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Analyse de Proust et Rimbaud en littérature

Marcel Proust, né en 1871, se consacre à son œuvre majeure 'À la recherche du temps perdu', dont la première partie, 'Du côté de chez Swann', explore des thèmes de mémoire et d'enfance à travers l'épisode de la madeleine. Ce passage illustre comment un simple goût peut éveiller des souvenirs profonds et complexes, soulevant des questions sur la nature du plaisir et de la vérité. En parallèle, le poème 'Le dormeur du val' d'Arthur Rimbaud décrit un soldat endormi paisiblement dans un paysage naturel, créant un contraste poignant entre la tranquillité de la nature et la réalité tragique de la guerre.

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Analyse de Proust et Rimbaud en littérature

Marcel Proust, né en 1871, se consacre à son œuvre majeure 'À la recherche du temps perdu', dont la première partie, 'Du côté de chez Swann', explore des thèmes de mémoire et d'enfance à travers l'épisode de la madeleine. Ce passage illustre comment un simple goût peut éveiller des souvenirs profonds et complexes, soulevant des questions sur la nature du plaisir et de la vérité. En parallèle, le poème 'Le dormeur du val' d'Arthur Rimbaud décrit un soldat endormi paisiblement dans un paysage naturel, créant un contraste poignant entre la tranquillité de la nature et la réalité tragique de la guerre.

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DU CÔTÉ DE CHEZ SWANN

Marcel Proust

Proust est né en 1871 dans une famille très aisée. Il consacre sa jeunesse aux mondanités des
salons parisiens. Sa mère meurt en 1905, ce qui correspond au début de ses ennuis de santé et à
la fin d’une période insouciante. Il vit reclus chez lui. Il passe tout son temps à une œuvre unique
et monumentale : A la recherche du temps perdu pour laquelle il reçoit le prix Goncourt pour un
fragment « à l’ombre des jeunes filles en fleurs » en 1915. Il est surtout reconnu après sa mort.

Dans la première partie de A la recherche du temps perdu (« Du côté de chez Swann »), il
raconte le drame de son coucher qui l’obsède. Cet épisode La petite Madeleine lui permet
d’évoquer toute son enfance. La question posée dans ce texte n’est résolue qu’à la fin de l’œuvre.
C’est un texte essentiel qui constitue la matrice de A la recherche du temps perdu et plus
particulièrement le déclencheur du récit d’enfance. Ce passage a subit de nombreuses
modifications, des changements de place. C’est donc un souvenir construit, élaboré pour les
besoins d’une démonstration.

La petite madeleine
Il y avait déjà bien des années que, de Combray, tout ce qui n’était pas le théâtre et le drame
de mon coucher n’existait plus pour moi, quand un jour d’hiver, comme je rentrais à la maison,
ma mère, voyant que j’avais froid, me proposa de me faire prendre, contre mon habitude, un peu
de thé. Je refusai d’abord et, je ne sais pourquoi, me ravisai. Elle envoya chercher un de ces
gâteaux courts et dodus appelés Petites Madeleines qui semblaient avoir été moulées dans la
valve rainurée d’une coquille de Saint-Jacques. Et bientôt, machinalement, accablé par la morne
journée et la perspective d’un triste lendemain, je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où
j’avais laissé s’amollir un morceau de madeleine. Mais à l’instant même où la gorgée mêlée des
miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d’extraordinaire en
moi. Un plaisir délicieux m’avait envahi, isolé, sans la notion de sa cause. Il m’avait aussitôt
rendu les vicissitudes de la vie indifférentes, ses désastres inoffensifs, sa brièveté illusoire, de la
même façon qu’opère l’amour, en me remplissant d’une essence précieuse: ou plutôt cette
essence n’était pas en moi, elle était moi. J’avais cessé de me sentir médiocre, contingent, mortel.
D’où avait pu me venir cette puissante joie ? Je sentais qu’elle était liée au goût du thé et du
gâteau, mais qu’elle le dépassait infiniment, ne devait pas être de même nature. D’où venait-
elle ? Que signifiait-elle ? Où l’appréhender ? Je bois une seconde gorgée où je ne trouve rien de
plus que dans la première, une troisième qui m’apporte un peu moins que la seconde. Il est temps
que je m’arrête, la vertu du breuvage semble diminuer. Il est clair que la vérité que je cherche
n’est pas en lui, mais en moi. Il l’y a éveillée, mais ne la connaît pas, et ne peut que répéter
indéfiniment, avec de moins en moins de force, ce même témoignage que je ne sais pas
interpréter et que je veux au moins pouvoir lui redemander et retrouver intact, à ma disposition,
tout à l’heure, pour un éclaircissement décisif. Je pose la tasse et me tourne vers mon esprit.
C’est à lui de trouver la vérité. Mais comment ? Grave incertitude, toutes les fois que l’esprit se
sent dépassé par lui-même ; quand lui, le chercheur, est tout ensemble le pays obscur où il doit
chercher et où tout son bagage ne lui sera de rien. Chercher ? pas seulement : créer. Il est en face
de quelque chose qui n’est pas encore et que seul il peut réaliser, puis faire entrer dans sa
lumière.

Proust - Du côté de chez Swann - A la recherche du temps perdu


Questions sur le contenu du texte :

1. Où se situe le narrateur au début du texte ?


2. Pourquoi la mère du narrateur lui propose-t-elle du thé ?
3. Comment sont décrites les madeleines ?
4. Quelle est la réaction du narrateur après avoir goûté le thé et la madeleine ?
5. Comment le narrateur se sent-il après cette expérience ?
6. Quelle est la réflexion du narrateur sur la source de son plaisir ?
7. Que réalise le narrateur en posant la tasse ?
8. Quel rôle attribue-t-il à son esprit dans sa recherche de vérité ?
9. Que signifie pour le narrateur le fait de "chercher" dans ce contexte ?
10. Quelle est la dernière idée exprimée dans le texte ?
Le dormeur du val

C'est un trou de verdure où chante une rivière


Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil de la montagne fière,
Luit : C'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,


Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme


Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;


Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

Arthur Rimbaud

Questions :
1. Qui est décrit dans le poème "Le dormeur du val" ?
2. Où se trouve le lieu décrit dans le poème ?
3. Comment est dépeint le soldat endormi ?
4. Quel est l'état d'esprit du dormeur pendant son sommeil ?
5. Quel contraste est mis en avant dans la description du dormeur ?
6. Comment Rimbaud utilise-t-il la nature pour créer une atmosphère particulière ?
7. Quels éléments du paysage contribuent à l'impression de tranquillité dans le poème ?
8. Comment Rimbaud utilise-t-il la personnification dans son poème "Le dormeur du val" ?

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