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Efficacité de la répression douanière

Le projet de fin d'études de Mme Makhi Doha aborde l'efficacité de la répression en matière douanière au Maroc, en analysant la nature des délits et contraventions douanières. Le document se divise en deux parties : une étude du cadre juridique et conceptuel des infractions douanières, suivie d'une optimisation des mécanismes de lutte contre ces infractions. Ce travail souligne l'importance du droit douanier pour la protection de l'économie nationale et la régulation des échanges commerciaux.

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Efficacité de la répression douanière

Le projet de fin d'études de Mme Makhi Doha aborde l'efficacité de la répression en matière douanière au Maroc, en analysant la nature des délits et contraventions douanières. Le document se divise en deux parties : une étude du cadre juridique et conceptuel des infractions douanières, suivie d'une optimisation des mécanismes de lutte contre ces infractions. Ce travail souligne l'importance du droit douanier pour la protection de l'économie nationale et la régulation des échanges commerciaux.

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Projet de fin d’études pour l’obtention

Du
Diplôme de la LICENCE

Droit des Affaires

Sur le thème :

L’efficacité de la répression en matière douanière


-Nature des délits et contraventions douanières-

Soutenu publiquement le 10/06/2025 par Mme MAKHI DOHA


Stage effectué du 01/05/2025 au 30/05/2025
Nom de l’entreprise : Administration des Douanes et Impôts Indirectes

Membres du jury

Président : Pr. RHERRABI Hanane

Encadrant : Pr. SLAMTI Miya

Suffragant : Pr. BELHAJ Nadia

Année Universitaire : 2024/2025


‫ي‬ ‫ِح‬ ‫ال‬ ‫َٰم‬ ‫ْح‬ ‫ال‬ ‫ِه‬‫َّل‬‫ِبْس ِم ال‬
‫َّر ِن َّر ِم‬
‫َوَما َتْوِفيِقي ِإاَّل ِبالَّلِه َعَلْيِه َتَوَّكْلُت َوِإَلْيِه“‬
‫ي‬ ‫ُأ‬
‫“ ِن ُب‬
‫سورة هود اآلية ‪88‬‬

‫َيا َأُّيَها اَّلِذيَن آَمُنوا َأِطيُعوا الَّلَه َوَأِطيُعوا‬


‫ُك‬ ‫ن‬ ‫ِم‬ ‫ال وَل “ و“َ وُأوِلي اَأْل‬
‫ْم‬ ‫ْمِر‬ ‫َّر ُس‬
‫سورة النساء اآلية ‪59‬‬

‫َصَدَق اللُه الَعِلُّي الَعظيْم‬

‫‪2‬‬
3
Remerciement
Ce travail constitue une modeste contribution à la recherche et au débat sur les stratégie
d’avenir, en particulier dans le domaine douanier.
Il n’aurait pu aboutir sans le soutien précieux de personnes compétentes issues tant dans le
milieu universitaire que professionnel.
Je suis très reconnaissante envers ma famille qui m’ont soutenue tout au long de mon parcours
académique, ainsi je remercie mes amis pour leur confiance et leur soutien.
Je tiens à exprimer ma profonde reconnaissance à toutes celles et ceux qui ont, de près ou de
loin, contribué à la réalisation de ce travail. Je remercie particulièrement Madame SLAMTI
Miya, mon encadrante académique, pour son soutien précieux et ses orientations qui ont guidé
mes efforts avec humilité et son accompagnement rigoureux tout au long de ce parcours.
Je tiens à exprimer ma profonde gratitude aux membres éminents du jury, Madame BELHAJ
Nadia et Madame RHERRABI Hanane pour l’honneur qu’ils m’ont fait en acceptant
d’évaluer ce travail de recherche.
Je remercie l’École de Droit de Rabat pour son rôle fondamental dans ma formation
académique.
À l’issue de mon stage au sein de l’administration des douanes et impôts indirectes , je tiens à
adresser mes plus sincères remerciements à l’ensemble de l’administration, et plus
particulièrement au membre du département du contentieux, en la personne de Monsieur
OULARABI Said ,Chef de la division du contentieux, et Monsieur NACIRI Abdellatif, Chef
du service des études et de suivi des règlements judiciaires , pour leurs accueils, leurs
encadrements et leurs conseils qui m’ont prodigués tout au long de cette expérience.

4
Dédicace
‫َف َلا َت ُقل لهما ُأ ّٖف َوَلا َتۡن َه ۡر ُه َما َو ُقل َّل ُه َما قولا كريما َوٱ ۡخ ِف ۡض َل ُه َما َج َنا َح ٱل ُّذ ِّل ِم َن ٱل َّر ۡح َم ِة َو ُقل َّر ِّب ٱ ۡر َح ۡم ُه َما َك َما َر َّب َيا ِني َص ِغي ٗرا‬
24،23 ‫سورة ال إسراء ال آية‬

Je dédie le fruit de mes efforts à moi-même, à mes parents, mon père et ma mère, qui m’ont
guidé et permis d’atteindre ce niveau de savoir et de réussite.
À mes frères, pour leur soutien et leur encouragement tout au long de mon parcours
académique.
À tous les membres de ma famille et mes amis proches et mes collègues, à tous ceux qui, de
près ou de loin, ont contribué à ma réussite.
À mes professeurs, qui m’ont guidé durant ma formation, dont l’enseignement a forgé ma
pensée juridique avec rigueur.
À tous les chercheurs d’éducation.

5
Sommaire
Partie 1 : Approche juridique et conceptuelle des infractions douanières au Maroc

Chapitre 1 : La diversité du cadre normatif applicable aux infractions douanières

Chapitre 2 : Typologie juridique des infractions douanières

Partie 2 : Pour une optimisation de la lutte contre les infractions douanières en droit marocain

Chapitre 1 : Étude des mécanismes répressifs et procéduraux

Chapitre 2 : Perspectives et enjeux de l’action répressive en matière douanière

6
Introduction
Le droit douanier constitue un ensemble de règles et de principes régissant les opérations de
transit des marchandises à travers les frontières d'un pays. Au Maroc, ce domaine est d'une
importance cruciale, tant sur le plan économique que social, car il arbitre le commerce
international en garantissant à la fois la sécurité des échanges et la protection des industries
locales. Le droit douanier définit également les responsabilités des importateurs et
exportateurs ainsi que les obligations des autorités douanières. Il englobe divers aspects,
incluant la perception des droits de douane, la lutte contre la fraude douanière, ainsi que la
régulation des échanges pour assurer le respect des normes sanitaires et phytosanitaires. En
outre, le droit douanier marocain est influencé par des engagements internationaux,
notamment à travers des accords bilatéraux et multilatéraux, qui visent à faciliter le commerce
tout en protégeant les intérêts nationaux. Dans ce cadre, la législation douanière marocaine
doit être en constante évolution pour s'adapter aux changements du commerce international et
aux nécessités d'une économie mondiale en mutation. Ce droit joue également un rôle
essentiel dans la collecte des recettes fiscales qui financent le développement économique du
pays. En somme, le droit douanier est une composante fondamentale de la politique
économique qui peut être définie comme étant l’ensemble des mesures mises en œuvre par les
pouvoirs publics afin, d’une part, de protéger ce que l’on peut appeler « l’espace économique
national » contre les déséquilibres extérieurs, et d’autre part, de favoriser le développement du

commerce international1, tout en protégeant les intérêts nationaux. Les infractions douanières
représentent un enjeu majeur pour l'économie marocaine ainsi que pour la sécurité de ses
frontières. Elles englobent un éventail d'activités illégales influençant non seulement le
commerce international, mais aussi les recettes fiscales de l'État. Selon certaines définitions
doctrinales, une infraction est tout acte ou toute omission commis par une personne dotée de
discernement, causant un trouble social et sanctionné par le droit pénal. Le législateur
marocain définit l’infraction à l’article 110 du Code pénal comme « tout acte ou abstention
contraire à la loi pénale et passible de sanction ».2
1
Mimoun Choua, Politique douanière et stratégies industrielles et commerciales : cas du Maroc, page 9.
2
Article 110 du Code pénal marocain, Dahir n° 1-59-413 du 26 novembre 1962 formant Code
pénal : [Link]

7
En s’appuyant sur cette définition, le législateur douanier considère l’infraction douanière
comme tout acte ou une abstention contraire aux lois et règlements douaniers et réprimée par
ces textes.3 Comme toute autre infractions, les infractions douanières nécessite la réunion
d’éléments constitutifs : Tout d’abord l’élément matériel, qui correspond à l’acte ou à
l’omission incriminé, touchant un bien protégé par la loi et entraînant la répression. Il est
considéré comme étant l’aspect objectif de l’infraction. Il repose sur trois composantes : en
premier lieu on trouve l’acte, qui est le comportement incriminé, pouvant être une action ou
une abstention lorsque la loi impose une obligation. Ensuite le résultat, qui représente l’effet
dommageable produit par cet acte. Il est distinct de l’acte lui-même. Et en dernier lieu le lien
de causalité, c’est-à-dire le rapport de cause à effet entre l’acte et le résultat. Ce lien est requis
pour engager la responsabilité de l’auteur. Toutefois, dans certains délits, la loi n’exige pas
que le résultat dommageable se produise pour que l’infraction soit constituée, ce qui sera
abordé en évoquant la tentative. L’article 114 du Code pénal indique que deux conditions
doivent être réunies : Un commencement d’exécution, soit un acte sans équivoque tendant
directement à la réalisation de l’infraction, ce qui exclut les simples actes préparatoires. Et
l’interruption involontaire de l’acte, c’est-à-dire que l’auteur n’a pas achevé son action pour
des raisons indépendantes de sa volonté.4 L’abandon volontaire par l’auteur de son action
entraîne l’absence de sanction, car il n’y a pas d’infraction consommée. Ce retrait est perçu
positivement par le législateur et exclut toute poursuite, à condition qu’il soit libre et antérieur
à la réalisation de l’infraction. Ensuite l’élément légal, soit l’existence d’un texte de loi
incriminant le comportement et prévoyant une peine « nul ne peut être poursuivi ni condamné
sans texte préalable ». Et enfin l’élément moral, qui se manifeste par la volonté libre de
l’auteur de commettre ou non l’infraction, Il s’avère par la faute imputable à l’auteur. Cette
faute peut être intentionnelle ou non intentionnelle. C’est la dimension subjective de l’acte.
Les conséquences de ces infractions peuvent être lourdes, tant sur le plan économique que
social, nuisant à la concurrence loyale entre les entreprises et entraînant des pertes
significatives pour le Trésor Public.

3
Article 204 du Code des douanes et impôts indirects, Dahir portant loi n° 1-77-339 du 9 octobre 1977, tel que
modifié et complété, disponible sur : [Link]
4
« Toute tentative de crime qui a été manifestée par un commencement d'exécution ou par des actes non
équivoques tendant directement à le commettre, si elle n'a été suspendue ou si elle n'a manqué son effet que par
des circonstances indépendantes de la volonté de son auteur, est assimilée au crime consommé et réprimée
comme tel. ». Article 114 du Code pénal marocain, Dahir portant loi n° 1-59-413 du 26 novembre 1962 formant
Code pénal, tel que modifié et complété, disponible sur : [Link]

8
Ces interrogations nous amènent à poser la problématique suivante : Dans quelle mesure le
cadre juridique marocain en matière d´infraction douanière permet-il de prévenir
efficacement la fraude tout en garantissant les droits des opérateurs économiques ?
Afin de répondre à cette problématique, ce travail sera consacré dans une première partie, à
étudier le cadre juridique et théorique encadrant les infractions douanières au Maroc, en
mettant en lumière la pluralité des sources législatives applicables ainsi que la classification
juridique de ces infractions. Ensuite, une seconde partie sera consacrée à l’analyse des
mécanismes de répression et de prévention, en vue d’identifier les pistes d’amélioration pour
renforcer l’efficacité de la lutte contre ces infractions dans le contexte du droit marocain.

9
Partie 1 : Approche juridique et conceptuelle des infractions douanières au
Maroc
Le droit douanier marocain repose sur un socle juridique complexe visant à encadrer les
échanges commerciaux et à protéger les intérêts économiques de l’État. Pour cela il est
nécessaire d’examiner les fondement normatives ainsi que la typologie de ces infractions

10
Chapitre 1 : La diversité du cadre normatif applicable aux infractions douanières

Le traitement juridique des infractions douanières au Maroc s’inscrit dans un cadre normatif
pluriel, qui articule le droit douanier, régit par le code de douanes et impôts indirecte ainsi les
textes complémentaires.

11
Section 1 : Le dispositif principal : Code des douanes et impôts indirects
a. Un outil structurant le droit douanier
Le dahir portant loi n° 1-77-339 du 25 chaoual 1397 (9 octobre 1977) qui approuve le code
des douanes ainsi que des impôts indirectes relevant de l’administration des douanes et impôts
indirectes, est la principale source du droit douanier au Maroc et l’un des piliers du droit
économique et commercial marocain, il vise principalement à réglementer le commerce
extérieur dans le cas de l’importation et l’exportation des marchandises et fixer les droits et
taxes applicables à ces marchandises. Il instaure plusieurs sanctions pour lutter contre la
fraude douanière et les infractions économique , assure la protection de l´économie national,
la sante et l´ordre publique .
Le code des douanes et impôts indirectes est constitué de plusieurs règles législatives et
règlementaires applicables à l’importation et l’exportation des marchandises, la vérification
des droits et taxes à l’entrée ou la sortie du territoire douanier et la répression des infractions.
CDII5 comporte plusieurs titres :
- Les principes généraux qui se constitue des principaux définitions, les compétences
territoriales…
- L’action de l’administration , ou on trouve les pouvoirs des agents de
l’administration…
- La conduite des marchandises en douane, qui régit l’importation et l’exportation ainsi
que les MEAD6…
- Operations de dédouanement, les déclarations en détail et le contrôle documentaire et
vérification des marchandises…
- Le régime économique de douane qui comporte les généralités concernant les régimes
économiques en douane et le transit…
- Les régimes particuliers qui souligne le régime tarifaire de faveur
- Les impôts indirectes
- Le contentieux qui s’intéresse aux infractions douanières ainsi que les sanctions et les
poursuites
- Le dernier titre qui comporte les dispositions finales
Les principaux infractions gérer par le CDII sont : la contrebande (fraude à l’import ou
l’export), dissimulations et fausses déclarations, usage frauduleux de documents

5
Code des douanes et impôts indirectes
6
Magasins et aires de dedouanement

12
douaniers, infractions à la réglementation des changes, tentative d’importation de
marchandises prohibées.

b. Les acteurs clés de l’opération douanière


Le métier douanier qui est règlementé par le code des douanes et impôts indirectes et aussi par
plusieurs règlementations douanières ( textes, décrets, arrêtés …), et autre que douanières qui
relèvent de plusieurs départements ministériels dont l’administration des douanes a la charge
suite à sa présence au niveau de différents points de passage au niveau des frontières terrestres
aériennes et maritimes, qui rentre dans le cadre du concours aux autres services qui englobent
plusieurs règlementations différentes applicables au niveau des opérations d’importation,
d’exportation et de transite, est que la douane est appelé à appliquer.
Et suite à la même réglementation douanière certaines personnes physiques et morales sont
agrées à exercer le métier douanier en ce qui concerne le circuit de dédouanement des
marchandises à l’import et l’export et les procédures douanières ( déclarations, dépôt de
déclarations, étude documentaire, accomplissement des formalités douanières et de change…)
Le transitaire qui est un OEA7, est considéré comme étant auxiliaire de la douane, et suite à la
réglementation douanière notamment le code des douanes Art 67 et suivant, il est qualifié
comme étant intermédiaire entre les importateurs et les opérateurs d’une part et
l’administration des douanes d´une autre part, il est chargé suite à son agreement entant que
transitaire de la prescription des déclarations en douanes, de leur insertion dans la plateforme
informatique de l’administration (BADR), de l’étude documentaire, et des opérations de
change. Il se charge de la prise en charge des marchandises dès leurs arrivées au territoire
assujettit jusqu’à la prise de la main levée et l’enlèvement des marchandises de l’enceinte
aéroportuaires. A cet effet, le transitaire suite à sa qualité d’intermédiaire, et après la
digitalisation des procédures douanières, son rôle devient de plus en plus performent en ce qui
concerne l’étude documentaire de tous les documents exigibles et nécessaires annexés à la
déclarations en douane d´où il donne mains forte aux services des douanes et facilite les
tâches administratives et douanières.

7
Operateure économique agrée

13
Section 2 : Les textes complémentaires
a. Le code pénal
Le dahir N°1-59-413 du 28 Joumada II 1382 ( 26 novembre 1962 ) portant approbation du
texte du code pénal. Le CP régit plusieurs infractions : le délit, la contravention, et le crime,
ainsi les sanctions ( amendes, peines privatives de liberté, peine de mort …), il fixe les
principes de la responsabilité pénale, et assure l’ordre publique.
Le Code pénal intervient lorsque certaines infractions douanières ont une
dimension criminelle (contrebande de stupéfiants, association de malfaiteurs, blanchiment
d’argent). Dans ces cas, le prévenu peut être poursuivi à la fois sous le Code des douanes et le
Code pénal, selon la nature de l’acte.
Le code pénal ne vise pas directement les infractions douanières, mais lorsque les infractions
douanières s’attache à une falsification de documents (articles 360 et suivants),
une association de malfaiteurs (article 293), un blanchiment d’argent (articles 574-1 à 574-7),
une corruption d’agent public (articles 248 à 256), des atteintes à la sûreté si les marchandises
concernent des armes, drogues… Prenant l’exemple si quelqu’un importe illégalement des
produits interdits (drogues ou armes), il aura tout d’abord la poursuites douanières pour
violation du Code des douanes, ensuite la poursuites pénales (Code pénal) pour détention
illégale de stupéfiants, et l’association de malfaiteurs…

b. La loi 43-05
Cette loi est relative à la lutte contre le blanchiment d’argent promulguée par dahir n° 1.07.79
du 17/04/2007, et plusieurs modifications y ont été apportées, notamment en vertu de la loi
12.18 du 08/06/2021, vise à prévenir, détecter et réprimer le blanchiment de capitaux, ainsi
mettre en place un cadre de coopération nationale et internationale dans la lutte contre les flux
financiers illicites. Le blanchiment est constitué par toute opération qui concerne des fonds
résultant de : le trafic de stupéfiants et des matières psychotropes, le trafic d'êtres humains, le
trafic d'immigrants, le trafic illicite d'armes et de munitions, la corruption, la concussion, le
trafic d'influence et le détournement de biens publics et privés, es infractions de terrorisme, la
contrefaçon ou la falsification des monnaies ou effets de crédit public ou d'autres moyens de
paiement. Cette dernière a désigné l’administration en tant qu'autorité de contrôle et de
supervision des négociants en pierres et métaux précieux et des commerçants d’antiquités et
d’œuvres d’art (désignés légalement comme personnes assujetties).

14
Cette loi impose les obligations en matière de LBC-FT8, qui concernent particulièrement les
mesures de vigilance et de surveillance interne à mettre en place par les assujettis des secteurs
financier et non financier, ainsi que la procédure de déclaration de soupçons. Elle encadre
également les relations avec l’Autorité Nationale du Renseignement Financier (ANRF),
définit le rôle des autorités de contrôle et de supervision, et prévoit les sanctions applicables
en cas de non-respect de ses dispositions.

c. La loi de finance
La loi de finances est une loi votée chaque année par le Parlement qui fixe les ressources et
les charges de l’État pour une année budgétaire. Elle comprend généralement les recettes
fiscales (impôts, droits de douane, TVA…), ainsi que les dépenses publiques (fonctionnement,
investissement, dette…), et souvent des mesures fiscales et douanières nouvelles.
Principalement cette loi est régit par la loi organique N°130-13 relative à la loi de finances,
promulguée par le Dahir N°1-15-62 du 2 juin 2015 qui précise la structure, les délais et les
procédures d’adoption. Sans oublier l’article 75 de la constitution du Maroc 2011. Cette loi est
une source évolutive du droit douanier car elle peut modifier le droit de douane, réviser les
taux des droits d'importation et les ajuster conformément à l’économie du pays. Prenant
l’exemple de la Loi de Finances 20249 qui a diminué les droits de douane sur les céréales pour
éviter la flambée des prix. Instaurer des exonérations douanières ; comme celle de droits pour
les importations de panneaux solaires dans un but de transition énergétique, introduire ou
modifier des procédures douanières tels que la numérisation du processus de dédouanement,
simplification pour les opérateurs économiques agréés (OEA), et le renforcement des
sanctions administratives en cas de fraude.

8
lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme ; Loi n°43-05 relative à la lutte contre le
blanchiment de capitaux, promulguée par le Dahir n°1-07-79 du 28 rabii II 1428 (17 avril 2007), telle que
modifiée et complétée, notamment par la loi n°12-18. Cette loi s'inscrit dans le cadre du dispositif national de
LBC/FT, en conformité avec les recommandations du Groupe d'action financière (GAFI).
9
Loi n°55-23 portant loi de finances pour l’année budgétaire 2024, promulguée par le Dahir n°1-23-92 du 26
décembre 2023 (13 joumada I 1445), publiée au Bulletin Officiel n°7264 bis du 27 décembre 2023.

15
Chapitre 2 : Typologie juridique des infractions douanières
Nul ne peut nier que la typologie des infractions douanières est différente complètement des
infractions en matière pénal, non seulement d’après les sanctions et les délais de prescription,
mais aussi par le champ d’application et la finalité. Et ceux parce que l’infraction douanière
peut nuire à l’intégralité de la société, lors du passage de marchandises prohibées qui
menacent la sécurité et la santé des citoyens, pour cela elles sont considérées comme étant
infractions sans revenir à l’intention ou le motif. En revanche en matière pénale le législateur
défend la communauté et revient à l’intention et le motif de l’infraction car elles touchent
généralement une personne particulière.10
Généralement, les infractions douanières sont classées en deux catégories selon le degré de
gravite : les délits douaniers et les contraventions douanières, on trouve deux classes de délits
douaniers et quatre classes de contraventions douanières.11
S’agissant du droit français le législateur a classe les infractions en deux types, cependant il
dispose qu’il y a cinq classes de contraventions et trois classes de délits.12

10
‫ شرح مبسط ومقارن لمقتضيات مدونة الجمارك والضرائب غير‬:‫ المفيد في القانون الجمركي‬،‫خالد هشام‬
300 .‫ ص‬،‫ الرباط‬،‫ مطبعة المعارف الجديدة‬،2022 ،‫ الطبعة األولى‬،‫المباشرة‬.

11
Article 279 du Code des douanes et impôts indirects, promulgué par le Dahir n°1-77-339 du 2 octobre 1977,
tel que modifié et complété. Disponible sur le site de l’Administration des Douanes et Impôts
Indirects : [Link].
12
Code des douanes français, version consolidée, disponible sur
Légifrance : [Link]

16
Section 1 : Les infractions de type délictuel
Les délits douaniers régit par l’article 279 à 283 du CDII peuvent causer des préjudices directs
ou indirects à l’ordre économique, aux intérêts financières de l´État, et à la sécurité .
Ces délits se distinguent par plusieurs éléments : tout d’abord l’existence d’un acte frauduleux
( sortie irrégulière de marchandises, fausse déclaration ) , ensuite l’intention de fraude dans
certains cas elle est présumée mais aussi peut être prouvé par des faits. Et enfin une atteinte
significative à la règlementation douanière ( évasion fiscale, et dissimulation de
marchandises).
a. Les délits de première classe :
Ces infractions sont les plus graves en matière douanière et sont punies par des sanctions
pénales sévères .
En général toutes les infractions relatives aux stupéfiants font partit de ce type.
Les délits de première classe sont toutes importation ou exportation, ainsi que la tentative
d’importation ou d’exportation de stupéfiants ou de substances psychotropes sans autorisation
ni déclaration , ou sous une déclaration fausse ou inapplicables.
La drogues est toute substance végétal ou manufacture contenant des éléments hypnotiques ou
aversifs qui sont utilisés à des fins non médicales, qui conduisent a léthargie corporelle et
paralyse son fonctionnement, elles affectent également le système nerveux et respiratoire, cela
conduit à l’addiction, il existe plusieurs types de drogues comme le cannabis, l’ecstasy,
l’héroïne, la cocaïne, les amphétamines, et le LSD…
Le législateur douanier a interdit l’importation ou l’exportation ainsi que la tentative
d’importation ou d’exportation et ceux sans autorisation ni déclaration. Cette licence est
octroyé par les institutions ayant pouvoir en la matière comme le ministère de la santé dans
les cas des substances utilisables dans les opérations anesthésiques ou comme étant
médicament visée au dernier alinéa de l’article 23 du Dahir N°1-06-151 portant promulgation
de la loi N°17-04 portant code du médicament et la pharmacie « En outre, l'introduction sur
le territoire national des médicaments classés comme stupéfiants ou psychotropes doit
s'effectuer dans le respect de la législation en vigueur et, le cas échéant, des conventions
internationales régissant ces produits »
Prenant l’exemple, d’une société qui procède à l'importation en déclarant, une liste de
marchandises avec leurs désignations commerciales, codes douaniers, poids et quantités, tout
en faisant passer des biens non mentionnés dans les factures. Si les biens dissimulés sont des
stupéfiants, l'infraction est qualifiée comme un délit de première classe, entraînant
l'arrestation des impliqués par les douanes et leur transmission au parquet. Celui-ci peut

17
ordonner une enquête approfondie pour déceler un trafic international de drogues, avant de les
déférer à la justice avec la saisie de toutes les marchandises, y compris les moyens de
transport utilisés.
Dans le cas d’importation ou exportation sous déclaration erronée l'importateur, déclare à
l'administration douanière une marchandise sans rapport avec la substance réellement
importée, qu'il s'agisse d'une similarité d'apparence, comme des talcs pour bébé classés sous le
code douanier 2526.20.20.00 qui ressemblent à de la cocaïne classée sous le code
2939.71.00.19 Le code douanier sert d'indicateur clé pour révéler la nature réelle de la
marchandise, facilitant ainsi la détection des fausses déclarations. La fraude est facilement
identifiable, notamment via les scanners à rayons X. 13
Ensuite on trouve aussi la détention sans justification de stupéfiants et de substances
psychotropes au sens de l’art 181 du même code qui oblige à toute personne transportant ou
détenant des marchandises soumises aux droits de douane de prouver l’origine à l’aide de
documents de justification ( facture ) dans un délai de 48 heures. « 1° Ceux qui détiennent ou
transportent les marchandises passibles des droits et taxes à l’importation ou des taxes
intérieures de consommation doivent, à première réquisition des agents de l’administration,
des officiers de police judiciaire ou des autres agents verbalisateurs, produire soit des
quittances attestant que ces marchandises ont été régulièrement introduites dans le territoire
assujetti, soit des factures d’achat, bordereaux de fabrication ou toutes autres justifications
d’origine émanant de personne ou sociétés régulièrement établies à l'intérieur du territoire
assujetti.

Toutefois, lorsque les détenteurs ou transporteurs déclarent disposer dans un autre lieu
des justificatifs requis, les agents de l’administration, les officiers de police judiciaire ou les
autres agents verbalisateurs peuvent les accompagner pour leur permettre de présenter
lesdits justificatifs ou leur donner la possibilité de faire présenter ces justificatifs dans un
délai de 48 heures. »

Sans oublier la présence en entrepôt ou dans les magasins ou aires de dédouanement


(MEAD) des stupéfiants et des substances psychotropes. L’administration douanière renforce
le contrôle sur les entrepôts, elle sanctionne toute personne ayant trahi la confiance accordé
par l’administration.

13
،2022 ،‫ الطبعة األولى‬،‫ شرح مبسط ومقارن لمقتضيات مدونة الجمارك والضرائب غير المباشرة‬:‫ المفيد في القانون الجمركي‬،‫خالد هشام‬
303-302 .‫ ص‬،‫ الرباط‬،‫مطبعة المعارف الجديدة‬.

18
D’après l’article 61 « 1° La création et la gestion, par toute personne morale dont
l‘activité principale est la logistique ou le transport international, des magasins et aires de
dédouanement, tels que définis par l’article 62, sont subordonnées à l’autorisation préalable
de l’administration qui en agrée l’emplacement et l’aménagement.

Toutefois, cette autorisation n’est pas exigée lorsqu’il s’agit d’organismes de droit
public habilités, en vertu des textes législatifs ou réglementaires les régissant, à procéder à
l’entreposage et au gardiennage des marchandises à l’intérieur des enceintes portuaires ou
aéroportuaires.

2° L’exploitant des magasins et aires de dédouanement prend, à l’égard de


l’administration, dans les conditions fixées à l’article 63-3° et 4° , la responsabilité des
marchandises placées dans les magasins et aires de dédouanement qu’il gère.

Dans le cas de marchandises placées dans les magasins et aires de dédouanement


situés dans les enceintes portuaires ou aéroportuaires et exploités par les organismes de droit
public visés au deuxième alinéa du 1° ci-dessus, le capitaine de navire, le commandant
d’aéronef ou le conducteur de moyen de transport terrestre, tenus au dépôt de la déclaration
sommaire, ou leurs représentants dûment mandatés ne sont dégagés de leur responsabilité à
l’égard de l’administration que si l’exploitant du magasin ou de l’aire de dédouanement
accepte, par écrit, sur la déclaration sommaire visée aux articles 49, 54 ou 57, d’assumer
cette responsabilité en leurs lieu et place ;

3° l'exploitant est tenu de mettre à la disposition de l’administration les locaux et


moyens nécessaires à l’exercice du contrôle douanier et de la vérification des
marchandises, tels que prévu par le cahier des charges cité à l’article 63-1°. »14

L’article 62 du même code stipule que « 1° Les magasins et aires de dédouanement


permettent le stockage – à l’importation et à l’exportation – des marchandises conduites en
douane dans les conditions prévues aux articles 46 à 60 ;

2° Les magasins et aires de dédouanement sont soumis au contrôle permanent de


l’administration. Ils sont entourés d’une clôture ne présentant qu’une ouverture, sauf
autorisation de l’administration ;

3° Sont exclus des magasins et aires de dédouanement :

14
Article 61 du Code des douanes et impôts indirects, Dahir n°1-77-339 du 2 octobre 1977,
tel que modifié et complété. Disponible sur le site de l’Administration des Douanes et Impôts
Indirects : [Link].
19
a) les marchandises et produits en mauvais état de conservation;

b) les marchandises prohibées visées à l’article 115.

4° Les magasins et aires de dédouanement sont ouverts à tout destinataire ou


expéditeur de marchandises en provenance ou à destination de l’étranger ;

5° La durée maximum de séjour des marchandises placées en magasins et aires de


dédouanement est celle prévue par l’article 66 ou 106. Cette durée court à compter de la date
de la souscription de la déclaration sommaire d’entrée des marchandises dans ces magasins
et aires de dédouanement, prévue à l’article 63-3. »15

Après découlement du délai, la marchandises est considéré abandonnée « Sont


considérés comme abandonnés en douane :

- les marchandises qui n’ont pas fait l’objet d’une déclaration en détail dans le délai
prévu par l’article 66,3;

- les marchandises pour lesquelles une déclaration en détail a été déposée et qui, sans
faire l’objet d’un litige avec l’administration, n’ont pas été enlevées dans un délai d’un mois
à compter de la date d’enregistrement de ladite déclaration et pour lesquelles les droits et
taxes n’ont pas été payés ou garantis dans les conditions fixées aux articles 93 à 99.

Toutefois, ne sont pas considérés comme abandonnés en douane, les contenants en


l’occurrence les conteneurs, les remorques, les citernes renfermant les marchandises visées
ci-dessus et n’appartenant pas au propriétaire desdites marchandises ;

- les capitaux et autres moyens de paiement laissés par les voyageurs dans les locaux
de l’administration, pendant un délai de quatre ans à compter de leur date de prise en
charge effective par ladite administration. »16

b. Les délits de deuxième classe :


Ces délits sont moins graves que ceux de première classe, mais ils restent des infractions
impliquant une fraude douanière significative , sans atteindre à la gravite des délits de
première classe.
Selon l’art 281 du code des douanes, on trouve :

15
Article 62 du Code des douanes et impôts indirects, Dahir n°1-77-339 du 2 octobre 1977, tel que modifié et
complété. Consultable sur le site officiel de l’Administration des Douanes et Impôts Indirects du
Maroc : [Link].
16
Article 106 du Code des douanes et impôts indirects, Dahir n°1-77-339 du 2 octobre 1977, tel que modifié et
complété. Consultable sur le site officiel de l’Administration des Douanes et Impôts Indirects du
Maroc : [Link].

20
Parmi les infractions de deuxième classe la plus connue est la contrebande ; tout manœuvre
visant l’importation ou exportation de marchandises sans déclaration, en utilisant des
pratiques frauduleuses qui modifient les caractéristiques techniques et les identifiants du
moyen de transport utilisé dans l’opération d’importation , par des voies non autorisées ( les
zones frontalières, les ports ou aéroports), c’est tout simplement la détention sans justification.
art 282
En droit français « La contrebande s'entend des importations ou exportations en dehors des
bureaux ainsi que de toute violation des dispositions légales ou réglementaires relatives à la
détention et au transport des marchandises à l'intérieur du territoire douanier. »17
Il existe deux types de contrebande, tout d’abord la contrebande simple réalisé par un
particulier, en petite quantité ( un simple commerçant ) et la contrebande aggravées réalisé par
une bande organisée avec usage de véhicules aménagés ou d’armes.
On trouve aussi l’excédent de colis non justifie dans les entrepôts, ou le stockage illégal de
marchandises exclues du régime d’entrepôt ou la présence sans justification en entrepôt de de
douane ou de stockage de marchandises exclues du régime de l’entrepôt pour un motif autre
que leur mauvais état de conservation.18
Sans oublie aussi les infraction liées aux impôts indirectes (Titre VIII )19 qui consiste en
des manœuvres qui ont pour résultat de frauder les droits, taxes, redevances, soultes et autre
impositions. D’après l’article 182 du même code « 1° L’administration est chargée de
la liquidation et du recouvrement des taxes intérieures de consommation applicables aux
catégories suivantes de marchandises et d’ouvrages importés ou produits sur le territoire
assujetti :

- les limonades, eaux gazeuses ou non gazeuses, eaux minérales, eaux de table ou
autres, aromatisées ou non aromatisées ; les bières; les vins et alcools; les produits
énergétiques et les bitumes; les ouvrages de platine, d’or ou d’argent ; les tabacs
manufacturés ; les liquides pour charger ou recharger les appareils électroniques dits
« cigarettes électroniques » et appareils similaires, les produits connexes de tabac pour pipe
à eau (muassel sans tabac) et les substituts nicotiniques sans tabac ainsi que les cigarettes

17
Article 417 du Code des douanes français, version consolidée disponible sur
Légifrance : [Link]
18
Alinéas 2 et 3 de l’article 281 du Code des douanes et impôts indirects, Dahir n°1-77-339 du 2 octobre 1977,
tel que modifié et complété. Consultable sur le site de l’Administration des Douanes et Impôts Indirects du
Maroc : [Link].
19
Titre 8 du Code des douanes et impôts indirects, Dahir n°1-77-339 du 2 octobre 1977, tel que modifié et
complété. Disponible sur le site officiel de l’Administration des Douanes et Impôts
Indirects : [Link].

21
électroniques jetables ; les pneumatiques même montés sur jantes ; les articles, appareils et
équipements fonctionnant à l’électricité; les appareils électroniques; les batteries pour
véhicules ; les produits contenant du sucre.

2°- Ces taxes sont liquidées et recouvrées comme en matière de droits de douane »

Les délits de deuxième classe consiste aussi l’absence d’enregistrement ou


d’identification des marchandises dans les registres commerciaux signées par le
pilote ou le capitaine du navire.

La fraude lie à l’informatique visant à modifier les données douanières pour éluder des taxes
ou obtenir un avantage, de nos jours avec l’utilisation des technologies de communication la
fraude douanière est en évolution, cette infraction est spécifiquement sanctionnée par un text
législatif, le dahir N° 1-03-197 du 11 Novembre 2003 portant promulgation de la loi N°07-03
qui complète le code pénal en ce qui concerne les infractions relatives aux système de
traitement informatise de données.20 En gros, la législation douanière est axée sur les
opérateurs économique et autres comme étant des personnes pénalement responsables vis-à-
vis de l´ADII.

Il y a aussi l’importation ou exportation de marchandises prohibées avec fausse déclaration


dont le principale but est de détournée l’application conforme de la loi ou obtenir un
remboursement ou exonération, ainsi que la présence illégale de marchandises dans les
magasins ou aires de dédouanement, tout cela est considéré comme étant délits de deuxième
classe.

Section 2 : Les infractions de nature contraventionnelle


Les contraventions douanières constituent des infractions moins graves que les délits, car elles
ne sont pas forcément accompagnées par une intention frauduleuse , elles résultent
généralement d’un manquement aux règles de forme ou d’une négligence dans l’exécution.

20
،2022 ،‫ الطبعة األولى‬،‫ شرح مبسط ومقارن لمقتضيات مدونة الجمارك والضرائب غير المباشرة‬:‫ المفيد في القانون الجمركي‬،‫خالد هشام‬
412-411 .‫ ص‬،‫ الرباط‬،‫مطبعة المعارف الجديدة‬.

22
a. Contraventions de première classe
Ces infractions sont considérées comme les moins graves en matière douanière , liées à des
manquements formels ou à des irrégularités sans intention frauduleuse .21
« 1- sous réserve des dispositions de l’article 299-6°, l’importation ou l’exportation des
marchandises prohibées visées au 1° b) de l’article 23, réalisée par un bureau de douane
sans déclaration en détail ;

2°- L’importation ou l’exportation sans déclaration en détail, par un bureau de douane,


si un droit ou une taxe se trouve éludé ou compromis par ce défaut de déclaration ;

3°- Sous réserve des dispositions du 7° de l’article 299, le défaut d’enregistrement,


dans les délais impartis, de la déclaration complémentaire visée à l'article 76 bis-3°;

4°- L'enlèvement des marchandises des lieux visés à l'article 27, après enregistrement
de la déclaration en détail, sans que la mainlevée des marchandises ait été délivrée ;

5°- La non présentation à première réquisition des agents de l'administration des


marchandises placées dans des magasins et aires de dédouanement tels que définis à l'article
61 ainsi que les marchandises ayant fait l'objet d'une déclaration sommaire visée à l'article
59 bis du présent code ;

6°- La non présentation à première réquisition des agents de l'administration des


marchandises placées sous le régime de l'entrepôt;

7°- La non présentation à première réquisition des agents de l'administration des


marchandises placées sous le régime du transit et des documents douaniers qui doivent les
accompagner ;

8°- Tout abus volontaire du régime de l’entrepôt de douane ou entrepôt de stockage, de


l'entrepôt industriel franc, de l'admission temporaire pour perfectionnement actif, de
l'admission temporaire, du transit, de la transformation sous douane ou de l’exportation
temporaire pour perfectionnement passif avec recours à l’échange standard, au sens de
l'article 286;

9°- La non présentation à première réquisition des agents de l'administration des


marchandises placées sous le régime de l'entrepôt industriel franc ou le défaut de
justification d'utilisation desdites marchandises ;

21
Article 285 du Code des douanes et impôts indirects, Dahir n°1-77-339 du 2 octobre 1977, tel que modifié et
complété. Consultable sur le site de l’Administration des Douanes et Impôts Indirects du
Maroc : [Link].

23
10°- La non présentation à première réquisition des agents de l'administration par le
gardien dépositaire des marchandises placées sous sa garde ;

11°- Les infractions aux dispositions du Titre VI bis du présent code relatif à la
surveillance des régimes de franchise ou de suspension des droits et taxes à l’importation ;

12- L’importation de marchandises comportant une marque de fabrique, de commerce


ou de service contrefaite au sens de la loi 17-97 relative à la protection de la propriété
industrielle ;

13°- Tout excédent non déclaré à l’importation, en poids, en quantité ou en valeur


dépassant de 20% le poids, la quantité ou la valeur des marchandises objet de déclaration en
détail ; »22

Commençons par les marchandises interdites en raison d’absence de licence, comme les
produits chimiques toxiques ou toutes autres substances qui peuvent mener à la mort ce genre
de substances exigeant des licences, et le suivi des douanes car elles peuvent être utilisés dans
la fabrication des armes. Ensuite la possession non justifié des drogues et stupéfiants ; d’après
l’article 181 du CDII 23 la possession de drogue nécessite une justification dans chaque point
de douanes ou de police ou gendarme, même si cette inspection a lieu en dehors de la
compétence de l’administration douanière.24

b. Contravention de deuxième classe


Ces infractions sont considérées comme plus graves que celles de première classe mais moins
graves que les délits douaniers .
Selon l’art 294 du CDII :
- Atteindre aux pouvoirs des agents ; opposition aux fonctions ; refus de se
soumettre aux injonction des agents des douanes ou refus de communication de
documents visés à « 1° Les agents de l’administration classés au moins au
grade équivalent à l’échelle de rémunération n°8 et les officiers des douanes
ainsi que les agents mandatés à cet effet par le directeur de l’administration
peuvent exiger la communication des registres, pièces et documents et l’accès
aux informations de toute nature relatifs aux opérations intéressant leur service
et détenus par:

22
IDEM
23
[Link].
24
،2022 ،‫ الطبعة األولى‬،‫ شرح مبسط ومقارن لمقتضيات مدونة الجمارك والضرائب غير المباشرة‬:‫ المفيد في القانون الجمركي‬،‫خالد هشام‬
304 .‫ ص‬،‫ الرباط‬،‫مطبعة المعارف الجديدة‬

24
a) les compagnies de chemin de fer, les compagnies de navigation aérienne, maritime et
fluviale, les armateurs, les consignataires de navires, les courtiers maritimes, les entreprises
d’aconage, les entreprises de transport par route et les agences, y compris celles dites de "
transports rapides" qui se chargent de la réception, du groupage, de l’expédition par tous
modes de locomotion (fer, route, eaux, air) et de la livraison de tous colis ;

b) les commissionnaires ou transitaires en douane ;

c) les concessionnaires d’entrepôts, docks et magasins généraux ;

d) les compagnies d’assurances maritimes, fluviales, terrestres ou aériennes ;

e) les destinataires ou les expéditeurs réels des marchandises déclarées en douane ;

f) en général, par les personnes physiques ou morales directement ou indirectement


intéressées à toute opération régulière ou irrégulière relevant de la compétence de
l’administration ;

La communication de ces registres, pièces et documents et l’accès aux


informations, peuvent être requis préalablement au passage en douane.

La communication des informations précitées doit se faire dans les délais et formes
fixés par arrêté du ministre chargé des finances.

2° Tous registres, pièces et documents relatifs à des opérations d’importation et


d’exportation de marchandises ou à des activités, au Maroc, soumises à taxes intérieures de
consommation relevant de l’administration doivent être conservés par les intéressés
pendant quatre (4) ans, à compter de la date :

- d’envoi des colis, pour les expéditeurs;

- de la réception des colis, pour les destinataires;

- d’établissement des documents relatifs à l’expédition, au transport, à la réception ou


à l’assurance des marchandises, pour les autres personnes ou sociétés visées au 1° ci-
dessus ;

3° Au cours des contrôles et des enquêtes effectués chez les personnes ou sociétés visées
au 1° du présent article, les agents désignés à ce même 1° peuvent procéder à la saisie des
documents de toute nature tels que comptabilité, factures, copies et lettres, carnets de
chèques, traites, comptes de banque, propres à faciliter l’accomplissement de leur mission.

25
Il est dressé un procès- verbal, en cas de saisie. »25

a. Tout transfère de marchandises d’un entrepôt douaniers vers un autre, ou toute


manipulation effectue sans permission.
- Défaut d’exportation ou de mise en entrepôt , dans les délais, de marchandises placées
sous certains régimes douaniers (admission temporaire, perfectionnement actif ).
- Fausse déclaration ou manœuvre visant à obtenir un remboursement ou un avantage
quelconque attaché à l’exportation.
- Importation ou exportation de marchandises non prohibées sans déclaration en détail,
ou sous une déclaration fausse, inapplicable ou non conforme, sans compromission de
droits ou taxes.
b. Importation ou exportation sans autorisation ou sous couvert d´un titre inapplicable,
de marchandises prohibées « 1° Pour l’application du présent code sont considérées
comme prohibées toutes marchandises dont l’importation ou l’exportation :

a) est interdite à quelque titre que ce soit ou

b) soumise à des restrictions, à des règles de qualité ou de conditionnement ou à des


formalités particulières ; » visées à l’art 23-1* du CDII objet d’une déclaration en détail, sans
compromission de droits ou taxes.

Toute fausse déclaration visant à tromper la loi pour éviter le paiement des droits et taxes est
une contraventions de deuxième classe. Le législateur a divisé cette partie en plusieurs sous
parties, tout d’abord la fausse déclaration d’origine; après tous les accords concernant les
échanges commerciales comme « Accord de libre-échange global avec la Zone arabe
(GAFTA) » qui est signé avec plusieurs pays arabes pour supprimer progressivement les
barrières tarifaires, on trouve aussi « Accord avec la Zone de libre-échange continentale
africaine (ZLECAf) » entrée en vigueur pour le Maroc en 2021 il vise à créer un marché
unique africain pour les biens et services, « Accord d’association avec l’Union européenne
(UE) - 2000 » Cet accord prévoit une zone de libre-échange. L’UE est le premier partenaire
commercial du Maroc. Cet accord inclut également des dimensions politiques et sociales. Il
est nécessaire d’utiliser des documents pour prouver l’origine des marchandises, pour que
l’importer bénéficie des exonérations ou des réductions dans les droits de douane. La preuve

25
Article 42 du Code des douanes et impôts indirects, Dahir n°1-77-339 du 2 octobre 1977, tel que modifié et
complété. Consultable sur le site officiel de l’Administration des Douanes et Impôts Indirects du
Maroc : [Link].

26
d’origine se fait à l’aide d’un certificat d’origine ou en le mentionnant dans les documents
commerciaux qui constituent la déclaration.26

la Partie contractante pour recueillir les données servant à l'établissement des statistiques du
commerce d'importation et d'exportation; Ensuite la fausse déclaration de catégorie ; il est
considéré comme contravention de deuxième classe toute déclaration erronée ou incorrecte
dans la nature, cette erreur peut entrainer une réduction des droits et taxes dus. « 4° - sans
préjudice des dispositions de l’article 285 (13°) ci-dessus, toute fausse déclaration ou
manœuvre à l’importation ou à l’exportation, lorsqu’un droit ou une taxe se trouve éludé ou
compromis par cette fausse déclaration ou cette manœuvre. » 27

Ce type d’infraction peut être commis lors de l’importation ou l’exportation de marchandises


par des déclarations inexactes, ou par l’octroi d’un code tarifaire a une marchandise qui ne lui
correspond pas, dans un intentions d’éluder o diminuer le montant des droits et taxes. 28p348
On trouve aussi la fausse déclaration de la valeur ; après conclusion de la convention de
BRUXELLES du 15 décembre 1950 qui a entrée en vigueur le 28 juillet 1953, qui était sur la
nomenclature29pour la classification des marchandises, a été remplacée par la convention
internationale sur le système harmonise de désignation et de codification des marchandises
adoptée a Bruxelles le 14 juin 198330
Dans son premier article « Aux fins de la présente Convention on entend :
- par Système harmonisé de désignation et de codification des marchandises, dénommé
ci-après le système harmonisé : la nomenclature comprenant les positions et sous-
positions et les codes numériques y afférents, les notes de sections, de chapitres et de
sous-positions ainsi que les règles générales pour l'interprétation du Système
harmonisé, figurant dans l'annexe à la présente Convention;

26
،2022 ،‫ الطبعة األولى‬،‫ شرح مبسط ومقارن لمقتضيات مدونة الجمارك والضرائب غير المباشرة‬:‫ المفيد في القانون الجمركي‬،‫خالد هشام‬
343 .‫ ص‬،‫ الرباط‬،‫مطبعة المعارف الجديدة‬

27
Article 294 du Code des douanes et impôts indirects, Dahir n°1-77-339 du 2 octobre 1977, tel que modifié et
complété. Consultable sur le site officiel de l’Administration des Douanes et Impôts Indirects du
Maroc : [Link].
28
‫ شرح مبسط ومقارن لمقتضيات مدونة الجمارك والضرائب غير‬:‫ المفيد في القانون الجمركي‬،‫خالد هشام‬
348 .‫ ص‬،‫ الرباط‬،‫ مطبعة المعارف الجديدة‬،2022 ،‫ الطبعة األولى‬،‫المباشرة‬.
29
La Nomenclature douanière (également appelé Nomenclature Combinée (NC)) est un système de désignation
et de codification des marchandises au niveau de l’Union Européenne.
30
Ghenadie Radu : L’origine des marchandises : un élément controversé des échanges commerciaux
internationaux. Thèse de Doctorat présentée et soutenue publiquement le 22 juin 2007, Université Pierre Mendès
France, p. 70 et 71.

27
- par nomenclature tarifaire : une nomenclature établie selon la législation de la Partie
contractante pour la perception des droits de douane à l'importation;
- par nomenclatures statistiques : des nomenclatures de marchandises élaborées par
- par nomenclature tarifaire et statistique combinée : une nomenclature combinée
intégrant la nomenclature tarifaire et les nomenclatures statistiques et juridiquement
prescrite par la partie contractante aux fins de la déclaration des marchandises à
l'importation;
- par Convention portant création du Conseil : la Convention portant création d'un
Conseil de coopération douanière faite à Bruxelles le 15 décembre 1950;
- par Conseil : le Conseil de coopération douanière visé au paragraphe e) ci-dessus;
- par Secrétaire général : le Secrétaire général du Conseil;
- par ratification : la ratification proprement dite, l'acceptation ou l'approbation. » 31
Les articles 20 à 20 duodecies du CDII établissent les règles détaillées relatives à la
détermination de la valeur en douane des marchandises importées et exportées, est crucial
pour le calcul des droits et taxes l’article 20 définit la valeur en douane comme étant la
valeur en douane de marchandises au point d’entrée ou de sortie, hors droits et taxes.
L’article 20 ter prévoit l’ajustement de la valeur transactionnelle en y ajoutant notamment
la valeur des biens et services fournis par l’acheteur, les redevances, les frais de transport.
Lorsque cette méthode est inapplicable, les articles 20 quater à 20 octies introduisent des
méthodes alternatives appliquées successivement : la valeur de marchandises identiques
l’article 20 quinquies, 20 sexies, la méthode déductive fondée sur le prix de revente ou
calculée à partir des couts de production prévus dans l’article 20 septies, et la méthode de
dernier recours prévus dans l’article 20 octies fondée sur les données raisonnables,
l’article 20 nonies apporte des définitions comme les marchandises identiques, personnes
liées, l’article 20 decies garantit la confidentialité des informations fournis, l’article 20
undecies impose la déclaration des éléments de la valeur en douane avec la déclaration en
détail, enfin l’article 20 duodecies habilite l’administration à vérifier la valeur déclarée et
à recourir aux méthodes alternatives si les preuves sont jugées insuffisantes. Cela assure
une évaluation équitable et transparente de la valeur en douane, tout en s’alignant sur les
principes de OMC.
La distinction entre la simple rectification de la valeur sans sanction pécuniaire et celle
accompagnée d’une amende repose principalement sur la présomption ou non de l’intention
31
Article 1 de la Convention de Bruxelles du 6 juin 1950 relative à la nomenclature douanière, texte fondateur
du Système harmonisé de désignation et de codification des marchandises. Consultable via les archives de
l’Organisation mondiale des douanes (OMD).

28
frauduleuse. Cette intention se manifeste lorsque le contrevenant cherche à diminuer le prix
des droits de douanes en falsifiant les données réelles de l’opération commerciale par des
informations inexactes qui ne reflètent pas le prix qui doit figurer dans les documents
commerciaux. Un tel comportement s’apparente à un acte de faux, passible normalement
d’une sanction privative de liberté. « Toute personne qui de l'une des manières prévues à
l'article 354 commet ou tente de commettre un faux en écritures de commerce ou de
banque est punie de l'emprisonnement d'un à cinq ans et d'une amende
de 250 à 20.000 dirhams.
Le coupable peut, en outre, être frappé de l'interdiction de l'un ou
plusieurs des droits mentionnés à l'article 40 et d'une interdiction de séjour qui ne peut
excéder cinq ans.
La peine peut être portée au double du maximum prévu au premier alinéa lorsque le
coupable de l'infraction est un banquier, un administrateur de société et, en général, une
personne ayant fait appel au public en vue de l'émission d'actions, obligations, bons, parts ou
titres
quelconques, soit d'une société, soit d'une entreprise commerciale ou industrielle. »32 code
pénal. Par contre le législateur a limiter les sanctions a des amendes pécuniaires sans recourir
à l’emprisonnement, car il y a une certaine difficulté de prouver matériellement le faux dans
les document commerciaux. 33

Contravention de troisième classe


Ces contraventions sont généralement :
- L’entrave à l’exercice des fonctions des agents de douanes
- Le refus d’obtempérer aux injonctions des services douaniers par le conducteur
- La détérioration des scellés utilises par les agents de l’administration
- Le refus de présentation des documents visés à l’article 42 du CDII, en entend par
document en matière de douane « h) "document" : tout support, quel que soit le
procédé technique utilisé contenant un ensemble de données ou de renseignements tels
que papiers, bandes magnétiques, disques et disquettes, microfilms … »34 art 1
32
Article 357 du Code des douanes et impôts indirects, Dahir n°1-77-339 du 2 octobre 1977, tel que modifié et
complété. Consultable sur le site officiel de l’Administration des Douanes et Impôts Indirects du
Maroc : [Link].

33
،2022 ،‫ الطبعة األولى‬،‫ شرح مبسط ومقارن لمقتضيات مدونة الجمارك والضرائب غير المباشرة‬:‫ المفيد في القانون الجمركي‬،‫خالد هشام‬
365 .‫ ص‬،‫ الرباط‬،‫مطبعة المعارف الجديدة‬.

34
Article 1 du Code des douanes et impôts indirects, Dahir n°1-77-339 du 2 octobre 1977, tel que modifié et
complété. Disponible sur le site officiel de l’Administration des Douanes et Impôts Indirects du

29
La non-exécution, par l’exploitant d’un entrepôt des engagements inscrits dans le cahier
des charges prévu « 1° L’exploitation des magasins et aires de dédouanement est soumise au
respect d’un cahier de charges établi par l’administration et à la souscription, par
l’exploitant, d’une soumission générale cautionnée ou toute autre garantie agréée par
l’administration, portant engagement :

a) de présenter les marchandises placées dans les magasins et aires de dédouanement,


à première réquisition des agents de l’administration ;

b) d’acquitter les droits et taxes dus sur les marchandises manquantes ainsi que, le cas
échéant, les pénalités prévues par la législation en vigueur et,

c) à l’expiration des délais visés à l’article 62-5 ci-dessus, de remettre à


l’administration les marchandises abandonnées dans les magasins et aires de
dédouanement; » 35

- L’exercice de la profession de transitaire sans l’obtention de l’agrément requis


conformément « 1° Nul ne peut faire profession d’accomplir pour autrui les
formalités de douane concernant la déclaration en détail des marchandises s’il
n’a pas été agréé comme transitaire en douane;

2° L’agrément de transitaire est délivré sur demande du requérant selon les conditions
suivantes:

a) jouir de ses droits civiques ;

b) être titulaire d’une licence ou d’un diplôme reconnu équivalent. Toutefois, sont
dispensés de cette obligation:

- les agents de l’administration classés au moins à l’échelle 10 du statut général de la


fonction publique et ayant accompli quinze (15) années d’exercice effectif au sein de
l’administration ;

- les gérants des personnes morales exerçant l’activité de transit ayant accompli au
moins quinze (15) années d’expérience en cette qualité.

c) justifier de références professionnelles en matière douanière portant au minimum sur


trois ans ;

Maroc : [Link].
35
Article 63 du Code des douanes et impôts indirects, Dahir n°1-77-339 du 2 octobre 1977, tel que modifié et
complété. Consultable sur le site officiel de l’Administration des Douanes et Impôts Indirects du
Maroc : [Link].

30
d) satisfaire à un test d’aptitude professionnelle organisé par l’administration selon des
conditions et modalités fixées par arrêté du ministre chargé des finances.

Lorsque la demande d’agrément concerne une personne morale, la (ou les) personne(s)
habile(s), proposée(s) pour représenter en douane ladite personne morale doit (doivent)
remplir les conditions ci-dessus.

3° L’agrément est donné par décision du ministre chargé des finances prise sur
proposition du directeur de l’administration et après avis de la chambre de discipline des
transitaires en douane agréés, prévue par l’article 71 ci-après et d’un comité consultatif dont
la composition est fixée par décret pris sur proposition du ministre chargé des finances ;

La décision ministérielle peut fixer le ou les seuls bureaux de douane pour lesquels
l’agrément est valable ;

4° L’agrément de transitaire en douane est donné à titre personnel. Lorsqu’il s’agit


d’une société, il doit être obtenu pour la société et pour toute personne habile à déclarer pour
son compte. »36

- Souscription des déclarations en détail pour le compte d’autrui sans


l’autorisation

« 1° Toute personne physique ou morale qui, sans exercer la profession de transitaire,


entend à l’occasion de son industrie ou de son commerce, faire à la douane des déclarations
pour autrui, doit obtenir l’autorisation de dédouaner ;

2° Cette autorisation est accordée pour des opérations portant sur des marchandises
déterminées, dans les conditions et formes prévues aux 2° et 3° de l’article 68 ci-dessus. »

- L’omission de la déclaration des devises autorisées, et les documents


commerciaux. « Les pièces de monnaies, les effets de commerce, les billets de
banque, les autres moyens de paiement et les instruments financiers négociables
au porteur sont soumis, à l’entrée ou à la sortie du territoire assujetti, à une
déclaration dont la forme est fixée par voie réglementaire, lorsque leur valeur

36
Article 68 du Code des douanes et impôts indirects, Dahir n°1-77-339 du 2 octobre 1977, tel que modifié et
complété. Disponible sur le site officiel de l’Administration des Douanes et Impôts Indirects du
Maroc : [Link].

31
est égale ou supérieur à 100.000 dirhams. »37. Cette contravention est punie par
une amende égale au montant non déclaré.
- Le dépôt d’une déclaration en détail non accompagnée des documents exigées
conformément à la législation et a la règlementation en vigueur.

Contraventions de quatrième classe


Ces contraventions sont constituées par :

- La violation des lois et règlements dont l’application est confiée à l’administration,


lorsqu’elles ne sont pas spécifiquement sanctionnées par un texte particulier.
- Les violations des dispositions du code des douanes et des textes, lorsqu’elles ne sont
pas expressément sanctionnées par ce même code.
- Toute omission ou inexactitude concernant une donnée devant figurer dans les
déclarations, lorsque cette infraction n’a pas d’effet sur l’application des droits, taxes,
interdictions ou restrictions.
- Toute omission d’inscription dans les registres comptables et autres document dont la
tenue est obligatoire.
- La violation des dispositions des Article 36, 49-1*, 53-1*et 2*, 54-1*, 57-1*et 3* du
CDII
- Toute infractions aux mesures conservatoires ordonnées par l’autorité administrative.
- Infractions aux dispositions de l’art 23-1*b qui concerne le non-respect des règles de
qualité ou de conditionnement à l’importation ou à l’exportation, sans incidence
fiscale
Parmi les exemples d’infractions susceptibles d’être qualifiées comme contravention de
quatrième classe :
- Le non-téléversement, des documents annexes à la déclaration dans un délai de huit
jours suivant la date de mainlevée des marchandises, dans le système informatique
« BADR » ;
- L’annulation d’une déclaration douanière ;
- L’enregistrement du bordereau de la déclaration détaillée hors du délai légal ;
- Le non-dépôt, dans les délais, de la déclaration complémentaire, à la suite de la
détention de marchandises dans le cadre d’une déclaration simplifiée ;

37
Article 66 bis du Code des douanes et impôts indirects, Dahir n°1-77-339 du 2 octobre 1977, tel que modifié
et complété. Consultable sur le site officiel de l’Administration des Douanes et Impôts Indirects du
Maroc : [Link].

32
- Le non-respect du délai de réimportation de marchandises exportées temporairement,
soit dans le cadre du régime du perfectionnement actif, soit dans celui du régime de
l’exportation temporaire ;
- Le non-respect des engagements figurant dans les documents douaniers ;
- La rectification de la déclaration, lorsqu’elle n’a pas d’effet fiscal ou n’impacte pas la
régulation du commerce extérieur, du contrôle des changes ou d’autres
réglementations spécifiques ;
- Le dépôt tardif de la déclaration ;
- La détention de marchandises soumises à l’obligation de marquage fiscal,
portant un marquage non conforme au produit, sans impact fiscal.38
- En ce qui concerne la coercition administrative, qui se présente comme étant la
violation des exigences « 1° Tout agent de l’administration destitué de son emploi ou
qui le quitte pour quelque cause que ce soit est tenu de remettre, immédiatement à
cette administration sa commission d’emploi, les registres, sceaux, armes, effets et
objets d’équipement dont il était chargé pour son service et de rendre ses comptes ;

2° Il doit également restituer à l’administration tous les signes distinctifs de l’uniforme


en sa possession. »39

Il est connu que cette violation a été organisée conformément à « Le directeur de


l’administration peut décerner contrainte pour l’exécution de l’obligation prévue par
l’article 36 du présent code. 40

La contrainte est notifiée par les agents de l’administration.

La contrainte ne peut être exercée au-delà d’un délai de 15 ans à compter de la date de
sa notification. » 41

38
،2022 ،‫ الطبعة األولى‬،‫ شرح مبسط ومقارن لمقتضيات مدونة الجمارك والضرائب غير المباشرة‬:‫ المفيد في القانون الجمركي‬،‫خالد هشام‬
383 .‫ ص‬،‫ الرباط‬،‫مطبعة المعارف الجديدة‬.

39
Article 36 du Code des douanes et impôts indirects, Dahir n°1-77-339 du 2 octobre 1977, tel que modifié et
complété. Disponible sur le site officiel de l’Administration des Douanes et Impôts
Indirects : [Link].

40
IDEM
41
Article 271 du Code des douanes et impôts indirects, Dahir n°1-77-339 du 2 octobre 1977, tel que modifié et
complété. Consultable sur le site officiel de l’Administration des Douanes et Impôts Indirects du
Maroc : [Link].

33
Par conséquent, cette coercition ne doit pas être considérée entant contravention, car il
s’agit d’une mesure similaire à celle consistant à contraindre un employé retraité à remettre sa
résidence officielle conformément à la procédure administrative suivie à cet égard. 42

Partie 2 : Pour une optimisation de la lutte contre les infractions douanières


en droit marocain
Face à la sophistication croissante des infractions douanières, les mécanismes de lutte mis en
place par le législateur marocain doivent faire preuve d’efficacité, d’adaptabilité et de
cohérence.

42
،2022 ،‫ الطبعة األولى‬،‫ شرح مبسط ومقارن لمقتضيات مدونة الجمارك والضرائب غير المباشرة‬:‫ المفيد في القانون الجمركي‬،‫خالد هشام‬
384 .‫ ص‬،‫ الرباط‬،‫مطبعة المعارف الجديدة‬.

34
Chapitre 1 : Étude des mécanismes répressifs et procéduraux
La lutte contre les infractions douanières repose sur un ensemble de mécanismes juridiques,
tant sur le plan de la répression que des procédures à suivre.

35
Section 1 : La procédure de contestation, le rôle de l’administration douanière et les modes de
règlement des litiges
a. Le rôle de l’administration douanière
L’administration des douanes et impôts indirectes ADII est une administration complexe mais
en évolution, joue un rôle crucial dans la gestion de l’économie du Royaume, elle fait partie
du Ministère de l’économie et des finances.
L´ADII impose les droits et taxes pour l’importation et l’exportation, garantit les échanges
internationaux tout en protégeant l’économie international, sans oublier son rôle crucial contre
la lutte contre la fraude commerciale et la contrebande.
L´ADII vise à garantir le respect de la règlementation douanière en ce qui concerne le
commerce extérieur, et la sécurité sanitaire.

36
L´ADII joue deux rôles, le premier est un rôle conservatoire et de contrôle ; c’est-à-dire
l’administration agit pour préserver les droit de l´État en vérifiant les marchandises, et les
déclarations, à l´écart du rôle conservatoire et de contrôle l´ADII joue aussi un rôle répressif ,
en cas de constatation d’une infraction douanière que ce soit contravention ou délit , elle
constate l’infraction, et dresse un procès-verbal qui représente la preuve matérielle de la
commission de l’infraction douanière et éventuellement, de son imputabilité à ceux qui en
sont les auteurs (art 241 et suivant ), elle dispose de larges prérogatives d’enquête, de saisie,
de sanction et de transaction.
Hors l´ADII joue un rôle stratégique dans la modernisation du système douanier au Maroc en
intégrant des plateformes pour les procédures digital ( BADR, PortNet ), BADR signifie le
Bureau Automatisé de Déclaration des Régimes, et PortNet, la plateforme de
dématérialisation du passage des marchandises au port, ces plateformes ont été conçues pour
faciliter les échanges. Ainsi la gestion des risques douaniers et l’analyse des coopérations
internationales avec les douanes étrangères , tout cela vise à garantir l’efficacité fiscale, la
sécurité économique, l’amélioration de la rapidité et l’efficacité des opérations liées à
l’importation et l’exportation des biens tout en faisant partie du développement numérique du
pays. Le territoire douanier est composé principalement d’une zone maritime qui est limitée
aux eaux territoriales marocaines d’où les agents douaniers peuvent procéder au contrôle 43, et
une zone terrestre autrement dit territoire assujettit qui inclut aussi les ports, les rades, les
plateformes « offshore » .44

b. Les procédures de contestation


Selon les dispositions du code des douanes et impôts indirectes CDII toute personne faisant l
´objet d’une poursuite douanière a le droit de contester la décision de l´administration.
Généralement la procédure de contestation débute par le contrôle douanier qui permet
de relever les infractions, ensuite l’administration notifie le contrevenant ou son représentent
par un procès-verbal45 , ensuite une mise en cause est adressée avec détails sur les faits
reprochés, ainsi les fondements juridiques et les sanctions prévues, le contrevenant dispose
d’un délai de 30jrs soit pour accepter la transaction proposée par l’administration, ce qui

43
Abdellah Boudahrain, Le droit douanier marocain : à l'épreuve de la gouvernance du marché, 1ère éd., Rabat,
Dar Assalam, 2007, p 457
44
Article 1, point b du Code des Douanes et des Impôts Indirects, promulgué par le Dahir n° 1-77-339 du 25
chaoual 1397 (9 octobre 1977)
45
Le procès-verbal est l’exposé écrit des faits qui constituent une infraction. Afin d’emporter
l’adhésion du juge, le PV relate la démarche observée par les agents verbalisateurs en vue de la
recherche et de la constatation. En douane le procès-verbal est le mode de preuve le plus usité compte tenu des
avantages à tirer de la force probante de celui-ci.

37
met fin à la procédure contentieuse contre le paiement d’une amende forfaitaire ou refuser la
transaction et engager une procédure contentieuse devant le tribunal de première instance
compétent, souvent celui du lieu de l’infraction ou la résidence. « L’administration a le droit
de transiger avec les personnes poursuivies pour infractions de douane et impôts indirects,
soit avant, soit après jugement définitif.

Lorsque la transaction devenue définitive intervient avant jugement définitif, elle éteint,
à l’égard des parties contractantes, l’action du ministère public aussi bien que celle de
l’administration.

Lorsqu’elle intervient après un jugement définitif, la transaction laisse subsister


l’emprisonnement et la mesure de sûreté personnelle prévue par l’article 220-1° »46

Après examen, l’administration peut soit maintenir sa position et engager une procédure,
souvent la douane s’intéresse directement aux juridictions pour amener le contrevenant sur la
table de négociations tout en étant en position de force pour avoir une transaction à son
profit.47

 La procédure amiable
La procédure amiable autrement dite la transaction « La transaction est un contrat par lequel
les parties terminent ou préviennent une contestation moyennant la renonciation de chacune
d'elles à une partie de ses prétentions réciproques, ou la cession qu'elle fait d'une valeur ou
d'un droit à l'autre partie » douanière est un accord entre l’administration et le contrevenant
48

pour éviter le recours au tribunal, cette procédure est encadré par des conditions tout d’abord
elle doit être accepter par les deux parties ( l´ADII et le contrevenant ). Elle peut comporter un
paiement d’une amende transactionnelle, ou la restitution de la marchandise ou un
renoncement à certaines poursuites . Lorsque la transaction intervient après le rendu du
jugement , elle ne permet d’effacer que les peines pécuniaires, telles que les amendes, mais
elle ne supprime pas les peines privatives de liberté. De plus, la condamnation reste inscrite au
casier judiciaire de la personne concernée. La transaction est limitée à l’infraction douanière
concernée et non pas sur les infractions de droit commun. Si la transaction est conclue avec
46
Article 273 du Code des Douanes et des Impôts Indirects, promulgué par le Dahir n° 1-77-339 du 25 chaoual
1397 (9 octobre 1977)
47
Abdellah Boudahrain, Le droit douanier marocain, 1ʳᵉ éd., Rabat, Dar Essalam, 2007, p. 418.
48
Article 1098 du Dahir formant Code des Obligations et des Contrats (DOC), promulgué par le dahir du 9
ramadan 1331 (12 août 1913) [Link]
TSPD_101_R0=08ab648829ab2000e4e31382c2c16faf7b229007bb804099df4337b584974520935326b3233b68f
808568f02d61430001edf12dcceb86a5663b0294451eaaeb6a348c5e87271134625a16a15d53fca396f23bc2caf354
6fb73b8df9055aee12e.

38
certains auteurs, l’Administration des douanes a la possibilité de continuer les poursuites
contre les complices, les coauteurs. Ce principe reste valable même si la plainte est retirée.
En ce qui concerne des infractions sensibles comme le trafic de stupéfiants, d’armes ou la
falsification de monnaie, une transaction reste possible, mais elle nécessite l’autorisation du
service central compétent. Ce type de transaction ne peut être envisagé qu’une fois les auteurs
déférés devant le parquet, avec dépôt préalable d’une plainte formelle.49

 La procédure judiciaire
La procédure judiciaire , le recours à cette procédure peut avoir lieu si la transaction échoue,
l’administration saisit le tribunal de première instance compètent, et le juge examine le
procès-verbal et entend les parties , le contrevenant qui peut être représenter par un avocat et
le représentent de l’administration « L’administration peut se faire représenter à l’audience;
son représentant expose l’affaire au tribunal et dépose ses conclusions ».50
Le juge peut prononcer des amendes, ou la confiscation des marchandises ou des moyens de
transport, ça peut arriver à des peines d’emprisonnement dans le cas de délit.
Cette procédure prévoit trois types de poursuites ; en premier lieu on trouve la poursuite par
voies de plainte. La plainte constitue le moyen de poursuite le plus utilisé. Elle est rédigée à
partir du procès-verbal de saisie (dressé à l’occasion d’une saisie de marchandises, de moyens
de transport, de documents, des pièces de monnaies, des effets de commerce, des billets de
banque, et d’autre moyens de paiement et instruments financiers négociables au porteur ), du
procès-verbal d’audition (l’audition peut intervenir soit dans le cadre d’une enquête, soit dans
un cas de flagrant délit), ou de constat (établi suite à une enquête effectuée dans un local ou à
l’occasion de la constatation d’une opposition aux fonctions ou le cas d’absence de
l’infracteur à auditionner), fondé sur des pièces saisies compromettantes. Elle est adressée
au parquet du tribunal compétent qui accuse réception en apposant un cachet avec la date sur
un exemplaire du dossier, et contient l’identité complète des personnes mises en cause
(auteurs, coauteurs, complices), incluant leurs informations personnelles ou celles de leur
entreprise.
La plainte comporte deux parties principales : un résumé des faits tirés du procès-verbal, suivi
de la qualification juridique des infractions constatées. Elle inclut aussi une demande adressée

49
Administration des Douanes et Impôts Indirects du Maroc, « Document officiel relatif à la procédure
transactionnelle en matière douanière », consulté le 29 mai
2025, [Link]
50
Article 250 du Code des Douanes et des Impôts Indirects (CDII), promulgué par le dahir n° 1-77-339 du 9
octobre 1977, tel que modifié et complété, disponible sur le site de l’Administration des
Douanes : [Link]

39
au ministère public pour engager des poursuites, informer l’administration de la date de la
première audience pour qu’elle puisse présenter ses observations à temps. 51
En deuxième lieu on trouve la citation directe, est une procédure rapide qui évite l’instruction
préparatoire lorsqu’une infraction est clairement établie. Elle permet de saisir directement le
tribunal afin qu’il se prononce sur la culpabilité d’un prévenu désigné. Elle prend la forme
d’un acte solennel, notifié au contrevenant, et adressé au président du tribunal compétent. La
présence à l’audience est obligatoire ; en cas d’absence injustifiée, le jugement est réputé
contradictoire et non susceptible d’opposition. La citation directe doit indiquer précisément la
date, l’heure et le lieu de l’audience, les faits reprochés, la nature des infractions, leur lieu et
date de commission, ainsi que les textes applicables. Le non-respect de ces exigences entraîne
la nullité de l’acte. Les délais de comparution varient selon le lieu de résidence du prévenu : 8
jours au Maroc, 2 mois dans les pays du Maghreb ou en Europe, et 3 mois pour les autres
pays.52
En troisième lieu on trouve le cas de flagrant délit, dans lequel l’accusé placé en garde à vue
est présenté au Parquet avant l’expiration du délai de garde à vue, accompagné de la plainte.
Le Parquet l’interroge puis le présente à l’audience dans les délais légaux.
S’il s’agit d’un crime flagrant lié à une infraction douanière (comme le faux et usage de faux),
le prévenu est présenté au procureur général. Il convient alors de vérifier auprès du juge si de
nouveaux éléments ont révélé d’autres infractions douanières, afin de déposer une plainte
complémentaire si nécessaire.53

Section 2 : Typologie des sanctions


Après avoir évoqué les infractions ainsi que le rôle de l´ADII et les différents procédures, c
´est au tour des différents types de sanctions ; comme toute autre infractions dans n’importe
quel domaine.

a. Les sanctions administrative


En droit douanier on retrouve en premier lieu les sanctions administratives, qui sont souvent
prononcer par l’administration des douanes, sans passer par un juge, et ça peut être des
amendes forfaitaires dans le cas des conventions simples, la saisie des marchandises en
infraction ou la confiscation des moyens de transport , retrait d’agrément si c´est un

51
Administration des Douanes et Impôts Indirects, Partie XIV.[Link].01.01 – La plainte est le mode de
poursuite le plus usité, consultable sur : [Link]
52
Administration des Douanes et Impôts Indirects, Partie XIV.[Link].01.02 – La citation directe,
disponible sur : [Link]
53
Administration des Douanes et Impôts Indirects, Partie XIV.[Link].01.03 – Cas du flagrant délit,
consultable sur : [Link]

40
commissionnaire en douane, le refus de bénéfice des régimes suspensifs si l’administration
temporaire ou l’entrepôt , enfin le blocage ou suspension des opérations douanières . Ces
sanctions peuvent être annulées ou atténuées dans le cadre d’une transaction administrative.

b. Les sanctions pénales


Les sanctions pénales, prononcées par le tribunal dans le cas de délit douanier , peuvent être
amendes pénales, proportionnel à la valeur des droits éludes ou marchandises ou
emprisonnement dans le cas de contrebande ou la fraude organisée ou aussi la récidive , la
confiscation obligatoire des marchandises et moyens de transport impliqués .
En ce qui concerne les sanctions fiscales on trouve des mesures de redressement ou de
régularisation comme le paiement des droits et taxes avec majoration ou pénalité de retard ou
avec l’intérêt moratoire , on trouve aussi que en cas de fraude le montant du peut être
multiplie (amende = 2 fois les droits éludés ).

 Les sanctions des délits douaniers


Au sujet des délits de première classe, sont punis d’un emprisonnement de un à trois ans,
d’une amende égale à deux fois la valeur des marchandise, la confiscation des marchandises,
ainsi des moyens de transport et des marchandises servant à masquer cette fraude.54
Les délits de deuxième classe sont généralement punis par un emprisonnement d’un mois à un
an, d’une amende égale à trois fois le montant des droits et taxes pour les infractions visées
aux 1°, 2°, 3°, 4°, 5°, 6° et 7° de l’article 28155, et une amende égale à deux fois la valeur des
marchandises pour les infractions visées aux 8° et 9° de l’article 281.5657

 Les sanctions des contraventions


Les contraventions douanières de première classe sont punies par une amende égale à deux
fois le montant des droits et taxes compromis ou éludés ; pour l’infraction relative à
l’exportation des marchandises prohibées58, d’une amende égale à la moitié de la valeur de ces
marchandises ; d’une amende égale à la valeur des marchandises objet des opérations
54
Article 279 quater du Code des douanes et impôts indirects, approuvé par le dahir portant loi n° 1-77-339 du
25 chaoual 1397 (9 octobre 1977),: [Link]
55
Article 281 du Code des douanes et impôts indirects, promulgué par le dahir portant loi n° 1-77-339 du 25
chaoual 1397 (9 octobre 1977), disponible sur : [Link]
56
IDEM
57
Article 282 bis du Code des douanes et impôts indirects, approuvé par le dahir portant loi n° 1-77-339 du 25
chaoual 1397 (9 octobre 1977), disponible sur : [Link]
58
Alinea 1 , Article 285 du Code des douanes et impôts indirects, approuvé par le dahir portant loi n° 1-77-339
du 25 chaoual 1397 (9 octobre 1977) :[Link]

41
douanières dont les documents n’ont pas été conservés, pour l’infraction visée au 15° de
l’article 28559 , ils sont aussi punis par la confiscation des marchandises de fraude, et des
moyens de transport dans les conditions prévues. 60 61
Les contraventions de deuxième classe sont punies par une amende égale à une fois et demie
le montant des droits et taxes dont sont passibles les marchandises :
pour les infractions visées aux 1°, 2°, 3° et 4° de l’article 294 et au 2° de l’article 56 62.
Ainsi pour l’infraction, relative à l’importation des marchandises prohibées, visée au 6°bis de
l’article 294, d’une amende de 3.000 à 30.000 dhs pour les infractions visées aux 5°, 6°,6 ter
et 8° de l’article 294 précité et au 3° de l’article 5663 . Et d’une amende égale à la moitié de la
valeur de ces marchandises pour l’infraction relative à l’exportation des marchandises
prohibées, et d’une amende égale au montant des avantages attachés à l’exportation
pour l’infraction visée au paragraphe 11° 64
.

S’agissant des sanctions réprimant les contraventions de troisième classe une amende de
80.000 à 100.000 dhs pour les infractions visées aux paragraphes 2° et 6°, ainsi une amende
de 30.000 à 60.000 dhs pour l’infraction visée au paragraphe 4°, 3.000 à 30.000 dhs pour les
infractions visées aux paragraphes 1° et 3°, et aussi 200.000 à 400.000 dhs pour l’infraction
visée au paragraphe 5°, et égale à la moitié du montant non déclaré pour l’infraction visée au
paragraphe 7° de l’article 297.65

59
Alinea 15, Article 285 du Code des douanes et impôts indirects, approuvé par le dahir portant loi n° 1-77-339
du 25 chaoual 1397 (9 octobre 1977) :[Link]
60
Article 212 du Code des douanes et impôts indirects, approuvé par le dahir portant loi n° 1-77-339 du 25
chaoual 1397 (9 octobre 1977), disponible sur : [Link]
61
Article 287 bis du Code des douanes et impôts indirects, approuvé par le dahir portant loi n° 1-77-339 du 25
chaoual 1397 (9 octobre 1977), disponible sur : [Link]
62
Articles 294 et 56 du Code des douanes et impôts indirects, approuvé par le dahir portant loi n° 1-77-339 du
25 chaoual 1397 (9 octobre 1977): [Link]
63
IDEM
64
Article 282 bis du Code des douanes et impôts indirects, approuvé par le dahir portant loi n° 1-77-339 du 25
chaoual 1397 (9 octobre 1977), disponible sur : [Link]

65
Article 297 du Code des douanes et impôts indirects, approuvé par le dahir portant loi n° 1-77-339 du 25
chaoual 1397 (9 octobre 1977), [Link]

42
Chapitre 2 : Perspectives et enjeux de l’action répressive en matière douanière
L’amélioration de l’efficacité de la répression douanière passe par une modernisation des
approches juridiques et techniques.

43
Section 1 : Les répercussions économiques des infractions douanières
Au Maroc, l'impact économique des infractions douanières se manifeste sous plusieurs
manières, affectant particulièrement le système fiscal, la concurrence entre les entreprises.

a. L’impact sur système fiscal


Les infractions douanières au Maroc entraînent une perte significative de revenus
fiscaux pour l'État, ce qui a des répercussions directes sur les finances publiques et le
développement économique. En raison de la fraude douanière, de la contrebande et de
l'utilisation de faux documents comme exemples, le pays voit son potentiel de collecte
d'impôts gravement altéré. Les estimations indiquent que la fraude douanière engendre
une diminution significative des recettes fiscales, étant donné que chaque violation
non détectée représente non seulement une perte de taxe sur les importations mais
également une érosion de la confiance dans le système fiscal. Cette perte se chiffre en
milliards de dirhams, réduisant les capacités de financement de l'État. Cela aurait pu
être réinvestie dans des secteurs essentiels tels que la santé, l'éducation et les
infrastructures. Par ailleurs, ces pertes fiscales affectent la capacité de l'État à financer
des projets de développement local, aggravant ainsi les inégalités sociales et

44
économiques. Dans un contexte où le Maroc cherche à renforcer son attractivité sur le
plan des investissements étrangers, la propagation des infractions douanières devient
un obstacle aux flux de capitaux.

b. L’impact sur la concurrence


Les entreprises respectueuses des règles fiscales se trouvent désavantagées par rapport
à leurs concurrents qui ne respectent pas les réglementations, ce qui freine la
concurrence loyale et réduit les incitations à investir légalement. En conséquence, la
lutte contre les infractions douanières apparaît non seulement comme une nécessité
fiscale, mais également comme un impératif économique pour créer un environnement
propice à la croissance durable et à la réussite . L'impact des infractions douanières sur
la concurrence au Maroc est significatif et se manifeste à plusieurs niveaux.
Premièrement, la fraude douanière, en facilitant l'importation de biens à des prix bas ,
crée un déséquilibre dans le marché. Les entreprises respectant les réglementations
douanières se trouvent désavantagées face à des concurrents qui, par l'intermédiaire de
pratiques illégales, réussissent à réduire leurs coûts. Cela peut entraîner une guerre des
prix, où les acteurs légitimes sont contraints de baisser leurs prix pour rester
compétitifs, affectant ainsi leur rentabilité. De plus, la contrebande constitue une
menace considérable pour la santé économique des secteurs régulés, comme
l'agroalimentaire ou le textile. Les entreprises locales, qui investissent dans la
conformité et le respect des normes de qualité, voient leur part de marché s'éroder au
profit de produits non conformes. En conséquence, cela peut aussi décourager
l'investissement, car les investisseurs potentiels hésitent à s'engager dans un
environnement économique caractérisé par une concurrence déloyale. En outre, cette
situation incite souvent à un cercle vicieux, où des entreprises, ne pouvant plus
soutenir leurs activités face à cette concurrence, décident de réduire leurs effectifs ou
de fermer leurs portes. Il est également à noter que la concurrence faussée peut mener
à une diminution globale de l'innovation, les entreprises se concentrant davantage sur
la survie que sur le développement de nouveaux produits ou services. Ainsi, l'intégrité
et la régularité du marché sont compromises, affectant à long terme non seulement les
acteurs directs mais aussi les consommateurs, qui pourraient se retrouver avec des
choix de moindre qualité ou même dangereux pour leur santé et sécurité. La lutte
contre les infractions douanières apparaît donc non seulement comme une nécessité
pour la rentabilité des entreprises, mais également comme un impératif pour garantir

45
un cadre de concurrence équitable, et essentiel au développement économique durable
du Maroc.

Section 2 : La modernisation de l’action douanière marocaine :prévention, coopération


internationale
La douane joue un rôle crucial dans le développement économique et la sécurité d'un pays, et
au Maroc, cette institution se trouve à un tournant stratégique. Dans un contexte globalisé,
marqué par l'augmentation des échanges commerciaux et l'évolution des normes
internationales, la modernisation de l'action douanière est devenue une nécessité. Le Maroc,
en tant que pays tourné vers l'avenir, s'efforce d'adopter des pratiques douanières novatrices
qui répondent aux défis contemporains, notamment en matière de sécurité, de fiscalité et de
facilitation des échanges. Cette modernisation s'inscrit dans une démarche à la fois préventive
et proactive, visant à renforcer l'efficacité des services douaniers tout en améliorant la
coopération internationale. De plus, la modernisation de l'action douanière au Maroc vise non
seulement à lutter contre la fraude et la contrebande, mais également à promouvoir un climat
d'investissement favorable et une croissance économique durable. Le cadre juridique et
réglementaire, les avancées technologiques et la formation des agents douaniers constituent
des piliers essentiels de cette modernisation. Ainsi, cette introduction ouvre la voie à une
exploration approfondie des enjeux, défis et solutions innovantes que le Maroc doit considérer
pour transformer son dispositif douanier, en le rendant plus efficace et adapté aux besoins
d'une économie dynamique et mondialisée.

a. Digitalisation
La digitalisation des procédures douanières constitue un axe central de la modernisation de
l'action douanière au Maroc, visant à améliorer l'efficacité et la transparence des opérations
douanières. Les autorités douanières marocaines ont mis en place des systèmes
électroniques permettant la dématérialisation des formalités douanières. Ce processus
inclut la mise en œuvre de la déclaration douanière électronique, qui permet aux
importateurs et exportateurs de soumettre leurs documents en ligne, réduisant ainsi le
temps de traitement et les coûts associés. De plus, la numérisation facilite l'accès à
l'information en temps réel pour les opérateurs économiques, leur permettant de suivre
l'état de leur dossier depuis leur interface utilisateur. Les systèmes informatiques déployés
s'appuient également sur des bases de données interconnectées, permettant une vérification
plus rapide des informations et une meilleure lutte contre la fraude. En outre, la

46
digitalisation favorise la coopération entre les différentes administrations et agences
gouvernementales, rendant le processus douanier plus fluide et harmonisé.

a. La plateforme BADR
La plateforme BADR66 est le système d'information central développé par
l'Administration des Douanes et Impôts Indirects du Maroc dans le cadre de sa
stratégie de modernisation. Elle a été mise en service en 2008 et constitue aujourd’hui
l’un des principaux outils de dématérialisation et d’automatisation des procédures
douanières. Il prend en charge la totalité des procédures douanières tout en intégrant
des nouveaux concepts tels l’anticipation et l’interactivité avec l’opérateur. la douane
vise à assurer une meilleure maîtrise de la gestion et une plus grande efficacité de
contrôle des opérations de dédouanement. Il constitue le pilier sur lequel s’appuie le
concept de dédouanement électronique. Les utilisateurs de cette plateforme sont
principalement : Les consignataires maritimes et aériens, les dépoteurs et les
exploitants MEAD67 pour la phase de mise en douane (déclarations sommaires), les
transitaires et les opérateurs déclarants pour la phase de conduite en douane
(déclarations en détail), ainsi les transporteurs pour les états de chargement. 68

Cette plateforme a plusieurs avantages comme la réduction des délais de traitement,


BADR contribue à améliorer la compétitivité des entreprises marocaines, la plateforme
offre une meilleure traçabilité des opérations, renforçant ainsi la gouvernance et la
transparence, sans oublier la simplification des démarches pour les opérateurs.

Comme toute autre plateforme BADR a plusieurs objectifs notamment la


dématérialisation des procédures douanières, ainsi l’automatisation des processus,
l’interconnexion avec d’autre système surtout PortNET, et le renforcement de la
transparence et la traçabilité.

 PortNet
Il est également à noter que le Maroc a adopté la plateforme nationale « PortNet », qui
regroupe l'ensemble des acteurs de la logistique portuaire pour une gestion transparente et
synchronisée des opérations portuaires et douanières, favorisant ainsi des échanges
commerciaux plus efficaces et moins bureaucratiques. Le Guichet Unique PortNet constitue

66
Base Automatisée des Douanes en Réseau
67
Magasins et aires de dédouanement
68
Administration des Douanes et Impôts Indirects (ADII), Base Automatisée des Douanes en Réseau (BADR),
disponible sur : [Link]

47
un outil destiné à renforcer la compétitivité de l’économie nationale ainsi que celle des
opérateurs du commerce international. Sa particularité réside dans le fait qu’il est accessible à
toutes les entreprises et couvre l’ensemble des procédures susceptibles d’intéresser les
opérateurs économiques et de favoriser leur compétitivité. Il a été étendu à tous les ports
commerciaux sous la gestion de l’Agence Nationale des Ports (ANP), ainsi qu’aux autres
processus du commerce extérieur dans toutes ses dimensions : aéroportuaire, régalienne,
logistique et financière.69 Cette plateforme a pas mal d’objectifs, la simplification et
l’accélération des démarches, le renforcement de la transparence et de la traçabilité car la
plateforme offre une meilleure visibilité sur le statut des marchandises ce qui facilite ainsi le
suivi des opérations et assure une meilleure coordination entre les différents acteurs du
commerce extérieur, et aussi la dématérialisation des procédures. Cette plateforme gère les
titre d’importation et d’exportation70, procède le suivi des marchandises71, soumis les
documents électroniques, et met a disposition des utilisateurs un centre de relation accessible
24h/24 et 7j/7.72 Depuis son lancement, PortNet a joué un rôle clé dans la modernisation et la
simplification des procédures douanières et commerciales au Maroc. Cette plateforme a
contribué à accélérer les délais de traitement des opérations, à renforcer la compétitivité des
entreprises marocaines à l’échelle internationale, tout en améliorant la transparence des
échanges commerciaux.

b. Coopération international
La coopération internationale en matière douanière est essentielle pour répondre
efficacement aux défis mondiaux liés à la fraude, à la contrebande et à la sécurité des
échanges. Le Maroc a tissé un réseau de partenariats avec plusieurs organisations
régionales et internationales, telles que l'Organisation mondiale des douanes73 (OMD),
l'Union africaine « AfriDou@ne » ; est une initiative de coopération internationale initiée
par l’Administration des Douanes et Impôts Indirects (ADII) en décembre 2024, dans le
cadre de son Plan Stratégique 2024-2028. Ce programme vise à encourager l’échange
d’expériences et de bonnes pratiques entre les administrations douanières africaines,

69
Maroc Diplomatique, « Douane et PortNet : Nouveau service en ligne », 11 novembre 2020, disponible
sur : [Link]
70
PortNet S.A., Guide utilisateur PortNet : Titre d’importation, version 0.7, 2024, disponible
sur : [Link]
71
IDEM
72
Marocain, « PortNet : Un dispositif complet pour simplifier et sécuriser les démarches des opérateurs
économiques à l’international », 4 mars 2025, disponible sur : [Link]
pour-simplifier-et-securiser-les-demarches-des-operateurs-economiques-a-linternational/
73
Organisation mondiale des douanes (OMD), Présentation de l’OMD, disponible sur : [Link]

48
conformément à la politique de coopération Sud-Sud soutenue et promue par le Maroc74 ,
et le Conseil de coopération du Golfe, Le Maroc développe une collaboration active avec
les pays du Conseil de Coopération du Golfe afin d'améliorer les échanges commerciaux et
la gestion des opérations douanières. Cette coopération vise à renforcer les contrôles contre
la fraude et à faciliter la circulation des marchandises entre les deux régions. En établissant
des partenariats stratégiques avec les États du Golfe, le Maroc cherche à stimuler son
intégration économique régionale tout en offrant un cadre sécurisé et efficace pour les
opérateurs économiques, permettant ainsi une harmonisation des pratiques douanières et
des échanges d'expériences. Ces réseaux facilitent non seulement les échanges de bonnes
pratiques mais aussi le développement d'outils technologiques nécessaires à l'optimisation
des processus douaniers. De plus, la participation du Maroc à des initiatives comme le
Programme de facilitation des échanges de l'OMD75 témoigne de son engagement vers une
intégration plus poussée dans le système commercial mondial, tout en répondant aux
exigences de transparence et de sécurité. En outre, le Maroc a également collaboré avec
des pays voisins pour élaborer des stratégies conjointes visant à renforcer la coordination
douanière à travers des projets multilatéraux. Ces initiatives visent à réduire les délais de
traitement aux frontières, à améliorer le traitement des marchandises et à permettre une
réaction rapide face aux cas de fraude transfrontalière. En intégrant des plateformes
d'échange d'informations et en créant des groupes de travail dédiés, le Maroc renforce son
efficacité opérationnelle tout en consolidant les relations diplomatiques et commerciales
avec ses partenaires. Au-delà des aspects techniques, ces réseaux de coopération favorisent
également la coopération judiciaire, essentielle pour le traitement des infractions
douanières, en permettant des actions coordonnées à l'échelle régionale et mondiale.
L'ensemble de ces efforts s'inscrit dans une démarche globale visant à moderniser l'action
douanière au Maroc et à en faire un acteur incontournable dans le contexte international
des douanes.

74
Administration des Douanes et Impôts Indirects (ADII), AfriDou@ne : Programme de coopération
internationale, disponible sur : [Link]
75
Administration des Douanes et Impôts Indirects (ADII), Coopération internationale, disponible sur :
[Link]

49
Conclusion
Il est incontestable que le droit douanier fait partie des piliers de l’économie de notre pays. Au
Maroc, ce domaine est d'une importance cruciale, tant sur le plan économique que social, car
il régule le commerce international en garantissant à la fois la sécurité des échanges et la
protection des industries locales. Ce domaine est dans l’obligation de respecter une certaine
évolution pour s'adapter aux changements du commerce international et en nécessités d’une
économie mondiale en mutation. Le droit douanier occupe une place centrale dans la
mobilisation des ressources fiscales destinées à soutenir le développement économique du
pays. Il constitue ainsi un pilier de la politique économique du Maroc, en régulant les
échanges commerciaux, en facilitant leur bon déroulement et en veillant à la préservation des
intérêts nationaux. Dans notre pays, les infractions douanières constituent un enjeu crucial
tant sur le plan économique que sociétal. Bien que les lois et réglementations en place soient
solides, leur mise en œuvre exige une application stricte et une vigilance constante face à
l’évolution des pratiques illicites. La fraude douanière, ainsi que l’évasion fiscale portent
atteinte aux recettes de l’État et fragilisent la compétitivité des entreprises respectueuses des
règles. Les mécanismes de contrôle douanier, appuyés par des méthodes d’inspection strictes,
visent à limiter ces infractions. Leur efficacité dépend toutefois de la coordination entre les
différentes autorités et de l’implication des acteurs économiques. Les sanctions, qu’elles
soient financières ou pénales, doivent avoir un effet dissuasif réel sur les contrevenants. Par

50
ailleurs, les exemples concrets mettent en lumière les effets négatifs de ces infractions sur
l’économie nationale, ce qui souligne la nécessité de stratégies préventives et d’une meilleure
sensibilisation des importateurs. Le recours à des technologies avancées, telles que
l’intelligence artificielle, permettrait d’améliorer les dispositifs de contrôle et d’assurer une
meilleure traçabilité des marchandises. Les perspectives en matière de lutte contre les
infractions douanières sont encourageantes, avec des évolutions réglementaires pouvant
renforcer l’efficacité du système. Néanmoins, il est essentiel de conserver une approche
proactive afin de garantir un environnement commercial sûr et équitable, ce qui est
indispensable à un développement économique durable.

Bibliographie

 Ouvrages généraux

Boudahrain, Abdellah
Le droit douanier marocain : à l'épreuve de la gouvernance du marché, 1ère édition, Rabat,
Dar Assalam, 2007.

Choua, Mimoun
Politique douanière et stratégies industrielles et commerciales : cas du Maroc, page 9.

 Ouvrages speciaux

‫ خالد‬،‫هشام‬
‫ شرح مبسط ومقارن لمقتضيات مدونة الجمارك والضرائب غير‬:‫المفيد في القانون الجمركي‬
2022 ،‫ الرباط‬،‫ مطبعة المعارف الجديدة‬،‫ الطبعة األولى‬،‫المباشرة‬.

 Thèses et mémoires

Radu, Ghenadie
L’origine des marchandises : un élément controversé des échanges commerciaux
internationaux, Thèse de Doctorat, Université Pierre Mendès France, soutenue le 22 juin
2007.

 Textes législatifs et réglementaires

51
Code des douanes et impôts indirects (CDII)
Dahir n° 1-77-339 du 25 chaoual 1397 (9 octobre 1977), modifié et complété.
Disponible sur : [Link] .

Code pénal marocain


Dahir n° 1-59-413 du 28 Joumada II 1382 (26 novembre 1962).
Disponible sur : [Link] .

Loi n° 43-05 relative à la lutte contre le blanchiment d’argent


Promulguée par le Dahir n° 1.07.79 du 17 avril 2007, 2021. Agence Marocaine de
Développement des Investissements et des Exportations (AMDIE). Disponible
sur : [Link]

Royaume du Maroc. (2024). Projet de Loi de Finances pour l’année budgétaire 2025.
Ministère de l’Économie et des Finances. Disponible
sur : [Link]

Organisation mondiale des douanes. (1983). Convention internationale sur le Système


harmonisé de désignation et de codification des marchandises (faite à Bruxelles le 14 juin
1983, telle qu'amendée par le Protocole du 24 juin 1986 et la Recommandation du 30 juin
2018). Disponible
sur : [Link]
instruments-and-tools/hs-convention/hs-convention_fr.pdf?la=fr

 Articles et documents officiels

Administration des Douanes et Impôts Indirects (ADII)


- Base Automatisée des Douanes en Réseau (BADR).
Disponible sur : [Link] .
- Programme AfriDou@ne.
Disponible sur : [Link] .

Organisation mondiale des douanes (OMD)


Présentation de l’OMD. Disponible sur : [Link] .

PortNet
Guide utilisateur PortNet : Titre d’importation, version 0.7, 2024.
Disponible sur : [Link] .

 Articles en ligne et presse

Maroc Diplomatique
Douane et PortNet : Nouveau service en ligne, 11 novembre 2020.
Disponible sur : [Link] .

52
Marocain
PortNet : Un dispositif complet pour simplifier et sécuriser les démarches des opérateurs
économiques à l’international, 4 mars 2025.
Disponible sur : [Link] .

Table des matières


Remerciement............................................................................................................................4
Dédicace.....................................................................................................................................5
Sommaire...................................................................................................................................6
Partie 1 : Approche juridique et conceptuelle des infractions douanières au Maroc........6
Partie 2 : Pour une optimisation de la lutte contre les infractions douanières en droit
marocain..............................................................................................................................6
Introduction...............................................................................................................................7
Partie 1 : Approche juridique et conceptuelle des infractions douanières au Maroc.......10
Chapitre 1 : La diversité du cadre normatif applicable aux infractions douanières........11
Section 1 : Le dispositif principal : Code des douanes et impôts indirects.......................12
Section 2 : Les textes complémentaires............................................................................14
Chapitre 2 : Typologie juridique des infractions douanières..............................................16
Section 1 : Les infractions de type délictuel.....................................................................17
Section 2 : Les infractions de nature contraventionnelle..................................................23
Partie 2 : Pour une optimisation de la lutte contre les infractions douanières en droit
marocain..................................................................................................................................35
Chapitre 1 : Étude des mécanismes répressifs et procéduraux..........................................36
Section 1 : La procédure de contestation, le rôle de l’administration douanière et les
modes de règlement des litiges.........................................................................................37

53
Section 2 : Typologie des sanctions..................................................................................41
Chapitre 2 : Perspectives et enjeux de l’action répressive en matière douanière.............44
Section 1 : Les répercussions économiques des infractions douanières...........................45
Section 2 : La modernisation de l’action douanière marocaine :prévention, coopération
internationale.....................................................................................................................46
Conclusion...............................................................................................................................51
Bibliographie...........................................................................................................................52

54

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