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Modélisation de nappes avec MODFLOW

Cette étude vise à modéliser une nappe phréatique à l'aide de MODFLOW pour simuler son niveau et cartographier le cône de rabattement causé par l'exploitation de nouveaux forages. Face à un déficit d'approvisionnement en eau potable dû à la croissance démographique, un modèle hydrogéologique a été développé pour optimiser l'utilisation des ressources en eau souterraine. Le modèle a été conçu en régime permanent et calibré à partir de données piézométriques de l'année 2000.

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Modélisation de nappes avec MODFLOW

Cette étude vise à modéliser une nappe phréatique à l'aide de MODFLOW pour simuler son niveau et cartographier le cône de rabattement causé par l'exploitation de nouveaux forages. Face à un déficit d'approvisionnement en eau potable dû à la croissance démographique, un modèle hydrogéologique a été développé pour optimiser l'utilisation des ressources en eau souterraine. Le modèle a été conçu en régime permanent et calibré à partir de données piézométriques de l'année 2000.

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REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE

MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA


RECHERCHE SCIENTIFIQUE
UNIVERSITE MOHAMEDBOUDIAF - M’SILA

FACULTE DE TECHNOLOGIE
DEPARTEMENT : HYDRAULIQUE
DOMAINE : HYDRAULIQUE
FILIERE : HYDRAULIQUE
OPTION : OUVRAGE HYDRAULIQUE
Mémoire présenté pour l’obtention Du diplôme de Master Académique
Par:
BAHACHE SOUMIA
BOUTCHICHA FATNA
Intitulé

Modélisation de nappe par l’utilisation de


MODFLOW

Dirigé par:
Mr. AHHED FERHATI

Année universitaire : 2019 /2020


Résumé
Résumé

L’approvisionnement en eau potable de la population est tributaire des eaux


souterraines. Cependant, la croissance rapide de population et la forte demande
en eau ont occasionné un déficit en matière d’approvisionnement en eau potable.
Face à ce déficit, l’Etat s’est orienté vers l’exploitation de la nappe, Cette étude a
donc été entreprise dans l’optique de réaliser un modèle hydrogéologique capable
de simuler le niveau de cette nappe dans l’indépondant et de cartographier le cône
de rabattement induit par l’exploitation des nouveaux forages. Le modèle, réalisé
sous l’interface Visual Modflow, a été conçu en régime permanent et calibré
manuellement à partir de la piézométrie de l’année 2000.
‫ملخص‬
‫ ومع ذلك أدى النمو السكاني السريع وارتفاع‬.‫تعتمد إمدادات مياه الشرب للسكان على المياه الجوفية‬
‫ اتجهت الدولة إلى استغالل‬،‫ في مواجهة هذا العجز‬.‫الطلب على المياه إلى نقص في إمدادات مياه الشرب‬
‫ لذلك أجريت هذه الدراسة بهدف إنتاج نموذج هيدروجيولوجي قادر على محاكاة مستوى‬،‫طبقة المياه الجوفية‬
‫ مخروط السحب الناجم عن استغالل اآلبار‬.‫هذا الخزان الجوفي في المنطقة غير المستجيبة ورسم خرائط‬
‫ في حالة مستقرة ومعايرة‬،Visual Modflow ‫ الذي تم إنتاجه تحت واجهة‬،‫ تم تصميم النموذج‬.‫الجديدة‬
.2000 ‫يدويًا من قياس الضغط لعام‬
Abstract
The population's drinking water supply depends on groundwater.
However, rapid population growth and high water demand have resulted in
shortages of drinking water supplies. Faced with this deficit, the state tended to
exploit the aquifer, so this study was conducted with the aim of producing a
hydrogeological model capable of simulating the level of this underground
reservoir in the unresponsive area and mapping. The draft cone created by the
exploitation of new wells. The model, produced under the Visual Modflow
interface, is designed in steady state and manually calibrated from the 2000
manometry.
Dédicaces

Je dédie ce travail :

A ma mère

A mon père

Pour tous les sacrifices et le soutien moral et matériel dont ils ont fait preuve

Pour que je réussisse.

A mes frères et sœurs

A tous mes amis et spécialement mes amis et frères en ALLAH

A tous ceux qui m’ont aidé de près ou de loin, je leurs dédie ce modeste
travail.

Soumia Bahache
REMERCIMENTS

Je remercie avant tout ALLAH le tout puissant de m’avoir donné le courage,

la santé, et m’a accordé son soutien durant les périodes les plus difficiles ;

A l’issu de ce mémoire du master, Je tiens à exprimer mes vifs

remerciements à toute personne qui m’a aidé de près ou de loin tout au long

de mes études.

Je remercie également mes parents, ma famille de m’avoir donné le courage

tout le temps

Ma reconnaissance va plus particulièrement à :

Mon promoteur Mr AHMED FERHATI pour sa contribution à l’élaboration

de ce mémoire.

L’ensemble des enseignants qui m’ont suivi durant mon cycle d’étude.

Je tiens à remercier aussi :

Les membres de jury pour avoir accepté d’évaluer mon travail

Table des matières


Introduction générale....................................................................................................................1
Chapitre I: Généralités sur les milieux poreux et recherche bibliographique
I: Généralité sur les milieux poreux et recherche bibliographique................................4
[Link]éorie de continuité ................................................................................................4
I.2. Caractéristiques du milieu poreux ...........................................................................5
I.2.1. La granulométrie...................................................................................................5
I.2.3. Infiltration ............................................................................................................5
I.2.4. La porosité ...........................................................................................................5
I.2.4.1. La porosité efficace (ƞe), coefficient de porosité .............................................6
I.2.4.2. La porosité cinématique....................................................................................6
I.2.4.3. La porosité effective ........................................................................................6
I.2.5. Indice des vides...................................................................................................6
I.2.6. Coefficient de saturation Sr ................................................................................7
I.2.7. La masse volumique des grains ..........................................................................7
I.2.8. La masse volumique sèche..................................................................................7
[Link] coefficient d’emmagasinement.......................................................................7
I.2.10. La perméabilité intrinsèque...............................................................................8
I.2.11. La transmissivité ...............................................................................................8
I.3. Classification des aquifères.................................................................................... 8
I.3.1. Aquifère à nappe libre......................................................................................... 8
I.3.2. Aquifère à nappe captive .................................................................................... 8
I.3.3. Aquifère à nappe semi-captive............................................................................8
I.3.4. Aquifère à nappe suspendue ............................................................................... 8
I.4. Le modèle Mathématique ...................................................................................... 8
I.4.1. La loi de Darcy.................................................................................................... 8
I.5. Les modèles d’écoulement souterrain.................................................................. 10
I.6. La recharge artificielle des nappes alluviales ...................................................... 12
I.6.1. Les dispositifs de la recharge artificielle ...........................................................13
I.6.2. Quelques exemples de la recharge artificielle des nappes dans le monde..........15
I.6.3. Alternatives de la recharge artificielle des nappes en Algérie............................16

Chapitre II : Etude physico-géographique et climatique de bassin versant du Hodna.


II.1 Situation géographique et relief…………………………………………………19
II.1.1 Situation géographique de bassin……………………………………………...19
II.1.2 Relief et topographie…………………………………………………………..19
II.1.2.1 Les montagnes……………………………………………………………….20
II.1.2.2 La plaine……………………………………………………………………..20
II.1.2.3 Chott El Hodna (Sebkha)……………………………………………………20
II.2 Réseau hydrographique………………………………………………………….21
II.3 Hydrogéologie…………………………………………………………………...22
II.4 Sources d’eau……………………………………………………………………23
II.5 Caractéristiques climatiques……………………………………………………..23
II.5. 1 La pluviométrie………………………………………………………………..23
II.5. 2 Les vents………………………………………………………………………26
II.5. 3 Température…………………………………………………………………...26
II.5. 4 L’humidité relative……………………………………………………………27
II.5. 5 L’évaporation…………………………………………………………………27
II.6 La végétation…………………………………………………………………….28

Chapitre III: L’aquifère phréatique quaternaire.

III.1.Définition………………………………………………………………………….31
III.2. Cartographie du toit de l’aquifère quaternaire……………………………………31
III.3. Carte piézométrique de l’aquifère quaternaire……………………………………32
III.3.1. Stabilité de la nappe……………………………………………………………..32
III.3.2. Sélection des points d’observation pour la carte de référence…………………..33
III.3.3. Hydrochimie de la nappe quaternaire…………………………………………....33
III.4. Bilan hydrique……………………………………………………………………..33
[Link] de la zone d’étude…………………………………………………...33
III.4.2. L’infiltration……………………………………………………………………..34
III.4.3.L’irrigation……………………………………………………………………….34
[Link] de l’évapotranspiration…………………………………………….....34
III.4.5. Prélèvements anthropiques (domestiques et pastoraux)………………………....35

Chapitre IV: Modélisation et simulation numérique par modflow


IV.1. Objectif de la modélisation………………………………………………………….38
IV.2. Présentation du programme de modélisation………………………………………..38
IV.3. Présentation des fonctions du logiciel Modflow…………………………………….39
IV.3.1. Fonction de recharge………………………………………………………………39
IV.3.2. Fonction rivière (River)…………………………………………………………………...39
IV.3.3. Charge initiale……………………………………………………………………..41
IV.4. Le modèle……………………………………………………………………………41
IV.4.1. Description du modèle……………………………………………………………..41
IV.4.2. Conditions aux limites du modèle………………………………………………….42
IV.4.2.1. Maillage…………………………………………………………………………..42
IV.4.2.2. Limites géologiques………………………………………………………………43
IV.4.2.3. Le mur…………………………………………………………………………….43
IV.4.2.4. Le toit……………………………………………………………………………..44
IV.4.2.5. Conditions de flux………………………………………………………………...44
IV.4.2.6. Conditions de flux internes……………………………………………………….45
IV.4.2.7. Conditions de potentiel…………………………………………………………...45
[Link] initiales……………………………………………………………….46
IV.5. Résultats de la modélisation………………………………………………………….46
IV.5.1. Simulation en régime permanent…………………………………………………..46
[Link] puits de pompage et les forages d’observations………………………………..47
IV.5. [Link] fond de la nappe………………………………………………………………...48
IV.5.4. Conclusion sur la sensibilité du modèle…………………………………………...54
Conclusion générale.
Références bibliographiques.
Liste des tableaux
Tableau II.1 Coordonnées des stations pluviométriques et caract érist iques climat iques de
bassin versant du HODNA……………………………………………….................................25
Tableau II.2 Nombre de jours de neige dans le HODNA……………………………………..26
Tableau II.3 Les valeurs de la température de quelques stations du HODNA………………..27
Tableau II.4 Les valeurs de l’évapotranspiration potentiel de quelques stations du
HODNA……………………………………………………………………………………...28

Liste des figures


Chapitre I :
Figure(I.1) : Les différents types de porosité…………………………………………………..6
Figure (I.2): Dispositif expérimental pour la loi de Darcy…………………………………….10
Chapitre II :
Figure (II.1) Situation du Hodna par rapport ou wilaya………………………………………19
Figure (II.2) Réseaux hydrographiques du HODNA…………………………………………22
Figure (II.3) : Carte pluviométrique du HODNA……………………………………………24
Chapitre III :
Figure (III.1) : Carte topographique issue d’une interpolation par krigeage de points cotés (ronds
noirs)………………………………………………………………………………………….31
Figure (III.2) : Carte topographique 3D issue d’une interpolation par krigeage de points
cotés…………………………………………………………………………………………..32
Chapitre IV :
Figure (IV-1): Schéma de la condition-limite « Rivière » [McDonald et al, 1988]………….40
Figure (IV-2): Discrétisation spatiale d’un aquifère………………………………………….42
Figure (IV-3): carte 3D, interpolée par Krigeage, du mur des sables du Pléistocène
Inférieur……………………………………………………………………………………….43
Figure (IV-4) : maillage du model, avec la représentation des lignes de flux nul (lignes de
partage des eaux), des limites de potentiel et des limites géologiques……………………….44
Figure (IV-5) : calcul des conditions de potentiels selon MODFLOW………………………45
Figure (IV-6) : Grid d’un modèle de bassin versant HODNA par Modfla……………………..47
Figure (IV-7): représentation des puits dans le bassin versant HODNA ……………………...48
Figure (IV-8) : la nappe-profonde de bassin versant HODNA………………………………..49
Figure (IV-9) : la nappe-phréatique de bassin versant HODNA………………………………49
Figure (IV-10) : Chott HODNA……………………………………………………………….50
Figure (IV-11) : Courbe représenté le changement de tête résiduel et max par rapport au nombre
d’itération……………………………………………………………………………………..50
Figure (IV-12): Show Grid modflow 2000…………………………………………………....51
Figure (IV-13): Show contours modflow 2000………………………………………………..51
Figure (IV-14): Show color Map modflow 2000……………………………………………...52
Figure (IV-15):représenté un colonne de modèle par Modflow……………………………….52
Figure (IV-16) : représenté un ligne de modèle par
Modflow………………………………….53
Figure (IV-17) : Bassin versant HODNA par modflow……………………………………….53
Introduction générale
Introduction générale

Introduction générale
La construction du modèle hydrogéologique constitue une part importante de la
modélisation. La principale difficulté étant de représenter fidèlement les écoulements en
simplifiant au maximum le modèle
Le modèle doit répondre à plusieurs exigences :
 Flexibilité : le modèle doit pouvoir évoluer pour notamment intégrer de nouveaux
captages d’eau ainsi que de nouvelles chroniques de prélèvements ou même de suivre
une pollution dans la nappe.
 Simplicité : le modèle doit simuler les écoulements en étant le plus précis possible tout
en restant le plus simple possible. En effet, le temps de calcul du modèle est
proportionnel à sa complexité. Or on cherche à avoir un outil avec un temps de réponse
rapide et des résultats fiables.
Principe général
 Différences finies, qui permet la résolution de problèmes régionaux d’écoulement des
nappes, en une ou deux dimensions, dans des systèmes multicouches ou en trois
dimensions. Toutefois, elle peut représenter les hétérogénéités des propriétés du milieu.
 Eléments finis, plus compliquée à utiliser mais tout de même capable de traiter toutes
les directions d’anisotropie. Elle est idéale pour résoudre les problèmes à limites
mobiles, ceux ayant une surface libre et une interface abrupte entre eau douce et eau
salée ou entre deux fluides immiscibles.
 Des approches d’éléments aux limites ou d’intégrales de limites ont été proposées dont
l’avantage principal réside en leur précision du calcul qui ne dépend pas de la taille des
éléments utilisés.
Objectifs
 Les objectifs de la modélisation sont la quantification des débits naturels transitant dans
la nappe et la connaissance de la distribution des perméabilités permettant la
reconstitution de la piézométrie et ainsi mieux appréhender le fonctionnement
hydrodynamique du système. Dans cette partie, on a tenté de construire un modèle
mathématique de simulation des écoulements souterrains des nappes HODNA ,
 d’abord en régime permanent qui participera à la compréhension du fonctionnement du
système aquifère des nappes. Ensuite en régime transitoire avec une simulation d’un
plan de captage d’eau pour l’alimentation en eau potable de la population et l’irrigation

1
Introduction générale

qui permettra le suivi de l’évolution du comportement piézométrique des nappes en


fonction des débits de pompage.
Outils
 La modélisation est réalisée avec l’interface Processing Modflow . Ce logiciel est une
version de l’interface Visual MODFLOW qui utilise le code de calcul Modflow 2000
développé en Fortran par l’USGS (McDonald et Harbaugh, 1988). Ce code de calcul
permet de résoudre l’équation de diffusivité aux dérivées partielles des écoulements par
une combinaison de l’équation de continuité et de la loi de Darcy par la méthode des
différences finies (M D F).

2
Chapitre I: Généralités sur les
milieux poreux et recherche
bibliographique
Chapitre I: Généralités sur les milieux poreux et recherche bibliographique

Chapitre I: Généralités sur les milieux poreux et recherche bibliographique

I. Généralités sur les milieux poreux et recherche bibliographique


Nous nous intéressons dans cette étude à l’écoulement dans les milieux poreux aquifères. Un
aquifère est une formation géologique contenant de l’eau et à travers laquelle, en conditions
normales, une quantité significative de cette eau s’écoule. Un milieu poreux est un matériel
constitué par une matrice solide et des vides, appelés pores. Le pourcentage de vide d’une roche
définit sa porosité totale. Ces vides peuvent être occupés par de l’eau, de l’air ou d’autres
fluides. [Louis. J, 1980]. Dans notre étude nous nous intéressons aux milieux saturés en eau
c'est-à-dire dans lesquels tous les vides sont remplis d’eau. En hydrogéologie, l’analyse de la
porosité n’est pas exclusivement géométrique mais se réfère également à l’eau contenue dans
le milieu poreux, à ses liaisons physiques avec la matrice solide et à ses mouvements possibles.
En effet, la porosité totale d’une roche n'est pas une condition suffisante à l’écoulement d’eau.
C’est l’interconnexion des pores ainsi que les relations fluides-solide qui définiront la
circulation du fluide. [Besnard. K, 2003] Dans ce chapitre, nous définissons d’abord les
caractéristiques du milieu poreux puis nous décrirons mathématiquement les modèles
d’écoulement de l’eau dans un milieu poreux.

I.1. Théorie de continuité


Les milieux poreux naturels sont caractérisés par une extrême complexité de la distribution des
pores, irrégulière, aussi bien en forme qu’en taille. Le modèle continu s'oppose au modèle
discret dans lequel le milieu est traité comme une succession de sub-systèmes connectés entre
eux. Chaque élément a ses propres paramètres.
Les propriétés physiques caractéristiques du milieu poreux peuvent être définies à l’aide de la
notion volume élémentaire représentatif (VER) ou théorie de la continuité. Dans cette théorie
le système physique réel discret est remplacé par un système continu dans lequel les propriétés
physiques le décrivant varient continûment dans l’espace [Bear. J, 1972]. La théorie de la
continuité repose sur l’hypothèse qu’un système physique réel peut être approximé par un
système dans lequel les variations dans l’espace des propriétés étudiées sont suffisamment lisses
pour permettre l’utilisation de calculs différentiels pour décrire les processus s’y déroulant.
L’intérêt est ainsi de pouvoir formuler les changements dans le système en termes d’équations
aux dérivées partielles.

4
Chapitre I: Généralités sur les milieux poreux et recherche bibliographique

I.2. Caractéristiques du milieu poreux


Les milieux poreux naturels sont essentiellement les alluvions constituées de matériaux
granuleux ou bien par des roches compactées fissurées.
On dit qu’un milieu poreux est homogène quand, en n’importe quel point, la résistance à
l’écoulement est la même, par rapport à une direction donnée. Le concept d’homogénéité est
fondamental pour l’étude théorique.
Etant donné l’irrégularité des milieux poreux naturels, il importe de définir l’échelle de
l’homogénéité. Ainsi, une alluvion constituée par des grains d’environ 1mm de diamètre sera
considérée homogène à l’échelle du dm3.
Le milieu poreux est dit isotrope, si quelle que soit la direction considérée, la résistance à
l’écoulement ou toute autre propriété est la même dans toutes les directions. La plupart des
milieux poreux naturels sont anisotropes.
I.2.1. La granulométrie
Elle est définie par la courbe granulométrique correspondant au pourcentage, en poids, des
grains de diamètre inférieur à un diamètre donné (exemple : d10 : représente le diamètre tel que
10 % du poids du matériau sont constitués par des particules de diamètre inférieur à d10.
I.2.2. Infiltration
Quand l’eau arrive à la surface du sol, elle tend de pénétrer dans le sol par infiltration. Le flux
infiltré est limité par l’infiltrabilité locale de la surface. L’eau entre dans le sol soit par l’effet
de la gravité soit par l’effet de gradient de pression si le sol n’est pas saturé. L’infiltrabilité, ou
la capacité d’infiltration du sol, est proportionnelle au gradient hydraulique total et à la
conductivité hydraulique au potentiel hydrique considéré [Ambroise. B, 1998].
I.2.3. La porosité

Le sol et le sous-sol ne peuvent contenir de l’eau que s’ils possèdent une porosité
significative. La porosité totale d’un sol ou d’une roche est le rapport du volume des vides et
des interstices (Vv) de cette roche par rapport au volume total de l’échantillon (Vt). La porosité
totale n s’exprime en pourcentage.

𝑉𝑣
𝑛 = (%)
𝑉𝑡

5
Chapitre I: Généralités sur les milieux poreux et recherche bibliographique

La porosité est dépendante de la forme, de l’agencement des grains constituant la roche, mais
aussi de leur degré de classement, de compaction, de cimentation. La fracturation et l’altération
par dissolution des niveaux rocheux peuvent également constituer des facteurs favorables au
développement de la porosité (figure 1).

Figure (I.1) Les différents types de porosité.

I.2.3.1. La porosité efficace, coefficient de porosité


Elle se rapporte à l’eau libérée par drainage gravitaire total d’une roche saturée. C’est le volume
de l’eau gravitaire, Ve, que l’échantillon peut contenir à l’état saturé, puis libéré sous l’effet
d’égouttage complet, à son volume total Vt. Elle dépend essentiellement de l’arrangement de la
surface spécifique des grains. Elle est donnée en pourcentage.
I.2.3.2. La porosité cinématique
Elle désigne le rapport de l’eau non liée aux grains, l’eau pouvant circuler et le volume total de
la roche. Elle n’est pas mesurable pratiquement. Ce concept est proche la porosité efficace,
définit comme un rapport de volume.
I.2.3.3. La porosité effective
Appelée aussi la capacité de rétention. C’est le rapport du volume de rétention Vr (eau non
égoutable par gravité) au volume total apparent Vt.
I.2.4. Indice des vides [Lefebvre. R, 2006]
Un autre paramètre caractérisant la proportion de pores dans un matériel est l’indice des
vides « e » qui est défini par le rapport du volume des vides Vv sur celui des solides Vs :

6
Chapitre I: Généralités sur les milieux poreux et recherche bibliographique

Ce paramètre est d’usage courant en géotechnique car il a l’avantage d’utiliser un volume de


référence (celui des solides) qui demeure constant contrairement au volume total qui peut varier
considérablement dans des matériaux fortement compressibles tels que les silts et argiles.
Le lien entre la porosité et l’indice des vides est exprimé par :
𝑒
𝑛 =
𝑒+1

I.2.5. Coefficient de saturation Sr


C’est le rapport entre le volume occupé par l’eau, Ve et le volume, Vv des vides :
𝑉𝑒
𝑆𝑟 =
𝑉𝑣
I.2.6. La masse volumique des grains [Hillel, 1998]
La masse volumique ρ s [M/L3] est la masse des grains solides Ms divisée par le volume de la
phase solide Vs:
𝑀𝑠
𝜌𝑠 =
𝑉𝑠

I.2.7. La masse volumique sèche [Hillel, 1998]


La masse volumique sèche le rapport entre la masse des grains solides Ms et le volume total du
milieu poreux VT :

𝑀𝑠
𝜌𝑑 =
𝑉𝑇

I.2.8. Le coefficient d’emmagasinement:[François. R, 2002]


Le coefficient d’emmagasinement d'un aquifère est déterminé à partir de la quantité d'eau
libérée pour une perte de charge donnée, c'est à dire une baisse de pression. Dans un aquifère,
la perte, ou le gain, d'une certaine quantité d'eau se traduit par une variation de la charge
hydraulique. Celle-ci est mesurée à l'aide de piézomètres. Pour une nappe libre, c'est la gravité
qui provoque l'écoulement de l'eau. Pour une nappe captive, l'expulsion d’une petite quantité
d'eau provoque une grande variation de pression et donc une forte perte de charge. D'une façon
générale, pour une même différence de charge, la quantité d'eau libérée est beaucoup plus
grande dans une nappe libre.

7
Chapitre I: Généralités sur les milieux poreux et recherche bibliographique

I.2.9. La perméabilité intrinsèque [Besnard. K, 2003]


Est la propriété d’un corps poreux de se laisser traverser par fluides. Cette constante
caractéristique d’un milieu poreux est liée à la forme des grains et à la porosité cinématique
(Communication entre les pores). Donc, indépendante des caractéristiques des fluides elle ne
dépend que de la structure et de la connectivité des pores. La perméabilité intrinsèque est
généralement anisotrope et s’exprime donc sous la forme tensorielle.
I.2.10. La transmissivité [Castany. G, 1982]
La transmissivité (T) régit le débit d’eau qui s’écoule, par unité de largeur, d’un aquifère, sous
l’effet d’une unité de gradient hydraulique. Il évalue la fonction conduite de l’aquifère. La
transmissivité est égale au produit du coefficient de perméabilité (K) par l’épaisseur de
l’aquifère(b). Elle permet de représenter sur des cartes les zones de productivité.
T (m²/s) = K (m/s) × b (m)
I.3. Classification des aquifères
L’aquifère est un système dynamique caractérisé par sa configuration, sa structure, les fonctions
de son réservoir et ses comportements. On distingue quatre types d’aquifère :
I.3.1. Aquifère à nappe libre
Dans l’aquifère à nappe libre la surface piézométrique constitue la limite supérieure de
l’aquifère, c’est une limite hydrodynamique. Cette surface peut s’élever ou s’abaisser librement
dans une formation hydrogéologique perméable.
I.3.2. Aquifère à nappe captive
Dans les aquifère plus profonds les eaux souterraines sont emprisonnées entre deux formations
géologiques imperméables fixes : le substratum à la base et le toit au sommet.
I.3.3. Aquifère à nappe semi-captive
Dans ce type d’aquifère, le toit et/ou le substratum sont constitués par une formation
hydrogéologique semi-perméable Celle ci permet, dans des conditions hydrodynamiques
favorables des échanges d’eau ou de pression avec l’aquifère superposé. Ce phénomène est
appelé drainance.
I.3.4. Aquifère à nappe suspendue
Il existe encore un cas particulier de nappe qui se présente quand une formation imperméable
apparaît entre la zone saturée et la surface du sol, donnant origine à la rétention des eaux
d’infiltration au-dessus de cette formation.
I.4. Le modèle Mathématique
I.4.1. La loi de Darcy
L’écoulement de l’eau à travers les formations perméables a été étudié par H. Darcy en 1856.

8
Chapitre I: Généralités sur les milieux poreux et recherche bibliographique

La vitesse de circulation de l’eau dans les milieux poreux sont très variables. Elles dépendent
d’un certain nombre de facteurs, dont évidemment la perméabilité de l’aquifère, mais aussi le
gradient hydraulique qui est défini par la déférence d’élévation entre deux points de la surface
de la nappe, divisée par la distance entre ces deux mêmes points, et la viscosité de l’eau.
La loi de Darcy est une loi empirique, obtenue pour un milieu monodimensionnel à travers une
colonne de sable homogène et s’écrit comme suit :
𝑑ℎ
𝑄 = −𝐾×𝐴× ( )
𝑑𝑙
Avec :
Q : Débit
K : Conductivité hydraulique ou perméabilité
A : Aire de la section perpendiculaire à l’écoulement
dh/dl : Gradient de charge hydraulique
Si on divise le débit par la section A, on obtient une vitesse dite vitesse de Darcy ou vitesse de
filtration correspondent à une vitesse fictive puisqu’elle suppose que toute la surface, y compris
la matrice, participe à l’écoulement. La vitesse réelle du courant, u, vitesse de pore est égale à
la vitesse de Darcy divisée par la porosité cinématique.

9
Chapitre I: Généralités sur les milieux poreux et recherche bibliographique

Figure (I.2) : Dispositif expérimental pour la loi de Darcy.

I.5. Les modèles d’écoulement souterrain


Pour la résolution de ces équations et la simulation numérique de l’écoulement souterrain
plusieurs modèles sont employés par nombreux auteurs, on peut citer quelques modèles:
Les modèles numériques 3D sont largement utilisés en hydrogéologie [Oreskes et al, 1994;
Bradley, 1996; Barone, 2000] Ils permettent de comprendre et de caractériser les écoulements
souterrains, les transports de solutés, ou encore les bilans hydrologiques des systèmes
souterrains
[Su et al, 2000; Bradley, 2002; McKenzie et al, 2002; Meriano et Eyles, 2003; Triganon et
al., 2003; Weng et al., 2003; Zhang et Mitsch, 2005].

10
Chapitre I: Généralités sur les milieux poreux et recherche bibliographique

La difficulté de la modélisation des nappes souterraines est liée au fait que le matériau n’est pas
homogène [Bradley, 2002]. Les dépôts organiques et les dépôts alluviaux sont mélangés et leur
organisation évolue au cours du temps. De plus, la tourbe a la particularité d’avoir des
caractéristiques hydrauliques variables dans le temps et dans l’espace [Bradley, 1996]. En effet,
la conductivité hydraulique du milieu poreux varie avec la profondeur et la hauteur de la surface
libre.
Plusieurs modèles hydrologiques ont déjà été développés et utilisés dans des contextes de zones
humides. Hydrus 2D est un modèle 2D d’écoulements saturés – non saturés [Joris et
Feyen, 2003]. Appliqué à un transect de zone humide riveraine de la Dijle (Belgique), il a
montré son efficacité à reproduire la dynamique des eaux souterraines. Marthe, développé par
le
BRGM, modélise les écoulements saturés – non saturés à 3D [Weng et al, 2003]. Il a permis
de quantifier les interactions hydrologiques entre la zone humide des marais de Rochefort
(France) et l’aquifère sous-jacent, et de caractériser les flux échangés entre les deux. Wetlands
décrit les écoulements souterrains dans des conditions de saturation du sol et
d’évapotranspiration variable et simule efficacement la variabilité de la surface libre et
l’évolution du niveau d’eau dans le marais [Mansell et al, 2000].
Modflow 3D est un modèle 3D d’écoulement souterrain saturé-non saturé [Saltel. M (2008)]
appliqué à un système d’aquifères profonds des antiformes du sud de Bordeaux. Il a représenté
les échanges entre les 6 aquifères composants ce système. Et il a montré aussi l’impact à grand
échelle de l’implantation de champ captant exploitant la nappe de la base du Crétacé sud sur
ses entourages.
Le modèle SEEP/W résout les équations qui gouvernent le comportement hydraulique des eaux
souterraines en utilisant les méthodes numériques telles que la méthode des éléments finis
(MEF). Elle est très utile pour résoudre les problèmes d'ingénierie environnementale. Ce
logiciel permet de simuler l'écoulement naturel dans les sols composés par un ou plusieurs
aquifères à nappe libre ou confinée, l'évaluation de la migration de contaminants lors d'une
fuite. Les simulations faites par SEEP/W peuvent être en régime transitoire ou permanent.
Plusieurs validations ont été effectuées pour tester le pouvoir de résolution de SEEP/W
[Chapuis et al, 1993; Crespo, 1994]. Ces auteurs arrivent à la conclusion que le logiciel présent
l'avantage d'avoir une bonne résolution à déterminer de nombreux problèmes en hydrogéologie.
Des modèles physiques ont aussi été utilisés, ils consistent en des modèles réduits d'aquifères,
toutefois, dans le cadre de l'étude des interactions entre les écoulements souterrain et en cours
d'eau.

11
Chapitre I: Généralités sur les milieux poreux et recherche bibliographique

L’ordre de grandeur des facteurs d'échelles à considérer pose des difficultés techniques
majeures
[Bear, (1979)]. Les modèles physiques sont surtout utilisés pour le développement et la
validation de modèles théoriques à partir d'analyses en laboratoire sur une colonne de sol.
Certains de ces modèles divisent le domaine en éléments homogènes du point de vue
hydrologique [Wanakule (1995)], ce qui permet de tenir compte de la distribution spatiale des
caractéristiques du sol et d'avoir une meilleure approximation de la hauteur de la nappe et des
vitesses d'écoulement sur le bassin. De plus, la distribution spatiale des caractéristiques permet
de simuler différents scénarios de modifications sur le bassin. De façon à prévoir leur impact
sur l'écoulement souterrain.
Ces différents modèles aux approches variées représentent efficacement la dynamique des eaux
souterraines dans des contextes des aquifères.
I.6. La recharge artificielle des nappes alluviales
Le concept de la recharge artificielle des nappes n’est pas récent, il apparu au moment où
commençait à imposer la nécessité de gérer l’ensemble des ressources en eaux superficielles et
souterraines dans le cadre des grands bassins naturels.
Cette technique consiste à introduire de l’eau dans des formations perméables du sous sol par
l’intermédiaire d’aménagements appropriés (les pertes des retenues, canaux, réseaux
d’irrigation en sont exclues). Elle intègre en effet l’idée de ressources supplémentaires
apportées à la nappe et évoque implicitement la réutilisation de ce supplément dans des
conditions de régime et de qualité différentes.
Cette méthode présente un grand intérêt et un large spectre d’application en raison des objectifs
qu’elle permet d’atteindre :
a- Restauration d’un équilibre perturbé et protection contre des perturbations diverses :
- Surexploitation d’une nappe;
- Déviation d’un cours d’eau;
- Intrusion d’eaux salées ou polluées dans la nappe;
- Etc…
b- Amélioration de la qualité des eaux :
- Epuration naturelle des eaux infiltrée (dans des dispositifs superficiels de la recharge
artificielle et à travers la zone non saturée).
- Diminution de la minéralisation des eaux souterraines en réinjectant des eaux douces.
- Régularisation thermique des eaux réinjectées (pour le refroidissement industriel).
- Etc…

12
Chapitre I: Généralités sur les milieux poreux et recherche bibliographique

c- Accroissement de la ressource en eau et optimisation du régime d’exploitation pour une


gestion rationnelle et durable des eaux superficielle et souterraines (d’un bassin ou d’un groupe
de bassins naturels) afin d’atténuer ou de régler les problèmes de pénuries saisonnières,
d’alimenter une région déficitaire par une autre, etc.
La recharge de la nappe varie spatialement et temporairement. Dans la réalité plusieurs sources
participent à la recharge de l’aquifère à savoir:
 Infiltration directe d’une partie des précipitations sur la plaine;
 Infiltration provenant des bassins versants périphériques;
 Infiltration d’une partie des eaux d’irrigation en particulier dans les secteurs irrigués;
 Infiltration provenant des pertes du réseau de distribution urbain.
I.6.1. Les dispositifs de la recharge artificielle
On peut citer plusieurs types de la recharge artificielle :
 Des lâchées d’un barrage.
 Injection de l’eau douce à travers des forages et galeries souterraines.
 A partir des bassins d’infiltration.
 Infiltration autochtone favorisée
Une méthode fréquemment employée est la construction de petits barrages sur les cours l’eau
afin de régulier les écoulements de surface et de favoriser l’infiltration dans les retenuesainsi
créées. Les exemples sont nombreux en zones semi- désertiques comme dans le sud tunisien où
une vaste compagne du cours des oueds est conduite depuis plusieurs années. Cette technique
offre de plus l’avantage de stocker des terres arables et de permettre ainsi des cultures.
Sur l’île de malte, des retenues collinaires ont été mises en place sur les oueds pour favoriser
l’infiltration, dans le but de limiter l’intrusion saline induite par les pompages.
 Apport allochtone par dérivation de cours d’eau [Gilli. E, 2008]
L’eau de surface d’un cours d’eau peut être détournée pour alimenter un aquifère. Les milieux
karstiques, grâce à leurs propriétés de recharge rapide, peuvent donner lieu à l’intéressante
recharge, comme c’est le cas de Cisjordanie où l’aquifère du yarqon-taninim (formation
carbonaté du cénomano-turonien) sollicitée à raison de 400.106 m3 /an, reçois un complément
de
100.106m3/an par infiltration des eaux de surface du Jourdain.
Mais l’action quantitative peut aussi se faire en utilisant l’aquifère comme système capacitif
régulateur. On peut ainsi réguler le débit de certains cours d’eau en injectant leur eau dans les
aquifères bordiers. L’eau de l’Oise ainsi prélevée en périodes de crues, infiltrée dans l’aquifère

13
Chapitre I: Généralités sur les milieux poreux et recherche bibliographique

crayeux est restitué en périodes d’étiage pour augmenter le débit d’étiage de l’Oise d’environ
1m3.s-1.
 Réalimentation artificielle des aquifères [Gilli. E, 2008]
La réalimentation artificielle d’une nappe (RAN) implique des déposes d’une ressource en eau
superficielle (cours d’eau ou lac), d’une qualité suffisante pour éviter des traitements préalables
trop coûteux, et d’un débit compatible avec les objectifs de recharges. Le réservoir aquifère doit
de plus obéir à plusieurs contraintes :
 Importante tranche de terrains non saturé au-dessus de la nappe pour autoriser le
stockage et permettre l’autoépuration ;
 Transmissivité favorable ;
 Conductivité hydraulique verticale forte pour faciliter la formation d’une réserve ;
 Conductivité horizontale modérée pour permettre la conservation de la réserve
constituée.
Ces paramètres se retrouvent dans les craies et les formations poreuses (sable, gravier).
Les aquifères fissurés et les karsts, dans lesquels l’eau circule trop rapidement, sont
généralement peu favorables à la réalimentation artificielle, mais d’autres méthodes de gestion
active peuvent être développés.
La réalimentation artificielle des aquifères se fait généralement à partir de bassins ou de fossés
d’infiltration (Figure (II-2)), souvent d’un lit de sable. Le taux d’infiltration est compris entre
15 m et 0,1 m /jour selon les installations. Il se situe en général autour d’
1 m/jour. On peut aussi procéder à des aménagements des berges des cours d’eau pour
augmenter la surface de contact avec la formation géologique contenant l’aquifère. Des
barrages de dérivation permettant de diriger l’eau des cours d’eau vers les bassins d’infiltration.
Des barrages gonflables en caoutchouc sont utilisés en Californie (Etats-Unis), pour dériver
vers des bassins d’infiltration d’eau de la rivière Santa Ana et recharger artificiellement un
aquifère alimentant 2 millions d’habitants. 70 % de l’eau prélevée provient de ce dispositif. Les
barrages se gonflés et dégonflés à volonté, en fonction du débit de la rivière et de la turbidité,
afin de ne recueillir que des eaux limpides et éviter le colmatage des bassins.

 La réalimentation artificielle des aquifères par injection


Des forages ou des puits atteignant la nappe peuvent être utilisés pour injecter de l’eau douce
dans l’aquifère que l’on souhaite soutenir. Cependant les forages se colmatent rapidement; aussi
une méthode a-t-elle été développée aux Etats-Unis, l’ASR (aquifer storage recovery) utilisant
le même forage pour l’injection et le pompage.

14
Chapitre I: Généralités sur les milieux poreux et recherche bibliographique

Ces actions alternées évitant le colmatage. Cette méthode offre l’intérêt de ne nécessiter que
des espaces réduits contrairement aux bassins ou fossés d’infiltration.
I.6.2. Quelques exemples de la recharge artificielle des nappes dans le monde
 Au U.S.A en 1895 : la recharge artificielle s’impose comme un exemple
particulièrement intéressant, les premiers essayes ont apparus à la Californie.
Malgré le recours à la recharge artificielle depuis déjà fort longtemps; jusqu’au années 60, la
quasi-totalité des nappes du sud restaient surexploitées avec des rabattements atteignant les 60
m de profondeurs (le niveau initial se trouvait à 2.5 m sous le sol). Et le biseau salé continuait
à avancer dans la plaine côtière de Los-Angeles jusqu’à plus 1000 m.
Pour pallier à cette situation, il a été décidé vers les années 70, la mise en ouvre progressive et
la gestion rationnelle des ressources en eau de toute la Californie.
Le projet « California water plan » consiste à transférer l’eau du nord vers le sud sur un réseau
de 700 km de long, avec un débit en tête fixé à 850 m3/s. Au niveau de la plaine côtière de Los-
Angeles (au sud) le débit prévu est de 175 m3/s.
 En Europe:
1. Aux Pays-Bas, la ville d’Amsterdam est alimentée en eau potable grâce à des lacs artificiels
d’infiltration aménagés dans des dunes littorales et recevant de l’eau du Rhin à raison de 1.5
m3/s après un transfert par conduite de 53 km.
2. En France : La nappe alluviale de la Garonne a fait l’objet d’une recherche expérimentale
prometteuse à la fin de l’année 1995 et au début de 1996. Un volume d’eau de 132 000 m3 à
été injecté à partir d’eau de surface via un fossé d’environ 4 m de profondeur. Les résultats
permettent, selon les niveaux calculés par un modèle numérique monocouche développé aux
déférences finis, d’évaluer un volume disponible de l’ordre de 70 000 à 80 000 m3 un mois
après l’arrêt de l’injection et 20 000 à 30 000 m3 à la fin du suivi soit environ 2 mois plus tard
; ceci réparti sur une superficie environ 1.5 Km2. [David et al ,1995)]

 Au Maghreb :
La recharge artificielle est utilisée au Maroc sur plusieurs sites (Tanger, nappe de Haouz…)
et plusieurs auteurs ont essayé d’étudier la possibilité de cette technique.
- L’étude de faisabilité de la recharge artificielle du complexe « Alluvions-Calcaires » draine
par l’oued Tagmoute est basée sur une modélisation mathématique des débits a différentes
périodes de retour. Le calcul des volumes infiltrés en absence et en présence du barrage a été
fait par le logiciel ECRET qui a permis d’estimer l’apport en eau vers la nappe. Le
15
Chapitre I: Généralités sur les milieux poreux et recherche bibliographique

prolongement du temps de contact entre le complexe « alluvions-calcaires » et les eaux de la


crue, par l’écrêtement du barrage a induit, un volume infiltré 12 fois plus important qu’en
conditions naturelles. [Saïd etal, 2006].
 En Tunisie (la nappe de Sousse, Nable…).
- A la mise en eau des retenues collinaires, il est remarqué sur certain puits en aval des digues
des barrages la remontée de leurs niveaux d’une manière impressionnante (plus de 10 m). Le
niveau phréatique a été rencontré à 3 à 4 m de la surface du sol lors du creusement des puits.
Un modèle unidimensionnel implicite à éléments finis a été développé pour calculer les débits
souterrains à chaque heure selon la loi de Darcy en fonction du gradient piézométrique de maille
à maille. Ce modèle a permis de quantifier les flux d’eau entre la retenue et l’aquifère alluvial
en aval et de simuler le comportement de cette nappe en fonction des variabilités de remplissage
de la retenue. [Nasri et al, 2001].
 En Iran: Une étude a été menée sur trois sites de recharge artificielle (Kohrouyeh,
Bagh-
Sorkh et Kachak) dans la province d’Ispahan (Iran central) dans le but de déterminer les facteurs
limitant le taux de la recharge artificielle. Cinq traitements (T1–T5) ont été testés et l’infiltration
a été mesurée sur une couche de sédiments déposés; T2, après enlèvement du sédiment; T3,
grattage des sédiments et du sol sur 5 cm; T4, grattage des sédiments et du sol sur 10 cm; et T5,
enlèvement des sédiments et de 15 cm de sol. La teneur initiale en eau du sol sur les sites va de
1.0 à 2.87% à Kohrouyeh, 1.18 à 3.47% à Bagh-Sorkh, et 1.89 à 3.93% à Kachak. Un
accroissement significatif du taux final d’infiltration de la procédure T5 comparée à T1 a été
observé sur tous les sites de recharge. Les taux finaux d’infiltration des procédures T1 et T5 à
Kohrouyeh, Bagh-Sorkh et Kachak étaient respectivement 0.35 et 7.9,
1.22 et 12.3, et 0.93 et 6.2 cm/h. Les taux d’infiltration des procédures T2, T3 et T4 ne
présentaient pas statistiquement de différences significatives. On en conclut donc qu’en
moyenne la capacité d’infiltration de la recharge non traitée s’est accrue de 20.3 % par rapport
aux valeurs initiales, et que le grattage du sommet du sédiment et du sol sur 15 cm peut
améliorer 68.3 % de la capacité initiale d’infiltration [Mousavi et al, 1999].
II.6.3. Alternatives de la recharge artificielle des nappes en Algérie
Cette technique est très peu pratiquée dans notre pays, on peut citer quelques exemples :
 La seule application sur le terrain a eu lieu le 27 avril 1998 par des compagnes de lâchers
des eaux du barrage de Boukourdane (Ouest d’Alger) pour recharger la nappe alluviale
d’Oued

16
Chapitre I: Généralités sur les milieux poreux et recherche bibliographique

 El Hachem dont le volume total infiltré est 52,3 m3, soit une infiltration de 10,87% du
volume lâché [Remini. B, 2005].
 Kadri e Al: Dans le cadre d’un projet de recherche « Réalimentation artificielle de la
nappe de Sébaou à partir du barrage de Taksebt – exploitation, gestion et protection »
un modèle de simulation numérique de la recharge artificielle a été établi, il nous donne
l’évolution dans le temps de l’échange d’eau de la nappe avec le domaine extérieur
pour différents types de recharge. Ce modèle peut être utilisé pour la simulation de la
recharge d’une nappe réelle et tient compte de la différence de perméabilité du sol
[Kadri et Al, 2005, 2006]
 Lagha-Bouzid. S : En 2000 elle a proposé une étude de faisabilité de la recharge pour
la nappe de Metidja et la technique proposée est l’implantation des bassins
d’infiltration au Sud
 Ouest de la plaine de Metidja au niveau de la vallée de l’Oued Chiffa. Il a proposé un
dispositif de 10 bassins, disposé côte à côte suivant un alignement parallèle à l’oued à
une distance comprise entre 700 à 1000 m. Le débit d’infiltration est estimé à 40 m3
/jour par mètre linéaire. Mais ce dispositif demande une station de pompage pour
pomper l’eau dans l’oued et alimenter les bassins d’infiltration. [Lagha-Bouzid. S,
2000].
 Seghir. K : Elle a présenté les résultats d’une étude de faisabilité de la technique de la
recharge artificielle des nappes dans la région de Tébessa à travers une communication.
Elle est basé sur l’augmentation de l’infiltration efficace du sol du site en question par
des bassins d’infiltration et galeries verticales de profondeur 30 m remplies par des
graviers (Ø2-5 mm) avec l’implication des matériaux synthétiques. [Seghir. K, 2008]

17
Chapitre II : Etude physico-
géographique et climatique du
bassin versant du Hodna
Chapitre II : Etude physico-géographique et climatique du bassin versant du
Hodna

Chapitre II : Etude physico-géographique et climatique du bassin versant du


Hodna

II.1 Situation géographique et relief

II.1.1 Situation géographique de bassin


Le bassin versant du Hodna est le 5ème grand bassin versant de l’Algérie, Il est situé au centre,
entre les bassins versant Isser, Soummam, Hauts plateaux constantinois, Chott Merlhir, Zahrez
et Chelif.
2
Il occupe une surface de 26000 km divisée entre 8 Wilayets : M'sila, Batna, BBA, Djelfa,
Médéa, Bouira, Sétif, et Biskra, le bassin ce trouve entre deux grands ensembles topographiques
des Atlas tellien et Saharien, il est limité au nord par les monts du Hodna, à l’Est par les monts
Belezma et Metlili, à l’Ouest par le Djebel Salat qui finit la plaine de Sidi Aissa, et au sud par
le Djebel Kesaad et les monts du le Zab

Figure (II.1) Situation du Hodna par rapport ou wilaya.

II.1.2 Relief et topographie


Le relief est le résultat d’une conjugaison de plusieurs facteurs et particulièrement par
l’évolution géologique et par l’action de l’érosion à une grande échelle (des milliers ou des
millions d’années).
La topographie est une description du relief qui a une forte influence sur les précipitations ;
également sur l’écoulement car il détermine l’aptitude au ruissellement des terrains,
l’infiltration et l’évaporation.

19
Chapitre II : Etude physico-géographique et climatique du bassin versant du
Hodna
Une pente provoque un écoulement très rapide donc un temps de concentration très cours ce
qui donne une montée très rapide de la branche de crue ; ainsi elle facilite le choix du site des
barrages et des retenues.

II.1.2.1 Les montagnes


Ces reliefs forment une barrière naturelle qui joue un rôle climatique et hydrologique important.
Le bassin du Hodna est situé entre deux formations montagneuses d’altitude 1800 m à 1900 m
au Nord et d’altitude 600 m à 900 m au Sud où il est hydrologiquement un bassin endoréique.
Au Nord, on trouve les monts du Djebel Tarf, du Djebel Kteuf (1860 m), du Djebel Gourin et
du Djebel Maadhid (1840 m), qui soutiennent les Hauts Plateaux de la Medjana.

Au Sud, Boussaâda (à 560 m d’altitude) englobe la partie septentrionale de l’Atlas Saharien et


ne présente aucune homogénéité de point de vue topographique. On distingue une série de
massif montagneux, sans liaison nette entre eux et d’orientation (Nord-est / Sud-ouest) tel que :
Boudenzir (1416 m), Tsegna (1609 m), Fernane (1675 m), entre ces massifs s’étendent des
plaines d’altitude moyenne comprise entre 800 et 1000 m.
En ce qui concerne l’Est, le bassin versant amont d’Oued Barika est plus montagneux culmine
à l’Est à 2178 m d’altitude (Hadjret El Beida) où l’Oued prend source et continu son cours au
Sud Ouest. Le relief du bassin de Barika est moyennement accidenté avec une pente moyenne
de 1.5 % ; une altitude moyenne de 1018 m aux pentes douces qui deviennent plus accusées
vers les limites extrêmes (Zorrig, 2007).

II.1.2.2 La plaine
Cette zone plutôt plate à relief peu accusé occupe la plus grande partie du bassin versant, la
cuvette du Hodna a une superficie de 8500 km2 avec des plaines coincé à l’Est et au Nord de
Sebkha, au Sud des monts du Hodna et à l’Oust des monts des Aurés d’altitude varie entre 420
et 800 m. Elles communiquent au Nord-est avec les hautes plaines constantinoises (800 à 1100
m d’altitude) par un étroits couloire et à l’Ouest, avec les hauts plateaux algérois (800 à 1200
m) par la plaine alluviale de l’oued El leham (Seddi ,2012).
Les dépôts accumulés dans cette plaine sont composés dans l'ensemble, de sable, gravier, et de
limon, résultants de la charge solide des oueds qui perdent leur compétence avant d'atteindre
les lacs salés, Ce terrain est utilisé pour les activités agricoles saisonnières (Belagoune, 2012).

II.1.2.3 Chott El Hodna (Sebkha)


Le Chott a une forme elliptique et est une large dépression d’altitude moyenne de 392 m, Au
milieu du bassin et est constitué de deux zones concentriques : une zone périphérique ou zone
du Chott et une zone central ou zone de la sebkha (une zone d’eau libre salée), qui sépare le
20
Chapitre II : Etude physico-géographique et climatique du bassin versant du
Hodna
Hodna proprement dit de la région saharienne il s’agit d’un lac temporaire d’une altitude
pratiquement constante (395- 400 m) fortement salée sans aucune végétation, il est alimenté par
des eaux des écoulements superficiels et souterrains de la région. Il couvre une surface totale
de 1 150 km² se divisée entre les wilayas de M’sila sur 1 000 km² et de Batna sur 150 Km2
(Bourenane, 2007).

II.2 Réseau hydrographique


Le réseau hydrographique est l’ensemble des cours d’eau, affluents et sous affluents permanents
ou temporaires, par lesquels s’écoulent toutes les eaux de ruissellement et convergent vers un
seul point de vidange du bassin versant (exutoire).
Le régime hydrographique du Hodna est lié au régime pluviométrique caractérisé par de fortes
irrégularités et de ruissellement moyen varie entre 2 et 10 % avec des apports solides importants
(0,8 106 m3 par an, 2% des apports annuels de l’oued K’sob) (A.N.R.H).
La majorité des cours d’eau n’ont pas de débits pérennes, à l’exception des oueds Elham,
Lougmane, K’sob, Soubella alimentés par des sources et retenues (ceds). A cela s’ajoute une
multitude de petits cours d’eau (châaba) à sec pratiquement toute l’année et qui coulent lors des
chutes et pluies.
Les divers Oueds (cours d’eau temporaires à l’écoulement intermittent) se déversent dans la
dépression du Chott El Hodna, on distingue :

 OUED EL HAM: qui est le plus cours d’eau dans le bassin, il prend naissance du Djebel
2
Dira (Wilaya de Médéa), son bassin Versant a une surface atteignant 6130 km où il
3
fournit un apport moyen annuelle de 44.4 hm .
 OUED K'SOB: il prend source dans les monts de Boutaleb où il draine un bassin versant
comprend la plaine de Medjana dans les environs de BBA et les bordures Nord du
Maadhid. Il creuse une vallée étroite et descend dans le bassin du Hodna par deux cluses
successives, au défilé de Medjèz et au pied du Kef Matrek à travers des roches de
calcaires noir excessivement dures.
 OUED BARIKA: ses premières eaux viennent de Djebel Hadjret El Bida (2 178 m) et
continue son parcours au Sud-ouest avec un réseau hydrographique couvrant la totalité
du bassin versant ; il reçoit plusieurs affluents dont les plus importants sont " Oueds :
Khelid, Akheri, Merzoug, ElMerdja, Gouriane, Tabeggart, ElMelah". Il collecte un
apport annuel de 35.5 hm3.

21
Chapitre II : Etude physico-géographique et climatique du bassin versant du
Hodna
 OUED BITAM: Il se situe dans la partie Est du bassin, il départ dans un petit bassin
particulier au Sud-est de la dépression du chott El Hodna et que l'on appelle « le petit
chott ».
 OUED LOUGMAN: il descend du Djebel Kteuf (1 860m d’altitude), c'est un torrent
rapide qui reçoit les eaux de montagnes boisées.
 Au sud, on trouve Oued Boussaâda avec un apport de 15 hm3/an, Oued Chair (leur vallée
creuse les monts d’Ouled Nayl) et Oued EL Melh drainent les eaux des versants de
l’Atlas Saharien.
On trouve aussi Oued Chellel : ses affluents descendent des montagnes Nord-Ouest qui
sont à des grandes altitudes, Oued Barhoum qui prend ses sources dans Djebel
Boutaleb.

Figure (II.2) Réseaux hydrographiques du Hodna.

II.3 Hydrogéologie
Dans ce vaste bassin, le sous-sol renferme beaucoup de formations aquifères réparties en
plusieurs niveaux, depuis le jurassique jusqu’au quaternaire. Ces formations aquifères
affleurent plus ou moins largement sur les reliefs contournant le bassin du Hodna.
La communication de loin ou de près des aquifères s’équilibre au sous-sol du Hodna dans les
eaux dans les deux nappes de grande étendue qui se superposent : La nappe phréatique et la
nappe en charge (captive) du Hodna. Elles communicantes entre elles en fonction de la
différence de leur charge et de la transmissibilité du terrain intercalaire.

22
Chapitre II : Etude physico-géographique et climatique du bassin versant du
Hodna
II.4 Sources d'eau
Les sources de Chellal a l'Ouest du chott se situent sur la bordure Sud du Synclinal de
M'sila, leur débit est inferieur a 10 1/s. La plupart d'entre-elles provient de 1'aquifère Albo-
Aptien, leur concentration dépassant rarement 2 g/l. Les autres sources, probablement d'origine
Cénomanienne, ont une concentration qui dépasse 3 g/1, leur facies chimique est
Chlorure sodique».
Ces sources, vraisemblablement des exécutoires de la nappe captive, provoquent un gonflement
de la nappe phréatique. Autour d'elles, les terrains sont généralement sales et la surface irrigable
est très limitée.

II.5 Caractéristiques climatiques


Les facteurs climatiques recueillis au moyen des réseaux d’observation sont à la base de toute
étude hydrologique car ils régissent l’écoulement dans un bassin versant et jouent un rôle
déterminant dans le régime d’un cours d’eau.
On peut classer ses facteurs comme suit : la pluviométrie, la température, l’humidité,
l’insolation et la vitesse du vent ; dont :
 La température est liée essentiellement à l’altitude mais aussi aux conditions locales.
 Le vent est un facteur favorisant l’évaporation.
 L’humidité de l’air joue un rôle dans l’évaporation.
Le facteur essentiel intervenant par :
Leur répartition annuelle et mensuelle, leur total journalier et surtout les averses génératrices
des crues.
Le bassin de Hodna est l’une des zones semi-arides et arides caractérisées par des cours d’eau
temporaires à débit solide élevé, des pluviosités annuelles faibles, des précipitations d’intensité
variable et très inégalement réparties.

II.5. 1 La pluviométrie
L’information pluviométrique est un paramètre plus important dans la connaissance
préliminaire de la nature de la transformation pluie – débit (générateur de l’écoulement).
La précipitation moyenne annuelle est variable sur le Hodna, elle est à moins de 200 mm au
niveau de la zone plus basse (du Chott, à 400 m d’altitude) et passe de 600 à 700 mm dans les
plaines et les zones hautes à 1800 m d’altitude environ.

23
Chapitre II : Etude physico-géographique et climatique du bassin versant du
Hodna

Figure (II.3) : Carte pluviométrique du Hodna

24
Chapitre II : Etude physico-géographique et climatique du bassin versant du
Hodna
Tableau II.1 Coordonnées des stations pluviométriques et car actér ist iqu es climatiqu es du
bassin versant du Hodna.
Code Nom de la coordonnées Altitude Période La pluie (mm)

Station X Y exploitable

(m) (m) (m)

050303 BEL AROUG 597.85 237.45 693 1971-84

050401 SIDI AISSA 597.05 287.95 662 1904-61/1964- 309

79

050901 Medjez 673.35 289.65 636 1974-2006 230.3

051005 K’SOB 668.7 282.65 600 1943-92/01- 172.5

BARRAGE 2003

051111 SIDI 721.5 268.75 720 1973-95/98- 222

OUADAH 2006

051201 MEROUANA 790.75 263.65 1000 1970-95/98- 288.8

2008

051206 CHER EL 786.1 266.6 900 1974-95/98- 223.40

AIN 2008

051306 N’GAOUS 764.100 255.100 730 1914-2000 410.3

051203 Oued el ma 798.250 265.750 1050 1919-1999 410.3

050302 Ain El Hadjel 607.1 264.6 545 89-1997/99- 242

2004

050703 Rocade Sud 642.8 260.55 440 1968-87 108.1

050801 Ced Fagues 657.1 277.9 504 1978-93

051001 M’sila 648.28 281.30 470 1922-1982 224

(Source A.N.R.H.)

La neige couvre les monts du Honda de 20 à 30 jours par an, cette variabilité est liée en partie
à la diminution de la température avec l’altitude. Elle ne tombe que exceptionnellement dans
la cuvette (à M’sila une fois en 1913 ,1959 et en janvier 1971) (A.N.R.H.).

25
Chapitre II : Etude physico-géographique et climatique du bassin versant du
Hodna
Tableau II.2 Nombre de jours de neige dans le Hodna.

La région La station climatique Le nombre de jours


d’enneigement

Hautes plaines Bordj Bou Arreridj 11,1


Sétifiennes
(922 m)

Monts du Hodna Bou Thaleb (1250m) 15,3

II.5. 2 Les vents


Le vent est un facteur favorisant l'évaporation, il transporte les couches d'air saturées qui sont prés
des surfaces de l'eau ou des sols pour être remplacées par des couches d'air plus ou moins sec.
Les vents dominant sont ceux de l’ouest et du nord–ouest qui sont fréquent pendant la période
hivernale, ils sont relayés par les vents du sud (sirocco) pendant la saison estivale (juin, juillet,
aout) avec un nombre de jours variant entre 25 et 34 par an (Bouthelja, 2005).
D’après les données des deux stations climatiques de l’Office Nationale de Météorologie, à
Ghezel (M’sila) et à Bordj Bou Arreridj, c’est dans la période allant d’avril à août que les
moyennes mensuelles sont les plus élevées, avec des valeurs supérieures à 4,5 m/s à M’sila et
3 m/s à BBA. Les écarts entre les vitesses moyennes mensuelles, en plus de la moyenne annuelle
(4.32 et 2.95 m/s) à M’sila sont plus importants qu’à BBA (Grine, 2009).

II.5. 3 Température
Les températures moyennes varient en fonction de l’altitude et des conditions locales qu’influe
sur l'évaporation par la réduction de la lame d’eau ruisselée (le déficit d'écoulement).
Dans le bassin de Hodna les températures maximales moyennes suivent en général une
répartition géographique : en plaine entre 24°C et 27 °C, dans les hauts plateaux et dans les
zones d’altitude entre 19°C et 21°C. Les températures minimales moyennes varient entre 9°C
et 12°C et entre 6°C et 9°C en plaine et en altitude respectivement.
Le gradient thermique annuelle en fonction de l’altitude est de 0,75°C pour une augmentation
de 100 m d’altitude, comparé au gradient moyen admis en Algérie qui est de 0,55°C/100m
(Bouthelja, 2005).
Pour mesurer ce facteur on trouve 5 stations qui sont : M’sila, Barika, Boussaâda, Sidi Aissa et
Bordj Bou Arreridj.

26
Chapitre II : Etude physico-géographique et climatique du bassin versant du
Hodna
Des températures inferieures à 0°C sont enregistrées pendant les mois de décembre, janvier,
février et mars à M’sila, Boussaâda et Guelalia, à partir de novembre à Barika. Les mois les
plus chauds sont juillet et août pour ces quatre stations.

Tableau II.3 Les valeurs de la température de quelques stations dans le bassin du Hodna.

La station de la Intervalle de la température (°C) La température moyenne


température (°C)

M’sila 2,6 - 42 ,3 18, 3

Barika 6,2 - 47,7 18,5

Bou Saada 1,8- 43,5 17,9

Sidi Aissa 9.1 – 24.1 16.6

Bordj Bou Arreridj 2.6 – 21.7 15.1

Ressource (A. N. R. H)
II.5. 4 L’humidité relative
L’humidité relative est le rapport entre la pression partielle de la vapeur d’eau à l’air humide et
à la pression de saturation, à la même température, qui joue un rôle très important sur
l’évaporation.
D’après l’observation sur le bassin de Hodna on trouve que l’humidité varie pendant l’année
entre un maximum de 82 % en novembre et décembre et minimum de 37 à 42 % en juillet et
août (ANRH 1974).

II.5. 5 L’évaporation
L’évaporation est un élément influencé par la température de la région, elle favorise le déficit
d’écoulement.
L’évaporation annuelle est de 2 548 mm/an à la station de BBA et de 3 106 mm/an à Ghazel.
Par les mesures successives de l’évaporation dans quelque station de ce bassin les valeurs
minimums et maximums des moyennes mensuelles sont entre 73.2 et 89 mm en décembre et
entre 446 et 399 mm en juillet. L’évaporation est supérieure pendant la saison estivale à BBA
qu’à Ghazel (M’sila).

27
Chapitre II : Etude physico-géographique et climatique du bassin versant du
Hodna
Tableau II.4 Les valeurs de l’évapotranspiration potentiel de quelques stations du Hodna.

Les stations Les valeurs de l’évapotranspiration


potentielle (mm/an)

M’sila 1290

Barika 1243

Bou Sâada 1297

Guelalia 1334

Sidi Aissa 1256

Ain oghrab 1162

II.6 La végétation
La végétation joue un rôle essentiel dans la protection du sol de forte activité, elle exerce une
protection mécanique directe sur l'écoulement fluvial, en diminuant la force vive des eaux et en
favorisant leur infiltration, cette résistance à l'écoulement est d'autant plus grande que le couvert
végétal est plus dense.
La couverture végétale d’un bassin versant est un facteur important de l’écoulement et de
l’érosion hydrique donc on peut classer par ordre de densité.
En ce qui concerne le bassin du Hodna, qui est bio-géographiquement un représentant assez
particulier du milieu steppique, on distingue :
 Des superficies forestières dominantes Djebels Messaad (33 81 ha), Medjedel (16 321
ha), Slim (14 916 ha), Maadhid (6 448 ha), Hammam El Dalaa (16 819 ha), Bou Saada
(3 739 ha) à base de Pin d’Alep et Genévrier de Phoenicie. (D. de planification de
M’sila, 2005)
 Des superficies agricoles dans la plaine de M’sila qui propice aux cultures maraîchères
(15 125 ha), aux céréales (741 945 ha) et les arbres fruitiers (14 170 ha).
 Dans la région du Chott, on remarque des communautés steppiques présentées par 550
taxons recensés tel que des espèces endémiques (saccoralyx saturoides…) qu’on ne
trouve que dans cette région (Kaabeche, 1990).

28
Chapitre III : L’aquifère
phréatique quaternaire
Chapitre III : L’aquifère phréatique quaternaire

Chapitre III : L’aquifère phréatique quaternaire

III.1.Définition : Un aquifère est un sol ou une roche réservoir originellement poreuse ou fissurée,
contenant une nappe d'eau souterraine et suffisamment perméable pour que l'eau puisse y circuler librement

III.2. Cartographie du toit de l’aquifère quaternaire


Nous avons vu que pour l’exploitation de la plupart de nos données, il était primordial de
connaître, même grossièrement, les altitudes absolues des points de mesure. En effet, pour le calage,
la modélisation nécessite la connaissance de la surface réelle de l’aquifère et non pas la profondeur
de la nappe par rapport au sol.

Figure (III.1) : carte topographique issue d’une interpolation par krigeage de points cotés (ronds
noirs).

31
Chapitre III : L’aquifère phréatique quaternaire

Figure (III.2) : Carte topographique 3D issue d’une interpolation par krigeage de points cotés.

III.3. Carte piézométrique de l’aquifère quaternaire


Plusieurs cartes synthétiques de la nappe phréatique mentionnant la piézométrie en altitude relative
ou absolue ont été dressées. Pour réaliser le calage du modèle en état permanent, nous devons
comparer les niveaux calculés aux niveaux observés à un instant donné. Naturellement, pour une
meilleure représentativité, les zones où la piézométrie est bien renseignée auront plus d’importance
que les zones interpolées.
III.3.1. Stabilité de la nappe
La première condition pour représenter un état piézométrique permanent, est de disposer de
mesures synchrones, afin de s’affranchir des erreurs induites par l’évolution temporelle et spatiale
du niveau statique et de sélectionner une piézométrie stable pendant une durée suffisante, fonction
de la dynamique de l’aquifère.
Bien sûr, du fait de l’absence d’un réseau adapté à la surveillance de la nappe, nous ne possédons
pas une information suffisante pour satisfaire une bonne répartition sur toute la zone d’étude des
points de mesure, en concordance avec le maintien d’une unité temporelle.
Ainsi, nous avons voulu montrer si les fluctuations des niveaux de la nappe, mises en évidence par

32
Chapitre III : L’aquifère phréatique quaternaire

Schneider (1968) et confirmées par l’ORSTOM (Chouret et al. 1977), avaient un impact réel sur
nos mesures interannuelles, ou bien si, au contraire, leurs amplitudes pouvaient s’inscrire dans
l’intervalle de nos incertitudes piézométriques.
III.3.2. Sélection des points d’observation pour la carte de référence
Nous nous sommes astreints à choisir l’année comportant la meilleure répartition géographique des
points d’observation que nous avons ensuite complétés, dans les zones de faible densité de mesures,
par des points issus d’autres campagnes.
Même si la carte obtenue n’est pas aussi détaillée que les cartes déjà existantes, nous savons où se
situent les approximations et comment ont été obtenus les résultats.
III.3.3. Hydrochimie de la nappe quaternaire
On dispose de vingt-huit analyses d’eau de la nappe quaternaire, bien réparties sur le terrain étudié,
effectuées au laboratoire d’hydrochimie de l’ANRH. L’étude hydro chimique de ces eaux s’est basée
sur :
 Les mesures des paramètres physico-chimiques notamment la conductivité électrique, la dureté et le
potentiel hydrogène (pH).
 Les analyses chimiques à base de la titrimétrie au laboratoire.
 L’interprétation des résultats des analyses pour les échantillons prélevés au niveau des ouvrages
captant cet horizon aquifère.
III.4. Bilan hydrique
[Link] de la zone d’étude
La région de M’Sila se trouve piégée dans un système hydrographique endoréique appartenant au grand
bassin Algérois-Hodna. La région est caractérisée par un climat aride à semi-aride, avec des
précipitations moyennes annuelles de l’ordre de 215 mm et une température moyenne annuelle de 19°C.
2 L’évapotranspiration réelle moyenne annuelle est de l’ordre de 197 mm soit 92  des précipitations.
Le déficit agricole annuel est de l’ordre de 728 mm pour la station de M’Sila qui se trouve à l’intérieur
du bassin (Amroune 2008). Actuellement, les principales formations aquifères sont les niveaux
appartenant au Mio-Plio-Quaternaire formant le cœur de la plaine de M’Sila. Cet aquifère est captif,
constitué essentiellement des sables, graviers, galets et des conglomérats et présent dans l’ensemble de
la cuvette (IFES 2006). Ces formations composent deux niveaux aquifères séparées par un niveau à
dominance argilo-marneuse. Le substratum de ces formations est formé par des marnes gypseuses du
Miocène, avec par endroit des niveaux plus anciens (Crétacé supérieur et Crétacé inférieur) remontés au
moyen de failles. Les marnes et les argiles plongent globalement du nord au sud, en profondeur sous le
Chott (Kieken 1970). Durant les trois campagnes piézométriques qui ont été effectuées durant l’année
2012 (Juin, septembre et décembre), la nappe a gardée la même structure (Amroune 2008). Cet état est
caractérisé par la présence d’une dépression piézométrique au centre de la plaine où l’activité agricole
est intense. Cet aquifère est caractérisé par une transmissivité qui varie entre 8·10-5 et 2·10-2 m 2 ·s -1.

33
Chapitre III : L’aquifère phréatique quaternaire

Un coefficient d’emmagasinement qui varie entre 10-5 à 10-4 caractérise cette nappe captive
(Benabderrahmane 1988).
III.4.2. L’infiltration
La réalimentation des aquifères ou infiltration résulte naturellement d'un processus hydrologique par
lequel les eaux de surface percolent à travers le sol et s'accumulent sur le premier horizon imperméable
rencontré (banc d'argile ou de marne) ; elle peut aussi être assurée artificiellement par des puits filtrants.
Ce processus s'amorce généralement à partir de la zone vadose, sous la pédosphère où les racines des
végétaux captent encore l'essentiel de l'eau interstitielle. La réalimentation est caractérisée par le débit de
filtration alimentant le toit de l'aquifère.
Les nappes aquifères sont naturellement réalimentées par les précipitations et fonte des neiges et, à un
moindre degré, par les écoulements de surface (rivières et lacs) ; mais cette réalimentation peut être
affectée par les activités anthropiques comme l'imperméabilisation des sols, les défrichements ou
l’exploitation forestière : elles s'accompagnent de la destruction de la couche humique, ce qui réduit
l'infiltration, favorise le ruissellement et ralentit la recharge des nappes. L'exploitation des aquifères,
particulièrement pour l’irrigation, peut aussi abaisser le niveau des nappes. La réalimentation des nappes
est importante pour gestion durable de la ressource en eau, puisqu’à long terme le débit soustrait à
un aquifère va cesser de compenser les pompages.
L'infiltration contribue aussi à faire migrer les nitrates et autres sels qui finissent par saturer la
pédosphère, vers les couches de sol plus profondes, voire dans les aquifères. Les racines des arbres
piègent l'eau et en renvoient une partie vers l'aquifère, au détriment du ruissellement 1.
Les crues augmentent temporairement la perméabilité du lit majeur en chassant les silts vers l'aval, et
contribuent ainsi à faciliter la réalimentation de l’aquifère.
III.4.3.L’irrigation
La recharge de la nappe d’Avignon est assurée, pour une grande partie, par l’irrigation gravitaire
(canaux alimentés par la Durance) avec des volumes dérivés très supérieurs aux besoins des plantes. Les
agriculteurs sont donc loin d’être les seuls bénéficiaires du système d’irrigation. La quantification et la
localisation de cette recharge sont indispensables pour évaluer l’impact de la diminution des surfaces
agricoles et d’une gestion des ressources en eau adaptée aux éventuels changements climatiques. Nous
présentons ici les résultats préliminaires de cette étude (bilan irrigations, déprise agricole,
hydrodynamisme de la nappe et traçage isotopique) qui devrait déboucher sur un modèle permettant de
simuler cette évolution
[Link] de l’évapotranspiration
L'évapotranspiration, combinaison de la transpiration de la végétation et de l'évaporation du sol, est la
quantité d'énergie cédée à l'atmosphère par le continuum sol-plante sous forme de vaporisation de l'eau
liquide contenue dans le sol ou la plante. D'une manière générale, l'évapotranspiration d'une surface peut
être reliée à la température de cette surface par l'intermédiaire du bilan d'énergie

34
Chapitre III : L’aquifère phréatique quaternaire

III.4.5. Prélèvements anthropiques (domestiques et pastoraux)


La région est en constante croissance démographique ce qui implique une augmentation des besoins en
eau. Il faut également tenir compte de la croissance du cheptel, impossible à recenser.

35
Chapitre IV : Modélisation et
simulation numérique par
Modflow
Chapitre IV : Modélisation et simulation numérique par Modflow

Chapitre IV : Modélisation et simulation numérique par Modflow

IV.1. Objectif de la modélisation


On peut définir un modèle comme une représentation simplifiée de la réalité, en vue de
simuler la réponse d’un système à une série de sollicitations. Cette représentation, doit
cependant être la plus conforme possible, du point de vue des mécanismes et processus
simulés. Les objectifs habituels d’une modélisation peuvent être [Bear, 1993]
 De réaliser des prédictions sur le comportement du système considéré, en réponse à
des sollicitations;
 D’obtenir les informations nécessaires, afin de respecter certaines recommandations
ou législations;
 D’obtenir une meilleure compréhension du système, d’un point de vue
hydrogéologique, chimique ou même géologique;
 De fournir l’information nécessaire, afin de définir le réseau de mesures à installer; de
fournir des informations, pouvant aider à organiser de nouveaux tests in situ
(pompages,traçages …).
IV.2. Présentation du programme de modélisation
Le code Modflow (version3.0) est un modèle numérique à trois dimensions. Il décrit les
écoulements souterrains en milieu poreux anisotrope et hétérogène, en conditions de flux
stationnaires ou transitoires, Le logiciel utilisé pour la modélisation est le Visual MODFLOW
(3.0), le plus complet, le plus facile à utiliser pour les applications pratiques dans l'écoulement
des eaux souterraines et qui décrivent le transfert hydrique dans un milieu poreux saturé.

38
Chapitre IV : Modélisation et simulation numérique par Modflow

IV.3. Présentation des fonctions du logiciel Modflow


Le logiciel Modflow utilise un certain nombre de fonctions, pour prendre en compte des
conditions aux limites du modèle. Nous présentons celles que nous utiliserons dans notre
modèle de simulation :
IV.3.1. Fonction de recharge
La recharge est le résultat des précipitations percolant à travers la première couche. Elle
dépend des précipitations, de l’évapotranspiration, de la pente, de la durée et de l’intensité des
pluies. Elle a cependant un rôle majeur sur les résultats du modèle. Le module recharge
permet de simuler la recharge distribuée superficiellement sur le modèle et peut également
être utilisé pour une autre source comme une recharge artificielle (irrigation) ou naturelle mais
ne provenant pas des précipitations (infiltration d’une mare).
IV.3.2. Fonction rivière (River)
Cette fonction simule l’interaction entre les eaux souterraines et les eaux de surface (rivières,
lacs, marais, etc.) par l’intermédiaire d’un niveau d’infiltration séparant la rivière du système
souterrain [McDonald et al, 1988]. Le code Modflow calcule la conductance

39
Chapitre IV : Modélisation et simulation numérique par Modflow

Criv (m2.s-1) de la rivière c’est-à-dire la capacité du niveau d’infiltration à transmettre les


écoulements entre la rivière et la nappe. Le débit transitant à travers ce niveau d’infiltration
dépend de sa conductance et de la différence de charge hydraulique entre le niveau de la
rivière et la nappe. Modflow pose l’hypothèse que l’interaction entre les eaux souterraines et
les eaux de surface est indépendante de la localisation de la rivière dans la cellule.

Figure (IV-1): Schéma de la condition-limite « Rivière » [McDonald et al, 1988].

(𝐾𝑟𝑖𝑣 × 𝐿𝑟𝑖𝑣 × 𝑊𝑟𝑖𝑣)


𝐶𝑟𝑖𝑣 =
𝑀𝑟𝑖𝑣
Avec :
- Criv est la conductance de la rivière en m².s -1.
- Kriv est la perméabilité des sédiments du lit de la rivière en m.s -1.
- Lriv est la longueur de la section du cours d’eau dans la cellule en m.
- Wriv est la largeur du cours d’eau.
- Mriv est l’épaisseur du lit de la rivière en m.

𝑄𝑟𝑖𝑣 = 𝐶𝑟𝑖𝑣 × ( ℎ𝑛𝑎𝑝𝑝𝑒 − ℎ𝑟𝑖𝑣 )

40
Chapitre IV : Modélisation et simulation numérique par Modflow

Avec :
- Qriv est le flux passant à travers le niveau d’infiltration en m3.s-1.
- hnappe est le niveau de la nappe.
- hriv est le niveau d’eau dans la rivière.
IV.3.3. Charge initiale
Pour faire tourner le modèle, Modflow requiert des conditions initiales de charge hydraulique.
La définition des charges initiales n’a pas le même sens si l’on se trouve en régime permanent
ou en régime transitoire. Pour une solution en régime permanent, le modèle nécessite une
bonne approximation des charges hydrauliques initiales. Pour une solution en transitoire,
Modflow permet l’importation de résultats de simulation en régime permanent comme charges
initiales en régime transitoire.
L’incertitude sur les conditions initiales peut conduire à une impossibilité de calibrer le
modèle dans les premiers pas de temps de la simulation et peut empêcher la convergence de la
solution du modèle ou encore conduire à un assèchement inutile des cellules.
IV.4. Le modèle

IV.4.1. Description du modèle

La modélisation de l'écoulement de l'eau souterraine est réalisée à l'aide du modèle


mathématique MODFLOW (McDonald et Harbaugh, 1988). Ce logiciel utilise la méthode de
calcul des différences finies, pour des systèmes aquifères tridimensionnels. Les applications
de ce modèle reliées au projet sont:

(1) de calculer la position de la surface libre de la nappe d'eau souterraine pour différentes
périodes correspondant à différentes conditions de recharge appliquée dans le temps,

Et (2) de calculer la vitesse et les directions d'écoulement souterrain et d'évaluer les débits
d'entrée (recharge) et de sorties (écoulement aux brèches et infiltration à la nappe) pour ces
mêmes périodes.

Plusieurs paramètres d'entrée sont nécessaires au modèle. Les premiers paramètres requièrent
une connaissance approfondie de la physique du terrain. Ceux-ci comprennent les élévations
des différents constituants compris dans le système, les élévations de la surface libre de la
nappe d'eau dans ces domaines et la localisation des discontinuités, telles les brèches et
rivières. Les autres paramètres sont reliés aux caractéristiques physiques des domaines telles
que la porosité efficace et la conductivité hydraulique telles que décrites par de Marsily
41
Chapitre IV : Modélisation et simulation numérique par Modflow

(1981). Pour tous ces paramètres, le modèle accepte soit une seule valeur représentant de
façon homogène chacun des domaines, soit un champ de valeurs pour chaque domaine. Enfin,
les conditions météorologiques doivent être connues afin d'évaluer la recharge pour chaque
période pour laquelle on veut obtenir les hauteurs d'eau de la nappe. Pour pouvoir utiliser le
modèle on doit d'abord définir le système: le nombre de couches, les dimensions des cellules
ainsi que les modules utilisés. Le modèle est facile d'utilisation et les questions sont posées
clairement.

Figure (IV-2): Discrétisation spatiale d’un aquifère

Avec :

---- Limite de l’aquifère.


o Cellules inactives.
 Cellules actives.
IV.4.2. Conditions aux limites du modèle
IV.4.2.1. Maillage
Le fond de carte servant de référence pour le modèle est obtenu par numérisation de la carte
géologique au 1/1000 000e de 1966-1968 (CBLT/PNUD/UNESCO). Pour la discrétisation
spatiale, nous avons placé, sur les 190 000 km² de la zone, un maillage carré uniforme de 11 km
42
Chapitre IV : Modélisation et simulation numérique par Modflow

de côté (1600 mailles). Notre étude ne nécessite pas une précision importante sur les résultats des
calculs. Nous considérons donc les caractéristiques hydrodynamiques (par exemple perméabilité,
piézométrie) comme constants sur chaque maille.
IV.4.2.2. Limites géologiques
Les limites géologiques de la nappe sont constituées latéralement par les affleurements de roches
cristallines pouvant être considérées comme imperméables par comparaison avec les roches
sédimentaires adjacentes.
IV.4.2.3. Le mur
L’aquifère quaternaire repose sur les argiles pliocènes imperméables, le mur représente une limite
à flux nul, sans échange par drainance avec un niveau aquifère plus profond. L’aquifère est par
conséquent modélisé en système monocouche. La morphologie de cette surface a été interpolée
afin d’obtenir une altitude pour chaque maille du modèle.

Figure (IV-3): carte 3D, interpolée par krigeage, du mur des sables du Pléistocène
Inférieur.

43
Chapitre IV : Modélisation et simulation numérique par Modflow

IV.4.2.4. Le toit
A l’échelle de la zone, la nappe phréatique est considérée comme libre, les lentilles silteuses
susceptibles de la mettre en charge sont généralement d’extension restreinte. Par conséquent, la
limite du toit de l’aquifère correspond à la surface du sol et n’a pas d’importance dans le modèle
du moins tant que la piézométrie modélisée n’atteint pas la surface du sol. Puisque nous avions
interpolé la topographie afin d’obtenir des hauteurs piézométriques absolues, nous avons attribué
à chaque maille du modèle une hauteur de toit conforme à la réalité.
IV.4.2.5. Conditions de flux
Cette limite représente une condition de flux nul pour l’aquifère phréatique. Elle est représentée
sous forme de cellules inactives qui n’interviennent pas dans les calculs.

Figure (IV-4) : maillage du model, avec la représentation des lignes de flux nul (lignes de partage
des eaux), des limites de potentiel et des limites géologiques.

44
Chapitre IV : Modélisation et simulation numérique par Modflow

IV.4.2.6. Conditions de flux internes


Dans le modèle, les conditions de flux internes seront exprimées en terme de recharge nette (bilan
infiltration – évaporation) positive ou négative.
Nous avons montré que les zones de recharge préférentielles ne sont pas connues avec exactitude
et qu’à l’heure actuelle, leur contribution dans le bilan hydrodynamique relève de l’énigme.
IV.4.2.7. Conditions de potentiel

Figure (IV-5) : calcul des conditions de potentiels selon MODFLOW.

𝑄 = 𝐶 . (𝑅𝐸 − 𝐵𝐸 ) 𝑄 = 𝐶 . (𝑅𝐸 − 𝑃𝑍 )

Avec :
C : conductance du milieu m3/jour
RE : niveau de la rivière m
BE : niveau du fond de la rivière m
PZ : niveau statique m
Le débit échangé est contrôlé indirectement en fixant la valeur de la conductance. Celle-ci est
approchée de façon empirique selon la relation :

( 𝐾𝑍 ∗ 𝑆)
𝐶 = 
𝑒

Avec :
Kz : perméabilité verticale e : épaisseur colmatée
S : surface de contact par maille

45
Chapitre IV : Modélisation et simulation numérique par Modflow

L’estimation de ces trois variables est extrêmement subjective. De ce fait, le but n’est pas
d’obtenir uniquement des valeurs, mais plutôt de restituer une gamme de variations cautionnée par
une réalité physique justifiable et observable sur le terrain.
[Link] initiales
 Emmagasinement :
En régime permanent ce paramètre n’intervient pas ; par conséquent sa valeur exacte importe peu.
 Perméabilité :
La plupart des essais de pompage ne sollicitent qu’une partie de l’aquifère ce qui empêche d’en
déduire une valeur de la transmissivité moyenne de toutes les couches traversées. Les
transmissivités connues ne sont donc qu’apparentes et uniquement représentatives des couches
supérieures de l’aquifère.
 Recharge :
Nous n’avons aucune donnée en ce qui concerne les flux susceptibles d’être transférés vers la
nappe.
En ce qui concerne les flux sortants, la formule de Coudrain-Ribstein (1997) nous assure une
limite supérieure pour l’exfiltration en fonction de la position de la surface de la nappe sous le sol,
mais ceci ne concerne que l’évaporation et pas la transpiration par les plantes.
IV.5. Résultats de la modélisation
IV.5.1. Simulation en régime permanent
Après avoir introduit toutes les données nécessaires dans le modèle. Une phase de simulation
en régime permanent a été réalisée à partir des données (prélèvements, recharge, Bcharges
initiales et les points d’observation). Cette première étape de modélisation a plusieurs objectifs:
 S’assurer du bon fonctionnement du modèle après les modifications apportées à la
géométrie sur la zone d’étude.
 Retranscrire au mieux le comportement de la nappe;
 Ajuster les paramètres hydrodynamiques.
Du fait de l’exploitation importante de la nappe, il n’est pas possible de considérer l’existence
d’un régime permanent au sein du complexe aquifère. Le régime permanent correspondrait à
l’état initial du système avant tout soutirage pour lequel les données sont trop fragmentaires.
Bien que la comparaison d’un régime pseudo-stabilisé (modélisation) et d’un régime non
stationnaire (valeurs observées) reste sommaire, cette étape permet une première évaluation du
modèle avant le passage au régime transitoire.
Après avoir tourné le modèle en régime permanent.

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Chapitre IV : Modélisation et simulation numérique par Modflow

Figure (IV-6) : Grid d’un modèle de bassin versant Hodna par Modflaw.

[Link] puits de pompage et les forages d’observations


Ne disposant que des chroniques annuelles pour les prélèvements en forage, un pas de
discrétisation annuel a été retenu. Il sera donc impossible de restituer les phénomènes pour
des périodes inférieures à l’année.

47
Chapitre IV : Modélisation et simulation numérique par Modflow

Figure (IV-7): représentation des puits dans le bassin versant HODNA. .

IV.5. [Link] fond de la nappe


Le substratum ou le fond des alluvions, repose plus souvent sur la marne bleu imperméable.
Cette limite a été reconnue par les sondages mécaniques et très souvent identifiée par les
sondages électriques.

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Chapitre IV : Modélisation et simulation numérique par Modflow

Figure (IV-8) : la nappe-profonde de bassin versant HODNA par Modflow.

Figure (IV-9) : la nappe-phréatique de bassin versant HODNA par Modflow.

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Chapitre IV : Modélisation et simulation numérique par Modflow

Figure (IV-10) : Chott HODNA.

Figure (IV-11) : Courbe représenté le changement de tête résiduel et max par rapport au
nombre d’itération par Modflow.

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Chapitre IV : Modélisation et simulation numérique par Modflow

Figure (IV-12):Show Grid modflow 2000.

Figure (IV-13): Show contours modflow 2000.

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Chapitre IV : Modélisation et simulation numérique par Modflow

Figure (IV-14): Show color Map modflow 2000.

Figure (IV-15):représenté un colonne de modele par Modflow.

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Chapitre IV : Modélisation et simulation numérique par Modflow

Figure(IV-16) : représenté un ligne de modele par Modflow.

Figure (IV-17): Bassin versant hodna par modflow.

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Chapitre IV : Modélisation et simulation numérique par Modflow

IV.5.4. Conclusion sur la sensibilité du modèle


Il est évident que le comportement du modèle est en adéquation avec la qualité de nos données.
L’étude de la sensibilité montre clairement que pour aboutir à un résultat unique, il nous faut
impérativement diminuer les incertitudes et donc, dans le même temps, les intervalles de variation
des valeurs mesurables sur le terrain.
Un travail sans « garde-fou » revient, lors de la modélisation, à caler tous les paramètres
simultanément. Ce cas de figure nous met en difficulté pour la validation d’un schéma de
fonctionnement particulier. Notre zone d’étude est caractérisée par une extrême variabilité des
paramètres de terrain qui représente un obstacle à la régionalisation des spécificités locales. Des
études plus poussées pourraient permettre de mieux cerner les varia bles d’entrée et de proposer
une gamme moins étendue de combinaisons possibles à l’aboutissement d’un résultat lors de la
modélisation.

54
Conclusion Générale

Conclusion Générale
Les changements climatiques observés ces dernières années ont affecté sérieusement sur les
ressources en eau aussi bien en quantité qu’en qualité, son état risque de se détériorer si des
mesures fermes ne soient pas prises à temps.
La recharge naturelle est directement liée aux précipitations et aux ruissellements des eaux
superficielles engendrées par les pluies orageuses.
Pour profiter de ce volume considérable des eaux de surface, nous avons essayé de simuler la
recharge artificielle de la nappe de HODNA par différents procédés : injection, ruissèlement
et lâchers.
Une modélisation est accomplie sur l’ensemble de la nappe, via le logiciel Visual Modflow
(3.0), afin de tester le schéma de fonctionnement obtenu à travers l’analyse de données, et de
quantifier le sens et l’intensité des échanges des nappes.
Bien que le calage effectué en régime permanent, a pourtant conduit quelquefois à utiliser des
conductivités hydrauliques, plus importantes que celles mesurées, à une échelle très locale sur
les sites. Les simulations effectuées en régime transitoire, permettent de bien se rendre compte
de la dynamique des nappes face à l’accroissement des débits prélevés aux différents forages.
La recharge artificielle des nappes constitue le meilleur moyen de stocker l’eau, elle permet
aussi d’éviter des pertes considérables par le phénomène d’évaporation et par envasement et
d’avoir une eau de meilleure qualité.
Enfin, les résultats obtenus à l’issue de la simulation des écoulements par ce modèle,
pourraient constituer, la base d’une réflexion pour poursuivre nos investigations, dans le cadre
de nos recherches.

57
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Vous aimerez peut-être aussi