Préparation à la Dissertation ENA
Préparation à la Dissertation ENA
FASCICULE DE
PREPARATION AU TEST DE
L’ENA
Module 2 : Dissertation
Ce fascicule n’engage aucunement l’ENA. Il est une conception privée, destinée à l’usage exclusif et gratuit de la
préparation des candidats au concours de recrutement de l’ENA par son concepteur. Il n’est ni vendu ni donné
contre une quelconque promesse de recrutement à quelque titre que ce soit.
Elaboré par :
Marshall AHONGO
Enarque
Sommaire
Notions introductives 1
I. Rédaction de l’introduction
La dissertation peut être définie de plusieurs manières différentes. Parmi les nombreuses définitions
admissibles, la suivante nous paraît la plus précise et la plus exacte : 2
« La dissertation est une composition littéraire, argumentée et structurée, qui vise à développer
une réflexion personnelle sur un sujet donné, en s’appuyant sur des connaissances précises et
une démonstration logique ».
Caractéristiques de la dissertation :
La définition ci-dessus ressort aussi bien les caractéristiques de la dissertation que ses différences avec
d’autres types de rédactions.
‒ Elle est une composition littéraire : En tant que telle, elle requiert de son auteur un certain
nombre de qualités rédactionnelles (beauté de l’écriture, respect de la grammaire, bonne
orthographe, etc.) ;
‒ Elle est une composition argumentée : Elle se différencie ainsi de la narration, par exemple,
en ce qu’elle est essentiellement faite d’arguments (Une dissertation n’est pas un empilement
de phrases, mais une suite d’arguments sur un sujet donné) ;
‒ Elle est une composition structurée : Une dissertation est une construction cohérente et
organisée des idées que l’on développe sur un sujet donné. Elle exige donc que les arguments
ne soient pas superposés pêle-mêle, mais qu’ils soient structurés de manière cohérente comme
faisant partie d’un tout ? exprimant le fil d’une pensée bien construite.
‒ Elle consiste en une réflexion personnelle sur un sujet donné : La dissertation nécessite
donc toujours une sorte de prise de position, un point de vue, une lecture personnelle sur le
sujet posé. Elle se différencie en cela d’un simple exposé ou d’un résumé de la pensée d’autrui
sur le sujet abordé. Même lorsque le travail demandé est un travail d’explication ou de
commentaire, le dissertateur explique et commente la pensée d’autrui à partir de son point de
vue personnel.
‒ Elle s’appuie sur des connaissances précises : En tant que composition argumentative, la
dissertation ne peut pas partir de connaissances vagues et imprécises sur le thème abordé.
Toute l’argumentation même est assise sur les connaissances que le dissertateur a du sujet.
‒ Elle s’appuie sur une démonstration logique : La dissertation est une composition
argumentative structurée. Elle doit donc porter une suite logique d’arguments afin de pouvoir
démontrer la validité de la thèse que le dissertateur défend.
La définition et les caractéristiques ci-dessus développées permettent de mieux comprendre ce qu’est
une dissertation et ce qu’elle n’est pas. Ainsi, elles balisent, pour les dissertateurs, un chemin qui permet
d’éviter les erreurs habituellement constatées. 3
Parmi les erreurs les plus courantes à éviter, l’on peut noter les suivantes :
1° Commencer directement par la rédaction :
L’une des erreurs les plus courantes est de commencer sa dissertation directement par la rédaction.
Ainsi, on écrit en même temps qu’on réfléchit, avec tous les risques que cette manière de procéder
implique :
‒ Risque de mal aborder le sujet ou d’être hors-sujet (mauvaise compréhension ou
compréhension partielle du sujet, mauvaise compréhension du travail demandé, etc.) ;
‒ Mauvaise identification de la problématique ;
‒ Risque de ne pas répondre ou de ne répondre que partiellement à la problématique, dans
le développement de la dissertation ;
‒ Manque de structuration et de progression logique (On écrit les idées telles pêle-mêle, telles
qu’elles nous viennent, sans forcément leur donner une structure logique) ;
‒ Risque de répétitions ou de contradictions (ou même de manque de cohérence) ;
‒ Insuffisance de recul sur les idées avancées ;
‒ Possibilité de perdre le fil des idées ;
‒ Possibilité d’oublier des idées importantes et de s’étendre plutôt sur des idées de moindre
importance ;
‒ Perte de temps et stress ;
‒ Conclusion insatisfaisante, etc.
Il sied de noter qu’une dissertation est tout d’abord une réflexion sur un sujet avant d’être
une rédaction. La rédaction n’est que la mise sur papier des idées qu’on a déjà préalablement
préparées, construites et structurées.
Il faut toujours préparer sa dissertation avant de la rédiger (La préparation de la dissertation
fera l’objet de la première partie de ce module).
2° Ecrire d’abord toute la dissertation sur la feuille de brouillon, puis la recopier sur la
feuille « propre »
La plupart de personnes utilisent leur brouillon de la mauvaise manière. Elles y écrivent la totalité
de leur dissertation, puis recopient celle-ci sur la feuille « propre », en veillant simplement à éviter
les ratures et les gribouillis. Pourtant, cette manière de faire est non seulement inefficace, mais en
plus, elle comporte de nombreux risquent.
L’inefficacité de cette manière de procéder se trouve dans le fait qu’en réalité, même s’il le fait au
brouillon, le dissertateur commence sa dissertation directement par la rédaction, et ne tire pas 4
Tout ce qui est dit supra révèle la nécessité d’une préparation conséquente de la dissertation
préalablement à sa rédaction. Ainsi, ce module s’attèlera successivement sur ces deux aspects : sa
première partie traitera de la préparation de la dissertation et la seconde se penchera sur la rédaction
elle-même.
Première partie : LA PREPARATION DE LA DISSERTATION
Une dissertation est comme un met à cuisiner : avant la cuisson, tous les aliments qui vont
composer le met doivent d’abord être réunis et préparés suivant un ordre donné. Sinon, même avec
les mêmes aliments, on risque de ne pas avoir un résultat comestible.
Préparer une dissertation revient à réunir et structurer, suivant un ordre cohérent, toutes les idées que 5
l’on va mettre ensuite par écrit au moment de la rédaction.
Elle implique trois (3) processus successifs :
‒ Analyse et compréhension du sujet ;
‒ Recherche et développement des idées ;
‒ Organisation (structuration) des idées.
globalité est souvent superficielle. Délimiter permet de se concentrer sur un angle ou des angles
précis pour approfondir la réflexion.
‒ garantir la cohérence : Des limites claires permettent de construire un plan logique et
cohérent, où chaque partie s'articule autour d'une problématique bien définie.
Concrètement, pour délimiter un sujet, l’on peut procéder ainsi :
‒ Se servir de l’analyse des mots-clés qui a été préalablement faite (Les mots-clés eux-mêmes
peuvent déjà porter une délimitation du sujet) ;
‒ Identifier ou déterminer les limites temporelles et géographiques qu’impose le sujet ;
‒ Identifier ou déterminer les limites thématiques (les thèmes) du sujet. « Traiter tout le sujet et
rien que le sujet afin d’éviter d’être hors sujet ».
Des questions à se poser pour délimiter un sujet dans le contexte du concours de l’ENA :
• A quels domaines de la vie publique cette réflexion peut-elle s’appliquer ? (Traiter tout le
sujet)
• Y a-t-il des pistes de réflexion à écarter ? Si oui, lesquelles et pourquoi ? ( Ne traiter rien que
le sujet)
Exemple : Le sujet « L'administration publique congolaise face aux défis du changement
climatique » peut être délimité comme suit :
Contrairement à l’idée la plus répandue, la reformulation du sujet n’est pas toujours une
obligation. Elle sert plutôt à fixer l’effort de compréhension qu’on vient de produire. La 8
reformulation du sujet n’est nécessaire que si elle permet une meilleure compréhension de
celui-ci. Si, tel qu’il est énoncé, le sujet est déjà suffisamment clair, une reformulation est superflue.
Par exemple, le sujet « Pensez-vous que l’Administration publique congolaise est performante
et efficace ? » est formulé de manière suffisamment claire pour qu’une reformulation ne soit pas
nécessaire. Il est possible de reformuler ce sujet, mais cette reformulation n’aurait pas de vraie valeur
ajoutée sur la compréhension du sujet. Elle est donc, de ce fait, non nécessaire.
4° Identifier et formuler la problématique
Quand le sujet est bien compris, bien délimité et éventuellement bien reformulé, identifier sa
problématique devient très facile. Cette dernière (la problématique) saute alors aux yeux comme une
évidence.
La problématique est la question centrale que le sujet amène à se poser. C’est la question centrale qui
sera traitée tout au long de la dissertation. C’est la question autour de laquelle la dissertation va se
construire et à laquelle le développement tentera de répondre.
La problématique sert de guide à la dissertation. Chaque partie du plan, chaque argument et chaque
exemple doit servir à y répondre, de manière directe ou indirecte. Elle assure la cohérence et la
progression logique de la démonstration faite par le dissertateur.
La problématique doit répondre aux caractéristiques ci-dessous :
‒ Être claire et précise ;
‒ Être pertinente ;
‒ Être directement issue du sujet ;
‒ Être susceptible de prendre en compte tous les aspects du sujet tel qu’il a été délimité.
NB : Il n’est pas rare que l’énoncé du sujet ne soit pas accompagné d’une consigne. Dans ce
cas, les astuces ci-après peuvent aider à identifier le type de travail attendu :
‒ Observer la forme de l’énoncé : Généralement, l’énoncé lui-même donne déjà des
indications sur le type de dissertation à faire.
A titre indicatif, si l’énoncé est une question directe, le travail demandé est généralement soit
une discussion soit le développement d’un avis personnel sur le sujet (cet avis pouvant être
nuancé, bien entendu). Exemple : « La guerre est-elle un frein au fonctionnement de
l’Administration publique ? » (Ce sujet peut être discuté ou faire l’objet d’un avis personnel,
avec les nuances nécessaires).
Si le sujet est une assertion (une affirmation), la consigne implicite est soit de commenter, soit
d’expliquer, mais dans certains cas, la discussion peut également être envisagée (c’est le type de
dissertation qui est le plus couramment usité. Il s’adapte donc à plusieurs formulations de
l’énoncé). Exemple : « Le salut du peuple est la loi suprême ».
Si le sujet est un groupe de mots décrivant un phénomène ou une situation, la consigne
implicite est généralement d’expliquer, de développer ou de commenter. Exemple : « Le rôle
de l’Administration publique ».
‒ Identifiez l’enjeu principal du sujet pour le rédacteur : L’enjeu est-il d’expliquer quelque
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chose ? De porter un jugement sur quelque chose ou plutôt simplement de connaître mon avis
sur le sujet ?
Exemple : Dans le sujet « Le rôle de l’Administration publique », il est clair que l’enjeu est,
aux yeux du lecteur, de voir combien le rédacteur connait et comprend le rôle de
l’Administration publique. Dans le sujet « Le salut du peuple est la loi suprême », l’enjeu
principal est clairement d’expliquer ce que cette pensée signifie, à quels cas il peut s’appliquer
et, éventuellement, d’identifier les cas dans lesquelles cette pensée peut être nuancée ou se
révéler pas totalement vraie.
‒ Ayez à l’esprit que dans le cadre d’un concours, il est souvent attendu du rédacteur non
seulement qu’il démontre sa compréhension et sa connaissance du sujet, mais également qu’il
fasse preuve d’esprit critique et qu’il soit capable d’émettre un avis personnel.
‒ Tourner la problématique dans tous les sens possibles mais dans la limite du cadre délimité par
le sujet ;
‒ Si le sujet porte sur un phénomène ou un problème donné, en rechercher les causes, les
conséquences et les solutions possibles ;
‒ Si le sujet est une pensée ou une citation, après avoir compris le sens réel de la pensée et la
problématique qu’elle pose, rechercher les éléments concrets (faits, évènements, situations)
auxquels peut s’appliquer la vérité contenue dans cette pensée, se demander si la pensée est
exacte et applicable à tous les cas et, éventuellement, identifier les cas (situations, faits,
évènements, etc.) où cette pensée ne s’applique pas totalement ou pas du tout ;
‒ Si le sujet soulève un problème, une question ou, plus généralement, un élément pouvant
s’appliquer à différents domaines, réfléchir à comment il s’applique dans ces différents
domaines ;
‒ Réfléchir sur des citations, illustrations, exemples voire des anecdotes en lien avec les
Astuces pratiques
‒ Noter sur le brouillon toutes les idées (dans les grandes lignes) telles qu’elles viennent à l’esprit
(sans vraiment formuler des phrases) ;
‒ Noter, à côté de chaque idée, les citations, exemples et les faits qui pourraient les appuyer ;
‒ Questionner la pertinence de chacune des idées que vous avez notée ;
‒ Relire toutes les idées notées et vérifier que tous les aspects de la problématique ont trouvé.
III. Organisation des idées
Les idées que l’on trouve ne viennent pas forcément à l’esprit suivant un ordre cohérent, logique et
structuré. Bien souvent, ce n’est simplement pas le cas. Il faut donc, après le travail de brainstorming,
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organiser les idées suivant un plan et une suite logique identifiable par le lecteur.
A ce niveau, les opérations ci-après sont effectuées :
‒ Sélection des idées à retenir en raison de leur pertinence et des idées à supprimer en raison soit
de leur faible pertinence (absence de vraie valeur ajoutée de ces idées, incertitude sur certains
points de ces idées) soit parce qu’elles constitueraient des redites ;
‒ Regroupement des idées en « thèmes » (Les idées qui se rapportent aux mêmes éléments sont
regroupées) ;
‒ Classer les idées, les arguments, citations et exemples qui les appuient suivant le type de plan
établi.
En réalité, l’organisation des idées repose essentiellement sur le plan détaillé qu’on établit. Le plan n’est
pas qu’une superposition de paragraphes, mais le fil conducteur (le repère) qui oriente l’ensemble de
l’argumentation.
Établir le plan détaillé, revient donc à définir une progression de l’argumentation qui permette de
répondre à la problématique. Cette progression est structurée de manière hiérarchique :
l’argumentation est subdivisée en parties, chacune de partie portant une idée principale. Chacune de
ces idées principales peut être subdivisée en idées secondaires, appuyées éventuellement par des
exemples, citations, anecdotes, etc.
Il faut donc ici savoir déterminer, parmi les idées que l’on a, lesquelles sont principales, lesquelles sont
secondaires et savoir les classer suivant un ordre logique.
A ce propos, il est à noter qu’il existe plusieurs types de plans. Le classement des idées variera donc
en fonction du type de plan que l’on a adopté.
Il est donc nécessaire de connaître les différents types de plans qui existent. Cependant, vu la diversité
de cette typologie, il ne sera ici question que des types de plans les plus récurrents et les plus importants.
Il s’agit principalement des 5 types de plans ci-après : le plan dialectique, le plan thématique ou en
éventail, le plan analytique, le plan par approfondissement et le plan chronologique ou linéaire.
1° Le plan dialectique
Le plan dialectique tire son nom du mot « dialogue » (dialectique = ce qui se rapporte au dialogue ou
à la discussion). C’est le type de plan le plus classique pour les sujets invitant à la discussion ou à la
controverse.
Ce plan consiste à organiser les idées en trois parties (mettant en scène une sorte de discussion) : une
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thèse, une antithèse, puis une synthèse.
Exemple de plan dialectique :
Sujet : « Le salut du peuple est la loi suprême »
Proposition de plan dialectique :
Partie 1 : Thèse (Idée centrale : Le bien-être du peuple est le fondement même de
l’existence de l’Etat et doit être le moteur de toutes ses actions)
➢ Idée 1 : L’Etat est né dans la volonté de garantir à ses membres (le peuple)
sécurité et bien-être
• Argument 1 : Plusieurs auteurs, philosophes (Thomas Hobbes, John
Locke, etc.) ont soutenu que l’Etat est né d’un contrat social : les individus,
lassés de se déchirer pour des intérêts particuliers, ont décidé de se mettre
ensemble et de créer une organisation sociale qui protège l’intérêt général,
assure le bien-être de tous et de chacun.
• Argument 2 : Un Etat qui n’a pas pour visée fondamentale et suprême le
bien-être de son peuple est donc un Etat qui passe à côté de sa raison
d’être
➢ Idée 2 : Les pouvoirs publics ne sont légitimes aux yeux du peuple que tant
qu’ils recherchent absolument le bien-être de ce peuple (pour le peuple, son
bien-être doit être le fil conducteur de toutes les actions de l’Etat)
• Argument 1 : En démocratie, le pouvoir émane du peuple qui le donne à
des dirigeants pour le bien-être de ce premier, au-delà de tout ;
Fait appuyant l’argument : Dans tous les pays démocratiques les élections
des dirigeants se fondent sur le choix des programmes politiques ou des
personnes que le peuple identifie comme pouvant lui garantir son bien-être
au-delà de toutes les autres considérations.
• Argument 2 : Même dans les pays non-démocratiques, le peuple accepte
plus facilement les dictateurs qui assurent un « bien-être » : le peuple place
ainsi son bien-être au-dessus même de sa liberté.
Ex : Kadhafi, Poutine, etc.
• Argument 3 : Quand le peuple estime que l’action des pouvoirs publics
n’est plus dictée par la recherche absolue de son bien-être, il a tendance à
se soulever (révoltes, résistance, etc.)
Ex : Mobutu, adulé et craint dans les années 1970 pendant les heures de
gloire du Zaïre ; défié et renversé dans les années 1990 quand les
conditions sociales du peuple ont chuté.
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Partie 2 : Antithèse (Idée centrale : La recherche du bien-être du peuple pouvant être un
prétexte à de nombreuses dérives, elle doit être encadrée par des principes et lois qui doivent
lui être supérieurs)
➢ Idée 1 : Des régimes autoritaires peuvent se légitimer en prétextant agir ainsi
pour le « salut du peuple » :
• Argument 1 : L’histoire est remplie de régimes autoritaires qui ont prétendu
d’abord agir pour le bien-être de leur peuple
Fait pouvant appuyer l’argument : Plusieurs grands dictateurs ont d’abord
été des « révolutionnaires » ou « libérateurs » ayant pris le pouvoir par la
force au nom du bien-être du peuple et se sont transformés en tyrans.
Ex : Kadhafi, Ceaucescu, etc.
• Argument 2 : Au nom du bien-être du peuple, de nombreux abus ont été
commis sur le même peuple par les autorités publiques de nombreux pays.
Ex : Mao Tse Tung avec les millions de morts de famine en Chine, les
écoutes téléphoniques par l’Etat en France, aux USA, etc.
• Argument 3 : Certaines des plus grandes atrocités de l’histoire ont été
commises au nom du bien-être du peuple que l’on prétendait rechercher
Ex : Les camps de concentration Nazi visant à exterminer les juifs, la
colonisation (prétendument civilisatrice d’un peuple sauvage) a eu des
conséquences ravageuses.
➢ Idée 2 : Si tous les Etats placent le bien-être de leur peuple au-delà de toutes
les autres considérations, le monde deviendrait un terrain de conflits
perpétuels
• Argument 1 : Au nom de la protection et du bien-être de leurs peuples, de
nombreux Etats attaquent et agressent d’autres Etats, créant des victimes
innocentes.
Ex : Agression rwandaise en RDC, Russie vs Ukraine, Guerres préventives
menées par les USA en Irak, etc.
• Argument 2 : Si la recherche, par chaque Etat, du bien-être de son peuple
n’était pas encadrée par des normes supérieures à cette recherche, les Etats
se détruiraient.
Ex : Les Etats n’utilisent plus l’arme atomique, même si les intérêts de leurs
peuples sont en jeu, en raison principalement des normes internationales ;
les guerres mondiales, la colonisation, les pillages des ressources des autres
Etats sont des preuves.
Partie 3 : Synthèse (Une nouvelle perspective : L’Etat de droit comme régulateur et moyen de
la poursuite du bien-être du peuple)
➢ Idée 1 : La poursuite du bien-être du peuple doit être encadrée par des lois
applicables à tous et auxquelles l’Etat lui-même est soumis pour éviter les 18
abus
2° Le plan thématique
Le plan thématique est celui qui consiste à appliquer une même idée à différents domaines. Il permet
de décrire ou d’analyser différents aspects d’un même thème. Il est particulièrement adapté aux sujets
qui invitent à aborder différents aspects d’une question.
Il s'agit de diviser la réflexion en plusieurs grands thèmes qui éclairent la notion sous différents angles.
Exemple de plan thématique :
Sujet : « L'Administration publique congolaise face aux défis du changement climatique »
Proposition de plan :
Partie I : Les défis qu’imposent le changement climatique à l’Administration publique
congolaise
Dans cette partie, l’idée principale est que les changements climatiques et leurs conséquences représentent de nombreux
défis pour l’Administration publique qui doit les intégrer dans la définition des politiques publiques en vue de leur
résorption et de leur prévention. Cette idée sera appliquée à différents secteurs de l’Administration.
➢ Idée 1 : Les défis dans le secteur l'Urbanisme et de l’Aménagement du territoire
• Argument 1 : L'Administration doit faire face à des phénomènes extrêmes
(inondations, érosion des sols) qui détruisent les infrastructures et menacent les
populations urbaines. Ces phénomènes obligent l’Administration à revoir ses
plans directeurs pour inclure la résilience climatique.
•
Argument 2 : Les phénomènes extrêmes liés aux changements climatiques ont
révélé de nombreuses failles urbanistiques qui imposent une profonde réflexion 19
sur la restructuration urbaine (Des espaces à détruire, à réaménager, des
infrastructures à construire et même à reconstruire…)
➢ Idée 2 : Impact sur le secteur de l’hygiène et de la santé publique
•
Argument 1 : Les changements climatiques, avec les phénomènes extrêmes qu’ils
entrainent, peuvent avoir des conséquences directes sur la santé des populations,
à travers notamment la propagation de maladies, les vagues de chaleur ou la
malnutrition. Ces maladies représentent des défis de définition de politiques de
santé publique et d’hygiène publique.
➢ Idée 3 : Impact sur le secteur des affaires sociales et humanitaires
➢ Idée 4 : Impact sur le secteur des Finances, etc.
Partie 2 : Les actions que l’Administration peut mener face à ces défis
➢ Idée 1 : La nécessité de l'amélioration de la coordination intersectorielle
Le changement climatique étant un problème transversal, la fragmentation
administrative est un frein majeur. L'administration doit mieux coordonner ses
différentes branches pour faire face aux défis imposés par ce changement.
➢ Idée 2 : L’urgence de la définition d’une politique écologique claire de l’Etat ;
➢ Idée 3 : La nécessité de mobiliser des financements importants
- Une budgétisation plus importante ;
- Financements alternatifs : Taxe de pollution, fonds humanitaire, etc.
Un plan linéaire, également appelé plan historique ou chronologique, est une structure de dissertation
qui organise les idées et les arguments selon une progression temporelle. La réflexion, suivant ce plan,
suit l’évolution d’un phénomène, d’une idée ou d’une situation dans le temps.
Il faut toutefois noter que le plan linéaire n'est pas simplement une énumération d'événements suivant 20
un ordre chronologique. Il est surtout une analyse de leur succession et des liens qui les unissent.
Chaque partie de la dissertation correspond à l’analyse d’une étape de l'évolution du sujet.
Ce type de plan est particulièrement adapté aux sujets qui portent sur des concepts dynamiques, des
évolutions historiques, ou des processus de transformation.
Enoncé 2 : « Une Administration publique d’excellence et efficace est la condition sine qua
non pour l’émergence et le développement durable en RDC. Qu’en pensez-vous ? » (Sujet de
dissertation du concours de recrutement de la promotion OKAPI, 3e promotion de l’ENA/RDC).
s’oppose à la corruption qui anéantit la confiance et carbonise l’effort. Traquer toutes les
fraudes revient à sanctionner les préjudices causés à l’Etat et à la société congolaise.
Argumentez » (Sujet de dissertation du concours de recrutement de la promotion Etienne
TSHISEKEDI, sixième promotion de l’ENA/RDC).
Consignes :
NB : Ce même sujet sera celui avec lequel chacun s’entrainera, le moment venu, à rédiger, la dissertation
entière.
Deuxième partie : LA REDACTION DE LA DISSERTATION
Comme il a été dit dans la première partie, la dissertation est tout d’abord un travail de réflexion et de
structuration des idées. La rédaction n’est, en réalité, que la mise à l’écrit de cette réflexion déjà
préparée, construite et structurée sur le brouillon. Pour prendre une image, elle consiste à donner de
la chair à un squelette déjà bien articulé. Elle doit donc, en plus d’être un exercice de style et de 22
grammaire, être une transcription claire et logique des idées telles qu’elles ont été organisées. Une
bonne rédaction se caractérise ainsi tout autant par la beauté de son style, la qualité de sa grammaire et
de son orthographe que par sa clarté, sa précision et la cohérence de son enchaînement. En lisant la
dissertation rédigée, le lecteur doit pouvoir non seulement apprécier ses qualités littéraires, mais aussi
suivre, au fur et à mesure qu’il avance, de ligne en ligne et de paragraphe en paragraphe, le fil conducteur
d’une réflexion bien articulée.
Il est à noter que cette rédaction se subdivise en trois parties : l’introduction, le développement et la
conclusion. Chacune de ces parties a son importance et répond à des règles propres qu’il faut bien
cerner.
Chacune de ces parties doit être clairement perceptible de par la mise en page même de la dissertation.
Elles doivent paraître séparées, de manière visible pour le lecteur, sans que ce dernier n’ait besoin de
fournir l’effort, par lui-même de distinguer chacune de ces parties.
I. Rédaction de l’introduction
L'introduction est, pour les lecteurs, la porte d'entrée de la dissertation. C’est elle qui donne les
premières impressions sur l’ensemble du travail. Elle pose le décor et guide les lecteurs vers la suite de
la réflexion. Elle peut donc, selon qu’elle est bien rédigée ou pas, susciter des impressions positives ou
négatives, pousser les lecteurs à préjuger de la suite soit de manière positive soit de manière négative.
A ce titre, elle est donc une partie très cruciale de la rédaction, sinon la plus importante de ses parties :
elle donne le ton, pose clairement le problème central de la réflexion, mais également annonce la
structure générale de cette dernière. Elle est donc cette partie qui présage de toute la dissertation.
Une bonne introduction est généralement rédigée après avoir cerné le sujet, la problématique posée
par lui et surtout après avoir établi, au brouillon, un plan détaillé de la dissertation. Cette manière de
procéder est un gage de clarté et de pertinence.
Elle ne doit être ni trop courte ni trop longue. Sa longueur idéale variera selon la longueur de la
dissertation. Mais elle doit représenter plus ou moins 10% de la longueur de l’ensemble de la
dissertation. Pour une dissertation, comme celle de l’ENA, qui est à rédiger en 4 à 6 pages,
l’introduction sera longue d’un peu moins de la moitié d’une page, soit, environ 12 à 18 lignes. Mais
ces longueurs ne sont qu’indicatives et non des repères arithmétiques obligatoires.
Les parties d’une introduction
Quelle que soit sa longueur, l’introduction doit toujours comporter trois parties (toutes, de préférence,
en un seul paragraphe qui peut, cependant être subdivisé en trois alinéas sans espacements
importants) : Un préambule (le sujet amené), Une problématique (le sujet posé) et Une annonce du
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plan (le sujet divisé).
Exemple :
Sujet « L’Administration publique en temps de guerre : défis et perspectives » 24
nous amène à nous interroger : face à l'urgence d’une crise humanitaire et sécuritaire dans le contexte
d’une guerre, quels sont les défis immédiats de l'Administration publique congolaise pour maintenir
une présence étatique et un minimum de service public ? Et quelles sont les perspectives de refondation
à long terme nécessaires pour qu’elle puisse jouer son rôle pleinement même en temps de guerre ?
Pour y répondre, nous examinerons, dans une première partie, l'impact concret de la crise actuelle sur
les missions de l'Administration congolaise. Dans une deuxième partie, nous analyserons les stratégies
de résilience et d'adaptation mises en œuvre par les services de l'État sur le terrain. Enfin, nous nous
étalerons sur des perspectives d’avenir.
5°. L’introduction par un constat général ou par
Cette technique consiste à amorcer le sujet par une observation ou un fait largement reconnu comme
évident et dont la véracité ne fait l’ombre d’un doute. Il ne s’agit pas d’un fait d’actualité, mais d’un
constat factuel dont la vérité est établie et qui n’est pas remis en question.
Exemple d’une introduction par constat général (même sujet)
L'une des missions fondamentales de l'État moderne réside dans la maintenance de l'ordre public,
l'organisation de la vie en société et la garantie d'un environnement stable pour ses citoyens. Pour y
parvenir, l'État s'appuie notamment sur l'Administration publique. Cette dernière agit comme le rouage
essentiel qui matérialise ces missions état fondamentales (Amorce). Cependant, en temps de guerre, il se
crée comme une rupture dans l’ordre normal de l’accomplissement de ces missions : l'Administration
publique, conçue pour un contexte de stabilité et de normes, se trouve alors confrontée à une situation
d'exception, voire d’anomalie. Cet état de fait implique donc pour elle un certain nombre de défis à
relever au regard des missions qui lui reviennent (Pont) et suscite un questionnement : comment
l'Administration publique peut-elle continuer à fonctionner et à remplir ses missions essentielles en
temps de guerre ? Cette question en entraine deux autres : Quels sont les défis fondamentaux que la
guerre pose à l’Administration dans l’exercice de ses missions ? Quelles sont les perspectives qui
s'offrent à elle pour s'adapter à une réalité de guerre ? (Problématique). Afin de répondre à ces questions,
nous analyserons, dans une première partie, les missions classiques de l'Administration publique. Dans
un deuxième temps, nous exposerons les principaux défis et obstacles qu'imposent les conflits armés
à l’accomplissement ces missions. Enfin, nous explorerons les pistes de refonte et d'adaptation qui
pourraient permettre à l'Administration publique congolaise de se montrer résiliente en temps de
guerre et de remplir pleinement ses missions. (Annonce du plan)
EXERCICE :
En vous basant sur les explications données ci-dessus et en vous inspirant des exemples
d’introductions ci-haut, rédigez à votre manière des introductions, pour le même sujet, suivant chacune
des 5 techniques étudiées. Vous veillerez à ne pas vous faire aider ni par internet, ni par l’intelligence
artificielle. Vous veillerez également à ne pas calquer vos introductions sur les exemples ci-haut, mais
à exprimer votre propre originalité. 27
Le développement est composé d’autant de parties qu’il y a de principales idées (Généralement, deux
à quatre, selon le travail demandé et la longueur de la dissertation). Toutes ces idées principales se
subdivisent en paragraphes.
De manière plus claire, chaque idée principale (ou partie) est développée en plusieurs paragraphes.
Chaque paragraphe représente un argument appuyant l’idée principale. Chaque argument est d’abord
annoncé, puis expliqué (développé) et, si nécessaire, appuyé par une illustration ou un exemple.
Concrètement, une phrase (ou deux) annonce l’idée centrale, puis les sous-idées de cette centrale seront
exprimées en paragraphes successifs. Les explications ou développements de ces sous-idées resteront
tous dans le même paragraphe. (De préférence, pour des raisons de clarté visuelle, la première ligne du paragraphe
annonçant l’idée centrale sera en retrait, alors que les paragraphes contenant les sous-idées de cette idée centrale ne seront
pas en retrait. Une autre option est de mettre également en retrait les paragraphes exprimant les sous-idées mais sans les
espacer beaucoup, ni entre eux ni avec l’idée centrale. Il sera plutôt, dans ce cas, observé un espacement plus important
entre le dernier paragraphe faisant partie de la première idée centrale et le premier paragraphe annonçant la deuxième
idée centrale, et ainsi de suite).
Pour schématiser, les paragraphes suivent une logique qui peut se résumer par cet acronyme :
I – DE – E : Idée (Annonce de l’idée) – Développement (ou explication) de l’idée – Exemple.
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Il est à noter que ce schéma n’est pas mécanique : Il est toujours nécessaire d’annoncer une idée, puis
de la développer ou de l’expliquer, mais il n’est pas toujours exigé d’appuyer chaque idée par un
exemple. Il faut en user (des exemples) avec mesure.
Les exemples ne sont pas des arguments en soi. Ils appuient des arguments et les appliquent à des cas
précis. Il faut s’assurer que les arguments annoncés, avec ou sans exemples, sont suffisamment
éloquents et convaincants. Les exemples ne viennent alors que pour les rendre encore plus vivants.
EXEMPLE DE DEVELOPPEMENT D’UNE IDEE PRINCIPALE EN PLUSIEURS
PARAGRAPHES STRUCTUREES EN I – DE – E :
Dans la première partie de ce module, il a été donné des exemples de structuration des idées. Reprenons
un des exemples et, à partir de ce dernier, rédigeons un paragraphe.
Sujet : « Le salut du peuple est la loi suprême »
Partie 1 : Thèse (Idée centrale : Le bien-être du peuple est le fondement même de
l’existence de l’Etat et doit être le moteur de toutes ses actions)
➢ Idée 1 : L’Etat est né dans la volonté de garantir à ses membres (le peuple)
sécurité et bien-être
• Argument 1 : Plusieurs auteurs, philosophes (Thomas Hobbes, John
Locke, etc.) ont soutenu que l’Etat est né d’un contrat social : les individus,
lassés de se déchirer pour des intérêts particuliers, ont décidé de se mettre
ensemble et de créer une organisation sociale qui protège l’intérêt général,
assure le bien-être de tous et de chacun.
• Argument 2 : Un Etat qui n’a pas pour visée fondamentale et suprême le
bien-être de son peuple est donc un Etat qui passe à côté de sa raison
d’être
La rédaction pourrait se concevoir comme ceci :
L’Etat, loin d’être une fin en soi, trouve sa raison d’être, le fondement même de son existence dans
la recherche du bien-être de ses citoyens. De ce fait, toutes ses actions doivent être motivés par la quête de ce bien-être. (Idée
centrale)
En effet, il est généralement admis que l’Etat n’a pas toujours existé ; il est une création sociale
(Annonce de l’idée 1). De nombreux penseurs, tels que Thomas Hobbes et John Lock ont théorisé la naissance de l’Etat
comme le fruit d’un contrat social : les individus, fatigués de l’état de nature marqué par la prédominance de la loi du
plus fort et le chaos, auraient consenti à renoncer à une partie de leur liberté individuelle pour créer une autorité suprême
qui imposerait des règles à tous et, de ce fait, garantirait sécurité, coexistence pacifique, prospérité et bien-être à tous.
(Développement de l’idée 1). A titre d’exemple, les Etats-Unis d’Amérique, dans leur forme actuelle, sont nés d’une
volonté des différents Etats composant ce pays de pacifier leurs relations tendues, de mettre fin à leurs disputes de frontières
et économiques afin d’assurer à tous un bien-être commun. Cet exemple illustre parfaitement l’idée selon laquelle les Etats
ont d’abord pour essence la quête du bien-être de leur peuple. (Exemple appuyant l’idée 1).
29
L’on peut donc affirmer qu’un Etat dont la visée fondamentale et suprême n’est pas le bien-être de
son peuple a échoué dans sa mission principale, voire qu’il est carrément passé à côté de sa raison d’être et finira par
disparaître (Annonce de l’idée 2). Evidemment, pour revenir à la théorie du contrat social sus évoquée, si, dès le début
de la création de l’Etat, celui-ci ne réussissait pas à assurer à ses citoyens plus de bien-être que dans leur situation
antérieure d’état de nature, non seulement il aurait manqué à sa raison d’être et, par conséquent, très vite, l’anarchie
reprendrait ses élans, et la loi du plus fort s’appliquerait de nouveau. L’on pourrait le synthétiser ainsi : la loi du plus
fort est une nécessité inévitable : soit c’est l’Etat qui est ce plus fort au profit de tous soit, s’il échoue, des individus plus
puissants que les autres imposeront leur volonté aux autres et au détriment de ceux-ci. (Développement de l’idée 2).
Notons que l’idée 1 ci-dessus est appuyée par un exemple alors que l’idée 2 ne l’est pas. L’idée 2, en
réalité, est une déduction faite de l’idée 1 qui, elle, est déjà appuyée par un exemple. Il n’est donc pas
indispensable d’appuyer l’idée 2 également par un exemple.
Les idées principales (centrales) et secondaires s’enchainent certes de manière logique, mais ne vont
pas toujours dans la même direction : une idée peut approfondir une précédente, l’appuyer, en être une
déduction, s’ajouter à elle de manière parallèle, la nuancer, former avec elle des parties d’une
énumération, etc. Il existe donc une multiplicité de natures de liens entre paragraphes. Ces liens doivent
donc transparaître à l’écrit, faute de quoi les paragraphes qui se suivent peuvent paraître décousus. Le
travail de création de ces liens est fait non seulement par un agencement logique des idées, mais aussi
par des termes qui, placés au début des paragraphes, établissent les connexions entre ceux-ci et
permettent d’identifier le type de lien entre les idées qui se suivent. Ces termes sont appelés
« connecteurs logiques » ou « termes d’articulation ».
Il est question ici de relever quelques termes d’articulation, d’en donner le sens, le rôle et les contextes
d’utilisation.
Le tableau ci-dessous reprend ces principaux termes d’articulation par catégories (suivant leur rôle).
Catégorie Connecteurs
• De toute évidence ;
• Sans l’ombre d’aucun doute ;
• Sans nul doute ;
Pour introduire une affirmation
• En fait ;
• A vrai dire ;
• Il va de soi que… ; etc. 30
• De plus,
• En outre,
• Par ailleurs,
• De surcroît,
• Aussi,
• De même,
• En sus,
Pour ajouter une nouvelle idée dans • Dans le même ordre d’idées…,
une même partie • Dans la même veine…,
• Il convient d’ajouter que…,
• Il y a également lieu de dire…,
• Il faut aussi considérer que…,
• Outre cela ;
• Au demeurant ;
• Au reste ;
• Du reste ; etc.
• En effet,
• Effectivement,
• En vérité,
• Bien entendu…
Pour confirmer ou appuyer une idée • Assurément,
déjà exprimée • Indéniablement,
• De toute évidence,
• Il est évident que...,
• Il est indéniable que…
• etc.
• Car,
• En effet,
• Étant donné que…
Pour introduire l’idée d’une cause
• Compte tenu de…
• Au regard de…
• Eu égard à…;
• Donc ;
• Ainsi ;
• Par conséquent ;
• Par voie de conséquence ;
Pour introduire l’idée d’une • En conséquence ;
conséquence ou d’une déduction • Par suite ;
• Subséquemment ;
• Aussi (lorsqu’il est utilisé comme exprimant une connaissance,
« Aussi » est suivi d’une inversion entre le sujet et le verbe) ;
• Etc.
Pour introduire une opposition ou une • Cependant,
contradiction • Pourtant,
• En revanche ;
• Au contraire ;
• Bien au contraire ;
• A contrario ;
• A l’opposé ;
• A l’inverse ;
• En dépit de… ;
• Nonobstant…
31
• Etc.
• Toutefois ;
• Néanmoins ;
• Pour autant ;
Pour introduire une nuance • Certes…mais ;
• En dépit de… ;
• Nonobstant, etc.
• Par exemple ;
• A titre d’exemple ;
Pour introduire une illustration, un • A titre illustratif ;
exemple • Tel est le cas de… ;
• Il en est ainsi de…. ;
N.B. :
1. La création de connexions entre idées ne se limite pas aux seuls connecteurs
susmentionnés. Le rédacteur, selon sa créativité, peut trouver diverses manières de connecter
les idées, d’exprimer leurs liens, etc.
2. Une erreur importante à éviter : Commencer son introduction directement par « En
effet ». Ce terme d’articulation implique une affirmation préalable qu’il vient appuyer. Or, au
début de l’introduction, il n’y a pas encore d’affirmation que l’on voudrait appuyer.
Il est préférable que la première phrase du développement ne porte pas de terme d’articulation.
Cependant, il en existe quelques-uns qui, selon le cas, peuvent être à propos.
Quelques termes d’articulations introduisant une première idée dès le début d’un point, d’une
partie, voire du développement :
• D’emblée ;
• D’entrée de jeu… ;
• En liminaire… ;
• Au frontispice de….
III. Rédaction de la conclusion
La conclusion est la dernière partie de la dissertation, mais elle n’en est pas pour autant la moins
importante. Bien au contraire, elle mérite des soins particuliers. Elle est, en effet, la dernière impression
que le lecteur gardera de la dissertation. Elle est le point culminant de la dissertation. Le lecteur doit y
trouver :
32
─ Un bref rappel de la problématique ;
─ Un bref récapitulatif des grandes parties du développement ;
─ La réponse à la problématique (Cette réponse doit être claire et précise, et donc pas vague).
D’abord, l’on résume, sans les répéter mot pour mot, la question centrale (la problématique) posée par
le sujet, ensuite les principaux axes de la réflexion menée dans le développement et enfin l’on prend
définitivement position sur la question en y apportant la réponse qui découle de ces axes de réflexion.
Par ailleurs, selon les cas, l’on peut également soulever les éléments ou pistes de réflexion nécessaires
qu’implique cette réponse ou dont l’efficacité de cette réponse pourrait dépendre.
La conclusion ne doit être ni trop courte ni trop longue. Elle représentera globalement une longueur
légèrement inférieure à celle de l’introduction ou, tout au plus, égale à celle-ci.
Erreurs à éviter :
─ Introduire de nouvelles idées non abordées dans le développement.
─ Faire une conclusion trop vague ou trop générale.
─ Oublier de répondre clairement à la problématique.
Quelques termes d’articulation pour introduire une conclusion :
─ En définitive ;
─ En somme ;
─ En conclusion ;
─ Pour conclure ;
─ Finalement ;
─ Au finish (anglicisme pas toujours conseillé) ;
─ Cerise sur le gâteau,.. ;
─ Pour finir,…
─ Au terme de cette réflexion… ;
─ Bref / En bref… ;
─ Pour chuter… ;
─ Tout bien considéré, … ;
─ etc.
Exemple de conclusion :
Sujet : « L’Administration publique congolaise en temps de guerre : défis et perspectives »
En somme, loin de n’être qu’une simple question d’actualité, la réflexion autour des défis qu’impose la
guerre à l’Administration publique met au jour un réel besoin de réforme. De toute évidence, il est
apparu, tout au long de la réflexion menée ci-haut, qu’entre désorganisation et déstructuration des
services, déplacement des agents, perte de contrôle territorial, affaiblissement de l’autorité de l’Etat, 33
l’Administration publique est fortement impactée par les hostilités, dans sa quête de l’accomplissement
de ses missions. Pourtant, malgré ces contraintes extrêmes, elle est quand-même appelée à demeurer
un pilier essentiel de la résilience nationale, à être capable de maintenir un minimum de continuité
institutionnelle et de se montrer capable de répondre aux besoins urgents des populations. De ce
paradoxe, il ressort, en définitive, la nécessité, pour l’Etat, de repenser l’Administration congolaise,
d’initier une réforme structurelle qui aboutirait à une numérisation progressive et généralisée des
procédures et des services pour garantir leur accessibilité et leur efficacité même en zones instables, la
modernisation des équipements de travail, la définition de procédures d’urgence, particulièrement pour
les zones les plus exposées aux conflits, la formation du personnel aux défis de l’ère moderne et à ceux
d’une Administration en proie aux affres de la guerre et en une meilleure coordination de
l’interconnexion entre différents services de l’Etat. Au-delà de tout, ces réformes devront s’inscrire
dans le cadre d’une politique globale étatique de résilience et surtout de prévention de conflits armés,
car sans une ligne de conduite générale, les actions éparses sont vouées à l’é[Link] possibilité :
Au terme de la réflexion autour des défis qu’impose la guerre à l’Administration publique dans
l’accomplissement de ses missions, il apparaît que les hostilités impactent fortement le bon
fonctionnement de l’Administration, non seulement en rendant le climat de travail difficile, mais aussi
en désorganisant le fonctionnement et la coordination des services, en provoquant le déplacement
voire le décès des agents et cadres, la destruction des outils de travail, la perte du contrôle de certains
pans du territoire national, etc. Face à cet état de fait, des réformes structurelles de l’Administration
publique congolaise s’imposent comme une nécessité. Celles-ci, visant à rendre l’Administration plus
résiliente, accessible et efficace même en temps et en zones d’hostilités, passeront principalement par
la numérisation progressive et générale des procédures et des services, la modernisation de ses
équipements de travail, la définition de procédures d’urgence, particulièrement pour les zones les plus
exposées aux conflits, la formation du personnel aux défis de l’ère moderne et à ceux d’une
Administration en proie aux affres de la guerre et en une meilleure coordination de l’interconnexion
entre différents services de l’Etat. Au-delà de tout, ces réformes devront s’inscrire dans le cadre d’une
politique globale étatique de résilience et surtout de prévention de conflits armés, car sans une ligne de
conduite générale, les actions éparses sont vouées à l’échec.
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