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Introduction à l'histologie des tissus

L'histologie est la science des tissus, essentielle en médecine pour l'étude des organismes sains et des pathologies. Elle se divise en histologie descriptive, fonctionnelle et moléculaire, et est intégrée à d'autres disciplines comme la biologie cellulaire et la physiologie. Les tissus sont classés en simples et composés, chacun ayant des caractéristiques spécifiques qui sont cruciales pour le diagnostic clinique.

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Introduction à l'histologie des tissus

L'histologie est la science des tissus, essentielle en médecine pour l'étude des organismes sains et des pathologies. Elle se divise en histologie descriptive, fonctionnelle et moléculaire, et est intégrée à d'autres disciplines comme la biologie cellulaire et la physiologie. Les tissus sont classés en simples et composés, chacun ayant des caractéristiques spécifiques qui sont cruciales pour le diagnostic clinique.

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4.

INTRODUCTION

4.1. Notions generales sur l’histologie


4.1.1. Définition
 l`histologie appartient au compartiment biologique, préclinique, de la médecine,
compartiment qui s`occupe avec l`étude de l`organisme bien portant (en médecine il
y a aussi un compartiment clinique qui s`occupe avec les processus pathologiques
proprement-dits)
 le terme «histologie» vient de la langue grecque ou «histio» signifie tissu et
«logos» signifie langage, donc on peut dire une «science des tissus»
4.1.2. Brève histoire
 les premières notions d’histologie proviennent de l’antiquité; C. Galenus (129-200
AD) distingue les parties dissimilaires, formées par plusieurs éléments (ex: muscle,
tendon) et les parties similaires, composées par un seul élément (ex: l’os)
 les fondateurs de l’histologie sont comme même plus modernes; il s’agit de M.
Malpighi (1628-1694), le premier qui par techniques de dissociation permet la
compréhension partiale de la structure des organes et identifie les différentes
structures qui aujourd’hui portent son nom (ex: les corpuscules Malpighi de la rate
et rein), X. Bichat (1771-1801) qui démontre la composition tissulaire des organes
et T. Schwann (1810-1882) qui met en évidence la cellule
4.1.3. Classification
On peut classifier l’histologie en trois classes majeures:
 l’histologie descriptive est la partie plus ancienne, pure morphologique, de cette
discipline, étant dénommée aussi «anatomie microscopique»; l’explication en est
qu’initialement l’histologie a eu comme objet d’étude seulement les structures
visibles aux microscopes
 l’histologie fonctionnelle est la partie moderne de cette discipline, une science
morpho-fonctionnelle, appelé histophysiologie; les éléments anatomiques sont
étudiés aussi dans leur dynamique fonctionnelle
 l’histologie moléculaire groupe un ensemble de méthodes utilisées pour la
caractérisation et la localisation in situ des molécules composantes les organites, les
cellules et les tissus, autant que leurs voies d’élaboration; elle fournit des
informations indispensables pour la compréhension des mécanismes biologiques
fondamentales, sans léser l’intégrité des structures cellulaires et tissulaires; ces
techniques sont complémentaires aux méthodes biochimiques usuelles, nécessaires
pour le profil moléculaire des cellules ou organites cellulaires
Par le but qu`elle poursuit, l`histologie peut être aussi classifiée en deux domaines:
 méthode de recherche (elle suit la mise en évidence et l’étude d’une catégorie
cellulaire/tissulaire pas encore découverte ou le comportement des cellules et des
tissus en conditions physiologiques/pathologiques pas encore éplorées; ex: la

Histologie - Tissus 79 | P a g e
recherche et la documentation sur des sujets encore mal connus: la cellule de
Merckel, les corpuscules ovariens Call-Exner, le sable epyphysaire; la découverte
des nouvelles méthodes qui peuvent servir a l’identification plus rapide ou plus
exacte des cellules ou tissus
 méthode de diagnostique (elle obtient continuellement des données sur la structure
et fonction d’un certain tissu/organe qui peuvent servir au diagnostic clinique; ex:
les biopsies tissulaires pour établir le diagnostic d’un certain type de tumeur
maligne, ou le diagnostic différencié entre les tumeurs bénignes et malignes
4.1.4. Relations avec d’autres disciplines
 dû les relations serrées avec des autres disciplines (Fig. 1), l’histologie est
actuellement une science intégrative qui permet la plus complexe interprétation des
mécanismes élémentaires de la vie

Embryologie

Histologie
Biologie cellulaire Anatomie

Physiologie

Histochimie
Biochimie

Histoenzymologie

Histopathologie

Laboratoire clinique: Cytopathologie

Figure 1. Liaison entre l’histologie et d’autres disciplines


L’histologie n’est pas une science indépendante. Par cytologie elle est liée à la biologie cellulaire,
biochimie, biophysique, dont l’objet d’étude et les milieux d’investigations sont similaires.
L’histologie générale et spéciale ont des connexions avec l’anatomie, la physiologie et
particulièrement à la morphopathologie (science qui s’occupe avec la description des lésions
pathologiques des tissus et organes)

(Selon Pintea A. Histologie des tissus, 2002)

80 | P a g e Histologie - Tissus
 récemment, presque tous les livres d’histologie sont écrits en association avec la
biologie cellulaire ou ils contiennent de chapitres sur ce sujet-la (Fig. 2)
 d’autre coté, les livres de physiologie et anatomie pathologique contiennent des
chapitres ou des références histologiques (Fig. 3)
4.1.5. Compartimentes de l’histologie
L’histologie peut se diviser en trois compartimentes:
 cytologie (s’occupe avec l’étude des cellules)
 histologie générale (s’occupe avec l’étude des tissus)
 histologie spéciale (s’occupe avec l’étude des organes)

Figure 2. Couvertures des différents livres d’histologie et biologie cellulaire

(Selon [Link], BRS Cell Biology and Histology, 7th Ed; www. [Link],
AccessMedicine Book; [Link], Histology and Cell Biology - An Introduction to Pathology, 1st Ed;
[Link], Histology and Cell Biology - An Introduction to Pathology, 1st Ed)

Figure 3. Couvertures des différents livres ou chapitres d’histologie et physiologie,


respectivement anatomie pathologique

(Selon [Link], Wiley: Fundamentals of Oral Histology and Physiology - Arthur R Hand, Marion E Frank;
[Link], Muscular System: Histology and Physiology Chapter 9; [Link], Wheater's Functional
Histology: A Text and Colour Atlas, 6th Ed; [Link], Wheater's Review of Histology & Basic Pathology)

Histologie - Tissus 81 | P a g e
4.2. Les niveaux d’organisation structurale de la matiere vivante
On trouve dans l’organisme différents niveaux d’organisation structurelle, en allant du
plus élémentaire vers le plus complexe: petites molécules – macromolécules – cellules –
tissus (simples, composés) – organes – systèmes (Fig. 4 et 5).
4.2.1. Concept de tissu. La définition histologique d`un tissu est donc «un ensemble
d`éléments cellulaires spécialisés, ayant une disposition et une localisation
morphologique définies, en vue d`une activité physiologique spécifique». Cependant, un
tissu n’est jamais totalement indépendant parce qu`il forme, en association avec
les`autres, une structure plus complexe: l`organe.
Les tissus sont constitués en 2 éléments fondamentaux:
 population cellulaire (A)
 vaisseaux et nerfs (B)
Les cellules secrètent les produits secondaires d’accompagnement, qui complètent la
structure d’un tissu: la substance intercellulaire et les fibres.

Figure 4. L'organisation complexe du vivant

(Selon [Link], Présentation „Évolution et Diversité du Vivant” 101-NYA-05 Cours)

A. La population cellulaire est formée de cellules qui se trouvent en différentes phases


d`évolution structurelle et fonctionnelle.
 les cellules sont
 jeunes – celles qui se divisent
 adultes – celles en pleine activité
 usées ou mortes - celles qu’ont fini leur activité
Il y a entre elles, un rapport autorégulé par connexion inverse (feed-back négatif).

82 | P a g e Histologie - Tissus
Figure 5. Niveaux d’organisation structurale de la matière vivante
Les cellules sont des éléments anatomiques qui s`associent pour former les tissus et ceux-ci se
groupent, à leur tour, pour former les organes. Différentes organes avec un bout fonctionnel
commun s’associent pour former les systèmes

(Selon Sovrea A. Histologie - cahier de travaux pratique: tissus, 2010)

A1. La substance intercellulaire


 est secrétée par les cellules
 a des rôles multiples
 lie les cellules entre elles (surtout au niveau de tissus épithéliaux)
 représente un milieu de circulation de métabolites et catabolites
 possèdent des appellations différentes, selon la variété tissulaire ou elle se trouve:
 substance de ciment, en quantité très réduite, aux niveaux des tissus épithéliaux
 SF, en quantité très abondante, aux niveaux des tissus conjonctifs
 matrice interstitielle, en quantité très abondante, aux niveaux des tissus
cartilagineux et osseux, ou elle se mêle avec les fibres de même indice de
réfraction
 les équivalentes de la SF, ont le même rôle, mais elles ne sont pas secrétés par de
cellules (ex: le neuropile, dans le tissu nerveux)
A2. Les fibres se trouvent seulement au niveau de tissu conjonctif
 sont secrétées par les cellules conjonctives
 se classifient en deux catégories: collagèniques et élastiques
 sont isolées ou mélangées dans la matrice interstititielle

Attention!
 la dénomination «fibre», improprement utilisée pour le tissu
musculaire et nerveux, remplace en effet des autres structures (une
cellule allongée pour les muscles striés squelettique; un
prolongement cellulaire, pour le tissu nerveux)

Histologie - Tissus 83 | P a g e
B. Les vaisseaux et les nerfs forment une composante intégrative:
 ce sont fortement développés au sein des tissus conjonctifs, musculaires et nerveux
 l’innervation est riche aussi au niveau des épithéliums, qui cependant ne sont pas
vascularisés
[Link]. Tissus simples/composés
 tissus simples: des assemblages de cellules ayant toutes la même structure (ex: les
cellules pavimenteuses, qui composent l’épithélium simple pavimenteux, les
cellules adipeuses qui composent le tissu adipeux) (Fig. 6)
 tissus composés: des tissus, apparemment distincts, qui contiennent un mélange de
cellules, ou des cellules et des autres éléments: matrice interstitielle, fibres (ex: le
tissu nerveux renferme différents types de cellules nerveuses: neurones, astrocytes,
microglies, épendymocytes; le tissu conjonctif lâche renferme différents types des
cellules conjonctives, fibres de collagène et élastine, SF; le tissu cartilagineux et
osseux renferment différents types des cellules conjonctives - cartilagineuses et
osseuses - et une matrice interstitielle) (Fig. 7)

Figure 6. Tissus simples

(images de la collection d'auteur)

A. Epithélium pavimenteux simple; col. HE, ob. 100x


B. Tissu adipeux; col. HE, ob. 40x

[Link]. Aspects cellulaires d’importance dans la pratique histologique


[Link].1. Les noyaux
 en coloration usuelle, hématoxyline-éosine (HE), les aspects spécifiques des
noyaux, peuvent donner des informations sur l’état de la dynamique cellulaire (Fig.
8)
 on peut classifier les noyaux comme
 euchromes (noyaux clairs, volumineux, à un ou plusieurs nucléoles, témoignant
l’intensité de la transcription de la chromatine) - caractérisent les cellules
jeunes ou en cours de multiplication
84 | P a g e Histologie - Tissus
 hypochromes (noyaux arrondis, compacts - à la chromatine dense, peu
transcrite, nucléolés) - caractérisent les cellules adultes en pleine activité,
surtout quand elles synthétisent des protéines
 hyperchromes (noyaux arrondis, compacts) - caractérisent les cellules adultes
avec l’activité métabolique au repos; noyaux tout petits, qui vont ultérieurement
se fragmenter en plusieurs particules, détruites après - caractérisent les cellules
usées

Figure 7. Tissus composés

(images de la collection d'auteur)

A. Tissu nerveux; col. HE, ob. 100x


B. Tissu conjonctif lâche; col. HE, ob. 20x
C. Tissu cartilagineux hyalin; col. HE, ob. 100x
D. Tissu osseux compact; col. HE, ob. 40x

Figure 8. Tubes rénaux - aspects spécifiques des noyaux en col. HE


(image de la collection d'auteur)

A. Noyau hyperchrome
B. Noyau euchrome
C. Noyau hypochrome
Histologie - Tissus 85 | P a g e
[Link].2. Le cytoplasme
 la coloration standard HE permet de repérer la répartition et l’intensité de
coloration des constituants cytoplasmiques
 on peut classifier le cytoplasme comme
 acidophile (éosinophile): coloration rouge rosée qui caractérise les cellules
adultes ou celles qui contiennent de nombreux mitochondries et vésicules de
sécrétion; les structures basiques du cytoplasme vont se colorer par l’éosine,
colorant acide
 basophile (violet): coloration bleue–mauve qui caractérise les cellules jeunes (à
forte synthèse de protéines); les structures acides du cytoplasme (molécules
acides comme l’ADN ou l’ARN) vont se colorer par l’hématoxyline, colorant
basique
 parfois en coloration HE, le cytoplasme reste non-coloré; les zones cytoplasmiques
non-colorées correspondent en général à de grandes vacuoles de sécrétion: mucines,
lipides, glycogène ou aux inclusions virales (Fig. 9)

Figure 9. Zones cytoplasmiques non-colorées, en HE

(images de la collection d'auteur)

A. Cellules riches en glycogène, dans la couche superficielle d’un épithélium


pavimenteux stratifié non-kératinisé (elles sont plus larges que leurs
progéniteurs de la couche basale)
B. Mucus, dans les cellules d’un acinus muqueux
C. Inclusion virale dans la couche épineuse d’un épithélium pavimenteux
stratifié non-kératinisé
D. Lipides dans les vacuoles centrales des cellules adipeuses

86 | P a g e Histologie - Tissus
[Link]. Classification des tissus
 il y a 4 types fondamentaux de tissus selon leurs caractères structuraux et
fonctionnels (Fig. 10)
 les épithéliums de revêtement et glandulaires
 les tissus conjonctifs (comprenant également le sang)
 les tissus musculaires
 le tissu nerveux
 les tissus épithéliaux
 rôles
 limitent l’organisme du monde extérieur en le recouvrant
 tapissent toutes les cavités internes
 traits spécifiques sur le plan morphologique et moléculaire
 cellules géométriques, juxtaposées et adhérentes les unes des autres
 substance de ciment
 avasculaires
 filaments intermédiaires de cytokératine
 les tissus conjonctifs
 rôles
 forment une jonction entre les autres tissus et organes
 offrent un soutien plus ou moins prononcé
 traits spécifiques sur le plan morphologique et moléculaire
 cellules étoilées (comportant de prolongements cytoplasmiques)
 substance intercellulaire très abondante: SF, matrice interstitielle
 fibres collagèniques et élastiques
 filaments intermédiaires de vimentine
 les tissus musculaires
 rôle
 assurent la contraction
 traits spécifiques sur le plan morphologique et moléculaire
 cellules contenant de nombreux filaments contractiles
 filaments intermédiaires de desmine
 le tissu nerveux
 rôle
 effectue l’élaboration, la transmission et la réception de l’influx nerveux
 traits spécifiques sur le plan morphologique et moléculaire
 cellules très étoilées
 équivalente de la substance intercellulaire: le neuropile
 filaments intermédiaires de protéine acide fibrillaire gliale (GFAP)

Histologie - Tissus 87 | P a g e
[Link]. La membrane basale
 improprement dénommée «membrane basale» (sa structure ne ressemble pas à la
structure d’une membrane cellulaire: trilaminaire lipido-protéique)
 structure spécifique pour les épithéliums, qu’elle polarise, étant située a l’interface
avec les tissus conjonctifs; elle se retrouve aussi au niveau des autres types
cellulaires non-épithéliales: cellules musculaires, cellules adipeuses, cellules
Schwann
 structure similaire pour les deux catégories cellulaires (épithéliales et non-
épithéliales): linéaire, d’épaisseur variable, amorphe, dense aux électrons,
constituée d`une assise de polysaccharides et un fin réseau de réticuline
 en cas des cellules épithéliales, elle limite leur pôle basal, ce qui détermine le
phénomène de polarisation épithéliale
 en cas des cellules non-épithéliales, elle les entoure complètement, ce qui détermine
leur non-polarisation
 sépare et isole les cellules lesquelles elle entoure de tissu conjonctif de voisinage,
assurant ainsi une compartimentation; les substances qui se déplacent entre les
deux compartiments (le tissu conjonctif, regardé entièrement comme un seul
compartiment, vis-à-vis des épithéliums, des muscles, des nerfs, de tissu adipeux,
qui représentent chacun un compartiment séparé) doivent traverser la membrane
basale

Figure 10. Classification des tissus

(images de la collection d'auteur)

A. Tissu épithélial (épithélium pavimenteux stratifié kératinisé); col. HE, ob. 40x
B. Tissus conjonctifs: B1, B2-SF et fibres visibles (tissu muqueux, ob. 40x, tissu
conjonctif lâche, ob. 20x); B3, B4-matrice interstitielle (tissu cartilagineux hyalin,
ob. 20x, tissu osseux spongieux, ob. 20x); col. HE
C. Tissu musculaire (fibres musculaires striées squelettiques); col. HE, ob. 40x
D. Tissu nerveux; col. HE, ob. 40x

88 | P a g e Histologie - Tissus
 nécessite de techniques spécifiques pour être visualisée en MO, la coloration HE
ne pouvant pas la mettre en évidence
 en coloration PAS (avec réactif Schiff), elle apparaît en rouge-violet (grâce à la
couche de polysaccharides)
 en imprégnation argentique on la révèle en noir (grâce à la couche de
polysaccharides et au réseau réticulinique)
 en immunocytochimie, elle apparaît en brune (à la suite des anticorps contre
différentes protéines qui la composent; ex: les antigènes BP230 et BP180,
protéines collagéniques)
 sa structure a été caractérisée par ME; on utilise fréquemment le terme basal
lamina pour les épithéliums et external lamina pour les cellules non-épithéliales
 c’est un réseau electrono-dense de filaments fins, composés de collagène IV (le
type de collagène mieux représenté à ce niveau-la; il assure la spécificité de la
basale par rapport aux différents tissus), inclus dans une matrice amorphe de
protéoglycanes (perlécane - assure le volume de la basale et règle le passage des
ions à travers de celle-ci), glycoprotéines (laminines – initialisent le processus
d’assemblage de la membrane basale, entactines – servent comme une liaison entre
les laminines et le réseau de collagène IV), protéines transmembranaires (intégrines
– récepteurs des laminines, protéines transmembranaires) et molécules d’adhésion
cellulaire (fibronectine)
 on trouve des différences structurelles entre les cellules épithéliales et non-
épithéliales; les composants universels sont représentés par: intégrines (isoforme
α3β1), laminine (isoforme 1), collagène IV (l’hétérotrimère α1α1α2), fibronectine,
fibuline2, perlécane; les composants spécifiques épithéliaux sont constitués par:
intégrines (isoforme α6β4), laminine (isoforme 5), collagène IV (l’hétérotrimère
α3α4α5); le collagène XVII et le collagène VII se trouvent seulement dans le
complexe d’ancrage des épithéliums malpighiens; le proteoglycane Agrin est
spécifique pour la basale glomérulaire, jouant un rôle dans la filtration; les
composants spécifiques des cellules non-épithéliales comprennent le collagène XV
(qui stabilise la membrane dans le muscles striés) et le collagène XVIII
(caractéristique pour les cellules endothéliales vasculaires, ayant un rôle dans
l’angiogenèse)
[Link]. Histogenèse des tissus
Les tissus proviennent de tous les trois feuillets embryonnaires primitifs: ectoderme,
endoderme, mésoderme.
 tissus épithéliaux: origine dans les trois feuillets embryonnaires
 ectoderme: épiderme et ses annexes, épithélium de la cavité buccale, nasale,
épithélium du canal anal, épithélium sensoriel de l’oreille interne, muqueuse
olfactive, rétine, épithélium des glandes endocrines (neurohipophyse,
médullosurrénale)

Histologie - Tissus 89 | P a g e
 mésoderme: endothélium (tapisse les vaisseaux), mésothelium (tapisse les
séreuses), épithélium des tubes rénaux
 endoderme: épithélium des voies respiratoires, épithélium du tube digestif et
glandes annexes
 tissus conjonctifs: origine mésodermo-mésenchymateuse
 tissus musculaires: origine mésodermo-mésenchymateuse; exception: les cellules
myoépithéliales, d’origine ectodermique
 tissu nerveux: origine neuro-ectodermique; exception: la microglie et la méninge,
d’origine mésodermo-mésenchymateuse
[Link]. Variabilité tissulaire: modifications tissulaires et cellulaires à la limite entre
l’état normal et pathologique
[Link].1. Régéneration
 assure le maintien de l’intégrité morpho-fonctionnelle des tissus
 remplacement permanent des cellules usées (régénération physiologique) ou le
remplacement d'une partie du corps, perdue spontanément, accidentellement ou
expérimentalement (régénération de «restauration»)
 cellules nouvelles, mais identiques du point de vue morphologique et fonctionnel
avec les cellules qu’elles remplacent
 vitesse de remplacement et les mécanismes de renouvèlement sont spécifiques à
chaque catégorie et variété tissulaire
Régénération physiologique
 caractérise les tissus labiles (ex: les épithéliums); dans le cas d’autres tissus, plus
complexes, les cellules individuelles ont une vie plus longue; la division cellulaire
après la maturation, au sein de ces populations cellulaires stabiles est rare (ex: le
foie)
 on exemplifie le renouvèlement cellulaire de l’intestin grêle (4-6 jours chez
l’homme):
 les cellules de remplacement sont produites par l’activité mitotique des cellules
souches localisées au niveau profond des glandes intestinales Lieberkuhn; c’est
un système de «tapis roulant»; elles vont migrer et se différencier dans quatre
types principaux de cellules; les entérocytes (cellules absorptives), les cellules
caliciformes (sécrétrices de mucus), les cellules enteroendocrines (régulatrices
et sécrétrices des hormones), parcourent le long de la villosité vers la lumière en
se différenciant toujours; au niveau de l’apex villositaire, elles subissent un
processus d’apoptose et sont éliminées dans la lumière; le quatrième type
cellulaire, les cellules Paneth, migre vers le fond de la glande
 le sort de la cellule est déterminé par le facteur de transcription Math-1,
exprimé par l’épithélium intestinal; les cellules qui possèdent une expression
augmentée pour ce facteur vont se développer vers la ligne sécrétoire (cellules
caliciformes, enteroendocrines, Paneth); les cellules où l’expression du facteur
Math-1 est réduite, vont devenir de cellules absorptives (enterocytes)
90 | P a g e Histologie - Tissus
Régénération de «restauration»
 peut être intégrale restauration ad integrum ou partiale
 exemple de restauration ad integrum
 le foie: la perte d’une quantité significative de tissu hépatique par traumatismes
ou intoxications aigues est remplacée par la prolifération active - dû à l’activité
mitotique stimulée des cellules hépatiques saines
 le tissu conjonctif lâche: la source primaire de nouvelles cellules nécessaires
dans le processus de cicatrisation est représentée par les cellules souches
mésenchymateuses, localisées dans l’adventice des veinules et petites veines;
d’autres cellules, comme les fibroblastes, les pericytes et les cellules
endothéliales situées en toute proximité de la lésion vont aussi se diviser
activement pour former un nouveau tissu conjonctif vascularisé
 exemple de restauration partiale
 le tissu cartilagineux: le processus de réparation dépend de l’implication du
périchondre dans la lésion, étant la conséquence de l’activité des cellules
souches pluripotentielles localisées à ce niveau; cependant le résultat est la
production d’un tissu conjonctif dense irrégulier, les vraies cellules
cartilagineuses étant presque absentes; trois facteurs sont responsables pour le
manque de réponse aux lésions de ce tissu: la vascularisation (présente
uniquement au niveau du périchondre), l’immobilité des chondrocytes mûres et
leur habilité réduite de prolifération
 le tissu musculaire cardiaque lésé va être remplacé par un tissu conjonctif
dense irrégulier, le pourcentage des cellules cardiaques régénérées étant limité;
en conséquence la fonction cardiaque de cette zone est perdue
[Link].2. Métaplasie
 processus anormal de régénération tissulaire (Fig. 11)
 caractérisé par la modification structurelle des cellules à la suite de leur
accommodations aux certains conditions de milieux environnant (adaptation
fonctionnelle, facteurs irritatifs prolongés)
 réversible (au moins au début)
 implique la transformation d’un type tissulaire mûr, plus délicat, dans un autre type
tissulaire mûr, plus résistant, au sein du même feuillet embryonnaire
 on exemplifie ce processus par la métaplasie pavimenteuse épithéliale, la plus
fréquente
 chez les grands fumeurs, à cause de l’irritation chronique, l’épithélium trachéal
(épithélium pseudostratifié cylindrique cilié) peut se transformer en épithélium
pavimenteux stratifié non-kératinisé, forme plus résistante
 chez les fumeurs de pipe, l’épithélium pavimenteux stratifié non-kératinisé de la
longue, lèvre, joues, peut se transformer en épithélium pavimenteux stratifié
kératinisé

Histologie - Tissus 91 | P a g e
 à la suite d’une transposition au niveau de l’uretère, l’épithélium pseudostratifié
cylindrique du canal déférent peut se transformer en urothelium

Figure 11. Le processus de métaplasie


Transformation d’un épithélium pseudostratifié cylindrique cilié des bronches en épithélium
pavimenteux stratifié non-kératinisé par irritation prolongée

(Selon Kumar et al. Pathologic basis of disease, 2009)

 caractérise surtout les épithéliums, étant absente au niveau des tissus musculaires et
nerveux; dans les tissus conjonctifs, elle est rare et représente plutôt une forme
évolutive liée à l’âge pour quelques variétés tissulaires (ex: la transformation du
tissu réticulaire de la moelle rouge hématogène en tissu adipeux); cependant elle ne
se retrouve jamais au niveau des tissus cartilagineux et osseux
 peut finalement conduire à la dysplasie et à la formation des tumeurs malignes
[Link].3. Ectopie
 localisation d’un tissu ou d’un organe dans une zone topographique anormale
 congénitale ou acquise
 ex: l’ectopie testiculaire (les testicules ne descendent pas dans les bourses)
[Link].4. Modifications de structure cellulaire
1. Dégénérescence
 modification primaire structurelle et fonctionnelle des cellules, à cause des facteurs
divers: biologiques, vasculaires, métaboliques, physico-chimiques, génétiques
 accompagne le processus d’involution
 désintégration du cytoplasme et des organites cytoplasmiques, qui aboutit rapidement
à la mort cellulaire
 implique deux mécanismes différents: l’apoptose (la mort cellulaire programmée),
contrôlée par des facteurs génétiques et la nécrose (mort anticipée cellulaire),
désorganisation non-contrôlée des mécanismes cellulaires à la suite des facteurs
externes

92 | P a g e Histologie - Tissus
 ex: la dégénérescence maculaire de la rétine liée à l’âge (première cause de
malvoyance après 55 ans)
2. Dystrophie
 modification locale ou générale des cellules, d’origine métabolique
 apparition dans le cytoplasme des certaines substances, normalement absentes ou
trouvées en quantité réduite (lipides, glycogène, amyloïde), provenues par la
dégradation ou du stockage des composants cellulaires
 ex: accumulation de lipides, glycogène, amyloïde au niveau des cellules hépatiques;
la dystrophie pigmentaire de la rétine
[Link].5. Modifications de maturation cellulaire
Anaplasie
 défet de croissance et maturation cellulaire
 cellules immatures, embryonnaires, qui ne peuvent plus assurer la structure et la
fonction normales des tissus
 tissus devient anarchiques
 processus caractéristique des tumeurs malignes
[Link].6. Modifications de volume cellulaire
1. Atrophie
 réduction du volume cellulaire et du nombre des organites cytoplasmiques
 implique une hypofonctionnalité tissulaire
 de règle liée à la nutrition déficitaire, mais peut aussi apparaitre dans d’autres
conditions; ex: tissu musculaire squelettique qui s’atrophie après un long repos au
lit, par le manque d’exercice
2. Hypertrophie
 augmentation du volume cellulaire et du nombre des organites cytoplasmiques, sans
prolifération mitotique
 associée avec une hyperfonctionnalité
 ex: le tissu musculaire squelettique qui s’hypertrophie à la suite des exercices de
force
[Link].7. Modifications de nombre cellulaire
1. Hypoplasie
 réduction du nombre des cellules
 implique une hypofonctionnalité
 liée à la nutrition déficitaire, mais peut aussi apparaitre au cours d’un processus
physiologique ou pathologique
2. Hyperplasie
 augmentation du nombre des cellules
 accompagnée par l’hypertrophie des cellules
 rare, en conditions normales, fréquente, en conditions pathologiques (tumeurs,
inflammations)

Histologie - Tissus 93 | P a g e
[Link]. Transplant des tissus
 dénomination donnée en antiquité par Paracelsus
 problème très actuelle de la médicine et biologie, avec de nombreuses implications
théoriques et pratiques (1956 - le premier transplant rénal - jumeaux univitellines;
1964 - le premier transplant cardiaque)
 réussite dépendante seulement de la réactivité immunitaire, qui déclenche une
réponse de rejet (les difficultés chirurgicales d’ordre technique sont dépassées)
[Link].1. Définition
 c’est la greffe (gr. grafion) d’un tissu/organe, provenu du même organisme ou un
organisme différent, pour remplacer les tissus détruits et les organes
hypofonctionnels
 l’organisme qui donne le tissu s’appelle «donneurs», et l’organisme qui reçoive le
tissu, «récepteur» ou «hôte»
[Link].2. Types de transplant
 la terminologie moderne de la greffe comporte selon OMS, trois origines:
chirurgicale, immunologique et génétique
 il y a donc différents types de transplants
 autologue: le même organisme est donateur et récepteur; ils sont les plus surs et
les fréquentes, étant rapidement intégrés si les conditions d’asepsie sont
respectées (ex: la peau  interventions chirurgicales esthétiques, brulures)
 homologue: ils appartiennent aux individus de la même espèce
 hétérologue, xénogreffe: ils appartiennent aux individus d’espèce différente; ils
sont les plus difficiles, étant fréquemment éliminés par l’organisme hôte
 autres dénominations se référent aux particularités du tissu transplanté
 greffes homovitales: assurent la viabilité du tissu transplanté
 greffes homostatiques: assurent le support structurel pour le tissu hôte; elles
n’ont pas de tissu antigénique; elles remplacent un fragment vasculaire ou
osseux
 greffes ortotopiques: maintiennent leur même position au niveau du récepteur
 greffes heterotopiques: s’utilisent pour autre localisation au niveau du récepteur
(Tab. 1)
[Link].3. Rejet de la greffe
 le processus d’élimination des greffes est un processus immunologique complexe qui
se réalise par l’intermédiaire des anticorps circulants/cellulaires (il s’agit des
différences antigéniques entre les molécules CMHI/II du donneur et du récepteur)
 l’organisme réagit par la formation des anticorps chaque foie une protéine étrangère,
le pénètre
 en cas des greffes autologues, le tissu transféré est formé de protéines propres à
l’individu et la greffe se maintienne
 en cas des greffes homo/hétérologues, composées par des protéines étrangères à
l’hôte, l’organisme va réagir par la production des anticorps et l’élimination de la
94 | P a g e Histologie - Tissus
greffe; le processus de rejet est plus rapide s’il y a des grandes différences
antigéniques entre les molécules CMH du donneur et du récepteur
 les arguments indirects pour le rejet de la greffe sont représentés par
 fraicheur de la greffe (une greffe fraiche, transférée immédiatement après le
prélèvement tissulaire, est mieux intégrée qu’une greffe vieille, contenant plus
de cellules lésées, libératrices des molécules non-self, qui amplifient la réponse
immune)
 santé des tissus donneurs (les tissus sains sont mieux tolérés, que ceux usés
biologiquement)
 conditions optimales pour la conservation de la greffe (augment la tolérance de
l’organisme récepteur vers la greffe)
 l’âge d’organisme récepteur (les phénomènes de rejet sont plus intenses aux
enfants, dû à l’abondance de tissu lymphoïde)
 evolution du rejet des greffes (exemplifié sur la peau)
 rejet aigu/hyperaigu: incompatibilité totale entre le donneur et le récepteur, qui
ne possèdent pas la même groupe sanguine; la greffe ne se vascularisé pas et
elle est éliminée en quelques h (le progrès en xénogreffes désigne la prévention
du rejet hyperaigu)
 rejet après la dynamique de la réponse immune primaire: incompatibilité
relative entre le donneur et le récepteur (initialement le transplant semble géré,
mais après 10-12 jours, la greffe est éliminée)
 rejet après la dynamique de la réponse immune secondaire: greffe répétée dans
la même ligne inbred; l’élimination est rapide, en 3-4 jours, à la suite des
infiltrations augmentées aux Ly T sensibilisés, macrophages et neutrophiles
[Link].4. Tolérance immunologique
 la capacité de réaction de l’organisme, par la production des anticorps contre les
protéines étrangères, est vaincue par le phénomène de «tolérance immunologique»
 chez l’homme, l’état de «tolérance immunologique» peut être inné (au niveau de
l’intestin grêle) ou acquis (obtenu par la destruction ou l’inhibition fonctionnelle des
tissus produisant les anticorps)
 les méthodes utilisées en cas de tolérance immunologique acquise, sont: la thérapie
immunosuppressive du récepteur et l’ingénierie génique du donneur (éliminent les
grandes différences antigéniques entre les xénogreffes et allogreffes)
 la thérapie immunosuppressive se réalise par
 irradiation X
 cytostatiques
 méthodes immunologiques

Histologie - Tissus 95 | P a g e
Tableau 1. Terminologie des greffes

(Selon OMS, 1996)

Relation
génétique et Type de la
antigénique entre greffe Ancienne
Type de tissu Observations
l’organisme (nouvelle dénomination
donneur et dénomination)
récepteur
Greffe autologue L’individu est en
Tissu autogénique
Identité Autogreffe (autochtone, même temps donneur
autogène) et récepteur
Organismes identiques
Singreffe Isogreffe
Tissu singénique d’une ligne inbred;
Identité (homogreffe (greffe isogène;
(congénique) chez l’homme: les
singénique) greffe isologue)
jumeaux univitellines
Allos=autre
Allogreffe Organismes de la
Différentes (homogreffe Greffe homologue Tissu allogénique même espèce, avec
allogénique) des alleliques
différentes
Xénos=étrangers
Hétérogreffe
Organismes d’espèces
Très différentes Xénogreffe (greffe Tissu xénogénique
différentes
hétérologue)
(chien, porc, lapin)

[Link].5. Chimères biologiques


 crées par G. Mathé, hématologue français
 définition: un organisme doué artificiellement avec des composantes cellulaires,
tissus ou organes, provenues d’autres organismes
 ex: molécules chimériques d’ADN ou microorganismes chimériques qui possèdent
l’information génétique obtenue des deux espèces différentes
4.2.2. Concept d’organe
 c’est un assemblage des plusieurs tissus, anatomiquement distincts, qui remplit des
fonctions spécifiques
 sur les coupes histologiques on reconnaît 2 types d’organes: parenchymateux et
tubulaires (Fig. 12)
Les organes parenchymateux
 sont composés de 3 éléments spécifiques
 capsule (en général tissu conjonctif dense irrégulier; exception: le poumon et
l’ovaire, ou on trouve des épithéliums)
 stroma (tissu conjonctif contenant les vaisseaux sanguins et les nerfs destinés au
parenchyme)

96 | P a g e Histologie - Tissus
 parenchyme (le tissu propre d’un organe plein, épithélium sécréteur, divisé en
lobules, plages, cordons ou îlots par le stroma conjonctif et vasculaire)
 ex: les glandes salivaires, le foie
Les organes tubulaires
 sont constitués de différentes tuniques tissulaires superposées autour d’une lumière
 ex: les vaisseaux sanguins, la plupart des organes digestifs

Figure 12. Types d’organes

(images de la collection d'auteur)

A. Organe parenchymateux: glande salivaire


B. Organe tubulo-cavitaire: jéjunum

4.2.3. Concept de système ou appareil


Ce sont soit de cellules ayant une fonction analogue, mais disséminées dans plusieurs
régions anatomiques (ex: le system neuroendocrinien diffus), soit un groupe d’organes
qui ont des fonctions similaires ou reliées (ex: le système digestif composé par la
langue, l’œsophage, l’estomac, l’intestin, le foie, le pancréas exocrine, le rectum).

4.3. Les colorations histologiques


 on utilise la coloration standard HE, qui colore toutes les structures de la
préparation histologique et des colorations spécifiques, qui mettent en évidence
certain composants tissulaires d’intérêt
 on coloration HE, les noyaux fortement plus colorés, sont les structures qui captent
les yeux (la première fois qu’on regarde la coupe histologique); le reste de la
préparation présente différents dégrées de rouge, qui doivent être interprétés
 les colorations spécifiques ont des couleurs différents, caractéristiques pour chaque
variété tissulaire (Tab. 2)

Histologie - Tissus 97 | P a g e
4.4. Coupes histologiques
L’interprétation correcte d’une coupe histologique (Fig. 13 et 14) tient compte des deux
facteurs:
 l’épaisseur négligeable (7μm) de la coupe, prélevée sur un organe aux dimensions
parfois considérables (conséquence: la tranche n’a que deux dimensions et donne
une idée très approximative de l’aspect tridimensionnel de l’organe)
 les problèmes d’incidence de coupe (la fréquente incidence au hasard des structures
coupées, même si, dans la plupart des cas on oriente le bloc par rapport au plan de
coupe); les structures peuvent se présenter sous des aspects variés et déconcertants

Tableau 2. Colorations histologiques spécifiques fréquentes

(Selon Sovrea A. Histologie - Cahier de travaux pratiques, 2010)

Couleur du préparât Coloration/technique Type du préparât


orange van Gieson tissu conjonctif
violet résorcine-fuxine Weigert tissu conjonctif élastique
noires (taches) Soudan noir tissu adipeux - vacuoles lipidiques
brunes-dorées (taches) Soudan III tissu adipeux - vacuoles lipidiques
noire HFH fibres musculaires striées squelettiques
et cardiaques
noir/brun acide osmique fibres nerveuses
brun imprégnation argentique épithélium simple pavimenteux;
fibres de réticuline
vert, bleu trichrome Masson, Malory tissu conjonctif

Figure 13. Epithelium simple cylindrique


Diagramme de la coupe perpendiculaire et oblique-tangentielle

(Selon [Link]

98 | P a g e Histologie - Tissus
Figure 14. Les coupes histologiques

(images de la collection d'auteur)

A. Coupe longitudinale sur un organe tubulo-cavitaire: jéjunum; col. HE, ob. 4x


B. Coupe transversale sur un organe tubulo-cavitaire: uretère; col. HE ob. 4x
C. Coupe transversale-1, oblique-2 et longitudinale-3 sur les glandes intestinales
(organe tubulo-cavitaire: appendice); col. HE, ob. 20x
D/E. Coupe tangentielle sur l’épithélium simple cylindrique des villosités
intestinales (les zones coupées de cette manière ont un aspect stratifié); col. HE,
ob. 20x, 100x

4.5. Les objectifs du MO


Les préparations microscopiques s’étudient à l’aide des objectifs de différentes
grandissements (4x, 6x, 10x, 20x, 40x, 100x), qui assurent la visualisation des images
d’ensemble ou des détails de la coupes, conformément à leurs ouvertures numériques
(Fig. 15).

4.6. Les artefacts dans une préparation histologique de routine


 ce sont des éléments indésirables ou défectueux, des images artificielles crées
pendant des étapes de la technique histologique (altération de la coupe sous l'effet de
réactifs: fixateurs, colorants, dessiccation, etc) (Fig. 16)
 ils sont isolés ou multiples
 on trouve plusieurs types
 de prélèvement (pinces, ciseaux)
 de fixation (dessèchement, fixateur trop ou moins concentré, retard de fixation)
 d’inclusion (vide artificiel par la rétraction des cellules ou des tissus)
 de coupe (stries de rasoir, coupes trop épaisses ou trop minces)
 de coloration (dépôts, taches de colorant)
 de collage (décollements, plis de la coupe)
 de montage (bulles d’air entre la lame et la lamelle)
Histologie - Tissus 99 | P a g e
Figure 15. Coupe de la glande salivaire vue par différents objectifs du MO

(images de la collection d'auteur)

A. Loupe (4x, 5x, 6x)


B. Objective 20x
C. Objective 40x
D. Objective 100x

Figure 16. Artefacts sur les coupes histologiques

(images de la collection d'auteur)

A/C. Craquelures des lamelles


B. Taches de saleté
D/F. Rupture de la préparation et replis
E. Bulles de l’air (montage défectueux)

100 | P a g e Histologie - Tissus


 ils peuvent
 altérer la structure de la préparation
 donner des informations structurelles falses
 affecter l’image d’ensemble
 complètement détruire la préparation
 changer la couleur
 masquer le diagnostic

Histologie - Tissus 101 | P a g e

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