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IA pour le diagnostic des pathologies neurodégénératives

Cette thèse explore l'utilisation de l'intelligence artificielle, en particulier des méthodes de deep learning, pour améliorer le diagnostic des pathologies neurodégénératives. Les travaux démontrent la possibilité de discriminer les patients atteints de maladies comme l'atrophie multi-systématisée des sujets sains, tout en utilisant des biomarqueurs d'IRM dans un cadre clinique. Les résultats suggèrent que cette approche pourrait être étendue à d'autres pathologies dégénératives pour le diagnostic et le suivi des patients.

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IA pour le diagnostic des pathologies neurodégénératives

Cette thèse explore l'utilisation de l'intelligence artificielle, en particulier des méthodes de deep learning, pour améliorer le diagnostic des pathologies neurodégénératives. Les travaux démontrent la possibilité de discriminer les patients atteints de maladies comme l'atrophie multi-systématisée des sujets sains, tout en utilisant des biomarqueurs d'IRM dans un cadre clinique. Les résultats suggèrent que cette approche pourrait être étendue à d'autres pathologies dégénératives pour le diagnostic et le suivi des patients.

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THÈSE

En vue de l’obtention du
DOCTORAT DE L’UNIVERSITÉ DE TOULOUSE
Délivré par l'Université Toulouse 3 - Paul Sabatier

Présentée et soutenue par


Edouard VILLAIN

Le 13 décembre 2021

Utilisation de l'intelligence arti(cielle pour l'aide au diagnostic


des patients atteints de pathologies neuro dégénératives

Ecole doctorale : GEETS - Génie Electrique Electronique,Télécommunications et


Santé : du système au nanosystème

Spécialité : Radiophysique et Imagerie Médicales


Unité de recherche :
ToNIC-Toulouse NeuroImaging Center (UMR 1214)

Thèse dirigée par


Xavier FRANCERIES et Marie-Véronique LE LANN

Jury
M. Adrian Basarab, Rapporteur
M. Olivier Saut, Rapporteur
M. Lyamine Hedjazi, Examinateur
Mme Isabelle Berry, Examinatrice
M. Xavier Franceries, Directeur de thèse
Mme Marie-Véronique Le Lann, Co-directrice de thèse
Edouard VILLAIN Page 1
Utilisation de l’intelligence artificielle
pour l’aide au diagnostic des patients
atteints de pathologies neuro
dégénératives
Manuscrit de thèse

Edouard VILLAIN

Direction de la thèse : Rapporteurs de la thèse :


Dr. Xavier Franceries Pr. Adrian Basarab
Pr. Marie-Véronique Le Lann Dr. Olivier Saut
Examinateurs :
Invité :
Pr. Isabelle Berry
Dr. Patrice Péran
Dr. Lyamine Hedjazi

LAAS CNRS - Inserm ToNIC


Université Toulouse III - Paul Sabatier
Toulouse, France
13 Décembre 2021

Edouard VILLAIN Page 2


Edouard VILLAIN Page 3
Résumé

L’intelligence artificielle connait un boom depuis les années 2000 de par le stockage systématique
des données et l’augmentation de la puissance de calcul des ordinateurs ainsi que l’apparition des
méthodes dites de deep learning. Cela a permis d’envisager des recherches et applications dans de
nombreux domaines, et en particulier le domaine médical.

Les pathologies neurodégénératives sont des fléaux pour la société depuis leurs apparitions plus
fréquentes suite à l’augmentation de l’espérance de vie. Leurs diagnostics deviennent un enjeu majeur
de la neuro imagerie, en particulier sur les stades précoces des pathologies. En effet, un diagnostic
précoce permet d’appliquer au plus vite un traitement et de limiter les conséquences pour les pa-
tients, ainsi que de mieux comprendre les mécanismes de développement de ces pathologies et leur
apparition.

Le développement d’un pipeline de deep learning appliqué aux pathologies neurodégénératives


permettrait d’envisager des outils d’aide au diagnostic dans les routines cliniques, basés sur les mé-
thodes d’intelligence artificielle les plus avancées.

Ces travaux de thèse montrent qu’il est possible d’utiliser un pipeline d’apprentissage profond
à la fois pour discriminer les patients pathologiques des sujets sains, mais aussi pour effectuer une
analyse des pouvoirs discriminants des biomarqueurs dérivés de l’IRM. Ils démontrent comment ob-
tenir une signature spatiale de la pathologie étudiée, tout en utilisant un jeu de données compatible
avec une routine clinique. La pathologie neurodégénérative étudiée est l’atrophie multi systématisée,
maladie rare avec peu donnée de patients, pour laquelle le deep learning parvient néanmoins à un
bon diagnostic.

Ces travaux pourraient être étendus à d’autres pathologies dégénératives, à la fois pour le diag-
nostic et le suivi des patients, mais aussi pour la compréhension de ces pathologies.

Edouard VILLAIN Page 4


Abstract

Artificial intelligence has experienced a boom since the 2000s due to the systematic storage of
data and the increase in the computing power of computers as well as the emergence of so-called
deep learning methods. This made it possible to envisage research and applications in many fields
and in particular the medical field.

Neurodegenerative pathologies have plagued society since their more frequent appearances fol-
lowing increased life expectancy. Their diagnoses are becoming a major issue in neuroimaging, in
particular in the early stages of pathologies. Indeed, an early diagnosis makes it possible to apply
treatment as quickly as possible and to limit the consequences for patients, as well as to better
understand the mechanisms of development of these pathologies and their appearance.

The development of a deep learning pipeline applied to neurodegenerative pathologies would


make it possible to consider diagnostic aid tools in clinical routines, based on the most advanced
artificial intelligence methods.

This thesis work shows that it is possible to use a deep learning pipeline both to discriminate
pathologic patients from healthy subjects, but also to perform an analysis of the discriminating
powers of biomarkers derived from MRI. They demonstrate how to obtain a spatial signature of the
pathology studied, while using a data set compatible with a clinical routine. The neurodegenerative
pathology studied is multisystem atrophy, a rare disease with little patient data, for which deep
learning nevertheless reaches a good diagnosis.

This work could be extended to other degenerative pathologies, both for the diagnosis and the
follow-up of patients, but also for the understanding of these pathologies.

Edouard VILLAIN Page 5


Remerciements

Ce doctorat a été une étape très importante de ma vie, durant laquelle j’ai pris plaisir à exploiter
mes compétences dans le domaine de l’intelligence artificielle en les appliquant au milieu passionnant
de la neuro imagerie.
Cela m’a permis d’apprendre énormément sur le domaine de la recherche mais aussi de l’enseigne-
ment.
Tout cela n’aurait pu être possible sans le Dr. Xavier Franceries et la Pr. Marie-Véronique Le Lann,
mes directeurs de thèse, que je tiens à remercier chaleureusement.
Ces travaux n’auraient pu aboutir sans la collaboration avec le Dr. Patrice Péran, le Dr. Federico
Nemmi ainsi que Giulia Maria Mattia.
Je tenais aussi à remercier la Pr. Isabelle Berry qui m’a accueilli dans son équipe d’enseignement de
biophysique pour le PACES, qui a accepté d’être la présidente du jury de thèse, mais aussi pour sa
confiance dans le développement d’un sous module d’intelligence artificielle appliquée à l’imagerie
médicale dans son Master Imagerie Médicale.
Je remercie aussi le Pr. Denis Kouamé et le Pr. Adrian Basarab, mes encadrants de stage de Master,
qui m’ont donné le goût de la recherche et m’ont donné envie de poursuivre en Doctorat.
Je remercie aussi le Directeur de recherche Olivier Saut et le Pr. Adrian Basarab d’avoir accepté de
rapporter la thèse ainsi que le Dr. Lyamine Hedjazi d’avoir accepté d’être examinateur de la thèse.
Je remercie bien sûr les laboratoires du LAAS CNRS et de l’inserm ToNIC pour leurs accueils, ainsi
que l’école Doctorale GEET.
Je n’oublie pas non plus de remercier l’Université de Toulouse Paul Sabatier et ses enseignants. Je
pense notamment au Dr. Thomas Pellegrini et au Dr. Jerôme Farinas qui m’ont enseignés les bases
de l’intelligence artificielle indispensables à la réussite de ce Doctorat.
Je remercie aussi mes amis futurs docteurs Thomas Rolland, Hugo Rens et Frederic Chatrie avec
qui j’ai pu échanger tout au long du doctorat.
Pour finir je tiens à remercier ma famille, mes parents et ma soeur, qui ont toujours été là pour moi,
que ce soit pour fêter les réussites mais aussi me soutenir durant les moments de doutes.
Afin de n’oublier des personnes, je tiens à remercier tous ceux et toutes celles qui auraient pu par-
ticiper à l’élaboration de cette thèse.

Edouard Villain

Edouard VILLAIN Page 6


Table des matières

Introduction 11

1 État de l’art 12
1.1 État de l’art de l’Intelligence Artificielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.1.1 Système expert . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.1.2 Machine learning . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.1.3 Deep learning . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.2 État de l’art de la neuroimagerie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.2.1 Imagerie par résonance magnétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.2.2 Biomarqueurs dérivés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
1.2.3 Template MNI . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
1.2.4 Parkinson . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.3 Application de l’Intelligence Artificielle à la neuro imagerie . . . . . . . . . . . . . . 18

2 Développement d’un modèle de réseau de neurones artificiels 20


2.1 Neurone artificiel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
2.1.1 Modèle du neurone artificiel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
2.1.2 Apprentissage du neurone artificiel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
2.1.3 Fonction d’activation du neurone artificiel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2.2 Réseau de neurones . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
2.2.1 Perceptron . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
2.2.2 Perceptron multi couches . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
2.3 Réseau de neurones convolutifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
2.3.1 VGG . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2.3.2 ResNet . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
2.3.3 GoogLeNet . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
2.3.4 U-Net . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
2.4 Transfer learning . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
2.5 Data augmentation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
2.6 Mesure des performances d’un modèle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
2.6.1 Perte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36

7
TABLE DES MATIÈRES

2.6.2 Exactitude . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
2.6.3 Amélioration des performances . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
2.7 Hyper-paramètres d’un réseau de neurones . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
2.7.1 Nombre de couches entièrement connectées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
2.7.2 Nombre de neurones . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
2.7.3 Nombre de couches de convolution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
2.7.4 Taille et nombre des filtres de convolution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
2.7.5 Initialisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
2.7.6 Fonction d’erreur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
2.7.7 Pas d’apprentissage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
2.7.8 Optimiseur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
2.8 Modèle monomodal et multimodal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
2.9 entraînement d’un modèle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49

3 Outils de visualisation et d’interprétation d’un réseau de neurones convolutifs 51


3.1 Occlusion partielle de l’entrée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
3.1.1 Méthodologie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
3.1.2 Visualisations avec l’occlusion partielle de l’entrée . . . . . . . . . . . . . . . 52
3.2 Saliency map . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
3.2.1 Méthodologie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
3.2.2 Visualisations avec saliency map . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
3.3 Class Activation Mapping (CAM) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
3.3.1 Méthodologie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
3.3.2 Visualisations avec CAM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
3.4 Gradient weighted Class Activation Mapping (gradCAM) . . . . . . . . . . . . . . . 56
3.4.1 Méthodologie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
3.4.2 Visualisations avec gradCAM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
3.5 CNN eyes visions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
3.5.1 Méthodologie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
3.5.2 Visualisations avec CNN eyes visions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
3.6 Comparaisons des visualisations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
3.6.1 Transfert learning et jeu de données simulées . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
3.6.2 Comparaison des visualisations sur CIFAR10 . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
3.6.3 Comparaison des visualisations sur des IRM 3D . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
3.7 Logiciel de visualisation 3D . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
3.8 Conclusion sur les méthodes de visualisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68

4 Validation sur des données simulées 70


4.1 Créations d’un jeu de données simulées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70
4.1.1 Objectifs des images simulées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70
4.1.2 Augmentation de l’intensité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
4.1.3 Amélioration de l’augmentation de l’intensité . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
4.2 Amplitude des modifications et effets . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
4.2.1 Scores des versions de base des images simulées . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
4.2.2 Scores de la version améliorée des images simulées . . . . . . . . . . . . . . . 74
4.3 Visualisation d’un CNN sur les données simulées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75
4.3.1 Visualisation des versions de base des images simulées . . . . . . . . . . . . . 75
4.3.2 Visualisation de la version améliorée des images simulées . . . . . . . . . . . . 76

Edouard VILLAIN Page 8


TABLE DES MATIÈRES

4.3.3 Visualisation appliquée à un sujet unique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78

5 Application aux syndromes Parkinsoniens 81


5.1 De l’IRM aux prédictions et visualisations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
5.1.1 Atrophie Multi Systématisée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
5.1.2 Jeu de données 3-dimensions multimodales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82
5.1.3 Benchmark . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84
5.2 Scores de prédictions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
5.2.1 Adaptation 3-dimensions du modèle VGG . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
5.2.2 Adaptation 3-dimensions du modèle ResNet . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88
5.2.3 Adaptation 3-dimensions du modèle GoogleNet . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
5.2.4 Analyse des différentes architectures . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91
5.3 Pouvoir discriminant des biomarqueurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92
5.4 Visualisation des zones du cerveau incriminées dans les prédictions . . . . . . . . . . 93
5.4.1 Visualisation de l’adaptation 3-dimensions du modèle VGG . . . . . . . . . . 93
5.4.2 Visualisation de l’adaptation 3-dimensions du modèle ResNet . . . . . . . . . 95
5.4.3 Visualisation de l’adaptation 3-dimensions du modèle GoogleNet . . . . . . . 96
5.4.4 Analyse des visualisations des voxels discriminants . . . . . . . . . . . . . . . 98
5.5 Applications cliniques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100

Conclusions 103

Annexes 104
Publications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 104
Articles visualisation des voxels discriminants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 107

Edouard VILLAIN Page 9


Introduction

Introduction
L’intelligence artificielle (IA) a pour but d’automatiser un traitement en tentant de reproduire le
résultat que pourrait obtenir un humain. Les applications de l’intelligence artificielle sont très nom-
breuses, que ce soient les outils d’aide au diagnostic, la traduction et la reconnaissance du langage,
le traitement du signal, les finances, la robotique ou encore le domaine médical.

La réduction du coût du stockage des données a entrainé une sauvegarde systématique de la


plupart des données. Couplée à l’augmentation de la puissance de calcul des machines, l’intelligence
artificielle connaît un boom depuis les années 2000.

Ces travaux de thèse intitulés "Utilisation de l’intelligence artificielle pour l’aide au diagnostic
des patients atteints de pathologies neurodégénératives" sont au carrefour de plusieurs disciplines.
L’intelligence artificielle avec les modèles d’apprentissage profond (dit deep learning), l’aide au diag-
nostic et le domaine médical avec la neuro imagerie.

En effet, en partant de l’imagerie par résonance magnétique (IRM) et les biomarqueurs dérivés,
l’objectif est de construire des outils d’aide au diagnostic basés sur le deep learning 3-dimensions
multimodal utilisable en routine clinique. L’atrophie multi systématisée (AMS), un syndrome Par-
kinsonien rare et agressif, sert d’exemple d’application.
Ces travaux de thèse tentent de répondre à plusieurs questions :
— Le deep learning permet-il d’obtenir une discrimination entre les patients atteints de patho-
logies neurodégénératives et les sujets sains en utilisant un jeu de données de l’ordre de la
dizaine de patients ?
— Le deep learning permet-il d’analyser le pouvoir discriminant des biomarqueurs dérivés de
l’IRM ?
— Le deep learning permet-il de définir une signature spatiale de la pathologie étudiée ?
Ce manuscrit de thèse est alors composé d’un chapitre sur l’état de l’art sur l’intelligence artifi-
cielle, la neuro imagerie et l’application de l’IA à la neuro imagerie.
Le chapitre suivant détaille les techniques et méthodologies permettant de développer un réseau de
neurones.

10
INTRODUCTION

Ensuite un chapitre présente les différentes méthodes de visualisation des zones discriminantes d’un
réseau de neurones ainsi que la méthode développée durant ces travaux de thèse.
Dans le but de valider la méthode de visualisation ainsi que les modèles de réseau de neurones
développés, le chapitre 4 utilise des images de biomarqueurs dérivés de l’IRM simulées pour étu-
dier la capacité des modèles à discriminer une population de sujets sains et de sujet comprenant
une anormalité dans l’image. La visualisation des zones discriminantes est aussi appliquée afin de
confirmer que la méthode développée durant ces travaux de thèse est capable de retrouver la zone
ou l’anormalité a été simulée.

Après avoir montré que la capacité d’un réseau de neurones à discriminer deux populations sur
des biomarqueurs dérivés de l’IRM, ainsi que la capacité à retrouver les zones du cerveau incriminées,
le pipeline construit durant cette thèse est ensuite appliquée à l’AMS dans le chapitre 5 avec un jeu
de données de petite taille compatible avec une application clinique. Il est composé d’une trentaine
de patients AMS et d’une trentaine de sujets sains, avec plusieurs biomarqueurs dérivés de l’IRM
par patient et sujet. Les résultats de la discrimination entre les deux populations sont alors présentés
pour plusieurs types d’architectures de réseaux de neurones. L’analyse du pouvoir discriminant des
biomarqueurs ainsi que la visualisation des zones discriminantes complètent l’application du pipeline
d’aide au diagnostic des pathologies neurodégénératives.
Les résultats de l’application à l’AMS du pipeline basé sur le deep learning sont comparés avec ceux
obtenus par F. Nemmi et al. dans une étude publiée [46]. Le manuscrit de thèse se termine par une
conclusion et des perspectives.

Edouard VILLAIN Page 11


CHAPITRE 1

État de l’art

1.1 État de l’art de l’Intelligence Artificielle


L’intelligence artificielle regroupe différents types de paradigmes et d’algorithmes. Ses objectifs
sont toujours d’automatiser un traitement ou encore calculer des prédictions. Certains algorithmes
sont dits supervisés lorsqu’il est nécessaire de fournir les labels (valeurs recherchées ou valeurs cibles)
pour l’entrainement et d’autres sont dit non-supervisés lorsque l’algorithme n’utilise aucune infor-
mation a priori.
Trois grandes parties composent l’intelligence artificielle :
— Les systèmes experts
— Le machine learning
— Le deep learning
Chacune de ces parties dispose de différents avantages, inconvénients et applications. Elles sont
détaillées dans les sections 1.1.1, 1.1.2 et 1.1.3.
Ces trois grandes parties sont illustrées sur la figure 1.1.

Figure 1.1: Principaux paradigmes d’intelligence artificielle

12
1.1. ÉTAT DE L’ART DE L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

1.1.1 Système expert


Un système expert vise à reproduire une intelligence et s’appuie sur trois parties :
— Une base de faits
— Une base de règles
— Un moteur d’inférence
La base de faits contient une liste de faits permettant par exemple de décrire un environnement.
La base de règles est composée de règles logiques à appliquer au fait. Le moteur d’inférence quant
à lui utilise la base de règles en l’appliquant à la base de faits dans le but de produire de nouveaux
faits. Plus d’informations sur les systèmes experts peuvent être trouvées dans [1, 2].

L’exemple suivant permet d’illustrer un système expert.


Soit F une base de faits permettant de représenter un environnement, composée des faits p, q.
Soit R une base de règles contenant les formules logiques suivantes :
p^q `r
p^r `s

A l’initialisation, F : {p, q}.


En appliquant le moteur d’inférence, une première itération permet de déduire le fait r via la règle
p ^ q ` r, et F devient F : {p, q, r}.
Une seconde itération déduit le fait s avec la règle p ^ r ` s et F devient F : {p, q, r, s}.
Afin de rendre plus parlant cet exemple, supposons que les faits correspondent au cas suivant :
— p : il y a du soleil
— q : le taux d’humidité est faible
— r : il ne pleut pas
— s : le sol est sec
Un robot a alors la possibilité d’utiliser ses capteurs de lumière et d’humidité pour détecter les
faits p et q. En saturant la base de faits via l’application de la base de règles, le robot peut déduire
qu’il ne pleut pas et que le sol est sec ce qui lui permet d’adapter sa motricité en fonction de son
environnement.

La difficulté des systèmes experts est située dans la rédaction des règles logiques. De plus, les
temps de calcul peuvent être longs en fonction de la taille de la base de règles puisqu’elles vont
toutes être appliquées plusieurs fois jusqu’à ce que plus aucun fait ne soit produit.

1.1.2 Machine learning


Le machine learning rassemble les algorithmes de statistiques automatiques permettant de cal-
culer une prédiction telle qu’une classification, une segmentation ou une régression de données.
Plusieurs algorithmes sont regroupés sous le terme de machine learning et les plus connus sont les
K plus proches voisins (K-nn), les machines à vecteur de support (SVM) ou encore les K-moyennes
(k-means) et les fôrets aléatoires [3].
Les K plus proches voisins est un algorithme de classification qui utilise une métrique de distance
et s’appuie sur les labels des K voisins d’une nouvelle donnée afin de lui attribuer une classe [4, 5].
La figure 1.2 montre un exemple de classification d’une donnée par l’algorithme des K plus proches
voisins.
Les K-moyennes est un algorithme de classification non-supervisé qui cherche les K centroïdes
des classes de façon à minimiser la distance moyenne des données d’une classe à son centroïde.

Edouard VILLAIN Page 13


1.1. ÉTAT DE L’ART DE L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

Figure 1.2: Algorithme des K plus proches voisins (K-nn)

Les algorithmes de K plus proches voisins et K-moyenne nécessitent que l’utilisateur définisse K,
le nombre de voisins pour les K-nn ou de classes pour les k-means.

Les machines à support de vecteur permettent de calculer une classification en maximisant la


distance entre les classes. Pour cela, une fonction noyau peut être appliquée afin d’augmenter la
dimension des données dans le but de trouver un espace dans lequel une classification linéaire est
possible [6, 7, 8, 9]. La figure 1.3 détaille un exemple de classification par SVM avec la marge
maximum entre les deux classes et l’hyperplan optimal les séparant.

Figure 1.3: Algorithme de SVM

Edouard VILLAIN Page 14


1.2. ÉTAT DE L’ART DE LA NEUROIMAGERIE

1.1.3 Deep learning


Le deep learning regroupe les algorithmes d’apprentissage profond avec les réseaux de neurones
capables de traiter de grande base de données (Big data) pour des applications de classification, de
segmentation et de régression.
Le chapitre suivant détaille le fonctionnement d’un neurone artificiel (voir la section 2.1) et du réseau
de neurones (voir la section 2.2).

Ce neurone artificiel est apparu en 1943 avec les travaux de Warren Mcculloch et Walter Pitts
[10] permettant d’effectuer des calculs logiques. Cependant, ce modèle du neurone artificiel ne peut
apprendre à calculer une discrimination non linéaire. Ces travaux sur le neurone artificiel sont repris
en 1958 avec le perceptron développé par Rosenblatt [11].

En 1982 les premiers réseaux de neurones apparaissent avec les travaux de Hopfield [12]. Les tra-
vaux de Yann LeCun permettent d’améliorer l’apprentissage du neurone artificiel avec l’algorithme
de rétro propagation en 1985 [13], suivi par l’amélioration de cet algorithme en 1988 proposée par
Rumelhart, Hinton et Williams [14].

Yann LeCun propose une adaptation de la rétro propagation en 1989 permettant de développer
les réseaux de neurones convolutifs [15]. Son modèle permet de classifier les images contenant des
chiffres manuscrits.

Hochreiter et Schmidhuber ont proposé un type de réseau neuronal récurrent avec mémoire à
court et long terme en 1997 [16].

Suite à ces travaux initiant les réseaux de neurones artificiels, de nombreuses études ont été
réalisées afin de diversifier les tâches de ces modèles, mais aussi leurs architectures. La compétition
annuelle image-net a permis de développer plusieurs architectures [17] et les modèles entrainés sont
disponibles dans la littérature afin d’effectuer du transfer learning (voir la section 2.4). Il est alors
possible de citer les modèles VGG [18], ResNet [19] et Googlenet [20] (voir la section 2.3).

1.2 État de l’art de la neuroimagerie


1.2.1 Imagerie par résonance magnétique
L’imagerie par résonance magnétique (IRM) fait partie des examens cliniques d’imagerie à dis-
position des praticiens médicaux. Tout comme pour les échographies et les scanners, l’objectif est
d’obtenir une image du corps humain.

L’IRM utilise les champs intenses via une bobine à supraconducteur refroidie à l’hélium liquide
ce qui permet d’éviter les effets de chauffe et donc les effets indésirables pour le corps humain. Afin
d’obtenir une image, la première étape consiste à déterminer les noyaux des éléments à étudier. En
effet, seuls les noyaux avec un spin non nul sont sensibles aux effets de résonance magnétique.
Ces noyaux sont ensuite mis en précession a une vitesse angulaire ! = ⇥ B0 avec le rapport
gyromagnétique de l’élément étudié et B0 l’intensité du champ électro magnétique. Ceci correspond
aussi à la fréquence de Larmor ⌫ = 2⇡ B0 .
Dans le cas des noyaux avec un spin de 12 , deux états énergétiques sont alors possibles avec une
population parallèle Nk et une population anti-parallèle N, avec E = ± 12 2⇡h
B0 . La différence éner-

Edouard VILLAIN Page 15


1.2. ÉTAT DE L’ART DE LA NEUROIMAGERIE

gétique entre ces deux niveaux est alors notée E.

Le noyau de l’élément étudié entre alors en précession si E = h⌫ avec ⌫ égal à la fréquence de


Larmor.

Une impulsion radio fréquence est ensuite appliquée avec une intensité B1 pour une durée t.
Cette impulsion permet de faire basculer l’angle de l’aimantation macroscopique M~ 0 d’un angle
' = B1 t. Deux composantes apparaissent alors, avec la composante transversale et longitudinale,
respectivement égale à :
Mx = M0 sin '
Mz = M0 cos '

Figure 1.4: Temps de relaxation T1 et T2

Une acquisition d’une image IRM étudie les valeurs des composantes transversales Mx et longi-
tudinales Mz à un instant t suivant l’impulsion radio fréquence B1 comme le montre la figure 1.4.
Les images pondérées en T1 correspondent à l’étude de la composante longitudinale Mz tandis que
les images pondérées en T2 utilisent la composante transversale Mz .
La figure 1.5 montre une machine IRM.

Figure 1.5: Dispositif d’imagerie par résonance magnétique

Edouard VILLAIN Page 16


1.2. ÉTAT DE L’ART DE LA NEUROIMAGERIE

1.2.2 Biomarqueurs dérivés


L’acquisition d’une image IRM fournit des données brutes et de grandes dimensions. Les bio-
marqueurs dérivés de l’IRM permettent de mettre en évidence certaines parties de l’information
contenue dans les données brutes de l’IRM, ou encore de mettre en évidence certains phénomènes.
Les principaux biomarqueurs dérivés de l’IRM utilisés en neuro imagerie sont listés ci-dessous.
— GM (Gray Matter) : permet de mettre en évidence le niveau de substance grise et est utile
en neuro imagerie car le volume de substance grise à tendance à réduire ou s’affaisser chez
les patients atteints de pathologies neurodégénératives.
— MD (Mean Diffusivity) : image le mouvement Brownien des molécules d’eau. Ce biomarqueur
est utile pour le diagnostic des pathologies neurodégénératives car les patients atteints de ce
type de pathologies ont souvent des agrégats ferreux qui modifient le mouvement Brownien
des molécules d’eau [21].
— ALFF (Amplitude of Low Frequency Fluctuation) : permet de représenter l’activité du cerveau
en imageant le niveau d’oxygénation dans le sang dans une séquence temporelle. Seules les
basses fréquences sont conservées car les hautes fréquences correspondent aux battements du
coeur, or l’objectif de ALFF est d’obtenir les micro-variations du niveau d’oxygénation du
sang correspondant à l’activité cérébrale. Finalement l’amplitude est conservée ce qui permet
d’obtenir une image de l’activité cérébrale plutôt qu’une séquence temporelle.
— FA (Fractional Anisotropy) : permet de mesurer l’anisotropie de la diffusion. Une FA de 0
correspond à une diffusion isotropique, autrement dit qu’aucune direction n’est priviligiée,
alors qu’une FA de 1 correspond à une diffusion contrainte selon une seule direction [22].
— R2* : permet d’imager le dépôt de fer.
— Local Correlation : permet de mesurer la cohérence locale d’un voxel par rapport à son
voisinage.
— Global Correlation : permet de mesurer la corrélation entre un voxel et tous les autres voxels
représentant le cerveau.
La table 1.1 regroupe toutes les informations sur les biomarqueurs dérivés de l’IRM avec le type
d’imagerie, l’acquisition ainsi que les logiciels utilisés pour les calculer.

Biomarqueur Type d’image Acquisition Toolbox de calcul


GM Structurelle Images T1 CAT12 [23]
MD Diffusion DWI (Diffusion Weighted Images) FSL [24]
ALFF Fonctionnelle Resting State functional MRI SPM [25]
FA Diffusion DWI (Diffusion Weighted Images) FSL [24]
R2* Fonctionnelle Images T2* SPM [25]
Local correlation Fonctionnelle Resting State functional MRI SPM [25]
Global correlation Fonctionnelle Resting State functional MRI SPM [25]

Table 1.1: Acquisitions et calculs des biomarqueurs dérivés de l’IRM du cerveau

1.2.3 Template MNI


Les templates MNI sont des atlas développés par le Montreal Neurological Institute qui ont pour
but de résoudre les problèmes de localisation dans les images IRM [26]. En effet chaque patient
étant unique, les acquisitions d’IRM fournissent des images où les cerveaux ont des tailles différentes
et les régions du cerveau peuvent être décalées d’un patient à l’autre. Cela devient problématique
lorsqu’une localisation est nécessaire.

Edouard VILLAIN Page 17


1.3. APPLICATION DE L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE À LA NEURO IMAGERIE

Afin de palier ce problème l’Institut Neurologique de Montreal a proposé ces templates MNI (ou
atlas) en moyennant les cerveaux de centaines de patients afin d’obtenir un cerveau moyen. Ensuite,
une transformation non linéaire permet de ramener une nouvelle acquisition vers un template MNI.
Il existe plusieurs templates MNI disponibles dans la littérature permettant d’obtenir des tailles
physiques de voxels allant de 0.5 ⇥ 0.5 ⇥ 0.5mm3 à 3 ⇥ 3 ⇥ 3mm3 [27, 28].

1.2.4 Parkinson
La maladie de Parkinson est une maladie neurodégénérative qui se développe généralement entre
45 et 70 ans. Elle est la seconde maladie la plus fréquente après la maladie d’Alzheimer.
La maladie de Parkinson se distingue des syndromes Parkinsoniens qui sont souvent plus agressifs
et répondent moins aux traitements.
Le diagnostic de ces pathologies neurodégénératives est difficile car tous les syndromes Parkin-
soniens et la maladie de Parkinson ont en commun plusieurs symptômes.
— Le tremblement des extrémités
— Une rigidité des mouvements
— Des mouvements lents
Si certains syndromes Parkinsoniens peuvent être diagnostiqués, la maladie de Parkinson reste à
ce jour une maladie idiopathique.
Parmi ces syndromes Parkinsoniens, il est possible de citer :
— L’atrophie multi systématisée (AMS)
— La paralysie supra nucléaire (PSP)
— La dégénérescence corticobasale (DCB)
— La maladie à corps de Lewy
Ces syndromes Parkinsoniens sont souvent confondus avec la maladie de Parkinson de par les
symptômes en commun. L’évolution de la pathologie est souvent l’un des éléments permettant de
discriminer les syndromes Parkinsoniens de la maladie de Parkinson.
Ces syndromes Parkinsoniens sont des pathologies rares et agressives, répondant peu aux trai-
tements. Leur étude est un challenge car la collecte de données de pathologies rares, au diagnostic
définitif, est difficile.
Plus d’informations sur la maladie de Parkinson peuvent être trouvées dans [29].

1.3 Application de l’Intelligence Artificielle à la neuro image-


rie
L’intelligence artificielle appliquée au domaine du médical est un sujet de recherche rassemblant
une très grande communauté, proposant des études et solutions pour tous les types d’applications
médicales et utilisant les trois grandes parties de l’intelligence artificielle, que ce soit les systèmes
experts tels que MYCIN [30], le machine learning [31] et le deep learning [32].

Cependant dans le domaine de la neuro imagerie, les méthodes de machine et deep learning sont
les plus représentées. Les applications sont variées allant de la segmentation d’image [33, 34, 35], la
génération d’images via les modèles Generative Adversial Network (GAN) [36], la régression telle que
la prédiction de l’âge d’un sujet en s’appuyant sur une IRM cérébrale [37] ainsi que la classification
visant à discriminer une population de sujets sains et une population de patients pathologiques [38].

Edouard VILLAIN Page 18


1.3. APPLICATION DE L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE À LA NEURO IMAGERIE

Toutes les pathologies neurologiques peuvent être étudiées via l’intelligence artificielle que ce
soit la maladie d’Alzheimer [39, 40, 41, 42, 43], la maladie de Parkinson [38, 44] et les syndromes
Parkinsoniens [45, 46, 47], la neuro fibromatose [48] ou encore la sclérose [49].
D’autres travaux utilisent l’intelligence artificielle et la neuro imagerie pour des sujets de recherche
plus vastes, et moins souvent étudiés tels que l’étude du coma [50], les troubles neurologiques et
psychiatriques [51] ou encore la différence entre les cerveaux d’un homme et d’une femme [52].
Certains travaux ajoutent une partie visualisation et interprétation des prédictions de leur modèle
dans le but d’obtenir une signature spatiale de la pathologie étudiée. F. Nemmi et al. proposent une
approche basée sur les SVM qui fournit la discrimination entre les syndromes Parkinsonien et les
sujets sains ainsi que les clusters de voxels les plus discriminants correspondant à une signature spa-
tiale des pathologies [46]. Esmaeilzadeh et al. proposent aussi une signature spatiale de la maladie de
Parkinson en 2018 avec un modèle de réseau de neurones convolutifs 3-dimensions [32]. Chengliang
et al. utilisent aussi le deep learning et l’interprétation visuelle pour obtenir une signature spatiale
de la maladie d’Alzheimer [53].

Plusieurs recherches se concentrent sur la création d’une plateforme d’intelligence artificielle ap-
pliquée à la neuro imagerie en proposant des solutions à tous les types de problèmes (segmentation,
régression et classification) telles que BrainNetCNN [54] et NiftyNet [55]. Ils proposent alors des
architectures prêtes à l’emploi ou encore des modèles déjà entrainés.

Parmis ces travaux de recherches, les objectifs peuvent être variés. P. Péran et al. comparent les
différents algorithmes de classification supervisés et non-supervisés en discriminant le même jeu de
données sur les syndromes Parkinsoniens [47]. Nemmi et al. ont développé un pipeline de classifi-
cation appliqué aux syndromes Parkinsoniens [46], en validant leurs résultats via les connaissances
présentes dans l’état de l’art de la pathologie [56, 57, 31] et en les comparant avec les résultats
d’autres méthodes publiées [58, 59, 60, 61, 62, 63, 47, 64]. Ce pipeline est ensuite appliqué à d’autres
pathologies [65].

S’il existe de nombreux travaux d’application de l’intelligence artificielle à la neuro imagerie, très
peu se concentrent sur les pathologies neuro dégénératives rares où la collecte de données est difficile.
La taille des jeux de données des pathologies rares est limitée ce qui rend difficile l’utilisation des
techniques d’intelligence artificielles dites profondes.
De plus, peu de travaux visent à développer un pipeline entièrement basé sur le "deep learning" en
combinant IRM 3-dimensions, biomarqueurs dérivés de l’IRM et multimodalité dans le but d’obtenir
à la fois une classification, mais aussi une analyse du pouvoir discriminant des différentes biomar-
queurs ainsi qu’une visualisation spatiale des zones discriminantes. Ce type de pipeline avec peu
de données permet pourtant d’étudier les pathologies rares en utilisant les techniques d’intelligence
artificielles les plus avancées, mais aussi une application clinique via les données collectées sur le
centre clinique.

Edouard VILLAIN Page 19


CHAPITRE 2

Développement d’un modèle de réseau de neurones artificiels

Le chapitre 3 permet de détailler l’apprentissage profond, la méthode utilisée lors de cette thèse.

Dans un premier temps, le neurone artificiel et son apprentissage seront abordés en section 2.1.
Puis les réseaux de neurones ainsi que leurs architectures seront détaillés dans les sections 2.2 et 2.3
avec leurs avantages respectifs.
Les hyper-paramètres associés aux réseaux de neurones seront expliqués dans la section 2.7.
La section 2.6 quant à elle s’intéressera à la mesure de performance d’un réseau de neurones artificiels.
Ce chapitre se terminera par les modèles mono et multi modaux dans la section 2.8 et l’entraînement
d’un modèle section 2.9.

20
2.1. NEURONE ARTIFICIEL

2.1 Neurone artificiel


2.1.1 Modèle du neurone artificiel
Le neurone artificiel s’appuie sur l’analogie avec le neurone biologique pour calculer une prédic-
tion. En effet le neurone biologique peut être simplifié en trois parties fondamentales.
— Les dendrites
— Le corps cellulaire
— Les axones
Les dendrites reçoivent de l’information, le corps cellulaire quant à lui s’occupe de traiter l’informa-
tion reçue et les axones de transmettre l’information traitée. Ce pipeline de traitement d’information
est copié dans le neurone artificiel avec toujours ces trois parties.
— Les entrées : [x1 , x2 , . . . , xn ]
Pi=n
— La sortie : i=1 xi ⇥ !i + b
Pi=n
— L’activation : '( i=1 xi ⇥ !i + b)
La figure 2.1 schématise cette analogie entre le neurone biologique et le neurone artificiel.

Figure 2.1: Analogie entre le neurone biologique et le neurone artificiel

La figure 2.2 quant à elle schématise le neurone artificiel.


A ce stade, le neurone artificiel est capable de calculer une prédiction à partir d’entrée, ou
plutôt une sortie activée, grâce à un modèle mathématique simple. Cependant il n’est pas capable
d’apprendre et de généraliser l’information contenue dans les données d’apprentissage.

2.1.2 Apprentissage du neurone artificiel


Afin d’obtenir la capacité d’apprendre, le neurone artificiel s’appuie sur une technique basique,
correspondant à l’apprentissage de l’humain. Le cycle essais, échec et amélioration pour éviter de
retomber dans un cas d’échec est répété pour minimiser le nombre d’échecs. Pour cela, il faut
connaitre à l’avance ce que le neurone artificiel doit prédire dans le but de mesurer son taux d’échec.
On appelle ce type d’apprentissage un apprentissage supervisé. En effet, chaque donnée possède un
label associé précisant la sortie attendue pour cette donnée (appelée aussi valeur cible) : la classe
d’appartenance dans le cas d’une classification, la valeur souhaitée dans le cas d’une régression.
Mathématiquement, ce cycle schématisé figure 2.3, correspond aux étapes suivantes :

Edouard VILLAIN Page 21


2.1. NEURONE ARTIFICIEL

Figure 2.2: Modèle mathématique du neurone artificiel

— Étape 1 : Calcul de la sortie


— Étape 2 : Calcul de l’erreur entre la sortie calculée et la sortie attendue (le label)
— Étape 3 : Rétro-propagation de l’erreur en mettant à jour les poids !i et le biais b de façon
à minimiser l’erreur de prédiction
— Étape 4 : Passage à la donnée suivante

Figure 2.3: Cycle d’apprentissage du neurone artificiel supervisé

Ce cycle d’apprentissage est répété sur un grand nombre de données dans le but de pouvoir
généraliser l’information contenue dans un jeu de données. Cela permet d’obtenir un taux d’échec

Edouard VILLAIN Page 22


2.1. NEURONE ARTIFICIEL

minimal sur l’ensemble des données d’apprentissage et ainsi pouvoir calculer des prédictions sur de
nouvelles données. Il serait possible de schématiser de façon plus mathématique ce cycle via la figure
2.4.

Figure 2.4: Apprentissage du neurone artificiel supervisé

2.1.3 Fonction d’activation du neurone artificiel


LaPfonction d’activation ' d’un neurone artificiel permet de réctifier la sortie calculée par l’équa-
i=n
tion i=1 xi ⇥ !i + b. Plusieurs types de fonctions d’activation sont disponibles. Certaines sont
destinées à être intégrées à l’interieur d’un modèle et d’autres en sortie d’un modèle. Les fonctions
d’activion ReLU (Rectified Linear Unit), LeakyReLU et ELU (Exponential Linear Unit) permettent
d’accélérer le temps de calcul et l’apprentissage en ayant tendance à retirer les sorties négatives.
La fonction ReLU met à zéro les valeurs négatives via l’équation 2.1. Le calcul de la sortie étant
principalement composé de multiplications, le fait de mettre les valeurs négatives à zéro accélère
énormément le temps de calcul.
'(y) = max(0, y) (2.1)
Les fonctions d’activation LeakyReLU et ELU quant à elles laissent passer une partie des valeurs
négatives. Le neurone artificiel dispose alors de plus d’information pour calculer sa prédiction, ce-
pendant les temps de calcul sont légèrement augmentés par rapport à la fonction ReLU. L’équation
2.2 détaille le calcul de la fonction d’activation LeakyReLU.
(
y si y 0
'(y) = (2.2)
↵ ⇥ y si y < 0, avec ↵ 2 [0 · · · 1]
L’inconvénient de la fonction LeakyReLU est qu’elle n’est pas dérivable en zéro. La fonction
d’activation ELU dont l’équation est détaillée 2.3 cumule l’avantage de la fonction LeakyReLU tout
en étant dérivable en zéro. Cependant le calcul d’une exponentielle augmente le temps de calcul,

Edouard VILLAIN Page 23


2.1. NEURONE ARTIFICIEL

mais améliore nettement l’apprentissage [66].


(
y si y 0
'(y) = (2.3)
↵ ⇥ (ey 1) si y < 0, avec ↵ 2 [0 · · · 1]
Les fonctions d’activations sigmoïd, softmax et celle dite de tout ou rien sont quant à elles
destinées à la sortie d’un modèle. La fonction d’activation dite de tout ou rien dont l’équation est
précisée 2.4 permet une classification binaire.
(
0 si y  0
'(y) = (2.4)
1 sinon
La fonction softmax quant à elle permet de transformer un vecteur en probabilités, et dans le
cas d’un réseau de neurones, un vecteur de probabilités d’appartenance aux classes de façon à ce
que la somme des probabilités soient égales à un. L’équation 2.5 détaille le calcul utilisé avec yi
la probabilité d’appartenance à la classe i et K le nombre de classe du problème. Cette fonction
d’activation est alors idéale pour la classification multi classes.
e yi
'(yi ) = Pj=K (2.5)
j=0 e yj
La fonction sigmoïd dont le calcul est présenté équation 2.6 est utilisée pour les problèmes de
régression.
1
'(y) = (2.6)
1+e y
La figure 2.5 présente les principales fonctions d’activation disponibles dans la littérature.

Figure 2.5: Principales fonctions d’activations du neurones artificiels

En poussant l’analyse du neurone artificiel et son apprentissage plusieurs questions se posent


encore. En effet le calcul de l’erreur entre la sortie attendue et la sortie calculée implique la nécessité
d’une fonction d’erreur. Mais aussi quelle méthode est employée pour modifier les poids !i et le biais
b du neurone artificiel, ainsi que la valeur de la modification appliquée ? Ces questions correspondent
à des hyperparamètres : la fonction d’erreur, l’optimiseur et le pas d’apprentissage qui seront détaillés
dans la section 2.7.

Edouard VILLAIN Page 24


2.2. RÉSEAU DE NEURONES

2.2 Réseau de neurones


La section 2.1 a présenté le fonctionnement du neurone artificiel ainsi que son apprentissage. La
section 2.2 détaille cette fois ci les réseaux de neurones avec le perceptron 2.2.1 et le perceptron multi
couches 2.2.2. Afin de créer un réseau de neurones artificiels à partir du neurone artificiel, l’idée est
de connecter les sorties d’un neurone artificiel à d’autres neurones artificiels. L’organisation de ces
neurones artificiels est appelée architecture et est organisée en couche.

2.2.1 Perceptron
Le perceptron est le réseau de neurones artificiels le plus simple puisqu’il n’utilise qu’un seul
neurone. La fonction d’activation du neurone est définie en fonction de l’application. Une fonction
dite de tout ou rien ne sera utilisée que dans le cas de la classification alors que dans le cas de la
régression, une fonction sigmoïde sera préférentiellement employée.

L’exemple ci-dessous présente l’utilisation d’un perceptron dans le but d’une classification. La
figure 2.6 visualise le jeu de données utilisé. Chaque donnée est un vecteur de deux scalaires [x1 , x2 ]
permettant de représenter un patient avec x1 un scalaire quantifiant son niveau de pratique du sport
et x2 si le patient est un fumeur ou non. Ce jeu de données est simulé avec une fonction aléatoire
centrée sur un point de l’espace. Deux classes sont alors générées sur deux points de l’espace différents.
Le label de ces données est alors un risque d’avoir un cancer du poumon élevé ou faible. Le but du
perceptron doit donc apprendre à prédire si un patient possède un risque élevé ou faible d’avoir un
risque de cancer du poumon.

Figure 2.6: Jeu de données d’exemple pour l’utilisation d’un perceptron

La figure 2.7 montre l’architecture du perceptron, avec une entrée par scalaire du vecteur repré-
sentant le patient. La fonction d’activation du perceptron est une fonction dite de tout ou rien et

Edouard VILLAIN Page 25


2.2. RÉSEAU DE NEURONES

permet de prédire 0 ou 1.

Figure 2.7: Architecture d’un perceptron pour une classification binaire

La simplicité du perceptron est l’un de ses avantages. Les temps de calcul sont très faibles
cependant la simplicité du perceptron est aussi son inconvénient. En effet, il est possible de calculer
la frontière entre les deux classes définie par un perceptron. La prédiction o correspond à l’équation
2.7. (
o = 1 si !1 ⇥ x1 + !2 ⇥ x2 + b > 0
(2.7)
o = 0 si !1 ⇥ x1 + !2 ⇥ x2 + b  0
Il est alors possible de déduire la frontière entre les deux classes via l’équation 2.8.

!1 ⇥ x1 + !2 ⇥ x2 + b = 0 (2.8)

L’équation 2.8 correspond à celle d’une droite. Le perceptron ne peut alors qu’effectuer une
classification linéaire des données. Ceci explique alors la présence du biais dans les paramètres du
neurone artificiel car il permet de calculer une frontière qui ne passe pas par l’origine. Afin de se
convaincre de cette classification, il est possible de discrétiser le plan afin de calculer la prédiction
pour chaque point du plan. La figure 2.8 montre les résultats obtenus sur les données de la figure
2.6 et permet de visualiser la classification linéaire des données.

2.2.2 Perceptron multi couches


Le perceptron multi couches est comme son nom l’indique organisé en couches. Il est alors possible
de distinguer la couche d’entrée, la couche de sortie ainsi que les couches cachées. La couche d’entrée
est composée d’un neurone artificiel par scalaire des données d’entrée. La couche de sortie quant à
elle est composée d’un neurone par sortie. Autrement dit, dans le cas d’un problème de régression,
la couche de sortie sera un unique neurone, alors que dans le cas de la classification, cette couche de
sortie sera composée d’un neurone par classe.
Afin d’illustrer le perceptron multi couches, le jeu de données utilisé dans la section 2.2.1 est
réutilisé avec cette fois ci trois classes. Les données sont toujours un vecteur de deux scalaires

Edouard VILLAIN Page 26


2.2. RÉSEAU DE NEURONES

Figure 2.8: Prédictions calculées par un perceptron sur le jeu de données de la figure 2.6

[x1 , x2 ] permettant de représenter un patient avec x1 un scalaire quantifiant son niveau de pratique
du sport et x2 si le patient est un fumeur ou non. Les classes sont maintenant un risque faible,
modéré et élevé d’avoir un cancer du poumon. Ce jeu de données est présenté sur la figure 2.9.

Figure 2.9: Jeu de données d’exemple pour l’utilisation d’un perceptron multi couches

Edouard VILLAIN Page 27


2.2. RÉSEAU DE NEURONES

Une architecture basée sur le perceptron multi couches est représentée sur la figure 2.10. Elle est
composée d’une couche d’entrée à deux neurones artificiels, un pour x1 et l’autre pour x2 . La couche
de sortie est quant à elle composée de trois neurones artificiels, un pour la probabilité d’appartenance
à la classe 1, un pour la classe 2 et un pour la classe 3. L’architecture est complétée par une couche
intermédiaire, dite cachée, composée de trois neurones. Ce choix de trois neurones artificiels est un
choix arbitraire, parmi les hyper-paramètres détaillés dans la section 2.7. La section 2.1.3 détaille
les fonctions d’activation du neurone artificiel. Ici, la dernière couche est activée par une fonction
softmax afin de calculer des probabilités d’appartenance aux classes, tandis que la couche cachée
peut être activée par l’une des fonction de rectification (ReLU, LeakyReLU ou ELU).

Figure 2.10: Architecture d’un perceptron multi couches pour une classification multi classes

Cette fois ci le perceptron multi couches permet une classification non linéaire des données. Un
élément de sortie de la couche de prédiction est cette fois ci défini par l’équation 2.9 avec '1 la
fonction d’activation de la couche cachée.

'1 (x1 ⇥ !1,1 + x2 ⇥ !1,2 + b1 ) (2.9)


Un exemple de sortie de la couche de prédiction est cette fois ci définie par l’équation 2.10 avec

Edouard VILLAIN Page 28


2.3. RÉSEAU DE NEURONES CONVOLUTIFS

'2 la fonction d’activation de la couche de sortie.

'2 (!4,1 ⇥ '1 (x1 ⇥ !1,1 + x2 ⇥ !1,2 + b1 )


+ !4,2 ⇥ '1 (x1 ⇥ !2,1 + x2 ⇥ !2,2 + b2 ) (2.10)
+ !4,3 ⇥ '1 (x1 ⇥ !3,1 + x2 ⇥ !3,2 + b3 ) + b4 )
La complexité de ces équations oblige à plutôt expliquer un modèle de réseau de neurones artifi-
ciels via son architecture plutôt qu’à partir d’équations. En effet, l’équation 2.10 est déjà complexe
alors que les fonctions '1 et '2 ne sont pas détaillés. De plus l’architecture est minimaliste puis-
qu’elle est composée de très peu de neurones artificiels. Cependant, il paraît évident que dans le cas
du perceptron multi couches, la classification est cette fois ci non linéaire. La figure 2.11 présente la
classification obtenue sur le jeu de données 2.9 avec l’architecture détaillée 2.10.

Figure 2.11: Prédictions calculées par un perceptron multi couches sur le jeu de données de la
figure 2.9

2.3 Réseau de neurones convolutifs


Les réseaux de neurones artificiels présentés dans la section 2.2 ont l’avantage d’avoir une ar-
chitecture simple. Chaque couche de neurones artificiels est entièrement connectée à ses couches
adjacentes. Cependant ces architectures ne sont pas adaptées pour les données de grandes dimen-
sions. En effet la première couche d’un perceptron multi couches est composée d’un neurone artificiel
par scalaire des données d’entrée, ce qui rendrait les modèles beaucoup trop gros pour des données
de plus grandes dimensions telles que les images, avec un apprentissage difficile et trop long.
Les réseaux de neurones convolutifs (CNN), toujours organisés en couches, utilisent les opérations
de convolution afin de connecter les couches entre elles. En effet une couche de convolution n’est plus
entièrement connectée à la suivante, mais connectée par des filtres de convolution. Ceci a pour effet

Edouard VILLAIN Page 29


2.3. RÉSEAU DE NEURONES CONVOLUTIFS

de connecter la sortie à un sous ensemble spatialement connecté des données d’entrée. L’objectif
de l’apprentissage n’est alors plus de déterminer les poids de ces liens permettant de minimiser la
fonction d’erreur, mais de déterminer les filtres de convolution minimisant la fonction d’erreur.
Les opérations de convolution représentée figure 2.12, permettent de détecter des formes dans un
signal, ce qui permet aux réseaux de neurones convolutifs d’apprendre des formes caractéristiques
sur le jeu de données d’apprentissage. Dans le but d’apprendre différentes formes, plusieurs filtres de
convolution sont "appris" sur chaque couche de convolution. Il est d’usage d’augmenter le nombre
de filtres de convolution au fur et à mesure que les données traversent l’architecture.

0 0 0 0⇥1 0⇥1 0⇥1 0


0 0 0 1⇥1 0⇥2 0⇥1 0 1 3 4 2 0
0 0 1 1⇥1 0⇥1 0⇥1 0 1 1 1 2 6 5 3 0
0 1 0 1 0 0 0 ⇤ 1 2 1 = 3 5 5 3 0
0 0 0 1 0 0 0 1 1 1 3 6 6 5 2
0 1 1 1 1 1 0 3 5 5 5 3
0 0 0 0 0 0 0
I K I⇤K
Figure 2.12: Détail de l’opération de convolution 2-dimensions

Les réseaux de neurones convolutifs peuvent être utilisés pour des problèmes de classification ou
de régression. Dans le cas d’une classification, la fin d’un CNN est alors constituée d’un perceptron
multi couches (voir section 2.2.2). Dans le cas d’un problème de régression, la sortie pourra être un
perceptron multi couches si la prédiction est un scalaire, ou encore la symétrie du CNN dans le cas
de segmentation (régression d’une image d’un espace RM ⇥N vers un autre espace RM ⇥N ).
Les CNN s’appuient aussi sur les opérations de "pooling" afin de réduire la dimension des données
lorsqu’elles traversent le réseau de neurones. Cette opération consiste à ne garder qu’une seule valeur
parmi le voisinage. Cette valeur peut être le maximum ou la moyenne du voisinage. La figure 2.13
présente un exemple de pooling utilisant la moyenne.
Finalement, les CNN sont principalement basés sur une séquence de couches de convolution
avec un nombre de filtres appris croissant, et de couches de pooling pour réduire la dimension des
données. Les sections 2.3.1, 2.3.2 et 2.3.3 présentent les architectures les plus connues et utilisées
dans la littérature. La section 2.3.4 quant à elle présente l’architecture la plus connue dans un but
de segmentation d’images. Ces architectures sont disponibles déjà entrainées sur le jeu de données
Image-net [17], l’un des plus gros jeu de données d’images couleur contenant de nombreuses classes.
Les filtres de convolution et les paramètres de ces CNN sont alors déjà fixés pour minimiser une
fonction d’erreur sur un grand nombre de classes. Ces CNN sont donc capables de détecter de nom-
breuses formes sur les images et peuvent être réutilisés pour d’autres applications.

Les 3 principales architectures actuellement utilisées dans la littérature sont détaillé ci-dessous.

2.3.1 VGG
L’architecture VGG pour Visual Geometry Group a été développée par l’Université d’ Oxford
et est l’une des premières architectures CNN présentées dans la littérature [18]. Son architecture

Edouard VILLAIN Page 30


2.3. RÉSEAU DE NEURONES CONVOLUTIFS

ret
I 5 1
5 9 3 0 2 1
2 4 0 1
Average pooling
4 1 1 2
2 1 0 1
Figure 2.13: Détail de l’opération d’average pooling

est une séquence de couches de convolution et de pooling. La figure 2.14 détaille l’architecture d’un
modèle VGG. Il existe deux versions VGG16 et VGG19 qui correspondent aux nombres de couches
utilisées.

Figure 2.14: Architecture du modèle VGG 16

L’architecture du modèle présenté figure 2.14 est donc :


1 Convolution 64 filtres, kernel (3, 3) + activation ReLU
2 Convolution 64 filtres, kernel (3, 3) + activation ReLU
3 Max Pooling
4 Convolution 128 filtres, kernel (3, 3) + activation ReLU
5 Convolution 128 filtres, kernel (3, 3) + activation ReLU

Edouard VILLAIN Page 31


2.3. RÉSEAU DE NEURONES CONVOLUTIFS

6 Max Pooling
7 Convolution 256 filtres, kernel (3, 3) + activation ReLU
8 Convolution 256 filtres, kernel (3, 3) + activation ReLU
9 Convolution 256 filtres, kernel (3, 3) + activation ReLU
10 Max Pooling
11 Convolution 512 filtres, kernel (3, 3) + activation ReLU
12 Convolution 512 filtres, kernel (3, 3) + activation ReLU
13 Convolution 512 filtres, kernel (3, 3) + activation ReLU
14 Max Pooling
15 Convolution 512 filtres, kernel (3, 3) + activation ReLU
16 Convolution 512 filtres, kernel (3, 3) + activation ReLU
17 Convolution 512 filtres, kernel (3, 3) + activation ReLU
18 Max Pooling
19 Mise à plat
20 Couche entièrement connectée de 4096 neurones + activation ReLU
21 Couche entièrement connectée de 4096 neurones + activation ReLU
22 Couche entièrement connectée de 1000 neurones + activation softmax
L’avantage des modèles VGG est leur "simplicité". Cependant, cette simplicité dans la conception
de l’architecture a des conséquences telles que la quantité de mémoire utilisée pour ces types de
modèle.

2.3.2 ResNet
Les architectures basées sur ResNet ressemblent aux modèles VGG mais un lien permet de
sauter certaines couches via les "skip connexions" [19]. La figure 2.15 présente le principe de la skip
connection. Un lien avec une couche identité est reconnectée plus profondément dans l’architecture
ce qui permet aux données de "sauter" une couche lorsqu’elle est inutile dans les prédictions.

Figure 2.15: Skip connexion du modèle ResNet

La figure 2.16 représente la skip connexion de façon simplifiée où la couche i 2 est à la fois
connectée à la couche i 1, comme ce serait le cas pour une architecture VGG, mais aussi à la
couche i.

Edouard VILLAIN Page 32


2.3. RÉSEAU DE NEURONES CONVOLUTIFS

Figure 2.16: Architecture des couches de convolution des modèles type ResNet

L’apprentissage des modèles ResNet est alors facilité car le modèle peut choisir les couches qui lui
sont utiles pour minimiser l’erreur de prédiction. Différentes versions des architectures ResNet sont
disponibles dans la littérature avec des paramètres déjà entrainés sur le jeu de données Image-net
[17], allant de ResNet50 à ResNet151.

2.3.3 GoogLeNet
Les architectures de type GoogLeNet utilisent les "modules d’inception" pour remplacer les
simples couches de convolution [20]. La figure 2.17 détaille le module d’inception et il est possible
de remarquer qu’il ne s’agit plus d’une séquence linéaire de couches. En effet le module d’inception
combine les convolutions de taille (1, 1), (3, 3) et (5, 5) ainsi que l’opération de max pooling. Les
convolutions de taille (1, 1) permettent de pondérer les données de la couche précédente, tandis que
les couches de convolution (3, 3) et (5, 5) permettent d’apprendre des formes sur les données en
prenant en compte un voisinage plus ou moins grand. L’opération de pooling inclue dans le module
d’inception permet quant à elle d’avoir un aperçu de ce qui se passera lors de la couche suivante.
Le module d’inception se termine par une concaténation de chacune des branches afin de pouvoir
être connecté à la couche suivante. Finalement le module d’inception combine une pondération des
données, un aperçu de la couche suivante ainsi que deux convolutions de taille différente.
La figure 2.18 détaille l’architecture du modèle GoogLeNet utilisant les modules d’inception. Il
est possible de constater que l’architecture présente plusieurs sorties afin d’obtenir une prédiction à
partir de formes extraites sur les données d’apprentissage provenant de différentes échelles.

2.3.4 U-Net
Les architectures basées sur les U-Net sont utilisées dans le cas de régression ou de segmentation.
Comme son nom l’indique, l’architecture est en forme de U. Une première partie consiste en des
couches de convolutions et de pooling, puis la seconde partie est la symétrie de la première. Des
couches de déconvolution avec des nombres de filtres égaux à la couche équivalente de la première
partie et des couches d’"un-pooling" permettent d’augmenter la dimension des données transitant à

Edouard VILLAIN Page 33


2.3. RÉSEAU DE NEURONES CONVOLUTIFS

Figure 2.17: Module d’inception du modèle GoogLeNet

Figure 2.18: Architecture du modèle GoogLeNet

l’intérieur du U-Net. Les deux parties peuvent être connectées avec ou sans l’utilisation de couches
entièrement connectées. La figure 2.19 détaille de l’architecture d’un U-Net.

Edouard VILLAIN Page 34


2.4. TRANSFER LEARNING

Figure 2.19: Architecture du modèle U-Net

2.4 Transfer learning


Le transfer learning consiste à utiliser un modèle déjà entrainé sur un jeu de données pour une
application précise, mais cette fois-ci sur un autre jeu de données ou une autre application [67].

Les modèles VGG [18], ResNet [19] et GoogLeNet [20] présentés dans la section 2.3 ont tous
été entrainés sur le jeu de données Image-net [17]. Ces modèles sont alors disponibles avec les pa-
ramètres déjà entrainés. Le jeu de données Image-net étant composé d’un grand nombre d’images
et de classes, ces modèles ont alors eu l’occasion d’apprendre à reconnaitre de nombreuses formes
et caractéristiques dans une image. Ils peuvent alors être appliqués à d’autre domaine tant que les
données d’entrée sont des images.

En général, la partie convolutive de ces modèles va être fixée, tandis que les couches entièrement
connectées vont être ré-entrainées sur le nouveau jeu de données. Pour plus d’information sur le
transfer learning voir [68].

2.5 Data augmentation


La quantité de données est un facteur important dans la réussite du développement d’un modèle
de deep learning. Une technique couramment utilisée dans le deep learning pour augmenter la taille
du jeu de données est la data augmentation qui vise à créer plusieurs exemples différents d’une seule

Edouard VILLAIN Page 35


2.6. MESURE DES PERFORMANCES D’UN MODÈLE

et même donnée.
Plusieurs méthodes sont alors à disposition telles que l’ajout de bruit aléatoire, les rotations, les
translations ou encore les miroirs. Cependant ces méthodes ne sont pas toujours applicables et
nécessitent une étape de réflexion sur la modification applicable qui permet de conserver le sens du
jeu de données.
En prenant l’exemple d’images satellites visant à détecter les routes, la plupart des méthodes sont
applicables. En effet, une route dans une image reste une route lorsqu’une translation, une rotation
ou un image miroir est générée. Cependant, dans le cas de reconnaissance des chiffres manuscrits,
une rotation de 180 degrès d’une image du chiffre "6" ne produit pas un nouvel exemple d’image
de cette classe mais une image du chiffre "9" qui serait alors labélisée comme étant un chiffre 6. Il
est bien possible d’appliquer des rotations sur un jeu de données de chiffres manuscrits puisqu’il est
possible de rédiger avec une inclinaison différentes tout en gardant le sens, mais il existe un angle
de rotation à ne pas dépasser au risque de fausser la base de données d’apprentissage.
Concernant le cas la méthode de l’ajout de bruit, elle est toujours applicable mais elle nécessite
d’analyser le type de bruit qu’il est possible d’ajouter ainsi que le nombre de nouvelles données
à générer. En effet, tous les capteurs possèdent un bruit lors de l’acquisition, il est donc possible
de générer plusieurs images simulant plusieurs acquisitions d’une même donnée avec différentes
manifestations du bruit du capteur.
Dans le cas des images médicales, et plus particulièrement des images neurologiques, l’application des
méthodes de data augmentation est difficile. En effet, le jeu de données étant recalé dans un template
MNI (voir la section 1.2.3), les techniques de rotations, de miroir et de translation ne sont pas
indiquées. Cela est d’autant plus contre-indiqué lorsqu’une signature spatiale est recherchée. L’ajout
de méthode de data augmentation pourrait fausser les résultats de visualisation. En effet, lorsque
l’on applique une image miroir d’une IRM cérébrale, la droite et la gauche sont alors confondues et
un modèle d’intelligence artificielle n’est plus capable de discerner la droite et la gauche dans une
IRM cérébrale.

2.6 Mesure des performances d’un modèle


Afin d’estimer la performance d’un modèle, plusieurs solutions sont disponibles selon le type
d’application de ce dernier. Dans le cas d’une régression, la fonction d’erreur sera prise en compte
tandis que dans le cas d’une classification il est possible d’utiliser en plus l’exactitude (ou accuracy).
Afin de pouvoir évaluer les performances d’un modèle sur des données qu’il n’a jamais vues, il est
d’usage de garder une partie de celle-ci pour le test. Il est aussi habituel de conserver une partie
des données afin de mesurer les performances du modèle sur des données qu’il n’utilise pas pour
apprendre, mais simplement pour vérifier son comportement sur des données inconnues. De telles
données sont appelées données de validation et permettent de réctifier certains hyperparamètres
d’apprentissage. Il est courant de voir une découpe aléatoire du jeu de données en 70% pour l’en-
trainement, 15% pour la validation et 15% pour le test.

2.6.1 Perte
La perte, ou erreur, d’un modèle vise à calculer l’erreur du modèle sur l’ensemble des données
testées. Pour cela il est nécessaire de définir une fonction d’erreur permettant de quantifier l’erreur
entre la prédiction et la vérité terrain. Un exemple d’une telle fonction dans le but d’une classi-
fication est l’entropie croisée dont l’équation 2.11 détaille le calcul, avec K le nombre de classes,
yi la probabilité d’appartenance à la classe i de la vérité terrain (i.e. 0 ou 1) et yˆi la probabilité

Edouard VILLAIN Page 36


2.6. MESURE DES PERFORMANCES D’UN MODÈLE

d’appartenance à la classe i prédite par le modèle. D’autres fonctions d’erreurs seront détaillées dans
la section 2.7.6.
i=K
X
logloss(y, ŷ) = (yi ⇥ log(yˆi ) + (1 yi ) ⇥ log(1 yˆi )) (2.11)
i=0

Cette fonction d’erreur est minimisée lors de l’apprentissage sur les données d’entrainement dans
le but d’être par la même occasion minimisée sur les données de test qui n’ont jamais été vues par
le modèle durant la phase d’entrainement.
La figure suivante 2.20 présente une fonction d’erreur sur les données d’apprentissage et de test
lors de l’entrainement d’un modèle. Il est alors possible de constater que la courbe décroit de façon
exponentielle. De plus, la comparaison entre la courbe correspondant aux données d’entrainement
et celle des données de test permet de repérer les cas de sur-apprentissage et de sous-apprentissage.

Figure 2.20: Courbe d’apprentissage de la fonction d’erreur sur le jeu de données d’entrainement
et de test

Le sur-apprentissage correspond au cas où la courbe d’erreur est très faible sur les données d’en-
trainement mais reste élevée sur les données de test. Cela correspond au fait que le modèle est devenu
trop "performant" sur les données d’apprentissage et ne généralise plus correctement l’information
contenue dans l’ensemble du jeu de données, mais au contraire s’appuie sur des caractéristiques
présentes uniquement dans les données d’entrainement. La figure 2.21 permet de visualiser le cas
du sur-apprentissage sur la courbe de la fonction d’erreur et son effet sur la classification du jeu de
données.
A contrario, le sous apprentissage est un modèle qui obtient deux courbes d’erreur sur les données
d’entrainement et de test qui reste élevée tout au long de l’apprentissage. La figure 2.22 permet
de visualiser le cas du sous-apprentissage sur la courbe de la fonction d’erreur et son effet sur la
classification du jeu de données.

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2.6. MESURE DES PERFORMANCES D’UN MODÈLE

(a) Cas de sur-apprentissage sur la courbe (b) Représentation d’un cas de


d’apprentissage de la fonction d’erreur sur-apprentissage sur les données

Figure 2.21: Détection et représentation du sur-apprentissage

(a) Cas de sous-apprentissage sur la courbe (b) Représentation d’un cas de


d’apprentissage de la fonction d’erreur sous-apprentissage sur les données

Figure 2.22: Détection et représentation du sous-apprentissage

La figure 2.22 permet de visualiser le cas du sous-apprentissage sur la courbe de la fonction


d’erreur et son effet sur la classification du jeu de données.
Plusieurs techniques sont disponibles afin de converger vers le cas idéal. Il est possible de citer
l’utilisation de couches de "dropout" (détaillé dans la section 2.6.3) ou de régulariseur pour éviter

Edouard VILLAIN Page 38


2.6. MESURE DES PERFORMANCES D’UN MODÈLE

(a) Cas idéal d’apprentissage sur la courbe (b) Représentation d’un cas idéal
d’apprentissage de la fonction d’erreur d’apprentissage sur les données

Figure 2.23: Détection et représentation du cas idéal d’apprentissage

le sur-apprentissage, et complexifier le modèle afin d’éviter le sous-apprentissage.

2.6.2 Exactitude
Dans le cas d’un problème de classification, une autre mesure de performance est à disposi-
tion. L’exactitude (ou accuracy) correspond au pourcentage de données correctement classées par
le modèle. En définissant les vrais positifs et les vrais négatifs (V P et V N ) comme les données
correctement classées par le modèle et les faux positifs et les faux négatifs (F P et F N ) comme les
données mal classées par le modèle, il est possible de calculer un score d’exactitude. Dans le cas d’une
classification binaire appliquée au domaine médical telle que sujets sains et patients malades, un V P
est un patient malade prédit comme tel par le modèle et un V N est un sujet sain prédit comme
sujet sain. Un F P est un sujet sain prédit comme patient malade et un F N est un patient malade
prédit comme sujet sain. L’équation 2.12 détaille le calcul permettant d’obtenir le score d’exactitude
sur un jeu de données.
VP +VN
Exatitude = (2.12)
V P + V N + FP + FN
Ainsi il est possible de calculer ce score d’exactitude lors de l’apprentissage et la figure 2.24 en
montre un exemple. Contrairement à la fonction de perte, la courbe d’accuracy augmente de façon
logarithmique.
Tout comme pour la fonction de perte (section 2.6.1), il est possible de repérer le sur-apprentissage
et le sous-apprentissage sur ces courbes en comparant l’exactitude obtenue sur les données d’entrai-
nement et celle des données de test (voir figures 2.22, 2.21 et 2.23)
Cependant, ce score d’exactitude présente des limites puisqu’il correspond à un score général.
Pour rester dans l’exemple de la classification binaire appliquée au domaine médical, ce score ne
reflète pas la capacité du modèle à classer correctement les sujets sains ou au contraire, les patients
malades. Pour cela, il est possible d’étudier les scores de sensitivité et de spécificité correspondant à

Edouard VILLAIN Page 39


2.6. MESURE DES PERFORMANCES D’UN MODÈLE

Figure 2.24: Courbe d’apprentissage de l’exactitude sur le jeu de données d’entrainement et de


test

la capacité du modèle à classer correctement respectivement les patients malades et les sujets sains.
Ces deux scores permettent d’affiner le modèle en fonction des besoins de l’utilisateur. Les équations
2.13 et 2.14 détaillent les calculs utilisés afin d’obtenir ces deux scores.
VP
Sensitivité = (2.13)
V P + FN
VN
Spécificité = (2.14)
V N + FP

2.6.3 Amélioration des performances


Hormis le choix des hyper-paramètres du modèle définis en section 2.7, plusieurs techniques sont
disponibles afin d’améliorer les performances d’un modèle. En effet pour éviter le sous-apprentissage,
un modèle peut être complexifié afin de modéliser de façon plus complexe le problème.
Dans le cas du sur-apprentissage, il est possible d’appliquer du dropout ce qui a pour effet de
désactiver certains neurones lors de la phase d’apprentissage [69]. L’apprentissage est alors plus long,
mais il est aussi plus robuste et moins sensible au bruit présent dans les données d’apprentissage.
La figure 2.25 présente un exemple de dropout sur une couche entièrement connectée. L’utilisateur
définit une probabilité de désactivation d’un neurone pour une couche, et un tirage aléatoire permet
de désactiver les neurones ayant une probabilité p inférieure à la valeur définie par l’utilisateur.
Une autre méthode de prévention du sur-apprentissage est l’application d’un régulariseur qui a
pour effet de lisser les valeurs des poids et filtres de convolution en ajoutant à l’erreur la norme des
poids. La fonction d’erreur entre y et ŷ est alors définie par l’équation 2.15, avec !i les poids ou

Edouard VILLAIN Page 40


2.7. HYPER-PARAMÈTRES D’UN RÉSEAU DE NEURONES

⇥ p < 0.25
o2 o2
p < 0.25 ⇥
o1 o1
dropout(0.25)

Figure 2.25: Exemple de l’application du dropout sur une couche entièrement connectée

filtres de convolution de la couche sur laquelle est appliquée le régulariseur.


N
X
loss(y, ŷ) = loss(y, ŷ) + k!i k (2.15)
i=0

2.7 Hyper-paramètres d’un réseau de neurones


Après avoir détaillé le neurone artificiel en section 2.1, mais aussi les réseaux de neurones en-
tièrement connectés et convolutifs en sections 2.1 et 2.3 ainsi que les mesures de performance d’un
modèle en section 2.6, la section 2.7 présente les différents hyper-paramètres d’un modèle. Ces hyper-
paramètres sont à définir par l’utilisateur afin d’obtenir un modèle compatible et performant pour
l’application souhaitée.
Pour cela, l’utilisateur va devoir choisir un type d’architecture puis affiner ces hyper-paramètres
en s’appuyant sur les mesures de performance, mais aussi les dimensions des données d’entrée ainsi
que la taille du modèle et la capacité de la machine de calcul.

2.7.1 Nombre de couches entièrement connectées


L’un des paramètres à définir une fois que l’architecture est choisie, est le nombre de couches qui
seront utilisées. Pour cela, l’utilisateur va s’appuyer à la fois sur la dimension des données d’entrée
mais aussi sur les mesures de performance du modèle.
En utilisant plus de couches, la solution vers laquelle va converger le modèle lors de l’apprentissage
va être plus complexe et moins linéaire. L’utilisateur pourrait choisir un grand nombre de couches,
cependant le temps de calcul est augmenté et un risque de sur-apprentissage est présent. De plus,
un trop grand nombre de couches augmenterait le risque de dépasser la capacité de la machine de
calcul.
Au contraire, en choisissant un nombre faible de couches, la solution proposée par le modèle
va être plus simple et donc nécessiter moins de temps de calcul et une machine de calcul moins
puissante. Cependant un modèle trop simple risque de converger vers un sous-apprentissage.
Finalement, l’utilisateur doit trouver le bon équilibre permettant d’obtenir de bons résultats sur
les mesures de performance du modèle.

2.7.2 Nombre de neurones


Le nombre de neurones utilisés pour les couches entièrement connectées est un autre hyper-
paramètre à définir par l’utilisateur. En combinant plusieurs couches et un nombre élevé de neurones
par couche, une nouvelle fois la solution proposée par le modèle va être plus complexe, mais sera plus

Edouard VILLAIN Page 41


2.7. HYPER-PARAMÈTRES D’UN RÉSEAU DE NEURONES

longue à trouver. De plus le nombre de neurones sur une couche entièrement connectée conduit a un
modèle très gourmand en mémoire et est l’une des principales sources de dépassement de la capacité
d’une machine de calcul. En effet en prenant l’exemple de deux couches entièrement connectées de
1000 neurones chacune, chacun des 1000 neurones de la première couche possède 1000 connections
vers les 1000 neurones de la couche suivante. Chacune de ces connections correspond à un poids
de type R codé sur 16 ou 32 bits selon les réglages effectués par l’utilisateur. Ce qui revient à
1000 ⇥ 1000 = 1000000 de poids à stocker, mais aussi à déterminer lors de l’apprentissage.
Aussi l’utilisateur doit veiller à ne pas faire de goulot d’étranglement trop sévère, sauf cas parti-
culier, en évitant de connecter une couche entièrement connectée avec un grand nombre de neurones
sur une autre couche possédant quant à elle peu de neurones.
Finalement, en utilisant ces indices sur la capacité de la machine de calcul, la dimension des
données d’entrée ainsi que le nombre de sorties du modèle, l’utilisateur peut converger vers une
architecture permettant d’obtenir un bon compromis entre les résultats, la complexité du modèle et
la capacité de la machine de calcul.

2.7.3 Nombre de couches de convolution


Afin de déterminer un nombre de couches de convolution convenant au problème, l’utilisateur
peut s’appuyer sur la dimension des données d’entrée. En effet, les couches de convolution étant
séquentielles, la sortie d’une couche de convolution se retrouve elle-même convoluée. Ainsi, au fur et
à mesure de l’enchainement des couches de convolution, un pixel agrège de l’information provenant
d’un voisinage de plus en plus grand. La figure 2.26 illustre ce phénomène avec la donnée 2-dimensions
I0 convoluée trois fois de suite. Le pixel bleu de la donnée I3 contient de l’information en relation
avec la totalité de la donnée I0 . L’ajout de couches de convolution au-delà aura pour effet d’ajouter
de l’information provenant du "padding" de la convolution, qui consiste à augmenter la dimension
d’une donnée afin de pouvoir appliquer une opération de convolution, en réduisant ainsi la proportion
d’information provenant de la donnée d’entrée.

. . . . . . .
. . . . . . .
. . . . . . .
. . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . .
I0 . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . .
I1 . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . .
. . . . . . .
I2 . . . . . . .
. . . . . . .

I3

Figure 2.26: Enchainement de plusieurs convolutions

Ce phénomène est d’autant plus amplifié que le modèle inclut des couches de pooling qui ré-

Edouard VILLAIN Page 42


2.7. HYPER-PARAMÈTRES D’UN RÉSEAU DE NEURONES

duisent la dimension des données.

L’utilisation de la convolution "valide" n’applique pas de padding et a pour effet de réduire les
données en fonction de la taille du filtre (la dimension d’une donnée convoluée par un filtre de taille
N + 1 est réduite de N ), permet aussi de déterminer un nombre de couches de convolution conve-
nable. En effet, lorsqu’il n’y a pas de padding, une opération de convolution ne peut pas s’appliquer
sur des données de dimension strictement inférieure à la taille du filtre. Ainsi à partir d’un certain
nombre de couches de convolution avec l’option "valide", il n’est plus possible d’en ajouter sous
peine d’avoir un modèle incapable d’être compilé.

L’utilisateur peut aussi s’appuyer sur la physique associée au problème afin de déterminer le
nombre idéal de couches. En prenant l’exemple d’un modèle ayant pour but de modéliser une diffu-
sion, en disposant de la taille physique du phénomène de diffusion ainsi que de la taille des pixels,
il est possible de déduire un nombre de couches de convolution permettant d’agréger l’information
provenant d’un voisinage correspondant à la physique du phénomène de diffusion à modéliser.

Finalement l’utilisateur peut s’appuyer sur le fonctionnement de l’opération de convolution ainsi


que sur les informations a priori du problème pour converger vers un nombre de couches de convo-
lution adapté au problème.

2.7.4 Taille et nombre des filtres de convolution


La taille et le nombre de filtres de convolution par couche est un autres hyper-paramètres à
déterminer. La taille du filtre de convolution augmente la taille du voisinage prise en compte lors
de la convolution, cependant les modèles étant composés d’une séquence de couches de convolution,
le voisinage pris en compte augmente au fur et à mesure de l’enchainement des couches de convo-
lution. Il n’est alors pas nécessaire d’avoir des filtres de convolutions de trop grande taille. Dans la
littérature il est souvent utilisé des filtres de taille 3 ou 5 voir 7 pour la plupart des architectures. Le
fait d’augmenter la taille des filtres de convolution implique une nette augmentation de la taille du
modèle, ainsi que sa complexité ce qui a pour effet de détériorer l’apprentissage. Une taille de filtres
de convolution impaire permet de centrer le filtre sur le pixel courant, c’est pourquoi les filtres de
taille paire ne sont que très rarement utilisés.

Il est d’usage d’augmenter le nombre de filtres de convolutions au fur et à mesure que les couches
de convolution s’enchainent. L’utilisateur doit alors principalement déterminer le nombre de filtres de
convolution de la première couche. Or la première couche de convolution fait intervenir les données
lorsqu’elles sont dans leur plus grande dimension. Les capacités de la machine de calcul sont alors
un bon moyen de déterminer le nombre de filtres de convolution de la première couche. La plupart
des modèles présents dans la littérature tels que les modèles VGG [18], ResNet [19] et GoogLeNet
[20] utilisent 64 filtres pour la première couche de convolution.
Pour les modèles utilisant des couches entièrement connectées suite à la partie convolutive, il est
possible de s’appuyer une nouvelle fois sur les capacités de la machine de calcul pour choisir le nombre
de filtres de la dernière couche. En effet lorsque la sortie de la dernière couche de convolution est
mise à plat, les données de dimension (x, y, f ) vont être mises à plat sous forme d’un vecteur de
dimension x ⇥ y ⇥ f avec f le nombre de filtres de la dernière couche de convolution. Il est alors
nécessaire que la valeur de x ⇥ y ⇥ f ne soit pas trop élevée pour faciliter l’apprentissage sur les
couches entièrement connectées. Pour cela, il faut que f ne soit pas trop élevé ; 256 ou 512 sont
couramment utilisés dans la plupart des modèles de la littérature. Une autre possibilité est d’avoir

Edouard VILLAIN Page 43


2.7. HYPER-PARAMÈTRES D’UN RÉSEAU DE NEURONES

suffisamment réduit la dimension (x, y) des données via le nombre de couches de convolution valides
ou les opérations de pooling.

2.7.5 Initialisation
L’initialisation des paramètres du réseau de neurones est une étape importante du développement
d’un modèle. En effet, plusieurs méthodes sont disponibles et ont chacune leurs avantages. L’intérêt
d’évaluer l’effet de l’initialisation des paramètres sur les résultats prédits par un modèle permet de
confirmer que la solution proposée par un modèle est indépendante de son initialisation. Autrement
dit, qu’un modèle converge toujours vers des solutions similaires quelle que soit l’initialisation.
Deux initialisations "naïves" sont possibles. Initialiser tous les paramètres du modèle à 0 ou à 1
(ou éventuellement toute autre valeur). Cependant, en utilisant ce type d’initialisation il est difficile
d’écarter le cas où la solution trouvée par un modèle n’est pas déterminée par l’initialisation. De
plus, l’apprentissage d’un modèle utilisant ce type d’initialisation n’est pas favorisé.
Deux initialisations plus élaborées sont plus communément utilisées en intelligence artificielle.
Une initialisation suivant une loi normale dont les paramètres du centre et de la déviation standard
peuvent être définis par l’utilisateur permet de commencer l’apprentissage d’un modèle à partir
d’une solution aléatoire. Chaque poids ! est alors initialisé suite à un tirage aléatoire ! ⇠ N (µ, 2 )
avec la moyenne µ et la variance 2 pouvant être modifiées par l’utilisateur.
Sur le même principe, il est possible d’utiliser une initialisation uniforme où l’utilisateur peut préciser
les bornes de la loi uniforme. Chaque poids ! est alors initialisé entre [min . . . max] ou chaque valeur
présente dans l’intervalle est équiprobable, avec min et max pouvant être définis par l’utilisateur.
D’autres initialiseurs sont aussi disponibles dans la littérature et ont l’avantage de calculer les
paramètres des lois d’initialisation automatiquement de façon à faciliter l’apprentissage du modèle.
Le plus utilisé est alors l’initialiseur Glorot [70] et est disponible en version loi normale et loi uniforme.
Dans le cas de la loi normale, chaque poids ! est initialisé en suivant une loi ! ⇠ N (0, 2 ) avec :
r
2 2
=
f anin + f anout
Avec f anin et f anout le nombre de neurones d’entrée et de sortie de la couche courante, respective-
ment.
Dans le cas de la loi uniforme, les poids ! sont initialisés entre [ lim . . . lim] où chaque valeur
présente dans l’intervalle est équiprobable et avec
r
6
lim =
f anin + f anout
Toujours avec f anin et f anout le nombre de neurones d’entrée et de sortie de la couche courante,
respectivement.

2.7.6 Fonction d’erreur


L’objectif d’une fonction d’erreur est de quantifier une erreur entre une vérité terrain y et une
prédiction ŷ. La fonction d’erreur est un choix à définir par l’utilisateur et de nombreuses possibilités
sont disponibles dans la littérature. Certaines sont plutôt destinées à être utilisées dans des cas de
classifications et d’autres dans des cas de régression. Cette fonction d’erreur permet de quantifier
l’erreur entre la sortie attendue y et la prédiction ŷ. Notée loss(y, ŷ) il s’agit toujours d’une fonction
nulle lorsque y = ŷ et qui est de plus en plus élevée lorsque l’écart entre y et ŷ augmente.

Edouard VILLAIN Page 44


2.7. HYPER-PARAMÈTRES D’UN RÉSEAU DE NEURONES

L’entropie croisée est l’une des plus utilisées pour les cas de classifications multi-classe. L’équation
2.16 détaille le calcul effectué avec K le nombre de classes du problème. Cette fonction fait partie
des fonctions d’erreur probabilistes tout comme la fonction d’erreur de poisson via l’équation 2.17
ainsi que l’entropie relative détaillée via l’équation 2.18.
Erreur d’entropie croisée :
i=K
X
loss(y, ŷ) = (yi ⇥ log(yˆi ) + (1 yi ) ⇥ log(1 yˆi )) (2.16)
i=0

Erreur de Poisson :
loss(y, ŷ) = ŷ y ⇥ log(ŷ) (2.17)
Erreur divergente de Kullback et Leibler (Entropie relative) :
y
loss(y, ŷ) = y ⇥ log( ) (2.18)

Les fonctions d’erreur quadratique ou absolue (cf équation 2.19 et 2.20) ainsi que leurs variantes
telles que l’erreur moyenne absolue en pourcentage 2.21 ou encore l’erreur quadratique moyenne
logarithmique 2.22 ainsi que la similitude en cosinus 2.23 font parties des fonctions d’erreur de
régression.
Erreur quadratique moyenne :
loss(y, ŷ) = (y ŷ)2 (2.19)
Erreur absolue moyenne :
loss(y, ŷ) = ky ŷk (2.20)
Erreur absolue moyenne en pourcentage :
ky ŷk
loss(y, ŷ) = 100 ⇥ (2.21)
y
erreur quadratique moyenne logarithmique :
loss(y, ŷ) = (log(y + 1) log(ŷ + 1))2 (2.22)
Similarité en cosinus :
i=K
X
loss(y, ŷ) = (kyi k ⇥ kyˆi k) (2.23)
i=0
Les fonctions d’erreur de Hinge (2.24) et Hinge quadratique (2.25) font parties des fonctions
d’erreur de classification visant à maximiser la marge entre les classes.
Erreur de Hinge :
loss(y, ŷ) = max(1 y ⇥ ŷ, 0) (2.24)
Erreur de Hinge quadratique :
loss(y, ŷ) = max(1 y ⇥ ŷ, 0)2 (2.25)
Finalement l’utilisateur possède de nombreux outils permettant de quantifier une erreur entre une
vérité terrain y et une prédiction ŷ. De plus, il est possible d’implémenter sa propre fonction d’erreur
soit en combinant plusieurs fonctions déjà citées précédemment soit en utilisant la physique associée
au problème. L’objectif de l’apprentissage d’un réseau de neurones étant de minimiser l’erreur de
prédiction, toute fonction étant croissante avec l’écart entre y et ŷ qui augmente est techniquement
possible.

Edouard VILLAIN Page 45


2.7. HYPER-PARAMÈTRES D’UN RÉSEAU DE NEURONES

2.7.7 Pas d’apprentissage


Le pas d’apprentissage est un hyper-paramètre important à définir puisqu’il va permettre de
définir la quantité de modification appliquée lors de la rétro-propagation de l’erreur. Un pas d’ap-
prentissage trop grand risque de ne pas trouver le minimum de la fonction d’erreur voire même de
diverger. Au contraire, un pas d’apprentissage petit augmente les chances de trouver le minimum de
la fonction d’erreur, mais au détriment d’un temps de calcul plus élevé. De plus si le pas d’apprentis-
sage est trop petit, il est possible que la solution proposée par le modèle converge vers un minimum
local de la fonction sans pouvoir en sortir. L’effet de ces deux extrêmes de pas d’apprentissage est
visualisé sur la figure 2.27 à gauche et à droite.
L’idéal serait alors d’avoir un pas d’apprentissage adaptatif qui se réduit au cours de l’appren-
tissage tel que présenté au milieu de la figure 2.27. Le fait de partir d’un grand pas d’apprentissage
permet de converger rapidement vers un minimum de la fonction d’erreur, et la réduction de celui-ci
au cours de l’apprentissage permet d’affiner la solution.

Figure 2.27: Effet du pas d’apprentissage pour trouver le minimum de la fonction d’erreur

Plusieurs solutions sont alors disponibles pour l’utilisateur lors de la création du modèle de réseau
de neurones. Certains optimiseurs possèdent la capacité de réduire le pas d’apprentissage au fur et
à mesure de l’apprentissage, et ainsi de maintenir un pas d’apprentissage adapté tout au long de la
phase d’apprentissage.
Il est aussi possible de créer un "callback", autrement dit une fonction qui est appelée à chaque
itération, mettant à jour le pas d’apprentissage en fonction de l’itération, voir même de l’erreur
actuelle.
Certains "callback" sont déjà implémentés, en particulier celui permettant de réduire le pas d’ap-
prentissage lorsque la fonction d’erreur ne réduit plus pendant plusieurs itérations.

2.7.8 Optimiseur
L’objectif de l’optimiseur est de déterminer comment les paramètres du modèle de réseau de neu-
rones vont être modifiés de façon à minimiser l’erreur de prédiction. Plusieurs choix sont disponibles
et déjà implémentés dans la littérature.
La descente de gradient stochastique (SGD) est l’un des optimiseurs les plus connus, mais aussi
l’un des plus simples. Un poids ! va être modifié de part le gradient ! et le pas d’apprentissage ↵
tel que décrit dans l’équation 2.26.

!=! ↵⇥ ! (2.26)
Cet optimiseur possède la possibilité d’ajouter un moment ainsi qu’un gradient accéléré de
Nestronov [71]. L’équation 2.26 devient alors l’équation 2.27 lorsque le paramètre du moment est

Edouard VILLAIN Page 46


2.8. MODÈLE MONOMODAL ET MULTIMODAL

positif avec vd! la vélocité du poids !.


(
v d! = ⇥ v d! ↵⇥ !
(2.27)
! = ! + v d!
L’utilisation du gradient accéléré de Nestronov modifie l’équation 2.26 en
(
v d! = ⇥ v d! ↵ ⇥ !
(2.28)
! = ! + ⇥ v d! ↵ ⇥ !
RMSprop (Root Mean Square propagation) est un autre optimiseur dont l’idée est de maintenir
une moyenne mobile (actualisée) du carré des gradients et de diviser le gradient par la racine de
cette moyenne. Afin de prévenir le cas où vd! est nul ou très proche de 0, un ✏ est ajouté.
(
vd! = ⇥ vd! + (1 ) ⇥ !2
(2.29)
! = ! ↵ ⇥ pvd +✏!
!

Adam est l’un des optimiseurs les plus utilisés pour les réseaux de neurones dont les buts sont de
maintenir un pas d’apprentissage adapté en partant du pas d’apprentissage fourni par l’utilisateur,
mais aussi d’avoir une mise à jour des poids invariante par rapport à la magnitude du gradient, ce
qui est très utile pour traverser des zones avec des gradients très faibles. Finalement, l’optimiseur
Adam peut être considéré comme la combinaison de RMSprop et SGD avec momentum ce qui le
rend pertinent sur un large éventail de problèmes [72], [73]. L’équation 2.30 détaille la mise à jour
des poids utilisée par Adam où m et v sont des moyennes mobiles, m̂ et v̂ leurs versions avec un
biais corrigé et ⌘ un correcteur du pas d’apprentissage.
8
>
> mt = 1 ⇥ mt 1 + (1 1 ) ⇥ !t
>
>
> 2
<vt = 2 ⇥ vt 1 + (1
> 2 ) ⇥ !t
m̂t = 1mt 1 (2.30)
>
>
>
> v
ˆ t = vt
>
> 1 2
:! = ! m̂t
t t 1 ⇥ ⌘ pvt +✏

D’autres variantes de l’optimiseur Adam sont disponibles telles que Adagrad qui utilise en plus la
fréquence de mise à jour des poids durant l’apprentissage [74], Adadelta qui s’appuie sur une fenêtre
glissante des gradients précédents plutôt que d’accumuler tous les gradients passés [75], Adamax
qui n’utilise le moment que sur une tranche de valeurs spécifiques [76], et NAdam qui incorpore le
moment Nestronov à Adam [77].

2.8 Modèle monomodal et multimodal


Les modèles mono-modaux correspondent aux modèles n’utilisant qu’une seule entrée. La majo-
rité des modèles présents dans la littérature sont monomodaux. Cependant les réseaux de neurones
ont la possibilité de s’entrainer sur des données multimodales. Cela correspond au cas où une donnée
d’entrée est composée de plusieurs informations de type différent.

Cette possibilité est offerte aux réseaux de neurones via les couches de fusion. De nombreuses
couches de fusion sont déjà disponibles dans la littérature, telles que la concaténation, l’addition et
la multiplication. Cependant l’utilisateur a la possibilité de créer sa propre couche de fusion telle

Edouard VILLAIN Page 47


2.8. MODÈLE MONOMODAL ET MULTIMODAL

qu’une concaténation pondérée, avec le poids de chaque modalité appris lors de la phase d’appren-
tissage.

L’utilisateur doit alors choisir à quel moment fusionner les sorties de deux couches. La fusion
précoce ou tardive sont les plus utilisées mais il existe des fusions hybrides.
La fusion précoce se place au début du modèle et a l’avantage d’avoir un modèle plus simple et moins
gourmand en capacité de calcul de la machine. Cependant les données sont mélangées dès la couche
de fusion et rend l’interprétation du modèle plus difficile, ce qui n’aide pas à démystifier l’effet boîte
noire du réseau de neurones.
Au contraire une fusion tardive se positionne vers la fin d’un modèle. Chaque partie des données est
alors traitée indépendamment avant d’être rassemblée à la fin du modèle par la couche de fusion.
Ceci rend l’interprétation du modèle plus aisée, mais augmente considérablement le temps de calcul
et les capacités nécessaires de la machine de calcul.

Il est finalement possible d’imaginer un nombre indéfini de possibilité de modèles multimodaux ;


par exemple plusieurs images prises de différents points de vue d’une scène 3-dimensions.
Dans des cas appliqués au domaine médical, il est possible d’avoir plusieurs types d’images en entrée
en combinant par exemple une IRM et un scanner.
Il est aussi possible de combiner une image médicale avec un vecteur de biomarqueurs du patient.
Une autre possibilité serait de combiner plusieurs biomarqueurs dérivés d’une IRM et ainsi fournir
de l’imagerie structurelle, de diffusion et fonctionnelle à un modèle.
La figure 2.28 présente un exemple d’architecture multimodale dont une donnée est composée de
plusieurs informations. La figure utilise ensuite des perceptrons multi couches mais il est possible
d’utiliser des réseaux de neurones convolutifs ou encore des combinaisons des deux.

Edouard VILLAIN Page 48


2.9. ENTRAÎNEMENT D’UN MODÈLE

Figure 2.28: Exemple d’architecture de réseau de neurones multimodal

2.9 entraînement d’un modèle


Toutes les sections du chapitre 2 permettent de créer un réseau de neurones artificiels adapté
à différentes applications. Cette section présente l’entraînement d’un modèle avec un algorithme
simplifié 1.
La première étape (ligne 1 de l’algorithme 1) consiste à préparer les données afin qu’elles soient
utilisables par un réseau de neurones. Dans le cas d’un réseau de neurones entièrement connectés,
cette étape est réduite à la simple action d’obtenir les données sous forme d’un vecteur, de façon à
ce que la neme donnée puisse être accessible par data[n]. Pour un réseau de neurones convolutifs,
les sorties des couches de convolution étant stockées sur les "channels", il est nécessaire d’ajouter
une dimension pour les données ne possédant qu’un seul "channel". Finalement, après exécution de
cette ligne les données doivent être dans l’un des formats suivants en fonction du type de donnée :
— (nb_data, x) : vecteur de dimension x
— (nb_data, x, y, 1) : image mono-channel de dimension (x, y)
— (nb_data, x, y, channel) : image multi-channel de dimension (x, y)
— (nb_data, x, y, z, 1) : volume mono-channel de dimension (x, y, z)
— (nb_data, x, y, z, channel) : volume multi-channel de dimension (x, y, z)
— ...

Edouard VILLAIN Page 49


2.9. ENTRAÎNEMENT D’UN MODÈLE

La ligne 2 de l’algorithme 1 consiste à séparer de façon aléatoire les données de façon à obtenir
un jeu de données d’entraînement d’environ 70% et un jeu de données de test d’environ 30%.
Les lignes 3 et 4 de l’algorithme 1 permettent d’appliquer un pré traitement aux données tel
qu’une normalisation ou une standardisation. Il est nécessaire d’appliquer le même pré traitement
aux données d’entraînement et de test.
La ligne 5 de l’algorithme 1 crée le modèle défini par l’utilisateur.
Les lignes 6 et 7 de l’algorithme 1 sont des hyper-paramètres du modèle avec le pas d’apprentissage
et l’optimiseur, ainsi que le choix de la fonction d’erreur et la métrique utilisée.
La ligne 8 de l’algorithme 1 compile le modèle avec les hyper-paramètres choisis par l’utilisateur.
Les lignes 9 et 10 de l’algorithme 1 permettent de définir les valeurs des variables batch_size et
epochs correspondant respectivement au nombre de données qui vont traverser le modèle avant que
l’erreur ne soit rétropropagée et que les poids soient mis à jour, et le nombre de fois que le jeu de
données d’entraînement va traverser le modèle avant que l’apprentissage s’arrête.
La ligne 11 de l’algorithme 1 lance la boucle d’apprentissage du modèle et la ligne 12 calcule les
prédictions sur les données de test de façon à obtenir le comportement du modèle sur des données
qu’il n’a jamais vues durant l’entrainement. La variable historic contient toutes les informations
collectées au cours de l’apprentissage et permet par exemple d’afficher les courbes d’apprentissage.

Algorithm 1 Algorithme complet d’apprentissage d’un réseau de neurones


1: data reshape(dataset)
2: XT rain, XT est, Y T rain, Y T est split(data, groundtruth)
3: XT rain pre_processing(XT rain)
4: XT est pre_processing(XT est)
5: model create_model()
6: optimizer optimizer(1e 3)
7: loss loss()
8: [Link](optimizer, loss)
9: batch_size 32
10: epochs 100
11: historic model.f it(XT rain, Y T rain, batch_size, epochs)
12: [Link](XT est)

Edouard VILLAIN Page 50


CHAPITRE 3

Outils de visualisation et d’interprétation d’un réseau de neurones


convolutifs

Les réseaux de neurones sont de plus en plus utilisés dans de nombreux domaines et pour des
applications très variées. Cependant, bien que les résultats soient prometteurs les réseaux de neu-
rones sont à l’heure actuelle toujours considérés comme des boites noires. En effet, la communauté
scientifique accepte et admet que ces modèles d’intelligence artificielle profonds fonctionnent et pro-
duisent d’excellents résultats, cependant l’étape de leur interprétation reste difficile.

Le chapitre 3 détaille les méthodes de visualisation et d’interprétation d’un réseau de neurones


convolutifs. La section 3.1 présente la méthode d’occlusion partielle de l’entrée et la section 3.2
les "saliency maps" (ou carte de pertinence). Les sections 3.3 et 3.4 détaillent les "class activation
maps". La section 3.5 présente quant à elle la méthode développée durant ces travaux de thèse,
nommée "CNN eyes visions".

Chacune de ces sections commencera par une présentation de la méthode ainsi que leurs avantages
et inconvénients, puis des exemples de résultats obtenus avec ces différentes méthodes de visualisa-
tion seront présentés.

La section 3.6 compare les résultats obtenus avec la méthode développée durant cette thèse et
les autres méthodes de visualisation déjà présentes dans l’état de l’art.
La section 3.7 présente un logiciel de visualisation développé durant ces travaux de thèse.

Le chapitre se termine par la section 3.8 qui fait le bilan des différentes méthodes de visualisation
des zones discriminantes.

51
3.1. OCCLUSION PARTIELLE DE L’ENTRÉE

3.1 Occlusion partielle de l’entrée


3.1.1 Méthodologie
La méthode de visualisation des zones discriminantes par occlusion partielle de l’entrée s’appuie
sur les différences entre les prédictions sur l’image entière et cette même image à laquelle une partie
a été cachée. Ainsi en parcourant l’image avec un filtre qui supprime une partie des données de
l’entrée, il est possible de retrouver les zones importantes dans la prédiction pour le modèle, dans un
but de prédiction. La figure 3.1 montre un exemple d’utilisation de cette méthode. La partie haute
de la figure 3.1 calcule les prédictions sur la totalité de l’image avec Pi la probabilité d’appartenance
à la classe "chat". La partie basse de la figure 3.1 calcule cette fois-ci les prédictions avec une partie
de l’image cachée, et Pi0 est la nouvelle probabilité d’appartenance à la classe "chat" par le même
modèle.
Si Pi ' Pi0 alors la probabilité d’appartenance à la classe "chat" ne change pas vraiment en ayant
ou non l’information présente dans la partie cachée. Cette zone est alors considérée comme non
discriminante.
Inversement si Pi >> Pi0 alors la probabilité d’appartenance à la classe "chat" a diminué en cachant
la partie de l’entrée. La zone cachée est alors considérée comme discriminante.

Figure 3.1: Détail de la visualisation des voxels discriminant avec la méthode d’occlusion partielle
de l’entrée

En pratique, cette méthode utilise plusieurs zones cachées permettant finalement de recouvrir
toute l’image et attribue un niveau d’importance à la zone courante en calculant la différence Pi Pi0 .
Le principe derrière cette méthode est relativement simple, mais les temps de calcul sont longs. De
plus, il reste à la charge de l’utilisateur de trouver une taille de filtre d’occlusion adéquate.

3.1.2 Visualisations avec l’occlusion partielle de l’entrée


La figure 3.2 présente la position du cervelet dans le cerveau. En effet une anormalité a été induite
par simulation dans le cervelet et la zone discriminante à retrouver par la méthode de visualisation
par occlusion partielle de l’entrée est donc le cervelet.

Edouard VILLAIN Page 52


3.2. SALIENCY MAP

Figure 3.2: Position du cervelet dans le cerveau

La figure 3.3 montre le résultats obtenus via la méthode d’occlusion partielle de l’entrée. Le
cervelet est bien ciblé, mais plus particulièrement la partie haute du cervelet alors que la basse est
omise.

Figure 3.3: Exemple de visualisation des voxels discriminant avec la méthode d’occlusion partielle
de l’entrée sur des données IRM 3D du cerveau avec une anomalie dans le cervelet

3.2 Saliency map


3.2.1 Méthodologie
Les "saliency maps" (ou carte de pertinences) sont l’une des méthodes de visualisation du fonc-
tionnement d’un réseau de neurones convolutifs introduite par Simonyan et al. en 2014 [78]. L’idée
à l’origine des "saliency maps" repose sur l’analyse d’un problème inverse. En effet cette méthode
pourrait être décrite par la question suivante :
Quels sont les pixels / voxels pour lesquels une petite variation implique une grande variation dans
la prédiction.
La réponse à cette question permet de retrouver les pixels les plus discriminants dans une donnée.

Edouard VILLAIN Page 53


3.2. SALIENCY MAP

D’autres travaux donnent des améliorations de ces "saliency maps" tels que ceux de Mundhenk
et al. en 2020 [79] où les "saliency maps" de plusieurs couches sont combinées afin d’obtenir une
visualisation plus pertinente.
Quelle que soit la méthode basée sur les saliency maps, l’équation 3.1 est toujours à la base des
résultats produits, avec output la prédiction, input l’image d’entrée et S la saliency map.

output
S= (3.1)
input

3.2.2 Visualisations avec saliency map


Les figures 3.4 et 3.5 sont issues des articles respectifs de Simonyan et al. en 2014 [78] et Mundhenk
et al. en 2020 [79] ; elles présentent des visualisations obtenues avec la méthode saliency map sur le
jeu de données Image-net [17].
La figure 3.4 montre que la zone où se situe le chien dans l’image est mise en évidence par la
méthode de visualisation.

Figure 3.4: Visualisation des voxels discriminants (bas) de la classe "chien" pour l’image d’entrée
(haut) avec la méthode saliency map [78]

La figure 3.5 quant à elle montre les "saliency maps" de chaque couche de convolution du modèle.
Il est alors possible de constater que les saliency maps plus proches de l’entrée possèdent une meilleure
résolution spatiale que celles obtenues en profondeur. Cependant, la fusion de toutes ces "saliency
maps" permet d’obtenir une visualisation plus précise de l’objet en question.

Edouard VILLAIN Page 54


3.3. CLASS ACTIVATION MAPPING (CAM)

Figure 3.5: Visualisation des voxels discriminants (droite) de la classe "tracteur" pour l’image
d’entrée (gauche) avec la méthode saliency map fusionnée [79], avec les saliency maps
intermédiaires

3.3 Class Activation Mapping (CAM)


3.3.1 Méthodologie
La Class Activation Map (CAM) est une autre méthode de visualisation des zones discrimi-
nantes dans une donnée. Celle-ci s’appuie sur les décompositions obtenues sur la dernière couche de
convolution et les poids de la couche entièrement connectée qui la suit.
En appliquant une opération de "Global Average Pooling" (GAP) dans le modèle, ce qui permet
de ne conserver qu’une valeur moyenne pour chaque décomposition, puis une couche entièrement
connectée avant celle de prédiction il est possible de calculer la somme des décompositions multipliées
par leur poids de la couche entièrement connectée menant à une certaine classe [80]. L’équation
3.2 et la figure 3.6 détaillent la méthode de visualisation CAM, avec V le résultat obtenu, di la
décomposition i de la dernière couche de convolution contenant N filtres, et !i,k le poids du lien de
la couche dense entre la décomposition i et la classe k.
i=N
X
V = !i,k ⇥ di (3.2)
i=0

3.3.2 Visualisations avec CAM


La figure 3.7 montre un exemple de visualisation avec la méthode Class Activation Map pour un
modèle utilisant un "Global Average Pooling" entrainé sur le jeu de données Image-net [17]. L’avan-
tage de ce type de méthode est qu’il est possible de cibler les zones discriminantes d’une donnée en
fonction de la classe souhaitée. Autrement dit, pour les données multi-classe, la visualisation obtenue
via la méthode CAM sera différente selon la classe. Par exemple sur la figure 3.7, la visualisation
CAM de l’image de droite cible l’homme en train de couper l’arbre, mais il serait possible de cibler
l’arbre en changeant la classe à visualiser (le k dans l’équation 3.2). Cependant, afin de pouvoir
appliquer la méthode CAM, il faut utiliser un modèle contenant un "Global Average Pooling" ce qui
limite le nombre d’architectures sur lesquelles la méthode peut être appliquée.

Edouard VILLAIN Page 55


3.4. GRADIENT WEIGHTED CLASS ACTIVATION MAPPING (GRADCAM)

Figure 3.6: Détail de la méthode de visualisation des voxels discriminants CAM

Figure 3.7: Exemple de visualisation de la méthode CAM pour différentes classes d’Image-net [17]
(figure issue de [80])

3.4 Gradient weighted Class Activation Mapping (gradCAM)


3.4.1 Méthodologie
Gradient weighted Class Activation Mapping (gradCAM) est la méthode la plus utilisée dans
l’état de l’art pour la visualisation des zones discriminantes dans une donnée. Cette méthode est
une extension des "Class Activation Map" (voir section 3.3) et permet d’être employée sur tout
type de modèle, autrement dit les modèles sans "Global Average Pooling", et sur plusieurs types

Edouard VILLAIN Page 56


3.4. GRADIENT WEIGHTED CLASS ACTIVATION MAPPING (GRADCAM)

de tâche (classification, annotation et réponse aux questions dans une image). GradCAM utilise
la rétro-propagation de l’erreur jusqu’à une certaine couche afin d’obtenir les "features maps" (ou
cartes de caractèristiques) [81]. La figure 3.8 schématise les opérations de la méthode gradCAM.
c
La première étape consiste à calculer Ay k le gradient de la classe c rétro propagé jusque la couche
A pour chacun cdes filtres k.
Ensuite ces Ay k sont moyennés de façon à obtenir une valeur ↵kc , ce qui correspond au "global
average pooling" de la méthode CAM. Pour une image de dimension i ⇥ j cela correspond au calcul
suivant : P P
1 yc
↵kc = i⇥j i j Ak
i,j

Finalement, la visualisation est calculée par combinaison linéaire des ↵kc et Ak comme l’indique
l’équation 3.3.
( P
gradCAM c = k ↵kc ⇥ Ak
P 1 P P yc (3.3)
gradCAM c = k i⇥j i j Ak ⇥ Ai,j
k
i,j

Figure 3.8: Détail de la méthode de visualisation des voxels discriminants GradCAM [81]

Depuis les travaux de Ramprasaath et al. en 2017 [81], Chattopadhay et. al en 2018 [82] et
Omeiza et al. en 2019 [83] ont amélioré cette méthode avec gradCAM++ et smooth gradCAM++
[84]. La figure 3.9 détaille la méthode gradCAM++ et l’équation 3.4 son calcul.
8 c c
<gradCAM + + = relu(gradCAM
>
P
)
c c k
gradCAM + + = relu( k ↵k ⇥ A ) (3.4)
:gradCAM + +c = relu(P 1 P P
> yc
⇥ Aki,j )
k i⇥j i j Aki,j

Étant une amélioration de la méthode CAM, gradCAM permet aussi de visualiser les zones dis-
criminantes pour des données multi-classes. Cependant, la partie de la rétro-propagation de l’erreur
peut consommer un temps de calcul conséquent en fonction de l’architecture du modèle et la couche
de convolution que l’utilisateur souhaite visualiser.

Edouard VILLAIN Page 57


3.4. GRADIENT WEIGHTED CLASS ACTIVATION MAPPING (GRADCAM)

Figure 3.9: Détail de la méthode de visualisation des voxels discriminants GradCAM++ [83]

3.4.2 Visualisations avec gradCAM


La figure 3.10 présente un exemple de visualisation obtenue avec la méthode gradCAM sur une
donnée issue du jeu de données Image-net [17]. La visualisation de données multi-classe est alors
clairement visible, puisqu’en visualisant les zones discriminantes de l’image pour la classe "chien",
celui-ci est bien ciblé par gradCAM et il en est de même pour la classe "chat".
La figure 3.11 quant à elle montre des résultats et compare les visualisations de différentes images
provenant du jeu de données Image-net [17] avec les méthodes gradCAM, gradCAM++ et smooth
gradCAM++. La figure 3.11 montre l’intérêt des améliorations effectuées par Chattopadhay et. al
en 2018 [82] et Omeiza et al. en 2019 [83] avec des visualisations plus lissées et englobant une zone
discriminante plus proche de ce que l’utilisateur pourrait attendre.

Edouard VILLAIN Page 58


3.5. CNN EYES VISIONS

Figure 3.10: Exemple de visualisation de la méthode gradCAM pour une image provenant
d’Image-net [17] contenant un chien et un chat, avec l’image originale à gauche, la visualisation de
la classe chien au milieu, et la visualisation de la classe chat à droite (figure issue de [81])

Figure 3.11: Comparaison des visualisations des méthodes gradCAM, gradCAM++ et


smooth-gradCAM++ pour différentes classes d’Image-net [17] (figure issue de [83])

3.5 CNN eyes visions


Les principales méthodes de visualisation des zones discriminantes d’un réseau de neurones pré-
sentes dans l’état de l’art ont été abordées dans les sections 3.1, 3.2, 3.3 et 3.4 avec leurs avantages
et inconvénients. Cependant, ces méthodes peuvent présenter des inconvénients lorsque l’utilisateur

Edouard VILLAIN Page 59


3.5. CNN EYES VISIONS

souhaite les appliquer sur tout type d’architecture et en particulier sur les modèles 3-dimensions.
C’est pourquoi une méthode alternative a été développée lors de ces travaux de thèse.

Si l’occlusion partielle de l’entrée cherche à retrouver les zones discriminantes en cachant une
partie de l’entrée, les "saliency maps" les retrouvent en cherchant les zones sur lesquelles une petite
variation implique une grande variation sur les prédictions ainsi que CAM et gradCAM via la rétro-
propagation de l’erreur de prédiction. La méthode développée ici, nommée "CNN eyes visions",
cherche les zones importantes dans une donnée en fusionnant les décompositions intermédiaires d’un
modèle. Autrement dit, CNN eyes visions tente de retrouver ce que "regarde" un modèle lorsqu’une
entrée lui est fournie. Le nom de la méthode correspond au fait qu’elle tente de prendre les yeux du
modèle pour "voir" où "regarde" un modèle.

3.5.1 Méthodologie
Afin de retrouver les zones considérées comme importantes par un modèle, la méthode nommée
CNN eyes visions extrait toutes les décompositions intermédiaires d’un modèle. Ainsi pour chaque
couche de convolution composée de N filtres, N visualisations intermédiaires sont extraites. Ces
N visualisations subissent un seuillage afin de supprimer les valeurs négatives afin de ne conserver
uniquement que les activations positives. Elles sont ensuite interpolées vers la dimension de l’entrée
de façon à régler le souci des décompositions ayant subi une opération de "pooling" ou éventuelle-
ment une convolution dite "valide" où la dimension de la sortie est réduite par rapport à l’entrée en
fonction de la taille du filtre de convolution. Finalement ces visualisations sont moyennées dans le
but d’obtenir la visualisation moyenne de la couche courante.
Ceci permet d’obtenir une visualisation représentant les zones où "regarde" le modèle sur la couche
courante lorsqu’on lui fournit une entrée.

Cette opération peut être réitérée sur toutes les couches de convolution du modèle afin d’obtenir
la visualisation de chaque couche de convolution. Ensuite, il est possible de fusionner toutes ces
visualisations par couche de convolution et de normaliser le résultat afin d’obtenir une carte d’acti-
vation considérée comme "où regarde le modèle sur cette donnée" sur la totalité du modèle.

La figure 3.12 et l’algorithme 2 détaillent la méthode CNN eyes visions permettant d’obtenir une
visualisation par donnée.
Cette méthode permet d’obtenir des résultats intéressants comme le montre les figures de la
section 3.5.2, cependant il est possible d’aller plus loin dans certains cas.
En effet, en citant l’exemple des données MNIST [85] (autrement dit les images de chiffres ma-
nuscrits), le chiffre est centré dans l’image et il est alors possible de calculer la visualisation moyenne
d’un chiffre. Plus particulièrement, les données d’imagerie médicale sont souvent recalées afin que les
données des patients soient comparables entre elles. C’est le cas pour les données d’IRM du cerveau
dans les templates MNI (voir section 1.2.3). Ceci permet de calculer la visualisation moyenne d’une
classe et plus précisément la visualisation moyenne de la classe "patient atteint de la maladie" et
celle de la classe "sujet sain". Ainsi la méthode CNN eyes visions permet de savoir où "regarde"
particulièrement sur une classe et l’autre. Finalement il est possible de calculer la différence absolue
entre les visualisations de chaque classe de façon à retrouver les zones discriminantes puisque le ré-
sultat obtenu lors du calcul de la différence absolue permet d’obtenir une visualisation qui représente
les zones où un modèle "regarde" pour une classe mais pas pour l’autre.

Cette méthode de visualisation a été validée sur des données simulées [86] et les résultats obtenus

Edouard VILLAIN Page 60


3.5. CNN EYES VISIONS

Figure 3.12: Détail de la méthode de visualisation des voxels discriminants CNN eyes visions

seront présentés dans le chapitre suivant section 4.3.

3.5.2 Visualisations avec CNN eyes visions


La figure 3.13 présente un exemple de visualisation des zones importantes pour le jeu de données
MNIST [85]. Les chiffres manuscrits étant centrés, il est possible de calculer la visualisation moyenne
de chacun des chiffres présents dans la partie de test du jeu de données. Il est alors possible de
constater que le modèle "regarde" particulièrement certaines zones du contour des chiffres pour les
distinguer.
D’autres figures de visualisation utilisant la méthode CNN eyes visions sont présentées dans la
section 3.6 qui vise à comparer cette méthode à gradCAM, la méthode la plus couramment utilisée
dans la littérature.

Edouard VILLAIN Page 61


3.6. COMPARAISONS DES VISUALISATIONS

Algorithm 2 Calcul des visualisations via la méthode CNN eyes visions


1: model charger un modèle
2: visualisation_sain zeros(model.input_shape)
3: visualisation_patient zeros(model.input_shape)
4: for d 2 jeu de données de test do
5: ret Calcul de la visualisation de d
6: if d 2 classe sain then
7: visualisation_sain visualisation_sain + ret
8: end if
9: if d 2 classe patient then
10: visualisation_patient visualisation_patient + ret
11: end if
12: end for
13: visualisation_sain mean(visualisation_sain)
14: visualisation_patient mean(visualisation_patient)
15: visualisation_f inale abs(visualisation_sain visualisation_patient)

Figure 3.13: Visualisation moyenne des voxels discriminants de chaque classe du jeu de données
MNIST avec la méthode CNN eyes visions

3.6 Comparaisons des visualisations


Afin de comparer la méthode développée durant ces travaux de thèse et gradCAM, la méthode
la plus couramment utilisée dans l’état de l’art, plusieurs figures de visualisation ont été produites.

Edouard VILLAIN Page 62


3.6. COMPARAISONS DES VISUALISATIONS

3.6.1 Transfert learning et jeu de données simulées


Un jeu de données simple a été simulé de façon à obtenir une image 2-dimensions en disposant
de la vérité terrain avec la position des zones discriminantes. Ensuite les modèles déjà entrainés sur
Image-net [17] ont été utilisés via le "transfer learning" (voir la section 2.4) de façon à discrimi-
ner le jeu de données simulées. Ainsi, le jeu de données est composé de 512 images de dimensions
224 ⇥ 224 ⇥ 3 pixels contenant une forme de taille et position aléatoires. La génération de ce jeu de
données vérifie que chaque forme est entièrement contenue dans l’image et que sa taille ne dépasse
pas la moitié de celle-ci. Deux classes équilibrées de 256 images chacune sont générées, à savoir la
classe "cercle" et la classe "carrée". La forme est remplie de pixels gris, avec un tuple (128, 128, 128)
et le fond est nul via le tuple (0, 0, 0).

Les modèles VGG [18], ResNet [19] et GoogleNet [20] sont ensuite ré-entrainés sur ces données
puis les visualisations via les méthodes gradCAM et CNN eyes visions sont calculées. Les figures 3.14,
3.15 et 3.16 présentent les résultats obtenus pour 5 données et pour les trois modèles, avec l’image
d’entrée en haut, les visualisations obtenues via CNN eyes visions au milieu et celle via gradCAM
en bas.

La figure 3.14 montre les résultats de visualisation obtenus pour le modèle VGG [18]. Alors que
gradCAM met en évidence la totalité de la forme correspondant à la classe, la méthode CNN eyes
visions quant à elle se concentre sur les contours de la forme.

Figure 3.14: Comparaison des visualisations obtenues avec GradCAM et CNN eyes visions sur un
jeu de données simulées pour le modèle de transfer learning basé sur VGG

La figure 3.15 présente les visualisations obtenues pour le modèle ResNet [19]. Celle-ci sont très

Edouard VILLAIN Page 63


3.6. COMPARAISONS DES VISUALISATIONS

peu intenses, voire même invisibles sans appliquer un changement d’échelle, que ce soit pour la
méthode gradCAM ou CNN eyes visions.

Figure 3.15: Comparaison des visualisations obtenues avec GradCAM et CNN eyes visions sur un
jeu de données simulées pour le modèle de transfer learning basé sur ResNet

La figure 3.16 montre les visualisations obtenues pour le modèle GoogleNet [20]. Pour les deux
méthodes, la visualisation se concentre sur les contours de la forme, bien que la méthode gradCAM
fournit des résultats plus intenses.
La table 3.1 détaille les scores d’exactitude obtenus pour les trois modèles précédents sur le jeu
de données simulées contenant des formes (cercle ou carré). Il est alors possible de constater que le
modèle VGG qui a les meilleures visualisations obtient aussi les meilleurs scores d’exactitude. Ces
scores sont suivis de près par le modèle GoogleNet qui obtient aussi de très bonnes visualisations des
zones discriminantes. Le modèle ResNet quant à lui ne parvient pas à discriminer les deux formes
et les visualisations montrent des zones discriminantes très peu intenses.

VGG ResNet GoogleNet


Exactitude train 100.0% 50.0% 97.3%
Exactitude test 100.0% 50.0% 100.0%

Table 3.1: Exactitude sur le jeu de données d’entrainement et de test pour les trois modèles

Sur ce jeu de données simulées utilisant le transfer learning, les visualisations obtenues via grad-
CAM et CNN eyes visions sont très similaires et comparables. Cependant, la méthode CNN eyes
visions présente un avantage non négligeable. En effet, cette méthode n’utilisant pas les couches de

Edouard VILLAIN Page 64


3.6. COMPARAISONS DES VISUALISATIONS

Figure 3.16: Comparaison des visualisations obtenues avec GradCAM et CNN eyes visions sur un
jeu de données simulées pour le modèle de transfer learning basé sur GoogleNet

prédiction, il est possible de calculer les visualisations avant d’effectuer le transfer learning. Grad-
CAM quant à lui utilise les prédictions pour calculer les visualisations des zones discriminantes, il
est donc nécessaire d’entrainer le modèle avant de calculer ces visualisations.

Ceci donne l’avantage à la méthode CNN eyes visions dans le cas du transfert learning puisque
l’utilisateur peut calculer les visualisations avant d’entrainer le modèle. Ainsi, en utilisant les vi-
sualisations et l’information a priori sur le jeu de données, l’utilisateur peut choisir l’architecture
du modèle la plus adaptée au problème. En effet, les modèles VGG et GoogleNet obtiennent les
meilleures visualisations et les meilleurs scores, tandis que le modèle ResNet obtient de mauvaises
visualisations et ne parvient pas à discriminer les deux formes. L’utilisateur se serait donc naturel-
lement dirigé vers le modèle VGG ou GoogleNet.

3.6.2 Comparaison des visualisations sur CIFAR10


La figure 3.17 présente les visualisations calculées pour 5 exemples du jeu de données cifar10
[87] contenant des images en couleur de dimensions 32 ⇥ 32 ⇥ 3 et 10 classes. Les visualisations
obtenues via la méthode gradCAM et celles via CNN eyes visions sont très similaires. GradCAM
semble fournir des visualisations plus floues.

Edouard VILLAIN Page 65


3.6. COMPARAISONS DES VISUALISATIONS

Figure 3.17: Comparaison des visualisations obtenues avec GradCAM et CNN eyes visions sur le
jeu de données cifar 10 [87]

Edouard VILLAIN Page 66


3.7. LOGICIEL DE VISUALISATION 3D

3.6.3 Comparaison des visualisations sur des IRM 3D


Sur un jeu de données d’imagerie médicale contenant des IRM 3D du cerveau, les visualisations
obtenues sont une nouvelle fois similaires via les méthodes gradCAM et CNN eyes visions puisque
les mêmes zones du cerveau sont mises en évidence. Cependant gradCAM produit des visualisations
avec l’extérieur du cerveau plus intense.

Figure 3.18: Comparaison des visualisations obtenues avec GradCAM et CNN eyes visions sur un
jeu de données IRM

3.7 Logiciel de visualisation 3D


Dans le but d’utiliser la méthode de visualisation des zones discriminantes CNN eyes visions, un
logiciel a été développé durant ces travaux de thèse.
Il permet de charger un modèle ainsi qu’un jeu de données 3-dimensions et d’afficher les résultats
directement dans le logiciel. La figure 3.19 présente l’interface du logiciel, avec en haut à gauche le
choix du modèle et du jeu de données, au milieu l’affichage des résultats de visualisation et à droite
les paramètres d’affichage et de sauvegarde.
Une fois le modèle chargé, l’utilisateur a la possibilité de sélectionner les couches du modèle qu’il
souhaite visualiser et le fait de sélectionner plusieurs couches fusionne directement les résultats de
chaque couche.
Il en est de même pour le jeu de données, qui une fois chargé laisse la possibilité à l’utilisateur

Edouard VILLAIN Page 67


3.8. CONCLUSION SUR LES MÉTHODES DE VISUALISATION

de sélectionner les données à visualiser et le fait d’en sélectionner plusieurs permet d’obtenir la
visualisation moyenne sur l’ensemble des données sélectionnées.

Figure 3.19: Logiciel de visualisation des zones discriminantes d’une image 3D

Une amélioration est envisageable sur ce logiciel avec l’ajout de toutes les méthodes de visuali-
sation présentées durant ce chapitre. Une checkbox de séléction permettrait à l’utilisateur de choisir
la méthode à employer.

3.8 Conclusion sur les méthodes de visualisation


Ce chapitre passe en revue les différentes méthodes de visualisation des zones discriminantes pour
un CNN.
La méthode d’occlusion partielle de l’entrée est simple à comprendre et à mettre en place, cependant
l’utilisateur doit définir la taille du filtre d’occlusion. De plus le temps de calcul est très élevé pour
obtenir une visualisation.
Les saliency map utilisent les problèmes inverses pour retrouver les pixels pour lesquels une petite
variation implique une grosse variation sur les prédictions. La méthode est alors relativement simple
à mettre en place mais les temps de calcul sont assez longs.
CAM et gradCAM sont les méthodes les plus utilisées dans l’état de l’art. CAM est simple à mettre
en place mais nécessite une architecture particulière pour pouvoir être utilisée alors que gradCAM
est plus complexe mais s’applique sur la pluspart des architectures.
CNN eyes visions peut s’appliquer sur tout type d’architecture et les temps de calcul sont très faibles.

La table 3.2 rassemble la totalité de ces informations en prenant en compte la simplicité, le


temps de calcul et la précision de la visualisation obtenue. La simplicité correspond à la facilité pour

Edouard VILLAIN Page 68


3.8. CONCLUSION SUR LES MÉTHODES DE VISUALISATION

comprendre la méthode ainsi que le développement du code permettant d’obtenir une visualisation.
La précision quant à elle permet d’évaluer à quel point la visualisation des zones discriminantes
calculée ressemble aux zones rééllement discriminantes. Ces deux termes pouvant être subjectif la
table 3.2 utilise les signes + et pour évaluer ces critères.

Méthode Simplicité Temps de calcul Précision


Occlusion ++ ⇠ 10min
Saliency map ++ ⇠2 +
CAM ++ ⇠ 1sec ++
GradCAM ⇠ 2sec ++
CNN eyes visions ++ ⇠ 0.2sec ++

Table 3.2: Bilan sur les différentes méthodes de visualisation des zones discriminantes d’un CNN

Dans le cas de la neuro imagerie 3-dimensions, et plus particulièrement sur les applications
cliniques où le nombre de données est limitées, il est fréquent d’utiliser une validation croisée réitérée.
Dans le cas d’une validation croisée à 10 plis réitérée 10 fois, il y a 100 modèles a interpréter, avec
une visualisation à calculer par donnée et ce pour chacun des 100 modèles. La méthode CNN eyes
visions prend alors tout son sens avec son temps de calcul très court.

Edouard VILLAIN Page 69


CHAPITRE 4

Validation sur des données simulées

4.1 Créations d’un jeu de données simulées


4.1.1 Objectifs des images simulées
L’objectif de la création d’images médicales simulées est d’obtenir un jeu de données avec une
vérité terrain disponible, que ce soit pour la classe ou pour la position de la zone discriminante.
Deux zones du cerveau ont plus particulièrement été étudiées durant ces travaux de thèse, le cervelet
et le putamen. Les figures 4.1 et 4.2 montrent leur position dans le cerveau.

Figure 4.1: Position du cervelet dans le cerveau

Afin de créer un jeu de données contenant ces images simulées, la base d’un jeu de données de
sujets sains de différents âges a été utilisée. Ainsi la première classe est composée de ces sujets sains.
La deuxième classe est ensuite créée en isolant la région d’intérêt (cervelet ou putamen) pour y

70
4.1. CRÉATIONS D’UN JEU DE DONNÉES SIMULÉES

Figure 4.2: Position du putamen dans le cerveau

appliquer une modification, et ce pour chaque sujet sain. Le jeu de données est donc finalement
composé de 89 sujets sains et 89 patients avec une anormalité induite.

Plusieurs versions de simulation "naïve" sont ensuite présentées dans la section 4.1.2. Puis la
version retenue dans les futurs travaux est détaillée dans la section 4.1.3 et correspond aux travaux
de thèse de Giulia Maria Mattia, doctorante à l’Inserm Toulouse NeuroImaging Center avec qui j’ai
collaboré.

4.1.2 Augmentation de l’intensité


Les premières versions de la création de ce jeu de données sont basées sur l’augmentation de l’in-
tensité de la région d’intérêt (ROI). La figure 4.3 montre un exemple d’une augmentation constante
de l’intensité pour chaque point de la ROI. L’équation 4.1 détaille le calcul effectué avec image
l’image du sujet sain, ROI les indices de la région d’intérêt et x la valeur d’augmentation de l’in-
tensité.

image[ROI] = image[ROI] + x (4.1)


La figure 4.4 montre cette fois-ci un exemple d’une augmentation de l’intensité proportionnelle
à l’intensité du point courant et ce pour chaque point de la ROI. L’équation 4.2 détaille le calcul
effectué avec image l’image du sujet sain, ROI les indices de la région d’intérêt et x le pourcentage
d’augmentation de l’intensité.

image[ROI] = image[ROI] ⇥ (1 + x) (4.2)


Ces deux méthodes sont basiques et simples, mais permettent d’obtenir des premiers résultats.

4.1.3 Amélioration de l’augmentation de l’intensité


Afin d’améliorer ces travaux sur la simulation d’un jeu de données IRM, une collaboration a été
mise en place avec Giulia Maria Mattia, doctorante à l’Inserm Toulouse NeuroImaging Center. En

Edouard VILLAIN Page 71


4.1. CRÉATIONS D’UN JEU DE DONNÉES SIMULÉES

Figure 4.3: Simulation d’une altération sur une zone précise d’un signal par augmentation
constante de l’intensité

Figure 4.4: Simulation d’une altération sur une zone précise d’un signal par augmentation de
l’intensité d’un pourcentage du point courant

effet ces travaux utilisent aussi les images médicales simulées et Giulia a produit des images plus
proches de la réalité.
Dans ces travaux, les voxels de la ROI ne sont pas tous modifiés, mais seulement les voxels ayant
une intensité inférieure à un certain pourcentage de l’intensité maximale de la ROI. Ceci permet
d’éviter les problèmes de saturation lorsque l’intensité de modification appliquée est élevée. De plus,
en analysant des images réelles de patients atteints de pathologies neurodégénératives, Giulia a pu
remarquer que les patients avaient une intensité plus élevée que les sujets sains dans certaines zones
du cerveau [88].
La figure 4.5 présente la méthode employée pour simuler une IRM avec une anormalité induite. Plus

Edouard VILLAIN Page 72


4.2. AMPLITUDE DES MODIFICATIONS ET EFFETS

d’information sur la méthode de simulation peuvent être trouvée dans [88].

Figure 4.5: Simulation d’une altération sur une zone précise d’une IRM via la méthode améliorée
[88]

4.2 Amplitude des modifications et effets


4.2.1 Scores des versions de base des images simulées
Les jeux de données présentés dans la section 4.1 ont été utilisés pour alimenter un réseau de
neurones convolutifs 3-dimensions basé sur une adaptation du modèle VGG dont le détail est précisé
dans la section 5.2.1 et ce pour différentes augmentations d’intensité. La figure 4.6 présente tous les
scores d’exactitude obtenus pour les différentes augmentations d’intensité avec la méthode naïve qui
consiste à augmenter l’intensité des voxels de la ROI de façon proportionnelle au voxel courant.
Il est alors possible de constater que pour des augmentations d’intensité très faibles, les CNN ne
sont pas capables de discriminer les sujets sains des patients avec une anormalité induite.
Le cervelet nécessite une augmentation d’intensité de 20 % pour obtenir un score d’exactitude de
100 %. Le putamen, quant à lui a besoin d’une augmentation de 50 %.
La combinaison des deux régions cervelet et putamen ne nécessite que 15 % d’augmentation d’in-
tensité pour atteindre les 100 % d’exactitude.
Le cervelet étant un organe plus grand que le putamen (environ 7000 voxels pour le cervelet,
contre moins de 500 pour le putamen), la figure 4.6 montre que plus grande est la zone dans laquelle
une anormalité est induite, moins l’augmentation d’intensité est nécessaire pour qu’un CNN puisse
discriminer les sujets sains des patients.

Edouard VILLAIN Page 73


4.2. AMPLITUDE DES MODIFICATIONS ET EFFETS

Figure 4.6: Score d’exactitude en fonction de l’intensité d’augmentation des images simulées avec
la méthode où chaque voxel est augmenté d’un pourcentage du voxel courant

4.2.2 Scores de la version améliorée des images simulées


Les mêmes travaux ont été réalisés sur la version des données simulées créée par Giulia Maria
Mattia. Ces travaux permettent d’arriver à la même conclusion comme le montre la figure 4.7. En
effet le cervelet n’a besoin d’une augmentation d’intensité que de 27 % pour que le CNN atteigne
les 100 % d’exactitude alors que le putamen nécessite 81 %.
Afin de confirmer cette conclusion que plus une zone anormale est grande, moins la modification
de l’anormalité nécessite d’être élevée, la version érodée du cervelet et une version dilatée du putamen
ont été créées. Le cervelet érodé possède alors une taille similaire au putamen, tandis que le putamen
dilaté possède une taille similaire au cervelet. La figure 4.6 montre alors que la courbe d’exactitude
en fonction de l’intensité d’augmentation du cervelet érodé (E-cerebellum) est plus proche de celle du
putamen. Inversement, la courbe du putamen dilaté (D-putamen) se rapproche de celle du cervelet.

Edouard VILLAIN Page 74


4.3. VISUALISATION D’UN CNN SUR LES DONNÉES SIMULÉES

Figure 4.7: Score d’exactitude en fonction de l’intensité d’augmentation des images simulées avec
la méthode améliorée [88]

4.3 Visualisation d’un CNN sur les données simulées


4.3.1 Visualisation des versions de base des images simulées
La méthode de visualisation CNN eyes visions (voir section 3.5) a été testée sur les données
d’IRM 3-dimensions simulées de façon à avoir la position des zones discriminantes disponibles. La
section courante présente les résultats de visualisation obtenus sur la version de base des images
simulées où chaque voxel voit son intensité augmentée d’un pourcentage de sa valeur.
Les positions des zones où l’anormalité a été induite sont détaillées sur les figures 4.1 et 4.2 de la
section 4.1.

Les trois figures suivantes 4.8, 4.9 et 4.10 présentent les résultats obtenus pour le cervelet, le
putamen et la combinaison des deux ROI avec une augmentation de l’intensité de 55 %. Autrement
dit, cela correspond à une intensité qui permet aux modèles CNN d’obtenir un score d’exactitude
de 100 % sur la discrimination entre les sujets sains des patients possédant l’anormalité.
Pour chaque figure, la visualisation moyenne de la classe des sujets sains est en haut des figures, au
milieu se trouve la visualisation moyenne de la classe des patients possédant l’anormalité dans la
ROI et en bas la différence absolue entre les visualisations moyennes de chaque classe. Le contour
vert des figures correspond à la ROI.

La figure 4.8 montre que le cervelet est bien mis en évidence par la méthode de visualisation des
zones discriminantes CNN eyes visions.
Tout comme pour le cervelet, la figure 4.9 montre que le putamen est bien mis en évidence par
la méthode de visualisation des zones discriminantes CNN eyes visions.
La figure 4.10 quant à elle montre que la visualisation des zones discriminantes pour la com-

Edouard VILLAIN Page 75


4.3. VISUALISATION D’UN CNN SUR LES DONNÉES SIMULÉES

Figure 4.8: Visualisation des zones discriminantes des images simulées pour le cervelet avec la
méthode où chaque voxel est augmenté d’un pourcentage de 55% du voxel courant

binaison du cervelet et du putamen ne se concentre que sur le cervelet. Une explication est alors
envisageable et plausible, puisqu’en effet la taille du putamen très petite devant le cervelet. Le CNN
n’aurait alors qu’à s’appuyer sur le cervelet pour discriminer les deux classes.

4.3.2 Visualisation de la version améliorée des images simulées


La visualisation des zones discriminantes via la méthode CNN eyes visions a ensuite été testée sur
la version améliorée des données IRM 3-dimensions simulées. Les figures 4.11, 4.12 et 4.13 montrent
une nouvelle fois les résultats de visualisation sur le cervelet, le putamen et la combinaison des deux
ROI et sont issues d’un article publié en collaboration avec Giulia Maria Mattia [86]. Pour plus
d’information, l’article complet est disponible en annexe dans la section 5.5.

Cette fois ci, la méthode de visualisation est appliquée sur un modèle ayant obtenu un score
d’exactitude de 100 % et un autre avec un score de 60 % et ce pour les données d’entrainement mais
aussi de test. Ceci permet d’éprouver la méthode de visualisation CNN eyes visions à la fois sur un
modèle qui discrimine parfaitement les données, et sur un modèle qui ne parvient pas réellement à
les discriminer.
La figure 4.11 concernant le cervelet montre que la ROI est bien mise en évidence sur les données
d’entrainement et de test pour le modèle ayant un score d’exactitude de 100 %. Concernant le

Edouard VILLAIN Page 76


4.3. VISUALISATION D’UN CNN SUR LES DONNÉES SIMULÉES

Figure 4.9: Visualisation des zones discriminantes des images simulées pour le putamen avec la
méthode où chaque voxel est augmenté d’un pourcentage de 55% du voxel courant

Figure 4.10: Visualisation des zones discriminantes des images simulées pour le cervelet et le
putamen avec la méthode où chaque voxel est augmenté d’un pourcentage de 55% du voxel courant

Edouard VILLAIN Page 77


4.3. VISUALISATION D’UN CNN SUR LES DONNÉES SIMULÉES

modèle ne parvenant pas à discriminer les données, sans surprise la visualisation ne cible pas le
cervelet sur les données de test. Cependant, le cervelet est tout de même mis en avant sur les
données d’entrainement. Cela permettrait d’obtenir de l’information sur la position de la ROI en
utilisant les données d’entrainement, même sur un modèle ayant un score d’exactitude faible.

Figure 4.11: Visualisation des zones discriminantes des images simulées pour le cervelet pour un
modèle ayant une exactitude élevée (100 %) et un modèle ayant une exactitude faible (60 %) [86]

Tout comme pour le cervelet, la figure 4.12 concernant le putamen montre que la ROI est bien
mise en évidence sur les données d’entrainement et de test pour le modèle ayant un score d’exactitude
de 100 %. Une nouvelle fois le putamen est peu mis en évidence sur les données de test via le modèle
ayant un score d’exactitude faible, mais est bien mis en avant sur les données d’entrainement.
Les résultats de visualisation sur la figure 4.13 pour la combinaison du cervelet et du putamen
rejoignent les résultats obtenus avec la version de base des images simulées. Le modèle semble
privilégier le cervelet au détriment du putamen pour le modèle ayant un score d’exactitude de 100
%. Concernant le modèle avec un faible score d’exactitude, un putamen semble vouloir apparaitre
sur les données de test mais il y a présence de diffusion autour du putamen, ce qui laisse difficile
l’interprétation des visualisations sur les données de test. Sur les données d’entrainement le cervelet
est mis en avant et le putamen est bien actif, mais avec une intensité moindre que le cervelet.

4.3.3 Visualisation appliquée à un sujet unique


La méthode de visualisation CNN eyes visions a été employée pour une application à un sujet
unique en comparant la visualisation d’un sujet avec les visualisations moyennes de chaque classe.
La figure 4.14 montre alors qu’un sujet de la classe 0 a plus de différence avec la moyenne de la
classe 1, et inversement pour le sujet de la classe 1. De plus ces différences sont localisées dans le
cervelet pour les deux sujets.
Ainsi la méthode CNN eyes vision permet de déduire visuellement la classification effectuée par le

Edouard VILLAIN Page 78


4.3. VISUALISATION D’UN CNN SUR LES DONNÉES SIMULÉES

Figure 4.12: Visualisation des zones discriminantes des images simulées pour le putamen pour un
modèle ayant une exactitude élevée (100 %) et un modèle ayant une exactitude faible (60 %) [86]

Figure 4.13: Visualisation des zones discriminantes des images simulées pour le cervelet et le
putamen pour un modèle ayant une exactitude élevée (100 %) et un modèle ayant une exactitude
faible (60 %) [86]

Edouard VILLAIN Page 79


4.3. VISUALISATION D’UN CNN SUR LES DONNÉES SIMULÉES

modèle CNN, mais aussi les zones sur lesquelles s’est appuyé le modèle pour classer un sujet.

Figure 4.14: Visualisation des zones discriminantes des images simulées pour un sujet sain et un
patient possédant l’anormalité dans le cervelet et le putamen [86]

Edouard VILLAIN Page 80


CHAPITRE 5

Application aux syndromes Parkinsoniens

5.1 De l’IRM aux prédictions et visualisations


L’intelligence artificielle est utilisée dans de plus en plus de domaines et en particulier l’imagerie
médicale. Les modèles dit de "deep learning" fournissent des résultats prometteurs et l’émergence de
méthodes d’interprétation de ces modèles considérés longtemps comme des "boites noires" rendent
leurs utilisations très intéressantes dans le domaine de l’imagerie médicale.

En combinant les réseaux de neurones convolutifs (CNN) (voir section 2.3), les modèles multi-
modaux (voir section 2.8) ainsi que la méthode de visualisation des zones discriminantes CNN eyes
visions (voir section 3.5) un pipeline entièrement basé sur le deep learning a été développé durant
ces travaux de thèse.
La validation de ces travaux ayant été effectuée sur des données simulées (voir chapitre 4), cela
permet d’appliquer ce pipeline sur des données réelles sereinement.

Ce chapitre concerne alors l’application de ce pipeline de deep learning aux syndromes Parkin-
soniens et plus particulièrement l’atrophie mutli systématisée (AMS).
Les sous-sections 5.1.1, 5.1.2 et 5.1.3 présentent respectivement l’atrophie multi systématisée, le jeu
de données multimodales 3-dimensions utilisé pour la détection de l’AMS ainsi que le benchmark
employé.
La section 5.2 détaille les différentes architectures utilisées ainsi que les scores obtenus. La section
5.3 propose une analyse du pouvoir discriminant des différents biomarqueurs et la section 5.4 montre
les résultats de visualisation des zones discriminantes pour les architectures employées.

5.1.1 Atrophie Multi Systématisée


L’atrophie multi systématisée est un syndrome Parkinsonien rare dont l’estimation moyenne de
l’incidence est de 0.6 cas pour 100 000 personnes-année et une prévalence de 3.4 à 4.9 cas pour 100
000 personnes [56]. L’AMS est caractérisée par l’accumulation de ↵-synuclein dans les oligodendro-

81
5.1. DE L’IRM AUX PRÉDICTIONS ET VISUALISATIONS

cytes [89]. Le diagnostic de l’AMS est un challenge et plus particulièrement dans les phases initiales
de la pathologie de par le recouvrement entre ses symptômes et ceux des différents syndromes Par-
kinsoniens.

Plusieurs études proposent une approche basée sur l’intelligence artificielle pour discriminer les
principaux syndromes Parkinsoniens, telles que E. Adeli et. al en 2016 [58], F.D. Bowman en 2016
[59], Y. Chen et. al en 2015 [60], D. Long et. al en 2012 [61], B. Peng et. al en 2017 [62] et D. Zhang
et. al en 2014 [63]. La plupart ont utilisé des biomarqueurs dérivés de l’IRM tels que le niveau de
substance grise issu des images pondérées en T1, l’index d’intégrité microstructural de la matière
blanche issu de l’imagerie de diffusion et des biomarqueurs mesurant l’activité et la connectivité
du cerveau issus de l’imagerie fonctionnelle. Ces travaux ont atteint des scores de discrimination
satisfaisants, de l’ordre de 80 % en moyenne, et ont mis en évidence certaines zones du cerveau
considérées comme discriminantes.

D’autres travaux ont utilisé l’intelligence artificielle et les images IRM pour discriminer les sujets
sains et les syndromes Parkinsoniens entre eux, l’AMS et la paralysie supranucléaire progressive
(PSP) tels que G. Barbagallo et. al en 2016 [57], N.K. Focke et. al en 2011 [31], P. Péran et. al en
2018 [47], H.J Huppertz et. al en 2016 [64] et C. Scherfler et. al en 2016 [90].
Huppertz et al. [64] a utilisé des données volumétriques sur la matière grise et blanche issues d’images
pondérées en T1 pour discriminer les patients AMS et les sujets sains ainsi que les patients AMS et
les autres syndromes Parkinsoniens avec des scores d’exactitude allant de 60 à 90 %. Le groupe de
P. Péran et ses collègues [57, 47] a utilisé des protocoles plus complets en incluant les informations
volumétriques et les biomarqueurs dérivés de l’IRM. Chacune de ces études a atteint des scores
d’exactitude satisfaisants de l’ordre de 90 %.

Plus récemment, F. Nemmi et. al [46] a développé un pipeline de machine learning multimodal
par voxels basé sur les machines à vecteur de support en incluant des biomarqueurs dérivés de l’IRM
structurelle, de diffusion et fonctionnelle. Ce pipeline permet de discriminer les sujets sains des pa-
tients AMS et des patients Parkinson avec des scores d’exactitudes allant de 78 à 94 % mais aussi
d’extraire les zones discriminantes de chacun des biomarqueurs.

Plusieurs autres travaux ont déjà utilisé avec succès des méthodes basées sur les réseaux de neu-
rones pour discriminer les syndromes Parkinsoniens. Esmaeilzadeh et. al en 2018 ont proposé un
CNN 3-dimensions discriminant les syndromes Parkinsoniens via les IRM [32]. Shinde et. al ainsi
que Kiryu et. al en Kiryu2019 en 2019 utilisent eux aussi les CNN mais cette fois-ci via des coupes
d’IRM 2D [44].
Cependant aucun de ces travaux n’utilise un protocole IRM multimodal complet, incluant de l’image-
rie structurelle, de diffusion et fonctionnelle. De plus, ces travaux sont basés sur des jeux de données
de grande dimension (de 200 à 600 patients) et appliquent une augmentation de données.

5.1.2 Jeu de données 3-dimensions multimodales


Le jeu de données utilisé est composé de 29 patients AMS recrutés dont chacun possède un
diagnostic en accord avec les critères de diagnostic internationaux. Chaque patient possède un score
de Hoehn et Yahr inférieur à 4 [91, 92]. De plus, tous les patients ont un historique neurologique et
psychologique négatif autre que l’AMS, n’ont ni de tumeur cérébrale, ni de lésion vasculaire cérébrale.
Une cohorte de sujets sains complète le jeu de données avec 26 sujets droitiers où l’âge, le sexe et le
niveau d’éducation sont en accord avec les caractéristiques des patients AMS.

Edouard VILLAIN Page 82


5.1. DE L’IRM AUX PRÉDICTIONS ET VISUALISATIONS

Chacun des patients et sujets du jeu de données a passé un examen d’imagerie médicale sur une
IRM 3 Tesla au Toulouse NeuroImaging Center (ToNIC), laboratoire Inserm UMR 1214 à Toulouse.
Les images structurelles, de diffusion et fonctionnelles ont été acquises. Les images structurelles ont
ensuite été segmentées en niveau de substance grise , niveau de matière blanche et en fluide céré-
brospinal puis normalisées en utilisant CAT12 [93]. Les images de diffusion ont été traitées via le
pipeline standard FSL [94] permettant d’obtenir la fraction d’anisotropie et la diffusivité moyenne.
Pour finir, les images fonctionnelles ont été traitées avec conn [25] ce qui permet de calculer la frac-
tion de l’amplitude de fluctuation des basses fréquences mesurant l’activité du cerveau au repos [95].
Suite à ces traitements, chaque biomarqueur dérivé de l’IRM a une dimension de 60 ⇥ 72 ⇥ 60 voxels
de 3 ⇥ 3 ⇥ 3mm3 .

Trois biomarqueurs ont particulièrement été étudiés durant ces travaux de thèse permettant
d’allier l’imagerie structurelle, de diffusion et fonctionnelle.
— Le niveau de substance grise (gm)
— La diffusivité moyenne (MD)
— L’amplitude de fluctuation des basses fréquences (ALFF)
Le niveau de substance grise est un biomarqueur structurel, il permet donc d’imager la structure
du cerveau. Ce biomarqueur peut être pertinent pour la discrimination des pathologies neurodégé-
nératives car ces patients ont souvent un niveau de substance grise qui a tendance à s’affaisser ou
se réduire. La figure 5.1 montre un exemple de niveau de substance grise d’un patient AMS contenu
dans le jeu de données.

Figure 5.1: Biomarqueur dérivé de l’IRM : niveau de substance grise (gm)

La diffusivité moyenne (MD) est un biomarqueur de diffusion qui permet d’imager le mouvement
brownien des molécules d’eau. La présence d’agrégats ferreux chez les patients atteints de pathologies
neurodégénératives a pour effet de modifier la diffusivité moyenne ce qui fait de MD un bon candidat
pour un biomarqueur discriminant. La figure 5.2 montre un exemple de diffusivité moyenne d’un
patient AMS contenu dans le jeu de données.
L’amplitude de fluctuation des basses fréquences est un biomarqueur fonctionnel qui permet
d’imager l’activité cérébrale au repos. Pour cela, le niveau d’oxygénation du sang dans le cerveau
est mesuré dans une séquence IRM temporelle. Ensuite les hautes fréquences sont filtrées de façon à
retirer les variations de l’oxygénation du sang dues aux battements du coeur et l’amplitude de fluc-
tuation est conservée de façon à obtenir une image 3-dimensions plutôt qu’une séquence temporelle.
La figure 5.3 montre un exemple d’amplitude de fluctuation des basses fréquences d’un patient AMS
contenu dans le jeu de données.

Edouard VILLAIN Page 83


5.1. DE L’IRM AUX PRÉDICTIONS ET VISUALISATIONS

Figure 5.2: Biomarqueur dérivé de l’IRM : diffusivitié moyenne (MD)

Figure 5.3: Biomarqueur dérivé de l’IRM : amplitude de fluctuation des basses fréquences (ALFF)

5.1.3 Benchmark
Pour réaliser l’étude sur l’utilisation de l’intelligence artificielle appliquée à l’atrophie multi sys-
tématisée, un benchmark a été mis en place. Celui-ci a été développé de façon à être le miroir du
pipeline proposé par F. Nemmi et. al [46], utilisant le même jeu de données. La figure 5.4 montre la
comparaison entre le pipeline original proposé par F. Nemmi et celui développé dans ces travaux.
Dans les deux cas, le pipeline consiste en :
— L’extraction de caractéristiques,
— La réduction du nombre de caractéristiques,
— La fusion des biomarqueurs,
— La classification
Afin de comparer les résultats obtenus avec le pipeline de deep learning, basé sur les CNN mul-
timodaux 3-dimensions, la même validation croisée à 10 plis réitérée 10 fois que F. Nemmi et. al a
été employée.
L’algorithme 3 détaille les différentes étapes de l’expérience. Il permet de tester les différentes archi-
tectures de CNN disponibles dans la littérature, pour chaque combinaison des biomarqueurs et de
calculer une visualisation des voxels discriminants.

Edouard VILLAIN Page 84


5.1. DE L’IRM AUX PRÉDICTIONS ET VISUALISATIONS

Original pipeline 3D CNN multimodal

- Irrelevant voxels suppression


(variance threshold) - Extract visual patterns
- Most discriminant voxels Feature selection
for each modality
selection (Relieff)

- Spatial clustering of - Fully Connected Layers


Feature reduction for each modality
contiguous voxels

- Clusters subset selection Merge modalities - Concatenation

- SVM Classification Final FCN

Figure 5.4: Comparaison entre le pipeline 3D CNN multimodal (droite) et le pipeline SVM de F.
Nemmi et. al [46] (gauche)

Algorithm 3 Calcul des prédictions et visualisations


1: for chaque architecture du modèle do
2: for chaque combinaison des biomarqueurs dérivés de l’IRM do
3: for chaque itération de la validation croisée do
4: for chaque découpe de la validation croisée do
5: Pré traitement des données
6: Créer le modèle
7: entrainer le modèle sur les données d’entrainement
8: tester le modèle sur les données de test
9: sauvegarde du modèle et des scores du test
10: visualisation des zones discriminantes
11: end for
12: scores sur la totalité du jeu de données
13: end for
14: moyenne des scores de la validation croisée
15: visualisation moyenne des zones discriminantes
16: end for
17: score de l’architecture
18: end for

Edouard VILLAIN Page 85


5.2. SCORES DE PRÉDICTIONS

5.2 Scores de prédictions


Cette section présente les scores de prédictions obtenus lors de l’adaptation 3-dimensions multi-
modale des trois architectures de CNN les plus courantes dans la littérature. Chaque section détaille
l’architecture du modèle en mono et multimodal puis les scores d’exactitude, de sensitivité et spéci-
ficité obtenus.
Afin de pouvoir comparer les résultats, chaque architecture possède le même nombre de couches
entièrement connectées et la fusion des modalités est appliquée au même endroit.
Tous les modèles sont initialisés avec la même méthode [70] et la même graine aléatoire (de façon
à obtenir des initialisations similaires). De plus, ils sont entrainés avec le même pas d’apprentissage
de 5 ⇥ 10 5 et le même optimiseur Adam [72, 73] pour une durée de 75 epochs. Tous les modèles
emploient aussi la même fonction d’erreur d’entropie croisée (voir section 2.7.6).
De plus, chacun des modèles possède des similarités dans la conception de l’architecture. Les
couches de convolution (figure 5.5.a) et celles entièrement connectées (figure 5.5.b) sont suivies
d’une couche de batch normalisation permettant de réduire le sur-apprentissage [96] et d’une couche
d’activation ELU [66] permettant d’accélérer l’apprentissage. Seule la dernière couche de prédiction
(figure 5.5.c) contient un neurone par classe, soit deux neurones dans cette étude, suivie d’une
couche d’activation Softmax afin de transformer la sortie en probabilité d’appartenance aux deux
classes. Les deux premières couches entièrement connectées contiennent un dropout afin d’éviter le
sur-apprentissage [69].

Figure 5.5: Détail des couches employées dans la conception des différentes architectures

Les modèles multimodaux emploient tous le même type de fusion tardive en concaténant les
sorties des architectures des versions monomodales. Une couche entièrement connectée de 2 ⇥ N
neurones est insérée avant la prédiction finale du modèle utilisant N modalités comme le montre la
figure 5.6.

5.2.1 Adaptation 3-dimensions du modèle VGG


L’architecture basée sur le modèle VGG est composée d’une séquence de couches de convolution
et de pooling et se termine par des couches entièrement connectées pour calculer la prédiction [18].
Cette architecture est détaillée précédemment dans la section 2.3.1.
La figure 5.7 détaille l’architecture monomodale développée avec le nombre de couches, le nombre
de filtres de convolution ainsi que leur taille.
La table 5.1 présente les scores d’exactitude, de sensitivité et de spécificité obtenus pour chaque
combinaison des trois biomarqueurs dérivés de l’IRM. L’exactitude est un score général sur l’ensemble
du jeu de données alors que la sensitivité et la spécificité représentent la capacité à correctement
classer les patients atteints de pathologies neurodégénératives et les sujets sains, respectivement (voir
section 2.6.2).

Edouard VILLAIN Page 86


5.2. SCORES DE PRÉDICTIONS

Figure 5.6: Détail de la fusion tardive des modèles multimodaux

Figure 5.7: Détail de l’architecture de l’adaptation 3-dimensions du modèle VGG

Edouard VILLAIN Page 87


5.2. SCORES DE PRÉDICTIONS

EXACTITUDE SENSITIVITÉ SPÉCIFICITÉ


gm 79.3 ± 1.7% 72.0 ± 2.4% 87.3 ± 1.8%
MD 89.5 ± 1.8% 87.9 ± 1.7% 91.2 ± 2.5%
ALFF 73.1 ± 3.9% 70.7 ± 3.9% 75.8 ± 5.5%
gm + MD 89.1 ± 2.3% 86.2 ± 4.4% 92.3 ± 3.4%
gm + ALFF 84.4 ± 2.0% 83.8 ± 2.7% 85.0 ± 3.6%
MD + ALFF 89.5 ± 1.6% 91.4 ± 1.7% 87.3 ± 3.0%
gm + MD + ALFF 89.1 ± 2.0% 87.2 ± 3.5% 91.2 ± 1.8%

Table 5.1: Exactitude, sensitivité et spécificité obtenues pour chaque combinaison des différentes
modalités avec l’adaptation 3-dimensions du modèle VGG

Le biomarqueur MD obtient donc les meilleurs résultats en monomodal avec une exactitude
de 89.5 ± 1.8% alors que le biomarqueur ALFF produit les moins bons scores de cette étude avec
73.1 ± 3.9%. Tous les modèles multimodaux obtiennent des scores d’exactitude supérieurs à 84%.
La combinaison des biomarqueurs MD et ALFF obtient la meilleure sensitivité avec un score de
91.4 ± 1.7% et permet de mieux reconnaître les patients AMS présents dans le jeu de données.
Les scores de sensitivité et spécificité sont relativement proches hormis pour le biomarqueur GM
où l’écart entre ces deux scores est d’environ 15%. Il est donc moins performant pour détecter les
patients AMS que les patients sains.

5.2.2 Adaptation 3-dimensions du modèle ResNet


L’adaptation 3-dimensions du modèle ResNet utilise les "skip connections" [19]. Afin de pouvoir
appliquer la couche "ADD" qui calcule l’addition de la sortie de plusieurs couches, du "zero padding"
est appliqué afin de combler les zones non présentes pour obtenir une dimension souhaitée, dans le
but de pouvoir calculer cette addition. La dimension des données est donc réduite plus lentement lors
du transit à travers le modèle, ce qui implique un plus grand nombre de couches en comparaison avec
le modèle basé sur l’architecture VGG. La figure 5.8 détaille l’architecture du modèle monomodal.
La table 5.2 présente les scores d’exactitude, de sensitivité et de spécificité obtenus pour chaque
combinaison des trois biomarqueurs dérivés de l’IRM.

EXACTITUDE SENSITIVITÉ SPÉCIFICITÉ


gm 76.7 ± 2.7% 65.5 ± 4.6% 89.2 ± 2.3%
MD 85.1 ± 1.9% 80.0 ± 3.4% 90.8 ± 2.6%
ALFF 73.1 ± 4.8% 65.9 ± 7.1% 81.2 ± 2.7%
gm + MD 86.1 ± 2.5% 84.8 ± 3.2% 89.2 ± 2.3%
gm + ALFF 75.5 ± 4.3% 70.3 ± 5.4% 81.2 ± 5.6%
MD + ALFF 74.9 ± 3.9% 71.4 ± 5.6% 78.8 ± 3.5%
gm + MD + ALFF 83.1 ± 3.0% 74.1 ± 3.9% 93.1 ± 5.4%

Table 5.2: Exactitude, sensitivité et spécificité obtenues pour chaque combinaison des différentes
modalités avec l’adaptation 3-dimensions du modèle resNet

Tout comme les modèles basés sur l’architecture VGG, le biomarqueur MD obtient les meilleurs
scores en utilisant les modèles resNet avec une exactitude de 85.1 ± 1.9% et un accord stable entre
la sensitivité et la spécificité.

Edouard VILLAIN Page 88


5.2. SCORES DE PRÉDICTIONS

Figure 5.8: Détail de l’architecture de l’adaptation 3-dimensions du modèle ResNet

Cependant contrairement aux modèles basés sur l’architecture VGG, ceux basés sur resNet sup-
portent moins bien le multimodal. Les combinaisons des biomarqueurs GM et MD ainsi que GM,

Edouard VILLAIN Page 89


5.2. SCORES DE PRÉDICTIONS

MD et ALFF obtiennent une exactitude supérieure à 83%. La présence d’ALFF dans la combinaison
des trois biomarqueurs fait baisser la sensitivité et donc la capacité à reconnaître les patients AMS.

5.2.3 Adaptation 3-dimensions du modèle GoogleNet


L’adaptation 3-dimensions du modèle GoogleNet utilise les modules d’inception [20]. Afin de
pouvoir appliquer la couche de concaténation, du "zero padding" " est appliqué comme précdemment,
dans le but de pouvoir calculer cette concaténation (voir la figure 5.9). La dimension des données
est donc réduite plus lentement lors du transit à travers le modèle, ce qui implique un plus grand
nombre de couches en comparaison avec le modèle basé sur l’architecture VGG. La figure 5.10 détaille
l’architecture du modèle monomodal.

Figure 5.9: Détail de l’architecture du module d’inception 3-dimensions

La table 5.3 présente les scores d’exactitude, de sensitivité et de spécificité obtenus pour chaque
combinaison des trois biomarqueurs dérivés de l’IRM.

EXACTITUDE SENSITIVITÉ SPÉCIFICITÉ


gm 80.5 ± 1.8% 69.0 ± 3.4% 93.5 ± 3.7%
MD 88.5 ± 3.2% 87.9 ± 4.4% 89.2 ± 4.1%
ALFF 77.8 ± 2.9% 73.4 ± 4.1% 82.7 ± 3.1%
gm + MD 79.5 ± 2.0% 66.9 ± 2.8% 93.5 ± 3.5%
gm + ALFF 80.7 ± 2.6% 69.7 ± 2.6% 93.1 ± 4.8%
MD + ALFF 89.5 ± 2.1% 89.3 ± 2.9% 89.6 ± 2.5%
gm + MD + ALFF 87.3 ± 1.8% 90.3 ± 3.4% 83.8 ± 2.3%

Table 5.3: Exactitude, sensitivité et spécificité obtenues pour chaque combinaison des différentes
modalités avec l’adaptation 3-dimensions du modèle GoogleNet

Tout comme les modèles basés sur l’architecture VGG, le biomarqueur MD obtient les meilleurs
scores en utilisant les modèles googleNet avec une exactitude de 88.5 ± 3.2% et un accord stable
entre la sensitivité et la spécificité.
Les combinaisons des biomarqueurs MD et ALFF ainsi que GM, MD et ALFF obtiennent une
exactitude supérieure à 87% et une bonne sensitivité ce qui permet de correctement déctecter les
patients AMS.
Le biomarqueur GM souffre d’une faible sensitivité, lorsqu’il est utilisé seul et ce qui se retranscrit
sur les combinaisons GM et MD ainsi que GM et ALFF.

Edouard VILLAIN Page 90


5.2. SCORES DE PRÉDICTIONS

Figure 5.10: Détail de l’architecture de l’adaptation 3-dimensions du modèle GoogLeNet

5.2.4 Analyse des différentes architectures


L’analyse des trois tables des scores de prédictions 5.1, 5.2 et 5.3 montre que l’architecture VGG
produit les meilleurs résultats en mono et multimodal. De plus, elle supporte le mieux la fusion de
modalités car les scores sont améliorés lorsque les deux biomarqueurs les moins discriminants sont
fusionnés. Les scores ne sont pas détériorés lorsque le biomarqueur le plus discriminant est utilisé.
Aussi, l’architecture VGG permet d’obtenir les meilleurs scores de sensitivité et donc la capacité à
détecter les patients AMS, ainsi que le meilleur accord entre sensitivité et spécificité.
L’architecture VGG semble donc la plus indiquée pour discriminer les pathologies neurodégénéra-
tives. En effet, les architectures ResNet et GoogLeNet utilisent du "zero-padding" afin de pouvoir
appliquer les opérations d’addition et de concaténation. Or l’ajout de ces zéros réduit la propor-

Edouard VILLAIN Page 91


5.3. POUVOIR DISCRIMINANT DES BIOMARQUEURS

tion d’information utile contenue dans l’image. Cela est d’autant plus important en neuroimagerie
3-dimensions, où l’extérieur du cerveau est composé de zéros et contient donc une grande partie
d’information inutile dans l’image d’origine.
De plus, l’architecture originelle de googleNet contient deux sorties de prédiction. Or dans le cas de
données 3-dimensions, il est difficile d’employer une deuxième sortie au milieu de l’architecture car
la consommation de mémoire devient excessive.
La table 5.4 permet de comparer les trois architectures employées en version mono, bi et tri
modale. Plusieurs critères permettent d’analyser ces différentes architectures, à savoir la taille et
le nombres de paramètres du modèle, la durée de l’entrainement ainsi que le nombre de filtres de
convolution.
Il est alors possible de constater que les architectures de VGG et ResNet ont des tailles similaires,
que ce soit en mémoire ou en nombre de paramètres. Ces deux architectures sont plus gourmandes
que GoogLeNet. Cependant le modèle VGG est le plus rapide à entrainer et contient moins de filtres
de convolution que les deux autres architectures.

VGG ResNet GoogLeNet


Taille 182 Mo 184 Mo 32 Mo
Paramètres 15 179 586 15 363 090 2 661 314
Monomodal
Durée de l’entrainement 117 sec 750 sec 324 sec
Nombre de filtres 672 1 248 928
Taille 364 Mo 369 Mo 64 Mo
Paramètres 30 359 218 30 738 226 5 322 674
Bimodal
Durée de l’entrainement 231 1 479 sec 679 sec
Nombre de filtres 1 344 2 496 1 856
Taille 546 Mo 553 Mo 97 Mo
Paramètres 45 538 838 46 107 350 7 984 226
Trimodal
Durée de l’entrainement 373 sec 2 217 sec 1 110 sec
Nombre de filtres 2 016 3 744 2 784

Table 5.4: Comparaison des architectures

5.3 Pouvoir discriminant des biomarqueurs


L’analyse des pouvoirs discriminants des différents biomarqueurs permet de compléter l’étude et
d’obtenir plus d’information sur la pathologie étudiée.
Ces informations sont alors utiles afin de mieux comprendre la pathologie et de déterminer si les
modifications sont plutôt dans la structure du cerveau ou dans son fonctionnement. L’analyse du
pouvoir discriminant est aussi utile pour la partie imagerie médicale en permettant de mieux cibler
l’examen à effectuer pour détecter la pathologie.

En utilisant le pipeline entièrement basé sur le deep learning, cette analyse du pouvoir discrimi-
nant des biomarqueurs est effectuée post entrainement en comparant les scores obtenus pour chaque
combinaison des biomarqueurs.

L’analyse est donc basée sur les tables de la section 5.2.


Le biomarqueur MD a obtenu les meilleurs scores en monomodal et ce quel que soit le type d’ar-

Edouard VILLAIN Page 92


5.4. VISUALISATION DES ZONES DU CERVEAU INCRIMINÉES DANS LES PRÉDICTIONS

chitecture employé, ce qui en fait le meilleur candidat pour le biomarqueur discriminant pour la
pathologie AMS. De plus en analysant les scores sur les modèles multimodaux, les meilleurs scores
sont toujours obtenus pour une combinaison incluant le biomarqueurs MD.

Le biomarqueur ALFF seul obtient les moins bons scores quelle que soit l’architecture utilisée.
Ce biomarqueur s’est tout de même montré discriminant avec des scores d’exactitude de l’ordre de
75%. Cependant ALFF ne conserve que l’amplitude de fluctuation des basses fréquences or il existe
des architectures de réseaux de neurones capables de traiter les séquences temporelles. Ces modèles
basés sur les couches Long Short Term Memory (LSTM) ont été introduites par Hochreiter et. al
[97] et ont été adaptés en version convolutive avec les couches conv-LSTM. Ces architectures ont été
appliquées avec succès [98] mais aussi dans le domaine médical [99].
Ce biomarqueur pourrait alors être traité par une architecture basée sur les conv-LSTM et permet-
trait peut-être d’obtenir de meilleurs résultats.

5.4 Visualisation des zones du cerveau incriminées dans les


prédictions
Cette section montre les visualisations des voxels discriminants obtenus avec la méthode CNN
eyes visions (voir section 3.5), et ce pour chaque biomarqueur et chaque architecture de CNN utilisée
à la fois pour les modèles monomodaux et multimodaux.
Trois scores sont apposés sur les figures et correspondent à la ressemblance avec les visualisations
obtenues par F. Nemmi et. al [46]. Pour cela, les visualisations obtenues par F. Nemmi et. al ont
été considérées comme vérité terrain ce qui permet de calculer des scores d’exactitude, de sensitivité
et de spécificité. La sensitivité et la spécificité permettent de quantifier la capacité à retrouver
respectivement les voxels actifs et inactifs dans les deux méthodes. Chaque figure possède alors les
trois scores entre parenthèses (exactitude, spécificité, sensitivité). Un grand nombre de voxels étant
inactifs, en particulier dû à l’extérieur du cerveau, il est normal que l’exactitude et la spécificité
soient élevées. Le score le plus intéressant est alors la sensitivité en dernier sur les figures.

5.4.1 Visualisation de l’adaptation 3-dimensions du modèle VGG


La figure 5.11 montre les visualisations des voxels discriminants du biomarqueur GM avec le
modèle basé sur l’adaptation 3-dimensions de l’architecture VGG.
Les visualisations des voxels discriminants ont alors mis en évidence le cervelet, les sous régions du
tronc cérébrale ainsi que le putamen. Ces régions correspondent à ce que F. Nemmi et. al a mis en
évidence [46].
Environ 40 % des voxels actifs sont en communs pour chaque combinaison de biomarqueur utili-
sant GM. De plus, les visualisations sont similaires quelle que soit la combinaison de biomarqueurs
employée.
La figure 5.12 montre les visualisations des voxels discriminants du biomarqueur MD avec le
modèle basé sur l’adaptation 3-dimensions de l’architecture VGG.
Les visualisations des voxels discriminants ont alors mis en évidence le cervelet, les sous régions du
tronc cérébrale ainsi que le putamen. Ces régions correspondent à ce que F. Nemmi et. al a mis en
évidence [46].
Environ 70 % des voxels actifs sont en commun pour chaque combinaison de biomarqueur utili-
sant MD. De plus, les visualisations sont similaires quelle que soit la combinaison de biomarqueurs
employée.

Edouard VILLAIN Page 93


5.4. VISUALISATION DES ZONES DU CERVEAU INCRIMINÉES DANS LES PRÉDICTIONS

Figure 5.11: Visualisation des zones discriminantes avec la méthode CNN eyes visions pour le
biomarqueur GM (rouge) et comparaison avec la méthode F. Nemmi et. al [46] (bleu)

Figure 5.12: Visualisation des zones discriminantes avec la méthode CNN eyes visions pour le
biomarqueur gm (rouge) et comparaison avec la méthode F. Nemmi et. al [46] (bleu)

Edouard VILLAIN Page 94


5.4. VISUALISATION DES ZONES DU CERVEAU INCRIMINÉES DANS LES PRÉDICTIONS

La figure 5.13 montre les visualisations des voxels discriminants du biomarqueur ALFF avec le
modèle basé sur l’adaptation 3-dimensions de l’architecture VGG.
Les visualisations mettent en évidence des zones du lobe pariétal latéral (en particulier le gyrus
angulaire et marginal, bilatéralement) ainsi que des clusters dans le tronc cérébral et le cortex
préfrontal dorso-latéral.
Une comparaison avec les visualisations de F. Nemmi et. al n’est pas possible car ce biomarqueur
n’a jamais été retenu comme discriminant dans son pipeline.

Figure 5.13: Visualisation des zones discriminantes avec la méthode CNN eyes visions pour le
biomarqueur ALFF

5.4.2 Visualisation de l’adaptation 3-dimensions du modèle ResNet


Les modèles basés sur l’adaptation 3-dimensions du modèle ResNet sont plus profonds que les
modèles basés sur VGG. Il y a alors plus de visualisations intermédiaires de très petite dimension ce
qui amplifie les effets indésirables de l’interpolation de ces décompositions intermédiaires des couches
les plus profondes.
La figure 5.14 montre les visualisations des voxels discriminants du biomarqueur GM avec le
modèle basé sur l’adaptation 3-dimensions de l’architecture resNet.
Seule la combinaison des biomarqueurs GM et MD obtiennent des voxels discriminants en commun
avec F. Nemmi et. al. Ceci correspond aux scores obtenus (voir table 5.2) puisque seule la combinaison
des biomarqueurs GM et MD a une sensitivité élevée et est donc capable de détecter les patients AMS.
Autrement dit, seule cette combinaison apprend les caractéristiques correspondant aux patients
AMS.
Le cervelet est alors mis en évidence alors que le putamen est omis.
La figure 5.15 montre les visualisations des voxels discriminants du biomarqueur MD avec le
modèle basé sur l’adaptation 3-dimensions de l’architecture resNet.

Edouard VILLAIN Page 95


5.4. VISUALISATION DES ZONES DU CERVEAU INCRIMINÉES DANS LES PRÉDICTIONS

Figure 5.14: Visualisation des zones discriminantes avec la méthode CNN eyes visions pour le
biomarqueur GM (rouge) et comparaison avec la méthode F. Nemmi et. al [46] (bleu)

Seule la combinaison des biomarqueurs GM et MD obtient des voxels discriminants en commun avec
F. Nemmi et. al. Ceci correspond aux scores obtenus (voir table 5.2) puisque seules les combinaisons
des biomarqueurs MD ainsi que GM et MD ont une sensitivité élevée et sont donc capable de
détecter les patients AMS. Autrement dit, seules ces combinaisons apprennent les caractéristiques
correspondant aux patients AMS.
Le cervelet est alors mis en évidence alors que le putamen est omis.
La figure 5.16 montre les visualisations des voxels discriminants du biomarqueur ALFF avec le
modèle basé sur l’adaptation 3-dimensions de l’architecture resNet.
Les scores de sensitivité sont faibles sur toutes les combinaisons des biomarqueurs et les modèles ne
sont donc pas performants pour détecter les caractéristiques des patients AMS, ce qui se ressent sur
les visualisations.

5.4.3 Visualisation de l’adaptation 3-dimensions du modèle GoogleNet


Les modèles basés sur l’adaptation 3-dimensions du modèle googleNet sont plus profonds que
les modèles basés sur VGG. Tout comme pour le modèle ResNet, il y a plus de décompositions
intermédiaires et les effets indésirables de l’interpolation sont plus présents que pour le modèle
VGG.
La visualisation des voxels discriminants obtenus avec le modèle GoogLeNet sur le biomarqueur
GM est présentée figure 5.17. Seule la combinaison GM et MD permet de cibler le cervelet et d’obtenir
des voxels discriminants en commun avec F. Nemmi et. al [46]. Le putamen est considéré comme
non-discriminant par le modèle GoogLeNet.
La visualisation des voxels discriminants obtenus avec le modèle GoogLeNet sur le biomarqueur
MD est présentée figure 5.18. Le biomarqueur MD seul et la combinaison GM et MD permet de

Edouard VILLAIN Page 96


5.4. VISUALISATION DES ZONES DU CERVEAU INCRIMINÉES DANS LES PRÉDICTIONS

Figure 5.15: Visualisation des zones discriminantes avec la méthode CNN eyes visions pour le
biomarqueur MD (rouge) et comparaison avec la méthode F. Nemmi et. al [46] (bleu)

Figure 5.16: Visualisation des zones discriminantes avec la méthode CNN eyes visions pour le
biomarqueur ALFF

Edouard VILLAIN Page 97


5.4. VISUALISATION DES ZONES DU CERVEAU INCRIMINÉES DANS LES PRÉDICTIONS

Figure 5.17: Visualisation des zones discriminantes avec la méthode CNN eyes visions pour le
biomarqueur GM (rouge) et comparaison avec la méthode F. Nemmi et. al [46] (bleu)

cibler le cervelet et d’obtenir des voxels discriminants en commun avec F. Nemmi et. al [46]. Tout
comme pour le biomarqueurs GM, le putamen est omis des voxels discriminants.
Les voxels discriminants obtenus pour le biomarqueur ALFF sont présentés sur la figure 5.19.
Le biomarqueur ALFF seul, et la combinaison GM et ALFF possèdent une sensitivité faible et ne
sont donc pas capables de détecter les caractéristiques des patients AMS, ce qui se ressent sur les
visualisations. Les combinaisons de biomarqueurs MD et ALFF ainsi que GM, MD et ALFF ont
de meilleurs scores de sensitivité, cependant les visualisations sont similaires au biomarqueur ALFF
seul et la combinaison GM et ALFF. Cela laisse penser que les scores de sensitivité sont meilleurs
de part la présence du biomarqueur MD.

5.4.4 Analyse des visualisations des voxels discriminants


Les modèle des trois architectures ont été entrainés en suivant le même schéma, sur les mêmes
données et avec la même découpe de validation croisée. Cependant les visualisations obtenues sont
différentes selon les architectures. Les visualisations calculées sur l’architecture VGG sont plus pré-
cises alors que celles issues des architectures ResNet et GoogLeNet sont très lissées.

L’une des raisons est le fait que ResNet et GoogLeNet utilisent plus de couches de convolution.
Ainsi, en fusionnant toutes les décompositions intermédiaires, la méthode de visualisation prend en
compte plus de visualisations où les données sont de très petites dimensions. Les effets d’interpola-
tion sont alors plus présents que pour l’architecture VGG.
Un correctif visant à pondérer les décompositions intermédiaires selon la profondeur de la couche
courante pourrait réduire cet effet.

Edouard VILLAIN Page 98


5.4. VISUALISATION DES ZONES DU CERVEAU INCRIMINÉES DANS LES PRÉDICTIONS

Figure 5.18: Visualisation des zones discriminantes avec la méthode CNN eyes visions pour le
biomarqueur MD (rouge) et comparaison avec la méthode F. Nemmi et. al [46] (bleu)

Figure 5.19: Visualisation des zones discriminantes avec la méthode CNN eyes visions pour le
biomarqueur ALFF

Edouard VILLAIN Page 99


5.5. APPLICATIONS CLINIQUES

Une autre raison serait l’utilisation du "zero-padding" sur les modèles ResNet et GoogLeNet.
L’ajout de ces zéros réduit la proportion d’information utile dans l’image mais reste indispensable
dans la conception de ces architectures, afin de pouvoir appliquer les couches de concaténation et
d’addition qui nécessitent des dimensions égales.

5.5 Applications cliniques


Le pipeline basé sur le "deep learning" multimodal a pu être appliqué avec succès à l’atrophie
multi systématisée, un syndrôme Parkinsonien rare. Il a été développé de façon à pouvoir comparer
les résultats avec l’étude publiée de F. Nemmi et. al [46]. Or le groupe de F. Nemmi et ses collègues
ont pu appliquer leur pipeline basé sur les Machines à vecteur de support à d’autres pathologies
neurodégénératives. En particulier la neurofibromatose [48, 65] mais aussi pour mesurer l’intégrité
structurelle et fonctionnelle du réseau frontopariétal chez les patients victimes de lésions cérébrales
traumatiques et de coma anoxo-ischémique [50].
Les résultats obtenus dans cette étude basée sur le "deep learning" étant comparables à ceux
obtenus par F. Nemmi et. al, ce pipeline de réseaux de neurones convolutifs 3-dimensions multimo-
daux pourrait alors être appliqué à d’autres pathologies neurodégénératives. De plus, le biomarqueur
d’amplitude de fluctuation des basses fréquences s’est révélé discriminant alors qu’il n’était pas re-
tenu comme tel dans le pipeline de F. Nemmi et. al. Ceci offre alors de nouvelles perspectives quant
à l’utilisation des réseaux de neurones pour les pathologies neurodégénératives.

De plus cette étude sur l’atrophie multi systématisée a été réalisée en collectant 29 sujets sains
et 26 patients AMS. Le jeu de donnée était ici limité de par la difficulté à rassembler un grand
nombre de patients atteints d’une pathologie rare. Cependant cela permet d’envisager d’employer
ce pipeline de "deep learning" en routine clinique. En effet, un centre hospitalier pourrait constituer
une base de données de sujets sains à comparer avec une base de données de toute autre pathologies
neurodégénératives. Un jeu de données de l’ordre de la trentaine de patients est envisageable pour
un centre hospitalier ou une clinique.
Le pipeline de "deep learning" permettrait alors à une clinique d’obtenir le pouvoir discriminant
des biomarqueurs dérivés de l’IRM, ainsi que les zones du cerveau incriminées dans la pathologie
étudiée. Cela pourrait aussi permettre d’éviter les examens cliniques qui ne sont pas retenus comme
discriminants pour la pathologie courante. En effet ALFF s’est montré comme le biomarqueur le
moins discriminant pour les patients atteints de l’AMS, et n’améliore pas significativement les ré-
sultats dans le cas multimodal. Ainsi, un praticien pourrait se passer de l’acquisition de l’IRM
fonctionnelle, la plus couteuse en temps.

Edouard VILLAIN Page 100


Conclusions

Conclusion
Ces travaux de thèse sur l’utilisation de l’intelligence artificielle pour l’aide au diagnostic des
pathologies neurodégénératives visaient à répondre aux questions suivantes :
— Le deep learning permet-il d’obtenir une discrimination entre les patients atteints de patho-
logies neurodégénératives et les sujets sains en utilisant un jeu de données de l’ordre de la
dizaine de patients ?
— Le deep learning permet-il d’analyser le pouvoir discriminant des biomarqueurs dérivés de
l’IRM ?
— Le deep learning permet-il de définir une signature spatiale de la pathologie étudiée ?
En utilisant un jeu de données simulant une anormalité dans une zone du cerveau, il a été possible
d’étudier la capacité de discrimination d’un réseau de neurones convolutifs 3-dimensions s’appuyant
sur un jeu de données de petite taille.
Il a été montré dans la section 4.2 qu’à partir d’un certain seuil de différence entre les deux classes,
un modèle de deep learning était capable de discriminer les sujets sains des sujets anormaux, malgré
un jeu de données de petite taille compatible avec une application clinique.
De plus, l’application sur des patients atteints de pathologies neurodégénératives rares dans la sec-
tion 5.2 a montré qu’il était possible de discriminer les patients atteints d’AMS des sujets sains avec
un modèle de réseau de neurones convolutifs 3-dimensions en obtenant des scores d’exactitude de
l’ordre de 90 % et un accord entre la sensitivité et la spécificité.

La section 5.3 a permis d’effectuer une analyse du pouvoir discriminant des différents biomar-
queurs dérivés de l’IRM sur l’AMS. Il a alors été montré que l’imagerie fonctionnelle n’apportait
pas d’informations supplémentaires sur la discrimination de l’AMS. Deux points ont étés alors mis
en évidence via l’analyse des pouvoirs discriminants des biomarqueurs dérivés de l’IRM. Suite à une
étude préliminaire, il est possible de limiter les examens cliniques aux biomarqueurs discriminants
uniquement. Dans le cas de l’AMS, l’examen d’imagerie fonctionnelle n’est pas nécessaire pour la
discrimination. Or cet examen d’imagerie fonctionnelle étant le plus couteux en temps n’étant pas
nécessaire, une clinique peut alors organiser au mieux le planning d’utilisation de l’IRM ce qui réduit
par la même occasion les coûts financiers.
De plus, chaque biomarqueur visant à imager la structure ou encore le fonctionnement du cerveau,

101
PERSPECTIVES

l’analyse du pouvoir discriminant permet d’orienter la recherche fondamentale des pathologies neu-
rodégénératives vers une cause et donc une meilleure compréhension de ces pathologies.

En développant une méthode de visualisation des voxels discriminants détaillée dans la section
3.5 particulièrement adaptée à la neuro imagerie 3-dimensions, il a été montré qu’il était possible de
calculer une signature spatiale d’une pathologie neurodégénérative.
L’analyse des zones discriminantes et du pouvoir discriminant des biomarqueurs dérivés de l’IRM
permet une meilleure compréhension des pathologies neurodégénératives et des processus amenant
un patient à déclarer une pathologie.

Finalement, plusieurs contributions sont apportées via ces travaux de thèse. Une méthode de
visualisation des zones discriminantes et son logiciel associé, une analyse des pouvoirs discriminants
des différents biomarqueurs dérivés de l’IRM et la discrimination des patients pathologiques des
sujets sains tout en utilisant un jeu de données de petite taille compatible avec une application
clinique.
Ces travaux permettent d’envisager une meilleure compréhension des pathologies neurodégénéra-
tives, une utilisation dans les routines cliniques mais aussi une étude sur les pathologies idiopathiques.

Perspectives
L’application avec succès à l’AMS où il est possible d’extraire de l’état de l’art à la fois les scores
de discrimination, le pouvoir discriminant et les zones du cerveau discriminantes permet d’envisager
ces travaux de thèse sur d’autres pathologies neurodégénératives et ainsi améliorer la compréhension
de ces pathologies mais aussi leur diagnostic.

Afin d’envisager une application à d’autres pathologies neurodégénératives, il serait nécessaire


de constituer un jeu de données de biomarqueurs dérivés de l’IRM sur la pathologie étudiée. Cette
étape peut déjà être un challenge pour les pathologies rares où la collecte de données est difficile, ou
encore pour les pathologies idiopathiques dont le diagnostic peut parfois être incertain.

Une autre perspective de ces travaux de thèse serait d’envisager une utilisation de ce pipeline
en combinant plusieurs centre de recherche ou cliniques. En effet, chaque centre disposant de sa
machine IRM avec ses propres caractéristiques, la fusion de plusieurs jeu de données pourrait être
problématique. Une autre possibilité d’utilisation multi-centre serait d’employer le transfer learning.
Un centre entrainerait alors un modèle en entier et partegerait le modèle entrainé à d’autres centres
qui eux n’entraineraient que les couches de prédiction.

L’application de méthode de data augmentation pourrait améliorer les résultats obtenus, cepen-
dant l’utilisation de telles méthodes en neuro imagerie reste difficile. Les travaux de thèse de Giulia
Maria Mattia sur la simulation de données de neuro imagerie pourraient apporter des éléments de ré-
ponses. En effet si la version de données simulées présentée dans ce manuscrit de thèse vise à simuler
une anormalité sur une zone précise du cerveau, ses travaux de thèse s’orientent vers la simulation
de l’IRM d’un cerveau pathologique. Ses travaux pourraient alors donner lieu à une méthode de data
augmentation compatible avec la neuro imagerie.

Pour finir, sur un plus long terme, la création d’une plateforme d’aide au diagnostic des pa-

Edouard VILLAIN Page 102


PERSPECTIVES

thologies neurodégénératives pourrait être envisagée. En effet, en combinant le pipeline basé sur le
deep learning présenté dans ce manuscrit de thèse avec les travaux de thèse de Giulia Maria Mattia
pour l’augmentation de données ainsi que des travaux sur une utilisation multi-centres, une plate-
forme fournissant aux praticiens un outil prêt à l’emploi d’aide au diagnostic des patients atteints
de pathologies neurodégénératives pourrait être développée.

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Annexes

Publications

104
PUBLICATIONS

PUBLICATIONS
• E. Villain, F. Nemmi, A. Pavy Le Taron, O. Rascol, X. Franceries, P. Péran, and M.-V. Le Lann
Multiple System Atrophy diagnosis using 3-dimension multi-modal Convolutional Neural
Networks
Toulouse, France, pp. 69-71
[Link]
Rencontre des Jeunes Chercheurs en Intelligence Artificielle (RJCIA) - Juillet 2019
• E. Villain, F. Nemmi, A. Pavy Le Taron, O. Rascol, X. Franceries, P. Péran, and M.-V. Le Lann
Convolutional neural network for discriminating between Multiple System Atrophy and
Healthy Control, comparing MRI modalities and highlighting the disease signature
vol. 35. S1, pp. 120-121. DOI: [Link]
Movement Disorder - 12-16 Septembre 2020
• E. Villain, G. M. Mattia, F. Nemmi, P. Péran, X. Franceries and M. V. le Lann,
Visual interpretation of CNN decision-making process using Simulated Brain MRI, 2021
IEEE 34th International Symposium on Computer-Based Medical Systems (CBMS),
7-9 Juin 2021, pp. 515-520, doi: 10.1109/CBMS52027.2021.00102.
• G. Sidorski, J. Mazurier, I. Berry, X. Franceries, E. Villain, B. Pichon, B. Pinel, G. Jimenez, O.
Gallocher, C. Chevelle, D. Marre, J. Camilleri, V. Connord, Y. Marty, N. Mathy, D. Zarate, I.
Latorzeff
Génération automatique de plans de traitements en radiothérapie externe : Apport de
l’intelligence Artificielle dans les cancers de la prostate
DOI : [Link]
Société Française de radiothérapie Oncologie (SFRO) - p 735-736 - 6-8 Octobre 2021
• Mattia, Giulia Maria; Nemmi, Federico; Villain, Edouard; Le Lann, Marie-Véronique;
Franceries, Xavier; Péran, Patrice (2021):
Investigating the Discrimination Ability of 3D Convolutional Neural Networks Applied to
Altered Brain MRI Parametric Maps.
IEEE TechRxiv. Preprint. [Link]

PUBLICATIONS ACCEPTEES
• G. Maria Mattia, E. Villain, F. Nemmi, O. Rascol, W-G. Meissner, X. Franceries, P. Péran
Neurodegenerative traits detected via 3D CNNs trained with simulated brain MRI :
Prédiction supported by visualisation of discriminant voxels
(Accepté) IEEE International Conference on Bioinformatics and Biomedecine (BIBM) – 9-12
Décembre 2021

PUBLICATIONS SOUMISES
• E. Villain, G. Maria Mattia, F. Nemmi, A. Pavy Le Taron, O. Rascol, W-G. Meissner, X.
Franceries, P. Péran, M-V. Le Lann
3D Convlutional Neural Network using multimodal MRI for Multiple System Atrophy
classification
Soumis - Frontiers in Artificial Intelligence - 2021
• G. Maria Mattia, E. Villain, O. Rascol, W-G. Meissner, X. Franceries, P. Péran
Multiple System Atrophy Classification via 3D Convolutional Neural Network and Simulated
Brain MRI Parametric Maps
soumis - International Society for Magnetic Resonance in Medecine (ISMRM) - 2021

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PUBLICATIONS

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ARTICLES VISUALISATION DES VOXELS DISCRIMINANTS

Articles visualisation des voxels discriminants

Visual interpretation of CNN decision-making


process using Simulated Brain MRI
Edouard VILLAIN Giulia Maria MATTIA Federico NEMMI Patrice PÉRAN
LAAS CNRS, Université de Inserm ToNIC, UMR 1214 Inserm ToNIC, UMR 1214 Inserm ToNIC, UMR 1214
Toulouse, CNRS, INSA, UPS Toulouse NeuroImaging Center Toulouse NeuroImaging Center Toulouse NeuroImaging Center
Inserm ToNIC, UMR 1214 Toulouse, France Toulouse, France Toulouse, France
Toulouse NeuroImaging Center [Link]@[Link] [Link]@[Link] [Link]@[Link]
Toulouse, France
evillain@[Link]

Xavier FRANCERIES Marie Véronique LE LANN


Inserm CRCT, UMR 1037 LAAS CNRS, Université de
Centre de Recherche en Toulouse, CNRS, INSA, UPS
Cancérologie de Toulouse Toulouse, France
Toulouse, France mvlelann@[Link]
[Link]@[Link]

Abstract—Convolutional neural networks (CNNs) are being Although powerful and widely employed, CNNs are referred to
extensively used to analyze medical images given the remarkable as black boxes because of the opaque decision making process,
performances achieved so far. Due to the non-transparent thus impeding their acceptability and usage [7]. Regardless of
decision-making process, CNNs are thought to be black boxes, so the application, one of the major challenges in deep learning is
hindering their applicability. We submit a novel visualization associating outstanding performances with convincing and
technique to shed light on CNNs decisions in a classification task. exhaustive explanations [8] which can be provided at the
Brain magnetic resonance images are fed as input to an original processing level (e.g. LIME [9], Grad-CAM [10], saliency maps
3D CNN to allow discrimination of normal against modified brain [9]), by creating representations referring to their
data. This modification targets specific brain regions by linearly
subcomponents [11], or designing systems able to produce their
increasing their intensity, and involves regions with very different
features in dimension, position, and enclosed tissues. The proposed
own explanations [12]. To cope with this aspect, diverse
visualization method merges all convolutional layers output in techniques have been conceived to enable a finer although
order to highlight where the model is “looking” during the marginal (as restricted to specific components of CNNs)
decision-making process. Our visualizations allow to recover the understanding of their behavior [13]. Especially in the medical
same areas modified in the images, thus proving they are relevant field, providing solid interpretation methods is of paramount
to the prediction as expected. Comparing results from models with importance to allow physicians and medical practitioners to
different accuracy, show that even in the case of low performance understand the reasons and the process behind neural networks
the expected regions are present in the activation maps leading the outcome [14]. Various attempts have been made so far in the
way to ameliorations of the CNN architecture. neuroimaging domain to address this need. Saliency maps were
exploited in [15] to highlight salient features for the
Keywords—CNN, Brain MRI, visual interpretation, simulated classification of autism patients with an ensemble strategy using
dataset a 3D CNN model. Deconvolution visualization technique was
employed in [16] to discover relevant areas for distinguishing
I. INTRODUCTION Parkinson’s Disease (PD) patients from normal controls by
One of deep learning most successful tools, convolutional means of a 3D CNN, obtaining brain heatmaps with the
neural networks (CNNs) are more and more used in medical occlusion technique [17]. Identification of key regions in brain
image analysis due to the excellent performance achieved on tumor segmentation was performed in [18] with Grad-CAM and
natural image recognition [1]-[3]. Composed of multiple layers, compared according to different CNN architectures, whereas the
CNNs can indeed produce representations from authors in [19] developed a pyramidal structure for the network
multidimensional arrays with different abstraction levels [4]. to combine Grad-CAM visualizations at diverse scales. An
In the neuroimaging community, magnetic resonance imaging extension of the technique in [20] was designed including 3D
(MRI) can be found among the preferred imaging techniques to brain masks that covered significant parts of the images for
non-invasively investigate brain functions and structure, often correct classification of Alzheimer’s Disease (AD) patients via
fed as input to convolutional neural networks, i.e. for a 3D CNN [15].
classification and segmentation tasks [5]-[6]. In this study, we submit a novel visualization technique, based
on the output of convolutional layers, to discover crucial areas

XXX-X-XXXX-XXXX-X/XX/$XX.00 ©20XX IEEE

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ARTICLES VISUALISATION DES VOXELS DISCRIMINANTS

in the discrimination of normal against modified mean


diffusivity (MD) maps using an original 3D CNN. Mean
diffusivity is a measure of water diffusion derived from
diffusion tensor imaging (DTI) of the brain [21]. It has been used
to track white and grey matter degeneration in several
neurodegenerative diseases [22]-[23]. We introduced region-
specific abnormalities to MD maps by linearly altering their Figure 1: From left to right: cerebellum AbIn MD, putamen AbIn MD,
intensity. We will refer to these images as abnormal-induced Cerebellum/Putamen AbIn MD, raw MD map. AbIn MD were modified at 99%
(AbIn). Two regions have been taken into account for the intensity increase. Blue arrows point to cerebellum, green arrows to putamen
modification, i.e. cerebellum and putamen, as they differ in
position, size, and tissue. Using the proposed visualization B. CNN
method, we were able to retrieve through the activation maps the The artificial neuron processes inputs to compute an output
most relevant areas for the discrimination, i.e. the brain regions value with a simple equation that multiplies those inputs by its
which had been altered. In addition, we compared visualizations weights and add a bias term. The output is then modified by an
from models with high and low accuracy: models with better
accuracy provided clearer visualizations, although models with activation function , . The whole equation of the artificial
poor performances presented more noisy visualizations still neuron is detailed in (2) with -. the inputs, / the output, 0. and
containing the desired meaningful regions. 1 the artificial neuron’s weights and bias and , the activation
function.
4
II. MATERIAL AND METHOD
A. Abnormal-induced MRI / = ,(2 -. . 0. + 1 ) (2)
.56
1) Dataset: A 3-T MRI machine (Philips Achieva, The training phase serves to set CNN weights and bias which
Inserm/UPS UMR1214 ToNIC Technical Platform, Toulouse, minimize a loss function.
France) and a head antenna with 32 channels were used to scan The artificial neural network is then created by connecting the
89 subjects, all males aged between 20.7 and 85.3 years (mean output to the input of another artificial neuron. Most
age = 56.2 years, standard deviation = 18.1 years). Diffusion- architectures based on artificial neurons are organized in layers
weighted images were acquired with parameters: b-value where outputs from a layer are fully connected (FC) to all the
(number of directions) = 0 (1); 500 (32); 1000 (32) s/mm2; TE = inputs of the next layer. Additional details about neural
55 ms; TR = 12:36 s. networks can be found in [26].
The standard FSL pipeline [24] was exploited to process
Convolution neural networks allow processing very large-scale
these images, from which mean diffusivity (MD) maps were
obtained, after non-linear registration in MNI space with a data (e.g. images) by connecting layers no longer with just
resolution of 3 mm isotropic. weights but with convolution filters, whose weights are
determined during training. The last part of the CNN for a
2) Image creation: We produced abnormal-induced MD by classification task comprises flattening outputs from the last
means of a linear transformation of intensity to specific regions convolution layer to be then used by FC layers. The first part of
belonging to normal MD maps. Among the various brain the CNN consists in the convolution part of the CNN which
regions, we selected cerebellum and putamen as they are extracts relevant patterns of the input whereas the FC one
characterized by different dimension, position and type of computes the prediction based on the extracted patterns.
cerebral tissues. In this work, a 3D adaptation of VGG16 architecture [27] is
Each region (denoted by j in (1)) isolated using an atlas-
proposed and detailed in fig. 2. Convolutional (fig. 2 (a)) and
based mask [25] was modified as follows:
FC layers (fig. 2 (b)) are followed by batch normalization and
w" = (i + 1) ∙ z" (1)
exponential linear unit (ELU) activation function. Batch
with w" represents the AbIn image and z" the raw image, normalization layers can reduce the effect of the covariance
whereas i indicates the percentage for the intensity increase in shift on the training [28], whereas ELU activation accelerates
the interval [3%, 99%] at steps of 3%. An intensity threshold set the training phase [29]. The last FC layer contains a neuron for
to the 75th and 90th percentiles respectively for cerebellum and each class of the classification task and is followed by a
putamen was applied to diminish saturation effects on the SoftMax activation layer that transform outputs in membership
images. probabilities (fig 2 (c)). The CNN prediction outputs the classes
Mono-region AbIn images are featured with only one with the maximum membership probabilities. Pooling layers
abnormal region, whereas bi-region AbIn images were created scale down dimensions by preserving a unique value in a small
via the abovementioned method applied singularly to each subset of units belonging to the previous layers. The final
considered region using equal percentages for the intensity architecture is composed of a sequence of convolution layers
increase. with a (5,5,5) kernel size and average pooling layers, followed
by FC layers (fig. 2 (d)).
Models are then trained with categorical cross entropy as loss
function using Adam optimizer [30] with an initial learning rate
of 109: .

Edouard VILLAIN Page 108


ARTICLES VISUALISATION DES VOXELS DISCRIMINANTS

thresholding is then applied in order to remove negative values


as they do not provide relevant information. A bicubic
interpolation is performed to match input dimensions. Then
outputs of each filter are merged by computing the mean, so as
to obtain a single activation map by convolution layers. Finally,
activation maps of each convolution layer are also merged by a
mean operation followed by normalization. The result is a
single activation map for each example of the dataset. The final
step for the visual interpretation is to join all activation maps by
class, separately for training and testing sets, and computing the
absolute difference between the mean activation map of both
classes.
D. Benchmark
A benchmark was defined and composed of three steps to
obtain the presented results:
1. generation of simulated data, i.e. abnormal-induced
MD maps;
2. training of the models;
3. computation of activation maps.
These steps are repeated for each set of abnormal-induced MD,
Figure 2: Detail of the CNN architecture (d) with convolution layers (a) Fully each with a specific intensity increase, providing a complete
Connected (FC) layers (b) and prediction layer (c). N is the number of filters display of the performances of the proposed visualization
or neurons as indicated
method, with different input data and model fitting.
C. Visualization III. RESULTS
In order to get a visual interpretation of the CNN prediction The following results present the activation maps obtained
process, a simple and fast method was developed to compute an for mono and bi-region AbIn MD on training and testing sets,
activation map. Similarly to GradCAM [10] or saliency map for a model with high accuracy (1.0) and low accuracy (~ 0.65).
[9], the main goal is to establish which part of the input is the Section III.C provides results computed with a single subject as
most relevant to the prediction. an example of a clinical application.
To this aim, we collect each output of every convolution
layer for every filter and for each set of data separately. A

Figure 3: Detail of the proposed visualization method

This study was sponsored by Inserm and funded by a “Recherche clinique


translationnelle” grant from INSERM – DGOS (2013 – 2014)

Edouard VILLAIN Page 109


ARTICLES VISUALISATION DES VOXELS DISCRIMINANTS

Figure 4: Visualization of the absolute distance between the activation maps Figure 5: Visualization of the absolute distance between the activation maps
from both classes of cerebellum abnormal-induced data for training (left) and from both classes of putamen abnormal-induced data for training (left) and
testing (right) dataset for a model with high accuracy (up) and low accuracy testing (right) dataset for a model with high accuracy (up) and low accuracy
(down). The green contour represents cerebellum mask (down). The green contour delineates putamen mask

A. Mono-region results
Fig. 4 shows the absolute difference between the mean
activation maps of the original data (class 0) and the abnormal-
induced class (class 1) for cerebellum. The upper part of fig. 4
is computed for a model with 1.0 accuracy on training and
testing sets. The produced visualization highlights the inner part
of cerebellum, which is indeed the one subjected to the intensity
increase. The lower part of fig 4. displays visualizations
computed for a model with low accuracy (~ 0.65), in which
irrelevant voxels are activated. These phenomena are more
visible on the testing set since these data had not been used
during the training phase. Even if the visual interpretation is
noisier with a low fitting model, the cerebellum is however
activated for the training set.
Fig. 5 shows the visualizations for the putamen abnormal- Figure 6: Visualization of the absolute distance between the activation maps
induced images. The visual interpretation clearly targets the from both classes of cerebellum and putamen abnormal-induced data for
putamen for the model with high accuracy whereas it appears training (left) and testing (right) dataset for a model with high accuracy (up)
and low accuracy (down). The green line contours putamen and cerebellum
degraded for the model with low accuracy. A low activation on areas
the training set was observed and many irrelevant voxels on the
testing set. difference between the activation maps considering original
Mono-region visual interpretations target the area of interest data of a random subject from the testing dataset and the mean
and not surprisingly are more accurate for models with high activation map of both classes. The upper part of these figures
accuracy. was computed for the normal images whereas the lower part
B. Bi-region results concerns an abnormal-induced subject and this for each
modified brain area. Visual interpretations computed for a
Fig. 6 presents the absolute difference between the mean single subject application on the cerebellum and putamen
activation maps of the original data class and the cerebellum abnormal-induced data in fig. 7 suggest that original data from
and putamen abnormal-induced class. Once again, the model a single subject display more differences with the mean
with high accuracy obtained better visual interpretation than activation map of the abnormal-induced one and vice versa.
model with low accuracy. Indeed, the visual interpretation enables to both look at the
The putamen area is not clearly activated in favor of the model prediction and the most discriminant voxels.
cerebellum area. Since putamen has a small size compared to cerebellum, we
C. Single-subject application noticed that results are not so straightforward. We also noticed
In addition to the activation maps in section III.A and III.C that some areas are activated on both visual interpretations.
on the entire dataset aiming to analyze a global visual These findings are not unexpected since each subject has
interpretation, the proposed visual interpretation was studied peculiar traits, and the visual interpretation can detect some
for a single subject application. Fig. 7 shows the absolute areas that are different from the mean activation of both classes.

Edouard VILLAIN Page 110


ARTICLES VISUALISATION DES VOXELS DISCRIMINANTS

The proposed visualization technique was also utilized on real


multiple system atrophy patient in [31] and managed to localize
cerebellum and putamen, key areas in line with the current
knowledge of the disease [32]. It is worth noticing that the
proposed method can be applied to all architectures present in
the state-of-the-art, both for 2 and 3-dimensional data, as well as
in multimodal cases, e.g. with multiple type of input data.
Another interesting advantage of the proposed method is that
only convolutional layers are used. This could reveal beneficial
for transfer learning since activation maps of different pre-
trained model can be computed, before retraining the FC layers,
allowing the user to make a more informed choice on the optimal
architecture for his problem by choosing the least diffuse, most
intense visualization or by using a priori information on the
expected results.
Figure 7: Visualization of the absolute distance between the activation maps In our future work, we will compare this new visualization
from a random subject of both classes and the mean activation map on the
training dataset for cerebellum and putamen abnormal-induced data. The
method with gradCAM [10].
green line contours putamen and cerebellum areas
ACKNOWLEDGMENT
Nevertheless, these undesired areas make the visual analysis The study was sponsored by Inserm and funded by a “Recherche
less interpretable, particularly when the difference between clinique translationnelle” grant from INSERM-DGOS (2013-
classes is negligible. Considering bi-region AbIn images, we 2014). The authors declare no conflict of interest.
obtained comparable results as those mentioned previously:
cerebellum is in fact much more dominant with respect to REFERENCES
putamen. Moreover, we can clearly see that a single-subject
[1] A. Krizhevsky, I. Sutskever, and G. E. Hinton, “ImageNet
activation map presents more dissimilarities with the mean
classification with deep convolutional neural networks,” Commun.
activation map from AbIn images and reciprocally.
ACM, vol. 60, no. 6, pp. 84–90, Jun. 2017, doi: 10.1145/3065386.
[2] G. Litjens et al., “A Survey on Deep Learning in Medical Image
IV. DISCUSSION Analysis,” Med. Image Anal., vol. 42, pp. 60–88, Feb. 2017, doi:
In this study, a visualization method to compute an 10.1016/[Link].2017.07.005.
activation map providing the most discriminant voxels for [3] D. Shen, G. Wu, and H. Il Suk, “Deep Learning in Medical Image
classification with a 3D CNN of brain magnetic resonance Analysis,” Annu. Rev. Biomed. Eng., vol. 19, pp. 221–248, Jun. 2017,
images was devised. Utilizing the AbIn simulated set allowed to doi: 10.1146/annurev-bioeng-071516-044442.
compare the visualization with the ground truth on a plausible
[4] Y. LeCun, Y. Bengio, and G. Hinton, “Deep learning,” Nature, vol.
dataset. Indeed, similarly to a real-world discrimination problem
on brain imaging, subjects within a class share some relevant 521, no. 7553, pp. 436–444, May 2015, doi: 10.1038/nature14539.
modifications, but each image also suffers from acquisition [5] S. M. Plis et al., “Deep learning for neuroimaging: a validation
noise and individual variability related to physiological study,” Front. Neurosci., vol. 8, no. 8 JUL, p. 229, Aug. 2014, doi:
differences among subjects. Some studies proposed different 10.3389/fnins.2014.00229.
methods in order to compute an activation map showing the
[6] S. S. M. Salehi, D. Erdogmus, and A. Gholipour, “Auto-context
most discriminant parts used during the decision making process
Convolutional Neural Network (Auto-Net) for Brain Extraction in
of neural networks such as GradCAM, [10] or saliency map [9],
but they are characterized by a long computation time compared Magnetic Resonance Imaging,” IEEE Trans. Med. Imaging, vol. 36,
to the proposed visualization method. Indeed, even with 3D no. 11, pp. 2319–2330, Mar. 2017, Accessed: Feb. 22, 2021.
input such as those used in this study, an activation map is [Online]. Available: [Link]
obtained in less than a second. The proposed method was able [7] A. Shrikumar, P. Greenside, A. Shcherbina, and A. Kundaje, “Not
to find relevant areas to the CNN decision making process, for Just a Black Box: Learning Important Features Through Propagating
different regions (cerebellum and putamen) and intensity Activation Differences,” arXiv, vol. 1, pp. 0–5, May 2016, Accessed:
modification. It is also remarkable that the proposed method
Feb. 15, 2021. [Online]. Available: [Link]
provides some interesting activation maps on models with low
accuracy (~0.65). Even if the results obtained with low accuracy [8] L. H. Gilpin, D. Bau, B. Z. Yuan, A. Bajwa, M. Specter, and L. Kagal,
models are degraded, the region of interest is still targeted. This “Explaining Explanations: An Overview of Interpretability of
can help to conduct a preliminary investigation to refine the Machine Learning,” Proc. - 2018 IEEE 5th Int. Conf. Data Sci. Adv.
current architecture and improve prediction, something that Anal. DSAA 2018, pp. 80–89, May 2018, Accessed: Feb. 15, 2021.
could be extremely useful in a clinical application with a few [Online]. Available: [Link]
subjects on little-known diseases. We also posit a single subject [9] M. T. Ribeiro, S. Singh, and C. Guestrin, “‘Why should i trust you?’
application of the visualization method, offering interesting
Explaining the predictions of any classifier,” in Proceedings of the
insights on a subject-level, also from a clinical point of view.
ACM SIGKDD International Conference on Knowledge Discovery

Edouard VILLAIN Page 111


ARTICLES VISUALISATION DES VOXELS DISCRIMINANTS

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Edouard VILLAIN Page 112


Table des figures

1.1 Principaux paradigmes d’intelligence artificielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12


1.2 Algorithme des K plus proches voisins (K-nn) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.3 Algorithme de SVM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.4 Temps de relaxation T1 et T2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.5 Dispositif d’imagerie par résonance magnétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16

2.1 Analogie entre le neurone biologique et le neurone artificiel . . . . . . . . . . . . . . 21


2.2 Modèle mathématique du neurone artificiel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
2.3 Cycle d’apprentissage du neurone artificiel supervisé . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
2.4 Apprentissage du neurone artificiel supervisé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2.5 Principales fonctions d’activations du neurones artificiels . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.6 Jeu de données d’exemple pour l’utilisation d’un perceptron . . . . . . . . . . . . . . 25
2.7 Architecture d’un perceptron pour une classification binaire . . . . . . . . . . . . . . 26
2.8 Prédictions calculées par un perceptron sur le jeu de données de la figure 2.6 . . . . 27
2.9 Jeu de données d’exemple pour l’utilisation d’un perceptron multi couches . . . . . . 27
2.10 Architecture d’un perceptron multi couches pour une classification multi classes . . . 28
2.11 Prédictions calculées par un perceptron multi couches sur le jeu de données de la
figure 2.9 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
2.12 Détail de l’opération de convolution 2-dimensions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2.13 Détail de l’opération d’average pooling . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
2.14 Architecture du modèle VGG 16 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
2.15 Skip connexion du modèle ResNet . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
2.16 Architecture des couches de convolution des modèles type ResNet . . . . . . . . . . . 33
2.17 Module d’inception du modèle GoogLeNet . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
2.18 Architecture du modèle GoogLeNet . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
2.19 Architecture du modèle U-Net . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
2.20 Courbe d’apprentissage de la fonction d’erreur sur le jeu de données d’entrainement
et de test . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
2.21 Détection et représentation du sur-apprentissage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
2.22 Détection et représentation du sous-apprentissage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38

113
TABLE DES FIGURES

2.23 Détection et représentation du cas idéal d’apprentissage . . . . . . . . . . . . . . . . 39


2.24 Courbe d’apprentissage de l’exactitude sur le jeu de données d’entrainement et de test 40
2.25 Exemple de l’application du dropout sur une couche entièrement connectée . . . . . 41
2.26 Enchainement de plusieurs convolutions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
2.27 Effet du pas d’apprentissage pour trouver le minimum de la fonction d’erreur . . . . 46
2.28 Exemple d’architecture de réseau de neurones multimodal . . . . . . . . . . . . . . . 49

3.1 Détail de la visualisation des voxels discriminant avec la méthode d’occlusion partielle
de l’entrée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
3.2 Position du cervelet dans le cerveau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
3.3 Exemple de visualisation des voxels discriminant avec la méthode d’occlusion partielle
de l’entrée sur des données IRM 3D du cerveau avec une anomalie dans le cervelet . 53
3.4 Visualisation des voxels discriminants (bas) de la classe "chien" pour l’image d’entrée
(haut) avec la méthode saliency map [78] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
3.5 Visualisation des voxels discriminants (droite) de la classe "tracteur" pour l’image
d’entrée (gauche) avec la méthode saliency map fusionnée [79], avec les saliency maps
intermédiaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
3.6 Détail de la méthode de visualisation des voxels discriminants CAM . . . . . . . . . 56
3.7 Exemple de visualisation de la méthode CAM pour différentes classes d’Image-net
[17] (figure issue de [80]) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
3.8 Détail de la méthode de visualisation des voxels discriminants GradCAM [81] . . . . 57
3.9 Détail de la méthode de visualisation des voxels discriminants GradCAM++ [83] . . 58
3.10 Exemple de visualisation de la méthode gradCAM pour une image provenant d’Image-
net [17] contenant un chien et un chat, avec l’image originale à gauche, la visualisation
de la classe chien au milieu, et la visualisation de la classe chat à droite (figure issue
de [81]) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
3.11 Comparaison des visualisations des méthodes gradCAM, gradCAM++ et smooth-
gradCAM++ pour différentes classes d’Image-net [17] (figure issue de [83]) . . . . . 59
3.12 Détail de la méthode de visualisation des voxels discriminants CNN eyes visions . . . 61
3.13 Visualisation moyenne des voxels discriminants de chaque classe du jeu de données
MNIST avec la méthode CNN eyes visions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
3.14 Comparaison des visualisations obtenues avec GradCAM et CNN eyes visions sur un
jeu de données simulées pour le modèle de transfer learning basé sur VGG . . . . . . 63
3.15 Comparaison des visualisations obtenues avec GradCAM et CNN eyes visions sur un
jeu de données simulées pour le modèle de transfer learning basé sur ResNet . . . . . 64
3.16 Comparaison des visualisations obtenues avec GradCAM et CNN eyes visions sur un
jeu de données simulées pour le modèle de transfer learning basé sur GoogleNet . . . 65
3.17 Comparaison des visualisations obtenues avec GradCAM et CNN eyes visions sur le
jeu de données cifar 10 [87] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
3.18 Comparaison des visualisations obtenues avec GradCAM et CNN eyes visions sur un
jeu de données IRM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
3.19 Logiciel de visualisation des zones discriminantes d’une image 3D . . . . . . . . . . . 68

4.1 Position du cervelet dans le cerveau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70


4.2 Position du putamen dans le cerveau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
4.3 Simulation d’une altération sur une zone précise d’un signal par augmentation constante
de l’intensité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72

Edouard VILLAIN Page 114


TABLE DES FIGURES

4.4 Simulation d’une altération sur une zone précise d’un signal par augmentation de
l’intensité d’un pourcentage du point courant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72
4.5 Simulation d’une altération sur une zone précise d’une IRM via la méthode améliorée
[88] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
4.6 Score d’exactitude en fonction de l’intensité d’augmentation des images simulées avec
la méthode où chaque voxel est augmenté d’un pourcentage du voxel courant . . . . 74
4.7 Score d’exactitude en fonction de l’intensité d’augmentation des images simulées avec
la méthode améliorée [88] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75
4.8 Visualisation des zones discriminantes des images simulées pour le cervelet avec la
méthode où chaque voxel est augmenté d’un pourcentage de 55% du voxel courant . 76
4.9 Visualisation des zones discriminantes des images simulées pour le putamen avec la
méthode où chaque voxel est augmenté d’un pourcentage de 55% du voxel courant . 77
4.10 Visualisation des zones discriminantes des images simulées pour le cervelet et le pu-
tamen avec la méthode où chaque voxel est augmenté d’un pourcentage de 55% du
voxel courant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 77
4.11 Visualisation des zones discriminantes des images simulées pour le cervelet pour un
modèle ayant une exactitude élevée (100 %) et un modèle ayant une exactitude faible
(60 %) [86] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78
4.12 Visualisation des zones discriminantes des images simulées pour le putamen pour un
modèle ayant une exactitude élevée (100 %) et un modèle ayant une exactitude faible
(60 %) [86] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
4.13 Visualisation des zones discriminantes des images simulées pour le cervelet et le pu-
tamen pour un modèle ayant une exactitude élevée (100 %) et un modèle ayant une
exactitude faible (60 %) [86] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
4.14 Visualisation des zones discriminantes des images simulées pour un sujet sain et un
patient possédant l’anormalité dans le cervelet et le putamen [86] . . . . . . . . . . . 80

5.1 Biomarqueur dérivé de l’IRM : niveau de substance grise (gm) . . . . . . . . . . . . 83


5.2 Biomarqueur dérivé de l’IRM : diffusivitié moyenne (MD) . . . . . . . . . . . . . . . 84
5.3 Biomarqueur dérivé de l’IRM : amplitude de fluctuation des basses fréquences (ALFF) 84
5.4 Comparaison entre le pipeline 3D CNN multimodal (droite) et le pipeline SVM de F.
Nemmi et. al [46] (gauche) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85
5.5 Détail des couches employées dans la conception des différentes architectures . . . . 86
5.6 Détail de la fusion tardive des modèles multimodaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
5.7 Détail de l’architecture de l’adaptation 3-dimensions du modèle VGG . . . . . . . . 87
5.8 Détail de l’architecture de l’adaptation 3-dimensions du modèle ResNet . . . . . . . 89
5.9 Détail de l’architecture du module d’inception 3-dimensions . . . . . . . . . . . . . . 90
5.10 Détail de l’architecture de l’adaptation 3-dimensions du modèle GoogLeNet . . . . . 91
5.11 Visualisation des zones discriminantes avec la méthode CNN eyes visions pour le
biomarqueur GM (rouge) et comparaison avec la méthode F. Nemmi et. al [46] (bleu) 94
5.12 Visualisation des zones discriminantes avec la méthode CNN eyes visions pour le
biomarqueur gm (rouge) et comparaison avec la méthode F. Nemmi et. al [46] (bleu) 94
5.13 Visualisation des zones discriminantes avec la méthode CNN eyes visions pour le
biomarqueur ALFF . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
5.14 Visualisation des zones discriminantes avec la méthode CNN eyes visions pour le
biomarqueur GM (rouge) et comparaison avec la méthode F. Nemmi et. al [46] (bleu) 96
5.15 Visualisation des zones discriminantes avec la méthode CNN eyes visions pour le
biomarqueur MD (rouge) et comparaison avec la méthode F. Nemmi et. al [46] (bleu) 97

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TABLE DES FIGURES

5.16 Visualisation des zones discriminantes avec la méthode CNN eyes visions pour le
biomarqueur ALFF . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 97
5.17 Visualisation des zones discriminantes avec la méthode CNN eyes visions pour le
biomarqueur GM (rouge) et comparaison avec la méthode F. Nemmi et. al [46] (bleu) 98
5.18 Visualisation des zones discriminantes avec la méthode CNN eyes visions pour le
biomarqueur MD (rouge) et comparaison avec la méthode F. Nemmi et. al [46] (bleu) 99
5.19 Visualisation des zones discriminantes avec la méthode CNN eyes visions pour le
biomarqueur ALFF . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99

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Liste des tableaux

1.1 Acquisitions et calculs des biomarqueurs dérivés de l’IRM du cerveau . . . . . . . . . 17

3.1 Exactitude sur le jeu de données d’entrainement et de test pour les trois modèles . . 64
3.2 Bilan sur les différentes méthodes de visualisation des zones discriminantes d’un CNN 69

5.1 Exactitude, sensitivité et spécificité obtenues pour chaque combinaison des différentes
modalités avec l’adaptation 3-dimensions du modèle VGG . . . . . . . . . . . . . . . 88
5.2 Exactitude, sensitivité et spécificité obtenues pour chaque combinaison des différentes
modalités avec l’adaptation 3-dimensions du modèle resNet . . . . . . . . . . . . . . 88
5.3 Exactitude, sensitivité et spécificité obtenues pour chaque combinaison des différentes
modalités avec l’adaptation 3-dimensions du modèle GoogleNet . . . . . . . . . . . . 90
5.4 Comparaison des architectures . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92

117
List of Algorithms

1 Algorithme complet d’apprentissage d’un réseau de neurones . . . . . . . . . . . . . 50


2 Calcul des visualisations via la méthode CNN eyes visions . . . . . . . . . . . . . . . 62
3 Calcul des prédictions et visualisations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85

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