NGOA II VICTOIRE
ARSENE STEPHANE
L2023THEO0257
THEO III
MID-TERM DOGMATIQUE I
Nous pouvons au préalable affirmer sans le risque de nous tromper que : les croyances fondamentales de
l'Église Adventiste du Septième Jour proviennent exclusivement des Sainte Ecriture.
Ellen G. White (EGW) quant à elle est considérée par l'Église comme ayant joué le rôle de messager
prophétique dont la mission était de guider l'Église toute naissante vers une meilleure compréhension et
application des Écritures.
Le principe du Sola Scriptura hérité de la Réforme protestante stipule que les 66 livres de l'Ancien et du
Nouveau Testament constituent la seule norme de toute croyance et pratique religieuse. De plus la toute
première des 28 croyances fondamentales de l’Eglise Adventiste du Septième Jour stipule que :
« Les Saintes Écritures constituent la révélation infaillible de la volonté de Dieu. Elles sont la norme du
caractère, l’autorité suprême en matière de doctrine et le récit digne de foi des actes de Dieu dans
l’histoire. »
Ellen G. White elle-même a toujours insisté sur la suprématie de la Bible, minimisant son propre rôle
comme source d'autorité doctrinale.
Elle a écrit : « Le témoignage le moins est subordonné au plus grand. La Bible est le plus grand
; les écrits moindres (ses propres écrits) sont subordonnés. »
Elle a également conseillé aux croyants de fonder leur foi uniquement sur l'Écriture : « Frère
James a présenté de nouveau mes écrits comme la base de notre foi. J’ai répondu qu’il faisait là
une erreur. La Bible est notre seule règle de foi et de pratique. »
Elle a joué un rôle très normatif pendant la période formative de l'Église, rôle que nous pouvons
qualifier de : « Don de Prophétie ».
Dans les années 1840 à 1860, les pionniers adventistes (y compris James White, Joseph Bates et Hiram
Edson) étudiaient intensivement la Bible pour comprendre les erreurs du mouvement millérite et établir
une nouvelle doctrine. Des débats théologiques intenses avaient lieu sur des sujets cruciaux (le Sabbat, la
nature de la mort, le retour du Christ, le sanctuaire).
Lorsqu'un consensus se dégageait ou qu'un débat restait bloqué après l'étude de la Bible, les
visions d'EGW intervenaient pour confirmer la position qui, selon elle, était en harmonie avec
l'Écriture.
Le concept du sanctuaire céleste et le ministère de Christ. Les pionniers avaient établi le concept
à partir de Daniel et Hébreux, mais c'est une vision d'EGW qui a été considérée comme la
confirmation finale de cette compréhension biblique.
Le rôle principal de ses écrits (souvent appelés Témoignages) était d'appliquer la vérité biblique à la vie
pratique de l'Église et des individus.
La Réforme de la Santé : Bien que les principes de santé se trouvent dans l'Ancien Testament
(Lévitique) et le Nouveau Testament (le corps comme Temple de l'Esprit), c'est par ses visions
qu'elle a incité l'Église à adopter des pratiques spécifiques (végétarisme, rejet de l'alcool et du
tabac), menant à la création d'hôpitaux et d'institutions.
L'Organisation de l'Église : Ses écrits ont poussé les pionniers à s'organiser formellement, une
étape essentielle pour l'évangélisation.
Les premiers pionniers adventistes rejetaient la doctrine de la Trinité pour des raisons principalement
bibliques et historiques, la jugeant incompatible avec leur compréhension de la nature de Dieu et de
Jésus-Christ. Le rejet de la croyance de la Trinité par des personnages emblématiques tels que James
White, Joseph Bates et J.N. Andrews était basé sur trois axes principaux : l’antitrinitarisme historique,
l’arianisme ou le semi-arianisme et la méfiance envers les doctrines non-bibliques :
Les premiers pionniers voyaient des problèmes à affirmer que le Père et le Fils étaient coéternels
et égaux, notamment en raison de versets qui semblaient indiquer une subordination du Fils au
Père.
Jésus, le fils de Dieu : Ils insistaient sur le terme biblique de « Fils de Dieu ». Pour eux, si Christ
est le Fils, il doit avoir été engendré à un moment donné (peut-être avant la création), impliquant
que le Père était antérieur au Fils.
Christ est né ou créé : Joseph Bates, par exemple, croyait que Jésus avait eu un commencement,
bien qu’il ait eu une existence pré-incarnée.
La Subordination du Fils : Ils citaient des passages comme 1 Co 11:3 « le chef de tout homme,
c’est Christ ; le chef de la femme, c’est l’homme ; et le chef de Christ, c’est Dieu ») ou Jn 14:28
(« le Père est plus grand que moi ») pour affirmer une hiérarchie dans la Divinité.
Héritage Anti-Confessionnel : Issus du mouvement millérite, les pionniers rejetaient les crédos et
les dogmes établis par les confessions d’origine. La Trinité était un concept fortement ancré dans
le Catholicisme et les églises protestantes traditionnelles que les adventistes rejetaient comme
“Babylone” après le désappointement de 1844.
Le Sabbat et l’Immortelle de l’Âme : Ils percevaient la Trinité comme faisant partie d’un système
doctrinal erroné incluant l’immortalité de l’âme et le culte du dimanche. L’adoption du Sabbat
était, pour eux, une rupture radicale avec les doctrines des églises apostâtes, y compris la Trinité
Au début, Ellen White n’a pas réfuté la position antitrinitaire de ses collègues. Cependant, elle a toujours
soutenu la divinité complète de Christ, affirmant qu’il était le Fils de Dieu. L’évolution vers l’acceptation
de la Trinité a été un processus lent et centré sur une réévaluation profonde de la nature de Jésus-Christ et
du Saint-Esprit dans les Écritures :
La Divinité Éternelle du Christ : Les écrits d’EGW sont devenus plus explicites sur l’égalité et
l’éternité du Christ, sans notion d’engendrement. Elle a par exemple écrit : « Le Christ était
essentiel à l’existence de Dieu. Il était le Fils de Dieu, existant de toute éternité… »
La Personnalité du Saint-Esprit : Ils considéraient le Saint-Esprit comme une simple influence ou
une puissance du Père et du Fils. Les études bibliques et Ellen White (Évangélisation et Jésus-
Christ) ont insisté sur le Saint-Esprit comme un Être divin (la troisième personne de la Divinité).
Réinterprétation de la Subordination : La subordination de Jésus est comprise désormais comme
une subordination fonctionnelle (dans le cadre du plan du salut et de l’incarnation) et non une
subordination ontologique.
Le rejet initial par les pionniers, bien que sincère, était basé sur une compréhension encore incomplète de
l’Écriture. Les écrits d’Ellen G. White, loin d’être la source de la doctrine, ont servi de catalyseur
prophétique pour diriger les théologiens adventistes vers une étude plus approfondie des Écritures, les
amenant à la conclusion actuelle que la Trinité est la représentation la plus fidèle de la nature de Dieu
révélée dans la Bible.