UFR AGROFORESTERIE
DEPARTEMENT D’AGROPEDOLOGIE
NOTE DE COURS :
IRRIGATION
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Introduction
L'eau est une ressource essentielle à la vie. Elle fait l'objet d'utilisations très diverses par
l'homme. En effet, l’eau est indispensable dans la production agricole, d'énergie et d'industrie.
Fragile et limitée, cette ressource est de plus en plus menacée par les conséquences des
activités humaines. Le nombre croissant d'utilisateurs oblige aujourd'hui à la gérer de manière
intégrée et efficace, dans une perspective de long terme, et ainsi, à trouver des solutions
innovantes pour répondre à la demande.
L'agriculture est de loin l’activité la plus consommatrice d’eau (70% dans les régions
agricoles et jusqu'à 95% dans les pays en voie de développement). Les futures stratégies de
développement agricole de la plupart de ces pays dépendent de la possibilité de maintenir,
améliorer et étendre l'agriculture irriguée.
La gestion de l’eau en agriculture consiste à offrir une disponibilité en eau à la culture en
maintenant une humidité du sol pour les racines, entre un état du sol pas trop sec (flétrissement de
la plante) et pas trop humide (saturation du sol conduisant à l’asphyxie de la plante). Cela
suppose qu’en même temps qu’on doit apporter de l’eau au sol, l’on doit s’assurer
d’éliminer du sol le ‘‘trop plein’’ de cette eau.
L'eau est apportée artificiellement au sol par l’irrigation. A l’opposé, l’eau est éliminée du
sol artificiellement par le drainage ou l'assainissement agricole.
L’objectif ce cours vise à :
décrire les différentes méthodes d’irrigation ;
déterminer les paramètres et facteurs intervenants en irrigation ;
et évaluer les besoins en eau de la plante et programmer l’irrigation.
1. Méthodes ou techniques d’irrigations
L’irrigation peut être définie comme un apport artificiel d'eau destiné à faciliter la croissance
des cultures. Les méthodes d’irrigation diffèrent selon que l’eau s’écoule sur la terre
(irrigation de surface), y est pulvérisée sous pression (irrigation par submersion) ou est
amenée directement à la plante (irrigation localisée). Le choix de l'un ou de l'autre des
procédés d’irrigation se fait sur la base d'une analyse bien détaillée de ces différents procédés
et de leur degré de compatibilité avec les contraintes de la région considérée du point de vue
agronomique, naturel, technique et socio-économique.
1.1. Irrigation de surface
L'irrigation de surface consiste à amener l'eau au point le plus haut du terrain et à la laisser
s'écouler par gravité. L'eau est ensuite distribuée au champ, soit par submersion (irrigation
par bassins), soit dans des sillons en terre (irrigation par sillons) ou bien par ruissellement à
la surface d'une planche d'arrosage (irrigation par planches).
Les bassins sont constitués de cuvettes en terre, à fond à peu près plat, entourées de diguettes
de faible hauteur ou levées (Figure 1.A). Ces levées sont conçues pour empêcher le passage
de l'eau aux champs adjacents. Cette technique est utilisée, d'une façon générale, pour
l'irrigation des rizières sur terrain plat, ou des terrasses à flanc de coteau. En général,
l'irrigation par bassin s'applique à toutes les cultures qui peuvent tolérer la submersion par les
eaux pour une longue durée.
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Les sillons sont des petites rigoles en terre, aménagées dans le sens de la pente du terrain,
pour transporter l'eau entre les rangées de cultures (Figure 1.C). L'eau s'infiltre dans le sol,
principalement par les côtés du sillon, tout le long de son trajet dans le sens de la pente du
terrain. Généralement, les plantes sont cultivées sur les billons séparant les sillons. Cette
technique est valable pour l'irrigation de toutes les cultures en lignes et pour toutes les
cultures qui ne tolèrent pas la submersion de leur feuillage ou de leur collet par les eaux pour
une longue durée.
Les planches sont des bandes de terrain aménagées en pente douce et séparées par des
diguettes (Figure 1.B). Elles sont aussi appelées calant ou planches d'arrosage. L'alimentation
en eau des planches est faite de plusieurs façons: soit à l'aide de prises d'eau aménagées sur le
canal d'amenée et équipées d'une vannette, soit par des siphons, ou bien par des tuyaux
d'alimentation passant à travers les berges du canal d'amenée. La lame d'eau introduite
ruisselle en descendant la pente de la planche, guidée par les diguettes des deux côtés de celle-
ci.
Figure 1 : Irrigation de surface (A : Irrigation par bassin ; B : Irrigation par planche ;
C : Irrigation par sillon)
1.2. Irrigation par aspersion
L’irrigation par aspersion ou par pivots est une technique américaine importée, qui a été
implantée dans plusieurs pays arabes touchés par le fait désertique. Ce système d’arrosage
consiste à distribuer l’eau sous forme de pluies sur sol. Très employée depuis longtemps par
les jardiniers, les horticulteurs et les arboricultures pour les cultures maraîchères, florales,
arbustives, fruitiers et les pelouses, l’aspersion tend à être utilisée de plus en plus en grande
culture.
Au contraire des méthodes précédentes où l’eau est distribuée avec plus ou moins
d’uniformité sur le sol par des rigoles et y pénètre dans des conditions plus ou moins
favorables suivant sa régularité et sa pente, dans le système pivot, l’eau tombe naturellement
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sur le sol, donc dans les mêmes conditions que les précipitations atmosphériques, et s’y
infiltre, compte tenu seulement de la perméabilité du sol.
Ce mode repose sur un forage, auquel correspond un trépied et un bras mécanique de
longueur variable (pouvant atteindre 500m), qui tourne lentement nuit et jour et peut arroser,
d’un coup, 30 à 50 hectares (Figure 2). Cette technique nécessite d’importants investissements
(forage, matériel, montage et entretien) qui, toutefois, sont amortis avec le temps.
Figure 2 : Irrigation par aspersion.
1.3. Irrigation localisée
Le goutte-à-goutte est une forme de l'irrigation localisée, qui consiste à n'arroser qu'une
fraction du sol, en ne mouillant pas le feuillage, mais en utilisant de faibles débits d'eau avec
de faibles pressions. L'eau forme, sous la surface, une « bulbe » humide, ce qui maintient
sèche la plus grande partie de la surface. L'évaporation est considérablement freinée, ainsi que
la levée des adventices. On peut dire que l'eau n'arrose pas la terre, mais la plante, car est-elle
directement « rendue aux racines ».
Ainsi, le goutte-à-goutte permet une très grande efficacité de l’irrigation. C’est une méthode
d’irrigation qui convient pour les sols arides et semi-arides : l’eau s'égoutte lentement vers les
racines des plantes, soit en coulant à la surface du sol, soit en irriguant directement la
rhizosphère par un système de tuyaux. C’est l'innovation la plus importante dans l’agriculture
depuis l'invention des asperseurs dans les années 1930, qui avait déjà remplacé à l'époque une
irrigation nécessitant trop d'eau.
Cependant, cette technique à un coût élevé des investissements et nécessite une maintenance
professionnelle, continue et minutieuse.
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Figure 3 : Irrigation goutte à goutte.
2. Paramètres et facteurs intervenants en irrigation
2.1. Le sol
Le caractère d’ordre général qui doit retenir tout spécialement l’attention réside dans la grande
hétérogénéité du sol.
2.1.1. Humidité
L’eau est retenue dans le sol à cause de son attraction naturelle envers les particules de sol de
la même façon qu’envers ses propres particules. L’eau retenue s’y trouve en général sous
différents états. On distingue classiquement :
l’eau de constitution qui entre dans la composition chimique/minéralogique de
certains minéraux (essentiellement les argiles) ;
l’eau liée à la surface des grains, qui est solidaire des grains ;
l’eau capillaire qui est retenue par les pores les plus fins du sol au-dessus du niveau
de la nappe : la zone de remontée capillaire peut être complètement ou partiellement
saturée ;
l’eau libre qui peut circuler dans les pores du sol sous l’effet des forces de pesanteur ;
la glace qui se forme en fonction des conditions de température et qui mobilise en
priorité l’eau libre.
NB : Eau capillaire + Eau libre = Eau interstitielle.
Figure 4 : Différents états d’eau dans le sol.
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Selon que les différents états de l’eau dans le sol sont plus ou moins disponibles pour la
plante, on définit différents seuils d'humidité du sol, qui sont très déterminants pour
déclencher l’irrigation. Ces seuils sont :
la Saturation (Sat) : teneur en eau à saturation du sol en condition de champ ; l’eau
occupe la macroporosité et s’écoule rapidement sous l’effet de la pesanteur, de sorte
qu’elle n’est pas disponible pour la plante.
la Capacité au champ (CC) : teneur en eau du sol après que l’excédent d’eau dans les
macroporosités se soit drainé et que le régime d’écoulement vers le bas soit devenu
négligeable. Cela se produit habituellement de un à trois jours après une pluie ou une
irrigation. C'est donc le volume maximal d'eau que le sol peut retenir dans les
microporosités. Cette eau est disponible pour la plante.
le Point critique (PC) : la teneur en eau du sol lorsque la plante commence à souffrir
d’un manque d’eau et que sa croissance en est affectée. L’eau à la capacité au champ
étant épuisée, la plante commence à utiliser l’eau liée qui est difficilement accessible.
Ce seuil est aussi appelé point de flétrissement temporaire.
le Point de flétrissement (PF) : teneur en eau du sol correspondant à l’eau de
constitution ; cette eau étant non disponible, la plante subit des dégâts irréversibles
meurt.
2.1.2. Topographie
Les parcelles à pente uniforme et de faible amplitude se prêtent bien à l’irrigation car elles
réduisent les coûteux travaux de terrassement.
2.1.3. Propriétés physiques
Perméabilité
Plus la perméabilité du sol est grande, plus sa capacité à retenir l’eau est faible. C’est le cas
des sols à texture sableuse qui sont très filtrants. L’excès d’eau s’écoule dans les couches
profondes de ces sols où les substances dissoutes sont définitivement perdues. Ainsi, il est
évident qu’il ne serait guère avantageux d’appliquer des arrosages très suivis sur ces sols.
Porosité
C’est le volume relatif des vides présents dans le sol. La porosité totale (pt) se définit de la
façon suivante :
Pt (%) = Volume des vides / volume total du sol x 100.
Cette porosité totale peut se décomposer en : pe (porosité efficace), qui est la quantité d'eau
de gravité contenue dans le sol et cr (capacité de rétention) ou quantité d'eau liée aux
particules et/ou eau capillaire. De ce fait :
Pt = pe (porosité efficace) + cr (capacité de rétention).
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Plus la particule est de petite dimension, plus la composante pe diminue et plus grande sera la
composante cr (Tableau 1) :
Cohésion
Le maintien des particules du sol entre elles est le fait de sa cohésion. Ainsi, les sols de faible
cohésion sont plus vulnérables à l’érosion hydrique. En outre l’imbibition du sol réduit par
elle-même la force de cohésion en dispersant les agrégats.
2.2. Qualité de l’eau
2.2.1. Qualité physique
La qualité physique dominante est sa température. La température optimum peut se situer aux
environs de 25° pour la majorité des plantes, durant la saison active de la végétation. Un
apport d’eau sur la terre très sèche peut donner lieu à des phénomènes d’hydratation
susceptibles d’élever dangereusement la température du sol. C’est pourquoi on recommande
de ne pas arroser en pleine chaleur. Une eau froide arrivant au contact d’un feuillage
surchauffé peut également causer des accidents.
2.2.2. Qualité chimique
La qualité chimique de l’eau dérive surtout des sels qu’elle contient en solution. Certains ions
sont utiles, même à doses relativement élevées. C’est le cas du calcium, qui compense les
pertes de chaux. D’autres sont utiles à très faibles doses, puis deviennent rapidement nocifs
lorsque la teneur de l’eau s’accroit : c’est le cas, par exemple, du sodium responsable de la
salinisation du sol.
2.2.3. Débit de l’eau
C’est la quantité d’eau dont on dispose en un temps donné, par l’arrosage d’une propriété ; il
s’exprime en litres par seconde, litres par minute ou mètres cubes par heure.
Le débit total, ou module général pour une propriété, se calcule en fonction des besoins de
pointe des cultures dans le cours d’une année. On doit tenir compte des pertes en cours de
route, s’il y a lieu et se ménager une petite marge de sécurité en cas d’accident.
2.3. Les cultures
2.3.1. Nature des cultures
Elle impose un système d’irrigation. Il faut évidemment que les conditions naturelles
conviennent à la fois à la plante et à son système d’arrosage.
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3. Eléments de base pour une étude d’irrigation
3.1. Besoins en eau des plantes ou ETM
Les besoins varient avec le climat et avec les espèces et aussi selon le degré d’évolution de la
végétation. Les modifications dues aux facteurs climatiques sont essentiellement variables
d’une année à l’autre et suivent le régime des températures, de la pluviométrie, des vents, etc.
Suivant les espèces, les besoins varient principalement en raison de la durée de végétation en
période estivale. Certaines spéculations comme les cultures maraîchères ne nécessite que
quelques arrosages au printemps, tandis que d’autres, comme le dattier, réclament de l’eau sur
la plus grande partie de l’année. Quelques espèces fruitières peuvent se contenter de rares
arrosages (Abricotier, olivier), alors que d’autres nécessitent des irrigations suivies (agrumes).
Calcul des besoins en eau des cultures
L'exigence d'irrigation est la quantité totale d'eau appliquée à la surface terrestre en
complément à l'approvisionnement en eau par les précipitations et le profil du sol, pour
couvrir les besoins en eau pour une croissance optimale des cultures. On peut estimer les
besoins en eau d'une parcelle sur la base de l’évapotranspiration potentielle (ETP) mesurée
ou estimée, et du coefficient cultural (Kc) de la culture.
ETM = ETP* Kc.
Evapotranspiration potentielle (ETP)
L’ETP est la quantité d'eau transpirée par la plante et évaporée par le sol. Elle peut être
estimée, soit à partir de mesures en bac Colorado, soit à partir de diverses formules faisant
appel aux paramètres tels que : la température moyenne, la durée d'insolation, la durée du jour
et la radiation solaire globale. Il faut en réalité tenir compte également de la vitesse du vent et
du pourcentage d'humidité de l'air, ce qui rend le calcul exact de l'ETP très difficile. Dans la
pratique, on peut se contenter, au niveau de la préparation d'un projet, des valeurs moyennes
sur la zone, mois par mois.
En effet, le Comité Interafricain d'Etudes Hydrauliques (CIEH) a montré que les variations de
l'ETP réelle par rapport à l'ETP estimée restent minimes (de l'ordre de +20 %) par rapport aux
variations des besoins en eau liées aux écarts dus au calendrier des cultures de l'ordre de plus
ou moins 50 % et surtout dus aux variations dans l'efficience de la distribution de l'eau (de
l'ordre de 100 %).
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Il est évidemment préférable d'utiliser les données réelles de l'ETP mesurées dans la région
lorsqu'elles sont disponibles. Sinon, on peut empiriquement majorer cette ETP moyenne
journalière en période anormalement chaude et venteuse, et la minorer en période
anormalement nuageuse et fraîche. Quelques valeurs moyennes de l'ETP que l'on peut utiliser
sont résumées dans le tableau II :
Tableau II : Quelques valeurs moyennes de l’ETP
J F M A M J Jt A S O N D
Zone sahélienne Gao P = 200 mm/an 66 8 8 9 99 7 7 7 6 6
Zone soudano-sahélienne P = 500 mm/an 45 6 6 8 77 6 5 5 5 4
Zone soudanienne Bamako P = 1100 mm/an 5 5 7 7 7 6 5 5 5 5 5 5
Il est difficile de réduire l'ETP d'un lieu donné (cela signifie qu'il faut "changer le climat"). Il
existe cependant une méthode naturelle, simple et efficace dans les zones ventées : les brise-
vent.
En diminuant la vitesse moyenne du vent, un brise-vent permet de réduire nettement l'ETP
pendant les mois chauds et secs. Cette réduction peut atteindre 30 % à proximité du brise-vent
(moins de 10 fois sa hauteur). On évite ainsi une ETP trop élevée susceptible d’entraîner une
fermeture des stomates et flétrissement momentané des feuilles et un avortement des fleurs
provoqué par le dessèchement du pollen lors de la floraison. On réduit donc la consommation
en eau de la culture.
Coefficient cultural Kc
Il s'agit, par définition, de l'ETM (Evapotranspiration maximale) d'une prairie en pleine
végétation, bien arrosée, l’ETM étant la quantité maximale d'eau que la culture est capable
d'évapotranspirer lorsque le sol est suffisamment humide (évaporation du sol + transpiration
maximum de la plante).
D'une manière générale, toute culture dont le feuillage couvre entièrement le sol (c'est-à-dire
dont l'indice foliaire est supérieur à 3) a une ETM qui se rapproche de son ETP (et peut même
la dépasser légèrement). Par contre, dans les premiers stades d'une culture, lorsque les
plantules ne couvrent qu'une petite partie de la surface, l'ETM est nettement inférieure à
l'ETP. On a observé que le rapport ETM/ETP était relativement constant, pour une culture
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donnée, à un stade donné. On l'a intitulé "coefficient cultural" ou Kc. Quelques valeurs
indicatives de Kc sont données dans le Tableau III :
Tableau III : Quelques valeurs indicatives de Kc (d'après la FAO)
Coton: du semis au démariage KC 0,5
démariage/ floraison 0,8
floraison/récolte 1,0
Tomates: après repiquage 0,75
floraison 1,1
fructification 0,9
Oignons: pleine croissance 1,0
maturation 0,7
Riz: pratiquement en permanence (sauf maturation 0,9) 1,2
Mais: au semis 0,4
croissance (de 20 à 50 jours) 0,4 à 1,1
floraison/ épiaison 1,15
maturation 0,6
Sorgho: semis 0,4
croissance 0,4 à 1,0
épiaison 1,0
maturation 0,5
3.2. Débit caractéristique
C’est le débit maximal parmi les débits mensuels de la période de végétation, c'est-à-dire, le
besoin maximal parmi les besoins mensuels exprimé en l/h/ha. La valeur de débit
caractéristique est majorée de 25% pour tenir compte des pertes inévitables.
qf = (da.1 ha) / Nbr du jour du mois
Qc=qf+0.25qf
NB : da est la dose d’arrosage ou déficit agricole.
3.3. Réserves en eau des sols
Réserve utile (RU)
La RU est la quantité d'eau stockée dans le sol qui peut être absorbée par les racines des
plantes (entre la capacité de rétention et le point de flétrissement). En général, cette réserve
utile pour les plantes dépend essentiellement de la granulométrie des sols et varie à l'inverse
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de la perméabilité : les sols argileux ont une réserve utile supérieure aux sols sableux, mais ils
sont moins perméables. En l'absence de mesures précises qu'il faut faire au laboratoire, on
peut donner les ordres de grandeur suivants des réserves utiles de quelques types de sols :
Tableau IV : RU de quelques types de sol
Sols sableux 6%
Sols moyens (limoneux-sablo/argileux) 12 %
Argiles 16 %
Réserve facilement utilisable (RFU)
On définit la RFU comme étant la quantité d’eau disponible par unité de surface calculée sur
la profondeur maximale d’enracinement, et comprise entre deux limites : d’une part, le point
de flétrissement et, d’autre part, la capacité de ré[Link] pratique, on déconseille d'attendre
que le sol soit revenu au point de flétrissement avant de pratiquer une irrigation. On déclenche
l'irrigation dès que la "réserve facilement utilisable" (RFU) a été consommée.
RFU = (1/2 ou 2/3) RU.
3.4. Dose d’irrigation
La dose d’irrigation est assurée par la dose d’arrosage da ou déficit agricole et la dose
d’arrosage pratique dp ou déficit pluviométrique pendant la période de végétation dans un
délai déterminé selon les besoins en eau des plantes.
Dose d’arrosage da (déficit agricole)
C’est la quantité d’eau qui doit être déversée pendant un arrosage sur 1 ha pour la saturation
du sol, exprimé en m3/ha ou en mm ; elle dépend de :
- la nature de la culture ;
- la phase de développement ;
- la capacité du sol) à retenir l’eau ;
- la quantité des sels dans le sol ;
- les conditions climatiques et hydrogéologiques ;
- les procédés et les techniques d’irrigation.
da = ETP – P – Kc. RFU
da = dp – Kc . RFU
P correspond à la pluviométrie, exprimée en mm.
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Dose d’arrosage pratique dp (déficit pluviométrique)
La dose d’arrosage pratique est la quantité d’eau qu’il faut donner au sol pour éviter d’arriver
au point de danger :
dp= 1/3 . h . Hvr
h : profondeur racinaire (mm).
Hvr : point de rétention (capacité au champ).
On calcule aussi le déficit pluviométrique par la formule :
dp = ETP – P
Dose d’irrigation réelle dr
La dose d’irrigation réelle est la quantité d’eau dans le sol entre le point flétrissement et la
capacité de rétention :
dr = (Hvt – Hvf) . h
h : profondeur racinaire (mm).
Hvr : point de rétention.
Hvf : point de flétrissement.
La dr est aussi calculée comme suit :
dr = RU * (RFU / RU) * Profondeur d’enracinement.
Le rapport RFU/RU dépend de tout un ensemble de facteurs, en particulier la densité des
racines (et donc le volume de sol effectivement utilisé par les racines). Pour faciliter les
calculs, on considère souvent que ce rapport est fixe et que RFU/RU = 2/3, mais en réalité,
les sols argileux sont souvent compacts et moins bien explorés par les racines que les sols
sableux. Les valeurs du rapport RFU/ RU recommandées selon les sols figurent dans le
Tableau V :
Tableau V : Quelques valeurs du rapport RFU/RU selon les sols
Sols argileux: RFU/ RU = 0,5
Sols limoneux: RFU/ RU = 0,65
Sols sableux: RFU/ RU = 0,75
3.5. Nombre d’arrosage N
N = A / dr
A : besoin de pointe d’un mois. / dr : dose réelle
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3.6. Espacement d’arrosage T
T = N/ Nbr de jour du mois
3.7. Module d’arrosage m
C’est le débit d’eau dont l’irrigation dispose pour déverser sur le sol de la parcelle à irriguer.
Il est choisi selon :
la méthode d’arrosage.
la topographie de la parcelle.
la perméabilité du sol.
m : varie entre 20 et 120 l/s
m = (dr.s) / t.
3.8. Unité parcellaire d’arrosage S
Le dimensionnement de parcelle repose sur :
- la méthode d’arrosage.
- la perméabilité du sol qui est correspond à la vitesse de filtration
S= m/k = (module d’arrosage m3/s)/ vitesse de filtration (m/s)
3.9. Nombre d’unité parcellaire n
n = Sm/S ; Sm = m / Qc
S: la surface (ha)
m: le module d’arrosage (l/s)
Sm: la surface que le module peut arroser lorsqu’il coule de façon continue (l/s/ha)
3.10. Durée théorique d’arrosage t
La durée théorique d’arrosage est le temps d’infiltration de la hauteur dr
t= dr / k
K : perméabilité (m/s).
3.11. Programmation des irrigations
Il est possible de calculer de manière assez simple les besoins d'une parcelle durant une
période donnée ; il faut, pour cela, disposer d'une estimation de la RFU du sol, en fonction de
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la profondeur d'enracinement de la culture, et d'un relevé de la pluviométrie journalière sur le
périmètre (ou sur un point peu éloigné, car la pluie varie parfois beaucoup dans l'espace).
Conclusion
Plusieurs techniques d’irrigation sont utilisées à travers le monde entier. Chacune à des
inconvénients et avantages qui transparaissent plus ou moins clairement dans leurs
descriptions qui sont faites dans ce cours. De façon générale, on peut retenir que pour pouvoir
choisir la technique d’irrigation convenable, il est nécessaire de réaliser une analyse
multicritère du choix des techniques d’arrosage basée sur leurs différentes contraintes qui sont
de plusieurs ordres, notamment : naturel (évaporation, vent, sol, pente), technique
(qualification de la main d’œuvre, entretien du matériel), économique (moyens financiers) et
agronomiques (type de culture).
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EXERCICES
Exercice 1
Une parcelle de 0,4 ha de maïs a été semée au mois de juillet, vers Mopti (P annuelles
moyennes = 500 mm). On ne dispose pas de station permettant de mesurer l'ETP en bac.
Comment estimer les besoins en eau de cette parcelle ? Déterminez le volume d’eau
correspondant.
Exercice 2
Une parcelle de 0,3 ha de tomates arrive à floraison au mois de janvier près de Saint-Louis.
L'ETP mesurée à Saint-Louis représente 37 mm la première semaine, 45 mm la deuxième
semaine, 54 mm la troisième semaine et 42 mm la dernière semaine. Quel est alors le besoin
en eau de la parcelle de tomates pour le mois ?
Exercice 3
Calculez, pour une culture de tomate arrivée à floraison en terre franche (racines atteignant 60
cm de profondeur), la dose d'irrigation. Déterminez la fréquence d’irrigation si l'ETP est de 6
mm/j.
Exercice 4
Soit un champ de coton avant floraison, au mois de septembre, en sol argilo-sableux dans la
région de Maradi (Niger). Le dernier arrosage de 100 mm date du 3 septembre. Le climat est
de type soudano-sahélien (P = 650 mm/an en moyenne). La RFU du sol peut être estimée à
6,5 % du volume et l'enracinement du coton atteint 80 cm.
1. Déterminer, à partir des informations du tableau VI, la date la plus appropriée pour
programmer une irrigation de la parcelle.
2. Déterminer également la dose à appliquer si vous procédiez par une irrigation par
bilions, d'efficience estimée à 55 %.
3. Si le débit moyen fourni par l'arroseur de la parcelle considérée est de 15 l/s, et que la
parcelle a une surface de 0,37 ha, quelle serait la durée de la fourniture d'eau ?
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Tableau VI : Évolution des réserves en eau du sol (RFU)
MOIS DE SEPTEMBRE
3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21
ETP estimée 5 5 5 5 5 5 5 5 5 5 5 5 5 5 5 5 5 5 5
ETR estimée 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4
Pluie 0 0 30 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 12 0 0 0 0 0
P-ETR -4 -4 +26 -4 -4 -4 -4 -4 -4 -4 -4 -4 -4 +8 -4 -4 -4 -4 -4
RFU 52 48 52 48 44 40 36 32 38 24 20 16 12 20 16 12 8 4 0
Pertes par percolation profonde - - -22 - - - - - - - - - - - - - - - -
Exercice 5
Un puits avec une décharge moyenne de 10 litres par seconde irrigue un
hectare de coton en 15 heures. Calculez la profondeur moyenne de l'irrigation.
Exercice 6
La culture du blé nécessite 45 cm d'eau d'irrigation pendant la saison des cultures de 125
jours. Quelle superficie peut être irriguée avec un débit de 18 litres par seconde pendant 10
heures chaque journée ?
Exercice 7
Une parcelle de 0,3 ha de tomates arrive à floraison au mois de janvier. L'ETP mesurée
représente 37 mm la première semaine, 45 mm la deuxième semaine, 54 mm la troisième
semaine et 42 mm la dernière semaine. Quel est alors le besoin en eau de la parcelle de
tomates pour le mois? Le coefficient cultural de la tomate est de 1,1.
Exercice 8
Dans un périmètre de 100 ha de la plaine Metija qui sera plantée en pomme de terre, l’étude
hydrologique a permis d’avoir le tableau suivant :
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Tableau VII : Bilan hydrologique de la parcelle
1) Déterminer pour chaque mois le déficit et le besoin en eau chez la plante.
2) Est-il nécessaire de faire l’irrigation ou non ? Si oui, calculer le débit caractéristique Qc.
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