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Diversité des termites au jardin botanique

Cette étude examine la diversité et l'activité des termites dans le jardin botanique Stanislas Lisowski de l'Université de Kisangani, en République Démocratique du Congo. Les résultats montrent la présence de 78 termitières, dont 70,5 % sont actives, représentant deux familles et quatre sous-familles de termites. L'analyse des sols des termitières révèle des variations physico-chimiques en fonction des genres de termites et de la végétation environnante.
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Diversité des termites au jardin botanique

Cette étude examine la diversité et l'activité des termites dans le jardin botanique Stanislas Lisowski de l'Université de Kisangani, en République Démocratique du Congo. Les résultats montrent la présence de 78 termitières, dont 70,5 % sont actives, représentant deux familles et quatre sous-familles de termites. L'analyse des sols des termitières révèle des variations physico-chimiques en fonction des genres de termites et de la végétation environnante.
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ESJ Natural/Life/Medical Sciences Peer-reviewed

Diversité et activités des termites terricoles dans le jardin


botanique Stanislas Lisowski de la Faculté des Sciences de
l’Université de Kisangani, République Démocratique du
Congo
Lionge Mongenzo Diaz
Faculté de Gestion des Ressources Naturelles Renouvelables,
Université de Kisangani, République Démocratique du Congo
Choula Fridolin
Department of Biology, Higher Teacher Training College,
The University of Bamenda, Cameroon
Mubenga Onésime
Laboratory of Ecology and Management of Animal Resources,
Faculty of Science, University of Kisangani, Democratic Republic of Congo
Kasaka Léon
Alebadwa Serge
Faculté de Gestion des Ressources Naturelles Renouvelables,
Université de Kisangani, République Démocratique du Congo
Heumou Cyril Roméo
Department of Biology, Higher Teacher Training College,
The University of Bamenda, Cameroon
Laboratoire de Zoologie, Département de Biologie et Physiologie Animale,
Faculté des Sciences, Université de Yaoundé I, Cameroun

Doi:10.19044/esj.2025.v21n30p175

Submitted: 07 August 2025 Copyright 2025 Author(s)


Accepted: 10 October 2025 Under Creative Commons CC-BY 4.0
Published: 31 October 2025 OPEN ACCESS

Cite As:
Lionge, M.D., Choula, F., Mubenga, O., Kasaka, L., Alebadwa, S. & Heumou, C.R. (2025).
Diversité et activités des termites terricoles dans le jardin botanique Stanislas Lisowski de la
Faculté des Sciences de l’Université de Kisangani, République Démocratique du Congo.
European Scientific Journal, ESJ, 21 (30), 175.
[Link]

Résumé
Les termites sont l'une des composantes les plus importantes de la
macrofaune des sols africains. Considérés comme les ingénieurs de
l'écosystème, ils construisent des monticules remarquables appelées

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European Scientific Journal, ESJ ISSN: 1857-7881 (Print) e - ISSN 1857-7431
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termitières dans les écosystèmes naturels. De juin à septembre 2022, les


investigations ont été menées pour suivre l'évolution et l’activité écologique
des termites du jardin botanique Stanislas Lisowski de l’université de
Kisangani, RD Congo. Ce jardin a été divisé en 4 quadrats. Après
l’observation systématique de chaque termitière, 10 individus de la caste des
soldats de chaque termitière ont étés collectés et identifiés; l’identification de
l'espèce d'arbre sur laquelle la termitière était attachée, et le prélèvement d’une
partie de la termitière pour les analyses physico-chimiques et
granulométriques ont été effectués. Les résultats ont révélé 78 termitières avec
55 (70,5%) actives contre 23 (29,5%) éteintes. Un total de 2 familles
(Termitidae et Rhinotermitidae) et 4 sous familles (Macrotermitinae,
Termitinae, Rhinotermitinae et Cubitermitinae) ont été identifiées. Les
Familles des Termitidae et Rhinotermitidae étaient représentées
respectivement par 6 et 1 genres. La disposition des termitières était liée au
type d’arbre. Ainsi, 5 genres de Termites avaient des nids adossés au pied des
arbres appartenant à 8 espèces regroupées en 5 familles. Les Macrotermes
étaient adossés sur trois espèces d’arbre (Ficus recurvata, Pseudospondias
microcarpa et Allophylus africanus) ; les Promirotermes sur deux (Borassus
aethiopium et Ficus recurvata) ; les Rhinotermes sur deux (Pachyelasma
tessmanii et Tetrorchidium didymostemon) les Cubitermes sur Arenga pinnata
et les Malaysiocapritermes sur Terminalia superba. Les sols des termitières
ont présenté un pH légèrement acide à neutre, soit 6,5 pour les Macrotermes
et Promirotermes et 7,1 pour Malaysiocapritermes. La Texture du sol des
termitières a été complètement modifiée et les proportions de sable, de limon
et d’argile varient avec les genres de termites.

Mots-clés: Diversité, Termites, Termitières, Physico-chimiques, Texture,


Kisangani

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Diversity and Activities of Subterranean Termites in the


Botanical Garden Stanislas Lisowski of the Faculty of Science
of the University of Kisangani, Democratic Republic of Congo
Lionge Mongenzo Diaz
Faculté de Gestion des Ressources Naturelles Renouvelables,
Université de Kisangani, République Démocratique du Congo
Choula Fridolin
Department of Biology, Higher Teacher Training College,
The University of Bamenda, Cameroon
Mubenga Onésime
Laboratory of Ecology and Management of Animal Resources,
Faculty of Science, University of Kisangani, Democratic Republic of Congo
Kasaka Léon
Alebadwa Serge
Faculté de Gestion des Ressources Naturelles Renouvelables,
Université de Kisangani, République Démocratique du Congo
Heumou Cyril Roméo
Department of Biology, Higher Teacher Training College,
The University of Bamenda, Cameroon
Laboratoire de Zoologie, Département de Biologie et Physiologie Animale,
Faculté des Sciences, Université de Yaoundé I, Cameroun

Abstract
Termites are one of the most important components of African soil
macrofauna. Considered ecosystem engineers, they built remarkable
structures, termite mounds, in many natural ecosystems. From June to
September 2022, investigations were done to assess the entomofauna
evolution of ground-dwelling termites and their activity in the Botanical
gardens of Stanislas Lisowski of the University of Kisangani in RD Congo.
The garden was divided into 4 quadrats. After a Systematic search, 10
individuals of the soldier caste were collected from each termite mound for
identification purposes. The tree species on which the termite mounds were
attached were identified, and part of the ground was collected for
physicochemical and granulometry analyses. Results reveal 78 termite
mounds in the study area, divided into two states: the active ones accounted
for 55 (70.5%) of the mounds inspected, against 23 (29.5%) for the extinct
ones. A total of 2 families (Termitidae and Rhinotermitidae); 4 subfamilies:
Macrotermitinae, Termitinae, Rhinotermitinae, and Cubitermitinae were
found. The Family Termitidae was represented by 6 genera and 1 genus. The

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termites' mounds distribution was related to the type of tree. Of the 7 genera
of identified Termites, 5 had nests attached to the trunk of the trees. That is a
total of 8 vegetable species gathered in 5 families. In the garden, Macrotermes
were found on three species of trees: Ficus recurvata, Pseudospondias
microcarpa and Allophylus africanus; Promirotermes attached to Borassus
aethiopium and Ficus recurvata; Rhinotermes attached to Pachyelasma
tessmanii, Tetrorchidium didymostemon; Malaysiocapritermes attached to
Terminalia superba. Soils of termite mounds present a pH slightly acidic to
neutral. That is 6.5 for Macrotermes and Promirotermes, and 7.1 for
Malaysiocapritermes. The soil Texture, sand, silt, and clay were completely
modified from one termite genus to another.

Keywords: Diversity, Termites, Termite mounds, soil Texture, Physico-


chemical properties, Kisangani

Introduction
Les changements d’utilisation des terres sont à l’origine de
modifications des flux de matière et d’énergie qui provoquent la disparition de
nombreuses espèces et entraînent leurs substitutions par d’autres espèces ayant
des traits différents. En général, l’ensemble de ces modifications provoque de
fortes variations dans les propriétés des écosystèmes et leur fonctionnement
(Sala et al., 2000 ; MAE, 2005). Les effets provoqués sur la biodiversité et le
fonctionnement des écosystèmes peuvent être directs ou indirects, et les
conséquences varient en fonction de l’intensité, de la régularité et de l’étendue
de ces changements. Les jardins botaniques sont des laboratoires vivants qui
offrent la possibilité d’étudier les relations entre les plantes et leurs
environnements et surtout, ils constituent un habitat privilégié pour certaines
espèces animales comme les insectes et plus précisément les insectes du sol.
Les organismes du sol sont essentiels au fonctionnement des écosystèmes
naturels et gèrent la productivité des terres. Ils maintiennent les conditions du
sol favorables à la croissance des plantes. Les termites sont des ingénieurs
écosystémiques qui modifient la composition du sol et l’hydrologie (Jones,
1990). Leurs associations avec des symbiotes jouent un rôle important dans la
digestion et la décomposition de la matière organique. Elles occupent donc
une place importante dans le cycle des éléments. Les termites jouent un rôle
important dans le transport et la décomposition de la biomasse sèche et fraîche.
La densité et la distribution spatiale des termitières épigées dépendent de la
diversité et de l’activité des groupes de termites présents (Davies et al., 2003),
des types de végétation (Tano et Lepage, 1993 ; Black et Okwakol, 1997), des
pratiques d'aménagement des écosystèmes (Barros et al., 2002 ; Attignon et
al., 2005). Dans le but de combler le manque de données sur les insectes de la
litière dans la cuvette centrale congolaise, nous nous sommes fixés comme

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objectif dans ce travail d’étudier l’écologie des termites du jardin botanique


Stanislas Lisowski de la Faculté des Sciences à Kisangani. Plus
spécifiquement nous avons fait : i. l’inventaire des termites terricoles du jardin
botanique ii. l’analyse de la structure spéciale des termitières en relation aux
espèces végétales présentes et iii. l’évaluation de l’activité écologique des
termites sur la structure de sol.

Matériel et méthodes
Zone d’étude
Le jardin botanique Stanislas Lisowski, crée en 1975, est situé sur le
campus de la Faculté des Sciences de l’Université de Kisangani. Cette
Université est située dans la partie orientale de la cuvette centrale congolaise
à cheval sur l'équateur. Ses coordonnées géographiques sont 0°30’Nord,
25°12’Est, avec une altitude moyenne de 396 m (Nshimba, 2008). Kisangani
possède un climat équatorial de type Af de la classification de Koppen (Kottek
et al., 2006). Les précipitations moyennes restent élevées toutes l’année (1750
mm/an), mais sa répartition n’est pas uniforme. On y observe des
fléchissements des précipitations entre décembre-février et juin-août. La
moyenne de précipitations du mois le plus sec avoisine 60 mm (Trochain,
1980). Les sols sont en général de type ferralitique, sablo-argileux et acides,
riches en fer et alumine. Ils sont profonds et fortement lessivés par les eaux
pluviales et renferment beaucoup de combinaisons à base de sable subissant
une altération par lessivassions ou dissolution (Amundala, 2014). L’humidité
relative annuelle varie de 79,6% à 84%. Le jardin couvre une superficie de 7
076 m2 (116 m de long et 61 m de large). Il est constitué des arbres forestiers
de la région de Kisangani notamment (Terminalia superba, Piptadeniastrum
ou Pericopsis elata) et une végétation herbacée aux alentours du jardin (Figure
1).

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Figure 1 : Jardin botanique Stanislas Lisowski situé sur le Campus de la Faculté des
Sciences de l’Université de Kisangani

Méthode d’échantillonnage des termites


Pour mener cette étude, le jardin a été divisé en 77 parcelles de (7,70
m x 6,40 m) séparées les unes des autres par des allées de 1m de largeur,
regroupées en 4 quadrats. Pour échantillonner les termites, chaque quadrat a
été inspecté pour la recherche de la présence ou de l’absence des termitières.
En présence d’une termitière, le nid était partiellement cassé à une profondeur
de 5 cm et au moins 10 individus de la caste des soldats étaient prélevés. Les
ouvriers n’ont pas été prélevés par manque d’une clé d’identification
spécifique à cette caste. Les spécimens ont été conservés dans des tubes à essai
contenant de l’alcool à 70% sur lesquels il était inscrit le numéro du quadrat
et l’espèce d’arbre située juste à côté (attachée) de la termitière pour
différencier les propriétés pédologiques des termitières avec ou sans arbre à
côté.

Identification des Termites


Les spécimens récoltés ont été identifiés au laboratoire des invertébrés
du Centre de Surveillance de la Biodiversité de l’Université de Kisangani

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(CSB) jusqu’au niveau du genre. Ils ont été observés au microscope


binoculaire de marque Nikon SM2 745. A cet effet, les clés d’identification de
Kalleshwaraswamy et al. (2013), Sobotnik & Dahlsjo (2017) et Ndiaye (2014)
ont été utilisées. Les éléments considérés pour cette identification étaient la
présence ou l’absence de la fontanelle, les dimensions et la forme de la tête, la
disposition des mandibules et le nombre d’article antennaire. Pour vérifier
l’impact de l’anthropisation sur les termites terricoles dans le jardin botanique,
le jardin botanique a été divisé en quatre secteurs, le bloc Nord – Est, Nord –
Ouest, Sud – Est et Sud – Ouest (Figure 2). Le nombre des termitières a été
comparé entre ces différents blocs en fonction de l’intensité de la perturbation
humaine (fréquentation). En effet, les blocs Nord-Est et Sud-Est sont
considérés comme étant les moins fréquentés relativement aux blocs Nord-
Ouest et Sud-Ouest.

Figure 2 : Subdivision en parcelles et des quadrats du Jardin Botanique Stanislas Lisowski

Analyse des propriétés physico-chimiques du sol


Les échantillons des sols ont été prélevés sur les termitières permettant
ainsi d’évaluer la concentration des différents éléments physico- chimiques.
Le prélèvement a été fait à 5 cm de profondeur du sol sur les termitières par la
méthode de diagonale (FAO, 1978 ; Girard et al., 2011). Les paramètres
physico-chimiques des sols ont été étudiés par les méthodes concernées : la
granulométrie par sédimentation successive, le pH par potentiométrie, le

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phosphore assimilable par Bray 2, ainsi que le carbone organique par Walkey
et Black (Van Ranst et al.,1983).

Analyse des données


Les indices écologiques mesurés suivants ont été mesurés dans cette étude :

L’abondance relative
L’abondance relative représente le nombre d’individu par unité
d’espace pour un genre par rapport au nombre total d’individus tous genres
confondus. Cet indice, exprimé en pourcentage, a été calculé selon la formule
de Barbault (1997):
Avec :

Ai : représente l’abondance relative ;


ni : effectif du genre ;
N : effectif total de tous les genres mis ensemble.

L’indice de Shannon
L’indice de Shannon a été utilisé pour vérifier la diversité des genres
de termites dans chaque bloc et celle du jardin toute entière. Cet indice est
calculé par la formule ci–après :
H’ = - ∑(pi*ln(pi))
H’ : indice de Shannon
i : une espèce du milieu
s : richesse spécifique = nombre de genre
Pi : Fréquence relative de l’espèce

Les données de cette étude ont été traitées sous Microsoft Excel 2019.
Le logiciel R (v. 4.0.1) a aidé pour les tests statistiques des paramètres
environnementaux et spécifiques (RDA).

Résultats
Diversité de termites
Les résultats ont révélé 78 termitières avec 55 (70,5%) actives contre
23 (29,5%) éteintes. Sur l’ensemble des 55 termitières actives, les termites
issus de 22 termitières ont été identifiés et les termitières non identifiées
n’avaient pas assez d’individu de la caste de soldat disponible lors de leur
prélèvement. Les termites identifiées dans les 22 termitières effectivement
échantillonnées, sont groupées en: deux (02) familles (les Termitidae et les
Rhinotermitidae); quarter (04) sous familles (Macrotermitinae, Termitinae,
Rhinotermitinae et Cubitermitinae) et sept (07) genres. La Famille des

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Termitidae était représentée par 6 genres dont Macrotermes Promirotermes,


Cubitermes le Pericapritermes, et Capritermes et Malaysiocapritermes. La
famille des Rhinotermitidae avait un seul genre, celui des Rhinotermes
(Tableau 1).
Tableau 1 : Genres de termites récoltés au jardin botanique et nombre de termitières dans
les blocs
Nombre de termitières
Familles Sous familles Genres
BNE BNO BSE BSO Total
Termitidae Macrotermitinae Macrotermes 1 2 2 2 7
Termitidae Termitinae Promirotermes 5 0 0 0 5
Rhinotermitidae Rhinotermitinae Rhinotermes 0 0 3 2 5
Termitidae Cubitermitinae Cubitermes 1 0 1 0 2
Termitidae Termitinae Pericapritermes 0 0 1 0 1
Termitidae Termitinae Capritermes 0 0 1 0 1
Termitidae Termitinae Malaysiocapritermes 0 0 0 1 1
Total 7 2 8 5 22
BNE : Bloc Nord-Est, BNO : Bloc Nord-Ouest, BSO : Bloc Sud-Ouest, BSE : Bloc Sud-Est

Richesse générique des termites dans les différents blocs du jardin


Stanislas Lisowski
Le tableau 2 indique que la diversité des termites était plus élevée dans
le bloc Sud-Ouest comme l’indique l’indice de Shannon (0,13) suivi du bloc
Sud-Est (0,10). Les blocs Nord-Ouest et Nord-Est étaient les moins diversifiés
avec respectivement un indice de Shannon de 0,08 et 0,06.
Tableau 2: Biodiversité comparée entre les quadrats
Quadrats Richesse spécifique Abondance relative (%) Indice de Shannon
Nord-Est 3 25,00 0,06
Nord-Ouest 1 8,33 0,08
Sud-Est 4 33,33 0,10
Sud-Ouest 4 33,33 0,13
Total 12 100 0,36

Distribution des termitières dans le jardin botanique


Deux états de termitières épigées ont été trouvés, soit 55 termitières
actives et 23 termitières éteintes. Dans le bloc Nord – Est, il y’avait 21
termitières actives et 5 termitières éteintes. Dans le bloc Nord-Ouest il y avait
5 termitières actives et 3 éteintes. Le bloc Sud-Est avait 20 termitières contre
8 éteintes et le bloc Sud-Ouest hébergeait 9 termitières actives contre 7
éteintes. Les termitières actives ont représenté 70,5% du nombre total des
termitières rencontrées contre 29,5% pour les termitières éteintes (Tableau 3).

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Tableau 3 : Distribution des termitières dans les différents blocs du jardin botanique S.
Lisowski
Termitières BNE BNO BSO BSE Total Fréquence (%)
T.A 21 5 9 20 55 70,5
T.E 5 3 7 8 23 29,5
Total 26 8 16 28 78 100
BNE : Bloc Nord-Est, BNO : Bloc Nord-Ouest, BSO : Bloc Sud-Ouest, BSE : Bloc Sud-Est
T.A : Termitière Active, T.E : Termitière Éteinte

Préférence des termites pour certaines essences d’ arbres


Sur les 7 genres de Termites identifiés dans le jardin botanique, 5
avaient des nids construits ou adossés au pied des arbres. Soit un total de 20
termitières sur 22 termitières identifiées étaient adossés sur 08 espèces
végétales regroupées dans 6 familles. Dans le jardin, les Macrotermes étaient
attachés à trois espèces d’arbre : Ficus recurvata, Pseudospondias microcarpa
et Allophylus africanus ; le genre Promirotermes était en relation avec
Borassus aethiopium et Ficus recurvata ; Rhinotermes était en relation avec
Pachyelasma tessmanii, Tetrorchidium didymostemon et
Malaysiocapritermes était en relation avec Terminalia superba (Tableau 4).
Tableau 4 : Répartition des genres de termites sur les espèces végétales
FT Genres EV NT FV
Termitidae Cubitermes Arenga piñata 2 Arecaceae
Termitidae Promirotermes Borassus 5 Arecaceae
aethiopium, Moraceae
Ficus recurvate
Termitidae Macrotermes Allophylus 7 Sapindaceae
africanus, Moraceae
Ficus recurvata, Acacardiaceae
Pseudospondias
microcarpa
Rhinotermitidae Rhinotermes Pachyelasmates 5 Fabaceae
smannii
Tetrorchidium
didymostemon
Termitidae Pericapritermes - 1 -
Termitidae Capritermes - 1 -
Termitidae Malaysiocapritermes Terminalia superba 1 Combretaceae
FT : Famille de termite, EV : Espèce végétale, FV : Famille Végétale,
NT : Nombre de termitières

Analyses physico-chimiques du sol des termitières


Les sols de toutes les termitières présentent un pH acide. Toutefois, les
termitières de Macrotermes et Promirotermes étaient légèrement acides par
rapport aux autres avec un pH de 6,5 et la termitière de Malaysiocapritermes
avait un pH basique (pH=7,1).

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En ce qui concerne les composantes physiques du sol, la termitière de


Capritermes avait le taux le plus élevé de sable (49%), suivi de Macrotermes
(46%), Pericapritermes (35%) et Malaysiocapritermes (34%). Le taux de
limon le plus élevé a été trouvé dans les termitières de Promirotermes (14,2%),
suivi de Cubitermes (14,0%), Malaysiocapritermes (5,0%) et Pericapritermes
(2%). Pour l’argile, le taux le plus élevé a été trouvé dans les termitières de
Pericapritermes (63%), suivi de Malaysiocapritermes (61%) et ceux ayant un
taux d’argile faible était celui de Promirotermes (44,8%) et celui de
Macrotermes (46%).
La moyenne la plus élevée de carbone organique dans le sol de
termitière se trouvait chez le Promirotermes (3,8 ppm) et le Rhinotermes (3,4
ppm). Néanmoins ceux ayant un taux faible se trouvait chez le
Malaysiocapritermes (1,1 ppm) et le Pericapritermes (1,6 ppm).
Pour le phosphore assimilable, le taux le plus élevé se trouvait chez les
Malaysiocapritermes (16,9 ppm) et les Rhinotermes (16,2 ppm) (Tableau 5).
Tableau 5 : Quelques caractéristiques physico-chimiques du sol des termitières en fonction
du genre de termite
Genres de termites pH Sable Limon Argile Carbone Phosphore
(%) (%) (%) (ppm) (ppm)
Macrotermes 6,5 46,0 8,0 46,0 3,1 16,3
Promirotermes 6,5 41,0 14,2 44,8 3,8 16,3
Rhinotermes 6,7 41,2 10,2 48,6 3,4 16,2
Cubitermes 6,8 38,5 14,0 47,5 1,9 15,8
Capritermes 6,7 49,0 4,0 47,0 3,1 15,9
Pericapritermes 6,4 35,0 2,0 63,0 1,6 15,9
Malaysiocapritermes 7,1 34,0 5,0 61,0 1,1 16,9

Caractéristiques physico-chimiques moyennes des sols de termitière selon


les blocs
Partant des résultats exposés dans le tableau 6 ci-après, il est à
remarquer que le bloc Sud-Est enregistre un pH élevé (6,9) par rapport aux
autres étant suivi par le bloc Nord-Est (6,7), du bloc Sud-Ouest (6,6) et le bloc
Nord-Ouest conclu avec niveau faible (6,5).
Pour le sable, la moyenne la plus élevée a été celle du bloc Nord-Ouest
(52,0%) suivi du bloc Sud-Ouest (42,5%). Pour clore, les valeurs moyennes
les plus élevées ont été obtenues avec les blocs Nord-Est et Sud-Est
(respectivement 41,1% et 40,1%). En ce qui concerne le limon, la moyenne la
plus élevée se trouvait dans le bloc Nord-Est (12,4%) suivi du bloc Sud-Ouest
(10,2%). Les valeurs les plus faibles ont été observées dans les blocs Sud-Est
et Nord-Ouest (respectivement 7,7% et 7,5%). Du côté d’argile, le bloc Sud-
Ouest (52,1%) présentait le plus grand pourcentage, suivi du bloc Sud-Ouest
(47,3%) pour clore avec le bloc Nord-Est et Nord-Ouest (41,1% et 40,1%). La
plus grande moyenne de carbone organique (CO) en particule par million dans

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le sol de termitière les plus élevée se trouvait dans le bloc Nord-Est (3,4), suivi
du bloc Sud-Est (3,2) ; le bloc Sud-Ouest et le bloc Nord-Est avaient une
moyenne faible (2,7 et 2,5). Pour le phosphore (P) assimilable, le taux le plus
élevé dans le bloc Nord-Ouest (16,7) suivi du bloc Sud-Est (16,3), et enfin le
bloc Sud-Ouest et Nord-Est avec chacun (16,1 ).
Tableau 6 : Quelques caractéristiques physico-chimiques des sols suivant le bloc
Blocs pH Sable (%) Limon (%) Argile (%) CO (ppm) P (ppm)
BSO 6,6 42,5 10,2 47,3 2,5 16,1
BSE 6,9 40,1 7,7 52,1 3,2 16,3
BNE 6,7 41,1 12,4 46,4 3,4 16,1
BNO 6,5 52,0 7,5 40,5 2,7 16,7

Associations entre les genres de Termites et les espèces végétales


Les genres Cubitermes (Cu) et Malaysiocapritermes (Mal) sont
respectivement associés aux espèces Arenga pinnata (B) et Terminalia
superba (H). Les autres genres de termites étudiés ont présenté des
associations avec plus ou moins deux espèces végétales. Il s’agit de :
Macrotermes (Ma) avec les espèces Allophylus africana (A), Ficus recurvata
(D) et Pseudospondias microcarpa (F); Promirotermes (Pro) avec les espèces
Borassus aethiopum (C) et Ficus recurvata (D) ainsi que Rhinotermes (Rhi)
avec les espèces Pachyelasma tessmanii (E) et Tetrorchidium didymostemon
(I). Les genres Capritermes (Ca) et Pericapritermes (Pe) n’ont pas présenté
d’association avec les espèces végétales (Figure 3).

Figure 3 : Association entre les genres de termite et les espèces végétales

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Allophylus africana (A), Arenga pinnata (B), Borassus aethiopum (C),


Ficus recurvata (D), Pachyelasma tessmanii (E), Pseudospondia microcarpa
(F), Terminalia superba (G), Tetrorchidium didymostemon (H). Ca, Cu, Ma,
Mal, Pe, Pro et Rhi respectivement les genres Capritermes, Cubitermes,
Macrotermes, Malaysiocapritermes, Pericapritermes, Promirotermes et
Rhinotermes.
Les images ci-dessous illustrent la manière dont les termitières étaient
attachées aux arbres. Ces termitières hypogées sont construites à même le
tronc, généralement à une hauteur allant de quelques cm à près de deux mètres.
Elles peuvent envelopper partiellement ou totalement le tronc formant des
mottes de terres massives ou en colonnes suivant la forme de l’ arbre. Le
matériaux qui est un mélange de terre, salive et de matières organiques forme
une pâte résistante qui adhère étroitement à l’ écorce des arbres. Elles montrent
clairement l’interaction entre la structure des termitières et les arbres (Figure
4).

A B

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C D
Figure 4 : Association termitières arbres (Combretum lokele A et B. Ficus recurvata C et
D), dans le jardin botanique Stanislas Lisowski, Faculté des Sciences de l’Université de
Kisangani RD Congo

Effet des propriétés du sol sur la fréquence des termites dans le jardin
Stanislas
Les deux premiers axes de l’analyse de redondance (RDA) expriment
93,87% de la variabilité totale (RDA1=77.5% et RDA2=16.37%). Trois
variables édaphiques ont discriminé la fréquence de Termites, à savoir le sable,
le limon et le pH (Figure 3). De ces trois variables, les propriétés texturales
(sable et limon) sont les plus discriminantes (Figure 5).

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Figure 5 : Variables édaphiques discriminant la fréquence des genres de termites dans le


jardin botanique Stanislas Lisowski Les blocs Nord-Est (Row 1), Nord-Ouest (Row 2),
Sud-Est (Row 3) et Sud-Ouest (Row 4)

Discussion
Sur l’ensemble des 7 genres recensés, 4 genres (Promirotermes,
Rhinotermes, Capritermes et Malaysiocapritermes) ont été identifiés pour la
première fois dans la région de Kisangani. L’indice de diversité de Shannon
calculé est de 0,36, ce qui traduit une diversité spécifique relativement faible.
En effet, cet indice est bien inférieur à l’indice de Shannon maximal théorique
(H’max =2,48), qui aurait été atteint en cas de distribution parfaitement
équitable des genres. Par conséquent, bien que la richesse générique soit
modérée, la faible valeur de l’indice de Shannon indique une répartition
déséquilibrée des genres et une dominance de certains espèces dans les
quadrats étudiés.
Les études se rapportant sur la densité des termitières épigées font état
d’informations similaires. Nye (1955) remarque une diminution spectaculaire
des densités après défrichement d’une forêt près d’Ibadan au sud du Nigéria.
Dans la même région, Lal (1987) affirme pourtant que les densités peuvent
augmenter après la mise en jachère. Tano et Lepage (1993) et Tano (1993)
parviennent aux mêmes conclusions en Côtes d’Ivoire.
Un vaste inventaire des nids de Macrotermes en Tanzanie montre que la
distribution des termitières semble peu dépendante de l'utilisation agricole des
sols (Jones, 1990). Enfin, les paramètres climatiques seraient de bons
indicateurs de la répartition de certaines espèces. Pomeroy (1977) montre, en

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Ouganda, que les densités des nids de Macrotermes bellicosus et Macrotermes


Subhyalinus sont corrélés à la pluviométrie et à la température annuelle.
Des études faites auparavant dans la Réserve Forestière de Yoko rive
gauche de Kisangani, Danabiko (2013) a identifié 24 espèces appartenant à 4
sous-familles et une famille. Dans la Réserve Forestière de Masako, Soki
(1994) a récolté 75 espèces de Termites appartenant à deux familles
(Rhinotermitidae et Termitidae) dont 43 espèces ont été signalées pour la
première fois. La richesse spécifique était de 47 et l’indice de Shannon était
de 3,36. La grande différence en termes du nombre de genres récoltés serait
due à l’étendue prospectée, 400 ha dans le cas de Soki (1994) contre 0,70 ha
dans notre cas. Quant à l’étude de Danabiko (2013), la différence serait due à
la diversité des substrats prospectés (monticules de sol, troncs d’arbres et
litières) contrairement à la présente étude qui était focalisée seulement sur les
termitières épigées.
Les résultats sur la structure spatiale indiquent que trois genres de
termite (Macrotermes, Promirotermes et Rhinotermes) avaient présenté une
association multiple avec plus d’une espèce végétale. Par contre, deux genres
de termite (Cubitermes et Malaysiocapritermes) étaient associés à une seule
espèce végétale et deux genres (Pericapritermes et Capritermes) n’ont pas
montré d’association. Une telle association entre les espèces ligneuses et les
termites à nids épigés a été observée dans la sous-famille des Macrotermitinae
en Afrique et en Asie (Wood, 1996). Holt & Lepage (2000) et Fleming &
Loveridge (2003) ont montré que les termitières supportent une végétation
ligneuse et herbacée assez distinctes du paysage environnant (Spain &
McIvor, 1988). De ce fait, Logan et El Bakri (1990) s’interrogent si les
termitières jouent un rôle positif ou négatif sur la végétation. Par ailleurs,
l’association entre les termitières et les espèces ligneuses a suscité des
discussions sur le rapport entre le termite constructeur et les espèces végétales
: qui précède l’autre ? Ouédraogo (1997), dans un écosystème subsahélien, a
trouvé une densité des espèces du genre Boscia 10 fois plus élevée sur les
termitières de Macrotermes, 3,5 fois plus élevée pour Pterocarpus lucens et
l’espèce Acacia ataxacantha a été trouvée sur les termitières seulement.
L’analyse du pH du sol dans le jardin botanique révèle une acidité faible,
avec des valeurs proches de la neutralité dans l’ensemble des blocs (pH
compris en 6,5 et 6,9). Selon Bachelier (1977), dans sa mise au point sur
l’action des termites dans le sol, le pH des termitières est généralement proche
de celui du sol adjacent, et tend à se situer également autour de la neutralité.
Ces observations confirment que les conditions chimiques du sol du jardin
sont compatibles avec celles fréquemment rencontrées dans les habitats à
termitière. Le pourcentage d'argiles et de limons dans les termitières s'explique
par la préférence de ces matériaux par les termites. La préférence de l'argile
découle non seulement de la facilité de transport des grains par les ouvriers

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mais aussi par le rôle que l'argile joue dans la stabilité des termitières selon
Jouquet et al. (2004).
La teneur élevée en carbone s’explique par l’accumulation de matière
organique fécale issue de la digestion et l’incorporation de salive par les
termites pendant les activités de construction (Lee & Wood, 1971). Le
phosphore avait une tendance d’élévation qui dépendait du taux de l’argile
dans la termitière. Moins la teneur en argile était élevée, plus la teneur du
phosphore était élevée dans la termitière.
Les résultats sur l’effet des propriétés du sol sur la fréquence des
termitières ont montré que trois variables édaphiques ont discriminé la
fréquence de termites, à savoir le sable, le limon et le pH. De ces trois
variables, les propriétés texturales (sable et limon) sont les plus
discriminantes. Il n’y a pratiquement pas de travaux qui comparent les effets
des propriétés du sol sur la fréquence des termites. Par conséquent, les présents
résultats constituent une nouvelle vue sur cet aspect.

Conclusion
Au total 22 spécimens des termites ont été identifié appartenant à 7
genres (Macrotermes, Promirotermes, Rhinotermes, Cubitermes,
Capritermes, Pericapritermes et Malaysiocapritermes) pour 4 sous – familles
(Macrotermitinae, Termitinae, Rhinotermitinae, Cubitermitinae) et 2 familles
(Termitidae et Rhinotermitidae). Quatre (4) genres (Promirotermes,
Rhinotermes, Capritermes et Malaysiocapritermes) sont pour la première fois
retrouvés à Kisangani.
Sur 07 genres de termites identifiés, 05 ont leurs termitières adossées sur
les troncs d’arbres. Les termites modifient la structuration des sols et
notamment les variables édaphiques à savoir le sable, le limon et le pH. De
ces trois variables, les propriétés texturales (sable et limon) sont les plus
modifiées. Cette activité des termites dans la restructuration des sols pourrait
être exploité dans le domaine de l’agriculture.
Nous suggérons pour les prochains travaux de fournir des efforts élevés
en avançant sur les différents types des termitières non prises en compte par
ce travail et d’élargir les champs d’actions dans l’étude des propriétés physico-
chimiques des termitières.

Remerciements : Nous remercions la Faculté de Gestion des Ressources


Naturelles Renouvelables, Université de Kisangani et à travers elle le
laboratoire de pédologie dont la contribution pour le présent travail a été
significative.

Conflit d'intérêts : Les auteurs n'ont signalé aucun conflit d'intérêts.

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Disponibilité des données : Toutes les données sont incluses dans le contenu
de l'article.

Déclaration de financement : Les auteurs n'ont obtenu aucun financement


pour cette recherche.

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