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Reflet d'une souffrance oubliée

Le texte explore la souffrance d'un individu qui se sent rejeté et détesté depuis sa naissance, né d'un viol et abandonné par sa mère. À travers des souvenirs douloureux, il décrit son parcours de vie marqué par la violence, l'exploitation et le mépris, tout en cherchant désespérément une échappatoire à sa réalité. Le protagoniste exprime son désir de ne plus être confronté à son reflet, symbole de sa douleur et de son existence tragique.

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Reflet d'une souffrance oubliée

Le texte explore la souffrance d'un individu qui se sent rejeté et détesté depuis sa naissance, né d'un viol et abandonné par sa mère. À travers des souvenirs douloureux, il décrit son parcours de vie marqué par la violence, l'exploitation et le mépris, tout en cherchant désespérément une échappatoire à sa réalité. Le protagoniste exprime son désir de ne plus être confronté à son reflet, symbole de sa douleur et de son existence tragique.

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Sombre existence

La tête qui part en vrille, le cœur en morceaux qui vacillent je viens poser les yeux sur ce
miroir, innocente plaque de verre, qui apparemment montre le reflet de ce qui devant elle
vient se tenir. Si vous saviez combien j’espère de tout mon être que cela puisse être un
mensonge. Que cette image qui se tient devant moi puisse être quelqu’un d’autre. Rien que
pour une fois, juste un instant je voudrais que cette vison change. Que sur ce bout de verre se
trouve une image d’une personne plus gratifiante que cette horreur sans nom qui est censé me
représenter. Miroir, miroir mon beau miroir, dis-moi me trompes-tu ? Miroir, miroir mon beau
miroir, ce visage dont j’arrive à peine à voir de mes yeux embuée est-ce bien le mien ? Miroir,
miroir, mon beau miroir pourrais-tu cesser de me rappeler qui je suis?
Je suis cet enfant , qui depuis sa naissance n’a jamais rien eu, fils d’un viol j’ai grandi
sans connaître la protection et l’enseignement d’un père. Et aux yeux de celle qui m’a neuf
mois portée je n’étais que le rappel constant de cette nuit dont elle ne peut oublier. Nuit où sa
vertu allait cruellement lui être arrachée par ses hommes dont elle ignorait l’identité…. Oui il
ne m'a pas fallu longtemps pour comprendre que je n’étais pas désiré, que je n’étais qu'une
cicatrice vivante à une blessure qui malgré le temps n'a cessé de saigner. Alors devrais-je lui
en vouloir quand ce jour elle m'a abandonné, à la rue, à ce monde qui malgré ma peine et ma
souffrance n’a pas cessé de tourner.

Je suis ce gamin qui à maintes fois a été recueilli, comme travailleur pour des gens
instruit et richement vêtu. Je me souviens des heures que je passait à regarder leurs enfants
apprendre et s'amuser. Oui, je rêvais d’être comme eux, mais dans leurs monde j'avais pas ma
place. C’était la leçon à apprendre de ces coups et blessures qui m'ont étés servis , quand j’ai
commis le seul péché de vouloir les approcher. Oui dans leurs monde princier je ne suis qu'un
roturier dont la simple présence ne fait que détruire leurs renommée. Une simple tâche
indésirable sur une nappe de lin, tâche qu'on ferait mieux de s'en débarrasser au plus tôt.

Je suis ce garçon qui tôt a été livré à la rue, qui connut les méandres de la faim et la
fraîcheur de la pluie. Sous les fenêtres des écoles j'apprenais tant bien que mal à lire et écrire.
Ma pitoyable condition a touché le cœur de ce frère d’église qui voulait à tout prix faire une
bonne action pour le seigneur disait-il. Dois-je tout de même lui être reconnaissant après tout
ce qu'il m’a fait ? Après tout c’est grâce à lui si je sais lire et écrire, que j'ai eu droit à une
éducation. Mais à ce prix je crois bien que j’aurais pu m'en passer. C’est fou même avec le
temps y repenser me donne l’impression de rouvrir de vieilles blessures sous la lame
tranchante d'un rasoir. Comme si je déchirait ma peau pour me vider chaque goutte de sang.
C’est que je ressentais quand il a vendu mon corps à ses gens avides qui s'en foutaient
royalement de savoir si j'en avais envie ou non. Rien ne comptait à part leurs plaisir. Je me
souviens encore de leurs doigts qui aujourd’hui encore nourrissent mes cauchemars. Des
visages ces vieilles qui profitaient de mon innocence. Et de ces vieux qui disaient à ma place
que j'aime ce qu'au fond je répugnait au point d'en cracher le sang. Je me souviens encore de
leurs rires qui me hanteront sûrement jusqu’à la fin, de leurs sourire perverses qui sous la
lumière cachait leurs funeste dessein qu'ils n'osaient exprimer qu’à l'abri des regards.

Miroir, miroir mon beau miroir écoute ma requête je vous en supplie. Ote devant moi
cette image qui me répugne. Montre moi rien qu'un instant un autre visage, que je puisse
penser que ce n’était pas moi, que je puisse me dire que tout ça n’était qu’un cauchemar.
Qu'en réalité je suis heureux, pur et innocent. Miroir, miroir mon beau miroir, cesse de me
rappeler cette nuit où j’ai tout perdu.

Cette nuit cruelle où j'en ai eu assez, de ce prêtre et de ses calamités. Cette nuit où j'ai
tenté de me défendre avec ce couteau que je brandissait avec courage et fierté. Cette nuit où
j’ai maudits ma faiblesse car sans peine j’ai pu être maîtrisé et comme punition j'ai perdu un
œil et le visage lacéré. Ces marques sur ma peau me rappellent sans cesse que je ne suis qu’un
outil, que les humains vont juste se servir de ma personne et ensuite me jeter comme on le fait
pour tout déchet qu'on a fini de l’utiliser.
Et cette nuit j'ai perdu plus qu’un œil et la fiction d'une beauté, mais une partie de mon
essence. Cette partie qui voulait vivre, cette partie qui espérait secrètement un avenir
meilleur. Cette partie qui voulait se battre, qui voulait faire partie des grands de ce monde. Le
zombie borgne c’est le charmant petit surnom que me donnais les ados de mon âge. Ces ados
et leurs goûts prononcé pour l’humour, au fond j'y voit une preuve d’humanité. Après tout
c’est humain non de tourner en dérision la vérité qui est trop difficile à avaler ? C’est bien
humain de se moquer de celui qui est plus pitoyable au lieu de l'aider…. Alors pendant
longtemps j'ai supporté, les moqueries de ces jeunes qui venaient si souvent s’amuser.

Si seulement ils savaient combien je leurs enviaient. Ils avaient tout ce dont moi je rêvais,
tout ce dont cette vie, cette punition je dois dire, m'a toujours refusé. Ils étaient libre, ils
étaient aimés et apprécié, ils pouvaient rire à cœur ouvert tandis que moi je pouvais à peine
les regarder. Oui je les enviait, ces gosses qui m'ont appris à détester chaque centimètres de ce
corpulence que j'exècre. De ce corps que je n'ai en rien décidé mais qui ne peut-être être
apprécié. C’est ce que m'on appris ces remarques, ces commentaires qui m’accompagnaient
où que j'aille. Ces paroles qui malgré les maintes fois que je les ai entendues ne cesse de
blesser mon cœur comme à la première fois. Mais comme d’habitude le monde n’a pas cessé
de tourner.

Alors miroir vois-tu pourquoi je déteste ce visage que tu ne cesse de me montrer à


longueur de journée ? Ce visage que tout les jours je dois porter, que tout le monde viendra
critiquer sans penser un instant jusqu’où leurs mots peuvent se loger. Dans mon cœur qui
depuis des années n'a cessé de saigner.
Selon les dires chaque personne sur Terre l'est pour une raison. C’est drôle quand je le dis
mais je crois que la mienne est pour être détesté. Tu te demandes pourquoi je ris en disant
cela, mais c’est juste que rire me fait oublier que la réalité peut bien être cruelle. Oui je suis né
pour être détesté. C’est ce que je retiens quand je m’approche d'un enfant et qu’à ma vue il se
met à pleurer. Avant je me disais qu’ils pleuraient car leurs petits cœurs sensible ont ressenti
ma douleur, maintenant ce petit mensonge n’arrive même à atteindre le train de ma pensée.
Je suis né pour être détesté, c’est la seule chose à dire quand je m'approche d'un être fait battre
ce qu’il me reste de cœur, et que dans ses yeux je ne vois que dégoût et mépris. Car dans ce
monde pour être aimé il faut avoir la beauté. Je sais elle a fait la différence, elle a su voir en
moi ce que les autres n’ont même pas pris la peine de regarder. Elle m'a vendu le rêve que j’ai
toujours secrètement désiré. Oui le temps d'un instant je croyais être heureux.
Mais sans cœur elle m'a fait comprendre qu’elle ne voulait que s'amuser. Que je n’étais qu'un
jouet pitoyable sur son chemin. C’est fou avant elle je croyais dur comme fer que seuls les
coups peuvent blesser. Mais avec elle j'ai compris que les lames transpercent le corps mais
l'amour déchire l’âme. Mais malgré la douleur qu'elle m'a laissé j’ai voulu croire qu’une autre
puisse la remplacer. Comprendre que c’est impossible est une réalité qui me soulage autant
qu'elle me blesse. Soulagé qu'aucune autre ne me blessera de la sorte, mais blessé de savoir
que je ne plus jamais afficher un sourire sur ce visage vide qui ne cesse de me poursuivre.
Qu'en dis-tu mon beau miroir, ça fait bien des malheur en une vie pour un seul homme. Et
j'ai peur que ça n'en soit pas encore la fin. Car dans cette punition qu'on appelle existence, j'ai
compris que rien ne voulait de moi, pas même la mort. C’est ironique non ? Certains sont
prêts à tout donner pour vivre et moi je veux juste mourir mais pour une raison que j’ignore je
ne peux en finir. Comme s'il y avait cette main qui me tire du fond du lac juste avant de rendre
mon dernier souffle, pour m'y replonger dès j’essaye de prendre un peu d'air.
Miroir, miroir mon beau miroir, comprends tu pourquoi je te fuis ? Pourquoi je déteste
autant cette image que tu me transmets ? Vois-tu pourquoi je pleure chaque matin quand je
viens te regarder ? Dans l'espoir que me suis enfin réveillé de ce cauchemar qui y est mon
quotidien. Comprends tu ma motivation quand des fois je me déchire les veines pour
m'exprimer cette douleur qui accable mes pensées ? C’est ma façon de dire que j'en ai marre
de cette punition que certains appellent vie. Que j'en ai assez de porter le poids du monde
quand je marche dans la rue et que les gens me dévisage. J'en ai marre d’écouter leurs propos,
leurs avis leurs cruautés. J'en ai marre de n’être rien de plus qu'un déchets de la société. Et
quand vient la nuit je suis accablé par des fantômes que je ne peux oublier. J'ai mal au point
de ne pouvoir fermer les yeux sans les voir, ces visages qui ne cessent de me tourmenter
depuis l'enfance. Et le pire c’est qu'on est là obligé à regarder n'ayant même pas la chance de
mettre un point à ce récit qui n’aurait pas du commencer
Alors rien à faire je compte chaque jour de cette torture espérant que ça va bientôt finir. Me
disant que demain elle viendra, la tant attendue faucheuse pour soustraire ma maudite essence
de cette sombre existence. Ce jour là en m’abandonnant à la rue elle m'a dit que loin d'elle
j’aurais une belle vie. Qu'une belle destinée m’était prédit et pendant longtemps j'y ai cru.
Après tout les mères ne mentent jamais dis-t-on. Et au fond je crois que j'y croit encore,
difficilement mais j’espère qu'au bout de ce tunnel vient la lumière qui apporte l'espoir. Qu'au
bout de cette nuit noire vient le soleil qui viendra me tirer de ce cauchemar.

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