Introduction aux Nombres Complexes
Introduction aux Nombres Complexes
840
François Giraud, Cécile Le Go, Marie Peronnier, Valentine Roos
→
− → − →
− 1 →
− 0
Si on munit le plan de la base orthonormée ( e1 , e2 ) avec e1 et e2 , on a
0 1
a
b• • = a→
−
e1 + b→
−
e2 →
−
e2
b
avec
• →
−
a e1
L'ensemble C des nombres complexes peut être déni comme l'ensemble R2 dans lequel :
Le vecteur →
−
e2 est noté i.
L'axe des ordonnées est l'ensemble des nombres de la forme ib avec b réel. Il est noté iR.
a
Dénition 1. Un nombre complexe z est un point
b
du plan que l'on note a + ib.
Remarque. De manière
( équivalente, on peut dénir la somme de deux nombres complexes z1 et
Re(z1 + z2 ) := Re(z1 ) + Re(z2 ),
z2 par les relations
Im(z1 + z2 ) := Im(z1 ) + Im(z2 ).
Proposition 1. Pour tous z1 , z2 , z3 ∈ C,
z1 + z2 = z2 + z1 (commutativité)
Il s'agit du produit que l'on obtient mécaniquement lorsque l'on décide que i × i, càd i2 , vaut −1.
Remarque. De manière
( équivalente, on peut dénir le produit de deux nombres complexes z1 et
Re(z1 z2 ) := Re(z1 )Re(z2 ) − Im(z1 )Im(z2 ),
z2 par les relations
Im(z1 z2 ) := Re(z1 )Im(z2 ) + Re(z2 )Im(z1 ).
z1 (z2 + z3 ) = z1 z2 + z1 z3 (distributivité)
Démonstration.
1. La commutativité vient du fait que la formule est symétrique en z1 et z2 .
D'autre part,
λz = λa + iλb,
Re(λz) = λa = λRe(z)
ce qui implique bien que .
Im(λz) = λb = λIm(z)
Les deux vecteurs représentant les complexes z et iz sont donc orthogonaux, ce qui se traduit
π
bien par un angle droit (càd de mesure ) entre les deux segments [O, z] et [O, iz]. Le dessin nous
2
montre le sens de rotation.
4 Inverse d'un nombre complexe
Théorème 4.
1
Soitz ∈ C⋆ (c'est-à-dire z complexe non nul), alors il existe un unique complexe, noté , tel que
z
1 1
z × = 1. Le complexe est appelé inverse de z .
z z
1 a − ib
Si z = a + ib (où au moins l'un des deux réels a et b est non nul), alors: = 2 .
z a + b2
Démonstration.
Soit z = a + ib, non nul. On cherche un nombre complexeu = c + id tel que zu = 1.
On forme le produit zu = (a + ib)(c + id) = (ac − bd) + i(ad + bc).
Si le nombre complexe u vérie bien zu = 1, alors on a, par identication des parties réelle et
imaginaire,
(
ac − bd = 1 (1)
ad + bc = 0 (2)
a
En faisant a(1) + b(2), on obtient c(b2 + a2 ) = a donc c = . De même, en faisant
a2 + b2
b
a(2) − b(1), on obtient (a2 + b2 )d = −b donc d=− .
a2 + b 2
Remarque: On peut diviser par a2 + b 2
qui est non nul car on a supposé a + ib non nul, donc au
2 2
moins un des deux réels a ou b est non nul, ce qui implique a + b > 0.
a − ib
À ce stade de la démonstration, on a démontré que si uz = 1, alors u= .
a2 + b 2
Réciproquement, on vérie que
Remarque. 0 n'a pas d'inverse, puisque pour tout z ∈ C, z × 0 = 0 (et donc par 1).
z1 1
Dénition 4 (Quotient). Pour tous z1 ∈ C et z2 ∈ C⋆ , on pose := z1 × .
z2 z2
Proposition 5. Pour tous u, v ∈ C et z1 , z2 ∈ C⋆ , on a :
u v uv u v uz2 + vz1 1 z2
× = + = z1 =
z1 z2 z1 z2 z1 z2 z1 z2 z2
z1
Démonstration. Tout comme les identités remarquables, ces égalités sont vraies car la somme et
le produit dans C vérient les mêmes propriétés que dans R; les démonstrations dans C sont donc
rigoureusement identiques à celles dans R.
Remarque. Notons que (a + ib)(a − ib) = a2 − (ib)2 = a2 − i2 b2 = a2 + b2 .
Cette astuce est à retenir, puisque fort utile pour passer des complexes aux réels ! Le complexe
a − ib est appelé le conjugué du complexe a + ib, ou encore sa quantité conjuguée.
La notion de conjugaison sera vue dans une autre section de ce cours, mais à ce stade, elle
permet de faire des calculs pratiques d'inverses.
1
Exemple : calcul de à l'aide de la quantité conjuguée.
2 + 3i
On a, en multipliant au numérateur et au dénominateur par la quantité conjuguée et en
utilisant la remarque précédente :
1 2 − 3i 2 − 3i 2 3
= = 2 2
= − i
2 + 3i (2 + 3i)(2 − 3i) 2 +3 13 13
Exercice 5. Soit t ∈ R. Justier que les complexes suivants sont dénis et déterminer leur forme
algébrique :
1 i i + 5t
z1 = z2 = z3 =
1+i 3t + 4i it − 1
1
Exercice 6. Que vaut ?
i
5 Module
Remarques.
1. Le module d'un nombre réel est égal à sa valeur absolue. Le module est donc une extension
aux nombres complexes de la notion de valeur absolue sur les nombres réels.
2. Pour tout z ∈ C, −z et z sont symétriques par rapport à l'origine, donc ils sont à la même
distance de l'origine, d'où : | − z| = |z|.
3. |0| = 0 et 0 est le seul complexe dont le module vaut 0, puisque tous les autres complexes
sont à une distance strictement positive de l'origine.
Théorème 6. √
Si z = a + ib avec a et b des réels, alors |z| = a2 + b2 , par le théorème de Pythagore.
√
|z| = a2 + b 2
√ √
Exemple: On a |3 + 2i| = 32 + 22 = 13.
△ ! En général |z1 + z2 | =
̸ |z1 | + |z2 |.
Théorème 7.
Pour tous z1 , z1 ∈ C, on a l'inégalité suivante, appelée inégalité triangulaire :
|z1 + z2 | ⩽ |z1 | + |z2 |
Il s'agit d'une traduction dans les complexes de l'inégalité triangulaire bien connue en
géométrie plane, qui stipule que dans un triangle ABC , la longueur d'un des côtés est toujours
inférieure à la somme des deux autres.
Théorème 8.
Le module est une fonction multiplicative. Autrement dit, pour tous z1 , z2 ∈ C,
z1 z2 = (a1 a2 − b1 b2 ) + i(a1 b2 + a2 b1 ),
donc
|z1 z2 |2 = (a1 a2 − b1 b2 )2 + (a1 b2 + a2 b1 )2
= a21 a22 − 2a1 a2 b1 b2 + b21 b22 + a21 b22 + 2a1 a2 b1 b2 + a22 b21
= a21 a22 + b21 b22 + a21 b22 + a22 b21
= (a21 + b21 )(a22 + b22 )
= |z1 |2 |z2 |2
Proposition 9. Le module étant multiplicatif, il a de bonnes propriétés pour tout ce qui concerne
le produit : les puissances, l'inverse, et le quotient.
Pour tous z1 , . . . , zn ∈ C, |z1 z2 . . . zn | = |z1 | . . . |zn |.
−5(2 − i)
Exemple : calcul du module de z= .
(4 + 3i)2
Par produit et quotient,
√
−5(2 − i) | − 5||2 − i| 5× 5 1
2
= 2
= √ 2 =√
(4 + 3i) |4 + 3i| 25 5
z1 = 3 + i z2 = i − 5x z3 = (1 + i)(2 + 3i)
−2i(i − 1)4 (1 + ix)ix
z4 = ix(3 − i) z5 = z6 = , (x ̸= −1)
5 + 2xi 3i(x + 1)2
6 Exponentielle complexe
On note U l'ensemble des nombres complexes de module 1 :
Remarque fondamentale
Soit z ∈ U. Alors il existe θ ∈ R tel que z = cos(θ) + i sin(θ).
N'importe quel angle orienté θ allant de l'axe des abscisses au segment[0, z] convient comme
valeur de θ pour avoir l'égalité (positif, négatif, déphasé d'un multiple de 2π dans un sens ou
dans l'autre, etc.).
Il s'agit là d'un théorème de trigonométrie vu en classe de première, mais qui peut être
aisément retrouvé à l'aide de géométrie du collège dans les triangles rectangles.
Remarques.
1. Rien à voir avec l'exponentielle réelle !
2. Pour tout θ ∈ R, eiθ = 1, puisque par dénition, eiθ ∈ U (c'est un point du cercle).
3. U = {eiθ , où θ ∈ R} = {eiθ , où θ ∈ [0, 2π[}.
Proposition 10. Par sa dénition et son interprétation comme un point du cercle trigonométrique,
l'exponentielle complexe vérie les propriétés suivantes :
Pour tout k ∈ Z, e2ikπ = 1.
R −→ U
La fonction : est 2π -périodique.
θ 7−→ eiθ
Pour tous θ, φ ∈ R,
Théorème 11.
L'exponentielle complexe transforme les produits en somme.
Autrement dit, pour tous θ, φ ∈ R, on a :
= cos(θ + φ) + i sin(θ + φ)
= ei(θ+φ)
Remarques.
1. Comme pour l'exponentielle réelle !
2. U est stable par produit, c'est-à-dire que le produit de deux éléments de U reste dans U :
eiθ × eiφ = ei(θ+φ) ∈ U. De plus, cette formule nous dit comment construire géométriquement
ce produit : en additionnant les angles.
3. La multiplication dans U fait "tourner" les points : multiplier par eiθ revient à opérer une
rotation d'angle θ.
Proposition 12.
1. Pour tous θ1 , θ2 , . . . , θn ∈ R, eiθ1 eiθ2 . . . eiθn = ei(θ1 +θ2 +···+θn ) (simple récurrence)
2. Pour tout θ ∈ R, n ∈ N, (eiθ )n = einθ (cas particulier de la situation précédente).
1
3. Pour tout θ ∈ R, = e−iθ (car eiθ × e−iθ = ei0 = 1).
eiθ
eiθ 1
4. Pour tous θ, φ ∈ R, = ei(θ−φ) (car eiθ
eiφ
= eiθ × = eiθ × e−iφ = ei(θ−φ) ).
eiφ eiφ
pas stable par addition.
△ !
L'ensemble U n'est
Théorème 13.
1. Tout z∈C admet une forme trigonométrique, c'est-à-dire une forme du type
z = reiθ , où r = |z| ∈ R+ et θ ∈ R.
2. Pour tous les complexes non nuls, cette forme peut être qualiée d' unique au sens où
⋆
pour tous r1 , r2 ∈ R+ , θ1 , θ2 ∈ R,
(
r1 = r2 (identication des modules)
r1 eiθ1 = r2 eiθ2 ⇐⇒
il existe k∈Z tel que θ1 = θ2 + 2kπ (identif. des arguments)
z
Démonstration. Pour l'existence : il sut de remarquer que u= est de module 1. En eet,
|z|
z |z| |z|
= = =1
|z| ||z|| |z|
(on a bien ||z|| = 1 car |z| est un nombre réel positif ).
z
D'après la section précédente, on sait qu'il existe un réel θ tel que u = eiθ . On a donc = eiθ .
|z|
iθ
En posant r = |z|,
on obtient z = re .
′ iθ′ ′ ′
iθ
Pour l'unicité : si re = r e alors |reiθ | = |r′ eiθ |, et donc|r||eiθ | = |r′ ||eiθ |.
iθ ′
Comme tout nombre complexe de la forme e est de module 1, et que r et r sont deux réels
′
positifs, l'égalité donne r = r .
′ ′
En simpliant par r (qui est non nul) dans l'égalité reiθ = r′ eiθ , on obtient l'égalité eiθ = eiθ
qui implique l'égalité des angles, à un multiple de 2π près.
′
Réciproquement, si r = r′ et θ = θ′ + 2kπ , on a, bien sûr, reiθ = r′ eiθ .
Exemple : forme trigonométrique de 2i :
π π π
i = 0 + 1.i = cos + i sin = ei 2
2 2
Cela peut en réalité se voir en plaçant 2i dans le plan complexe et en lisant directement sur le
dessin son module et un argument convenable.
Exercice 8. Uniquement par lecture sur un dessin, donner la forme trigonométrique de −3i, −5,
1 + i, 1 − i.
√
Exemples : formes trigonométriques de 3+i et de 1 + 2i en factorisant par le module.
On commence par forcer la factorisation par le module. On sait alors que dans la partie entre
iθ
parenthèse, on obtient un complexe de module 1, donc un complexe de type e . La question est
alors de pouvoir reconnaître, ou pas, le cosinus et le sinus d'un angle connu.
√ √
q
2
Le module de 3+i est : 3 + 12 = 2. On a alors :
√ !
√ 3 1 π π π
3+i=2 + i = 2 cos + i sin = 2ei 6
2 2 6 6
√ π
Ainsi, la forme trigonométrique de 3 + i est 2ei 6 .
√ √
De même, le module de 1 + 2i est 12 + 22 = 5. On a alors :
√ √
1 2
1 + 2i = 5 √ + i √ = 5eiθ
5 5
1
h πi cos(θ) = √
où θ est LE réel de 0; tel que :
5
2 2
sin(θ) = √
5
La valeur exacte de ce θ n'est pas particulièrement connue. Pour information, elle vaut
approximativement 1,107 radians.
Exercice 9. Déterminer la forme trigonométrique la plus explicite possible de :
1 1 −1
z1 = i − z2 = 3 − 2i z3 = √ − i.
2 2 3
Proposition 14.
1. Produit. z1 z2 = (r1 eiθ1 )(r2 eiθ2 ) = r1 r2 ei(θ1 +θ2 ) .
On comprend alors que multiplier dans C par un complexe z s'interpète très bien si z est
sous la forme reiθ comme l'application de deux transformations géométriques (peu importe
l'ordre dans lequel on les applique) :
une rotation d'angle θ (traduisant ×eiθ dans la formule)
une homothétie de rapport r (traduisant ×r dans la formule), qui opère une contraction
de l'espace si r ⩽ 1 et une dilatation de l'espace si r ⩾ 1.
2. Puissances. Pour tout n ∈ N : z n = rn einθ .
1 1
3. Inverse. Si z ̸= 0, = e−iθ .
z r
z r
4. Quotient. Si z2 ̸= 0, 1 = 1 ei(θ1 −θ2 ) .
z2 r2
1
5. Puissances négatives. Si z ̸= 0, soit k ∈ N⋆ . z −k := = r−k e−ikθ .
zk
Démonstration.
1. Il s'agit de la simple commutativité du produit dans C et de la propriété de l'exponentielle
complexe démontrée précédemment:
z1 r1 eiθ1 r1 1 r1 r1
= iθ
= eiθ1 × iθ2 = eiθ1 e−iθ2 = ei(θ1 −θ2 )
z2 r2 e 2 r2 e r2 r2
5. Soit z := reiθ , et soit k ∈ N∗ . On a :
1 1 1 1
z −k := k
= iθ k
= k × ikθ = r−k e−ikθ
z (re ) r e
Remarque. On remarque que, dans le cas où z est non nul, la relation z n = rn einθ est valable
pour n ∈ Z. Le cas particulier où r = 1 donne :
Une écriture du type z 3,27 , avec un exposant non entier, n'a pas de sens en général dans
les complexes. Dans un autre chapitre, on verra que l'on peut donner du sens à de telles
△ ! écritures uniquement dans le cas particulier où
cela n'a rien à voir avec les complexes.
z est un réel strictement positif, et que tout
Remarque. La forme trigonométrique est inadaptée pour faire des sommes. Il n'existe pas de
façon simple de réaliser l'opération : r1 eiθ1 + r2 eiθ2 . En pratique, on revient souvent à la forme
algébrique.
(1 + i)9
Exercice 10. Déterminer la forme algébrique de .
(1 − i)7
9 Équations dans C
Les équations d'inconnue z complexe peuvent être traitées en cherchant z:
Ces trois méthodes ne sont pas les seules, mais elles sont très classiques.
z̄ := a − ib.
z̄ = re−iθ .
Dans le plan complexe, z et z̄ sont symétriques l'un de l'autre par rapport à l'axe des abscisses.
Proposition 15. Si z1 , z2 ∈ C :
1. z1 + z2 = z1 + z2
2. z1 − z2 = z1 − z2
3. z1 × z2 = z1 × z2
z1 z1
4. Si z2 ̸= 0, =
z2 z2
5. Pour tous z ∈ C et n ∈ N, z n = z n et cela reste vrai pour n ∈ Z si z est non nul.
Démonstration. Démonstration du 1 : mieux vaut utiliser les formes algébriques z1 = a1 + ib1 et
z2 = a2 + ib2 pour les sommes/diérences :
z1 + z2 = a1 + ib1 + a2 + ib2
= (a1 + a2 ) + i(b1 + b2 )
= (a1 + a2 ) − i(b1 + b2 )
= (a1 − ib1 ) + (a2 − ib2 )
= z¯1 + z¯2
La démonstration du 2 est similaire à ce qui précède.
Démonstration du 3: on utilise ici les formes trigonométriques z1 = r1 eiθ1 et z2 = r2 eiθ2 pour les
produits/quotients :
z1 · z2 = r1 eiθ1 r2 eiθ2
= r1 r2 ei(θ1 +θ2 )
= r1 r2 e−i(θ1 +θ2 )
= r1 e−iθ1 r2 e−iθ2
= z¯1 · z¯2
Démontrons enn le 4. Supposons donc z2 ̸= 0. On écrit également z1 = r1 eiθ1 et z2 = r2 eiθ2 ,
avec r2 ̸= 0 puisque z2 ̸= 0. On a alors, en utilisant les propriéés de l'exponentielle complexe :
r1 e−iθ1
iθ1
z1 r1 e r1 i(θ1 −θ2 ) r1 −i(θ1 −θ2 ) r1 −iθ1 iθ2 z1
= iθ
= e = e = e e = −iθ
=
z2 r2 e 2 r2 r2 r2 r2 e 2 z2
Remarque. Pour tout ce qui concerne les opérations algébriques, prendre le conjugué consiste en
pratique à remplacer i par −i dans toute l'expression.
(2 + 4i)3 (2 − 4i)3
Exemple : le conjugué de iπ vaut −iπ .
ie 5 − 1 −ie 5 −1
Proposition 16. Pour tout z ∈ C,
z=z
|z̄| = |z|
1 z̄ a − ib
z z̄ = |z|2 , ce qui dans le cas où z ̸= 0, nous fait retrouver le fait que = 2 = 2
z |z| a + b2
z ∈ R ⇐⇒ z̄ = z z ∈ iR ⇐⇒ z̄ = −z
z + z̄ z − z̄
Re(z) = Im(z) =
2 2i
Démonstration.
Soit z := reiθ ∈ C. On a :
z = re−iθ = reiθ = z
Soit z := a + ib ∈ C. On a :
On en déduit, si z ̸= 0:
1 z z
= = 2
z zz |z|
Soit z := a + ib ∈ C. On a les équivalences :
z ∈ R ⇐⇒ b = 0 ⇐⇒ z = a = z
De même pour z ∈ iR.
Soit z := a + ib ∈ C. On a :
z + z = a + ib + a − ib = 2a
z+z
D'où la formule Re(z) = a = .
2
z−z
De même pour Im(z) = .
2i
Cas particulier des derniers points : si z = eiθ = cos(θ) + i sin(θ) pour un θ ∈ R, on obtient ce
que l'on appelle les formules d'Euler :
Exercice 14. La symétrie par rapport à l'axe des abscisses est donnée par z 7→ z̄ . Comment
décrire avec une telle fonction la symétrie par rapport à l'axe des ordonnées ? et la symétrie par
rapport à la droite d'équation y=x ?
Théorème 17.
Soient a, b, c ∈ R avec a ̸= 0.
Pour tout z ∈ C, on pose P (z) = az 2 + bz + c. On note ∆ := b2 − 4ac ∈ R.
▶ Si ∆ ⩾ 0, alors P admet une forme factorisée :
√
−b + ∆
α := ∈R
P (z) = a(z − α)(z − β) où : 2a√ .
β := −b − ∆ ∈ R
2a
Les réels α et β sont les racines de P, càd les solutions de P (z) = 0.
Cas particulier: si ∆ = 0, alors α=β et P (z) = a(z − α)2 .
▶ Si ∆ < 0, alors P admet aussi une forme factorisée :
p
−b + i |∆|
P (z) = a(z − α)(z − α) où α := ∈ C\R.
2a
Le polynôme P a alors deux racines complexes (non réelles) conjuguées α et α.
Démonstration. On cherche à transformer l'expression az 2 + bz + c en faisant apparaître z dans un
unique carré pour se ramener au cas de la recherche d'une racine carrée. On peut procéder ainsi
en forçant l'utilisation d'une identité remarquable :
2 2 b c
az + bz + c =a z + z +
a a
2
b
− b2 c
=a
z +
+ "forme canonique"
2a
|{z}
4a2
|{z} a
pour le double produit pour compenser
2 !
b2 − 4ac
b
=a z+ −
2a 4a2
2 !
b ∆
=a z+ −
2a (2a)2
Supposons que ∆ puisse être écrit comme un carré, càd qu'il existe δ∈C tel que δ 2 = ∆. On
verra en n de démonstration pourquoi cette forme est toujours posssible. En utilisant l'identité
2 2
remarquable X − Y = (X − Y )(X + Y ), on obtient la forme factorisée du trinôme :
2 2 !
2 b δ b δ b δ
az + bz + c = a z+ − =a z+ − z+ +
2a 2a 2a 2a 2a 2a
Cette forme factorisée livre alors la solution, car on a les équivalences suivantes :
b δ b δ
az 2 + bz + c = 0 ⇐⇒ z+ − = 0 ou z + + =0
2a 2a 2a 2a
−b + δ −b − δ
⇐⇒ z= ou z=
2a 2a
Reste à trouver comment écrire ∆ comme un carré. On peut déjà remarquer que ∆ est un réel,
car a, b et c sont des réels par hypothèse.
√
Si ∆⩾0 : alors δ := ∆ convient pour vérier δ 2 = ∆.
On remarque que dans le cas particulier où ∆ = 0, δ vaut lui-même 0, et dans ce cas, les
b
deux racines sont égales et valent − .
2a
p
Si ∆<0 : on remarque que le nombre complexe δ := i |∆| vérie bien δ2 = ∆ car :
p 2 p 2
δ 2 = i |∆| = i2 |∆| = −|∆| = − (−∆) = ∆
Dans tous les cas, les valeurs de δ donnent exactement les valeurs de α et β données dans le
théorème.