Master 1 Contentieux judiciaire Semestre 1
2024-2025
Droit pénal spécial (personnes)
-Manuel DPS Valérie Malabat, Hypercours Dalloz / Lexis Nexis, Philippe
Comte. Examen : Oral sur une question de cours + une question
complémentaire sous forme de cas pratique.
Introduction :
Déf° : Le DPS peut se définir comme la branche du drt pénal qui étudie
les différentes infractions sous deux aspects :
-A travers leurs éléments constitutifs ce qui renvoie au drt pénal de fond.
-A travers les modalités de la répression ce qui renvoie à l’imputation
mais aussi aux peines et parfois les procédures spécifiques.
Le DPS est un droit légal qui repose sur le pcp de légalité des délits et
des peines qui signifie que qu’aucune infraction n’existe sans texte.
Ce droit est aussi un droit des valeurs, càd un droit de protection des
valeurs sociales. Il existe des débats à ce sujet de la part de certains
légalistes, mais en réalité, on ne peut pas faire totalement abstraction de
cette donnée, notamment pour comprendre certaines infractions.
Q° : Le droit pénal ne fait-il que protéger des valeurs reconnues par
d’autres disciplines ? Selon cette approche le droit pénal serait un droit
sanctionnateur. Ou est-ce que le droit pénal serait un droit
déterminateur, càd un droit qui participerait lui-même à la
détermination des valeurs sociales. La réalité est que le droit pénal est à
la fois sanctionnateur et déterminateur. Mais, d’un autre côté, le droit
pénal a parfois sa propre conception de la protection des valeurs. On
parle parfois d’autonomie du droit pénal parce-qu’il poursuit ses propres
fin. On peut enfin remarquer que le droit pénal a parfois reconnu des
valeurs bien avant que d’autres disciplines ne le fassent. Le Livre 2 du
Code pénal qui nous intéresse est lui-même divisé en plusieurs titres. On
observe que le législateur envisage l’homme abstraitement, l’homme au
collectif (l’humanité)et l’homme au singulier. Ici, on va se contenter de
l’homme au singulier.
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NB : Le Livre 2 contient 7 chapitres avec des formulations assez
évocatrices. Ici on n’étudiera que les infractions les plus importantes, càd
les infractions contre l’intégrité corporelle et morale.
Partie 1. Les infractions contre la vie et le corps humain
Dans le Code pénal, le législateur distingue les infractions en fonction du
l’état d’esprit de l’auteur puisqu’il évoque les infractions qu’il nomme
volontaires et d’autres involontaires, et cette distinction est reprise à la
fois pour les atteintes à la vie et à l’intégrité physique.
Ce critère est assurément important, mais en réalité ce n’est pas le
critère premier. Il existe en effet un autre critère lié à la consommation
de l’infraction et qui est envisagé au regard de l’atteinte à la valeur. On
peut distinguer deux types de qualifications pénales :
-Ou bien est incriminé une atteinte effective à la valeur. De ce point de
vue, l’intervention du législateur est une intervention après coup.
L’infraction est consommée par l’atteinte effective à la valeur protégée.
C’est ce qu’on appelle une infraction matérielle, étant observé qu’au
sein de cette catégorie on retrouve les infractions de résultat qui se
définissent par la nature du résultat.
-Mais on peut envisager que soient incriminés, non pas des atteintes
effectives mais des atteintes potentielles à une valeur. Il s’agirait
alors d’infractions formelles, càd des infractions qui, dans leur définition,
ne supposent pas d’atteinte à la valeur. Ici, le législateur intervient avant
coup = infractions de prévention. Mais, contrairement au droit civil de la
responsabilité, en droit pénal, il peut y avoir engagement de la
responsabilité pénale sans atteinte. Pour distinguer les infractions
formelles et matérielles, on va se contenter de deux valeurs :
Titre 1. Les infractions contre l’intégrité corporelle
Sous-titre 1. Les infractions matérielles
Lorsqu’on étudie la théorie de l’intention, on la définie comme la volonté
de commettre un acte portant atteinte à une valeur. A l’inverse dans
l’imprudence il y a une absence de volonté. Mais, il se peut aussi que
certaines infractions intentionnelles ne supposent pas l’intention de
l’atteinte. Ex : les violences mortelles se définissent comme les violences
ayant donné la mort sans intention de la donner. De même, l’imprudence
peut aussi comprendre la volonté de l’acte. Le volontaire et l’involontaire
ne st donc pas suffisamment précis pour prendre en compte cette nuance.
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Chapitre 1. Les infractions intentionnelles
Section 1. Les meurtres
Au singulier, le meurtre est défini à l’art. 221-1 du Code pénal. Mais, au-
delà de cette incrimination, la répression de cette infraction est variable
en fonction de différents meurtres. Il y a donc une unité du concept mais
une diversité de la répression. Le Code pénal précise que « le meurtre est
le fait de donner volontairement la mort à autrui. Il est puni de 30 ans de
réclusion criminelle. ».
1ère observation : le meurtre est un crime.
2ème observation : il n’est pas puni de la peine maximale.
NB : Un crime est toujours intentionnel -> c’est ce que prévoit l’art. 121-
3 Code pénal. Donc le terme « volontairement » n’était pas utile.
I) L’élément matériel
« Le fait de donner volontairement la mort à autrui constitue un
meurtre »
A) L’acte
L’acte est le fait de donner la mort. La q° à se poser est de savoir si on est
face à une infraction d’omission ou de commission. On observera que le
législateur incrimine plus régulièrement des infractions de commission
plutôt que d’omission. Le meurtre est une infraction de commission car il
suppose un acte matériel qui peut se manifester de diverses manières. En
effet, il suppose un acte physique. C’est important puisqu’à une époque
on s’était demandé s’il n’était pas possible d’incriminer des sortilèges,
des incantations ou des tortures morales qui auraient plus ou moins
conduit la personne à la mort. Certains ont alors voulu parler d’homicide
moral. Mais, cette théorie ne peut pas être acceptée, puisque rien ne
prouve que ces actes soient à l’origine de la mort de la personne.
Le meurtre suppose aussi un acte positif. Mais une q° s’est posée dans la
célèbre affaire de la séquestrée de Poitiers. Q° : une personne qui
s’abstient d’apporter des soins est-elle susceptible d’être poursuivie ?
Auparavant, cette personne ne pouvait pas être poursuivie ce qui n’est
plus le cas ajd (ex : omission de porter secours).
Enfin, l’infraction suppose un acte susceptible d’être divers.
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Q° : A partir de quand le meurtre est-il consommé, notamment lorsqu’il
est le résultat de plusieurs actes successifs ? Le meurtre est-il consommé
à partir du premier ou du dernier acte ? La réponse est dans la structure
de l’infraction. Nous sommes face à une infraction matérielle qui n’est
donc consommée qu’à partir du moment où la résultat de l’infraction est
atteint. Dans le cas du meurtre, c’est donc à partir de la mort de la
personne que l’infraction est consommée.
Critère de distinction entre infraction continue et instantanée : l’acte.
B) Le résultat
Le résultat est le fait de donner la mort. Le Code vise la mort d’autrui et
en faisant cela il définit à la fois le résultat de manière objective et
subjective. Une autre distinction est importante : puisque le meurtre est
un crime, il y a une règle qui découle de cette qualification de crime, c’est
que la tentative est toujours incriminée.
1) Le meurtre consommé
Le meurtre protège la vie humaine et la vie est atteinte lorsqu’on est dans
un état de cessation.
Q° : La vie est-elle une valeur disponible ou indisponible ?
Autrement dit, est-ce une valeur dont chacun pourrait disposer, ou au
contraire, est-ce que cette valeur serait indisponible et qu’il n’y aurait pas
de place au consentement à la mort ? Il n’y a pas d’indication dans le
Code, mais on subodore que dans une société ou l’individu est mis en
avant, ou la liberté de disposer de son corps est mis en avant, on peut se
demander si le meurtre ne va pas plutôt être appréhendé de manière
subjective.
Premier élément de droit objectif : la C°EDH qui interdit de porter
atteinte à la vie d’autrui en garantissant le droit à la vie, lequel est
indérogeable. Sur cette base, la CEDH a jugé que l’art. 2 de la
Convention ne consacre pas de manière réciproque un droit à la mort.
Elle l’a fait dans son arrêt du 9 avril 2002, Petit c. RU. Mais, la
CEDH a dû préciser dans d’autres arrêts, notamment un arrêt HASS c.
Suisse que le droit d’un individu de décider de quelle manière et à quel
moment sa vie doit prendre fin, dès lors qu’il est en mesure de former
librement sa volonté, et d’agir en csq, constitue l’un des aspects du droit
au respect de la vie privée. La q° est donc ici posée sous l’angle de l’art.
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8, et de là, la Cour laisse une marge d’appréciation nationale pour rendre
effectif ce droit qui résulterait de l’art. 8.
En droit français, il existe deux séries de dispositions qui sont
importantes dans le CSP : l’arrêt des traitements et des soins (art. L.
1110-5-1 al. 1er du CSP) ; la sédation profonde d’un patient capable
d’exprimer sa volonté (art. L. 1150-5-2 du CSP).
D’un point de vue pénal, ces deux dispositions constituent des
autorisations de la loi, soit de meurtre, soit d’assassinat, soit
d’empoisonnement. Le meurtre reste donc une infraction objective qui ne
laisse pas place à lui seul à la volonté de la victime, sauf dans les cas
prévus par les précédents textes. Dans son plan, le Code pénal parle
d’atteinte à la personne humaine. Lorsque le législateur vise autrui, il
vise l’être humain, à l’exclusion de toute autre forme de vie. Dans ce cas,
que faut-il entendre dans autrui entendu comme une personne humaine ?
Sur ce point, la Cass admet que l’homicide involontaire soit applicable à
un enfant né vivant et décédé des suites de ses blessures irréversibles à
la suite de la faute de l’auteur. Elle considère que l’infraction est bien
applicable, puisque l’enfant est né vivant mais non viable. On peut donc
déduire de cet arrêt que le droit pénal protège la vie mais non la PJ. Il
faut donc distinguer l’enfant qui est détaché de sa mère, de l’enfant qui
est détaché de sa mère et qui est mort en son sein. Le droit pénal protège
la vie d’une personne sans distinction.
2) Le meurtre tenté
La tentative est toujours punissable, et par là même, la tentative de
meurtre. La jp définit le commencement d’exécution comme supposant
un ou des actes qui tendent directement et immédiatement à la
consommation de l’infraction. Donc, le commencement d’exécution se
distingue des actes préparatoires qui ne sont a priori pas incriminés sauf
si le législateur le décide et il est d’ailleurs tout à fait possible que le
législateur décide à titre autonome d’incriminer un acte préparatoire.
Cette incrimination est en quelque sorte une incrimination préventive.
Ex : L’association de malfaiteurs -> consiste à incriminer des personnes
qui forment une entente en vue de commettre un crime ou un délit.
Ex 2 : le mandat criminel (art. 221-5-1 du Code pénal) : ce mandat
incrimine le fait de donner une somme d’argent à un tueur à gage pour
qu’il commette un crime. Cet article vient ainsi combler un vide
juridique issu de l’affaire Lacour. Le tueur à gage ne pouvait être
poursuivi ni pour crime tenté ni pour crime consommé. Le Dr Lacour
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n’était pas non plus punissable sur la base de la complicité ou de la
tentative de meurtre puisqu’il n’y a pas de fait principal punissable. C’est
la raison pour laquelle le mandat criminel a été incriminé.
Au-delà de cette particularité, la q° qui a été posée à la Cass et est-ce
qu’il est envisageable de punir pour tentative de meurtre ou pour
meurtre, une personne qui porte des coups mortels sur un cadavre ?
C’est ce qui a conduit à la célèbre affaire Perdereau. C’est dans
cette affaire que s’est posée la q° de l’infraction impossible. Il n’est
pas possible de condamner une personne pour meurtre alors que la
victime était déjà morte. Sur le terrain de la tentative, la Cour considère
qu’il importait peu que la victime soit déjà morte, cette circonstance étant
indépendante de la volonté de son auteur et les violences exercées par lui
constituant un commencement d’exécution au sens du Code pénal. Pour
la Cass, les deux éléments de la tentative sont donc réunis (l’intention et
le commencement d’exécution) peu important que la victime était déjà
morte.
Débat : Pour exister la tentative doit nécessairement se greffer sur une
qualification pénale. Or, comment peut-on envisager que la tentative se
greffe sur une qualification qui n’est pas concevable ? C’est dire que la
tentative ne serait juridiquement pas concevable, puisque l’élément de
qualification pénale fait défaut. Mais, à cela, on peut répondre que
l’élément de la qualification de la tentative n’est pas le résultat, mais
le commencement d’exécution.
Une composante du meurtre n’apparait pas dans l’art. 221-1 : le lien de
causalité
3) Le lien de causalité
Ce lien est une constante de la responsabilité pénale. Toutefois, il faut
admettre que lorsqu’une infraction est matérielle et que l’acte et le
résultat sont proches, en pratique, le débat sur le lien de causalité est
pratiquement inutile. Ce lien est en quelque sorte impliqué par la réunion
des autres éléments constitutifs. Toutefois, ce lien peut être débattu à
titre exceptionnel dans deux hypothèses, l’un qui met en cause des règles
de fond et l’autre des règles de preuve.
-La première hypothèse est celle où le dossier de procédure fait
référence à plusieurs acteurs, plusieurs causes possibles de la mort. Ex :
Une personne particulièrement fragile qui a été frappée d’un coup de
poing décède. Il y a donc deux causes : la fragilité de la victime et le coup
de poing. La responsabilité pénale doit-elle tenir compte de cette dualité
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de causes, ou l’auteur est-il responsable de ce meurtre indépendamment
de savoir si la victime était particulièrement fragile ? La q° qui va se
poser est de savoir si la cause étrangère peut exonérer l’auteur de sa
responsabilité. La Cass a toujours admis que l’auteur d’un acte
d’homicide peut être exonéré de sa responsabilité si la mort a été causée
par une autre cause, sauf à dire que notre droit admet de punir la
tentative. L’exonération par la cause étrangère ne fonctionnera donc que
si elle absorbe totalement la causalité et si une tentative de meurtre est
inconcevable.
-La 2ème observation, c’est qu’en matière pénale, la causalité n’est
pas divisible. Un auteur est responsable ou non, il ne l’est jamais à
moitié. On peut le comprendre lorsqu’une personne est victime de 2
auteurs qui portent l’un est l’autre des coups. Il n’y aura pas à se
demander quelle a été la part des coups portés par l’un et l’autre,
puisque chacun est responsable de l’infraction sans qu’il n’y ait besoin de
diviser la causalité. Mais, si on résonne sur la preuve, deux difficultés se
sont posées en pratique et qui ont amené à 2 arrêts de la Cass.
La première hypothèse est celle où en présence de plusieurs auteurs, il
n’est pas possible de déterminer lequel des actes a causé la mort. On
pourrait être tenté d’attribuer à chacun sa part, en poursuivant l’un pour
violence et l’autre pour meurtre. On va poser une présomption de
causalité en considérant que tous les participants sont coupables du
résultat de ces violences. C’est ce qu’on appelle la théorie de scène
la unique de violence. Dans une telle situation tous les acteurs ayant
participé au crime sont alors in solidum responsables de l’infraction. La
seconde hypothèse survient lorsqu’il y plusieurs auteurs, mais qu’un seul
coup est à l’origine de la mort de la victime. Ici, comme il n’y a qu’un
seul coup mortel, il ne s’agit pas de calculer quelle est la part de causalité
de chacun, mais qui est l’auteur. On va encore raisonner par présomption
en imputant un résultat à l’ensemble des participants. Deux théories
ont permis d’aboutir à ce résultat :
-La théorie de la complicité corespective.
-La théorie de l’auteur avec l’idée que chacun est auteur de
l’infraction. Dans le Code pénal, l’auteur est visé à l’art. 121-4 qui
prévoit notamment que l’auteur de l’infraction est la personne qui
commet les faits incriminés, càd qlqun qui, sur sa personne, rassemble
tous les éléments constitutifs de l’infraction. Donc, si on applique cela au
meurtre, une personne est auteur lorsqu’elle commet tous les faits décrits
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par l’art. 221-1. Donc, lorsque l’on résonne sur le co-auteur, il peut y
avoir deux conceptions de la co-action :
-On peut être co-auteur par addition, et dans ce cas, sont co-auteurs les
personnes qui commettent chacune les faits incriminés.
-On peut aussi la concevoir comme une action collective qui conduit à un
résultat illicite, en admettant que chaque participant à cette action ne
commet pas l’ensemble des faits incriminés. Ici, il ne s’agit plus de
considérer la co-action comme une addition d’auteurs, mais comme une
complémentarité des auteurs.
B) L’élément moral du meurtre
Comme le meurtre est un crime et que le crime est toujours intentionnel,
cet élément ne pose pas de problème, mais il est possible de définir cette
intention en se demandant comment en pratique la preuve de cette
intention peut être apportée.
a) Définition positive
Positivement, le meurtre suppose l’intention du résultat, càd l’intention
de donner la mort. On parle d’animus necandi. On voit bien qu’en réalité
dans le meurtre, l’intention est double : il faut vouloir l’acte d’homicide et
vouloir atteindre la victime par cet acte. On parlera de dol.
NB : Dol général = Volonté de commettre les actes décrits par le texte
d’incrimination. / Dol spécial = Volonté de commettre cet acte avec un
mobile particulier présent dans le texte d’incrimination.
L’intention de tuer est non seulement un élément constitutif du meurtre
mais aussi un élément de qualification et donc de distinction entre les
infractions.
Infractions proches du meurtre mais qui n’en sont pas un :
-Violences mortelles (art. 222-7) : Dans ces violences, il y a certes une
intention, celle de violenter, mais pas une intention de tuer.
-L’homicide involontaire (art. 221-6) : Ici c’est l’intention de tuer qui
permet de distinguer cette infraction du meurtre.
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Il faut aussi ajouter que l’intention de tuer peut permettre de distinguer
le meurtre d’autres infractions qui ne concernent a priori pas la vie
humaine. Ex : Le viol (art. 222-3) : le législateur précise que l’infraction
sera aggravée si la victime est décédée du viol. Le législateur incrimine
donc le viol et plus gravement le viol ayant entrainé la mort. Cette
infraction n’est donc pas un meurtre puisque ce dont on parle ici c’est
d’un viol aggravé, càd d’un viol ayant entrainé la mort sans l’intention de
la donner.
Cette intention de tuer est une intention de tuer autrui puisque l’intention
se définie toujours par rapport aux éléments décrits par le texte
d’incrimination. L’intention est la projection intellectuelle des éléments
constitutifs de l’infraction. L’intention dépend donc toujours de la nature
de l’infraction. Dans le meurtre, le résultat est la mort d’autrui, donc il y
a intention par le simple fait de vouloir tuer une personne,
indépendamment de son identité ou de sa qualité.
b) Définition négative
L’intention de tuer n’est pas l’intention des mobiles puisque pour
incriminer une personne il y a nul besoin de tenir compte de ses mobiles,
sauf à ce qu’ils soient identifiés à un fait justificatif. En revanche, lorsque
les jurés vont condamner et que le choix de la peine va s’imposer à eux, il
se peut que la prise en compte du mobile conduise à des peines plus ou
moins modérées.
Q° : L’intention de tuer est-elle compatible avec l’erreur ? Hormis l’erreur
sur l’identité de la victime, il est possible de se tromper sur l’acte ou sur
le résultat. Dans la première hypothèse, on voit bien que l’erreur de fait
sur l’acte empêche l’intention, puisque comme il n’y a pas de volonté de
l’acte, l’intention est aussi absente. Si on se trompe sur le résultat, c’est
se tromper sur la nature même de la victime. Ex : Un chasseur qui tire
sur une personne qu’il pensait être un animal. Là encore, l’intention est
absente, puisqu’il y a erreur sur la nature de la victime.
Q° : Comment va-t-on prouver le meurtre ? C’est a priori à l’autorité
poursuivante, le parquet, de prouver tous les éléments constitutifs de
l’infraction. Mais, en matière pénale, l’art. 427 du CPP précise que la
preuve peut être apportée par tout moyen si bien qu’une présomption de
fait est tout à fait envisageable, et d’ailleurs, en pratique, tous les procès
pour meurtre reposent sur des présomptions. En pratique, ce sont les
circonstances matérielles qui permettent d’établir l’intention et ces
circonstances permettent de poser des présomptions de fait.
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§2. La répression des meurtres
Cette répression dépend d’une distinction entre le meurtre ordinaire et
les meurtres aggravés.
A) Le meurtre ordinaire
Ce meurtre est puni de 30 ans de réclusion criminelle avec un minimum
de 10 ans.
NB : La Cour d’assises peut assortir cette peine d’une période de sûreté
(art. 132-23). Le meurtre est également punissable de peines
complémentaires.
B) Les meurtres aggravés
Ici, il s’agit de considérer que certaines circonstances peuvent aggraver
une qualification de base, et d’ailleurs, on distingue parfois des
circonstances aggravantes réelles qui tiennent à la matérialité des
faits et des circonstances aggravantes personnelles qui tiennent à
l’individu. Et on observe dans le Code pénal que le législateur réhausse le
seuil de la répression à la réclusion criminelle à perpétuité dans trois
cas :
-Lorsqu’il y a aggravation tenant à la pluralité d’infractions.
-Lorsqu’il y a aggravation tenant à la psychologie du délinquant.
-Lorsqu’il y a aggravation tenant à la qualité de la victime.
Dans le 1er cas : Le concours réel (càd, des faits distincts et
successifs susceptibles de plusieurs qualifications) et idéal (càd, un
fait unique susceptible de plusieurs qualifications) peuvent donner
lieu à un même résultat puisque, dans les 2 cas, on peut considérer
que, s’il n’y a pas eu de condamnation, c’est la qualification la plus
grave qui va l’emporter.
Ce qui nous intéresse ici est le concours réel. Ex : Si un individu commet
un viol puis qu’il tue la victime, il commet deux faits distincts successifs
qui vont conduire à l’application du droit commun (art. 132-2), càd que
l’on va retenir la qualification la plus grave. Dans cet exemple, comme le
viol est punissable de 15 ans de réclusion criminelle et le meurtre de 30
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ans, il faudra retenir la qualification de meurtre. Mais, ce droit commun
peut apparaitre insatisfaisant, puisqu’on peut considérer que ce n’est pas
suffisant de punir pour meurtre simple un individu qui au surplus a
préalablement commis une autre infraction, et c’est pourquoi on va en
quelque sorte déroger au droit commun en aggravant la répression parce-
qu’il y a pluralité d’infractions.
Le Code distingue deux cas dans lesquels la répression sera
aggravée en raison de la pluralité d’infractions :
-Le meurtre concomitant d’un autre crime (art. 221-2). Ici, on peut
voir qu’il y a aggravation lorsque le meurtre précède, accompagne ou suit
un autre crime.
Donc, il y a une condition de concomitance, mais il y a bien l’idée que les
deux crimes doivent être distincts, et il faut évidemment que ces deux
crimes soient imputables au même auteur.
-Le meurtre connexe à un autre crime ou un délit (art. 221-2 al. 2)
qui vise le meurtre qui a pour objet, soit de préparer ou faciliter un délit,
soit de favoriser la fuite ou assurer l’impunité de l’auteur ou d’un
complice. Donc, ici, il va falloir établir un lien de corrélation entre les
deux infractions, et l’article envisage deux causes d’aggravation : le
meurtre concomitant d’un autre crime ; le meurtre corrélé et connexe
d’un autre crime ou délit.
Dans le cas ensuite de l’aggravation tenant à la psychologie
du délinquant.
C’est le cas par exemple de l’assassinat qui est un meurtre commis
avec préméditation prévu par l’art. 221-3. L’art. 221-3 alinéa 1er
dispose que « Le meurtre commis avec préméditation ou guet-apens
constitue un assassinat. ». Donc, l’assassinat suppose de qualifier cette
préméditation dont on trouve la déf° dans le Livre 1 er du Code pénal à
l’art. 131-72 qui définit la préméditation comme le dessein formé avant
l’action. Donc, dans la préméditation, il faut à la fois un élément
matériel et temporel. Il faut alors bien distinguer le cas de celui qui,
dans l’instant, décide commettre un crime, de celui qui prépare avant de
commettre un crime. Mais, l’assassinat est une circonstance aggravante
particulière, puisqu’elle peut paraitre personnelle, mais d’un autre côté,
elle peut se traduire par une forme particulière de réalité du crime. On
dit donc souvent que c’est une forme de circonstance aggravante mixte.
Cela veut dire que cette circonstance ne s’applique pas seulement à
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l’auteur de l’infraction, mais aussi au complice qui se serait associé à ce
crime prémédité.
S’agissant enfin de l’aggravation tenant à la qualité de la
victime :
Ici, on remarque que la liste de ces causes ne cesse de s’allonger, ce qui
montre la prise en considération des victimes de manière plus
individualisée (art. 221-1-4 du Code pénal). Il faut se référer à l’art. 121-
4 du Code pénal qui énonce plusieurs hypothèses d’aggravation à
raison de la qualité de la victime. Ex : La minorité de 15 ans ; lorsque
le meurtre est commis sur un dépositaire de l’autorité publique. Donc, on
voit qu’à raison de la qualité de la victime, il existe différentes causes
d’aggravation. Mais, ici, il faut se demander si ces circonstances doivent
être appréciées par le juge de manière purement objective ou subjective ?
Ex : si l’on résonne sur la minorité de 15 ans, faut-il punir si l’auteur avait
conscience de tuer un mineur de moins de 15 ans, ou au contraire, s’il
faut considérer que cette circonstance est purement objective et qu’il
suffit de la constater. C’est un débat important en pratique parce-que cela
renvoie à la conception qu’on peut avoir de ce qu’est une infraction
aggravée. Certains auteurs considèrent qu’il s’agit d’une infraction qui
doit être constituée dans ses éléments et à laquelle on ajoute une
circonstance objective. Mais, d’autres auteurs considèrent au contraire
que cette infraction est une nouvelle infraction qui intègre dans ses
éléments constitutifs la circonstance aggravante, d’où le fait que
l’intention doive être appréciée au regard de cette nouvelle infraction.
L’intention n’est alors plus celle de tuer une personne, mais de la tuer
telle qu’elle est décrite par la circonstance aggravante. Aujourd’hui, on
n’a pas de réponse véritable à ce débat, mais l’art. 221-4 nous donne
quand même quelques éléments de réponse, puisque, pour certaines
circonstances, le texte prévoit que l’auteur doive connaitre la qualité de
la victime.
C’est le cas au 3° de l’article qui prévoit que « Le meurtre est aggravé
lorsqu’il est commis sur une personne dont la particulière vulnérabilité
due à son âge, à une maladie, à une infirmité, à une déficience physique
ou psychologie, ou à un état de grossesse, est apparente ou connue de
l’auteur. ». Donc, dans ce 3°, on observe bien que le législateur a pris le
soin d’affirmer que la circonstance aggravante doit être appréciée au
regard de ce que l’auteur connaissait ou de ce qu’il pouvait percevoir en
apparence. Donc, de fait, il y a deux façons de voir les choses : soit on
considère qu’il faut appliquer cette condition subjective à toutes les
autres circonstances, soit on considère que si le législateur a précisé cela
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pour cette qualification, il n’est nécessaire de le qualifier pour les autres
cas.
Section 2. Les violences
Catégorie d’infraction très importante en pratique. On peut observer que
le mot violent peut renvoyer à plusieurs réalité : d’actes violents ou de
résultat violent. On peut accorder les violences à la fois au regard de
l’acte ou du résultat. Aussi lorsqu’on se concentre les violences subies
par la victime, on s’aperçoit que les violences apparaissent comme des
infractions de résultat prc que la gravité de l’infraction va dépendre de
l’atteinte subie par la victime et par anticipation on peut distinguer les
violences contrav, délictuelles et crim. En droit pénal, c’est singulier de
fixer le seuil de la répression en fonction non pas de l’auteur, mais de la
victime. Et quelle que soit la violence la peine varie en fonction du
résultat subi par la victime. Les violences sont appréhendées au pluriel
car le législateur a pris soin de distinguer les violences de droit commun
puis des violences particulières qu’il a souhaité sanctionner à titre
autonome. On pourra opposer des violences dites ordinaires et des
violences dites particulières.
Sous-section 1 : Les violences ordinaires
§1) Les textes d’incrimination (art. 222-7 et s. du Code pénal)
NB : Tous les textes suivants l’art. 222-7 sont des aggravations des
précédents.
1) L’élément matériel des violences
Les violences sont des infractions matérielles et de résultat.
S’agissant de l’acte de violence, les violences sont des infractions de
commission, les violences sont toujours un acte positif donc impossible de
punir une personne qui s’abstient de porter des coups.
Si les violences sont des actes positifs, on peut observer que les violences
peuvent être le fait de l’auteur lui-même, mais aussi de ce que la jp a
appelé un instrument passif, càd, soit un animal, soit même un être
humain que l’auteur aurait utilisé pour commettre des violences. Il est
notamment arrivé que la Cass admette qu’une personne puisse être
qualifiée d’auteur de violences par l’intermédiaire d’un être humain
apparaissant comme passif. C’est le cas d’un individu qui pendant une
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période épidémique envoyait des lettres en indiquant qu’elles étaient
empoissonnées pour faire peur au destinataire. Sous réserve de ces
exceptions, les violences sont des infractions de commission.
Les violences peuvent aussi être définies par rapport à leur objet. Il
faut ici distinguer les violences dites physiques et psychologiques. Ajd, les
violences sont punissables à ces 2 titres, mais il faut retracer une
évolution, puisque dans l’ancien Code, seules les violences physiques
étaient punissables (le texte ne visait que les coups et blessures). Puis, en
1833, le législateur a ajouté les voies de fait aux coups et blessures pour
réprimer des actes pouvant être qualifiés d’anti-sociaux. Mais, même avec
cette extension, on pouvait constater que les violences supposaient
toujours un contact physique. Le seuil de la répression dépendait donc
toujours d’un contact physique avec la victime. Mais, la Cass a
rapidement été confrontée à des actes violents qui n’entrainent aucun
contact corporel avec la victime. Plus particulièrement, dans un arrêt
du 19 juill 1992, la Cour a considéré que des atteintes qui n’atteignent
pas matériellement la personne mais qui sont de nature à provoquer une
certaine émotion peuvent être punissables. On voit ici apparaitre le
concept de violences psychologiques. L’émotion subie par la victime peut
être subie par ce qu’elle voit, par ce qu’elle sent ou ce qu’elle entend.
Mais ce que l’on a nommé à cette époque violences psychologiques
supposaient tjrs un acte physique de l’auteur et que c’est en réalité le
résultat subi par la victime qui apparaissait purement psycho. Le
législateur a donc ratifié une jp, puisque, dans une loi du 9 juillet 2010
il a introduit un art. 222-14-3 du Code pénal qui dispose que « Les
violences prévues par les dispositions de la présente section sont
réprimées quelle que soit leur nature, y compris s'il s'agit de violences
psychologiques. ». Mais, le concept de violences psychologiques peut
permettre d’aller plus loin que la jp classique puisque le résultat subi par
la victime peut être psychologique, mais le terme peut aussi englober des
actes psychologiques de nature très différente, notamment des propos, du
moment où ils provoquent une certaine émotion. Mais, de fait, il y a une
certaine porosité de qualification parce-que si des violences
psychologiques permettent d’appréhender toutes les expressions qui
provoquent une certaine émotion, il est possible de considérer que
peuvent être appréhendés des insultes, des injures, des outrages, voire
même des harcèlements, correspondent à des violences psychologiques,
alors que ce sont autant de qualifications qui sont aussi punies à titre
autonome.
S’agissant ensuite du résultat violent, il peut s’appréhender à travers la
victime violentée ou à travers l’atteinte.
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-Concernant l’élément subjectif du résultat (la victime), elle doit être une
personne humaine, ce qui exclut du périmètre de la classification tous les
autres êtres vivants, mais la personne humaine est visée dans sa
généralité.
Q° : Faut-il que la personne violentée soit vivante ? Dans le cas de
coups portés sur un cadavre, on sait que l’acte peut être appréhendé
comme une tentative de meurtre dès lors que les coups peuvent être
appréhendés comme un commencement d’exécution. Mais, cette solution
est-elle transposable en matière de violences ? En matière de violences, il
y a une difficulté qu’il faut bien analyser. Les violences ne sont qualifiées
de crime, délit ou contravention qu’en considération du résultat. Si la
victime a subi une ITT supérieure à 8 jours, il est possible de considérer
que l’on est sur le terrain du délit. En revanche, si elle est inférieure à 8
jours, on peut considérer qu’on est sur le terrain d’une contravention. Et,
pour que ce soit un crime, il faudra que la victime ait subi des violences
mortelles. Mais, on est alors dans une impasse, puisqu’en matière de
violence, si l’on veut punir pour tentative, c’est que le résultat n’a pas été
atteint.
Or, dans ce cas, pour savoir si la tentative est punissable, il faut aussi
connaître le résultat. Donc, on ne peut sortir de cette impasse que dans
des exemples où le résultat potentiel aurait pu être qualifié alors même
qu’il n’a pas été atteint. Ex : Un individu se précipite vers un autre en lui
disant qu’il va lui couper le bras, et qu’au moment où il s’apprête à porter
le coup, il est arrêté par un tiers. Ici, on est bien dans une hypothèse où
le résultat n’a pas été atteint, donc dans le cadre d’un commencement
d’exécution. Mais, pour savoir si la tentative est punissable, il faut
déterminer si le résultat atteint pouvait correspondre à un résultat
criminel, puisque seule la tentative de crime est toujours punissable.
Donc, on peut par exemple envisager que le fait de couper le bras d’une
personne peut conduire à une infirmité permanente, et que cela
correspond à la qualification de l’article 222-9. Autrement dit, il faudra
essayer d’envisager un résultat criminel par projection.
Autre q° : Le consentement de la victime est-il un élément de qualification
de la violence qu’elle a subi ? Cette q° se pose d’autant plus que la CEDH
a admis sur la base de la Convention, que l’art. 8 (droit au respect de la
vie privée et familiale) emportait le droit de choisir ses pratiques
sexuelles, y compris si elles sont violentes. Donc, par exemple, une
pratique sexuelle sadomasochiste qui implique des violences est inclus
dans ce droit à l’autodétermination reconnu par la CEDH.
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Mais la q° se pose alors de savoir si la promotion de ce droit de
l’Homme a une incidence sur la répression pénale ? D’un point de
vue pénal, le texte d’incrimination est clair, puisqu’il ne fait pas référence
à une exonération de l’auteur si la victime a consenti aux actes violents.
Donc, de là, on peut en conclure que la protection de l’intégrité est en
quelque sorte un élément de l’ordre public pénal, alors même qu’au
regard de la Conv° EDH, ce serait une restriction de la liberté
individuelle. Mais, on pourrait se poser la même q° sous un autre
angle en se demandant si la répression pénale de l’auteur de violences
qui ont été acceptées par la victime est conforme à la Conv° EDH ? Dans
ce cas, on pourrait soutenir que la répression de ces violences est
contraire à l’art. 8 de la Conv°, et que, par l’effet d’un contrôle de
proportionnalité, le juge pénal pourrait admettre que la répression
pénale est disproportionnée en ce qu’elle porte atteinte à un droit
reconnu par la Convention.
-Concernant ensuite l’élément objectif du résultat (l’atteinte) : Il
faut distinguer l’atteinte abstraite qui est l’atteinte à la valeur (qui est ici
l’intégrité) et le préjudice concret subi par la victime. Donc, pour qu’il y
ait violence il faut que la victime ait été atteinte ds son intégrité physique
ou psychologique. Donc, toutes ces atteintes physiques ou psychologiques
consomment l’infraction de violence, et a contrario, il n’y a pas de
violences s’il n’y a pas eu d’atteinte. Et, donc, sous cet angle abstrait, a
priori, il n’y a pas à graduer la nature de l’atteinte, puisque toute atteinte
à l’intégrité est pénalement punissable. Mais, il faut ensuite se
pencher sur l’analyse du préjudice, puisque le droit des violences
est conçu à partir de seuils de répression qui dépendent de seuils
de préjudices résumés dans le Code pénal. C’est tout à fait original et
très différent de ce que l’on peut par exemple retrouver en droit allemand
où on peut plutôt analyser la gravité du comportement. Donc, il faut bien
comprendre quels sont ces seuils de préjudice que le Code pénal identifie.
Le 1er seuil prévu à l’article 222-7 est la mort puisqu’il est précise que
« Les violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner sont
punies de quinze ans de réclusion criminelle. ».
Et, en deçà de ces violences, on est sur le terrain des violences
délictuelles avec plusieurs seuils : les mutilations et les infirmités
permanentes (222-9) et les violences ayant entrainé une ITT supérieure à
8 jours (222-11).
Et enfin, la 3ème catégorie concerne les violences
contraventionnelles, càd celles qui sont constituées par une ITT
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inférieure à 8 jours ou une absence d’ITT avec 2 types de contraventions
de 4ème et 5ème classe (art. R. 624-1 et R. 625-1).
Donc, la q° qu’on peut se poser et de savoir à quel moment le préjudice
doit-il être constaté et comment doit-il l’être ? La réponse est qu’il doit
être constaté par le juge pénal au moment du jugement, et à partir de
certificats médicaux, étant observé que le médecin n’est qu’un expert,
c’est au juge de fixer l’ITT qui n’est pas contraint de suivre l’analyse
médicale.
C’est le préjudice définitif.
Plusieurs éléments de complexité peuvent être soulevés :
En pratique, il existe deux types de certificats médicaux : la victime de
violence va d’abord consulter un médecin qui va constater les coups et
qui va éventuellement ordonner un arrêt maladie qui ne correspond pas à
la notion d’ITT, c’est un arrêt de travail. Il faudra donc un 2 nd certificat
médical qui sera un certificat de consolidation du 1 er et qui permettra de
conclure que les blessures sont guéries et donc d’apprécier la durée
d’incapacité. Mais, le résultat peut évoluer en cours de procédure, et
notamment s’aggraver. Ex : si la victime décède de ses blessures au cours
de la procédure. Donc, ici, on est dans l’hypothèse où il peut y avoir un
changement de qualification en cours de procédure.
Sous réserve de ces particularités, le juge doit constater le préjudice sur
la base des certificats médicaux. On observe que cette technique
législative ne tient pas compte de la gravité du comportement violent,
mais uniquement du résultat subi par la personne, ce qui veut dire que,
plus la victime est vulnérable, plus le résultat risque d’être grave et la
répression sévère.
S’agissant du lien de causalité, en droit pénal, la causalité présente le
caractère dit de certitude. Autrement dit, il n’y a de causalité que si l’acte
a été une cause certaine du dommage sans que l’acte n’ait été la cause la
plus immédiate ou directe du dommage. C’est plutôt la théorie de
l’équivalence des conditions qui permet au juge de déterminer la
causalité. Toutes les causes sont équivalentes du moment ont-elles ont
constitué une cause du dommage. C’est ce qui explique qu’un individu
puisse être poursuivi pour violences, alors même que d’autres causes
sont intervenues dans la réalisation du dommage subi par la victime. La
qualification est simplement exclue lorsqu’une cause étrangère absorbe
totalement la causalité. C’est le cas notamment lorsqu’un individu
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violenté se rend à l’hôpital et qu’il y décède du fait de la défaillance d’un
appareil de l’hôpital. Cependant, on pourrait dire que l’auteur des
violences a été à l’origine d’un autre résultat.
En pratique, on n’admet pas ce type de poursuite fondé sur un résultat
fictif puisque la règle est que le juge doit se fonder sur un résultat
réel. En pratique on aura donc plutôt tendance à partir sur le terrain de
la coaction.
2) L’élément moral
Puisque les violences sont soit criminelles, délictuelles ou
contraventionnelles, la q° de l’élément moral se présente différemment
selon le type de violence. Ainsi, si l’on résonne sur le terrain criminel, les
violences sont toujours intentionnelles, puisque le crime est toujours
intentionnel.
Ensuite, s’agissant des délits, le Code (art. 121-3) prévoit que les
violences délictuelles sont toujours intentionnelles. Autrement dit, si
l’agent cause une atteinte qui n’est pas intentionnelle, on est sur le
terrain des violences involontaires à l’intégrité physique (art. 222-19 et
s.).
Enfin, si on résonne sur les violences contraventionnelles, en principe, les
contraventions sont constituées, sauf force majeure. Mais, en matière
de violences, la particularité est que le législateur distingue les
atteintes volontaires à l’intégrité physique et les atteintes
involontaires à l’intégrité physique au titre des contraventions
(art. 624-1 et 625-1).
Mais, une fois que l’on a posé ces règles de principe, il faut se demander
en quoi consiste l’intention de violenter. Et, pour y répondre, on peut
procéder par étape en analysant l’intention au regard de l’acte,
puis au regard du résultat.
-1ère étape : L’intention violente est la volonté de l’acte de violence.
Ce premier élément ne fait aucun doute, puisqu’une violence suppose
toujours un acte volontaire. Celui qui blesse autrui par maladresse ou
négligence commet une faute d’imprudence qui relève d’un autre
qualification (art. 222-19).
-2ème étape : L’intention de violenter implique la volonté de porter
atteinte à l’intégrité physique. Autrement dit, ici, c’est la volonté de
l’atteinte abstraite qui est exigée. On ne peut pas parler de violences si
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l’agent n’a pas voulu atteindre autrui. Mais, faut-il au surplus que l’agent
ait eu la volonté de causer le préjudice subi par la victime ? Exiger cette
intention c’est permettre à l’agent de se défendre de manière assez
simple, et c’est la raison pour laquelle, depuis un arrêt du 3 janvier
1958, la Cass considère qu’il y a violence dès lors qu’il y existe un acte
volontaire de violence, quel que soit le mobile, et alors même que l’auteur
n’aurait pas voulu causé le dommage comme le résultat. Cette jp parait
cohérente parce-qu’elle sous-entend qu’il faut un acte volontaire de
violence pour vouloir atteindre (volonté de l’atteinte abstraite), mais il
n’est pas nécessaire que le parquet démontre que l’agent avait la volonté
de causer le préjudice subi par la victime, ni le mobile particulier de
l’auteur. Mais, ce constat est embrouillé par quelques arrêts qui
font suite à cette déclaration de principe. En effet, dans deux séries
d’affaires, la Cass a pu condamner des individus pour violence, qui
étaient certes coupables d’un acte volontaire, mais dont l’intention de
porter atteinte à l’intégrité physique n’était pas réellement établie.
-1ère affaire : Pour faire une blague à son camarade de chantier, un
individu ouvre une bouteille d’air comprimé en dirigeant le tuyau vers le
postérieur de son collègue, lui perforant l’anus. Ici, il y a bien un acte
volontaire. Mais, l’agent n’a pas voulu porter atteinte à l’intégrité
physique, puisque c’était une blague.
Certes, on pourrait dire que l’agent avait nécessairement conscience qu’il
était susceptible de porter atteinte à l’intégrité physique de la victime.
Donc, on est à la lisière des violences. Mais, on aurait aussi pu juger que
cet individu était plutôt punissable au titre d’une atteinte involontaire à
l’intégrité physique.
-2ème affaire : Un individu en colère en sortant d’un bar claque une porte
vitrée qui va se briser et blesser les personnes qui se trouvaient derrière
la porte. Ici, il y a bien un acte volontaire, mais l’individu n’a pas voulu le
préjudice. Il n’a pas eu conscience que des personnes pouvaient être
blessées. Donc, dans cette hypothèse, il aurait peut-être été plus
rationnel de juger que cet auteur n’avait commis qu’une atteinte
involontaire à l’intégrité physique.
Avec ces exemples, on voit donc que le seuil entre le volontaire et
l’involontaire est très délicat.
Dans cette jp, on constate qu’il y a un petit glissement de l’intention vers
la volonté de l’acte qui conduit à un élargissement de la répression. On
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glisse de l’intention de porter atteinte à l’intégrité physique à la volonté
de l’acte violent pour élargir le champ de la répression.
§2. Les modalités de la répression des violences
Cette répression suppose d’abord de se demander si elle peut être
neutralisée par des causes d’irresponsabilité pénale. On peut ensuite
analyser la répression à travers les sanctions.
a) Les causes d’irresponsabilité pénale en matière de violences
On peut observer qu’une cause d’exonération de droit commun trouve
généralement à s’appliquer en matière de violences : c’est l’autorisation
de la loi, voire l’autorisation de la coutume ou de l’usage.
On retrouve plusieurs types d’autorisation de la loi :
-L’autorisation de la loi que l’on trouve dans le CSP et le Cciv qui
consiste à admettre qu’un acte thérapeutique, qui pourtant porte
atteinte à l’inviolabilité du corps humain, est autorisé à 2 conditions :
celle de la nécessité médicale et celle du consentement du patient.
NB : Lorsque le patient n’est pas en état d’exprimer sa volonté, c’est
l’urgence thérapeutique qui justifie l’autorisation, ou le consentement de
la famille.
-L’art. 73 du CPP qui en matière de crime ou délit flagrant, autorise
toute personne à appréhender un individu, et donc à le maitriser, ce qui
peut conduire à admettre des violences qui sont nécessaires à
l’immobilisation.
Si elles sont disproportionnées, l’autorisation de la loi ne vaut plus et la
poursuite pour l’infraction de violences est possible. Mais, au-delà, on
peut aussi se demander si l’autorisation de la coutume peut jouer un rôle
en matière d’irresponsabilité.
La q° s’est posée de savoir si des violences commises de manière
éducative sont-elles autorisées par la loi au sens de la coutume ? Dans
une ancienne jp du XIXème siècle, le droit de correction apparaissait
comme une prérogative de la puissance paternelle ou de l’autorité des
professeurs. Toutefois, la jp distinguait les violences nécessaires et les
violences disproportionnées. Furent notamment condamnés des parents
ayant commis des violences qui, par leur nature et leurs conséquences,
dépassaient les limites du droit de correction au sens de la jp. Mais, par
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la suite, un grand mouvement de protection internationale des enfants a
vu le jour. Le Conseil de l’Europe a émis certaines recommandations,
venant alors instaurer un débat parlementaire en France. Finalement,
c’est la loi du 10 juill. 2019 qui est venue modifier l’article 371-1 du
Cciv sur l’autorité parentale en y ajoutant un alinéa 3 qui dispose
clairement que « l’autorité parentale s’exerce sans violences physiques
ou psychologiques ». Au titre des causes d’irresponsabilité pénale, on
peut aussi envisager l’invocation d’un droit fondamental. En effet, à
l’heure actuelle on remarque l’émergence de nouveaux moyens de
défense qu’on appelle parfois des faits justificatifs, mais qui s’analysent
en réalité comme l’accomplissement du contrôle de conventionnalité par
le juge pénal sur la base en particulier des art. 6 (droit à un procès
équitable) et 10 (liberté d’expression) de la Conv° EDH. Ex : La Cass a pu
considérer que le vol soit justifié par les droits de la défense, et sur la
base de l’art. 10, elle est allée encore plus loin en considérant par
exemple que le vol d’un portrait du PR dans une mairie était justifié par le
droit de s’exprimer sur l’urgence climatique.
Donc, par transposition, on pourrait dire que les violences puissent être
justifiées par l’art. 8 de la Convention (droit au respect de la vie privée et
familiale) ou soutenir sur la base du même art. que le droit à la correction
des parents sur leur enfant soit admis dans la limite de la
proportionnalité.
B) La répression
1) Les peines ordinaires
Les violences contraventionnelles sont constituées lorsque la victime a
subi une ITT inférieure à 8 jours (contraventions de 5 e classe prévues par
l’art. R. 625-1) ou pas d’ITT. L’absence d’IITT (R. 624-1 = contraventions
de 4e classe). Dans la catégorie des violences délictuelles comprises
comme des infractions de base, on trouve 2 textes : l’art. 222-11 (ITT
supérieure à 8 jours et 3 ans d’emprisonnement et 45.000 euros
d’amende) ; l’art. 222-9 (mutilations et infirmité permanente et 10 ans
d’emprisonnement et 150.000 euros d’amende). S’agissant des
infractions criminelles, la seule est à l’art. 222-7.
2) Les infractions aggravées
Les circonstances aggravantes se trouvent aux art. 222-8, 222-10, 222-12,
222-13, 222-14, 222-14-1 et 222-14-5. Des circonstances aggravantes se
retrouvent dans ces différentes textes, qui tiennent à la qualité de la
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victime, de l’auteur ou aux circonstances de commission des violences.
Pour celles qui tiennent à la qualité de la victime, on retrouve notamment
la minorité de 15 ans -> la vulnérabilité de la victime. Pour celles tenant à
la qualité de l’auteur, c’est le cas par exemple d’un conjoint, un concubin
ou un dépositaire de l’autorité publique. La qualité d’ascendant peut
aussi être une circonstance aggravante, lorsque les violences sont
commises sur un mineur de 15 ans.
La 3e grande catégorie sont des circonstances aggravantes qui tiennent
aux conditions de commission des violences : ex : le fait que les violences
aient été commises de manière collective, avec préméditation, usage
d’une arme, de manière habituelle ou encore dans certains lieux.
Il arrive aussi que le législateur intervienne de manière ponctuelle pour
tenir compte des faits de société. Ex : dans le Code du sport pour des
violences sportives ; pour lutter contre certains types de violences
commises contre certains types de dépositaires de l’autorité publique
(art. 222-14-21).
Au-delà des types de circonstances aggravantes, avec l’ensemble de ces
textes, on comprend que le législateur fonctionne par aggravation voire
sur aggravation. On part de l’infraction de base. Si ces violences sont
accomplies avec certaines CA, elles sont rehaussées à deux niveaux :
-1er niveau : les CA transforment des violences contraventionnelles en
violences délictuelles (art. 222-13). Ex : commission de violences
entrainant une ITT inférieure à 8 jours mais commise sur mineure de 15
ans.
-2ème niveau : il se peut qu’il y ait un cumul de CA et dans ce cas, l’art.
222-13 prévoit que le cumul de 2 CA permet de rehausser à un délit
encore plus grave si il y a une 2 ème CA. On peut encore sur aggraver si il y
a 3 CA. Ici, les peines sont portées à 7 ans de prison et 100.000 euros
d’amende.
Si on part de la seconde catégorie (infractions qualifiées de délit et ayant
entrainé une ITT supérieure à 8 jours) : l’art. 222-12 envisage un
mécanisme d’aggravation et de sur aggravation.
Si on prend la 3ème catégorie (mutilation et infirmité permanente, art. 222-
9) : l’art. 222-10 prévoit plusieurs systèmes d’aggravation et sur
aggravation selon les mêmes règles, mais cette fois on passe d’un délit à
un crime. On passe à 15 ans de réclusion criminelle en cas de
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circonstances aggravantes, voire 20 ans, notamment lorsque l’infraction
est commise sur un mineur de 15 ans ou un ascendant.
Les circonstances aggravantes peuvent avoir pour objet de faire
changer de nature une infraction et elles peuvent êtres multiples et
donner lieu à un phénomène de sur aggravation.
C) L’imputation des violences
1) La théorie de l’auteur
L’auteur des violences est en pcp celui qui commet les faits incriminés
(art. 121-4) mais la q° se complique qd il existe une pluralité de
participants à une scène de violences. Dans ce cas, la jp globalise
l’événement en considérant qu’il y a une scène unique de violences,
chacun étant alors responsable de la scène.
Facteur de complication : il se peut que des personnes se regroupent en
vue de commettre des violences et que celles-ci ne soient pas encore
consommées.
Q° : Peut-on alors envisager une poursuite ? La tentative de violence n’est
pas incriminée par le Code pénal. C’est pourquoi le législateur a créé une
infraction spéciale qui consiste à incriminer un acte préparatoire : cette
infraction est celle de bande violente : définie comme « le fait pour une
personne de participer sciemment à un groupement, même formé de
façon temporaire, en vue de la préparation caractérisée par un ou
plusieurs faits matériels de violences volontaires contre les personnes ou
de destruction ou de dégradation de biens ». Ce qui est étrange c’est que
l’action collective de cette infraction ne s’appuie pas sur des faits de
violences déjà consommés, ni de violences tentées, puisque ce que l’on
vise est le groupement de plusieurs personnes caractérisées par un ou
plusieurs faits matériels mais en vue de commettre des violences. Cela
consiste à avancer le seuil de la répression en présence de faits
préparatoires. Cette infraction a été soumise au contrôle du CC°el au
motif qu’elle pouvait apparaitre comme contraire à la liberté personnelle,
puisque contraire à l’intérêt du groupe, étant observée que chaque
membre n’est pas forcément auteur du fait matériel décrit par le texte.
Pourtant le Conseil a estimé que le texte était suffisamment précis et ne
contrevenait pas au respect du fait personnel.
S’agissant de l’imputation en tant que complice, la complicité est définie
en droit commun, soit comme un acte de provocation, soit comme un acte
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d’aide ou d’assistance. Le législateur a voulu incriminer de manière
spécifique un acte de complicité à l’art. 222-33-3 pour tenir compte d’un
phénomène de société nommé happy slapping. C’est le fait de filmer des
actes de violences commis par d’autres alors même que l’auteur de
l’enregistrement ne participe pas aux actes de violence. Donc, ici, l’acte
de complicité n’est pas puni en tant que complicité mais en tant
qu’infraction autonome -> 5 ans d’emprisonnement et 15.000 euros
d’amende.
Sous-section 2 : Les violences particulières
On voit que le législateur a voulu tenir compte de certains actes
particuliers, soit en évoquant des violences particulières de nature
physique, soit des violences particulières de nature morale.
§1. Les violences physiques particulières
Le 1er texte concerne les actes de tortures et de barbarie et le second,
l’A° de substances nuisances.
I) Les actes de torture et de barbarie
A) L’élément légal
La notion d’actes de torture et barbarie est appréhendée par la loi de
deux manières :
-Etre considérée comme une CA (art. 22-26) : le viol. Dans ce cas il n’y a
pas cumul de deux qualification mais une : l’infraction aggravée.
-L’infraction autonome d’actes de torture et de barbarie (art. 222-1) a un
sens fort dans une démocratie car traduit le respect par la France de
différents engagement internationaux ratifiés et qui contiennent
l’interdiction absolue d’actes de torture et de barbarie. Le plus
opératoire pour nous est la C°EDH et en particulier l’art. 4.
B) Les éléments constitutifs de cette infraction
1) L’élément matériel
Ce qui caractérise ces actes est la gravité à la fois de l’acte et du résultat.
L’acte est grave puisqu’il s’agit d’une super violence, une violence qui
manifeste une cruauté particulière. D’ailleurs la torture est définie
comme un supplice physique et la barbarie un acte cruel et féroce. C’est
ce que dit la jp qui parle d’actes d’une gravité exceptionnelle qui
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dépassent la simple violence. Ex : le fait de ligoter une personne. Au-delà
de l’acte, c’est aussi le résultat qui est grave : il est une atteinte grave à
l’intégrité corporelle. Contrairement aux violences de droit commun le
législateur ne précise pas le préjudice subi par la victime qu’il laisse à
l’appréciation des juges du fond avec comme seule ligne directrice la
souffrance ou la douleur aigue provoquée par l’atteinte physique. La
souffrance est donc le critère d’appréciation, mais on peut se demander si
la notion d’actes de torture est concevable lorsque la souffrance est
envisagée par la victime comme un plaisir. C’est l’exercice du
sadomasochisme. On arrive à la conclusion que ce genre de violences ne
peuvent jamais être qualifiées d’actes de torture ou de barbarie, mais
simplement de violences ordinaires car elles sont source de plaisir sexuel.
Analyse confirmée par le texte d’incrimination car il utilise le terme
« soumettre ». S’agissant d’un crime, les actes de torture et de barbarie
sont punissables au titre de la tentative. Donc, tout acte qui tend
immédiatement et directement à une torture ou une barbarie pourra être
envisagé comme un commencement d’exécution.
2) L’élément moral
Nous sommes face à un crime donc infraction intentionnelle. Ce crime
suppose donc une intention et donc de soumettre la victime, de provoquer
une souffrance extrême. Cette intention de faire souffrir de manière
extrême la victime est donc suffisante.
C) La répression
Cette infraction conduit à des particularités de procédure et des
sanctions criminelles pouvant être aggravées. S’agissant des
particularités, il existe en DI un pcp de compétence universelle, ce qui
signifie que les J° françaises sont aptes à juger tous les auteurs d’actes de
torture ou de barbarie, même si les actes auraient été commis hors
territoire de la République ou commis par des étrangers. Au-delà de la
compétence universelle, l’autre particularité sont les débats d’assises qui
peuvent être à huis clos si la victime l’exige lorsque ces actes sont
accompagnés d’agressions sexuelles. S’agissant des sanctions, il y a 3
niveaux d’aggravation, l’infraction de base correspondant à 15 ans de
réclusion criminelle.
II) L’administration de substances nuisibles (art. 222-15)
A) L’élément légal
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Le texte correspond à une violence spéciale qui est punie comme une
violence ordinaire. Donc ici, on ne voit pas très bien l’intérêt de la
qualification. Mais, le législateur a voulu créer une sorte d’analogie avec
l’empoisonnement qui est distinct du meurtre en raison du procédé utilisé
par l’auteur.
Cette façon d’analyser est incorrecte car l’empoisonnement est une
infraction formelle, càd une infraction qui ne suppose pas d’atteinte, alors
que l’A° de substances nuisibles est une infraction matérielle. Donc, ces
deux infractions ne sont pas de même nature.
B) Les éléments constitutifs de l’infraction
1) L’élément matériel
Le résultat matériel de l’empoisonnement consiste dans la présence d’une
substance nuisible dans le corps de la victime.
-La condition préalable est donc le caractère nuisible de la
substance :
Le terme de « substances nuisibles » employé par le législateur renvoie à
la capacité d’un produit à provoquer une nuisance humaine. De ce point
de vue, cette substance n’est pas une substance mortelle. Il faut donc la
distinguer, distinction pouvant être opérée au regard des connaissances
scientifiques et médicales. Cela peut paraitre très simple, sauf que des
produits a priori nuisibles peuvent devenir mortels par l’effet du dosage
ou de sa combinaison. Il faut aussi se poser la question de savoir si la
substance doit être appréciée abstraitement ou concrètement. On peut
cumuler les deux raisonnements qui correspondent à deux étapes de la
qualification.
On peut d’abord considérer que le juge doit raisonner in abstracto en se
référant au pouvoir causal de la substance au regard des connaissances
médicales et scientifiques. Mais, quand on étudie le lien de causalité, on
observe qu’une substance nuisible peut se révéler mortelle pour une
victime et inversement. Ex : Un médicament normalement nuisible qui
devient mortel parce-que la victime prend un autre médicament, rendant
la combinaison mortelle. La première approche est donc toujours in
abstracto, mais la jp semble admettre de prendre en considération le
résultat effectivement subi par la victime. La Cour de cassation a utilisé
cette infraction pour tenir compte d’un phénomène de société
particulier : la contamination par relations sexuelles d’un virus. Dans un
arrêt du 10 janv 2006, la Cass a considéré que cette qualification était
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recevable, au motif que la substance administrée (le sperme contaminé)
constituait bien une substance nuisible pouvant même conduire à une
infirmité ou une mutilation permanente. Cette qualification a été
comprise comme une qualification de secours car au départ les
poursuites étaient diligentées pour empoisonnement, au motif que le
SIDA étant une maladie mortelle, la substance n’était pas nuisible mais
mortelle. La Cass a estimé que l’infraction d’empoisonnement n’était pas
adaptée car un individu peut mourir mais aussi ne pas mourir, et pour des
raisons d’opportunité, notamment parce-que l’auteur n’a pas forcément
l’intention de tuer. C’est pourquoi le législateur s’est rabattu sur la
qualification de substance nuisible.
-Il faut ensuite un acte d’administration :
Administrer une substance c’est permettre que la victime l’ingère mais le
Code ne limite pas les modes d’A°. On peut administrer par un gaz, une
piqure, de relations sexuelles etc. En sachant que le Code ne vise pas le
terme de simple emploi, il faut que la substance soit administrée.
-Le résultat : Le texte vise une atteinte à l’intégrité physique ou
psychique. Comme il faut une atteinte c’est bien que l’infraction doive
être matérielle et que le juge doit pouvoir qualifier l’atteinte au regard
des distinctions prévues pour les violences sous réserve que cette
infraction ne puisse pas être qualifiée de contravention. S’il n’y a pas de
résultat, il n’y a pas d’atteinte. La Cass a eu récemment l’occasion de
l’indiquer dans un arrêt du 5 mars 2019 où, en matière de relations
sexuelles, l’auteur s’était rendu coupable de relations non-protégées,
mais l’expertise montrait que la charge virale était extrêmement faible et
donc que la victime n’avait pas été contaminée.
-Le lien de causalité : A priori cette q° ne se pose pas en pratique
puisque si une substance nuisible a été administrée et qu’un dommage a
été constaté c’est bien qu’il a été causé par la substance administrée.
Mais, on peut trouver des hypothèses particulières, notamment dans
l’affaire dite de Tchernobyl du 20 novembre 2012. Dans cette affaire il
s’agissait de personnes qui se plaignaient de pathologies qui paraissaient
imputables au passage du nuage radioactif consécutif à l’explosion de la
centrale nucléaire de Tchernobyl. Des poursuites sont engagées sous
plusieurs qualifications, mais toutes vont être rejetées pour un seule
raison : il n’était pas possible d’établir un lien de causalité certain entre
les pathologies et le passage du nuage radioactif.
2) L’élément moral
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S’agissant de violences, on est face à des infractions intentionnelles et
donc prouver que l’agent a voulu administrer une substance et la volonté
de nuire à la santé mentale ou psychique de la victime. Sur la volonté
d’administrer on observe qu’il n’y a jamais volonté d’administrer si cela a
été fait par erreur. Ex : Une infirmière qui administre par erreur un
traitement à un patient. En revanche, elle serait punissable d’atteinte
involontaire à l’intégrité physique. Cette volonté est incompatible avec
toute erreur, quelle porte sur la nature du produit ou sur les modes d’A°.
Ce qui pose problème en pratique est de savoir si l’intention de nuire à la
santé d’autrui peut être discutée dans certaines hypothèses.
1er cas : Une personne a bien conscience d’administrer une substance
nuisible mais s’en remet au hasard pour éviter la contamination. Il y a ici
la figure du dol éventuel. Pratiquement, la distinction est difficile à mettre
puisque c’est une défense facile pour l’auteur. Donc, la jp estime que le
fait de dissimuler volontairement son état de séropositivité constitue
l’élément moral de l’infraction. Le fait d’administrer une substance dont
on connait le caractère nuisible suffit à caractériser l’infraction.
-2ème cas : Individu qui administre en conscience une substance nuisible
mais le dommage dépasse ses prévisions. Faut-il tenir compte de la
prévision du dommage ou considérer que l’agent est punissable quelles
que soit les conséquences. Ici, la Cour nous dit qu’il y a violence lorsqu’il
y a acte volontaire quel que soit le mobile et le dommage. On est donc
face à un dol indéterminé ou praeterintentionnel.
-3ème cas : Personne qui administre une substance avec l’intention de tuer
la victime mais l’auteur est tellement maladroit qu’il dose mal la
substance ou qu’il en utilise une qui ne peut pas donner la mort. Ici, si on
regarde l’élément matériel, la substance n’est pas mortelle, elle n’est que
nuisible.
Donc, on est bien sur le terrain de l’A° de substances nuisibles. A priori,
on ne peut pas aller sur le terrain de l’empoisonnement. Mais, sur le
terrain de l’élément moral, l’individu a bien eu la volonté de tuer sa
victime. A minima on peut utiliser l’infraction d’A° de substances
nuisibles, mais on peut se dire que ce n’est pas assez, puisque l’agent a
bien voulu la mort de la victime. Mais, on ne peut pas aller sur le terrain
de l’empoisonnement car la substance n’est pas mortelle. Dans ce cas, on
peut aller sur le terrain de la tentative d’empoisonnement. Mais, si
l’impossibilité était absolue, càd que la substance ne pouvait pas être
mortelle, la qualification de tentative ne serait alors pas possible puisque
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dans tous les cas la substance n’aurait pas pu entrainer la mort de la
victime. Dans ce cas, il vaut mieux aller sur le terrain de l’A° de
substance nuisible.
§2. Les violences morales
A) Les délits de l’art. 222-16 :
1ère observation : nous sommes face à une qualification de violences
psychologiques qui ne vise pas un résultat particulier. Il suffit de
constater l’existence, soit d’appels téléphoniques malveillants, soit
d’appels sonores malveillants.
1) L’élément matériel
On peut opposer deux comportements :
-Les agressions sonores : Il a toujours été admis qu’une agression
sonore particulièrement importante soit suffisante à caractériser
l’infraction dès lors qu’elles sont accomplies en vue de troubler la
tranquillité d’autrui. Sur ce 1er comportement, on voit qu’il n’y a pas de
condition de réitération qui soit envisagée contrairement au second
comportement.
-Les appels téléphoniques et envois de messages
malveillants supposent la réitération. Infraction constituée qu’à partir
du second comportement illicite. C’est ce que l’on appelle des infractions
réitérées qui supposent une répétition du même comportement. Et, on
peut ajouter que la malveillance est caractérisée, alors même que le
message n’aurait été reçu qu’indirectement pas la victime, par le bais de
sa boite vocale.
2) L’élément moral
Il faut l’existence d’un mobile particulier, càd que l’auteur ait agi
en vue de troubler la tranquillité d’autrui. Donc, c’est un dol spécial
puisqu’il ne suffit pas que l’auteur ait envoyé un message malveillant, il
faut qu’il ait agi en vue de troubler la tranquillité d’autrui. Autrement dit,
c’est un dol spécial parce-qu’un mobile spécial est exigé par le législateur.
En pratique, ce dol spécial est souvent appliqué par la réalisation
des actes matériels. Mais, cette condition n’a pas véritablement
d’autonomie en termes probatoire, puisqu’elle est souvent la résultante
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des autres éléments de l’infraction. Mais, en pratique, on peut toutefois
permettre à la personne poursuivie d’apporter une défense sur ce point.
Ex : Des organisateurs d’une rêve party qui ont manifesté leur volonté
d’organiser l’évènement dans un lieu très isolé où certes, des bruits
importants vont être émis, le fait d’avoir recherché un lieu isolé peut
manifester le fait que ces personnes n’avait pas agi en vue de troubler la
tranquillité d’autrui. Au fond, on peut dire qu’une présomption de
malveillance pèse sur les individus à l’origine des actes accomplis, et qu’il
leur appartient de renverser cette présomption.
B) Les menaces
Les menaces peuvent être appréhendées de différentes manières. Les
menaces peuvent d’abord être envisagées à travers la théorie de la
complicité puisque la complicité est punissable lorsqu’elle est commise
par provocation et que les menaces constituent une forme de
provocation. Or, ici, ce n’est pas ça qu’on étudie, les menaces étant
étudiées en tant qu’infraction autonome. L’autre technique qui permet de
prendre en considération les menaces est celle des circonstances
aggravantes, puisque de infractions peuvent être aggravées lorsqu’elles
ont été commises avec des menaces, et, il se peut aussi que les menaces
soient un élément constitutif d’une autre infraction. Ex : Le viol suppose
soit des violences, de la contrainte ou de la menace. Il faut distinguer
deux types de menaces :
-Les menaces sans injonction (art. 222-17 et R. 623-1).
-Les menaces avec injonction (222-18).
1) Les menaces sans injonction
Il faut une menace qui porte sur un crime ou un délit et que la tentative
soit punissable en sachant qu’il s’agit d’un crime ou d’un délit contre les
personnes. On en conclu donc qu’il n’est pas possible d’appliquer l’art.
222-17 à la menace avec violence pour laquelle la tentative n’est pas
punissable. C’est pour cela que la menace avec violence est visée par
l’art. R.623-1 du Code pénal qui incrimine la menace de
commettre des violences contre une personne. Par conséquent, pour
savoir quel texte va s’appliquer, il faut donc au préalable travailler sur
l’objet de la menace. Quel que soit le texte, la répression est
subordonnée, soit à la réitération de la menace, soit à sa matérialisation
par un écrit, une image ou tout autre objet. Donc, une différence est faite
entre la menace orale qui doit toujours être réitérée et la menace écrite
qui n’a pas à être réitérée puisqu’elle réside dans un support. Quelle que
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soit la qualification, on voit bien que les menaces constituent une
infraction intentionnelle, puisqu’elles ne peuvent pas être commises par
imprudence et parce-que les faits qui sont qualifiés supposent toujours
une certaine conscience. Les sanctions sont différentes selon que la
menace est une contravention ou un délit.
S’agissant de la menace de commettre une violence, c’est une
contravention de 3ème classe punie de 450 euros. En revanche, la menace
délictuelle est punie de 6 mois d’emprisonnement et 7.500 euros
d’amende, et la peine peut être portée à 3 ans de prison et 45.000 euros
d’amende lorsqu’il s’agit de menaces de mort. Le législateur réserve
aussi la menace discriminatoire en prévoyant des peines spécifiques (art.
222-18-2).
2) La menace avec injonction (art. 222-18)
Ici, le législateur incrimine la menace par quelque moyen que ce soit de
commettre un crime contre les personnes lorsqu’elle est faite avec l’ordre
de remplir une condition. On observe que l’objet de la menace doit
constituer un crime ou un délit contre les personne sans qu’il n’y ait de
référence à la notion de tentative. De plus, la menace n’a pas à être
réitérée ni matérialisée par écrit. Elle peut s’exprimer par n’importe quel
moyen. En revanche, une condition particulière est prévue qui est
celle de l’ordre de remplir une condition. Peut renvoyer à une
obligation de faire ou de ne pas faire. Il s’agit d’un délit intentionnel, mais
là encore la preuve de l’intention résulte de l’accomplissement de la
menace et de l’exigence d’une condition. Cette menace est punie de 3 ans
d’emprisonnement et 15.000 euros d’amende, et cette peine est alourdie
si elle est accompagnée de menaces de mort.
C) Les harcèlements
Le droit du harcèlement est un droit extrêmement moderne qui est
apparu au XXème-XXIème siècle. Le législateur a commencé par
incriminer le harcèlement moral au travail, puis conjugal, pour continuer
avec un harcèlement plus général relatif aux conditions de vie, avant de
terminer par le harcèlement scolaire. Face à cette multiplication, on peut
être dubitatif, puisque cela donne l’impression d’une sorte d’émiettement
du droit pénal. Ce sont les art. 222-33-2 à 222-33-2-3 qui s’appliquent en
la matière. Historiquement l’art. 222-33-2 est le premier texte.
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-La 1ère qualification a un domaine particulier car ne vise que les relations
professionnelles. De plus, ce qui compte est la répétition de l’acte. Cette
infraction est formelle puisqu’elle est constituée par la réalisation du
comportement sans qu’un dommage n’ai été causé.
-La 2nde qualification correspond à la catégorie d’infraction de résultat. On
pourrait dire que le harcèlement conjugal n’est qu’une forme de violence
aggravée.
-La 3ème qualification correspond au harcèlement général, puisqu’il
suppose la dégradation des conditions de vie, et l’infraction correspond
donc à une infraction de résultat. La notion de répétition peut être
constituée lorsque plusieurs personnes, de manière concertée, n’ont
réalisé qu’un seul acte. Il y a donc une répétition à l’égard de la victime,
mais pas à l’égard de chaque auteur.
Nouveau texte : art. 222-33-2-3 relatif au harcèlement scolaire : il
y a une dimension symbolique, presque médicale pour les victimes que de
savoir que l’on a pris en considération ce phénomène de société + intérêt
technique en permettant des peines plus lourdes que celles prévues par
le droit commun.
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