit
être encouragée. Les femmes doivent recevoir des instructions claires, simples,
par oral et par écrit, sur la manière de prendre soin d’elles-mêmes après avoir
quitté l’établissement de santé et sur la manière de reconnaître les complications
pouvant nécessiter des soins médicaux.
• Il faut conseiller aux femmes d’utiliser une contraception pendant au moins
six mois afin de réduire les risques maternels et périnataux. Au moment de la
sortie de l’unité de traitement Ebola, donner des conseils sur la prévention des
infections sexuellement transmissibles, notamment du VIH.

Femmes enceintes dont la PCR Ebola se négative en cours


d’hospitalisation dans l’unité de traitement Ebola
• Les femmes enceintes peuvent guérir d’Ebola (avec une PCR sanguine négative)
alors que leur fœtus et le liquide amniotique restent PCR positifs, ce qui engendre
un risque pour la famille et les personnes qui assistent à l’accouchement.
Déterminer si le fœtus est vivant (en utilisant le Doppler ou
l’échographie).
• En cas de décès fœtal, le travail pourra être déclenché, cependant les
risques et les bénéfices de cette intervention par rapport à une prise en charge
conventionnelle devront être évaluer. En effet, le déclenchement du travail
requiert une planification rigoureuse, des conseils, un consentement et expose
à un risque de contamination bien plus élevé. Ainsi, les actes non invasifs doivent
être privilégiés (comme l’administration de misoprostol par voie orale).
• Si le fœtus est viable, il faut informer la mère des conséquences fœtales
potentielles de l’infection maternelle par le virus Ebola au cours de la grossesse,
sur la base des données scientifiques actuelles :
°° même si la mère survit, il est probable que le nouveau-né naisse avec
le virus, qu’il soit mort ou vivant. Le liquide amniotique et les produits
de la grossesse sont une source de contagion. Même si le bébé est né
sans symptômes, il est très probable qu’il développe la maladie, que

66 PRISE EN CHARGE DES CAS SUSPECTS OU CONFIRMÉS D’INFECTION À VIRUS EBOLA


ses tests Ebola se positivent et qu’il soit à très haut risque de mortalité.
Les nouveau-nés sont potentiellement contagieux avant l’apparition
des symptômes, et doivent donc être pris en charge dans l’unité de
traitement Ebola par des agents de santé en EPI complet et les tests
Ebola doivent être répétés.

Conseiller la mère sur les différentes options possibles


°° La mère peut être sous observation et étroitement suivie (contact
quotidien documenté) à proximité d’une unité de traitement Ebola
où elle devra se rendre en cas de signes ou symptômes d’avortement
spontané, d’autres signes d’alarme ou des signes annonçant le travail.
Si possible, une maison de transit maternel peut être envisagée. Il faut
conseiller aux patientes autorisées à quitter l’établissement en cours de
grossesse de revenir à l’unité de traitement Ebola pour l’accouchement
ou pour la prise en charge de complications comme la mort fœtale.
Considérer tous les tissus et liquides associés à la grossesse (par exemple,
les produits de la conception, le liquide amniotique, le placenta et le
fœtus/nouveau-né) comme potentiellement infectieux. Les agents de
santé doivent porter un EPI complet et des gants gynécologiques longs
recouvrant les avant-bras jusqu’aux coudes.
°° La décision de poursuivre ou d’interrompre la grossesse chez des femmes
guéries d’Ebola ayant conduit une grossesse normale doit tenir compte des
risques liés à la poursuite de la grossesse et de la probabilité très faible que
le nouveau-né survive. Un nouveau-né pris en charge avec un traitement
expérimental a survécu. La femme doit recevoir des informations précises
et des conseils sur sa situation, les risques encourus si elle poursuit sa
grossesse et ses options pour un avortement légal médicalisé (en fonction
de l’âge gestationnel et de la loi), dans un langage accessible, afin de lui
permettre de prendre une décision éclairée.
°° Si elle souhaite interrompre sa grossesse, il faut lui proposer un
avortement médicalisé respectueux de la législation, en employant
des méthodes médicales et conformément aux directives techniques
de l’OMS. Toutes les précautions de lutte contre l’infection doivent être
prises comme pour tout acte obstétrique.
°° Les femmes ne doivent pas être contraintes à l’avortement, mais ce type
de service ne doit pas leur être refusé si elles le souhaitent et si c’est

PRISE EN CHARGE DES CAS SUSPECTS OU CONFIRMÉS D’INFECTION À VIRUS EBOLA 67


légal ou médicalement nécessaire. Si une interruption de grossesse est
indiquée et choisie par la femme, plus tôt elle sera réalisée, moindre
seront les risques.

Prise en charge des nouveau-nés avec un risque élevé d’Ebola


• Les nouveau-nés asymptomatiques doivent être étroitement surveillés pendant
21 jours dans un établissement de soins Ebola, pris en charge par un personnel en
EPI complet et en prenant toutes les précautions de lutte contre l’infection dans
toutes les circonstances suivantes :
• si la mère est confirmée positive à la PCR Ebola pendant sa grossesse, à partir
d’échantillons de sang ou de lait maternel, ou d’échantillons oraux sur écouvillons
prélevés post-mortem sur la mère, ou si le sang du cordon ombilical, ou des
échantillons oraux ou de surface sur écouvillons prélevés après l’accouchement
sont positifs à la PCR ;
• si la mère est un contact, un cas suspect ou un cas probable, jusqu’à ce qu’elle
soit confirmée négative à la PCR Ebola (voir la section 2.1.3 sur le dépistage et la
définition des cas, même en l’absence de symptômes) ;

Afin de confirmer ou d’infirmer l’infection du nouveau-né, des échantillons provenant


de l’intérieur du sac amniotique (liquide amniotique ou autre), des échantillons
oraux, cutanéomuqueux ou sanguins du nouveau-né ou du cordon ombilical doivent
être obtenus au moment de l’accouchement en vue d’un test PCR Ebola.

Les symptômes d’Ebola chez le nouveau-né ne sont pas spécifiques et peuvent


progresser très rapidement. Des données encore limitées indiquent que les nouveau-
nés infectés par Ebola peuvent être positifs à la PCR jusqu’à trois jours avant l’apparition
des symptômes. En cas de suspicion, le nouveau-né doit être immédiatement soumis
à un test PCR sanguin. Une PCR sur sang total négative n’exclut pas une infection
par le virus Ebola si elle a été réalisée dans les 72 heures précédant l’apparition des
symptômes. Même s’il reste asymptomatique, le nouveau-né doit être testé à nouveau
au 22e et au 24e jour. Si ces deux tests successifs sont négatifs, et si le nouveau-né est
en bonne santé, alors il peut quitter l’établissement de soins.

Lassa
• La mort fœtale survient chez 80 % des femmes enceintes atteintes de fièvre de
Lassa, et la mortalité maternelle est élevée. Néanmoins, des améliorations de

68 PRISE EN CHARGE DES CAS SUSPECTS OU CONFIRMÉS D’INFECTION À VIRUS EBOLA


l’état clinique de femmes enceintes atteintes de fièvre de Lassa ont été observés
après un avortement spontané ou après l’accouchement (64). Ainsi, l’évacuation
utérine chez les patientes enceintes semble réduire la mortalité maternelle.
Comme pour Ebola, tout acte obstétrical doit être réalisé en prenant d’extrêmes
précautions, en raison du risque de transmission nosocomiale et d’hémorragie
maternelle (34). Voir la section 3.5 sur la ribavirine.

3.7 Considérations spéciales pour la femme


allaitante et pour les substituts de lait maternel
• Les virus Ebola et Marburg ont été détectés dans le lait maternel. Lors d’une
flambée épidémique d’infection à virus Marburg en Angola en 2005, de
très nombreux cas pédiatriques ont été observés. Il ressort des données
épidémiologiques et de l’analyse des échantillons de lait maternel positifs pour
ce virus que l’allaitement au sein a pu être un facteur de transmission du virus
Marburg (65).
• Compte tenu du risque potentiel de transmission par l’allaitement au sein, par
le contact physique rapproché lors de l’allaitement et des soins du nourrisson en
général, une femme admise pour une infection à virus Ebola ou Marburg, une
fièvre de Lassa ou une FHCC est susceptible d’avoir déjà infecté son enfant nourri
au sein.
• Cependant, les données scientifiques concernant la manière de gérer
l’allaitement au sein d’un couple discordant mère-nourrisson (l’un malade,
l’autre sain), et aussi sur la manière de prendre en charge la mère et le nourrisson
lorsqu’ils sont tous deux positifs à la PCR sont encore très parcellaires. Ainsi, les
recommandations actuelles reposent sur des cas anecdotiques, une expérience de
terrain limitée et l’hypothèse selon laquelle la présence du virus Ebola dans le lait
maternel augmente la probabilité d’une forme grave d’Ebola chez le nourrisson
déjà infecté.
• Une alimentation sans risque de contamination et en quantité suffisante basée
sur un substitut de lait maternel adapté est nécessaire pour les nouveau-nés et
pour certains nourrissons (voir le Tableau 10) ; mais une telle mesure est difficile à
mettre en place et expose les nourrissons à des risques immédiats de malnutrition
et de maladies infectieuses dans de nombreux contextes. Ces nouveau-nés
requièrent une attention et un soutien particuliers, d’autant que l’utilisation
de substituts de lait maternel peut donner lieu à une stigmatisation culturelle.
Dans la mesure du possible, donner une formule nourrisson liquide et prête à

PRISE EN CHARGE DES CAS SUSPECTS OU CONFIRMÉS D’INFECTION À VIRUS EBOLA 69


consommer (61), moins risquée que la formule nourrisson en poudre puisqu’elle
ne nécessite pas de reconstitution avec de l’eau. Néanmoins, les formules prêtes
à consommer et reconstituées constituent toutes deux des milieux favorables à
la croissance bactérienne. Dans cette optique, il sera nécessaire de s’assurer de
la propreté des ustensiles utilisés, d’un approvisionnement suffisant en lait et en
formules pour nourrissons jusqu’à six mois, puis en aliments d’origine animale
jusqu’à deux ans, et de l’accès aux services sanitaires. Si le choix se porte sur
une formule nourrisson (liquide ou en poudre), il est alors nécessaire de fournir
l’assistance nécessaire à la personne en charge du nourrisson afin de réduire
autant que possible les risques liés à l’alimentation artificielle. La fourniture de
formules nourrisson, prêtes à consommer, a un coût considérable et impose des
contraintes de stockage dont il faut soigneusement tenir en compte dans chaque
contexte.

70 PRISE EN CHARGE DES CAS SUSPECTS OU CONFIRMÉS D’INFECTION À VIRUS EBOLA


Tableau 10. Recommandations provisoires pour l’allaitement au sein
Situation Allaitement au sein Nutrition Soins
Femme allaitante et Si le remplacement du Quand l’allaitement Quand l’allaitement
enfant POSITIFS lait maternel par une artificiel est possible : artificiel est possible :
FNPC est acceptable, <6 mois : FNPC ; La mère et le nourrisson
réalisable et que 6–23 mois : FNPC ou doivent être séparés
l’approvisionnement lait de vache UHT dans l’unité de
est garanti : entier et alimentation traitement Ebola.
SUSPENDRE de complément.** Quand l’allaitement
l’allaitement au Quand l’allaitement artificiel n’est pas
sein* jusqu’à ce que artificiel n’est pas possible :
les analyses du lait possible : La mère doit prendre
maternel reviennent Lait maternel* et, soin du nourrisson à
négatives. en plus, aliments de l’intérieur de l’unité de
complément** pour traitement Ebola, si son
les nourrissons de état le permet.
6-23 mois.
Femme allaitante SUSPENDRE <6 mois : FNPC ; L’enfant doit être séparé
POSITIVE (ou cas 6–23 mois : lait UHT de la mère, placé dans
suspect dans l’attente et alimentation de une unité d’observation
des résultats) et complément (un survivant prendra
enfants NÉGATIF soin du nourrisson) et
(ou contact - suivi comme un contact.
asymptomatique)
Femme allaitante SUSPENDRE <6 mois : lait L’enfant doit être soigné
NÉGATIVE (contact - maternel tiré si à l’intérieur de l’unité de
asymptomatique) et possible et/ou FNPC ; traitement Ebola par un
enfant POSITIF 6–23 mois : lait UHT survivant ou un proche
et alimentation de positif.
complément La mère doit être suivie
comme un contact.
Femme allaitante CONTINUER Lait maternel et, en Les deux doivent être
et enfant NÉGATIFS plus, aliments de suivis comme des
(ou contacts complément pour les contacts.
asymptomatiques***) nourrissons de 6-23
mois.

FNPC : formule nourrisson prête à consommer ; UHT : lait stérilisé à ultra haute température ; voir la section 3.9.
* Il y a une grande incertitude concernant les risques liés à la poursuite de l’allaitement au sein quand la mère et l’enfant sont
tous deux positifs. Cette information doit être donnée à la mère dans le cadre des conseils prodigués, si elle souhaite continuer
l’allaitement au sein ; dans ce cas, elle doit être soutenue dans son choix. À noter qu’un nouveau-né pris en charge avec un
traitement expérimental a survécu.
** En ajoutant un supplément en poudre contenant plusieurs micronutriments quand la teneur en nutriments des aliments de
complément n’est pas suffisante.
*** Cela inclut les mères mises en quarantaine avec un enfant nourri au sein.

PRISE EN CHARGE DES CAS SUSPECTS OU CONFIRMÉS D’INFECTION À VIRUS EBOLA 71


• Une mère qui arrête brusquement d’allaiter au sein aura besoin d’aide pour tirer
son lait afin de soulager la douleur et l’engorgement, et prévenir l’inflammation,
en particulier dans le mois qui suit l’accouchement. Son lait est un produit
contaminé et doit être traité conformément au protocole de lutte contre
l’infection.
• Les nourrissons récemment nourris au sein dont la mère présente une forme aiguë
d’infection à virus Ebola doivent être considérés comme particulièrement à risque.
• Les nourrissons récemment nourris au sein, dont la mère a survécu à Ebola et
dont le lait maternel est positif doivent également être considérés comme à haut
risque.
• Le soutien psychosocial d’une mère qui a dû être séparée de son nourrisson est
important.
• Les discussions et les travaux se poursuivent concernant le meilleur lieu de prise
en charge pour les nourrissons asymptomatiques dont la mère est positive à
Ebola : isolement dans le service de convalescence (on peut envisager de proposer
à une mère en ambulatoire présentant une forme légère de la maladie et vêtue
d’une blouse, d’un masque et de gants, de prendre soin du nourrisson et de
le nourrir avec une FNPC), placement dans un centre de soins d’observation
temporaire (OICC), ou autre disposition, en usant des précautions nécessaires pour
les personnes qui s’occuperont des nourrissons (voir la section 5.3).
• Les femmes allaitantes qui sont autorisées à quitter l’établissement (après deux
PCR sanguines négatives consécutives) et dont le nourrisson ou le jeune enfant
est négatif à Ebola ou n’est pas un cas suspect (asymptomatique) ne doivent pas
reprendre l’allaitement au sein avant l’obtention de deux PCR négatives pour le
lait maternel (voir la section 9).
• Pour toutes les femmes allaitantes qui ont eu une forme aiguë d’infection à
virus Ebola pendant la grossesse, le lait maternel doit être testé pour le virus
Ebola par PCR. Si ce test est positif, l’allaitement au sein doit être suspendu et
le lait maternel doit être testé toutes les 48 heures jusqu’à obtenir deux résultats
négatifs consécutifs. Pendant ce temps, le lait maternel doit être remplacé par
un substitut de lait maternel approprié en quantité suffisante (voir page 74 et
section 3.9).
• Le recours à une nourrice au sein n’est pas recommandé car le risque de
transmission du virus Ebola de la nourrice au nourrisson et inversement est élevé
si l’un ou l’autre contracte l’infection.

72 PRISE EN CHARGE DES CAS SUSPECTS OU CONFIRMÉS D’INFECTION À VIRUS EBOLA


3.8 Considérations spéciales pour l’enfant
• Si l’enfant tombe malade et que sa mère est également positive au test de
dépistage de la maladie à virus Ebola ou Marburg, l’enfant peut alors être à
nouveau confier à sa mère.
• L’infection à virus Ebola chez les nouveau-nés et les nourrissons reste assez
méconnue. Ainsi, il est possible que les nouveau-nés ou les nourrissons soient
contagieux avant d’être symptomatiques ; les nouveau-nés et les nourrissons
négatifs dont la mère est infectée doivent donc être manipulés en portant un EPI
complet, même si leurs tests sont négatifs. Les tests doivent être répétés.
• Les nouveau-nés et les jeunes enfants nourris au sein ont peu de chances d’éviter
une infection si leur mère est positive à Ebola.
• À l’exception des nouveau-nés et des enfants nourris au sein par une mère
infectée, si l’enfant est négatif (et il peut être prudent de réaliser deux tests à
deux jours d’intervalle), il peut quitter l’isolement pédiatrique et être suivi de
près comme un contact à haut risque, ou il peut être placé dans une chambre
d’isolement individuelle sur place ou dans une unité d’observation de courte
durée située à proximité pendant la période d’incubation présupposée. Ceci
nécessite que l’enfant puisse recevoir le soutien nécessaire. Voir la section 5.3 sur
les centres de soins d’observation temporaire.
• La pesée doit être effectuée au moment de l’admission afin de doser correctement
les médicaments et les liquides, et le poids de l’enfant doit être suivi pendant
toute la durée de l’hospitalisation.
• L’état nutritionnel de tous les enfants âgés de moins de cinq ans doit être évalué
par la mesure du périmètre brachial à mi-hauteur du bras non-dominant et la
recherche d’un œdème bilatéral prenant le godet au niveau des pieds (signes de
Kwashiorkor).
• Les jeunes enfants sont particulièrement exposés au risque de déshydratation.
L’incapacité à boire et à manger est la règle et il est crucial d’intervenir précocement
avec des SRO (par sonde nasogastrique si nécessaire) ou des perfusions IV afin
d’assurer des apports hydro-électrolytiques suffisants.
• Les aidants (membres de la famille malades ou survivants) qui s’occupent de
l’enfant doivent être présents en continu.
• Les enfants doivent être soignés par des agents de santé et des aidants portant un
EPI complet. Ces derniers doivent être encouragés à réconforter l’enfant. L’absence
de contact peut être douloureux pour un enfant.

PRISE EN CHARGE DES CAS SUSPECTS OU CONFIRMÉS D’INFECTION À VIRUS EBOLA 73


3.9 Nutrition (66,67,68)
Ebola peut gravement altérer l’état nutritionnel des personnes infectées et ainsi
détériorer encore davantage la réponse immunitaire déjà déficiente. Des symptômes
tels que la perte d’appétit, la fatigue, les nausées, les vomissements, le mal de gorge,
la dysphagie et la diarrhée altèrent la consommation d’aliments et/ou l’absorption
de nutriments. Ebola touche la plupart des systèmes de l’organisme, en particulier
les fonctions hépatiques et rénales ; le soutien nutritionnel doit donc tenir compte
des besoins et de la capacité du corps à tolérer la nourriture. Un soutien nutritionnel
adapté aux besoins et à l’état du patient doit faire partie des soins prodigués à tous les
patients infectés par le virus Ebola dans l’unité de traitement Ebola afin d’améliorer
leurs chances de survie (66).

Parmi les patients hospitalisés dans une unité de traitement Ebola, il y a deux groupes
qui requièrent une attention particulière : les nourrissons et les jeunes enfants
orphelins de mère d’un côté, et le groupe des femmes allaitantes et leurs nourrissons
et jeunes enfants de l’autre (voir la section 3.7).

Sachant que le virus Ebola se retrouve dans plusieurs liquides corporels, y compris le
lait maternel, et que le recours à l’allaitement au sein par une nourrice doit être évité,
les dispositions recommandées pour les orphelins de mère sont les suivantes :
• les nourrissons âgés de moins de six mois doivent recevoir un substitut de lait
maternel approprié, par exemple une formule nourrisson prête à consommer ou,
à défaut, une formule nourrisson en poudre dont les quantités et la fréquence
seront adaptées à l’âge ;
• les nourrissons et les jeunes enfants de 6 à 23 mois doivent recevoir du lait
stérilisé à ultra haute température (UHT) et une alimentation de complément
adaptée à leur âge ;
• les nourrissons âgés de moins de six mois dont la sortie d’hôpital a été autorisée
doivent recevoir des quantités de formule nourrisson prête à consommer
suffisantes pour les nourrir jusqu’à l’âge de six mois. Les personnes qui s’occupent
d’eux doivent recevoir une formation à la nutrition, en particulier à la bonne
utilisation des formules nourrissons prêtes à consommer et de l’alimentation de
complément, afin d’éviter les complications liées à ces méthodes d’alimentation
(hygiène+++).

74 PRISE EN CHARGE DES CAS SUSPECTS OU CONFIRMÉS D’INFECTION À VIRUS EBOLA


• Une visite à domicile dans les deux semaines suivant la sortie d’hôpital sera
programmée pour évaluer l’état du nourrisson, si l’évolution de la flambée
épidémique le permet.
• L’équipe de Protection de l’enfance doit être informée des cas orphelins afin de se
mettre en lien avec le Ministère des affaires sociales.

Pour les femmes allaitantes et leurs nourrissons et jeunes enfants, voir la


section 3.7 qui regroupe les conseils concernant la gestion de l’alimentation au sein,
en fonction des symptômes et des résultats de laboratoire de la mère et du nourrisson,
et sur les soins qui peuvent être prodigués dans le centre de traitement Ebola.

1. Nutrition dans le centre de traitement Ebola


Tous les patients admis doivent recevoir un soutien nutritionnel adapté à leur âge et à
leur état de santé, selon le protocole nutritionnel indiqué ci-dessous et en annexe G.
• Les nourrissons âgés de moins de six mois doivent recevoir une formule nourrisson
prête à consommer (50–100 ml toutes les 3 heures) si la recommandation est de
suspendre l’allaitement au sein (voir la section 3.7).
• Il faut conseiller aux femmes allaitantes de suspendre l’allaitement au sein à leur
arrivée si leur nourrisson ou jeune enfant est asymptomatique ou négatif pour
Ebola (voir la section 3.7).
• La pesée au moment de l’admission et l’évaluation de l’état nutritionnel par la
mesure du périmètre brachial à mi-hauteur et l’examen des pieds pour rechercher
des œdèmes sont importants afin de déterminer les doses des suppléments ou
substituts nutritionnels et de détecter une malnutrition. Quand on identifie chez
un enfant une malnutrition aiguë sévère, un traitement doit être mis en place
conformément au protocole national pour le traitement de la malnutrition aiguë
sévère en tenant compte des principes de la prise en charge des cas d’Ebola.
• Les enfants âgés de moins de cinq ans qui n’ont pas reçu de supplémentation
en vitamine A dans les six derniers mois doivent recevoir une dose unique,
sauf s’ils présentent des signes de carence en vitamine A ou des symptômes
de rougeole. Les enfants atteints de malnutrition aiguë sévère doivent
recevoir une dose élevée de vitamine A uniquement s’ils ne reçoivent pas déjà
des aliments enrichis. La dose thérapeutique pour les nourrissons âgés de
6 à 11 mois est de 100 000 UI ; pour les enfants âgés de 12 à 59 mois, elle est de
200 000 UI, les jours 1, 2 et 8) (69).

PRISE EN CHARGE DES CAS SUSPECTS OU CONFIRMÉS D’INFECTION À VIRUS EBOLA 75


• Les patients Ebola doivent recevoir les apports journaliers minimum recommandés
pour chaque nutriment à travers des aliments traditionnels normaux et enrichis.
En l’absence de données probantes, l’administration de micronutriments au-delà
de ses apports journaliers minimum aux patients Ebola n’est pas recommandée
à l’heure actuelle, sauf pour corriger une carence en un micronutriment donné
(par exemple, pour traiter l’hypokaliémie). Pour les patients qui consomment des
quantités suffisantes d’aliments enrichis prêts à consommer, les multivitamines
ne sont pas nécessaires.

2. Soutien nutritionnel tout au long du traitement


Bien que la nourriture traditionnelle soit souvent pauvre en protéines et en
micronutriments, permettre aux patients de se nourrir au moins partiellement selon
ses habitudes alimentaires doit être encouragé. Les aliments faciles à consommer
sont notamment les bananes, la bouillie et les céréales cuites avec des légumes
légèrement cuits, de la viande ou des arachides.

L’expérience sur le terrain avec des patients Ebola dans les centres de traitement a
montré que la capacité d’alimentation différait d’un patient à un autre en fonction
du stade de la maladie. Trois phases d’alimentation chez les patients Ebola peuvent
ainsi être distinguées : l’alimentation d’entretien, l’alimentation de transition et
l’alimentation de stimulation, en plus d’une phase initiale de réhydratation, le cas
échéant (voir la Figure 1 ci-dessous)(70). Pour les patients qui nécessitent un soutien
nutritionnel, les principales considérations à prendre en compte dans le choix des
aliments sont leur osmolarité (pour équilibrer le bilan hydro-électrolytique), ainsi que
leur consistance (liquide, semi-liquide, hachée, normale).

À la phase d’entretien, il est important de donner des aliments liquides et très


digestes. En phase de convalescence, l’accent doit être mis sur une alimentation riche
en nutriments.

76 PRISE EN CHARGE DES CAS SUSPECTS OU CONFIRMÉS D’INFECTION À VIRUS EBOLA


Figure 1. Arbre décisionnel pour déterminer la phase d’alimentationa des patientsa

Évaluer la déshydratation
Le patient est-il sévèrement déshydraté ?

oui non

Le remplacement liquidien doit être la priorité (4)


Phase de réhydratation
Évaluer l’appétit

Le patient présente…

aucun appétit un appétit modéré un bon appétit

Nutritional support
Évaluer la capacité
physique à boire/
manger

avec ou sans
avec des difficultés sans difficulté sans difficulté
difficulté à
s’alimenter à s’alimenter à s’alimenter à s’alimenter
d’alimentation
Phase

Phase
d’alimentation de Phase d’alimentation Phase d’alimentation
maintienb de transition de stimulation
Gravité de la

Convalescent
Gravement
maladie

malade Malade
Symptomatique précoce

1 Il est très important de maintenir l’hydratation avec une solution de sels de réhydratation orale (SRO), en particulier
pendant la phase d’entretien.
2 Ces patients ont besoin de SRO. La compensation des pertes hydro-électrolytiques doit être la priorité pendant cette phase.
3 Le « phase d’alimentation d’entretien » fait référence au maintien des fonctions vitales.
4 Avec ou sans difficultés à s’alimenter, la prise en charge nutritionnelle sera la même.
5 La présence ou l’absence de difficultés à s’alimenter déterminera la prise en charge nutritionnelle.
6 Pour les patients convalescents, ne pas limiter la quantité de nourriture et donner des en-cas supplémentaires.

a
Il est très important de maintenir l’hydratation avec des sels de réhydratation orale, en particulier pendant la phase d’alimentation d’entretien.
b
La « phase d’alimentation d’entretien » fait référence au maintien des fonctions organiques vitales.

4 OMS I UNICEF I PAM. Prise en charge nutritionnelle des enfants


PRISE ENetCHARGE
des adultesDES
atteints
CAS de maladie
SUSPECTSà virusOU
EbolaCONFIRMÉS
dans les centresD’INFECTION
de traitement À VIRUS EBOLA 77
Donner de grandes quantités d’aliments et de nutriments à des patients qui n’y
sont pas habitués ou qui sont très malades (en particulier si de grandes quantités
sont administrées trop rapidement par sonde nasogastrique) peut entraver leur
rétablissement en dépassant les capacités de l’organisme déjà défaillants, à les
métaboliser ou à les absorber, notamment le foie.
Alimentation pendant le traitement de soutien des patients Ebola
• Le type de soutien nutritionnel des patients dépendra de leurs capacités et de
leur tolérance à s’alimenter naturellement par voie buccale. Les patients qui ne
peuvent pas manger (ou qui n’ont pas d’appétit) doivent seulement être hydratés
avec des sels de réhydratation orale (SRO), ou des perfusions intraveineuses s’ils
sont sévèrement déshydratés. En l’absence de déshydratation sévère, donner un
soutien nutritionnel est important, en particulier chez les enfants.
• Le soutien nutritionnel doit donc tenir compte des besoins du patient et de sa
tolérance à la nourriture.
• Donner des quantités tolérables de nutriments, en particulier aux cas les
plus sévères, réduira le risque pour le patient de développer un syndrome de
renutrition inappropriée (71).

Tests de tolérance (voir l’annexe G)


au moment de l’admission pour tous les patients qui peuvent s’alimenter.
• Pour tous les patients cliniquement stables, il faut évaluer la tolérance à
l’alimentation par voie orale (vomissements, diarrhées, déglutition).
• Les patients qui ne tolèrent pas la nourriture doivent être testés régulièrement
jusqu’à ce qu’ils satisfassent aux critères du protocole nutritionnel.

Protocole nutritionnel adapté à l’âge (voir l’annexe G)


Les recommandations de l’OMS sur l’apport énergétique et protéique (66) ont été
adaptées pour élaborer un protocole visant à fournir une quantité suffisante de
nutriments afin de permettre le rétablissement du patient sans induire de stress
métabolique supplémentaire.

78 PRISE EN CHARGE DES CAS SUSPECTS OU CONFIRMÉS D’INFECTION À VIRUS EBOLA


• Les quantités indiquées tiennent compte de la capacité escomptée de l’organisme
à digérer les nutriments.
• Les patients ne doivent pas être alimentés de force (par exemple, au moyen d’une
sonde nasogastrique) au-delà de leurs besoins énergétiques d’entretien (100
kcal/kg par jour pour les enfants et 35 kcal/kg par jour pour les adultes).
• Pour les patients qui sont stables et capables de manger davantage, on peut
augmenter les quantités de nourriture et encourager les patients à manger
autant qu’ils le peuvent.
• Les patients qui ne parviennent pas à terminer la ration recommandée doivent
réduire la quantité d’aliments cuits1, car ceux-ci sont moins denses au niveau
nutritionnel et énergétique que les aliments thérapeutiques prêts à consommer
(enfants > 6 mois et adultes).

1 La valeur calorique des plats préparés traditionnels reste encore à déterminer.

PRISE EN CHARGE DES CAS SUSPECTS OU CONFIRMÉS D’INFECTION À VIRUS EBOLA 79


4-Prise en charge des cas sévères
confirmés ou suspects d’infection
à virus Ebola présentant des signes
de gravité (également valable pour la fièvre de
Lassa, l’infection à virus Marburg et la FHCC)

Vérifier si le patient présente des signes d’urgence à l’aide du contrôle rapide (« Quick
Check » (9) chez l’adolescent et l’adulte) ou du TETU (chez l’enfant) (10).

1) Voies respiratoires et respiration


• obstruction apparente
• cyanose centrale
• détresse respiratoire sévère
2) Circulation
• pouls faible ou rapide
• temps de remplissage capillaire supérieur à 3 secondes
• extrémités froides
• forte hémorragie – quelle que soit la localisation
3) Conscience altérée/convulsions (coma, convulsions)

Pour les enfants, évaluer également les signes de déshydratation sévère (deux signes
parmi les suivants : léthargie, yeux enfoncés dans les orbites, pli cutané (effacement
très lent du pli après un pincement de peau).

4.1 Suivi des patients gravement malades


Il est important de réaliser régulièrement les tâches suivantes :
• réévaluer les signes cliniques de gravité et utiliser le protocole de contrôle rapide
(Quick Check) simplifié pour Ebola ou un autre score de triage/sévérité, ou le TETU
pour les enfants ;
• évaluer les apports et les pertes (lorsque c’est possible) et noter les données
cliniques à chaque visite sur le formulaire de suivi au chevet du patient. Lorsqu’il

80 PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE
est difficile d’évaluer séparément le volume d’urine, de vomissures et de selles
(plusieurs seaux), on peut estimer qualitativement et quantitativement les
volumes par rapport au marquage à l’extérieur du seau. Former le personnel à
mesurer les volumes de déchets avant de les jeter. Si c’est faisable, inscrire les
volumes sur un tableau (voir l’annexe F).
• S’il est impossible de quantifier le débit urinaire, essayer de noter la fréquence des
émissions à chaque changement d’équipe soignante.
• Consigner les données cliniques chaque jour sur le formulaire de suivi du patient.
• Actualiser le tableau ou tout autre système d’information collective à l’intérieur/à
l’extérieur du service après chaque changement d’équipe soignante (voir l’annexe
E).

Analyses de laboratoire prioritaires pour les patients malades :


• électrolytes - K, Na, HCO3
• glycémie
• créatinine
• lactate
• test de grossesse pour les femmes en âge de procréer

Priorité secondaire :
• magnésium
• hémoglobine ou hématocrite
• numération plaquettaire
• INR et TP

4.2 État de choc chez les patients atteints de FHV


Signes généraux l’état de choc (mauvaise irrigation sanguine)
• Pouls faible et rapide
• Pâleur ou extrémités froides
• Temps de remplissage capillaire long (>3 secondes)
• Vertiges ou incapacité à se tenir debout
• Diminution du débit urinaire (<30 ml/heure)
• Respiration difficile
• État de conscience altéré, léthargie, agitation, confusion

PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE 81
• Faible pression artérielle (pression artérielle systolique <90 mm Hg ; voir le
tableau 21 page 109 qui présente la PAS selon l’âge/le poids de l’enfant).

Remarque : le pouls et la PA seront évalués en fonction des pathologies chroniques


dont le patient est porteur, d’une grossesse éventuelle, de l’âge et des médicaments
pris. Certaines femmes enceintes, certains malades chroniques et d’autres peuvent
avoir à l’état normal une PAS <90 mm Hg tout en ayant un état de conscience, un
temps de remplissage capillaire et un débit urinaire normaux : ils ne sont pas en état
de choc.

Appeler le clinicien le plus expérimenté disponible lorsqu’un patient Ebola est en état
de choc.

Les patients atteints de FHV peuvent se trouver en état de choc en raison d’une
hypovolémie due à des pertes gastro-intestinales (très fréquentes dans la flambée
épidémique d’Ebola 2014-2015 en Afrique de l’Ouest), d’un choc septique ou d’un
choc hémorragique (rare), ou d’une combinaison de ceux-ci.

La physiopathologie et la prise en charge des défaillances vitales du choc septique


lors d’une FHV chez les adolescents et les adultes sont les mêmes que pour un choc
septique dû à une infection bactérienne ou à d’autres causes (72). Voir la section 3.1.5
dans le PCIMAA pour le clinicien de district (9) qui présente les différences dans la
prise en charge du choc septique en fonction de l’étiologie probable. La prise en
charge du choc septique constitue la seule prise en charge clinique que l’on puisse
offrir à ces patients et peut avoir un impact positif sur l’issue de la maladie.

Certains cas de FHV peuvent présenter des co-infections bactériennes ou par le


paludisme qui contribuent au développement du choc septique et nécessitent donc
un traitement spécifique.

82 PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE
Tableau 11. État de choc observé chez des patients Ebola lors de l’épidémie en
Afrique de l’Ouest 2014-2015
*** Pertes gastro-intestinales Suivre les lignes directrices pour la réanimation hydro-
importantes avec déshydratation : électrolytique; voir les sections 4.3 (adolescents et adultes)
CHOC HYPOVOLÉMIQUE et 4.5 (enfants)
État de choc non expliqué par
des pertes gastro-intestinales ou Suivre les lignes directrices pour le choc septique ; voir les
hémorragies importantes : sections 4.4 (adolescents et adultes) et 4.5.7 (enfants)
CHOC SEPTIQUE
Procéder à une transfusion sanguine. Souvent impossible
CHOC HÉMORRAGIQUE (rare)
cependant.

4.3 Prise en charge de l’hypovolémie due à des


pertes gastro-intestinales importantes chez les
adolescents et les adultes
La plupart des patients Ebola présentent des vomissements et de la diarrhée ; certains
développent une maladie gastro-intestinale sévère avec des pertes liquidiennes
importantes. Les pertes de liquides et d’électrolytes peuvent rapidement conduire à
une grave déshydratation, à l’hypokaliémie et à l’acidose. Si ces anomalies ne sont
pas rapidement corrigées, elles peuvent entrainer la mort par choc hypovolémique et
troubles métaboliques graves.

4.3.1 Évaluation de l’état de choc, des signes de


déshydratation et surveillance des pertes gastro-
intestinales
Évaluer l’état de choc chez l’adulte (voir la section 4.1).
Évaluer les signes de déshydratation :
• le patient est-il léthargique ?
• le patient ne boit pas, boit peu ou boit avidement ?
• le patient a-t-il les yeux cernés, creux (enfoncés dans les orbites) ?
• à la recherche du pli cutané, la peau revient-elle en place très lentement (plus
de 2 secondes) ?

PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE 83
°° Pincer la peau de l’intérieur de l’avant-bras pendant 1 seconde, puis
relâcher.
• Les volumes des selles et des vomissures sont-ils importants ?

Tableau 12. Classification et traitement de la déshydratation – modifié pour


Ebola
Signes Classification Traitement
Deux des signes suivants : DÉSHYDRATATION Réanimation liquidienne en IV tout
• léthargie ou inconscience SÉVÈRE en continuant les SRO
• yeux creux
• pas ou peu de prises de boisson Voir le plan C (annexe B)
• pli cutané très persistant
(disparaît très lentement)
Deux des signes suivants : DÉSHYDRATATION Administrer des liquides en IV tout
• yeux creux MODÉRÉE* en continuant les SRO. * Continuer
• le patient boit avidement, il à donner des aliments au patient.
a soif Voir le plan B (annexe B)
• pli cutané persistant (disparaît
lentement)
• chez l’enfant : agitation,
irritabilité
Pas suffisamment de signes pour PAS DE Donner des SRO et des aliments.
constituer une déshydratation DÉSHYDRATATION Voir le plan A (annexe B)
modérée ou une déshydratation
sévère

* L’expérience acquise avec la plupart des maladies diarrhéiques de l’adulte, causées par le choléra et d’autres agents
pathogènes, suggère que la plupart des adultes qui développent des signes de déshydratation auront soif ou boiront
avidement ; ils peuvent être pris en charge avec une solution de réhydratation orale. En revanche, la faiblesse et la léthargie
souvent rencontrées au cours de la maladie à virus Ebola ainsi que les contraintes de temps imposées aux équipes soignantes
pour la prise en charge des patients dans les centres de traitement Ebola nécessitent que les patients présentant des signes
de déshydratation modérée, avec léthargie ou faiblesse associée à la diarrhée, ou avec des vomissements importants, soient
immédiatement mis sous perfusion intraveineuse active tout en maintenant la prise de SRO.

84 PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE
4.3.2 Réanimation liquidienne avec pertes gastro-
intestinales importantes
Quand les pertes gastro-intestinales dues à la diarrhée et aux vomissements sont
importantes, il faut administrer massivement des liquides par voie IV pour les
compenser. Ne pas attendre les signes de déshydratation avant de commencer ou
d’augmenter l’administration de liquides par IV. Souvent, les patients s’alimentent
mal par voie orale et leur état peut se dégrader rapidement.
• Soluté de perfusion de choix dans ce contexte le Ringer lactate (également appelé
solution d’Hartmann)
• Poser un cathéter IV (diamètre d’au moins 18 Gauges) dans une veine périphérique
de bon calibre. Éviter le pli du coude si un autre site est disponible, car le débit est
souvent interrompu quand le patient plie le coude.

Bolus liquidiens
Adultes : administrer un bolus IV de 1 litre en 30 min ou moins.
• Réévaluer les signes de déshydratation et de choc dès que le bolus est passé.
• Si les signes de choc persistent, administrer un nouveau bolus de soluté (RL ou
SSI 9 ‰).
• Souvent, les adultes gravement malades avec des pertes gastro-intestinales
importantes nécessitent 3 à 6 litres de liquide par jour et même au-delà.
• En cas de signes de déshydratation sévère, voir le plan C pour les besoins liquidiens
(voir l’annexe B).

L’administration d’une quantité adéquate de perfusions intraveineuses doit


s’accompagner d’une observation attentive du patient, avec des contrôles fréquents,
pour évaluer la réponse au traitement et dépister la survenue d’une éventuelle
surcharge hydrique. En l’absence d’une telle surcharge, l’administration de perfusions
intraveineuses doit continuer jusqu’à ce que les objectifs thérapeutiques soient
atteints (voir l’encadré). Contrôler la fréquence respiratoire avant et après chaque
bolus. Utiliser de préférence un oxymètre de pouls pour mesurer la fréquence
cardiaque et la saturation en oxygène. Si la situation ne s’améliore pas, envisager
l’administration de vasopresseurs si le contexte le permet.

PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE 85
Objectifs de la réhydratation chez l’adulte
• FC <100 battements/min
• Débit urinaire >30 ml/heure
• PAS >90 mm Hg
• Les autres marqueurs de perfusion sont notamment :
• temps de recoloration capillaire <3 secondes

• Vérifier la nécessité de poursuivre la perfusion IV toutes les 8 heures. Dès que


le patient ne présente plus de signes de choc (par exemple, pression artérielle
normale, diurèse suffisante, taux de lactate normal), le débit de perfusion peut
être réduit à un niveau d’entretien (voir ci-dessous) s’il est possible d’administrer
des liquides en continu. Si le patient marche et boit correctement, arrêter la
perfusion IV.
• Réduire le débit ou arrêter la perfusion plus tôt si elle n’a pas d’effet sur
l’hypovolémie (cf. Objectifs de la réhydratation chez l’adulte) ou si des signes
de surcharge hydrique apparaissent : turgescence jugulaire, augmentation
de la fréquence respiratoire et/ou diminution de la saturation en oxygène (si
l’oxymétrie de pouls est disponible).

La plupart des adultes nécessitent 2-3 litres d’apport liquidien de base par jour. Pour
les adultes, le débit d’entretien peut aussi être estimé en se basant sur un apport
de 2 ml/kg/h ou en utilisant la même formule que pour les enfants : 4 ml/kg/h
jusqu’à 10 kg, plus 2 ml/kg/h pour les 10 kg suivants, plus 1 ml/kg/h pour chaque kg
supplémentaire (voir le tableau à la section 3.4, page xx).

Même si la restauration de la volémie doit se faire au cas par cas, on peut doubler (ou
plus) l’administration journalière totale de liquides par rapport au débit d’entretien
standard chez les patients qui ont des pertes gastro-intestinales supplémentaires
importantes et continues (vomissements et/ou diarrhée). Les objectifs de la
réhydratation doivent être évalués au moins une fois à chaque changement d’équipe
soignante.

86 PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE
Solutions possibles pour faire face aux difficultés liées à l’administration
adéquate de liquides au sein d’un centre de traitement Ebola :
• planifier des passages spécifiquement consacrées au réapprovisionnement de
poches de perfusion ;
• utiliser des poches de 1 litre de Ringer lactate ou de solution saline normale à
9 ‰;
• suspendre deux poches simultanément en utilisant un raccord en « Y ».

Pour éviter la survenue d’accidents hémorragiques chez les patients perfusés mais
dont la surveillance continue est difficile à assurer, en particulier la nuit, le cathéter
pourra être obturé ou disposer d’une valve unidirectionnelle anti-reflux (De type
Clave®). Ainsi, au départ de l’équipe soignante, le bras portant le cathéter sera protégé
à l’aide d’un pansement de gaze.

En plus des liquides, les patients diarrhéiques doivent continuer à manger et à prendre
des SRO même s’ils sont réhydratés par voie veineuse.

4.3.3 Anomalies électrolytiques et glucidiques


Les anomalies électrolytiques (dues aux pertes gastro-intestinales) peuvent être
graves et entraîner la mort (arythmie, arrêt cardiaque, crise convulsive) chez certains
patients. Pour éviter les anomalies électrolytiques graves :
• dans la mesure du possible, doser les électrolytes sur le lieu des soins et corriger
les anomalies. En cas d’hypokaliémie avérée, ajouter 20 mEq de chlorure de
potassium (KCl) à chaque litre de liquide IV ;
• si le dosage des électrolytes et de la créatinine n’est pas réalisable, ajouter
empiriquement 10 mEq de KCl à chaque litre de liquide IV quand les pertes dues
aux vomissements et à la diarrhée sont importantes ;
• donner des sels de réhydratation orale (SRO) plutôt que de l’eau plate ;
• donner des suppléments de potassium par voie orale (40 mEq/jour), en plus de la
supplémentation IV, pour les patients qui tolèrent une prise orale ;
• noter que le Ringer lactate contient seulement une petite quantité de potassium
– 4 mEq par litre ;
• les SRO contiennent 20 mEq/L de potassium. Les patients peuvent continuer de
boire des SRO pendant qu’ils reçoivent des liquides de supplémentation par IV.

PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE 87
D’autres boissons et aliments peuvent être de bonnes sources de potassium (par
exemple, l’eau gélifiée ou la noix de coco en contiennent 54 mEq/L et la banane
environ 10mEq/banane) ;
• la correction concomitante de l’hypomagnésémie, également fréquente avec
Ebola, aide à corriger l’hypokaliémie. Les suppléments de magnésium par voie
orale peuvent exacerber la diarrhée ; en revanche, l’administration de magnésium
par voie intraveineuse (2–4 g/IV en une heure) peut faciliter la correction de
l’hypokaliémie ;
• les patients qui souffrent d’une atteinte rénale aiguë due à une insuffisance pré-
rénale (état de choc) peuvent présenter une hyperkaliémie et une acidose.
• L’hypokaliémie n’est pas la seule anomalie liée au potassium susceptible de
survenir, d’où la nécessité de surveiller systématiquement les électrolytes chez
ces patients.

Tableau 13. Traitement de l’hypokaliémie chez l’adolescent et l’adulte


Taux de potassium Posologie
4,0 ou plus Aucune
3,6–4,0 Aucune
3,3–3,5 40 mEq/jour par voie orale
2,9–3,2 60-80 mEq/jour par voie orale
2,7–2,8 60 mEq trois fois par jour par voie orale
2,4–2,6 80 mEq toutes les huit heures par voie orale
<2,4 10 mEq/h par IV et 80 mEq toutes les 6-8 heures par voie orale

Bien qu’elle ne soit pas fréquente chez les patients adultes, l’hypoglycémie
peut accompagner la déshydratation et entraîner des crises convulsives, le coma et la
mort. Les jeunes enfants, les adultes très gravement malades et les personnes âgées
ou encore les patients gravement malnutris sont particulièrement à risque.
• En cas de suspicion d’hypoglycémie, doser la glycémie à l’aide d’un glucomètre au chevet du
patient. Restaurer la glycémie selon les besoins. Le traitement de l’hypoglycémie est urgent,
le traitement doit être mis en œuvre au plus vite (ne pas attendre le résultat d’une glycémie
dosée en laboratoire, par exemple)
• Pour administrer du glucose, ajouter des ampoules de D50 aux poches de Ringer
lactate ou de sérum salé isotonique à 9 ‰.

88 PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE
• En cas d’impossibilité de doser la glycémie capillaire au lit du patient, administrer
empiriquement le glucose si le patient devient léthargique, comateux ou présente
une crise convulsive. Voir la section 3.2.

4.3.4 Antibiotiques pour les patients ayant des pertes


gastro-intestinales importantes
Envisager un traitement empirique avec des antibiotiques à large spectre tel que la
ceftriaxone pour les patients présentant des symptômes abdominaux importants avec
un risque de surinfection bactérienne dû à une éventuelle translocation bactérienne,
et pour les patients suspects de septicémie.

Si les symptômes gastro-intestinaux s’aggravent et/ou en cas de diarrhée sanglante


chez des cas non confirmés d’Ebola, envisager d’ajouter du métronidazole pour
traiter empiriquement les infections amibiennes ainsi que les infections à bactéries
anaérobies d’origine entérique et à C. difficile.

Chez les cas confirmés d’Ebola, arrêter les antibiotiques au bout de cinq jours si les
symptômes s’améliorent ou sans autre indication pour continuer le traitement.

4.4 Prise en charge du choc septique chez


l’adolescent et l’adulte
Il est difficile de distinguer les différentes formes de choc chez les patients Ebola dans
les centres de traitement. Même si le choc hypovolémique semble être l’étiologie la
plus fréquente, le choc peut aussi être mixte, hypovolémique et septique à cause
de l’infection à virus Ebola ou d’une surinfection bactérienne. Cette section résume
l’approche fondée sur les preuves de la prise en charge du choc septique. Certaines
méthodes diagnostiques (radiographies, cultures) et thérapeutiques (suivi heure par
heure, oxygène, vasopresseurs) peuvent ne pas être réalisables dans les centres de
traitement Ebola.

Diagnostic clinique de la septicémie sévère ou du choc septique


• Suspicion d’infection
ET
• Hypotension (pression artérielle systolique <90 mm Hg)

PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE 89
ET
• Un ou plusieurs des signes suivants :
°° pouls >100/minute
°° fréquence respiratoire >24 cycles/minute
°° température anormale (<36 ºC ou >38 ºC).
Le tableau présenté dans les pages suivantes donne des orientations spécifiques pour
la prise en charge du choc septique. Il est organisé en fonction des heures écoulées à
partir de l’arrivée du patient ou du diagnostic de choc septique et met en œuvre une
méthode systématique pour reconnaître les problèmes, administrer l’oxygène et les
apports volémiques, contrôler, noter les observations et réagir.

Principes généraux de la prise en charge des patients en choc septique


• Prise en charge des voies aériennes (voir « Quick Check »).
• Donner de l’oxygène (voir « Quick Check »).
• Perfuser et initier un remplissage vasculaire IV rapide (voir les
recommandations spécifiques ci-après).
• Traiter la cause sous-jacente en administrant un traitement antibiotique
empirique.
• Dans la mesure du possible, envisager l’ajout de vasopresseurs si la PAS
<90 mm Hg et le patient montre des signes de perfusion insuffisante après
l’expansion volémique.
• Contrôler – noter – réagir.

Ces recommandations donnent des orientations sur les soins intensifs des patients
adolescents et adultes présentant un état de choc couvrant la plupart des étiologies, y
compris la FHV. À la suite du tableau, des informations plus détaillées sont présentées.

90 PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE
Tableau 14. Prise en charge du choc septique chez l’adolescent et l’adulte
Prise en charge du choc septique dans les
2 premières heures de 2 à 6 heures
Diagnostic clinique du sepsis sévère ou du choc Si la PAS ne remonte pas après l’administration des
septique bolus, envisager d’autres causes de choc.
• Suspicion d’infection, et
Reconnaître

• Hypotension (Pression artérielle systolique Envisager une hémorragie interne.


<90 mm Hg) et au moins un des symptômes
suivants : Chercher d’autres sources d’infection potentielles.
• FC >100 battements par minute (bpm).
• Fréquence respiratoire >24.
• Température anormale (<36 °C ou >38 °C).
Oxygène : Donner aussi de l’oxygène si SpO2 <90 %. Oxygène : Donner aussi de l’oxygène si SpO2
Si possible, titrer jusqu’à SpO2 =90 %. <90%. Si possible, titrer jusqu’à SpO2 =90 %.
Expansion volémique IV :
Rétablir les paramètres physiologiques,

Expansion volémique IV : Si PAS >90 mm Hg, continuer la perfusion à la


Après un bolus initial de 1000 ml, continuer la vitesse de 2 ml/kg/heure (voir Tableau 15, page 95).
perfusion rapide de Ringer lactate ou solution saline Si après 2 heures d’expansion volémique bien
stabiliser le patient

normale (9 ‰) à la vitesse de 20 ml/kg/heure, jusqu’à conduite la PAS <90mm Hg, commencer les
60 ml/kg pendant les 2 premières heures (voir le vasopresseurs (si possible) et poursuivre la perfusion
Tableau 15, page 95). à la vitesse de à 5-10ml/kg/heure (voir Tableau 15,
(Voir le tableau à la page suivante pour les volumes à page 95). Donner des vasopresseurs uniquement si le
administrer en fonction du poids du patient.) personnel est formé et qu’une surveillance continue
du patient est possible.
À défaut de pouvoir administrer des vasopresseurs,
continuer à donner des bolus de 500 ml toutes
les 30 minutes, en surveillant très attentivement
le patient.
Antimicrobiens empiriques d’urgence Traiter toute autre source d’infection.
• Antibiotiques. Adapter la prise en charge, en particulier hydro-
• Antipaludiques (si le TDR du paludisme au chevet électrolytique et métabolique aux résultats des
du patient est positif, si le résultat du test tarde à examens biologiques
venir ou à défaut de TDR).
• Antiviraux – envisager la ribavirine chez les cas
confirmés de fièvre de Lassa ou de FHCC.
Traiter l’infection

Chercher une autre source d’infection


• Étudier les signes et symptômes afin d’identifier
une autre source d’infection.
• Faire une radiographie thoracique si un appareil
portatif est disponible.
• En cas de suspicion de tuberculose, la
radiographie thoracique ou GeneXpert peuvent
aider au diagnostic.
• Faire une coloration de Gram sur échantillon
d’expectoration.

PAS : Pression artérielle systolique, FC : fréquence cardiaque, SpO2 : saturation artérielle en oxygène à l’oxymètre de pouls,
PVJ : pression veineuse jugulaire, SSI : Sérum salé isotonique, RL : Ringer lactate.
AVPU (score) : Alert (Eveillé), Verbal (Ordres), Pain (Douleur), Unresponsive (Sans réaction).

PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE 91
Toutes les 30 minutes jusqu’à stabilisation du Toutes les 30 minutes jusqu’à stabilisation du
patient, puis toutes les heures patient, puis toutes les heures
• PAS, FC • PAS, FC
• Fréquence respiratoire • Fréquence respiratoire
• SpO2 • SpO2
• État de conscience (AVPU) • État de conscience (AVPU).
Contrôler, noter

• PVJ ou à défaut la turgescence jugulaire, • PVJ ou à défaut la turgescence jugulaire,


auscultation pulmonaire à la recherche de râles auscultation pulmonaire à la recherche de râles
crépitants (surcharge volémique) crépitants (surcharge volémique)
• Adapter la prise en charge, en particulier hydro- • Débit urinaire.
électrolytique et métabolique les résultats des
examens biologiques
• Si hémoglobine <7 mg/dl (hématocrite <20 %),
envisager la transfusion de sang total frais.
• Si glucose <3 mmol/L (54 mg/dl), administrer
25–50 ml de dextrose à 50 %.
Si la fonction respiratoire se dégrade Si la fonction respiratoire se dégrade
(augmentation de la fréquence respiratoire, (augmentation de la fréquence respiratoire,
chute de la SpO2) chute de la SpO2)
• Vérifier l’apport en oxygène et l’ajuster. • Vérifier l’apport en oxygène et augmenter le
• Si respiration sifflante, donner du salbutamol débit si possible.
(aérosol/spray) • Si turgescence jugulaire et augmentation des
• Si turgescence jugulaire et augmentation des crépitants, envisager une surcharge volémique.
crépitations, envisager une surcharge volémique. • Si signes de surcharge volémique, PAS >100
• En cas de suspicion de surcharge volémique, et patient sorti de l’état de choc, arrêter le
ralentir le débit de perfusion des solutés de remplissage vasculaire par SSI à 9 ‰ ou RL
Réagir

remplissage (SSI 9 ‰ ou RL) (et, si le patient et administrer 20 mg de furosémide en IV et


est encore en état de choc, débuter les relever la tête de lit (entre 30 et 60°)
vasopresseurs, si possible). • Si respiration sifflante, donner du salbutamol.
• Si le patient est encombré par des sécrétions (aérosol ou spray)
buccopharyngées ou trachéobronchique : • Vérifier que les antimicrobiens ont bien été
aspiration oro-pharyngée douce si une aspiration administrés.
est disponible,– en sachant que cela peut • Traiter d’autres causes de choc ou d’infection ;
générer un aérosol nécessitant une protection voir ci-dessus.
respiratoire supplémentaire (masque N95 ou
équivalent). Aspiration précautionneuse afin de
ne pas provoquer de vomissements

92 PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE
Prise en charge du choc septique de 6
à 24 heures après la réanimation
Si PAS inchangée après l’administration des bolus Refaire un bilan complet.
de soluté de remplissage (SSI 9 ‰ ou RL): Réétudier les données disponibles pour le diagnostic
• réévaluer les diagnostics possibles. et traiter une affection non prise en compte jusqu’à
• Rechercher une autre infection. Pourrait-il y présent.
Reconnaître

avoir une cause chirurgicale pour laquelle un


drainage serait bénéfique ? Signe d’un processus cardiaque ou pulmonaire
• Demander un deuxième avis. primaire ? Ajouter la prise en charge spécifique.
Oxygène : Titrer jusqu’à SpO2 =90 %. Oxygène : Titrer jusqu’à SpO2 >90 % et arrêter
Rétablir les paramètres physiologiques,

Liquides : lorsque le patient est à 90 % en l’air ambiant.


• Si PAS >90 mm Hg, poursuivre la perfusion au Liquides :
débit de 2 ml/kg/heure (SSI 9 ‰ ou RL) Se limiter au traitement d’entretien (maximum
• Si le patient est sous vasopresseurs, réduire 2 ml/kg/heure) et passer à l’hydratation orale si le
le débit. patient peut boire.
Stabiliser le patient

• Si PAS <90 mm Hg, continuer ou augmenter les


vasopresseurs. Continuer le Ringer lactate ou la
solution saline normale 9 ‰ à 2 ml/kg/heure.
• Voir le tableau page 95 pour les volumes à
administrer en fonction du poids du patient.
Poursuivre les traitements antimicrobiens Poursuivre les traitements antimicrobiens –
débutés empiriquement passer à la forme orale
• Antibiotiques • Antibiotiques
Traiter l’infection

• Antipaludiques si le traitement a été • Antipaludiques (donner des antipaludiques en


commencé. IV pendant au moins 24 heures avant de passer
• Ribavirine, si fièvre de Lassa ou FHCC à la forme orale)
confirmée. • Ribavirine, si fièvre de Lassa ou FHCC confirmée.

PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE 93
Ajouter 25–50 ml de dextrose à 50 % dans la Procédures à suivre quand le patient est stabilisé
poche de perfusion toutes les 6 heures. ou après 1-2 jours:
• À cause du risque de fausse route, ne pas
donner de nourriture par voie orale si le patient
ne peut pas déglutir sans risque (par exemple,
à cause d’une altération de l’état de conscience,
de difficultés respiratoires sévères ou de
vomissements itératifs).
• Tous les autres patients doivent être alimentés.
La plupart perd l’appétit du fait de la maladie et
tolère mieux des aliments mous ou liquides. Des
collations fragmentées et répétées au cours de
la journée sont souvent mieux tolérées.
• Envisager l’alimentation semi-liquide par sonde
nasogastrique (bouillies ou purées) si le patient
ne peut pas déglutir sans risque et s’il n’est
pas gravement malade (attention au risque de
régurgitation++++)
• Au départ, donner une petite quantité (par
exemple, 20–40 ml/heure) et contrôler
l’absorption en vérifiant la quantité résiduelle
après une heure en aspirant doucement par la
sonde nasogastrique
Nutrition

• Augmenter la fréquence des repas en fonction


de la tolérance.
Toutes les heures si PAS <90 mm Hg ou si le Toutes les 8 heures (contrôler la PAS toutes les
patient est sous vasopresseurs ; sinon, toutes heures si sevrage des vasopresseurs), puis une
les 2 heures fois par jour
• PAS, pouls • PAS, pouls
• Fréquence respiratoire • Fréquence respiratoire
• SpO2 • SpO2
• État de conscience (AVPU) • État de conscience (AVPU).
• Turgescence jugulaire, recherche de râles Réagir à d’éventuels changements, comme indiqué
crépitants à l’auscultation pulmonaire plus haut.
Toutes les 6 heures :
Contrôler, noter

• Débit urinaire.
Toutes les 12 heures :
• Répéter la glycémie et l’hémoglobine si les
valeurs initiales étaient anormales.
Réagir à d’éventuels changements, comme Réagir à d’éventuels changements, comme indiqué
indiqué dans la colonne « de 2 à 6 heures » à la plus haut.
Réagir

page précédente.

94 PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE
Tableau 15. Volume de liquides en fonction du poids du patient en cas de choc
septique chez l’adolescent et l’adulte
Petit patient Patient moyen Grand patient
Volume cible (30 kg) (50 kg) (≥70 kg)
Bolus initial 20 ml/kg 500 ml en bolus 1 000 ml en bolus 1 500 ml en bolus
Perfuser pendant 1-2 heures 500–1 000 ml/1-2 h 1 000–2 000 ml/1- 1 500–3 000 ml/1-
(20-40 ml/kg) 2h 2h
Répéter les bolus si la PAS 250 ml/30 min 500 ml/30 min 750 ml/30 min
reste <90 mm Hg sans
vasopresseurs - toutes les 30
minutes, en surveillant de
près les objectifs d’expansion
volémique et les signes de
surcharge hydrique
Débit de perfusion en 60 ml/h =240 ml en 100 ml/h =400 ml 140 ml/h =760 ml
entretien une fois que la PAS 4 heures en 4 heures en 4 heures
>90 mm Hg (2 ml/kg/h) et que
le débit urinaire est correct

Administrer rapidement des solutés de remplissage (expansion


volémique)
• Donner au départ 1000 ml de Ringer lactate ou de solution saline normale
• (SSI 9 ‰ ou RL) en bolus pour les adultes, puis poursuivre à un débit de
20 ml/kg/heure, sans dépasser 60 ml/kg pendant les deux premières heures
(bolus initial compris).
• Contrôler la pression artérielle systolique (PAS) et les signes cliniques traduisant
la qualité de la perfusion vasculaire (débit urinaire, état de conscience).
• Si la PAS demeure <90mm Hg et des signes
de mauvaise irrigation sanguine apparaissent, Comment mesurer la
continuer la réanimation liquidienne pendant pression veineuse jugulaire
les deux premières heures.
• Habituellement l’administration de va-
sopresseurs (dopamine, norépinéphrine
ou épinéphrine) est débuté à ce stade,
cependant dans la plupart des cas ce n’est pas
réalisable dans les centres de traitement Ebola.

PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE 95
• Pour éviter une surcharge hydrique, donner des bolus plus petits (voir le tableau
ci-dessus).
• Entre 2 et 6 heures, si la PAS passe au-dessus de 90, poursuivre l’administration
de liquides à 2 ml/kg/heure. Le volume doit être calculé et administré en 3 ou 4
heures au moment des tours de visite des malades (voir le tableau ci-dessus).
En revanche, si la fréquence cardiaque reste élevée et que d’autres signes de
mauvaise perfusion persistent, le patient peut encore être en état d’hypovolémie
et avoir besoin de recevoir davantage de soluté de remplissage vasculaire (NaCl
9 ‰ ou RL).
• Surveiller attentivement les signes de surcharge hydrique (augmentation de
la fréquence respiratoire, augmentation de la pression veineuse jugulaire,
apparition/aggravation des râles crépitants à l’auscultation thoracique). Dans ce
cas, diminuer le débit de la perfusion.

Administrer un traitement antimicrobien empirique par voie IV dans la


première heure
• Antibiotiques : administrer rapidement des antibiotiques à large spectre en IV.
Si cela est possible, prélever une hémoculture avant de donner les antibiotiques,
mais sans retarder pour autant le traitement.
• Le choix des antibiotiques dépend de l’existence de signes d’infection locale, des
caractéristiques locales de la maladie et de la disponibilité de ces médicaments.
La ceftriaxone à 2 grammes par jour en IV est un bon choix.
• En cas de suspicion de pneumonie contractée dans la communauté, se
référer aux directives nationales ou à celles de l’établissement. Les choix
thérapeutiques les plus fréquents sont la ceftriaxone (2 grammes/jour en
IV) ; ou l’ampicilline 2 grammes toutes les 6 heures plus soit la gentamicine à
1,5 mg/kg en IV toutes les 8 heures, soit la ciprofloxacine 400 mg en IV toutes
les 12 heures.

96 PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE
• Antipaludiques : si le patient est positif au TDR (ou si le TDR n’est pas disponible ou
que les résultats tardent à venir), commencer l’artésunate en IV (voir l’annexe C
pour la posologie des antipaludiques).
• Antiviraux : envisager la ribavirine uniquement pour des cas confirmés de fièvre
de Lassa ou de FHCC.

En plus des mesures répétées de la PAS, de la fréquence cardiaque, de la fréquence


respiratoire et de l’oxymétrie de pouls, l’examen clinique régulier des patients en état
de choc est important. Il faut faire particulièrement attention aux signes de mauvaise
perfusion périphérique et de surcharge volémique pour adapter la prise en charge
thérapeutique. Utiliser le formulaire de suivi du patient pour les patients gravement
malades (annexe E).

Signes de mauvaise perfusion périphérique


• baisse du débit urinaire
• altération de l’état de conscience, confusion/agitation
• marbrures
• froideur des extrémités

Signes de surcharge volémique


• aggravation des râles crépitants à l’auscultation pulmonaire
• dyspnée
• augmentation de la fréquence respiratoire
• turgescence jugulaire
• apparition d’œdème périphérique déclive (blanc, mou, prenant le godet)

PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE 97
4.5 Évaluation et prise en charge de l’état de choc
et de la déshydratation chez l’enfant

Déshydratation sévère due


Plan C pour les apports
à une diarrhée aqueuse, y OUI liquidiens (section 4.5.4,
compris cas d’Ebola avec annexe B)
pertes gastro-intestinales
importantes

NON

L’ENFANT PRÉSENTE-T-IL LES TROIS SIGNES DE CHOC* ?


EXTRÉMITÉS FROIDES + POULS FAIBLE ET RAPIDE + TEMPS DE
RECOLORATION CAPILLAIRE >3 SECONDES

OUI

ANÉMIE SÉVÈRE ? Liquides d’entretien (Tableau


(hématocrite <15 ou Hb OUI 12, page 84)
<5 g/dl) Programmer une transfusion
sanguine en urgence
NON

MALNUTRITION AIGUË Liquides d’entretien


SÉVÈRE ? (Tableau12, page 84) Donner
OUI 10-15 ml/kg en 60 minutes
périmètre brachial à
mi-hauteur <115 mm Voir la section 4.5.3

NON POUR TOUS LES AUTRES ENFANTS EN ÉTAT DE CHOC


Donner 10-20 ml/kg de Ringer Lactate ou une solution
saline à 0,9 % en 30-60 minutes, puis réévaluer
Voir les sections 4.5.1 et 4.5.2

98 PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE
* Seuls les enfants qui présentent les trois signes de choc (extrémités froides,
pouls faible et rapide, et temps de recoloration capillaire >3 secondes) sans anémie
sévère ou malnutrition sévère doivent recevoir 10-20 ml/kg Ringer lactate en
30-60 minutes (52).

Les enfants qui présentent seulement 1-2 signes de choc doivent :


• uniquement recevoir les apports liquidiens d’entretien et le remplacement des
pertes gastro-intestinales ou des pertes dues à la fièvre (voir Section 3.4, p.51) ;
• être prioritaires pour un bilan complet et un traitement ; et
• être réévalués dans l’heure.

Remarque : en l’absence de choc ou de déshydratation, l’administration rapide de


liquides par IV peut nuire à l’enfant.

Chez tous les enfants :


• contrôler les objectifs d’expansion volémique et de réhydratation, et
surveiller attentivement l’apparition d’une surcharge hydro-sodée (la
traiter le cas échéant – voir la section 4.5.5).
• contrôler les électrolytes et corriger les anomalies – voir la section 4.5.6.

4.5.1 Évaluation de l’état de choc, de la déshydratation


sévère, de la malnutrition sévère, de l’anémie sévère
Signes de choc chez l’enfant :
• extrémités froides et
• pouls faible et rapide et
• temps de recoloration capillaire >3 secondes

Les enfants en état de choc qui présentent ces trois signes nécessitent une expansion
volémique immédiate.

PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE 99
Évaluation de l’état de choc
Vérifiez si l’enfant est léthargique ou inconscient.
Vérifiez si l’enfant a les mains froides. Si c’est le cas, vérifiez si le temps de
recoloration capillaire dépasse les 3 secondes. Appliquez une pression pendant
5 secondes pour que l’ongle du pouce ou du gros orteil blanchisse. Mesurez le
temps qui s’écoule entre le relâchement et le retour complet à la couleur rose.
• Si le temps de remplissage capillaire est supérieur à 3 secondes, contrôlez le
pouls. Est-il faible et rapide? Si le pouls radial est fort et n’est pas manifestement
rapide, l’enfant n’est pas en état de choc. Si vous ne parvenez pas à sentir le
pouls radial d’un nourrisson (âgé de moins de 1 an), prenez le pouls brachial ou,
si le nourrisson est couché, le pouls fémoral. Si vous ne sentez pas le pouls radial
d’un enfant, prenez-le au niveau de la carotide. (Voir le guide Triage, évaluation
et traitement d’urgence (10)).
Évaluation de l’anémie sévère
• Pâleur palmaire sévère
Souvent accompagné d’un pouls d’un rapide, d’une respiration difficile, d’un état
de confusion ou d’agitation.
Évaluation de la malnutrition sévère Sont à considérer comme sévèrement
malnutris :
• les nourrissons âgés de 0 à 6 mois dont le poids pour la taille est inférieur
à –3 écarts-type (Voir les abaques dans “Soins Hospitaliers Pédiatriques”, p
439);
• les enfants âgés de 6 mois à 5 ans dont le périmètre brachial à mi-hauteur
est <115 mm et/ou qui présentent un œdème bilatéral prenant le godet au
niveau des pieds.
Évaluation des signes de déshydratation sévère :
• léthargie ;
• yeux creux, cernés, enfoncés dans les orbites ;
• pli cutané qui revient en place très lentement ;
• patient qui ne boit pas ou peu.

Les enfants présentant seulement un ou deux signes de mauvaise circulation,


par exemple, les extrémités froides, OU un pouls faible et rapide, OU un temps de
recoloration capillaire >3 secondes, mais qui n’ont pas tous les signes cliniques de

100 PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE
l’état de choc, c’est-à-dire les trois signes présents ensemble, ne doivent pas recevoir
de perfusion rapide de soluté de remplissage (RL ou SSI 9 ‰) mais doivent néanmoins
recevoir des perfusions d’entretien et une compensation volume à volume des pertes
gastro-intestinales ou des pertes dues à la fièvre, adaptés à leur âge et à leur poids.

4.5.2 Réanimation liquidienne initiale de l’enfant


en état de choc sans déshydratation sévère, anémie
sévère ou malnutrition sévère
Tout enfant en état de choc sans malnutrition/anémie/déshydratation sévère doit
recevoir un bolus en IV de 10-20 ml/kg en 30-60 minutes, tandis que la cause de l’état
de choc est recherchée.

Remplissage vasculaire initial de l’enfant en état de choc (sans


malnutrition sévère, anémie sévère ou déshydratation sévère) (2)
• Poser un abord vasculaire en mettant en place un cathéter intraveineux de
taille adaptée (si possible 18G) dans une veine périphérique de bon calibre
ou par un accès intra-osseux et prélever du sang pour les examens de
laboratoire d’urgence. Si l’enfant a déjà présenté un épisode de saignement,
utiliser un cathéter plus petit pour éviter une hémorragie au niveau du site
de ponction.
• Fixer la poche de Ringer Lactate ou de solution saline à 9 ‰; vérifier que le
débit de perfusion est correct.
• Utiliser la première colonne du tableau ci-dessous pour déterminer le
volume de liquide à perfuser rapidement
• Faire passer 10-20 ml/kg en 30-60 minutes, en observant attentivement
l’enfant.

Pour tous les enfants :


• faire un bilan complet,
• rechercher activement l’étiologie de l’état de choc,
• administrer tous les autres traitements nécessaires
• surveiller l’état du patient.

PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE 101
Tableau 16. Remplissage vasculaire initial immédiat de l’enfant en état de choc
sans déshydratation sévère, anémie sévère ou malnutrition sévère
10-20 ml/kg de lactate de Ringer ou de solution saline en 30-60 minutes
20 ml/kg en 20 ml/kg en gouttes 10 ml/kg en 10 ml/kg en gouttes par
Poids 30-60 minutes par minute* si en 60 30-60 minutes minute*
(kg) en ml minutes en ml si en 60 minutes
2 40 13 20 7
2,5 50 17 25 8
3 60 20 30 10
4 80 27 40 13
5 100 33 50 17
6 120 40 60 20
7 140 47 70 23
8 160 53 80 27
9 180 60 90 30
10 200 67 100 33
11 220 73 110 37
12 240 80 120 40
13 260 87 130 43
14 280 93 140 47
15 300 100 150 50
16 320 107 160 53
17 340 113 170 57
18 360 120 180 60
19 380 127 190 63
20 400 133 200 67
* ATTENTION : Suppose des systèmes IV « adulte » avec lesquels 20 gouttes=1 ml. Refaire le calcul si le système IV utilise
une burette pédiatrique avec laquelle 60 gouttes=1 ml.

Envisager une transfusion sanguine immédiate en cas de pâleur sévère ou si Hb


<5 g/100 mL au moment de l’admission.

Les enfants en état de choc qui présentent une anémie sévère (hématocrite <15
ou hémoglobine <5 g/dl) (10) doivent recevoir une transfusion sanguine le plus
tôt possible et ne recevoir d’autres liquides par IV que pour maintenir un état
102 PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE
d’hydratation normal. L’enfant doit être réévalué à la fin de la transfusion et dans les
heures qui suivent pour surveiller son état.

Tableau 17. Réévaluation de l’enfant après la remplissage vasculaire initial


Réévaluation • Si aucune amélioration, répéter 10 ml/kg en 30 minutes
après le premier • Si aucune réponse ou si saignements, donner du sang total 10 ml/kg en
bolus de minimum trois heures et observer l’enfant attentivement.
remplissage • Si l’état de choc a régressé, donner des liquides seulement pour maintenir
vasculaire initial
un état d’hydratation normal (apports liquidiens de base).
Réévaluation • Si pas d’amélioration et signes de déshydratation, répéter 10 ml/kg en
après le 30 minutes.
deuxième bolus • Si pas d’amélioration et suspicion de choc septique, répéter 20ml/kg en
de remplissage 30 minutes et envisager des vasopresseurs si possible. Voir la section 4.5.5.
vasculaire initial

Tout enfant dont l’état ne s’améliore pas au bout d’une heure doit recevoir une
transfusion sanguine (10 ml/kg lentement en 3 heures au moins). L’enfant peut avoir
une hémorragie interne ou nécessiter une transfusion en cas de choc septique sévère
pour améliorer la capacité de transport de l’oxygène.

Contrôler l’état d’hydratation et surveiller attentivement les signes de surcharge


hydrique. Si des signes de surcharge hydrique, d’insuffisance cardiaque ou de
détérioration neurologique apparaissent, la perfusion de liquide de remplissage
vasculaire (SSI 9 ‰ ou RL) doit être arrêtée et aucune autre perfusion intraveineuse
ne doit être mise en route tant que ces signes persistent. Voir la section 4.5.6.

4.5.3 Réanimation liquidienne initiale de l’enfant en


état de choc avec malnutrition aiguë sévère
Les enfants en état de choc qui présentent une malnutrition aiguë sévère doivent recevoir
10-15ml/kg de remplissage vasculaire en intraveineux/intraosseux pendant la première
heure. Les enfants dont l’état s’améliore après la perfusion initiale doivent recevoir
uniquement des apports liquidiens d’entretien par voie orale ou par sonde nasogastrique.
Les solutés de remplissage IV suivants peuvent être utilisés suivant leur disponibilité (Voir
“Soins Hospitaliers Pédiatriques”, Annexe 4, page 429):
• Ringer lactate + solution de glucose à 5 % à parts égales (dextrose)
• solution de Darrow + solution de glucose à 5 % à parts égales (dextrose)
• NaCl à 0,45 % + solution de glucose à 5 % à parts égales (dextrose).

PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE 103
Tableau 18. Réanimation liquidienne immédiate de l’enfant en état de choc
avec malnutrition aiguë sévère
10-15 ml/kg Ringer lactate avec 5 % de glucose (dextrose) solution de Darrow avec 5 %
de glucose réduite de moitié (dextrose) NaCl à 0,45 % plus 5 % de glucose (dextrose)
10 ml/kg en
15 ml/kg 15 ml/kg en gouttes 10 ml/kg gouttes par
en 60 minutes par minute* en 60 minutes minute*
Poids (kg) en ml si en 60 minutes en ml si en 60 minutes
2 30 10 20 7
2,5 38 13 25 8
3 45 15 30 10
4 60 20 40 13
5 75 25 50 17
6 90 30 60 20
7 105 35 70 23
8 120 40 80 27
9 135 45 90 30
10 150 50 100 33
11 165 55 110 37
12 180 60 120 40
13. 195 65 130 43
14 210 70 140 47
15 225 75 150 50
16 240 80 160 53
17 255 85 170 57
18 270 90 180 60
19 285 95 190 63
20 300 100 200 67
* ATTENTION : Suppose une tubulure de perfusion « adulte » avec lesquels 20 gouttes=1 ml. Refaire le calcul si il s’agit
d’une tubulure de perfusion pédiatrique avec laquelle 60 gouttes=1 ml.

Si l’état de l’enfant s’améliore :


• passer les apports liquidiens d’entretien par voie orale ou par sonde nasogastrique
en utilisant du ReSoMal à 10 ml/kg/heure pendant une durée allant jusqu’à 10
heures.

104 PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE
• Dès que l’enfant est conscient, introduire la formule F-75 et réduire en
conséquence les quantités de ReSoMal administrées.

Si l’état de l’enfant ne s’améliore pas :


• Donner uniquement des apports liquidiens d’entretien par voie IV à 4 ml/kg/heure
en attendant la transfusion sanguine.
• Dès que le sang total est disponible transfuser 10 ml/kg en 3 heures au moins.
• Commencer la réalimentation avec la formule F-75 après la transfusion.
• Donner des antibiotiques par IV s’ils n’ont pas encore été administrés.
• Discuter avec un clinicien confirmé.

4.5.4 Remplissage vasculaire de l’enfant présentant des


signes de déshydratation sévère ou des pertes gastro-
intestinales importantes
Si l’enfant présente des signes de déshydratation sévère ou que les pertes gastro-
intestinales sont manifestement importantes, suivre le plan C d’administration des
solutés de remplissage (voir aussi l’annexe B), en utilisant les colonnes des étapes 1
et 2 du plan (Tableau 19), et les indications du Tableau 18 ci-dessus. Donner une SSI
0,9 % + G5% à parts égales, ou du RL + G5% à parts égales, ou une SSI 0,9 % (en ordre
de préférence décroissant). Les nourrissons âgés de moins d’un an doivent recevoir
une SSI à 0,9 % + G10% à parts égales ou du Ringer lactate + G10% à parts égales.

Âge Donner d’abord 30 ml/kg en : Donner ensuite 70ml/kg en:


Nourrissons (<12 mois) 1 heure 5 heures
Plus âgé (12 mois ou plus, y 30 minutes 2½ heures
compris les adultes)
Source : Plan C Calcul de la durée de perfusion – voir l’annexe B.

Si l’enfant vomit et présente une diarrhée importante, même en l’absence de signes


de déshydratation, la mise en place précoce d’un accès IV est importante car l’état
de l’enfant peut se dégrader rapidement et la mise en place d’une voie d’abord
intraveineuse peut alors se révéler difficile. Les symptômes chez l’enfant âgé de
moins de cinq ans sont souvent reconnus tardivement en raison d’un tableau clinique
plus fruste et de la difficulté des enfants à décrire précisément leurs symptômes.
Par conséquent, chez ces enfants, la maladie progresse souvent rapidement vers la

PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE 105
mort, qui survient en quelques heures au lieu de quelques jours après l’apparition
des symptômes. Il faut donc se montrer proactif en ce qui concerne l’accès IV lorsque
la prise orale de liquides est jugée insuffisante, sans attendre les signes de sévérité.
Tableau 19. Réanimation liquidienne immédiate de l’enfant en état de choc
avec déshydratation sévère mais sans malnutrition sévère
Plan C – Étape 1 Plan C – Étape 2
Lactate de Ringer 70 ml/kg ou SRO par voie
Lactate de Ringer 30 ml/kg nasogastrique
Volume à perfuser (mL) Âge <12 mois Âge ≥1 an,
Poids en 1 heure si âge <12 mois en 5 heures en 2 heures ½
(kg) en 1/2 heure si âge ≥12 mois gouttes/min volume gouttes/min*
2 60 10 140
2,5 75 13 175
3 90 13 210
4 120 20 280
5 150 27 350 55
6 180 27 420 55
7 210 33 490 66
8 240 33 560 66
9 270 40 630 80
10 300 50 700 100
11 330 55 770 110
12 360 55 840 110
13 390 60 910 120
14 420 66 980 135
15 450 66 1 050 135
16 480 75 1 120 150
17 510 80 1 190 160
18 540 80 1 260 160
19 570 90 1 330 180
20 600 95 1 400 190
*ATTENTION : Suppose une tubulure de perfusion « adulte » avec lesquels 20 gouttes=1 ml. Refaire le calcul si il s’agit
d’une tubulure de perfusion pédiatrique avec laquelle 60 gouttes=1 ml.

106 PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE
En contexte pédiatrique, si les tentatives de mise en place d’un cathéter intraveineux
se révèlent infructueuses, il faut alors utiliser un cathéter intra-osseux, à condition
que le personnel soit correctement formé. L’accès intra-osseux, de préférence avec
un dispositif électrique, comme EZ-IO©, est rapide, sûr et bien plus simple que la
pose d’une voie IV chez des enfants qui présentent des saignements spontanés. Il faut
être extrêmement prudent lors de la mise en place d’un accès intra-osseux manuel
(par exemple, avec une aiguille Cook©), car il existe un risque de blessure par piqûre
d’aiguille. En raison de ce risque de contamination, ce dispositif électrique intra-
osseux doit être réservé en priorité au cas confirmés de maladie à virus Ebola. L’accès
intra-osseux doit être remplacé dès que possible par un cathéter intraveineux.

Afin d’éviter les bolus administrés trop rapidement, penser à vérifier le débit de
perfusion régulièrement, en particulier aux nourrissons et aux nouveau-nés. En
effet, une étude a mis en évidence que l’administration répétée de bolus de 20 ml/
kg pouvait augmenter la mortalité ; à noter cependant que cette étude excluait les
patients souffrant de gastro-entérite (73).

Réanimation liquidienne de l’enfant présentant des signes de


déshydratation modérée
La réhydratation par SRO du plan B repose sur une surveillance étroite, une prise
supervisée et l’évaluation périodique de l’état de déshydratation de l’enfant, ce qui
peut être difficile en pratique pour les enfants admis dans des unités de traitement
Ebola. Il est également difficile d’évaluer de manière régulière le volume des pertes
liquidiennes dues à la diarrhée et aux vomissements afin de les compenser.

Les enfants âgés de moins de cinq ans présentant une diarrhée, une déshydratation
modérée ou des apports liquidiens par voie orale insuffisants doivent être mis sous
perfusion IV précocement. Alternativement, lorsque l’accès IV se révèle difficile,
la réhydratation peut être effectuée via une sonde nasogastrique chez les enfants
capables de tolérer la sonde gastrique et sous réserve d’une supervision étroite par
le personnel soignant.

PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE 107
Tableau 20. Réanimation liquidienne de l’enfant présentant des signes de
déshydratation modérée
Plan B – 75 ml/kg
Poids (kg) SRO voie orale/nasogastrique
En 4 heures
2 150
2,5 190
3 225
4 300
5 375
6 450
7 525
8 600
9 675
10 750
11 825
12 900
13 975
14 1 050
15 1 125
16 1 200
17 1 275
18 1 350
19 1 425
20 1 500

Évaluation du volume des pertes gastro-intestinales :


• patient incapable de boire ou qui boit peu ;
• identifier les épisodes récents de vomissements ou de diarrhée ;
• demander aux proches/aidants des indications sur le débit urinaire et la prise de
boisson.

108 PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE
4.5.5 Évaluation des objectifs de réhydratation et des
signes de surcharge hydrosodée
Objectifs de réhydratation chez l’enfant :
• temps de remplissage capillaire <2 secondes, pouls normal et extrémités tièdes ;
• fréquence cardiaque normale pour l’âge ;
• débit urinaire >1 ml/kg/heure.

Tableau 21. Valeurs normales de la FC, de la PAS et de la fréquence respiratoire


chez l’enfant
Âge
(en années) Pouls* (fourchette) TA systolique Fréquence respiratoire
0-1 100-160 >60 0-3 mois : 35-55
3-6 mois : 30-45
6-12 mois : 25-40
1-3 90-150 >70 20-30
3-6 80-140 >75 20-25

La fréquence cardiaque ralentie d’environ 10 % pendant le sommeil. L’enfant fiévreux


peut voir son pouls augmenter de 10 à 20 battements par degré de température au-
dessus de 37°C ; il s’agit d’un phénomène normal, ce n’est pas nécessairement un
signe de déshydratation. Chez le nourrisson ou l’enfant, l’absence ou, au contraire,
la présence d’un pouls central fort est souvent un indicateur plus utile de l’existence
éventuelle d’un état de choc que la mesure de la pression artérielle.

Respecter strictement les protocoles de soins pour éviter la surcharge


hydrosodée.

PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE 109
Surveiller attentivement les signes de surcharge hydrique ou
hydrosodée chez l’enfant.
La surcharge hydrosodée est une complication fréquente du traitement de l’état
de choc. Elle peut avoir plusieurs explications :
• solutés IV administrés trop rapidement ou en trop grande quantité ;
• usage de solutions cristalloïdes hypotoniques au lieu d’isotoniques ;
• solutés IV administrés trop longtemps (après disparition de la fuite
plasmatique) ;
• trop grands volumes de solution IV chez l’enfant avec fuite capillaire
importante.
Signes précoces
Respiration rapide Ascites
Tirage sous-costal Œdème périorbitaire ou des tissus mous
Épanchement pleural
Signes tardifs
Œdème pulmonaire Cyanose
Choc irréversible (associant souvent hypovolémie et insuffisance cardiaque)
Œdème cérébral chez le nourrisson

La prise en charge de la surcharge hydrosodée varie selon que l’enfant


est en état de choc ou que l’état de choc est révolu
• Les enfants qui restent en état de choc et montrent des signes de surcharge
hydrosodée sévère sont très difficiles à prendre en charge et la mortalité est
élevée.
• Éviter les diurétiques, qui aggraveront la déplétion hydrique intravasculaire.
• Si l’enfant est sorti de l’état de choc mais qu’il a une respiration rapide et de
grands épanchements, consulter un spécialiste en pédiatrie pour envisager
l’administration de furosémide 1mg/kg par voie orale ou par IV, une ou
deux fois par 24 heures (et une oxygénothérapie). L’aspiration du liquide
pleural peut être envisagée mais il existe des risques d’hémorragie et de
pneumothorax, qui sont tous deux des complications difficiles à prendre en
charge dans un centre de traitement Ebola.
• Si l’enfant est sorti de l’état de choc et qu’il est stable, arrêter les perfusions IV.
L’excès de liquide sera réabsorbé et éliminé par les reins via la diurèse urinaire.

110 PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE
Remarque : dans un contexte d’hémorragie majeure, d’état de choc sévère entraînant
un risque élevé de décès à court terme, il faut se poser la question de la poursuite
du traitement curatif (accès IV ou intra-osseux) ou opter pour des soins palliatifs
éventuellement plus appropriés.

4.5.6 Anomalies électrolytiques


L’hypokaliémie (K< 3,5 mEq/L) due aux pertes gastro-intestinales est fréquente et
peut être grave chez l’enfant. La correction de l’hypokaliémie par voie intraveineuse
comporte un risque si elle n’est pas étroitement contrôlée. La correction par voie orale
de l’hypokaliémie est à privilégier dans la mesure du possible.

Pour éviter les anomalies électrolytiques graves :


• si possible, doser les électrolytes sur le lieu des soins et corriger les anomalies.
En cas d’hypokaliémie avérée, ajouter 20 mEq de chlorure de potassium (KCl) à
chaque litre de liquide IV ;
• si le ionogramme sanguin et le dosage de la créatinine n’est pas possible, ajouter
empiriquement 10 mEq de KCl à chaque litre de soluté de perfusion IV quand les
pertes dues aux vomissements et à la diarrhée sont importantes ;
• la solution de réhydratation orale (SRO) contient du potassium (20 mEq/L),
généralement assez pour remplacer les pertes hydro-électrolytiques, si la prise
de SRO est suffisante ;
• d’autres boissons et aliments peuvent être de bonnes sources de potassium (par
exemple, l’eau gélifiée ou la noix de coco en contiennent 54 mEq/L et la banane
environ 10 mEq/banane) ;
• pour la correction par voie orale, donner des suppléments de potassium par voie
orale (1-4 mEq/kg/jour ; par exemple, 20 mEq pour un nourrisson de 10 kg) ;
• les taux de 3,0 et au-dessus sont généralement asymptomatiques et peuvent être
corrigés par l’apport alimentaire et les SRO.
• la correction des hypokaliémies et le maintien de la normokaliémie par voie
veineuse ne doivent être utilisés que lorsque l’enfant présente une hypokaliémie
sévère (taux <2,5) ou qu’il n’est pas capable de boire.

PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE 111
Tableau 22. Traitement de remplacement du potassium chez l’enfant
Taux de potassium Posologie
3,0 ou plus Aucune
0,5-2 mEq/kg par voie orale toutes les 12 heures
2,5-2,9
Entretien : 10 mEq/L de soluté de perfusion
<2,5 0,5 mEq/kg/heure par IV pour correction.
Entretien : 20-40 mEq/L de soluté de perfusion, 2 mEq/kg par voie orale
toutes les 12 heures

• pour le maintien d’une kaliémie correcte par voie veineuse, 10-20 mEq/L sont
recommandés ;
• l’ajout de potassium aux solutions IV doit être réalisé avec précaution pour éviter
les erreurs ; dans ce cas, il est recommandé d’étiqueter clairement, les poches de
soluté dans lesquelles du potassium a été ajouté dès leur préparation en zone
verte ;
• la concentration maximum pour corriger l’hypokaliémie par voie veineuse est de
40 mEq/L ; le débit maximum est de 0,5 mEq/kg/h (par exemple, 5 mEq pour un
nourrisson de 10 kg en 1 heure) ;
• les concentrations élevées requièrent une veine suffisamment grosse, en raison
des effets irritants sur les tissus (injection douloureuse et risque de veinite/
thrombose veineuse);
• la correction concomitante de l’hypomagnésémie, également fréquente au
cours de la maladie à virus Ebola, facilite la correction de l’hypokaliémie. Les
suppléments de magnésium par voie orale peuvent exacerber la diarrhée ; en
revanche, l’administration de magnésium par voie intraveineuse (25-50 mg/
kg IV en 6 à 12 heures, dose unique maximum de 2 grammes) peut faciliter la
correction de l’hypokaliémie.

4.6 Prise en charge du choc septique chez


l’enfant (non du choc causé par des pertes
gastro-intestinales importantes)
Tout enfant en état de choc sans malnutrition/anémie/déshydratation sévère doit
recevoir un bolus en IV de 10-20 ml/kg en 30-60 minutes, tandis que la cause de l’état
de choc est recherchée. Voir les instructions à la section 4.5.1.

112 PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE
Au début, il peut être difficile de distinguer un choc hypovolémique d’un choc
septique. En cas de doute, administrer des solutions de remplacement pour le choc
hypovolémique pendant les deux premières heures.

Principes généraux de la prise en charge de l’enfant en état de choc septique


• Libérer les voies aériennes (voir TETU (7)).
• Donner de l’oxygène par canule nasale ou cathéter. Commencer à 1-2 litres/minute
en visant une saturation en oxygène (SpO2≥90%). À la phase aiguë de l’état de
choc, durant les 24 premières heures, quand l’apport en oxygène est insuffisant,
donner également de l’oxygène si SpO2<94% (52).
• Administrer des solutés de remplissage intravasculaire : initialement à la dose de
10-20 ml/kg de Ringer lactate ou de sérum salé isotonique (sérum physiologique
à 9 ‰) en 30-60 minutes (si l’enfant n’est pas malnutri – voir la section 4.5.3 des
recommandations concernant les solutés de remplissage vasculaire).
• Traiter la cause sous-jacente :
°° Antibiotiques : administrer empiriquement des antibiotiques à large
spectre (par exemple de la ceftriaxone à 80 mg/kg une fois par jour
(maximum : 2 grammes) ;
°° Antipaludiques : faire un TDR pour le paludisme au chevet du
patient et, s’il est positif (ou si le TDR n’est pas disponible ou si les
résultats du TDR ne sont pas immédiatement disponibles), commencer
l’administration d’artésunate par IV (voir l’annexe C pour la posologie) ;
°° Antiviraux : envisager l’administration de ribavirine uniquement pour
les cas confirmés de fièvre de Lassa ou de FHCC.
°° Envisager les vasopresseurs si l’administration de soluté de remplissage
ou de sang n’a pas réussi de faire remonter la PAS ou si des signes de
mauvaise perfusion périphérique persistent. Remarque : l’agent de
santé doit avoir été formé à l’utilisation des vasopresseurs.
Contrôler – noter – réagir.
Suivre les recommandations fournies à la section 4.5.4 sur les objectifs de la
réhydratation, en surveillant et en réagissant rapidement en cas de signes de
surcharge hydrique.
Suivre les recommandations fournies à la section 4.5.5 sur la prise en charge des
anomalies électrolytiques et de la glycémie.

PRISE EN CHARGE DES CAS SÉVÈRES CONFIRMÉS OU SUSPECTS D’INFECTION À VIRUS EBOLA PRÉSENTANT DES SIGNES D’URGENCE 113
5-Contacts : rôle du clinicien dans
la recherche des contacts et la prise
en charge des sujets exposés

5.1 Rôle du clinicien dans la recherche des


contacts
Lors du dépistage des patients se présentant à un centre de traitement Ebola, un
centre de transit ou un centre de soins communautaire pour y être hospitalisés, il est
essentiel que le clinicien qui hospitalise le patient ou l’agent de surveillance remplisse
le formulaire de recherche des contacts, et que ce formulaire soit transmis au système
de surveillance. Voir la section 2.1.3.

5.2 Prise en charge des agents de santé exposés


Les personnes – y compris les agents de santé – ayant eu une exposition percutanée
ou mucocutanée à du sang, des liquides biologiques, des sécrétions ou des excrétions
d’un cas suspect de FHV doivent immédiatement laver les surfaces cutanées
concernées à l’eau et au savon. Les muqueuses (par exemple la conjonctive) doivent
être rincées avec de grandes quantités d’eau ou de solution à usage oculaire.

Si l’incident se produit à l’intérieur de la zone rouge :


• l’agent de santé doit immédiatement sortir, sauf si son gant est perforé ;
• en cas d’incident entraînant la perforation des gants à l’intérieur de la zone rouge
(par exemple, une piqûre d’aiguille), l’agent de santé doit enlever ses gants, se
laver les mains soigneusement et enfiler de nouveaux gants avant de sortir. Bien
que cette précaution ne change pas nécessairement la probabilité d’infection, il
permettra à l’agent de santé d’agir directement et de retrouver son calme;
• pour une blessure à travers n’importe quelle autre partie de l’EPI, l’agent de santé
doit d’abord sortir de la zone rouge ;
• enlever l’EPI en suivant la procédure habituelle (voir la section 7.3) ;

114 RÔLE DU CLINICIEN DANS LA RECHERCHE DES CONTACTS ET LEUR PRISE EN CHARGE
• il est essentiel que l’agent de santé reste calme et suive strictement la procédure
de retrait de l’EPI pour éviter l’exposition à une partie potentiellement contaminée
de l’EPI au moment où il l’enlève ;
• une fois dans la zone verte, laver la surface cutanée ou les muqueuses concernées
comme décrit ci-dessus ;
• l’incident d’exposition doit être immédiatement notifié au professionnel chargé
de la santé au travail ;
• les personnes exposées doivent faire l’objet d’un bilan médical et recevoir des
soins de suivi, avec notamment la prise de la température deux fois par jour
pendant 21 jours suivant l’exposition.
°° Si la température dépasse 38 °C ou que d’autres symptômes cliniques
de FHV (diarrhée, etc.) apparaissent, une hospitalisation immédiate en
isolement strict s’impose. La période d’incubation entre l’exposition et
les symptômes cliniques est au minimum de 48 heures.
°° Une prophylaxie post-exposition (par exemple, VIH, hépatite B) doit être
envisagée.

Les agents de santé chez lesquels une infection à virus Ebola est suspectée (c’est-à-
dire qui présentent des symptômes évocateurs d’une infection à virus Ebola) doivent
être isolés, et les recommandations présentées dans ce document doivent être
appliquées jusqu’à ce que le diagnostic soit infirmé ou confirmé. La recherche et le
suivi des contacts sont indispensables – famille, amis, collègues et autres patients
ayant pu être exposés par un contact rapproché avec des agents de santé infectés.

Administration éventuelle de ribavirine aux contacts à haut risque de


cas de fièvre de Lassa ou de FHCC
Une prophylaxie post-exposition doit être envisagée pour les personnes exposées à
la fièvre de Lassa ou à la FHCC. Elle doit se limiter aux contacts étroits à haut risque,
malades, personnel de laboratoire ou agents de santé, qui ont été exposés dans les
conditions suivantes :
1) pénétration de la peau par un instrument piquant ou coupant contaminé (par
exemple, une piqûre d’aiguille) ;
2) exposition des muqueuses ou d’une plaie à du sang ou à des sécrétions
biologiques (par exemple, éclaboussures de sang dans les yeux ou la bouche) ;

RÔLE DU CLINICIEN DANS LA RECHERCHE DES CONTACTS ET LEUR PRISE EN CHARGE 115
3) participation à des procédures d’urgence sans équipement de protection
individuelle approprié (par exemple, réanimation après un arrêt cardiaque,
intubation ou aspiration) ; ou
4) contact prolongé (quelques heures) et continu dans un espace clos sans porter
d’équipement de protection individuelle approprié (par exemple, un agent de
santé accompagnant un patient pendant une évacuation sanitaire dans un petit
avion) (74).

Pour l’estimation du risque d’infection, noter que les patients les plus infectieux sont
ceux dont l’état clinique est le plus grave, en général à un stade avancé de la maladie.
La prophylaxie ne doit pas être utilisée quand une seule exposition s’est produite
pendant la période d’incubation ou durant la convalescence, après disparition de la
fièvre (74).

La prophylaxie consiste en une dose de charge de 35 mg/kg de ribavirine par voie


orale (maximum 2,5 g), suivie d’une dose de 15 mg/kg (maximum 1 g) toutes les 8
heures pendant 10 jours (74).

Si la température atteint ou dépasse 38,3 °C, l’administration de ribavirine peut être


envisagée comme traitement présomptif de la fièvre de Lassa ou de la FHCC.

5.3 Prise en charge du contact enfant à haut


risque
Tout enfant ayant eu un contact avec un cas probable ou confirmé positif à Ebola
ou décédé d’une infection à virus Ebola, doit être mis sous observation/surveillance
pendant 21 jours. La majorité des enfants seront surveillés pendant cette période
d’incubation chez eux et dans leur communauté. Néanmoins, lorsque les deux
parents ont été hospitalisés dans un centre de traitement Ebola et que personne
à la maison ne peut prendre soin d’eux, il est essentiel de disposer d’installations
spécifiques pour assurer les soins généraux, la nutrition, le soutien psychosocial, la
surveillance des symptômes d’Ebola et de la température pour les enfants exposés
et asymptomatiques pendant ces 21 jours d’observation. Dans la mesure du possible,
les enfants asymptomatiques ne doivent pas être admis dans un centre de traitement
Ebola avec leurs parents, bien que des installations/pouponnières spécifiques existent

116 RÔLE DU CLINICIEN DANS LA RECHERCHE DES CONTACTS ET LEUR PRISE EN CHARGE
parfois à côté de l’unité de traitement Ebola. Les survivants d’Ebola peuvent être formés
pour s’occuper de ces enfants. Des normes strictes et des précautions pour se protéger
des contacts et des gouttelettes doivent être appliquées dans ces installations, de
même que la capacité d’accroître rapidement le niveau d’isolement et la quantité
d’EPI disponibles au cas où un enfant présenterait des symptômes compatibles avec
la maladie à virus Ebola. Les différents choix possibles sont notamment (75) des soins
dispensés par la famille en quarantaine, des soins nourriciers assurés par un survivant,
ou un centre de soins d’observation temporaire. Voir également la section 3.6.
• Sur la base des données disponibles indiquant qu’ils peuvent rapidement
succomber à la maladie, les contacts âgés de moins de 5 ans qui ont été exposés
au virus Ebola nécessitent la présence de personnel soignant expressément
chargé de surveiller attentivement l’apparition de symptômes, notamment par
une prise pluriquotidienne (3 fois/jour) de la température.

RÔLE DU CLINICIEN DANS LA RECHERCHE DES CONTACTS ET LEUR PRISE EN CHARGE 117
6-Soutien psychologique

Soutien au patient et à sa famille


Le soutien psychologique du malade, de la famille et du personnel joue un rôle
très important dans la prise en charge de la FHV. La peur et l’anxiété sont normales
compte tenu du taux de létalité élevé chez les cas confirmés. Il est important de bien
communiquer avec le patient et sa famille, d’expliquer les raisons de l’isolement et
de l’EPI en apportant un soutien psychologique dès le début des soins. On veillera à
procéder à un bilan complet de santé mentale pour chaque patient, en recherchant
ensuite d’éventuels problèmes de santé mentale consécutifs à la découverte de la
maladie à virus Ebola. Des symptômes transitoires de stress aigu sont à prévoir. Une
dépression peut survenir, associée à des sentiments de désespoir et/ou à des pensées
suicidaires. Voir la section 10.11 (Problèmes de santé mentale) dans le manuel PCIMA
du clinicien de district pour la prise en charge intégrée (9).

Dans l’idéal, un psychologue, un travailleur social ou une infirmière psychosociale doit


intervenir dès le début des symptômes. Cette personne doit être présente dans la zone
de tri pour informer le patient sur ce qu’il se passe à l’intérieur des différents services,
puis suivre les patients quotidiennement à l’intérieur de la zone rouge si possible. S’il
n’est pas possible de disposer d’un agent psychosocial dédié dans la zone rouge, alors
les infirmières présentes dans la zone rouge doivent être formées et supervisées pour
apporter un soutien psychosocial de base. Le soutien psychosocial de base est décrit
dans la publication Les premiers secours psychologiques pendant l’épidémie de maladie
à virus Ébola (76). Sinon, l’agent psychosocial formé peut se trouver dans un espace de
la zone verte très proche (de manière à permettre le dialogue et le contact visuel) d’un
espace de la zone rouge où le patient peut être amené pour bénéficier d’un soutien
psychologique à travers une barrière de sécurité.

La capacité de l’agent psychosocial à communiquer dans les langues locales est


essentielle. Fournir un soutien psychosocial en portant un EPI peut être inconfortable
et difficile. Le port de l’EPI est physiquement épuisant pour l’agent psychosocial,
tandis que le patient, lui, a du mal à voir son visage (le fait de voir le visage
contribuant à l’établissement d’une bonne relation). Pour un patient se déplaçant

118 SOUTIEN PSYCHOLOGIQUE


de manière autonome, on peut aménager un espace privé d’où il peut parler par-
dessus la barrière du secteur à haut risque avec l’agent psychosocial, à une distance
suffisante pour éviter tout risque de transmission. Les interventions psychosociales
pour les patients et les familles sont décrites à la section 10.11 du manuel PCIMA du
clinicien de district pour la prise en charge intégrée. (9). Des groupes de soutien pour
les membres de la famille et pour les patients touchés après leur sortie de l’hôpital
peuvent être utiles.

Si des survivants assurent le soutien psychosocial, ceux-ci doivent recevoir une


formation appropriée, être continuellement encadrés, et souvent recevoir eux-mêmes
un soutien psychosocial (tout comme d’autres membres de l’équipe clinique – voir
ci-dessous).

Pour le bien-être du patient, il est important de traiter la douleur, la gêne abdominale


et les nausées, et de prendre en charge l’anxiété (voir la section 3.2). En phase
terminale, le patient aura besoin de soins et d’un accompagnement de fin de vie au
sein secteur d’isolement.

De nombreux patients Ebola restent très conscients jusqu’à la fin et ne sont pas
encéphalopathes. D’autres sont très confus et agités. Certains deviennent très confus,
délirants et non communicants, tout en déambulant.

Pour le soutien psychosocial et spirituel du patient et le soutien dont ont besoin les
membres de la famille pour le deuil, la perte et le chagrin éprouvés, voir aussi le
module PCIMA - PCIME de directives Soins palliatifs : gestion des symptômes et soins
de fin de vie (77).

Soutenir autant que possible les patients et les membres de la famille au sein du
centre de traitement Ebola :*
• prévoir un espace à l’extérieur pour les membres de la famille ;
• essayer de concevoir un espace dans lequel le personnel et la famille peuvent voir
les patients à travers une paroi en plexiglas ;
• encourager les patients stables à s’asseoir à l’extérieur pour communiquer avec
leur famille à travers la barrière ;
• informer régulièrement la famille sur l’état du patient, et informer le patient que
sa famille est là ;

SOUTIEN PSYCHOLOGIQUE 119


• encourager le patient à utiliser le téléphone portable à l’intérieur du service. Lui
procurer un moyen de recharger son téléphone (prises électriques/utilisation du
réseau) ou lui procurer un téléphone portable à l’usage des patients ;
• lorsque c’est possible et dénué de risque*, permettre à un membre de la famille
sous étroite surveillance de rendre visite à son enfant à l’intérieur du centre, muni
d’un EPI complet, pour lui donner à manger, l’encourager à prendre les SRO et
parler avec lui ;
• certains centres de traitement Ebola permettent à un membre de la famille muni
d’un EPI complet de venir voir le défunt.*
• expliquer clairement les règles à l’intérieur du centre de traitement Ebola et
accompagner les membres de la famille en permanence.

* Ces visites ne sont pas toujours possibles notamment si le service est surchargé, s’il
manque de personnel ou si les mesures de lutte contre l’infection sont insuffisantes,
etc. Les membres de la famille munis d’un EPI complet sont exposés à des risques
lorsqu’ils se trouvent dans la zone rouge, et ces risques doivent être soupesés au
regard des avantages procurés.

Des services adaptés aux enfants


• Les centres de traitement Ebola qui accueillent des enfants doivent être conçus
de manière à permettre une surveillance visuelle permanente depuis les zones
réservées au personnel (fenêtres ou équivalent) et celles réservées à la famille.
• Un espace doit être spécialement conçu pour permettre aux membres de la
famille de rester ensemble.
• Les enfants les plus jeunes ont besoin de soins et de soutien en permanence,
de préférence assurés par des membres de la famille dans le service ou par des
survivants. Il est important d’interagir avec les enfants et de les toucher. Cela
facilite la prise des boissons et de l’alimentation par voie orale, et c’est bénéfique
pour la santé psychologique.
• Des berceaux, des parcs pour enfants et des lits munis de barrières sont
nécessaires pour éviter que les enfants remuants ne tombent ou ne se promènent
dans le service.
• Pour améliorer les soins et le confort, il convient d’envisager des formulations
orales pédiatriques pour les médicaments, des couches pour bébés, des serviettes
absorbantes et des toilettes portables / pots pour enfant.

120 SOUTIEN PSYCHOLOGIQUE


• Quand l’état de l’enfant s’améliore, des jouets ou autres objets adaptés à son âge
doivent être disponibles.

Soutien aux agents de santé et autres membres du personnel


(y compris les survivants recrutés pour assister l’équipe clinique)

Le soutien psychologique du personnel est essentiel pour l’aider à faire face à une
mortalité élevée, aux cas d’infection parmi les collègues et à des conditions de
travail difficiles (par exemple, le stress lié à la chaleur environnante). Le personnel
clinique est confronté à des patients qui souffrent de douleurs sévères et de gênes
qu’il est difficile de soulager. De nombreux patients Ebola sont conscients jusqu’à la
fin ; d’autres sont très confus et agités, ou non communicants. Le personnel doit être
préparé à gérer ces situations stressantes.

Un professionnel spécialisé en santé mentale et en soutien psychologique doit faire


partie de l’équipe médicale pour conseiller et former le personnel en termes de
savoir-faire psychologiques, à la manière de parler avec les patients et les familles, et
également à la gestion du stress afin qu’ils puissent gérer leur propre stress.

Il est essentiel que le soutien psychologique soit adapté à la culture. Quand Autant
que possible, la formation et la supervision du personnel local pour assurer un
soutien psychologique au patient et à sa famille dans les langues locales doit être
envisagé. Pendant la flambée épidémique d’Ebola en Afrique de l’Ouest, très peu de
psychologues formés étaient présents localement alors que la demande était très
forte.

Si des survivants sont recrutés pour assurer le soutien psychosocial et la prise en


charge des enfants, ils doivent recevoir le même soutien psychologique adapté,
comme le reste du personnel.

SOUTIEN PSYCHOLOGIQUE 121


7-Lutte contre l’infection

La lutte contre l’infection1 joue un rôle déterminant pour réduire la propagation de


l’infection des patients aux agents de santé, entre les agents de santé, et du patient au reste de
la communauté. Les enseignements issus des flambées épidémiques montrent clairement
que les principales voies de transmission des FHV sont le contact direct (exposition de la
peau lésée ou des les muqueuses) avec du sang ou des liquides biologiques, et un contact
indirect avec des milieux contaminés par des projections ou des gouttelettes de sang ou
de liquides biologiques. Pour éviter la transmission, les personnels de santé, de laboratoire
ou de l’environnement devront respecter strictement les précautions standard ainsi que les
précautions gouttelettes et contacts. De surcroît, même s’il n’existe pas de données sur une
éventuelle transmission aérienne du virus Ebola, il faut éviter dans la mesure du possible
les procédures qui génèrent des aérosols, ou protéger correctement les agents de santé et
les autres patients pendant les procédures qui risquent de mettre le virus en suspension
dans l’air (78).

Tous les agents de santé (cliniciens et non cliniciens) doivent respecter


les précautions standard + gouttelettes + contact lors des soins
dispensés à tous les patients, dans tous les établissements de santé,
notamment :
• Hygiène des mains
• Équipement de protection individuelle approprié (EPI) sur la base de
l’évaluation des risques sur le lieu des soins
• Hygiène respiratoire
• Prévention des blessures causées par des aiguilles et autres objets piquants
ou coupants
• Élimination sécurisée des déchets
• Nettoyage et désinfection de l’environnement
• Manipulation sécurisée du linge contaminé
• Nettoyage et désinfection du matériel utilisé pour soigner les patients
L’application systématique de ces mesures de précaution doit permettre d’éviter
la transmission des fièvres hémorragiques virales.

1 Les recommandations relatives à la lutte contre l’infection figurant dans ce document sont fondées sur des directives
publiées de l’OMS (9, 13, 14).

122 LUTTE CONTRE L’INFECTION


7.1 Recommandations concernant les soins
directs dispensés aux cas avérés ou suspects de
FHV
Précautions standard + précautions contre les contacts + précautions
contre les gouttelettes

Les précautions contre les contacts s’ajoutent aux précautions standard pour
réduire le risque de transmission des agents infectieux par le toucher (ou contact)
direct ou indirect.

Les précautions contre les gouttelettes s’ajoutent aux précautions standard pour
réduire le risque de transmission des agents infectieux qui se propagent via de grosses
gouttelettes (>5 µm).

En plus des précautions standard, l’OMS formule les recommandations


suivantes pour les soins directs dispensés aux cas avérés ou suspects de
fièvre hémorragique virale (81,82)
• Interdire l’accès aux zones de soins à toute personne dont la présence n’est
pas indispensable.
• Tenir un registre de toutes les personnes entrant dans la zone de soins.
• Limiter le nombre de visiteurs ayant accès au patient à ce qui est nécessaire
à son bien-être et aux soins, par exemple les parents d’un enfant ou la
personne qui s’occupe de lui. Tous les visiteurs doivent porter un EPI complet.
• Veiller à ce que toutes les personnes qui entrent dans la zone des soins
du centre de traitement Ebola portent un EPI complet conformément aux
recommandations. Donner à tous les visiteurs, avant qu’ils n’entrent dans le
secteur d’isolement, les instructions sur la bonne manière d’enfiler, d’utiliser
et de retirer un EPI (voir les recommandations 7.3 Étapes pour revêtir et ôter
un EPI page 135) et sur les bonnes pratiques de l’hygiène des mains (voir les
illustrations page 165). Veiller à ce que chacun comprenne bien les instructions
et les applique strictement.
• Appliquer les précautions de lutte contre l’infection pour éviter tout contact

LUTTE CONTRE L’INFECTION 123


direct non protégé avec du sang et des liquides biologiques (sang, urine,
selles, vomissures, sueur, salive, sperme, lait maternel) lorsque les soins sont
dispensés à un cas de FHV ou à un cas suspect.
• Pratiquer l’hygiène des mains en suivant les indications ci-dessous, par
friction hydroalcoolique ou lavage des mains à l’eau courante et au savon,
selon la technique recommandée par l’OMS. On peut utiliser des solutions
javellisées/chlorées à 0,05 % dans les situations d’urgence jusqu’à ce que des
solutions hydroalcooliques ou de l’eau et du savon soient disponibles dans
l’établissement.
• Pratiquer l’hygiène des mains avant et après des soins directs aux patients,
après tout contact avec des surfaces potentiellement contaminées et après
avoir retiré l’EPI. Le fait de négliger l’hygiène des mains après avoir enlevé l’EPI
réduit ou supprime totalement l’intérêt d’avoir porté cet équipement.
• Porter une double paire de gants de la bonne taille (gants d’examen non
stériles ou gants chirurgicaux, de préférence en nitrile) pour rentrer dans
la zone de soins des patients. Se référer aux bonnes pratiques indiquées
ci-dessous concernant la procédure de changement de gants après chaque
patient et en cas de risque de contamination.
• Porter une blouse jetable et un tablier imperméable, ou une combinaison
jetable et un tablier imperméable, pour couvrir les vêtements et la peau
exposée. La blouse et la combinaison doivent être confectionnés dans un
tissu testé pour résister à la pénétration de sang, de liquides biologiques et
d’agents pathogènes véhiculés par le sang.
• Porter un écran facial pour protéger le nez, la bouche et les yeux des
projections.
• Porter un masque médical/chirurgical étanche, structuré de manière à ne
pas glisser sur la bouche (par exemple, en bec de canard ou en forme de
godet).
• Porter des lunettes de protection le cas échéant.
• Porter des bottes imperméables (par exemple, des bottes en caoutchouc/
gomme).
• Porter une protection couvrant la tête et le cou (heaume).
• Avant de quitter le secteur d’isolement des cas suspects/confirmés de FHV
(zone rouge), retirer et éliminer avec précaution l’équipement de protection ;
voir la section 7.3 pour les étapes de retrait d’un EPI.

124 LUTTE CONTRE L’INFECTION


• En enlevant l’EPI, veiller à ce qu’il n’y ait aucun contact entre les objets
contaminés (par exemple les gants ou la blouse) et une partie quelconque
du visage (les yeux, le nez ou la bouche).
• Veiller à ce que le personnel clinique et non clinique soit exclusivement
affecté au secteur des soins pour les cas de FHV et à ce que nul ne passe
librement d’un secteur d’isolement à d’autres secteurs cliniques pendant la
flambée.
• Limiter autant que possible l’utilisation d’aiguilles et d’autres objets
piquants ou coupants. Voir la section 3 pour les précautions à prendre lors
de la préparation des médicaments injectables et l’évaluation des risques
avant de décider d’administrer des médicaments ou de poser un cathéter
intraveineux.
• Limiter le recours aux ponctions veineuses et aux analyses de laboratoire au
strict nécessaire pour le diagnostic et les soins essentiels du patient.

Préciser qui doit porter un EPI


• Tous les médecins, le personnel infirmier et les agents de santé qui
dispensent directement des soins aux cas suspects/confirmés de FHV.
• L’ensemble du personnel auxiliaire appelé à nettoyer la salle d’isolement, à
manipuler les équipements et le matériel contaminés, à laver les matériels
réutilisables, et à collecter et éliminer les déchets infectieux provenant des
cas de FHV.
• L’ensemble du personnel de laboratoire appelé à manipuler des échantillons
et des liquides biologiques provenant de cas suspects de FHV.
• Le personnel auxiliaire de laboratoire préposé au nettoyage et à la
désinfection de l’équipement de laboratoire utilisé pour tester les
échantillons de FHV.
• Les équipes chargées de prendre en charge les cadavres des patients décédés
de FHV et de les préparer pour l’inhumation.
• Les membres de la famille qui soignent les malades atteints de FHV.
• Toute autre personne qui entre dans la zone rouge.

LUTTE CONTRE L’INFECTION 125


7.2 Précautions standard à respecter en
permanence pour tous les patients
Hygiène des mains
Veiller à ce que des lavabos avec de l’eau courante propre soient disponibles.

Veiller à ce que les produits nécessaires pour l’hygiène des mains soient disponibles
(eau propre, savon, serviettes propres jetables et solution hydroalcoolique pour
les mains). Les solutions hydroalcooliques pour les mains constituent la norme et
doivent être disponibles dans tous les lieux de soins. On peut utiliser des solutions
javellisées/chlorées à 0,05 % dans les situations d’urgence jusqu’à ce que des solutions
hydroalcooliques ou de l’eau et du savon soient disponibles dans l’établissement (83).
Voir l’annexe I. Préparation d’une solution chlorée.

Se laver les mains à l’eau courante et au savon :


• quand les mains sont visiblement sales.

Se frictionner les mains avec une solution hydroalcoolique :


• quand les mains semblent propres (c’est-à-dire qu’il n’y a pas de salissures
visibles).

Autres aspects de l’hygiène des mains


• Ne pas porter d’ongles artificiels ou d’extensions en cas de contact direct avec les
patients.
• Garder les ongles courts (longueur du bord libre inférieure à 0,5 cm
approximativement).
• Veiller à garder la peau intacte et saine.
• Éviter de porter des bagues, des bracelets ou une montre-bracelet.
• Se sécher les mains avant de commencer une activité.
• Utiliser des serviettes jetables pour se sécher les mains.

126 LUTTE CONTRE L’INFECTION


Indications pour l’hygiène des mains
Avant et après tout contact direct entre un agent de santé et un patient, et entre
chaque patient, avec ou sans gants. Se laver les mains dans les cas suivants :
• avant de mettre les gants et l’EPI pour entrer dans la chambre d’isolement/ la
zone rouge ;
• avant toute procédure propre/aseptique ;
• après tout risque d’exposition ou toute exposition avérée avec du sang ou des
liquides biologiques du patient ;
• après avoir touché (même en cas de doute) des surfaces/objets/équipements
contaminés ;
• et après avoir enlevé l’EPI, avant de quitter la zone de soins. Voir la section 7.3
pour une description des différentes étapes.

Indications pour la désinfection des gants


Les gants doivent être désinfectés à l’intérieur de la zone rouge aussi souvent que
nécessaire suivant les indications ci-dessus au cours des soins au patient. Lorsqu’on
soigne plusieurs patients dans une même salle, il est essentiel d’avoir terminé les soins
d’un patient avant de passer au patient suivant. Il faut changer de gants entre chaque
patient ; pour ce faire, suivre la procédure suivante en deux étapes : 1) désinfecter les
gants extérieurs avant de les enlever avec précaution et 2) garder les gants intérieurs
et les désinfecter avant de mettre une nouvelle paire de gants extérieurs. Pour
désinfecter des mains gantées, il est préférable d’utiliser la méthode de la friction
avec une solution hydroalcoolique. À défaut, on peut utiliser temporairement une
solution javellisée/chlorée à 0,5 % jusqu’à ce qu’une solution hydroalcoolique soit
disponible.

LUTTE CONTRE L’INFECTION 127


Hygiène respiratoire
Habituer l’ensemble du personnel, les agents de santé, les patients et les visiteurs
aux mesures d’hygiènes suivantes :
• se couvrir la bouche et le nez quand on tousse ou éternue ;
• tousser ou éternuer dans le bras ;
• pratiquer l’hygiène des mains après un contact avec des sécrétions
respiratoires ;
• mettre à disposition des mouchoirs en papier dans la Toussez ou éternuez
salle d’attente ou fournir un masque médical. Jeter dans votre bras
les mouchoirs dans des récipients sans contact, puis
se laver les mains.
En l’absence de mouchoirs, de chiffons ou de
masques faciaux, dire aux agents de santé, aux
autres membres du personnel, aux patients et aux
visiteurs de lever le bras pour se couvrir le nez et
la bouche avec la partie intérieure du bras ou de
l’avant-bras lorsqu’ils toussent ou éternuent.
• En cas de symptômes respiratoires :
1. mesures pour se protéger de la source : couvrir le nez et la bouche
de la personne avec un mouchoir ou un masque quand il tousse
ou éternue ;
2. rester à un mètre minimum de toute Utilisez un mouchoir
personne présentant des symptômes puis jetez-le
respiratoires fébriles aigus.

128 LUTTE CONTRE L’INFECTION


Prévention des blessures causées par des aiguilles et autres objets
piquants ou coupants
• Faire attention en manipulant, en utilisant, en
nettoyant ou en jetant des aiguilles, bistouris et
autres objets piquants/tranchants.
• Éviter de plier, de casser ou de manipuler
inutilement des aiguilles, bistouris ou autres
instruments piquants ou coupants.
• Ne pas remettre le capuchon sur les aiguilles.
• Garder un collecteur à piquants/tranchants à
proximité lors des injections. Jeter les aiguilles et
seringues à usage unique immédiatement après utilisation directement
dans le collecteur à piquants/tranchants, sans remettre les capuchons et
sans les passer à une autre personne.
• Fermer et sceller le collecteur, et l’envoyer à l’incinération quand il est au
¾ plein.

LUTTE CONTRE L’INFECTION 129


Élimination sécurisée des déchets
• Porter un EPI complet (voir ci-dessus) et des
Gestion des déchets
gants résistants/en caoutchouc pour nettoyer
l’environnement et manipuler les déchets
infectieux.
• Veiller à une gestion sécurisée des déchets.
• Dans un centre de traitement Ebola ou
un secteur d’isolement, tous les déchets
provenant de la zone rouge et tous les déchets
provenant des espaces cliniques en dehors de
la zone rouge et qui ont été souillés par du
Waste Management
sang, des liquides biologiques, des sécrétions et des excrétions, ainsi que
les tissus humains et les déchets de laboratoire contaminés doivent être
éliminés comme des déchets infectieux (84).
• Les déchets doivent être triés là où ils sont produits pour pouvoir les
manipuler correctement et de manière sécurisée par la suite.
°° Les objets piquants/tranchants (aiguilles, seringues, objets en
verre) et les tubulures qui ont été en contact avec du sang ou
des liquides biologiques doivent être mis dans des collecteurs
résistants à la perforation.
°° Tous les déchets infectieux solides non piquants/tranchants
doivent être collectés dans des sacs étanches placés dans des
poubelles fermées par un couvercle.
• Éliminer correctement les articles à usage unique.

130 LUTTE CONTRE L’INFECTION


Nettoyage et désinfection de l’environnement
Appliquer des procédures adéquates pour le nettoyage et la désinfection
systématique des locaux et des surfaces fréquemment utilisées.
• Laver le sol et les surfaces de travail horizontales
au moins une fois par jour ou quand ils sont Nettoyage
souillés.
• Le nettoyage doit toujours se faire des zones
« propres » vers les zones « souillées » pour éviter le
transfert de contaminants.
• Ne jamais balayer à sec.
• Ne pas secouer les chiffons poussiéreux et ne pas
nettoyer les surfaces avec des chiffons secs. Le Cleaning
nettoyage avec un chiffon humide permet d’éviter
de contaminer l’air ambiant avec des particules aériennes.
• Nettoyer AVANT de désinfecter.
• Changer fréquemment les solutions et le matériel de nettoyage car ils sont
rapidement contaminés.
• Les surfaces ou les objets contaminés par du sang, des liquides biologiques,
des sécrétions ou des excrétions doivent être nettoyés et désinfectés dès
que possible avec des détergents/désinfectants hospitaliers standard
(par exemple une solution chlorée à 0,5 % ou une solution à 5000 ppm de
chlore libre). Le nettoyage doit être effectué avant l’application des
désinfectants pour éviter leur inactivation par les matières organiques.
• L’OMS déconseille la pulvérisation de désinfectants dans les unités de soins
réservées à la prise en charge clinique des cas, qu’elles soient occupés ou non.
C’est une pratique potentiellement dangereuse qui n’apporte aucun avantage
prouvé pour la lutte contre les maladies. Si le nettoyage n’est pas effectué
avant la pulvérisation, le désinfectant risque de ne pas fonctionner en présence
de matières organiques et de sang/liquides biologiques. Dans le contexte
des flambées épidémiques de FHV, la pulvérisation peut être acceptable
à l’extérieur et dans certains espaces communautaires (par exemple, lors
de la décontamination de l’habitation d’une victime d’Ebola par l’équipe
d’inhumation) dans la mesure où il n’y a pas d’autres options. Dans le cas d’une
pulvérisation de solution chlorée, le personnel doit rester extrêmement attentif
lors de la manipulation des matières organiques, du contact avec des surfaces

LUTTE CONTRE L’INFECTION 131


contaminées et du retrait de l’EPI, car ceux-ci peuvent rester contaminés par le
virus Ebola même après la pulvérisation.

Manipulation appropriée du linge contaminé


Le personnel doit porter un EPI, des gants résistants/en caoutchouc et un tablier
lors de la manipulation, du transport et du traitement du linge utilisé.
• Éviter d’exposer la peau et les muqueuses, et de contaminer les vêtements.
• Placer l’ensemble du linge utilisé et les déchets dans des sacs ou des conteneurs
suffisamment résistants pour être transportés sans s’abîmer.
• Enlever toutes matières solides présentes sur le linge souillé et les jeter dans des
toilettes prévues pour les cas suspects ou confirmés de FHV. Si le linge est très
souillé, il est préférable d’éviter de le manipuler et de l’incinérer directement.
• Pour les lessives à basse température, laver le linge à l’eau et au détergent,
le rincer, puis le faire tremper pendant environ 15 minutes dans une solution
chlorée à 0,05% (solution contenant 500 ppm de chlore libre). Faire ensuite
sécher le linge selon les normes et procédures habituelles.
• Il faut déconseiller le lavage à la main du linge contaminé. Toutefois, si l’on
ne dispose pas de machines à laver ou si l’alimentation électrique n’est pas
garantie, sortir le linge du conteneur pour le mettre dans un grand bac d’eau
savonneuse. Laisser tremper le linge dans ce bac et veiller à ce qu’il soit
complètement recouvert d’eau. Le remuer avec un bâton, puis jeter l’eau et
remplir de nouveau le bac avec une solution chlorée à 0,05% contenant 500
ppm de chlore libre, et laisser tremper pendant 15 minutes. Retirer ensuite
le linge pour le rincer à l’eau claire. Enlever l’excès d’eau et étendre pour le
séchage. Éviter autant que possible les éclaboussures.

132 LUTTE CONTRE L’INFECTION


Nettoyage et désinfection de l’équipement utilisé pour soigner des
patients
• Manipuler le matériel souillé par du sang, des liquides corporels, des
sécrétions ou des excréments de manière à éviter toute exposition de la peau
et des muqueuses, la contamination des vêtements et le transfert d’agents
pathogènes à d’autres patients ou dans l’environnement.
• Nettoyer, désinfecter, stériliser et retraiter le matériel réutilisable de manière
appropriée avant de l’utiliser pour un autre patient.

Tableau 23. Modes opératoires normalisés (MON) génériques pour la


décontamination du matériel (85)
Catégorie de
matériel Exemples Résumé des MON
1. Mobilier • Cadres de lit et brancards MON 1
médical/matériel • Bacs en polypropylène Décontaminer les
hospitalier/ • Chaises avec dossier et/ou assise en plastic surfaces dès que
ustensiles • Autoclaves possible, nettoyer
puis appliquer un
• Bassins hygiéniques avec poignée, en désinfectant hospitalier
polypropylène standard (solution
• Draps, matelas chlorée à 0,5 % ou
• Urinaux avec couvercle en plastic solution contenant 5000
• Potences de poche à perfusion ppm de chlore libre).
2. Équipement médical
Dispositifs • Garrots (pour prise de sang), latex MON 1
médicaux non • Mètres rubans / règles Voir ci-dessus.
électromécaniques
Équipement • Brassards de pression artérielle MON 2
médical mécanique • Stéthoscopes Si possible, démonter
• Sphygmomanomètres les dispositifs pour
• Balances mécaniques pouvoir les nettoyer en
profondeur. Nettoyer
minutieusement les
dispositifs d’abord à l’eau
et au savon en portant
l’EPI approprié pour
enlever les matières
organiques, puis les
essuyer à l’alcool.

LUTTE CONTRE L’INFECTION 133


Équipement • Thermomètres à infrarouges MON 2
hospitalier • Électrocardiographes (ECG) et câbles Voir ci-dessus.
électromécanique associés Si le dispositif fonctionne
• Oxymètres de pouls à piles, enlever celles-ci.
• Équipement de laboratoire pour le
diagnostic clinique
Équipement • Concentrateurs d’oxygène MON 3
respiratoire • Diviseurs de flux pour concentrateurs L’équipement
électromécanique d’oxygène respiratoire et les
• Systèmes d’aspiration, utilisation générale appareils d’anesthésie
doivent être démontés,
• Appareils d’anesthésie générale nettoyés et désinfectés,
• Ventilateurs et les filtres jetés.

3. Matériel jetable/consommables
Dispositifs à • EPI à usage unique MON 4
usage unique non • Cathéters pour intraveineuse périphérique À jeter immédiatement
coupants non ou centrale, stériles, jetables, avec dispositif après usage dans un sac
piquants de prévention des piqûres à déchets sûr, étanche et
clairement étiqueté car
• Feuilles/films, pansements, transparents, ce matériel est associé
stériles, adhésifs à un risque d’infection
• Sets de perfusion croisée.
• Robinets d’arrêt 3 voies avec tubulure
d’extension Le matériel en stock
• Bandes, auto-adhésives, jetables encore dans son
• Systèmes d’obturation/capuchons/embouts emballage d’origine
fermés pour ligne intraveineuse peut être renvoyé
au fournisseur ou
• Gaze redistribué.
• Cathéters, Foley, stériles, jetables
• Canules à oxygène, nasales, non stériles
• Tubes à oxygène, extensions
• Tubes d’aspiration/de nutrition
• Tubes de nutrition stériles
• Tampons, coton-tiges, tubes, stériles
• Boîtes d’emballage triple pour le transport
d’échantillons
• Tubes pour prise de sang, stériles
• Tubes pour prise de sang, sérum
• Tubes pour prise de sang, ordinaire/sec
• Pipettes

134 LUTTE CONTRE L’INFECTION


Dispositifs à usage • Seringues avec dispositif anti-réutilisation MON 5
unique coupants • Collecteurs à piquants/tranchants À jeter immédiatement
ou piquants (contenant des objets coupants ou piquants après usage dans des
usagés) collecteurs à piquants/
tranchants, résistants
• Aiguilles et épicrâniennes aux perforations et
• Systèmes de perfusion intra osseuse étanches car ce matériel
• Seringues et aiguilles à insuline, stériles est associé à un risque
d’infection croisée.
L’élimination finale de
ce matériel se fait par
l’incinération.
4. Instruments • Ciseaux MON 6
médicaux/ • Pinces Protocole combiné
chirurgicaux • Scalpels qui prévoit une
• Écarteurs élimination physique
des contaminants
• Clamps (nettoyage manuel ou
par ultrasons) et une
désinfection ou une
stérilisation physique ou
chimique.

7.3 Étapes pour revêtir et ôter un EPI


Les fièvres hémorragiques virales peuvent se transmettre d’une personne à une
autre, habituellement par contact direct avec du sang ou des liquides biologiques
contaminés provenant d’une personne infectée, ou par contact avec des objets qui
ont été contaminés avec des sécrétions infectées. Le plus souvent, l’infection se
produit par une exposition du visage ou des muqueuses (c’est-à-dire, yeux, bouche
et nez) ou d’une peau lésée. À l’heure actuelle, il n’y a pas de preuve établissant une
transmission interhumaine de la FHV par voie aérienne.

Les informations qui suivent sur le bon usage de l’EPI pendant une flambée
épidémique de FHV s’adressent aux agents de santé qui dispensent des soins directs
et indirects à des patients atteints de FHV. Elles constituent les directives minimales
à respecter pour obtenir une protection adéquate contre l’infection. Il est important
de noter que, pendant une flambée épidémique, les types d’EPI disponibles sur le
terrain ne sont pas toujours identiques et peuvent même différer en fonction de
l’organisation qui les fournit. Il est donc impératif que l’équipe clinique chargée
du triage et de la prise en charge clinique des patients évalue la situation tout au

LUTTE CONTRE L’INFECTION 135


long de la flambée afin de déterminer si les exigences minimales sont respectées
ou si des mesures de protection supplémentaires sont nécessaires. En tous cas, les
cliniciens doivent considérer la balance bénéfices/risques des mesures de protection
vis-à-vis d’eux-mêmes et des patients. En effet, des mesures excessives risquent
de compromettre la prise en charge des patients à cause de barrières inutiles ou
d’équipements de protection trop inconfortables.

Les instructions qui suivent illustrent donc les étapes pour mettre et enlever l’EPI et
présentent également quelques mesures supplémentaires à appliquer en fonction des
événements survenant pendant l’épidémie. Ces instructions peuvent être adaptées en
fonction des conditions d’exercice locales.

But de l’utilisation d’un EPI pour les FHV

Garantir la sécurité des agents de santé et des patients :


• éviter la contamination par les liquides biologiques des patients ;
• éviter l’autocontamination (par exemple, en portant la main à la bouche, au nez
ou aux yeux) ;
• éviter la contamination lors du retrait de l’EPI ;
• éviter la transmission du virus à d’autres personnes (patients, collègues, visiteurs).

Principes de l’utilisation de l’EPI


• Protéger en permanence les yeux, le nez et la bouche (garder la protection faciale
jusqu’à la fin)
• Ne jamais se toucher le visage avec des mains gantées
• Toujours enlever l’EPI avec précaution pour éviter l’autocontamination.

Identification des personnes qui dispensent des soins dans le centre de


traitement Ebola
• Inscrire le nom de la personne en EPI à un endroit visible (par exemple, sur le
tablier jetable) afin que l’on puisse aisément identifier cette personne à l’intérieur
du centre de traitement.

136 LUTTE CONTRE L’INFECTION


• Mettre en place un système de binômes (pour superviser/s’entraider pendant
l’habillage et le déshabillage de l’EPI et pendant les tâches effectuées à l’intérieur
de la zone rouge).
• Distinguer les rôles (cliniciens, hygiéniste/agent de nettoyage, etc.).

Prévoir un membre du personnel formé présent en permanence pour


superviser le retrait des EPI et veiller au respect de chaque étape d’un
retrait sécurisé.

L’utilisation efficace et sécurisé de l’EPI repose sur :


• un approvisionnement suffisant et régulier ;
• la formation adéquate du personnel ;
• une bonne hygiène des mains ;
• un comportement approprié ;
• une supervision étroite et une aide.

Ne pas se toucher le visage – yeux, nez ou bouche – avec ou sans gants.


Afficher le poster montrant comment s’habiller et se déshabiller en EPI (poster pour
un EPI avec combinaison ou poster pour un EPI avec blouse).

Pour enfiler un EPI avec combinaison : [Link]


bitstream/10665/187665/1/WHO_HIS_SDS_2015.2_fre.pdf?ua=1.

Pour retirer un EPI avec combinaison : [Link]


bitstream/10665/150118/1/WHO_HIS_SDS_2015.4_eng.pdf?ua=1.

LUTTE CONTRE L’INFECTION 137


Étapes pour mettre un EPI comprenant une combinaison
1. Enlevez tous vos effets personnels (bijoux, montres, téléphones portables,
stylos, etc.).
2. Enfilez la tenue de travail et les bottes
en caoutchouc* dans le vestiaire.
* Si vous ne disposez pas de bottes, utilisez
des chaussures fermées (à enfiler, sans
lacets et couvrant complètement le coup de
pied et les chevilles) et des surchaussures
(antidérapantes et de préférence imperméables).
3. Avancez jusqu’à la zone propre à l’entrée de l’unité
d’isolement.
4. Procédez à une inspection visuelle pour vérifier que les
tailles des différents éléments de l’EPI sont adaptées et de
qualité appropriée.
5. Suivez la procédure pour enfiler l’EPI sous la direction et la
supervision d’un observateur formé (collègue, binôme).
6. Pratiquez l’hygiène des mains (le savon doit mousser
pendant au moins 30 secondes).
7. Enfilez les gants (gants d’examen en nitrile non stériles).

138 LUTTE CONTRE L’INFECTION


8. Enfilez la combinaison.
Faites un trou pour le pouce (ou le majeur) dans la manche
de la combinaison pour vous assurer que votre avant-bras
n’est pas exposé lorsque vous faites des mouvements
amples. Certains modèles de combinaisons sont équipés d’anneaux pour les
doigts au niveau des manches.
9. Enfilez le masque facial sans croiser les 2 lanières de contention et l’ajuster sur

les ailes du nez et le menton.


10. Enfilez l’écran facial OU les lunettes de protection.

LUTTE CONTRE L’INFECTION 139


11. Enfilez la protection couvrant la tête et le cou: cagoule chirurgicale couvrant le

OU

cou et les côtés de la tête (préférable avec un écran facial) OU cagoule simple.
12. Enfilez le tablier jetable étanche (à défaut, utiliser un tablier réutilisable
résistant et étanche).

OU

13. Enfilez une seconde paire de gants (longs de préférence) par dessus la manche
de la combinaison.

Certains modèles de tabliers


N’utilisez pas de ruban adhésif pour attacher les sont difficiles à mettre une fois
gants. que l’on porte un masque et des
14. Vérifiez que tout est en ordre en vous regardantlunettes de protection/un écran
dans le miroir. facial. Dans ce cas, on peut
mettre le tablier à l’étape 8.
15. Vérifiez votre binôme et inscrivez le nom/poste/date

et heure d’entrée sur l’EPI.

140 LUTTE CONTRE L’INFECTION


Entrez dans la zone de décontamination en passant par le pédiluve d’eau chlorée.
Si vous disposez d’une brosse, utilisez-la pour enlever les salissures (boue ou
matières organiques) présentes sur les semelles ou la surface des bottes, puis
essuyez tous les côtés avec une solution chlorée à 0,5 %.

Étapes pour retirer un EPI comprenant une combinaison


1. Retirez toujours l’EPI sous la direction et la supervision d’un observateur
formé (collègue).
Vérifiez que des conteneurs à déchet infectieux sont à disposition dans la zone
où vous vous déshabillez afin de jeter l’EPI de manière adéquate. D’autres
conteneurs pour les articles réutilisables doivent également être disponibles
(tablier réutilisable, lunettes).
2. Pratiquez l’hygiène des mains sur les mains gantées (solution chlorée
à 0,5 % ou eau courante propre et savon).
Lorsque vous travaillez dans la zone de soins aux patients, les gants extérieurs
doivent être changés entre chaque patient et avant de sortir de la zone (après
avoir vu le dernier patient).
L’OMS déconseille la pulvérisation à ce stade. Cependant, lors de l’épidémie
d’Ebola en Afrique de l’Ouest, la plupart des espaces de retrait des EPI
comprenaient un pulvérisateur. En cas de pulvérisation, faites en sorte qu’elle ne
monte pas au-delà du niveau de la poitrine afin de réduire autant que possible les
éclaboussures ou le brouillard au-dessus du cou. De plus, en cas de pulvérisation
à ce stade, le personnel doit rester extrêmement attentif lors du retrait de l’EPI,
car celui-ci peut rester contaminé par le virus Ebola même après la pulvérisation.
3. Retirez le tablier en vous penchant vers l’avant et en prenant soin d’éviter de
contaminer vos mains.
Lorsque vous retirez un tablier jetable, déchirez-le au
niveau du cou et enroulez-le sans toucher le devant.
Dénouez ensuite l’arrière et enroulez le tablier vers
l’avant.
Lorsque vous retirez un tablier réutilisable en le
passant par-dessus la tête, veillez à ne pas déplacer
le masque facial/les lunettes de protection/le masque
médical.
4. Pratiquez l’hygiène des mains sur les mains gantées

LUTTE CONTRE L’INFECTION 141


(solution chlorée à 0,5 % ou eau courante propre et savon).
5. Enlevez la protection de la tête et du cou (capuche) en prenant soin d’éviter
de vous contaminer le visage, puis jetez-la avec précaution.
6. Pratiquez l’hygiène des mains sur les mains gantées (solution chlorée à 0,5 %

ou eau courante propre et savon).


7. Enlevez la combinaison et la paire de gants extérieure.*
Idéalement, face à un miroir, penchez la tête vers l’arrière pour atteindre la
fermeture éclair, ouvrez complètement la combinaison sans toucher la peau
ni la tenue, et commencez à retirer la combinaison du haut vers le bas. Après
avoir libéré les épaules, retirez les gants extérieurs tout en sortant les mains
des manches. Avec les gants intérieurs, attrapez l’intérieur de la combinaison
et enroulez-la à partir de la taille vers le bas, jusqu’aux bottes. Utilisez une
botte pour dégager la combinaison de l’autre botte et vice versa, puis sortez
de la combinaison et jetez-la avec précaution.
* La paire de gants extérieure peut aussi être enlevée avant de retirer la
combinaison. Dans ce cas, pratiquez à nouveau l’hygiène des mains, comme au
point 6.
8. Pratiquez l’hygiène des
mains sur les mains gantées (solution
chlorée à 0,5 % ou eau courante propre
et savon).

142 LUTTE CONTRE L’INFECTION


9. Retirez la protection oculaire en vous penchant au-dessus du bac de
décontamination correspondant et en tirant sur l’attache à l’arrière de la tête
avec les 2 mains afin de mieux contrôler le mouvement et en la dégageant
précautionneusement. (en gardant les yeux fermés), et jetez-la avec
précaution.
10. Pratiquez l’hygiène des mains sur les mains gantées.
11. Retirez le masque en partant de l’arrière de la tête en vous penchant au-

dessus du bac à déchets correspondant : avec les 2 mains afin de mieux


contrôler le mouvement et en la dégageant
précautionneusement, passez d’abord l’attache
inférieure par-dessus votre tête et laissez-la
pendre devant, puis faites la même chose avec
l’attache supérieure. Jetez le masque avec
précaution.
12. Pratiquez l’hygiène des mains sur les mains
gantées (solution chlorée à 0,5 % ou eau courante propre et savon).
13. Décontaminez correctement les bottes (tous les côtés et le dessous), puis
passez à la zone à faible risque un pied après l’autre.
Si vous enlevez les bottes, évitez de les toucher. Pratiquez à nouveau
l’hygiène des mains sur les mains gantées.
14. Retirez les gants délicatement en utilisant la technique appropriée, puis
jetez-les avec précaution.

LUTTE CONTRE L’INFECTION 143


15. Pratiquez l’hygiène des mains (friction hydroalcoolique ou eau courante
propre et savon).

À la fin de la journée, les bottes doivent être désinfectées : les tremper dans une
solution chlorée à 0,5 % pendant 30 minutes, puis les rincer et les sécher.

Remarque : les procédures d’enfilage et de retrait peuvent varier en fonction du type


d’EPI.

Si vous utilisez des blouses dans un établissement de santé non-Ebola, suivez les
étapes d’enfilage et de retrait expliquées ici : [Link]
publications/ebola/ppe-steps/fr/.

Hygiène des mains


Il est essentiel que l’application, la technique et la durée de l’hygiène des mains soit
adéquate pour obtenir l’effet souhaité, tant pour la friction hydroalcoolique que pour
le lavage des mains à l’eau et au savon. Pour la friction, l’OMS recommande de remplir
la paume d’une main avec la solution hydroalcoolique pour couvrir toute la surface
des mains. La friction doit être réalisée en suivant des étapes spécifiques pendant
20 à 30 secondes jusqu’à ce que les mains soient sèches. Pour le lavage des mains à
l’eau et au savon, il faut mouiller les mains avec de l’eau courante propre et appliquer
une quantité suffisante de savon pour couvrir toute la surface, puis rincer les mains
à l’eau et les sécher soigneusement les mains avec une serviette à usage unique.

144 LUTTE CONTRE L’INFECTION


Pour obtenir l’effet souhaité, l’OMS recommande une durée de procédure de 40 à 60
secondes. Pour les solutions chlorées, il faut utiliser une concentration de 0,05 % et
l’appliquer pendant au moins 40 à 60 secondes jusqu’à ce que les mains soient sèches.
Pour appliquer la bonne technique, il convient de suivre les mêmes étapes pour la
friction des mains.

AZaVkV\ZYZhbV^ch"8dbbZci4
A6K:GA:HB6>CH6JH6KDC:I6A:6JADGHFJ:AA:HHDCIK>H>7A:B:CIHDJ>AA::H
H>CDC!JI>A>H:GA6;G>8I>DC=N9GD"6A8DDA>FJ:EDJGA=N<>:C:9:HB6>CH

Durée de la procédure : 40-60 secondes

Mouiller les mains Appliquer suffisamment de savon Paume contre paume par
abondamment pour recouvrir toutes les surfaces mouvement de rotation,
des mains et frictionner :

le dos de la main gauche avec un les espaces interdigitaux paume les dos des doigts en les tenant
mouvement d'avant en arrière exercé contre paume, doigts entrelacés, dans la paume des mains
par la paume droite, et vice et versa, en exerçant un mouvement opposées avec un mouvement
d'avant en arrière, d'aller-retour latéral,

le pouce de la main gauche la pulpe des doigts de la main droite Rincer les mains
par rotation dans la paume par rotation contre la paume de à l'eau,
refermée de la main droite, la main gauche, et vice et versa.
et vice et versa,

sécher soigneusement les mains fermer le robinet à Les mains sont prêtes
avec une serviette à usage unique, l'aide de la serviette. pour le soin.
Design: mondofragilis network

L’OMS remercie les Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG), en particulier les collaborateurs
du service de Prévention et Contrôle de l’Infection, pour leur participation active au développement de ce matériel.
Octobre 2006, version 1.
Toutes les précautions ont été prises par l’OMS pour vérifier les informations contenues dans la présente publication. Toutefois, le document est diffusé sans garantie, explicite ou implicite, d’aucune sorte.
L’interprétation et l’utilisation des données sont de la responsabilité du lecteur. L’OMS ne saurait en aucun cas être tenue pour responsable des dommages qui pourraient en résulter.

Source : [Link]
LUTTE CONTRE L’INFECTION 145
AV[g^Xi^dc]nYgd"VaXdda^fjZ
8dbbZci4
JI>A>H:GA6;G>8I>DC=N9GD"6A8DDA>FJ:EDJGA=N<>:C:9:HB6>CH
A6K:GA:HB6>CH6JH6KDC:I6A:6JADGHFJ:AA:HHDCIK>H>7A:B:CIHDJ>AA::H

Durée de la procédure : 20-30 secondes.

Remplir la paume d'une main avec le produit hydro-alcoolique, Paume contre paume par
recouvrir toutes les surfaces des mains et frictionner : mouvement de rotation,
.

le dos de la main gauche les espaces interdigitaux les dos des doigts en les tenant
avec un mouvement d'avant paume contre paume, doigts dans la paume des mains
en arrière exercé par la entrelacés, en exerçant un opposées avec un mouvement
paume droite, et vice et versa, mouvement d'avant en arrière, d'aller-retour latéral,

le pouce de la main gauche la pulpe des doigts de la main Une fois sèches,
par rotation dans la paume droite par rotation contre la les mains sont prêtes
refermée de la main droite, paume de la main gauche, et pour le soin.
et vice et versa, vice et versa.
Design: mondofragilis network

L’OMS remercie les Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG), en particulier les collaborateurs
du service de Prévention et Contrôle de l’Infection, pour leur participation active au développement de ce matériel.
Octobre 2006, version 1.
Toutes les précautions ont été prises par l’OMS pour vérifier les informations contenues dans la présente publication. Toutefois, le document est diffusé sans garantie, explicite ou implicite, d’aucune sorte.
L’interprétation et l’utilisation des données sont de la responsabilité du lecteur. L’OMS ne saurait en aucun cas être tenue pour responsable des dommages qui pourraient en résulter.

Source : [Link]

146 LUTTE CONTRE L’INFECTION


Tablier et bottes
Les tabliers en matière plastique ou en caoutchouc offrent une protection
supplémentaire de l’avant du corps. Dans l’idéal, il faut utiliser un tablier jetable. Si
l’on dispose d’un tablier réutilisable, celui-ci devra être désinfecté par la personne qui
l’a porté. Il faudra le nettoyer pour enlever les souillures les plus visibles, le désinfecter,
puis l’étendre pour qu’il sèche au soleil à l’extérieur. Les bottes devront être également
nettoyées pour enlever les souillures les plus visibles, puis désinfectées au moins une
fois par jour en les trempant dans une solution chlorée à 0,5 % pendant 30 minutes.

Lunettes de protection ou écran facial


Les lunettes de protection doivent être confortables et bien fixées, et chacun doit avoir
ses propres lunettes de protection ou son propre écran facial portant son nom. Les
lunettes de protection ou l’écran facial doivent être désinfectés en les trempant dans
une solution chlorée à 0,5 % pendant 10 minutes, puis lavés à l’eau et mis à sécher
hors du vestiaire.

La condensation peut être un problème majeur : elle entrave la vision et peut donc
être dangereuse. L’utilisation d’un spray antibuée peut permettre d’éviter ou de
réduire autant que possible la gêne visuelle.

Gants
L’efficacité des gants pour éviter la contamination des mains des agents de santé et les
aider à réduire la transmission des agents pathogènes dans les établissements de soins
a été confirmée par plusieurs études cliniques. Il faut néanmoins informer les agents
de santé que les gants n’offrent pas une protection complète contre la contamination
des mains. Les agents pathogènes peuvent contaminer les mains à travers de petits
défauts présents sur les gants ou lorsqu’on les retire. L’hygiène des mains – par friction
ou lavage – reste le meilleur moyen de garantir la décontamination des mains après
avoir enlevé les gants.

Les gants médicaux sont à usage unique. La décontamination des gants dans le but
de les réutiliser est donc déconseillée et doit être évitée, même si cette pratique est
courante dans de nombreux centres de soins dont les ressources et les stocks de gants
sont limités.

LUTTE CONTRE L’INFECTION 147


Désinfection par « pulvérisation »
L’OMS déconseille la pulvérisation de désinfectants dans les espaces cliniques, qu’ils
soient occupés ou non. C’est une pratique potentiellement dangereuse qui n’apporte
aucun avantage prouvé pour la lutte contre les maladies. Si le nettoyage n’est pas
effectué avant la pulvérisation, le désinfectant risque de ne pas fonctionner en
présence de matières organiques et de sang/liquides biologiques (58).

La pulvérisation ne doit pas être systématiquement encouragée. Son efficacité n’est


pas prouvée. De plus, elle peut entraîner l’aérosolisation du virus et, en cas d’usage
intensif, causer des effets indésirables chez le personnel et les patients. Même dans
le cas d’une pulvérisation de solution chlorée, le personnel doit rester extrêmement
attentif lors de la manipulation des matières organiques, du contact avec des surfaces
contaminées et du retrait de l’EPI, car ceux-ci peuvent rester contaminés par le virus
Ebola.

Dans le contexte des flambées épidémiques de FHV, la pulvérisation peut être


acceptable à l’extérieur et dans certains espaces communautaires (par exemple,
lors de la décontamination de l’habitation d’une victime d’Ebola par l’équipe
d’inhumation) dans la mesure où il n’y a pas d’autres options. Elle peut également
être envisagée pour désinfecter les sols sableux ou graveleux.

Erreurs et dangers les plus courants avec les EPI


• Exposition des poignets lors de mouvements amples, en particulier chez les
personnes de grande taille.
• Lunettes de protection :
°° contact avec des gants contaminés quand on ajuste les lunettes ;
°° retrait anticipé lors de la procédure de retrait de l’EPI, ce qui augmente
le risque de contamination du visage ;
°° pour ceux qui portent des lunettes de vue, risque de faire tomber les
lunettes de vue lors du retrait des lunettes de protection.

148 LUTTE CONTRE L’INFECTION


7.4 Circulation des agents de santé et des
patients dans l’unité de traitement Ebola
Circulation générale à l’intérieur de la zone rouge
La circulation doit toujours se faire de la zone la moins contaminée vers la zone la
plus contaminée.

General visiteurs visiteurs visiteurs Gestion des


Flow déchets
Incinérateur
D
o Service des
Service Service Morgue
u des cas des cas
cas suspects
c probables confirmés D
o
h u
c
e h
e

Entrée du WC douche ENTRÉE WC douche WC douche SORTIE


patient
Dépistage Infirmerie Magasin
ENFILAGE WC RETRAIT EPI Stockage
Dépistage douche
EPI du personnel
Pharmacie

Vestiaires
hommes
Nettoyage
Salle de réunion
Vestiaires
femmes
Alimentation
en eau
Cafétéria Espace de repos
Entrée du personnel

LUTTE CONTRE L’INFECTION 149


Circulation de l’équipe médicale (cliniciens et hygiénistes)
À l’intérieur de la zone rouge, le personnel doit respecter la circulation générale qui va
du service des cas suspects, à celui des cas probables et enfin à celui des cas confirmés.

Medical Team
visiteurs visiteurs visiteurs
Flow Gestion des
déchets
Incinérateur
D
Service Service Morgue
o Service des
u des cas des cas
c cas suspects
h
probables confirmés D
o
u
e c
h
e

WC douche WC douche WC douche


SORTIE
ENTRÉE

Dépistage Infirmerie Magasin


ENFILAGE WC Douche RETRAIT EPI Stockage
Dépistage EPI du personnel Pharmacie

Vestiaires
Nettoyage
hommes
Salle de réunion
Vestiaires
femmes Alimentation
en eau
Cafétéria Espace de repos
Entrée du personnel

150 LUTTE CONTRE L’INFECTION


Circulation des patients à leur arrivée
* Entrée pour les cas suspects et probables
** Entrée pour les cas confirmés

Patient Entry visiteurs visiteurs visiteurs


Flow Gestion des
déchets
Incinérateur
D
o
u Service des
Service Service Morgue
des cas des cas
c cas suspects
h probables confirmés D
o
e u
c
h
e
**

WC douche WC douche WC douche


SORTIE

* Dépistage Infirmerie Magasin


ENFILAGE WC Douche RETRAIT EPI Stockage
Dépistage EPI du personnel Pharmacie

Vestiaires
hommes
Nettoyage
Salle de réunion
Vestiaires
femmes Alimentation
en eau
Cafétéria Espace de repos
Entrée du personnel

LUTTE CONTRE L’INFECTION 151


Circulation des patients à leur sortie
Les patients (vivants) qui quittent la zone rouge doivent prendre une douche
désinfectante (eau chlorée à 0,05 %).
^ Sortie pour les patients admis comme cas suspects mais dont les tests sont
NÉGATIFS pour Ebola
^^ Sortie pour les patients convalescents cas confirmés, admis comme cas suspects
ou probables, et dont les tests sont POSITIFS
^^^ Sortie pour les cas confirmés décédés admis comme cas suspects ou probables,
et dont les tests sont POSITIFS

Patient Exit visiteurs visiteurs visiteurs


Flow Gestion des
déchets
Incinérateur

^ ^^^
D
o Service des
Service Service Morgue
des cas des cas
u
cas suspects
c probables confirmés D
o
h u
c
e h
e ^^

WC douche WC douche WC douche

Dépistage Infirmerie Magasin


ENFILAGE WC Douche RETRAIT EPI Stockage
Dépistage
EPI du personnel Pharmacie

Vestiaires
hommes
Nettoyage
Salle de réunion
Vestiaires
femmes Alimentation
en eau
Cafétéria Espace de repos
Entrée du personnel

152 LUTTE CONTRE L’INFECTION


7.5 Comment les agents de santé peuvent se
protéger contre l’infection (y compris hors du
lieu de travail) (86,87,88)
Politiques et procédures recommandées (basées sur l’expérience de terrain et
appuyées par les Ministères de la santé des pays touchés par l’épidémie d’Ebola 2014
2015 en Afrique de l’Ouest)
• Tous les agents de santé et autres membres du personnel de l’unité de traitement
Ebola doivent se soumettre à une vérification de la température chaque jour à leur
arrivée. Aucune exception.
• La politique de prévention doit clairement établir que, si un agent de santé
est malade, il doit appeler de chez lui et rester chez lui, et que son salaire sera
maintenu.
• Une infrastructure pour la médecine du travail, par exemple un petit dispensaire,
doit être mis en place pour que les agents de santé puissent notifier les maladies
et les incidents, être évalués en cas d’exposition à risque et traités le cas échéant.
• Il convient d’envisager la création d’un centre de traitement Ebola spécifique pour
les agents de santé au niveau national.

Précautions importantes pour les agents de santé


• Ne partagez pas vos effets personnels et évitez les contacts rapprochés (pas de
poignées de mains ni de contact à moins d’un mètre de distance).
• Si vous êtes malade, restez à la maison. En effet, des agents de santé se sont
contaminés au contact d’un collègue symptomatique venu travailler.
°° Ne laissez personne entrer dans votre chambre, y compris les collègues
du corps médical.
°° Notifiez immédiatement votre état à votre superviseur ou à la personne
chargée de la médecine du travail.
°° Ne paniquez pas. Les symptômes sont très rarement dus à Ebola.
• Néanmoins, il est à noter que la réaction naturelle tend au déni ou à la
dissimulation de la personne symptomatique « protégée » par ses collègues.
°° Ce comportement expose votre équipe à des risques et peut engendrer
une transmission.
°° Ayez confiance en votre équipe et soyez responsable.

LUTTE CONTRE L’INFECTION 153


• Restez au poste pour lequel vous avez été préparé.
°° Pour chaque poste, il faut une protection et une formation appropriées
°° Aucun individu dont le poste n’implique pas de travailler avec des
patients Ebola, des corps ou des environnements contaminés ne doit
prendre part à ces activités.
• Veillez à ce que les pratiques et les mesures de prévention et de lutte contre
l’infection soient mises en place dans le centre de traitement Ebola.
• Évitez de soigner des patients dans la communauté pendant une flambée
épidémique ; si vous devez le faire, utilisez un EPI adéquat et appliquez les autres
mesures de lutte contre l’infection.
°° Les soins dispensés en privé à des collègues, de la famille ou des amis
malades semblent avoir causé de nombreuses infections parmi les
agents de santé.
°° Orientez-les vers des établissements de soins appropriés.
• Évitez de travailler simultanément dans un établissement de santé non-Ebola ;
ces établissements comptent de nombreuses infections parmi les agents de
santé. Il est important que tous les établissements de santé effectuent un
dépistage convenable d’Ebola à l’entrée et répètent le dépistage pour les patients
hospitalisés à chaque changement d’équipe soignante ; de même, ils doivent
impérativement veiller à maintenir des mesures de prévention et de lutte contre
l’infection.

154 LUTTE CONTRE L’INFECTION


8-Sortie de l’hôpital

Un cas « alerte » peut quitter l’hôpital si les toutes conditions sont réunies. A savoir,
que le patient, après avoir été examiné par l’équipe de prise en charge clinique des
cas de FHV :
• ne répond pas à la définition d’un cas suspect et n’a aucun lien épidémiologique
avec un cas suspect ou confirmé ;
• a fait l’objet d’un diagnostic concluant indiquant qu’il ne s’agit pas d’une FHV, tout
en reconnaissant que des co-infections peuvent exister ;
• a répondu à un traitement spécifique ;
• est en bon état de santé et peut rentrer chez lui.

Un cas confirmé ou suspect de FHV peut quitter l’hôpital sur la base du tableau
clinique et de l’interprétation correcte des résultats des examens de laboratoire. La
sortie de l’hôpital peut être envisagée lorsque les critères suivants sont remplis :
• Trois jours ou davantage sans fièvre ni symptôme significatif†
• les symptômes évocateurs d’une élimination du virus en cours (par exemple
diarrhée, toux, saignements) doivent avoir disparu. Les selles molles ne sont pas
considérées comme une élimination du virus en cours chez l’enfant âgé de moins
de cinq ans ;
• l’élimination du virus dans le sperme des patients de sexe masculin et dans le
lait maternel des femmes allaitantes ne doit pas être un obstacle à la sortie de
l’hôpital, mais doit être prise en compte dans les instructions qui seront données
aux patients (voir ci-dessous).
ET
• Amélioration significative de l’état clinique†
ET
• Capacité du patient à mener ses activités quotidiennes† : il s’alimente
de manière indépendante et est en mesure d’accomplir les autres gestes de la
vie courante, par exemple se laver et marcher sans aide sous réserve d’éventuels
handicaps préexistants.

SORTIE DE L’HÔPITAL 155


ET
• une PCR sanguine négative pour les FHV (indépendamment de tout autre test
sérologique) le troisième jour suivant la disparition des symptômes.
°° Si cette PCR est positive, répéter le test 48 heures plus tard. Si cette
nouvelle PCR est négative, le patient peut alors quitter l’hôpital.
°° Pour toutes les femmes allaitantes, il faut effectuer une PCR sur le lait
maternel afin de déterminer les précautions à prendre pour prévenir
la transmission et savoir à quel moment le lait maternel n’est plus
contagieux. Voir la section 3.7.

†Si pour un cas confirmé d’Ebola la persistance des symptômes et/ou l’absence
d’amélioration de son état ne semblent pas liées à une infection aiguë à filovirus, et si
et seulement si deux PCR sont négatives à 48 heures d’intervalle, dont une effectuée
au moins 3 jours après l’apparition des symptômes, alors le patient peut sortir ou être
transféré dans un service de soins adapté hors du centre de traitement Ebola pour la
poursuite de sa prise en charge.

À la sortie du CTE, fournir aux patients toutes les informations indispensables à leur
sortie e l’hôpital et programmer un suivi post-thérapeutique – voir la section 9.

Suggestion de fournitures remises au patient à la sortie de l’hôpital


• Riz • Les proches du patient décédé doivent également
• Légumes secs recevoir ces fournitures à l’exclusion du certificat,
• Maïs ou céréales des préservatifs et des vêtements.
• Huile de cuisson
• Sel
• Javel
• Seau (eau)
• Moustiquaire
• Savon
• Préservatifs
• Vêtements
• Chaussures
• Certificat de sortie d’hôpital

156 SORTIE DE L’HÔPITAL


9-Suivi

Patients convalescents sortis de l’hôpital : ces patients peuvent rester faibles et


souffrir de symptômes persistants. Un système doit être mis en place à leur intention
afin de permettre la poursuite des soins cliniques et le soutien psychosocial post-
thérapeutiques. Si ces patients rentrent chez eux, ils sont souvent confrontés à la
stigmatisation et/ou au rejet ; c’est pourquoi la sortie de l’hôpital doit s’accompagner
du soutien psychosocial nécessaire et d’activités de sensibilisation dans la
communauté.

Patients hospitalisés mais qui, finalement, ne sont pas des cas d’Ebola : s’ils
présentent une autre maladie, le transfert dans un service adapté hors CTE est parfois
nécessaire. Le système de soins usuel est souvent réticent à accepter ces patients
et, même si c’est le cas, leur prise en charge risque d’être négligée. Le transfert doit
donc être suivi de près par le centre de traitement Ebola demandeur de ce transfert.
Concernant le retour au domicile, il arrive que la communauté de voisinage des
patients sortants demande préalablement des assurances de la part des autorités
sanitaires.

Traitement de soutien pour tous les patients sortant de l’hôpital


• Donner des conseils nutritionnels et des aliments enrichis. Identifier les aliments
à haute valeur énergétique disponibles localement et faciles à digérer, riches
en glucides complexes et équilibrés du point de vue de la teneur en lipides, en
protéines et en fibres. Dans de nombreux établissements, les survivants adultes
sortant de l’hôpital reçoivent des biscuits à haute valeur énergétique et une ration
pour la famille. Le choix des aliments enrichis spécifiques pour les enfants dépend
de leur âge – voir l’annexe G.
• Donner des suppléments vitaminiques pour un mois.
• Les enfants doivent être suivis chaque semaine, en particulier pour leurs besoins
nutritionnels et les vaccinations (par exemple, vaccination contre la rougeole au
moment de leur sortie de l’hôpital).
• Anticiper un éventuel rejet des patients sortant de l’hôpital de la part de leur
communauté : conseiller le patient, sa famille et ses proches, et le personnel

SUIVI 157
de santé (en cas de transfert) pour s’assurer que tous comprennent bien que le
patient ne représente aucun danger pour la communauté.
• Délivrer un certificat médical à la sortie pour attester que le patient ne représente
aucun danger pour sa famille et ses voisins. À leur sortie, les survivants d’Ebola
doivent recevoir un ensemble de documents : identifiant patient, nom, âge,
symptômes à l’arrivée et symptômes à la sortie de l’hôpital le cas échéant, compte
rendu de prise en charge dans le centre de traitement Ebola, et le certificat
médical susmentionné. Ces informations faciliteront le « transfert » vers une
prise en charge en ambulatoire. Ils doivent les apporter à toutes les consultations
futures au dispensaire ou à l’hôpital.
• Planifier soutien et suivi psychologiques, avec des mesures d’accompagnement
du retour du patient, notamment auprès des chefs locaux, si nécessaire.
• Mettre en relation le patient avec un centre de soins pour les survivants d’Ebola.

Prévention de la transmission secondaire par voie sexuelle (17,18)


Tous les survivants d’Ebola de sexe masculin et leurs partenaires sexuels doivent
recevoir des conseils sur les pratiques sexuelles sans risque jusqu’à ce que les tests
effectués sur leur sperme soient négatifs à 2 reprises successives.
• Les survivants d’Ebola de sexe masculin doivent recevoir des préservatifs et être
informés qu’ils doivent les utiliser pendant au moins trois mois après l’apparition
des symptômes, afin de réduire autant que possible le risque de transmission
sexuelle du virus Ebola. Les survivants d’Ebola et leurs partenaires sexuels doivent
recevoir des conseils détaillés sur les pratiques sexuelles sans risque, y compris
l’abstinence et les rapports protégés avec des préservatifs, et sur les bonnes
pratiques d’hygiène des mains et du corps, c’est-à-dire se laver immédiatement
et soigneusement à l’eau et au savon après tout contact physique avec du sperme,
y compris après la masturbation.
• Les survivants doivent recevoir des préservatifs. Les préservatifs doivent être
manipulés et jetés avec précaution (dans un sac étanche destiné à l’incinération/
l’enfouissement ou aux latrines) afin d’éviter le contact avec le liquide séminal.
• Le sperme des survivants de sexe masculin doit être testé par PCR à nouveau trois
mois après la sortie puis, pour ceux qui sont positifs, tous les mois jusqu’à ce que
les résultats du dépistage du sperme par PCR soient négatifs pour le virus à deux
reprises successives, à une semaine d’intervalle.

158 SORTIE DE L’HÔPITAL


• Une fois que leur sperme est testé négatif, les survivants peuvent reprendre
leurs pratiques sexuelles sans craindre de transmission du virus Ebola. Toutefois,
il faut donner des conseils sur la prévention contre le VIH et d’autres infections
sexuellement transmissibles (IST), ainsi que sur la planification familiale.
• Si le dépistage par PCR n’est pas disponible, les survivants de sexe masculin
doivent continuer à utiliser des préservatifs ou à adhérer aux pratiques sexuelles
sans risque pendant au moins 12 mois. Ce délai pourrait être modifié en fonction
des nouvelles données à venir concernant la persistance du virus Ebola dans le
sperme des survivants.

Femmes allaitantes qui ont survécu à Ebola (17)


L’ARN du virus Ebola a été détecté à des taux faibles dans le lait maternel jusqu’à 16
mois après l’apparition des symptômes. Des galactorrhées spontanées ont également
été signalées chez les survivantes – le lait maternel d’une survivante s’est révélé
positif au virus Ebola neuf mois après la survenue des symptômes. D’autres données
sont nécessaires pour connaître avec plus de précision la durée de la persistance et
de l’infectiosité du virus Ebola dans le lait maternel. En raison du risque éventuel de
persistance du virus dans le lait maternel, les survivantes d’Ebola qui allaitent au sein
sont encouragées à faire tester leur lait par PCR. Le lait maternel doit être testé par
PCR immédiatement après la sortie du centre de traitement Ebola.
• Les femmes allaitantes qui ne savent pas si leur lait est infecté et celles dont le
lait a été testé négatif au virus Ebola devraient poursuivre l’allaitement au sein.
Si l’ARN du virus Ebola est détecté, l’allaitement au sein doit être suspendu et le
lait maternel doit être testé toutes les 48 heures jusqu’à obtenir deux résultats
consécutifs négatifs. Pendant ce temps, le lait maternel pourra être remplacé par
un substitut de lait maternel approprié en quantité suffisante. Dans la mesure du
possible, donner une formule nourrisson liquide prête à consommer (voir http://
[Link]/operationalguidanceiycfv2.1), moins risquée que la formule
nourrisson en poudre puisqu’elle ne nécessite pas de reconstitution avec de
l’eau. L’hygiène des ustensiles utilisés pour nourrir l’enfant, des substituts de lait
maternel en quantité suffisante pour couvrir les besoins du nourrisson et l’accès
aux services de santé sont essentiels. Si une formule nourrisson (liquide ou en
poudre) est fournie à la mère, lui donner des indications pour réduire autant que
possible les risques liés à l’alimentation artificielle (pour obtenir des informations
pratiques sur l’alimentation de remplacement, voir le guide sur l’alimentation

SORTIE DE L’HÔPITAL 159


du nourrisson dans le contexte d’Ebola (68). Entre-temps, les mères doivent
être soutenues pour maintenir leur production de lait maternel afin de pouvoir
reprendre l’allaitement au sein une fois la négativation du lait maternel obtenu.
La mère et sa famille doivent recevoir d’autres aides psychosociales si besoin.
Pour pouvoir reprendre l’allaitement au sein, il faut apprendre à la mère et l’aider
à extraire son lait régulièrement, manuellement ou au moyen d’un tire-lait, en
suivant les recommandations pour la lutte contre l’infection par le virus Ebola afin
de réduire le risque de transmission du virus (voir ci-dessous). Les bébés qui ont
été nourris au sein par une mère dont le lait s’est avéré positif (dépistage par PCR)
doivent être suivis comme des contacts à haut risque pendant 21 jours à compter
de la dernière tétée de lait contaminé.
• Les survivantes d’Ebola dont le lait est positif au dépistage par PCR ou dont le
lait n’a pas été testé doivent appliquer les bonnes pratiques d’hygiène des mains
et du corps, c’est-à-dire se laver immédiatement et soigneusement à l’eau et au
savon après tout contact avec le lait maternel. Tout autre objet ou équipement
contaminé par le lait maternel doit être nettoyé à l’eau et au savon, puis
décontaminé par trempage dans une solution chlorée à 0,5 % pendant environ
15 minutes. Le linge ou les vêtements contaminés par le lait maternel doivent, de
préférence, être jetés avec précaution puis incinérés ; à défaut, ils doivent d’abord
être lavés avec de l’eau et du détergent, puis rincés et mis à tremper dans une
solution chlorée à 0,5 % pendant environ 15 minutes. Les femmes doivent savoir
que le linge trempé dans une solution chlorée à 0,5 % peut s’abîmer.
• Le type de conseils et de soutien apportés pour l’alimentation du nourrisson
doivent être adaptés à l’âge de l’enfant.

Survivantes d’Ebola sexuellement actives


• À leur sortie, toutes les femmes qui viennent d’accoucher et toutes les femmes
en âge de procréer doivent recevoir des conseils sur la planification familiale
et la contraception, ainsi que sur la prévention des infections sexuellement
transmissibles.
• Pour les femmes en âge de procréer, il faut évaluer l’aménorrhée lors de la
première consultation clinique de suivi, puis à chaque consultation ultérieure.
Toutes les femmes convalescentes qui présentent une aménorrhée de plus de
quatre semaines (incluant la période passée dans le centre de traitement Ebola)
doivent faire un test de grossesse urinaire ou sanguin.

160 SORTIE DE L’HÔPITAL


• Une survivante à Ebola qui tombe enceinte après sa guérison doit recevoir des
soins avant, pendant et après l’accouchement, conformément aux normes de
l’OMS et du pays.

Soins particuliers des femmes enceintes survivantes d’Ebola – voir la


section 3.7
• À leur sortie d’hôpital, les patientes enceintes doivent être étroitement suivies au
niveau clinique, avec notamment une prise en charge prénatale et nutritionnelle.
• Il convient de prendre des dispositions pour organiser leur transfert immédiat
de la maison ou d’un hôpital classique vers un centre de traitement Ebola doté
d’installations d’accouchement sécurisé et permettant une prise en charge
néonatale.
• Le port d’un EPI complet est nécessaire lors de l’accouchement et les produits de
la conception (liquide amniotique, placenta, nouveau-né) doivent faire l’objet
d’un dépistage d’Ebola par PCR.

Prise en charge des symptômes de convalescence chez les survivants


d’Ebola (17,90)
• Les patients peuvent rester faibles et souffrir de symptômes nouveaux ou
persistants qui se manifestent au début de la convalescence (dans le centre de
traitement) ou dans les trois premiers mois de la convalescence.
• Il faut mettre en place un système de suivi permettant la prise en charge clinique
et psychosociale/santé mentale pour ces patients.
• Les survivants doivent recevoir un soutien psychologique et social avant leur sortie
d’hôpital, puis être revus dans le cadre d’un suivi régulier, et parfois bénéficier de
contacts téléphoniques réguliers pour évaluer le niveau stress. Des problèmes de
santé mentale avant la sortie d’hôpital ou un patient considéré à haut risque de
développer de tels problèmes après la sortie peuvent justifier d’orienter le patient
vers un professionnel de la santé mentale.
• Dans le cadre du suivi, tous les patients doivent être évalués au niveau clinique et
psychosocial dans les deux semaines suivant leur sortie d’hôpital.
• Tous les patients doivent recevoir des instructions spécifiques sur les personnes à
contacter en cas de problèmes ou de questions.

SORTIE DE L’HÔPITAL 161


• Peu après la sortie d’hôpital, il est nécessaire de prévoir une consultation
pour retracer l’évolution des symptômes, et réaliser un examen clinique,
rhumatologique, oculaire (au minimum l’acuité visuelle), nutritionnel et de santé
mentale, tout en poursuivant le soutien psychologique et social en fonction des
besoins.
• Les symptômes oculaires requièrent une attention urgente (avec test de l’acuité
visuelle, examen à la lampe à fente, mesure de la pression intraoculaire, fond d’œil
avec dilatation). Une altération de l’acuité visuelle et une pression intraoculaire
anormale sont deux marqueurs clés potentiels d’une maladie plus grave.
• À leur sortie, les patients peuvent être confrontés à la stigmatisation et/ou au
rejet ; c’est pourquoi la sortie de l’hôpital doit s’accompagner d’un soutien
psychosocial nécessaire et d’activités de sensibilisation dans la communauté.
• Les séquelles surviennent souvent dans les premières semaines suivant la sortie
d’hôpital, et peuvent persister plusieurs années, même si leur intensité tend à
diminuer avec le temps.
°° Stress et autres séquelles psychologiques sont fréquents. La
majorité des survivants subissent des comportements discriminatoires ;
ils sont mal acceptés par la famille et les amis, et sont même parfois
malvenus dans leur propre maison. Certains ont des troubles du
sommeil et de la mémoire, souffrent d’anxiété, de dépression, de stress
post-traumatique et de la culpabilité des survivants.
°° Des arthralgies constituent des séquelles fréquentes, chez 50 % à 75 %
des survivants, y compris lors de la flambée épidémique en Afrique de
l’Ouest. Elles touchent le plus souvent plusieurs articulations et sont en
général symétriques et sont plus marquées le matin. Les articulations
les plus touchées sont, dans l’ordre : les genoux, le rachis dorso-lombaire,
les hanches, les doigts, les poignées, le rachis cervical, les épaules, les
chevilles et les coudes.
°° Des complications oculaires, notamment les douleurs oculaires,
la conjonctivite, la photophobie, le larmoiement, l’uvéite et la perte
d’acuité visuelle, sont fréquents chez les survivants et ont été signalés
chez la moitié environ des survivants évalués à Kenema et Port Loko
(Sierra Leone). L’uvéite était fréquente, conduisant parfois à une
déficience visuelle sévère et à la cécité en l’absence de traitement.

162 SORTIE DE L’HÔPITAL


°° Complications neurologiques : Des acouphènes et un déficit auditif
ont été signalés chez 27 % (maximum) des survivants. Cependant, ces
informations doivent être prises avec précaution dans la mesure où une
petite étude contrôlée n’a pas montré de différence significative des
résultats des tests audiométriques entre les survivants et les contacts
domestiques.
°° Les atteintes cutanées. La peau sèche, le prurit et la desquamation
généralisés, touchant principalement les extrémités, y compris les
paumes et les plantes de pieds, ont été variablement signalés chez les
survivants.

Voir le document Interim guidance: Clinical care for survivors of Ebola virus disease (17).

SORTIE DE L’HÔPITAL 163


Annexe A. Définitions de cas

Annexe A1. Définitions des cas pour Ebola ou


Marburg
Pendant une épidémie d’Ebola ou de Marburg: définitions de cas utilisés
pour la surveillance – pendant une épidémie, les définitions de cas sont souvent
modifiées afin de les adapter à de nouveaux tableaux cliniques ou à des modes de
transmission différents liés à l’événement local (45). Consulter le site Web de l’OMS
([Link]) pour connaître les toutes dernières définitions de cas mises à jour.

Cas suspect d’infection à virus Ebola


• Toute personne, vivante ou décédée, présentant ou ayant présenté une forte
fièvre d’apparition brutale et ayant été en contact avec un cas d’Ebola, ou un
animal mort ou malade, OU
• Toute personne présentant une forte fièvre d’apparition brutale et au moins
trois des symptômes suivants : céphalées, vomissements, diarrhée, anorexie/
perte d’appétit, léthargie, douleurs abdominales, douleurs musculaires ou
articulaires, déglutition difficile, dyspnée ou hoquet, OU
• Toute personne ayant des saignements/une hémorragie inexpliqués, OU
• Toute personne décédée dont la mort est soudaine et inexpliquée, OU
• Toute personne chez laquelle on suspecte une infection par le virus Ebola

Cas probable d’infection à virus Ebola


• Tout cas suspect examiné par un clinicien, OU
• Toute personne décédée dans un contexte de suspicion de maladie à virus
Ebola et ayant un lien épidémiologique avec un cas confirmé, mais qui n’a pas
été dépistée et dont la maladie n’a pas été confirmée en laboratoire

Cas confirmé d’infection à virus Ebola


Tout cas suspect ou probable avec des résultats de laboratoire positifs

164 ANNEXE
Pour la surveillance ordinaire dans les pays sans épidémie d’Ebola ou de
Marburg : définitions de cas standard, dans le cadre du programme Surveillance
intégrée des maladies et riposte, pour la notification des cas d’Ebola et de
Marburg, à l’usage des pays sans épidémie en cours (42,49)

Cas suspect d’infection à virus Ebola ou Marburg pour la surveillance


ordinaire
• Personne présentant une maladie accompagnée de fièvre, qui ne répond
pas au traitement utilisé pour soigner les causes habituelles de fièvre dans
la région, et qui présente au moins l’un des signes hémorragiques suivants :
diarrhée sanglante, saignements des gencives, saignements cutanés
(purpura), saignements dans les yeux et sang dans les urines,
• OU personne dont les signes cliniques font suspecter une infection par le
virus Ebola ou Marburg

Cas confirmé d’infection à virus Ebola ou Marburg pour la surveillance


ordinaire
• Cas suspect confirmé en laboratoire (présence d’anticorps IgM, PCR positive
ou isolement du virus)

« Cas alerte » – définitions de cas standard pour la surveillance


communautaire
• Personne présentant une maladie accompagnée de fièvre, qui ne répond
pas au traitement utilisé pour soigner les causes habituelles de fièvre dans
la région, OU qui présente au moins l’un des signes suivants : saignements,
diarrhée sanglante, sang dans les urines,
• OU toute personne décédée brutalement

Un cas probable est une personne :


• ayant été en contact avec un cas probable ou confirmé ET
• qui présente une forte fièvre* (température axillaire >38 °C ou antécédents
de fièvre au cours des deux jours précédents)

ANNEXE 165
Annexe A2. Définition de cas, suspicion de
fièvre de Lassa
Fièvre >38 °C depuis moins de trois semaines ET
Absence de signes d’inflammation locale ET
Pas de réponse clinique après 48 heures de traitement antipaludique et/ou
antibiotique à large spectre ET
Deux signes majeurs ou un signe majeur et deux signes mineurs décrits ci-dessous
SIGNES MAJEURS SIGNES MINEURS
Saignements Céphalées
Œdème du cou ou du visage Mal de gorge
Injection conjonctivale ou hémorragie sous- Vomissements
conjonctivale
Avortement spontané Douleurs abdominales diffuses/
sensibilité à la palpation
Éruption maculopapuleuse ou pétéchiale Douleurs thoraciques/
rétrosternales
Apparition d’acouphènes ou altération de Toux
l’audition (apparaît quand la phase aiguë de
la maladie se termine)
Hypotension artérielle persistante Diarrhée
Pas de réponse clinique après 48 h sous Myalgies ou arthralgies
antipaludique et/ou antibiothérapie à large généralisées
spectre
Transaminases hépatiques élevées, en Grande faiblesse
particulier AST>ALT
Exposition à un cas suspect ou confirmé de Protéinurie
fièvre de Lassa
Exposition directe à des rongeurs (contact avec Leucopénie <4G/L (4000/µl)
un animal vivant ou avec de la chair crue et
exposition à l’urine ou aux déjections)

166 ANNEXE
Annexe B. Plans A, B et C
d’administration de liquides
(liquides et aliments)

Plan A : Traitement de la diarrhée à la maison


Informez le patient sur les trois règles du traitement à la maison :
• boire plus de liquides
• continuer à manger
• revenir à l’établissement de santé si nécessaire

1. Boire plus de liquides


°° autant que le patient peut tolérer
°° des liquides propres à la consommation ou qui ont été bouillis ou
désinfectés
°° des SRO ou d’autres liquides (sauf les liquides à forte teneur en
sucre ou en alcool)
°° boire au moins 200-300 ml après chaque selle trop liquide
°° continuer à boire plus de liquides jusqu’à ce que la diarrhée cesse
Il est particulièrement important de fournir des SRO à prendre à la maison si le
patient ne peut pas revenir au dispensaire dans le cas où sa diarrhée empire.

Si des SRO sont fournis :


• montrez au patient comment mélanger et boire les SRO
• donnez-lui 2 sachets à rapporter à la maison

En cas de vomissement, le patient doit continuer à boire par petites gorgées.


• Les antiémétiques ne sont généralement pas nécessaires.

2. Continuer à manger

ANNEXE 167
3. Revenir à l’établissement de santé si :
°° la diarrhée empire
°° la diarrhée persiste ou devient très abondante

Plan B : Traitement d’un patient modérément déshydraté par


l’administration de SRO
(en cas de maladie à virus Ebola, il est souvent nécessaire d’administrer
également des liquides par IV – voir la section 3.4)

Informez le patient sur les trois règles du traitement à la maison :


• boire plus de liquides
• continuer à manger
• revenir à l’établissement de santé si nécessaire

1. Déterminez la quantité de SRO à donner dans les 4 premières heures.


°° Pour déterminer la quantité approximative de SRO nécessaire
(en ml), multipliez le poids du patient (en kg) par 75 (voir le Tableau
18 indiquant les ml/kg et les gouttes/minutes correspondantes)
°° Utilisez l’âge du patient si vous ne connaissez pas son poids.
°° Si le patient le réclame, donnez-lui plus de SRO.
°° Dans l’établissement de soins, donnez la quantité recommandée de
SRO sur une période de 4 heures.
°° Si le patient présente des signes de faiblesse ou des vomissements,
donnez-lui fréquemment à boire de petites gorgées dans une tasse.

En cas de vomissements, attendez 10 minutes avant de reprendre les SRO à une


fréquence réduite.

2. Après 4 heures ou après chaque visite clinique :


°° réévaluez l’état du patient et évaluez son état de déshydratation
°° choisissez le plan approprié pour la poursuite du traitement
°° commencez à nourrir le patient dans l’établissement de soins

168 ANNEXE
3. Si le patient doit quitter l’établissement avant la fin de son traitement :
°° montrez-lui comment préparer une solution de SRO à la maison
°° indiquez-lui la quantité de SRO nécessaire pour un traitement de 4
heures à la maison
°° donnez-lui suffisamment de sachets de SRO pour la réhydratation
(2 sachets, comme recommandé dans le Plan A)

Plan C : Traitement rapide de la déshydratation sévère


Si vous pouvez administrer des liquides par IV : mettez immédiatement le
patient sous perfusion IV. Si le patient en est capable, faites-lui boire une solution
de SRO pendant l’installation du soluté de perfusion. Administrez 100 ml/kg de
Ringer Lactate (ou, à défaut, de sérum salé isotonique à 9/‰), comme suit :

Donner d’abord 30 ml/ Donner d’abord 70 ml/


Âge kg en : kg en :
Nourrissons (<12 mois) 1 heure* 5 heures*
Plus âgé (12 mois ou plus, y compris 30 minutes* 2 heures ½
les adultes)

* Répétez une fois l’opération si le pouls radial est très faible ou imperceptible.

Voir le Tableau 18 indiquant les ml/kg et les gouttes/minutes


correspondantes pour l’enfant
• Réévaluez l’état du patient toutes les 1 à 2 heures. Si son état d’hydratation
ne s’améliore pas, augmentez le débit de la perfusion. Donnez aussi une
solution de SRO (environ 5 ml/kg/heure) dès que le patient est capable de
boire, généralement après 3-4 heures chez le nourrisson ou 1-2 heures chez
l’enfant, l’adolescent et l’adulte.
• Réévaluez l’état du patient pendant 6 heures (nourrisson) et après 3 heures
(patients plus âgés). Évaluez l’état de déshydratation, puis choisissez le plan
approprié (A, B ou C) pour la poursuite du traitement.

ANNEXE 169
Si vous ne pouvez pas administrer de liquides par IV : organisez le transfert du
patient vers un établissement de santé équipé pour le faire. Commencez la
réhydratation en administrant des SRO par sonde nasogastrique (ou par la
bouche). Donnez 20 ml/kg/heure pendant 6 heures (soit 120 ml/kg au total).
• Réévaluez l’état du patient toutes les 1 à 2 heures :
°° en cas de vomissements répétés ou de distension abdominale,
administrez la solution plus lentement ;
°° si l’état d’hydratation ne s’améliore pas au bout de 3 heures,
transférez le patient pour un traitement par IV.

Réévaluez l’état du patient après 6 heures. Évaluez l’état de déshydratation, puis


choisissez le plan approprié (A, B ou C) pour la poursuite du traitement.

170 ANNEXE
Annexe C. Posologie de la
morphine, du tramadol, du
paracétamol et des antipaludiques
Tableau 24. Posologie des analgésiques chez l’adolescent et l’adulte :
morphine, tramadol, paracétamol (9)
Effets secondaires
Dose initiale chez et précautions à
Analgésiques l’adulte Limites prendre
Paracétamol* Voie orale : 1 gramme Un seul comprimé Ne pas dépasser
(agit également toutes les 4 à 6 heures, pourra suffire chez les 4 grammes par
contre la fièvre) sans dépasser 4 personnes âgées ou 24 heures (risque
grammes par 24 heures gravement malades, de grave toxicité
ou s’il est associé hépatique).
Voie IV : avec un opioïde. On
<50 kg : 15 mg/kg en IV peut atténuer les
toutes les 6 heures, sans douleurs légères en
dépasser 750 mg/dose administrant une
ou 3,75 grammes/ jour dose toutes les 6
heures.
50 kg ou plus : 1000
mg en IV toutes les 6
heures, sans dépasser 4
grammes/jour
Tramadol 50–100 mg voie orale/ Peut entraîner une
IM/IV faible débit, toxicité hépatique.
toutes les 4 à 6 heures Abaisse le seuil
selon les besoins convulsif.
Morphine voie orale Initialement, 2,5-10 mg Selon la douleur Sauf si le patient est
5 mg/5ml ou de sulfate de morphine diarrhéique, donner
50 mg/5ml ou toutes les 4 heures. Il n’y a PAS de dose un laxatif pour éviter
comprimés à libération Si la douleur persiste, maximale la constipation.
prolongée (10 mg ou augmenter la dose de Une dose excessive
30 mg). 30 % à 50 %. peut entraîner
À donner par la Si le patient est très âgé une dépression
bouche. ou fragile, commencer respiratoire/
Si nécessaire, peut être avec une faible dose de diminuer la fréquence
administré en IV, IM 2,5-5 mg. respiratoire.
ou en sous cutané.
*Paracétamol : Utilisation prudente, tenir compte des anomalies du bilan hépatique
ANNEXE 171
Tableau 25. Posologie du paracétamol et de la morphine chez l’enfant en
fonction du poids corporel

10 kg à <15 kg

15 kg à <20 kg

20 kg à <29 kg
6 kg à <10 kg
3 kg à <6 kg
Médicament Posologie Forme galénique
Paracétamol 10-15 mg/kg, Comprimé de – 1 1 2 3
jusqu’à 6 fois 100 mg
par jour Comprimé de – ¼ ¼ ½ ½
500 mg
Morphine Calculer la dose exacte en fonction du poids corporel de l’enfant.
Voie orale : 0,2-0,4 mg/kg toutes les 4 à 6 heures ; augmenter la dose si
nécessaire en cas de douleurs aiguës.
En IM : 0,1-0,2 mg/kg toutes les 4 à 6 heures
En IV : 0,05-0,1 mg/kg toutes les 4 à 6 heures, ou 0,005-0,01 mg/kg par
heure en perfusion IV

Antipaludiques pour un paludisme à P. falciparum non compliqué

Traitement de 3 jours pour l’enfant et l’adulte, puis traitement d’artésunate


ou d’artéméther par voie parentérale

Tableau 25. Posologie du paracétamol et de la morphine chez l’enfant en


fonction du poids corporel
≥4,5 kg à <9 kg 1 comprimé (25 mg d’artésunate/67,5 mg
d’amodiaquine) par jour pendant 3 jours
≥9 kg à <18 kg 1 comprimé (50 mg d’artésunate/135 mg
d’amodiaquine) par jour pendant 3 jours
≥18 kg à <36 kg 1 comprimé (100 mg d’artésunate/270 mg
d’amodiaquine) par jour pendant 3 jours
≥36 kg 2 comprimés (100 mg d’artésunate/270 mg
d’amodiaquine) par jour pendant 3 jours

172 ANNEXE
Tableau 27. Association artéméther-luméfantrine
À donner 2 fois par jour pendant 3 jours*

10 kg à <15 kg

15 kg à <20 kg

20 kg à <24 kg

20 kg à <50 kg
6 kg à <10 kg
3 kg à <6 kg

>50 kg
Posologie Forme galénique
Voie orale : Comprimé : 1 1 1 2 2 3 4
2 mg/kg 20 mg
d’artéméther – d’artéméther
12 mg/kg – 120 mg de
de luméfantrine luméfantrine
2 fois par jour
* Le premier jour, la seconde dose doit être administrée entre 8 et 12 heures après la première dose. Les deuxième et
troisième jours, la posologie est de 2 fois par jour (matin et soir). L’absorption de la luméfantrine est favorisée par l’ad-
ministration concomitante de matières grasses. Il est indispensable que les patients ou les soignants soient informés de la
nécessité d’administrer ce médicament immédiatement après une boisson ou un repas gras, particulièrement les deuxième
et troisième jours du traitement.

Traitement antipaludique d’urgence en cas de paludisme grave

Le traitement de choix est l’artésunate en IV, surtout si le patient est en état de choc.
ATTENTION AUX TROUBLES DE LA COAGULATION pour la voie IM+++

ANNEXE 173
Tableau 28. Posologie de l’artésunate en IV ou IM et de l’artéméther en IM
ARTÉSUNATE IV ou IM ARTÉMÉTHER IM
2,4 mg/kg en IV ou IM
au moment de l’admission,
puis à
12 heures et à 24 heures, Dose de charge initiale :
puis une fois par jour. 3,2 mg/kg
Préparer chaque dose juste
avant utilisation : mélanger Doses suivantes :
une ampoule de 60 mg d’acide 1,6 mg/kg chaque jour jusqu’à ce que le patient soit
artésunique anhydre capable de prendre un médicament par voie orale
avec 1 ml de solution de
bicarbonate
de sodium à 5 %.
En IV, diluer En IM, diluer
avec 5 ml de avec 2 ml de Adulte Adulte Enfant Enfant
dextrose à 5 % dextrose à 5 % 80 mg/ml 80 mg/ml 20 mg/ml 20 mg/ml
(pour 10 mg/ (pour 20 mg/ (ampoule (ampoule (ampoule (ampoule
Poids ml) ml) de 1 ml) de 1 ml) de 1 ml) de 1 ml)
3 kg 0,8 ml 0,4 ml — — 0,5 ml 0,3 ml
4 kg 1,0 ml 0,5 ml — — 0,6 ml 0,3 ml
5 kg 1,2 ml 0,6 ml — — 0,8 ml 0,4 ml
6 kg 1,4 ml 0,7 ml — — 1,0 ml 0,5 ml
7 kg 1,7 ml 0,8 ml — — 1,1 ml 0,6 ml
8 kg 2,0 ml 1,0 ml — — 1,3 ml 0,7 ml
9 kg 2,2 ml 1,2 ml — — 1,5 ml 0,7 ml
10 kg 2,4 ml 1,2 ml — — 1,6 ml 0,8 ml
15 kg 3,6 ml 1,8 ml — — 2,4 ml 1,2 ml
20 kg 4,8 ml 2,4 ml — — 3,2 ml 1,6 ml
30 kg 7,2 ml 3,6 ml 1,2 ml 0,6 ml
40 kg 9,6 ml 4,8 ml 1,6 ml 0,8 ml
50 kg 12,0 ml 6,0 ml 2,0 ml 1,0 ml
60 kg 14,4 ml 7,2 ml 2,4 ml 1,2 ml
70 kg 16,8 ml 8,4 ml 2,8 ml 1,4 ml
80 kg 19,2 ml 9,6 ml 3,2 ml 1,6 ml
90 kg 21,6 ml 10,8 ml 3,6 ml 1,8 ml

174 ANNEXE
Annexe D. Interactions
médicamenteuses
Types d’interactions médicamenteuses possibles dans un centre de traitement Ebola

1. Allongement de l’intervalle QT et/ou torsade de pointe induits par


les médicaments (91,92)
Certains médicaments utilisés dans les centres de traitement Ebola peuvent
entraîner un allongement de l’intervalle QT. En outre, l’hypokaliémie est fréquente
et susceptible d’aggraver la toxicité de ces médicaments. La plupart des patients avec
un QT long ne présentent aucun signe ou symptôme. Dans de rares cas, un intervalle
QT long peut aboutir à une syncope, à des convulsions ou à une mort subite, en raison
des torsades de pointe. Le risque de torsades de pointe est difficile à évaluer, mais
peut augmenter si plusieurs médicaments allongeant l’intervalle QT ou inhibant leur
métabolisme sont associés ou administrés en présence de facteurs de risque, tels que
l’hypokaliémie, hypomagnésémie, l’appartenance au sexe féminin et la bradycardie.

Dans un centre de traitement Ebola, l’administration concomitante de plusieurs


médicaments allongeant l’intervalle QT peut être cliniquement justifiée, mais en
l’absence d’un ECG pour diagnostiquer un QT long, ces médicaments doivent être
utilisés avec précaution, en particulier en présence de facteurs de risque. Les patients
doivent être étroitement surveillés pour détecter d’éventuelles complications, et les
médicaments allongeant le QT doivent être suspendus en cas de suspicion de toxicité.
Voir le Tableau 29.

2. Médicaments dépresseurs du SNC


L’administration concomitante d’au moins deux médicaments susceptibles de
déprimer le système nerveux central (comme intention thérapeutique ou comme
effet secondaire) peut être cliniquement appropriée. Toutefois, il faut savoir que cela
peut augmenter le risque d’effets indésirables (inhalation notamment, infection
respiratoire, hypoxémie) et requiert donc une surveillance étroite.

ANNEXE 175
Les médicaments dépresseurs du SNC couramment utilisés dans les centres de
traitement Ebola sont la chlorpromazine, le diazépam, l’halopéridol, la morphine, le
tramadol, le phénobarbital et la prométhazine.

3. Considérations pour les patients recevant un traitement pour la


tuberculose ou le VIH
Ces patients suivent souvent un traitement susceptible d’interagir avec d’autres
médicaments. La rifampicine, un médicament antituberculeux majeur, réduit les taux
sanguins et peut compromettre l’efficacité d’un grand nombre de médicaments en
raison de son pouvoir d’induction enzymatique au niveau hépatique. Vérifier la notice
du produit. Il est envisageable de suspendre le traitement antituberculeux pendant la
prise en charge d’urgence d’un patient atteint d’une forme aiguë de maladie à virus
Ebola, afin de limiter l’éventualité d’interactions médicamenteuses.

Concernant les médicaments antirétroviraux, les cliniciens doivent régulièrement


consulter des sources mises à jour, comme [Link].

Tableau 29. Médicaments susceptibles d’allonger l’intervalle QT et/ou d’induire


des torsades de pointe, couramment utilisés dans les centres de traitement
Ebola
Niveau de risque Médicaments
Risque avéré (il est prouvé que ces azithromycine, chloroquine, chlorpromazine,
médicaments allongent l’intervalle QT ET sont ciprofloxacine, érythromycine, halopéridol,
associés à un risque de torsades de pointe) lévofloxacine, ondansétron, quinidine
Risque possible (il est prouvé que ces oxytocine, prométhazine
médicaments allongent l’intervalle QT MAIS
on ne sait pas s’ils sont associés à un risque de
torsades de pointe)
Risque conditionnel (il est prouvé que métoclopramide, métronidazole, sulfate de
ces médicaments sont associés à un risque quinine, furosémide, artéméther/luméfantrine
de torsades de pointe MAIS dans certaines
conditions – dose excessive, hypokaliémie, QT
long congénital, interaction médicamenteuse
entraînant un allongement excessif de
l’intervalle QT)

176 ANNEXE
Pas de risque connu (pour chaque amodiaquine, amoxicilline et clavulanate,
médicament administré seul) artéméther, sous-salicylate de bismuth,
céfixime, céftriaxone, furosémide, gaviscon,
ivermectine, sulfate de magnésium,
misoprostol, oméprazole, paracétamol,
phénobarbital, chlorure de potassium,
ranitidine, chlorure de sodium, thiamine,
tinidazole, tramadol, sulfate de zinc

Tableau 30. Interactions médicamenteuses (adapté de Lexi-Comp OnlineTM


Interaction Analysis) concernant le risque d’allongement de l’intervalle QT
Légendes Mécanismes
QT Substances allongeant l’intervalle QT
SNC Dépresseurs du SNC ou effets sur des voies analogues impliquant des
neurotransmetteurs (sérotonine, dopamine)
 Augmentation potentielle de l’exposition du médicament situé à gauche dans
le tableau
 Diminution potentielle de l’exposition du médicament situé à gauche dans le
tableau
 Augmentation potentielle de l’exposition du médicament situé en haut du
tableau
 Diminution potentielle de l’exposition du médicament situé en haut du tableau

Rouge clair : interaction potentielle, peut nécessiter un ajustement de dose ou une


surveillance étroite
Rouge foncé : ces médicaments ne doivent pas être administrés en même temps

Autres associations nécessitant des précautions particulières :


Si le patient reçoit du Ringer lactate en IV avec de la ceftriaxone en IV, rincer la
tubulure IV avec 10 ml de solution saline à 0,9 % avant de l’utiliser pour administrer la
ceftriaxone, afin d’éviter les précipitations calciques.

Interactions inexistantes ou mineures


Amoxicilline et clavulanate, artéméther, artésunate, sous-salicylate de bismuth,
céfixime, ceftriaxone, furosémide, gaviscon, ivermectine, sulfate de magnésium,
misoprostol, paracétamol, chlorure de sodium, thiamine, tinidazole, sulfate de zinc

ANNEXE 177
DRUG INTERACTIONS TABLE Adapted from Lexi-Comp Online™ Interaction Analysis
artemether/lumefantrine
amodiaquine

chlorpromazine

ciprofloxacin

amodiaquine
artéméther/luméfantrine
erythromycin

QT
diazepam

chlorpromazine ë
magnesium trisilicate

QT QT
haloperidol

ciprofloxacine
diazepam CNS metoclopramide
érythromycine QT QT QT é

metronidazole
halopéridol QT QT CNS QT
magnésium trisilicate ê ê

oméprazole
QT CNS QT QT CNS

ondansetron
métoclopramide
métronidazole QT QT QT QT QT
oméprazole é

oxytocin

phenobarbital

potassium chloride
ondansetron QT QT QT QT QT QT QT
oxytocine QT QT QT QT QT QT

promethazine
ê CNS ê

sodium bicabornate
phénobarbital ê ê ê ê ê ê

quinine
potassium chloride (oral)

zithromax (azithromycin)
ranitidine
prométhazine QT QT CNS QT CNS QT í
quinine é QT QT ë QT í QT QT QT QT íé QT

tramadol
ranitidine ë í ë
sodium bicarbonate ê é
tramadol í í CNS í CNS CNS í CNS í
azithromycine QT QT QT QT QT QT QT QT QT QT é é :
Autres associations à éviter
Injection de Ceftriaxone dans un tubulure de perfusion contenant du Ringer Lactate.

178 ANNEXE
Formation de précipité de Calcium insoluble.
Nom : Date d’admission : Zone : /Lit N° :
Âge : Sexe : M F Si F, grossesse ? O N

Contrôle rapide
(Quick Check)/
Autres évaluations Observations Date Heure Date Heure Date Heure Date Heure Date Heure Date Heure Date Heure
clinique

Voies aériennes/ Détresse Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ]
respiration respiratoire ?
Pouls Rapide ? [ ] Rapide ? [ ] Rapide ? [ ] Rapide ? [ ] Rapide ? [ ] Rapide ? [ ] Rapide ? [ ]
Faible ? [ ] Faible ? [ ] Faible ? [ ] Faible ? [ ] Faible ? [ ] Faible ? [ ] Faible ? [ ]
Normal ? [ ] Normal ? [ ] Normal ? [ ] Normal ? [ ] Normal ? [ ] Normal ? [ ] Normal ? [ ]
Temps de recoloration Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ]
capillaire (>3 s)?
Saignement ? Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ]

Site :
Convulsions ? Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ]
Confusion/
convulsions [ ]A [ ]V [ ]A [ ]V [ ]A [ ]V [ ]A [ ]V [ ]A [ ]V [ ]A [ ]V [ ]A [ ]V
AVPU [ ]P [ ]U [ ]P [ ]U [ ]P [ ]U [ ]P [ ]U [ ]P [ ]U [ ]P [ ]U [ ]P [ ]U

Déambulation? Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ]
État général
Miction ? Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ] Oui [ ] Non [ ]
Température (°C)
Signes vitaux
Fréquence
cardiaque (bpm)
Exemples de formulaires de suivi clinique à placer au chevet du patient
Annexe E. Formulaires de suivi

Fréquence
respiratoire (cycles/
min)
PAS (mm Hg)
Saturation O2 (%)
Autres

ANNEXE 179
observations
Signes gastro- Résultats de
Signes vitaux intestinaux Traitement liquidien Autres médicaments laboratoire et date
Du jour ou à Du jour ou à Du jour ou à Du jour ou à Du jour ou à Observations et
Nom l’admission ? l’admission ? l’admission ? l’admission ? l’admission ? complications Sortie

180 ANNEXE
Lit N° Fièvre : Vomissements ? Liquides voie orale ? 1. PCR Ebola à Date du dernier
[] O [] N [] O [] N [] O [] N l’admission : symptôme :
2. [] Pos. [] Nég.
Date d’admission Pouls : Diarrhée ? Liquides IV ? 3. Date (JJ/MM) : Date de la dernière
(JJ/MM) [] faible [] rapide [] O [] N [] O [] N PCR :
4. Conseil ? [] O [] N
Âge Score AVPU : Saignements ? IV posée ? TDR paludisme :
[] O [] N [] O [] N 5. [] Pos. [] Nég.

Sexe Miction ? Remplacer IV ? 6. Date (JJ/MM) : Colis remis à la


[] M [] F [] O [] N [] O []N sortie ? [] O [] N
7.
Grossesse Déambulation ?
[] O [] N [] O [] N

Signes gastro- Résultats de


Signes vitaux intestinaux Traitement liquidien Autres médicaments laboratoire et date
Du jour ou à Du jour ou à Du jour ou à Du jour ou à Du jour ou à Observations et
Nom l’admission ? l’admission ? l’admission ? l’admission ? l’admission ? complications Sortie
Lit N° Fièvre : Vomissements ? Liquides voie orale ? 1. PCR Ebola à Date du dernier
[] O [] N [] O [] N [] O [] N l’admission : symptôme :
2. [] Pos. [] Nég.
Date d’admission Pouls : Diarrhée ? Liquides IV ? 3. Date (JJ/MM) : Date de la dernière
(JJ/MM) [] faible [] rapide [] O [] N [] O [] N PCR :
4. Conseil ? [] O [] N
Âge Score AVPU : Saignements ? IV posée ? TDR paludisme :
[] O [] N [] O [] N 5. [] Pos. [] Nég.

Sexe Miction ? Remplacer IV ? 6. Date (JJ/MM) : Colis remis à la


[] M [] F [] O [] N [] O [] N sortie ? [] O [] N
Format possible pour un poster plastifié ou un tableau pour suivre les patients

7.
Grossesse Déambulation ?
[]O [] N [] O [] N
Annexe F. Tableau d’équilibre
liquidien
Exemple de tableau pour le bilan liquidien des Entrées-Sorties. (Peut être reproduit
sur un tableau blanc placé au chevet des patients gravement malades).

Date : Nom :
Liquides 8 h 00-20 h 00 20 h 00-8 h 00
APPORT Voie orale
Voie intraveineuse
PERTE Urine
Diarrhée
Vomissures
Mixte
Sang
Autre

ANNEXE 181
Annexe G. Tableaux nutritionnels

Enfants
Au moment de l’admission :
• peser l’enfant (sur une balance recouverte de plastique), mesurer le périmètre
brachial à mi-hauteur (avec un mètre ruban individuel) et examiner les pieds à la
recherche d’un œdème bilatéral prenant le godet ;
• le poids corporel commande les besoins du patient, l’âge n’étant utilisé que si le
poids n’est pas connu ;
• déterminer si l’enfant est nourri au sein ou pas. Voir la section 3.7 ;
• en cas de malnutrition aiguë sévère, suivre les recommandations spécifiques de
prise en charge liquidienne et d’alimentation.
Phase de réhydratation :
• l’hydratation est la priorité absolue et consiste à administrer des SRO ou des
liquides par IV ;
• voir la section 4.3 sur la prise en charge liquidienne.

Phases de réhydratation et d’entretien (voir l’Algorithme décisionnel pour


conduire la réhydratation, page 105)

Phase de réhydratation (déshydratation sévère) :


• l’hydratation est la priorité absolue et consiste à administrer des SRO ou des
liquides par IV ;
• voir la section 4.3 sur la prise en charge liquidienne.

Phase d’entretien (peu d’appétit, pas de déshydratation) :

Entretien de l’alimentation du nourrisson <6 mois


• Le lait maternel est recommandé si son utilisation est possible (voir la section 3.7
Tableau 10).
• Si la mère est négative et l’enfant positif, le lait maternel doit être tiré et donné
dans un gobelet.

182 ANNEXE
• Si l’on ne peut pas donner de lait maternel, le remplacer par un substitut de lait
maternel adapté (de préférence une formule nourrisson prêt à l’emploi, sinon une
formule nourrisson en poudre).
• Se laver les mains avec de l’eau propre et du savon avant de nourrir le bébé.(Voir
lavage des mains, page 144)
• Les formules nourrisson prêtes à consommer sont plus sûres que les laits en
poudre car elles ne nécessitent ni préparation ni dilution.
• Les formules prêtes à consommer et les formules en poudre reconstituées doivent
être utilisées dans les deux heures suivant leur ouverture ; passé ce délai, les jeter.
• Le nourrisson doit être nourri à la demande ; ne pas restreindre ni forcer
l’alimentation du nourrisson.
• Verser la quantité recommandée (voir le tableau ci-dessous) dans un gobelet
propre et désinfecté (voir les instructions sur l’alimentation au gobelet) ( )
• NE PAS utiliser de biberons : les risques d’infection sont élevés car les biberons et
les tétines sont difficiles à nettoyer.

Tableau 31. Quantité journalière de formule nourrisson prête à consommer


nécessaire pour un nourrisson
(120-150 ml/kg/jour ; 100 ml contiennent en moyenne 70 kcal) (94)
Quantité
Poids journalière Nombre Nombre de Quantité de
(moyen) de formule de flacons repas par chaque repas
Âge en mois en kg nourrisson (200 ml) jour en ml
0à1 3 450 ml 2 8 60 ml
1à2 4 600 ml 3 7 90 ml
2à3 5 750 ml 4 6 120 ml
3à4 5 750 ml 4 6 120 ml
4à5 6 900 ml 5 6 150 ml
5à6 6 900 ml 5 6 150 ml

ANNEXE 183
Apports nutritionnels d’entretien de l’enfant >6 mois
• Il est conseillé d’utiliser la formule F-75 comme aliment liquide pendant la phase
d’entretien. Les aliments liquides sont généralement mieux tolérés, le transit est
plus rapide et le risque de vomissements est faible. A défaut utiliser du lait UHT
(70 kcal/100 ml, 75 kcal/100 ml pour la formule F-75).
• Noter que la formule F-75 est normalement conçue pour les patients souffrant
de malnutrition sévère compliquée, dont les fonctions hépatiques et rénales
sont altérées à cause de l’infection. Ce plan nutritionnel permet aux fonctions
biochimiques, physiologiques et immunologiques de commencer à récupérer
avant de subir le stress supplémentaire lié à la fabrication de nouveaux tissus.

Tableau 32. Exemple de quantités de F-75 en fonction du poids


(>100 130 ml/kg/jour) (95)
8 repas par 6 repas
jour : par jour
quantité de quantité de Quantité
F 75 en ml F 75 en ml Nombre de totale de F
Poids pour chaque pour chaque flacons 75 en ml/
en kg repas repas (200 ml) jour
4,5-4,9 75 100 3 572
5,0-5,4 80 110 4 650
5,5-5,9 90 125 4 702
6,0-6,9 100 130 4 780
7,0-7,9 115 160 5 910
8,0-8,9 130 180 5 1 040

9,0-9,9 150 200 6 1 170


10-10,9 160 220 7 1 300
11-11,9 190 250 8 1 450
12-12,9 200 250 8 1 600
13-13,9 220 290 9 1 700
14-14,9 230 300 9 1 800

184 ANNEXE
Adolescents et adultes
Phase de réhydratation (déshydratation sévère) :
• l’hydratation est la priorité absolue (liquides par IV et SRO) ;
• voir la section 4.3 sur la prise en charge liquidienne.

Phase d’entretien (peu d’appétit, pas de déshydratation) :
• les aliments liquides sont généralement mieux tolérés, le transit est plus rapide et
le risque de vomissements faible ;
• F-75 de préférence, sinon lait UHT (70 kcal/100 ml, 75 kcal/100 ml pour le F-75) ;

Tableau 33. Phase d’entretien (peu d’appétit, pas de déshydratation) : quantité


de F-75 par jour
Besoins Quantité
énergétiques journalière de Quantité de
Poids journaliers F-75 Nombre de F-75 par repas
en kg (en kcal) (en ml) repas par jour (en ml)
30 à 40 1 500 2 000 6 330
40 à 60 2 000 2 600 6 450
60 à 80 2 300 3 000 6 500
>80 2 500 3 300 6 550

• introduction progressive d’aliments solides selon les préférences et la tolérance


des patients (voir la section suivante).

Phases de transition et de stimulation


Enfants >6 mois, adolescents et adultes

Phase de transition (appétit modéré, pas de déshydratation, pas de difficulté à


s’alimenter). L’un des aliments suivants ou une combinaison de ceux-ci :
• biscuits/barres enrichis, à forte teneur en nutriments et prêts à consommer (ils
peuvent également être proposés sous la forme de bouillie ou de pâte) ;
• 1 à 3 bouillies par jour constituées de mélanges enrichis de légumineuses et de
céréales par jour avec sucre ajouté (adultes) et sucre et lait ajoutés (enfants) ;

ANNEXE 185
• plats familiaux ordinaires (additionnés de micronutriments en poudre si aucun
aliment enrichi n’est proposé) ; il est conseillé de proposer des pâtes prêtes à
consommer ou des biscuits en complément de ces plats.

Difficulté à s’alimenter : régime identique à celui d’un patient sans difficulté à


s’alimenter, mais :
• les plats familiaux ordinaires doivent être proposés sous la forme de purées ou
de soupes ;
• les pâtes prêtes à consommer ne conviennent pas aux patients présentant des
difficultés de déglutition ;
• les biscuits/barres enrichis à forte teneur en nutriments et prêts à consommer
(sous la forme de bouillie).

En plus, il est possible de proposer les aliments suivants :


• aliments enrichis à base de lait (F-100) ;
• pour les adultes : aliments liquides par voie orale, à faible osmolarité entrainant
une faible charge rénale en solutés.

Phase de stimulation (bon appétit, pas de difficultés à s’alimenter)

L’un des aliments suivants ou une combinaison de ceux-ci :


• aliments enrichis, à forte teneur en nutriments et prêts à consommer (sous la
forme de pâte, de bouillie ou de biscuit/barre) ;
• 1 à 2 bouillies par jour constituées de mélanges enrichis de légumineuses et de
céréales avec
°° sucre ajouté (adultes)
°° sucre et lait ajoutés (enfants) ;
• plats familiaux ordinaires (additionnés de micronutriments en poudre si aucun
aliment enrichi n’est proposé) ; il est conseillé de proposer des pâtes prêtes à
consommer ou des biscuits en complément de ces plats ;
• en-cas : biscuits à haute valeur énergétique par exemple,.

Les patients convalescents ont généralement besoin (et envie) de manger davantage :
ne pas limiter la quantité de nourriture et proposer des aliments supplémentaires
enrichis, à forte teneur en nutriments et prêts à consommer.

186 ANNEXE
En raison de la forte osmolarité des boissons gazeuses et jus sucrés, il est important de
ne pas les proposer aux patients diarrhéiques car cela pourrait exacerber la diarrhée.
De plus, la quasi-totalité des boissons gazeuses sucrées est pauvre en électrolytes
et en nutriments essentiels. Si les patients demandent ce type de boissons, ne leur
proposer que lors de la phase d’alimentation de stimulation.

Ces recommandations sont adaptées de la publication OMS/UNICEF/PAM Prise en


charge nutritionnelle des enfants et des adultes atteints de maladie à virus Ebola dans
les centres de traitement – Lignes directrices provisoires (66) et du guide de poche de
l’OMS Soins hospitaliers pédiatriques (10).

ANNEXE 187
Annexe H. Lutte contre l’infection :
activités en dehors des soins aux
patients (pour des cas avérés ou
suspects de FHV)
LUTTE CONTRE L’INFECTION – Activités en dehors des
soins aux patients
Diagnostic au laboratoire
• Les activités comme le micropipetage et la centrifugation peuvent produire
mécaniquement de fins aérosols pouvant entraîner un risque de transmission de
l’infection par inhalation.
• Le personnel de laboratoire manipulant des échantillons cliniques provenant
de cas potentiels de FHV doit porter un EPI complet, un appareil de protection
respiratoire (par exemple de type FFP2 de l‘Union européenne ou N951 certifié
NIOSH des États-Unis) et une protection oculaire ou un appareil de protection
respiratoire à épuration d‘air motorisé (PAPR) pour le prélèvement de fractions
aliquotes, la centrifugation, ou pour entreprendre toute autre procédure
susceptible de générer des aérosols.
• Lors du retrait de l’équipement de protection, éviter tout contact entre les articles
souillés (par exemple, les gants, les combinaisons ou les blouses) et le visage tout
particulièrement les yeux, le nez et la bouche.
• Pratiquer l‘hygiène des mains immédiatement après avoir enlevé l‘équipement
de protection utilisé pendant la manipulation des échantillons et après tout
contact avec des surfaces potentiellement contaminées.
• Mettre les échantillons dans des récipients clairement étiquetés, étanches et qui
ne soient pas en verre, et les envoyer directement dans une zone spécifique où les
échantillons seront traités.
• Désinfecter soigneusement (avec un produit désinfectant efficace) toutes les
surfaces externes des récipients contenant des échantillons avant le transport.
(Exemple de désinfectant efficace : alcool ou hypochlorite de sodium à 0,5 %,
5000 ppm de chlore actif, c’est-à-dire dilution à 1/10e d’eau de Javel ménagère à
une concentration initiale de 5 %).

188 ANNEXE
Autopsies
• L’autopsie du corps de patients ayant contracté une FHV doit se limiter aux
examens strictement essentiels et doit être pratiquée par du personnel formé.
• Le personnel qui examine les cadavres doit porter un EPI complet, comme le
personnel chargé des soins aux patients.
• En plus, le personnel chargé d‘autopsier des cas avérés ou suspects de FHV doit
porter un appareil de protection respiratoire avec une protection oculaire ou un
écran facial ou, de préférence, un appareil de protection respiratoire à épuration
d‘air motorisé (PAPR).
• Lors du retrait de l‘équipement de protection, éviter tout contact entre les gants
ou l‘équipement souillés et le visage (c‘est-à-dire les yeux, le nez ou la bouche).
• Pratiquer l‘hygiène des mains immédiatement après avoir enlevé l‘équipement
de protection utilisé pendant l‘autopsie ou susceptible d‘avoir été en contact avec
des surfaces potentiellement contaminées.
• Mettre les échantillons dans des récipients clairement étiquetés, étanches et
qui ne soient pas en verre, et les adresser directement aux zones réservées à la
manipulation des échantillons.
• Désinfecter soigneusement (avec un produit désinfectant efficace) toutes les
surfaces externes des récipients contenant des échantillons avant le transport.
• Les tissus ou liquides biologiques à éliminer doivent être placés avec précaution
dans des récipients clairement marqués et scellés pour l‘incinération.

Déplacement et inhumation des cadavres


• Il faut limiter le plus possible la manipulation des cadavres et respecter en
principe les recommandations qui suivent, tout en sachant qu’elles peuvent
éventuellement être légèrement modifiées pour tenir compte des coutumes
culturelles et religieuses :
• les cadavres ne doivent pas être traités avec un aérosol, lavés ou embaumés ;
• seul du personnel formé doit s‘occuper des corps pendant une flambée
épidémique ;
• le personnel qui s’occupe des cadavres doit porter un équipement de protection
individuelle (gants, blouse, tablier, masque chirurgical et protection oculaire),
ainsi que des chaussures fermées.
• L’équipement de protection n’est pas nécessaire pour ceux qui conduisent ou
voyagent dans le véhicule utilisé pour enlever les cadavres.

ANNEXE 189
• L’EPI doit être enfilé à l’endroit où le cadavre doit être enlevé, et porté pendant
toute la procédure (déplacement du corps et placement dans la housse mortuaire).
• L‘EPI doit être enlevé immédiatement après avoir placé le cadavre dans la housse
mortuaire à l‘intérieur du cercueil.
• Les corps doivent être enveloppés dans une housse scellée et étanche, puis
enterrés rapidement ou incinérés, selon la culture.

Nettoyage de l’environnement et gestion du linge


• Les surfaces de l’environnement ou les objets contaminés par du sang, des liquides
biologiques, des sécrétions ou des excrétions, doivent être nettoyés et désinfectés
avec des détergents ou désinfectants hospitaliers standard. Le nettoyage doit être
effectué avant l’application des désinfectants.
• Ne pas pulvériser de désinfectant dans les espaces cliniques, qu‘ils soient occupés
ou non. C’est une pratique potentiellement dangereuse qui n’apporte aucun
avantage prouvé pour la lutte contre les maladies.
• Porter un EPI complet (combinaison ou blouse et tablier, masque et protection
oculaire, et protection couvrant la tête), des gants résistants et des bottes lors du
nettoyage de l‘environnement et de la manipulation des déchets infectieux. Le
nettoyage des surfaces fortement souillées (par des vomissures ou du sang par
exemple) augmente en effet le risque d’éclaboussures.
• Le linge souillé doit être mis dans des sacs clairement étiquetés et étanches, ou
dans des seaux sur le lieu de l‘utilisation, et les surfaces des récipients doivent être
désinfectées (à l‘aide d‘un désinfectant efficace) avant leur enlèvement du site.
• Le linge utilisé par des patients atteints de FHV peut être fortement contaminé
par des liquides biologiques (sang, vomissures, selles, par exemple) et sa
manipulation peut entraîner des projections. Il est donc préférable de l’incinérer
pour éviter des risques inutiles aux personnes chargées de la manutention.
• Le linge doit être transporté directement à la buanderie et lavé sans délai avec de
l‘eau et un détergent. Pour les lessives à basse température, laver le linge avec de
l’eau et un détergent, le rincer puis le faire tremper pendant 15 minutes environ
dans une solution chlorée à 0,05 %. Faire ensuite sécher le linge selon les normes
et procédures habituelles.

190 ANNEXE
Gestion des déchets pendant les épidémies de FHV (84)
• Les déchets doivent être triés pour un traitement adapté et sécurisé.
• Les objets piquants ou coupants (aiguilles, seringues, matériel en verre par
exemple) et les tubulures qui ont été en contact avec le sang doivent être mis
dans des récipients résistants aux perforations. Ceux-ci doivent être placés aussi
près que possible de la zone dans laquelle ils sont utilisés.
• Collecter tous les déchets médicaux solides, non pointus et non coupants dans des
sacs étanches à placer dans des poubelles avec couvercle.
• Les déchets seront mis dans une fosse aménagée à cet effet et ayant une
profondeur suffisante (par exemple 2 mètres de profondeur et remplie jusqu‘à
1-1,5 mètres). Après chaque déversement de déchets, ceux-ci doivent être
recouverts d’une couche de terre de 10 à 15 cm d’épaisseur.
• Un incinérateur peut être employé sur de courtes périodes pendant une flambée
épidémique pour détruire les déchets solides. Il est cependant essentiel de
s’assurer que l’incinération a bien été totale. La prudence est également de
rigueur pour manipuler du matériel inflammable et lorsqu’on porte des gants en
raison du risque de brûlure si les gants s’enflamment.
• Les tissus placentaires et les échantillons anatomiques doivent être enfouis dans
une fosse séparée.
• L‘accès à la zone réservée au traitement final et à l‘élimination des déchets doit
être contrôlé pour éviter que des animaux, du personnel non qualifié ou des
enfants n‘y pénètrent.
• Porter des gants résistants, une blouse et des chaussures fermées (bottes, par
exemple) pour manipuler les déchets infectieux solides.
• Les déchets comme les matières fécales, l’urine et les vomissures, et les déchets
liquides provenant du lavage, peuvent être évacués dans un égout sanitaire ou
dans une latrine à fosse. Aucun autre traitement n’est requis.
• Porter des gants, une blouse, des chaussures fermées et une protection faciale
pour manipuler des déchets liquides à risque infectieux (par exemple des
sécrétions ou des excrétions avec du sang visible, même si elles proviennent
d‘une cavité normalement stérile de l‘organisme). Éviter les éclaboussures lors de
l’élimination des déchets liquides à risque infectieux. Les lunettes de protection
protègent mieux que les écrans faciaux des éclaboussures qui peuvent venir du
bas lorsqu’on verse les déchets liquides d’un seau.

ANNEXE 191
Annexe I. Comment préparer une
solution chlorée
APPENDIX I. How to prepare chlorine solution
Préparation d’une solution chlorée
Mettre des gants, une protection oculaire et un masque facial pour préparer
la solution chlorée
Préparation d’une solution chlorée Préparation d’une solution
à partir d’eau de Javel à 5 % chlorée à partir de chlore
en poudre (70 %)
Appliquer la règle « 1+9 »
10 cuillères à
soupe pour
20 litres d’eau
9 parts d’eau
1 part d’eau
de Javel

0,05 % 0,05 %

1 part
de solution chlorée à 0,5 % 1 cuillère à soupe
pour 20 litres d’eau
9 parts d’eau

0,05 %
0,05 %

Toujours fermer le seau par un couvercle Jeter le reste de la solution de la veille


Garder le seau à l’ombre à l’abri de la lumière Ne pas utiliser une solution chlorée
directe du soleil souillée
Toujours bien mélanger la solution et Utiliser une solution chlorée peu diluée
attendre au moins 30 minutes avant de (0,5 %) pour désinfecter les surfaces et
l’utiliser les objets
Préparer une nouvelle solution chaque jour Utiliser une solution chlorée diluée
ou aussi souvent que nécessaire (0,05 %) pour le lavage des mains

192 ANNEXE
Annexex J. Emballage des
échantillons
APPENDIX FHV
APPENDIX J. Packaging
J. Packaging à expédier
VHF specimens for transport locally and
VHF specimens for transport locally and
internationally
localement
internationally ou vers l’international
Triple packaging for transport of blood samples to lab at ETU
Tripleorpackaging
Exemples nearby for transport
de triple(these of blood samples
are examples)
emballage des échantillons de sangto lab at ETU
à expédier au
or nearby (these are examples)
laboratoire du centre de traitement Ebola ou à proximité
LABORATOIRE à proximité

Contenant primaire
PULVÉRISER abondamment
avec de l’eau chlorée à 0,5 %
Emballage secondaire
1. échantillon
étiqueté 4. (nombreux échantillons)

Emballage tertiaire
LABORATOIRE Biohazard
2. 50 ml d’un sur place Urgent
DangerBiohazard
biologique
échantillon 3. sachet zip (1 échantillon) 4. (nombreux échantillons) Urgent
urgent
[Link]
[Link]
=1
[Link]
=1
Triple packaging shipment of human blood samples within a
Triple emballage
Triple des échantillons
packaging shipment ofde sang humain
human à expédier
blood samples à a
within
country by road, rail and sea or internationally
l’intérieur
countrydubypays ou rail
road, à l’international par la route, le rail ou la mer
and sea or internationally
Contenant primaire Couvercle
(tube à essai) Matériau absorbant
Emballage secondaire Fiche échantillon (indique tous les éléments
(étanche) contenus à l’intérieur)
Emballage extérieur

Étiquette indiquant l’orientation de


l’emballage
(non obligatoire quand la capacité du
contenant primaire ne dépasse pas 50 ml

Marquage spécifications ONU

Pour plus de lignes directrices et instructions, consulter les documents suivants :


See the following documents for further guidelines and instructions.
[Link]
See[Link]
the[Link]
following documents for further guidelines and instructions.
[Link]
[Link]
[Link]
[Link]
[Link]
[Link] ANNEXE 193
Liste des abréviations, des sigles et définitions de
certains termes médicaux
aérosol fin brouillard ou vaporisation contenant des particules fines
AINS anti-inflammatoire non stéroïdien
anticorps type de protéines présentes dans le sang et vectrices de l’immunité contre
les micro-organismes ou leurs toxines
antigène molécule ou substance reconnue par le système immunitaire et
déclenchant une réponse immunitaire, comme la production/circulation
d’anticorps
arthralgie douleurs articulaires
asthénie grande faiblesse
AVPU Alert (patient conscient), responding to Voice (patient répondant aux
commandes verbales), responding to Pain (patients répondant aux
stimuli douloureux), Unresponsive (patient ne répondant pas aux stimuli
douloureux)
bpm battements (cardiaques) par minute
CDC Centers for Disease Control and Prevention
dysphagie difficulté de déglutition
ELISA Dosage immuno-enzymatique
EPI équipement de protection individuelle
F-75 lait thérapeutique (voir la recette dans le guide de poche Soins hospitaliers
pédiatriques (10))
FHCC fièvre hémorragique de Crimée-Congo
FHV fièvre hémorragique virale
g gramme
h heure
hématémèse vomissement de sang
hémoptysie crachat de sang lors d’une toux
hôte organisme dans lequel vit un parasite et sur lequel il se nourrit
IgG immunoglobulines G
IgM immunoglobulines M
IM voie intramusculaire
IMAI DCM IMAI District Clinician Manual (manuel PCIMAA pour le clinicien de district)
infection infection contractée à l’hôpital ou autre établissement de soins
nosocomiale
INR rapport international normalisé

194 ANNEXE
IV voie intraveineuse
mg milligramme
ml millilitre
MSF Médecins sans frontières
odynophagie déglutition douloureuse
OICC Observational Interim Care Centre (centre de soins d’observation
temporaires)
OMS Organisation mondiale de la Santé
ONG organisation non gouvernementale
PAPR appareil de protection respiratoire à épuration d’air motorisé
PCIMAA Prise en charge intégrée des maladies de l’adolescent et de l’adulte
PCIME Prise en charge intégrée des maladies de l’enfant
PCR amplification en chaîne par polymérase (également appelée RT PCR)
photophobie hypersensibilité douloureuse à la lumière
TP temps de prothrombine
PTME prévention de la transmission de la mère à l’enfant
PVJ pression veineuse jugulaire
FC fréquence cardiaque
réservoir toute personne, animal, plante ou substance pouvant abriter un
microorganisme et, par conséquent, être la source d’une flambée
épidémique
ReSoMal solution de réhydratation pour la malnutrition
SNC système nerveux central
SpO2 saturation périphérique en oxygène
SRO sels de réhydratation orale
tachypnée Fréquence respiratoire rapide
PAS Pression artérielle systolique
TDR test de diagnostic rapide
UHT, lait lait traité par ultra haute température
UNICEF Fonds des Nations Unies pour l’enfance
μg microgramme

ANNEXE 195
Index

196 ANNEXE
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Health Organization; 2015 ([Link]
WHO_EVD_Guidance_Strategy_15.1_eng.pdf, consulté le 22 juillet 2015).
86. Health worker Ebola infections in Guinea, Liberia and Sierra Leone- a preliminary
report. Geneva: World Health Organization; 2015 ([Link]
iris/bitstream/10665/171823/1/WHO_EVD_SDS_REPORT_2015.1_eng.
pdf?ua=1&ua=1, consulté le 22 juillet 2015).
87. GO training package for Ebola pre-deployment. Participant handbook. Geneva:
World Health Organization; 2015 ([Link]/csr/resources/publications/
ebola/predeployment-training-handbook/en/, consulté le 22 juillet 2015).
88. Monitoring exposure to Ebola and health of U.S. military personnel deployed
in support of Ebola control efforts – Liberia October 25, 2014-February 27,
2015. mmWR Morb Mortal Wkly Rep. 2015;64(25):690–4 ([Link]
mmwr/preview/mmwrhtml/[Link], consulté le 22 juillet 2015).
89. Amone, J. Case management of Ebola at health facility: experience from Kagadi
hospital, by Dr Jackson Amone, National Coordinator ACHS (IC) – MOH. Derived
from powerpoint presentation at Quick Check Stakeholders Meeting, 19 October
2012; Kampala, Uganda.
90. Vetter P, Laurent Kaiser L, Manuel Schibler M et al: Sequelae of Ebola Virus Disease:
The Emergency within the Emergency, submitted for publication.
91. Adapted from [Link]
92. Luigi X, Cubeddu. Iatrogenic QT Abnormalities and fatal arrhythmias: mechanisms
and clinical significance. Current Cardiology Review, 2009, 5, 166-176.
93. WHO and UNICEF. Infant young child feeding counselling: An integrated course.
Geneva: World Health Organization, 2006. [Link]
publications/infantfeeding/9789241594745/en/

204 ANNEXE
94. HIV and infant feeding counselling: a training course. Geneva: WHO 2000. http://
[Link]/nutrition/publications/en/hiv_infant_feeding_course_trainer_
[Link]
95. Support materials: training course on the management of severe malnutrition.
Geneva: WHO. Available at: [Link]
WHO_NHD_02.4_Support_Participants_eng.pdf

ANNEXE 205
Remerciements
Rédaction et édition globales par Sandy Gove avec Frédérique Jacquerioz, Shevin
Jacob et Neill Adhikari de IMAI-IMCI Alliance. Autres contributeurs techniques
importants à l’élaboration de cette version : Rob Fowler, Jan Hajek, Tom Fletcher,
Sharmistha Mishra, Marta Lado Castro-Rial (King’s Partnership/Connaught),
Indi Trehan (PIH), Srinivas Murthy, Ketil Stordal, Billy Fischer, Adrienne Chan ; de
l’OMS – Dan Bausch, Rosa Constanza Vallenas Bejar de Villar, Zita Weise Prinzo,
Benedetta Allegranzi, Anthony Twyman, Alaa Gad, Lisa Thomas, Wilson Were, Nigel
Rollins, Matthews Mathai, Andrea Bosman, Pierre Formenty, Tim O’Dempsey ; de
l’UNICEF – Trevor Duke, David Clark, Katherine Faigao, Maaike Arts, Diane Holland,
France Bégin, Angela Kingori, Dolores Rio, Patricia Hoorelbeke, Hélène Schwartz ; de
l’Emergency Nutrition Network – Marie McGrath. Ont contribué à l’élaboration du
tableau d’interactions médicamenteuses Kuntheavy-Roseline Ing. et Caroline Samer
(Hôpitaux universitaires de Genève) et Mohammed Lamorde (Institut des maladies
infectieuses, Ouganda).

Autres contributeurs à la version générique d’origine du guide de poche pour les FHV
de mars 2014 (non cités ci-dessus) : Henry Kyobe Bosa, James Lawler et Sheik Humarr
Khan (Kenema General Hospital, Sierra Leone – décédé). Contributeurs à l’adaptation
à la Sierra Leone : Alie Wurie et collègues du Ministère de la santé, Juan Diez (SCI),
CDC, CDC Chine, Department for International Development (DFID) du Royaume-Uni,
Emergency, GOAL, IMC, King’s Partnership/Connaught, MSF, PIH, UK Med, Ministère de
la défense du Royaume-Uni, UNICEF, Welbodi Partnership, OMS et les forces armées de
la Sierra Leone, et en Sierra Leone : Medical and Dental Association/Council, Nursing
Association, Nurses & Midwifery Board et Pharmacy Board.

La version originale ougandaise de ce guide de poche a été élaborée sous la direction


du Dr Jacinto Amandua, Commissioner Clinical Services, Ministère de la santé
(Ouganda) ; contributeurs (non cités plus haut) : Nathan Kenya-Mugisha et Armand
Sprecher (MSF).

206 ANNEXE
L’élaboration de la version originale ougandaise de ce manuel, la version générique
originale et la présente mise à jour du guide de poche pour les FHV, ainsi que son
adaptation à l’Afrique de l’Ouest ont été financées par le gouvernement des États
Unis d’Amérique (DOD DTRA) et le gouvernement du Japon à travers des subventions
accordées à l’unité OMS/HSE/Pandémies et épidémies (chef de projet Nikki Shindo
– Epidemic Clinical Management) avec l’appui du Bureau régional OMS de l’Afrique et
des bureaux de l’OMS dans les pays touchés.

Produit par IMAI-IMCI Alliance. Maquette et illustrations : Robert Thatcher

ANNEXE 207
ISBN 9 7892 42 5 4960 7

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