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Analyse de l'influence des médias

Le document explore l'influence de la communication de masse à travers différentes théories, notamment celles de la propagande et de l'aliénation, ainsi que des études en psychologie sociale. Il présente des perspectives critiques sur l'impact des médias sur les comportements et opinions des individus, en mettant en avant des travaux de chercheurs tels que Tchakhotine et Lazarsfeld. Enfin, il souligne la complexité des mécanismes d'influence, oscillant entre manipulation et renforcement des opinions préexistantes.

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Analyse de l'influence des médias

Le document explore l'influence de la communication de masse à travers différentes théories, notamment celles de la propagande et de l'aliénation, ainsi que des études en psychologie sociale. Il présente des perspectives critiques sur l'impact des médias sur les comportements et opinions des individus, en mettant en avant des travaux de chercheurs tels que Tchakhotine et Lazarsfeld. Enfin, il souligne la complexité des mécanismes d'influence, oscillant entre manipulation et renforcement des opinions préexistantes.

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SC00 – Automne 2025

Communication et
influence
Résultat de recherche d'images pour "propagande"

Analyser les effets de la communication,


l’impact ou l’influence d’un message sur
un destinataire a toujours été un objectif
majeur pour les sciences de l’information
et de la communication.
Ainsi, un certain nombre d’objets d’étude sont
devenus centraux : Résultat de recherche d'images pour "publicité impact"

• La propagande politique
• La publicité
• La communication médiatique de masse

L’analyse des mécanismes d’influence a donné


lieu à un ensemble d’études. Résultat de recherche d'images pour "agenda setting"

Ce cours présente une sélection de ces études.


Trois points de vue se sont succèdés au cours du temps, qui correspondent à trois
manières de répondre à la question :

la communication de masse peut-elle nous influencer ?

OUI. Nous sommes manipulés


par les médias de masse !!! Sur
quels principes repose cette
manipulation ?
1. Les théories de la
propagande et de
PAS VRAIMENT. L’influence de
la communication est plus
l’aliénation
limitée qu’on ne le pense. 2. La psychologie sociale
Quels sont les critères qui
doivent être pris en compte ?
américaine : l’analyse de
l’impact des messages
OUI MAIS. Il ne s’agit pas de
mécanismes de persuasion. 3. La sociologie des
Quels sont ces modes médias.
d’influence ?
1. Les théories de la propagande et de
l’aliénation
• C’est entre 1920 et 1935-40 qu’émergent les
premiers questionnements sur les médias et la
communication. En Europe et aux États-Unis, ces
premières réflexions sont liées à un sentiment
d’inquiétude devant la montée des propagandes
dans les états totalitaires, et le rôle qu’y jouent
les médias ; c’est ce qui explique que les
premières recherches sur les médias soient
axées sur la communication de masse, et
reposent sur un postulat critique.
• Deux théories :
• Le viol des foules (Tchakhotine, 1939)
• L’aliénation des masses (Ecole de Francfort,
1930-1950
1.1. Tchakhotine : le viol des foules par la
propagande politique (1939)

Les premiers travaux sur la communication de masse ont


donc été suscités par la forte impression produite par
l’utilisation propagandiste des médias par les régimes
totalitaires.
Ce thème est central dans les travaux du chercheur
allemand Serge Tchakhotine. Son ouvrage principal
s’intitule Le viol des foules par la propagande politique,
publié en 1939.

• Témoin de la montée du nazisme, Tchakhotine est frappé par l’efficacité avec laquelle
Joseph Goebbels orchestre la propagande nazie. Il essaye d’identifier et d’analyser les
mécanismes de manipulation utilisés par Goebbels ; il considère ces mécanismes
comme un véritable viol psychique.
1.1. Tchakhotine : le viol des foules par la
propagande politique (1939)
• Pour Tchakhotine, la technique de propagande nazie consiste à associer
pendant un certain temps un thème idéologique quelconque à une pulsion
instinctive (pulsion agressive – peur de la violence, sexuelle – désir ou
refoulement, parentale – défense de nos enfants - ou alimentaire –peur d’avoir
faim). L’instinct et l’énergie d’un individu sont alors détournés, de leur fonction
première, vers des thèmes comme le pangermanisme, la supériorité de la
culture ou de la race allemande.
→ La propagande consiste à conduire les pulsions vers tel ou tel thème.

Passer de la protection des


enfants à l’adhésion au
nazisme...
1.1. Tchakhotine : le viol des foules par la
propagande politique (1939)
• La théorie de Tchakhotine défend en fait un
schéma stimulus-réponse proche de la théorie
pavlovienne du réflexe conditionné : soumis à
un matraquage habile par la propagande,
l’individu serait réduit au rang d’"esclave
psychique".
• Le rapport entre le public et les médias est ici
pensé en termes de dépendance, de
conditionnement ou de manipulation, le Théorie du réflexe conditionné (Pavlov)
récepteur ne faisant qu’absorber passivement les
messages qui lui sont adressés.
• Métaphore de la piqûre hypodermique :
l’émetteur est censé pouvoir "injecter" n’importe
quelle idée dans l’esprit de n’importe qui. Son
discours est un stimulus qui entraîne
instantanément, chez l’auditeur, la réponse qu’il
a programmée.
Exemple : affiche
placardée en France
pendant la seconde
guerre mondiale

Association : Juifs /
Ombre / Peur

Peut créer le réflexe


conditionné :
Stimulus : juif
Réponse : pulsion de
peur
Exemple : caricature
publiée dans un
journal allemand dans
les années 30

Association Juif /
danger pour les
enfants

Peut créer le réflexe


conditionné :
Stimulus : juif
Réponse : pulsion de
peur
1.2. L’école de Francfort : l’aliénation
des masses
• On retrouve une autre approche critique au sein de ce qu’on appelle l’école de Francfort. Il
s’agit de tout un courant de pensée d’inspiration marxiste (qu’on appelle la théorie
critique) qui s’interroge sur les conséquences néfastes de la communication de masse sur
la culture.
• Ecole de Francfort ? C’est un institut créé en 1923 pour faire de la recherche sociale. En
1931, elle est dirigée par Horkheimer, qui, avec l’arrivée du nazisme, émigre à Genève
puis aux États Unis à la Columbia University. Il revient en 1950 à Francfort et crée un
courant très influent dans les Sciences de la Communication.
• Ce courant est marqué par le marxisme et les apports de la psychanalyse.
Son idée principale est que si la révolution marxiste a échoué, c'est parce que l’idéologie de
la classe dominante a réussi à imposer une culture de masse qui lui est favorable, et ce sont
les médias qui constituent l’instrument principal de cette domination.

Les médias diffusent un culture de masse (qui finit par être partagée par tous) constituée
de valeurs qui, en fait, sont favorables aux « classes dominantes ».
Exemple : valorisation de l’ordre, de la propriété privée, condamnation de la violence, etc.
Divertissement = aliénation

Le risque de la communication réside pour ces chercheurs dans l’uniformisation, la


pacification des conflits au profit d’une idéologie consensuelle qui ne peut que
servir les classes dominantes.
Communication : faire diversion (éloigner le public des « vrais sujets »).
Pour eux, les industries culturelles et la communication de masse, loin de favoriser
l’accès de la culture, favorisent l’aliénation des individus.
Exemples
Utilisation de la victoire de l’équipe
de France de football pour créer une
sentiment de cohésion nationale et
effacer les variables sociales,
idéologiques et culturelles qui
divisent la France.

Valorisation de la
générosité
populaire permet
de ne pas critiquer
la politique de
L’héroïsation des policiers par les médias
santé publique en
permet de ne pas discuter de la politique
France
sécuritaire en France
1.3. Seconde génération de l’école de
Francfort : Jürgen Habermas
• Parmi les héritiers de cette théorie, le plus important est le sociologue allemand Jürgen
HABERMAS (né en 1929). Habermas appartient à la seconde génération de l'École de Francfort,
dont il a entrepris l'actualisation de la Théorie critique. Il a élaboré la théorie philosophique de
l’agir communicationnel.
• Il s’agit pour lui de dénoncer le système et l’idéologie capitalistes, qui imposent aux hommes des
cadres de référence supposés neutres à partir desquelles se légitime le capitalisme, par exemple
la science, le progrès, la technique, ce qu’on appelle la raison instrumentale.
• À cette raison instrumentale, qui considère le monde comme un objet et
qui prévaut dans les systèmes socio-économiques actuels, Habermas veut
substituer une raison communicationnelle.
• C'est sur ce nouveau schéma communicationnel qu'Habermas entend
fonder une nouvelle théorie critique de la société, consistant en la
reconstruction d'un espace critique fondé sur une éthique de la
discussion, garante de l'intercompréhension, et qui rende possible à
nouveau le consensus social.
• On peut considérer que Habermas, à partir des postulats de l’école de
Francfort, essaye d’établir une philosophie morale de la communication.
• Pour simplifier, il s’agit de lutter contre les effets pervers de la
communication de masse en réhabilitant la discussion démocratique.
2. La psychologie sociale nord-
américaine
• La recherche américaine n’est pas du tout un
courant critique, elle tente de décrire de manière
plus neutre et plus empirique les mécanismes
psychologiques et sociaux d’influence provoqués
par les médias, les campagnes électorale et la
publicité.
• Les théories appartenant à ce courant apportent
deux contributions essentielles :
• Elles contestent les travaux sur la propagande
en montrant que l’influence de la Paul Lazarsfeld (1901-1976) est l’un
des chercheurs les plus importants de
communication de masse est en fait assez ce courant. Il a conceptualisé ce
limitée « paradigme des effets limités ».

• Elles identifient plus précisément les facteurs


qui favorisent les mécanismes d’influence.
2.1. The People’s Choice (1944).
• Paul Lazarsfeld est un mathématicien autrichien qui émigra aux USA pendant la montée du nazisme.
• En 1940, il s’installe à l’université Columbia de New York et y crée un des plus puissants Instituts de
recherche en communication (“The Bureau of Applied social research”). Ce centre de recherche utilise
surtout les techniques de l’entretien par panel, et cherche à saisir le rôle des communications de masse
dans la formation des opinions et des décisions individuelles.
• Terrains d’études privilégiés : comportements électoraux, comportements d’achat, etc.
• En 1944, il publie, en collaboration avec Berelson et Gaudet, The People’s choice : il s’agit d’une étude
menée lors de la campagne présidentielle américaine en 1940 entre le démocrate Roosevelt et le
républicain Willkie. L’objectif de la recherche est d’identifier les facteurs décisifs dans le choix des
électeurs.
• C’est à partir de ces travaux empiriques et de ses résultats que s’est construite aux Etats-Unis la
psychologie sociale, qui devient dès l’après-guerre l’approche théorique la plus féconde pour étudier la
communication.

Résultats principaux de cette étude (basée sur des entretiens) :


1. Le vote est une expérience de groupe ; les électeurs appartenant au même milieu
socioculturel et ayant des pratiques similaires votent de manière similaire.
2. Les groupes (les familles, par ex) sont de plus en plus homogènes à mesure que la
date de l’élection arrive. À l’approche du vote, les dissidents se rétractent, et les
indécis se décident dans le sens de l’opinion du groupe.
3. Relativisation de l’effet de la radio. La campagne radio a finalement très peu
d’impact. Lorsqu'elle en a, c’est dans le sens du renforcement des opinions
existantes.
Les médias renforcent les opinions pré-existantes.
2.2. Voting
• Bernard Berelson, Paul Lazarsfeld et William N. Mac
Phee. Voting. A study of Opinion formation in a
presidential campaign.
• 1948. Nouvelle enquête dans une petite ville de l’État
de New York, qui va dans le même sens que les
travaux de Lazarsfeld.
Résultats principaux de cette étude :
• L’exposition aux média est sélective : tout le monde ne
consomme pas les médias de la même façon. La
plupart des gens s’exposent en priorité aux
communications qui s’accordent avec leurs opinions
préalables.
• L’effet direct de la communication consiste surtout à
renforcer les opinions préexistantes : seuls les
arguments compatibles avec notre opinion préalable
semblent pris en considération.
• Il n’y a pas à proprement parler de phénomène de
persuasion, puisque les retournements d’opinion sont
très exceptionnels.
2.3. Les expériences de Carl Hovland
• Expériences de Carl Hovland
Pendant la seconde guerre mondiale, Carl HOVLAND dirige les études sur la communication au
“Département Information et Éducation” des forces américaines. Il se livre alors à des observations
sur les soldats américains. Il s’intéresse en particulier aux effets des documents filmiques et
radiophoniques sur les recrues américaines.

• Efficacité de l’argumentation unilatérale / bilatérale


• Problème : il faut convaincre les soldats que la guerre contre le Japon risque de durer sans pour
autant les démoraliser.
• Question : pour mieux faire passer l’idée que la guerre va durer auprès de soldats qui ne pensent
qu’à abandonner les armes et à rentrer chez eux, comment faut-il procéder ?
• Faut-il présenter seulement les arguments en faveur de cette thèse ou faut-il présenter
également les arguments contre cette thèse ?
• L’expérience se base sur une observation des opinions des sujets avant et après avoir été
soumis à une argumentation donnée. Il étudie ainsi les variations des opinions individuelles au
sein de groupes soumis à des argumentations différentes, dans leur contenu ou dans leur
présentation.

• Expérience :
• Constitution de trois groupes de soldats, les deux premiers sont soumis à un type particulier
de messages, le troisième sert de groupe témoin.
• Au premier groupe, on présente un commentaire radiophonique sur la situation militaire, de
15 mn, et prenant en compte uniquement les arguments en faveur d’une guerre longue
(difficultés logistiques des États-Unis, ressources logistiques des Japonais, réserves des
troupes ennemies, caractère résolu et combatif des Japonais).
• Au 2ème groupe, même message, + quatre minutes consacrées à la présentation des
arguments opposés, favorables à une guerre courte (supériorité navale et industrielle des
États-Unis, succès militaires remportés antérieurement).
2.3. Les expériences de Carl Hovland
• Résultats principaux de cette étude :
1. Les effets des argumentations dépendent des opinions antérieures. Parmi ceux qui
croient à une fin rapide du conflit (et qu’il faut donc convaincre que le conflit risque de
durer), une argumentation bilatérale (présentant le pour et le contre) est plus efficace.
2. Parmi ceux qui admettent la possibilité d’une guerre longue, la présentation des
arguments adverses en amène un petit nombre à revenir sur leur opinion et à
souhaiter une guerre courte (effet contraire à celui recherché).
3. Les effets des argumentations dépendent du niveau d’instruction. Les individus
bénéficiant d’un niveau d’instruction supérieur se laissent plus facilement convaincre
quand on leur présente une argumentation bilatérale. De plus, la présentation d’une
telle argumentation fait qu’un individu ne se laissera pas convaincre ultérieurement par
une argumentation adverse.
4. Rôle du niveau d’engagement du récepteur. Effet du “commitment” (de
l’engagement) sur le changement d’opinion : si un individu a exprimé publiquement son
opinion, il se sent engagé par ses paroles, et changera plus difficilement d’avis (ce qui
reviendrait à dire qu’il s’est trompé).
2.3. Les expériences de Carl Hovland
• Résultats principaux de cette étude :
5. Les effets des argumentations sont directement liés au statut et au prestige de
celui qui argumente.
• Rôle de l’identité de l’émetteur
• Hovland continue ses recherches après la guerre. Il se consacre à l’étude
du rapport entre l’efficacité du communicateur et son prestige, et à la
manière dont cet effet de prestige peut disparaître avec le temps.
• Si le communicateur est peu crédible, le message risque d’être refusé.
Mais, paradoxalement, Hovland observe aussi que après quelque temps,
le message n’est plus associé à celui qui l’a prononcé.
• C’est ce qu’il appelle l’“effet dormeur” : un message présenté par une
source peu crédible ne provoque, dans l’immédiat, aucun changement
d’attitude, mais avec le temps le message peut se dissocier de la source
dans l’esprit des gens, et commencer à être accepté.
2.4. Personal Influence
• Elihu Katz et Paul Lazarsfeld, Personal influence, 1955.
• Il s’agit d’une étude datant de 1946 auprès de femmes en Illinois, pour
comparer l’impact de l’influence personnelle et celle des médias sur le
marketing, la mode, les affaires publiques et le cinéma.

Résultats principaux de cette étude :


Rôle primordial de l’influence interpersonnelle : on fait plus
confiance à ceux que l’on connaît
→ importance du contact interindividuel.
→ l’influence interpersonnelle est sélective : les leaders
d’opinions sont consultés sur des domaines particuliers : les
femmes âgées sont consultées pour le ménage, les femmes
jeunes pour la mode.

• Ces travaux sont à l’origine d’une nouvelle conception des modèles


d’influence, qui mettent en évidence le rôle des leaders d’opinion.
2.4. Personal Influence
Modèle du Two Steps Flow of Communication

• La communication atteint d’abord certaines personnes plus impliquées et plus


influentes que les autres. Puis ces personnes transmettent l’information reçue
dans le cadre de relations en face à face et à l’intérieur de groupes plus ou
moins restreints.
• Les médias n’exercent pas une influence directe sur les gens, mais par
l’intermédiaire des relations sociales.
2.4. Personal Influence
La communication interindividuelle tire son efficacité de plusieurs facteurs :

– Les contacts personnels ont un caractère apparemment fortuit. L’intention est


manifeste derrière le discours électoral ou le simple éditorial ; donc ils suscitent la
méfiance. En revanche, cette méfiance n’existe pas quand une personne influente
de son groupe cherche à le convaincre.
– La faible distance qui sépare l’émetteur et le récepteur : on fait plus confiance à
quelqu’un dont on partage les intérêts, qui a un statut similaire au nôtre, qu’à un
éditorialiste ou un présentateur, qui semble appartenir à un autre monde.
– La récompense (ou punition) immédiate et personnelle : la punition liée à un
désaccord politique est immédiate (colère, polémique, etc.)
– Dans une situation de face à face, il est possible d’adapter son argumentation
aux réactions de l’interlocuteur ; le message est plus flexible.
– Enfin, dans une situation de contact interpersonnel, il est même possible de
convaincre sans argumenter, par la simple force du lien affectif, de la sympathie
qu’on suscite chez quelqu’un.
3. La sociologie des médias.
• A partir des années 60, on constate une remise en cause des
approches dominantes sur la communication, que ce soient les
approches critiques ou empiristes.
• Deux théories dominent encore aujourd’hui :
• La théorie des médias de Marshall McLuhan
• Le modèle de l’agenda setting
• Ces théories remettent en cause l’effet direct de la communication
de masse mais aussi le paradigme des effets limités.
• Elles proposent de nouvelles manières de penser la question de
l’influence de la communication de masse.
3.1. Mc Luhan : the medium is
the message
• Mc Luhan est un sociologue canadien (Edmonton, Alberta, 1911 — Toronto,
1980).
• Directeur du centre de recherches sur la technologie et les communications de
Toronto (Canada), il publie en 1962 son ouvrage fondamental: la Galaxie
Gutenberg, que suivront Pour comprendre les médias (1964), Message et
Massage (1967), le Village Planétaire (1968), D'Œil à Oreille (1977) Selon lui, le
média (téléphone, télévision, par exemple), au lieu d'être un simple support
de la communication, constitue le message en tant que tel, et l'utilisation
maximale des capacités d'un média entraîne un accroissement qualitatif du
message transmis par ce média. Ainsi, l'amélioration de la communication entre
êtres humains, sans dépendre essentiellement des producteurs et récepteurs
de messages, serait liée au développement de la technologie des médias.

• McLuhan élargit son analyse à l'ensemble de la société en posant que le tissu


social est modelé par les rapports de communication: l'apparition de l'écriture a
permis la transmission de messages par route, ce qui a entraîné le
développement des transports et des échanges; pour McLuhan, elle est même
à l'origine des États modernes.
• Chaque société, suivant son niveau technique, fait appel à des sens
physiologiques différents: l'ère de l'imprimerie était visuelle, la civilisation
actuelle est audio-tactile. McLuhan oppose deux types de médias: les médias
froids (imprimé, radio), qui fournissent une information élaborée n'impliquant
pas le récepteur, car ce dernier connaît le code; les médias chauds (parole,
télévision) qui, fournissant une information inachevée, nécessitent la
participation du récepteur, lequel doit en découvrir le code.
3.1. Mc Luhan : the medium is
the message
• En bref, la théorie de MacLuhan constitue une critique essentielle des précédents courants, car elle
défend une idée originale : les caractéristiques techniques d’un média, loin d’être neutres,
déterminent une organisation de l’information et de la pensée spécifique.
• Cette idée a été résumée par un slogan célèbre : « le message, c’est le médium » : par leur structure
et leur grammaire, les médias agissent comme des formes symboliques, des moules qui
surdéterminent le sens mis en circulation.

• Ainsi, l’influence des médias ne réside pas dans leur force de persuasion mais dans leur capacité à
formater les messages.
3.2. La sélection des médias
Katz, Gurevitch, Haas : On the use of the mass media on Résultat de recherche d'images pour "kiosque presse"

important things (1973)


• « Il faut se concentrer moins sur ce que les médias font aux
gens que sur ce que les gens font aux médias ».
• Importance des processus de sélectivité et du contexte.
• On ne s’interroge pas simplement sur l’identité des
récepteurs, mais sur ce que ces récepteurs attendent des
médias, ce qu’ils leur demandent, et les besoins qu’ils
espèrent satisfaire.

Résultats principaux de cette étude


• Cette étude pose le récepteur comme partiellement responsable des contenus
médiatiques qu’il sélectionne et qu’il interprète. Quels
• Dans chaque domaine, les usagers indiquent avoir aussi recours, pour satisfaire leurs seraient les
besoins les plus profonds, à des canaux autres que médiatiques, la plupart du temps résultat
considérés comme plus importants et plus fiables que les médias.
• La presse écrite demeure le support le plus important pour qui veut obtenir une d’une telle
information sociopolitique jugée fiable et complète. étude,
• Dans les domaines concernant au contraire les besoins liés plus directement à aujourd’hui,
l’individu, le livre apparaît comme le support le plus approprié quand il s’agit de la
connaissance de soi (c’est la préférence des plus scolarisés, les autres préférant la
avec
télévision), alors que le cinéma, la TV et le livre sont les plus grandes sources de l’internet ?
divertissement individuel.
• La télévision constitue le support le moins spécialisé : elle est citée pour la satisfaction
de la plus grande variété de besoins.
3.3. La fonction d’agenda

• Mc Combs et Shaw, The Agenda Setting Function of Mass Media (1972)


• Théorie de l’agenda-setting.

• Cette théorie porte sur le rôle joué par les médias dans l’opinion publique et repose sur l’ idée
suivante : les médias définissent moins ce qu’il faut penser que ce à quoi on doit penser

• Pour McCombs et Shaw, les médias organisent et établissent des limites à la discussion publique et
de ce fait favorisent l’émergence d’enjeux sociaux et politiques. L’attention accordée par les médias
à un enjeu, quel qu’il soit, augmente son “importance” auprès des personnes interrogées.

• Les médias exercent un effet considérable sur la formation de l'opinion publique, en attirant
l'attention de l'audience sur certains évènements et en négligeant d'autres. Derrière cette thèse,
se situe la constatation que les informations sont tellement nombreuses que les médias ne
peuvent consacrer une attention égale à tout ce qui a lieu dans le monde. En conséquence, un
choix s'impose. Les médias définissent ainsi le calendrier des évènements et la hiérarchie des
sujets.
• Cette pratique de structuration des évènements revêt une importance considérable lors d'une
élection par exemple. Ex. Si les médias jugent que le sujet n°1 est celui de la sécurité, ils
avantagent le candidat qui en a aussi fait son sujet n°1.
La fonction d’agenda : un jeu d’interactions
complexe
Un exemple de « media
agenda » : la hiérarchisation
des événements opérée par
la une du quotidien

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