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Batouala : Révolte contre la colonisation

Le roman 'Batouala' de René Maran dépeint la révolte de Batouala contre les abus de la colonisation dans l'Oubangui-Chari. Il critique la cruauté et la duplicité des colonisateurs qui exploitent les populations locales tout en promettant des bénéfices illusoires. Le protagoniste exprime un profond désespoir face à la dégradation de leur condition de vie, les comparant à des animaux maltraités.

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Batouala : Révolte contre la colonisation

Le roman 'Batouala' de René Maran dépeint la révolte de Batouala contre les abus de la colonisation dans l'Oubangui-Chari. Il critique la cruauté et la duplicité des colonisateurs qui exploitent les populations locales tout en promettant des bénéfices illusoires. Le protagoniste exprime un profond désespoir face à la dégradation de leur condition de vie, les comparant à des animaux maltraités.

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« BATOUALA, Ils nous crèvent lentement »

Dans l’ancien Oubangui-Chari, la colonisation bat son plein. Abus, malversations et frustrations font
se révolter Batouala, le héros écouté de ce roman qui porte son nom.

« Je ne me lasserai jamais de dire, préférait cependant Batoula, je ne me lasserai


jamais de dire la méchanceté des « boundjous ». Jusqu’à mon dernier souffle, je leur
reprocherai leur cruauté, leur duplicité, leur rapacité.
Que ne nous ont-ils pas promis, depuis que nous avons le malheur de les connaître !
Vous nous remercierez plus tard, nous disaient-ils. C’est pour votre bien que nous
vous forçons à travailler.
L’argent que nous vous obligeons à gagner, nous ne vous en prenons qu’une infime
partie.
Nous nous en servirons pour vous construire des villages, des routes, des ponts, des
machines qui marchent, au moyen du feu, sur des barres de fer.
Les routes, les ponts, ces machines extraordinaires, où ça ! Mata ! Nini ! Rien, rien !
Bien plus, ils nous volent jusqu’à nos derniers sous, au lieu de ne prendre qu’une
partie de nos gains ! Et vous ne trouvez pas notre sort lamentable ?…
Il y a une trentaine de lunes on achetait encore notre caoutchouc à raison de trois
francs le kilo. Sans ombre d’explication, du jour au lendemain, on ne nous a plus
payé que quinze sous la même quantité de « banga ». Ehein, quinze sous : un
« méya » et cinq « bi ‘ mbas ». Et c’est juste ce moment-là que le « Gouvernement »
a choisi pour porter notre impôt de capitation de cinq à sept et même dix francs !
Or, personne n’ignore que, du premier jour de la saison sèche au dernier de la
saison des pluies, notre travail n’alimente que l’impôt, lorsqu’il ne remplit pas, par la
même occasion, les poches de nos commandants.
Nous ne sommes que des chaires à impôts. Nous ne sommes que des bêtes de
portage. Des bêtes ? Même pas. Un chien ? Ils le nourrissent, et soignent leur
cheval. Nous ? Nous sommes, pour eux , moins que ces animaux , nous sommes
plus bas que les plus bas. Ils nous crèvent lentement. »

René MARAN, Batouala, véritable roman nègre,


Albin Michel, 1921.

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