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L'Avare de Molière : Amour et Avarice

Le document est un résumé de l'Acte 1 de la pièce "L'Avare" de Molière. Il présente les personnages et établit la nature avare d'Harpagon, qui se méfie de son serviteur La Flèche et le soupçonne de vol. Il effectue une recherche agressive de La Flèche pour s'assurer qu'il ne vole rien avant de le renvoyer. Le résumé montre également Cléante confessant son amour pour Marianne à sa sœur Élisabeth, ainsi que leur frustration commune face au comportement avare de leur père Harpagon.

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L'Avare de Molière : Amour et Avarice

Le document est un résumé de l'Acte 1 de la pièce "L'Avare" de Molière. Il présente les personnages et établit la nature avare d'Harpagon, qui se méfie de son serviteur La Flèche et le soupçonne de vol. Il effectue une recherche agressive de La Flèche pour s'assurer qu'il ne vole rien avant de le renvoyer. Le résumé montre également Cléante confessant son amour pour Marianne à sa sœur Élisabeth, ainsi que leur frustration commune face au comportement avare de leur père Harpagon.

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L'AVARE.

MOLIÈRE

PERSONNES REPRÉSENTÉES

HARPAGON

CLEANTE………………………………………

ÉLISE…………………………………………..

VALERE ……………………………………….

LA FLÈCHE

MAÎTRE SIMON …………………………….

MAÎTRE JACQUES …………………………

FROSINE ……………………………………

MARIANNE………………………………..….

BRINDAVOINE

LA MERLUCHE ……………………………..

ANSELME…………………………………….
L'AVARE.
La scène se déroule à PARIS, dans la maison d'HARPAGON.

ACTE I.

SCÈNE I.--VALÈRE, ÉLISE.


VALERE : Quoi, chère Élise ! Tu deviens triste après m'avoir donné de si chères marques de
ton amour ; Peux-tu regretter m'avoir rendu heureux ?

ELISE : Non, Valère, je ne regrette pas ce que je fais pour toi ; Pourtant, pour te dire la vérité, je suis très
anxieux des conséquences ; et j'ai grande peur d'aimer plus que je ne devrais.

VALÈRE : Qu'est-ce que tu peux craindre ?

ELISE : Tout ; la colère de mon père, les reproches de ma famille, la censure de


le monde, et, surtout, Valère, un changement dans ton cœur !

VALERE : Hélas ! Pensez-moi capable de tout, Élise, sauf de manquer à ce que je vous dois.
à vous.

ELISE : Ah ! Valère, tous les hommes disent la même chose ; tous les hommes se ressemblent dans leurs paroles ; leur
les actions ne montrent que la différence qui existe entre elles.

VALERE : Alors pourquoi ne pas attendre des actions, si c'est par elles seules que vous pouvez juger de la véracité.
de mon cœur ? Ne laissez pas vos craintes anxieuses vous induire en erreur et me faire du tort ; mais donnez-moi
il est temps de vous montrer par mille preuves la sincérité de mon affection.

ELISE: Alas! I believe you; If I grieve, it will only be over the difficulties of our position,
et les éventuelles censures du monde.

VALERE : Mais pourquoi cette peur ?

ELISE : Oh, Valère ! Si tout le monde te connaissait comme moi, je n'aurais pas grand-chose à craindre. Je trouve dans
tu es assez pour justifier tout ce que je fais pour toi ; Pour moi, tu neglectes tes parents et ton pays ;
tu abandonnes ta propre position dans la vie pour être au service de mon père ! Comment puis-je résister à cela ?
influence that all this has over me?

VALERE : Vous essayez en vain de trouver du mérite dans ce que j'ai fait ; c'est par mon seul amour que je m'en remets à
je te mérite. Si seulement je pouvais retrouver mes parents, ils seraient bientôt favorables à nous. J'attends
des nouvelles d'eux avec une grande impatience ; mais si aucune ne vient, j'irai moi-même à leur recherche.

ELISE : Oh non ! Valère, ne me laisse pas, je t'en prie.

VALERE : Quelqu'un arrive. Je devrais y aller maintenant, mais pas pour trop longtemps. Ne t'inquiète pas.

VALERE sort. Entre CLEANTE.

1
SCÈNE II.--CLÉANTE, ÉLISE
CLEANTE : Je suis très heureux de vous trouver seul, sœur. J'avais hâte de vous parler et de vous dire
un secret.

ELISE : Je suis tout à fait prête à t'écouter, frère. Que veux-tu me dire ?

CLEANTE : Beaucoup de choses, sœur, résumées en un mot : l'amour.

ELISE: You love?

CLEANTE : Oui, j'aime. Mais avant d'en dire plus, laissez-moi vous dire que je sais que je dépends de mon
père, et que le nom du fils me soumet à sa volonté ; qu'il serait mal de s'engager
nous-mêmes sans le consentement des auteurs de notre être ; je sais tout cela, ma sœur, et je dis
c'est pour t'épargner le trouble de me le dire, car mon amour ne me laissera pas écouter
quoi que ce soit, et je te prie de m'épargner tes remontrances.

ELISE : T'es-tu engagé, frère, envers celle que tu aimes ?

CLEANTE : Non, mais j'ai décidé de le faire ; et je vous en prie une fois de plus de ne pas
avancez toute raison pour me dissuader de cela.

ELISE : Suis-je une personne si étrange, frère ?

CLEANTE : Non, chère sœur ; mais tu n'aimes pas. Tu ne connais pas le doux pouvoir que l'amour
a sur nos cœurs ; et je crains votre sagesse.

ELISE : Hélas ! mon frère, ne parlons pas de ma sagesse. Il y a très peu de gens dans ce
le monde qui ne manque pas de sagesse, ne serait-ce qu'une seule fois dans leur vie; et si j'ouvrais mon cœur
à vous, peut-être penseriez-vous que je suis moins sage que vous ne l'êtes vous-même.

CLEANTE : Ah ! que le ciel fasse que ton cœur, comme le mien....

ELISE : Parlons de vous d'abord, et dites-moi qui vous aimez.

CLEANTE : Une jeune fille qui vient juste d'emménager dans notre quartier et qui semble
faite pour inspirer l'amour en tous ceux qui la contemplent. La nature, ma chère sœur, n'a rien fait
plus charmante; et j'ai ressenti un autre homme au moment où je l'ai vue. Son nom est Marianne, et elle
vit avec une bonne mère gentille, qui est presque toujours malade, et pour qui la chère fille montre
le plus grand amour. Elle veille sur elle, la plaint et la réconforte avec une tendresse que
toucherait votre âme au plus profond.

ELISE : Je vois beaucoup de choses dans ce que tu me dis, cher frère ; et il me suffit de
sachez que vous l'aimez pour que je comprenne ce qu'elle est.

2
CLEANTE : Ils ne sont pas dans de très bonnes circonstances et ils ont à peine assez pour couvrir
leurs dépenses. Peux-tu imaginer, ma sœur, quel bonheur cela doit être d'améliorer le
la condition de ceux que nous aimons ; habilement apporter un certain soulagement aux modestes désirs d'un
famille vertueuse ? Et pensez à quel chagrin c'est pour moi de me retrouver privé de cette grande joie
par l'avidité d'un père, et il m'est donc impossible de donner la moindre preuve de mon
amour à celle qui est tout pour moi.

ELISE : Oui, je comprends, cher frère, quel chagrin cela doit être pour toi.

CLEANTE : C'est plus grand, ma sœur, que tu ne peux le croire. Car y a-t-il quelque chose de plus cruel
que signifie cette économie de moyens à laquelle nous sommes soumis ? Quel bien cela nous fera-t-il d'avoir un
la fortune, si elle ne nous vient que lorsque nous ne sommes pas en mesure de l'apprécier ; En bref, je voulais parler à
vous pourriez m'aider à parler à mon père de mes sentiments actuels ; et si je trouve
lui opposé à eux, je suis déterminé à aller vivre ailleurs avec cette fille des plus charmantes,
et tirer le meilleur parti de ce que la Providence nous offre. J'essaie partout de lever des fonds
à cette fin ; et si tes circonstances, chère sœur, sont comme les miennes, et notre père
s'oppose à nous, laissons-le tous les deux, et libérons-nous de la tyrannie dans laquelle son haineux
L'avarice nous a tenus si longtemps.

ELISE : Il est malheureusement vrai que chaque jour il nous donne de plus en plus de raisons de regretter la mort
de notre mère, et que....

CLEANTE : J'entends sa voix. Allons un peu plus loin et terminons notre conversation. Nous allons
ensuite, unissons nos forces pour mener une attaque commune contre son cœur dur et cruel.

3
SCÈNE III.--HARPAGON, LA FLÈCHE.
HARPAGON : Sors d'ici, à cet instant ; et ne me fais plus de tes discours.
Eh bien, sortez de ma maison, vous voleur assermenté, vous véritable oiseau de potence.

LA FLECHE : (_à part_). Je n'ai jamais vu quelque chose de plus maléfique que ce vieux maudit;
Je crois vraiment, si j'ose le dire, qu'il est possédé par un démon.

HARPAGON : Que murmures-tu là entre tes dents ?

LA FLECHE : Pourquoi me renvoies-tu ?

HARPAGON : Tu oses me demander mes raisons, espèce de scélérat ? Sors d'ici, cet
moment, avant que je te donne une bonne raclée.

LA FLÈCHE : Qu'ai-je fait pour vous ? Mon maître, votre fils, m'a donné des instructions pour l'attendre.

HARPAGON : Va l'attendre dans la rue, alors ; sors d'ici ; ne reste pas chez moi.
maison, droite et raide comme un sentinelle, pour observer ce qui se passe, et pour faire votre profit
de tout.

LA FLECHE : Comment diable pourrait-on voler quoi que ce soit chez vous ? Êtes-vous un homme susceptible de
se faire voler quand vous mettez tout ce qui est possible sous clé et que vous montez la garde jour et nuit
et nuit ?

HARPAGON : Je ferai le verrouillage de tout ce que je jugerai approprié et je monterai la garde quand et où je le voudrai.
Avez-vous déjà vu de tels espions que ceux qui sont placés sur moi pour prendre note de tout ce que je fais ? Maintenant,
n'es-tu pas un camarade pour faire naître des histoires sur le fait que j'ai de l'argent caché chez moi ?

LA FLECHE : Vous avez de l'argent caché chez vous ?

HARPAGON : Non, vaurien ! Je ne dis pas cela. Je demande seulement si, par malice, tu ne fais pas
répandre à l'étranger le rapport que j'en ai?

LA FLECHE : Oh ! Qu'est-ce que ça peut faire que vous ayez de l'argent, ou que vous ayez
non, puisque c'est tout pareil pour nous ?

HARPAGON : _(levant la main pour donner un coup à LA FLECHE)_. Oh ! oh ! Tu veux discuter,


le faites-vous ? Je vais vous donner, et rapidement aussi, quelques-uns de ces arguments à propos de vos oreilles. Obtenez
hors de la maison, je te le dis encore une fois.

LA FLECHE : Très bien ; très bien. J'y vais.

HARPAGON : Non, attends ; emportes-tu quelque chose avec toi ?

LA FLECHE : Que puis-je emporter ?

HARPAGON : Viens ici, et laisse-moi voir. Montre-moi tes mains.

4
Les voilà.

HARPAGON : Les autres.

LA FLÈCHE : Les autres ? Les voilà.

HARPAGON : (_pointant les culottes de LA FLECHE_). Avez-vous quelque chose de caché ici ?

LA FLÈCHE : Regarde par toi-même.

HARPAGON : (tâtant les genoux des culottes). Ces larges culottes sont
réceptacles pratiques de biens volés ; et je souhaite qu'une paire d'entre eux ait été pendue.

LA FLECHE : (à part). Ah ! comme un homme tel que lui mérite richement ce qu'il craint, et quelle joie cela
serait de me voler une partie de ses....

HARPAGON : Eh ?

LA FLECHE : Quoi ?

HARPAGON : De quoi parlez-vous de voler ?

LA FLECHE: I say that you feel about everywhere to see if I have been stealing anything.

HARPAGON : Et je compte bien le faire aussi. (_Il cherche dans les poches de LA FLECHE_).

LA FLÈCHE : Que la peste emporte tous les avares et toutes les façons avares !

HARPAGON : Hein ? Que dis-tu ? Que dis-tu des avares et des comportements avares ?

LA FLECHE : Je dis que la peste prenne tous les avares et toutes les manières avares.

HARPAGON : De qui parles-tu ?

LA FLECHE : Des avares.

HARPAGON : Et qui sont-ils, ces avares ?

LA FLECHE : Vilains et avares malheureux !

HARPAGON : Mais que veux-tu dire par là ?

LA FLECHE : Pourquoi te soucies-tu autant de ce que je dis ?

HARPAGON : Je me donne du mal parce que je pense que c'est juste de le faire.

5
LA FLECHE : Pensez-vous que je parle de vous ?

HARPAGON : Je pense ce que je pense ; mais j'insiste pour que vous me disiez à qui vous parlez.
quand tu dis cela.

LA FLECHE : À qui je parle ? Je parle à l'intérieur de mon chapeau.

HARPAGON : Et je vais, peut-être, parler à l'extérieur de votre tête.

LA FLECHE : M'empêcheriez-vous de maudire les avares ?

HARPAGON: No; but I will prevent you from prating and from being insolent. Hold
ta langue, le feras-tu ?

LA FLECHE : Je ne nomme personne.

HARPAGON : Un mot de plus, et je te fous une raclée.

À celui que le chapeau convient, qu'il le porte.


HARPAGON : Vas-tu te taire ?

LA FLECHE : Oui ; bien que cela aille à l'encontre de ma volonté.

HARPAGON : Ah ! ah !

LA FLECHE : (montrant à HARPAGON l'une de ses poches de pourpoint). Regarde, en voici une.
plus de poche. Êtes-vous satisfait ?

HARPAGON : Viens, donne-le-moi sans tout ce tralala.

LA FLECHE : Te donner quoi ?

HARPAGON : Ce que vous m'avez volé.

LA FLECHE: I have stolen nothing at all from you.

HARPAGON : Dis-tu la vérité ?


LA FLECHE : Oui.

HARPAGON : Au revoir, alors, et maintenant vous pouvez aller au diable.

LA FLECHE : (_à part_). C'est une belle manière de renvoyer quelqu'un.

HARPAGON : Je laisse cela à votre conscience, souvenez-vous !

6
SCÈNE V.--_HARPAGON; ELISE et CLÉANTE sont vus en train de parler ensemble à l'arrière de
la scène.
HARPAGON : (seul) En attendant, je ne sais guère si j'ai bien fait de cacher dans mon jardin
les dix mille couronnes qui m'ont été payées hier. Dix mille couronnes en or sont
une somme suffisamment.... (ELISE et CLEANTE chuchotent) Mon dieu ! Que voulez-vous ?

Rien, père.

HARPAGON : Es-tu ici depuis longtemps ?

ELISE : Nous venons juste d'arriver.

HARPAGON : As-tu entendu... ?

CLEANTE : Quoi, père ?

HARPAGON : Ce que je venais de dire.

CLEANTE : Non.

HARPAGON : Vous l'avez fait. Je sais que vous l'avez fait.

ELISE : Je vous demande pardon, père, mais nous ne l'avons pas fait.

HARPAGON : Je parlais seulement à moi-même des difficultés qu'on a de nos jours à élever
de l'argent ; et je disais qu'il est un homme chanceux qui a dix mille couronnes dans
sa maison. Si seulement j'avais ces dix mille couronnes !

CLEANTE : Je ne devrais pas penser que...

HARPAGON : Quelle affaire capitale ce serait pour moi.

CLEANTE : Il y a des choses....

HARPAGON : J'en ai grand besoin.

CLEANTE : Je pense que....

HARPAGON : Cela me conviendrait extrêmement bien.

ELISE : Vous êtes....

HARPAGON : Et je ne devrais pas me plaindre, comme je le fais maintenant, que les temps sont mauvais.

7
CLEANTE : Cher père, vous n'avez aucune raison de vous plaindre ; et tout le monde sait que vous
vont assez bien.

HARPAGON : Comment ? Ceux qui le disent sont des menteurs. Rien ne peut être plus faux ; et ils
ce sont des escrocs qui répandent de tels rapports.

ELISE : Ne sois pas en colère.

HARPAGON : Il est étrange que mes propres enfants me trahissent et deviennent mes ennemis.

CLEANTE : Est-ce être votre ennemi de dire que vous avez des richesses ?

HARPAGON : Assez sur ce sujet ; parlons d'autre chose. (CLEANTE et


ELISE fait des signes à l'autre) Que voulez-vous dire par ces signes ?

ELISE : Nous hésitons quant à qui parlera en premier, car nous avons tous les deux quelque chose à vous dire.

HARPAGON : Et j'ai aussi quelque chose à vous dire à tous les deux.

CLEANTE : Nous voulions vous parler du mariage, père.

HARPAGON : La chose même dont je souhaite te parler.

ELISE: Ah ! mon père !

HARPAGON : Que signifie cette exclamation ? Est-ce le mot, fille, ou le


chose elle-même qui vous effraie ?

CLEANTE: Marriage may frighten us both according to the way you take it; and our
les sentiments ne coïncident peut-être pas avec votre choix.

HARPAGON : Un peu de patience, s'il vous plaît. Vous n'avez pas à être alarmé. Je sais ce que c'est.
bon pour vous deux. Pour commencer par le début. (À CLEANTE) Sais-tu, dis-moi, un
jeune personne, appelée Marianne, qui vit pas loin d'ici?

CLEANTE : Oui, père.

HARPAGON : Et vous ?

ELISE : J'en ai entendu parler.

HARPAGON : Eh bien, mon fils, que penses-tu de la fille ?

Elle est très charmante.

HARPAGON : Son visage ?

8
CLEANTE : Modeste et intelligent.

HARPAGON : Son air et sa façon ?

CLEANTE : Parfait, sans aucun doute.

HARPAGON : Ne pensez-vous pas qu'une telle fille mérite d'être ainsi considérée ?

CLEANTE: Oui, père.

HARPAGON : Elle formerait un match très désirable ?

CLEANTE : Très désirable.

HARPAGON : Qu'il y a toutes les chances qu'elle soit une épouse économique et prudente.

CLEANTE : Certainement.

HARPAGON : Et qu'un mari puisse vivre très heureux avec elle ?

CLEANTE : Je n'en ai pas le moindre doute.

HARPAGON : Il y a une petite difficulté ; j'ai peur qu'elle n'ait pas la fortune que nous...
pourrait raisonnablement s'attendre.

CLEANTE : Oh, mon père, les richesses ont peu d'importance quand on est sûr de se marier
une femme vertueuse.

HARPAGON : Je vous demande pardon. Seulement, il faut dire ceci : que si nous ne trouvons pas comme
autant d'argent que nous pourrions souhaiter, nous pouvons le compenser par autre chose.

CLEANTE : Cela va de soi.

HARPAGON : Eh bien, je dois dire que je suis très heureux de constater que vous êtes entièrement d'accord.
avec moi; j'ai décidé de l'épouser, à condition de découvrir qu'elle a une dot.

CLEANTE : Eh !

HARPAGON : Que se passe-t-il maintenant ?

CLEANTE: You are resolved, you say...?

HARPAGON : Épouser Marianne.

CLEANTE : Qui ? toi ? toi ?

9
HARPAGON : Oui, moi, moi, moi. Que signifie tout cela ?

CLEANTE : Je ressens un vertige soudain et je dois me retirer un petit moment.

HARPAGON : Ce ne sera rien. Va boire un verre d'eau froide, cela te remettra d'aplomb.

CLEANTE sort.

HARPAGON : Quant à ton frère, j'ai pensé à une certaine veuve, dont je...
entendu ce matin ; et vous, je l'offrirai à M. Anselme.

À Monsieur Anselme ?

HARPAGON : Oui, un homme sérieux et prudent, qui n'a pas plus de cinquante ans, et dont
richesse que tout le monde évoque.

ELISE : (_faisant une révérence_). Je n'ai pas envie de me marier, père, s'il vous plaît.

HARPAGON : (imitant). Et moi, ma petite fille, ma chérie, je souhaite que tu te maries, s'il te plaît.

ELISE : (_s'inclinant à nouveau_). Je vous demande pardon, mon père.

HARPAGON : (imitant). Je vous demande pardon, ma fille.

ELISE : Je suis la très humble servante de M. Anselme, mais (en faisant une révérence), avec votre permission,
Je ne l'épouserai pas.

HARPAGON : Je suis votre très humble serviteur, mais (imitant) vous l'épouserez ce
tous les soirs.

CE SOIR ?

HARPAGON : Ce soir.

ELISE : (_s'inclinant de nouveau_). Cela ne peut pas se faire, père.

HARPAGON : (_imitant_ ELISE). Ce sera fait, fille.

ELISE : Non.

HARPAGON : Oui.

ELISE : Non, je te dis.

HARPAGON : Oui, je vous le dis.

10
ELISE : Tu ne me forceras jamais à faire une telle chose

HARPAGON : Je vais vous y forcer.

ELISE : Je préférerais me tuer que d'épouser un homme pareil.

HARPAGON : Tu ne te tueras pas, et tu l'épouseras. Mais as-tu déjà vu une telle


impudence ? Est-ce que quelqu'un a déjà entendu une fille parler de cette façon à son père ?

ELISE : Mais quelqu'un a-t-il déjà vu un père épouser sa fille de cette manière ?

HARPAGON : C'est un mariage contre lequel rien ne peut être dit, et je suis parfaitement sûr.
que tout le monde approuvera mon choix.

ELISE : Et je sais que cela ne sera approuvé par aucune personne raisonnable.

HARPAGON : Voici Valère qui arrive. Faut-il le désigner comme juge dans cette affaire ?

VOLONTIERS.

HARPAGON : Tu te conformeras à ce qu'il dit ?

ELISE : Oui, quoi qu'il pense juste, je le ferai.

HARPAGON : D'accord.

11
SCÈNE VII.--VALÈRE, HARPAGON, ÉLISE.
HARPAGON : Valère, nous t'avons choisi pour décider qui a raison, ma fille ou moi.

C'est certainement vous, Monsieur.

HARPAGON : Mais avez-vous une idée de quoi nous parlons ?

VALÈRE : Non ; mais vous ne pouviez pas avoir tort ; vous êtes la raison même.

HARPAGON : Je veux lui donner ce soir, pour mari, un homme aussi riche que bon ; et
la traînée me dit en face qu'elle méprise de le prendre. Que dis-tu à ça ?

VALÈRE : Que lui dis-je ?

HARPAGON : Oui ?

VALÈRE : Eh ! eh !

HARPAGON : Quoi ?

VALERE : Je dis que, dans l'ensemble, je partage votre avis, et que vous ne pouvez avoir tort ;
pourtant, peut-être, elle n'a pas tout à fait tort ; et....

HARPAGON : Comment cela ? Monsieur Anselme est un excellent parti ; c'est un noble, et un
gentleman aussi ; d'habitudes simples, et extrêmement bien riche. Il n'a plus d'enfants issus de
son premier mariage. Pourrait-elle rencontrer quelque chose de plus adapté ?

VALÈRE : C'est vrai. Mais elle pourrait dire que tu vas plutôt vite, et qu'elle devrait
avoir au moins un peu de temps pour considérer si son inclination pourrait se réconcilier avec....

HARPAGON : C'est une opportunité que je ne dois pas laisser s'échapper. Je trouve un avantage
ici que je ne devrais pas trouver ailleurs, et il accepte de la prendre sans dot.

VALÈRE : Sans dot ?

HARPAGON : Oui.

VALERE: Ah! I have nothing more to say. A more convincing reason could not be found;
et elle doit s'y soumettre.

HARPAGON : C'est une économie considérable pour moi.

VALERE : Sans aucun doute ; cela n'admet aucune contradiction. Il est vrai que votre fille pourrait
représenter que le mariage est une affaire plus sérieuse que ce que les gens ont tendance à croire ; que
the happiness or misery of a whole life depends on it, and that an engagement which is to
le dernier jusqu'à la mort ne doit pas être engagé sans une grande considération.

12
HARPAGON : Sans dot !

VALERE : Cela doit bien sûr tout décider. Il y a certainement des gens qui pourraient dire
vous savez que dans de telles occasions, les souhaits d'une fille doivent sans doute être pris en compte, et
que cette grande disparité d'âge, de disposition et de sentiments pourrait être la cause de bien des
chose désagréable dans une vie de couple.

HARPAGON : Sans dot !

VALÈRE: Ah ! il faut reconnaître qu'il n'y a pas de réponse à cela ; qui dans le monde pourrait penser
sinon ? Je ne veux pas dire mais il y a beaucoup de pères qui mettraient un beaucoup
une plus grande valeur sur le bonheur de leur fille que sur l'argent qu'ils pourraient avoir à donner
pour leur mariage ; qui ne voudrait pas les sacrifier à ses propres intérêts, et qui
chercher, par-dessus tout, à voir dans un mariage cette douce conformité de goûts qui est un
sûr engagement d'honneur, de tranquillité et de joie; et que....

HARPAGON : Sans dot !

VALÈRE : C'est vrai ; rien de plus ne peut être dit. Sans dot. Comment quelqu'un peut-il résister
de tels arguments ?

HARPAGON : Ah ! Je sens que j'entends un chien aboyer. Quelqu'un est-il après mon argent ? Reste ici,
Je reviendrai directement.

13
SCENE VIII.--ELISE, VALERE.
ELISE : Sûrement, Valère, tu ne parles pas sérieusement quand tu lui parles de cette manière ?

VALERE : Je le fais pour ne pas l'irriter, et pour mieux atteindre mes objectifs. Résister
lui hardiment gâcherait simplement tout.

ELISE : Mais ce mariage, Valère ?

VALERE : Nous trouverons un prétexte pour le rompre.

ELISE : Mais quel prétexte pouvons-nous trouver s'il doit être conclu ce soir ?

VALERE : Vous devez demander à ce qu'il soit reporté et devez feindre une maladie ou autre.

ELISE : Mais il découvrira bientôt la vérité s'ils font appel au médecin.

VALERE : Pas du tout. Crois-tu qu'un médecin sait ce qu'il fait ?


N'importe quoi ! N'ayez pas peur. Croyez-moi, vous pouvez vous plaindre de n'importe quelle maladie que vous voulez,

le médecin n'aura aucun mal à vous expliquer d'où cela provient.

14
SCÈNE IX--HARPAGON, ÉLISE, VALÈRE.
HARPAGON entre.

VALÈRE : En bref, si votre amour, chère Élisabeth, est aussi fort que.... (Voyant HARPAGON) Oui, un
la fille est tenue d'obéir à son père. Elle n'a pas le droit de demander ce qu'un mari a offert
pour elle c'est comme, et quand la question la plus importante, "sans dot," se présente, elle
devrait accepter quiconque qui lui est donné.

HARPAGON : Bien ; c'était magnifiquement dit !

VALERE : Je vous demande pardon, Monsieur, si je vais un peu trop loin et prends la liberté de parler.
comme je le fais pour elle.

HARPAGON : Pourquoi, je suis ravi, et je souhaite que vous l'ayez entièrement sous votre contrôle.
(À ELISE) Oui, tu peux t'enfuir autant que tu le souhaites. Je lui donne toute l'autorité sur toi.
que le ciel m'a donné, et je vous ferai faire tout ce qu'il vous dit.

VALERE : Après cela, résiste à toutes mes expositions, si tu peux.

ELISE sort.

VALERE : Je la suivrai, Monsieur, si vous me le permettez, et je poursuivrai la conférence que j'étais en train de
lui donnant.

HARPAGON : Oui, fais-le ; tu m'obligeras beaucoup. Je vais faire une courte promenade dans
la ville, et je reviendrai bientôt.

VALÈRE : (ironiquement). Oui, l'argent est plus précieux que tout le reste dans le monde, et
Vous devriez remercier le ciel d'avoir un père aussi digne.

HARPAGON : Ah ! le brave homme ! il parle comme un oracle. Heureux celui qui peut
sécuriser un tel serviteur !

15
ACTE II.

SCÈNE I.--CLEANTE, LA FLECHE.

CLEANTE : Les choses sont pires que jamais pour nous, et depuis que je t'ai quitté, j'ai découvert que
Mon propre père est mon rival en amour.

LA FLECHE : Votre père amoureux ?

CLEANTE : Il semble que oui ; et j'ai trouvé très difficile de lui cacher ce que je ressentais à un tel moment.
une découverte.

LA FLECHE : Il s'immisce dans l'amour ! À quoi diable pense-t-il ? L'amour est-il fait
pour des personnes de sa stature ?

CLEANTE : C'est pour me punir de mes péchés que cette passion est entrée dans sa tête.

LA FLECHE : Mais pourquoi caches-tu ton amour pour lui ?

CLEANTE : Pour me faciliter le retour, si besoin, vers un dispositif pour


empêcher ce mariage. Quelle réponse avez-vous reçue ? Vais-je recevoir l'argent ?

LA FLÈCHE : En effet, Monsieur, ceux qui empruntent sont à plaindre, et nous devons les soutenir.
avec des choses étranges quand, comme vous, nous sommes contraints de passer par les mains des usuriers.

CLEANTE : Aurai-je les quinze mille francs que je veux ?

LA FLECHE : Oui, mais sous certaines conditions triviales, que vous devez accepter si vous le souhaitez.
le marché à conclure.

« Le prêteur n'a pas en main la somme requise, et comme, afin d'obliger l'emprunteur, il
est lui-même obligé d'emprunter à un autre au taux de vingt pour cent, il est juste que
ledit premier emprunteur paiera cet intérêt, sans préjudice du reste; puisque c'est uniquement pour
obligez-le à ce que le dit prêteur soit lui-même contraint d'emprunter.

CLEANTE : Saperlipopette ! Quel Juif ! C'est plus de vingt-cinq pour cent.

LA FLECHE : C'est vrai ; et c'est la remarque que j'ai faite. C'est à vous d'y réfléchir.
réflexion avant d'agir.

CLEANTE : Comment puis-je considérer ? Je veux l'argent, et je dois donc accepter tout.

C'est exactement ce que j'ai répondu.

CLEANTE : Y a-t-il autre chose ?

16
LA FLECHE : Juste un petit élément.

Des quinze mille francs qui sont demandés, le prêteur ne pourra compter que
douze mille en espèces ; au lieu des trois mille restants, l'emprunteur
devra prendre les biens, vêtements et bijoux, contenus dans le catalogue suivant,
and which the said lender has put in all good faith at the lowest possible figure."

CLEANTE : Arrêtez-vous là, je ne veux pas entendre un mot de plus ! Quelqu'un a-t-il déjà entendu parler de
une telle usure ? N'est-il pas satisfait des intérêts scandaleux qu'il demande pour me contraindre ?
prendre, au lieu des trois mille francs, toute la vieille cochonnerie qu'il ramasse. Quoi
Que voulez-vous que je fasse ? J'ai besoin d'argent. Donnez-moi ce mémorandum pour que je puisse l'avoir.
un autre regard dessus.

17
SCÈNE II.--HARPAGON, MR. SIMON (CLÉANTE et LA FLÈCHE à l'arrière).
MR SIMON : Oui, monsieur ; c'est un jeune homme qui a grand besoin d'argent ; ses affaires le contraignent
lui de trouver certains à tout prix, et il se soumettra à toutes vos conditions.

LA FLÈCHE : (reconnaissant MR. SIMON). Que signifie cela ? M. Simon parlant avec
ton père !

CLEANTE : A-t-il été informé de qui je suis, et serais-tu capable de me trahir ?

MR SIMON : (à CLEANTE et LA FLECHE). Ah ! vous arrivez à point ! Mais qui vous a dit
venir ici ? (À HARPAGON) Ce n'était certainement pas moi qui leur ai dit votre nom et
adresse ; mais je suis d'avis qu'il n'y a pas de grand mal fait ; ce sont des gens qui peuvent être
de confiance, et vous pouvez parvenir à une certaine compréhension ensemble.

HARPAGON : Que !

Monsieur SIMON : Voici le monsieur qui souhaite emprunter les quinze mille francs.

HARPAGON : Quoi ! scélérat ! Est-ce toi qui te livres à de tels excès ?

CLEANTE : Quoi ! père ! C'est vous qui vous abaissez à de telles actions honteuses ?

(M. SIMON s'enfuit, et LA FLECHE se cache)

HARPAGON : C'est vous qui vous ruinez par des prêts si fortement à condamner !

CLEANTE: C'est donc vous qui cherchez à vous enrichir par une telle usure criminelle !

HARPAGON : Éloigne-toi de ma vue, espèce de vaurien ; éloigne-toi de ma vue !

CLEANTE : Qui est le plus criminel à votre avis : celui qui achète l'argent dont
il se trouve dans le besoin, ou celui qui obtient, par des moyens injustes, de l'argent dont il n'a pas besoin ?

CLEANTE sort.

HARPAGON : Va-t'en, je te dis, et ne me provoque pas à la colère.

FROSINE entre.

SCENE IV.--FROSINE 1 and 2, HARPAGON.


Monsieur.

HARPAGON : Attendez un moment, je vais revenir et vous parler.


SCENE V.--LA FLECHE, FROSINE 1 and 2.

18
LA FLECHE : (sans voir FROSINE). L'aventure est des plus comiques. Caché
quelque part, il doit avoir un grand stock de marchandises de toutes sortes, car la liste ne contenait pas
un seul article que l'un de nous a reconnu.

FROSINE 1 : Bonjour ! Est-ce toi, ma pauvre La Flèche ? Comment se fait-il que nous nous rencontrions ici ?

LA FLECHE : Ah ! ah ! c'est toi, Frosine ; et que viens-tu faire ici ?

FROSINE 1 : Ce que nous faisons partout ailleurs...

FROSINE 2 : Nous occuper des affaires des autres, nous rendre utiles à
la communauté en général, et tirer profit autant que possible de notre petit talent
nous possédons.

FROSINE 1 : Ne devons-nous pas vivre de notre intelligence dans ce monde ? et quelles autres ressources
avez-vous des gens comme nous mais intrigués et rusés ?

LA FLECHE : Avez-vous donc des affaires avec le maître de cette maison ?

FROSINE 1 : Oui. Nous sommes en train de traiter pour lui une certaine petite affaire pour laquelle il est plutôt
sûr de me donner une récompense.

LA FLECHE : Il te donne une récompense ! Ah ! ah ! Sur ma parole, tu seras 'mignon' si jamais tu ...
Prenez-en un, et je vous préviens que l'argent liquide est très rare dans les parages.

FROSINE 2 : Cela se peut, mais il y a certains services qui touchent merveilleusement.


nos sentiments.

LA FLÈCHE : Vous ne connaissez pas Harpagon. C'est l'être humain de tous les êtres humains.
le moins humain, le mortel de tous les mortels le plus dur et le plus proche. Il n'y a aucun service grand
assez pour l'inciter à ouvrir sa bourse. Il n'y a rien de plus sec, de plus stérile, que son
faveur et sa bonne grâce, et "Donner" est un mot pour lequel il a une telle aversion que
il ne dit jamais _je donne_, mais _je prête, je te souhaite un bon matin_.

FROSINE 2: That's all very well; but I know the art of fleecing men.

FROSINE 1: I have a secret of touching their affections by flattering their hearts, and
de découvrir leurs points faibles.

LA FLÈCHE : Tout est inutile ici. Je te défie d'adoucir, en ce qui concerne l'argent, l'homme.
nous parlons de. En bref, il aime l'argent mieux que la réputation, l'honneur et la vertu,
et la simple vue de quiconque faisant des demandes sur sa bourse le plonge dans des convulsions ;
Et si ... Le voilà encore ; je vous laisse.

19
SCÈNE VI.--HARPAGON, FROSINE.
HARPAGON : Eh bien, qu'est-ce que c'est, Frosine ?

FROSINE 1 : Bénissez-moi, que vous avez fière allure ! Vous êtes le véritable portrait de la santé.

HARPAGON : Qui ? Moi ?

FROSINE 2 : Je ne vous ai jamais vu aussi frais, aussi en forme.

HARPAGON: Are you in earnest?

FROSINE 1 : Pourquoi ! Vous n'avez jamais été aussi jeune de votre vie ; et je connais bien des hommes
de vingt-cinq qui a l'air beaucoup plus vieux que vous.

HARPAGON : Et pourtant, Frosine, j'ai passé soixante ans.

FROSINE 2 : Soixante ! Eh bien, et alors ? Vous ne comptez pas en faire tout un fromage ?
Est-ce que tu le fais ? C'est la fleur même de la virilité, le seuil de l'âge d'or de la vie.

HARPAGON : C'est vrai ; mais vingt ans de moins ne me feraient pas de mal, je pense.

FROSINE 1: N'importe quoi ! Vous n'avez pas besoin de ça, et vous avez une carrure à durer cent ans.

HARPAGON : Pensez-vous vraiment cela ?

FROSINE 2 : Décidément. Vous en avez tout l'air. Montrez-moi votre main.

HARPAGON : Tu sais tout ça, n'est-ce pas ?

FROSINE 2 : Je devrais penser que oui. Mon dieu, quelle ligne de vie il y a là-bas !

HARPAGON : Où ?

FROSINE 1 : Ne vois-tu pas jusqu'où va cette ligne ?

HARPAGON : Eh bien, et que signifie-t-il ?

FROSINE 2 : Voilà... J'ai dit une centaine d'années ;

FROSINE 1 : Mais non, c'est cent vingt que je devrais dire.

HARPAGON : Est-ce possible ?

FROSINE 2 : Je te dis qu'ils devront te tuer, et tu enterrerais tes enfants et


les enfants de vos enfants.

20
HARPAGON : Tant mieux ! Et quelles nouvelles de notre affaire ?

FROSINE 2: Is there any need to ask? Did ever anyone see us begin anything and not
réussir dans cela ? Nous avons, notamment pour le matchmaking, le plus merveilleux talent. Il y a
Il n'y a pas deux personnes dans le monde que nous ne pourrions pas associer ensemble.

FROSINE 1 : Comme nous connaissons très bien les dames, nous leur avons dit chaque détail vous concernant ;

FROSINE 2 : Et nous avons informé la mère de vos intentions envers Marianne depuis
vous l'avez vue passer dans la rue et profiter de la fraîcheur de l'air par sa fenêtre.

HARPAGON : Que répondit-elle... ?

FROSINE 1 : Elle a reçu votre proposition avec une grande joie;

HARPAGON : Tu vois, Frosine, je suis obligé de donner un souper à M. Anselme, et


Je voudrais qu'elle ait une part du festin.

FROSINE 1: You are quite right. She is to come after dinner to pay a visit to your daughter;

HARPAGON : Cela ira très bien ;

HARPAGON : Mais je dis, Frosine, as-tu parlé à la mère de la dot qu'elle peut
donner sa fille ? L'avez-vous fait comprendre que dans de telles circonstances elle
devrait faire de son mieux et faire un grand sacrifice ? Car, après tout, on ne se marie pas avec un
fille sans qu'elle n'apporte quelque chose avec elle.

FROSINE 2 : Quelque chose ! C'est une fille qui va vous rapporter un douze mille clair.
francs par an ?

HARPAGON : Douze mille francs par an ?

FROSINE 2 : Oui ! C'est une fille habituée à vivre de salade, de lait, de fromage et de pommes,
et qui par conséquent n'aura besoin ni d'une table bien servie, ni d'un bouillon riche, ni
votre orge pelée éternelle ; aucune, en bref, de toutes ces délicatesses qu'une autre femme
ce que je voudrais. Ce n'est pas une petite affaire, et cela pourrait bien représenter trois mille francs par an.

FROSINE 1 : En dehors de cela, elle ne se soucie que de la simplicité et de la propreté ; elle n'en veut pas.
de ces robes splendides et de ces riches bijoux, rien de ce mobilier somptueux dans lequel les filles
comme elle se livre si extravagamment ; et cet article vaut plus de quatre mille francs par
année.

FROSINE 2 : Enfin, elle a la plus profonde aversion pour le jeu ; et ce n'est pas très
courant de nos jours parmi les femmes. Cinq mille francs par an au jeu et quatre mille
en vêtements et bijoux, cela fait neuf mille ; et trois mille francs que nous comptons pour
nourriture, ça ne fait pas vos douze mille francs ?

HARPAGON : Oui, ce n'est pas mal ; mais, après tout, ce calcul n'a rien de réel.

21
FROSINE 1 : Excusez-moi ; n'est-il rien de réel pour vous apporter en mariage une grande sobriété, pour hériter d'une
un grand amour pour la simplicité dans l'habillement, et la propriété acquise d'une grande haine pour les jeux d'argent ?

HARPAGON : C'est une farce de prétendre constituer une dot avec toutes les dépenses qu'elle va engendrer.
not run into. I could not give a receipt for what I do not receive; and I must decidedly get
something.

FROSINE 2 : Bénissez-moi ! Vous en aurez assez ; et on m'a parlé d'un certain


pays où ils ont des biens, dont vous serez le maître.

HARPAGON : Nous devrons nous en occuper.

HARPAGON : Je n'ai rien à dire de particulier, je suis heureux de le dire. C'est juste mon
toux, qui revient de temps en temps.

FROSINE 1 : Cela ne vaut rien, et la toux te va à merveille.

HARPAGON : Dis-moi, Frosine, Marianne m'a-t-elle déjà vu ? Ne m'a-t-elle pas remarqué quand
Je suis passé par?

FROSINE 1: No; but we have had many conversations about you.

FROSINE 2 : Nous lui avons donné une description exacte de votre personne, et nous n'avons pas manqué de
profitez au maximum de votre mérite, et montrez-lui quel avantage cela serait d'en avoir un
mari comme toi.

HARPAGON : Vous avez bien agi, et je vous en remercie beaucoup.

FROSINE 1 : J'ai, Monsieur, une petite demande à vous faire. Je risque de perdre un procès.
par manque d'un peu d'argent (HARPAGON a l'air grave), et vous pouvez facilement m'aider avec ça, si
tu as pitié de moi.

FROSINE 2: You cannot imagine how happy she will be to see you. (HARPAGON joyful)
Oh ! comme vous êtes sûr de la plaire, et comme ce vieux col de l'antiquité est sûr de produire un
un effet merveilleux sur son esprit.

HARPAGON : Vous me mettez en extase, Frosine, en disant cela.

FROSINE 1 : Je vous dis la vérité, Monsieur ; ce procès est de la plus haute importance pour moi.
(HARPAGON sérieux.) Si je le perds, je suis ruiné à jamais ; mais une très petite somme me sauvera.

FROSINE 2 : J'aurais aimé que vous ayez vu le bonheur qu'elle ressentait lorsque j'ai parlé de vous.
à elle. (HARPAGON satisfait.)

HARPAGON : Vous m'avez donné un grand plaisir, Frosine, et je vous assure que je....

FROSINE 1 : Je vous en prie, Monsieur, accordez-moi la petite assistance que je vous demande.
cela semble grave.) Cela va me remettre sur pied, et je vous en serai toujours reconnaissant.

22
HARPAGON : Au revoir ; je dois aller terminer ma correspondance.

FROSINE 1 : Je vous assure, Monsieur, que vous ne pourriez pas m'aider dans une nécessité plus pressante.

HARPAGON : Je vais m’assurer que ma voiture est prête pour vous emmener à la foire.

FROSINE 1: I would not importune you so if I were not compelled by necessity.

HARPAGON : Et je veillerai à ce que nous dînions tôt, afin que personne ne soit malade.

FROSINE 2 : Ne me refusez pas ce service ; je vous en prie. Vous ne pouvez guère croire, Monsieur, le
plaisir que....

HARPAGON : Je dois y aller ; quelqu'un m'appelle. Nous nous reverrons tout à l'heure.

FROSINE 1 : (seule). Que la fièvre te saisisse, espèce de mendiant avare, et t'envoie au diable et
ses anges ! Je ne dois pas abandonner la négociation ; car j'ai l'autre côté, et là, à tous
Pour les événements, je suis sûr d'une bonne récompense.

23
ACT III.

SCÈNE II.--HARPAGON, CLÉANTE, ÉLISE, VALÈRE, MAÎTRE


JACQUES, BRINDAVOINE, LA MERLUCHE.
HARPAGON : Ici, venez, vous tous ; Brindavoine, La Merluche, à vous appartient le devoir
de laver les verres, et de donner à boire, mais seulement quand les gens ont soif. Attendez jusqu'à
vous avez été demandé plusieurs fois.

LA MERLUCHE : Devons-nous enlever nos blouses, Monsieur ?

HARPAGON : Fais très attention à ne pas abîmer tes vêtements.

BRINDAVOINE : Vous savez, Monsieur, qu'un des faces de ma doublet est couvert de
grande tache d'huile provenant de la lampe.

LA MERLUCHE : Et moi, Monsieur, que mes culottes sont toutes déchirées derrière, et que, sauf votre...
présence....

HARPAGON : (à LA MERLUCHE). Paix ! Tourne-toi soigneusement vers le mur, et toujours


facing l'entreprise. (À BRINDAVOINE, lui montrant comment cacher la tache) Et toi,
tous les deux, tenez votre chapeau de cette manière lorsque vous attendez les invités.

HARPAGON : Quant à toi, ma fille, tu verras que rien n'est perdu. En attendant, va chercher...
prêt à accueillir ma dame d'amour, qui vient cet après-midi, et t'emmènera au
juste avec elle.

ELISE : Oui, père.

HARPAGON : Et toi, mon jeune dandy de fils à qui j'ai la bonté de pardonner
Ce qui s'est passé ce matin, fais attention à ne pas la recevoir froidement, ou à lui montrer un visage aigre.

CLEANTE : Je ne peux pas te promettre que je suis très heureux de la voir devenir ma belle-mère ;
mais en ce qui concerne l'accueillir correctement, et en ce qui concerne lui donner un bon accueil, je promets d'obéir
vous dans cela à la lettre près.

HARPAGON : Fais attention à ce que tu fais, au moins.

CLEANTE : Vous verrez que vous n'avez aucune raison de vous plaindre.

HARPAGON : Valère, tu vas devoir m'aider dans cette affaire. Maintenant,


Maître Jacques, je vous ai gardé pour la fin.

MAÎTRE JACQUES 1 : C'est à votre cocher, Monsieur, ou à votre cuisinier que vous voulez parler, car je
suis-je à la fois l'un et l'autre ?

HARPAGON : Aux deux.

24
MAÎTRE JACQUES 2 : Mais à lequel des deux premiers ?

HARPAGON : Au cuisinier.

MAÎTRE JACQUES 1 : Alors attendez une minute, s'il vous plaît.

(JACQUES enlève son manteau de travail et apparaît vêtu comme un cuisinier.)

MAÎTRE JACQUES 2 : Maintenant, je suis à votre service.

HARPAGON : Je me suis engagé, Maître Jacques, à donner un dîner ce soir.

MASTER JACQUES 1: (_aside_). Wonderful!

HARPAGON : Dis-moi, peux-tu nous offrir un bon dîner ?

MAÎTRE JACQUES 2 : Oui, si vous me donnez beaucoup d'argent.

HARPAGON : Ah ! Je pense qu'ils n'ont rien d'autre à dire que de l'argent, de l'argent, de l'argent !

VALERE : Un homme intelligent devrait parler d'un bon souper avec peu d'argent.

MASTER JACQUES 1: Un bon dîner avec peu d'argent ?

OUI.

MASTER JACQUES 2 : (_à_ VALERE). En effet, Monsieur leintendant, vous me ferez grand plaisir.
en me révélant votre secret, et aussi, si vous le souhaitez, en remplissant ma place en tant que cuisinier ; car vous gardez
en s'immisçant ici, et vouloir être tout.

HARPAGON : Tais-toi. Que voudrons-nous ?

MAÎTRE JACQUES 1 : Demandez à M. Steward, qui vous mettra de bonne humeur avec peu d'argent.

HARPAGON: Do you hear? I am speaking to you, and expect you to answer me.

MAÎTRE JACQUES 2 : Combien serez-vous à votre table ?

HARPAGON : Huit ou dix ; mais vous devez ne compter que pour huit. Quand il y en a assez.
pour huit, il y en a assez pour dix.

C'est évident.

MAÎTRE JACQUES 1 : Très bien, alors ; vous devez avoir quatre soupières de soupe et cinq accompagnements.
dishes; soups, entrees....

25
HARPAGON : Quoi ! tu veux nourrir toute une ville ?

VALERE : (à JACQUES). Votre maître a-t-il invité des gens pour les détruire avec
sur-alimentation ? Allez lire un peu les préceptes de santé et demandez aux médecins s'il y a
rien n'est aussi douloureux pour l'homme que l'excès dans la nourriture.

HARPAGON : Il a parfaitement raison.

VALERE : Sachez, Maître Jacques, selon le dicton de l'un des anciens, "Nous
doit manger pour vivre, et non vivre pour manger.

HARPAGON : (à JACQUES) Tu entends ça ? N'oublie pas d'écrire ces mots.


pour moi. Je les ferai graver en lettres au-dessus de la cheminée de ma salle à manger.

Je ne faillirai pas.

HARPAGON : Fais-le.

MAÎTRE JACQUES 2 : Tant mieux ; moins de travail pour moi.

HARPAGON : Maintenant, Maître Jacques, vous devez nettoyer ma voiture.

MAÎTRE JACQUES 1 : Attendez ; cela s'adresse au cocher. (JACQUES met son manteau.) Vous dites....

HARPAGON : Que tu dois nettoyer ma voiture, avoir mes chevaux prêts à conduire à la foire.

MAÎTRE JACQUES 2 : Vos chevaux ! Monsieur, ils ne sont pas du tout en état de bouger.

HARPAGON : Ce ne sera pas très difficile d'aller à la foire.

MAÎTRE JACQUES 1 : Non, Monsieur. Je n'ai pas le cœur de les conduire ; cela irait contre ma
conscience d'utiliser le fouet contre eux dans l'état où ils se trouvent. Ils n'ont même pas encore
assez de force pour se traîner.

VALERE : Monsieur, je vais demander à notre voisin, Picard, de les conduire.

MAITRE JACQUES 2 : Qu'il en soit ainsi. Je préférerais qu'ils meurent par la main d'un autre.
que sous la mienne.

Maître Jacques est extrêmement attentionné.

MAÎTRE JACQUES 1 : M. Steward est d'une grande indispensabilité.

HARPAGON : Paix.

26
SCÈNE VII.--MARIANNE, FROSINE, MAÎTRE JACQUES.
FROSINE 2 : Savez-vous si votre maître est à la maison ?

MAÎTRE JACQUES 1 : Oui, il l'est en effet ; je le sais trop bien.

FROSINE 1 : Dites-lui, s'il vous plaît, que nous sommes ici.

MARIANNE : Ah ! Frosine, comme je me sens étrange, et comme je redoute cet entretien !

FROSINE 2 : Pourquoi devrais-tu ? Qu'est-ce que tu peux bien craindre ?

MARIANNE : Hélas ! peux-tu me demander ? Ne peux-tu pas comprendre les alarmes d'une personne à propos de
voir l'instrument de torture auquel elle va être liée.

FROSINE 1: I see very well that to die agreeably, Harpagon is not the torture you would
embrasser ; et je peux juger par ton regard que le bel jeune homme dont tu m'as parlé est toujours
dans tes pensées.

MARIANNE : Oui, Frosine ; Les visites respectueuses qu'il a rendues chez nous ont laissé, je
confesser, une grande impression sur mon cœur.

FROSINE 1 : Mais sais-tu qui il est ?

MARIANNE : Non, je ne le sais pas. Tout ce que je sais, c'est qu'il est fait pour être aimé ; que si les choses étaient laissées à
mon choix, je préférerais de loin l'épouser plutôt que quiconque, et cela n'ajoute pas peu à
l'horrible appréhension que j'ai du mari qu'ils veulent m'imposer.

FROSINE 2 : Oh oui ! Tous ces dandys sont très agréables et peuvent parler assez agréablement,
mais la plupart d'entre eux sont aussi pauvres que des églises; et il vaut bien mieux pour vous d'épouser un vieux
mari, qui vous donne beaucoup d'argent. Je reconnais pleinement que les sens en quelque sorte
conflit avec la fin que je propose, et qu'il y a certains petits inconvénients à être
enduré avec un tel mari

FROSINE 1 : Mais tout cela ne durera pas ; et sa mort, crois-moi, te mettra bientôt dans une position
prendre un mari plus agréable, qui fera amende honorable pour tout.

MARIANNE : Oh, Frosine ! Quel étrange état de choses que, pour être heureux, nous
doit attendre la mort d'un autre.

FROSINE 2 : Tu plaisantes. Tu l'épouses avec l'entente claire qu'il va


bientôt te laisser une veuve ; cela doit être l'un des articles du contrat de mariage.

FROSINE 1: It would be very wrong in him not to die before three months are over. Here
il est lui-même.

MARIANNE : Ah ! chère Frosine, quelle tête !

27
SCENE IX.--HARPAGON, MARIANNE, FROSINE.
HARPAGON : (à MARIANNE). Ne sois pas offensée, belle, si je viens à toi avec mon
lunettes sur. Je sais que ta beauté est assez grande pour être vue à l'œil nu ; mais, malgré tout,
c'est avec des lunettes que nous regardons les étoiles, et je maintiens et soutiens que tu es une étoile, le
la plus belle et dans le pays des étoiles. Frosine, elle ne répond pas, étoile, il me semble,
ne montre aucune joie à ma vue.

FROSINE: It is because she is still quite awe-struck, and young girls are always shy at
d'abord, et peur de montrer ce qu'ils ressentent.

{"HARPAGON":"(à FROSINE) Vous avez raison. (À MARIANNE) Ma jolie chérie, il y a"}


ma fille vient vous accueillir.

ELISE entre.

MARIANNE : Je suis très en retard pour m'acquitter de la visite que je vous devais.

ELISE : Tu as fait ce que j'aurais dû faire. C'était à moi de venir et de te voir en premier.

HARPAGON : Vous voyez quel grande fille elle est ; mais les mauvaises herbes poussent vite.

MARIANNE : (_à part à_ FROSINE). Oh, quel homme désagréable !

HARPAGON : (_à_ FROSINE). Que dit ma belle ?

FROSINE : Qu'elle vous trouve parfait.

HARPAGON : Vous me faites trop d'honneur, ma adorable chérie.

MARIANNE: (_à part_). Quelle créature épouvantable !

HARPAGON : Je me sens vraiment trop reconnaissant envers vous pour ces sentiments.

MARIANNE : (_à part_). Je ne peux plus le supporter.

CLEANTE entre.

HARPAGON : Voici mon fils, qui vient aussi vous rendre hommage.

MARIANNE : (_à part à_ FROSINE). Oh, Frosine ! C'est exactement celui dont je t'ai parlé.
toi !

FROSINE : (_à_ MARIANNE). Eh bien, c'est extraordinaire.

HARPAGON : Vous êtes surpris de voir que mes enfants peuvent être si vieux ; mais je vous expliquerai bientôt.
se débarrasser de tous les deux.

28
CLEANTE : Madame, pour vous dire la vérité, je m'attendais peu à un tel événement ; et mon père
il ne m'a pas peu surpris quand il m'a dit aujourd'hui la décision qu'il avait prise.

MARIANNE : Je peux dire la même chose. C'est une rencontre inattendue.

CLEANTE : Madame, mon père ne peut pas faire un meilleur choix, et c'est une grande joie pour moi de
J'ai l'honneur de vous accueillir ici. Mais ce mariage m'est répugnant. Avec mon
la permission de père j'espère que vous me permettrez de dire que, si les choses dépendaient de moi, ça
n'aurait jamais lieu.

MARIANNE : Je dois vous dire que les choses sont à peu près les mêmes pour moi, si vous en avez.
répugnance à me voir votre belle-mère, je n'en aurai pas moins à vous voir mon beau-fils.
devrait être pleuré pour vous causer de la peine, et à moins d'y être contraint, je ne consentirai jamais à
un mariage qui est si douloureux pour vous.

HARPAGON : Eh bien, un discours insensé mérite une réponse insensée. Je vous demande pardon, mon amour,
pour l'impertinence de mon fils. C'est un jeune homme insouciant, qui n'a pas encore appris la valeur
de ses propres mots.

MARIANNE : Je vous assure qu'il ne m'a pas du tout offensée.

HARPAGON : C'est bien de votre part de l'excuser ainsi. Vous verrez que ses sentiments changeront.

CLEANTE : Non, ils ne changeront jamais ; et je vous prie instamment, Madame, de me croire.

HARPAGON: Did ever anybody see such folly? He is becoming worse and worse.

CLEANTE : Me feriez-vous trahir mes sentiments les plus profonds ?

HARPAGON : Encore ! Changez de manières, s'il vous plaît.

CLEANTE : Puisque vous souhaitez que je parle différemment... Pardonnez-moi si je vous dis que je n'ai jamais vu
dans le monde, personne n'est plus charmant que vous ; je ne peux comprendre aucun bonheur à
égal à celui de vous plaire, et que d'être votre mari est une gloire, un bonheur, je préférerais
aux destinées des plus grands princes sur terre. Il n'y a rien que je ne ferais pas pour cela.
précieuse une conquête, et les obstacles les plus puissants....

HARPAGON: Doucement, doucement, mon fils, s'il te plaît.

CLEANTE : Ce sont des mots de compliment que je lui adresse en votre nom.

HARPAGON : Bénis-moi ! J'ai ma propre langue pour expliquer mes sentiments.

FROSINE 1 : Je pense qu'il vaut mieux que nous allions tout de suite à la foire.

HARPAGON : (à BRINDAVOINE). Prépare la voiture tout de suite.

29
SCENE XII.--HARPAGON, MARIANNE, ELISE, CLEANTE, VALERE, FROSINE.
HARPAGON : (à MARIANNE). J'espère que vous m'excuserez, ma chère, mais j'ai oublié de
commande quelques rafraîchissements pour vous, avant de sortir.

CLEANTE : J'y ai pensé, père, et j'ai ordonné de faire entrer ici quelques
des paniers d'oranges de Chine, de citrons doux et de confitures, que j'ai demandés en votre nom.

HARPAGON : (_à part, à_ VALERE). Valere !

VALÈRE : (_à part, à_ HARPAGON). Il a perdu ses sens !

CLEANTE : Vous avez peur, père, que cela ne suffise pas ? J'espère, Madame, que vous
aura la gentillesse de l'excuser.

MARIANNE : Ce n'était en aucun cas nécessaire.

CLEANTE : Avez-vous jamais vu, Madame, un diamant plus brillant que celui que mon père
a sur son doigt ?

MARIANNE : Cela brille certainement beaucoup.

CLEANTE : (_enlevant le diamant du doigt de son père_). Vous devez le voir de près.

MARIANNE : C'est un magnifique ; il possède un grand éclat.

CLEANTE : Non, Madame, c'est entre des mains trop belles ; c'est un cadeau que mon père vous fait.

HARPAGON : Moi ?

CLEANTE : N'est-il pas vrai, père, que vous souhaitez qu'elle le garde pour votre sake ?

HARPAGON : (_à part, à son fils_). Quoi ?

CLEANTE: (to MARIANNE). A strange question indeed! He is making me signs that I am


à te forcer à l'accepter.

MARIANNE : Je ne voudrais pas....

CLEANTE : (_à_ MARIANNE). Je vous en prie.... Il ne le reprendrait pas.

MARIANNE : Ce serait....

CLEANTE : (empêchant toujours MARIANNE de le rendre). Non ; je te dis, tu vas l'offenser.

Prie....

30
CLEANTE : En aucun cas. Il est parfaitement choqué par votre refus.

HARPAGON : (_à part, à son fils_). Ah ! traître !

CLEANTE : (_à_ MARIANNE). Tu vois qu'il est dans le désespoir.

HARPAGON : (_à part, à son fils, le menaçant_). Espèce de scélérat !

CLEANTE : Ce n'est pas ma faute. Je fais tout ce que je peux pour la convaincre de l'accepter ; mais elle est obstinée.

HARPAGON : (_dans une rage, à son fils_). Scélérat !

CLEANTE : Vous êtes la cause, Madame, de me faire gronder par mon père.

HARPAGON : (_à part, avec le même regard_). Scélérat !

CLEANTE : (_à_ MARIANNE). Tu vas le rendre malade ; par pitié, n'hésite plus.

FROSINE: Pourquoi tant de cérémonie ? Gardez la bague, puisque le monsieur le souhaite.

MARIANNE : Je vais le garder maintenant, Monsieur, afin de ne pas vous mettre en colère, et je vais prendre
une autre occasion de vous le rendre.

BRINDAVOINE entre.

BRINDAVOINE : Monsieur, il y a un gentleman ici qui veut vous parler.

HARPAGON : Dites-lui que je suis occupé, et que je ne peux pas le voir aujourd'hui.

BRINDAVOINE : Il dit qu'il a de l'argent pour toi.

HARPAGON : (_à_ MARIANNE). Je vous prie de m'excuser ; je reviens tout de suite.

CLEANTE : Père, je vais faire les honneurs de la maison pour vous, et emmener cette dame dans
le jardin, où le déjeuner sera servi.

HARPAGON : Valère, veille sur tout cela ; et prends soin, je t'en prie, de sauver autant de
faites-le comme vous pouvez, afin que nous puissions le renvoyer au commerçant.

Je le ferai.

31
ACTE IV.

SCÈNE I.--CLÉANTE, MARIANNE, ÉLISE, FROSINE.


CLEANTE : Entrons ici ; nous nous sentirons beaucoup mieux. Il n'y a personne autour de nous qui...
nous n'avons pas besoin d'avoir peur, et nous pouvons parler ouvertement.

ELISE : Oui, Madame, mon frère m'a parlé de l'amour qu'il éprouve pour vous. Je sais ce que
tristesse et anxiété que ces épreuves peuvent causer, et je vous assure que j'ai le
ma plus grande sympathie pour vous.

MARIANNE : Je trouve un grand réconfort dans mes ennuis à avoir la sympathie d'une personne comme
vous, et je vous implore, Madame, de toujours conserver pour moi une amitié si capable d'adoucir
la cruauté de mon destin.

FROSINE 1 : Vous êtes vraiment très malchanceux de ne pas nous avoir parlé de tout cela avant.
Nous aurions certainement pu parer le coup et ne pas en être arrivés là.

CLEANTE : Que pourrais-je faire ? C'est mon destin maléfique qui l'a voulu ainsi. Mais vous,
Chère Marianne, qu'as-tu résolu de faire ? Quelle résolution as-tu prise ?

MARIANNE : Hélas ! Ai-je le pouvoir de prendre une quelconque résolution ? Et, dépendante comme je le suis, puis-je
fais autre chose que de formuler des souhaits ?

CLEANTE : Pas d'autre soutien pour moi dans ton cœur ? Rien que de simples souhaits ? Non
énergie de pitié ? Pas de soulagement bienveillant ? Pas d'affection active ?

MARIANNE : Que dois-je te dire ? Mets-toi à ma place et juge ce que je peux


peut-être le faire. Conseille-moi, dispose de moi, je me confie entièrement à toi, car j'en suis sûr que
tu ne me demanderas jamais rien d'autre que ce qui est modeste et convenable.

CLEANTE : Hélas ! à quoi me réduisez-vous lorsque vous souhaitez que je sois entièrement guidé
par un sentiment de devoir strict et de propriété scrupuleuse.

MARIANNE : Mais que voudrais-tu que je fasse ? Même si je devais, pour toi, me défaire de
les nombreux scrupules que notre sexe nous impose, j'ai trop de considération pour ma mère, pour
me donner la moindre cause de chagrin. Fais tout ce que tu peux avec elle. Je te donne la permission de dire et de faire
tout ce que vous souhaitez ; et si quelque chose dépend de son savoir sur l'état réel de mes sentiments, par tous
cela signifie lui dire ce qu'ils sont.

CLEANTE : Frosine, chère Frosine, ne vas-tu pas nous aider ?

FROSINE 2 : En effet, nous aimerions le faire, comme vous le savez. Nous ne sommes naturellement pas méchants.

FROSINE 1 : Le ciel ne nous a pas donné un cœur de pierre, et nous nous sentons trop prêts à aider.
quand nous voyons de jeunes gens s'aimant avec tant de sincérité et d'honnêteté.

FROSINE 2 : Que pouvons-nous faire dans ce cas ?

32
CLEANTE : Essaie de réfléchir un peu.

MARIANNE : Conseillez-nous.

ELISE : Inventez quelque chose pour annuler ce que vous avez fait.

FROSINE 2 : Plutôt une affaire difficile. (À MARIANNE) En ce qui concerne votre mère, c'est ...
préoccupée, elle n'est pas tout à fait déraisonnable et nous pourrions réussir à la faire céder
au fils le cadeau qu'elle avait réservé pour le père.

FROSINE 1: (To CLEANTE) But the most disheartening part of it all is that your father is
ton père.

CLEANTE : Oui, c'est ça.

FROSINE 1: I mean that he will bear malice if he sees that he is refused, and he will be in
aucune manière disposée par la suite à donner son consentement à votre mariage.

FROSINE 2: It would be well if the refusal could be made to come from him, and you
devrait essayer d'une manière ou d'une autre de lui faire te détester, Marianne.

CLEANTE : Vous avez tout à fait raison.

FROSINE 2 : Oui, tout à fait, sans aucun doute. C'est ce qui doit être fait ; mais comment dans
le monde, comment devons-nous nous y prendre ?

FROSINE 1 : Attendez un moment. Supposons que nous ayons une femme un peu âgée avec un peu de
la capacité que je possède, et capable suffisamment de représenter une dame de rang, par le biais de
une suite constituée à la hâte, et d'un titre fantaisiste de marquise ou de vicomtesse,
où nous présumerions qu'il vient de Basse-Bretagne.

FROSINE 2 : Nous devrions avoir assez de pouvoir sur votre père pour le persuader qu'elle est
une femme riche, en possession, en plus de ses maisons, de cent mille couronnes en espèces
l'argent ; qu'elle est profondément amoureuse de lui, et qu'elle l'épouserait à tout prix, si
elle doit même lui donner tout son argent par le contrat de mariage.

FROSINE 1 : Je n'ai aucun doute qu'il écouterait la proposition. Car certainement, il t'aime beaucoup.
beaucoup, mon cher, mais il aime encore mieux l'argent. Une fois qu'il a consenti à votre
le mariage, cela ne signifie pas grand-chose comment il découvre le véritable état des choses à propos de notre
marquise.

CLEANTE : Tout cela est très bien fait.

FROSINE 2 : Laissez-nous faire.

CLEANTE : Comptez sur ma gratitude, Frosine, si vous réussissez. Mais, chère Marianne, laissons-nous
Commencez, je vous en prie, par gagner le cœur de votre mère ; ce serait déjà beaucoup accompli.
if this marriage were once broken.

MARIANNE : Je ferai tout ce que je peux et je n'oublierai rien.

33
SCÈNE II.--HARPAGON, MARIANNE, ÉLISE, FROSINE.
HARPAGON : (à part, sans être vu). Ah ! ah ! mon fils embrasse la main de son
femme de son père prévue, et sa femme de son père prévue ne semble pas beaucoup y être opposée!
Can there be any mystery in all this?

ELISE : Voici mon père.

HARPAGON : La voiture est toute prête, et vous pouvez partir quand vous le souhaitez.

CLEANTE : Puisque tu ne vas pas, père, permets-moi de m'en occuper.

HARPAGON : Non, arrête ici ; ils peuvent facilement s'occuper d'eux-mêmes, et je te veux.

MARIANNE et ELISE sortent.

SCÈNE III.--HARPAGON, CLÉANTE.


HARPAGON : Eh bien, maintenant, mettant de côté toute considération de belle-mère, dis-moi ce que tu en penses.
de cette dame ?

CLEANTE : Que pense-je d'elle ?

HARPAGON : Oui, que pensez-vous de son apparence, de sa silhouette, de sa beauté


et intelligence ?

CLEAN: Alors, alors.

HARPAGON : Mais quand même ?

CLEANTE : Pour vous dire la vérité, je ne l'ai pas trouvée comme je l'espérais. Sa manière est celle de
une coquette minutieuse, sa silhouette est plutôt maladroite, sa beauté très ordinaire, et sa
intelligence de l'ordre le plus médiocre. Ne supposez pas que je dise cela pour vous faire la détester ; car
Si je dois avoir une belle-mère, j'aime l'idée de celle-ci autant que de toute autre.

HARPAGON : Vous lui avez parlé tout à l'heure, pourtant....

CLEANTE : Je lui ai fait plusieurs compliments en votre nom, mais c'était pour vous faire plaisir.

HARPAGON : Alors vous ne vous en souciez pas ?

CLEANTE : Qui ? Moi ? Pas du tout.

HARPAGON : Je suis désolé, car cela met fin à un plan qui m'était venu à l'esprit.
Depuis que je l'ai vue ici, j'ai pensé à mon propre âge ; et je sens que les gens
trouveraient à redire sur le fait que j'épouse une si jeune fille. Cette considération m'avait fait
déterminé à abandonner le projet, et comme je lui avais demandé sa main en mariage, et avais donné
Mon promesse, je te l'aurais donnée si ce n'était pas pour le dégoût que tu as pour elle.

34
CLEANTE : À moi ?

HARPAGON: À vous.

CLEANTE : Dans le mariage ?

HARPAGON : Dans le mariage.

CLEANTE : Il est vrai qu'elle n'est pas du tout à mon goût ; mais, pour vous faire plaisir, père, je vais ramener
moi-même pour l'épouser, s'il vous plaît.

HARPAGON : Si je veux ! Je suis plus raisonnable que vous ne le pensez. Je ne souhaite pas vous contraindre.

CLEANTE : Excusez-moi ! Je vais tenter de l'aimer.

HARPAGON : Non, non ; un mariage ne peut pas être heureux là où il n'y a pas d'amour.

CLEANTE : Cela, mon père, viendra peut-être tout à l’heure, et on dit que l'amour est souvent
le fruit du mariage.

HARPAGON : Non, il n'est pas juste de le risquer du côté de l'homme, et il y a certains


des choses problématiques dont je n'ai pas envie de courir le risque. Si tu avais ressenti une quelconque inclination pour elle,
Tu aurais dû l'épouser à ma place, mais comme c'est le cas, je vais revenir à ma première intention.
et l'épouser moi-même.

CLEANTE : Eh bien, père, puisque les choses sont ainsi, il vaut mieux que je sois franc avec vous et que je dévoile notre
secret pour vous. La vérité est que je l'ai aimée depuis le jour où je l'ai vue un jour sur le
promenade. J'avais l'intention de vous demander aujourd'hui de me laisser l'épouser, et je n'ai été dissuadé que par
c'est parce que tu as parlé de l'épouser, et parce que j'avais peur de te déplaire.

HARPAGON : Lui avez-vous déjà rendu visite ?

CLEANTE: Oui, père.

HARPAGON: Many?

CLEANTE : Oui ; en tenant compte de combien de temps nous nous connaissons.

HARPAGON : Vous avez été bien reçu.

CLEANTE : Très bien, mais sans qu'elle sache qui j'étais ; et c'est pourquoi Marianne était
si surprise quand elle m'a vu aujourd'hui.

HARPAGON : Lui as-tu dit ton amour et ton intention de l'épouser ?

CLEANTE : Certainement, et j'ai aussi parlé un peu à la mère à ce sujet.

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HARPAGON : A-t-elle bien reçu votre proposition pour sa fille ?

CLEANTE : Oui, très gentiment.

HARPAGON : Et la fille rend-elle votre amour ?

CLEANTE : Si je peux croire les apparences, elle est certainement bien disposée à mon égard.

HARPAGON : Maintenant, écoute, mon fils, je te dis ce que. Tu devras, s'il te plaît, aller
débarrassez-vous de votre amour pour Marianne, cessez de porter vos attentions à une personne que je vous destine
moi-même, et d'épouser très bientôt la femme que j'ai choisie pour vous.

CLEANTE : Alors, père, c’est ainsi que tu me trompes ! Très bien, puisque les choses en sont arrivées là.
un laissez-passer, je vous déclare ouvertement que je ne renoncerai pas à mon amour pour Marianne.

HARPAGON : Quoi, scélérat ! Tu oses pénétrer sur mes terres ?

CLEANTE : C'est vous qui empiétez sur le mien. J'étais le premier.

HARPAGON : Ne suis-je pas votre père, et ne me devez-vous pas du respect ?

CLEANTE : Il y a des choses pour lesquelles les enfants ne sont pas tenus de faire preuve de déférence.
leurs pères ; et l'amour ne respecte personne.

HARPAGON : Mon bâton te fera mieux me connaître.

CLEANTE : Toutes vos menaces ne me font rien.

HARPAGON : Tu vas abandonner Marianne ?

CLEANTE : Jamais !

HARPAGON : Apporte-moi mon bâton. Vite, je te dis ! Mon bâton !

36
SCÈNE IV.--HARPAGON, CLÉANTE, MAÎTRE JACQUES.
MAÎTRE JACQUES 2 : Tenez ! Tenez ! Messieurs, que signifie cela ? Que faites-vous ?
à quoi pensez-vous ?

CLEANTE : Ça ne me dérange pas du tout.

MAÎTRE JACQUES 1: (_à_ CLÉANTE). Ah ! Monsieur, doucement.

HARPAGON : Il ose me parler avec une telle impudence !

MAÎTRE JACQUES 2 : (_à_ HARPAGON). Ah ! Monsieur, je vous en prie.

CLEANTE : Je m'y tiendrai.

MAÎTRE JAQUES 1 (_à_ CLÉANTE) : Quoi ! à ton père ?

HARPAGON : Laissez-moi faire.

MAÎTRE JACQUES 2 : (_à_ HARPAGON). Quoi ! à ton fils ? Pour moi, c'est différent.

HARPAGON : Je vais te faire juge entre nous, pour que tu puisses voir que j'ai raison sur
mon côté.

MAÎTRE JACQUES 1 : Volontiers. (_À_ CLÉANTE) Recule un peu.

HARPAGON: Il y a une jeune fille que j'aime et que je veux épouser, et le scélérat a
l'insolence de l'aimer aussi, et de vouloir l'épouser malgré moi.

MAÎTRE JACQUES 2 : Oh ! il a tort.

HARPAGON : N'est-ce pas une chose abominable de voir un fils qui n'hésite pas à devenir le
rival de son père ? Et n'est-ce pas son devoir de s'abstenir d'interférer dans mon amour ?

MAÎTRE JACQUES 1 : Vous avez tout à fait raison ; arrêtez-vous ici, et laissez-moi aller lui parler.

CLEANTE : (au MAÎTRE JACQUES). S'il veut vous faire juge entre nous, j'ai
pas d'objection.

MAÎTRE JACQUES 2 : Vous me faites grand honneur.

CLEANTE : Je suis amoureux d'une jeune fille qui me rend mon affection et qui reçoit cela avec bienveillance.
l'offre de mon cœur ; mais mon père prend dans sa tête de troubler notre amour en lui demandant
dans le mariage.

Il a certainement tort.

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CLEANTE : N'est-il pas honteux pour un homme de son âge de penser à se marier ? Je vous demande si c'est le cas.
A-t-il le droit de tomber amoureux ? Et ne devrait-il pas maintenant laisser cela à des hommes plus jeunes ?

MAÎTRE JACQUES 2 : Vous avez tout à fait raison ; il n'est pas sérieux ; permettez-moi de dire un mot ou deux à
lui. (À HARPAGON) Vraiment, votre fils est réceptif à la raison. Il dit qu'il est
conscient du respect qu'il vous doit, et qu'il ne s'est fâché que dans l'ardeur de la
moment. Il se soumettra volontiers à tout ce que vous souhaitez si vous promettez simplement de le traiter mieux
Merci de le faire, et je lui donnerai en mariage une personne à son goût.

HARPAGON : Ah ! dites-lui, Maître Jacques, qu'il obtiendra tout de moi sur


ces termes, et cela, sauf Marianne, je le laisse libre de choisir pour sa femme
quiconque il veut.

MASTER JACQUES 1 : Laisse-moi faire. (À CLEANTE) Vraiment, ton père n'est pas si
déraisonnable comme vous me le présentez ; et il me dit que c'est votre violence qui a irrité
lui. Il est tout à fait prêt à vous accorder tout ce que vous voulez, à condition que vous utilisiez des moyens doux et que vous ...

donnez-lui le respect, la déférence et la soumission qu'un fils doit à son père.

CLEANTE : Ah ! Maître Jacques, vous pouvez lui assurer que s'il me gratifie de Marianne, il
me trouvera toujours le plus soumis des hommes, et que je ne ferai jamais rien
contrairement à son plaisir.

MAÎTRE JACQUES 2 : (à HARPAGON). Tout va bien ; il consent à ce que vous dites.

HARPAGON : Rien ne pourrait être mieux.

MAÎTRE JACQUES 1 : (à CLÉANTE). Tout est réglé ; il est satisfait de tes promesses.

CLEANTE : Loué soit le ciel !

MAÎTRE JACQUES 2 : Messieurs, vous n'avez rien d'autre à faire que de parler tranquillement sur le
matière ensemble;

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SCÈNE V.--HARPAGON, CLÉANTE.
CLEANTE : Je vous demande pardon, père, d'avoir été en colère.

HARPAGON : Ce n'est rien.

CLEANTE : Je vous assure que je me sens très désolé à ce sujet.

HARPAGON : Je suis très heureux de vous voir à nouveau raisonnable.

CLEANTE : Combien il est gentil de votre part d'oublier si rapidement ma faute.

HARPAGON : On oublie facilement les fautes des enfants quand ils reviennent à leurs devoirs.

CLEANTE : Quoi ! Tu n'es pas en colère contre moi pour mon comportement extravagant ?

HARPAGON : Par votre soumission et votre comportement respectueux, vous me contraignez à oublier ma colère.

CLEANTE : Je vous assure, père, je garderai dans mon cœur le souvenir de toute votre bonté.

HARPAGON : Et je vous promets que, à l'avenir, vous obtiendrez tout ce que vous voulez de ma part.

CLEANTE : Oh, père ! Je ne demande rien de plus ; il me suffit que vous me donniez Marianne.

HARPAGON : Quoi ? Qui parle de te donner Marianne ?

CLEANTE : Vous, père.

HARPAGON : Moi ? N'est-ce pas toi qui as promis de l'abandonner ?

Sûrement pas.

HARPAGON sort.

39
SCENE VI. CLEANTE, LA FLECHE.
LA FLECHE : (quittant le jardin avec une caisse). Monsieur, vous arrivez juste à temps. Vite ! Suivez-moi.

CLEANTE : Quel est le problème ?

LA FLÈCHE : Suivez-moi, dis-je. Nous sommes sauvés.

CLEANTE : Comment ?

LA FLECHE : Voici tout ce que vous voulez.

CLEANTE : Quoi ?

LA FLÈCHE : J'ai attendu cela toute la journée.

CLEANTE : Qu'est-ce que c'est ?

LA FLECHE : Le trésor de votre père dont je me suis emparé.

CLEANTE : Comment avez-vous réussi cela ?

LA FLÈCHE : Je vais tout vous raconter. Soyons tranquilles : je l'entends crier.

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SCÈNE VII.--HARPAGON, _du jardin, entrant en courant sans son chapeau, et criant_--
Voleurs ! voleurs ! assassins ! meurtre ! Justice, cieux justes ! Je suis perdu ; je suis tué ; ils
ils m'ont tranché la gorge ; ils ont volé mon argent ! Qui cela peut-il être ? Arrête ! (À lui-même, prenant le contrôle)
de mon propre bras) Rends-moi mon argent, misérable.... Ah... ! c'est moi-même.... Mon esprit
je erre, et je ne sais où je suis, qui je suis, et ce que je fais. Hélas ! mon pauvre
argent ! mon pauvre argent ! mon ami le plus cher, ils m'ont privé de toi ; et depuis que tu
l'art est parti, j'ai perdu mon soutien, ma consolation et ma joie. Tout est fini pour moi, et je
n'avoir plus rien à faire dans le monde ! Sans toi, il m'est impossible de vivre. Tout est
termine avec moi; je ne peux plus le supporter. Je me meurs; je suis mort; je suis enterré. Y a-t-il personne
qui m'appellera des morts, en restaurant mon cher argent ou en me disant qui
l'a pris ? Je dois y aller. Je demanderai justice et j'aurai toute ma maison mise à la
torture - Quelle foule de gens est rassemblée ici ! Tout le monde semble être mon voleur.
Vite ! magistrats, policiers, prévôts, juges, machines à torture, gibets et bourreaux. Je vais pendre
tout le monde, et si je ne trouve pas mon argent, je me pendrai ensuite.

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ACTE V.

SCÈNE I.--HARPAGON, UN POLICIER :.


AGENT DE POLICE : Laisse ça à moi. Je connais mon métier. Dieu merci ! ce n'est pas le
c'est la première fois que je suis employé à débusquer des voleurs ; et je souhaite avoir autant de sacs d'un
mille francs comme j'ai fait pendre des gens.

HARPAGON : Chaque magistrat doit s'occuper de cette affaire ; et si mon argent n'est pas retrouvé,
J'appellerai la justice contre la justice elle-même.

AGENT DE POLICE : Nous devons prendre toutes les mesures nécessaires. Vous dites qu'il y avait dans ce cercueil... ?

DIX MILLE LIVRES EN ESPÈCES.

AGENT DE POLICE : Dix mille couronnes ! Un vol considérable.

HARPAGON : Il n'y a pas de punition assez grande pour l'énormité du crime ; et si


il reste impuni, les choses les plus sacrées ne sont plus en sécurité.

AGENT DE POLICE : Qui soupçonnez-vous de ce vol ?

HARPAGON : Tout le monde. Je souhaite que vous preniez en garde à vue toute la ville et ses environs.

AGENT DE POLICE : Vous ne devez pas, si vous me faites confiance, effrayer qui que ce soit, mais vous devez être doux.
signifie collecter des preuves, afin ensuite de procéder avec plus de rigueur pour la récupération
de la somme qui a été prélevée sur vous.

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SCENE II.--HARPAGON, THE POLICE OFFICER, MASTER JACQUES.
MAÎTRE JACQUES 1 : (à la fin de la scène, se retournant vers la porte par laquelle il est venu)
Je reviens. Fais-lui couper la gorge tout de suite ; fais-lui griller les pieds ; mets-le dans de l'eau bouillante.
de l'eau, et accrochez-le au plafond.

HARPAGON : Quoi ! Ceux qui m'ont volé ?

MAÎTRE JACQUES 2 : Je parlais d'un cochon de lait que votre intendant vient d'envoyer
moi; et je veux le faire habiller selon mes propres goûts pour vous.

HARPAGON : Ce n'est plus la question ; et vous devez parler d'autre chose à


cet homme.

AGENT DE POLICE : (à JACQUES). N'aie pas peur. Je ne suis pas un homme à causer
tout scandale, et les affaires se poursuivront par des moyens doux.

MAÎTRE JACQUES 1 : (à HARPAGON). Ce monsieur vient-il souper avec vous ?

POLICIER : Vous devez, dans ce cas, mon bon homme, ne rien cacher à votre maître.

MAÎTRE JACQUES 2 : En effet, Monsieur, je vous montrerai tout ce que je sais, et je vous traiterai dans le
de la meilleure manière possible.

AGENT DE POLICE : Ce n'est pas la question.

MAÎTRE JACQUES 1 : Si je ne fais pas un bon accueil comme je le voudrais, c'est la faute de
votre intendant, qui a coupé mes ailes avec les ciseaux de son économie.

HARPAGON : Vilain ! Nous avons d'autres choses à discuter que ton souper ; et je veux
vous devez me dire ce qu'est devenu l'argent qui m'a été volé.

MAÎTRE JACQUES 2 : On vous a volé de l'argent ?

HARPAGON : Oui ! Et je te ferai pendre si tu ne me le rends pas.

OFFICIER DE POLICE : (à HARPAGON). Je vous en prie, ne soyez pas sévère avec lui. Je vois à son visage que
c'est un gars honnête. Oui, mon ami, si tu avoues, aucun mal ne te sera fait, et tu
sera bien récompensé par votre maître. De l'argent lui a été volé, et il est
il n'est pas possible que vous ne sachiez rien à ce sujet.

MAÎTRE JACQUES 1 : Monsieur, puisque vous voulez que je vous dise ce que je sais, je crois que c'est
votre intendant qui a fait cela.

HARPAGON : Valère ?

MAÎTRE JACQUES 2 : Oui.

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HARPAGON : Celui qui me semblait si fidèle !

MAÎTRE JACQUES 1 : Lui-même. Je crois que c'est lui qui vous a volé.

HARPAGON : Et qu'est-ce qui vous fait le croire ?

MAÎTRE JACQUES 2 : Qu'est-ce qui me fait y croire ?

HARPAGON : Oui.

MAÎTRE JACQUES 1 : Je le crois... parce que je le crois.

AGENT DE POLICE : Mais vous devez nous dire les preuves que vous avez.

HARPAGON : L'avez-vous vu traîner près de l'endroit où j'avais mis mon argent ?

MAÎTRE JACQUES 2 : Oui, en effet. Où était votre argent ?

HARPAGON : Dans le jardin.

MAÎTRE JACQUES 1 : Exactement ; je l'ai vu traîner dans le jardin ; et dans ce qui était
votre argent ?

HARPAGON : Dans un coffret.

MAÎTRE JACQUES 2 : La même chose. Je l'ai vu avec une boîte.

HARPAGON : Et ce coffret, à quoi ressemblait-il ? Je vais bientôt voir s'il est le mien.

MAÎTRE JACQUES 1 : Comment c'était ?

HARPAGON : Oui.

MAÎTRE JACQUES 2 : C'était comme...comme un cercueil.

AGENT DE POLICE : Bien sûr. Mais décrivez-le un peu, pour voir si c'est le même.

C'était un grand coffret.

HARPAGON : Celui qui m'a été pris est un petit.

MAÎTRE JACQUES 2 : Oui, petit si vous le regardez de cette manière ; mais je l'appelle grand parce que
de ce qu'il contient.

HARPAGON : Et quelle couleur était-elle ?

44
MASTER JACQUES 1: What colour?

OFFICIER DE POLICE : Oui.

MAÎTRE JACQUES 2 : D'une couleur... d'une certaine couleur.... Ne peux-tu pas m'aider à trouver
le mot ?

HARPAGON: Ugh !

MAÎTRE JACQUES 1 : Rouge ; n'est-ce pas ?

HARPAGON : Non, gris.

MAÎTRE JACQUES 2 : Ha ! oui, gris-roux ! C'est ce que je voulais dire.

HARPAGON : Il n'y a aucun doute, c'est ma cassette, c'est certain. Notez son témoignage,
Monsieur ! Cieux ! à qui pouvons-nous faire confiance après cela ? Nous ne devons jamais jurer quoi que ce soit, et je
crois maintenant que je pourrais me voler moi-même.

MAÎTRE JACQUES 1 : (à HARPAGON). Le voilà qui revient, Monsieur ; je vous en prie, ne...
Allez lui dire que c'est moi qui ai tout révélé, Monsieur.

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SCÈNE III. - HARPAGON, L'AGENT DE POLICE : VALÈRE, MAÎTRE JACQUES.
HARPAGON : Venez, approchez, et confessez l'action la plus abominable, la plus
crime horrible, qui ait jamais été commis.

VALÈRE : Que voulez-vous, Monsieur ?

HARPAGON : Quoi, misérable ! Tu n'as pas honte après un tel crime ?

VALERE : De quel crime parles-tu ?

HARPAGON : De quel crime je parle ? Vilain de basse classe, comme si tu ne savais pas ce que je veux dire ! C'est
en vain pour vous de tenter de le cacher.

VALERE : Monsieur, puisque tout est connu de vous, je ne niera ni ce que j'ai fait ni...
J'essaie de pallier cela.

MAÎTRE JACQUES 1 : (_à part_). Oh ! oh ! Ai-je deviné la vérité ?

VALERE : J'avais l'intention de vous en parler, et j'attendais une occasion favorable ;


mais, comme cela n'est plus possible, je vous prie de ne pas être en colère, écoutez mes motifs.

HARPAGON : Et quels beaux motifs peux-tu me donner, infâme voleur ?

VALÈRE : Ah ! Monsieur, je ne mérite pas ces noms. Je suis coupable envers vous, c'est vrai ; mais,
Après tout, ma faute est pardonnable.

HARPAGON : Comment pardonnable ? Un tour prémédité, et une telle assassinat que cela !

VALERE : Quand vous aurez entendu tout ce que j'ai à dire, vous verrez que le mal n'est pas si
étendu comme vous le faites paraître.

HARPAGON : Le mal n'est pas si grand que je le fais paraître ! Quoi ! mon cœur
sang, scélérat!

VALERE : Votre sang, Monsieur, n'est pas tombé entre de mauvaises mains. Mon rang est suffisamment élevé pour ne pas

pour lui faire honte, et il n'y a rien dans tout cela pour quoi réparation ne puisse être faite.

HARPAGON : Il est de mon intention que vous restituiez ce que vous m'avez pris.

VALÈRE : Votre honneur, Monsieur, sera pleinement satisfait.

HARPAGON : L'honneur n'est pas la question dans tout cela. Mais dis-moi ce qui t'a poussé à commettre
un tel acte ?

VALERE : Hélas ! le demandes-tu ?

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HARPAGON : Oui, je devrais plutôt penser que c'est le cas.

VALERE : Un dieu, Monsieur, qui emporte avec lui ses excuses pour tout ce qu'il pousse les gens à faire : L'amour.

HARPAGON : Amour ?

OUI.

HARPAGON : Quel bel amour ! Quel bel amour, en effet ! L'amour de mon or !

VALERE : Ce n'est pas ta richesse qui m'a tenté ; et je jure de ne jamais prétendre à quoi que ce soit.
de vos biens, à condition que vous me laissiez ce que j'ai.

HARPAGON : Au nom de tous les diables, non, je ne vais pas te le laisser. Mais quelqu'un a-t-il
J'ai jamais rencontré une telle méchanceté ! Il souhaite garder ce qu'il m'a volé !

VALERE : Tu appelles ça un vol ?

HARPAGON : Si j'appelle cela un vol ? Un trésor comme ça !

VALERE : Je reconnais volontiers que c'est un trésor, et le plus précieux que vous ayez.
Mais ce ne sera pas perdre de me le laisser. Je vous implore à genoux de le laisser dans mon
possession de ce trésor si plein de charmes ; et si vous agissez bien, vous me le accorderez.

HARPAGON : Je ne ferai rien de tel. Où veux-tu en venir ?

VALÈRE : Oui, nous sommes fiancés l'un à l'autre pour toujours.

HARPAGON : Je sais assez bien comment vous dégager, je vous l'assure.

Rien d'autre que la mort ne peut nous séparer.

HARPAGON : Vous devez être diaboliquement ensorcelé par mon argent.

VALERE : Je vous l'ai déjà dit, Monsieur, un motif plus noble m'a inspiré.

HARPAGON : Nous entendrons bientôt que c'est par charité chrétienne qu'il convoite
mon argent ! Mais je vais mettre un terme à tout cela, et la justice, impudent fripon, viendra bientôt.
ma satisfaction.

VALERE : Vous ferez comme bon vous semble, et je suis prêt à subir toute la violence que vous désirez.
infligez-moi, mais je vous prie de croire, au moins, que s'il y a du mal fait, je suis
le seul coupable, et que votre fille n'a rien fait de mal dans tout cela.

47
HARPAGON : Je ne le crois pas ! Ce serait en effet étrange que ma fille ait une part dans
ce crime. Mais je vais récupérer ce trésor, et vous devez avouer à quel endroit vous
l'ont porté.

VALERE : Je ne l'ai pas emporté, et il est toujours dans votre maison.

HARPAGON : Mon trésor n'a pas quitté ma maison ?

NON, MONSIEUR.

HARPAGON : Eh bien, alors, dites-moi, avez-vous pris des libertés avec... ?

VALERE : Ah ! Monsieur, vous nous faites tous les deux du tort ; la flamme avec laquelle je brûle est trop pure, trop pleine

de respect. Dame Claude connaît toute la vérité, et elle peut en témoigner.

HARPAGON : Bonjour ! Mon serviteur est un complice dans cette affaire ?

VALERE : Oui, un témoin de notre engagement ; et c'est après avoir été sûr de l'innocence
de mon amour qu'elle m'a aidé à persuader votre fille de s'engager avec moi.

HARPAGON : De quelles absurdités parles-tu de ma fille ?

VALÈRE : Je dis, Monsieur, que j'ai trouvé très difficile de faire consentir sa modestie à ce que ma
l'amour lui a demandé.

HARPAGON : La modestie de qui ?

VALERE : Votre fille ; et c'était seulement hier qu'elle pouvait se décider à


signez notre promesse mutuelle de mariage.

HARPAGON : Ma fille a signé une promesse de mariage ?

VALERE : Oui, Monsieur, et j'ai aussi signé.

HARPAGON : Ô cieux ! un autre malheur !

MAÎTRE JACQUES 2 : (à l’OFFICIER). Écrivez, Monsieur, écrivez.

HARPAGON : Aggravation de la misère ! Excès de désespoir ! (Au OFFICIER) Monsieur, libérez


votre devoir, et rédigez-moi un acte d'accusation contre lui en tant que voleur et suborneur.

MAÎTRE JACQUES 1 : Comme un voleur et un suborneur.

VALÈRE : Ce sont des noms que je ne mérite pas, et quand vous saurez qui je suis....

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SCÈNE IV.--HARPAGON, ÉLISE, MARIANNE, VALÈRE, FROSINE, MAÎTRE
JACQUES, LE POLICIER :
HARPAGON : Ah ! fille coupable ! indigne d'un père comme moi ! Tu donnes ton amour à
un voleur infâme, et t'engager à lui sans mon consentement ! Mais vous devrez tous les deux
soyez déçu.

VALERE : Ta colère ne sera pas un juge dans cette affaire, et j'aurai au moins une audience avant
Je suis condamné.

HARPAGON : J'avais tort de dire la potence ; vous serez broyé vivant sur la roue.

ELISE : (à genoux). Ah ! Père, soyez plus miséricordieux. Il n'est pas ce que vous imaginez, et vous allez
pensez-vous qu'il est moins étrange que je me sois donnée à lui, quand vous savez que sans
lui, tu m'aurais perdu pour toujours depuis longtemps. Oui, père, c'est lui qui m'a sauvé de la
grand danger j'ai couru dans les eaux, et à qui vous devez la vie de votre fille qui....

HARPAGON : Tout cela n'est rien ; et il aurait été bien mieux pour moi s'il
vous aurait laissé vous noyer plutôt que de faire ce qu'il a fait.

ELISE : Mon père, je vous en supplie, au nom de l'amour paternel, accordez-moi....

HARPAGON : Non, non. Je ne veux rien entendre, et la justice doit suivre son cours.

FROSINE : Quel état de choses perplexe !

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SCÈNE V.--ANSELME, HARPAGON, ÉLISE, MARIANNE, FROSINE, VALÈRE,
L'AGENT DE POLICE : MAÎTRE JACQUES.
ANSELME : Que peut-il s'être passé, Monsieur Harpagon ? Vous êtes assez bouleversé.

HARPAGON : Ah, Monsieur Anselme, vous voyez en moi l'homme le plus malheureux ; j'ai été attaqué dans
ma propriété ; et vous voyez là un vaurien et un misérable qui a violé les plus sacrés
droits, qui s'est introduit chez moi en tant que serviteur pour voler mon argent,
et séduire ma fille.

VALERE : Qui a jamais pensé à votre argent dont vous rêvez ?

HARPAGON : Oui ; ils se sont donné une promesse de mariage. Cette insulte
vous concerne, M. Anselme ; et c'est vous qui devriez être le plaignant contre lui, et qui à
vous devriez le poursuivre au max pour vous venger.

ANSELME : Je n'ai pas l'intention de forcer qui que ce soit à m'épouser et de revendiquer un cœur.
qui s'est déjà accordé ; mais en ce qui concerne vos intérêts, je suis prêt
les épouser comme s'ils étaient les miens.

HARPAGON : Voici le monsieur, un commissaire honnête, qui a promis qu'il va


omettre rien de ce qui concerne les devoirs de son bureau. (À l'AGENT, montrant
VALERE) Accusez-le, Monsieur, comme il se doit, et rendez les choses très criminelles.

VALERE : Je ne vois pas quel crime ils pourraient faire de ma passion pour votre fille…

HARPAGON : Je me fiche éperdument de toutes ces histoires.

VALERE : Sache que je suis trop intègre pour me parer d'un nom qui n'est pas le mien, et
que tout Naples peut témoigner de ma naissance !

ANSELME : Doucement ! Fais attention à ce que tu es sur le point de dire. Tu parles devant un homme pour
qui tous Naples est connu, et qui peut bientôt voir si votre histoire est vraie.

VALERE : (mettant fièrement son chapeau). Je ne suis pas l'homme à craindre quoi que ce soit ; et si tout Naples
vous savez qui était Don Thomas d'Alburci.

ANSELME : Certainement ; je sais qui il est, et peu de gens le connaissent mieux que moi.

HARPAGON : Je ne me soucie ni de Don Thomas ni de Don Martin. (Voyant deux bougies)


brûlant, il en souffle une.

ANSELME : Aie patience et laisse-le parler ; nous saurons bientôt ce qu'il a à dire de lui.

C'est à lui que je dois ma naissance.

À lui ?

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Oui.

ANSELME : N'importe quoi ; Essaie de trouver une histoire plus plausible.

VALÈRE : Ce n'est pas une imposture, et je ne dis rien ici que je ne puisse prouver.

ANSELME : Quoi ! Tu oses t'appeler le fils de Don Thomas d'Alburci ?

VALERE : Oui, j'ose le faire.

ANSELME : Cette audace est merveilleuse. Apprenez à votre confusion qu'elle est maintenant au moins
il y a seize ans depuis que l'homme dont vous parlez est mort dans un naufrage en mer avec son
femme et enfants, alors qu'il essayait de sauver leur vie des cruelles persécutions qui
accompagné des troubles de Naples, et qui a causé le bannissement de plusieurs nobles
familles.

VALERE : Oui ; mais apprends pour ta confusion que son fils, âgé de sept ans, était, avec un
serviteur, sauvé de l'épave par un vaisseau espagnol, et que ce fils est celui qui maintenant
vous parle.

ANSELME : Mais quels autres témoignages avez-vous en plus de vos propres mots que tout cela n'est pas
une fable basée sur la vérité par vous.

VALERE : Quelles preuves ? Le capitaine du navire espagnol ; un sceau en rubis qui appartenait à
mon père ; un bracelet en agate que ma mère a mis sur mon bras ; et l'ancien Pedro, ce serviteur
qui a été sauvé avec moi de l'épave.

MARIANNE : Hélas ! Je peux répondre ici pour ce que vous avez dit ; que vous ne nous trompez pas ;
et tout ce que tu dis me dit clairement que tu es mon frère.

VALERE : Tu es ma sœur !

MARIANNE : Oui, mon cœur a été touché dès que vous avez commencé à parler ; et notre
maman me parlait souvent des malheurs de notre famille.

ANSELME : Venez dans mes bras, mes enfants, et partagez la joie de votre père heureux !

VALERE : Vous êtes notre père ?

MARIANNE : C'était pour toi que ma mère a pleuré ?

ANSELME : Oui, ma fille ; oui, mon fils ; je suis Don Thomas d'Alburci, que le ciel
sauvé des vagues, et, après seize ans, vous croyant tous morts, se préparait à
chercher les consolations d'une nouvelle famille en épousant une femme douce et vertueuse. Je me suis installé
ici sous le nom d'Anselme. Je souhaitais oublier les chagrins d'un nom associé
avec tant de grands soucis.

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HARPAGON : (_à_ ANSELME). C'est votre fils ?

ANSELME : Oui.

HARPAGON : Cela étant, je vous tiens responsable des dix mille couronnes qu'il
m'a volé.

ANSELME : Il a volé quoi que ce soit chez vous !

HARPAGON : Oui.

VALÈRE : Qui a dit cela ?

HARPAGON : Maître Jacques.

VALERE : (_à_ MAÎTRE JACQUES). Vous dites cela ?

MAÎTRE JACQUES 1 : Vous voyez que je ne dis rien.

HARPAGON : Il l'a certainement fait. Voici l'officier qui a reçu sa déposition.

VALERE : Peux-tu vraiment croire que je suis capable d'une telle action basse ?

HARPAGON : Capable ou non capable, je dois trouver mon argent.

CLEANTE entre.

CLEANTE : Ne pleurez pas pour votre argent, père, et n'accusez personne. J'ai des nouvelles à ce sujet.
et je viens ici vous dire que si vous consentez à me laisser épouser Marianne, votre argent sera
rendu à vous.

HARPAGON : Où est-ce ?

CLEANTE : C'est dans un endroit sûr, et j'en réponds ; C'est à vous de décider, vous avez
le choix entre perdre Marianne ou votre coffre-fort.

HARPAGON : Rien n’a été sorti ?

CLEANTE : Rien du tout. Acceptez-vous ce mariage et de donner votre consentement ?

MARIANNE : (à CLEANTE). Mais vous ne savez pas que ce consentement n'est plus suffisant, et
que le ciel m'a rendu un frère (montrant VALERE), en même temps qu'il m'a donné
me rendre un père (montrant ANSELME) ; et vous devez maintenant me l'obtenir.

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ANSELME : Le ciel ne te m'a pas rendu pour que je m'oppose à tes souhaits. Monsieur.
Harpagon, viens, maintenant, ne force pas les gens à te dire ce qui est inutile, et
consentement, comme moi, à ce double mariage.

HARPAGON : Pour être bien conseillé, je dois voir ma cassette.

CLEANTE : Vous le verrez sain et sauf.

HARPAGON : Je n'ai pas d'argent à donner à mes enfants pour se marier.

ANSELME : Peu importe, j'en ai ; ne te laisse pas troubler par cela. Es-tu satisfait ?

HARPAGON : Oui, à condition que vous me commandiez un nouveau costume pour le mariage.

ANSELME : D'accord ! Allons profiter des bénédictions que ce jour heureux nous apporte.

POLICIER : Arrêtez, Messieurs, arrêtez ; doucement, s'il vous plaît. Qui va me payer pour mon écriture ?

HARPAGON : Nous n'avons rien à voir avec votre écriture.

AGENT DE POLICE : En effet ! et pourtant, je ne prétends pas l'avoir fait pour rien.

HARPAGON : (montrant MAÎTRE JACQUES). Voici un gars que vous pouvez pendre en paiement !

MAÎTRE JACQUES 2 : Hélas ! que doit-on faire ? Je reçois une bonne raclée pour avoir dit
la vérité, et maintenant ils me pendraient pour avoir menti.

ANSELME : Monsieur Harpagon, vous devez lui pardonner ce morceau d'imposture.

HARPAGON : Vous payerez l'agent alors ?

ANSELME : Qu'il en soit ainsi. Allons vite, mes enfants, partager notre joie avec votre mère !

HARPAGON : Et moi pour voir mon cher coffret.

***FIN DU MALHEUREUX***

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