Introduction à l'histologie des tissus
Introduction à l'histologie des tissus
INTRODUCTION
Histologie - Tissus 79 | P a g e
recherche et la documentation sur des sujets encore mal connus: la cellule de
Merckel, les corpuscules ovariens Call-Exner, le sable epyphysaire; la découverte
des nouvelles méthodes qui peuvent servir a l’identification plus rapide ou plus
exacte des cellules ou tissus
méthode de diagnostique (elle obtient continuellement des données sur la structure
et fonction d’un certain tissu/organe qui peuvent servir au diagnostic clinique; ex:
les biopsies tissulaires pour établir le diagnostic d’un certain type de tumeur
maligne, ou le diagnostic différencié entre les tumeurs bénignes et malignes
4.1.4. Relations avec d’autres disciplines
dû les relations serrées avec des autres disciplines (Fig. 1), l’histologie est
actuellement une science intégrative qui permet la plus complexe interprétation des
mécanismes élémentaires de la vie
Embryologie
Histologie
Biologie cellulaire Anatomie
Physiologie
Histochimie
Biochimie
Histoenzymologie
Histopathologie
80 | P a g e Histologie - Tissus
récemment, presque tous les livres d’histologie sont écrits en association avec la
biologie cellulaire ou ils contiennent de chapitres sur ce sujet-la (Fig. 2)
d’autre coté, les livres de physiologie et anatomie pathologique contiennent des
chapitres ou des références histologiques (Fig. 3)
4.1.5. Compartimentes de l’histologie
L’histologie peut se diviser en trois compartimentes:
cytologie (s’occupe avec l’étude des cellules)
histologie générale (s’occupe avec l’étude des tissus)
histologie spéciale (s’occupe avec l’étude des organes)
(Selon [Link], BRS Cell Biology and Histology, 7th Ed; www. [Link],
AccessMedicine Book; [Link], Histology and Cell Biology - An Introduction to Pathology, 1st Ed;
[Link], Histology and Cell Biology - An Introduction to Pathology, 1st Ed)
(Selon [Link], Wiley: Fundamentals of Oral Histology and Physiology - Arthur R Hand, Marion E Frank;
[Link], Muscular System: Histology and Physiology Chapter 9; [Link], Wheater's Functional
Histology: A Text and Colour Atlas, 6th Ed; [Link], Wheater's Review of Histology & Basic Pathology)
Histologie - Tissus 81 | P a g e
4.2. Les niveaux d’organisation structurale de la matiere vivante
On trouve dans l’organisme différents niveaux d’organisation structurelle, en allant du
plus élémentaire vers le plus complexe: petites molécules – macromolécules – cellules –
tissus (simples, composés) – organes – systèmes (Fig. 4 et 5).
4.2.1. Concept de tissu. La définition histologique d`un tissu est donc «un ensemble
d`éléments cellulaires spécialisés, ayant une disposition et une localisation
morphologique définies, en vue d`une activité physiologique spécifique». Cependant, un
tissu n’est jamais totalement indépendant parce qu`il forme, en association avec
les`autres, une structure plus complexe: l`organe.
Les tissus sont constitués en 2 éléments fondamentaux:
population cellulaire (A)
vaisseaux et nerfs (B)
Les cellules secrètent les produits secondaires d’accompagnement, qui complètent la
structure d’un tissu: la substance intercellulaire et les fibres.
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Figure 5. Niveaux d’organisation structurale de la matière vivante
Les cellules sont des éléments anatomiques qui s`associent pour former les tissus et ceux-ci se
groupent, à leur tour, pour former les organes. Différentes organes avec un bout fonctionnel
commun s’associent pour former les systèmes
Attention!
la dénomination «fibre», improprement utilisée pour le tissu
musculaire et nerveux, remplace en effet des autres structures (une
cellule allongée pour les muscles striés squelettique; un
prolongement cellulaire, pour le tissu nerveux)
Histologie - Tissus 83 | P a g e
B. Les vaisseaux et les nerfs forment une composante intégrative:
ce sont fortement développés au sein des tissus conjonctifs, musculaires et nerveux
l’innervation est riche aussi au niveau des épithéliums, qui cependant ne sont pas
vascularisés
[Link]. Tissus simples/composés
tissus simples: des assemblages de cellules ayant toutes la même structure (ex: les
cellules pavimenteuses, qui composent l’épithélium simple pavimenteux, les
cellules adipeuses qui composent le tissu adipeux) (Fig. 6)
tissus composés: des tissus, apparemment distincts, qui contiennent un mélange de
cellules, ou des cellules et des autres éléments: matrice interstitielle, fibres (ex: le
tissu nerveux renferme différents types de cellules nerveuses: neurones, astrocytes,
microglies, épendymocytes; le tissu conjonctif lâche renferme différents types des
cellules conjonctives, fibres de collagène et élastine, SF; le tissu cartilagineux et
osseux renferment différents types des cellules conjonctives - cartilagineuses et
osseuses - et une matrice interstitielle) (Fig. 7)
A. Noyau hyperchrome
B. Noyau euchrome
C. Noyau hypochrome
Histologie - Tissus 85 | P a g e
[Link].2. Le cytoplasme
la coloration standard HE permet de repérer la répartition et l’intensité de
coloration des constituants cytoplasmiques
on peut classifier le cytoplasme comme
acidophile (éosinophile): coloration rouge rosée qui caractérise les cellules
adultes ou celles qui contiennent de nombreux mitochondries et vésicules de
sécrétion; les structures basiques du cytoplasme vont se colorer par l’éosine,
colorant acide
basophile (violet): coloration bleue–mauve qui caractérise les cellules jeunes (à
forte synthèse de protéines); les structures acides du cytoplasme (molécules
acides comme l’ADN ou l’ARN) vont se colorer par l’hématoxyline, colorant
basique
parfois en coloration HE, le cytoplasme reste non-coloré; les zones cytoplasmiques
non-colorées correspondent en général à de grandes vacuoles de sécrétion: mucines,
lipides, glycogène ou aux inclusions virales (Fig. 9)
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[Link]. Classification des tissus
il y a 4 types fondamentaux de tissus selon leurs caractères structuraux et
fonctionnels (Fig. 10)
les épithéliums de revêtement et glandulaires
les tissus conjonctifs (comprenant également le sang)
les tissus musculaires
le tissu nerveux
les tissus épithéliaux
rôles
limitent l’organisme du monde extérieur en le recouvrant
tapissent toutes les cavités internes
traits spécifiques sur le plan morphologique et moléculaire
cellules géométriques, juxtaposées et adhérentes les unes des autres
substance de ciment
avasculaires
filaments intermédiaires de cytokératine
les tissus conjonctifs
rôles
forment une jonction entre les autres tissus et organes
offrent un soutien plus ou moins prononcé
traits spécifiques sur le plan morphologique et moléculaire
cellules étoilées (comportant de prolongements cytoplasmiques)
substance intercellulaire très abondante: SF, matrice interstitielle
fibres collagèniques et élastiques
filaments intermédiaires de vimentine
les tissus musculaires
rôle
assurent la contraction
traits spécifiques sur le plan morphologique et moléculaire
cellules contenant de nombreux filaments contractiles
filaments intermédiaires de desmine
le tissu nerveux
rôle
effectue l’élaboration, la transmission et la réception de l’influx nerveux
traits spécifiques sur le plan morphologique et moléculaire
cellules très étoilées
équivalente de la substance intercellulaire: le neuropile
filaments intermédiaires de protéine acide fibrillaire gliale (GFAP)
Histologie - Tissus 87 | P a g e
[Link]. La membrane basale
improprement dénommée «membrane basale» (sa structure ne ressemble pas à la
structure d’une membrane cellulaire: trilaminaire lipido-protéique)
structure spécifique pour les épithéliums, qu’elle polarise, étant située a l’interface
avec les tissus conjonctifs; elle se retrouve aussi au niveau des autres types
cellulaires non-épithéliales: cellules musculaires, cellules adipeuses, cellules
Schwann
structure similaire pour les deux catégories cellulaires (épithéliales et non-
épithéliales): linéaire, d’épaisseur variable, amorphe, dense aux électrons,
constituée d`une assise de polysaccharides et un fin réseau de réticuline
en cas des cellules épithéliales, elle limite leur pôle basal, ce qui détermine le
phénomène de polarisation épithéliale
en cas des cellules non-épithéliales, elle les entoure complètement, ce qui détermine
leur non-polarisation
sépare et isole les cellules lesquelles elle entoure de tissu conjonctif de voisinage,
assurant ainsi une compartimentation; les substances qui se déplacent entre les
deux compartiments (le tissu conjonctif, regardé entièrement comme un seul
compartiment, vis-à-vis des épithéliums, des muscles, des nerfs, de tissu adipeux,
qui représentent chacun un compartiment séparé) doivent traverser la membrane
basale
A. Tissu épithélial (épithélium pavimenteux stratifié kératinisé); col. HE, ob. 40x
B. Tissus conjonctifs: B1, B2-SF et fibres visibles (tissu muqueux, ob. 40x, tissu
conjonctif lâche, ob. 20x); B3, B4-matrice interstitielle (tissu cartilagineux hyalin,
ob. 20x, tissu osseux spongieux, ob. 20x); col. HE
C. Tissu musculaire (fibres musculaires striées squelettiques); col. HE, ob. 40x
D. Tissu nerveux; col. HE, ob. 40x
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nécessite de techniques spécifiques pour être visualisée en MO, la coloration HE
ne pouvant pas la mettre en évidence
en coloration PAS (avec réactif Schiff), elle apparaît en rouge-violet (grâce à la
couche de polysaccharides)
en imprégnation argentique on la révèle en noir (grâce à la couche de
polysaccharides et au réseau réticulinique)
en immunocytochimie, elle apparaît en brune (à la suite des anticorps contre
différentes protéines qui la composent; ex: les antigènes BP230 et BP180,
protéines collagéniques)
sa structure a été caractérisée par ME; on utilise fréquemment le terme basal
lamina pour les épithéliums et external lamina pour les cellules non-épithéliales
c’est un réseau electrono-dense de filaments fins, composés de collagène IV (le
type de collagène mieux représenté à ce niveau-la; il assure la spécificité de la
basale par rapport aux différents tissus), inclus dans une matrice amorphe de
protéoglycanes (perlécane - assure le volume de la basale et règle le passage des
ions à travers de celle-ci), glycoprotéines (laminines – initialisent le processus
d’assemblage de la membrane basale, entactines – servent comme une liaison entre
les laminines et le réseau de collagène IV), protéines transmembranaires (intégrines
– récepteurs des laminines, protéines transmembranaires) et molécules d’adhésion
cellulaire (fibronectine)
on trouve des différences structurelles entre les cellules épithéliales et non-
épithéliales; les composants universels sont représentés par: intégrines (isoforme
α3β1), laminine (isoforme 1), collagène IV (l’hétérotrimère α1α1α2), fibronectine,
fibuline2, perlécane; les composants spécifiques épithéliaux sont constitués par:
intégrines (isoforme α6β4), laminine (isoforme 5), collagène IV (l’hétérotrimère
α3α4α5); le collagène XVII et le collagène VII se trouvent seulement dans le
complexe d’ancrage des épithéliums malpighiens; le proteoglycane Agrin est
spécifique pour la basale glomérulaire, jouant un rôle dans la filtration; les
composants spécifiques des cellules non-épithéliales comprennent le collagène XV
(qui stabilise la membrane dans le muscles striés) et le collagène XVIII
(caractéristique pour les cellules endothéliales vasculaires, ayant un rôle dans
l’angiogenèse)
[Link]. Histogenèse des tissus
Les tissus proviennent de tous les trois feuillets embryonnaires primitifs: ectoderme,
endoderme, mésoderme.
tissus épithéliaux: origine dans les trois feuillets embryonnaires
ectoderme: épiderme et ses annexes, épithélium de la cavité buccale, nasale,
épithélium du canal anal, épithélium sensoriel de l’oreille interne, muqueuse
olfactive, rétine, épithélium des glandes endocrines (neurohipophyse,
médullosurrénale)
Histologie - Tissus 89 | P a g e
mésoderme: endothélium (tapisse les vaisseaux), mésothelium (tapisse les
séreuses), épithélium des tubes rénaux
endoderme: épithélium des voies respiratoires, épithélium du tube digestif et
glandes annexes
tissus conjonctifs: origine mésodermo-mésenchymateuse
tissus musculaires: origine mésodermo-mésenchymateuse; exception: les cellules
myoépithéliales, d’origine ectodermique
tissu nerveux: origine neuro-ectodermique; exception: la microglie et la méninge,
d’origine mésodermo-mésenchymateuse
[Link]. Variabilité tissulaire: modifications tissulaires et cellulaires à la limite entre
l’état normal et pathologique
[Link].1. Régéneration
assure le maintien de l’intégrité morpho-fonctionnelle des tissus
remplacement permanent des cellules usées (régénération physiologique) ou le
remplacement d'une partie du corps, perdue spontanément, accidentellement ou
expérimentalement (régénération de «restauration»)
cellules nouvelles, mais identiques du point de vue morphologique et fonctionnel
avec les cellules qu’elles remplacent
vitesse de remplacement et les mécanismes de renouvèlement sont spécifiques à
chaque catégorie et variété tissulaire
Régénération physiologique
caractérise les tissus labiles (ex: les épithéliums); dans le cas d’autres tissus, plus
complexes, les cellules individuelles ont une vie plus longue; la division cellulaire
après la maturation, au sein de ces populations cellulaires stabiles est rare (ex: le
foie)
on exemplifie le renouvèlement cellulaire de l’intestin grêle (4-6 jours chez
l’homme):
les cellules de remplacement sont produites par l’activité mitotique des cellules
souches localisées au niveau profond des glandes intestinales Lieberkuhn; c’est
un système de «tapis roulant»; elles vont migrer et se différencier dans quatre
types principaux de cellules; les entérocytes (cellules absorptives), les cellules
caliciformes (sécrétrices de mucus), les cellules enteroendocrines (régulatrices
et sécrétrices des hormones), parcourent le long de la villosité vers la lumière en
se différenciant toujours; au niveau de l’apex villositaire, elles subissent un
processus d’apoptose et sont éliminées dans la lumière; le quatrième type
cellulaire, les cellules Paneth, migre vers le fond de la glande
le sort de la cellule est déterminé par le facteur de transcription Math-1,
exprimé par l’épithélium intestinal; les cellules qui possèdent une expression
augmentée pour ce facteur vont se développer vers la ligne sécrétoire (cellules
caliciformes, enteroendocrines, Paneth); les cellules où l’expression du facteur
Math-1 est réduite, vont devenir de cellules absorptives (enterocytes)
90 | P a g e Histologie - Tissus
Régénération de «restauration»
peut être intégrale restauration ad integrum ou partiale
exemple de restauration ad integrum
le foie: la perte d’une quantité significative de tissu hépatique par traumatismes
ou intoxications aigues est remplacée par la prolifération active - dû à l’activité
mitotique stimulée des cellules hépatiques saines
le tissu conjonctif lâche: la source primaire de nouvelles cellules nécessaires
dans le processus de cicatrisation est représentée par les cellules souches
mésenchymateuses, localisées dans l’adventice des veinules et petites veines;
d’autres cellules, comme les fibroblastes, les pericytes et les cellules
endothéliales situées en toute proximité de la lésion vont aussi se diviser
activement pour former un nouveau tissu conjonctif vascularisé
exemple de restauration partiale
le tissu cartilagineux: le processus de réparation dépend de l’implication du
périchondre dans la lésion, étant la conséquence de l’activité des cellules
souches pluripotentielles localisées à ce niveau; cependant le résultat est la
production d’un tissu conjonctif dense irrégulier, les vraies cellules
cartilagineuses étant presque absentes; trois facteurs sont responsables pour le
manque de réponse aux lésions de ce tissu: la vascularisation (présente
uniquement au niveau du périchondre), l’immobilité des chondrocytes mûres et
leur habilité réduite de prolifération
le tissu musculaire cardiaque lésé va être remplacé par un tissu conjonctif
dense irrégulier, le pourcentage des cellules cardiaques régénérées étant limité;
en conséquence la fonction cardiaque de cette zone est perdue
[Link].2. Métaplasie
processus anormal de régénération tissulaire (Fig. 11)
caractérisé par la modification structurelle des cellules à la suite de leur
accommodations aux certains conditions de milieux environnant (adaptation
fonctionnelle, facteurs irritatifs prolongés)
réversible (au moins au début)
implique la transformation d’un type tissulaire mûr, plus délicat, dans un autre type
tissulaire mûr, plus résistant, au sein du même feuillet embryonnaire
on exemplifie ce processus par la métaplasie pavimenteuse épithéliale, la plus
fréquente
chez les grands fumeurs, à cause de l’irritation chronique, l’épithélium trachéal
(épithélium pseudostratifié cylindrique cilié) peut se transformer en épithélium
pavimenteux stratifié non-kératinisé, forme plus résistante
chez les fumeurs de pipe, l’épithélium pavimenteux stratifié non-kératinisé de la
longue, lèvre, joues, peut se transformer en épithélium pavimenteux stratifié
kératinisé
Histologie - Tissus 91 | P a g e
à la suite d’une transposition au niveau de l’uretère, l’épithélium pseudostratifié
cylindrique du canal déférent peut se transformer en urothelium
caractérise surtout les épithéliums, étant absente au niveau des tissus musculaires et
nerveux; dans les tissus conjonctifs, elle est rare et représente plutôt une forme
évolutive liée à l’âge pour quelques variétés tissulaires (ex: la transformation du
tissu réticulaire de la moelle rouge hématogène en tissu adipeux); cependant elle ne
se retrouve jamais au niveau des tissus cartilagineux et osseux
peut finalement conduire à la dysplasie et à la formation des tumeurs malignes
[Link].3. Ectopie
localisation d’un tissu ou d’un organe dans une zone topographique anormale
congénitale ou acquise
ex: l’ectopie testiculaire (les testicules ne descendent pas dans les bourses)
[Link].4. Modifications de structure cellulaire
1. Dégénérescence
modification primaire structurelle et fonctionnelle des cellules, à cause des facteurs
divers: biologiques, vasculaires, métaboliques, physico-chimiques, génétiques
accompagne le processus d’involution
désintégration du cytoplasme et des organites cytoplasmiques, qui aboutit rapidement
à la mort cellulaire
implique deux mécanismes différents: l’apoptose (la mort cellulaire programmée),
contrôlée par des facteurs génétiques et la nécrose (mort anticipée cellulaire),
désorganisation non-contrôlée des mécanismes cellulaires à la suite des facteurs
externes
92 | P a g e Histologie - Tissus
ex: la dégénérescence maculaire de la rétine liée à l’âge (première cause de
malvoyance après 55 ans)
2. Dystrophie
modification locale ou générale des cellules, d’origine métabolique
apparition dans le cytoplasme des certaines substances, normalement absentes ou
trouvées en quantité réduite (lipides, glycogène, amyloïde), provenues par la
dégradation ou du stockage des composants cellulaires
ex: accumulation de lipides, glycogène, amyloïde au niveau des cellules hépatiques;
la dystrophie pigmentaire de la rétine
[Link].5. Modifications de maturation cellulaire
Anaplasie
défet de croissance et maturation cellulaire
cellules immatures, embryonnaires, qui ne peuvent plus assurer la structure et la
fonction normales des tissus
tissus devient anarchiques
processus caractéristique des tumeurs malignes
[Link].6. Modifications de volume cellulaire
1. Atrophie
réduction du volume cellulaire et du nombre des organites cytoplasmiques
implique une hypofonctionnalité tissulaire
de règle liée à la nutrition déficitaire, mais peut aussi apparaitre dans d’autres
conditions; ex: tissu musculaire squelettique qui s’atrophie après un long repos au
lit, par le manque d’exercice
2. Hypertrophie
augmentation du volume cellulaire et du nombre des organites cytoplasmiques, sans
prolifération mitotique
associée avec une hyperfonctionnalité
ex: le tissu musculaire squelettique qui s’hypertrophie à la suite des exercices de
force
[Link].7. Modifications de nombre cellulaire
1. Hypoplasie
réduction du nombre des cellules
implique une hypofonctionnalité
liée à la nutrition déficitaire, mais peut aussi apparaitre au cours d’un processus
physiologique ou pathologique
2. Hyperplasie
augmentation du nombre des cellules
accompagnée par l’hypertrophie des cellules
rare, en conditions normales, fréquente, en conditions pathologiques (tumeurs,
inflammations)
Histologie - Tissus 93 | P a g e
[Link]. Transplant des tissus
dénomination donnée en antiquité par Paracelsus
problème très actuelle de la médicine et biologie, avec de nombreuses implications
théoriques et pratiques (1956 - le premier transplant rénal - jumeaux univitellines;
1964 - le premier transplant cardiaque)
réussite dépendante seulement de la réactivité immunitaire, qui déclenche une
réponse de rejet (les difficultés chirurgicales d’ordre technique sont dépassées)
[Link].1. Définition
c’est la greffe (gr. grafion) d’un tissu/organe, provenu du même organisme ou un
organisme différent, pour remplacer les tissus détruits et les organes
hypofonctionnels
l’organisme qui donne le tissu s’appelle «donneurs», et l’organisme qui reçoive le
tissu, «récepteur» ou «hôte»
[Link].2. Types de transplant
la terminologie moderne de la greffe comporte selon OMS, trois origines:
chirurgicale, immunologique et génétique
il y a donc différents types de transplants
autologue: le même organisme est donateur et récepteur; ils sont les plus surs et
les fréquentes, étant rapidement intégrés si les conditions d’asepsie sont
respectées (ex: la peau interventions chirurgicales esthétiques, brulures)
homologue: ils appartiennent aux individus de la même espèce
hétérologue, xénogreffe: ils appartiennent aux individus d’espèce différente; ils
sont les plus difficiles, étant fréquemment éliminés par l’organisme hôte
autres dénominations se référent aux particularités du tissu transplanté
greffes homovitales: assurent la viabilité du tissu transplanté
greffes homostatiques: assurent le support structurel pour le tissu hôte; elles
n’ont pas de tissu antigénique; elles remplacent un fragment vasculaire ou
osseux
greffes ortotopiques: maintiennent leur même position au niveau du récepteur
greffes heterotopiques: s’utilisent pour autre localisation au niveau du récepteur
(Tab. 1)
[Link].3. Rejet de la greffe
le processus d’élimination des greffes est un processus immunologique complexe qui
se réalise par l’intermédiaire des anticorps circulants/cellulaires (il s’agit des
différences antigéniques entre les molécules CMHI/II du donneur et du récepteur)
l’organisme réagit par la formation des anticorps chaque foie une protéine étrangère,
le pénètre
en cas des greffes autologues, le tissu transféré est formé de protéines propres à
l’individu et la greffe se maintienne
en cas des greffes homo/hétérologues, composées par des protéines étrangères à
l’hôte, l’organisme va réagir par la production des anticorps et l’élimination de la
94 | P a g e Histologie - Tissus
greffe; le processus de rejet est plus rapide s’il y a des grandes différences
antigéniques entre les molécules CMH du donneur et du récepteur
les arguments indirects pour le rejet de la greffe sont représentés par
fraicheur de la greffe (une greffe fraiche, transférée immédiatement après le
prélèvement tissulaire, est mieux intégrée qu’une greffe vieille, contenant plus
de cellules lésées, libératrices des molécules non-self, qui amplifient la réponse
immune)
santé des tissus donneurs (les tissus sains sont mieux tolérés, que ceux usés
biologiquement)
conditions optimales pour la conservation de la greffe (augment la tolérance de
l’organisme récepteur vers la greffe)
l’âge d’organisme récepteur (les phénomènes de rejet sont plus intenses aux
enfants, dû à l’abondance de tissu lymphoïde)
evolution du rejet des greffes (exemplifié sur la peau)
rejet aigu/hyperaigu: incompatibilité totale entre le donneur et le récepteur, qui
ne possèdent pas la même groupe sanguine; la greffe ne se vascularisé pas et
elle est éliminée en quelques h (le progrès en xénogreffes désigne la prévention
du rejet hyperaigu)
rejet après la dynamique de la réponse immune primaire: incompatibilité
relative entre le donneur et le récepteur (initialement le transplant semble géré,
mais après 10-12 jours, la greffe est éliminée)
rejet après la dynamique de la réponse immune secondaire: greffe répétée dans
la même ligne inbred; l’élimination est rapide, en 3-4 jours, à la suite des
infiltrations augmentées aux Ly T sensibilisés, macrophages et neutrophiles
[Link].4. Tolérance immunologique
la capacité de réaction de l’organisme, par la production des anticorps contre les
protéines étrangères, est vaincue par le phénomène de «tolérance immunologique»
chez l’homme, l’état de «tolérance immunologique» peut être inné (au niveau de
l’intestin grêle) ou acquis (obtenu par la destruction ou l’inhibition fonctionnelle des
tissus produisant les anticorps)
les méthodes utilisées en cas de tolérance immunologique acquise, sont: la thérapie
immunosuppressive du récepteur et l’ingénierie génique du donneur (éliminent les
grandes différences antigéniques entre les xénogreffes et allogreffes)
la thérapie immunosuppressive se réalise par
irradiation X
cytostatiques
méthodes immunologiques
Histologie - Tissus 95 | P a g e
Tableau 1. Terminologie des greffes
Relation
génétique et Type de la
antigénique entre greffe Ancienne
Type de tissu Observations
l’organisme (nouvelle dénomination
donneur et dénomination)
récepteur
Greffe autologue L’individu est en
Tissu autogénique
Identité Autogreffe (autochtone, même temps donneur
autogène) et récepteur
Organismes identiques
Singreffe Isogreffe
Tissu singénique d’une ligne inbred;
Identité (homogreffe (greffe isogène;
(congénique) chez l’homme: les
singénique) greffe isologue)
jumeaux univitellines
Allos=autre
Allogreffe Organismes de la
Différentes (homogreffe Greffe homologue Tissu allogénique même espèce, avec
allogénique) des alleliques
différentes
Xénos=étrangers
Hétérogreffe
Organismes d’espèces
Très différentes Xénogreffe (greffe Tissu xénogénique
différentes
hétérologue)
(chien, porc, lapin)
96 | P a g e Histologie - Tissus
parenchyme (le tissu propre d’un organe plein, épithélium sécréteur, divisé en
lobules, plages, cordons ou îlots par le stroma conjonctif et vasculaire)
ex: les glandes salivaires, le foie
Les organes tubulaires
sont constitués de différentes tuniques tissulaires superposées autour d’une lumière
ex: les vaisseaux sanguins, la plupart des organes digestifs
Histologie - Tissus 97 | P a g e
4.4. Coupes histologiques
L’interprétation correcte d’une coupe histologique (Fig. 13 et 14) tient compte des deux
facteurs:
l’épaisseur négligeable (7μm) de la coupe, prélevée sur un organe aux dimensions
parfois considérables (conséquence: la tranche n’a que deux dimensions et donne
une idée très approximative de l’aspect tridimensionnel de l’organe)
les problèmes d’incidence de coupe (la fréquente incidence au hasard des structures
coupées, même si, dans la plupart des cas on oriente le bloc par rapport au plan de
coupe); les structures peuvent se présenter sous des aspects variés et déconcertants
(Selon [Link]
98 | P a g e Histologie - Tissus
Figure 14. Les coupes histologiques