Guide RGPD pour les créateurs de jeux
Guide RGPD pour les créateurs de jeux
À DESTINATION DES
CRÉATEURS, DÉVELOPPEURS
ET ÉDITEURS DE JEUX VIDÉO
EN FRANCE
1
Le Règlement général pour la protection des données (RGPD) constitue le texte de référence en matière
de protection des données personnelles au sein de l’Union Européenne. Les principaux objectifs du
RGPD sont d'accroître à la fois la protection des personnes concernées par un traitement de leurs
données à caractère personnel et la responsabilisation des acteurs de ce traitement.
■ L’adoption du RGPD
•Promulagation du Règlement
27 avril
2016
2
■ La loi Informatique et Libertés
Depuis le 1er juin 2019, la loi du 6 janvier 1978, dite « Informatique et Libertés », est en vigueur dans une
nouvelle rédaction. Elle comporte notamment les dispositions relatives aux « marges de
manœuvre nationales » autorisées par le RGPD que le législateur a choisi d’exercer ainsi que les mesures
de transposition en droit français de la Directive « police-justice ».
Elle a lancé des consultations sur plusieurs sujets du RGPD et on peut trouver sur son site ([Link])
de nombreux outils (mise en conformité, MOOC d’initiation au RGPD, guides et modèles … etc.)
Le CEPD a publié des lignes directrices, des recommandations et des guides de bonnes pratiques.
3
ORGANISATION DU GUIDE
Partie 1 : Présentation générale du RGPD
Fiche n°1 : Le champ d’application du règlement 6
Fiche n°2 : Le principe d’Accountability 9
Fiche n°3 : Le Data Protection Officer (DPO) 11
Fiche n°4 : Les relations du Responsable de traitement avec le Responsable conjoint et le
Sous-traitant 13
Fiche n°5 Les Autorités de contrôle et sanctions 16
Partie 2 : Les obligations à l’égard des personnes
Fiche n°6 : Les principes devant gouverner les traitements 22
Fiche n°7 : Le recueil du consentement 25
Fiche n°8 : Les catégories particulières de données 29
Fiche n°9 : Les droits des personnes 32
Fiche n°10 : Le transfert de données hors Union Européenne 37
Partie 3 : Les mesures à prendre au sein de l’organisme traitant des
données personnelles
Fiche n°11 : La politique et documentation données personnelles 42
Fiche n°12 : Les Études d’Impact sur la Protection des Données (AIPD) 45
Fiche n°13 : Le registre des traitements 50
Fiche n°14 : La sécurité des données 52
Fiche n°15 : Les mesures organisationnelles 57
4
PARTIE 1
Présentation
générale du
RGPD
5
FICHE
Cadre juridique
RGPD
■ Traitement
Mise en œuvre « toute opération ou tout ensemble d’opérations effectuées ou non à
l’aide de procédés automatisés et appliqués à des données ou des
Les définitions de traitement ensembles de données à caractère personnel, telle que la collecte,
et de données personnelles l’enregistrement, l’organisation, la structuration, la conservation (…)
étant larges, le RGPD
l’effacement ou la destruction » (Art 4.2 RGPD)
concerne la majorité des
entreprises et entités qui Il s’agit également d’une définition large qui implique non seulement les
doivent être en conformité traitements informatiques mais aussi physiques.
depuis le 25 mai 2018.
Exemple : établir une liste de noms de clients avec numéro de téléphone,
dans un fichier ou excel ou un classeur physique.
■ Responsable de traitement
« la personne physique ou morale (…) qui, seule ou conjointement avec
d’autres, détermine les finalités et les moyens du traitement »
(Art 4.7 RGPD)
■ Sous-traitant
« qui traite des données à caractère personnel pour le compte du
responsable de traitement »
(Art 4.8 RGPD)
4
6
FICHE
Lorsque l’entreprise n’est PAS située en UE, le règlement lui est applicable si le
traitement porte sur l’offre de biens ou services à des personnes résidant en UE
pour l’offre de biens ou services ou le suivi de leur comportement (notamment
le profilage).
(Art 3.2 RGPD)
Une société étrangère à l’UE qui collecte des données personnelles pour faire de
la publicité ciblée aux personnes résidant en France, par exemple, sera soumise
aux dispositions du RGPD.
Une société établie en France qui collecte des données pour le compte d’un
responsable de traitement établi dans un pays tiers à l’UE sera également
soumise aux dispositions du RGPD
■ Représentant
« une personne physique ou morale établie dans l’Union, désignée par le
responsable de traitement ou le sous-traitant par écrit, en vertu de l’article 27,
qui les représente en ce qui concerne leurs obligations respectives en vertu du
présent règlement »
(Art 4. 17 RGPD)
7
FICHE
Le principe d’Accountability
Cadre juridique
RGPD
Art 24, 25, 30, 35, 37
Principe Conséquences
L’ « Accountability » est un principe
général de responsabilisation des acteurs
traitant des données personnelles, dont
1. Disparitions du système des formalités
l’application est transversale à l’ensemble
préalables
des dispositions du RGPD :
La loi du 6 janvier 1978, dans son ancienne version,
prévoyait un système de protection des données
« Il y a lieu d’instaurer la responsabilité personnelles basé sur la réalisation de formalités
du responsable du traitement pour tout préalables auprès de l’Autorité de contrôle (La Commission
traitement de données à caractère Nationale Informatique et Libertés, « CNIL », en France).
personnel qu’il effectue lui-même ou qui Les acteurs devaient déclarer les traitements qu’ils effectuent
est réalisé pour son compte. Il importe, et demander l’autorisation pour les traitements présentant le
en particulier, que le responsable du plus de risques pour la protection des données personnelles
traitement soit tenu de mettre en œuvre (Art 11, 2° de la loi du 6 janvier 1978, ancienne version).
des mesures appropriées et effectives et
soit à même de démontrer la conformité
des activités de traitement avec le présent Le RGPD renverse cette logique en instaurant :
règlement, y compris l’efficacité des « la responsabilité du responsable de traitement pour tout
mesures. Ces mesures devraient tenir traitement de données à caractère personnel qu’il effectue
compte de la nature, de la portée, du lui-même ou qui est réalisé pour son compte »
contexte et des finalités du traitement
(Considérant 74 RGPD)
ainsi que du risque que celui-ci présente
pour les droits et libertés des personnes
physiques. » 2. Pouvoirs accrus de l’Autorité de Contrôle
(Cf Fiche n°5)
(Considérant 74 RGPD)
En contrepartie de la responsabilisation des acteurs,
l’Autorité de contrôle bénéficie de pouvoirs accrus afin de
veiller au respect du RGPD, notamment en sanctionnant les
entités par le biais d’amendes administratives, dont les
montants maximums ont significativement augmenté : 20
Millions d’euros ou 4% du chiffres d’affaires annuel mondial
(Art 83 RGPD) contre 3 Millions d’euros maximum prévus dans
la loi de 78 (Art 47 de la loi du 6 janvier 1978 ancienne version).
6
8
FICHE
Le principe d’Accountability
Conséquences - suite
9
FICHE
Le Data Protection Officer (DPO)
Cadre juridique
10
FICHE
Le Data Protection Officer (DPO)
Le RGPD permet la désignation d’un même DPO pour plusieurs entreprises appartenant
à un même groupe mais il faut alors qu’il soit en mesure d’accomplir ses missions de la
même façon pour chacune des entreprises et être joignable par toutes (Art 37, 2. RGPD)
Lorsque la désignation d’un DPO n’est pas obligatoire et que l’entité n’a pas fait le choix
d’en désigner un volontairement, le G29 recommande de documenter ce choix en
justifiant le caractère facultatif de la désignation, notamment au regard des critères
énoncés par le RGPD . Le G29 considère que la documentation de ce choix est induite par
le principe de responsabilité et devrait à ce titre figurer dans la documentation « Données
Personnelles » (Cf Fiche n°11)
Même lorsque la désignation d’un DPO est facultative, celle ci est encouragée par la CNIL.
Qu’il soit interne ou externe à l’entité, la mission du DPO doit être formalisée par un
écrit (contrat, lettre de mission …) prévoyant son implication en amont des traitements,
tout au long du cycle de vie des données auprès des personnes concernées, et de
façon générale dans la politique données personnelles de l’entreprise (sensibilisation
des opérateurs, formations, relations avec l’Autorité de contrôle…)
3
G29, Lignes directrices concernant les délégués à la protection des données (DPD), Version révisée
et adoptée le 5 avril 2017 9
4
[Link] , visité le 15/01/2018 11
FICHE
Le Data Protection Officer (DPO)
La fonction de DPO est régie par les principes essentiels suivants (Art 38 RGPD):
■ Le RGPD ne prévoit pas les cas de révocation ou de sanction d’un DPO qui n’effectuerait
pas ses missions correctement.
■ En raison de son indépendance, le DPO ne peut être pénalisé pour l’exercice de ses
missions (Art 38, 3. RGPD)
■ Les lignes directrices du G29 précisent que le délégué n’est pas responsable en cas
de non-respect du règlement. Le RGPD établit clairement que c’est le responsable du
traitement ou le sous-traitant qui est tenu de s’assurer et d’être en mesure de démontrer
que le traitement est effectué conformément à ses dispositions (Art 24, 1. RGPD)6.
■ A noter toutefois que le délégué n’est pas un salarié protégé au sens du code du travail
français. Dès lors, il pourrait être licencié légitimement, comme tout autre employé, pour
des motifs autres que l’exercice de ses missions de délégué (par exemple, en cas de vol,
de faute grave7).
5
AFCDP, Charte AFCDP de Déontologie des délégués à la protection des données, du 1er juin 2017
6
G29, Lignes directrices concernant les délégués à la protection des données (DPD), Version révisée et
adoptée le 5 avril 2017 10
7
[Link] visité le 15/01/2018 12
FICHE Les relations du Responsable de traitement avec
le responsable conjoint et le sous-traitant
Cadre juridique
Art 35 – Sous-traitant
13
FICHE Les relations du Responsable de traitement avec
le responsable conjoint et le sous-traitant
En pratique
La CNIL a publié des exemples de clauses de sous-traitance qui sont
proposées dans l’attente de l’adoption de clauses contractuelles types
au sens de l’article 28, 8. du RGPD.
Elles peuvent être insérées dans les contrats et doivent être adaptées
et précisées selon la prestation de sous-traitance concernée10
[Link]
10
exemple-de-clauses
12
14
FICHE Les relations du Responsable de traitement avec
le responsable conjoint et le sous-traitant
En pratique
La CNIL a publié un guide dédié aux sous-traitants afin de les aider dans leur mise en
conformité au RGPD12
11
[Link]
accompagner-les-sous-traitants
12
[Link] 13
15
FICHE
Cadre juridique
RGPD
Notions clefs
1. Autorité de Contrôle
■ L’autorité de contrôle est ■ La CNIL est l’autorité de contrôle ■ En cas de traitement de données
indépendante du gouvernement et nationale française (Art 51 RGPD et personnelles transfrontalier, une
doit disposer des ressources art 8 de loi Informatique et Libertés autorité de contrôle nationale pourra
humaines et financières nécessaires modifiée). être désignée « chef de file », d’autres
à la réalisation de ses missions (Art autorités de contrôles pouvant être
52 RGPD). impliquées si le traitement a
partiellement lieu sur leur territoire
ou si des personnes concernées
réside sur leur territoire (Art 56 et 60
à 62 RGPD).
a. Missions
Les autorités de contrôles ont de nombreuses missions prévues par le RGPD, notamment (Art 51 RGPD) :
■ veiller au respect du RGPD
■ sensibiliser les acteurs et les personnes concernées
■ établir ou approuver une documentation favorisant la conformité au RGPD (clauses contractuelles types, liste
des AIPD obligatoires, codes de conduite, critères de certification, critère d’agrément d’un organisme certificateur,
règles d’entreprises contraignantes ou BCR … )
■ faciliter l’introduction de réclamations des personnes concernées
16
FICHE
b. Pouvoirs
En cas d’audit par la CNIL, l’AFCDP
Afin de réaliser ses missions, l’autorité de contrôle dispose de (Association Française des
certains pouvoirs et, notamment (Art 58 RGPD) : Correspondants à la protection des
■ de pouvoirs d’enquête Données à caractère Personnel) met à
disposition de ses membres un
■ audit du responsable de traitement ou sous-traitant (accès document permettant de se préparer à
aux locaux ; ordonner de communiquer toute information un contrôle de la CNIL13
nécessaire)
■ notifier une violation alléguée au RGPD
■ de mesures correctrices 13
AFCDP, Comment se préparer (sereinement ?)
■ avertir ou rappeler à l’ordre à un éventuel contrôle sur place de la CNIL ?, 11
juin 2010
■ ordonner de satisfaire aux demandes d’une personne
concernée
■ ordonner une mise en conformité dans un délai déterminé
■ Le Comité Européen de la Protection des données, qui remplace l’ancien « G29 », est constitué des
Présidents des autorités de contrôles nationales de chaque membre de l’UE et du Contrôleur européen à
la protection des données.
■ Il a notamment pour mission de veiller au respect du règlement au sein de l’UE et est amené à publier
des lignes directrices et des recommandations quant à la protection des données en application dudit
règlement (Art 68 à 70 RGPD).
Le CEPD peut également rendre des avis contraignants sur les décisions des autorités de contrôles et règle
les éventuels litiges entre différentes autorités de contrôle (Art 63 à 67 RGPD).
17
FICHE
En pratique
En réponse à une réclamation, la CNIL pourrait faire usage de tous ses pouvoirs
mentionnés précédemment pour enquêter et prendre les mesures nécessaires à
l’encontre du responsable de traitement ou du sous-traitant.
Même si la CNIL estimait que la réclamation n’est pas fondée, la personne pourrait
tout de même intenter une action justice
OBLIGATION VIOLÉE
■ Art 8 RGPD :
Consentement des mineurs de moins de 16 ans pour les
services de la société de l’information (Cf fiche n°7)
■ Art 25 à 39 RGPD :
Obligations applicables au responsable et au sous-traitant
(privacy by design / by default ; registre de traitement ;
sécurité des données ; AIPD ; DPO) (Cf fiche n°2 à 5, 12 et 13)
■ Art 42 et 43 RGPD :
Obligations afin d’obtenir une certification (Cf fiche n°5)
■ Art 5, 6, 7 et 9 RGPD :
Principes de bases d’un traitement et conditions applicables
au consentement et aux catégories particulières de
données (Cf fiche n°6, 7 et 8)
■ Art 12 à 22 RGPD :
Droits des personnes (Cf fiche n°9)
■ Art 44 à 49 RGPD :
Transferts hors UE (Cf fiche n°10)
■ Chapitre IX RGPD :
Les obligations découlant du droit des Etats membres en
vertu des marges de manœuvre laissés aux Etats par le
RGPD (voir notamment en France, les conditions de
traitement du NIR – numéro d’inscription des personnes au
répertoire national – article 22 de loi du 6 janvier 1978 selon
le projet de loi d’adaptation) (Cf fiche n°8)
■ Art 58 RGPD :
Le non-respect d’une injonction de l’Autorité de contrôle ou
l’entrave à l’accès faisant parti des pouvoirs d’enquête de
l’autorité de contrôle
18
FICHE
■ Le RGPD précise que le niveau de protection des données personnelles au sein des
pays membres de l’UE devrait être équivalent (Considérant 10 RGPD).
■ Ce principe d’équivalence amène le G29 à considérer que les montants des amendes
administratives imposées par chaque autorité de contrôle nationale devraient être
similaires d’un pays à l’autre14.
En pratique
■ Le RGPD précise les critères à prendre en compte pour fixer
le montant d’une amende et, notamment (Art 83, 2. RGPD) :
Au regard des critères à prendre en
■ la nature, gravité et durée de la violation, le nombre de compte pour la fixation des amendes, on
personnes concernées, le niveau de dommage subi, les peut observer que ceux-ci suivent la
catégories de données concernées logique générale du RGPD, c’est-à-dire la
■ le fait que la violation ait été commise délibérément ou responsabilisation des acteurs. Plus le
par négligence responsable ou le sous-traitant sera en
mesure de démontrer qu’il avait pris les
■ si des mesures ont été prises pour atténuer le dommage mesures nécessaires pour garantir la
subi protection des données, moins l’autorité
■ les violations précédentes de contrôle sera sévère.
■ la coopération avec l’Autorité de contrôle pour remédier Les montants maximums des amendes
aux conséquences de la violation ont été décidés en considération des
■ l’application de codes de conduite ou de mécanismes pratiques des GAFA (« géants » du net tels
de certification que Google, Amazon, Facebook, Apple).
14
G29, Guidelines on the application and setting of administrative fines for the purposes of the Regulation 2016/679,
adoptées le 3 octobre 2017
15
Article 37 de la loi informatique et libertés modifiée
16
Idem, article 43 ter loi informatique et libertés modifiée
19
FICHE
a. Sanctions de la CNIL
■ L’article 20, II° de la loi du 6 janvier 1978 modifiée prévoit que la CNIL peut mettre en
demeure un responsable de traitement ou un sous-traitant de se conformer aux
obligations du RGPD ou de la loi 6 janvier 1978, dans le délai qu’elle fixe.
En cas d’extrême urgence, le délai peut être fixé à 24 heures.
■ Le même article prévoit notamment que la CNIL peut émettre une injonction de mise
en conformité, sous astreinte d’un montant maximum de 100 000€ par jour.
b. Sanctions pénales
Articles 40 à 41 de la loi du 6 janvier 1978 modifiée :
■ Les infractions à la loi du 6 janvier 1978 sont prévues aux articles 226-16 à 226-24 du
Code pénal :
■ les sanctions peuvent aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 300 000€
d’amende pour les personnes physiques
■ jusqu’à 1 500 000€ d’amende pour les personnes morales
■ Le dirigeant peut voir sa responsabilité pénale engagée (Art 121-2 du Code pénal),
notamment s’il a commis une faute personnelle, si ses préposés ont commis une
faute et qu’il a fait preuve de négligence ou encore s’il est complice de l’infraction.
■ Lorsque la CNIL a prononcé une amende administrative à l’encontre d’un responsable
de traitement ou d’un sous-traitant, le juge pénal saisi des mêmes faits peut décider
d’imputer l’amende administrative sur l’amende pénale qu’il prononce (Art 22 de la loi
du 6 janvier 1978 modifiée)
20
PARTIE 2
Les obligations
à l’égard des
personnes
21
FICHE Les principes devant gouverner les traitements
Cadre juridique
I. La licéité du traitement
22
FICHE Les principes devant gouverner les traitements
23
FICHE Les principes devant gouverner les traitements
24
FICHE Le Recueil du consentement
Cadre juridique
Art 7 – Consentement et autres bases légales possibles
Principe
Comme expliqué dans la fiche n°5, l’une des bases légales possibles pour un traitement est le consentement
de la personne concernée.
« toute manifestation de volonté, libre, spécifique, éclairée et univoque par laquelle la personne concernée
accepte, par une déclaration ou par un acte positif clair, que des données à caractère personnel la concernant
fassent l’objet d’un traitement » (Art 4, 11. RGPD).
25
FICHE Le Recueil du consentement
• « Libre » : Le G29 déduit de ces termes que, pour que le consentement soit valide, il doit être
librement donné par la personne concernée :
• Par exemple, si le consentement au traitement fait partie des conditions générales non
négociables, le G29 considère qu’il n’est pas libre.
• Également, le refus de traitement ou le retrait de consentement ne peut se faire au détriment
de la personne concernée. Le responsable doit démontrer qu’il est possible de retirer son
consentement sans subir de préjudice (Considérant 42 RGPD), tel que, par exemple, des
coûts supplémentaires pour la personne.
• Il faut également porter une attention particulière en cas de déséquilibre manifeste entre le
responsable de traitement et la personne concernée (par exemple lorsque le responsable
est l’employeur ou une autorité publique), le recueil du consentement devant garantir la
liberté de choix de la personne.
• Lorsqu’il existe un contrat entre la personne concernée et le responsable, l’exécution du
contrat ne peut être subordonnée au consentement si le traitement lui-même n’est pas
nécessaire à l’exécution dudit contrat (Art 7, 4. RGPD).
• « Spécifique »: Lorsque des données sont collectées pour servir plusieurs finalités, la personne
concernée doit donner son consentement pour l’ensemble de ces finalités (Considérant 32,
RGPD).
Le G29 en déduit que la personne concernée doit pouvoir donner son consentement pour
chacun des traitements pris séparément.
■ « … univoque, par une déclaration ou un acte positif clair » (Art 4, 11. RGPD)
En pratique
Le RGPD donne des exemples et indique que le consentement peut être donné par déclaration écrite,
y compris par voie électronique ou par une déclaration orale, ou encore en cochant une case sur un site
web (Considérant 32 RGPD).
19
G29, Guidelines on Consent under Regulation 2016/679, adoptées le 28 novembre 2017
20
Idem
21
Idem
26
FICHE Le Recueil du consentement
• En tout état de cause, pour que le consentement soit valide, la personne concernée doit
également avoir la possibilité de le retirer à tout moment.
En pratique
Le RGPD précise également que retirer son consentement doit être aussi facile pour la personne que de le
donner.
Exemple : s’il suffit de cocher une case sur un site pour accepter le traitement, le retrait de consentement s’effectue
de la même manière22.
Le responsable de traitement doit donc prévoir des processus permettant à la personne de signifier le retrait de
son consentement et de stopper le traitement concerné par la suite.
22
G29, Guidelines on Consent under Regulation 2016/679, adoptées le 28 novembre 2017
PROJET DE LOI relatif à la protection des données personnelles, adopté en nouvelle lecture à l’Assemblée Nationale le 12 avril
23
acteurs proposant des services aux mineurs en ligne, ceux-ci précisant notamment de quelle manière sont vérifiés
26
Le G29 considère également que lorsque le mineur atteint l’âge de 16 ans, le consentement donné par les parents expire et le
consentement du mineur doit être de nouveau recueilli .
27
FICHE Le Recueil du consentement
En pratique
Tous les responsables de traitements doivent donc vérifier si leurs procédures actuelles sont conformes
aux exigences du règlement. Dans le cas contraire, le consentement des personnes devra être recueilli
de nouveau.
C’est par exemple le cas des consentements qui ont été obtenus par des cases pré-cochées (n’impliquant
pas un acte positif mais passif de la personne).
D’autre part, le responsable de traitement ayant la charge de la preuve du consentement, il lui incombe
de vérifier qu’il dispose d’un enregistrement, d’une preuve de ces consentements précédemment
obtenus, ceux-ci devant être renouvelés dans le cas contraire.
En pratique
Le G29 définit le«consentement explicite»comme une déclaration expresse27 .Sont donnés en exemple :
remplir un formulaire électronique, envoyer un email, télécharger un document scanné avec sa signature,
utiliser une signature électronique.
Le G29 propose également la vérification du consentement en deux étapes, par exemple en validant
une mention « j’accepte » qui conduit à l’envoi d’un email avec un lien de vérification sur lequel il faut
cliquer pour que le consentement soit enregistré.
Le G29 semble faire une distinction entre le consentement en tant que base légale de traitement tel que
prévu à l’article 6, et le « consentement explicite » prévu dans des dispositions plus particulières28.
Il ne s’agit cependant que d’une interprétation non contraignante du G29 et il faudra attendre de voir si
le juge exige lui aussi un consentement particulier lorsque le règlement utilise cette notion.
27
G29, Guidelines on Consent under Regulation 2016/679, adoptées le 28 novembre 2017
28
idem
28
FICHE Les catégories particulières de données
Cadre juridique
I. «Données sensibles»
Principe Exceptions
Les traitements des données sensibles ■ Le paragraphe 2 de l’article 9 du RGPD prévoit que le
sont interdits (Art 9 RGPD) traitement de données sensibles est possible lorsque
l’une des conditions listée est remplie :
Notions clefs Le consentement explicite de la personne concernée pour une
ou plusieurs finalités spécifiques sauf lorsque c’est interdit par
■ Catégories particulières de le droit de l’Union ou de l’Etat membre (Art 9, 2. a) RGPD)
données à caractère personnel (dites
« données sensibles ») :
En pratique
« qui révèle l’origine raciale ou ethnique,
les opinions politiques, les convictions
religieuses ou philosophiques ou Pour ces types de traitement, le règlement les conditionne à
l’appartenance syndicale, ainsi que (…) l’expression d’un consentement explicite (sur la notion de
des données génétiques, des données consentement explicite, cf Fiche n°7).
biométriques aux fins d’identifier une
personne physique de manière unique, Le RGPD prévoit qu’un Etatmembre peut choisir si l’interdiction
des données concernant la santé ou des de traitement des données sensibles peut être levée par le
données concernant la vie sexuelle ou consentement de la personne ou non.
l’orientation sexuelle d’une personne
physique » En France, la loi du 6 janvier 1978 modifiée autorise toujours
(Art 9, 1. RGPD) le traitement de données sensibles fondé sur le
consentement de la personne .
29
Article 8, II, 1° de la loi du janvier 1978
29
FICHE Les catégories particulières de données
Exceptions - suite
• Le traitement est nécessaire à l’exécution des obligations et de l’exercice des droits propres
au responsable de traitement ou à la personne concernée en matière de droit du travail, de
la sécurité sociale, de la protection sociale ET est autorisé par le droit de l’Union ou de l’Etat
membre et prévoit des garanties appropriées pour les droits fondamentaux et les intérêts
de la personne. (Art 9, 2. b) RGPD)
• Le traitement est nécessaire à la sauvegarde des intérêts vitaux de la personne (Art 9, 2. c) RGPD)
• Le traitement est effectué par une association/un organisme à but non lucratif poursuivant
une finalité religieuse, politique, philosophique ou syndicale ET les données ne concernent
que les personnes en lien proche avec l’organisme ET ne sont pas rendues publiques sans
le consentement des personnes concernées. (Art 9, 2. d) RGPD)
• Le traitement porte sur des données manifestement rendues publiques par la personne
concernée. (Art 9, 2. e) RGPD)
• Le traitement est nécessaire pour des motifs d’intérêt public important, est proportionné à
l’objectif poursuivi et prévoit les garanties appropriées pour la sauvegarde des droits et des
intérêts des personnes. (Art 9, 2. g) RGPD)
En pratique
L’article 89 du RGPD prévoit que techniques et organisationnelles, aux droits des personnes prévus
les traitements à des fins notamment pour assurer la par le RGPD dans le cadre de tels
archivistiques dans l’intérêt minimisation des données. Ces traitements.
public, à des fins de recherche mesures comprennent la
scientifique ou historique ou à pseudonymisation.
des fins statistiques (qu’ils
portent sur des données Lorsque cela est possible, il faut
sensibles ou non) sont traiter les données d’une
possibles lorsque sont manière qui ne permette pas ou
apportées les garanties plus d’identifier la personne
appropriées pour les droits et (anonymisation).
libertés de la personne
concernée. Ces garanties Le droit national des membres de
garantissent la mise en place de l’UE peut prévoir des dérogations
mesures
30
FICHE Les catégories particulières de données
• Le principe est repris en droit national, prévoyant qu’un décret pris en Conseil d’Etat
fixe une liste des personnes morales de droit privé collaborant au service public de la
justice qui pourront procéder à de tels traitements31
31
Titre III de la loi du 6 janvier 1978 modifiée
32
Article 30 de la loi du 6 janvier 1978 telle modifiée
33
Idem
31
FICHE Les droits des personnes
Cadre juridique
Principe
■ Le RGPD renforce les droits des citoyens européens et leur donne plus de contrôle sur leurs
données personnelles.
Les droits antérieurs sont préservés et de nouveaux sont consacrés, notamment un droit à
l’effacement ainsi qu’un droit à la portabilité des données34.
Notions clefs
a. Notion de consentement explicite
Il s’applique tant pour l’exercice du droit à l’information (art. 13 et 14 RGPD), que pour celui du
droit d’accès (art. 15 RGPD), des droits de rectification et d’effacement (art. 16 et 17 RGPD), du
droit à la limitation du traitement (art. 18 RGPD), du droit à la portabilité des données (art. 20
RGPD), du droit d’opposition (art. 21 RGPD), du droit de ne pas être soumis à une décision
individuelle automatisée (art. 22 RGPD), et en ce qui concerne l’obligation de notification du
responsable (art. 19) et enfin, celui du droit à la communication d’une violation de données à
caractère personnel (art. 34).
34
[Link]
32
FICHE Les droits des personnes
Lorsque les données sont collectées directement auprès de la personne concernée, les
informations suivantes doivent lui être communiquées :
■ Au moment où les données sont obtenues, des informations complémentaires pour « garantir
un traitement équitable et transparent » (Art 13, 2. RGPD) :
• la durée de conservation ou les critères utilisés pour déterminer cette durée
• l’existence du droit d’accès, de rectification, d’effacement, de limitation, d’opposition et de
portabilité
• l’existence du droit de retirer son consentement lorsque ce dernier est la base légale du
traitement
• l’existence du droit d’introduire une réclamation auprès de l’autorité de contrôle
• des informations sur le point de savoir si la collecte a un caractère règlementaire ou
contractuel ou si elle conditionne la conclusion d’un contrat, si la personne est tenue de
fournir les données et les éventuelles conséquences de la non-fourniture des données.
• L’existence, le cas échant, d’une prise de décision automatisée (notamment profilage, Art
22 RGPD) et des informations sur les logiques de ce traitement automatisé ainsi que sur les
conséquences éventuelles pour la personne
• Les informations relatives à un traitement ultérieur des données fondé sur une autre base
légale, si le responsable prévoit un tel traitement
■ Lorsque les données n’ont pas été collectées directement auprès de la personne concernée,
les informations suivantes doivent lui être communiquées (Art 14 RGPD):
• Toutes les informations mentionnées au 1), excepté les informations relatives aux raisons de
la collecte
• Les catégories de données concernées
• La source initiale des données et une mention indiquant que la source est accessible au
public, le cas échant
• Ces informations sont fournies dans un « délai raisonnable », ne pouvant dépasser 1
mois après l’obtention des données par le responsable de traitement ou à la première
communication avec la personne concernée ou un destinataire tiers.
• Des exceptions existent à la fourniture d’information en cas de collecte indirecte,
notamment lorsque fournir les informations se révèlerait impossible ou exigerait des
efforts disproportionnés, ou encore lorsque les données doivent rester confidentielles,
notamment pour l’application du secret professionnel (Art 14, 5. RGPD).
33
FICHE Les droits des personnes
En pratique
Le site de la CNIL propose des modèles de mentions, c’est à dire des notices d’information à
délivrer aux personnes35.
Ces mentions peuvent être spécifiques à un secteur ou à traitement particulier (par exemple
dans le domaine de la santé où il s’agit de données dites « sensibles »).
A noter tout de même que la CNIL sera très certainement amenée à adapter ces modèles de
mentions proposés sur son site en application du RGPD et de ces nouvelles obligations.
■ La personne dont les données sont collectées doit pouvoir avoir accès à toutes les données
concernées et en obtenir une copie
• Elle doit être informée de la durée de conservation de ces données (si la durée n’est pas fixée,
elle doit être déterminable), de son droit à rectifier les données, de son droit à demander
leur effacement, de son droit à faire une réclamation devant l’Autorité de Contrôle (CNIL),
des garanties particulières en cas de transfert des données vers un pays tiers ainsi que des
éventuels traitements automatiques conduisant à un profilage.
35
[Link]
34
FICHE Les droits des personnes
36
G29, Lignes directrices relatives au droit à la portabilité des données, Version révisée et adoptée le 5 avril 2017
35
FICHE Les droits des personnes
Mise en œuvre
En pratique
Le responsable de traitement doit mettre à disposition des personnes les moyens d’exercer
leurs droits (par le biais de formulaires en ligne ou en dédiant une adresse mail à qui s’adresser).
Les personnes chargées de recevoir les demandes doivent être en mesure de les traiter
rapidement et de juger de leur bien fondé.
Il est conseillé d’adopter des formulaires de réponses types précisant toutes les informations
nécessaires à renvoyer aux personnes
36
FICHE Le transfert de données hors Union Européenne
Cadre juridique
Principe
■ Le règlement permet d’harmoniser les règles de protection des données personnelles au sein
de l’UE. Le niveau de protection est ainsi le même dans chacun des pays membres, y permettant
la libre circulation des données.
■ En revanche, le règlement prévoit que lorsque les données sont transférées vers des pays
tiers, un niveau de protection équivalent des données personnelles doit obligatoirement être
assuré par d’autres mécanismes (Art 44 RGPD).
« Constitue un transfert de données vers un pays tiers toute communication, copie ou déplacement de
données par l’intermédiaire d’un réseau, ou toute communication, copie ou déplacement de ces données
d’un support à un autre, quel que soit le type de ce support, dans la mesure où les données ont vocation à
faire l’objet d’un traitement dans le pays destinataire 37 »
Mise en œuvre
Conditions de la licéité d’un transfert de données hors Union Européenne :
1. Transferts fondés sur une décision d’adéquation (Art 45 RGPD) :
37
CNIL, Guide « Transferts de données à caractère personnel vers des pays non membres de l’Union européenne », éd.2008.)
38
[Link]
37
FICHE Le transfert de données hors Union Européenne
En pratique
39
[Link]
40
CJUE, arrêt du 6 octobre 2015, C-362/14
41
[Link]
38
FICHE Le transfert de données hors Union Européenne
Lorsque le pays n’est pas reconnu comme présentant un niveau adéquat de protection par la
Commission européenne, il faut avoir recours à un différent mécanisme assurant des garanties
appropriées, pour qu’un transfert soit licite au regard du RGPD:
■ Par l’utilisation des règles d’entreprise contraignantes (ou « binding corporate rules » ou «
BCR ») (Art 47 RGPD)
En pratique
Les BCR sont des règles de conduites adoptées par un même groupe. Elles permettent d’offrir une
protection adéquate aux données transférées vers des pays tiers à l’Union européenne au sein d’une
même entreprise ou d’un même groupe.
Une fois les BCR d’un groupe adoptées par l’autorité de contrôle, celle-ci peut transférer des données
vers les entités du groupe établies hors UE.
La CNIL propose des trames et guides pour la rédaction de BCR pour les responsables de traitement
et les sous-traitants43.
■ Par des clauses contractuelles types adoptées par la Commission Européenne ou par l’autorité
de contrôle et approuvées par la Commission Européenne
En pratique
Les clauses contractuelles types adoptées par la Commission européenne sont rassemblées sur le
site de la CNIL, en anglais ou français, à appliquer entre deux responsables de traitement dont l’un
est hors UE ou entre un responsable et un sous-traitant44
■ Par l’adoption de codes de conduite ou d’une certification délivrée à l’entité présente dans le
pays tiers.
Ces mécanismes sont des nouveautés apportées par le règlement, qui fixe les conditions d’élaboration et de
validation de tels codes de conduite et certification (Art 40 et 42 RGPD).
En pratique
Les certifications et codes de conduite spécifiques au RGPD devraient apparaître peu de temps
après la mise en application du RGPD (25 mai 2018)
Dans tous les cas mentionnés précédemment, il n’y a pas besoin d’une autorisation particulière
de l’autorité de contrôle pour un transfert des données.
43
[Link]
44
[Link]
39
FICHE Le transfert de données hors Union Européenne
■ Il est également possible d’avoir recours à des clauses contractuelles ad hoc entre le responsable
de traitement ou le sous-traitant et l’organisme situé dans un pays tiers mais, dans ce cas, il est
nécessaire d’obtenir l’autorisation de l’autorité de contrôle qui vérifie le niveau de protection
établi (Art 46, 3. RGPD).
■ En cas de réalisation d’une AIPD (Cf fiche n°12) qui révèlerait que le transfert hors UE des
données présenterait un risque élevé si le responsable de traitement ne prenait pas de mesures
pour atténuer le risque, il est fait application de l’article 36 du RGPD, prévoyant une consultation
préalable de l’autorité de contrôle.
Conclusion - en pratique
Les opérations de transfert hors UE doivent être anticipées par les responsables de traitement
et des processus doivent être mis en place pour documenter les garanties apportées par le
responsable.
Il est également à noter que les conditions de transfert vers des pays tiers prévus par le
contrat s’appliquent également pour les transferts successifs. C’est à dire que lorsqu’un
responsable de traitement transfère des données vers un pays tiers, l’entité présente dans
ce pays tiers ne peut de nouveau transférer les données sans respecter les niveaux de
protections attachés au règlement.
40
PARTIE 3
Les mesures à
prendre au sein
de l’organisme
traitant des
données
personnelles
41
FICHE
42
FICHE
■ Les relations avec les sous-traitants doivent être documentées afin de démontrer leur conformité
avec le RGPD et afin d’établir clairement le partage de responsabilité quant aux données :
■ Les contrats avec les sous-traitants mentionnant les clauses appropriées à la protection des
données
■ L’information relative aux éventuels certifications, codes de conduites ou labels du sous-
traitant
■ Le sous traitant garde trace des instructions reçues du responsable de traitement sans
lesquelles il ne peut traiter des données
■ Le sous-traitant garde également trace des autorisations écrites du responsable en cas de
recours à un sous-traitant du sous-traitant
■ Les audits des sous-traitants par le responsable
■ En cas de transferts hors UE, le responsable de traitement doit pouvoir démontrer que celui-ci a
été fait dans le respect des dispositions du RGPD et notamment :
■ L’organisme traitant des données doit pouvoir prouver qu’il respecte les droits des personnes,
cela passant par la documentation de plusieurs informations :
■ L’information délivrée
■ Les modèles de recueil du consentement et la preuve du consentement,
■ La procédure pour l’exercice des droits
43
FICHE
En pratique
9. Documentation supplémentaire
Plus généralement, les organismes sont encouragés à mettre en place une documentation
continue et à jour relative à leur « politique données personnelles » :
45
[Link]
46
CNIL, Délibération n° 2017-219 du 13 juillet 2017 portant modification du référentiel pour la délivrance de labels en matière de
procédures de gouvernance tendant à assurer la protection des données et Délibération n° 2017-220 du 13 juillet 2017 portant
modification du référentiel pour la délivrance de labels en matière de formation relative à la protection des personnes à l’égard du
traitement des données à caractère personnel
44
FICHE Les Etudes d’Impact sur la Protection des données
Cadre juridique
RGPD
47
G29, Lignes directrices concernant l’analyse d’impact relative à la protection des données (AIPD) et la manière de détermine si le
traitement est « susceptible d’engendrer un risque élevé » aux fins du règlement (UE) 2016/679, telles que modifiées et adoptées en
45
FICHE Les Etudes d’Impact sur la Protection des données
■ Enfin, les autorités de contrôle devront établir, publier communiquer au Comité européen de la
protection des données (CEPD) une liste des opérations de traitement nécessitant une AIPD, les
responsables doivent donc surveiller la publication de cette liste afin de s’assurer qu’ils effectuent
toutes les AIPD nécessaires (Art 35, 4. à 6. RGPD).
■ Dans le registre des traitements (Cf Fiche n°13), le responsable doit pouvoir évaluer le risque
pour la protection des données d’un traitement (Art 30 RGPD).
En pratique
■ Dans le cas de risques élevés, si la décision a été prise de ne pas procéder à un une
AIPD, le G29 recommande de justifier et documenter la décision et d’inclure/rapporter
l’opinion à cet égard du DPO49.
AIPD facultatives — Par déduction, les AIPD sont facultatives dans les autres cas50, notamment
lorsque :
■ Le traitement ne présente pas de risques élevés pour les données
■ Une AIPD similaire existe déjà ou que le traitement a été autorisé avant mai 2018 par l’Autorité
de Contrôle
■ Le traitement figure dans la liste des opérations de traitement qui ne requièrent pas d’AIPD, qui
devra être publiée par l’Autorité de Contrôle
48
G29, Lignes directrices concernant l’analyse d’impact relative à la protection des données (AIPD) et la manière de détermine si le
traitement est « susceptible d’engendrer un risque élevé » aux fins du règlement (UE) 2016/679, telles que modifiées et adoptées en
dernier lieu le 4 octobre 2017
49
idem
50
G29, Lignes directrices concernant l’analyse d’impact relative à la protection des données (AIPD) et la manière de détermine si le
traitement est « susceptible d’engendrer un risque élevé » aux fins du règlement (UE) 2016/679, telles que modifiées et adoptées en
dernier lieu le 4 octobre 2017
46
FICHE Les Etudes d’Impact sur la Protection des données
En pratique — Dans ses lignes directrices, le G29 propose une méthodologie pour la
réalisation des AIPD :
Source : G29, Lignes directrices concernant l’analyse d’impact relative à la protection des données (AIPD)
et la manière de détermine si le traitement est « susceptible d’engendrer un risque élevé » aux fins du
règlement (UE) 2016/679, telles que modifiées et adoptées en dernier lieu le 4 octobre 2017
47
FICHE Les Etudes d’Impact sur la Protection des données
■ Le G29 recommande, à titre de bonne pratique, qu’une AIPD fasse l’objet d’un examen
continu et soit régulièrement réévaluée, notamment lorsqu’un des risques identifiés se réalise51.
■ La CNIL a mis à disposition sur son site un logiciel libre PIA (Privacy Impact Assessment)52.
■ Le logiciel est actuellement présenté en version bêta, les opérateurs étant invités à développer
des fonctionnalités répondant à leurs besoins spécifiques pour les repartager ensuite.
■ La CNIL doit livrer une version finale du logiciel courant 2018, avant l’entrée en application
du RGPD.
■ Afin d’aider les acteurs à réaliser leurs AIPD, le site de la Commission européenne propose
des méthodologies spécifiques à certains secteurs/traitements :
Cadre relatif à l’analyse de l’impact sur la vie privée et la protection des données pour les
applications RFID53
Modèle d’analyse d’impact relative à la protection des données pour les réseaux intelligents
et les systèmes de relevés intelligents (modèle d’AIPD) élaboré par le groupe d’experts 2
de la task-force sur les réseaux intelligents de la Commission54
Modèle d’analyse d’impact sur la protection des données des réseaux intelligents et des
systèmes intelligents de mesure55
■ Une norme internationale ISO fournit également des lignes directrices concernant les
méthodologies applicables pour la réalisation d’une AIPD
■ Enfin le G29 fournit une checklist permettant de vérifier qu’une AIPD renseigne toutes les
informations nécessaires57 :
51
G29, Lignes directrices concernant l’analyse d’impact relative à la protection des données (AIPD) et la manière de détermine si le
traitement est « susceptible d’engendrer un risque élevé » aux fins du règlement (UE) 2016/679, telles que modifiées et adoptées en
dernier lieu le 4 octobre 2017
52
[Link]
53
[Link]
54
[Link] 29/documentation/opinion-recommendation/files/2013/wp209_fr.pdf
55
[Link]
56
ISO/IEC 29134:2017 : Technologies de l’information -- Techniques de sécurité -- Lignes directrices pour l’évaluation d’impacts sur
la vie privée
57
G29, Lignes directrices concernant l’analyse d’impact relative à la protection des données (AIPD) et la manière de détermine si le
traitement est « susceptible d’engendrer un risque élevé » aux fins du règlement (UE) 2016/679, telles que modifiées et adoptées en
dernier lieu le 4 octobre 2017
48
FICHE Les Etudes d’Impact sur la Protection des données
■ les mesures envisagées pour faire face à ces risques sont déterminées [article 35, paragraphe
7, point d), et considérant 90];
• les parties intéressées sont impliquées:
• l’avis du délégué à la protection des données (DPO) est recueilli (article 35, paragraphe 2);
• le point de vue des personnes concernées ou de leurs représentants est recueilli, le cas
échéant (article 35, paragraphe 9).
49
FICHE Le registre des traitements
Cadre juridique
RGPD
■ Ce registre doit être mis à ■ Pour les autres entités, le registre est également obligatoire
jour au fur et à mesure de dans les cas où :
la mise en œuvre de ■ le traitement est susceptible de comporter un risque pour
nouveaux traitements ou de les droits et libertés des personnes concernées,
la modification de traitements ■ il n’est pas occasionnel,
existants et pourra être
demandé pour consultation ■ il porte sur des données dites « particulières » ou relatives
par l’Autorité de Contrôle (Art à des infractions ou condamnations pénales.
30 RGPD). La tenue du registre
■ Le RGPD énumère les informations qui doivent être consignées
et mises à jour dans ce registre :
50
FICHE Le registre des traitements
En pratique
51
FICHE La Sécurité des Données
Cadre juridique
RGPD
58
CNIL, RGPD, Guide du Sous-traitant, édition septembre 2017
52
FICHE La Sécurité des Données
En pratique
■ Parmi les mesures à mettre en place, on peut citer les suivantes, à appliquer selon le niveau de
risque :
■ Mettre en place la pseudonymisation des données : une technique permettant que les données
ne puissent plus être attribuées à une personne concernée précise sans avoir à recours à des
informations supplémentaires (Art 4, 5) RGPD).
■ Plusieurs types de pseudonymisation existent, du niveau le plus faible au plus sécurisé : une
table de correspondance secrète, un système cryptographique à clé, la fonction de hachage …
■ Prévoir l’authentification des utilisateurs ; des personnes physiques traitant des données
: notamment authentification forte basée sur les attributs d’une personne (téléphone, badge,
biométrie …)
■ Pour l’authentification par mot de passe, la CNIL a publié une recommandation des mesures
minimales à mettre en œuvre concernant notamment l’établissement, le renouvellement et la
conservation des mots de passe59.
■ Sécuriser les postes de travail (sécuriser le réseau interne à l’entreprise, interdire le branchement
d’USB, de portables inconnus…) et sécuriser les locaux : Accès, habilitations et protection des
serveurs où sont stocker les données
■ Maintenir le système d’information à jour (anticiper la maintenance des logiciels, la mise à jour
des anti-virus…)
■ Mettre en place des procédures de sauvegarde régulières pour anticiper la disparition
involontaire de données et assurer la disponibilité
3. Démontrer la sécurité
Au titre du principe d’Accountability, le responsable de traitement doit pouvoir démontrer
qu’il garantit une sécurité appropriée des données (Art 5, 2. RGPD). Plusieurs possibilités à
combiner s’offrent alors :
■ Une charte informatique au sein de l’entreprise ayant une force contraignante (par exemple en
l’annexant au règlement intérieur), reprenant les bonnes pratiques et obligations en matière de
sécurité et de confidentialité des systèmes d’informations60
■ Établir, documenter et réexaminer régulièrement une politique de contrôle d’accès61 incluant :
59
CNIL, Délibération n° 2017-012 du 19 janvier 2017 portant adoption d’une recommandation relative aux mots de passe ; et
[Link]
53
FICHE La Sécurité des Données
60
CNIL, Guide, La sécurité des données personnelles, édition du 23 janvier 2018
61
Idem
62
[Link] visité le 23/01/2018
63
[Link] visité le 23/01/2018
64
CNIL, Guide, La sécurité des données personnelles, édition du 23 janvier 2018
54
FICHE La Sécurité des Données
■ Lorsqu’une violation est susceptible d’engendrer un risque élevé pour les droits et libertés des
personnes, le responsable lui communique la violation dans les meilleurs délais (Art 34, 1. RGPD).
■ La notification à la personne n’est pas toujours obligatoire mais l’autorité de contrôle peut l’exiger
si elle estime qu’un risque élevé existe pour les personnes (Art 34, 4. RGPD).
■ La communication doit être dans des termes clairs et simples et contenir à minima :
■ les coordonnées du DPO ou d’un autre point de contact
■ les conséquences probables de la violation
■ les mesures prises pour remédier à la violation et pour en atténuer les éventuelles
conséquences négatives
■ La communication de la violation à la personne n’est pas nécessaire lorsque (Art 34, 3. RGPD) :
■ Le responsable a mis en œuvre les mesures de protection appropriées, notamment celles
rendant incompréhensibles les données pour toute personne qui n’est pas autorisée à y avoir
accès (exemple : le Chiffrement)
■ Le responsable a pris des mesures ultérieures garantissant que le risque élevé n’est plus
susceptible de se produire
■ Si la communication exige des efforts disproportionnés, le RGPD prévoit une communication
publique (Art 34, 3. c) RGPD).
En pratique
■ Une procédure de gestion des failles et incidents de sécurité doit être mise en place au sein de
l’organisme (responsable et sous-traitant) traitant de données personnelles.
■ Toute personne ayant connaissance d’une violation doit être dans l’obligation d’en informer le
DPO et/ou le directeur du système d’information.
■ Pour chaque violation, les risques éventuels doivent être analysés et lorsqu’un risque existe, sont
mis en place les processus de notification à la CNIL et aux personnes concernées.
■ Une fois l’incident terminé, il est conseillé de réévaluer les risques de chaque traitement et de
mettre à jour l’AIPD, le cas échéant (Cf Fiche n°12).
Conclusion
■ La CNIL a publié un nouveau guide de sécurité des données personnelles, à jour du RGPD65. Ce
guide recommande toutes les mesures à prendre pour garantir une sécurité appropriée et propose
un tableau permettant à chaque acteur d’évaluer son propre niveau de sécurité :
65
CNIL, Guide, La sécurité des données personnelles, édition du 23 janvier 2018
55
ÉVALUER LE NIVEAU DE SÉCURITÉ DES DONNÉES
PERSONNELLES DE VOTRE ORGANISME
Avez-vous pensé à ?
FICHES MESURE
Sensibiliser Informez et sensibilisez les personnes manipulant les données
1
les utilisateurs Rédigez une charte informatique et lui donner une force contraignante
Définissez un identifiant (login) unique à chaque utilisateur
Authentifier les Adoptez une politique de mot de passe utilisateur conforme à nos recommandations
2
utilisateurs Obligez l’utilisateur à changer son mot de passe après réinitialisation
Limitez le nombre de tentatives d’accès à un compte
Définissez des profils d’habilitation
3 Gérer les habilitations Supprimez les permissions d’accès obsolètes
Réaliser une revue annuelle des habilitations
Prévoyez un système de journalisation
Tracer les accès Informez les utilisateurs de la mise en place du système de journalisation
4
et gérer les incidents Protégez les équipements de journalisation et les informations journalisées
Prévoyez les procédures pour les notifications de violation de données à caractère personnel
Prévoyez une procédure de verrouillage automatique de session
Sécuriser les postes Utilisez des antivirus régulièrement mis à jour
5
de travail Installez un « pare-feu » (firewall) logiciel
Recueillez l’accord de l’utilisateur avant toute intervention sur son poste
Prévoyez des moyens de chiffrement des équipements mobiles
Sécuriser Faites des sauvegardes ou synchronisations régulières des données
6
l'informatique mobile
Exigez un secret pour le déverrouillage des smartphones
Limitez les flux réseau au strict nécessaire
Protéger le réseau Sécurisez les accès distants des appareils informatiques nomades par VPN
7
informatique interne
Mettez en œuvre le protocole WPA2 ou WPA2-PSK pour les réseaux Wi-Fi
Limitez l’accès aux outils et interfaces d’administration aux seules personnes habilitées
8 Sécuriser les serveurs Installez sans délai les mises à jour critiques
Assurez une disponibilité des données
Utilisez le protocole TLS et vérifiez sa mise en œuvre
Vérifiez qu'aucun mot de passe ou identifiant ne passe dans les url
9 Sécuriser les sites web
Contrôlez que les entrées des utilisateurs correspondent à ce qui est attendu
Mettez un bandeau de consentement pour les cookies non nécessaires au service
Effectuez des sauvegardes régulières
Sauvegarder et prévoir Stockez les supports de sauvegarde dans un endroit sûr
10
la continuité d'activité Prévoyez des moyens de sécurité pour le convoyage des sauvegardes
Prévoyez et testez régulièrement la continuité d'activité
Archiver de manière Mettez en œuvre des modalités d’accès spécifiques aux données archivées
11
sécurisée Détruisez les archives obsolètes de manière sécurisée
Encadrer la maintenance Enregistrez les interventions de maintenance dans une main courante
12 et la destruction Encadrez par un responsable de l’organisme les interventions par des tiers
des données Effacez les données de tout matériel avant sa mise au rebut
Prévoyez une clause spécifique dans les contrats des sous-traitants
13 Gérer la sous-traitance Prévoyez les conditions de restitution et de destruction des données
Assurez-vous de l'effectivité des garanties prévues (audits de sécurité, visites, etc.)
Chiffrez les données avant leur envoi
Sécuriser les échanges Assurez-vous qu'il s'agit du bon destinataire
14
avec d'autres organismes
Transmettez le secret lors d'un envoi distinct et via un canal différent
Restreignez les accès aux locaux au moyen de portes verrouillées
15 Protéger les locaux
Installez des alarmes anti-intrusion et vérifiez-les périodiquement
Encadrer les Proposez des paramètres respectueux de la vie privée aux utilisateurs finaux
16 développements Évitez les zones de commentaires ou encadrez-les strictement
informatiques Testez sur des données fictives ou anonymisées
Utiliser des fonctions Utilisez des algorithmes, des logiciels et des bibliothéques reconnues
17
cryptographiques Conservez les secrets et les clés cryptographiques de manière sécurisée
56
FICHE
Responsable
juridique
formé au
RGPD
Un point de
contact
"données Resonsable
personnelles" des SI
dans chaque
établissement
DPO et
Responsable
admnistratif
Responsable
Responsable
marketing /
RH
commercial
• Responsable Juridique :
Le service juridique s’assure que les procédures mises en place respectent le RGPD. Il contrôle la conformité
des contrats passés avec les sous-traitants, avec les clients, les fournisseurs … Le service juridique sera
également en charge des litiges éventuels liés aux données personnelles, en cas de litiges avec les personnes
concernées ou de contrôle par l’Autorité de contrôle.
57
■ Audit des traitements et des procédures internes
1
3
Répertorier 2 4
Déterminer
tous les Déterminer Construire un
quelles sont
fichiers chacun des registre des
les catégories
informatiques traitements traitements
de données
et physiques effectués dans
dans ces (Fiche n°13)
de données ces fichiers
fichiers
personnelles
• Vérifier s’il existe une décision d’adéquation pour le pays tiers concerné
• Dans le cas contraire, anticiper la mise en place de « BCR » ou l’adoption de code de conduite ou de
certification conforme au Règlement
• Vérifier que le niveau de sécurité établi est proportionnel au niveau de risque pour chaque donnée
(solutions de chiffrements, pseudonymisation, gestion des accès…)
• Mettre en place un processus de notification des violations de données
• Gestion des notices d’informations relatives aux traitements à fournir aux personnes concernées
• Mise en place des processus de remonté et traitement des demandes des personnes concernées
58
II. Mesures organisationnelles pour maintenir la conformité
• Dès la conception d’un nouveau produit/ service : impliquer le DPO, vérifier si une AIPD est nécessaire ou
non, établir le public ciblé (mineurs, société de l’information, données de santé…)
• Tenir un registre des failles de sécurité, nommer un RSSI (responsable de Sécurité des systèmes
d’information)
1
• Pour les développeurs, la CNIL a publié un guide des bonnes pratiques
■ Le Service juridique, en concertation avec le DPO doit tenir une veille sur les pratiques et
régulations applicables aux données personnelles :
1
• [Link]
2
• [Link]
59