Histoire et principes des statistiques
Histoire et principes des statistiques
L’avènement de l’informatique dans les années 1940 (aux États-Unis) puis en Europe (dans les années
1960) permit de traiter un plus grand nombre de données, mais surtout de croiser entre elles des séries
de données de types diérents. C’est le développement de ce qu’on appelle l’analyse multidimensionnelle.
Bien que le nom de statistique soit relativement récent1 , cette activité semble exister dès la naissance
Une enquête statistique consiste à observer une certaine population (élèves d’une classe, personnes
des premières structures sociales. D’ailleurs, les premiers textes écrits retrouvés étaient des recensements
âgées de 20 à 60 ans dans une région donnée, familles dans une région donnée, exploitations agricoles,
du bétail, des informations sur son cours, et des contrats divers. On a ainsi trace de recensements en
appartements, travailleurs, ...) et à déterminer la répartition d’un certain caractère statistique (note ob-
Chine au XXIIIe siècle av. J.-C. ou en Égypte au XVIIIe siècle av. J.-C.. Ce système de recueil de don-
tenue, taille, nombre d’enfants, supercie, nombre de pièces, secteur d’activité, ...) dans cette population.
nées se poursuit jusqu’au XVIIe siècle. En Europe, le rôle de collecteur est souvent tenu par des guildes
marchandes puis par les intendants de l’État.
Lorsque le caractère statistique prend un nombre ni raisonnable de valeurs (note, nombre d’enfants,
nombre de pièces, secteur d’activité, ...), le caractère statistique est discret.
Ce n’est qu’au XVIIIe siècle que l’on vit apparaître le rôle prévisionnel des statistiques avec la construc-
tion des premières tables de mortalité.
Lorsque le caractère statistique peut prendre des valeurs multiples (taille, supercie, salaire, ...) le
caractère statistique est considéré comme continu.
La statistique mathématique s’appuya sur les premiers travaux concernant les probabilités développés
par Fermat et Pascal. C’est probablement chez Thomas Bayes que l’on vit apparaître un embryon de
Lorsque le caractère statistique est un nombre (taille, note, nombre d’enfant, ...) on parle de carac-
statistique inférentielle. Condorcet et Laplace parlaient encore de probabilité là où l’on parlerait aujour-
tère quantitatif, quand ce caractère n’est pas chiré (langue parlée, secteur d’activité, couleur, ...) on
d’hui de fréquence. Mais c’est à Adolphe Quételet que l’on doit l’idée que la statistique est une science
parle de caractère qualitatif.
s’appuyant sur les probabilités.
Pour résumer, la statistique est une méthode scientique ayant pour objet la collecte, l’analyse et
Le XIXe siècle vit cette activité prendre son plein essor. Des règles précises sur la collecte et l’inter-
l’interprétation d’un ensemble d’observations chirées relatives à un même phénomène.
prétation des données sont édictées. La première application industrielle des statistiques eut lieu avec le
recensement américain de 1890, qui mit en oeuvre la carte perforée inventée par le statisticien Herman
La population est l’ensemble soumis à une étude statistique.
Hollerith. Celui-ci avait déposé un brevet au bureau américain des brevets.
Le caractère est le trait déterminé, commun à tous les éléments de la population sur laquelle porte
Au XXe siècle, ces applications industrielles se développèrent d’abord aux États-Unis, qui étaient
l’étude.
en avance sur les sciences de gestion, puis seulement après la Première Guerre mondiale en Europe. Le
régime nazi employa des méthodes statistiques à partir de 1934 pour le réarmement. En France, on était
Un caractère est dit quantitatif si son intensité varie et que l’on peut mesurer.
moins au fait de ces applications.
Un caractère quantitatif peut être
L’application industrielle des statistiques en France se développa avec la création de l’INSEE, qui
– discret : lorsqu’il ne prend que certaines valeurs d’un intervalle.
remplaça le Service National des Statistiques créé par René Carmille.
– continu : lorsqu’il peut prendre n’importe quelle valeur réelle dans un intervalle de variation.
9 10
Introduction et vocabulaire
Une série ou distribution statistique est l’ensemble des valeurs du caractère considéré pour une
population.
Un échantillon est une partie de la population qu’on étudie, s’il n’est pas possible d’en étudier chaque
élément.
Chapitre 2
La statistique développe un certain nombre d’outils pour traiter les résultats d’une enquête.
Dans cette première partie du cours, nous nous limiterons à l’étude de la statistique descriptive. Ex1 - note de la classe X : 10, 9, 12, 11, 10, 8, 14 ,11 ,9 ,16 ,5 ,12 ,10 ,11 ,10 ,13
L’objectif de la statistique descriptive est de décrire, c’est-à-dire de résumer ou représenter, par des sta-
tistiques, les données disponibles quand elles sont nombreuses. Ex2 - couleur préférée : bleu, rouge, bleu, bleu, jaune, bleu, rouge, bleu, bleu, jaune, jaune, bleu, jaune.
Il faut alors les trier, par ordre croissant, pour le caractère quantitatif, par genre, pour le caractère
qualitatif.
Notes triées : 5, 8, 9, 9, 10, 10, 10, 10, 11, 11, 11, 12, 12, 13, 14, 16
Couleurs préférées triées : bleu, bleu, bleu, bleu, bleu, bleu, bleu, rouge, rouge, jaune, jaune, jaune,
jaune.
Cette présentation sous forme de liste est peu exploitable, on décide alors de présenter les résultats
de l’enquête sous forme d’un tableau d’eectifs. L’eectif ou fréquence absolue d’une valeur x i est le
nombre ni de fois où cette valeur xi apparaît.
notes xi x1 = 5 x2 = 8 x3 = 9 x4 = 10 x5 = 11 x6 = 12 x7 = 13 x8 = 14 x9 = 16 Total
effectifs ni n1 = 1 n2 = 1 n3 = 2 n4 = 4 n5 = 3 n6 = 2 n7 = 1 n8 = 1 n9 = 1 ntot = 16
Dans ce tableau, par exemple, on voit directement que 3 élèves sur les 16 interrogés ont obtenu un 11.
11 12
Séries statistiques simples (à une dimension) Tabulation Séries statistiques simples (à une dimension) Classes
p
Exemple 2 : couleur xi préférée On a forcément que Np = j=1 nj = n.
Couleurs xi Eectifs ni
La fréquence relative fi de la donnée xi est donnée par
x1 = Bleu n1 = 7
ni
x2 = Rouge n2 = 2 fi =
n
x3 = Jaune n3 = 4
Par conséquent,
Total ntot = 13 p
i=1 fi = f1 + f2 + ... + fp
np
Dans ce tableau, par exemple, on voit directement que 7 personnes sur les 13 questionnées préfèrent = n + n + ... + n
n1 n2
Dans ce tableau, grâce à la fréquence cumulée, par exemple, on voit directement que 25 % des 16 2.2 Classes
étudiants interrogés ont obtenu une note strictement inférieure à 10.
Lorsque les résultats de l’enquête statistique sont trop nombreux pour que la liste triée des valeurs soit
Exemple 2 : couleur xi préférée lisible (supérieur à 20 en général), on préfère perdre de l’information et ranger les données par intervalles
appelés classes. Il faut alors que, dans chaque classe, la répartition des valeurs soit régulière. Sinon, il
Couleurs xi Fréquences (en %) fi Fréq. cumulées (en %) Fi
faut aner et prendre des classes plus petites. Il n’est pas indispensable que les classes soient de même
Bleu 53, 85 53, 85
amplitude, mais il est préférable de ne pas dénir de classes de la forme « plus de ... » qui empêche-
Rouge 15, 38 69, 23
rait alors tout traitement ultérieur (histogramme, moyenne, ...). On compte alors le nombre de fois où
Jaune 30, 77 100
la valeur du caractère tombe dans l’intervalle [xi , xi+1 [, ce nombre est appelé eectif de la classe [xi , xi+1 [.
Total 100
Dans ce tableau, par exemple, on voit directement qu’un peu plus de 50 % de ces 13 personnes pré- Exemple : Répartition des revenus annuels en milliers d’euros dans une population de 4370 personnes.
fèrent le bleu et qu’un peu moins de 70 % préfèrent le bleu ou le rouge. Salaires [0, 8[ [8, 12[ [12, 16[ [16, 20[ [20, 30[ [30, 40[ [40, 60[ Total
Eectifs 306 231 385 1180 1468 568 232 4370
Pour résumer, les p diérentes valeurs ou natures des caractères constituent les p données x 1 , x2 , ... xp .
Fréquences 7, 0 5, 3 8, 8 27, 0 33, 6 13, 0 5, 3 100
Le nombre de fois qu’une donnée xi se présente dans la distribution s’appelle l’eectif (ou répétition, Puisque l’on a estimé que la répartition dans chaque classe était régulière, on peut armer que le mi-
ou fréquence absolue) ni . lieu de la classe est représentatif de la classe. On va donc remplacer les ni individus de la classe [xi , xi+1 [
par ni individus dont le caractère statistique prendrait la valeur m i = xi +x2
i+1
.
L’eectif total n (nombre total de données) est donné par la somme des eectifs ni . On a
p
∑
ni = n1 + n2 + n3 + ... + np−1 + np = ntot = n 2.3 Représentation graphique des séries quantitatives
i=1
13 14
Séries statistiques simples (à une dimension) Représentation graphique des séries quantitatives Séries statistiques simples (à une dimension) Paramètres de position
Fig. 2.1 – Répartition des revenus annuels en milliers d’euros dans une population de 4370 personnes.
Plus généralement, pour un même eectif, si l’amplitude de la classe est deux fois plus grande, la
hauteur du rectangle doit être deux fois plus petite.
15 16
Séries statistiques simples (à une dimension) Paramètres de position Séries statistiques simples (à une dimension) Paramètres de position
Dans d’autres domaines, on va vouloir avoir une description plus ne de la répartition des valeurs, et 2.4.3 Mode
donc calculer d’autres paramètres de position.
Le mode est la valeur du caractère statistique qui apparaît le plus fréquemment.
note xi 5 8 9 10 11 12 13 14 16 Total
2.4.2 Médiane
eectif ni 1 1 4 2 2 4 1 1 1 16
La médiane est la valeur du caractère statistique qui coupe la population en deux populations de
Cette série est dite série bimodale car on voit apparaître deux modes : 9 et 12.
taille égale. Sur le polygone cumulatif, il s’agit de l’abscisse du point dont l’ordonnée, qui est la fréquence
cumulée, vaut 50 %.
Dans le cas d’une variable continue, on peut entendre parler de classe modale qui serait la classe de
plus grand eectif. Mais il faut se méer de cette notion car, plus la classe est de grande amplitude, plus
son eectif est important sans pour autant que cela soit signicatif. Cette notion de classe modale dénie
Cas discret
par les eectifs de la classe n’a de sens que si les classes ont même amplitude. Si les amplitudes sont
On trie les valeurs par ordre croissant. diérentes, il faut aller chercher sur l’histogramme la classe associée au rectangle de plus grande hauteur.
– Si la population comporte n individus et si n est impair alors n = 2p + 1, la médiane sera la (p + 1) e Exemple : Répartition des revenus annuels en milliers d’Euros dans une population de 4370 personnes.
valeur du caractère statistique.
Salaire [0, 8[ [8, 12[ [12, 16[ [16, 20[ [20, 30[ [30, 40[ [40, 60[ Total
Exemple : série de 13 notes : 4, 5, 7, 8, 8, 9, 10, 10, 10, 11,12, 13, 16. Médiane = M = 10 Eectif 306 231 385 1180 1468 568 232 4370
Fréquence (en %) 7, 0 5, 3 8, 8 27, 0 33, 6 13, 0 5, 3 100
– Si la population comporte n individus et si n est pair alors n = 2p, la médiane sera la moyenne Fréquence/Intervalle 0, 875 1, 325 2, 200 6, 750 3, 360 1, 300 0, 265
entre la pe et (p + 1)e valeur du caractère statistique.
L’observation de ce tableau laisse penser que la classe modale serait la classe [20, 30[. Mais une obser-
vation de l’histogramme, et donc de la fréquence divisée par la largeur de l’intervalle, corrige cette idée
Exemple : série de 12 notes : 4, 5, 7, 8, 8, 9, 10, 10, 10, 11, 13, 16. Médiane = M = 9, 5
fausse : La classe modale est la classe [16, 20[.
Cas continu
2.4.4 Quartiles
On utilise le polygone des fréquences cumulées croissantes et le tableau correspondant et on déter-
Les quartiles sont les trois valeurs qui partagent la population en 4 sous-populations de même taille
mine graphiquement ou par interpolation linéaire la valeur M pour laquelle la fréquence de l’intervalle
(25 %). Ces valeurs correspondent donc aux fréquences cumulées de 25 %, 50 % et 75 %.
[valeur min, M ] vaut 50 %.
50−48,1 On détermine le second quartile qui correspond à la médiane. Puis on cherche la médiane de la pre-
Les 50 % sont atteint entre 20 et 30 donc pour une valeur M que l’on estime à 20+10 81,7−48,1 = 20, 56
mière moitié de la population qui correspond au 1er quartile. On cherche la médiane de la seconde moitié
par interpolation linéaire.
de la population qui correspond au troisième quartile.
17 18
Séries statistiques simples (à une dimension) Paramètres de position Séries statistiques simples (à une dimension) Paramètres de position
– Si n = 4p + 3 : Q2 = M = 20, 56.
– Q1 = (p + 1)e valeur.
– Q2 = (2p + 2)e valeur. 75% est atteint dans l’intervalle [20, 30] soit pour une valeur de Q3 obtenue par interpolation linéaire
75−48,1
– Q3 = (3p + 3)e valeur. Q3 = 20 + 10 81,7−48,1 = 28, 00.
Exemple : série de 15 notes 4, 5, 7, 8, 8, 9, 9, 10, 10, 10, 11,11, 12, 13, 16
Q1 = 8 ; Q2 = 10 ; Q3 = 11
2.4.5 Déciles et percentiles
En pratique, on range les valeurs par ordre croissant. Les déciles sont les 9 valeurs qui partagent la population en 10 sous-populations de même taille. Ces
valeurs correspondent donc aux fréquences cumulées de 10 %, 20 %, ... 90 %.
Q1 est la première valeur pour laquelle l’intervalle [x min , Q1] regroupe au moins 25 % de la population.
Q2 est la première valeur pour laquelle l’intervalle [x min , Q2] regroupe au moins 50 % de la population. Par conséquent, les percentiles sont les 99 valeurs qui partagent la population en 100 sous-populations
Q3 est la première valeur pour laquelle l’intervalle [x min , Q3] regroupe au moins 75 % de la population. de même taille. Si la fréquence cumulée est exprimée en pourcents les percentiles sont les valeurs de la
variable correspondant respectivement aux fréquences cumulées.
En reprenant les exemples précédents :
Notons nalement que la médiane correspond au 5e décile et au percentile 50.
Si n = 12 : 25 % de n = 3, puis 50 % de n = 6, puis 75 % de n = 9.
La série de notes est 4, 5, 7, 8, 8, 9, 10, 10, 10, 11, 13, 16
Q1 = 7, Q2 = 9, Q3 = 10
2.4.6 Moyenne
Si n = 13 : 25 % de n = 3, 25, puis 50 % de n = 6, 5, puis 75 % de n = 9, 75 que l’on arrondit à l’entier Il y a plusieurs façon de calculer une moyenne d’un ensemble de nombres. Celle qu’il convient de
retenir dépend de la grandeur physique que représentent ces nombres. Lorsque, dans le langage courant,
19 20
Séries statistiques simples (à une dimension) Paramètres de position Séries statistiques simples (à une dimension) Paramètres de position
on parle de moyenne, on évoque en fait la moyenne arithmétique. Si un train fait un trajet aller-retour entre 2 villes à la vitesse constante v 1 pour l’aller et à la vitesse
constante v2 au retour, la vitesse moyenne du trajet total n’est pas la moyenne arithmétique des 2 vi-
La moyenne est la valeur unique que devraient avoir tous les individus d’une population (ou d’un tesses, mais leur moyenne harmonique.
échantillon) pour que leur total soit inchangé. Dans la plupart des cas, le total formé par les individus
d’une population est la somme de leurs valeurs. La moyenne est alors la moyenne arithmétique. Mais si
le total représenté par une population ou un échantillon n’est pas la somme de leurs valeurs, la moyenne Moyenne géométrique
pertinente ne sera plus la moyenne arithmétique. Si, par exemple, le total d’un ensemble d’individus est
La moyenne géométrique est dénie de la manière suivante :
calculé par l’inverse de la somme des inverses (cas des vitesses d’un ensemble de fractions d’un trajet,
√
par exemple), on doit calculer leur moyenne harmonique. Si, par exemple, le total d’un ensemble d’indi- n
∏
vidus est le produit de leurs valeurs, il convient de calculer leur moyenne géométrique. On rencontre, en x̄g =
n
xi
physique, de multiples moyennes : La capacité moyenne d’un ensemble de condensateurs en série est la i=1
moyenne harmonique de leurs capacités. On peut illustrer la moyenne géométrique avec les deux cas suivants :
– Si l’ination d’un pays est de 5 % la première année et de 15 % la suivante, l’augmentation moyenne
La moyenne ne peut donc se concevoir que pour une variable quantitative. On ne peut pas faire le des prix se calcule grâce à la moyenne géométrique des coecients multiplicateurs 1,05 et 1,15 soit
total des valeurs d’une variable qualitative. une augmentation moyenne de 9,88 % et non grâce à la moyenne arithmétique 10 %.
– Le carré (c’est-à-dire le rectangle moyen à deux cotés égaux) qui a même surface (le total considéré
De manière générale, la moyenne n’est pas forcément une manière pertinente de représenter les don- ici) qu’un rectangle de cotés 3 et 7 a pour coté la moyenne géométrique des deux cotés du rectangle
√
nées. On peut, par exemple, lui préférer la valeur médiane qui représente la valeur à laquelle 50 % 2
3.7 = 4, 58.
des valeurs observées sont inférieures. La médiane n’est pas (sauf exception ou hasard) équivalente à la
moyenne arithmétique de l’ensemble.
Moyenne quadratique
Exemple : Si un rectangle a pour côtés 3 et 7, le carré (c’est-à-dire le rectangle moyen) qui a même
Cas de la série statistique discrète triée mais non regroupée
diagonale (le total considéré ici) que ce rectangle, a pour côté la moyenne quadratique de 3 et 7, c’est-à-
1∑
n
dire 5,385.
µ = x̄ = xi
n i=1
Cas de la série statistique discrète regroupée
Moyenne pondérée
p ∑p
ni xi La moyenne pondérée est utilisée, par exemple, en géométrie pour localiser le barycentre d’un poly-
µ = x̄ = i=1
p = fi xi
i=1 n i i=1 gone, en physique pour déterminer le centre de gravité ou en statistique et probabilité pour calculer une
Cas de la série continue (les mi sont les milieux de classes) espérance. On la calcule ainsi :
p p
n
∑ w i xi
i=1 ni mi x̄w = i=1
µ = x̄ = p = fi m i n
i=1 ni i=1 wi
i=1
Dans le cas général le poids wi représente l’inuence de l’élément xi par rapport aux autres.
Moyenne harmonique
La moyenne harmonique est dénie de la manière suivante : A noter qu’il s’agit ici de la moyenne pondérée arithmétique.
n
x̄h = n 1
i=1 xi
21 22
Séries statistiques simples (à une dimension) Paramètres de position Séries statistiques simples (à une dimension) Paramètres de dispersion
∫ = ax̄ + b
1 b
f¯[a,b] = f (x) dx
b−a a Cette propriété est utile pour changer d’unité : si on connaît une moyenne de température en degré
Cette notion généralise celle de moyenne d’un nombre ni de réels en l’appliquant à un nombre in- Fahrenheit, il est inutile de convertir toutes les valeurs en degrés Celsius pour calculer la moyenne
ni de valeurs prises par une fonction intégrable. Elle sert par exemple dans la décomposition en série en degrés Celsius, il sut de ne convertir que la moyenne.
de Fourier d’une fonction périodique : c’est la composante constante. En traitement du signal, pour les
signaux périodiques, il s’agit de la composante continue. Il est aussi intéressant, pour limiter la taille des nombres, de partir d’un moyenne estimée M est et
de calculer la moyenne des x′i = xi − Mest . Dans ce cas, x̄ = Mest + x̄′
Notons que lorsque la fonction est périodique de période T , elle a la même valeur moyenne sur toute
période [a, a + T ]. Cette valeur commune est appelée valeur moyenne de la fonction. Ainsi la fonction
cosinus est de moyenne nulle, son carré de moyenne 1/2.
2.5 Paramètres de dispersion
2.5.1 Intervalle de variation
2.4.7 Propriétés de la moyenne
L’intervalle de variation représente l’écart entre les extrema. Il s’agit donc de la diérence entre la
1. Soit x′i = xi − x̄, l’écart entre la donnée xi et la moyenne x̄. On a
valeur maximum et minimum des valeurs.
p
∑
x′i = 0
i=1
2.5.2 Intervalle interquartile
En eet,
p ′
i=1 xi = (x1 − x̄) + (x2 − x̄) + ... + (xp − x̄) L’intervalle interquartile contient la moitié centrale des observations. Il s’agit donc de la diérence
= (x1 + x2 + ... + xp ) − nx̄ entre la valeur du 1er et du 3eme quartile.
= nx̄ − nx̄
= 0
2. La somme des carrés des écarts des données xi par rapport à la moyenne x̄ est minimum. On a
2.5.3 Dérivation moyenne
p
∑ La dérivation moyenne D.M. est égale à la moyenne des valeurs absolues des écarts à la moyenne. On
(xi − x̄)2 est minimum a
i=1
n
1∑
En eet, avec r ∈ R\{x̄}, D.M. = |xi − x̄|
n i=1
p p
i=1 (xi − r)2 = (xi − x̄ + x̄ − r)2 Pour une série distribuée en p fréquences, on a
p i=1
= i=1 ((xi − x̄) + (x̄ − r))
2
p p
= ((x − x̄) 2
+ 2(x − x̄)(x̄ − r) + (x̄ − r)2 ) f |x −
pi i
x̄|
p i=1 i
p
i
p D.M. = i=1
= i=1 (xi − x̄) + 2(x̄ − r) i=1 (xi − x̄) + (x̄ − r) i=1 1 i=1 fi
2 2
p
= i=1 (xi − x̄) + 0 + (x̄ − r) p
2 2
=
p 2.5.4 Variance
i=1 (xi − x̄) + p(x̄ − r)
2 2
p
i=1 (xi − x̄)
2
> La variance représente la moyenne de la somme des carrés des écarts à la moyenne.
3. La moyenne est stable par transformation ane. C’est-à-dire si x ′i = axi + b, si x̄ est la moyenne 1. Pour une population, on utilise
de la série {xi } alors la moyenne de la série {x′i } est x̄′ = ax̄ + b.
23 24
Séries statistiques simples (à une dimension) Paramètres de dispersion Séries statistiques simples (à une dimension) Paramètres de dispersion
p
1∑
n
f (x − x̄)2 2.5.6 Propriétés de la variance
σ2 = (xi − x̄)2 = pi i
i=1
n i=1 i=1 fi 1. L’écart-type σ est toujours positif.
2. Pour un échantillon, on utilise
σ2 = n i (xi − x̄)
1 2
n p = | n1 | i |xi − x̄|2
1 ∑ f (x − x̄)2
s2 = (xi − x̄)2 = p i i
i=1
≥ 0
n − 1 i=1 i=1 fi − 1
– Exemple : On souhaite étudier un caractère relatif à tous les belges mais on n’étudie qu’une partie ⇒σ≥0
de la population belge, c’est-à-dire un échantillon.
2. Soit x′i = axi + b. Donc, x̄ = ax̄ + b. Dès lors, on a
′
– Exemple : L’orsqu’on eectue des mesures en chimie, les n mesures répétées ne sont qu’un échan-
tillon de l’innité des mesures possibles. ′
σ ′2 = 1
(x − x̄′ )2
n i i
= 1
n i (axi + b − ax̄ − b)
2
Remarquons que pour n susamment grand, on peut faire l’approximation σ 2 ≈ s2 . = 1
n i (ax i − ax̄) 2
= a2 n1 i (xi − x̄)2
2.5.5 Ecart-type et déviation standart = 2 2
a σ
La variance présente le désavantage d’avoir les dimensions des données élevées au carré, c’est pourquoi ⇒ σ ′ = aσ
on utilise l’écart-type qui est la racine carrée de la variance.
√ 3. Théorème de König-Huyghens :
1. Pour une population : σ = σ 1
√
2. Pour un échantillon : s2 = s2 et dans ce cas, on appelle plutôt s la déviation standart. σ2 = 1
i (xi − x̄)
2
n
= 1
i (xi − 2x̄xi + x̄ )
2 2
n 2
= 1
n
2 2
i xi − n x̄ i xi + n
1
i x̄
Remarquons que, dans le cas d’une distribution normale (gaussienne), 2
= 1
n x
i i − 2x̄( 1
n x
i i ) + 1
n nx̄
2
– 50% des valeurs sont comprises dans l’intervalle x̄ ± 23 σ
= 1
n i xi − 2x̄x̄ + x̄
2 2
– 68,27% des valeurs sont comprises dans l’intervalle x̄ ± σ 2
= 1
n i xi − x̄
2
– 95,45% des valeurs sont comprises dans l’intervalle x̄ ± 2σ
– 99,75% des valeurs sont comprises dans l’intervalle x̄ ± 3σ
⇒ σ2 = 1
n i x2i − x̄2
25 26
Séries statistiques à deux dimensions Ajustement d’une droite à des données
corrélés. S’ils semblent dessiner une courbe, on cherchera à déterminer la nature de la courbe en procédant
à un ajustement.
Chapitre 3
3.1 Introduction
Fig. 3.1 – Diagramme de dispersion.
Il arrive fréquemment que l’on observe conjointement deux caractères statistiques pour déterminer s’il
existe une corrélation entre les deux. Par exemple,
Par exemple, pour une relation linéaire y = ax + b, deux paramètres a et b sont nécessaires. Pour une
– entre la vitesse et la température d’une réaction chimique,
relation quadratique y = ax2 + bx + c, trois paramètres a, b et c sont nécessaires, etc. On peut déterminer
– entre la longueur et la période d’un pendule,
ces paramètres en choisissant des points sur la courbe (autant de points qu’on a de paramètres).
– entre la pression, la température et le volume d’un gaz, etc.
Le problème de cette méthode est que des observateurs diérents obtiendront des courbes diérentes
On exprime cette relation sous forme mathématique à l’aide d’une équation reliant les variables.
et donc des paramètres diérents. Pour mettre tout le monde d’accord, on a recherché une méthode
rigoureuse permettant de déterminer la « meilleure courbe d’ajustement » aux données.
Pour chaque individu, on relève la valeur de deux caractères x et y. On obtient alors une liste de
couples de nombres (x1 , y1 ), (x2 , y2 ), (x3 , y3 ), ... (xi , yi ), ... (xn , yn ) que l’on peut présenter sous forme
Il s’agit de la méthode des moindres carrés.
d’un tableau.
27 28
Séries statistiques à deux dimensions Ajustement d’une droite à des données Séries statistiques à deux dimensions Ajustement d’une droite à des données
De même, on a que
di = yi − f (xi )
⇔ di = yi − axi − b
⇔ d2i = (yi − axi − b)2
⇔ d2 = yi2 + a2 x2i + b2 − 2axi yi − 2byi + 2abxi
i 2 2 2
⇔ d = i yi + a
2
i xi + nb − 2a
2
i xi yi − 2b i yi + 2ab xi
i i2 i
⇔ i di = a2 i x2i + 2(b i xi − i xi yi )a + ( i yi2 + nb2 − 2b i yi
2
⇔ i di = α ′ a2 + β ′ a + γ ′
qui doit être minimum. Comme la dérivée en un extrémum est nulle, on va rechercher la valeur de a
pour laquelle
d( i d2i )
= 2α′ a + β ′ = 0
da
On a donc que
2 i x2i a + 2(b i xi − i xi yi ) = P
0 P
2(b i xi − i xi yi )
⇔ a = − 2
P 2
x P i Pi
xi yi −b i xi
⇔ a = i P 2
i xi
⇔ a 2
i xi = xi yi − (ȳ − ax̄) i xi
i
⇔ a i x2i − ax̄ i xi = x i y i − ȳ xi
i i
⇔ a n1 ( i x2i − x̄ i xi ) = n(
1
i xi yi − ȳ i xi )
Fig. 3.2 – On cherche à minimiser l’écart quadratique vertical entre les points et la droite. 2
⇔ a( n i xi − x̄2 )
1
= 1
n i xi yi − x̄ȳ
⇔ aσx2 = n
1
i xi yi − x̄ȳ
di = yi − f (xi )
Or, la quantité n( xi yi ) − x̄ȳ = Cov(x, y) = σxy est appellée covariance de x et de y. On a en
1
⇔ di = yi − axi − b i
⇔ d2i = (yi − axi − b)2 réalité
⇔ d2i = yi2 + a2 x2i + b2 − 2axi yi − 2byi + 2abxi σxy = 1
n i (xi − x̄)(yi − ȳ)
2 2 2
= = 1
(x y − x̄ i yi − ȳ i xi + x̄ȳ)
i yi + a x + nb2 − 2a i xi yi − 2b i yi + 2ab i xi
2 i i
⇔ d n
i
i i2 i i = i xi + nx̄ȳ
1 1 1
⇔ d = nb2 + 2(a i xi − i yi )b + ( i yi2 + a2 i x2i − 2a i xi yi ) n i xi yi − x̄ n i yi − ȳ n
i i2
⇔ = αb2 + βb + γ = 1
i xi yi − x̄ȳ − ȳ x̄ + x̄ȳ
i di
n
= 1
n i xi yi − x̄ȳ
qui doit être minimum. Comme la dérivée en un extréma est nulle, on va rechercher la valeur de b
Dès lors, on peut dire que
pour laquelle σxy σxy
d( i d2i ) a= et b = ȳ − x̄
= 2αb + β = 0 σx2 σx2
db
La droite de régression dy/x de y par rapport à x aura donc comme équation
On a donc que
2nb + 2(a i xi − i yi ) = 0 P σxy σxy
P y= x − ȳ − 2 x̄
⇔ b = −
2(a i xi − i yi ) σx2 σx
2n
⇔ b = n1 i yi − a n1 i xi
⇔ b = ȳ − ax̄
On peut, par un procédé analogue, construire la droite de régression d x/y ≡ x = a′ y + b′ de x par
rapport à y. Dans ce cas, on cherchera à minimiser les distances horizontales d ′i = xi − (a′ yi + b′ ).
29 30
Séries statistiques à deux dimensions Corrélation linéaire Séries statistiques à deux dimensions Corrélation linéaire
La droite de régression dx/y de x par rapport à y aura donc comme équation 3.3.1 Parfaite corrélation
σxy σxy Les droites dy/x et dx/y sont confondues.
x = 2 y − x̄ − 2 ȳ
σy σy
b′
dy/x ≡ y = ax + b est confondue avec dx/y ≡ y = 1
a′ x − a′ . Elles ont donc la même pente
1
Pour résumer : a = ′ ⇔ aa′ = 1
σxy a
dy/x ≡ y = σx2 (x − x̄) + ȳ ′
σxy et la même ordonnée à l’origine b = − ab ′ .
dx/y ≡ x = σy2 (y − ȳ) + x̄
σxy = 1
n i (xi − x̄)(yi − ȳ) = 1
n i xi yi − x̄ȳ Par exemple, soit x le rayon d’un cercle et y sa circonférence. On a dy/x ≡ y = 2πx et dx/y ≡ x = 1
2π y
qui sont confondues. On vérie bien que aa′ = 2π 2π 1
= 1.
3.2.2 Propriété des droites de régression
Soient les droites de régression dy/x et dx/y . Quel est leur point d’intersection ?
3.3.2 Indépendance
Pour répondre à cette question, il convient de résoudre le système Les droites dy/x et dx/y sont perpendiculaires.
{
y = ax + b
dy/x ≡ y = b est perpendiculaire à dx/y ≡ x = b′ . Ce qui signie que
x = a ′ y + b′
σxy = 0
On a y = a(a′ y + b′ ) + b
Par exemple, soit x les points obtenus en jettant un dé et y les points obtenus en jettant un autre dé.
⇔ y − aa′ y = ab′ + b Ces deux variables sont indépendantes l’une de l’autre et il n’existe pas de relation entre elles.
⇔ y(1 − aa′ ) = a(x̄ − a′ ȳ) + ȳ − ax̄
⇔ y(1 − aa′ ) = ȳ − aa′ ȳ + ax̄ − ax̄
⇔ y(1 − aa′ ) = ȳ(1 − aa′ ) 3.3.3 Corrélation partielle
⇔ y = ȳ
Une mesure de la corrélation est obtenue par le calcul du coecient de corrélation linéaire r. Ce co-
De même, x = a′ (ax + b) + b′ ecient est égal au rapport de leur covariance et du produit non nul de leurs écarts types. Le coecient
de corrélation r est compris entre -1 et 1.
⇔ x − aa′ x = a ′ b + b′
⇔ x(1 − aa′ ) = a′ (ȳ − ax̄) + x̄ − a′ ȳ
Il s’agit, plus simplement, de la moyenne géométrique des coecients a et a′ des deux droites de
⇔ x(1 − aa′ ) = x̄ − aa′ x̄ + a′ ȳ − a′ ȳ
régression dy/x et dx/y
⇔ x(1 − aa′ ) = x̄(1 − aa′ )
⇔ x = x̄
On a
√
Dès lors, on peut conclure que le point d’intersection des deux droites de régression est le point de coor- σ
r = ± aa′ = ± σxxy
σy
données (x̄, ȳ). – Le signe de r est positif si a et a′ sont tous les deux positifs.
– Le signe de r est négatif si a et a′ sont tous les deux positifs.
– La covariance seule détermine le signe de a, a′ et r : σx et σy étant toujours positifs.
dy/x ∩ dx/y = {(x̄, ȳ)}
On admet généralement qu’un ajustement entre des données x et y est valable lorsque
3.3 Corrélation linéaire 0, 7 ≤ |r| ≤ 1
En statistique, étudier la corrélation entre deux ou plusieurs variables aléatoires ou statistiques, c’est Si |r| < 0, 7, on déduit qu’il n’existe pas de rapport de dépendance entre les deux séries de mesures x et
étudier l’intensité de la liaison qui peut exister entre ces variables. Donc, il vient naturellement la question : y.
sous quelle conditions est-il justié d’ajuster une droite à des données ?
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Séries statistiques à deux dimensions Corrélation linéaire Séries statistiques à deux dimensions Ajustement d’une courbe à des données
y = aX + b
ln y = ln b + a ln x ⇒ Y = aX + B
Remarquons qu’à la place du ln, nous aurions pu utiliser le log. Cependant, il est très simple de passer
de l’un à l’autre en considérant la propriété
ln x
loga x =
ln a
où loga x est le logarithme en base 10 de x. (notation : log 10 = log)
Remarquons aussi qu’à la place de l’exponentielle e, nous aurions pu utiliser les puissances de 10. Ici
aussi, on peu considérer la propriété ax = ex ln a . (Exemple : 10x = ex ln 10 )
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Séries statistiques à deux dimensions Ajustement d’une courbe à des données
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