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Thèse de Médecine à l'Université de Ouagadougou

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BURKINA FASO

Un ité-Progrès-Justice.
Université de Ouagadougou
FACULTE DES SCIENCES DE LA SANTE-SECTION MEDECINE.
Année universitaire 1997 - 1998

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THESE

présentée et soutenue publiquement le 16 Décembre 1997


pour l'obtention du grade de Docteur en Médecine
(Diplôme d'état)
Par Isidore Youwaoga MOYENGA
né en 1966 à Daboaden / Diabo / Fada N'gounna / Burkina-Faso.

DIRECTEUR DE THESE Professeur Amadou SANOU


CO-DIRECTEUR Docteur Si Simon TRAORE
JURY
PRESIDENT Professeur Robert SOUDRE
MEMBRES Professeur Amadou SANOU
Docteur Alain BOUGOUMA
Docteu r Issa SAN0 U
Docteur Hamadé OUEDRAOGO
UNIVERSITE DE OUAGADOUGOU

Faculté des Sciences de la Santé


( F.S.S. )

LISTE DU PERSONNEL ADMINISTRATIF

Doyen PL Robert B. SOUDRE

Vice-Doyen Chargé des Affaires


Académiques et Directeur de la
Section Pharmacie (VDA) Pr. I. Pierre GUISSOU

Vice-Doyen à la Recherche et
à la vulgarisation (VDR) Pr. Ag. Jean KABORE

Directeur des Stages de la


Section Médecine PL Ag. Y. Joseph DRABO

Directeur des Stages de la Dr OUEDRAOGO 1 Rasmata


Section de Pharmacie TRAORE

Coordonnateur c.E.S. de Chirurgie Pr. Amadou SANOU

Secrétaire Principal Mr Gérard ILBOUDO

Chef de Service Administratif Mr Arouna TA TIET A


et Financier (CSAF)

Conservateur de la Bibliothèque Mr Salif y ADA

Chef de la Scolarité Mme Kadi ZERBO

Secrétaire du Doyen Mme Mariam DICKO

Secrétaire du VDA Mme KABRE Hakiéta

Secrétaire du VDR Mme BONKIAN Edwige

Audiovisuel Mr Alain Pascal PITROIPA

Reprographie Mr Philipe BOUDA


LISTE DES ENSEIGNANTS DE LA F.S.S.

ENSEIGNANTS PERMANENTS

Professeurs titulaires

Rambré Moumouni OUIMINGA Anatomie organogenèse


et chirurgie
Hilaire TIENDREBEOGO Sémiologies et
Pathologies médicales
Tinga Robert GUIGUEMDE Parasitologie

Bobilwindé Robert SOUDRE Anatomie-Pathologique

Amadou SANOU Chirurgie Générale et Digestive

Innocent Pierre GUISSOU Pharmacologie Toxicologie

Professeurs associés

Ahmed BOU-SALAH Neuro-chirurgie

Blaise KOUDOGBO Toxicologie

Maîtres de Conférences Agrégés

Julien YILBOUDO Orthopédie Traumatologie

Bibiane KONE Gynécologie Obstétrique

Alphonse SAW ADOGO Pédiatrie

Kongoré Raphaël OUEDRAOGO Chirurgie Traumatologie

François Réné T ALL Pédiatrie

Jean KABORE Neurologie

Joseph Y. DRABO Endocrinologie

Blaise SONDO Santé Publique

Maîtres-Assistants associés
Rachid BOUAKAZ Maladies infectieuses
Assistants associés
Caroline BRIQUET Chimie Analytique-Pharmacologie
et Toxicologie

Valérie MURAZ Galénique- Chimie Analytique


Maîtres-Assistants
Lady Kadidiatou TRAORE Parasitologie

Mamadou SAWADOGO Biochimie

Jean LANKOANDE Gynécologie-Obstétrique

Issa SANOU Pédiatrie

Ludovic KAM Pédiatrie

Adama LENGANI Néphrologie

Omar TRAORE N°l Chirurgie

Si Simon TRAORE Chirurgie

Adama TRAORE Dermatologie Vénérologie

Abdoulaye TRAORE Santé Publique

Kampadilemba OUOBA Oto Rhino Laryngologie

Piga Daniel ILBOUDO Gastro-entérologie

Albert W ANDAOGO Chirurgie Générale

Daman SANO Chirurgie Générale

Arouna OUEDRAOGO Psychiatrie

Joachim SANOU Anesthésie-Réanimation

Patrice ZABSONRE Cardiologie

Jean Gabriel OUANGO Psychiatrie

Georges KI-ZERBO Maladies Infectieuses

Théophile T APSOBA Biophysique

Assistants Chefs de cliniques


Tanguet OUATTARA Chirurgie

Sophar HIEN Chirurgie -urologie

Timothée KAMBOU Chirurgie

Philippe ZOURE Gynécologie-Obstétrique

[Link] SANOU (in memoriam) Oto Rhino Laryngologie


Madi KABRE Oto Rhino Laryngologie

Doro SERME (in memoriam) Cardiologie

Hamadé OUEDRAOGO Anesthésie-Réanimation


physiologie

Alexis ROUAMBA Anesthésie-Réanimation


physiologie

[Link]éophile COMPAORE Chirurgie

Rabiou CISSE Radiologie

y. Abel BAMOUNI Radiologie

Blami DAO Gynécologie Obstétrique

DAO /Maïmouna OUATTARA ORL

Alain BOUGOUMA Gastro-Entérologie

Alain ZOUBGA Pneumologie

André K SAMANDOULOUGOU Cardiologie

KYELEM / Nicole Marie ZABRE Maladies Infectieuses

Rigobert THIOMBIANO Maladies Infectieuses

Raphaël DAKOURE Anatomie-Chirurgie

Assistants
Michel AKOTIONGA Gynécologie-Obstétrique

Robert O. ZOUNGRANA Physiologie

Seydou KONE Neurologie

Boubacar TOURE Gynéco-Obstétrique

B. SAKANDE Anatomie-Pathologie

Raphaël SANOU (in memoriam) Pneumo-phtisiologie

Oumar TRAORE N°2 (in memoriam) Radiologie


Pingwendé BONKOUNGOU Pédiatrie
Arsène M. D. DABOUE Ophtalmologie
Nonfounikoun Dieudonné ME DA Ophtalmologie
Athanase MILLOGO Neurologie
Boubacar NACRO Pédiatrie
Vincent OUEDRAOGO Médecine du Travail

Assistants Biologistes des Hôpitaux


Lassina SANGARE Bactério-Virologie
Idrissa SANOU Bactério-Virologie
Rasmata OUEDRAOGO/TRAORE Bactério-Virologie
Harouna SANON Hématologie/Immunologie

ENSEIGNANTS NON PERMANENTS

Faculté des Sciences et Techniques (FAST)


Professeurs Titulaires
Alfred S. TRAORE Immunologie

Akry COULIBAL y Mathématiques

Sita GUINKO Botanique-Biologie Végétale

Guy V. OUEDRAOGO Chimie Minérale

Laya SAW ADOGO Physiologie-Biologie Cellulaire

Laou Bernard KAM ( in memorian ) Chimie

Maîtres de Conférences

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Philippe SANKARA Cryptogamie

Maîtres-Assistants
W. GUENDA Zoologie

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Marcel BONKIAN Mathématiques


et Statistiques

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Makido B. OUEDRAOGO Génétique

Jean KOULIDIATY Physique

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Raymond BELEMTOUGOURI T.P, Biologie Cellulaire

Gustave KABRE Biologie

Drissa SANOU Biologie Cellulaire

Institut du Développement Rural ( IDR )

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Didier ZONGO Génétique

Faculté des Sciences Economiques et de Gestion (FASEG)

Maître-Assistant
Tibo Hervé KABORE Econmie-Gestion

Assistants
Mamadou BOL Y Gestion

Faculté de Droit et Sciences Politiques (FDSP)

Assistants
Jean Claude TAIT A Droit

ENSEIGNANTS VACATAIRES
Mme Henriette BAR Y Psychologie

Boukari Joseph OUANDAOGO Cardiologie

Aimé OUEDRAOGO Op htalmologie

R Joseph KABORE Gynécologie-Obstétrique

Saïdou Bernard OUEDRAOGO Radiologie

Dr Bruno ELOLA Anesthési e-Réani mation

Dr Michel SOMBIE Planification

Dr Nicole PARQUET Dermatologie


M. GUILLRET Hydrologie

M. DAHOU ( in mémoriam) Hydrologie

DrBréhima DIAWARA Bromatologie

Dr Annette OUEDRAOGO Stomatologie

Dr Adama THIOMBIANO Législation Pharmaceutique

Dr Sidiki TRAORE Galénique

Mr Mamadou DIALLO Anglais

Mr KPODA Anglais

Dr Badioré OUATT ARA Galénique

Dr Tométo KALOULE Médecine du Travail

Dr Alassane SICKO Anatomie

ENSEIGNANTS MISSIONNAIRES

A.U.P.E.L.F.
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(Bénin)
PL Ag. E. BASSENE Pharmacognosie (Dakar)

O.M.S.
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(Creteil)

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Dr Moussa TRAORE Neurologie (Bamako)

Pr. Auguste KADIO Pathologies infectieuses et


parasitaires (Abidjan)

Pr Jean Marie KANGA Dermatologie (Abidjan)

Pro Arthur N'GOLET Anatomie Pathologique (Brazzavi

Mission Francaise de Coopération


Pro Etienne FROGE Médecine Légale

Pr AYRAUD Histologie-Embriologie

Pro Henri MOURA y Biochimie (T ours)

Pr. Denis WOUESSI DJEWE Pharmacie Galénique ( Paris XI )

Pr. M, BOIRON Physiologie

Mission de l'Université Libre de Bruxelles (ULB)

Pr. Marc VAN DAMME Chimie Analytique-Biophysique

Pr. Viviane MOES Galénique


Par délibération, la Faculté des Sciences de la Santé a arrêté
que les opinions émises dans les dissertations qui seront
présentées doivent être considérées comme propres à leurs
auteurs et qu'elle n'entend leur donner aucune approbation
ni improbation.
DEDICACES

CE TRAVAIL EST DEDIE ...


A mon père:
Tu as disparu prématurément, malS ni mOi, ni ceux qUI t'ont connu ne
t'oublieront jamais pour ta générosité.

A ma mère:
Pour tout ton amour et les sacrifices consentis.

A ma marâtre:
l'aurai souhaité que tu sois aussi à mes côtés, mais Dieu t'a rappelée plus tôt.

A mon oncle Louis MOYENGA:

Très tôt dès mon jeune âge, tu m'as pris avec toi, avec pour lourde tâche
m'éduquer et m'instruire; voici le fruit de ton effort. Que ce travail soit le
témoignage de ma très grande reconnaissance et de mon attachement filial.

A tous mes oncles et tantes:


Veuillez trouver ici, l'expression de mon indéfectible attachement.

A Rosalie MOYENGA:
Je peux compter sur toi à tout moment.

A Rosa:
Toute mon affection.

A Clémence:
Toute ma reconnaissance, je ne t'oublierai jamais.

A Landry:
Tu es ma fierté et mon courage; ce travail t'est dédié, il faudrait faire plus.

A tous mes frères et soeu rs:


Restons toujours unis et solidaires, tel était le voeu le plus cher de notre père.

A tous mes cousins et cousines:


Compréhension mutuelle.

A Robert DELMA:
Tu étais un exemple pour moi mais très jeune Dieu t'a rappelé, j'aurai
souhaité que tu sois à mes côtés, mais hélas! Je ne t'oublierai jamais.

A Joseph, François, Roger MOYENGA:


Merci pour vos conseils et votre soutien.
A Albert LANKOANDE
Tu m'as toujours encouragé et soutenu tout au long de mon cursus. Jete dis
merci pour tout ce que tu as fait pour moi. Restons toujours unis.

A monsieur et madame SOUBEIGA Benoît


Pour vos conseils et votre soutien.

A Abou DIARRA:
Tu es plus qu'un frère, merci pour tous tes conseils et ton soutien.

Aux Amis et collègues OUEDRAOGO Issa et Siko,


KAF ANDO Roch Justin, LANKOUANDE [Link], KABORE Bertrand, KAMBOU
Jean Ludovic, Eric NACOULMA:
Pour ce long chemin parcouru ensemble malgré les énormes difficultés.

A mes amis de l'école primaire:


Ouédraogo Ousmane, Zongo Madi, Paré Oumar, je garde de vous un heureux
souvemr.

A tous le personnel du service de chirurgie générale et


digestive du CHNYO.

A mes amis (es): Kargougou Issaka, Nana Xavier, Bertille,


Eustache, Louis, Ouoba Nazaire, Sawadogo Vincent pour les bons moments passés
ensemble.

A toutes les personnes qui m'ont aimé:


Avec toute ma sympathie.

A tous les stagiaires internés du CHNYO, je n'oublierai


jamais les agréables moments passés ensemble.

A tous ceux qui n'ont pas été cités:


Nous ne vous avons pas oubliés.
REMERCIEMENTS
A mes maîtres de l'école primaire: pour l'éducation et l'instruction réçues.

A mes professeurs du Lycée municipal de Ouagadougou: pour l'enseignement


reçu.

A tous les enseignants de la Faculté de Médécine de Ouagadougou et en


particulier aux Docteurs Issa SAN OU, Jean LANKOUANDE, Ludovic KAM,
Antoinnette TRAORE, Gabriel COMPAORE, Rigobert THIOMBIANO: veuil1ez
trouver ici l'expression de ma profonde gratitude.

A tout le personnel de la maternité, de la Pédiatrie de l'hôpital Y.O, pour ces


moments passés ensemble et pour votre encadrement.

Au Docteur Raphaël DAKOURE: merci pour l'encadrement reçu, votre modestie


et vos conseils.

Au Docteur Daman SANO

Au Docteur Boblewendé SAKANDE


Vous avez contribué énOimement à la réalisation de ce travail malgré vos
multiples occupations. Veuillez trouver ici notre profonde reconnaissance.

A monsieur et madame OUOBA Barthélémy pour votre soutien et vos conseils.


Veuillez trouver l'expression de ma profonde gratitude.

A Chantal BAMBARA, Léocadie BIRBA, Auguste TAPSOBA, madame


SA WADOGO Nathalie,
A Valentin OUOBA, Paul YOUGBARE, Evariste YAOGHO, madame
GANAME, nous disons merci.

A la famille KABORE à gounghin.

A la famille OUEDRAOGO à Nossin

A monsieur et madame ILBOUDO à Bilbalogo.


A monsieur et madame KOUANDA Souleymane pour vos conseils et votre
contribution modeste.
Aux Docteurs Emile BANDRE, Pascal KORGO, Mahamadi OUEDRAOGO.
A l'interne Ali OUEDRAOGO, Ouangré Edgar.
A toute la chorale Saint Paul de Gounghin.

A tous ceux ou celles qui, de près ou de loin, d'une manière ou d'une autre, ont
contribué à la réalisation de ce travail: nous disons merci.
A NOS MAITRES ET JUGES
A notre Co-Directeur de thèse, le Docteur Si Simon TRAORE
Chirurgien des Hôpitaux
Maître Assistant

Vous avez eu à diriger ce travaiL Nous avons été marqués par votre ardeur au
travail, votre disponibilité, votre esprit de confraternité et votre rigueur scientifique.
Nous vous sommes très reconnaissants pour tout ce que vous avez pu faire pour
nous.
Qu'il nous soit permis de vous exprimer notre reconnaissance, notre respectueux
hommage et notre gratitude.

A notre Maître et Directeur de thèse, le Professeur Amadou SANOlJ


Professeur Titulaire de Chirurgie

Nous avons dès le premier contact à l'amphithéâtre de la Faculté de Médecine


de Ouagadougou été impressionné par la clarté et la précision qui caractérisent votre
enseignement.
Homme de rigueur et de fermeté dans l'esprit scientifique, nous avons apprécié
l'étendue de vos connaissances, votre sens clinique, votre expérience, votre qualité
de praticien compétent et vos qualités humaines. Votre prestigieuse habilité
chirurgicale et votre simplicité font la richesse de notre faculté et de notre pays.
Nous avons parfois abusé de vos précieuses heures pour la réalisation de cette thèse.
Nous vous en sommes infiniment reconnaissant.
Veuillez trouver ici l'expression de nos sentiments respectueux.

A notre Maître et Président de Jury, le Professeur Robert B. SOlJDRE


Professeur Titulaire de cytologie et d'anatomie pathologiques

Vous restez pour nous un modèle de rigueur et de connaissances. Nombreux


sont les étudiants qui aimeraient appartenir à votre équipe, mais leur crainte est de
ne pas pouvoir s'intégrer pleinement.
Cependant, tous ceux qui ont eu le courage de venir à vous restent toujours; car
contrairement à leur crainte, ils découvrent en vous un homme franc, rigoureux,
travailleur et surtout amoureux du travail bien fait.
C'est un grand honneur pour nous de vous voir présider et juger ce modeste travail.
Trouvez ici l'expression de nos remerciements et notre profond respect.

A notre Maître et Juge, le Docteur Alain BOUGOUMA


AssIstant Chef de Clinique

Vous êtes d'un abord facile et cela nous a permis d'apprécier votre vaste
culture. Vous avez contribué énormement à la réalisation de ce travail malgré vos
multiples occupations. Veuillez trouver ici, l'expression de notre profonde gratitude.
A notre maître et Juge, le Docteur lssa SANOlJ
Nous avons eu l 'honneur de bénéficier de votre encadrement lors de notre
stage en Pédiatrie. Nous avons apprécié votre connaissance, votre esprit
scientifique, votre disponibilité. Vous avez été d'un grand apport dans la réalisation
de ce travail malgré vos multiples tâches; nous vous en sommes très reconnaissant.
Merci pour l 'honneur que vous nous faites en acceptant de juger ce travail.

A notre maître et Juge, le Docteur Hamadé OUEDRAOGO


Assistant Chef de Clinique

Vous n'avez ménagé aucun effort quand nous sommes venu vers vous pour la
finalisation de ce document. Nous vous en savons gré et sommes heureux de vous
compter parmi les membres de notre jury.
SOMMAIRE

PAGE

INTRODUCTION 2
PREMIERE PARTIE:RAPPELS SUR LE..\' CANCERS DU TUBE DIOESTIF 3
Les aspects épidémiologiques des CTD 5
Les cancers de l'oesophage 6
loes cancers de l'estomac 7
Les cancers de l'intestin grêle 8
Les cancers du côlon 9
Les cancers du rectum -_._-----
J ()
Les cancers de l'anus 10
Le diagnostic des CTD_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ 12
Les cancers de l 'oesophage ~. ___ J3
Les cancers de l'estomac 15
Les cancers de l'intestin grêle 19
Les cancers du côlon _ _ _ __ _ . - - _ - 21
........ _ . ..... ... ... .... ..

_
.
~
Les cancers du rectum_ ...... - ..
23
Les cancers de l'anus _ - - - - ....
25
Les aspects anatomopathologiques des CTD_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ 28
Les cancers de l'oesophage ...._..... . ..__ ..... 29
Les cancers de l'estomac 30
Les cancers de l'intestin grêle 31
Les cancers du côlon 32
Les cancers du rectum 32
Les cancers de l'anus 33
Les aspects thérapeutiques des CTD 34
Les cancers de l'oesophage 35
Les cancers de l'estomac ---- ---_
37 ...... - -

Les cancers de l'intestin grêle 38


Les cancers du côlon 39
Les cancers du rectum - - _ _.._ _ _ _ - _ _ - - 41
.... .. .. ..

Les cancers de l'anus 43

DEUXIEME PARTIE: NOTRE TRA VAIL_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ 44

OBJECTIFS_______________________________ 45
METHODOLOGIE 47
1- Situation du Burkina-Faso ... 48 --------------~~-.~- .......- - - - -

2- Cadre de l 'étude. ___ . . ____ ..___.. __.~__.. _~........... _ ..........._._....... . . . 48


3- Type d'étude 49
4- Collecte des données ,._" ._--
-------------. ----------- ..
49
5- Critères d'inclusion 50
6- Critères d'exclusion 50
Saisie el analY";e des données 50
RE\'ULTA

A,)'J)J~'CTS EPIDEMIOI,()(;IQUES 52
Lafréquence ...-- -._-
~-~ ....
52
Répartition selon l·année_. ___.~_~ 52
Le sexe ~--_ ... _---~---_ ... ~~
54
L ·âge ____~___. ___. _____ ____ .~_..~. . __ ~._ 54
La provenance 55
La répartition segmentaire . . . _ 55

ETUDE ANALYTIQUE 56
Les cancers de ,'estomac 56
Les cancers du côlon 63
Les cancers du rectum .. __.. .. ... 69
~
.
_
~
_
~
_
.
_
-
~
Les cancers de l'intestin grêle ...._------
72
Les cancers de l'oesophage 74
J,es cancers de l'anus 76

DISCUSSION________________________________________ 78

LIMITES ET CONTRAINTES DE L'ETUDE

ETUDH GLOBALE 80

HTUDH ANALYTIQUE 82
Les cancers de l'estomac 82
Les cancers du côlon -------------
87
Les cancers du rectum 96
Les cancers de l'intestin grêle __. ___ .~_99
Les cancers de l'oesophage-_ .. _~-----_._--_ .. _-----~-~ _ - - - 102
..

Les cancers de l'anus ---


104
---_.~-------~----

CONLLUSION
--------------------------------------------- 106
SUGGESTIONS_______________________________________ I08

RESUME
------------------------------------------------- 110
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUE4j'_ ___________________ 112

ANNEXE
------------------------------------------------- /24
ABREVIA TIONS
CD: cancer Digestif
CHN-YO: Centre Hospitalier Yalgado Ouédraogo
CTD: Cancer du tube Digestif
TM: Tumeur Maligne
.
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1.
2

INTRODUCTION

Les cancers du tube digestif (CTD) sont les tumeurs malignes développées à
partir des différents segments du tube digestif à l'exclusion des cancers des organes
annexes (foie, voies biliaires, pancréas, glandes salivaires). Nous entendons sous ce
vocable, tous les cancers de l'oesophage, de l'estomac, de l'intestin grêle, du côlon,
du rectum et de l'anus.
Dans les pays d'Europe et d'Amérique du Nord ces cancers sont fréquents et
celtains posent un problème majeur de santé publique [44].
En France par exemple, ils représentent près de 20% de l'ensemble des
tumeurs malignes et constituent la première cause de mortalité par cancer [36].
En Afrique Noire, loin d'être rares, ces tumeurs malignes s'observent avec une
fréquence croissante au fur et à mesure que s'améliore l'infrastructure médico-
sociale [4,5]. Ainsi, le développement de l'endoscopie digestive permet de retrouver
de plus en plus les cancers du tube digestif [65,96].
En Afrique, ces cancers n'atteignent pas l'ampleur qu'on leur connaît en
Europe ou en Amérique du Nord [5,30], mais restent une préoccupation, en
témoignent les nombreux travaux qui leur sont consacrés:
- au Burundi, les cancers digestifs occupent la première place de tous les
cancers; leur fréquence a été estimée à 37% [65],
- au Sénégal, PEGHINI [96] a noté 314 cancers du tube digestif sur 18000
endoscopies digestives pratiquées en 5 ans à 1'hôpital principal de Dakar,
- en Côte-d'Ivoire, la fréquence des cancers du tube digestif a été estimée à
12,7% [5,30].
Au Burkina-Faso, les cancers digestifs occupent le deuxième rang de
l'ensemble des cancers; leur fréquence a été estimée entre 9,6% et 13,3 % [92,119].
Ces dernières années, au CHNYO, le nombre des CTD augmente
régulièrement, leur diagnostic est tardif et leur traitement essentiellement
chirurgical.
Aussi, l'étude des cancers du tube digestif au Burkina est-elle intéressante
pour plusieurs raisons:
- l'accroissement réel de leur fréquence en milieu hospitalier,
- leurs localisations segmentaires particulières,
- et leur gravité qui, indépendamment de la nature de la maladie, est
surtout le reflet des retards diagnostiques.
Notre travail a pour but de faire une étude globale puis partielle des CTD au
CHNYO, de rapporter nos résultats thérapeutiques et de faire des suggestions.
Pour ce faire, nous ferons d'abord un rappel sur les CTD avant d'aborder notre
étude proprement dite.
',': .. ',":, ..... :-:-... . " >.::.... : ..

·PREM1~llt)'âi~~:~~~~L$$tJ~'~~s c~c~J:a~~QdÎ1înl~i~îJl]i il
4

Le tube digestif dérive embI)'ologiquement du tube intestinal entoblastique


(entoblaste) à partir de la quatrième semaine du développement intra-utérin. 11 va de
la bouche à l'anus mais nous considérerons le tube digestif comme étant la portion
allant de l'oesophage à l'anus.
Il comporte deux tuniques fondamentales:
- la tunique muqueuse est recouverte d'un épithélium cylindrique qui va subir
des différenciations (spécialisations fonctionnelles) et la transformer en fonnations
glandulaires à certains endroits notamment au niveau de l'estomac et de l'intestin;
- la tunique muscu1aire recouverte parfois d'une membrane séreuse.
De ces différentes structures, peuvent naître des tumeurs malignes:
* soit dérivant du tissu épithélial: les carcinomes ou épithéliomas. Il s'agit
essentiellement d'épithéliomas cylindriques avec le plus souvent une différenciation
glandulaire qui se retrouve presqu'à tous les niveaux;
* soit du tissu mésenchymateux: les sarcomes.
Compte tenu de l'origine et des différences de variation segmentaire, la nature de
la tumeur va varier d'un segment du tube digestif à l'autre et les facteurs
étiopathogéniques peuvent différer.
Ainsi, les carcinomes épidermoïdes sont rencontrés au niveau de l'oesophage et de
J'anus tandis que les adénocarcinomes sont plus fréquents au niveau de l'estomac,
du côlon et du rectum.
Des facteurs a1imentaires et des lésions précancéreuses sont impliqués dans la
genèse des cancers du tube digestif.
Le rôle de l'alcool, du tabac et les aliments trop salés dans la genèse des cancers de
l'oesophage et de l'estomac est certain.
Les graisses animales sont incriminées dans la survenue des cancers colo-rectaux.
De même, la symptomatologie clinique va-t-elle différer d'un segment du tube
digestif à l'autre. Le diagnostic intervient en général tardivement et même parfois à
un stade de complications compte tenu de la bana1ité des signes qui annoncent ces
cancers et malgré les progrès accomplis dans le domaine des investigations
paracliniques. En effet, l'endoscopie digestive a marqué une ère nouvelle dans le
diagnostic de ces cancers, et permet de faire de plus en plus des diagnostics
beaucoup plus précoces.
Les aspects thérapeutiques sont également variables selon le segment mais les
traitements spécifiques des cancers du tube digestif restent essentiellement la
chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie. Le pronostic de ces cancers est
toujours redoutable malgré les différents progrès accomplis.
Nous étudierons dans cette première partie les aspects épidémiologiques,
cliniques, anatomopathologiques et thérapeutiques des cancers segment par
segment.
5

EPIDEMIOLOGIE
11- LE..\' ASPECTS EPIDEMIOLGIQUE/I,' DES C T D
La répat1ition des CTD est très inégale dans le monde. Certains cancers de par
leur fréquence et leur gravité représentent U11 problème majeur de santé publique
dans certains pays.
Nous décrirons les aspects épidémiologiques (fréquence, âge, sexe, facteurs
favorisants) au niveau de chaque segment du tube digestif.

A- LES CANCERS DE L'OESOPHAGE

[3,56,58,60,74,82,88]
La fréquence:
Le cancer de l'oesophage représente dans les pays européens et aux Etats-Unis
environ 2,5% de la totalité des cancers [58]. Il est très fréquent au Japon et dans
certaines contrées de la Chine, sur la côte-est de la Mer Caspienne [3]. Le sud et
l'est de l'Afrique sont également des régions à risque élevé (Zimbabwé, Transkei)
[58]. Il est beaucoup plus rare dans certaines régions, comme les pays scandinaves.

Le sexe et l'âge:
C'est essentiellement un cancer de l'homme (9 fois sur 10) au-delà de la
cinquantaine.
L'âge moyen est de 65 ans.

Les facteurs prédisposants:


Le tabac et l'alcool:
Il existe une relation avec l'abus de tabac et d'alcool. Il semble aussi que c'est
l'usage trop fréquent de boissons brûlantes (thé) ou d'aliments irritants qui serait
responsable d'une oesophagite chronique précancéreuse.
Expérimentalement, les nitrosamines peuvent déclencher le cancer chez l'animal.
Le développement du cancer serait favorisé par un déficit en zinc ou en sélénium; il
serait au contraire inhibé par la vitamine A et la riboflavine. Dans certains cas, le rôle
du Papillomavirus a été évoqué.
Certaines affections favorisantes justifient la mise en route d'une surveillance
fibroscopique régu1ière:
l,es brûlures caustiques de l'oesophage: la dégénérescence survient plus de 15
ans après l'absorption du caustique.
Le méga-oesophage idiopathique: le cancer y est 7 à 10 fois plus fréquent que
sur l'oesophage normal. Il peut survenir même si le méga-oesophage a été traité
avec succès par la chirurgie ou par dilatation endoscopique.
L'endobrachy-oesophage: son risque de dégénérescence (1 pour 40 par année)
se fait sous forme d'adénocarcinome.
7

Le ,syndrome de Kelly Paterson ou de Plummer-Vinson caractérisé par des


anneaux membraneux du tiers supérieur de l'oesophage associé à une anémie
hypochrome hyposidérémique. C'est une cause fréquente de cancer de l'oesophage
chez la femme.
La stylose: affection dermatologique, parfois d'allure familiale, caractérisée
par une hyperkératose pal mo-plantaire peut être citée.
D'autres cancers sont épidémiologiquement liés, tels les cancers ORL ou
bronchiques qui accompagnent, précèdent ou suivent le cancer de l'oesophage dans
14 à 15% des cas. D'où l'intérêt d'un examen ORL dans tout cancer de l'oesophage
et inversement d'une fibroscopie oesophagienne devant tout cancer ORL ou
bronchique.
La dégénérescence de l'oesophagite peptique est discutée sauf par
l'intermédiaire de l'endobrachy-oesophage qu'elle génère.
Mais il faut savoir que certains cancers du bas oesophage peuvent se présenter
au début sous l'aspect d'une oesophagite banale. Il faut donc biopsier
systématiquement tout aspect d'oesophagite.

B- LE.'" CANCERS DE L'ESTOMAC

[3,2,59,104,109,112]

La fréquence:
Longtemps le plus fréquent des cancers masculins, la fréquence du cancer de
l'estomac ne cesse de décroître dans les pays «développés», sauf au Japon [3]. Il est
classé au cinquième rang des cancers en France et représente 17,5% des cancers
digestifs.
Le cancer de l'estomac reste toujours redoutable, le pourcentage de mortalité
reste élevé, la survie à cinq ans des cas opérables n'est guère que de 25% [3].

Le sexe et l'âge:
C'est un cancer masculin, il est deux fois plus fréquent chez l'homme que
chez la femme, c'est un cancer de la deuxième partie de la vie, surtout fréquent vers
la soixantaine [3].

Facteurs et lésions prédisposants:


Les variations de fréquence du cancer de l'estomac d'un pays à l'autre
suggèrent l'existence de facteurs carcinogènes.
a) Facteurs de cancérogenèse:
Les facteurs alimentaires jouent vraisemblablement un rôle. Plus qu'un type
d'aliments, il semble que l'on doive incriminer les modes de préparation (viandes et
poissons salés et fumés), le rôle du sel utilisé comme conservateurs.
Un facteur héréditaire est probable. Les sujets du groupe sanguin A ont 10 à
20% plus de risques d'avoir un cancer de l'estomac que les sujets des autres
groupes. Il existe aussi des familles dans lesquelles les cancers de l'estomac sont
plus fréquents [112].
8

h) Hlats précancéreux:
Les états précancéreux sont:
- l'ulcère gastrique, aisé à surveiller;
- la gastrite atrophique et smiout celle de la maladie de Bienner:
- les polypes gastriques;
- la maladie de Ménétrier caractérisée par d' énonnes plis gastriques;
- les gastrectomies: c'est après un délai d'au moins 20 ans qu'on observe la
cancérisation.
La lésion commune à tous ces états précancéreux est la dysplasie sévère. Tout
adénocarcinome est le dernier stade évolutif d'une dysplasie épithéliale caractérisée
par des stades d'atypie cellulaire croissante avec différenciation, perte de la fonction
mucosécrétrice, augmentation des mitoses.

c) Facteurs socio-économiques el prcdèssionnels:


La fréquence du cancer de l'estomac est plus élevée dans les classes sociales
pauvres. Le cancer de l'estomac est 2 à 3 fois plus élevé dans les classes sociales
défavorisées que dans les classes sociales aisées.
La profession a une influence. Le risque est élevé chez les mineurs (charbon),
chez les travailleurs du métal (cuivre), du caoutchouc et de l'amiante.

C- LES CANCERS DE L'INTESTIN GRELE

[34,61,98]

La fréquence:
Les tumeurs malignes du grêle sont rares (2 pour 100 des cancers du tube
digestif). Elles sont] 5 fois moins fréquentes que les tumeurs du côlon.

Les affections prédisposantes:


Ces cancers se développent avec une fréquence plus importante sur un grêle
préalablement altéré. Les anomalies en cause sont multiples:
- l'adénome villeux (30 pour 100 de dégénérescence),
- plus rarement l'adénome lieberkunien (7 pour 100 de dégénérescence);
- la maladie coeliaque,
- la maladie de Crohn,
-d'autres affections sont plus exceptionnellement en cause: syndrome de
Peutz-Jeghers, syndrome de Gardner, intolérance au gluten, syndrome de Torre.
Enfin, 15 à 20 P 100 des sujets atteints d'une tumeur primitive du grêle, ont ou
auront un autre cancer primitif, notamment du tube digestif.
D- LES CANCERS DU COLON
[10,13,39,42,46,47,54,72,80]
La fréquence:
Les cancers du côlon sont les plus fréquents des cancers du tube digestif. Ils
constituent un problème de santé publique, en raison de leur fréquence, de leur
gravité, tandis qu'existent des possibilités de dépistage précoce et de traitement des
lésions précancéreuses.
L'incidence des cancers du côlon s'accroît dans les pays occidentaux
développés: elle est trois plus forte aux USA qu'au Japon [3]. Le cancer colique
représente en France 25% de l'ensemble des cancers digestifs et leur incidence tend
à augmenter de 4 à 5% par an.
Le sexe et l'âge:
Les cancers coliques sont les cancers les plus fréquents chez la femme et
viennent au deuxième rang chez l'homme après les cancers bronchiques. Le sex-
ratio hommes-femmes est égal ou légèrement supérieur à 1 (sex-ratio: 1,3).
Le cancer colique est rare chez le sujet jeune. L'incidence est faible avant 45
ans. Elle augmente de façon significative entre 40 et 45 ans et continue à croître en
doublant à chaque décennie successive, le risque étant multiplié par 15 de 45 à 70
ans. Elle atteint son maximum à 75 ans. Soixante pour cent (60%) des opérés ont
entre 60 et 80 ans. Trois pour cent (3%) seulement ont moins de 40 ans. L'âge
moyen est de 68,5 ans.

Les facteurs prédisposants:


De nombreux facteurs sont impliqués dans la survenue des cancers du côlon.
A côté de facteurs endogènes, il existe des facteurs exogènes (alimentaires)
expliquant les différences des taux d'incidence chez des populations dont
l'alimentation varie.

a) Facteurs endogènes:
Les polypes adénomateux sont des précurseurs admis des cancers coliques.
Les sujets atteints de maladie de Crohn, et surtout de rectocolite hémorragique
(après une longue évolution), les femmes atteintes de cancer du sein et de l'utérus
( endomètre) ont un risque élevé.

b) Facteurs génétiques:
Dans la polypose rectocolique familiale (autosomique dominante), la survenue
d'un cancer du côlon (ou du rectum) est inéluctable et nécessite l'exérèse de
l'ensemble colorectal.
Dans le cancer colique familial (autosomique dominant), le cancer survient le
plus souvent au niveau du côlon droit, la fréquence des récidives ou des cancers
coliques plurifocaux impose en fait une colectomie totale initiale.

c) Facteurs exogènes:
L'environnement et plus particulièrement l'alimentation jouent un rôle
important: le rôle délétère des graisses animales comme le rôle protecteur des fibres
et des légumes verts sont probables.
10

E- LES CANCERS DU RECTUM

[13,19,40,50,78J
La fréquence:
Cancers fréquents dans la plupart des pays occidentaux, les cancers du rectum
sont très souvent associés aux cancers du côlon dans les taux d'incidence. Les
cancers du côlon et du rectum sont responsables de la mortalité par cancer la plus
élevée aux USA.
C'est un cancer dont l'incidence est en augmentation.
Le sexe et l'âge:
11 est plus fréquent chez 1'homme.
L'incidence du cancer du rectum augmente avec l'âge, mais le cancer survient
surtout après 60 ans.

Les facteurs favorisants:


Il n'existe pas à proprement parler d'étiologie des cancers du rectum. Il faut
noter un certain nombre de facteurs favorisants.
a) Lésion') précancéreuses:
Les lésions précancéreuses sont:
- les adénomes SUl10ut vi lIeux (dégénérescence dans 10% des cas environ);
- le polyadénome tubulo-villeux (3% de dégénérescence);
- les tumeurs vil1euses (risque x par 200);
- l'adénome tubuleux.
Les autres polypes hyperplasiques, juvéniles, inflammatoires sont sans
malignité potentielle.
b) Prédisposition génétique:
Les prédispositions génétiques flagrantes aux cancers coliques comportent le
même risque théorique du cancer rectal (les polyposes rectocoliques familiales à
transmission autosomique dominante).
c) Rectocolile hémorragique:
Le risque de cancérisation est fonction du temps d'évolution, 25% après 20
ans d'évolution et l'étendue de l'atteinte.
d) Facteurs a/imemaires:
Les facteurs alimentaires favorisants sont les suivants:
- excès de graisse animale et/ou de cholestérol;
- carence en fibres alimentaires.

F- LES CANCERS DE L'ANUS


[38,111,116]
Les cancers de l'anus sont rares et atteignent surtout les sujets âgés. Ce sont
essentiellement des carcinomes épidermoïdes. Ils siègent au niveau du canal anal,
les cancers de la marge sont actuellement considérés comme des cancers cutanés.

La fréquence:
Les cancers du canal anal sont rares ( 3 à 4% de l'ensemble des cancers
colorectaux). Son taux d'incidence est peu élevé, 2 pour 100000 personnes par an.
Il

/, 'âge:
C'est un cancer de la septième décennie. L'âge moyen de survenue se situe
autour de 65 ans. Il est rare avant 40 ans et exceptionnel avant 30 ans.

Le sexe:
Le cancer de l'anus est classiquement plus fréquent chez la femme que chez
l 'homme. Le sex-ratio est habituellement de 2 à 6 femmes pour un homme.

Facteurs prédisposants:
L'association avec des condylomes, l'existence de fistules anales, d'infections
locales ou d'irritations anales ou péri-anales ne paraissent pas être des facteurs
favorisants.
Néanmoins, plusieurs cas de cancers de l'anus ont été décrits comme
développés à partir d'un trajet de fistule anale ou de lésions inflammatoires
chroniques. Des degrés variables de dysplasie épithéliale peuvent être rencontrés à
l'examen histologique des pièces d 'hémorroïdectomie. De même, des cas de cancers
du canal anal ont été décrits chez des patients porteurs d'une maladie de Crohn à
lésions anorectales, et la présence d'une maladie de Crohn pourrait multiplier par 10
le risque de survenue d'un cancer de l'anus. Mais en réalité, rien ne permet
d'affirmer que ces lésions inflammatoires peuvent être précancéreuses.
D'autres facteurs ont été incriminés, notamment l'usage répété de la cigarette
ainsi qu'une infection à virus Herpes simplex de type II.
Récemment, plusieurs études ont montré le rôle favorisant de l'homosexualité
masculine. Celle-ci augmenterait le risque de survenue d'un cancer du canal anal et
il semble plausible de rattacher cette augmentation de fréquence à la pratique de
rapports anaux. Les rapports anogénitaux semblent favoriser la survenue d'un
cancer anal par la transmission d'une infection virale (papillomavirus de type 16).
Des petits cancers de l'anus ont été découverts au sein de condylomes anaux.
12

DIAGNOSTIC
IlI- DIA (iNOSTIC DES CT D

Les circonstances de découverte des CrD sont très variées. Elles dépendent du
segment du tube digestif intéressé et aussi du stade évolutif du cancer.

A- LES CANCERS DE L 'OESOPHA GE


[56,58,74]
a) Symptomatologie clinique:
Le cancer de l'oesophage ne se révèle pratiquement que par un seul signe: la
dysphagie, c'est-à-dire une sensation d'arrêt à la progression du bol alimentaire.
Elle est au début intermittente, indolore et concerne uniquement les aliments
solides. Mais la moindre dysphagie, même intermittente, même non indolore,
justifie la pratique systématique d'une fibroscopie.
Beaucoup plus rarement, c'est un blocage a1imentaire oesophagien qui révèle
la maladie. En l'absence de traitement, la dysphagie s'aggrave progressivement. Elle
devient permanente pour les solides, parfois douloureuse. Il devient ensuite
nécessaire de sélectionner les aliments et de se limiter aux liquides et aux aliments
tels que purées et viandes hachées. Enfin, après un stade d'alimentation purement
liquide survient le stade ultime de l'aphagie. Cette aphagie s'accompagne alors
souvent d'hypersialorrhée.
On comprend facilement que cette dysphagie progressivement croissante
s'accompagne rapidement d'une dénutrition avec perte pondérale importante. Cela
d'autant plus que les métastases apparaissent rapidement. Elles sont parfois
révélatrices de même que la dysphonie secondaire à l'atteinte récurentielle.
Exceptionnellement, le cancer se révèle par une complication telle qu'une
péricardite ou une pleurésie purulente.

b) Diagnostic proprement dit:


Il appartient à l'heure actuelle à la fibroscopie. En cas de suspicion de cancer
de l'oesophage, elle devrait être faite de préférence avec un endoscope de petit
calibre qui a le plus de chance de franchir la sténose et de faire un bilan exact des
lésions.
Dans les cas habituels, le diagnostic est évident devant une forme végétante,
ulcérée, infi]trante ou ulcéro-végétante.
Lorsque la tumeur est franchissable, les biopsies peuvent être dirigées et ont
toutes chances d'être positives. Lorsque la tumeur est infranchissable, il faut faire
des biopsies à l'aveugle à travers la sténose. C'est dans ces cas que l'on peut
compléter l'examen par un cytodiagnostic à la brosse.
14

Parfois, à l'occasion d'un examen motivé par une autre raIson que la
dysphagie, on a la chance de trouver un cancer apparemment au début (légère
surélévation irrégulière, légère érosion, coloration anormale localisée).
De toute manière, toute zone suspecte doit être biopsiée. Un bon examen de
l'oesophage doit être fait sur toute sa longueur et doit être d'autant plus attentif que
l'endoscopie est faite sur un terrain d'alcoolo-tabagisme chronique.
Enfin, ce n'est qu'en cas d'études systématiques effectuées pour des lésions
précancéreuses ou sur des terrains particulièrement exposés que les colorations
vitales seront effectuées (lésions bleu toluidine positive ou Jugol négative).
Quel que soit]' aspect macroscopique des lésions, ]' endoscopiste doit noter:
- le siège de la partie supérieure de la tumeur par rapport à la bouche de
Killian, et par rapport aux arcades dentaires;
- la longueur de la lésion;
- l'existence ou non d'une oesophagite peptique et surtout d'un éventuel en do-
brachyoesophage;
- l'existence ou non d'une complication telle qu'une fistule ou une mycose
oesophagienne.
L'endoscopie doit être complétée par une coloration vitale au bleu de toluidine
ou au lugol.
c) Complications:[56,58, 74]
La survie moyenne d'un cancer de l'oesophage non traité est de quelques mois
(5 à 6 mois) après la première consultation.
L'évolution se fait vers la cachexie progressive avec déshydratation.
Des complications peuvent raccourcir l'évolution:
- accidents pulmonaires par fausses routes salivaires ou alimentaires;
- envahissement trachéal;
- fistule oeso-trachéale avec toux à chaque déglutition, infections pulmonaires;
- paralysie récurrentielle;
- douleurs thoraciques (envahissement des organes de voisinage ou du rachis);
- hémorragies brutales par envahissement des gros vaisseaux médiastinaux et
parfois de l'aorte;
- péricardites qui peuvent être purulentes en cas de fistules oeso-péricardique;
- pleurésies parfois purulentes;
- métastases osseuses responsables de douleurs et parfois d'une hypercalcémie.
Certaines hypercalcémies sont d'allure paranéoplasiques sans lésions osseuses
évidentes.
15

B- LES CANCERS DE L'ESTOMAC


[ J 04, 109, 112]
a) Signes d'appel:
Ils sont multiples, digestifs et non digestifs, parfois trompeurs. Le problème du
diagnostic du cancer gastrique n'est pas la [Link]é d'interprétation des examens
complémentaires, mais la décision de les effectuer.
a) Troubles digestifs:
Quels qu'ils soient, ils sont suspects s'ils surviennent chez un homme d'une
cinquantaine d'années sans passé digestif. Chez des sujets ayant des troubles
digestifs anciens, c'est la modification ou l'aggravation des symptômes qui doivent
attirer l'attention.
Signes gastriques: les syndromes douloureux sont les plus fréquents:
- douleurs épigastriques banales, crampes, brûlures, intermittentes ou
continues, plus ou moins rythmées par les repas, d'intensité plus ou moins marquée:
l'erreur est de parler de gastrite sans effectuer d'examens complémentaires;
- syndrome ulcéreux, avec ses douleurs périodiques et rythmées. Souvent, il
s'agit d'un malade porteur d'un ulcère gastrique connu mais dont les manifestations
n'ont plus leurs caractères habituels;
- dyspepsie avec ballonnement postprandial, éructations, pyrosis, qui impose
une investigation lorsqu'elle est inhabituelle.
Des complications, habituelles dans l'évolution du cancer, le révèlent pmfois:
- hémorragie digestive, hématémèse ou meJaena;
- sténose gastrique;
- dysphagie par envahissement de la région cardiale.
Troubles extragastriques: on peut trouver un cancer de l'estomac derrière une
diarrhée chronique.
~) Signes non digestifs:
Signes généraux: une anorexie isolée, un amaigrissement régulier, une anémie,
parfois même une fièvre au long cours doivent faire évoquer parmi d'autres causes
le cancer de l'estomac.
Syndromes paranéoplasiques des cancers gastriques:
- phlébites superficielles ou profondes;
- acanthosis nigricans, lésion dermatologique rare, caractérisée par une
pigmentation brunâtre des téguments, qui est un syndrome paranéoplasique derrière
le quel on découvre dans un tiers des cas un cancer gastrique.
16

b) Examen clinique:
Il est négatif dans les meilleurs cas. Positif, il pennet d' affinner l'extension
tumorale en cas de:
- perception d'une masse tumorale gastrique, dure, plus ou moins sensible, mal
limitée;
- palpation d'un gros foie métastatique, dur nodulaire, mise en évidence d'une
ascite;
- découvette d'adénopathies sus-c1aviculaires (en patticulier ganglion de
Troisier dans le creux sus-cJaviculaire gauche);
- les touchers pelviens rechercheront une métastase dans le Douglas.
c) Examens paracJiniques:
a) Endoscopie avec biopsies:
L'endoscopie est indispensable dans le cancer de l'estomac:
- en précisant son aspect macroscopique et sa topographie;
- en permettant les biopsies qui donnent le type histologique.
L'endoscopie retrouve les grandes fonnes anatomiques.
Forme végétante: allant du petit nodule saillant, murifonne, à l' énonne masse
bourgeonnante irrégulière, souvent ulcérée, recouverte d'enduits nécrotiques,
saignant facilement
Forme ulcérée:
- soit aspect d'ulcère banal et seules les biopsies font le diagnostic;
- soit ulcère reposant sur un socle, à bords irréguliers, à fond bourgeonnant
Les plis gastriques renflés en massue s'arrêtent à distance de l'ulcération.
Forme infiltranle se présentant comme une zone rigide de la muqueuse,
mamelonnée, dure, saignant au contact de l'appareiL
Parfois c'est une «zone de muqueuse différente du reste»: modification du
sens des plis, muqueuse plus foncée ou plus pâle, un peu rigide (cancer superficiel).
L'endoscopie doit être l'occasion de biopsies, d'autant plus nombreuses que
les aspects macroscopiques sont d'interprétation difficile.
(3) Radiologie:
Le transit baryté gastro-duodénal n'est plus l'examen de première intention en
matière de diagnostic de cancer gastrique. Il garde son intérêt pour apprécier
l'intensité d'une sténose, et préciser l'extension des fonnes infiltrantes de cancer
comme la linite plastique.
On distingue trois grands types d'images qui peuvent s'associer:
* La lacune, correspond à une tumeur bourgeonnante;
* /Ja niche, correspond à une lésion creusante;
* La rigidité, due à une infiltration néoplasique de la paroi.
17

d) Fmmes cliniques:[104, 109,112]


1) Cancers superficiels:
Ce sont des cancers limités à la muqueuse et à la sous-muqueuse, qu'ils ne
dépassent pas, et pour les quels on obtient, 5 ans après exérèse chirurgicale, des
taux de survie de 95%, voire 99%.
On distingue trois types de lésions endoscopiques superficielles: surélevées,
plates, érosions.
Le cancer muco-érosif de Gutmann est maintenant considéré comme le stade
de début du cancer gastrique et non comme l'expression d'une maladie différente;
C'est l'unique fmme de carcinome gastrique avec un excellent pronostic. Ce
carcinome décrit par Gutmann dans les années 1950 et clairement individuahsé par
les Japonais en 1962 est bien souvent de découvelie autopsique. Son évolution lente
et son bon pronostic impose la parfaite connaissance de ses aspects macrospiques et
histologiques.
2) Formes topographiques:
. Les cancers antro-pyloriques sont les plus fréquents, ils évoluent rapidement
vers la sténose .
. Les cancers du cardia sont révélés:
- soit par une symptomatologie banale;
- soit par une dysphagie, une douleur rétrostemale, des éructations fétides, une
sialorrhée.
Ici, comme dans le cancer de l'oesophage, la dysphagie est un signe tardif qui
permet bien rarement de découvrir un petit cancer.
.Les cancers de la grosse tubérosité sont longtemps muets, car ne gênant pas
le fonctionnement de l'estomac. Lorsqu'il y a des signes, gastralgies ou douleurs de
la base du thorax, la symptomatologie est banale.
La linite plastique de Brinton est un adécarcinome peu différencié envahissant
les plans de la paroi sans les détruire, associé à une prolifération conjonctive
augmentant l'épaisseur de la paroi gastrique et lui donnant sa rigidité:
- clinique: troubles dyspeptiques, gastralgies, diarrhée, dans un contexte de
baisse de l'état général;
- la fibroscopie est difficile: estomac se laissant mal distendre, muqueuse
irrégulière, fragile, ayant l'aspect d'une gastrite « sévère»;
- la radiographie garde ici tout son intérêt, montrant un estomac petit, rigide, à
parois lisses, avec un pylore incontinent, béant, par où la baryte s'évacue
rapidement.
18

3) Fonnes évolutives:
a) Schéma évolut~lgénéral:

Spontanément, en un an, plus lentement après traitement, pour la majorité des


cancers gastriques, l'évolution se fait vers:
* L'extension:
- loco-régionale: sténose gastrique, envahissement du foie, du pédicule
hépatique avec ictère, occlusion du grêle, du côlon;
métastases: hépatiques, pulmonaires, ovariennes, péritonéales,
ganglionnaires, en patticulier sus-claviculaires gauches (adénopathie de Troisier).
* f,a cachexie progressive.
* Pa(/ois émaillée de complications: hémorragies, perforations,
surinfections, phlébites.
fJ) Cancers à marche lente:
Ils évoluent sur 4 ou 5 ans.
y) Evolution par palier
Certains cancers ont une évolution irrégulière, avec des phases de stabilisation
surprenantes.

C- LES CANCERS DE L'INTESTIN GRELE


[61,98]
La banalité de la sémiologie de début explique que la tumeur soit découverte
tardivement et souvent à l'occasion de complications.
a)- Circonstances de découverte:
Soixante-cinq pour 100 des tumeurs malignes du grêle se révèlent au-delà de
50 ans. Les tableaux cliniques, variables et peu spécifiques, peuvent être groupés en
deux catégories: manifestations chroniques et tableaux d'urgence.
foes manifestations chroniques
Les signes digestifs sont peu évocateurs, il peut s'agir d'une simple gêne
mécanique.
Les douleurs abdominales (20 à 50 pour 100 des cas ) sont de tous types,
pseudo-ulcéreuses si la tumeur est haute, syndrome de Koënig si elle est iléale
basse.
Les vomissements (30 pour 100) s'observent plutôt pour des tumeurs hautes.
Diarrhée et constipation (7 pour 100 ) sont tardives.
19

Les saignements digestifs, extériorisés sous forme de mélaena, ou occultes,


responsables d'une anémie hypochrome microcytaire (17 pour 100 ) ont le mérite
d'alarmer.
L'altération de l'état général est fréquen~e (33 pour 100): amaigrissement isolé
ou dénutrition par fistule interne.
La palpation d'une masse abdominale de taille variable est tardive (20 pour
100 ): cette masse cOlTespond alors à une tumeur du grêle, à une adénopathie, à une
anse grêle dilatée.
Tableaux d'urgence chirurgicale:
I1s sont révélateurs de la maladie dans 40 à 50 pour 100 des cas.
L'occlusion (20 à 30 pour 100), souvent précédée d'une sémiologie sub-
occlusive négligée ou non étiquetée, peut être en rapport avec une invagination (1
pour 100).
L'hémolTagie digestive massive ou récidivante (13 à 15 pour 100) peut donner
lieu à des examens paracliniques de valeur localisatrice.
La perforation, en amont de l'obstacle, ou plus rarement, par nécrose tumorale,
est rare (1 à 2 pour 100).
Enfin, dans 10 à 15 pour 100 des cas, les tumeurs malignes primitives du
grêle sont asymptomatiques et découvertes lors d'une autopsie ou d'une opération
intercurrente.
b )-Examens paracliniques
Les examens biologiques standards et la radiologie de l'abdomen sans
préparation peuvent être utiles; mais leurs éventueJ1es anomalies n'ont aucune
spécificité.
L'examen clé du diagnostic est l'opacification barytée du grêle.
Les anomalies radiologiques observées sont directes ou indirectes.
Les signes indirects sont une distension de l'intestin en amont de l'obstacle,
rarement un refoulement du grêle dans un cadran de l'abdomen par une masse
ganglionnaire ou une volumineuse tumeur.
2U

J,es signes directs consistent soit en une image de sténose localisée du grêle
qUI peut être totale, en «rond de serviette», ou partielle, avec image de lacunes
pariétales; soit en une image d'ulcération, se surajoutant souvent aux images
précédentes.
Certains aspects particuliers peuvent être rencontrés: aspects pseudo-
diverticulaires des léiomyosarcomes, image de compression extrinsèque du grêle par
une tumeur à développement extra-JuminaL
Au total, quand il est pratiqué, le transit baryté du grêle penn et le diagnostic
dans 50 pour 100 à 70 pour 100 des cas.
Celtaines circonstances peuvent indiquer des examens particuliers: la
duodéno-fibroscopie est particu1ièrement utile en cas de localisations hautes,
duodénales.
La localisation iléale basse peut être visualisée par l'opacification rétrograde
au cours d'un lavement baryté.
Au cours des saignements digestifs chroniques ou aigus, il est possible d'en
repérer le site grâce à la scintigraphie. L'échographie peut préciser la topographie,
la nature liquide ou solide, homogène ou non, d'une masse abdominale.
D'autres examens pourraient trouver une place dans le diagnostic des tumeurs
malignes primitives du grêle.
Le scanner a permis le diagnostic d'adénocarcinomes du jéjunum, de
carcinoïde de l'iléon et de lymphomes du grêle. Les deux principaux éléments de
diagnostic sont l'épaississement de la paroi intestinale au-delà de 5 mm et
l'existence d'une masse anonnale voisine ou envahissant l'intestin grêle.

D- LES CANCERS DU COLON


(13,39,4 7, 72]
En dehors des cas retrouvés par l'examen systématique, la majorité des
cancers coliques ont une symptomatologie d'autant plus flagrante que la tumeur est
étendue, quand le début des signes n'a pas souvent attiré l'attention.
21

Il peut s'agir:
- d'hémolTagies de sang rouge (côlon gauche ou sigmoïde), de sang noir (plus
en faveur de cancer du côlon droit); elles peuvent être microscopiques, entraînant un
syndrome anémique felTiprive patfois imp0l1ant;
- troubles du transit: constipation, dialThée, alternance de dialThée et de
constipation;
- douleurs abdominales, vagues et souvent mal systématisées, à type de
pesanteur, de spasme, siégeant parlois dans la fosse iliaque droite.
Mais aussi:
- de troubles de l'état général: amaigrissement, fièvre;
- de troubles témoins d'une complication: syndrome occlusif qui peut être le
premier signe de la maladie, perloration diastatique d'un segment colique distendu
en amont de la tumeur, abcès péritumoral ou troubles dus à l'existence de
métastases viscérales, hépatiques, cérébrales ou ganglionnaires.
a) Examen clinique:
L'examen clinique est pauvre.
La palpation retrouve patfois une masse abdominale. Le toucher rectal peut
retrouver une masse prolabée dans le Douglas ou une extension péritonéale.
L'examen clinique recherche systématiquement l'existence de métastases
hépatiques, ganglionnaires, de signes de compression, ou d'extension péritonéale
(ascite ).
Cet examen est essentiel pour apprécier l'état général du malade, son âge
physiologique, son état psychologique, sa demande thérapeutique.
b) Examens complémentaires:
a) Coloscopie:
Elle petTnet des biopsies multiples et la recherche d'un deuxième cancer ou de
polypes associés.
fj) Imagerie:
Le lavement baryté, lorsqu'il est fait chez un sujet préparé, pelmet de retrouver
des images classiques qui doivent paraître constantes et fixes sur plusieurs clichés
(image lacunaire cohque avec ulcération centrale, image de sténose, lacune
marginale ilTégulière avec début d'invagination). Le lavement en double contraste
est indispensable pour le diagnostic de lésions inférieures à 2 cm.
Il doit être complet (dernière anse grêle remplie), étudié avec soin sur des
clichés effectués sous des incidences variées.
22

y) Echographie hépatique, r<ldiographie du thorax :


Ce sont des examens indispensables. Ils doivent être complétés, en cas de
doute, d'une tomodensitométrie thoracique à la recherche de métastases
pulmonaires.
8) Examens biologiques:
on réalise:
- une numération [onnule sanguine, à la recherche d'une anemle fenipri ve
Clu ' il faudra éventuellement tTéliter;
- un dosage d'antigene carcino-embI)'oru1aire (ACE); si cet examen est inutile
pour le diagnostic, il est indispensable pour la surveillance post-thérapeutique. JI
permet de suivre l'évolution. Le bi lan biologique hépatique n'est perturbé que
lorsql1 'il existe des métastases hépatiques volumineuses ou diffuses (phosphatases
alcalines, gamma-GT, LDH en particulier).

E- LES CANCERS DU RECTUM


[13 , 19,40,50]
a) Circonstances de découverte :
a) SJKnes révélafellrs :
Ce sont :
- rectOlTagies enrobant les selles ou les précédant;
- ou syndrome rectal avec ténesme, épreintes, pesanteur rectale, constipation
ou diarrhée d'apparition récente :
- douleurs pelviennes par compression nerveuse, soit à type de douleur
ft ssurai re, écoul ement glaireux altemant parfo î s a vec des rectorragi es.
Sont moins évocateurs:
- prurit ana 1;
- des rectorragies minimes, panois rattachées à une cause (hémOlToïdes) ;
- altération isolée de l'état général avec amaigrissement et anémie .
/3) S'Rnes évoquanl un envahlssel71enl Jes organes voisins:
Cystite, urétrite, pneumaturie, fécallirie, fistule recto-vagulale peuvent
conduire à la découverte du cancer.
)J ,\i~l1es évocateurs d'Ilne al/emle métas/al/qlle mois pouvant être
il l 'onKine de la découverte d'une Illmeur:
Ce sont:
- adénopathie sus-c1aviculaire gauche (ganglion de Troîsier);
- gros foie maronne témoignant d'une atteinte hépatique~
- dyspnée (métastases pulmonaires);
- rarement douleur osseuse, fractures pathologiques (métastases osseuses) ou
pa thologie neurologique ou psychî atriq ue (métastases cérébra 1es);
- ascite;
- lésion d'une carcinose péritonéale.
S) Pa~lois découverte lors d'une complication:
- d'une perforation digestive;
- d'une occlusion ai6TUë;
- d'un abcès ou d'une fistule .
s) Découverte fm'tU/le lors d'un bilan de santé:
Elle n'est pas rare dans 3 à 5% des cas (soit d'un dépistage systématique, soit
lors d'une exploration endoscopique pour une autre raison).

b) Examen clinique:
Le toucher rectal est l'examen capital, effectué vessie et rectum vides, le
malade placé sur le dos, les genoux pliés sur l'abdomen et maintenus ainsi par le
patient, avec douceur, en demandant au malade de pousser. On explore toutes les
faces du rectum. On peut tTouver:
- une tumeur bourgeonnante;
- une ulcération :
- une induration localisée ;
- une tumeur circonférentielle .
Induration et saignement sont tTès évocateurs de malignité. A bout de doigt en
avant, il faut examiner le cul-de-sac de Douglas dont l'épaississement nodulaire,
parfois douloureux, traduit une carcinose péritonéale.
De toute façon, le toucher rectal ne pennet pas de percevoir des tumeurs au-
delà de ] 0 cm de la marge anale . Il faut apprécier la taille de la lésion , son siège.
son caractère et sa mobilité par rapport aux plans postérieurs et aux organes de
vOismage.
Par ailleurs, un toucher rectal sous anesthésie générale peut être refait s'il est
trop douloureux. Au tenne de l'examen, en cas de tumeur, le doigtier revient
sOllvent souillé de sang.
24

Chez la femme, il faut faire un toucher vaginal pour apprécier l'état de la


cloison recto-vaginale et la mobilité de l'utérus .
Le reste de l'examen clinique est complété par l'examen du foie il la recherche
d'une hépatomégalie tumorale, d'un nodule ombilical (témoin d'une carcinose), la
palpation des aires ganglionnaires à la rechelche d'une adénopathie dans les creux
inguÎnaux (cancer du canal anal) ou de la région sus-claviculaire gauche.

c) Examens complémentaires:
ex) Hec/o-sigmo/(joscofile avec lit/Je rigide :
L'examen pelmet la vision du bas et du moyen rectum jusC]u'à 14 cm
(challlière recto-sigmoïdienne); au-delà, l'examen est possible jUS()lI' à 25 Clll mais
III zone antérieure ne sera pas bien examinée. Cct examen met en évidencc une
tumeur ulcero-végétante le plus fréC]uemment, fragile et saignant au contact.
On notera sur un schéma daté l'extension en hauteur et en
ci l'conference. On chiffrera la distance de son pôle inférieur par rappol1 au sphincter
et on biopsiera la lésion .
/3) Coloscopie:
Elle pennet d'explorer J'ensemble coliC]ue à la recherche d ' nutTes localisations
tumorales .
y) Imagerie:
L'échographie abdominale est souvent genee par les gaz intestinaux; son
intérêt se limite en fait à l'exploration hépatique et ganglionnaire (résolution 1 cm).
L'échographie rectale endocavitaire est intéressante en cas de tumeur bas si tuée
(contacthérapie ).
Le lavement baryté garde lin interèt médico-légal. Il est souvent le premIer
examell demandé; il nécessite ulle technique parfaite.
5) Examens hiolog/{fues:
On réalise :
- une numération formule sanguine à la recherche d'une anémie hypochrome;
- un dosage des phosphatases alcalines et gamma-glutamyl-transpeptidase
traduisant des métastases hépatiques diffuses;
- un dosage de l'antigène carcino-embl)'onnaire (ACE) pour avoir une valeur
de référence pour la surveillance ultérieure (aucune utilité diagnostique).
2S

d) Fonnes cliniques :[13, J 9,40]


Les cancers sus-ampullaires sont volontiers sténosants et ils échappent au
toucher rectal.
Les cancers du bas rectum, souvent latents, se présentent sous des formes
fissuraires douloureuses avec ténesme et suintements. L'anuscopie permet de voir et
de biopsier la lésion. JI s'agit parfois d'un carcinome épidermoïde étendu au rectum .

F- LES CANCERS DE L'ANUS


[38, 111,116}
Le Cllllcer de )'llnus est un cancer polymorphe el trompeur ( lié à l'anatomie du
canal anal , lésions apparemment banales, souvent confondues avec des lésions
fréquentes et bénignes).
a)- Symptômes révélateurs:
Le diagnostic doit être fait «précocement» devant des si6'TleS proctologiques
banals : suintement, douleur ou pesanteur anale, pnlrit, sensation de gêne
intracanalaire. Us ne sont pas spécifiques du cancer et tout symptôme llnal impose
(oucher anal et rectal, anuscopie et biopsie au moindre doute.
Des écoulements de sang par l'anus, associés ou non aux selles, sont le motif
de consultation le plus fréquent (46% pour Beahrs et 50% pour Steams) .
Un syndrome rectal avec ténesme, faux besoins, témoigne de la présence d'une
lésion déjà évoluée, de même une incontinence anale ou une fistule rectovaginale.
Plus rarement, il s'agit d'une adénopathie inguinale révélatrice.
La découverte histologique fortuite sur une pièce d'hémolToldectomie n'est
pas rare (7,7% pour Golden et 5,7% pour We\ch). Cela justifie l'examen
histologique systématique de toute pièce d'exérèse proctologique.
Ces signes sont souvent négligés et le diagnostic est alors tardif et posé 2 fois
sur 3 à un stade avancé .
b)-Diagnoslic proprement dit:
Le diagnostic repose sur un examen complet qUI comporte quatre gestes
essentiels: l'inspection de la région anale, le toucher anal , rectal et vaginal,
l'anuscopie, la biopsie .
Le cancer du canal anal est révélé par le toucher anal et rectal, fait en position
gemi-pectoral, puis en décubitus dorsal. JI est confinné par l'anuscopie:
26

- Les fonnes typiques, souvent déjà évoluées, ne posent aucun problème


diagnostique. On distingue des formes ulcéro-bourgeonnantes( 40 pour 100), parfois
extériorisées à la marge , à base cartonnée, à bords épais, indurés, saignotants. Des
formes nodulo-Înfiltrantes (40 pour lOO), à p~ine ulcérées, de consistance ligneuse,
plus ou moins sténosantes, peuvent rendre l'anuscopie douloureuse et nécessiter
l'utilisation d'un anuscope de petit calibre. Parfois, l'infiltration est telle que le
toucher rectal est impossible et seule l'exploration vaginale perçoit 1) induration
caractéristique de la paroi ana-vaginale. Des fonnes bourgeonnantes pures sont plus
rares (20 pour 100).
- Les fonnes trompeuses ne SOllt pas rares et prennent l'aspect de petits fibromes, de
papilles hypertrophiées, de condylomes, ou d'un banal état inflammatoire.
Dans toutes ces fonnes, ce qui attire l'attention est le caractère indolore,
hémonagique, la résistance aux traitements symptomatiques habituels et, surtout,
l'imp0l1ance de la coulée d'infiltration néoplasique, perceptible au doigt, qui réalise
un blindage inégulier, qui se prolonge plus ou moins vers la limite supérieure du
canal anal dans l'épaisseur des sphincters.
L'examen physique comportera les deux temps essentiels du bilan .
Le loucher ree/al permet de percevoi.r la tumeur et doit préciser son siège, et smtout
son extension circonférentielle et en profondeur, notamment vers Je périnée,
l'espace ano-coccygien et Jes fosses ischio-anales. Il doit aussi préciser ses rapports
avec la prostate ou le vagin, et les limites de la tumeur en hauteur, c'est-à-dire la
distance entre la marge anale et le pôle supérieur de la tumeur.
La biopsie esl indispensable. Les prélèvements doivent êb"e suffisants et étagés à
tous les niveaux, pour déceler les tumeurs de la zone anorectale.
La recherche d'un envahissement Iympho-ganglionnaire est systématique
(adénopathies inguinales dures, indolores, sans péri-adénite)
Dans tous les cas, il faudra faire un examen clinique général à la recherche de
métastase à distance, hépatique ou ganglionnaire slls-cJavicuJaire gauche . fi évalue
le terrain et le risque opératoire éventuel.
27

ANATOMIE PATHOLOGIQUE
2R

IV- LES ASPECTS ANATOMOPATHOLOGIQUES DES CT 0:

Tant de techniques diverses (cliniques, endoscopiques, radiologiques,


biochimiques, cytologiques) concourent à approcher le diagnostÎc de cancer que
l'on risque d'oublier une vérité première essentielle: le diagnostic du cancer est, et
ne doit être qu'un diagnostic histologique [3].

A - LES CANCERS DE L'OESOPHAGE: [56,58,74]


a) Siège:
En fonction de leur opérabilité éventuelle, il était classique de séparer les
cancers de l'oesophage en 3 niveaux: tiers inférieur, tiers moyen et tiers supérieur.
En reaEté, quand il est découvert, le cancer de l'oesophage est souvent multifocaJ
avec des résurgences plus hautes que la tumeur initiale, et il est souhaitable de
réaliser autant que possible une oesophagectomie slIbtotale selon les techniques de
Akiyama, Mac Koewn ou Lewis Santi .
b) Cancer au début:
Il n'est visible qu'en endoscopie sous la fonne d'une muqueuse, soit érodée,
soÎt légèrement surélevée, verruqueuse, soit simplement de coloration anonnale.
c) Cancer évolué:
Il se présente essentiellement sous quatre fonnes: végétante, ulcéro-végétante,
infiltrante, ulcéro-infiltrante. Ces quatre fOlmes peuvent s'associer entre elles pour
donner des aspects macroscopiques complexes.
d) Extension :
L'absence de séreuse au niveau de l'oesophage explique la précocité et la
fréquence des extensions aux organes du voisinage (aorte, veine azygos, trachée,
bronches souches, plèvre, péricarde, nerfs réculTents).
L'extension lymphatique se fait par un réseau lymphatique très développé.
L'envahissement métastatique viscéral se fait le plus souvent vers le foie, les
poumons et les os.
e) Type histologique :
Le type histologique de loin le plus fréquent est l' épithélioma malpighien ou
épidennoïde plus ou moins différencié (plus de 90% des cas). Ils ont l'avantage
d'être radiosensibles.
Les adénocarcinomes représentent 4 à 8% des cas. Ils se développent en
général sur un endo-brachy-oesophage, beaucoup plus rarement à pru1ir des glandes
oesophagiennes. Considérés classiquement corrune non radiosensibles, les
adénocarcinomes oesophagiens semblent pouvoir bénéficier des techniques récentes
de radiochimiothérapie combinée.
Les autres tumeurs malignes oesophagiennes sont exceptionnelles:
léiomyosarcome, carC1l1osarcome, mélanome malin, catlcer anaplasique,
Iymphosarcome.
2')

B- LES CANCERS DE L'ESTOMAC [9,48,59,104,1 09J


a) Macroscopie:
Macroscopiquement on distingue:
- les formes bourgeonnantes et infi ItTantes, en lobe d'oreille, où la tumeur est
creusée d' une perte de substance profonde : 37%:
- les fonnes végétantes: 22%;
- les formes ulcérées: 30%.
b) Microscopie :
Ce sont des adénocarcinomes typiques ou atypiques . Les cellules sont
groupées en hlbes plus ou moins larges, quelquefois en travées: elles sont presque
toujours plus ou moins mucicarcjnophiles .
On décrit également d'autres formes:
- sécrétan tes, réalisan t des cancers colloïdes, très mucicarci nophi 1es, panoi s à
cellules isolées, en bague à chaton;
- avec différenciation villeuse;
- avec différenciation pancréatique à cellules claires.
c) Cas particulier:
Le cancer superficiel de Stout ou cancer mucoérosif de Gutmann ou early
gastric cancer des Anglo-saxons ou carcinome in situ de Mallory est une forme
anatomoclinique particulière. Il se défmjt comme un cancer limité à la muqueuse
avec une extension possible dans la sous-muqueuse, avec ou sans métastase
ganglionnaire. La tendance actuelle dans les pays développés comme le Japon serait
de faire le diagnostic du cancer à ce stade (100% de taux de guérison). Sa fréquence
est estimée à 50% au japon et entre 5 à 15% en Europe.
Les formes macroscopiques correspondent aux formes endoscopiques:
- le type 1 est exophytique et correspond au polype cancérisé;
- le type II comporte 3 aspects qui correspondent au cancer muco-érosif:
* 1ia= cancer superfidel en saillie,
* lib=== plat,
* Iic= ulcéré ,'
- le type ITI ulcéré correspond typiquement à l'ulcérocancer.
Les caractères histologiClues ne diffèrent pas de ceux du cancer habituel.
JO

C- LES CANCERS DE L'INTESTIN GRELE [34,61,98]


Il faut distinguer les tumeurs malignes développées au dépens de la muqueuse
intestinale: les adénocarcinomes de celles développées au dépens des tuniques
conjonctives de l'intestin grêle: les mésenchymomes.
- Les adénocarcinomes de l 'in/es/in grêle:
Elles représentent 35 à 40 pour 100 des néoplasies du grêle; ils atteignent deux
fois plus l 'homme que la femme surtout au-delà de la cinquantaine et n'existent pas
chez l'enfant de moins de 10 ans.
a)Les aspects macroscopiques:
Elles siègent surtout à la partie haute du grêle; leur fréquence diminue du
duodénum à l'iléon: 50 pour 100 des tumeurs du jéjunum sont à moins de 5 cm de
l'angle de Treitz et 70 pour 100 à moins de 35 cm; de même, 62 pour 100 des
adéno-cancers iléaux sont à moins de 5 cm de la valvule de Bauhin et 80 pour 100 à
moins de 50 cm.
La fonne infiltrante, réalisant une virole sténosante, est la plus fréquente .
Les formes ulcérées hémolTagiques et les formes végétantes, source
d'invagination, sont plus rares.
La taille se situe le plus souvent entre 5 et 10 cm de long.
b) Histologie:
Il s'agit le plus souvent d'adénocarcinome lieberkühnien, beaucoup plus
rarement d'adéno-cancer brunnerien ou muco-sécretant et exceptionnellement de
carcinome indifférencié ou anaplasique.
[,es fumeurs mésenchymafeuses malignes:
Elles représentent 35 pour 100 des tumeurs malignes . Par ordre de croissance
décroissante, on trouve:
- les Iyrnphosarcomes,
- les Iymphoréticulosarcomes,
- les léiomyosarcomes développés au dépens des fibres musculaires lisses,
représentent II pour 100 de l'ensemble des tumeurs malignes du grêle et 35 pour
100 des léiomyosarcomes du tube digestif.
Macroscopiquement, les léiomyosarcomes sont de plus ou mOÎns gros volume,
le plus souvent unique, et siègent plus souvent sur le jéjuno-iléon (80 pour 100 );
L'aspect histologique est palfois difficile à poser,
- les schwalulosarcomes ou neurosarcomes,
- les hémangiopéricytomes,
- les mélanomes.
'\ 1

D- LES CANCERS DU COLON [13,39,72]


Les cancers du côlon siègent avant tout au niveau du côlon droit et de la
jonction rectosigmoïdienne; le côlon transverse et le côlon gauche sont plus
rarement atteints.
a) Macroscopie:
Les aspects macroscopiques rencontrés au début sont: exulcération, aspect
polypoïde, secondairement aspect ulcéro-infiltrant ou végétant pouvant entraîner
ulle sténose au cours de J'évolutioll.
L'extension locale se fait vers la sous-muqueuse puis la séreuse.
Sur le plan ganglionnaire, l'extension se fait vers les ganglions épicoliques,
paracoliques, mésentériques et aortiques. L'extension emprunte aussi les veines
péritumorales (embols).
L'extension métastatique viscérale est fréquente , avant tout hépatique (voie
portale), pul monai re, osseuse, cérébrale et péri tonéale.
Plusieurs classifications internationales proposent un classement des tumeurs
en fonction de leur extension. La classification de Dukes est la plus utilisée .
Slode A: cancer s'étendant à la sous-muqueuse et/ou à la musculeuse sans la
dépasser, sans atteinte ganglionnaire.
S/ode B: cancer ayant dépassé la musculeuse atteignant la graisse périrectale
ou la séreuse colique, ou la dépassant, mais sans atteinte ganglionnaire.
Stade C: envahissement ganglionnaire.
S'lade D: métastases viscérales.
b) Microscopie:
Il s'agit dans la très grande majorité des cas d'un adénocarcinome
Iieberkühnien plus ou moins différencié, les carcinomes peu différenciés à cellules
indépendantes sont de très mauvais pronostic.

E- LES CANCERS DU RECTUM [13,19,40,49]


a) Macroscopie :
Macroscopiquement, on Ilote:
- les formes polypoïdes végétantes;
- les formes ulcéreuses;
- les formes alUlUlaires sténosantes;
- les fonues infiltrantes.
Ces différents aspects peuvent coexister.
b) Microscopie:
Microscopiquement, il peut s'agir:
- d'un adécarcinome bien différencié ou glandulifonne;
- d'un adénocarcinome moyennement différencié ou trabéculalre;
- d'un adénocarcinome peu ou pas différencié à cellules polymorphes, ou au
maxjmum anaplasique;
- enfin, colloïde muqueux en bague à chaton;
- exceptionnellement, sarcome et lymphome .
La forme la plus fréquente est l'adénocarcinome lieberkunhien
(adénocarcinome bien différencié des cellules des glandes intestinales).
Les fonnes anaplasiques sont de très mauvais pronostic.
F'- LE·S CANCERS DE L'ANUS
[38,77, Ill]
Les aspects macroscopiques sont:
Dans les cancers typiques du canal anal les [onnes suivantes peuvent être
rencontrées: ulcéro-bourgeonnantes, noduJo-infiltrantes, bourgeonnantes.
Dans les fonnes trompeuses, nous pouvons rencontrer un aspect de petits
fi bromes, de papilles hypertrophiées, de condylomes ou d'un ba nal état
inflammatoire.
Différents types anatomopathologiques de cancers peuvent naÎtTe des
différents contingents muqueux de l'anus.
Les adénocarcinornes:(h'ès dlfficile à distinguer des cancers de l'ampoule
rectale).
Les carcinomes épidermoïdes (70 à 80% des cancers du canal anal).
[,es carcinomes cloacoRéniques ou basa/oides (naissent de la
muqueuse transitionnelle).
J,es mélanomes malins( 1,6% des mélanomes et 1% des cancers de l'anus) .
Les carcinomes collo'ides à fonne tïstuleuse;
Certai nes variétés sont rares : lymphome hodgkillien on non hodgkinien
(SIDA), Iymphosarcome, Iéiomyosarcome, rhabdomyosarcome,
hémangiopéricytome et endothéliome.
:n

TRAITEMENT
34

v- LES ASPECTS THERAPEUTIQUES DES CT D:


Le traitement du cancer ne se discute et ne se déclenche qu'après l'étude
histologique d'un fragment de la tumeur prélevée par biopsie. Le traitement suppose
un bilan, des moyens techniques et surtout une concertation [3].
A - LES CANCERS DE L'OESOPHAGE
1) Bilan préthérapeutique:[56,58]
Avant d'envisager la thérapeutiqlle, un bilan est nécessaire à la recherche de
complications, de diffllsion, ou de contre-indications opératoires éventuelles liées à
des insuftisances viscérales.
Le bilan est d'abord clinique, à la recherche de métastases viscérales ou
ganglionnaires, de signes d'insuffisance respiratoire ou de signes d'hépatopathie.
Il comporte ensuite des examens complémentaires pour faire le bilan
d'extension et le bi lan général.
a) bilan d'extension:
Il comporte toujours un transit oesophagien. Dans les formes évoluées le
diagnostic est évident:
- niche allongée à l'intérieur d'lIne lacune traduisant la fOIme ulcéro-
végétallte:
- lacune ilTégulière tTaduisant la fonne polypoïde;
- sténose circonférentielle traduisant la fonne infiltrante.
Ces images peuvent s'associer d'une manière complexe.
Le diagnostic différentiel le plus difficile est celui de la sténose peptique sus-
hel1liaire qui en principe est centrée, régulière, non ulcérée et siège au-dessus de la
helllie. L'endoscopie avec biopsies s'impose si elle n'a pas déjà été faite .
Le transit oesophagien est toujours complété par:
- une radiographie pulmonaire à la recherche de métastases pulmonaires;
- une échotomographie à la recherche de métastases hépatiques ou
d'adénopathies coeliaques;
- un examen ORL à la recherche d'un cancer associé;
- une bronchoscopie à la recherche d'un cancer associé ou surtout d'un
envahissement ou d'une compression trachéale ou bronchique;
- Ull scanner ou une IRM pour essayer d'apprécier le degré d'extension
médiastinale et l'existence d'adénopathies;
- enfin, si possible, ce bilan est complété à 1'heure. actuelle par une
échoendoscopie qui pennet d'apprécier plus finement J'extension patiétale et
locorégionale de la tumeur, et l'existence d'adénopathies satellites.
b) Bilan général:
fi comporte:
- un électrocardiogramme (ECG) complété éventuellement par une
échocardiographie à la recherche d'une péricardite;
- les épreuves fonctioIU\elles respiratoires;
- le bilan de la dénutrition. L'amaigrissement est considéré comme très sévère
n
s'il dépasse 20% du poids habituel. peut être utile de faire précéder l'intervention
éventuelle par un appOlt hypercalorique et vitaminique pendant quelques jours
quelle que soit la voie utilisée pour celle-ci;
- les marqueurs tumoraux: sec, ACE, CA 50 peuvent éventuellement être
uti les pour juger de l' efficacitéthérapelltique.
2) Traitement:[3 ,56,58,67, 74, 95, 117]
Le traitement du cancer de l'oesophage est assez di fficile à schématiser du fait
de la grande variété des techniques médicales ou chirurgicales et des options
différentes selon les écoles.
D'une manière générale, il faut savoir 'lu 'à l'heure actuelle:
- le traitement qui donne encore la meilleure chance de survie est le traitement
chirurgical;
- la méd iane de survie d'un cancer de l'oesophage inopéré est de 12 à 14 moi s;
- la survie à 5 ans d'un cancer de l'oesophage opéré est supérieure à 20%.
- malheureusement, lorsque le cancer oesophagien est diagnostiqué, seuls
environ 30% des patients peuvent bénéficier d'un geste chirurgical , dont seulement
la à 15% à visée curative . Les autres patients doivent être récusés du fait de
l'extension tumorale ou des contre-indications viscérales (insuffisance respjratoire,
cirrhose ).
2.1) Les moyens thérapeutiques :
a) La chirurgie:
a) Chirurgie à visées cura/ives:
- Les résections oesophagierUles suivies du rétablissement immédiat de la
continuité par anastomose oeso-gastTique;
- Les oesophagectomies totales avec gastrotomie:
le rétablissement de la continuité est entrepris dans un deuxième temps
par oesophagoplastie le plus souvent montée en préthoracique . Le matériel le
plus employé étant le côlon transverse ou la grande courbure gastrique tubulée.
fJ) Chirurgie pa/lia/ive:
La gastrotomie ne peut être faite que chez un sujet dont l'état général
n' est pas trop catastrophique; il faut donc savoir s'y résoudre à temps .

b) La radiothérapie :
On utilÎse les radiations de haute énergie (6000 rads/tumeur en 6
semaines).

c) Les moyens médicaux:


a) Médications adjuvantes:
- la diététique est fondamentale: alimentation mlxee comportant 3000
calories par jour; des malades peuvent être «récupérés» pour la chirurgie, ou la
radiothérapie, par J'alimentation par voie veineuse.
13) La chImiothérapie:
Les ca1lcers de l'oesophage sont peu chimiosensibles, à dire le mojns.
Certains auteurs ont indiqué l'intérêt du méthotrexate, ou d'une association de
méthotrexate, 60 mg/m 2 , de vinblastine 6 mglm 2 et de cyclophosphamide 300
mg/m 2 donnée tous les 15 jours.
2.2) Les indications:
a) Généralités:
Elles sont dominées par deux notions:
- le siège du cancer en hauteur sur l'oesophage;
l'extension du cancer, en patti cul ier l'existence ou non
d'envahissement trachéal ou bronchique .
b) Dans la pratique:
a) les cancers du //3 inférieur de l'oesophage sont du ressort
de la chirurgie: résection oesophagienne suivie du rétablissement immédiat de
la continuité par une anastomose oesogastrique située sous la crosse de J'aorte
pour les cancers de l'oesophage abdominal et des derniers centimètres sus-
diaphragmatiques ou d'une anastomose située au-dessus de la crosse pour les
cancers situés plus haut.
~) pour les cancers du 1/3 moyen (entre la crosse de l'aorte en
haut et les veines pulmonaires inférieures en bas), en l'absence de
retentissement aérien, deux attitudes sont possibles:
- soit radiothérapie de haute énergie;
- soit résection oesophagienne suivie du rétablissement immédiat de la
continuité par une anastomose oeso-gastrique au-dessus de la crosse aortique.
En cas d'envahissement trachéal ou bronchique à la bronchoscopie, la
chirurgie d'exérèse et la radiothérapie sont également contre-indiquées.
y) pour les cancers du 1/3 supérieur de l'oesophage, en
l'absence de retentissement trachéal: on utilise la radiothérapie de haute
énergie; s'i ( Y a envahissemen r trachéal. la radiothérapie est contre-indiquée.

B- LES CANCERS DE L'ESTOMAC


[ 104, 109,112]

Le diagnostic posé, li faut effectuer un bilan pour apprécier les possibilités


chirurgicales: bilan de l'extension tumorale et bilan du terrain .

1) Bilan de l'extension tumorale:


- palpation minutieuse des aires ganglionnaires;
- cliché pulmonaire à la recherche de métastases;
- foie: examen clinique, dosage des phosphatases alcalines, échotomographie,
scanner, parfois laparoscopie;
- taux d'antigène carcino-embryonnairc (ACE).
2) Bilan du terram:
AppréciatIOn de la résislance générale: âge, recherche d'un amaigrissement.
d'une anémie, bilan de l'état cardio-vasculaire, respiratoire, rénal.
Au tenne de ce bilan, on juge des possibilités d'une intervention chirurgicale
ou de l'obligation d'en rester à des traitements médicaux.
:17

3) Traitement[l 04,109,112]
a) Traitement curatif:
Le traitement curatif de l'adénocarcinome gastrique est exclusivement
chirurgical. Le principe est l'exérèse de la zone gastrique, siège de la tumeur et de
son territoire lymphatique.
* La gastrectomie partielle de type Polya ou Finsterer, est la plus utilisée du
fait de la grande fréquence des cancers de la moitié inférieure de l'estomac.
* La gastrectomie totale est parfois nécessaire, suivie d'une anastomose oeso-
jéjunale.
* La gastrectomie totale élargie emportant, outre l'estomac, la rate et la queue
du pancréas est rarement pratiquée sauf en cas de nécessité et chez des sujets
susceptibles de supporter cette intervention.
Le choix entre ces différentes interventions dépend de la tumeur, de son
extension, du terrain. Une gastrectomie totale ne donne pas de meilleurs résultats
qu'une gastrectomie partielle type Finsterer dans les tumeurs de l'antre.
b) Traitement palliatif:
ex) Chirurgical:
- gastrectomie paltielle de «propreté»;
- gastro-elltérostomie laissant la tumeur en place.
~) Médical:
. La radiothérapie peut avoir une efficacité sur la masse tumorale et les
symptômes .
. La chimjothérapie peut donner des résultats bénéfiques pendant quelques
semaines. L'association 5 fllloro-uracile-cisplatine s'est substituée à celle associant
5 fluoro-uracile, adriamycine, mitomycine, semble la plus efficace, donnant dans 40
à 50% des cas une régression tumorale objective.
c) Autres traitements:
Depuis 1980, d'autres méthodes thérapeutiques sont utilisées à savoir:
- résection endoscopique consÎstant en des biopsies en bandes après précisions
diagnostiques données par l' écboendoscopie (en l'absence de métastases
lymphatiques et en cas d'adénocarcinome intra-muqueux). Des études montrent que
dans 82,8% des cas on peut obtenir une résection endoscopique complète;
- l'ilTadiation au Laser;
- l'injection de 0 K-432.
La résection endoscopique peut être complétée par l'ilTadiation au Laser.

c- LES CANCERS DE L'INTESTlN GRELE


1) Bilan pré-thérapeutique: [34, 61,98]
L'extension métastatique vers les ganglions mésentériques et le foie est
appréciée par l'échographie et le scanner.
Les associations morbides digestives peuvent être recherchées par la
fibroscopie haute et basse.
Les troubles de l'état général, nutritionnels, seront évalués et compensés.
Enfin, si parfois la nature de la tumeur peut être suspectée sur un certain
nombre de signes, seule la biopsie chimrgicale penoet d'en faire la preuve
histologique.
lX

2)-Traitement:[34,61, 98 J
a) Méthodes :
a) Méthodes chimrg/cales:
Les interventions sont palliatives ou à visée curative.
- Les méthodes palliatives consistent en de simples biopsies, des dérivations
intellles court-circuitant la tumeur laissée en place (jéjuno-jéjunostornie, jéjuno-
iléostomie, iléo-transversotomie , iléo-colostomie gauche) et résection limitée suivie
d' anastom ose tenn i no-tenn inale.
- Les méthodes curatives comportent des résections intestinales larges,
emportant les ganglions du mésentère adjacent, associées à un curage ganglionnaire
central mésentérique supérieur. Le siège de [a tumeur peut conduire à des gestes
élargis: hémicolectomie droite, duodéno-pancréatectomie céphalique, voire
duodéno-pancréatectomie totale . La mortalité opératoire varie de 5 à 20 pour 100.
fi) Autres méthodes ,'
- La chimiothérapie: plusieurs produits ont été essayés en mono ou
polychimiothérapie, principalement le fluoro-uracile , le méthyl CCNU, la
vincristine, méthotrexate, chlorambucil, actinomycine, thiotépa.
- La radiothérapie,
- Celiains auteurs ont proposé (a BCG-thérapie .
b)Indications thérapeutiques:
La laparotomje est pratiquement le seul moyen d'avoir une preuve
hi stologi que.
La résection à visée curative est réalisée chaque fois qu'il est possible de
passer largement à distance de la lésion sur le grêle, le curage étant aussi complet
que le pelmet le respect de l'intégrité vasculaire . Le taux de résécabilité se situe
autour de 60 pom 100. La présence de métastases hépatiques n'est pas une contre-
indication à l'exérèse de la tumeur primitive si les conditions locales le permettent.
La chimiothérapie et la radiothérapie n'améliorent pas le pronostic des
résections curatives; elles trouvent leur intérêt seulement en cas de lésion
inextirpable.
c) Résultats :
La survie à 5 ans s'établit autour de 22 pour 100 pour les adénocarcinomes et
40 à 50 pour 100 pour les mésenchymomes. Après chirurgie palliative, la survie à 5
ans est de 20 pour J 00 ,

D- LES CANCERS DU COLON


[13,22,39,72 , 101 , 107,110]
Le traitement du cancer du côlon est avant tout chirurgical. L'association à des
méthodes complémentaires, chimiothérapie ou radiothérapie, fait l'objet de
nombreuses études.
a) Méthodes :
a)Traitement chirurgical:
La chirurgie d'exérèse et les sutures digestives requièrent un côlon propre,
préparé par un régime sans résidu, des lavements évacuateurs et une antibiothérapie
à large spectre.
!3) Exérèse à visée curative:
Le premier temps est toujours exploratoire (cavité péritonéale, extension
tumorale, locale, régionale et hépatique).
Selon la loca1isation, seront réalisées:
- une hémicolectomie droite avec anastomose iléocolique transverse, avec
ablation du côlon droit, de son méso, après ligature première des vaisseaux coliques;
- une hémicolectomie gauche, après ligature du pédicule mésentérique
inférieur, ablation du côlon, du transverse, du sigmoïde, et anastomose colo-colique
ou rectale;
- une colectomie gauche segmentaire haute avec ligature première de l'artère
coligue supérieure gauche et anastomose colo-colique;
- une colectomie gauche segmentaire basse avec ligature première de l'artère
mésentérique inférieure et anastomose colo-rectale.
En cas de tumeur envahissant tes organes de voisinage, il peut être nécessaire
d'étendre J'exérèse à une pal1ie de ceux-ci (vessie, intestin grêle, rate, estomac).
Intervention palliative, il peut s'agir de colostomie d'amont (transverse), de
colectomie de propreté.
y) Radiothérapie:
Elle a peu d'indications dans le traitement du cancer du côlon par rapport au
cancer du rechlln.
8) Chimiothérapie:
La chimiothérapie a une efficacité limitée dans les cancers du côlon . Les
produits les pIns utilisés sont :
- le 5 fluora-uracile (5-FU);
- la mitomycine C;
- le méthyl CCNU.
Des protocoles récents associent immunomodulateurs (Iévamisole) et
chimiothérapie (S-FU).

b) indications thérapeu tiques:


a)Tumew' extirpable, sans complication ni métastase:
On pratique Wle exérèse chirurgicale classique à visée curative, il fi 'y a pas de
traitement complémentaire.
~) Tumeur extiJ1)able avec métastases hépatiques localisées:
Celles-ci seront enlevées dans le premier temps chirurgical si elles sont
superfi ciel les.
Une hépatectomie sera proposée 2 à 3 mois plus tard si elles sont profondes
mais accessibles à une chirurgie d'exérèse. Elles ne seront pas traitées par chirurgie
en cas de métastases volumineuses ou profondes, et dans ces cas, peut se discuter la
mise en place de cathéter intra-a11ériel hépatique au cours de l'intervention
pennettant la réalisation ultérieure d'une chimiothérapie intra-artérielle locale.
y) Tumeur inextirpable:
On pratiquera une chimrgie de dérivation : colostomie dlamont, anastomose
latéro-latérale ou dérivation interne.
40

ù) Occlusion ou pelforation:
En cas d'occlusion, la réanimation des premières heures pennet parfois de
lever l'occlusion, de préparer le côlon et de réaliser une exérèse en un temps; le plus
souvent, le traitement chirurgical nécessite deux temps opératoires.
En cas de perforation, le malade doit être placé en réanimation . Le siège de la
pelforation (rumorale ou diastatique en amont), les possibilités d'exérèse tumorale,
et les modalités du rétablissement de la continuité digestive (en un ou deux temps)
sont jugés lors de la laparotomie .
€) Indications de la radiothérapie:
Les seules indications retenues à l'heure actuelle sont: l'extension tumorale au
péritoine pariétal postérieur et les récidives tumorales fixées non traitables par la
chirurgie.
<p) Indications de la chimiothérapie:
Elle est souvent le seul traitement à proposer en cas de métastase viscérale. Le
5-FU associé au lévamisole donne des résultats prometteurs après l'exérèse d'une
tumeur envahissant les ganglions (stade C).
Le 5-FU administré en intra-artériel hépatique en cas de métastase hépatique
entraîne un bon contTôle local de ces métastases hépatiques dans 50% des cas.
1) Laser:
Le laser pennet enfin un traitement local utilisable par endoscopie. 1\ nécessite
plusieurs séances pour contrôler le calibre d'une sténose.

E- LES CANCERS DU RECTUM


1) Bilan d'extension et d 'opérabilité:[ 13, 19,40,50J
On évalue l'extension :
- locale: le toucher rectal étudie la distance entre le pôle inférieur de la tumeur
et la marge anale, la fixité, le siège, l'extension circonférentielle; il penTIet ainsi
d'apprécier l'envahissement des organes de voisinage (vessie, prostate, sacrum,
vagin avec toucher vaginal associé);
- lymphatique: recherche d'un ganglion sus-claviculaire gauche;
- générale: échographie abdominale sus-mésocolique, radiographie pulmonaire
face pro fi 1.
Le bilan d'extension ne sera [Link] complet qu'après l'exploration per-
opératoire, l'urographie intraveineuse, les examens tomodensitométriques
abdomino-pelviens; la cystoscopie peut être utile pour évaluer l'extension locale.
On recherche une conlTe-indication à l'intervention:
- obésité, diabète;
- pathologie cardio-vasculaire (TA, ECG);
- pathologie respiratoire (radiographie pulmonaire, explorations fOJlctÏorulelles
respiratoires si nécessaire);
- pathologie rénale;
- antécédents de phlébite, de varices .
Un obstacle cervico-prostatique doit faire rechercher de palti pris un adénome
prostatique, afin d'adapter le traitement et d'éviter des complications
postopératoires (rétention).
<1 !

2) Traitement:[ 13, 19,22,24,35,50,53,63, 101,1 101


Il est avant tout chirurgical.
Il faut d'abord obtenir une bonne pré[Link] intestinale, prévenir te malade de
la possibilité de colostomie définitive et encadrer l'intervention par ulle
antibiothérapie.
a) lndications chirurgicales:
I)ans les fi/meurs hal/les, situées au-dessus de X il /0 cm de l'anus: on
effectuera une résection antérieure du rectum La continuité cola-rectale ou colo-
anale se fait par une anastomose effectuée dans le même temps opératoire . La
fonction sphinctérienne est conservée. La mortalité est de 1 à 3%. Le risque
chirurgical est la désunion anastomotique.
Dans les fumeurs basses de la région sus-anale: amputation abdomino-
périnéale du rectum retirant le rectum, 1'anus, J'atmosphere cellulo-graisseuse et
nerveuse périrectale et les lymphatiques. Elle impose une colostomie définitive le
plus souvent dans la fosse iliaque gauche, sous-péritonéale . C'est une intervention
lourde dont la mOlialité opératoire ne dépasse pas J à 2%; elle entraîne une
impuissance chez l'homme.
J)ans les tumeurs étendues avec envahissemenf pelvien: colostomie
pail iative sur baguette dans la fosse iliaque gauche .
A litres situatiom: la conservation sphinctérienne est le plus souvent
effectuée à la limite de sécurité de la résection rectale et doit passer en dessous de la
tumeur à l cm sous celle-ci .
Le cancer du rectum nécessite des soins de réanimation postopératoire,
la mise en place de sonde urinaire, le lever précoce et la prévention de phlébite par
les anticoagulants.
Les complications postopératoires sont assez fréquentes:
- rétention urinaire;
- hémorragie et suppuration périnéale;
- fislllle si résection-anastomose;
- thrombophlébite;
- impuissance (Je malade devant en être toujours prévenu).
b) Cancers de petite taille:
Dans les cancers d'une taille de moins de 2 à 3 cm, non ulcérés et non
înfiltrants, le traitement peut relever d'une chirurgie classique mais aussi d'un geste
local:
- excision chjrurgicale;
- électrocoagulation;
- destruction au laser;
- contacthérapie ou curiethérapie;
Il s'agit d'wle bonne uldication lorsqu'il y a refus du traitement chimrgical,
lorsque la lésion est postérieure. sîtuée à moins de 15 cm de la marge anale, qu'il
n'y a pas d'extension ganglionnaire (intérêt de l'échographie endorectale). Elle
nécessitera une surveillance rectoscopique régulière.
42

c) Radiothérapie transcutanée:
Son but principal est de compléter l'action chimrgicale de façon à diminuer les
risq ues de récidive locale. Elle est plus souvent délivrée en préopératoire. Elle peut
être effectuée en postopératoire et ne s'adresse alors qu'aux [Link] infiltrantes
avec extension impoltante à la sous-séreuse et la séreuse.
Cetie radiothérapie peut être effectuée en association avec la chimiothérapie.
Cette association peut être faite en cas de tumeur inextirpable ou de récidive chez
un patient n'ayant pas été irradié préalablement.
Les indications de la radiothérapie ne sont pas univoqlles mais elles semblent
raisonnables en complément d'un acte chirurgical pour toutes les tumeurs ayant des
risques importants de récidive.
En cas de tumeurs inextirpables primitives ou de récidives, la radiothérapie est
le seul traitement susceptible de ralentir 1'évolution et de contrôler les symptômes
pour une durée de 1 an en moyenne.
d) Chimiothérapie:
Elle n'a qu'une efficacité limitée. Les produits les plus efficaces étant le 5-FU,
la mitomycine C et le méthyl CCNU.
e) Laser:
Le laser YAG de forte pULssance peut être utilisé en endoscopie pour détruire
les tissus néoplasiques. Il peut être indiqué pour le traitement des tumeurs villeuses,
dans les adénocarcinomes inextirpables du bas rectum permettant ainsi de rétablir
un transit intestinal normal et d'éviter une colostomie chez les malades sténosés.
1) Cas particuliers:
En cas de métastase hépatique :
- s'il s'agit d'une métastase isolée, une hépatectomie partielle peut être
effectuée;
- sinon, des protocoles de chimiothérapie illtra-al1érielle sont actuellement
proposées.

F- LES CANCERS DE L'ANUS


[3,38,52,99,11IJ

JI est dominé par la radiothérapie. Les lésions de la marge de l'anus et mêmes


les lésions du canal anal, si elles ne sont pas trop volumineuses, seront traitées par
curiethérapie utilisant actuellement des aiguilles d'iridium.
Les lésions plus étendues du canal anal peuvent être traitées avec succès par
cobaltothérapie délivrant dans r axe du rectum 6000 rads.
Des doses plus fortes entralneraient des séquelles douloureuses insupportables.
La [Link] d'exérèse avec évidemment sacrifice du sphincter est limitée
actuellement aux contre-indications et aux échecs de la radiothérapie, voire au
traitement de séquelles douloureuses insupportables.
Les champs inguinaux ne sont irradiés que si les ganglions sont envahis.
La survie à cinq ans est assez satisfaisante, de l'ordre de 60%.
43
44

OBJECTIFS
OBJECTIF GENERAL

Décrire les aspects épidémiologiques, cliniques et thérapeutiques des cancers


du tube digestif au CHNYO de Ouagadougou de Janvier 1990 à Juin 1996.

OBJECTIFS SPECIFIQUES

1· Détenniner la fréquence des cancers du tube digestif chez les patients


hospitalisés au CHNYO de Janvier 1990 à Juin 1996.

2- Décrire la répaltition globale selon l'année, le sexe, l'âge, la provenance, le


niveau socio·économique des patients atteints de cancers du tube digestif.

3- Faire une éhlde analytique.

4- Décrire l'évolution sous traitement.

5- Proposer des mesures visant à prévenir les CTD, à faire un diagnostic


précoce ou à améliorer la prise en charge.

fl1ETHODOLOGIE
-17

1- Situatioll du Durkina-Faso
Le Burkina-Faso est un pays enclavé situé au coeur de l'Afrique de l'Ouest. 11
s'étend sur 274000 km 2 à l'intérieur de la boucle du Niger. La capitale est
Ouagadougou [69].
Avec un relief plat dans l'ensemble, le IJays connaît un climat tropical de type
soudanien alternant avec une longue saison sèche d'Octobre en Avril et une courte
saison pluvieuse de Mai à Septembre [69].
La population résidente était estimée à 10352000 habitants en 1996 répartis
dans 45 provi nces. Cette popu lation est essen tie lIement jeune (47% on t moins de 15
ans) [69].
Le Burkina-Faso est classé parmi les pays les moins avancés du monde avec
un PNB de 290 dollars US.
L'économie du pays repose sur des activités agro-pastorales de subsÎstance.
Dans ce contexte de pauvreté aggravée par des conditions géo-c1imatiques et la
dévaluation du franc CFA, le pays est confronté aux besoins fondamentaux en
logement, éducation, alimentation et santé.
La situation nutritionnelle au Burkina est dominée par la sous-alimentation
chronique ; l'alimentation des populations est essentiellement à base de céréales
(mil, riz, maïs, haricot); cette sous-alimentation se traduit par une endémicité de la
malnutrition protéino-énergétique (MPE), des anémies, des troubles dus à la carence
en iode, des avitaminoses.
De plus, nous constatons qu'aussi bien \es classes «aisées» urbaines que les
populations IUrales procèdent à des modifications de leurs habitudes alimentaires et
modes de vie. Elles «s'occidentalisent» . Ces compol1ements et habitudes de vie
entraînent l'apparition de manifestations morbides de mauvaise alimentation et
même de suralimentation. Ils renforcent J'impact de la maladie qui se développe sur
un terraÎn souvent fragilisé par une hygiène insuffisante, la malnutrition, le manque
d'eau potable, etc. Ces pathologies touchent chaque année 6 à 7% des malades
hospitalisés dans nos hôpitaux [27].
Quant au système sanitaire, il se caractérise par l'insuffisance en infrastlUcture
et en personnel. Le pays compte 2 hôpitaux nationaux de référence considérés
conune des CHU: le CHNYO sihlé à Ouagadougou et le CHNSS situé à Bobo-
Dioulasso. Les selvices chirurgicaux du CHNYO disposaient de 206 lits sur 738 et
le personnel médical était composé de 12 chirurgiens [28].
Malgré les efforts entrepris dans le domaine de la santé, les soins demeurent
peu accessibles aux populations et seuls 40% des Burkinabé ont accès aux services
de santé [69] .

2- Cadre de l'étude
L'étude a été réalisée au Centre Hospitalier National Yalgado Ouédraogo
(CHNYO) de Ouagadougou, premier hôpital de référence. Les malades qui y sont
traités viennent de la ville de Ouagadougou et des provinces environnantes .
Etaient concemés dans J'étude : les services de chirurgie générale et digestive.
du bloc opératoire de chirurgie, le seIVice d'hépato-gastro-entérologie et le service
de cytologie et d'anatomie pathologiques.
48

3- Type d'élude
[1 s'agissait d'une étude rétrospective allant de Janvier 1990 il Juin 1996 soil
une période de 6 ans et 6 mois .
L'étude a conccmé les malades porteurs de cancer du tube digestif.
Elle a pli être faite grâce à la synthèse de dossiers d'hospitalisation des
malades de chirurgie générale et digestive, d' hépato-gastro-entérologie, et des
registres du service de cytologie e( d 'anatomie pathologiques et du bloc opératoire
du service de chirurgie.

4- La collecte des données


La collecte des données a concemé:
- les dossiers d'hospitalisations des malades: chaque dossier comp0I1e une
feuille clinique et les résultats des différents examens complémentaires réalisés en
préopératoi re ,
- le registre du bloc opératoire: les regish'es de protocoles opératoires sont des
documents sur lesquels nous retrouvons ouh'e, l'identité des sujets opérés, la date de
l'intervention, l'âge du patient, les différents temps opératoires, et le type
d'intervention.
- le registre du service d'anatomie et de cytologie pathologiques où sont
conservés les résultats histologiques de toutes les pièces opératoires et biopsies
envoyées pour analyse. L'examen de ce registre nous confinne les résultats
histologiques de toutes les pièces acheminées à ce niveau.
L'instmment de recueil des données est représenté par une fiche (cf annexe ).
Les variables étudiées étaient:
a) sur le plan épidémiologique:
- l'année,
- l'âge,
- le sexe,
- la provenance,
- les conditions socio-économiques: "aisée" ou "modeste"; les
fonctionnaires ou les patients ayant un revenu salarial étaient considérés conune
étant de condition socio-économique aisée tandis que les cultivateurs, les ménagères
et les patients n'ayant pas de revenu salarial de condition socio-économique
modeste .
~) sur le plan clinique et parac\inique:
- le motif de consultation,
- les antécédents médicaux et chimrgicaux,
- le délai de consultation,
- les signes physiques,
- les examens complémentaires pratiqués,
- les aspects anatomopathologiques: le siège, les aspects
macroscopiques, les types rustologiques.
y) sur le plan thérapeutique:
- les traitements médicamenteux reçus,
- le protocole opératoire: les [Link], les conditions de
l'intervention,
- les suites opératoires immédiates.
5 Critères d'inclusion:
L'étude a concerné uniquement les dossiers des patients atteints d'un cancer du tube
digestif avec une preuve histologique fonnelle et hospitalisés au CHNYO de Janvier 1990
à Juin 1996.

6 Critères d'exclusion:
Etaient exclus de l'étude les dossiers :
- des malades sans preuve histologique (78 dossiers);
- sur les tumeurs malignes de la marge anale actuellement considérées comme
une variété de cancer de la peau (2).
Au terme de notre recueil des données, nous avons retenu 142 dossiers.

7 La saisie et l'aol'llysc des données:

La saisie et l'analyse de nos données ont été faites sur Epi infa version 5.0.
so

RESULTATS
51

J- ASPECTS EPIOEMIOLOGIQUES:

1) La fréq Il en ce:

En 6 ans et demi, de Janvier 1990 à Juin 1996, 1069 tumeurs malignes dont
360 cancers digestifs et 142 cancers du tube digestif ont été recensées au CHNYO.
Ces cancers du tube digestif ont représenté J3,28% de l'ensemble des tumeurs
malignes et 39,44% des cancers digestifs.
Le tableau 1 indique la répartition des cas par année rapportés aux tumeurs
malignes

2) Répartition en fonction des années:

Tableau J: Fréquence annuelle des cancers du tube digestif au CHNYO de


Janvier 1990 à J HiD 1996.

Année Nombre de Nombre de Nombre de Pourcentage des Pou rcentage d


CTO CD TM CTO/CD CTDrrM
1990 10 33 l14 30,30 8,77
1991 10 42 132 23,80 7,57
1992 23 48 144 47,9J 15,97
1993 24 47 165 51,06 14,54
1994 24 72 205 33,33 11,70
1995 34 66 199 51 ,51 17,08
1996 * 17 52 110 32,69 15,45
Total 142 360 1069 39,44 13,28

*= premier semestre de l'année 1996.


)2

La progression annuelle des CTD est indiquée par Jajigure J.

35

30

25

20
f'.bm bre de cas
15

10

o+------+------~----~------~----~----~

1990 1991 1992 1993 1994 1995


Années

J'ïgure J: Distribution armuelle des cancers du tllbe digestif au CHNYO de


J allvier 1990 à Décembre 1995.

Nous avons noté une augmentation progressive des cancers du tube digestif en
fonction des années . L'incidence moyenne a été de 22 cas par an .
5.Î

3) Le sexe:
Le tableau Il indique la répaliition des patients selon le sexe ,

Tableau Il: Répmiition des patients selon Je sexe.

Sexe Nombre de cas Pourcentage %


Féminin 40 28, 17%
Masculin 102 71,83%
Total 142 100%

La prédominance masculine a été nette avec 71,83 % d'hommes contre 28,17


% de femmes: soit un sex-ratio de 2,55 hommes pour une femme.

4) L'âge:
La répat1ition des patients par tranches d'âges est [Link]ée à lajiKure 2.

Nom bre de cas

1120 21-30 31-40 41-50 51-60 61-70 71-80


Classes d'âge (années)

Figure 2: DistTibution des patients par tranches d'âge .

L'âge moyen des malades a été de 51 ans avec des extrêmes de Il et 80 ans.
73,23% des patients avaient moins de 60 ans.
54

5) L:l provenance des patients:


Le tableau III indique la réparlition des patients selon la provenance.

Tableau Ill: Répartition des patients selon la provenance.

Provenance Nombre de cas Pourcentage %


Kadiogo 79 55,63
Autres provinces 63 44,37
Total 142 100

Soixante-dix neuf patients (55,63%) étaient ongllléllres de la provmce du


K<ldiogo .

6) Les conditions socio-économiques des patients:


Le tableau TV indique la répartition des patients selon les conditions socio-
ëconomiques.

Tableau IV: Répartition des patients selon les conditions socio-économiques.

Condition socio- Nombre de Pourcentage %


économigue cas
Aisée 18 12,68
Modeste 124 87,32
Total 142 100%

Cent vingt quatre malades (87,32%) étaient de condition socio-économique


modeste .

7) La localisation des cancers du tube digestif:


Le tableau V montre l'importance de certaines localisations des cancers du
tube digestif (CTD).

Tableau V: Répartition selon le siège des cancers du tube digestif

Localisation Nombre de cas %TM %CO %CTD


Estomac 68 6,36 ( 8,88 47,88
Côlon 40 3,74 1 l, 1 1 28,16
Rectum ]2 l, J2 3,33 8,45
Grêle 8 0,74 2,22 5,63
Oesophage 7 0,65 1,94 4,93
Anus 7 0,65 1,94 4,93
Total 142 13,28 39,44 100(Yo

Les localisations gastriques et coliques ont été les plus fréquentes avec
respectivement 68 et 40 cas.
S5

n- ETUDE ANALYTIQUE:

A- Les cancers de l'estomac:

1) Lafréquence de,~' cancers de l'est()mac:

De Janvier 1990 à Juin 1996, 68 cancers de l'estomac, 142 cancers du tube


digestif, 360 cancers digestifs sur 1069 tumeurs malignes histologiquement
confirmées ont été recensés au CHNYO .
Ces cancers gastriques ont représenté 6,36% des tumeurs malignes, 18,88% des
cancers digestifs et 47,88% des cancers du tube digestif.

2) L'an.née:

Lafigure 3 montre le nombre de cas de cancers gastriques par année .

14

12

10

8
Nombre
de cas
6

0
1990 1991 1992 1993 1994 1995
Années

j'-igure 3: Distribution annuelle des cancers gastriques.

Le cancer de l'estomac augmente au fil des ans. L'incidence [Link] a été de


10 cas par an.
3) Le sexe:

Le tableau VTT indique la répartition selon le sexe des patients atteints de


cancers gastriques.

Tableau VII: Répartition des patients selon le sexe.

Sexe Nom bre de cas Pourcentage %


Féminjn 20 29,41
Masculin 48 70,59
Total 68 100%

Une nene prédomjnance masculine a été notée (70,59% d'honunes) .


Le sex-ratio a été de 2,4 honunes pOW" une femme.

4) L'âge:

La./7gure 4 indique la répat1ition des patients par tranches d'âge.

25

20

15
Nom bre
de cas
10

11 20 21-30 31-40 41-50 51-60 61-70 71-80


tranches d'âge (années)

FIgure 4: Distribution des patients par tranches d'âge .

L'âge moyen a été de 54 ans avec des extrêmes de 24 et 80 ans.


Environ 2 patients sur 3 (63,23%) avaient plus de 50 ans.
57

5) l_e.I,· condition...· .meio-économique.I,' el facteurs falJori.\"ants:

Soixante-trois (63) patients (92,64%) étaient des paysans de condition socio-


économique modeste.
Un état de dénutrition a été noté chez 53 patients (77,94%).
Une notion d'éthylisme a été relevée chez 52 malades (76,47%).
Le tabagisme a été noté dans 42 cas (61,76%).
Les prises étaient quotidiennes; les quantités journalières n'ont pu être
précisées.
Vingt-quatre patients (35,29%) avaient des antécédents d'épigastralgies
Iythmées par les repas.

6) Le groupe sanguin AIJO:

Le tableau VIII indique la répartition des patients selon le groupe sanguin .

Tablea u VI JI: Répaliition des patients selon le groupe sanguin .

Groupe sanguin Nombre de cas Pourcentage %


A 32 47,06
B 7 10,29
AB 0 0
0 29 42,65
Total 68 100

Une prédominance des groupes sanguins A et 0 a été notée avec des


fréquences respectives de 47,06 et 42,65%.

7) Le délai de consultation:

11 a varié de 3 mois à 6 ans avec un délai moyen de consultation de 38 mois.


SR

8) I~e dia;;[Link]:

a)- Tableaux cliniques:

a) Les circonstances de découverte :

- Trente deux (32) patients (47,06 %) ont été reçus dans un tableau de sténose
du pylore. A l'interrogatoire ces patients avaient des vomissements spontanés et
répétitifs. Les vomissements étaient postprandiaux tardifs et contenaient des débris
alimentaires ingérés lors des repas précédants. Ils survenaient à la fin d'W1e douleur
épigastrique qu'ils calmaient.
- Des épigastralgies pennanentes (exagérées par la prise d'alcool et d'aliments
épicés), accompagnées de troubles dyspeptiques ont été notées dans 20 cas
(29,41 %).
- Une hématémèse survenue dans des circonstances d'automédication
(médicaments traditionnels) pour des épigastralgies a été observée chez 9 patients
(13,23 %) .
- Une dysphagie et des épigastralgies ont été relevées dans 7 cas ( 10,30 %).

0) L'examen général a noté:


amaigrissement massi f non chi ffré chez 53 patients,
- LIll
- une déshydratation chez 32 malades,
- Hne anémie clinique chez J 4 pé'ltients.

y) L'examen physique a noté:

- un clapotage à jeun dans 20 cas,


- Ilne hépatomégalie dans 12 cas,
- ulle tuméfaction épigastrique dure, fixée dans 10 cas,
- une adénopathie sus-claviculaire gauche (ganglion de Troisier) dans 3 cas,
- et une ascite dans un cas .
h)- Fxamens parael iniques:

a) Examens à visée diaRnoslique:

La fibroscopie digestive haute pratiquée dans tous les cas a pennis de décrire
les caractères macroscopiques de la tumeur, de préciser son siège et de faire des
biopsies.
Les aspects macroscopiques sont résumés dans le tableau IX.

Le transit oeso-gastro-duodénal (TOGD) pratique chez 35 patients (51,47%) a


noté l'étendue de la tmneur et le degré de la sténose.
Dans 20 cas, l'estomac était dilaté et présentait un aspect en chaussette
contenant un liquide de stase; la baryte tombait en flocons de neige et il existait une
image d'arrêt net (sténose complète).
Dans 12 cas, la sténose était incomplète.

13) Ri/an d'extensIOn:


L'échographie abdominale demandée dans tOllS les cas a mis en évidence une
métastase hépatique chez 1 ( patients, des nodules péritonéaux chez S malades et
une ascite dans un cas.
Deux cas de métastases pulmonaires ont été notés à la [Link]
pulmonaire .

y) Hi/an pré-thérapeutique:

Les examens complémentaires suivants ont été demandés dans le cadre d'un
bilan pré-opératoire et d'appréciation du terrain : groupe sanguin rhésus, NFS-VS,
azotémie, glycémie, ECG, taux de prothrombine.
La numération fonnule sanguine a révélé un taux d'hémoglobine bas à 8 g 1 dl
dans 14 cas .
(,0

9) J,es a.\pec/s anatomo-pathologiques:

a) J,e sIège:
Le tableaH IX indique le siège du cancer au niveau de l'estomac.

Tableau IX: Répartition des cancers gastriques selon le siège.

Localisation Nombre de cas P9urcentage %


Antro-pylorique 51 --
75
Petite courbure ~astrique 8 11, 76
Cardio-tubérositai re 7 10,30
Gnmde courbure
_gastrique 2 2,94
Total 68 100

Les 3/4 (75%) des tumeurs étaient de localisation antro-pylorique.

/3) Les aspects macroscopiques:


Les différents aspects macroscopiques sont retrouvés dans le tableau IX .

Tableau X: Répartition des cancers selon l'aspect macroscopique.

ASj)ect macroscopique Nombre de cas Pourcentage %


U1céro- bourgeonnan t 45 66,18
Ulcéro-infiltrant 19 27,94
Polypes 4 5,88
Total 68 100

L'aspect ulcéro-bourgeonnant a été le plus fréquent (66,18 %).

y) Le type his/ologique:
Le tableau X 1 indique les différents types histologiques rencontrés.
Tableau X 1: Répartition des cancers gastriques selon le type histologique .

1YQe histologique No mbre de cas Pourcent~e %


Adénocarcinome 58 85,30
Lymphome malin "., 4,41
Fibro-sarcome 1 1,47
Angio-sarcome 1 1,47
Histiocytofibrome malin l 1,47
Dysplasie sévère (carcinome in
situ) 4 5,88
Total 68 100

La prédominance des adénocarcinomes était nette (85,30% des cas).


nI

JO) Traitement el résultats:

CI) La réanimation:

Elle a consisté en la pose :


d'une voie veineuse pour la cOITection des troubles hydro-électrolytiques et de
l' anémie,
- d'une sonde naso-gasnique pour une aspiration digestive dans les cas de sténose,
- et au besoin d'une sonde urinaire pour le contrôle de la diurèse.

b) Le frailemen/ chimrglca/:
L'intervention chirurgicale a été pratiquée chez 59 patients.
Elle a consisté en:
- une gastro-entéro-anastomose (GEA) chez 33 patients (55,93%),
- une gastrectomie des 3/4 avec anastomose gastro-jéjunale dans 24 cas( 40,67%),
- une gastrectomie totale avec anastomose oeso-jéjunale sur une anse en Y chez 2
patients (3,38%).
Une abstention d'opérer a été décidée chez 9 patients (13,23%) (dissémination
multiple avec des nodules péritonéaux, ascite et cachexie majeure) .
Au total, nous avons obtenu un taux d'opérabilité de 86,76% et un taux de
résécabilité de 44,06%.

c) Les sul/es opératoires:


Cing décès sur les 59 malades opérés ont été notés en post-opéra/oire
immédiat soit un taux de mortalité de 8,47%. Ces décès sont survenus chez des
patients en très mauvais état général et très dénutris.
La durée moyenne d'hospitalisation a été de 35 jours avec des extrêmes de 21
et 53 jours.
62

B- Les cancers du côlon:

J) La fréquence des cancers coliques:


En 6 ans et demi, '069 tumeurs malignes, 360 cancers digestifs e( '42 cancers
du tube digestif dont 40 cancers coliques ont été recensés.
Ces cancers coliques ont représenté 3,74% des tumeurs malignes, '1,11% des
cancers digestifs et 28,16% des cancers du tube digestif

2) L'année:
Lafig/(re 5 montre le nombre de cas de cancers coliques par an.
14

Nombre
de cas
6

o
1990 1991 1992 1993 1994 1996 1996 (112)
Années

Figure 5: DistIibution des cancers coliques par année.

NOLIs avons noté une augmentation progressive des cancers coliques au fil des ans.
L'incidence moyenne a été de 6 cas par an ,

3) Le sexe:
Le tableau XIT indique la répartition des patients par sexe et selon la
localisation du cancer.

Tableau XII: Répartition des patients selon le sexe et la localisatioll du cancer.

Sexe Côlon droit Côlon gauche Total Pourcentage %


Féminin 7 ....) 10 25
Masculin 15 15 30 75
Total 22 18 40 100%

Une nette prédominance masculine a été notée (75%).


Le sex-ratio a été de 3 hommes pour une femme.
4) L'iige:
La figure 6 montre la répartition des patients par tranches d 'âge.

12
12

10

Nombre
6
de cas

0
11 20 21-30 31-40 41-50 51-60 61-70 71-80
tranches d'âge (années)

l-Ï}.,'llre 6: Distribution des patients par tranches d'âge .

L'âge moyen a été de 48 ans. Les âges extrêmes ont été 15 et 80 ans .
Trente patients (75%) avaient plus de 40 ans .

5) Les conditions sodo-économiques:


La répartition des patients selon les conditlons socio-économiques est
retrouvée dans le tableau XlII.

Tableau XIII: Répartition des patients selon les conditions socio-économiques.

Condition SOCIO- Nombre de cas Pourcentage %


économique
Aisée 6 15
Modeste 34 85
Total 40 100

Trente quatre patients (85%) étaient de condition socio-économique modeste.


Le tableau XIV indique la répal1ition des patients selon le groupe sanguin.

Tableau XlV: Repartition des patients selon le groupe sanguin.

Groupe sanguin Nombre de cas Pourcentage %


A 17 42,5
B 3 7,5
AB 2 5
0 18 45
Total 40 100

Une prédominance des groupes sangUIns A et 0 a été notée avec des


fréquences respectives de 42,5 et 45%.

7) I.,e diagnostic:

a) Tah/eaux cliniques:

a) Les Circonstances de découverle:

Trois principaux tableaux cliniques ont été rencontrés:

- des manifestations douloureuses abdominales : 21 malades (52,5%) ont consulté


pour des douleurs abdominales vagues sans caractère particulier évoluant parfois par
cnses.
- dix (10) patients ont été reçus en urgence pour des douleurs abdominales,
vomissements alimentaires et an·êt complet des matières et des gaz (occlusion
intestinale aiguë);
- une crise douloureuse abdominale avec nausée, arrêt des gaz, distension
abdominale localisée, le tout cédant en quelques heures au milieu d'une débâcle
diarrhéique a été observée chez 9 patients (syndrome de Koenig); la répétition de
ces crises a motivé la consultation.

fJ) Le délai de conslIllalwn a varié de 3 mOIs à 4 ans avec une


moyenne de 36 mois.
rJ J_ 'examen clmique:
L'examen physique a pennis de noter:
- un météorisme abdominal (10 cas),
- une masse tumorale irrégulière, mal limitée au niveau de la fosse iliaque droite
dans 9 cas,
- une hépatomégalie dans 4 cas,
~ des nodules péritonéaux chez 3 malades,
- et un ganglion de Troisier chez un parient.
6'i

h) '1 'ah/ea1lx parac/i/1lquè.\':

a) Examens à visée dwgn{)Sfiq1le:

- Le lavement baryté a été pratiqué chez 20 patients (50%). Il a pennis de


suspecter l'existence d'une tumeur maligne. Ainsi, il a été noté des images lacunaires
et d'ulcérations constantes et fixes sur tous les clichés chez 9 malades.
Le lavement baryté a pennis aussi de préciser le siège de la hlmeur.

- La coloscopie a été pratiquée chez 11 patients (27,5%) ; elle a révélé:


- 2 tumeurs bourgeonnantes caeco-appendiculaires,
- 2 polypes semi-pédiculés dégénérés de siège caecal,
- 2 tumeurs ulcéro-bourgeonnantes de l'angle colique droit,
- 2 tumeurs infiltrantes plus ou moins sténosantes de l'angle colique
gauche,

13) Bi/an d'extension :

- L'échographie abdominale a été pratiquée chez [4 patients (35%), elle a


permis de noter des métastases hépatiques dans 4 cas, une masse intl'a-abdominale
dans 3 cas et des images d' invagination intestinale chez 3 patients.
- La radiographie pulmonaire a été pratiquée chez 37 patients (92,5%) et a été
normale dans tous les cas.
- L'urographie illtl'aveineuse (UrV) pratiquée chez 2 patients n'a révélé aucune
anomalie.
- La radiographie de l'abdomen sans préparation (ASP) pratiquée en urgence
chez 10 patients a pennis de noter des niveaux hydro-aériques et une distension
gazeuse importante du cadre colique (aérocolie) dans 7 cas.

y) }ji/an préopératoire:

- La numération fonnule sanguine (NFS) a été pratiquée chez tous les


patients.
Vin6rt-huit patients (70%) avaient un taux d'hémoglobine inférieur à 8 g / dl.
- La vitesse de sédimentation à la première heure était accélérée dans 30 cas
(75%).
- Les autres examens pratiqués ont été: azotémje, gJycémie, albumine, sucre,
temps de saignement, temps de coagulation, électrocardiogramme. Les résultats
étaient revenus à des valeurs sub-nonnales.
66

ft) l,es aspects anatonwpal"%giques:


a) /Je siège:
Le tableau XV indique le siège de la tumeur sur le côlon.
Tableau XV : Répartition des cancers selon la localisation sur le cadre colique.

Localisation Nombre de cas Pourcentage %


Caecum 14 35%
Côlon ascendant + angle colique droit 6 15%
Angle colique gauche + côlon 11 27,5%
descendant
Sigmoïde 9 22,5%
Total 40 100%

La localisation caecale a été la plus fréquente (14 cas) .

13) Les aspects macroscopiques:


Les aspects macroscopiques sont résumés dans le tableau XVI.

Tableau XVI: Répartition des cancers selon l'aspect macroscopique.

Aspect macroscopique Nombre de cas Pourcentage %


Bourgeonnant 13 32,5
Ulcéro-bourgeonnant 11 27,5
Infi Itrant et ulcéro-infiltrant 7 17,5
Sténosant 7 17,5
Polype 2 5
Total 40 100%

Les aspects macroscopiques les plus fréquemment rencontrés ont été [es
fonnes bourgeonnantes et ulcéra-bourgeonnantes : 24 cas soient 60%.

y)Le type histologique:


Les différents types histologiques rencontrés sont résumés dans le tableau XVII.
Tableau XVII: Répartition des cancers selon le type histologique.

Type histologique Nombre de cas Pourcentage %


Adénocarcinome 33 82,5
lieberkunien
Adénocarcinome colloïde 2 5
muqueux
Carcinome indifférencié 1 2,5
Carcinome in situ 1 2,5
Angiosarcome l 2,5
Lymphome 2 5
Total 40 100%
Les adénocarcJnomes ont représenté 92,5% des types hIstologIques.
67

i) Traitement el ré.mltats:

a) Les circonstances de l'intervention :


Une préparation générale a été pratiquée dans tous les cas et a consisté en une
conection des troubles hydro-électrolytiques et de l'anémie .
Vingt-sept (27) patients ont été opérés à froid après une préparation colique et
dix (10) l'ont été en urgence.

p)La préparation colique:


La préparation colique a été faite de la manière suivante:
- un régime sans résidu pendant toute la semaine qui précédait l'intervention,
- une administration de laxatifs doux à type d'huile de paraffine,
- des lavements évacuateurs pendant les quarante-huit demi ères heures et le
matin de J'intervention,
une administration d'antiseptiques et d'antibiotiques intestinaux :
métronidazole comprimés 250 mg (2 comprimés, deux fois par jour), de la
néomycinc* comprimés (1 comprimé deux fois par jour) pendant Hne semaine.

y) Les types d'intervention :


L'intervention [Link] a été pratiquée chez 37 patients (92,50%).
Une abstention d'opérer a été décidée chez 3 malades.
Les types d'interventions réalisées sont résumés dans le tableau XVIII.

Tableau XVIH : Répartition des patients seloll le type d'intervention pratiquée.

Type d'intervention Nombre de Pourcentage %


cas
I-lémicolectomie droite avec anastomose iléo-transverse 16 43,24
Hémicolectomie droite segmentaire avec anastomose 4 10,82
il éo-transverse
Hémicolectomie gauche avec anastomose colo-rectale \0 27,03
Sigmoïdectomie avec anastomose colorectale 5 13,51
CoJectornje transverse avec anastomose termino- 1 2,70
tenninale
Colostomie définitive (anus iliaque) 1 2,70
Total 37 100%

L'hémicolectomie droite a été la plus pratiquée 20 cas (54,06%).

d) Les suites opératoires:


Dans les suites opératoires immédiates nous avons noté 3 décès (8,10%); ces
décès sont swvenus chez des malades très cachectiques.
Chez les autres patients, les suites opératoires ont été simples.
La durée moyenne d'hospitalisation a été de 32 jours avec des extrêmes de 10
et 48 jours.
c- Les cancers du rectum:

1) La fréquence des cancers du rectum:

En 6 ans et demi, il a été recensé au CHNYO, 12 cas de cancers du rectum .


Ces cancers ont représenté 1,12% des tumeurs malignes, 3,33% des cancers
digestifs et 8,45% des cancers du tube digestif.
L'incidence moyenne a été de 2 cas par an.

2) te ,\'exe:

Les patients se répartissaient en 7 hommes et 5 femmes .


Le sex-ratio a été de 1A hommes pour une femme .

3) L'âge:

L'âge moyen des patients a été de 40 ans: les extrêmes ont été 18 et 66 ans.

4) IJe~.. conditions !»odo-économiques:

Neuf (9) patients étaient des paysans de condition socio-économique modeste.

S) Le diagnostic:

a) Tableaux cliniques:

- Les principales manifestations cliniques ont été:


- une rectorragie dans 6 cas (50%),
- des troubles du transit: diarrhée, constipation ou alternance des deux
dans 4 cas (33,33%),
- des manifestations douloureuses à type de ténesme et épreintes dans 4
cas .

- Le délai moyen de consultation a été de 17 mois avec des extrêmes de 4 mois


et 5 ans.

- L'examen clinique a noté ulle altération de l'état général chez 9 patients et


une anémie clinique chez 6 patients.
Le toucher rectal pratiqué dans tous les cas a pennis d'apprécier les
caractéristiques de la tumeur (taille, siège, mobilité, aspect).
Une tuméfaction dure et douloureuse saignant au contact était perceptible chez
8 malades.
69

b) /~'xamens paracfiniques:

a) Examens à visée diagnostique :

- Le lavement baryté pratiqué chez 2 patients a pennis de noter une tumem


ano-rectale.
- La rectoscopie pratiquée dans 7 cas a pennis de voir la tumeur, son siège, ses
aspects macroscopiques et d'effectuer des biopsies .
Une rectite érytémateuse ulcérée a été notée chez 2 patients et une tumeur ano-
rectale ulcéro-végétante chez 4 patients. Un cas de polype a été noté.

fJ) Ri/an d'exlension :

L'échographie abdominale pral"Îquée chez tous les patients a penois de noter 4


cas de métastases hépatiques.
La radiographie pulmonaire dans tous les cas a été nonnale .
L'urographie intTa-veineuse (UIV) pratiquée dans 4 cas n'a pas révélé
d'anomalie.

6) I-e.'· a,'pects anatomopatl/Ologiques:

a) /Je siège:

Le cancer était ampulaire et sus ampulaire dans 9 cas et ano-rectal dans 3 cas.

b) Les Œ'\pects macroscopiques:

Les fonnes [Link] ont été rencontrées dans 7 cas et les fonnes
bourgeonnantes et ulcéra-bourgeonnantes dans 5 cas.

c) Les types histologiques:

L'adénocarcinome a été observé dans 9 cas, le carcinome peu différencié chez


2 patients et le lymphome de type MALT dans un cas.
70

7) Traitement et ré.\·ultats:

Une réanimation a été nécessaire. Elle a consisté il la pose d'une voie veineuse
pour la correction de l'anémie et des troubles hydro-électrolytiques.
Une préparation colique a été pratiquée avant l' intervention.

Le traitement chirurgical a consisté à:


- une colostornie iliaque gauche dans 5 cas,
- une amputation abdominopérinéale avec colostomie iliaque gauche définitive
chez 3 patients.
Une abstention d'opérer a été décidée chez 4 malades.
Les suites opératoires immédiates ont été marquées par une suppuration de la
plaie opératoire chez 2 patients.
La durée moyenne d'hospitalisation a été de 38 jours avec des extrêmes de ] 4
et 50 jours.
71

0- Les cancers de l'intestin grêle:

1) La fréquence des cancer. .· de l'intestin grêle:


Au cours de la période d'étude, 8 cancers de l'intestin grêle ont été enregistrés;
ils ont représenté 5,63% des cancers du tube digestif, 2,22% des cancers digestifs et
0,74% des tumeurs malignes.
L'incidence moyenne a été de 1 cas par an.

2) '~e sexe et l'âge:


Les malades se répartissaient en 6 hommes et 2 femmes.
Le sex-ratio a été de 3 honunes pour une femme.
L'âge moyen des patients a été de 43 ans avec des extrêmes de II et 65 ans.

3) Le." conditions socio-économiques:


Tous les patients étaient de condition socio-économique modeste.

a) 'j'ab/eaux cliniques:
Les circonstances de découverte ont été des manifestations cliniques aiguës .
Quatre patients ont été reçus en urgence pour des douleurs abdominales,
vomissements alimentaires et an-êt des matières et des gaz (occlusion intestinale
aiguë) .
Une crise douloureuse abdominale avec nausée, anêt des gaz, distension
abdominale localisée, le tout cédant en quelques heures au milieu d'une débâcle
dianhéique a été observee chez 4 patients (syndrome de Koenig); la répétition de
ces crises a motivé les patients à consulter.

b) Examens parae/iniques:
La radiographie de l'abdomen sans préparation (ASP) a été demandée chez
tous les patients; elle a montré des images caractéristiques d'une occlusion du grêle
(distension gazeuse avec des niveaux hydro-aériques du grêle) dans 4 cas.

Deux cas de métastases hépatiques ont été notés à l'échographie abdominale.


Le transit du grêle a été demandé chez 2 malades et a montré une tumeur
végétante située à 15 cm de la jonction iléo-caecale; dans l'autre cas, la tumeur était
ulcéro-Înfiltrante et située à 40 cm de la jonction jléo-caecale.
La coloscopie a été demandée chez 4 malades; elle a pennis de noter 2
tumeurs ulcéro-bourgeonnantes situées respectivement à 10 et à 20 cm de la
jonction iléo-caecale.
Des biopsies ont été pratiquées.

Les examens biologiques suivants: groupe sanguin-rhésus, NFS- VS, azotémie,


glycémie ont été demandés dans le cadre d'un bilan pré-opératoire. Les résultats
étaient nonnaux.
5) Les [Link].... allat()mOpatI101()~iques:

a) I,e siège:

En per-opératoire, six tumeurs étaient localisées au niveau de ['iléon terminal


et 2 au niveau du jéjunum.

b) [Link] aspecls macroscopiques:

L'examen macroscopique des pièces opératoires a montre six tumeurs ulcéro-


bourgeonnantes et 2 tumeurs infi ltrantes.

c) l,es Iypes hislO/oglques:

Une nette prédominance des lymphomes a été notée (6 cas dont 2 de type
Iymphoblastique, 2 de type lymphocytique et 2 de type Iymphoplasmocytoïde)
contre 2 cas d'adénocarcinome.

6) Traitement et résultats:

Un traitement médical a été entrepris dans tous les cas et a consisté à la


cOlTectÎon des troubles hydroélectTolytiques et de l'anémie.

Le traitement chimrgicaJ a été pratiqué chez tous les patients. Il a consisté en


une résection intestinale large, suivie d'une anastomose tennino-terminale.

Sur le plan évolutif, un patient est décédé au troisième jour poslOpéraloire. Il


présentait de volumineuses adénopathies mésentériques en per-opéraLoire et un
envahissement gangliorulaire à l'examen histologique.
Dans les autres cas, les suites opératoires immédiates ont été simples.

La durée moyenne d'hospitalisation a été de 30 jours avec des extrêmes de 20


et 45 jours.
E- Les cancers de l'oesophage:

1) Lafréquence des cancers de l'oesophage:


Sept cas de cancers de l'oesophage ont été recensés pendant noh'e période
d'étude. Ils ont représenté 4,92% des cancers du tube digestif, 1,94% des cancers
digestifs et 0,65% des tumeurs malignes. L'incidence moyenne a été de 1 cas par an.

2) Le se--œ:
Tous les patients étaient de sexe masculin.

3) L'âge:
L'âge moyen a été de 57,14 ans avec des extrêmes de 35 et 78 ans.

4) IJes conditions socio-économiques et mode de vie:


Cinq patients étaient des paysans de condition socio-économique modeste.
Une notion d'éthylisme a été notée dans tous les cas; le tabagisme a été noté
chez 5 patients. Les prises ont été quotidiennes; les quantités journalières n'ont pas
été précisées.

5) Le délai de consultation:

Le délai moyen a été de 10 mois avec des extrêmes de 5 mois et 3 ans.

6) Le diagnostic:

a) Tableaux cliniques:

Tous les patients ont été reçus dans lin tableau de dysphagie pennanente et
progressive accompagnée de vomissements, de régurgitations.
Une altération de l'état général et un état de dénutrition ont été notés dans tous les
cas.
b) Examens paracliniques:
a) Lxamens à visee diagnostlqlle:
La fibroscopie digestive haute demandée dans tous les cas a pennis de décrire
les aspects macroscopiques de la tumeur, de préciser son siège, et de faire des
biopsies.
Des lésions ulcéro-bourgeonnantes et ulcéro-Înfiltrantes saignant au contact ont été
retrouvées chez 6 patients. Un aspect nodulaire a été noté dans un cas.
Le transit oeso-gastro-duodénal (TOGO) pratiqué chez 4 patients a permis de
noter l'étendue de la tumeur et le degré de la sténose. Ainsi une image de sténose
Î1Tégulière, excentrée, constante sur tous les clichés a été notée dans tous les cas.
{3) Bilan d'ex/ension:
Un cas de métastase hépatique a été noté à l'échographie abdominale.
La radiographie pulmonaire a pennis de noter des métastases pulmonaires dans
2 cas.
74

7) Le.'- aspects anatomopat/w/ogiques:

La tumeur siégeait au 1/3 inférieur de l'oesophage dans 6 cas et au 1/3 moyen


dans 1 cas.

Les aspects ulcéro-bourgeonnants ont été rencontTés dans 3 cas, les aspects
ulcéro-infiltrants dans 3 cas et l'aspect nodulaire dans un cas .

Le carcinome épidennoïde a été observé dans 5 cas et le lymphome dans 2 cas .

8) Traitement:

L'intervention chirurgicale a été récusée à cause de l'état cachectique de nos


patients.
Les patients ont bénéficié d'un traitement symplornatiClue : reéClllÏlibration hydro-
élech·olytique. cOITection de l'anemie, prescription d'antalgiques et d'antibio(iques.
Les malades sont sortis à la demande des parents.
La durée moyenne d'hospitalisation a été de 20 jours avec des eXh-êmes de 7 et
24 jours.
7S

F- Les cancers de ,'anus:

1) Lafréquence des cancers de l'anus:

En 6 ans et demi, 7 cancers de l'anus ont été recensés au CHNYO. Ils ont
représenté 4,92% des cancers du tube digestif, 1,94% des cancers digestifs et 0,65%
des tumeurs malignes. L ïncidence moyenne a été de un cas par an .

2) IJe .'\exe et l'âge:

Nos patients se répartissaient en 4 hommes et 3 femmes.


Le sex-ratio a été de 1,33 hommes pour une femme .
L'âge moyen des patients a été de 52 ans avec des extrêmes de JI et 74 ans.

3) Les conditions socio-économiques, facteurs favorisants:

Cinq patients étaient de condition socio-économique modeste.


Des lésions condylornateuses ont été notées chez 2 malades.
Des antécédents d'hémorroïdes ont été observés chez 4 patients .

4) Le diagnostic:

a) Aspects cliniqlles :

Trois patients ont consulté pour des écoulements sanguinolents mêlés aux
selles, 3 pour tuméfaction anale; un patient a consulté pour une altération de l'état
général et une toux chronique.
Le délai moyen de consultation a été de 27 mois et demi avec des extrêmes de
12 mois et 7 ans.
L'examen clinique a noté une altération de l'état général chez tOllS les patients,
ulle hépatomégalie (1 cas), un ganglion de Troisier (1 cas).
Le tOllcher rectal, a permis de noter les caractères de la tumeur (siège, taille. aspect) .
A l' inspection de la marge anale, la tumeur était visible dans 3 cas.
Le toucller rectal a été très douloureux dans tOllS les cas. Une tumeur d' aspect
bourgeonnant et induré ét;\it perçue chez 5 patients; le doigtier était souillé de traces
de sang.

b) l,es examens complémentaires:


L'anorectoscopie a été pratiquée chez 2 patients. Elle a pennis de décrire les
aspects de la tumeur et de faire des biopsies . Dans un cas la rumeur était ulcéro-
bourgeonnante et dans l'autre cas ulcéro-infiltrante et saignait au contact.
La radiographie pulmonaire demandée dans tous les cas a noté un cas de
métastases pulmonaires.
L'échographie hépatique chez tous les patients a révélé un cas de métastase
hépatique.
76

5) 'Jes aspects anatonwpat/zologique,liO:

Toutes les tumeurs siégeaient au niveau du canal anal.

Les aspects ulcéro-bourgeonnants ont été rencontrés dans 4 cas et les aspects
ulcéro-infiltrants dans 3 cas.

L'adénocarcinome a été noté dans tous les cas.

6) Traitement:

Aucun patient n'a été opéré.


La colostomie définitive a été refusée par les malades et les parents.
Les malades sont sortis à la demande des parents.
La durée moyenne d'hospitalisation a été de 19 jours (les extrêmes étant 14 et
30 jours).
77

DISCUSSION
LlMITES ET CONTRAINTES DE L'ETUDE

L'étude menée sur les cancers du tube digestif au CHN YO s'est révélée assez
difficile, compte tenu de cel1ains aspects inhérents à la qualité de la banque de
données (dossiers mal tenus, renseignements insuffisants).
Nous n'avons pu retenir que 142 dossiers sur 220 sur lesquels se sont portées
nos investigations. Nous sommes conscients des problèmes de biais liés à U11e telle
étude. Néanmoins, l'analyse des 142 dossiers nous pennet d'avoir un aperçu de la
pathologie tumorale digestive au CHNYO.
79

ETUDE GLOBALE:

Les aspects épidémiologiques:

a) Fréqllence:
Les cancers du tube digestif(142 cas) recensés en 6 ans et 1/2, de Janvier 1990
à Juin 1996 au CHNYO de Ouagadougou, ont représenté 13,28% de l'ensemble des
cancers.
L' importance des CTO a été signalée ailleurs en Afrique. Ainsi, ASSOHOUN
[5], CORNET [30] à Abidjan et TRAORE [1 19] à Ouagadougou ont noté
respectivement une fréquence de 6,07%, 6,07% et 9,6% de l'ensemble des tumeurs
malignes.
Dans notre série il y a un accroissement progressi f des CTD avec une
incidence moyenne de 22 cas par ail.
Notre incidence est supérieure à celle de TRAORE [119]:12 cas mais
inférieure il celle de ASSOHOUN [5] el de CORNET [JO]: 36 cas et de PEGHINI
[96]: 62 cas.
Cette incidence des CTD est en nette progression dans notre pays et dans la
plupa'1 des pays africains.
L'importance des cro au Burkina pourrait s'expliquer par:
- l'amél ioration des méthodes diagnostiques,
- la volonté des praticiens de poser un djagnostic certain,
- l'existence actuelle au CHNYO de laboratoire d'anatomie pathologique,
- la présence dans notre milieu de facteurs prédisposants (Jesions
précancéreuses et de facteurs alimentaires).
L'augmentation de fréquence serajt également en partie dlle à la croissance de
la population, à une plus grande fréquentation des struchlres sanitaires et une
amélioration de la couverture sanitaire du pays.

b) Le sexe:
Une prédominance masculine a été notée dans notre série avec un sex-ratio de
2.55 hommes pour une femme.
Cette prédominance masculine est classique et retrouvée par la plupal1 des
auteurs [5,30,65,96,119].
Ainsi CORNET [30] en Côte-d'Ivoire. TRAORE fll9] au Burkina-Faso.
PEGHfNI [96] au Sénégal et KADENDE [65] au Burundi ont noté respectivement
un sex-ratio de: 2: 2,25; 2,30 et 3,20 hommes pour une femme.
NDJITOY AP [84] au Cameroun a signalé que la différence entre les sexes
poulTait s'expliquer par un accès plus facile aux soins des hommes gui ont
généralement plus de moyens.
RO

c) Câge:
L'âge moyen de nos patients a été de 51 ans avec des extrêmes de 1 J et 80 ans.
Environ 3 patients sur 4 (73 ,23%) avaient moins de 60 ans.
Nos résultats sont identiques à ceux de nombreux auteurs aflicains
[5 ,30.65 ,96, 119]. AInsi:
- au Burkina-Faso, sur une série de 97 cas, TRAORE (1 19) a note un âge
moyen de 52 ans avec des extrêmes de 13 ans et 80 ans; 58,76% des patients avaient
plus de 40 ans .
- en Côte-d'Ivoire, ASSOHOUN [5] et CORNET [30] ont noté que le
maximum de fréquence se situe entre 30 et 69 ans et ont relevé une prédominance
en(Te 40 et 59 ans,
- au Sénégal, PEGHINI [96] a noté Ull âge moyen de 50 ans.
L'âge moyen de nos patients est inrérieur à ceux d'Europe où ils oscillent entre
60 et 70 ans [15,36,441.
En fait, l'âge jeune de nos patients poulTait s'expliquer d' une part. par la
situation démogTaphique générale du Burkina, constituée essentiellement d'une
population jeune et d'autre part, par l'espérance de vie relativement coulie en
Afrique.
Selon ASSOHOUN [5] et ATTIA [8] l'incidence des CTD est plus faible en
Aflique qu'en Europe à cause de l'espérance de vie relativement basse en Afrique.

d) Répartition segmentaire:
Dans notre série, les localisations gastrique et colique ont été les plus
fréquentes avec respectivement 68 (47,88%) et 40 cas (28,16%) .
La prédominance gastrique des CTD a été retrouvée par la plupart des auteurs
africains [5,30,65,89,96,119].
Ainsi :
- au Burkina-Faso, TRAORE [119] II noté 47 cas de cancers gllstriques
sur une série de 97 CTD (48,45%),
- en Côte-d'Ivoire, ASSOHOUN [5] et CORNET [30] ont noté une
prédominance des cancers gastriques (53,19% des CTO),
- au Sénégal, PEGHINI (96] sur une série de 314 CTO relève 170
cancers gastriques (54,14% des CTD).
L'impOJ1anCe du cancer de l'estomac dans notre pays et ailleurs en Afrique,
semble essentiellement liée à une modification des comportements alimentaires.
1)1

ETUDE ANALYTIQUE:

1) LES CANCERS DE L'ESTOMAC:


A- Aspects épidémiologiques des cancers gastriques:
a) Fréquence :
En 6 ans et demi, 6R cancers de l'estomac sur 142 CTD ont été recensés au
CHNYO. Ils ont représenté 47,88% des cancers du tube digestif.
Ils occupent le premier rang des cancers du tube digestif.
La prédominance du cancer gastrique a déjà été signalée dans notre pays et par
de nombreux auteurs africains. Ainsi, TRAORE [119] au Burkina-Faso, CORNET
[30] en Côte-d'Ivoire et PEGHINI [96] au Sénégal ont noté des fréquences
respectives de: 48,45%, 53,19% et 54,14% des CTD.
L'incidence moyelUle dans notre étude a été de 10 cas par an .
Elle est nettement supérieure à celle de TRAORE [1 19] à Ouagadougou avec
une incidence d'environ 6 cas par an.
Par contre, elle est inférieure à celles obselvées par la plupart des auteurs
africains. Ainsi YANGNI [122], ASSOHOUN [5], CORNET [JO] en Côte-d'Ivoire
et PEGHfNT [96] au Sénégal ont noté respectivement une incidence de: 12,2; 19,44
ct 34 cas par an . OLU [90] et MERWE cité par PEGHINJ [96] ont noté
respectivement 57 cas de cancers gastriques en 3 ans au Nigeria et 1 ) 5 cas en 10 ails
chez le noir sud aflicain dans un hôpital de Pretoria.
Nos données sont contraires à celles d'Europe où l'incidence li
considérablement diminué [2,9,36,48,59,71,104, J 12].
L'importance du cancer de l'estomac dans notre pays et selon la plupart des auteurs
africains [5,30,96,119] est liée au régime alimentaire d'une part et à l'existence de
lésions précancéreuses d'autre part.
Le régime alimentaire le plus répandu dans nos savanes est hyperglucidique,
hypercalorique et hypoprotidique .
Un tel régime est capable d'induire une gastrite atrophique et de diminuer les
capacités de défense de la muqueuse gastTique à l'égard des carcinogènes
alimentaires [5,30,48,58,59,96,104,112,119].
Les nitrates présents dans l'eau, les céréales cuites et les poissons fumés ou séchés
[29,55, 104, 112] sont t'rans fOlmés en ni tri tes, SOllS l' acti on des bactéries [J 04, 112].
Dans l'estomac, les nitrites par action sur les amines secondaires fonnent les
nitrosamines dont on connaît Je pouvoir oncogène chez l'animal [5,) 12] .
On incrimine aussi la potasse alimentaire, agressive pour l'oesophage et l'estomac, la
mauvaise conservation des aliments par défaut de réfrigération, la fOlie
consommation de sel qui irrite la muqueuse gastrique [30,48,1 12,1 19].
La consommation en grande quantité de poisson séché ou fumé, salé ou non,
dans nos régions est la règle; cette pratique est incriminée au Mali et au Japon
[30,55 , 1 19].
Par contre, la conservation par le froid est lin facteur expliquant la baisse de
l'incidence du cancer gastrique dans les pays industrialisés [48,65,119]. La
fréquence du cancer gastlique est élevée dans les régions où la nourriture est
conservée à la température ambiante [112] .
X2

En milieu urbain africain, nOlis pOUtTOns espérer que la raréfaction de la


conservation des aliments par le sel et la fumée et la banalisation de la conservation
par le froid au cours des années à venir pennettront de constater une diminution
sensible de l'incidence de ce cancer .
b) Le sexe:
Une prédominance masculine a été notée dans notre série avec un sex-ratio de
2,4 hommes pour une femme.
Cette prédominance masculine est classique et retrouvée par de nombreux
auteurs [5,30,55,65,96,119]. Ainsi, les sex-ratio suivants ont été notés:
- 3/ l à Ouagadougou par TRAORE [119],
- 2/ 1 à Dakar par PEGHINI [96],
- 1.6/ 1 à Bujumbura par KARA YUBA [66],
- et 1,43/ 1 à Cotonou par BAGNAN (14].
Dans la plupart des pays ellropéens dont la France, le sex-ratio est proche de 2
[109,112].
Nous n'avons pas trouvé d'explication pour cette prédominance masculine.
Mais pourrait-on expliquer cette différence par le fait que les hommes soient plus
alcooliques et fumeurs que les femmes dans notre milieu?
c) L'âge:
Dans notre série, l'âge moyen a été de 54 ans et 83,82% des patients ont plus
de 40 ans.
TRAORE [119] à Ouagadougou a noté un âge moyen de 48 ans.
[1 est de 51,51 ans au Mali [29],53 ans au Nigéria ainsi qu',lU Sénégal [90,96], 55,1
ans au Burundi [65), et 56 ans au Bénin [14].
Dans les pays occidentaux et pariicu[ièrement en France, l'âge moyen au moment du
diagnostic est de 70 ans [104 , 1 12].
L'âge jeune de nos patients poulTait s"expliquer essentiellement par le
caractère jeune de notre population et l'espérance de vie relativement basse en
Afrique.
d) Niveau socio-économique:
92,64% de nos patients sont d'w1 niveau socio-économique modeste.
KADENDE [65], BAGNAN [14], KARA YU BA [66] ont noté respectivement que
92%, 80,94% et 69% de leurs patients étaient de faible niveau socio-économique.
De nombreux auteurs [65,96,109, 112] ont constaté que les classes les plus
démunies sont la cible préférentielle du cancer de l'estomac. Selon HOERN l [109]
[e risque de cancer de l'estomac est 2 à 3 fois plus élevé dans les classes sociales
défavorisées Clue dans les classes sociales ai sces. En effet les di fférentes hypothèses
en faveur du rôle de l'alimentation comme facteur de risque dans le développement
du cancer de l'estomac sont réunies dans cette population ayant un reg/me
alimentaire hyperglucidique, hypoprotidique pauvre en fruits et légumes et une
conservation défectueuse des aliments .
76,47% des patients dans natTe série ont des antécédents d'éthylisme et
61,76% des antécédents de tabagisme .
ASSOHOUN [5] et CORNET [30] ont noté simultanément 18,42% d'éthylisme et
de tabagisme.
KADENDE [65] a relevé Clue 55% de ses patients avaient des antécédents éthylo~
tabagiques.
Certains auteurs [5,79,109], affirment Clue l'alcool et le tabac constitllent des
facteurs de risque du cancer de l'oesophage et de l'estomac.

e) GrrJllpe sanguin A HO:


Dans notre série, les groupes sangllins 0 et A Ol1t été prédominants avec des
fréquences respectives de 47,06% et 42,65%.
ASSOHOUN [5] en Côte-d'Ivoire a relevé gue 20,55% et 56,16% des malades
appartenaient respectivement aux groupes sanguins A et O.
Selon SEGOL [lI2], les sujets du groupe A ont 10 à 20% plus de risque d'avoir un
cancer de l'estomac que les sujets des autres groupes sanguins.
La majorité des auteurs a trouvé davantage de cancers gastriques chez les sujets de
groupe sanguin A Clue chez cellx des autres groupes. Mais il semble Clue ce fait n'est
pas spécial au cancer gastrique puisqu'il se retrouve dans tous les cancers digestifs,
dans la polypose, ainsi Clue dans la maladie de Bienner [109,1 12] .

B- Diagnostic:
Les formes vues tardivement ont été les plus fréquentes. Trente-deux patients
(47,06%) ont été reçus dans un tableau de sténose du pylore.
Le délai de consultation a varié de 3 mois à 6 ans avec un délai moyen de 38 mois.
Ce retard diagnostique a été déploré par de nombreux auteurs africains.
Ainsi , KADENDE [65] a trouvé un délai moyen de consultation de 34,6 mois et
chez 67 ,6% des patients le diagnostic a été fait après 2 ans.
BAGNAN [14] a noté que 37,26% des patients n'ont eu recours à la médecine
moderne qu'après 1 ail, voire 3 ans d'évolution.
CORNET [30] a relevé que plus de 50% de ses malades avaient un délai de
consultation superieur à 1 an; quant à KARA YUBA [66] le délai de consultation a
été de 5, 1 mois .
Ce retard diagnostique est également signalé ailleurs dans les pays occidentaux
avec lin délai moyen de consultation de 6 mois [109,1 12].
L'apparente banalité des symptômes qui n'inquiètent pas le patient expliCluerait en
partie ce retard diagnostique.
En Afrique, celui-ci serait dû d'une part aux traitements traditionnels de
première intention et d'autre part à la banalité des symptômes (épigastTalgies)
rattachés le plus souvent à une parasitose intestinale ou à une crise ulcéreuse .
Le contexte sanitaire, socio-culturel et économique africain peut contribuer à
retarder le diagnostic et la prise en charge .
Les preceptes de la médecine occidentale s'opposent dans nos pays à la tendance au
fatalisme, à la superstition, à l'illétrisme. Ainsi, l'hématémèse et le méléna peuvent
être interprétés comme des signes «d'envoütements», un mauvais sort ou de la
sorcellerie. Il est souvent donc fait appel au guérisseur. Ce dernier trouvera une
explication à la maladie et dictera les sacrifices à faire avant de presclire les
médicaments traditionnels à administrer. Ce n'est qu'après l'échec de ces
prescriptions que Je patient on les parents se résoudront à consulter dans un centre
de santé. De même, les médicaments, produits importés et surtout l'absence de
sécurité sociale et la dévaluation du franc CFA, rendent ceux-ci inaccessibles .
Le retard diagnostique pounait s'expliquer egalell1ent par l'inaccessibilité aux
examens complementaires à visée diagnostique (l'endoscopie digestive) de la
population cible du cancer de l'estomac.

c- Aspects anatomopathologiques:
La localisation antro-pylorique a été la plus fréquente (75%).
Cette localisation gastrique des cancers est retrouvée ai lieurs en Afrique
[30,65.1 19] .
Ainsi. TRAORE [119], CORNET [30], BAGNAN {14], CISSE [29], KADENDE
[65] et KARAYUBA [66) ont noté respectivement 76,59,74; 61,9; 61: 54 et
47,72% dans cette localisation.
Par contre, dans la plupart des pays d'Europe et d'Amérique du Nord, l'incidence
du cancer de l'estomac de localisation antropylorique diminue [59,112].
Les fonnes ulcéra-bourgeonnantes et ulcéro-infiltrantes ont représenté 94, 12%
des cas. Au Burundi, KADENDE [65] a noté 83% de formes ulcéro-végétantes et
ulcéro-infiItTantes; BAGNAN [14] a relevé respectivement 6 et 7 cas de fonnes
végétante et ulcérée sur 11 cas.
Sur le plan histologique, la prédominance de l'adénocarcinome (85,30%) a été
notée. Cette prédominance est classique et a été retTOuvée ai lieurs en Afrique et
dans le monde. Ainsi, CORNET [30] en Côte-d'Ivoire, PEGHfNI [96] au Sénégal,
KADENDE [65] au Burundi, CISSE [29] au Mali et BAGNAN [14] au Bénin ont
noté des fréquences respectives de: 94,5; 93 ,52; 78 ; 77,59 et 60%.
Dans 90% des cas, les cancers gastriques se développent aux dépens de l'épithélium
glandulaire expliquant ainsi la prédominance des adénocarcinomes [48,104,109].
Les lymphomes représentent 4,41 % des cas dans notre série.
Au Sénégal, PEGHIN( [96] a noté 5,8% de cas de lymphomes .
De façon générale, les lymphomes malins non hodgkiniens gastriques représentent
1~ 8% des cancers gastriques [48].
Aucun cancer gastrique de noh'C série n'a été découvelt chez des malades
porteurs d'une gastrite chronique, d'une maladie de Bienner ou de Ménétrier. Quatre
cas de polypes gastriques dégénérés ont été notés;
35,29% des patients avaient des antécédents d'épigash'algies rythmées par les repas .
La survenue d\m cancer au cours de l'évolution d'un ulcère chronique de l'estomac
est discutée. Néanmoins, il a été signalé que la fréquence de l'ulcéro-cancer dans
une population d'ulcères gastriques suivis cliniquement varie de 1 à 8% selon les
séries [112]. L'association très fréquente de la maladie ulcéreuse gastrique à L1ne
gastrite chronique est sans doute responsable de ce risque accru de cancer et il faut
noter que le cancer peut se révéler sur une cicatrice d'un ulcère apparemment guéri
[1 12].
D- Aspects thérapeutiques:
La chirurgie a été notre seul recours thérapeutique. Les autres méthodes
thérapeutiques (chimiothérapie, radiothérapie, immunothérapie) n'ont pas été
pratiquees.
Le taux d'opérabilité a été de 86,76%.
BAGNAN [14] au Bénin, KARA YUBA [66J au Burundi, CORNET [30] en Côte-
d'Ivoire et HJLLON [109) en France ont noté respectivement des taux d'opérabilité
de : 82)5; 75,4; 7\ et 63,3%.
Le taux de résécabilité a été très faible dans notre série (44,06%).
Nos taux sont inférieurs à ceux de CORN ET [30J, HILLON [1 09J et de
KARA YUBA [66] qui ont noté respectivement des taux de résécabilité de 46, 48,7
et 54,7% et identique à celui de BAGNAN [14] au Bénin qui a noté un taux de
42 ,85%.
Le diagnostic tardif expliquerait ell partie ce faible taux de résécabilité des cancers
gastriClues dans notre série.
NOLIS avons noté 5 décès sur 59 malades opérés soit un taux de Illolialité
opératoire de 8,47%. Cette forte morlalité consUltée dans notre série a été notée
ailleurs en Afrique et dans le monde. BAGNAN [14] au Bénin et KARA YUBA [66]
au Burundi ont noté respectivement un taux de mortalité opé[Link] de 33,33% et
7,8%. En France, la mortalité post-opératoire varie entre 10 et 15% [112].
Dans notre série, cette forte mortalité est survenue chez des malades en très mauvais
état général et dénutris.
2) LES CANCERS OU COLON:

A- Aspects épidémiologiques:
a) Lalréquence:
Les cancers du côlon diagnostiqués au CHNYO pendant notre période d'étude
(40 cas) ont représenté 28,16% des CTD et 3,74% de l'ensemble des cancers.
Ils occupent le deuxième rang des tumeu(s malignes du tube dlgestif après les
cancers gastriques.
Nos résultats sont supélieurs à ceux de OUEDRAOGO [92] et TRAORE [1 19]
qui ont noté respectivement 16,9% des CTD, 2,2% des tumeurs malignes et 25,77%
des CTD, 2,47% des tumeurs malignes.
Ils sont identiques aux résultats observés dans la plupalt des pays africains.
Ainsi, en Côte-d'Ivoire SOUBEYRAND [115] et ASSOHOUN [5] signalent que la
fréquence des cancers coliques varie entre 2 et 2,5% des tumeurs malignes; 14,89%
et 26,31 % des CID. Ils occupent également le deuxième rang des cancers du tube
digestlf après les cancers gastriques.
CORNET [30] et ATTIA [8] notent que les cancers coliques ont représenté
respectivement 0,9% et 2% des tumeurs malignes.
Au Burundi, les cancers recto-coliques représentent 3,7% de l'ensemble des cancers.
Au Sénégal, PEGHINI [96] a relevé une fréquence de 22,6\ % des CTD et a conclu
que le cancer cola-rectal était loin d'être rare dans son pays.
Au Cameroun, la fréquence des cancers recto-coliques est estimée à 3% de
l'ensemble des cancers (83,84,114].
Au Maroc, SEBTf [113] a noté que les cancers coliques ont représenté 5,7% de
l'ensemble des cancers.
Les fréquences en Europe sont nettement supérieures à celles enregistrées en
Afrique [14,20,46,72]. En France par exemple, les cancers du côlon tiennent la
troisième place des cancers digestifs. [Is représentent 25% de l'ensemble des cancers
digestifs [72] et 15% de toutes les tumeurs malignes [92] .
Nous avons noté 6 cas de cancers coliques par an .
L'incidence du cancer colique est en nette progression dans notre pays et dans la
plupa11 des pays africains: en Côte-d'Ivoire, ATTIA [8] et ASSOHOUN [5] ont
relevé respectivement 62 cas en 12 ans et 42 cas en 9 ans; au Sénégal PEGHINl [96]
a relevé 7\ cas en 5 ans.
Ailleurs dans le monde, l'incidence est encore plus élevée et estimée entre 20 et 30
personnes pour 100000 habitants par an. En France, l'incidence est estimée à 25000
nouveaux cas par an [13,46,72].
Les habitudes diétëtiques nettement différentes dans les pays occidentaux et
africains sont probablement à l'origine de la différence d'incidence du cancer
colique entre pays développés et pays sous-développés [5,39,45,46].
Mais, l'adoption de plus en plus d'un mode de vie occidental favolisera la
progression des cancers colo-rectaux en Afrique.
D'autre part, le cancer colique semble de plus ell plus fréquent dans notre pays il
cause des moyens diagnostiques surtout de l'essor de l'endoscopie qui commencent
à être disponibles et à la volonté des praticiens de poser un diagnostic certain .
)\7

h) J_e sexe:
La répartition par sexe fait ressortir un sex-ratio de 3 en faveur des hommes .
Cette prédominance masculine est retrouvée ailleurs en Afrique. Ainsi,
ATANGANA [6], M'BAKOP [76J au Cameroun et YANGNI [121]. ASSOHOUN
[5] en Côte-d'lvoire ont noté respectivement un sex-ratio de: 2,4/l et 2,8/1 .
Dans la majorité des pays du monde, cette prédominance masculine se
cOJlfinne : le sex-ratio aux USA et au Japon est de 1,211: en Suisse: 1,4/1 et en Inde:
1,6/1 [82] .
c) "'âge:
La répartition par tranche d'âge effectuée CI donné les résultats suivants :
- 5% de 11 à 20 ans,
- 5% de 21 à 30 ans,
- 15% de 31 à 40 ans,
- 30% de 41 à 50 ans,
- 27,5% de 51 à 60 ans,
Le nombre de cas s'accroît progressivement avec l'âge .
Cette augmentation atteint son maximum dans les tranches d'âge de 41-50 ans (12
cas) et de 51-60 ans (11 cas).
M'BAKOP [76J et SOSSO [114] au Cameroun ont noté respectivement Clue
31 % et 42% des patients avaient moins de 40 ans.
L'âge moyen dans notre série a été de 48 ans.
L'âge jeune de nos patients atteints de cancers coliques est retrouvé dans les sélies
africaines: 48,78 ans en Côte-d'Ivoire [5,121 J, 46,4 ans au Maroc [113] et 47 ans au
Cameroun [83]. Au Gabon, N'GUEMA [86] a noté un âge moyen de 57 ans
supérieur au nôtre.
Cette survenue précoce des cancers coliques contraste avec les senes
occidentales où l'âge moyen est de 68,5 ans [13,39,72]. Le cancer du côlon avant cet
âge est rare . Seulement 3% des malades ont moins de 40 ans . Le cancer colique est
rare chez le sujet jeune, mais il peut se voir à partir de 20 ans, en particulier en
présence de facteurs génétiques ou de maladies prédisposantes associées [13,39,72].
Le risque de développer un cancer colique apparaît déjà vers 20 ans [13 ,72].
En effet, le plus jeune patient dans notre série avait 15 ans (adénocarcinome
lieberkunien nécrotique). Néanmoins ces cas sont rares. Seulement deux patients
avaient 1I1l âge inférieur ou égal à 20 ans. CHABAL et N'DJA YE cités par
OUEDRAOGO [92] au Sénégal, ont signalé dans leur étude l'existence de
lymphome chez des enfants de moins de 9 ans . A Sao Pilulo au 8rési l, 223 enfants
âgés de 0 à 15 ans avaient présenté des cancers du côlon [37J.
Aux USA, PRATT [103] a signalé que les cancers col iques chez les jeunes seraient
dus aux pesticides, aux insecticides et êlUX herbicides largement utilisés dans ces
régions .
La survenue chez des patients jeunes doit faire rechercher dans notre environnement
des facteurs de cancérogenèse locale .
Certains auteurs [5 ,83,92] estiment que l'endémicité amibienne ou une
prédisposition familiale pouITait jouer un rôle dans le développement de cancer
colique chez les jeunes .
d) Condl/f(ms socio-économiqlles:
85% de nos patients étaient de condition socio-économique modeste.
OUEDRAOGO [92), M'BAKOP [76J, PADONOU [93J ont noté respectivement
que 63; 62 et 70% des patients dans leurs études étaient de faible niveau socio-
. .
economlque.
En Europe, BADER [13 J constate que les classes socio-économiques aisées sont
plus touchées par la maladie que les classes socia les pauvres [ }3,39, 72J .
Pour plusieurs auteurs [13,72], le rôle du facteur alimentaire dans la genèse des
cancers du côlon est une certitude. Deux factellfs alimentaires retiennent
particulièrement l'attention dans le développement du cancer colo-rectal [13,72,93]:
- une alimentation riche en graisses animales et pauvre en légumes et fruits a pour
effet de modifier la composition de la Oore microbienne et ainsi, d'augmenter la
teneur du contenu colique en acides biliaires secondaires et en stérols. Ceux-ci ne
sont pas mutagènes; ils exerceraient un effet promoteur sur le développement dl!
cancer:
- les fibres alimentaires diminuent la teneur des selles en acides biliaires el exercent
une lIction freinatlice sur le cancer.
Notre étude ne nous a pas révélé les habitudes alimentaires de nos patients, mais vu
notre situation géographique (soudano-sahélienne) et le niveau de vie, l'alimentation
des populations est à base de céréales (mil, riz, haricot, maïs). Les huiles
proviennent soit de l'arachide, du coton, du sésame, ou de la noix de karité. Les
graisses d'origine animale (boeuf, mouton, poulet) sont rares dans notre alimentation
sUl10ut ell milieu rural. LlI rareté du cancer colique en Aflique pourrait s'expliquer
par le régime alimentaire riche en fibres végétales. Toutefois, dans nos villes,
l'adoption de plus en plus d'un régime alimentaire occidental pauvre en fibres
végétales et riche en graisses animales expliquera la progression des cancers
col iques en milieu urbain dans les années à venir.

e)- Le groupe sanguin:


Le groupe sanguin le plus constaté dans notre étude est le groupe 0 dans la
proportion de 45%. Il est suivi par le groupe A et B dans les proportions respectives
de 42,5% et 7,5%.
Au Cameroun, M'BAKOP [76J et ATANGANA [6J détectent sur une sélie de 10
patients atteints de cancer du côlon, 6 patients du groupe sanguin O.
ASSOHOUN [5] en Cète d'Ivoire, trouve que 65% de ses patients appartenaient au
groupe sanguin 0, TOTO cité par ASSOHOUN [5] dans une étude de 30 cas de
cancers coliques, trouve 18 patients du groupe 0 (60%), 7 du groupe 8 (23,4%) et 5
du groupe A (16,6%).
Selon OUEDRAOGO (92], ces constatations ne sont pas étonnantes car, les
proportions retenues dans la répartition des groupes sanguins chez le noir révèlent
que le groupe 0 est majoritaire dans 51 % suivi respectivement par le groupe B
(23,9%), le groupe A (22,8%), le groupe AB (2,3%).
Mais certains auteurs comme PELA YO [97] pensent que le groupe A prédominerait
dans les cancers colo-rectaux. En effet, dans les pays occidentaux , la fréquence du
groupe A est de J'ordre de 45%.
R- Diagnostic:

a) U l clinique:
Trois principaux tableaux cliniques ont été renconll·és
- des mani festations douloureuses dans 52,5% des cas,
- un tableau d'occlusion intestinale aiguë dans 10 cas,
- et un tableau sub-occlusif dans 9 cas .
1_0 douleur abdominale est le premier symptôme qui amène le malade à
consulter selon la plupart des auteurs africains. Ainsi , elle est rencontrée dans 52%
des cas au Nigeria [91], 60,1% en Côte-d'Ivoire [5J, 72,7% au Cameroun [6] , 77,8%
au Burkina [92].
La douleur est le témoin d'un cancer évolué [13,72]. Les malades ont longtemps
supporté leur mal avant de consulter.
La fréquence de ce symptôme dans le cancer colique souligne la nécessité d'une
exploration CO'1"ecte et suffisante devant toute douleur abdominale avant de porter le
diagnostic sécurisant de colopathie fonctionnelle. Lorsqu'elle est accompagnée de
rectolTagies, elle est évocatTice [13,72].
l, 'occlusion el la suh-ucclusiun ont été notées dans les proportions respectives
de 25 et 22,5%. OUEDRAOGO [921 a noté 14,8% d'occlusion .
Les malades sont souvent amenés en consultation pour 3tTèt des matières et des gaz,
symptômes qui inquiètent les parents.
L'occlusion intestinale est également le témoin d'un cancer évolué [1,13,72].
I.a masse ahdominale palpable est retrouvée chez 22,5% des patients dans
notre sélie. OUEDRAOGO [92] avait noté 92,6% alors qu'ailleurs elle représente
35,7% en Côte-d'Ivoire [5], 24% au Cameroun et au Gabon [83,86J, 46,25% au
Nigeria [93] et 9,3% en Afrique du Sud [93].
Cette proportion s'explique toujours par le retard de consultation.
Tous ces signes sont rares en Europe. Il apparaît que s'il existe une explication
de cette différence, c'est le retard à consulter. Ce retard est en partie en rapport avec
les traitements traditionnels pratiqués de première intention dans nos milieux. Les
signes sont souvent rapportés aux hémon·oïdes et traités comme telles
traditionnellement par des lavements de décoctions. Les malades ne se rendent à
l' hôpital qu'après avoir épuisé les ressources de la pharmacopée traditionnelle.
Le délai d'apparition des symptômes jusqu'au diagnostic de 36 mois dans notre
étude est nettement supérieur à celui de SOSSO [114] (10 mois), de DOMERGUE
(6 mois) et de M'BAKOP [76] (5 mois) . 11 est presque identique à celui de YANGNI
[122] où 48% des patients consultent entre la première et la deuxième année suivant
l'apparition du premier signe.
h) {'aradinique :
Nous déplorons le fait que tous nos patients n'aient pu être investigués
complètement car, si le lavement baryté montre le siège de la tllmeur en même
temps qu ' il laisse un document, la coloscop;e quant à elle pennet la réalisation des
biopsies en vue d'un examen histologique [86] .

Examens à visée diagnostique :


Le lavemenl hOJy/é:
Le lavement baryté a été pratiqué chez 50% des patients . Il a permIs de
suspecter le diagnostic de tumeur du côlon d'allure maligne .
Les images radiologiques les plus fréquentes ont été des images lacunaires et
d'ulcérations constantes sur tous les clichés chez 9 patients.
Selon les données actuelles, la sensibilité du lavement baryté est de l' ordre de 75%
pour les lésions tumorales du côlon de plus de 5 cm de diamètre. Actuellement avec
l'amélioration des techniques, ['examen en double contraste permet de suspecter le
diagnostic dans plus de 80% des cas avec moins de 1% de faux positifs [92]. Les
images radiologiques les plus fréquentes restent la sténose néoplasique, la lacune et
les images d'ulcération [13,92] .

l, 'endoscopie :
C'est une meilleure méthode diagnostique des tumeurs coliques . Elle a été
pratiquée chez 11 patients (27,5%) .
Elle a pennis de décrire les aspects macroscopiques. Les aspects bourgeonnants et
ulcéro-bourgeonnants ont été les plus rencontrés (54,54%), témoins de cancers
beaucoup plus évolués . Des biopsies ont pennis d'affinner la transformation
maligne.
L'endoscopie a pennis en outre de situer la tumeur, de préciser la taille et l'extension
au niveau de la paroi colique.
Bilan d'extension:
L'éch{)graphie:
Elle a été pratiquée chez 14 patients et a permis de préciser l'extension de la
tumeur. Nous avons constaté un envahissement des organes voisins ( reins, rate,
utérus, vessie) ; des nodules péritonéaux ont été observés chez 3 patients.
L'échographie a pennis également de détecter des métastases hépatiques (28,57%
des cas) .
Sa spécificité est de 93,3% et sa sensibilité de 77% selon GRIFFIOEN et OTT
DJ cités par OUEDRAOGO [92.1.
La radiographie pulmonaire:
Elle a été effectuée chez 37 patients à la recherche de métastase pulmonaire;
elle n'a pas révélé d'anomalie.
BADER [13J a noté 5% de métastases pulmonaires révélées par la
radiographie pulmonaire.
Cl /1 V pratiquée chez 2 patients n'a pas noté d'envahissement
rénal.
I,'ASP demandée en urgence dans les cas suspects d'occlusion
a noté des images caractéristiques d'occlusion intestinale chez 7 patients.
91

Bilan pré-opérat()ire:
Sur le plan biologique, on note surtout une anémie, une hyperleucocytose et
une accélération de la vitesse de sédimentation; témoins de l'infection et de
l'inflammation [72]. En effet. la numération fonnule sanguine a été pratiquée chez
tous les patients; vingt-huit (28) patients avaient un taux d' hémoglobine bas il 8 g /
dl.
La vitesse de sédimentation (VS) a révélé que 75% des patients avaient une VS très
accélérée.
Les cancers coliques entraînent L1ne anémie, une hyperleucocytose dans les cas
de surinfection et une augmentation de la VS dans la majorité des cas (13,72].
Autres examens:
Les autres examens pratiqués représentés par azotémie, glycémie, albumine, sucre.
temps de coagulation, temps de saignement et l'électrocardiogramme sont revenus la
plupal1 du temps à des valeurs sub-nonnales.

c- Aspects anatomo-pathologiques:
a) Localisation:
En Aflique, la localisation à droite des cancers coliques a été remarquée à
plusieurs reprises par SOUBEYRAND [115], YANGNI [122] et PILLA Y [100]
surtout dans leur localisation caecale.
Dans notre série, nous n'avons pas trouvé de prédominance dans la localisation
droite mais la localisation caecale a été plus importante (14 patients soit 35%).
N'GUEMA [86] au Gabon a noté 56% au niveau de certe localisation.
Certains auteurs africains comme M.F SEBTI [1131 et M'BAKOP [76],
relèvent une localisation préférentielle gauche dans la topographie des tumeurs du
côlon. Ainsi, SEBTI [113] a relevé 25% dans ta localisation gauche contre 12% de
localisation droite. M'BAKOP [76] quant à lui a releve 70% de locallsation sur le
côlon gauche et recto-sigmoïdietu1e contre 28,7% de localisation droite.
En Europe, une forte prédominance de la localisation gauche a été notée
[13,39,72].
La différence de localisation entre les pays européens et afticains pourrait
s'expliquer par l'âge de survenue de ces cancers [92]. En effet, les sexagénaires font
plus de cancers coliques à localisation droite [13,39, 72J. La faible espérance de vie
ne pennertrait pas à [a majorité des sujets d'atteindre cet âge (60-65 ans).
b) Macro5cople:
Les données sur l'aspect macroscopique sont fournies par l'examen
endoscopique et en per-opéraloire par le chirurgien qui donne une description de la
pièce d'exérèse.
Dans notre série. 60% des cancers coliques étaient des fonnes bourgeonnantes
et ulcéro-bourgeonnantes.
YANGNI [122] a noté également une prédominance des fonnes ulcéro-
bourgeonnantes.
Les études disponibles de JB BARDER [13] décrivent que l'aspect
macroscopique le plus fréquent est la fonne ulcéro-infiltrante, les autres fonnes
(végétantes et squirreuses) sont plus rares car, leurs études révèlent une
prédominance du cancer du côlon gauche, surtout recto-sigmoïdienne [13,92].
c) Histologie:
Sur le plan histologique, nous avons noté ulle prédominance des
adénocarcinomes 92,5% des cas.
L'adénocarcinome liéberkühnicll a été Je plus fréquemment rencontré dans 82,5%
des cas.
De nombreux auteurs africains et européens s'accordent sur ce constat.
Ainsi, SOSSO [114], M'BAKOP [76] au Cameroun, N'GUEMA [86J au Gabon,
PEGHIN! [96] au Sénégal, ATTIA [8J en Côte-d'Ivoire, OUEDRAOGO [92],
TRAORE [! 19] au Burkina et SEBTI [113] au Maroc ont noté respectivement: 90;
93; 80; 97,18; 83,61; 74,10; 68 et 93,8% d'adénocarcinomes.
Les sarcomes ont représenté 7,5% dans notre série.
En France, les proportions des sarcomes digestifs sont inférieures à 10% [13,72].

D- Les aspects thérapeutîques:

a) CIrconstances de l'o(Jéralion:

Le traitement du cancer du côlon est avant tout chirurgical [39].


- La chirurgie à froid, pratiquée dans de bonnes conditions a été réalisée chez
67,5% de nos patients .
lB BADER [13] obtient dans ces cas 70% de possibilité d'exérèse de la
tumeur colique quelque soit la localisation.
- La chil1lrgie d'urgence a été pratiquée chez 10 patients (32,43%). Elle a été
pratiquée chez des patients reçus en urgence pour occlusion intestinale aiguë.
L'intervention en urgence entraîne de mauvaises conditions de travail en raison
du retentissement local et général de la tumeur 113].

h) La (Jréporallon cn/Il/lle:

Elle li pour but de réduire le nombre de germes e( d'assurer de bonnes


conditions de manipulations chirurgicales par la vidange pré-opératoire de l'intestin
[13,72].
Cette préparation colique a été réalisée chez 67,5% des patients.
En France, lB BADER [13] constate que la préparation colique est la plupart
du temps réalisée du fait du diagnostic précoce. Elle consiste en un régime sans
résidus, des laxatifs et des lavements évacuateurs pendant 3 jours qui précèdent
l'intervention (mannitol hypertonique, polyéthylène glycol).
Le choix de l'antibiotique est fonction de la composition bactériologique de la flore
fécale [72].
'J.1

c) Type d'infen JentirJ/1:

L'hémicolectomie droite a été l'intervention chirurgicale la plus pratiquée: elle


a concelllé 54,06% des patients.
Généralement, on admet que l'hémicolectomie droite est l'acte chirurgical le
plus pratiqué dans les cancers du côlon droit [13,72,92].
Trente sept patients ont été operes soit un taux d'operabilité de 92,50%.
Nos résultats sont décevants, seulement 45,94% des patients ont bénéficié d'une
exérèse à visée curative. N'GUEMA [86] au Gabon et PADONOU [93] au Bénin
ont noté respectivement 71 et 80% de taux d'opérabilité .
SOSSO [J 14] a relevé un taux identique 42% tandis que DOMERGUE cité par
OUEDRAOGO [921 a Iloté lin taux de résécabilité de 68%.

Les a uteu rs afrÎcai ns son t plus modestes dan s leurs rés ultats.
M'BJ\KOP [76] note que 41% de ses patients ont subi une exérèse curative tandis
que 59% Ollt été soumis à LIll traitement palliatif.
y ÂNGN! [122] dans une série de 35 patients n'a réalisé l'exérèse curative que dans
40% des cas .
En France, une étude effectuée par [Link] [81.1 sur 1000 malades opérés de
cancers coliques, affirme que la colectomie a été réalisée chez 93% des opérés. Elle
a été faite à visée curative chez 80% des opérés.
Aucull traitement complémentaire: chimiothérapie et radiothérapie n'a été
appliqué à nos patients.
'J:j

cl) J,es suites opératoires:


Trois (3) patients sont décédés dans les suites opératoires (8,10%) immédiates .
Ali Maroc selon S EBTI (1 13], la mortalité opératoire atteint 7,96%.
SOSSO [114] au Cameroun, YANGNI-ANGATE [122] en Côte-d'lvoire.
PADONOU [93] au Bénin ont noté respectivement lme mortalité post-opéralOire de
8; 10,2 et 12,5%.
Cette lourde mortalité est en relation avec le diagnostic tardif, la fréquence des
métastases et le mauvais état général des patients [93].
[Link] [81] à Palis a révélé une mortalité de 0.8% dans les suites opératoires
(0,4% pour l'embolie pulmonaire et 0,4% pour désunion anastomotique).
Le suivi des malades opérés reste difficile à cause de leur provenance.
Cela expliquerait les difficultés rencontrées pour déterminer la survie moyenne des
malades après leur opération.
SOSSO [1 J4] et M'BAKOP [76] ont noté également des difficultés dans le suivi
post-opératoire des malades.
Pour [Link] [81], la survie pour exérèse palliative est de 1,4 ans. L'exérèse
palliative correspond à 54,05% de nos cas .
Ces résultats qui ne sont pas très encourageants dans l'ensemble sont liés au retard
diagnostique, à l'existence de métastases et à l'envahissement des organes voisins.
L'amélioration des résultats doit être recherchée dans la précocité du diagnostic et
dans l'acte chirurgical [39].
Les raisons des mauvais résultats dans notre série pourraient s'expliquer par un délai
diagnostique moyen trop long (36 mois), le stade très avancé des tumeurs (fonnes
très indifférenciés).
Ce mauvais pronostic est retrouvé dans plusieurs séries [5,13,20,36].
La durée moyenne d'hospitalisation a été de 32 jours. Au Gabon [86], il a été de 20
Jours en [Link].
95

3) LES CANCERS OU RECTUM:

A)- Aspects épidérniologiq ues:

a) Fréquence :

En 6 ans et demi, 12 cancers du rectum ont eté recensés au CHNYO; ils ont
représenté 1,12% des tumeurs malignes et 8,45% des cancers du tube digesti f
L'incidence moyenne a été de 2 cas par an .
Le cancer du rectum occupe le troisième rang des cancers du tube digestif au
CHNYO après les cancers gastriques et du côlon.
C'est un cancer rare au Burkina .
Cette rareté a été signalé aussi ailleurs en Afrique. Ainsi, ASSOHOUN [5] en
Côte-d'Ivoire, a noté que la fréquence des cancers du rectum représentait 0,83% des
tumeurs malignes et son incidence était de 5 cas par an, PADONOU [93] au Bénin,
sur 10 cancers recto-coliques recensés en 7 ans a note 4 cancers de localisation
rectale.
Cancers fréquents dans la plupart des pays occidentaux, les cancers du rectum sont
souvent associés aux cancers coliques dans les taux d'incidence [40]. En France par
exemple, l'incidence du cancer du côlon et du rectum est estimée à 25000 nouveaux
cas par an [13,40,68].

h) Sexe:
Une prédominance masculine a été notée dans notre série avec un sex-ratio de
1,4 hommes pour une femme .
Cette prédominance masculine a été retrouvée par certains auteurs. Ainsi,
ASSOHOUN [5J, PADONOU [93], SOSSO [114] ont noté respectivement un sex-
ratio de 1,7511; 1,511 et 2,57/1.

c) Age:
Contrairement aux pays occidentaux où l'âge moyen de survenue du cancer
rectal se sjtue à partir de 60 ans [I3,40,68], cette maladie s'observe chez des sujets
plus jeunes ell Afrique au Sud du Sahara. L'âge moyen des patients de notre série
est de 40 ans avec des extrêmes de l8-66 ans.
Ces chiffres sont comparables à ceux notés aiJleurs: 48,63 ans en Côte-d'Ivoüe
[5,30],51,20 ans au Bénin [93].
L'espérance de vÎe relativement courte en Afrique poulTait expliquer cette survenue
précoce des cancers du rectum.
d) Facle urs favorisants el lésions pré-cancéreuses:
Conditions socio-économiques :
75% de nos patients étaient de condition socio-économique modeste alors
qu'en Europe ce cancer se voit dans les couches aisées [J 3,40,68] .
Les polypes:
Le polype rectal semble peu répandu en Afrique [5,115] . Par contre, dans les
populations à haut risque, on note tO% entre 30 et 60 ans, 20% au delà de 60 ans
[5,13,40,68] .
On ne connaît pas avec précision le pourcentage de polypes qui dégénèrent.
Cependant, le risque de transfonnation maligne varie avec le type histologique et
avec la taille du polype [5,46,68] .
Dans notre série, nous avons observé 1 cas de polype (8,33% des cas).
Ainsi, le polype, quand il existe, présente la même potentialité évolutive que chez
les sujets des pays à haut risque (Europe, USA, Australie) [5] .
D'autre part, dans cette population de malades jeunes, aucun carcinogène
précis n'a été identifié et l' on peut constater que ralimentation de type occidental
augmente le risque de cancer rectal [68J. Pourrait-on également incriminer la
pratique de lavements évacuateurs avec des médicaments traditionnels, les
infections parasitaires (amibiase, bilharziose) dans la genèse des cancers rectaux
dans notre milieu?
H)-Diagnostic:
Les principales manifestations cliniques dans notre sene ont été des
rectorragies dans 50% des cas, des troubles du transit dans 33,33% des cas et des
manifestations douloureuses dans 33,33%.
Le délai moyen de consultation a été de 17 mois. Ce retard à consulter a été
souligné ailleurs en Afrique et même en Europe [5,68,83,86,105].
Si les symptômes cliniques sont semblables à ceux de la littérature, il apparaît qu'en
Afrique, le retard à consulter est en partie en rapport avec les tabous même devant
un signe majeur comme les rectorragies [83].
D'autre part, les signes révélateurs du cancer du rectum sont variés, trop souvent
banalisés, ils sont négligés par le patient ou les médecins, retardant ainsi le
diagnostic [13 ,40,68].
Les patients attribuent trop souvent aux hémonoïdes le fait qu'ils présentent des
rectolTagies et des proctalgies et se soignent avec des décoctions en lavements ce
qui contribue au retard du diagnostic.
Le lavement baryté et la rectoscopie ont été les seuls examens demandés dans
un but diagnostique.
Le bilan d'extension s'est limité à Féchographie abdominale, à la radiographie
pulmonaire et à l'UIV.
L'échographie a révélé 4 cas de métastases hépatiques. En effet, près d'un tiers
des patients présente des métastases décelables lors du diagnostic de leur cancer
rectal; 73% des premières métastases sont isolées au foie puis viennent les
métastases pulmonaires.( 13,40,68}. La radiographie pulmonaire a été normale dans
tous les cas.
L'UIV n'a pas révélé d'anomalie.
Les autres localisations métastatiques sont bien plus tardives et plus rares (os,
cerveau, sUlTénales) [40,68].
C)- Les aspects anatomopathologiques:

Les fonnes infrltrantes ont représenté 58,33% des cas dans notre série .
En effet, ces formes sont les plus fréquentes (65% des cas).[40,68) .
Sur le plan histologique, la prédominance de l'adénocarcinome a été nette
(75% des cas). Dans la littérature, leur fréquence est estimée à 95% [13,40,68) .
Cette forte fréquence de l' adénocarcinome lieberkühnien serait liée à l'histologie de
la muqueuse rectale qui contient de nombreuses glandes de lieberkühn .
Un cas de lymphome de type MALT a été noté.

D)- Le traitement:
Huit (8) patients ont été opérés soÎt un taux d'opérabilité de 66,66%. Le
traitement du cancer du rectum est avant tout chirurgical; mais des traitements
adjuvants (chimiothérapie, radiothérapie) peuvent être associés (l3,40,68]. Aucun
patient de notre étude n' a eu un traitement adjuvant.
Une colostomie iliaque gauche a été pratiquée chez 8 patients.
La colostomie défmitive ou même temporaire pose un problème d' acceptabilité chez
l'africain [18]. Tous les malades la redoutent, certains préférant mourir avec leur
maladie mais avec leur anus naturel: il faut donc en linùter les indications dans nos
régions [87]. Mais nous pensons plutôt qu'il vaudrait mieux sensibiliser et éduquer
les patients à accepter cette colostomie si toutefois elle s'avère indispensable.
Bien que la mortalité opératoire soit estimée entre l et 10% [40,68], nous
n'avons pas noté de cas de décès. Les suites opératoires immédiates ont été simples
dans la majorité des cas à palt une suppuration de la plaie opératoire notée chez 2
patients.
9R

4) LES CANCERS DE L'JNTESTIN GRELE:


A- Aspects épidémiologiques:
a) Fréquence:
En 6 ans et 1/2, 8 cancers de l'intestin grêle ont été recensés au CHN YO. Ils
ont représenté 2,22% des cancers digestifs. Notre taux de fréquence est comparable
à ceux d'auteurs africains tels que : AYfTE (12] (1,6%), de POTET (1 à 6%) e( de
LAGARDE cités par AYITE [12] Cl à 3%). ASSOHOUN [5] en Côte-d'Ivoire a
noté que les cancers du grêle représentaient 2,43% des cancers digestifs.
En revanche, selon VIGNARD cité par AYITE [12], ce taux atteint 6%.
Quoiqu'il en soit, les cancers de l'intestin grêle sont des tumeurs rares. Selon de
nombreux auteurs, le grêle semble protégé de J'atteinte néoplasique par une véritable
r
"aura immunitaire" encore mal élucidée 12,33,34,54,61 ,98].
h) Le sexe el l'âge:
L'âge moyen des patients dans notre série a été de 43 ans. rI est presq ue
identique à celui de A YITE [12) au Togo et nettement inférieur à ceux rapportés par
les auteurs européens qui se situent entre 52 et 65 ans [12,33,34,54,61,98].
Avec tOlites les réserves qu'impose une série aussi courte que la nôtre, nous avons
trouvé une prédominance masculine. Le sex-ratio a été de 3/1. Ce résultat est
identique à ceux de HOLLENDER [61], d'AWRICH et de LANZAFAME cités par
[12) qui ont trouvé une prédominance masculine. Il est en contradiction avec celui
de A YITE [12] au Togo qui trouve Wle légère prédominance féminine [12]. TISSOT
cité par A YITE [12], considère qu'il n'y a pas de spécificité liée au sexe.
Nous n'avons retrouvé aucun facteur pathologique ou génétique pouvant
expliquer la survenue du cancer chez nos patients.
Toutefois, certaines affections telles que la sprue nostras, le lymphome
méditerranéen ou l'intolérance au gluten paraissent faire le lit du cancer du grêle
(volontiers lymphosarcomateux) [5,12) .

B- Diagnostic:
a) Clinique:
Le polymorphisme clinique de la tumeur de l'intestin grêle est bien connu.
Nous avons découvert ces tumeurs dans des manifestations cliniques aiguës.
Quatre patients (50%) ont été reçus dans un tableau d'occlusion intestinale aiguë.
Les 4 autres ont été reçus dans un tableau sub-occlusif
En effet, selon la littérature, les tableaux d'urgence chirurgicale sont révélateurs de
la maladie dans 40 à 50% des cas [12,33,34,54,61,98].
L'occlusion intestinale est retrouvée dans 20 à 30% des cas, souvent précédée d'une
sémiologie sub-occlusive négligée ou non étiquetée [61,98) .
La perforation est rare et se rencontre généralement dans l'ordre de 1 à 2%; dans
notre courte série aucun patient n'a été reçu dans un tableau de pé[Link] par
perforation.
Ces différents tableaux d'urgence montrent que les malades viennent consulter
tardivement à un stade de complications.
Aucun cas dans notre série n'a été de découverte fortuite, généralement observée
dans 10 à 15% des cas [6 1].
99

b) Imagerie:
La radiogTaphie de l'abdomen sans préparation (ASP) garde sa valeur dans les
syndromes occlusif et perforatif.
Ne disposant pas de SCaImer ni d'artériographie, Je transit du grêle demeure pour
nous l'examen de base en dehors d'une complication aiguë. 11 nous a pennis
d'évoquer le diagnostic dans seulement 2 cas. Le faible taux d'utilisation de cet
examen dans le diagnostic des tumeurs malignes du grêle est dû d'une part aux
tableaux cliniques qui est celui d'une urgence et d'autre part au nombre insuffisant
de spécialistes de radiologie. Dans nos milieux, l'examen du transit du grêle
demeure l'examen de référence dans le diagnostic des CaI1Cers grêliques , Il pennel
de visualiser la valvule de Bauhin et l'iléon tenninal, et ainsi est utile dans Je
diagnostic des tumeurs situées sur ce segment intestinal. Il a permis de poser le
diagnostic dans 5 cas sur 6 dans la série de A YITE [12] , SETHI cité par A YITE
[12] signale que seulement t 0% des tumeurs malignes du grêle sur une série de 34
cas ont pu être diagnostiquées grâce à cet examen , HOLLENDER [61] fait état
d'une grande disparité dans la valeur diagnostique de cet examen (12 à 50%).
Dans tous les cas, dans notTe milieu, la suspicion d'une tumeur maligne du grêle est
faite à la laparotomie ,
Le bilan d'extension a noté des métastases hépatiques chez 2 malades.

c) Bi%gie:
Ne disposant pas de marqueurs biologiques, nous nous sommes contentés
d'examens biologiques de routine n'ayant aucune spécificité. Il s'agissait
essentiellement d)un bilan pré-opératoire.

c- Anatomie pathologique:
Les twneurs lymphosarcomateuses ont occupé le devant de la scène dans notre
série (75%). Nos résultats sont contraires à ceux de AYITE [12] au Togo, de
TrSSOT et SAKI cités par AYlTE [12] qui ont noté plutôt une prédominance des
adénocarcinomes.
DUICING signale une prédonùnance des adénocarcinomes au niveau iléale. Dans
notre courte série, nous avons noté que six tumeurs étaient localisées au niveau de
l'iJéon terminal et deux au niveau du jéjunum . Ces résultats sont identiques à ceux
de A YTTE [12] et de la littérature [33 ,34,54,61,981 qui notent que le siège de
prédilection des adénocarcinomes est généralement le jéjunum et celui des tumeurs
sarcomateuses l'iléon .
100

0- Traitement:

Notre attitude thérapeutique a été exclusivement chirurgicale chez tous les


patients par manque de moyen thérapeutique complémentaire. En effet, si la
chirurgie constitue la base du traitement des adénocarcinomes, la chimiothérapie et
la radiothérapie ont leur place dans le traitement des tumeurs lymphomateuses et
sarcomateuses (qui sont en nombre très élevé dans notre série) [61,98].
Ce traitement chirurgical a consisté en une résection intestinale segmentaire large
suivie d'une anastomose termino-terminale.
Aucune méthode de dérivation n'a été pratiquée dans notre sélie. Cependant,
certaines publications rapportent des cas d'iléostomie et de dérivation interne court-
circuitant la tumeur (iléo-iléostomie, iléo-sigmoïdostomie) [33].
Le nombre de cas ne nous pennet pas de tirer des conclusions fiables sur la
mortalité et la survie. Néanmoins, un patient est décédé au troisième jour post-
opératoire. Dans la littérature, le taux de mortalité opératoire oscille généralement
entre 8 et 37% et le taux de survie globale à 5 ans entre 14 et 31 % [33,34,54,61,98].
lOI

5) LES CANCERS DE L'OESOPHAGE:

A- Aspects épidémiologiques:
a) fréquence.
En 6 ans et demi, 7 cancers de l'oesophage ont été recensés au CI-fNYO . Ils
ont représenté 0,65% de l'ensemble des cancers et 4,92% des cancers du tube
digestif.
Lorsque nOLIs comparons ces résultats à ceux d'autres pays, nous obtenons le tableau
suivant:

Pays Auteurs (!ourcentage % / TM


Burkina Traoré [119] 0,39%
Notre étude 0,65%
Burundi Kadendé [651 2,02%
Côte d'Ivoire Asso houn [5] 0,59%
Niger . - - Nouhou [89] 2%
Sénégal Peghini [96J 0,3%

L'incidence a été de \ cas par an . Elle est en progression passant de 4 cas en 5


ans à 7 cas en 6 ans et 1/2. ASSOHOUN [5], CORNET [32] en Côte-d'Ivoire et
AUBRY au Bénin cité par ASSOHOUN [5] ont noté respectivement une incidence
de 3,55; 6,66 et 11,4 cas par an .
Le faible taux d'incidence pourrait s' expliquer par le fait que la majorité des
patients ne consulte pas au centre de santé.

b) L'âge:
L'âge moyen a été de 57,14 ans avec des extrêmes de 35 et 78 ans; 70% des
patients avaient plus de 50 ans. PEGHfNI [96] au Sénégal et CORNET [31,32] en
Côte-d' 1voire ont noté respectivement un âge moyen de 48 ans avec des extrêmes de
J 7 et 74 ans et de 52,4 ans avec des extrêmes de 28 et 83 ans.
A YI TE [II] au Togo a noté une prédominance dans la tranche d'âge de 50-59 ans et
un âge moyen de 59 ans.
Dans les séries africaines du sud et de l'est, il est de 50 à 55 ans [58].
En Europe, l'âge de prédilection de ce cancer se situe habituellement entre 60 et 70
ans [56,58,74,82]. En France par exemple, l'àge moyen de survenue est de 65 ans.

c) Le sexe:
Tous nos patients étaient de sexe masculin.
Cette classique prédominance masculine a été notée dans les séries africaines et
ailleurs dans le monde. Ainsi, PEGHJNI [96] au Sénégal, CORNET [31,32] en
Côte-d'Ivoire ont noté respectivement un sex-ratio de 2,3 8 et 4,33 hommes pour une
femme.
KADENDE [65] a relevé 8 cancers de l'oesophage survenus tous chez des hommes.
En France, le cancer oesophagjen touche 15 à 30 fois plus l'homme que la fenune
[56,58,74,82].
102

La différence entre le sexe pourrait s'expliquer par [es habitudes alimentaires. Les
hommes consommeraient plus d'alcool et de tabac que les feIrunes, p,incipaux
facteurs incriminés dans la genèse du cancer de ['oesophage (17)1,32 ,74].

dj FacleuJ'sfavorisants el lésions précancéreuses (Alcoo/-Tabac):


L'alcoo[ et le tabac, principaux facteurs de risque dans les pays occidentaux
ont été retrouvés dans cette étude [17,56,74]. En effet, tous nos patients étaient des
alcooliques, il existait 5 fumeurs, mais les quantités n'ont pas pu être appréciées.
La cOtTé[ation alcool-tabac-cancer de l'oesophage est soulignée par tous les auteurs
[5, J 7,31 ,32,58,74,82]. Ainsi, en Côte d'Ivoire, CORNET [32] et ASSOHOUN [5]
ont noté respectivement 62%, 70% d'alcoolisme et 72%, 50% de fumeurs.
Au Japon, NAKAYAMA [58] constate que 75% des sujets atteints de cancer de
l'oesophage sont modérément ou fortement alcooliques.
Le rôle de la carence nutritionnelle (vitaminiques) et celui des nitrosarnines
alimentaires sont également incriminés dans [a genèse de ce cancer [5,3 1,32,74,88].

B- Diagnostic:
La dysphagie, maître symptôme du cancer de l'oesophage [56,58,74] est
retrouvée chez tous nos patients. Malheureusement elle est un signe déjà tardif. La
dysphagie entraîne une dénutrition avec altération importante de l'état général.
Le délai de consultation a été de 10 mois. CORNET [32] a noté que 67% des
malades consultent après 3 mois et 31% après 9 mois.

c- Aspects anatomopathologiques:
L'aspect macroscopique habituel est celui d'une lésion végétante et ulcérée,
souvent circonférencielle et sténosante [56,58,74] .
Dans notre série, les fOlmes mixtes (ulcéro-bourgeonnantes, ulcéro-infiltrantes) ont
été rencontrées dans 85,7\ % des cas.
Dans 6 cas, la tumeur siégeait au 1/3 inférieur de l'oesophage.
CORNET [32] en Côte-d'Ivoire et PEGHfNI [96] au Sénégal ont noté
respectivement 25 et 19,67% au niveau de cette loca[isation.
Le cancer de J'oesophage est dans 95% des cas un carcinome malpighien
épidermoïde [25,26,56,58,67,74]. Nous avons trouvé 5 carcinomes épidennoïdes sur
7. PEGHrNI [96] et CORNET [32] ont noté respectivement 9\ et 86,66% de cas de
cancers épidennoïdes.
La muqueuse malpighienne est à l'origine habituelle des cancers oesophagiens et
ceci explique que le carcinome épidennoïde ou épithélioma malpighien spmo-
cellulaire soit donc le type histologique le plus rencontré [56,58,74] .

D- Aspects thérapeutiques:
La chirurgie représente la seule anne thérapeutique dans notre pays. Mais
l'abstention thérapeutique a été décidée dans tous les cas à cause du mauvais état
général: dénutrition et cachexie majeure de nos patients .
1(l]

6) LES CANCERS DE L'ANUS:

A)- Aspects épidémiologiques:

0)- l,a ji-équence:


En 6 ans et demi, nous avons noté 7 cas de cancers de l'anus . ce qUI
con'espond à :
- 0,65% de l'ensemble des cancers,
- et 4,92% des cancers du tube digestif
L'anus, dernier segment du tube digestif, est aussi l'un des derniers sièges des
tumeurs malignes du tractus digestif.
Les cancers de l'anus semblent rares au Burkina-Faso. Dans une étude antérieure
[119J, les cancers de l'anus et du rectum confondus représentaient 1,36% de
J'ensemble des cancers.
Cette rareté des cancers de l'anus est retrouvée ai1Jeurs en Afrique [5,14] et dans le
monde [16,21,38,77,111] . Ainsi, MALICK cité par ASSOHOUN [5], a noté que les
cancers de l'anus représentaient 0,8% de l'ensemble des cancers au Soudan.
Au Nigeria, AJAO cité par BAGNAN [14} en rapporte 3 cas sur 26 cancers colo-
rectaux.
En Europe occidentale, sa fréquence est estimée entre 3 et 5% de la totalité des
tumeurs malignes du gros intestin et son incidence est de 1,2 cas pour 100000
habitants [14].
Ce sont des cancers rares et de mauvais pronostic . Leur gravité est liée à la
localisation et au retard diagnostique [38, Il [,119].

b)-L'âge:
L'âge moyen dans notre sene a été de 52 ans . Cet âge jeune est retrouvé
ailleurs en Afrique. Ainsi, ASSOHOUN (5] et BAGNAN [14] ont noté
respectivement un âge moyen de 49,39 ans et 56 ans.
Ailleurs dans le monde, l'âge moyen se situe autour de 65 ans; les cancer de l'anus
est rare avant 40 ans et exceptionnel avant 30 ans [38, Ill].

c)- Le sexe:
Nous avons noté une prédominance masculine: 4 hommes et 3 femmes avec un
sex-ratio de 1,3311. BAGNAN [14] et OLUWOLE [91] ont noté également cette
prédominance masculine.
Dans la littérature au contraire, la tumeur maligne de l'anus sUIvient plus
fréquemment chez la femme que chez l'homme. Le sex-ratio est habituellement de 2
à 6 femmes pour un homme [38, [ Il]. PILLERON, cité par ASSOHOUN [5] sur 80
cas de cancers de l'anus rapportent 3 fois plus de femmes que d'hommes.
Il semble que la démographie des [onnes masculines est en train de changer avec
l'émergence d'une nouvelle population d'hommes homo- ou bisexuels [111J ou
ayant des antécédents de condylomes.
[04

d)-(:ondilions socIO-économiques el facteurs /avarisanls:


Des lésions condylomateuses ont été notées chez 2 patients . Dans la littérature,
certaines lésions sont citées comme précancéreuses telles la maladie de Bowen, la
maladie de Paget extramammaire, l'acanthosis nigricans ou dystrophie papillaire et
pigmentaire de Darier, le pemphigus végétant de Neuman [5]. Pour certains auteurs,
aucun factem favorisant n'a été identifié et l' étiologie du cancer anal est inconnue
[l4]. Pour d'autres [38, 111], l'association avec des condylomes, l'existence de
fistules anales, d' infections locales ou d' irri tations anales ou péli-anales ne
paraissent pas être des facteurs favorisants.

B)-Diagnostic:
Les aspects cliniques ont été des écoulements sanguinolents mêlés aux selles
chez 3 patients, une tuméfaction anale chez 3 patients.
BEAHRS [111] et STEARNS [Ill] ont noté respectivement que 46 et 50% des
patients consultent pour des écoulements de sang par l'anus, associés ou non aux
selles.
Un patient a consulté pour une altération de l'état général accompagnée d'une toux
chronique. AI' examen clinique, nous avons noté des hémorroïdes.
La radiographie pulmonaire demandée a révélé une métastase pulmonaire. Le
diagnostic d'un cancer primitif a été donc suspecté.
Une biopsie des hémorroïdes a été faite et envoyé dans le service d'anatomie
pathologique. Le résultat a été un adénocarcinome.
En effet, dans la littérature, la découverte fortuite sur une pièce d 'hémorrol'dectomie
n'est pas rare, 7,7% pour GOLDEN, 5,7% pour WELCH [111]. n semble également
que des degrés variables de dysplasie épithéliale peuvent être rencontTés à l'examen
histologique des pièces d'hémorroïdectomie [11 J].

C)-Anatomie pathologiq ue:


Des biopsies chjrurgicales ont été pratiquées chez tous nos patients.
Les fonnes ulcéro-bourgeonnantes ont été rencontrées dans 4 cas et les formes
ulcéro-infiltrantes dans 3 cas.
Dans la littérature, la tumeur est le plus souvent bourgeormante, hémorragique et
ulcérée en son centre, plus ou moins épaisse et indurée [111].
Sur le plan histologique, la prédOlnjnance des carcinomes a été de règle.
En effet, les carcinomes épidermoïdes représentent 70 à 80% des cancers du canal
anal [111] . Une étude menée sur 357 cas de cancers de l'anus a noté que les
carcinomes épidermoïdes ont représenté 91,3% [111].

D)-Traitement:
Actuellement, la radiothérapie est le traitement qui est généralement mis en
oeuvre devant un cancer anal en France [38, Ill].
Ne disposant pas de cette thérapeutique chez nous, notre attitude thérapeutique a été
simplement un traitement symptomatique. Il s'agit donc essentiellement d'une
abstention thérapeutique.
Aucun patient n'a été opéré, des biopsies chirurgicales ont été simplement
pratiquées dans un but diagnostic.
105

CONCLUSION
106

CONCLUSION

De Janvier 1990 à Juin 1996, soit 6 ans et demi nous avons recensé au
CHNYO 1069 cancers dont 142 cancers du tube digestif.
L'analyse rétrospective des 142 cancers, faÎt apparaÎtTe que les cancers du tube
digestif au Burkina (13,28% de l'ensemble des cancers) ne sont pas aussi rares.
Les cancers gastriques (47,88% des cancers du tube digesti f) prédominent dans
notTe étude. Ils sont SUIVIS respectTvement par les tumeurs malignes du côlon
(28, l6%), du rectum (8,45%), de l'intestin grêle (5,63%), de l'oesophage et de
,'anus (4,92%).
Le cancer du tube digestif a été noté chez 1'homme dans 73,23% des cas
contre 26,76% chez la femme. Le sex-ratio a été de 2,7 hommes pour une femme.
La prédominance masculine de la maladie constatée ailleurs, s'observe au niveau de
tous les segments du tube digestif.
Nos patients etaient relativement plus jeunes que ceux des pays industrialTsés.
L'âge moyen était de 51 ans contre 65 ans en Europe et en Amérique du Nord. Cette
survenue précoce des cancers pourrait s'expliquer par l'espérance de vie qui est
basse en Amque.
Les lésions précancéreuses quoI que rares ont été rencontTées dans les
antécédents de nos patients.
Le diagnostic de ces cancers a été toujours tardif.
L'amélioration des techniques de dépistage en particulier la pratique de
l'endoscopie serait d'un grand apport dans la stratégie diagnostique. Son
développement en milieu tropical est indispensable.
Le traitement a été presque exclusivement chirurgical dans notre milieu. ,
Le pronostic de ces cancers est toujours réservé à cause du diagnostic tardif et
du traitement chirurgical le plus souvent palliatif.
L'amélioration de nos conditions de travail, des moyens diagnostiques et la
sensibilisation de la population pennettront dans les années à venir de prévenir ces
cancers, de faire un diagnostic précoce et d'obtenir de meilleurs résultats
thérapeu ti ques.
107

SUGGESTIONS
lOg

SUGGESTIONS

Les tumeurs malignes du tube digestif représentent 13,48% des cancers au


Cf-fNYO et ne doivent pas être considérées comme rares au Burkina . Seul un
diagnostic précoce peut pennettre une survie plus prolongée des malades .
L'endoscopie digestive est d'un grand apport dans la stratégie diagnostique . Son
développement en milieu tropical est indispensable.
D'autre par1 une prévention serait également souhaitable. Pour ce faire :

Au niveau de la population il faudrait:

- lutter contre la consommation de l'alcool et du tabac,


- éviter les excès de sel, de graisses d'origine animale,
- conseiller une alimentation quantitative suffisante en calories, en vitamines et
équilibrée en glucides, lipides et protides,
- conseiller la consommation quotidienne et régulière de légumes crus
(salades, oignons) et de fruits frais (agrumes),
- conseiller les méthodes de conservation plus saines à savoir: l'utilisation du
froid (réfrigération) .
- conseiller une consultation médicale systématique devant le moindre signe
pouvant faire évoquer un CTD.

Au niveau de la Faculté de Médecine:

- faire des études prospectives sur les cancers gastriques et coliques afin de
savoir leur fréquence réelle au [Link], les facteurs favorisants, dans le but de
développer des mesures de prévention.

Au niveau de l'hôpital:

- créer un service de cancérologie bien équipé (personnel médical de qualité,


moyens techniques, médicaments),
- créer une véritable unité d'endoscopie digestive bien équipée pennettant la
réalisation d'endoscopie digestive aussi bien diagnostique que thérapeutique
(polypectomie).

Au niveau du ministère de la santé:


- fmmer des médecins spécialistes en gastro-entérologie, en cancérologie, en
anatomie pathologique et chirurgie digestive.
- équiper les principales foonations sanitaires en unités d'endoscopie digestive
et augmenter le nombre de laboratojres d'anatomie pathologique,
- disposer d'un centre national du cancer qui tiendrait les registres du cancer,
animerait des campagnes d'infonnation et si possible de dépistage.
C' est à ce prix que l'on pourra prévenir la survenue des cancers du tube digestif,
faire un diagnostic précoce, approcher la fréquence réelle de la maladie cancéreuse
au Burkina-Faso et autant améliorer la survie de nos patients.
109

RESUME
110

RESUME

Les cancers du tube digestif (CTO) Ile doivent pas êb·e considérés aujourd 'hui
comme rares au Burkina-Faso.
Cent quarante deux (! 42) cancers du tube digestif (CTO) ont été étudiés
rétrospectivement de Janvier 1990 à Juin 1996 au CHNYO de Ouagadougou. JIs ont
représenté J 3,28% de l'ensemble des cancers.
Le nombre de cas était progressivement croissante avec une incidence
moyenne de 22 cas par an.
La prédominance masculine était nette avec 73,23% d'hommes contre 26,76%
de fenunes soit un sex-ratÎo de 2,55/].
Nos patients étaient relativement plus jeunes que ceux des pays industrialisés.
L'âge moyen était de 51 ans contre 65 ans en Europe et en Amérique du Nord.
Environ 3/4 (73,23%) des patients avaient moins de 60 ans.
Nous avons noté une prédominance des localisations gastrique et colique avec
respectivement 68 et 40 cas.
Les lésions précancéreuses quoi que rares ont été rencontrées dans les
antécédents de nos patients.
Le diagnostic de ces cancers a toujours été tardif, le plus SOl/vent à un stade de
complications. Le traitement a été presque exclusivement chimrgical.
Le pronostic des patients atteints de ces cancers est toujours réservé à cause du
diagnostic tardif et du traitement chifllrgical qui a été le plus sOlive nt palliatif.

Mots clés: CTD, BURKINA-FASO, Epidémiologie, Clinique, Thérapeutique.


III

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
112

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12J

ANNEXE
124

FICHE D'ENQUETE SUR LES CANCERS DU TUBE DIGESTIF


Identité
Nom :________ /Prénom: _____ _ __ /Sexe :____/Age : _ _J

Provenance :- ------ IRéligion :- - --- ----- IEthnie :---- - 1

Profession : fonctionnaire i ClIltivateur 11Ménagère 1 1 Commerçant : 1


,1

EludianUElève 11Autres 11

Habitudes alimentaires : Alcool Il Tabac [ 1Autres 1 i

Antécédents personnels : Oesophagite [1 Gastrite : ! Ulcère gastrique


l:'Gastrectomie [J Colite r-..: Polype 0 Rectite 1.. , Hémon"oïdes [l
Antécédents familiaux de cancer: Père Cl Mère ( 1 Collatéraux 1:
Type de
cancer:- - - - - - -- --- - 1

Les principaux signes cliniques :

Les examens complémentaires pratiqués:

Siège de la lésion cancéreuse actuelJe: Oesophage 0 Estomac 0 Intestin Grêle L1


Côlon gauche [) Côlon droit Rectum Il Anus J
Anatomie pathologique:
Macroscopie: ___ ______ Poids _ _ __ _Taille _ _ _ __ _
Fonne
- - -- ---- ---- - - - - --- - ---.
Histologie : Type: _ _ __ _ _ _ _ _ _ __ _ _ __
Ganglion envahi :
Métastase :
Traitements reçus: Intervention: oui rJ non n
Type
d'intervention:
- -- - ------------------
Autres
n"aitements:
- ----- -- -----------
Evolution: Guéri Décédé I l
Complications:
Non récisé:
--------------------------------------------
125

SERMENT DtHYPOCRATE

« En présence des Maîtres de cette Ecole et de mes


chers condisciples, je promets et je jure d'être fidèle aux
lois de l'honneur et de la probité dans l'exercice de la
médecine.

Je donnerai mes soins gratuits à l'indigent et Je


n'exigerai jamais de salaire au dessus de mon travail.

Admis dans l'intérieur des maisons, mes yeux ne


verront pas ce qui s'y passe; ma langue taira les secrets
qui me seront confiés et mon état ne servira pas à
corrompre les moeurs ni il favoriser les crimes.

Respectueux et recon naissant envers mes maîtres, je


rendrai à leurs enfants l'instruction que j'ai reçue de
leurs pères.

Que les hommes m'accordent leur estime SI Je suis


resté fidèle à mes promesses. Que je sois couvert
d'opprobre et méprisé de mes confrères si j'y manque.»
126

MOYENGA Youwaoga Isidore

CONTRIBUTION A L'ETUDE DES CANCERS DU TUBE DIGESTIF AU


CHNYO DE OUAGADOUGOU: ASPECTS EPIDEMIOLOGIQUES,
CLINIQU ES ET THERAPEUT1QUES.
"A propos de 142 cas colligés" .

RESUME

Les cancers du tube digestif (CTO) ne doivent pas être considérés aujourd'hui
comme rares au Burkina-Faso.
Cent quarante deux (142) cancers du tube digestif (CTD) ont été étudiés
retrospectivement de Janvier 1990 à Juin 1996 au CHNYO de Ouagadougou . Ils ont
représenté 13,28% de {'ensemble des cancers.
Le nombre de cas était progressivement crojssant avec une incidence moyenne
de 22 cas par an .
La prédominance masculine était nette avec 73,23% d'hommes contre 26,76%
de femmes soit un sex-ratio de 2,55/].
Nos patients étaient relativement plus jeunes que ceux des pays industrialisés.
L'âge moyen était de 51 ans contre 65 ans en Europe et en Amérique du Nord .
Environ 3/4 (73,23%) des patients avaient moins de 60 ans.
NOlis avons noté une prédominance des localisations gastrique et colique avec
respectivement 68 et 40 cas.
Des lésions précancéreuses ont été rencontrées dans les antécédents de nos
patients.
Le diagnostic de ces cancers a toujours été tardif, le plus souvent à un stade de
complications. Le traitement a été presque exclusivement chimrgical.
Le pronostic des patients atteints de ces cancers est toujours réservé à cause du
diagnostic tardif et du traitement chirurgical qui a été le plus souvent palliatif.

Mots clés: CTO, BURKINA-FASO, Epidémiologie, Clinique, Thérapeutique .

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