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Cours d'Algèbre 1 : Logique et Exercices

Ce document est un polycopié d'Algèbre 1 destiné aux étudiants de première année à l'Ecole Supérieure en Sciences Appliquées de Tlemcen, couvrant des concepts fondamentaux tels que la logique, les ensembles, les structures algébriques, et les polynômes. Il inclut des cours théoriques accompagnés d'exercices corrigés pour faciliter l'apprentissage. Le contenu est basé sur les enseignements dispensés entre 2009 et 2021 et est conçu pour être utile dans d'autres matières comme l'analyse et la probabilité.
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Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
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Cours d'Algèbre 1 : Logique et Exercices

Ce document est un polycopié d'Algèbre 1 destiné aux étudiants de première année à l'Ecole Supérieure en Sciences Appliquées de Tlemcen, couvrant des concepts fondamentaux tels que la logique, les ensembles, les structures algébriques, et les polynômes. Il inclut des cours théoriques accompagnés d'exercices corrigés pour faciliter l'apprentissage. Le contenu est basé sur les enseignements dispensés entre 2009 et 2021 et est conçu pour être utile dans d'autres matières comme l'analyse et la probabilité.
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République Algérienne Démocratique et Populaire

Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique

Ecole Supérieure en Sciences Appliquées de Tlemcen

Département de la formation préparatoire

Algèbre 1
Cours et exercices corrigés

Auteur : Bouizem Nacéra


Année universitaire : 2020/2021
Table des matières

1 Logique, ensembles et applications 4


1.1 Notions élémentaires de logique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.1.1 Connecteurs logiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.1.2 Propriétés des connecteurs logiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.1.3 Quantificateurs logiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2 Types de raisonnement mathématique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2.1 Raisonnement par contraposée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2.2 Raisonnement par l’absurde . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2.3 Raisonnement par récurrence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2.4 Raisonnement par contre exemple . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.3 Généralités sur les ensembles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.3.1 Sous ensemble et ensemble de parties . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.3.2 Opérations sur les ensembles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.3.3 Propriétés des opérations sur les ensembles . . . . . . . . . . . . . . 9
1.4 Applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.4.1 Injéctivité, surjectivité, bijectivité et applications réciproques . . . . 11
1.4.2 Résultats fondamentaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.4.3 Image directe et image réciproque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.5 Séries d’exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.6 Corrigé de la série d’exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19

2 Structures algébriques 30
2.1 Groupes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2.1.1 Loi de composition interne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2.1.2 Groupe, sous groupe, morphisme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2.2 Anneau sous anneau corps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
2.2.1 Corps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
2.3 Séries d’exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
2.4 Corrigé de la série d’exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38

3 Polynômes 54
3.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
3.2 Opérations sur les polynômes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
3.2.1 L’addition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
3.2.2 La multiplication . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
3.2.3 La division euclidienne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
3.3 Racine d’un polynôme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
3.3.1 Multiplicité d’une racine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56

1
2 TABLE DES MATIÈRES

3.4 Polynôme irréductible : PGCD-PPCM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57


3.5 Séries d’exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
3.6 Corrigé de la série d’exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65

Bibliographie 82
Préface

Dans ce polycopié, on donne un cours et des exercices corrigés du programme de la


matière d’algébre 1 de la première année de la formation préparatoire à l’école supérieure
des sciences appliquées Tlemcen (E.S.S.A.T). Ce cours interesserait aussi les étudiants de
la première année (MI, ST et SM). Le contenu de ce document est inspiré des enseigne-
ments donnés à l’école E.S.S.A.T durant la période 2009 − 2021.

Ce document couvre les notions fondamentales utiles non seulement pour la matière
d’algébre mais aussi pour les matières d’analyse et probabilité comme la logique et les
applications.
Le contenu concerne les notions de logique, ensembles et applications, on l’enrichie par
une série d’exrcices avec leur corrigés.

Après on présente les structures algébriques qui contient les groupes, les anneaux et les
corps.

A la fin de ce manuscrit on donne les notions de polynômes et de fractions rationnelles


qui sont indisponsables dans le calcul des intégrales en analyse et en probabilité.

3
Chapitre 1

Logique, ensembles et applications

1.1 Notions élémentaires de logique

Définition 1. (Proposition)
Une proposition est une phrase mathématique à laquelle on peut lui associée vraie ou
fausse.

Exemple 1. 1 est un nombre naturel, cette phrase est vraie. Donc c’est une proposition.
−1 est un nombre naturel, cette phrase est fausse. Donc c’est une proposition.

Définition 2. (Négation)
Soit P une proposition, no note la négation de P par P qui est une proposition confirmant
le contraire de P.
Si P est vraie alors P est fausse, et si P est fausse alors P est vraie.

Le tableau de vérité est le suivant


P 0 1
P 1 0
Remarque 1. La valeur 1 représente la proposition vraie, tandis que la valeur 0 représente
la proposition fausse.

1.1.1 Connecteurs logiques


Soient P et Q deux propositions.
Définition 3. (Conjonction)
La conjonction de P et Q veut dire P et Q et on le note par P ∧ Q.
1
Exemple 2. P : est un nombre rationnel.
2
Q : 5 est un nombre naturel.

4
1.1. NOTIONS ÉLÉMENTAIRES DE LOGIQUE 5

Le tableau de vérité est


P 1 0 1 0
Q 1 1 0 0
P ∧Q 1 0 0 0
Remarque 2. P ∧ Q est vraie si et seulement si les deux propositions P et Q sont vraies.
Définition 4. (Disjonction)
La disjonction de P et Q veut dire P ou Q et on le note par P ∨ Q.
1
Exemple 3. P : est un nombre rationnel.
2
Q : 5 est un nombre naturel.
Le tableau de vérité est
P 1 0 1 0
Q 1 1 0 0
P ∨Q 1 1 1 0
Remarque 3. P ∨ Q est fausse si et seulement si les deux propositions P et Q sont
fausses.
Définition 5. (Implication)
P implique Q veut dire si P alors Q et on la note par P ⇒ Q.
P est une hypothèse tandis que Q est un résultat.
Q ⇒ P est la réciproque.
Exemple 4. P : soient x ∈ R et x = 5,
Q :soit x ∈ R et |x| = 5,
P ⇒ Q : si x = 6 alors x + 3 = 9.

Remarque 4. La réciproque n’est pas toujours vraie.


Contre exemple Q ⇒ P : si |x| = 5 alors x = 5, (fausse).
Si P est vérifiée alors Q est vérifiée, par contre si P n’est pas vérifiée on ne peut rien
dire sur Q.
Le tableau de vérité est
P 1 0 1 0
Q 1 1 0 0
P ⇒Q 1 1 0 1
Définition 6. (Equivalence)
P est équivalente à Q si (P ⇒ Q) et (Q ⇒ P ), on la note par P ⇐⇒ Q.
Exemple 5. P : Soient a et b deux nombres naturels premiers entre eux,
Q : a ∧ b = 1,
P ⇐⇒ Q : a et b sont premiers entre eux ⇐⇒ a ∧ b = 1.
Le tableau de vérité est
P 1 0 1 0
Q 1 1 0 0
P ⇒Q 1 1 0 1
Q⇒P 1 0 1 1
P ⇐⇒ Q 1 0 0 1
Remarque 5. Pour que P ⇐⇒ Q soit vraie il faut et il suffit que P et Q soient toutes
les deux vraies ou les deux fausses.
6 CHAPITRE 1. LOGIQUE, ENSEMBLES ET APPLICATIONS

1.1.2 Propriétés des connecteurs logiques


1) Réflexivité : P ⇐⇒ P.
2) Négation : (P ⇒ Q) ⇐⇒ (P ∧ Q).
3) Contraposée : (P ⇒ Q) ⇐⇒ (Q ⇒ P ).
4) Double Négation : P ⇐⇒ P.
5) Transitivité : (P ⇐⇒ Q) ∧ (Q ⇐⇒ S) ⇒ (P ⇐⇒ S),
(P ⇒ Q) ∧ (Q ⇒ S) ⇒ (P ⇒ S).
6) Idempotence : P ∧ P ⇐⇒ P, et P ∨ P ⇐⇒ P.
7) Commutativité : (P ∧ Q) ⇐⇒ (Q ∧ P ), et (P ∨ Q) ⇐⇒ (Q ∨ P ).
8) Associativité : P ∧ (Q ∧ S) ⇐⇒ (P ∧ Q) ∧ S, et P ∨ (Q ∨ S) ⇐⇒ (P ∨ Q) ∨ S.
9) Distributivité : P ∧(Q∨S) ⇐⇒ (P ∧Q)∨(P ∧S), et P ∨(Q∧S) ⇐⇒ (P ∨Q)∧(P ∨S).
10) Loi de Morgan : P ∧ Q ⇐⇒ P ∨ Q, et P ∨ Q ⇐⇒ P ∧ Q.

1.1.3 Quantificateurs logiques

Définition 7. (Quantificateur universel)


∀x, P (x) veut dire pour tout x, P est vraie.
Définition 8. (Quantificateur extentiel)
∃x, P (x) veut dire il existe un x tel que P est vraie.

Remarque 6. ∃!x P (x) veut dire il existe un unique x tel que P est vraie.
a) ∀x ∈ R, x2 > 0.
1
b) ∃x ∈ Q, x > .
2
c) ∃!x ∈ R, ln x = 0.

Remarque 7. L’ordre des quantificateurs est très important par exemple les deux propo-
sitions
(1) ∀n ∈ N∗ , ∃m ∈ N∗ , n < m.
(2) ∃m ∈ N∗ , ∀n ∈ N∗ , n < m
sont différentes.
Théorème 1. (Négation des quantificateurs)
Soit P une proposition, alors
1) ∀x P (x) ⇐⇒ ∃x P (x).
2) ∃x P (x) ⇐⇒ ∀x P (x).
Exemple 6. ∀x ∈ R, x > 0 ⇒ x + 1 > 0.
∃x ∈ R, x > 0 et x + 1 6 0 (négation).
∀x ∈ R, x + 1 6 0 ⇒ x < 0 (contraposée).

1.2 Types de raisonnement mathématique


1.2. TYPES DE RAISONNEMENT MATHÉMATIQUE 7

1.2.1 Raisonnement par contraposée


Pour montrer que P ⇒ Q il suffit de montrer que Q ⇒ P .

Exemple 7. Montrer par contraposée que


2n − 1 est premier ⇒ n premier.
Contraposée : n n’est pas premier ⇒ 2n−1 n’est pas premier.
n n’est pas premier ⇒ n = ab avec a 6= b et a 6= n ⇒ 2n − 1 = 2ab − 1 = (2a )b − 1.
On pose P (X) = X b − 1
P (1) = 0 ⇒ P (X) = (X − 1)S(X) ⇒ P (2b ) = (2a )b − 1.
P (2a ) = (2a − 1)S(2a ) ⇒ (2a − 1) divise 2n − 1.
a 6= 1 et a 6= n ⇒ 2a − 1 6= 1 et 2a − 1 6= 2n − 1.
Donc 2n − 1 n’est pas premier.

1.2.2 Raisonnement par l’absurde


Pour montrer qu’une proposition P est vraie, on suppose que sa négation P est vraie et
on obtient une contradiction.

Exemple 8. Soit x ∈ R tel que ∀ε > 0, x 6 ε.


Montrer par l’absurde que x 6 0.
x
on suppose que x > 0, on choisit ε = > 0 car on a ∀ε > 0, ceci implique que x > ε ce
2
qui contredit l’hypothése que x 6 ε.

1.2.3 Raisonnement par récurrence


Pour montrer que ∀n > n0 , P (n) est vraie avec n0 ∈ N.
1) On suppose que P (n) est vraie pour n = n0 .
2) On suppose que P (n) est vraie pour un certain n > n0 , c’est l’hypothèse de récurrence.
On montre que P (n + 1) est vraie.

Exemple 9. On définie pour tout entier naturel n ∈ N


An+1 − 2An = 7(32n+2 ) avec An = 32n+2 − 2n+1 .
Montrer par récurrence que ∀n ∈ N, An est divisible par 7.
1) Pour n = 0, A0 = 7 est divisible par 7.
2) On suppose que An est divisible par 7, c’est à dire An = 7k avec k ∈ Z.
or An+1 − 2An = 7(32n+2 ) ⇒ An+1 = 2An + 7(32n+2 ) = 2(7k) + 7(32n+2 ) = 7(2k + 32n+2 ) =
7k 0 avec k 0 ∈ Z.
Donc An+1 est divisible par 7.
Par suite ∀n ∈ N, An est divisible par 7.

1.2.4 Raisonnement par contre exemple


∀x P (x) ⇐⇒ ∃x P (x). Pour montrer que ∀x P (x) est fausse il suffit de trouver un x0 tel
que P (x0 ) est fausse.

Exemple 10. La proposition suivante


∃x ∈ R, ∀y ∈ R, x + y > 0 est fausse.
Contre exemple : y = −x − 1 ⇒ x + y = x + (−x − 1) = −1 < 0.
8 CHAPITRE 1. LOGIQUE, ENSEMBLES ET APPLICATIONS

1.3 Généralités sur les ensembles


Soit x appartenant à E veut dire que x est un élément de E.
Si x n’appartenant pas à E, on le note par x ∈
/ E.
On définit un ensemble par deux façons
Soit en donnant ses éléments par exemple

A = {1, 3, 5, 7, 9},

ou on précise les propriétés de cet ensemble par exemple

A = {x ∈ N, x est impair tel que 1 6 x 6 9}.

Définition 9. Le cardinal d’un ensemble A est le nombre des éléments de l’ensemble A,


il est noté card(A).
On dit que A est fini si card(A) < +∞, sinon il est infini.
L’ensemble vide ne contient aucun élément et il est noté ∅.

Exemple 11. card(A) = 5, card(∅) = 0, card(N) = +∞.

1.3.1 Sous ensemble et ensemble de parties

Définition 10. (Inclusion)


Soient A et B deux ensembles. On dit que A est inclu dans B et on le note A ⊂ B si tout
élément de A est aussi un élément de B, c’est à dire x ∈ A ⇒ x ∈ B, on peut dire que A
est un sous ensemble ou une partie de B.
A et B sont égaux si et seulement si A ⊂ B et B ⊂ A, et on le note A = B.

Exemple 12. B = {2, 3}, A = {2} ⇒ A ⊂ B.

Définition 11. P (B) est l’ensemble des parties de E dont les éléments sont tous les sous
ensembles de B, c’est à dire P (B) = {X tel que X ⊂ B}.

Exemple 13. B = {2, 3, 5} ⇒ P (B) = {∅, {2}, {3}, {5}, {2, 3}, {2, 5}, {3, 5}, {2, 3, 5}}.

1.3.2 Opérations sur les ensembles


Soient A et B deux sous ensembles d’un ensemble E.

Définition 12. (Union)


L’union de deux ensembles A et B veut dire tous les éléments qui se trouvent dans A ou
B, on le note par A ∪ B, avec

A ∪ B = {x ∈ E /x ∈ A ou x ∈ B}.

Définition 13. (Intersection)


L’intersection de deux ensembles A et B veut dire des éléments qui se trouvent dans A et
B simultanément et on le note par A ∩ B, avec

A ∩ B = {x ∈ E /x ∈ A et x ∈ B}.
1.3. GÉNÉRALITÉS SUR LES ENSEMBLES 9

Remarque 8. A et B sont disjoints ⇒ A ∩ B = ∅.


Définition 14. (Différence)
La différence de deux ensembles A et B veut dire les éléments qui se trouvent dans A et
ne se trouvent pas dans B et on note par AB, avec
AB = {x ∈ E /x ∈ A et x ∈
/ B}.
Définition 15. (Complémentaire)
Le complémentaire veut dire les éléments qui ne se trouvent pas dans A mais se trouvent
dans l’ensemble tout entier E et on le note par CEA avec
CEA = {x ∈ E /x ∈
/ A} = EA ou A.
Théorème 2. Soit E un ensemble non vide et A, B deux ensembles de E c’est à dire
A, B ∈ P (E), on dit que A et B sont complémentaires dans E i.e
A = B ⇐⇒ (A ∩ B = ∅) ∧ (A ∪ B = E).

1.3.3 Propriétés des opérations sur les ensembles


a) Commutativité :
A∪B =B∪A
A ∩ B = B ∩ A.
b) Associativité :
(A ∪ B) ∪ C = A ∪ (B ∪ C)
(A ∩ B) ∩ C = A ∩ (B ∩ C).
c) Distributivité :
A ∪ (B ∩ C) = (A ∪ B) ∩ (A ∪ C)
A ∩ (B ∪ C) = (A ∩ B) ∪ (A ∩ C).
d) Transitivité :
(A ⊂ B) ∧ (B ⊂ C) ⇒ (A ⊂ C).
e) Idempotence :
A = A.
f ) Inclusion et complémentaire :
A ⊂ B ⇒ B ⊂ A.
Loi de Morgan :
A∪B =A∩B
A ∩ B = A ∪ B.
Définition 16. (Produit cartésien)
Soient A1 , A2 , ... An des ensembles non vides, on appelle produit cartésien et on le note
par
A1 × A2 × ... × An = {(x1 , x2 , ..., xn ) avec x1 ∈ A1 , x2 ∈ A2 , ..., xn ∈ An }.
Exemple 14. R3 = {(x, y, z) / x, y, z ∈ R}
(1, −1, 2) ∈ R3 .
Remarque 9. A1 × A2 6⊂ A1 × A2 × A3 ,
card(A × B) = caed(A) × card(B).
10 CHAPITRE 1. LOGIQUE, ENSEMBLES ET APPLICATIONS

1.4 Applications

Définition 17. Une applicaton f d’un ensemble E vers un ensemble F et on le note par
f : E −→ F est une relation qui à chaque élément x de E associe un et un seul élément
y de F.
Ainsi
f : E −→ F

x 7→ y = f (x)
y est l’image de x, et x est l’antécédent de y.
E est l’ensemble de départ tandis que F est l’ensemble d’arrivée.
L’image de f est notée par

Imf = {y ∈ F / y = f (x) avec x ∈ E}.

Exemple 15.
f : R+∗ −→ R

x 7→ ln x
f est une application.

Exemple 16.
g : R∗ −→ R

x 7→ ln x
f n’est pas une application.

Exemple 17.
Id : E −→ F

x 7→ x
est une application appelée identité.

Définition 18. Soient A ⊂ E, et

f : E ←→ F

x 7→ f (x)
une application, alors l’application

h : A ←→ F

x 7→ f (x)
est dite restrinction de f à A de E et on la note par f|A .
On dit que f est un prolongement de h sur l’ensemble E.
1.4. APPLICATIONS 11

Définition 19. (Composition d’applications)


Soient E, F et G trois ensembles non vides et deux applications f : E ←→ F et g :
F ←→ G, l’application composée de f et g est notée g ◦ f où

g ◦ f : E ←→ G

x 7→ g(f (x)).

Remarque 10. En général


g ◦ f 6= f ◦ g.

Exemple 18. Soient


f : R+∗ −→ R
x 7→ ln x
et
f : R −→]0, +∞[
x 7→ 2ex
alors
g ◦ f : R+∗ −→]0, +∞[
x 7→ 2x.

1.4.1 Injéctivité, surjectivité, bijectivité et applications réciproques

Définition 20. (Injectivité)


Soit f une application de E dans F, on dit que f est injective si tout élément de F a au
plus un élément dans E, c’est à dire

∀x1 , x2 ∈ E, x1 6= x2 ⇒ f (x1 ) 6= f (x2 ).

Remarque 11. Pour montrer l’injectivité d’une application, on utilise généralement sa


contraposée.

Exemple 19.
f : R −→ R
x 7→ 2x + 3
est injective car :
soient x1 , x2 ∈ R tels que f (x1 ) = f (x2 ) ⇒ 2x1 + 3 = 2x2 + 3 ⇒ 2x1 = 2x2 ⇒ x1 = x2 .
Donc f est injective.

Exemple 20.
g : R −→ R

x 7→ 1 − x2
n’est pas injective car g(1) = g(−1) = 0, mais −1 6= 1.
12 CHAPITRE 1. LOGIQUE, ENSEMBLES ET APPLICATIONS

Définition 21. (Surjectivité)


f est dite surjective si tout élément de F a au moins un antécédent de E, c’est à dire
∀y ∈ F, ∃x ∈ E / y = f (x).
Remarque 12. Pour montrer qu’une application f : E −→ F est surjective, il suffit de
montrer que l’ensemble d’arrivée est égale à Imf , c’est à dire Imf = F.
Exemple 21.
f : R −→ R
x 7→ 2x + 3
f est surjective car :
1
∀x ∈ R, f (x) = 2x + 3 ⇒ x = (f (x) − 3).
2
1
∀y ∈ R, ∃x ∈ R, tel que y = f (x) = 2x + 3, avec x = (y − 3).
2
Donc Imf = F = R.
Exemple 22.
g : R −→ R
x 7→ exp(x + 2)
g n’est pas surjective car :
∀x ∈ R, g(x) > 0 ⇒ g −1 (−2) n’existe pas.
Donc g n’est pas surjective, ainsi Img 6= R.
Définition 22. (Bijectivité)
Une application f de E dans F est dite bijective si pour tout élément de F il existe un
seul antécédent de E c’est à dire
∀y ∈ F, ∃!x ∈ E / y = f (x).
Exemple 23.
f : R −→ R
x 7→ 2x + 3
est bijective.
Exemple 24.
g : R −→ R

x 7→ 1 − x2
n’est pas bijective.
Théorème 3. Soit f une application de E dans F, f est bijective ⇐⇒ ∃! g : F −→ E
telle que f ◦ g = IdF et g ◦ f = IdE .
g est la réciproque de f et on la note f −1 .
Exemple 25.
f : R+∗ −→ R+∗
x 7→ ln x
alors
f −1 : R+∗ −→ R+∗
y 7→ ey
avec y = ln x ⇐⇒ x = ey .
1.4. APPLICATIONS 13

1.4.2 Résultats fondamentaux

Théorème 4.
1. La composée de deux applications injectives est injective.
2. La composée de deux applications surjectives est surjective.
3. La composée de deux applications bijectives est bijective, et la réciproque de f ◦ g
est donnée par : (g ◦ f )−1 = f −1 ◦ g −1 .

Preuve. 1) Injectivité :
Soient deux applications injectives f de E −→ F et g : F −→ G.
Soient x1 , x2 ∈ E, (g ◦ f )(x1 ) = (g ◦ f )(x2 ) ⇒ g(f (x1 )) = g(f (x2 )) et puisque g est
injective alors f (x1 ) = f (x2 ) ⇒ x1 = x2 car f est injective. Par suite g ◦ f est injective.

2) Surjectivité :
Soient deux applications surjectives f de E −→ F et g : F −→ G.
Puisque g est surjective alors

∀z ∈ G, ∃y ∈ F / z = g(y)

et puisque f est surjective alors

∀y ∈ F, ∃x ∈ E / y = f (x),

ce qui implique que


∀z ∈ G, ∃x ∈ E / z = g(f (x)) ⇒ ∀z ∈ G, ∃x ∈ E / z = (g ◦ f )(x).
Donc (g ◦ f ) est surjective.

2) Bijectivité :
(g ◦ f ) ◦ (g ◦ f )−1 = IdG ⇒ g −1 ◦ (g ◦ f ) ◦ (g ◦ f )−1 = g −1 ◦ IdG = g −1 .
Ce qui implique que
f ◦ (g ◦ f )−1 = g −1 ⇒ f −1 ◦ f ◦ (g ◦ f )−1 = f −1 ◦ g −1 ⇒ (g ◦ f )−1 = f −1 ◦ g −1 .

Théorème 5. Soient f : E −→ F et g : F −→ G deux applications.


1) (g ◦ f ) injective ⇒ f injective.
1) (g ◦ f ) surjective ⇒ g surjective.

Preuve. 1) Soient x1 , x2 ∈ E, f (x1 ) = f (x2 ) ⇒ g(f (x1 )) = g(f (x2 ))


ce qui implique que
(g ◦ f )(x1 ) = (g ◦ f )(x2 ) ⇒ x1 = x2 (car g ◦ f est injective). Donc f est injective.

2) (g ◦ f ) surjective ⇒ ∀z ∈ G, ∃x ∈ E, z = (g ◦ f )(x) ⇒ ∀z ∈ G, ∃x ∈ E, z = (g(f (x)).


On pose y = f (x) ⇒ y ∈ F ⇒ ∀z ∈ G, ∃y ∈ F, z = g(y).
Donc g est surjective.

Exemple 26. g ◦ f injective, f injective mais g n’est pas injective en général.

g : R −→ R+

x 7→ x2
14 CHAPITRE 1. LOGIQUE, ENSEMBLES ET APPLICATIONS

g n’est pas injective. Et


f : R+ −→ R

x 7→ x
f est injective. √ √
(g ◦ f )(x) = g(f (x)) = g( x) = ( x)2 = x
alors (g ◦ f ) est injective,avec g ◦ f : R+ −→ R+ .

(g ◦ f )(x) = g(f (x))



= g( x), x ∈ R+

= ( x)2
= x ∈ R+ .

Exemple 27. g ◦ f surjective, g surjective mais f n’est pas surjective.

f : R −→ R
2
x 7→ ex
f n’est pas surjective. Et
g : R+∗ −→ R+
x 7→ ln x
g est surjective.
2 2
(g ◦ f )(x) = g(f (x)) = g(ex ) = ln(ex ) = x2
alors (g ◦ f ) est surjective, avec g ◦ f : R −→ R+ .

1.4.3 Image directe et image réciproque

Définition 23. Soient f : E −→ F une application et deux ensembles A et B avec A ⊂ E


et B ⊂ F
1) L’image directe d’une partie A de E notée f (A) est définie par

f (A) = {f (a) / a ∈ A}.

2) L’image réciproque d’une partie B de F notée f −1 (B) est définie par

f −1 (B) = {x ∈ E / f (x) ∈ B}.

Remarque 13. f (A) ⊂ E et f −1 (B) ⊂ E.


f −1 (F ) = E et f (E) = Imf.
Exemple 28.
f : R −→ R
x 7→ x2 + 5
On pose A = [−5, 5] et B = [5, 10], calculer f (A) et f −1 (B).
1.4. APPLICATIONS 15

On a −5 6 x 6 5 ⇒ 0 6 x2 6 52 ⇒ 5 6 x2 + 5 6 52 + 5 ⇒ 5 6 f (x) 6 30.
Ce qui implique f (A) = [5, 30]. √
2 2
D’autre
√ part 5 6
√ f (x) 6 10 ⇒ 5 6 x + 5 6 10 ⇒ 0 6 x 6 5 ⇒ 0 6 |x| 6 5
⇒ − 5 6 x 6 5. √ √
Ce qui implique que f −1 (B) = [− 5, 5].

Théorème 6. Soit f : E −→ F avec A 6= ∅ =6 F.


1) f (E) = F ⇐⇒ f est surjective.
2) ∀A ∈ P (E), f (A) ∩ f (A) = ∅ ⇐⇒ f est injective.

Preuve. Montrons que


1) f (E) = F ⇐⇒ f est surjective.
(=⇒)
y ∈ F ⇒ y ∈ f (E) ⇒ y = f (x) avec x ∈ E ⇒ f est surjective.
(⇐=)
f (E) ⊂ F (par définition.)
Montrons que F ⊂ f (E).
Soit y ∈ F ⇒ ∃x ∈ E / y = f (x) (car f est surjective.)
⇒ y ∈ f (E) ⇒ F ⊂ f (E). D’où f (E) = F.
2) ∀A ∈ P (E), f (A) ∩ f (A) = ∅ ⇐⇒ f est injective.
(=⇒)
Soient x1 , x2 ∈ E, x1 6= x2 , on pose A = {x1 } ⇒ f (x1 ) ∈ f (A).
x1 6= x2 ⇒ x2 ∈ A ⇒ f (x2 ) ∈ f (A)
f (A) ∩ f (A) = ∅ ⇒ f (x1 ) 6= f (x2 ) d’où f est injective.
(⇐=)
Montrons par l’absurde que f (A) ∩ f (A) = ∅.
Supposons que f (A) ∩ f (A) 6= ∅ ⇒ ∃y ∈ f (A) ∩ f (A) ⇒ y ∈ f (A) et y ∈ f (A)
(y = f (a) avec a ∈ A) et (y = f (x) avec x ∈ A) ⇒ f (a) = f (x) ⇒ a = x car f est
injective ⇒ a ∈ A.
Contradiction car a ∈ A, donc f (A) ∩ f (A) = ∅.
16 CHAPITRE 1. LOGIQUE, ENSEMBLES ET APPLICATIONS

1.5 Séries d’exercices

Exercice 1 :
Etablir les propriétés suivantes en utilisant le tableau de vérité

1) S ∧ Q ⇐⇒ S ∨ Q
2) S ∨ Q ⇐⇒ S ∧ Q
3) S =⇒ Q ⇐⇒ Q =⇒ S
4) S =⇒ Q ⇐⇒ S ∧ Q
5) (S =⇒ Q) ∨ (S =⇒ Q) ⇐⇒ (S ∨ S) ∨ Q.

Exercice 2 :
1) La proposition suivante est-elle une tautologie ?
[S =⇒ (P ∨ R)] ⇐⇒ [(S =⇒ P ) ∧ (R =⇒ S)].
2) Donner la négation et la contraposée de la proposition suivante
∀x ∈ R : [x < 0 =⇒ x 6 x2 ].

Exercice 3 :
Les propositions suivantes sont-elles vraies ou fausses ?
Justifier votre réponse puis donner leurs négation.
a) ∀x ∈ N, ∃y ∈ N, y > x + 1
b) ∃x ∈ N, ∀y ∈ N, x 6 y
c) ∃x ∈ N, ∀y ∈ N, x < y
d) ∃x ∈ N, ∃y ∈ N∗ , (x − y)(x + y) = y 2 .

Exercice 4 : √ √ √
1) Montrer que 2 + 3 + 3 ∈ / Q.
2) Montrer par récurrence que ∀n ∈ N, 4n + 6n − 1 divise 9.
3) Monter que ∀n ∈ N∗ , 2n−1 6 n!. avec n! = n(n − 1)(n − 2)...1 et 0! = 1.

Exercice 5 :
Soient A, B et C trois parties d’un ensemble E.
1) Montrer que A ∪ B = A ∩ C ⇐⇒ B ⊂ A ⊂ C.
2) Montrer que
A ⊂ B ⇐⇒ CEB ⊂ CEA ⇐⇒ A ∪ B = B.
3) A-t-on P (A ∪ B) = P (A) ∪ P (B)? justifier votre réponse.
4) A-t-on P (A ∩ B) = P (A) ∩ P (B)? justifier votre réponse.

Exercice 6 :
Soit E un ensemble non vide et A, B ∈ P (E).
On définit la différence symétrique des ensembles A et B par
A∆B = (A ∪ B)(A ∩ B).
1) Montrer que A∆B = (AB) ∪ (BA).
2) Calculer B∆B, B∆B, E∆B, ∅∆B.

Exercice 7 :
On définit l’application caractéristique par
1.5. SÉRIES D’EXERCICES 17

ΨA −→ {0, 1}
1 si x ∈ A
x 7→ ΨA (x) =
0 si x ∈ /A
1) Montrer que ΨA = ΨB ⇐⇒ A = B.
2) Vérifier les propriétés suivantes
(a) ΨA = 1 − ΨA .
(b) ΨA∩B = ΨA ΨB .
3) Etablir les égalités de Morgan.

Exercice 8 :Soit
f : R −→ R
x 7→ 2x − 1
et
g : R −→ R
1
x 7→ 2
x +1
1) Montrer que f est bijective.
2) g est-elle injective ? surjective ? justifier.
3) A-t-on f ◦ g = g ◦ f, justifier.

Exercice 9 :
Soit f une application définie par
f : R −→ R
x
x 7→ √
x2 + 1
1) f est-elle bijective ?
2) Si oui déterminer sa réciproque, et si non donner les plus grands ensembles A et B tels
que f soit bijective, puis trouver f −1 .

Exercice 10 :
Soit f : E −→ F une application et soient A et B deux ensembles de E.
Montrer que les deux propriétés suivantes sont équivalentes.
f est injective.
A ∩ B = ∅ =⇒ f (A) ∩ f (B) = ∅.

Exercice 11 :
x
Soit f une application de R dans ] − 1, +1[ définie parf (x) = .
1 + |x|
1) f est-elle injective ?
2) f est-elle surjective ?
3) f est-elle bijective ? si oui déduire sa réciproque.

Exercice 12 :
Soient a, b, c, d des réels non nuls donnés et soit g une fonction définie par
g : E −→ F
2ax − b
x 7→ g(x) = .
−cx + d
1) Comment doit-on choisir E pour que g soit une applicaion.
2) Comment doit-on choisir a, b, c et d pour que g soit une applicaion injective.
3) Comment doit-on choisir a, b, c, d et F pour que g soit une applicaion surjective.
18 CHAPITRE 1. LOGIQUE, ENSEMBLES ET APPLICATIONS

4) Comment doit-on choisir a, b, c, d, E et F pour que g soit une applicaion bijective.


1.6. CORRIGÉ DE LA SÉRIE D’EXERCICES 19

1.6 Corrigé de la série d’exercices

Exercice 1 :
Etablir les propriétés suivantes en utilisant le tableau de vérité

1) S ∧ Q ⇐⇒ S ∨ Q

S 1 1 0 0
Q 1 0 1 0
S 0 0 1 1
Q 0 1 0 1
S∧Q 1 0 0 0
S∧Q 0 1 1 1
S∨Q 0 1 1 1

2) S ∨ Q ⇐⇒ S ∧ Q

S 1 1 0 0
Q 1 0 1 0
S 0 0 1 1
Q 0 1 0 1
S∨Q 1 1 1 0
S∨Q 0 0 0 1
S∧Q 0 0 0 1

3) S =⇒ Q ⇐⇒ Q =⇒ S

S 1 1 0 0
Q 1 0 1 0
S 0 0 1 1
Q 0 1 0 1
S =⇒ Q 1 0 1 1
Q =⇒ S 1 0 1 1

4) S =⇒ Q ⇐⇒ S ∧ Q

S 1 1 0 0
Q 1 0 1 0
S 0 0 1 1
Q 0 1 0 1
S =⇒ Q 1 0 1 1
S =⇒ Q 0 1 0 0
S∧Q 0 1 0 0
20 CHAPITRE 1. LOGIQUE, ENSEMBLES ET APPLICATIONS

5) (S =⇒ Q) ∨ (S =⇒ Q) ⇐⇒ (S ∨ S) ∨ Q.

S 1 1 0 0
Q 1 0 1 0
S 0 0 1 1
Q 0 1 0 1
S =⇒ Q 1 1 0 1
S =⇒ Q 0 1 1 1
(S =⇒ Q) ∨ (S =⇒ Q) 1 1 1 1
S∨S 1 1 1 1
(S ∨ S) ∨ Q 1 1 1 1

Exercice 2 :
1) La proposition suivante est-elle une tautologie ?
[S =⇒ (P ∨ R)] ⇐⇒ [(S =⇒ P ) ∧ (R =⇒ S)].

P 1 1 1 0 0 0 1 0
R 1 1 0 0 0 1 0 1
S 1 0 1 0 1 0 0 1
S 0 1 0 1 0 1 1 0
P 0 0 0 1 1 1 0 1
P ∨R 1 1 1 0 0 1 1 1
S =⇒ (P ∨ R) 1 1 1 0 1 1 1 1
S =⇒ P 0 1 0 1 1 1 1 1
R =⇒ S 1 0 1 1 1 0 1 1
(S =⇒ P ) ∧ (R =⇒ s) 0 0 0 1 1 0 1 1

Elle n’est pas toujours vraie, donc ce n’est pas une tautologie.
2) Donner la négation et la contraposée de la proposition suivante
∀x ∈ R : [x < 0 =⇒ x 6 x2 ].
Négation : ∃x ∈ R : [x < 0 ∧ x > x2 ].
Contraposée : ∀x ∈ R : [x > x2 =⇒ x > 0].

Exercice 3 :
Les propositions suivantes sont-elles vraies ou fausses ?
Justifier votre réponse puis donner leurs négation.
a) ∀x ∈ N, ∃y ∈ N, y > x + 1 vraie car :
Il suffit de prendre y = x + 2.
De plus la négation est : ∃x ∈ N, ∀y ∈ N, y 6 x + 1.

b) ∃x ∈ N, ∀y ∈ N, x 6 y vraie car :
Il suffit de prendre x = 0.

c) ∃x ∈ N, ∀y ∈ N, x < y fausse car pour y = 0 le x n’existe pas.


De plus la négation est : ∀x ∈ N, ∃y ∈ N, x > y.

d) ∃x ∈ N, ∃y ∈ N∗ , (x − y)(x + y) = y 2 . fausse car :


1.6. CORRIGÉ DE LA SÉRIE D’EXERCICES 21
√ x √
(x − y)(x + y) = y 2 =⇒ x2 − y 2 = y 2 =⇒ x2 = 2y 2 =⇒ 2 = ∈ Q, mais 2 ∈
/ Q d’où
y
lacontradiction.
De plus la négation est : ∀x ∈ N, ∀y ∈ N∗ , (x − y)(x + y) 6= y 2 .

Exercice 4 : √ √ √
1) Montrer que 2 + 3 + 3 ∈ / Q.
√ √ √ √ √ √ a
Raisonnons par l’absurde, supposons que 2 + 3 + 3 ∈ Q =⇒ 2 + 3 + 3 =
b
avec a ∧ b = 1 et b 6= 0, alors
√ √ a √ √ √ a √ √ a2 √ a
3 + 6 = − 2 =⇒ ( 3 + 6)2 = ( − 2)2 =⇒ 3 + 6 + 2 18 = 2 + 2 − 2 2
b b b b
√ a2 √ a a √ a2 6b + 2a √ a2 − 7b2
9 + 6 2 = 2 + 2 − 2 2 =⇒ (6 + 2 ) 2 = 2 − 7 =⇒ 2= .
b b b b b b2
√ 2
a − 7b 2 √
Ce qui donne 2 = 2 ∈ Q. (Contradiction car 2 ∈
/ Q.)
6b + 2ab
2) Montrer par récurrence que ∀n ∈ N, 4n + 6n − 1 divise 9 (Rn )
Pour n = 0, on a 40 + 6(0) − 1 = 0 = 0.(9) =⇒ 40 + 6(0) − 1 est un multiple de 9 =⇒ (R0 )
est vraie.
Supposons que (Rn ) est vraie pour pour un n ∈ N (l’hypothése de récurrence), et montrons
que (Rn+1 ) l’est aussi, alors
4n+1 + 6(n + 1) − 1 = 4.4n + 6n + 6 − 1
= 3.4n + 4n + 6n − 1 + 6
= 9k + 3.4n + 6 car 4n + 6n − 1 = 9k avec k ∈ Z
= 9k + 3(9k − 6n + 1) + 6 car 4n = 9k − 6n + 1
= 9k + 3(9k) − 18n + 9
= 9(k + 3k − 2n + 1)
= 9(4k − 2n + 1)
= 9k 0 avec k 0 ∈ Z.
Ce qui implique que 4n+1 + 6(n + 1) − 1 est un multiple de 9.
Donc ∀n ∈ N, 4n + 6n − 1 est un multiple de 9.

3) Monter que ∀n ∈ N∗ , 2n−1 6 n!. avec n! = n(n − 1)(n − 2)...1 et 0! = 1.


Pour n = 1, on a 21−1 = 20 6 0! = 1 6 1! = 1 =⇒ (R0 ) est vraie.
Supposons que Rn est vraie pour un n ∈ N∗ ( l’hypothése de récurrence ), et montrons
que (Rn+1 ) l’est aussi, alors
2n = 2.2n−1 6 2n! 6 (n + 1)n! = (n + 1)! car 2n−1 6 n!.
Donc ∀n ∈ N∗ , 2n−1 6 n!.

Exercice 5 :
Soient A, B et C trois parties d’un ensemble E.
1) Montrer que A ∪ B = A ∩ C ⇐⇒ B ⊂ A ⊂ C.
=⇒
Supposons que A ∪ B = A ∩ C et montrons que B ⊂ A ⊂ C.
a) Montrons que B ⊂ A
Soit x ∈ B =⇒ x ∈ A ∪ B =⇒ x ∈ A ∩ C =⇒ x ∈ A.
Don B ⊂ A.
22 CHAPITRE 1. LOGIQUE, ENSEMBLES ET APPLICATIONS

b) Montrons que A ⊂ C
Supposons que x ∈ A =⇒ x ∈ A ∪ B =⇒ x ∈ A ∩ C =⇒ x ∈ A et x ∈ C =⇒ x ∈ C.
Donc A ⊂ C, et par suite B ⊂ A ⊂ C.

⇐=
Supposons que B ⊂ A ⊂ C et montrons que A ∪ B = A ∩ C.
a) Montrons que A ∪B ⊂ A ∩ C
x ∈ A =⇒ x∈C
Soit x ∈ A ∪ B =⇒
x ∈ B =⇒ x ∈ A =⇒ x ∈ C.
Car B ⊂ A ⊂ C, ce qui implique que x ∈ A ∩ C.
Donc A ∪ B ⊂ A ∩ C.
b) Montrons que A ∩ C ⊂ A ∪ B
Soit x ∈ A ∩ C =⇒ x ∈ A =⇒ x ∈ A ∪ B.
Donc A ∩ C ⊂ A ∪ B, et par suite A ∪ B = A ∩ C.

2) Montrer que
A ⊂ B ⇐⇒ CEB ⊂ CEA ⇐⇒ A ∪ B = B.
a) Montrons que A ⊂ B ⇐⇒ CEB ⊂ CEA

=⇒
Supposons que A ⊂ B et montrons que CEB ⊂ CEA .
Soit x ∈ CEB =⇒ x ∈ E et x ∈ / A car A ⊂ B =⇒ x ∈ CEA .
/ B =⇒ x ∈ E et x ∈
B A
Donc CE ⊂ CE .

⇐=
Supposons que CEB ⊂ CEA et montrons que A ⊂ B.
/ CEA =⇒ x ∈
Soit x ∈ A =⇒ x ∈ / CEB car CEB ⊂ CEA =⇒ x ∈ B.
Donc A ⊂ B.
b) Montrons que CEB ⊂ CEA ⇐⇒ A ∪ B = B.

=⇒
Supposons que CEB ⊂ CEA et montrons que A ∪ B = B.
- Montrons que A ∪ B⊂B
x ∈ A =⇒ x ∈ / CEA =⇒ x ∈
/ CEB =⇒ x ∈ B
Soit x ∈ A ∪ B =⇒
x ∈ B.
Donc A ∪ B ⊂ B.
- 0n a B ⊂ A ∪ B évident dans tous les cas.
Par suite A ∪ B = B.

⇐=
Supposons que A ∪ B = B et montrons que CEB ⊂ CEA .
Soit x ∈ CEB =⇒ x ∈
/ B =⇒ x ∈ / A =⇒ x ∈ CEA .
/ A ∪ B car A ∪ B = B =⇒ x ∈
Donc CEB ⊂ CEA .

3) A-t-on P (A ∪ B) = P (A) ∪ P (B)? justifier votre réponse.


P (A ∪ B) = P (A) ∪ P (B) est fausse car il suffit de prendre A = {1} et B = {2} alors
A ∪ B = {1, 2}.
Donc P (A ∪ B) = {∅, {1}, {2}, {1, 2}}.
1.6. CORRIGÉ DE LA SÉRIE D’EXERCICES 23

D’autre part
P (A) = {∅, {1}} et P (B) = {∅, {2}} =⇒ P (A) ∪ P (B) = {∅, {1}, {2}} =
6 P (A ∪ B).

4) A-t-on P (A ∩ B) = P (A) ∩ P (B)? justifier votre réponse.


P (A ∩ B) = P (A) ∩ P (B) est vraie car :

- Montrons que P (A ∩ B) ⊂ P (A) ∩ P (B)


Soit F ∈ P (A ∩ B) =⇒ F ⊂ (A ∩ B) =⇒ F ⊂ A et F ⊂ B =⇒ F ∈ P (A)
et F ∈ P (B) =⇒ F ∈ P (A) ∩ P (B).
Donc P (A ∩ B) ⊂ P (A) ∩ P (B).

- Montrons que P (A) ∩ P (B) ⊂ P (A ∩ B)


Soit F ∈ P (A) ∩ P (B) =⇒ F ∈ P (A) et F ∈ P (B) =⇒ F ⊂ A et F ⊂ B
=⇒ F ⊂ (A ∩ B) =⇒ F ∈ P (A ∩ B).
Donc P (A) ∩ P (B) ⊂ P (A ∩ B), par suite P (A ∩ B) = P (A) ∩ (B).

Exercice 6 :
Soit E un ensemble non vide et A, B ∈ P (E).
On définit la différence symétrique des ensembles A et B par
A∆B = (A ∪ B)(A ∩ B).
1) Montrer que A∆B = (AB) ∪ (BA).

A∆B = (A ∪ B)(A ∩ B)
= (A ∪ B) ∩ (A ∩ B)
= (A ∪ B) ∩ (A ∪ B)
= [(A ∪ B) ∩ A] ∪ [(A ∪ B) ∩ B]
= (A ∩ A) ∪ (B ∩ A) ∪ (A ∩ B) ∪ (B ∩ B)
= (B ∩ A) ∪ (A ∩ B)
= (BA) ∪ (AB)
= (AB) ∪ (BA).

2) Calculer B∆B, B∆B, E∆B, ∅∆B.


B∆B = (BB) ∪ (BB) = (B ∩ B) ∪ (B ∩ B) = ∅.
B∆B = (BB) ∪ (BB) = (B ∩ B) ∪ (B ∩ B) = (B ∩ B) ∪ (B ∩ B) = B ∪ B = E.
E∆B = (EB) ∪ (BE) = (E ∩ B) ∪ (B ∩ E) = (E ∩ B) ∪ (B ∩ ∅) = B ∪ ∅ = B.
∅∆B = (∅B) ∪ (B∅) = (∅ ∩ B) ∪ (B ∩ ∅) = (∅ ∩ B) ∪ (B ∩ E) = ∅ ∪ B = B.

Exercice 7 :
On définit l’application caractéristique par

ΨA −→ {0, 1}
1 si x ∈ A
x 7→ ΨA (x) =
0 si x ∈
/A
1) Montrer que ΨA = ΨB ⇐⇒ A = B.
24 CHAPITRE 1. LOGIQUE, ENSEMBLES ET APPLICATIONS

=⇒
Supposons que ΨA = ΨB et montrons que A = B.

a) Montrons que A ⊂ B.
Soit x ∈ A =⇒ ΨA (x) = 1 =⇒ ΨB (x) = 1 =⇒ x ∈ B car ΨA = ΨB .
Donc A ⊂ B.

b) Montrons que B ⊂ A.
Soit x ∈ B =⇒ ΨB (x) = 1 =⇒ ΨA (x) = 1 =⇒ x ∈ A car ΨA = ΨB .
Donc B ⊂ A, par suite A = B.

⇐=
Supposons que A = B et montrons que ΨA = ΨB .
Il suffit deremplacer A par Bc’est-à-dire
1 si x ∈ A 1 si x ∈ B
ΨA (x) = = = ΨB (x) car A = B.
0 si x ∈/A 0 si x ∈ /B
2) Vérifier les propriétés suivantes
(a) ΨA = 1 − ΨA .
Si x ∈ A =⇒ x ∈ / A =⇒ ΨA (x) = 1 et ΨA (x) = 0.
Si x ∈
/ A =⇒ x ∈ A =⇒ ΨA (x) = 0 et ΨA (x) = 1.
Donc ∀x ∈ E, ΨA (x) = 1 − ΨA (x).

(b) ΨA∩B = ΨA ΨB .
Si x ∈ A ∩ B =⇒ x ∈ A et x ∈ B =⇒ ΨA∩B (x) = ΨA (x) = ΨB (x) = 1.
/ A ∩ B =⇒ x ∈ A ∩ B =⇒ x ∈
Si x ∈ / A ou x ∈
/ B =⇒ ΨA∩B (x) = 0
et ΨA (x) = 0 ou ΨB (x) = 0.
Donc ∀x ∈ E, ΨA∩B (x) = ΨA (x)ΨB (x).

3) Etablir les égalités de Morgan.


a) Montrons que A ∪ B = A ∩ B
- Montrons que A ∪ B ⊂ A ∩ B
Soit x ∈ A ∪ B =⇒ x ∈ / A ∪ B =⇒ x ∈
/ A et x ∈
/ B =⇒ x ∈ A et x ∈ B =⇒ x ∈ A ∩ B.
Donc A ∪ B ⊂ A ∩ B.

- Montrons que A ∩ B ⊂ A ∪ B
Soit x ∈ A ∩ B =⇒ x ∈ A et x ∈ B =⇒ x ∈
/ A et x ∈
/ B =⇒ x ∈
/ A ∪ B =⇒ x ∈ A ∪ B.
Donc A ∩ B ⊂ A ∪ B, par suite A ∪ B = A ∩ B.

b) Montrons que A ∩ B = A ∪ B
- Montrons que A ∩ B ⊂ A ∪ B
Soit x ∈ A ∩ B =⇒ x ∈
/ A ∩ B =⇒ x ∈
/ A ou x ∈
/ B =⇒ x ∈ A ou x ∈ B =⇒ x ∈ A ∪ B.
Donc A ∩ B ⊂ A ∪ B.

- Montrons que A ∪ B ⊂ A ∩ B
Soit x ∈ A ∪ B =⇒ x ∈ A ou x ∈ B =⇒ x ∈/ A ou x ∈
/ B =⇒ x ∈
/ A ∩ B =⇒ x ∈ A ∩ B.
Donc A ∪ B ⊂ A ∩ B, par suite A ∩ B = A ∪ B.

Exercice 8 :Soit
1.6. CORRIGÉ DE LA SÉRIE D’EXERCICES 25

f : R −→ R
x 7→ 2x − 1
et
g : R −→ R
1
x 7→ 2
x +1
1) Montrer que f est bijective.
a) Montrons que f est injective.
Soient x1 , x2 ∈ R telle que
f (x1 ) = f (x2 )
2x1 − 1 = 2x2 − 1
2x1 = 2x2
x1 = x2
Donc f est injective.

b) Montrons que f est surjective.


y+1
y = f (x) =⇒ y = 2x − 1 =⇒ 2x = y + 1 =⇒ .
2
y+1
Alors ∀y ∈ R, ∃x = tel que f (x) = y.
2
Donc f est surjective, par suite f est bijective.

2) g est-elle injective ? surjective ? justifier.


a) Soient x1 , x2 ∈ R, tels que
g(x1 ) = g(x2 )
1 1
2
= 2
x1 + 1 x2 + 1
x21 + 1 = x22 + 1
x21 = x22
x21 − x22 = 0
(x1 − x2 )(x1 + x2 ) = 0
x1 = x2 ou x1 = −x2

Donc g n’est pas injective.

b) g surjective ⇐⇒ ∀y ∈ R, ∃x ∈ R tel que g(x) = y. r


1 2 1 2 1 1
Alors y = 2 =⇒ x + 1 = =⇒ x = − 1 =⇒ x = ± − 1.
x +1 y y y
Donc si y = 0, x n’existe pas c’est-à-dire il n’esxiste pas de x dans R tel que y = g(x) = 0.
Par suite g n’est pas surjective ce qui implique que g n’est pas bijective.

3) A-t-on f ◦ g = g ◦ f, justifier.
f ◦ g 6= g ◦ f car pour x = 0, on a
(f ◦ g)(0) = f (g(0)) = f (1) = 1
1
(g ◦ f )(0) = g(f (0)) = g(−1) =
2
26 CHAPITRE 1. LOGIQUE, ENSEMBLES ET APPLICATIONS

1
Donc 1 6= =⇒ (f ◦ g)(0) 6= (g ◦ f )(0).
2
Exercice 9 :
Soit f une application définie par
f : R −→ R
x
x 7→ √
2
x +1
1) f est-elle bijective ?
a) L’injectivité :
Soient x1 , x2 ∈ R tels que

f (x1 ) = f (x2 )
x1 x
p = p 2
x21 + 1 x22 + 1
x21 x22
=
x21 + 1 x22 + 1
x21 (x22 + 1) = x22 (x21 + 1)
x21 x22 + x21 = x22 x21 + x22
x21 − x22 = 0
(x1 − x2 )(x1 + x2 ) = 0
x1 = x2 ou x1 = −x2

Donc f n’est pas injective, ce qui implique que f n’est pas bijective.

2) Si oui déterminer sa réciproque, et si non donner les plus grands ensembles A et B tels
que f soit bijective, puis trouver f −1 .
Pour que f soit injective il faut que x1 et x2 sont de même signe, c’est-à-dire R+ ou R−
(l’ensemble de départ).

b) La surjectivité :
x x2
y=√ =⇒ y 2 = 2 =⇒ y 2 (x2 + 1) = x2 =⇒ y 2 x2 + y 2 = x2
x2 + 1 x +1
2 2 2 2 2 2 2 2 −y 2 y2
=⇒ y x + y − x = 0 =⇒ x (y − 1) + y = 0 =⇒ x = 2 =
y −1 1 − y2
y
=⇒ x = p .
1 − y2
On remarque que pour y > 1, ou y 6 −1, x n’existe pas.
Donc f n’est pas surjective.
Alors pour que f soit surjective il faut que y ∈] − 1, +1[. Par suite

f : R+ −→] − 1, +1[
x
x 7→ √
x2 + 1
et
f −1 :] − 1, +1[−→ R+
y
y 7→ p .
1 − y2
1.6. CORRIGÉ DE LA SÉRIE D’EXERCICES 27

Exercice 10 :
Soit f : E −→ F une application et soient A et B deux ensembles de E.
Montrer que f est injective ⇐⇒ A ∩ B = ∅ =⇒ f (A) ∩ f (B) = ∅.

=⇒
Supposons que f est injective et A ∩ B = ∅, montrons que f (A) ∩ f (B) = ∅.
Raisonnement par l’absurde alors supposons que f (A) ∩ f (B) 6= ∅.
Soit y ∈ f (A) ∩ f (B) =⇒ y ∈ f (A) et y ∈ f (B) =⇒ (y = f (a) avec a ∈ A)
et (y = f (b) avec b ∈ B) =⇒ f (a) = f (b) =⇒ a = b car f est injective, contradiction avec
A ∩ B = ∅.
Donc f (A) ∩ f (B) = ∅.

⇐=
Supposons que A ∩ B = ∅ =⇒ f (A) ∩ f (B) = ∅, et montrons que f est injective.
Soient x1 , x2 ∈ E tels que x1 6= x2 et montrons que f (x1 ) 6= f (x2 ).
On pose A = {x1 } et B = {x2 } =⇒ A ∩ B = ∅.
Donc d’après l’hypothése f (A) ∩ f (B) = ∅, on obtient f ({x1 }) ∩ f ({x2 }) = ∅
=⇒ f (x1 ) ∩ f (x2 ) = ∅ =⇒ f (x1 ) 6= f (x2 ), ce qui implique que f est injective.

Exercice 11 :
x
Soit f une application de R dans ] − 1, +1[ définie parf (x) = .
1 + |x|
1) f est-elle injective
 ?x
 1 + x si x > 0


x
f (x) = =
1 + |x|   x
 si x 6 0
1−x
x1 x2
Soient x1 , x2 ∈ R tels que f (x1 ) = f (x2 ) =⇒ = .
1 + |x1 | 1 + |x2 |
Si x1 et x2 sont de signe different par exemple x1 < 0 et x2 > 0 alors f (x1 ) = f (x2 )
x1 x2
=⇒ = impossible car f (x1 ) < 0 et f (x2 ) > 0.
1 + |x1 | 1 + |x2 |
Donc x1 et x2 sont toujours de même signe.
x1 x2
Par suite f (x1 ) = f (x2 ) =⇒ = =⇒ x1 + x1 |x2 | = x2 + |x1 |x2 .
1 + |x1 | 1 + |x2 |
Si x1 > 0 et x2 > 0 alors x1 + x1 x2 = x2 + x1 x2 =⇒ x1 = x2 .
Si x1 6 0 et x2 6 0 alors x1 − x1 x2 = x2 − x1 x2 =⇒ x1 = x2 .
Donc f est injective.

2) f est-elle surjective ? 
x
 y= si x > 0
1+x

x 
y = f (x) =⇒ y =
1 + |x| 
 y= x

si x 6 0
1−x
x y
a) Si x > 0 alors y = =⇒ x = yx+y =⇒ y = x−yx =⇒ y = x(1−y) =⇒ x = .
1+x 1−y
y
Donc ∀y ∈ [0, 1[, ∃x = tel que y = f (x).
1−y
28 CHAPITRE 1. LOGIQUE, ENSEMBLES ET APPLICATIONS

x y
b) Si x 6 0 alors y = =⇒ x = y−xy =⇒ y = x+yx =⇒ y = x(1+y) =⇒ x = .
1−x 1+y
y
Donc ∀y ∈] − 1, 0], ∃x = tel que y = f (x).
 y1 + y
 si y ∈] − 1, 0]
 1+y

Par suite f −1 (y) =
 y

si y ∈ [0, 1[

1−y
Conclusion :

f −1 :] − 1, +1[−→ R

y
y 7→ f −1 (y) = .
1 − |y|

Exercice 12 :
Soient a, b, c, d des réels non nuls donnés et soit g une fonction définie par
g : E −→ F
2ax − b
x 7→ g(x) = .
−cx + d
1) Comment doit-on choisir E pour que g soit une applicaion.
Dg = {x ∈ R/ − cx + d 6= 0}.
d
−cx + d = 0 =⇒ cx = d =⇒ x = .
c
d
Donc E = R{ }.
c
2) Comment doit-on choisir a, b, c et d pour que g soit une applicaion injective.
Soient x1 , x2 ∈ E tels que

g(x1 ) = g(x2 )
2ax1 − b 2ax2 − b
=
−cx1 + d −cx2 + d
(2ax1 − b)(−cx2 + d) = (2ax2 − b)(−cx1 + d)
−2acx1 x2 + 2adx1 + bcx2 − bd = −2acx1 x2 + 2adx2 + bcx1 − bd
2adx1 + bcx2 = 2adx2 + bcx1
2adx1 − bcx1 + bcx2 − 2adx2 = 0
(2ad − bc)x1 + (bc − 2ad)x2 = 0
(2ad − bc)(x1 − x2 ) = 0.

Si 2ad − bc 6= 0 alors x1 = x2 et g sera injective.

3) Comment doit-on choisir a, b, c, d et F pour que g soit une applicaion surjective.


1.6. CORRIGÉ DE LA SÉRIE D’EXERCICES 29

y = g(x)
2ax − b
y =
−cx + d
y(−cx + d) = 2ax − b
−cyx + yd = 2ax − b
−cyx − 2ax = −yd − b
2ax + cyx = yd + b
x(2a + cy) = yd + b
yd + b
x = .
2a + cy
−2a
Alors x n’est pas définie si 2a + cy = 0 =⇒ cy = −2a =⇒ y = .
c
−2a
Par suite f est surjective ⇐⇒ F = R{ }.
c
4) Comment doit-on choisir a, b, c, d, E et F pour que g soit une applicaion bijec-
tive.
Pour que g soit une application bijective il faut qu’elle vérifie les conditions d’injectivité
et de surjectivité, c’est-à-dire :
d −2a
Si 2ad − bc 6= 0 et g : R{ } −→ R{ }.
c c
Chapitre 2

Structures algébriques

2.1 Groupes

2.1.1 Loi de composition interne

Définition 24. Soit E un ensemble non vide alors toute application ∗ qui vérifie

∗ : E × E −→ E

(x, y) 7→ x ∗ y = ∗(x, y)
est dite loi de composition interne (l.c.i).

Exemple 29. + est une loi de composition interne dans Z.

Remarque 14. E munit de la loi ∗ est notée (E, ∗).

2.1.2 Groupe, sous groupe, morphisme


Définition 25. (Groupe)

Soit (E, ∗) un ensemble non vide, on dit que (E, ∗) est un groupe si
1) ∗ associative i.e ∀x, y, z ∈ E, (x ∗ y) ∗ z = x ∗ (y ∗ z).
2) E admet un élément neutre pour la loi ∗ i.e ∃e ∈ E, ∀x ∈ E / x ∗ e = e ∗ x = x.
3) Tout élément de E admet un symétrique i.e ∀x ∈ E, ∃x0 ∈ E, / x ∗ x0 = x0 ∗ x = e.

Remarque 15. Si ∀x, y ∈ E, x ∗ y = y ∗ x, on dit que (E, ∗) est un groupe Abélien ou


commutatif, on note le symétrique de x par x0 ou x−1 .

Exemple 30. R+ est un groupe commutatif.


N+ n’est pas un groupe.

30
2.1. GROUPES 31

Exercice :
On définit sur la loi ∗ par x ∗ y = x + y − xy, (R, ∗) est-il un groupe ?

a) Loi de composition interne :


Soient x, y ∈ R alors x ∗ y = (x + y − xy) ∈ R.
Donc ∗ est une loi de composition interne.

b) Commutativité :
Soient x, y ∈ R alors x ∗ y = x + y − xy = y + x − yx = y ∗ x.
Donc la loi ∗ est commutative.

c) L’associativité :
Soient x, y, z ∈ R alors
(x∗y)∗z = (x+y −xy)∗z +(x+y −xy)+z −(x+y −xy)z = x+y +z −xy −xz −yz +xyz.
x∗(y ∗z) = x∗(y +z −yz) = x+(y +z −yz)−x(y +z −yz) = x+y +z −xy −xz −yz +xyz.
0n remarque que (x ∗ y) ∗ z = x ∗ (y ∗ z).
Donc la loi ∗ est associative.

d) L’élément neutre :
Soient x ∈ R alors x ∗ e = x =⇒ x + e − xe = x =⇒ e(1 − x) = 0 =⇒ e = 0, car ∀x ∈ R.
Donc l’élément neutre est e = 0.

e) L’élément symétrique :
Soient x ∈ R alors x ∗ x0 = e =⇒ x ∗ x0 = 0 =⇒ x + x0 − xx0 = 0 =⇒ x0 (1 − x) = −x, =⇒
−x
x0 = .
1−x
Si x = 1, la loi ∗ n’admet pas un symétrique.
Donc R{1} est un groupe mais R n’est pas un groupe car l’élément 1 n’admet pas un
symétrique.

Théorème 7. Soit E un ensemble non vide munit d’une loi de composition interne ∆.
Si (E, ∆) est un groupe alors ∀x, y ∈ E, on a (x∆y)0 = y 0 ∆x0 .

Preuve. Soient x, y ∈ E, (x∆y)0 = z =⇒ z∆(x∆y) = e.


Ce qui donne

z∆x∆y∆y 0 = e∆y 0
z∆x∆e = y0
z∆x = y0
z∆x∆x0 = y 0 ∆x0
z∆e = y 0 ∆x0
z = y 0 ∆x0 .

Définition 26. (Sous groupe)

Soit E un ensemble non vide muni d’une loi de composition interne telle que (E, ∗) est
un groupe et A ∈ P (E) i.e A ⊂ E alors (A, ∗) est un sous groupe de (E, ∗) si
32 CHAPITRE 2. STRUCTURES ALGÉBRIQUES

1) e ∈ A, i.e A 6= ∅.
2) ∀x, y ∈ A, (x ∗ y) ∈ A est dite stabilité.
3) ∀x ∈ A, x0 ∈ A est dite symétrique.

Exemple 31. (3Z, +) est un sous groupe de (Z, +) avec 3Z l’ensemble des entiers mul-
tiples de 3.

Définition 27. (Morphisme)

Soient (E, ∆) et (F, γ) deux groupes, alors f est un morphisme de groupe si ∀x, y ∈
E, f (x∆y) = f (x)γf (y).

Définition 28.
1. Un endomorphisme est un morphisme de E dans E.
2. Un isomorphisme est un morphisme bijective.
3. Un automorphisme est un endomorphisme bijective.

Théorème 8. Soient (E, ∆) et (G, ∗) deux groupes, tels que e1 l’élément neutre de la loi
∆ et e2 l’élément neutre de la loi ∗ et f : E −→ G est un morphisme de groupe, alors
1. f (e1 ) = e2 .
2. ∀x ∈ E, [f (x)]−1 = f (x−1 ).
Preuve.
1. Montrons que f (e1 ) = e2 .
On a f (e1 ∆e1 ) = f (e1 )∗f (e1 ) = f (e1 ) =⇒ f (e1 )∗f (e1 )∗[f (e1 )]−1 = f (e1 )∗[f (e1 )]−1
f (e1 ) ∗ e2 = e2 =⇒ f (e1 ) = e2 .
2. Soit x ∈ E, montrons que [f (x)]−1 = f (x−1 ).
On a f (x∆x−1 ) = f (x) ∗ f (x−1 ) =⇒ f (e1 ) = e2 alors
f (x∆x−1 ) = f (e1 ) = e2 = f (x) ∗ f (x−1 ) =⇒ [f (x)]−1 ∗ e2 = [f (x)]−1 ∗ f (x) ∗
f (x−1 ) =⇒ [f (x)]−1 = e2 ∗ f (x−1 ) =⇒ [f (x)]−1 = f (x−1 ).

Exemple 32. (Morphisme de groupe)


Soit f un morphisme de groupe définit par

f : (R{−3}, ∗) −→ (R∗ , .)

x 7→ x + 3
telle que la loi ∗ est ∀(x, y) ∈ R{−3}, x ∗ y = x.y + 3(x + y + 2), et . est la multiplication
usuelle.
Calculer de deux maniéres differentes l’élément neutre e puis l’élément symétrique x−1 .
2.2. ANNEAU SOUS ANNEAU CORPS 33

1) Calculons l’élément neutre

a) Première méthode :
On a

x∗e =
x
x.e + 3(x + e + 2) =
x
x.e + 3x + 3e + 6 =
x
x.e + 3e x − 3x − 6
=
e(x + 3) −2x − 6
=
e(x + 3) −2(x + 3)
=
−2(x + 3)
e =
x+3
e = −2 car x 6= −3

b) Deuxième méthode :
On a f (e) = e0 =⇒ e + 3 = 1 =⇒ e = −2.

1) Calculons l’élément symétrique

a) Première méthode :
On a

x ∗ x−1 = e
x.x−1 + 3(x + x−1 + 2) = −2
x.x−1 + 3x + 3x−1 + 6 = −2
x.x−1 + 3x−1 = −3x − 8
x−1 (x + 3) = −3x − 9 + 1
x−1 (x + 3) = −3(x + 3) + 1
−3(x + 3) 1
x−1 = +
x+3 x+3
1
x−1 = −3 +
x+3
b) Deuxième méthode :
1 1
On a f (x−1 ) = [f (x)]−1 =⇒ x−1 + 3 = =⇒ x−1 = −3 + .
x+3 x+3

2.2 Anneau sous anneau corps


Soit E un ensemble non vide et soient deux lois de composition interne + et ×.
Définition 29. (Anneau)

(E, +, ×) est un anneau si


1) (E, +) est un groupe commutatif, son élément neutre est noté e ou 0E .
2) × est associative.
3) ∀x, y, z ∈ E, x × (y + z) = (x × y) + (x × z) ou (y + z) × x = (y × x) + (z × x) i.e (×
34 CHAPITRE 2. STRUCTURES ALGÉBRIQUES

est distributive sur +.)


4) E admet un élément neutre pour la deuxième loi × noté e2 ou 1E .

Remarque 16.
1. On peut écrire x × y comme xy.
2. Les lois (+) et (×) ce sont des notations seulement.
3. La symétrique de x par rapport à la première loi est noté −x.
4. La symétrique de x par rapport à la deuxième loi est noté x−1 .

Exemple 33. (R, +, ×) est un anneau.


(N, +, ×) n’est pas un anneau.

Remarque 17. Soit n ∈ N∗ et x, y ∈ (E, +, ×)


1. nx = x + x + ... + x (n fois.)
2. xn = x × x × ... × x (n fois.)
3. (xy)n 6= xn y n .
Propriétés :
Soient x, y ∈ (E, +, ×)
1) x.0 = 0.x = 0
2) (−x)y = −xy = x(−y)

Preuve.
1. Montrons que x.0 = 0
On a

x0 = x(0 + 0)
x0 = x0 + x0
x0 + (−x0) = x0 + x0 + (−x0)
0 = x0 + 0
0 = x0.

2. Montrons que (−x)y = −xy


On a

(−x)y + xy = [(−x) + x]y = 0


(−x)y + xy + (−xy) = 0 + (−xy)
(−x)y + 0 = 0 + (−xy)
(−x)y = −xy.

Soit (E, +, ×) un anneau et soit A ∈ P (E).


2.2. ANNEAU SOUS ANNEAU CORPS 35

Définition 30. (A, +, ×) est un sous anneau de E si


a) (A, +) est un sous groupe de (E, +).
b) ∀x, y ∈ A, xy ∈ A.
c) L’élément neutre de la deuxième loi e2 ∈ A, on peut le noté 1E .

Exemple 34.
1. (Z, +, ×) est un sous anneau de (R, +, ×.)
2. (3Z, +, ×) n’est pas un sous anneau de (Z, +, ×.)

2.2.1 Corps
Soit E un ensemble non vide et deux lois de composition interne + et × sur E.

Définition 31. (E, +, ×) est un corps si


1) (E, +, ×) un anneau.
2) L’élément neutre de la loi + est different de l’élément neutre de la loi ×.
3) ∀x ∈ E{e1 } admet un symétrique par rapport à la deuxième loi ×.

Exemple 35.
1. (R, +, ×) est un corps.
2. (Z, +, ×) n’est pas un corps.
36 CHAPITRE 2. STRUCTURES ALGÉBRIQUES

2.3 Séries d’exercices


Exercice 1 :
Soit une loi de composition interne ∗ définit sur R telle que x∗y = x+y−nxy avec n ∈ N∗ .
(R, ∗) est-il un groupe ?

Exercice 2 :
On munit E = R − {−5} de la loi ∗ définie par
∀(a, b) ∈ E 2 , a ∗ b = a.b + 5(a + b + 4).
1) Vérifier que ∗ est une loi de composition interne dans E.
2) Montrer que (E, ∗) est un groupe commutatif.
3) Soit l’application
f : (R∗ , .) −→ (E, ∗)
x 7→ x − 5
Montrer que f est un morphisme de groupe avec (. est la multiplication usuelle.)

Exercice 3 :
Soient A et B deux sous groupes de (E, ∗).
1) Montrer que A ∩ B est un sous groupe de E.
2) Soit nZ un sous groupe de (Z, +) et A, B ⊂ nZ.
Est ce que A ∪ B est un sous groupe de (nZ, +).

Exercice 4 :
Soit f : (E, ∗) −→ (E, ∗) un endomorphisme de groupe et soit A un sous groupe de (E, ∗).
1) Montrer que f (A) est un sous groupe de (E, ∗).
2) ∀a ∈ E, on définit l’application g par

g : (E, ∗) −→ (E, ∗)

x 7→ a ∗ x ∗ a−1
Montrer que g est bijective,déduire sa réciproque.

Exercice 5 :
Soit f : (E, ∗) −→ (F, ∆) un morphisme de groupe.
1) Soit A un sous groupe de F, montrer que f −1 (A) est un sous groupe de E.
2) on définit le sous groupe kerf par :
kerf = {x ∈ E / f (x) = e2 } tel que e2 l’élément neutre de (F, ∆).
Montrer que f injective ⇐⇒ kerf = {e1 } avec e1 l’élément neutre de (E, ∗).

Exercice 6 :
Soient E = R∗ × R et f : R∗ −→ R une application telle que
∀(a, b), (c, d) ∈ E avec (a, b) ∗ (c, d) = (ac, bc + φ(a)d).
Qoel condition doit vérifier φ pour que (E, ∗) soit un groupe.

Exercice 7 :
Soient A et B deux sous groupes d’un groupe (E, .).
Montrer que AB est un sous groupe de E si et seulement si AB = BA.
Indication : ab 6= ba avec a ∈ A et b ∈ B.
2.3. SÉRIES D’EXERCICES 37

Exercice 8 :
Soit (E, .) un groupe dont l’élément neutre e1 et pour tout x ∈ E l’inverse est x−1 , soit b
un élément de E, on définit la loi ∗ dans E par ∀x, y ∈ E, x ∗ y = x.b.y
Montrer que (E, ∗) est un groupe et préciser l’élément neutre e2 et l’élément symétrique
de x avec x ∈ E.

Exercice 9 :
On munit R2 de deux lois + et ∗ définies par
(x1 , y1 ) + (x2 , y2 ) = (x1 + x2 , y1 + y2 )
(x1 , y1 ) ∗ (x2 , y2 ) = (x1 x2 , x1 y2 + x2 y1 )
2
1) Montrer que (R , +) est un groupe abélien.
2) Déduire que (R2 , +, ∗) est un anneau commutatif.

Exercice 10 :
Soit (E, +, .) l’anneau des fonctions continues de R dans R, on pose
f : R −→ R 
 3x − 5 si x > 0
x 7→ f (x) =
0 si x < 0

et g : R −→  R
 0 si x > 0
x 7→ g(x) =
 2
x si x < 0
1) Calculer f g.
2) Vérifier que si f g = 0 =⇒ f = 0 ou g = 0.
3) Que peut-on déduire sur l’anneau (E, +, .).

Exercice 11 : √
Soit E = {a + b 6, a, b ∈ Z}.
1) Montrer que (E, +, .) est un sous anneau de (R, +, .).
2) On définit l’application ψ par
√ +, .) −→ (E,√+, .)
ψ : (E, √
a + b 6 7→ ψ(a + b 6) = a − b 6.
Montrer que ψ est un isomorphisme d’anneau.
3) Est ce que (E, +, .) est un corps.

Exercice 12 :
Soit E un ensemble non vide de N, tel que
En = {0, 1, 2, ..., n − 1} sur lequel on définit deux lois de composition interne.
∀x, y ∈ En , x⊕y = s, avec s est le reste de division de x+y sur n et ∀x, y ∈ En , x⊗y = p,
avec p est le reste de division de x × y sur n.
1) Vérifier que (En , ⊕, ⊗) est un anneau commutatif.
2) Pour n = 10, calculer 3 ⊕ 9, 8 ⊗ 5, 7−1 ⊕ 2, 4 ⊗ 3−1 , 52 , 92 .
3) Résoudre dans E10 les équations suivantes :
a) (9 ⊗ x) ⊕ 3 = 0.
b) x2 ⊕ 6 = 0.
38 CHAPITRE 2. STRUCTURES ALGÉBRIQUES

2.4 Corrigé de la série d’exercices


Exercice 1 :
Soit une loi de composition interne ∗ définit sur R telle que x∗y = x+y−nxy avec n ∈ N∗ .
(R, ∗) est-il un groupe ?

a) Commutativité :
Soient x, y ∈ R, alors

x ∗ y = x + y − nxy
= y + x − nyx
= y∗x

b) Associativité :
Soient x, y, z ∈ R, alors

(x ∗ y) ∗ z = (x + y − nxy) ∗ z
= (x + y − nxy) + z − n(x + y − nxy)z
= x + y + z − nxy − nxz − nyz + n2 xyz
x ∗ (y ∗ z) = x ∗ (y + z − nyz)
= x + (y + z − nyz) − nx(y + z − nyz)
= x + y + z − nxy − nxz − nyz + n2 xyz.

Donc (x ∗ y) ∗ z = x ∗ (y ∗ z).

c) L’élément neutre :
Soit x ∈ R, tel que x ∗ e = x =⇒ x + e − nex = x =⇒ e(1 − nx) = 0 =⇒ e = 0.

d) L’élément symétrique :
Soient x ∈ R, alors

x ∗ x0 = e
x ∗ x0 = 0
x + x0 − nxx0 = 0
x + x0 (1 − nx) = 0
x0 (1 − nx) = −x
−x
x0 =
1 − nx
x
x0 = .
nx − 1
1
Pour x = , x0 n’existe pas, ce qui implique que (R, ∗) n’est pas un groupe, tandis que
n
1
(R{ }, ∗) est un groupe.
n
Exercice 2 :
2.4. CORRIGÉ DE LA SÉRIE D’EXERCICES 39

On munit E = R − {−5} de la loi ∗ définie par


∀(a, b) ∈ E 2 , a ∗ b = a.b + 5(a + b + 4).

1) Vérifier que ∗ est une loi de composition interne dans E.


∀(a, b) ∈ E 2 , a ∗ b = a.b + 5(a + b + 4).
Raisonnement par l’absurden alors supposons que a ∗ b = −5.
Ce qui implique que
a.b + 5(a + b + 4) = −5
a.b + 5a + 5b + 20 = −5
a.b + 5a + 5b = −25
a.b + 5a = −25 − 5b
a(b + 5) = −5(b + 5)
a = −5 contradiction car a 6= −5.
Donc ∗ est une loi de composition interne dans E.

2) Montrons que (E, ∗) est un groupe commutatif.

a) Commutativité :
∀(a, b) ∈ E 2 , a ∗ b = a.b + 5(a + b + 4)
= b.a + 5(b + a + 4)
= b∗a

b) L’associativité :
∀a, b, c ∈ E, (a ∗ b) ∗ c = [a.b + 5(a + b + 4)] ∗ c
= [a.b + 5(a + b + 4)]c + 5[(a.b + 5(a + b + 4)) + c + 4]
= abc + 5ac + 5bc + 5ab + 25a + 25b + 25c + 120
a ∗ (b ∗ c) = a ∗ [b.c + 5(b + c + 4)]
= a(b.c + 5(b + c + 4)) + 5[a + (b.c + 5(b + c + 4)) + 4]
= abc + 5ac + 5bc + 5ab + 25a + 25b + 25c + 120.
Ce qui implique que (a ∗ b) ∗ c = a ∗ (b ∗ c).

c) Montrons que la loi ∗ admet un élément neutre


∀a ∈ E, a ∗ e =
a
ae + 5(a + e + 4) =
a
ae + 5a + 5e + 20 =
a
e(a + 5) −5a + a − 20
=
e(a + 5) −4a − 20
=
e(a + 5) −4(a + 5)
=
−4(a + 5)
e = car a 6= −5
(a + 5)
e = −4
40 CHAPITRE 2. STRUCTURES ALGÉBRIQUES

d) Montrons que chaque élément admet un élément symétrique

a ∗ a0 = e
aa0 + 5(a + a0 + 4) = e
aa0 + 5(a + a0 + 4) = −4
aa0 + 5a + 5a0 + 20 = −4
aa0 + 5a0 = −24 − 5a
a0 (a + 5) = −24 − 5a
−24 − 5a
a0 = est bien définie car a 6= −5.
a+5
Donc (E, ∗) est un groupe commutatif.

3) Soit l’application
f : (R∗ , .) −→ (E, ∗)
x 7→ x − 5
Montrons que f est un morphisme de groupe.
On doit montrer que f (x.y) = f (x) ∗ f (y).
On a

f (x.y) = xy − 5
f (x) ∗ f (y) = (x − 5) ∗ (y − 5)
= (x − 5)(y − 5) + 5[(x − 5) + (y − 5) + 4]
= xy − 5x − 5y + 25 + 5x − 25 + 5y − 25 + 20
= xy − 5.

Donc f (x.y) = f (x) ∗ f (y).

Exercice 3 :
Soient A et B deux sous groupes de (E, ∗).
1) Montrons que A ∩ B est un sous groupe de E.

a) L’élément neutre :
e ∈ A car A est un sous groupe de E, et e ∈ B car B est un sous groupe de E ce qui
implique que e ∈ A ∩ B.

b) Stabilité :
Soient x, y ∈ A ∩ B =⇒ x, y ∈ A et x, y ∈ B alors (x ∗ y) ∈ A et (x ∗ y) ∈ B car A et B
sont des sous groupes de E =⇒ (x ∗ y) ∈ A ∩ B.

c) Symétrique :
x ∈ A ∩ B =⇒ x ∈ A et x ∈ B.
A et B sont des sous groupes de E =⇒ x0 ∈ A et x0 ∈ B =⇒ x0 ∈ A ∩ B.
Conclusion : A ∩ B est un sous groupe de E.

2) Soit nZ un sous groupe de (Z, +) et A, B ⊂ nZ.


2.4. CORRIGÉ DE LA SÉRIE D’EXERCICES 41

Est ce que A ∪ B est un sous groupe de (nZ, +).

a) L’élément neutre :
e ∈ A car A est un sous groupe de E =⇒ e ∈ A ∪ B.

b) Stabilité :
Contre exemple : Si on prend A = 5Z et B = 6Z alors on remarque que 5 ∈ 5Z
et 6 ∈ 6Z mais 5 + 6 = 11 ∈
/ 5Z ∪ 6Z.
Donc A ∪ B n’est pas un sous groupe de (nZ, +).

Exercice 4 :
Soit f : (E, ∗) −→ (E, ∗) un endomorphisme de groupe et soit A un sous groupe de (E, ∗).
1) Montrons que f (A) est un sous groupe de (E, ∗).

a) L’élément neutre :
Soit e ∈ A car A est un sous groupe de (E, ∗) =⇒ f (e) = e0 ∈ f (A) car f est un endo-
morphisme de groupe, par suite f est une application de E dans E.

b) Stabilité :
Soient a, b ∈ A =⇒ f (A), f (B) ∈ f (A) et a ∗ b ∈ A car A est un sous groupe de
(E, ∗) =⇒ f (a) ∗ f (b) = f (a ∗ b) ∈ f (A) car f est un endomorphisme de groupe.
Donc f (a) ∗ f (b) ∈ f (A).

c) Symétrique :
Soit a ∈ A =⇒ f (a) ∈ f (A) et a−1 ∈ A car A est un sous groupe de (E, ∗)
=⇒ f (a−1 ) ∈ f (A) =⇒ [f (a)]−1 = f (a−1 ) ∈ f (A) car f est un endomorphisme de groupe.
Donc [f (a)]−1 ∈ f (A).
Conclusion : f (A) est sous groupe de (E, ∗).

2) ∀a ∈ E, on définit l’application g par

g : (E, ∗) −→ (E, ∗)

x 7→ a ∗ x ∗ a−1
Montrons que g est bijective,déduire sa réciproque.

a) L’injectivité :
Soient x1 , x2 ∈ E tels que

g(x1 ) = g(x2 )
a ∗ x1 ∗ a−1 = a ∗ x2 ∗ a−1
a−1 ∗ a ∗ x1 ∗ a−1 = a−1 ∗ a ∗ x2 ∗ a−1
e ∗ x1 ∗ a−1 = e ∗ x2 ∗ a−1
x1 ∗ a−1 = x2 ∗ a−1
x1 ∗ a−1 ∗ a = x2 ∗ a−1 ∗ a
x1 ∗ e = x2 ∗ e
x1 = x2 =⇒ f est injective.
42 CHAPITRE 2. STRUCTURES ALGÉBRIQUES

a) La surjectivité :
Soit y ∈ E, tel que

y = a ∗ x ∗ a−1
−1
a ∗y = a−1 ∗ a ∗ x ∗ a−1
a−1 ∗ y = e ∗ x ∗ a−1
a−1 ∗ y = x ∗ a−1
a−1 ∗ y ∗ a = x ∗ a−1 ∗ a
a−1 ∗ y ∗ a = x∗e
a−1 ∗ y ∗ a = x

Donc ∃x = (a−1 ∗ y ∗ a) ∈ E, tel que y = g(x).

Conclusion : g est bijective et

g −1 : (E, ∗) −→ (E, ∗)

y 7→ a−1 ∗ y ∗ a.

Exercice 5 :
Soit f : (E, ∗) −→ (F, ∆) un morphisme de groupe.
1) Soit A un sous groupe de F, montrons que f −1 (A) est un sous groupe de E.

a) L’élément neutre :
f −1 (A) = {x ∈ E, / f (x) ∈ A}.
f (e1 ) = e2 ∈ A car A est un sous groupe de F =⇒ e1 ∈ f −1 (A).

b) Stabilité :
Soient x, y ∈ f −1 (A) =⇒ f (x) et f (y) ∈ f (A) =⇒ f (x)∆f (y) ∈ A, car A est un sous
groupe de F.
Or f est un morphisme de groupe =⇒ f (x)∆f (y) = f (x ∗ y) =⇒ f (x ∗ y) ∈ A
=⇒ (x ∗ y) ∈ f −1 (A).

c) Symétrique :
Soit x ∈ f −1 (A) =⇒ f (x) ∈ A =⇒ [f (x)]−1 ∈ A car A est un sous groupe de F.
Or f est un morphisme de groupe, alors [f (x)]−1 = f (x−1 ) =⇒ f (x−1 ) ∈ A
=⇒ x−1 ∈ f −1 (A).
Donc f −1 (A) est un sous groupe de E.

2) on définit le sous groupe kerf par :


kerf = {x ∈ E / f (x) = e2 } tel que e2 l’élément neutre de (F, ∆).

Montrons que f injective ⇐⇒ kerf = {e1 } avec e1 l’élément neutre de (E, ∗).
On a kerf = {x ∈ E / f (x) = e2 } = {x ∈ E / f (x) ∈ {e2 }} = f −1 ({e2 }).
2.4. CORRIGÉ DE LA SÉRIE D’EXERCICES 43

Or {e2 } sous groupe =⇒ f −1 ({e2 }) = kerf sous groupe de E.


=⇒
Supposons que f est injective et montrons que kerf = {e1 }.

a) Montrons que {e1 } ⊂ kerf


{e1 } ⊂ kerf car kerf est un sous groupe de E.
b) Montrons que kerf ⊂ {e1 }
x ∈ kerf =⇒ f (x) = e2 , or f (e1 ) = e2 =⇒ f (x) = f (e1 ) =⇒ x = e1 car f est injective.
Donc kerf = {e1 }.

⇐=
Supposons que kerf = {e1 } et montrons que f est injective.
Soient x1 , x2 ∈ E tels que f (x1 ) = f (x2 ).
On a

f (x1 )∆[f (x1 )]−1 = e2


f (x2 )∆[f (x1 )]−1 = e2 car f (x1 ) = f (x2 )
f (x2 )∆f (x−1
1 ) = e2
f (x2 ∗ x−1
1 ) = e2 .

Ce qui implique que (x2 ∗ x−1 −1


1 ) ∈ kerf =⇒ (x2 ∗ x1 ) ∈ {e1 } car kerf = {e1 }
−1 −1
=⇒ (x2 ∗ x1 ) = e1 =⇒ x2 ∗ x1 ∗ x1 = e1 ∗ x1 =⇒ x2 = x1 .
Donc f est injective.

Exercice 6 :
Soient E = R∗ × R et f : R∗ −→ R une application telle que
∀(a, b), (c, d) ∈ E avec (a, b) ∗ (c, d) = (ac, bc + φ(a)d).
Qoel condition doit vérifier φ pour que (E, ∗) soit un groupe.

a) Loi de composition interne :


Soient (a, b), (c, d) ∈ R∗ × R alors a 6= 0 et c 6= 0 ce qui donne ac 6= 0 par suite
(a, b) ∗ (c, d) = (ac, bc + φ(a)d) ∈ R∗ × R.
Donc ∗ est une loi de composition interne.

b) L’associativité :
Soient (a, b), (c, d), (z, r) ∈ R∗ × R alors a 6= 0, c 6= 0 et z 6= 0 ce qui donne acz 6= 0.
On a

((a, b) ∗ (c, d)) ∗ (z, r) = (ac, bc + φ(a)d) ∗ (z, r)


= (acz, [bc + φ(a)d]z + φ(ac)r)
= (acz, bcz + φ(a)dz + φ(ac)r)
(a, b) ∗ ((c, d) ∗ (z, r)) = (a, b) ∗ (cz, dz + φ(c)r)
= (acz, bcz + φ(a)[dz + φ(c)r])
= (acz, bcz + φ(a)dz + φ(a)φ(c)r).

Pour que ((a, b)∗(c, d))∗(z, r) = (a, b)∗((c, d)∗(z, r)) il faut et il suffit que φ(ac) = φ(a)φ(c).

c) L’élément neutre :
44 CHAPITRE 2. STRUCTURES ALGÉBRIQUES

Soient (a, b), (e1 , e2 ) ∈ R∗ × R alors a 6= 0 et e1 6= 0, ce qui donne ae1 6= 0, par suite
(a, b)∗ (e1 , e2 ) = (a, b) =⇒ (ae1 , be 1 + φ(a)e2 ) = (a, b)
 ae 1 = a  e1 = 1
=⇒ =⇒
be1 + φ(a)e2 = b e2 = 0
 
Ou bien
 (e ,
1 2 e ) ∗ (a, b) = (a, b) =⇒
 1 a, e2 a + φ(e1 )b) = (a, b)
(e
 e1 a = a  e1 = 1
=⇒ =⇒
e2 a + φ(e1 )b = b e2 = 0 et f (e1 ) = e1 = 1.
 
Donc l’élément neutre est (e1 , e2 ) = (1, 0).

d) L’élément symétrique :
Soient (a, b), (a0 , b0 ) ∈ R∗ × R alors a 6= 0 et a0 6= 0 ce qui donne aa0 6= 0 par suite
(a, b) ∗ (a0 , b0 ) = (e1 , e2 ) = (1, 0) =⇒ 0 0 0
 (aa , ba + φ(a)b ) = (1,  0)
1 1

aa0 = 1

 a0 = 
 a0 =
 
 a

 a
=⇒ =⇒ =⇒
 0
ba + φ(a)b0 = 0
 b  −b
 + φ(a)b0 = 0  b0 =

 

a aφ(a)
Ou bien (a0 , b0 ) ∗ (a, b) = (e1 , e2 ) = (1, 0) =⇒ (a0 a, b0 a + φ(a0 )b)
 = (1, 0)
1 1

a0 a = 1

 a 0
=

 a0 =
a a
 
 

=⇒ =⇒ =⇒
 0
b a + φ(a0 )b = 0
 1  −b 1
 b0 a + φ( )b = 0  b0 =
 
  φ( ).
a a a
1 1
Donc pour que la loi ∗ admet un symétrique il faut et il suffit que φ( ) = .
a φ(a)
Conclusion : Pour que (E, ∗) soit un groupe il faut que l’application φ vérifie les condi-
tions suivantes
1) ∀a, c ∈ R∗ alors φ(ac) = φ(a)φ(c).
2) L’élément neutre est (1, 0).
1 1
3) ∀a, ∈ R∗ alors φ( ) = .
a φ(a)
Exercice 7 :
Soient A et B deux sous groupes d’un groupe (E, .).
Montrons que AB est un sous groupe de E si et seulement si AB = BA.
On a

AB = {x ∈ E x = a.b avec a ∈ A et b ∈ B}

BA = {x ∈ E x = b.a avec b ∈ B et a ∈ A}.

Montrons que AB est un sous groupe de E ⇐⇒ AB = BA.


=⇒
Supposons que AB est un sous groupe de E et montrons que AB = BA.
a) Montrons que AB ⊂ BA
Soit x ∈ AB =⇒ x0 ∈ AB car AB est un sous groupe de E =⇒ x0 = a.b avec a ∈ A
et b ∈ B.
2.4. CORRIGÉ DE LA SÉRIE D’EXERCICES 45

Or xx0 = e avec e l’élément neutre de la loi (.), alors

xx0 = e
x.a.b = e
x.a.b.b0 = e.b0 avec b0 symétrique de b
x.a.e = e.b0
x.a = b0
x.a.a0 = b0 .a0 avec a0 symétrique de a
x.e = b0 a0
x = b0 a0 avec b0 ∈ B et a0 ∈ A.

Donc x ∈ BA, par suite AB ⊂ BA.

b) Montrons que BA ⊂ AB
Soit x ∈ BA =⇒ x = b1 .a1 avec b1 ∈ B et a1 ∈ A =⇒ x0 ∈ AB avec x0 symétrique de x
car AB est un sous groupe de E, alors

x0 x = e
x0 .b1 .a1 = e
x0 .b1 .a1 .a01 = e.a01 avec a01 symétrique de a1
x0 .b1 .e = a01
x0 .b1 = a01
x.b1 .b01 = a01 .b01 avec b01 symétrique de b1
x.e = a01 .b01
x = a01 .b01 avec a01 ∈ A et b01 ∈ B.

On a x0 ∈ AB =⇒ (x0 )0 ∈ AB car AB est un sous groupe de E.


Or (x0 )0 = x =⇒ x ∈ AB, par suite BA ⊂ AB.
Conclusion : AB = BA.

⇐=
Supposons que AB = BA et montrons que AB est un sous groupe de E.

i) L’élément neutre :
On a e = e.e avec e ∈ A car A est un sous groupe de E et e ∈ B car B est un sous
groupe de E, par suite e ∈ AB.

ii) Stabilité :
Soient x1 , x2 ∈ AB et montrons que x1 .x2 ∈ AB, alors
x1 ∈ AB =⇒ x1 = a1 .b1 avec a1 ∈ A et b1 ∈ B.
x2 ∈ AB =⇒ x2 = a2 .b2 avec a2 ∈ A et b2 ∈ B.
Alors x1 x2 = a1 .b1 .a2 .b2 .
On pose c = b1 .a2 ∈ BA =⇒ c ∈ BA car AB = BA =⇒ c = a3 .b3 avec a3 ∈ A et b3 ∈ B,
parsuite
x1 .x2 = (a1 .a3 ).(b3 .b2 ) avec (a1 .a3 ) ∈ A car A est un sous groupe de E et (b3 .b2 ) ∈ B car
B est un sous groupe de E, ce qui donne x1 .x2 ∈ AB.
46 CHAPITRE 2. STRUCTURES ALGÉBRIQUES

iii) L’élément symétrique :


Soit x ∈ AB =⇒ x = a.b avec a ∈ A et b ∈ B.
Or x0 .x = e avec x0 symétrique de x, alors

x0 .a.b = e
x0 .a.b.b0 = e.b0 avec b0 symétrique de b
x0 .a.e = b0
x0 .a = b0
x0 .a.a0 = b0 .a0 avec a0 symétrique de a
x0 .e = b0 .a0
x0 = b0 .a0 .

Ce qui implique que x0 ∈ BA =⇒ x0 ∈ AB, car AB = BA.


Donc AB est un sous groupe de E.

Exercice 8 :
Soit (E, .) un groupe dont l’élément neutre e1 et pour tout x ∈ E l’inverse est x−1 , soit b
un élément de E, on définit la loi ∗ dans E par ∀x, y ∈ E, x ∗ y = x.b.y
Montrons que (E, ∗) est un groupe et précisons l’élément neutre e2 et l’élément symétrique
de x avec x ∈ E.

a) Loi de composition interne :


∀x, y ∈ E, x ∗ y = x.a.y =⇒ (x.a) ∈ E car (E, .) est un groupe, ce qui implique que
(x.a).y ∈ E car (x.a) ∈ E et y ∈ E avec (E, .) est un groupe, alors ∀x, y ∈ E, (x ∗ y) ∈ E.
Donc la loi ∗ est une loi de composition interne.

b) L’associativité :
∀x, y, z ∈ E, tels que

(x ∗ y) ∗ z = (x.a.y) ∗ z
= (x.a.y).a.z
x ∗ (y) ∗ z) = x ∗ (a.y.z)
= x.a.(y.a.z).

Or (x.a.y).a.z = x.a.(y.a.z) car la loi . est associative.


Donc (x ∗ y) ∗ z = x ∗ (y ∗ z), par suite la loi ∗ est associative.

c) L’élément neutre :
∀x ∈ E, x ∗ e2 = x, alors

x.a.e2 = x
−1
x .x.a.e2 = x−1 .x
e1 .a.e2 = e1
a.e2 = e1
−1
a .a.e2 = a−1 .e1
e1 .e2 = a−1
e2 = a−1 .
2.4. CORRIGÉ DE LA SÉRIE D’EXERCICES 47

De la même maniére, on a
∀x ∈ E, e2 ∗ x = x, alors

e2 .a.x = x
e2 .a.x.x−1 = x.x−1
e2 .a.e1 = e1
e2 .a = e1
e2 .a.a−1 = e1 .a−1
e2 .e2 = a−1
e2 = a−1 .

d) L’élément symétrique :
∀x ∈ E, x ∗ x0 = e2 , avec x0 l’élément symétrique de x, alors

x.a.x0 = e2
x.a.x0 = a−1
x−1 .x.a.x0 = x−1 .a−1
e1 .a.x0 = x−1 .a−1
a.x0 = x−1 .a−1
a−1 .a.x0 = a−1 .x−1 .a−1
e1 .x0 = a−1 .x−1 .a−1
x0 = a−1 .x−1 .a−1

Et d’une maniére similaire, on obtient

∀x ∈ E, x0 ∗ x = e2
x0 .a.x = e2
x0 .a.x = a−1
x0 .a.x.x−1 = a−1 .x−1
x0 .a.e1 = a−1 .x−1
x0 .a = a−1 .x−1
x0 .a.a−1 = a−1 .x−1 .a−1
x0 .e1 . = a−1 .x−1 .a−1
x0 = a−1 .x−1 .a−1

Donc (E, ∗) est un groupe.

Exercice 9 :
On munit R2 de deux lois + et ∗ définies par

(x1 , y1 ) + (x2 , y2 ) = (x1 + x2 , y1 + y2 )

(x1 , y1 ) ∗ (x2 , y2 ) = (x1 x2 , x1 y2 + x2 y1 )


48 CHAPITRE 2. STRUCTURES ALGÉBRIQUES

1) Montrons que (R2 , +) est un groupe abélien.

a) Loi de composition interne :


Soient (x1 , y1 ), (x2 , y2 ) ∈ R2 alors (x1 , y1 ) + (x2 , y2 ) = (x1 + x2 , y1 + y2 ) ∈ R2 car x1 ∈ R
et x2 ∈ R =⇒ (x1 + x2 ) ∈ R.
De plus y1 ∈ R et y2 ∈ R =⇒ (y1 + y2 ) ∈ R.
Donc la loi + est une loi de composition interne.

b) Commutativité :
Soient (x1 , y1 ), (x2 , y2 ) ∈ R2 alors
(x1 , y1 ) + (x2 , y2 ) = (x1 + x2 , y1 + y2 )
= (x2 + x1 , y2 + y1 )
= (x2 , y2 ) + (x1 , y1 ).
Donc la loi + est commutative.

c) L’élément neutre :
(x, y) ∈ R2 alors (x, y)
Soit  + (e1 , e2 ) = (x, y) =⇒ (x + e1 , y + e2 ) = (x, y)
 x + e 1 = x  e1 = 0
=⇒ =⇒
y + e2 = y e2 = 0.
 
Donc l’élément neutre est (e1 , e2 ) = (0, 0).

d) L’élément symétrique :
0 0 2 0 0 0 0
 (x, y), 0(x , y ) ∈ R alors
Soient  0(x, y) + (x , y ) = (e1 , e2 ) =⇒ (x + x , y + y ) = (0, 0)
 x+x = 0  x = −x
=⇒ =⇒
y + y0 = 0
 0
y = −y.

Donc l’élément symétrique est (x0 , y 0 ) = (−x, −y).
Conclusion : (R2 , +) est un groupe abélien.

2) Déduire que (R2 , +, ∗) est un anneau commutatif.


Il reste à montrer que :

a) L’associative :
Soient (x1 , y1 ), (x2 , y2 ), (x3 , y3 ) ∈ R2 alors
((x1 , y1 ) ∗ (x2 , y2 )) ∗ (x3 , y3 ) = (x1 x2 , x1 y2 + x2 y1 ) ∗ (x3 , y3 )
= (x1 x2 x3 , x1 x2 y3 + x3 (x1 y2 + x2 y1 ))
= (x1 x2 x3 , x1 x2 y3 + x3 x1 y2 + x3 x2 y1 )
(x1 , y1 ) ∗ ((x2 , y2 ) ∗ (x3 , y3 )) = (x1 , y1 ) ∗ (x2 x3 , x2 y3 + x3 y2 )
= (x1 x2 x3 , x1 (x2 y3 + x3 y2 ) + x2 x3 y1 )
= (x1 x2 x3 , x1 x2 y3 + x1 x3 y2 + x2 x3 y1 )
= (x1 x2 x3 , x1 x2 y3 + x3 x1 y2 + x3 x2 y1 ).
On remarque que
((x1 , y1 ) ∗ (x2 , y2 )) ∗ (x3 , y3 ) = (x1 , y1 ) ∗ ((x2 , y2 ) ∗ (x3 , y3 )).
2.4. CORRIGÉ DE LA SÉRIE D’EXERCICES 49

Donc la loi ∗ est associative.

b) Commutativité :
Soient (x1 , y1 ), (x2 , y2 ) ∈ R2 alors

(x1 , y1 ) ∗ (x2 , y2 ) = (x1 x2 , x1 y2 + x2 y1 )


= (x2 x1 , x2 y1 + x1 y2 )
= (x2 , y2 ) ∗ (x1 , y1 ).

Donc la loi ∗ est commutative.

c) Distributivité :
∀(x1 , y1 ), (x2 , y2 ), (x3 , y3 ) ∈ R2 , montrons que
(x1 , y1 ) ∗ ((x2 , y2 ) + (x3 , y3 )) = (x1 , y1 ) ∗ (x2 , y2 ) + (x1 , y1 ) ∗ (x3 , y3 ), alors

(x1 , y1 ) ∗ ((x2 , y2 ) + (x3 , y3 )) = (x1 , y1 ) ∗ (x2 + x3 , y2 + y3 )


= (x1 (x2 + x3 ), x1 (y2 + y3 ) + (x2 + x3 )y1 )
= (x1 x2 + x1 x3 , x1 y2 + x1 y3 + x2 y1 + x3 y1 ).

D’autre part

(x1 , y1 ) ∗ (x2 , y2 ) + (x1 , y1 ) ∗ (x3 , y3 ) = (x1 x2 , x1 y2 + x2 y1 ) + (x1 x3 , x1 y3 + x3 y1 )


= (x1 x2 + x1 x3 , x1 y2 + x2 y1 + x1 y3 + x3 y1 ).

On remarque que (x1 , y1 ) ∗ ((x2 , y2 ) + (x3 , y3 )) = (x1 , y1 ) ∗ (x2 , y2 ) + (x1 , y1 ) ∗ (x3 , y3 ).


Donc la loi ∗ est distributive sur la loi +.

d) L’élément neutre :
(x, y) ∈ R2 alors (x, y) + (e
Soit  3 , e4 ) = (x, y) =⇒ (xe3 , xe4 + e3 y) = (x, y)
 xe3 = x  e3 = 1  e3 = 1
=⇒ =⇒ =⇒
xe4 + e3 y = y xe4 + y = y e4 = 0.
  
Donc l’élément neutre de la loi ∗ est (e3 , e4 ) = (1, 0).
Conclusion : (R2 , +, ∗) est un anneau commutatif.

Exercice 10 :
Soit (E, +, .) l’anneau des fonctions continues de R dans R, on pose
f : R −→ R 
 3x − 5 si x > 0
x 7→ f (x) =
0 si x < 0

et g : R −→ 
R
 0 si x > 0
x 7→ g(x) =
 2
x si x < 0
1) Calculons
 f g.
 (3x − 5)0 = 0 si x > 0
fg = =⇒ f g = 0, ∀x ∈ R.
2
0x = 0 si x < 0

50 CHAPITRE 2. STRUCTURES ALGÉBRIQUES

2) Vérifier que si f g = 0 =⇒ f = 0 ou g = 0.
On a f g = 0 mais f 6= 0 et g 6= 0.

3) Que peut-on déduire sur l’anneau (E, +, .).


(E, +, .) n’est pas un anneau integre car f g = 0 ; f = 0 ou g = 0.

Exercice 11 : √
Soit E = {a + b 6, a, b ∈ Z}.
1) Montrer que (E, +, .) est un sous anneau de (R, +, .).
a) Montrons que (E, +) est un sous groupe de (R, +)

i) L’élément
√ neutre :
0 = 0 + 6 =⇒ 0 ∈ E.

ii) Stabilité : √ √
Soient x, y ∈ E =⇒√x = a1 + b1 √ 6 et y = a2 + b2 6 √
=⇒ x + y = (a1 + b1 6) + (a2 + b2 6) =⇒ x + y = (a1 + a2 ) + (b1 + b2 ) 6 =⇒ (x + y) ∈ E.

iii) Symétrique : √ √ √
Soient x ∈ E =⇒ x = a + b 6 =⇒ −x = −a − b 6 = (−a) + (−b) 6
avec (−a) ∈ Z et (−b) ∈ Z =⇒ (−x) ∈ E.

b) Stabilité : √ √
Soient x, y ∈ E
√ =⇒ x = a
√1 + b 1 6 et y = a 2 + b 2 6 alors √
xy = (a1 + b1 6)(a2 + b2 6) = (a1 a2 + 6b1 b2 ) + (a1 b2 + a2 b1 ) 6
avec (a1 a2 + 6b1 b2 ) ∈ Z et (a1 b2 + a2 b1 ) ∈ Z =⇒ xy ∈ E.

c) L’élément
√ neutre :
1 = 1 + 0 6 =⇒ 1 ∈ E.
Donc (E, +, .) est un sous anneau de (R, +, .).

2) On définit l’application ψ par


√ +, .) −→ (E,√+, .)
ψ : (E, √
a + b 6 7→ ψ(a + b 6) = a − b 6.
Montrons que ψ est un isomorphisme d’anneau, il faut montrer que ψ est une application
bijective.

a) L’injectivité :
Soient x1 , x2 ∈ E tel que√ψ(x1 ) = ψ(x2 ), alors √
x1 ∈ E =⇒ x1 = a1 + b1 6 et x2 ∈ E =⇒ x2 = a2 + b2 6, ce qui donne
ψ(x1 ) = ψ(x2 )
√ √
ψ(a1 + b1 6) = ψ(a2 + b2 6)
√ √
a1 − b1 6 = a2 − b2 6.

 a1 = a2
Ce qui implique que =⇒ x1 = x2 , donc ψ est injective.
b1 = b2

2.4. CORRIGÉ DE LA SÉRIE D’EXERCICES 51

a) La surjectivité :
Montrons que ∀y ∈ E, ∃x√∈ E tel que y = ψ(x). √ √
Soit y ∈ E =⇒ y = a − b 6 avec
√ a, b ∈ Z =⇒ y = a − b 6 = ψ(a + b 6)
=⇒ ∃x ∈ E tel que x = a + b 6 avec a, b ∈ Z, donc ψ est surjective.
Conclusion : ψ est bijective.

3) Est ce que (E, +, .) est√un corps.


Soit x ∈ E =⇒ x = a + b 6, alors

1 1
= √
x a+b 6

a−b 6
= √ √
(a + b 6)(a − b 6)

a−b 6
= 2
a − 6b2
a  −b √ a −b
= 2 2
+ 2 2
6 avec 2 2
∈ Q et 2 ∈ Q.
a − 6b a − 6b a − 6b a − 6b2
Comme Q 6= Z, alors (E, +, .) n’est pas un corps.

Exercice 12 :
Soit E un ensemble non vide de N, tel que
En = {0, 1, 2, ..., n − 1} sur lequel on définit deux lois de composition interne.
∀x, y ∈ En , x⊕y = s, avec s est le reste de division de x+y sur n et ∀x, y ∈ En , x⊗y = p,
avec p est le reste de division de x × y sur n.
1) Vérifions que (En , ⊕, ⊗) est un anneau commutatif.

a) Vérifions que (En , ⊕) est un groupe abélien


1. Commutativité :
∀x, y ∈ En : x ⊕ y = s ⇐⇒ x + y = kn + s avec s < n ⇐⇒ y + x = kn + s ⇐⇒
y ⊕ x = s.
Donc ∀x, y ∈ E : x ⊕ y = y ⊕ x.
2. L’élément neutre :
∀x ∈ En , x⊕e = x =⇒ x+e = kn+x =⇒ e = kn, alors e ∈ En =⇒ k = 0 =⇒ e = 0.
3. L’élément symétrique :
∀x ∈ En , x ⊕ x0 = e = 0 =⇒ x + x0 = kn =⇒ x0 = kn − x, alors
x0 ∈ En =⇒ k = 1 =⇒ x0 = n − x.
4. L’associativité :
∀x, y, z ∈ En , montrons que (x ⊕ y) ⊕ z = x ⊕ (y ⊕ z).
Soient x, y, z ∈ En , on a
(x ⊕ y) = r1 ⇐⇒ x + y = nk1 + r1 avec r1 < n =⇒ r1 = x + y − nk1 .
Par suite (x ⊕ y) ⊕ z = r1 ⊕ z = r2 ⇐⇒ r1 + z = nk2 + r2 avec r2 < n.
En remplaçant r1 par sa formule, on obtient
(x + y − nk1 ) + z = nk2 + r2 =⇒ x + y + z = n(k1 + k2 ) + r2 .
D’autre part (y ⊕ z) = r3 ⇐⇒ y + z = nk3 + r3 avec r3 < n =⇒ r3 = y + z − nk3 .
Par suite x ⊕ (y ⊕ z) = x ⊕ r3 = r4 ⇐⇒ x + r4 = nk4 + r4 avec r4 < n.
En remplaçant r3 par sa formule, on obtient
52 CHAPITRE 2. STRUCTURES ALGÉBRIQUES

x + (y + z − nk3 ) = nk4 + r4 =⇒ x + y + z = n(k3 + k4 ) + r4 .


Comme le reste est unique, on a r2 = r4 =⇒ (x ⊕ y) ⊕ z = x ⊕ (y ⊕ z).
Conclusion : (E, ⊕) est un groupe commutatif.
5. Commutativité de la loi ⊗ :
∀x, y ∈ En : x ⊗ y = p ⇐⇒ xy = kn + p avec p < n ⇐⇒ yx = kn + p ⇐⇒ y ⊗ x = p.
Donc ∀x, y ∈ En : x ⊗ y = y ⊗ x.
6. L’élément neutre de la loi ⊗ :
nk + x
∀x ∈ En , x ⊗ e0 = x =⇒ xe0 = kn + x =⇒ e0 = , alors
x
e0 ∈ En =⇒ k = 0 =⇒ e0 = 1.
7. L’associativité de la loi ⊗ :
∀x, y, z ∈ En , montrons que (x ⊗ y) ⊗ z = x ⊗ (y ⊗ z).
Soient x, y, z ∈ En , on a
(x ⊗ y) = p1 ⇐⇒ xy = nk1 + p1 avec p1 < n =⇒ p1 = xy − nk1 .
Par suite (x ⊗ y) ⊗ z = p1 ⊗ z = p2 ⇐⇒ p1 z = nk2 + p2 avec p2 < n.
En remplaçant p1 par sa formule, on obtient
(xy − nk1 )z = nk2 + p2 =⇒ xyz = n(k1 z + k2 ) + p2 .
D’autre part (y ⊗ z) = p3 ⇐⇒ yz = nk3 + p3 avec p3 < n =⇒ p3 = yz − nk3 .
Par suite x ⊗ (y ⊗ z) = x ⊗ p3 = p4 ⇐⇒ xp4 = nk4 + p4 avec p4 < n.
En remplaçant p3 par sa formule, on obtient
x(yz − nk3 ) = nk4 + p4 =⇒ xyz = n(k3 x + k4 ) + p4 .
Comme le reste est unique, on a p2 = p4 =⇒ (x ⊗ y) ⊗ z = x ⊗ (y ⊗ z).
8. La distributivité :
∀x, y, z ∈ En , montrons que (x ⊕ y) ⊗ z = (x ⊗ z) ⊕ (y ⊗ z).
Soient x, y, z ∈ En , on a
(x ⊕ y) = r1 ⇐⇒ x + y = nk1 + r1 avec r1 < n =⇒ r1 = x + y − nk1 .
Par suite (x ⊕ y) ⊗ z = r1 ⊗ z = r2 ⇐⇒ r1 z = nk2 + r2 avec r2 < n.
En remplaçant r1 par sa formule, on obtient
(x + y − nk1 )z = nk2 + r2 =⇒ (x + y)z = n(k1 z + k2 ) + r2 .
D’autre part (x ⊗ z) = r3 ⇐⇒ xz = nk3 + r3 avec r3 < n =⇒ r3 = xz − nk3 .
De plus (y ⊗ z) = r4 ⇐⇒ yz = nk4 + r4 avec r4 < n =⇒ r4 = yz − nk4 , alors
(x ⊗ z) ⊕ (y ⊗ z) = r3 ⊕ r4 = r5 ⇐⇒ r3 + r4 = nk5 + r5 avec r5 < n.
En remplaçant r3 et r4 par leurs formules, on obtient
r3 + r4 = (xz − nk3 ) + (yz − nk4 ) = nk5 + r5 , ce qui donne
xz + yz = n(k3 + k4 + k5 ) + r5 .
Comme le reste est unique et (x + y)z = xz + yz, alors
r2 = r5 =⇒ (x ⊕ y) ⊗ z = (x ⊗ z) ⊕ (y ⊗ z).
Donc (En , ⊕, ⊗) est un anneau commutatif.
2) Pour n = 10, calculons 3 ⊕ 9, 8 ⊗ 5, 7−1 ⊕ 2, 4 ⊗ 3−1 , 52 , 92 .

a) 3 ⊕ 9 = r ⇐⇒ 3 + 9 = 10k + r ⇐⇒ 12 = 10k + r =⇒ r = 2, donc 3 ⊕ 9 = 2.

b) 8 ⊗ 5 = p ⇐⇒ 8 × 5 = 10k + p ⇐⇒ 40 = 10k + p =⇒ p = 0, donc 8 ⊗ 5 = 0.

c) 7−1 ⊕ 2 = 3 ⊕ 2 ⇐⇒ 3 + 2 = 10k + r ⇐⇒ 5 = 10k + r =⇒ r = 5, donc 7−1 ⊕ 2 = 5.

d) 4 ⊗ 3−1 = 4 ⊗ 7 = p ⇐⇒ 4 × 7 = 10k + p ⇐⇒ 28 = 10k + p =⇒ p = 8, donc


4 ⊗ 3−1 = 8.
2.4. CORRIGÉ DE LA SÉRIE D’EXERCICES 53

e) 52 = 5 ⊗ 5 ⇐⇒ 5 × 5 = 10k + p ⇐⇒ 25 = 10k + p =⇒ p = 5, donc 52 = 5.

f) 92 = 9 ⊗ 9 ⇐⇒ 9 × 9 = 10k + p ⇐⇒ 81 = 10k + p =⇒ p = 1, donc 92 = 1.

3) Résoudre dans E10 les équations suivantes :


a) (9 ⊗ x) ⊕ 3 = 0 =⇒ (9 ⊗ x) ⊕ 3 ⊕ (−3) = 0 ⊕ (−3) =⇒ 9 ⊗ x = (−3)
=⇒ 9−1 ⊗ 9 ⊗ x = 9−1 ⊗ (−3) =⇒ x = 9−1 ⊗ (−3) = 9 ⊗ 7 =⇒ 9 × 7 = 10k + p
=⇒ 63 = 10k + p =⇒ p = 3 =⇒ x = 3.

b) x2 ⊕ 6 = 0 =⇒ x2 ⊕ 6 ⊕ (−6) = 0 ⊕ (−6) =⇒ x2 = (−6) =⇒ x2 = 4 =⇒ x × x = 4


=⇒ x = 2.
Chapitre 3

Polynômes

3.1 Généralités

Définition 32. Soit K un corps commutatif avec K = R ou C, on dit que P (X) est un
polynôme à coefficients dans K si il est de la forme
Xn
P (X) = aj X j = a0 X 0 + a1 X 1 + ... + an X n avec aj ∈ K et n ∈ N.
j=0

Remarque 18.
1. L’ensemble des polynômes est noté K[X].
2. X est appelé l’indéterminé.

Définition 33. Soit P ∈ K[X] avec K = R ou C, on appelle degré de P le plus grand


entier naturel j avec aj 6= 0.
On note l’ensemble des polynômes de degré inferieur ou égal à n par Kn [X].

Exemple 36. Soit P (X) = X 5 + 2X 4 − 3X 3 + 2X 2 − X + 1 alors


degP (X) = 5, deg(2) = 0.

n
X
Définition 34. Soit P ∈ K[X] tel que P (X) = aj X j = a0 X 0 + a1 X 1 + ... + an X n .
j=0
n
X
Le polynôme P (1) (X) = jaj X j−1 = a1 X 0 + 2a2 X 1 + ... + nan X n−1 est la dérivée du
j=0
polynôme P.

Proposition 1. Soit k ∈ N∗ , degP (k) = deg(P − k).

54
3.2. OPÉRATIONS SUR LES POLYNÔMES 55

3.2 Opérations sur les polynômes

3.2.1 L’addition

X 35. Soient P, Q ∈X
Définition K[X] avec K = R ou C, tel que
n
P (X) = an X et Q(X) = bn X n alors la somme de deux polynômes est
n>0 n>0
X
n
(P + Q)(X) = cn X avec cn = an + bn .
n>0

Proposition 2.
1. deg(P + Q) 6 max(degP, degQ).
2. degP 6= degQ =⇒ deg(P + Q) = max(degP, degQ).

3.2.2 La multiplication

Définition
X 36. Soient deux plynômes
X P et Q ∈ K[X] avec
n n
P (X) = an X et Q(X) = bn X alors le produit des deux polynômes est noté par
n>0 n>0
X n
X
n
(P.Q)(X) = cn X avec cn = ak bn−k .
n>0 k=0

Proposition 3. deg(P.Q) = degP + degQ.

3.2.3 La division euclidienne

Définition 37. Soient P ∈ K[X] et Q ∈ K[X]{0}, ∃!(S, R) ∈ (K[X])2 tel que


P = SQ + R avec degP < degQ.
a) On appelle S le quotient de la division euclidienne de P par Q.
b) On appelle R le reste de la division euclidienne de P par Q.
Si R = 0 on dit que Q divise P ou P est un multiple de Q.

Exemple 37. Q(X) = X − 2, P (X) = X 3 − 5X 2 + 10X − 12.


Calculer S et R.
56 CHAPITRE 3. POLYNÔMES

3.3 Racine d’un polynôme

Définition 38. Soit Q ∈ K[X] et a ∈ K, alors la racine de Q(X) ⇐⇒ (X − a) divise


Q(X).
Proposition 4. a racine de Q ⇐⇒ Q(a) = 0.

3.3.1 Multiplicité d’une racine

Définition 39. Soit Q ∈ K[X], a ∈ K, et n ∈ N∗ .


Si (X − a)n divise Q et (X − a)n+1 ne divise pas Q alors a est une racine de multiplicité
n et on la note par mult(a) = n.
Proposition 5. (X − a)n divise Q ⇐⇒ [Q(a) = Q(1) (a) = Q(2) (a) = Q(3) (a) = ... =
Q(n−1) (a) = 0].

Théorème 9. Q(a) = Q(1) (a) = Q(2) (a) = Q(3) (a) = ... = Q(n−1) (a) = 0
et Q(n) (a) 6= 0 ⇐⇒ mult(a) = n.

Exemple 38. Pour n ∈ N∗ , quel est l’ordre de multiplicité de 2 comme racine du polynôme
P (X) = X n+2 − (n + 2)X n+1 + (2n + 1)X n − 2X n−1
P (2) = 2n+2 −(n+2)2n+1 +(2n+1)2n −22n−1 = 2n+2 −n2n+1 −22n+1 +2n2n +2n −2n = 0
P 0 (X) = (n + 2)X n+1 − (n + 2)(n + 1)X n + (2n + 1)nX n−1 − 2(n − 1)X n−2
P 0 (2) = (n + 2)2n+1 − (n + 2)(n + 1)2n + (2n + 1)n2n−1 − 2(n − 1)2n−2
5
P 0 (2) = (−n + ) 6= 0.
2
Donc P 0 (2) 6= 0 =⇒ mult(2) = 1.

Théorème 10. Soit Q ∈ Kn [X] tel que Q(X) = a0 X 0 + a1 X 1 + ... + an X n


c
et soit a = ∈ Q avec c ∧ d = 1.
d
Q(a) = 0 =⇒ c divise a0 et d divise an .

Exemple 39. Q(X) = 2 + 3X + 2X 2 + 3X 3 , on a


c
a0 = 2 et an = a3 = 3 =⇒ 2 ∧ 3 = 1, par suite a = avec c/2et d/3.
d
1 −1 2 −2
D2 = {1, −1, 2, −2} et D3 = {1, −1, 3, −3} =⇒ a ∈ {1, −1, , , 2, −2, , }.
3 3 3 3
−2 −2
Q(a) = Q( ) = 0, donc a = est une racine de Q(X).
3 3
3.4. POLYNÔME IRRÉDUCTIBLE : PGCD-PPCM 57

Théorème 11. Si Q divise P alors toutes les racines de Q sont des racines de P.

Exemple 40. Soient Q(X) et S(X) deux polynômes tels que Q(X) = X 3 − 3X − 2 et
S(X) = X 2 + 2X + 1.
On remarque que X = −1 est une racine double de S(X), par suite
Q(−1) = (−1)3 − 3(−1) − 2 = 0 et Q0 (X) = 3X 2 − 3 =⇒ Q0 (−1) = 0
Q00 (X) = 6X =⇒ Q00 (−1) = −6 6= 0, donc X = −1 est une racine double de Q(X), par
suite S divise Q.

3.4 Polynôme irréductible : PGCD-PPCM

Définition 40. Soit Q ∈ K[X], Q est irréductible si et seulement si tous ces diviseurs
sont de la forme a ou aQ.

Remarque 19.
1. Dans R[X], les polynômes de degré 1 et les polynômes de degré 2 avec ∆ < 0 sont
des polynômes irréductibles.
2. Dans C[X], les polynômes irréductibles sont les polynômes de degré 1.

Exemple 41. Q(X) = X 2 +X +1 est irréductible dans R mais Q(X) n’est pas irréductible
dans C.
On a ∆ = b2 − 4ac = −3 < √0 =⇒ Q(X) est irréductible
√ dans R, par suite ∆ = −3 = 3i2
−1 + i 3 −1 − i 3
dans C, alors x1 = et x2 = .
2 2

Définition 41. Soient Q1 , Q2 , ..., Qn n polynômes de K[X]{0} et D, M deux polynômes


dans K[X]{0} tels que
D est le plus grand diviseur commun de Q1 , Q2 , ..., Qn noté D = P GCD(Q1 , Q2 , ..., Qn )
si
1. D est un polynôme unitaire.
2. ∀j ∈ {0, ..., n}, D divise Q1 .
3. ∀j ∈ {0, ..., n}, Q divise Q1 =⇒ degQ 6 degD.
M est le plus petit multiple commun de Q1 , Q2 , ..., Qn noté M = P P CM {Q1 , Q2 , ..., Qn },
si
1. M est un polynôme unitaire.
2. ∀j ∈ {0, ..., n}, Q1 divise M.
3. ∀j ∈ {0, ..., n}, Q1 divise Q =⇒ degQ > degM.
58 CHAPITRE 3. POLYNÔMES

Exemple 42.
P1 (X) = −2(X 3 − 1)3 (X + 2)
P2 (X) = (X 2 + 2)2 (X 3 − 1)
P3 (X) = 7(X + 2)(X − 5)
P1 ∧ P2 = P GCD(P1 , P2 ) = (X 3 − 1)(X + 2)
P1 ∨ P2 = P P CM (P1 , P2 ) = −2(X 3 − 1)3 (X + 2)2
P2 ∧ P3 = P GCD(P2 , P3 ) = (X + 2)
P2 ∨ P3 = P P CM (P2 , P3 ) = 7(X + 2)2 (X 3 − 1)(X − 5)
P GCD(P1 , P2 , P3 ) = (X + 2)
P P CM (P1 , P2 , P3 ) = −14(X 3 − 1)3 (X + 2)2 (X − 5).

Exemple 43. (Algorithme Euclidien)


P1 (X) = 2X 3 + 5X 2 + 6X + 3
P2 (X) = X 2 + 2X + 1
2X 3 +5X 2 +6X +3 X 2 + 2X + 1
2X 3 +4X 2 +2X 2X + 1
X2 +4X +3
X2 +2X +1
2X +2

X 2 +2X +1 X + 1
X 2 +X X +1
X +1
X +1
0
P1 ∧ P2 = X + 1.

Théorème 12. Soient P1 et P2 deux polynômes dans K[X]{0}, on a


(P1 ∧ P2 )(P1 ∨ P2 ) = NP1 P2 avec NP1 P2 le polynôme normale de P1 P2 .

Exemple 44.
Soient P1 (X) = (X + 2)2 (X − 5) et P2 (X) = (X + 2)(X − 5)2
P1 (X)P2 (X) (X + 2)2 (X − 5)(X + 2)(X − 5)2
= = (X + 2)2 (X − 5)2 = P1 ∨ P2 .
P1 ∧ P2 (X + 2)(X − 5)

Définition 42. Soient n polynômes Q1 , Q2 , ..., Qn dans K[X]{0} alors Q1 , Q2 , ..., Qn


sont premiers entre eux si et seulement si P GCD(Q1 , Q2 , ..., Qn ) = 1.

Théorème 13. (de Bezout) Soient n polynômes Q1 , Q2 , ..., Qn dans K[X]{0} alors
n
X
Q1 , Q2 , ..., Qn sont premiers entre eux ⇐⇒ ∃S1 , S2 , ..., Sn ∈ K[X] tels que Qj Sj = 1.
j=1
3.4. POLYNÔME IRRÉDUCTIBLE : PGCD-PPCM 59

Théorème 14. (de Gauss) Soient P, Q, S ∈ K[X]{0}, (Q divise P S)


et P GCD QP = 1 =⇒ Q divise S.
Factorisation d’un polynôme dans K[X] :
Définition 43. On dit factorisation de Q tout polynôme Q de K[X] se décompose en
produit de polynômes irréductibles de K[X].

Exemple 45. Factoriser dans R[X] puis dans C[X] le polynôme Q(X) = X 3 +X 2 −X +2
Q(−2) = (−2)3 + (−2)2 − (−2) + 2 = 0 =⇒ (X + 2) divise Q, par suite

X 3 +X 2 −X +2 X +2
X 3 +2X 2 X2 − X + 1
−X 2 −X +2
−X 2 −2X
X +2
X +2
0

Q(X) = (X + 2)(X 2 − X + 1) =⇒ ∆ < 0 =⇒ X 2 − X + 1 est irréductible dans R.


Donc la factorisation de Q sur R[X] donne Q(X) = (X + 2)(X 2 − X + 1).

Il reste à décomposer X 2 − X√+ 1 sur C[X] √


2 1+i 3 1−i 3
∆ = −3 = 3i =⇒ x1 = et x2 = .
2 √ 2 √
1+i 3 1−i 3
Donc X 2 − X + 1 = (X − )(X − ), par suite la factorisation de Q sur
2 √ 2 √
1+i 3 1−i 3
C[X] donne Q(X) = (X + 2)(X − )(X − ).
2 2

Définition 44. On appelle polynôme scindé tout polynôme qui peut s’écrire sous forme
polynôme de degré du produit des polynômes des racines simples.
Exemple 46.
1. X 3 − 2X 2 − 5X + 6 = (X − 1)(X + 2)(X − 3) est un polynôme scindé dans R[X].
2. X 3 + 2X 2 (i − 1) − (i + 1)X + 2 = (X − 2)(X + i)2 n’est pas un polynôme scindé
dans C[X].
Fractions rationnelles :
Q
Définition 45. Une fractions rationnelle s’écrit de la forme F = avec Q ∈ K[X]
R
et R ∈ K[X]{0} tel que degF = degQ − degR.

Définition 46. Soit une fractions rationnelle F ∈ K[X] alors la forme irréductible de F
A
est le couple (A, B) avec F = et A ∧ B = 1.
B
60 CHAPITRE 3. POLYNÔMES

Q
Définition 47. Soit une fractions rationnelle F = avec Q ∧ R = 1 et a une racine de
R
multiplicité n de R alors a est appelée pôle de F de multiplicité n .

Q
Définition 48. Soit une fraction rationnelle F = avec Q ∧ S = 1, la partie entière de
S
F est le quotient de la division Q par S, alors
Q SG + R R
Q = SG + R =⇒ = =G+ avec degR < degS.
S S S
Si degQ < degS =⇒ G(X) = 0.
Décomposition en éléments simples dans R[X] :
Définition 49. L’élément simple de R[X] est tout monôme de R[X].
k
Toute fraction rationnelle de la forme p
avec a ∈ R et p ∈ N∗ , (élément simple
(X − a)
aX + b
de première espéce), 2 p
avec a, b ∈ R, p ∈ N∗ , et c2 − 4d < 0, (élément
(X + cX + d)
simple de second espéce).

Théorème 15. Toute fraction rationnelle s’écrit sous une seule forme d’une somme
d’éléments simples de R[X].
Preuve. Soit F une fraction rationnelle telle que
Q(X)
F (X) = et Q ∧ S = 1.
S(X)
S(X) = λ(X − a1 )n1 (X − a2 )n2 ...(X − ak )nk (X 2 + b1 X + c1 )k1 (X 2 + b2 X + c2 )k2 ...(X 2 +
bq X + cq )kq et b2j − 4cj < 0.
Q(X) a1 a2 an1 b1 b2
= G(X) + [ + 2
+ ... + n
]+[ + + ... +
S(X) X − a1 (X − a2 ) (X − an1 ) 1 X − ak (X − ak )2
bn p γ1 X + µ1 γ2 X + µ2 γk1 X + µk1
n
] + [ 2
+ 2 2
+ ... + ]
(X − ak ) p X + b1 X + c1 (X + b1 X + c1 ) (X + b1 X + c1 )k1
2

u1 X + v1 u2 X + v2 ukq X + vkq
+ ... + [ 2 + + ... + ].
X + bq X + cq (X 2 + bq X + cq )2 (X 2 + bq X + cq )kq
Exemple 47. Décomposer la fraction rationnelle suivante dans R[X]
1 1
A(X) = 3 2
=
(X + 1) (X + 1) (X 2 − X + 1)2
2
k1 k2 aX + b cX + d
A(X) = + 2
+ +
X + 1 (X + 1) (X − X + 1) (X − X + 1)2
2 2

Calcul de k2 :
1
(X + 1)2 A(X) =
(X 2 − X + 1)2
aX + b cX + d
= k1 (X + 1) + k2 + (X + 1)2 [ + ]
(X 2 − X + 1) (X − X + 1)2
2
3.4. POLYNÔME IRRÉDUCTIBLE : PGCD-PPCM 61

1
X = −1 =⇒ = k2 .
9
Calcul de k1 :
1 −4X + 2
[ ]0 =
(X 2 − X + 1) 2 (X 2 − X + 1)3
 aX + b cX + d 0
= k1 + (X + 1)2 [ + ]
(X 2 − X + 1) (X 2 − X + 1)2
6 2
X = −1 =⇒ = k1 =⇒ k1 = .
27 9
Calcul de c et d :
1 k1 k2
(X 2 − X + 1)2 A(X) = 2
= (X 2 − X + 1)2 [ + ]
(X + 1) X + 1 (X + 1)2
+ (aX + b)(X 2 − X + 1) + (cX + d). √ √
2 2 1+i 3 1−i 3
On a X − X + 1 = 0 =⇒ ∆ = −3 = 3i =⇒ X1 = et X2 = .
2 2
1
Pour X = X1 =⇒ = cX1 + d.
(X1 + 1)2
Ce qui donne
√ 
1 1 3
√ = c +i +d
1 3  2 2 2
+i +1
2 2 √
1 c 3
√  = + ic +d
3 3 2 2 2
+i
2 2 √
1 c  3
√ = + d + ic
9 3 3 2 2
+ 3i + i2
4 2 4 √
1 c  3
√ = + d + ic
6 3 2 2
+ i3
3 √4  2
3 √
− i3 c  3
2√ 2 √  = + d + ic
3 3 3
 3 2 2
+ i3 − i3
2 2 2 √2 
3 3
− i3 c √
2 2
 3
= + d + ic
9 √ 2 √2
1 3  c  3
−i = + d + ic
6 6 2 2
c 1
 
1

 +d = 
 c = −
 2
 6 
 3
=⇒ √ √ =⇒
1
 c 3 = − 3

 

  d =
 .
2 6 3
62 CHAPITRE 3. POLYNÔMES

Calcul de a :
X
lim XA(X) = lim
X→+∞ X→+∞ (X + 1)2 (X 2 − X + 1)2
h kX k2 X X(aX + b) X(cX + d) i
1
= lim + + + .
X→+∞ X + 1 (X + 1)2 (X 2 − X + 1) (X 2 − X + 1)2
2
Ce qui implique que 0 = k1 + a =⇒ a = −k1 =⇒ a = − .
9
Calcul de b :
1
A(0) = 1 = k1 + k2 + b + d =⇒ b = 1 − k1 − k2 − d =⇒ b = .
3
Conclusion :
2 1 −2X + 3 −X + 1
A(X) = + + + .
9(X + 1) 9(X + 1)2 9(X 2 − X + 1) 3(X 2 − X + 1)2
3.5. SÉRIES D’EXERCICES 63

3.5 Séries d’exercices


Exercice 1 :
Trouver un polynôme P de degré minimum tel que P (0) = 1, P (1) = 0,
P (−1) = −2, P (2) = 4.

Exercice 2 :
1) Trouver le degré du polynôme dans R[X] qui vérifie l’équation suivante

Q(X 3 ) = X 4 Q(X).

2) Déterminer les coefficients de ce polynôme sachant qui satisfait l’équation

Q0 (X) + X 2 Q(1) = −Q(0).

3) Trouver le reste de la division de A par B avec

A(X) = (X + 1)n + (X − 1)n + 2 et B(X) = X 2 − 1.

Exercice 3 :
Déterminer les réels a, b, c tels que le polynôme

P (X) = X 5 − 2X 4 − 6X 3 + aX 2 + bX + c

soit divisible par


Q(X) = (X 2 − 1)(X − 3).

Exercice 4 :
Montrer que B divise A tes que
A(X) = X 2n+2 − 2X n+1 + 1 et B(X) = (X − 1)2 avec n > 1.

Exercice 5 :
Déterminer A ∧ B et A ∨ B dans les cas suivants
1) A(X) = X 4 − 1, B(X) = X 3 − 1
4 3
2) A(X) = X − X − X + 1, B(X) = X 3 + 3X 2 + 3X + 2
3) A(X) = X 3 − 7X 2 + 15X − 9, B(X) = X 2 − 3X + 2

Exercice 6 :
Soient P, Q ∈ R[X] tels que

P (X) = X 3 − 1 et Q(X) = (X + 1)3 .

1) Décomposer en éléments simples dans R[X]

1
F (X) = .
P (X)Q(X)

2) Déterminer U et V ∈ R[X] tels que U P + V Q = 1.


64 CHAPITRE 3. POLYNÔMES

Exercice 7 :
1) Trouver tous les polynômes A, B ∈ R[X] tels que

(X + 1)2 A + (X − 1)2 B = 1.

2) Déterminer tous les polynômes P ∈ R[X] tels que P − 1 est un multiple de (X + 1)2
et P + 1 est un multiple de (X − 1)2 .

Exercice 8 :
Factoriser les polynômes suivants dans R[X] puis dans C[X].
1) P1 (X) = X 3 − 4X 2 + 4X − 3
2) P2 (X) = X 3 − 2X 2 − 4X + 8
3) P3 (X) = (X 2 − 4X + 3)2 + (X − 3)2 .

Exercice 9 :
Soit P (X) = X 5 + X 4 + 2X 3 + 2X 2 + X + 1.
1) Calculer P GCD(P, P 0 ).
2) Quelles sont les racines multiples de P dans C ?
3) Vérifier que (X 2 + 1)2 divise P.
4) Factoriser P dans R[X].

Exercice 10 :
Efectuer la décomposition en éléments simples dans R[X] des fractions rationnelles
suivantes
X 2 + 2X + 5 X2 + 1 1
1) 2 2) 3)
X − 3X + 2 (X − 1)(X − 2)(X − 3) X(X − 1)2
1 3X − 1 X −1
4) 5) 6) .
X4 + X2 + 1 X 2 (X + 1)2 X 3 (X 2 + 1)2

Exercice 11 :
Soit P (X) = X 4 + 8X 3 + 9X 2 + 5X + 1 et Q(X) = 2X 3 + X 2 + 2X + 1.
1) Vérifier que P admet une unique racine rationnelle α ∈ Q.
2) Calculer la multiplicité de la racine α.
3) Déterminer P GCD(P, Q) puis P P CM (P, Q).

Exercice 12 :
Soient a, b ∈ C avec a 6= 0 et P (X) = X 4 + 4aX + b.
1) Montrer que si z ∈ C est une racine double de P alors z 3 = −a.
2) Montrer que si P admet une racine double α alors b3 = 27a3 .
3) En déduire l’ordre de multiplicité de la racine α de P.
3.6. CORRIGÉ DE LA SÉRIE D’EXERCICES 65

3.6 Corrigé de la série d’exercices


Exercice 1 :
Trouvons un polynôme P de degré minimum tel que P (0) = 1, P (1) = 0,
P (−1) = −2, P (2) = 4.
On a quatre équations donc on peut trouver quatre inconnus, par suite le polynôme P de
degré minimum est un polynôme de degré trois, c’est-à-dire P (X) = a0 + a1 X + a2 X 2 +
a3 X 3 .
P (0) = 1 =⇒ a0 = 1
P (1) = 0 =⇒ a0 + a1 (1) + a2 (1)2 + a3 (1)3 = 0 =⇒ a0 + a1 + a2 + a3 = 0
=⇒ 1 + a1 + a2 + a3 = 0 =⇒ a1 + a2 + a3 = −1.
P (−1) = −2 =⇒ a0 + a1 (−1) + a2 (−1)2 + a3 (−1)3 = −2
=⇒ a0 − a1 + a2 − a3 = −2 =⇒ 1 − a1 + a2 − a3 = −2 =⇒ −a1 + a2 − a3 = −3.
P (2) = 4 =⇒ a0 + a1 (2) + a2 (2)2 + a3 (2)3 = 4 =⇒ a0 + 2a1 + 4a2 + 8a3 = 4
=⇒ 1 + 2a1 + 4a2 + 8a3 = 4 =⇒ 2a1 + 4a2 + 8a3 = 3.


 a1 + a2 + a3 = −1 ...(1)



Ce qui donne −a1 + a2 − a3 = −3 ...(2)




2a1 + 4a2 + 8a3 = 3 ...(3)

(1) + (2) nous donne 2a2 = −4 =⇒ a2 = −2.
−1 −1 3
2.(2) + (3) nous donne 6a2 + 6a3 = −3 =⇒ a2 + a3 = =⇒ a3 = − a2 =⇒ a3 = .
2 2 2
On remplace les valeurs de a2 et a3 dans l’équation (1), on obtient
3 1
a1 + a2 + a3 = −1 =⇒ a1 = −1 − a2 − a3 =⇒ a1 = −1 − (−2) − =⇒ a1 = − .
2 2
X 2 3 3
Donc P (X) = 1 − − 2X + X .
2 2
Exercice 2 :
1) Trouvons le degré du polynôme dans R[X] qui vérifie l’équation suivante
Q(X 3 ) = X 4 Q(X).
Q(X) ∈ R[X] =⇒ Q(X) = ak X k + ak−1 X k−1 + ... + a0
=⇒ Q(X 3 ) = ak X 3k + ak−1 X 3k−3 + ... + a0 =⇒ degQ(X 3 ) = 3k.

D’autre part X 4 Q(X) = ak X k+4 + ak−1 X k+3 + ... + a0 X 4 =⇒ deg(X 4 Q(X)) = k + 4.


Par suite degQ(X 3 ) = deg(X 4 Q(X)) =⇒ 3k = k + 4 =⇒ 2k = 4 =⇒ k = 2.
Donc le degré du polynôme est 2 =⇒ Q(X) = a0 + a1 X + a2 X 2 .

2) Déterminons les coefficients de ce polynôme sachant qui satisfait l’équation


Q0 (X) + X 2 Q(1) = −Q(0).
On a Q0 (X) = a1 + 2a2 X, Q(1) = a0 + a1 (1) + a2 (1)2 = a0 + a1 + a2 et Q(0) = a0 .
2 2
Ce qui
 donne a1 +2a2 X +X (a0 +a1 +a2 ) = −a0 =⇒ a1 +a0 +2a2 X +X (a0 +a1 +a2 ) = 0

 a1 + a0 = 0 
 a1 = −a0

 

 
=⇒ 2a2 = 0 =⇒ a2 = 0

 


 

a0 + a1 + a2 = 0 a0 ∈ R 0.
 
66 CHAPITRE 3. POLYNÔMES

Donc Q(x) = a0 − a0 X + 0X 2 =⇒ Q(X) = a0 (1 − X) avec a0 ∈ R.

3) Trouvons le reste de la division de A par B avec

A(X) = (X + 1)n + (X − 1)n + 2 et B(X) = X 2 − 1.

On a A(X) = Q(X)B(X) + R(X)


B(X) = X 2 − 1 =⇒ degB(X) = 2 alors A(X) = Q(X)B(X) + R(X)
avec degR(X) < degB(X) =⇒ degR(X) < 2.
Donc R(X) = a0 + a1 X.

B(X) = 0 =⇒ X 2 − 1 = 0 =⇒ X = +1 ou X = −1, alors


A(1) = Q(1)B(1) + R(1) =⇒ A(1) = R(1),
et A(−1) = Q(−1)B(−1) + R(−1) =⇒ A(−1) = R(−1).
Par suite A(1) = (1 + 1)n + (1 − 1)n + 2 = 2n + 2
A(−1) = (−1 + 1)n + (−1 − 1)n + 2 = (−2)n + 2.

Or R(1) = a0 + a1 (1) = a0 + a1 et R(−1) = a0 + a1 (−1) = a0 − a1 ,


 
 A(1) = R(1)  a0 + a1 = 2n + 2 ...(1)
alors =⇒
A(−1) = R(−1) a0 − a1 = (−2)n + 2 ...(2)
 
4 + 2n + (−2)n
(1) + (2) nous donne 2a0 = 4 + 2n + (−2)n =⇒ a0 =
2
1 n n
=⇒ a0 = 2 + (2 + (−2) ).
2
On remplace a0 dans l’équation (1), on obtient
1
a0 + a1 = 2n + 2 =⇒ a1 = 2n + 2 − a0 =⇒ a1 = (2n − (−2)n ).
2
1 n n 1 n n
Donc R(X) = 2 + (2 + (−2) ) + (2 − (−2) )X.
2 2
Exercice 3 :
Déterminons les réels a, b, c tels que le polynôme

P (X) = X 5 − 2X 4 − 6X 3 + aX 2 + bX + c

soit divisible par


Q(X) = (X 2 − 1)(X − 3).

On a Q(X) = 0 =⇒ (X 2 − 1)(X − 3) = 0 =⇒ X 2 − 1 = 0 ou X − 3 = 0
=⇒ X 2 = 1 ou X = 3 =⇒ X = 1 ou X = −1 ou X = 3.

Pour que Q divise P il faut que toutes les racines de Q sont les racines de P, ce qui
donne
P (1) = 0 =⇒ (1)5 − 2(1)4 − 6(1)3 + a(1)2 + b(1) + c =⇒ −7 + a + b + c = 0
P (−1) = 0 =⇒ (−1)5 − 2(−1)4 − 6(−1)3 + a(−1)2 + b(−1) + c =⇒ 3 + a − b + c = 0
P (3) = 0 =⇒ (3)5 − 2(3)4 − 6(3)3 + a(3)2 + b(3) + c =⇒ −81 + 9a + 3b + c = 0.
3.6. CORRIGÉ DE LA SÉRIE D’EXERCICES 67


 −7 + a + b + c = 0 ...(1)



Par suite 3+a−b+C = 0 ...(2)




−81 + 9a + 3b + c = 0 ...(3)

(1) − (2) nous donne −10 + 2b = 0 =⇒ 2b = 10 =⇒ b = 5.
On remplace b dans l’équation (3), on obtient
−81 + 9a + 3(5) + c = 0 =⇒ −66 + 9a + c = 0.

D’autre part, on remplace b dans l’équation (2), on obtient


3 + a − 5 + c = 0 =⇒ −2 + a + c = 0.

 −66 + 9a + c = 0 ...(4)
Ce qui donne
−2 + a + c = 0 ...(5)

(4) − (5) nous donne −64 + 8a = 0 =⇒ 8a = 64 =⇒=⇒ a = 8.


On remplace a et b dans l’équation (1), on obtient
−7 + 8 + 5 + c = 0 =⇒ −7 + 13 + c = 0 =⇒ c = −6.
Donc P (X) = X 5 − 2X 4 − 6X 3 + 8X 2 + 5X − 6.

Exercice 4 :
Montrons que B divise A tes que
A(X) = X 2n+2 − 2X n+1 + 1 et B(X) = (X − 1)2 avec n > 1.
On a B(X) = 0 =⇒ (X − 1)2 = 0 =⇒ X = 1 est une racine double.

Pour que B divise A il faut que 1 soit une racine double de A.


A(1) = (1)2n+2 − 2(1)n+1 + 1 = 2 − 2 = 0
A0 (X) = (2n + 2)X 2n+1 − 2(n + 1)X n =⇒ A0 (1) = (2n + 2)(1)2n+1 − 2(n + 1)(1)n =
2n + 2 − 2n − 2 = 0 =⇒ A0 (1) = 0.

Mais A00 (X) = (2n + 2)(2n + 1)X 2n − (2n + 1)nX n−1


=⇒ A00 (1) = (2n+2)(2n+1)(1)2n −(2n+1)n(1)n−1 = 2n2 +4n+2 =⇒ A00 (1) 6= 0, ∀n > 0.
Donc 1 est une racine double de A, ce qui implique que B divise A.

Exercice 5 :
Déterminons A ∧ B et A ∨ B dans les cas suivants
1) A(X) = X 4 − 1, B(X) = X 3 − 1

X 4 −1 X 3 − 1
X 4 −X X
X −1

X3 −1 X −1
3 2 2
X −X X + X + 1
X2 −1
2
X −X
X −1
X −1
0
68 CHAPITRE 3. POLYNÔMES

A ∧ B = X − 1.

A(X)B(X) (X 4 − 1)(X 3 − 1)
A∨B = =
A∧B X −1
A ∨ B = (X 4 − 1)(X 2 + X + 1).

2) A(X) = X 4 − X 3 − X + 1, B(X) = X 3 + 3X 2 + 3X + 2
X 4 −X 3 −X +1 X 3 + 3X 2 + 3X + 2
4 3 2
X +3X +3X +2X X −4
3 2
−4X −3X −3X +1
3 2
−4X −12X −12X −8
9X 2 +9X +9
X 3 +3X 2 +3X +2 X 2 + X + 1
X 3 +X 2 +X X +2
2
2X +2X +2
2X 2 +2X +2
0
A ∧ B = X 2 + X + 1.

A(X)B(X) (X 4 − X 3 − X + 1)(X 3 + 3X 2 + 3X + 2)
A∨B = =
A∧B X2 + X + 1
A ∨ B = (X 4 − X 3 − X + 1)(X + 2).

3) A(X) = X 3 − 7X 2 + 15X − 9, B(X) = X 2 − 3X + 2


X 3 −7X 2 +15X −9 X 2 − 3X + 2
X 3 −3X 2 +2X X −4
2
−4X +13X −9
−4X 2 +12X −8
X −1
X 2 −3X +2 X − 1
X 2 −X X −2
−2X +2
−2X +2
0
A ∧ B = X − 1.

A(X)B(X) (X 3 − 7X 2 + 15X − 9)(X 2 − 3X + 2)


A∨B = =
A∧B X −1
A ∨ B = (X 3 − 7X 2 + 15X − 9)(X − 2).

Exercice 6 :
Soient P, Q ∈ R[X] tels que
P (X) = X 3 − 1 et Q(X) = (X + 1)3 .
1) Décomposons en éléments simples dans R[X]
1
F (X) = .
P (X)Q(X)
3.6. CORRIGÉ DE LA SÉRIE D’EXERCICES 69

1 1
On a F (X) = =
P (X)Q(X) (X − 1)(X + 1)3
3

X − 1 = (X − 1)(X + X + 1) mais pour le polynôme X 2 + X + 1, ∆ = −3 < 0


3 2

=⇒ X 2 + X + 1 est irreductible dans R[X].


Ce qui donne
1
F (X) =
(X − 1)(X + X + 1)(X + 1)3
2

a bX + c k1 k2 k3
F (X) = + 2 + + 2
+ .
X − 1 X + X + 1 X + 1 (X + 1) (X + 1)3

Calcul de a :

1
(X − 1)F (X) =
(X 2 + X + 1)(X + 1)3
bX + c k1 k2
= a + (X − 1) 2 + (X − 1) + (X − 1)
X +X +1 X +1 (X + 1)2
k3
+(X − 1)
(X + 1)3

1
X = 1 =⇒ a = .
24
Calcul de k3 :

1
(X + 1)3 F (X) =
(X − 1)(X 2 + X + 1)
a bX + c
= (X + 1)3 + (X + 1)3 2 + (X + 1)2 k1 + (X + 1)k2 + k3
X −1 X +X +1

−1
X = −1 =⇒ k3 = .
2
Calcul de k2 :

En dérivant (X + 1)3 F (X), on obtient

 1 0  1 0
=
(X − 1)(X 2 + X + 1) X3 − 1
−3X 2
=
(X 3 − 1)2
h  a bX + c i0
= (X + 1)3 + 2 + 2(X + 1)k1 + k2
X −1 X +X +1

−3
X = −1 =⇒ k2 = .
4
Calcul de k1 :
70 CHAPITRE 3. POLYNÔMES

En dérivant une deuxième fois (X + 1)3 F (X), on obtient


 1 00  1 00
=
(X − 1)(X 2 + X + 1) X3 − 1
 −3X 2 0
=
(X 3 − 1)2
12X 4 + 6X
=
(X 3 − 1)3
h  a bX + c i00
= (X + 1)3 + 2 + 2k1
X −1 X +X +1
−3
X = −1 =⇒ k1 = .
8
Calcul de b :
X
lim XF (X) = lim
X→+∞ X→+∞ (X − 1)(X 2
+ X + 1)(X + 1)3
Xa X(bX + c) Xk1
= lim + lim 2
+ lim
X→+∞ X − 1 X→+∞ (X + X + 1) X→+∞ X + 1

Xk2 Xk3
+ lim 2
+ lim .
X→+∞ (X + 1) X→+∞ (X + 1)3

1 −3 1
Ce qui implique que 0 = a + b + k1 =⇒ b = −a − k1 =⇒ b = − − =⇒ b = .
24 8 3
Calcul de c :
2
F (0) = −1 = −a + c + k1 + k2 + k3 =⇒ c = −1 + a − k1 − k2 − k3 =⇒ c = .
3
Conclusion :
1 X +2 3 3 1
F (X) = + 2
− − 2
− .
24(X − 1) 3(X + X + 1) 8(X + 1) 4(X + 1) 2(X + 1)3
2) Déterminons U et V ∈ R[X] tels que U P + V Q = 1.
0n a U (X 3 − 1) + V (X + 1)3 = 1
(X + 1)3 = (X + 1)(X + 1)2 = (X + 1)(X 2 + 2X + 1) = X 3 + 3X 2 + 3X + 1.
Par suite
X 3 +3X 2 +3X +1 X 3 − 1
X3 −1 1
2
3X +3X +2
(X + 1)3 = (X 3 − 1) + 3X 2 + 3X + 2 =⇒ 3X 2 + 3X + 2 = (X + 1)3 − (X 3 − 1).

X3 −1 3X 2 + 3X + 2
2 1 1
X 3 +X 2 + X −1 X−
3 3 3
2 2
−X − X −1
3
2 2
−X −X −
3
1 1
X −
3 3
3.6. CORRIGÉ DE LA SÉRIE D’EXERCICES 71
1 1 1 1
X 3 − 1 = (3X 2 + 3X + 2) X− + X−
3  3 3 3
3 3 3 1 1 1 1
X − 1 = [(X + 1) − (X − 1)] X − + X−
3 3  3 3
1 1 3 3 3 1 1
X − = (X − 1) − [(X + 1) − (X − 1)] X −
3 3 3 3
1 1 3 3 1
 1 3 1 1
X − = (X − 1) − (X + 1) X− + (X − 1) X −
3 3 3 3 3 3
1 1
3X 2 +3X +2 X−
3 3
3X 2 −3X 9X + 18
6X +2
6X −6
8
1 1
3X 2 + 3X + 2 = X− (9X + 18) + 8
3  3
1 1
8 = (3X 2 + 3X + 2) − X− (9X + 18).
3 3
1 1 3
 1 1 3 1
 1
Or X − = (X − 1) 1 + X − − (X + 1) X−
3 3 3 3 3 3
1 1 3
 1 2 3 1
 1
X − = (X − 1) X + − (X + 1) X− .
3 3 3 3 3 3
Ce qui donne 1
h 2 1 1 i
8 = [(X + 1)3 − (X 3 − 1)] − (X 3 − 1) X + − (X + 1)3 X − (9X + 18)
1 3 23 3  31 1
8 = (X + 1)3 − (X 3 − 1) − (X 3 − 1) X + (9X + 18) + (X + 1)3 X − (9X + 18)
3 3 3 3
8 = (X + 1)3 − (X 3 − 1) − (X 3 − 1)(3X 2 + 12X + 12) + (X + 1)3 (3X 2 + 3X − 6)
8 = (X 3 − 1)(−1 − 3X 2 − 12X − 12) + (X + 1)3 (1 + 3X 2 + 3X − 6)
8 = (X 3 − 1)(−3X 2 − 12X − 13) + (X + 1)3 (3X 2 + 3X − 5)
1 1
Donc 1 = (−3X 2 − 12X − 13)(X 3 − 1) + (3X 2 + 3X − 5)(X + 1)3
8 8
Ainsi U (X 3 − 1) + V (X + 1)3 = 1
−1 1
avec U (X) = (3X 2 + 12X + 13) et V (X) = (3X 2 + 3X − 5).
8 8
Exercice 7 :
1) Trouvons tous les polynômes A, B ∈ R[X] tels que
(X + 1)2 A + (X − 1)2 B = 1.
(X + 1)2 = X 2 + 2X + 1 et (X − 1)2 = X 2 − 2X + 1
X 2 +2X +1 X 2 − 2X + 1
X 2 −2X +1 1
4X

X 2 −2X +1 4X
1 1
X2 X−
4 2
−2X +1
−2X
1
72 CHAPITRE 3. POLYNÔMES

Ce qui donne (X + 1)2 = (X − 1)2 + 4X =⇒ 4X = (X + 1)2 − (X − 1)2


1 1 1 1
(X − 1)2 = 4X X − + 1 =⇒ 1 = (X − 1)2 − 4X X −
4 2 1 4 2
2 2 2 1
1 = (X − 1) − [(X + 1) − (X − 1) ] X −
4 2
2 1 1 2 1 1
 
2
=⇒ 1 = (X − 1) − (X + 1) X− + (X − 1) X−
 −1 4 2h 4 2
2 1 
2
 1 1 i
1 = (X + 1) X+ + (X − 1) 1 + X−
4
 −1 2 4  2
1  1 1 −1 1 1 1
1 = (X + 1)2 X+ + (X − 1)2 X + avec A = X + et B = X + .
4 2 4 2 4 2 4 2
2) Déterminons tous les polynômes P ∈ R[X] tels que P − 1 est un multiple de (X + 1)2
et P +1 est un multiple de (X − 1)2 .
 P − 1 = k1 (X + 1)2 ...(1)
On a
P + 1 = k2 (X − 1)2 ...(2)

−k1 k2
(1) − (2) nous donne −2 = k1 (X + 1)2 − k2 (X − 1)2 =⇒ 1 = (X + 1)2 + (X − 1)2 .
2 2
2 −1 1 2 1 1

Or d’aprés la première question, on a 1 = (X + 1) X+ + (X − 1) X+ .
 4 2 4 2
−k1 k2
 1 = (X + 1)2 + (X − 1)2


2 2

Donc
 −1 1 2 1 1
 
 1 = (X + 1)2

 X+ + (X − 1) X+
4  2 4 2
−k 1
= A


 2

Par identification, on obtient
 k
 2 = B


2
k2 1 1 1
On prend = B =⇒ k2 = 2B =⇒ k2 = 2 X + = X + 1.
2 4 2 2
On remplace k2 dans l’équation (2), on aura
1  1 
P + 1 = k2 (X − 1)2 = X + 1 (X − 1)2 =⇒ P + 1 = X + 1 (X 2 − 2X + 1)
2 2
1 3 3 1 3 3
P + 1 = X − X + 1 =⇒ P = X − X.
2 2 2 2
Exercice 8 :
Factorisons les polynômes suivants dans R[X] puis dans C[X].
1) P1 (X) = X 3 − 4X 2 + 4X − 3
P (3) = 0 =⇒ (X − 3) divise P1 (X)
X 3 −4X 2 +4X −3 X −3
X 3 −3X 2 X2 − X + 1
−X 2 +4X −3
−X 2 +3X
X −3
X −3
0
P1 (X) = (X − 3)(X 2 − X + 1).
Pour le polynôme X 2 − X + 1 =⇒ ∆ = −3 < 0 =⇒ X 2 − X + 1 est irreductible dans
3.6. CORRIGÉ DE LA SÉRIE D’EXERCICES 73

R[X].
Donc la factorisation de P3 sur R[X] donne P1 (X) = (X − 3)(X 2 − X + 1).
Il reste à décompser X 2 − X + 1 dans
√ C[X]. √
2 1+i 3 1−i 3
On a ∆ = −3 = 3i =⇒ X1 = et X2 = .
2√ √2
 1 + i 3  1 − i 3
Par suite X 2 − X + 1 = X − X− , alors la factorisation de P1 dans
2 2
C[X] donne √ √
 1 + i 3  1 − i 3
P1 (X) = (X − 3) X − X− .
2 2
2) P2 (X) = X 3 − 2X 2 − 4X + 8
P (−2) = 0 =⇒ (X + 2) divise P2 (X)

X 3 −2X 2 −4X +8 X +2
3 2 2
X +2X X − 4X + 4
2
−4X −4X +8
−4X 2 −8X
4X +8
4X +8
0

P2 (X) = (X + 2)(X 2 − 4X + 4).


Or X 2 − 4X + 4 = (X − 2)2 .
Donc la factorisation de P2 (X) donne P2 (X) = (X + 2)(X − 2)2 .

3) P3 (X) = (X 2 − 4X + 3)2 + (X − 3)2


P3 (X) = (X 2 − 4X + 3)2 − i2 (X − 3)2
P3 (X) = [(X 2 − 4X + 3) + i(X − 3)][(X 2 − 4X + 3) − i(X − 3)]
P3 (X) = (X 2 + X(−4 + i) + 3 − 3i)(X 2 + X(−4 − i) + 3 + 3i)

Pour le polynôme X 2 + X(−4 + i) + 3 − 3i on a


∆1 = (−4 + i)2 − 4(3 − 3i) = 3 + 4i = 4 − 1 + 4i = (2 + i)2 .
4−i+2+i 4 − i − (2 + i)
Par suite X1 = = 3 et X2 = = 1 − i.
2 2
2
Donc X + X(−4 + i) + 3 − 3i = (X − 3)(X − (1 − i)) = (X − 3)(X − 1 + i).

Comme les coefficients des deux polynômes sont conjugués alors les racines du polynôme
X 2 +X(−4−i)+3+3i sont conjugués aussi alors X 2 +X(−4−i)+3+3i = (X−3)(X−1−i).

Par suite la factorisation de P3 dans C[X] donne P3 (X) = (X − 3)(X − 1 + i)(X − 1 − i).

Pour la factorisation de P3 dans R[X], il suffit de multiplier les polynômes dont les coef-
ficients sont conjugués alors (X − 1 + i)(X − 1 − i) = X 2 − 2X + 2.
Ce qui donne P3 (X) = (X − 3)2 (X 2 − 2X + 2).

Exercice 9 :
Soit P (X) = X 5 + X 4 + 2X 3 + 2X 2 + X + 1.
1) Calculons P GCD(P, P 0 ).
74 CHAPITRE 3. POLYNÔMES

P 0 (X) = 5X 4 + 4X 3 + 6X 2 + 4X + 1

X5 + X4 +2X 3 +2X 2 +X +1 5X 4 + 4X 3 + 6X 2 + 4X + 1
4 6 4 1 1 1
X5 + X4 + X3 + X2 + X X+
5 5 5 5 5 25
1 4 4 3 6 2 4
X + X + X + X +1
5 5 5 5
1 4 4 6 4 1
X + X3 + X2 + X +
5 25 25 25 25
16 3 24 2 16 24
X + X + X +
25 25 25 25
16
Il faut normaliser le reste de la division c’est-à-dire diviser par , on obtient
25
24 24 3 3
X3 + X2 + X + = X3 + X2 + X + .
16 16 2 2
3 3
5X 4 +4X 3 +6X 2 +4X +1 X 3 + X 2 + X +
2 2
15 3 15 7
5X 4 + X 2
+5X + X 5X −
2 2 2
7 3 7
− X +X 2 − X +1
2 2
7 3 21 2 7 21
− X − X − X −
2 4 2 4
25 2 25
X +
4 4
3 3
X 3 + X 2 +X + X2 + 1
2 2
3
X3 +X X+
2
3 2 3
X +
2 2
3 2 3
X +
2 2
0
Donc P GCD(P, P 0 ) = X 2 + 1.

2) Quelles sont les racines multiples de P dans C ?


P (−1) = 0 =⇒ (X + 1) divise P (X).

X 5 + X 4 +2X 3 +2X 2 +X +1 X +1
5 4
X +X X + 2X 2 + 1
4
3 2
2X +2X +X +1
2X 3 +2X 2
X +1
X +1
0

Donc P (X) = (X + 1)(X 4 + 2X 2 + 1).


On pose Z = X 2 =⇒ X 4 + 2X 2 + 1 = Z 2 + 2Z + 1 = (Z + 1)2 , ce qui donne
(X 4 + 2X 2 + 1) = (X 2 + 1)2 .
Par suite P (X) = (X + 1)(X 2 − i2 )2 = (X + 1)(X + i)2 (X − i)2 , alors les racines multiples
3.6. CORRIGÉ DE LA SÉRIE D’EXERCICES 75

de P dans C sont i et − i.

3) Vérifions que (X 2 + 1)2 divise P.


(X 2 + 1)2 divise P (X) car P (X) = (X + 1)(X 2 + 1)2 .

4) Factorisons P dans R[X].


P (X) = (X + 1)(X 2 + 1)2 = (X + 1)(X 4 + 2X 2 + 1).

Exercice 10 :
Efectuons la décomposition en éléments simples dans R[X] des fractions rationnelles
suivantes
X 2 + 2X + 5
1) 2
X − 3X + 2
X 2 +2X +5 X 2 − 3X + 2
X 2 −3x +2 1
5X +3
X 2 + 2X + 5 (X 2 − 3X + 2) + 5X + 3 5X + 3
= = 1 +
X 2 − 3X + 2 X 2 − 3X + 2 X 2 − 3X + 2
5X + 3 5X + 3 k1 k2
= = +
X 2 − 3X + 2 (X − 1)(X − 2) X −1 X −2
Calcul de k1 :
(X − 1)(5X + 3) k1 k2 5X + 3 (X − 1)k2
= (X − 1) + (X − 1) =⇒ = k1 +
(X − 1)(X − 2) X −1 X −2 X −2 X −2
X = 1 =⇒ k1 = −8.

Calcul de k2 :
(X − 2)(5X + 3) k1 k2 5X + 3 (X − 2)k1
= (X − 2) + (X − 2) =⇒ = + k2
(X − 1)(X − 2) X −1 X −2 X −1 X −1
X = 2 =⇒ k2 = 13.
5X + 3 −8 13
Donc = + , par suite
(X − 1)(X − 2) X −1 X −2

X 2 + 2X + 5 8 13
2
=1− + .
X − 3X + 2 X −1 X −2

X2 + 1 a b c
2) = + +
(X − 1)(X − 2)(X − 3) X −1 X −2 X −3
Calcul de a :

(X − 1)(X 2 + 1) (X − 1)a (X − 1)b (X − 1)c


= + +
(X − 1)(X − 2)(X − 3) X −1 X −2 X −3
(X 2 + 1) (X − 1)b (X − 1)c
=a+ +
(X − 2)(X − 3) X −2 X −3
X = 1 =⇒ a = 1.

Calcul de b :

(X − 2)(X 2 + 1) (X − 2)a (X − 2)b (X − 2)c


= + +
(X − 1)(X − 2)(X − 3) X −1 X −2 X −3
76 CHAPITRE 3. POLYNÔMES

(X 2 + 1) (X − 2)a (X − 2)c
= +b+
(X − 1)(X − 3) X −1 X −3
X = 2 =⇒ b = −5.

Calcul de c :

(X − 3)(X 2 + 1) (X − 3)a (X − 3)b (X − 3)c


= + +
(X − 1)(X − 2)(X − 3) X −1 X −2 X −3
2
(X + 1) (X − 3)a (X − 3)c
= + +c
(X − 1)(X − 2) X −1 X −2
X = 3 =⇒ c = 5.
X2 + 1 1 5 5
Donc = − + .
(X − 1)(X − 2)(X − 3) X −1 X −2 X −3
1 k1 k2 k3
3) = + +
X(X − 1)2 X X − 1 (X − 1)2
Calcul de k1 :
X Xk1 Xk2 Xk3
= + +
X(X − 1)2 X X − 1 (X − 1)2
1 Xk2 Xk3
= k 1 + +
(X − 1)2 X − 1 (X − 1)2
X = 0 =⇒ k1 = 1.

Calcul de k3 :
(X − 1)2 (X − 1)2 k1 (X − 1)2 k2 (X − 1)2 k3
= + +
X(X − 1)2 X X −1 (X − 1)2
2
1 (X − 1) k1
= + (X − 1)k2 + k3
X X
X = 1 =⇒ k3 = 1.

Calcul de k2 :

(X − 1)2 1
En dérivant 2
= , on obtient
X(X − 1) X
−1 [2(X − 1)X − (X − 1)2 ]k1
= + k2
X2 X2
X = 1 =⇒ k2 = −1.
1 1 1 1
Donc 2
= − + .
X(X − 1) X X − 1 (X − 1)2
1
4) 4
X + X2 + 1
0n a X 4 + X 2 + 1 = X 4 + X 2 + 1 + (X 2 − X 2 ) = (X 4 + 2X 2 + 1) − X 2 = (X 2 + 1)2 − X 2
X 4 + X 2 + 1 = (X 2 + X + 1)(X 2 − X + 1)
1 1 a1 X + b 1 a2 X + b 2
4 2
= 2 2
= 2 + 2 .
X +X +1 (X + X + 1)(X − X + 1) X +X +1 X −X +1
1
On pose A(X) = 4 et on remarque que
X + X2 + 1
−a1 X + b1 −a2 X + b2 a1 X + b 1 a2 X + b 2
A(−X) = A(X) =⇒ 2 + 2 = 2 + 2 .
X −X +1 X +X +1 X +X +1 X −X +1
Par identification, on obtient a2 = −a1 et b2 = b1 .
3.6. CORRIGÉ DE LA SÉRIE D’EXERCICES 77

1 1 a1 X + b 1 −a1 X + b1
Alors A(X) = = = + .
X4 + X2 + 1 (X 2 + X + 1)(X 2 − X + 1) X2 + X + 1 X2 − X + 1
Calcul de a1 :

X a1 X + b 1 −a1 X + b1
lim XA(X) = lim = lim + lim
X→+∞ X→+∞ (X 2 + X + 1)(X − X + 1) X→+∞ X + X + 1 X→+∞ X 2 − X + 1
2 2

0 = a1 + 0 − a1 , alors on doit d’abord chercher b1 .

Calcul de b1 :
1
X = 0 =⇒ 1 = 2b1 =⇒ b1 =
2
1 a1 + b 1 1 −2a1 + 4b1
X = 1 =⇒ = + (−a1 + b1 ) =⇒ =
3 3 3 3
4b1 − 1 1
=⇒ 1 + 2a1 − 4b1 = 0 =⇒ 2a1 = 4b1 − 1 =⇒ a1 = =⇒ a1 = .
2 2
1 1
Donc a2 = − et b2 = .
2 2
1 X +1 −X + 1
Par suite 4 = + .
X + X2 + 1 2(X 2 + X + 1) 2(X 2 − X + 1)
3X − 1 k1 k2 k3 k4
5) 2 2
= + 2+ +
X (X + 1) X X (X + 1) (X + 1)2
Calcul de k2 :
X 2 (3X − 1) X 2 k1 X 2 k2 X 2 k3 X 2 k4
= + + + .
X 2 (X + 1)2 X X2 (X + 1) (X + 1)2
(3X − 1) X 2 k3 X 2 k4
Ce qui donne = Xk 1 + k 2 + +
(X + 1)2 (X + 1) (X + 1)2
X = 0 =⇒ k2 = −1.

Calcul de k1 :

X 2 (3X − 1)
En dérivant 2 , on obtient
X (X + 1)2
 (3X − 1) 0 −3X + 5 h  k k4 i0
2 3
= = k1 + X +
(X + 1)2 (X + 1)3 (X + 1) (X + 1)2
X = 0 =⇒ k1 = 5.

Calcul de k4 :
(X + 1)2 (3X − 1) 2 k1
h k2 i (X + 1)2 k3 (X + 1)2 k4
= (X + 1) + + + .
X 2 (X + 1)2 X X2 (X + 1) (X + 1)2
3X − 1 2 k1
h k2 i
Ce qui donne = (X + 1) + + (X + 1)k3 + k4
X2 X X2
X = −1 =⇒ k4 = −4.

Calcul de k3 :

(X + 1)2 (3X − 1)
En dérivant , on obtient
X 2 (X + 1)2
 (3X − 1) 0 −3X + 2
= .
X2 X3
78 CHAPITRE 3. POLYNÔMES

−3X + 2 h 2 k1
 k2 i0
Ce qui donne = (X + 1) + + k3
X3 X X2
X = −1 =⇒ k3 = −5.
X −1 k1 k2 k3 aX + b cX + d
6) = + 2+ 3+ 2 + .
X 3 (X 2
+ 1) 2 X X X X + 1 (X 2 + 1)2
Calcul de k3 :

X 3 (X − 1) X 3 k1 X 3 k2 X 3 k3 3 aX + b
h cX + d i
= + + + X + .
X 3 (X 2 + 1)2 X X2 X3 X 2 + 1 (X 2 + 1)2
(X − 1) 2 3 aX + b
h cX + d i
Ce qui donne = X k1 + Xk2 + k3 + X +
(X 2 + 1)2 X 2 + 1 (X 2 + 1)2
X = 0 =⇒ k3 = −1.

Calcul de k2 :

(X − 1)
En dérivant , on obtient
(X 2 + 1)2
 (X − 1) 0 −3X 2 + 4X + 1 h  aX + b cX + d i0
3
= = 2Xk1 + k2 + X +
(X 2 + 1)2 (X 2 + 1)3 X 2 + 1 (X 2 + 1)2
X = 0 =⇒ k2 = 1.

Calcul de k1 :

(X − 1)
En dérivant une deuxième fois, on obtient
(X 2 + 1)2
 (X − 1) 00 12X 3 − 20X 2 − 12X + 4 h  aX + b cX + d i00
3
= = 2k 1 + X +
(X 2 + 1)2 (X + 1)4 X 2 + 1 (X 2 + 1)2
X = 0 =⇒ k1 = 2.

Calcul de c et d :
X −1 
2 2 k1
 k2 k3  (aX + b)
(X 2 + 1)2 3 2 2
= (X + 1) + 2
+ 3
+ (X 2 + 1)2 2
X (X + 1) X X X X +1
(cX + d)
+ (X 2 + 1)2 2
(X + 1)2
X −1 2 2 k1
 k2 k3 
3
= (X + 1) + 2 + 3 + (X 2 + 1)(aX + B) + (cX + d).
X X X X
On a X 2 + 1 = 0 =⇒ X 2 = −1 =⇒ X 2 = i2 =⇒ X= i ou X = −i
i−1 c = −1
X = i =⇒ 3 = ci + d =⇒ −1 − i = ci + d =⇒
i d = −1
Calcul de a :

X(X − 1) Xk1 Xk2 Xk3


lim = lim + lim + lim
X→+∞ X 3 (X 2 + 1)2 X→+∞ X X→+∞ X 2 X→+∞ X 3

X(aX + b) X(cX + d)
+ lim + lim
X→+∞ X2 + 1 X→+∞ (X 2 + 1)2

0 = k1 + a =⇒ a = −k1 =⇒ a = −2.

Calcul de b :
3.6. CORRIGÉ DE LA SÉRIE D’EXERCICES 79

a+b c+d
X = 1 =⇒ 0 = k1 + k2 + k3 + +
2 2
b a c d
= −k1 − k2 − k3 − − − =⇒ b = −1.
2 2 4 4
Conclusion :
X −1 2 1 1 (2X + 1) X +1
= + − − − .
X 3 (X 2 + 1)2 X X2 X3 X2 + 1 (X 2 + 1)2
Exercice 11 :
Soit P (X) = X 4 + 8X 3 + 9X 2 + 5X + 1 et Q(X) = 2X 3 + X 2 + 2X + 1.
1) Vérifions que P admet une unique racine rationnelle α ∈ Q
a
a0 = 1 et a4 = 4, α = telle que a divise a0 et b divise a4 .
b
1 −1 1 −1
On a Da0 = {1, −1} et Da4 = {1, −1, 2, −2, 4, −4} =⇒ α ∈ {1, −1, , , , }.
2 2 4 4
 −1   −1 4  −1 3  −1 2  −1   1
P = +8 +9 +5 + 1 = 0 =⇒ X + divise P (X).
2 2 2 2 2 2
1
4X 4 +8X 3 +9X 2 +5X +1 X+
2
4X 4 +2X 3 4X 3 + 6X 2 + 6X + 2
6X 3 +9X 2 +5X +1
6X 3 +3X 2
6X 2 +5X +1
6X 2 +3X
2X +1
2X +1
0

On pose G(X) = 4X 3 + 6X 2 + 6X + 2.
a
On a a0 = 2 et a3 = 4, α = telle que a divise a0 et b divise a3 .
b
1 −1 1 −1
Da0 = {1, −1, 2, −2} et Da3 = {1, −1, 2, −2, 4, −4} =⇒ α ∈ {1, −1, , , , }.
2 2 4 4
On remarque
 −1 que
 −1  −1 2  −1   −1  1  −1 
 3
G =4 +6 +6 +2=4 +6 +6 +2=0
2 2 2 2 8 4 2
1 
=⇒ X + divise G(X).
2
1
4X 3 +6X 2 +6X +2 X+
2
4X 3 +2X 2 4X 2 + 4X + 4
4X 2 +6X +2
4X 2 +2X
4X +2
4X +2
0
 1  1 2
4X 3 + 6X 2 + 6X + 2 = X + (4X 2 + 4X + 4) = 4 X + (X + X + 1)
2 2
 1 
=⇒ P (X) = X + G(X).
2
80 CHAPITRE 3. POLYNÔMES
 1 2
Donc P (X) = 4 X + (X + X + 1).
2
X 2 + X + 1 = 0 =⇒ ∆ = −3 < 0 =⇒ le polynôme X 2 + X + 1 est irreductible dans R.
1
Donc l’unique racine rationnelle est .
2
2) Calculons la multiplicité de la racine α
 −1   −1 3  −1 2  −1 
0 3 2 0
On a P (X) = 16X +24X +18X +5 =⇒ P = 16 +24 +18 +5
2 2 2 2
0 −1
   −1  1  −1 
P = 16 + 24 + 18 +5=0
2 8 4 2 
 −1 1  −1 
P 00 (X) = 48X 2 + 48X + 18 =⇒ P 00 = 48 + 48 + 18 = 6 6= 0
 −1  2 4 2
=⇒ mult = 2.
2
3) Déterminons P GCD(P, Q) puis P P CM (P, Q)
a
On a Q(X) = 2X 3 + X 2 + 2X + 1 =⇒ a0 = 1 et a3 = 2, α = telle que a divise a0
b
et b divise a3 .
1 −1
Da0 = {1, −1} et Da3 = {1, −1, 2, −2} =⇒ α ∈ {1, −1, , }.
2 2
Par
 −1suite
  −1 3  −1 2  −1   −1   1   −1 
Q =2 + +2 +1=2 + +2 +1=0
2 2 2 2 8 4 2
1 
=⇒ X + divise P (X).
2
Ce qui donne
1
2X 3 +X 2 +2X +1 X+
2
2X 3 +X 2 2X 2 + 2
2X +1
2X +1
0
 1  1 2
Q(X) = X + (2X 2 + 2) = 2 X + (X + 1).
2 2
 1   1 2 2
Donc P GCD(P, Q) = X + , et P P CM (P, Q) = X + (X + 1)(X 2 + X + 1).
2 2
Exercice 12 :
Soient a, b ∈ C avec a 6= 0 et P (X) = X 4 + 4aX + b.

1) Montrons que si z ∈ C est une racine double de P alors z 3 = −a


z est une racine double de P =⇒ P (z) = 0 et P 0 (z) = 0, alors
P 0 (X) = 4X 3 + 4a =⇒ P 0 (z) = 4z 3 + 4a.
−4a
Or P 0 (z) = 0 =⇒ 4z 3 + 4a = 0 =⇒ z 3 = = −a.
4
2) Montrons que si P admet une racine double α alors b3 = 27a3
D’aprés la question (1), on a α est une racine double de P =⇒ α3 = −a =⇒ a = −α3
et P (α) = 0 =⇒ α4 + 4aα + b = 0, on remplace a par −α3 , on obtient
α4 + 4(−α3 )α + b = 0 =⇒ α4 − 4α4 + b = 0 =⇒ −3α4 + b = 0 =⇒ b = 3α4
=⇒ b3 = 27α12 =⇒ b3 = 27(α3 )4 =⇒ b3 = 27(−a)4 =⇒ b3 = 27a4 .

3) En déduire l’ordre de multiplicité de la racine α de P


3.6. CORRIGÉ DE LA SÉRIE D’EXERCICES 81

Calculons P 00 (α), on a P 00 (X) = 12X 2 =⇒ P 00 (α) = 12α2 6= 0 car α3 = −a 6= 0


=⇒ α2 6= 0, donc mult(α) = 2.
Bibliographie

[1] E. Azoulay and J. Avignant, Mathématiques 4. Algèbre. Cours et exercices, Mcgraw-


Hill (1984).
[2] Y. Bensid Cours et exercices, E.S.S.A.T (2018)
[3] H. Brezis, Analyse fonctionnelle, Théorie et applications, Dunod, Paris (1999).
[4] J. Demailly, Analyse numérique et équations différentielles, EDP, Sciences, (2006).
[5] P. Mullhaupt, Introduction A L’Analyse et A la commande des systèmes non linéaires,
Presses Polytechniques Romandes (2009).
[6] L. Todjihounde, Calcul Differentiel, Editions Cépadues (2013).
[7] E. Zeidler, Applied Functional Analysis. Fixed point theorems. Springer Verlag (1986).

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