Dynamique moléculaire ab initio : principes
Dynamique moléculaire ab initio : principes
principes et applications.
Christophe Raynaud
Thèse
présentée
pour obtenir
par
Christophe Raynaud
À mes parents.
Il n'est pas nécessaire que ces hypothèses soient vraies, ou même vraisemblables.
Une chose sut : qu'elles orent des calculs conforment à l'observation.
Osiander
préface d'Osiander, éditeur de Copernic
Remerciements
Je tiens à remercier tout d'abord les personnes qui ont accepté de juger ce travail.
Je suis honoré que M. Martin Field et M. Mark Tuckerman aient accepté de bien
vouloir rapporter cette thèse et je les en remercie. Je remercie également M. Alberto
Beswick d'avoir présidé le jury de soutenance. Mon goût pour la chimie théorique
vient notamment de certains enseignants que j'ai eu, dont M. Bernard Bigot, je lui
suis extrêmement reconnaissant d'avoir volontiers accepté de faire partie de ce jury
de thèse. Je remercie aussi M. Alain Fuchs et M. Alain Vigroux d'avoir accepté de
juger ce travail.
Si je ne devais remercier que deux personnes, ce serait sans conteste mes deux
directeurs de thèse, Franck et Laurent. J'ai beaucoup appris à leur côté, travailler avec
eux a été un réel plaisir ; leurs qualités d'encadrants ne sont plus à démontrer, et je
les remercie d'avoir été, à tout moment, présents et attentifs. Les mots me manquent
pour exprimer toute la gratitude que je leur porte, ils ont largement fait beaucoup plus
qu'être directeurs de thèse, et nalement je les remercie pour leur amitié.
Un grand merci aussi à mon colocataire de bureau, Lionel, avec qui j'ai eu moult
discussions, scientiques ou profanes, et qui m'a supporté pendant ces années ! Je te
remercie pour ton amitié et j'espère de tout c÷ur avoir l'occasion de retravailler avec
toi.
Ces trois années m'ont aussi permis d'exercer mes premières armes en tant qu'en-
seignant. J'espère ne pas avoir traumatisé trois générations d'étudiants et je tiens ici
à remercier toutes les personnes qui ont pu m'aider et me conseiller, et avec qui j'ai
pris un grand plaisir à enseigner. Merci à Romuald, Sophie, Fabienne (B.) et (encore !)
Franck et Laurent.
Je tiens aussi à remercier les membres du Laboratoire de Physique Quantique grâce
à qui ces trois années se sont passées dans la bonne humeur. Merci Jean-Pierre, Ro-
muald, Sophie, Manu, Alex, Marie-Catherine, Daniel, Nathalie, Florent, etc. Je tiens
à remercier particulièrement Fabienne (B.) pour son amitié et là encore j'espère que
nous aurons l'occasion dans le futur de travailler ensemble. Merci enn à tous ceux que
j'oublie. . .
Enn je tiens à remercier ma famille et mes amis, pour avoir été présents et m'avoir
encouragé le long de ces trois années.
Table des matières
Introduction 1
I Aspects Historiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
II Quelques Aspects Techniques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
II.1 Les équations du mouvement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
II.2 Les contraintes d'orthonormalisation . . . . . . . . . . . . . . . 59
II.2.a Verlet . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
II.2.b Verlet aux vitesses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
III Propagation Classique de la Matrice Densité . . . . . . . . . . . . . . . 62
IV Une Variante : entre Born-Oppenheimer et Car-Parrinello . . . . . . . . 64
IV.1 Article C. Raynaud et al., Phys. Chem. Chem. Phys., 6 (2004)
4226 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
IV.2 Pertinence de la méthode . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
TABLE DES MATIÈRES iii
V Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
D Au Delà du Microcanonique 77
I Principe de la Mécanique Statistique non Hamiltonienne . . . . . . . . 78
II.1 Dénition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
III.2 Article C. Raynaud et al., Chem. Phys. Lett., 414 (2005) 161 89
IV Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 132
Annexes 201
Systèmes à Échelles de Temps Multiples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 201
Intégrateurs d'Ordres Supérieurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 205
Force Thermodynamique et Contraintes Multiples . . . . . . . . . . . . . . . 207
Dérivées de Contraintes Holonomes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 213
Bibliographie 221
Introduction : une histoire de temps...
Homann et Kenichi Fukui en 1981 [4, 5] ont permis de comprendre de façon qualita-
tive un grand nombre de résultats expérimentaux sur la base d'analyses relativement
simples dans un langage accessible à tous les chimistes.
Le niveau quantitatif peut aussi être atteint, par des approches plus précises, telles
que les méthodes semi-empiriques, la théorie de la fonctionnelle de la densité et enn
les méthodes ab initio. Le plus souvent, l'utilisation de ces méthodes pour l'étude théo-
rique des phénomènes chimiques privilégie ainsi une approche statique sur un petit
nombre de molécules, voire une seule. Entre autres, ces approches passent par une ex-
ploration précise des surfaces d'énergie potentielle mises en jeu et plus particulièrement
par une caractérisation des points remarquables de ces surfaces, tels que les minima
locaux et les états de transition. La plupart des études théoriques s'intéressant aux
propriétés structurales et spectroscopiques des molécules, ou à la réactivité chimique,
ne prennent uniquement en compte que ces extrema des surfaces d'énergie potentielle.
Comment tenir compte d'une partie de ces eets d'un point de vue théorique ? L'une
des réponses à cette question apparemment simple serait, entre autres, de réintroduire
la dimension temporelle, éludée lors de la résolution de l'équation de Schrödinger. À
ce jour, il existe une grande variété de méthodes de dynamique moléculaire, mais leur
INTRODUCTION 3
chimique, telles que les descriptions ab initio [8]. An de résoudre ce problème, des
méthodes incluant des fonctions de base gaussiennes pour décrire la structure électro-
nique sont apparues au cours de la dernière décennie [9, 10, 11]. C'est dans ce contexte
que s'inscrit ce travail de thèse.
La première partie de ce manuscrit décrit le contexte théorique général de la dyna-
mique moléculaire ab initio et le lien de ce genre d'approche avec la physique statistique.
La deuxième partie est quant à elle consacrée aux diérentes méthodes qui permettent
de décrire la structure électronique des édices moléculaires ; cette partie n'est certai-
nement pas exhaustive mais elle décrit brièvement les diérentes approches utilisées
lors de ce travail de thèse. La partie suivante est plus spéciquement consacrée à l'ap-
proche de Car et Parrinello pour la dynamique moléculaire. Notamment, la variante de
cette méthode développée durant cette thèse est précisée. Ce travail sur la dynamique
moléculaire ab initio en base locale nous amène naturellement à prendre en compte
de façon explicite les eets de température ; la quatrième partie est ainsi dévolue aux
simulations dans l'ensemble canonique. Enn, la cinquième et dernière partie de ce
manuscrit s'intéresse à l'estimation de grandeurs thermodynamiques, en particulier les
diérences d'énergie libre, pour l'analyse dynamique de la réactivité chimique.
Notons enn que ce manuscrit présente un point de vue relativement général de
la dynamique moléculaire ab initio en base locale ; ce travail est néanmoins loin d'être
exhaustif et nous verrons au cours des diérentes parties qu'il reste moult améliorations
et illustrations à apporter dans ce domaine.
A Dynamique Moléculaire :
Généralités
Dans cette partie, l'attention est portée sur l'évolution temporelle d'un système mo-
léculaire. Plus particulièrement, les méthodes considérant les noyaux comme des par-
ticules classiques sont décrites. Toutefois, l'objectif n'est pas d'énumérer de façon
exhaustive les diérentes méthodes de dynamique moléculaire mais de préciser le
contexte dans lequel s'inscrit la dynamique moléculaire ab initio.
L
temps :
e point de départ de toute méthode de dynamique moléculaire est la mécanique
∂ ~ I }; t) = H Φ({~ri }, {R
~ I }; t)
i~ Φ({~ri }, {R (A.1)
∂t
où Φ désigne la fonction d'onde et H représente l'hamiltonien non relativiste :
X ~2 X ~2 X e2 X e 2 ZI X e2 ZI ZJ
H =− ∇2I − ∇2i + − +
2MI 2me |~
ri − r~j | ~ ~j | I<J |R~I − R~J |
I i i<j I,j |RI − r
(A.2)
X ~2 X ~2
=− ∇2I − ~ I })
∇2i + VN −e ({~ri }, {R (A.3)
I
2M I i
2m e
X ~2
=− ∇2I + He ({~ri }, {R~ I }) (A.4)
I
2M I
6 DYNAMIQUE MOLÉCULAIRE : GÉNÉRALITÉS
~ I }; t) exp( i S({R
~ I }; t) = A({R
χ({R ~ I }; t)) (A.9)
~
∂A X 1 A
+ (∇I A)(∇I S) + (∇2I S) = 0 (A.10)
∂t I
MI 2
Z
∂S X 1 X 1 ∇2 A
+ (∇I S)2 + Ψ⋆ He Ψd~r = ~2 I
(A.11)
∂t I
2M I
I
2M I A
en fonction de ces nouvelles variables A et S . La relation (A.10) pour A peut être vue
comme une équation de conservation [17] en identiant la densité nucléaire |χ|2 = A2 .
Cette équation, indépendante de ~, assure la conservation de la probabilité particulaire
en présence d'un ux. La relation (A.11) pour S , quant à elle, contient un terme
dépendant de ~. Cette contribution disparaît dans la limite classique (~ → 0) :
Z
∂S X 1
+ (∇I S)2 + Ψ⋆ He Ψd~r = 0 (A.12)
∂t I
2M I
L'équation résultante (A.12) est ainsi isomorphe aux équations classiques du mouve-
ment dans la formulation de Hamilton-Jacobi :
∂S ~ I }, {∇I S}) = 0
+ H ({R (A.13)
∂t
soit encore :
Z
~¨ I = −∇I
MI R ~ I })
Ψ⋆ He Ψd~r = −∇I Ve ({R (A.16)
Les noyaux évoluent ainsi classiquement dans un potentiel Ve créé par les électrons.
Ce potentiel, qui dépend de la position à l'instant (t) des positions nucléaires, est le
résultat de la moyenne de l'hamiltonien électronique He sur tous les degrés de liberté
électroniques, c'est à dire la valeur moyenne quantique hΨ|He |Ψi prise avec les po-
sitions nucléaires xes à leurs positions instantanées {R
~ I (t)}. Toutefois, la fonction
d'onde nucléaire est toujours présente dans l'équation TDSCF (A.7) associée aux de-
grés de liberté électroniques. Pour être cohérent, la fonction d'onde nucléaire χ doit
être remplacée par les positions nucléaires. Dans ce cas, le passage quantique-classique
peut être facilement réalisé en remplaçant la densité nucléaire |χ|2 de l'équation (A.7)
Q
par un produit de distributions ~ I (t)) centrées sur les positions nucléaires
~I − R
δ(R
instantanées. Cela donne, par exemple, pour l'opérateur position, la valeur attendue :
Z
~ I }; t) R
χ⋆ ({R ~ I χ({R
~ I }; t) dR
~ −→ R
~ I (t) (A.17)
Les jeux d'équations d'évolution couplées (A.16) et (A.18) peuvent alors être résolus
simultanément. Ce type d'approche ne nécessite donc pas la détermination préalable
de l'hypersurface d'énergie potentielle, celle-ci peut être résolue en vol à l'aide de
l'équation de Schrödinger dépendante du temps (A.18). Même si l'approche TDSCF
est une théorie de champ moyen pour le mouvement des noyaux dans le champ des
électrons et réciproquement, les transitions électroniques entre états sont incluses dans
la dynamique moléculaire d'Ehrenfest. La fonction d'onde électronique Ψ peut être
exprimée comme une combinaison linéaire de plusieurs états Ψk :
∞
X
~ I }; t) =
Ψ({~ri }, {R ~ I })
ck (t)Ψk ({~ri }, {R (A.19)
k
où les coecients {ck (t)} peuvent être complexes. Dans ce cas, la norme de ces coe-
cients |ck (t)|2 décrit explicitement l'évolution temporelle des populations des diérents
états électroniques Ψk . Un choix possible pour ces fonctions de base Ψk est la base
adiabatique obtenue à partir des solutions stationnaires de l'équation de Schrödinger
indépendante du temps :
~ I })Ψk ({~ri }; {R
He ({~ri }; {R ~ I }) = Ek ({R
~ I })Ψk ({~ri }; {R
~ I }) (A.20)
1 Es ist wünschenswert, dir folgende Frage möglichst elementar beantworten zu können : Welcher
Rückblick ergibt sich vom Standpunkt der Quantenmechanik auf die Newtonshen Grundgleichungen
Les équations d'évolution correspondantes (A.16) et (A.18) peuvent alors être écrites
selon :
X X
~¨ I (t) = −
MI R |ck (t)|2 ∇I Ek − c⋆k cl (Ek − El )dk,l (A.21)
I
k k,l
X
i~ċk (t) = ck (t)Ek − i~ ~˙ I dk,l
cl (t)R (A.22)
I
I,l
∂Ψ0
i~ = He Ψ0 (A.25)
∂t
Il faut souligner ici que la propagation de la fonction d'onde est unitaire, c'est à dire
que la fonction d'onde préserve sa norme et que le jeu d'orbitales, utilisé pour le déve-
loppement de cette dernière, reste orthonormé. La dynamique moléculaire d'Ehrenfest
est certainement la première approche de dynamique moléculaire en vol . Toutefois,
hormis quelques exceptions [19, 20], celle-ci n'est que peu utilisée pour des simulations
de dynamique moléculaire. En eet, l'échelle de temps et par conséquent le pas de
temps utilisé pour intégrer les équations du mouvement sont gouvernés par la dyna-
mique intrinsèque des électrons. Le mouvement des électrons étant plus rapide que
celui des noyaux, le pas de temps le plus grand utilisable est celui qui permet d'in-
tégrer l'équation d'évolution électronique. Une telle approche demande alors un eort
II Dynamique Moléculaire Ab Initio 11
calculatoire important puisque les dérivées premières de l'énergie par rapport aux co-
ordonnées nucléaires le gradient de l'énergie doivent être calculées à chaque pas
de la simulation.
He Ψ0 = E0 Ψ0 (A.27)
où les Λij représentent les multiplicateurs de Lagrange associés aux contraintes d'or-
thonormalisation. La diérenciation de ce lagrangien (A.30) par rapport aux orbitales
δL
=0 (A.31)
δψi⋆
conduit aux équations Hartree-Fock usuelles :
X
HeHF ψi = Λij ψj (A.32)
j
La forme canonique HeHF ψi = εi ψi de ces équations peut être obtenue après une trans-
formation unitaire. Les équations du mouvement correspondantes aux relations (A.26)
et (A.27) deviennent alors :
¯
¨ ¯
~ I = −∇I min{hΨ0 |He |Ψ0 i}¯
MI R HF
¯ (A.33)
{ψi } hψi |ψj i=δij
II Dynamique Moléculaire Ab Initio 13
HeHF ψi = εi ψi (A.34)
Un jeu d'équations similaires peut être obtenu dans le cadre de la théorie de la fonction-
nelle de la densité (DFT). Dans ce cas HeHF est remplacé par l'hamiltonien Kohn-Sham
HeKS .
Les premières applications de la dynamique moléculaire Born-Oppenheimer ont été
eectuées dans le cadre d'une description semi-empirique du problème de la structure
électronique [21, 22]. La première implémentation ab initio vint plus tard [23] dans
le cadre de l'approximation Hartree-Fock. Mais ce type d'approche, très coûteuse en
temps de calcul, ne sortit de la condentialité que récemment (durant les années 1985
1990), grâce au développement de capacités informatiques et de programmes de calcul
de structure électronique plus performants. Indubitablement, l'utilisation des méthodes
de la théorie de la fonctionnelle de la densité en chimie quantique qui s'est déve-
loppée durant la même période a beaucoup contribué à l'essor de ces méthodes.
Enn, l'approche proposée par Car et Parrinello [7] en 1985 a certainement favorisé
l'utilisation de la dynamique moléculaire ab initio en chimie quantique.
la fonction d'onde Ψ. En mécanique classique, la force exercée sur les noyaux s'exprime
comme la dérivée du lagrangien par rapport aux positions nucléaires. Ceci suggère une
dérivée analogue par rapport aux orbitales moléculaires, qui peut être interprétée, d'un
point de vue classique, comme la force s'exerçant sur ces orbitales. Ainsi, R. Car et M.
Parrinello postulèrent le lagrangien suivant :
Z
1 X 1X ~˙ I
2
LCP = µ d~r|ψ̇i (~r)|2 + MI R
2 i 2 I
X µ Z ¶ h i (A.35)
+ Λij ∗ ~I}
d~rψi (~r)ψj (~r) − δij − Ee {ψi }, {R
i,j
où µ est une masse ctive associée aux orbitales moléculaires. L'avant dernier
terme du lagrangien Car-Parrinello est associé aux contraintes d'orthonormalisation des
orbitales moléculaires. Les équations de Newton correspondantes sont obtenues à partir
des équations d'Euler-Lagrange associées, appliquées aux noyaux et aux orbitales :
d ∂LCP ∂LCP
= (A.36)
dt ∂ R~˙ I ~I
∂R
d δLCP δLCP
⋆ = (A.37)
dt δ ψ̇i δψi
II Dynamique Moléculaire Ab Initio 15
Il faut noter que pour des raisons d'homogénéité, la dimension du paramètre de masse
ctive associé aux orbitales moléculaires est une énergie multipliée par un temps au
carré.
Ainsi, les noyaux évoluent dans le temps à une certaine température instanta-
P ~˙ 2 alors qu'une température ctive proportionnelle à
née proportionnelle à I MI R I
P
µ i hψ̇i |ψ̇i i est associée aux degrés de liberté électroniques. Dans cette terminologie,
des électrons froids signie que le sous-système électronique est proche de la sur-
face exacte Born-Oppenheimer. La fonction d'onde de l'état fondamental optimisée
pour la conguration nucléaire initiale restera alors proche de la solution exacte du-
rant son évolution temporelle si elle reste à une température susamment basse.
Finalement, l'idée de base de l'approche Car-Parrinello consiste à traiter les orbitales
moléculaires comme des variables dynamiques classiques.
L'approche originale de Car et Parrinello fut initialement développée et implémentée
dans le cadre de la théorie de la fonctionnelle de la densité en utilisant des ondes
planes comme fonctions de base pour la structure électronique [8]. L'utilisation de ce
lagrangien étendu avec une description de la structure électronique développée sur un
jeu de fonctions gaussiennes a initialement été proposée par M.J. Field en 1991 [9,
24]. Cette idée fut rapidement reprise par E.A. Carter [25, 26, 27, 28, 29, 30, 31,
32]. Malheureusement, ces travaux conclurent quant à l'inecacité de la dynamique
moléculaire Car-Parrinello en base locale [29]. Récemment, une alternative envisageant
la propagation classique non pas des orbitales moléculaires mais de la matrice
densité, a été proposée [33]. Les détails des diverses implémentations de dynamique
moléculaire Car-Parrinello seront donnés dans la partie C.
16 DYNAMIQUE MOLÉCULAIRE : GÉNÉRALITÉS
où {P~I } sont les impulsions des particules dénies tel que P~I = MI V~I et V ({R
~ I })
désigne le potentiel interparticulaire. Les forces {F~I } agissant sur ces particules sont
conservatives puisqu'elles dérivent de ce potentiel :
∂V
F~I = − (A.43)
~I
∂R
Les équations du mouvement (A.40) peuvent être obtenues à partir de la relation (A.42)
et des relations de Hamilton :
~
~˙ I = ∂H = PI
R (A.44)
∂ P~I MI
˙ ∂H ∂V
P~I = − =− = F~I ({R
~ I }) (A.45)
~I
∂R ∂R~I
des phases. L'espace des phases à 2N dimensions est donc la réunion de tous les états
classiques accessibles au système.
18 DYNAMIQUE MOLÉCULAIRE : GÉNÉRALITÉS
(µV T ). Ces variables thermodynamiques doivent être vues comme des paramètres ex-
périmentaux de contrôle qui spécient les conditions sous lesquelles l'expérience est
III Intégration des Équations du Mouvement 19
conduite.
Considérons maintenant un système de N particules occupant un volume V et
évoluant selon les équations du mouvement de Hamilton. Selon la relation (A.46), l'ha-
miltonien H est un invariant du système et l'énergie totale E doit être conservée. De
plus, le nombre de particules et le volume sont supposés xes. Ainsi, une trajectoire
dynamique de ce système génère une série d'états classiques ayant pour constantes N ,
V et E correspondant à l'ensemble microcanonique. Si cette dynamique génère tous les
états accessibles au système avec N , V et E xés, alors une moyenne sur cette trajec-
toire conduira au même résultat qu'une moyenne dans l'ensemble microcanonique. La
condition de conservation de l'énergie, qui impose une restriction sur l'ensemble des
états accessibles au système, dénit une hypersurface dans l'espace des phases appelée
surface d'énergie constante ou d'isoénergie. Un système évoluant en accord avec les
relations de Hamilton restera sur cette surface.
Le fait de supposer qu'un système, au bout d'un temps inni, parcourt la totalité
de cette hypersurface d'énergie constante porte le nom d'hypothèse ergodique. Ainsi,
à l'aide de l'hypothèse ergodique, la moyenne sur une trajectoire d'un système sujet
aux relations de Hamilton conduit à la moyenne de l'ensemble microcanonique. D'un
point de vue mathématique, si A({R
~ I }, {P~I }) est une fonction correspondant à une
Z τ
eτ = 1
A ~ I (t)}, {P~I (t)})
dt A({R (A.49)
τ 0
eτ = hAi
lim A (A.50)
τ →∞
L'évolution temporelle d'un système, dans l'ensemble microcanonique, est régie par
les équations de Hamilton qui peuvent se mettre sous la forme condensée suivante :
t
Γ̇ = gH (Γ, t) (A.51)
où Γ = ({R
~ I }, {P~I }) désigne un vecteur de l'espace des phases et g t représente le
H
On appelle aussi gH
t
le ot hamiltonien par analogie avec la mécanique des uides et,
par une même analogie avec un écoulement incompressible, on peut démontrer qu'un
volume v quelconque de l'espace des phases est conservé par le ot hamiltonien gH
t
,
soit :
dv
=0 (A.53)
dt
Soit un point quelconque de v , lors d'une évolution temporelle, ce point va suivre une
trajectoire précise dans l'espace des phases, imposée par les relations de Hamilton. Il
va en être de même pour tous les autres points appartenant à v . Ce volume v va donc
être déformé au cours de l'évolution, de manière analogue à un élément de uide pris
dans un écoulement. Ce théorème d'incompressibilité du ot, ou encore de conservation
du volume de l'espace des phases, stipule donc simplement que la déformation due au
ot hamiltonien conserve le volume.
Ce théorème permet, de plus, de retrouver le théorème de Liouville. Dénissons la
densité d'états ρ = dn
dv
d'un système au voisinage d'un point de l'espace des phases ;
dn représente le nombre d'états contenus dans l'élément de volume dv de l'espace
des phases. Le théorème d'incompressibilité du ot permet de préciser que dv reste
constant lors de l'évolution du système. Par ailleurs, le nombre d'états dn reste égale-
ment constant, car aucune trajectoire ne peut traverser la surface frontière dénissant
22 DYNAMIQUE MOLÉCULAIRE : GÉNÉRALITÉS
le volume dv . En eet, si c'était le cas, alors deux conditions initiales diérentes mè-
neraient au même état (celui situé à la frontière), ce qui contredit le principe d'unicité
des solutions des équations de Hamilton. Finalement, le quotient dn
dv
est une constante,
et la relation (A.53) peut être écrite sous la forme d'une relation de conservation pour
la densité d'état, connue sous le nom d'équation de Liouville :
dρ ∂ρ
= + Γ̇∇ρ (Γ, t) = 0 (A.54)
dt ∂t
L'équation de Liouville et le théorème associé sont donc intimement reliés à l'inva-
riance de la métrique de l'espace des phases. L'espace des phases étant un espace à 2N
dimensions, le produit de diérentielles :
Y
dv = ~ I dP~I
dR (A.55)
I
peut être considéré comme un élément innitésimal de volume. Or, d'après le théorème
d'incompressibilité, tout élément de volume de l'espace des phases pour un système
hamiltonien est un invariant. Par conséquent, la métrique dv de l'espace des phases est
invariante.
La propriété de symplecticité des propagateurs, brièvement introduite auparavant,
apparaît alors fondamentale : un propagateur est dit symplectique s'il conserve le vo-
lume de l'espace des phases, ou bien encore sa métrique ; le théorème de Liouville est
alors vérié et la structure formelle des relations de Hamilton est préservée. L'un des
plus simples propagateurs symplectiques que l'on puisse utiliser est l'algorithme de
Verlet, décrit par la suite.
où A
~ I (t) désigne l'accélération au temps (t) de la particule I . L'algorithme de Verlet
est peu coûteux numériquement, tant du point de vue de la mémoire nécessaire que
du point de vue de la simplicité de l'implémentation. De plus il conserve très bien
l'énergie et la quantité de mouvement totale, même pour des pas de temps relative-
ment grands [35]. L'expression (A.56) ci-dessus est symétrique, l'algorithme de Verlet
est donc naturellement réversible dans le temps. Ces qualités en font la méthode de
résolution des équations classiques du mouvement la plus employée dans les simulations
de dynamique moléculaire. Il est à noter que les vitesses n'interviennent pas directe-
ment dans l'algorithme. Bien que non nécessaires à la description des trajectoires, leur
calcul est obligatoire pour évaluer l'énergie cinétique, T (P~ ), qui ne dépend que des
impulsions P~I , et, par conséquent, l'énergie totale E . Ces dernières peuvent néanmoins
être estimées numériquement à l'instant (t) par :
~ I (t + δt) − R
R ~ I (t − δt) ¡ ¢
V~I (t) = + O (δt)2 (A.57)
2δt
La délicate manipulation des vitesses a été à l'origine de plusieurs variantes de cet algo-
rithme. Le premier avatar de la méthode de Verlet est l'algorithme saute-mouton
(leap-frog en anglais), qui nécessite de stocker les positions et les accélérations aux
temps (t), et les vitesses aux temps (t − δt/2) :
Dans la pratique, la première étape est le calcul de V~I (t + δt2 ) à partir duquel on déduit
V~I (t), nécessaire à l'évaluation du terme cinétique T (P~ ), selon :
V~I (t + δt
) + V~I (t − δt
)
V~I (t) = 2 2
(A.60)
2
L'élimination des vitesses entre les deux équations (A.58) et (A.59) montre l'équivalence
entre l'algorithme de Verlet avec l'algorithme leap-frog. Enn, l'algorithme de Verlet aux
vitesses corrige le défaut principal des précédents, à savoir la dénition des vitesses, dont
24 DYNAMIQUE MOLÉCULAIRE : GÉNÉRALITÉS
l'erreur associée est en O ((δt)2 ). L'incorporation explicite des vitesses dans l'algorithme
de Verlet peut s'écrire :
2
~ I (t + δt) = R
R ~ I (t) + V~I (t)δt + A~ I (t) (δt) (A.61)
2
~ ~
AI (t) + AI (t + δt)
V~I (t + δt) = V~I (t) + δt (A.62)
2
Les trois algorithmes présentés ci-dessus sont rigoureusement équivalents quant aux
trajectoires produites dans l'espace des congurations. Les diérences se situent dans
le traitement réservé aux vitesses, donc à l'énergie cinétique T (P~ ).
2 h i
~ I (t + δt) = R
R ~ I∗ (t + δt) + (δt) F~I (t + δt) − F~I∗ (t + δt) (A.66)
12MI
~ ~ ∗ 5δt h ~ ~ ∗
i
VI (t + δt) = VI (t + δt) + FI (t + δt) − FI (t + δt) (A.67)
12MI
1 h~ i
J~I (t + δt) = J~I (t) + FI (t + δt) − F~I∗ (t + δt) (A.68)
δt
où F~I (t) représente les forces à l'instant (t) exercées sur la particule I, i.e. F~I (t) =
~ I Ee (t).
−∇ La variable J~I (t) est une approximation de la dérivée première des forces
dF~I (t)
J~I (t) ≈ (A.69)
dt
Ce propagateur, bien que d'ordre quatre, n'est ni réversible dans le temps ni symplec-
Pour ce faire, une approximation des dérivées temporelles des forces doit être formelle-
ment introduite. Ceci est accompli en étendant l'espace des phases à un jeu de fonctions
{F~ ∗ , ~vF ∗ , J~∗ , ~vJ ∗ }. La nouvelle variable J~∗ représente, comme dans la relation (A.69),
une approximation de la dérivée première des forces par rapport au temps et la variable
~vJ ∗ représente, quant à elle, une approximation de la dérivée seconde des forces par
rapport au temps. Cet algorithme peut se résumer à l'aide des relations suivantes :
2 h i
R~ I (t + δt) = R~ I (t) + (δt)V~I (t) + (δt) 5F~I (t) − F~ ∗ (t)
I
8MI
(A.70)
(δt)3 (δt)4
+ ~vFI∗ (t) + ~vJ ∗ (t)
6MI 48MI
δt h ~ i
V~I (t + δt) = V~I (t) + 4FI (t) + F~I∗ (t) + 3F~I (t + δt)
8MI
(A.71)
2
(δt)
+ ~vF ∗ (t)
8MI I
~ ∗ 1h ~ ~ ∗ ~
i δt
FI (t + δt) = 2FI (t) − FI (t) + FI (t + δt) + ~vFI∗ (t) (A.72)
2 2
1 3 h~ ~ ∗
i
~vFI (t + δt) = − ~vFI (t) +
∗ ∗ FI (t + δt) − FI (t) (A.73)
2 2(δt)
3 3 h~ ~ ∗
i
~vJ (t + δt) = −~vJ (t) − ~vFI (t) +
∗ ∗ ∗ FI (t + δt) − FI (t) (A.74)
δt (δt)2
26 DYNAMIQUE MOLÉCULAIRE : GÉNÉRALITÉS
Il faut noter la présence d'une faute de frappe dans l'article [40] relative à l'équa-
tion (A.74) et qui concerne le coecient multiplicatif du troisième terme. Cet inté-
grateur, dont l'utilisation n'est que trop condentielle, possède des performances bien
supérieures par rapport au schéma de Verlet [41]. En eet la dérive énergétique observée
pour un pas de propagation donné est bien plus importante si le propagateur est de type
Verlet que dans le cas du prédicteur-correcteur symplectique d'ordre quatre précédent.
L'utilisation de ce dernier propagateur est certainement limitée par la diculté de le
généraliser à d'autres outils de la dynamique moléculaire tels que les contraintes géo-
métriques ou bien les thermostats. Néanmoins son implémentation dans le cadre d'une
approche Born-Oppenheimer dans l'ensemble microcanonique demeure facilement ac-
cessible, autorisant ainsi des simulations avec des pas de temps d'intégration supérieurs
à ceux employés avec l'algorithme de Verlet pour une qualité de simulation identique.
Ce propagateur possède de plus les qualités remarquables de réversibilité temporelle
et de symplecticité, puisque par construction, il est basé sur l'opérateur d'évolution de
Liouville. Cette notion ainsi que le lien avec la propriété de symplecticité sont expliqués
par la suite.
L'approche présentée ici est basée sur la formulation d'un opérateur d'évolution de
la mécanique classique [42, 43, 44]. Considérons un système régi par la mécanique de
Hamilton. Les équations du mouvement peuvent prendre la forme réduite suivante :
Γ̇ = iLΓ (A.75)
iL = {. . . , H }
X · ∂H ∂ ∂H ∂
¸
≡ −
I ∂ ~I ∂ R
P ~I ∂R~ I ∂ P~I (A.76)
" #
X P~I ∂ ∂
= + F~I
MI ∂ R~I ∂ P~I
I
Cette relation est le point de départ pour la dérivation des procédures d'intégration
numérique. L'opérateur unitaire U (t) = eiLt est le propagateur classique. Son action
sur Γ(0) ne peut être déterminée analytiquement que pour quelques cas simples. Toute-
fois cette relation formelle peut être utilisée pour générer des propagateurs numériques
à l'aide d'approximations simpliant la relation (A.77). Supposons, par exemple, que
l'opérateur de Liouville iL puisse être décomposé en deux parties, iL = iL1 + iL2 , de
telle façon que l'action du propagateur classique sur Γ(0) pour chaque partie puisse
être analytiquement déterminée. Ce propagateur classique peut être ré-écrit à l'aide du
28 DYNAMIQUE MOLÉCULAIRE : GÉNÉRALITÉS
soit, avec M = 1 :
µ ¶ µ ¶
iL1 δt iL1 δt ¡ ¢
exp(iLδt) ≈ exp × exp (iL2 δt) × exp + O (δt)3 (A.80)
2 2
On peut donc dénir un propagateur discret en temps :
µ ¶ µ ¶
iL1 δt iL1 δt
G (δt) = exp × exp (iL2 δt) × exp
2 2
µ ¶ µ ¶ (A.81)
δt δt
= U1 × U2 (δt) × U1
2 2
Les trois composantes de ce propagateur G (δt) sont chacune unitaires, le propagateur
G (δt) est donc aussi unitaire, i.e. G −1 (δt) = G † (δt) = G (−δt). Ceci signie que tout
propagateur basé sur la factorisation de Trotter est réversible dans le temps.
Pour mieux préciser l'action de chaque composante du propagateur, dénissons :
On retrouve alors l'algorithme Verlet aux vitesses, présenté précédemment. Cette ma-
nière élégante de retrouver le propagateur de Verlet permet de justier ses propriétés
de symplecticité et de réversibilité temporelle. Un développement de la factorisation de
Trotter à des ordres plus élevés conduit à des propagateurs plus précis. Toutefois, ce
développement fait apparaître les dérivées des forces par rapport aux positions, termes
30 DYNAMIQUE MOLÉCULAIRE : GÉNÉRALITÉS
un comportement ergodique. Il est d'usage de débuter une simulation avec une géomé-
trie pertinente, en général un isomère de basse énergie, si possible le plus bas connu.
Cette règle n'est pas absolue, notamment pour les simulations à haute énergie ou dans
l'ensemble canonique, mais la règle énoncée plus haut impose de toute façon que la
conguration de départ soit de plus en plus proche du minimum global à mesure que
l'énergie totale décroît.
Le problème des vitesses initiales se pose en termes diérents selon que l'on simule
un système ni ou ayant des conditions limites périodiques. Dans ce dernier cas, il sut
de vérier que la quantité de mouvement totale est nulle à l'instant initial. En général
une distribution des vitesses aléatoires ou suivant une loi de Maxwell est choisie, la
contribution du centre de masse est retranchée et l'ensemble des vitesses est multiplié
par un facteur constant pour obtenir l'énergie totale recherchée.
IV Choix des Conditions Initiales 31
Dans le cas d'un système ni, la contrainte sur le moment cinétique est plus stricte,
mais le principe reste similaire. En plus de l'énergie totale E , de la quantité de mou-
vement totale P~ , le moment cinétique L
~ doit également être imposé. Pour simplier,
les valeurs de P~ et L
~ choisies sont en général toutes deux nulles. On commence à nou-
veau par choisir des vitesses aléatoires en direction et en norme pour chaque particule,
éventuellement suivant une loi de Maxwell. La quantité de mouvement totale est alors
supprimée par un simple décalage du vecteur requis. Le nouvel ensemble de vitesses
ne satisfait pas à la contrainte sur le moment cinétique, ce dernier est annulé de la
manière suivante.
Le moment cinétique créé par les vitesses initiales (après décalage) est :
X
~ (0) =
L ~ I × V~ (0) = I · ~ω (0)
MI R (A.91)
I
I
(1) (0)
V~I = V~I − ~ω (0) × R
~I (A.92)
V~Irot = ~ω rot × R
~I avec ~ = I · ~ω rot
L (A.94)
Dans le calcul de l'énergie totale, il est alors nécessaire de tenir compte de l'énergie
~ I (t = 0)} doit
de rotation induite par le moment cinétique. La géométrie de départ {R
donc vérier à présent :
~ I (0)}) + 1 L
V ({R ~ † · I−1 ({R
~ I (0)}) · L
~ <E (A.95)
2
32 DYNAMIQUE MOLÉCULAIRE : GÉNÉRALITÉS
Notons cependant qu'à moment cinétique nul, une autre façon d'engendrer des condi-
tions initiales d'énergie totale E sans moment cinétique consiste à déplacer aléatoi-
rement la géométrie jusqu'à ce que l'énergie potentielle atteigne E . Il sut alors de
relâcher le système sans vitesse initiale.
V Conclusion
Il existe plusieurs façons de simuler l'évolution temporelle d'un système molécu-
laire. À partir d'une approche quantique, la dynamique moléculaire ab initio s'inscrit
comme une vision mixte où les noyaux sont des particules classiques alors que la struc-
ture électronique est décrite dans une approche quantique. Cette approche se justie
donc lorsque les eets quantiques nucléaires et les couplages adiabatiques peuvent être
négligés. Les équations du mouvement des noyaux résultantes peuvent être intégrées
dans le temps au moyen d'algorithmes propagateurs symplectiques, tel que le schéma
de Verlet, sans pour autant nécessiter l'évaluation des dérivées secondes du potentiel
électronique. La réalisation de trajectoires à l'aide de ces outils permet de générer un
jeu de points de l'espace des phases, qui peut s'identier à l'ensemble microcanonique
au regard de l'hypothèse ergodique. Ceci constitue la base de la dynamique molécu-
laire ab initio. Néanmoins un point n'a pas été abordé au cours de cette partie : la
description de la structure électronique. Ces méthodes, qui sont au c÷ur de la chimie
quantique, sont présentées dans la partie suivante.
B La Structure Électronique des
Édices Moléculaires
Dans la partie précédente, l'attention a été portée sur les diérentes possibilités d'es-
timer l'évolution temporelle de la structure nucléaire et éventuellement celle des élec-
trons. Le but de cette partie est de souligner les grandes lignes des diérentes ap-
proches de détermination de la structure électronique ainsi que le calcul des dérivées
premières de l'énergie par rapport aux positions des noyaux, les gradients nucléaires.
D'un autre côté, pour les méthodes de dynamique moléculaire où la propagation tem-
porelle de la structure électronique est explicite, la fonction d'onde initiale doit être
déterminée. Là encore, la structure électronique est souvent obtenue en résolvant l'équa-
tion de Schrödinger indépendante du temps (B.1). Il faut noter que les diérentes
approches qui sont exposées par la suite tiennent compte de l'approximation de Born-
Oppenheimer, énoncée précédemment (cf. partie A, II.2 p. 11).
34 LA STRUCTURE ÉLECTRONIQUE DES ÉDIFICES MOLÉCULAIRES
moins noter que, d'un point de vue mathématique, l'espace vectoriel des fonctions est
de dimension innie. Par conséquent ce développement sur un nombre ni de fonctions
de base seule possibilité pratique est une approximation qui sera d'autant plus
justiée que la base sera étendue. On parle alors de complétude de base.
II Fonctions de Base
On peut distinguer trois grands types de fonctions de base pour la description de la
structure électronique. Chacun ayant ses avantages, leurs principales caractéristiques
sont brièvement énoncées par la suite.
Très utilisées pour l'étude des systèmes en phase condensée, les ondes planes sont
issues de la physique du solide. La périodicité d'un arrangement cristallin produit un
potentiel périodique et impose la même périodicité pour la densité électronique. À
partir du théorème de Bloch et des conditions aux limites périodiques de Born-Von
Karman [48], dénissons une (super-) cellule, selon :
a3
a2
a1
36 LA STRUCTURE ÉLECTRONIQUE DES ÉDIFICES MOLÉCULAIRES
Cette boîte , dénie par la matrice h = [~a1 , ~a2 , ~a3 ] a pour volume Ω = det h. Ainsi
le système est invariant selon n'importe quelle translation de vecteur déni selon :
tel que ~bi · ~aj = 2πδij . Ainsi le système est invariant dans l'espace réciproque selon
n'importe quelle translation de vecteur dénie par :
des orbitales. Le grand désavantage des ondes planes est que, du fait de leur nature
non locale, il faut employer un grand nombre de fonctions pour correctement décrire les
zones de l'espace où la densité électronique varie grandement, notamment au voisinage
des noyaux. Cette raison explique l'utilisation systématique de pseudo-potentiels, pour
tous les atomes, lors de calculs en base d'ondes planes, éludant ainsi la description de
la structure nodale complexe des orbitales dans la région de c÷ur.
II Fonctions de Base 37
D'autres fonctions que les ondes planes peuvent être utilisées pour développer les
orbitales selon la relation (B.6). Un choix possible pour ces fonctions de base sont
les orbitales atomiques. Ce choix se voit justié si l'on considère, qu'au sein d'une
molécule, les atomes gardent en partie leur identité et donc que les molécules sont des
assemblages d'atomes légèrement distordus . Cette vision des orbitales moléculaires
comme une combinaison nie d'orbitales atomiques est connue comme l'approximation
LCAO (de l'anglais Linear Combination of Atomic Orbital ) [49, 50]. D'un point de vue
mathématique, de nombreuses fonctions peuvent être choisies pour décrire les orbitales
atomiques. En pratique, deux types de fonctions sont communément employés. Les
fonctions de Slater sont caractérisées par une discontinuité à l'origine (prise à la position
du noyau) :
S(~r, ζ) = N~r n−1
exp(−ζ~r)Ylm (θ, φ) (B.11)
où α désigne l'exposant de la fonction et (i, j, k) sont des nombres entiers. Cet exposant
α est à relier directement avec l'extension spatiale de la fonction. Le triplet (i, j, k)
est quant à lui responsable de la nature angulaire de l'orbitale. Plusieurs fonctions
gaussiennes sont nécessaires pour décrire, avec la même qualité qu'une seule fonction
38 LA STRUCTURE ÉLECTRONIQUE DES ÉDIFICES MOLÉCULAIRES
de Slater, une orbitale atomique. Une orbitale atomique est donc souvent développée sur
plusieurs fonctions gaussiennes. Toutefois les intégrales biélectroniques multicentriques
s'avèrent plus faciles à calculer : en eet le produit de deux fonctions gaussiennes est
une nouvelle fonction gaussienne, l'intégrale peut alors être évaluée analytiquement.
où ε désigne la matrice diagonale des énergies orbitalaires εi , C est la matrice des coe-
cients de la combinaison linéaire des fonctions de base, S est la matrice de recouvrement
et F représente la matrice de Fock. Les éléments de ces matrices s'écrivent :
tiré d'un vers de Perse (Satires, III, 84), qui commence par De nihilo nihil (Rien ne vient de rien,
c'est-à-dire Rien n'a été tiré de rien. Rien n'a été créé, mais tout ce qui existe existait déjà en quelque
en anglais). Notons que le coût calculatoire d'un calcul d'énergie dans l'approxima-
tion Hartree-Fock, est proportionnel à Q4 , où Q représente le nombre de fonctions
de base pour le développement des orbitales. Ainsi, dans la méthode Hartree-Fock,
chaque électron interagit avec les autres électrons de façon moyenne, c'est-à-dire qu'il
ressent un champ moyen. Il n'y a pas d'interaction instantanée entre deux électrons.
Ce phénomène est responsable de la corrélation électronique. Les méthodes qui sont
brièvement exposées par la suite sont dites post Hartree-Fock puisqu'elles ont pour but
de décrire du moins en partie la corrélation électronique. Ces méthodes post
Hartree-Fock ont donc pour objet de calculer l'énergie de corrélation, dénie comme
la diérence entre l'énergie exacte et l'énergie de la limite Hartree-Fock.
40 LA STRUCTURE ÉLECTRONIQUE DES ÉDIFICES MOLÉCULAIRES
fondamental sont dénies de façon biunivoque par la densité électronique ρ(~r) [65].
Ces travaux marquent le début des méthodes issues de la théorie de la fonctionnelle de
la densité.
où T [ρ] désigne le terme d'énergie cinétique, Ve−N [ρ] le terme d'interaction électrons-
noyaux et Ve−e [ρ] le terme d'interaction électrons-électrons. Le second théorème de
Hohenberg et Kohn stipule que la densité peut être exactement calculée grâce à un
principe variationnel [65]. Ces équations ne sont pas utilisables directement pour eec-
tuer des calculs atomiques ou moléculaires. Pour faire de la relation formelle (B.19) un
2 Je le crois parce que c'est absurde. Paroles faussement attribuées à Saint Augustin.
42 LA STRUCTURE ÉLECTRONIQUE DES ÉDIFICES MOLÉCULAIRES
où Ts [ρ] désigne le terme d'énergie cinétique d'un système ayant la même densité
électronique que le système réel mais au sein duquel il n'y a pas d'interaction entre les
électrons, Vcoul est le terme d'interaction coulombienne entre les électrons :
Z
1 ρ(~r ′ )
Vcoul (~r) = d~r ′
(B.21)
2 |~r − ~r ′ |
s'écrit :
n
X ¯ KS ¯2
ρ(~r) = ¯φi (~r)¯ (B.23)
i
Ces orbitales sont alors solutions d'un jeu d'équations aux valeurs propres de la forme :
· ¸
1 2
− ∇i + Vext (~r) + Vcoul (~r) + Vxc (~r) φKS r) = εi φKS
i (~ i (~
r) (B.24)
2
Cette équation aux valeurs propres (B.24) est analogue à celle de la méthode Hartree-
Fock. Cependant, au contraire de l'opérateur de Fock qui est non local, l'opérateur de
IV La Théorie de la Fonctionnelle de la Densité 43
Gradient Approximation ) est construite comme l'addition d'une correction à une fonc-
tionnelle LDA. L'une des plus populaires fonctionnelles d'échange est celle proposée
par Becke en 1988 [67] ; celle-ci est paramétrée sur les énergies d'échanges connues
d'atomes de gaz rares. Cette dernière est très souvent associée à la fonctionnelle de
corrélation proposée par C. Lee, W. Yang et R.G. Parr [68], paramétrée sur l'énergie
de corrélation de l'atome d'hélium. Il existe bien d'autres fonctionnelles corrigées du
gradient, obtenues de diérentes manières, comme l'ajustement des paramètres sur des
données moléculaires par exemple ou bien la régularisation formelle du comportement
asymptotique. Les fonctionnelles corrigées du gradient s'avèrent beaucoup plus ecaces
pour les calculs moléculaires. Toutefois des problèmes persistent sur des données éner-
gétiques, telles que les énergies de liaisons ou bien les énergies d'activation des réactions
chimiques.
Les fonctionnelles hybrides incluent dans leur forme une fraction de l'échange exact,
comparable à l'échange Hartree-Fock mais calculé à l'aide des orbitales Kohn-Sham.
L'une des plus utilisée est la fonctionnelle proposée par A.D. Becke [69], ajustée sur des
énergies d'atomisation via trois paramètres. Les performances de ce type de fonction-
nelles sont bonnes, ce qui font d'elles les plus utilisées en chimie. Toutefois, il faut noter
que le calcul de l'échange exact augmente signicativement le temps de calcul, ce qui
rend l'utilisation de ce type de fonctionnelle prohibitive lorsque la base est développée
sur des ondes planes.
Le principal avantage des méthodes basées sur la théorie de la fonctionnelle de
la densité est un gain substantiel de temps de calcul par rapport aux méthodes ab
V Les Pseudo-Potentiels
Notons que les propriétés énoncées par la suite à propos des pseudo-potentiels s'ap-
pliquent dans le cas où la base atomique est développée sur des fonctions gaussiennes.
Même si les notions suivantes sont analogues à celles employées pour les pseudo-
potentiels dans une base d'ondes planes, certaines propriétés sont diérentes.
Les similitudes chimiques et physiques des éléments classés dans le tableau de Men-
deleïev sont dues à la structure électronique de valence : ce sont les électrons de valence
qui déterminent les propriétés chimiques et physiques des atomes et des molécules. Les
électrons de c÷ur ne sont que très légèrement aectés par l'environnement molécu-
laire. C'est pourquoi des approximations où le c÷ur des atomes demeure invariant
dans l'environnement moléculaire ont été imaginées. Une de ces approximations repose
sur une théorie introduite en physique du solide en 1935 et propose l'utilisation de
pseudo-potentiels [70, 71], en vue de simuler les eets des électrons de c÷ur tout en
préservant les propriétés des électrons de valence. Cette méthode commencera à être
véritablement utilisée en chimie quantique qu'à partir des années 1970 [72]. Dans cette
approche, les électrons de c÷ur ne sont plus traités explicitement lors du calcul mais
leur présence est simulée à l'aide d'un pseudo-potentiel tel que les électrons de valence
aient le même comportement, dans le champ du pseudo-potentiel que dans le champ
réel. Les principaux avantages de cette méthode sont :
1 z
hi (ri ) = − ∇2i − + Wps,i (B.27)
2 ri
théoriques des potentiels eectifs de groupe ont été établies dès 1987 [73], développées
par la suite [74] et leur pertinence a été démontrée dans diverses études [75, 76, 77].
Les principaux avantages des pseudo-potentiels de groupe sont similaires à ceux des
pseudo-potentiels atomiques, c'est-à-dire la réduction du nombre d'électrons explicites
lors du calcul ainsi que la réduction du nombre de fonctions de base. Par contre, un
nouvel avantage de cet outil est son utilisation pour la dénition et le traitement de la
frontière dans les méthodes mixtes de type QM/MM [78]. Ce type de méthode hybride,
qui a aussi pour but la réduction du temps de calcul, est brièvement exposé par la suite.
où I désigne l'ensemble des particules décrites à haut niveau de la région QM, O pour
les particules de la région MM décrites à un plus bas niveau de théorie et (I/O) les
particules communes aux deux domaines. L'hamiltonien d'interaction HQM/M M entre
48 LA STRUCTURE ÉLECTRONIQUE DES ÉDIFICES MOLÉCULAIRES
les deux régions peut s'exprimer simplement dans le cas d'un découpage des domaines
QM et MM sans rupture de liaisons. Par exemple un système soluté/solvant peut
être décrit en traitant à haut niveau le soluté, à un plus bas niveau de théorie le solvant ;
l'hamiltonien d'interaction entre les deux régions décrit alors l'interaction électrosta-
tique entre des charges ponctuelles de la partie solvant et la structure électronique du
soluté, polarisant ainsi cette dernière. L'expression de l'interaction entre les deux do-
maines s'avère plus délicate si la frontière est intramoléculaire. Il est alors indispensable
de prendre en compte les interactions covalentes. Ceci a fait l'objet de nombreuses pro-
positions, telles que la méthode LSCF [82] (de l'anglais Local Self Consistent Field ).
Ici, un hamiltonien d'interaction entre les deux domaines n'est pas dénie ; ONIOM est
une méthode d'extrapolation. On réalise ainsi plusieurs calculs successifs : le système
modèle à un haut niveau de théorie (HQM (I)), puis deux calculs à un niveau de
théorie moindre, l'un pour le système modèle (HM M (I)) et l'autre pour le système réel
(HM M (S)). Les énergies et leurs dérivées sont ensuite combinées pour engendrer une
surface d'énergie potentielle associée au système entier. ONIOM est la généralisation
de la méthode IMOMM/IMOMO [85, 86], laquelle est limitée à une partition du
système en deux couches. ONIOM étend ce concept à n couches, les calculs avec deux
ou trois couches étant, en pratique, les plus répandus.
Avec l'ensemble des méthodes décrites précédemment, nous avons à disposition
les outils nécessaires pour déterminer l'énergie potentielle d'un système moléculaire.
An de réaliser le traitement dynamique du système, les gradients nucléaires sont
indispensables et peuvent être dérivés de l'énergie potentielle.
VII Les Dérivées Premières de l'Énergie 49
La dérivée partielle de l'énergie dénie par la relation (B.30) par rapport à la position
du noyau R
~ I conduit à :
X core
∂Ee ∂Hµν 1X ∂(µν||σλ) ∂VN −N
= Pµν + Pνµ Pλσ +
~I
∂R ∂ ~I
R 2 ∂ ~I
R ~I
∂R
µν µνλσ
X ∂Pνµ X ∂Pνµ (B.33)
core
+ Hµν + P (µν||σλ)
~ ~ λσ
µν ∂ RI µνλσ ∂ RI
(B.37)
X X ∂Cµi
=4 F C (B.38)
∂ ~ I µν νi
R
µν i
X X ∂Cµi
=4 εi S C (B.39)
~ µν νi
i µν ∂ RI
Pour évaluer les dérivées de ces coecients, la condition d'orthonormalité des orbitales
est employée :
X
Cµi Sµν Cνj = δij (B.40)
µν
Il faut remarquer ici que, lors du développement entre les relations (B.38) et (B.39),
les orbitales moléculaires sont supposées être solutions des équations de Roothan. Ceci
n'est vrai qu'à la condition d'avoir minimisé l'énergie par rapport à ces orbitales. Cette
condition n'est, a priori, pas remplie lors d'une dynamique Car-Parrinello. L'expression
de ces dérivées [89] est dans ce cas :
X core
∂Ee ∂Hµν 1X ∂(µν||σλ)
= Pνµ + Pνµ Pλσ
~I
∂R ∂R~I 2 µνλσ ∂R~I
µν
X ∂Mµσ (B.44)
∂VN −N
+ +4 u F c
∂R ~I ∂ ~ I σi µν νi
R
µνσi
X¡ ¢
uσi = M−1 σν
cνi (B.45)
ν
Les dérivées premières de l'énergie Hartree-Fock peuvent donc être calculées analyti-
quement, selon la relation (B.42) si l'énergie électronique est minimisée par rapport
aux orbitales moléculaires. Ce sera le cas lors d'une dynamique de type Born-
Oppenheimer , mais lors d'une dynamique Car-Parrinello , ces gradients seront
calculés selon la relation (B.44).
Dans ces dernières relations apparaissent les dérivées des intégrales électroniques,
il faut donc préciser la dérivée des fonctions de base. Rappelons l'expression générale
52 LA STRUCTURE ÉLECTRONIQUE DES ÉDIFICES MOLÉCULAIRES
où ~r = (x, y, z) désigne la position relative d'un électron par rapport au noyau sur
lequel est centrée cette fonction gaussienne, i.e. ~ I . La position de ce noyau
~r = ~ri − R
est notée R
~ I = (XI , YI , ZI ), l'expression de la dérivée de cette fonction, par exemple
∂Gijk (~r)
= 2α Gi+1,jk (~r) − i Gi−1,jk (~r) (B.49)
∂XI
Ces contributions sont souvent appelées termes de Pulay. Cette relation n'est vériée
que si la fonction d'onde Ψ est exacte. Ceci conduit alors à l'expression suivante pour
les gradients nucléaires :
¿ ¯ ¯ À
∂Ee ¯ ∂H ¯
= ¯
Ψ¯ ¯Ψ
¯ (B.53)
~I
∂R ~
∂ RI
En pratique, pour des calculs moléculaires, la fonction d'onde Ψ obtenue n'est jamais
la fonction d'onde exacte. Le théorème d'Hellmann-Feynmann est donc caduque et ne
VIII Conclusion 53
doit pas être utilisé. Il peut néanmoins être utilisé si la base est développée sur des
fonctions d'ondes planes. En eet dans ce cas, même si la fonction d'onde totale n'est
pas la solution exacte, la condition (B.52) est vériée puisque les fonctions de base ne
dépendent pas de la position des noyaux.
VIII Conclusion
Il existe diérentes méthodes, plus ou moins précises, pour décrire, de manière quan-
tique, la structure électronique des édices moléculaires. Néanmoins, le choix d'une
méthode pertinente pour décrire un problème particulier est à concilier avec son coût
calculatoire. Une approche de dynamique moléculaire devient très rapidement gour-
mande en temps de calcul. Par conséquent, l'utilisation des méthodes de la théorie de
la fonctionnelle de la densité en dynamique moléculaire est bien souvent le compromis
le plus judicieux, à condition que la structure électronique du problème étudié ne pré-
sente pas de caractère multicongurationnel trop marqué. De plus la taille des systèmes
moléculaires qui peuvent être décrits de manière quantique reste encore relativement
modeste. Les méthodes hybrides, de type QM/MM peuvent s'avérer pertinentes pour
l'étude de système de plus grande taille. Une méthode permettant de réduire, de ma-
nière signicative, le temps de calcul dans les approches de dynamique moléculaire ab
initio est l'approche de Car et Parrinello [7]. En eet cette méthode permet d'éviter la
procédure de minimisation de l'énergie par rapport aux orbitales moléculaires en propa-
geant, de manière classique, la fonction d'onde. Une telle approche permet donc un gain
de temps de calcul signicatif par rapport à la dynamique de type Born-Oppenheimer
dans laquelle l'étape limitante est cette minimisation de l'énergie potentielle. Dans
la méthode Car-Parrinello, l'étape limitante du point de vue du temps de calcul est
alors l'estimation des gradients de l'énergie potentielle par rapport aux positions nu-
cléaires. Dans la partie suivante, l'attention est portée sur la dynamique moléculaire
Car-Parrinello et plus particulièrement sur la variante développée durant cette thèse.
C Dynamique Moléculaire
Car-Parrinello
Le but de cette partie est de détailler la mise en ÷uvre pratique de l'approche Car-
Parrinello , en particulier la variante qui a été développée durant cette thèse. Ces
I Aspects Historiques
Le développement initial de l'approche Car-Parrinello a été proposé, en 1985, dans
le cadre de la théorie de la fonctionnelle de la densité, dans un schéma de description
de la fonction d'onde par des ondes planes [7]. Ce type de fonctions de base s'avère
notamment pertinent pour l'étude de systèmes en phase condensée. En eet, ces fonc-
tions ne sont pas rattachées à un centre particulier, comme les noyaux dans le cas de
56 DYNAMIQUE MOLÉCULAIRE CAR-PARRINELLO
fonctions gaussiennes ; ces fonctions sont ainsi délocalisées et elles ne favorisent pas
particulièrement une zone de l'espace par rapport à une autre. Leur utilisation s'avère
donc naturelle pour décrire des systèmes où, a priori, la densité électronique est
bien délocalisée dans l'espace, voire périodique, comme dans le cas d'un solide cristallin.
Toutefois, un grand nombre d'ondes planes est nécessaire pour décrire correctement les
fortes variations spatiales de densité électronique. Ceci est manifeste notamment pour
décrire la structure nodale des orbitales de valence dans la région de c÷ur, cepen-
dant l'utilisation de pseudo-potentiels permet de réduire signicativement le nombre
de fonctions d'ondes planes. D'un autre côté, de fortes inhomogénéités électroniques
peuvent apparaître dans la région de valence des atomes. C'est notamment le cas lors
d'une réaction chimique, où des liaisons se rompent et d'autres se forment, ou bien
lorsque ces liaisons possèdent un caractère ionique marqué. Un eort calculatoire sera
donc nécessaire pour correctement décrire, à l'aide d'ondes planes, ce type de système.
L'utilisation d'une base locale semble alors plus pertinente pour étudier des systèmes
moléculaires où de fortes inhomogénéités électroniques apparaissent. En eet, même si
les intégrales sont plus coûteuses en terme de temps de calcul, le nombre de fonctions
de base nécessaire pour décrire correctement la structure électronique est bien moindre.
base locale [31]. En eet, l'approche proposée sourait d'un épineux problème : l'éner-
gie totale du système n'était pas conservée au cours de la simulation, entraînant des
pertes de l'ordre de 10−2 u.a. en 1 ps de simulation [30]. Ce fait assez surprenant
peut notamment s'expliquer puisque les termes de Pulay (cf. VII p. 49), non
négligeables pour le calcul des gradients nucléaires, avaient été omis. Ceci est d'au-
tant plus surprenant puisque le schéma proposé par M. J. Field tenait compte de ces
termes : aucune composante de ces gradients n'était oubliée, en particulier les termes
associés au fait que les orbitales propagées ne minimisent pas l'énergie électronique.
De plus, d'autres termes intervenant dans les équations de mouvement associés aux
noyaux avaient été omis : les termes associés aux contraintes d'orthonormalisation (cf.
II.3 éq. A.38 p. 15). Depuis ces développements, l'approche de Car et Parrinello en
base locale était considérée comme vaine et sans avenir. Toutefois H. B. Schlegel et al.
représentés par un jeu d'orbitales {ψi (~r)}, exécutent une dynamique classique ctive,
leur permettant de suivre le mouvement nucléaire. Les équations du mouvement du
système dynamique complet sont dérivées du lagrangien postulé par Car et Parrinello,
dont l'expression est rappelée :
Z
1 X 1X ~˙ 2
LCP = µ d~r|ψ̇i (~r)|2 + MI R I
2 i 2 I
X µZ ¶ h i (C.1)
+ Λij ∗ ~I}
d~rψi (~r)ψj (~r) − δij − Ee {ψi }, {R
i,j
Les équations du mouvement associées à ce lagrangien sont obtenues à l'aide des rela-
tions d'Euler-Lagrange et conduisent aux relations suivantes :
MI R ~¨ I = − ∂Ee (C.3)
∂R~I
δEe X
µψ̈i (~r, t) = − ⋆ + Λij ψj (~r, t) (C.4)
δψi j
La quantité δEe
δψi⋆
peut être ré-écrite de manière équivalente :
δEe
⋆
= −fi HeKS ψi (C.5)
δψi
On retrouve dans cette expression l'énergie totale réelle, c'est-à-dire l'énergie cinétique
nucléaire et l'énergie potentielle, à laquelle s'ajoute le terme d'énergie cinétique ctive
associée aux orbitales moléculaires. La conservation de l'énergie totale réelle représente
une mesure de la qualité de la trajectoire, puisque l'énergie totale réelle est l'invariant
associé à une dynamique Born-Oppenheimer de référence. Ces deux quantités seront
ainsi fondamentales pour décrire l'ecacité et la pertinence de la méthode. L'intégra-
tion des équations du mouvement (C.3) et (C.4) au moyen d'un propagateur ne pose
pas de diculté particulière, seule la détermination des forces associées aux contraintes
d'orthonormalisation est particulière.
II.2.a Verlet
L'approche exposée par la suite pour résoudre l'intégration contrainte des équations
du mouvement des orbitales est inspirée de la proposition de J. P. Ryckaert [92]. Dans
cette procédure, l'algorithme de Verlet prédit l'évolution non contrainte des orbitales
selon :
(δt)2
|ψei (t + δt)i = 2|ψi (t)i − |ψi (t − δt)i + |Φi (t)i (C.7)
µ
où |Φi (t)i = −fi HeKS |ψi (t)i est la force non contrainte au temps (t) agissant sur
l'orbitale ψi . Ces orbitales partiellement prédites sont ensuite corrigées en ajoutant les
forces associées aux contraintes d'orthonormalité :
X
|ψi (t + δt)i = |ψei (t + δt)i + Xij |ψj (t)i (C.8)
j
60 DYNAMIQUE MOLÉCULAIRE CAR-PARRINELLO
(δt)2
où Xij = µ
Λij . Les multiplicateurs de Lagrange inconnus sont déterminés en appli-
quant la condition d'orthonormalité (C.2) aux orbitales au temps (t + δt) : la substi-
tution de la relation (C.8) dans l'équation (C.2) conduit à une relation que la matrice
X doit satisfaire :
XX† + XB + B† X† = I − A (C.9)
où Aij = hψei (t+δt)|ψej (t+δt)i et Bij = hψi (t)|ψej (t+δt)i. En notant que A = I+O(δt2 )
et B = I + O(δt), l'équation (C.9) peut être résolue de manière itérative selon :
1
X(n+1) = [I − A + X(n) (I − B) + (I − B† )X(n) − X2(n) ] (C.10)
2
en partant d'un jeu initial X(0) = 12 (I − A). L'équation (C.9) peut ainsi être résolue
avec une tolérance de 10−6 en 4 à 6 itérations [91]. La matrice X obtenue est alors
utilisée pour obtenir les orbitales au temps (t + δt) selon la relation (C.8).
Une autre méthode, équivalente pour résoudre des éventuelles contraintes est l'al-
gorithme RATTLE [93], basé sur le propagateur de Verlet aux vitesses. Dans cette
approche, la contrainte (C.2) et sa dérivée première par rapport au temps sont satis-
faites :
hψ̇i (t)|ψj (t)i + hψi (t)|ψ̇j (t)i = 0 (C.11)
Il faut noter que cette condition supplémentaire par rapport au cas précédent est en
principe nécessaire pour démontrer une stricte conservation de l'énergie totale à partir
des équations du mouvement. En pratique toutefois, en utilisant l'algorithme de Verlet
original, la relation (C.2) est satisfaite à la précision numérique près. Dans l'algorithme
Verlet aux vitesses, les orbitales |ψi (t)i et leurs vitesses associées |ψ̇i (t)i sont d'abord
corrigées simultanément par les forces |Φi (t)i :
(δt)2
|ψei (t + δt)i = |ψi (t)i + δt|ψ̇i (t)i + |Φi (t)i (C.12)
2µ
δt
|ψėi (t + δt)i = |ψ̇i (t)i + |Φi (t)i (C.13)
2µ
II Quelques Aspects Techniques 61
Les orbitales |ψi (t + δt)i sont ensuite obtenues en suivant la même procédure que dans
le cas de l'algorithme de Verlet original, dénie par les relations (C.8), (C.9) et (C.10),
excepté le fait que la matrice X est ici dénie par Xij = (δt)2
2µ
Λij . Une fois que les
multiplicateurs de Lagrange Λij sont connus, les vitesses des orbitales sont prédites
selon :
où les forces |Φi (t + δt)i représente la force au temps (t + δt) calculée à partir des or-
bitales |ψi (t + δt)i. La correction nale apportée aux vitesses provient des contraintes
d'orthonormalisation à (t + δt) en utilisant un jeu diérent de multiplicateurs de La-
grange Λ′ij , assurant que la relation (C.11) est satisfaite au temps (t + δt). Les vitesses
des orbitales sont ainsi ré-écrites selon :
′ X
|ψ̇i (t + δt)i = |ψ̇i (t + δt)i + Yij |ψj (t + δt)i (C.15)
j
où Yij = δt ′
Λ
2µ ij
. En substituant l'expression (C.15) dans la relation (C.11) exprimée au
temps (t + δt), les nouveaux multiplicateurs de Lagrange sont dénis par :
1¡ ¢
Y=− C + C† (C.16)
2
′
où Cij = hψi (t + δt)|ψ̇j (t + δt)i.
Finalement, en utilisant l'expression des multiplicateurs de Lagrange (C.16) dans l'ex-
pression (C.15), on obtient les vitesses des orbitales corrigées |ψ̇i (t + δt)i. Le fait que
la matrice Y peut être obtenue sans l'aide d'un schéma itératif montre que les vi-
tesses des orbitales vérient exactement la contrainte d'orthonormalisation éq. (C.11).
Bien que l'algorithme de Verlet aux vitesses semble plus contraignant et plus coûteux,
son utilisation est préférée par rapport aux autres algorithmes puisque l'incorporation
d'autres outils, tels que les thermostats ou les contraintes, est plus aisée. Le détail de
l'implémentation de thermostats ou de contraintes géométriques sera précisé plus tard
dans ce manuscrit.
62 DYNAMIQUE MOLÉCULAIRE CAR-PARRINELLO
µij = 0 si i 6= j (C.20)
1/2
où Me désigne ainsi la masse ctive associée aux orbitales de valence et Fii représente
un élément de la matrice de Fock. Ce schéma permet d'aecter des masses plus impor-
III Propagation Classique de la Matrice Densité 63
tantes aux orbitales de c÷ur, ce qui se justie assez naturellement puisque ces orbitales
possèdent un fort caractère atomique. Ces orbitales sont donc, a priori, plus inertes,
au cours d'une dynamique, que les orbitales de valence.
Parrinello
1
Inter utrumque tene, medio tutissimus ibis
simple et ecace, car seules les forces sont nécessaires, pas les dérivées d'ordre
supérieur de l'énergie
relativement précis, d'ordre trois
explicitement réversible par rapport au temps
symplectique, c'est-à-dire qu'il conserve le volume de l'espace des phases.
Toutes ces qualités contribuent à la stabilité sur des temps de simulation longs, notam-
ment en terme de conservation de l'énergie, de l'algorithme de Verlet. Cette implémen-
tation ainsi que les premiers tests concluants quant à l'ecacité de ce schéma ont fait
l'objet d'une publication, insérée par la suite.
1 Reste entre les deux, au milieu tu chemineras en sûreté. Vers d'Ovide (Métamorphoses, II, 137).
C'est le conseil par lequel le Soleil, conant à regret son char à Phaéton, son ls, termine la recom-
mandation qu'il vient de lui faire de n'approcher trop ni du ciel ni de la terre.
IV Une Variante : entre Born-Oppenheimer et Car-Parrinello 65
L'une des premières questions que l'on pourrait formuler vis à vis de la méthode
développée durant cette thèse est à propos de l'utilité de ces quelques cycles SCF eec-
tués après la propagation classique des orbitales moléculaires. En eet, dans l'approche
de type Born-Oppenheimer, à chaque pas de la propagation, le vecteur d'essai naturel-
lement choisi pour la fonction d'onde est la fonction d'onde optimisée au pas de temps
précédent. On peut alors se demander comment se comporterait une approche de type
Born-Oppenheimer hybride , où le nombre de cycles SCF serait restreint à deux ou
trois.
0,04
0,03
0,02
∆Et (u.a.)
0,01
0 100 200
Temps (fs)
Fig. C.1 Déviation de l'énergie totale réelle par rapport à l'énergie totale initiale pour
trois trajectoires de conditions initiales identiques. L'approche Born-Oppenheimer est
en trait plein, celle développée durant cette thèse est en tirets et celle de type Born-
Oppenheimer restreint à quelques cycles SCF est en pointillés.
La gure C.1 présente la déviation de l'énergie totale réelle par rapport à l'éner-
gie totale initiale pour trois trajectoires, de conditions initiales identiques, associées
à trois approches diérentes : Born-Oppenheimer, Born-Oppenheimer restreint à
trois cycles SCF et enn la méthode développée durant cette thèse. Le système choisi
est l'un des exemples de l'article précédent : l'acide monothiooxalique. La structure
74 DYNAMIQUE MOLÉCULAIRE CAR-PARRINELLO
des pseudo-potentiels de Stuttgart [97] associés à leur base optimisée, augmentée d'une
fonction de polarisation d, ont été utilisés pour les atomes de carbone. L'utilisation de
pseudo-potentiels permet ici d'éviter le traitement explicite des orbitales 1s de c÷ur
des carbones et de ne propager classiquement que les orbitales de valence. Chaque
trajectoire a été conduite à l'aide d'un pas de temps de 0.2 f s sur un temps total
de simulation de 5 ps, avec une énergie cinétique initiale de 24 × 10−3 u.a., soit une
température équivalente de 200 K . Le comportement du schéma de propagation
est satisfaisant puisque l'énergie totale est ici conservée avec une précision honorable :
l'énergie totale moyenne dévie de 3.1 × 10−5 u.a. au bout de 5 ps de simulation et la
déviation maximale rapportée à l'énergie totale initiale est de 5.4 × 10−5 u.a.. Ces ré-
sultats sont donc honorables au regard du temps relativement long des trajectoires. Le
gain de temps observé pour ce système moléculaire est d'un facteur trois par rapport à
une dynamique moléculaire de type Born-Oppenheimer. Bien que ce facteur de temps
ne soit pas très important, il est néanmoins relativement satisfaisant au regard du coût
énorme des approches de dynamique moléculaire ab initio, compte tenu des capacités
de calcul des ordinateurs actuels.
Il est important de noter que nous avons fait le choix de minimiser l'énergie électro-
nique par rapport à la fonction d'onde, si la propagation classique des orbitales n'est
pas ecace à un instant donné. Cette procédure permet en quelque sorte de réinitia-
liser la propagation classique de la fonction d'onde au cours d'une trajectoire. Il est
néanmoins dicile de prédire de façon générale la fréquence de ces re-convergences. En
eet, pour les systèmes les plus récalcitrants que nous avons traités au cours de
cette thèse, il se produit deux à cinq procédures de re-convergence sur quelques fem-
tosecondes de simulation, ce qui est largement négligeable du point de vue du temps
76 DYNAMIQUE MOLÉCULAIRE CAR-PARRINELLO
de calcul. Tous les résultats présentés auparavant sont issus de trajectoires où aucune
procédure de re-convergence n'a été eectuée.
Notons enn que ce schéma de dynamique moléculaire ne présente pas de sensibilité
particulière vis à vis de la masse ctive associée aux orbitales moléculaires, au contraire
de l'approche Car-Parrinello stricto sensu en ondes planes. On peut néanmoins dégager
une gamme pour ce choix, entre 100 et 800 amu.bohr2 , dans laquelle la propagation
classique des orbitales moléculaires est ecace. En dehors de cette gamme, l'algorithme
montre une trop grande fréquence de minimisation de l'énergie potentielle.
V Conclusion
La méthode de dynamique moléculaire développée au cours de cette thèse semble
donc ecace et adaptée à l'étude de systèmes moléculaires. En particulier le comporte-
ment de ce schéma s'avère globalement satisfaisant au regard de la conservation, sur des
temps longs, de l'énergie totale réelle. Même si le gain en temps de calcul par rapport
à une approche de type Born-Oppenheimer n'est pas de plusieurs ordres de grandeur,
il reste néanmoins tout à fait acceptable, compte tenu des coûts rapidement prohibitifs
de ces approches. L'ensemble des outils présentés précédemment permet donc de si-
muler des trajectoires de dynamique moléculaire dans l'ensemble microcanonique. Or,
les expériences auxquelles les résultats théoriques sont confrontés, sont le plus sou-
vent réalisées dans des conditions diérentes. En particulier les eets de température
ne peuvent pas être directement pris en compte dans l'ensemble microcanonique. La
partie suivante explique comment ces eets peuvent être inclus lors de simulations de
dynamique moléculaire. Plus particulièrement, les thermostats qui ont été utilisés et
implémentés avec les précédents outils sont présentés.
D Au Delà du Microcanonique
Le but de cette partie est de préciser comment, en dynamique moléculaire, les eets de
température peuvent être pris en compte de manière explicite. Après un bref rappel
à propos des principes de la mécanique statistique non hamiltonienne, un des outils
permettant de simuler l'ensemble canonique est précisé. Enn, des exemples illus-
trant la mise en application de ces outils avec l'approche de dynamique moléculaire
développée durant cette thèse sont présentés.
nienne
ẋ = ζ(x, t) (D.1)
où ζ(x, t) représente la force généralisée, i.e. cette force n'est plus a priori conservative
et peut avoir une dépendance explicite en temps. La solution de cette équation dépend
des conditions initiales x0 = (x10 , ..., xn0 ). Cette solution conduit à un jeu de n vecteurs
qui sont chacun fonctions du temps et des conditions initiales :
¡ ¢
xit = xit t; x10 , ..., xn0 (D.2)
où ∇ représente le gradient sur l'espace des phases. Cette compressibilité, qui s'annule
pour les systèmes hamiltoniens (cf. partie A, III.2 p. 21), est dans ce cas non nulle
et la métrique de l'espace des phases dx n'est plus invariante. Pour préciser cela, on
peut considérer le jacobien de la transformation de coordonnées de la relation (D.2),
i.e. d'un vecteur initial de l'espace des phases x0 au vecteur xt représentant l'état au
temps (t) :
∂ (x1t , ..., xnt )
J(xt ; x0 ) = (D.4)
∂ (xt0 , ..., xn0 )
On peut montrer [102] que ce jacobien satisfait une relation de la forme suivante :
d
J(xt ; x0 ) = J(xt ; x0 )∇ẋ = J(xt ; x0 )κ(x, t) (D.5)
dt
avec pour condition initiale J(0) ≡ J(x0 , x0 ) = 1. Cette relation implique notamment
que le jacobien est égal à 1 à n'importe quel instant (t) si la compressibilité est nulle,
I Principe de la Mécanique Statistique non Hamiltonienne 79
comme dans le cas de systèmes hamiltoniens. Ce jacobien peut être utilisé pour ex-
primer un élément de volume élémentaire (i.e. la métrique) de l'espace des phases au
temps (t) en fonction de l'élément de volume élémentaire au temps initial :
On voit ainsi que cette métrique n'est plus invariante pour les systèmes non hamilto-
niens ; en eet, si J 6= 1 alors dxt 6= dx0 . La théorie statistique complète développée
pour les systèmes non hamiltoniens [102] montre qu'il existe une métrique invariante,
dénie selon :
p
dµ = g(x, t)dx (D.7)
p
où le facteur de mesure g(x, t) est donné par la relation (D.8) :
p
g(x, t) = e−w(x,t) (D.8)
dw
=κ (D.9)
dt
dKλ
=0 (D.11)
dt
Ainsi, une trajectoire générée par les équations du mouvement (D.1) n'explore pas
la totalité de l'espace des phases mais le sous-espace déterminé par l'intersection des
hypersurfaces dénies par {Kλ (x) = K
e λ } où {K
e λ } est un jeu de constantes. Pour ce
80 AU DELÀ DU MICROCANONIQUE
système dynamique, la densité d'états microcanonique peut alors être dénie à partir
d'un produit de distributions :
nc
Y
ρ(x) = eλ)
δ(Kλ (x) − K (D.12)
λ=1
Il faut noter qu'il est important de déterminer toutes les lois de conservation satisfaites
par les équations du mouvement d'un système non hamiltonien. En eet, une densité
d'états peut être construite à partir d'un produit de distributions d'un sous-ensemble
d'invariants : ′
nc
Y
ρ(x)red = eλ)
δ(Kλ (x) − K (D.13)
λ=1
où n′c < nc . Une telle densité d'états réduite ρ(x)red satisfait l'équation de Liouville
généralisée (D.10), elle ne décrit cependant pas correctement la distribution de l'espace
des phases d'un système à nc lois de conservation.
À partir de la densité d'états dénie par la relation (D.12), la fonction de partition
microcanonique de ce système non hamiltonien peut être dénie selon :
Z p nc
Y
Ω(N, V, K e nc ) =
e 1 , ..., K dx g(x) eλ)
δ(Kλ (x) − K (D.14)
λ=1
Cette fonction de partition pour un système non hamiltonien doit permettre de retrou-
ver la distribution canonique si l'on souhaite se placer dans cet ensemble. Le paragraphe
suivant précise les outils utilisés lors de cette thèse pour générer l'ensemble canonique :
les chaînes de thermostats de Nosé-Hoover.
II Chaînes de Thermostats de Nosé-Hoover 81
Par la suite, nous précisons comment les principes de base de la mécanique statis-
tique non hamiltonienne présentés précédemment peuvent être utilisés pour construire
des équations du mouvement pour la dynamique moléculaire générant l'ensemble ca-
nonique. La méthode des thermostats de Nosé-Hoover est un schéma de dynamique
moléculaire non hamiltonienne permettant de générer un tel ensemble. Cette méthode
est basée sur l'approche initiale de Nosé [99, 100], reformulée par Hoover [101]. Néan-
moins, dans le cas de systèmes possédant un faible nombre de degrés de liberté, l'ajout
d'une variable de thermostat unique ne sut pas à créer assez de chaos pour que
la dynamique du système étendu échantillonne correctement l'espace des phases. Ce
problème pathologique frappe en particulier l'oscillateur harmonique [103]. Parmi les
solutions proposées pour résoudre ce problème et pour rendre la dynamique moléculaire
davantage ergodique, la méthode des chaînes de thermostats de Nosé-Hoover [103]
se distingue par son élégance et sa simplicité.
II.1 Dénition
La méthode des chaînes de Nosé-Hoover étend l'espace des phases habituel à un jeu
de M variables de thermostat ξ1 , ..., ξM et à leurs impulsions associées. Ces variables
de thermostat jouent le rôle d'un réservoir de chaleur couplé au système. Les équations
du mouvement prennent la forme suivante :
~
~˙ I = PI
R (D.15)
MI
˙
P~I = F~I − ξ˙1 P~I (D.16)
à !
1 X P~ 2
ξ¨1 = I
− gkB T − ξ˙1 ξ˙2 (D.17)
Q1 I
M I
82 AU DELÀ DU MICROCANONIQUE
1 ³ ´
ξ¨ν = Qν−1 ξ˙ν−1
2
− kB T − ξ˙ν ξ˙ν+1 ν = 2, ..., M − 1 (D.18)
Qν
1 ³ ´
¨
ξM = ˙2
QM −1 ξM −1 − kB T (D.19)
QM
La première variable de la chaîne de thermostats ξ˙1 est directement couplée au sys-
tème. Elle joue le rôle d'un coecient de friction qui module l'impulsion des particules
selon que la température instantanée est inférieure ou supérieure à la température
imposée T . En eet si la température instantanée est supérieure à la température im-
posée, alors, d'après la relation (D.17), l'accélération de ce premier thermostat est
positive et sa vitesse augmentera, ce qui aura pour eet, d'après la relation (D.16),
de diminuer la vitesse des particules et donc de rapprocher la température instantanée
de la température imposée. De plus, d'après la relation (D.17), ce premier thermostat
est couplé au second, le second est lui même couplé au troisième et ainsi de suite, selon
la relation (D.18). Enn, d'après l'équation (D.19) le dernier thermostat n'est couplé
qu'avec la variable précédente. Cette chaîne de thermostats couplés permet de prévenir
les uctuations incontrôlées du premier thermostat et de rendre plus ergodique la
dynamique moléculaire. Ces variables de thermostat sont aublées de masses Qν , dont
le choix est crucial pour l'échantillonnage de l'ensemble canonique. Si de très grandes
masses sont choisies, les thermostats seront trop inertes et la distribution générée sera
proche d'une distribution microcanonique. Au contraire, si de trop petites masses sont
choisies, les uctuations des impulsions du système sont prohibées. Le choix judicieux
de ces masses permettant de générer une distribution canonique est le suivant :
Q1 = gkB T τ 2 (D.20)
Qν = kB T τ 2 ν = 2, . . . , M (D.21)
Cette énergie totale n'a donc pas de sens physique direct, elle doit néanmoins être
conservée lors des simulations pour justier la validité de la trajectoire générée. La
compressibilité de l'espace des phases étendu, dénie par la relation (D.3), peut ici
s'exprimer :
N h
" #
X i X M
∂ ˙
ξ ∂ ¨
ξ
κ= ~˙ I + ∇ ~ P~˙ I +
∇R~ I R
ν
+
ν
PI ˙
I=1 µ=1
∂ξ ν ∂ ξν
M
(D.23)
X
= −3N ξ˙1 − ξ˙ν
ν=2
On peut ainsi dénir la métrique invariante de l'espace des phases étendu à ce jeu de
variables non physiques :
à M
!
X Y Y
dµ = exp 3N ξ1 + ξν dP~I dR
~I dξν dpξν (D.25)
ν=2 I ν
De plus, si la dynamique du système n'est pas gouvernée par des forces externes, i.e.
P
lorsque I F~I = ~0, il existe trois (pour un système moléculaire à trois dimensions)
84 AU DELÀ DU MICROCANONIQUE
An de démontrer que cette distribution est équivalente à une distribution canonique,
l'intégrale sur les variables non physiques associées aux thermostats doit être réalisée.
Après un développement quelque peu fastidieux mais pas dicile, on peut simplier
cette expression :
Z Y ³ ³ ´´
~ ∝
Ω(N, V, E , K) ~ I dP~I exp −βH R,
dR ~ P~ (D.28)
I
Les variables non physiques associées aux thermostats ont une échelle de temps
caractéristique en général petite par rapport à celle du système moléculaire. Par consé-
quent, un petit pas de temps d'intégration doit être utilisé pour correctement décrire la
II Chaînes de Thermostats de Nosé-Hoover 85
dynamique de ces variables non physiques et donc de bien décrire les échanges d'énergie
entre la chaîne de thermostats et le système moléculaire. Une procédure inecace serait
de simplement réduire le pas de temps d'intégration. En eet, les forces agissant sur le
système moléculaire seraient calculées trop souvent alors qu'elles ne seraient pas
modiées de manière signicative. Une approche plus ecace est de considérer le sys-
tème global comme la réunion de deux sous-systèmes aux échelles de temps diérentes
et d'intégrer les équations du mouvement de chaque sous-système avec le pas de temps
adapté à chacun. Une telle procédure permet alors de ne pas calculer les forces agissant
sur le système moléculaire à chaque pas d'intégration de la chaîne de thermostats. Les
approches pour l'intégration des équations du mouvement des systèmes aux échelles
de temps multiples peuvent être développées à partir de la factorisation de Trotter de
l'opérateur de Liouville. Cette méthode est brièvement décrite en annexe (cf. annexe
I p. 201). L'intégration des équations du mouvement d'un système moléculaire couplé
à une chaîne de thermostats de Nosé-Hoover peut être eectuée en utilisant le même
principe. L'opérateur de propagation de Liouville peut tout d'abord être décomposé en
somme de trois opérateurs selon :
Les opérateurs iL1 et iL2 sont dénis de la même manière que précédemment (cf.
partie A III.5 p. 26) dont l'expression est rappelée :
XN
iL1 = ~˙ I ∂
R (D.30)
~I
∂R
I=1
N
X ∂
iL2 = F~I (D.31)
I=1 ∂ P~I
Les opérateurs iL1 et iL2 sont donc les opérateurs de translation associés respecti-
vement aux positions et aux impulsions nucléaires. L'opérateur iLN HC est quant à lui
associé à la chaîne de thermostats de Nosé-Hoover. Son expression est la suivante :
X XM M
X −1 ³ ´ ∂
iLN HC = − ˙ξ1 P~I ∂ + ˙ξν ∂ + ξ¨ν − ξ˙ν ξ˙ν+1 + ξ¨M
∂
(D.32)
I ∂ P~I ν=1 ∂ξν ν=1 ∂ ξ˙ν ∂ ξ˙M
86 AU DELÀ DU MICROCANONIQUE
µ ¶ µ ¶
δt δt
G(δt) = exp iLN HC × exp iL1
2 2
× exp (iL2 δt) (D.33)
µ ¶ µ ¶
δt δt ¡ ¢
× exp iL1 × exp iLN HC + O (δt)3
2 2
L'opérateur associé aux variables des thermostats est alors développé de telle façon
qu'un pas d'intégration plus petit soit utilisé pour intégrer les équations du mouvement
de la chaîne de thermostats. Cet opérateur prend la forme suivante :
µ ¶ n
Y µ ¶
δt δt
exp iLN HC = exp iLN HC (D.34)
2 j=1
2n
Cette approche revient donc à propager une fois avec un pas de temps (δt) le système
moléculaire et 2n fois avec un pas de temps (δt)/2n les variables de la chaîne de
thermostats. De plus, d'après les relations (D.17), (D.18) et (D.19), les forces agissant
sur les variables des thermostats sont simples à évaluer, cette approche ne pénalise
donc pas l'eort calculatoire.
Grâce à la relation (D.32), on voit nettement que les variables de thermostat sont
couplées entre elles. L'opérateur d'évolution iLN HC ne peut donc pas être utilisé en
l'état, néanmoins on peut utiliser encore une fois le théorème de Trotter pour simplier
son expression. Ainsi, l'opérateur iLN HC déni par la relation (D.32) peut être exprimé
II Chaînes de Thermostats de Nosé-Hoover 87
sous la forme :
µ ¶ µ ¶ µ ¶
δt δt ¨ ∂ δt ˙ ˙ ∂
exp iLN HC = exp ξM × exp − ξM ξM −1
2n 4n ∂ ξ˙M 8n ∂ ξ˙M −1
µ ¶ µ ¶
δt ¨ ∂ δt ˙ ˙ ∂
× exp ξM −1 × exp − ξM ξM −1
4n ∂ ξ˙M −1 8n ∂ ξ˙M −1
× ...
à ! à M
!
δt X ˙ ∂ δt X ˙ ∂
× exp − ξ 1 PI × exp ξν (D.35)
2n I ∂PI 2n ν=1 ∂ξν
× ...
µ ¶ µ ¶
δt ˙ ˙ ∂ δt ¨ ∂
× exp − ξM ξM −1 × exp ξM −1
8n ∂ ξ˙M −1 4n ∂ ξ˙M −1
µ ¶ µ ¶
δt ˙ ˙ ∂ δt ¨ ∂
× exp − ξM ξM −1 × exp ξM
8n ∂ ξ˙M −1 4n ∂ ξ˙M
L'approche décrite ici semble bien indigeste et compliquée. Elle est cependant simple à
implémenter et ne demande pas d'eort calculatoire supplémentaire : le facteur limitant
est toujours l'évaluation des forces agissant sur le système moléculaire. Elle permet de
plus une bonne précision quant à la dynamique intrinsèque des thermostats et donc de
bien décrire les échanges d'énergie entre le système moléculaire et la chaîne.
La précision quant à l'intégration des équations du mouvement des variables de
la chaîne de thermostats peut encore être améliorée grâce au schéma d'intégration de
Yoshida-Suzuki [104, 105]. Cette approche, brièvement décrite en annexe (cf. annexe II
p. 205), permet de réduire l'erreur associée au développement de l'opérateur d'évolution
sans eectuer de développement à des ordres supérieurs. L'expression (D.34) associée
à l'opérateur d'évolution de la chaîne de thermostats adopte la forme :
µ ¶ n
"m µ ¶#
δt Y Y ω δt
exp iLN HC = exp iLN HC k (D.36)
2 j=1 k=1
2n
dans l'ensemble canonique. Ces simulations sont utiles pour l'estimation de certaines
propriétés. En eet, ces mêmes propriétés sont le plus souvent mesurées expérimen-
talement à une température donnée. Ces propriétés peuvent être en particulier des
observables spectroscopiques. Par la suite nous présentons des exemples d'utilisation
du schéma de dynamique moléculaire développé au cours de cette thèse, combiné avec
les chaînes de thermostats de Nosé-Hoover, pour l'estimation de caractéristiques spec-
troscopiques.
En pratique il est toutefois avantageux numériquement [109] d'utiliser l'une des pro-
priétés des transformées de Fourier, permettant de reformuler la relation (D.38) :
Z +∞
a(ω) ∝ hµ̇(t) · µ̇(0)i exp(−iωt)dt (D.39)
−∞
de dynamique moléculaire développé, sont comparés avec ceux obtenus par des simu-
lations de dynamique moléculaire de type Car-Parrinello en ondes planes. Cet article
met plus particulièrement en évidence la diculté de traiter correctement la structure
électronique de ce type de composés par des bases d'ondes planes. En eet, pour une
précision comparable, le schéma de dynamique moléculaire en base locale s'avère dans
ce cas plus performant que les approches en base délocalisée.
III Calculs de Propriétés 91
92 AU DELÀ DU MICROCANONIQUE
III Calculs de Propriétés 93
94 AU DELÀ DU MICROCANONIQUE
III Calculs de Propriétés 95
96 AU DELÀ DU MICROCANONIQUE
Une manière pour prendre en compte les eets de température pour l'estimation
de tenseurs d'écran électronique est de moyenner plusieurs calculs réalisés sur un jeu
de structures géométriques diérentes. Cet article traite de l'estimation des déplace-
ments chimiques de la molécule de pentauorophosphore, dans laquelle un échange
de phosphore, par un mécanisme de pseudo-rotation de Berry [113, 114], peut se pro-
duire. L'ensemble des structures obtenues pour l'estimation des constantes d'écran
électronique ainsi que pour les constantes de couplages est issu de trajectoires de dy-
namique moléculaire réalisées à température nie. En particulier l'ensemble des tra-
jectoires conduites à une température de 1000 K permet de retrouver, d'un point de
vue théorique, l'équivalence des cinq atomes de uor expérimentalement observée en
spectroscopie RMN.
III Calculs de Propriétés 97
98 AU DELÀ DU MICROCANONIQUE
III Calculs de Propriétés 99
100 AU DELÀ DU MICROCANONIQUE
III Calculs de Propriétés 101
102 AU DELÀ DU MICROCANONIQUE
III Calculs de Propriétés 103
104 AU DELÀ DU MICROCANONIQUE
III Calculs de Propriétés 105
106 AU DELÀ DU MICROCANONIQUE
III Calculs de Propriétés 107
108 AU DELÀ DU MICROCANONIQUE
III Calculs de Propriétés 109
110 AU DELÀ DU MICROCANONIQUE
III Calculs de Propriétés 111
112 AU DELÀ DU MICROCANONIQUE
III Calculs de Propriétés 113
114 AU DELÀ DU MICROCANONIQUE
III Calculs de Propriétés 115
116 AU DELÀ DU MICROCANONIQUE
III Calculs de Propriétés 117
118 AU DELÀ DU MICROCANONIQUE
III Calculs de Propriétés 119
120 AU DELÀ DU MICROCANONIQUE
IV Conclusion
En dynamique moléculaire ab initio, les eets de température peuvent être pris en
compte au moyen de chaînes de thermostats de Nosé-Hoover. Ces outils permettent de
générer une distribution cohérente avec l'ensemble canonique. Sous réserve d'une ther-
malisation ecace et de temps simulés assez longs, on peut identier la moyenne tem-
porelle d'une observable à sa moyenne dans l'ensemble canonique. Ces simulations dans
l'ensemble canonique permettent aussi, entre autres, de bien reproduire certaines ca-
ractéristiques spectroscopiques, telles que les données infrarouge, RMN ou UV-visible.
Néanmoins, certaines grandeurs ne peuvent pas simplement être évaluées par des si-
mulations de ce genre. C'est notamment le cas de l'entropie et des diérences d'énergie
libre pour une réaction chimique. En eet, pour estimer ces grandeurs, il faudrait
a priori simuler un grand nombre d'événements réactionnels. Ceci implique que les
temps simulés soient extrêmement grands, largement supérieurs à quelques dizaines,
voire quelques centaines de picosecondes. Un événement réactionnel, du fait de la hau-
teur relativement importante des barrières d'énergie à franchir, est alors un événement
rare pour la dynamique moléculaire ab initio et il est aujourd'hui impossible de géné-
rer un ensemble statistique permettant d'accéder à ces grandeurs par des dynamiques
naturelles . Pour réaliser, dans des temps de simulation accessibles, un grand nombre
de ces événements réactionnels, la dynamique naturelle du système doit être modiée.
Dans le but d'estimer ces grandeurs thermodynamiques, plusieurs méthodes ont été
développées. La partie suivante traite de l'estimation des diérences d'énergie libre et
précise en particulier les approches que nous avons implémentées et utilisées au cours
de cette thèse pour l'évaluation des grandeurs thermodynamiques de réaction.
E Le Calcul des Énergies Libres
Le but de cette partie est de préciser comment, en dynamique moléculaire, le calcul des
suite, des exemples illustrant la mise en application de ces outils avec l'approche de
dynamique moléculaire développée durant cette thèse sont précisés. Enn, l'estimation
∆rF(T) TS
∆rF#
réactifs ∆rF°
produits
C.R.
entre eux et de former une certaine quantité de produit en un temps donné. Cette
donnée cinétique peut être reliée à la diérence d'énergie libre ∆r F ‡ entre l'état de
transition et les réactifs. La seconde, ∆r F o , dénie comme la diérence d'énergie libre
entre les produits et les réactifs, caractérise quant à elle la stabilité thermodynamique
relative des produits par rapport aux réactifs ; elle permet de prédire les proportions
relatives des réactifs et des produits au bout d'un temps de réaction idéalement inni.
A priori , la diérence d'énergie libre entre deux états ξ0 et ξ1 peut être acces-
sible par des simulations de dynamique moléculaire, à condition de simuler un grand
nombre d'événements réactionnels conduisant au passage de ξ0 à ξ1 . Cependant, les
temps de simulation accessibles ne nous permettent pas de simuler un grand nombre
de ces événements rares au regard de la dynamique moléculaire. En eet, la proba-
bilité de trouver le système dans une région au voisinage de l'état de transition est
135
trop faible. C'est pourquoi plusieurs techniques ont été développées pour estimer ces
diérences d'énergie libre. Parmi celles-ci, on peut citer les méthodes d'intégration
et de perturbation thermodynamiques [35, 12]. On peut aussi citer la méthode um-
brella sampling [116, 117] introduisant un potentiel de biais ou bien encore l'ensemble
blue-moon [118, 119] nécessitant l'introduction de contraintes géométriques. Dans
l'approche umbrella sampling , le potentiel de biais introduit est connu et modie
le potentiel régissant la dynamique du système moléculaire. Le choix d'un potentiel
adapté permet d'abaisser articiellement les barrières au cours de la dynamique.
Les diérences d'énergie libre sont alors estimées à partir de la densité d'états is-
sue des trajectoires naturelles sur ce potentiel biaisé, après repondération. On peut
aussi citer les méthodes, apparues plus récemment, de dynamique moléculaire adia-
I Intégration Thermodynamique
L'énergie libre est une fonction d'état ; par conséquent la diérence d'énergie libre entre
deux états ξ1 et ξ2 ne dépend pas du chemin suivi pour passer de l'un à l'autre, et on
peut écrire cette diérence selon :
Z ξ2
∂F (ξ)
F (ξ2 ) − F (ξ1 ) = dξ (E.4)
ξ1 ∂ξ
On peut alors considérer l'énergie libre comme le potentiel d'une force. Cette force peut
s'exprimer :
∂F (ξ) kB T ∂Ω(ξ)
=− (E.5)
∂ξ Ω(ξ) ∂ξ
À l'aide de la relation (E.3), on peut montrer que l'énergie libre est le potentiel d'une
force moyenne telle que :
Z ξ2 ¿ À
∂H (ξ)
F (ξ2 ) − F (ξ1 ) = dξ ′ (E.6)
ξ1 ∂ξ ξ′
Dans la relation précédente, h. . .iξ′ représente une moyenne statistique, sur un ensemble
à l'équilibre, restreinte à la valeur du paramètre ξ ′ , i.e. à l'hypersurface de l'espace des
n o
phases dénie par ξ({R
~ I }) = ξ ′ . L'expression d'une telle moyenne d'une observable
II Ensemble Blue-Moon 137
³ ´
~
O {R I } , s'exprime par dénition selon :
D ³ ´ ³ ´E
D ³ ´E O {R~ I } δ ξ({R
~ I }) − ξ ′
~I}
O {R = D ³ ´E (E.7)
ξ′ ~
δ ξ({RI }) − ξ ′
blue-moon permet d'accéder à cette moyenne statistique via des moyennes tempo-
II Ensemble Blue-Moon
1
La terre est bleue comme une orange
³ ´
ξ R~ 1 , ..., R
~ N = ξ′ (E.8)
Contraindre ce paramètre à une valeur donnée au cours d'une dynamique impose aussi
³ ´ X ∂ξ X ∂ξ P~I
ξ˙ R ~N =
~ 1 , ..., R ~˙ I =
·R · =0 (E.9)
∂ ~I
R ∂ ~ I MI
R
I I
suivante :
Z Y ³ ³ ´´ ³ ´ ³ ´
e ′) ∝
Ω(ξ ~ I dP~I exp −βH R,
dR ~ P~ , ξ δ ξ({R ˙ R
~ I }) − ξ ′ δ ξ({ ~ I }) (E.10)
I
~ I }) k = 1, ..., 3N
qk = qk ({R
(E.11)
q1 = ξ
de coordonnées :
1X 2 ³ ´
L = MI R ~˙ I − Ep {R ~I}
2 I
à ! à !
1X X ∂R ~I ~I
X ∂R
= MI q̇k · q̇l − Ep (E.12)
2 I k
∂q k
l
∂q l
1X
= q̇k Gkl q̇l − Ep
2 k,l
X ∂R ~I
~ I ∂R
Gkl = MI · (E.13)
I
∂qk ∂ql
On peut maintenant dénir les impulsions {pk } associées à ces coordonnées généralisées.
Celles-ci sont dénies telles que :
∂L X
pk = = Gkl q̇l (E.14)
∂ q̇k l
soit encore :
X
q̇k = Zkl pl (E.15)
l
ZG = I (E.16)
II Ensemble Blue-Moon 139
Z Y
£ ¡ ¢¤
Ω(q) ∝ dpk dqk exp −β pt Zp + Ep δ (q1 − q)
k
Z Y
1
∝ dqk p exp (−βEp ) δ (q1 − q) (E.19)
k
|Z|
Z Y · µ ¶¸
kB T
∝ dqk exp −β Ep + ln |Z| δ (q1 − q)
k
2
où la dernière expression est obtenue après intégration sur les moments conjugués
des coordonnées généralisées. L'expression de la fonction de distribution obtenue à
l'issue de trajectoires contraintes est quant à elle :
Z Y
£ ¡ ¢¤
e
Ω(q) ∝ dpk dqk exp −β pt Zp + Ep δ (q1 − q) δ (q̇1 )
k
Z Y Ã !
£ ¡ t ¢¤ X
∝ dpk dqk exp −β p Zp + Ep δ (q1 − q) δ Z1k pk
k k
Z Y s (E.20)
Z11 £ ¡ ¢¤
∝ dqk exp −β pt Zp + Ep δ (q1 − q)
k
|Z|
Z Y p · µ ¶¸
kB T
∝ dqk Z11 exp −β Ep + ln |Z| δ (q1 − q)
k
2
RQ £ ¡ ¢¤
dqk O ({qk }) exp −β Ep + kB2T ln |Z| δ (q1 − q)
k
hOiq = RQ £ ¡ kB T
¢¤ (E.21)
k dq k exp −β E p + 2
ln |Z| δ (q1 − q)
À l'aide de la relation (E.20), la moyenne de cette même observable, obtenue à
RQ √ £ ¡ ¢¤
cons
dqk Z11 O ({qk }) exp −β Ep + kB2T ln |Z| δ (q1 − q)
k
hOiq = RQ √ £ ¡ kB T
¢¤ (E.22)
k dq k Z11 exp −β Ep + 2
ln |Z| δ (q1 − q)
jectoires contraintes :
D Econs
−1/2
Z11 O
q
hOiq = D Econs (E.23)
−1/2
Z11
q
moon. Pour pouvoir accéder à des diérences l'énergie libre d'après la relation (E.6),
¿ À
∂F ∂H
−fξ′ = = (E.24)
∂ξ ′ ∂ξ ξ′
−1/2 ®cons
Z [−λ + kB T G] ξ
∇ξ F = cons (E.26)
hZ −1/2 iξ
III Mise en Place Pratique de Contraintes Géométriques 141
X 1 µ ∂ξ ¶2
Z= (E.27)
~I
MI ∂ R
I
1 X 1 ∂ξ ∂2ξ ∂ξ
G= 2 · · (E.28)
~ ~ ~ ~J
Z I,J MI MJ ∂ RI ∂ RI RJ ∂ R
Il faut noter que la relation (E.26) a été généralisée dans le cas de contraintes
multiples [127, 128]. Son expression est précisée en annexe III.
Cette relation fait intervenir le multiplicateur de Lagrange associée à la contrainte.
Par la suite la mise en place pratique des contraintes est développée, précisant ainsi la
détermination de ce multiplicateur de Lagrange.
triques
l'algorithme de Verlet aux vitesses, dite RATTLE [93]. Nous présentons briève-
ment par la suite la méthode générale des paramètres indéterminés, puis sa mise en
÷uvre pratique avec l'algorithme de Verlet aux vitesses combinée avec la méthode de
résolution RATTLE ; en eet cette approche a été implémentée pour être utilisée avec
les précédents outils décrits dans ce manuscrit.
Une contrainte est dite holonome lorsque son expression ne dépend pas explicitement
des impulsions, i.e. lorsque la forme de Pfa associée à l'expression de la contrainte est
intégrable. Les équations du mouvement des particules, généralisées à la présence de
ces l contraintes holonomes σk , s'expriment alors :
˙
P~I = F~I (t) + G
~ I (t)
l
X (E.30)
= −∇I Ep (t) − λk (t)∇I σk
k=1
où G
~ I (t) représente la force associée aux contraintes et λk désigne les multiplicateurs de
Lagrange associés. La méthode que nous avons choisie et implémentée pour déterminer
ces multiplicateurs de Lagrange est la méthode des paramètres indéterminés [92, 129],
présentée par la suite.
ainsi que des multiplicateurs de Lagrange {λk } inconnus et de leurs dérivées. Cette
expression adopte la forme suivante :
sX
m +2
~ I (t + δt, {λ(p) (t)}) =R ~˙ I (t) +
~ I (t) + (δt)R 1 ~ (n−2) (δt)n
R FI
n=2
M I n!
sX
m +2
" l n−2
# (E.31)
1 XX p (p) (δt)n
− Cn−2 λk (t) [∇I σk ](n−p−2) (t)
n=2
M I
k=1 p=0
n!
Les termes de la relation précédente peuvent être réordonnés de telle façon que les
termes du même ordre {λ(p) } soient regroupés :
sX
m +2
~ (p) ~ ˙
~ 1 ~ (n−2) (δt)n
RI (t + δt, {λ (t)}) =RI (t) + (δt)RI (t) + F
n=2
MI I n!
~ I (t + δt, {λ(0) (t)}) + δ R
+ δR ~ I (t + δt, {λ(1) (t)})
(E.32)
(E.33)
la somme de tous les termes sauf le dernier de la relation (E.32). Dans le cas où sm = 0,
avec l'algorithme de Verlet par exemple, R
~ ′ (t + δt, {λ(0) (t), . . . , λ(sm −1) (t)}) est réduit
I
à un vecteur purement non contraint. Dans la première étape de la méthode des para-
mètres indéterminés, le jeu de positions {R
~ ′ (t + δt, {λ(0) (t), . . . , λ(sm −1) (t)})} est évalué
I
de vecteurs {δ R
~ I } est choisi de manière à satisfaire exactement les contraintes à chaque
pas de temps. En d'autres termes, le jeu {λ(sm ) (t)} est remplacé par un nouveau jeu
de paramètres {γ} :
Les valeurs de ces nouveaux paramètres {γ} sont déterminées de telle façon que la
relation (E.29) soit exactement satisfaite, soit :
Cette relation est l'expression générale pour les déplacements requis à la vérication
~ I évalué au
de la contrainte. De plus, la relation (E.36) montre que ce déplacement δ R
temps (t + δt) est linéaire en {γ} et qu'il dépend des positions {R
~ I } au temps (t).
La méthode des paramètres indéterminés peut ainsi se résumer en deux étapes. La pre-
mière consiste à évaluer les coordonnées partiellement contraintes et, dans une seconde
étape, les paramètres indéterminés et les coordonnées contraintes. Il faut noter que
cette première étape nécessite le calcul des forces associées aux contraintes et de leurs
dérivées temporelles jusqu'à l'ordre sm , et de même pour les forces {F~I }. Ceci conduit
aux coordonnées partiellement contraintes et les paramètres indéterminés peuvent ainsi
III Mise en Place Pratique de Contraintes Géométriques 145
être évalués. Les contraintes holonomes n'adoptent pas, en général, une forme linéaire
par rapport aux positions des particules. Ainsi, la détermination des paramètres indé-
terminés revient à résoudre un système de l équations non linéaires couplées. Ce type de
système d'équations peut être résolu à l'aide de procédures itératives ; ces procédures
sont elles-mêmes basées sur un développement en série de Taylor de l'expression de la
contrainte holonome suivi d'une linéarisation. Nous présentons par la suite la mise en
÷uvre pratique de la méthode des paramètres indéterminés combinée avec l'algorithme
de Verlet, telle qu'elle a été implémentée durant cette thèse.
l'algorithme de Verlet
L'algorithme de Verlet (cf. partie A III.3 p. 22) est du second ordre, il ne nécessite
donc pas les dérivées temporelles des forces, soit sm = 0. Ainsi, les équations pour
l'évolution des coordonnées selon la méthode des paramètres indéterminés combinée
avec l'algorithme de Verlet sont :
l
2 X
~ I′ (t + δt) − (δt)
~ I (t + δt, {γ}) = R
R γk ∇I σk (t) (E.38)
2MI k=1
2
~ I (t) + (δt) P~I (t) + (δt) F~I (t)
~ I′ (t + δt) = R
R (E.39)
MI 2MI
Le jeu de paramètres {γ} est déterminé de telle façon que les coordonnées au temps
(t + δt) vérient exactement les équations des contraintes. Les nouvelles impulsions
sont dénies selon :
l
δt X
P~I (t + δt, {η}) = P~I′ (t + δt, {η}) − ηk ∇I σk (t + δt) (E.40)
2MI k=1
Les paramètres {η} sont, quant à eux, choisis de telle manière que les impulsions au
temps (t + δt) vérient les équations des contraintes. Ceci est obtenu en dérivant par
146 LE CALCUL DES ÉNERGIES LIBRES
Le jeu de relations (E.43) n'est pas, en général, linéaire en γknew , même pour des
contraintes simples. Après un développement en série de Taylor de chaque expression
~ old (t + δt)}, cette relation devient :
associée aux contraintes holonomes en {R I
µ½ ¾¶ ³n o´
~ old (δt)2 new ~ Iold (t + δt)
σk RI (t + δt) − γk ∇I σk (t) = σk R
2MI
X (δt)2 ³n o´
− γknew ∇I σk (t) · ∇I σk R ~ old (t + δt)
I
(E.44)
I
2MI
+ ... =0
III Mise en Place Pratique de Contraintes Géométriques 147
Notons ici que le jeu de paramètres indéterminés {γk } utilisé pour corriger les positions
correspond au multiplicateur de Lagrange nécessaire à la relation (E.26). La validité
de négliger tous les termes non linéaires de la relation (E.44) doit être examinée avec
attention pour chaque forme de contrainte holonome. En eet, la taille de la correction
permise associée à la contrainte sera d'autant plus petite que la non linéarité inhérente
à la contrainte sera grande , ceci an de justier l'omission des termes non linéaires.
Ce processus itératif est eectué sur l'ensemble des contraintes, jusqu'à ce qu'elles
soient toutes vériées, à une certaine tolérance numérique près. Lorsque toutes ces
dernières sont satisfaites et que les coordonnées au temps (t + δt) sont disponibles, les
forces {F~I (t+δt)} peuvent alors être calculées et utilisées dans une seconde étape. Cette
étape envisage la correction itérative, sur l'ensemble des contraintes, des impulsions.
Leur expression au cours de ce processus est :
δt
P~Inew (t + δt) = P~Iold (t + δt) − ηknew ∇I σk (t + δt) (E.46)
2
Les nouvelles impulsions doivent vérier la dérivée par rapport au temps des équations
associées aux contraintes. La combinaison des relations (E.41) et (E.46) conduit à
148 LE CALCUL DES ÉNERGIES LIBRES
l'expression suivante :
X ³n o´ X δt h ³n o´i2
P~Iold (t + δt) · ∇I σk ~ I (t + δt) − ηknew
R ∇I σk R ~ I (t + δt) =0
I I
2
(E.48)
De la même manière que pour la correction des positions, ce processus itératif par-
court l'ensemble des contraintes imposées au système et ce jusqu'à ce que toutes ces
contraintes soient vériées par les impulsions à une certaine tolérance numérique près.
cours de cette thèse, nous avons implémenté diverses contraintes ; leurs détails ainsi
les diérences d'énergie libre le long d'une coordonnée réactionnelle. Il faut noter
ici que l'étude de réactions chimiques par cette méthode repose sur un choix judi-
cieux et pertinent de cette contrainte. En eet, pour que les diérences d'énergie
libre obtenues par des simulations de dynamique moléculaire soient pertinentes, les
valeurs obtenues selon la relation (E.26), pour chaque valeur discrète de contrainte,
doivent être convergées . Ceci signie qu'il faut simuler des trajectoires susamment
longues pour que la moyenne temporelle soit équivalente à la moyenne sur l'hypersur-
n ³ ´ ³ ´ o
face ~ I } − ξ = 0, ξ˙ {R
ξ {R ~I} = 0 de l'espace des phases. Un choix inadapté de
cette contrainte peut conduire à des temps de simulation extrêmement grands pour
avoir des valeurs convergées , rendant ainsi rédhibitoire voire impossible l'étude par
Cet article considère les réactions d'activation de liaisons σ (HH et CH) par un
modèle d'hydrure de lanthanocène : Cl2 LaH . Cette étude nous a en particulier permis
de comparer l'approche de dynamique moléculaire, qui prend en compte de façon expli-
cite les eets de température, avec l'approche couramment utilisée en chimie quantique
pour l'évaluation des grandeurs thermodynamiques. Dans une approche statique ,
l'estimation des diérences d'énergie libre à température nie repose essentiellement
sur l'approximation harmonique. Cette étude était motivée par la présomption de la
mise en défaut de l'approximation harmonique : en eet les surfaces d'énergies poten-
tielles de ces composés sont le plus souvent plates . Nous insérons par la suite le
manuscrit de l'article, discutant de cette étude.
150 LE CALCUL DES ÉNERGIES LIBRES
IV Applications à la Réactivité Chimique 151
152 LE CALCUL DES ÉNERGIES LIBRES
IV Applications à la Réactivité Chimique 153
154 LE CALCUL DES ÉNERGIES LIBRES
IV Applications à la Réactivité Chimique 155
156 LE CALCUL DES ÉNERGIES LIBRES
IV Applications à la Réactivité Chimique 157
158 LE CALCUL DES ÉNERGIES LIBRES
IV Applications à la Réactivité Chimique 159
160 LE CALCUL DES ÉNERGIES LIBRES
IV Applications à la Réactivité Chimique 161
162 LE CALCUL DES ÉNERGIES LIBRES
IV Applications à la Réactivité Chimique 163
164 LE CALCUL DES ÉNERGIES LIBRES
IV Applications à la Réactivité Chimique 165
entier. Cette méthode repose sur l'hypothèse adiabatique d'Ehrenfest, qui stipule que
les nombres quantiques sont conservés au cours d'une transformation lente adiabatique.
L'idée de base de cette approche est que la quantication semi-classique d'un système
anharmonique non séparable peut être eectuée en deux étapes, si l'hamiltonien H du
système peut être exprimé comme la somme de parties séparables et non séparables :
H = H0 +∆H . Ainsi, le mouvement associé à l'hamiltonien séparable H0 est d'abord
quantié, l'hamiltonien régissant l'évolution temporelle du système devient par la suite
dépendant du temps, passant d'une manière douce de H0 à H = H0 + ∆H au
cours d'une longue trajectoire. L'action classique quantiée et associée à l'hamiltonien
H0 est alors transférée adiabatiquement aux quantités correspondantes associées à
l'hamiltonien H .
L'hamiltonien réel H permet de décrire le mouvement du système moléculaire
sur la surface d'énergie potentielle complète et s'écrit :
X P~ 2 ³ ´
H = I ~I}
+ V {R (E.51)
I
2MI
Les coordonnées et les impulsions associées aux modes normaux sont alors reliées aux
V Estimation de l'Énergie de Point Zéro 189
Ht = H0 + S (t)(H − H0 ) (E.58)
0,8
0,6
S(t)
0,4
0,2
0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1
t/τ
Fig. E.2 Fonction S (t) utilisée pour rendre l'hamiltonien dépendant du temps.
diverses formes pour cette fonction de passage ; l'une d'entre elles se montre plus par-
ticulièrement ecace [133] quant à la convergence des valeurs propres semi-classiques.
190 LE CALCUL DES ÉNERGIES LIBRES
An d'éprouver cette approche, nous avons dans un premier temps considéré le
passage d'un hamiltonien harmonique vers un autre hamiltonien harmonique. Ceci
permet de quantier l'erreur commise et de jauger le schéma de propagation combiné
avec la contrainte du mode imaginaire. La molécule sur laquelle nous avons eectuée
les premiers tests de cette méthode est l'état de transition correspondant à la réaction
d'activation d'hydrogène moléculaire par Cl2 LaH . Le temps de passage considéré ici
pour eectuer la transformation adiabatique est de 5 ps, ce qui est relativement court
vis-à-vis de la plus petite fréquence vibrationnelle de cette molécule. Les équations du
mouvement ont été intégrées avec un pas de temps de 0.1 fs.
Dans le but d'éprouver plus cette méthode, la transformation adiabatique est suivie
par un second passage de l'hamiltonien nal vers l'hamiltonien initial. Ceci permet de
jauger à la fois de la dépendance des conditions initiales et des accumulations d'erreurs
dues à l'intégration numérique des équations du mouvement. Dans ce premier exemple,
l'hamiltonien harmonique nal est relativement proche de l'hamiltonien initial : les
modes propres sont identiques, seules les fréquences dièrent, chacune a été multipliée
par un nombre aléatoire compris entre 0 et 2. La structure initiale correspond à la
structure d'équilibre de l'état de transition, les vitesses initiales sont alors déterminées
d'après les relations (E.53), (E.55) et (E.56). La gure E.3 représente l'évolution au
192 LE CALCUL DES ÉNERGIES LIBRES
cours des deux transformations successives d'un nombre quantique vibrationnel associé
à l'hamiltonien initial.
0,3 0
-0,001
0,2
nombre quantique vibrationnel
-0,003
0
-0,004
-0,1
-0,005
-0,2 -0,006
0 2000 4000 6000 8000 10000 0 2000 4000 6000 8000 10000
Temps (fs) Temps (fs)
Fig. E.3 Évolution d'un nombre quantique vibrationnel et de l'énergie totale relative
à l'énergie théorique de point zéro pour l'hamiltonien initial.
On peut remarquer sur la partie gauche de la gure E.3 que ce nombre quantique,
initialement nul, prend des valeurs éloignées de zéro lorsque la dynamique du système
est régie par le second hamiltonien, comme attendu. Néanmoins, ce même nombre quan-
tique reconverge vers zéro lors de la seconde transformation adiabatique. La gure E.3
représente sur sa partie droite l'énergie totale relative à l'énergie totale associée à l'ha-
miltonien initial. De la même manière que le nombre quantique vibrationnel associé
au premier hamiltonien, l'énergie totale reconverge vers la valeur souhaitée après la se-
conde transformation adiabatique. Ces données permettent a priori d'avoir conance
quant à l'ecacité de ces deux transformations successives puisque la valeur initiale de
l'énergie de point zéro est nalement retrouvée.
La gure E.4 représente, sur sa partie droite, l'évolution de l'énergie totale rapportée
V Estimation de l'Énergie de Point Zéro 193
2e-05
0,2
1,5e-05
Nombre quantique vibrationnel
1e-05
5e-06
-0,1
-0,2 0
0 2000 4000 6000 8000 10000 4600 4800 5000 5200 5400
Temps (fs) Temps (fs)
Fig. E.4 Évolution d'un nombre quantique vibrationnel associé à l'hamiltonien har-
monique nal et agrandissement de l'évolution de l'énergie totale relative à l'énergie
théorique totale nale entre 4.5 et 5.5 ps.
Pour éprouver plus cette approche, nous l'avons ensuite testée pour deux transfor-
mations successives où, dans ce cas, les modes normaux associés au second hamiltonien
ne sont plus identiques aux premiers. De la même manière que pour le précédent test,
les fréquences ont été multipliées par un nombre aléatoire compris entre 0 et 2. Ceci
permet de tenir compte d'éventuels couplages entre les modes. Dans ce cas, la géomé-
trie initiale ne correspond pas à la structure d'équilibre : les phases φi des diérents
modes normaux ont été choisies de manière aléatoire.
La gure E.5 reporte l'évolution lors des deux passages successifs d'un nombre
quantique vibrationnel associé au premier hamiltonien. De la même manière que pour
le précédent test, on remarque que ce nombre s'éloigne largement de zéro au cours
des deux transformations pour ensuite reconverger vers sa valeur initiale. La gure E.5
représente, sur sa partie droite, l'énergie totale relative à l'énergie totale associée à
194 LE CALCUL DES ÉNERGIES LIBRES
2 0,003
0,0025
1,5
Nombre quantique vibrationnel
0,0015
0,5
0,001
0
0,0005
-0,5 0
0 2000 4000 6000 8000 10000 0 2000 4000 6000 8000 10000
Temps (fs) Temps (fs)
Fig. E.5 Évolution d'un nombre quantique vibrationnel et de l'énergie totale relative
à l'énergie totale initiale théorique.
3 4,2e-05
2,5
4,1e-05
Nombre quantique vibrationnel
2
Energie totale relative (u.a.)
4e-05
1,5
3,9e-05
1
3,8e-05
0,5
3,7e-05
0
-0,5 3,6e-05
0 2000 4000 6000 8000 10000 4600 4800 5000 5200 5400
Temps (fs) Temps (fs)
Fig. E.6 Évolution d'un nombre quantique vibrationnel associé à l'hamiltonien har-
monique nal et agrandissement de l'évolution de l'énergie totale relative à l'énergie
théorique totale nale entre 4.5 et 5.5 ps.
de quantier plus précisément l'erreur commise, la gure E.6 représente sur sa partie
droite l'évolution de l'énergie totale rapportée à l'énergie de point zéro associée au
second hamiltonien. De la même manière que pour le premier test, l'énergie totale
converge bien vers la valeur théorique de l'énergie de point zéro associée au second
hamiltonien, avec une très bonne précision : environ 4 × 10−5 u.a..
Ce second test est là encore très satisfaisant ; en eet même si les modes propres ini-
tiaux et naux sont très diérents, la transformation adiabatique permet de transférer
de manière adiabatique la quantication du mouvement vers l'hamiltonien cible.
Les tests qui peuvent naturellement suivre correspondent au passage d'un hamilto-
nien harmonique vers un hamiltonien réel, a priori anharmonique. Toutefois dans ce
cas, les seules possibilités d'estimer la abilité de cette méthode sont d'éprouver dif-
férentes conditions initiales, diérents pas de temps de propagation et enn diérents
temps de passage, puisque l'énergie de point zéro attendue est inconnue. Cet ensemble
de tests n'est malheureusement pas achevé à l'heure de la rédaction de ce manuscrit,
mais les premiers résultats présentés nous laissent penser que cette méthode est une
bonne alternative pour l'estimation de l'énergie de point zéro au-delà de l'approxima-
tion harmonique.
196 LE CALCUL DES ÉNERGIES LIBRES
VI Conclusion
Au regard des capacités informatiques actuelles, l'estimation de grandeurs thermo-
dynamiques par des simulations de dynamique naturelle est aujourd'hui impossible,
puisqu'il faudrait simuler des temps extrêmement longs. Toutefois, à l'aide de trajec-
toires biaisées, l'approche de l'ensemble blue moon , entre autres, permet d'évaluer ces
quantités. L'introduction d'un choix judicieux pour la contrainte représentant la coor-
donnée de réaction permet d'échantillonner correctement l'espace des congurations et
ainsi d'estimer les diérences d'énergie libre associées à un chemin réactionnel. Cette
méthode que nous avons implémentée et combinée avec l'approche de dynamique mo-
léculaire développée au cours de cette thèse permet de rendre compte des grandeurs
thermodynamiques de réaction au-delà de l'approximation harmonique. Plus particu-
lièrement, dans le cas où la surface d'énergie potentielle concernée est plate , l'esti-
mation usuelle des barrières d'activation à l'aide de l'approximation harmonique peut
conduire à des erreurs relativement conséquentes. L'utilisation de dynamique molécu-
laire ab initio semble alors plus pertinente pour évaluer ces grandeurs. Il faut néanmoins
pondérer ceci en notant que le coût calculatoire de ce type d'approche vis à vis de l'ap-
proximation harmonique habituellement utilisée est énorme. Enn, la détermination
précise de l'énergie de point zéro peut dans certain cas être importante. La méthode de
transformation adiabatique que nous proposons d'utiliser, à la fois pour les minima lo-
caux d'une surface d'énergie potentielle et les points-selles, semble prometteuse. Cette
méthode permettrait, a priori, d'estimer les énergies de point zéro exactes , à un
niveau de théorie donné, avec une précision satisfaisante. En eet les premiers tests de
cette approche semblent conclure quant à la robustesse et la pertinence de ce schéma.
Conclusion et Perspectives
approche multicongurationnelle par fragment [137] serait dans ce cadre très utile et
permettrait la réalisation de simulations de dynamique moléculaire. De plus ce type
de méthodologie, en particulier appliqué à des états excités [138] et combiné avec des
approches de dynamique moléculaire, serait bien adapté à l'étude de mécanismes ré-
actionnels photochimiques [139]. D'une manière générale, la dynamique moléculaire ab
initio combinée avec une méthode de description de la structure électronique précise,
éventuellement diérente du cadre de la théorie de la fonctionnelle de la densité, est
une perspective qu'il ne faut pas négliger.
D'un autre côté, la description complète par des méthodes quantiques en base locale
de systèmes de grande dimension est encore inaccessible. Toutefois, les méthodes de
type QM/MM représentent une alternative le plus souvent pertinente pour ce type
d'études. En eet, pour la plupart des cas d'intérêts chimiques, le système étudié est
bien souvent constitué d'une partie active de taille relativement réduite, l'environ-
nement est en quelque sorte spectateur du phénomène considéré, même s'il joue
un rôle prépondérant. C'est, par exemple, le cas de la photoisomérisation du rétinal
au sein de la bactériorhodopsine [140]. Dans ce cadre, les premiers tests du schéma
de dynamique moléculaire développé durant cette thèse, combiné avec une description
hybride, de type QM/MM, laissent la voie entre-ouverte au traitement de systèmes de
plus grande dimension et éventuellement la simulation de phénomènes chimiques en
phase condensée.
Finalement, le travail accompli semble bien maigre vis-à-vis de toutes les possibilités
que les approches de dynamique moléculaire ab initio en base locale laissent présager,
mais nous ne doutons pas des futures avancées dans ce domaine.
Annexe I
Systèmes à Échelles de Temps
Multiples
Le choix du pas de temps d'intégration est déterminé par la nature des forces
agissant sur le système. Dans les systèmes moléculaires, les forces résultent de diérentes
classes d'interactions entre particules et génèrent des mouvements dont les échelles de
temps caractéristiques sont disparates. Toutefois, le pas de temps doit être choisi tel que
le mouvement le plus rapide du système puisse être intégré de façon stable et précise.
Ceci conduit à des procédures numériques inecaces puisque les forces associées aux
mouvements les plus lents sont recalculées sur de petites échelles de temps sans qu'elles
soient notablement modiées. Ce type de problème à échelles de temps multiples est
quasiment toujours présent au cours des simulations de dynamique moléculaire, soit
par la nature même du système ou bien par la présence d'un réservoir de chaleur
tel qu'un thermostat.
Considérons le cas où les degrés de liberté d'un système peuvent être séparés en deux
groupes, l'un rapide et l'autre lent , notés respectivement x et y . Le système est
donc constitué d'éléments lourds (le sous-système y ) et légers (le sous-système
x). Nous noterons de manière abrégée x et px les positions et les impulsions associées
au sous-système x et de la même façon les variables du sous-système y . Décomposons
l'opérateur de Liouville :
iL = iLx + iLy (I.1)
où
∂ ∂
iLx = ẋ + Fx (x, y) (I.2)
∂x ∂px
∂ ∂
iLy = ẏ + Fy (x, y) (I.3)
∂y ∂py
Si ces factorisations sont utilisées dans la relation (I.4), alors les degrés de liberté
rapides et leurs impulsions associées {x, px } seront déterminés numériquement à l'aide
de l'algorithme Verlet aux vitesses pour n pas de temps δt, alors que les degrés de
liberté lents seront déterminés à l'aide du même propagateur sur un seul pas de temps
large ∆t. Finalement, l'application de Gxyx peut se décomposer en trois étapes :
ANNEXES 203
à partir de l'état initial {x(0), y(0), px (0), py (0)}, l'intégrateur Verlet aux vitesses
est utilisé n/2 fois avec un pas de temps δt = ∆t/n pour générer l'état au temps
∆t/2 des variables du sous-système x,
les variables du sous-système y sont déterminées au temps (∆t) à l'aide d'un seul
pas de temps ∆t et du propagateur Verlet aux vitesses,
le propagateur Verlet aux vitesses est utilisé n/2 fois avec un pas de temps δt =
∆t/n pour déterminer les variables du sous-système x à la date ∆t.
Les forces des coordonnées lentes ne sont donc calculées qu'une seule fois par pas de
propagation ∆t = nδt. Si la dimensionnalité du sous-système rapide est petite vis à
vis de la taille totale du système entier, les forces agissant sur les variables lentes sont
donc recalculées moins souvent que dans le cas des méthodes habituelles.
Annexe II
aux vitesses, des propagateurs d'ordre supérieur peuvent être générés sans pour autant
nécessiter l'évaluation des dérivées des forces par rapport aux positions. Le schéma
d'intégration de Yoshida-Suzuki [104, 105] est notamment très utile pour intégrer les
Supposons que l'opérateur de Liouville puisse s'écrire sous la forme générale sui-
vante :
M
X
iL = iLk (II.1)
k=1
µ ¶ µ ¶
(1) δt δt
U (δt) = exp iL1 × ... × exp iLM −1
2 2
× exp (iLM δt) (II.2)
µ ¶ µ ¶
δt δt
× exp iLM −1 × ... × exp iL1
2 2
En particulier, Suzuki a montré que tous les propagateurs de la forme U (2m) (δt) satis-
1
pm = (II.4)
4− 41/(2m−1)
Ainsi, à partir de la relation (II.2), l'équation (II.3) peut être utilisée pour générer des
factorisations d'ordre supérieur correspondant à des propagateurs d'ordre plus élevé.
La relation (II.3) révèle de plus que les propagateurs d'ordre pair et impair sont équi-
valents, et en particulier que U (2) (δt) = U (1) (δt), expliquant ainsi pourquoi le déve-
loppement (II.2) est précis en O ((δt)3 ). En prenant par exemple m = 3, on obtient un
algorithme d'intégration précis au cinquième, i.e. sixième, ordre.
On peut nalement combiner le schéma d'intégration de Yoshida-Suzuki et un dé-
veloppement en pas de temps multiples, ceci conduit à la relation suivante :
µ ¶ n
"m µ ¶#
δt Y Y wj δt
exp iLk = exp iLk (II.5)
2 i=1 j=1
2n
m wj
1 1
3 w1 = w3 = 1/(2 − 21/3 ), w2 = 1 − 2w1
7 w1 = w7 = −1.17767998417887
w2 = w6 = 0.235573213359357
w3 = w5 = 0.78451361047756
w4 = 1 − 2(w1 + w2 + w3 )
Coordonnées généralisées
Nous supposons qu'un jeu de M − p fonctions (q1 , . . . , qM −p ) puisse être déni de
telle manière que le jeu (ξ1 , . . . , ξp , q1 , . . . , qM −p ) forme un jeu complet de coordonnées
généralisées pour le système moléculaire à N particules (M = 3N ). La dérivée partielle
par rapport à ξi de l'énergie libre selon la relation (III.1) s'écrit selon :
∂F kB T ∂Ω
=− (III.2)
∂ξi Ω ∂ξi
208 ANNEXES
La dérivée de l'énergie libre peut alors être vue comme le résultat de deux contributions :
la force mécanique agissant sur ξ et les variations de l'élément de volume associé au
système de coordonnées généralisées.
Force thermodynamique
Par la suite, nous utiliserons le fait que, pour un jeu donné {ξi⋆ }, il soit possible de
choisir une base q telle que :
Zqξ (ξ ⋆ , q) = 0 ∀q (III.12)
La relation (III.10) dépend explicitement du choix de toutes les coordonnées générali-
sées, incluant notamment q . Nous allons ici modier cette relation pour se libérer de
cette dépendance et la rendre indépendante du choix de q . Ceci peut être eectué en
intégrant analytiquement le plus de termes possibles de la relation (III.10).
Commençons par introduire les notations simpliées suivantes :
p 1 ∂
x′i ≡ ~I
MI R ∇′i ≡ √
~I
MI ∂ R
(III.13)
P~I
≡√p′xi
MI
L'équation d'évolution pour la variable pξi est la suivante :
dpξi ∂H
=− (III.14)
dt ∂ξi
Le moment conjugué pξ est déni comme la dérivée du lagrangien par rapport à ξ˙,
soit :
X dξj X dqk
pξi ≡ [Gξ ]ij + [Gξq ]ik (III.15)
j
dt k
dt
210 ANNEXES
Nous pouvons diérencier la relation (III.15) par rapport au temps et utiliser la rela-
tion (III.14) pour obtenir une expression pour ∂H
∂ξi
:
Puisque le jeu {q} vérie la relation (III.12), le dernier terme de la relation (III.16) est
égal à zéro. Cette relation peut ensuite se simplier en utilisant la règle de la chaîne
pour obtenir :
X£ · ¸
∂H ¤ d2 ξj X £ −1 ¤ ∂Zξ ′ X d [Gξq ] dqk
=− −1
Zξ ij 2 + Zξ ij ′
· p x p ξk
− ik
(III.17)
∂ξi j
dt jk
∂x jk k
dt dt
X£
(III.18)
¤ ∂ [Zξ ]jk £ ′ ¤
+ Zξ−1 ij ′
Jξ r+p,l pqr pξk
jklr
∂x l
1 ∂qr
De plus les vecteurs vérient la relation (III.12), ils sont donc orthogonaux aux
Ms ∂xs
vecteurs ∇ξ1 , . . . , ∇ξp . Par conséquent le troisième terme de la partie droite de la rela-
tion (III.17) ne contribue pas à h∇ξ H iξ . Finalement, l'insertion de la relation (III.20)
* + ¿ À
X 1 2
−1 −1 −1 d ξ
h∇ξ H iξ = kB T Z · ∂l Zξ · Zξ · ∇ξ − Zξ (III.21)
l
Ml ξ dt2 ξ
ξ
∂Zξ
où nous notons ∂l Zξ = ∂xl
. En notant λ le multiplicateur de Lagrange associé de la
* +
X 1
h∇ξi H iξ = −λξi + kB T Zξ−1 · ∂l Zξ · Zξ−1 · ∂l ξ (III.22)
l
M l
ξ
D ³ P £ −1 ¤ ´Econs
kB T
|Zξ |1/2 −λξi + 2 l Zξ il
(∇ ′
ξl · ∇ ′
ln |Zξ |)
ξ
∇ξi F = cons (III.23)
h|Zξ |−1/2 iξ
Cette relation a été démontrée par W.K. den Otter [127, 128]. Cette expression générale
permet de retrouver la formule présentée dans le cas d'une seule contrainte [125, 126] :
−1/2 ®cons
Z [−λ + kB T G] ξ
∇ξ F = cons (III.24)
hZ −1/2 iξ
X 1 µ ∂ξ ¶2
Z= (III.25)
~I
MI ∂ R
I
1 X 1 ∂ξ ∂2ξ ∂ξ
G= · · (III.26)
2 ~ I ∂R
Z I,J MI MJ ∂ R ~ J ∂R
~IR ~J
Annexe IV
Dérivées de Contraintes Holonomes
L'utilisation de contraintes géométriques holonomes σ en dynamique moléculaire
plus, lorsque cette contrainte est utilisée comme coordonnée de réaction dans l'ensemble
blue-moon, la connaissance des dérivées secondes est aussi requise pour déterminer la
force associée, i.e. la dérivée de l'énergie libre par rapport à cette contrainte. Nous
X 1 ∂σ ∂σ
Z= · (IV.1)
~ I ∂R
MI ∂ R ~I
I
1 X 1 ∂σ ∂ 2σ ∂σ
G= 2 · · (IV.2)
~ ~ ~ ~J
Z I,J MI MJ ∂ RI ∂ RI ∂ RJ ∂ R
Dans cette annexe les dérivées premières et secondes des contraintes implémentées lors
de cette thèse sont présentées. Il faut noter que chacune des contraintes présentées
par la suite a été implémentée et généralisée pour les barycentres de masse de groupes
d'atomes. En eet, le passage d'une dérivée par rapport à un barycentre à la dérivée par
~I}
{R et en notant MG la masse du barycentre :
∂ MI ∂
= (IV.3)
~I
∂R ~G
MG ∂ R
214 ANNEXES
Contrainte de distance
La distance entre deux centres A et B est la contrainte la plus simple que l'on puisse
~ A et R
imaginer. Les positions des centres A et B sont respectivement notées R ~ B . Cette
A B
d
où d désigne la distance imposée. Les dérivées premières de cette contrainte sont im-
médiates et s'expriment selon :
∂σ ³ ´
=2 R ~B
~A − R (IV.5)
∂R~A
∂σ ³ ´
= −2 R ~A − R
~B (IV.6)
∂R~B
∂ 2σ ∂ 2σ
= =2 (IV.7)
~2
∂R ~2
∂R
A B
Finalement, l'expression des termes correctifs Z et G pour le calcul des énergies libres
est :
µ ¶2 µ ¶2
1 ∂σ 1 ∂σ
Z= +
MA ∂ R ~A MB ∂ R ~B
(IV.8)
MA + MB 4d2
= 4d2 =
MA · MB µ
où µ désigne la masse réduite de A et B .
1
G= (IV.9)
2d2
ANNEXES 215
Contrainte d'angle
Une contrainte d'angle θ est dénie par trois centres A, B et C . Nous adopterons
la dénition de la gure 8.
d1
θ
B d2 C
~ ~
~ BA = RA − RB
E (IV.11)
~A − R
kR ~ Bk
~ ~
~ BC = RC − RB
E (IV.12)
~C − R
kR ~ Bk
~ A conduit à :
La dérivée première de la contrainte par rapport à R
∂σ ~ BA − E
cos θE ~ BC
= (IV.13)
∂R~A d1 sin θ
∂σ ~ BC − E
cos θE ~ BA
= (IV.14)
∂R~C d2 sin θ
Les dérivées secondes sont beaucoup plus compliquées à exprimer, elles ne sont donc
pas détaillées ici. On donne néanmoins le résultat pour les termes correctifs Z et G .
4 sin θ
G=Z (IV.17)
MB d1 d2
A A
θ1 d1
d1 B
C
d2 Φ
B d3
C d3
θ2 D
D
De la même manière que précédemment, on peut dénir les vecteurs normés suivant :
~ ~
~ BA = RA − RB
E (IV.18)
~A − R
kR ~ Bk
~ ~
~ BC = RC − RB
E (IV.19)
~C − R
kR ~ Bk
~ CB = −E
E ~ BC (IV.20)
~ ~
~ CD = RD − RC
E (IV.21)
~D − R
kR ~ Ck
ANNEXES 217
∂σ ~ CD × E
E ~ BC
= 2 (IV.26)
∂R~D d3 sin θ2
Les dérivées secondes ne seront pas développées ici, leurs expressions tenant sur plu-
sieurs pages ! Toutefois, pour simplier l'écriture des termes Z et G , dénissons :
d2 − d1 cos θ1
X1 = (IV.27)
d1 d2 sin θ1
d2 − d3 cos θ2
X2 = (IV.28)
d2 d3 sin θ2
et :
cos θ1
Y1 = (IV.29)
d2 sin θ1
cos θ2
Y2 = (IV.30)
d2 sin θ2
Contrainte de projection
Une contrainte de projection est une contrainte dénie à l'aide de trois centres.
d1
θ
B d2 C
∂σ 1 ³~ ´
= 2 R ~
C − RB (IV.34)
∂R~A d2
∂σ 2d1 ³ ´ ³ ´
= 3 cos θ R ~ B + 1 2R
~C − R ~B − R ~A
~ CR (IV.35)
∂R~B d2 d22
∂σ 2d1 ³ ´ ³ ´
= 3 cos θ R~B − R~C + 1 R ~A − R
~B (IV.36)
∂R~C d2 d22
Ces dérivées premières conduisent à l'expression de Z suivante :
· ¸
1 d21 1 d21 d1 d21
Z= 2 + + 2
1 + 2 + 6 cos θ + 8 2 cos θ (IV.37)
d2 MA d42 MB d22 MC d2 d2 d2
Les expressions des dérivées secondes pour cette contrainte sont comme précédemment
assez complexes. Le facteur G peut néanmoins se simplier et conduire à l'expres-
sion :
2 d1 cos θ 1 2d31 cos θ
G= +
MA MC d52 MC2 d72
2 1 h³ ~ ~
´ ³
~ ~
´i
− R C − R B · R C − R A
MA MB d62
(IV.38)
1 2 ³~ ~
´3 ³
~C − R ~B
´
− 2 8 R A − RC · R
MB d2
2 d1 cos θ ³ ~ ´ ³
~A · R ~B + R ~ C − 2R
~A
´
+ R C − R
MB MC d72
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2 Fatiguée, mais non encore rassasiée. Mots empruntés à un vers de Juvénal (VI, 130), dans la
peinture énergique qu'il trace des débordements nocturnes de Messaline. Le vers complet est : Et
pour les noyaux et quantique pour la structure électronique. Les approches Born-
puis validé de par la bonne conservation de l'énergie totale au cours du temps. Il est
Cette méthode est appliquée à deux réactions chimiques, mettant en évidence la mise
Mots-clefs
Abstract
This thesis concerns the dynamics of molecules where the nuclei and electrons are
considering the good conservation of the total energy. This algorithm is then extended
to simulate the canonic ensemble and employed for the determination of spectroscopic
energy estimation is considered. This approach is used for two chemical reactions and
shows the failure of the usual approach which is based on the harmonic approximation.
Finally the estimation of zero point energy beyond this approximation is treated.
Keywords