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Évolution de la langue portugaise

Le document décrit l'histoire de la langue portugaise depuis le latin jusqu'aux premiers textes en galicien-portugais au XIIIe siècle. Romanisation de la péninsule ibérique par l'Empire romain, invasions germaniques des Suèves et des Wisigoths entre les VIe et VIIe siècles, apparition des premiers textes en galicien-portugais au XIIIe siècle, lorsque le portugais ne se distinguait pas encore du galicien parlé en Galice.

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Évolution de la langue portugaise

Le document décrit l'histoire de la langue portugaise depuis le latin jusqu'aux premiers textes en galicien-portugais au XIIIe siècle. Romanisation de la péninsule ibérique par l'Empire romain, invasions germaniques des Suèves et des Wisigoths entre les VIe et VIIe siècles, apparition des premiers textes en galicien-portugais au XIIIe siècle, lorsque le portugais ne se distinguait pas encore du galicien parlé en Galice.

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HISTOIRE DE

LANGUE PORTUGAISE
PAUL TEYSSIER

Traduction de Celso Cunha

Martins Fontes
Sommaire
Préface 4

Considérations initiales 5

Chapitre 1 - Du latin aux premiers textes en galicien-portugais (siècle


XIII) ................................................................................................. 6

Les faits historiques ...................................................................................... 6

Do latim ao galego-português: a evolução fonética ...................................... 10

Do latin ao galego-português: evolução da morfologia e da sintaxe............. 17

Do latin ao galego-português: formação do vocabulário.............................. 17

Chapitre 2 - Le galicien-portugais (de 1200 à environ 1350)20


Les faits historiques ...................................................................................... 20
Les textes..................................................................................................... 21
La graphie....................................................................................................... 22
Phonétique et phonologie .................................................................................... 22
Morphologie et syntaxe.................................................................................... 27
Le vocabulaire............................................................................................. 29

Chapitre 3 - Le portugais européen (du XIVe siècle à nos jours) ....31


Problèmes de périodicité......................................................................... 31
Séparation du galicien.................................................................................... 34
Le territoire du portugais européen............................................................... 34
Évolution phonétique du portugais européen du XIVe siècle à nos jours ..... 35
Morphologie, syntaxe et vocabulaire ................................................................ 55

Chapitre 4 - Le portugais du Brésil ...................................................62


Les faits historiques ...................................................................................... 62
Principales caractéristiques ............................................................................64
La question de la langue au Brésil ..................................................................... 72

Capítulo 5 - O português na África e na Ásia ....................................76


O português na Ásia ...................................................................................76
Le portugais en Afrique.................................................................................76

Source numérique | 2
Transcription phonétique.........................................................................80

Notas...............................................................................................81

Bibliographie sommaire.........................................................................92

Avertissement final ..............................................................................95

Source numérique | 3
Préface
La version originale de cette Histoire de la Langue Portugaise a été publiée en
1980 par les Presses Universitaires de France, dans une collection qui doit
se soumettre à une règle impérative : les volumes ne doivent pas dépasser un
total de 128 pages au format réduit. Une limitation si rigoureuse
présente, aussi paradoxal que cela puisse paraître, de grands avantages : cela oblige les
auteurs à un effort de synthèse qui favorise la rigueur de la pensée et la
clarté de l'expression. Se concentrer sur la rédaction soigneuse de peu
les pages coûtent plus de travail et demandent plus de temps que de se laisser aller à
composition facile d'un volume diffus et vague.
Cette limitation a toutefois certaines conséquences négatives. Ne
peut-on inclure dans un livre de dimensions aussi réduites les notes explicatives
et les indications bibliographiques que le lecteur exige dans un travail de ce type.
A publicação desta História em tradução portuguesa proporcionava-
me la possibilité de corriger ces inconvénients. J'en ai donc profité pour
occasion qui se présentait à moi pour ajouter au texte proprement dit
beaucoup de notes explicatives, dans lesquelles j'ai inclus toutes les références et
justifications nécessaires. De plus, la bibliographie a été enrichie avec
beaucoup de nouveaux titres. Enfin, j'ai procédé à une révision complète du texte.

Mais il y a plus. Ce livre a eu le grand privilège d'être traduit en


portugais par le Prof. Celso Ferreira da Cunha, de l'Université Fédérale du
Rio de Janeiro une autorité incontestée et reconnue comme telle par
communauté scientifique en tout ce qui concerne la langue portugaise dans
son évolution historique et dans sa réalité actuelle. Un érudit de si
une compétence exceptionnelle ne pouvait se limiter à "traduire" : cela a été suggéré non
peu de modifications et ajouts, tant dans le contenu du texte que dans la
bibliographie, contribuant ainsi à faire de cette version de l'Histoire de
Langue portugaise, jusqu'à un certain point un livre nouveau. Je vous demande d'accepter ici le
témoignage de ma sincère gratitude, extensible aussi à la vôtre
collaboratrice, Prof.ª Claire de Oliveira Neto.
Je ne peux pas non plus manquer de mentionner les observations précieuses que ...
m'ont été faites par de nombreuses autres personnes, parmi lesquelles il est de mon devoir
souligner le Prof. Luis Felipe Lindley Cintra, de l'Université de Lisbonne, un autre
autorité prestigieuse qui a beaucoup contribué à élargir nos
connaissances sur la formation historique de la langue portugaise. Ce livre est
beaucoup à vos travaux et publications, ainsi qu'aux observations et
suggestions orales que vous avez eu la bonté de me faire.

Paris, 26 mars 1982


Paul Teyssier

Source Numérique | 4
Considérations initiales
Cette œuvre a été numérisée par le groupe Digital Source pour offrir,
de manière totalement gratuite, le bénéfice de sa lecture pour ceux qui ne
nous pouvons l'acheter ou à ceux qui ont besoin de moyens électroniques pour lire.
Ainsi, la vente de cet e-book ou même son échange pour
toute contrepartie est totalement condamnable en toute
circonstance.
La générosité et l'humilité sont la marque de la distribution, donc
Distribuez ce livre librement.
Après votre lecture, envisagez sérieusement la possibilité d'acheter le
original, car cela encouragera l'auteur et la publication de nouveaux
travaux.

Source Numérique | 5
Chapitre 1
Du latin aux premiers textes en galégo-portugais
(XIIIe siècle)

Les premiers textes écrits en portugais apparaissent au XIIIe siècle.


À cette époque, le portugais ne se distingue pas du galicien, parlé dans la province.
(aujourd'hui espagnole) de Galice. Cette langue commune — le galicien-portugais ou
galaico-portugais - c'est la forme que prend le latin dans l'angle nord-ouest de
Péninsule ibérique.

Les faits historiques

1 — La romanisation de la péninsule ibérique

Les Romains débarquent dans la péninsule en l'an 218 av. J.-C. Leur
l'arrivée constitue l'un des épisodes de la Deuxième Guerre Punique. Ils en viennent à bout
Deux Carthaginois en l'an 209 entreprennent alors la conquête du pays.
Tous les peuples de la Péninsule, à l'exception des Basques, adoptent le latin comme
langue et, plus tard, tous embrasseront le christianisme.

Carte 1 — L'Espagne romaine à l'époque d'Auguste

Source numérique | 6
La péninsule est d'abord divisée en deux provinces (voir carte 1), le
Hispânia Citerior (la région nord-est) et la Hispânia Ulterior (la région)
sud-ouest). En l'an 27 av. J.-C., Auguste divise la Hispania Ulterior en deux
províncias : la Lusitanie, au nord du Guadiana, et la Bétique, au sud.
Postérieurement, entre 7 av. J.-C. et 2 av. J.-C., la partie de la Lusitanie située au nord
le Douro, appelée Gallaecia, est annexée à la province tarraconense (l'ancienne
Hispânia Citerior). Chaque province se divise en un certain nombre de
circonscriptions judiciaires appelées conventus. Un examen rapide de la carte 1
montre que le territoire actuel de la Galice espagnole et du Portugal correspond,
environ quatre de ces conventus - ceux de Lucus Augustus
(Lugo), de Bracara (Braga), de Scalabis (Santarém) et de Pax Augusta (Beja). A
la zone linguistique de ce qui deviendra le galicien et le portugais se dessine, donc,
depuis l'époque romaine, sur la carte administrative de l'Ouest péninsulaire
(carte 1).
Dans ce territoire, ainsi défini, la romanisation s'est faite de manière plus
rapide et complète dans le Sud que dans le Nord. Les gallaeci, en particulier, qui
habitait la zone la plus septentrionale, comparativement aux autres peuples,
ils ont conservé plus longtemps des éléments de leur propre culture.

2 — Les Suèves et les Wisigoths (VIe et VIIe siècles)

Em 409, invasores germânicos — vândalos, suevos e alanos — afluem


au sud des Pyrénées, suivis, plus tard, par les Wisigoths. Ainsi commence un
deux des périodes les plus sombres de l'histoire péninsulaire, qui se terminera en 711,
avec l'invasion musulmane. Les Alains ont été rapidement anéantis. Les
les vandales sont passés en Afrique du Nord. Les Suèves, en revanche,
ils ont réussi à s'implanter et, pendant très longtemps, ont résisté aux Wisigoths, qui
ils tentaient de réunifier la Péninsule en leur faveur. Au Ve siècle, le royaume des Suèves était
très étendu, mais autour de 570 il se réduisit à la Gallaecia et aux deux
bispados lusitains de Viseu et Conímbriga. En 585, ce territoire a été
conquis par les Wisigoths et incorporé à leur État. En ce qui concerne
En ce qui concerne la langue et la culture, la contribution des Suèves et des Wisigoths a été minimale.
Ils ont joué un rôle particulièrement négatif : avec eux, l'unité romaine
se rompt définitivement et les forces centrifuges vont prévaloir sur les
de cohésion. Si le latin écrit reste la seule langue de culture, le
le latin parlé évolue rapidement et se diversifie.

3 — L'invasion musulmane et la Reconquista

En 711, les musulmans envahissent et en peu de temps conquièrent la


Péninsule ibérique, avec inclusion de la Lusitanie et de la Gallécie. Ces
Les musulmans étaient des Arabes et des Berbères du Maghreb. Ils avaient l'Islam comme
religion et l'arabe comme langue de culture, même ceux qui parlaient le
berbères. Les peuples ibériques nous ont appelés « maures » (esp. moros).

En partant du nord, la reconquête chrétienne expulse progressivement


les maures vers le sud. C'est durant cette Reconquista qu'est né, au siècle
XII, le royaume indépendant du Portugal. Jusqu'à environ l'an 1000, l'Espagne

Source Numérique | 7
la musulmane domine les ennemis chrétiens. C'est l'apogée du califat de
Córdoba. En 997, Al-Mansur détruit Saint-Jacques-de-Compostelle. Mais au début du XIe siècle
les rameurs chrétiens lancent un mouvement offensif qui deviendra irrésistible.
Dans la région occidentale qui nous intéresse, Coimbra est reconquise en 1064.
Santarém et Lisbonne en 1147, Évora en 1165, Faro en 1249. Avec la prise
de Faro, le territoire du Portugal est complètement formé. Le reste de la
La péninsule ne serait cependant définitivement reconquise que bien plus tard,
en 1492, lorsque les Rois Catholiques s'emparent du royaume de Grenade.
L'invasion musulmane et la Reconquista sont des événements
determinantes na formação de três línguas peninsulares — o galego-
le portugais à l'ouest, l'espagnol au centre et le catalan à l'est. Ces langues,
Toutes trois nées dans le Nord, elles ont été emmenées vers le Sud par la Reconquête.
Dans les régions septentrionales, où se sont formées les rameaux chrétiens, l'influence
la linguistique et la culture des musulmans avaient été, de toute évidence, plus faibles
que dans les autres régions. Dans l'Ouest en particulier, la marque arabe-islamique est
très superficiel au nord du Douro, c'est-à-dire dans la région qui correspond aujourd'hui
en Galice et au nord extrême du Portugal. Au fur et à mesure que l'on avance vers le sud,
elle devient de plus en plus saillante, étant profonde et durable du Mondego
au Algarve. C'était dans l'une de ces régions, au nord du Douro — ayant peut-être
comme limite extrême le cours du Vouga, entre le Douro et le Mondego —, qui se
forme la langue gallego-portugaise, dont les premiers textes écrits apparaissent
au XIIIe siècle.
Dans la région méridionale, le domaine musulman avait laissé subsister une
importante population chrétienne de langue romane : les chrétiens appelés
moçárabes, le mot dérive d'un participe arabe qui signifie
« soumis aux Arabes ». On connaît peu ces parlers hispano-
romantiques, mais suffisamment pour comprendre qu'ils formaient, dans toute la
partie méridionale de la péninsule, une chaîne continue de dialectes assez
différents de ceux qui, parlent au Nord, seront plus tard le galicien-
portugais, l'espagnol et le catalan.
La Reconquista a provoqué d'importants mouvements de populations. Les
les territoires repris aux "maures" étaient souvent dépeuplés.
Les souverains chrétiens « repeuplaient » ces territoires et parmi les nouveaux
Il y avait en général une forte proportion de peuples venus du Nord.
dès que le gallego-portugais a recouvert, peu à peu, toute la partie centrale et
méridional du territoire portugais. La carte 2 montre les progrès
sucessivos de la croix chrétienne en 1064, 1147, 1168 et 1249. Adoptée par les
mozarabes du pays, par tous les éléments allogènes participants du
repeuplement, ainsi que par les musulmans qui y étaient restés, cela
la langue gallego-portugaise du Nord va subir une évolution graduelle et
se transformer en portugais. Au début du XIIIe siècle, lorsque surgissent les
premiers textes écrits, la reconquête militaire et politique est en cours de
terminer, mais ses conséquences linguistiques n'ont pas eu le temps de
manifester: la langue littéraire qui émerge alors est le galicien-portugais du
Nord. Nous étudierons les traits principaux dans le prochain chapitre. Avant,
Cependant, nous dirons, brièvement, comment cette langue s'est constituée à partir de
latin.

Source numérique | 8
Mapa 2 — Área primitiva du gallo-portugais et de la Reconquête

Source Numérique | 9
Do latim ao galego-português: a evolução fonética

1 — Le latin impérial dans l'Ouest péninsulaire

Jusqu'à la fin de la période impériale, le latin parlé dans l'Ouest de la Péninsule


L'Ibérie connaît les évolutions générales du monde romain :

1) Accent tonique— Un accent d'intensité se généralise, dont


la position est déterminée de manière automatique. Quand aucune action
la contraria entre en jeu, l'accentuation reste la même en galicien
portugais et en portugais contemporain. Dans le latin impérial, la syllabe qui
leva le accent est défini par les règles suivantes :
a) Mots de deux syllabes : l'accent se place sur la première. Ex.: séptem >
[Link], date> [Link].
b) Mots de trois syllabes ou plus : l’accent se porte sur l’avant-dernière syllabe
si cela est long. Ex.: ami>[Link],cheveu1> [Link]; et retombe
na antepenúltima se a penúltima for breve. Ex.:árbŏrem> port.árvore,
hómĭnem> [Link],quíndĕcim> [Link].
2) Les voyelles : perte des oppositions de quantité — Le latin classique
possédait cinq timbres vocaliques, ayant une voyelle brève et une longue pour
chaque timbre, c'est-à-dire un total de dix phonèmes. Les brèves étaient toujours plus
ouvertes que les longues correspondantes.
Le latin impérial a perdu les oppositions de quantité, mais a conservé les
oppositions de timbre résultant des divers degrés d'ouverture.
L'évolution du vocalisme tonique du latin classique au latin impérial
peut se résumer au tableau suivant :

Latin Latin
Exemples
classique Impérial

ī je figue port. figo


ĭ sĭtim ẹ
> port. s de

ē réte port. rlangue
ĕ ę terre > port. terre
ă lătus port. côté
un
ā aimé port. aimé
ŏ pŏrta > port. p rta
ō amour port. amor

ŭ bŭcca > port. bpoule
ū u purum > port. pur

Source numérique | 10
Il convient d'ajouter que les diphtongues æeœ du latin classique ont évolué, en
latin impérial, les voyelles simples de timbres distincts.

Latin Latin
Exemples
classique Impérial

æ ę cæcum > port. cęgo


œ ẹ fœdum port. faujourd'hui est laid2

Ainsi, les dix voyelles et deux des diphthongues du latin classique ont été
substitués par sept voyelles en latin impérial :

/i/ /u/
/ẹ / / ọ/
/ę/ / /
/a/

C'est déjà ce système des voyelles en galicien-portugais médiéval.


ajoutons: si nous ne considérons plus le système, mais plutôt les mots
prises individuellement, nous vérifions qu'en position tonique le timbre des
voyelles des mots du galicien-portugais et aussi du portugais
contemporain est resté le même que le latin impérial. C'est le cas dans tous
les exemples mentionnés ci-dessus. Ce caractère conservateur remarquable du
le vocalisme portugais — il convient de le signaler — se prouve comme une
tendance générale.
Diverses circonstances ont souvent contribué à rompre cela.
parallélisme entre les voyelles du latin impérial et celles du portugais.
Les voyelles étaient beaucoup plus fragiles. Dans la région qui nous intéresse,
les avant-dernières des proparoxytoniques de cela apparaissent souvent dans
prononciation courante, selon la tendance commune à tout le roman
ocidental : disait-on par exemple oc’lu-porocŭlumecal’du-porcalĭdum (d’où,
en portugais, oeil et queue.
3) Les consonnes : la palatalisation - Parmi les innovations phonétiques du
latin impérial, certaines auront des conséquences très importantes. C'est le cas de
palatalisation.
Nos groupes écrits ci, ce, gi, ge, les consonnes ceg se prononçaient -
se en latin classique comme les initiales des mots portugaisquilha, chute
eguizo, guerre, c'est-à-dire, étaient des occlusives vélaires. Mais en latin impérial le
le point d'articulation de ces consonnes s'est rapproché du point de
articulation des voyelles qui les guident, c'est-à-dire de la zone palatale,

Source numérique | 11
menant à la prononciation : [kyi], [kye] et [gyi], [gye]. Cette palatalisation a déjà commencé
à l'époque impériale, presque dans toute la Roumanie, et cela entraînerait des modifications
importantes: [kyi], [kye] passaram a [tši], [tše] e, finalmente, a [tsi], [tse]; ex.:
ciuitātem> [Link],centum> [Link], reduzido acem. Para os
gruposgi,geo le résultat de la palatalisation sera initialement umyodpuro et
simples [y] qui disparaît en position intervocalique ; ex. : regina > port.
reine, frigi dum> [Link]. Mais, en position initiale, esteyodpassa à [dž];
ex.:gente(d'où représente à l'époque médiévale [dž]). Oyodinicial sorti de
il s'est trompé, car cela provenait directement du latin classique et
que, naturellement, a aussi donné [dž]; ex.: iulium > [Link]. En galicien-
portugais médiéval les groupes gi, geejueram prononcés dans tous ceux-ci
palabras [dži], [dže] et [džu].
Dans plusieurs autres mots, umiou umenão toniques, suivis d'une
vocales, étaient prononcées comme en latin impérial ; ex. : prix, place, aujourd'hui,
vidéo, facio, éponge, fils, aîné, je tiens. Il en est résulté des groupes
fonétiques [ty], [dy], [ly] et [ny] qui se sont palatalisés en [tsy] et [dsy], [lh] et [nh].
Pour les groupes [ky], [gy], ex.: facio, spongia, la palatalisation arrive
initialement à [tšy] et [džy], mais les résultats définitifs seront complexes,
pois dépendront de la position dans le mot et du caractère plus ou moins populaire
de ce mot. Par exemple, pretium > port. prix, pretiare > port.
prezar,platea> [Link]ça,hodie> [Link],medium> [Link],video>
[Link],facio> [Link]ço,spongia> [Link]. Em galego-português
médiéval comme lettres, ils représentaient, respectivement, dans toutes ces
mots, les affriquées [ts], [dz] et [dž]. À l'origine de ces transformations
Il y a toujours, en latin impérial, une palatalisation.
Lorsque oyodproveniente de ieem hiato venait de après -ss-, cette
consonne est devenue [š] transcrite par letrax ; ex.: rŭssĕum > roxo.
Finalmente, quandolouneram seguidos de umyod, originário deie
eem hiato, ces consonnes sont devenues palatales ou « humides » [lh] et [nh];
ex.:filium> [Link],seniorem> [Link],teneo> [Link].
Comme nous pouvons le vérifier, ces palatales, commencés déjà à l'époque
impe ont eu des conséquences importantes sur le système phonologique de la langue.
En conséquence, le galicien-portugais médiéval présente six phonèmes.
novos:

/ts/; ex.:cidade, cem, preço, praça, faço(hoje /s/);


/dz/; ex.:prezar(aujourd'hui /z/);

/dʒ /; ex.:gente, hoje, vejo, esponja(hoje /ž/)


/š/; ex.:roxo(sem modificação em português moderno);
/lh/; ex.:filho(sem modificação em português moderno);
/nh/; ex.:senhor, tenho(sem modificação em português
moderne).

Source Numérique | 12
4) De nombreuses caractéristiques du latin impérial mériteraient encore d'être
citadas, comme la chute des donateurs; ex.:mensa> [Link]. Il est probable
que la sonorisation des sourdes intervocaliques ait commencé dès cette
époque dans le latin ibérique ; ex.: caput > [Link], amātum > [Link]
ami

2 — Du latin impérial aux parlers romains

Les trois siècles passés depuis l'arrivée des Germains sur la Péninsule
(409) et les musulmans (711) ne nous ont laissé aucun document
linguistique. Mais la ligne générale de l'évolution n'admet pas de doutes. On voit s'accélérer
la dérive qui transformera le latin impérial en proto-roman, et apparaîtront
certas fronteiras lingüísticas. Uma destas fronteiras é a que vai separar os
parlers ibériques occidentaux, dont sortira le galicien-portugais, des parlers du
Centre de la péninsule, d'où sortiront le leonais et le castillan.
C'est probablement à cette époque que se déclenche l'évolution de
groupe consonantique; ex.:oc’lu(de ocūlum). Dans cette position, c, prononcé
[k] passa ayod([y]):oc'lu> *oylo. Cette évolution est commune à toutes les langues.
hispaniques. Mais les conséquences ne seront pas les mêmes selon les régions :
en gallego-portugués [-yl-] se convierte en [lh] palatal, o "mojado", mientras que
en castillan passe à africade [dž], escrevaj(o leonês constitue une zone de
transição):

Latin Latin
Galego-portugais Castillan
classique vulgaire

œil oc'lu œil œil


auricule orec’la oreille oreille
vetŭlum vec’lu vieux vieux

Le groupe -ct-, quant à lui, devient [-yt-]; ex.:nocte> *noyte. La langue


le portugais maintient encore la prononciation nuit, tandis que l'espagnol,
continuant l'évolution, présente aujourd'hui l'affricée [tš], écriture : nuit.
Nous avons donc les oppositions suivantes entre les deux langues :

Galego-
Castelhano
portugais
nuit *note nuit nuit
lecture *leyto lit lecho
lacté lamé lait lait
facture fayto Fait fait

Source numérique | 13
2) Une autre frontière linguistique d'importance considérable commence à
se délinéariser durant la même période. Au centre de la péninsule, les deux
vraisons ouvertes [ę] et [ ] issues des anciennes voyelles brèves [ĕ] et [ŏ] du latin
classique, se sont diphtonguées, quand toniques, en diverses positions : [ę] devient
[ęę] e finalmenteie; ex.:petra> [Link]; [ ] passa a [ ], depois auoe
finalement aue; ex.:nove> [Link]. Le galego-portugais l'ignorera.
ditongação et dira, respectivement, pedracom [ę] enovecom [ ]. As
les conditions dans lesquelles la diphtongaison s'est produite en castillan sont complexes. Mais
une forte tendance générale domine l'ensemble des faits : le galicien-portugais
s'isole de tous les autres parlers de la Péninsule, et en particulier de
castelhano, par lui étant entièrement inconnue la diphtongaison de [ę] et [ ].
Il en sera ainsi :

Latin
Latin impérial Galego-português Castillan
classique

pĕdem pêde pé tarte


décembre dęce dix dix
lit lecture leito lecho
novembre n ve neuf neuf
fŏrtem f rte forte fort
nuit n cte nuit nuit

Comme nous le voyons, il peut arriver que l'espagnol n'ait pas diphtongué [ę]
e [ ] toniques : c'est le cas de delechoenoche. Mais le gallego-portugais se distingue
radicalement donné pour ne jamais diphtonguer. Voici la raison pour laquelle, depuis le
época qui nous intéresse ici (cinquième, sixième et septième siècles), un fossé commence à se creuser
entre ce qui deviendra le galicano-portugais et ce qui sera l'espagnol.
Cependant, il convient de noter que les deux langues ne seront pas en contact : le léonais
va les séparer, créant entre les deux une zone de transition à laquelle,
délibérément, nous ne nous référons pas, pour mieux clarifier notre étude.

3 — Du VIIIe au XIIe siècle. Émergence du galicien-portugais

C'est pendant la période qui suit l'invasion musulmane (711) que vont
apparaître d'autres innovations spécifiques résultant de l'isolement des
parler du Nord-Ouest de la Péninsule, pas seulement de ses voisins de l'Est,
leonés et castillan, mais aussi des dialectes mozarabes qui se
se développera dans le Sud. Ainsi, aux IXe à XIIe siècles, le galicien-
portugais, dont les premiers textes écrits n'apparaitront qu'au siècle
XIII. Le limite oriental de sa zone primitive est facilement délimitée —
s'identifie, en grandes lignes, avec la limite qui sépare, encore aujourd'hui, le galicien
et le portugais du léonais. La limite méridionale est plus imprécise : il passait
entre la ligne du Douro et celle du Mondego (voir carte 2).

Source numérique | 14
Il ne nous manque, pour cette période décisive, un certain nombre de
documents. À partir du IXe siècle, en effet, apparaissent des textes rédigés dans un
latin extrêmement incorrect (traditionnellement connu sous le nom de « latin
bárbaro"), que, une fois de temps en temps, laissent entrevoir les formes de la langue
falada3. On perçoit ainsi abeille selon un terme (<apicula) au lieu de apis, ou
coelhoenconil, ouestradaemestrata, ouovelhaemovelia
(<ovicula), etc.
Trois innovations du gallego-portugais doivent être signalées :

1)Groupes initiaux pl-, cl-, et fi->ch([tš]) — Ces groupes initiaux


souffriront, dans un premier temps, une palatalisation dol, phénomène qui se
produit dans une vaste zone qui comprenait le galégo-portugais, le léonais et le
castillan, et encore un petit territoire situé entre la Catalogne et l'Aragon.
En espagnol, la consonne initiale est tombée par la suite, ne restant que ol
palatal, transcritoll; ex.: plaga> [Link], clave> [Link], flamma>
[Link]. Il en est de même dans la partie orientale du léonais. Tout en galicien-
en portugais et en leonais occidental, l'évolution a été plus profonde : la consonne
la consonne initiale suivie du palatal a donné origine à l'affriquée [tš], qui a été transcrite en
gallego-português porche, onde, para os três mesmos exemplos, chaga
([tšaga]),chave([tšave]) echama([tšama]). Cette évolution — et c'est le point le plus
important — ne s'est pas produit dans la zone mozarabe4. Le galicien-portugais et le
leonês occidental s'isolent donc, non seulement des voisins de l'Est, mais
aussi des voisins du Sud. Cette évolution concerne les mots qui
constituent le fond le plus populaire de la langue. Nous avons ainsi :

Latin Galego-portugais Castillan


plénu- chëo plein
Pl- plan sol plaine
pli arriver arriver
Cl- crier appeler appeler
Fl- flagrare sentir (non attestée)

Il convient d'ajouter que dans une autre catégorie de pala vras, appartenant à
une série moins populaire, les groupes initiaux p1-, cl- et fl- ont commencé en galicien-
portugais pr-, cr- et fr-; ex.:placere>plaisir, clavu>clou, flaccu>faible
évolution identique à debi->br-;ex.:blandu>brando. Ajoutons enfin
que le portugais moderne possède un grand nombre de mots érudits
dans lesquels les groupes initiaux p1-, cl-efl-, ainsi que bl-, ont été conservés
sem modificação; ex.:pleno, clima, flauta, bloco.

2)Queda de-l-intervocálico— Este fenômeno, provável resultado de


une prononciation vélar inter-vocalique aurait des conséquences importantes.
Cela s'est probablement produit à la fin du Xe siècle, car dans un document en latin

Source numérique | 15
Bárbaro de 995 se lit Fiiz (<Felice) et Fafia (<Fáfila). Il est intervenu sur un
grand nombre de mots et a contribué à créer en galicien-portugais
plusieurs groupes de voyelles en hiatus. ex.:salire>sai,palatiu>paaço(aujourd'hui
paço),calente>caente(hojequente),dolore>door(hojedor),colore>coor
(hojecor),colubra>coobra(hojecobra),voluntade>voontade(hojevontade),
filu>fio,candela>candea(hojecandeia),populu>poboo(hojepovo),
periculu>perigoo(hojeperigo),diabolu>diaboo(hojediabo),nebula>névoa,
etc. C'est la chute de -l- intervocalique qui explique la forme qu'ils ont au pluriel.
ral as palavras terminadas em -l- no singular:sol, pluralsoes, hojesóis.
Dans un grand nombre de mots d'origine semi-savant ou savante, le
-l- intervocalique s'est conservé ; ex.: école, astrologie. En portugais
moderne, les -l- intervocaliques de ce type sont innombrables ; ex.:palais(au
lado depaço),calor(ao lado dequente<calente) ,alimento,cálice,guloso,
volume,violento, etc.
La chute du -l- intervocalique s'est produite uniquement en gallego-portugais.
N'apparaît même pas à l'est de la zone primitive de cette langue - le léonais et le
castelhano l'ignore —, ni au sud, dans les parlers mozarabes5Ce dernier
le point est abondamment documenté par la toponymie : on a, par exemple,
Mértolano Alentejo (<Mĭrtŭla, porMyrtilis, ancien nom de cette localité), ou
Molino (au lieu de Moinho), ou encore Baselga (< Basĭlĭca). Dans les mots de
l'origine arabe, l'intervocalique est souvent resté ; ex.: azêmola, javali.

3) Chute de -n- intervocalique — Ce dernier phénomène s'est produit


après le précédent, au XIe siècle, et probablement était encore en cours
au XIIe siècle, à la veille de l'apparition des premiers textes écrits. C'est
mais complexe que le précédent : par exemple, dans le mot corona il y a eu
première nasalisation de la voyelle qui précède on, où couronne ; ensuite, le
ncaiu e tivemoscorõa, forma do galego-português (hojecoroa). Assim, todos
Les osnintervocálicos ont disparu après avoir nasalisé la voyelle.
précédente ; ex. : vinu>vĩo, manu>mão, panatariu>pãadeiro, mĭnūtu>
{"mêudo":"mêudo","genesta":"gêesta","semĭnare":"semêar","arena":"arêa","luna":"lũa","vicinu":"vicinu"}

>vezĩo, lana>lãa, homĭnes>homêes, bonu>bõo, etc. Dans toutes ces


mots à la voyelle nasale et à celle qui l'a suivie directement après la chute
donpertenciam à deux syllabes différentes : se prononçait corõ-a, vĩ-o, mã-o,
["pã-adeiro","mê-údo","gê-esta","semê-ar","arê-a","lũ-a","vezĩ-o","lã-a","homê-es","bõ-o"]
etc. Nous verrons, par la suite, comment ces rencontres ont évolué en portugais
vocaux résultant de la succession d'une voyelle nasale et d'une voyelle orale.
Cette chute intervocalique, qui aurait des conséquences importantes
na phonétique et dans la morphologie du portugais moderne, c'est également un
phénomène particulier au galicien-portugais. Il n'est pas documenté même en léonais,
ni en castellano, ni en los hablares mozarabes6. Dans les régions centrales et
dans le sud du pays, la toponymie offre de nombreux exemples de
intervocálicos qui se sont maintenus jusqu'à nos jours. Odiana (ancien nom
portugais du Guadiana), Fontanas (Alentejo et Estrémadure) au lieu de
Fontãs, Madroneira (Beja) au lieu de Madroeira, etc. Les recherches dialectales
ont révélé, dans l'Algarve et en Alentejo, et même en Estrémadure, des mots de
linguagem corrente que apresentamnintervocálicos conservados; ex.:

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manina(passim) au lieu de demaninha(“stérile”, en parlant de la femelle d'un
animal), ponente(Algarve), maçanera(Algarve et Baixo Alentejo) pormacieira,
manhana(Algarve) pormanhã; le suffixe diminutif -nito(Alentejo); ex.:
manita(diminutivo demão),maçanita(diminutivo demaçã),granito
(diminutif de grain), poussin (diminutif de poussin), etc. Enfin, à
de nombreuses mots d'origine arabe restent inter-vocaux
étymologiques; ex.:olive, alfénim, atafona, etc.

Do latim ao galego-português: evolução da morfologia e da


syntaxe

En matière de morphologie et de syntaxe, l'évolution qui se produit de


le latin au galicien-portugais est semblable à celui qui mène aux autres langues
romaniques, en particulier à l'espagnol. La déclinaison nominale se simplifie
et finit par disparaître : seules deux formes originaires du
accusatif latin, une pour le singulier et une autre pour le pluriel. Les relations qui
le latin exprimait par des terminaisons casuelles est maintenant exprimé par
prépositions ou par la position du mot dans la phrase. Les genres, avec la suppression
sont du neutre, se réduisent à deux. La morphologie verbale est considérablement
simplifiée. Le système des temps et des modes se modifie et se multiplie
les formes périphrastiques. Le futur simple (ex.:amabo) est remplacé, comme
dans toute la Roumanie occidentale, par une périphrase construite de la comhabere—
amare habeo —, d'où provient le futur galego-português amarei. Un
artigo definido forma-se com base no [Link] quatro formas
sorties de l'accusatif, différenciées par le nombre et le genre —illum, illam,
illos, illas—, donnent initialement, la, les, en vertu de l'afférence subie
par votre emploi pro-clitique. Comme ces articles venaient fréquemment
précédés de mots se terminant par une voyelle — ex.: je vois le cheval, je vends la
casa —, oldesapareceu à semelhança de tous leslda langue qui se
ils se trouvaient en position intervocalique, ce qui a abouti aux formes, a, os,
comme. Et enfin, pour compenser l'appauvrissement de la morphologie nominale, le
l'ordre des mots devient plus rigide.

Do latim ao galego-português: formação do vocabulário

1 — Le vieux fond du vocabulaire latin transmis au galicien-


portugais et au portugais moderne — Ex.:pater, mater, filius, manus,
bracchium, aqua, panis, bonus, fortis, viridis, dicere, cadere, amare,etc. —
comprend des mots au style plus classique que les vôtres
correspondantes françaises ou italiennes ; ex. : comedere (> [Link])
percontari(> [Link]),metus(> [Link]),avis(> [Link]), etc.
Mais ce vocabulaire n'a pas cessé d'être enrichi, dans la langue vulgaire de
époque impériale, pour avoir des mots populaires : bellus (> [Link]) au lieu de pulcher,
caballus(> [Link]) au lieu de equus, cattus(> [Link]) au lieu de felis,
maison(> [Link]) au lieu de dedomus, grandis (> [Link]) au lieu de
magnus, etc.

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À ce fonds latin se sont ajoutés de nouveaux mots, à commencer par
par emprunts aux langues des peuples qui habitaient la Péninsule quand
de l'arrivée des romains (par exemple : argile, beurre, prairie, grenouille, gauche, etc.)
étant plusieurs de ces parentées avec le basque. Mais les emprunts
vraiment importants qui se sont produits entre l'époque romaine et les premiers
textos escritos vêm do germânico e do árabe.
a) Mots d'origine germaniques - Les mots germaniques avaient
pénétré dans le latin bien avant l'invasion des Suèves et des Visigoths et
on les trouve aussi dans d'autres langues romanes. Ainsi : portugais
{"guerra":"guerre","guardar":"garder","trégua":"trêve"}
n'apparaissent qu'en portugais et en espagnol et ont dû être introduites
pelos visigodos; ex.: port. et [Link], [Link] espagnol antigolúa.
Il convient également de souligner que les mots portugais d'origine germanique
appartiennent principalement à certains champs sémantiques, tels que le
guerre (guerre, voler, espionner), l'habillement (costume, vêtir), la maison et son
équipement (piquet, broche), les animaux (oie, martre). Ajoutez
encore des formes comme s'agréger, gain, blanc, jaillir. Notez enfin que
grande nombre de noms de personnes (Fernando, Rodrigo, Alvaro, Gonçalo,
Afonso, etc.), ainsi que des toponymes (Guitiriz, Gomesende, Gondomar,
Sendim, Guimarães, etc.), remonte aux suèves et aux wisigoths7.
b) Mots d'origine arabe — La longue permanence des musulmans
em terres de la péninsule, il a laissé sa marque tant sur le portugais que sur le
espagnol. À croire les dictionnaires, le nombre de mots portugais de
L'origine arabe remonterait autour de mille (954 plus exactement, selon José)
Pedro Machado, Influence Arabe sur le Vocabulaire Portugais8)Pas tous
les mots portugais d'origine arabe, cependant, ont été empruntés aux
"mouros" péninsulaires : certains sont arrivés par des chemins différents (via
L'Italie, par exemple); d'autres ont été introduites à une date beaucoup plus tardive,
provenant d'Afrique, d'Orient ou d'Asie. Mais même en limitant le
notre étude se limite aux mots légués par les musulmans durant leur
permanence sur le sol de la péninsule, nous constatons qu'ils sont loin d'être peu
nombreuses. Plusieurs d'entre elles se sont intégrées au fonds lexical de la langue et
nous les trouvons, avec une pleine vitalité, en portugais moderne. Elles appartiennent à
champs sémantiques particuliers qui définissent bien les domaines dans lesquels le
la civilisation arabo-islamique alors resplendissait. On y trouve l'agriculture,
Les animaux et les plantes : riz, huile d'olive, olive, glands, lys, laitue
alfarroba, javali; les sciences, les techniques et les arts avec les objets et
instruments qui leur sont liés : épingle, pince à selle, fondation
azulejo, almofada;as profissões:alfaiate, almocreve, arrais;a organização
administratif et financier : maire, comptable, douane ; la cuisine et la
alimentação:acepipe, açúcar; a guerra, as armas e a vida militar:alferes,
refém; a habitação urbana e rural:arrabalde, aldeia,etc.
Ce vocabulaire se compose essentiellement de noms, mais il
on trouve parfois des adjectifs ; ex. : mesquin, vague. En revanche,
Les termes grammaticaux constituent une exception. C'est cependant de l'arabe que se
origina de la préposition jusqu'à, ancien portugais até, de hatta (avec le même sens). A
fórmulaoxalá, par sa part, provient de la locution wa ša ’llah (« et que Dieu veuille »).
Il existe encore de véritables calques, comme fidalgo, dans lesquels les mots de

Source numérique | 18
origine románica de algodón combiné selon le modèle fourni
par la langue arabe.
Les mots arabes se sont lusitanisés grâce à certaines adaptations.
phoniques. L'article arabe s'est souvent agglutiné aux substantifs,
que ce soit sous sa forme pure (ex. : al-coton), ou sous la forme qu'il prend en arabe
avant les mots commencés par une consonne dentaire, cas dans lequel le -final
de l'article s'assimile à cette consonne. Ce phénomène s'est produit devant
r-; ex.:ar-roz>arroz; devant ç-; ex.:aç-çúcar>açúcar; devant z-; ex.:
az-zeite>azeite; devant d-; ex.:ad-dufe>adufe, etc.
Une grande partie des mots d'origine arabe attestés par les dictionnaires est déjà
n'appartiennent pas à la langue vivante d'aujourd'hui et sont perçues comme des archaïsmes. Ainsi
alfageme, anafil, adarga, etc. A arabização do léxico português foi, pois, en
d'autres temps, plus grand qu'aujourd'hui. C'était aussi plus grand dans la partie sud du pays que
Dans le Nord : par exemple, ce qu'on appelle au Nord— mot d'origine
latina — est désigné, à partir de Coimbra, par un terme d'origine arabe
almece (ou par ses variantes). On ajoute enfin que la toponymie
le portugaise conserve un nombre considérable d'arabismes; ex.: Alcântara
(“un pont”), Almada(“une mine”), Algarve(“l'occident”). Bien que ne pas
des inconnus dans le Nord, ces toponymes sont fréquents principalement dans le
Centre et dans le sud du pays.

2 — Mots populaires et mots érudits

Comme toutes les langues romanes, le portugais possède un vocabulaire


complexe : aux mots qui sont toujours restés vivants depuis l'époque latine,
et qui constituent le « patrimoine héritier » de la langue, sont venus s'ajouter
mots érudits, créés, à toutes les époques, sur la base du latin et du grec
(ex.: international, automobile telephone in contemporary Portuguese). This
Le processus de création du vocabulaire a commencé bien avant les premiers textes.
écrits en galicien-portugais, c'est-à-dire exactement pendant la période par nous
étudiées dans ce chapitre. Les mots érudits ou semi-érudits qui
ascendent à cette époque lointaine appartiennent au vocabulaire religieux. Ils peuvent
être détectées par le fait de ne pas avoir subi certaines transformations phonétiques
normaux dans le vocabulaire du "patrimoine héréditaire". Ainsi, cabidoo
(« chapitre » au sens ecclésiastique), hojecabido, qui apparaît dans le testament
de Afonso II (1214), représente le latimcapĭtŭlus, en prêt ultérieur à
données où tous les Latins s'exprimaientẹ](puisqu'il conserve)
esteilatino), mais antérieur à la chute dolintervocálico (une fois qu'il a perdu
ce phonème). C'est la même couche de termes religieux à laquelle appartient évêque
(épiscopus), pour la conservation de celui-ci, ainsi que la culpaecruz (lat. culpa,
crŭcem), pour la permanence de son. C'était aussi l'Église, il ne fait aucun doute,
que a terminologie chrétienne des jours de la semaine a imposée, à une époque très ancienne :
domingo, segunda-feira, terça-feira, quarta-feira, quinta-feira, sexta-feira,
samedi.

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Chapitre 2
Le galicien-portugais (de 1200 à environ 1350)

On a longtemps cru que les textes les plus anciens en


galego-português datent des dernières années du XIIe siècle. Études récentes
ils ont montré, cependant, que ce n'était pas exactement à cette époque, mais au début
au XIIIe siècle que ces textes sont apparus9.

Les faits historiques

À cette époque, le royaume autonome du Portugal existait déjà et la partie


le territoire méridional était presque entièrement "reconquis".
Le Portugal s'est constitué au XIIe siècle, lorsque Afonso I (Afonso Henrique)
fils du comte Henri de Bourgogne, il est devenu indépendant de son cousin
Afonso VII, roi de Castille et de León. C'est à la bataille de São Mamede (1128) que,
Traditionnellement, on fait remonter cette indépendance, bien qu'Afonso
Henriques ne s'est fait reconnaître comme roi que dans les années suivantes.
Se séparant de Léon pour devenir un royaume indépendant, le Portugal
se séparait également de la Galice, qui ne cesserait plus d'être annexée au
pays voisin — royaume de León, royaume de Castille et, enfin, royaume de
Espagne. La frontière, qui au XIIe siècle a isolé la Galice du Portugal, était
destinée à être définitive.
En même temps qu'il se séparait au nord de la Galice, le nouveau royaume
l'indépendance du Portugal s'étendait vers le sud, annexant les régions
reconquises aux « maures » (voir carte 2). Avec la prise de Faro (1249), le
le territoire national a atteint les limites qui, avec quelques petites
modifications, correspondent aux frontières d'aujourd'hui. Parmi toutes les nations
Les frontières du Portugal sont parmi celles qui ont le moins varié en Europe.

Isolé de la Galice, mais accru des terres méridionales


reconquistadas, le Portugal voit son centre de gravité se transférer du Nord
para o Sul. A residência principal do primeiro rei era Guimarães, no extremo
nord. Ses successeurs ont commencé à fréquenter de préférence Coimbra
(liberté depuis 1064). Et enfin, Afonso III, en 1255, s'installe à
Lisbonne, qui ne cesserait plus d'être la capitale du pays. Pendant tout ce
période, la langue galégo-portugaise, née dans le Nord, va se répandre à travers
régions méridionales, qui jusqu'alors parlaient des dialectes mozarabes. Lisbonne, le
la capitale définitive se situait en plein dans la zone mozarabe.

Tout comme l'espagnol, le portugais est issu d'une langue née


dans le Nord (le galicien-portugais médiéval) qui a été amené au Sud par
Reconquista. Quant à la norme, cependant, le portugais moderne diverge de
castillan, car tu vas la chercher non dans le Nord, mais plutôt dans la région centre-sud,
où se situe Lisbonne. Mais nous n'y sommes pas encore. Pour l'instant, ça suffit.
souligner que durant toute la période comprise entre le début du siècle
XIII et au milieu du XIVe siècle, bien après, par conséquent, la fin de la

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Reconquista, la langue commune est ce galicien-portugais né dans le Nord.
Nous allons donc l'étudier.

Les textes

1 — La poésie lyrique — Le galicien-portugais est la langue du primitif


poésie lyrique péninsulaire, qui a été conservée principalement en trois
compilations, of which only one was organized at the time of the troubadours: the
Cancioneiro da Ajuda (copié à la fin du XIIIe siècle ou au début du siècle)
XIV). Bien qu'il soit le plus ancien des codex de poésie profane, il est le moins
rico quant à la quantité de textes conservés, largement dépassé dans
particulier peloCancioneiro da Vaticanae, principalement, peloCancioneiro
de la Bibliothèque Nationale de Lisbonne (ancien Colocci-Brancuti), copiés tous deux dans
Italie, probablement au début du XVIe siècle. Ces cancionniers
contiennent trois catégories de poésies :

1) les cantigas d'ami (poèmes d'amour, parfois avec des traits


populaires, dans lesquelles la femme parle;

2) cantigas d'amour (poèmes plus érudits, d'inspiration fréquente)


provençal, dans lequel c'est l'homme qui parle);
3) les cantigas d’escarnho et de mal dire (poèmes satiriques, pas rares)
extrêmement grossiers).
Les textes les plus anciens datent du début du XIIIe siècle, mais cette littérature
va chercher tes origines dans un passé plus lointain, à la poésie des
trouvères provençaux pour les cantigas d'amour, ou, pour les "cantigas de
femme", qui sont des cantigas d'ami, à la tradition attestée par les
muwaššahasdos siècles XI et XII, poèmes en hébreu ou en arabe nos
quels apparaissent des vers dans le roman mousalabique.

Ces compilations, auxquelles il faut ajouter les Cantigas de


Sainte Marie d'Afonso X, le Sage (1221-1284), roi de Castille et de León
à partir de 1252, sont écrites dans une langue complexe, qui a pour base les
parler de la Galice et du nord du Portugal. On y documente des arcaïsmes
notables, attestant que, pour son public, cette littérature avait un
passé. Les auteurs sont à la fois galiciens et portugais. Parmi eux
on trouve jusqu'à des Léonais et des Castillans. Le galégo-portugais, en somme,
apparaît à cette époque comme la langue exclusive de la poésie lyrique, et ceux qui veulent
que ceux qui voudraient pratiquer devraient obligatoirement l'adopter. La signature de
Afonso X, roi de Castille et de León de 1252 à 1284, se joint ainsi, dans
Cancioneiros, à de D. Dinis de Portugal, roi de 1279 à 1325. Toute cette
la poésie lyrique se termine, cependant, au milieu du XIVe siècle, ayant été D.
Pedro, comte de Barcelos (1289-1354), fils illégitime de D. Dinis, un des
derniers troubadours.
2 —Documents officiels et particuliers— À partir du début du siècle
XIII surgem des documents entièrement écrits en « langue vulgaire » —
testaments, titres de vente, forums, etc. Un des textes les plus anciens de ce
gênero est le testament d'Afonso II, daté de 121410. D. Dinis donnera grand
impulsion à l'utilisation de la "langue vulgaire" en la rendant obligatoire dans

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documents officiels. La langue de ces textes, principalement de ceux
antérieurs à 1350, elle est plus spontanée et diversifiée que celle des Cancioneiros.
L. E. Lindley Cintra a analysé les forums de Castelo Rodrigo, localité située
au nord-est de la Guarda, qui appartenait, à l'époque, au royaume de León 11. Ceux-ci
foros datam de la segunda mitad del siglo XIII y están escritos en una lengua
dans laquelle le galicien se mêle au leonais. Cette circonstance s'explique par le
le fait que les rois de León, Fernand II (1157-1188) et Alphonse IX (1188-
1230), qui avaient trouvé la région déserte lors de la Reconquista, le
ils ont été repeuplés avec des colons venus de Galice. Des phénomènes analogues doivent avoir-
se produits dans plusieurs autres régions. Nous pouvons donc facilement imaginer
pourquoi les processus de mélanges de populations, causés par la
Reconquista, ont emmené vers le Sud les parlers gallego-portugais du Nord.
3 —Les débuts de la prose littéraire— À la fin de la période dont nous parlons
traitant, surgissent les premières œuvres en prose littéraire, méritant une
mention particulière du Livre des Lignées de D. Pedro, comte de Barcelos
(mort en 1354), et la Chronique Générale d'Espagne de 134412qu'est-ce que c'est en grand
partie de la version portugaise de la Première Chronique Générale d'Espagne, rédigée
par ordre d'Afonso X, le Sage.

La graphie

C'est dans la seconde moitié du XIIIe siècle que se établissent certaines


traditions graphiques. Le testament d'Afonso II (1214) utilisait déjà pour la
africada [tš] — ex.:Sancho, chus—, consoante diferente do [š], ao qual se
applique à grafiax. Estech, d'origine française, était déjà utilisé en Castille avec le
même valeur. Pour "npalatal" et "lpalatal", c'est seulement après 1250 que
commencent à être utilisées les graphies d'origine provençale ; ex.: gaanhar,
vieille. Le til (~), signe d'abréviation, sert souvent à indiquer la
nasalité des voyelles, qui peut également être représentée par une
consonne nasale ; ex. : razõ, razom ou razon. Malgré ses imprécisions et
incohérences, l'orthographe du galicien-portugais médiéval apparaît comme plus
régulière et « phonétique » de ce qui prévaudra en portugais certains
siècles plus tard.

Phonétique et phonologie

1 —Voyelles— En gallego-portugais, l'accent tonique pouvait tomber sur


dernière syllabe (perdi), dans l'avant-dernière (perde) et, très rarement, dans la
antepénultième (alvíssara).
Les phonèmes vocaliques étaient plus nombreux lorsqu'ils étaient toniques :

/i/ /u/
/ẹ / / ọ/
/ę/ / /
/a/

Source Numérique | 22
/i/:ici, ami;/ẹ/:verde, vez; /ę/:perde, dez; /a/:mar,

levé; / /:après, porte; / /:mis, bouche; /u/:toi, alhur. On peut se demander si,
Depuis cette époque, le phonème /a/ ne se réaliserait pas comme [ä] (fermé) devant
des consonnes nasales; ex.:ama, ano, banho.
En position atone finale, le système était réduit à :

(/i/)
/e/ /o/
/a/

L'existence, dans les textes les plus anciens, d'un phonème /i/ atone final
il ne peut laisser place à des doutes. On le trouve dans les impératifs du type
vendi, parti; nas primeiras pessoas do singular dos perfeitos fortes; ex.:
estivi, pudi; dans les secondes personnes du singulier de tous les parfaits; ex.:
tu as chanté, tu es parti ; et dans certains mots comme longi, viinti, eiri ("hier"). Mais,
au début du XIVe siècle, toutes ces formes présentent un-efinal:vende,
parte, estive, pude, chanté, parti. Le système se réduit donc à trois
phonèmes représentés par les lettres -e, -a, -o.
On trouve des graphies en-u (à la place de-o) dans les textes les plus anciens.
Certains historiens de la langue y voient la preuve que, depuis cette époque, le
galego-português prononcerait [u] les atones finaux écrits aujourd'hui-o; ex.:
havemos, champ. D'autres, cependant, interprètent ces graphies médiévales en-u
— Ex.: avemus, canpu—, comme des latinismes ou comme des formes de traduction d'un
timbre très fermé de la finale. Cette deuxième interprétation nous semble
mais plausible, pour plusieurs raisons, notamment parce que le galicien moderne
prononce toujours le o-octobre final comme [ ọ] fermé. À notre avis, les trois
Les finales atones du galician-portugais médiéval devaient avoir une prononciation brève,
et la voilà ! ils seraient réalisés comme [ ] etẹ [ ] très
ọ fermés.
En position atone non finale, c'est-à-dire essentiellement en position
prétorique, les oppositions entre/ẹ/ e /ę/, d'un côté, et entre / / et / / de ọ
outro, disparaissaient. Le système se réduisait alors aux cinq phonèmes
suivants :

/i / /u/
/e/ /o/
/a/

Ex.: enlever, pécher, trager, connaître, se moquer.

Source Numérique | 23
2 —Diphtongues— Voici les combinaisons qui se produisent :

Timbre final –i : Timbre final –u :


oui iu
salut salut eu où
IA au

Ex.: premier, plus, coita, fruito, partiu, vendeu, cautivo, cousa. O


timbre initial était, paraeieeu, un [ ẹ] fermé, et paroi, un [ ọ] fermé.

3 —Consonnes— Le système peut être ainsi reconstitué :

Dentaires-
Labiaux Palatais Velares
alveolaires
Oclusives :
Surdas /p/ /t/ /k/
Sonores /b/ /d/ /g/
Constritivas :
Surdas /f/ /ts/ /s/ /tʃ / /š/
Sonores /v/ /dz/ /z/ /(d)ž/
Nasaux /m/ /n/ /nh/
Latéraux [l]13 /lh/ /ł/13
Vibrantes
Branda /r/
Forte //
Semivoyelles /y/ /w/

Exemplos:
Oclusivas: /p/:pan, rapaz; /b/:ben, cabo; /t/:tio, catar; /d/:dia,
vida; /k/ (escritocouqu):creer, queixar; /g/ (escritogougu):gostar;
guerre.
Constritivas: /f/:fazer;/v/:vida, aver; /ts/ (escritoçecdiante deee
i):çapato, paaço, cinta, cen; /dz/ (escritoz):fazer; zarelhon(tecido grosseiro);
/s/ (écrits en position intervocalique, dans d'autres situations) : pas,
saber;vós; /z/ (escritose usado somente em posição intervocálica):casa;
/tš/ (escritoch):chaga, ancho; /(d)ž/ (escritogouj):trager; já, cajón; /š/
laisser.

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Nasais: /m/:mar; amor; /n/:nojo, pano; /nh/:vinha, venho.
Laterais: [l] dental:leer, falecer; /lh/:espelho, velho; [ł] velar:mal,
lever
Vibrants : /r/ brando : fero ; / fort : ferro.
Semivogais: /y/ (escritoiouh):dormio, dormho; /w/ (escritou):guarir,
concernant, quand.
Il serait imprudent d'essayer de reconstituer les réalisations phonétiques exactes.
de ces phonèmes dans leurs diverses positions. Soulignons simplement que
/b/ et /v/ étaient alors des phonèmes distincts. Dans certains mots, nous trouvons
régulièrement; par exemple : bien, savoir ; bout ; dans d'autres, systématiquement : valoir ;
vie, bloquer. Les cas d'hésitation graphique entre existent, mais dans un
nombre réduit de mots ; ex.: baron-varon.
C'est en rapport avec les constrictives dentales-alvéolaires (les « sibilantes ») et
palataux (en tant que « chiantes ») que le système consonantique du galicien-portugais
médiéval certainement mais s'éloignait de celui d'aujourd'hui. Il y avait une paire d'africates
(une sourde et une sonore) : /ts/ et /dz/, bien différents de /s/ et /z/ :

/ts/ /s/
Ex.: cen sen

/dz/ /z/
cozer Ex.: coudre

Aucune confusion n'avait lieu entre les affriquées et les simples, phénomène
ce qui a été vérifié dans le portugais contemporain, comme nous le verrons dans le chapitre
suivant. Dans le cas des palatales, l'affriquée /tš/ écrite, aussi se
distinguia da simples /š/ escritax, ao passo que hoje ochdechamar
se prononce comme oxdedeixar. À ces deux sourdes correspondait une
unique sonore, que nous représentons par /(d)ž/; ex.:trager; déjà. Ce phonème a été
initialement l'affriquée /dž/ mais a perdu, à un moment donné, son
élément occlusif initial, et a passé à /ž/. Il devient difficile de savoir si tel
L'évolution a eu lieu pendant la période que nous étudions ou après elle.
4 — Vogais nasais — As vogais /i/, /e/, /a/, /o/ e /u/ são
nasalisées par une consonne nasale implosive, c'est-à-dire suivie d'une autre
consonne — ex.:pinto, sente, campo, longo, mundo—, ou à la fin du mot
— ex.:fim, quen, pan, acaron, comun. En position atone finale, on peut avoir -en;
ex.:senten; -an; ex.:venderan(mais-que-perfeito); e -on; ex.:venderon
(parfait). Quand la consonne nasale termine le mot, l'orthographe la plus
commun a été pendant longtemps-n. Cependant, depuis la période du galicien-portugais
médiéval, commencent à apparaître dans cette position des graphies en-m:quen passe à
qui, chantent à chantent, etc. Et cette graphie en-mque se généralise en
portugais.

Source numérique | 25
Il convient d'étudier à part les conséquences de la chute du -n-
intervocálico. Comme nous l'avons vu dans le chapitre précédent, cette nasale a disparu,
probablement, au XIe siècle, après avoir nasalisé la voyelle qui la précédait.
Il en résulte un grand nombre de hiatus ; ex. : vĩo (< vinu) emão (< manu),
pronunciésvĩ-oemã-oem deux syllabes distinctes. Dans la poésie des
Cancioneirosa escansão dos versos permite comprovar que, de fato, a vogal
nasalisée et celle qui suit forment deux syllabes séparées ; ex.: pĩ-o (<pinu-
),sã-o(<sanu-),alhĕ-o(<alienu-),bõ-o(<bonu-),bõ-a(<bona),companhõ-es
(final em-ones), sœur-a(<germana), etc. Mais ces groupes de voyelles en
Les hiatos sont, par nature, très instables, et la plus grande partie d'entre eux sera
éliminée ultérieurement par la langue. Les textes médiévaux témoignent de la
occurrence de certaines évolutions qui devraient mener à cette élimination : par
exemple, pinhoporpĩ-o (développement doĩem hiato dans une consonne)
nasal) oualheoporalhĕo(désnasalisation de la voyelle).
5 —Rencontres vocaliques— Les désnasalisations du type alhĕo>alheo
ils ont vu augmenter le nombre déjà important de mots qui en possédaient deux
voyelles en hiatus. Ces "rencontres vocaliques" résultent de la chute de plusieurs
consoantes: queda de -g- emmaestre, meestre(<magister), emleer(<legere)
et ses diverses formes —leerei, leeria, etc.; chute de -d- enseer(<sedere),
emcreer(<credere), emtraedor, treedor(<traditore). La chute du -l-
intervocalique, dont il a été question au chapitre précédent, explique un fort
contingent de ces rencontres ; par exemple : mao (<malu-), maa (<mala-),
soo(<solu-),coor(<colore-),coorar(<coborare),coobra(< *colŏbra),diaboo
(diabolu-), etc. Les rencontres vocaliques résultant des dénasalisations
décrites au paragraphe précédent n'ont donc fait qu'augmenter l'amplitude de
un phénomène déjà considérable. Le gallego-portugais a donc commencé à avoir, ainsi, un
nombre beaucoup plus grand de mots qui contenaient des voyelles en hiatus. Par
parfois les deux voyelles sont différentes (ex.:moesteiro), mais, il n'est pas rare qu'elles entrent en collision

aussi deux voyelles identiques (ex.: maa, seer, viir, soo, nuu). Ces groupes
Les voyelles peuvent inclure l'accent tonique (c'est le cas des cinq exemples
précédentes), mais elles peuvent aussi se trouver en position prétonique (moesteiro,
coorar) ou postônica (diaboo). Dans les textes des Cancioneiros, l'escansion des
vers, répétons-le, garantit que dans ces groupes les deux voyelles en contact se
se trouvent en syllabes différentes. On disait donc te-er; so-o, so-idée, co-oral;
vi-ir, etc., de ce qui résultait, par exemple, queacha-ar, « étendre sur le sol »,
derivé de chã-o (<planu-) ne se confondait pas avec achar, "trouver".
On documente également dans les Cancioneiros des cas où les deux
Les voyelles en contact doivent être comptées dans une seule syllabe. Parfois, la propre
la graphie suggère la césure ; ex.: seredesporseeredes (futur de désirer).
Inversement, on trouve des graphies commeataaporatá (“jusqu’à”), qui ne peuvent que
représenter la voyelle tonique simple, c'est-à-dire une prononciation dissyllabique de
mot : a-tá. Nous voyons donc que déjà à l'époque du gallego-portugais, cela commence
les évolutions qui, ultérieurement, auront pour effet d'éliminer en portugais le
majorité des rencontres vocaliques.

Source Numérique | 26
Morphologie et syntaxe

Nous sélectionnerons ici seulement quelques points qui présentent un


intérêt particulier, soit parce qu'ils distinguent le galicien-portugais du tout
hispanique, soit parce qu'ils caractérisent un état de langue différent du
portugais moderne.

1 — Morphologie du nom et de l'adjectif — La chute du -l- et du -n-


Les intervocaliques ont eu des conséquences importantes sur les paradigmes :

a) Pluriel des noms et adjectifs se terminant par -l-. Le -l- est maintenu dans
singulier mas tombe au pluriel.
Nous avons, par exemple :

Singulier Pluriel

signe sinaes (c'est-à-dire, sina-es)

cruel crues (c'est-à-dire, crue-es)

b) Morphologie des noms et des adjectifs en -ão, -ane-on. Voici la chute


do -n- intervocalique qui explique les formes gallego-portugaises.
Les noms provenant du latin -anus (ex. : manus, "main"), -anis (ex. :
canis, “chien”) et -o, -onis (ex. : leo, leonis, “lion”) avaient donné, à partir du
accusatif, les formes attendues :

Singulier Pluriel

{"manu":"mano","mano":"mão"} *manos > mãos


cane- peut peut canes chiens
leone- > leon(e) > leon leones > leões

Il convient de noter qu'au singulier, les canéleons ont perdu tôt le -efinal.
Quand les -n- intervocaliques sont tombés, il y avait longtemps qu'on disait cane
leon : o -n- n'était plus intervocalique, mais final, raison pour laquelle il n'est pas tombé. Dans
manoe nos trois pluriels, au contraire, le -n- était intervocalique : est tombé,
alors, après avoir nasalé la voyelle précédente. En galégo-portugais les
les groupes, ãeeõeque qui en résultaient étaient d'abord bissextiles. On disait,
pois, maman, papas, chiens, lions. De la même manière, les adjectifs qui en
les termes latins se terminant par -anus (ex.: sanus) présentent les formes suivantes :

Source Numérique | 27
Pluriels
Singulier

masculino: sanu- > sano > são sanos > sãos


feminino: sana > sãa sãnàs > sãas
(prononciation, sains, saine, saines)

2 — Possessifs — Il existait pour le féminin de moi, toi, lui/elle


forme atone distincte de la forme tonique :

Masculin Féminin

Tonic Aton

meu mia, mĩa, minha mia, mha, ma


tien tua ta
votre votre sa

3 — Déictiques — Les déictiques (démonstratifs et adverbes de lieu)


s'organisaient selon le système suivant14.

cela esse
Démonstratifs
cet celui-ci / celle-ci

aqui Ali
Adverbes de
ici alá
lieu
acó allô

Le système ternaire du portugais moderne était donc déjà


constitué pour les démonstratifs : ce (1ère personne), ce (2ème personne) et
celui/celle (3ème personne), avec une forme renforcée de celui-ci. Déjà en ce qui
se réfère aux adverbes de lieu il n'y avait que des oppositions binaires entre morphèmes
em -i, em -áe em -o, étant donné que acó-aló étaient de l'emploi plus rare
queaqui-alieacá-alá.

4 — Les anaphores (h)ieende-en — Ces mots avaient le même


origine, le même sens et les mêmes emplois que le français en

Source Numérique | 28
énoncés du type "j'y suis", "j'y pense", "j'en viens", "j'en veux". Ex.: "A"
Santa Maria das Leiras / j'irai, velida, si tu es mon amiquinze — de uma
cantiga d'ami; «car de telle façon cela a été perdu / que nous ne pouvons pas en avoir de nouvelles»
avoir16— d'une ancienne chanson de moquerie et de médisance. Ces anaphoriques (h)i et
se trouvent à chaque instant dans les textes en galégo-portugais
médiéval.

5 —Morphologie du verbe— Le système des modes et des temps est déjà celui de
portugais moderne. Contient un plus-que-parfait simple, directement
hérité du latin ; ex.:amara(<amaram<amaueram), utilisé dans
sens temporel (« j'avais aimé ») ou modal (« j'aimerais »), et un futur de
subjonctif (aimer, faire). Nous noterons en particulier les points suivants :
a) L'infinitif fléchi ou « personnel » — Il s'agit d'un infinitif qui
possède les désinences personnelles (teer, teeres, teer, teermos, teerdes, teeren).
Ce temps, attesté dès les textes les plus anciens, est une caractéristique spécifique de
galicien et du portugais, étant inconnu du leonais et du castillan. Ex.:
Gardez-vous de ce désir désespérant 17— poème satirique de
Afonso X.
b) Formes archaïques de la première personne du singulier de certains verbes —
Citez, par exemple, senço (aujourd'hui je sens), menço (aujourd'hui je m'excuse), arço (aujourd'hui)

ardo), perço (aujourd'hui je perds), moiro (aujourd'hui je meurs), paresco (aujourd'hui j'apparais), etc.
c) À la deuxième personne du pluriel, les formes étymologiques avec -d- sont
toutes conservées ; ex. : aimées, vendues, parties, serez (futur)
leixedes(subjuntivo), etc.
d) Nos parfaits forts se trouvent côte à côte, à la troisième personne,
{"fizoefez(defazer)":"fizoefez(défazer)","disso-dixoedisse(dedizer)":"disso-dixoedisse(dire)","posoepôs(depõer)":"posoepôs(déposer)"}

e) Les verbes de la deuxième conjugaison (-er) forment généralement leur


participe passé en -udo; ex.: avudo (avoir), creúdo (croire), conhoçudo
(conhocer),perdudo(perder),sabudo(saber),vençudo(vencer),apareçudo
(apparaître), etc.
f) Le "traitement" — Les deux seules manières de s'adresser à un
interlocuteur (traitement) est le tutoiement familial (tu) et le vouvoiement
vous. On ne connaît pas encore les formules de traitement qui mènent
le verbe à la troisième personne.

Le vocabulaire

1 — Emprunts du français et du provençal — L'influence de la langue


Le d’oïl et la langue d’oc sont très forts pendant la période du galicien-portugais, et
s'explique par une série de causes convergentes : présence de la dynastie de
Bourgogne, implantation des ordres de Cluny et de Cîteaux, arrivée au Portugal
de nombreux Français du Nord et du Sud, influence directe de la littérature
provençal, etc. Daí os numerosos empréstimos vocabulares, de que damos
Quelques exemples :

Source numérique | 29
a) Emprunts du français —Dame(<dame), daian(< vieux français
doyen, aujourd'hui "doyen", prêtre (du vieux français prestre), sage, maison, etc.
b) Emprunts du provençal —Assaz(<assatz),greu, “difficile”,alegre,
manjar,rouxinol(<rossinhol),talan, “vontade, desejo”,freire(<fraire),cobra,
«copla,estrofe» (<cobla), trouver, trouvère, etc.

2 — Mots érudits et semi-érudits — Comme nous l'avons vu dans le chapitre


antérieur, le recours à des prêts faits directement au latin s'élève à
époque très lointaine, et n'a jamais cessé d'être pratiqué. Parmi les mots
«semi-eruditas», c'est-à-dire celles qui ont une entrée plus ancienne dans la langue, nous pouvons
incluirmundo, vierge, clérigo et sa variante crérigo, diable, école, penser
(cette variante populaire épesar). D'autres sont plus récentes, par exemple les
adjectifs en -ique (cf. plobique, c'est-à-dire « public », dans un document de 1303) 18.
Pour donner une idée de la complexité et de l'abondance de ces prêts,
nous marquerons quelques récoltes en feuilletant le glossaire des Cantigas
d’Escarnho et Mal Dizerna édition de Rodrigues Lapa (Éditeur Galáxia, 1965).
On y trouve allégorie (au sens de « science, art »), animalha (animal)
{"irracional":"irrationnel","apóstata":"apostat","arcebispo":"archevêque","arcediano":"archidiacre","bautiçar":"baptiser"}

(baptizar),beneficio, calendairo(hojecalendário),câncer,ciença(“ciência”),
citolonecitolar, derivados décítola (decithara), confessar, confirmer défores,
defesa, defenson,eiceiçon(“excepção”),estrologia-astrologia,estrolomia
("astronomie"),physicien(médical),nature,naturel, métier, etc.

Source Numérique | 30
Chapitre 3
Le portugais européen (du XIVe siècle à nos jours)

Vers 1350, au moment où l'école littéraire s'éteint


galego-portugais, les conséquences du déplacement vers le Sud du centre
de gravité du royaume indépendant du Portugal refont surface. Le portugais, déjà
séparé du galicien par une frontière politique, elle devient la langue d'un pays
sa capitale — c'est-à-dire la ville où réside généralement le roi — est Lisbonne.
Bien que le roi et la cour se déplacent fréquemment, leur "zone de
le "parcours" se situe maintenant dans un territoire délimité par Coimbra au nord et
Évora au sud. C'est dans cette partie du royaume que sont implantées les institutions
qui jouent un rôle culturel plus important, tels que les Monastères
de Alco baça et de Santa Cruz de Coimbra et l'Université qui, fondée
à Lisbonne en 1288 ou 1290, puis transférée à Coimbra et, dans d'autres
occasions, encore une fois pour Lis bonne, a été, enfin, définitivement installée en
Coimbra en 1537. Résidence privilégiée du roi, Lisbonne est aussi la ville
mais peuplée et le premier port du pays. Et l'axe Lisbonne-Coimbra passe à
former depuis lors le centre du domaine de la langue portugaise. C'est donc le
partir de cette région, auparavant mozarabe, que le portugais moderne va
se constituer, loin de la Galice et des provinces septentrionales où il se déversait
racines. C'est de là que partiront les innovations destinées à perdurer, c'est là où
se situera à la norme.

Problèmes de périodicité

Il est possible de déterminer ; dans l'histoire de la langue portugaise du XIVe siècle


jusqu'à nos jours, des périodes qui permettent de lui clarifier de manière satisfaisante
L'évolution ? La réponse n'est pas facile. Certains chercheurs font une distinction dans
évolution du portugais deux grandes périodes : l'« arkaïque », qui s'étend jusqu'à
Camões (XVIe siècle), et le « moderne », qui commence avec lui. D'autres basent la
sa périodisation dans les divisions traditionnelles de l'histoire - Moyen Âge,
Renaissance, Temps modernes — , ou dans les "écoles" littéraires, ou
simplement dans les siècles... Il s'agit, en vérité, d'un problème très
complexe, qui ne sera pas donné ici. Nous nous contenterons d'isoler, dans
évolution historique, plusieurs axes permettant d'ordonner, d'éclaircir et d'améliorer
comprendre les phénomènes linguistiques.

1 — Les Découvertes et l'expansion ultramarine

Au XVIIe siècle, les Portugais découvrent les archipels de Madère


des Açores, qui commencent à se peupler au début du siècle suivant. En
1415, tomam Ceuta. descem pouco a pouco a costa da Afrique. En 1488,
Bartolomeu Dias contourne le Cap de Bonne-Espérance. En 1498, Vasco da Gama
arrive en Inde. En 1500, Pedro Álvares Cabral découvre le Brésil. Ensuite, les
les portugais poursuivent jusqu'à Malacca, aux îles de la Sonde, aux Moluques, en Chine

Source numérique | 31
e ao Japão. A língua portuguesa, transportada as sim para o ultramar, vai-
se répandre sur de vastes territoires. Politiquement et administrativement, il ne reste rien
aujourd'hui de l'ancien Empire. Le Brésil est devenu indépendant en 1822, et la
La décolonisation qui a suivi la révolution du 25 avril 1974 a mis fin à
présence portugaise en Afrique. La langue, cependant, est restée au Brésil
et dans différents pays d'Afrique et d'Asie.
Nous examinerons dans les chapitres suivants les modalités du portugais
d'au-delà des mers.

2 — Histoire culturelle et littéraire

Nous renvoyons sur ce sujet aux travaux spécialisés. En ce qui concerne


En ce qui concerne le vocabulaire et la syntaxe, l'évolution du portugais reflète les grandes
périodes que l'on peut distinguer dans l'histoire culturelle et littéraire : le
développement de la prose littéraire aux XIVe et XVe siècles, la Renaissance, le
italianisme, ou humanisme, la censure inquisitoriale, la Contre-Réforme et le
contrôle de l'éducation par les jésuites, la réaction néoclassique et l'Arcadie, le
libéralisme et romantisme, réalisme et naturalisme, etc.

3 — Les influences étrangères

Aucun particulier, deux faits importants doivent être soulignés :

a) Le bilinguisme luso-espagnol
Entre le milieu du XVe siècle et la fin du XVIIe siècle, l'espagnol a servi
comme seconde langue pour tous les Portugais cultivés. Les mariages de
souverains portugais avec des princesses espagnoles ont eu comme effet une
certa "castelhanização" de la cour. Les soixante ans de domination espagnole
(1580-1640), qui se situent dans la période la plus brillante du "Siècle d'Or",
acentuèrent cette imprégnation linguistique. Ce n'est qu'après 1640, avec la
Restauration et l'ascension au trône de D. João IV, qui se produit une certaine
réaction anti-espagnole. Le bilinguisme, pourtant, perdurera jusqu'au
disparition des derniers représentants de la génération formée avant
1640. Ainsi, pendant environ deux siècles et demi, l'espagnol a été
au Portugal une deuxième langue de culture.
La plupart des écrivains portugais écrivent aussi en espagnol. C'est
le cas, pour ne citer que les plus importants, de Gil Vicente, de Sá de Miranda,
de Luís de Camões, de Francisco Manuel de Meio. Alguns, como Jorge de
Montemor, l'auteur de Diana (1559-?), qui hispanise son nom en
Montemayor, abandonnent complètement leur langue. Les partisans de cela
bilinguisme, frisemos, n'y voient là aucune trahison, aucune
infidélité envers votre pays. Seul un petit nombre d'écrivains
pénétrés de culture humaniste, comme António Ferreira (1528-1569),
manifeste une certaine forme de patriotisme linguistique en refusant de
écrire en espagnol. D'ailleurs, il convient de noter que l'espagnol de nos
les Portugais avaient des caractéristiques bien particulières. C'était prononcé avec

Source Numérique | 32
l'accent local et, en outre, sa morphologie et sa syntaxe s'éloignaient
fréquemment de la norme du pays voisin. Ainsi, l'infinitif fléchi de
le portugais était introduit en castillan : « La pénitence sera harta/pensares »
dans mon tourment19, dit, par exemple, un personnage de Gil Vicente. Ces
Les lusismes du « castillan du Portugal » se trouvent également dans le vocabulaire.
Sans savoir comment exprimer en espagnol le sentiment que le portugais
conçus avec le terme saudade, nos écrivains bilingues forgent la nouvelle
palabrasaludad20.

b) L'influence française
À partir du XVIIIe siècle, l'espagnol cesse de jouer le rôle de
seconde langue de culture, qui devient alors exercée par le français. Pas
il s'agit proprement d'une situation de bilinguisme, mais c'est dans les livres
les Français que les Portugais vont chercher une bonne partie de leur culture, et c'est par
intermédiaire du français qui entre la plupart du temps en contact avec le
monde extérieur. Bien que rejeté par les puristes, le gallicisme s'insinue
de mille manières dans le vocabulaire et la syntaxe.

4 — Les grammairiens, lexicographes et philologues

L'œuvre des grammairiens, lexicographes et philologues intéresse également à


histoire de la langue.
La grammaire naît au Portugal de la culture humaniste, revenant au
le pionnier de son enseignement à Fernão de Oliveira, auteur d'une Grammaire
de la Langue Portugaise (1536). Celle-ci est suivie de la Grammaire de la Langue
Portugaise (1539-1540), de João de Barros 21. Et depuis lors jusqu'au siècle
XIX va apparaître un nombre considérable de grammaires normatives et de
traités d'orthographe, comme ceux de Duarte Nunes de Leão (Orthographia,
1576 ; Origine de la Langue Portugaise, 1606), de Bento Pereira (Ars
Grammaticae Pro Lingua Lusitana, 1672), de D. Jerónimo Contador de
Argote (Règles de la Langue Portugaise, 1721), de João de Morais Madureira
Feijó (Orthographia, 1734), de D. Luís Caetano de Lima (Orthographia, 1736)
de Luís Monte Carmelo (Compendium d'Orthographe, 1767). Bien que
plutôt décevantes, en général, pour le lecteur d'aujourd'hui, celles-ci
les œuvres nous fournissent de temps en temps des informations précieuses sur la
histoire de la langue. En ce qui concerne la lexicographie portugaise, elle est également fille de
humanismo. O primeiro lexicógrafo, Jerónimo Cardoso, redige diversos
dictionnaires de portugais-latin et latin-portugais (1551, 1562, 1562-1563,
1569-1570)22.
Surgira plus tard le dictionnaire de portugais-latin d'Agostinho
Barbosa (1611), les dictionnaires de Bento Pereira (latin-portugais en 1634,
portugais-latin en 1647), le Vocabulaire Portugais et Latin de D. Rafael
Bluteau (8 volumes, de 1712 à 1721, et 2 volumes de supplément, de 1727-
1728) e, enfin, le Dictionnaire de la Langue Portugaise d'António de Morais
Silva (1789), plusieurs fois réédité et augmenté (entre 1949-1959 a été
publicada a 10ªedição, em 12 volumes), e que pode ser considerado o

Source Numérique | 33
antepassé de tous les dictionnaires modernes de la langue. En ce qui concerne
la philologie scientifique, elle a été introduite au Portugal dans la seconde moitié du
XIXe siècle par Francisco Adolfo Coelho (1847-1909). Ils l'illustrent, entre
outros, Aniceto dos Reis Gonçalves Viana (1840-1914), fondateur de la phonétique
portugaise, Carolina Michaëlis de Vasconcelos (1851-1925) et José Leite de
Vasconcelos (1858-1941).

Séparation du galicien

Le galicien commence à s'isoler du portugais depuis le XIe siècle avec des œuvres
en prose que la Chronique Troyenne est l'un des meilleurs exemples. Entre 1350
En 1450, il y a eu en Galice une deuxième floraison lyrique, dont les Portugais
ils n'ont pas participé. Mais à partir du XVIe siècle, le galicien cesse d'être cultivé
comme langue littéraire et ne survit que dans l'usage oral. Elle souffre, en outre, d'une série
des évolutions phonétiques qui l'éloigneront de plus en plus du portugais :
assourdissement des fricatives sonores écrites, -s- ej(ex.: cuire, coudre, déjà)
qui se confondent avecç, -ss- ex; prononciation interdentale de l'ancienç;
transformation, dans toute la partie occidentale de la Galice, degoclusif en une
fricative velar sourde identique à l'espagnol contemporain (il s'agit de
phénomène appelé), etc. En même temps, se renforcent à l'intérieur
il existe quelques différences dialectales en galicien, et le vocabulaire est envahi de
hispanismes. Aux siècles XIX et XX, il y aura une Renaissance galicienne, et
les écrivains et les philologues s'efforceront d'élaborer une langue unifiée. Mais,
par sa phonétique, par sa morphologie, par son vocabulaire, par sa syntaxe
et même par son orthographe, ce galicien moderne est déjà une langue différente
du portugais — différente, cependant suffisamment proche pour que, en
des conditions favorables, l'intercompréhension est encore possible.
Il est intéressant, à cet égard, d'analyser la manière dont les dialectes
les galiciens sont perçus et jugés par les portugais. Depuis le XVIe siècle, le
le galicien est perçu, en même temps, comme archaïque et provincial. Le personnage de'
constitua jusqu'au XIXe siècle l'une des figures traditionnelles du théâtre populaire :
il s'agit du galicien de Lisbonne, qui exerçait les professions de porteur et de
aguadeiro. Il se caractérise par la langue, dont les particularités accentuent,
jusqu'à la caricature, certains traits propres aux dialectes portugais de l'extrême
nord. C'est ainsi que le galicien, qui a tant contribué aux origines de la langue
para definir a norma literária, veio a encontrar-se no pólo oposto desta
la même norme. La rusticité de la Galice s'oppose, maintenant, à l'urbanité de
Lisbonne.

Le territoire du portugais européen

Amputé du galicien, le portugais est venu à occuper un territoire qui


correspond à peu près au territoire national du Portugal
continental — voir à cet égard la carte 3, p. 5823.
Les rares points où la frontière linguistique ne recouvre pas la frontière
la politique est la suivante : au nord, à Ermisende (province de Zamora),
on parle une variété de portugais. À l'est du district de Bragance, du côté

Source Numérique | 34
portugais de la frontière, à Riodonor, Guadramil, Miranda et Sendim, on parle
une variété de leonés. Plus au sud, du côté espagnol, le portugais est
parlé à Alamedilla, à Eljas, à Valverde del Fresno et à San Martín de
Trevejo (dialecte originaire du galicien), à Herrera de Alcántara et à Olivença
(localité qui a été portugaise jusqu'en 1657 et, ensuite, de 1668 à 1801). Il s'agit
ici des survivances dialectales qui n'empêchent pas la diffusion des deux
langues nationales, l'espagnol d'un côté de la frontière et le portugais de l'autre
outro. Aussi les archipels de Madère et des Açores font partie de la zone
européenne de la langue.
Comme on le voit, le portugais est une langue nationale pratiquement
«parfaite». Elle occupe, de plus, une zone qui est restée stable depuis la
origine. Le Portugal est un pays qui ignore les problèmes créés, dans d'autres
régions, par l'existence de minorités linguistiques.

Évolution phonétique du portugais européen du XIVe siècle à


nos jours

1 — Élimination des rencontres vocaliques

Nous avons vu dans le chapitre précédent que le galicien-portugais médiéval possédait


un grand nombre de mots avec deux voyelles contiguës qui formaient
un hiatus. Ces « rencontres vocaliques » résultaient de la chute de diverses
consonnes, en particulier du -d-, du -l- et du -n- intervocaliques. Ex.:vĩ-o, bõ-o,
sœur, lire, être, traître, main, mère, cœur, coordonner, diable. Depuis l'époque
Les dosCancioneiros commencent cependant les évolutions, qui auront comme
conséquence de l'élimination de tous ces hiatus. L'étude des graphies, des
les rimes et la métrique, dans les textes des poètes de la fin du XVe siècle, nous montrent
que cette élimination était donc déjà conclue (sauf cas particuliers, que
nous examinerons ci-après), et que, par exemple, les mots cités
auparavant il y avait passé avinho, bon, sœur, lire, être trèdor, mauvais, mauvaise
cor, càrar, diable (formes que les graphies arcaïques cachent souvent).
Les principales solutions mises en œuvre pour parvenir à la suppression des hiatus
sont

Développement d'une consonne entre deux voyelles


C'est le cas des séquences -ĩ-oe-ĩ-a, qui deviennent -inhoe -inha; ex.: vĩ-o
(<vinu) >vin, galĩ-a(<gallina) >galinha. La consonne nasale [nh] apparue
de [ĩ] en hiatus, sépare désormais les deux voyelles, supprimant la séquence
instable.

2) Contraction des deux voyelles en une seule voyelle


Lorsque l'une des deux voyelles est nasale, le résultat est une voyelle nasale;
ex.:lã-a>lã, bõ-o>bõ(escritobom),tĕ-es>tens,caente>queente>quente,
pa-ombo>pombo,fĩ-es>fins, tri-inta>trinta. Les voyelles nasales résultantes
les contractions de ce type sont [ĩ], [ĕ], [ã], [õ], [ũ] qui existaient déjà dans la langue. Le

Source numérique | 35
le système phonologique n'est pas, donc, affecté. Ce n'est pas le cas, cependant, lorsque la
la contraction se produit entre deux voyelles orales. Bien que le résultat soit
toujours une voyelle orale, de la contraction peuvent naître de nouveaux phonèmes, qui
provoquons une modification du système phonologique de la langue. Pour le mieux
pour le comprendre, il convient de tenir compte de la position desdites voyelles en
relation à l'accent tonique.
a) Position tonique : les résultats de la contraction sont les 7 voyelles
orais [i], [ ẹ], [ę], [a], [ ], [ ọ], [u]. Ex.: Résultat [i]: vi-es (pluriel de vil) > vis, vĩ-
ir > vi-ir > vir. Résultat [ ẹ]: le-er > ler; se-er > ser; me-esmo > mesmo.
Resultado [ę]: pe-e > pé, ma-estre > meestre > mestre, sa-eta > seeta > seta.
Resultado [a]: ma-a > má, pa-aço > paço. Resultado [ ]: co-obra > cobra, ma-
ou > marais > mort; mo-a > mó. Résultat [ọ]: co-or > cor. Résultat [unu-o >
nuu > nu. Mais ces combinaisons n'épuisent pas tous les cas possibles.
Nous avons, en effet, ga-anha>gagne (verbe) ega-anho>gagné (substantif),
nosquais oa, résultant de la contraction, a jusqu'à aujourd'hui été conservé dans le portugais
européen un timbre ouvert ([a]) malgré la présence de la consonne nasale
suivant, que, dans les mots qui contiennent une simple étymologie, toujours
fermez cette voyelle en [ä] ; par ex. : lit, tuyau, bain. De cette manière, la contraction
ga-anha>ganha(com [a]) donne lieu à une opposition phonologique entre [a] et [ä]
devant une consonne nasale. Et, effectivement, la langue va utiliser ce
oposição nos perfeitos da primeira conjugação, cuja desinência –ámos(com
[a] ouvert) de la première personne du pluriel s'oppose à la désinence -amos(com [ä]
fermé) du présent de l'indicatif. Ainsi, le système des voyelles orales accentuées
passe à comprendre huit phonèmes : en réservant que l'opposition entre /a/
e /ä/ est de faible rendement.

/i/ /u/
/ ẹ/ / ọ/
/ä/
/ę/ / /
/a/

b) Position postonique : ici aucun changement ne s'opère dans le système. Les


Les groupes atones -ooe -aasituados en fin de mots se contractent en -oe -a;
ex.:diábo-o>diabo,orágo-o>orago,Brága-a>Braga. O -oe o -a
resultantes de -ooe -aaconfundem-se, pois, com -oe -aetimologiques, ex.:
ami, porte.
c) Position prétonique : ici, les contractions des voyelles en hiatus vont
produire trois nouveaux phonèmes vocaliques qui, dans le portugais contemporain,
ils se distinguent toujours des voyelles simples à la même position. Ces trois
Les phonèmes vocaliques sont aujourd'hui [ę], [a] et [ ] ouverts. On a, par exemple, [ę].
aberto prétónico emesca-ecer>esquecer>esquècer,pre-egar>prègar
(“prêcher”); on a [a] ouvert enca-aveira> càveira, pa-adeiro > pàdeiro,a-
à casa; enfin, on a [ ] ouvert enco-orar>còrar. Au siècle
XV, quand les voyelles en hiatus se sont complétées, ces voyelles devaient être

Source numérique | 36
longaseabertas, en opposition aux prétoniques simples [ę], [ä] et [ ], qui étaient
brèves fermées; ex.: prêcher ("fixer avec des clous"), chaise, vivre. Les trois
de nouveaux phonèmes seront renforcés par des allongements compensatoires
résultantes de la chute de certaines consonnes dans la prononciation des mots
érudites ; ex. : directeurcom [ę] ouvert ec "muet", actioncom [a] ouvert ec
"mudo", adoption avec [ ] ouvert et "mudo". C'est ainsi qu'autour de
1500, le système des voyelles orales en position prétonique devient exactement le
même dans une position tonique :

/i/ /u/
/ ẹ/ / ọ/
/ä/
/ę/ / /
/a/

/i/ m'affranchir; / ẹ{"empregar":"employer","emprègar":"embaucher","emcadeira":"chaise"}


empadeira; / / emcòrar; / ọ/ emmorar; /u/ emburlar.

3) Contraction de deux voyelles orales en un diphtongue oral


La prononciation monosyllabique de certains groupes de voyelles en hiatus produit
diphthongs. Assima-edaráae, qui se confondra avec; ex.:sina-es (pluriel de
sinal) >sinaes>sinais. De la même manièrea-odaráao, qui se confondra
comau; ex.:ma-o>mao>mau. Mais dans trois types de séquences vocaliques le
Le produit de la contraction sera un diphtongue entièrement nouveau, qui n'existait pas dans
langue. Ces trois séquences sont -e(com [ ] comme première voyelle),ę-e(com
[ę]) eę-o(com [ę]) que darão, respectivamente,oe(escrito hojeói),ee(escrito
aujourd'huié) eeo(écrit aujourd'huiéu). Nous avons donc,so-es(pluriel desol) >soes, aujourd'hui
sóis; crue-es (pluriel de cruel) > cruees, hoje cruels; ce-o > ceo, hoje céu. E,
Ainsi, le tableau des diphtongues orales, enrichi de trois unités —éi([ęy])
ói([ y]) eéu([ęw]) —, passa à être :

Timbre final -i: Timbre final -u:


oui iu
ê ọi ẹu où
ęi je ęu
IA au

Ex.:primeiro, cruéis, mais, sóis, sois, fui, partiu, vendeu, céu, mau,
cousa.

Source Numérique | 37
4) Contraction d'une voyelle nasale et d'une voyelle orale en diphtongue nasale
Les séquences atteintes par cette contraction sont trois : ã-o, ã-e et õ-e.
Elles vont produire des diphtongues nasales: ão, ãe, õe, prononcés respectivement
[ãŵ], [ãŷ] et [õŷ] — ex.:mã-o>mão,cã-es(pluriel decan) >cães,leõ-es(pluriel
deleon) >lions. C'est l'origine des diphtongues nasales, si caractéristiques de
langue portugaise.

5) Rencontres vocaliques issues de la chute de -d- dans les désinences


verbaux (2ème personne du pluriel)

Pendant que ces évolutions vocaliques se développaient, une nouvelle série de


Des rencontres vocales ont été produites par la chute, survenue dans la première moitié
du XVe siècle, du -d- intervocalique de la désinence de la deuxième personne du pluriel
deux verbes. Nous avons ainsi : estades > esta-es > estaese, enfin, estais ;
vendes>vende-es>vendeese, enfin, vendez;sentides>senti-es>
sentis ; sodes > so-es > sois.
Nous avons étudié jusqu'ici le cours normal de ces réductions de rencontres.
vocaliques. Examinées dans leurs minuties, de telles évolutions phonétiques
présentent parfois une complexité bien plus grande que ce qu'il est légitime de conclure des
nos analyses. Certaines des voyelles résultant de ces réductions ont été
supprimées par des actions analogiques. Ainsi, serei, teerei se réduisent à serei,
terei, com [ẹ]prétorique (au lieu de [ę] attendu). D'autre part, les graphismes
ne suivent pas les évolutions phonétiques. Les voyelles continuent d'être écrites
duples en hiatus (ex.:seer, coorar, moor) longtemps après s'être
contraint. Il s'obstine à conserver les lettres qui figuraient dans les formes
étymologiques des nouvelles diphtongues (ex.: sinaes, ma, ceo), ou dans les voyelles
nasales (ex.: sœur, laine). Encore plus : on écrit des voyelles doubles dans les mots
qu'ils n'avaient jamais eu, comme moyen d'indiquer la syllabe tonique (ex.:estaa,
pauvre, ancien). On constate là les conséquences habituelles du retard de
grafia em relação à pronúncia.
Les évolutions que nous venons de décrire se sont produites aux siècles
XIV et XV. Ils étaient achevés vers 1500. Ils resteront encore dans
langue certaines séquences de voyelles en hiatus qui seront éliminées
ultérieurement : une (écrit en général une) féminin de un, passera à une,
forme qui se généralise dans les graphies du XVIIIe siècle ; les hiatus e-o, e- seront
supprimés par l'apparition d'uniode, d'où -eio, -eia; ex.:che-o>
cheio,cre-o>creio, cande-a>candeia(formas que aparecem
sporadiquement depuis le XVIe siècle, mais qui ne vont prédominer que
définitivement dans la langue écrite au XIXe siècle). Il convient d'ajouter enfin que
certains rencontres vocaliques survivent dans la langue contemporaine; ex.:lune(<
lũa), boa(féminin debom).
Une conclusion générale peut être tirée de ce qui a été dit. Les hiatus
produits par la chute de nombreuses consonnes ont déclenché un
processus de révision qui a provoqué l'enrichissement du système phonologique
les voyelles au cours des siècles XIV et XV Ce système est désormais
constitué de huit voyelles orales : /i/, /ẹ/, /ę/, /a/, /ä/, / /, / / e/u/
à la fois en position prétonique et en position tonique. Réduit à trois

Source Numérique | 38
voyelles en position finale : /E/, /A/ et /O/. Les combinaisons de diphtongues orales,
augmentées de trois, elles deviennent onze : ei, éi, ai, ói, oi, ui, iu, eu, éu, ai, ou.
Enfin, les nasales comprennent maintenant trois diphtongues.

C'est, en synthèse, le système vocalique du portugais vers l'année


1500.

2 — Unification des substantifs singuliers précédemment en -ã-o,


-un e -on

Comme nous l'avons vu dans le chapitre précédent, le galégo-portugais possédait trois


catégories de noms comme le montrent les exemples suivants :

Singulier Pluriel

code-o mã-os
peut cã-es
léon leõ-es

Après la réduction des hiats dans les conditions que nous venons de décrire,
le système passe à :

Singulier Pluriel
mao maos
peut, cam chiens
léon, léom lion

On a ensuite procédé à une unification des formes du singulier,


tandis que les pluriels demeuraient comme avant. Et donc, vers 1500,
nous arrivons au système suivant, qui est le même que la langue moderne :

Singulier Pluriels
main mains
chien chiens
lion lions

Tous les mots de la langue qui possédaient primitivement -an(-am) et


-on(-om) ont convergé de cette manière en une seule terminaison en -ão. C'est le
cas des formes verbales toniques ; ex. : dan > dão, cantarán > cantarão

Source numérique | 39
(futur), son > sont; et les formes verbales atones; ex.: chantèrent (plus-que-
parfait) >chantaient, écrit aujourd'hui chanté; chantèrent (parfait), forme que
est venu à s'identifier avec le plus-que-parfait dans la prononciation et l'orthographe. De
De la même manière, l'adverbe nie la négation (tout d'abord uniquement)
sous la forme tonique) passent alors ne pas.
Il n'y a pas de consensus parmi les historiens de la langue sur les causes
de cette mutation. Pour certains, il s'agit d'une évolution purement phonétique et,
pour d'autres, du résultat d'actions analogiques complexes24Nous nous inclinons à
penser que les deux explications sont également vraies, et que si
complétons. Quoi qu'il en soit, une affirmation peut être faite avec certitude : le
L'état de la langue moderne à ce stade était déjà défini vers 1500.
Bien que les graphies distinguent toujours les mots provenant de -ane
-on, qui ont la forme -am (ex.: cam, leam, fizeram), des mots où -ão
L'étymologie (ex.: main, saint (adjectif), chrétien), l'étude des rimes montre
que, en réalité, -on était déjà général.
Notons, enfin, que cette évolution s'est produite dans le portugais du Sud, de
Le centre est seulement dans une partie du portugais du Nord. Il n'a pas été suivi à l'extrême.
nord, et en particulier dans le Minho. Dans cette région, les anciens mots en -on
ne passent pas à -ã mais à -[õu] (ex. : [trubõu] "tonnerre", [ferrõu] "piqûre") et cette
la catégorie a même absorbé les anciens mots en -an (ex.: [kõu] de
peut).
Ainsi, une innovation née dans le Centre-Sud s'étend à la plus grande partie
de pays, devient la norme de la langue commune, mais épargne le grand nord.
Ce premier exemple illustre bien le déplacement du centre de gravité du
portugais moderne. Oui, à partir de maintenant, c'est le Centre-Sud qui fait la loi,
marginalisant les parlers du Nord, d'où sortait, auparavant, la norme.

3 — Permanence de la distinction entre /b/ et /v/ en portugais


commun

En gallego-portugués, comme nous l'avons vu dans le chapitre précédent, /b/ et /v/


ils étaient des phonèmes distincts, et ils le sont toujours dans le portugais courant d'aujourd'hui :
balaevalanão ne se confondent pas, de la même manière que caboecavo. Le phonème
/b/ est réalisé comme un bilabial /v/ comme un labiodental. Telle est la
prononciation de Lisbonne et de toute la partie centrale et méridionale du pays. Dans un
larga zona do Centro e do Norte há hoje, porém, um fonema único, como em
espagnol. Toujours bilabial, ce phonème est réalisé, selon les positions,
comme occlusive [b] ou comme fricative [ ] se confondront, ainsi, cent balas
cem valascom [b] et se confondront aussi caboecavocom [ ]. Ce trait
de pronúncia, chamado “a troca dobpelov”, é um dos que deixam
reconnaître immédiatement l'origine provinciale de tel ou tel locuteur. Les
les recherches dialectologiques modernes ont permis de tracer, avec précision, les
limites (voir carte 3) : la zone de distinction entre /b/ et /v/ se termine aujourd'hui à l'ouest,
un peu au sud de Coimbra, mais elle monte à l'est jusqu'à Trás-os-Montes,
pénètrant comme un coin dans la zone de confusion qui englobe le portugais
du Nord, le galicien et l'espagnol. À quelle date cette frontière linguistique, qui
Portugal en deux, a été établi ? Il est souvent cité à cet égard

Source numérique | 40
respect, un jeu de mots entre le nom de la personne Bimardere et la phrase vi-m
‘arder, qui apparaît dans la Menina e Moça, le célèbre roman de Bernardim
Ribeiro, dont la composition remonte peut-être à la décennie 1530-1540. Mais le
l'auteur cite ces mots comme étant galiciens et non portugais.25. Il faut se
attendre la seconde moitié du XVIe siècle pour voir apparaître un témoignage
explicite : Duarte Nunes de Leão, dans sa Orthographia (1576), mentionne le
confusion dobe dov, et il faut qu'elle apparaisse "chez les galiciens et chez certains"
portugais entre Douro et Minho26Depuis lors, les grammairiens et
Les orthographes portugaises ne manquent pas de signaler cette "erreur", pour laquelle les
les Portugais du Nord se rattachent aux Galiciens et, de manière plus générale, aux
espagnols.

Carte 3

Source Numérique | 41
Les modalités exactes de ce phénomène, qui intéresse à la fois
L'Espagne et le Portugal sont complexes, et les historiens des langues
Les péninsulaires n'ont pas d'opinion concordante à cet égard. Pour le plus grand
de leur part, toute la péninsule aurait d'abord connu la distinction entre un
/b/, qui était une occlusive bilabiale, et un /v/, qui était une fricative
labiodental (comme, par exemple, en français contemporain); puis le
la confusion se serait généralisée et aurait touché toutes les régions, à l'exception de
précisément du G et du Sud du Portugal. Cependant, pour d'autres, la distinction
la primitive n'aurait pas été entre une bilabiale et une labiodentale, mais entre
deux bilabiales, dont l'une serait l'occlusive /b/ et l'autre la fricative / /;
l'opposition phonologique existerait déjà, mais elle reposerait sur une caractéristique
extrêmement fragile ; dans la majeure partie de la Péninsule, cette caractéristique finirait par
disparaître, où la confusion ; mais dans le Centre et le Sud du Portugal le
l'opposition se stabiliserait grâce au passage de /b/ bilabial à /v/ labio-
dentaire27. Quelle que soit l'explication du phénomène, il est certain qu'il a eu pour
effet de marginaliser une fois de plus les dialectes du Nord par rapport à ceux du
Centre et Sud.

4 — Évolution du système des « sibilantes »

Le gallego-portugais médiéval possédait, comme nous l'avons vu, les quatre phonèmes
/ts/ (ex.:cen), /s/ (ex.:sen), /dz/ (ex.:cozer) e /z/ (ex.:coser)28. Environ
1500, les deux affriquées /ts/ et /dz/ avaient perdu leur élément occlusif
initial, mais l'opposition entre les deux paires de phonèmes continuait à maintenir -
se, parce que votre point d'articulation n'était pas le même. Nous avions donc,
en position intervocalique :

Pré-dorsodentaires Apico-alvéolaires
/s/ écrit, écantes /ś/ écrits- ess-
deeei
Surdas ex.: passo
palais

/z/ écrit /ź/ écrit –s-


Sonores
cuisiner coudre

Les deux pré-dorsodentales étaient prononcées avec la pointe de la langue


virada vers le bas, et la partie antérieure de son dos près des dents de
cima (comme le /s/ et le /z/ des mots français casserecaser). Les deux
Les apico-alvéolaires étaient prononcées avec la pointe de la langue proche des
alvéoles. Ces réalisations sont inconnues du français, mais l'apico-
l'alvéolaire existe encore dans la prononciation des mots espagnols paso et casa, tel
comme elle est pratiquée en Castille. Une oreille française y perçoit un début de
«chiamento», comme s'il s'agissait d'un phonème intermédiaire entre le [s] de
cassere o [š] décocher. Le portugais commun des années 1500 possédait deux
phonèmes avec ce point d'articulation, un sourd et un sonore.

Source Numérique | 42
L'existence de ces quatre unités distinctives dans le portugais du début
Du XVIe siècle, il n'y a aucun doute. Les graphies sont toujours très cohérentes :
se trouvent seulement à l'hôtel, jeune fille, sembler ; seulement cuire, prière,
fois, vide ; seulement -ss- empasso, dit, notre, passer ; seulement -s- en
coser, quiseste, casar, rosa. Dans les textes aljamiés écrits au Maroc en
1517 la transposition des mots portugais en écriture arabe ne laisse pas
ne pas donner lieu à aucune confusion entre les deux séries29. Enfin, la
La Grammatica de Fernão de Oliveira (1536) contient une description assez
il a besoin des quatre écouteurs mais permet de les identifier30.
Mais, vers 1550, des confusions commencent à apparaître dans les textes.
entre chacune des pré-dorsodentales et l'apico-alvéolaire qui lui correspond :
encontra-seçem fois de -ss-, -ss- au lieu deç,zem fois de -s- et -s- au lieu de
-z-. Les grammairiens (par exemple, Pêro de Magalhães de Gandavo dans son
Orthographia, 1574) partie en guerre contre ces confusions31. Mais rien
ils peuvent changer. À la fin du XVIe siècle, le portugais commun a diminué à
deux des quatre phonèmes, et cette réduction s'est faite en faveur des pré-dorsodentales,
identiques à celles du français. On a désormais les deux phonèmes suivants :

— Une pré-dorsodentale sourde/s/; ex.: espace et passons confondus.

— Une pré-dorsodentale sonore /z/ ; ex. : cozerecoserconfondus.

La langue écrite s'efforce de maintenir l'orthographe ancienne, sans, dans


entanto, réussir à éviter des inconsistances du type socegareBrazilem au lieu de
sossegareBrésil. La réforme orthographique du XXe siècle va éliminer beaucoup de
de ces étrangetés.
Mais la transformation que nous venons de décrire se réfère à
portugais commun, c'est-à-dire la langue officielle dont la norme est l'utilisation du Centre et du
Sul do país. A situação dos falares do Norte, tal como as pesquisas
les dialectologiques permettent de la reconstituer, c'est très différent :

— Dans une zone qui traverse le pays du nord-ouest au centre-est (voir)


mapa 3), les quatre phonèmes primitifs se réduisent à deux, comme en
portugais commun, mais ces deux phonèmes sont les apico-alvéolaires /ś/ et /ź/
paçoepassosão confundidos em Lisboa, mas com /ś/ da mesma maneira
cozerecosersão confondus, mais avec /ź/. Ce trait de prononciation est
connu au Portugal sous le nom de "sbeirão".
— En plus de cette zone, dans une région qui inclut une partie du Minho,
Trás-os-Montes et une partie de la Beira Alta — en résumé, tout l'angle
au nord-est du pays —, les quatre phonèmes se conservent et leurs réalisations
elles demeurent les mêmes qu'au début du XVIe siècle, que nous avons décrites tout à l'heure.

Il y a donc au Portugal d'aujourd'hui trois domaines :

a) Centro-Sul (français commun) : confusion des pré-dorsodentales et des


ápico-alvéolaires en faveur des pré-dorsodentales;
b) Zone intermédiaire du Nord-Ouest-Centre-Est : la même confusion, mais
en faveur des apico-alvéolaires (« sbeirão ») ;

Source Numérique | 43
c) Zone arcaïque du Nordeste : conservation des quatre phonèmes
primitifs.
Mais une fois, il est prouvé que le portugais commun a pris comme
norme d'utilisation de la région centrale et méridionale, qui est l'ancienne zone mozarabe et
y compris la ville de Lisbonne. On peut même supposer que dans cette partie du pays la
la confusion des deux ordres de phonèmes en faveur des pré-dorsodentales a
racines très anciennes.
Nous remarquons, en effet, dans des documents provenant de Lisbonne et du Sud,
grafias caractéristiques : syngy (au lieu de cinq, forme ancienne decinco), en
Lisbonne depuis 1296 : chasse, présente, poser (au lieu de casa, présente, poser)
dans l'Algarve en 145032. C'est donc une tendance d'origine méridionale qui se
généralisa au XVIe siècle dans la langue standard.

Ces faits acquièrent leur plein sens lorsqu'on les remet dans
ensemble de la péninsule ibérique. Le portugais commun d'aujourd'hui pratique, en
résumé, ce qu'on appelle en Espagne. Plus au nord, dans la zone
intermédiaire du “sbeirão”, apparaît la prononciation que le castillan a conservée
na surdacasaepaso. Enfim, dans la zone archaïque du Nordeste sous la situation
ancienne de quatre phonèmes que lecastillan a également connue à la fin de la
Moyen Âge. Le portugais commun, comme en partie l'andalou et l'espagnol de
L'Amérique est donc une langue avec "seseo".

5 — Monotongation deouem[ọ]

O ditongoou, isto é, [œpassé à [ọ]dans le portugais courant actuel ; ex. :


cousa, peu, aima, docteur. Cette monotongation a probablement commencé à
se manifester au XVIIe siècle. Il a envahi tout le Sud et la plus grande partie du Centre
du Portugal, mais dans le reste du pays, c'est-à-dire, une fois de plus, au Nord, l'ancien
ditongoouọw]continue à vivre. La limite du phénomène (voir carte 3) part de
à l'ouest de la région d'Aveiro et forme une sorte de S qui atteint la frontière
espagnole dans la région où le Douro pénètre au Portugal. À l'intérieur de la zone
de monotongation survit, dans le district de Leiria, une petite zone où
oouse conservou. Verificamos plus une fois que, avec cette monotongation,
une innovation venue du Sud s'est imposée au portugais commun et a rejeté en
direction du Nord, l'ancienne utilisation, la marginalisant.

Tous les mots qui possédaient un ou ont été atteints par cela
phénomène. Mais dans certaines d'entre elles, cela a été remplacé par ça, ce que
resultèrent aujourd'hui les pairesou-oi; ex.: taureau, toiro; or, oiro; cousa, coisa. O
L'émergence de cette variante est, évidemment, liée à la monotonguation.
parce que les éléments, initial et final, se rapprochaient que la langue les
fez distancier. Ainsi, le diphtongue évitait la monotonguation, mais au prix de
une mutation qui le faisait se confondre comme ([ou]), diphtongue qui existait déjà dans
langue (ex.: nuit, huit). Il y aurait beaucoup d'observations à faire à ce sujet
alternanceou-oi. Certains mots ne sont pas, systématiquement, atteints par le
phénomène : on dit, par exemple, peu, et jamais poico ; également, la
désinence des parfaits de la première conjugaison, à la troisième personne du
singulier, c'est toujours emou ; ex. : amou. D'autre part, certains exemples deoi
porouaparecem déjà en date ancienne. Ajoutons que, au XVIe siècle, avant

Source numérique | 44
de généraliser le phénomène dans la langue standard, les juifs qui apparaissent dans
théâtre de Gil Vicente33employent, systématiquement, ne sont pas de leur lieu
uniquement dans les mots du tipocoisa (cousa), où le phénomène est généralement dans
langue d'aujourd'hui, mais même dans les mots qui l'ignorent complètement ; ex.
peu

6 — Passagem de[tš]a[š];ex.: appeler

Comme nous l'avons vu dans le chapitre précédent, le galicien-portugais avait une


africade palatale [tš] écrite ch; ex.:chamar chaga, chave, ancho, macho. Cette
l'africate ne se confond pas avec la constrictive simple [š] écriture; ex.: laisser: A
À partir du XVIIe siècle, cependant, va se produire la disparition de [tš] qui perd
son élément initial et se confond ainsi avec [š]. Il s'agit, encore une fois
mais, d'un phénomène venant du Sud et qui devient la norme de la langue
commun. Mais, comme dans les cas précédents, l'ancienne prononciation survit en
grande partie des provinces du Nord. La ligne qui sépare aujourd'hui la région où
[tš] s'est confondu avec [š] de la région où ils restent distincts
commence au sud de Viana do Castelo, suit parallèlement au littoral, laissant la
à l'ouest de la ville de Porto, se rapproche du littoral au nord d'Aveiro,
traverse ensuite tout le pays, suivant une ligne sinueuse qui rencontre la
frontière espagnole au nord du district de Portalegre. Petites îles de [tš]
sous-système à l'intérieur de la zone du [š] ce qui se passe, par exemple, près de
Figueira da Foz (foz do Mondego).
Il est possible, dans le cas présent, de suivre pas à pas la progression du
phénomène, grâce aux graphies des textes et aux commentaires des grammairiens et
orthographes. En 1576, dans sa Orthographia, Duarte Nunes de Leão décrit
sem pre le ch comme une affriquée, qui se compare à la consonne italienne escritac
nos gruposcience34. Mais, dans les textes manuscrits et imprimés du siècle
XVII, commencent à surgir des confusions caractéristiques entrechex; ex.: xãopor
chão, roxaporrocha, axarporachar: João Franco Barreto (Orthographia,
1671) condamne ceux qui prononcent et écrivent xave, xapeo, xafariz, fexadura
porchave, chapeo, chafarizefechadura35João de Morais Madureira Feijó
(Orthographia, 1734) signale que la prononciation de clé, cheminée, Chine,
il pleut, il pleuvait, j'ai examiné, Chine, jeune, pluie, est caractéristique des
personnes natives de Lisbonne36. D. Luís Caetano de Lima (Orthographia, 1736)
tente défendre la norme ancienne : les mots portugais clé, chapeau,
chamar, etc., contiennent, dit-il, la même consonne que cena, c'est vrai, disais-je,
riceboem italien, et cette consonne doit être distinguée de celle qui s'écrit
emxadrez, enxerto, frouxo, roxo,etc37Dix ans plus tard, Luís António
Verney (Méthode Vraie d'Étudier, 1746) clarifie que, dans la région de
Estremadura, oché articulé comox, et pas seulement dans l'Estremadura, mais
aussi dans plusieurs autres provinces. Or, en matière de prononciation,
on doit toujours préférer ceux qui sont les plus cultivés et parlent bien dans
Estremadura38Il est donc évident qu'à cette époque, la situation était la
même qu'aujourd'hui. Plusieurs grammairiens tenteront, par la suite, de défendre l'ancien
prononciation africée dech, mais la cause était déjà perdue.
Ainsi, une fois de plus, l'innovation venue du Sud devient la norme de
langue standard. L'orthographe, cependant, continuera, naturellement, à faire la

Source numérique | 45
distinction entre chex, fait qui occasionnera un nombre infini d'erreurs en
tous les élèves du Portugal.

7 — Prononciation chiante de se z implosifs

Dans le portugais européen normal d'aujourd'hui, tout le monde


implosivos — ou seja, em posição final de sílaba — são pronunciados como
chiantes ([š] ou [ž]). La réalisation sourde ([š]) ou sonore ([ž]) de la chiante est
automatiquement déterminée par la position de cette consonne, ce qui signifie
qu'il s'agit de deux réalisations phonétiques d'un seul phonème. La règle de
la répartition est la suivante : la sourde [š] en finale absolue (ex. : derrière, une fois) ou
devant une consonne sourde (ex.: vue, il fait froid); la sonore [ž] devant
une consonne sonore (ex.: même, derrière lui). Il s'agit de cris sans
arrondissement des lèvres, ce qui les rend assez différents des
chiantes français, par exemple.
Le premier témoignage que nous avons sur cette prononciation est celui de
Luís António Verney (Véritable Méthode d'Étudier, 1746), qui déclare
que "tout ou -sfinal prononcent comox"; et ajoute : "Non seulement lesfinal
prononcez comox, mais aussi ozfinal, ce que V R peut voir emdiz, Luiz
fiz.39. Après Verney, l'un des tests les plus explicites est celui du français.
anonyme auteur de la grammaire intitulée Maître Portugais, publiée à Paris
en 1799. Il s'agit de la traduction française de la Nouvelle Grammaire Portugaise
António Vieira Transtagano (Londres, 1768). Dans les ajouts et corrections que
le traducteur a fait au t original, se lit : « osfinal se prononce presque comme ous, ou,
mieux, s'approche sensiblement deouch" ; et illustre avec "otrous, ou
melhorotrouch, que s'écrit d'autres”. Plus loin, il ajoute :

[...] a dit ci-dessus que le son doch se donne fréquemment aux lettres,
lorsqu'elle est en position finale. Elle est soumise à la même métamorphose quand
antecede une autre consonne, se rapprochant beaucoup de la prononciation allemande,
sem, cependant, adopter toute la rigueur, en des mots similaires à l'état
eesposa, qui se prononcent plus ou moins comme echstado echsposa40.

Nous pouvons émettre plusieurs hypothèses sur la manière dont cela a été opéré.
chiamento général des -se -zimplosivos dans le portugais européen. Dans un premier
moment nous serions tentés de lier le phénomène à la transformation que le
le système des "sibillantes" a souffert au cours du XVIe siècle : tandis que les
les anticartilages apico-alvéolaires se transformaient en pré-dorsodentaires au début de
sylabe, elles se seraient palatalisées en fin de syllabe, devenant ainsi
chiantes. Mais si cette prononciation chiante s'était produite depuis le siècle
XVI, on comprend mal que le portugais du Brésil, dans sa forme la plus
commun, et particulièrement à Minas Gerais, région densément peuplée dans
XVIIIe siècle, ne faites pas de sifflement et prononcez les -se -zimplosifs
comme des sibillantes pures. Une deuxième hypothèse se dessine, alors, plus
probable : les -se -zimplosivos auraient été initialement des sibilantes, et, en
époque la plus tardive, comprise entre le XVIe siècle et la date du premier
témoignage (Verney, 1746), est qu'il se serait produit le sifflement.

Source Numérique | 46
Ce son caractérise aujourd'hui le portugais dans sa forme normale. Mais dans les
Parler du Nord, il y a une situation complexe. Dans la zone intermédiaire du "s
beirão”, où, en position intervocalique, les apico-alvéolaires ont absorbé les
antigas pré-dorsodentales (voir pp. 42 et 43), les -se -zimplosifs sont
commument souvent perçus comme apico-alvéolaires (voir les transcriptions de l'Atlas)
Linguistique de la Péninsule Ibérique). Dans la zone archaïque du Nord-Est, il se produit encore
une différence, dans plusieurs autres cas, entre l'ancien -s, prononcé comme
um [ś] apico-alvéolaire, et l'ancien -z, prononcé comme un [s] pré-
dorsodental. Une fois de plus, l'innovation est venue du Sud et les dialectes du Nord
se présentent comme archaïques et marginaux.

8 — “Réduction” des voyelles atones [ẹ] et [ọ]

Nous allons maintenant aborder l'un des points les plus importants, mais aussi
dos plus obscurs de l'histoire du portugais41. Nous avons vu que, après le
élimination de plusieurs « rencontres vocaliques » du galicien-portugais, la langue
falada, vers 1500, a atteint (voir p. 37) un système de voyelles orales
que, en position tonique, comprenait huit phonèmes et se réduisait à trois
phonèmes en position atone finale :

Position tonique

/i/ ex.: ami /u/ ex.: muda


/ ẹvert /ọ fille
/ä/ ex.: banho
/ę/ ex.: perde / / ex.: porta
/a/ ex.: gagner; aimé

Position prétonique (système identique)

/i/ ex.: dire /u/ ex.: durer


/ ẹ/ ex.: meter; pregar /ọmanger
(fixer avec des clous)
/ä/ ex.: chaise
/ę/ ex.: prègar (prêcher) còrar
/a/ ex.: pàdeira

Source Numérique | 47
Position atone finale

/E/ /O/
réalisé comme / ẹ/ réalisé comme / ọ/
ex.: passe ex.: paso
/A/
réalisé comme /ä/
ex.: passa

Vers 1800, ce système avait déjà subi une modification.


important en ce qui concerne les voyelles réalisées comme [ẹ]e [ọ]en position
átona, tant prétonique (mètre, habiter) que finale (passe, pas). Au lieu de
[ẹ]il y aura une voyelle centrale fermée que nous transcrivons par [ë]; ex.: [mëter],
[pásë] e, au lieu de [ọ]il y aura [u]; ex.: [murár], [pásu]. C'est cette transformation
que nous appellerons « réduction ».

Tal redução, que se reveste de extrema importância na história da


langue, n'est jamais transcrite dans l'orthographe officielle, qui continue à écrire
eoas voyelles qui se prononcent aujourd'hui [ë] et [u]. Avertissez-vous encore qu'elle
cela se produit au Portugal, mais pas au Brésil : le portugais du Brésil, comme nous le verrons
dans le prochain chapitre, cela va évoluer de manière différente. Comment cela a-t-il été atteint
cette situation en portugais européen ? Pour essayer de le comprendre, c'est
il est commode de bien distinguer la position finale atone de la position prétonique.

1) Position finale atone


Il n'y a, aux XVIe et XVIIe siècles, aucun témoignage de grammairien ou
orthographe qui indique pour les voyelles écrites -ee -ou une autre réalisation phonétique
que nonẹ]e [ọ].Ce n'est qu'au XVIIIe siècle que les premières indications apparaissent
a attester que à cette époque -se prononçait [i] et que -oera
prononcé [u]. Le premier document est constitué par la Grammaire
Italianade D. Luís Caetano de Lima (1734). L'auteur recommande de ne pas
prononcer à la manière portugaise le -efinal italien :

Notez que les mots qui se terminent par -ese doivent être prononcés avec un
c'est sombre, mais pas aussi sombre que le font les Portugais, qui
mudam quase o -efinal em -i, e em lugar de pronunciaremanche, pure,
bruit, parler, entendre, prononcer, pur, bruits, parler, etc.42

E, un peu plus loin, à propos du -ofinal italien, écrit :

Source Numérique | 48
Il convient de noter que la voyelle généralement à la fin des mots a un son ouvert, et
pas fermé ou sombre, comme les Portugais vous le donnent ordinairement,
l'équivocant avec43.

Bien que ces observations ne se réfèrent pas au portugais, mais à


l'italien parlé par les Portugais est important car il nous révèle que la
prononciation [i] et [u] des finales écrites est pour les portugais un
habitude articulatoire instinctive. Quelques années plus tard, en 1746, sous la plume
de Luís António Verney, nous trouvons une description phonétique très claire :

Enfin, je dois avertir V. P. que ces nationals, même en parlant,


prononcent mal beaucoup de lettres au milieu, mais surtout à la fin des
dictons. Par exemple, à la fin, ils prononcent commei, comme emdê-me, pôs-me, etc.
Todo oofinal acaba emu, v.g. emtempo, como, buxo, etc., cujos nomes
celui qui veut prononcer à la portugaise doit finir enu44.

Verney, qui était né à Lisbonne en 1713, de parents français, écrivait


ces mots à Rome, où il résidait depuis 1736.
Pour comprendre la séquence de l'évolution, il convient de faire une
distinction entre le cas de -ofinal et de -e. Le passage de -ofinal à [u]
attestée comme on a déjà pu le voir dans la première moitié du XVIIIe siècle, c'est depuis lors
un fait accompli. La réalisation [u] pour tout ce qui s'écrit -ofinal
(átono) est de règle dans l'ensemble du territoire portugais de l'Europe, et aussi
au Brésil. On le trouve dans la base de tous les créoles portugais. Divers
des témoignages de grammairiens en témoignent à partir de la deuxième moitié du
XVIIIème siècle. En 1788, par exemple, Francisco Nunes Cardozo (Art ou Nouveau
Méthode d'enseignement de la lecture de la langue portugaise) affirme que des concavités
prononciation concave45. L'auteur français anonyme du Maître Portugais (1799) est
encore plus précis :

O, principalement quand final ou dérivé de final, se prononce


généralement comme en français; ainsi se prononce ous, ou,
mieux, se rapproche très sensiblement deouch46.

Le destin de la voyelle atone finale écrite est plus complexe. Nous avons vu que
elle était prononcée [i] dans la première moitié du XVIIIe siècle. Le portugais
l'actuel du Portugal a transformé cet [i] en une voyelle centrale très fermée et
très brièvement que nous transcrivons par [ë]. Semblable à la voyelle atone des
mots anglais merryefinish, ce [ë] aujourd'hui si bref dans la prononciation
courant qui devient pratiquement inaudible : passepontes sont perçus
comopass’epont’. Tal [ë] ne vient pas, avec toute évidence, directement de
ancienẹ]réalisation primitive de -efinal atone, mais plutôt de [i] attesté dans
première moitié du XVIIIe siècle, l'évolution s'étant déroulée conformément
avec le schéma suivant : [ẹ]> [i] > [ë]. Il y a, d'ailleurs, plusieurs points du
territoire européen de la langue dans laquelle ce [i] intermédiaire a survécu dans

Source Numérique | 49
parlers contemporains (Minho, Beira Baixa, Algarve, Madère, Açores).
Ces poches de [i] sont les témoignages d'une situation qui était générale dans une
Une certaine époque. Au Brésil, comme nous le verrons, [i] par -eátono final est aujourd'hui la norme.
Il convient enfin de souligner que cette réalisation phonétique est à la base de tous les
créoles.
Foi, pois, esse [i] général qui se réduisait à [ë] dans le portugais européen, et seulement
nele. À quelle date cette deuxième évolution a-t-elle eu lieu ? Dans une pièce comique
imprimé à Lisbonne en 1769, l'Entremez du Barbeiro Pobre47, apparaît un
marujo, qui se dit originaire de l'Alentejo, dont la langue possède des traits très
particuliers. Il répète, avec insistance, le mot semestre (ou trimestre) et dit
antisudorifiques. Logo, la réalisation deeátono final comme [i] apparaissait dans
Lisbonne 1769 comme marqué, c'est-à-dire particulier et anormal, et, plus
précisément, comme caractéristique de l'Alentejo. Si tel était le cas, c'est que
à cette date, dans la langue commune de Lisbonne, ce phonème n'était déjà plus un [i] ou,
au moins, elle était déjà en train de se transformer en [ë]. Les grammairiens,
malheureusement, pendant une longue période, ils ne se prononcent pas sur cette question,
et nous devons attendre le Maître Portugais de 1799, déjà plusieurs fois cité ici,
pour trouver les observations suivantes : « La lettre [...] est, mais très
rarement, presque muet à la fin des mots, comme dans l'imutilité, aimaste
[...].”48Et plus loin : "fréquemment, surtout quand elle est finale, prend
Le son de la voyelle : é, particulièrement, la conjonction qui se prononce de cette manière
manière49Il est bien possible que ces explications, confuses, proviennent de
le fait que l'oreille française du rédacteur avait des difficultés à identifier le
nouveau phonème [ë], hésitant entre [i] et une voyelle si fermée et si brève que
se transforme en "quasi muette". Quoi qu'il en soit, il n'y a aucun doute quant à l'existence
définitive de ce [ë] après 1800, et les témoignages à ce sujet rendent
se abondants.
Pour certains historiens de la langue, la prononciation du -oe -ecomme [u] et
[i] en position atone finale, dont les témoignages les plus anciens datent de
première moitié du XVIIIe siècle, doit être reculée à une époque bien
antérieur, au moins jusqu'au XVIe siècle. Certains vont même au-delà de cette date et
rappellent l'existence d'une certaine graphie en -uno gallego-portugais médiéval
(voir pp. 22-24). Nous pensons, comme cela a été dit plus haut, qu'en portugais du
seizième siècle la réalisation de ces voyelles était [ọ] e [ẹ],comme encore aujourd'hui
reste en galicien. Il s'agissait d'un [ọ]e de um [ẹ]très fermés, que
la dérive de la langue était en train d'emmener vers un degré de fermeture et de brièveté chaque
vez maior. Como existiam, nessa posição, apenas três fonemas e como não
il n'y avait donc aucun moyen de s'opposerọ]a [u] e /ẹ/ a /i/, os
Les locuteurs lusophones, pendant longtemps, n'ont pas eu conscience de cela
deriva, et il a fallu attendre la première moitié du XVIIIe siècle pour
que certains observateurs aient remarqué qu'ils se prononçaient [u] et [i]. D'où en
diante, la réalisation [u] pour la voyelle écrite -oé est définitive. Mais la réalisation [i]
pour que se écrit -ce sera au Portugal, dans la langue commune, une simple
étape intermédiaire pour le [ë] contemporain, qui doit être apparu dans
deuxième moitié du XVIIIe siècle.

Source numérique | 50
Position prétonique
En position prétonique, le portugais du XVIe siècle possédait, selon que se
disse auparavant, les huit phonèmes suivants : /i/, / ẹ["/, /ę/, /ä/, /a/, /"]ọ/,
/ /, /u/. Au début absolu d'un mot, on observe déjà très tôt une
tendance à faire passer / / a /i/,ẹ principalement dans les groupes n+
consonne (ex.: entrer prononcé intrar) eest- (ex.: estar prononcé comme
istar). La mutation qui nous intéresse maintenant est cependant beaucoup plus
important : elle concerne les prétoniques en général. En prenant, par
exemple, des mots comme pegaremorar, il s'avère que dans ceux-ci il y a deux voyelles
les prétoniques ont subi, au Portugal, la même mutation qu'en position atone
final, ayant passé dans la langue contemporaine, respectivement, à [ë] et [u].
Comment en est-on arrivé là ?
Il ne faut pas confondre cette évolution avec certaines interventions.
Entrez d'un côté, et entrez de l'autre, qui apparaissent depuis longtemps.
très éloignée, en position prétonique. Les interversions auxquelles nous faisons référence
se classifient en trois catégories principales : a) Dissimilations et dilatations : a
séquence-i-ipasse a-e-ie à la séquence -u-upasse au-u(dissimulation); ex.:
dizia>dezia,futuro>foturo; inversamente, a seqüência-e-ipassa a-i-ie a
séquence-o-upassa a-u-u(dilatation); ex.: garçon>minino, frémosura>
fremusura; b) Hésitations morphologiques dans les paradigmes verbaux : se trouvent
fogir-fugiredormirei-durmireiem raison des alternances vocaliques régulières
fujo-fogeedurmo-dorme ; encontram-se poseste-puseste e fezera-fizera, par
cause des alternances a mis à jour fait - fait; c) Mots particuliers : certains
les mots présentent un pré-tonique qui passe, respectivement, à
ue ai; ex.:molher>mulher;logar>lugar;melhor>milhor(que em seguida,
par réaction érudite, retourne amelhor). Toutes ces variations vocales sont
phénomènes anciens. Ils apparaissent très fréquemment dans les textes du siècle
XVI. On ne doit toutefois pas conclure ; en aucun cas, qu'elles caractérisent
une évolution du système et, en particulier, un passage de [ẹ]a [i] e de [ọ]
a [u].
En fait, tout nous amène à penser que ce que nous appelons "réduction" de
Les eéoprétoniques ont eu lieu au cours du XVIIIe siècle, ou, plus
précisément, dans la seconde moitié de ce siècle. Pour le justifier,
nous examinerons séparément ces deux voyelles, en commençant par le cas le plus
simples, qui est la réduction de [ọ] a [u].
a) [ọ] > [u]— Jusqu'au XVIIe siècle inclus, le retard, couper,
cœur,etc., était un [ọ].Dans une petite Grammaire Portugaise manuscrite50
conservée à la Bibliothèque nationale de Paris. (Fonds français no25400) e
datada de 1682, lê-se : « Ose prononce ouvert comme en français ; ex. : couper »
(couper), et quelquefois comme ou, comme s’il y avait courtar.” A observação
montre que, pour une oreille française, le [ọ]de couper était déjà en 1682 si
fermé qui pouvait être confondu avec [u], bien qu'il ne le fût pas encore
proprement un [u]. Tout au long de la moitié du XVIIIe siècle, cette situation
continue. Mais en 1767 le Compendium d'Orthographie de Luís do Monte
Carmelo51traz listas de “erros” onde aparecem formas tais comocutovelo
(cotovelo),murar(morar),purtagem(portagem),tucar(tocar),xuver(chover),
etc. Une nouvelle prononciation était donc en voie de généralisation. Une étude

Source numérique | 51
attentif à deux textes de la même époque, tant imprimés que manuscrits,
laisse comprendre de nombreuses graphies qui prouvent ce que nous affirmons. Par
volta de 1800, la transformation de l'ancien [ọ]em [u] est consumée. Les
descriptions de l'allemand Lindau dans sa Lehrbuch de langue portugaise (Leipzig,
1813) sont assez éclairantes et l'exemple qu'il donne (Donatoprononcé
Dunatu), extrêmement clair.
b) [ẹ] > [ë] — Le cas dépretonique est plus complexe. Dans la langue
contemporané, la prononciation de cette voyelle est [ë]. Comme il n'y a jamais eu en
le portugais un moyen de transcrire ce son, interroger les graphies est une tâche
vã. De plus, on peut se demander quel a été le chemin parcouru par [ẹ] pour
arriver à [ë]. Il serait nécessaire de supposer, comme pour la position finale atone, une phase
intermédiaire [i]? Dans les textes du XVIIIe siècle, il y a des exemples de graphieiem à la place
deepretônico. Mais ces variantes semblent caractériser des types de langue
Les biens particuliers : ils sont, comme nous dirions aujourd'hui, marqués. Tout d'abord, c'est
un trait propre aux dialectes méridionaux, ceux de l'Algarve et de l'Alentejo.
Contador de Argote (Règles de la langue portugaise, 1721) remarque que dans
Algarve se dit par pierre, inversement, de dire par désirer52. O
marujo doEntremez du Barbeiro Pobre (1789), déjà cité, qui se déclare
originário du Alentejo, dit rinigado par renégat, villaco par vehlaco,
inversément, premoriporprimor. Quelques années plus tard, dans un Entremez
pour Noël53(1772), un personnage populaire de Lisbonne, qui utilise une
langue très particulière, accumule les exemples : diclaro (déclare), pissoa
(pessoa),arribentar(arrebentar),priverso(perverso),rizão (rezão). Il nous semble,
encore, risqué, n'est pas de l'état actuel de nos connaissances, tirer
conclusions de ces exemples. Soit dérivé directement de [ẹ] ou tenha
passé par une phase intermédiaire [i] comme en position finale atone, une
une chose semble au moins sûre : le [ë] prétonique, si caractéristique de la langue
contemporaine du Portugal, est apparue au XVIIIe siècle, probablement après
1750.
En conséquence des transformations transcrites, le système des voyelles
ouais en portugais européen est devenu ce qui suit au début du XIXe siècle :

Position tonique Position prétonique Position atone finale

/i/ /u/ /i/ /u/ /u/

/ë/ /ë/
/ ẹ/ / ọ/ / ọ/
/ä/ /ä/ /ä/
/ę/ / / /ę/ / /
/a/ /a/

C'est déjà la situation de la langue contemporaine. Remarquons, à ce sujet, que le


le nombre d'unités distinctives reste ce qu'il était au XVIe siècle, mais

Source Numérique | 52
avec une nouvelle redistribution. En position pré-tonique le / ẹ/ a glissé vers /ë/, mais
les phonèmes restent distincts : pesaro s'oppose toujours à apisar. En
contrepartie, dans la série ultérieure, tous les anciens / / fusionnent ọavec les
antigos /u/:bocalsera désormais identique abucal. Mais l'"espace vide" va

être occupé par / /, résultant de la monotongation de l'ancien ditongue ou :
Quandadorarse se confond avec adurar, son espace devient disponible pour
adorer.

9 — Monotongation ou maintenance deei

La monotongation deouem / ọ/ est symétrique, à partir d'une date difficile


de déterminer, à monotongation deeiem / ẹ. Mais ce phénomène, au
contraire du premier, n'a pas été admis dans la langue courante. La raison est facile à
comprendre quand on étudie la limite qui sépare la zone où la
La monotonguation a eu lieu (Sud) par rapport à celle où le ditongue a été conservé (Nord).
Cette limite (voir carte 3) est une ligne qui part de la côte atlantique, au niveau de
d'Óbidos, se dirige vers le sud en passant par Lisbonne, prend la direction
nordeste laissant au sud la vallée du Tage, accompagne le Zêzere jusqu'à la frontière
espagnole, au nord-est de Castelo Branco. Il y a, donc, une fois de plus, un Sud
(zone innovante) et un Nord (zone conservatrice). Mais la grande différence en
en ce qui concerne les limites dialectales précédentes, cette fois-ci, Lisbonne est
incluse dans la zone du Nord.
Cela semble apparemment être la cause de l'absence d'incorporation dans la norme de
portugais contemporain la réduction deeia [ẹ],bien qu'elle soit pratiquée par
un grand nombre de locuteurs d'origine méridionale. Au contraire, il y a eu
Dans la langue moderne, un phénomène de différenciation qui, accentuant le
contraste entre la partie initiale et la partie finale du diphtongue, fais-le passer à [-äy],
l'évolution que nous étudierons ci-après.
Il est difficile de préciser quand cela a été produit, dans le sud du Portugal,
monotongação de ei. No teatro da segunda metade do século XVIII, e por ei
caractérise le parler des personnages populaires de l'Alentejo (ex.: sardenhero
par sardinheiro)54La monotonguation était donc un fait accompli à ce moment-là.
On peut cependant croire que ses premières manifestations étaient
mais anciennes.

10 — Innovations phonétiques du XIXe siècle

Les plus importantes sont les suivantes :

1) [ẹ]antes de iode ou consonne palatale


Cette évolution affecte plusieurs catégories de combinaisons phonétiques55.
a)ei([ey]) > [äy]. Il s'agit sans aucun doute d'un phénomène de
différenciation, tendant à accentuer l'opposition entre l'élément initial et le
élément final du diphtongue.

Source Numérique | 53
Nous savons que c'est à Lisbonne qu'est apparue la première instance de cela.
[äy] que, naturellement, est inconnu dans la zone méridionale de
monotongue. Mais, même dans la zone septentrionale, l'évolution ne semble pas
être totalement achevée. Cette prononciation est, en tout cas, admise aujourd'hui
comme normal dans la langue standard.

b) -em([ěŷ]) [äŷ] — É l'évolution précédente, ajoutée de la nasalité.


Il s'agit du diphtongue nasal qui apparaît en position finale dans les mots se terminant par -em.
ou -ens (ex.: bem, tem, correm, tens, hommes), absolument identique, aujourd'hui,
au que existe emmãeealemães. Jusqu'au début du XIXe siècle, les grammairiens
ils le décrivent comme [ěŷ]. La nouvelle prononciation [äŷ] a été ressentie pour la première fois
comme vulgaire et comme typique de Lisbonne. Elle a acquis le droit de cité au cours de
du XIXe siècle, et les poètes n'ont plus eu de doute à rimer, par exemple,
tememãe.
c) [ẹ]tónica> [ä] devant consonne palatale— Ce phénomène est survenu
face aux quatre consonnes palatales [nh], [lh], [ž] (écrit joug) et [š]
(escritochoux); ex.:venho([vänhu]),espelho([ispälhu]),vejo([väžu]),fecho
substantif ([fäšu]). Il s'agit encore ici d'une particularité phonétique
exclusif à Lisbonne et qui, de plus, était à l'origine ressenti comme
extrêmement vulgaire.
José Inácio Roquete, né à Cascais en 1801 et
emigra à Paris en 1834, y voit un "défaut de prononciation" (Code
do Bom Tom, Paris, 1845), et commentait : “C'est très fréquent parmi nous
ordinaire de Lisbonne changer oeemanal quelques mots : ditempanha, lanha
porpenha, lenha.”56Cette innovation, cependant, allait prédominer dans la capitale. En
1883, Gonçalves Viana (fondateur de la phonétique scientifique au Portugal) observe
que tout le monde à Lisbonne dit ainsi, et que seul « un vieux caturra »
conserve la prononciation ancienne57. Aujourd'hui, cette façon de parler est intégrée à
langue standard, mais elle continue à être ressentie comme typiquement lisboète et
est éloigné d'être général dans le pays.

2) Prononciation uvulaire du / /forte


Le portugais a toujours eu, comme l'espagnol, une opposition
phonologique entre un /r/ doux (une vibration) et un / / fort (plusieurs
vibrations) en position intervocalique; ex.: caroecarro. Dans les autres positions
il existe dans la langue seulement un phonème, réalisé comme [r] (ex.: trois, partie) ou
comme [ ] (ex.:branche, merle, tendre, Israël). Jusqu'à une date récente, le point de
L'articulation était, dans les deux cas, apicale : la pointe de la langue frappait une fois pour
[r] et plusieurs pour le [ ]. C'est la prononciation actuelle de l'espagnol. Au cours du siècle
XIX, cependant, surgit une articulation uvulaire du [ ] forte, assez similaire à
du français, bien que plus soutenue. Certains locuteurs vont jusqu'à réaliser cela
consonne comme constrictive vélaire sourde, très proche de jota espagnol.
[r] simples, ou brando, maintient son articulation apicale. En 1883,
Gonçalves Viana assigne à Lisbonne la nouvelle articulation du [ ], la considère comme
entanto, variante individuelle58. En 1903, le même phonéticien observe qu'elle
«se propage progressivement dans les villes», mais ajoute : «Et vue encore
comme vicieuse ?59Aujourd'hui, une telle prononciation est générale à Lisbonne et

Source Numérique | 54
longue pensée adoptée dans le reste du pays, sans que cela ait, malgré tout,
supplanté l'ancienne articulation apicale.

11 — Tendances actuelles de l'évolution

Le portugais est travaillé depuis des siècles par la tendance à


affaiblissement des voyelles atones. Nous avons vu la manière dont les voyelles atones
escritasa, eeopassaram aujourd'hui le [ä], [ë] et [ü] dans toutes les positions (réserve
faite pour certaines exceptions qui n'ont pas pu être étudiées ici). En ce qui concerne
[u] on remarque qu'il est fréquemment sourd entre les consonnes sourdes. A
situation du [ë] encore plus grave, car la "réduction" a atteint un tel point que la
ta propre existence est en danger. On entend aujourd'hui p'ssoa (personne), dis'
(disse),pass’(passe) ,fort’s(fortes),trez vez’s(treze vezes),pess’gu
(pêche), etc. Une transformation du système phonologique est donc,
se produisant, et parmi ses conséquences, celle de distancer le
portugais européen du portugais parlé au Brésil.

Morphologie, syntaxe et vocabulaire

Au niveau des unités distinctives (les phonèmes), l'évolution de


le portugais, tel que nous venons de le décrire, a suivi son propre rythme qui
semble totalement indépendante des divisions chronologiques de l'histoire politique
ou de l'histoire littéraire. Il convient de souligner particulièrement le fait qu'il n'a pas été le
la phonétique portugaise n'est en rien influencée par les deux siècles et demi de
bilinguisme luso-espagnol. Au moment où la langue espagnole passait
pour une véritable "révolution phonétique" (XVIe et XVIIe siècles), le portugais
suivait sa propre dérive, qui le conduirait dans une direction complètement
différent. Mais la même chose ne s'est pas produite au niveau des unités significatives,
qui constituent le domaine de la morphologie, de la syntaxe et du lexique. Là, l'histoire
la langue va refléter les grandes lignes de force de l'histoire sans adjectifs.

1 — La formation du portugais classique (jusqu'à la fin du XVIe siècle)

À la lecture d'un texte de la fin du XVIe siècle, l'impression pénible de


l'archaïsme des textes anciens cède la place à un agréable sentiment de
modernité. S'il fallait fixer une date ou un
un événement pour marquer ce changement, l'un et l'autre coïncideraient avec le
publication, en 1572, des Lusíadas, de Luís de Camões. La langue de
Camões et d'autres écrivains, comme lui marqués par le Renaissance
humaniste et italianisant, constitue, véritablement, le portugais
classique.
Pour parvenir à cette phase, le portugais a subi, du XIVe au XVIe siècle,
une série de transformations qui ont eu pour effet de fixer la morphologie et la
sintaxe de telle manière que, dès lors, peu variera. La morphologie du
nome et de l'adjectif absorbe les conséquences des évolutions phonétiques : les
les pluriels des noms sont fixés (type mains, chiens, lions), ainsi que le
féminin des adjectifs emão; ex.:são, fémininsã. Bien qu'une

Digital Source | 55
L'orthographe archaïque parfois les masque, depuis 1500, elles ont déjà une pleine vitalité.
les formes de la langue moderne. C'est ce qui se passe, par exemple, avec les pluriels
deux substantifs et adjectifs en -l ; ex.: soleil, pluriels soleils (écrit alors soleils);
cruel, pluriel cruels (écrit cruels ou cruels). Ajoutez-y d'autres
faits. Les formes atones des possessifs féminins (ma, ta,
Les anaphoriques disparaissent comme des mots indépendants.
système des déictiques atteint, à la fin du XVIe siècle, la forme qui va
conserver jusqu'à nos jours :

Démonstratifs ceci esse celui-là

ici ici Ali


Adverbes de lieu
poisson là

L'emploi de l'homme, au sens du « on » français, disparaît


pendant la même période, ainsi que le partitif ; ex. : querodopão. Les deux
Les prépositions se réduisent à une seule, par, mais en combinaison
avec l'article défini épeloque suplantapolo.
Dans la morphologie du verbe, les paradigmes se simplifient sous l'effet de la
analogie. Les premières personnes de type sens, menso arçosão sont remplacées
porsinto, minto, ardo. Les participes passés enudoda seconde
conjugaison cèdent place aido; ex.: perdudo>perdu. Certain(e)s alternances
les voyelles sont régularisées : ainsi, dans les parfaits forts, les voyelles radicaux des
Les formes arrizotoniques ont tendance à se conformer à celle de la première personne du
singulier; par exemple : faisons est peu à peu remplacé par faisons
(segundofiz) eposemosporpusemos(segundopus). La conjugaison de désirer,
ce qui résulte de la fusion en un paradigme unique des paradigmes de deux
verbes, dont l'un représente le latin sum et l'autre le latin sedeo, est
pratiquement fixée dans la seconde moitié du XVIe siècle. Quant à la seconde
personne du pluriel, elle a perdu son -d-intervocalique depuis le XVe siècle et les
les formes qui en résultent se fixent en -ais, -eise -is ; ex.: amais (écrit
souvent aime), dites (écrit souvent dites), parties.
L'œuvre du dramaturge Gil Vicente, représentée de 1502 à 1536 dans les
coupes de D. Manuel et de D. João III, c'est un document important pour
comprendre la manière dont la langue « classique » s'est constituée. Une série de
des formes et des tournures que la langue normale du temps avait déjà éliminées apparaissent dans
ses pièces comme des archaïsmes caractéristiques de certains types de personnages,
particularmente de camponeses e de mulheres do povo. É o caso dehomem
no sens de « on » français, le partitif, les possessifs féminins atones du
tipota, sa, les formes verbales arcaïques telles que je, les désinences -des
les deuxièmes personnes du pluriel, etc.60C'est la preuve que tous ces traits
étaient donc marqués, ce qui signifie qu'ils étaient anormaux pour le public de la Cour

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devant lequel ces pièces étaient représentées. Même pour les formes non
marquées, c'est-à-dire celles qui appartenaient à la langue standard, l'œuvre de Gil Vicente
constitue une balise précieuse, car elle caractérise la langue d'une société
qui n'avait pas encore complètement intégré les innovations de la Renaissance
humaniste et italianisant.

2 — Le retour au latin

Nous avons vu au chapitre II que des formes érudites et semi-érudites, calquées sur
le latin, a pénétré dans la langue depuis ses origines. Ce processus de
l'enrichissement du vocabulaire n'a jamais cessé. Cependant, il est devenu,
particulièrement intense au XVe siècle, avec la prose didactique et historique, et dans
XVIe siècle, à la suite des tendances générales de la Renaissance
humaniste. Au XVe siècle, les latinismes alimentent la prose de D. Pedro
(Vertueuse Bienfaisance) et celle de D. Duarte, l'auteur du Leal Conselheiro. L'infant
D. Pedro s'excuse auprès de ses lecteurs pour les mots inappropriés et pour
termes obscurs qu'il doit employer. D. Duarte, pour sa part, observe : « De
ira, ton propre nom dans notre langue ésanha." Voici une liste de certaines
mots érudits et latinisés tirés de votre œuvre61:abstinência, abranger
apropriar, circostância, circonspecto, encorrer, eficácia, entrepretar, evidente,
fugitivo, infinito, infruência, insensibilidade, intelectual, letradura, lograr,
malícia, meritório, notar, obstinaçom, perseverar, pertinaz, reduzir reputar,
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Avec la Renaissance humaniste et le prestige des études latines, ce


le phénomène ne fera que s'amplifier. Le latinisme consistera souvent en
adopter une orthographe étymologique pour rendre la forme écrite des mots
mais proche du latin; ex.: docteurporde docteur. Parmi les humanistes érudits
comme Damião de Góis (1502-1574) et André de Resende (1500-1573), dont
les œuvres sont écrites surtout en latin, ce processus atteint des limites extrêmes
et en vient à défigurer les termes les plus usuels. Damião de Góis, par exemple,
écrit pour cela, à cause du latin. André de Resende62grafa
nocte(noite),septe(sete),oclhos(olhos),cognescer(conhecer),nunqua(nun
ca), etc., à cause denoctem, septem, yeux, connaître, jamais. C'est facile
d'imaginer les extravagances auxquelles ce système pourrait conduire. Il n'est pas rare
il adviendra que l'étymon, sur la base duquel on régularisera l'orthographe,
sois faux. André de Resende, par exemple, écrivait hacteem au lieu de até, par
imaginer que ce mot provienne du latinhac tenus, quand, en réalité, c'est
d'origine arabe. Dans d'autres cas, le latinisme consistera à donner la préférence,
parmi les variantes d'un même mot, celle qui semble la plus similaire à
forme étymologique : assiminfamarsobrepujaráenfamar. Mais ici encore il y a
une possibilité d'erreur : João de Barros (1496-1570) écrit
systématiquement été porté (les deux variantes existaient à l'époque) parce que,
également en ignorant le fait que le mot est un arabisme, il le fait dériver du latin
tenus. Il est possible de voir, par les exemples cités, que si certains de ces
les latinismes sont purement graphiques, d'autres concernent la forme phonétique de
mot. Si nous ne considérons que cette deuxième catégorie, nous vérifierons que
certains d'entre eux n'ont pas été adoptés par la langue : lettera (lat. littera) au lieu de
la lettre, qui apparaît dans João de Barros, n'a pas survécu. D'autres latinismes,

Source Numérique | 57
Cependant, ils ont réussi à chasser les anciennes formes. Ainsi, digne (comg
prononcé) s'imposa adino,occuparaacupare,éléphant l'alifante,chroniquea
corónica,espíritoaesprito, etc.
Une enquête intéressante peut être réalisée, à propos de
Les Lusiades, de Camões (1572), grâce à l'index analytique du vocabulaire de Os
Lusíadas (Rio, 1966)63. Si nous levons tous les mots érudits que
figurant dans la lettre A, et si nous recherchons son existence dans l'œuvre de Gil
Vicente (première moitié du XVIe siècle)64, nous verrons que :
a) plusieurs de ces mots apparaissent également dans Les Lusiades et dans
Gil Vicente (c'est le cas d'absolu, d'abstinence, d'accident, d'admiration, d'adoration,
adorar, angélico, animal, ânimo, animar, antecessor, antepassado, áspero,
atento);
b) d'autres, attestées bien que dans Gil Vicente et dans Os Lusíadas, viennent
avec une forme plus proche du latin dans ce dernier texte : Gil Vicente utilise
avanço, avondar, avondoso ao lado de abundar, abundoso; em Os
Lusíadas ne courent que l'abondance, abondant, abonder, abondant, sauf
une fois abondance ; Gil Vicente emploie acquérir à vouloir, dans Les Lusíadas
seules les formes latinisées sont documentées acquérir (comd);
adversairo(Gil Vicente) passe aadversário(Os Lusíadas) par latinisation de
sa terminaison (adversarius); tandis que Gil Vicente hésite entre-temps,
aversoeadverso,Les Lusíadasne connaissent que l'adversité;
c) enfin, un grand nombre de mots érudits d'origine
latine ou grecque (le grec étant véhiculé, naturellement, par le latin) existant
Les Lusíades sont complètement inconnues de Gil Vicente; ex.:
acumular, adamantino, adjacente, admitido, adornar, adulação, adultério,
adúltero, aério, agreste, alabastro, altíssono, alumno ou aluno, ambição,
ambicioso, ameno, antártico, antídoto, aplauso, apto, aquático, aquoso, ara,
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auré, aurifère, auspice, austère, austral, etc.


La plupart de ces mots continuent de faire partie de la langue.
D'autres, pour leur part, appartenant à la même série, n'ont pas réussi
s'implanter ; par exemple, architecte (lat. architectus) ou armigero (lat.
armigerus). Il est clair qu'un mot peut ne pas figurer dans l'œuvre de Gil Vicente
e, cependant, avoir appartenu à la langue du temps. Mais, statistiquement et de
De manière générale, notre enquête peut être considérée comme significative.
Un nombre important de mots érudits, ou de formes alatinées,
s'introduisit ainsi au XVIe siècle et, depuis lors, fait partie du vocabulaire de
langue.
Le latinisme s'insinue également dans la syntaxe. De nombreux exemples
se trouvent dans la prose du XVe siècle
D. Duarte, par exemple, utilise le modèle latino après le verbe
Foi et vertu par laquelle le fidèle croit en celui-ci
vrai qu'il ne ressent ni ne comprend.65Dans les subordonnées, le verbe est, avec
fréquence, placé à la fin de la phrase. L'imitation de la syntaxe latine a alimenté

Source numérique | 58
J'aime les phrases longues, chargées de subordonnées, mais cela a donné à
langue classique une complexité et une malléabilité toute nouvelle.

3 — Conséquences des découvertes sur la langue

C'est dans le vocabulaire que les conséquences se sont révélées les plus importantes. Le
le portugais européen a reçu d'Afrique et d'Asie, et ensuite du Brésil, un certain
nombre de mots exotiques, dont certains passeront, par votre
intermédiaire, à d'autres langues européennes. Il y a eu, alors, une nouvelle injection de
mots arabes, venus d'Afrique du Nord, d'Afrique de l'Est ou de l'océan
Indico; ex.: cáfila, almadia, moução-monção. Toutes les principales langues de
Le sud-ouest de l'Asie apporte sa contribution : celle de l'Inde (principalement dans
zone dravidienne du Sud), le malais, le chinois, etc. Un relevé très
complet de ces mots a été fait par Mgr Sebastião Rodolfo Dalgado dans
Glossaire Luso-Asiatique (Coimbra, 1919-1921) 66. Faire dravídico vempagode;
de malaio, amouco, bada, champana, çumbaia (zumbaia), jangada, varela; de
chinois, jonc. Certains de ces vocables résultent de croisements complexes,
comme, par exemple, mandarin, mot malais venant lui-même du sanskrit
e contaminée par les portugais. D'autres ont été la source d'une
derivation proprement portugaise : ainsi, deveniaga (mot malaï) fut
tiradoveniagar("traficar"), e dechatim(mot dravidien, qui signifie "mauvais"
commerçant") saiuchatinar, chatinador, chatinagem, chatinaria.

4 — Conséquences du bilanguisme luso-espagnol

Il est impossible que les deux siècles et demi de bilinguisme luso-espagnol


(de la moitié du XVe siècle à la fin du XVIIe siècle) n'ont pas eu d'effets sur la
langue. Il est cependant difficile de préciser ces effets. Le bilinguisme luso-espagnol
a été peu étudié, tant au Portugal qu'en Espagne67. Qu'est-ce que jusqu'à
Aujourd'hui, ce qui a le plus attiré l'attention des philologues est la contamination de l'espagnol.
par le portugais parlé ou écrit par des Portugais bilingues. Il y avait un
«castelhano de Portugal», dans lequel le lusisme s'insinuait de mille façons.
En revanche, l'influence que l'espagnol a pu avoir sur le portugais dans
La période du bilinguisme est presque inconnue.
Il y a, entre-temps, des faits indubitables. L'emploi très répandu du « a
"pessoal" en portugais classique ("la fronde de David a renversé le géant")
António Vieira, XVIIe siècle68é, sans aucun doute, un effet de l'imprégnation
espabulário : par exemple, l'ancien mot portugais castelão a été
substituée par castillan (espagnol castillan); parallèlement à chevalier,
Le portugais a aujourd'hui le mot cavalheiro, emprunté à l'espagnol (caballero, aujourd'hui)
caballero) dans le sens de « monsieur », « homme distingué, bien éduqué » ; plus
tardivement, fronteserá remplacé parfrente; la ville de Badalhouce
devenu, très tôt, Badajoz, à l'espagnole; pressentir, idiot, angoisse,
gagne, grêle, introduits à la même époque, sont plus ou moins
enracinés dans la langue.

Source Numérique | 59
5 — Le traitement

Le traitement est la manière dont le sujet parlant s'adresse à son


interlocuteur. Jusqu'à environ 1500, le portugais connaissait, comme le français,
seulement otuteamentofamiliar ou ovoseamentorespeitoso. Mais, à partir
de cette date, surgissent des formules du type « votre grâce », « votre excellence »
suivies de la troisième personne. La plus fréquente est votre grâce, qui, au même
temps qui passait avec vous par érosion phonétique (votre grâce > vous > vous)
perdait, par érosion sémantique, sa valeur de traitement respectueux, pour
assumer ou de traitement familial. Votre famille apparaît depuis le siècle
XVII. Vous conservez en même temps votre grâce, qu'il existe une autre
variante, vossemecê, donc ressenti comme populaire.
Apparaissent plusieurs autres manières de traiter un interlocuteur : votre
excellence (forme abrégée : vocência) ; le seigneur suivi du titre (ex. : le)
Monsieur le docteur), monsieur seulement, le titre suivi du nom, le nom seul, etc.,
sans compter l'emploi pur et simple de la troisième personne sans sujet
expresso. Dans la langue des XVIIe et XVIIIe siècles, ces formules correspondent à
un code social rigide.
Depuis le XIXe siècle, la deuxième personne du pluriel sort complètement de
langue parlée normale. Enfin, on assiste de nos jours à une certaine
simplification du code de traitement, qui, néanmoins, dans des conditions
normes de la communication linguistique, c'est pour l'étranger une source de
amedrontadoras dificuldades.

6 — Le portugais contemporain

Pour la morphologie, la syntaxe et le vocabulaire, la fin du XVIIIe siècle et le


le début du XIXe siècle semble avoir été une époque de transition entre le
portugais classique et ce que l'on peut appeler le portugais moderne et
contemporain. Voyons quelques exemples : l'emploi de l'article avec le
possessivo é cada vez mais usado (o mey livroem vez demeu livro);si
fonctionne comme substitut des formules de traitement de la troisième personne (cela
et pour vous); la position du pronom atone est fixée de manière plus rigide
(João s'est assis, quand, dans un énoncé de ce type, la langue classique
employait également João s'est assis). Mais c'est surtout dans la morphologie et dans la
sintaxe des verbes que la langue contemporaine a évolué, principalement dans
sa forme parlée La deuxième personne du pluriel, comme nous l'avons dit, tombe dans
desuété ; l'emploi de la mésoclidie au futur et au conditionnel est réservé à
certains enregistrements de la langue écrite ; le propre futur, bien présent dans le sens
modal (sera-t-il ?), est de moins en moins utilisé dans le sens temporel ; le
le conditionnel connaît des restrictions d'emplois analogues ; le plus-que-parfait
simples (cantara, tivera) se confine à langue écrite, et seulement avec la vôtre
sens temporel. En revanche, le parfait, l'imparfait et le futur de
le subjonctif reste aussi actuel qu'en portugais classique, et les
les règles de concordance des temps sont respectées, même dans la conversation
familier.

Source numérique | 60
Le vocabulaire du portugais s'est enrichi, comme celui de toutes les langues
européens, avec un nombre considérable de termes qui désignent des concepts et
objets relatifs à la civilisation scientifique et technique. On est parfois allé chercher dans
lexique existant le mot propre pour désigner l'objet nouveau (ex : train)
mais, dans la plupart des cas, on a eu recours, comme dans les autres langues
romaniques — et sur son modèle — aux racines greco-latines ; ex.: automobile,
autocarro, télévision. La langue continue ainsi à créer des termes érudits comme
a toujours fait, depuis ses origines. Il en résulte un nombre considérable de
formes divergentes dérivées de la même racine, porteuses de sens
prochains ou, au contraire, très différents ; ex. : article (forme semi-erudite),
artículo(forma erudita),artelho(forma do patrimônio hereditário),lídimo,
légitimelebeau, ou encore les variantesmailles-tache-macul-ressentiment. Les
Des formes érudites ont souvent surpassé les formes populaires qui les
précédaient, de manière à ce que le portugais latinise plus aujourd'hui qu'auparavant
outrora; assimfoi substitué par formoso; esprit ou esp(e)rit, par
esprit; les ordinals du tipoonzeno, dozeno, trezenocedem lieu adécimo
premier ou onzième, etc.; les superlatifs en -issime ont pénétré dans la langue
falada, etc.
Les emprunts aux langues européennes ont été et continuent d'être
nombreux. Ils sont principalement d'origine française ; ex. : chef, bonnet, blouse,
rouge, blindage, camouflage, vitrine, chic. La chasse aux galicismes est l'un des te
les plus préférés des puristes, le gallicisme, cependant, pénètre dans tous les domaines :
sepetiz (en lieu de demiúdo) est une pure et simple transposition du français,
constater (au lieu de vérifier) est déjà plus insidieux ; et avec contestation, dans
Dans le sens de "opposition critique", le gallicisme n'est que sémantique. Les tournures
Camões (au lieu de Praça de Camões), Tipografia Rodrigues s'expliquent par
français, ainsi que des collerettes en soie, augmenter d'un mètre
(augmenter d'un mètre), de manière à (de sorte que). En résumé, presque tout
la phraseologie du portugais contemporain a subi l'influence du français.
Mais d'autres langues ont également contribué avec leur contingent
vocabulaire. C'est le cas de l'italien (arpege, piano, sonate) et, surtout, de l'anglais,
dont l'influence est devenue particulièrement forte après la dernière guerre.

Source Numérique | 61
Chapitre 4
Le portugais du Brésil

Avec son immense territoire (deux fois plus de huit millions et demi de
kilomètres carrés) et sa population de 120 millions d'habitants, le
Le Brésil n'est pas en proportion avec le Portugal (92 000 km29 millions de
habitantes). La langue de ce vaste pays est pourtant le portugais. Cette
la masse des lusophones brésiliens contribue de manière décisive, à ce moment
du XXe siècle dans lequel nous vivons, pour faire du portugais une langue de
importance internationale.

Les faits historiques

Le 22 avril 1500, Pedro Álvares Cabral arrive sur les côtes du Brésil.
de que prend possession au nom du roi D. Manuel du Portugal. La colonisation
portugaise, cependant, ne commence qu'en 1532, avec l'attribution de quinze
capitanies héréditaires69.

1 — La période coloniale jusqu'à l'arrivée de D. João VI (1808)

Lorsque les Portugais se sont installés au Brésil, le pays était peuplé de


indiens. Ils ont ensuite importé d'Afrique un grand nombre d'esclaves, Le
le portugais européen, l'indien et le noir constituent, pendant la période coloniale,
les trois bases de la population brésilienne. Mais, en ce qui concerne la culture, le
La contribution du portugais a été de loin la plus importante.
Au début, seule la côte est colonisée. Mais la fondation de São Paulo, cependant,
s'ouvre une porte d'entrée vers l'intérieur. Au XVIIIe siècle, l'exploration
L'or détermine l'occupation du territoire de l'actuel état de Minas Gerais.
Mais pendant toute la période coloniale, le Brésil reste un pays.
essentiellement rural. Les deux capitales successives — Salvador, puis la
À partir de 1763, Rio de Janeiro — et quelques villes de moyenne importance avec
que compte la colonie ne remplit que des fonctions politiques, administratives et
religieuses : son rôle intellectuel et culturel est des plus limités. Le Brésil
n'a aucune université (les jeunes Brésiliens vont obtenir leur diplôme en
Coimbra) ni typographie Ceci est une différence fondamentale qui distingue la
Amérique portugaise de l'Amérique espagnole.
Au cours de la période que nous étudions, la situation linguistique du Brésil
peut être ainsi résumée. Les "colons" d'origine portugaise parlent le
portugais européen, mais évidemment avec des traits spécifiques qui se
s'accentuent au fil du temps. Les populations d'origine indigène, africaine
ou mestiço apprennent le portugais, mais le manient d'une manière
imparfaite. À côté du portugais, il existe une langue générale, qui est le tupi, principal
langue autochtone des régions côtières, mais un tupi simplifié,
grammaticalisé par les jésuites et, de ce fait, devenu une langue commune.

Source numérique | 62
Enfin, de nombreux peuples autochtones conservent leurs langues particulières, qui
se denominamlínguas travadas.
Pendant longtemps, le portugais et le tupi ont vécu côte à côte comme
langues de communication. C'était le tupi qu'utilisaient les bandeirantes dans leurs
expéditions. En 1694, disait le [Link]ónio Vieira que «les familles de
les Portugais à São Paulo sont tellement connectés aujourd'hui les uns avec les autres, que
les femmes et les enfants se cultivent mystiquement et domestiquent et la langue qui dans
ditas familles se parle, c'est celle des indiens, et la portugaise, là vont les enfants
apprendre à l'école70Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, cependant, la langue
Général est en décadence. Plusieurs raisons contribuent à cela, parmi les
quand l'arrivée de nombreux immigrants portugais séduits par
découverte des mines d'or et de diamants et le Directoire créé par le marquis
Pombal le 3 mai 1757, dont les décisions ont d'abord été appliquées au Pará et
au Maranhão, s'étendirent, le 17 août 1758, à tout le Brésil. Par
il était interdit d'utiliser la langue générale et il était officiellement obligatoire d'utiliser la langue
portugaise71L'expulsion des jésuites, en 1759, éloignait de la colonie les
principaux protecteurs de la langue générale. Cinquante ans plus tard, le portugais
éliminerait définitivement cette dernière comme langue commune, ne restant d'elle
juste un certain nombre de mots intégrés dans le portugais local et
beaucoup de toponymes.

C'est également au cours du XVIIIe siècle qu'on documente les


PREMIERS ALLUSIONS AUX TRAITS SPÉCIFIQUES QUI CARACTÉRISENT LE PORTUGAIS PARLÉ
au Brésil. D. Jerónimo Contador de Argote parle des dialectes ultramarins
«comme l'Inde, le Brésil, etc.», qui, selon lui, se caractérisent par l'utilisation de
un certain vocabulaire exotique ou archaïque72. En 1767, le Frère Luís do Monte
Carmelo (Compendium d'Orthographie) désigne pour la première fois un trait
phonétique des Brésiliens, qui est de ne pas faire de distinction entre les prétoniques
ouvertes (ex.: pàdeiro, prègar, còrar) et fermées (ex.: chaise, pregar,
habiter73Jerónimo Soares Barbosa (Grammatica Philosophica, 1822)74
souligner le même fait et ajouter que les Brésiliens disent minino (pour
garçon), m'a donné (me a donné); que ne crient pas les -simplifs (mystère, faste,
nouveaux livres75. Il est intéressant, à cet égard, d'étudier la manière dont c'est
présentée le personnage du Brésilien dans le théâtre portugais du second
mettant du XVIIIe siècle et des premières années du XIXe siècle. Il s'agit du
brésilien riche, d'origine européenne, appelé presque toujours « mineiro ».
la première allusion à la façon de parler de ce type de personnage apparaît dans une
pièce de 1788 (Le Misérable Trompé)76. Il est nécessaire, cependant, d'attendre
Periquito au ArouO Vieil Usurier, de Manuel Rodrigues Maia (comédie
transmise par un manuscrit de la Bibliothèque nationale de Paris copié en
1818, mais que reproduit un texte antérieur), pour trouver une série de
pormenores caractérisants de la langue du personnage : mi diga (dis-moi), di
là(de là), petit monsieur, emploi généralisé de vous, etc.77

2 — De l'arrivée de D. João VI (1808) à l'Indépendance (1822)

Les invasions françaises obligent le prince régent, qui, en 1816, se


le roi D. João VI, se réfugiant au Brésil. Il fait de Rio de Janeiro la
capitale de la monarchie de Bragance, ouvre le Brésil au monde extérieur et prend

Source Numérique | 63
initiatifs qui accéléreront votre progrès matériel et culturel. Les 15 000
les portugais qui arrivent avec la Cour contribuent à "relusitaniser" Rio
de Janeiro. Lorsque D. João VI revient au Portugal, en 1821, la colonie est déjà
est prête pour l'indépendance.

3 — Le Brésil indépendant (depuis 1822)

Indépendant en 1822, le Brésil va, naturellement, valoriser tout le


que le distingue de l'ancienne métropole, particulièrement ses racines indiennes.
On se laissera influencer par la culture de la France et on accueillera aussi
immigrants européens de nationalité différente de la portugaise. Allemands et
les Italiens arrivent en grand nombre, principalement des Italiens. Comme le
le trafic des noirs africains a cessé vers 1850, et comme les Indiens se
diluèrent dans la grande métissage brésilienne, ces arrivées massives de
imigrantes europeus (sobretudo durante o período de 1870-1950) têm
contribué à "blanchir" le Brésil contemporain. En deux générations, les
de nouveaux habitants s'acclimatent et se fondent dans la société brésilienne. À
en même temps, le pôle de développement se déplace vers le Centre-Sud.
Enfin, l'urbanisation et l'industrialisation transforment entièrement la
apparence du pays. Avec l'explosion démographique et la croissance économique, le
l'ancien Brésil rural s'est transformé, de nos jours, en un « sous-continent »
où des zones développées de civilisation urbaine coexistent avec des régions
sous-développées. C'est dans les vastes mégapoles de São Paulo (7 millions de
habitantes) et de Rio de Janeiro (5 millions), tout comme dans les cinq autres
villes de plus d'un million d'habitants (Porto Alegre, Belo Horizonte,
Salvador, Recife et Fortaleza), qui se élabore, de nos jours, la forme
particulier du portugais qui est la langue du Brésil.

Principales caractéristiques du portugais du Brésil

1 — Diversité géographique et diversité culturelle

Comment expliquer les particularités du portugais du Brésil ? Par région


de l'origine des premiers colons ? De tel argument se sont servis certains
étudiants qui justifient la plus grande ressemblance du "brésilien" avec le
portugais méridionaux par une prédominance parmi ces colons de
éléments originaires du Sud du Portugal.
Des recherches plus approfondies ont cependant montré que la peuplementation
européen s'est fait à partir de toutes les régions du Portugal. Ce qui s'est passé, de
le fait est que les Portugais du Brésil ont élaboré un koiné par élimination
de tous les traits marqués des parlers portugais du Nord et par
généralisation des manières non marquées du Centre-Sud78.
Il y a, aujourd'hui, dans la langue du Brésil une certaine diversité géographique. Les
Les linguistes tentent d'élaborer la carte des « dialectes » brésiliens.79, à
semelhança de ce qui a été fait pour les langues européennes. Ils distinguent un
Nord et Sud, dont la frontière s'identifierait, grosso modo, à une ligne
que, partant de la côte, suivre de l'embouchure du fleuve Mucuri (extrême sud de l'État

Source Numérique | 64
de Bahia) jusqu'à la ville de Mato-Grosso, dans l'État du même nom, près de
à frontière bolivienne. La réalité, cependant, ce sont les divisions « dialectales » au Brésil
sont moins graphiques que socioculturelles. Les différences dans la manière de parler sont
majeurs, dans un certain endroit, entre un homme cultivé et le voisin
analfabète que entre deux Brésiliens du même niveau culturel originaires de
deux régions éloignées l'une de l'autre. La dialectologie brésilienne sera donc,
menoshorizontal quevertical.
Il y a, de ce point de vue, une série de niveaux dans le "brésilien" : dans
ápice, la langue des personnes cultivées (avec des graduations entre un registre officiel
estricto et un registre familial libre); puis, la langue vulgaire des couches
urbaines graduellement moins instruits, et enfin, les parlers
régionales et rurales.
Les études scientifiques concernant ces différents niveaux de langue sont
encore insuffisantes. De plus, les mutations rapides liées à l'urbanisation et
la industrialisation rend la réalité actuelle particulièrement instable. Mais c'est
sans aucun doute dans les grandes villes qui se développent aujourd'hui, dans les couches
socioculturels supérieurs, umanormabrasileira.
La connaissance de cette norme est l'objectif de l'ambitieux « Projet de
Étude Coordonnée de la Norme Linguistique Cultivée" ("Projet NURC"), qui se
réalisé depuis 1969 dans cinq grandes villes (Porto Alegre, São Paulo, Rio de
Janeiro, Salvador et Recife) et s'intègre dans un projet plus large qui englobe plusieurs
capitale des Amériques hispanophones et quatre villes de la Péninsule
Ibérique. Avant que la nouvelle réalité ne soit définie, nos connaissances
la situation linguistique brésilienne revêtira un certain caractère vague et
imprécis. Il convient de garder cette réserve à l'esprit pour lire l'étude qui suit.

2 — Phonétique et phonologie

Le portugais s'est installé au Brésil au milieu du XVIe siècle, c'est-à-dire,


numa data où les premières évolutions étudiées au chapitre précédent
il avait déjà été réalisé : élimination de nombreux rencontres vocaliques (pp.
35-36), unification du singulier des mots de type main, chien, lion (pp. 37-
39), maintien de la distinction entre /b/ et /v/ (p. 40), simplification des
systèmes des sibilantes (pp. 42-44). En tous ces points akoinébrésilienne
généralisé la norme portugaise du Centre-Sud, ayant éliminé les
particularités marquées du Nord. Et, pendant une partie de la période coloniale,
il continua à évoluer selon la dérive du portugais européen : monotongué
ouem [ọ](pp. 44-45) e simplificou [tš] em [š] em palavras do tipo chamar(pp.
45-46), suivant cela l'utilisation du Centre-Sud du Portugal. Les similitudes,
Cependant, cela s'arrête là. À partir du point n°7 de notre étude (prononciation chiante
desezimplosivos), le portugais du Brésil n'a plus suivi, ou a suivi
seulement partiellement, les innovations européennes. Cela paraîtra donc conservateur.
Mais, en même temps, il effectuera des transformations phonétiques inconnues
du portugais européen, et cela sera innovant.

Source numérique | 65
1) Aspects conservateurs de la phonétique brésilienne
a) Pronúncia de -s e do -z implosivos(ver capítulo precedente, nº7):
Dans la plupart du Brésil, les -se les -zimplosifs sont des sibilantes,
réalisés comme [s] en final absolu (derrière, une fois) ou devant une consonne
surda (vue, il fait froid), et comme [z] devant une consonne sonore (même, derrière
dele). Mas no Rio de Janeiro e em toda a zona dita carioca, assim como em
divers points du littoral, on trouve [š] et [ž] chiés, dans les mêmes
les conditions qui existent au Portugal. Le chuchotement carioca est peut-être un effet de la
"relusitanização" de Rio de Janeiro, quand D. João VI y installa son
capitale en 1808. Il y a donc actuellement deux prononciations de -se -z
implosifs au Brésil : la prononciation sifflante, largement majoritaire, et la
prononciation chiante, caractéristique principalement de Rio de Janeiro, et qui
profite du prestige socioculturel de l'ancienne capitale fédérale.
b) Prononciation des voyelles atones (voir le chapitre précédent, n°8) :

En position atone finale, le locuteur brésilien (à l'exception de ceux du


extremo sud) pronuncia [u] ou -ográfico, tout comme le portugais d'aujourd'hui, mais
diz [i] por -e, ignorant complètement la réalisation [ë]; ex.: passo
prononcé [pásUpassepronunciado [pásJe] . Il a donc été conservé, dans
«brésilien» la situation qui était celle du portugais européen de la première moitié
do século XVIII, a que Verney descrevia em 1746. Acrescente-se que o -a
Le ton final, bien que plus bref que dans la position tonique, reste très
ouvert; ex.: passeprononcé [pásUn] et non [pâtesÄ] comme au Portugal. En
position prétonique, le "brésilien" a conservé l'ancien timbre deeeo, disant
serveurẹ]emorarcomọ].A realização dessas pretônicas, fechada no
Le Centro-Sul, est ouvert au Nord et au Nord-Est. La prononciation brésilienne dans ce
ponte perpétua encore une fois la prononciation du Portugal avant les grandes
mutations phonétiques du XVIIIe siècle. Encore plus, le "brésilien" pratique
certaines des transformations exceptionnelles des prétoniques que la langue ancienne
connaissait ; par exemple : entrer et être comme entrer et star, ou un garçon et
costumepronunciados comomininUécouteJe. Dans ce cas, l'alternative est entre
[ẹ]e [i]: le "brésilien" ignore totalement, en quelque position que ce soit, la voyelle centrale
[ë], si caractéristique du portugais européen. Ajoutons enfin que le
Le prétérémoin est également réalisé avec un "a" ouvert ; par ex. : chaise. Le
conservatisme du portugais du Brésil, en ce qui concerne les voyelles atones,
é, donc, un des points qui le distingue aujourd'hui le plus du portugais européen.
c) Innovations phonétiques du XIXe siècle réalisées au Portugal (voir chapitre
précédente, nº10):
On conserve au Brésil la prononciation [ey]pour le diphtongue qui apparaît dans
formes comoleieprimeiro(quand interne, le diphtongue parfois monotonga-
se :première), et on ignore totalement la prononciation [äy] ; parallèlement,
prononcez-vous [ĕŷ]e non [äŷ]o diphtongue courante embem, tem, correm, etc.
Il est également courant de conserver [ẹ]avant les consonnes palatales ; ex. :
je viens, miroir, je vois, fermeture. En compensation, le [ ] fort uvulaire
est largement diffusé au Brésil, principalement parmi les personnes cultivées.
d) Certain corrections orthographiques pratiquées au Portugal sont
desconnaissances au Brésil. Ainsi, descendre, piscine sont prononcés comme

Source Numérique | 66
descendre, piscine, tandis que le portugais européen émet ces exemplaires comme
chiantes.
Parfois, l'orthographe suit la prononciation : on écrit et prononce 'fato'.
pas au Brésil efactocom [k] au Portugal.

2) Aspects innovants de la phonétique brésilienne


a) Dans la prononciation la plus courante (il y a cependant des exceptions), il n'existe pas dans
portugais du Brésil l'opposition entre les timbres ouverts et fermés des
voyelles toniques, suivies d'une consonne nasale : cela se produit, dans ce cas,
juste le timbre fermé. On dit qu'on chante avec [ä] dans le parfait comme dans
présente; se prononce pénacomẹ]comme au Portugal, et c'est ainsi aussi
vênia, alors qu'en portugais européen on dit véniacom [ę] de la même
manière, si nous avons son nom en [ọ]comme au Portugal, le timbre fermé de la voyelle
s'étend à António, quand on dit António en portugais européen avec [ ]
Em síntese: as oposições fonológicas que existem em Portugal, para essas
trois voyelles, entre le timbre ouvert et le timbre fermé, se neutralisent dans
Brésil devant une consonne nasale.
b) Emsílaba prétônica, le Brésil ignore, pour les voyelles écrites a, eeo,
l'opposition du timbre ouvert et fermé. Alors que le Portugal oppose le [ä] de
cadeiraao /a/ depàdeira, o [ë]pregarao /ę/ deprègar, o /u/ demorarao
/ / décorer, le Brésil ne connaît que /A/, /E/ et /O/, réalisés,
respectivement, comme [a], [ẹ]e [ọ]non au Centro-Sul. Cette simplification du
le système phonologique a des conséquences importantes : l'article féminin n'est pas
mais se distingue du même article précédé de la préposition à (la table est)
phoniquement identique à la table). Les mots d'origine érudite, dans lesquels,
devant une consonne non prononcée, il existe au Portugal une voyelle
ouverte par étirement compensatoire (ex.: directeurprononcé [dięrtọr])
sont écrites au Brésil sans cette « consonne muette » (ex.: directeur), car oe, dans
cas, ne peut présenter qu'une réalisation. Pour la même raison, on écrira
adoçãoebatizarno Brasil eadopção ebaptizarem Portugal.
c) Proclitiques et enclitiques -e— Sont prononcés avec [i] au Brésil;
{"me":"me","te":"te","se":"se","lhe":"lui","que":"que","de":"de"}

d) Vocalisation de [ł] vélar - Dans la prononciation la plus courante, le [ł] vélar, qui
é, au Portugal, la réalisation de tous les ł en fin de syllabe se vocalise en
On écrit animal, Brésil, aimable, se prononce [animąw], [brasiw]
[amávęw], [s w]. La distinction entremal (adverbe) enau (adjectif) disparaît.
Seul l'extrême sud du pays maintient régulièrement l'ancienne distinction. En
des enregistrements très vulgaires aboutit même à la disparition pure et simple de
antigolem position finale absolue : ex. : généré(général), coroné(colonel).
Lorsque des syllabes internes se ferment, elles sont documentées, dans les mêmes enregistrements, leur
passagem ar; ex.:arto(alto),vorta(volta).
e) La prononciation stridente de -se -zem à la fin des mots provoque, non
rare, l'apparition d'un iode ; ex. : derrière, lumière, pieds prononcés comme
["[atrayš]","[luyš]","[pęyš]"]

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f) Les groupes consonantiques qui apparaissent dans certains mots d'origine
erudita (ex.: admirer, avocat, observer, psychologie, rythme) sont éliminés
pelo aparecimento de umi, mais raramente de ume: admirer, avocat ou
adevogado, obisservar, pissicologia, rítimo.
g) Dans nos grupos, les occlusives [t] et [d] sont généralement palatalisées;
ex.: tios, menti, sentir, peigner, je te vois, dit, a demandé, différence, de là. On entend
[ty] e [dy] e mesmo [tš] e [dž] em certos locuteurs. Notez que l'extrême sud
du pays ne connaît pas cette palatalisation.
h) Prononciation derem à la fin de la syllabe. — Dans certains registres familiaux et
vulgares, le portugais du Brésil tend à supprimer orno à la fin des mots;
ex.:doutô(doutor),pegá(pegar),fazê(fazer).
Pour une réaction, ou, qui reste dans les enregistrements les plus formels, c'est
prononcé dans cette position comme [ ] (rforte de voiture), lorsqu'au Portugal,
dans ce cas, ce que l'on trouve est [r] (rappelant cher). Il en va de même dans
final de syllabe à l'intérieur du mot; ex.: partie, certitude, ont [ ] au Brésil,
mas [r] au Portugal.

3) Conclusions sur l'afonétique et la phonologie du portugais du Brésil


C'est principalement dans la prononciation des voyelles que le portugais du Brésil
se distancie, tant par son conservatisme que par ses innovations, de
portugais européen. Le système phonologique des voyelles brésiliennes est aujourd'hui le
suivant :

Position tonique Position prétonique Position atone finale

/i/ /u/ /i/ /u/ /i/ /u/

/ ẹ/ / ọ/ /E/ /O/
/ę/ / /
/A/ /a/ /a/

Ex.: Position tonique— /i/: ami; / ẹ/ verde; /ę/: perde; /A/ realizado
comme [ä] devant une consonne nasale (j'aime, canon, bain), et comme [a] dans

autres positions (levé, pas); / / porte; / /: fille; /u/: change. Position
prétorique— /i/: libérer ; /E/ réalisé comme [ẹ]non Centro-Sud et comme [ę] dans
Nordeste: prendre, oublier; /a/: chaise, boulangère; /O/ réalisé comme [ọ]non
Centro-Sud et comme [ ] dans le Nordeste : vivre, rougir ; /u/: durer. Position atone
final— /i/: passe; /a/: passa; /u/: passo.
Ce système est symétrique et équilibré. Les finales atones sont réalisées
de manière plus nette qu'en portugais européen.
Pour les consonnes, le non-chiamement du -se des -zimplosifs ne pose pas
en raison du système. C'est par la vocalisation du /ł/ vélar et par la palatalisation det
edantes deique se iniciam les mutations.

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3 — Morphologie et syntaxe

Tout comme dans le domaine de la phonétique et de la phonologie, également dans celui de la morphologie
et de la syntaxe on pourrait s'opposer les aspects conservateurs et les aspects
inovateurs du portugais du Brésil. Mais comment l'identification des archaïsmes
pouvez ici, parfois, donner lieu à controverse, nous nous contenterons de
énumérer certaines particularités, en les classant en deux catégories : les
qui appartiennent à la langue normale et sont vues, aujourd'hui, comme brésiliennes mais
«correctes», et celles qui appartiennent à des enregistrements nettement vulgaires et sont
considérées "incorrectes".

1) Brésilianismes appartenant à la langue normale


Le giroestar+gérondif, qui au Portugal se cantonne de plus en plus dans
língua escrita (salvo em certas regiões), e que nos registros mais freqüentes
de la langue parle de la venir remplacé par être à + infinitif, c'est, au Brésil, général
dans tous les enregistrements ; ex.: il est en train d'écrire. Le Brésil conserve la possibilité
d'employer les possessifs sans article dans des cas où le Portugal ne le fait plus
fait; ex.: ma voiture. Continue à construire avec le pronom atone en préposition.
des énoncés du type João se leva, normaux dans le portugais classique, mais
non dans le portugais européen actuel. Ces exemples sont des cas évidents de
conservatisme.
Les brésilianismes suivants sont également normaux : conospor
quatorze, à côté de quatorze, seize pour seize, dix-sept pour
dix-sept, moins parallèlement le plus petit, l'absence de l'article en
toute personne est mortelle, emploi de l'expression tout le monde
À côté de tout le monde, l'emploi de certaines expressions comme "est à la fenêtre"
janela),na frente de(à frente de),já chegou no Brasil(ao Brasil),vou na
ville (à la ville). Appartiennent au même niveau de langue l'emploi impersonnel
du verbe avoir au sens d'exister, ou de la locution car il n'a pas de valeur
affirmatif (—Pouvez-vous me donner une information ? —Bien sûr.)

Mais c'est principalement en ce qui concerne le placement des pronoms


les personnes atones dont le "brésilien" s'éloigne souvent de l'actuel
norme portugaise. Nous avons déjà mentionné un exemple qui révèle la conservation
d'un ancien tournant (João se leva). Dans d'autres cas, cependant, l'utilisation actuelle de
Brasil representa uma inovação. Sem entrar aqui em pormenores, para os
nous renvoyons à notre Manuel de Langue Portugaise, §§ 49.1 à 49.6,
nous noterons que le portugais brésilien accepte naturellement le pronom atone
En début absolu de phrase (Il me semble que ; dis-moi une chose) et que, quand
le pronom est complément d'un infinitif, d'un gérondif ou d'un
participe, vient systématiquement lié à eux; ex.: Peux-tu me dire ? et non
peux-tu me dire ?, il s'éloignait peu à peu et ne se nuançait peu à peu
afastando,não tinha ainda se afastadoem lugar denão se tinha ainda
éloigné.

Source Numérique | 69
2) Brasilianisme appartenant à des enregistrements perçus comme vulgaires
Il existe une zone où la vulgarité est encore normalement acceptable
et que nous pouvons considérer comme un degré avancé de familiarité. Ainsi,
les phrases négatives du type je ne sais pas, ou même je ne sais pas; ou les phrases
infinitives qui ont pour sujet mime non je (ex.: c'est pour moi manger, à la place
deé pour que je mange); ou encore fait dans le sens de comme (ex. : le pauvre homme
il pleurait comme un enfant).
D'autres brésilianismes sont nettement plus marqués et, pour cette raison,
sens comme "incorrects". C'est le cas de l'emploi des formes toniques il(s) et
ela(s) comme objet direct au lieu des formes atones o(s) et a(s), infensas à
langue populaire ; ex. : je l'ai vu (je l'ai vu), je ne la connais pas (je ne la connais pas). Une autre caractéristique

populaire, encore plus incorrect, consiste à supprimer le -s, marque du pluriel,


nos noms et adjectifs, et les conserver uniquement dans les déterminants (articles,
démonstratifs, possessifs, etc.); ex.: la maison, ce boeuf, mon ami, mille
cruzeiro. En ce qui concerne la flexion verbale, elle peut être beaucoup simplifiée : non
emploi du futur, du conditionnel et de l'infinitif fléchi ; réduction à
extrême du paradigme des temps (je dois, il doit, nous devons, ils doivent).
Mais, nous insistons, ces brésilianismes sont ressentis comme incorrects.

4 — Le traitement au Brésil

Le portugais du Brésil a également simplifié le code de traitement.


Comme au Portugal, l'ovó a disparu, mais l'otus ne survit que dans
extrême sud et dans des zones pas suffisamment délimitées du Nord. En
Dans des circonstances normales, il n'y a que deux formules : le traitement par
vous, qui êtes familier, et le traitement par monsieur, madame, qui est plus
révérente. De plus, ces formules n'admettent exceptionnellement que les
substituts qui, au Portugal, compliquent la syntaxe du traitement. On dit
je voulais parler avec vous ou avec monsieur (au Portugal : je voulais parler avec vous)
construção plus rare au Brésil, où elle a été invariablement condamnée
pelos grammairiens).

5 — Le vocabulaire

Le portugais du Brésil possède un vocabulaire qui, en partie, se


la distance au Portugal. La forme écrite de certains mots est différente dans
deux pays; ex.: directeur, action, optimum Brésil — directeur, action, optimum
Portugal. Mais il y a aussi des mots particuliers au Brésil. Certains de ceux-ci
Les brésilianismes appartiennent à la langue courante. Ils sont très nombreux dans
certains champs sémantiques. C'est le cas, par exemple, des désignations
d'objets et de notions propres au monde moderne dans ses aspects
scientifiques, techniques ou sociaux : le train au Portugal est autre que celui au Brésil, le
autocarro à Lisbonne est bus à Rio de Janeiro; aussi bonde (Brésil)
corresponde aeléctrico(Portugal); aaeromoça(Brasil) àhospedera(Portugal);
acaneta-tinteiro(Brasil) àcaneta de tinta permanente(Portugal); aespátula
(Brésil) couteau à papier ou coupe-papier (Portugal); leterno (Brésil) au
fato (Portugal); le métro de Rio et le métro de Lisbonne. Il y a également,

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neologismos brasileiros mais ou menos marcados de familiaridade:meia
(abbreviation of half a dozen) to become, to turn into (“Jubiabá was becoming
lobisomem" — Jorge Amado)80;où(<qu'est-ce que) dans des questions du type
«où est le chapeau ?», etc. Parfois, le brésilianisme est simplement sémantique : ainsi,
je sauverai employé dans la langue populaire avec le sens de désavouer, ce qui
représente un archaïsme portugais.
On comprend que les brésilianismes de vocabulaire soient plus
nombreux à mesure que l'on pénètre dans des registres plus familiers et plus
vulgares. Agíriado Rio et de São Paulo, fortement influencée par le lunfardo
de Buenos Aires, distance-se de la qualité de Lisbonne. Mais c'est surtout quand
il s'agit d'identifier des objets et des notions propres à la réalité brésilienne, à
climat, à flore, à faune, aux traditions locales, aux coutumes, à la culture populaire,
à vie sociale que le « brésilien » manifeste sa créativité lexicale et
fraseologique. Et, pour cela, elle a fréquemment eu recours aux deux sources
à votre disposition par les deux populations avec lesquelles les Portugais
se sont mélangées dans le sol brésilien : les langues des indigènes (en premier
lieu, ou le tupi) et les langues des esclaves noirs. Citons quelques exemples.

1)Vocabulaire d'origine tupi


C'est du tupi que proviennent les mots capim, cupim, mingau, guri, caatinga.
curumimouculumim, cunhã, moqueca. Le vocabulaire de la flore brésilienne de
L'origine tupi est considérable. Ex.: ananas, buriti, carnaúba, mandacaru,
manioc, sapé, taquara, une série de noms d'arbres comme peroba,
canjarana, caroba, imbuia, jacarandá, araticum, ipê, cipó,e nomes de frutas
comopitanga, maracujá, jaboticaba, caju. La même richesse lexicale note-
en ce qui concerne la faune du pays ; ex.: capybara, coati, tatou, sagouin ; la plupart
les serpents, depuis l'innocente caninana jusqu'à la terrible sucure; la plupart
deux poissons, depuis le pacara jusqu'à la piranha carnivore ; la plupart des
oiseaux, daarapongaao sinistrourubu, passant pelocuriangoe ocurió
sans oublier le harmonieux sabiá. Le tupi a également laissé au Brésil ces
personnages spectrales et inquiétants appelés saciecaipora. Mots de
l'origine tupi entre dans des locutions familières ; ex. : être à la pindaíba, être de
tocaia, tomber dans l'arataca. C'est à cause de tout ce vocabulaire typiquement brésilien,
ainsi que par la toponymie (ex.: Aracaju, Guanabara, Carioca, Tijuca), que la
vieille langue générale comment elle survit.

2)Vocabulaire d'origine africaine


Le vocabulaire brésilien d'origine africaine soulève des problèmes
complexes. Certains mots sont passés directement de l'Afrique au Portugal, sans
transiter par le Brésil, et ont ensuite été introduites dans le pays par
portugais. C'est le cas de inhame, un mot africain que l'on trouve sous le
forme espagnoleñamenoJournal de Christophe Colomb (1492) et sous la forme
portugaise dans la lettre où Pêro Vaz de Caminha, en 1500, fait état de
découverte du Brésil au roi D. Manuel. Si nous nous en tenons au vocabulaire
indubitablement introduit par les esclaves transportés au Brésil,
nous vérifierons qu'il est d'origine diverse. En effet, les esclaves
appartenaient aux ethnies les plus variées. Cependant, deux langues africaines

Source numérique | 71
ont eu un rôle particulièrement important au Brésil : oioruba (parlé
actuellement au Nigéria) et l'oquimbundo (parlé en Angola). Le yoruba est dans
base d'un vocabulaire propre à Bahia, relatif aux cérémonies de
candomblé (par ex. : orixá) ou à cuisine afro-brésilienne (ex. : vatapá, abará)
acará, acarajé). Le quimbundo a laissé au Brésil un vocabulaire plus général,
quasiment toujours intégré à la langue courante (ex.: benjamin, caresse, haillon)
moleque). Souvent, ce vocabulaire évoque l'univers des plantations de
cana-de-açúcar (ex.:banguê), com os escravos, seu modo de vida e suas
danses (ex.: senzala, mocambo, maxixe, samba).
Enfin, le vocabulaire spécifique du portugais du Brésil est
considérable. Il se trouve enregistré et expliqué dans certains dictionnaires, et
en particulier dans le Nouveau Dictionnaire de la Langue Portugaise d'Aurélio Buarque
de Holanda Ferreira (Rio de Janeiro, 1975).

La question de la langue au Brésil

La question de la langue n'est pas, au Brésil, seulement une controverse de


gramaticaux : c'est un problème national d'une importance capitale. Après le
Indépendance, beaucoup de Brésiliens pensaient qu'il était impossible d'avoir une
nação original, com sua cultura e com literatura própria, sem língua
C'était une attitude qui était alors plus ou moins répandue
par les nouvelles nations américaines. Cette question, comme on pouvait s'y attendre, allait
préoccupe particulièrement les écrivains et les philologues.

1 — La question de la langue entre les écrivains brésiliens

C'est avec le Romantisme — qui s'est étendu au Brésil jusqu'après 1870


— que la question de la langue se pose vraiment pour les écrivains, Le
romanciste José de Alencar (1829-1877), lors de la publication d'Iracema
En 1865, il a été la cible des critiques de l'écrivain portugais Pinheiro Chagas et de
d'autres censeurs des deux pays, qui l'ont accusé, d'écrire dans une langue
incorrecte81. Le célèbre problème de l'emplacement des pronoms atones irritait
surnommés ces rigoristes acerbes. La défense d'Alencar est devenue célèbre.
Sans jamais prétendre écrire dans une langue différente du portugais européen,
elle revendique le droit à une certaine originalité. Ce qu'elle refuse, c'est le purisme.
mesquin et stérile; ce qu'il cherche est une expression nouvelle, authentique et vivante.

Depois dessa querela, a questão da 1Íngu num período de acalmia. Os


Les conteurs régionalistes de la fin du XIXe siècle et du début du XXe imitent,
souvent, la langue rude du peuple, et ses œuvres sont remplies de
brésilismes. Mais les grands écrivains de l'époque, tant en poésie que
en prose, ils sont puristes en matière de langue. C'est le cas de Machado de Assis
(1839-1908), qui domine à cette époque. C'est le cas de l'homme d'État Rui Barbosa
(1849-1923), que, dans une célèbre polémique sur la rédaction du Code Civil
Brésilien (La Réplique, 1903), va chercher ses modèles chez les grands
écrivains portugais du passé, dans une attitude exigeante
traditionnalisme.

Source numérique | 72
C'est avec le Modernisme que la question de va revenir avec un nouveau
vigueur. Le modernisme représente pour le Brésil une mutation culturelle et
artistique fondamental. Le mouvement a pris naissance lors de la Semaine d'Arte
Moderna de São Paulo, qui a eu lieu en février 1922. Le Modernisme
alia a refus de la tradition et des préjugés, refus proclamé dans le style
les avant-gardes européennes, à un effort tenace pour définir une originalité
proprement brésilien. C'est à la fois révolutionnaire et nationaliste. Et de cela
duale exigence sortira le renouveau de la culture brésilienne contemporaine, en
todas as áreas, desde o romance do Nordeste até à pintura, à música e ao
cinéma. On peut dire, en résumé, qu'après la conquête de l'indépendance
politique en 1822, le Brésil a attendu un siècle - jusqu'en 1922 - pour revendiquer
l'indépendance culturelle. Il est évident que cette rupture avec le passé et cette
la recherche de l'authenticité brésilienne se retrouvait dans la question de la langue un
application particulièrement riche.
Et effectivement tous les modernistes de la première vague, celle qui afflue de
1922 à 1930 environ, ils se rebellent contre la grammaire traditionnelle et
le purisme lusitanien. Ils veulent écrire dans une langue qui se rapproche de la parole
brésilienne. Mário de Andrade (1893-1945) avait projeté d'écrire une
Gramatiquinha de la Parole Brésilienne. Il a fini par renoncer au projet,
reste le fait que la langue dans laquelle il s'exprimait caractérise
parfaitement ce que l'on peut appeler le « brésilien libéré ». L'auteur suit le
uso brésilien sans complexes ni réticences. C'est la fin des tabous en matière
linguistique.
L'ouverture ainsi réalisée sera définitive, et une page aura été
virada pour toujours. Il convient cependant de faire quelques observations.
Préalablement, il convient de souligner que les écrivains modernistes ne
ils n'ont produit aucune œuvre importante en matière philologique et linguistique. C'était
mais par la pratique que par la théorie qui ont laissé leurs marques dans la langue.
De plus, si tous les écrivains brésiliens se considèrent libérés de
norme grammaticale traditionnelle, le niveau qu'ils atteignent dans cette libération est très
variable, conditionné par des problèmes de tempérament individuel, de
option esthétique ou d'origine régionale. De plus, il s'agit d'artistes, qui
empruntent à la langue une élaboration littéraire. Parmi les grands écrivains
qui ont commencé à produire après 1930, certains pratiquent ce que l'on peut
appeler "style brésilien modéré", et son langage reste, après tout,
assez classique : c'est le cas de Graciliano Ramos dans le Nordeste et d'Érico
Veríssimo dans le Rio Grande do Sul. D'autres, comme José Lins do Rego,
s'approchent du langage oral. D'autres encore, comme Guimarães Rosa
(Grande Sertão: Veredas, 1956), élaborent une langue parfaitement originale.
Carlos Drummond de Andrade (né en 1902) pratique des enregistrements variés et
réalise, au total, un certain équilibre.
Les innovations linguistiques des écrivains issus du Modernisme
nous exigerions des études fondées sur des recherches minutieuses ; ce qui n'a pas été fait jusqu'à
les jours actuels. Les observateurs ont été sensibles surtout aux aspects les plus
salientes et, presque toujours, plus superficielles de ces innovations, comme, par
exemple, l'adoption d'un certain vocabulaire, les usages brésiliens en matière
de placement des pronoms, l'emploi d'impersonnel, cas particuliers de

Source numérique | 73
régence et de concordance, etc.82Certains d'entre eux n'en possédaient même pas
préparation scientifique indispensable.
Il est donc difficile de porter un jugement global sur les résultats de
véritable mutation linguistique provoquée par le Modernisme. Certaines
les innovations qu'il a introduites ont été définitivement accueillies par la langue :
elles constituent ce que nous pouvons appeler la norme brésilienne minimale
exemple : la liberté de placer les pronoms atones à la mode brésilienne). Dans
restaurant, toutes les transitions entre cette norme minimale et un seront trouvées
style brésilien accentué. Et c'est ainsi qu'aujourd'hui s'impose l'idée qu'il y a
une variante brésilienne du portugais suffisamment différente du portugais
européenne pour constituer une norme spécifique. Cependant, cette norme est
objeto de consenso apenas para uma parte da língua. Para o restante, há
une grande variété d'usages, n'ayant pas encore trouvé de norme pour la langue
universellement accepté.

2 — La question de la langue entre les philologues et les linguistes

Les philologues et les linguistes sont entrés dans le débat beaucoup plus tard que les
écrivains, fait justifiable par l'apparition relativement récente d'une
filologie et d'une linguistique scientifique au Brésil. Parmi les précurseurs, il faut
retenez le nom de Júlio Ribeiro (1845-1890). Vient ensuite la génération des
pionniers avec José Ribeiro (1860-1934), Manuel Said Ali (1861-1953), Mário
Barreto (1871-1931), Sousa da Silveira (1883-1967), Antenor Nascentes
(1886-1972), Augusto Magne (1887-1966). Enfin, avec le
le développement de l'enseignement universitaire, les conditions deviennent plus
favorables et apparaissent des maîtres comme Joaquim Mattoso Câmara Júnior
(1904- 1970), Theodoro Henrique Maurer Júnior, Serafim da Silva Neto
(l9171960), Sílvio Elia, Gladstone Chaves de Melo, Celso Cunha, Wilton
Cardoso, Nelson Rossi et beaucoup d'autres. L'adoption des méthodes scientifiques
cela a amené certains philologues à procéder à une révision critique de certains jugements
prématurés émis sur l'histoire du portugais du Brésil, révision qui
cela ne pouvait pas manquer d'avoir des conséquences sur la « question de la langue ».

Pendant longtemps, de nombreuses particularités du portugais du


Le Brésil a été expliqué comme le résultat d'influences amérindiennes ou
africaines. Du côté amérindien, la source était essentiellement le tupi. Non
contentes de identificar as raízes tupi da toponímia e do vocabulário, alguns
ils voulaient voir l'influence tupi dans tout, et expliquaient par le substrat tupi certains
traços específicos da fonética, da morfologia e da sintaxe do português
brésilien. Espèce de résidu philologique de l'indianisme romantique, la manie du
tupi a conduit à des excès évidents, à des erreurs, à des généralisations hâtives. Ensuite
de tupi, c'était au tour des langues africaines. Comme si les authentiques africanismes
do vocabulaire brésilien ne suffisant pas, on a commencé à ressentir la présence
africaine partout, particulièrement en phonétique. En vérité, ce n'est pas
impossible que les esclaves africains aient contribué à donner au
portugais américain une certaine langueur créole. Mais ici il s'agit de
chose très différente de substrat. Les difficultés que les aloglottes ont de
articuler une nouvelle langue fait précipiter certaines transformations
provoquées par la dérive de cette langue. Les philologues portugais donnaient,

Source Numérique | 74
généralement, votre approbation de cette vision des choses : pour Gonçalves Viana, par
exemple, les "erreurs" brésiliennes concernant le placement des pronoms atones sont
crioulismos, comme le sont également la plupart des particularités phonétiques du
portugais brésilien83.
Les philologues brésiliens se sont efforcés de réagir contre ces exagérations.
Sans nier l'influence du tupi et des langues africaines, ils montrent que beaucoup
Deux exemples allégués sont inconsistants. Clóvis Monteiro, par exemple, ne
Je trouve beaucoup de difficulté à prouver qu'il y a du temps, ou je l'ai vu pour moi
vi-onada a à voir avec le tupi 84. Mais c'était principalement Serafim da Silva
Neto qui a procédé à une démythification « en règle » des « sources »
amérindiennes et africaines du portugais du Brésil85. Un exemple
particulièrement curieux est le ver de terre, que l'on a déjà voulu prouver être de
origem quimbundo, quand le mot est attesté en portugais à l'époque
trop éloignée pour avoir pu venir d'Afrique86. Sans nier le
l'importance de ces sources, Serafim da Silva Neto pense qu'elle a été
très exagérée dans le désir de valoriser tout ce qui est extra-européen dans
racines du Brésil.
D'une manière générale, cependant, les philologues de l'école brésilienne
ont adopté des positions modérées sur la « question de la langue ». Ils reconnaissent, la
un temps, l'originalité linguistique du Brésil et l'unité supérieure de
langue portugaise. Une spécificité brésilienne au sein du portugais,
voici, en résumé, ce qu'ils revendiquent.

Source Numérique | 75
Chapitre 5
Le portugais en Afrique et en Asie

Si la langue portugaise a survécu à la décolonisation du XXe siècle dans


En ce qui concerne l'Afrique, sa présence en Asie semble être sérieusement
compromise. Même en Afrique, dans les pays dits lusophones, la situation de
le portugais est très différent de celui du Brésil.

Le portugais en Asie

Au début du XXe siècle, la présence politique du Portugal en Asie


se limitait aux territoires de Goa, Diu et Damão, en Inde, à une partie de
île de Timor, en Indonésie, et à la petite zone de Macao, sur les côtes de
La Chine. Mais les Portugais avaient autrefois contrôlé des régions bien plus
extensives, en particulier à Ceylan (aujourd'hui Sri Lanka) et à Malacca. En plus
Disso, des siècles XVI au XVIII, le portugais a servi de langue francanos.
ports de l'Inde et ceux du Sud-Est asiatique.
Aujourd'hui, en dehors du minuscule territoire de Macao, la souveraineté portugaise
a disparu en Orient. L'« Inde portugaise » a été récupérée par l'Union
L'Indiana en 1961, et Timor annexé par l'Indonésie en 1974.
Les survivances linguistiques sont de deux types.

1 — Les créoles

Au début du XXe siècle, on parlait encore des créoles d'origine portugaise.


à Goa, à Damão et à Diu, ainsi que dans certains endroits du territoire indien de
Sous le contrôle de l'Angleterre, à Ceylan, Java, Malacca et Macao.
Des études récentes ont montré que certains de ces créoles continuent à
ter vitalité, particulièrement à Ceylan et à Malacca.

2 — Le portugais officiel

Le seul point où le portugais, dans sa forme officielle, pourrait s'attendre


connaître une certaine survie comme langue véhiculaire, ou comme langue
étrangère étudiée dans des établissements d'enseignement, serait le territoire de
Goa, hoje incorporado à União Indiana. Mas o português vem sendo aí
progressivement supplanté par l'anglais.

Le portugais en Afrique

En Afrique, la situation est bien différente. La décolonisation qui a suivi la


la révolution du 25 avril 1974 a conduit à la constitution de cinq républiques
independentes: 1 — Cabo Verde; 2 — Guiné-Bissau; 3 — São Tomé e

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Príncipe; 4 — Angola; 5 — Mozambique (voir carte 4). Ces cinq républiques
ne sont comparables ni par les dimensions de leurs territoires ni par la
importance de vos populations.

Superficie Population87

São Tomé et Príncipe 964 km2 67.000


Îles du Cap-Vert 4.033 km2 285.000
Guinée-Bissau 36,125 km2 570 000
Mozambique 783.763 km2 8 715 000
Angola 1 246 700 km2 5 840 000

Dans ces cinq territoires, le portugais est la langue officielle, celle qui est utilisée
dans l'administration, dans l'enseignement, dans la presse, ainsi que dans les relations avec le
monde extérieur.

Carte 4 — L'Afrique lusophone

Source Numérique | 77
Mais, dans tous les domaines de cet ensemble, le portugais prévaut sur
langues locales — appelées dans la terminologie officielle « langues nationales » — ,
qui servent d'instrument de communication dans de multiples situations
courants de la vie. Ces langues sont soit des créoles, soit des parlers africains. Les
Les îles du Cap-Vert ne connaissent que le créole.
La Guinée-Bissau a son propre créole (parlé aussi dans la)
province sénégalaise de Casamance), ainsi que de nombreuses langues
africaines. Il y a aussi des créoles à São Tomé et Príncipe. En Angola et
Le Mozambique, le portugais coexiste avec les langues locales, certaines, comme le
quimbundo, parlées par des millions d'individus.

1 — Les créoles

Les créoles africains d'origine portugaise sont, par leur origine,


comme les créoles français, liés à l'esclavage des Noirs. Ce sont les
résultat de la simplification et de la restructuration d'une langue européenne,
faits par des populations allophones qui les adoptaient par nécessité. Les créoles
les Portugais ont commencé à se former depuis les premiers contacts entre
portugais et africains, probablement au XVème siècle. Est-il vraiment possible d'avoir
Il a existé, à des époques passées, un type de langue franco-portugaise que les
les esclaves utilisaient sur la côte de l'Afrique. Les créoles portugais d'Afrique,
assez différentes l'une de l'autre, résultent de la complète réorganisation du
portugais dont ils sont issus. Cette restructuration est d'ailleurs moins forte
dans les îles du Cap-Vert que en Guinée et à São Tomé. De tels créoles sont,
aujourd'hui, les Portugais seulement par leur base lexicale. L'organisation grammaticale est
très différente de celle du portugais. Bien que sa description et son analyse soient
d'un intérêt très élevé (et, en effet, les linguistes leur consacrent actuellement
une grande attention), les créoles portugais sont devenus des langues
différents du portugais d'où ils sont sortis. Pour cette raison, nous allons les laisser de côté
dans notre domaine d'étude.

2 — Le portugais d'Afrique

Il s'agit du portugais parlé et écrit par une partie des habitants des
nouveaux États africains indépendants. Il a le statut de langue officielle,
par opposition aux langues nationales. Les responsables africains proclament la
sa utilité et déclarent qu'à l'heure actuelle, ils souhaitent le conserver. Mais
affirment, en même temps, que leur but ultime est de promouvoir les langues
nacionais, pelo menos algumas dentre elas.
Quel que soit votre avenir éloigné, l'Afrique « lusophone » constituera
encore pendant longtemps pour la langue portugaise une zone importante
de l'expansion. Officiellement, ce « portugais d'Afrique » suit la norme
européenne. Mais, dans l'usage oral, elle s'en éloigne de plus en plus. Et elle ne manque pas de
être curieux que par certaines particularités il se rapproche du « brésilien ».

Source numérique | 78
Une littérature de langue portugaise s'est développée dans ces pays, et
certains des écrivains les plus représentatifs s'efforcent d'élaborer un
instrument linguistique original, qui prend également en compte le langage
falada.
L'étude de ce "portugais d'Afrique" en est encore à ses débuts.
Dans une thèse récente, Michel Laban88soumis à une analyse systématique à
langue de l'angolais (d'origine européenne) Luandino Vieira, l'un des écrivains
atuais les plus caractéristiques de l'Afrique lusophone. On les trouve dans son œuvre
les structures prises au portugais parlent de, tout comme le pratique la population
humble de Luanda. L'une des plus originales est la forme passive exprimée par
Une phrase comme « João, ils ont frappé sa mère » où « João » est le
patient et la "mère" l'agent. Le vocabulaire comprend des centaines de
empréstimos do quimbundo; ex.:musseque(terreno arenoso, favela),quinda
(cesta), quissanga (type de bière). Il arrive très souvent qu'une
un mot angolais se trouve dans le portugais du Brésil, soit avec le même
forme et le même sens, qu'il s'agisse de variations morphologiques ou sémantiques.
Ex.: cochilar, caçula, moleque cubata, cafuso (mestiço en général, au Brésil)
mestiço de negro e índio), cazumbi (no Brasil zumbi). Il est difficile de savoir dans quelle
mesure ces coïncidences s'expliquent par une origine commune, ou par
retour du Brésil en Afrique de certains de ces mots. Si à
les similitudes de vocabulaire que nous ajoutons aux identités syntaxiques, comme
une grande liberté dans le placement des pronoms atones ou l'emploi de
construção, je l'ai vu, pour je l'ai vu, nous ne pouvons pas nous empêcher d'être surpris.
par les analogies qui existent entre le portugais d'Angola et celui du Brésil.

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Transcription phonétique

[ä]:affecté; ex.: bain.


[ ] : bilabial constrictif ; ex. : espagnol cabo.
[ę]:eaberto; ex.: sé
[ẹ] :fermé; par ex.: oui.
[ë] : voyelle atone centrale ; ex. : parties, dans la prononciation du Portugal.

[ł] :lvelar; ex.: mal.


[lh]:lpalatal, ex.: filho.
[nh]:npalatal; ex.: vin.
[ ] : ouvert ; ex.: grand-mère.

[ọ]fermé; ex.: grand-père.


[ ]:rforte; ex.: ferro.
[ś]:sápico-alvéolaire; ex.: espagnol paso.
zápico-alvéolaire, forme sonore de la consonne précédente.
[š]: constrictive palatale sourde (“chiante”); ex.: laisser.
[ž]: forme sonore de la consonne précédente; ex.: déjà.

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Notes
1. Il s'agit de la quantité de la syllabe et non de la voyelle. Une voyelle brève,
suivie d'une consonne implosive, forme une syllabe longue, comme on peut
ver emcaptĭlum(coupe syllabique ca-pĭl-lum).
Notez qu'en latin impérial un ĭou un ĕ en hiatus ne peuvent pas être
acentués : l'accent est transféré à la voyelle suivante ; ex. : mulĭérem>
portugaise
2. Nous représentons parêreles voyelles «fermé» et «ouvert» et par ę
e les voyelles "eaberto" et "oaberto". Voir à la p. 80 le tableau des
transcriptions phonétiques.
3. On trouve un grand nombre de textes de cette nature dans
Monuments Historiques du Portugal, publiés par Alexandre Herculano
à partir de 1856.
4. La non-palatalisation des groupes initiaux pl-, cl- dans la zone
le mozarabe est bien étudié en ce qui concerne le Centre et l'Est de
Péninsule. À l'ouest, qui est ce qui nous intéresse ici, les conditions exactes
ce phénomène, et surtout ses limites géographiques, sont beaucoup moins
connues. Voir à ce sujet Rafael Lapesa, Histoire de la Langue
Espagnole, 8e éd., Gredos, Madrid, pp. 183-184, ainsi que la carte entre les
pp. 184 et 185.
5. La conservation du -l- et du -n- dans la zone mozarabe est un fait bien
connu. Il a été signalé par Leite de Vasconcelos, « Romanço mozarabique »,
inRevista Lusitana, XI, 1908, p. 354. Voir en particulier José G. Herculano
de Carvalho, “Moçarabisme linguistique au sud du Mondego”, dans la Revue
Portugaise de Histoire, VIII, 1959, pp. 277-284, et L. F. Lindley Cintra,
«Domaines lexicaux sur le territoire portugais», dans Bulletin de Philologie, XX, 1961,
spécialement pp. 285-289.
6. Voir la note précédente.
7. Sur les toponymes d'origine germanique en Galice et au Portugal,
voir particulièrement Joseph M. Piel, « Les noms germaniques dans la toponymie »
portugaise", séparée du Bulletin de Philologie, t. II, 1933 et suivants.
8. Édition de la Revue du Portugal, série A : Langue Portugaise, 2 vols.
Lisboa, 1958-1961.
On a longtemps cru que deux documents provenant du
Monastère de Vairão — l'Auto de Partilha et le Testamentos d'Elvira Sánchez
datés respectivement de 1192 et 1193 — constituaient les plus anciens
textes écrits en gallego-portugais. Mais, à partir de 1957, ont commencé à
surgir des doutes à ce sujet, émis d'abord par le [Link] de
Jésus da Costa et, ensuite, par le Prof. Luís Filipe Limdley Cintra dans une
communication présentée au Colloque International sur Les Anciens Textes
Romans non Littéraires, réalisé à l'Université de Strasbourg en 1961,
sous le titre « Les anciens textes portugais non littéraires » (voir Revue de

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Linguistique Romane, XXVII, 1963, pp. 40-77). La question a été récemment
réexaminée par le [Link] de Jesus da Costa dans l'article « Les plus anciens »
documents écrits en portugais ; révision d'un problème historique
linguistique”, dans Revue d'Histoire, XVII, 1979, pp. 263-340. Selon le
auteur, le texte primitif de ces deux documents, rédigés respectivement
en 1192 et 1193, c'était en latin et les versions galéo-portugaises que nous
sont des traductions effectuées une centaine d'années plus tard, à la fin
du XIIIe siècle. Éliminés, ainsi, ces deux documents, les plus anciens
textes écrits en galicien-portugais deviennent, dans l'état actuel
de nos connaissances, la Nouvelle de Torto (1214-1216), provenant de
même Monastère de Vairão, et le Testament de D. Afonso II, daté avec
sécurité de 1214. À propos, voir l'article déjà cité du [Link] de Jesus
da Costa. Concernant laNotícia de Torto, voir aussi Luís Filipe Lindley Cintra :
Observations sur le plus ancien texte portugais non littéraire: la ‘Notícia de
Torto’”, dans l'acte du XIIème Congrès International de Linguistique, et
Filologie Romanique, II, Bucarest, 1971, pp. 161-174. Après cela
documents, seulement en l'an 1255, nous avons de nouveaux textes en "langue
vulgaire” sur le territoire portugais.
10. Voir la note précédente.
11. Ver Luís Filipe Lindley Cintra, La langue des forums de Castelo
Rodrigo; votre confrontation avec les forums des tailleurs, Château Bon, Château
Melhor, Coria, Cáceres et Usagre, Centre d'Études Philologiques, Lisbonne
1959.
12. Chronique Générale d'Espagne de 1344, édition critique du texte
portugais par Luís Filipe Lindley Cintra, 3 vol., Académie portugaise de
Histoire, Lisbonne, 1951, 1954, 1961. Le 4ème volume est en cours de
impression.
13. Le [l] dentaire et le [ł] vélaire étaient, comme aujourd'hui, les deux réalisations.
phonétiques d'un même phonème /l/. Au début de la syllabe, nous avions [ ex. :leer; e
à la fin de la syllabe, [ł] ex.: mal.
14. Voir Paul Teyssier, “Le système des déictiques spatiaux en
portugais aux XIVeXVeet XVIesiècles", dans Cahiers de Linguistique
Hispanique Médiévale, Université de Paris-XIII, nº6, 1981, pp. 5-39.
15. Cantigas d ’Amigo des Trovadores Gallego-Portugais, édition
critique par José Joaquim Nunes, vol. II, Imprensa de l'Université, Coimbra,
1926, p. 158 (cantiga CLXXV).
[Link] d ’Escarnho e de Mal Dizer des Cancioneiros Médiévaux
Galego-Portugais, édition critique par le Prof. M. Rodrigues Lapa, Ed. Galaxia,
Vigo, 1965; 2e éd., Éd. Galaxia, Vigo, 197O, p. 115(cantigan
[Link]., p. 66 (cantiga nº35).
18. Citée par Joseph Huber, Altportugiesisches Elementarbuch, Cari
Hiver, Heidelberg, 1933, § 285, p. 133.
19. Floresta d’Enganos, vv. 301-302.

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20. Sobresaludad, voir Paul Teyssier, La Langue de Gil Vicente,
Klincksieck, Paris, 1959, pp. 400-402.
21. Voir en ce qui concerne le sujet la thèse de Maria Leonor Buescu sur les
grammaires portugaises du XVIe siècle (encore inédites au moment où
Nous rédigeons la présente note). Les œuvres grammaticales de Fernão de Oliveira, João
de Barros et Duarte Nunes de Leão ont fait l'objet de rééditions récentes.
22. Voir Paul Teyssier, “Jerónimo Cardoso et les origines de la
lexicographie portugaise", dans Bulletin des Études Portugaises et Brésiliennes,
vol. 41, Lisboa, 1980, pp. 7-32.
23. Nous donnons enfin, une bonne fois pour toutes, les indications essentielles sur
les sources utilisées dans le présent chapitre pour tout ce qui concerne le
géographie linguistique et dialectologie portugaise. Le initiateur de ces études
foi José Leite de Vasconcelos, com a sua tese intitulada Esquisse d ’une
dialectologie portugaise, Aillaud, Paris-Lisbonne, 1901 (2ªed. par Maria
Adelaide Valie Cintra, Centro de Estudos Filológicos, Lisbonne, 1970).
De nombreux articles et monographies ont été publiés principalement dans
Revista Lusitana (38 volumes de 1887 à 1943), dans la Revista Portuguesa de
Filologie (Coimbra, depuis 1947, sous la direction du Prof. Manuel de Paiva)
Boião) et au Bulletin de Philologie (Lisbonne, depuis 1932, publié par le Centre
de Linguistique de l'Université de Lisbonne, sous la direction actuelle du Prof. Luís
Filipe Lindley Cintra). Un relevé complet jusqu'en 1976 peut être consulté dans
Bibliographie dialectale gallego-portugaise (Publications de l'Atlas Linguistique-
Etnográfico du Portugal et de la Galice, nº3, Lisbonne, 1976). En 1942, le Prof.
Manuel de Paiva Boião a organisé une enquête dialectologique par
correspondance qui a permis de lever avec beaucoup plus de précision certains
cartes dialectologiques (voir Manuel de Paiva Boléo, "Dialectologie et histoire de
langue. Isoglosses portugaises”, dans le Bulletin de Philologie, XII, 1950, pp. 1-44;
e Manuel de Paiva Boléo et Maria Helena Santos Silva, "La carte des dialectes"
et parler de Portugal continental”, dans Boletim de Filologia, XX, 1961, pp. 85-
112). Le premier sondage global effectué sur le terrain a été réalisé par
Luís Filipe Lindley Cintra et Aníbal Otero, à partir de 1953, en vue de
élaboration de l'Atlas Linguistique de la Péninsule Ibérique, dont le 1er volume (unique
publiée) est apparue à Madrid en 1962. Les nombreux éléments
recoltés ont été utilisés par Luís Filipe Lindley Cintra, en particulier dans
Nouvelle proposition de classification des dialectes portugais, dans le Bulletin de
Filologie, XXII, 1964-1971, pp. 81-116 (avec des cartes). La carte 3 qui
nous avons publié sur la base de cet dernier article. Dans son élaboration,
nous avons ajouté des éléments tirés de l'Atlas Linguistique de la Péninsule Ibérique
nous tenons compte des observations orales que L. F. Lindley Cintra a eues
gentillesse de nous faire, pour lesquelles nous remercions vivement. Soulignons, par
fin, qu'un nouveau projet de recherche dialectologique est en cours d'exécution
depuis 1970 : le d'Atlas Linguistique-Ethnographique du Portugal et de la Galice.
24. Une exposition des théories qui justifient cette mutation comme une
évolution phonétique spontanée, et des objections qui leur ont été faites, peut
ver-se dans José Inês Louro, «Origine et flexion de certains noms portugais en
-ão”, in Bulletin de Philologie, XIII, 1952, pp. 37-65. L'explication par analogie
se trouve, par exemple, chez Gunnar Tilander, "Parce que -am, -om se

Source numérique | 83
tomaram – ão en portugais ?
Portugaise, vol. 24, 1959, pp. 292-303.
25. «Répondant au mateiro brûlé, lui parlant en galicien, ces
soos palavras : Bimarder. Olha le chevalier par le barbarisme des lettres
mudées dans la prononciation semblent mystérieuses pour lui" (le griffon est
nosso), Fille et Jeune Femme, éd. de D. E. Grokenberger, Studium, Lisbonne, 1947, p.
51.
26. "Ce que l'on voit beaucoup plus chez les Galiciens et chez certains Portugais"
Entre Douro et Minho, que ce peuple dit adieu, et par la vie
dizembida, et presque tous les noms dans lesquels il y a une consonne qui change en emb, et
comme s'ils le faisaient à l'envers, ce que nous prononçons par prononciation
elles perv.” Duarte Nunes de Leão, Orthographia da Lingoa Portuguesa, João
Barreira, Lis bonne, 1576, fol. 4 r.
27. Voir sur ce sujet, d'une part, Amado Alonso, De la
Prononciation médiévale à la moderne en espagnol, Gredos, Madrid, 2 vol.
1955 et 1969, et, d'autre part, Alvaro Galmés de Fuentes, « L'archaïsme »
phonologique des dialectes du nord portugais et son importance pour la
linguistique romane en général”, communication présentée au IX Congrès
Intemacional de Linguistique et Philologie Romanes, Lisbonne, 1959, dans le Bulletin
de Filologie, XX, 1961, fasc. 1-2, pp. 19-30.
28. Consultez le tableau à la p. 24.
29. Ver Paul Teyssier, “Les textes en ‘ aljamia’ portugaise; ce qu ’ils
nous apprennent sur la prononciation du portugais au début du XVIesiècle
communication présentée au XIVe Congrès International de Linguistique et
Philologie romane, Naples, 1974 (à paraître dans les actes du congrès).
30. "Ossingelo", dit Quintilien, "est une lettre mignonne, et, quand la
nous prononçons, levons la pointe de la langue vers le ciel du palais et le
l'esprit assobie sur les flancs de la langue. Ossdobrado se prononce comme le
outro, pregando plus la langue au ciel de la bouche. [...] La prononciation dozzine
entre les dents serrées, avec la langue collée à elles et les lèvres écartées
um do outro. Et c'est notre propre écriture. Cette écriture avec une autre en dessous d'elle
viré en arrière, dans cette formation, a la même prononciation que, sinon que
ouvre plus la langue sur les dents.” Fernão de Oliveira, Grammaire de
Linguagem portugaise, 1536. Nous citons selon l'édition de Maria Leonor Buescu,
Imprensa Nationale-Monnaie de la Maison, Lisbonne, 1975, pp. 55-56.

31. «Les lettres qui se remplacent souvent les unes par les autres, et
c'est dans laquelle se commettent le plus de vices dans notre langue, ce sont celles qui se
ils suivent, il convient de savoir : c, s, z, et cela naît de ne pas savoir beaucoup à
différence qu'il y a de hũas à d'autres dans la prononciation.” Suit une longue
analyse, où l'auteur explique qu'il est nécessaire de distinguer les pas des pièces, coudre
décozérervodécerv. Et, pour finir, il nous offre une description
phonétique qui établit la différence entre : "Et pour savoir comment il y a
de faire cette différence, comprenez que lorsque vous prononcez n'importe quelle diction
comc, ils doivent faire pression avec la langue sur les dents du bas, de manière à ce que
laissez une partie de l'extrémité pliée vers l'intérieur, et quand vous serez avec
langue plus détendue par-dessus, qui fait juste sonner la prononciation à

Source numérique | 84
manière de sifflement de serpent... Pêro de Magalhães Gândavo, Règles que
Enseigne la manière d'écrire l'orthographe de la langue portugaise, 2e édition.
1590 ; la 1ère édition est de 1574. Notez que Gândavo était originaire de Braga, donc
d'une région où l'ancienne distinction s'était conservée.
32. Ces exemples ont été collectés dans Huber, Altportugiesisches
Livre élémentaire, § 73, 203 et 222.
33. Voir Paul Teyssier, La Langue de Gil Vicente, pp. 209-214.
34. “Outro officio teem ocemprestado, quando depois delles se segue
h, e nous donnons une prononciation différente du aspiré des Grecs, comme
nestas dições appeler; sentir; grincer; sucer. À quelle prononciation tam
propre à la langue espagnole comme les Grecs ni les Latins, Hébreux
ou les Arabes ont eu, bien que les Italiens l'imitent dans la prononciation de leur
ce,ci.” Duarte Nunes de Leão, Orthographia da Lingoa Portuguesa, fol. 5 r-v.
35. "D'autres [mots], qui doivent être prononcés et écrits perch,
comochave, chapeo, chafariz, fechadura, etc., écrivent et prononcent xave,
xapeo, xafariz, fexadura.” João Franco Barreto, Orthographe de la Langue
Portugaise, Officine de João da Costa, Lisbonne, l671, p. 172.
36. "Chave, chaminé, Chine, pluie, pluie, dont la prononciation n'a pas
similitude avec d'autres lettres, et seuls ceux originaires de Lisbonne se trompent autant
avec le X qui échange chaque mot par un autre, pourquoi pas seulement
prononcent mais aussi écrivent xave, xaminé, Xina, xove, xuva.” João de
Moraes Madureyra Feyjó, Orthographia ou Arte d'Écrire, et Prononcer avec
Acerto à Langue Portugaise, Officina de Miguel Rodrigues, Lisbonne, 1734.
Nous citons la 2e éd., 1739, p. 43.
37. « Avant les vogaise, item [la letracem italien] un son très
fermé, qui imite le ton des lettres tch : scène, bien, disais, reçois, comme si
estivesse escritotchena, tcherto, ditchevo, ritchevo. Ne laisse pas d'avoir dans
La langue portugaise a-t-elle une prononciation qui ressemble à l'italien, laquelle ?
he a dochnas palavraschave, chapeo, chamar, chegar, China, chiste, choro,
la pluie, où le ditoche se serre beaucoup, et se différencie totalement des
palabras que llevanx, como ajedrez, injerto, flojo, morado, cartujo, dibujo.
Luiz Caetano de Lima, Grammaire Italienne, Lisbonne, 1734 (cité par l'édition
de Lisbonne, 1756, p. 40). NaOrthographia, écrit : « Chrequere tant de force dans
langue portugaise comme en anglais, par ex. emcheeks, 'visages', echurch, 'église';
et beaucoup plus qu'en français. De cette manière, les Français se tromperont qui pour
nunciaremchapeoem portuguez tão brandamente como eles dizènchapeau.
Avec cette force, on fait résonner le principe des mots-clés, chef, Chine,
choc, pluie; au milieu emmachado, rocher, machinho, chien, machuco;
au fim empenacho, esmicho, esguicho, garrocha, capucha. Enfin ochse
deve différencier beaucoup de letrax, lui donnant une force doublée.' D. Luiz Caetano
de Lima, Orthographia de la Langue Portugaise, Officine d'António Isidoro da
Fonseca, Lisbonne, 1736, pp. 92-93.
38. "Dans cette lettre (il s'agit du) il est digne d'attention le trop
scrupule de certains, qui décident magistralement que cela est différent
prononciation doch, avant deeoui, et qu'il est incorrect de dire xapeo ; mais qu'il faut
pronunciarchapeo, chargeant beaucoup noch, pour distinguer dox; et avertissent

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quel est l'erreur de prononciation de l'Estremadura prononcer ochcomox. Mais, sans
faire cas de la décision de ces Messieurs, je pense que nous devons continuer à
pronúncia da Estremadura. Não digo que na escritura convertamos ochem
x; je laisse les choses telles qu'elles sont; je dis seulement que dans la prononciation il n'y a pas
différence entre une lettre et l'autre. En matière de prononciation, on se trouve toujours
devraient préférer ceux qui sont plus cultivés et parlent bien en Estrémadure, que
tous les jours des autres Provinces ensemble. Or il est certain que lesdits prononcent
docemente comme unx; et pas seulement eux, mais de très nombreux d'autres provinces
ont la même prononciation. J'ai seulement trouvé une certaine diversité chez les Beirenses,
que battent plus le ditoc, s'approchant de la prononciation romaine doc.” Luís
António Vemey, Véritable Méthode d'Étude, Atelier d'Antonio Baile
Valensa, 1746. Nous citons par l'édition d'António Salgado Júnior, Classiques Sá
da Costa, vol. I, Lisbonne, 1949, pp. 78-79.
[Link]. cit., pp. 77-78.
40. Maître portugais, ou Nouvelle grammaire portugaise et françoise,
composée d'après les meilleures grammaires, et particulièrement sur la
portugaise et angloise d ’Antoine Vieyra Transtagano, maître des Langues
portugaise et italienne, et arrangée de manière à pouvoir servir aux François
qui désirent apprendre le portugais, Lisbonne, 1799. Les étapes mentionnées sont
a pp. 9, 10 e 13.
41. Sur l'histoire des voyelles atones en portugais aux XVIe siècles,
XVII et XVIII, voir : Thomas R. Hart Jr., “Notes sur le XVIe siècle
Prononciation portugaise”, dansWord, vol. II, nº3, décembre 1955, pp.
404-415; id., “Les dialectes d'outre-mer comme sources pour l'histoire de
Prononciation portugaise, communication présentée au III Colloque
Internationale des Études Luso-Brésiliennes, Lisbonne, 1957, dans Actes, vol. I,
1959, Lisbonne, pp. 26 1-272 ; I. S. Révah, « Comment et jusqu’à quel point les
les parlers brésiliens permettent-ils de reconstituer le système phonétique des
parlers portugais des XVIe siècles ?”, communication présentée au même
Colloque, inActas, vol. I, 1959, pp. 273-291; id., "L'évolution de la
prononciation au Portugal et au Brésil du XVIesiècle à nos jours
do Primeiro Congresso Brasileiro de Língua Falada no Teatro, Biblioteca
Nacional, Rio de Janeiro, et Université Fédérale de Bahia, 1958, pp. 387-
399; José G. Herculano "Note sur le vocalisme ancien portugais : valeur des
grafèmes E et O en syllabe atone, dans la Revue Portugaise de Philologie, XII,
1962-1963, pp. 17-39 ; Paul Teyssier, “La prononciation des voyelles
portugaises au XVIesiècle d ’après le système orthographique de João de
Barros, dans les Annales de l'Istituto Universitario Orientale, Section Romane
Naples, vol. VIII, 1966, pp. 127-198 ; Anthony J. Naro, "Sur l'histoire de e"
et o en portugais”, inLanguage, vol. 47, 1971, pp. 615-645, article
reproduit en traduction française sous le titre "L'histoire de doee dooem"
portugais ; une étude de dérive linguistique", dans Études Diachroniques, Voix,
Pétropolis, 1973, pp. 9-51 (collection Perspectives Linguistiques, 9).
42. D. Luiz Caetano de Lima, Grammaire italienne, Lisbonne, 1734, pp.
9-10.
[Link]. cit., p. 15.

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44. Luís António Vemey, Véritable Méthode d'Étude, éd. cit., vol. I,
p. 105.
45. «A notre vous quand il vient de prononcer la dernière syllabe, beaucoup
parfois elle conserve, comme en dame; d'autres fois elle nous semble qu'elle change pour
u, comme concave, nous semblant concave." Francisco Nunes Cardoso, Arte
ouNouvelle Méthode d'Enseigner à Lire la Langue Portugaise par le moyen de
Estampe, à quoi se Prépoim un Nouveau Système de sa Orthographe, Lisbonne,
1788, p. 51.
46. [Link]., p.10.
47. Nous avons étudié l'Entremez du Barbeiro Pobreno, brochure publiée en
Lisbonne, « dans l'Officine de Francisco Borges de Sousa », en 1769. La pièce a été
rééditée en 1792, 1814, 1853 et 1879.
48. [Link]., p. 10.
49. [Link]., p. 10.
50. Il s'agit d'un petit manuscrit au format d'un carnet.
de poche, sans nom d'auteur; contient une Grammaire Portugaisede 158
pages et notes diverses, dont une porte la date « en mai 1682 ». As
les mots que nous avons cités se trouvent à la p. 4.

51. Fr. Luis do Monte Carmelo, Compendium d'Orthographie avec


Catalogues suffisants et nouvelles règles pour que dans toutes les provinces et
Domaines du Portugal Puissent les Curieux Comprendre Facilement à
Orthologie et Prosodie, c'est-à-dire la Prononciation Correcte et les Accents Propres de
Langue portugaise, Lisbonne, 1767.
52. "La prononciation diffère [le dialecte de l'Algarve] parce que c'est fermé
prononciation comme ça, ainsi que demanda dizem pedaço, et au prononciation
comoefechado, assim comodizerpronunciãodezer.” D. Jerónimo Contador
de Argote, Règles de la langue portugaise, Miroir de la langue latine, 2e éd.
Officina da Musica, Lisbonne, 1725, p. 295. La 1ère édition a été publiée en 1721
sous le pseudonyme de P. Caetano Maldonado da Gama.
53. Entrez pour Noël Deux Régateiros, Deux Alfamistas, brochure
publié à Lisbonne, "dans l'Officina de Francisco Sabino dos Santos", en
1772.
54. Par exemple, le marin de l'Entremez du Barbeiro Pobre (1769) dit
trois fois jardinier, une fois héros.
55. Jerónimo Soares Barbosa, Grammatica Philosophica da Lingua
Portugais (1822, édition posthume, car l'auteur, né en 1737, est mort
en 1816), transcrit -comme -ěe, et ẹ (fermé) devant une consonne palatale
comme en conservant votre timbre; João Crisóstomo de Couto e Meio,Nôvo
Méthode d'enseignement pour apprendre la prononciation et la lecture de la langue
Portugais à l'usage des Écoles particulières de l'Armée (Lisbonne, 1817)
transcrire régulièrementeiporêi(ex.:ordonnei,mêio), -empor -ěe(ex.:běe,
«bem» ẹ diante denh, lhechporê(ex.:tênha), e ẹ diante dejporêi(ex.:
sêija, "seja"). Mais en 1883 A. R. Gonçalves Viana, dans son "Essai de
phonétique et de phonologie de la langue portugaise, d ’après le dialecte

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actuel de Lisbonne" (inRomania, XII, 1883, pp. 29-98; 2ªed., inBoletim de
Filologie, VII, 1940, pp. 161-243 ; 3ème éd., dans A. R. Gonçaives Viana, Études
de Phonétique Portugaise, Imprensa Nationale-Monnaie de Casa, Lisbonne, 1973
pp. 83-152), décrivez comment [äy], -em comme [ãy] et l'ancien ẹ devant
consonne palatale comme [ä], en soulignant que ces prononciations sont typiques de
Lisbonne.
56. José Inácio Roquete, Code du Bon Ton, ou Règles de Civilité et
de Bem Viver au XIXe siècle, chez J. P. Aillaud, Paris, 1845, p. 249.
57. Cf. une lettre de Gonçalves Viana à Leite de Vasconcelos, par ce dernier
publiée dans le Bulletin de la Deuxième Classe de l'Académie des Sciences de
Lisbonne, X, n°3, 1916, p. 617.
58. “Elle [l’ancipite centrale vibranterr] est prononcée un peu plus en
arrière quersimple, et est généralement linguale. On trouvera
individuellement des vibrations uvulaires, même parmi les gens qui
prononcentrsimpie comme une linguale.” A. R. Gonçalve Viana,Essai, cit.
p. 102. (Cité par la 3ème édition, fac-similé de la 1ère, avec des amendements de l'auteur)
Gonçalves Viana, Lisbonne, 1973.
59. « La prononciation uvulaire derrière, mais pas de -r-, [...] se
se répand de plus en plus dans les villes. Cependant, on la regarde encore
Comme vicieuse, l'érudition étant toujours préférable au gracieux de [ ]
qui individuellement est plus profond qu’en français ou en allemand.
Gonçalves Viana, Portugais : phonétique et phonologie, morphologie textes.
Teubner, Leipzig, 1903, p. 19.
60. Ver Paul Teyssier, La Langue de Gil Vicente, Klincksieck, Paris,
l959, passim.
61. Nous remettons à l'excellente édition critique du Leal Conselheiro,
organisée par Joseph M. Piel, Bertrand, Lisbonne, 1942.
62. Voir Mestre André de Resende, La Sainte Vie et Religieuse
Conversation de Frère Pierre, Porteur du Monastère de S. Dominique d'Évora,
édition par Serafim da Silva Neto, Éditions Dois Mundos, Rio de Janeiro, s.d.
1947, pp. 86-87.
63. Cet Index Analytique du Vocabulaire des Lusíadas, organisé par
A. G. Cunha, a été publié en 1966, à Rio de Janeiro, en trois volumes,
par l'Institut National du Livre. En 1980, la 2e édition est parue en un seul volume,
publiée, en partenariat avec l'Institut susmentionné, par les Éditions Présence du
Rio de Janeiro.
64. Pour Gil Vicente, nous utilisons notre fichier personnel, qui
comprend tous les vocabulaires attestés en portugais et en espagnol, en
toutes les occurrences.
65. Leal Conselheiro, éd. Piel, p. 267.
66. Mons. Sebastião Rodolfo Dalgado, Glossaire Luso-Asiatique, 2 vols.
Imprensa de l'Université, Coimbra, 1919-1921.
67. Sur le bilinguisme luso-espagnol chez Gil Vicente, voir Paul
Teyssier, La Langue de Gil Vicente, pp. 293-425.

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68. Exemple tiré du “Sermon de Santa Catarina”, dans António Vieira,
Sermons, Porto, 1905-1909, vol. I, p. 29.
69. En ce qui concerne les faits de l'histoire du Brésil, nous renvoyons aux travaux
spécialisés. Nous nous limiterons ici à exposer les événements de
intérêt pour l'implantation et l'évolution de la langue portugaise au Brésil.
70. Nous citons selon Serafim da Silva Neto, Introduction à l'étude de
Langue portugaise au Brésil, 2e éd., MEC/INL, Rio de Janeiro, 1963, p. 55.
71. Voir Celso Cunha, “Langage et condition sociale au Brésil”, dans
Revista de Letras, Université fédérale du Ceará, vol. I, n°3, 1979, pp. 72-
73.
72. «Il y a les dialectes ultramarins et les conquêtes du Portugal, comme
Inde, Brésil, etc., lesquels ont beaucoup de termes des langues barbares et
beaucoup de vocabulaires du portugais ancien.” D. Jerónimo Contador de Argote,
Règlements de la langue portugaise, miroir de la langue latine, 2ème éd., Lisbonne, 1725
p. 300.
73. Frei Luís do Monte Carmelo, Compendium d'Orthographe, Lisbonne,
1767. L'auteur cite de nombreux mots avec "deux accents", c'est-à-dire, qui, en plus
du tonique normal, présentent une voyelle prétonique ouverte (ex.:
aquècer, bèsteiro, bràdar, càveira, còrar, esquècer, mèzinha, pàdeiro, prègar
sàdio, vádio), et fais-les précéder de l'indication suivante : « Enfin, ils ont l'habitude de
prononcer avec deux accents dominants les dires du catalogue suivant,
et les dérivées, qu'il convient de bien noter pour les Brésiliens, car
confondent les accents de notre langue.” (Op. cit., p. 128.)
74. Comme nous l'avons dit dans la note 55, l'œuvre est posthume, car l'auteur est mort.
en 1816.
75. Jerônimo Soares Barbosa, Grammatica Philosophica, pp. 31, 51 et
52. Nous citons la 2e édition (1830), identique à la 1ère (1822).

76Nova Pessa Intitulée Le Misérable Trompé, brochure publiée "dans


Officina de Francisco Borges de Sousa", Lisbonne, 1788. Un personnage
(Fabrício) se fait passer pour un seigneur de l'ingénierie carioca. Une indication de
Fabricio avec un peignoir en soie et un bonnet, affectant la faute
de carioca.” (p. 11.)
77. Le Periquito au ArouO Vieux Usurier, farce qui se représente dans
Théâtre National du Salitre avec une acceptation générale, composé par le Professeur
Manoel Rodrigues Maia, amplifié par Alexandre Jozé Victor da Costa
Sequeira, copiée le 19 janvier 1818, Bibliothèque Nationale de
Paris, Manuscr. Port. 101 (nouvelle cote), t. 26, fos.304-324.
78. Sur le portugais du Brésil, nous avons aujourd'hui une bibliographie
assez complète : Wolf Dietrich, Bibliographie de la Langue Portugaise du
Brésil, Gunter Narr Verlag, Tübingen, 1980. Se renseigner sur le sujet
particulièrement : Serafim da Silva Neto, Introduction à l'Étude de la Langue
Portugaise au Brésil, 2e éd., MEC/IINL, Rio de Janeiro, 1963; id., “La langue
portugaise au Brésil ; problèmes", séparata de la Revue du Portugal, Lisbonne,
1960 ; Sílvio Elia, Le Problème de la Langue Brésilienne, 2e éd., MEC/INL, Rio de
Janvier, 1961 ; id., Essais de philologie et de linguistique, 2ème éd., MEC/Grifo, Rio

Source Numérique | 89
de Janeiro, 1975 ; Gladstone Chaves de Meio, A Língua du Brésil, 4ème éd.
Padrão, Rio de Janeiro, 1981 ; Clóvis Monteiro, Portugais d'Europe et
Portugais d'Amérique, 3e éd., Académique, Rio de Janeiro, 1959 ; Celso
Cunha, Uma Politique de la Langue, 4ème éd., Tempo Brasileiro, Rio de Janeiro,
1976 ; id., Língua Portuguesa et Réalité Brésilienne, 8e éd., Tempo Brasileiro,
Rio de Janeiro, 1982 ; Manuel de Paiva Boléo, “Brasileirismos ; problèmes de
méthode”, séparée de Brasília, III, 1943; id., “Unité et variété de la langue
portugaise”, dans la Revista da Faculdade de Letras de Lisboa, XX, 1954, pp. 5-
28; Joaquim Mattoso Câmara Júnior, Pour l'étude de la phonémique
Portugaise, 2e éd., Padrão, Rio de Janeiro, 1977 ; id., Le portugais
Langue, The University of Chicago Press, 1972 (édition brésilienne, sous le
títuloHistória e Estrutura da Língua Portuguesa, Padrão, Rio de Janeiro,
1975); id., Dispersos, Fundação Getélio Vargas, Rio de Janeiro, 1972; David
T. Haberly, « Le nationalisme linguistique au Brésil postcolonial : une étude
comparativo”, dans la Revista do Instituto de Estudos Brasileiros, São Paulo, vol.
14, 1973, pp. 23-34 ; Jacques Raimundo, La langue portugaise au Brésil :
Expansão, Pénétration, Unité et État Actuel, Imprensa Nationale, Rio de
Janvier 1941 ; Paul Teyssier, « Université et diversité de la langue »
portugaise", communication présentée au XVe Congrès International de
Linguistique et Philologie Romanes, Rio de Janeiro, 25-29 juillet 1977
qui sera publiée dans ses procès-verbaux. En ce qui concerne les études de caractère régional,
méritent une mention particulière les deux atlas linguistiques : Nelson Rossi, Atlas
Prévio des Falares Baianos, MEC/INL, Rio de Janeiro, 1963; José Ribeiro et
Esquisse d'un Atlas Linguistique du Minas Gerais, vol. I, MEC/Casa de Rui
Barbosa/UFJF, Rio de Janeiro, 1977; et également les monographies suivantes
dialetais: Amadeu Amaral, Le Dialecte Caipira; Grammaire, Vocabulaire, 2e éd.
Anhembi, São Paulo, 1955; Antenor Nascentes, Le Linguajar Carioca, 2ª éd.
Simões, Rio de Janeiro, 1953 ; Antônio Houaiss, “Tentativa de description du
système vocalique du portugais cultivé dans la zone dite carioca
Anais du Premier Congrès Brésilien de Langue Parlée au Théâtre, Rio de
Janvier, 1959; Mário Marroquim, La Langue du Nordeste : Alagoas et
Pernambuco, 2ª éd., Companhia Editora Nacional, São Paulo, 1945; Heinrich
A.W. Bunse, São José do Norte : Aspects linguistico-ethnographiques de l'ancien
Município, 2ª ed., Mercado Aberto, Porto Alegre, 1981; Ada Natal Rodrigues,
Le Dialecte Caipira dans la Région de Piracicaba, Ática, São Paulo, 1974 ; José A.
Teixeira, Langue de Goiás, Éditions Anchieta, São Paulo, 1944; id., “Le
falar mineiro", séparée de la Revista do Arquivo Municipal, vol. XLV, São Paulo,
1938.
79. Une vue d'ensemble de la dialectologie brésilienne pourra se trouver dans Dinah
Isensee Callou et Maria Helena Duarte Marques, « Les études dialectologiques »
au Brésil et le Projet d'Étude de la Norme Linguistique Cultivée
III, mai-août 1973, pp. 100-111. Voir aussi Sílvio Elia, « Unité et »
diversité phonétique du portugais du Brésil" et "Note sur les zones dialectales
brésiliennes”, études incluses dans les Essais de Philologie et de Linguistique, 2ème éd.,
1975, respectivement aux pp. 177-224 et 225-231 ; Celso Cunha et Dinah
Isensee Callou, “Falares régionaux”, dans AtlasCultural du Brésil,
MEC/CFC/FENAME, Rio de Janeiro, 1972, pp. 111-117 (carte de la p. 117).
80. Jorge Amado, Jubiabá, 6ªed., Martins, São Paulo, p. 21.

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81. À propos de ce différend, voir Gladstone Chaves de Melo, Alencar et la
«Langue Brésilienne», 3e éd., Conseil Fédéral de Culture, Rio de Janeiro,
1972.
82. Dentro da bibliografia existente é justo se ressaltem as
contributions de Luís Carlos Lessa, Le Modernisme Brésilien et la Langue
Portugaise, 2ème éd., Grifo, Rio de Janeiro, 1976 ; et de Raimundo Barbadinho
Neto, Tendances et Constances de la Langue du Modernisme, Rio de Janeiro,
1972 ; id., Sur la Norme Littéraire du Modernisme, Livre Technique, Rio de
Janvier, 1977.
83. Voir le "Jugement critique" de Gonçalves Viana (daté de 1909), qui
initie le livre de Cândido de Figueiredo Le Problème de la Colo cação de
Pronomes, 7ªéd., Lisbonne, 1944.
84. Clóvis Monteiro, Portugais d'Europe et Portugais d'Amérique, 3ème
éd., Académique, Rio de Janeiro, 1959, pp. 140-142.
85. "On a toujours exagéré l'influence indigène et africaine sur
portugais du Brésil. Des raisons psychologiques l'expliquent en partie : soit le
désir d'exalter la richesse de notre vocabulaire, ou la volonté véhémente de
démontrer la différence extrême qui résulterait de la reconnaissance d'une
«langue brésilienne.» Serafim da Silva Neto, «La langue portugaise au Brésil»
séparée de la Revistas de Portugal, vol. XXV, Lisbonne, 1960, p. 17. Cette étude
a été inclus dans la 2ème édition de l'Histoire de la Langue Portugaise, Livres de
Portugal, Rio de Janeiro, 1970, pp. 581-634. Le passage cité dans cette
la republication vient à la p. 593.

86. Renato Mendonça, L'influence africaine sur le portugais du Brésil


Porto, 1948, p. 242, expliquant comme un mot du kimbundu. Mais
minhocajá apparaît dans Ulisse de Jorge Ferreira de Vasconcelos.
87. Pour les populations, les chiffres associés datent de la période
antérieur à l'indépendance.
88. Michel Laban, L'œuvre littéraire de Luandino Vieira, thèse de 3e
cycle, Paris-Sorbonne, 1979 (exemplaires dactylographiés).

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Bibliographie sommaire
La seule œuvre importante consacrée à l'histoire de la langue portugaise est :
Serafim da Silva Neto, Histoire de la langue portugaise, 1ère éd., Livres de
Portugal, Rio de Janeiro, 1952-1957 ; 2ª éd., Livros de Portugal, Rio de Janeiro
Janvier, 1970 ; 3ème éd., MEC/Presença, Rio de Janeiro, 1979.

Grammaires historiques :

ALI, MANUEL SAID, Grammaire historique de la langue portugaise, 1ère éd.


Melhoramentos, São Paulo, 1921-1923; 3ème éd., Melhoramentos, São Paulo,
1964.
CÂMARA JR., JOAQUIM MATOSO, La langue portugaise
Université de Chicago, Chicago-Londres, 1972 (trad. d'Anthony J. Naro).
Par la suite, laédition brésilienne est sortie : Histoire et Structure de la Langue
Portugaise, Standard, Rio de Janeiro, 1975.
COUTINHO, ISMAEL DE LIMA, Points de Grammaire Historique, 1ère éd.
Companhia Editora Nacional, São Paulo, 1938 ; 7ème éd., Livre Technique, Rio de
Janvier, 1976.
DIAS, AUGUSTO EPIFANIO DA SILVA, Syntaxe Historique Portugaise, 1ère
éd., Éditions Classiques, 1918 ; 4e éd., Éditions Classiques, 1959.
NETO, SERAFIM DA SILVA, Introduction à l'étude de la philologie
Portugais, 1ère édition, Companhia Editora Nacional, São Paulo, 1956 ; 2ème édition,
Grifo, Rio de Janeiro, 1976.
NUNES, JOSÉ JOAQUIM,Compêndio de Gramática Histórica
Portugaise, 1ère éd., Éditeur Classique, Lisbonne, 1919 ; 6ème éd., Éditeur Classique,
Lisbonne, 1960.
SILVEIRA, ÁLVARO FERDINANDO DE SOUSA DA, Leçons de
Português, 1ªed., edição daRevista de Língua Portuguesa, Rio de Janeiro,
1923; 8ª éd., Livros de Portugal, Rio de Janeiro, 1972.
VASCONCELOS, CAROLINA MICHAËLIS DE, Leçons de Philologie
Portugais, suivis des Leçons Pratiques de Portugais Archaïque, édition de
Revista du Portugal, Lisbonne, 1946 (cours dispensés pendant les années 1911-1912)
e 1912-1913).
VASCONCELOS, JOSE LEITE DE, Leçons de Philologie Portugaise, 1ère
éd., A. M. Teixeira, Lisbonne, 1911 ; 2ª éd., Bibliothèque nationale, Lisbonne, 1926 ; 3ª
ed., Livros de Portugal, Rio de Janeiro, 1959.
WILLIAMS, EDWIN B., De Latin à Portugais. Phonologie historique
et Morphologie de la langue portugaise, Université de Pennsylvanie,
Philadelphie, 1938 ; 2ª éd., Université de Pennsylvanie, Philadelphie, 1962.
Traduction portugaise par Antônio Houaiss : Du Latin au Portugais. Phonologie

Source Numérique | 92
la Morphologie historique de la langue portugaise, MEC/INL, Rio de Janeiro
1961 ; 3e éd., Tempo Brasileiro, Rio de Janeiro, 1975.

Des origines au XVIe siècle :

HUBER, JOSEPH,Altportugiesisches Elementarbuch, Carl Winter,


Heidelberg, 1933.

História da língua e estilística:

CARDOSO, WILTON, et CUNHA, CELSO, Stylistique et Grammaire


Historique. Portugais à travers des Textes, Temps Brésilien, Rio de Janeiro,
1978.

Description phonétique et phonologique du portugais européen :

BARBOSA, JORGE MORAIS, Études de phonologie portugaise, Junta


de Investigações du Ultramar, Lisbonne, 1965.

Description phonologique du portugais du Brésil :

CÂMARA JR., JOAQUIM MATTOSO, Pour l'étude de la phonématique


Portugaise, 1ère éd., Simões, Rio de Janeiro, 1953 ; 2ème éd., Padrão, Rio de
Janvier, 1977.

Descrição do português moderno (variante européia e variante


brésilienne):

TEYSSIER, PAUL, Manuel de langue portugaise (Portugal Brésil)


Klincksieck, Paris, 1976.

Histoire de la langue espagnole (pour situer le portugais dans l'ensemble)


ibérique dont il fait partie):

LAPESA, RAFAEL,História de la Lengua Española, 1ªed., Escelicer,


Madrid, 1942 ; 8ª éd. (refundue), Gredos, Madrid, 1980.

Source Numérique | 93
Dicionários:

FERREIRA, AURÉLIO BUARQUE DE HOLANDA, Nouveau Dictionnaire de


Langue portugaise, Nouvelle Frontière, Rio de Janeiro, 1975. Répertoire très
complet. Contient les brésilianismes les plus courants.
SILVA, ANTÔNIO DE MORAIS, Grand Dictionnaire de la Langue
Portugaise, 1ère éd., Lisbonne, 1789, 10ème éd., 12 vol., Confluence, Lisbonne
1949-1959. C'est le répertoire le plus complet de la langue.

Dictionnaires étymologiques :

COROMINAS, JOAN, Dictionnaire Critique Étymologique de la Langue


Castellana, 4 volumes, Gredos, Madrid, 1954-1957. Nouvelle édition, préparée par
Joan Corominas et José A. Pascual, sous le titre Dictionnaire Critique Étymologique
Castillan et hispanique, Gredos, Madrid (en cours de publication depuis 1980,
ayant jusqu'à présent publié 4 volumes des 6 prévus). Ce dictionnaire
L'étymologie de l'espagnol sert aussi au portugais, non seulement par
proximité des deux langues, mais aussi par la référence fréquente que
nele se fait aux autres langues péninsulaires.
MACHADO, JOSE PEDRO, Dictionnaire Étymologique de la Langue
Portugaise, 1ère éd.. 2 vol., Confluence, Lisbonne, 1952-1959 ; 3ème éd., 5 vol.,
Confluência, Lisbonne, 1977.
NASCENTES, ANTENOR, Dictionnaire Étymologique de la Langue Portugaise
edição do autor, Rio de Janeiro, 1932; 2ªtiragem, Rio de Janeiro, 1955. A
l'œuvre complète se termine par un 2ème tome, consacré à l'origine des noms propres,
Rio de Janeiro, 1952.

Dialetologie

Il existe aujourd'hui deux bibliographies très complètes des dialectes et des parlers de
langue portugaise :
CINTRA, LUIS FILIPE LINDLEY, et alii, Bibliographie Dialectale Galicienne
Portugaise, Centre de Linguistique des Universités de Lisbonne, Lisbonne
1976.
DIETRICH, WOLF, Bibliographie de la Langue Portugaise du Brésil, Gunter
Narr, Tübingen, 1980.

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les nombreux emprunts effectués aux œuvres figurant dans cette bibliographie
sommaire. Ainsi, dans les notes, on fait généralement référence à des livres et
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