LOI N° 96-112 DU 30 DECEMBRE 1996 relative au système comptable des entreprises
AU nom du peuple,
La chambre des députés ayant adoptée,
Le PRESIDENT de la REPUBLIQUE promulgue la loi dont la teneur suit:
ART 1 - La présente loi fixe le système comptable des entreprises ainsi que les conditions et
les modalités de son application.
Les dispositions de la présente loi s’appliquent à toute personne physique ou morale assujettie à la
tenue d’une comptabilité en vertu de la législation en vigueur et ce à l’exception des entreprises
soumises, dans la tenue de leur comptabilité, aux dispositions du code de la comptabilité
publique et des entreprises qui répondent aux conditions fixées par des législations spéciales pour la
tenue d’une comptabilité simplifiée par les normes comptables.
ART 2 -La tenue de la comptabilité s’appuie sur des pièces justificatives et comporte la tenue
des livres comptables ainsi que l’élaboration et la présentation des
états financiers et ce conformément aux dispositions de la présente loi.
ART 3 -Les entreprises peuvent, le cas échéant ,appliquer un système comptable autre que celui prévu
par la présente loi et ce sur autorisation du ministre des finances et selon des conditions fixées par
décret .Ces entreprises demeures, cependant, assujetties à l’obligations de tenir les livres comptables
mentionnés au chapitre III de la présente loi.
ART 4-Le système comptable comporte un cadre conceptuel de la comptabilité et des normes
comptables. L’ensemble forme un tout indissociable.
ART 5 -Il est constitué un conseil national de la comptabilité chargé d’examiner et de donner son avis
sur :- les projets de normes comptables et les modalités de leur application,
- les projets de textes légaux et règlementaires qui comportent des dispositions ayant traits à la
comptabilité,
-les sujets relatifs à la comptabilité.
Le conseil est également chargé d’examiner les questions relatives à la comptabilité et de proposer les
moyens de son amélioration.
La composition et les règles d’organisation du conseil national de la comptabilité sont fixées par
décret.
CHAPITRE II
DU CADRE CONCEPTUEL ET DES NORMES
COMPTABLES
ART 6-Le cadre conceptuel de la comptabilité constitue un guide pour l’élaboration des normes
comptables et leur interprétation, il sert de support pour le traitement des opérations relatives aux
transactions de l’entreprise et des effets des évènements liés à son activité et n’ayant pas été traitées
par ces normes.
Le cadre conceptuel de la comptabilité est approuvé par décret.
ART 7 -Les normes comptables comportent une norme comptable générale, des normes techniques et
des normes sectorielles.
Les normes comptables sont approuvées par arreté du ministre des finances.
ART 8 - La norme comptable générale fixe la manière selon laquelle les états financiers sont présentés
ainsi que la nomenclature des comptes, les règles de leur fonctionnement et les règles relatives à
l’organisation comptable.
ART 9 - Les normes techniques fixent les modalités de traitement des opérations découlant des
transactions de l’entreprise et des effets des évènements liés à son activité et ce par la détermination
des règles de prise en compte de ces opérations, leur évaluation et leur divulgation dans les états
financiers.
ART 10 - Les normes sectorielles fixent, le cas échéant, les modalités de traitement des opérations
spécifiques à certains secteurs et qui découlent des transactions de l’entreprise et des effets des
évènements liés à son activité.
CHAPITRE III
DES LIVRES COMPTABLES
ART 11 - Les entreprises soumises aux dispositions de la présente loi doivent tenir des livres
comptables qui comportent un journal -général, un grand-livre et un livre d’[Link] sont
tenues également d’établir une balance.
Le journal - général et le livre d’inventaire sont cotés et paraphés au greffes du tribunal dans le
ressort duquel est situé le siège de l’entreprise ou toute autre autorité compétente prévue par des
législations spéciales.
Les livres sont établis sans blanc ni altération d’aucune sorte.
ART 12 - Toutes les opérations découlant des transactions de l’entreprise et des effets des
évènements liés à son activité et qui ont un impact sur ses résultats et ses performances financières
sont portées sur le journal-général.
L’enregistrement doit se faire chronologiquement opération par opération et jour par jour et doit etre
appuyé de pièces justificatives?
Tout enregistrement précise l’origine, le contenu et l’imputation de l’opération ainsi que les
références des pièces justificatives qui l’appuient.
Les opérations de même nature, réalisées en un même lieu et au cours d’une même journée peuvent
etre récapitulées sur une pièce justificative unique.
ART 13 - Les écritures du journal-général sont portées sur le grand-livre et ventilées selon de plan des
comptes de l’entreprise.
ART 14 -- Le journal-général et le grand-livre peuvent etre détaillés en autant de journaux auxiliaires
et de livres auxiliaires que les besoins de l’entreprise l’exigent.
Sous réserve des dispositions prévues aux articles 12 et 13 de la présente loi, les documents écrits
issus de l’informatique peuvent tenir lieu de livres et journaux [Link] ce cas, ces documents
doivent etre identifiés, numérotés et datés dès leur élaboration par des moyens offrant toute garantie
en matière de preuve.
Dans les deux cas, les écritures portées sur les livres et journaux auxiliaires ainsi que les totaux des
opérations et des soldes doivent etre centralisés dans le journal-général et le grand-livre au moins une
fois par mois.
ART 15 - Lorsque l’entreprise opte pour la méthode de centralisation mensuelle des livres
et journaux auxiliaires ou pour l’usage de l’informatique pour tenir sa comptabilité, il est établi un
document qui prévoit l’organisation comptable et comporte notamment les intitulés et l’objet des
documents utilisés pour le traitement des informations et les modalités de liaisons entre ces
documents et les pièces justificatives y afférentes.
ART 16 - La balance est établie périodiquement et au moins une fois par exercice.
La balance comporte les totaux des opérations et les soldes ouverts dans le grand-livre.
ART 17 L’opération d’inventaire doit être réalisée, au moins une fois par exercice, à l’effet de vérifier
l’existence des éléments d’actifs et de passifs et de s’assurer de leur valeur. Les éléments sont
regroupés sur le livre d’inventaire selon la nature de chaque élément inventorié et le mode de son
évaluation.
Le livre d’inventaire est tenu d’une manière, conforme aux normes comptables, permettant la
justification de tous les éléments des etats financiers.
CHAPITRE IV
DES ETATS FINANCIERS
ART 18 -Les états financiers comportent le bilan, l’état de résultat, le tableau de flux de trésorerie et
les notes aux états financiers.
Ces états financiers forment un tout indissociable.
ART 19 - Les états financiers doivent présenter de manière fidèle la situation financière réelle de
l’entreprise, ses performances et tout changement de sa situation financière , et doivent refléter
l’ensemble des opérations découlant des transactions de l’entreprise et des effets des évènements liés
à son activité.
ART 20 - Les états financiers de l’entreprise son élaborés périodiquement, au moins une fois par an,
conformement aux normes comptables et aux dispositions de la présente loi.
Les états financiers sont élaborés et présentés d’un exercice à l’autre en adoptant les memes
méthodes, sauf pour les cas spécifiés dans le système comptable.
Les états financiers sont portés sur le livre d’inventaire.
ART 21 -Les états financiers sont élaborés et présentés au plus tard dans les trois mois qui suivent la
date de cloture de l’exercice comptable.
ART 22 - La durée de l’exercice comptable est de douze mois.
L ’exercice débute le premier janvier et se termine le 31 décembre de la même année. Toutefois, les
normes comptables peuvent fixer une date différente et ce en fonction des particularités de certaines
activités.
ART 23 - Les entreprises établissent leurs états financiers en dinar tunisien, à l’exception des
entreprises autorisées en application des dispositions de l’article 3 de la présente loi.
ART 24 -Outre les dispositions prévues aux articles précédents du présent chapitre, les entreprises qui
controlent totalement ou partiellement les opérations de direction d’une ou de plusieurs entreprises
et leurs choix financiers, ou qui exercent une influence notable sur le déroulement de leur activité,
établissent des états financiers consolidés selon les conditions, les modalités et les procédures prévues
par les normes comptables.
CHAPITRE V
DISPOSITIONS DIVERSES
ART 25 -Les états financiers relatifs à un exercice comptable ainsi que les documents, les livres, les
balances et les pièces justificatives y afférentes sont conservés pendants dix ans au moins.
ART 26 - Les documents comptables prévus à l’article 25 de la présente loi peuvent etre admis, pour
faire preuve en justice, à condition qu’ils soient conformes aux dispositions de la présente loi.
ART 27 - La présente loi s’applique pour la tenue des comptes relatifs aux exercices comptables
ouverts à partir du premier janvier 1997 .
La présente loi sera publiée au Journal Officiel de la République Tunisienne et exécutée comme loi de
l’Etat.
Tunis, le 30 décembre 1996.
Tout le monde s'accorde à voir dans la comptabilité privée une technique permettant de saisir
la vie des entreprises. A cet effet, elle doit satisfaire les besoins d'information et d'analyse de ses
utilisateurs, au premier rang desquels nous trouvons évidement l'entreprise elle même, et ses
propriétaires.
Pourtant, d'autres agents sont directement concernés: les tiers, les salaires, l'Etat, qui au delà
de considérations fiscales évidentes, doit s'assurer d'une bonne connaissance du principal agent
économique de la nation avant de prendre ses décisions de politique économique.
Le plan comptable (P.C.) constitue un outil qui a le mérite de fixer les règles du jeu, tant en
ce qui concerne l'organisation de la comptabilité privée (récapitulation des opérations), tenue du
grand-livre, procédés de tenue des comptes qui doivent conférer un caractère d'authenticité aux
écritures, etc qu'en ce qui concerne les documents annuels qu'ont pour obligation de retracer
fidèlement la vie de l'entreprise, à travers son patrimoine (bilan), son activité (comptes de résultats)
et sa situation financière (tableau de financement) .
Par ailleurs, la comptabilité ne saisit la vie de l'entreprise que par les valeurs des opérations
que cette dernière effectue :
L'entreprise achète et vend des biens et services, elle rémunère sous forme de salaires la force
de travail qu'elle emploie, elle paie des impôts .... la comptabilité doit donc se poser une question
centrale pour fonder sa crédibilité :
Celle du mode d'évaluation des opérations, afin de permettre la comptabilité et l'équivalence
des informations qu'elle centralise.
L'ensemble de ces considérations devrait nous amener logiquement à préciser d'abord les
règles constitutives de la comptabilité privée, qui assurent son bon fonctionnement. La
compréhension de ces règles suppose une connaissance minimale de l'ensemble de l'outil comptable
qu'il convient d'étudier en priorité. Par la suite nous fixerons les règles qui fondent la base du P.C.
nous étudierons les modèles d'enregistrement de toutes les opérations faites par l'entreprise et nous
terminerons enfin cette étude par un examen minutieux des travaux de fin d'exercice, qui conduisent
à la réalisation des documents de synthèse.
CHAPITRE I
LA COMPTABILITE
Afin de se familiariser dès le départ avec toutes les composantes de l'outil comptable, nous
alternerons au cours de l'exposé du présent chapitre concret et abstrait, illustrations chiffrées et
exposé de principes généraux ou définitions de notions. Suivons donc Monsieur Rachid dans la
démarche qui va le mener à la tête d'une activité de vente de fruits et légumes.
Au départ, Monsieur Rachid dispose d'une somme d'argent - 50 000 Dinars - Il dépose cette
somme d'argent en banque, et décide de reprendre un camion aménagé pour la vente de fruits et
légumes à un ami qui cesse son activité commerciale . Le prix se décompose ainsi : valeur du camion :
6500 Dinars, et un stock de marchandises repris : 5 000 Dinars. Monsieur Rachid règle son ami au
moyen d'un chèque bancaire.
Comment traduire ceci en comptabilité ?
LA COMPTABILITE EST UNE SERIE D'EGALITES LA PREMIERE CONCERNE
LE BILAN
SECTION I LA NOTION DE BILAN
Le bilan est un document comptable qui fournit l’information sur la situation financiére de
l’entreprise. L'égalité est posée ici entre les actifs et les capitaux propre et passifs . Les éléments inclus
dans le bilan sont par conséquent les actifs , les passifs et les capitaux propres . Pour l'entreprise de
Monsieur Rachid, il s'agit des 50 000 Dinars en sa possession, qui composent son capital de départ.
La première source d'argent pour une entreprise est donc soit l'argent qu'un individu apporte
pour créer une entreprise individuelle, soit l'argent que plusieurs personnes (actionnaires, associés...)
réunissent pour créer une société: Société anonyme, (S.A.), Société à responsabilité limitée (S.A.R.L.).
Dans l'exemple de l'entreprise de Monsieur Rachid, le capital est l'unique source d'argent,
pour le moment.
Les actifs indiquent les ressources économique , obtenues ou controlée par l’ entreprise - et
c'est l'autre côté de notre première égalité - ce que l'entreprise fait de l'argent qui est à sa
disposition. Dans notre exemple, Monsieur Rachid a employé son capital en faisant tout d'abord un
dépôt en banque de 50 000 Dinars dans sa version la plus simple, le bilan se présente donc ainsi :
ACTIFS CAPITAUX PROPRES et PASSIFS
Emplois par l'entreprise Ressources de l'entreprise
ou ou
Comment l'entreprise utilise D'où vient l'argent de l'entreprise
les ressources à sa disposition
banque ... 50 000 capital ... 50 000
Par la suite, quand Monsieur Rachid a acheté le camion et les marchandises à son ami, l'actif
s'est transformé : deux nouveaux emplois apparaissent, à savoir le camion et les marchandises ; mais,
comme ces éléments ont été payés par chèques, le compte bancaire a vu son montant diminuer de 6
500 + 500 = 7 000 Dinars, et passer ainsi de 50 000 à 50 000 - 7 000 = 43 000 Dinars ;
En définitive, l'actif se décompose alors en trois éléments : un camion, des marchandises, et le
solde du compte banque après le paiement par chèques. De ce fait, le bilan se présente ainsi :
ACTIF PASSIF
Camion 6 500 Capital 50 000
Marchandises ... 500
Banque .... 43 000
TOTAL 50 000 TOTAL 50 000
Bien entendu, le comptable ne peut employer comme nous venons de le faire des noms usuels
pour présenter le bilan. Car chaque entreprise pourrait utiliser le terme "Orange" le terme "Vêtement"
suivant son type d'activité, aux lieux et places du terme générique "marchandises" et ainsi de suite
pour chaque élément composant l'actif ou le passif du bilan. C'est pourquoi il existe une Norme à la
quelle doit se soumettre le comptable.
Cette norme, c'est le plan comptable Tunisien (ou P.C.). Le P.C. est notamment une liste de
comptes.
Chaque compte est le terme officiel qui désigne le contenu de chaque élément du bilan. Par
exemple, le terme "camion" n'existe pas en comptabilité. Mais nous trouvons par contre dans le P.C.
le compte "Matériel de transport", que nous utiliserons désormais. Par ailleurs, à chaque compte est
associé un numéro, suivant un ordre très strict qui définit au sein du P.C. une répartition des comptes
en grandes classes.