Étude des Insectes Dictyoptères et Odonates
Étude des Insectes Dictyoptères et Odonates
EXPOSE : Etude des Insecte Dictyoptères Exemple type : la blatte (Cafard), Mantodea (la
Mante religieuse)
Introduction
Le terme Dictyoptères (du grec diktyon = réseau, pteron = aile) désigne un ordre d’insectes
néoptères regroupant traditionnellement les blattes (Blattodea) et les mantes religieuses
(Mantodea). Ce groupe fascine les entomologistes depuis Linné (1758) jusqu’aux chercheurs
contemporains comme Beccaloni & Eggleton (2013), en raison de leur diversité morphologique,
comportementale et écologique. Les Dictyoptères constituent un excellent modèle d’étude de
l’évolution des comportements sociaux, de la prédation et de l’adaptation aux milieux terrestres.
I. Classification systématique (Cafard et Mante religieuse)
Embranchement : Arthropodes (Corps est recouvert d’une cuticule chitineuse et Présence
d’appendices articulés)
Sous-embranchement : Hexapode (Thorax à 3 segments, chacun porte une paire de pattes)
Classe : Ectognathe ou Insecte (Pièces buccales visibles, elles ne sont pas cachées dans une cavité)
Sous Classe : Ptérygote (Ailés, lorsque les ailes manquent, tous les autres caractères montrent
qu’il s’agit d’un phénomène secondaire)
Infra Classe : Néoptères (caractérisés par des ailes qui se replient en arrière)
Ordre : Dictyoptère (Pièces buccales de type broyeur et Cerques pluri articulés)
Famille : Blattidae (Pronotum large et en forme de bouclier et Pattes très développées, adaptées à
la course)
Famille : Mantodea (prédateurs à pattes ravisseuses).
II. Morphologie
Les Dictyoptères présentent une morphologie caractéristique (Borror & DeLong, 1988) :
Corps aplati dorso-ventralement, segmenté en trois parties distinctes.
Tête mobile, munie de grands yeux composés et d’antennes filiformes. Appareil buccal
broyeur adapté à divers régimes alimentaires.
Thorax porte les ailes antérieures (élytres) épais et rigides, croisées au repos sur l’abdomen
et des ailes Postérieures membraneuses, repliées en éventail au repos. Ainsi que 3 pairs de
pattes adaptées à la course (chez les blattes) ou à la capture (chez les mantes).
L’abdomen subdivisé en 10 segments
III. Habitat
Les Dictyoptères occupent des milieux terrestres variés : forêts tropicales, savanes, grottes,
zones urbaines.
Les blattes préfèrent les lieux chauds, sombres et humides, tandis que les mantes vivent à
découvert, souvent sur la végétation.
Certaines espèces de blattes (ex. Periplaneta americana) se sont adaptées à la cohabitation
humaine (synanthropie).
IV. Alimentation
Blatte : omnivores ou détritivores, se nourrissant de débris organiques, végétaux ou
matières en décomposition.
Mante : carnivores stricts, capturant leurs proies vivantes grâce à leurs pattes ravisseuses
antérieures.
V. Mode de déplacement
Locomotion terrestre : rapide, grâce à trois paires de pattes adaptées à la course (chez les
blattes).
Locomotion aérienne : possible grâce aux ailes postérieures membraneuses.
Mouvements discrets et agiles chez les mantes, avec position d’attente typique ("pattes en
prière").
VI. Reproduction
Sexuée, avec fécondation interne.
Oothèque : capsule contenant les œufs, pondue par la femelle (chez les blattes et certaines mantes).
Développement hémimétabole : les jeunes (nymphes) ressemblent aux adultes mais sans ailes ni
organes reproducteurs.
Cas particulier : chez la mante religieuse, le cannibalisme sexuel est parfois observé après
l’accouplement.
VII. Rôle écologique
Décomposeurs : les blattes participent activement à la dégradation de la matière organique.
Prédateurs régulateurs : les mantes contrôlent les populations d’insectes nuisibles.
Maillons essentiels des réseaux trophiques, servant de proies à de nombreux animaux
(reptiles, oiseaux).
Indicateurs écologiques de la qualité des milieux tropicaux.
VIII. Durée de vie
Variable selon le groupe :
Blattes : 6 mois à 2 ans (ex. Blattella germanica vit environ 200 jours).
Mantes : environ 10 à 12 mois.
Facteurs influençant : température, humidité, disponibilité alimentaire.
IX. Biosécurité
La plupart des Dictyoptères sont inoffensifs pour l’homme. Seules certaines blattes synanthropes
peuvent poser : des problèmes d’hygiène (port de germes pathogènes), ou provoquer des allergies
respiratoires. Pas de risque biologique majeur (niveau de biosécurité 1).
Les espèces élevées en laboratoire (ex. Periplaneta americana, Blaberus craniifer) sont sûres pour
la manipulation éducative et scientifique.
Conclusion
Les Dictyoptères représentent un groupe d’insectes anciens et remarquablement adaptés,
témoins de l’évolution des insectes terrestres.
Leur diversité morphologique et comportementale, ainsi que leur importance écologique, en font
un groupe-clé dans les écosystèmes terrestres et un modèle d’étude majeur en biologie évolutive,
éthologie et écologie.
Références bibliographiques
Beccaloni, G., & Eggleton, P. (2013). Order Dictyoptera. Encyclopedia of Life Sciences (ELS).
Bell, W. J., Roth, L. M., & Nalepa, C. A. (2007). Cockroaches: Ecology, Behavior, and Natural
History. Johns Hopkins University Press.
Borror, D. J., & DeLong, D. M. (1988). Introduction to the Study of Insects. Saunders College.
Chapman, R. F. (2013). The Insects: Structure and Function. Cambridge University Press.
Chopard, L. (1938). Faune de France : Orthoptéroïdes. Lechevalier.
Eggleton, P. (2011). An Evolutionary Biology of Termites. Cambridge University Press.
Grimaldi, D., & Engel, M. S. (2005). Evolution of the Insects. Cambridge University Press.
Latreille, P. A. (1829). Cours d’entomologie ou de l’histoire naturelle des insectes.
EXPOSE : Etude des Insecte Odonates Exemple type : Anisoptère (Libellule) et Zygoptère
(Demoiselle)
Introduction
Le terme Odonates (du grec odous = dent) désigne un ordre d’insectes néoptères
comprenant les libellules (Anisoptères) et les demoiselles (Zygoptères). Ces insectes, apparus il y
a plus de 300 millions d’années, figurent parmi les plus anciens insectes ailés connus (Grimaldi &
Engel, 2005). Décrits dès le XVIIIᵉ siècle par Linnaeus (1758) et étudiés ensuite par Latreille
(1802), ils sont aujourd’hui considérés comme des bioindicateurs majeurs de la qualité des milieux
aquatiques (Corbet, 1999 ; Dijkstra, 2006). Les Odonates se distinguent par leur vol puissant, leurs
yeux composés très développés, et leur cycle de vie amphibie, alternant entre une phase larvaire
aquatique et une phase adulte aérienne.
I. Classification systématique
Embranchement : Arthropodes (Corps est recouvert d’une cuticule chitineuse et Présence
d’appendices articulés)
Sous-embranchement : Hexapode (Thorax à 3 segments, chacun porte une paire de pattes)
Classe : Ectognathe ou Insecte (Pièces buccales visibles, elles ne sont pas cachées dans une cavité)
Sous Classe : Ptérygote (Ailés, lorsque les ailes manquent, tous les autres caractères montrent qu’il
s’agit d’un phénomène secondaire)
Infra Classe : Paléoptère (les ailes ne peuvent pas se replier au-dessus du corps)
Ordre : Odonate (les adultes portent des antennes filiformes, de larges yeux composés, des
appendices buccaux de type broyeurs avec de puissantes mandibules et le labium modifié en un
organe préhensile chez la larve)
L’ordre des Odonate dont les membres sont communément appelés libellules et
demoiselles regroupe trois sous-ordres :
- Sous-ordre des Zygoptère (Annexe 1) : il comprend les demoiselles. Ce sont des Odonate
caractérisés par un corps très fin, aux quatre ailes identiques accolées et disposées verticalement
au repos ; ils ont un vol lent et de faible puissance.
- Sous-ordre des Anisoptère (Annexe 2) : ce sont les libellules. Leur corps est trapu, les
ailes antérieures et postérieures sont différentes et maintenues horizontalement ou
subhorizontalement au repos ; ils ont dans la majorité des cas un vol puissant et rapide et sont
capables de vol stationnaire. Morphologie
II. Morphologie
Le corps des libellules, comme celui de tous les insectes, comprend 3 parties :
La tête qui porte les organes sensoriels et les pièces buccales ;
Lle thorax, fait de 3 segments (pro, meso et metathorax), portant deux paires d’ailes
membraneuses nervurées, indépendantes, permettant un vol stationnaire et rapide et 3
paires de pattes ;
l’abdomen, fait de 10 segments.
III. Habitat
Les Odonates sont étroitement liés aux milieux d’eau douce.
Les larves vivent dans : les mares, étangs, rivières, zones marécageuses riche en végétation.
Les adultes fréquentent : les zones ensoleillées à proximité de ces eaux (ripisylves, prairies
humides).
Certaines espèces tolèrent les eaux stagnantes polluées, mais la majorité sont indicateurs
de bonne qualité de l’eau (Corbet, 1999).
IV. Alimentation
Chez l’adulte : Prédateurs carnivores aériens. Capturent mouches, moustiques, papillons,
petits insectes en plein vol grâce à leurs pattes formant un « filet de capture ».
Chez la larve : Prédateurs aquatiques actifs. Se nourrissent de têtards, petits poissons, vers,
ou autres larves d’insectes. Utilisent leur masque préhensile pour harponner leurs proies
(Corbet, 1999 ; Chapman, 2013).
V. Mode de déplacement
Les Odonates sont réputés pour leur vol exceptionnel : Capables de voler en avant, en
arrière, sur place ou latéralement. Les ailes battent indépendamment, assurant une maniabilité
incomparable.
VI. Reproduction
Fécondation sexuée, souvent accompagnée d’un comportement nuptial complexe. Le mâle saisit
la femelle à l’aide de ses appendices anaux (forme en « cœur » caractéristique des accouplements
d’odonates). La femelle dépose les œufs (oviposition) : soit dans les plantes aquatiques
(endophyte), soit directement dans l’eau (exophyte).
Développement hémimétabole : les larves subissent plusieurs mues (10 à 15) avant de devenir
adultes, pas de stade nymphal (Corbet, 1999 ; Dijkstra, 2006)
VII. Rôle écologique
Les Odonates jouent un rôle fondamental dans les écosystèmes :
Prédateurs efficaces : adultes → contrôlent les populations de moustiques et insectes
volants, larves → régulent les communautés aquatiques.
Indicateurs biologiques : leur présence témoigne de la qualité écologique d’un écosystème
aquatique.
Proies importantes pour les oiseaux, poissons et amphibiens. (Sahlén & Ekestubbe, 2001 ;
Corbet, 1999)
VIII. Durée de vie
Larves aquatiques : 6 mois à 5 ans selon les espèces et le climat. Adultes : courte durée de vie, de
quelques semaines à 2 mois. Le cycle complet varie entre 1 et 6 ans, dominé par la phase larvaire.
IX. Biosécurité
Les Odonates sont inoffensifs pour l’homme et les animaux : ne piquent pas, ne
transmettent aucune maladie. Leur manipulation est sans danger, y compris en milieu scolaire ou
universitaire. Niveau de biosécurité : 1 (aucun risque biologique). Leur étude ne nécessite qu’un
respect des milieux aquatiques et des espèces protégées.
Conclusion
Les Odonates, véritables symboles de la biodiversité aquatique, représentent un groupe
d’insectes à la fois anciens, élégants et écologiquement essentiels. Leur biologie complexe, leur
métamorphose partielle et leur double vie (aquatique et aérienne) en font un modèle d’étude
privilégié en écologie, en entomologie et en bioindication environnementale. De Linné à Corbet,
ces insectes continuent de fasciner par leur beauté, leur agilité et leur importance dans l’équilibre
naturel.
Références bibliographiques
Alexander, D. E. (2002). Nature’s Flyers: Birds, Insects, and the Biomechanics of Flight. Johns
Hopkins University Press.
Borror, D. J., & DeLong, D. M. (1988). Introduction to the Study of Insects. Saunders.
Chapman, R. F. (2013). The Insects: Structure and Function. Cambridge University Press.
Corbet, P. S. (1999). Dragonflies: Behavior and Ecology of Odonata. Cornell University Press.
Dijkstra, K.-D. B. & Lewington, R. (2006). Field Guide to the Dragonflies of Britain and Europe.
British Wildlife Publishing.
EXPOSE : Etude des Insecte Orthoptères Exemple type : Criquet, Sauterelle et Grillon
Introduction
Le terme Orthoptères vient du grec orthos (« droit ») et pteron (« aile »), en référence aux
ailes antérieures droites et coriaces de ces insectes. Ils forment un ordre important d’insectes
néoptères, caractérisés par leur appareil buccal broyeur, leurs pattes postérieures adaptées au saut,
et leurs ailes repliées en toit au repos. Décrits pour la première fois par Linnaeus (1758) et
regroupés en un ordre distinct par Latreille (1793), les Orthoptères constituent aujourd’hui un
groupe d’étude privilégié pour comprendre l’adaptation au milieu terrestre, la communication
sonore et les relations écologiques entre insectes et végétation. Des auteurs récents comme
Chapman (2013) et Ingrisch & Rentz (2009) ont affiné leur classification et décrit leur diversité
mondiale.
I. Classification systématique
Embranchement : Arthropodes (Corps est recouvert d’une cuticule chitineuse et Présence
d’appendices articulés)
Sous-embranchement : Hexapode (Thorax à 3 segments, chacun porte une paire de pattes)
Classe : Ectognathe ou Insecte (Pièces buccales visibles, elles ne sont pas cachées dans une cavité)
Sous Classe : Ptérygote (Ailés, lorsque les ailes manquent, tous les autres caractères montrent
qu’il s’agit d’un phénomène secondaire)
Infra Classe : Néoptères (caractérisés par des ailes qui se replient en arrière)
Ordre : Orthoptère (Pattes postérieures sauteuses et Pièces buccales de type broyeur)
II. Morphologie
Les Orthoptères présentent une morphologie robuste adaptée au saut et à la vie terrestre.
Le corps des Orthoptères, comme celui de tous les insectes, comprend 3 parties :
La tête porte une paire d’antennes, les pièces buccales et les yeux ;
Le thorax composé du prothorax recouvert par le pronotum, du mésothorax, et du
métathorax qui portent les organes de locomotion, soit : trois paires de pattes dont les pattes
postérieures allongées et musclées pour le saut et deux paires d’ailes : antérieures épaisses
(élytres), postérieures membraneuses.
L’abdomen fait de 11 segments.
III. Habitat
Les Orthoptères occupent des milieux terrestres variés :
Caelifères (criquets) : prairies, savanes, zones ouvertes et ensoleillées.
Ensifères (sauterelles et grillons) : milieux herbacés, sous-bois, zones humides ou sèches
selon les espèces.
Ils sont cosmopolites, présents sur tous les continents, avec une forte diversité dans les
régions tropicales (Kevan, 1982).
IV. Alimentation
Les Orthoptères sont principalement phytophages (mangeurs de plantes). Ils consomment
herbes, feuilles, fleurs et parfois céréales. Certains grillons sont omnivores ou saprophages, se
nourrissant de matières en décomposition. Quelques espèces (comme Tettigonia) peuvent être
carnivores opportunistes.
V. Mode de déplacement
- Saut : principal mode de locomotion grâce aux puissants muscles des pattes postérieures (réaction
élastique de la sclérite).
- Vol : possible chez de nombreuses espèces grâce aux ailes postérieures membraneuses.
- Marche rapide chez les grillons et les sauterelles non volantes.
Le saut est un modèle d’étude biomécanique classique en neurophysiologie (Burrows, 1995).
VI. Reproduction
Sexuée, avec fécondation interne. Accouplement souvent accompagné de stridulation du mâle pour
attirer la femelle :
Caelifères : frottement des pattes postérieures sur les élytres.
Ensifères : frottement des deux élytres entre eux.
La femelle pond les œufs :
soit dans le sol (criquets),
soit dans les tissus végétaux (sauterelles).
Développement hémimétabole : les jeunes (nymphes) ressemblent aux adultes, sans ailes au départ.
Plusieurs mues avant l’état adulte.
VII. Rôle écologique
Les Orthoptères jouent un rôle crucial dans les écosystèmes :
Herbivores primaires : régulent la végétation et servent de proies aux oiseaux, reptiles et
petits mammifères.
Chaînon trophique essentiel dans les prairies et savanes.
Aérateurs du sol : les grillons creusent des galeries favorisant l’aération et la fertilité.
Bioindicateurs : leur diversité est utilisée pour évaluer la santé des écosystèmes terrestres
(Samways, 1997).
Cependant, certaines espèces comme Locusta migratoria peuvent devenir ravageuses,
causant des dégâts agricoles massifs lors des invasions acridiennes.
VIII. Durée de vie
Variable selon les espèces et le climat : Environ 6 à 12 mois en moyenne. Certaines espèces
tropicales vivent plus d’un an. Le cycle de vie inclut une phase œuf – nymphe – adulte, souvent
liée aux saisons (diapause hivernale ou estivale).
IX. Biosécurité
Les Orthoptères sont inoffensifs pour l’homme : ne piquent pas, ne transmettent aucune maladie.
Certains peuvent occasionner des dommages agricoles, mais sans risque sanitaire.
Leur manipulation en laboratoire ou en classe ne présente aucun danger biologique. Niveau de
biosécurité : 1 (aucun risque pathogène). Les élevages pédagogiques (grillons, criquets) sont
courants et sûrs.
Conclusion
Les Orthoptères, groupe ancien et bien adapté à la vie terrestre, illustrent la diversité
fonctionnelle et écologique des insectes.
Leur morphologie spécialisée pour le saut, leur rôle de consommateurs primaires et leur
importance écologique en font un élément clé des écosystèmes terrestres. De Latreille à Chapman,
leur étude continue d’éclairer les mécanismes d’adaptation, de communication et d’évolution au
sein du monde des insectes.
Références bibliographiques
Borror, D. J., & DeLong, D. M. (1988). Introduction to the Study of Insects. Saunders College.
Chapman, R. F. (2013). The Insects: Structure and Function. Cambridge University Press.
Chopard, L. (1938). Faune de France, Vol. 36: Orthoptéroïdes. Lechevalier.
Gangwere, S. K. (1961). A monograph on food selection in Orthoptera. Transactions of the
American Entomological Society.
Ingrisch, S., & Rentz, D. C. F. (2009). Orthoptera. In: Encyclopedia of Insects (Academic Press).
Latreille, P. A. (1793). Précis des caractères génériques des insectes.
Linnaeus, C. (1758). Systema Naturae.
EXPOSE : Etude des Insecte Coléoptères Exemple type : Coccinelle, Scarabée
Introduction
Le mot Coléoptère vient du grec koleos (fourreau) et pteron (aile), en référence à la
présence d’élytres, ailes antérieures dures et cornées protégeant les ailes postérieures
membraneuses. Les Coléoptères constituent l’ordre le plus diversifié du règne animal, avec plus
de 400 000 espèces décrites dans le monde, selon Bouchard et al. (2011). Leur diversité, leur
adaptation à presque tous les milieux terrestres et aquatiques, ainsi que leur importance écologique
et économique (pollinisateurs, décomposeurs, ravageurs) en font un groupe central en entomologie.
Historiquement, Linnaeus (1758) les a inclus dans son Systema Naturae, et Latreille (1802) leur a
donné leur rang taxonomique actuel.
I. Classification systématique
Embranchement : Arthropodes (Corps est recouvert d’une cuticule chitineuse et Présence
d’appendices articulés)
Sous-embranchement : Hexapode (Thorax à 3 segments, chacun porte une paire de pattes)
Classe : Ectognathe ou Insecte (Pièces buccales visibles, elles ne sont pas cachées dans une cavité)
Sous Classe : Ptérygote (Ailés, lorsque les ailes manquent, tous les autres caractères montrent qu’il
s’agit d’un phénomène secondaire)
Infra Classe : Néoptères (caractérisés par des ailes qui se replient en arrière)
Ordre : Coleoptera (Linnaeus, 1758) Ailes antérieures (élytres) dures et coriaces, recouvrant les
ailes postérieures membraneuses et l’abdomen ; appareil buccal broyeur ; métamorphose complète
(holométabole).
II. Morphologie
Les Coléoptères présentent une morphologie très variable, reflet de leur adaptation à des
milieux et des régimes alimentaires diversifiés.
Tête mobile, souvent orientée vers l’avant, portant antennes variées (filiformes, lamellées,
massues, claviformes) et un appareil buccal de type broyeur.
Thorax portant trois paires de pattes robustes adaptées selon le mode de vie : fouisseuses
(Scarabée), nageuses (Dytiscidae), coureuses (Carabidae) et deux paires d’ailes : les élytres
antérieurs rigides et les ailes postérieures membraneuses servant au vol.
Abdomen : généralement caché sous les élytres, segments visibles variables selon les
familles.
III. Habitat
Les Coléoptères sont ubiquistes :
Milieux terrestres : sols, litières, bois mort, écorces, feuillages, fleurs.
Milieux aquatiques : mares, rivières, marais (Dytiscidae, Hydrophilidae).
Milieux extrêmes : déserts, zones arctiques, cavernes.
Ils s’adaptent à presque tous les biotopes, grâce à leur résistance et leur capacité à réguler la perte
d’eau par l’exosquelette.
IV. Alimentation
Les régimes alimentaires sont extrêmement variés :
Phytophages Chrysomelidae, Curculionidae se nourrissent de feuilles, racines, fruits et
tiges.
Carnivores (Coccinelle) Prédateurs d’autres insectes ou larves.
Décomposeurs (saprophages) Scarabée se nourrissent de matière organique morte. Ainsi
que d’excréments d’animaux.
V. Mode de déplacement
- Marche et course : locomotion la plus fréquente, facilitée par les trois paires de pattes.
- Vol : possible chez la plupart, mais certaines espèces ont perdu la capacité de voler.
- Nage : les Coléoptères aquatiques ont des pattes postérieures aplaties servant de rames.
- Fouissement : certaines espèces creusent le sol ou le bois grâce à leurs pattes antérieures
puissantes (Scarabée).
VI. Reproduction
Sexuée avec fécondation interne. Les mâles utilisent souvent des phéromones ou des signaux
lumineux (ex. lucioles, Lampyridae). Les femelles pondent des œufs dans le sol, les plantes ou les
substrats organiques. Métamorphose complète (holométabole) : œuf → larve → nymphe → adulte
(imago). La larve et l’adulte occupent souvent des niches écologiques différentes.
VII. Rôle écologique
Les Coléoptères remplissent des fonctions écologiques essentielles :
Décomposeurs : recyclent la matière organique (bois mort, cadavres, excréments).
Pollinisateurs : certaines espèces floricoles (Nitidulidae, Cerambycidae).
Prédateurs : régulent les populations d’autres insectes.
Bioindicateurs : utilisés pour évaluer la qualité des sols et des écosystèmes forestiers.
Nuisibles : certaines espèces causent des dégâts aux cultures (charançons, doryphores).
VIII. Durée de vie
Variable selon l’espèce et les conditions environnementales : de quelques mois à plusieurs années.
Les larves de certains coléoptères xylophages (comme Cerambycidae) peuvent vivre plusieurs
années dans le bois avant la métamorphose. Les adultes ont une durée de vie plus courte, souvent
quelques semaines à quelques mois.
IX. Biosécurité
Risque biologique faible (Niveau 1) : la plupart des espèces sont inoffensives pour l’homme.
Aucun danger pathogène : ils ne transmettent pas de maladies.
Risque agricole : certaines espèces sont ravageuses (ex. Leptinotarsa decemlineata, le
doryphore de la pomme de terre).
Les manipulations en laboratoire ou en classe sont sûres, à condition d’éviter l’introduction
d’espèces exotiques dans la nature.
Conclusion
Les Coléoptères représentent un exemple fascinant de succès évolutif et écologique.
De Linnaeus à Lawrence, leur étude révèle la diversité morphologique, adaptative et fonctionnelle
de l’ordre le plus vaste du règne animal. Leur rôle de recycleurs, prédateurs et pollinisateurs
contribue directement à l’équilibre des écosystèmes terrestres et aquatiques.
Références bibliographiques
Bouchard, P. et al. (2011). Family-group names in Coleoptera (Insecta). ZooKeys.
Chapman, R. F. (2013). The Insects: Structure and Function. Cambridge University Press.
Crowson, R. A. (1955). The Natural Classification of the Families of Coleoptera.
Fabricius, J. C. (1775). Systema Entomologiae.
FAO (2019). Pest Risk Analysis for Invasive Insects.
Latreille, P. A. (1802). Histoire naturelle, générale et particulière des Crustacés et Insectes.
Lawrence, J. F. & Newton, A. F. (1982). Evolution and classification of Coleoptera. Annual
Review of Ecology and Systematics.
Linnaeus, C. (1758). Systema Naturae.
Samways, M. J. (1997). Conservation of Insect Biodiversity. Chapman & Hall.
Triplehorn, C. A. & Johnson, N. F. (2005). Borror and DeLong’s Introduction to the Study of
Insects.
EXPOSE : Etude des Insecte Diptères Exemple type : Mouche, Moustique
Introduction
Le mot Diptère vient du grec di (deux) et pteron (aile), signifiant « deux ailes ». Les
Diptères constituent un vaste ordre d’insectes néoptères holométaboles, caractérisés par la
présence d’une seule paire d’ailes fonctionnelles et d’organes d’équilibre appelés haltères. Décrits
par Linnaeus (1758) dans son Systema Naturae, puis classés par Latreille (1802) et Meigen (1804),
les Diptères représentent aujourd’hui plus de 160 000 espèces décrites, réparties dans tous les
milieux terrestres et aquatiques (McAlpine, 1981 ; Wiegmann et al., 2011). Leur importance
écologique, médicale et économique est considérable : certains sont pollinisateurs ou
décomposeurs, d’autres vecteurs de maladies (moustiques, mouches tsé-tsé).
I. Classification systématique
Embranchement : Arthropodes (Corps est recouvert d’une cuticule chitineuse et Présence
d’appendices articulés)
Sous-embranchement : Hexapode (Thorax à 3 segments, chacun porte une paire de pattes)
Classe : Ectognathe ou Insecte (Pièces buccales visibles, elles ne sont pas cachées dans une cavité)
Sous Classe : Ptérygote (Ailés, lorsque les ailes manquent, tous les autres caractères montrent qu’il
s’agit d’un phénomène secondaire)
Infra Classe : Néoptères (caractérisés par des ailes qui se replient en arrière)
Ordre Diptère (Deux ailes membraneuses, deuxième paire transformée en haltères ;
métamorphose complète ; appareil buccal piqueur ou lécheur).
Sous-ordres : Nematocères : moustiques, tipules (antennes longues)
Sous-ordres : Brachycères : mouches vraies (antennes courtes).
II. Morphologie
Les Diptères se distinguent par une morphologie adaptée au vol et à la nutrition liquide. Le corps
est divisé en tête, thorax et abdomen.
Tête qui porte des yeux composés très développés, souvent contigus chez les mâles. Des
antennes : longues (chez les moustiques) ou courtes (chez les mouches) et Appareil buccal
variable : Piqueur-suceur chez les moustiques, Lécheur chez les mouches domestiques.
Thorax Puissant, adapté au vol, portant Deux ailes membraneuses fonctionnelles. Haltères
postérieurs servant de stabilisation en vol et trois paires de pattes fines ou adaptées à la
marche, à la capture ou à la fixation sur l’hôte.
Abdomen Segmenté, souple, renfermant les organes reproducteurs et digestifs.
III. Habitat
Les Diptères occupent presque tous les milieux terrestres et aquatiques :
Eaux stagnantes : larves de moustiques, simulies (mouche).
Sol et matière organique en décomposition : larves de mouches.
Milieux forestiers, urbains, agricoles : espèces variées.
Milieux extrêmes : certains vivent à haute altitude ou dans les toundras.
IV. Alimentation
Les Diptères présentent une grande diversité de régimes alimentaires :
Type d’alimentation Exemples Particularités
Piqueurs-suceurs : Moustiques (Culex, Anopheles), mouches tsé-tsé (Glossina) sucent le
sang des vertébrés.
Lécheurs-suceurs : Mouches domestiques (Musca domestica) absorbent des liquides
organiques.
Saprophages : Larves de mouches (Calliphoridae, Sarcophagidae) se nourrissent de
cadavres et matières en décomposition.
Phytophages : Mouches mineuses (Agromyzidae) consomment les tissus végétaux.
Pollinivores : Syrphidae (mouches des fleurs) se nourrissent du nectar et pollen.
V. Mode de déplacement
- Vol : principal mode de déplacement, rapide et agile grâce aux haltères stabilisateurs.
- Marche : grâce à leurs pattes fines terminées par des ventouses adhésives (griffes + pulvilles).
- Certaines larves aquatiques nagent par ondulation de l’abdomen.
VI. Reproduction
Sexuée, avec accouplement par contact direct. Fécondation interne, suivie d’une ponte
d’œufs (dans l’eau, les déchets, le sol ou les tissus vivants). Cycle holométabole : Œuf → Larve
(asticot) → Pupe (nymphe immobile) → Adulte (imago).
Certaines espèces présentent un dimorphisme sexuel marqué (ex. taille, forme des yeux).
VII. Rôle écologique
Les Diptères jouent un rôle essentiel dans les écosystèmes :
Pollinisation : mouches participent à la fécondation des plantes.
Décomposition : les larves saprophages recyclent la matière organique.
Chaîne alimentaire : servent de proies à de nombreux insectivores (oiseaux, poissons,
amphibiens).
Régulation biologique : certaines espèces parasitent d’autres insectes nuisibles.
Santé publique : certaines espèces transmettent des maladies (paludisme, dengue, filariose).
VIII. Durée de vie
Variable selon l’espèce et le climat : Moustiques : 2 à 4 semaines. Mouches domestiques : environ
3 à 4 semaines. Certaines larves de diptères aquatiques : plusieurs mois. Les adultes ont souvent
une vie brève, compensée par une forte fécondité.
IX. Biosécurité
Niveau de biosécurité : 2 pour les espèces vectrices (moustiques, glossines, simulies).
Niveau 1 pour les espèces non nuisibles (syrphides, drosophiles de laboratoire).
Risques sanitaires : Transmission de pathogènes humains (Anopheles → paludisme, Aedes →
dengue, Glossina → trypanosomiase).
Mesures de biosécurité : confinement en insectarium, élimination contrôlée des déchets
biologiques, désinfection du matériel d’élevage.
Conclusion
Les Diptères, groupe extrêmement diversifié, sont un modèle d’adaptation morphologique et
écologique. De Linnaeus à Wiegmann, leur étude a permis de comprendre l’évolution du vol, de
la métamorphose et des interactions insectes-hôtes.À la fois utiles (pollinisateurs, décomposeurs)
et nuisibles (vecteurs de maladies), les Diptères illustrent la dualité écologique du monde vivant.
Références bibliographiques
Chapman, R. F. (2013). The Insects: Structure and Function. Cambridge University Press.
Latreille, P. A. (1802). Histoire naturelle, générale et particulière des Crustacés et Insectes.
Linnaeus, C. (1758). Systema Naturae.
McAlpine, J. F. (1981). Manual of Nearctic Diptera. Agriculture Canada.
Meigen, J. W. (1804). Klassifikation und Beschreibung der europäischen zweiflügeligen Insekten.
Triplehorn, C. A., & Johnson, N. F. (2005). Borror and DeLong’s Introduction to the Study of
Insects.
Wiegmann, B. M. et al. (2011). Phylogeny of Diptera. PNAS, 108(14): 5690–5695.
Yeates, D. K., & Wiegmann, B. M. (2007). The Evolutionary Biology of Flies. Columbia
University Press.
EXPOSE : Etude des Insecte Hyménoptères Exemple type : Abeille, Guêpe, Frelon,
Bourdon, Fourmis
Introduction
Les Hyménoptères constituent l’un des ordres les plus vastes et les plus diversifiés
d’insectes, comprenant plus de 150 000 espèces décrites (Grimaldi & Engel, 2005). Ils incluent
des insectes bien connus tels que les abeilles, guêpes, fourmis et bourdons. Leur rôle écologique
et économique est capital, notamment dans la pollinisation et la régulation des populations d’autres
insectes. Selon Linné (1758), les Hyménoptères furent décrits comme des insectes à deux paires
d’ailes membraneuses et une aiguillon chez certaines femelles. De nos jours, les classifications
modernes (Engel, 2011 ; Aguiar et al., 2013) les placent dans un ordre bien défini parmi les
Holométaboles, caractérisé par une métamorphose complète.
I. Classification systématique
Embranchement : Arthropodes (Corps est recouvert d’une cuticule chitineuse et Présence
d’appendices articulés)
Sous-embranchement : Hexapode (Thorax à 3 segments, chacun porte une paire de pattes)
Classe : Ectognathe ou Insecte (Pièces buccales visibles, elles ne sont pas cachées dans une cavité)
Sous Classe : Ptérygote (Ailés, lorsque les ailes manquent, tous les autres caractères montrent qu’il
s’agit d’un phénomène secondaire)
Infra Classe : Néoptères (caractérisés par des ailes qui se replient en arrière)
Ordre : Hyménoptères (Deux paires d’ailes membraneuses couplées, appareil buccal de type
broyeur-lécheur ou suceur, métamorphose complète (holométabole)
II. Morphologie générale
Les Hyménoptères présentent :
- Tête : bien développée, avec de grands yeux composés et des antennes multi-segmentées.
Appareil buccal : de type broyeur-lécheur (abeilles) ou piqueur (guêpes).
- Thorax : trois segments portant deux paires d’ailes membraneuses. Les ailes postérieures
sont reliées aux antérieures par des hamuli (crochets).
- Abdomen : souvent pédonculé (fourmis, guêpes), avec un ovipositeur transformé en
aiguillon chez certaines espèces.
Dimorphisme sexuel marqué chez les espèces sociales.
IV. Habitat
Les Hyménoptères occupent une grande variété d’habitats :
Forêts, savanes, prairies, zones cultivées. Milieux souterrains (fourmis). Cavités naturelles
(abeilles, guêpes solitaires). Certains construisent des nids complexes en cire, en terre ou en papier
végétal mâché (comme les guêpes du genre Vespula).
V. Alimentation
Larves : alimentation variable selon les groupes (nectar, pollen, insectes, matières organiques).
Adultes :
- Abeilles : nectar et pollen.
- Guêpes : nectar, insectes ou viande.
- Fourmis : substances sucrées, insectes morts, champignons.
VI. Mode de déplacement
Leur déplacement s’effectue :
- Par vol grâce à leurs ailes membraneuses puissantes (abeille, guêpe…).
- À pied chez les espèces aptères (fourmis) comme certaines fourmis ouvrières.
Les mouvements sont rapides et précis, facilitant la collecte de nourriture et la défense du nid.
VII. Reproduction
Reproduction sexuée, avec fécondation interne.
Certaines espèces présentent une reproduction par parthénogenèse (mâles issus d’œufs non
fécondés).
Métamorphose complète (Holométabole) : œuf → larve → nymphe → adulte.
Espèces sociales (abeilles, fourmis) avec castes spécialisées (reine, ouvrières, mâles).
VIII. Rôle écologique
Les Hyménoptères jouent des rôles majeurs :
- Pollinisation : abeilles et bourdons sont des agents essentiels à la reproduction des plantes
à fleurs.
- Régulation biologique : guêpes parasitoïdes contrôlent les populations de ravageurs
agricoles.
- Décomposition et recyclage de la matière organique.
IX. Durée de vie
Abeille ouvrière : quelques semaines à 6 mois.
Reine : plusieurs années (jusqu’à 5 ans chez Apis mellifera).
Guêpes et fourmis : variable selon les castes et conditions environnementales.
X. Biosécurité
Certains Hyménoptères (guêpes, abeilles africanisées) peuvent présenter un danger pour
l’homme par leurs piqûres.
- Rôle dans la transmission mécanique de pathogènes (rare).
- Importance des mesures de protection apicole pour éviter les pertes économiques.
- Conservation nécessaire : déclin des pollinisateurs représente une menace écologique
majeure (Potts et al., 2010).
XI. Conclusion
Les Hyménoptères constituent un ordre d’une grande richesse morphologique, écologique
et comportementale. De Fabre à Wilson, les chercheurs ont mis en lumière leur complexité sociale
et leur importance écologique. Leur protection est aujourd’hui un enjeu mondial, notamment pour
la survie des écosystèmes et la sécurité alimentaire humaine.
Bibliographie
Aguiar, A.P. et al. (2013). Order Hymenoptera. Zootaxa.
Engel, M.S. (2011). Systematics of Hymenoptera. Annual Review of Entomology.
Fabre, J.-H. (1879). Souvenirs entomologiques.
Grimaldi, D., & Engel, M. (2005). Evolution of the Insects.
Holldobler, B., & Wilson, E.O. (1990). The Ants.
Michener, C.D. (2000). The Bees of the World.
Potts, S.G. et al. (2010). Global pollinator declines: trends, impacts and drivers. Trends in Ecology
& Evolution.
Winston, M.L. (1987). The Biology of the Honey Bee.
EXPOSE : Etude des Insectes Isoptères Exemple type : Termites
I. Introduction
Les Isoptères (du grec isos = égal et pteron = aile) regroupent les termites, insectes sociaux
connus pour leur capacité à vivre en colonies organisées et à se nourrir principalement de cellulose.
Longtemps considérés comme un ordre distinct (Isoptera), ils sont désormais, selon les
classifications récentes (Engel et al., 2009 ; Krishna et al., 2013), intégrés à l’ordre des Blattodea,
proches des blattes. Les termites jouent un rôle écologique majeur dans la décomposition du bois
et le recyclage des nutriments, mais certaines espèces sont aussi de redoutables ravageurs du bois
et des cultures. (Auteurs de référence : Linné, 1758 ; Holmgren, 1912 ; Grassé, 1949 ; Krishna &
Weesner, 1969 ; Engel et al., 2009 ; Krishna et al., 2013).
II. Classification systématique
Embranchement : Arthropodes (Corps est recouvert d’une cuticule chitineuse et Présence
d’appendices articulés)
Sous-embranchement : Hexapode (Thorax à 3 segments, chacun porte une paire de pattes)
Classe : Ectognathe ou Insecte (Pièces buccales visibles, elles ne sont pas cachées dans une cavité)
Sous Classe : Ptérygote (Ailés, lorsque les ailes manquent, tous les autres caractères montrent qu’il
s’agit d’un phénomène secondaire)
Infra Classe : Néoptères (caractérisés par des ailes qui se replient en arrière)
Ordre : Isoptère (Ailes égales chez les individus ailés, vie sociale complexe (castes),
consommation de cellulose, absence de métamorphose complète).
III. Morphologie
Les termites présentent un fort polymorphisme selon les castes : Rois et reines : individus
reproducteurs ailés (ailes égales, membraneuses, détachées après l’essaimage). Ouvriers :
dépigmentés, aveugles, sans ailes, mandibules puissantes. Soldats : tête volumineuse, mandibules
développées pour la défense.
Caractères généraux :
- Tête : prononcée avec antennes filiformes. Appareil buccal : de type broyeur, adapté à la
cellulose. Corps mou et pâle, car la plupart des termites vivent à l’abri de la lumière.
- Thorax porte les ailes antérieures (élytres) et des ailes Postérieures membraneuses. Ainsi
que 3 pairs de pattes.
- L’abdomen subdivisé en 10 segments
IV. Habitat
Les termites vivent dans : Le sol, le bois mort, ou les arbres vivants. Des termitières
élaborées, construites en terre, bois ou carton végétal selon les espèces.
En Afrique, certaines espèces (Macrotermes bellicosus) bâtissent des termitières
monumentales pouvant dépasser 5 mètres de haut. Ils privilégient des milieux chauds et humides,
mais certaines espèces s’adaptent aux régions tempérées.
V. Alimentation
Les termites sont xylophages : ils se nourrissent de cellulose, présente dans le bois, les
feuilles mortes, le papier, etc. Ils digèrent cette matière grâce à : Des protozoaires et bactéries
symbiotiques présents dans leur tube digestif. Une mutualisme intracolonial : les ouvriers
nourrissent les autres castes par trophallaxie.
VI. Mode de déplacement
Déplacement à pied à l’intérieur de galeries ou tunnels sombres construits en terre ou en
bois. Les termites ailés (reproducteurs) effectuent un vol nuptial avant de perdre leurs ailes et
fonder une nouvelle colonie. Le déplacement collectif est organisé, suivant des phéromones
chimiques de communication.
VII. Reproduction
Reproduction sexuée entre le roi et la reine après le vol nuptial. Reine : féconde des milliers d’œufs
quotidiennement. Roi : reste à ses côtés toute sa vie (fidélité monogame). Les œufs donnent
naissance à des nymphes qui se différencient en ouvriers, soldats ou futurs reproducteurs selon les
besoins de la colonie. Reproduction asexuée parfois observée (parthénogenèse complémentaire
chez certaines reines).
VIII. Rôle écologique
Les termites assurent des fonctions essentielles :
Décomposeurs du bois et de la matière organique → recyclage du carbone et
enrichissement des sols.
Aération du sol grâce à leurs galeries.
Chaînon trophique : source de nourriture pour de nombreux animaux (pangolins, oiseaux,
fourmiliers, reptiles).
IX. Durée de vie
- Reine : jusqu’à 15–25 ans dans certaines espèces (Macrotermes) et Roi : plusieurs années.
- Ouvriers et soldats : quelques mois à 2 ans.
X. Biosécurité
Risques :
- Dégâts économiques considérables sur les constructions, meubles, câbles et cultures (maïs,
canne à sucre).
- Destruction de structures en bois → pertes de milliards de dollars chaque année (Su &
Scheffrahn, 1990).
Prévention et contrôle :
- Traitement du bois (chimique ou thermique).
- Surveillance biologique et piégeage.
- Utilisation de nématodes entomopathogènes ou de champignons comme agents de
biocontrôle.
Importance écologique :
Bien que nuisibles pour l’homme, les termites sont indispensables à l’équilibre des écosystèmes
tropicaux.
XI. Conclusion
Les Isoptères représentent un modèle exceptionnel d’organisation sociale, combinant
symbiose, communication chimique et division du travail. Depuis les observations pionnières de
Fabre (1880) et Grassé (1949) jusqu’aux analyses modernes de Engel (2009) et Krishna (2013),
les termites continuent de fasciner les biologistes et écologues. Ils demeurent à la fois constructeurs
ingénieux, ingénieurs écologiques et parfois ennemis économiques redoutables.
XII. Bibliographie
Abe, T., Bignell, D.E., & Higashi, M. (2000). Termites: Evolution, Sociality, Symbioses, Ecology.
Kluwer Academic Press.
Brune, A., & Ohkuma, M. (2011). Role of the termite gut microbiota in symbiotic digestion. In
Biology of Termites.
Engel, M.S., Grimaldi, D., & Krishna, K. (2009). Termites (Isoptera): their phylogeny,
classification, and rise to ecological dominance. American Museum Novitates.
Grassé, P.-P. (1949, 1982). Termitologia: Anatomie, Physiologie, Biologie, Systématique des
Termites. Masson.
Holmgren, N. (1912). Termitenstudien. K. Svenska Vetenskaps-Akademiens Handlingar.
EXPOSE : Etude des Insectes Lépidoptères Exemple type : Papillon
I. Introduction
Les Lépidoptères (du grec lepidos = écaille, pteron = aile) regroupent les papillons et les
mites. Ils constituent un ordre d’insectes néoptères, caractérisé par des ailes recouvertes de
minuscules écailles qui donnent leurs couleurs et motifs. L’ordre a été décrit par Linnaeus (1758)
et étudié par des entomologistes comme Fabricius (1775) et Scoble (1992). Les Lépidoptères sont
diversifiés, avec plus de 180 000 espèces décrites, réparties dans tous les continents sauf
l’Antarctique. Ils jouent un rôle écologique majeur comme pollinisateurs, mais certaines espèces
(chenilles de ravageurs) ont un impact économique important.
II. Classification systématique
Embranchement : Arthropodes (Corps est recouvert d’une cuticule chitineuse et Présence
d’appendices articulés)
Sous-embranchement : Hexapode (Thorax à 3 segments, chacun porte une paire de pattes)
Classe : Ectognathe ou Insecte (Pièces buccales visibles, elles ne sont pas cachées dans une cavité)
Sous Classe : Ptérygote (Ailés, lorsque les ailes manquent, tous les autres caractères montrent qu’il
s’agit d’un phénomène secondaire)
Ordre : Lépidoptère (Ailes membraneuses recouvertes d’écailles colorées ; appareil buccal de type
trompe siphonnante ; métamorphose complète (holométabole).
Sous-ordres : Zeugloptera (mandibules fonctionnelles chez adultes primitifs ; Glossata : trompe
enroulée pour aspiration des liquides).
III. Morphologie
Corps : tête, thorax et abdomen bien distincts, recouverts de poils ou d’écailles.
- Tête : yeux composés développés, antennes filiformes, pectinées ou plumées selon les
sexes. Appareil buccal : trompe enroulée (siphon) pour sucer nectar ou autres liquides.
- Thorax : deux paires d’ailes membraneuses recouvertes d’écailles, trois paires de pattes.
- Abdomen : segments visibles avec organes reproducteurs externes.
IV. Habitat
Diversifié : forêts tropicales et tempérées, prairies, zones agricoles, zones urbaines.
Microhabitats : feuilles, fleurs, écorces, troncs.
Les chenilles sont souvent spécialisées sur certaines plantes hôtes.
V. Alimentation
- Chenilles (larves) : phytophages stricts, se nourrissent de feuilles, fleurs, fruits ou bois tendre.
- Adultes : nectar, sève, fruits fermentés, miellat ou liquides minéraux (ex. papillons de jour).
VI. Mode de déplacement
- Vol actif et précis grâce à des ailes membraneuses couvertes d’écailles. Certaines espèces
effectuent des migrations sur de longues distances (Danaus plexippus, le monarque).
- Chenilles : locomotion rampante, éventuellement grimpante sur plantes hôtes.
VII. Reproduction
Reproduction sexuée, avec fécondation interne.
Métamorphose complète (holométabole) : Œuf → chenille (larve) → chrysalide (nymphe) →
adulte (imago).
Certaines espèces présentent des cycles diapause selon la saison.
VIII. Rôle écologique
Pollinisation : transport de pollen, complémentaire des abeilles.
Chaîne alimentaire : chenilles et adultes servent de nourriture pour oiseaux, amphibiens,
araignées.
Contrôle biologique : certaines espèces limitent la croissance de plantes invasives.
Ravageurs économiques : chenilles de papillons comme Plutella xylostella ou Helicoverpa
armigera causent des pertes agricoles.
IX. Durée de vie
- Chenilles : quelques semaines à plusieurs mois selon l’espèce.
- Adultes : généralement quelques jours à 2 semaines, sauf espèces migratrices (monarques :
8 mois).
- Certaines chrysalides peuvent entrer en diapause pendant plusieurs mois.
X. Biosécurité
- La plupart des Lépidoptères sont inoffensifs pour l’homme.
- Certaines chenilles peuvent causer des irritations cutanées ou allergiques (Lonomia,
Thaumetopoea).
- Les espèces phytophages peuvent être des ravageurs agricoles nécessitant un suivi et des mesures
de lutte intégrée.
XI. Conclusion
Les Lépidoptères constituent un ordre clé pour la biodiversité et la pollinisation, présentant
une morphologie et des adaptations évolutives remarquables. De Linnaeus à Kristensen, leur étude
illustre la diversité des stratégies écologiques et les interactions complexes avec les plantes et les
autres animaux.
XII. Bibliographie
Chapman, R.F. (2013). The Insects: Structure and Function. Cambridge University Press.
Fabricius, J.C. (1775). Systema Entomologiae.
Kristensen, N.P. (2003). Lepidoptera, Moths and Butterflies. Volume 1: Evolution, Systematics,
and Biogeography.
Kristensen, N.P. et al. (2007). Handbook of Zoology: Lepidoptera.
Linnaeus, C. (1758). Systema Naturae.
Scoble, M.J. (1992). The Lepidoptera: Form, Function, and Diversity. Oxford University Press.
EXPOSE : Etude des Insectes Hémiptères Exemple type : Punaise, Cigale, Cochenille
I. Introduction
Les Hémiptères (du grec hemi = moitié et pteron = aile) constituent un ordre majeur
d’insectes néoptères hétéromorphes. Ils sont également appelés insectes à pièces buccales
piqueuses-suceuses. Décrits par Linnaeus (1758) et étudiés par Fabricius (1803), les Hémiptères
regroupent environ 80 000 espèces réparties en tous milieux terrestres et aquatiques. Cet ordre
comprend notamment les punaises, cicadelles, pucerons, cochenilles et cigales. Ils jouent un rôle
écologique majeur dans la pollinisation, la régulation des populations végétales, mais certaines
espèces sont des ravageurs agricoles et des vecteurs de maladies végétales.
II. Classification systématique
Embranchement : Arthropodes (Corps est recouvert d’une cuticule chitineuse et Présence
d’appendices articulés)
Sous-embranchement : Hexapode (Thorax à 3 segments, chacun porte une paire de pattes)
Classe : Ectognathe ou Insecte (Pièces buccales visibles, elles ne sont pas cachées dans une cavité)
Sous Classe : Ptérygote (Ailés, lorsque les ailes manquent, tous les autres caractères montrent qu’il
s’agit d’un phénomène secondaire)
Ordre : Hémiptère (Pièces buccales modifiées en rostre piqueur-suceur, ailes antérieures
partiellement coriaces (hémélytres), abdomen avec spiracles visibles, métamorphose incomplète).
III. Morphologie
- Tête : yeux composés et ocelles, antennes filiformes ou courtes. Appareil buccal : rostre
allongé, stylets suceurs pour la sève ou hémolymphe d’autres insectes.
- Thorax : trois paires de pattes ; ailes antérieures partiellement coriaces chez les punaises.
- Abdomen : segments visibles avec spiracles ; parfois ornementé ou aplati.
Polymorphisme : certains pucerons présentent des formes ailées ou aptères selon conditions
environnementales.
IV. Habitat
Terrestres : feuillages, tiges, écorces, cultures.
Aquatiques : familles Gerridae, Nepidae, Notonectidae vivent à la surface ou sous l’eau.
Microhabitats spécifiques : cochenilles sous l’écorce, pucerons sur feuilles ou racines.
V. Alimentation
- Phytophages : sève des plantes (pucerons, cochenilles, cicadelles).
- Prédateurs : hétéroptères comme Reduviidae ou Nabidae se nourrissent d’autres insectes.
- Omnivores ou parasites : certains piercent fruits ou graines.
VI. Mode de déplacement
- Vol : ailes adaptées chez la majorité.
- Saut : Auchenorrhyncha (cicadelles et cigales).
- Marche : prédominante chez Heteroptera et Sternorrhyncha.
- Les formes aquatiques nagent ou glissent à la surface de l’eau.
VII. Reproduction
Reproduction sexuée. Fécondation interne, ponte sur feuilles, tiges ou substrats humides.
Métamorphose incomplète (hétérométabole) : œuf → nymphe → adulte.
Certaines espèces se reproduisent rapidement en cycles multiples par an (Aphis spp.).
VIII. Rôle écologique
Pollinisation : certaines espèces contribuent à la pollinisation secondaire.
Régulation biologique : Heteroptera (punaise) prédateurs de ravageurs.
Ravageurs agricoles : pucerons, cochenilles et cicadelles transmettent virus et bactéries aux
plantes.
Chaîne alimentaire : proies pour oiseaux, araignées, amphibiens et insectes.
IX. Durée de vie
Pucerons : quelques semaines à quelques mois selon les espèces et conditions.
Cicadelles et cigales : 1 à 2 ans pour certaines espèces souterraines (Magicicada : 13–17 ans).
Hétéroptères (punaise) : 1 à 3 ans selon l’espèce et le climat.
X. Biosécurité
Nuisances agricoles : vecteurs de virus (ex. virus de la mosaïque), dégâts par succion de sève.
Mesures de contrôle :
- Lutte biologique (prédateurs et parasitoïdes).
- Lutte chimique raisonnée.
- Surveillance phytosanitaire et rotation des cultures.
- Importance de la biosécurité : prévenir propagation rapide de ravageurs et maladies
végétales.
XI. Conclusion
Les Hémiptères constituent un ordre très diversifié et écologiquement important, regroupant des
espèces phytophages, prédatrices et aquatiques. De Linnaeus et Fabricius à Henry et Schaefer, leur
étude illustre la diversité morphologique, écologique et comportementale des insectes.
Bien qu’ils puissent être des ravageurs économiques, leur rôle dans les écosystèmes et les chaînes
alimentaires reste crucial.
XII. Bibliographie
Chapman, R.F. (2013). The Insects: Structure and Function. Cambridge University Press.
Fabricius, J.C. (1803). Systema Rhyngotorum.
FAO (2019). Integrated Pest Management Guidelines for Hemipteran Pests.
Henry, T.J. (1997). Bugs of the Order Hemiptera. In Encyclopedia of Insects.
Linnaeus, C. (1758). Systema Naturae.
Schaefer, C.W. (1996). Heteroptera of Economic Importance. CRC Press.