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Infractions non-intentionnelles au corps humain

Le chapitre 2 aborde les infractions non-intentionnelles contre le corps humain, soulignant que le Code pénal punit les atteintes à l'intégrité physique même sans intention de nuire. Il décrit les éléments constitutifs des infractions involontaires, notamment le résultat, la victime et le lien de causalité, tout en précisant que la jurisprudence joue un rôle crucial dans l'interprétation de ces infractions. Enfin, il examine les nuances de la causalité, notamment la causalité constitutive et participative, ainsi que les défis liés à la preuve du lien de causalité en matière pénale.

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Infractions non-intentionnelles au corps humain

Le chapitre 2 aborde les infractions non-intentionnelles contre le corps humain, soulignant que le Code pénal punit les atteintes à l'intégrité physique même sans intention de nuire. Il décrit les éléments constitutifs des infractions involontaires, notamment le résultat, la victime et le lien de causalité, tout en précisant que la jurisprudence joue un rôle crucial dans l'interprétation de ces infractions. Enfin, il examine les nuances de la causalité, notamment la causalité constitutive et participative, ainsi que les défis liés à la preuve du lien de causalité en matière pénale.

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Chapitre 2 : Les infractions non-intentionnelles contre le corps

humain

Parce-que le corps humain est une valeur sociale particulièrement


importante, le Code pénal envisage de réprimer les atteintes à l’intégrité,
alors même que l’auteur n’a pas souhaité porter atteinte à l’intégrité
physique. La répression de la faute d’imprudence est assez particulière
puisqu’elle pose d’abord un problème de légalité. En effet, selon les
textes d’incrimination (art. 221-6 pour l’homicide involontaire et art. 222-
19 et suivants pour les atteintes involontaires à l’intégrité physique),
l’atteinte s’analyse comme la mort de la victime ou comme un dommage
corporel. Ces textes ne définissent pas avec précision le comportement
interdit. En effet, le comportement est défini par une formule assez vague
(imprudence, maladresse, inattention) parce-que l’imprudence suppose
toujours une appréciation au cas par cas du juge. Autrement dit, elle n’est
pas légalement mais judiciairement définie, ce qui peut poser question
sur le plan de la légalité pénale. Donc, on va résonner sur des infractions
pour lesquelles la jp est fondamentale. Lorsqu’on parle d’imprudence, de
négligence, de maladresse on fait à la fois référence à un comportement
matériel, mais aussi à un état d’esprit. En matière d’infraction
involontaire, la difficulté est que le même terme renvoie à la fois à
l’élément matériel et moral. On constate aussi que dans ces infractions,
on se retrouve toujours face à une trilogie : le fait de causer par
maladresse la mort d’autrui : la trilogie est donc la faute, le dommage et
le lien de causalité.

Section 1 : Les éléments constitutifs des infractions involontaires

§1. Le résultat

C’est à la fois un dommage, donc une atteinte, mais aussi une victime.

A) L’atteinte

Les infractions dites involontaires sont des infractions matérielles et donc


de résultat. Il n’y a pas d’atteinte involontaire à l’intégrité physique ou
d’homicide involontaire sans atteinte effective au corps de la victime. Il
faut constater soit le décès, soit une atteinte quelconque à l’intégrité
physique. Dire que l’infraction est matérielle produit deux conséquences.
D’une part, s’il n’y a pas d’atteinte, il n’y a pas de répression possible car
la tentative d’imprudence n’est pas incriminée. En revanche, il pourrait y
avoir mise en danger. Puis, puisqu’elle est matérielle le délai de
prescription ne commence à courir qu’à partir du moment où le résultat

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est réalisé. Ce préjudice doit être d’une certaine nature et c’est pour cela
que l’on va parler d’infraction de résultat. Ces infractions sont de résultat
en sachant que l’atteinte est soit la mort, soit une atteinte à l’intégrité
physique. Le seuil correspond à 3 mois d’ITT -> lorsque l’ITT est
supérieur à 3 mois il s’agit d’un délit, et à l’inverse on est dans le
domaine des contraventions. Ces différents préjudices doivent être
constatés au moment de la condamnation pénale, en sachant qu’ils
peuvent évoluer au cours de la procédure et qu’il faut distinguer suivant
que l’évolution a eu lieu avant ou après la décision pénale. Lorsque le
préjudice évolut avant toute décision pénale, si l’état de santé s’aggrave
alors que la contravention n’a pas encore été jugée, on passe donc à un
délit.

En revanche, si le préjudice évolue après une décision pénale, il faut alors


distinguer selon que la décision pénale est susceptible de révocation ou
au contraire est irrévocable. Si elle est susceptible de révocation on peut
évoquer ce fait notamment lors d’un appel. Mais, dans le cas contraire,
l’autorité de la chose jugée s’oppose à de nouvelles poursuites. Une autre
poursuite ne serait concevable que si les faits ou la faute étaient distincts.

B) La victime

Les textes d’incrimination visent « autrui » -> terme à préciser sur deux
points : est visée une personne humaine vivante + il faut s’interroger sur
l’applicabilité de ces infractions à une personne décédée.

-La personne protégée par le Code pénal est une personne vivante.
Mais, la q° s’est posée de savoir s’il était possible d’étendre l’infraction
aux personnes vivantes en devenir ? La Cour s’est en particulier
prononcée dans un arrêt d’AP du 29 juin 2001 en utilisant la formule :
« le pcp de la légalité des délits et des peines qui impose une
interpretation stricte de la loi pénale s’oppose à ce que l’incrimination
prévue par l’art. 221-6 du Code pénal réprimant l’homicide involontaire
soit étendu au cas de l’enfant à naitre dont le régime juridique relève de
textes particuliers sur l’embryon ou le fœtus ». Solution retrouvée dans
d’autres décisions : notamment une décision du 25 juin 2002 de la ch.
criminelle. Cette solution a une dimension certes juridique mais aussi
politique parce-que la Cass n’a pas voulu prendre parti sur la protection
pénale de l’embryon, estimant qu’il appartient au législateur de le faire.
D’ailleurs, après cette jurisprudence, plusieurs propositions de lois
visaient à réprimer de manière spécifique les atteintes à l’embryon. Cette

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solution a été encore précisée puisque dans un arrêt du 2 décembre
2003, la ch. crim. a précisé qu’un enfant né vivant et qui décède des
suites de lésions irréversibles, est protégé par l’art. 221-6. Donc,
l’homicide involontaire est applicable à un enfant né vivant même s’il
n’est pas viable. La combinaison de ces solutions nous permet d’identifier
un seuil de la répression. Avant la naissance, l’homicide involontaire est
inapplicable car l’enfant n’est pas détaché de sa mère. Dans ce cas, les
seules qualifications applicables sont les atteintes involontaires à
l’intégrité physique de la mère. Mais, si l’enfant est né vivant, qu’il a vécu
quelques instants, dans ce cas, l’homicide involontaire devient applicable.
Cette distinction conduit à s’interroger sur la valeur protégée par
l’homicide involontaire. Ce que l’on peut dire, c’est que cette infraction
ne protège pas la personne juridique mais la personne humaine de
l’enfant qui est né vivant. C’est d’ailleurs l’intitulé du Code pénal qui vise
les atteintes à la personne humaine. L’enfant à naitre n’est pas une
personne humaine, l’enfant né est une personne humaine. C’est
important quand on sait qu’un enfant né d’un viol peut se constituer
partie civile en tant que victime par ricochet du viol subi par sa mère. La
Cass admet que cet enfant dispose du droit de se constituer partie civile
alors même qu’il n’est pas encore né.

-S’agissant de la personne décédée, dans le domaine de l’involontaire


la tentative n’est pas punissable, de sorte qu’il n’est pas concevable
d’envisager de punir pour homicide involontaire, une personne qui
commet une faute d’imprudence qui aurait pu être la cause de la mort
d’autrui mais qui n’a pas pu en pratique être cette cause car la personne
était déjà décédée. Ex : Personne décédée sur la route, plusieurs heures
après, un chauffard roulant à une vitesse excessive écrase ce cadavre.
Cette faute d’imprudence n’a pas pu causer la mort de la victime. Donc,
la qualification l’homicide involontaire est impossible. L’auteur n’est ici
coupable que du délit routier.
§2. Le lien de causalité

On peut distinguer deux formes de causalité :

-La première approche qu’on peut nommer la causalité constitutive


consiste à approcher la causalité en tant qu’élément constitutif de
l’infraction. C’est donc se demander si le lien de causalité existe ou
n’existe pas. Donc, lorsque l’article 221-6 prévoit qu’est punissable le
fait de causer la mort d’autrui, « le fait de causer » est bien l’élément
constitutif de l’infraction.

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-Mais, depuis la loi du 10 juillet 2000, dite loi « Fauchon », la causalité est
appréhendée sous un autre angle pour imputer à différents auteurs une
infraction. Il ne s’agit plus alors de savoir si la causalité existe puisqu’elle
existe mais de déterminer son intensité. On peut parler de causalité
participative. Ex : Le maire d’un village organise une fête de village et
qui demande à une entreprise de construire une tribune sur laquelle les
spectateurs pourront s’asseoir. Cette tribune va s’effondrer et plusieurs
spectateurs vont décéder des suites de leurs blessures. Une poursuite
pour HI va être ouverte par le parquet.

 2 questions sont à se poser :

-Est-ce qu’il existe un lien de causalité entre l’acte de l’entreprise et le


dommage ? Le maire a-t-il pris une décision en toute connaissance de
cause ? = causalité constitutive

-Quel est le degré de participation de chaque protagoniste (= causalité


participative) ? Si on arrive à la ccl° que le maire avait pris une décision
trop hâtive, on voit bien que ce n’est pas une cause immédiate ni
exclusive, mais c’est bien une condition nécessaire à la réalisation du
dommage, ce qui suffit.

A) La causalité constitutive

Le juge doit se demander : Existe-il un lien de causalité entre


l’imprudence et le dommage. Pour y répondre, la Cass juge de manière
constante que pour appliquer une infraction d’imprudence, il suffit
d’établir que le lien de causalité est certain, sans pour autant être direct,
immédiat ou exclusif. Ex : Arrêt du 11 décembre 1957.

Deux observations sont à faire : En matière pénale, la causalité est une


causalité certaine et non exclusive, voire non immédiate.

-Est une causalité certaine : dire cela signifie que la faute d’imprudence
doit être une condition sine qua non du dommage, càd que la faute doit
être une condition nécessaire du dommage. Sans elle, le dommage ne
serait pas survenu. On reconnait là la théorie de l’équivalence des
conditions qui consiste à appréhender tous les facteurs d’un dommage
comme équivalents, sans qu’il soit besoin d’apprécier leur efficience
causale. Cette répression est sévère car elle conduit à envisager que sont
des causes pénales, non seulement des causes directes, mais également
des causes moins immédiates qui sont des facteurs contributifs du

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dommage. Autrement dit, cette conception jp assimile le fait de créer un
dommage et le fait de contribuer à créer un dommage.
Pourtant, cette conception jp a été consacrée par le législateur dans
l’article 121-3 al. 4 du Code pénal qui précise que « sont des causes
les facteurs qui ont créé ou contribué à créer une situation
dommageable ». Toutes les causes équivalentes sont tjrs des causes qui
trouvent leur source dans une faute pénale.

Cette conception est parfois corrigée par la jurisprudence dans


certaines hypothèses :

-La première hypothèse est celle où une cause apparait plus déterminante
qu’une autre cause. Autrement dit, l’une des causes du dommage
neutralise l’effet causal des autres facteurs. Ex : Arrêt du 5 oct. 2004 :
dans cette affaire, il s’agissait d’une personne accidentée de la route à la
suite d’une faute d’imprudence du conducteur d’un véhicule. Avait été
hospitalisée et avait contracté une infection nosocomiale et été décédée
des suites de cette infection. La Cass a jugé que l’infection apparaissait
comme la cause déterminante du dommage en sorte que le conducteur du
véhicule ne pouvait pas être déclaré responsable d’homicide involontaire.
Donc, on voit que l’un des facteurs contributifs du dommage peut être
considéré comme une cause, mais si l’une des causes apparait
déterminante, le facteur contributif n’est alors plus causal et il perd la
qualification de cause.

-Une seconde correction est apportée par la jp lorsque l’enchainement


causal est incertain, càd lorsque les évènements ne s’enchaînent pas de
manière nécessairement rationnelle. Ex : Arrêt du 4 mars 2008 : il
s’agissait de poursuivre deux fonctionnaires de la DDASS pour ne pas
avoir pris l’initiative d’une procédure d’hospitalisation de l’auteur d’un
coup de feu mortel qui avait été déclaré atteint d’un trouble psychique au
moment des faits. La Cass estime qu’il n’était pas établi que, si les
fonctionnaires avaient saisi le médecin psychiatre, il n’était pas établi que
ce médecin aurait lui-même décidé l’hospitalisation. Il y avait donc une
incertitude dans l’enchainement des faits, et les fonctionnaires n’ont donc
pas été condamnés.

Affaire récente Air France : la société Airbus aurait pu utiliser des sondes
de meilleure qualité. Mais dans les circonstances il va apparaitre que ces
sondes auraient aussi gelé. Donc, on ne peut pas dire que cette faute a
contribué à la réalisation du dommage, puisque si les sondes avaient été
changées, le résultat aurait été le même. CCL° de l’affaire : La société

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Airbus et Air France n’ont pas été déclarées responsables en raison de
l’absence de lien de causalité certain.

Autre question sur la certitude : Comment la prouver ? En matière


pénale, la preuve peut être rapportée par tout moyen, mais la q° se pose
souvent de savoir s’il est possible de raisonner par présomption. A ce
sujet, la Cass a toujours affirmé que la preuve de la certitude du lien de
causalité ne peut reposer sur des probabilités. Elle a notamment affirmé
dans un arrêt du 10 juillet 1952 et l’a réaffirmé dans l’affaire Tchernobyl
du 25 novembre 2012. Dans ces affaires, il sera jugé qu’il n’existait pas
de lien de causalité certain entre les pathologies constatées et les
retombées radioactives parce-qu’il est impossible de déterminer la dose
d’iode ingérée par chaque malade. Cette jp parait un peu sévère et ne
pas prendre en considération la théorie de la probabilité causale que
l’on retrouve dans la jp de la CEDH, et notamment dans l’affaire Tatar c./
Roumanie du 6 juillet 2009. Ici, on est sur le terrain de l’art. 8 de la
Conv° EDH.

Dans cette affaire, des Etats avaient laissé s’installer des usines émettant
des fumées nocives pour les populations. Les populations se plaignaient
auprès de leurs Etats, de l’inaction, de l’absence de mesures pour leur
permettre de jouir sans dommage de leur domicile. Dans cette affaire, les
victimes demandaient réparation des dommages qu’elles avaient subi, et
dans le §105 de l’arrêt, la Cour indique qu’elle « pourrait éventuellement
se livrer à un raisonnement probabiliste » consistant à se fonder sur
des statistiques scientifiques pour établir une cause. Mais, en l’espèce,
elle considère qu’elle ne dispose pas de ces éléments statistiques qui lui
permettraient de condamner les Etats concernés. Ce raisonnement n’est
pas possible en matière d’homicide involontaire, mais on voit qu’il
commence à faire son chemin.

Ensuite, on peut dire que la causalité pénale est aussi une causalité non
exclusive et non immédiate. La jp admet en effet de manière constante
qu’il suffit que la cause soit certaine, sans nécessairement être la plus
directe, la plus immédiate ou la plus exclusive. Donc, cela veut dire que la
RP est envisageable, même en cas de pluralité de causes. Donc, on en
arrive à la conclusion que la RP est indivisible, alors même que la
causalité serait divisible. Ex : La pluralité de co-auteurs d’un homicide
ou d’une atteinte involontaire à l’intégrité physique. Cette pluralité
d’auteurs ou de co-auteurs se conçoit dans deux hypothèses. On dit que
les fautes peuvent être successives ou conjuguées. Dans la 1 ère
hypothèse où les causes sont successives. Ici, on comprend que toutes les

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causes ont plus ou moins participées à la réalisation du dommage. La
causalité est donc divisible, mais la RP reste entière si la responsabilité
est établie. Donc, par conséquent, toutes les causes sont considérées
comme équivalentes, même si chaque auteur ou co-auteur est
responsable de l’entièreté de l’infraction. Ensuite, dans une seconde
hypothèse, les fautes peuvent être conjuguées, càd lorsque dans un même
temps et un même espace, plusieurs fautes sont commises par différents
protagonistes. Dans ce cas, on ne peut pas déterminer quelle cause est à
l’origine du dommage. La causalité est sans doute divisible, mais la RP
restera quant à elle divisible. Mais, c’est aussi la même chose lorsque l’on
résonne sur la combinaison entre la faute d’imprudence de l’auteur et
une faute de la victime. Alors qu’en matière civile, la faute de la victime
exonère partiellement le responsable, ce n’est pas le cas en matière
pénale puisque s’il y a infraction, même si la causalité n’est que partielle,
l’auteur reste alors pleinement responsable d’une atteinte à l’intégrité
physique.

 Il n’est pas possible de diviser la responsabilité pénale. Ce n’est que


si la faute de la victime absorbe totalement la causalité, càd en cas
de force majeure, qu’elle va produire des effets.

B) La causalité participative

Cette causalité résulte de la loi du 10 juill. 2000, date de l’introduction


de l’al. 4 à l’art. 121-3 pour distinguer les auteurs directs des auteurs
indirects d’une infraction d’imprudence. Cette distinction a été souhaité
pour atténuer la responsabilité des auteurs dits indirects. Elle résulte de
ce qu’une faute grave dite qualifiée est exigée pour engager la RP des
auteurs indirects, alors qu’une faute simple suffit à engager la
responsabilité des auteurs directs. Ici, il est important de mesurer
l’intensité du lien de causalité, càd le rôle de chaque participant.

Comment définir un critère pour identifier la causalité directe et la


causalité indirecte ? A la lecture de l’alinéa 4 de l’article 121-3 -> on
comprend qu’une faute d’omission s’analysera toujours comme une faute
indirecte.
Ni la jurisprudence, ni la doctrine n’ont attaché d’importance à ce qu’a
écrit le législateur. Deux critères sont donc employés par la
jurisprudence. Le premier est un critère spatio-temporel, càd le critère de
la proximité spatiale et temporelle entre l’imprudence et le dommage. Ce
critère se retrouve dans les travaux parlementaires qui distinguent la
cause la plus proche et la plus lointaine. On pourrait alors distinguer la

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faute active et la faute contributive du dommage. Les fautes de décision
sont souvent des fautes indirectes.

La 2ème approche est celle de la théorie du périmètre déterminant


en vertu de laquelle les causes directes sont des facteurs qui
apparaissent comme des paramètres déterminants du dommage,
alors que seraient indirectes les causes qui n’apparaissent pas
comme déterminantes. Cette jurisprudence se retrouve surtout dans
l’affaire du 25 septembre 2001 où le conducteur d’un véhicule commet
plusieurs infractions routières, un sanglier surgit, il donne un coup de
volant, et percute le véhicule d’en face, causant la mort du conducteur.

§3. Les fautes d’imprudence pénales (= s’interroger la culpabilité


de l’auteur)

Depuis la loi du 10 juill. 2000, la RP des infractions non-intentionnelles


connait deux régimes jiques différents. Lorsque la causalité est directe,
l’auteur est responsable dès lors qu’il a commis une faute pénale qu’on va
appeler faute simple. En revanche, lorsque la causalité est dite indirecte
et que l’auteur est une personne physique, la RP de l’auteur est soumise à
la preuve d’une faute qualifiée, càd d’un certain degré de gravité.

A) La faute simple

Une imprudence peut s’analyser soit comme la violation d’une obligation


légale ou règlementaire. De ce pdv, l’imprudence est purement légale ou
comme la violation d’une norme sociale que le juge va élaborer au cas par
cas. Donc, d’un côté, on pourrait opposer l’imprudence simple envisagée
comme une faute légale, et la faute simple envisagée comme une faute
judiciaire.

1) La faute purement légale

Les articles 221-6 (pour l’homicide involontaire) ou 222-19 (pour les


violences involontaires) visent expressément le manquement à une
obligation de prudence ou de sécurité prévue par la loi ou le règlement.
Donc, ce texte renvoie à toutes les obligations prévues par la loi ou le
règlement ce qui veut dire qu’en pratique, une imprudence est svt
constituée par la commission d’une contravention et de ce cumul avec le
délit. Donc une contravention qui est une infraction autonome peut
devenir un élément constitutif de l’infraction. Mais, on peut considérer
que la qualification d’homicide involontaire absorbe la qualification
contraventionnelle puisqu’elle devient un élément constitutif du délit.

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Lorsqu’on résonne sur ces infractions purement légales, l’appréciation
judiciaire est réduite à sa plus simple expression. Au fond, l’office du juge
est de constater la violation d’une obligation, et à apprécier le non-
respect de cette obligation de sécurité ou de prudence prévue par la loi
ou le règlement. Au fond, l’appréciation de cette faute purement légale
est objective puisqu’elle tient aux faits et ne consiste pas à apprécier
l’état d’esprit du délinquant. Donc, la faute pourrait presque être
qualifiée de faute objective. Mais, les choses sont différentes lorsqu’on
évoque la faute judiciaire.
2) La faute judiciaire

La faute judiciaire est une faute que le juge doit apprécier au cas par cas
et ce pouvoir du juge résulte de la rédaction du texte d’incrimination qui
vise des notions assez vagues qui n’indiquent pas par elles-mêmes le
comportement incriminé. Q° : Comment procède le juge ? Il existe deux
techniques d’appréciation des fautes.

-Soit le juge détermine les normes sociales in abstracto en considération


d’un standard. Cette appréciation s’ajoute d’une référence aux
circonstances, càd que le juge va prendre en compte un standard de
référence mais aussi les circonstances. Dans ce cas, le législateur
indique qu’il faut le faire en tenant compte des missions, des
compétences et des moyens de la personne poursuivie (article 121-3
alinéa 3). C’est l’appréciation qui est opérée par le juge en pratique.

-Soit le juge détermine une norme individuelle au regard des habitudes la


personne poursuivie, càd une appréciation in concreto. Là encore, la
place de l’appréciation de l’élément moral est assez faible puisque la
plupart du temps l’imprudence résulte du comportement qui est qualifié
d’imprudent. C’est pour ça que certains auteurs disent svt qu’on commet
une imprudence morale au regard d’une imprudence matérielle.
Toutefois, lorsque l’imprudence est simple, l’agent n’a jamais voulu le
résultat, et parfois même, il n’en a pas eu conscience.

B) Les fautes qualifiées

Lorsque la causalité est indirecte, l’article 123 alinéa 4 nous invite, soit à
constater une faute dite délibérée, soit à constater une faute dite
caractérisée. Une q° préalable peut se poser : ces fautes sont-elles
exclusives l’une de l’autre ou le juge à raison des mêmes faits peut-il à la
fois envisager une faute délibérée, puis se tourner vers la faute
caractérisée si la faute délibérée n’est pas applicable ? La Cass considère
que les fautes délibérée et caractérisée ne sont pas exclusives l’une de

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l’autre et notamment dans un arrêt du 8 fév. 2022, elle a admis que tout
en jugeant que la faute délibérée n’était pas caractérisée, les juges
pouvaient retenir une faute caractérisée. Autrement dit, la faute
caractérisée est une faute supplétive, une faute de secours.

1) La faute délibérée

On observe que les articles 221-6 et 222-19 renvoie à l’article 123 qui
renvoie à la causalité directe et indirecte. L’art. 121-3 alinéa 4 définit
la faute délibérée comme « la violation de façon manifestement
délibérée d’une obligation particulière de prudence ou de sécurité
prévue par la loi et le règlement ». Dans cette déf°, on observe qu’il y
a à la fois une référence à un comportement et une référence à un état
d’esprit. D’un côté il faut constater la violation d’une obligation de
sécurité et de prudence particulière et justifier que cette violation est
délibérée.

a) Le comportement incriminé

Ce comportement suppose d’abord d’identifier une violation d’une


obligation particulière de prudence ou de sécurité prévue par la loi ou
le règlement.
C’est dans un arrêt du 20 janvier 2023 que l’AP est venue préciser
qu’une obligation est particulière lorsqu’elle est objective,
immédiatement perceptible et clairement applicable sans faculté
d’appréciation personnelle du sujet. Dans cette déf°, il est fait
référence à des normes précises qui imposent un comportement univoque
sans faculté d’appréciation personnelle. Et quant à la violation de
l’obligation, on observe qu’elle peut être, soit un comportement de
commission, soit un comportement d’omission selon la nature de
l’obligation. On aperçoit alors que la particularité des infractions
d’imprudence c’est qu’elles peuvent être d’omission ou de commission.
Ex : Une limitation de vitesse : il s’agit d’un interdit. Donc, l’infraction
consiste à dépasser la vitesse autorisée. Donc l’obligation est une
obligation de ne pas faire et l’infraction une infraction de commission.
Mais, si l’obligation est que tout conducteur doit attacher sa ceinture, il
ne s’agit plus d’un interdit mais d’une obligation de faire. L’infraction
consiste donc à s’abstenir de faire, et dans ce cas, c’est une infraction
d’abstention. La particularité de cette faute délibérée est que la violation
doit être manifestement délibérée.

b) Une violation manifestement délibérée

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Cette formule donne lieu à bcp de débats puisque les pénalistes étaient
habitués à une dichotomie rigide entre l’intention et la non intention. Or,
ici, la faute est de nature intermédiaire puisque le législateur nous dit
que c’est une faute délibérée, mais qui n’est pas complètement une
intention puisque c’est la seule violation de l’obligation qui doit être
délibérée et non la recherche du résultat dommageable. Donc, il ne s’agit
plus d’une dichotomie mais d’une trilogie. Au fond, ce que dit le
législateur est qu’une faute délibérée est toujours volontaire mais n’est
pas une faute intentionnelle parce-que le résultat n’est pas voulu par
l’agent. Ce qui est une faute délibérée constitutive d’un homicide peut
être retrouvée sous d’autres angles dans d’autres délits et parfois même
constituer une circonstance aggravante.

2) La faute caractérisée

L’art. 121-3 admet que l’auteur indirect peut être responsable lorsqu’il a
commis une faute caractérisée et qui exposait autrui à un risque d’une
particulière gravité qu’il ne pouvait ignorer.

a) Le comportement incriminé (= l’élément matériel)

Ce que vise le législateur est un comportement caractérisé ce qui ouvre


une marge d’appréciation au juge. Ce que l’on veut viser ici correspond à
la faute lourde, voire la faute inexcusable. Autrement dit, c’est un
comportement extrêmement grave mais qui peut être qualifié sans
nécessairement faire référence à une obligation particulière de sécurité
ou de prudence prévue par la loi ou le règlement.
Donc, on peut considérer que la faute caractérisée apparait comme une
faut supplétive par rapport à la faute délibérée.

b) L’élément moral

A lire le texte, il semble bien que la faute caractérisée suppose un


élément subjectif. L’art. 121-3 précise en effet qu’il faut qualifier un
risque d’une particulière gravité que l’auteur ne pouvait ignorer.
On peut ainsi envisager l’élément moral de deux façons :
-Si l’on résonne sur la conscience concrète du risque, le « pouvait
ignorer » montre que l’agent avait une conscience effective du risque. On
voit donc que le seuil de la répression dépend de cette connaissance
concrète du risque. La personne poursuivie peut se défendre en prouvant
qu’elle n’avait pas conscience du risque.

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-Si on résonne sur la conscience abstraite du risque, ici, c’est dire que
l’agent est responsable dès lors que le risque est particulièrement grave
au motif qu’il ne peut pas l’ignorer. Autrement dit, la conscience du
risque serait impliquée par sa gravité. Donc ici, le seuil de la répression
est beaucoup plus élevé puisque le parquet devra seulement montrer que
le risque était très grave et donc que l’agent ne pouvait pas l’ignorer. En
pratique, on s’aperçoit que la jp est mitigée. On peut peut-être combinée
les deux approches en considérant que par principe la faute est une faute
subjective, mais que cette conscience du risque était sure lorsque c’est
un professionnel. Si on résonne de cette manière, l’imprudence reste
donc une imprudence très grave, mais ce n’est pas vraiment une
imprudence consciente.

NB : Si le juge pénal constate une faute d’imprudence, le juge civil ne


peut pas ignorer cette imprudence.

Section 2 : La répression

§1. Les peines applicables

Il faut distinguer l’infraction simple des infractions aggravées :

A) Les infractions simples

Les infractions non intentionnelles sont des infractions de résultat. A la


lecture du Code on peut identifier 3 catégories de résultats :

-Le 1er correspond à l’absence d’ITT ou l’ITT inférieure à trois mois. Ce


résultat peut être qualifié de contraventionnel, et il y a deux qualifications
contraventionnelles : les atteintes ayant entrainées aucune ITT (article R.
622-1) et les atteintes ayant entrainées une ITT inférieure à trois mois
(article R. 625-2). Dans le premier cas, on est dans l’hypothèse d’une
contravention de première classe, et dans le second, dans l’hypothèse
d’une contravention de 5ème classe.

-Le 2nd est un résultat délictuel qui peut s’analyser comme une ITT
supérieure à trois mois ou comme la mort de la victime.

Dans le premier cas, l’infraction applicable est celle de l’art. 222-19


alinéa 1er. Dans ce cas, les peines prévues sont de 2 ans
d’emprisonnement et 30.000 euros d’amende. Dans le second, on est sur
le terrain d’un homicide involontaire (art. 221-6 alinéa 1 er) : 3 ans
d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende.

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B) Les infractions aggravées

Il existe plusieurs types de circonstances aggravantes que l’on retrouve à


la fois pour l’homicide involontaire et les atteintes involontaires à
l’intégrité physique. La 1ère CA est celle prévue à l’alinéa 2 des deux
textes : la faute délibérée. D’autres CA tiennent à ce que ces infractions
soient des infractions routières. Enfin, la 3 ème série de circonstances
aggravantes correspond à la prise en considération des chiens (art. 221-
6-2 et 219-2). Le législateur va se servir d’une même notion à la fois pour
déterminer le régime d’une infraction et pour en faire une circonstances
aggravantes.

Deux situations peuvent être identifiées :

-L’auteur est un auteur indirect. Dans ce cas, pour le condamner, il


faut prouver une faute délibérée qui va au surplus aggraver la répression.
Donc, un auteur indirect qui commet une faute délibérée est toujours
coupable d’une infraction aggravée. En revanche, un auteur indirect
pourrait condamné en cas de faute caractérisée, mais ne commettant pas
de faute délibérée, sa responsabilité ne serait pas aggravée. L’article 221-
6 (pour l’homicide) alinéa 2 et 219 alinéa 2 (pour les atteintes
involontaires) prévoient des peines aggravées de 5 ans d’emprisonnement
et 75.000 euros d’amende et 3 ans d’emprisonnement et 45.000 euros
d’amende. Et selon la technique de la sur aggravation, pour ces deux
catégories d’infraction, le législateur a envisagé que la violation puisse
être aggravée si on se trouve dans le cas de la circulation routière. Pour
ces infractions routières, il faut se référer aux art. 221-6-1 et 222-19-1.
Viennent se greffer à ces premières séries de CA, des techniques de sur
aggravation au nombre de 6. Un troisième niveau d’aggravation est le
cumul de CA.

-L’auteur est un auteur direct.

§2. L’imputation originale des homicides et blessures involontaires

A) Les modalités de l’imputation

Pour imputer une infraction, on peut faire référence à la théorie de


l’auteur ou à celle de la complicité, mais ici, la particularité c’est que les
infractions d’homicide involontaire ou de blessures involontaires

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correspondent souvent à un enchainement de différentes fautes que
la doctrine qualifie de fautes juxtaposées ou conjuguées.

-La faute juxtaposée est qualifiée lorsque le résultat dommageable a été


provoqué par un enchainement successif de fautes pénales. Ex : Un
cafetier sert un client manifestement ivre. Le client va reprendre la route
puis va provoquer un accident de la route mortel. Donc, ici, il y a bien un
enchainement de fautes pénales. Si on résonne sur les modalités de
l’imputation, on peut se demander si le conducteur et le cafetier sont des
auteurs directs ou indirects. Le conducteur est assurément un auteur
direct, mais s’agissant du cafetier, on pourrait dire qu’il est un auteur
indirect puisqu’il a servi un client qui était déjà ivre et a donc contribué à
la réalisation du dommage, ce qui correspond à la définition de l’art.
121-3. Mais, on peut aussi appréhender le cafetier par le biais de la
théorie de la complicité, puisqu’en fournissant des boissons à un client
déjà ivre, il est possible de considérer que ce cafetier est un complice.

Enjeux de la qualification d’auteur ou de complice : si l’on résonne sur la


théorie de la complicité, il faut identifier un fait principal punissable
et un acte de complicité. Ici, le fait principal punissable est l’infraction
commise par l’auteur principal, càd l’infraction d’homicide involontaire.
Mais une 1ère q° peut se poser : peut-on être complice d’une
infraction d’imprudence ? En droit pénal général, ce point est débattu
puisqu’à priori, la théorie de la complicité s’applique plus facilement à
une infraction intentionnelle et peut être plus difficilement à une
infraction intentionnelle parce-que l’acte du complice se greffe sur un
acte simplement imprudent. Et si l’acte est imprudent, ça signifie que
l’auteur principal n’a pas voulu le résultat dommageable. Mais, on peut
cependant dire que la théorie de la complicité suppose de se greffer sur
un acte, non pas sur une infraction dans sa globalité. C’est ce qui
correspond à l’emprunt de matérialité. Donc, malgré le caractère non
intentionnel de l’infraction principale, on peut envisager d’appliquer la
théorie de la complicité, et l’intérêt est alors que la faute du complice
n’a pas à être particulièrement qualifiée. Autrement dit, toute faute du
complice entrainera l’engagement de sa responsabilité.

Ensuite, si l’on s’oriente sur la théorie de l’auteur indirect, ici, la


responsabilité pénale suppose la preuve d’une faute délibérée ou
caractérisée. On aperçoit alors l’enjeu de la qualification puisque si l’on
se tourne vers la théorie de la complicité, on pourrait rendre le complice
responsable d’une faute, alors que si l’on se tourne vers la théorie de
l’auteur indirect, il faudra prouver une faute qualifiée, càd, soit une
faute délibérée, soit une faute caractérisée. Toutefois, le législateur

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n’a pas appréhendé cette difficulté qu’une même situation puisse être
envisagée sous l’angle des deux théories. Et, dans les rares exemples
jurisprudentiels, notamment un arrêt du 12 janvier 2010, la Cass
s’est plutôt orientée vers la théorie de l’auteur indirect.

-La faute conjuguée correspond quant à elle à une conjugaison


d’évènements, de sorte que, lors d’une même action, plusieurs acteurs
ont commis une faute. C’est un peu la scène unique de violence en
matière intentionnelle mais adaptée à la situation des infractions non
intentionnelles. C’est ce qu’on appelle l’action collective imprudente
et qui a donné lieu à la théorie de la gerbe de plomb.

 Cette théorie correspond à la situation de plusieurs chasseurs qui


tirent ensemble en direction de ce qu’ils croient être un gibier, mais
qui vont atteindre un promeneur qui va succomber à ses blessures.

Donc, ici, on voit bien qu’il y a une action collective imprudente puisque
les chasseurs ont tiré au même moment en direction du promeneur. Et
donc, d’un pdv pénal, la q° est de savoir s’il est possible d’imputer à
chaque chasseur le résultat dommageable, en l’occurrence un homicide
involontaire. Et la réponse est alors que les différents chasseurs peuvent
être considérés comme co-auteurs d’une action collective, et donc co-
auteurs d’un homicide involontaire, alors même que leur part de causalité
ne peut pas nécessairement être démontrée. Donc finalement, ce que l’on
crée ici est une présomption de causalité et une imputation de l’action
collective à différents co-auteurs, càd la théorie de la co-action. D’un pdv
du droit civil, cette théorie a été utile pour considérer que les chasseurs
sont responsables du fait de la gerbe de plomb prise dans sa globalité. Et
en tant que gardien de la chose, ils sont tenus de réparer le dommage.
Donc on voit qu’en matière non-intentionnelle, on utilise très souvent la
théorie de la co-action.
Dans le cas de la faute juxtaposée, la coaction vise un auteur direct qui
sera responsable d’une faute simple et un auteur indirect qui sera
responsable d’une faute qualifiée, même si tous les d’eux restent des co-
auteurs de l’infraction.

Puis, dans le cas de la faute conjuguée, les différents participants à


l’action collective sont également co-auteurs mais des co-auteurs directs
puisqu’ils ont tous participé par leur action à la réalisation du résultat.

B) La légitimité de l’imputation

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NB : Le terme d’imputation peut d’abord être utilisé pour dire que
certaines règles visent à attribuer une infraction à une personne. C’est
l’imputation attributive. Et les deux techniques que l’on peut utiliser pour
attribuer une infraction sont la théorie de l’auteur ou de la complicité.

Mais, on peut aussi appréhender l’imputation en se demandant si cette


imputation est juste, si elle est socialement justifiée, et c’est en ce sens
que l’on parle ici de légitimité de l’imputation. Se poser la q° de la
légitimité de l’imputation, c’est se demander si une infraction qu’on
pourrait attribuer à un auteur doit socialement lui être attribuée.
L’imputation des délits d’imprudence est neutralisée lorsqu’un fait
justificatif est invocable, mais cette q° peut se présenter de manière
particulière lorsqu’on résonne sur la légitime défense. En effet, la q°
peut se poser de savoir si l’on peut admettre qu’une personne qui
se défend face à une attaque injustifiée et qui cause sans le vouloir
la mort de son agresseur, peut être justifiée par la légitime
défense ? Cette q° s’est posée puisque dans un arrêt Cousinet du 16
février 1967, la chambre criminelle a jugé que la légitime défense était
inconciliable avec le caractère involontaire de l’infraction. Autrement dit,
elle semble nous dire qu’il ne soit pas possible d’être justifié par la
légitime défense lorsque l’on a commis un homicide involontaire. Mais
cette solution est toujours apparue paradoxale puisqu’elle conduit les
avocats de la défense à essayer de démontrer que l’auteur avait bien
l’intention de commettre le résultat dommageable. Et d’ailleurs, cette
solution est aussi régulièrement contestée en doctrine, et d’autres
décisions ont aussi admis dans des circonstances comparables que
l’agent pouvait invoquer l’autorisation de la loi (arrêt du 5 janvier 2000)
ou un état de nécessité (arrêt du 16 juillet 1988). En vérité, la solution de
la Cour n’est pas totalement absurde mais simplement mal positionnée.
En réalité, ce qui compte n’est pas tant le caractère volontaire ou
involontaire de l’infraction commise par celui qui se défend, mais
l’appréciation du caractère proportionné ou disproportionné de la
défense. Au fond, la véritable q° est de savoir si celui qui se défend et qui
a causé la mort à autrui a accompli un acte qui était proportionné ou
disproportionné à l’agression.

Sous-titre 2 : Les infractions formelles contre le corps humain

Il en existe deux types : les infractions qui supposent une activité positive
de l’agent et les infractions qui supposent une abstention. 2 précisions :
cette distinction est parfois poreuse, parce-que des infractions classées
comme des infractions de commission peuvent aussi être des infractions
d’omission. Dans une société démocratique, il est plus fréquent de

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formuler des interdits que de formuler des obligations d’agir. C’est ce qui
explique qu’il y a plus d’infractions de commission et qu’il n’y a qu’une
véritable infraction d’omission : la non-assistance à personne en danger.

Chapitre 1 : Les infractions de commission

Section 1. L’empoisonnement

Pour parler de l’empoisonnement, le législateur parle « d’attentat


à la vie ». Cela montre que le Code distingue l’atteinte à la vie de
l’attentat. L’atteinte exige que la vie ait été effectivement atteinte : le
résultat obtenu doit être la mort de la victime. L’attentat suppose
d’attenter à la vie sans qu’il n’y ait nécessairement besoin de causer mort
de la victime. Historiquement, l’empoisonnement est depuis longtemps
une infraction autonome du meurtre puisque le Code Napoléon
distinguait déjà l’empoisonnement du meurtre, au motif qu’il s’agissait
d’une infraction supposant une forme de lâcheté et qui apparaissait
moralement plus blâmable que le meurtre. Puis, lors de la réforme du
Code pénal en 1992, la q° s’est posée du maintien de cette infraction
qui apparaissait comme une forme de meurtre, et parce-que la France
avait aboli la PDM du fait de son engagement à la Conv° EDH. Mais, en
abolissant la PDM, une échelle de la répression disparaissait, ce qui
rendait plus difficile la distinction des peines entre le meurtre et
l’empoisonnement. Mais, certains députés ont quand même soutenu que
l’empoisonnement manifestait une criminologie particulière et qu’il
pouvait permettre une régulation de phénomènes sociaux inquiétants, et
en particulier celui de l’insécurité des chaînes alimentaires. Donc, ils
soutenaient que l’empoisonnement était plus symbolique dans ce type
d’affaire. C’est ce qui explique que la qualification ait été maintenue avec
un régime de répression comparable à celui du meurtre,
l’empoisonnement étant puni de 30 ans de réclusion criminelle.

§1. L’élément matériel

L’art. 221-5 dispose que « le fait d’intenter à la vie d’autrui par l’emploi
ou l’A° de substances de nature à entrainer la mort constitue un
empoisonnement ».

Donc, dans cette déf°, on retrouve à la fois une référence à un acte


(l’emploi ou l’A° d’une substance de nature à entrainer la mort) et une
référence à l’absence de résultat puisque ce qui est visé est le fait
d’attenter à la vie.

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A) L’acte illicite

Cet acte est visé par la qualification « emploi ou A° d’une substance de


nature à entrainer la mort ». Dans cette formule, on comprend donc que
la condition préalable est qu’il faut identifier une substance qui soit
mortifère ou léthifère, et que cette substance soit employée ou
administrée.

NB : Cette infraction est à distinguer avec l’infraction correspondant à


l’administration de substances nuisibles. Dans l’empoisonnement, la
substance n’est pas que nuisible, elle est mortifère. Mais une substance
peut être qualifiée de nuisible et avoir pourtant entrainé la mort, càd
qu’elle est objectivement nuisible mais concrètement mortelle. Mais ça
n’est pourtant pas une substance mortifère parce-que cette substance
n’était à priori pas de nature à donner la mort.

 Pour définir ce qu’est une substance mortifère, on peut


utiliser deux approches :

-Une approche objective : Dans ce cas, la substance est considérée


comme mortifère lorsqu’elle est susceptible de donner la mort. Donc, ici,
il faut se référer à une liste de poisons (notamment à partir du CSP ou
du Cpénal qui distingue plusieurs types de poisons). Mais, c’est
insuffisant puisqu’une substance qui à priori n’est pas un poison peut
devenir mortelle en raison des circonstances. En jurisprudence, on trouve
de multiples exemples. C’est le cas par exemple du surdosage de
médicaments. De même, des allumettes qui contiennent du phosphore
n’apparaissent pas à priori comme une substance mortelle. Mais, si un
individu concocte une infusion faisant en sorte que le phosphore se dilue
dans le breuvage, l’infusion devient alors une substance mortifère.

Autre exemple : Le sang n’est pas à priori un poison. Mais, administrer un


sang non compatible avec le régime sanguin d’une personne peut lui être
mortel.

-Une approche subjective qui consiste à appréhender la substance au


regard de la victime ou de l’auteur. Au regard d’abord de la victime, il
est possible d’envisager une substance qui n’est pas objectivement
mortifère mais qui pourrait le devenir au regard d’une vulnérabilité
particulière de la victime. Par exemple : Si à priori le sucre n’est pas
une substance mortifère, dans certaines circonstances, donner du sucre à

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une personne atteinte de diabète peut avoir des conséquences
dangereuses pour sa vie. Et donc, dans ce cas, il est possible de
s’interroger sur la qualification de la substance. Ici, il y a débat. Certains
considèrent que la substance doit être qualifiée in abstracto et que si
cette substance a donné la mort, il faudrait s’orienter vers une autre
qualif° que l’empoisonnement, en tenant compte de l’état d’esprit de
l’auteur.

Au regard de l’auteur, c’est un positionnement dont il est question. Par


ex, si un auteur envisage d’empoisonner une victime, qu’il utilise à cette
fin une substance dont il croit au pouvoir mortel mais qui objectivement
ne peut pas produire cette effet. Il y a donc une asymétrie entre ce que
pense l’agent et ce qui peut se dérouler concrètement dans les faits.

Plusieurs sous distinctions peuvent être faites :

-1ère hypothèse : l’auteur a cru au pouvoir mortel de la substance mais


celle-ci est inoffensif en raison de sa mauvaise utilisation.

Donc, ici, on est confronté à un empoisonnement impossible mais qui


aurait pu être possible ce qui correspond au cas de l’infraction impossible
relative. On peut donc analyser cette situation comme étant un
commencement d’exécution de l’empoisonnement.

-2ème hypothèse : L’agent a toujours cru au pouvoir mortel de la


substance, mais il a utilisé une substance inoffensive qui n’aurait jamais
pu causer la mort quelle que soit la situation. Ici, on est dans le cas de
l’infraction impossible absolue.

NB : On peut se demander s’il y a un véritable commencement


d’exécution puisque la substance n’était même pas de nature à donner la
mort. Il n’y au fond que l’intention qui perdure.

S’agissant de l’acte illicite :

Le texte vise l’emploi ou l’administration. Mais, malgré cette dualité, la jp


ne distingue pas véritablement les deux termes. La jp a surtout œuvré sur
la déf° du terme d’administration qu’elle conçoit de manière extensive
puisqu’elle ne distingue pas suivant le mode d’administration (nourriture,
médicament, transfusion etc), et elle admet que l’on puisse administrer
directement ou indirectement la substance.

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L’A° par l’intermédiaire d’autrui peut d’abord correspondre à
l’intermédiaire de la victime. Il s’agit de la situation où un poison est
remis à la victime qui se l’administre elle-même. Cette médiation de la
victime n’empêche pas que l’agent soit considéré comme l’auteur de
l’empoisonnement. Mais, l’A° peut aussi se faire par l’intermédiaire d’un
tiers, et ici, deux facteurs de complication peuvent survenir :

-La victime a ingéré ou n’a pas ingéré le poison remis par le tiers.
-Le tiers est de bonne ou mauvaise foi.

Si la victime a ingéré le poison et que l’auteur est de bonne foi. La


responsabilité du serveur n’est pas envisageable puisqu’il n’avait pas
l’intention d’empoisonnement. Et, s’agissant de l’instigateur (le
préparateur du poison), il pourra a minima être considéré comme un
auteur matériel parce-qu’il a employé un poison, ou un auteur
intellectuel.

Si le tiers était de mauvaise foi, et que la victime ingère le poisson.


Dans ce cas, la responsabilité de l’intermédiaire est envisageable
puisqu’il est conscient de l’acte qu’il commet. Et l’instigateur peut quant
à lui être considéré comme complice par instigation ou co-auteur parce-
qu’il est auteur d’un emploi là où le serveur est auteur d’une
administration stricto sensu.

Si la victime n’a pas ingéré le poison : dans ce cas, si le serveur était


de bonne foi, il ne peut pas être déclaré responsable. Mais, par contre,
pour l’instigateur on peut envisager la tentative d’empoisonnement
(puisqu’il y a une intention et un commencement d’exécution).

C’est la solution de la chambre criminelle dans un vieille arrêt du 2 juillet


1886. Et, si le serveur est de mauvaise foi, il sera toujours l’auteur d’un
empoisonnement tenté mais l’instigateur aussi. Mais, si le serveur est de
mauvaise foi, s’il décide de renoncer de servir le poison à la victime. Dans
ce cas, le serveur n’est pas responsable, et l’instigateur n’est pas non
plus responsable au titre de la complicité puisqu’il n’y a pas eu de FPP. La
seule solution est de se tourner vers le mandat criminel.

B) Le résultat

On est face à une infraction formelle. Ce qui est visé dans le texte
d’incrimination n’est pas l’atteinte mais l’attentat à la vie. Donc, dans
l’empoisonnement, dès lors que la victime a été empoisonnée quelle que

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soit les conséquences de son empoisonnement, le résultat est alors l’effet
du poison sur le corps de la victime.

§2. L’élément moral

Le crime d’empoisonnement est toujours intentionnel : article 121-3.


Première proposition : dire que l’empoisonnement consiste dans l’emploi
ou l’A° d’une substance dont l’agent connait le pouvoir mortifère. Dans
cette proposition, il y a un élément de conscience de l’acte. Avoir la
volonté de l’acte, c’est dire qu’il ne peut y avoir d’intention si l’agent a
employé ou administré une substance par erreur. L’erreur de fait est
incompatible avec une intention. Ex : On peut se tromper sur l’acte même
mais aussi sur la substance. Il faut aussi que l’agent ait eu conscience du
pouvoir mortel de la substance. Une personne qui administre une
substance qu’il croit inoffensive ou qu’il croit bénéfique pour l’individu
n’est pas coupable dès lors que cette absence de connaissance est bien
établie. Q° : L’empoisonnement suppose-t-il l’intention de tuer ?
Deux affaires ont permis de se demander si la prise d’un risque mortel
équivaut à l’intention de tuer :

-L’affaire du sang contaminé : période où la France dispose d’un stock de


sang. On découvre que certains stocks seraient contaminés par le SIDA.
Incertitude sur les stocks contaminés et sur la dangerosité exacte de ce
virus. Les décideurs sont confrontés à un choix :

-Soit on détruit tous les stocks de sang au risque de ne pas pouvoir faire
face à la demande des hôpitaux.
-Soit on prend le risque de mettre sur le marché des stocks de sang
contaminés.

La q° qui se pose est de savoir si la prise de risque consciente équivaut à


l’intention de tuer ? C’est l’arrêt du 18 janvier 2003 de la chambre
criminelle dans lequel la Cass va poser un pcp : « le crime
d’empoisonnement prévu par l’art. 221-5 ne peut être caractérisé que si
l’auteur a agi avec l’intention de donner la mort ». Elle ajoute que
c’est un « élément moral commun à l’empoisonnement et aux autres
crimes d’atteinte volontaire à la vie de la personne ». Donc, la Cass
considère que l’empoisonnement suppose bien l’intention et qu’il n’est
qu’un meurtre spécial.

-Les relations sexuelles non protégées et la contamination du SIDA : ce


n’est plus l’empoisonnement que la Cour a souhaité appréhender dans

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ces affaires, mais l’A° de substances nuisibles ayant entrainé la mort ou
une mutilation permanente.

Dans les deux affaires, les auteurs ne peuvent pas être condamnés pour
empoisonnement puisqu’ils ont bien voulu prendre un risque mais pas
empoisonner. Ccl° de cette jp : il faut distinguer les infractions
d’empoisonnement et les infractions de mise en danger.

Le Code pénal contient aussi une originalité depuis 1992 : il incrimine la


mise en danger d’autrui.

Section 2 : Le délit de mise en danger d’autrui

Ce délit est incriminé à l’article 223-1. 3 qualifications possibles de ce


délit : délit d’exposition d’autrui à un risque ; délit de risque causé à
autrui. Le texte est une originalité du Code pénal moderne qui envisage
désormais la pénalisation de ce qui correspond à une prise de risque.
Mais, l’incrimination est très restrictive car le législateur n’a pas souhaité
que chaque citoyen soit figé par la peur de prendre un risque.
§1. Les éléments constitutifs

Ces éléments sont très précis :

A) L’élément matériel

On est face à une infraction de risque qui se distingue d’une infraction


dite d’atteinte. Pour une infraction de risque, on peut observer que si la
déf° de l’acte est essentielle, le résultat de l’infraction peut être
appréhendé comme un risque. L’incrimination est d’abord restrictive au
regard de l’acte. Dans le texte, l’acte s’analyse comme la violation d’une
obligation particulière de prudence ou de sécurité imposée par la loi ou le
règlement. On reconnait là la formule de la faute délibérée. Il faut
d’abord une obligation puis une violation.

a) L’obligation

C’est une obligation légale ou règlementaire au sens de la C°. C’est aussi


une obligation particulière. L’AP, dans un arrêt du 20 janvier 2023 venait
d’indiquer que l’art. 223-1 exige que les juges constatent le caractère
particulier d’une obligation de sécurité ou de prudence et que ce
caractère devait s’entendre d’une obligation précise, qui implique un
comportement univoque, déterminé. Plus exactement, c’est une oblig°

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objective, immédiatement perceptible et clairement applicable, sans
faculté d’appréciation personnelle du sujet.

b) La violation

Violer une obligation c’est ne pas la respecter, et comme pour les


homicides, c’est une infraction caméléon car peut s’analyser comme une
infraction de commission ou d’omission, en fonction de la nature de
l’obligation violée.

c) Le résultat

Le résultat est une atteinte qui correspond à un risque qualifié. Il est


défini de manière restrictive quant à son objet et sa nature : Au regard de
son objet : la loi vise d’abord un risque pour autrui. Autrui s’entend de la
personne humaine, ce qui exclut les animaux ou l’environnement.

Concernant l’environnement, la question a été résolue par la loi climat et


résilience du 22 aout 2021 qui est venue prendre en considération la mise
en danger de l’environnement de manière spécifique en l’appréhendant
comme une circonstance aggravante de certains délits
environnementaux. 3 textes aggravent la répression de certains
comportements consistant à violer certaines règlementations, lorsqu’au-
delà de cette violation il y a mise ne danger de la faune, de la flore ou de
la qualité de l’eau. L’art. L. 173-3-1 du Code de l’environnement vise
l’installation et l’exploitation d’ouvrages en violation de la
règlementation. Donc, la mise en danger de l’environnement n’est pas
appréhendée comme infraction autonome mais comme une circonstance
aggravante.

Autre exemple : Le Code des transports vise le transport des


marchandises dangereuses.
Seconde restriction apportée par le texte : si le risque vise la personne
humaine, il vise un risque grave : celui d’atteinte à la vie (de mort) ou de
mutilation ou d’infirmité permanente. Donc, le délit ne vise pas tout
risque pour l’homme, mais uniquement les plus graves.

Ce lourd encadrement de l’objet du risque est complété par un lourd


encadrement de la nature du risque. Le Code vise le risque « immédiat et
direct ». La loi vise le fait d’exposer directement autrui à un risque
immédiat de mort ou de blessures. Cela se traduit en jp par deux
éléments : Ce que la loi vise est un risque certain, et cette certitude doit

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être établie par les circonstances qui doivent être particulièrement
caractérisées.

Ex 1 : Un individu qui commet un excès de vitesse important. S’il y a


assurément une contravention voire un délit, il n’y a pas nécessairement
délit de mise en danger puisque n’est pas établi un risque certain pour
autrui de mort ou de mutilation ou d’infirmité permanente. Ex 2 : Arrêt du
8 février 2022 : pdt la période Covid, des jeunes filles avaient organisé
une soirée. Elles ont été poursuivies au motif qu’elles avaient mis en
danger la vie d’autrui en permettant une éventuelle contamination par le
covid et donc une diffusion du virus. La Cass et les juges du fond
rappellent que le risque immédiat s’entend d’une haute probabilité de
survenance du dommage et non d’une simple possibilité. Sous cet angle,
on comprend que l’infraction de mise en danger est une infraction de
prévention et non de précaution (un principe qui ne vise que les risques
incertains).

On ajoute dans cette affaire des éléments sur les circonstances de la


fête : les personnes invitées étaient jeunes, peu nombreuses, et
l’exposition direct au risque ne pouvait s’appliquer qu’aux participants de
la soirée. Donc, la Cour en conclu que les juges du fond avaient
parfaitement justifié la relaxe. Et, en plus d’être certain, le risque doit
aussi être concret. Le Code pénal vise le fait d’exposer directement
autrui. Or, cette exposition semble indiquer que des victimes potentielles
puissent être mises en danger. Donc, il ne s’agirait pas d’une exposition
abstraite mais d’une exposition concrète à un risque. Ex : Si des skieurs
empruntent une piste fermée, on peut considérer que le risque est
certain, mais faut-il que le parquet démontrent que des victimes
potentielles ont été effectivement mises en danger, ou suffit-il de réduire
le risque à la violation de l’obligation ? Pas de réponse claire de la Cour.
Mais, on peut dire que lorsqu’on analyse ses décisions, on observe que le
risque ne semble pas s’induire de la seule violation de l’obligation, il
s’entend comme un risque concret pour des victimes potentielles.

On en trouve un exemple dans un arrêt du 4 cot. 2005 concernant la sté


Total qui n’avait pas respecté le seuil d’émission de GAS prévu par
l’arrêté. Elle a été poursuivie pour pollution mais aussi mise en danger
pour les personnes proches de la raffinerie.

Mais, la société a été relaxée au motif que les études d’expertise réalisées
durant la procédure ne permettaient pas d’établir un impact mesurable
de cette pollution sur la population. Donc, le risque semble bien viser des
victimes suffisamment déterminées.

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Il faut aussi ajouter que si le risque est défini, le lien de causalité entre le
risque et la violation est également restrictif.

3) Le lien de causalité

Le texte vise une exposition directe d’autrui à un risque par la violation


d’une obligation. C’est le terme direct qui nous fait dire qu’un lien de
causalité doit exister. La plupart du temps, ce lien n’est pas débattu car il
peut apparaitre comme la résultante des autres éléments. Mais, il peut
apparaitre qu’un autre facteur ait été déterminant du risque, qu’il ait
participé à sa réalisation. Ex : Arrêt du 6 oct. 2009 où la Cass a rappelé
que le délit de mise en danger n’était constitué que si le manquement
avait été la cause directe et immédiate du risque. Il s’agissait d’un
infirmier libéral chargé de faire des injections d’un médicament anti-
infectieux à domicile. Mais, il va se tromper de dosage en inoculant une
dose supérieure au dosage prescrit. Une analyse va établir que ce
surdosage avait exposé le patient à un risque.

Mais, il était observé que ce risque était réversible si la personne était


traitée. La Cass a estimé que le fait qu’une intervention soit possible pour
conjurer ce risque était un facteur à prendre en considération. Autrement
dit, il était possible d’éviter le maintien du risque par une intervention
médicale, de sorte que la causalité n’était pas suffisamment caractérisée.

B) L’élément moral

L’élément moral correspond à la déf° d’une faute délibérée. Ce qui est


incriminé la violation manifestement délibérée d’une obligation. On
retrouve là la faute manifestement délibérée définie dans le Code pénal.
Le délit de risque causé à autrui n’est ni une infraction intentionnelle, ni
d’imprudence. C’est une infraction délibérée, càd une infraction qui
contient un élément moral particulier qui se situe entre une intention et
une imprudence. Même si la Cass parle parfois d’infraction
intentionnelle, ce n’en est pas une puisque le texte n’exige pas que
l’auteur ait eu l’intention du risque, et il n’y a pas d’imprudence puisque
l’acte est parfaitement délibéré. C’est pourquoi, en pratique,
l’élément moral se résume à la preuve de la volonté de violer une
obligation de sécurité ou de prudence. Il n’y a donc pas à débattre
sur le degré de conscience du risque, à se demander si l’agent avait bien
conscience de l’existence ou non de victimes potentielles. Donc, on peut

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dire que l’élément est simple : c’est la volonté délibérée de violer
l’obligation.

§2. La répression

A) La question du cumul d’infractions

Le cumul suppose toujours une première infraction qui devient un


élément constitutif du délit de risque à autrui parce-qu’il vise la violation
d’une obligation imposée par la loi ou le règlement. Donc, doit-on
envisager le cumul ? Dans le cas où le même fait est à la fois constitutif
d’une contravention et d’un délit, la contravention est absorbée par le
délit. C’est ce que la Cass a jugé dans en premier temps. Mais, elle a
apporté une nuance dans un arrêt du 16 nov. 2016 où elle a admis qu’il
puisse être possible que les éléments constitutifs de la contravention
et du délit ne soient pas identiques et que les valeurs sociales protégées
par les 2 infractions soient différentes. Cette situation du concours idéal
doit être distinguée de celle du concours réel dans laquelle un individu
commettrait plusieurs faits distincts.
Ces situations de concours doivent être distinguées du cas où l’infraction
de mise en danger serait concurrencée par une infraction d’atteinte.
On ne peut pas envisager pour un même fait d’appliquer à la fois
l’infraction de mise en danger et celle d’atteinte. Ce principe est toutefois
à nuancer dans une situation : lorsqu’il y a pluralité de victimes
potentielles, il est concevable qu’un même fait ait produit des résultats
différents en fonction des victimes. Il se peut que certaines ait été
atteinte et d’autre simplement mise en danger. C’est ce qu’a appréhendé
la chambre criminelle dans un arrêt du 7 septembre 2001. Il s’agissait
d’un accident routier : 5 personnes ont été heurtées : pour elles,
l’infraction d’atteinte peut être envisagée. Mais, pour les personnes qui
n’ont pas été atteintes, elles pourront se constituer partie civile pour le
délit de mise en danger.

B) Les peines applicables

1 an de prison et 15.000 euros d’amende et pas de circonstances


aggravantes. Des peines complémentaires peuvent s’ajouter (art. 223-18
et 223-20).

C) La constitution de partie civile

En application de l’article 2, pour se constituer partie civile, la victime


doit avoir souffert personnellement du dommage directement causé par

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l’infraction. Donc, la victime doit souffrir du résultat pénal de l’infraction,
càd celle qui dans sa chair subit l’atteinte. Un arrêt du 8 sept. 2020 a
posé la question de savoir si des associations de défense de
l’environnement pouvaient se constituer partie civile du chef d’une mise
en danger d’autrui pour carence des pouvoirs publics pour lutter contre
l’exposition de la population à la pollution atmosphérique. Cette question
renvoie plus généralement à l’action civile portée par certaines
associations devant les J° pénales.

Mais, au-delà de ces cas particuliers, la Cour a jugé qu’une association de


protection de l’environnement n’est pas susceptible de subir un préjudice
personnel directement causé par le délit de mise en danger de la vie
d’autrui.

Elle ajoute que la victime visée dans le délit d’exposition est autrui et
qu’il doit s’entendre d’une personne physique. Cet arrêt nous renseigne
sur le résultat pénal de l’infraction.

Section 3 : La provocation au suicide

La provocation est une notion qui est d’abord une forme de complicité.
Cette technique suppose un préalable : identifier une infraction
principale, et il n’y a pas de répression possible pour un acte de
complicité qui se grefferait sur un acte qui n’est pas incriminé.

Or, ici, la technique de la complicité ne peut pas permettre la répression


de celui qui provoque au suicide, et il faut donc se tourner vers la
provocation en tant qu’infraction autonome. La provocation au suicide est
incriminée dans la section 6 du chapitre 3 du Code pénal, et ce sont les
art. 223-13 et s. qui l’incrimine spécifiquement.

§1. Les incriminations

Deux types de qualifications sont envisagées :

A) L’infraction principale (art. 223-13)

Cette infraction principale peut se classer dans la catégorie des


provocations suivies d’effet.

1) L’élément matériel

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Il faut une provocation et un effet. La provocation n’est pas définie par le
législateur. Donc, on en déduit que toute incitation entre dans le
périmètre de l’infraction. L’acte de provocation peut être physique comme
un acte d’expression. Il y a des actes matériels mais aussi psychologiques.
Mais, la jp exige que l’acte de provocation soit suffisamment caractérisé
ce qui ne serait pas le cas d’un simple conseil. Cet acte doit cpdt avoir
produit un effet qui est soit un acte consommé (le suicide), soit un acte
tentée (la tentative de suicide). Donc, la provocation est illicite par l’effet
qu’elle produit et non par elle-même. Le suicide doit être consommé ou
tenté. Donc on est face à une infraction qui suppose une certaine
matérialité, même si elle reste une infraction formelle. Le suicide et la
tentative de suicide dont il s’agit doit toujours viser une personne
humaine.

2) L’élément moral

L’agent doit avoir eu l’intention de provoquer le suicide ou la tentative.


Donc, l’intention se caractérise par la volonté de provoquer et d’en
obtenir l’effet. Cette double volonté suppose de démontrer que l’agent ait
bien conscience que ses actes pouvaient conduire un individu au suicide.

Ex : Une personne qui remet un couteau à un individu dont elle ne


connait pas le comportement suicidaire n’a pas la volonté de provoquer le
suicide. Cette infraction principale est une infraction moderne.

B) L’infraction complémentaire (art. 223-14)

Cette infraction correspond au fait de faire de la propagande en faveur de


produits, méthodes comme moyen de se donner la mort.

1) L’élément légal

Le texte d’incrimination pose une q° de légalité au sens C°el et/ou


conventionnel en ce sens qu’il constitue une restriction à la liberté
d’expression. Au fond, ce qu’il réprime est un abus de la liberté
d’expression qui est sanctionné pour une raison d’ordre public.

Au regard de la conventionnalité de cette infraction, l’art. 10 de la Conv°


EDH considère que des restrictions peuvent être apportées à la liberté
d’expression lorsque la loi le prévoit ou pour préserver certains intérêts.

2) L’élément matériel

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Le texte vise à la fois l’acte de propagande et de publicité. On s’aperçoit
qu’on peut punir l’acte visé vers une personne déterminée ou un public,
càd aussi bien l’acte médiatique que non médiatique. De ce point de vue,
le fait de rééditer un ouvrage faisant la propagande du suicide, devient
punissable. On est allé plus loin, puisque le terme de publicité vise celui
qui préconise les méthodes et celui qui préconise de lire l’ouvrage. La
publicité vise des produits, des objets ou des méthodes préconisés comme
moyen de se donner la mort. Donc, il faut distinguer la publicité du
simple fait de parler du suicide qui n’est pas punissable. Le résultat de
l’infraction est quant à lui purement matériel, il suffit de constater l’acte
de propagande et de publicité.

3) L’élément moral

L’infraction est intentionnelle, mais la plupart du temps, l’intention


résulte des faits. Donc l’intention est rarement autonome en la matière.

§2. La répression

Les peines applicables sont assez importantes puisque les peines de base
des 2 infractions sont de 3 ans de prison et 45.000 euros d’amende.
L’infraction peut être aggravée lorsque la victime est un mineur de 15
ans. On retrouve cette volonté générale du Code pénal de protéger les
mineurs de moins de 15 ans. Et les peines sont alors de 5 ans de prison et
75.000 euros d’amende. L’infraction peut être imputée à d’autres
personnes que l’auteur matériel des actes puisqu’elle peut être commise
par la voie de la presse. Lorsqu’on applique la loi du 29 juill. 1881, les
articles 42 et suivants envisagent un système de responsabilité en
cascade qui est une responsabilité légale et hiérarchique. Elle est légale
car la loi détermine des responsables et hiérarchique puisque les
responsables sont déterminés dans un ordre de priorité. Le premier
responsable est le directeur de publication ou l’éditeur. A défaut, ce sont
les auteurs de propos, puis les imprimeurs, les vendeurs et distributeurs.
Donc, si un acte de provocation au suicide est médiatisé soit par voie de
presse ou par voie audiovisuelle, on va d’abord rechercher la
responsabilité de l’auteur de la publication.

Section 4 : Le délaissement de personne vulnérable

L’art. 223-3 vise le délaissement d’une personne qui n’est pas en mesure
de se protéger en raison de son âge ou de son état physique ou psychique

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et l’art. 227-1 vise le délaissement d’un mineur de 15 ans. Ces deux
formes de délaissement concernent des personnes vulnérables :

§1. Les éléments constitutifs

A) La condition préalable : la victime

La condition préalable est la victime qui est une personne vulnérable ce


qui montre que ces textes visent à protéger la vulnérabilité de certaines
personnes. L’art. 227-1 vise la vulnérabilité du mineur de moins de 15
ans, et ici, la vulnérabilité est présumée.
L’art. 223-1 envisage quant lui une vulnérabilité liée à l’âge, à l’état
physique ou psychique, et la vulnérabilité est appréciée au regard de
critères légaux restrictifs puisque toutes les vulnérabilités ne sont pas
visées. Une fois que la victime est identifiée, l’acte de délaissement peut
être envisagé.

B) Le délaissement

a) L’acte

Délaisser une personne est l’abandonner mais sans secours, sans soin,
sans surveillance.

Deux observations :

-La nature de l’acte incriminé : La Cour, notamment dans un arrêt du


23 fév. 2000 puis 9 octobre 2012, a considéré que ce délaissement
s’analysait comme un acte de commission.

Cet acte positif consiste à abandonner une personne vulnérable dans des
circonstances qui sont dangereuses pour sa santé ou sa sécurité. Mais,
pour qualifier l’illicite, il faut se demander s’il ne faudrait pas distinguait
entre des personnes qui sont chargées par la loi, une décision de justice
ou leur statut, d’assurer une surveillance des personnes vulnérables, et à
l’inverse, des personnes qui ne seraient pas chargées de cette mission.
Pour le 1er cas, on peut considérer que les parents sont chargés par la loi
de veiller à la sécurité de leur enfant. Leur seule qualité implique en qlq
sorte une obligation de soin et de secours. Au-delà des parents, on
pourrait envisager que les professionnels de santé sont également
chargés d’assurer la santé des personnes dont ils ont la charge,
conséquence de quoi ils seront coupables si ils abandonnent les
personnes dont ils ont la charge. Pour les autres, il faudra alors faire

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référence aux circonstances particulières, de lieu et de temps, et
examiner la dangerosité possible de l’acte d’abandon.

Au-delà de cette distinction, on observe que l’article 227-1


envisage que le délaissement n’est pas punissable s’il a permis la
santé et la sécurité de l’enfant. Donc, il n’y a de délaissement
punissable que s’il y a bien mise en danger de la personne. Cette formule
n’a pas été reprise dans l’autre texte mais il n’y a pas de doute que l’on
puisse reprendre la même idée.

2) L’intention

Pour être punissable de l’infraction de délaissement de personnes


vulnérables, il faut avoir eu la volonté d’abandonner une personne
vulnérable, et ainsi de la mettre en danger. Ce n’est pas le cas si des
parents ont laissé seul leurs enfants à l’arrivée d’un bateau. De même, le
fait de laisser vagabonder des enfants dans la rue par négligence n’est
pas constitutif de l’infraction.

§2. La répression

Pour le premier texte, le délaissement est punissable de 5 ans de prison


et 75.000 euros d’amende et il est aggravé dans deux cas : en cas de
mutilations permanentes (15 ans de réclusion criminelle) ou s’il a
entrainé la mort (20 ans de réclusion criminelle).
Ce n’est pas seulement la peine, mais aussi la qualification qui est
aggravée puisque l’on passe d’un délit à une crime et d’une infraction
qui suppose une mise en danger à une infraction qui suppose une
atteinte. Pour le 2nd texte, le délaissement est punissable de 7 ans de
prison avec une circonstance aggravante lorsque le délaissement a
entrainé une mutilation et une infirmité permanente ou la mort.

Chapitre 2 : Les infractions d’abstention

Dans une société démocratique, il faut observer que l’incrimination d’une


obligation d’agir est bcp plus rare que l’incrimination d’une interdiction.
On estime en effet qu’imposer des comportements aux individus est plus
attentatoire aux libertés individuelles que de formuler des interdits. Donc
les infractions d’abstention sont très rares.

Art. 223-6 alinéa 1 incrimine le non obstacle à la commission d’une


infraction contre l’intégrité corporelle et l’alinéa second incrimine la non-
assistance à personne en danger (ou omission de porter secours).

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Section 1 : Les éléments constitutifs

§1. L’élément matériel

Puisque ce qui est punissable est une abstention, il faut d’abord définir ce
qu’est l’obligation d’agir. Et une fois cette obligation caractérisée, on
pourra identifier en quoi consiste l’abstention.

A) La condition préalable : L’obligation d’agir

Il y a obligation d’agir dans deux cas :

-Le cas défini par l’alinéa 1 de l’article 223-6 : quand il y a crime ou délit
potentiel contre l’intégrité corporelle.

-Lorsqu’il y a une personne en péril (article 223-6 alinéa 2).

S’agissant du premier cas, il incrimine celui qui n’empêche pas un crime


ou délit contre l’intégrité corporelle. Le juge doit d’abord qualifier une
infraction préalable et que cette infraction est potentielle. Il n’y a
d’obligation d’intervenir que si les faits susceptibles d’une qualification
sont criminels ou délictuels, avec une restriction puisque seuls les délits
corporels sont visés. A contrario, il n’y a pas de qualification possible si le
fait principal est une contravention. Il n’y a pas d’infraction si le fait
principal n’est pas susceptible de qualification pénale. Celui qui s’abstient
d’empêcher une personne de se suicider n’est pas coupable de l’infraction
de non-obstacle à un crime ou délit corporel. Il faut aussi qualifier cette
infraction de potentielle. Il s’agit d’identifier ou crime ou délit potentiel,
càd en cours de réalisation. La jp a eu l’occasion de préciser que
l’obligation d’agir existe non seulement lorsque le crime ou le délit est en
phase d’exécution, mais également lorsqu’il est en phase de préparation.
Il suffit que le projet d’infraction soit certain. Celui qui connait le projet
d’infraction mais qui s’abstient d’y faire obstacle est punissable (arrêt du
8 janvier 1951).
Plusieurs facteurs de complication peuvent être identifiés au regard de
cette condition :

-La question du renouvellement d’infraction : Une infraction


qualifiée de crime ou de délit corporel a déjà été constatée mais risque
d’être renouvelée.

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Q° : L’obligation d’empêcher se renouvelle t-elle-même si c’est le même
crime intenté contre les mêmes personnes ? La réponse de la Cour est
positive. L’obligation d’agir apparait à chaque fois qu’une obligation est
susceptible de se renouveler.

-Lorsque l’infraction est continue ou d’habitude : Une infraction


continue suppose des actes d’exécution qui durent dans le temps. La jp
décide alors ici qu’il est concevable de sanctionner celui qui s’abstient de
ne pas interrompre l’action délictueuse. L’alinéa 2 de l’article envisage
l’obligation d’agir lorsqu’une personne est en péril. Le texte vise une
personne et évoque un péril. S’agissant de la personne visée par le texte,
avec l’arrêt du 2 avril 1992 par la ch. criminelle, il s’agissait d’un
médecin poursuivi pour omission de porter secours car avait tardé à
intervenir à la suite d’appels répétés d’une sage-femme qui l’alertait sur
le risque de césarienne d’une patiente. La césarienne intervient trop tard
et l’enfant décède dans le ventre de sa mère. La Cour juge que
l’infraction est constituée ce qui veut dire que la « personne » visée par le
texte s’étend à l’enfant à naitre. Mais, il faut la confronter aux infractions
d’homicide involontaire où l’AP juge que le pcp d’interprétation stricte
s’oppose à ce que l’homicide involontaire s’applique à un enfant à naitre
et qu’une fois l’enfant né vivant, l’homicide involontaire peut être retenu.
Depuis, la chambre criminelle n’a jamais eu à se prononcer à nouveau sur
la q°. On peut donc considérer que la jp de 1992 est caduque.

Q° : Si la personne s’entend d’une personne vivante, peut-on envisager


d’appliquer cette infraction à une personne décédée ? On pourrait dire
que dès lors que la personne est décédée, l’état de péril est
dépassé. Donc, on ne peut pas appliquer la théorie de l’infraction
impossible, puisque dans ce cas, il faudrait pouvoir appliquer la tentative.
Or, là, la tentative n’est pas punissable, puisqu’on ne peut pas tenter de
s’abstenir. Donc, celui qui croit une personne vivante et ne lui porte pas
secours n’est pas punissable. La personne doit aussi se trouver en péril.
Ce péril est une situation critique qui fait craindre des graves
conséquences pour l’intégrité corporelle, voire la vie de la personne qui y
est exposée.

-La source du péril : Depuis un arrêt du 31 mai 1949, la Cass précise


que le péril peut provenir de n’importe quelle cause, la loi ne faisant pas
de distinction selon la cause ou la nature du péril. Donc, contrairement à
l’al. 1er de l’art. 223-6 qui identifie précisément la condition préalable
comme étant un crime ou un délit, ici, la notion de péril ne s’entend pas
nécessairement d’une infraction préalable. L’omission de porter secours a

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donc un potentiel de répression plus large que l’infraction du non-
obstacle à la commission d’une infraction contre l’intégrité corporelle.

Rq sur le péril provoqué par la victime : faut-il prendre en


considération la prise de risque fautive par la victime ? C’est l’hypothèse
où une personne prend volontairement des risques inconsidérés. La Cass
a tjrs considéré que l’assistance est tjrs due quelle que soit l’attitude
préalable de la victime, même d’ailleurs lorsque la victime s’est rendue
coupable d’une infraction. Ex : celui qui blesse un voleur doit quand
même l’assistance. La q° a été renouvelée lorsque les J° ont été
confrontées à des hypothèses de refus de soin par un patient.
La loi du 4 mars 2002 a envisagé à l’art. L. 1111-4 du CSP une forme
d’autorisation de la loi. Les médecins sont autorisés à ne pas soigner un
patient qui s’y refuse, à condition de l’avoir informé des csq de son refus
de soins, et d’avoir tout mis en œuvre pour le convaincre d’accepter les
soins. Donc, on est face à une obligation de moyen renforcée.

S’agissant du péril provoqué par l’auteur de l’omission : c’est l’hypothèse


d’une personne qui est auteur d’un premier acte, la plupart du temps
qualifié d’infraction, et à qui ensuite on voudrait reprocher une omission
de porter secours consécutive à la première infraction. Autrement dit, on
est face à un concours réel d’infractions. Pour résoudre la pbique, il
faut distinguer suivant la nature de l’infraction préalable :

-Soit c’est une infraction d’imprudence, et dans ce cas, la jp estime


qu’il est parfaitement possible de distinguer d’une part la 1 ère infraction
qui est la source de péril, et d’autre part, la 2 nde infraction qui est
l’omission de porter secours. Donc, dans cette hypothèse, il n’est pas
nécessaire de cumuler les deux qualifications.

-Soit l’infraction préalable est une infraction intentionnelle, et


dans ce cas, la question se pose d’abord du pdv de l’intérêt répressif.
Pour cumuler les deux qualifications, il faudrait que l’omission de porter
secours soit plus grave que la première infraction. Ce sera le cas en cas
de violences volontaires ayant entrainé une ITT inférieure ou égale à 8
jours.

2ème élément de débat : Peut-on identifier deux infractions distinctes


dans ce cumul et qui sont accomplies avec deux états d’esprit distincts ?
Si deux intentions distinctes et successives se greffent sur deux actes
distincts et successifs, il est alors possible d’envisager un cumul.

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-La nature du péril : il faut que la victime soit exposée à un dommage
corporel potentiel. La jp apporte 2 précisions à cette règle générale. Le
dommage corporel potentiel s’entend du dommage qui va se produire
mais également de celui qui va se reproduire. Donc, il y a obligation de
porter secours, même lorsque la victime a déjà été mise en péril. Ex : Une
directrice d’établissement est responsable pour omission de porter
secours à une victime de coups qui avait déjà été victime de coups. La jp
emploie aussi de manière régulière, le terme de péril imminent et
constant. Le péril qui déclenche immédiatement l’obligation d’agir est un
péril imminent et constant. Dire qu’il doit être imminent c’est dire qu’il
doit être réel. Il doit exister, et ce n’est pas parce-qu’un dommage finit
par se produire qu’il faut en déduire l’existence d’un péril. Et dire qu’il
doit être constant veut dire qu’il doit être continu. Il se peut qu’un
péril ait existé mais qu’il ait disparu.

Ex : Risque d’agression sexuelle pour une victime mineure mais qui avait
disparu parce-que l’auteur de l’agression avait quitté le domicile. On
analyse le péril au moment des faits et si toutes les conditions du péril
sont remplies, l’abstention est incriminée.

B) L’incrimination

L’art. 223-6 incrimine un acte d’abstention et l’infraction est formelle


puisque ce qu’on reproche est de ne pas avoir empêché une infraction
contre l’intégrité corporelle ou la réalisation d’un péril. Mais, cette
abstention doit d’abord être qualifiée en définissant l’acte d’abstention et
en ajoutant que toute abstention n’est pas forcément illicite.

a) L’acte d’abstention

Il y a deux infractions et donc deux comportements objectifs :

-Le non obstacle à la commission d’une infraction contre l’intégrité (art.


223-6 alinéa 1er). Ici, le fait de s’abstenir est celui de ne rien faire, d’être
passif. Mais, on peut se demander si le fait d’essayer d’agir sans fermeté
est-il punissable ? La Cour considère qu’est coupable l’individu qui se
borne à prodiguer des conseils à des délinquants potentiels. Le juge va
devoir apprécier l’action accomplie par la personne poursuivie pour
tenter d’empêcher la commission d’une infraction contre l’intégrité
corporelle.

-La non-assistance à personne en péril (223-6 al. 2) : ici, le texte est plus
précis puisque le Code vise deux comportements : celui de la personne

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qui pouvait prêter son assistance par provocation personnelle ou en
apportant son secours. Cette dualité de comportements ne doit pas être
comprise comme une alternative et la Cass a pu dire que celui qui ne peut
pas agir lui-même peut ttefois provoquer les secours.

b) L’illicéité de l’abstention

Toute abstention n’est pas nécessairement punissable. Il faut que l’aide,


le secours ou l’assistance soit possible au regard des compétences, des
qualités de la personne poursuivie. Cette donnée est précisée par le Code
qui indique que « l’obligation d’agir n’existe que si l’assistance est
possible sans risque pour l’auteur ou pour les tiers ». Il faut donc que le
juge analyse in concreto, au regard des circonstances, que l’agent ne
courait aucun risque pour lui-même ou pour les tiers. Le risque doit être
majeur : il correspond à un risque pour la vie ou l’intégrité physique de
l’auteur. Ex : La Cass a pu juger que le risque judiciaire est un risque
indifférent. Celui qui omet de porter secours à une personne en péril
alors qu’il est l’auteur de ce péril, n’en est pas moins tenu de porter
secours. C’est une directive d’interprétation qui est donnée au juge pour
délimiter le licite de l’illicite.

§2. L’élément moral

L’art. 223-6 est le siège d’une infraction intentionnelle. L’agent doit


avoir voulu s’abstenir en ayant conscience d’une obligation d’assistance,
et en ayant conscience de l’absence de risque pour lui-même ou pour les
tiers. Sur l’infraction du 1er alinéa, le point qui fait débat est de savoir si
l’agent avait bien connaissance du projet d’infraction. Pour le condamner
il faut démontrer qu’il connaissait le projet d’infraction et qu’il n’a pas
agi.

Ex : Un médecin qui ne dénonce pas des privations de soins n’est pas


punissable s’il n’a pas eu connaissance des projets. Sur le terrain de
l’alinéa 2, là ce qui compte est la conscience du péril qui est
susceptible de varier quand l’agent est témoin direct du péril ou
indirect. Dans le premier cas, la preuve de l’intention repose sur une
correspondance avec l’homme moyen. Donc, c’est à l’agent de démontrer
sa bonne foi.
Dans le second cas, la jp considère que le médecin qui suit un protocole
est seul juge de l’utilité de son intervention, mais qu’il a l’obligation de
s’informer et de suivre les protocoles d’information pour prendre la
décision la plus éclairée possible.

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Section 2 : La répression

§1. L’action publique

Les peines applicables sont de 5 ans de prison et 75.000 euros d’amende


(peine supérieure à l’infraction d’imprudence). On observe que jusqu’à
peu, il n’existait aucune circonstances aggravantes à l’omission de porter
secours. Le législateur en a pris partiellement conscience puisqu’une loi
du 3 août 2018 a ajouté un dernier alinéa à l’article 223-6 qui envisage de
punir de 7 ans de prison et 100.000 euros d’amende, les abstentions
commises sur un mineur de moins de 15 ans. Mais, si l’omission conduit à
ce que l’enchainement causal se continue et que la victime est gravement
blessée voire décède, ne devrait-on pas envisager une aggravation de
l’omission de porter secours ?

§2. L’action civile

Q° : Qui peut se constituer partie civile sur le fondement de l’art. 223-6 ?


La Cour a lgtps considéré que cette infraction était une infraction d’IG et
qu’elle ne pouvait être poursuivie que par le MP. Cette conception est
complètement dépassée ajd puisque depuis un arrêt du 16 mars 1972, la
Cour est venue préciser que les dispositions du Code pénal ont pour objet
« l’IG de la collectivité et réprime le trouble causé à l’OP par une
abstention délictueuse, mais elles ont aussi pour but la protection des
intérêts privés ». Depuis, la possibilité est ouverte à toute personne visée
par le péril de se constituer partie civile. La personne qui souffre
personnellement du dommage directement causé par l’infraction au sens
de l’art. 2 du CPP est la personne en péril.

S’agissant de la compétence, le juge pénal est compétent lorsque


l’infraction a été commise par des agents publics et qu’il doit statuer sur
la réparation des conséquences d’une faute personnelle détachable de la
responsabilité civile de l’agent public.

S’agissant de la réparation du préjudice, elle suppose d’adopter une


conception originale de la causalité, puisque par déf°, une
abstention ne cause rien. Mais, la causalité ne s’entend pas
uniquement de la cause physique, elle s’entend aussi d’une autre forme
de causalité : celui qui n’empêche pas la continuation d’un enchainement
dommageable peut être considéré comme l’auteur d’une omission
causale. La seule théorie qui permet de comprendre cela est celle de
l’équivalence des conditions, puisque c’est l’idée que, sans l’omission,
le dommage ne serait pas survenu.

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