0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
9 vues21 pages

Généralités sur le béton et ses composants

Le béton est un matériau composite essentiel en construction, composé de granulats, ciment et eau, dont la formulation a évolué vers une science des matériaux. Son histoire remonte à 7000 ans avant JC, mais son utilisation moderne a été popularisée par le ciment Portland breveté en 1824. Les ajouts cimentaires et les adjuvants jouent un rôle crucial dans l'amélioration des propriétés du béton, tout en offrant des avantages économiques et écologiques.

Transféré par

benamorabdelwahab1
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
9 vues21 pages

Généralités sur le béton et ses composants

Le béton est un matériau composite essentiel en construction, composé de granulats, ciment et eau, dont la formulation a évolué vers une science des matériaux. Son histoire remonte à 7000 ans avant JC, mais son utilisation moderne a été popularisée par le ciment Portland breveté en 1824. Les ajouts cimentaires et les adjuvants jouent un rôle crucial dans l'amélioration des propriétés du béton, tout en offrant des avantages économiques et écologiques.

Transféré par

benamorabdelwahab1
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

GENERALITE SUR LES BETONS

I.1 Introduction

Le béton est le matériau de construction par excellence depuis presque un


siècle. Constituer à l’origine de seulement quatre composants (gravillons,
sable, ciment et eau), leurs méthodes de formulation ont évolué d’un
savoir-faire empirique vers la science des matériaux.

Ces constituants (composants) sont dosés, en fonction de leurs propriétés,


de manière à obtenir, après réaction physico-chimique entre eux, un
produit solide dont les caractéristiques physiques et mécaniques peuvent
être très supérieures à celles des roches les plus résistantes.

Dans la mesure où le ciment est un liant hydraulique lui-même fabriqué


avec des minéraux naturels, le béton peut être considéré comme une
roche artificielle.

Nous abondons dans ce travail un type de béton qui est le béton ordinaire,
est un matériau de construction composite constitué d’un mélange de
granulats (sable, gravillons) et d’un liant. Le liant appelé ciment, c’est un
liant hydraulique.

I.2 Historique

Le béton est né du besoin d’avoir un matériau de construction bon


marché, malléable au moment de le mettre en place et résistant ensuite.

La forme la plus ancienne du béton remonte à 7000 ans avant JC. Un


matériau similaire était connu des égyptiens et des Romains, mais l’essor
réel du béton tel qu’on le connaît aujourd’hui est dû à l’anglais Joseph
Aspidine qui en 1824 fait breveter le ciment Portland [1].

I.3 Définition d’un béton

Un béton est un matériau composite résultant du mélange judicieusement


dosé d’un squelette granulaire (gravie et sable) et d’une matrice pâteuse
durcissable composée de ciment, d’eau, le plus souvent, parfois
d’adjuvants. Après le durcissement il devient un matériau pierreux [1].
Tableau I.1 : La teneur des constituants du béton en poids et en volume
[2].

Constituants Eau Air Ciment Granulats

Volume (%) 14-221-6 7-14 60-78

Poids (%) 5-9 -- 9-18 63-85

I.4 Composition du béton

Le béton est un matériau composite constitué de granulats gros et fins


(gravier ou pierre concassée, sable), de ciment et d'eau. Le mélange entre
le ciment et l'eau forme une pâte qui durcit.

La pâte de ciment hydraté et le sable constituent le mortier Celui-ci à pour


rôle de se lier avec les gros granulats pour former un conglomérat solide.

Les adjuvants et les additions servent à améliorer certaines


caractéristiques du béton frais ou durci.

Figure I.1 les composant du bêton.

I.4.1 Ciments

Le ciment se présente sous la forme d'une poudre fine de couleur grise ou


blanche.

La dimension des grains de ciment est caractérisée par la valeur de la


finesse Blaine qui mesure la surface totale des grains contenus dans un
gramme ; la finesse Blaine des ciments est de l'ordre de 3 500 à 4 500
cm2/g [3].

La dimension caractéristique des grains de ciment est d'environ 30 à 50.

Le clinker, issu de ce procédé, est employé pour la préparation d’une


majorité des ciments.

Les clinkers peuvent avoir des compositions variables mais les oxydes
principaux sont toujours les mêmes [4] : la chaux (CaO), la silice (SiO2),
l’alumine (Al2O3) et la ferrite (Fe2O3). Le clinker est un matériau de base
auquel on peut trouver nombre d’ajouts pour la préparation des ciments,
qui sont disponibles sur le marché. On peut ainsi ajouter, des cendres
volantes, des laitiers de hauts fourneaux, ou encore des fumées de silice.

On modifie ainsi la composition du ciment et par voie de conséquence ses


propriétés (figure I.2).

Les compositions sont normalisées en fonction des compositions et des


mélanges (tableau I.2)

Tableau I.2. Classification des ciments selon la norme EN 206 [5]

Ciment Portlan

d Ciment Portland

composé Ciment de haut fourneau Ciment pouzzolanique Ciment au


laitier et aux

cendres

CEM I CEM II/A CEM II/B CEM III/A CEM III/B CEM III/C CEM
IV/A CEM IV/B CE M

V/

A CEM

V/B

Clinker (K) 95% 80%

≤94% 65%

≤79% 35%

≤64% 20%

≤34% 5%

≤19% 65%
≤90% 45%

≤64% 40%

64% 20%

≤39%

Laitier (S) * 6%≤ 21%≤ 36% 66% 81 * * 18% 31%

total total ≤65% ≤80% V 9% ≤


≤50%

≤20% ≤35% 30%

Pouzzolanes * (fumée (fumée * * * 10%≤


36%≤ 18% 31%≤

(Z) de de total total ≤ total

silice silice ≤35% ≤55% total


Cendres

Cendres ≤ * * * *

50% ≤10%) ≤10%) (fumée (fumée


≤ ≤50%

siliceuses de de 30%

(V) silice

≤10%) silice

≤10%)

Fumée de * * * * * *

silice (D)

Cendres * * * * * * * *

calciques

(W)

Schistes (T)* * * * * * * *

Calcaires * * * * * * *

(L)

Fillers (F) * * * * * * * * * *
Figure I.2. Nature chimique des différents types de ciment [5]

Un ciment est constitué de phases anhydres qui vont s’hydrater en


présence d’eau.

C’est l’ensemble de ces réactions que l’on définit comme l’hydratation du


ciment [6,7].

Le clinker, constitutif de l’essentiel de ce que l’on nomme un ciment


Portland, peut être pris en exemple pour décrire le processus
d’hydratation. Dans le cas de ciments dits « mélangés

», les réactions sont identiques, seules vont changer les proportions ou


certaines stœchiométries des hydrates formés [8, 7].

La pâte fraîche obtenue se présente comme un système dispersé de


grains de silicates

[8,9].

Les équations (1) et (2) représente nt les réactions chimiques produites


durant l’hydratation et donnant les composés hydratés du matériau selon
[10, 11, 12] :

2C3 S  6H2 O C3 S2 H3  3Ca(OH)2 (I.1)

2C2 S  4H2 O C3 S2 H3 Ca(OH)2 (I.2)

Les deux hydrates principalement formés sont les silicates de calcium


hydratés de la Forme C3S2H3, notés « CSH » et la portlandite Ca(OH) 2
symbolisée CH.

D’autres composés mineurs sont également formés durant l’hydratation,


tels que des hydroxydes d’aluminium, des aluminates de calcium hydratés
ou de l’ettringite [13].

La quantité d’eau apportée durant la fabrication du matériau est


généralement supérieure à la quantité utile à l’hydratation complète du
ciment, pour favoriser la maniabilité à l’état frais.
Cependant, avec l’avancée de l’hydratation, le cheminement de l’eau
jusqu’aux phases anhydres est gêné par les hydrates déjà formés [14, 15].

Ainsi, même si elle ralentit considérablement, l’hydratation se poursuit


dans la microstructure du matériau par diffusion de l’eau.

La quantité d’eau est généralement rapportée à la quantité de ciment et


cela est noté rapport eau sur ciment (E/C). Plus le matériau présent un E/C
faible, plus sa matrice cimentaire est dense.

De ce fait, le rapport E/C est un paramètre qui influence la microstructure


se formant durant l’hydratation [16, 17].

I.4.2 Les granulats

Les granulats (gravillon et sable) forment les squelettes du béton. Les


granulats doivent être chimiquement stables lors du contact avec les
autres constituants. Pour obtenir un béton avec de bonnes
caractéristiques, le choix de l'agrégat s'avère alors très important. La
nature, la forme et la granularité des granulats influencent fortement les
propriétés des bétons à l’état frais et durci [18, 17].

Les granulats constituent la phase dominante du béton, (70% du volume)


et se caractérisent par les propriétés intrinsèques de la roche dont ils sont
issus : coloration, caractéristiques mécaniques et physico-chimiques [19].

Ils vont influencer directement les propriétés esthétiques, mécaniques et


la durabilité du béton. Le granulat est généralement composé de fillers, de
sable, de gravier, de pierres concassées, de galets ou de cailloux (selon sa
dimension) [20].

Ils sont obtenus en exploitant des gisements de sable et de gravier


d’origine alluvionnaire, terrestre ou maritime, en concassant des roches
massives, ou encore par le recyclage de produits tels que les matériaux de
démolition [21, 17].

I.4.3 Adjuvants

Les adjuvants sont des produits chimiques incorporés en faibles quantités


au béton frais afin d'en améliorer certaines propriétés.

Ils représentent entre 1 et 5 % du poids du ciment, leur rôle et leur


efficacité dépendent de la nature du produit chimique et de l'homogénéité
de leur répartition dans la masse du béton frais [22, 23].
Figure I.3 mode d’action de superplastifiant.

I.4.4 Eau de gâchage

L’eau est un des ingrédients essentiels du béton, elle intervient à toutes


les étapes de la vie du matériau par ses propriétés physico-chimiques et
mécaniques.

L’eau introduite dans le béton lors de sa fabrication va remplir deux


fonctions essentielles : une fonction physique qui confère au béton frais
des propriétés rhéologiques permettant son écoulement et son moulage et
une fonction chimique qui contribue au développement de la réaction
d’hydratation.

L'eau de gâchage peut avoir plusieurs origines, mais seule l’eau potable
est présumée conforme aux exigences de la norme NF EN 1008, les autres
comme l’eau récupérée de la fabrication de bétons, eaux d'origine
souterraine, eaux naturelles de surface et eaux de rejet industriel, eau de
mer, doivent être soumises à des essais de contrôle préliminaire ainsi que
les essais chimiques [24].

I.4.5 Les additions

Selon la norme NF EN 206-1 ; une addition est un « matériau minéral


finement divisé et pouvant être ajouté au béton afin d’améliorer certaines
de ses propriétés ou pour lui conférer des propriétés particulières ».

Les additions minérales sont aussi connues par leur influence sur les
propriétés du béton à l'état frais et à l'état durci, et améliorent
considérablement la fluidité dans certains cas d'addition, elles améliorent
aussi la granulométrie», qui est un remplissage par les éléments les plus
fins (de
taille inférieure à 80 μm) des vides laissés par les éléments les plus gros
(sables) et éventuellement, une contribution directe à la résistance par la
formation d’hydrates, en général à long terme [25] .

I.5 Ajouts cimentaires

I.5.1 Définition des ajouts cimentaires

Les ajouts cimentaires sont des matériaux que l’on mélange au ciment
Portland et donnent certaines propriétés au béton, grâce à leurs activités
hydrauliques et/ou pouzzolaniques.

L’utilisation d’ajouts cimentaires dans les industries du ciment et du béton


présente des avantages techniques, économiques et écologiques.

I.5.2 Classification des ajouts minéraux

Les ajouts peuvent être naturels ou artificiels, inertes ou actifs Les ajouts
peuvent réagir en tant que matériau hydraulique, hydraulique latent ou
pouzzolanique, ou encore sous forme de fillers. Ils se divisent selon leur
réactivité comme le montre le (Tableau I.3) ci dessous. [26]

TYPE REACTIVITEMATERIAUX

Hydraulique

Fortement réactif Ciments spéciaux-chaux hydraulique

Hydraulique

Latent Laitier granule-cendres volantes riche en calcium

(calciques)

Pouzzolanique Fortement réactif Fumée de silice

oyennement réactif Cendres volantes pauvre en calcium,


pouzzolanes naturelles (verre volcanique, tufs volcanique,

trass phonolithe, terres a diatomées)


Faiblement réactif Scories cristallines

Inerte Non réactif Fillers (farine calcaire,…) fibres, pigments

colorants, matières expansives,

Tableau. I.3. Classification des ajouts. [26]

I.5.3 Bénéfices de l’utilisation des ajouts cimentaires : [27]

La recherche d’un liant moins coûteux en utilisant des déchets industriels


et des ressources naturelles est devenue une préoccupation majeure pour
palier au déficit dans la fabrication du ciment portland.

Les ajouts permettent soit d’améliorer les caractéristiques du béton ou de


lui conférer des propriétés spécifiques.

Les ajouts sont souvent meilleur marché que le ciment Portland et


permettent d’obtenir des avantages économiques écologiques et
techniques.

I.5.3.a. Avantages économiques [27]

Typiquement, le ciment Portland est le composant le plus coûteux d’un


mélange de béton, puisqu’il est un matériau à forte intensité d’énergie.

La plupart des matériaux susceptibles de remplacer le ciment dans le


béton sont des sous- produits, et, à ce titre, demandent relativement
moins d’énergie, sinon aucune, et sont beaucoup moins coûteux que le
ciment portland.

Toutefois, la distance qui sépare la source des ajouts cimentaires et


l’utilisateur final et le coût élevé du transport qui en résulte risquent de
l’emporter sur leurs avantages économiques potentiels.

De même, le manque de stockage abordable est parfois une barrière à


leur utilisation dans certains marchés, bien qu’il soit difficile à prédire, le
prix des ajouts cimentaires pourrait se comparer à celui du ciment si la
demande en béton ne diminuait pas, dans ce monde que menace le CO2,
et c’est bien le gaz carbonique qui pourrait finalement décider de la valeur
de ces denrées.
I.5.3.b. Avantages écologiques [27]

La production d’une tonne de ciment Portland libère dans l’atmosphère


une quantité quasi équivalente de gaz carbonique.

De ce fait, le remplacement du ciment Portland par les ajouts cimentaires


réduit d’autant les émissions de CO2.

En général, l’utilisation de cendres volantes et de fumées de silice comme


ajouts cimentaires ne demande pas un traitement à forte intensité
d’énergie, le laitier, par contre, doit être granulé et sa granulation
provoque l’émission d’environ 0,07 tonne de CO2 par tonne de LGHF
(laitier granulé de haut fourneau) produit.

À cela, il faut ajouter les émissions de CO2 causées par le transport des
matériaux jusqu’au chantier de construction, les études montrent que le
transport (par camion et chemin de fer) d’une tonne d’ajouts cimentaires
sur une distance de 1 000 Km libère environ 0,022 tonne de

28 CO2. Il convient donc de considérer tous les paramètres avant d’établir


les avantages écologiques des ajouts cimentaires sur le ciment.

I.5.4.c. Avantages techniques [27]

D’abord, l’incorporation de particules très fines dans un mélange de béton


permet d’améliorer sa maniabilité et de réduire le besoin en eau à une
consistance donnée (sauf pour les matériaux à très grande surface active,
comme les fumées de silice). Ensuite, les ajouts cimentaires améliorent
généralement la résistance à la compression, l’imperméabilité et la
ténacité aux attaques chimiques.

Enfin, parce qu’ils permettent une moindre chaleur d’hydratation des


ciments composés améliorent la résistance à la fissuration en climat
chaud.

I.6. Les différents types d’ajouts

I.6.1 Le méta kaolin


Le métakaolin est une pouzzolane de synthèse, issue du traitement de la
kaolinite, argile assez courante sur la surface du globe, le métakaolin
appartient à la famille des ultrafines, particules minérales de dimension
inférieure à 10 μm, utilisées dans les bétons et les mortiers pour améliorer
les propriétés mécaniques et la durabilité.

Le métakaolin (MK) est obtenu par la calcination de la kaolinite à une


température entre500˚C et 800˚C, industriellement il existe
essentiellement deux modes de calcination, une calcination lente (cinq
heures environ dans des unités de production) [28] et une calcination flash
(très rapide en comparaison avec la calcination lente) [29-30] et [31].

À une température élevée, la kaolinite perd son eau par des hydroxylation
selon l’équation suivante (Équation 1.3):

Kaolinite → Métakaolin + eau

Al2O3, 2SiO2, 2H2O → Al2O3, 2SiO2 + 2H2O (Eq 1.3)

(En notation cimentière)

L'incorporation du métakaolin dans la fabrication des bétons, permet de


transformer la chaux en hydrates stables, d'homogénéiser les teintes, de
réduire les efflorescences, d'améliorer la compacité, et d'éclaircir les
parements.

Le métakaolin est considéré comme une matière pouzzolanique en raison


de sa surface spécifique élevée et de la silice amorphe qui entre dans la
composition de cet aluminosilicate [32].

Elle permet d'augmenter la résistance ainsi que la durabilité des matrices


cimentaires, due à la réduction de la taille des pores et la fermeture de la
connectivité de ces pores, ainsi qu'une perméabilité plus faible que celle
des bétons avec fumée de silice ou cendres volantes [33].

I.6.2. Laitier des hauts fourneaux

Le laitier vitrifié moulu provient du broyage du laitier vitrifié granulé ou


bouleté, qui provient de la fabrication de la fonte et il est obtenu par la
trempe du laitier à sa sortie du four. Par contre, les laitiers de fonte non
trempés cristallisés et donc non vitrifié sont utilisés comme ballast ou
comme granulats et ne peuvent pas être utilisés comme ajouts cimentaire.
De même les laitiers d’aciéries et tous les laitiers de métaux non ferreux
qui peuvent contenir des éléments nuisibles aux bétons tels que les sels
métalliques sont exclus de l’industrie de ciment. La norme NF P18-506
[34] distingue deux classes de laitier A et B ; la dernière est la plus
réactive, sa finesse étant plus élevée. Les laitiers conformes à la norme NF
P 18-506 [34] sont des additions de type II au sens de la norme EN 206-
1[35] mais seuls les laitiers de classe B sont substituables au ciment au
sens et selon les conditions de cette norme

I.6.3. Cendres volantes

Les cendres volantes sont des poudres fines constituées principalement de


particules vitreuses de forme sphérique, issues de la combustion du
charbon pulvérisé en présence ou non de CO-combustibles, ayant des
propriétés pouzzolaniques et composées essentiellement de SiO2 et de
Al2O3 ; la proportion de SiO2 réactive constituant au moins 25 % de la
masse.

Les cendres volantes conformes à la norme NF EN 450 [36] sont des


additions de type II au sens de la norme EN 206-1[35], et sont
substituables au ciment au sens et selon les conditions de cette norme.

I.6.4. Additions calcaires

Les additions calcaires sont des produits secs finement divisés, obtenus
par broyage et/ou sélection. Ils proviennent de gisements de roches
calcaires qui peuvent être dolomitiques, massives ou meubles.

Les additions calcaires conformes à la norme NF P18-508 [37] sont du type


I selon la norme EN 206-1 [35] et sont substituables au ciment au sens et
sous les conditions de cette norme.

I.6.5. Fumée de silice


La fumée de silice est une poudre amorphe finement divisée résultant de
la production d’alliages de silicium ou contenant du silicium. Elle est
entraînée depuis la zone de combustion des fours par les gaz, vers le
système de captage. La norme distingue deux classes A et B ; les fumées
de silice de classe A étant les plus riches en silice et sont plus fines. Une
fumée de silice de classe A ou B, conforme à la norme est une addition du
type II au sens de la norme EN 206-1

[35] et est substituable au ciment au sens et aux conditions de cette


norme.

Toutefois, compte tenu de la très grande finesse de cette addition et de


leur très grande réactivité avec la portlandite libérée par l’hydratation du
ciment, leur proportion est limitée à 10

% et leur emploi est réservé aux bétons contenant un superplastifiant.

I.6.6. Pouzzolanes

Le terme pouzzolane tire son nom de Pouzzoles, une localité près de


Naples en Italie, riche en terre volcanique. La pouzzolane naturelle est une
roche siliceuse légère produite par des projections volcaniques
basaltiques. Elle comporte de la silice, de l'alumine, de l'oxyde ferrique qui
lui donne sa couleur rouge, ainsi que de la chaux et de la magnésie. La
pouzzolane possède une structure alvéolaire. La pouzzolane est
généralement rouge ou noire, avec toutes les teintes intermédiaires,
exceptionnellement grise. Il existe également des pouzzolanes artificielles,

obtenues par calcination de terres argileuses, de basaltes ou de schistes :


leurs propriétés sont équivalentes à celles de la pouzzolane naturelle.

Elle sert comme ajout cimentaire afin de réduire le cout de ciment. Elle est
également utilisée pour le jardinage, les constructions, l'assainissement
non collectif et les routes. L’application de la pouzzolane dans les jardins
peut être multiple : en grosse granulométrie la pouzzolane est utilisée
comme roche décorative (paillage) comparable à l'écorce de pin pour
limiter l'enherbement, par exemple, dans les massifs d'arbustes ; et en
petite granulométrie la pouzzolane sert dans la composition du substrat de
certaines cultures comme les bonsaï, l'hydrophone ou pour le lagunage
des piscines biologiques. Ce type de roche assure un bon drainage au
niveau racinaire. Les bords coupants de la pouzzolane favorisent le
développement des radicelles. [37]

I.7. Les différents types du béton [38]

Le matériau, fait l’exception pour le remplacer dans la construction ;


techniquement et économiquement. Nous assistons a différents types de
béton d’où :

I.7.1. Béton auto plaçant (BAP)

Un béton auto plaçant est un béton très fluide, homogène et stable, mis en
œuvre sans vibration (la compaction des BAP s’effectuent par le seul effet
gravitaire) et conférant à la structure une qualité au moins équivalente à
celle correspondant aux bétons classiques mis en œuvre par vibration

I.7.2. Le béton a haute performance (BHP)

Se caractérisent par une résistance à la compression à 28 jours supérieure


à 50 MPa sur cylindre; un rapport eau efficace/liant équivalent inférieur à
0,4. Ils présentent une structure très dense, une faible porosité et une très
bonne résistance à la pénétration d’agents agressifs

I.7.3. Béton ordinaire

Est un ensemble homogène obtenu par le mélange du ciment, de l’eau,


des granulats et quelque fois d’adjuvants. Sa masse volumique se situe
aux alentours de 2500 Kg/m³. Les bétons peuvent être armés ou non, ou
même précontraints. Ses performances (durabilité, résistance au feu, etc.)
varient selon ses composants. C’est un matériau dont le moulage est
assez facile et il est adapté à tous les types de formes d’ouvrage [39].

I.7.4. Béton préfabriqué

La fabrication est une solution technique qui consiste à fabriquer à


l’avance des produits (éléments de construction) généralement en grand
nombre répétitif soit en usine ou sur chantier pour être montés sur place
par la suite.

I.7.5. Béton de fibre

Ce sont des bétons dans lesquels ont été incorporées des fibres de nature,
dimension et géométrie diverses, dans le but de leur conférer certaines
propriétés. De façon générale, ces bétons présentent : une meilleure
résistance à la traction, une amélioration des résistances mécaniques
(jeune âge, chocs, cisaillement, usure, abrasion...), une bonne maîtrise de
la fissuration, une amélioration en matière de plasticité, de moulage et
d'aspect de surface [39].

I.8. Formulation du béton

L’étude de la composition d’un béton, consiste à définir le mélange


optimal des différents granulats dont on dispose ainsi que le dosage en
ciment et eau, afin de réaliser un béton dont les qualités soient celles
recherchées pour la construction de l’ouvrage ou de partie d’ouvrage en
cause.

I.8.1 Méthode de Dreux-Gorisse

C’est une méthode pratique qui simplifie et rend la formulation du béton


plus pragmatique. Elle consiste à rechercher conjointement la résistance à
la compression et l’ouvrabilité désirée à partir des données de base
essentielles pour la formulation du béton telles que la dimension des
granulats(D).

La méthode de formulation de Dreux-Gorisse permet de déterminer les


quantités optimales de matériaux (eau E, ciment C, sable S et gravier G)
nécessaires à la confection d’un mètre cube de béton. Plusieurs étapes de
calcul successives sont nécessaires à l’obtention de la formulation
théorique de béton. Il faut déterminer au préalable le rapport E/C [24].

I.8.1. A. Données de base

• Nature de l’ouvrage :
La connaissance de la nature de l’ouvrage est nécessaire : ouvrage massif
ou au contraire élancé et de faible épaisseur, faiblement ou très ferraillé. Il
sera nécessaire de connaître l’épaisseur minimale et les dispositions des
armatures dans les zones les plus ferraillée distance minimale entre elle et
couverture par rapport au coffrage.

• Resistance souhaité :

En général on demandera une résistance fc28 en compression à 28 jours


et compte tenu des dispersions et de l’écart quadratique, il faudra viser
une résistance moyenne à 28 jours : fc supérieur à fc28 car : fc28= fc-0,8.

Si l’on admet en coefficient de variation moyen de l’ordre de 20 %. On


pourra adopter la règle approximative pour la résistance moyenne a
visée : fc28= 1.15fc28

• L’ouvrabilité désirée :

Elle est fonction de la nature de l’ouvrage (plus ou moins massifs ou plus


ou moins ferraillé), de la difficulté du bétonnage, des moyens de serrage
etc...Elle peut se définir en général par la plasticité désirée mesurée par
affaissement au cône comme indiqué au tableau I.4

Classe Affaissement en mm Propriété du béton frais

S1 10 – 40 Ferme, très secs et peu maniable

S2 50 – 90 Plastique, à humidité moyenne et à maniabilité moyenne

S3 100 – 150 Très plastique, très humide et à maniabilité élevée

S4 160 – 210 Fluide, très humide et à maniabilité élevée

S5 ≥ 220 Très fluide, très humide et à maniabilité élevée

Tableau I.4 affaissement au cône

I.8.1. B. Dosage en ciment


On commencera par évaluer approximativement le rapport C/E en fonction
de la résistance moyenne désirée fc.

fc= [Link](C/E-0.5)

Avec :

fc: résistance moyenne en compression désirée (à 28 jours) en MPa. FCE :


classe vraie du ciment (à 28 jours) en MPa.

C : dosage en ciment (en kg/m3).

E : dosage en eau totale sur matériaux secs (en litre pour 1m3). G :
coefficient granulaire.

I.8.1. C. Dosage en eau

L’abaque de la (figure1.2), donne l’allure générale de la variation du


dosage en eau en fonction de l’affaissement au cône et du test
d’ouvrabilité C.E.S. Il ne s’agit bien entendu que d’ordre de grandeur pour
des bétons courants et permettant de dégrossir rapidement une formule
de composition mais comme pour tous les facteurs de cette composition
c’est par des essais sur des éprouvettes que les divers éléments
constitutifs, et l’eau tout particulièrement, peuvent être définitivement
dosée

Figure I.4 Variation relatives moyennes du dosage en eau E et du nombre


de chocs du test

[9] d’ouvrabilité C.E.S en fonction de l’affaissement dans le cas des bétons


composés suivant la présente méthode (le dosage en sable augmente
quand le dosage en ciment diminue).

I.8.1. D. Analyses granulométriques des granulats

Sur un graphique d’analyse granulométrique, on trace la courbe granulaire


de référence
AOB.

- Le point 0 est repéré par ses coordonnées : [0,01 ; 0]

- Le point B est repéré par ses coordonnée suivantes : [D ; 100], (D: le


diamètre du plus gros granulat).

- Le point de brisure A à des coordonnées ainsi définies:

 En abscisse (à partir de la dimension D tamis)

- si D < 20mm l’abscisse est D/2.

- si D ≥ 20mm l’abscisse est située au milieu du « Segment gravier


»limité par le module 38

(5mm) et le module correspondant à D.

 En ordonné

Y=50 -√𝐷 +K+Ks+Kp

K : est un terme correcteur qui dépend du dosage de ciment, de l’efficacité


du serrage, de la forme des granulats roulés ou concassé (et c’est surtout
le sable dont l’influence est ici prépondérante) et également du module de
finesse du sable.

I.8.1. E. Dosage des granulats

• La courbe granulaire de référence OAB doit être tracée sur la même


graphique que les courbes granulométriques des granulats composants.

• On trace alors les lignes de partage entre chacun des granulats, en


joignant le point à 95% de la courbe granulaire du premier, au point à 5%
de la courbe du granulat suivant, et ainsi de suite.

• On lira alors sur la courbe de référence au point de croisement avec


la ou les droites de partage, le pourcentage en volume absolu de chacun
des granulats g1, g2 et g3, par exemple si C est le dosage en ciment, le
volume absolu des grains de ciment est : Vc=C/3.1 (en admettant une
masse spécifique de 3.1 pour les grains de ciment ,valeur moyenne
habituellement admise).
• On choisira dans (Annexe 4) une valeur convenable du coefficient de
compacité enfonction de D, de la consistance et de l’efficacité du serrage.

Le volume absolu de l’ensemble des granulats est : VG= (1000× ߛ)- Vc

Les volumes absolus de chacun des granulats sont par suite :

V1≥ g1 VG V2 ≥ g2 VG V3 ≥ g3 VG

Si les masses spécifiques de chacun de ces granulats sont 𝜔1, 𝜔2 et 𝜔3


les masses de chacun deux sont :

P1 = V1 𝜔1 P2 = V2 𝜔2 P3 = V3 𝜔3

Masse totale des granulats : G = (P1 + P2 +P3)

I.8.2 Conclusion

On peut conclure que la formulation d’un béton dépend de plusieurs


paramètres, à savoir :

- La granulométrie ;

- La qualité des granulats ;

- Les masses volumiques des granulats ;

- La classe du ciment ;

- L’environnement.

- Le rapport C/E
- La maniabilité (affaissement) désirée.

- La compacité désirée.

Conclusions

La qualité d'un béton dépend de son constituant qui a une influence sur
son comportement à l'état frais et ses caractéristiques mécaniques à l'état
durci.

Le béton c’est un matériau composite et hétérogène résulte d’un mélange


intime de ciment, de granulats, d’eau, et présente des propriétés
mécaniques qui peuvent être très supérieures à celles des roches
naturelles.

Cependant, et vue son indispensabilité dans le domaine de la construction,


le matériau béton a été et reste toujours sujet à de multiples travaux
d'étude et de recherche. Même si l'avancée est jugée considérable, les
études d'adaptation et de formulation s'avèrent nécessaires a travers
quelques études présentes dans la littérature, on peut dire que :

 D’après la littérature, il n’est pas aisé de dégager des règles


générales d’emplois de combinaison de ciments, additions et d’adjuvants
dans les mortiers ou bétons ; cela vient de la disparité des objectifs des
scientifiques, de ce que leur travail vise à caractériser, ou rechercher des
propriétés particulières, de l'abondance des paramètres de composition,
de matériaux locaux.

 Elle permet de dégager une problématique importante concernant la


compatibilité entre les différents constituants du béton. La formulation des
matériaux durables, reste actuellement une des difficultés majeures à son
développement et son utilisation.

 Les différentes méthodes de composition du béton sont tout à fait


adaptées pour comparer des formulations en fonction de la variation des
caractéristiques d’un composant du mélange comme la classe du ciment
ou la granulométrie des granulats.

Ces méthodes ont fait depuis longtemps leurs preuves pour les bétons
courants et disposent d’un retour d’expérience positif important.

Vous aimerez peut-être aussi