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Limites de l'esprit et vérité sociale

L'esprit humain, bien qu'il aspire à la vérité, est limité et sujet à l'erreur en raison de sa nature. La société est présentée comme la source des biens intellectuels et de la civilisation, influençant notre raison et nos facultés esthétiques. Les individus doivent reconnaître leur dépendance à la collectivité, qui façonne leur existence et leur morale.

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Limites de l'esprit et vérité sociale

L'esprit humain, bien qu'il aspire à la vérité, est limité et sujet à l'erreur en raison de sa nature. La société est présentée comme la source des biens intellectuels et de la civilisation, influençant notre raison et nos facultés esthétiques. Les individus doivent reconnaître leur dépendance à la collectivité, qui façonne leur existence et leur morale.

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Quand nous supposerions l’homme maître absolu de son esprit et de ses idées, il serait encore

nécessairement sujet à l’erreur par sa nature. Car l’esprit de l’homme est limité, et tout esprit
limité est par sa nature sujet à l’erreur. La raison en est que les moindres choses ont entre elles
une infinité de rapports, et qu’il faut un esprit infini pour les comprendre. Ainsi, un esprit limité
ne pouvant embrasser ni comprendre tous ces rapports, quelque effort qu’il fasse, il est porté à
croire que ceux qu’il n’aperçoit pas n’existent point, principalement lorsqu’il ne fait pas attention
à la faiblesse et à la limitation de son esprit, ce qui lui est fort ordinaire. Ainsi, la limitation de
l’esprit toute seule emporte avec soi la capacité de tomber dans l’erreur.
Toutefois si les hommes, dans l’état même où ils sont de faiblesse et de corruption, faisaient
toujours bon usage de leur liberté, ils ne se tromperaient jamais. Et c’est pour cela que tout
homme qui tombe dans l’erreur est blâmé avec justice et mérite même d’être puni : car il suffit,
pour ne point se tromper, de ne juger que de ce qu’on voit, et de ne faire jamais des jugements
entiers que des choses que l’on est assuré d’avoir examinées dans toutes leurs parties : ce que les
hommes peuvent faire. Mais ils aiment mieux s’assujettir à l’erreur que de s’assujettir à la règle
de la vérité : ils veulent décider sans peine et sans examen. Ainsi, il ne faut pas s’étonner s’ils
tombent dans un nombre infini d’erreurs et s’ils font souvent des jugements assez incertains.

MALEBRANCHE, Recherche de la vérité

La société (…) est la source et le lieu de tous les biens intellectuels qui constituent la civilisation.
C’est de la société que nous vient tout l’essentiel de notre vie mentale. Notre raison individuelle
est et vaut ce que vaut cette raison collective et impersonnelle qu’est la science, qui est une chose
sociale au premier chef et par la manière dont elle se fait et par la manière dont elle se conserve.
Nos facultés esthétiques, la finesse de notre goût dépendent de ce qu’est l’art, chose sociale au
même titre. C’est à la société que nous devons notre empire sur les choses qui fait partie de notre
grandeur. C’est elle qui nous affranchit de la nature. N’est-il pas naturel dès lors que nous nous la
représentions comme un être psychique supérieur à celui que nous sommes et d’où ce dernier
émane ? Par suite, on s’explique que, quand elle réclame de nous ces sacrifices petits ou grands
qui forment la trame de la vie morale, nous nous inclinions devant elle avec déférence.
Le croyant s’incline devant Dieu, parce que c’est de Dieu qu’il croit tenir l’être, et
particulièrement son être mental, son âme. Nous avons les mêmes raisons d’éprouver ce
sentiment pour la collectivité.

DURKHEIM, Sociologie et Philosophie

Changer, est-ce devenir quelqu’un d’autre ?

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