ENTOMOLOGIE ET MALACOLOGIE MEDICALES
Thierry Lengu BOBANGA
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ENTOMOLOGIE MEDICALE
MALACOLOGIE MEDICALE
ENVENIMATIONS PAR SERPENTS VENIMEUX
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ENTOMOLOGIE MEDICALE
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1 INTRODUCTION
1.1. DEFINITIONS
1.1.1 ENTOMOLOGIE MEDICALE
L’entomologie médicale est une science zoologique qui a pour but
l’étude des insectes qui révèlent une importance médicale (sens
restrictif et étymologique)
Au sens large c’est l’étude de plusieurs classes d’arthropodes qui
intéressent la médecine humaine (arthropodologie) dont les
arachnides, les myriapodes…
1.1.2. ARTHROPODES
Ce sont des animaux invertébrés vivants ou fossiles caractérisés
par un squelette externe, au moins à l'état adulte.
L’exosquelette, constitué de couches alternées de chitine
(polysaccharides) et d'arthropodine (protéine hydrosoluble), est
rigide. Au niveau des membranes articulaires une fine couche de
chitine assure la mobilité des différents segments du corps et des
appendices. La croissance des arthropodes est discontinue et
s'effectue par mues successives.
Les arthropodes ont un corps à symétrie bilatérale composé de
plusieurs segments appelés somites ou métamères placés bout à
bout généralement différents les uns des autres et certains
assemblés formants des régions ou tagmata (tagma au singulier)
Ces régions possèdent une individualité et des dénominations
propres à chaque classe
Ex: Insecte: Tête, thorax, abdomen
Arachnides: prosoma, opisthosoma
Du point de vue de leur anatomie interne les arthropodes
présentent des caractéristiques suivantes :
• TUBE DIGESTIF
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Il est formé de 3 régions :
Antérieure ou stomodéum
Postérieure ou proctodeum
Médiane ou mesenteron
La fonction excrétrice est assurée par des coeca qui débouchent à
la limite du mésenteron et du proctodeum: les tubes de Malpighi
• APPAREIL CIRCULATOIRE
Il est très réduit et n’est pas clos
Le sang ou hémolymphe n’a pas un rôle respiratoire mais
nourricier, il est diffusé dans la cavité générale (hémocoele) par un
organe propulseur, le vaisseau dorsal (cœur), au niveau duquel
s’ouvrent des orifices appelés ostioles
• SYSTEME NERVEUX
Il est formé d’un « cerveau » dorsal, d’un anneau péri-oesophagien
et de la double chaîne nerveuse située en position, et qui comporte
une paire de ganglions par segment.
• APPAREIL RESPIRATOIRE
Il varie selon les phylums :
- les arthropodes aquatiques respirent par les branchies
- les arthropodes terrestres respirent par ‘’de poumons’’ ou de
trachées
Les muscles sont typiquement des muscles striés
1.1.3. NOTIONS DE TAXONOMIE
Un système hiérarchique permet de classer des catégories
d'organismes suivant des notions de filiation (phylogenèse). Elle
repose essentiellement sur des caractères morphologiques mais
pas exclusivement. Un taxon est un groupe d’un rang donné qui
est suffisamment distinct pour pouvoir être assigné à une catégorie
définie. On distingue ainsi: Phylum (ou Embranchement), Classe.
Ordre. Famille, Genre. Espèce. La nomenclature zoologique est le
système des noms scientifiques (latinisés) appliqués aux unités
taxonomiques ou taxa
Le nom d’une espèce consiste en 2 mots (nomenclature linnéenne
binomiale) : le 1er nom est générique (genre) et le 2ème est
spécifique (espèce).
Ex : Anopheles gambiae, Tunga penetrans, Pulex irritans
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Le nom d’un taxon supérieur à l’espèce consiste en un mot. Pour
les taxa supérieur à l’espèce, les noms comportent des désinences
caractéristiques inae pour les sous familles, idae pour les familles,
oidae pour les super familles et ini pour les tribus.
1.2. CLASSIFICATION
Les arthropodes qui constituent un embranchement sont
subdivisés en classes, ordres et familles. La classification est
l’arrangement hiérarchisé des catégories taxonomiques en un ordre
On distingue ainsi: Phylum (ou Embranchement)- Classe- Ordre Ŕ
Famille Ŕ Genre - Espèce.
- Sous-Phylum des Chélicerates:
La région antérieure de la tête est munie d'une paire de chélicères
à fonction préhensile.
Classe des Arachnides : arthropodes dépourvus d'antennes et
leur corps est divisé en deux grandes régions: le prosome ou
céphalothorax et l’opistosome ou abdomen. Ces deux régions sont
complètement soudées chez les acariens. Les Sous-classes des
Scorpions, des Araignées et des Acariens présentent un intérêt
médical.
Sous-Phylum des Mandibulates:
Arthropodes présentant des antennes, des mandibules et des
mâchoires. On distingue:
Classe des Crustacés: arthropodes essentiellement
aquatiques, respiration branchiale, morphologie variable.
• Classe des Myriapodes: le corps est formé de nombreux
segments semblables. On s'intéressera plus particulièrement aux
Diplopodes (Iules) et aux Chilopodes (scolopendres). Classe
des Insectes: le corps comprend trois parties (la tête, le thorax
et l'abdomen). Les Insectes sont des hexapodes. Ils portent
souvent deux paires d'ailes (plus ou moins modifiées selon
l'ordre).
• Classe des Pentastomes : Arthropodes dégénérés par la
vie parasitaire, pas de pattes, pas d’ailes, pas d’antennes
1.3. IDENTIFICATION
L’identification des arthropodes se fait essentiellement selon les
caractères morphologiques externes pour les espèces éloignées.
Pour les espèces proches, un examen détaillé de l’armature
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génitale des mâles par exemple permet de les différencier. Ce sont
des clés dichotomiques qui permettent d’identifier les espèces
d’une région donnée.
Pour les espèces jumelles, on recourt à d’autres techniques
(cytotaxonomie, biométrie, technique de biologie moléculaire :
PCR, isoenzymes, enzymes de restriction), pour leur identification
car elles sont morphologiquement identiques.
1.4. NOTION DE BIOGEOGRAPHIE
Les biologistes distinguent les ensembles géographiques
caractérisés par une certaine homogénéité de leur faune et de leur
flore Les frontières qui les séparent sont formées par des massifs
montagneux, des déserts ou des océans qui constituent des
barrières écologiques s’opposant à la dissémination des
organismes vivant. Par rapport aux animaux on définit 6 régions
zoo géographiques
Il faut noter qu’à l’intérieur de ces régions on peut observer
des différences plus ou moins grandes qui emmènent à des
subdivisions. Ainsi, la région afro-tropicale se subdivise en
sous Régions Malgache, Arabe, Sud africaine, Ouest
africaine et Est africaine
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1.5. HISTORIQUE
Plusieurs écrits faisant état d'un rôle direct ou indirect des insectes
en médecine nous viennent de l'Antiquité comme des périodes
plus récentes. Homère, Aristophane, Aristote, Platon, ont écrits sur
la nuisance causée par les moustiques, acariens, poux, punaises
de lit .Dans l’ancien testament on relève le rôle des insectes dans
la maladie (Exode 8 :24).
Cependant l’étude de l’entomologie médicale moderne a
commencé au 19 siècle lorsque l’on a démontré le rôle de vecteurs
de maladies des arthropodes hématophages.
Josiah NOTT publia en 1848 un document qui lui poussait croire
que les moustiques seraient impliqués dans la transmission de la
fièvre jaune.
En 1877, en Chine que Sir Patrick MANSON fut le premier à
prouver la transmission par les arthropodes hématophages des
germes pathogènes. Ces premières observations furent sur
l'évolution des larves de la filaire de Wuchereria bancrofti chez le
moustique Culex pipiens fatigans. Ces travaux attirèrent l'attention
du monde médical sur le rôle des insectes dans la propagation des
maladies. Cette découverte fondamentale est rapidement suivie par
plusieurs autres, non moins importantes:
- 1881: le Cubain Carlos FINLAY incrimine le moustique
Aedes aegypti comme vecteur de la fièvre jaune
- 1898: Ronald ROSS découvre les oocystes de Plasmodium
chez l'anophèle (Prix Nobel en 1902). La transmission du
paludisme humain par les anophèles sera définitivement
établie par les italiens GRASSI, BIGNAMI et BASTIANELLI
en 1899. La même année Paul Simond démontre le rôle des
puces dans la transmission des bactéries de la peste
- 1903 : la transmission de la trypanosomiase africaine par la
piqûre de Glossina palpalis est démontrée par David
BRUCE.
- 1906 : Howard Taylor RICKETTS prouve que Dermacentor
andersoni, une tique est le vecteur de Rickettsia rickettsi
- 1907 : F. Percival MACKIE montre que les poux sont
vecteurs de Borrelia recurrentis
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- 1908 : Carlos CHAGAS démontre la transmission de l‘agent
causal de la trypanosomiase américaine par Panstrogylus
megistus
- 1909: Charles NICOLLE montre, à Tunis, le rôle du pou
dans la transmission du typhus exanthématique (Prix Nobel
en 1928).
Ces connaissances permettent d’organiser la lutte contre les
arthropodes impliqués dans la transmission. De nombreuses
méthodes, sont mises au point. Cette lutte ne s'avère pas très
efficace et, en tout cas, incapable, à elle seule, d'arrêter la
transmission. Ce n'est qu'avec la découverte des insecticides de
contact que pourront se développer des programmes de lutte de
grande envergure.
En 1939, le chimiste suisse Paul MULLER découvre le rôle
insecticide le DDT (Prix Nobel en 1948), produit qui fut synthétisé
en 1874 par Othmar Zeidler Les premières applications de cette
substance sur le terrain, à l'issue de la 2 ème guerre mondiale, se
révèlent prodigieusement efficace. Ce qui donna l’espoir
d’éradication du paludisme avant que la résistance à ce produit ne
dissipe cet espoir.
1.6. ARTHROPODES ET LEUR IMPORTANCE
Bon nombre d'arthropodes sont indifférents aux activités humaines
Quelques espèces sont utiles pour l'homme (alimentation,
pollinisation, soie, miel et cire) d'autres sont nuisibles (impact
économique) en s'attaquant aux cultures, denrées stockées
(entomologie agronomique), au bétail (entomologie vétérinaire). La
pullulation de certaines espèces (moustiques, mouches,
éphémères, etc.) peut avoir des conséquences néfastes lors de la
mise en valeur de terres fertiles, lors de l'exploitation de sites
touristiques (nuisance).
1.6.1. ARTHROPODES PATHOGENES
Ils constituent les agents étiologiques des affections concernées
ou sont directement à l’origine des états pathologiques
Arthropodes parasites: les ectoparasites qui sont hématophages
(poux, moustiques, puces..) et ceux qui pénétrent dans la peau ou
les organes plus profonds (myases, acariens agents des gales, la
puce-chique (Tunqa penetrans).
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Arthropodes venimeux: l'envenimation par injection de leur venin
au moyen d'un dard abdominal (guêpes, frelons, abeilles, fourmis
scorpion), par des pattes modifiées en crochet (Scolopendres), par
des chélicères (araignées).
Arthropodes urticants, vésicants, allergisants: l'envenimation
se fait par contact chez certains arthropodes (urticants: certaines
chenilles, vésicants: certains coleoptères Paederus, Cantharides).
Des réactions allergiques peuvent survenir soit après injection de
venin ou de salive (Abeilles, moustique…), soit directement par
contact (Acariens).
Dans ce groupe on peut aussi considérer l’entomophobie (peur
excessive des insectes pouvant occasionner des troubles mentaux
évidents)
1.6.2. ARTHROPODES HOTES D'AGENTS PATHOGENES
Suivant le mode de transmission de ces agents pathogènes pour
l'homme on distingue:
Arthropodes transporteurs: ils véhiculent de manière passive des
agents pathogènes (mouches. blattes). Les arthropodes
hématophages responsables d'une transmission mécanique entrent
dans cette catégorie.
Arthropodes hôtes intermédiaires: le cycle biologique de certains
parasites passe nécessairement par l'arthropode mais le rôle de
l'arthropode est passif lors de la transmission à l'homme. C'est le
cas de la filaire de Médine (Dracunculus medinensis) qui évolue à
l'état larvaire chez un Crustacé copépode (Cyclops). C'est en
ingérant l'eau contenant les copépodes infectés que l'hôte s'infecte.
Arthropodes vecteurs: Par leur comportement, ils assurent la
transmission biologique active d'agents pathogènes. Le maintien de
l'agent pathogène est souvent assuré par un passage obligatoire
chez l'arthropode. Les maladies transmises par les vecteurs sont
parmi les plus importantes en Santé Publique tant par la morbidité
que par la mortalité qu'elles entraînent (paludisme, typhus,
maladies du sommeil, leishmanioses, fièvre jaune, onchocercose
etc.)
Des agents pathogènes de diverses natures peuvent être hôtes
des arthropodes :
Helminthes : Nématodes, cestodes, trématodes
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Protozoaires : les hématozoaires du genre Plasmodium, Les
trypanosomes, leishmanies, les protozoaires du tube digestifs
(amibes, Giardia, Balantidium)
Rickettsiales : La plupart des agents entrant dans ce vaste groupe
sont propagés grâce à des arthropodes vecteurs. Les vecteurs
sont, selon les cas, des poux, des acariens, des puces. Bactéries
: Entérobactéries (salmonelles, shigelles, Vibrion cholerae,
Escherichia coli..), Yersin agent de la peste, Bacillus anthracis,
agent de l’anthrax ou charbon)
Virus : De nombreux virus sont transmis par les arthropodes
vecteurs (fièvre jaune. dengue. encéphalite japonaise. fièvre de
Vallée du Rift, encéphalites à tiques, fièvre hémorragique de
Crimée-Congo, fièvre à tiques du Colorado, etc.), d’autres sont
disséminés mécaniquement (entérovirus, poxvirus, ..)
TRANSMISSION VECTORIELLE
Elle revêt quelques aspects fonctionnels
Mode d'infection du vecteur
C'est toujours à l'occasion d'un repas de sang sur un
vertébré infectant que s'infecte le vecteur, qui prélèvera
alors l'agent pathogène présent au niveau du sang circulant
ou de la peau (suc dermique interstitiel ou cellules
dermiques).
Transmission de l'agent pathogène à l’hôte vertébré Elle peut se
réaliser selon plusieurs modalités :
Transmission par injection de salive
C'est le mode le plus fréquent; il intervient lorsque, à l'issue de
l'incubation extrinsèque, le parasite est présent, le plus souvent en
quantité considérable, au niveau de l'appareil salivaire de
l'arthropode vecteur.
Transmission par régurgitation
Il s'agit d'un mode bien particulier de transmission, rencontré
surtout dans le cas du bacille pesteux, et aussi, assez souvent avec
les leishmanies. Le mécanisme en est le suivant: l'amas des
bactéries ou des parasites résultant de leur intense multiplication
«bloque» l'intestin antérieur (proventricule) de l'insecte qui, pour
tenter d'absorber du sang, doit alors déployer alternativement des
efforts de succion et de régurgitation; ce dernier acte aboutit au
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refoulement des agents infectieux dans la plaie de piqûre. Tout
comme les repas interrompus dans le cas des vecteurs
mécaniques, ce phénomène est hautement favorable à la
dissémination de l'agent pathogène à de nombreux vertébrés.
Libération du parasite sur la peau de l’hôte
A l'occasion du repas de sang les larves infectantes de filaires,
quelque en soit le vecteur (moustique, simulie, tabanide...)
présentes au niveau du proboscis, en sortent par effraction du
tégument. Elles sont alors déposées à la surface de la peau du
vertébré; elles pénétreront dans l'organisme, généralement grâce à
la plaie de piqûre.
Transmission par les déjections
Il est fréquent que les déjections des ectoparasites soient
déposées sur la peau de l'hôte vertébré, notamment lors des
repas de sang. En cas d'évolution d'un agent pathogène dans la
lumière du tube digestif, ces déjections s'avèrent infectantes: cas
de trypanosomes évoluant chez les réduves, où des rickettsies se
développant chez les poux ou les puces.
Transmission par le liquide coxal
Il s'agit d'un liquide sécrété, chez les argasidés, par les glandes
coxales et émis, par certaines espèces, à la surface du tégument
de l'hôte, lors du repas de sang ou après. Ce liquide contenant de
nombreux spirochètes si la tique est infectante, certaines fièvres
récurrentes sont régulièrement contractées suivant cette modalité.
Transmission par écrasement
Ce mode de transmission, extrêmement curieux, n'est connu que
dans le cas du développement de rickettsies dans l'hémocoele du
pou; les germes, prisonniers dans la cavité générale, ne peuvent
s'en échapper qu'en cas de traumatisme ou d'écrasement de
l'insecte, ce qui permet à l'hémolymphe de se répandre sur la peau,
et aux rickettsies d'infecter l'homme le plus souvent à la faveur des
lésions de grattage.
Compétence vectorielle
C’est l’aptitude d’une espèce à supporter le développement et à
assurer la transmission d’un agent pathogène, déterminée
génétiquement, - susceptibilité à l’infection, -reproduction et
développement du pathogène.
Indépendante de facteurs environnementaux
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Capacité vectorielle
C’est l’aptitude d’un vecteur (génétiquement compétent) à
transmettre un pathogène en un lieu donné à une période donnée.
Elle fonction de la longévité du vecteur dans cet environnement, de
la densité de la population vectorielle (saison), des préférences
trophiques et de l’efficacité de la transmission.
Dépendante de facteurs environnementaux
1.6.3. AUTRES ASPECTS DE L’ENTOMOLOGIE MEDICALE
Nuisances dues aux arthropodes
Les nuisances sont toujours en relation avec une grande
abondance. Elles peuvent être localisées dans le temps comme
dans l’espace, les arthropodes concernés sont des plusieurs
ordres. La pullulation des insectes, surtout, mais pas seulement,
s’ils sont piqueurs, peut être la cause d’une nuisance considérable.
La nuisance est considérée comme les effets que peuvent avoir les
arthropodes sur l’homme ou les animaux, à l’exclusion de la
transmission ou du transport d’agents et des effets directs de
piqûre ou morsure. Elle peut être l’effet de moustique, de simulies,
de mouches, de punaises, d’acariens,….
La spoliation sanguine due aux pullulations d’arthropodes
hématophages n’est pas à négliger. Des régions entières peuvent
être rendues inhabitables au moins durant certaines périodes de
l’année
Faune des cadavres
Plusieurs vagues d’insectes nécrophages se succèdent sur les cadavres
des vertébrés. Cette succession voire leur chronologie peut varier
suivant l’espèce animale, suivant que ce cadavre est exposé à la
surface du sol, enterré ou immergé. On distingue habituellement huit
vagues successives dans les cadavres humains exposés à l’air libre :
1ère vague (cadavre frais n’émettant pas d’odeur) : larves des diptères
: calliphoridae, Musca , Muscinae
2ème vague (cadavre repérable par son odeur) : larves des diptères
: sarcophaga, Lucilia , Cynomya
3ème vague (lorsque les graisses se décomposent en acides gras
volatiles : 3è au 6è mois ) : coléoptères Dermestidae, Lépidoptères,
Pyralidae
4ème vague (fermentation caséique) : larves des diptères :Piophila
casei, Eristalis, Fannia, Drosophiles
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5ème vague (fermentation ammoniacale, desséchement du corps
soit environ un an après la mort) larves des diptères :
Musidae,Ophira, Phoridae, Thyreophoridae et coleoptères
Silphidae et Hysteridae
6ème vague (poursuite du desséchement) : acariens seulement
7ème vague (desséchement total) : coléoptères Dermestidae,
Lépidoptères Tineidae
8ème vague (3 ans et plus après la mort) : coléoptères Ptinidae et
Tenebrionidae
L’étude de la faune des cadavres peut revêtir une importance dans
la détermination de la date de la mort
Contexte de la République Démocratique du Congo
En RDC, de nombreuses maladies sont transmises par des
arthropodes vecteurs : le paludisme, les filarioses lymphatiques, la
fièvre jaune, la trypanosomiase, les fièvres récurrentes…. Il existe
une possibilité de contrôler ces maladies en s'attaquant à l'agent
causal de ces maladies et/ou par la lutte vectorielle. La lutte
vectorielle est fonction des espèces et des connaissances
fondamentales de leur biologie, de leur écologie, de leur
comportement.
Objectifs du cours
A la fin du cours l’étudiant doit être capable de :
• reconnaître les espèces vectrices et leur relative importance
en santé humaine
• fournir des informations concernant la biologie et l'écologie
des arthropodes.
• définir les méthodes de lutte anti-vectorielle.
2. SYSTEMATIQUE
2.1. BRANCHIATES
Ce sont des arthropodes dont la respiration se fait principalement
par des branchies.
Classe des CRUSTACEA
Elle contient des arthropodes essentiellement aquatiques (crabes,
écrevisses, crevettes, homard, langouste, etc.), de forme variable,
dont le corps est composé d’un céphalothorax et un abdomen. Il y a
deux paires d’antennes, une paire d’yeux pédonculés (ou un seul
œil), plus de quatre paires de pattes dont un certain nombre sont
transformées en patte nageaoires. La carapace dorsale du thorax
recouvre partiellement les parties latérales et forme en
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quelquesorte, de chaque côté, une chambre branchiale où sont
logée les branchies (lamelles membraneuses). Cette classe compte
plusieurs sous- classe.
Celle des COPEPODES (sans carapace, sans yeux composés, un
seul œil, sans appendices abdominaux, six paires d’appendices
thoraciques) comprend les CYCLOPS qui intéressent la Médecine
humaine. Le Cyclops est un petit arthropode de 1 à 2 mm. De long,
avec un céphalothorax volumineux portant un œil unique, une paire
d’antennules, une paire de longues antennes, et un abdomen grêle
terminé par une queue. Les femelles de Cyclops se reconnaissent
par la présence de deux sacs ovigères sur l’abdomen. Alors que le
diaptomus a 1 seul sac ovigère
Femelle de cyclops Diaptomus femelle
IMPORTANCE MEDICALE
Le cyclops et le diaptomus jouent le rôle d’hôte intermédiaire du
ténia « Bothriocéphale » ou
Diphyllobothrium latum en avalant l’embryon cilié, mobile, le
coracidium, issu de l’œuf operculé du taenia, rejette dans le milieu
extérieur et entraîné dans l’eau douce avec les selles. Le
coracidium s’y transforme en larve procercoïde. Le Cyclops à son
tour est avalé par un poisson et digéré. Les larves procercoïde
gagnent les tissus du poisson sous forme de larves
plérorcercoïdes. C’est en ingérant l’un de ces poissons infectés que
l’homme ou divers mammifères se contaminent.
Le cyclops est aussi l’hôte intermédiaire de Dracunculus
medinensis (Filaire de Médine ou ver Guinée) agent causal de la
dracunculose. Les embryons émis par les femelles émergeant les
malléoles gagnent l’eau où ils sont avalés par le Cyclops. Dans la
cavité générale de celui-ci les embryons deviennent de larves
infectieuses en 2 à6 semaines. L’homme se contamine en buvant
de l’eau contenant des Cyclops infectés.
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Différents crustacés décapodes constituent le second hôte
intermédiaire de trématodes (douves) : Paragonimus
westermani, P. africanus, [Link] qui sont
à l’origine des distomatoses pulmonaires.
Il s’agit des crustacés d’eau douce : crabes
(Potamonautes, Liberonautes), crevettes ou écrevisses
(Cambarus. Les crabes potomonautes peuvent
aussi servir de support aux simulies (Simulium neavei )
2.2. TRACHEATES
Ce sont des arthropodes terrestres dont la respiration se fait par les
trachées et/ou des sacs pulmonaires Les trachées sont des tubes
ramifiés qui s’ouvrent à l’extérieur des ouvertures appelées
stigmates par lesquelles l’arthropode tire l’oxygène de l’air.
2.2.1. CLASSE DES MYRIAPODA
Les Myriapodes (Mille-pattes, Scolopendre, . . .) sont des
arthropodes dont le corps est constitué d’un grand nombre de
segments semblables les uns des autres .Ils n’ont pas d’ailes. Le
premier segment (tête) légèrement différent des suivants porte une
paire d’antennes, des pièces buccales du type masticateur broyeur
et des ocelli de chaque côté.
Les pattes du dernier segment sont plus longues que les
autres et auraient un rôle tactile. Il Y a un seul testicule chez les
mâles et un seul ovaire chez les femelles. L’oviducte et le
spermiducte forment un cercle autour de l'intestin.
On distingue :
DIPLOPODA ou Mille-pattes ou Iule: Geophilus ,Polydesmus
,etc.) ayant deux paires de pattes et deux paires de stigmates
à chaque segment. Ils comptent plus de 20 segments et les
gonades s'ouvrent après s la 2e paire de pattes.
Les mille-pattes sont végétariens et diurnes, à mouvement lent et
en ligne droite. Ils ne possèdent pas de glande à venin. Mais la plus
grande partie de leur corps secrète une substance caustique
d’odeur acre rappelant le « brome ». Ce liquide peut produire une
forte irritation, voire même de la vésication, au contact de la peau.
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Le traitement consiste au lavage de l’endroit à l’eau ou à la
neutralisation du caustique à l’alcool.
CHILOPODA ou Centipèdes (Scolopendre: Scolopendra
heros ,Scutigera cleopatra = S. forceps, Lithobius forficatus ,etc...
)ont habituellement une paire de pattes et une paire de stigmates à
chaque segment postcé[Link] première paire de pattes est
modifiée en " forficules " : sorte de pince fortement développée et
portant une glande à venin .
Les scolopendres sont carnassières, avec des mœurs nocturnes
(se nourrissant de petits arthropodes, certaines espèces de grande
taille peuvent se nourrir de souris, petits oiseaux, amphibiens ou
reptiles). Ils exécutent des mouvements en zig-zag. Leur piqûre est
généralement peu grave sauf si elle est faite au niveau de la gorge
où elle peut provoquer un œdème réactionnel pouvant causer de
l’asphyxie et la mort.
2.2.2. CLASSE DES PENTASTOMIDA
Les Pentastomidés appartenant aux familles des
POROCEPHALIDAE et des LINGUATULIDAE sont des
arthropodes dégénérés par la vie parasitaire. Ils sont blanchâtres et
plus ou moins annelés .La bouche est ventrale et se situe près de
l'extrémité antérieure du corps .Elle est entourée de deux paires de
petits crochets .L' orifice génital est situé en avant, au milieu de la
face ventrale du premier anneau. Ils sont apodes et la nymphe
ressemble à l'adulte. Ils sont parasites à tous les stades de leur
développement. Deux espèces sont souvent incriminées :
Armillifer Armillatus : l'adulte femelle mesure 8 à 12 cm de long
tandis que le mâle mesure 3 à 4 cm de l0ng. Le corps est
vermiforme, plus ou moins cylindrique et annelé.1l vit dans les
poumons et la trachée des gros serpents (Python, Bitis).
Armillifer armillatus
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Linguatula serrata : la femelle mesure 8 à 10 cm. de long et le
mâle 1,8 à 2 cm. .11 est aplati, lancéolé et présente de nombreux
anneaux moins saillants que chez Armillifer. Il vit dans les fosses
nasales du chien, du chat, du loup et du renard.
Linguatula serrata
Rôle pathogène : l’homme s'infecte par ingestion d’œufs contenus
dans l'eau ou les légumes souillés par le mucus nasal, la bave ou
les excréments des animaux parasités. Dans l'intestin l'embryon se
libère, traverse la paroi et tombe dans la cavité péritonéale où il va
s'enkyster à la surface des organes dont principalement le foie.
Après plusieurs mues l'embryon se transforme en nymphe qui est
la forme infestante .Celle-ci ressemble déjà fortement à l'adulte
sauf que la taille est plus petite .Elle est enroulée à l'intérieur d'une
membrane kystique,où elle ne continuera le développement que si
elle est avalée par l' hôte définitif. Cette parasitose appelée
pentastomose nymphale est parfaitement tolérée et le diagnostic
est difficile et souvent posé par hasard à l'occasion d'une
radiographie ou d'une intervention chirurgicale ou à l’autopsie. Les
nymphes qui meurent dans les kystes peuvent se calcifier et
devenir visibles aux rayons X. Cependant l’accumulation d'énormes
quantités de nymphes autour de l'intestin peut provoquer une
obstruction intestinale fatale.
2.2.3 CLASSE DES ARACHNIDA
Cette classe comprend des arthropodes primitifs appartenant au
sous-embranchement des chélicérates.
Ils se présentent sous deux formes principales :
- Les Araignées et Scorpions sont constitués d'un
céphalothorax ou prosoma (fusion de la tête et du thorax) et
d’un abdomen ou opisthosoma , séparés par un
étranglement prononcé sur le céphalothorax il y a les
chélicères (sortes de griffes en crochets) parcourus
intérieurement d'un canal relié à une glande à venin ; des
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pattes mâchoires (pédipalpes) parfois transformées en
organes copulateurs du mâle; les yeux ; des pièces buccales
rudimentaires et quatre paires de pattes locomotrices
terminées par des griffes.
- Les Acariens : Mites et Tiques sont formés d'un corps
globuleux, « tout d’une pièce appelé CEPHALO-THORACO-
ABDOMEN ou IODOSOME. Ils portent quatre paires de
pattes locomotrices fixées sur la face ventrale. Les pièces
buccales comprennent un HYPOSTOME encadré par les
chélicères et une paire de palpes à quatre articles (organes
de sens) l’ensemble s'appelle aussi "capitulum". Sur la face
ventrale l'on trouve la plaque anale avec l'orifice anal à
l'extrémité postérieure ; l'orifice sexuel, généralement
antérieur, et une paire de stigmates respiratoires. Il n' y a pas
de sacs pulmonaires, ni d'ailes, ni d'antennes.
Les pattes des arachnides portent une pièce supplémentaire
appelé « patella » ou genou, située entre le fémur et le tibia.
Les tarses sont constitués d'un seul article et se termine par
des griffes et parfois par une ventouse
[Link] ORDRE DES SCORPIONS
Les Scorpions sont arachnides sclérotisés chez lesquels le
prosoma est recouvert par une carapace. L’opisthosoma est
divisé en mesosoma (ou pré abdomen), metasoma (post
abdomen) et se termine par un crochet venimeux
Cette partie distale peut se replier par dessus le corps et
injecter du venin dans la proie qui a été saisie par
les pattes mâchoires et les chélicères. Ils n’ont pas
d'ailes ni d'antennes.
Scorpion, Androctonus australis
IMPORTANCE MEDICALE
Les scorpions peuvent injecter du venin grâce à leur crochet.
Les venins sont généralement neurotoxiques ou parfois
hémolytiques. L’envenimation par piqûre de scorpions ou
scorpionisme se manifeste par une douleur locale intense, suivie
d’un état, surtout chez l’enfant avec agitation, anxieté, délire,
vomissement, oligurie, coma. La mort survient plus souvent chez
21
l’enfant. Trois genres sont considérés dangereux : Centruroides,
Androctonus, Leiurius
[Link]. ORDRE DES ARANEIDA
Arachnide avec prosoma rectangulaire et opisthosoma
sacciforme mou et apparemment non segmenté porte à la face
ventrale: un orifice génital, deux orifices respiratoires pulmonaires
situés de chaque côté de l’orifice génital, un orifice respiratoire
trachéen situé en arrière des orifices pulmonaires, et trois paires de
filières devant l'anus tout à l’arrière, formant six petits cônes
secrétant un liquide visqueux qui, solidifié à l’air, donne la soie.
Un hépatopancréas occupe une bonne partie de l'abdomen
Femelle d’araignée
La piqûre de certaines araignées peut entraîner des douleurs,
contractures musculaires, une inflammation locale, délire, arrêt
respiratoire Parmi les différents genres qui peuvent être impliqués
par les envenimations on cite :
Le genre Latrodectus : Latrodectus mactans (veuve noire
d’Amazonie), L. pallidus, L. geometricus ; Ils possèdent un venin
neurotoxique
Le genre Lexosceles : Lexosceles reclusa, L. laeta : On
observe des lésions localisées au site de piqure avec
réaction nécrotique pour certaines espèces et anémie
héùolitytique et hématurie pour d’autres
Le genre Athrax : A. robustus ; Il peut provoquer des douleurs au
lieu de la piqûre, transpiration profuse, delire, choc respiratoire
[Link]. ORDRE DES ACARINA
Les Acarina ou Acariens comptent plusieurs familles englobant les
TIQUES et les MITES. Ils se distinguent aisément des autres :
corps globuleux formé d'une seule pièce provenant de la fusion du
thorax et de l'abdomen ; pas de tête distincte mais une structure
connue sous, le nom de "capitulum " comprenant les pièces
buccales et leur base ; les adultes et les nymphes portent 4 paires
de pattes ; les larves sont hexapodes ; la respiration est trachéenne
22
excepté cl1ez certaines mites où elle se fait par " osmose" à travers
toute la surface de la cuticule.
[Link].1. LES TIQUES
On distingue les tiques dures ou ixodidae et les tiques molles ou
argasidae
Morphologie générale des tiques.
Ce sont des Arachnides ne dépassant guère 20 mm de longueur.
Ils portent une paire d'yeux simples le long du bord marginal du
corps ou peuvent être sans yeux .Les pièces buccales
comprennent les palpes maxillaires qui protègent le rostre, toujours
très développé et formé d'un hypostome ventral (muni à sa face
ventrale de dents dirigées en arrière) et d'une paire de chélicères
(tiges aplaties sur lesquelles s’articulent des pièces à 2 branches
armées de crochets.
Sur la face Ventrale, il existe des plaques (prégénitale, médiane,
anale et adanale), la fente génitale , l'orifice anal et une paire de
stigmates respiratoires située latéralement de chaque côté de
l'abdomen ; les yeux se trouvent dans les plis latéraux
supracoxaux ; les pattes ne portent pas d’éperons ou de ventouses.
BIOLOGIE
Les tiques sont des parasites des vertébrés, spécialement des
mammifères, les Tiques vivent sur le sol et se nourrissent de sang,
du liquide tissulaire et des débris cellulaires. La chaleur et l'odeur
des mammifères les attirent particulièrement. Elles peuvent
cependant rester très longtemps sans reprendre de nourriture (2,3
parfois 5 ans). Le cycle de développement n'est pas identique chez
toutes les espèces de tiques, cependant on leur reconnaît 4 stades:
œuf, larve, nymphe et adulte (imago) qui s'accomplissent en 6
semaines à 3 ans.
23
Selon les espèces une femelle bien gorgée peut pondre sur le sol
100 à 18 .000 œufs. La larve reste hexapode jusqu'après la
première mue. La nymphe acquiert 4 paires de pattes qu'elle garde
jusqu'à maturité. Les tiques dures présentent un seul stade
nymphal tandis que les tiques molles passent par plus de 5 mues
nymphales La copulation se fait après la dernière mue lorsque la
femelle est bien gorgée de sang et le mâle meurt après. La
longévité des tiques est très importante et peut atteindre 16 à 21
ans.
[Link].1.1. FAMILLE IXODIDAE.
Sont les Tiques dures, qui ne quittent leur hôte que pour muer ou
pour pondre.
On y compte plusieurs genres :
Genre IXODES Genre DERMACENTOR: se nourrissant sur
les grands animaux dont les chevaux, le bétail, l'ours, les
cerfs, les loups de prairie, les moutons ; - Genre
HAEMAPHYSALIS : petites tiques des oiseaux - Genre
BOOPHILUS : C'est la tique du bétail.
- Genre RHIPICEPHALUS: C’est la tique brune du chien.
- Genre AMBLYOMMA : attaque l’homme, les oiseaux, les
animaux domestiques et sauvages.
- Genre ANOCENTOR : Attaque principalement les chevaux.
On compte aussi les genres RHIPICENTOR, MARGAROPUS et
HYALOMMA qui sont de moindre importance en pathologie
humaine et vétérinaire.
[Link].1..2. FAMILLE ARGASIDAE.
Ce sont les tiques molles qui ne restent pas longtemps sur leurs
hôtes. Il y a environ 85 espèces regroupées en 4 genres:
Genre ORNITHODORUS :
Ornithodorus moubata sensu lato est reconnu par ses habitudes
de se nourrir principalement la nuit, se gorgeant rapidement. Les
oeufs sont déposés en paquets de 35 à 340 atteignant parfois un
total de 1 .217 oeufs par femelle .Les larves muent en quelques
heures .Elles atteignent le stade adulte en environ 5 mues et 5
repas. Plusieurs membres du complexe occupent des espaces
bien limités en Afrique D’autres espèces sont rencontrées en
Europe,en Asie centrale, en Amérique du sud et aux Etats-Unis
24
profil
Dorsal ventral
Ornithodorus moubata ou KIMPUTU
Genre ARGAS.
Ces tiques sont très aplaties même lorsqu'elles sont pleinement
gorgées .Finement ridé sur les plis le dorsum est souvent parsemé
de petits boutons ronds portant chacun une fossette centrée d'un
poil ; yeux absents; sexes similaires. Argas persicus : est la tique
cosmopolite des oiseaux de basse cour et l'une des plus importante
parasite du volaille. Argas reflexus : communément appelée tique
du pigeon diffère de la précédente par le corps souvent plus étroit
au bout antérieur.
On cite encore les genres OTOBIUS et ANTRICOLA
ROLE PATHOGENE
Les tiques sont les vecteurs d’un nombre important d’agents
pathogènes pour l’homme et les animaux domestiques.
Leur rôle ne se limite pas par une simple transmission
d’agents pathogènes d’un vertébré à l’autre. Dans plusieurs cas les
agents pathogènes acquis par la femelle peuvent être transmis à sa
progéniture par le système reproducteur : c’est la transmission
transovarienne ou héréditaire. Par ailleurs, contrairement aux
insectes holométaboles, les larves et les nymphes des tiques se
nourrissent sur un hôte à chaque mue peuvent transmettre les
agents pathogènes à un autre hôte après la prochaine mue lors du
repas sanguin ; c’est la transmission transstadiale. Ces
conditions accroissent le pouvoir vectoriel potentiel des tiques et
les rendent redoutables.
Parmi les maladies transmises par les tiques on peut citer :
Les arboviroses
De nombreux virus sont transmis par les tiques dont la fièvre
hémorragique de Crimée Congo, le virus Dugbe transmise par
Hyalomma marginatum.
25
Les rickettsioses
- Fièvre pourprée des montagnes rocheuses due à Reckesttia
rickettisi transmise par Dermancetor andersoni et D.
variabilis
- Typhus Sibérien à Tiques du à Rickettsia siberica et transmis
par Rhicephalus sanguineus et Hyalomma asiaticum
- Typhus épidémique ou exanthématique dû à Rickettsia
prowazeki dont les vecteurs sont Amblyomma varigatum et
Hyalomma marginatum
- la fièvre boutonneuse du littoral méditerranéen, le typhus à
tiques de Queensland, la fièvre Q sont également transmis
par des tiques.
Les rickettsies se rencontrent dans tous les tissus des tiques
et chez les femelles. Elles passent des œufs aux larves, des
larves aux nymphes et l’infection peut se maintenir ainsi sur
plusieurs générations.
Les borrélioses
Les spirochètes du genre Borrelia, agents étiologiques des fièvres
récurrentes sont transmises par les Agarsidés essentielement : O.
moubata qui transmet Borrelia Duttoni agent causal de la fièvre
récurrente régionale. Certains peuvent être cependant des
vecteurs secondaires de Borrelia ( Boophilus , Rhipicephalus)
La tularémie
Maladie bactérienne due à Pasteurella tularensis est transmise
par des tiques
Les protozooses
Babesia et Théleria, parasites animaux transmis par des tiques
peuvent dans certaines conditions parasiter l’homme.
ROLE PATHOGENE TOXIQUE
Paralysie ascendante à tiques
Elle est caractérisée par une atteinte des membres inférieurs, une
ataxie, et une perte de la force musculaire, ce qui fait penser à la
poliomyélite. L’évolution de la maladie est très rapide. La mort peut
26
survenir par paralysie des muscles respiratoires. Elle est fréquente
chez les enfants de moins de 2ans. Cette paralysie est due à une
toxine contenue dans la salive de la tique femelle. Le traitement
consiste à éliminer le capitulum entier de la tique.
Espèces impliquées : Dermancetor andersoni et D. variabilis en
Amérique du nord et Ixodes holocyclus en Australie
[Link].2. LES MITES
Les Mites se rencontrent un peu partout dans la nature. La
respiration est trachéale comme chez les Tiques sauf chez celles
qui absorbent l'oxygène à travers la surface de leur cuticule. Le
cycle de développement requiert 4 semaines et passe
généralement par les stades: oeuf, larve, nymphe et adulte.
Certaines femelles sont ovovivipares.
Il y a des familles qui ont une importance médicale :
2 .[Link].1. FAMILLE DES ACARIDAE
Mites d’environ 0,5 mm. de long .La plupart se nourrissent sur les
graines, la farine, le plancher,la viande sèche,le jambon, les fruits s
secs, les collections d' insectes ,etc.. . . Ils se multiplient très
rapidement et causent des dermatites 'chez les personnes
manipulant les produits constituant leur habitat. Acarus siro
provoque la dermatite des boulangers, Glycyphagus domesticus la
dermatite des épiciers et Tyrophagus longior peut provoquer une
"Acariase " pulmonaire, urinaire et intestinale chez l’homme.
2 .[Link].2. Famille SARCOPTIDAE :
Ce sont des acariens à peine visible à l'oeil nu, ce sont des
parasites de la peau des animaux à sang chaud. Sarcoptes scabiei
est une espèce capable de s’adapter à plusieurs hôtes dont
l’homme Sarcoptes scabiei var hominis : cosmopolite, mesure 330
à 450 microns de long sur 250 à 350 microns de large. .Corps
globuleux, pattes ventrales terminées par des crochets, des
ventouses pédiculées et des longs poils (pattes postérieures) .La
cuticule est fine ment striée, et la face dorsale porte des épines et
des écailles.
Sarcoptes scabiei var hominis est l'agent causal de la gale vraie
ou scabiose ou gale sarcoptique chez l’homme. La femelle
fécondée creuse une galerie à l’intérieur de l'épiderme. Cette
galerie est très superficielle (ne dépasse pas la couche cornée) et
27
transparente, relativement longue et sinueuse .La galerie contient
les oeufs pondus par la femelle pendant qu'elle progresse, les
déjections noirâtres de celle-ci, les larves qui éclosent 5 jours plus
tard et sortent de la galerie en perçant la voûte, se transformant en
nymphes et enfin en adultes. La durée totale du cycle est de 15
jours à 3 semaines et la"femelle peut vivre 1 à 2 mois dans la peau.
La présence des femelles dans les galeries produit un prurit
intense, souvent nocturne (accroissement des activités des
femelles). Les galeries sont localisées aux endroits où la peau est
mince et légèrement plissée: espaces interdigitaux, poignet, creux
axillaire, chevilles, orteils, pénis, scrotum, seins, etc. Chez les
enfants dont la peau est fine tout le corps (même la tête) peut être
envahi. L'affection se contracte principalement par contact direct
Sarcoptes scabiei
Galerie sous
dermique
Sarcoptes scabiei var hominis femelle
[Link]. ORDRE DES TROMBIDIFORMES
FAMILLE DES DEMODICIDAE
Les deux espèces les plus connues de cette famille sont du genre
demodex. Elles ont une forme allongée ces arthropodes font partie
du microbiote cutane de l’humain. La peau humaine constitue leur
habitat naturel avec d’autres microorganismes Chez les humains,
dans la grande majorité des cas, ces acariens passent tout à fait
inaperçus toute la vie des individus, sans symptômes négatifs. Mais
il arrive, dans certains cas généralement liés à une inhibition du
système immunitaire (causée par exemple par un stress important
ou une maladie), que les Demodex ou d’autres acariens
connaissent une explosion démographique spectaculaire, qui se
traduit alors par une pathologie dite démodécie, également
nommée démodicose, démodécose et demodicidosis
28
Demodex foliculorum
2.2.4. INSECTA ou HEXAPODA
[Link]. MORPHOLOGIE Ŕ PHYSIOLOGIE
Les insectes sont des arthropodes dont le corps est divisé en trois
parties bien différenciées : la tete, le tronc et le thorax
TETE
Yeux composés (yeux à facettes = ommatidies: cornée, cristallin,
cellules rètiniennes) ocelles (yeux simples), antennes, pièces
buccales, vertex, front, clypeus, gena (joues). Pièces buccales:
type broyeur (ou masticateur) type suceur (piqueur moustique
lécheur papillon) stylets: labre (lèvre supérieure), hypopharynx,
mandibules, maxilles protégés dans certains groupe; par la lèvre
inférieure: le labium formant la gaine de la trompe (=le proboscis).
Chémorécepteurs: palpes buccaux, antennes, tarses
importance du C02 chez les insectes hématophages
- Thermorécepteurs: infraŔrouge
29
THORAX
Il est formé de 3 segments:
- Prothorax
- Mésothorax - Métathorax
avec chacun 4 sclérites 1 sternite, 1 tergite et 2 pleuron
Les ailes sont absentes chez des insectes primitifs Les ailes si
présentes sont insérées sur le mésothorax (paire antérieure) et
métathorax (paire postérieure) Les ailes sont des expansions
membraneuses résultant de la coalescence de feuillets soutenus
par des tubes chitinisés appelés nervures
On distingue : une base, un sommet, un bord antérieur et un bord
postérieur
Nervation des ailes: Costale, sous-Costale, Radiale, Médiane,
Cubitale, Anale.
ABDOMEN
Insecte primitif: Il segments séparés par des segments inter
segmentaires souples
Segment: sclérite dorsal ou tergite ventral ou sternite latéral ou
pleure
Organes génitaux; orifices génitaux renforcés par de petites pièces
sclérifiées: les genitalias= rôle dans la copulation
Le TEGUMENT
Le tégument des Insectes se compose d'une unique couche de
cellules, ou épiderme surmonté d'une cuticule non cellulaire. La
cuticule est constituée de trois couches principales:
L'endocuticule : une couche épaisse, composée de chitine,
incolore et flexible, d'arthropodine et de diverses protéines dont la
sclérotonine.
L'exocuticule: partie de l'endocuticule sclérifiée. L'exocuticule reste
mince aux endroits d'articulations.
30
L'épicuticule: fine couche extérieure (1 à 4 u) imprégnée de cire,
joue un rôle essentiel dans la perméabilité à l'eau.
SYSTEME NERVEUX
Ganglions fusionnés: cerveau collier périoesophagien, ganglions
thoraciques, abdominaux système ventral
SYSTEME CIRCULATOIRE
L'hémolymphe circule dans la cavité générale ou hémocoele Il a un
rôle dans l’immunité (intervention des hémocytes) et le transport
des substances nutritives et déchets du métabolisme La circulation
est ouverte et assurée par un tube pulsatile ou coeur localisé
dorsalement dans l'abdomen pulsation de l'arrière vers l'avant (tête)
SYSTEME RESPIRATOIRE
Le transport d’02 et de C02 est assuré en phase gazeuse par les
trachées d'origine ectodermique. Ils s'enfoncent dans le corps et se
ramifient jusqu'à former de fines trachéoles qui atteignent les
organes. Certaines larves, pupes aquatiques disposent des
trachéobranchies
SYSTEME DE REPRODUCTION
Les insectes mâles disposent de 2 testicules, canaux déférents,
vésicules séminales genitalia, tandisue les femelles de 2 ovaires
(ovarioles), oviductes confluents en un vagin muni latéralement de
spermathèque(s) (fécondation au moment de la ponte)
SYSTEME DIGESTIF
intestin antérieur (d’origine ectodermique) pharynx (avec
pompe pharyngiale aspirante), œsophage, pro ventricule
(structure cuticulaire, servant de meule chez les insectes
broyeurs Ŕ ou muni de valves (puces)
- glandes salivaires : déversent leur salive dans
l’hypopharynx empêche la coagulation, anesthésiant,
allergisant) localisées dans le thorax, parfois
prolongation jusque dans l’abdomen (glossines)
- intestin moyen ou estomac : sécrète les enzymes
digestifs d’origine endodermique
31
- intestin postérieur (d’origine ectodermique) : intestin,
rectum (résorption d’eau), anus
La membrane péri trophique : membrane chitinisée à l’intérieur
de la membrane digestive, qui entoure le repas ingéré (par exemple
le sang chez des insectes hématophages).
Rôle : protection de la paroi stomacale, membrane filtrante
(enzymes, échanges digestifs).
Il existe deux types :
Membrane de sécrétion : sécrétée par un anneau de cellules
proventriculaires ; formation continue et régulièrement éliminée par
les déjections (membrane tubulaire) Glossines, stomoxes, mouche
domestique, toutes les larves de diptères Importance dans la
transmission : les parasites passent de l’espace endotrophique à
ectopéritrophique (entre l’épithélium et la membrane).
Membrane de délamination : leur formation commence
immédiatement après chaque repas sanguin, à partir des cellules
épithéliales elles-mêmes et constitue, en quelques heures, un sac
fermé entourant le sang ingéré, à l'intérieur de l'estomac. De telles
membranes sont retrouvées chez tous les Diptères Nématocères
adultes, chez les brachycères orthorrhaphes. Elles sont
considérées comme constituant un obstacle à l'évolution des
parasites ingérés dans la mesure où beaucoup s'y trouvent
emprisonnés.
Parmi les arthropodes hématophages on distingue les arthropodes
à:
- trompes courtes: destinées à lacérer et dissocier les tissus et
les parois vasculaires, absorption du sang accumulé dans le
rnicrohématome ainsi formé. Arthropodes dit "telmophages"
(poolfeeding): taons, simulies, cératopogonides, phlébotomes,
tiques. Seul processus qui permet de prélever des agents infectieux
localisés dans le derme (microfilaire d'onchocerca par ex.)
- trompes longues: fonctionnent comme une seringue,
perforation des capillaires (arthropodes solénophages;
"capillary-feeding"): mécanisme permettant le prélèvement
d'agents infectieux dans le sang (moustiques, glossines, etc).
ORGANES SENSORIELS
32
Photorécepteurs: yeux composés ocelles Mécanorécepteurs:
certaines soies ("poils") mouvements des soies perçus par une
cellule sensible = antennes 2ième article des antennes: Organe de
Johnson orientation de l'insecte par vibrations des soies de
l'antenne (moustiques)
CROISSANCE ET METAMORPHOSES
Elles sont sous contrôle hormonal.
On distingue deux types de développement chez les insectes :
Le développement hémimétabole qui est celui des insectes chez
lesquels la larve issue de l’œuf a une morphologie semblable à
celle de l’adulte, et, souvent, le même mode de vie. Les différences
entre adultes et larves consistent alors en des différences de taille,
de longueur des ailes (pour ceux qui pourvus des ailes. et de
maturité sexuelle ; c’est le cas, par exemple,des blattes,des
poux,des punaises,etc
Le développement holométable, qui est celui des insectes chez
lesquels la larve issue de l’œuf a une forme très différente de celle
de l’adulte, et également un mode de vie différent (moustique,
mouche, puces, papillons, coléoptère, fourmis etc. La profonde
transformation morphologique qui mène la larve à l’adulte
s’effectue au cours du stade nymphal. Alors que la larve, la plupart
du temps, un aspect plutôt vermiforme, l’adulte est ailé (sauteur
chez les puces). Le nombre des stades larvaires varie beaucoup
selon les groupes. Exemples ; 3 stades larvaires chez les mouches
et autres diptères cyclorrhaphes, ainsi que chez les poux et les
puces, 4 stades chez les moustiques, les phlébotomes, 5 stades
33
chez les punaises, de 6à 8 chez les simulies,7 et plus chez les
taons,etc.
Simulie Œuf et larve Larves ymphe Imago
On distingue 3 grands types larvaires chez les holométaboles.
1. larves polypodes : les appendices locomoteurs sont
nombreux :3 au niveau thoracique et des pseudopodes
abdominaux : cas des lépidoptères,,hyménoptéres symphytes.
2. larves oligopodes : les appendices locomoteurs sont réduits
aux 3 seuls appendices thoraciques, plus ou moins variés selon les
groupes : cas de certains névroptéres et coléoptéres aquatiques
3. larves apodes : les appendices locomoteurs n’existent plus :
cas de tous les diptères, des siphonaptères, de certains
coléoptères et hyménoptères. on subdivise ce type en trois sections
selon le développement de la capsule céphalique : larves
eucéphales : capsules céphalique complète ou presque,bien
visible,avec pièces buccales complètes et broyeuses.
Larves hémicéphale : capsule céphalique incomplète,
ventralement rétractée dans le thorax,pièces buccales réduites à
deux crochets mandibulo-maxillaires.
Larves acéphales (asticots) : plus de capsule céphalique mais
un endosquelette céphalique formant une armature bucco
pharyngienne ; deux crochets.
[Link]. ORDRE DES BLATTERA
34
Ces insectes, dont la taille est habituellement comprise entre 5 et
15mm, ont un corps plus ou moins aplati dorso-ventralement. Le
tégument, souple, présente une coloration variant du brun clair au
noir. Les antennes, longues et fines, comportent un grand nombre
d’articles ; les pièces buccales sont broyeuses. Les blattes se
déplacent très rapidement en courant sur le substrat mais certains
peuvent aussi effectuer des vols plus ou moins importants grâce à
leur paires d’ailes : ailes antérieures étroites et rigides, ailes
postérieures membraneuses.
Une trentaine d’espèces est commensale à l’homme
Blatella germanica nymphe et adulte male
Le cycle de développement comporte des métamorphoses
incomplètes. Les œufs (20à50) sont généralement groupés dans
une oothèque qui sera portée par la femelle durant quelques jours
avant d’être abandonnée. Une femelle peut ainsi produire, selon les
espèces, de 4à90 oothèques. Après une incubation de 1 à3 mois,
naissent des larves aptères dont la morphologie rappelle celle des
adultes. Les mues séparant les stades jeunes sont en nombre
variable en fonction des conditions climatiques (habituellement de
six à une quinzaine) et le cycle complet demande de 3 mois à un
an. La longévité de l’imago serait de l’ordre de 100 à 600 jours.
Les blattes sont, à tous les stades ; des insectes omnivores,
s’attaquant, pour ce qui est des espèces commensales de
l’homme, aux substances sucrées, au pain, et à la plupart des
denrées alimentaires, aux grains, aux papiers, aux cadavres de
35
leurs congénères, au sang frais ou séché et même, dans certains
circonstances, à des êtres vivants (personnes endormies,
cachectiques ou comateuses). Elles souillent, en outre,
l’environnement par leurs déjections. La plupart des espèces ont
une activité nocturne, se cachant durant la journée dans les fentes
des murs ou du sol et, plus généralement, dans tous les interstices
abrités, humides et obscurs. Dans certains établissements
(restaurants, hôpitaux, entrepôts…), le nombre des blattes peut
être considérables, mais, en raison de leurs mœurs nocturnes, il
est généralement très sous-estimé ; leur transport passif d’un lieu à
un autre s’effectue souvent par l’intermédiaire de cartons de
nourriture, de colis expédiés, etc… donc par les réseaux de
distribution des produits entre grossistes, commerçants détaillants
et particuliers ; leur dissémination peut également activé, de proche
en proche.
IMPORTANCE MEDICALE
Elle résulte de leur rôle de transporteurs d’agents pathogènes, ou
d’hôtes intermédiaires pour certains parasites. Leur mode de vie,
en particulier le fait que les blattes puissent fréquenter
successivement des milieux contaminés (matières fécales par
exemple) et de la nourriture explique que ces insectes soient
fréquemment trouvés porteurs de nombreux organismes
pathogènes :
- Bactériennes : (shigelles et salmonelles, Escherichia coli,
klebsielles, Serratia, staphylocoques, clostridies, bacilles
lépreux et pesteux
- Helminthes : schistosomes, ascaris ; taenias, ankylostomes,
trichiurus,
- Champignons : 2 espèces d’Aspergillus
- Protozoaires pathogènes: Balantidium coli, Entamoeba
histolytica, Giardia intestinalis, Trichomonas, Toxoplasma
gondii,
- Virus : coxsackie ,poliomyelitiques, hépatite.
36
De plus, certaines blattes peuvent être les hôtes intermédiaires
naturels d’helminthes. Les trois principales espèces de blattes
impliquées sont les suivantes :
Blattella germanica : c’est probablement l’espèce la plus
fréquente puisque pratiquement cosmopolite ; longue de 12 à
16mm, d’un brun jaunâtre, elle est ailée dans les deux sexes et
abonde dans les cuisines, les restaurants, sur les bateaux, etc.
mais apparaît très facilement adaptable à des environnements très
variés.
Blatta orientalis : elle prédomine dans les régions tempérées ;
c’est une blatte plus grande (22 à 27mm) et de couleur plus sombre
que la précédente, aux ailes réduites chez la femelle, que l’on
rencontre aussi bien à l’extérieur que dans les habitations. Son
développement est aussi plus lent : le cycle dure un à deux ans.
Periplaneta americana : longue de 30 à 40 mm, de couleur brune ;
les deux sexes sont ailés. C’est une espèce cosmo tropicale, mais
répandue aussi dans certaines régions subtropicales et même
tempérées : elle fréquente surtout les maisons, les restaurants, les
entrepôts, les boulangeries, les égouts ainsi que les navires.
Parmi les autres espèces importantes, Periplaneta australasiae,
Supella longipalpa, Pycnoscelus surinamensis, Leucophaea
maderae.
[Link]. ORDRE HEMYPTERA
Les punaises appartiennent à l'ordre des Hémiptères. Un grand
nombre sont suceurs de sève de végétaux (comme les pucerons)
ou prédateurs d'insectes. Deux familles présentent un intérêt
médical: les Cimicidae ou les punaises de lit et les Reduviidae. La
métamorphose est graduelle au cours du développement
comportant généralement cinq stades larvaires (hémimétabole). Au
repos l'appareil buccal, ou rostre, est rabattu ventralement.
[Link].1. FAMILLE DES CIMICIDAE
Espèces Seules deux des 91 espèces connues vivent en contact
étroit avec l'homme:
- Cimex lectularius: espèce cosmopolite.
- Cimex hemipterus (syn: [Link]): distribution limitéé aux
régions tropicales.
37
MORPHOLOGIE
Les punaises de lit sont de petite taille (4 à 6mm), munies de
petites ailes non fonctionnelles réduites à de petites écailles
Couleur: brunâtre.
Cimex lectularius
Ce sont des ectoparasites temporaires et
obligatoires de mammifères et d'oiseaux sans
spécificité trophique stricte. Les larves et les adultes
sont hématophages. Les espèces domestiques se réfugient dans
les matelas, les fissures de murs, et du mobilier, sous le papier
peint. Les oeufs sont pondus dans ces endroits de repos. Les oeufs
n'éclosent plus en dessous de l4°C. De nuit ou dans l'obscurité les
adultes et les larves sortent pour
piquer leur hôte; elles se nourrissent une fois par semaine lorsque
les conditions (températures élevée et hôtes présents) sont
optimales. Le repas dure entre 3 à 15 minutes. Chaque mue est
nécessairement précédée d'un repas. Leur durée de vie est de 9 à
18 mois.
IMPORTANCE MEDICALE
Les punaises de lit constituent une nuisance considérable. Leurs
piqûres entraînent des réactions allergiques graves chez des
personnes sensibles pouvant être à l'origine de réels désordres
nerveux ou digestifs. Leur rôle dans la transmission d'agents
pathogènes n'a pas pu être confirmé. Les maisons où elles
abondent ont une odeur caractéristique.
[Link].2. FAMILLE DES REDUVIIDAE
Seule la sous-famille des Triatominae comprend des espèces
hématophages. (Vinchuca, Kissing bug).
MORPHOLOGIE
Ce sont des punaises de grandes tailles de couleur brunâtre ou
noir souvent avec une ornementation rouge, jaune ou orange.
38
Espèces :
La plupart des espèces sont américaines. On
distingue trois genres importants:
- Panstronqylus:(de grande taille) [Link] au
Brésil vivent dans un biotope selvatique, péri-domestique,
associé avec des trous d'arbres et des mammifères nichant au
sol.
- Rhodnius : (petite taille). [Link] est à l'origine associé aux
mammifères et oiseaux nichant dans les palmiers.
L'infestation des maisons est assurée par l'usage des feuilles
de palmiers à la construction des toits. Il s'agit du vecteur
principal de Trypanosoma cruzi au Venezuela, Colombie et
certaine partie d'Amérique Centrale. Une espèce proche de
[Link], [Link], sévit au Sud de l'Amazonie (Brésil).
- Triatoma: [Link] connait une large distribution: Argentine,
Chili, Péru, Uruguay, Paraguay, Brésil, Bolivie. On peut la
retrouver en haute altitude (jusqu'à 3600m). Il s'agit d'un vecteur
redoutable de Trypanosoma cruzi. [Link] est un important
vecteur en Amérique Centrale.
BIOLOGIE
Les œufs sont pondus isolément dans les lieux de repos (10 à 20
par jour). Une femelle pond entre 100 et 600 œufs au cours de sa
vie adulte (3 à 12 mois) L'embryogenèse des œufs dure 10 jours à
2 mois (conditions défavorables). Le premier stade larvaire ne
mesure pas plus de 3mm; les ébauches d'ailes deviennent visibles
aux 4° et 5° stades. Les larves prennent un repas sanguin égale à
environ neuf fois leur poids corporel, les adultes 2 à 4 fois leur
poids. Un repas sanguin complet suffit à induire la mue, mais
comme ce repas peut prendre 20 à 30 minutes et qu'il sera
fréquemment dérangé par les mouvements de l'hôte, de multiples
repas seront nécessaires avant la mue. Une défécation à lieu après
la prise du repas pour éliminer le surplus de liquide. Un bon vecteur
défèque sur son hôte au moment de la piqûre. Ces excréments
contiennent également une phéromone volatile qui attire leurs
39
congénères. Les larves et les adultes vivent dans les crevasses
des habitations vétustes. C'est essentiellement de nuit qu'ils
quittent leur abri pour piquer l'homme ou les animaux. Les punaises
peuvent résister au jeûne durant plusieurs mois. Les adultes ailés
peuvent rechercher de nouveaux abris ou hôtes. Une migration
passive (transport, migration) joue un rôle important dans la
dissémination des espèces. Les triatomes vivent longtemps et leur
taux de reproduction est relativement lent comparativement à
d'autres insectes. Il y a deux générations par an, avec une densité
élevée d'adultes en été. Leur densité dépend du nombre d'hôtes
vertébrés présents dans leur environnement et non de la taille
d'une habitation par exemple. Une population de triatome en déclin
voit son état nutritionnel amélioré (diminution de la compétition pour
un hôte moins perturbé, et donc des repas plus complets), ce qui
permet un taux d'accroissement de la population (dynamique de
population).
IMPORTANCE MEDICALE
Les triatomes sont vecteurs de Trypanosoma cruzi, agent
pathogène de la maladie de Chagas. L'évolution du parasite est
postérograde chez l'insecte: les trypanosomes sont absorbés au
cours d'un repas sanguin sur un hôte vertébré, les formes
métacycliques infectantes se retrouvent dans les excréments 15 à
30 jours après le repas infectant. Il n'existe pas de membrane
péritrophique chez les triatomes. Un bon vecteur défèque sur son
hôte au moment de la piqûre. Les fèces restent infectantes après
dessiccations.
[Link]. ORDRE DES ANOPLURA
FAMILLE DES PEDICULIDAE
Elle regroupe à elle seule les ectoparasites permanents des
primates et donc de l'homme. Il s'agit d'insectes hemimétaboles.
Ce sont des insectes aplatis dorso-ventralement la tête porte des
antennes recourbées. Les pièces buccales sont piqueuses Le
thorax est d’une seule pièce Chez l'homme on rencontre deux
genres:
- le genre Pediculus avec ces deux formes [Link]
humanus (poux du corps) et [Link] capitis (poux de la tête).
- le genre Phthirus avec une seule espèce Phthirus pubis ou le
morpion (papillon d'amour, crab lice).
40
MORPHOLOGIE
Pediculus humanus
Adultes: [Link] humanus est légèrement plus grand que
[Link] (en moyenne mâle 3,25 mm, femelle 3,8 mm et 2,8 et
3.2 respectivement). La différence principale réside dans leur
localisation: les poux de la tête vie dans les cheveux, les poux du
corps vie essentiellement sur les sous-vêtements proches de la
peau. La segmentation du thorax est peu prononcée. Les pattes
sont munies d'une pince formée par une griffe mobile sur le tarse
unique et un éperon sur la face interne du tibia. Les mâles
présentent des bandes transversales sombres sur la face dorsale
de l'abdomen, l'extrémité de l'abdomen est légèrement arrondie.
Les femelles sont plus claires, l'extrémité de l'abdomen est munie
de deux lobes latéraux. Œuf: Plus ou moins ovalaire (0,8mm), l'œuf
ou la lente est fixé à sa base et latéralement d’un cheveu par un
cément. Le pôle supérieur présente un opercule à tubercules munis
de 2 pores permettant la respiration de l'embryon.
Larve: la morphologie est similaire à celle de l'adulte.
Pediculus humanus
Phtirus pubis:
Il mesure 1,5 à 2. mm. Il est caractéristique par son large thorax et
les griffes fortement développer sur les paires de pattes 2 et 3. Son
abdomen est court. On le rencontre sur les poils du pubis.
BIOLOGIE
Les poux sont des ectoparasites obligatoires et
permanents. Les trois espèces mentionnées sont
strictement inféodées à l'homme. Ces parasites sont
cosmopolites. Les adultes, mâles et femelles ainsi que les larves
sont hématophages. Les stylets des pièces buccales sont
rétractiles et sont invisible au repos. Ces stylets blessent les
41
capillaires sanguins, et après injection de la salive. Les poux
absorbent le sang par la bouche et non par les stylets. Ils sont très
sensibles au jeûne et se nourrissent en moyenne 2 à 3 fois par jour.
Il n'y a donc pas de cycle gonotrophique chez la femelle. La femelle
pond habituellement 200 à 300 oeufs au cours de sa vie. Les lentes
sont fixées à la base des cheveux ([Link]), aux poils ou aux
fibres des vêtements ([Link]). L'incubation de l'oeuf est
d'environ une semaine à 35°C. Trois stades larvaires se succèdent
(8 à 12 jours). La vie adulte est estimée de 30 à 40 jours.
Phthirus pubis pond une trentaine œufs durant sa durée de vie
adulte (1mois). La température et l'humidité relative doivent être
stables pour assurer le bon déroulement du cycle biologique.
Privés de leurs hôtes, ils ne survivent que quelques jours. La
contamination se fait par contacts étroits (écoles. camps de
réfugiés, promiscuité etc.), par contacts sexuels dans le cas de
Phthirus pubis.
IMPORTANCE MEDICALE
La pédiculose
La pédiculose de la tête est fréquente chez les enfants en âge
scolaire même dans des conditions d'hygiène stricte. On les
retrouve généralement derrière les oreilles, sur la nuque, plus
rarement sur corps (infestation grave). Le prurit ainsi causé
entraîne des lésions de grattage, des surinfections, de l'impétigo,
de l'adénopathie cervicale. La pédiculose du corps est liée à une
diminution des conditions d'hygiène. Les poux sont localisés au
niveau des emmanchures, encolure, ceinture, sous-vêtements. Ils
sont en contact avec la peau essentiellement au moment des
repas. L'impétigo est fréquent et en cas d'infestation persistante
des taches brunes apparaissent sur tout le corps ("mélanodermie
du vagabond")
La phtiriase
Le prurit est surtout nocturne provoquant de l’eczéma. Les
morpions sont localisés dans la région pubienne, plus rarement au
niveau des cils, de la barbe, aux niveaux des aisselles. Ils ne sont
jamais très nombreux.
Le typhus à poux ou typhus exanthématique dont l'agent
pathogène est Rickettsia prowazeki. Le pou ingère les rickettsies
sur un homme infecté, généralement durant les dix premiers jours
42
de la maladie. Une autre rickettsiose, la fièvre des tranchées
(Rochalimaea quintana) est transmise de manière similaire au
typhus exanthématique par les poux.
[Link]. ORDRE DES DIPTERES
Cet ordre est de loin le plus important au plan de la médecine
humaine et vétérinaire. il s'agit d'insectes holométaboles. Les
adultes n'ont qu’une paire d'ailes (antérieures). La deuxième paire
d'ailes est transformée en balanciers (ou haltères) et sert d'organe
d'équilibre pendant le vol. Les larves sont tous apodes, certaines
larves possèdent des pseudopodes.
[Link].1. SOUS-ORDRE DES NEMATOCERES
Antennes de plus de 8 articles. Parmi les nématocères
hématophages, seules les femelles se nourrissent de sang. Les
larves sont eucéphales (capsule céphalique bien développée).
les nymphes ont un céphalothorax et un abdomen; l'adulte quitte
l'exuvie par une fente rectiligne situé sur la région dorsale du
céphalothorax (orthorrhaphes). Quatre familles sont importantes
au point de vue médical: les Culicidae, les Simuliidae, les
Ceratopogonidae et les Phlebotomidae
[Link].1.1. FAMILLE DES CULICIDAE
Les moustiques constituent le groupe de vecteurs le plus important
en Médecine humaine. Ils transmettent le paludisme, des filarioses
lymphatiques, des arboviroses (Arthropod Borne virus) tels que la
fièvre jaune, la dengue, de nombreuses encéphalites arbovirales).
De nombreuses espèces, n'intervenant pas dans la transmission
d'agents pathogènes, constituent également une nuisance
considérable.
On distingue 4 stades larvaires aquatiques successifs, séparés par
des mues. La dernière mue transforme la larve du 4ème stade en
nymphe mobile. L'insecte subit alors de profondes transformations
morphologiques et physiologiques permettant une adaptation à un
environnement aérien. L'émergence de l'adulte dure environ 15
minutes (phase critique: prédateurs)
MORPHOLOGIE
1. ADULTES ou IMAGOS
Morphologie générale d’un moustique
43
Grandeur : 4 à 6 mm de long parfois plus petit (2 à 3 mm) ou
plus grand (10 mm).
Tête: yeux composés, absence d'ocelles. Les antennes (15 à 16
segments). Chez les femelles, les antennes sont munies de soies
courtes, les soies sont longues (plumeuses) chez les mâles, à
l'exception de quelques espèces ne présentant pas d'intérêt
médical. Proboscis : 6 stylets vulnérants: 2 mandibules dentées, 2
maxilles dentées, l'hypopharynx contenant le canal salivaire et le
labre, acéré en biseau à l'extrémité. Cette dernière pièce en forme
de gouttière forme le canal alimentaire. Ces pièces sont
enveloppées au repos dans la lèvre inférieure ou labium muni à son
extrémité de labelles. Au moment de la prise du repas sanguin les
labelles sont en contact avec la peau, les stylets pénètrent dans le
tégument, et le labium se courbe vers l'arrière.
Thorax: le mesothorax est très grand, avec un, prolongement
dorsal, le scutellum. Le mesothorax est muni d'une paire d'ailes et
d’une paire de stigmates. Le métathorax porte une paire de
stigmates et une paire de balanciers.
Abdomen : 10 segments dont 8 visibles, genitalia
Anophelinae Culicinae
Imago
Trompe et palpes
Œufs
Larves
Nymphes
Anopheles Aedes Culex Mansonia
2. STADES PRElMAGINAUX
Les œufs: sont pondus isolément (Anophèles Aèdes) ou par amas,
(Culex, Mansonia) à la surface de l'eau ou fixés à un support
(Mansonia). 100 à 400 oeufs par ponte.
44
les larves: encéphales aquatiques; respiration métapneumtique
(une paire de stigmates à l'extrémité de l'abdomen) à la surface de
l'eau. Certaines espèces appartenant aux genres Mansonia,
Ficalbia, puisent l'oxygène par un siphon modifié dans les racines
ou tiges de certaines plantes (Pistia, Salvinia ...) Les pièces
buccales sont broyeuses. La nourriture (plancton) est amenée à la
bouche par un brassage continu des brosses buccales. Certaines
espèces sont carnivores (Toxorynchites, Culex tiqripes). Les
nymphes: elles ont la forme de grosses virgules. Propneustiques
(respiration par les stigmates du thorax): deux trompettes
respiratoires sont en contact avec la surface de l'eau. Ici aussi les
nymphes de Mansonia, Aedomyia et Ficalbia sont fixées par les
trompettes aux plantes aquatiques.
Les nymphes sont mobiles mais ne se nourrissent plus (elles sont
moins sensibles aux insecticides)
BIOLOGIE
Les mâles ne sont pas hématophages et se nourrissent de sucs
d'origine végétale. Leur longévité est relativement faible. Les
femelles, une fois fécondées, conservent les spermatozoïdes dans
leur(s) spermathèque(s).
Comportement trophique
Elles se nourrissent essentiellement de sang (à l'exception des
Toxorhynchites) principalement pour assurer la maturation des
oeufs. En général, chaque prise de .repas sanguin est suivie d'une
ponte dans les 2 à 3 jours qui suivent (cycle qonotrophique).
Après chaque ponte le moustique retrouvera un nouvel hôte, soit le
jour même (cycle de 2 jours), soit le lendemain (cycle de 3jours). Il
peut y avoir dissociation qonotrophique au début de la vie
imaginale (2 repas sanguins nécessaires avant là première ponte)
ou durant des saisons moins favorables à la reproduction (saison
sèche, hiver). Les femelles sont attirées par différents stimuli
dégagés par l'hôte: C02, sueur. La taille de l'hôte joue également
un rôle. Ainsi on a observé que les Anopheles piquaient trois fois
moins un enfant qu'un adulte.
Les préférences trophiques varient suivant les espèces de
moustiques et la disponibilité d'hôtes. Les moustiques zoophiles se
nourrissent exclusivement sur des animaux et les moustiques
anthropophiles se nourrissant sur homme, mais pas
45
exclusivement. Suivant le lieu de la prise du repas sanguin on peut
distinguer des moustiques endophage (piquant à l'intérieur des
habitations) et des moustiques exophaqes (piquant à l'extérieur
des habitations). L'étude du comportement trophique permet
d'estimer le contact homme vecteur.
Comportement au repos
Suivant le lieu de repos après la prise du repas sanguin on
distingue des moustiques endophiles, ceux qui une fois gorgés
restent à l'intérieur des habitations (faune résiduelle), et des
individus exophiles ceux qui se reposent à l'extérieur des
habitations. On tiendra compte du comportement au repos des
moustiques adultes lors d'une planification de lutte antivectorielle
(pulvérisations intra domiciliaires: moustiques endophiles;
pulvérisations à l'extérieur: moustique exophiles).
Ces comportements peuvent être déterminés génétiquement, du
moins partiellement, au sein d'une même espèce ou même au sein
d'une population d'espèce. D'autre part le type d'habitation module
le comportement au repos et le degré d'anthropophilie est modulé
par la présence d'hôtes alternatifs.
Longévité
La longévité des femelles est très variable. Le taux de survie d'une
population sera essentiellement fonction des saisons, de la
disponibilité en gîtes larvaires. Quelques individus peuvent survivre
plusieurs mois à l'état quiescent durant les saisons moins
favorables à leur développement (hiver, saison sèche). La longévité
déterminera le nombre de repas sanguins, et donc le risque de
pouvoir transmettre un agent pathogène.
Dispersion
La dispersion active des moustiques adultes est réduite (moins de
2Km) et généralement ils ne s'éloignent pas trop de leur lieu de
reproduction (max. 2km). Une dispersion passive est assurée par
vents et moyens de transport
Rythme d'activité
L'activité des moustiques est avant tout conditionnée par des
facteurs climatiques. Dans les régions équatoriales avec faibles
fluctuations saisonniéres, l'activité sera continue. Dans les régions
à climat tropical, l'activité sera généralement plus intense en saison
des pluies. Il existe cependant des espèces qui prédominent en
46
saison sèche. Dans les régions à climat tempéré l'activité est
réduite, voir arrêté en hiver.
La survie de l'espèce durant la saison climatologiquement
défavorable est effectuée différemment suivant les espèces.
Le rythme d'agressivité quotidien varie suivant les espèces avec
des pics nocturnes, crépusculaires etc. Les anophèles piquent
généralement la nuit, alors que les Aedes sont diurnes.
A) Sous-famille des Culicinae
Les adultes: abdomen recouvert d'écailles, palpes courts chez les
femelles, longs chez les mâles (sauf chez Heamoqoqus), non
renflés au bout: scutellum trilobé; 1 ou 3 spermathèques.
Position au repos: parallèle au support.
Les larves: siphon respiratoire présent.
Les Culicinae comportent 29 genres, les principaux sont: Aèdes,
Mansonia, Culex, Heamagogus,
1. Genre Culex
Genre cosmopolite, environ 800 espèces dont certaines sont
vecteurs de la filaire de Bancroft, et des virus à encéphalite-...
Moustiques généralement de couleur terne, brunâtres, sans dessin
ou tâches particulières.
Les oeufs: ponte formant un radeau flottant à la surface de l'eau.
Gîtes larvaires: variés: mares permanentes ou temporaires, terrains
inondés, plus rarement les creux d'arbres ou les axiles de feuilles
engainantes. Siphon des larves généralement mince et long.
Culex du groupe pipiens: Gîtes domestiques (récipients d'eau,
pneus), particulièrement abondant en milieu urbain, dans polluées
(puisards d'eaux usées, fosses d'aisance).
Moustlques à comportement nocturne, très endophile, et
anthropophile.
[Link] en région tropical (vecteur de la filariose de
Bancroft).
[Link], [Link], [Link], etc. sont vecteurs
d'arboviroses.
2. Genre Mansonia
Moustiques de taille moyenne souvent de teinte jaunâtre ou fauve.
Les ailes sont recouvertes de larges écailles. Moustiques souvent
d'aspect finement tacheté ou moucheté. Les femelles sont
47
agressives de jour comme de nuit, essentiellement exophiles, mais
l'endophilie n'est pas rare. Les piqûres sont très prurigineuses.
Les larves et les nymphes vivent dans les mares, étangs,
marécages encombrés de végétation aquatique. Elles respirent l'air
qui se trouve dans les plantes aquatiques (Pistia) à l'aide de leur
siphon (larve) et trompettes (nymphes). Les stades pré imaginaux
ne remontent donc pas à la surface de l'eau.
Ils sont Vecteurs d'arboviroses et de filaires ([Link],
[Link]).
3. Genre Aedes
Adultes: généralement sombres, noirâtres avec des écailles blanc
argentées. Diurnes, généralement activité crépusculaire, et
exophile. Les oeufs pondus isolément résistent à la dessiccation.
Biologie variable suivant les espèces:
Aedes aeqypti: présence sur le mésonotum d'un dessin argenté en
forme de lyre. Espèce domestique (pneus, récipients de stockage
d'eau, boîte à conserve), très anthropophile. Il existe également
des formes selvatiques. Distribution: pantropicale.
En Afrique:
Aedes vittatus: larves se développent dans des creux de rochers
(climat chaud et sec)
Aedes simpsoni: larves: aisselles de feuilles engainantes
(bananiers). Anthropophile en Afrique de l'Est et Afrique Centrale,
zoophile en Afrique de l'Ouest. Aedes africanus: larves: creux des
arbres. Adulte: canopée en milieu forestier. . Aedes lutéocephalus:
Galeries forestières en savanes.
Les Aedes sont d'excellents vecteurs d'arboviroses ainsi que des
vecteurs de filariose lymphatique dans certaines régions.
Une espèce venue de l’Asie Aedes albopictus connait une
expansion mondiale
En rapport avec la transmission de la fièvre jaune, il existe 3 cycles
de transmissions de la fièvre jaune par Aedes en fonction du
biotope :
Un cycle selvatique assuré par [Link] et [Link] (transmission
de singe à singe dans la canopée)
Un cycle rural par [Link] (transmission de singe à homme
dans les plantations
Un cycle urbain par A. aegypti, qui assure la transmission
d’homme à homme dans les villes
48
La Classification des aèdes connait un grand remaniement la
majorité des espèces vectrices des virus sont regroupés dans
le genre stegomya. Stegomya aegypti (Aedes aegypti)
Stegomya albopicta( Aedes albopictus) Stegomya africana,
Stegomya lutéocephala
4. Genre Toxorynchites
Imaqo: trompe longue et recourbée vers le bas; palpes courts chez
les femelles; moustiques de grande taille aux couleurs souvent
métalliques, avec des touffes d'écailles de couleur orange ou rouge
sur certains segments abdominaux.
Larve: siphon présent dépourvu de peigne, de couleur rouge foncé.
Bio-écologie: la ponte est effectuée par la femelle en vol, qui
projette ses oeufs un à un dans le gîte larvaire: creux d'arbre, tige
de bambou, gaine de plantes. Les larves prédatrices se nourrissent
le plus souvent de larves d'autres moustiques
Elles dévorent en moyenne 10 à 20 larves par jour. Elles
constituent des agents potentiels de lutte biologique contre les
larves de moustiques (facilité d'élevage). Les adultes ne sont pas
hématophages.
B) Sous-famille des Anophelinae
Un seul genre: Anopheles.
Les adultes: se distinguent des Culicinae par les palpes aussi longs
que le proboscis chez les femelles. Le scutellum est simple. Les
ailes présentent de nombreuses aires d'écailles claires et sombres
dont l'arrangement, sur le rebord costal et sur les autres nervures,
est très utilisé en systématique. La position au repos: oblique par
rapport au support (à l’exception de
[Link]).
L'accouplement est précédé par la formation d'essaim de mâles au
crépuscule. La copulation à lieu en vol. L'oviposition a
généralement lieu la nuit. Les anophèles sont surtout agressifs
durant la nuit.
Les oeufs sont pondus un à un. Ils flottent à la surface de l'eau à
l'aide de flotteurs latéraux. Ils sont peu résistants à la dessiccation,
à la chaleur, ou au froid. L'éclosion a lieu après 2 ou 3 jours. Les
oeufs de certaines espèces peuvent rester à l'état quiescent (16
jours ou plus) lorsqu'ils sont pondus sur boue humide.
49
Les larves, au repos, sont parallèles à la surface de l'eau, elles
adhèrent à la surface de l'eau par des soies palmées
Situées sur la face ventrale de l'abdomen. La respiration se fait par
deux stigmates situés à l'extrémité postérieure de l’abdomen (8
ième segment; absence de siphon). La larve se nourrit de micro-
organismes à la surface de l'eau, la tête effectuant une rotation de
180.
Les gîtes larvaires sont presque toujours dans des collections
d'eau calme (les larves sans siphon se noient. dans les eaux
agitées): mares permanentes ou temporaires, anses de rivières,
bords de lacs, empreintes de pas. Les réseaux d'irrigation
constituent souvent des gîtes favorables. Quelques rares espèces
colonisent de petits gîtes comme des creux d'arbre (An. plumbeus
en Europe) ou des récipients de stockage d'eau à usage
domestique (An. stephensi en Inde).
Divers facteurs écologiques plus ou moins interdépendants
influencent l'oviposition et le développement larvaire dont la
végétation, la faune prédatrice et les parasites, turbulence de l'eau,
ensoleillement et ombre, la température, la tension de surface, le
PH, la salinité,la pollution, les éléments nutritifs:
Les anophèles sont des vecteurs des filarioses lymphatiques
([Link]), des viroses mais surtout du paludisme dans plusieurs
parties du monde
En Rdc on compte plusieurs espèces d’anophèles dont les plus
importants comme vecteurs sont : Anopheles gambiae sl,
[Link], [Link], [Link], [Link]. [Link], A.
pharoensis….
Anopheles gambiae s.l est un moustique très performant dans la
transmission du paludisme par sa longévité, ses habitudes
(endophagie,endophilie et anthropophilie), son choix varié des gîtes
de reproduction et il est très répandu en RDC
[Link].2. FAMILLE DES PHLEBOTOMES
Les phlébotomes sont vecteurs des leishmanioses, de la
bartonellose. Ils interviennent également dans la transmission
d'arboviroses.
Morphologie
50
Adulte: taille petite (1 à 4 mm), couleur pâle jaunâtre, grisâtre,
brunâtre), aspect bossu, fragile. Corps et ailes densément velus,
couverts d'écailles. Antennes semblables dans les deux sexes,
formées de 16 articles, les segments 3 à 15 portant des épines
géniculées (ascoïdes). Les pièces buccales forment un proboscis
court. L’armature interne du pharynx (cibarium) est utilisée en
systématique. Les pattes sont longues et grêles. Les ailes sont de
formes ogivales et relevées au repos. Les organes génitaux sont
très développés chez les mâles (coxites et styles).
Œuf : taille : 300 à 400 mm, ornementé de fines granulations
irrégulières délimitant des polygones.
Larve: vermiforme, eucéphale, pièces buccales broyeuses,
dépourvues de yeux. Le 4e stade mesure environ 8 mm, la larve au
premier stade possède 2 soies caudales, et 4 soies aux stades
suivants. La larve ressemble à une petite chenille, clic est
dépourvue d' yeux.
Nymphes: comprend un céphalothorax, puis un abdomen cachés
partiellement dans la dépouille de la larve servant de support, ce
qui permet à la nymphe de se redresser.
Imago
Œuf
Larve
Nymphe
BIOLOGIE
Les oeufs sont pondus isolément par les femelles. Une
température et un degré d'humidité appropriés sont nécessaires à
la survie et au développement des oeufs. L'incubation est de
l'ordre de 4 à 17 jours.
La larve est terricole sédentaire, saprophage, phytophage,
lucifuge, hygrophile. Les gîtes larvaires sont variables suivant les
espèces: terriers de petits mammifères, termitières, fissures dans
51
les murs, au sol des habitations ou étables, nids d'oiseaux, creux
d'arbres, etc. Tous ces gîtes ont en commun un micro habitat à
l’abri des courants d'air et de la lumière, où l'humidité est constante
et élevée. Les larves ne sont pas aquatiques mais sont capable de
résister à l'immersion durant quelques jours. Il existe 4 stades
larvaires
La nymphe, est redressée par son extrémité postérieure facilitant
ainsi l'émergescence de l'adulte. Elle ne se nourrit plus. La durée
du développement pré imaginale sera variable suivant les
conditions climatologiques (repos hivernal en pays tempéré): 20 à
75 jours dont 6 à 15 jours pour le seul stade nymphal.
Les stades pré imaginaux sont difficiles à observer dans la nature.
Les adultes s'éloignent guère de leur gîte larvaire et de leurs hôtes
(dispersion: rarement plus d'un l km). Les deux sexes se
nourrissent de sucs "végétaux, seules les femelles sont
hématophages (pool-feeders). L'activité des phlébotomes est
crépusculaire ou nocturne. Dans la forêt ils peuvent piquer de
jour. La prise d'un repas sanguin est suivie d'une ponte
(concordance gonotrophique: 3 à 10 jours). L'autogenèse
(développement des oeufs en absence en repas sanguin) est
cependant possible auprès de quelques rares espèces.
Préférence trophique: rarement stricte. Il faut faire la distinction
entre espèces (péri domestiques vivant à proximité des habitations
humaines et les espèces sauvages se nourrissant sur vertébrés
selvatiques (animaux sauvages). Certaines espèces sont
endophages (Lutzomya longipalpalis en Amérique latine,
phlebotomus papatasi dans le bassin méditerranéen), la majorité
est exophage.
IMPORTANCE MEDICALE
1. LEISHMANIOSES:
Cycles: Les parasites ingérés, sous forme amastigote, arrivent
dans l'intestin moyen où ils transforment en promastigote flagellés
et se multiplient. Ils regagnent ensuite l'oesophage et pharynx et
finalement les pièces buccales lors de la piqûre.
La durée du cycle chez le vecteur varie entre 4 et 10 jours selon la
température. Les phlébotomes infectés ont des difficultés à prendre
leur repas sanguin ce qui peut être un facteur de multiplication des
piqûres et donc un facteur de majoration de la transmission. La
52
capacité de transmission d'un phlébotome dépendra de l'espèce,
de son degré d'anthropophilie, de son espérance de vie.
Vecteurs: deux genres sont importants (ancien monde
phlebotomus, nouveau monde Lutzomyia
- Principaux vecteurs: [Link], L. intermedia, [Link]
- Réservoirs: paresseux, opossum et une variété de rongeurs.
- Contrôle: éloigner les paresseux et les opossums des régions
habités. Traitements intra domiciliaires si l'espèce vectrice est
endophage
2.
BARTONELLOSE ou maladie de Carrion
Agent pathogène : Bartonella bacilliiformis
Répartition : vallée sèches d’altitude (500 à 3000m) du versant des
Andes ( Perou, Equateur, Colombie). Principal vecteur : Lu.
Verrucarum
3. Arboviroses :
-fièvre à papatasi, virus de Naples et Sicile
[Link].3. Famille des SIMULIIDAE (Simulies, blackflies)
Les simulies sont des diptères nématocères appartenant à la
famille des simuliidae.
MORPHOLOGIE
Adules : ils ressemblent à des moucherons ( 1 à 6 mm), d’aspect trapu et bossu
Les yeux sont gros, séparés par un front chez la femelle, contigus
chez le male. Les antennes comportent 9 à 12 articles.
Femelle Male
53
Les pièces buccales sont courtes et perforantes chez la femelle. Le
thorax est très développé. Les ailes sont larges avec une nervation
très caractéristique.
Œufs
De petites tailles (0,1 à 0,5 mm) plus ou moins triangulaires, ils sont
pondus en amas gélatineux.
Larves
Elles sont cylindriques et renflées en massue dans la partie
postérieure. La capsule céphalique est bien différenciée (larve
eucéphale), les pièces buccales broyeuses, sont entourées de
deux brosses prémandibulaires capable de se déplier et de se
replier en éventail. Le thorax porte un pseudopode muni de
crochets et situé ventralement. L’extrémité postérieure de la larve
est garnie de couronne de petits crochets permettant la fixation de
la larve.
Nymphes : elles sont fixées dans un cocon de
soie qui a généralement la forme d’une
babouche. Immobiles, elles respirent à l’aide
d’une paire de branchies filamenteuses.
Nymphes de simulies
BIOLOGIE
Les stades pré imaginaux se rencontrent dans les eaux courantes
(insectes rhéophiles) généralement bien oxygénées. La rapidité du
courant, la charge en matière organique déterminera la présence
d’une espèce plutôt qu’une autre. La nature des gîtes peut être
naturelle (accidents de terrain : cascade, rétrécissement du lit,etc)
ou artificielle ( au niveau des radiers, ruines de ponts, ponts,
barrages, etc)
Les œufs sont pondus en amas gélatineux sur un support
partiellement immergé. Les larves vivent, généralement. Les larves
vivent, généralement en grand nombre, fixées sur différents
54
supports immergés (feuilles, rochers, branches, [Link] sur
crabes etc).
La fixation est assurée par les crochets postérieurs et des fils de
soies secrétés par les glandes séricigènes.
La larve se déplace sur son support en s’agrippant tour à tour avec
ses crochets postérieurs et son pseudopode ventral, sa démarche
ressemble à celle d’une chenille arpenteuse. En cas d’un
décrochage accidentel, elle reste amarrée à son support initial par
un fil de soie. Elle peut ainsi remonter le courant à se tirant le long
du fil.
Le développement larvaire est de 4 à 12 jours sous les tropiques et
comporte 6 à 8 stades successifs suivant les espèces. A l’aide de
leurs soies prémandibulaires elles filtrent les particules, le plancton
charrié par le courant. A la fin de son développement la larve se
transforme en prénymphe. Celle-ci tissera un cocon à laide de ses
glandes séricigènes. A ce stade elle ne se nourrit plus. L’ouverture
du cocon, d’où sorte les filaments respiratoires, elle est dirigée
vers l’aval. Après 2 à 10 jours, l’imago est propulsé à la surface par
une bulle d’air. L’éclosion a lieu ce jour.
Mâles et femelles se nourrissent de nectar de fleurs pour satisfaire
leur besoin en glucides. Seules les femelles sont hématophages.
Certaines espèces sont exclusivement zoophiles (oiseaux,
mammifères), d’autres sont anthropophiles mais jamais
exclusivement. Elles répèrent leur hôte à la vue, piquent de jour
(diurne) toujours à l’extérieur des habitations (exophages). La
piqûre des simulies est particulière ( telmophage ou poolfeeder) :
avec leur courtes pièces buccales vulnérantes elles dilacèrent les
tissus sous cutanés et les capillaires créant ainsi un
microhématome, dans lequel elles injectent leur salive avant de
sucer le sang. Le lieu de la prise de repas sanguin peut être fort
éloigné du gîte larvaire. Dans de bonnes conditions, chaque repas
est suivi d’une ponte (cycle gonotrophique).
55
Les lieux de repos après le repas sont mal connus, mais sont
toujours à l’extérieur des habitations (exophiles). Ces insectes sont
capables d’effectuer de très longs déplacements soit activement
soit passivement par les vents dominants.
IMPORTANCE MEDICALE
Vecteurs de l’onchocercose
Onchocerca volvulus est un ver responsable de la cécité des
rivières.
En Afrique, l’aire d’endémicité se situe entre le 15è parallèle Nord
et le 14è parallèle Sud . les foyers les plus importants et les plus
graves se situent dans la zone soudano-guinéenne de l’Afrique de
l’Ouest. Des foyers importants sont également identifiés au Nigeria
, Cameroun , Tchad. Les foyers au Sud de l’équateur sont de tailles
plus réduites mais néanmoins importantes par la gravité des cas.
En Afrique les espèces vectrices appartiennent au complexe
Simulium damnosum comportant 28 cytotypes différents connus.
En Afrique centrale et de l’Est [Link] et [Link] sont
localement des vecteurs efficaces.
En RDC, il existe plusieurs foyers importants dans le Bas-Congo
(Inga, Kimpese), Kasaï ( Lusambo, Kananga), Equateur (Nord
Ubangi, Tshuapa), Province Orientale(Tshopo,Uelé),
En Amérique latine, les principaux vecteurs sont [Link], S.
metallicum, S. exiguum dans les foyers bien délimités et de tailles
réduites : Mexique, Colombie ; Venezuela, Nord du Brésil.
Le cycle : la simulie s’infecte par une personne présentant des
microfilaires dans le derme. Au moment de la piqûre le jus
dermique et donc les microfilaires se mélangent au sang. Les
microfilaires ingérées avec le sang vont en grande partie être
digérées (phénomène de limitation). Seules les microfilaires
ayant échappé à l’emprisonnement par la membrane péritrophique
continueront leur développement. Ces dernières traversent la paroi
stomacale et iront rejoindre les muscles thoraciques. Après 2 mues
les larves deviendront infectantes, elles gagnent de préférence les
pièces buccales qu’elles quitteront par effraction au moment de la
piqûre. La durée du cycle est en moyenne de 7 jours. Tenant
compte du cycle gonotrophique (3 à 5 jours), une simulie ne pourra
transmettre le parasite qu’après le second repas suivant le repas
infecté.
56
Nuisance et allergie
La pullulation des simulies peut considérablement affecter les
communautés humaines et les animaux domestiques. La nuisance
due à ces insectes est considérable dans certaines régions du
monde et d’Afrique (RDC : Inga). La salive toxique des simulies
peut entraîner des réactions de type allergique (œdème) parfois
dangereuses pour l’homme mais le plus souvent pour le bétail qui
n’a pas l’occasion de fuir.
[Link]. SOUS-ORDRE BRACHYCERES ORTHORRHAPHES
MORPHOLOGIE GENERALE
Ce sont des mouches diptères dont l’adulte porte des Antennes
courtes moins longue que le thorax, généralement composées de 3
articles, le 3ème peut présenter des traces de segmentation. Les
larves sont hémicéphales (capsule céphalique peu développée); les
nymphes sont généralement libres. Ils sont orthorrhaphes.
Seule la famille des Tabanidae a une Importance médicale:
[Link].1 FAMILLE DES TABANIDAE
Les taons sont des diptères brachycères orthorraphes.
Morphologie
Adultes: 5 à 25mm. Yeux volumineux, jointifs chez les mâles,
séparés chez les femelles. Antennes caractéristiques: trois articles
dont le dernier est annelé.
Larve: vermiforme, hémicèphale (tête peu individualisée).
Nymphe: aspect de chrysalide (pupe de papillon) avec un
céphalothorax.
57
Chrysops
BIOLOGIE
Les oeufs sont pondus au sol dans un endroit humide. La vie
larvaire est lente avec 7 â 10 stades larvaires. En zone tempérée la
croissance est lente (2 à 3 ans), en zone tropicale elle dure environ
l an. Le dernier stade larvaire se transforme en nymphe qui ne se
nourrit plus. Seules les femelles adultes sont hématophages. Elles
piquent â l'extérieur des habitations (exophiles), bien que certaines
espèces puissent piquer occasionnellement à l'intérieur des
habitations (Chrysops silacea). Elles sont généralement actives de
jour (diurne). Elles sont thelmophages (pool-feeders). Les repas
sont volumineux et souvent interrompus. La détection de l'hôte est
visuelle et olfactive (C02).
IMPORTANCE MEDICALE
Les femelles du genre Chrysops sont vectrices de la filaire Loa-loa
dans l'aire de la grande forêt pluviale d'Afrique Centrale et
Occidentale. Les microfilaires de Loa-loa sont sanguicoles à
périodicité diurne. Le développement (3 stades larvaires) dans les
taons est dépendant de la température: â 30°C 6 à 7 jours à 20°C
30 à 40 jours. La durée de vie du vecteur est estimée à deux mois.
Les larves infectantes de loa sortent par effraction du labium du
taon au moment de la piqûre.
La filaire adulte peut vivre 15 ans chez l'homme. La loase est une
maladie cumulative (signes cliniques apparaissent après plusieurs
piqûres infectantes). Deux espèces sont importantes: Chrysops
silacea et [Link].
Les lieux de repos sont situés dans la canopée, elle descend de la
canopée attirer par l'activité humaine et surtout la fumée de bois.
Elles piquent dans des endroits ombragés, mais également souillé
d'urine, de fèces, mais seulement dans des endroits ombragés et
pas trop humide. Ponte occasionnelle sur le linge exposé en plein
air, jamais sur l'hôte. Les larves émergent après 1 à 3 jours et
peuvent survivre sans nourriture durant 9 jours (parfois 15 jours).
Les importants foyers sont situés dans les régions forestières
situées au sud-ouest du Cameroun, la forêt du Mayombe (Congo,),
région forestière de l'Uélé au nord de la RDC, le nord-ouest de
l'Angola, Cabinda, Gabon, RCA, Nigeria.
58
Nuisance et anémie : les tabanidés femelles piquent et sucent
beaucoup de sang. Ils peuvent constituer un sérieux problème pour
les éleveurs et le bétail.
Anthrax (Charbon) : l’agent causal est le Bacillus Anthracis. Il peut
être transmis avec les fèces de Tabanus striatus.
Tularémie : maladie causée par le bacille Francisella tulerensis et
transmise par la piqûre de Chrysops discalis sur les parties
découvertes du corps : nuque, face, bras et jambes.
Trypanosomiases animales : SURRA : due au Trypanosoma
evansi est une « Trypanozoonose » fatale pour les chevaux dans
certaines régions du Globe, le chiens et est très sérieuse pour les
chameaux. Plusieurs animaux domestques et sauvages
constituent le réservoir de parasites. La transmission est
mécanique et le transfert du parasite doit s’effectuer dans les 15
minutes qui suivent le repas infestant : les Trypanosomes ne
pouvant survivre plus de 30 heures dans le tractus digestif de
l’insecte.
[Link].3. SOUS ORDRE des BRACHYCERES
CYCLORRHAPHES
Ce sont des mouches dont les antennes sont courtes formées de 3
segments: l et 2 sont courts, 3 est élargi et porte dorsalement une
soie (arista). Les deux sexes sont soit suceurs, soit piqueurs-
suceurs. Les larves sont acéphales et le stade nymphal, immobile,
est toujours enclos dans un puparium (pupe). L'éclosion de l'adulte
se fait à l'aide d'un organe spécial situé sur la tête: le ptilinium qui
soulève la calotte circulaire de la pupe. Le ptilinium se rétracte
après l'éclosion.
[Link].3.1. FAMILLES DES SYRPHIDAE
Certaines larves des syrphidae peuvent provoquer des myases
et pseudomyases intestinales ou rectale lorsqu’elles sont avalées
avec l’eau de [Link] s’agit de Erastlis tenax
[Link].3.2. FAMILLES DE DROSOPHILIDAE
Ce sont de mouches de petite taille qui sont attirées par des
produits en fermentation
[Link].3..3. FAMILLE DES CALLIPHORIDAE
Les mouches de la famille des Calliphoridae se développent surtout
dans les dépôts d'ordures ménagères et dans la viande ou les
59
cadavres d'animaux. La plupart des adultes sont parés de couleurs
métalliques, bleu ou vert généralement. Leur cycle biologique est
rapide: les œufs éclosent en moins de 48 heures, les asticots se
développent en 3 à 9 jours, l'adulte est obtenu une vingtaine de
jours après la ponte de l'œuf; la durée de vie imaginale est
d'environ 35 jours. Certaines de ces mouches pénètrent à
l'occasion dans les maisons. Quelques Calliphoridae sont des
agents de myiases diverses notamment des plaies (Lucilia,
Cochliomyia, Cordylobia); d'autres sont d'actifs transporteurs
d'agents pathogènes. Les principales espèces appartiennent aux
genres Calliphora, Lucilia, Phormia, Phaenicia, Chrysomyia,
Pollenia. Cordylobia anthropophaqa (ver de Cayor, Tumbu-fly),
Distribution: Afrique tropicale.
Les oeufs sont pondus, par paquet de 200 à: 500, sur le sol, de
préférence souillé d’urine, de fèces, mais seulement dans des
endroits ombragés et pas trop humide. Ponte occasionnelle sur le
linge exposé en plein air, jamais sur l’hôte. Cordylobia rodhaini
décrit en RDC peut provoquer des myases chez l’homme
Auchmeromia luteola (ver des cases, Congo floor maggot")
Distribution : Afrique tropicale.
Les femelles pondent leurs oeufs au sol dans les habitations. Les
larves vivent dans les crevasses du sol des habitations ou sous les
nattes. La nuit elles quittent leur abri pour se gorger de sang sur les
dormeurs couchés au sol. Après le repas elles s'enfouissent à
nouveau dans le sol.
Prévention : utilisation des lits.
[Link].3.4. FAMILLE SARCOPHAGIDAE
Leur biologie est voisine de ceIle desCalliphoridae, bien qu'eIles
soient généralement larvipares et que les larves de beaucoup
d'entre eIles parasitent des invertébrés (insectes, mollusques...).
Deux genres sont importants: Sarcophaga et Wohlfahrtia.
[Link].3.4. FAMILLE DES OESTRIDAE
Ce sont de mouches velues et trapues provoquant des myases
Dermatobia hominis (ver macaque Human Bot-Fly) dont les larves
provoquent des myases pseudo furonculeuses.
Hypoderma bovis (Varron Warble-fly) : myases cutanées
rampantes
60
Les genres Oestrus et Gastrophilus provoquent raeement des
myases chez l’homme
[Link].3.4. FAMILLE DES MUSCIDAE
Cette famille comprend des mouches de taille variée et de couleur
généralement terne.
On les regroupe en : Muscidae suceurs et Muscidae piqueurs
Muscidae suceurs Le genre Musca est, de loin, le plus important à
considérer.
L'espèce principale, cosmopolite, est la mouche domestique,
Musca domestica... Le cycle de développement dure 10 jours à
30°C à 30 jours à 16°C; la vie de l'imago est d'environ trois
semaines. Le caractère prolifique de cet insecte est bien connu: la
descendance théorique d'une femelle (au moins 6 pontes de 120 à
150 œufs chacune) serait, quatre mois plus tard, de 191 x 1018
individus. Les larves se développent habituellement dans des
déjections de mammifères (chevaux, bovidés, porcs, homme
éventuellement) ou des volailles; elles se trouvent encore dans les
latrines, le fumier, les litières et les auges des animaux
domestiques, des collections d'eaux usées, ou encore dans les
cadavres, les matières végétales ou animales en décomposition ou
dans les dépôts d'ordures ménagères. La distance de vol des
mouches domestiques peut être considérable mais leur dispersion
est généralement de 1 à 3 km. Quant à la longévité des adultes,
elle est de l'ordre de 2 semaines à 2 mois. La nourriture des imagos
est surtout constituée par des substances humides ou des liquides
riches en sucres et en protéines (jus sucrés, lait, viandes,
excréments...) Avec les espèces du complexe sorbens, M.
domestica figure parmi les mouches les plus étroitement liées à
l'environnement humain.
IMPORTANCE MEDICALE
De nombreux micro-organismes pathogènes peuvent être ingérés
puis secondairement déposés avec les régurgitations ou les
déjections de ces mouches ou simplement transportés au niveau
des pièces buccales et des pattes. Ainsi peuvent être transportés
mécaniquement des virus (poliomyélite, coxsackie...) des
Chlamydiae (trachome), des bactéries (entérobactéries:
salmonelles, shigelles, vibrions..., streptocoques, staphylocoques,
bacilles de la tuberculose, de la lèpre, de la peste...), des
61
protozoaires (kystes d'amibes...) ou des helminthes (œufs
d'oxyures, d'ascaris, de trichocephales, d'ankylostomes, de ténias).
D'autres espèces du genre Musca doivent être mentionnées:
. Musca sorbens, très répandue en Afrique notamment, n'entre
pas dans les maisons, mais est attirée par l'homme et se pose en
très grand nombre autour des yeux surtout, mais aussi des narines,
de la bouche, ou sur les plaies. Elle serait responsable de la grande
fréquence, parmi les populations rurales, des conjonctivites, des
blépharites, d'ulcères cornéens, ainsi que, peut-être, des lésions
pianiques. Cette espèce fut trouvée porteuse de l'agent du
trachome, ainsi que de nombreuses bactéries, de protozoaires et
d'helminthes.
Il y a également [Link]
Les Muscinae comportent également d'autres genres dont
certaines espèces peuvent avoir une importance médicale tels que
- genre Muscina: en particulier M. stabulans cosmopolite;
- genre Hydrotaea: surtout H. meteorica et H. irritans, attirés par
les sécrétions nasales et oculaires; - genre Atherigona: A.
orientalis peut véhiculer des germes intestinaux;
Des espèces du genre Fannia (s-fam: Fanniinae), en particulier
Fannia canicularis et F. scalaris, cosmopolites, fréquentent, à l'état
adulte, l'habitation de l'homme; les œufs sont déposés sur des
excréments d'animaux ou des matières végétales en
décomposition; les larves, reconnaissables à leurs épines latérales
frangées, se développent dans les mêmes milieux; le cycle complet
demande de 15 à 30 jours. Ces espèces, ainsi que d'autres comme
peuvent être porteuses de bactéries pathogènes ou de nématodes
Muscidae piqueurs suceurs Stomoxys calcitrans
Ressemble à M. domestica à première vue. Elle a une trompe
piqueuse Les stomoxys sont appelées mouches d’étables. Elles
piquent principalement les animaux mais peuvent pénétrer dans les
habitations et piquer l’homme. Leur activité est diurne
Importance médicale Elles peuvent transmettre mécaniquement le
Bacillus anthracis agent de l’anthrax ou le charbon et la
trypanosomiase animale.
[Link].3.5 FAMILLE DES GLOSSINDAE
Les glossines ou mouches tsé-tsé sont des Diptères brachycères
orthorraphes. Elles sont exclusivement africaine è l'exception de
62
quelques rares espèces au Yémen. Elles sont absentes è
Madagascar.
Morphologie
Adultes: La taille varie entre 6 et 16mm, trompe non comprise; les
femelles sont plus grandes que les mâles. Elles sont de couleur
ternes (brunâtre, gris noirâtre, parfois jaune). Les mâles coïtes les
femelles disposent d'une trompe piqueuse présentant un bulbe è la
base. Les antennes et la formule alaire sont caractéristiques de la
famille. Au repos, les ailes se recouvrent complètement l'une sur
l'autre.
Femelle en ponte
Pupe
Adulte au repos
Pupe: la pupe ressemble è un petit tonnelet munit de deux petites
protubérances (lobes polypneustiques)
Biologie
Mâle et femelle sont hématophages. La femelle est en principe
fécondée une seule fois, généralement peu de temps après
l'éclosion et avant la prise du premier repas sanguin. Les
spermatozoïdes sont stockés dans les deux spermathèques de la
femelle. La glossine est vivipare. Elle pond un seul oeuf à la fois
dans l'utérus. Après éclosion la larve accomplit son développement
complet dans l'utérus où elle se nourrit par des glandes
lactéscentes. La gestation de la larve dure environ 8 à 12 jours. La
larviposition à lieu au sol, le plus souvent la femelle laisse tomber la
larve d'une branche ou autre support qui lui sert de lieux de repos
(endroits ombragés). La larve pénètre dans le sol (2 à 8 cm de
profondeur), parfois simplement en dessous des feuilles mortes. La
larve à ce stade dispose de deux lobes respiratoires, qui seront
maintenus lors de la transformation en pupe. La durée de ce stade
pupale varie entre 20 et 80 jours, selon la température, l'espèce, et
le sexe. La femelle dispose de deux ovarioles par ovaires. Le
63
temps entre deux ovulations est d'environ 10 jours. Le premier oeuf
est pondu à l'âge de 8 jours. Il faudra donc attendre en moyenne 20
jours après l'éclosion d'une femelle avant d'observer la première
larviposition, ensuite elle pourra produire environ tous les 10 jours
une seule larve. Dans la nature les avortements sont fréquents,
particulièrement durant la saison sèche. Les femelles vivent en
moyenne 2 à 3 mois, mais une durée de vie de 6 mois n’est
exceptionnelle.
Les glossines sont agressives de jour, plus rarement de nuit
(Austenia). Ils se dirigent sur leur hôte par la vue (couleur et
mouvement) et par l'odeur (C02, urine). Les adultes en moyenne
tous les 4 jours. Les femelles vivent en moyenne 2 à 3 mois, mais
une durée de vie de 6 mois n'est exceptionnelle. A l'intérieur de leur
habitat, les glossines n'ont pas une distribution uniforme. Elles sont
concentrées sur les surfaces où la végétation offre les conditions
microclimatiques favorables aussi bien à l'adulte qu'aux pupes et
où les hôtes sont nombreux. Il s'agit généralement d'écotones (effet
de lisière), c'est à dire une zone où deux biotopes se touchent.
Les lieux de repos sont différents de jour et de nuit. La
température, l'humidité relative, et l'ombre sont déterminants dans
le choix de l'endroit. De nuit elles se reposent sur les feuilles, de
jour elles se reposent plus près du sol sur des branches. Leur
terrain de chasse, et par conséquent leurs déplacements, est limité.
Une dispersion plus grande peut se produire particulièrement
durant la saison sèche. Une dispersion passive (homme) peut jouer
un rôle non négligeable dans l'extension des foyers de
trypanosomiase humaine ou animale.
Systématique
On distingue trois sous genres ou groupes d'espèces :
Sous genre Nemorhina - groupe PALPALIS
Sous genre Glossine ou groupe MORSITANS
Sous genre Austeina ou groupe FUSCA
Sous genre Nemorhina - groupe PALPALIS
64
Espèces riveraines, ou de forêts ombrophiles. Ce sont des
mouches hygrophiles Ils sont très flexible dans le choix de leur
hôte et trouvent dans des habitats colonisés par l'homme. Leur
importance médicale est par conséquent considérable.
- G. palpalis : est une espèce riveraine vivant dans des îlots
forestiers, galeries forestières. (Afrique de l'Ouest, et plus au Sud
en Afrique Centrale longeant les côtes de l'Atlantique)
- G. fuscipes: cuvette de la RDC
Ces deux espèces ainsi que leurs sous-espèces occupent des
aires de répartition différentes.
- [Link]: espèce riveraine des zones de savane ou de
(Afrique de l'Ouest à l'Ethiopie) - [Link] : zone à forêt
ombrophile, pistes forestières.
Sous genre Glossine ou groupe MORSITANS
Espèces de savane, forêt dégradée. Elles recherchent des lieux
suffisamment arborés qui leur procurent de repos. Elles se
nourrissent préférentiellement sur sauvages et le bétai1 Leur
importance vétérinaire considérable.
[Link] vit dans des régions plus humides, elle est a
végétation de transition dans les savanes guinéennes. et le,
régnèrent après l'abandon des cultures. Afrique de l'Ouest
(Sénégal, Nigeria), petits foyers au nord-ouest de la RDC,
Cameroun.
[Link] proche de [Link] en Afrique de l'Est.
[Link]: espèce de savane en Afrique de l'Est dans la
Victoria.
[Link] : espèce associée aux fourrés secondaires ou b~ fermes
abandonnées en Afrique de l'Est (Somalie all Mozambique)
Sous genre Austeina ou groupe FUSCA
Espèces de forêts denses, îlots forestiers. Elles vivent dans les
régions exploitées par l'homme.
IMPORTANCE MEDICALE
La trypanosomiase humaine africaine (THA)
Il existe deux types de THA:
65
- le type gambien sévit en Afrique de l'Ouest et en Afrique
Centrale avec Trypanosoma brucei qambiense. Le réservoir est
essentiellement humain, mais certains animaux domestiques
comme le porc peuvent être contaminés. Les vecteurs sont du
groupe palpalis ([Link], [Link], [Link])
- le type rhodésien avec [Link] présent en Afrique
de l'Est. Les grands mammifères (antilopes) constituent le
réservoir et l’homme s'infecte par intrusion dans le cycle
enzootique. L'infection évolue chez l'homme de manière
fulgurante. Les vecteurs appartiennent au groupe morsitans
([Link], [Link], [Link]).
Le cycle: les trypanosomes sont ingérés avec le sang pour arriver
dans le jabot. Le sang contaminé pénètre dans l'estomac, tapissé
par la membrane peritrophique, sac chitineux sécrété par le
proventricule. Les trypanosomes une fois ingérés par la mouche
perdent leur surface d'antigènes variables (= forme procyclique).
On les retrouve ensuite dans l'espace ectopéritrophique (entre la
paroi stomacale et la membrane peritrophique) où ils se multiplient
puis dans les glandes salivaires où les formes épimastigotes fixées
se divisent à nouveau. Finalement apparaissent les formes
métacycliques infectantes munies de leurs antigènes variables.
Capacité vectorielle intrinsèque des mouches.
La capacité pour une mouche de développer une infection au
niveau de l'estomac est indépendante de sa capacité à transformer
les trypanosomes de l’espace ectopéritrophique en métacycliques
au niveau des glandes salivaires. On peut ainsi avoir un lot de
mouches présentant de fortes infections stomacales sans jamais
observer une infection au niveau des glandes salivaires,
inversement de rares infections stomacales dans un lot peuvent
toutes évoluées vers une infection des glandes salivaires.
Des lectines peuvent inhibées la colonisation de l'estomac. A leur
tour ces lectines peuvent être inhibées par le D-glucosamine dans
des conditions expérimentales ou par les résidus résultant de
l'hydrolyse de la chitine par des rickettsies, symbiontes des
mouches. D'autre part certaines lectines de l'hémolymphe stimulent
la différentiation des trypanosomes de l'estomac en formes
métacycliques au niveau des glandes salivaires. Il semble
également que ce deuxième processus de différentiation soit sous
dépendance génétique.
[Link]. ORDRE SIPHONAPTERA Puces Fleas
66
Ce sont des ectoparasites obligatoires généralement intermittents
appartenant à l'ordre des Siphonaptères.
Seules les Tunqa sont des endoparasites. Ce sont des insectes
holométaboles
Morphologie
Ce sont des insectes généralement comprimés latéralement
et de taille réduite (0,8 à 6,5mm). Ils sont dépourvus d'ailes
mais ont une grande aptitude au saut grâce aux pattes
postérieures.
Puce adulte
Biologie
L'alimentation des adultes (mâles et femelles) est obligatoirement
hématophage, intermittente et à répétitions fréquentes sur des
animaux à sang chaud. Les puces ont rarement une spécificité
trophique stricte.
On parlera plutôt de spécificité écologique qui déterminera le choix
des hôtes vivant dans un même biotope. Ainsi les puces du chien
(Ctenocephalides canis) peuvent se retrouver sur un chat ou piquer
l'homme. D'autre part certaines puces de rongeurs peuvent être
transportées par des carnivores ou des oiseaux de proies. En
absence d'hôte préférentiel, les puces de rongeurs peuvent
s'attaquer à l'homme, certaines espèces avec grande facilité
(Xenopsylla
cheopis) d'autres plus difficilement (Nosopsyllus fasciatus).
La reproduction est permanente et fonction de l'alimentation, mais il
n'existe pas de cycle gonotrophique. 0Les œufs sont pondus
isolément au sol ou occasionnellement dans le pelage mais sans y
être fixés. La puce du chat peut pondre jusqu'à 25 oeufs par jour,
500 à 1000 œufs dans sa vie, Tunga penetrans plusieurs centaines
de milliers. L'embryogénèse dure moins d'une semaine.
Il Y a trois stades larvaires. Les larves fuient la lumière et sont
détriphages (squames, poils, déjections de puces constituées de
sang partiellement digéré). La larve du stade trois tissent un cocon
67
et s'y transforment en nymphe, stade immobile. Ce stade nymphale
dure 1 à 2 semaines. Les puces du chien quittent leur cocon que
lorsqu'ils détectent la présence d'un hôte par les vibrations au sol,
ceci jusqu'à un an après la nymphose.
La vitesse de développement, l'activité des puces et leur fécondité
sont étroitement lié à une température et un degré d'hygrométrie,
qui doivent être optimales (généralement 22° à 24°, et 80% HR).
Ces conditions sont généralement réunies sur leur hôte, et dans
des terriers où les écarts de températures et d'humidité sont
minimales. D'autre part elles sont capables à tous les stades de
leur développement de rentrer dans un état de quiescence ce qui
entraîne une grande variabilité du cycle biologique dont la durée
peut varier de 20 jours à 15 mois chez Pulex irritans, de 20 à 500
jours pour Ctenocephalides canis.
La masse de sang ingérée est considérable, le sang frais se
mélange au sang partiellement digéré. Des émissions annales de
sang permettent à certaines espèces de nourrir les larves
([Link]). Les puces peuvent survivre à une période de jeûne si
les conditions de température et d'humidité sont favorables, par
exemple au niveau d'un terrier (4 mois pour Pulex irritans, 2 mois
pour Ctenocephalides canis, l mois pour Xenopsylla cheopi s ) .
Les puces d’intérêt médical peuvent être regroupées comme suit
[Link]. LA FAMILLE DES TUNGIDAE
Tunqa penetrans: (puce-chique, Ang. Sand flea, Chigoe f1ea)
Originaire d'Amérique latine elle a été introduite en Afrique à partir
du 17 ième siècle, mais surtout au 19 et 20ième scièc1e. La
femelle fécondée pénètre dans le derme, habituellement au niveau
du pied à des endroits où la peau est fine. De taille réduite (lmm),
elle grossit rapidement. La puce est entièrement enveloppée par le
derme et seule une petite ouverture lui permet d'assurer l'excrétion
et la ponte. Les ulcérations sont fréquentes en cas d'infections
multiples pouvant conduire au tétanos et la gangrène. Parasite de
l'homme et du porc, on la retrouve également sur des rongeurs,
chats et chiens. Sa présence se manifeste par une démangeaison
plus ou moins douloureuse. Elle ouvre la voie à des infections
pyogènes ( stapylocoques, streptocoques…).
Tunga penetrans
68
[Link]. FAMILLE DES PULICIDAE
Pulex irritans: cette espèce domestique s'attaque à une grande
variété d'hôtes: porcs, chèvres, chiens, chats, renards, coyottes,
rongeurs. Cette espèce est la mieux adaptée à l'homme. Cette
puce humaine, autrefois absente en Afrique Centrale a pris une
place prépondérante. Son rôle vecteur de peste a été mis en doute,
mais il pourrait agir comme vecteur mécanique.
Pulex irritans
Femelle Male
Xenopsvlla cheopis: principal vecteur de la peste et du typhus
murin. Il est probablement originaire d'Egypte où ses hôtes
habituelles sont des rongeurs sauvages (Arvicanthis Ŕ grass rats,
et gerbilles). Sa dissémination à l'échelle planétaire s'est
essentiellement déroulée durant la deuxième moitié du 19ième
siècle par le transport maritime. Cette puce a pour hôte principal le
Rattus rattus (rat noir, rat des villes, roof rat), qu'elle quitte
facilement pour s'attaquer à l'homme.
Xenopsylla brasiliensis: originaire d'Afrique tropicale on la
retrouve au Brésil et en Inde. Parasite des rongeurs, c'est un
excellent vecteur de peste en milieu rural.
Xenopsvlla astia: moins domestique et moins bon vecteur que
[Link], on la retrouve en Arabie et en Iran jusqu'en Inde et
l'Asie du Sud Est.
Ctenocephalides canis et [Link]: sont les puces du chien et du
chat qui peuvent aisément s'attaquer à l'homme.
69
[Link]. FAMILLE DES CERATOPPHYLLIDAE
Nosopsyllus fasciatus: ectoparasite des rongeurs, il est surtout
présent dans les régions tempérées d'Europe et d'Amérique du
Nord.
Diamanus montanus vecteur de la peste en Californie
LA TRANSMISSION DE LA PESTE PAR LES PUCES.
Les bacilles pesteux (Yersina pestis), absorbés au cours d'un
repas infectant se multiplient activement dans le sang ingéré et
forme au bout de quelques jours une masse visqueuse qui obstrue
le proventricule. Ce proventricule est muni de spicules qui
empêchent le reflux du sang. La puce affamée effectue alors
plusieurs tentatives pour dégager le bouchon en dégurgitant la
masse bacillaire au moment de la piqûre contaminant ainsi leur
hôte. Une seule piqûre inocule entre 10 à 30.000 germes.
La période d'incubation varie de 5 à 45 jours.
Le mécanisme physiologique de ce blocage est enzymatique.
Le bacille produit deux enzymes: une coagulasse et une fibrolysine.
La coagulasse du bacille et une enzyme protéolytique sécrété par
muqueuse digestive de la puce provoque la coagulation du sang
ingéré. Cette masse fibreuse se fixera au niveau du proventricule.
La fibrolysine sécrétée par les bacilles vont dissoudre les blocs
bactériens en fonction de la température, faiblement à 23°C,
intensément à 27°C.
La fréquence du blocage varie suivant les espèces: 0% chez les
Ctenocephalides, 32% chez Pullex irritans, 60% chez Xenopsvlla
cheopis. Le pouvoir vectoriel d'une espèce dépend de sa capacité
de blocage, par contre la survie des puces bloquées est fortement
diminuée selon leur capacité à résister au jeûne et selon les
conditions climatiques. Par opposition à la transmission biologique
par blocage, la transmission mécanique par les pièces buccales
souillées n'est pas exclue en cas d'épidémie. Une densité élevée
de P. irritans associée à une forte intensité d'infection par suite de
repas septicémiques seraient responsable d'une transmission en
masse et inter-humaine durant les grandes épidémies historiques
en Europe, il en fût de même au Maroc et en Inde.
Les foyers De nombreux foyers résiduels persistent: Inde, Chine,
Birmanie, Vietnam, Madagascar, le Nord Est de la RDC (Province
70
Orientale : Ituri), Tanzanie, Soudan, Angola, Brésil, Bolivie, Etats
Unies, etc.
LE TYPHUS MURIN
Le puces transmettent également le typhus murin Rickettsia
mooseri, maladie des rongeurs domestiques pouvant également
affectée l'homme. La contamination se fait par les excréments de
puces via de petites excoriations de la peau. La poussière de
maison, des graines contenant des excréments est infectante par
inhalation.
2.4.6. ORDRE DES COLEOPTERA
Plusieurs coléoptères peuvent hébergent des larves des cestodes
du genre Hymenolepis. C’est par ingestion de
l’hôte intermédiaire que l’homme se contamine.
Plusieurs autres peuvent etre des arthropodes
pathogènes :
- Paederus sabaeus produit la pédérine,
substance qui produit au contact de la peau
une violente irritation cutanée pouvant évoluer en
quelques heures à la vésication.
Coloptera dermestidae dont les larves contiennent
une toxine qui au contact des parties découvertes
provoque des irritations
2.4.7. ORDRE DES LEPIDOPTERA
Chez certains lépidoptères les adultes ont l’habitude d’absorber les
sécrétions lacrymales. Ces arthropodes peuvent transporter d’un
individu à un autre des agents pathogènes tels que ceux des
kérato-conjonctivites infectieuse (Moraxella bovis)
Plusieurs larves de lépidoptères peuvent être allergisantes,
vésicants ou urticants.
2.4.8. ORDRE DES HYMENOPTERA
La piqûre de certains hyménoptères : abeilles, guêpes, ou frelons,
fourmis sont parfois dangereuses. Elle entraîne une réaction locale,
douloureuse et oedémateuse. Lorsqu’elles sont nombreuses les
piqûres, on peut observer des phénomènes généraux. Le siège
des piqures peut les rendre dangereux (face, muqueuses
pharyngo-laryngées).
71
NOTION DE MALACOLOGIE MEDICALE
1. Introduction
72
1.1 Définitions
1.1.1. Malacologie médicale
La malacologie médicale comprend l'étude des mollusques soient
marins, d'eau douce, ou terrestres pouvant intervenir dans la
transmission des maladies.
1.1.2. Mollusque
Les mollusques sont des métazoaires à symétrie bilatérale. Leur
tégument est mou et contient de nombreuses glandes. Bien que
les mollusques ne soient généralement pas métamérisés, certaines
espèces présentent des traces de métamérisation.
Leur corps se subdivise en quatre parties
la tête qui contient les organes sensoriels et la bouche. Elle est
absente chez les bivalves.
le pied est un organe musculeux, typique des mollusques,
destiné à la locomotion. Il revêt des formes très diverses suivant
les espèces.
la masse viscérale, comme son nom l’indique, contient les
viscères. Elle est contenue dans une mince tunique qu’on
appelle le manteau. C’est le manteau qui sécrète la coquille des
mollusques, qui leur sert de protection et/ou de squelette
le bourrelet palléal constitue une cavité qui protège les organes
respiratoires et où débouchent les métanéphridies (organes
excréteurs), l’intestin et les conduits génitaux.
Anatomie d’un mollusque
Au niveau de la tête se trouve la
bouche, elle contient une langue sur
laquelle on trouve plusieurs rangées
de petites dents : la radula. Cette
langue est un peu comparable à
une râpe, et elle sert à prélever la
nourriture en l’arrachant.
L’alimentation varie suivant les
Mollusques: une grande partie est
73
herbivore, et on rencontre aussi des carnivores, des charognards et
des Mollusques filtreurs de plancton. Les Mollusques possèdent un
système digestif complet débouchant sur un anus.
Le système respiratoire est composé de une à plusieurs branchies.
Les espèces terrestres possèdent un poumon unique.
La circulation sanguine est assurée par un, voire chez certaines
espèces, deux coeurs; mais généralement un seul. Le sang circule
dans des veines, mais également dans des cavités, sortes de sinus
provoqués par des manques dans l’organisme des Mollusques. Le
sang des Mollusques peut transporter beaucoup plus d’oxygène
que le sang des vertébrés.
La reproduction est uniquement sexuée. Généralement les sexes
sont séparés mais il existe de nombreux cas d’hermaphrodisme.
Certaines espèces changent de sexe en vieillissant. La fécondation
est généralement externe, sauf chez les Céphalopodes et chez les
espèces terrestres.
Les Mollusques possèdent tous un système nerveux. Chez
certains, il est très sophistiqué comme chez les poulpes.
Classification
Il y a actuellement 8 classes de Mollusques :
Les Solénogastres
Les Caudofovéates
Les Polyplacophores
Les Monoplacophores
Les Gastéropodes
Les Céphalopodes
Les Bivalves
Les Scaphopodes
1. Gastéropodes
1.1. Généralités
Les Gastéropodes ou Gastropodes forment le groupe de
mollusques le plus important ayant un intérêt médical. La majorité
des Gastéropodes sont des espèces marines, qui vivent de la zone
de balancement des marées jusqu'aux grands fonds. On les trouve
74
dans toutes les mers y compris les mers polaires. D'autres
gastéropodes vivent dans les lacs, les rivières, et même dans les
eaux souterraines.
Le groupe de gastéropodes ayant un intérêt médical vivent
essentiellement dans les eaux douces
1.1. Organisation interne
La tête est bien distincte, elle porte une
ou deux paires de tentacules, et deux
yeux situés à la base ou à l'extrémité
des tentacules.
Le pied sur lequel se prolonge la tête
sert au déplacement par reptation.
Une grande majorité de gastéropodes
possède une coquille. Le pied peut
entièrement s'y rétracter, la tête en
premier. Un opercule situé sur la queue peut obstruer l'entrée de la
coquille, interdisant l'accès aux prédateurs.
La masse viscérale est enroulée et la cavité branchiale est située à
l'avant. Il nous faut remonter au stade larvaire des Gastéropodes
pour comprendre la spécificité de cet enroulement. Au cours de son
développement, la larve de gastéropode va subitement subir une
torsion à 180 degrés, ramenant vers l'avant les organes
respiratoires, plaçant à gauche les organes droits et à droite les
organes de gauche. Initialement en forme de U, les viscères
s'enrouleront.
1.3. Classification
Les Gastéropodes sont divisés en trois sous-classes:
Les Prosobranches, Ce groupe regroupe tous les gastéropodes
marins à coquille. Ils respirent à l’aide de branchies situées à
l’avant du cœur. Les Opistobranches, Tous marins, ils possèdent
généralement une seule branchie située à l’arrière du cœur. Cette
disposition des branchies intervient suite à une détorsion que
subissent les Opistobranches lors de leur développement. On
distinguera deux ordres différenciés par la présence ou non de
coquille.
75
Les Pulmonés : Ils perdent leurs branchies au cours du
développement pour acquérir un poumon unique. Un premier ordre
réunit les Pulmonés primitifs qui possèdent des yeux à la base des
tentacules. Ce sont souvent des Pulmonés qui sont retournés vivre
dans l’eau. On les rencontre essentiellement en eau douce. Un
deuxième ordre réunit les plus évolués qui possèdent les yeux au
bout des tentacules. On trouvera nos escargots terrestres ainsi que
les limaces. C’est dans ce groupe que l’on retrouve les
gastéropodes d’intérêt médical
1.4. Importance médicale
Les gastéropodes seront des hôtes intermédiaires des helminthes
Plusieurs genres sont concernés :
1. Hôtes intermédiaires de schistosomes
1. Genre Bulinus (Bulins), les bulins sont des
mollusques à coquille globuleuse, à ouverture
senestre sans opercule. Bulinus truncatus,
Bulinus africanus, B globosus, B physopsis
en Afrique. Ils sont hôtes intermédiaires de
Schistosoma haematobium et S.
intercalatum
2. Genre Biomphalaria ( planorbe) Les planorbes
présentent une coquille discoïde, aplatie sans
opercule. Ils sont de taille variable,
B. pfeifferi et de B. sudanica en afrique,
Biomphalaria glabrata en Amérique du Sud sont
des hotes intermediaires de [Link]
Les gîtes de Bulinus et Biomphalaria se trouvent toujours dans des
eaux peu profondes, stagnantes ou faiblement courantes, riches en
matières organiques et comportant une végétation aquatique qui
sert de support et de nourriture aux mollusques. La température de
l'eau doit être comprise entre 25° et 30 °C ; par contre, le pH et la
76
salinité peuvent varier dans de larges proportions ; les mollusques
préfèrent les eaux ombragées, ils vivent en général à 20 ou 30 cm
de profondeur sur les tiges des plantes, les feuilles mortes ou dans
la boue du fond. Les Biomphalaria, très sensibles à la dessiccation,
ne vivent que dans des gîtes à eau permanente et souillée ;
certaines espèces de bulins, très résistantes à la sécheresse,
peuvent vivre dans des mares temporaires et être transportées à
grande distance par les boues séchées, les sabots d'animaux, les
oiseaux. En saison sèche, les densités de mollusques sont élevées
dans les gîtes permanents.
3. Genre Neotricula, ce sont des mollusques
aquatiques comme les genres Bulinus et
Biomphalaria
Ils sont des hôtes intermédiaires de
Schistosoma mekongi
4.
Genre Oncomelania ce sont des mollusques
operculés, semi terrestres, Ils sont très
résistants à l'anhydrobiose et vivent sur les
berges des fossés, des rizières, s'enfonçant
dans le sol lors des sécheresses (O.
nosophora), hôtes intermédiaires de
[Link]
Chez les mollusques hôtes intermédiaires, les schistosomes
subissent des transformations. Les œufs en tombant dans
l’eau libèrent les miracidiums qui vont pénétrer activement
dans les tissus du mollusque. Dans les tissus de ce dernier
les miracidiums se transforment en sporocystes puis en
rédies, enfin les rédies vont devenir des cercaires avant de
quitter le corps du mollusque et nager librement dans l’eau.
2. Hôtes intermédiaires de douves
Les Genres Lymnaea et Potamoda sont des hôtes
intermédiaires de Paragonimus ou douve
77
Mollusque Lymnaea
En Afrique on trouve Potadoma sanctipauli , P freshlii, qui
sont des hotes intermédiaires de Paragonimus africanus et
P uterobilateralis
Mollusque Potadoma
3. Venimeux
Le genre conus comporte plusieurs espèces dont Conus
geographicus C'est le coquillage le plus venimeux connu1 ; son
venin peut tuer un homme en deux heures et il n'existe aucun
anti-venin.
2. Céphalopodes
2.1. Généralités
Les Céphalopodes sont des animaux exclusivement marins. Ils ont
une répartition mondiale, mais sont absents de la Mer Noire par
manque de salinité. Ce sont les plus évolués des Mollusques et ils
sont connus pour leur intelligence, de nombreuses expériences en
aquarium sur des poulpes ont démontré leur capacité
d'apprentissage élevée. Ce sont également de redoutables
prédateurs. Ils se nourrissent de mollusques, crustacés ou
poissons qu'ils capturent à l'aide de leurs tentacules.
Les céphalopodes nagent par réaction, en expulsant l'eau contenue
dans leur cavité palléale par un orifice orientable, un siphon en
forme d'entonnoir. Lorsqu'ils se sentent menacés, ils protègent leur
fuite en émettant un nuage d'encre.
De nombreux Céphalopodes ont la
capacité de changer de couleur et
d'adapter leur livrée à l'environnement. Les
sexes sont séparés et la fécondation est
interne, le mâle dépose ses
spermatozoïdes à l'aide d'un tentacule
78
spécialisé (l'hectocotyle) dans la cavité palléale de la femelle. Les
femelles pondent des oeufs qui sont accrochés sur différents
supports, algues, éponges, gorgones. Les petits ne passent pas
par des stades larvaires et ressemblent à leur naissance aux
adultes en miniature.
2.2. Anatomie d'un Céphalopode
Le pied des Céphalopodes est modifié en de multiples tentacules
préhensibles qui entourent la tête.
L'oeil est très évolué, doté d'un iris et d'un cristallin, et il permet une
excellente vision. La coquille peut être externe (nautile), interne
(seiche, calmar) ou absente (poulpes, pieuvres, argonautes). Le
manteau a la forme d'un sac et recouvre tout le corps à l'exception
de la tête et des tentacules. La bouche se trouve au centre des
tentacules, elle est munie d'un puissant bec. La cavité palléale se
trouve en face ventrale, et s'ouvre vers l'avant. Elle est obstruée
dans sa partie médiane par l'entonnoir. La poche d'encre
communique dans le rectum, l'encre relâchée dans la cavité
palléale est expulsée avec le jet de propulsion. Le système nerveux
est développé, le cerveau est protégé par une capsule
cartilagineuse équivalente à un crâne. Le système circulatoire,
contrairement aux autres mollusques est complètement clos.
2.3. Importance
Certaines espèces peuvent être impliquées dans les
envenimations.
ANNEXE
ENVENIMATIONS PAR LES SERPENTS
Généralités
Les serpents constituent avec les lézards et les amphisbènes
l’ordre des squamates. Ils appartiennent à la classe des reptiles.
Ces derniers sont des vertébrés ectothermes, dont la température
dépend de celle de l’environnement.
Leur peau est recouverte d’écailles. L’épiderme a la propriété de
se décoller d’une pièce pour constituer une mue.
La respiration est assurée par des poumons qui permettent
l’oxygénation du sang. Le corps des serpents est allongé, dépourvu
79
de membres individualisés. Certaines familles possèdent des
vestiges de ceinture pelvienne voire de membres inférieurs.
Anatomie d’un serpent
1. Poumon trachéen 2. Trachée 3.
Œsophage 4. Cœur 5.
Poumon droit 6. Foie 7. Estomac
8. Vésicule biliaire 9. Pancréas 10. Rate 11. Intestin grêle 12.
Testicules 13. Gros intestin 14. Reins
15. Uretère 16. Canal déférent 17. Rectum 18. Cloaque
L’identification des serpents fait appel autant que possible aux
caractères externes, directement accessibles au naturaliste.
Fonction venimeuse
Elle est à l’origine de l’une des principales causes d’intérêt et de
certains à l’égard des serpents. Il s’agit d’abord d’un moyen
d’immobiliser et de digérer les proies. Le premier objectif exige une
paralysie ou une mort rapide de la proie. Le second une destruction
des tissus.
Cela explique les principales propriétés biochimiques des venins.
Accessoirement, le venin peut servir à se défendre.
Les venins sont un mélange complexe de substances de nature
essentiellement protéique, élaborées par une glande spécifique et
destinées à être inoculées par un appareil
vulnérant spécialisé.
1. Muscle de la mâchoire 2. Muscle
compresseur
3. Fossette sensorielle 4. Maxillaire 5.
Canal à venin 6.
Crochet (en coupe) 7. Gaine du crochet
8. Glande à venin
80
Chez les serpents, l’appareil inoculateur est constitué de dent
modifiée permettant l’injection sous pression et en profondeur du
venin.
Propriété des venins
Il est admis que les propriétés du venin suivent une évolution
parallèle à celle de l’appareil venimeux.
La diversité des venins s’accompagne d’une variabilité de leur
toxicité. L’envenimation est la conséquence de la pénétration dans
l’organisme de substances pharmacologiquement actives.
Il se décompose en deux phases : l’action pharmacologique des
substances et la réaction de m’organisme.
Fabriqués par des glandes séro-muqueuses, les venins de serpent
sont constitués d’un mélange complexe de protéines. On peut,
schématiquement et pour les commodités de la présentation,
diviser les substances présentes dans les venins en deux groupes :
les toxines et les enzymes.
Les toxines
Ce sont des protéines de poids moléculaire variable, généralement
assez faible, et qui ont la propriété de se fixer sur un récepteur
spécifique, le plus souvent membranaire. Le tropisme des toxines
peut être neurologique, cardio-vasculaire, musculaire ou
indifférencié selon la distribution des récepteurs reconnus. Les
venins d’Elapidae sont riches en toxines. Les plus connues sont les
neurotoxines des cobras.
Elles se fixent sur le récepteur cholinergique de la plaque neuro-
musculaire et entraînent un blocage de la transmission de l’influx
nerveux se traduisant par une paralysie musculaire comparable à
celle du curare.
Les enzymes
Ce sont des protéines de poids moléculaire généralement plus
important que les toxines et possédant des propriétés catalytiques.
Les enzymes des venins de serpents sont de spécificité variable.
Les plus connus agissent sur la coagulation sanguine, le plus
souvent en se substituant aux enzymes physiologiques et en
activant la coagulation sanguine.
81
Après une phase transitoire d’hypercoagulabilité généralement
courte, les facteurs de la coagulation sont consommés et le sang
devient incoagulable. La variabilité des venins est soupçonnée
depuis l’antiquité sur des considérations cliniques. Une substance,
ou un geste, antagoniste du venin (ou antidote) vise à s’opposer à
l’action du venin il a été proposé des actions physiques
(aspiration, chaleur, réfrigération, choc électrique, garrot,
amputation) ou chimiques (eau de javel, savons, détergeant,
acides ou bases) qui sont supposées extraire le venin ralentir sa
diffusion ou le détruire in situ. Accidents fréquents, les morsures
de serpents sont généralement gérées dans la plus grande
confusion. De nombreuses morsures ne sont pas suivies
d’envenimations fatales et il importe de rassurer la victime. En
outre, le délai entre l’injection du venin et le décès, si celui-ci
survient est compris entre 3 et 8 heures pour les envenimations
cobraiques et 12 heures à 6 jours pour les vipérines.
Symptomatologie des envenimations
Il est classique d’opposer les envenimations cobraiques,
essentiellement neurotoxiques et les envenimations vipérines,
dominées. Par les nécroses et les syndromes hémorragiques en
pratique. Cette distinction doit être nuancée.
Envenimation par Elapidae
Les Elapidae ont en commun un venin riche en toxines
neurotropes se fixant sélectivement sur les récepteurs
cholinergiques de la membrane post-synaptique. Les neurotoxines,
de faible poids moléculaire, atteignent rapidement leur cible et
bloquent ainsi l’influx nerveux, provoquant la paralysie des muscles
squelettiques concernés. Les cytotoxines ont la propriété de
dépolariser les membranes cytoplasmiques : la lyse cellulaire est à
l’origine des nécroses locales fréquemment observées.
L’envenimation cobraique est d’invasion rapide. Elle est d’emblée
largement dominée par une symptomatologie neurologique.
L’inoculation du venin est le plus souvent indolore, quoique les
morsures de mamba et de certains cobras soient réputées
douloureuses. Dès les premières minutes un ensemble de signes
anesthésiques sont décrits par la victime : picotements ou
fourmillements autour du point de morsure, parfois anesthésie
locale, qui vont rapidement irradier le long du membre atteint.
82
L’angoisse domine nettement le tableau clinique, associées à
une douleur épigastrique une sensation de soif et de sécheresse
des muqueuses, des nausées, des acouphènes (bourdonnements
d’oreille le plus souvent) et des phosphènes (éclairs ou point
lumineux mobiles).
En quinze à trente minutes s’installent des signes physiques
hautement évocateurs. L’hypotension, qui évolue parfois vers un
état de choc, est nette. Les vomissements et la somnolence
confirment le neurotropisme du venin. Larmoiement, photophobie,
hypersalivation, hypersudation et diarrhée sont présents dans
toutes les envenimations cobraiques, mais sont particulièrement
intenses après une morsure de mamba dont les effets
muscariniques sont caractéristiques
La projection de venin dans les yeux est responsable de
conjonctivites douloureuses, sans gravité si l’on prend soin de
rincer l’œil abondamment à l’eau ou au sérum physiologique. Un
traitement symptomatique local est largement suffisant, les
séquelles décrites étant exceptionnelles.
Envenimation par Viperidae
Les venins des Viperdae africains sont hémorragipares et
nécrosants. La nécrose peut aisement s’expliquer par l’arsenal
enzymatique, protéases notamment, contenu dans les venins des
Viperidae. Deux phénomènes sont à distinguer dans un premier
temps, les hémorragines provoquent des lésions des parois
vasculaires qui se traduisent par des saignements diffus ou
localisés. Ensuite, d’autres facteurs interviennent sur la
coagulation, principalement les enzymes thrombine naturelle pour
hydrolyse le fibrinogène.
Prise en charge
Gestes de premier secours
Le traitement devrait se concevoir au double plan des pronostics
vital et fonctionnel. Le nettoyage soigneux de la plaie et
l’organisation de l’évacuation doivent être entrepris aussitôt l’arrivée
de la victime. Un bandage serré avec une bande de crêpe et
l’immobilisation du membre sont souhaitables. En présence de
troubles neurotoxiques (paresthésies, fasciculation), l’injection de
corticoïdes et, en présence de signes locaux important,
83
l’administration d’un antalgique associé à un anti-inflammatoire
peuvent se concevoir, à condition de ne pas retarder davantage
l’évacuation.
Traitement médical de l’envenimation.
[Link]érapie
Elle demeure l’unique thérapeutique spécifique de l’envenimation.
Son utilisation est conditionnée par des signes patents
d’envenimation Le sérum doit être injecté en IV et en quantité
suffisante
[Link] symptomatique et réanimation.
Une ventilation assistée peut être nécessaire en cas de paralysie
respiratoire. La néostigmine ou l’atropine peuvent s’avérer efficace
dans certains cas. Le syndrome hémorragique peut être jugulé
avec l’apport de sang frais.
CONTROLE ARTHROPODES
Dès que le rôle de certains arthropodes dans la transmission de maladies
fut démontré, les épidémiologistes ont envisagé d'intervenir à leur
niveau pour rompre le cycle épidémiologique des grandes endémies à
vecteurs. Toutefois depuis l'Antiquité jusqu'à l'obtention des premiers
insecticides de contact, c'est-à-dire jusqu'à la Seconde Guerre Mondiale,
les moyens disponibles pour détruire les insectes et les acariens étaient
des plus réduits. La synthèse des composés insecticides modernes devait
permettre un contrôle que l'on espérait efficace. Simple et peu coûteux
des arthropodes d'importance médicale et les premières applications du
DDT sur les poux. Les mouches et les moustiques firent naître
d'immenses espoirs. Malheureusement, l'apparition des phénomènes de
résistance d'une part, les effets secondaires de ces substances sur
l'environnement (liés à leur rémanence et à leur manque de spécificité)
d'autre part, entraînèrent une limitation des conditions d'utilisation et de
l'efficacité des programmes de lutte anti vectorielle à l'aide d'insecticides
chimiques. Par ailleurs, si à l'origine, le but recherché était l'éradication
complète des espèces vectrices ou nuisances, on tente plutôt
maintenant de les contrôler, c'est-à-dire de réduire le volume des
populations de façon à les maintenir au-dessous du seuil nécessaire à la
84
transmission. En outre, parallèlement à cette diminution de densité, la
plupart de nos techniques de lutte anti vectorielle réduisent également
l'âge moyen de la population qui est donc moins dangereuse
épidémiologiquement.
Quoi qu'il en soit, plusieurs groupes de méthodes peuvent être
employés, mais toutes ne peuvent être correctement appliquées
qu'après une étude soigneuse de l'espèce-cible sur les plans
taxonomique, géographique, écologique. On est souvent amené à
distinguer :
La lutte préventive, destinée à contrôler
une endémie ou à prévenir une épidémie
; peut alors avoir recours, suivant les cas, à : des méthodes
mécaniques et écologiques, des méthodes chimiques, des
méthodes biologiques, des méthodes génétiques.
La lutte d'urgence, en cas d'épidémie par exemple, qui fait presque
toujours appel à des méthodes chimiques. On trouvera notamment dans
le travail de QUEL ENNEC (1974) les méthodes les plus appropriées pour
lutter contre. Chacun des groupes d’arthropodes d'intérêt médical.
MÉTHODES MÉCANIQUES ET ÉCOLOGIQLES
Elles représentaient les seules méthodes disponibles avant l'ère des
insecticides, c'est-à-dire jusqu'à la Seconde Guerre Mondiale, et elles se
sont révélées, dans certains cas particuliers d'une efficacité remarquable.
Ces méthodes ne doivent pas être négligées actuellement car, malgré
leur coût souvent élevé au départ, elles peuvent encore rendre de
grands services.
Le principe des méthodes mécaniques est soit de capturer et détruire les
arthropodes vecteurs, soit de s'opposer au contact vertébré-vecteur (en
particulier homme-vecteur).
Quant aux méthodes écologiques, elles visent non pas à détruire le
vecteur, mais à aménager l'environnement de façon à le rendre
défavorable au développement ou à la survie de l'arthropode ; elles
relèvent du domaine de l'assainissement du milieu et doivent par
conséquent s'insérer, avec les techniques agropastorales, les techniques
d'irrigation, etc. dans une politique. Plus vaste, d'aménagement de la
85
biosphère en vue du développement socio-économique. Elles nécessitent
toutefois, pour être efficaces, une très bonne connaissance du milieu
d'une part, de la bio-écologie des arthropodes visés d'autre part, et donc
d'être soigneusement planifiées.
MÉTHODES MÉCANIQUES
La première méthode qui vient à l'esprit, pour diminuer, voire
éliminer, les populations d'arthropodes nuisibles, consiste à capturer un
grand nombre d'individus et à les détruire. Une assez grande variété de
techniques sont utilisées, depuis l'épouillage individuel jusqu'à la mise au
point de pièges très élaborés pouvant même comporter un attractif
chimique et un système automatique de destruction des insectes. Des
résultats appréciables ont été obtenus avec différents pièges à glossines.
Plus récemment, des pièges ont été proposés utilisant comme attractifs
des phéromones ou encore des sources de lumière, parfois combinés à
des systèmes d'électrocution, pour la destruction des mouches ou
d'autres insectes, et qui peuvent être placés dans les habitations, les
étables, les entrepôts.
Diverses méthodes, physiques ou chimiques, visant à supprimer le
contact homme-vecteur, sont utilisées dans le domaine de la protection
individuelle. Le plus connu des dispositifs physiques est, bien entendu, la
moustiquaire de lit, dont l'usage est encore très répandu en milieu
tropical, dans -les locaux non climatisés ou en brousse. On peut encore
équiper de toiles moustiquaires les portes et les fenêtres des habitations
ou des étables afin de prévenir l'entrée des insectes endophages. Pour
éviter les attaques de très petits insectes (phlébotomes,
cératopogonides), il faut utiliser des tulles à mailles très fines ou encore
des moustiquaires imprégnées de substances répulsives ou insecticides.
On a même proposé, dans les pays nordiques, des moustiquaires
individuelles protégeant la tête des personnes, par ailleurs totalement
revêtues de vêtements bien fermés, amenées à travailler dans des
régions où pullulent des moustiques diurnes (Canada, URSS). L'utilisation
de lits sur pieds protège de la piqûre des arthropodes se trouvant dans
les cases au niveau du sol (puces, ornithodores, larves myiasigènes
d'Auchmeromyia luteola). Les appareils générateurs d'ultra-sons destinés
86
à éloigner les moustiques ne se sont guère révélés efficaces jusqu'à
présent.
MÉTHODES ÉCOLOGIQUES
Les méthodes écologiques, faisant appel à l'aménagement de
l'environnement, sont passées en revue dans une publication récente
(OMS, 1980), et nous nous contenterons par conséquent ici d'en
mentionner les principales, sans aborder dans le détail les modalités de
leur mise en œuvre. Cet aménagement peut notamment se faire par une
modification (aménagement permanent ou durable) ou par manipulation
(aménagement temporaire) de l'environnement, soit encore par
modification de l'habitat ou du comportement humain. Parmi ces
méthodes, les plus remarquables sont des travaux de génie civil, conçus
avec l'aide d'ingénieurs sanitaires en vue de l'assainissement du milieu :
— drainage : assèchement de zones marécageuses à des fins agricoles,
construction de digues, modification de la salinité de l'eau (marais
côtiers), comblement des dépressions, amélioration de l'évacuation des
eaux usées et des eaux de pluies ;
— régularisation des berges des fleuves et des étangs évitant la
formation de mares résiduelles ; modifications de topographie ;
régularisation des pentes (suppression de gîtes à simulies) ;
— réduction du débit des rivières (contre les simulies), des canaux
d'irrigation ;
— variation du niveau de l'eau, en particulier au niveau des lacs de
retenue, accélération périodique du débit de certains cours d'eau (effet
de chasse) ;
— action sur la végétation aquatique (faucardage, poissons herbivores)
ou terrestre (défrichage total ou sélectif pour la lutte anti glossines,
ensoleillement de gîtes ombragés ou inversement, etc.).
Dans les agglomérations, l'amélioration de l'habitat d'une part (lutte
contre les punaises ou les tiques domestiques), et l'aménagement des
réseaux de distribution d'eau d'autre part permettant d'éviter le
stockage
à domicile (lutte contre les moustiques domestiques comme certains
Aedes) sont des points essentiels qui s'inscrivent dans le contexte
87
beaucoup plus large du développement socio-économique. On doit
encore mentionner ici l'utilité de mesures simples en principe, telles que
la suppression des récipients abandonnés servant de gîtes aux stades
aquatiques de certains vecteurs, (vieux pneus, boîtes de conserves,
bouteilles, carcasses de voitures...), l'obturation des creux d'arbres par
du ciment, la suppression des plantes à feuilles engainantes, le
ramassage et le traitement des ordures ménagères.
Dans tous ces cas, qui ne sont que des exemples, il s'agit de créer un
déséquilibre écologique défavorable à l'espèce nuisible et d'assurer le
maintien de ce déséquilibre. Il convient donc d'insister sur le caractère
indispensable d'une surveillance régulière des populations de vecteurs,
de l'entretien permanent des travaux réalisés. En outre, certaines de ces
techniques nécessitent, au préalable, une information de la population
par le biais de l'éducation sanitaire. Enfin, il convient de ne pas oublier
que ces méthodes, souvent efficaces pour lutter contre un vecteur
donné, peuvent avoir l'effet inverse sur un autre ; un tel risque doit
toujours être pris en considération lors des études préalables à tout
aménagement.
MÉTHODES CHIMIQUES
Les méthodes chimiques de lutte contre les arthropodes font appel à de
très nombreux produits qui peuvent être d'origine végétale ou
synthétique. Ces substances sont également très variées quant à leur
mode d'action et donc aux modalités de leur utilisation dans les
programmes sanitaires. On peut ainsi distinguer :
— les répulsifs, utilisés surtout pour la protection individuelle
(Suppression du contact vertébré-vecteur) ;
— les attractifs, souvent couplés avec des pièges ;
— les insecticides et acaricides conventionnels, très largement utilisés
actuellement ;
— les synergistes, augmentant l'activité des précédents ;
— les insecticides biologiques (régulateurs de croissance, notamment)
;
88
— les chimiostérilisants, qui seront abordés à propos des méthodes de
lutte biologique ;
— des pesticides, utilisables accessoirement dans la lutte contre
certains arthropodes particuliers : rodenticides, herbicides, etc.
Nous nous attacherons ici à une étude globale et naturellement
sommaire des répulsifs et surtout des insecticides et acancides
conventionnels, avant d'envisager très succinctement les autres
catégories de substances.
RÉPULSIFS - ATTRACTIFS
Les répulsifs chimiques tiennent lieu de barrières chimiques ; ils sont
appliqués préventivement sur les vêtements ou sur la peau exposée. Ce
sont des composés qui irritent et repoussent les arthropodes, mais qui
ne sont pas, ou peu toxiques pour eux. Ces substances doivent être, par
ailleurs, non dangereuses pour les vertébrés (en particulier non irritantes
pour les muqueuses), ne doivent détériorer ni les tissus ni le plastique,
et doivent présenter un effet aussi prolongé que possible (généralement
6 heures en climat tempéré, 1 à 2 heures seulement en climat tropical).
La plupart des préparations disponibles sont à base de diéthyl-toluamide
ou de diméthyl-phthalate, mais beaucoup d'autres substances sont
connues et utilisées pour leur action répulsive sur les insectes
hématophages. Des vêtements traités par répulsifs sont souvent
efficaces durant plusieurs semaines, de même que les moustiquaires,
surtout si, lors de leur confection, ont été incorporées des fibres de
coton aux propriétés très absorbantes ; des survêtements spéciaux, à
larges mailles, ont ainsi été fabriqués, gardant leur efficacité durant
plusieurs mois. Des recherches sont actuellement consacrées à la mise
au point de répulsifs actifs dans un espace relativement vaste (maisons,
étables, jardins...). On utilise déjà depuis longtemps dans ce but l'action
répulsive des pyréthrines, commercialisées sous forme de spirales
consummables (« tortillons chinois »). Quant aux attractifs, ils Peuvent
être utilisés pour attirer les insectes vers des pièges où ils sont capturés
et détruits. Outre les différents rayonnements lumineux, visibles ou non,
et des substances d'origine végétale en cours d'étude, il faut mentionner
les phéromones et leurs analogues, mais leur usage n'est pas encore
possible en pratique.
89
INSECTICIDES ET ACARICIDÉS CONVENTIONNELS
Ces substances sont utilisées dans la quasi-totalité des programmes de
lutte contre les arthropodes, en raison surtout de leur efficacité, et ce
malgré leurs inconvénients (phénomènes de résistance, pollution de
l'environnement). La plupart sont des produits agissant par contact ou
par ingestion.
Qualités d'un insecticide - Mise au point de nouveaux
insecticides
Les qualités recherchées pour un bon insecticide sont les suivantes :
toxicité importante pour l'arthropode visé, action rapide, rémanence
(persistance de l'activité toxique au point d'application, ce qui permet
d'espacer les traitements et ainsi d'en réduire le coût), toxicité aussi
réduite que possible pour l'homme et les animaux domestiques d'une
part, la faune sauvage non-cible (vertébrés et invertébrés) d'autre part,
ainsi que les végétaux (phytotoxicité), emploi facile, permettant une
éducation rapide du personnel, stabilité lors du stockage,
particulièrement en climat tropical, prix de revient aussi faible que
possible.
Bien entendu, rares sont les substances répondant parfaitement à tous
ces critères et le choix de l'insecticide à utiliser doit nécessairement
reposer sur une juste évaluation des avantages et des inconvénients de
chaque produit dans le cas particulier.
En raison notamment de l'apparition de résistance, il est nécessaire de
mener en permanence des recherches visant à la mise au point de
nouveaux composés insecticides ou acaricides. Dans cette optique, les
substances proposées par les chimistes doivent être soumises à une
succession de tests standardisés de façon à sélectionner par élimination
successives celles qui, répondant autant que possible aux critères
indiqués ci-dessus, pourront éventuellement devenir opérationnelles.
Pour les moustiques par exemple, ces tests successifs sont les suivants :
— stade 1 : essais à l'aide de papiers imprégnés, vis-à-vis de
souches d'insectes déterminées (1 heure de contact, à doses
constantes) ;
— stade 2: essais sur des supports de nature variée : panneaux de
bois, parois de terre sèche, etc. (1 heure de contact) ;
90
— stade 3: mêmes essais mais à l'extérieur et non plus en laboratoire
(ou dans un simulateur reproduisant les conditions naturelles), et en
utilisant des souches d'insectes résistantes aux insecticides courants ;
— stade 4: essais en vraie grandeur à l'aide de cases-pièges (tests de
rémanence), sous différents climats ;
— stades 5 et 6: essais à l'échelle de villages (contrôle de la densité
des vecteurs, mesure du taux de survie, test d'innocuité pour l'homme
et les vertébrés...).
— stade 7: essais au niveau d'une zone-pilote (région assez vaste.
comportant plusieurs villages) : résultats appréciés sur des critères
entomologiques et épidémiologiques (réduction de l'incidence de la
maladie concernée).
Classification chimique
La plupart des composés insecticides et acaricides se répartissent
dans un petit nombre de catégories sur le plan de leur structure
chimique :
Composés minéraux
Ces substances inorganiques ont surtout été utilisées avant la Seconde
Guerre Mondiale ; certaines sont toutefois de connaissance récente. Les
plus communes sont :
— l'acétoarséniate de cuivre, ou Vert de Paris : l'un des plus anciens
produits actifs sur les larves de culicides ;
— les gels de Silice : agissent en déshydratant les arthropodes en
permettant la fuite de l'eau à travers leur cuticule ; utiles pour lutter
contre des ectoparasites ou des arthropodes domestiques ;
— les huiles minérales, dérivées du pétrole, aux propriétés larvicides
grâce au film qu'elles développent à la surface des collections d'eau
et qui asphyxie les larves de culicides tout en les intoxiquant. Il en
serait également ainsi des lécithines liquides actuellement à l'étude.
Composés organochlorés
Ils forment le plus ancien groupe de composés insecticides
synthétiques, très largement utilisés en raison de leur grande
efficacité contre les insectes et de leur très faible toxicité pour
l'homme. Le plus connu est le DDT. Ces composés ont une action
91
très prolongée, ce qui constitue un avantage important dans la lutte
contre les arthropodes, mais un gros inconvénient sur le plan de la
pollution de l'environnement, car ils s'accumulent dans les tissus des
organismes en fin de chaîne trophique. Pour cette raison, l'usage de
certains d'entre eux est maintenant interdit ou fortement limité dans
certains pays. Ils ont néanmoins rendu, et rendent encore
d'immenses services, en dépit de la fréquence des phénomènes de
résistance qu'ils suscitent de la part des insectes-cibles. Sur le plan
chimique, on reconnaît dans ce groupe des dérivés du
chlorobenzène, des dérivés du cyclohéxane, des dérivés de l'indane.
Le DDT (dichloro-diphényl-trichloréthane) est un composé peu
toxique pour les vertébrés et très stable. Il fut durant plusieurs
décennies l'arme principale de la lutte antipaludique (pulvérisations
sur les murs intérieurs des maisons), mais il est également très actif
contre les ectoparasites, en particuliers les poux. Le DDT agit par
contact avec l'insecte ; c'est une substance lipotrope, soluble dans
les graisses cuticulaires, qui diffuse le long des fibres nerveuses et
intervient dans la répartition des ions K + , ce qui en fait un poison
neurotrope, mortel paralysie. Par ailleurs, son coût de production est
faible.
• Le Methoxychlore, très proche du DDT a pour avantages d'être
partiellement biodégradable et très peu toxique pour les vertébrés.
• La Dieldrine fut autrefois très utilisée en pulvérisations
intradomiciliaires ans les programmes de lutte antipaludique, mais est
actuellement abandonnée en raison du développement de souches
résistantes et de sa forte toxicité pour l'homme et les animaux
domestiques.
• Le HCH (Hexachlorocyclohexane), dont l'isomère y est utilisé
(Lindane @, Gammexane @), s'est avéré plus toxique et moins
rémanent que le DDT, mais peu cher.
• Le Chlordane, est réservé pour détruire les blattes et les
sauterelies.
• L'Endrine, l'Endosulfan sont surtout utilisés contre les glossines.
Composés organophosphorés
92
Les premiers de ces dérivés synthétiques de l'acide phosphorique étaient
extrêmement toxiques pour l'homme, mais, par la suite, d'autres
substances ont présenté, au contraire, une toxicité très faible. Ce sont
des inhibiteurs de l'acétylcholinestérase, et par conséquent, des poisons
du système nerveux végétatif. Tout en étant dégradables, certains
présentent une rémanence intéressante. L'emploi des organophosphorés
suscite la sélection de souches résistantes chez les arthropodes visés.
Les principaux de ces composés sont les suivants :
• Le Malathion: peu toxique s'il est bien purifié, il est
largement utilisé en traitement individuel contre les ectoparasites (poux)
comme en pulvérisations en « volume ultra-faible» pour lutter contre des
moustiques par exemple.
• Le Fenitrothion (Sumithion @), peu toxique également pour les
vertébrés, s'emploie comme larvicide ou imagocide dans les programmes
Antipaludiques.
• Le Fenthion (Baytex @) est très utilisé pour détruire les larves de
moustiques en milieu urbain (Culex pipiens).
• Le Téméphos (Abate @) est un insecticide remarquable par sa
toxicité pratiquement nulle, permettant son emploi pour lutter contre les
larves de moustiques domestiques (Culex, Aedes dans les récipients de
stockage d'eau de boisson) ou contre celles des simulies. On observe
malheureusement chez ces dernières le développement rapide de
q/6dmmmmmklouches résistantes.
• Le Chlorpyrifos (Dursban @) rémanent et assez peu toxique, est,
lui aussi, un larvicide largement utilisé contre les Culex urbains.
• Le Dichlorvos (DDVP ou Vapona @) commercialisé sous forme de
plaquettes de résines imprégnées d'insecticide, est actif par vaporisation,
ce qui permet son utilisation dans les habitations, contre les arthropodes
domestiques.
93
e Le Chlorphoxim est surtout utilisé comme larvicide contre les
moustiques et les simulies.
Carbamates
Ce sont encore des anticholinestérasiques, souvent très toxiques pour
les mammifères ; certains d'entre eux sont toutefois très peu toxiques
tout en étant très efficaces :
o Le Propoxur (Baygon @), très utilisé contre les blattes et, plus
généralement, tous les arthropodes domestiques, présente une faible
toxicité.
o Le Carbaryl (Sevin @), et un bon insecticide mais des phénomènes
de résistance apparaissent rapidement.
Pyréthrines et Pyréthrinoïdes
Les propriétés insecticides du pyréthre extrait du chrysanthème sont
depuis des siècles utilisés en Extrême-Orient. Les composés actifs, les
pyréthrines, outre leur effet répulsif, sont remarquables par la rapidité
de leur action, entraînant l'immobilisation de l'insecte (effet «
knockdown »), mais cet effet peut être réversible. L'adjonction
systématique des pyréthrines dans les bombes insecticides du commerce
est utile en favorisant, par cette immobilisation, le contact avec un
insecticide plus puissant. Par la suite, des composés de synthèse furent
obtenus : les Pq/yrêthrinoïdes, dont certains ont accusé une forte
toxicité chronique pour les mammifères, ainsi qu'une rapide dégradation
à la lumière (Alléthrine, Resméthrines). Plus récentes, la Perméthrine et
la Décaméthrine (Décis @) sont intéressantes pour leur grande efficacité
insecticide et leur rémanence ; elles s'avèrent toutefois irritantes et
assez toxiques, et, par conséquent, difficile d'emploi, bien que
relativement rapidement dégradables.
Formulations. Modalités d'utilisation. Action sur l'homme et
l'environnement
Formulations
94
En fonction des propriétés physico-chimiques des composés, des
modalités d'application envisagées, de la sécurité d'emploi enfin, des
formulations variées sont proposées pour les insecticides et acaricides
conventionnels.
• Poudres : inseq/cticides mélangés à une poudre inerte, pour la
lutte contre les ectoparasites de l'homme et des animaux domestiques.
• Poudres mouillables : mélanges d'insecticide, d'une poudre inerte
et d'un agent mouillant, pour utilisation sous forme de suspension
aqueuse, soit en pulvérisation sur la végétation ou sur les murs, soit par
déversement dans l'eau d'un gîte larvaire.
e Concentrés émulsifiables : composés insecticides additionnés d'un
agent émulsifiant tensio-actif dans un solvant organique : la préparation
peut alors être mélangée à l'eau pour le traitement des gîtes larvaires
(mares, cours d'eau) ou pour pulvérisation à « volume ultra-faible».
• Granulés : particules inertes (argile, kaolin, bentonite,...) imprégnées
d'insecticides, destinées à être répandues sur le sol ou immergées.
Le même principe, utilisant cette fois un support solide (ciment) est
utilisé dans des briquettes à placer dans l'eau des gîtes (relargage lent
de l'insecticide). On peut en rapprocher les résines imprégnées, sous
forme de plaquettes libérant des vapeurs toxiques ou de colliers pour
les animaux, ou encore de peintures insecticides.
e Bombes : insecticides mélangés à un support gazeux liquéfié sous
pression, destinés à être vaporisés dans des locaux à usage
domestique.
• Microcapsules : capsules imprégnées d'insecticides destinées à être
ingérées par les insectes, en milieu aqueux ou aérien.
•Lotions, shampooq/idmngs, crèmes : pour le contrôle des
ectoparasites de l'homme et des animaux domestiques.
• Appâts : insecticides mélangés à un aliment présenté aux
arthropodes (sirops, grains emmagasinés par les rongeurs pour la lutte
contre les puces, etc.) soit à des blocs minéraux destinés à être léchés
par le bétail qui ingère ainsi le composé actif (lutte contre les
ectoparasites contre le développement d'insectes coprophages à l'aide
d'insecticides systémiques).q/6dm
95
Modalités d'utilisation
Elles sont très variées et doivent être décidées en fonction des résultats
de l'indispensable enquête écologique faite au préalable sur les
arthropodes à détruire, de ceux de l'étude de leur sensibilité aux
insecticides que l'on envisage d'utiliser, et en fonction aussi des
caractères de la zone à traiter ainsi que des risques de contamination
du milieu, etc Il convient d'ailleurs d'effectuer un contrôle constant de
ces facteurs aux cours des campagnes de traitement (notamment
contrôle entomologique par estimation du taux de survie). Quoi qu'il en
soit, il faut avant d’entreprendre un traitement, effectuer un certain
nombre de choix choix de l'insecticide et de sa rémanence, de sa
formulation et du mode d'application, choix du stade à détruire et des
lieux d'épandage, choix enfin de la saison des traitements, de leur
durée, de leur périodicité. Il est inutile d'insister ici sur les modalités
d'utilisation des poudres sèches, des crèmes, lotions et shampooings,
des bombes insecticides, ou même des granulés ou des microcapsules.
Nous envisagerons par conséquent surtout ici la question des
pulvérisations et des épandages utilisés dans les programmes de lutte
anti vectorielle. En fonction de la nature physico-chimique de
l'insecticide choisi, de la nature et de l'étendue des surfaces à traiter, et
aussi du coût des traitements envisagés, on décidera d'effectuer les
épandages soit par des opérateurs munis de pulvérisateurs individuels
(cas le plus fréquent en pays non-développé, notamment pour
pulvérisations intra-domiciliaires), soit à l'aide de pulvérisateurs
(générateurs pour aérosols à chaud ou à froid) équipant des camions,
hélicoptères ou même bateaux. Il s'agit de techniques souvent très
complexes, nécessitant un persoq/ndm/ndmel spécialisé parfaitement
entraînés des précisions techniques pourront être obtenues en
consultant par exemple OMS, (1973, 1974, 1977), QUELENNEC (1974).
De toute façon une très bonne connaissance de l'écologie des
arthropodes que l'on désire détruire est indispensable (cas des larves de
simulies par exemple, pour lequel, en fonction des caractères
topographiques et hydrographiques des gîtes à traiter et donc de la
dispersion du produit dans le courant de chaque bras de rivière, il est
impératif de déterminer l'endroit précis où doit être déversé l'insecticide
et sa formulation).
96
Dans les années récentes, on a mis au point des techniques de
pulvérisation sous « volume ultra faible » (ULV : Ultra Low Vôlume) qui
consistent à répandre l'insecticide sous forme de très fines gouttelettes
(diamètre de 30 à 60 V), à terre ou par avion ou hélicoptère. Ces
techniques qui permettent de diminuer nettement la quantité
d'insecticide pulvérisée (et donc de diminuer à la fois le coût et les effets
secondaires), ont une action très rapide et une efficacité souvent
supérieure aux épandages classiques en raison de la grande pénétration
de ces microgouttes dans les habitations mêmes fermées. Elles évitent
en outre les fréquents retours des véhicules ou des avions à la base
pour leur réapprovisionnement en insecticide.
D'autres modalités très particulières doivent encore être abordées. Des
composés gazeux peuvent être utilisés en fumigations pour la
désinsectisation des locaux d'habitation (lutte contre les punaises ou les
blattes) et surtout des entrepôts (réserve de grains, etc.). Une mention
particulière doit être réservée à l'importance qu'il y a lieu d'apporter à la
désinsectisation des ports et des aéroports internationaux d'une part,
des bateaux et des avions d'autre part, afin d'éviter le transport de
vecteurs (et, éventuellement, par leur intermédiaire, d'agents
pathogènes) d'un pays infecté dans un pays indemne. Des techniques
bien particulières de désinsectisation sont reqcommandées, et plusieurs
articles du Règlement Sanitaire International sont consacrés à ce délicat
problème (OMS, 1973).
Quant aux insecticides systémiques, il s'agit de substances qui,
absorbées par voie digestive (ou percutanée) par le bétail, vont se
disperser dans l'organisme par voie sanguine et atteindre ainsi les
arthropodes parasites, (agents des myiases, ectoparasites
hématophages). Ils doivent bien entendu, être très peu toxiques pour
les vertébrés et ne pas persister dans la viande ou le lait destinés à .la
consommation.
Action sur l'homme et l'environnement
Si certains insecticides ou acaricides ont, pour l'homme et les vertébrés
homéothermes, une toxicité très faible ou négligeable, d'autres peuvent
entraîner, en revanche, des intoxications parfois très graves lorsqu'ils
sont accidentellement absorbés par voie digestive, muqueuse, ou
percutanée. Il y a donc lieu, pour ces substances, de parfaitement
97
codifier les modalités de leur emploi et de leur stockage, afin de
protéger le personnel qui les utilise. On recommande généralement le
port systématique de vêtements spéciaux, de gants, de bottes, de
masques, une douche décontaminant après chaque épandage, ainsi
qu'une surveillance médicale régulière. Très schématiquement, nous
rappellerons que, à très fortes doses seulement, les organochlorés
dérivés du cyclohexane (DDT, HCH surtout) sont neurotoxiques
(vomissements, diarrhée, convulsions), hépatotoxiques et
néphrotoxiques. Il en est de même des dérivés de l'indane, pour lesquels
les doses dangereuses (DL50 per os par kg de rat) sont nettement plus
faibles. Le traitement repose sur l'administration d'anticonvulsivants
(barbituriques) et, en cas de coma, une assistance respiratoire. Les
intoxications par les organo-phosphorés (anticholinestérasiques
entraînant un syndrome muscarinique et un syndrome nicotinique)
doivent faire l'objet d'un traitement d'urgence par l'atropine et la
Pralidoxime (Contrathion @). Les carbamates ont, par contre, une action
souvent spontanément réversible ; ils déterminent chez l'homme un
syndrome muscarinique (vomissement, sialorrhée, bradycardie, myosis)
qu'il faut combattre par l'atropine.
L'action des insecticides (et plus généralement des pesticides) sur
l'environnement est décriée de façon souvent passionnelle par les
militants « écologistes qui n'en apprécient généralement pas les bienfaits
comme il conviendrait. Il est certain que d'importantes concentrations
d'insecticides (DDT notamment) sont retrouvées dans les graisses des
organismes dont la niche écologique les situe en fin de chaîne trophique
mais il n'y a guère d'observations scientifiques précises rapportant de
sérieux dommages qui pourraient résulter de cette accumulation. Plus
sérieuses probablement sont les conséquences de l'action Insecticide qui
s'exerce sur la faune entomologique non-cible et les déséquilibres
écologiques qui en découlent. Il est, en fait, difficile d'évaluer la part
réelle des insecticides utilisés en Santé publique et, plus généralement,
des pesticides dans la survenue de ces déséquilibres. Il est bon,
toutefois. De rappeler que l'immense majorité (97 %) des insecticides
répandus sur la planète sont utilisés par les agronomes, et seulement 3
% par les médecins et vétérinaires. Si, dans les pays développés, la
98
pression de l'opinion publique a abouti à imposer de strictes
réglementations dans l'usage de certaines substances (DDT par
exemple) ou même à leur totale interdiction, il va de soi que, dans le
Tiers Monde, il ne peut être question de se passer des insecticides et
d'interrompre brusquement les programmes de lutte anti vectorielle alors
que nous ne disposons d'aucune méthode de remplacement ayant une
efficacité comparable. C'est dire l'importance qu'il y a à développer les
recherches tant sur des méthodes permettant d'apprécier correctement
les effets nocifs des pesticides que sur les autres techniques de lutte anti
vectorielle.
Les phénomènes de résistance
Les premiers cas de résistance aux insecticides de contact ont été
signalés peu après le début de l'utilisation de ces composés (mouches
domestiques résistantes au DDT en 1946 en Suède). Par la suite,
parallèlement au développement des campagnes de lutte anti vectorielle,
les phénomènes de résistance sont apparus de plus en plus nombreux,
et en 1970, une centaine d'espèces d'insectes et d'acariens d'importance
médicale ou vétérinaire présentait une résistance vis-à-vis d'un ou de
plusieurs groupes de substances. La fréquence de ces phénomènes ne
cessant de croître, la situation qui en résulte apparaît très préoccupante
; cette résistance aux insecticides constitue le principal des facteurs
responsables de l'échec de certains programmes sanitaires, en particulier
du programme de lutte antipaludique en Afrique. Il convient de signaler
dès à présent que ces résistances peuvent s'observer non seulement vis-
à-vis des insecticides et acaricides conventionnels, mais également pour
les chimiostérilisants ou pour les inhibiteurs du développement
(insecticides biologiques). Plusieurs revues générales portant sur le
problème des résistances ont été publiées sous l'égide de l'OMS (OMS,
1976).
La résistance physiologique a été définie par le Comité OMS d'Experts
des Insecticides comme étant «l'apparition dans une souche d'insectes
de la faculté de tolérer des doses de substances toxiques qui
exerceraient un effet létal sur la majorité des individus composant une
population normale de la même espèce». A côté de cette résistance
physiologique, de mécanisme généralement enzymatique, on reconnaît
99
une résistance de comportement liée à l'évitement du contact avec
l'insecticide. De plus, certains arthropodes s'avèrent d'emblée résistants
à des doses très importantes d'insecticides ; les mécanismes de cette
résistance naturelle sont variés.
La résistance physiologique
Elle est presque toujours due à une augmentation du phénomène de
détoxification liée à un accroissement d'activité d'une enzyme dont la
fonction est précisément de dégrader l'insecticide pour le transformer en
un composé non toxique ; ainsi, chez les moustiques, une
déhydrochlorinase transforme le DDT en DDE (dichloro-diphényl-
éthylène). La résistance au Malathion est liée à un-e carboxyestérase ;
les inhibiteurs de cette enzyme sont alors des synergistes du Malathion.
De très nombreuses enzymes peuvent ainsi intervenir dans le processus
de détoxification des insecticides. Bien entendu, la présence (ou
l'absence) de ces enzymes est liée à des gènes particuliers, récessifs ou
dominants. Il en résulte que les mutants, munis d'un équipement
enzymatique supérieur (gène préadaptif) à celui des individus normaux,
vont être sélectionnés par la pression insecticide et que, par un banal
phénomène de sélection, la population d'origine sera rapidement
remplacée par une population résistante. L'activité des enzymes
impliquées s'exerçant au niveau d'un groupement chimique particulier,
on peut observer des phénomènes de résistance croisée vis-à-vis de
substances chimiquement proches, présentant le même groupement.
Ainsi, on peut distinguer plusieurs types de résistance : résistance au
DDT et à ses analogues, résistance au HCH et à la Dieldrine, résistance
globale aux organo-phosphorés parfois mêmes étendues aux
carbamates, etc. Les facteurs favorisant l'apparition de la résistance sont
au nombre de trois-:
La pression sélective : intensité, étendue, durée de l'utilisation de
l'insecticide, que celui-ci ait été employé pour détruire l'arthropode
concerné ou qu'il s'agisse de retombées de traitements dirigés contre un
autre insecte, notamment un ravageur de cultures (cultures de coton,
rizières, etc.). Il est possible de prévenir ou de retarder l'apparition
d'une résistance en utilisant conjointement plusieurs insecticides.
100
La vitesse de reproduction de l'arthropode : plus les générations se
succèdent rapidement, plus la sélection des individus résistants est, elle
aussi, rapide.
La complexité génétique de l'équipement enzymatique gouvernant la
résistance : celle-ci sera d'autant plus rapide qu'elle sera liée à un gène
unique et dominant.
La résistance de comportement
Elle résulte d'un comportement d'évitement tel que l'insecte ne se pose
plus sur une surface enduite d'insecticide ; en raison de l'effet irritant de
la substance, le contact, indispensable pour que l'action se manifeste,
n'a plus lieu. On observe ainsi chez de nombreux anophèles, un
comportement exophile qui leur permet d'échapper aux pulvérisations
intra-domiciliaires de DDT. Parfois, si la température extérieure est
suffisamment basse, il peut en résulter une interruption du
développement des Plasmodium chez les anophèles (cas de l'Italie). On
peut encore observer un changement de l'agressivité à l'intérieur des
habitations. De ces différentes modifications, certaines entraînent une
diminution du contact homme-vecteur (effet bénéfique), d'autres
aboutissent à une diminution du contact insecticide-vecteur (effet nocif),
et la résultante en est souvent difficile à prévoir.
Reconnaissance de la résistance. Attitude à adopter
Toute une série de tests parfaitement codifiés permet de déterminer la
sensibilité d'une souche d'insecte à un insecticide. Les techniques sont
différentes suivant le type d'insecte mais elles consistent toujours à
exposer l'arthropode, dans des conditions bien définies, à des doses
précises d'insecticide et à déterminer les DL5() et DL95, ou mieux, une
« Dose discriminative». On peut ainsi détecter l'existence d'une
résistance, sans la confondre avec l'expression d'une variabilité
physiologique à l'intérieur d'une population normale. Ces techniques sont
décrites en détail, pour chaque groupe d'arthropodes, dans des
documents émanents de l'OMS (OMS, 1970). Cet organisme fournit par
ailleurs le matériel nécessaire à la mise en œuvre de ces tests, ainsi que
les instructions pour l'interprétation correcte des résultats. Pour éviter de
reconnaître trop tardivement l'apparition d'une résistance lors d'une
campagne de traitement, il est impératif de tester régulièrement, tout au
101
long des opérations, la sensibilité des souches. Toute apparition de
résistance constitue un signal d'alarme indiquant la nécessité de modifier
au plus vite le protocole établi (augmentation des doses, remplacement
de l'insecticide par une autre substance appartenant à une autre famille
chimique, adjonction d'autres composés ou de synergistes, adoption
d'autres méthodes, etc.). Lorsque cesse la pression insecticide, on
observe habituellement un retour lent à la sensibilité.
Il arrive malheureusement que les résistances vis-à-vis d'insecticides
courants suffisent à faire stopper certains programmes dans les pays
pauvres en raison du coût trop élevé des produits de remplacement, ou
encore que l'émergence de souches polyrésistantes aboutisse à des
situations insolubles par la mise en œuvre de la seule lutte chimique.
SYNERGISTES
Deux catégories de substances sont capables de renforcer (phénomène
de synergie) l'action des insecticides et acaricides.
• Les Pyréthrines, dont nous, avons mentionné plus haut l'effet «
knock down», qui, en immobilisant les insectes, permettent un contact
étroit et prolongé avec l'insecticide qui leur est associé.
• Des substances, non toxiques par elles-mêmes, sont susceptibles
d'augmenter considérablement l'efficacité de certains insecticides. Ainsi
le pipéronyl-butoxide ou le sesoxane sont synergistes des pyréthrines.
Beaucoup de ces substances sont des inhibiteurs de l'enzyme
responsable de la dégradation de l'insecticide chez les insectes
résistants. Par exemple, le DMC inhibe la DDT-dehydrochIorinase.
OVICIDES
Des composés ovicides ont été récemment découverts. Ils ont la
propriété d'altérer l'étanchéité de la coque des œufs d'insectes et de
permettre ainsi leur déshydratation. Ces substances ovicides pourraient
s'avérer précieuses dans la lutte des Aedes dont les œufs supportent
habituellement la dessiccation prolongée (œufs durables).
AUTRES PESTICIDES
Dans certains cas particuliers, le recours à des herbicides peut s'avérer
utile pour supprimer des végétaux indispensables aux insectes. La
102
destruction des Pistia dans la lutte contre les Mansonia dont les larves
vivent fixées sur ces plantes en est un exemple.
Enfin, il serait théoriquement possible d'exercer un certain contrôle des
ectoparasites en supprimant les vertébrés-hôtes ; par exemple, dans le
cadre de la lutte contre les rongeurs sauvages ou domestiques,
réservoirs de peste ou de leishmanioses, on peut observer un effet
indirect sur les populations de puces qui leur sont liées, à la suite de
l'application de rodenticides.
INSECTICIDES BIOLOGIQUES
SUBSTANCES HORMONOMIMÉTIQUES OU RÉGULATEURS DE
CROISSANCE
Les grands progrès accomplis ces dernières années dans la
compréhension des mécanismes neuro-endocriniens intervenant dans le
développement des arthropodes ont permis d'envisager la possibilité
d'agir sur ces mécanismes afin de perturber de façon irréversible le
déroulement des mues, des métamorphoses ou de la maturation
sexuelle (CHAMBERLAIN, 1975). Il est actuellement possible d'extraire
de certaines plantes ou de produire par synthèse :
• des juvenoïdes (analogue de 1'« hormone juvénile», responsable
de la mue, en présence d'ecdysone), comme le Methoprène (Altosid@)
qui s'oppose à la nymphose et entraîne donc la mort de l'insecte ;
• des ecdysoïdes (analogues de l'ecdysone, hormone responsable
des métamorphoses en l'absence d'hormone juvénile), tels le
Difiubenzuron qui inhibe la sclérification tégumentaire et limite l'éclosion
des œufs.
Tous ces composés, ainsi que des anti-hormones, agissent par contact,
sont biodégradables et n'ont d'action que sur les insectes (et donc
inoffensifs pour les vertébrés). Leur prix de revient est malheureusement
élevé et il semble que des résistances puissent se développer à leur
encontre.
103
MÉTHODES BIOLOGIQUES
Le principe des méthodes biologiques est d'utiliser les ennemis naturels
des arthropodes que l'on cherche à détruire. L'apparition et la diffusion
très rapide des phénomènes de résistance aux insecticides chimiques,
les effets de ces substances sur les écosystèmes naturels,
l'augmentation importante du coût des traitements, l'impossibilité
d'intervenir par les méthodes classiques sur certains arthropodes
sauvages, sont autant de facteurs qui ont fait rechercher d'autres
méthodes susceptibles de pallier ces inconvénients.
Toutefois, en ce qui concerne l'utilisation des ennemis naturels, les
applications sur le terrain sont encore fort peu nombreuses en raison
d'une part des connaissances encore très réduites sur l'écologie des
agents potentiels de lutte biologique, d'autre part des difficultés
rencontrées dans le contrôle de l'efficacité de ces techniques qui ne
sauraient être, en tout état de cause, que des techniques d'appoint,
hormis quelques exceptions. Nous nous efforcerons ici de passer en
revue les ennemis naturels susceptibles d'être utilisés à cet égard.
Deux catégories d'organismes sont à considérer : les prédateurs et les
agents pathogènes. Leur rôle, dans les conditions naturelles, est
précisément d'assurer la régulation du volume des populations
d'arthropodes. Ici encore, l'homme cherche par conséquent à
introduire, à son profit, un déséquilibre entre les populations
naturelles, et à en assurer le maintien. Notons, dès à présent, que ces
méthodes biologiques sont largement utilisées depuis longtemps déjà
par les agronomes pour contrôler les populations des ravageurs de
cultures ou de forêts.
LES PRÉDATEURS
On connaît, bien entendu, de très nombreux prédateurs d'arthropodes;
bien peu s'avèrent utilisables en pratique. Ainsi, des insectes
aquatiques tels que les larves de culicides sont des proies habituelles
pour d'autres insectes carnivores : coléoptères (dytiques),
hétéroptères (notonectes), odonates, pour des planaires (Dugesia),
des batraciens (tritons), ou même des végétaux (utriculaires, plantes à
graines mucilagineuses piégeant les larves). En réalité, deux groupes
104
de prédateurs sont intéressants dans cette optique : les larves
prédatrices de certains culicides et les poissons.
Larves prédatrices de culicides
On sait que certains culicides ont des larves prédatrices, se
nourrissant de proies vivantes, en particulier de larves d'autres
espèces culicidiennes se développant dans le même gîte. C'est
notamment le cas pour les Culex du sous-genre Lutzia et surtout pour
les moustiques du genre Toxorhynchites. Ces derniers sont
intéressants en raison de leurs caractères suivants : leurs larves sont
très voraces (chacune dévore une dizaine de larves d'Aedes chaque
jour, s'y ajoute un comportement « tueur » durant le 3e stade) donc
efficaces ; elles se développent dans de petits gîtes comme les creux
d'arbres ou les feuilles engainantes (gîtes inacessibles aux autres
méthodes et abritant par ailleurs d'importants vecteurs) ; certaines
espèces sont élevables et donc productibles en nombre ; ces
moustiques enfin, ne sont pas hématophages (leur lâcher ne présente
aucun danger). Des essais sur le terrain se sont révélés encourageants
mais des processus de régulation naturelle interviennent rapidement
et il est nécessaire de procéder régulièrement à d'importants lâchers à
partir d'élevages permanents. I)ans les conditions normales, on
n'observe habituellement qu'une larve de Toxorhynchites par creux
d'arbre.
Poissons culiciphages
De nombreuses espèces de poissons se nourrissent de larves d'insectes
aquatiques, en particulier de moustiques : 265 espèces utfles étaient
recensées en 1968. Certaines sont utilisées depuis longtemps comme
agents de lutte biologique, notamment dans le cadre de programmes de
lutte antipaludique où ils ont souvent donné de bons résultats (Espagne,
Italie, Grèce, Inde, Iran, URSS, Malaisie, . . .). Les plus connus de ces
poissons sont :
Lebistes (= Poecilia) reticulatus, ou guppy : poisson de la famille des
Poecilidae, originaire d'Amérique tropicale. C'est une espèce de petite
taille (3 à 6 cm), robuste et peu exigeante quant au milieu (même en
eau très polluée par des matières organiques), très vorace (mais
105
omnivore) ovovivipare et très fécond (portées de 50 alevins environ,
tous les mois).
Gambusia affinis: également de la famille des Poecilidae, originaire
d'Amérique du Nord, c'est sans doute le plus connu des poissons
culiciphages et il a été disséminé par l'homme dès 1920 dans le monde
entier ; comme le précédent, sa grande plasticité écologique lui permet
de s'adapter à la majorité des collections d'eau permanentes, naturelles
ou artificielles (il tolère de fortes pollutions organiques, la salinité, et
même beaucoup de larvicides chimiques) ; il est ovovivipare, très
prolifique (jusqu'à 400 alevins chaque mois), très vorace (il dévore son
propre poids de larves chaque jour) ; ce poisson est, en outre, facile à
élever et à transporter. C'est le prédateur idéal pour les rizières, les
étangs, les citernes, les bassins.
Aplocheilus (z Panchax): poissons d'origine asiatique, robustes, d'élevage
facile, longs de 8 cm, ovipares, très utilisés en Inde pour détruire les
larves d'anophèles malgré leur caractère peu sociable (incompatibles
avec les Gambusia). L'espèce la plus intéressante semble être A. blochi.
Ces poissons ne peuvent toutefois peupler que des collections d'eau
permanentes. On a donc été amené à rechercher des poissons « annuels
», les œufs, enfouis dans la vase, supportent la dessiccation, pour les
utiliser dans les gîtes temporaires. Les principaux sont : Nothobranchius
guentheri : cyprinodontide de l'est africain, long de 5 cm, vorace mais
peu sociable, très prolifique. Cynolebias bellottii et C. whitei :
cyprinodontides originaires d'Argentine, également voraces, peu
sociables et prolifiques. Ces espèces peuvent être utiles dans certaines
rizières périodiquement asséchées. Il est à noter qu'en Chine, lors des
phases d'assèchement, les poissons ne supportant pas la dessiccation
persistent dans des trous creusés à cet effet au centre et aux quatre
coins des rizières, pour se répandre à nouveau dès la remise en eau.
D'autres essais ont été tentés avec des espèces de plus grande taille
comme certains Tilapia, mais ces poissons sont alors souvent
consommés par les populations locales. Des espèces herbivores (carpes)
peuvent jouer un rôle accessoire en réduisant la végétation aquatique ce
qui expose les larves de culicides à leurs prédateurs.
106
D'une manière générale, la lutte à l'aide de poissons culiciphages ne
peut être efficace que s'ils sont très abondants, si la végétation flottante
est réduite, si les espèces importées ne sont ni consommables (taille
inférieure à 5 cm) ni compétitifs écologiques de poissons consommables
indigènes, et si leurs proies d'élection sont bien des larves de
moustiques. Une étude préalable soigneuse des conditions locales est
donc impérative.
LES AGENTS PATHOGÈNES
De très nombreux micro-organismes sont connus pour infecter et tuer,
dans les conditions naturelles, les arthropodes, et plusieurs
recensements ont été effectués, concernant ceux qui sont pathogènes
pour les arthropodes d'importance médicale. La dernière liste publiée
date de 1980 (ROBERTS et CASTILLO). Ici encore, un très petit nombre
de ces agents semble potentiellement utilisable dans l'avenir. Deux ou
trois tous au plus sont actuellement opérationnels, mais beaucoup de
recherches sont en cours dans ce domaine.
Les virus
Parmi les nombreux virus d'arthropodes actuellement connus, il convient
de mentionner les Baculovirus (agents de polyédroses nucléaires chez
les larves de culicides), les Entomopoxvirus (virus cytoplasmiques de
diptères, notamment des anophèles) et surtout les Iridovirus ou virus
iridescents, (virus cytoplasmiques, donnant une coloration verte ou
bleue au corps adipeux des larves d'insectes infectés : simulies,
moustiques, chironomes, etc.).
Les Rickettsies
Plusieurs genres de Rickettsiales infectent les invertébrés, notamment
les puces, les glossines, les tiques et les moustiques. Seuls les Wolbachia
semblent avoir un intérêt en raison de leur rôle dans le phénomène de
l'incompatibilité cytoplasmique (cf. méthodes génétiques).
107
Les Bactéries
On connaît assez peu de bactéries pathogènes pour les insectes. Seules
trois espèces de Bacillus sont importantes : B. sphaericus (pathogène
pour les culicides), B. mathisi (pathogène pour les glossines) et surtout
B. thuringiensis. Ce dernier est utilisé depuis longtemps contre les
ravageurs des cultures. Récemment une variété particulière B.
thuringiensis israelensis (= sérotype H 14), s'est avéré
expérimentalement très pathogène par voie orale pour les larves de
moustiques et de simulies. Les essais sur le terrain se sont révélés très
encourageants, et des préparations de cet agent sont maintenant
disponibles, sous forme de cristaux (protoxine protéique) lyophilisés. On
a maintenant recours à B.t. israelensis dans le cadre du programme OMS
de lutte contre l'onchocercose en Afrique de l'Ouest pour lutter contre
les larves de simulies qui ont développé une résistance aux Insecticides
chimiques.
Les Champignons
Beaucoup d'espèces pathogènes pour les insectes ont été recensées.
Certaines sont déjà utilisées en agronomie (Entomophthora), mais
quelques genres semblent intéressants pour lutter contre les vecteurs :
— les Culicinomyces, notamment C. clavisporus,
— les Tolypocladium, (T. cylindrosporum),
— les Lagenidium dont une espèce infecte les larves de moustiques
(L. giganteum), en particulier celles des culicinés.
— les Metarrhizium, dont certains produisent des toxines actives sur
les culicides mais les essais sur le terrain ont été assez décevants.
— les Coelomomyces, dont on connaît une quarantaine d'espèces,
presque toutes spécifiques des moustiques (une ou deux parasitent les
simulies). Leur cycle naturel, décrit récemment, est complexe : il fait
notamment intervenir des crustacés copépodes comme hôtes
intermédiaires obligatoires. Les larves parasitées, bourrées de sporanges
meurent presque toutes ; quelques-unes, cependant évoluent jusqu'au
stade adulte, ce qui permet la dispersion spontanée du champignon dans
des gîtes larvaires tels que des creux d'arbres. Leur culture in vitro est
encore impossible.
108
Les Protozoaires
De nombreux groupes de protozoaires ont été observés chez les
arthropodes. Seuls nous semblent devoir être retenus comme agents
potentiels de lutte biologique :
— des Grégarines appartenant aux genres Lankesteria et Caulleryella,
infectant des culicides,
— des Microsporidies des genres Thelohania, Parathelohania, Stempellia,
Nosema, Vavraia (= Plistophora) parasitant, dans la nature, divers
groupes de vecteurs, en particulier les moustiques et les simulies, mais de
nombreuses recherches restent à effectuer pour mieux connaître leur
efficacité, leur spécificité, leur production.
Les Helminthes
Les nématodes de la famille des Mermithidae, spécifiques d'arthropodes,
ont fait l'objet de très nombreuses études et plusieurs se sont avérés
très prometteurs (POINAR, 1979). On retiendra en particulier plusieurs
parasites de larves de moustiques ou de simulies, tels que
Romanomermis culicivorax Reesimermis nielseni), facilement élevable en
masse, qui est déjà utilisé sur le terrain avec succès contre des larves de
moustiques (WESTERDAHL et al., 1982), ou Isomermis lairdii, parasite
des larves de simulies africaines, ou encore des Gastromermis,
Limnomermis, etc. On en connaît également qui infectent les puces, les
Ceratopogonides. Dans le cycle des Mermithides, seul un stade larvaire
de l'helminthe est parasite d'un arthropode. Le ver quitte son hôte par
effraction, ce qui provoque généralement la mort de cet hôte. De
nombreux problèmes, concernant notamment le contrôle des infections
dans la nature, demeurent toutefois non résolus.
D'autres familles de Nématodes comprennent également des agents de
lutte biologique. Ainsi, parmi les Allantonematidae, l'espèce
Heterotylenchus autumnalis permet de contrôler les populations de
Musca autumnalis.
109
Les Arthropodes
Aucun des arthropodes parasites d'insectes ou d'acariens ne semble
utilisable pour lutter contre leur hôte : hydrachnides ectoparasites de
moustiques, hyménoptères des genres Ixodiphagus et Hunterellus
pondant leurs œufs dans l'organisme des tiques, d'autres parasitant les
œufs des réduves, etc.
MÉTHODES GÉNÉTIQUES
L'OMS a défini ainsi, en 1964, la lutte génétique : «emploi de toutes les
conditions et méthodes de traitement susceptibles de réduire le potentiel
reproductif des formes nuisibles par une altération ou un remplacement du
matériel héréditaire ».
A la suite de l'impressionnant succès remporté aux Etats-Unis par la
technique dite « des mâles stériles» dans la lutte contre Cochliomyia
hominivorax screw-worm »), l'agent d'une myiase du bétail, de très
nombreux programmes de recherches ont été mis sur pied pour mettre
au point des méthodes génétiques de lutte contre les arthropodes
d'importance médicale ou vétérinaire. Ces méthodes apparaissent
effectivement comme promises à un grand avenir dans la mesure où
elles apparaissent très élégantes, parfaitement spécifiques, non
polluantes, et sans danger, puisqu'elles réalisent une véritable auto-
destruction. Toutefois, ces recherches demeurent très coûteuses et,
hormis quelques cas particuliers, les techniques mises au point sont
souvent rendues rapidement inefficaces en raison de la plasticité
génétique des espèces et du caractère souvent défavorable des
mutations induites qui se trouvent donc éliminées dans les conditions
naturelles. Ici encore, il faudra s'opposer au rétablissement d'un
équilibre, à moins qu'une éradication totale puisse être obtenue dans la
zone de travail.
STÉRILISATION DES MÂLES
Le principe de ces techniques est simple : chez un insecte dont la
femelle ne s'accouple qu'une seule fois, l'accouplement avec un mâle
stérilisé entraîne l'absence de descendance viable. On peut, dès lors,
envisager d'élever des mâles, de les stériliser et de les lâcher afin qu'en
110
s'accouplant avec les femelles de la souche locale, ils les rendent
infécondes. Il est toutefois nécessaire que les mâles, une fois stérilisés,
gardent leur compétitivité en ce qui concerne leur comportement sexuel
; il faut également que leur élevage en masse et leur transport soient
relativement faciles. Deux procédés peuvent être utilisés pour stériliser
les insectes. On peut avoir recours à :
• des rayonnements : rayons X, rayons béta ou gamma (Cobalt 60,
Césium 137),
0 des chimiostérilisants, agissant par contact ou par ingestion ; il peut
s'agir : d'agents alkylants: Apholate, Tépa, Thiotépa, Métépa,...
d'antimétabolites, d'antimitotiques, d'antifoliques, etc.
Les modalités d'application sont variables suivant la substance choisie
et l'insecte-cible ; pulvérisation, épandage dans l'eau du gîte (contact
avec
les stades pré-imaginaux), etc. soit encore à l'aide de pièges
automatiques très élaborés, associant un attractif (lumière), un système
stérilisant (irradiations) et un mécanisme de libération des insectes
stérilisés, ou encore des pondoirs-pièges appâtés avec un attractif de
ponte et munis d'un dispositif d'autostérilisation des larves.
Sur les nombreux essais entrepris, d'importants succès furent
enregistrés: sur Cochliomyia hominivorax, on l'a vu, mais aussi sur
Musca domestica, sur Aedes aegypti, sur des anophèles, sur des
glossines surtout, par les vétérinaires. D'autres essais, sur des
Ornithodores par exemple, furent des échecs. De plus, on a déjà
enregistré des phénomènes de résistance aux chimiostérilisants (A.
aegypti résistants à l'Apholate).
INCOMPATIBILITÉ CYTOPLASMIQUE
On a observé que les croisements entre certaines populations naturelles
d'une même espèce de moustiques produisaient des œufs stériles : ces
populations sont dites « incompatibles » ; le facteur responsable est un
agent cytoplasmique, extrachromosomique, présent dans l'ovocyte, et
qui s'oppose à la caryogamie à l'arrivée du spermatozoïde. Parfois la
stérilité n'est observée que dans un croisement et non dans le
croisement inverse. Chez Culex pipiens, le facteur cytoplasmique a été
111
identifié comme étant une rickettsie : Wolbachia pipientis, transmise par
la femelle (voie transovarienne) à la descendance (YEN et BARR, 1973).
Chez les mâles infectés, par contre, les spermatozoïdes sont indemnes
de rickettsies. Seule l'infection des mâles entraîne l'incompatiblité :
croisement d (+) >< (—) et les mâles sains (non infectés ou dont
l'infection a été traitée par la tétracycline) sont compatibles avec toutes
les femelles, infectées ou non. On conçoit dès lors, que le lâcher de
mâles incompatibles avec les femelles de la souche locale entraîne une
diminution de la fertilité moyenne de ces femelles.
STÉRILITÉ DES HYBRIDES
Les croisements entre espèces proches mais différentes sont stériles ou
produisent des hybrides (FI) partiellement ou totalement stériles. On a
tenté d'utiliser ce phénomène pour lutter contre des glossines et
surtout, plus récemment, pour contrôler des populations appartenant
au complexe Anopheles gambiae. En effet, certains croisements entre
espèces de ce complexe produisent une FI viable, dont les femelles ont
une fertilité normale mais dont les mâles sont stériles ; en particulier les
croisements A. gambiae A ou B >< A. melas ou merus donnent une
FI composée presque exclusivement de mâles stériles, à activité
sexuelle normale ou même augmentée. Des essais ont été entrepris à
Bobo-Dioulasso, Haute-Volta : des nymphes provenant du croisement
A. gambiae B x 9 A. melas (réalisé en laboratoire) ont servi à
ensemencer des gîtes naturels dans une zone contenant une population
naturelle d'A. gambiae A (300 000 nymphes dispersées en deux mois,
en début de saison sèche). La compétitivité sexuelle des mâles stériles
introduits s'avéra malheureusement insuffisante puisque la majorité des
femelles locales sont demeurées fertiles. D'autres essais ont été tentés
plus récemment en Inde sur deux espèces du complexe Anopheles
culicifacies.
112
TRANSLOCATIONS CHROMOSOMIQUES INTRODUCTION DE
GÈNES DÉFAVORABLES
Les entomologistes ont encore cherché, par des manipulations
génétiques faisant généralement appel à des translocations
chromosomiques ou à des inversions, à modifier l'équipement
chromosomique des insectes, en y introduisant par exemple certains
gènes. On peut en effet réaliser des translocations par irradiation à
doses faibles et, par ce moyen, introduire dans une population naturelle,
des gènes défavorables très variés : gènes létaux dominants ou létaux
conditionnels, qu'ils soient ou non liés au sexe, gènes perturbant le sex
ratio, gènes rétablissant la sensibilité aux insecticides, etc. Chez les
moustiques, plusieurs translocations, induites par irradiation, entraînent
une stérilité partielle (hétérozygotes transloqués semi-stériles), et se
transmettent de génération en génération. Dans les conditions
naturelles, toutes ces anomalies sont automatiquement éliminées
rapidement.
REMPLACEMENT DE POPULATIONS
On peut enfin imaginer de remplacer une population vectrice par une
autre, qui occuperait la même niche écologique. On peut faire appel à
une espèce voisine (essai de remplacement d'Aedes polynesiensis par A.
albopictus dans certaines îles du Pacifique) mais celle-ci est
généralement éliminée en quelques mois. On pourrait encore remplacer
la population vectrice d'origine par une autre de la même espèce, dont la
capacité vectorielle aurait été abaissée ou annulée par manipulation
génétique. Ceci est concevable dans la mesure où la capacité vectorielle
d'un arthropode vis-à-vis d'un agent pathogène donné est
génétiquement déterminée, souvent liée à un gène unique.
Toutes les techniques génétiques que nous venons d'aborder sont en
réalité extrêmement complexes à mettre au point et aucune n'est
actuellement opérationnelle. Les recherches dans ce domaine
nécessitent une infrastructure scientifique très lourde et onéreuse et une
meilleure connaissance des facteurs écologiques intervenant dans la
régulation naturelle des populations est indispensable avant d'espérer
113
pouvoir obtenir des résultats satisfaisants grâce à ces méthodes qui n'en
demeurent pas moins appelées à un grand avenir.
LUTTE INTÉGRÉE
Dans bien des cas, malgré les inconvénients que l'on connaît, ce sont les
méthodes chimiques, reposant sur l'utilisation d'insecticides de synthèse,
qui s'avèrent les plus efficaces actuellement, qu'il s'agisse de traitements
individuels ou ponctuels, ou de campagnes à large échelle. Mais, pour
éviter la sélection de souches résistantes, les protocoles recommandés
associant plusieurs composés deviennent de plus en plus coûteux et de
ce fait moins accessibles pour les pays du Tiers Monde. Par ailleurs, la
production de nouvelles substances s'est considérablement ralentie en
raison du coût énorme des expérimentations et des contrôles exigés des
producteurs pour satisfaire aux normes préalables à leur mise sur le
marché ; c'est ainsi-qu'un certain nombre de produits très actifs ne sont
pas commercialisés, les débouchés du marché ne pouvant couvrir les
frais de lancement. De même, les activités de recherche dirigées, en
partie sous la pression des militants « écologistes vers la mise au point
d'autres méthodes de lutte, jugées moins dangereuses pour les
écosystèmes naturels, s'avèrent, elles aussi, extrêmement onéreuses. Il
en résulte que, pour des raisons de coût, d'importants programmes ont
dû être arrêtés, avec des conséquences épidémiologiques parfois
désastreuses. Devant cette situation, il est néanmoins évident que, dans
l'avenir immédiat, les responsables des opérations de lutte antivectorielle
devront se contenter des insecticides actuellement disponibles, dont
l'éventail est en continuelle régression par suite du développement
considérable des résistances simples ou multiples. Beaucoup de
méthodes, notamment parmi les méthodes biologiques et génétiques,
sont encore des sujets de recherche et ne sont pas opérationnelles
actuellement. L'arsenal des méthodes de lutte antivectorielle
actuellement disponibles est néanmoins varié, mais c'est seulement
après une étude très approfondie de chaque cas particulier que l'on
pourra procéder au choix de la (ou des) technique(s) à utiliser. Ce choix
est d'autant plus délicat qu'il y a souvent incompatibilité entre les
différentes techniques : on ne peut associer une lutte chimique par
114
insecticides avec une technique de stérilisation des mâles ou avec
l'utilisation de poissons culiciphages.
Toutefois, il est possible et souhaitable de faire appel, en alternance, à
plusieurs méthodes, ce qui peut, dans une certaine mesure, éviter ou
réduire les inconvénients propres à chacune d'elles. De cette notion est
né le concept de lutte intégrée, à Inener parallèlement à d'autres
procédés de prophylaxie : destruction ou stérilisation des réservoirs
naturels, chimioprophylaxie, vaccination, etc. Comme le remarquait
BUSVINE (1978) à propos du contrôle des moustiques, « la question de
la lutte intégrée est populaire dans plusieurs sphères de l'entomologie
appliquée, mais il est difficile de généraliser utilement dans ce domaine.
Chaque situation nécessite des recherches approfondies pour parvenir à
la situation appropriée. Cela demande une plus grande souplesse
d'esprit de la part des entomologistes qu'à l'époque où les insecticides
de synthèse procuraient la réponse universelle». Dans cette optique,
l'utilisation de modèles mathématiques aussi proches que possible de la
réalité doit se révéler d'une très grande utilité. L'idéal est d'aboutir à une
situation épidémiologique où les conditions ne permettent plus la
transmission de l'agent pathogène. C'est, par exemple, le cas de
l'Anophélisme sans Paludisme qui prévaut maintenant en Europe
occidentale. Une telle situation implique néanmoins une surveillance très
soigneuse et constante.
Sur un plan plus général, les implications des différentes données et les
difficultés rencontrées dans la mise en ceuvre des programmes de lutte
antivectorielle ne sauraient mieux être évoquées qu'en citant la
conclusion d'une étude consacrée à la lutte antipaludique : « La situation
actuelle du paludisme en Thaïlande illustre bien les problèmes qui
surgissent dans les campagnes d'éradication du paludisme menées par
des pays situés dans les régions continentales et tropicales touchant à
des zones d'hyperendémie où n'existe aucun programme de lutte. Les
campagnes d'éradication nationale du paludisme ont provoqué une
baisse spectaculaire de la prévalence de la maladie que les
gouvernements, néanmoins, ont tendance à méconnaître si les
buts fixés ne sont pas atteints dans les délais prévus, surtout lorsque les
subventions allouées au programme sont limitées dans le temps. Les
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avantages très réels qui en résultent pour l'agriculture et l'ensemble de
l'économie et qui n'auraient pu être obtenus avant les opérations
antipaludiques, ne sont pas appréciés à leur juste valeur par les
autorités politiques et administratives qui voient, avant tout, dans le
maintien prolongé des programmes d'éradication, une charge très lourde
pour le budget total de la santé. Il est capital de considérer l'action
antipaludique d'ensemble comme un service de protection dont le coût
est justifié. Si l'histoire des méfaits de cette maladie tropicale sur
l'homme ne suffit pas à justifier ces dépenses, alors il est urgent de
calculer avec précision et de chiffrer les bénéfices économiques de la
protection antipaludique. La plupart des pays
sous-développés dans le monde sont situés dans des zones tropicales
d'hyperendémie paludéenne. La protection antipaludique systématique
peut seule permettre les progrös de l'agriculture, qui entraincront un
accroissement de la production alimentaire, une amélioration du niveau
de vie et la transformation définitive des conditions écologiques. Si les
pays défavorisés des zones tropicales n'ont pas recours ä une telle
action systématique, leurs progres économiques ne pourront étre que
médiocres». (MCKENZIE, 1969).
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