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Engagement modulé en droit des traités

Le document traite de l'engagement modulé en droit des traités, en examinant les procédés de modulation tels que la réserve et la déclaration interprétative conditionnée. Il souligne que ces outils permettent aux États de moduler leur engagement tout en ayant des implications juridiques significatives. Enfin, il aborde les effets juridiques de ces procédés sur les relations interétatiques et l'interprétation des traités.

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Engagement modulé en droit des traités

Le document traite de l'engagement modulé en droit des traités, en examinant les procédés de modulation tels que la réserve et la déclaration interprétative conditionnée. Il souligne que ces outils permettent aux États de moduler leur engagement tout en ayant des implications juridiques significatives. Enfin, il aborde les effets juridiques de ces procédés sur les relations interétatiques et l'interprétation des traités.

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Travaux dirigés Droit international public

GROUPE TD : 05

Exposants

Ibrahima Ba

Ousmane Ndiaye

Cheikh Omar Ndiaye

Habib Cissé Diouf

Victorine Diénéba Diatta

El Hadji Ibrahima Thiam

Professeur

Dr. Nfally Camara

1
Sujet : l’engagement modulé en droit des traités

Problématique : A quoi renvoie l’engagement


modulé en droit des traités ?

PLAN

I – LES DIFFERENTS PROCEDES DE


MODULATION DE L’ENGAGEMENT EN
DROIT DES TRAITÉS

A – LA RÉSERVE
B – LA DÉCLARATION INTERPRÉTATIVE
CONDITIONNÉE

II – LES EFFETS JURIDIQUES DE LA


MODULATION EN DROIT DES TRAITÉS

A- LES EFFETS JURIDIQUES DE LA


RÉSERVE
B- LES EFFETS JURIDIQUES DE LA
DÉCLARATION INTERPRETATIVE
CONDITIONNÉE

2
Historiquement, l’apparition des traités est
liée à celle de la communauté politique
organisée, amenée par la force des choses à
entrer en relation les unes avec les autres. Le
traité est presque inhérent aux relations
internationales. En effet, en 1975, on a
découvert un traité remontant à environ 2500
ans avant J.C, conclu entre le royaume d’Ebla
et celui d’Abousal. Aujourd’hui, plus que
jamais, le traité constitue l’instrument principal
des relations de coopération et les États y
recourent dans les domaines les plus variés. En
raison de leur importance pratique , les règles
relatives au droit des traités ont fait l’objet d’un
important travail de codification au sein de la
commission du droit international des Nations
Unies. Ainsi, lorsqu’un traité est élaboré, un
État peut donner son consentement au texte qui
lui devient alors opposable. Il devient ainsi
partie au traité. Il peut également accorder son
engagement à la plus grande « partie » du texte
mais peut en exclure certaines dispositions ou
recourir à une déclaration interprétative, on
parle alors de modulation de l’engagement en
droit des traités. D’où l’objet de ce présent sujet :

3
‘‘ l’engagement modulé en droit des traités. ’’
Dans un cadre définitionnel, on entend par
engagement un acte par lequel une personne ou
une entité promet ou décide de se lier à une
action, un devoir, ou une cause, souvent de
manière durable ; moduler signifier ajuster ou
adapter quelque chose de manière souple en
fonction des circonstances. Quant à l’expression
traité, elle est définie par la Convention de
Vienne du 23 Mai 1969 à son article 2,
paragraphe 1.a, comme un accord international
conclu par écrit entre États et régis par le droit
internationnal, qu’il soit consigné dans un
instrument unique ou dans un ou plusieurs
instruments connexes, et quelque soit sa
dénomination particulière. Donc, en droit des
traités, un engagement modulé fait référence à la
capacité d'un État à exprimer son consentement
à être lié par un traité international, tout en
excluant ou modifiant l'effet juridique de
certaines dispositions, ou en précisant la
manière dont il comprend certaines dispositions.
Ce sujet suscite un intérêt pratique dans la
mesure où il nous permet de comprendre que la
modulation des engagements en droit des traités
est de rendre le droit internationnal plus souple,

4
inclusif et adaptable, sans sacrifier la sécurité ni
les objectifs collectifs. Il nous permet surtout de
savoir comment l’État peut moduler son
engagement dans les liens conventionnels
entretenus avec les autres États.
Dès lors, il se pose la question de savoir : à
quoi renvoie l’engagement modulé en droit des
traités ?
Pour sonder les abimes des enjeux
juridiques liés à l’engagement modulé en droit
des traités , il est nécessaire d’examiner la
réserve et la déclaration interprétative comme
étant des moyens conférés à l’État pour moduler
son engagement. Toutefois, ces outils laissent
subsister des implications dans leur application.
A la lumière de toutes ces considérations, il nous
semble alors judicieux de voir dans un premier
temps les différents procédés de modulation de
l’engagement en droit des traités ( I ), et dans un
second temps les effets attachés à cette
modulation ( II ).

I - Les différents procédés de modulation


de l'engagement en droit des Traités

5
Les États peuvent moduler leurs engagements
par le jeu de la réserve (A) ou de la déclaration
interprétative (B).

A – La réserve

La réserve est une déclaration écrite, un acte


unilatéral par lequel un État, au moment de la
signature ou de la ratification, écarte
l'application de certaines dispositions du traité à
son égard. C'est une technique particulière qu’un
État introduit pour limiter la portée des
obligations découlant d’un traité. La pratique
des réserves a toujours été admise dans les
conventions multilatérales. On précisera que,
pour les traités bilatéraux, les réserves à la
signature sont les seules possibles. La seule
grande question est celle de savoir à quelles
conditions la réserve va être admissible et
régulière. En effet, toute réserve tend à établir un
régime conventionnel particulier au profit d’un
État car la convention multilatérale cessera
d’être absolument identique pour toutes les
parties. On pourra faire référence à cet égard au
débat qui existe entre l’intérêt que représente
l’extension des réserves et la menace qu’elle peut

6
impliquer sur la sécurité juridique. Ainsi, pour
être valable, la réserve doit être insérée dans un
instrument diplomatique. Elle ne doit pas être
interdite par la convention qui peut, en outre
limiter la réserve. Elle ne doit pas être en
contradiction avec l’objet et le but de la
convention. À titre d’exemple, on peut citer
l’avis de la CIJ, du 28 mai 1951, sur la valeur
des réserves à la convention pour la répression
du crime de génocide : " C’est la compatibilité
de la réserve avec l’objet et le but de la
convention qui doit fournir le critère de l’État
qui joint une réserve à son adhésion et de l’État
qui estime devoir faire une objection".
L’acceptation par les autres parties contractantes
n’a pas à être générale en principe, mais elle
peut être expresse ou tacite. Une réserve
autorisée expressément par le traité n’a pas à
être ultérieurement acceptée par les autres États
contractants, à moins que le traité le prévoie.
Compte tenu du petit nombre des États ayant
participés à la négociation, il se peut que
l’application du traité dans son intégralité soit
une condition essentielle du consentement des
parties, dans ce cas cela entraine une certaine
discrimination car la réserve devra être acceptée

7
par tous les États participants. Enfin, on
observera comme le souligne l’article 23 de la
Convention de Vienne de 1969, que l’objection
faite à une réserve par un autre État contractant
doit être formulée par écrit et communiquée aux
États participants et aux autres États ayant
qualité pour devenir partie au traité. Dans tous
les cas, la réserve comme l'objection à la réserve
peut être retirée à tout moment. Tout comme la
réserve, la déclaration interprétative
conditionnée peut permettre à l’État de moduler
son engagement.

B -La déclaration interprétative


conditionnée

La question des déclarations interprétatives


conditionnées dans le cadre du droit des traités
soulève plusieurs arguments juridiques. Ces
déclarations faites par un État au moment de la
signature, de la ratification, de l’acceptation ou
de l’approbation d’un traite visent à préciser
comment cet État comprend ou interprète
certaines dispositions du traité. Elles se
distinguent des réserves qui visent à exclure ou

8
modifier les effets juridiques d’une ou plusieurs
dispositions du traité. Elles permettent aux États
d’exprimer leur compréhension du traité sans
remettre en cause leur consentement. C’est un
moyen pour éviter les malentendus sur
l’interprétation des obligations. Elles peuvent
contribuer à la sécurité juridique en précisant
comment une disposition ambiguë doit être
comprise par l'État déclarant. Cela peut faciliter
adhésion à un traite par des États réticents, qui
veulent s’assurer qu'une disposition sera
interprétée conformément à leur ordre juridique
ou leurs valeurs. Selon l’article 31 de la
Convention de Vienne, une déclaration
interprétative conjointe peut faire partie du
contexte du traite, influençant ainsi son
interprétation. La distinction entre réserve et
déclaration interprétative n’est toujours pas
claire ,ce qui peut mener à des litiges juridiques
sur la validité ou l’effet de la déclaration.
Certaines déclarations sont formulées de
manière délibérément vague pour éviter les
critiques ou les objections ,tout en préparant le
terrain pour une interprétation restrictive à
l’avenir. Les déclarations interprétatives n’ont
pas toutes le même poids juridique. Certaines

9
peuvent être ignorées dans l’interprétation du
traité si elles ne reflètent pas une interprétation
acceptée par d’autres État parties.
En somme, la réserve et la déclaration
interprétative conditionnée apparaissent ainsi
comme des procédés de modulation de
l’engagement en droit des traités visant à exclure
ou à clarifier, préciser certaines dispositions du
traité dont l’État a donné son engagement.
Cependant, ces outils laissent subsister des effets
dans leur application

II. LES EFFETS JURIDIQUES DE LA


MODULATION EN DROIT DES TRAITÉS

La modulation en droit des traités engendre des


implications en cas de réserve ( A ) mais aussi en
cas de déclaration interprétative ( B ).

A-LES EFFETS DE LA RÉSERVE

Le consentement à être lié par un traité peut


souvent être assorti de réverses qui laissent
apparaître des conséquences. Le principal
conséquence juridique d’une réserve est qu’elle
crée une situation asymétrique entre les États
10
parties. En effet, l’État réservataire n’est pas lié
par les dispositions visées dans la réserve, ce qui
limite son engagement conventionnel. Ainsi,
selon l’article 21, paragraphe 1 de la Convention
de Vienne sur le droit des traités de 1969, la
réserve modifie pour l’État réservataire les effets
juridiques des dispositions du traité visées.
Toutefois, cette réserve ne modifie pas le traité
lui-même, mais seulement ses effets à l’égard de
l’État qui l’a formulée. C’est dans cette logique
que l’article 21, paragraphe 2 de la Convention
de Vienne dispose que : « la réserve ne modifie
pas les dispositions du traité pour les autres États
parties au traité dans leurs rapports interne ». En
outre, seul est affecté le lien juridique entre l’État
auteur de la réserve et les autres parties qui ont
accepté la réserve. Cependant, la réserve ne fait
pas obstacle à l’entrée en vigueur du traité entre
eux. De surcroît, il y a une efficacité variable
aux objections aux réserves : en premier lieu,
l’État objectant peut s’opposer à toute relation
conventionnelle avec l’État réservataire ; en
deuxième lieu, l’État objectant peut ne pas
manifester une telle opposition; dans ce cas,
applicable de la convention, entre l’État
réservataire et l’État objectant, à l’exception des

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dispositions affectées par une réserve, dans la
mesure de celle-ci. À titre illustratif, on peut citer
le paragraphe 3 de l’article 21 de la CVDT de
1969 qui dispose que : « lorsqu’un État qui a
formulé une objection à une réserve ne s’est pas
opposé à l’entrée en vigueur du traité lui-même
et l’État auteur de la réserve, les dispositions sur
lesquelles porte la réserve ne s’appliquent pas
entre les deux États dans la mesure prévue par la
réserve ». Concrètement, une réserve écartant
l’application d’une disposition entraînera
effectivement la mise à l’écart de cette
disposition, malgré une objection à la réserve.
Par ailleurs, une partie ayant accepté une réserve
formulée par un État peut l’invoquer à
l’encontre de cet État. À titre d’exemple, on peut
citer CIJ, affaire des emprunts norvégiens, 1957,
mais un État ne peut invoquer cette règle pour
ne pas respecter ses propres engagements. On
peut citer dans ce cas, la jurisprudence de la CIJ,
affaire des activités militaires au Nicaragua en
1984.
Au total, les réserves en droit des traités ont des
effets juridiques importants : elles modifient
l’application du traité pour l’État réservataire,
influencent les relations interétatiques ,

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retreignent parfois la compétence des
juridictions internationales, et conditionnent
l’harmonisation normative. Elles sont encadrées
par le droit international pour garantir l’équilibre
entre la souplesse d’adhésion et le respect des
objectifs fondamentaux des traités. Néanmoins,
parallèlement à la réverse, la déclaration
interprétative engendre des conséquences.

B - LES EFFETS DE LA
DÉCLARATION INTERPRÉTATIVE
CONDITIONNÉE

Toute déclaration interprétative conditionnée


constitue « un élément à prendre en compte dans
l’interprétation du traité, conformément à la
règle générale d’interprétation des traités », ainsi
que le rappelle la Commission du droit
international. Certes, à la différence d’une
réserve, une déclaration interprétative n’est pas
contraignante ; elle oblige seulement à être prise
en compte par les juridictions, instances
internationales et parties au traité. Toutefois,
cette déclaration interprétative en raison de la
spécificité de son contenu acquiert une force
contraignante à l’égard des instances

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internationales lorsqu’elle est considérée à la
lumière du principe suivant lequel le droit
international des droits de l’homme ne doit pas
être interprété de façon à limiter ou porter
atteinte aux droits garantis dans l’ordre interne.
Corrélativement, il en résulte au plan interne
qu’une norme issue du droit international des
droits de l’homme ne s’impose qu’en l’absence
de disposition plus favorable en droit interne.
Par ailleurs, la déclaration interprétative
comporte des conséquences juridiques qui
peuvent influencer les relations conventionnelles
notamment par les tribunaux internationaux ou
les organes de contrôle compétent lorsque la
question d’interprétation est soumise à leur
appréciation. On peut citer à titre d’exemple, la
jurisprudence de la CIJ sur les réserves,
influencées par les déclarations interprétatives
conditionnés en particulier le principe selon
lequel les réserves doivent être compatibles avec
l’objet et le but du traité. Elle peut également
influencer l’interprétation des traités par les
autres parties et, par conséquent avoir des effets
indirects sur les relations conventionnelles. C’est
l’exemple de la déclaration interprétative
conjointe de l’Union européenne et du Canada

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dans le cadre du CETA ( Accord Économique et
Commercial Global ).
En définitif, bien que dénuée d’effets
contraignants immédiats, la déclaration
interprétative conditionnée exerce une influence
juridique non négligeable, tant sur
l’interprétation du traité par les juridictions que
sur les relations conventionnelles entre les États
parties.

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