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Préparation à la Dissertation ENA

Ce fascicule est un guide de préparation à la dissertation pour le concours de l'ENA, élaboré par Marshall AHONGO. Il aborde les étapes essentielles de la préparation et de la rédaction d'une dissertation, en insistant sur l'importance de l'analyse du sujet, de la recherche d'idées et de l'organisation des arguments. Le document met également en lumière les erreurs courantes à éviter lors de la rédaction.

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Préparation à la Dissertation ENA

Ce fascicule est un guide de préparation à la dissertation pour le concours de l'ENA, élaboré par Marshall AHONGO. Il aborde les étapes essentielles de la préparation et de la rédaction d'une dissertation, en insistant sur l'importance de l'analyse du sujet, de la recherche d'idées et de l'organisation des arguments. Le document met également en lumière les erreurs courantes à éviter lors de la rédaction.

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0

FASCICULE DE
PREPARATION AU TEST DE
L’ENA

Module 2 : Dissertation

Ce fascicule n’engage aucunement l’ENA. Il est une conception privée, destinée à l’usage exclusif et gratuit de la
préparation des candidats au concours de recrutement de l’ENA par son concepteur. Il n’est ni vendu ni donné
contre une quelconque promesse de recrutement à quelque titre que ce soit.

Elaboré par :
Marshall AHONGO
Enarque
Sommaire
Notions introductives 1

Première partie : La préparation de la dissertation

I. Analyse et compréhension du sujet

II. Recherche des idées

III. Organisation (structuration des idées)

Deuxième partie : La rédaction de la dissertation

I. Rédaction de l’introduction

II. Rédaction du développement

III. Rédaction de la conclusion


Notions introductives
Définition de la dissertation :

La dissertation peut être définie de plusieurs manières différentes. Parmi les nombreuses définitions
admissibles, la suivante nous paraît la plus précise et la plus exacte : 2

« La dissertation est une composition littéraire, argumentée et structurée, qui vise à développer
une réflexion personnelle sur un sujet donné, en s’appuyant sur des connaissances précises et
une démonstration logique ».

Caractéristiques de la dissertation :

La définition ci-dessus ressort aussi bien les caractéristiques de la dissertation que ses différences avec
d’autres types de rédactions.

Une dissertation a donc les caractéristiques ci-après :

‒ Elle est une composition littéraire : En tant que telle, elle requiert de son auteur un certain
nombre de qualités rédactionnelles (beauté de l’écriture, respect de la grammaire, bonne
orthographe, etc.) ;
‒ Elle est une composition argumentée : Elle se différencie ainsi de la narration, par exemple,
en ce qu’elle est essentiellement faite d’arguments (Une dissertation n’est pas un empilement
de phrases, mais une suite d’arguments sur un sujet donné) ;
‒ Elle est une composition structurée : Une dissertation est une construction cohérente et
organisée des idées que l’on développe sur un sujet donné. Elle exige donc que les arguments
ne soient pas superposés pêle-mêle, mais qu’ils soient structurés de manière cohérente comme
faisant partie d’un tout ? exprimant le fil d’une pensée bien construite.
‒ Elle consiste en une réflexion personnelle sur un sujet donné : La dissertation nécessite
donc toujours une sorte de prise de position, un point de vue, une lecture personnelle sur le
sujet posé. Elle se différencie en cela d’un simple exposé ou d’un résumé de la pensée d’autrui
sur le sujet abordé. Même lorsque le travail demandé est un travail d’explication ou de
commentaire, le dissertateur explique et commente la pensée d’autrui à partir de son point de
vue personnel.
‒ Elle s’appuie sur des connaissances précises : En tant que composition argumentative, la
dissertation ne peut pas partir de connaissances vagues et imprécises sur le thème abordé.
Toute l’argumentation même est assise sur les connaissances que le dissertateur a du sujet.
‒ Elle s’appuie sur une démonstration logique : La dissertation est une composition
argumentative structurée. Elle doit donc porter une suite logique d’arguments afin de pouvoir
démontrer la validité de la thèse que le dissertateur défend.
La définition et les caractéristiques ci-dessus développées permettent de mieux comprendre ce qu’est
une dissertation et ce qu’elle n’est pas. Ainsi, elles balisent, pour les dissertateurs, un chemin qui permet
d’éviter les erreurs habituellement constatées. 3

Erreurs fréquentes à éviter :

Parmi les erreurs les plus courantes à éviter, l’on peut noter les suivantes :
1° Commencer directement par la rédaction :
L’une des erreurs les plus courantes est de commencer sa dissertation directement par la rédaction.
Ainsi, on écrit en même temps qu’on réfléchit, avec tous les risques que cette manière de procéder
implique :
‒ Risque de mal aborder le sujet ou d’être hors-sujet (mauvaise compréhension ou
compréhension partielle du sujet, mauvaise compréhension du travail demandé, etc.) ;
‒ Mauvaise identification de la problématique ;
‒ Risque de ne pas répondre ou de ne répondre que partiellement à la problématique, dans
le développement de la dissertation ;
‒ Manque de structuration et de progression logique (On écrit les idées telles pêle-mêle, telles
qu’elles nous viennent, sans forcément leur donner une structure logique) ;
‒ Risque de répétitions ou de contradictions (ou même de manque de cohérence) ;
‒ Insuffisance de recul sur les idées avancées ;
‒ Possibilité de perdre le fil des idées ;
‒ Possibilité d’oublier des idées importantes et de s’étendre plutôt sur des idées de moindre
importance ;
‒ Perte de temps et stress ;
‒ Conclusion insatisfaisante, etc.
Il sied de noter qu’une dissertation est tout d’abord une réflexion sur un sujet avant d’être
une rédaction. La rédaction n’est que la mise sur papier des idées qu’on a déjà préalablement
préparées, construites et structurées.
Il faut toujours préparer sa dissertation avant de la rédiger (La préparation de la dissertation
fera l’objet de la première partie de ce module).
2° Ecrire d’abord toute la dissertation sur la feuille de brouillon, puis la recopier sur la
feuille « propre »
La plupart de personnes utilisent leur brouillon de la mauvaise manière. Elles y écrivent la totalité
de leur dissertation, puis recopient celle-ci sur la feuille « propre », en veillant simplement à éviter
les ratures et les gribouillis. Pourtant, cette manière de faire est non seulement inefficace, mais en
plus, elle comporte de nombreux risquent.
L’inefficacité de cette manière de procéder se trouve dans le fait qu’en réalité, même s’il le fait au
brouillon, le dissertateur commence sa dissertation directement par la rédaction, et ne tire pas 4

bénéfice de son brouillon pour y préparer, structurer et affiner sa réflexion.


Quant aux risques liés à cette pratique, ils sont de plusieurs ordres :
‒ Perte de temps : Ecrire la totalité de sa dissertation au brouillon, puis la recopier intégralement
sur la copie propre signifie faire quasiment le travail deux fois. Ce risque est encore plus évident
dans le contexte d’un concours avec contrainte ou limite de temps. De plus, procéder ainsi
réduit sensiblement le temps passé à la réflexion et à la construction des idées. Bien
évidemment, en procédant ainsi, on court le risque d’épuiser le temps de l’examen sans avoir
pu tout recopier.
‒ Fatigue et stress : Recopier un texte long (5 pages, par exemple) est une tâche fastidieuse et
même épuisante. Elle entraine une fatigue aussi bien mentale que physique, fait peser sur le
rédacteur la pression du temps ; ce qui accroit le stress et peut engendrer des erreurs de recopie,
la perte de lucidité, etc.
En revanche, il est mieux d’utiliser son brouillon principalement pour y préparer sa dissertation
(Cfr Première partie ci-dessous, pour les détails).
En gros, le brouillon doit servir à :
‒ L’analyse et la compréhension du sujet ;
‒ L’élaboration d’un plan détaillé ;
‒ La rédaction, dans les grandes lignes, des principales idées et les transitions clés conformément
au plan détaillé ;
‒ La restructuration éventuelle du plan détaillé et des idées y relatives ;
‒ La rédaction de l’introduction et de la conclusion (Ces deux parties peuvent être rédigées
presque entièrement au brouillon pour s’assurer de leur pertinence et de leur qualité, mais il est
préférable de ne les rédiger qu’après s’être définitivement fixé sur la compréhension du sujet,
la structure des idées (le plan) et les transitions entre celles-ci.)
Annonce du plan du module

Tout ce qui est dit supra révèle la nécessité d’une préparation conséquente de la dissertation
préalablement à sa rédaction. Ainsi, ce module s’attèlera successivement sur ces deux aspects : sa
première partie traitera de la préparation de la dissertation et la seconde se penchera sur la rédaction
elle-même.
Première partie : LA PREPARATION DE LA DISSERTATION
Une dissertation est comme un met à cuisiner : avant la cuisson, tous les aliments qui vont
composer le met doivent d’abord être réunis et préparés suivant un ordre donné. Sinon, même avec
les mêmes aliments, on risque de ne pas avoir un résultat comestible.
Préparer une dissertation revient à réunir et structurer, suivant un ordre cohérent, toutes les idées que 5
l’on va mettre ensuite par écrit au moment de la rédaction.
Elle implique trois (3) processus successifs :
‒ Analyse et compréhension du sujet ;
‒ Recherche et développement des idées ;
‒ Organisation (structuration) des idées.

I. Analyse et compréhension le sujet


L’analyse et la compréhension du sujet est non seulement le point de départ, mais l’étape la plus
cruciale. C’est à ce niveau que tout le reste se joue : une mauvaise analyse du sujet implique une
mauvaise compréhension de celui-ci et donc une mauvaise dissertation. Inversement, une bonne
analyse et une bonne compréhension du sujet constituent des bases solides pour la construction d’une
bonne dissertation. Il ne faut donc jamais négliger cette étape. Il faut toujours y consacrer
suffisamment de temps et de soin !
Comprendre le sujet évite au rédacteur d’être hors-sujet (le « hors-sujet » étant le pire cas de figure
pour une dissertation). Le but est de l’analyse et de la compréhension du sujet est de pouvoir
traiter le sujet, tout le sujet et rien que sujet.
Il est à noter que le sujet est composé de deux éléments : l’énoncé principal et la consigne, qui indique
le type de travail demandé. Comprendre le sujet, c’est donc comprendre ces deux éléments : « de quoi
est-il question ? » (Énoncé) et « que me demande-t-on exactement de faire ? » (Consigne ou type de
travail à faire).

I.1. Analyse et compréhension de l’énoncé principal


Cette étape consiste au travail de réflexion autour de l’énoncé du sujet afin d’en cerner non seulement
le sens, mais aussi les contours.
Concrètement, à ce stade, quatre (4) opérations sont effectuées :
‒ Questionner les éléments qui composent l’énoncé ;
‒ Délimiter le sujet ;
‒ Identifier et formuler la problématique ;
‒ Reformuler éventuellement le sujet.
1° Questionner les éléments qui composent l’énoncé
Il s’agit ici globalement d’essayer de comprendre l’énoncé tel qu’il est formulé dans son ensemble. De
manière précise, on se demande :
▪ Que signifie l’énoncé tel qu’il est formulé ?
▪ L’énoncé a-t-il des mots-clés ou des concepts clés ? 6

▪ Que signifient ces mots ou concepts clés ?


▪ Quel est le lien entre les mots-clés ou les concepts clés ?
▪ Quels enjeux l’énoncé du sujet met-il en exergue ?
Il y a lieu de préciser un certain nombre de choses, à ce niveau :
➢ Un mot clé ou un concept clé est un terme essentiel dont la signification est cruciale
pour comprendre le sens exact et les enjeux du sujet. Tous les mots d’un énoncé ne sont
donc pas des mots-clés. Bien identifier les mots-clés est important car c’est ces derniers qui
définissent le champ du sujet et orientent la problématique.
➢ Plusieurs mots qui forment ensemble un même concept (une unité de sens) peuvent
constituer un seul « mot-clé ».
Dans ce cas, leur compréhension exige de les prendre ensemble plutôt que de les prendre
séparément (ce qui biaiserait la réflexion).
Par exemple, dans le sujet « L'administration publique congolaise face aux défis du
changement climatique », les mots clés sont « Administration publique », « défis » et
« changement climatique ». Ainsi « Administration » et « publique » ne forment pas deux mots-
clés, mais un même mot-clé ou un même concept clé, puisque ces deux mots forment une
même unité de sens. Il en est de même pour « changement climatique ». Prendre ces mots
séparément serait déjà prendre un mauvais départ.
➢ Il est important de toujours identifier les rapports que l’énoncé crée entre les différents
mots clés et de ne pas s’arrêter à comprendre le sens de chaque mot clé séparément.
Les mots-clés ne sont pas une fin en soi. Leur compréhension doit toujours être placée dans le
contexte de l’énoncé pris dans son ensemble. Il est plus important de se focaliser sur les idées
exprimées dans l’énoncé plutôt que sur des mots en particulier.
2° Délimiter le sujet
Délimiter le sujet, c’est le cerner, préciser et circonscrire le périmètre exact de la réflexion. C'est
une étape cruciale de l'analyse du sujet qui consiste à déterminer ce qui est pertinent pour le traitement
de la question posée, et ce qui ne l'est pas.
La délimitation du sujet consiste à déterminer les angles que le sujet demande d’explorer et ceux qu’il
exclue. Elle est importante pour :
‒ éviter d’être hors-sujet : Sans limites claires, il y a risque d’aborder des aspects qui n'ont rien
à voir avec le sujet et ainsi de s’éparpiller. La délimitation permet d’aborder tout le sujet et
rien que le sujet.
‒ éviter d’être trop général : Une dissertation qui reste trop vague et traite le sujet dans sa 7

globalité est souvent superficielle. Délimiter permet de se concentrer sur un angle ou des angles
précis pour approfondir la réflexion.
‒ garantir la cohérence : Des limites claires permettent de construire un plan logique et
cohérent, où chaque partie s'articule autour d'une problématique bien définie.
Concrètement, pour délimiter un sujet, l’on peut procéder ainsi :
‒ Se servir de l’analyse des mots-clés qui a été préalablement faite (Les mots-clés eux-mêmes
peuvent déjà porter une délimitation du sujet) ;
‒ Identifier ou déterminer les limites temporelles et géographiques qu’impose le sujet ;
‒ Identifier ou déterminer les limites thématiques (les thèmes) du sujet. « Traiter tout le sujet et
rien que le sujet afin d’éviter d’être hors sujet ».
Des questions à se poser pour délimiter un sujet dans le contexte du concours de l’ENA :

• A quel espace géographique le sujet limite-t-il le champ de la réflexion ?

• Le sujet porte-t-il sur une période bien déterminée ou déterminable ?

• A quels domaines de la vie publique cette réflexion peut-elle s’appliquer ? (Traiter tout le
sujet)
• Y a-t-il des pistes de réflexion à écarter ? Si oui, lesquelles et pourquoi ? ( Ne traiter rien que
le sujet)
Exemple : Le sujet « L'administration publique congolaise face aux défis du changement
climatique » peut être délimité comme suit :

• Délimitation géographique : la RDC (C’est une limite explicite dans l’énoncé) ;


• Délimitation temporelle : Le présent et l’avenir (Cette délimitation n’est pas explicite dans
l’énoncé, mais la compréhension du sujet révèle qu’il s’agit de réfléchir sur des défis qui se que
le changement climatique pose actuellement ou qui pourrait se poser à l’Administration
publique congolaise ;
• Délimitation thématique : La réflexion se concentrera uniquement sur les défis du
changement climatique sur l’Administration publique. Elle ne s’intéressera pas à tous les défis
que représente le réchauffement climatique. On pourrait encore affiner la délimitation aux seuls
défis liés à la prévention, la gestion et la lutte contre les conséquences du changement
climatique par l’Administration publique (Ex : la planification urbaine face aux inondations, le
défi de la santé publique, de l’agriculture, etc.).

3° Reformuler éventuellement le sujet

Contrairement à l’idée la plus répandue, la reformulation du sujet n’est pas toujours une
obligation. Elle sert plutôt à fixer l’effort de compréhension qu’on vient de produire. La 8

reformulation du sujet n’est nécessaire que si elle permet une meilleure compréhension de
celui-ci. Si, tel qu’il est énoncé, le sujet est déjà suffisamment clair, une reformulation est superflue.
Par exemple, le sujet « Pensez-vous que l’Administration publique congolaise est performante
et efficace ? » est formulé de manière suffisamment claire pour qu’une reformulation ne soit pas
nécessaire. Il est possible de reformuler ce sujet, mais cette reformulation n’aurait pas de vraie valeur
ajoutée sur la compréhension du sujet. Elle est donc, de ce fait, non nécessaire.
4° Identifier et formuler la problématique
Quand le sujet est bien compris, bien délimité et éventuellement bien reformulé, identifier sa
problématique devient très facile. Cette dernière (la problématique) saute alors aux yeux comme une
évidence.
La problématique est la question centrale que le sujet amène à se poser. C’est la question centrale qui
sera traitée tout au long de la dissertation. C’est la question autour de laquelle la dissertation va se
construire et à laquelle le développement tentera de répondre.
La problématique sert de guide à la dissertation. Chaque partie du plan, chaque argument et chaque
exemple doit servir à y répondre, de manière directe ou indirecte. Elle assure la cohérence et la
progression logique de la démonstration faite par le dissertateur.
La problématique doit répondre aux caractéristiques ci-dessous :
‒ Être claire et précise ;
‒ Être pertinente ;
‒ Être directement issue du sujet ;
‒ Être susceptible de prendre en compte tous les aspects du sujet tel qu’il a été délimité.

I.2. Identification du type de travail demandé


Le type de travail demandé est généralement suggéré par la consigne qui accompagne l’énoncé :
développer, expliquer, commenter, discuter, critiquer, démontrer, etc.
Il faut donc bien comprendre l’orientation que donne la consigne, car c’est cette dernière qui indique
quel est le type de dissertation attendu. Mal comprendre la consigne peut amener à mal orienter le
travail de la dissertation. Ceci signifie que la compréhension du sujet ne s’arrête pas qu’au seul énoncé.
Il faut en plus bien comprendre la consigne indiquée afin de bien identifier le type de travail qui est
demandé. Par exemple, une dissertation consistant à « développer » une pensée ne se rédige pas de la
même manière qu’une dissertation consistant à « discuter » une pensée.
Globalement, il existe une multitude de types de dissertations, mais ils peuvent on peut les regroupes
en trois grandes catégories :
‒ Les dissertations consistant à adopter la pensée contenue dans l’énoncé du sujet ;
9
‒ Les dissertations consistant à porter un jugement sur la pensée contenue dans l’énoncé du
sujet ;
‒ Les dissertations consistant à donner un avis personnel sur le sujet énoncé.

1° Les dissertations consistant à adopter la pensée contenue dans l’énoncé du


sujet :
Il s’agit des types de dissertations dans lesquelles le rédacteur ne livre pas son opinion personnelle sur
le sujet, mais est appelé à faire sienne la pensée de l’énoncé sans la remettre en question.
Cette catégorie de dissertations est introduite notamment par les consignes ci-après :
‒ Expliquez, développez, etc. :
Ces consignes indiquent qu’il s’agit d’une dissertation explicative. Elles demandent de rendre
un concept, une idée, une pensée ou un phénomène plus clair et plus intelligible. Il s’agit de
clarifier ce que signifie la pensée en question. Le travail consiste à décomposer le sujet pour en
montrer les différents aspects, les mécanismes, les causes et les conséquences, sans toutefois
émettre un jugement sur le sujet.
Exemple 1 : « La crédibilité d’une ambition se trouve dans le prix personnel que l’on
est prêt à payer ». Expliquez cette citation de Nicolas Sarkozy. (Expliquer une pensée)
Exemple 2 : « Expliquez les facteurs qui contribuent à la faible performance de
l'Administration publique congolaise. » (Expliquer un phénomène ou une situation
présentée comme établie).
Dans les deux cas, il ne s’agit pas de porter un jugement sur la pensée émise ou sur le
phénomène tel qu’il est affirmé.
Dans le premier exemple, l’on ne contredira pas la pensée de Nicolas Sarkozy, mais on
expliquera dans quel contexte elle a été énoncée (si on connait ce contexte) et ce que cette
pensée signifie, ce qu’il faut comprendre par ce que l’auteur de la pensée a voulu dire ; et ce,
même si on n’est pas personnellement d’accord avec l’affirmation de cet auteur.
Dans le second cas, on ne remettra pas en question le fait que l’Administration publique
congolaise a une faible performance. On se contentera d’expliquer les facteurs qui peuvent
contribuer à cette faible performance annoncée, même si, à titre personnel, on pense que cette
Administration est très performante.
‒ Démontrez, prouvez, justifiez, etc. :
Ces consignes indiquent qu’il s’agit d’une dissertation démonstrative. Sauf indication
contraire, elles demandent généralement d’épouser le point de vue affirmé dans l’énoncé et de
10
prouver soit sa véracité soit sa fausseté, selon le cas.
Exemple 1 : « Si la RDC ne décolle pas, c’est en grande partie à cause des faiblesses de
son Administration publique ». Prouvez la fausseté de cette pensée.
Exemple 2 : « Sans une Administration publique efficace, le développement est
impossible ». Démontrez.
Dans ces deux cas, que l’on soit d’accord ou pas avec l’énoncé, le travail demandé est de
d’adopter le point de vue de la consigne : soit démontrer que la pensée énoncée est vraie
(Exemple 2) soit qu’elle est fausse (Exemple 1).

2° Les dissertations consistant à porter un jugement sur la pensée contenue dans


l’énoncé du sujet
Il s’agit, dans ces types de sujets, non seulement d’expliquer la pensée énoncée ou le phénomène relevé,
mais également d’émettre un jugement personnel sur cette pensée ou sur ce phénomène.
Il faudra donc bien entendu expliquer d’abord cette pensée ou ce phénomène de manière neutre, sans
jugement, mais ensuite, il sera question d’émettre un jugement personnel.
Ces types de dissertations sont généralement indiquées par les consignes telles que :
‒ Commentez : Cette consigne est proche des consignes « Développez » et « Expliquez », mais
elle se différencie de celles-ci en ce que le commentaire ne se limite pas qu’à des explications
impersonnelles ; il intègre également des observations et remarques personnelles pouvant
nuancer la pensée énoncée. Le commentaire ne va pas totalement à l’encontre de la pensée
énoncée : il l’explicite et, si nécessaire, la nuance, voire la remet en question sur certains aspects.
Exemple : « Si la RDC ne décolle pas, c’est en grande partie à cause des faiblesses de
son Administration publique ». Commentez.
Il s’agit dans cet exemple non seulement d’expliquer ce que cet énoncé veut dire mais aussi d’y
apporter de la nuance, si nécessaire, sans pour autant aller totalement à l’encontre de cette
pensée.
‒ Critiquez, Evaluez : Ces consignes indiquent que le dissertateur est appelé à émettre un
jugement sur la question, tout en relevant les éventuels points forts et points faibles, les
réussites et les échecs, les avancées et les défis restants, etc.
Exemple 1 : « Critiquez l’apport de la décentralisation administrative telle qu’organisée
en RDC sur le bon fonctionnement des institutions centrales et décentralisées de ce
pays ».
Exemple 2 : « Evaluez l’impact général des récentes réformes de l’Administration
publique congolaise ».
11
‒ Discutez, débattez : Ces consignes appellent à une discussion. Elles impliquent une
dissertation « dialectique ». Elle consiste à développer une thèse, une antithèse et d’aboutir
à une synthèse. En gros, il s’agit d’examiner le sujet par un débat, en étudiant le pour et
le contre. Dans ce type de dissertations, le jugement personnel sur la thèse et l’antithèse est
important, car il permet d’aboutir à une synthèse.
3° Les dissertations consistant à donner un avis personnel sur le sujet énoncé :
Il s’agit ici des sujets demandant au dissertateur de se prendre position sur un sujet et de l’étayer par
des arguments.
Ce genre de sujets sont généralement formulés comme des questions demandant directement quel est
le point du rédacteur sur le sujet.
Exemples : « Que pensez-vous de… ?», « Pour ou contre… ?», « A votre avis…? », « Quelle
lecture faites-vous de… ?», « Quel est votre opinion sur… ? ».
Il est également possible que de tels sujets ne soient pas formulés comme des questions, mais l’idée
doit être celle de demander directement l’avis du rédacteur sur le sujet qui lui est soumis.
Exemples : « Prononcez-vous sur… », « Donnez votre avis sur… », « Développez votre parti
pris sur la problématique… »

NB : Il n’est pas rare que l’énoncé du sujet ne soit pas accompagné d’une consigne. Dans ce
cas, les astuces ci-après peuvent aider à identifier le type de travail attendu :
‒ Observer la forme de l’énoncé : Généralement, l’énoncé lui-même donne déjà des
indications sur le type de dissertation à faire.
A titre indicatif, si l’énoncé est une question directe, le travail demandé est généralement soit
une discussion soit le développement d’un avis personnel sur le sujet (cet avis pouvant être
nuancé, bien entendu). Exemple : « La guerre est-elle un frein au fonctionnement de
l’Administration publique ? » (Ce sujet peut être discuté ou faire l’objet d’un avis personnel,
avec les nuances nécessaires).
Si le sujet est une assertion (une affirmation), la consigne implicite est soit de commenter, soit
d’expliquer, mais dans certains cas, la discussion peut également être envisagée (c’est le type de
dissertation qui est le plus couramment usité. Il s’adapte donc à plusieurs formulations de
l’énoncé). Exemple : « Le salut du peuple est la loi suprême ».
Si le sujet est un groupe de mots décrivant un phénomène ou une situation, la consigne
implicite est généralement d’expliquer, de développer ou de commenter. Exemple : « Le rôle
de l’Administration publique ».

‒ Identifiez l’enjeu principal du sujet pour le rédacteur : L’enjeu est-il d’expliquer quelque
12
chose ? De porter un jugement sur quelque chose ou plutôt simplement de connaître mon avis
sur le sujet ?
Exemple : Dans le sujet « Le rôle de l’Administration publique », il est clair que l’enjeu est,
aux yeux du lecteur, de voir combien le rédacteur connait et comprend le rôle de
l’Administration publique. Dans le sujet « Le salut du peuple est la loi suprême », l’enjeu
principal est clairement d’expliquer ce que cette pensée signifie, à quels cas il peut s’appliquer
et, éventuellement, d’identifier les cas dans lesquelles cette pensée peut être nuancée ou se
révéler pas totalement vraie.
‒ Ayez à l’esprit que dans le cadre d’un concours, il est souvent attendu du rédacteur non
seulement qu’il démontre sa compréhension et sa connaissance du sujet, mais également qu’il
fasse preuve d’esprit critique et qu’il soit capable d’émettre un avis personnel.

EXERCICE 1 (EN GROUPE) : Durée : 20 minutes.


Consignes :
1. Constituez 3 groupes, dont chacun traitera l’un des énoncés ci-dessous. (Le groupe 1 traitera
l’énoncé 1, le groupe 2, l’énoncé 2 et le groupe 3, l’énoncé 3).
2. A partir de l’énoncé attribué à votre groupe, identifiez les mots-clés et les rapports entre eux,
relevez la problématique centrale, délimitez le sujet, proposez-en une reformulation si
nécessaire et indiquez quel est le type de travail demandé.
Enoncé 1 : « La rareté des ressources naturelles rendrait peut-être les Etats africains
plus conscients de la nécessité de la bonne gouvernance ».
Enoncé 2 : « L’Administration publique en temps de guerre : défis et devoirs »
Enoncé 3 : « L’impact d’une Administration publique modernisée et rajeunie sur le
développement de la RDC ».
EXERCICE 2 (INDIVIDUEL) : Durée : 20 minutes.
Consignes :
A partir des matières abordées dans ce point relatif à l’analyse et à la compréhension du sujet, dites
ce que vous comprenez des sujets ci-après en indiquant, pour chacun de ces sujets, quels sont les
mots ou concepts clés, ce que signifient ces mots-clés, quel rapport le sujet peut avoir avec l’Etat
ou l’Administration publique, quelle est la problématique centrale, comment le sujet peut être
reforumé et quel est le type de travail demandé.
1. « Le salut du peuple est la loi suprême » ;
2. « Force-les de bâtir ensemble une tour et tu les changeras en frères. Mais si tu veux
qu'ils se haïssent, jette-leur du grain » (Antoine de Saint-Exupéry) 13
II. Recherche des idées
Une fois le sujet bien compris, la problématique bien identifiée, la recherche des idées se fait de manière
aisée, suivant le niveau de connaissance du sujet et la culture générale du dissertateur. Autrement dit,
mieux le sujet est compris, mieux sa problématique est cernée, plus facilement viendront les idées pour
développer sa pensée.
14
Concrètement, la recherche des idées est le travail de réflexion que fait le dissertateur pour trouver les
éléments de réponse à la problématique. Ce travail de réflexion consiste en un « brainstorming »
sur le sujet.
Comment procéder

‒ Tourner la problématique dans tous les sens possibles mais dans la limite du cadre délimité par
le sujet ;
‒ Si le sujet porte sur un phénomène ou un problème donné, en rechercher les causes, les
conséquences et les solutions possibles ;
‒ Si le sujet est une pensée ou une citation, après avoir compris le sens réel de la pensée et la
problématique qu’elle pose, rechercher les éléments concrets (faits, évènements, situations)
auxquels peut s’appliquer la vérité contenue dans cette pensée, se demander si la pensée est
exacte et applicable à tous les cas et, éventuellement, identifier les cas (situations, faits,
évènements, etc.) où cette pensée ne s’applique pas totalement ou pas du tout ;
‒ Si le sujet soulève un problème, une question ou, plus généralement, un élément pouvant
s’appliquer à différents domaines, réfléchir à comment il s’applique dans ces différents
domaines ;
‒ Réfléchir sur des citations, illustrations, exemples voire des anecdotes en lien avec les
Astuces pratiques

‒ Noter sur le brouillon toutes les idées (dans les grandes lignes) telles qu’elles viennent à l’esprit
(sans vraiment formuler des phrases) ;
‒ Noter, à côté de chaque idée, les citations, exemples et les faits qui pourraient les appuyer ;
‒ Questionner la pertinence de chacune des idées que vous avez notée ;
‒ Relire toutes les idées notées et vérifier que tous les aspects de la problématique ont trouvé.
III. Organisation des idées

Organisation des idées : quid ?

Les idées que l’on trouve ne viennent pas forcément à l’esprit suivant un ordre cohérent, logique et
structuré. Bien souvent, ce n’est simplement pas le cas. Il faut donc, après le travail de brainstorming,
15
organiser les idées suivant un plan et une suite logique identifiable par le lecteur.
A ce niveau, les opérations ci-après sont effectuées :
‒ Sélection des idées à retenir en raison de leur pertinence et des idées à supprimer en raison soit
de leur faible pertinence (absence de vraie valeur ajoutée de ces idées, incertitude sur certains
points de ces idées) soit parce qu’elles constitueraient des redites ;
‒ Regroupement des idées en « thèmes » (Les idées qui se rapportent aux mêmes éléments sont
regroupées) ;
‒ Classer les idées, les arguments, citations et exemples qui les appuient suivant le type de plan
établi.

Les types de plans de dissertation

En réalité, l’organisation des idées repose essentiellement sur le plan détaillé qu’on établit. Le plan n’est
pas qu’une superposition de paragraphes, mais le fil conducteur (le repère) qui oriente l’ensemble de
l’argumentation.
Établir le plan détaillé, revient donc à définir une progression de l’argumentation qui permette de
répondre à la problématique. Cette progression est structurée de manière hiérarchique :
l’argumentation est subdivisée en parties, chacune de partie portant une idée principale. Chacune de
ces idées principales peut être subdivisée en idées secondaires, appuyées éventuellement par des
exemples, citations, anecdotes, etc.
Il faut donc ici savoir déterminer, parmi les idées que l’on a, lesquelles sont principales, lesquelles sont
secondaires et savoir les classer suivant un ordre logique.
A ce propos, il est à noter qu’il existe plusieurs types de plans. Le classement des idées variera donc
en fonction du type de plan que l’on a adopté.
Il est donc nécessaire de connaître les différents types de plans qui existent. Cependant, vu la diversité
de cette typologie, il ne sera ici question que des types de plans les plus récurrents et les plus importants.
Il s’agit principalement des 5 types de plans ci-après : le plan dialectique, le plan thématique ou en
éventail, le plan analytique, le plan par approfondissement et le plan chronologique ou linéaire.
1° Le plan dialectique

Le plan dialectique tire son nom du mot « dialogue » (dialectique = ce qui se rapporte au dialogue ou
à la discussion). C’est le type de plan le plus classique pour les sujets invitant à la discussion ou à la
controverse.
Ce plan consiste à organiser les idées en trois parties (mettant en scène une sorte de discussion) : une
16
thèse, une antithèse, puis une synthèse.
Exemple de plan dialectique :
Sujet : « Le salut du peuple est la loi suprême »
Proposition de plan dialectique :
Partie 1 : Thèse (Idée centrale : Le bien-être du peuple est le fondement même de
l’existence de l’Etat et doit être le moteur de toutes ses actions)
➢ Idée 1 : L’Etat est né dans la volonté de garantir à ses membres (le peuple)
sécurité et bien-être
• Argument 1 : Plusieurs auteurs, philosophes (Thomas Hobbes, John
Locke, etc.) ont soutenu que l’Etat est né d’un contrat social : les individus,
lassés de se déchirer pour des intérêts particuliers, ont décidé de se mettre
ensemble et de créer une organisation sociale qui protège l’intérêt général,
assure le bien-être de tous et de chacun.
• Argument 2 : Un Etat qui n’a pas pour visée fondamentale et suprême le
bien-être de son peuple est donc un Etat qui passe à côté de sa raison
d’être

➢ Idée 2 : Les pouvoirs publics ne sont légitimes aux yeux du peuple que tant
qu’ils recherchent absolument le bien-être de ce peuple (pour le peuple, son
bien-être doit être le fil conducteur de toutes les actions de l’Etat)
• Argument 1 : En démocratie, le pouvoir émane du peuple qui le donne à
des dirigeants pour le bien-être de ce premier, au-delà de tout ;
Fait appuyant l’argument : Dans tous les pays démocratiques les élections
des dirigeants se fondent sur le choix des programmes politiques ou des
personnes que le peuple identifie comme pouvant lui garantir son bien-être
au-delà de toutes les autres considérations.
• Argument 2 : Même dans les pays non-démocratiques, le peuple accepte
plus facilement les dictateurs qui assurent un « bien-être » : le peuple place
ainsi son bien-être au-dessus même de sa liberté.
Ex : Kadhafi, Poutine, etc.
• Argument 3 : Quand le peuple estime que l’action des pouvoirs publics
n’est plus dictée par la recherche absolue de son bien-être, il a tendance à
se soulever (révoltes, résistance, etc.)
Ex : Mobutu, adulé et craint dans les années 1970 pendant les heures de
gloire du Zaïre ; défié et renversé dans les années 1990 quand les
conditions sociales du peuple ont chuté.
17
Partie 2 : Antithèse (Idée centrale : La recherche du bien-être du peuple pouvant être un
prétexte à de nombreuses dérives, elle doit être encadrée par des principes et lois qui doivent
lui être supérieurs)
➢ Idée 1 : Des régimes autoritaires peuvent se légitimer en prétextant agir ainsi
pour le « salut du peuple » :
• Argument 1 : L’histoire est remplie de régimes autoritaires qui ont prétendu
d’abord agir pour le bien-être de leur peuple
Fait pouvant appuyer l’argument : Plusieurs grands dictateurs ont d’abord
été des « révolutionnaires » ou « libérateurs » ayant pris le pouvoir par la
force au nom du bien-être du peuple et se sont transformés en tyrans.
Ex : Kadhafi, Ceaucescu, etc.
• Argument 2 : Au nom du bien-être du peuple, de nombreux abus ont été
commis sur le même peuple par les autorités publiques de nombreux pays.
Ex : Mao Tse Tung avec les millions de morts de famine en Chine, les
écoutes téléphoniques par l’Etat en France, aux USA, etc.
• Argument 3 : Certaines des plus grandes atrocités de l’histoire ont été
commises au nom du bien-être du peuple que l’on prétendait rechercher
Ex : Les camps de concentration Nazi visant à exterminer les juifs, la
colonisation (prétendument civilisatrice d’un peuple sauvage) a eu des
conséquences ravageuses.
➢ Idée 2 : Si tous les Etats placent le bien-être de leur peuple au-delà de toutes
les autres considérations, le monde deviendrait un terrain de conflits
perpétuels
• Argument 1 : Au nom de la protection et du bien-être de leurs peuples, de
nombreux Etats attaquent et agressent d’autres Etats, créant des victimes
innocentes.
Ex : Agression rwandaise en RDC, Russie vs Ukraine, Guerres préventives
menées par les USA en Irak, etc.
• Argument 2 : Si la recherche, par chaque Etat, du bien-être de son peuple
n’était pas encadrée par des normes supérieures à cette recherche, les Etats
se détruiraient.
Ex : Les Etats n’utilisent plus l’arme atomique, même si les intérêts de leurs
peuples sont en jeu, en raison principalement des normes internationales ;
les guerres mondiales, la colonisation, les pillages des ressources des autres
Etats sont des preuves.
Partie 3 : Synthèse (Une nouvelle perspective : L’Etat de droit comme régulateur et moyen de
la poursuite du bien-être du peuple)
➢ Idée 1 : La poursuite du bien-être du peuple doit être encadrée par des lois
applicables à tous et auxquelles l’Etat lui-même est soumis pour éviter les 18

abus

• Argument 1 : En réalité, la création de l’Etat est justifiée par le besoin de


créer un régulateur qui fixe des normes que tous doivent respecter et qui
ainsi protègent tout le monde contre la loi du plus fort ;
• Argument 2 : L’Etat de droit empêche les dérives autoritaires au nom de la
recherche du bien-être du peuple.
➢ Idée 2 : Au-delà d’encadrer la recherche du bien-être du peuple, les lois
doivent être prises dans le but d’assurer au mieux ce bien-être :
• Argument 1 : L’Etat de droit n’est concevable que si les lois et mécanismes
opposables à tous visent à protéger et préserver la société ;
• Argument 2 : Même sur le plan des rapports entre Etats, si les règles qui
s’appliquent à tous les Etats visent à protéger tous les Etats de la même
manière, le bien-être de tous est garanti.

2° Le plan thématique

Le plan thématique est celui qui consiste à appliquer une même idée à différents domaines. Il permet
de décrire ou d’analyser différents aspects d’un même thème. Il est particulièrement adapté aux sujets
qui invitent à aborder différents aspects d’une question.
Il s'agit de diviser la réflexion en plusieurs grands thèmes qui éclairent la notion sous différents angles.
Exemple de plan thématique :
Sujet : « L'Administration publique congolaise face aux défis du changement climatique »
Proposition de plan :
Partie I : Les défis qu’imposent le changement climatique à l’Administration publique
congolaise
Dans cette partie, l’idée principale est que les changements climatiques et leurs conséquences représentent de nombreux
défis pour l’Administration publique qui doit les intégrer dans la définition des politiques publiques en vue de leur
résorption et de leur prévention. Cette idée sera appliquée à différents secteurs de l’Administration.
➢ Idée 1 : Les défis dans le secteur l'Urbanisme et de l’Aménagement du territoire
• Argument 1 : L'Administration doit faire face à des phénomènes extrêmes
(inondations, érosion des sols) qui détruisent les infrastructures et menacent les
populations urbaines. Ces phénomènes obligent l’Administration à revoir ses
plans directeurs pour inclure la résilience climatique.

Argument 2 : Les phénomènes extrêmes liés aux changements climatiques ont
révélé de nombreuses failles urbanistiques qui imposent une profonde réflexion 19
sur la restructuration urbaine (Des espaces à détruire, à réaménager, des
infrastructures à construire et même à reconstruire…)
➢ Idée 2 : Impact sur le secteur de l’hygiène et de la santé publique

Argument 1 : Les changements climatiques, avec les phénomènes extrêmes qu’ils
entrainent, peuvent avoir des conséquences directes sur la santé des populations,
à travers notamment la propagation de maladies, les vagues de chaleur ou la
malnutrition. Ces maladies représentent des défis de définition de politiques de
santé publique et d’hygiène publique.
➢ Idée 3 : Impact sur le secteur des affaires sociales et humanitaires
➢ Idée 4 : Impact sur le secteur des Finances, etc.
Partie 2 : Les actions que l’Administration peut mener face à ces défis
➢ Idée 1 : La nécessité de l'amélioration de la coordination intersectorielle
Le changement climatique étant un problème transversal, la fragmentation
administrative est un frein majeur. L'administration doit mieux coordonner ses
différentes branches pour faire face aux défis imposés par ce changement.
➢ Idée 2 : L’urgence de la définition d’une politique écologique claire de l’Etat ;
➢ Idée 3 : La nécessité de mobiliser des financements importants
- Une budgétisation plus importante ;
- Financements alternatifs : Taxe de pollution, fonds humanitaire, etc.

3° Le plan analytique ou explicatif


Ce plan est souvent utilisé pour les sujets qui invitent à l'explication d'un phénomène, à l'analyse d'une
situation ou à la résolution d'un problème. Ce plan obéit à la progression suivante : Constat ou
description d’une situation ; Analyse des causes ; Analyse des conséquences et proposition des
solutions.
4° Le plan par approfondissement :
Ce plan suit une direction argumentative unique, en présentant les arguments dans un ordre gradué,
du plus anecdotique au plus convaincant, du plus simple au plus complexe.
5° Le plan linéaire ou chronologique :

Un plan linéaire, également appelé plan historique ou chronologique, est une structure de dissertation
qui organise les idées et les arguments selon une progression temporelle. La réflexion, suivant ce plan,
suit l’évolution d’un phénomène, d’une idée ou d’une situation dans le temps.
Il faut toutefois noter que le plan linéaire n'est pas simplement une énumération d'événements suivant 20
un ordre chronologique. Il est surtout une analyse de leur succession et des liens qui les unissent.
Chaque partie de la dissertation correspond à l’analyse d’une étape de l'évolution du sujet.
Ce type de plan est particulièrement adapté aux sujets qui portent sur des concepts dynamiques, des
évolutions historiques, ou des processus de transformation.

EXERCICE (DE GROUPE) : BRAINSTORMING ET ORGANISATION DES IDEES


(Durée : 40 minutes)
Consignes :
1. Par tirage au sort individuel, 4 groupes seront constitués, dont chacun traitera l’un des énoncés
ci-dessous. (Le groupe 1 traitera l’énoncé 1, le groupe 2, l’énoncé 2, le groupe 3, l’énoncé 3 et
le groupe 4, l’énoncé 4).
2. A partir de l’énoncé attribué à votre groupe :
‒ Assurez-vous d’avoir bien compris le sujet ;
‒ Formulez la problématique centrale ;
‒ Identifiez le type de travail demandé ;
‒ Choisissez le type de plan que vous jugez le plus adapté ;
‒ Faites un brainstorming de groupe pour rechercher les idées principales, secondaires et les
éventuels exemples, citations, etc. qui peuvent les appuyer ;
‒ Etablissez un plan détaillé de votre dissertation.
3. Chaque groupe déterminera sa propre méthodologie de travail, mais tous les groupes devront :
‒ Désigner un membre de l’équipe qui va modérer les échanges ;
‒ Désigner un membre (autre que le modérateur) qui va noter les éléments retenus par le groupe
sur papier(s) duplicateur(s), ces notes servant de « brouillon » officiel du groupe à présenter à
la fin de l’exercice de groupe (Ce « brouillon » devra être revu et validé par les autres membres
du groupe) ;
‒ Désigner un ou plusieurs membres qui va ou qui vont faire la restitution de l’exercice.
Les énoncés :

Enoncé 1 : « Comment la modernisation de l'Administration publique peut-elle renforcer


l'autorité de l'État ? » (Sujet de dissertation du concours de recrutement de la promotion Patrice
Emery Lumumba, première promotion de l’ENA/RDC).

Enoncé 2 : « Une Administration publique d’excellence et efficace est la condition sine qua
non pour l’émergence et le développement durable en RDC. Qu’en pensez-vous ? » (Sujet de
dissertation du concours de recrutement de la promotion OKAPI, 3e promotion de l’ENA/RDC).

Enoncé 3 : « La réforme de l’Administration publique dans le processus d’un Congo émergent 21

s’oppose à la corruption qui anéantit la confiance et carbonise l’effort. Traquer toutes les
fraudes revient à sanctionner les préjudices causés à l’Etat et à la société congolaise.
Argumentez » (Sujet de dissertation du concours de recrutement de la promotion Etienne
TSHISEKEDI, sixième promotion de l’ENA/RDC).

Enoncé 4 : « L’impact de l’éthique et de la déontologie professionnelles dans le processus de


modernisation de l’Administration publique en RDC » (Sujet de dissertation du concours de
recrutement de la promotion Nelson MANDELA, quatrième promotion de l’ENA/RDC).

EXERCICE (INDIVIDUEL) : Durée : 30 minutes

Consignes :

A partir de l’énoncé ci-dessous :


‒ Assurez-vous d’avoir bien compris le sujet ;
‒ Formulez la problématique centrale ;
‒ Identifiez le type de travail demandé ;
‒ Choisissez le type de plan que vous jugez le plus adapté ;
‒ Faites un brainstorming de groupe pour rechercher les idées principales, secondaires et les
éventuels exemples, citations, etc. qui peuvent les appuyer ;
‒ Etablissez un plan détaillé de votre dissertation.
‒ A la fin de l’exercice, les brouillons individuels seront remises au formateur pour debriefing
général.
Sujet : « L’Administration publique congolaise en temps de guerre : défis et perspectives »

NB : Ce même sujet sera celui avec lequel chacun s’entrainera, le moment venu, à rédiger, la dissertation
entière.
Deuxième partie : LA REDACTION DE LA DISSERTATION

Comme il a été dit dans la première partie, la dissertation est tout d’abord un travail de réflexion et de
structuration des idées. La rédaction n’est, en réalité, que la mise à l’écrit de cette réflexion déjà
préparée, construite et structurée sur le brouillon. Pour prendre une image, elle consiste à donner de
la chair à un squelette déjà bien articulé. Elle doit donc, en plus d’être un exercice de style et de 22
grammaire, être une transcription claire et logique des idées telles qu’elles ont été organisées. Une
bonne rédaction se caractérise ainsi tout autant par la beauté de son style, la qualité de sa grammaire et
de son orthographe que par sa clarté, sa précision et la cohérence de son enchaînement. En lisant la
dissertation rédigée, le lecteur doit pouvoir non seulement apprécier ses qualités littéraires, mais aussi
suivre, au fur et à mesure qu’il avance, de ligne en ligne et de paragraphe en paragraphe, le fil conducteur
d’une réflexion bien articulée.
Il est à noter que cette rédaction se subdivise en trois parties : l’introduction, le développement et la
conclusion. Chacune de ces parties a son importance et répond à des règles propres qu’il faut bien
cerner.
Chacune de ces parties doit être clairement perceptible de par la mise en page même de la dissertation.
Elles doivent paraître séparées, de manière visible pour le lecteur, sans que ce dernier n’ait besoin de
fournir l’effort, par lui-même de distinguer chacune de ces parties.

I. Rédaction de l’introduction
L'introduction est, pour les lecteurs, la porte d'entrée de la dissertation. C’est elle qui donne les
premières impressions sur l’ensemble du travail. Elle pose le décor et guide les lecteurs vers la suite de
la réflexion. Elle peut donc, selon qu’elle est bien rédigée ou pas, susciter des impressions positives ou
négatives, pousser les lecteurs à préjuger de la suite soit de manière positive soit de manière négative.
A ce titre, elle est donc une partie très cruciale de la rédaction, sinon la plus importante de ses parties :
elle donne le ton, pose clairement le problème central de la réflexion, mais également annonce la
structure générale de cette dernière. Elle est donc cette partie qui présage de toute la dissertation.
Une bonne introduction est généralement rédigée après avoir cerné le sujet, la problématique posée
par lui et surtout après avoir établi, au brouillon, un plan détaillé de la dissertation. Cette manière de
procéder est un gage de clarté et de pertinence.
Elle ne doit être ni trop courte ni trop longue. Sa longueur idéale variera selon la longueur de la
dissertation. Mais elle doit représenter plus ou moins 10% de la longueur de l’ensemble de la
dissertation. Pour une dissertation, comme celle de l’ENA, qui est à rédiger en 4 à 6 pages,
l’introduction sera longue d’un peu moins de la moitié d’une page, soit, environ 12 à 18 lignes. Mais
ces longueurs ne sont qu’indicatives et non des repères arithmétiques obligatoires.
Les parties d’une introduction
Quelle que soit sa longueur, l’introduction doit toujours comporter trois parties (toutes, de préférence,
en un seul paragraphe qui peut, cependant être subdivisé en trois alinéas sans espacements
importants) : Un préambule (le sujet amené), Une problématique (le sujet posé) et Une annonce du
23
plan (le sujet divisé).

• Le préambule : Le préambule est composé lui-même de deux sous-parties : une amorce et un


pont entre l’amorce et la problématique.
L’amorce est la phrase d'ouverture qui capte l'attention du lecteur. Il peut s'agir d'une citation, d'une
anecdote pertinente, d'un fait surprenant, d'une affirmation générale qui sert de toile de fond au sujet,
etc. Cette amorce doit ensuite être suivi d’une ou deux phrases qui créent le lien entre l’amorce et le
sujet tel qu’il est posé dans la problématique. C’est que nous appelons « pont ». Ce pont situe la phrase
de l’amorce dans le contexte du sujet en étude. Il aide à ce que la problématique soit posée juste après,
sans cassure avec l’amorce. Les exemples traités plus bas rendront la compréhension de ces deux
éléments (amorce et pont) plus claire.

• La problématique : La problématique est la question centrale que pose le sujet. En d’autres


termes, c’est ce sur quoi porte la réflexion entière. C’est le problème auquel on doit répondre. En
réalité, la problématique c’est le sujet à proprement parler de la réflexion menée. Elle peut être posée
de manière interrogative ou non, mais sa formulation doit clairement révéler qu’il s’agit-là de la question
centrale (qui peut être déclinée en plusieurs sous-questions).
• L’annonce du plan : Il ne s’agit pas d’annoncer tout le plan détaillé, mais plutôt les principales
idées qui seront développées. Ce plan doit découler de manière logique de la problématique et
de la structuration des idées faite sur brouillon. Il reflète généralement le type de dissertation (cfr
première partie).
Les différentes techniques (ou types) d’introduction
Tout en respectant la structure en trois parties de l’introduction, il existe cependant diverses manières
ou techniques d’introduire sa dissertation. En réalité, ces techniques concernent essentiellement le
préambule (plus exactement, l’amorce), mais c’est bien cette première partie de l’introduction qui sert
d’accroche et donc détermine même la qualité de cette introduction. Les techniques pour varier les
manières d’introduire une dissertation portent donc essentiellement sur le préambule et même plus
exactement sur l’amorce.
1°. L’introduction par la définition
Cette technique d’amorce est l’une des plus simples. Elle consiste à commencer par la définition d’un
concept clé du sujet avant de l’appliquer au contexte spécifique du sujet. La clé ici est d’identifier le
bon concept-clé à définir et de choisir la bonne définition qui cadre avec ce que l’on veut dire par la
suite.

Exemple :
Sujet « L’Administration publique en temps de guerre : défis et perspectives » 24

Introduction par la définition :


Perçue comme l’ensemble des services publics de l’Etat et de ses démembrements concourant à la
satisfaction des besoins d’intérêt général, l’Administration publique est non seulement au cœur de
l’action de l’Etat, mais aussi la voie par excellence de la matérialisation même de ses attributs, missions,
devoirs et même de ses défis présents et à venir (amorce). L’une des plus grandes sources de ces défis
pour l’Etat, et donc pour l’Administration publique, est sans doute la guerre (pont). Dans le contexte
congolais où la RDC fait face à des guerres récurrentes depuis une trentaine d’années, il y a lieu de
s’interroger non seulement sur les contraintes que représente cet état de fait pour l’Administration
publique depuis toutes ces années, mais aussi sur la manière dont une telle Administration est appelée
à s’adapter, voire à se refonder afin de relever ces défis (Problématique). Dans les lignes qui suivent,
nous tenterons de répondre à ce questionnement, d’abord en présentant sommairement les missions
classiques de l’Administration publique de manière générale, puis en indiquant de quelle manière la
guerre a un impact sur l’exécution de ces missions et oblige l’Administration publique à repenser sa
manière de remplir celles-ci et, enfin, en proposant des pistes pouvant aider l’Administration congolaise
à faire face à ses défis en temps de guerre et donc à adapter son action (Annonce du plan).
2°. L’introduction par la citation
Cette technique consiste à amorcer son introduction par une citation, une maxime, un proverbe qui
cadre avec le sujet. La citation peut être rendue de manière intégrale ou juste paraphrasée. Il ne s’agit
pas ici d’argumenter, mais plutôt simplement de partir d’une pensée connue afin de poser le sujet.
La clé ici est de trouver la bonne citation et de la rendre correctement. Il peut s’agir d’une citation très
connue ou non, pour autant qu’elle soit simplement vérifiable.
Cette technique repose sur la culture générale du dissertateur. C’est celle-ci qui l’aidera à trouver la
citation qui serait à propos.
Exemple d’introduction (sur le même sujet) :
Dans son célèbre ouvrage De la Guerre, le théoricien prussien Carl von Clausewitz affirmait que « la
guerre n'est rien d'autre que la continuation de la politique par d'autres moyens ». Cette formule
percutante rappelle notamment que, même au plus fort des conflits, la guerre ne constitue pas une
rupture totale avec l'ordre de l'État. Elle est au contraire une expression à part entière de l’agir de l’Etat,
un prolongement de son action, qui doit alors s'appuyer sur l'ensemble de ses institutions, au nombre
desquelles l’on compte l’Administration publique, qui est le bras séculier de l’Etat. (Amorce). Dans ce
contexte, l'Administration publique se retrouve face à un paradoxe majeur : poursuivre ses missions
essentielles de service public tout en s'adaptant aux contraintes extrêmes imposées par le conflit armé.
Cela soulève de nombreux défis pour son fonctionnement et son organisation. (Pont) Dès lors,
comment l'Administration publique, confrontée à un état de guerre, peut-elle continuer à assurer ses
missions régaliennes et sociales tout en faisant face à l'urgence, au chaos et à la destruction ? Et de
25
quelle manière la guerre l'oblige-t-elle à se réinventer pour assurer la survie de l'État et de sa population
? (Problématique) Afin de répondre à ces questions, nous analyserons d'abord les missions classiques de
l'Administration publique en temps de paix. Nous verrons ensuite comment la guerre perturbe ces
fonctions et pose des défis considérables. Enfin, nous explorerons les pistes d'adaptation et les
nouvelles perspectives que l'Administration peut et doit adopter pour rester efficace en temps de
guerre. (Annonce du plan)
3°. L’introduction par la contextualisation historique
Il s’agit ici d’amorcer le sujet en le plaçant dans une perspective temporelle, en se référant à un
événement historique ou à l’évolution historique d’un phénomène.
Exemple (le même sujet) :
Depuis le milieu des années 1990, la République Démocratique du Congo fait face à un état de guerre
quasi permanent, caractérisé par des conflits armés récurrents provoquant une instabilité quasi
chronique, particulièrement dans ses provinces de l'Est. Cette situation de crise a souvent eu un impact
réel sur le fonctionnement des institutions étatiques congolaises, et même sur son Administration.
Celle-ci a, du fait de ces guerres à répétition, dû faire face à de nombreux défis multidimensionnels.
Une question s’impose et se pose alors : Dans ce contexte de guerres répétitives, comment
l’Administration publique congolaise peut-elle se réinventer et faire face aux contraintes de la guerre ?
Cette question centrale en entraine deux autres qui lui sont intimement liées : Comment cette
Administration a-t-elle, jusqu’ici, rempli ses missions au milieu de ces crises récurrentes ? Quelles
leçons en tirer pour les défis à venir ? C’est autour de ces questionnements que s’articuleront les lignes
qui suivent. Dans un premier temps, elles rappelleront les missions classiques d’une Administration
publique (en temps de paix), ensuite elles dresseront un inventaire des défis que la guerre a imposé à
l’Administration publique congolaise, tout en indiquant comment cette Administration y a fait face et,
enfin, elles ouvriront des perspectives d’avenir.
4°. L’introduction par un fait d’actualité
Ici, contrairement à la technique de contextualisation historique qui remonte au passé, on amorce le
sujet par un fait d’actualité qui permet de poser le sujet.
Exemple (même sujet) :
L’actualité récente, marquée par la recrudescence des hostilités de groupes armés tels que le M23 dans
les provinces de l'Est de la République Démocratique du Congo, remet en lumière le défi colossal que
représente la guerre pour les institutions étatiques. L’afflux massif de déplacés, la fragmentation du
contrôle territorial et l'insécurité permanente ont un impact direct sur la capacité de l'Administration
publique à exercer ses missions régaliennes et à garantir la sécurité de la population. Cette situation 26

nous amène à nous interroger : face à l'urgence d’une crise humanitaire et sécuritaire dans le contexte
d’une guerre, quels sont les défis immédiats de l'Administration publique congolaise pour maintenir
une présence étatique et un minimum de service public ? Et quelles sont les perspectives de refondation
à long terme nécessaires pour qu’elle puisse jouer son rôle pleinement même en temps de guerre ?
Pour y répondre, nous examinerons, dans une première partie, l'impact concret de la crise actuelle sur
les missions de l'Administration congolaise. Dans une deuxième partie, nous analyserons les stratégies
de résilience et d'adaptation mises en œuvre par les services de l'État sur le terrain. Enfin, nous nous
étalerons sur des perspectives d’avenir.
5°. L’introduction par un constat général ou par
Cette technique consiste à amorcer le sujet par une observation ou un fait largement reconnu comme
évident et dont la véracité ne fait l’ombre d’un doute. Il ne s’agit pas d’un fait d’actualité, mais d’un
constat factuel dont la vérité est établie et qui n’est pas remis en question.
Exemple d’une introduction par constat général (même sujet)
L'une des missions fondamentales de l'État moderne réside dans la maintenance de l'ordre public,
l'organisation de la vie en société et la garantie d'un environnement stable pour ses citoyens. Pour y
parvenir, l'État s'appuie notamment sur l'Administration publique. Cette dernière agit comme le rouage
essentiel qui matérialise ces missions état fondamentales (Amorce). Cependant, en temps de guerre, il se
crée comme une rupture dans l’ordre normal de l’accomplissement de ces missions : l'Administration
publique, conçue pour un contexte de stabilité et de normes, se trouve alors confrontée à une situation
d'exception, voire d’anomalie. Cet état de fait implique donc pour elle un certain nombre de défis à
relever au regard des missions qui lui reviennent (Pont) et suscite un questionnement : comment
l'Administration publique peut-elle continuer à fonctionner et à remplir ses missions essentielles en
temps de guerre ? Cette question en entraine deux autres : Quels sont les défis fondamentaux que la
guerre pose à l’Administration dans l’exercice de ses missions ? Quelles sont les perspectives qui
s'offrent à elle pour s'adapter à une réalité de guerre ? (Problématique). Afin de répondre à ces questions,
nous analyserons, dans une première partie, les missions classiques de l'Administration publique. Dans
un deuxième temps, nous exposerons les principaux défis et obstacles qu'imposent les conflits armés
à l’accomplissement ces missions. Enfin, nous explorerons les pistes de refonte et d'adaptation qui
pourraient permettre à l'Administration publique congolaise de se montrer résiliente en temps de
guerre et de remplir pleinement ses missions. (Annonce du plan)
EXERCICE :
En vous basant sur les explications données ci-dessus et en vous inspirant des exemples
d’introductions ci-haut, rédigez à votre manière des introductions, pour le même sujet, suivant chacune
des 5 techniques étudiées. Vous veillerez à ne pas vous faire aider ni par internet, ni par l’intelligence
artificielle. Vous veillerez également à ne pas calquer vos introductions sur les exemples ci-haut, mais
à exprimer votre propre originalité. 27

II. Rédaction du développement


Le développement est le corps de la dissertation. C’est la partie dans laquelle les idées recueillies et
structurées pendant la préparation seront exposées, agencées de sorte à construire une démonstration
rigoureuse et de répondre à la problématique.
En réalité, le développement est un enchaînement des idées dans le sens de répondre de manière
progressive et logique à la problématique posée. Il est le reflet du travail de structuration des idées
préalablement réalisation au brouillon. Il s’agit ici, pour prendre une image, de donner de la chair à un
squelette déjà bien articulé.
Il ne s’agit donc pas seulement d’une simple succession de phrases et de paragraphes. C’est
une démarche logique de la pensée vers la réponse à la problématique posée.
Il est donc clair que le développement est fait de plusieurs parties qu’il faut savoir connecter de manière
logique. Il sera question, dans ce point, de traiter des différentes parties ou de la structure du
développement, puis des connecteurs logiques (ou termes d’articulation) qui permettent de relier ces
différentes parties de manière cohérente.

II.1. La structure du développement

Le développement est composé d’autant de parties qu’il y a de principales idées (Généralement, deux
à quatre, selon le travail demandé et la longueur de la dissertation). Toutes ces idées principales se
subdivisent en paragraphes.
De manière plus claire, chaque idée principale (ou partie) est développée en plusieurs paragraphes.
Chaque paragraphe représente un argument appuyant l’idée principale. Chaque argument est d’abord
annoncé, puis expliqué (développé) et, si nécessaire, appuyé par une illustration ou un exemple.
Concrètement, une phrase (ou deux) annonce l’idée centrale, puis les sous-idées de cette centrale seront
exprimées en paragraphes successifs. Les explications ou développements de ces sous-idées resteront
tous dans le même paragraphe. (De préférence, pour des raisons de clarté visuelle, la première ligne du paragraphe
annonçant l’idée centrale sera en retrait, alors que les paragraphes contenant les sous-idées de cette idée centrale ne seront
pas en retrait. Une autre option est de mettre également en retrait les paragraphes exprimant les sous-idées mais sans les
espacer beaucoup, ni entre eux ni avec l’idée centrale. Il sera plutôt, dans ce cas, observé un espacement plus important
entre le dernier paragraphe faisant partie de la première idée centrale et le premier paragraphe annonçant la deuxième
idée centrale, et ainsi de suite).
Pour schématiser, les paragraphes suivent une logique qui peut se résumer par cet acronyme :
I – DE – E : Idée (Annonce de l’idée) – Développement (ou explication) de l’idée – Exemple.
28
Il est à noter que ce schéma n’est pas mécanique : Il est toujours nécessaire d’annoncer une idée, puis
de la développer ou de l’expliquer, mais il n’est pas toujours exigé d’appuyer chaque idée par un
exemple. Il faut en user (des exemples) avec mesure.
Les exemples ne sont pas des arguments en soi. Ils appuient des arguments et les appliquent à des cas
précis. Il faut s’assurer que les arguments annoncés, avec ou sans exemples, sont suffisamment
éloquents et convaincants. Les exemples ne viennent alors que pour les rendre encore plus vivants.
EXEMPLE DE DEVELOPPEMENT D’UNE IDEE PRINCIPALE EN PLUSIEURS
PARAGRAPHES STRUCTUREES EN I – DE – E :
Dans la première partie de ce module, il a été donné des exemples de structuration des idées. Reprenons
un des exemples et, à partir de ce dernier, rédigeons un paragraphe.
Sujet : « Le salut du peuple est la loi suprême »
Partie 1 : Thèse (Idée centrale : Le bien-être du peuple est le fondement même de
l’existence de l’Etat et doit être le moteur de toutes ses actions)
➢ Idée 1 : L’Etat est né dans la volonté de garantir à ses membres (le peuple)
sécurité et bien-être
• Argument 1 : Plusieurs auteurs, philosophes (Thomas Hobbes, John
Locke, etc.) ont soutenu que l’Etat est né d’un contrat social : les individus,
lassés de se déchirer pour des intérêts particuliers, ont décidé de se mettre
ensemble et de créer une organisation sociale qui protège l’intérêt général,
assure le bien-être de tous et de chacun.
• Argument 2 : Un Etat qui n’a pas pour visée fondamentale et suprême le
bien-être de son peuple est donc un Etat qui passe à côté de sa raison
d’être
La rédaction pourrait se concevoir comme ceci :
L’Etat, loin d’être une fin en soi, trouve sa raison d’être, le fondement même de son existence dans
la recherche du bien-être de ses citoyens. De ce fait, toutes ses actions doivent être motivés par la quête de ce bien-être. (Idée
centrale)
En effet, il est généralement admis que l’Etat n’a pas toujours existé ; il est une création sociale
(Annonce de l’idée 1). De nombreux penseurs, tels que Thomas Hobbes et John Lock ont théorisé la naissance de l’Etat
comme le fruit d’un contrat social : les individus, fatigués de l’état de nature marqué par la prédominance de la loi du
plus fort et le chaos, auraient consenti à renoncer à une partie de leur liberté individuelle pour créer une autorité suprême
qui imposerait des règles à tous et, de ce fait, garantirait sécurité, coexistence pacifique, prospérité et bien-être à tous.
(Développement de l’idée 1). A titre d’exemple, les Etats-Unis d’Amérique, dans leur forme actuelle, sont nés d’une
volonté des différents Etats composant ce pays de pacifier leurs relations tendues, de mettre fin à leurs disputes de frontières
et économiques afin d’assurer à tous un bien-être commun. Cet exemple illustre parfaitement l’idée selon laquelle les Etats
ont d’abord pour essence la quête du bien-être de leur peuple. (Exemple appuyant l’idée 1).
29

L’on peut donc affirmer qu’un Etat dont la visée fondamentale et suprême n’est pas le bien-être de
son peuple a échoué dans sa mission principale, voire qu’il est carrément passé à côté de sa raison d’être et finira par
disparaître (Annonce de l’idée 2). Evidemment, pour revenir à la théorie du contrat social sus évoquée, si, dès le début
de la création de l’Etat, celui-ci ne réussissait pas à assurer à ses citoyens plus de bien-être que dans leur situation
antérieure d’état de nature, non seulement il aurait manqué à sa raison d’être et, par conséquent, très vite, l’anarchie
reprendrait ses élans, et la loi du plus fort s’appliquerait de nouveau. L’on pourrait le synthétiser ainsi : la loi du plus
fort est une nécessité inévitable : soit c’est l’Etat qui est ce plus fort au profit de tous soit, s’il échoue, des individus plus
puissants que les autres imposeront leur volonté aux autres et au détriment de ceux-ci. (Développement de l’idée 2).
Notons que l’idée 1 ci-dessus est appuyée par un exemple alors que l’idée 2 ne l’est pas. L’idée 2, en
réalité, est une déduction faite de l’idée 1 qui, elle, est déjà appuyée par un exemple. Il n’est donc pas
indispensable d’appuyer l’idée 2 également par un exemple.

II.2. Les connecteurs logiques ou termes d’articulation

Les idées principales (centrales) et secondaires s’enchainent certes de manière logique, mais ne vont
pas toujours dans la même direction : une idée peut approfondir une précédente, l’appuyer, en être une
déduction, s’ajouter à elle de manière parallèle, la nuancer, former avec elle des parties d’une
énumération, etc. Il existe donc une multiplicité de natures de liens entre paragraphes. Ces liens doivent
donc transparaître à l’écrit, faute de quoi les paragraphes qui se suivent peuvent paraître décousus. Le
travail de création de ces liens est fait non seulement par un agencement logique des idées, mais aussi
par des termes qui, placés au début des paragraphes, établissent les connexions entre ceux-ci et
permettent d’identifier le type de lien entre les idées qui se suivent. Ces termes sont appelés
« connecteurs logiques » ou « termes d’articulation ».
Il est question ici de relever quelques termes d’articulation, d’en donner le sens, le rôle et les contextes
d’utilisation.
Le tableau ci-dessous reprend ces principaux termes d’articulation par catégories (suivant leur rôle).
Catégorie Connecteurs
• De toute évidence ;
• Sans l’ombre d’aucun doute ;
• Sans nul doute ;
Pour introduire une affirmation
• En fait ;
• A vrai dire ;
• Il va de soi que… ; etc. 30
• De plus,
• En outre,
• Par ailleurs,
• De surcroît,
• Aussi,
• De même,
• En sus,
Pour ajouter une nouvelle idée dans • Dans le même ordre d’idées…,
une même partie • Dans la même veine…,
• Il convient d’ajouter que…,
• Il y a également lieu de dire…,
• Il faut aussi considérer que…,
• Outre cela ;
• Au demeurant ;
• Au reste ;
• Du reste ; etc.
• En effet,
• Effectivement,
• En vérité,
• Bien entendu…
Pour confirmer ou appuyer une idée • Assurément,
déjà exprimée • Indéniablement,
• De toute évidence,
• Il est évident que...,
• Il est indéniable que…
• etc.
• Car,
• En effet,
• Étant donné que…
Pour introduire l’idée d’une cause
• Compte tenu de…
• Au regard de…
• Eu égard à…;
• Donc ;
• Ainsi ;
• Par conséquent ;
• Par voie de conséquence ;
Pour introduire l’idée d’une • En conséquence ;
conséquence ou d’une déduction • Par suite ;
• Subséquemment ;
• Aussi (lorsqu’il est utilisé comme exprimant une connaissance,
« Aussi » est suivi d’une inversion entre le sujet et le verbe) ;
• Etc.
Pour introduire une opposition ou une • Cependant,
contradiction • Pourtant,
• En revanche ;
• Au contraire ;
• Bien au contraire ;
• A contrario ;
• A l’opposé ;
• A l’inverse ;
• En dépit de… ;
• Nonobstant…
31
• Etc.
• Toutefois ;
• Néanmoins ;
• Pour autant ;
Pour introduire une nuance • Certes…mais ;
• En dépit de… ;
• Nonobstant, etc.

• Par exemple ;
• A titre d’exemple ;
Pour introduire une illustration, un • A titre illustratif ;
exemple • Tel est le cas de… ;
• Il en est ainsi de…. ;

• D'abord, ensuite (puis), enfin ;


Pour introduire une hiérarchisation • De prime abord ;
d’idées ou simplement pour faire suivre • Premièrement, Deuxièmement, etc.
des idées constituant une énumération • Primo, secundo, etc.
(ou une succession d’idées à énumérer) • Avant tout…
• Tout d’abord…

N.B. :
1. La création de connexions entre idées ne se limite pas aux seuls connecteurs
susmentionnés. Le rédacteur, selon sa créativité, peut trouver diverses manières de connecter
les idées, d’exprimer leurs liens, etc.
2. Une erreur importante à éviter : Commencer son introduction directement par « En
effet ». Ce terme d’articulation implique une affirmation préalable qu’il vient appuyer. Or, au
début de l’introduction, il n’y a pas encore d’affirmation que l’on voudrait appuyer.
Il est préférable que la première phrase du développement ne porte pas de terme d’articulation.
Cependant, il en existe quelques-uns qui, selon le cas, peuvent être à propos.

Quelques termes d’articulations introduisant une première idée dès le début d’un point, d’une
partie, voire du développement :
• D’emblée ;
• D’entrée de jeu… ;
• En liminaire… ;
• Au frontispice de….
III. Rédaction de la conclusion
La conclusion est la dernière partie de la dissertation, mais elle n’en est pas pour autant la moins
importante. Bien au contraire, elle mérite des soins particuliers. Elle est, en effet, la dernière impression
que le lecteur gardera de la dissertation. Elle est le point culminant de la dissertation. Le lecteur doit y
trouver :
32
─ Un bref rappel de la problématique ;
─ Un bref récapitulatif des grandes parties du développement ;
─ La réponse à la problématique (Cette réponse doit être claire et précise, et donc pas vague).
D’abord, l’on résume, sans les répéter mot pour mot, la question centrale (la problématique) posée par
le sujet, ensuite les principaux axes de la réflexion menée dans le développement et enfin l’on prend
définitivement position sur la question en y apportant la réponse qui découle de ces axes de réflexion.
Par ailleurs, selon les cas, l’on peut également soulever les éléments ou pistes de réflexion nécessaires
qu’implique cette réponse ou dont l’efficacité de cette réponse pourrait dépendre.
La conclusion ne doit être ni trop courte ni trop longue. Elle représentera globalement une longueur
légèrement inférieure à celle de l’introduction ou, tout au plus, égale à celle-ci.
Erreurs à éviter :
─ Introduire de nouvelles idées non abordées dans le développement.
─ Faire une conclusion trop vague ou trop générale.
─ Oublier de répondre clairement à la problématique.
Quelques termes d’articulation pour introduire une conclusion :
─ En définitive ;
─ En somme ;
─ En conclusion ;
─ Pour conclure ;
─ Finalement ;
─ Au finish (anglicisme pas toujours conseillé) ;
─ Cerise sur le gâteau,.. ;
─ Pour finir,…
─ Au terme de cette réflexion… ;
─ Bref / En bref… ;
─ Pour chuter… ;
─ Tout bien considéré, … ;
─ etc.
Exemple de conclusion :
Sujet : « L’Administration publique congolaise en temps de guerre : défis et perspectives »
En somme, loin de n’être qu’une simple question d’actualité, la réflexion autour des défis qu’impose la
guerre à l’Administration publique met au jour un réel besoin de réforme. De toute évidence, il est
apparu, tout au long de la réflexion menée ci-haut, qu’entre désorganisation et déstructuration des
services, déplacement des agents, perte de contrôle territorial, affaiblissement de l’autorité de l’Etat, 33

l’Administration publique est fortement impactée par les hostilités, dans sa quête de l’accomplissement
de ses missions. Pourtant, malgré ces contraintes extrêmes, elle est quand-même appelée à demeurer
un pilier essentiel de la résilience nationale, à être capable de maintenir un minimum de continuité
institutionnelle et de se montrer capable de répondre aux besoins urgents des populations. De ce
paradoxe, il ressort, en définitive, la nécessité, pour l’Etat, de repenser l’Administration congolaise,
d’initier une réforme structurelle qui aboutirait à une numérisation progressive et généralisée des
procédures et des services pour garantir leur accessibilité et leur efficacité même en zones instables, la
modernisation des équipements de travail, la définition de procédures d’urgence, particulièrement pour
les zones les plus exposées aux conflits, la formation du personnel aux défis de l’ère moderne et à ceux
d’une Administration en proie aux affres de la guerre et en une meilleure coordination de
l’interconnexion entre différents services de l’Etat. Au-delà de tout, ces réformes devront s’inscrire
dans le cadre d’une politique globale étatique de résilience et surtout de prévention de conflits armés,
car sans une ligne de conduite générale, les actions éparses sont vouées à l’é[Link] possibilité :
Au terme de la réflexion autour des défis qu’impose la guerre à l’Administration publique dans
l’accomplissement de ses missions, il apparaît que les hostilités impactent fortement le bon
fonctionnement de l’Administration, non seulement en rendant le climat de travail difficile, mais aussi
en désorganisant le fonctionnement et la coordination des services, en provoquant le déplacement
voire le décès des agents et cadres, la destruction des outils de travail, la perte du contrôle de certains
pans du territoire national, etc. Face à cet état de fait, des réformes structurelles de l’Administration
publique congolaise s’imposent comme une nécessité. Celles-ci, visant à rendre l’Administration plus
résiliente, accessible et efficace même en temps et en zones d’hostilités, passeront principalement par
la numérisation progressive et générale des procédures et des services, la modernisation de ses
équipements de travail, la définition de procédures d’urgence, particulièrement pour les zones les plus
exposées aux conflits, la formation du personnel aux défis de l’ère moderne et à ceux d’une
Administration en proie aux affres de la guerre et en une meilleure coordination de l’interconnexion
entre différents services de l’Etat. Au-delà de tout, ces réformes devront s’inscrire dans le cadre d’une
politique globale étatique de résilience et surtout de prévention de conflits armés, car sans une ligne de
conduite générale, les actions éparses sont vouées à l’échec.
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