IA pour le diagnostic des pathologies neurodégénératives
IA pour le diagnostic des pathologies neurodégénératives
En vue de l’obtention du
DOCTORAT DE L’UNIVERSITÉ DE TOULOUSE
Délivré par l'Université Toulouse 3 - Paul Sabatier
Le 13 décembre 2021
Jury
M. Adrian Basarab, Rapporteur
M. Olivier Saut, Rapporteur
M. Lyamine Hedjazi, Examinateur
Mme Isabelle Berry, Examinatrice
M. Xavier Franceries, Directeur de thèse
Mme Marie-Véronique Le Lann, Co-directrice de thèse
Edouard VILLAIN Page 1
Utilisation de l’intelligence artificielle
pour l’aide au diagnostic des patients
atteints de pathologies neuro
dégénératives
Manuscrit de thèse
Edouard VILLAIN
L’intelligence artificielle connait un boom depuis les années 2000 de par le stockage systématique
des données et l’augmentation de la puissance de calcul des ordinateurs ainsi que l’apparition des
méthodes dites de deep learning. Cela a permis d’envisager des recherches et applications dans de
nombreux domaines, et en particulier le domaine médical.
Les pathologies neurodégénératives sont des fléaux pour la société depuis leurs apparitions plus
fréquentes suite à l’augmentation de l’espérance de vie. Leurs diagnostics deviennent un enjeu majeur
de la neuro imagerie, en particulier sur les stades précoces des pathologies. En effet, un diagnostic
précoce permet d’appliquer au plus vite un traitement et de limiter les conséquences pour les pa-
tients, ainsi que de mieux comprendre les mécanismes de développement de ces pathologies et leur
apparition.
Ces travaux de thèse montrent qu’il est possible d’utiliser un pipeline d’apprentissage profond
à la fois pour discriminer les patients pathologiques des sujets sains, mais aussi pour effectuer une
analyse des pouvoirs discriminants des biomarqueurs dérivés de l’IRM. Ils démontrent comment ob-
tenir une signature spatiale de la pathologie étudiée, tout en utilisant un jeu de données compatible
avec une routine clinique. La pathologie neurodégénérative étudiée est l’atrophie multi systématisée,
maladie rare avec peu donnée de patients, pour laquelle le deep learning parvient néanmoins à un
bon diagnostic.
Ces travaux pourraient être étendus à d’autres pathologies dégénératives, à la fois pour le diag-
nostic et le suivi des patients, mais aussi pour la compréhension de ces pathologies.
Artificial intelligence has experienced a boom since the 2000s due to the systematic storage of
data and the increase in the computing power of computers as well as the emergence of so-called
deep learning methods. This made it possible to envisage research and applications in many fields
and in particular the medical field.
Neurodegenerative pathologies have plagued society since their more frequent appearances fol-
lowing increased life expectancy. Their diagnoses are becoming a major issue in neuroimaging, in
particular in the early stages of pathologies. Indeed, an early diagnosis makes it possible to apply
treatment as quickly as possible and to limit the consequences for patients, as well as to better
understand the mechanisms of development of these pathologies and their appearance.
This thesis work shows that it is possible to use a deep learning pipeline both to discriminate
pathologic patients from healthy subjects, but also to perform an analysis of the discriminating
powers of biomarkers derived from MRI. They demonstrate how to obtain a spatial signature of the
pathology studied, while using a data set compatible with a clinical routine. The neurodegenerative
pathology studied is multisystem atrophy, a rare disease with little patient data, for which deep
learning nevertheless reaches a good diagnosis.
This work could be extended to other degenerative pathologies, both for the diagnosis and the
follow-up of patients, but also for the understanding of these pathologies.
Ce doctorat a été une étape très importante de ma vie, durant laquelle j’ai pris plaisir à exploiter
mes compétences dans le domaine de l’intelligence artificielle en les appliquant au milieu passionnant
de la neuro imagerie.
Cela m’a permis d’apprendre énormément sur le domaine de la recherche mais aussi de l’enseigne-
ment.
Tout cela n’aurait pu être possible sans le Dr. Xavier Franceries et la Pr. Marie-Véronique Le Lann,
mes directeurs de thèse, que je tiens à remercier chaleureusement.
Ces travaux n’auraient pu aboutir sans la collaboration avec le Dr. Patrice Péran, le Dr. Federico
Nemmi ainsi que Giulia Maria Mattia.
Je tenais aussi à remercier la Pr. Isabelle Berry qui m’a accueilli dans son équipe d’enseignement de
biophysique pour le PACES, qui a accepté d’être la présidente du jury de thèse, mais aussi pour sa
confiance dans le développement d’un sous module d’intelligence artificielle appliquée à l’imagerie
médicale dans son Master Imagerie Médicale.
Je remercie aussi le Pr. Denis Kouamé et le Pr. Adrian Basarab, mes encadrants de stage de Master,
qui m’ont donné le goût de la recherche et m’ont donné envie de poursuivre en Doctorat.
Je remercie aussi le Directeur de recherche Olivier Saut et le Pr. Adrian Basarab d’avoir accepté de
rapporter la thèse ainsi que le Dr. Lyamine Hedjazi d’avoir accepté d’être examinateur de la thèse.
Je remercie bien sûr les laboratoires du LAAS CNRS et de l’inserm ToNIC pour leurs accueils, ainsi
que l’école Doctorale GEET.
Je n’oublie pas non plus de remercier l’Université de Toulouse Paul Sabatier et ses enseignants. Je
pense notamment au Dr. Thomas Pellegrini et au Dr. Jerôme Farinas qui m’ont enseignés les bases
de l’intelligence artificielle indispensables à la réussite de ce Doctorat.
Je remercie aussi mes amis futurs docteurs Thomas Rolland, Hugo Rens et Frederic Chatrie avec
qui j’ai pu échanger tout au long du doctorat.
Pour finir je tiens à remercier ma famille, mes parents et ma soeur, qui ont toujours été là pour moi,
que ce soit pour fêter les réussites mais aussi me soutenir durant les moments de doutes.
Afin de n’oublier des personnes, je tiens à remercier tous ceux et toutes celles qui auraient pu par-
ticiper à l’élaboration de cette thèse.
Edouard Villain
Introduction 11
1 État de l’art 12
1.1 État de l’art de l’Intelligence Artificielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.1.1 Système expert . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.1.2 Machine learning . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.1.3 Deep learning . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.2 État de l’art de la neuroimagerie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.2.1 Imagerie par résonance magnétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.2.2 Biomarqueurs dérivés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
1.2.3 Template MNI . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
1.2.4 Parkinson . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.3 Application de l’Intelligence Artificielle à la neuro imagerie . . . . . . . . . . . . . . 18
7
TABLE DES MATIÈRES
2.6.2 Exactitude . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
2.6.3 Amélioration des performances . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
2.7 Hyper-paramètres d’un réseau de neurones . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
2.7.1 Nombre de couches entièrement connectées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
2.7.2 Nombre de neurones . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
2.7.3 Nombre de couches de convolution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
2.7.4 Taille et nombre des filtres de convolution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
2.7.5 Initialisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
2.7.6 Fonction d’erreur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
2.7.7 Pas d’apprentissage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
2.7.8 Optimiseur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
2.8 Modèle monomodal et multimodal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
2.9 entraînement d’un modèle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
Conclusions 103
Annexes 104
Publications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 104
Articles visualisation des voxels discriminants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 107
Introduction
L’intelligence artificielle (IA) a pour but d’automatiser un traitement en tentant de reproduire le
résultat que pourrait obtenir un humain. Les applications de l’intelligence artificielle sont très nom-
breuses, que ce soient les outils d’aide au diagnostic, la traduction et la reconnaissance du langage,
le traitement du signal, les finances, la robotique ou encore le domaine médical.
Ces travaux de thèse intitulés "Utilisation de l’intelligence artificielle pour l’aide au diagnostic
des patients atteints de pathologies neurodégénératives" sont au carrefour de plusieurs disciplines.
L’intelligence artificielle avec les modèles d’apprentissage profond (dit deep learning), l’aide au diag-
nostic et le domaine médical avec la neuro imagerie.
En effet, en partant de l’imagerie par résonance magnétique (IRM) et les biomarqueurs dérivés,
l’objectif est de construire des outils d’aide au diagnostic basés sur le deep learning 3-dimensions
multimodal utilisable en routine clinique. L’atrophie multi systématisée (AMS), un syndrome Par-
kinsonien rare et agressif, sert d’exemple d’application.
Ces travaux de thèse tentent de répondre à plusieurs questions :
— Le deep learning permet-il d’obtenir une discrimination entre les patients atteints de patho-
logies neurodégénératives et les sujets sains en utilisant un jeu de données de l’ordre de la
dizaine de patients ?
— Le deep learning permet-il d’analyser le pouvoir discriminant des biomarqueurs dérivés de
l’IRM ?
— Le deep learning permet-il de définir une signature spatiale de la pathologie étudiée ?
Ce manuscrit de thèse est alors composé d’un chapitre sur l’état de l’art sur l’intelligence artifi-
cielle, la neuro imagerie et l’application de l’IA à la neuro imagerie.
Le chapitre suivant détaille les techniques et méthodologies permettant de développer un réseau de
neurones.
10
INTRODUCTION
Ensuite un chapitre présente les différentes méthodes de visualisation des zones discriminantes d’un
réseau de neurones ainsi que la méthode développée durant ces travaux de thèse.
Dans le but de valider la méthode de visualisation ainsi que les modèles de réseau de neurones
développés, le chapitre 4 utilise des images de biomarqueurs dérivés de l’IRM simulées pour étu-
dier la capacité des modèles à discriminer une population de sujets sains et de sujet comprenant
une anormalité dans l’image. La visualisation des zones discriminantes est aussi appliquée afin de
confirmer que la méthode développée durant ces travaux de thèse est capable de retrouver la zone
ou l’anormalité a été simulée.
Après avoir montré que la capacité d’un réseau de neurones à discriminer deux populations sur
des biomarqueurs dérivés de l’IRM, ainsi que la capacité à retrouver les zones du cerveau incriminées,
le pipeline construit durant cette thèse est ensuite appliquée à l’AMS dans le chapitre 5 avec un jeu
de données de petite taille compatible avec une application clinique. Il est composé d’une trentaine
de patients AMS et d’une trentaine de sujets sains, avec plusieurs biomarqueurs dérivés de l’IRM
par patient et sujet. Les résultats de la discrimination entre les deux populations sont alors présentés
pour plusieurs types d’architectures de réseaux de neurones. L’analyse du pouvoir discriminant des
biomarqueurs ainsi que la visualisation des zones discriminantes complètent l’application du pipeline
d’aide au diagnostic des pathologies neurodégénératives.
Les résultats de l’application à l’AMS du pipeline basé sur le deep learning sont comparés avec ceux
obtenus par F. Nemmi et al. dans une étude publiée [46]. Le manuscrit de thèse se termine par une
conclusion et des perspectives.
État de l’art
12
1.1. ÉTAT DE L’ART DE L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE
La difficulté des systèmes experts est située dans la rédaction des règles logiques. De plus, les
temps de calcul peuvent être longs en fonction de la taille de la base de règles puisqu’elles vont
toutes être appliquées plusieurs fois jusqu’à ce que plus aucun fait ne soit produit.
Les algorithmes de K plus proches voisins et K-moyenne nécessitent que l’utilisateur définisse K,
le nombre de voisins pour les K-nn ou de classes pour les k-means.
Ce neurone artificiel est apparu en 1943 avec les travaux de Warren Mcculloch et Walter Pitts
[10] permettant d’effectuer des calculs logiques. Cependant, ce modèle du neurone artificiel ne peut
apprendre à calculer une discrimination non linéaire. Ces travaux sur le neurone artificiel sont repris
en 1958 avec le perceptron développé par Rosenblatt [11].
En 1982 les premiers réseaux de neurones apparaissent avec les travaux de Hopfield [12]. Les tra-
vaux de Yann LeCun permettent d’améliorer l’apprentissage du neurone artificiel avec l’algorithme
de rétro propagation en 1985 [13], suivi par l’amélioration de cet algorithme en 1988 proposée par
Rumelhart, Hinton et Williams [14].
Yann LeCun propose une adaptation de la rétro propagation en 1989 permettant de développer
les réseaux de neurones convolutifs [15]. Son modèle permet de classifier les images contenant des
chiffres manuscrits.
Hochreiter et Schmidhuber ont proposé un type de réseau neuronal récurrent avec mémoire à
court et long terme en 1997 [16].
Suite à ces travaux initiant les réseaux de neurones artificiels, de nombreuses études ont été
réalisées afin de diversifier les tâches de ces modèles, mais aussi leurs architectures. La compétition
annuelle image-net a permis de développer plusieurs architectures [17] et les modèles entrainés sont
disponibles dans la littérature afin d’effectuer du transfer learning (voir la section 2.4). Il est alors
possible de citer les modèles VGG [18], ResNet [19] et Googlenet [20] (voir la section 2.3).
L’IRM utilise les champs intenses via une bobine à supraconducteur refroidie à l’hélium liquide
ce qui permet d’éviter les effets de chauffe et donc les effets indésirables pour le corps humain. Afin
d’obtenir une image, la première étape consiste à déterminer les noyaux des éléments à étudier. En
effet, seuls les noyaux avec un spin non nul sont sensibles aux effets de résonance magnétique.
Ces noyaux sont ensuite mis en précession a une vitesse angulaire ! = ⇥ B0 avec le rapport
gyromagnétique de l’élément étudié et B0 l’intensité du champ électro magnétique. Ceci correspond
aussi à la fréquence de Larmor ⌫ = 2⇡ B0 .
Dans le cas des noyaux avec un spin de 12 , deux états énergétiques sont alors possibles avec une
population parallèle Nk et une population anti-parallèle N, avec E = ± 12 2⇡h
B0 . La différence éner-
Une impulsion radio fréquence est ensuite appliquée avec une intensité B1 pour une durée t.
Cette impulsion permet de faire basculer l’angle de l’aimantation macroscopique M~ 0 d’un angle
' = B1 t. Deux composantes apparaissent alors, avec la composante transversale et longitudinale,
respectivement égale à :
Mx = M0 sin '
Mz = M0 cos '
Une acquisition d’une image IRM étudie les valeurs des composantes transversales Mx et longi-
tudinales Mz à un instant t suivant l’impulsion radio fréquence B1 comme le montre la figure 1.4.
Les images pondérées en T1 correspondent à l’étude de la composante longitudinale Mz tandis que
les images pondérées en T2 utilisent la composante transversale Mz .
La figure 1.5 montre une machine IRM.
Afin de palier ce problème l’Institut Neurologique de Montreal a proposé ces templates MNI (ou
atlas) en moyennant les cerveaux de centaines de patients afin d’obtenir un cerveau moyen. Ensuite,
une transformation non linéaire permet de ramener une nouvelle acquisition vers un template MNI.
Il existe plusieurs templates MNI disponibles dans la littérature permettant d’obtenir des tailles
physiques de voxels allant de 0.5 ⇥ 0.5 ⇥ 0.5mm3 à 3 ⇥ 3 ⇥ 3mm3 [27, 28].
1.2.4 Parkinson
La maladie de Parkinson est une maladie neurodégénérative qui se développe généralement entre
45 et 70 ans. Elle est la seconde maladie la plus fréquente après la maladie d’Alzheimer.
La maladie de Parkinson se distingue des syndromes Parkinsoniens qui sont souvent plus agressifs
et répondent moins aux traitements.
Le diagnostic de ces pathologies neurodégénératives est difficile car tous les syndromes Parkin-
soniens et la maladie de Parkinson ont en commun plusieurs symptômes.
— Le tremblement des extrémités
— Une rigidité des mouvements
— Des mouvements lents
Si certains syndromes Parkinsoniens peuvent être diagnostiqués, la maladie de Parkinson reste à
ce jour une maladie idiopathique.
Parmi ces syndromes Parkinsoniens, il est possible de citer :
— L’atrophie multi systématisée (AMS)
— La paralysie supra nucléaire (PSP)
— La dégénérescence corticobasale (DCB)
— La maladie à corps de Lewy
Ces syndromes Parkinsoniens sont souvent confondus avec la maladie de Parkinson de par les
symptômes en commun. L’évolution de la pathologie est souvent l’un des éléments permettant de
discriminer les syndromes Parkinsoniens de la maladie de Parkinson.
Ces syndromes Parkinsoniens sont des pathologies rares et agressives, répondant peu aux trai-
tements. Leur étude est un challenge car la collecte de données de pathologies rares, au diagnostic
définitif, est difficile.
Plus d’informations sur la maladie de Parkinson peuvent être trouvées dans [29].
Cependant dans le domaine de la neuro imagerie, les méthodes de machine et deep learning sont
les plus représentées. Les applications sont variées allant de la segmentation d’image [33, 34, 35], la
génération d’images via les modèles Generative Adversial Network (GAN) [36], la régression telle que
la prédiction de l’âge d’un sujet en s’appuyant sur une IRM cérébrale [37] ainsi que la classification
visant à discriminer une population de sujets sains et une population de patients pathologiques [38].
Toutes les pathologies neurologiques peuvent être étudiées via l’intelligence artificielle que ce
soit la maladie d’Alzheimer [39, 40, 41, 42, 43], la maladie de Parkinson [38, 44] et les syndromes
Parkinsoniens [45, 46, 47], la neuro fibromatose [48] ou encore la sclérose [49].
D’autres travaux utilisent l’intelligence artificielle et la neuro imagerie pour des sujets de recherche
plus vastes, et moins souvent étudiés tels que l’étude du coma [50], les troubles neurologiques et
psychiatriques [51] ou encore la différence entre les cerveaux d’un homme et d’une femme [52].
Certains travaux ajoutent une partie visualisation et interprétation des prédictions de leur modèle
dans le but d’obtenir une signature spatiale de la pathologie étudiée. F. Nemmi et al. proposent une
approche basée sur les SVM qui fournit la discrimination entre les syndromes Parkinsonien et les
sujets sains ainsi que les clusters de voxels les plus discriminants correspondant à une signature spa-
tiale des pathologies [46]. Esmaeilzadeh et al. proposent aussi une signature spatiale de la maladie de
Parkinson en 2018 avec un modèle de réseau de neurones convolutifs 3-dimensions [32]. Chengliang
et al. utilisent aussi le deep learning et l’interprétation visuelle pour obtenir une signature spatiale
de la maladie d’Alzheimer [53].
Plusieurs recherches se concentrent sur la création d’une plateforme d’intelligence artificielle ap-
pliquée à la neuro imagerie en proposant des solutions à tous les types de problèmes (segmentation,
régression et classification) telles que BrainNetCNN [54] et NiftyNet [55]. Ils proposent alors des
architectures prêtes à l’emploi ou encore des modèles déjà entrainés.
Parmis ces travaux de recherches, les objectifs peuvent être variés. P. Péran et al. comparent les
différents algorithmes de classification supervisés et non-supervisés en discriminant le même jeu de
données sur les syndromes Parkinsoniens [47]. Nemmi et al. ont développé un pipeline de classifi-
cation appliqué aux syndromes Parkinsoniens [46], en validant leurs résultats via les connaissances
présentes dans l’état de l’art de la pathologie [56, 57, 31] et en les comparant avec les résultats
d’autres méthodes publiées [58, 59, 60, 61, 62, 63, 47, 64]. Ce pipeline est ensuite appliqué à d’autres
pathologies [65].
S’il existe de nombreux travaux d’application de l’intelligence artificielle à la neuro imagerie, très
peu se concentrent sur les pathologies neuro dégénératives rares où la collecte de données est difficile.
La taille des jeux de données des pathologies rares est limitée ce qui rend difficile l’utilisation des
techniques d’intelligence artificielles dites profondes.
De plus, peu de travaux visent à développer un pipeline entièrement basé sur le "deep learning" en
combinant IRM 3-dimensions, biomarqueurs dérivés de l’IRM et multimodalité dans le but d’obtenir
à la fois une classification, mais aussi une analyse du pouvoir discriminant des différentes biomar-
queurs ainsi qu’une visualisation spatiale des zones discriminantes. Ce type de pipeline avec peu
de données permet pourtant d’étudier les pathologies rares en utilisant les techniques d’intelligence
artificielles les plus avancées, mais aussi une application clinique via les données collectées sur le
centre clinique.
Le chapitre 3 permet de détailler l’apprentissage profond, la méthode utilisée lors de cette thèse.
Dans un premier temps, le neurone artificiel et son apprentissage seront abordés en section 2.1.
Puis les réseaux de neurones ainsi que leurs architectures seront détaillés dans les sections 2.2 et 2.3
avec leurs avantages respectifs.
Les hyper-paramètres associés aux réseaux de neurones seront expliqués dans la section 2.7.
La section 2.6 quant à elle s’intéressera à la mesure de performance d’un réseau de neurones artificiels.
Ce chapitre se terminera par les modèles mono et multi modaux dans la section 2.8 et l’entraînement
d’un modèle section 2.9.
20
2.1. NEURONE ARTIFICIEL
Ce cycle d’apprentissage est répété sur un grand nombre de données dans le but de pouvoir
généraliser l’information contenue dans un jeu de données. Cela permet d’obtenir un taux d’échec
minimal sur l’ensemble des données d’apprentissage et ainsi pouvoir calculer des prédictions sur de
nouvelles données. Il serait possible de schématiser de façon plus mathématique ce cycle via la figure
2.4.
2.2.1 Perceptron
Le perceptron est le réseau de neurones artificiels le plus simple puisqu’il n’utilise qu’un seul
neurone. La fonction d’activation du neurone est définie en fonction de l’application. Une fonction
dite de tout ou rien ne sera utilisée que dans le cas de la classification alors que dans le cas de la
régression, une fonction sigmoïde sera préférentiellement employée.
L’exemple ci-dessous présente l’utilisation d’un perceptron dans le but d’une classification. La
figure 2.6 visualise le jeu de données utilisé. Chaque donnée est un vecteur de deux scalaires [x1 , x2 ]
permettant de représenter un patient avec x1 un scalaire quantifiant son niveau de pratique du sport
et x2 si le patient est un fumeur ou non. Ce jeu de données est simulé avec une fonction aléatoire
centrée sur un point de l’espace. Deux classes sont alors générées sur deux points de l’espace différents.
Le label de ces données est alors un risque d’avoir un cancer du poumon élevé ou faible. Le but du
perceptron doit donc apprendre à prédire si un patient possède un risque élevé ou faible d’avoir un
risque de cancer du poumon.
La figure 2.7 montre l’architecture du perceptron, avec une entrée par scalaire du vecteur repré-
sentant le patient. La fonction d’activation du perceptron est une fonction dite de tout ou rien et
permet de prédire 0 ou 1.
La simplicité du perceptron est l’un de ses avantages. Les temps de calcul sont très faibles
cependant la simplicité du perceptron est aussi son inconvénient. En effet, il est possible de calculer
la frontière entre les deux classes définie par un perceptron. La prédiction o correspond à l’équation
2.7. (
o = 1 si !1 ⇥ x1 + !2 ⇥ x2 + b > 0
(2.7)
o = 0 si !1 ⇥ x1 + !2 ⇥ x2 + b 0
Il est alors possible de déduire la frontière entre les deux classes via l’équation 2.8.
!1 ⇥ x1 + !2 ⇥ x2 + b = 0 (2.8)
L’équation 2.8 correspond à celle d’une droite. Le perceptron ne peut alors qu’effectuer une
classification linéaire des données. Ceci explique alors la présence du biais dans les paramètres du
neurone artificiel car il permet de calculer une frontière qui ne passe pas par l’origine. Afin de se
convaincre de cette classification, il est possible de discrétiser le plan afin de calculer la prédiction
pour chaque point du plan. La figure 2.8 montre les résultats obtenus sur les données de la figure
2.6 et permet de visualiser la classification linéaire des données.
Figure 2.8: Prédictions calculées par un perceptron sur le jeu de données de la figure 2.6
[x1 , x2 ] permettant de représenter un patient avec x1 un scalaire quantifiant son niveau de pratique
du sport et x2 si le patient est un fumeur ou non. Les classes sont maintenant un risque faible,
modéré et élevé d’avoir un cancer du poumon. Ce jeu de données est présenté sur la figure 2.9.
Figure 2.9: Jeu de données d’exemple pour l’utilisation d’un perceptron multi couches
Une architecture basée sur le perceptron multi couches est représentée sur la figure 2.10. Elle est
composée d’une couche d’entrée à deux neurones artificiels, un pour x1 et l’autre pour x2 . La couche
de sortie est quant à elle composée de trois neurones artificiels, un pour la probabilité d’appartenance
à la classe 1, un pour la classe 2 et un pour la classe 3. L’architecture est complétée par une couche
intermédiaire, dite cachée, composée de trois neurones. Ce choix de trois neurones artificiels est un
choix arbitraire, parmi les hyper-paramètres détaillés dans la section 2.7. La section 2.1.3 détaille
les fonctions d’activation du neurone artificiel. Ici, la dernière couche est activée par une fonction
softmax afin de calculer des probabilités d’appartenance aux classes, tandis que la couche cachée
peut être activée par l’une des fonction de rectification (ReLU, LeakyReLU ou ELU).
Figure 2.10: Architecture d’un perceptron multi couches pour une classification multi classes
Cette fois ci le perceptron multi couches permet une classification non linéaire des données. Un
élément de sortie de la couche de prédiction est cette fois ci défini par l’équation 2.9 avec '1 la
fonction d’activation de la couche cachée.
Figure 2.11: Prédictions calculées par un perceptron multi couches sur le jeu de données de la
figure 2.9
de connecter la sortie à un sous ensemble spatialement connecté des données d’entrée. L’objectif
de l’apprentissage n’est alors plus de déterminer les poids de ces liens permettant de minimiser la
fonction d’erreur, mais de déterminer les filtres de convolution minimisant la fonction d’erreur.
Les opérations de convolution représentée figure 2.12, permettent de détecter des formes dans un
signal, ce qui permet aux réseaux de neurones convolutifs d’apprendre des formes caractéristiques
sur le jeu de données d’apprentissage. Dans le but d’apprendre différentes formes, plusieurs filtres de
convolution sont "appris" sur chaque couche de convolution. Il est d’usage d’augmenter le nombre
de filtres de convolution au fur et à mesure que les données traversent l’architecture.
Les réseaux de neurones convolutifs peuvent être utilisés pour des problèmes de classification ou
de régression. Dans le cas d’une classification, la fin d’un CNN est alors constituée d’un perceptron
multi couches (voir section 2.2.2). Dans le cas d’un problème de régression, la sortie pourra être un
perceptron multi couches si la prédiction est un scalaire, ou encore la symétrie du CNN dans le cas
de segmentation (régression d’une image d’un espace RM ⇥N vers un autre espace RM ⇥N ).
Les CNN s’appuient aussi sur les opérations de "pooling" afin de réduire la dimension des données
lorsqu’elles traversent le réseau de neurones. Cette opération consiste à ne garder qu’une seule valeur
parmi le voisinage. Cette valeur peut être le maximum ou la moyenne du voisinage. La figure 2.13
présente un exemple de pooling utilisant la moyenne.
Finalement, les CNN sont principalement basés sur une séquence de couches de convolution
avec un nombre de filtres appris croissant, et de couches de pooling pour réduire la dimension des
données. Les sections 2.3.1, 2.3.2 et 2.3.3 présentent les architectures les plus connues et utilisées
dans la littérature. La section 2.3.4 quant à elle présente l’architecture la plus connue dans un but
de segmentation d’images. Ces architectures sont disponibles déjà entrainées sur le jeu de données
Image-net [17], l’un des plus gros jeu de données d’images couleur contenant de nombreuses classes.
Les filtres de convolution et les paramètres de ces CNN sont alors déjà fixés pour minimiser une
fonction d’erreur sur un grand nombre de classes. Ces CNN sont donc capables de détecter de nom-
breuses formes sur les images et peuvent être réutilisés pour d’autres applications.
Les 3 principales architectures actuellement utilisées dans la littérature sont détaillé ci-dessous.
2.3.1 VGG
L’architecture VGG pour Visual Geometry Group a été développée par l’Université d’ Oxford
et est l’une des premières architectures CNN présentées dans la littérature [18]. Son architecture
ret
I 5 1
5 9 3 0 2 1
2 4 0 1
Average pooling
4 1 1 2
2 1 0 1
Figure 2.13: Détail de l’opération d’average pooling
est une séquence de couches de convolution et de pooling. La figure 2.14 détaille l’architecture d’un
modèle VGG. Il existe deux versions VGG16 et VGG19 qui correspondent aux nombres de couches
utilisées.
6 Max Pooling
7 Convolution 256 filtres, kernel (3, 3) + activation ReLU
8 Convolution 256 filtres, kernel (3, 3) + activation ReLU
9 Convolution 256 filtres, kernel (3, 3) + activation ReLU
10 Max Pooling
11 Convolution 512 filtres, kernel (3, 3) + activation ReLU
12 Convolution 512 filtres, kernel (3, 3) + activation ReLU
13 Convolution 512 filtres, kernel (3, 3) + activation ReLU
14 Max Pooling
15 Convolution 512 filtres, kernel (3, 3) + activation ReLU
16 Convolution 512 filtres, kernel (3, 3) + activation ReLU
17 Convolution 512 filtres, kernel (3, 3) + activation ReLU
18 Max Pooling
19 Mise à plat
20 Couche entièrement connectée de 4096 neurones + activation ReLU
21 Couche entièrement connectée de 4096 neurones + activation ReLU
22 Couche entièrement connectée de 1000 neurones + activation softmax
L’avantage des modèles VGG est leur "simplicité". Cependant, cette simplicité dans la conception
de l’architecture a des conséquences telles que la quantité de mémoire utilisée pour ces types de
modèle.
2.3.2 ResNet
Les architectures basées sur ResNet ressemblent aux modèles VGG mais un lien permet de
sauter certaines couches via les "skip connexions" [19]. La figure 2.15 présente le principe de la skip
connection. Un lien avec une couche identité est reconnectée plus profondément dans l’architecture
ce qui permet aux données de "sauter" une couche lorsqu’elle est inutile dans les prédictions.
La figure 2.16 représente la skip connexion de façon simplifiée où la couche i 2 est à la fois
connectée à la couche i 1, comme ce serait le cas pour une architecture VGG, mais aussi à la
couche i.
Figure 2.16: Architecture des couches de convolution des modèles type ResNet
L’apprentissage des modèles ResNet est alors facilité car le modèle peut choisir les couches qui lui
sont utiles pour minimiser l’erreur de prédiction. Différentes versions des architectures ResNet sont
disponibles dans la littérature avec des paramètres déjà entrainés sur le jeu de données Image-net
[17], allant de ResNet50 à ResNet151.
2.3.3 GoogLeNet
Les architectures de type GoogLeNet utilisent les "modules d’inception" pour remplacer les
simples couches de convolution [20]. La figure 2.17 détaille le module d’inception et il est possible
de remarquer qu’il ne s’agit plus d’une séquence linéaire de couches. En effet le module d’inception
combine les convolutions de taille (1, 1), (3, 3) et (5, 5) ainsi que l’opération de max pooling. Les
convolutions de taille (1, 1) permettent de pondérer les données de la couche précédente, tandis que
les couches de convolution (3, 3) et (5, 5) permettent d’apprendre des formes sur les données en
prenant en compte un voisinage plus ou moins grand. L’opération de pooling inclue dans le module
d’inception permet quant à elle d’avoir un aperçu de ce qui se passera lors de la couche suivante.
Le module d’inception se termine par une concaténation de chacune des branches afin de pouvoir
être connecté à la couche suivante. Finalement le module d’inception combine une pondération des
données, un aperçu de la couche suivante ainsi que deux convolutions de taille différente.
La figure 2.18 détaille l’architecture du modèle GoogLeNet utilisant les modules d’inception. Il
est possible de constater que l’architecture présente plusieurs sorties afin d’obtenir une prédiction à
partir de formes extraites sur les données d’apprentissage provenant de différentes échelles.
2.3.4 U-Net
Les architectures basées sur les U-Net sont utilisées dans le cas de régression ou de segmentation.
Comme son nom l’indique, l’architecture est en forme de U. Une première partie consiste en des
couches de convolutions et de pooling, puis la seconde partie est la symétrie de la première. Des
couches de déconvolution avec des nombres de filtres égaux à la couche équivalente de la première
partie et des couches d’"un-pooling" permettent d’augmenter la dimension des données transitant à
l’intérieur du U-Net. Les deux parties peuvent être connectées avec ou sans l’utilisation de couches
entièrement connectées. La figure 2.19 détaille de l’architecture d’un U-Net.
Les modèles VGG [18], ResNet [19] et GoogLeNet [20] présentés dans la section 2.3 ont tous
été entrainés sur le jeu de données Image-net [17]. Ces modèles sont alors disponibles avec les pa-
ramètres déjà entrainés. Le jeu de données Image-net étant composé d’un grand nombre d’images
et de classes, ces modèles ont alors eu l’occasion d’apprendre à reconnaitre de nombreuses formes
et caractéristiques dans une image. Ils peuvent alors être appliqués à d’autre domaine tant que les
données d’entrée sont des images.
En général, la partie convolutive de ces modèles va être fixée, tandis que les couches entièrement
connectées vont être ré-entrainées sur le nouveau jeu de données. Pour plus d’information sur le
transfer learning voir [68].
et même donnée.
Plusieurs méthodes sont alors à disposition telles que l’ajout de bruit aléatoire, les rotations, les
translations ou encore les miroirs. Cependant ces méthodes ne sont pas toujours applicables et
nécessitent une étape de réflexion sur la modification applicable qui permet de conserver le sens du
jeu de données.
En prenant l’exemple d’images satellites visant à détecter les routes, la plupart des méthodes sont
applicables. En effet, une route dans une image reste une route lorsqu’une translation, une rotation
ou un image miroir est générée. Cependant, dans le cas de reconnaissance des chiffres manuscrits,
une rotation de 180 degrès d’une image du chiffre "6" ne produit pas un nouvel exemple d’image
de cette classe mais une image du chiffre "9" qui serait alors labélisée comme étant un chiffre 6. Il
est bien possible d’appliquer des rotations sur un jeu de données de chiffres manuscrits puisqu’il est
possible de rédiger avec une inclinaison différentes tout en gardant le sens, mais il existe un angle
de rotation à ne pas dépasser au risque de fausser la base de données d’apprentissage.
Concernant le cas la méthode de l’ajout de bruit, elle est toujours applicable mais elle nécessite
d’analyser le type de bruit qu’il est possible d’ajouter ainsi que le nombre de nouvelles données
à générer. En effet, tous les capteurs possèdent un bruit lors de l’acquisition, il est donc possible
de générer plusieurs images simulant plusieurs acquisitions d’une même donnée avec différentes
manifestations du bruit du capteur.
Dans le cas des images médicales, et plus particulièrement des images neurologiques, l’application des
méthodes de data augmentation est difficile. En effet, le jeu de données étant recalé dans un template
MNI (voir la section 1.2.3), les techniques de rotations, de miroir et de translation ne sont pas
indiquées. Cela est d’autant plus contre-indiqué lorsqu’une signature spatiale est recherchée. L’ajout
de méthode de data augmentation pourrait fausser les résultats de visualisation. En effet, lorsque
l’on applique une image miroir d’une IRM cérébrale, la droite et la gauche sont alors confondues et
un modèle d’intelligence artificielle n’est plus capable de discerner la droite et la gauche dans une
IRM cérébrale.
2.6.1 Perte
La perte, ou erreur, d’un modèle vise à calculer l’erreur du modèle sur l’ensemble des données
testées. Pour cela il est nécessaire de définir une fonction d’erreur permettant de quantifier l’erreur
entre la prédiction et la vérité terrain. Un exemple d’une telle fonction dans le but d’une classi-
fication est l’entropie croisée dont l’équation 2.11 détaille le calcul, avec K le nombre de classes,
yi la probabilité d’appartenance à la classe i de la vérité terrain (i.e. 0 ou 1) et yˆi la probabilité
d’appartenance à la classe i prédite par le modèle. D’autres fonctions d’erreurs seront détaillées dans
la section 2.7.6.
i=K
X
logloss(y, ŷ) = (yi ⇥ log(yˆi ) + (1 yi ) ⇥ log(1 yˆi )) (2.11)
i=0
Cette fonction d’erreur est minimisée lors de l’apprentissage sur les données d’entrainement dans
le but d’être par la même occasion minimisée sur les données de test qui n’ont jamais été vues par
le modèle durant la phase d’entrainement.
La figure suivante 2.20 présente une fonction d’erreur sur les données d’apprentissage et de test
lors de l’entrainement d’un modèle. Il est alors possible de constater que la courbe décroit de façon
exponentielle. De plus, la comparaison entre la courbe correspondant aux données d’entrainement
et celle des données de test permet de repérer les cas de sur-apprentissage et de sous-apprentissage.
Figure 2.20: Courbe d’apprentissage de la fonction d’erreur sur le jeu de données d’entrainement
et de test
Le sur-apprentissage correspond au cas où la courbe d’erreur est très faible sur les données d’en-
trainement mais reste élevée sur les données de test. Cela correspond au fait que le modèle est devenu
trop "performant" sur les données d’apprentissage et ne généralise plus correctement l’information
contenue dans l’ensemble du jeu de données, mais au contraire s’appuie sur des caractéristiques
présentes uniquement dans les données d’entrainement. La figure 2.21 permet de visualiser le cas
du sur-apprentissage sur la courbe de la fonction d’erreur et son effet sur la classification du jeu de
données.
A contrario, le sous apprentissage est un modèle qui obtient deux courbes d’erreur sur les données
d’entrainement et de test qui reste élevée tout au long de l’apprentissage. La figure 2.22 permet
de visualiser le cas du sous-apprentissage sur la courbe de la fonction d’erreur et son effet sur la
classification du jeu de données.
(a) Cas idéal d’apprentissage sur la courbe (b) Représentation d’un cas idéal
d’apprentissage de la fonction d’erreur d’apprentissage sur les données
2.6.2 Exactitude
Dans le cas d’un problème de classification, une autre mesure de performance est à disposi-
tion. L’exactitude (ou accuracy) correspond au pourcentage de données correctement classées par
le modèle. En définissant les vrais positifs et les vrais négatifs (V P et V N ) comme les données
correctement classées par le modèle et les faux positifs et les faux négatifs (F P et F N ) comme les
données mal classées par le modèle, il est possible de calculer un score d’exactitude. Dans le cas d’une
classification binaire appliquée au domaine médical telle que sujets sains et patients malades, un V P
est un patient malade prédit comme tel par le modèle et un V N est un sujet sain prédit comme
sujet sain. Un F P est un sujet sain prédit comme patient malade et un F N est un patient malade
prédit comme sujet sain. L’équation 2.12 détaille le calcul permettant d’obtenir le score d’exactitude
sur un jeu de données.
VP +VN
Exatitude = (2.12)
V P + V N + FP + FN
Ainsi il est possible de calculer ce score d’exactitude lors de l’apprentissage et la figure 2.24 en
montre un exemple. Contrairement à la fonction de perte, la courbe d’accuracy augmente de façon
logarithmique.
Tout comme pour la fonction de perte (section 2.6.1), il est possible de repérer le sur-apprentissage
et le sous-apprentissage sur ces courbes en comparant l’exactitude obtenue sur les données d’entrai-
nement et celle des données de test (voir figures 2.22, 2.21 et 2.23)
Cependant, ce score d’exactitude présente des limites puisqu’il correspond à un score général.
Pour rester dans l’exemple de la classification binaire appliquée au domaine médical, ce score ne
reflète pas la capacité du modèle à classer correctement les sujets sains ou au contraire, les patients
malades. Pour cela, il est possible d’étudier les scores de sensitivité et de spécificité correspondant à
la capacité du modèle à classer correctement respectivement les patients malades et les sujets sains.
Ces deux scores permettent d’affiner le modèle en fonction des besoins de l’utilisateur. Les équations
2.13 et 2.14 détaillent les calculs utilisés afin d’obtenir ces deux scores.
VP
Sensitivité = (2.13)
V P + FN
VN
Spécificité = (2.14)
V N + FP
⇥ p < 0.25
o2 o2
p < 0.25 ⇥
o1 o1
dropout(0.25)
Figure 2.25: Exemple de l’application du dropout sur une couche entièrement connectée
longue à trouver. De plus le nombre de neurones sur une couche entièrement connectée conduit a un
modèle très gourmand en mémoire et est l’une des principales sources de dépassement de la capacité
d’une machine de calcul. En effet en prenant l’exemple de deux couches entièrement connectées de
1000 neurones chacune, chacun des 1000 neurones de la première couche possède 1000 connections
vers les 1000 neurones de la couche suivante. Chacune de ces connections correspond à un poids
de type R codé sur 16 ou 32 bits selon les réglages effectués par l’utilisateur. Ce qui revient à
1000 ⇥ 1000 = 1000000 de poids à stocker, mais aussi à déterminer lors de l’apprentissage.
Aussi l’utilisateur doit veiller à ne pas faire de goulot d’étranglement trop sévère, sauf cas parti-
culier, en évitant de connecter une couche entièrement connectée avec un grand nombre de neurones
sur une autre couche possédant quant à elle peu de neurones.
Finalement, en utilisant ces indices sur la capacité de la machine de calcul, la dimension des
données d’entrée ainsi que le nombre de sorties du modèle, l’utilisateur peut converger vers une
architecture permettant d’obtenir un bon compromis entre les résultats, la complexité du modèle et
la capacité de la machine de calcul.
. . . . . . .
. . . . . . .
. . . . . . .
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. . . . . . . . . . . . . .
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I0 . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . .
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I1 . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . .
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I2 . . . . . . .
. . . . . . .
I3
Ce phénomène est d’autant plus amplifié que le modèle inclut des couches de pooling qui ré-
L’utilisation de la convolution "valide" n’applique pas de padding et a pour effet de réduire les
données en fonction de la taille du filtre (la dimension d’une donnée convoluée par un filtre de taille
N + 1 est réduite de N ), permet aussi de déterminer un nombre de couches de convolution conve-
nable. En effet, lorsqu’il n’y a pas de padding, une opération de convolution ne peut pas s’appliquer
sur des données de dimension strictement inférieure à la taille du filtre. Ainsi à partir d’un certain
nombre de couches de convolution avec l’option "valide", il n’est plus possible d’en ajouter sous
peine d’avoir un modèle incapable d’être compilé.
L’utilisateur peut aussi s’appuyer sur la physique associée au problème afin de déterminer le
nombre idéal de couches. En prenant l’exemple d’un modèle ayant pour but de modéliser une diffu-
sion, en disposant de la taille physique du phénomène de diffusion ainsi que de la taille des pixels,
il est possible de déduire un nombre de couches de convolution permettant d’agréger l’information
provenant d’un voisinage correspondant à la physique du phénomène de diffusion à modéliser.
Il est d’usage d’augmenter le nombre de filtres de convolutions au fur et à mesure que les couches
de convolution s’enchainent. L’utilisateur doit alors principalement déterminer le nombre de filtres de
convolution de la première couche. Or la première couche de convolution fait intervenir les données
lorsqu’elles sont dans leur plus grande dimension. Les capacités de la machine de calcul sont alors
un bon moyen de déterminer le nombre de filtres de convolution de la première couche. La plupart
des modèles présents dans la littérature tels que les modèles VGG [18], ResNet [19] et GoogLeNet
[20] utilisent 64 filtres pour la première couche de convolution.
Pour les modèles utilisant des couches entièrement connectées suite à la partie convolutive, il est
possible de s’appuyer une nouvelle fois sur les capacités de la machine de calcul pour choisir le nombre
de filtres de la dernière couche. En effet lorsque la sortie de la dernière couche de convolution est
mise à plat, les données de dimension (x, y, f ) vont être mises à plat sous forme d’un vecteur de
dimension x ⇥ y ⇥ f avec f le nombre de filtres de la dernière couche de convolution. Il est alors
nécessaire que la valeur de x ⇥ y ⇥ f ne soit pas trop élevée pour faciliter l’apprentissage sur les
couches entièrement connectées. Pour cela, il faut que f ne soit pas trop élevé ; 256 ou 512 sont
couramment utilisés dans la plupart des modèles de la littérature. Une autre possibilité est d’avoir
suffisamment réduit la dimension (x, y) des données via le nombre de couches de convolution valides
ou les opérations de pooling.
2.7.5 Initialisation
L’initialisation des paramètres du réseau de neurones est une étape importante du développement
d’un modèle. En effet, plusieurs méthodes sont disponibles et ont chacune leurs avantages. L’intérêt
d’évaluer l’effet de l’initialisation des paramètres sur les résultats prédits par un modèle permet de
confirmer que la solution proposée par un modèle est indépendante de son initialisation. Autrement
dit, qu’un modèle converge toujours vers des solutions similaires quelle que soit l’initialisation.
Deux initialisations "naïves" sont possibles. Initialiser tous les paramètres du modèle à 0 ou à 1
(ou éventuellement toute autre valeur). Cependant, en utilisant ce type d’initialisation il est difficile
d’écarter le cas où la solution trouvée par un modèle n’est pas déterminée par l’initialisation. De
plus, l’apprentissage d’un modèle utilisant ce type d’initialisation n’est pas favorisé.
Deux initialisations plus élaborées sont plus communément utilisées en intelligence artificielle.
Une initialisation suivant une loi normale dont les paramètres du centre et de la déviation standard
peuvent être définis par l’utilisateur permet de commencer l’apprentissage d’un modèle à partir
d’une solution aléatoire. Chaque poids ! est alors initialisé suite à un tirage aléatoire ! ⇠ N (µ, 2 )
avec la moyenne µ et la variance 2 pouvant être modifiées par l’utilisateur.
Sur le même principe, il est possible d’utiliser une initialisation uniforme où l’utilisateur peut préciser
les bornes de la loi uniforme. Chaque poids ! est alors initialisé entre [min . . . max] ou chaque valeur
présente dans l’intervalle est équiprobable, avec min et max pouvant être définis par l’utilisateur.
D’autres initialiseurs sont aussi disponibles dans la littérature et ont l’avantage de calculer les
paramètres des lois d’initialisation automatiquement de façon à faciliter l’apprentissage du modèle.
Le plus utilisé est alors l’initialiseur Glorot [70] et est disponible en version loi normale et loi uniforme.
Dans le cas de la loi normale, chaque poids ! est initialisé en suivant une loi ! ⇠ N (0, 2 ) avec :
r
2 2
=
f anin + f anout
Avec f anin et f anout le nombre de neurones d’entrée et de sortie de la couche courante, respective-
ment.
Dans le cas de la loi uniforme, les poids ! sont initialisés entre [ lim . . . lim] où chaque valeur
présente dans l’intervalle est équiprobable et avec
r
6
lim =
f anin + f anout
Toujours avec f anin et f anout le nombre de neurones d’entrée et de sortie de la couche courante,
respectivement.
L’entropie croisée est l’une des plus utilisées pour les cas de classifications multi-classe. L’équation
2.16 détaille le calcul effectué avec K le nombre de classes du problème. Cette fonction fait partie
des fonctions d’erreur probabilistes tout comme la fonction d’erreur de poisson via l’équation 2.17
ainsi que l’entropie relative détaillée via l’équation 2.18.
Erreur d’entropie croisée :
i=K
X
loss(y, ŷ) = (yi ⇥ log(yˆi ) + (1 yi ) ⇥ log(1 yˆi )) (2.16)
i=0
Erreur de Poisson :
loss(y, ŷ) = ŷ y ⇥ log(ŷ) (2.17)
Erreur divergente de Kullback et Leibler (Entropie relative) :
y
loss(y, ŷ) = y ⇥ log( ) (2.18)
ŷ
Les fonctions d’erreur quadratique ou absolue (cf équation 2.19 et 2.20) ainsi que leurs variantes
telles que l’erreur moyenne absolue en pourcentage 2.21 ou encore l’erreur quadratique moyenne
logarithmique 2.22 ainsi que la similitude en cosinus 2.23 font parties des fonctions d’erreur de
régression.
Erreur quadratique moyenne :
loss(y, ŷ) = (y ŷ)2 (2.19)
Erreur absolue moyenne :
loss(y, ŷ) = ky ŷk (2.20)
Erreur absolue moyenne en pourcentage :
ky ŷk
loss(y, ŷ) = 100 ⇥ (2.21)
y
erreur quadratique moyenne logarithmique :
loss(y, ŷ) = (log(y + 1) log(ŷ + 1))2 (2.22)
Similarité en cosinus :
i=K
X
loss(y, ŷ) = (kyi k ⇥ kyˆi k) (2.23)
i=0
Les fonctions d’erreur de Hinge (2.24) et Hinge quadratique (2.25) font parties des fonctions
d’erreur de classification visant à maximiser la marge entre les classes.
Erreur de Hinge :
loss(y, ŷ) = max(1 y ⇥ ŷ, 0) (2.24)
Erreur de Hinge quadratique :
loss(y, ŷ) = max(1 y ⇥ ŷ, 0)2 (2.25)
Finalement l’utilisateur possède de nombreux outils permettant de quantifier une erreur entre une
vérité terrain y et une prédiction ŷ. De plus, il est possible d’implémenter sa propre fonction d’erreur
soit en combinant plusieurs fonctions déjà citées précédemment soit en utilisant la physique associée
au problème. L’objectif de l’apprentissage d’un réseau de neurones étant de minimiser l’erreur de
prédiction, toute fonction étant croissante avec l’écart entre y et ŷ qui augmente est techniquement
possible.
Figure 2.27: Effet du pas d’apprentissage pour trouver le minimum de la fonction d’erreur
Plusieurs solutions sont alors disponibles pour l’utilisateur lors de la création du modèle de réseau
de neurones. Certains optimiseurs possèdent la capacité de réduire le pas d’apprentissage au fur et
à mesure de l’apprentissage, et ainsi de maintenir un pas d’apprentissage adapté tout au long de la
phase d’apprentissage.
Il est aussi possible de créer un "callback", autrement dit une fonction qui est appelée à chaque
itération, mettant à jour le pas d’apprentissage en fonction de l’itération, voir même de l’erreur
actuelle.
Certains "callback" sont déjà implémentés, en particulier celui permettant de réduire le pas d’ap-
prentissage lorsque la fonction d’erreur ne réduit plus pendant plusieurs itérations.
2.7.8 Optimiseur
L’objectif de l’optimiseur est de déterminer comment les paramètres du modèle de réseau de neu-
rones vont être modifiés de façon à minimiser l’erreur de prédiction. Plusieurs choix sont disponibles
et déjà implémentés dans la littérature.
La descente de gradient stochastique (SGD) est l’un des optimiseurs les plus connus, mais aussi
l’un des plus simples. Un poids ! va être modifié de part le gradient ! et le pas d’apprentissage ↵
tel que décrit dans l’équation 2.26.
!=! ↵⇥ ! (2.26)
Cet optimiseur possède la possibilité d’ajouter un moment ainsi qu’un gradient accéléré de
Nestronov [71]. L’équation 2.26 devient alors l’équation 2.27 lorsque le paramètre du moment est
Adam est l’un des optimiseurs les plus utilisés pour les réseaux de neurones dont les buts sont de
maintenir un pas d’apprentissage adapté en partant du pas d’apprentissage fourni par l’utilisateur,
mais aussi d’avoir une mise à jour des poids invariante par rapport à la magnitude du gradient, ce
qui est très utile pour traverser des zones avec des gradients très faibles. Finalement, l’optimiseur
Adam peut être considéré comme la combinaison de RMSprop et SGD avec momentum ce qui le
rend pertinent sur un large éventail de problèmes [72], [73]. L’équation 2.30 détaille la mise à jour
des poids utilisée par Adam où m et v sont des moyennes mobiles, m̂ et v̂ leurs versions avec un
biais corrigé et ⌘ un correcteur du pas d’apprentissage.
8
>
> mt = 1 ⇥ mt 1 + (1 1 ) ⇥ !t
>
>
> 2
<vt = 2 ⇥ vt 1 + (1
> 2 ) ⇥ !t
m̂t = 1mt 1 (2.30)
>
>
>
> v
ˆ t = vt
>
> 1 2
:! = ! m̂t
t t 1 ⇥ ⌘ pvt +✏
D’autres variantes de l’optimiseur Adam sont disponibles telles que Adagrad qui utilise en plus la
fréquence de mise à jour des poids durant l’apprentissage [74], Adadelta qui s’appuie sur une fenêtre
glissante des gradients précédents plutôt que d’accumuler tous les gradients passés [75], Adamax
qui n’utilise le moment que sur une tranche de valeurs spécifiques [76], et NAdam qui incorpore le
moment Nestronov à Adam [77].
Cette possibilité est offerte aux réseaux de neurones via les couches de fusion. De nombreuses
couches de fusion sont déjà disponibles dans la littérature, telles que la concaténation, l’addition et
la multiplication. Cependant l’utilisateur a la possibilité de créer sa propre couche de fusion telle
qu’une concaténation pondérée, avec le poids de chaque modalité appris lors de la phase d’appren-
tissage.
L’utilisateur doit alors choisir à quel moment fusionner les sorties de deux couches. La fusion
précoce ou tardive sont les plus utilisées mais il existe des fusions hybrides.
La fusion précoce se place au début du modèle et a l’avantage d’avoir un modèle plus simple et moins
gourmand en capacité de calcul de la machine. Cependant les données sont mélangées dès la couche
de fusion et rend l’interprétation du modèle plus difficile, ce qui n’aide pas à démystifier l’effet boîte
noire du réseau de neurones.
Au contraire une fusion tardive se positionne vers la fin d’un modèle. Chaque partie des données est
alors traitée indépendamment avant d’être rassemblée à la fin du modèle par la couche de fusion.
Ceci rend l’interprétation du modèle plus aisée, mais augmente considérablement le temps de calcul
et les capacités nécessaires de la machine de calcul.
La ligne 2 de l’algorithme 1 consiste à séparer de façon aléatoire les données de façon à obtenir
un jeu de données d’entraînement d’environ 70% et un jeu de données de test d’environ 30%.
Les lignes 3 et 4 de l’algorithme 1 permettent d’appliquer un pré traitement aux données tel
qu’une normalisation ou une standardisation. Il est nécessaire d’appliquer le même pré traitement
aux données d’entraînement et de test.
La ligne 5 de l’algorithme 1 crée le modèle défini par l’utilisateur.
Les lignes 6 et 7 de l’algorithme 1 sont des hyper-paramètres du modèle avec le pas d’apprentissage
et l’optimiseur, ainsi que le choix de la fonction d’erreur et la métrique utilisée.
La ligne 8 de l’algorithme 1 compile le modèle avec les hyper-paramètres choisis par l’utilisateur.
Les lignes 9 et 10 de l’algorithme 1 permettent de définir les valeurs des variables batch_size et
epochs correspondant respectivement au nombre de données qui vont traverser le modèle avant que
l’erreur ne soit rétropropagée et que les poids soient mis à jour, et le nombre de fois que le jeu de
données d’entraînement va traverser le modèle avant que l’apprentissage s’arrête.
La ligne 11 de l’algorithme 1 lance la boucle d’apprentissage du modèle et la ligne 12 calcule les
prédictions sur les données de test de façon à obtenir le comportement du modèle sur des données
qu’il n’a jamais vues durant l’entrainement. La variable historic contient toutes les informations
collectées au cours de l’apprentissage et permet par exemple d’afficher les courbes d’apprentissage.
Les réseaux de neurones sont de plus en plus utilisés dans de nombreux domaines et pour des
applications très variées. Cependant, bien que les résultats soient prometteurs les réseaux de neu-
rones sont à l’heure actuelle toujours considérés comme des boites noires. En effet, la communauté
scientifique accepte et admet que ces modèles d’intelligence artificielle profonds fonctionnent et pro-
duisent d’excellents résultats, cependant l’étape de leur interprétation reste difficile.
Chacune de ces sections commencera par une présentation de la méthode ainsi que leurs avantages
et inconvénients, puis des exemples de résultats obtenus avec ces différentes méthodes de visualisa-
tion seront présentés.
La section 3.6 compare les résultats obtenus avec la méthode développée durant cette thèse et
les autres méthodes de visualisation déjà présentes dans l’état de l’art.
La section 3.7 présente un logiciel de visualisation développé durant ces travaux de thèse.
Le chapitre se termine par la section 3.8 qui fait le bilan des différentes méthodes de visualisation
des zones discriminantes.
51
3.1. OCCLUSION PARTIELLE DE L’ENTRÉE
Figure 3.1: Détail de la visualisation des voxels discriminant avec la méthode d’occlusion partielle
de l’entrée
En pratique, cette méthode utilise plusieurs zones cachées permettant finalement de recouvrir
toute l’image et attribue un niveau d’importance à la zone courante en calculant la différence Pi Pi0 .
Le principe derrière cette méthode est relativement simple, mais les temps de calcul sont longs. De
plus, il reste à la charge de l’utilisateur de trouver une taille de filtre d’occlusion adéquate.
La figure 3.3 montre le résultats obtenus via la méthode d’occlusion partielle de l’entrée. Le
cervelet est bien ciblé, mais plus particulièrement la partie haute du cervelet alors que la basse est
omise.
Figure 3.3: Exemple de visualisation des voxels discriminant avec la méthode d’occlusion partielle
de l’entrée sur des données IRM 3D du cerveau avec une anomalie dans le cervelet
D’autres travaux donnent des améliorations de ces "saliency maps" tels que ceux de Mundhenk
et al. en 2020 [79] où les "saliency maps" de plusieurs couches sont combinées afin d’obtenir une
visualisation plus pertinente.
Quelle que soit la méthode basée sur les saliency maps, l’équation 3.1 est toujours à la base des
résultats produits, avec output la prédiction, input l’image d’entrée et S la saliency map.
output
S= (3.1)
input
Figure 3.4: Visualisation des voxels discriminants (bas) de la classe "chien" pour l’image d’entrée
(haut) avec la méthode saliency map [78]
La figure 3.5 quant à elle montre les "saliency maps" de chaque couche de convolution du modèle.
Il est alors possible de constater que les saliency maps plus proches de l’entrée possèdent une meilleure
résolution spatiale que celles obtenues en profondeur. Cependant, la fusion de toutes ces "saliency
maps" permet d’obtenir une visualisation plus précise de l’objet en question.
Figure 3.5: Visualisation des voxels discriminants (droite) de la classe "tracteur" pour l’image
d’entrée (gauche) avec la méthode saliency map fusionnée [79], avec les saliency maps
intermédiaires
Figure 3.7: Exemple de visualisation de la méthode CAM pour différentes classes d’Image-net [17]
(figure issue de [80])
de tâche (classification, annotation et réponse aux questions dans une image). GradCAM utilise
la rétro-propagation de l’erreur jusqu’à une certaine couche afin d’obtenir les "features maps" (ou
cartes de caractèristiques) [81]. La figure 3.8 schématise les opérations de la méthode gradCAM.
c
La première étape consiste à calculer Ay k le gradient de la classe c rétro propagé jusque la couche
A pour chacun cdes filtres k.
Ensuite ces Ay k sont moyennés de façon à obtenir une valeur ↵kc , ce qui correspond au "global
average pooling" de la méthode CAM. Pour une image de dimension i ⇥ j cela correspond au calcul
suivant : P P
1 yc
↵kc = i⇥j i j Ak
i,j
Finalement, la visualisation est calculée par combinaison linéaire des ↵kc et Ak comme l’indique
l’équation 3.3.
( P
gradCAM c = k ↵kc ⇥ Ak
P 1 P P yc (3.3)
gradCAM c = k i⇥j i j Ak ⇥ Ai,j
k
i,j
Figure 3.8: Détail de la méthode de visualisation des voxels discriminants GradCAM [81]
Depuis les travaux de Ramprasaath et al. en 2017 [81], Chattopadhay et. al en 2018 [82] et
Omeiza et al. en 2019 [83] ont amélioré cette méthode avec gradCAM++ et smooth gradCAM++
[84]. La figure 3.9 détaille la méthode gradCAM++ et l’équation 3.4 son calcul.
8 c c
<gradCAM + + = relu(gradCAM
>
P
)
c c k
gradCAM + + = relu( k ↵k ⇥ A ) (3.4)
:gradCAM + +c = relu(P 1 P P
> yc
⇥ Aki,j )
k i⇥j i j Aki,j
Étant une amélioration de la méthode CAM, gradCAM permet aussi de visualiser les zones dis-
criminantes pour des données multi-classes. Cependant, la partie de la rétro-propagation de l’erreur
peut consommer un temps de calcul conséquent en fonction de l’architecture du modèle et la couche
de convolution que l’utilisateur souhaite visualiser.
Figure 3.9: Détail de la méthode de visualisation des voxels discriminants GradCAM++ [83]
Figure 3.10: Exemple de visualisation de la méthode gradCAM pour une image provenant
d’Image-net [17] contenant un chien et un chat, avec l’image originale à gauche, la visualisation de
la classe chien au milieu, et la visualisation de la classe chat à droite (figure issue de [81])
souhaite les appliquer sur tout type d’architecture et en particulier sur les modèles 3-dimensions.
C’est pourquoi une méthode alternative a été développée lors de ces travaux de thèse.
Si l’occlusion partielle de l’entrée cherche à retrouver les zones discriminantes en cachant une
partie de l’entrée, les "saliency maps" les retrouvent en cherchant les zones sur lesquelles une petite
variation implique une grande variation sur les prédictions ainsi que CAM et gradCAM via la rétro-
propagation de l’erreur de prédiction. La méthode développée ici, nommée "CNN eyes visions",
cherche les zones importantes dans une donnée en fusionnant les décompositions intermédiaires d’un
modèle. Autrement dit, CNN eyes visions tente de retrouver ce que "regarde" un modèle lorsqu’une
entrée lui est fournie. Le nom de la méthode correspond au fait qu’elle tente de prendre les yeux du
modèle pour "voir" où "regarde" un modèle.
3.5.1 Méthodologie
Afin de retrouver les zones considérées comme importantes par un modèle, la méthode nommée
CNN eyes visions extrait toutes les décompositions intermédiaires d’un modèle. Ainsi pour chaque
couche de convolution composée de N filtres, N visualisations intermédiaires sont extraites. Ces
N visualisations subissent un seuillage afin de supprimer les valeurs négatives afin de ne conserver
uniquement que les activations positives. Elles sont ensuite interpolées vers la dimension de l’entrée
de façon à régler le souci des décompositions ayant subi une opération de "pooling" ou éventuelle-
ment une convolution dite "valide" où la dimension de la sortie est réduite par rapport à l’entrée en
fonction de la taille du filtre de convolution. Finalement ces visualisations sont moyennées dans le
but d’obtenir la visualisation moyenne de la couche courante.
Ceci permet d’obtenir une visualisation représentant les zones où "regarde" le modèle sur la couche
courante lorsqu’on lui fournit une entrée.
Cette opération peut être réitérée sur toutes les couches de convolution du modèle afin d’obtenir
la visualisation de chaque couche de convolution. Ensuite, il est possible de fusionner toutes ces
visualisations par couche de convolution et de normaliser le résultat afin d’obtenir une carte d’acti-
vation considérée comme "où regarde le modèle sur cette donnée" sur la totalité du modèle.
La figure 3.12 et l’algorithme 2 détaillent la méthode CNN eyes visions permettant d’obtenir une
visualisation par donnée.
Cette méthode permet d’obtenir des résultats intéressants comme le montre les figures de la
section 3.5.2, cependant il est possible d’aller plus loin dans certains cas.
En effet, en citant l’exemple des données MNIST [85] (autrement dit les images de chiffres ma-
nuscrits), le chiffre est centré dans l’image et il est alors possible de calculer la visualisation moyenne
d’un chiffre. Plus particulièrement, les données d’imagerie médicale sont souvent recalées afin que les
données des patients soient comparables entre elles. C’est le cas pour les données d’IRM du cerveau
dans les templates MNI (voir section 1.2.3). Ceci permet de calculer la visualisation moyenne d’une
classe et plus précisément la visualisation moyenne de la classe "patient atteint de la maladie" et
celle de la classe "sujet sain". Ainsi la méthode CNN eyes visions permet de savoir où "regarde"
particulièrement sur une classe et l’autre. Finalement il est possible de calculer la différence absolue
entre les visualisations de chaque classe de façon à retrouver les zones discriminantes puisque le ré-
sultat obtenu lors du calcul de la différence absolue permet d’obtenir une visualisation qui représente
les zones où un modèle "regarde" pour une classe mais pas pour l’autre.
Cette méthode de visualisation a été validée sur des données simulées [86] et les résultats obtenus
Figure 3.12: Détail de la méthode de visualisation des voxels discriminants CNN eyes visions
Figure 3.13: Visualisation moyenne des voxels discriminants de chaque classe du jeu de données
MNIST avec la méthode CNN eyes visions
Les modèles VGG [18], ResNet [19] et GoogleNet [20] sont ensuite ré-entrainés sur ces données
puis les visualisations via les méthodes gradCAM et CNN eyes visions sont calculées. Les figures 3.14,
3.15 et 3.16 présentent les résultats obtenus pour 5 données et pour les trois modèles, avec l’image
d’entrée en haut, les visualisations obtenues via CNN eyes visions au milieu et celle via gradCAM
en bas.
La figure 3.14 montre les résultats de visualisation obtenus pour le modèle VGG [18]. Alors que
gradCAM met en évidence la totalité de la forme correspondant à la classe, la méthode CNN eyes
visions quant à elle se concentre sur les contours de la forme.
Figure 3.14: Comparaison des visualisations obtenues avec GradCAM et CNN eyes visions sur un
jeu de données simulées pour le modèle de transfer learning basé sur VGG
La figure 3.15 présente les visualisations obtenues pour le modèle ResNet [19]. Celle-ci sont très
peu intenses, voire même invisibles sans appliquer un changement d’échelle, que ce soit pour la
méthode gradCAM ou CNN eyes visions.
Figure 3.15: Comparaison des visualisations obtenues avec GradCAM et CNN eyes visions sur un
jeu de données simulées pour le modèle de transfer learning basé sur ResNet
La figure 3.16 montre les visualisations obtenues pour le modèle GoogleNet [20]. Pour les deux
méthodes, la visualisation se concentre sur les contours de la forme, bien que la méthode gradCAM
fournit des résultats plus intenses.
La table 3.1 détaille les scores d’exactitude obtenus pour les trois modèles précédents sur le jeu
de données simulées contenant des formes (cercle ou carré). Il est alors possible de constater que le
modèle VGG qui a les meilleures visualisations obtient aussi les meilleurs scores d’exactitude. Ces
scores sont suivis de près par le modèle GoogleNet qui obtient aussi de très bonnes visualisations des
zones discriminantes. Le modèle ResNet quant à lui ne parvient pas à discriminer les deux formes
et les visualisations montrent des zones discriminantes très peu intenses.
Table 3.1: Exactitude sur le jeu de données d’entrainement et de test pour les trois modèles
Sur ce jeu de données simulées utilisant le transfer learning, les visualisations obtenues via grad-
CAM et CNN eyes visions sont très similaires et comparables. Cependant, la méthode CNN eyes
visions présente un avantage non négligeable. En effet, cette méthode n’utilisant pas les couches de
Figure 3.16: Comparaison des visualisations obtenues avec GradCAM et CNN eyes visions sur un
jeu de données simulées pour le modèle de transfer learning basé sur GoogleNet
prédiction, il est possible de calculer les visualisations avant d’effectuer le transfer learning. Grad-
CAM quant à lui utilise les prédictions pour calculer les visualisations des zones discriminantes, il
est donc nécessaire d’entrainer le modèle avant de calculer ces visualisations.
Ceci donne l’avantage à la méthode CNN eyes visions dans le cas du transfert learning puisque
l’utilisateur peut calculer les visualisations avant d’entrainer le modèle. Ainsi, en utilisant les vi-
sualisations et l’information a priori sur le jeu de données, l’utilisateur peut choisir l’architecture
du modèle la plus adaptée au problème. En effet, les modèles VGG et GoogleNet obtiennent les
meilleures visualisations et les meilleurs scores, tandis que le modèle ResNet obtient de mauvaises
visualisations et ne parvient pas à discriminer les deux formes. L’utilisateur se serait donc naturel-
lement dirigé vers le modèle VGG ou GoogleNet.
Figure 3.17: Comparaison des visualisations obtenues avec GradCAM et CNN eyes visions sur le
jeu de données cifar 10 [87]
Figure 3.18: Comparaison des visualisations obtenues avec GradCAM et CNN eyes visions sur un
jeu de données IRM
de sélectionner les données à visualiser et le fait d’en sélectionner plusieurs permet d’obtenir la
visualisation moyenne sur l’ensemble des données sélectionnées.
Une amélioration est envisageable sur ce logiciel avec l’ajout de toutes les méthodes de visuali-
sation présentées durant ce chapitre. Une checkbox de séléction permettrait à l’utilisateur de choisir
la méthode à employer.
comprendre la méthode ainsi que le développement du code permettant d’obtenir une visualisation.
La précision quant à elle permet d’évaluer à quel point la visualisation des zones discriminantes
calculée ressemble aux zones rééllement discriminantes. Ces deux termes pouvant être subjectif la
table 3.2 utilise les signes + et pour évaluer ces critères.
Table 3.2: Bilan sur les différentes méthodes de visualisation des zones discriminantes d’un CNN
Dans le cas de la neuro imagerie 3-dimensions, et plus particulièrement sur les applications
cliniques où le nombre de données est limitées, il est fréquent d’utiliser une validation croisée réitérée.
Dans le cas d’une validation croisée à 10 plis réitérée 10 fois, il y a 100 modèles a interpréter, avec
une visualisation à calculer par donnée et ce pour chacun des 100 modèles. La méthode CNN eyes
visions prend alors tout son sens avec son temps de calcul très court.
Afin de créer un jeu de données contenant ces images simulées, la base d’un jeu de données de
sujets sains de différents âges a été utilisée. Ainsi la première classe est composée de ces sujets sains.
La deuxième classe est ensuite créée en isolant la région d’intérêt (cervelet ou putamen) pour y
70
4.1. CRÉATIONS D’UN JEU DE DONNÉES SIMULÉES
appliquer une modification, et ce pour chaque sujet sain. Le jeu de données est donc finalement
composé de 89 sujets sains et 89 patients avec une anormalité induite.
Plusieurs versions de simulation "naïve" sont ensuite présentées dans la section 4.1.2. Puis la
version retenue dans les futurs travaux est détaillée dans la section 4.1.3 et correspond aux travaux
de thèse de Giulia Maria Mattia, doctorante à l’Inserm Toulouse NeuroImaging Center avec qui j’ai
collaboré.
Figure 4.3: Simulation d’une altération sur une zone précise d’un signal par augmentation
constante de l’intensité
Figure 4.4: Simulation d’une altération sur une zone précise d’un signal par augmentation de
l’intensité d’un pourcentage du point courant
effet ces travaux utilisent aussi les images médicales simulées et Giulia a produit des images plus
proches de la réalité.
Dans ces travaux, les voxels de la ROI ne sont pas tous modifiés, mais seulement les voxels ayant
une intensité inférieure à un certain pourcentage de l’intensité maximale de la ROI. Ceci permet
d’éviter les problèmes de saturation lorsque l’intensité de modification appliquée est élevée. De plus,
en analysant des images réelles de patients atteints de pathologies neurodégénératives, Giulia a pu
remarquer que les patients avaient une intensité plus élevée que les sujets sains dans certaines zones
du cerveau [88].
La figure 4.5 présente la méthode employée pour simuler une IRM avec une anormalité induite. Plus
Figure 4.5: Simulation d’une altération sur une zone précise d’une IRM via la méthode améliorée
[88]
Figure 4.6: Score d’exactitude en fonction de l’intensité d’augmentation des images simulées avec
la méthode où chaque voxel est augmenté d’un pourcentage du voxel courant
Figure 4.7: Score d’exactitude en fonction de l’intensité d’augmentation des images simulées avec
la méthode améliorée [88]
Les trois figures suivantes 4.8, 4.9 et 4.10 présentent les résultats obtenus pour le cervelet, le
putamen et la combinaison des deux ROI avec une augmentation de l’intensité de 55 %. Autrement
dit, cela correspond à une intensité qui permet aux modèles CNN d’obtenir un score d’exactitude
de 100 % sur la discrimination entre les sujets sains des patients possédant l’anormalité.
Pour chaque figure, la visualisation moyenne de la classe des sujets sains est en haut des figures, au
milieu se trouve la visualisation moyenne de la classe des patients possédant l’anormalité dans la
ROI et en bas la différence absolue entre les visualisations moyennes de chaque classe. Le contour
vert des figures correspond à la ROI.
La figure 4.8 montre que le cervelet est bien mis en évidence par la méthode de visualisation des
zones discriminantes CNN eyes visions.
Tout comme pour le cervelet, la figure 4.9 montre que le putamen est bien mis en évidence par
la méthode de visualisation des zones discriminantes CNN eyes visions.
La figure 4.10 quant à elle montre que la visualisation des zones discriminantes pour la com-
Figure 4.8: Visualisation des zones discriminantes des images simulées pour le cervelet avec la
méthode où chaque voxel est augmenté d’un pourcentage de 55% du voxel courant
binaison du cervelet et du putamen ne se concentre que sur le cervelet. Une explication est alors
envisageable et plausible, puisqu’en effet la taille du putamen très petite devant le cervelet. Le CNN
n’aurait alors qu’à s’appuyer sur le cervelet pour discriminer les deux classes.
Cette fois ci, la méthode de visualisation est appliquée sur un modèle ayant obtenu un score
d’exactitude de 100 % et un autre avec un score de 60 % et ce pour les données d’entrainement mais
aussi de test. Ceci permet d’éprouver la méthode de visualisation CNN eyes visions à la fois sur un
modèle qui discrimine parfaitement les données, et sur un modèle qui ne parvient pas réellement à
les discriminer.
La figure 4.11 concernant le cervelet montre que la ROI est bien mise en évidence sur les données
d’entrainement et de test pour le modèle ayant un score d’exactitude de 100 %. Concernant le
Figure 4.9: Visualisation des zones discriminantes des images simulées pour le putamen avec la
méthode où chaque voxel est augmenté d’un pourcentage de 55% du voxel courant
Figure 4.10: Visualisation des zones discriminantes des images simulées pour le cervelet et le
putamen avec la méthode où chaque voxel est augmenté d’un pourcentage de 55% du voxel courant
modèle ne parvenant pas à discriminer les données, sans surprise la visualisation ne cible pas le
cervelet sur les données de test. Cependant, le cervelet est tout de même mis en avant sur les
données d’entrainement. Cela permettrait d’obtenir de l’information sur la position de la ROI en
utilisant les données d’entrainement, même sur un modèle ayant un score d’exactitude faible.
Figure 4.11: Visualisation des zones discriminantes des images simulées pour le cervelet pour un
modèle ayant une exactitude élevée (100 %) et un modèle ayant une exactitude faible (60 %) [86]
Tout comme pour le cervelet, la figure 4.12 concernant le putamen montre que la ROI est bien
mise en évidence sur les données d’entrainement et de test pour le modèle ayant un score d’exactitude
de 100 %. Une nouvelle fois le putamen est peu mis en évidence sur les données de test via le modèle
ayant un score d’exactitude faible, mais est bien mis en avant sur les données d’entrainement.
Les résultats de visualisation sur la figure 4.13 pour la combinaison du cervelet et du putamen
rejoignent les résultats obtenus avec la version de base des images simulées. Le modèle semble
privilégier le cervelet au détriment du putamen pour le modèle ayant un score d’exactitude de 100
%. Concernant le modèle avec un faible score d’exactitude, un putamen semble vouloir apparaitre
sur les données de test mais il y a présence de diffusion autour du putamen, ce qui laisse difficile
l’interprétation des visualisations sur les données de test. Sur les données d’entrainement le cervelet
est mis en avant et le putamen est bien actif, mais avec une intensité moindre que le cervelet.
Figure 4.12: Visualisation des zones discriminantes des images simulées pour le putamen pour un
modèle ayant une exactitude élevée (100 %) et un modèle ayant une exactitude faible (60 %) [86]
Figure 4.13: Visualisation des zones discriminantes des images simulées pour le cervelet et le
putamen pour un modèle ayant une exactitude élevée (100 %) et un modèle ayant une exactitude
faible (60 %) [86]
modèle CNN, mais aussi les zones sur lesquelles s’est appuyé le modèle pour classer un sujet.
Figure 4.14: Visualisation des zones discriminantes des images simulées pour un sujet sain et un
patient possédant l’anormalité dans le cervelet et le putamen [86]
En combinant les réseaux de neurones convolutifs (CNN) (voir section 2.3), les modèles multi-
modaux (voir section 2.8) ainsi que la méthode de visualisation des zones discriminantes CNN eyes
visions (voir section 3.5) un pipeline entièrement basé sur le deep learning a été développé durant
ces travaux de thèse.
La validation de ces travaux ayant été effectuée sur des données simulées (voir chapitre 4), cela
permet d’appliquer ce pipeline sur des données réelles sereinement.
Ce chapitre concerne alors l’application de ce pipeline de deep learning aux syndromes Parkin-
soniens et plus particulièrement l’atrophie mutli systématisée (AMS).
Les sous-sections 5.1.1, 5.1.2 et 5.1.3 présentent respectivement l’atrophie multi systématisée, le jeu
de données multimodales 3-dimensions utilisé pour la détection de l’AMS ainsi que le benchmark
employé.
La section 5.2 détaille les différentes architectures utilisées ainsi que les scores obtenus. La section
5.3 propose une analyse du pouvoir discriminant des différents biomarqueurs et la section 5.4 montre
les résultats de visualisation des zones discriminantes pour les architectures employées.
81
5.1. DE L’IRM AUX PRÉDICTIONS ET VISUALISATIONS
cytes [89]. Le diagnostic de l’AMS est un challenge et plus particulièrement dans les phases initiales
de la pathologie de par le recouvrement entre ses symptômes et ceux des différents syndromes Par-
kinsoniens.
Plusieurs études proposent une approche basée sur l’intelligence artificielle pour discriminer les
principaux syndromes Parkinsoniens, telles que E. Adeli et. al en 2016 [58], F.D. Bowman en 2016
[59], Y. Chen et. al en 2015 [60], D. Long et. al en 2012 [61], B. Peng et. al en 2017 [62] et D. Zhang
et. al en 2014 [63]. La plupart ont utilisé des biomarqueurs dérivés de l’IRM tels que le niveau de
substance grise issu des images pondérées en T1, l’index d’intégrité microstructural de la matière
blanche issu de l’imagerie de diffusion et des biomarqueurs mesurant l’activité et la connectivité
du cerveau issus de l’imagerie fonctionnelle. Ces travaux ont atteint des scores de discrimination
satisfaisants, de l’ordre de 80 % en moyenne, et ont mis en évidence certaines zones du cerveau
considérées comme discriminantes.
D’autres travaux ont utilisé l’intelligence artificielle et les images IRM pour discriminer les sujets
sains et les syndromes Parkinsoniens entre eux, l’AMS et la paralysie supranucléaire progressive
(PSP) tels que G. Barbagallo et. al en 2016 [57], N.K. Focke et. al en 2011 [31], P. Péran et. al en
2018 [47], H.J Huppertz et. al en 2016 [64] et C. Scherfler et. al en 2016 [90].
Huppertz et al. [64] a utilisé des données volumétriques sur la matière grise et blanche issues d’images
pondérées en T1 pour discriminer les patients AMS et les sujets sains ainsi que les patients AMS et
les autres syndromes Parkinsoniens avec des scores d’exactitude allant de 60 à 90 %. Le groupe de
P. Péran et ses collègues [57, 47] a utilisé des protocoles plus complets en incluant les informations
volumétriques et les biomarqueurs dérivés de l’IRM. Chacune de ces études a atteint des scores
d’exactitude satisfaisants de l’ordre de 90 %.
Plus récemment, F. Nemmi et. al [46] a développé un pipeline de machine learning multimodal
par voxels basé sur les machines à vecteur de support en incluant des biomarqueurs dérivés de l’IRM
structurelle, de diffusion et fonctionnelle. Ce pipeline permet de discriminer les sujets sains des pa-
tients AMS et des patients Parkinson avec des scores d’exactitudes allant de 78 à 94 % mais aussi
d’extraire les zones discriminantes de chacun des biomarqueurs.
Plusieurs autres travaux ont déjà utilisé avec succès des méthodes basées sur les réseaux de neu-
rones pour discriminer les syndromes Parkinsoniens. Esmaeilzadeh et. al en 2018 ont proposé un
CNN 3-dimensions discriminant les syndromes Parkinsoniens via les IRM [32]. Shinde et. al ainsi
que Kiryu et. al en Kiryu2019 en 2019 utilisent eux aussi les CNN mais cette fois-ci via des coupes
d’IRM 2D [44].
Cependant aucun de ces travaux n’utilise un protocole IRM multimodal complet, incluant de l’image-
rie structurelle, de diffusion et fonctionnelle. De plus, ces travaux sont basés sur des jeux de données
de grande dimension (de 200 à 600 patients) et appliquent une augmentation de données.
Chacun des patients et sujets du jeu de données a passé un examen d’imagerie médicale sur une
IRM 3 Tesla au Toulouse NeuroImaging Center (ToNIC), laboratoire Inserm UMR 1214 à Toulouse.
Les images structurelles, de diffusion et fonctionnelles ont été acquises. Les images structurelles ont
ensuite été segmentées en niveau de substance grise , niveau de matière blanche et en fluide céré-
brospinal puis normalisées en utilisant CAT12 [93]. Les images de diffusion ont été traitées via le
pipeline standard FSL [94] permettant d’obtenir la fraction d’anisotropie et la diffusivité moyenne.
Pour finir, les images fonctionnelles ont été traitées avec conn [25] ce qui permet de calculer la frac-
tion de l’amplitude de fluctuation des basses fréquences mesurant l’activité du cerveau au repos [95].
Suite à ces traitements, chaque biomarqueur dérivé de l’IRM a une dimension de 60 ⇥ 72 ⇥ 60 voxels
de 3 ⇥ 3 ⇥ 3mm3 .
Trois biomarqueurs ont particulièrement été étudiés durant ces travaux de thèse permettant
d’allier l’imagerie structurelle, de diffusion et fonctionnelle.
— Le niveau de substance grise (gm)
— La diffusivité moyenne (MD)
— L’amplitude de fluctuation des basses fréquences (ALFF)
Le niveau de substance grise est un biomarqueur structurel, il permet donc d’imager la structure
du cerveau. Ce biomarqueur peut être pertinent pour la discrimination des pathologies neurodégé-
nératives car ces patients ont souvent un niveau de substance grise qui a tendance à s’affaisser ou
se réduire. La figure 5.1 montre un exemple de niveau de substance grise d’un patient AMS contenu
dans le jeu de données.
La diffusivité moyenne (MD) est un biomarqueur de diffusion qui permet d’imager le mouvement
brownien des molécules d’eau. La présence d’agrégats ferreux chez les patients atteints de pathologies
neurodégénératives a pour effet de modifier la diffusivité moyenne ce qui fait de MD un bon candidat
pour un biomarqueur discriminant. La figure 5.2 montre un exemple de diffusivité moyenne d’un
patient AMS contenu dans le jeu de données.
L’amplitude de fluctuation des basses fréquences est un biomarqueur fonctionnel qui permet
d’imager l’activité cérébrale au repos. Pour cela, le niveau d’oxygénation du sang dans le cerveau
est mesuré dans une séquence IRM temporelle. Ensuite les hautes fréquences sont filtrées de façon à
retirer les variations de l’oxygénation du sang dues aux battements du coeur et l’amplitude de fluc-
tuation est conservée de façon à obtenir une image 3-dimensions plutôt qu’une séquence temporelle.
La figure 5.3 montre un exemple d’amplitude de fluctuation des basses fréquences d’un patient AMS
contenu dans le jeu de données.
Figure 5.3: Biomarqueur dérivé de l’IRM : amplitude de fluctuation des basses fréquences (ALFF)
5.1.3 Benchmark
Pour réaliser l’étude sur l’utilisation de l’intelligence artificielle appliquée à l’atrophie multi sys-
tématisée, un benchmark a été mis en place. Celui-ci a été développé de façon à être le miroir du
pipeline proposé par F. Nemmi et. al [46], utilisant le même jeu de données. La figure 5.4 montre la
comparaison entre le pipeline original proposé par F. Nemmi et celui développé dans ces travaux.
Dans les deux cas, le pipeline consiste en :
— L’extraction de caractéristiques,
— La réduction du nombre de caractéristiques,
— La fusion des biomarqueurs,
— La classification
Afin de comparer les résultats obtenus avec le pipeline de deep learning, basé sur les CNN mul-
timodaux 3-dimensions, la même validation croisée à 10 plis réitérée 10 fois que F. Nemmi et. al a
été employée.
L’algorithme 3 détaille les différentes étapes de l’expérience. Il permet de tester les différentes archi-
tectures de CNN disponibles dans la littérature, pour chaque combinaison des biomarqueurs et de
calculer une visualisation des voxels discriminants.
Figure 5.4: Comparaison entre le pipeline 3D CNN multimodal (droite) et le pipeline SVM de F.
Nemmi et. al [46] (gauche)
Figure 5.5: Détail des couches employées dans la conception des différentes architectures
Les modèles multimodaux emploient tous le même type de fusion tardive en concaténant les
sorties des architectures des versions monomodales. Une couche entièrement connectée de 2 ⇥ N
neurones est insérée avant la prédiction finale du modèle utilisant N modalités comme le montre la
figure 5.6.
Table 5.1: Exactitude, sensitivité et spécificité obtenues pour chaque combinaison des différentes
modalités avec l’adaptation 3-dimensions du modèle VGG
Le biomarqueur MD obtient donc les meilleurs résultats en monomodal avec une exactitude
de 89.5 ± 1.8% alors que le biomarqueur ALFF produit les moins bons scores de cette étude avec
73.1 ± 3.9%. Tous les modèles multimodaux obtiennent des scores d’exactitude supérieurs à 84%.
La combinaison des biomarqueurs MD et ALFF obtient la meilleure sensitivité avec un score de
91.4 ± 1.7% et permet de mieux reconnaître les patients AMS présents dans le jeu de données.
Les scores de sensitivité et spécificité sont relativement proches hormis pour le biomarqueur GM
où l’écart entre ces deux scores est d’environ 15%. Il est donc moins performant pour détecter les
patients AMS que les patients sains.
Table 5.2: Exactitude, sensitivité et spécificité obtenues pour chaque combinaison des différentes
modalités avec l’adaptation 3-dimensions du modèle resNet
Tout comme les modèles basés sur l’architecture VGG, le biomarqueur MD obtient les meilleurs
scores en utilisant les modèles resNet avec une exactitude de 85.1 ± 1.9% et un accord stable entre
la sensitivité et la spécificité.
Cependant contrairement aux modèles basés sur l’architecture VGG, ceux basés sur resNet sup-
portent moins bien le multimodal. Les combinaisons des biomarqueurs GM et MD ainsi que GM,
MD et ALFF obtiennent une exactitude supérieure à 83%. La présence d’ALFF dans la combinaison
des trois biomarqueurs fait baisser la sensitivité et donc la capacité à reconnaître les patients AMS.
La table 5.3 présente les scores d’exactitude, de sensitivité et de spécificité obtenus pour chaque
combinaison des trois biomarqueurs dérivés de l’IRM.
Table 5.3: Exactitude, sensitivité et spécificité obtenues pour chaque combinaison des différentes
modalités avec l’adaptation 3-dimensions du modèle GoogleNet
Tout comme les modèles basés sur l’architecture VGG, le biomarqueur MD obtient les meilleurs
scores en utilisant les modèles googleNet avec une exactitude de 88.5 ± 3.2% et un accord stable
entre la sensitivité et la spécificité.
Les combinaisons des biomarqueurs MD et ALFF ainsi que GM, MD et ALFF obtiennent une
exactitude supérieure à 87% et une bonne sensitivité ce qui permet de correctement déctecter les
patients AMS.
Le biomarqueur GM souffre d’une faible sensitivité, lorsqu’il est utilisé seul et ce qui se retranscrit
sur les combinaisons GM et MD ainsi que GM et ALFF.
tion d’information utile contenue dans l’image. Cela est d’autant plus important en neuroimagerie
3-dimensions, où l’extérieur du cerveau est composé de zéros et contient donc une grande partie
d’information inutile dans l’image d’origine.
De plus, l’architecture originelle de googleNet contient deux sorties de prédiction. Or dans le cas de
données 3-dimensions, il est difficile d’employer une deuxième sortie au milieu de l’architecture car
la consommation de mémoire devient excessive.
La table 5.4 permet de comparer les trois architectures employées en version mono, bi et tri
modale. Plusieurs critères permettent d’analyser ces différentes architectures, à savoir la taille et
le nombres de paramètres du modèle, la durée de l’entrainement ainsi que le nombre de filtres de
convolution.
Il est alors possible de constater que les architectures de VGG et ResNet ont des tailles similaires,
que ce soit en mémoire ou en nombre de paramètres. Ces deux architectures sont plus gourmandes
que GoogLeNet. Cependant le modèle VGG est le plus rapide à entrainer et contient moins de filtres
de convolution que les deux autres architectures.
En utilisant le pipeline entièrement basé sur le deep learning, cette analyse du pouvoir discrimi-
nant des biomarqueurs est effectuée post entrainement en comparant les scores obtenus pour chaque
combinaison des biomarqueurs.
chitecture employé, ce qui en fait le meilleur candidat pour le biomarqueur discriminant pour la
pathologie AMS. De plus en analysant les scores sur les modèles multimodaux, les meilleurs scores
sont toujours obtenus pour une combinaison incluant le biomarqueurs MD.
Le biomarqueur ALFF seul obtient les moins bons scores quelle que soit l’architecture utilisée.
Ce biomarqueur s’est tout de même montré discriminant avec des scores d’exactitude de l’ordre de
75%. Cependant ALFF ne conserve que l’amplitude de fluctuation des basses fréquences or il existe
des architectures de réseaux de neurones capables de traiter les séquences temporelles. Ces modèles
basés sur les couches Long Short Term Memory (LSTM) ont été introduites par Hochreiter et. al
[97] et ont été adaptés en version convolutive avec les couches conv-LSTM. Ces architectures ont été
appliquées avec succès [98] mais aussi dans le domaine médical [99].
Ce biomarqueur pourrait alors être traité par une architecture basée sur les conv-LSTM et permet-
trait peut-être d’obtenir de meilleurs résultats.
Figure 5.11: Visualisation des zones discriminantes avec la méthode CNN eyes visions pour le
biomarqueur GM (rouge) et comparaison avec la méthode F. Nemmi et. al [46] (bleu)
Figure 5.12: Visualisation des zones discriminantes avec la méthode CNN eyes visions pour le
biomarqueur gm (rouge) et comparaison avec la méthode F. Nemmi et. al [46] (bleu)
La figure 5.13 montre les visualisations des voxels discriminants du biomarqueur ALFF avec le
modèle basé sur l’adaptation 3-dimensions de l’architecture VGG.
Les visualisations mettent en évidence des zones du lobe pariétal latéral (en particulier le gyrus
angulaire et marginal, bilatéralement) ainsi que des clusters dans le tronc cérébral et le cortex
préfrontal dorso-latéral.
Une comparaison avec les visualisations de F. Nemmi et. al n’est pas possible car ce biomarqueur
n’a jamais été retenu comme discriminant dans son pipeline.
Figure 5.13: Visualisation des zones discriminantes avec la méthode CNN eyes visions pour le
biomarqueur ALFF
Figure 5.14: Visualisation des zones discriminantes avec la méthode CNN eyes visions pour le
biomarqueur GM (rouge) et comparaison avec la méthode F. Nemmi et. al [46] (bleu)
Seule la combinaison des biomarqueurs GM et MD obtient des voxels discriminants en commun avec
F. Nemmi et. al. Ceci correspond aux scores obtenus (voir table 5.2) puisque seules les combinaisons
des biomarqueurs MD ainsi que GM et MD ont une sensitivité élevée et sont donc capable de
détecter les patients AMS. Autrement dit, seules ces combinaisons apprennent les caractéristiques
correspondant aux patients AMS.
Le cervelet est alors mis en évidence alors que le putamen est omis.
La figure 5.16 montre les visualisations des voxels discriminants du biomarqueur ALFF avec le
modèle basé sur l’adaptation 3-dimensions de l’architecture resNet.
Les scores de sensitivité sont faibles sur toutes les combinaisons des biomarqueurs et les modèles ne
sont donc pas performants pour détecter les caractéristiques des patients AMS, ce qui se ressent sur
les visualisations.
Figure 5.15: Visualisation des zones discriminantes avec la méthode CNN eyes visions pour le
biomarqueur MD (rouge) et comparaison avec la méthode F. Nemmi et. al [46] (bleu)
Figure 5.16: Visualisation des zones discriminantes avec la méthode CNN eyes visions pour le
biomarqueur ALFF
Figure 5.17: Visualisation des zones discriminantes avec la méthode CNN eyes visions pour le
biomarqueur GM (rouge) et comparaison avec la méthode F. Nemmi et. al [46] (bleu)
cibler le cervelet et d’obtenir des voxels discriminants en commun avec F. Nemmi et. al [46]. Tout
comme pour le biomarqueurs GM, le putamen est omis des voxels discriminants.
Les voxels discriminants obtenus pour le biomarqueur ALFF sont présentés sur la figure 5.19.
Le biomarqueur ALFF seul, et la combinaison GM et ALFF possèdent une sensitivité faible et ne
sont donc pas capables de détecter les caractéristiques des patients AMS, ce qui se ressent sur les
visualisations. Les combinaisons de biomarqueurs MD et ALFF ainsi que GM, MD et ALFF ont
de meilleurs scores de sensitivité, cependant les visualisations sont similaires au biomarqueur ALFF
seul et la combinaison GM et ALFF. Cela laisse penser que les scores de sensitivité sont meilleurs
de part la présence du biomarqueur MD.
L’une des raisons est le fait que ResNet et GoogLeNet utilisent plus de couches de convolution.
Ainsi, en fusionnant toutes les décompositions intermédiaires, la méthode de visualisation prend en
compte plus de visualisations où les données sont de très petites dimensions. Les effets d’interpola-
tion sont alors plus présents que pour l’architecture VGG.
Un correctif visant à pondérer les décompositions intermédiaires selon la profondeur de la couche
courante pourrait réduire cet effet.
Figure 5.18: Visualisation des zones discriminantes avec la méthode CNN eyes visions pour le
biomarqueur MD (rouge) et comparaison avec la méthode F. Nemmi et. al [46] (bleu)
Figure 5.19: Visualisation des zones discriminantes avec la méthode CNN eyes visions pour le
biomarqueur ALFF
Une autre raison serait l’utilisation du "zero-padding" sur les modèles ResNet et GoogLeNet.
L’ajout de ces zéros réduit la proportion d’information utile dans l’image mais reste indispensable
dans la conception de ces architectures, afin de pouvoir appliquer les couches de concaténation et
d’addition qui nécessitent des dimensions égales.
De plus cette étude sur l’atrophie multi systématisée a été réalisée en collectant 29 sujets sains
et 26 patients AMS. Le jeu de donnée était ici limité de par la difficulté à rassembler un grand
nombre de patients atteints d’une pathologie rare. Cependant cela permet d’envisager d’employer
ce pipeline de "deep learning" en routine clinique. En effet, un centre hospitalier pourrait constituer
une base de données de sujets sains à comparer avec une base de données de toute autre pathologies
neurodégénératives. Un jeu de données de l’ordre de la trentaine de patients est envisageable pour
un centre hospitalier ou une clinique.
Le pipeline de "deep learning" permettrait alors à une clinique d’obtenir le pouvoir discriminant
des biomarqueurs dérivés de l’IRM, ainsi que les zones du cerveau incriminées dans la pathologie
étudiée. Cela pourrait aussi permettre d’éviter les examens cliniques qui ne sont pas retenus comme
discriminants pour la pathologie courante. En effet ALFF s’est montré comme le biomarqueur le
moins discriminant pour les patients atteints de l’AMS, et n’améliore pas significativement les ré-
sultats dans le cas multimodal. Ainsi, un praticien pourrait se passer de l’acquisition de l’IRM
fonctionnelle, la plus couteuse en temps.
Conclusion
Ces travaux de thèse sur l’utilisation de l’intelligence artificielle pour l’aide au diagnostic des
pathologies neurodégénératives visaient à répondre aux questions suivantes :
— Le deep learning permet-il d’obtenir une discrimination entre les patients atteints de patho-
logies neurodégénératives et les sujets sains en utilisant un jeu de données de l’ordre de la
dizaine de patients ?
— Le deep learning permet-il d’analyser le pouvoir discriminant des biomarqueurs dérivés de
l’IRM ?
— Le deep learning permet-il de définir une signature spatiale de la pathologie étudiée ?
En utilisant un jeu de données simulant une anormalité dans une zone du cerveau, il a été possible
d’étudier la capacité de discrimination d’un réseau de neurones convolutifs 3-dimensions s’appuyant
sur un jeu de données de petite taille.
Il a été montré dans la section 4.2 qu’à partir d’un certain seuil de différence entre les deux classes,
un modèle de deep learning était capable de discriminer les sujets sains des sujets anormaux, malgré
un jeu de données de petite taille compatible avec une application clinique.
De plus, l’application sur des patients atteints de pathologies neurodégénératives rares dans la sec-
tion 5.2 a montré qu’il était possible de discriminer les patients atteints d’AMS des sujets sains avec
un modèle de réseau de neurones convolutifs 3-dimensions en obtenant des scores d’exactitude de
l’ordre de 90 % et un accord entre la sensitivité et la spécificité.
La section 5.3 a permis d’effectuer une analyse du pouvoir discriminant des différents biomar-
queurs dérivés de l’IRM sur l’AMS. Il a alors été montré que l’imagerie fonctionnelle n’apportait
pas d’informations supplémentaires sur la discrimination de l’AMS. Deux points ont étés alors mis
en évidence via l’analyse des pouvoirs discriminants des biomarqueurs dérivés de l’IRM. Suite à une
étude préliminaire, il est possible de limiter les examens cliniques aux biomarqueurs discriminants
uniquement. Dans le cas de l’AMS, l’examen d’imagerie fonctionnelle n’est pas nécessaire pour la
discrimination. Or cet examen d’imagerie fonctionnelle étant le plus couteux en temps n’étant pas
nécessaire, une clinique peut alors organiser au mieux le planning d’utilisation de l’IRM ce qui réduit
par la même occasion les coûts financiers.
De plus, chaque biomarqueur visant à imager la structure ou encore le fonctionnement du cerveau,
101
PERSPECTIVES
l’analyse du pouvoir discriminant permet d’orienter la recherche fondamentale des pathologies neu-
rodégénératives vers une cause et donc une meilleure compréhension de ces pathologies.
En développant une méthode de visualisation des voxels discriminants détaillée dans la section
3.5 particulièrement adaptée à la neuro imagerie 3-dimensions, il a été montré qu’il était possible de
calculer une signature spatiale d’une pathologie neurodégénérative.
L’analyse des zones discriminantes et du pouvoir discriminant des biomarqueurs dérivés de l’IRM
permet une meilleure compréhension des pathologies neurodégénératives et des processus amenant
un patient à déclarer une pathologie.
Finalement, plusieurs contributions sont apportées via ces travaux de thèse. Une méthode de
visualisation des zones discriminantes et son logiciel associé, une analyse des pouvoirs discriminants
des différents biomarqueurs dérivés de l’IRM et la discrimination des patients pathologiques des
sujets sains tout en utilisant un jeu de données de petite taille compatible avec une application
clinique.
Ces travaux permettent d’envisager une meilleure compréhension des pathologies neurodégénéra-
tives, une utilisation dans les routines cliniques mais aussi une étude sur les pathologies idiopathiques.
Perspectives
L’application avec succès à l’AMS où il est possible d’extraire de l’état de l’art à la fois les scores
de discrimination, le pouvoir discriminant et les zones du cerveau discriminantes permet d’envisager
ces travaux de thèse sur d’autres pathologies neurodégénératives et ainsi améliorer la compréhension
de ces pathologies mais aussi leur diagnostic.
Une autre perspective de ces travaux de thèse serait d’envisager une utilisation de ce pipeline
en combinant plusieurs centre de recherche ou cliniques. En effet, chaque centre disposant de sa
machine IRM avec ses propres caractéristiques, la fusion de plusieurs jeu de données pourrait être
problématique. Une autre possibilité d’utilisation multi-centre serait d’employer le transfer learning.
Un centre entrainerait alors un modèle en entier et partegerait le modèle entrainé à d’autres centres
qui eux n’entraineraient que les couches de prédiction.
L’application de méthode de data augmentation pourrait améliorer les résultats obtenus, cepen-
dant l’utilisation de telles méthodes en neuro imagerie reste difficile. Les travaux de thèse de Giulia
Maria Mattia sur la simulation de données de neuro imagerie pourraient apporter des éléments de ré-
ponses. En effet si la version de données simulées présentée dans ce manuscrit de thèse vise à simuler
une anormalité sur une zone précise du cerveau, ses travaux de thèse s’orientent vers la simulation
de l’IRM d’un cerveau pathologique. Ses travaux pourraient alors donner lieu à une méthode de data
augmentation compatible avec la neuro imagerie.
Pour finir, sur un plus long terme, la création d’une plateforme d’aide au diagnostic des pa-
thologies neurodégénératives pourrait être envisagée. En effet, en combinant le pipeline basé sur le
deep learning présenté dans ce manuscrit de thèse avec les travaux de thèse de Giulia Maria Mattia
pour l’augmentation de données ainsi que des travaux sur une utilisation multi-centres, une plate-
forme fournissant aux praticiens un outil prêt à l’emploi d’aide au diagnostic des patients atteints
de pathologies neurodégénératives pourrait être développée.
Publications
104
PUBLICATIONS
PUBLICATIONS
• E. Villain, F. Nemmi, A. Pavy Le Taron, O. Rascol, X. Franceries, P. Péran, and M.-V. Le Lann
Multiple System Atrophy diagnosis using 3-dimension multi-modal Convolutional Neural
Networks
Toulouse, France, pp. 69-71
[Link]
Rencontre des Jeunes Chercheurs en Intelligence Artificielle (RJCIA) - Juillet 2019
• E. Villain, F. Nemmi, A. Pavy Le Taron, O. Rascol, X. Franceries, P. Péran, and M.-V. Le Lann
Convolutional neural network for discriminating between Multiple System Atrophy and
Healthy Control, comparing MRI modalities and highlighting the disease signature
vol. 35. S1, pp. 120-121. DOI: [Link]
Movement Disorder - 12-16 Septembre 2020
• E. Villain, G. M. Mattia, F. Nemmi, P. Péran, X. Franceries and M. V. le Lann,
Visual interpretation of CNN decision-making process using Simulated Brain MRI, 2021
IEEE 34th International Symposium on Computer-Based Medical Systems (CBMS),
7-9 Juin 2021, pp. 515-520, doi: 10.1109/CBMS52027.2021.00102.
• G. Sidorski, J. Mazurier, I. Berry, X. Franceries, E. Villain, B. Pichon, B. Pinel, G. Jimenez, O.
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Latorzeff
Génération automatique de plans de traitements en radiothérapie externe : Apport de
l’intelligence Artificielle dans les cancers de la prostate
DOI : [Link]
Société Française de radiothérapie Oncologie (SFRO) - p 735-736 - 6-8 Octobre 2021
• Mattia, Giulia Maria; Nemmi, Federico; Villain, Edouard; Le Lann, Marie-Véronique;
Franceries, Xavier; Péran, Patrice (2021):
Investigating the Discrimination Ability of 3D Convolutional Neural Networks Applied to
Altered Brain MRI Parametric Maps.
IEEE TechRxiv. Preprint. [Link]
PUBLICATIONS ACCEPTEES
• G. Maria Mattia, E. Villain, F. Nemmi, O. Rascol, W-G. Meissner, X. Franceries, P. Péran
Neurodegenerative traits detected via 3D CNNs trained with simulated brain MRI :
Prédiction supported by visualisation of discriminant voxels
(Accepté) IEEE International Conference on Bioinformatics and Biomedecine (BIBM) – 9-12
Décembre 2021
PUBLICATIONS SOUMISES
• E. Villain, G. Maria Mattia, F. Nemmi, A. Pavy Le Taron, O. Rascol, W-G. Meissner, X.
Franceries, P. Péran, M-V. Le Lann
3D Convlutional Neural Network using multimodal MRI for Multiple System Atrophy
classification
Soumis - Frontiers in Artificial Intelligence - 2021
• G. Maria Mattia, E. Villain, O. Rascol, W-G. Meissner, X. Franceries, P. Péran
Multiple System Atrophy Classification via 3D Convolutional Neural Network and Simulated
Brain MRI Parametric Maps
soumis - International Society for Magnetic Resonance in Medecine (ISMRM) - 2021
Abstract—Convolutional neural networks (CNNs) are being Although powerful and widely employed, CNNs are referred to
extensively used to analyze medical images given the remarkable as black boxes because of the opaque decision making process,
performances achieved so far. Due to the non-transparent thus impeding their acceptability and usage [7]. Regardless of
decision-making process, CNNs are thought to be black boxes, so the application, one of the major challenges in deep learning is
hindering their applicability. We submit a novel visualization associating outstanding performances with convincing and
technique to shed light on CNNs decisions in a classification task. exhaustive explanations [8] which can be provided at the
Brain magnetic resonance images are fed as input to an original processing level (e.g. LIME [9], Grad-CAM [10], saliency maps
3D CNN to allow discrimination of normal against modified brain [9]), by creating representations referring to their
data. This modification targets specific brain regions by linearly
subcomponents [11], or designing systems able to produce their
increasing their intensity, and involves regions with very different
features in dimension, position, and enclosed tissues. The proposed
own explanations [12]. To cope with this aspect, diverse
visualization method merges all convolutional layers output in techniques have been conceived to enable a finer although
order to highlight where the model is “looking” during the marginal (as restricted to specific components of CNNs)
decision-making process. Our visualizations allow to recover the understanding of their behavior [13]. Especially in the medical
same areas modified in the images, thus proving they are relevant field, providing solid interpretation methods is of paramount
to the prediction as expected. Comparing results from models with importance to allow physicians and medical practitioners to
different accuracy, show that even in the case of low performance understand the reasons and the process behind neural networks
the expected regions are present in the activation maps leading the outcome [14]. Various attempts have been made so far in the
way to ameliorations of the CNN architecture. neuroimaging domain to address this need. Saliency maps were
exploited in [15] to highlight salient features for the
Keywords—CNN, Brain MRI, visual interpretation, simulated classification of autism patients with an ensemble strategy using
dataset a 3D CNN model. Deconvolution visualization technique was
employed in [16] to discover relevant areas for distinguishing
I. INTRODUCTION Parkinson’s Disease (PD) patients from normal controls by
One of deep learning most successful tools, convolutional means of a 3D CNN, obtaining brain heatmaps with the
neural networks (CNNs) are more and more used in medical occlusion technique [17]. Identification of key regions in brain
image analysis due to the excellent performance achieved on tumor segmentation was performed in [18] with Grad-CAM and
natural image recognition [1]-[3]. Composed of multiple layers, compared according to different CNN architectures, whereas the
CNNs can indeed produce representations from authors in [19] developed a pyramidal structure for the network
multidimensional arrays with different abstraction levels [4]. to combine Grad-CAM visualizations at diverse scales. An
In the neuroimaging community, magnetic resonance imaging extension of the technique in [20] was designed including 3D
(MRI) can be found among the preferred imaging techniques to brain masks that covered significant parts of the images for
non-invasively investigate brain functions and structure, often correct classification of Alzheimer’s Disease (AD) patients via
fed as input to convolutional neural networks, i.e. for a 3D CNN [15].
classification and segmentation tasks [5]-[6]. In this study, we submit a novel visualization technique, based
on the output of convolutional layers, to discover crucial areas
Figure 4: Visualization of the absolute distance between the activation maps Figure 5: Visualization of the absolute distance between the activation maps
from both classes of cerebellum abnormal-induced data for training (left) and from both classes of putamen abnormal-induced data for training (left) and
testing (right) dataset for a model with high accuracy (up) and low accuracy testing (right) dataset for a model with high accuracy (up) and low accuracy
(down). The green contour represents cerebellum mask (down). The green contour delineates putamen mask
A. Mono-region results
Fig. 4 shows the absolute difference between the mean
activation maps of the original data (class 0) and the abnormal-
induced class (class 1) for cerebellum. The upper part of fig. 4
is computed for a model with 1.0 accuracy on training and
testing sets. The produced visualization highlights the inner part
of cerebellum, which is indeed the one subjected to the intensity
increase. The lower part of fig 4. displays visualizations
computed for a model with low accuracy (~ 0.65), in which
irrelevant voxels are activated. These phenomena are more
visible on the testing set since these data had not been used
during the training phase. Even if the visual interpretation is
noisier with a low fitting model, the cerebellum is however
activated for the training set.
Fig. 5 shows the visualizations for the putamen abnormal- Figure 6: Visualization of the absolute distance between the activation maps
induced images. The visual interpretation clearly targets the from both classes of cerebellum and putamen abnormal-induced data for
putamen for the model with high accuracy whereas it appears training (left) and testing (right) dataset for a model with high accuracy (up)
and low accuracy (down). The green line contours putamen and cerebellum
degraded for the model with low accuracy. A low activation on areas
the training set was observed and many irrelevant voxels on the
testing set. difference between the activation maps considering original
Mono-region visual interpretations target the area of interest data of a random subject from the testing dataset and the mean
and not surprisingly are more accurate for models with high activation map of both classes. The upper part of these figures
accuracy. was computed for the normal images whereas the lower part
B. Bi-region results concerns an abnormal-induced subject and this for each
modified brain area. Visual interpretations computed for a
Fig. 6 presents the absolute difference between the mean single subject application on the cerebellum and putamen
activation maps of the original data class and the cerebellum abnormal-induced data in fig. 7 suggest that original data from
and putamen abnormal-induced class. Once again, the model a single subject display more differences with the mean
with high accuracy obtained better visual interpretation than activation map of the abnormal-induced one and vice versa.
model with low accuracy. Indeed, the visual interpretation enables to both look at the
The putamen area is not clearly activated in favor of the model prediction and the most discriminant voxels.
cerebellum area. Since putamen has a small size compared to cerebellum, we
C. Single-subject application noticed that results are not so straightforward. We also noticed
In addition to the activation maps in section III.A and III.C that some areas are activated on both visual interpretations.
on the entire dataset aiming to analyze a global visual These findings are not unexpected since each subject has
interpretation, the proposed visual interpretation was studied peculiar traits, and the visual interpretation can detect some
for a single subject application. Fig. 7 shows the absolute areas that are different from the mean activation of both classes.
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113
TABLE DES FIGURES
3.1 Détail de la visualisation des voxels discriminant avec la méthode d’occlusion partielle
de l’entrée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
3.2 Position du cervelet dans le cerveau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
3.3 Exemple de visualisation des voxels discriminant avec la méthode d’occlusion partielle
de l’entrée sur des données IRM 3D du cerveau avec une anomalie dans le cervelet . 53
3.4 Visualisation des voxels discriminants (bas) de la classe "chien" pour l’image d’entrée
(haut) avec la méthode saliency map [78] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
3.5 Visualisation des voxels discriminants (droite) de la classe "tracteur" pour l’image
d’entrée (gauche) avec la méthode saliency map fusionnée [79], avec les saliency maps
intermédiaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
3.6 Détail de la méthode de visualisation des voxels discriminants CAM . . . . . . . . . 56
3.7 Exemple de visualisation de la méthode CAM pour différentes classes d’Image-net
[17] (figure issue de [80]) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
3.8 Détail de la méthode de visualisation des voxels discriminants GradCAM [81] . . . . 57
3.9 Détail de la méthode de visualisation des voxels discriminants GradCAM++ [83] . . 58
3.10 Exemple de visualisation de la méthode gradCAM pour une image provenant d’Image-
net [17] contenant un chien et un chat, avec l’image originale à gauche, la visualisation
de la classe chien au milieu, et la visualisation de la classe chat à droite (figure issue
de [81]) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
3.11 Comparaison des visualisations des méthodes gradCAM, gradCAM++ et smooth-
gradCAM++ pour différentes classes d’Image-net [17] (figure issue de [83]) . . . . . 59
3.12 Détail de la méthode de visualisation des voxels discriminants CNN eyes visions . . . 61
3.13 Visualisation moyenne des voxels discriminants de chaque classe du jeu de données
MNIST avec la méthode CNN eyes visions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
3.14 Comparaison des visualisations obtenues avec GradCAM et CNN eyes visions sur un
jeu de données simulées pour le modèle de transfer learning basé sur VGG . . . . . . 63
3.15 Comparaison des visualisations obtenues avec GradCAM et CNN eyes visions sur un
jeu de données simulées pour le modèle de transfer learning basé sur ResNet . . . . . 64
3.16 Comparaison des visualisations obtenues avec GradCAM et CNN eyes visions sur un
jeu de données simulées pour le modèle de transfer learning basé sur GoogleNet . . . 65
3.17 Comparaison des visualisations obtenues avec GradCAM et CNN eyes visions sur le
jeu de données cifar 10 [87] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
3.18 Comparaison des visualisations obtenues avec GradCAM et CNN eyes visions sur un
jeu de données IRM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
3.19 Logiciel de visualisation des zones discriminantes d’une image 3D . . . . . . . . . . . 68
4.4 Simulation d’une altération sur une zone précise d’un signal par augmentation de
l’intensité d’un pourcentage du point courant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72
4.5 Simulation d’une altération sur une zone précise d’une IRM via la méthode améliorée
[88] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
4.6 Score d’exactitude en fonction de l’intensité d’augmentation des images simulées avec
la méthode où chaque voxel est augmenté d’un pourcentage du voxel courant . . . . 74
4.7 Score d’exactitude en fonction de l’intensité d’augmentation des images simulées avec
la méthode améliorée [88] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75
4.8 Visualisation des zones discriminantes des images simulées pour le cervelet avec la
méthode où chaque voxel est augmenté d’un pourcentage de 55% du voxel courant . 76
4.9 Visualisation des zones discriminantes des images simulées pour le putamen avec la
méthode où chaque voxel est augmenté d’un pourcentage de 55% du voxel courant . 77
4.10 Visualisation des zones discriminantes des images simulées pour le cervelet et le pu-
tamen avec la méthode où chaque voxel est augmenté d’un pourcentage de 55% du
voxel courant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 77
4.11 Visualisation des zones discriminantes des images simulées pour le cervelet pour un
modèle ayant une exactitude élevée (100 %) et un modèle ayant une exactitude faible
(60 %) [86] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78
4.12 Visualisation des zones discriminantes des images simulées pour le putamen pour un
modèle ayant une exactitude élevée (100 %) et un modèle ayant une exactitude faible
(60 %) [86] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
4.13 Visualisation des zones discriminantes des images simulées pour le cervelet et le pu-
tamen pour un modèle ayant une exactitude élevée (100 %) et un modèle ayant une
exactitude faible (60 %) [86] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
4.14 Visualisation des zones discriminantes des images simulées pour un sujet sain et un
patient possédant l’anormalité dans le cervelet et le putamen [86] . . . . . . . . . . . 80
5.16 Visualisation des zones discriminantes avec la méthode CNN eyes visions pour le
biomarqueur ALFF . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 97
5.17 Visualisation des zones discriminantes avec la méthode CNN eyes visions pour le
biomarqueur GM (rouge) et comparaison avec la méthode F. Nemmi et. al [46] (bleu) 98
5.18 Visualisation des zones discriminantes avec la méthode CNN eyes visions pour le
biomarqueur MD (rouge) et comparaison avec la méthode F. Nemmi et. al [46] (bleu) 99
5.19 Visualisation des zones discriminantes avec la méthode CNN eyes visions pour le
biomarqueur ALFF . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99
3.1 Exactitude sur le jeu de données d’entrainement et de test pour les trois modèles . . 64
3.2 Bilan sur les différentes méthodes de visualisation des zones discriminantes d’un CNN 69
5.1 Exactitude, sensitivité et spécificité obtenues pour chaque combinaison des différentes
modalités avec l’adaptation 3-dimensions du modèle VGG . . . . . . . . . . . . . . . 88
5.2 Exactitude, sensitivité et spécificité obtenues pour chaque combinaison des différentes
modalités avec l’adaptation 3-dimensions du modèle resNet . . . . . . . . . . . . . . 88
5.3 Exactitude, sensitivité et spécificité obtenues pour chaque combinaison des différentes
modalités avec l’adaptation 3-dimensions du modèle GoogleNet . . . . . . . . . . . . 90
5.4 Comparaison des architectures . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92
117
List of Algorithms
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