Institutions de santé et missions publiques
Institutions de santé et missions publiques
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[228] SECTION 1
Les établissements de santé
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d’accréditation comme c’était le cas auparavant 5.
De même, ils doivent procéder à une évaluation régulière de la satis-
faction des patients, portant notamment sur les conditions d’accueil et
de séjour 6. En outre dans chaque établissement de santé, est constituée
une commission des relations avec les usagers et de la qualité de la prise
en charge afin de veiller au respect des droits des usagers et de contribuer
à l’amélioration de l’accueil des personnes malades et de leurs proches
ainsi que de la prise en charge 7. Les établissements de santé doivent
faciliter l’intervention des associations de bénévoles qui peuvent appor-
ter un soutien aux personnes accueillies dans l’établissement. Ces asso-
ciations doivent conclure avec les établissements une convention déter-
minant les modalités de leur intervention 8.
Enfin les établissements de santé sont soumis à des normes tech-
niques de fonctionnement 9. Ils sont également soumis au contrôle des
services de l’agence régionale de santé et de l’inspection générale des
affaires sociales 10.
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devait non seulement dispenser des soins mais également aménager les
conditions de séjour des malades. Ainsi participait au service public hos-
pitalier une société de droit privé qui propose la location de téléviseurs
aux personnes hospitalisées 3.
En outre il devait explicitement participer aux « actions de médecine
préventive et d’éducation pour la santé », à l’aide médicale urgente et à
la lutte contre l’exclusion sociale. Il lui incombait également d’assurer
les soins dispensés aux détenus en milieu pénitentiaire et, si nécessaire,
en milieu hospitalier. Les établissements du service public hospitalier
devaient organiser la délivrance de soins palliatifs 4. Ils étaient les seuls
à pouvoir comporter des unités participant au service d’aide médicale
urgente (SAMU) en vertu de l’article L. 6112-5.
Certains principes fondamentaux du service public ont été déclinés
avec une solennité particulière pour le service public hospitalier. Tout
d’abord le principe d’égalité. Les établissements assurant le service
public hospitalier devaient garantir « l’égal accès de tous aux soins qu’ils
dispensent » et être « ouverts à toutes les personnes dont l’état requiert
leur service » 5. Ils ne pouvaient « établir aucune discrimination entre les
malades en ce qui concerne les soins. » Dans le cadre des programmes
régionaux pour l’accès à la prévention et aux soins, les établissements
du service public hospitalier devaient mettre « en place des permanences
d’accès aux soins de santé, […] adaptées aux personnes en situation
de précarité, visant à faciliter leur accès au système de santé, et à les
accompagner dans les démarches nécessaires à la reconnaissance de
leurs droits » 6.
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conditions d’existence vers des structures prenant en compte la précarité
de leur situation » 2.
La notion de service public hospitalier a été supprimée par la loi
HPST. Le code de la santé publique distingue désormais des « missions
de service public » susceptibles d’être assurées indistinctement par les
établissements de santé publics, privés ou privés d’intérêt collectif. De
surcroît, la législation précise que les établissements peuvent exercer « en
tout ou partie, une ou plusieurs » missions de service public. Alors que
le service public hospitalier reposait sur le principe d’un bloc de compé-
tences et d’établissements, par principe totalement dédiés au service
public, la nouvelle législation permet d’attribuer à « l’unité » ces missions
à tous les établissements. Au cours de la discussion de la loi HPST, un
amendement visant à limiter la dévolution de missions de service public
à des établissements privés aux cas d’impossibilité de les exercer dans le
cadre des établissements publics ou des établissements privés d’intérêt
collectif a été explicitement rejeté par le Parlement.
Les missions de service public sont explicitées par l’article L. 6112-1
CSP. Il s’agit de la permanence des soins, de la prise en charge des
soins palliatifs, de l’enseignement universitaire et post-universitaire, de
la recherche, du développement professionnel continu des praticiens hos-
pitaliers et non hospitaliers, de la formation initiale et du développement
professionnel continu des autres professions de santé, des actions d’édu-
cation et de prévention pour la santé, de l’aide médicale d’urgence, de
la lutte contre l’exclusion sociale, des actions de santé publique, de la
prise en charge de certaines personnes faisant l’objet de soins psychia-
triques, des soins dispensés aux détenus, des soins dispensés aux étran-
gers retenus en application du code de l’entrée et du séjour des étrangers
et du droit d’asile et enfin des soins dispensés aux personnes retenues
dans les centres socio-médico-judiciaires de sûreté.
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l’agence régionale de santé désigne la ou les personnes qui doivent la
prendre en charge.
Des obligations particulières pèsent sur les établissements ou per-
sonnes auxquels ont été confiées des missions de service public. Ces
structures doivent garantir « à tout patient accueilli dans le cadre de ces
missions » l’égal accès à des soins de qualité, la permanence d’accueil et
de la prise en charge, ou l’orientation vers un autre établissement ou
une autre institution et, enfin, le respect des tarifs fixés par l’autorité
administrative ou des tarifs des honoraires prévus au 1° du I de l’article
L. 162-14-1 CSS 2.
On peut s’interroger sur la qualification des missions ne relevant pas
des catégories énumérées à l’article L. 6112-1, qui sont exercées dans des
établissements publics ou dans les établissements de santé privés d’inté-
rêt collectif (ESPIC). Elles recouvrent, en effet, l’essentiel des activités
de soins et pourraient, dans une acception restrictive mais littérale du
texte de la loi HPST, ne plus être regardées comme des activités de
service public alors même qu’elles poursuivraient un objectif de santé
publique et seraient exercées par des fonctionnaires hospitaliers ou des
agents publics dans des établissements publics de santé 3. La jurispru-
dence ne devrait pas manquer de trancher cette question de principe au
cours des prochaines années.
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mental, régional, interrégional ou national. Avant la loi HPST, le code
de la santé publique ne faisait pas état du ressort territorial de l’établisse-
ment public de santé et se bornait à les qualifier d’établissements publics
communaux, intercommunaux, départementaux, interdépartementaux
ou nationaux. L’évolution sémantique est significative de la volonté de
substituer à une collectivité de rattachement une délimitation territo-
riale. En outre, la loi HPST introduit le ressort régional dans la typolo-
gie et supprime la notion d’établissement à caractère interdépartemental.
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A / Le projet d’établissement
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service public assurées par l’établissement et précise les objectifs quanti-
fiés des activités de soins et des équipements matériels lourds pour les-
quels une autorisation a été délivrée et en définit les conditions de mise
en œuvre.
Ce contrat est conclu par le directeur de l’établissement après
concertation avec le directoire 2. Il peut être résilié par l’agence régionale
de santé en cas de manquement grave de l’établissement à ses obliga-
tions contractuelles 3.
[233] 3. L’ORGANISATION
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de leurs collectivités parmi lesquels le maire de la commune siège de
l’établissement principal ou son représentant et le président du conseil
général ou son représentant, des représentants du personnel médical et
non médical dont un représentant élu parmi les membres de la commis-
sion des soins infirmiers, de rééducation et médico-techniques, ainsi que
des personnalités qualifiées dont deux représentants des usagers.
Le conseil de surveillance élit son président parmi les membres
représentant les collectivités territoriales ou parmi les personnalités
qualifiées.
Outre le directeur général de l’agence régionale de santé, participent
aux séances du conseil avec voix consultative le vice-président du direc-
toire, le directeur de la caisse d’assurance maladie chargée de verser les
dotations annuelles des régimes d’assurance maladie à l’établissement,
et, le cas échéant, le représentant de la structure chargée de la réflexion
éthique, le directeur de l’unité de formation et de recherche médicale ou
le président du comité de coordination de l’enseignement médical dans
les centres hospitaliers universitaires et un représentant des familles de
personnes accueillies dans les établissements délivrant des soins de
longue durée ou gérant un établissement d’hébergement pour per-
sonnes âgées.
Les attributions du conseil de surveillance sont énumérées à l’article
L. 6143-1 CSP. Le conseil se prononce sur la stratégie et exerce le
contrôle permanent de la gestion de l’établissement. Il délibère sur :
— le projet d’établissement ;
— la convention constitutive des centres hospitaliers universitaires
et les conventions liées aux activités universitaires et de recherche ;
— le compte financier et l’affectation des résultats ;
— toute mesure relative à la participation de l’établissement à une
communauté hospitalière de territoire ainsi que tout projet tendant à la
fusion avec un ou plusieurs établissements publics de santé ;
— le rapport annuel sur l’activité de l’établissement ;
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de 18 ans, les baux emphytéotiques, les contrats de partenariat ainsi que
sur le règlement intérieur de l’établissement.
Le conseil de surveillance entend le directeur sur l’état des prévisions
de recettes de dépenses ainsi que sur le programme d’investissement.
Le contrôle des délibérations du conseil de surveillance est assuré
par le directeur général de l’agence régionale de santé dans les condi-
tions prévues par l’article L. 6143-4 CSP. Certaines délibérations sont
exécutoires de droit dès leur réception à l’agence régionale de santé,
d’autre peuvent faire l’objet d’une opposition dans un délai de deux
mois. Le directeur de l’agence régionale de santé peut déférer au tribunal
administratif les délibérations qu’il estime illégales dans les deux mois
suivant leur réception. Le recours peut être assorti d’une demande de
sursis à exécution.
[235] B / Le directeur
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d’urgence, dans l’attente d’une mesure de suspension de l’intéressé prise
par l’autorité compétente, d’exclure un praticien du service des gardes
et astreintes 3. Enfin, le directeur exerce le pouvoir de police générale
dans l’établissement public 4.
Le directeur est nommé pour les centres hospitaliers universitaires
et pour les centres hospitaliers régionaux par décret. Pour les autres
établissements, la nomination est prononcée par arrêté du directeur
général du Centre national de gestion sur une liste comportant au moins
trois noms de candidats proposés par le directeur général de l’agence
régionale de santé après avis du président du conseil de surveillance.
[236] C / Le directoire
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d’objectifs et de moyens, la politique d’amélioration continue de la qua-
lité et de la sécurité des soins, les conditions d’accueil et de prise en
charge des usagers, le bilan social et les modalités d’une politique d’inté-
ressement, le programme d’investissement, l’état des prévisions de
recettes de dépenses, le plan global de financement pluriannuel et les
propositions de tarifs de prestations, le compte financier, l’organisation
interne de l’établissement et les contrats de pôle d’activité, les proposi-
tions de participation à des formes de coopération, le règlement intérieur
de l’établissement, les délégations de service public ou le plan de redres-
sement présenté à l’agence régionale de santé.
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tion des questions soumises au conseil de surveillance, les conditions et
l’organisation du travail dans l’établissement, notamment les pro-
grammes de modernisation des méthodes et techniques de travail et leurs
incidences sur la situation du personnel, la politique générale de forma-
tion du personnel, notamment le plan de formation, ainsi que sur les
critères de répartition de la prime de service, de la prime forfaitaire
technique et de la prime de technicité.
Par ailleurs, le comité doit régulièrement être tenu informé de la
situation budgétaire (recettes et dépenses de l’établissement) et des effec-
tifs prévisionnels et réels de l’établissement.
[240] c) Le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail
(CHSCT). — Les établissements publics de santé qui comptent au
moins cinquante agents doivent obligatoirement disposer d’un comité
d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) en vertu de
l’article L. 4611-1 C. tr. rendu applicable aux établissements publics de
santé par l’article L. 4111-1 du même code 2. Les règles de fonctionne-
ment du CHSCT sont fixées par le code du travail. Le CHSCT a pour
mission de contribuer à la protection de la santé et à la sécurité des
agents dans leur travail.
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[242] 4. L’ORGANISATION DES SOINS
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hospitalo-universitaires.
Les chefs de pôle sont nommés par le directeur sur présentation
d’une liste élaborée par le président de la CME pour les pôles d’activité
clinique ou médico-technique. En cas de désaccord, le directeur peut
demander une nouvelle liste. En cas de nouveau désaccord, il nomme
les chefs de pôle de son choix. Le mandat des chefs de pôle est renouve-
lable. Pour les pôles hospitalo-universitaires, les listes sont établies
conjointement par le président de la CME et le directeur de l’unité de
formation et de recherche médicale ou le président du comité de coordi-
nation de l’enseignement médical.
1. No 2005-406.
2. No 2005-1112.
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selon une nomenclature établie par référence au plan comptable général
et qui comporte trois niveaux : les titres qui constituent le niveau de
présentation synthétique, les chapitres qui représentent le niveau de pré-
sentation détaillée, et les comptes d’exécution 4.
En cas de carence du directeur de l’établissement, le directeur de
l’agence régionale de santé peut, après mise en demeure non exécutée
au terme d’un délai de trente jours, procéder au mandatement d’office
d’une dépense ou à l’émission d’office d’un titre de recettes, dans le
cadre de l’état prévisionnel des recettes et des dépenses, ou de déci-
sions modificatives 5.
1. No 62-1587.
2. D. Peljak, Le droit budgétaire des établissements publics de santé, op. cit.
3. Art. R. 6145-2 CSP.
4. Art. R. 6145-3 CSP.
5. Art. R. 6145-42 CSP.
6. Art. L. 6143-1 CSP.
256 Les institutions
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[246] C / Le régime comptable
1. Art. R. 6147-15.
2. Art. L. 6143-4 CSP.
3. Art. L. 6145-8 CSP.
4. Art. R. 6145-54 CSP.
5. Art. L. 6145-8 CSP.
6. Art. R. 1113-2 CSP.
7. I. Sainsaulieu, L’hôpital et ses acteurs, appartenances et égalité, Belin, 2007.
8. T. Lauret et S Rivet, Les médecins à l’hôpital public, statuts et carrières, Berger-Levrault, 2009.
Les institutions de prévention et de soins 257
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fonction publique. Ils sont en principe praticiens hospitaliers, exerçant
à temps plein ou à temps partiel, et constituent des agents publics non
fonctionnaires, nommés et titularisés sur un emploi, et non dans un
grade comme les fonctionnaires 1. Ils peuvent également exercer avec le
statut d’attaché des hôpitaux ou être recrutés dans un cadre
contractuel 2.
[249] a) Les personnels enseignants et hospitaliers. — Dans le cadre des
principes de la réforme de 1958 visant à instituer des praticiens hospita-
liers à temps plein et à créer une organisation hospitalo-universitaire, un
statut de personnels médicaux « bi-appartenants », c’est-à-dire exerçant
à l’hôpital public et à l’université, a été créé. Ces personnels sont chargés
de fonctions d’enseignement et de recherche à l’Université et concomi-
tamment d’activités hospitalières. Ils perçoivent à ce titre une double
rémunération, l’une d’enseignant universitaire et l’autre de praticien hos-
pitalier. Ils peuvent être titulaires ou non. Leur statut est régi par le
décret du 24 février 1984 3 qui a été modifié à de multiples reprises.
Les agents titulaires sont répartis en deux grandes catégories corres-
pondant à deux corps distincts : les professeurs des universités-praticiens
hospitaliers et les maîtres de conférences des universités-praticiens hos-
pitaliers.
Les agents non titulaires se répartissent également en deux catégo-
ries correspondant à deux corps distincts. Les chefs de clinique des uni-
versités-assistants des hôpitaux exercent leurs fonctions dans les disci-
plines cliniques et les assistants hospitaliers universitaires dans les
disciplines biologiques.
[250] b) Les praticiens hospitaliers. — Les praticiens hospitaliers consti-
tuent une catégorie d’agents titulaires exerçant leurs fonctions dans les
établissements publics de santé 4. En réalité, derrière l’apparente unicité
statutaire figurant au 1° de l’article L. 6152-1 depuis l’abrogation de
1. Art. L. 6152-1 CSP.
2. Art. L. 6152-1 CSP.
3. No 84-135.
4. Art. L. 6152-1 CSP.
258 Les institutions
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et consacrent la totalité de leur activité professionnelle à l’hôpital (dix
demi-journées hebdomadaires). Ils sont recrutés par un concours natio-
nal par discipline et par spécialité et nommés par arrêté du ministre
chargé de la Santé.
Ainsi un cadre juridique unique régit désormais l’emploi des prati-
ciens hospitaliers à temps plein, quels que soient leur discipline ou leur
spécialité mais aussi leur établissement de rattachement. Ce statut
public, également applicable aux personnels « bi-appartenants », pré-
sente la particularité d’autoriser l’exercice d’une activité libérale au sein
même de l’établissement où exerce le praticien 2. Cette activité peut com-
prendre des « consultations, des actes et des soins en hospitalisation » 3.
Elle ne doit pas excéder 20 % de la durée de service hospitalier hebdoma-
daire à laquelle est astreint le praticien. Elle doit faire l’objet d’un
contrat conclu avec l’établissement public de santé sur la base d’un
contrat type d’activité libérale établi par voie réglementaire 4.
Les praticiens hospitaliers à temps partiel sont dans une situation
beaucoup plus précaire. À la suite des ordonnances de 1958, la place
des médecins à temps partiel a été très fortement réduite. Alors qu’ils
représentaient l’immense majorité du corps médical hospitalier avant
la réforme, ils n’ont plus aujourd’hui qu’une place marginale dans les
établissements publics de santé, même si les perspectives de la démogra-
phie médicale pourraient à l’avenir inciter à accroître leur proportion.
Leur statut est régi par les dispositions des articles R. 6152-201 à
R. 6152-277. Ils exercent leurs activités dans les mêmes établissements
que les praticiens hospitaliers à temps plein.
[251] c) Les assistants des hôpitaux. — Les assistants des hôpitaux sont
des praticiens exerçant des fonctions temporaires dans les établissements
publics de santé. Leur statut est régi par les dispositions des articles
R. 6152-501 à R. 6152-550. Les assistants des hôpitaux sont en principe
1. Art. 61-I.
2. Art. L. 6154-1 CSP.
3. Art. L. 6154-2 CSP.
4. Art. L. 6154-4 CSP.
Les institutions de prévention et de soins 259
recrutés pour une durée initiale soit d’un an, soit de deux ans, renouve-
lable par période d’un an, à concurrence d’une durée totale de six ans 1.
Ils ont vocation à être employés par les hôpitaux non universitaires ou
dans les services de biologie et de pharmacie des CHU.
[252] d) Les praticiens attachés. — Les praticiens attachés sont des pro-
fessionnels exerçant à titre libéral, qui effectuent des activités de soins à
l’hôpital sous forme de vacation. Leur statut est défini par les articles
R. 6152-601 à R. 6152-635. Ils sont recrutés par le directeur de l’établis-
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sement sur proposition du responsable de la structure prévue pour leur
affectation 2. Le nombre de vacations est lié aux besoins du service. Ils
sont nommés par contrat d’une durée maximale d’un an, renouvelable
dans la limite d’une durée totale de vingt-quatre mois. Au-delà, le renou-
vellement s’effectue par un contrat de trois ans 3.
[253] e) Les praticiens contractuels. — La loi du 31 juillet 1991 4 a auto-
risé les établissements publics de santé à recruter des praticiens contrac-
tuels afin d’introduire de la souplesse dans la gestion du personnel hos-
pitalier et de faciliter les recrutements sur des postes vacants. Les
praticiens contractuels sont régis par les articles R. 6152-401 à R. 6152-
421. Ils peuvent exercer leurs fonctions à temps plein ou à temps partiel.
Leur recrutement n’est possible que dans quatre hypothèses définies par
l’article R. 6152-402, notamment en cas de surcroît occasionnel d’acti-
vité, de remplacement de praticiens hospitaliers, ou lorsqu’il s’avère
impossible d’assurer un recrutement de praticien hospitalier. Le contrat
de recrutement est un contrat administratif 5.
Un statut de praticiens adjoints contractuels, médecins ou pharma-
ciens, a en outre été défini par le décret du 6 mars 1995 6. Les praticiens
adjoints contractuels exercent leurs fonctions à temps plein ou à temps
partiel, dans un ou plusieurs services du même établissement de santé,
ou, « dans l’intérêt du service », dans plusieurs établissements publics de
santé. Leur contrat de recrutement a un caractère administratif 7.
La loi HPST a de plus autorisé le recrutement de médecins, d’odon-
tologistes et de pharmaciens par contrat « sur des emplois présentant
une difficulté particulière à être pourvus » et les a dénommés « clini-
ciens hospitaliers » 8.
1. Art. R. 6152-511 CSP.
2. Art. R. 6152-609 CSP.
3. Art. R. 6152-610 CSP.
4. No 91-748.
5. Art. R. 6152-412 CSP.
6. No 95-569.
7. Art. 15 du décret du 6 mars 1995.
8. Art. L. 6152-1 CSP.
260 Les institutions
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légal fixé par la loi du 9 janvier 1986 1, qui est le titre IV du statut de la
fonction publique. Ces agents sont également soumis aux dispositions
plus générales de la loi du 13 juillet 1983 2, c’est-à-dire au titre I du
statut général des fonctionnaires. Ce cadre a permis une certaine harmo-
nisation des conditions d’emploi des agents hospitaliers non médicaux
tout en reconnaissant la diversité et la multiplicité des activités profes-
sionnelles exercées. La fonction publique hospitalière compte plus de
700 000 agents et plus de cent métiers.
Ce statut s’applique non seulement aux personnels des établisse-
ments publics de santé mais également à ceux des maisons de retraite
publiques, de la plupart des établissements publics pour mineurs ou
adultes handicapés ou inadaptés et des établissements publics relevant
des services départementaux de l’aide sociale à l’enfance 3. Ainsi les
agents des établissements publics de santé ont la qualité de fonctionnaire
et sont, par conséquent, placés dans une situation légale et réglemen-
taire. Ils sont nommés par un acte unilatéral de l’administration. La
fonction publique hospitalière est organisée et hiérarchisée sur le même
modèle que la fonction publique d’État et la fonction publique territo-
riale. Elle comporte trois catégories (A, B, C) correspondant à des
niveaux de responsabilité et de recrutement.
Au sein de chaque catégorie, les fonctionnaires hospitaliers se répar-
tissent en corps réunissant l’ensemble des grades relevant d’un même
statut particulier 4. Le grade est le « titre qui confère à son titulaire voca-
tion à occuper l’un des emplois qui lui correspondent » 5. De plus,
comme les autres fonctions publiques, la fonction publique hospitalière
obéit au principe de séparation du grade et de l’emploi. Le fonctionnaire
hospitalier est nommé et titularisé au sein des établissements limitative-
ment énumérés à l’article 2 de la loi de 1986.
1. No 86-33.
2. No 83-634.
3. Art. 2 de la loi du 9 janv. 1986.
4. Art. 13 de la loi du 13 juill. 1983.
5. Art. 12 de la loi du 13 juill. 1983.
Les institutions de prévention et de soins 261
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à la vacance d’un emploi qui ne peut être immédiatement pourvu par
un fonctionnaire hospitalier, pour exercer des fonctions occasionnelles
d’une durée au plus égale à un an, pour occuper un emploi à temps
partiel inférieur à un mi-temps ou lorsque la nature des fonctions ou les
besoins du service le justifient. Les contractuels sont des agents de droit
public qui relèvent en cas de contentieux des juridictions administratives,
quel que soit l’emploi occupé 1.
En outre, les hôpitaux emploient des agents stagiaires, c’est-à-dire
des agents qui ont vocation à devenir fonctionnaires mais qui en applica-
tion des dispositions statutaires, effectuent une période de stage d’une
durée variable selon le corps 2.
Enfin, des emplois de responsabilité élevée, dits « fonctionnels », sont
soumis à des règles particulières. Le décret du 2 août 2005 3 a modifié le
statut des emplois fonctionnels, augmenté le nombre d’emplois concernés
et amélioré leur rémunération. Ces emplois peuvent être occupés par des
personnels de direction appartenant à la hors-classe de leur corps et des
fonctionnaires d’autres corps, inscrits sur une liste nationale d’aptitude. Ils
sont pourvus par arrêté du directeur général du Centre national de gestion.
Certains emplois de direction font l’objet d’un statut encore plus
exceptionnel. Ils peuvent, en particulier, être confiés à des non-fonction-
naires par dérogation aux règles de l’article 2 du statut général de la
fonction publique 4. Leur liste limitative est fixée par l’article 3 de la loi
du 9 janvier 1986.
[255] a) Les droits et obligations des fonctionnaires hospitaliers. — Le
mode de recrutement est, sauf dérogation prévue par la loi, le concours 5.
Les fonctionnaires hospitaliers peuvent être recrutés sans concours, en
application de la législation sur les emplois réservés, lors de la constitu-
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service minimum doit impérativement être assuré. Le droit syndical est
régi par les articles 96 à 98 de la loi du 9 janvier 1986.
Les fonctionnaires hospitaliers sont, à l’instar des autres fonction-
naires, soumis à l’obligation d’obéissance hiérarchique, à l’obligation de
réserve et de discrétion professionnelle, à l’obligation de désintéresse-
ment et à l’interdiction de cumul d’activités.
Les positions statutaires applicables aux agents de la fonction
publique hospitalière sont traditionnelles : activité, détachement, hors-
cadres, disponibilité, accomplissement du service national ou d’activités
dans la réserve opérationnelle, congé parental 2. Les règles régissant la
notation, l’avancement et le reclassement pour raisons de santé sont
fixées aux articles 65 à 76 de la loi du 9 janvier 1986. Les fonctionnaires
ont droit à rémunération après service fait par référence au classement
et à l’échelon indiciaire du grade de l’agent dans son corps. La rémuné-
ration comprend le traitement et les indemnités diverses 3.
Les éléments relatifs à la discipline sont fixés aux articles 81 à 84 de
la loi. Quant aux conditions de cessation de fonction et de pertes
d’emploi elles résultent des articles 85 à 95.
[256] b) Les instances de gestion de la fonction publique hospitalière. —
Comme dans les deux autres fonctions publiques, siège au niveau natio-
nal un conseil supérieur : le Conseil supérieur de la fonction publique
hospitalière 4. Le conseil est obligatoirement saisi pour avis des textes
d’ordre législatif ou réglementaire relatifs à la situation des personnels.
Il peut être saisi de toute question relative à la fonction publique hospi-
talière. La commission des recours du Conseil supérieur de la fonction
publique hospitalière peut être saisie par tout fonctionnaire hospitalier
auquel une sanction disciplinaire a été infligée.
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est consulté sur « les problèmes spécifiques de ses personnels » 2.
[257] La fonction publique hospitalière présente certaines particularités.
D’abord parce que les fonctionnaires hospitaliers, s’ils relèvent d’un
statut unique, sont employés par des établissements publics locaux. Il en
résulte que les fonctionnaires hospitaliers sont nommés par le directeur
de chaque établissement. Ils sont par ailleurs soumis à des contraintes
propres aux activités de soins et missions de service public de leurs éta-
blissements. Les règles traditionnelles de la fonction publique sont ainsi
renforcées, par exemple en matière de secret professionnel, lorsqu’est en
cause le secret médical. De même les obligations de désintéressement et
de probité sont accrues par des dispositions spécifiques. Aux termes de
l’article L. 331-4 CASF, les agents hospitaliers ne peuvent par exemple
recevoir de dons des personnes hébergées dans les établissements
médico-sociaux que dans les conditions fixées à l’article 909 C. civ. 3.
En outre, des conditions spéciales d’aptitude physique peuvent être
imposées aux fonctionnaires hospitaliers en raison des risques liés à leur
activité. Ils sont en particulier soumis à une obligation de vaccination contre
la grippe, l’hépatite B, la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite et la grippe
lorsque leurs fonctions les exposent à des risques de contamination 4.
Enfin la durée du travail des fonctionnaires hospitaliers est définie
selon des modalités précises prenant en compte l’organisation particu-
lière du travail à l’hôpital et la nécessité de continuité du service public.
Deux ordonnances du 26 mars 1982 5 en ont précisé les modalités. En
outre les mesures de réduction du temps de travail ont été adaptées
aux spécificités de la fonction publique hospitalière par deux décrets du
4 janvier 2002 6 et du 12 septembre 2002 7. Contrepartie des sujétions
1. Art. 17 à 22 de la loi du 9 janv. 1986 et décret du 18 juill. 2003 no 2003-655.
2. Art. 25 de la loi du 9 janv. 1986.
3. CE, 2 déc. 1991, 87748.
4. Art. L. 3111-4 CSP.
5. No 82-272 relative à la durée hebdomadaire du travail et no 82-298 relative au travail à temps partiel.
6. No 2002-9.
7. No 2002-1162.
264 Les institutions
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exercées « soit sont séparables de l’exercice de la souveraineté, soit ne
comportent aucune participation directe ou indirecte à l’exercice de pré-
rogatives de puissance publique de l’État ou des autres collectivités
publiques ». De plus, le principe d’équivalence des diplômes européens
s’applique à la fonction publique hospitalière en application des décrets
du 20 juin et du 19 décembre 2001 2.
1. No 91-715.
2. No 2001-532 et 2001-1208 ; voir également Cour de justice des Communautés européennes,
9 sept. 2003, C 285/01, Isabel Burbaud contre ministère de l’Emploi et de la Solidarité.
3. CE, Assemblée, 23 oct. 1998, Électricité de France, 160246, p. 365, concl. Arrighi de Casanova.
4. CE, section, 19 oct. 1956, société Le Béton, p. 375, concl. Long.
Les institutions de prévention et de soins 265
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dont ils sont chargés ou en vue de la réalisation d’une opération d’intérêt
général relevant de leur compétence.
Un bien immobilier appartenant à un établissement public de santé
ou à une structure de coopération sanitaire dotée de la personnalité
morale publique peut également faire l’objet d’un bail emphytéotique
en vue de la réalisation d’une opération répondant aux besoins d’un
autre établissement public de santé avec lequel ils conduisent une action
de coopération.
Préalablement à la conclusion d’un de ces baux, l’établissement
public de santé ou, le cas échéant, la structure de coopération sanitaire
dotée de la personnalité morale publique, doit définir dans un pro-
gramme fonctionnel les besoins que le preneur à bail doit s’engager à
satisfaire.
Lorsqu’ils concernent les missions prévues à l’article L. 6111-1 CSP,
ces baux doivent être conformes aux objectifs du schéma régional
d’organisation des soins 2. De plus, en application de l’article L. 6148-
5-3 CSP, ces baux doivent, à peine de nullité, comporter des clauses
portant sur :
— leur durée, strictement adaptée à l’objet du contrat ;
— la transparence et les règles de contrôle relatives aux modalités
et aux éléments de calcul de l’assiette de la rémunération de l’emphyté-
ote et leur évolution, en distinguant l’investissement, le fonctionnement
et le coût financier ;
— le montage financier et les garanties financières prévues ;
— le contrôle de la qualité et le lien entre cette qualité et la rémuné-
ration du cocontractant, ainsi que les conditions d’application d’éven-
tuelles sanctions ;
— les modalités de contrôle des opérations ;
— les moyens d’assurer la continuité du service.
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publiques ou privées par les personnes morales de droit public, pour
répondre à leurs besoins en matière de travaux, de fournitures ou de
services.
Les marchés publics de travaux ont pour objet la réalisation de tous
travaux de bâtiment ou de génie civil à la demande d’une personne
publique exerçant la maîtrise d’ouvrage. Les marchés publics de fourni-
tures ont pour objet l’achat, la prise en crédit-bail, la location ou la
location-vente de produits ou matériels.
Les marchés publics de services ont pour objet la réalisation de pres-
tations de services.
Quel que soit leur montant, les marchés publics sont subordonnés
au respect des trois principes fondamentaux suivants 2 :
— le principe de liberté d’accès à la commande publique ;
— le principe d’égalité de traitement des candidats ;
— le principe de transparence des procédures.
Ces principes visent, tout en responsabilisant les acheteurs publics,
à assurer l’efficacité de la commande publique et la bonne utilisation
des deniers publics. Pour ce faire, ils exigent une définition préalable et
précise des besoins de l’acheteur public, le respect des obligations de
publicité et de mise en concurrence ainsi que le choix de l’offre économi-
quement la plus avantageuse.
Le code des marchés publics impose aux acheteurs publics certaines
procédures de passation en fonction notamment du montant prévision-
nel des besoins à satisfaire 3.
Afin d’assurer le respect du principe de liberté d’accès à la com-
mande publique et une mise en concurrence effective, le code des mar-
chés encadre également les formalités de publicité des marchés 4. Ces
formalités sont considérées par la jurisprudence administrative comme
une formalité substantielle dont l’omission entache le marché de nullité.
1. Art. 2 CM.
2. Art. 1er CM.
3. Art. 26 CMP.
4. Art. 39 et 40 CMP.
Les institutions de prévention et de soins 267
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publics et d’assurer un partage des risques.
Les contrats de partenariat sont des contrats administratifs par les-
quels la personne publique 2 confie à un tiers, après publicité et mise
en concurrence, pour une période déterminée en fonction de la durée
d’amortissement des investissements ou des modalités de financement
retenues, une mission globale ayant pour objet la construction ou la
transformation, l’entretien, la maintenance, l’exploitation ou la gestion
d’ouvrages, d’équipements ou de biens immatériels nécessaires au service
public ainsi que tout ou partie de leur financement à l’exception de
toute participation en capital. Le cocontractant de la personne publique
assure la maîtrise d’ouvrage des travaux à réaliser. En outre, il peut se
voir confier tout ou partie de la conception des ouvrages.
La rémunération du cocontractant fait l’objet d’un paiement par la
personne publique pendant toute la durée du contrat. Elle est liée à des
objectifs de performance assignés au cocontractant. La passation de ces
contrats est soumise aux mêmes principes fondamentaux que ceux appli-
cables en matière de marchés publics (principe de liberté d’accès à la
commande publique, principe d’égalité de traitement des candidats,
transparence et objectivité des procédures). La passation du contrat est
ainsi subordonnée au respect des obligations de publicité et de mise en
concurrence ainsi qu’au choix de l’offre économiquement la plus
avantageuse.
1. No 2004-559.
2. Art. 1er de l’ordonnance pour l’État et ses établissements publics et art. L. 1414-1 CGCT pour
celles-ci et leurs établissements publics.
268 Les institutions
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tractant, notamment en ce qui concerne la qualité des prestations de
services, la qualité des ouvrages et équipements, les conditions dans les-
quelles ils sont mis à la disposition de la personne publique et, le cas
échéant, leur niveau de fréquentation, la rémunération du
cocontractant…
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Enfin, les établissements de santé privés doivent disposer d’un
comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail 2, d’un comité
de lutte contre les infections nosocomiales et d’une équipe opération-
nelle d’hygiène hospitalière 3, d’un comité du médicament et des disposi-
tifs médicaux stériles 4 ainsi que d’une commission des relations avec les
usagers et de la qualité de la prise en charge 5, à l’instar des établisse-
ments publics.
En ce qui concerne l’organisation des activités pharmaceutiques au
sein des établissements de santé privés, la législation les autorise à dispo-
ser d’une ou plusieurs pharmacies à usage intérieur, dont l’activité est
en principe limitée à leurs malades 6. Les pharmacies à usage intérieur
des établissements de santé privés sont soumises aux mêmes conditions
d’ouverture et de fonctionnement que celles des pharmacies des établis-
sements publics de santé 7. Dans les établissements de santé privés, la
gérance d’une pharmacie à usage intérieur est assurée par un pharma-
cien salarié, qui est lié à l’établissement par un contrat de gérance
conforme à un contrat type fixé par arrêté du ministre chargé de la
Santé, après avis du conseil national de l’ordre des pharmaciens 8.
Jusqu’à la loi du 18 décembre 2003 9, les établissements de santé
privés relevaient de deux systèmes de financement distincts selon qu’ils
participaient ou non au service public hospitalier. Les hôpitaux privés
participant au service public étaient soumis au régime de la dotation
globale tandis que les établissements à but lucratif relevaient d’un sys-
tème de tarification à la journée et de forfaits liés aux actes réalisés. Ce
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comptabilités distinctes permettant d’identifier les recettes des dépenses
relatives aux activités réalisées dans les unités de soins de longue durée
ou dans les services des établissements sociaux ou médico-sociaux lors-
qu’ils exercent de telles activités 2.
Depuis la loi du 31 décembre 1970, des liens étroits avaient été éta-
blis entre certains établissements privés et le service public hospitalier.
Les établissements de santé privés avaient en effet la possibilité de parti-
ciper au service public. Cette participation imposait à l’établissement de
respecter les obligations du service public hospitalier mais ne lui confé-
rait pas de prérogatives de puissance publique.
Les établissements de santé privés assurant l’exécution du service
public hospitalier étaient assimilés aux établissements publics de santé
en ce qui concerne l’accès des assurés sociaux et des bénéficiaires de
l’aide sociale. Néanmoins les rapports des malades comme du personnel
avec ces établissements restaient régis par le droit privé et relevaient de
la compétence des tribunaux judiciaires.
La participation à l’exécution du service hospitalier n’était ouverte
qu’aux établissements de santé privés à but non lucratif, et sur leur
demande ou sur celle de la personne morale dont ils dépendaient. La
décision d’admission à participer au service public était prise par le
directeur de l’agence régionale de l’hospitalisation territorialement com-
pétente. Tout refus d’admission devait être motivé. En outre, pour être
admis à participer à l’exécution du service public, les établissements
devaient répondre à des conditions d’organisation et de fonctionnement
fixées par décret. L’autorité sanitaire pouvait mettre fin à cette participa-
tion, soit à la demande de l’établissement, soit d’office après mise en
demeure si l’établissement n’était plus en mesure d’exécuter correcte-
ment ses obligations, s’il ne respectait pas ses engagements ou s’il ne
remplissait plus les conditions légales ou réglementaires.
Le régime des établissements de santé privés participant à l’exécu-
tion du service public hospitalier était semblable à celui des établisse-
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ments publics de santé en ce qui concerne leur régime financier, l’obliga-
tion d’adopter un projet d’établissement et la nécessité de comporter
une commission médicale élue par les praticiens.
Ce régime juridique spécifique a été abrogé par la loi HPST qui a
supprimé, en droit positif, la notion de service public hospitalier. Toute-
fois, au cours de la discussion parlementaire, a été introduite une nou-
velle catégorie d’établissements : les établissements de santé privés
d’intérêt collectif (ESPIC) 1. Le code qualifie d’ESPIC les centres de lutte
contre le cancer et les établissements de santés privés gérés par des orga-
nismes sans but lucratif qui en font la déclaration auprès de l’agence
régionale de santé. Ces établissements doivent respecter à l’égard des
patients et pour l’ensemble de leurs missions les obligations d’égalité
d’accès et de continuité des soins prévues par l’article L. 6112-3 pour
les missions de service public assumé par les établissements de santé. Ils
doivent en outre appliquer aux assurés sociaux des tarifs fixés en appli-
cation des articles L. 162-20 et L. 162-26 CSS. Un régime analogue a
d’ailleurs été établi par l’article 124 de la loi HPST pour le secteur social
et médico-social. Peuvent ainsi être qualifiées d’établissements et services
sociaux et médico-sociaux privés d’intérêt collectif (ESSMSIC) des
structures qui exercent leurs missions dans un but non lucratif et dont
la gestion est désintéressée mais aussi, curieusement, les établissements
commerciaux ayant conclu une convention d’aide sociale.
Les établissements de santé privés à but non lucratif sont gérés prin-
cipalement par des associations, des congrégations religieuses, des fon-
dations ou des mutuelles. Les centres de lutte contre le cancer consti-
tuent également des établissements de santé de droit privé. Cette
solution a été dégagée par le Tribunal des conflits 2, puis consacrée par
le législateur 3. Ces établissements relèvent d’un régime juridique spéci-
fique. La liste des centres de lutte contre le cancer est fixée par le ministre
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Si le code de la santé publique distingue expressément les établisse-
ments de santé privés à but lucratif des établissements de santé sans
but lucratif, il n’en précise pas pour autant les critères d’identification.
Toutefois le Conseil d’État dans un avis de sa section sociale en date du
12 janvier 1985 3 a précisé que la catégorie des établissements à but non
lucratif exclut « non seulement les établissements qui, à raison du statut
de la personne morale dont ils dépendent, sont par nature des établisse-
ments à but lucratif, mais également ceux qui, bien que constitués sous
forme d’association ou sous toute autre forme de personne morale à
caractère non lucratif, se livrent, en fait, à des activités lucratives ».
La plupart des établissements de santé privés à but lucratif sont
gérés par des sociétés commerciales (société en nom collectif, société en
commandite simple, société anonyme, société anonyme à responsabilité
limitée…) au terme de montages de plus en plus sophistiqués. En outre,
les médecins libéraux intervenant dans ces établissements peuvent se
regrouper en fonction d’une ou plusieurs disciplines, sous forme de
sociétés civiles. Enfin une nouvelle forme d’organisation des établisse-
ments de santé privés à but lucratif se développe ces dernières années
sous forme de chaînes d’établissements, qui sont actuellement les princi-
paux acteurs de la restructuration du secteur des cliniques.
Les établissements de santé à but lucratif pouvaient, sous le régime
antérieur à la loi HPST, assurer le service public hospitalier sous la
forme d’une concession, qui constituait un contrat administratif conclu
entre le représentant légal de l’établissement de santé et l’État, représenté
par le directeur de l’agence régionale de l’hospitalisation territorialement
compétente. Cette concession pouvait porter sur tout ou partie de l’acti-
vité de l’établissement. L’établissement de santé devait, quant à lui, satis-
faire aux obligations de service public imposées aux établissements de
santé. À l’instar des établissements publics de santé, l’établissement
devait également recevoir les bénéficiaires de l’aide sociale. Une autre
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[265] 4 | Les coopérations hospitalières
1. No 70-1318.
2. No 91-748.
3. No 99-641.
4. No 2002-303.
274 Les institutions
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ou simplement fonctionnelles lorsqu’il s’agit de mettre en commun des
activités sans instituer une nouvelle structure. Il est à noter que dans
certains cas, les coopérations hospitalières ne sont pas seulement des
facultés d’ordre contractuel mais font l’objet d’une obligation juridique.
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rêt public 1.
1. Art. 23.
2. No 82-610.
3. No 87-571.
4. No 88-1034.
5. CE, avis du 15 oct. 1985, 338 385 ; TC, 14 févr. 2000, 3170, p. 748.
6. CE, Section sociale, avis du 1er août 1995, 358047.
276 Les institutions
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[269] 4. LES GROUPEMENTS D’INTÉRÊT ÉCONOMIQUE
1. No 67-821.
2. No 89-377.
3. Cf. avis du CE précité du 1er août 1995, 358047.
4. 2137/85.
Les institutions de prévention et de soins 277
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velle forme de coopération organique créée par l’ordonnance du 24 avril
1996 portant réforme de l’hospitalisation publique et privée. L’ordon-
nance du 4 septembre 2003 1 et le décret du 26 décembre 2005 2 ont
aménagé ses règles de fonctionnement et en ont fait l’instrument privilé-
gié de coopération en matière hospitalière. Le GCS s’est en particulier
largement substitué au syndicat interhospitalier 3.
Le GCS a pour objet de faciliter, d’améliorer ou de développer l’acti-
vité de ses membres 4. Il peut être constitué pour organiser ou gérer
des activités administratives, logistiques, techniques, médico-techniques,
d’enseignement ou de recherche. Il peut également permettre de réaliser
ou de gérer des équipements d’intérêt commun et, dans ce cas, être titu-
laire de l’autorisation d’installation d’équipements lourds. Enfin il
permet des interventions communes de professionnels médicaux et non
médicaux exerçant dans les établissements ou centres de santé membres
du groupement ainsi que des professionnels libéraux membres du
même groupement 5.
Le groupement poursuit un but non lucratif. Il acquiert la personna-
lité morale à dater de la publication de sa convention constitutive après
approbation par le directeur général de l’agence de santé. Le GCS peut
être constitué par des établissements de santé publics ou privés, des éta-
blissements médico-sociaux, des centres de santé et des pôles de santé,
des professionnels médicaux libéraux exerçant à titre individuel ou en
société. Il doit comprendre au moins un établissement de santé. Le grou-
pement est une personne morale de droit public s’il réunit exclusivement
des personnes de droit public ou des personnes de droit public et des
professionnels libéraux. Il est de droit privé s’il est exclusivement consti-
1. No 2003-850.
2. No 2005-1681.
3. Art. L. 6133-1 à L. 6133-9, R. 6133-1 à R. 6133-25 CSP.
4. Art. L. 6133-1 CSP.
5. M. Cormier, « Mutations et enjeux des coopérations hospitalières », AJDA, 27 févr. 2006, p. 416 ;
A. Bérard, M. Daigne, A. Dômont, M. Hannoun, V. Leroux et A.-M. Mezzadri, Réformer la santé
par les réseaux, Éditions de santé, 2004.
278 Les institutions
tué de personnes de droit privé. Dans les autres cas, sa nature juridique
est fixée par les membres dans la convention constitutive 1.
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sieurs centres hospitaliers peuvent, par voie de délibérations concor-
dantes de leurs conseils d’administration, décider de regrouper certaines
de leurs structures, en fédération médicale hospitalière, sous réserve
d’avoir recueilli l’accord des responsables de ces structures 2.
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hospitalière de territoire » 2.
[273] SECTION 2
Les autres structures
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La loi du 4 mars 2002 a consacré les réseaux de santé. Les missions
des réseaux de santé sont désormais définies par l’article L. 6321-1. Les
réseaux ont pour objet « de favoriser l’accès aux soins, la coordination,
la continuité ou l’interdisciplinarité des prises en charge sanitaire,
notamment de celles qui sont spécifiques à certaines populations, patho-
logies ou activités sanitaires » 4.
Les réseaux peuvent être constitués « entre les professionnels de
santé libéraux, les médecins du travail, des établissements de santé, des
groupements de coopération sanitaire, des centres de santé, des institu-
tions sociales ou médico-sociales et des organisations à vocation sani-
taire ou sociale, ainsi qu’avec des représentants des usagers ». Ces
réseaux peuvent s’organiser sous forme de groupements de coopération
sanitaire, de groupements d’intérêt économique, de groupements d’inté-
rêt public ou d’associations 5.
Les réseaux qui répondent à des critères de qualité et des conditions
d’organisation, de fonctionnement et d’évaluation fixées par décret sont
susceptibles de recevoir des subventions des collectivités publiques ou
de l’assurance maladie ainsi que des financements pris en compte dans
l’objectif national des dépenses d’assurance maladie 6. Ils peuvent béné-
ficier de dotations de financement du fonds d’intervention pour la qua-
lité et la coordination des soins 7.
1. S. Barré, C. Évin, P.-Y. Fouré, L. Houdart, D. Larose, G. Poutout et E. Ptakhine, Traité pratique
des réseaux de santé, Berger-Levrault, 2005.
2. No 96-345.
3. H. Tanguy, « Les réseaux de santé », JuriSanté, décembre 2001 ; A. Ravelet, « La recomposition
de l’offre hospitalière publique et privée dans le cadre des réseaux de santé », RDSS 2006, 5, p. 879.
4. A. Ravelet, « La recomposition de l’offre hospitalière publique et privée dans le cadre des réseaux
de santé », RDSS 2006, 5, p. 879.
5. Art. L. 6321-2 CSP.
6. Art. L. 6321-1 CSP.
7. Art. L. 6323-5 CSP.
Les institutions de prévention et de soins 281
Les centres de santé sont des structures créées et gérées, soit par des
organismes à but non lucratif qui ne sont pas des établissements de
santé, soit par les collectivités territoriales. Ils assurent des activités de
soins sans hébergement et participent à des actions de santé publique, de
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prévention et d’éducation pour la santé ainsi qu’à des actions sociales 1.
Ces centres de santé, précédemment dénommés « dispensaires », ont
pour vocation de faciliter l’accès à la prévention et aux soins. Les rela-
tions entre les centres de santé et les régimes d’assurance maladie sont
définies par les articles L. 162-32 à L. 162-32-3 CSS 2.
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[278] 5 | Les officines pharmaceutiques
Le code de la santé publique institue un monopole de la vente en
détail des médicaments et des autres produits mentionnés à son article
L. 4211-1, au profit d’officines pharmaceutiques définies par l’article
L. 5125-1. Une officine pharmaceutique doit être la propriété d’un phar-
macien titulaire, à titre personnel ou en société à responsabilité limitée 3.
Elle peut être exploitée par des pharmaciens ayant constitué entre eux
une société en nom collectif ou une société à responsabilité limitée 4.
Les pharmaciens, en sus des règles déontologiques auxquelles ils
sont soumis, doivent respecter les réglementations du commerce et des
dispositions particulières du code de la santé publique. Ils doivent
notamment assurer un service de garde et un service d’urgence destinés
à répondre aux besoins du public en dehors respectivement des jours et
des heures d’ouverture généralement pratiqués par les officines 5. L’orga-
nisation de ces services est confiée aux organisations représentatives de
la profession dans chaque département. À défaut d’accord entre elles,
de désaccord d’un pharmacien titulaire, ou si l’organisation retenue ne
permet pas de satisfaire les besoins de santé publique, le directeur géné-
ral de l’ARS détermine par arrêté les services de garde et d’urgence,
après avis des organisations professionnelles et du conseil régional de
l’ordre des pharmaciens.
1. Art. L. 6323-4 CSP.
2. Art. L. 6323-5 CSP.
3. Art. L. 5125-17 CSP.
4. M. Duneau, La propriété de l’officine, Litec, « Droit pharmaceutique », 2000, fasc. 21 ; Le titu-
laire de l’officine, Litec, « Droit pharmaceutique », 2000, fasc. 21-10 ; La répartition des officines de
pharmacie. Principes, contrôles de la répartition, obtention de la licence, Litec, « Droit pharmaceu-
tique », 2000, fasc. 20 ; J. Guénot et A.-S. Peignelin, La cession de l’office, Litec, « Droit pharmaceu-
tique », 2000, fasc. 27-30.
5. Art. L. 5125-22 CSP.
Les institutions de prévention et de soins 283
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général de l’ARS à délivrer la licence 5.
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également médicaments dérivés du sang sont depuis 1989 considérés
comme des médicaments et soumis à l’ensemble de la réglementation
relative aux médicaments. Le Laboratoire français de fractionnement et
des biotechnologies exerce également des activités de recherche et de
production concernant les médicaments susceptibles de se substituer aux
produits dérivés du sang et des produits de biotechnologie.
1. No 2010-49.
2. Art. L. 6211-1 CSP.
3. Art. L. 6211-7 et L. 6211-8 CSP.
Les institutions de prévention et de soins 285
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Les laboratoires de biologie médicale sont dirigés par un biologiste
médical, professionnel, le plus souvent médecin ou pharmacien, remplis-
sant les conditions fixées par l’article L. 6213-1 CSP et dénommé biolo-
giste-responsable 3. Lorsque les statuts du laboratoire le permettent,
cette responsabilité peut être exercée par plusieurs biologistes médicaux,
dénommés biologistes-coresponsables 4.
L’ouverture d’un laboratoire de biologie médicale, public ou privé,
est subordonnée au dépôt préalable d’une déclaration auprès de l’agence
régionale de santé 5. Le directeur général de l’ARS peut s’opposer à
l’ouverture d’un laboratoire ou d’un site d’un laboratoire lorsqu’elle
aurait pour effet de porter, sur le territoire de santé infrarégional consi-
déré, l’offre d’examens de biologie médicale à un niveau supérieur de
25 % à celui des besoins de la population tels qu’ils résultent du schéma
régional d’organisation des soins 6. En outre, un laboratoire de biologie
médicale ne peut réaliser d’examens de biologie médicale sans disposer
d’une accréditation 7 délivrée par l’instance nationale accréditation
prévue au I de l’article 137 de la loi du 4 août 2008 8.
Les laboratoires de biologie médicale doivent, par ailleurs, faire pro-
céder au contrôle de la qualité des résultats des examens qu’il réalise
par des organismes d’évaluation externe de la qualité. Un contrôle
national de la qualité de ces résultats est assuré par l’Agence nationale
de sécurité du médicament et des produits de santé 9.
Des inspections peuvent être diligentées par les agences régionales
de santé dans les laboratoires de biologie médicale 10. En cas d’infraction
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concerné 2.
Sous l’empire du régime juridique applicable avant l’entrée en
vigueur de l’ordonnance de 2010, plusieurs décisions du Conseil d’État
avaient précisé le régime de sanctions applicables aux laboratoires d’ana-
lyses de biologie médicale. Un laboratoire pouvait être radié de la liste
des laboratoires autorisés s’il fonctionnait dans des conditions dange-
reuses pour la santé publique 3, mais une autorisation de fonctionnement
ne pouvait être retirée au motif qu’un laboratoire utilisait une technique
de diagnostic sérologique présentant des risques de résultats erronés et
un danger pour la santé publique, dès lors que l’existence et la pratique
de cette technique étaient connues des milieux scientifiques et de l’admi-
nistration, qu’elle n’avait fait l’objet d’aucune interdiction et que le labo-
ratoire y avait renoncé deux mois auparavant 4.
Les relations entre les laboratoires d’analyses de biologie médicale
et les régimes d’assurance maladie sont définies par les articles L. 162-
13 à L. 162-14 CSS.
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activités de santé, notamment des activités de soins et de laboratoire de
biologie médicale 1. Ils sont agréés par l’Agence nationale de sécurité du
médicament et des produits de santé à la demande de l’Établissement
français du sang. La collecte de sang, la qualification biologique du
don, la préparation des produits sanguins labiles et leur distribution ne
peuvent être faites que par des établissements de transfusion sanguine,
sous la direction et la responsabilité d’un médecin ou d’un pharmacien 2.
Des schémas d’organisation de la transfusion sanguine déterminent
la zone de collecte de chaque établissement de transfusion sanguine, la
répartition des activités entre les établissements de transfusion sanguine,
les installations et équipements nécessaires pour satisfaire les besoins
ainsi que les modalités de coopération entre les établissements de transi-
tion sanguine, et, le cas échéant, les établissements de santé 3. Les sché-
mas d’organisation de la transfusion sanguine sont arrêtés par le
ministre chargé de la Santé, « sur la base du projet préparé par l’Établis-
sement français du sang » 4.
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[283] 10 | Les établissements thermaux
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La création, la transformation ou l’extension des EHPAD sont sou-
mises à autorisation délivrée par le président du conseil général 4.
L’autorisation est accordée si le projet est compatible avec les objectifs et
répond aux besoins fixés par le schéma d’organisation sociale et médico-
sociale, s’il satisfait aux normes d’organisation et de fonctionnement
fixées par le code de l’action sociale et des familles et répond au cahier
des charges établi par l’autorité délivrant l’autorisation 5.
Le financement des soins dispensés dans les EHPAD est assuré sur
la base de tarifs journaliers pour les personnes hébergées qui ne sont
pas prises en charge par un régime d’assurance maladie, et par une dota-
tion globale de financement, pour la part des dépenses obligatoirement
prises en charge par l’assurance maladie 6.
1. A. Parant, « Tous, toujours plus vieux et en meilleure santé : une conjecture hardie », Les Tri-
bunes de la santé – Sève, dossier « Vieillissement et santé », no 7, été 2005, p. 37 ; S. Pin, « Les solidari-
tés familiales face au défi du vieillissement », Les Tribunes de la santé – Sève, dossier « Vieillissement
et santé », no 7, été 2005, p. 43.
2. Art. L. 312-5 CASF ; S. Le Bouler, « Personnes âgées dépendantes : le temps de la planification »,
Les Tribunes de la santé – Sève, dossier « Vieillissement et santé », no 7, été 2005, p. 49.
3. Art. L. 312-4 CASF.
4. Art. L. 313-1 à L. 313-3 CASF.
5. Art. L. 313-4 CASF.
6. Art. R. 174-9 à R. 174-16-5 CSS.
7. Dossier « Santé et travail », RDSS, no 4, juillet-août 2010, voir notamment S. Desmoulin-Canse-
lier, « La réforme de la médecine du travail à la lumière des risques collectifs et incertains », p. 604.
290 Les institutions
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En outre, des services de médecine du travail ont été progressivement
institués depuis le milieu du XXe siècle. Ils ont été rebaptisés par la loi
du 17 janvier 2002 5 « services de santé au travail ». Leurs missions sont
définies dans la quatrième partie du code du travail.
En vertu de l’article L. 4622-2 C. tr., les services de santé au travail
« ont pour mission exclusive d’éviter toute altération de la santé des
travailleurs du fait de leur travail ». Le rôle des médecins du travail
consiste notamment à surveiller les conditions d’hygiène au travail, les
risques de contagion et l’état de santé des travailleurs 6. Suivant l’impor-
tance des entreprises, les services de santé au travail peuvent être propres
à une seule entreprise ou communs à plusieurs 7.
1984 1, les juges du Palais-Royal ont rejeté une requête dirigée contre le
décret du 12 mars 1980 instituant des mesures de protection des tra-
vailleurs contre les risques liés au chlorure de vinyle monomère. Ils ont
retenu la même solution pour l’exposition aux risques cancérogènes,
mutagènes ou toxiques pour la reproduction à l’occasion d’un conten-
tieux visant le décret du 1er février 2001 2. En revanche les médecins du
travail, qui ne sont pas au nombre des médecins appelés à donner des
soins au patient, ne peuvent avoir accès au contenu du carnet de santé
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institué en 1996 3, ni au dossier médical personnel 4.
1. No 24 263.
2. No 2001-97 ; CE, 9 oct. 2002, 231869.
3. CE, 1er déc. 1997, 185 361.
4. Art. L. 1111-18 CSP résultant de la loi HPST.
5. Art. L. 2325-1 et L. 2325-2 CSP.
6. Art. L. 2325-4 et L. 2325-5 CSP.
7. Art. L. 2325-6 CSP.
292 Les institutions
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Créé par la loi du 4 mars 2002 afin d’assurer l’indemnisation des
conséquences des risques sanitaires, l’Office national d’indemnisation
des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections noso-
comiales (ONIAM) est un établissement public à caractère administratif
de l’État, placé sous la tutelle du ministre chargé de la Santé. Il est
administré par un conseil d’administration composé, outre son prési-
dent, pour moitié de représentants de l’État et pour moitié de personna-
lités qualifiées ainsi que de représentants des usagers, des professionnels
et établissements de santé, des organismes d’assurance maladie et de son
personnel 1. Le président du conseil d’administration et le directeur de
l’Office sont nommés par décret.
L’ONIAM a compétence pour verser les indemnités dues aux vic-
times d’accidents médicaux, d’affections iatrogènes et d’infections noso-
comiales en application des dispositions du titre quatrième du livre Ier
de la première partie du code de la santé publique. Il est également
chargé de verser les indemnités prévues par l’article L. 3111-9 pour la
réparation des dommages directement imputables à une vaccination
obligatoire, d’indemniser les victimes de préjudices résultant de la conta-
mination par le virus d’immunodéficience humaine en application de
l’article L. 3122-1 ou par le virus de l’hépatite C causée par une transfu-
sion sanguine ou une injection de médicaments dérivés du sang sur le
fondement de l’article L. 1221-14, et enfin de réparer les dommages
résultant d’actes de prévention, de diagnostic ou de soins réalisés dans
le cadre des mesures exceptionnelles prises en raison d’une menace sani-
taire grave sur le fondement des articles L. 3131-1 et L. 3134-1. Les
obligations de l’association France-Hypophyse nées de son rôle dans
l’organisation du traitement des patients par l’hormone de croissance
extractive entre 1973 et 1988 lui ont été transférées. Il lui revient par
conséquent d’indemniser les victimes de contamination par cette hor-
mone 2. L’office est en outre, depuis la loi du 29 juillet 2011 3, chargé de
1. Art. L. 1142-22, R. 1142-43 CSP ; infra, 2e partie.
2. Art. L. 1142-22 CSP.
3. No 2011-900, art. L. 1142-22 et L. 1142-24-1 à L. 1142-24-8 CSP.
Les institutions de prévention et de soins 293
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[288] ÉTAT DES QUESTIONS :
VIEILLISSEMENT DE LA POPULATION ET SANTÉ
BIBLIOGRAPHIE
Dossier « Vieillissement et santé », Les Tribunes de la santé – Sève, été 2005 ; Popula-
tion & Avenir, no 674 bis, septembre-octobre 2005 ; Insee, étude HID ; Bulletin épidémiolo-
gique hebdomadaire, « La santé des personnes âgées », no 5-6, 2006 ; J.-Y. Ruaux, 2030 :
le papy-crash, Alvik éditions ; Conférence du professeur Françoise Forette, « Longévité,
vieillissement et dépendance, quelles évolutions, quels enjeux ? », Forum Les Échos,
8 mars 2006.
Le vieillissement de la population, constaté dans la plupart des pays développés, est
particulièrement marqué en France. L’espérance de vie en France a franchi en 2005 le
cap des 80 ans en s’établissant à 83,8 ans pour les femmes et 76,7 ans pour les hommes.
Les projections démographiques pronostiquent une mutation de la structure des âges de
la société française. La part des personnes de plus de 60 ans dans la population, qui était
de 12,7 % en 1901, devrait passer de 20,9 % % en 2005 à 35 % en 2050. Plus significatif
encore, celle des plus de 85 ans, qui n’était que de 0,3 % en 1901, pourrait s’élever de
1,8 % en 2005 à 7,5 % en 2050. Ainsi les personnes âgées de plus de 85 ans seraient en
2050 près de 5 millions alors qu’elles n’étaient en 2005 que de 1,1 million. De 2005 à
2050, le nombre des centenaires pourrait passer de 15 000 à 165 000. Enfin, dans les
années 2010, le nombre des plus de 60 ans devrait dépasser celui des moins de 20 ans.
Cette transformation de la pyramide des âges devrait s’accompagner d’un boulever-
sement du système de santé. D’une part, en raison des besoins de santé propres aux
personnes de très grand âge, d’autre part du fait d’un manque d’anticipation de cette
transformation, notamment en matière de formation des professionnels de santé et
d’adaptation des structures sanitaires. Enfin, les enjeux financiers de ces évolutions sont
considérables. Des simulations réalisées à partir de profils de dépenses par âge concluent
à un impact de 0,5 % par an sur la décennie 1990 et de 0,7 % sur la période 2000-2020.
Au total cette évolution pourrait représenter 1,5 point de PIB en vingt ans et environ
trois points d’ici 2050.
En termes de santé publique, on estime que les personnes de plus de 80 ans souffrent,
en moyenne, de 8 maladies. En outre, le vieillissement de la population donne lieu à un
accroissement du nombre de personnes atteintes de maladies chroniques dégénératives
qui ont pour conséquence des incapacités fonctionnelles et des handicaps. Il convient de
noter que près des trois quarts des personnes en perte d’autonomie, qualifiées de dépen-
dantes par la législation, le sont en raison d’une forme de démence, notamment de la
maladie d’Alzheimer. L’incidence de cette pathologie est actuellement de 225 000 nou-
veaux cas par an.
Cette perte d’autonomie crée un besoin d’aide pour les actes essentiels de la vie. De
nouvelles prestations et des services ont été mis en place pour faire face à ces situations.
En 1997, le législateur a, en particulier, institué, par une loi du 24 janvier 1997 1, une
prestation spécifique dépendance (PSD) destinée à couvrir financièrement les dépenses
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autres que de soins liées à la perte d’autonomie. La loi du 20 juillet 2001 2 a substitué à
la PSD l’allocation personnalisée à l’autonomie (APA). Cette prestation est attribuée aux
personnes de plus de 60 ans, après évaluation de leurs besoins par une équipe médico-
sociale départementale sur la base d’une grille nationale dite « autonomie gérontologique,
groupe dits iso-ressources », connue sous le sigle AGGIR. Cette grille d’analyse des per-
formances des demandeurs, au regard de dix critères, permet d’organiser et de suivre un
plan d’aide personnalisé.
Le montant de l’APA est fixé en fonction du degré de dépendance et du niveau des
ressources du bénéficiaire. Cette allocation permet notamment de rétribuer des profes-
sionnels et de faire l’acquisition d’aides techniques. Elle est financée par les conseils
généraux. Un fonds alimenté par la contribution sociale généralisée et par une participa-
tion des fonds sociaux des régimes obligatoires d’assurance vieillesse complète les res-
sources des départements pour corriger les disparités territoriales.
6,6 % des personnes de plus de 60 ans sont en situation de dépendance, au sens de
la grille AGGIR, c’est-à-dire relevant d’un groupe GIR 1 à 4. En réalité cette proportion
ne représente que 2,1 % des 60-70 ans et 4,7 % des 70-80 ans. En revanche 17,7 % des 80-
90 ans sont concernés et plus de 42 % des plus de 90 ans. Selon les trois scénarios envisa-
gés par la DREES 3, d’environ 800 000, le nombre des personnes de plus de 60 ans rele-
vant d’un GIR 1 à 4 pourrait se situer en 2040 dans une fourchette allant de 1 à
1,4 million.
1. No 97-60.
2. No 2001-647.
3. Étude et Résultats, no 160, février 2002.