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Comprendre la Conscience et ses Concepts

La conscience est la faculté d'un individu de se connaître et de juger sa propre réalité, englobant des concepts tels que la conscience morale et la conscience de soi. Historiquement, le terme a évolué depuis une valeur morale unique avant le XVIIe siècle vers des significations philosophiques et psychologiques plus complexes, influencées par des penseurs comme Malebranche, Locke et Freud. Aujourd'hui, la conscience est reconnue comme polysémique, englobant des états de conscience variés allant de la conscience psychologique à la conscience morale.

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Comprendre la Conscience et ses Concepts

La conscience est la faculté d'un individu de se connaître et de juger sa propre réalité, englobant des concepts tels que la conscience morale et la conscience de soi. Historiquement, le terme a évolué depuis une valeur morale unique avant le XVIIe siècle vers des significations philosophiques et psychologiques plus complexes, influencées par des penseurs comme Malebranche, Locke et Freud. Aujourd'hui, la conscience est reconnue comme polysémique, englobant des états de conscience variés allant de la conscience psychologique à la conscience morale.

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Conscience

faculté mentale de concevoir sa propre existence

Pour les articles homonymes, voir Conscience (homonymie).

La conscience est la faculté d'un individu de se connaître dans sa propre réalité et de juger celle-
ci en conséquence ; il s'agit donc aussi de cette connaissance elle-même. Le terme peut faire
référence à divers concepts philosophiques et psychologiques. Il peut notamment désigner la
conscience morale, la conscience de soi, la conscience phénoménale, ou un état d'éveil.

Avant le xviie siècle, la conscience n'a qu'une seule valeur morale en français. Et c'est seulement
à partir du xviie siècle qu'apparaît le concept philosophique (1676, Malebranche), avec le
passage de la valeur morale du bien et du mal à la valeur psychologique ou métaphysique.
Arrivent alors les apports anglais (Locke) et allemands (Wolff, Kant, Hegel) au concept ; au
xviiie siècle, le mot « conscience » passe dans l'usage au sens rousseauiste de « connaissance
immédiate », intuitive ; au xixe siècle, pour Hegel et Marx, la conscience n'est plus le fruit d'une
certitude naïve, mais celui d'une médiation (conscience de classe) ; au début du xxe siècle,
Sigmund Freud découvre l'inconscient et refuse de limiter le psychisme à la conscience.

Histoire du mot

Le Petit Robert définit la conscience comme la « faculté qu'a l'homme de connaître sa propre
réalité et de la juger » ou « cette connaissance » elle-même1. D'après Étienne Balibar, bien qu'il ait
été forgé au départ par les philosophes pour les termes anciens (en grec et en latin), le concept
de « conscience » est devenu « absolument populaire, dénotant le “rapport à soi-même” de
l'individu ou du groupe »2. Autrement dit, le mot « conscience » renvoie à « ce que le philosophe
et l'homme “du commun” ont en commun »2.

« Dans les langues latines et germaniques, les principaux termes en présence dérivent du
savoir » : d'un côté, on a con-scientia, conscient et conscience ; de l'autre, on a wissen (savoir en
allemand), d'où Gewissen et Gewissheit, bewusst (unbewusst) et Bewusstsein, Bewusstheit, etc.2.

D'après le Dictionnaire historique de la langue française, la conscience n'a qu'une seule valeur
morale en français avant le xviie siècle. La conscience en tant que concept philosophique
apparaît au xviie siècle avec des philosophes classiques comme Malebranche.

Dans la première moitié du xxe siècle, le Vocabulaire technique et critique de la philosophie


distingue les deux catégories suivantes : 1) la « conscience psychologique » (D. Bewusstsein,
Selbstbewusstsein ; E. Consciousness ; I. Coscienza), 2) la « conscience morale » (D. Gewissen ; E.
Conscience ; I. Coscienza)3. Bewusstsein (conscience psychologique) et Gewissen (conscience
morale) sont distingués pour la première fois par le philosophe allemand Christian Wolff4

Selon le dictionnaire Godin, la conscience (du latin conscientia) peut faire référence à plusieurs
concepts philosophiques et psychologiques5.

Étienne Balibar parle de « l'invention européenne de la conscience ».

Étymologie

En français, « conscience » est un emprunt (vers 1165) « au latin conscientia, dérivé de conscire,
de cum « avec » (→ co) et scire « savoir » (→ science), proprement « savoir en commun » »6,7.
Conscientia, qui signifie « la connaissance partagée » avec quelqu'un, correspond ainsi au grec
sunneidésis, et oscille quant à son sens « entre les valeurs de “confidence” et “connivence” »7.

Le mot s'étant appliqué par la suite à « la connaissance de soi-même, il a pris un sens moral »7.

Avant le xviie siècle : valeur « morale » de la « conscience » en France

Article détaillé : Conscience morale.

La valeur morale de « connaissance intuitive du bien et du mal » est la seule que connaisse le
mot « conscience » avant le xviie siècle7.

On retrouve ce sens dans des locutions comme : - bonne conscience (1230) - en conscience
(1306, en leur conscience, vieilli sauf dans en leur âme et conscience) - cas de conscience (1609)7.

Le mot peut contenir une insistance sur « la faculté morale en tant que pouvoir, droit d'agir selon
ce jugement » (liberté de conscience : l'expression existe déjà avant 1559)7.

Le Dictionnaire historique de la langue française note certains emplois classiques gardant « une
trace de l'ancienne localisation de la conscience dans l'estomac (lui-même souvent assimilé à la
poitrine) car, dit Furetière, on se frappe l'estomac dans le repentir, le remords » : la locution mettre
la main à la conscience (1673, Molière) renvoie à un geste culturel, ainsi que (se) mettre un verre
de vin sur la conscience (1690)

Pris au sens collectif, il exprime « l'ensemble des opinions morales d'une société (1721,
conscience publique) »7.

Quand le sens moral s'applique aux obligations religieuses et professionnelles, on parle de


conscience professionnelle, tandis que dans le cas particulier de l'imprimerie, on parle d'un travail
de conscience7.
À partir du xviie siècle : apparition du concept philosophique

Nicolas Malebranche (1638-


1715).

La conscience comme « faculté qu'a l'homme d'appréhender sa propre réalité », qui arrive avec
« la réflexion des philosophes classiques (1676, Malebranche) », devient un concept
philosophique7. Le terme français est alors « l'héritier indirect du grec suneidésis, direct du latin
conscientia en emploi antique et moderne »7.

Le Dictionnaire historique de la langue française observe toutefois que « le passage de la valeur


morale à la valeur psychologique ou métaphysique de réflexivité a été préparé par l'emploi
métonymique de conscience pour « être conscient », au xvie siècle, par exemple chez Calvin
(selon Etienne Balibar)7. »

Apports anglais et allemands

John Locke (traduit en français par Pierre Coste à la fin du xviie siècle) distingue trois concepts,
conscience, consciousness et self-consciousness7.

Le mot allemand Bewusstsein pour « conscience » au sens philosophique du terme est de


Christian Wolff en 1719, d'où Selbstbewusstsein chez Kant, puis Hegel, termes qui « ont marqué
l'emploi de conscience dans la philosophie française depuis Maine de Biran (1811) »7.

Apports philosophiques anglais et allemands


John Locke. Christian Wolff. Emmanuel Kant. Georg Wilhelm
Friedrich Hegel.

xviiie siècle

Jean-Jacques Rousseau par


Maurice Quentin de La Tour.

Au xviiie siècle (par exemple, chez Jean-Jacques Rousseau en 1762), le concept, passé dans
l'usage commun, désigne « la connaissance immédiate, plus ou moins intuitive, d'une chose à
l'intérieur ou à l'extérieur de soi, fournissant les locutions avoir, prendre conscience de7. »

xixe siècle

Karl Marx est à l'origine de la


notion de conscience de classe.
Le xixe siècle (Hegel, Marx), critique de la « transparence du concept », fait de la conscience
« non pas une première certitude naïve, mais le fruit d'une médiation », comme dans prise de
conscience, conscience de classe7.

xxe siècle

Au début du xxe siècle, Sigmund Freud, en élaborant la théorie psychanalytique, poursuit la


critique de ce concept « tel que l'entend la psychologie » et refuse « de limiter le champ du
psychisme à la conscience »7.

Polysémie

En français, le mot « conscience » est donc polysémique. Mais il y a « un problème proprement


français » concernant « l'unicité du mot conscience » : cette unicité doit-elle être « considérée
comme une simple homonymie ou comme une analogie, l'expression d'un noyau de signification
circulant entre les acceptions particulières »2 ?

Le Vocabulaire technique et critique de la philosophie d'André Lalande distingue principalement au


sens 1) la « conscience psychologique », en allemand : Bewusstsein (conscience),
Selbstbewusstsein (conscience de soi) ; en anglais Consciousness (conscience), et au sens 2) la
conscience morale, en allemand : Gewissen (conscience) ; en anglais Conscience (conscience)3.

Outre les deux sens principaux déjà vus, le concept de conscience a de nombreux sens ou
manifestations que l’on peut s’efforcer de distinguer, bien que dans certains cas, ces différences
soient surtout des différences de degrés :

la conscience comme sensation : tout être doué de sensibilité, voire un système automatique,
peut être dit, dans une certaine mesure, « conscient » de son environnement, puisqu'il répond à
des stimuli ; c'est ce qu'on désigne sous le nom de « conscience du monde » ;

la conscience spontanée, sentiment intérieur immédiat ; certains philosophes de l’Antiquité


(par exemple les Stoïciens) parlent de « toucher intérieur »8 (voir l'article Qualia) ;

on peut distinguer une étape supérieure, en signifiant par le mot conscience un état d’éveil de
l’organisme, état différent du précédent en ce sens qu’il ne comporte pas de passivité de la
sensibilité (cf. en anglais, le mot wakefulness, vigilance, alerte, ou awareness) ; en ce sens, il n’y
a pas de conscience dans l’état de sommeil profond ou dans le coma ;

conscience de soi : la conscience est la présence de l’esprit à lui-même dans ses


représentations, comme connaissance réflexive du sujet qui se sait percevant. Par cette
présence, un individu prend connaissance, par un sentiment ou une intuition intérieurs, d’états
psychiques qu’il rapporte à lui-même en tant que sujet. Cette réflexivité renvoie à une unité
problématique du moi et de la pensée, et à la croyance, tout aussi problématique, que nous
sommes à l’origine de nos actes ; ce dernier sens est une connaissance de notre état
conscient aux premiers sens. Le domaine d’application est assez imprécis et il comporte des
degrés : s’il s’agit d’une conscience claire et explicite, les enfants qui ne parlent pas encore ne
possèdent sans doute pas la conscience en ce sens ; s’il s’agit d’un degré moindre de
conscience, d’une sorte d’éveil à soi, alors non seulement les enfants peuvent être considérés
comme conscients mais aussi certains animaux ;

un autre sens du mot conscience a été introduit par le philosophe Thomas Nagel : il s’agit de la
conscience pour un être de ce que cela fait d’être ce qu’il est ;

la conscience comme conscience de quelque chose (conscience transitive, opposée à


l’intransitivité du fait d’être conscient). Cette conscience renvoie à l’existence problématique
du monde extérieur et à notre capacité de le connaître ;

la conscience intellectuelle, intuition des essences ou des concepts ;

la conscience phénoménale (ou sentience), en tant que structure de notre expérience ;

à un degré conceptuellement plus élaboré peut exister ou non la « conscience morale »,


définissable comme la compréhension et la prise en charge par l'individu des tenants et
aboutissants de ses actes pour la collectivité et les générations futures.

Dans l’ensemble de ces distinctions, on peut noter une conception de la conscience comme
savoir de soi et perception immédiate de la pensée, et une autre comme sentiment de soi
impliquant un soubassement obscur et un devenir conscient qui sont, en général, exclus de la
première conception. La conscience morale, quant à elle, désigne le sujet du jugement moral de
nos actions. De cette conscience-là, on dit aux enfants qu'elle nous permet de distinguer le bien
du mal. Voir plus bas.

Conscience (psychologique)

D'après Lalande, la « conscience psychologique » (en allemand Bewusstsein ; en anglais


consciousness) est une « intuition (plus ou moins complète, plus ou moins claire) qu'a l'esprit de
ses états et de ses actes »4. Selon Hamilton,

« La conscience ne peut pas être définie [...] La raison en est simple : la


conscience est à la racine de toute connaissance9 »

— Sir William Hamilton, Lectures, Metaphysics, I. 191

Le Lalande donne une autre définition de la « conscience psychologique », extraite de Baldwin10 :

« Ce que nous sommes de moins en moins quand nous tombons


graduellement dans un sommeil sans rêves... Ce que nous sommes de
plus en plus, quand le bruit nous éveille peu à peu, — c'est là ce qu'on
appelle conscience11 »

— Baldwin, d'après Ladd, Psychology, V° 216

— En réalité, précise une note en bas de page du Lalande, « le mot conscience, au sens A, désigne
la pensée même, antérieure à la distinction du connaissant et du connu ; comme telle, elle est la
donnée première que la réflexion analyse en sujet et en objet. » (Maurice Blondel ; Marcel
Bernès)4.

Conscience (morale)

Article détaillé : conscience morale.

D'après Lalande, la « conscience morale » (en allemand : Gewissen ; en anglais : conscience) est
la « propriété qu'a l'esprit humain de porter des jugements normatifs spontanés et immédiats sur
la valeur morale de certains actes individuels déterminés » : quand elle s'applique à des actes
futurs, « elle revêt la forme d'une “voix” qui commande ou défend ; quand elle s'applique aux
actes passés, elle se traduit par des sentiments de joie (satisfaction) ou de douleur
(remords) »12. Suivant les cas, cette conscience est dite « claire, obscure, douteuse, erronée,
etc. »12.

En ce sens, on parle d'une « bonne conscience » et d'une « mauvaise conscience »12.

État de conscience

Article détaillé : État de conscience.

Dans le vocabulaire juridique du bas latin, où le mot « état » (estate) est employé « au sens de
“situation d'une personne” », que ce soit sur le plan physique ou moral, le Dictionnaire historique
de la langue française note que, parmi les nombreux groupes lexicalisés et locutions où figure le
terme « état », état de conscience s'emploie en psychologie13.

À l'entrée « état » du Vocabulaire technique et critique de la philosophie comme « manière d'être


momentanée, plus ou moins durable » (en opposition au mouvement, à l'action ou au devenir),
l'expression état de conscience (Bewusstseinzustand en allemand ; State of consciousness,
feeling, en anglais ; Stato di coscienza en italien) « s'applique, dans le langage philosophique
courant, à n'importe quel fait psychique conscient (sensation, sentiment, volition) »14. Selon le
Lalande, mieux vaudrait parler de « fait de conscience » (= Fait psychique conscient)14. Toutefois,
il est signalé en note que pour Edmond Goblot, l'expression état de conscience devrait être
réservée à la désignation de « “l'ensemble complexe des phénomènes simultanés existant à un
moment donné” dans une conscience »14.

États modifiés de conscience

Article détaillé : État modifié de conscience.

Les pratiquants de la méditation cherchent à accéder à une prise de conscience (de la


conscience), voire à des états modifiés de conscience15,16,17. C'est une méthode pour entrer en
soi et s'interroger soi-même dans la perspective de mieux se connaître et de vivre une
expérience subjective intérieure personnelle.

État de conscience minimal

Article détaillé : État de conscience minimal.

L'état de conscience minimale est une condition neurologique dans laquelle une personne
montre des signes minimaux mais clairs de conscience de soi ou de l'environnement, après avoir
été dans un état de conscience altéré (comme un coma). Les personnes dans cet état peuvent
suivre des instructions simples, effectuer des mouvements délibérés, ou répondre à des stimuli,
mais ces réponses sont souvent incohérentes ou limitées. [réf. nécessaire]

Conscience phénoménale

Articles détaillés : Conscience phénoménale et Théorie de l'information intégrée.

La conscience phénoménale correspondrait au « ressenti » d'un sujet. La conscience est « cette


capacité de nous rapporter subjectivement nos propres états mentaux »18.
[réf. souhaitée]
Le terme de conscience peut être distingué en plusieurs catégories :
la conscience serait un phénomène mental caractérisé par un ensemble d'éléments plus ou
moins intenses et présents selon les moments : un certain sentiment d'unité lors de la
perception par l'esprit ou par les sens (identité du soi), le sentiment qu'il y a un arrière-plan en
nous qui « voit », un phénomène plutôt passif et global contrairement aux activités purement
intellectuelles de l'esprit, actives et localisées, et qui sont liées à l’action (par exemple la
projection, l’anticipation, l’histoire, le temps, les concepts…). La conscience est « ce qui voit »
sans s’assimiler à ce qui est vu, c'est ce qui intègre à chaque instant en créant des relations
stables entre les choses, à l'image des réseaux neuronaux. La conscience est un lieu abstrait,
car impossible à localiser quelque part dans le corps, qui apparaît à chaque instant au
moment exact où fusionnent les perceptions des sens et de l'esprit, l’espace dans lequel se
déroulent toutes les activités intellectuelles de l’esprit, en grande partie imaginaires (les
représentations mentales : conscience du monde, des autres, du moi…), mais efficaces à leur
manière, ainsi que la vie émotionnelle ;
la conscience en tant que substrat de l'existence, dans certaines conceptions de la spiritualité.

Conscience de soi

La conscience s’accompagne de souvenirs, de sentiments, de jugements, de sensations et de


savoir que nous rapportons à une réalité intérieure que nous nommons moi. Cette conscience
est appelée conscience de soi, et est structurée par la mémoire et l’entendement. Elle est en ce
sens une unité synthétique sous-jacente à tous nos comportements volontaires. Les éléments
qu’elle contient, souvenirs, sentiments, jugements, dépendent d’un contexte culturel, ce qui fait
de la conscience de soi une réalité empirique changeante et multiple. L’unité et la permanence du
moi ne sont donc pas garanties par l’unité, peut-être seulement nominale, de la conscience.

Le cogito cartésien (« je pense donc je suis ») tend à exprimer l'état de conscience de celui qui
s'exprime. Autrement dit le sujet, disant « Je » exprime une conscience de lui-même (Ego), en
termes de savoir (raisonnement - entendement). Le « Je pense » est interactif. Il implique et
nécessite, pour être exprimé, la conscience de soi. La conclusion d'être pourrait dès lors paraître
redondante. Toutefois, elle vient exprimer l'état et la relation sensitive. « Je pense donc je suis »
peut donc se décliner en « Je sais que je ressens donc j'existe ». C'est aussi la faculté de douter
de sa propre existence qui « atteste » cette existence même.

Article connexe : Conscience de soi (Hegel).

Rapport en première personne

Auguste Comte : « On ne peut


pas se mettre à la fenêtre pour
se regarder passer dans la rue ».

L’introspection est une méthode d’investigation de la conscience qui vient, généralement, la


première à l’esprit. C’est un fait que nous pensons tous avoir un accès privilégié à notre esprit,
accès dont la conscience serait l’expression. Mais l’investigation de notre vie mentale n’est
certainement pas suffisante pour élaborer une théorie étendue de la conscience : « on ne peut
pas, disait Auguste Comte, se mettre à la fenêtre pour se regarder passer dans la rue ». Le sujet
ne peut en effet s’observer objectivement puisqu’il est à la fois l’objet observé et le sujet qui
observe, d’autant que la conscience se modifie elle-même en s’observant. Toute psychologie
impliquerait donc d’examiner la conscience à la troisième personne, même s'il faut alors se
demander comment il est possible d’observer ainsi la conscience de l’extérieur.

Le stade du miroir (se reconnaître dans un miroir) est souvent, considéré comme une étape
essentielle de la conscience de soi, réservé à l'humain. Mais si ce stade est atteint vers l'âge d'un
an et demi à deux ans chez l'homme, certains chimpanzés expérimentés, certains autres grands
singes, éléphants, dauphins, perroquets et pies, sont capables de se reconnaître dans un miroir,
comme l'a montré le test du miroir en éthologie19.

Courant

L’idée de conscience de soi pose le problème de l’unité d’un sujet, d’un moi ou d’une conscience.
On peut très généralement distinguer deux types d’hypothèses :

la conscience est l’expression d’une unité interne — le je du je pense ; cette unité peut être
comprise de différentes manières :
unité d’un individu — le sujet pensant, voire « l’âme » (par exemple chez Descartes),

unité transcendantale — le sens interne comme conscience de mes contenus de


conscience comme m’appartenant (Kant).

la conscience n’est qu’une liaison d’agrégats d’impressions (Hume) qui peut être décrite
comme une suite plus ou moins cohérente de récits concernant un sujet purement virtuel — le
moi. Aussi, « quand mes perceptions sont écartées pour un temps, comme par un sommeil
tranquille, aussi longtemps je n’ai plus conscience de moi et on peut dire vraiment que je
n’existe pas » (Hume, Traité de la nature humaine, I). Selon cette thèse, le moi est autre.

Conscience du monde extérieur

Pour Husserl, la conscience ne


peut être décrite
indépendamment des objets
qu'elle appréhende.
Selon Edmund Husserl, qui reprend un concept médiéval, toute conscience est conscience de
quelque chose. Cela suppose que la conscience soit un effort d’attention qui se concentre autour
d’un objet. Cette concentration est structurée par l’expérience ou par des catégories a priori de
l’entendement, structures que l’on considère parfois comme les fondements de toute
connaissance du monde extérieur. Dans l’idéalisme moderne la conscience est ainsi la source et
l’origine de la science et de la philosophie.

À la question de savoir quelles relations la conscience entretient avec la réalité en général, une
description phénoménologique répond que celle-ci a une structure spatiale et temporelle,
structure qui est une organisation des concepts qui concernent notre expérience du monde et
nous-mêmes en tant qu’acteurs de ce monde.

Histoire indienne de la conscience

Si, dans le cadre d'une pensée occidentale, la « conscience » est « l'un des mots les plus difficiles
à définir », ainsi que le formule André Comte-Sponville20, cette difficulté se heurtant à la
problématique d'une conscience tentant de s'auto-définir, un proverbe bouddhiste énoncerait en
regard l'adage selon lequel « un couteau ne peut se couper lui-même »21

Bouddhisme

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (janvier 2014). [Développer]

La philosophie bouddhique étudie elle aussi la conscience, vijñāna et en analyse les différentes
formes et fonctions. Il s'agit alors de l'un des constituants de la personne, skandhas, distinct de
la perception, samjñā ; cependant, si vijñāna est traduit par conscience, et que le terme désigne
bien une connaissance, le concept bouddhiste ne recouvre pas exactement la conscience telle
qu'elle est thématisée dans la pensée occidentale.

Hindouisme et védisme

Au cours des siècles, la conscience n'était pas définie systématiquement de la même façon sur
le sous-continent indien. La notion de « conscience pure » dans les théories dérivées des textes
de l'hindouisme, est comme un « état libéré », libéré du karma, libéré du samsara. Elle peut être
comprise comme un substrat de l'existence individuelle. Pour certains hindouistes, plus le
chemin du yogi avance dans la méditation, plus sa conscience devient grande. Le problème de la
dualité de l'univers entre l'individuel et le Tout, c'est-à-dire Dieu se pose aussi22. Dieu dans le
Brahmanisme et l'Hindouisme peut être l'être suprême Brahman, transcendant (Tat) ou
immanent (Sat-Chit-Ananda) dont la triplicité est l’existence-conscience-félicité. c'est encore la
Trimurti de Brahma-Vishnou-Shiva. La Mandukya Upanishad donne quatre états de conscience :
éveillé, dormant, rêvant et n'étant qu'un avec le Brahman23. Ce quatrième état de conscience, ou
Turiya, qui veut dire quatrième en sanskrit, est au-delà des états de veille, de rêve et de sommeil
dont il peut être considéré comme la source à l'origine de trois fleuves, ou encore illustré comme
l'image du moyeu d'une roue à trois branches. Pour Aurobindo Ghose qui réunit spiritualité et
matérialisme dans une vision évolutionniste de l'humanité, l'émergence d'une conscience de
vérité qu'il appelle la conscience supramentale24 peut contribuer à l'évolution d'une nouvelle
conscience sur terre. Pour Jean Gebser la conscience supramentale de Sri Aurobindo est la
même que la conscience intégrale qu'il décrit dans sa vision de l'évolution de la conscience25.

Histoire européenne de la conscience

Étienne Balibar parle de « l'invention européenne de la conscience »26. Il y a, dit-il, une illusion du
point de vue national dans la croyance selon laquelle « les “différents sens” du français se
distribueraient entre des mots étrangers correspondants ou que conscience en français unifie ce
que d'autres langues divisent »27. Les fluctuations des dictionnaires renvoient à l'histoire, qui est
elle-même transnationale, celle des « créations linguistiques en matière de “pensée de la
pensée” » : il s'agit d'un cas d'étude de ce que Renée Balibar nomme le « colinguisme
européen »28,27.

Antiquité gréco-romaine

Il n’existe aucun concept strictement comparable à celui de conscience dans la philosophie de la


Grèce antique.

Selon Barbara Cassin, « il n'y a pas de mot grec correspondant à conscience, mais une grande
variété de termes et d'expressions sur lesquels conscience est projeté, et qui renvoient tantôt à
un rapport à soi, tantôt à un jugement moral, tantôt à une perception, tantôt à un jugement,
opérant souvent un croisement ou une dérivation entre plusieurs de ces acceptions »29.
La « conscience » dans le christianisme

L'apôtre saint Paul par Antoine


van Dyck.

Article détaillé : Conscience morale : Christianisme.

L'apôtre Paul de Tarse, dans l'Épître aux Romains au ier siècle, soutient que les païens ne sont pas
ignorants de la Loi puisqu'ils ont une conscience qui les pousse à la chercher (Rm 2, 14-16).

Les Pères de l'Église « identifient la conscientia avec l' âme » : face au créateur, celle-ci est donc à
la fois « jugeante et jugée »30. Subordonnée chez Augustin à la memoria, elle « confesse le verbe
de Dieu » et interroge chez l'homme, « au plus profond de lui-même » (« interior intimo mio », est-il
dit dans Les Confessions), les « secrets de sa conscience »30. Jérôme dit que « l'étincelle de la
conscience » (scintilla conscientiae) continue de briller même chez les criminels et les
pécheurs30.

Dans Gaudium et Spes, le pape Jean XXIII et les évêques rassemblés lors du concile Vatican II
(1962-1965) préciseront que la « conscience est le centre le plus secret de l’homme, le
sanctuaire où il est seul avec Dieu et où sa voix se fait entendre ». Elle est « cette voix, qui ne
cesse de presser » chaque personne « d’aimer, d’accomplir le bien et d’éviter le mal »31,32.

Luther et le Gewissen allemand

Martin Luther, portrait de Lucas


Cranach l'Ancien.
Au sujet de la dénomination Gewissen en allemand pour « conscience », Philippe Büttgen
rappelle que Martin Luther a été qualifié d' « inventeur du Gewissen » (R. Hermann) et le
luthéranisme de « religion du Gewissen » (K. Holl)33,34.

Il cite à cet effet la réplique héroïque de 1521 devant la diète de Worms du Réformateur où ce
dernier refuse de se rétracter face à l'Église de Rome : « […] ma conscience est captive de Dieu, et
je ne peux ni ne veux abjurer quoi que ce soit, car il n'est ni sûr ni honnête d'agir contre sa
conscience » (Verhandlungen mit D. Martin Luther auf dem Reichstag zu Worms [1521], WA 7, 838,
2-9)33.

Jean Calvin xvie siècle.

Pour Philippe Büttgen, Martin Luther, « premier théoricien du Gewissen en langue allemande,
serait aussi le premier théoricien moderne de la conscience » (en appelant à la liberté de
conscience)33.

Jean Calvin

Jean Calvin, au xvie siècle, déclare qu'il existe une loi naturelle sans laquelle la vie en société ne
serait pas possible35 :

« Si l’Évangile n’était point prêché entre nous, que nous n’eussions


même ni Loi, ni rien que ce soit, qu’il n’y eût que notre conscience, ainsi
qu’ont les païens et les Turcs, si est-ce que déjà nous serions assez
avertis de la volonté de Dieu et nous aurions assez de connaissance,
sinon que nous la vinssions étouffer par notre malice36. »
Apparition du concept philosophique de « conscience » au xviie siècle

Descartes n'emploie que très


rarement le mot « conscience ».

John Locke introduit le concept


philosophique de « conscience »
(consciousness) dans son Essai
sur l'entendement humain (1689).

Ce n’est qu’au xviie siècle que le terme de « conscience » apparaît dans les langues
européennes37.

Le concept de conscience (consciousness) n’a été isolé de sa signification morale qu’à partir de
John Locke, dans son Essai sur l'entendement humain (1689). Avant lui le mot conscience n’a
jamais eu le sens moderne38.

En particulier, René Descartes ne l’emploie quasiment jamais39 en ce sens, bien qu’il définisse la
pensée comme une conscience des opérations qui se produisent en nous (les Principes de la
philosophie, 1644).

Le Petit Robert attribue à Malebranche (1676) la définition de conscience comme « connaissance


immédiate de sa propre activité psychique », alors que l'Essai de Locke date de 1689.

C’est le traducteur de Locke, Pierre Coste, qui a introduit l’usage moderne du mot conscience en
français7.
Conscience (xviiie siècle français)

Comme Rousseau, Diderot croit


à la bonté naturelle de l'homme.

Article détaillé : Conscience morale#Rousseau.

Au xviiie siècle en France, les Encyclopédistes sont déistes, même si certains d'entre eux
inclinent vers l'athéisme. Leur philosophie est naturaliste40. Comme Jean-Jacques Rousseau,
Denis Diderot croit à la bonté naturelle de l'homme.

La moralité consiste dès lors à « prendre conscience des données de notre nature pour fonder le
bonheur individuel et social sur les besoins humains et sur la raison40. »

Au livre IV de L'Émile, la déclaration de Rousseau, que représente un jeune calviniste éclairé par
un vicaire savoyard, est célèbre :

« Conscience ! conscience ! Instinct divin, immortelle et céleste voix ;


guide assuré d'un être ignorant et borné, mais intelligent et libre ; juge
infaillible du bien et du mal […]41. »
Bewusstsein (conscience) — Selbstbewusstsein (conscience de soi)

Gottfried Wilhelm von Leibniz.

Le principe selon lequel « toute conscience est conscience de quelque chose », soit « la
nécessité de corréler un sujet et un objet visé par ce sujet », exprime sa propriété fondamentale,
l'intentionnalité, rappelle Jean-François Goubet. Mais toute conscience, ajoute-t-il est aussi
« rapport à soi »42.

Pour Leibniz, critique de Descartes, le cogito n'est pas « la seule proposition première », il faut
« lui adjoindre une autre vérité de fait primitive » et dire plutôt : « des choses diverses sont
pensées par moi. » Autrement dit, « la perception, l'enveloppement du divers dans l'unité,
s'accompagne chez l'homme d'aperception, de conscience réflexive42. »

Christian Wolff introduit le terme Bewusstsein et remanie le cogito par cette formulation : « nous
sommes conscients de nous-mêmes et d'autres choses »42.

Johann Gottlieb Fichte.

La première génération kantienne approfondit la question de la conscience, notamment Karl


Leonhard Reinhold qui émet le principe suivant : « Dans la conscience, la représentation est
rapportée au sujet et à l'objet, et distinguée de l'un et de l'autre, par le sujet ». De la sorte,
commente Jean-François Goubet, ce principe de Reinhold doit être « l'assise tant de la
philosophie de la connaissance que de la philosophie pratique »42.
En adhérant à ce projet, Fichte innove avec une conception unifiée de l'aperception donnant
naissance à toutes les déterminations de la conscience : « Sans conscience de soi, aucune
conscience n'est possible ». Le soi est « l'activité originaire générant toute réalité consciente » : il
s'agit d'une « identité à soi, non pas donnée mais produite42. »

Hegel reprochera à la philosophie de Fichte « de rendre absolu le subjectif, qui n'est jamais qu'un
particulier opposé à l'objectif ». Ainsi la conscience reste-t-elle « toujours affectée par une
opposition insurmontable entre sujet et objet. » Chez Hegel, l'esprit se déploie en supprimant la
figure de la conscience pour adopter la forme du concept où « le sujet se sait comme objet et
l'objet comme sujet43. »

Limites de la conscience à l'époque contemporaine

Illusions de la conscience

Selon Jean-François Goubet, Karl Marx s'élève contre le primat de la conscience parce que « ce
n'est pas la conscience des hommes qui détermine leur existence [sociale] », mais l'inverse. La
conscience est pour Marx « un produit de la réalité économique43. »

Friedrich Nietzsche dénonce quant à lui une illusion grammaticale de la conscience dans la
croyance en l'existence réelle d'un sujet et des activités qui lui sont attachées43.

Le legs que représente le cogito de Descartes est également questionné par Martin Heidegger : il
se révèle plus labile que ferme dans la mesure où il n'a pas « tiré au clair la question de l'être de
la chose qui pense. » Même sans être jamais une « une assise garantie », le Dasein, « à l'instar du
sujet conscient, est le plus proche de lui-même43. »

Conscience / conscient et inconscient (psychanalyse)

« Il se passe dans le psychisme


bien plus de choses qu’il ne peut
s’en révéler à la conscience44. »
Articles détaillés : Inconscient (philosophie), Inconscient et L'Interprétation du rêve#Le chapitre
VII.

Même si le mot « inconscient » s'est trouvé forgé au début du xixe siècle par les romantiques45,
c'est au début du xxe siècle que Sigmund Freud découvre l'inconscient lié à la pulsion sexuelle et
au refoulement, en l'occurrence celui de la sexualité infantile.

La psychanalyse distingue la conscience de l'inconscient46. L'objectif de la psychanalyse sera,


selon Freud, de « traduire les processus inconscients en processus conscients pour combler
ainsi les lacunes de notre perception consciente »47. Tout au long de l'œuvre freudienne,
conscience et perception sont « indissolublement liées », et mieux vaut parler du « système
perception-conscience (“Pc-Cs”) »47.

Dans la première topique mise en place notamment au chapitre VII de L'Interprétation du rêve
(1900), « le conscient » est l’une des trois instances composant l'appareil psychique, les deux
autres étant donc le préconscient et l’inconscient. Ainsi pour Freud, la conscience n'est pas
l'essence du psychisme, elle n’en est qu'une partie et ignore de nombreux phénomènes qui sont
de l’ordre de l'inconscient. Ceux-ci peuvent être amenés à la conscience dans le cadre de la cure
psychanalytique, à travers la prise de conscience du refoulé48.

Surmoi et conscience morale

Articles détaillés : Surmoi#Le surmoi et l'impératif catégorique kantien et Malaise dans la


civilisation#Le surmoi.

Dans le Dictionnaire international de la psychanalyse, la notion de « conscience morale » renvoie


au surmoi, instance de la seconde topique freudienne (1923, Le Moi et le Ça), lequel Surmoi, non
dissocié de l'une des fonctions de l'idéal (1914, Pour introduire le narcissisme ; 1921, Psychologie
des masses et analyse du moi), résulte de l' « intériorisation de l'autorité parentale » et se trouve
par conséquent être l'héritier du complexe d'Œdipe refoulé dans l'inconscient en matière de
sexualité infantile49.

La qualité d'instance du surmoi implique dès lors « la reconnaissance de ce que la plus grande
partie du moi est inconsciente50. » Le surmoi dominant le moi, la tension entre les deux
instances se manifeste comme angoisse morale50. Selon Jean-Luc Donnet, dans la mesure où le
surmoi recoupe le thème élevé du sublime dans l'homme, Freud s'élève ainsi « contre toute
perspective spiritualiste », telle que la sollicite le thème de la « conscience morale » : c'est en
effet la dimension pulsionnelle de l'instance surmoïque qui prévaut ici51. Dans sa fiche de lecture
sur Malaise dans la culture, Michel Plon confirme que le surmoi correspond de fait à « cette
“conscience morale” qui renvoie au moi l'agressivité que celui-ci entend projeter sur l'extérieur,
sur les autres, et qui donne ainsi naissance au sentiment de culpabilité »52.
Sur le plan philosophique, Freud assimile le surmoi à l'impératif catégorique kantien53.

Questions fondamentales

Daniel Dennett a, entre autres,


écrit sur les Qualia.

Pour Jean-Pierre Changeux, il


existe un « espace de travail
neuronal » constitué de
neurones momentanément
coactivés et qui forment le siège
de la conscience.

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (juin 2024). [Développer]

Il existe de nombreuses théories qui s’efforcent de rendre compte de ce « phénomène ». Ce sujet


fait l’objet des travaux de Daniel Dennett, Antonio Damasio et Jean-Pierre Changeux, ainsi que
des sciences cognitives. Le modèle du spectateur cartésien est remis en cause car, comme le
fait remarquer Daniel Dennett, on ne peut expliquer la conscience par la conscience : expliquer
exige que l’explication ne fasse pas appel elle-même à une compréhension de ce qu’on souhaite
justement expliquer (« To explain means to explain away »).

En d’autres termes, on n’aura expliqué la conscience que lorsque cela aura été fait en termes ne
faisant pas intervenir le mot ni le concept de « conscience ». Sinon, on tombe dans un argument
circulaire54. On remarquera que Daniel Dennett remet en cause le modèle du « spectateur
cartésien » avec une explication elle-même de type « circulaire ».

Théories

Jean-Paul Sartre : « La
conscience n’a pas de dedans,
elle n’est rien que le dehors
d’elle-même. »

Selon Stuart Hameroff, le


cerveau est l'organe à travers
lequel la conscience se
manifeste mais il n'est pas ce
qui produit la conscience55.

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (juin 2024). [Développer]

Les questions de savoir ce qui caractérise la conscience, quelles sont ses fonctions et quels
rapports elle entretient avec elle-même ne préjugent pas nécessairement du statut ontologique
qu’il est possible de lui donner. On peut, par exemple, considérer que la conscience est une partie
de la réalité qui se manifeste dans des états de conscience tout en étant plus qu’une simple
abstraction produite à partir de l’adjectif « conscient ». Cette thèse réaliste (au sens de la
philosophie médiévale56) n’a plus beaucoup de défenseurs de nos jours. L’une des raisons en est
que l’investigation purement descriptive ne rend pas nécessaire ce genre d’hypothèses réalistes.

La conscience s'étudie par ses manifestations. Une école de pensée, le behaviorisme, se


propose d'ailleurs de n'étudier que les manifestations elles-mêmes, sans chercher à poser
l'hypothèse d'une conscience sous-jacente et bien difficile à définir.

Dualisme

Physicalisme

La théorie de l'espace de travail global

La conscience du point de vue matérialiste, comme François Kammerer, Conscience et matière,


201957.

L’approche de Timothy Leary avec ses 8 circuits.

La conscience consciente d'elle-même dont témoigne l'écrivain Stephen Jourdain.

Autres théories cognitives (Douglas Hofstadter, Daniel Dennett, Antonio Damasio, Gerald
Edelman, Giulio Tononi).

Les théories quantiques de la conscience de Roger Penrose (1989, 1994) et Stuart Hameroff
(1998).

Et même des approches totalement physiques (matérialisme scientifique), comme celle de Jean-
Pierre Changeux, selon lequel les percepts et les concepts constituent des entités physiques se
traduisant par des connexions physiques et logiques de neurones, qu’il entend mettre en
évidence ; c’est déjà le cas pour les percepts. Dans cette démarche, Stanislas Dehaene poursuit
les travaux de recherche sur la Théorie de l'espace neuronal global, dans Le Code de la
conscience, 2014.

Le concept de conscience n'est donc plus exclusivement utilisé par la philosophie ou la


psychologie, des chercheurs d'autres disciplines comme la sociologie ou l'anthropologie
s'intéressent à ce concept en lui donnant d'autres sens, à partir souvent de résultats d'enquêtes
ou d'observations directes et participantes. Par exemple, des chercheurs sous la direction
d'Alfredo Pena-Vega et de Nicole Lapierre ont étudié l'émergence d'une conscience européenne
chez des jeunes vivant en Poitou-Charente.

Des disciplines telles que la neurologie s'intéressent elles aussi au concept de conscience. À ce
titre, les altérations de conscience par exemple dans le cadre d'un accident vasculaire cérébral
permettent de mieux appréhender ce concept. Ainsi, la vision aveugle dans le cadre d'un
accident vasculaire occipital consécutif à l'occlusion du tronc basilaire, permet d'expérimenter
une vision inconsciente des objets. Le patient parvient à éviter des objets d'une façon qu'il
qualifie d'intuitive donc inconsciente.
Notes et références

1. Le Petit Robert, « Conscience », Paris, Dictionnaires Le Robert, 1996, (ISBN 2850365068),


p. 445.

2. Étienne Balibar, « Conscience » (article), dans Barbara Cassin (dir.), Vocabulaire européen
des philosophies : dictionnaire des intraduisibles, Le Robert, 2019 (ISBN 978-2-02-143326-5),
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3. Lalande 1993, p. 173-176.

4. Lalande 1993, p. 173.

5. Christian Godin, Dictionnaire de philosophie

6. Oscar Bloch et Walther von Wartburg, Dictionnaire étymologique de la langue française,


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er-roazen/9782020908153) [archive]).

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10. James Mark Baldwin, Dictionary of philosophy and psychology (1901-1905).

11. Lalande 1993, p. 174.

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13. Alain Rey (dir.), Le [Link] historique de la langue française (1e éd. 1992), édition
petit format, 1998, réimpression, 2000, tome 2, entrée « État » → état de conscience,
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14. [Lalande] André Lalande, Vocabulaire technique et critique de la philosophie


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22. Dictionnary of Hinduism par W.J. Johnson publié par Oxford University Press, p. 86
(ISBN 9780198610250).

23. The A to Z of Hinduism par B.M. Sullivan publié par Vision Books, pages 56 et 5,
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24. Sri Aurobindo. La synthèse des Yoga. Le Yoga de la perfection de Soi, tome 3, Buchet Chastel,
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25. Jean Gebser, The Ever-Present Origin, Traduction de l'allemand de Noel Barstad et Algis
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26. Balibar 2019, p. 263.

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28. Renée Balibar, Le Colinguisme, Paris, PUF, « Que sais-je ? », 1993

29. Barbara Cassin, « Le grec pour “conscience” : rétroversions → oikeiôsis, sens » (encadré),
dans Barbara Cassin (dir.), Vocabulaire européen des philosophies : dictionnaire des
intraduisibles, Le Robert, 2019 (ISBN 978-2-02-143326-5), p. 261-262.

30. Balibar 2019, p. 262.

31. Voir sur [Link]. ([Link]


ents/vat-ii_const_19651207_gaudium-et-spes_fr.html) [archive]

32. Geneviève Médevielle, « Le rôle de la conscience morale », La Croix - L'Hebdo,‎26 août 2009
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33. Philippe Büttgen, « “Conscientia” et “Gewissen” chez Luther » [encadré], dans Barbara
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36. Calvin, Sermons sur le livre de Job, ; Calvini Opera quae supersunt Omnia (CO), éd. G. Baum,
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37. Conscience & cerveau : la nouvelle frontière des neurosciences, De Boeck Supérieur, 2001,
340 p. (ISBN 978-2-8041-3766-3, lire en ligne ([Link]
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38. John Locke (trad. et dir. Étienne Balibar), Identité et Différence : L'Invention de la conscience,
Seuil, 1998.

39. Voir Natalie Depraz, La conscience. Approches croisées, des classiques aux sciences
cognitives (cf. Bibliographie), ch.1, § 1.3, où elle recense les (très rares) occurrences chez
Descartes des termes conscientia, conscius esse, et conscience en français ; elle conclut
que [chez Descartes] « on a moins affaire à une philosophie de la conscience qu'à une
philosophie de la vérité certaine et du fondement (…) ».

40. Lagarde et Michard 1956, p. 240.

41. Lagarde et Michard 1956, p. 308, 311-312.

42. Goubet 2007, p. 219.

43. Goubet 2007, p. 220.

44. Sigmund Freud, Essais de psychanalyse.

45. Balibar 2019, p. 273.

46. Sigmund Freud, Métapsychologie, Presses universitaires de France, 2010 (ISBN 2-13-057957-4).

47. Cahn 2005, p. 372.

48. Roland Chemama (dir.) et Bernard Vandermersch (dir.), Dictionnaire de la psychanalyse,


Paris, Éditions Larousse, 2009, 4e éd., 602 p. (ISBN 978-2-03-583942-8), p. 108-109.

49. Donnet 2005, p. 1754-1756.

50. Donnet 2005, p. 1754.


51. Donnet 2005, p. 1755.

52. Michel Plon, « Le malaise dans la culture, Sigmund Freud. Fiche de lecture ([Link]
[Link]/encyclopedie/le-malaise-dans-la-culture/) [archive] », sur [Link]
(consulté le 6 juillet 2024).

53. Assoun 1995, p. 345-348.

54. Voir l’article : sophismes.

55. What is consciousness ? ([Link]


ousness-hameroff/) [archive]

56. Voir réalisme et nominalisme.

57. Kammerer 2019.

Annexes

Bibliographie

: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Dictionnaires et usuels

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dictionnaire des intraduisibles, Paris, Le Robert, 2019 (ISBN 978-2-02-143326-5), p. 260-274

Oscar Bloch et Walther von Wartburg, Dictionnaire étymologique de la langue française, Presses
universitaires de France, 1950 (lire en ligne ([Link]
mologique_de_la_langue.html?id=wA8uAAAAMAAJ&redir_esc=y) [archive])

Philippe Büttgen, « “Conscientia” et “Gewissen” chez Luther » [encadré], dans Barbara Cassin
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Barbara Cassin, « Le grec pour “conscience” : rétroversions → oikeiôsis, sens » (encadré), dans
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Roland Chemama (dir.) et Bernard Vandermersch (dir.), Dictionnaire de la psychanalyse, Paris,
Éditions Larousse, 2009, 4e éd., 602 p. (ISBN 978-2-03-583942-8), p. 108-109.

Jean-Luc Donnet, « Surmoi », dans Alain de Mijolla, Dictionnaire international de la


psychanalyse, Paris, Hachette Littératures, 2005 (ISBN 9782012791459), p. 1754-1756

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dans Élisabeth Décultot, Michel Espagne et Jacques Le Rider (dir.), Dictionnaire du monde
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André Lagarde et Laurent Michard, « L'Encyclopédie, Profession de foi du vicaire savoyard »,


dans Lagarde et Michard, IV. Dix-huitième siècle, Paris, Bordas, 1956, p. 240-312

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Henri Bergson, « La conscience et la vie » in L'Énergie spirituelle

René Descartes, Discours de la méthode


René Descartes, Méditations métaphysiques

René Descartes, Les Principes de la philosophie

Maurice Halbwachs, Les Cadres sociaux de la mémoire, Paris, 1926, Albin Michel (nouvelle
édition)

Maurice Halbwachs, La Mémoire collective, Paris, 1950, Albin Michel (nouvelle édition)

Sigmund Freud, L'Interprétation du rêve (1900), PUF 2005 (ISBN 2-13-052950-X) (notamment dans
le chapitre VII)

Emmanuel Kant, Critique de la raison pure

Emmanuel Kant, Critique de la raison pratique

Gottfried Wilhelm Leibniz, Nouveaux essais sur l’entendement humain

John Locke, Essai sur l'entendement humain (en particulier le chapitre 27). Voir John Locke,
Identité et différence. L’invention de la conscience

Karl Marx et Friedrich Engels, L'Idéologie allemande

Jaak Panksepp et al., Déclaration de Cambridge sur la conscience

Jean-Jacques Rousseau, La Profession de foi du vicaire savoyard, livre IV de Émile, ou De


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Baruch Spinoza, Éthique, 1677

Rudolf Steiner, Philosophie de la liberté ; traduit de l'allemand par Jean-Luc Evard et Joseph
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Études

David Chalmers parle de


problème difficile de la
conscience pour évoquer les
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sujet.

Paul-Laurent Assoun, Freud, la philosophie et les philosophes, Quadrige/Presses Universitaires


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John Searle, Le Mystère de la conscience, Éditions Odile Jacob, 1999 (ISBN 978-2738107466).
Réflexion sur les conceptions concernant la conscience de Francis Crick, Gerald Edelman,
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« La conscience : Un défi pour les neurosciences, un horizon pour l'IA », Pour la science, hors-
série no 127,‎mai-juin 2025, p. 4-108.

Articles connexes

Conscience de soi (Hegel)

Conscience de classe

Conscience morale

État de conscience

État modifié de conscience

Inconscient

Problème difficile de la conscience

Science et conscience

Stade du miroir et test du miroir

Métacognition

Liens externes

« La conscience perdure-t-elle après la mort ? » ([Link]


casts/carnets-de-sante/y-aurait-il-quelque-chose-apres-la-mort-6297260) [archive], Carnets de

santé, France Culture, 2 novembre 2024.

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Science, CQFD, France Culture, 12 décembre 2024.

Vers une cartographie cérébrale des états de conscience ? ([Link]


i_12/i_12_cr/i_12_cr_con/i_12_cr_con.html) [archive]

Bases de données et dictionnaires

Ressources relatives à la recherche : Internet Encyclopedia of Philosophy ([Link]


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Ressources relatives à la santé : Medical Subject Headings ([Link]
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Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes : Britannica ([Link]


[Link]/topic/consciousness) [archive] · Den Store Danske Encyklopædi ([Link]

[Link]//bevidsthed/) [archive] · Store norske leksikon ([Link]


gi) [archive] · Universalis ([Link]
e/) [archive]

Notices d'autorité : BnF ([Link]


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