Présentation des comptes IFRS et APM en 2006
Présentation des comptes IFRS et APM en 2006
Études et documents : n° 34
Décembre 2006
Æ 85% des sociétés utilisent une présentation du compte de résultat IFRS qui ne
s’écarte pas fondamentalement du mode de présentation général figurant dans le
document intitulé « Guide d’application d’IAS 1 ».
Æ Seules 60% des sociétés mentionnent dans le compte de résultat IFRS la rubrique
obligatoire que constituent les charges financières. Les autres sociétés mentionnent
généralement une rubrique qui présente les charges financières nettes, c’est-à-dire
après compensation avec les produits financiers.
Æ Bien que ce ne soit pas imposé par les IFRS, 91% des sociétés mentionnent le
résultat opérationnel au compte de résultat. Par ailleurs, il est fréquemment fait
usage d’autres soldes intermédiaires non requis par les IFRS. L’usage répété de ce
type de soldes semble indiquer que les sociétés estiment que le nombre de rubriques
obligatoires pour les IFRS ne suffit pas à transmettre leur message.
Æ 8% des sociétés ne mentionnent pas de résultat de base par action au compte de
résultat IFRS.
Æ 66% des sociétés ventilent les charges selon leur nature, et 24% selon leur fonction.
On peut en conclure que, d’une manière générale, les règles de présentation du compte
de résultat sont bien respectées, à l’exception cependant de la présentation des charges
financières. La liberté qu’offrent les IFRS en matière de présentation, conjuguée à
l’usage fréquent de soldes intermédiaires, complique toutefois la comparaison entre
entreprises. On peut dès lors regretter que les IFRS ne contiennent pas de schémas
standardisés.
2
CONSTATATIONS PRINCIPALES DE L’ETUDE EN MATIERE D’UTILISATION
D’INDICATEURS DE PERFORMANCE ALTERNATIFS
Sur les 103 sociétés belges cotées ayant publié pour l’exercice 2005 un communiqué
annuel comportant des chiffres issus de leur comptes consolidés IFRS, 80 utilisent des
indicateurs de performance alternatifs. Les recommandations du CESR à ce sujet ne
sont que très partiellement respectées.
Æ Seules 27 sociétés (34%) définissent tous les indicateurs de performance alternatifs
utilisés.
Æ Une minorité des sociétés explique les différences entre les indicateurs de
performance définis et les indicateurs de performance alternatifs similaires, par exemple
à l’aide d’une réconciliation.
Æ 91% des sociétés concernées publient en revanche des chiffres comparatifs des
indicateurs de performance alternatifs pour les périodes présentées dans le
communiqué annuel.
Æ Ce n’est que dans une minorité des cas que les indicateurs de performance définis
sont présentés de manière plus visible que les indicateurs de performance alternatifs
similaires.
Æ L’utilité et l’usage interne des indicateurs de performance alternatifs ne sont jamais
commentés.
Æ Dans aucun des cas on ne peut distinguer clairement dans quelle mesure le
commissaire a effectué une vérification des indicateurs de performance alternatifs
utilisés.
3
TABLE DES MATIÈRES
1.4.3. La quote-part dans le résultat des entités associées et des coentités comptabilisées
selon la méthode de la mise en équivalence 9
1.4.6. Le résultat 10
4
2. L’UTILISATION D’INDICATEURS DE PERFORMANCE
ALTERNATIFS 18
5
1. La présentation du compte de résultat IFRS
1.1. Contexte de l’étude
Les sociétés dont les actions sont admises à la négociation sur un marché réglementé
ont dû établir leurs comptes consolidés selon les normes IFRS pour la première fois au
cours de l’exercice 2005.
Auparavant, ces sociétés étaient tenues de présenter leur compte de résultat en
application du droit belge des comptes annuels, selon l’un des deux schémas figurant à
l’article 164 de l’arrêté royal du 30 janvier 2001 portant exécution du Code des
sociétés 1 . En fonction de la ventilation des résultats d’exploitation choisie, le compte de
résultat devait être établi selon le schéma de ventilation des résultats d’exploitation en
fonction de leur nature ou en fonction de leur destination. Ces schémas, assez détaillés,
n’offraient pas la flexibilité de présentation que proposent les IFRS.
Les IFRS n’obligent à reprendre au compte de résultat qu’un nombre de postes limité. Il
s’agit entre autres des produits des activités ordinaires, des charges financières, de la
quote-part dans le résultat des entités associées et des coentités comptabilisées selon
la méthode de la mise en équivalence, des charges d’impôt, du résultat afférent aux
activités abandonnées, du résultat et des résultats par action. Certaines informations
peuvent être mentionnées soit dans le compte de résultat, soit dans des notes annexes
aux états financiers (ci-après « notes ») (IAS 1.89). Les descriptions utilisées des postes
ainsi que leur classification sont modifiées lorsque nécessaire pour expliquer les
éléments de performance financière (IAS 1.84).
Des postes et sous-totaux additionnels doivent être présentés au compte de résultat
lorsqu’une telle présentation est pertinente pour comprendre la performance financière
de l’entité (IAS 1.83).
La présente étude examine les modes de présentation du compte de résultat IFRS
appliqués par les sociétés. Elle vérifie par ailleurs la conformité de certains aspects de
ces présentations avec les normes IFRS, ainsi que la comparabilité entre les comptes
des sociétés.
1.2. Champ d’application de l’étude
La présente étude porte sur les sociétés belges dont les actions sont cotées sur le
marché réglementé belge Eurolist by Euronext et dont les comptes consolidés établis
selon les normes IFRS ont été publiés.
Les organismes de placement collectif de type fermé (sicafs immobilières) ont été exclus
de la présente étude en raison du schéma spécifique qu’ils utilisent. Par conséquent, la
population étudiée comporte 105 sociétés.
1
A l’exception des sociétés de certains secteurs pour lesquels il existe des schémas dérogatoires.
6
1.3. Répartition des sociétés en fonction de la nature de leurs activités
et du mode de présentation de leur compte de résultat.
Aux fins de la présente étude, les sociétés ont été réparties en trois catégories : les
sociétés qui utilisent un compte de résultat de type société à portefeuille, les groupes de
bancassurance, et les autres.
Sociétés à
portefeuille
12%
Groupes de
bancassurance
3%
Autres
85%
D’une manière générale, le mode de présentation utilisé par les sociétés de type
sociétés à portefeuille diffère fortement de la présentation utilisée par les autres
sociétés. Par ailleurs, le mode de présentation varie souvent d’une société à portefeuille
à l’autre, ce qui ne simplifie pas la comparaison entre elles. Ces différences s’expliquent
non seulement par les activités divergentes de ces sociétés, mais aussi par la liberté
qu’offrent les IFRS en matière de présentation.
7
Les groupes de bancassurance utilisent une présentation propre à leur activité. En règle
générale, leur compte de résultat contient les postes figurant dans l’IAS 30
« Informations à fournir dans les états financiers des banques et des institutions
financières assimilées ». La comparabilité de ces groupes est cependant compliquée
par le contexte particulier de l’application de l’IAS 39 « Instruments financiers:
comptabilisation et évaluation », cette norme ayant pour effet que les résultats des
différents types d’instruments financiers et de transactions ne sont pas repris dans les
mêmes postes. Il sera vraisemblablement remédié à cette situation grâce à l’application
de la norme IFRS 7 « Informations à fournir sur les instruments financiers ».
Les sociétés reprises sous la catégorie « autres » (près de 85%) adoptent presque
toutes une présentation qui ne s’écarte pas fondamentalement du mode de présentation
illustré dans le « Guide d’application d’IAS 1 ».
1.4. Étude des postes à mentionner obligatoirement dans le compte
de résultat
Comme précisé dans l’introduction, un nombre limité de postes doivent figurer
obligatoirement dans le compte de résultat. Nous vérifierons ci-après si les sociétés ont
repris ces postes dans la pratique.
En vertu de la norme IAS 1.81, le compte de résultat doit comporter le poste « produits
des activités ordinaires ». La description utilisée pour ce poste diverge cependant
quelque peu d’une société à l’autre.
Le compte de résultat d’environ 93% des sociétés contient cette rubrique. La
dénomination utilisée peut varier et dans certains cas, les produits sont ventilés par
secteur.
Les sociétés ne mentionnant pas de rubrique « produits des activités ordinaires » sont
généralement des sociétés à portefeuille. Le mode de présentation utilisé par ces
sociétés est considérablement différent. Dans leur compte de résultat, ces sociétés
répartissent souvent les produits dans plusieurs rubriques et à différents niveaux. Ces
sociétés appliquent les normes IAS 1.84 et 86. Le paragraphe 84 stipule que des postes
supplémentaires doivent être ajoutés au compte de résultat et que les descriptions
utilisées ainsi que leur classification doivent être modifiées lorsque nécessaire pour
expliquer les éléments de performance financière. Lorsque des éléments de produits et
de charges sont significatifs, leur nature et leur montant sont indiqués séparément,
poursuit le paragraphe 86.
IAS 1.81 stipule que le compte de résultat doit contenir une rubrique « charges
financières ».
Cette rubrique apparaît dans le compte de résultat d’environ 60% des sociétés.
Les autres sociétés mentionnent généralement une rubrique présentant les charges
financières nettes, c’est-à-dire après compensation avec les produits financiers.
8
Ce mode de présentation des charges financières en montants nets soulève la question
de la compatibilité avec la présentation préconisée par les IFRS.
Il ne semble dès lors pas indiqué de présenter les charges financières et les produits
financiers nets dans le compte de résultat IFRS en tant que résultat de financement ou
résultat financier. Le même point de vue prévaut dans la littérature spécialisée.
L’étude a également examiné, à l’aide des informations figurant dans les notes, si les
sociétés font apparaître clairement sur quelles rubriques du bilan portent les charges
financières (ou éventuellement les charges financières nettes), et quelles charges
précises y figurent. Dans 2/3 des cas, c’était clair ou relativement clair. Dans 1/3 des
cas, ce ne l’était pas. Les IFRS ne définissant pas cette rubrique, les notes fournies en
annexe de cette rubrique s’avèrent particulièrement importantes. Les charges
financières constituent par ailleurs l’un des éléments du coût moyen pondéré du capital
qui est notamment utilisé dans l’IAS 36, ou lors de l’évaluation d’entreprises.
53% des sociétés mentionnent ce poste dans le compte de résultat. Lorsqu’il est
manquant, il s’agit presque toujours de sociétés dont aucune participation n’est
comptabilisée selon la méthode de la mise en équivalence.
Lorsqu’il est pertinent, le poste « charges d’impôt » figure toujours dans le compte de
résultat.
9
1.4.5. Résultat des activités abandonnées
La norme IAS 1.81 stipule que le compte de résultat doit contenir le poste suivant
(lorsque c’est opportun) : un montant unique comprenant le total (i) du résultat après
impôt des activités abandonnées et (ii) du résultat après impôt comptabilisé et résultant
de l’évaluation à la juste valeur, diminuée des coûts de la vente, ou de la cession des
actifs ou du (des) groupe(s) destiné(s)à être cédé(s) constituant l’activité abandonnée.
1.4.6. Le résultat
Presque toutes les sociétés mentionnent ce poste dans leur compte de résultat. Si ce
poste ne figure pas dans le compte de résultat, on y retrouve le résultat attribuable aux
intérêts minoritaires et le résultat attribuable aux porteurs de capitaux propres de la
société mère, mais pas le résultat servant de base à cette attribution.
Pour une dizaine de sociétés, le résultat attribuable aux porteurs de capitaux propres de
la société mère n’apparaît pas. Il s’agit généralement de sociétés n’ayant pas d’intérêts
minoritaires. Ce poste manquant aurait néanmoins dû être inclus.
L’IAS 33.66 stipule qu’une société doit présenter au compte de résultat, le résultat de
base et le résultat dilué par action pour le résultat des activités poursuivies attribuables
aux porteurs d’actions ordinaires de la société mère.
Pour les sociétés qui n’ont que des activités ordinaires poursuivies, la présente étude a
considéré que les informations nécessaires étaient disponibles si la société présentait le
résultat de base et le résultat dilué par action au compte de résultat.
On constate qu’environ 8% des sociétés n’indiquent pas le résultat de base par action
dans leur compte de résultat. Pour ces 8%, le résultat dilué par action fait également
presque toujours défaut.
1.5. La présentation des charges selon leur nature ou leur fonction
En vertu des IFRS, une entité doit présenter une ventilation de ses charges en les
regroupant selon leur nature ([Link]. dotation aux amortissements, achat de matières
premières, frais de transport, avantages du personnel et dépenses de publicité) ou selon
leur fonction au sein de l’entité (par exemple en les classifiant selon leur fonction dans le
coût des ventes ou, par exemple, dans le coût des activités commerciales ou
administratives). Les sociétés choisissent la méthode qui fournit des informations fiables
et les plus pertinentes. Les entités sont encouragées à présenter cette ventilation dans
le compte de résultat.
10
Fig. 2: Présentation des charges dans le
compte de résultat selon leur nature ou
leur fonction
autres
les deux 9%
1%
fonction
24%
nature
66%
Il ressort en effet de l’étude que 90% des sociétés présentent au compte de résultat une
ventilation des charges selon leur nature ou leur fonction. 66% des sociétés ventilent
les charges selon leur nature, et 24% selon leur fonction. Une seule société présente
deux comptes de résultat complets, un avec une ventilation des charges selon leur
nature et l’autre avec une ventilation selon leur fonction. D’autres sociétés mélangent les
deux modes de présentation ou ne procèdent à aucune ventilation dans le compte de
résultat.
Le nombre important de sociétés qui présentent une ventilation des charges selon leur
nature peut s’expliquer comme une poursuite d’une tradition qui existait déjà en
application du droit comptable belge. Dans certains pays, la proportion est inverse.
En vertu de l’IAS 1, les entités classant les charges par fonction doivent fournir des
informations supplémentaires sur la nature des charges, y compris les dotations aux
amortissements et les charges liées aux avantages du personnel. Ces informations font
défaut chez quelques sociétés.
11
1.6. L’utilisation des soldes intermédiaires et la mention d’éléments
exceptionnels
Contrairement au droit comptable belge, les IFRS n’imposent pas la mention d’un
résultat d’exploitation dans le compte de résultat.
Le Conseil reconnaît qu’une entité peut choisir de présenter le résultat des activités
opérationnelles ou une information similaire sur une ligne séparée, même si ce terme
n’est pas défini. En pareil cas, le Conseil note que l’entité devrait s’assurer que le
montant présenté est représentatif d’activités qui seraient normalement considérées
comme « opérationnelles ». Selon l’avis du Conseil, il serait trompeur d’exclure des
éléments de nature opérationnelle du résultat des activités opérationnelles, et cela
pourrait porter préjudice à la comparabilité des états financiers. Par exemple, il serait
inapproprié d’exclure des postes clairement relatifs aux opérations (tels que des
dépréciations de stocks et des frais de restructuration ou de déménagement) parce
qu’ils se produisent de façon irrégulière ou peu fréquente ou sont inhabituels par leur
montant. De même, il serait inapproprié d’exclure des éléments du fait qu’ils n’ont pas
d’effet sur les flux de trésorerie, tels que des charges d’amortissement et de
dépréciation. »
Les sociétés utilisent des dénominations très variées pour désigner le « résultat
d’exploitation ». EBIT, résultat d’exploitation, bénéfice opérationnel, résultat opérationnel
courant, bénéfice des activités opérationnelles poursuivies, bénéfice des activités
opérationnelles poursuivies avant impôt, charges financières et autres charges
analogues. Cette diversité ne simplifie pas la lisibilité et la comparabilité et peut induire
des malentendus, surtout lorsque ces dénominations sont utilisées dans des documents
qui ne sont pas accompagnés des comptes consolidés ou dans lesquels elles ne sont
pas définies. Par ailleurs, le contenu peut également varier d’une société à l’autre.
Cette rubrique comprend parfois les dividendes et les revenus d’intérêts. En d’autres
occasions, les charges et produits d’exploitation non courants n’y figurent pas. Parfois,
les éléments inhabituels y figurent bel et bien.
2
Arrêté royal relatif aux obligations des émetteurs d’instruments financiers admis aux négociations sur un
marché réglementé belge.
12
En tenant compte des rubriques obligatoires des comptes de résultat et du commentaire
figurant ci-dessus dans “ bases des conclusions ”, le résultat d’exploitation de sociétés
du secteur industriel et de la plupart des sociétés de services pourrait être défini comme
la différence entre le total des produits et des charges qui ne résultent pas d’activités de
financement, des sociétés comptabilisées selon la méthode de mise en équivalence,
des activités abandonnées et des impôts.
Les IFRS ne permettent cependant pas de présenter les charges et produits sous forme
de postes extraordinaires, ni dans les comptes de résultat, ni dans les notes (IAS 1.85).
Cette recommandation est justifiée comme suit par l’IASB dans l’IAS 1.BC17 : « Le
Conseil a décidé que les éléments traités comme extraordinaires résultent des risques
commerciaux normaux auxquels une entité fait face et ne justifient pas la présentation
dans une composante séparée du compte de résultat. C’est la nature ou la fonction
d’une transaction ou d’un autre événement, plutôt que sa fréquence, qui doit déterminer
sa présentation dans le compte de résultat». Dans l’IAS 1.BC18 l’IASB souligne que
« Eliminer la catégorie des éléments extraordinaires élimine la nécessité de séparer
arbitrairement les effets des événements extérieurs correspondants - certains
récurrents, d’autres non - sur le résultat d’une entité pour une période. »
Les normes IAS 1.83 et 84 précisent la façon de concilier cette interdiction avec le
principe susmentionné du Cadre : « Des postes, rubriques et sous-totaux
supplémentaires doivent être présentés au compte de résultat lorsqu’une telle
présentation est pertinente pour comprendre la performance financière de l’entité. »
« Parce que les effets des différentes activités, transactions et autres événements d’une
entité diffèrent dans leur fréquence, leur potentiel de profit ou de perte et leur
prévisibilité, la communication des composantes de performance financière aide à
comprendre la performance financière réalisée et à effectuer des projections des
résultats futurs. Des postes supplémentaires sont ajoutés au compte de résultat et les
descriptions utilisées ainsi que leur classification sont modifiées lorsque nécessaire pour
expliquer les éléments de performance financière. Les facteurs à prendre en
considération sont l’importance relative, la nature et la fonction des composantes des
produits et des charges. »
Environ 40% des sociétés présentent les éléments inhabituels ou peu fréquents
séparément dans le compte de résultat. Les éléments qui y figurent sont, entre autres,
les réductions de la valeur comptable (par exemple du goodwill), les frais de
13
restructuration, les plus-values ou moins-values sur des actifs non courant,...
Environ 20% des sociétés mentionnent un résultat avant éléments non récurrents. Les
dénominations utilisées pour ceux-ci varient d’une société à l’autre.
Dans ce contexte, rappelons que, comme nous l’indiquons plus haut (voir titre 1.6.1.), le
résultat d’exploitation doit également contenir les éléments inhabituels ou peu fréquents
liés à l’exploitation.
Les soldes traditionnels sont : le bénéfice brut, la marge brute, EBITDA 3 , EBITA 4 ,
résultat d’exploitation avant amortissements.
Un grand nombre de ces soldes intermédiaires ont trait à des résultats non récurrents.
On y retrouve des soldes intermédiaires sous la dénomination d’EBITA avant frais de
restructuration, le résultat d’exploitation avant charges/produits non récurrent, le résultat
d’exploitation courant, le REBIT 5 , le résultat d’exploitation avant réductions de valeur sur
actifs non financiers, frais de restructuration et autres charges et produits, et le résultat
d’exploitation avant réduction de la valeur comptable du goodwill,....
Ici aussi apparaît une grande diversité. Ces notions n’étant pas définies dans les IFRS,
le lecteur des comptes doit accorder l’attention qu’il convient aux définitions employées
afin de s’assurer de bien comprendre la signification des différentes notions. Ces notions
ne sont cependant pas toujours clairement définies dans les comptes consolidés.
1.7. Charges et produits comptabilisés directement dans les capitaux
propres
L’IAS 1.96 stipule que les sociétés doivent présenter un état des variations des capitaux
propres. Cet état des variations doit comprendre chacun des éléments de produits et de
charges de la période comptabilisés directement dans les capitaux propres, comme
imposé par d’autres normes ou par des interprétations ainsi que le total de ces
éléments.
3
Earnings before Interest, Taxes, Depreciation and Amortization
4
Earnings before Interest, Taxes and Amortization.
5
Recurrent Earnings before Interest and Taxes.
14
Les charges et produits comptabilisés directement dans les capitaux propres peuvent
être très différents : écarts de conversion, réévaluation d’actifs non courants, adaptations
de valeur réelles de certains instruments de couverture, coûts d’augmentation du capital,
adaptations de valeur réelles des instruments financiers disponibles à la vente,... Les
charges et produits les plus fréquents sont les écarts de conversion (mentionnés par
82% des sociétés).
35%
30%
30%
Nombre de sociétés
25%
20% 18%
15% 13%
10% 8%
10% 7%
5% 2% 4% 4% 2%
1% 1%
0%
40%≤ x <50%
20%≤ x <30%
30%≤ x <40%
x ≥ 50%
-50%≤ x <-40%
-40%≤ x <-30%
-30% ≤ x <-20%
-20%≤ x <-10%
0%≤ x <10%
10%≤ x <20%
x<-50%
-10%≤ x <0%
Importance des charges et produits comptabilisés directement dans les capitaux propres
par rapport au résultat
15
Fig. 4: Charges et produits exprimés directement
dans les capitaux propres par rapport aux capitaux
propres
70% 65%
60%
50%
Nombre de sociétés
40%
30%
20%
13% 13%
10%
4% 2%
1% 0% 1%
0%
x<-10%
-10%≤ x <-5%
-5%≤ x <0%
0%≤ x <5%
5%≤ x <10%
10%≤ x <15%
15%≤ x <20%
x ≥20%
Importance des charges et produits exprimés directement dans les capitaux
propres par rapport aux capitaux propres
16
Presque toutes les sociétés ne se limitent pas à la présentation minimale obligatoire
imposée par les IFRS, mais mentionnent aussi un résultat d’exploitation (à l’exception
des groupes de bancassurance et d’un certain nombre de sociétés de type société à
portefeuille) et d’autres soldes intermédiaires. Cette pratique semble indiquer que les
sociétés considèrent que les informations minimales requises par les IFRS ne sont pas
suffisantes pour transmettre leur message. L’usage fréquent de soldes intermédiaires
non définis par les IFRS et la diversité des dénominations et définitions utilisées ne
facilitent cependant pas la lecture ni la comparaison. Il est dès lors indiqué de définir
clairement ces notions. On peut dès lors regretter que les IFRS ne contiennent pas de
schémas standardisés.
Parmi les éléments ne figurant parfois pas - bien qu’ils soient prescrits par les IFRS -
dans le compte de résultat, citons les charges financières (qui sont cependant souvent
comptabilisées après compensation avec les produits financiers) et, dans une moindre
mesure, les résultats par action.
17
2. L’utilisation d’indicateurs de performance alternatifs
2.1. Recommandations du CESR au sujet des indicateurs de
performance alternatifs
En octobre 2005, le CESR (Committee of European Securities Regulators/Comité des
régulateurs européens) a formulé quelques recommandations (CESR/05-178b 6 ) au sujet
de l’utilisation, par les sociétés européennes cotées, d’« Alternative Performance
Measures » (indicateurs de performance alternatifs - ci-après APM) . Ces
recommandations sont extrêmement pertinentes en raison de l’absence de schéma
obligatoire pour les comptes consolidés établis conformément aux IFRS (International
Financial Reporting Standards - Normes Internationales d'Information Financière).
L’objectif de ces recommandations n’était pas de définir quel APM s’avérait pertinent ou
adapté, ni d’en donner des définitions, mais de s’assurer que les investisseurs ne soient
pas induits en erreur par l’utilisation d’APM.
Un DPM est un indicateur de performance qui est comptabilisé dans les comptes
annuels audités. À ce titre, il peut figurer dans le bilan, le compte de résultat, l’état des
variations des capitaux propres, le tableau des flux de trésorerie ou dans les notes.
Les APM peuvent être dérivés des comptes annuels audités (tels que l’EBITDA ou le
bénéfice courant) ou provenir d’autres sources, ou reposer sur une méthode non
comptable (comme les niveaux d’activité ou certains chiffres prévisionnels).
Si l’EBITDA apparaît dans les comptes annuels audités, même s’il n’est pas un élément
obligatoire ou défini du compte de résultat en vertu des IFRS, on considèrera qu’il s’agit
d’un DPM, et non d’un APM.
6
Voir [Link], “CESR Recommendation on Alternative Performance Measures”, octobre 2005.
18
Si par contre, l’EBITDA n’apparaît pas dans les comptes annuels audités, mais figure
dans le communiqué annuel, il s’agit d’un APM.
2.3. Champ d’application de l’étude et APM les plus fréquents
Sur les 121 sociétés analysées, 103 ont publié un communiqué annuel de l’exercice
2005 avec des chiffres issus de leurs comptes consolidés IFRS 7 . Au cours de l’étude, il
est apparu que 80 d’entre elles, soit 77,7%, utilisent des APM dans leur communiqué
annuel de 2005.
Certaines sociétés utilisent également des indicateurs propres à leur secteur, tels que
l’achat net d’électricité, la vente de tickets, le nombre total de clients actifs, le ratio book-
to-bill et l’Average Revenue Per User.
Le résultat d’exploitation ne doit pas être mentionné comme tel dans le compte de
résultat IFRS, où ne doivent figurer que les charges financières. Le résultat
d’exploitation et le résultat financier (parfois aussi les charges financières nettes) font
quant à eux partie des chiffres clés qui doivent figurer dans le communiqué annuel
conformément à l’art. 8, § 3 de l’arrêté royal du 31 mars 2003. Si le résultat d’exploitation
et le résultat financier ne figurent pas dans les comptes consolidés IFRS, mais bien dans
le communiqué annuel 2005, ils seront, d’après la définition du CESR, considérés
comme des APM.
L’étude montre que le résultat d’exploitation doit être qualifié d’APM pour 6 sociétés, par
rapport à 28 sociétés en ce qui concerne le résultat financier.
7
Seules les sociétés dont l’année comptable coïncide avec l’année civile 2005 et qui établissent des
comptes consolidés IFRS ont été retenues.
19
2.4. Respect des recommandations du CESR
Les sociétés doivent définir les notions et les composants de la base de calcul à des fins
de compréhensibilité et de pertinence (pour contribuer à l’appréciation d’évènements
passés, présents ou futurs, ou à la confirmation ou correction d’appréciations
précédentes).
51% des sociétés ne définissent pas les APM utilisés, et 15% n’en définissent qu’une
partie. Seules 27 sociétés (34%) fournissent une liste complète de définitions des APM
utilisés.
La présente étude n’a pas analysé en détail la clarté ou l’exhaustivité des définitions
employées. Il est néanmoins apparu à plusieurs reprises que les définitions étaient très
succinctes et laissaient la porte ouverte à diverses interprétations.
Ainsi, l’un des APM les plus utilisés, l’EBITDA, a été défini uniformément en tant que
« Earnings Before Interest, Taxes, Depreciation and Amortization ». Sa base de calcul
est cependant très différente d’une société à l’autre. Dans certains cas les éléments
non récurrents ont été exclus et il n’est pas précisé quels amortissements et
dépréciations ont été éliminés.
Un autre APM très fréquent, le résultat courant ou récurrent, n’est pas non plus
déterminé de manière cohérente. Ainsi, le mode de détermination des éléments
courants et non courants n’est pas toujours très clair. Il n’y a pas de cohérence dans la
classification comme « non récurrents » des frais de restructuration, des dépréciations
du goodwill ou des paiements fondés sur des actions.
On constate également dans les communiqués publiés qu’il n’est jamais fait référence ni
aux définitions des APM utilisés dans la brochure annuelle 2005, ni au site Internet de la
société.
Dans la mesure du possible, les sociétés doivent présenter les APM en combinaison
avec les DPM. Elles doivent par ailleurs déclarer les différences entre les deux par
exemple à l’aide d’une réconciliation. Cette recommandation est particulièrement
pertinente pour les APM qui ressemblent aux DPM.
20
49 sociétés utilisant de tels APM les présentent en combinaison avec les DPM, par
exemple en les reprenant dans un même tableau ou en les analysant dans un même
paragraphe. 18 sociétés expliquent les différences entre les APM et les DPM utilisés.
Si une société choisit d’utiliser des APM, elle est tenue de publier des chiffres
comparatifs pour les périodes présentées.
Les APM doivent être appliqués de façon cohérente. Si, dans un cas exceptionnel, la
définition d’un APM nécessite une révision, il faudra en fournir une explication
exhaustive, accompagnée de chiffres comparatifs.
La présente étude examinant pour la première fois l’utilisation des APM, l’analyse du
respect de cette recommandation ne pourra être entreprise qu’ultérieurement.
Les DPM doivent être présentés de manière plus visible que les APM qui leur
ressembleraient. Dans les autres cas, les DPM et APM doivent être représentés en
fonction de leur utilité, mais les APM ne doivent jamais être plus apparents.
Parmi les sociétés où les APM ressemblent aux DPM, 14 présentaient les DPM de façon
plus visible que les APM. Généralement, la présentation était plutôt équivalente. Dans
quelques cas, l’accent était clairement placé sur les APM.
Les sociétés doivent fournir des explications sur les raisons qui les ont incitées à utiliser
des APM et leur mode d’utilisation en interne.
Aucune des sociétés analysées ayant recours à des APM n’en explique les raisons ni la
façon dont ils sont utilisés en interne.
Les sociétés doivent informer leur commissaire sur leur utilisation d’APM. Elles doivent
également indiquer si les APM ont été soumis à une vérification par le commissaire, et,
le cas échéant, détailler le contenu de cette vérification et ses conclusions.
21
Selon l’article 8, § 6 de l’arrêté royal du 31 mars 2003, le communiqué annuel doit
mentionner explicitement si les données comptables ont été, oui ou non, soumises à
une vérification du commissaire. Dans l’affirmative, le communiqué doit stipuler
l’avancée du travail du commissaire et indiquer si celui-ci émet ou non des réserves
dans son rapport. Si des réserves figurent au rapport du commissaire, elles doivent
apparaître intégralement dans le communiqué.
Les déclarations analysées ne permettent pas de formuler un avis sur la vérification des
APM.
L’une des déclarations fréquentes était que « le commissaire confirme qu’il a achevé sa
vérification et qu’elle n’a révélé aucune correction significative méritant d’être formulée
dans les informations comptables, telles que reprises dans le communiqué ». En regard
de la définition d’APM fournie plus haut, l’utilisation du terme « informations
comptables » n’est pas très explicite.
Parmi les points positifs, il faut souligner que la majorité des sociétés exposent des
chiffres comparatifs des indicateurs de performance alternatifs pour les périodes
présentées dans le communiqué annuel.
-o0o-
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3. ANNEXE : liste des études précédemment publiées
4. Les communiqués relatifs aux résultats annuels 1997 des sociétés cotées au
premier marché et au Nouveau Marché (mai 1998).
5. Etude comparative sur les informations publiées par les sociétés cotées belges en
matière de “ corporate governance” (octobre 1998).
8. Les communiqués relatifs aux résultats annuels 1998 des sociétés cotées au
premier marché et au Nouveau Marché (mai 1999).
10. Etude comparative sur les informations publiées par les sociétés cotées belges en
matière de “corporate governance” dans les rapports annuels 1998 (novembre
1999).
11. La publication de données spécialement destinées aux investisseurs par les sociétés
belges cotées au premier marché (décembre 1999).
12. Les communiqués semestriels 1999 des sociétés cotées au premier marché et au
Nouveau Marché (décembre 1999).
13. Les communiqués relatifs aux résultats annuels 1999 des sociétés cotées au
premier marché et au Nouveau Marché (juillet 2000).
14. Les communiqués semestriels 2000 des sociétés cotées au premier marché et au
Nouveau Marché (novembre 2000).
15. Les communiqués relatifs aux résultats annuels 2000 des sociétés cotées au
premier marché et au Nouveau Marché (juillet 2001).
16. Les communiqués semestriels 2001 des sociétés cotées au premier marché et au
Nouveau Marché (novembre 2001).
17. Les communiqués relatifs aux résultats annuels 2001 des sociétés cotées au
premier marché et au Nouveau Marché (juin 2002).
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18. Les communiqués semestriels publiés en 2002 par les sociétés cotées au premier
marché et au Nouveau Marché (décembre 2002).
19. Information trimestrielle Q 3/2002, publiée par les sociétés cotées au premier
marché (février 2003).
20. Information sur Internet – Commercialisation de parts sur Internet (juillet 2003).
21. Méthodologie utilisée pour le calcul du risque des OPC (juillet 2003).
22. Les communiqués relatifs aux résultats annuels 2002 des sociétés cotées au
premier marché et au Nouveau Marché (septembre 2003).
23. Les communiqués semestriels publiés en 2003 par les sociétés cotées sur Euronext
Brussels (décembre 2003).
24. Les communiqués trimestriels publiés en 2003 par les sociétés cotées sur Euronext
Brussels (février 2004).
25. Les communiqués annuels 2003 des sociétés cotées sur Euronext Brussels (juin
2004).
26. Résultats de l'enquête IAS/IFRS menée par la CBFA auprès des sociétés belges
cotées (juin 2004).
27. Informations fournies en matière de corporate governance par les sociétés belges
cotées au premier marché d’Euronext Brussels - capita selecta (décembre 2004).
28. Les communiqués semestriels publiés en 2004 par les sociétés cotées sur Euronext
Brussels (décembre 2004).
30. Les communiqués semestriels publiés en 2005 par les sociétés cotées sur l’Eurolist
by Euronext Brussels (janvier 2006).
31. Informations publiées en 2005 sur le passage aux normes IFRS et impact de ces
normes sur les capitaux propres et le résultat dans les sociétés belges dont les
actions sont cotées sur l’Eurolist by Euronext Brussels (mars 2006).
32. Les communiqués annuels 2005 des sociétés cotées sur l’Eurolist by Euronext
Brussels (août 2006).
Toutes les études peuvent être téléchargées sur le site de la CBFA ([Link]) ou
être commandées par e-mail (doc@[Link]) pour la somme de 4 € par étude.
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