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Réserve du Cap-Vert sur l'enrôlement des mineurs

Le document analyse la réserve formulée par le Cap-Vert concernant l'enrôlement volontaire des mineurs, la qualifiant de déclaration interprétative plutôt que de réserve au sens strict, car elle précise l'âge d'enrôlement sans en modifier l'effet juridique. Il souligne que cette déclaration est conforme au protocole relatif aux droits de l'enfant, renforçant la protection des mineurs en fixant l'âge à 17 ans, supérieur au minimum requis. Enfin, il examine la compatibilité de cette réserve avec l'objet et le but du protocole, affirmant qu'elle ne contredit pas les principes fondamentaux de protection des droits de l'enfant.

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Réserve du Cap-Vert sur l'enrôlement des mineurs

Le document analyse la réserve formulée par le Cap-Vert concernant l'enrôlement volontaire des mineurs, la qualifiant de déclaration interprétative plutôt que de réserve au sens strict, car elle précise l'âge d'enrôlement sans en modifier l'effet juridique. Il souligne que cette déclaration est conforme au protocole relatif aux droits de l'enfant, renforçant la protection des mineurs en fixant l'âge à 17 ans, supérieur au minimum requis. Enfin, il examine la compatibilité de cette réserve avec l'objet et le but du protocole, affirmant qu'elle ne contredit pas les principes fondamentaux de protection des droits de l'enfant.

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I- caractère de la réserve

Afin de déterminer la portée juridique de la réserve formulée par le Cap-Vert il s’agira dans un
premier temps de voir si elle peut être qualifié de déclaration interprétative (A) avant d’en étudier
sa formulation prévue par le protocole (B)

A- une déclaration interprétative


La déclaration formulée par le Cap-Vert bien qu’intitulée réserve ne constitue pas à
proprement parler une réserve au sens strict de l’article 2 paragraphe 1 alinéa d de la convention
de vienne de 1969. En effet cette disposition définit la réserve comme une déclaration unilatérale
visant à exclure ou à modifier l’effet juridique d’une disposition du traité. Dans l’affaire Loizidou
contre Turquie en 1995 la cour a rappelé que la qualification d’un acte ne dépend pas de son
nom, mais de ses effets juridiques.
Dans le cas du cap vert il ne s’agit pas d’exclure ou de modifier l’effet juridique de l’article
3 du protocole mais plutôt de préciser l’âge retenu au niveau national pour l’enrôlement
volontaire conformément à ce que prévoit le paragraphe 2 dudit article. Cette déclaration
s’apparente d’avantage à une déclaration interprétative qui s’entent selon le guide de la pratique
sur les réserves aux traités d’une déclaration unilatérale faite par un État ou une organisation par
laquelle cet Etats ou cette organisation vise à clarifier ou préciser le sens ou la portée que le
déclarant attribue à un traité ou à certaines de ses dispositions.
Le protocole autorise explicitement les Etats à fixer un âge minimal pour l’enrôlement
volontaire à condition qu’ils respectent des garanties précises prévu à l’article 3 paragraphe 3
du protocole. Le Cap-Vert choisit fixée à 17 ans ce qui est supérieur au seuil minimal requis et
donc conforme à la lettre au traité. Par conséquent cette déclaration ne réduit pas la portée des
obligations du Cap-Vert ne contrevient pas à l’objet ou au but du traité, Il renforce même en
partie le niveau de protection par rapport au seuil minimal fixé par la convention relative aux droit
de l’enfant de 1989

B- une formulation prévue par le protocole


Le protocole facultatif à la convention relative aux doit de l’enfant concernant l’implication
d’enfants dans les conflits armés , adopté en 2000 vise à renforcer la protection juridique des
mineurs face à leur participation aux hostilités, il interdit le recrutement de toute personne de
moins de 18ans mais laisse une ouverture encadrée en matière de recrutement volontaire. Cette
ouverture est précisément prévue à l’article 3 du protocole qui autorise les Etats à fixer un âge
minimal à condition qu’il soit supérieur à 15 ans
La déclaration du Cap-Vert qui indique que l’âge minimal pour l’enrôlement volontaire est
de 17ans s’inscrit donc pleinement dans dans un cadre juridique. En fixant cet âge au dessus de
la limite maximale le Cap-Vert respecte la condition principale posée par le protocole. Il ne s’agit
pas d’une exception contraire au traité mais d’une mise en œuvre nationale conforme aux
prérogatives reconnues par le texte
Par ailleurs cette déclaration traduit une certaine volonté d’alignement entre le droit
interne et les engagements internationaux. Le Cap-Vert précise s’appuyer sur l’article 31 du
décret législatif n6/93, ce qui témoigne d’une transparence dans l’application du traité
Cet effort de clarification permet d’éviter toute ambiguïté sur l’âge retenu dans la législation
nationale du Cap-Vert ce qui est essentiel pour la sécurité juridique
Le fait que le protocole lui même invite les Etats à faire une déclaration de ce type montre
que cette réserve n’est pas une exception au régime général mais au contraire un mécanisme
prévu pour tenir compte des réalités nationales. La déclaration du Cap-Vert s’inscrit donc dans
une logique d’harmonisation et non dans une stratégie de retrait ou de dérogation

II- admissibilité de la réserve


Cette analyse suppose d’abord de vérifier sa compatibilité avec l’objet et le but du protocole
(A) avant d’en examiner les effets juridiques (B)

A- compatibilité de la réserve avec le but et l’objet du protocole


D’après Alain Pellet <<dans le cadre des traités de protection des droits de l’homme,
l’objet du traité est souvent non négociable, car il porte sur des droits reconnus comme
fondamentaux>>. En droit des traités toute réserve doit être analysé par l’article 19 c de la
convention de vienne de 1969 qui interdit les réserves incompatibles avec l’objectif et le but du
traité.
Cette exigence est particulièrement rigoureuse dans le cadre des traités relatifs aux droits
de l’homme, et le protocole facultatif du 25 mai 2000 s’inscrit dans une logique claire : renforcer
la protection des enfants contre leur utilisation dans les conflits armés en encadrant strictement
leur enrôlement volontaire, repousser l’âge afin d’assurer leur développement physique
psychologique dans un contexte de paix
Des lors toute réserve qui semble affaiblir cet objectif pourrait être considéré incompatible
avec l’esprit du protocole.
La jurisprudence internationale soutient cette approche restrictive dans l’affaire Belilos contre
Suisse rendue en 1988 où la Cour a requalifié une prétendue déclaration comme une réserve et
l’a jugée incompatible avec la Convention européenne des droits de l’homme.

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