Optimisation de la lixiviation du cuivre et cobalt
Optimisation de la lixiviation du cuivre et cobalt
RESUME
L’étude portant sur l’optimisation des paramètres, ainsi que l’interprétation des résultats
expérimentaux des essais de lixiviation au laboratoire, se sont fait avec la méthodologie
classique, Cinq paramètres avec chacun 4 niveaux de variations ont était étudier.
Il ressort de l’analyse des résultats faite par la méthodologie de Taguchi que les paramètres
qui optimisent la solubilisation du cuivre ont pour niveau : Temps : 2h, pH de 1,4,
concentration en ion ferrique : 15g/l, pourcentage solide : 18 et température de 25 oC. Ceci
pour un rendement de solubilisation de 93% en cuivre. En outre, ils ont renseigné un
rendement de solubilisation du cobalt de 74,42%, avec comme paramètres optimales de :
Temps de 4 h, pH de 1,4, concentration en ion ferrique de 1,4 g/l, densité pulpe de 18%
solide température de 70oC. Et les contributions des paramètres sur le rendement de
solubilisation du cuivre sont par ordre de 45,54 % pour la concentration en ion ferrique ;
17,89 % pour la température ; 15,92 % pour le temps et 14,27 % pour le pourcentage solide.
Dans le cas de la solubilisation du cobalt, les valeurs suivantes ont été obtenu par ordre de
contribution de 29,85 % pour le temps ; 26,88 % pour la concentration en ion ferrique et
17,91 % pour la température
Liste des abréviations
LUI : Luilu
O/ A : Organique/Aqueuse
Opt: Optimale
%S : pourcentage solide
F : Statistique de Fisher
INTRODUCTION GENRALE
Les différents gisements sont constitués de trois zones de minerais qui sont respectivement
les oxydes que l’on retrouve en surface (zone de profondeur relativement faible), les mixtes
ou minerais de transition ainsi que les sulfures en profondeur (Mwema, 2014).
Dans le cadre de contribuer à l’étude de la mise en solution des minerais mixtes en cours
d’exploitation, l’entreprise KINGAKILA, par l’entremise des chercheurs nous a proposé de
faire une étude dont le thème est : « Contribution à l’étude de la lixiviation oxydante du
minerai mixte cuprocobaltifères de la mine de 55 par le fer ferrique ».
[Link]
KAMOTO COPPER COMPANY S.A est une entreprise privée filiale du KATANGA
MINING et du groupe GLENCOR, implantée dans la partie Sud-Ouest de la République
Démocratique du Congo dans la province du LUALABA. Précisément dans la ville de
Kolwezi et ses environs.
I.2. LOCALISATION
Le concentrateur de KAMOTO est situé à 12 Km au Sud du centre commercial de la ville
de
Kolwezi, à 2 Km à l’Est de la mine souterraine de KAMOTO, à 8 Km au Sud-Est des usines
hydrométallurgiques de Luilu et au Nord de la mine à ciel ouvert de Dikuluwe. La ville de
Kolwezi se trouve dans la province du Lualaba et à une latitude de 10°11’’ et une longitude
de 20°27’’. (Kasongo. I, 2019)
Vous trouverez à la figure 1.I une carte localisant les différents sites de KCC.
Ces rejets de la digue s’étant déjà solidifiés sont d’abords répulpés, c’est ainsi qu’on fait un
abattage hydraulique qui consiste à couper les roches à l’aide d’un jet d’eau sous pression,
la granulométrie varie entre 28 et 125µm
Les minerais Cupro-cobaltifères mixtes qui proviennent des mines à ciel ouverts de
KOV et MASHAMBA EST. Dans ce minerai le Cuivre est essentiellement sous la
forme de la malachite (Cu(OH)2 CuCO3) et le Cobalt sous la forme d’hétérogénite
(CoO. [Link].7H2O).
Pour notre étude nous ne parlerons que des minerais sulfurés provenant de la mine
souterraine.
I.4.2. Alimentation
Dans la deuxième section où tous les produits concassés aux différents postes de concassage
sont réceptionnés et stockés suivant leur provenance avant de passer à l’étape de broyage
humide. Elle comprend trois aires de stockage dont le premier pour stocker les minerais qui
sont censés être broyer dans les Cascade Mills (broyeurs autogènes) CM1, CM2, CM3,
CM4 dans la section broyage humide KAMOTO ; le second pour les minerais de KOV
concassés dans la mine au niveau de IPC et qui sont censés être broyer dans le broyeur
semi-autogène CM5, enfin le troisième pour les minerais de Mashamba à broyer dans les
Cascade Mills CM6 et CM7 dans la section de broyage humide DIMA. (Kasongo I., 2019).
la granulométrie (d90 = 75 μm) pour les minerais sulfurés et d80 = 150 μm pour les
mixtes de KOV et Mashamba) ;
le temps de séjour du minerai dans le broyeur ;
la vitesse de rotation (exprimée en % de la vitesse critique)
la charge des boulets (exprimée en % du volume du broyeur) ;
la quantité d’eau (qui est fonction de la nature du minerai et du tonnage alimenté)
La dureté du minerai est déterminante par rapport au temps de séjour dans le broyeur ; pour
un minerai dur, il faut un long temps de séjour comparativement à un minerai moins dur.
Ainsi on calcule cette dureté en divisant l’énergie électrique consommée par le tonnage
traité.
minerai dur : plus de 20 KWh/t ;
minerai moyen : entre 15 et 20 kWh/t ;
minerai tendre : en dessous de 13 kWh/t.
Les quantités d’eau à ajouter dans les broyeurs autogènes au niveau de la goulotte en
fonction de la nature et du tonnage sont données dans le tableau 1.1 ci-dessous.
Tableau I. 1 : Quantité d’eau admise en fonction de la nature du minerai
Nature du Très tendre Tendre Normale Dure Très dure
minerai
Dureté 7,5 10,5 13,5 16,5 19,5
Consommation 6à9 9 à 12 12 à 15 15 à 18 18 à 21
d’énergie
(KWh)
Rapport eau 0.60 0.50 0.40 0.30 0.20
/minerai
I.5. FLOTTATION
La flottation est une technique de concentration physicochimique basée sur les propriétés de
surface des minéraux à flotter et fait appel à des réactifs spécifiques (collecteur, moussant,
activant, dépriment, etc.). La flottation au concentrateur de KAMOTO se fait en trois étapes
: un ébauchage, un épuisement, et un finissage. Actuellement il y a trois circuits de
flottation qui sont : le circuit de flottation des sulfures de KAMOTO, le circuit de flottation
des mixtes de KOV et
Mashamba et le circuit de flottation KITD (Kasongo B., 2018). Pour que l’opération de
flottation soit effective, KTC utilises les réactifs qui sont le moussant G41 à une dose de
150 à 200 g/t de minerai, le collecteur SIBX (sodium Iso butyle Xanthate) et PNBX
(potassium normal butyle Xanthate) préparé à une concentration en poids de 10% et utilisé à
une dose de 35 à 40 g/t de minerai (Madika G., 2020). Les doses de réactifs utilisés dans ce
circuit de flottation sont données dans le tableau I.2 ci-après.
Tableau I. 2 : : Doses de réactifs utilisées dans le circuit de flottation des minerais
sulfurés
DOSE DE
REACTIFS
FLOTTATION
SIBX et
35-40g/T
PNBX
G41 150-200g/T
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II.1.1 Définition
La lixiviation est une opération chimique qui consiste en une mise en solution dans un
solvant adéquat, des constituants valorisables d’un minerai ou d’un concentré tout en laissant
intacts les éléments de la gangue dans une phase solide afin d’en faciliter la séparation,
(Kamanga, 2009).
• Lixiviation en place ;
• Lixiviation en tas ;
• Lixiviation en cuve ;
Figure [Link] des diverses techniques de lixiviation appliquées aux minerais de cuivre
(Morin D.2000)
La lixiviation acide ;
La lixiviation alcaline ;
La lixiviation chlorurante ;
La lixiviation bactérienne.
Dans les prochains paragraphes nous allons nous intéresser aux trois premiers types de
lixiviation ci-haut cité.
Lixiviation acide
Elle est appliquée aux minerais oxydés à gangue acide (non dolomitique) et on utilise le plus
souvent l’acide sulfurique comme agent lixiviant mais, il existe des cas particuliers où on
utilise l’acide chlorhydrique pour lixivier les résidus des pyrites, des concentrés cobalt-arsenic
et tant d’autres (Alvayai, 2006). Les conditions de cette lixiviation peuvent être examinées sur
le diagramme d’équilibre Tension-pH du métal concerné.
P a g e | 12
(2)
(3) le cobalt est réduit par le cuivre en cobalt bivaleent (Mwilambwe 2012).
II.2.1 Introduction
Lorsqu’on travaille dans un milieu très acide et à des températures de l’ordre de 30 à 100 °C,
les sulfures sont transformés en sulfate suivant la réaction (5).
La lixiviation des sulfures par l’acide sulfurique est à la fois très faible et très lente comme
donné par l’équation (6), elle est négligeable par rapport à la lixiviation par oxydation donnée
par l’équation (7) qui ne fait pas intervenir l’acide (Brimall et Wadsworth, 1970) :
𝐶𝑢𝐹𝑒𝑆2 + 2𝐻2𝑆𝑂4 → 𝐶𝑢𝑆𝑂4 + 𝐹𝑒𝑆𝑂4 +
2𝐻2𝑆
(5)
La lixiviation oxydante est une dissolution des métaux d’un minerai dans une phase aqueuse
acide en prés²ence d’un agent oxydant. Cette lixiviation est utilisée lorsqu’on traite les
minerais mixtes ou sulfurés, et les agents lixiviants les plus utilisés sont les acides et en
particulier l’acide sulfurique (Hackl et al, 1995).
D’une manière générale, en milieu aqueux sulfurique, la lixiviation des sulfures est souvent
gênée par le produit de réaction qui se forme à la surface des minéraux (Lochmann et Pedlik,
1995). Ces produits forment une barrière à la diffusion des réactifs et des produits de réaction
et finissent parfois à passiver totalement les minéraux lixiviés., laquelle passivation est due
essentiellement aux polysulfures et au souffre élémentaire formé au cours de la réaction (Peng
et al, 2005).
Dans le procédé chimique, pour activer la lixiviation des sulfures métalliques, on utilise des
agents oxydants pour oxyder le soufre ou on utilise des températures supérieures à celle de la
fusion du soufre (115 °C) et e pression élevées pour fondre le soufre [McDonald et Muir,
2007].
Un des critères de choix de l’oxydant est sa régénération plus aisée, cela constitue un avantage
sur le plan industriel étant donné que la plupart des procédés fonctionnent en continu.
Plusieurs agents oxydants existent mais nous pouvons citer l’oxygène (ou l’air) et l’ion
ferrique.
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Dans le cas de l’utilisation de l’oxygène, il faut travailler en autoclave sous fortes pressions et
températures élevées (Frenay, 1989).
a) L’oxygène
La lixiviation sous pression d’oxygène à des températures élevées a pour effet d’oxyder le
soufre comme l’indique la réaction (8), lorsque la température de travail est comprise entre
100 et 170 oC et la réaction (9) lorsque la température est comprise entre 180 et 230 oC
(Kitobo, 2009) :
b) L’ion ferrique
Dans le cas de l’utilisation des ions ferriques comme agent oxydant, nous avons, pour le
sulfure MS, la réaction suivante :
Les réactions chimiques (13), (14) et (15) montrent comment la chalcopyrite, la chalcosine, et
la covelline sont lixiviées en présence des ions ferriques.
Les procédés hydrométallurgiques comportent une étape de lixiviation. Qui exige un solvant
adéquat pour la dissolution sélective des minéraux utiles.
Il existe plusieurs solvants de lixiviation mais, dans ce travail, c’est la lixiviation en milieu
acide sulfurique qui nous intéresse. L’intérêt de ce milieu pour la lixiviation est prouvé par les
critères de sélections suivantes (Habashi, 1970) :
Le coût sur le marché et sa disponibilité qui sont des plus importants critères ;
I.3.1.1 Généralités
Les conditions de mise en solution des espèces métalliques (ion, oxyde, hydroxyde, métal,
sulfure) sont étudiées en fonction du pH et du potentiel d’oxydoréduction de la solution grâce
à un diagramme appelé « diagramme de Pourbaix », spécifique pour chaque métal. Dans le
cadre de ce travail, nous nous intéresserons aux diagrammes de Pourbaix des systèmes Cu-
SH20 et Fe-S-H20 à 25 °C. (Lenge, 2016).
Nous constatons sur le diagramme de la figure 3 qu’au-delà d’un potentiel de 0,5 V et à des
pH inferieurs à 2, nous pouvons mettre tout le cuivre sous forme de sulfure en solution et la
présence du fer ferrique permet de garder les conditions oxydantes.
Deux sulfures de cuivre, la chalcocite (Cu2S) et la covellite (CuS) et deux oxydes de cuivre, la
cuprite (Cu2O) et (CuO) existent sur les deux diagrammes. La dissolution des Cu2S et CuS
nécessite des conditions oxydantes et le potentiel redox doit être supérieur à 0,25V et 0,4V
respectivement pour la chalcocite et la covellite lorsque le pH de travail est égal à 1. A faible
pH, les réactions de dissolution possibles de ces sulfures peuvent s’écrire comme suit
(Venkatachalan, 1998) :
I.3.2.1 Introduction
P a g e | 18
La lixiviation est un procédé qui met en contact deux phases différentes qui sont la phase
solide formée du minéral de valeur et la phase liquide contenant le réactif. La réaction de
lixiviation s’effectue à l’interface de ces deux phases et il y a transfert de matière de la phase
solide vers la phase liquide (Rosenquist, 1974).
D’une manière générale, on peut résumer les cinq étapes du mécanisme de lixiviation en trois
étapes en associant les deux premières et les deux dernières (Somwe, 2010) :
L’étape la plus lente est celle qui impose la cinétique globale de la réaction hétérogène
(Arnauld, 2007). Trois cas sont alors possibles :
Lorsque la vitesse de réaction à l’interface est plus rapide que la diffusion des réactants, dans
ce cas l’énergie d’activation Ea est comprise entre 1 et 3 kcal/mole.
Lorsque la vitesse de la réaction chimique est plus lente que la vitesse de diffusion, l’énergie
d’activation Ea > 10 kcal / mole.
c. Contrôle mixte
Le contrôle mixte est observé lorsque la vitesse de réaction chimique est de même ordre de
grandeur que celle de la diffusion. Ici l’énergie d’activation est comprise entre 5 et 8 kcal /
mole.
Plusieurs facteurs ont une influence sur la cinétique de la lixiviation ; les plus importants sont
(Blazy, 1984) :
Pour les réactions mettant en jeu des solides, la nature de la surface de ceux-ci joue un rôle
important sur la cinétique de la réaction. Ceci est dû à la présence des défauts de structure tels
que les dislocations, les impuretés chimiques, les lacunes et les atomes interstitiels.
b. La granulométrie
Plus les particules sont fines, plus elles offrent une grande surface de contact augmentant ainsi
la cinétique de lixiviation. Cependant, la formation des très fines n’est pas du tout souhaitée
car la viscosité augmente et la séparation liquide- solide devient délicate. D’où la nécessité
d’éviter le surbroyage.
c. L’agitation
Le processus contrôlé par la diffusion est très sensible à l’agitation. En effet, l’augmentation
de la vitesse d’agitation permet de mettre en suspension les particules solides et de réduire
l’épaisseur de la couche limite offrant ainsi une surface maximale de contact avec le solvant,
ce qui augmente la vitesse de réaction selon la relation donnée par l’équation (18) :
Vitesse = (18)
C : concentration du réactant ;
P a g e | 20
d. La température
L’augmentation de la température a une très grande influence sur les processus contrôlés
chimiquement car la constante cinétique k, dans l’expression de la vitesse V, varie de manière
exponentielle avec la température selon la relation d’Arrhenius donnée par l’’équation (19)
(Kamutwe, 2010) :
(19)
Ea : Energie d’activation ;
T : Température en kelvin.
Avec V= k. A. Ci (20)
Par contre, les processus contrôlés par la diffusion sont peu sensibles à la température, la
relation de Stokes-Einstein donne le coefficient de diffusion selon l’expression :
(21)
La température ne peut être augmentée indéfiniment, car dans le cas du réactif gazeux, on va
observer la désorption de ce réactif, ce qui réduit la vitesse de réaction.
L’augmentation de la pression des gaz favorise la solubilité du gaz dans le liquide ; ce qui
conduit à une augmentation de la concentration de l’espèce lixiviante en solution. Ainsi la
vitesse de réaction se trouve accrue mais cette influence cesse lorsqu’on atteint la saturation.
f. La densité de la pulpe
P a g e | 21
L’augmentation du rapport phase aqueuse sur phase solide, alors qu’on garde constante la
concentration de l’espèce lixiviante, entraîne généralement l’augmentation de la vitesse de
lixiviation.
I.4 Synthèse des quelques travaux antérieurs sur la lixiviation des sulfures
I.4.1 Lixiviation des concentres sulfure cuprifère de Kipushi par le fer ferrique en milieu
sulfate (MWEMA, KONGOLO et DANG-VANT, 1988)
La lixiviation des concentre de sulfures cuprifères de Kipushi par le sulfate ferrique en milieu
acide sulfurique en présence d’oxygène de l’air et du MnO 2 a présenté, aux vues des résultats
expérimentaux, une cinétique de solubilisation du cuivre défavorable eu regard au rendement
pyrométallurgique qui était atteint. Les énergies d’activation calculées à partir de deux
modèles cinétiques différents, 3,44 et 2,53 kcal/mole, ont révélé qu’une diffusion interne à
travers un film passivant poreux constituerait l’étape déterminante du processus.
Le cuivre dans ces minerais se présente sous forme de chalcopyrite (55 %) et de bornite (20
%).
Les conditions opératoires retenues sont :
% solide : 1,1% ;
La température : 90 oC
pH : 1,35 ;
Temps : 2 heures.
Les résultats obtenus dans les conditions données ci haut ont montré qu’après 2 heures de
lixiviation, les courbes cinétiques amorcent un palier qui correspondrait, dans les conditions
de travail, à la formation d’espèces chimiques moins réactives que les constituants
minéralogiques de départ.
Dans ce travail, l’étude a porté sur l’optimisation du rendement de lixiviation d’un concentré
mixte en jouant sur l’influence des facteurs de vitesse (acidité, temps, température, agitation,
rapport pondéral des phases et concentration en oxydant).
L’échantillon testé était un concentré mixte oxyde-sulfure (28% cuivre total et 1,62% cobalt
total) provenant du concentrateur de Kolwezi. Des essais de lixiviation ont été menés sur cet
échantillon en présence du sulfate ferrique comme agent oxydant. Les résultats obtenus ont
indiqué que les rendements optimums de solubilisation de cuivre, cobalt, et fer sont
respectivement de 91,67%, 35,61%, et 30,30%. Les conditions operatoires sont : pH 1,5 ;
[Fe3+] de 35g/l ; Temps de 3 heures ; Température de 80°C ; Agitation de l’ordre de 800 tr/min
; et % solide de 10%. L’analyse chimique de l’échantillon utilisé est donnée au tableau 1.
Les consommations d’acide totales et du sulfate ferrique utilisé comme agent oxydant sont
respectivement de 259,86 kg/ tonne de cuivre et 285,3 kg/tonne de concentré.
Il a été question dans ce travail de déterminer les conditions optimales de lixiviation en cuve
agité des minérais mixtes de Kabolela en présence du fer ferrique et de faire une étude
cinétique. Ces minerais titrent 2,35% de cuivre, 1,05% cobalt et 2,46% de fer.
Les résultats optimums obtenus indiquent que le rendement optimal de solubilisation du cuivre
est de 87 % et celui du cobalt de 78 %. Les conditions opératoires ayant permis d’obtenir ces
résultats sont :
pH : 1,5 ;
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L’étude cinétique a relevé que la solubilisation du cuivre et du cobalt est un processus contrôlé
par la réaction chimique étant donné que les énergies d’activation sont 12,371 kcal/mol et
12,951 kcal/mol respectivement par la solubilisation du cuivre et du cobalt.
Suivant la teneur en cuivre, les minerais mixtes de la mine de KINGAKILA sont repartis en
3 catégories : les hautes teneurs dont la teneur moyenne varie de 7 à 12 % cuivre, les
moyennes teneurs dont la teneur moyenne varie de 4,5 à 6,2 % cuivre et les faibles teneurs
dont la teneur moyenne varie de 1,2 à 3,4 % cuivre. D’après la géologie locale de la mine de
KINGAKILA, l’échantillon concerné par notre étude fait partie de la première catégorie.
Il s’est avéré nécessaire de caractériser notre échantillon avant de le traiter. Cette
caractérisation avait pour but essentiel, de pouvoir rechercher toutes les informations utiles à
la composition minéralogique et chimique du minerai.
L’analyse minéralogique s’est faite au sein du laboratoire de la place et ces résultats ont été
contra analysés. Cette analyse a révélé les espèces minérales de cuivre suivantes :
Quant au cobalt il se trouve en grande quantité sous la forme d’hétérogénéite. Les minéraux de
la gangue sont repartis comme suit :
Les analyses chimiques ont été effectuées au laboratoire du centre de LOGOS par
fluorescences des rayons X (XRF) (cuivre, cobalt et fer) et à l’ICP (autres élément).
Teneur (%) 1,47 1,03 0,56 0,21 5,17 1,63 2,46 2,18 0,19
Ces résultats montrent que notre échantillon de minerai mixte comporte 71% de cuivre oxyde
et 29% de cuivre sulfuré.
III.1.3.1 Matériels
Les matériels qui nous ont servi pour la détermination de la répartition granulométrique sont :
Faire un tamisage humide au tamis de 45 µm, pour éliminer les fines particules
susceptibles de gêner l’analyse granulochimique ;
Sécher les passants et refus à l’étuve pendant 24 heures ;
Les essais de lixiviation ont été réalisés au laboratoire dans un bécher de 2 litres, en vue de
définir les caractéristiques hydrométallurgiques de ce minerai.
En variant cinq paramètres essentiels qui sont : le pH, la température, la dose du sulfate
ferrique, le temps, et la densité de la pulpe (%S).
III.2.1 Matériels
a. Verreries
Eprouvettes gradués de 500 et 1000 ml ;
Bécher de 5000, 2000 et 1000 ml ;
Burettes graduées de 50 ml avec statifs ;
Pipette de 10 ml.
P a g e | 26
b. Appareillage
Un agitateur mécanique ;
Une étuve ;
c. Accessoires
Des pans
Une pissette ;
Un chronomètre ;
III.2.2 Réactifs
L’eau distillée.
Déverser dans l’eau acidulée le minerai dans le bécher de 2 litres pour faire une
pulpe ;
Filtrer la pulpe ;
Dans ce travail quatre paramètres ont été retenus à savoir le temps est resté consttant, le pH, la
concentration en ion ferrique, le pourcentage solide et la température. Le choix des paramètres
et de leurs variations ou niveaux ont été faites sur base de la littérature (Mwema, 2014 ;
Alvayai, 2006 ; Somwe, 2010 ; Kyeleka, 2014 ; Conil et Morin, 1987 ; Kamanda, 2016).
Kamanda, 2016 et Kyeleka 2014, ont démontré que la solubilisation des minerais mixtes
donne des bons rendements lorsque qu’on travaille à pH inférieur à 1,6 et à des températures
qui varient entre 60 et 70 oc. Les travaux de Alvayai, 2006 ont démontré que la lixiviation
oxydante des minerais sulfurés avec l’ion ferrique donne des bons rendements de
solubilisation à une concentration en ions ferrique entre 10 et 20g/l, ce avec une pulpe à 21%
solide. Kamanda, 2016 et Mwema, 2014 ont montré que le temps donnant des bons
rendements de solubilisation varie entre 2 et 4 heures.
En nous référant à ces travaux, quelques essais d’orientation ont étés faite pour nous guider
lors de la limite des intervalles de variation des paramètres. Les essais préliminaires ont été
effectués par la méthode dite classique ou univariée. Ce dans les conditions :
Température : 60oC ;
Agitation de 400 tr/min ;
pH : 1,5.
De ce qui précède et des résultats obtenus après essais d’orientation, nous avons opté de
varier les paramètres de la manière suivante :
Temps : 2 h
pH : 1 ; 1,4 ; 1,6 ; et 1,8
Concentration en ions ferrique : 10 ; 20 ; 30 ; et 40 g/l
%Solide de la pulpe : 15 ; 18 ; 21 ; et 24 %
Température : 25 ; 40 ; 55 ; et 70 oC
Trois paramètres à quatre niveaux de variation chacun ont été retenus pour le bon déroulement
des essais de lixiviation, et ces derniers sont rapportés dans le tableau 5.
1 2 3 4
B Oxydant g/l 5 10 15 20
C % solide % 15 18 21 24
D Température °C 25 25 25 25
L’analyse des résultats sera faite au moyen de deux outils statistiques : la méthode de
Classique et l’analyse de la variance. L’optimisation de la solubilisation du cuivre et du cobalt
se basera sur la caractéristique de performance, le maximum est le meilleur (relation 27), Elle
correspond à la plus grande valeur du ratio signal bruit.
L’influence des paramètres (Δ) sera mesurée par la différence entre le maximum et le
minimum des ratios S/B pour les différents niveaux d’un facteur. Le classement des valeurs de
Δ par ordre des grandeurs décroissant donne l’ordre d’influence des paramètres sur le
processus que nous étudions. Les interactions, évidentes entre les paramètres seront montrées
par les pentes des droites d’ajustement « solubilisation moyenne du métal (Cu, Co) – niveau
du facteur », lesquelles seront obtenues par régression linéaire.
IV. Introduction
Ce présent chapitre constitue l’épine dorsale de notre travail, car il présente et interprète
les résultats obtenus à l’issue de nos essais effectués au laboratoire.
Au cours de ce chapitre, nous allons en premier lieu dire quelques mots sur les essais
d’orientation ; ensuite, nous présenterons et analyserons les différents résultats obtenus.
Les essais d’orientation nous ont permis de limiter notre champ d’action afin de pouvoir
bien nous décider par où commencer sans tâtonner.
Pour ce faire, nous avons adopté comme conditions opératoires, les conditions standards
de la lixiviation définies par la division hydrométallurgie du process selon les conditions
des usines.
L’analyse de résultats de ces essais a révélé que les essais réalisés présentent des résultats
assez appréciables par rapport aux autres essais.
1 2 1 15 84 68 5
2 2 1,2 18 80 70 10
3 2 1,4 21 89 71 15
4 2 1,6 24 81 69 20
5 2 1,8 27 79 65 25
6 2 2 30 60 49 30
100
89
90 84 En
80 81 79
80
70 71 69
68
70 65
60
60
49
50
40
30
27
30 24
21
18
20 15
10
0
Catégorie 1 Catégorie 2 Catégorie 3 Catégorie 4
Par ailleurs, dans le cas de la solubilisation du cobalt, nous observons une faible variation
présentant un minimum au bout de 21% solide avec une moyenne de 71%.
L’analyse de la figure 6, nous constatons que pour des valeurs de pH très acide le rendement
de solubilisation du cuivre est élevé, mais il diminue brusquement lorsque le pH augmente.
En revanche pour le cas du cobalt le rendement de solubilisation est meilleur dans des
conditions très acides et ce dernier diminue de manière parabolique pour remonter par la suite
lorsque le pH augmente sensiblement.
De l’examen de la figure 7 ci haut il en ressort qu’à des doses de sulfate ferrique inferieur à
30g/l le rendement de solubilisation du cuivre présente une allure presque linéaire pour chuter
brusquement lorsque la concentration en ion ferrique croit.
P a g e | 34
Cependant ces deux courbes présentent une allure décroissante, ce qui s’explique par le fait
que lorsque la concentration en ion ferrique augmente au-delà de 30 g/l la solubilisation du
cuivre et du cobalt devient lente au détriment de la solubilisation des minéraux de la gangue.
CONCLUSION GENERALE
Notre travail a porté sur la contribution à l’étude de la lixiviation oxydante en cuve agitée du
minerai mixte cuprocobaltifère de la mine 55 de de l’entreprise KINGAKILA en utilisant le
fer ferrique comme agent oxydant. L’objectif du travail a été de déterminer les conditions
optimums de leur mise en solution du cuivre et du cobalt et de vérifier le modèle cinétique
qui régit cette réaction.
Pour atteindre notre objectif, nous avions réalisé des essais en variant le pH, le temps est resté
constant 2h, la concentration en ion ferrique, le pourcentage solide et la température ambiante
; ce en utilisant la méthodologie des plans d’expériences principalement la méthode classique.
L’analyse des résultats a mis en évidence les influences des paramètres considérés sur le
rendement de dissolution du cuivre et du cobalt. Et la recherche des conditions optimum de
solubilisation du cuivre et du cobalt nous a permis de retenir les conditions suivantes : temps
de 2 heures ; pH de 1,4 ; concentration en ion ferrique de 15 g/l ; densité pulpe de 21 % solide
et la température de 25 oC. Les rendements obtenus dans ces conditions sont de 89 % et 71 %
pour le cuivre et le cobalt respectivement. Ceci nous permet de dire qu’une fraction estimée à
11 % de la masse totale de cuivre n’a pas était solubilisée par manque d’oxydant fort dans la
solution pouvant permettre la régénération des ions ferriques en solution pour garder le milieu
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Au vu des résultats obtenus, nous pouvons dire qu’il est possible de traiter par voie
hydrométallurgique, les minerais mixtes de la mine 55 de l’entreprise KINGAKILA dans des
conditions oxydantes avec le fer ferrique comme agent oxydant.
Nous suggérons pour la suite de ce travail une étude économique vues les quelques
fluctuations du cours des métaux tout en proposant un schéma de traitement pour
l’alimentation de ce minerai.
Cependant, toute œuvre humaine étant toujours teintée d’imperfections, c’est à cœur joie et en
toute humilité scientifique que l’on accueillera remarques et suggestions en vue d’en
améliorer le contenu.
Bibliographie
Livres et publications
1. GOUPY Jacques. Introduction aux Plans d'expériences, Dunod. Paris 2001 ;
2. BOX George. P., HUNTER William G., HUNTER J. Stuart. Statistics for
Experimenters, deuxième édition. John Wiley and Sons. New-York 2005 ;
3. C.B GILL FAYETTE, Non-Ferrous extractive Metallurgy, John Willy and sons, Nez
York, 1980 ;
London, 1987 ;
1974 ;