Thèse de Médecine à l'Université de Ouagadougou
Thèse de Médecine à l'Université de Ouagadougou
Un ité-Progrès-Justice.
Université de Ouagadougou
FACULTE DES SCIENCES DE LA SANTE-SECTION MEDECINE.
Année universitaire 1997 - 1998
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THESE
Vice-Doyen à la Recherche et
à la vulgarisation (VDR) Pr. Ag. Jean KABORE
ENSEIGNANTS PERMANENTS
Professeurs titulaires
Professeurs associés
Maîtres-Assistants associés
Rachid BOUAKAZ Maladies infectieuses
Assistants associés
Caroline BRIQUET Chimie Analytique-Pharmacologie
et Toxicologie
Assistants
Michel AKOTIONGA Gynécologie-Obstétrique
B. SAKANDE Anatomie-Pathologie
Maîtres de Conférences
Maîtres-Assistants
W. GUENDA Zoologie
Assistants
Maîtres-de Conférences
Didier ZONGO Génétique
Maître-Assistant
Tibo Hervé KABORE Econmie-Gestion
Assistants
Mamadou BOL Y Gestion
Assistants
Jean Claude TAIT A Droit
ENSEIGNANTS VACATAIRES
Mme Henriette BAR Y Psychologie
Mr KPODA Anglais
ENSEIGNANTS MISSIONNAIRES
A.U.P.E.L.F.
PL Lamine DIAKHA TE Hématologie (Dakar)
O.M.S.
Dr Jean-Jacques BERJON Histologie-Embryologie
(Creteil)
Pr AYRAUD Histologie-Embriologie
A ma mère:
Pour tout ton amour et les sacrifices consentis.
A ma marâtre:
l'aurai souhaité que tu sois aussi à mes côtés, mais Dieu t'a rappelée plus tôt.
Très tôt dès mon jeune âge, tu m'as pris avec toi, avec pour lourde tâche
m'éduquer et m'instruire; voici le fruit de ton effort. Que ce travail soit le
témoignage de ma très grande reconnaissance et de mon attachement filial.
A Rosalie MOYENGA:
Je peux compter sur toi à tout moment.
A Rosa:
Toute mon affection.
A Clémence:
Toute ma reconnaissance, je ne t'oublierai jamais.
A Landry:
Tu es ma fierté et mon courage; ce travail t'est dédié, il faudrait faire plus.
A Robert DELMA:
Tu étais un exemple pour moi mais très jeune Dieu t'a rappelé, j'aurai
souhaité que tu sois à mes côtés, mais hélas! Je ne t'oublierai jamais.
A Abou DIARRA:
Tu es plus qu'un frère, merci pour tous tes conseils et ton soutien.
A tous ceux ou celles qui, de près ou de loin, d'une manière ou d'une autre, ont
contribué à la réalisation de ce travail: nous disons merci.
A NOS MAITRES ET JUGES
A notre Co-Directeur de thèse, le Docteur Si Simon TRAORE
Chirurgien des Hôpitaux
Maître Assistant
Vous avez eu à diriger ce travaiL Nous avons été marqués par votre ardeur au
travail, votre disponibilité, votre esprit de confraternité et votre rigueur scientifique.
Nous vous sommes très reconnaissants pour tout ce que vous avez pu faire pour
nous.
Qu'il nous soit permis de vous exprimer notre reconnaissance, notre respectueux
hommage et notre gratitude.
Vous êtes d'un abord facile et cela nous a permis d'apprécier votre vaste
culture. Vous avez contribué énormement à la réalisation de ce travail malgré vos
multiples occupations. Veuillez trouver ici, l'expression de notre profonde gratitude.
A notre maître et Juge, le Docteur lssa SANOlJ
Nous avons eu l 'honneur de bénéficier de votre encadrement lors de notre
stage en Pédiatrie. Nous avons apprécié votre connaissance, votre esprit
scientifique, votre disponibilité. Vous avez été d'un grand apport dans la réalisation
de ce travail malgré vos multiples tâches; nous vous en sommes très reconnaissant.
Merci pour l 'honneur que vous nous faites en acceptant de juger ce travail.
Vous n'avez ménagé aucun effort quand nous sommes venu vers vous pour la
finalisation de ce document. Nous vous en savons gré et sommes heureux de vous
compter parmi les membres de notre jury.
SOMMAIRE
PAGE
INTRODUCTION 2
PREMIERE PARTIE:RAPPELS SUR LE..\' CANCERS DU TUBE DIOESTIF 3
Les aspects épidémiologiques des CTD 5
Les cancers de l'oesophage 6
loes cancers de l'estomac 7
Les cancers de l'intestin grêle 8
Les cancers du côlon 9
Les cancers du rectum -_._-----
J ()
Les cancers de l'anus 10
Le diagnostic des CTD_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ 12
Les cancers de l 'oesophage ~. ___ J3
Les cancers de l'estomac 15
Les cancers de l'intestin grêle 19
Les cancers du côlon _ _ _ __ _ . - - _ - 21
........ _ . ..... ... ... .... ..
_
.
~
Les cancers du rectum_ ...... - ..
23
Les cancers de l'anus _ - - - - ....
25
Les aspects anatomopathologiques des CTD_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ 28
Les cancers de l'oesophage ...._..... . ..__ ..... 29
Les cancers de l'estomac 30
Les cancers de l'intestin grêle 31
Les cancers du côlon 32
Les cancers du rectum 32
Les cancers de l'anus 33
Les aspects thérapeutiques des CTD 34
Les cancers de l'oesophage 35
Les cancers de l'estomac ---- ---_
37 ...... - -
OBJECTIFS_______________________________ 45
METHODOLOGIE 47
1- Situation du Burkina-Faso ... 48 --------------~~-.~- .......- - - - -
A,)'J)J~'CTS EPIDEMIOI,()(;IQUES 52
Lafréquence ...-- -._-
~-~ ....
52
Répartition selon l·année_. ___.~_~ 52
Le sexe ~--_ ... _---~---_ ... ~~
54
L ·âge ____~___. ___. _____ ____ .~_..~. . __ ~._ 54
La provenance 55
La répartition segmentaire . . . _ 55
ETUDE ANALYTIQUE 56
Les cancers de ,'estomac 56
Les cancers du côlon 63
Les cancers du rectum .. __.. .. ... 69
~
.
_
~
_
~
_
.
_
-
~
Les cancers de l'intestin grêle ...._------
72
Les cancers de l'oesophage 74
J,es cancers de l'anus 76
DISCUSSION________________________________________ 78
ETUDH GLOBALE 80
HTUDH ANALYTIQUE 82
Les cancers de l'estomac 82
Les cancers du côlon -------------
87
Les cancers du rectum 96
Les cancers de l'intestin grêle __. ___ .~_99
Les cancers de l'oesophage-_ .. _~-----_._--_ .. _-----~-~ _ - - - 102
..
CONLLUSION
--------------------------------------------- 106
SUGGESTIONS_______________________________________ I08
RESUME
------------------------------------------------- 110
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUE4j'_ ___________________ 112
ANNEXE
------------------------------------------------- /24
ABREVIA TIONS
CD: cancer Digestif
CHN-YO: Centre Hospitalier Yalgado Ouédraogo
CTD: Cancer du tube Digestif
TM: Tumeur Maligne
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1.
2
INTRODUCTION
Les cancers du tube digestif (CTD) sont les tumeurs malignes développées à
partir des différents segments du tube digestif à l'exclusion des cancers des organes
annexes (foie, voies biliaires, pancréas, glandes salivaires). Nous entendons sous ce
vocable, tous les cancers de l'oesophage, de l'estomac, de l'intestin grêle, du côlon,
du rectum et de l'anus.
Dans les pays d'Europe et d'Amérique du Nord ces cancers sont fréquents et
celtains posent un problème majeur de santé publique [44].
En France par exemple, ils représentent près de 20% de l'ensemble des
tumeurs malignes et constituent la première cause de mortalité par cancer [36].
En Afrique Noire, loin d'être rares, ces tumeurs malignes s'observent avec une
fréquence croissante au fur et à mesure que s'améliore l'infrastructure médico-
sociale [4,5]. Ainsi, le développement de l'endoscopie digestive permet de retrouver
de plus en plus les cancers du tube digestif [65,96].
En Afrique, ces cancers n'atteignent pas l'ampleur qu'on leur connaît en
Europe ou en Amérique du Nord [5,30], mais restent une préoccupation, en
témoignent les nombreux travaux qui leur sont consacrés:
- au Burundi, les cancers digestifs occupent la première place de tous les
cancers; leur fréquence a été estimée à 37% [65],
- au Sénégal, PEGHINI [96] a noté 314 cancers du tube digestif sur 18000
endoscopies digestives pratiquées en 5 ans à 1'hôpital principal de Dakar,
- en Côte-d'Ivoire, la fréquence des cancers du tube digestif a été estimée à
12,7% [5,30].
Au Burkina-Faso, les cancers digestifs occupent le deuxième rang de
l'ensemble des cancers; leur fréquence a été estimée entre 9,6% et 13,3 % [92,119].
Ces dernières années, au CHNYO, le nombre des CTD augmente
régulièrement, leur diagnostic est tardif et leur traitement essentiellement
chirurgical.
Aussi, l'étude des cancers du tube digestif au Burkina est-elle intéressante
pour plusieurs raisons:
- l'accroissement réel de leur fréquence en milieu hospitalier,
- leurs localisations segmentaires particulières,
- et leur gravité qui, indépendamment de la nature de la maladie, est
surtout le reflet des retards diagnostiques.
Notre travail a pour but de faire une étude globale puis partielle des CTD au
CHNYO, de rapporter nos résultats thérapeutiques et de faire des suggestions.
Pour ce faire, nous ferons d'abord un rappel sur les CTD avant d'aborder notre
étude proprement dite.
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4
EPIDEMIOLOGIE
11- LE..\' ASPECTS EPIDEMIOLGIQUE/I,' DES C T D
La répat1ition des CTD est très inégale dans le monde. Certains cancers de par
leur fréquence et leur gravité représentent U11 problème majeur de santé publique
dans certains pays.
Nous décrirons les aspects épidémiologiques (fréquence, âge, sexe, facteurs
favorisants) au niveau de chaque segment du tube digestif.
[3,56,58,60,74,82,88]
La fréquence:
Le cancer de l'oesophage représente dans les pays européens et aux Etats-Unis
environ 2,5% de la totalité des cancers [58]. Il est très fréquent au Japon et dans
certaines contrées de la Chine, sur la côte-est de la Mer Caspienne [3]. Le sud et
l'est de l'Afrique sont également des régions à risque élevé (Zimbabwé, Transkei)
[58]. Il est beaucoup plus rare dans certaines régions, comme les pays scandinaves.
Le sexe et l'âge:
C'est essentiellement un cancer de l'homme (9 fois sur 10) au-delà de la
cinquantaine.
L'âge moyen est de 65 ans.
[3,2,59,104,109,112]
La fréquence:
Longtemps le plus fréquent des cancers masculins, la fréquence du cancer de
l'estomac ne cesse de décroître dans les pays «développés», sauf au Japon [3]. Il est
classé au cinquième rang des cancers en France et représente 17,5% des cancers
digestifs.
Le cancer de l'estomac reste toujours redoutable, le pourcentage de mortalité
reste élevé, la survie à cinq ans des cas opérables n'est guère que de 25% [3].
Le sexe et l'âge:
C'est un cancer masculin, il est deux fois plus fréquent chez l'homme que
chez la femme, c'est un cancer de la deuxième partie de la vie, surtout fréquent vers
la soixantaine [3].
h) Hlats précancéreux:
Les états précancéreux sont:
- l'ulcère gastrique, aisé à surveiller;
- la gastrite atrophique et smiout celle de la maladie de Bienner:
- les polypes gastriques;
- la maladie de Ménétrier caractérisée par d' énonnes plis gastriques;
- les gastrectomies: c'est après un délai d'au moins 20 ans qu'on observe la
cancérisation.
La lésion commune à tous ces états précancéreux est la dysplasie sévère. Tout
adénocarcinome est le dernier stade évolutif d'une dysplasie épithéliale caractérisée
par des stades d'atypie cellulaire croissante avec différenciation, perte de la fonction
mucosécrétrice, augmentation des mitoses.
[34,61,98]
La fréquence:
Les tumeurs malignes du grêle sont rares (2 pour 100 des cancers du tube
digestif). Elles sont] 5 fois moins fréquentes que les tumeurs du côlon.
a) Facteurs endogènes:
Les polypes adénomateux sont des précurseurs admis des cancers coliques.
Les sujets atteints de maladie de Crohn, et surtout de rectocolite hémorragique
(après une longue évolution), les femmes atteintes de cancer du sein et de l'utérus
( endomètre) ont un risque élevé.
b) Facteurs génétiques:
Dans la polypose rectocolique familiale (autosomique dominante), la survenue
d'un cancer du côlon (ou du rectum) est inéluctable et nécessite l'exérèse de
l'ensemble colorectal.
Dans le cancer colique familial (autosomique dominant), le cancer survient le
plus souvent au niveau du côlon droit, la fréquence des récidives ou des cancers
coliques plurifocaux impose en fait une colectomie totale initiale.
c) Facteurs exogènes:
L'environnement et plus particulièrement l'alimentation jouent un rôle
important: le rôle délétère des graisses animales comme le rôle protecteur des fibres
et des légumes verts sont probables.
10
[13,19,40,50,78J
La fréquence:
Cancers fréquents dans la plupart des pays occidentaux, les cancers du rectum
sont très souvent associés aux cancers du côlon dans les taux d'incidence. Les
cancers du côlon et du rectum sont responsables de la mortalité par cancer la plus
élevée aux USA.
C'est un cancer dont l'incidence est en augmentation.
Le sexe et l'âge:
11 est plus fréquent chez 1'homme.
L'incidence du cancer du rectum augmente avec l'âge, mais le cancer survient
surtout après 60 ans.
La fréquence:
Les cancers du canal anal sont rares ( 3 à 4% de l'ensemble des cancers
colorectaux). Son taux d'incidence est peu élevé, 2 pour 100000 personnes par an.
Il
/, 'âge:
C'est un cancer de la septième décennie. L'âge moyen de survenue se situe
autour de 65 ans. Il est rare avant 40 ans et exceptionnel avant 30 ans.
Le sexe:
Le cancer de l'anus est classiquement plus fréquent chez la femme que chez
l 'homme. Le sex-ratio est habituellement de 2 à 6 femmes pour un homme.
Facteurs prédisposants:
L'association avec des condylomes, l'existence de fistules anales, d'infections
locales ou d'irritations anales ou péri-anales ne paraissent pas être des facteurs
favorisants.
Néanmoins, plusieurs cas de cancers de l'anus ont été décrits comme
développés à partir d'un trajet de fistule anale ou de lésions inflammatoires
chroniques. Des degrés variables de dysplasie épithéliale peuvent être rencontrés à
l'examen histologique des pièces d 'hémorroïdectomie. De même, des cas de cancers
du canal anal ont été décrits chez des patients porteurs d'une maladie de Crohn à
lésions anorectales, et la présence d'une maladie de Crohn pourrait multiplier par 10
le risque de survenue d'un cancer de l'anus. Mais en réalité, rien ne permet
d'affirmer que ces lésions inflammatoires peuvent être précancéreuses.
D'autres facteurs ont été incriminés, notamment l'usage répété de la cigarette
ainsi qu'une infection à virus Herpes simplex de type II.
Récemment, plusieurs études ont montré le rôle favorisant de l'homosexualité
masculine. Celle-ci augmenterait le risque de survenue d'un cancer du canal anal et
il semble plausible de rattacher cette augmentation de fréquence à la pratique de
rapports anaux. Les rapports anogénitaux semblent favoriser la survenue d'un
cancer anal par la transmission d'une infection virale (papillomavirus de type 16).
Des petits cancers de l'anus ont été découverts au sein de condylomes anaux.
12
DIAGNOSTIC
IlI- DIA (iNOSTIC DES CT D
Les circonstances de découverte des CrD sont très variées. Elles dépendent du
segment du tube digestif intéressé et aussi du stade évolutif du cancer.
Parfois, à l'occasion d'un examen motivé par une autre raIson que la
dysphagie, on a la chance de trouver un cancer apparemment au début (légère
surélévation irrégulière, légère érosion, coloration anormale localisée).
De toute manière, toute zone suspecte doit être biopsiée. Un bon examen de
l'oesophage doit être fait sur toute sa longueur et doit être d'autant plus attentif que
l'endoscopie est faite sur un terrain d'alcoolo-tabagisme chronique.
Enfin, ce n'est qu'en cas d'études systématiques effectuées pour des lésions
précancéreuses ou sur des terrains particulièrement exposés que les colorations
vitales seront effectuées (lésions bleu toluidine positive ou Jugol négative).
Quel que soit]' aspect macroscopique des lésions, ]' endoscopiste doit noter:
- le siège de la partie supérieure de la tumeur par rapport à la bouche de
Killian, et par rapport aux arcades dentaires;
- la longueur de la lésion;
- l'existence ou non d'une oesophagite peptique et surtout d'un éventuel en do-
brachyoesophage;
- l'existence ou non d'une complication telle qu'une fistule ou une mycose
oesophagienne.
L'endoscopie doit être complétée par une coloration vitale au bleu de toluidine
ou au lugol.
c) Complications:[56,58, 74]
La survie moyenne d'un cancer de l'oesophage non traité est de quelques mois
(5 à 6 mois) après la première consultation.
L'évolution se fait vers la cachexie progressive avec déshydratation.
Des complications peuvent raccourcir l'évolution:
- accidents pulmonaires par fausses routes salivaires ou alimentaires;
- envahissement trachéal;
- fistule oeso-trachéale avec toux à chaque déglutition, infections pulmonaires;
- paralysie récurrentielle;
- douleurs thoraciques (envahissement des organes de voisinage ou du rachis);
- hémorragies brutales par envahissement des gros vaisseaux médiastinaux et
parfois de l'aorte;
- péricardites qui peuvent être purulentes en cas de fistules oeso-péricardique;
- pleurésies parfois purulentes;
- métastases osseuses responsables de douleurs et parfois d'une hypercalcémie.
Certaines hypercalcémies sont d'allure paranéoplasiques sans lésions osseuses
évidentes.
15
b) Examen clinique:
Il est négatif dans les meilleurs cas. Positif, il pennet d' affinner l'extension
tumorale en cas de:
- perception d'une masse tumorale gastrique, dure, plus ou moins sensible, mal
limitée;
- palpation d'un gros foie métastatique, dur nodulaire, mise en évidence d'une
ascite;
- découvette d'adénopathies sus-c1aviculaires (en patticulier ganglion de
Troisier dans le creux sus-cJaviculaire gauche);
- les touchers pelviens rechercheront une métastase dans le Douglas.
c) Examens paracJiniques:
a) Endoscopie avec biopsies:
L'endoscopie est indispensable dans le cancer de l'estomac:
- en précisant son aspect macroscopique et sa topographie;
- en permettant les biopsies qui donnent le type histologique.
L'endoscopie retrouve les grandes fonnes anatomiques.
Forme végétante: allant du petit nodule saillant, murifonne, à l' énonne masse
bourgeonnante irrégulière, souvent ulcérée, recouverte d'enduits nécrotiques,
saignant facilement
Forme ulcérée:
- soit aspect d'ulcère banal et seules les biopsies font le diagnostic;
- soit ulcère reposant sur un socle, à bords irréguliers, à fond bourgeonnant
Les plis gastriques renflés en massue s'arrêtent à distance de l'ulcération.
Forme infiltranle se présentant comme une zone rigide de la muqueuse,
mamelonnée, dure, saignant au contact de l'appareiL
Parfois c'est une «zone de muqueuse différente du reste»: modification du
sens des plis, muqueuse plus foncée ou plus pâle, un peu rigide (cancer superficiel).
L'endoscopie doit être l'occasion de biopsies, d'autant plus nombreuses que
les aspects macroscopiques sont d'interprétation difficile.
(3) Radiologie:
Le transit baryté gastro-duodénal n'est plus l'examen de première intention en
matière de diagnostic de cancer gastrique. Il garde son intérêt pour apprécier
l'intensité d'une sténose, et préciser l'extension des fonnes infiltrantes de cancer
comme la linite plastique.
On distingue trois grands types d'images qui peuvent s'associer:
* La lacune, correspond à une tumeur bourgeonnante;
* /Ja niche, correspond à une lésion creusante;
* La rigidité, due à une infiltration néoplasique de la paroi.
17
3) Fonnes évolutives:
a) Schéma évolut~lgénéral:
J,es signes directs consistent soit en une image de sténose localisée du grêle
qUI peut être totale, en «rond de serviette», ou partielle, avec image de lacunes
pariétales; soit en une image d'ulcération, se surajoutant souvent aux images
précédentes.
Certains aspects particuliers peuvent être rencontrés: aspects pseudo-
diverticulaires des léiomyosarcomes, image de compression extrinsèque du grêle par
une tumeur à développement extra-JuminaL
Au total, quand il est pratiqué, le transit baryté du grêle penn et le diagnostic
dans 50 pour 100 à 70 pour 100 des cas.
Celtaines circonstances peuvent indiquer des examens particuliers: la
duodéno-fibroscopie est particu1ièrement utile en cas de localisations hautes,
duodénales.
La localisation iléale basse peut être visualisée par l'opacification rétrograde
au cours d'un lavement baryté.
Au cours des saignements digestifs chroniques ou aigus, il est possible d'en
repérer le site grâce à la scintigraphie. L'échographie peut préciser la topographie,
la nature liquide ou solide, homogène ou non, d'une masse abdominale.
D'autres examens pourraient trouver une place dans le diagnostic des tumeurs
malignes primitives du grêle.
Le scanner a permis le diagnostic d'adénocarcinomes du jéjunum, de
carcinoïde de l'iléon et de lymphomes du grêle. Les deux principaux éléments de
diagnostic sont l'épaississement de la paroi intestinale au-delà de 5 mm et
l'existence d'une masse anonnale voisine ou envahissant l'intestin grêle.
Il peut s'agir:
- d'hémolTagies de sang rouge (côlon gauche ou sigmoïde), de sang noir (plus
en faveur de cancer du côlon droit); elles peuvent être microscopiques, entraînant un
syndrome anémique felTiprive patfois imp0l1ant;
- troubles du transit: constipation, dialThée, alternance de dialThée et de
constipation;
- douleurs abdominales, vagues et souvent mal systématisées, à type de
pesanteur, de spasme, siégeant parlois dans la fosse iliaque droite.
Mais aussi:
- de troubles de l'état général: amaigrissement, fièvre;
- de troubles témoins d'une complication: syndrome occlusif qui peut être le
premier signe de la maladie, perloration diastatique d'un segment colique distendu
en amont de la tumeur, abcès péritumoral ou troubles dus à l'existence de
métastases viscérales, hépatiques, cérébrales ou ganglionnaires.
a) Examen clinique:
L'examen clinique est pauvre.
La palpation retrouve patfois une masse abdominale. Le toucher rectal peut
retrouver une masse prolabée dans le Douglas ou une extension péritonéale.
L'examen clinique recherche systématiquement l'existence de métastases
hépatiques, ganglionnaires, de signes de compression, ou d'extension péritonéale
(ascite ).
Cet examen est essentiel pour apprécier l'état général du malade, son âge
physiologique, son état psychologique, sa demande thérapeutique.
b) Examens complémentaires:
a) Coloscopie:
Elle petTnet des biopsies multiples et la recherche d'un deuxième cancer ou de
polypes associés.
fj) Imagerie:
Le lavement baryté, lorsqu'il est fait chez un sujet préparé, pelmet de retrouver
des images classiques qui doivent paraître constantes et fixes sur plusieurs clichés
(image lacunaire cohque avec ulcération centrale, image de sténose, lacune
marginale ilTégulière avec début d'invagination). Le lavement en double contraste
est indispensable pour le diagnostic de lésions inférieures à 2 cm.
Il doit être complet (dernière anse grêle remplie), étudié avec soin sur des
clichés effectués sous des incidences variées.
22
b) Examen clinique:
Le toucher rectal est l'examen capital, effectué vessie et rectum vides, le
malade placé sur le dos, les genoux pliés sur l'abdomen et maintenus ainsi par le
patient, avec douceur, en demandant au malade de pousser. On explore toutes les
faces du rectum. On peut tTouver:
- une tumeur bourgeonnante;
- une ulcération :
- une induration localisée ;
- une tumeur circonférentielle .
Induration et saignement sont tTès évocateurs de malignité. A bout de doigt en
avant, il faut examiner le cul-de-sac de Douglas dont l'épaississement nodulaire,
parfois douloureux, traduit une carcinose péritonéale.
De toute façon, le toucher rectal ne pennet pas de percevoir des tumeurs au-
delà de ] 0 cm de la marge anale . Il faut apprécier la taille de la lésion , son siège.
son caractère et sa mobilité par rapport aux plans postérieurs et aux organes de
vOismage.
Par ailleurs, un toucher rectal sous anesthésie générale peut être refait s'il est
trop douloureux. Au tenne de l'examen, en cas de tumeur, le doigtier revient
sOllvent souillé de sang.
24
c) Examens complémentaires:
ex) Hec/o-sigmo/(joscofile avec lit/Je rigide :
L'examen pelmet la vision du bas et du moyen rectum jusC]u'à 14 cm
(challlière recto-sigmoïdienne); au-delà, l'examen est possible jUS()lI' à 25 Clll mais
III zone antérieure ne sera pas bien examinée. Cct examen met en évidencc une
tumeur ulcero-végétante le plus fréC]uemment, fragile et saignant au contact.
On notera sur un schéma daté l'extension en hauteur et en
ci l'conference. On chiffrera la distance de son pôle inférieur par rappol1 au sphincter
et on biopsiera la lésion .
/3) Coloscopie:
Elle pennet d'explorer J'ensemble coliC]ue à la recherche d ' nutTes localisations
tumorales .
y) Imagerie:
L'échographie abdominale est souvent genee par les gaz intestinaux; son
intérêt se limite en fait à l'exploration hépatique et ganglionnaire (résolution 1 cm).
L'échographie rectale endocavitaire est intéressante en cas de tumeur bas si tuée
(contacthérapie ).
Le lavement baryté garde lin interèt médico-légal. Il est souvent le premIer
examell demandé; il nécessite ulle technique parfaite.
5) Examens hiolog/{fues:
On réalise :
- une numération formule sanguine à la recherche d'une anémie hypochrome;
- un dosage des phosphatases alcalines et gamma-glutamyl-transpeptidase
traduisant des métastases hépatiques diffuses;
- un dosage de l'antigène carcino-embl)'onnaire (ACE) pour avoir une valeur
de référence pour la surveillance ultérieure (aucune utilité diagnostique).
2S
ANATOMIE PATHOLOGIQUE
2R
TRAITEMENT
34
b) La radiothérapie :
On utilÎse les radiations de haute énergie (6000 rads/tumeur en 6
semaines).
3) Traitement[l 04,109,112]
a) Traitement curatif:
Le traitement curatif de l'adénocarcinome gastrique est exclusivement
chirurgical. Le principe est l'exérèse de la zone gastrique, siège de la tumeur et de
son territoire lymphatique.
* La gastrectomie partielle de type Polya ou Finsterer, est la plus utilisée du
fait de la grande fréquence des cancers de la moitié inférieure de l'estomac.
* La gastrectomie totale est parfois nécessaire, suivie d'une anastomose oeso-
jéjunale.
* La gastrectomie totale élargie emportant, outre l'estomac, la rate et la queue
du pancréas est rarement pratiquée sauf en cas de nécessité et chez des sujets
susceptibles de supporter cette intervention.
Le choix entre ces différentes interventions dépend de la tumeur, de son
extension, du terrain. Une gastrectomie totale ne donne pas de meilleurs résultats
qu'une gastrectomie partielle type Finsterer dans les tumeurs de l'antre.
b) Traitement palliatif:
ex) Chirurgical:
- gastrectomie paltielle de «propreté»;
- gastro-elltérostomie laissant la tumeur en place.
~) Médical:
. La radiothérapie peut avoir une efficacité sur la masse tumorale et les
symptômes .
. La chimjothérapie peut donner des résultats bénéfiques pendant quelques
semaines. L'association 5 fllloro-uracile-cisplatine s'est substituée à celle associant
5 fluoro-uracile, adriamycine, mitomycine, semble la plus efficace, donnant dans 40
à 50% des cas une régression tumorale objective.
c) Autres traitements:
Depuis 1980, d'autres méthodes thérapeutiques sont utilisées à savoir:
- résection endoscopique consÎstant en des biopsies en bandes après précisions
diagnostiques données par l' écboendoscopie (en l'absence de métastases
lymphatiques et en cas d'adénocarcinome intra-muqueux). Des études montrent que
dans 82,8% des cas on peut obtenir une résection endoscopique complète;
- l'ilTadiation au Laser;
- l'injection de 0 K-432.
La résection endoscopique peut être complétée par l'ilTadiation au Laser.
2)-Traitement:[34,61, 98 J
a) Méthodes :
a) Méthodes chimrg/cales:
Les interventions sont palliatives ou à visée curative.
- Les méthodes palliatives consistent en de simples biopsies, des dérivations
intellles court-circuitant la tumeur laissée en place (jéjuno-jéjunostornie, jéjuno-
iléostomie, iléo-transversotomie , iléo-colostomie gauche) et résection limitée suivie
d' anastom ose tenn i no-tenn inale.
- Les méthodes curatives comportent des résections intestinales larges,
emportant les ganglions du mésentère adjacent, associées à un curage ganglionnaire
central mésentérique supérieur. Le siège de [a tumeur peut conduire à des gestes
élargis: hémicolectomie droite, duodéno-pancréatectomie céphalique, voire
duodéno-pancréatectomie totale . La mortalité opératoire varie de 5 à 20 pour 100.
fi) Autres méthodes ,'
- La chimiothérapie: plusieurs produits ont été essayés en mono ou
polychimiothérapie, principalement le fluoro-uracile , le méthyl CCNU, la
vincristine, méthotrexate, chlorambucil, actinomycine, thiotépa.
- La radiothérapie,
- Celiains auteurs ont proposé (a BCG-thérapie .
b)Indications thérapeutiques:
La laparotomje est pratiquement le seul moyen d'avoir une preuve
hi stologi que.
La résection à visée curative est réalisée chaque fois qu'il est possible de
passer largement à distance de la lésion sur le grêle, le curage étant aussi complet
que le pelmet le respect de l'intégrité vasculaire . Le taux de résécabilité se situe
autour de 60 pom 100. La présence de métastases hépatiques n'est pas une contre-
indication à l'exérèse de la tumeur primitive si les conditions locales le permettent.
La chimiothérapie et la radiothérapie n'améliorent pas le pronostic des
résections curatives; elles trouvent leur intérêt seulement en cas de lésion
inextirpable.
c) Résultats :
La survie à 5 ans s'établit autour de 22 pour 100 pour les adénocarcinomes et
40 à 50 pour 100 pour les mésenchymomes. Après chirurgie palliative, la survie à 5
ans est de 20 pour J 00 ,
ù) Occlusion ou pelforation:
En cas d'occlusion, la réanimation des premières heures pennet parfois de
lever l'occlusion, de préparer le côlon et de réaliser une exérèse en un temps; le plus
souvent, le traitement chirurgical nécessite deux temps opératoires.
En cas de perforation, le malade doit être placé en réanimation . Le siège de la
pelforation (rumorale ou diastatique en amont), les possibilités d'exérèse tumorale,
et les modalités du rétablissement de la continuité digestive (en un ou deux temps)
sont jugés lors de la laparotomie .
€) Indications de la radiothérapie:
Les seules indications retenues à l'heure actuelle sont: l'extension tumorale au
péritoine pariétal postérieur et les récidives tumorales fixées non traitables par la
chirurgie.
<p) Indications de la chimiothérapie:
Elle est souvent le seul traitement à proposer en cas de métastase viscérale. Le
5-FU associé au lévamisole donne des résultats prometteurs après l'exérèse d'une
tumeur envahissant les ganglions (stade C).
Le 5-FU administré en intra-artériel hépatique en cas de métastase hépatique
entraîne un bon contTôle local de ces métastases hépatiques dans 50% des cas.
1) Laser:
Le laser pennet enfin un traitement local utilisable par endoscopie. 1\ nécessite
plusieurs séances pour contrôler le calibre d'une sténose.
c) Radiothérapie transcutanée:
Son but principal est de compléter l'action chimrgicale de façon à diminuer les
risq ues de récidive locale. Elle est plus souvent délivrée en préopératoire. Elle peut
être effectuée en postopératoire et ne s'adresse alors qu'aux [Link] infiltrantes
avec extension impoltante à la sous-séreuse et la séreuse.
Cetie radiothérapie peut être effectuée en association avec la chimiothérapie.
Cette association peut être faite en cas de tumeur inextirpable ou de récidive chez
un patient n'ayant pas été irradié préalablement.
Les indications de la radiothérapie ne sont pas univoqlles mais elles semblent
raisonnables en complément d'un acte chirurgical pour toutes les tumeurs ayant des
risques importants de récidive.
En cas de tumeurs inextirpables primitives ou de récidives, la radiothérapie est
le seul traitement susceptible de ralentir 1'évolution et de contrôler les symptômes
pour une durée de 1 an en moyenne.
d) Chimiothérapie:
Elle n'a qu'une efficacité limitée. Les produits les plus efficaces étant le 5-FU,
la mitomycine C et le méthyl CCNU.
e) Laser:
Le laser YAG de forte pULssance peut être utilisé en endoscopie pour détruire
les tissus néoplasiques. Il peut être indiqué pour le traitement des tumeurs villeuses,
dans les adénocarcinomes inextirpables du bas rectum permettant ainsi de rétablir
un transit intestinal normal et d'éviter une colostomie chez les malades sténosés.
1) Cas particuliers:
En cas de métastase hépatique :
- s'il s'agit d'une métastase isolée, une hépatectomie partielle peut être
effectuée;
- sinon, des protocoles de chimiothérapie illtra-al1érielle sont actuellement
proposées.
OBJECTIFS
OBJECTIF GENERAL
OBJECTIFS SPECIFIQUES
fl1ETHODOLOGIE
-17
1- Situatioll du Durkina-Faso
Le Burkina-Faso est un pays enclavé situé au coeur de l'Afrique de l'Ouest. 11
s'étend sur 274000 km 2 à l'intérieur de la boucle du Niger. La capitale est
Ouagadougou [69].
Avec un relief plat dans l'ensemble, le IJays connaît un climat tropical de type
soudanien alternant avec une longue saison sèche d'Octobre en Avril et une courte
saison pluvieuse de Mai à Septembre [69].
La population résidente était estimée à 10352000 habitants en 1996 répartis
dans 45 provi nces. Cette popu lation est essen tie lIement jeune (47% on t moins de 15
ans) [69].
Le Burkina-Faso est classé parmi les pays les moins avancés du monde avec
un PNB de 290 dollars US.
L'économie du pays repose sur des activités agro-pastorales de subsÎstance.
Dans ce contexte de pauvreté aggravée par des conditions géo-c1imatiques et la
dévaluation du franc CFA, le pays est confronté aux besoins fondamentaux en
logement, éducation, alimentation et santé.
La situation nutritionnelle au Burkina est dominée par la sous-alimentation
chronique ; l'alimentation des populations est essentiellement à base de céréales
(mil, riz, maïs, haricot); cette sous-alimentation se traduit par une endémicité de la
malnutrition protéino-énergétique (MPE), des anémies, des troubles dus à la carence
en iode, des avitaminoses.
De plus, nous constatons qu'aussi bien \es classes «aisées» urbaines que les
populations IUrales procèdent à des modifications de leurs habitudes alimentaires et
modes de vie. Elles «s'occidentalisent» . Ces compol1ements et habitudes de vie
entraînent l'apparition de manifestations morbides de mauvaise alimentation et
même de suralimentation. Ils renforcent J'impact de la maladie qui se développe sur
un terraÎn souvent fragilisé par une hygiène insuffisante, la malnutrition, le manque
d'eau potable, etc. Ces pathologies touchent chaque année 6 à 7% des malades
hospitalisés dans nos hôpitaux [27].
Quant au système sanitaire, il se caractérise par l'insuffisance en infrastlUcture
et en personnel. Le pays compte 2 hôpitaux nationaux de référence considérés
conune des CHU: le CHNYO sihlé à Ouagadougou et le CHNSS situé à Bobo-
Dioulasso. Les selvices chirurgicaux du CHNYO disposaient de 206 lits sur 738 et
le personnel médical était composé de 12 chirurgiens [28].
Malgré les efforts entrepris dans le domaine de la santé, les soins demeurent
peu accessibles aux populations et seuls 40% des Burkinabé ont accès aux services
de santé [69] .
2- Cadre de l'étude
L'étude a été réalisée au Centre Hospitalier National Yalgado Ouédraogo
(CHNYO) de Ouagadougou, premier hôpital de référence. Les malades qui y sont
traités viennent de la ville de Ouagadougou et des provinces environnantes .
Etaient concemés dans J'étude : les services de chirurgie générale et digestive.
du bloc opératoire de chirurgie, le seIVice d'hépato-gastro-entérologie et le service
de cytologie et d'anatomie pathologiques.
48
3- Type d'élude
[1 s'agissait d'une étude rétrospective allant de Janvier 1990 il Juin 1996 soil
une période de 6 ans et 6 mois .
L'étude a conccmé les malades porteurs de cancer du tube digestif.
Elle a pli être faite grâce à la synthèse de dossiers d'hospitalisation des
malades de chirurgie générale et digestive, d' hépato-gastro-entérologie, et des
registres du service de cytologie e( d 'anatomie pathologiques et du bloc opératoire
du service de chirurgie.
6 Critères d'exclusion:
Etaient exclus de l'étude les dossiers :
- des malades sans preuve histologique (78 dossiers);
- sur les tumeurs malignes de la marge anale actuellement considérées comme
une variété de cancer de la peau (2).
Au terme de notre recueil des données, nous avons retenu 142 dossiers.
La saisie et l'analyse de nos données ont été faites sur Epi infa version 5.0.
so
RESULTATS
51
J- ASPECTS EPIOEMIOLOGIQUES:
1) La fréq Il en ce:
En 6 ans et demi, de Janvier 1990 à Juin 1996, 1069 tumeurs malignes dont
360 cancers digestifs et 142 cancers du tube digestif ont été recensées au CHNYO.
Ces cancers du tube digestif ont représenté J3,28% de l'ensemble des tumeurs
malignes et 39,44% des cancers digestifs.
Le tableau 1 indique la répartition des cas par année rapportés aux tumeurs
malignes
35
30
25
20
f'.bm bre de cas
15
10
o+------+------~----~------~----~----~
Nous avons noté une augmentation progressive des cancers du tube digestif en
fonction des années . L'incidence moyenne a été de 22 cas par an .
5.Î
3) Le sexe:
Le tableau Il indique la répaliition des patients selon le sexe ,
4) L'âge:
La répat1ition des patients par tranches d'âges est [Link]ée à lajiKure 2.
L'âge moyen des malades a été de 51 ans avec des extrêmes de Il et 80 ans.
73,23% des patients avaient moins de 60 ans.
54
Les localisations gastriques et coliques ont été les plus fréquentes avec
respectivement 68 et 40 cas.
S5
n- ETUDE ANALYTIQUE:
2) L'an.née:
14
12
10
8
Nombre
de cas
6
0
1990 1991 1992 1993 1994 1995
Années
4) L'âge:
25
20
15
Nom bre
de cas
10
7) Le délai de consultation:
8) I~e dia;;[Link]:
- Trente deux (32) patients (47,06 %) ont été reçus dans un tableau de sténose
du pylore. A l'interrogatoire ces patients avaient des vomissements spontanés et
répétitifs. Les vomissements étaient postprandiaux tardifs et contenaient des débris
alimentaires ingérés lors des repas précédants. Ils survenaient à la fin d'W1e douleur
épigastrique qu'ils calmaient.
- Des épigastralgies pennanentes (exagérées par la prise d'alcool et d'aliments
épicés), accompagnées de troubles dyspeptiques ont été notées dans 20 cas
(29,41 %).
- Une hématémèse survenue dans des circonstances d'automédication
(médicaments traditionnels) pour des épigastralgies a été observée chez 9 patients
(13,23 %) .
- Une dysphagie et des épigastralgies ont été relevées dans 7 cas ( 10,30 %).
La fibroscopie digestive haute pratiquée dans tous les cas a pennis de décrire
les caractères macroscopiques de la tumeur, de préciser son siège et de faire des
biopsies.
Les aspects macroscopiques sont résumés dans le tableau IX.
y) Hi/an pré-thérapeutique:
Les examens complémentaires suivants ont été demandés dans le cadre d'un
bilan pré-opératoire et d'appréciation du terrain : groupe sanguin rhésus, NFS-VS,
azotémie, glycémie, ECG, taux de prothrombine.
La numération fonnule sanguine a révélé un taux d'hémoglobine bas à 8 g 1 dl
dans 14 cas .
(,0
a) J,e sIège:
Le tableaH IX indique le siège du cancer au niveau de l'estomac.
y) Le type his/ologique:
Le tableau X 1 indique les différents types histologiques rencontrés.
Tableau X 1: Répartition des cancers gastriques selon le type histologique .
CI) La réanimation:
b) Le frailemen/ chimrglca/:
L'intervention chirurgicale a été pratiquée chez 59 patients.
Elle a consisté en:
- une gastro-entéro-anastomose (GEA) chez 33 patients (55,93%),
- une gastrectomie des 3/4 avec anastomose gastro-jéjunale dans 24 cas( 40,67%),
- une gastrectomie totale avec anastomose oeso-jéjunale sur une anse en Y chez 2
patients (3,38%).
Une abstention d'opérer a été décidée chez 9 patients (13,23%) (dissémination
multiple avec des nodules péritonéaux, ascite et cachexie majeure) .
Au total, nous avons obtenu un taux d'opérabilité de 86,76% et un taux de
résécabilité de 44,06%.
2) L'année:
Lafig/(re 5 montre le nombre de cas de cancers coliques par an.
14
Nombre
de cas
6
o
1990 1991 1992 1993 1994 1996 1996 (112)
Années
NOLIs avons noté une augmentation progressive des cancers coliques au fil des ans.
L'incidence moyenne a été de 6 cas par an ,
3) Le sexe:
Le tableau XIT indique la répartition des patients par sexe et selon la
localisation du cancer.
12
12
10
Nombre
6
de cas
0
11 20 21-30 31-40 41-50 51-60 61-70 71-80
tranches d'âge (années)
L'âge moyen a été de 48 ans. Les âges extrêmes ont été 15 et 80 ans .
Trente patients (75%) avaient plus de 40 ans .
7) I.,e diagnostic:
a) Tah/eaux cliniques:
y) }ji/an préopératoire:
Les aspects macroscopiques les plus fréquemment rencontrés ont été [es
fonnes bourgeonnantes et ulcéra-bourgeonnantes : 24 cas soient 60%.
i) Traitement el ré.mltats:
2) te ,\'exe:
3) L'âge:
L'âge moyen des patients a été de 40 ans: les extrêmes ont été 18 et 66 ans.
S) Le diagnostic:
a) Tableaux cliniques:
b) /~'xamens paracfiniques:
a) /Je siège:
Le cancer était ampulaire et sus ampulaire dans 9 cas et ano-rectal dans 3 cas.
Les fonnes [Link] ont été rencontrées dans 7 cas et les fonnes
bourgeonnantes et ulcéra-bourgeonnantes dans 5 cas.
7) Traitement et ré.\·ultats:
Une réanimation a été nécessaire. Elle a consisté il la pose d'une voie veineuse
pour la correction de l'anémie et des troubles hydro-électrolytiques.
Une préparation colique a été pratiquée avant l' intervention.
a) 'j'ab/eaux cliniques:
Les circonstances de découverte ont été des manifestations cliniques aiguës .
Quatre patients ont été reçus en urgence pour des douleurs abdominales,
vomissements alimentaires et an-êt des matières et des gaz (occlusion intestinale
aiguë) .
Une crise douloureuse abdominale avec nausée, anêt des gaz, distension
abdominale localisée, le tout cédant en quelques heures au milieu d'une débâcle
dianhéique a été observee chez 4 patients (syndrome de Koenig); la répétition de
ces crises a motivé les patients à consulter.
b) Examens parae/iniques:
La radiographie de l'abdomen sans préparation (ASP) a été demandée chez
tous les patients; elle a montré des images caractéristiques d'une occlusion du grêle
(distension gazeuse avec des niveaux hydro-aériques du grêle) dans 4 cas.
a) I,e siège:
Une nette prédominance des lymphomes a été notée (6 cas dont 2 de type
Iymphoblastique, 2 de type lymphocytique et 2 de type Iymphoplasmocytoïde)
contre 2 cas d'adénocarcinome.
6) Traitement et résultats:
2) Le se--œ:
Tous les patients étaient de sexe masculin.
3) L'âge:
L'âge moyen a été de 57,14 ans avec des extrêmes de 35 et 78 ans.
5) Le délai de consultation:
6) Le diagnostic:
a) Tableaux cliniques:
Tous les patients ont été reçus dans lin tableau de dysphagie pennanente et
progressive accompagnée de vomissements, de régurgitations.
Une altération de l'état général et un état de dénutrition ont été notés dans tous les
cas.
b) Examens paracliniques:
a) Lxamens à visee diagnostlqlle:
La fibroscopie digestive haute demandée dans tous les cas a pennis de décrire
les aspects macroscopiques de la tumeur, de préciser son siège, et de faire des
biopsies.
Des lésions ulcéro-bourgeonnantes et ulcéro-Înfiltrantes saignant au contact ont été
retrouvées chez 6 patients. Un aspect nodulaire a été noté dans un cas.
Le transit oeso-gastro-duodénal (TOGO) pratiqué chez 4 patients a permis de
noter l'étendue de la tumeur et le degré de la sténose. Ainsi une image de sténose
Î1Tégulière, excentrée, constante sur tous les clichés a été notée dans tous les cas.
{3) Bilan d'ex/ension:
Un cas de métastase hépatique a été noté à l'échographie abdominale.
La radiographie pulmonaire a pennis de noter des métastases pulmonaires dans
2 cas.
74
Les aspects ulcéro-bourgeonnants ont été rencontTés dans 3 cas, les aspects
ulcéro-infiltrants dans 3 cas et l'aspect nodulaire dans un cas .
8) Traitement:
En 6 ans et demi, 7 cancers de l'anus ont été recensés au CHNYO. Ils ont
représenté 4,92% des cancers du tube digestif, 1,94% des cancers digestifs et 0,65%
des tumeurs malignes. L ïncidence moyenne a été de un cas par an .
4) Le diagnostic:
a) Aspects cliniqlles :
Trois patients ont consulté pour des écoulements sanguinolents mêlés aux
selles, 3 pour tuméfaction anale; un patient a consulté pour une altération de l'état
général et une toux chronique.
Le délai moyen de consultation a été de 27 mois et demi avec des extrêmes de
12 mois et 7 ans.
L'examen clinique a noté une altération de l'état général chez tOllS les patients,
ulle hépatomégalie (1 cas), un ganglion de Troisier (1 cas).
Le tOllcher rectal, a permis de noter les caractères de la tumeur (siège, taille. aspect) .
A l' inspection de la marge anale, la tumeur était visible dans 3 cas.
Le toucller rectal a été très douloureux dans tOllS les cas. Une tumeur d' aspect
bourgeonnant et induré ét;\it perçue chez 5 patients; le doigtier était souillé de traces
de sang.
Les aspects ulcéro-bourgeonnants ont été rencontrés dans 4 cas et les aspects
ulcéro-infiltrants dans 3 cas.
6) Traitement:
DISCUSSION
LlMITES ET CONTRAINTES DE L'ETUDE
L'étude menée sur les cancers du tube digestif au CHN YO s'est révélée assez
difficile, compte tenu de cel1ains aspects inhérents à la qualité de la banque de
données (dossiers mal tenus, renseignements insuffisants).
Nous n'avons pu retenir que 142 dossiers sur 220 sur lesquels se sont portées
nos investigations. Nous sommes conscients des problèmes de biais liés à U11e telle
étude. Néanmoins, l'analyse des 142 dossiers nous pennet d'avoir un aperçu de la
pathologie tumorale digestive au CHNYO.
79
ETUDE GLOBALE:
a) Fréqllence:
Les cancers du tube digestif(142 cas) recensés en 6 ans et 1/2, de Janvier 1990
à Juin 1996 au CHNYO de Ouagadougou, ont représenté 13,28% de l'ensemble des
cancers.
L' importance des CTO a été signalée ailleurs en Afrique. Ainsi, ASSOHOUN
[5], CORNET [30] à Abidjan et TRAORE [1 19] à Ouagadougou ont noté
respectivement une fréquence de 6,07%, 6,07% et 9,6% de l'ensemble des tumeurs
malignes.
Dans notre série il y a un accroissement progressi f des CTD avec une
incidence moyenne de 22 cas par ail.
Notre incidence est supérieure à celle de TRAORE [119]:12 cas mais
inférieure il celle de ASSOHOUN [5] el de CORNET [JO]: 36 cas et de PEGHINI
[96]: 62 cas.
Cette incidence des CTD est en nette progression dans notre pays et dans la
plupa'1 des pays africains.
L'importance des cro au Burkina pourrait s'expliquer par:
- l'amél ioration des méthodes diagnostiques,
- la volonté des praticiens de poser un djagnostic certain,
- l'existence actuelle au CHNYO de laboratoire d'anatomie pathologique,
- la présence dans notre milieu de facteurs prédisposants (Jesions
précancéreuses et de facteurs alimentaires).
L'augmentation de fréquence serajt également en partie dlle à la croissance de
la population, à une plus grande fréquentation des struchlres sanitaires et une
amélioration de la couverture sanitaire du pays.
b) Le sexe:
Une prédominance masculine a été notée dans notre série avec un sex-ratio de
2.55 hommes pour une femme.
Cette prédominance masculine est classique et retrouvée par la plupal1 des
auteurs [5,30,65,96,119].
Ainsi CORNET [30] en Côte-d'Ivoire. TRAORE fll9] au Burkina-Faso.
PEGHfNI [96] au Sénégal et KADENDE [65] au Burundi ont noté respectivement
un sex-ratio de: 2: 2,25; 2,30 et 3,20 hommes pour une femme.
NDJITOY AP [84] au Cameroun a signalé que la différence entre les sexes
poulTait s'expliquer par un accès plus facile aux soins des hommes gui ont
généralement plus de moyens.
RO
c) Câge:
L'âge moyen de nos patients a été de 51 ans avec des extrêmes de 1 J et 80 ans.
Environ 3 patients sur 4 (73 ,23%) avaient moins de 60 ans.
Nos résultats sont identiques à ceux de nombreux auteurs aflicains
[5 ,30.65 ,96, 119]. AInsi:
- au Burkina-Faso, sur une série de 97 cas, TRAORE (1 19) a note un âge
moyen de 52 ans avec des extrêmes de 13 ans et 80 ans; 58,76% des patients avaient
plus de 40 ans .
- en Côte-d'Ivoire, ASSOHOUN [5] et CORNET [30] ont noté que le
maximum de fréquence se situe entre 30 et 69 ans et ont relevé une prédominance
en(Te 40 et 59 ans,
- au Sénégal, PEGHINI [96] a noté Ull âge moyen de 50 ans.
L'âge moyen de nos patients est inrérieur à ceux d'Europe où ils oscillent entre
60 et 70 ans [15,36,441.
En fait, l'âge jeune de nos patients poulTait s'expliquer d' une part. par la
situation démogTaphique générale du Burkina, constituée essentiellement d'une
population jeune et d'autre part, par l'espérance de vie relativement coulie en
Afrique.
Selon ASSOHOUN [5] et ATTIA [8] l'incidence des CTD est plus faible en
Aflique qu'en Europe à cause de l'espérance de vie relativement basse en Afrique.
d) Répartition segmentaire:
Dans notre série, les localisations gastrique et colique ont été les plus
fréquentes avec respectivement 68 (47,88%) et 40 cas (28,16%) .
La prédominance gastrique des CTD a été retrouvée par la plupart des auteurs
africains [5,30,65,89,96,119].
Ainsi :
- au Burkina-Faso, TRAORE [119] II noté 47 cas de cancers gllstriques
sur une série de 97 CTD (48,45%),
- en Côte-d'Ivoire, ASSOHOUN [5] et CORNET [30] ont noté une
prédominance des cancers gastriques (53,19% des CTO),
- au Sénégal, PEGHINI (96] sur une série de 314 CTO relève 170
cancers gastriques (54,14% des CTD).
L'impOJ1anCe du cancer de l'estomac dans notre pays et ailleurs en Afrique,
semble essentiellement liée à une modification des comportements alimentaires.
1)1
ETUDE ANALYTIQUE:
B- Diagnostic:
Les formes vues tardivement ont été les plus fréquentes. Trente-deux patients
(47,06%) ont été reçus dans un tableau de sténose du pylore.
Le délai de consultation a varié de 3 mois à 6 ans avec un délai moyen de 38 mois.
Ce retard diagnostique a été déploré par de nombreux auteurs africains.
Ainsi , KADENDE [65] a trouvé un délai moyen de consultation de 34,6 mois et
chez 67 ,6% des patients le diagnostic a été fait après 2 ans.
BAGNAN [14] a noté que 37,26% des patients n'ont eu recours à la médecine
moderne qu'après 1 ail, voire 3 ans d'évolution.
CORNET [30] a relevé que plus de 50% de ses malades avaient un délai de
consultation superieur à 1 an; quant à KARA YUBA [66] le délai de consultation a
été de 5, 1 mois .
Ce retard diagnostique est également signalé ailleurs dans les pays occidentaux
avec lin délai moyen de consultation de 6 mois [109,1 12].
L'apparente banalité des symptômes qui n'inquiètent pas le patient expliCluerait en
partie ce retard diagnostique.
En Afrique, celui-ci serait dû d'une part aux traitements traditionnels de
première intention et d'autre part à la banalité des symptômes (épigastTalgies)
rattachés le plus souvent à une parasitose intestinale ou à une crise ulcéreuse .
Le contexte sanitaire, socio-culturel et économique africain peut contribuer à
retarder le diagnostic et la prise en charge .
Les preceptes de la médecine occidentale s'opposent dans nos pays à la tendance au
fatalisme, à la superstition, à l'illétrisme. Ainsi, l'hématémèse et le méléna peuvent
être interprétés comme des signes «d'envoütements», un mauvais sort ou de la
sorcellerie. Il est souvent donc fait appel au guérisseur. Ce dernier trouvera une
explication à la maladie et dictera les sacrifices à faire avant de presclire les
médicaments traditionnels à administrer. Ce n'est qu'après l'échec de ces
prescriptions que Je patient on les parents se résoudront à consulter dans un centre
de santé. De même, les médicaments, produits importés et surtout l'absence de
sécurité sociale et la dévaluation du franc CFA, rendent ceux-ci inaccessibles .
Le retard diagnostique pounait s'expliquer egalell1ent par l'inaccessibilité aux
examens complementaires à visée diagnostique (l'endoscopie digestive) de la
population cible du cancer de l'estomac.
c- Aspects anatomopathologiques:
La localisation antro-pylorique a été la plus fréquente (75%).
Cette localisation gastrique des cancers est retrouvée ai lieurs en Afrique
[30,65.1 19] .
Ainsi. TRAORE [119], CORNET [30], BAGNAN {14], CISSE [29], KADENDE
[65] et KARAYUBA [66) ont noté respectivement 76,59,74; 61,9; 61: 54 et
47,72% dans cette localisation.
Par contre, dans la plupart des pays d'Europe et d'Amérique du Nord, l'incidence
du cancer de l'estomac de localisation antropylorique diminue [59,112].
Les fonnes ulcéra-bourgeonnantes et ulcéro-infiltrantes ont représenté 94, 12%
des cas. Au Burundi, KADENDE [65] a noté 83% de formes ulcéro-végétantes et
ulcéro-infiItTantes; BAGNAN [14] a relevé respectivement 6 et 7 cas de fonnes
végétante et ulcérée sur 11 cas.
Sur le plan histologique, la prédominance de l'adénocarcinome (85,30%) a été
notée. Cette prédominance est classique et a été retTOuvée ai lieurs en Afrique et
dans le monde. Ainsi, CORNET [30] en Côte-d'Ivoire, PEGHfNI [96] au Sénégal,
KADENDE [65] au Burundi, CISSE [29] au Mali et BAGNAN [14] au Bénin ont
noté des fréquences respectives de: 94,5; 93 ,52; 78 ; 77,59 et 60%.
Dans 90% des cas, les cancers gastriques se développent aux dépens de l'épithélium
glandulaire expliquant ainsi la prédominance des adénocarcinomes [48,104,109].
Les lymphomes représentent 4,41 % des cas dans notre série.
Au Sénégal, PEGHIN( [96] a noté 5,8% de cas de lymphomes .
De façon générale, les lymphomes malins non hodgkiniens gastriques représentent
1~ 8% des cancers gastriques [48].
Aucun cancer gastrique de noh'C série n'a été découvelt chez des malades
porteurs d'une gastrite chronique, d'une maladie de Bienner ou de Ménétrier. Quatre
cas de polypes gastriques dégénérés ont été notés;
35,29% des patients avaient des antécédents d'épigash'algies rythmées par les repas .
La survenue d\m cancer au cours de l'évolution d'un ulcère chronique de l'estomac
est discutée. Néanmoins, il a été signalé que la fréquence de l'ulcéro-cancer dans
une population d'ulcères gastriques suivis cliniquement varie de 1 à 8% selon les
séries [112]. L'association très fréquente de la maladie ulcéreuse gastrique à L1ne
gastrite chronique est sans doute responsable de ce risque accru de cancer et il faut
noter que le cancer peut se révéler sur une cicatrice d'un ulcère apparemment guéri
[1 12].
D- Aspects thérapeutiques:
La chirurgie a été notre seul recours thérapeutique. Les autres méthodes
thérapeutiques (chimiothérapie, radiothérapie, immunothérapie) n'ont pas été
pratiquees.
Le taux d'opérabilité a été de 86,76%.
BAGNAN [14] au Bénin, KARA YUBA [66J au Burundi, CORNET [30] en Côte-
d'Ivoire et HJLLON [109) en France ont noté respectivement des taux d'opérabilité
de : 82)5; 75,4; 7\ et 63,3%.
Le taux de résécabilité a été très faible dans notre série (44,06%).
Nos taux sont inférieurs à ceux de CORN ET [30J, HILLON [1 09J et de
KARA YUBA [66] qui ont noté respectivement des taux de résécabilité de 46, 48,7
et 54,7% et identique à celui de BAGNAN [14] au Bénin qui a noté un taux de
42 ,85%.
Le diagnostic tardif expliquerait ell partie ce faible taux de résécabilité des cancers
gastriClues dans notre série.
NOLIS avons noté 5 décès sur 59 malades opérés soit un taux de Illolialité
opératoire de 8,47%. Cette forte morlalité consUltée dans notre série a été notée
ailleurs en Afrique et dans le monde. BAGNAN [14] au Bénin et KARA YUBA [66]
au Burundi ont noté respectivement un taux de mortalité opé[Link] de 33,33% et
7,8%. En France, la mortalité post-opératoire varie entre 10 et 15% [112].
Dans notre série, cette forte mortalité est survenue chez des malades en très mauvais
état général et dénutris.
2) LES CANCERS OU COLON:
A- Aspects épidémiologiques:
a) Lalréquence:
Les cancers du côlon diagnostiqués au CHNYO pendant notre période d'étude
(40 cas) ont représenté 28,16% des CTD et 3,74% de l'ensemble des cancers.
Ils occupent le deuxième rang des tumeu(s malignes du tube dlgestif après les
cancers gastriques.
Nos résultats sont supélieurs à ceux de OUEDRAOGO [92] et TRAORE [1 19]
qui ont noté respectivement 16,9% des CTD, 2,2% des tumeurs malignes et 25,77%
des CTD, 2,47% des tumeurs malignes.
Ils sont identiques aux résultats observés dans la plupalt des pays africains.
Ainsi, en Côte-d'Ivoire SOUBEYRAND [115] et ASSOHOUN [5] signalent que la
fréquence des cancers coliques varie entre 2 et 2,5% des tumeurs malignes; 14,89%
et 26,31 % des CID. Ils occupent également le deuxième rang des cancers du tube
digestlf après les cancers gastriques.
CORNET [30] et ATTIA [8] notent que les cancers coliques ont représenté
respectivement 0,9% et 2% des tumeurs malignes.
Au Burundi, les cancers recto-coliques représentent 3,7% de l'ensemble des cancers.
Au Sénégal, PEGHINI [96] a relevé une fréquence de 22,6\ % des CTD et a conclu
que le cancer cola-rectal était loin d'être rare dans son pays.
Au Cameroun, la fréquence des cancers recto-coliques est estimée à 3% de
l'ensemble des cancers (83,84,114].
Au Maroc, SEBTf [113] a noté que les cancers coliques ont représenté 5,7% de
l'ensemble des cancers.
Les fréquences en Europe sont nettement supérieures à celles enregistrées en
Afrique [14,20,46,72]. En France par exemple, les cancers du côlon tiennent la
troisième place des cancers digestifs. [Is représentent 25% de l'ensemble des cancers
digestifs [72] et 15% de toutes les tumeurs malignes [92] .
Nous avons noté 6 cas de cancers coliques par an .
L'incidence du cancer colique est en nette progression dans notre pays et dans la
plupa11 des pays africains: en Côte-d'Ivoire, ATTIA [8] et ASSOHOUN [5] ont
relevé respectivement 62 cas en 12 ans et 42 cas en 9 ans; au Sénégal PEGHINl [96]
a relevé 7\ cas en 5 ans.
Ailleurs dans le monde, l'incidence est encore plus élevée et estimée entre 20 et 30
personnes pour 100000 habitants par an. En France, l'incidence est estimée à 25000
nouveaux cas par an [13,46,72].
Les habitudes diétëtiques nettement différentes dans les pays occidentaux et
africains sont probablement à l'origine de la différence d'incidence du cancer
colique entre pays développés et pays sous-développés [5,39,45,46].
Mais, l'adoption de plus en plus d'un mode de vie occidental favolisera la
progression des cancers colo-rectaux en Afrique.
D'autre part, le cancer colique semble de plus ell plus fréquent dans notre pays il
cause des moyens diagnostiques surtout de l'essor de l'endoscopie qui commencent
à être disponibles et à la volonté des praticiens de poser un diagnostic certain .
)\7
h) J_e sexe:
La répartition par sexe fait ressortir un sex-ratio de 3 en faveur des hommes .
Cette prédominance masculine est retrouvée ailleurs en Afrique. Ainsi,
ATANGANA [6], M'BAKOP [76J au Cameroun et YANGNI [121]. ASSOHOUN
[5] en Côte-d'lvoire ont noté respectivement un sex-ratio de: 2,4/l et 2,8/1 .
Dans la majorité des pays du monde, cette prédominance masculine se
cOJlfinne : le sex-ratio aux USA et au Japon est de 1,211: en Suisse: 1,4/1 et en Inde:
1,6/1 [82] .
c) "'âge:
La répartition par tranche d'âge effectuée CI donné les résultats suivants :
- 5% de 11 à 20 ans,
- 5% de 21 à 30 ans,
- 15% de 31 à 40 ans,
- 30% de 41 à 50 ans,
- 27,5% de 51 à 60 ans,
Le nombre de cas s'accroît progressivement avec l'âge .
Cette augmentation atteint son maximum dans les tranches d'âge de 41-50 ans (12
cas) et de 51-60 ans (11 cas).
M'BAKOP [76J et SOSSO [114] au Cameroun ont noté respectivement Clue
31 % et 42% des patients avaient moins de 40 ans.
L'âge moyen dans notre série a été de 48 ans.
L'âge jeune de nos patients atteints de cancers coliques est retrouvé dans les sélies
africaines: 48,78 ans en Côte-d'Ivoire [5,121 J, 46,4 ans au Maroc [113] et 47 ans au
Cameroun [83]. Au Gabon, N'GUEMA [86] a noté un âge moyen de 57 ans
supérieur au nôtre.
Cette survenue précoce des cancers coliques contraste avec les senes
occidentales où l'âge moyen est de 68,5 ans [13,39,72]. Le cancer du côlon avant cet
âge est rare . Seulement 3% des malades ont moins de 40 ans . Le cancer colique est
rare chez le sujet jeune, mais il peut se voir à partir de 20 ans, en particulier en
présence de facteurs génétiques ou de maladies prédisposantes associées [13,39,72].
Le risque de développer un cancer colique apparaît déjà vers 20 ans [13 ,72].
En effet, le plus jeune patient dans notre série avait 15 ans (adénocarcinome
lieberkunien nécrotique). Néanmoins ces cas sont rares. Seulement deux patients
avaient 1I1l âge inférieur ou égal à 20 ans. CHABAL et N'DJA YE cités par
OUEDRAOGO [92] au Sénégal, ont signalé dans leur étude l'existence de
lymphome chez des enfants de moins de 9 ans . A Sao Pilulo au 8rési l, 223 enfants
âgés de 0 à 15 ans avaient présenté des cancers du côlon [37J.
Aux USA, PRATT [103] a signalé que les cancers col iques chez les jeunes seraient
dus aux pesticides, aux insecticides et êlUX herbicides largement utilisés dans ces
régions .
La survenue chez des patients jeunes doit faire rechercher dans notre environnement
des facteurs de cancérogenèse locale .
Certains auteurs [5 ,83,92] estiment que l'endémicité amibienne ou une
prédisposition familiale pouITait jouer un rôle dans le développement de cancer
colique chez les jeunes .
d) Condl/f(ms socio-économiqlles:
85% de nos patients étaient de condition socio-économique modeste.
OUEDRAOGO [92), M'BAKOP [76J, PADONOU [93J ont noté respectivement
que 63; 62 et 70% des patients dans leurs études étaient de faible niveau socio-
. .
economlque.
En Europe, BADER [13 J constate que les classes socio-économiques aisées sont
plus touchées par la maladie que les classes socia les pauvres [ }3,39, 72J .
Pour plusieurs auteurs [13,72], le rôle du facteur alimentaire dans la genèse des
cancers du côlon est une certitude. Deux factellfs alimentaires retiennent
particulièrement l'attention dans le développement du cancer colo-rectal [13,72,93]:
- une alimentation riche en graisses animales et pauvre en légumes et fruits a pour
effet de modifier la composition de la Oore microbienne et ainsi, d'augmenter la
teneur du contenu colique en acides biliaires secondaires et en stérols. Ceux-ci ne
sont pas mutagènes; ils exerceraient un effet promoteur sur le développement dl!
cancer:
- les fibres alimentaires diminuent la teneur des selles en acides biliaires el exercent
une lIction freinatlice sur le cancer.
Notre étude ne nous a pas révélé les habitudes alimentaires de nos patients, mais vu
notre situation géographique (soudano-sahélienne) et le niveau de vie, l'alimentation
des populations est à base de céréales (mil, riz, haricot, maïs). Les huiles
proviennent soit de l'arachide, du coton, du sésame, ou de la noix de karité. Les
graisses d'origine animale (boeuf, mouton, poulet) sont rares dans notre alimentation
sUl10ut ell milieu rural. LlI rareté du cancer colique en Aflique pourrait s'expliquer
par le régime alimentaire riche en fibres végétales. Toutefois, dans nos villes,
l'adoption de plus en plus d'un régime alimentaire occidental pauvre en fibres
végétales et riche en graisses animales expliquera la progression des cancers
col iques en milieu urbain dans les années à venir.
a) U l clinique:
Trois principaux tableaux cliniques ont été renconll·és
- des mani festations douloureuses dans 52,5% des cas,
- un tableau d'occlusion intestinale aiguë dans 10 cas,
- et un tableau sub-occlusif dans 9 cas .
1_0 douleur abdominale est le premier symptôme qui amène le malade à
consulter selon la plupart des auteurs africains. Ainsi , elle est rencontrée dans 52%
des cas au Nigeria [91], 60,1% en Côte-d'Ivoire [5J, 72,7% au Cameroun [6] , 77,8%
au Burkina [92].
La douleur est le témoin d'un cancer évolué [13,72]. Les malades ont longtemps
supporté leur mal avant de consulter.
La fréquence de ce symptôme dans le cancer colique souligne la nécessité d'une
exploration CO'1"ecte et suffisante devant toute douleur abdominale avant de porter le
diagnostic sécurisant de colopathie fonctionnelle. Lorsqu'elle est accompagnée de
rectolTagies, elle est évocatTice [13,72].
l, 'occlusion el la suh-ucclusiun ont été notées dans les proportions respectives
de 25 et 22,5%. OUEDRAOGO [921 a noté 14,8% d'occlusion .
Les malades sont souvent amenés en consultation pour 3tTèt des matières et des gaz,
symptômes qui inquiètent les parents.
L'occlusion intestinale est également le témoin d'un cancer évolué [1,13,72].
I.a masse ahdominale palpable est retrouvée chez 22,5% des patients dans
notre sélie. OUEDRAOGO [92] avait noté 92,6% alors qu'ailleurs elle représente
35,7% en Côte-d'Ivoire [5], 24% au Cameroun et au Gabon [83,86J, 46,25% au
Nigeria [93] et 9,3% en Afrique du Sud [93].
Cette proportion s'explique toujours par le retard de consultation.
Tous ces signes sont rares en Europe. Il apparaît que s'il existe une explication
de cette différence, c'est le retard à consulter. Ce retard est en partie en rapport avec
les traitements traditionnels pratiqués de première intention dans nos milieux. Les
signes sont souvent rapportés aux hémon·oïdes et traités comme telles
traditionnellement par des lavements de décoctions. Les malades ne se rendent à
l' hôpital qu'après avoir épuisé les ressources de la pharmacopée traditionnelle.
Le délai d'apparition des symptômes jusqu'au diagnostic de 36 mois dans notre
étude est nettement supérieur à celui de SOSSO [114] (10 mois), de DOMERGUE
(6 mois) et de M'BAKOP [76] (5 mois) . 11 est presque identique à celui de YANGNI
[122] où 48% des patients consultent entre la première et la deuxième année suivant
l'apparition du premier signe.
h) {'aradinique :
Nous déplorons le fait que tous nos patients n'aient pu être investigués
complètement car, si le lavement baryté montre le siège de la tllmeur en même
temps qu ' il laisse un document, la coloscop;e quant à elle pennet la réalisation des
biopsies en vue d'un examen histologique [86] .
l, 'endoscopie :
C'est une meilleure méthode diagnostique des tumeurs coliques . Elle a été
pratiquée chez 11 patients (27,5%) .
Elle a pennis de décrire les aspects macroscopiques. Les aspects bourgeonnants et
ulcéro-bourgeonnants ont été les plus rencontrés (54,54%), témoins de cancers
beaucoup plus évolués . Des biopsies ont pennis d'affinner la transformation
maligne.
L'endoscopie a pennis en outre de situer la tumeur, de préciser la taille et l'extension
au niveau de la paroi colique.
Bilan d'extension:
L'éch{)graphie:
Elle a été pratiquée chez 14 patients et a permis de préciser l'extension de la
tumeur. Nous avons constaté un envahissement des organes voisins ( reins, rate,
utérus, vessie) ; des nodules péritonéaux ont été observés chez 3 patients.
L'échographie a pennis également de détecter des métastases hépatiques (28,57%
des cas) .
Sa spécificité est de 93,3% et sa sensibilité de 77% selon GRIFFIOEN et OTT
DJ cités par OUEDRAOGO [92.1.
La radiographie pulmonaire:
Elle a été effectuée chez 37 patients à la recherche de métastase pulmonaire;
elle n'a pas révélé d'anomalie.
BADER [13J a noté 5% de métastases pulmonaires révélées par la
radiographie pulmonaire.
Cl /1 V pratiquée chez 2 patients n'a pas noté d'envahissement
rénal.
I,'ASP demandée en urgence dans les cas suspects d'occlusion
a noté des images caractéristiques d'occlusion intestinale chez 7 patients.
91
Bilan pré-opérat()ire:
Sur le plan biologique, on note surtout une anémie, une hyperleucocytose et
une accélération de la vitesse de sédimentation; témoins de l'infection et de
l'inflammation [72]. En effet. la numération fonnule sanguine a été pratiquée chez
tous les patients; vingt-huit (28) patients avaient un taux d' hémoglobine bas il 8 g /
dl.
La vitesse de sédimentation (VS) a révélé que 75% des patients avaient une VS très
accélérée.
Les cancers coliques entraînent L1ne anémie, une hyperleucocytose dans les cas
de surinfection et une augmentation de la VS dans la majorité des cas (13,72].
Autres examens:
Les autres examens pratiqués représentés par azotémie, glycémie, albumine, sucre.
temps de coagulation, temps de saignement et l'électrocardiogramme sont revenus la
plupal1 du temps à des valeurs sub-nonnales.
c- Aspects anatomo-pathologiques:
a) Localisation:
En Aflique, la localisation à droite des cancers coliques a été remarquée à
plusieurs reprises par SOUBEYRAND [115], YANGNI [122] et PILLA Y [100]
surtout dans leur localisation caecale.
Dans notre série, nous n'avons pas trouvé de prédominance dans la localisation
droite mais la localisation caecale a été plus importante (14 patients soit 35%).
N'GUEMA [86] au Gabon a noté 56% au niveau de certe localisation.
Certains auteurs africains comme M.F SEBTI [1131 et M'BAKOP [76],
relèvent une localisation préférentielle gauche dans la topographie des tumeurs du
côlon. Ainsi, SEBTI [113] a relevé 25% dans ta localisation gauche contre 12% de
localisation droite. M'BAKOP [76] quant à lui a releve 70% de locallsation sur le
côlon gauche et recto-sigmoïdietu1e contre 28,7% de localisation droite.
En Europe, une forte prédominance de la localisation gauche a été notée
[13,39,72].
La différence de localisation entre les pays européens et afticains pourrait
s'expliquer par l'âge de survenue de ces cancers [92]. En effet, les sexagénaires font
plus de cancers coliques à localisation droite [13,39, 72J. La faible espérance de vie
ne pennertrait pas à [a majorité des sujets d'atteindre cet âge (60-65 ans).
b) Macro5cople:
Les données sur l'aspect macroscopique sont fournies par l'examen
endoscopique et en per-opéraloire par le chirurgien qui donne une description de la
pièce d'exérèse.
Dans notre série. 60% des cancers coliques étaient des fonnes bourgeonnantes
et ulcéro-bourgeonnantes.
YANGNI [122] a noté également une prédominance des fonnes ulcéro-
bourgeonnantes.
Les études disponibles de JB BARDER [13] décrivent que l'aspect
macroscopique le plus fréquent est la fonne ulcéro-infiltrante, les autres fonnes
(végétantes et squirreuses) sont plus rares car, leurs études révèlent une
prédominance du cancer du côlon gauche, surtout recto-sigmoïdienne [13,92].
c) Histologie:
Sur le plan histologique, nous avons noté ulle prédominance des
adénocarcinomes 92,5% des cas.
L'adénocarcinome liéberkühnicll a été Je plus fréquemment rencontré dans 82,5%
des cas.
De nombreux auteurs africains et européens s'accordent sur ce constat.
Ainsi, SOSSO [114], M'BAKOP [76] au Cameroun, N'GUEMA [86J au Gabon,
PEGHIN! [96] au Sénégal, ATTIA [8J en Côte-d'Ivoire, OUEDRAOGO [92],
TRAORE [! 19] au Burkina et SEBTI [113] au Maroc ont noté respectivement: 90;
93; 80; 97,18; 83,61; 74,10; 68 et 93,8% d'adénocarcinomes.
Les sarcomes ont représenté 7,5% dans notre série.
En France, les proportions des sarcomes digestifs sont inférieures à 10% [13,72].
a) CIrconstances de l'o(Jéralion:
h) La (Jréporallon cn/Il/lle:
Les a uteu rs afrÎcai ns son t plus modestes dan s leurs rés ultats.
M'BJ\KOP [76] note que 41% de ses patients ont subi une exérèse curative tandis
que 59% Ollt été soumis à LIll traitement palliatif.
y ÂNGN! [122] dans une série de 35 patients n'a réalisé l'exérèse curative que dans
40% des cas .
En France, une étude effectuée par [Link] [81.1 sur 1000 malades opérés de
cancers coliques, affirme que la colectomie a été réalisée chez 93% des opérés. Elle
a été faite à visée curative chez 80% des opérés.
Aucull traitement complémentaire: chimiothérapie et radiothérapie n'a été
appliqué à nos patients.
'J:j
a) Fréquence :
En 6 ans et demi, 12 cancers du rectum ont eté recensés au CHNYO; ils ont
représenté 1,12% des tumeurs malignes et 8,45% des cancers du tube digesti f
L'incidence moyenne a été de 2 cas par an .
Le cancer du rectum occupe le troisième rang des cancers du tube digestif au
CHNYO après les cancers gastriques et du côlon.
C'est un cancer rare au Burkina .
Cette rareté a été signalé aussi ailleurs en Afrique. Ainsi, ASSOHOUN [5] en
Côte-d'Ivoire, a noté que la fréquence des cancers du rectum représentait 0,83% des
tumeurs malignes et son incidence était de 5 cas par an, PADONOU [93] au Bénin,
sur 10 cancers recto-coliques recensés en 7 ans a note 4 cancers de localisation
rectale.
Cancers fréquents dans la plupart des pays occidentaux, les cancers du rectum sont
souvent associés aux cancers coliques dans les taux d'incidence [40]. En France par
exemple, l'incidence du cancer du côlon et du rectum est estimée à 25000 nouveaux
cas par an [13,40,68].
h) Sexe:
Une prédominance masculine a été notée dans notre série avec un sex-ratio de
1,4 hommes pour une femme .
Cette prédominance masculine a été retrouvée par certains auteurs. Ainsi,
ASSOHOUN [5J, PADONOU [93], SOSSO [114] ont noté respectivement un sex-
ratio de 1,7511; 1,511 et 2,57/1.
c) Age:
Contrairement aux pays occidentaux où l'âge moyen de survenue du cancer
rectal se sjtue à partir de 60 ans [I3,40,68], cette maladie s'observe chez des sujets
plus jeunes ell Afrique au Sud du Sahara. L'âge moyen des patients de notre série
est de 40 ans avec des extrêmes de l8-66 ans.
Ces chiffres sont comparables à ceux notés aiJleurs: 48,63 ans en Côte-d'Ivoüe
[5,30],51,20 ans au Bénin [93].
L'espérance de vÎe relativement courte en Afrique poulTait expliquer cette survenue
précoce des cancers du rectum.
d) Facle urs favorisants el lésions pré-cancéreuses:
Conditions socio-économiques :
75% de nos patients étaient de condition socio-économique modeste alors
qu'en Europe ce cancer se voit dans les couches aisées [J 3,40,68] .
Les polypes:
Le polype rectal semble peu répandu en Afrique [5,115] . Par contre, dans les
populations à haut risque, on note tO% entre 30 et 60 ans, 20% au delà de 60 ans
[5,13,40,68] .
On ne connaît pas avec précision le pourcentage de polypes qui dégénèrent.
Cependant, le risque de transfonnation maligne varie avec le type histologique et
avec la taille du polype [5,46,68] .
Dans notre série, nous avons observé 1 cas de polype (8,33% des cas).
Ainsi, le polype, quand il existe, présente la même potentialité évolutive que chez
les sujets des pays à haut risque (Europe, USA, Australie) [5] .
D'autre part, dans cette population de malades jeunes, aucun carcinogène
précis n'a été identifié et l' on peut constater que ralimentation de type occidental
augmente le risque de cancer rectal [68J. Pourrait-on également incriminer la
pratique de lavements évacuateurs avec des médicaments traditionnels, les
infections parasitaires (amibiase, bilharziose) dans la genèse des cancers rectaux
dans notre milieu?
H)-Diagnostic:
Les principales manifestations cliniques dans notre sene ont été des
rectorragies dans 50% des cas, des troubles du transit dans 33,33% des cas et des
manifestations douloureuses dans 33,33%.
Le délai moyen de consultation a été de 17 mois. Ce retard à consulter a été
souligné ailleurs en Afrique et même en Europe [5,68,83,86,105].
Si les symptômes cliniques sont semblables à ceux de la littérature, il apparaît qu'en
Afrique, le retard à consulter est en partie en rapport avec les tabous même devant
un signe majeur comme les rectorragies [83].
D'autre part, les signes révélateurs du cancer du rectum sont variés, trop souvent
banalisés, ils sont négligés par le patient ou les médecins, retardant ainsi le
diagnostic [13 ,40,68].
Les patients attribuent trop souvent aux hémonoïdes le fait qu'ils présentent des
rectolTagies et des proctalgies et se soignent avec des décoctions en lavements ce
qui contribue au retard du diagnostic.
Le lavement baryté et la rectoscopie ont été les seuls examens demandés dans
un but diagnostique.
Le bilan d'extension s'est limité à Féchographie abdominale, à la radiographie
pulmonaire et à l'UIV.
L'échographie a révélé 4 cas de métastases hépatiques. En effet, près d'un tiers
des patients présente des métastases décelables lors du diagnostic de leur cancer
rectal; 73% des premières métastases sont isolées au foie puis viennent les
métastases pulmonaires.( 13,40,68}. La radiographie pulmonaire a été normale dans
tous les cas.
L'UIV n'a pas révélé d'anomalie.
Les autres localisations métastatiques sont bien plus tardives et plus rares (os,
cerveau, sUlTénales) [40,68].
C)- Les aspects anatomopathologiques:
Les fonnes infrltrantes ont représenté 58,33% des cas dans notre série .
En effet, ces formes sont les plus fréquentes (65% des cas).[40,68) .
Sur le plan histologique, la prédominance de l'adénocarcinome a été nette
(75% des cas). Dans la littérature, leur fréquence est estimée à 95% [13,40,68) .
Cette forte fréquence de l' adénocarcinome lieberkühnien serait liée à l'histologie de
la muqueuse rectale qui contient de nombreuses glandes de lieberkühn .
Un cas de lymphome de type MALT a été noté.
D)- Le traitement:
Huit (8) patients ont été opérés soÎt un taux d'opérabilité de 66,66%. Le
traitement du cancer du rectum est avant tout chirurgical; mais des traitements
adjuvants (chimiothérapie, radiothérapie) peuvent être associés (l3,40,68]. Aucun
patient de notre étude n' a eu un traitement adjuvant.
Une colostomie iliaque gauche a été pratiquée chez 8 patients.
La colostomie défmitive ou même temporaire pose un problème d' acceptabilité chez
l'africain [18]. Tous les malades la redoutent, certains préférant mourir avec leur
maladie mais avec leur anus naturel: il faut donc en linùter les indications dans nos
régions [87]. Mais nous pensons plutôt qu'il vaudrait mieux sensibiliser et éduquer
les patients à accepter cette colostomie si toutefois elle s'avère indispensable.
Bien que la mortalité opératoire soit estimée entre l et 10% [40,68], nous
n'avons pas noté de cas de décès. Les suites opératoires immédiates ont été simples
dans la majorité des cas à palt une suppuration de la plaie opératoire notée chez 2
patients.
9R
B- Diagnostic:
a) Clinique:
Le polymorphisme clinique de la tumeur de l'intestin grêle est bien connu.
Nous avons découvert ces tumeurs dans des manifestations cliniques aiguës.
Quatre patients (50%) ont été reçus dans un tableau d'occlusion intestinale aiguë.
Les 4 autres ont été reçus dans un tableau sub-occlusif
En effet, selon la littérature, les tableaux d'urgence chirurgicale sont révélateurs de
la maladie dans 40 à 50% des cas [12,33,34,54,61,98].
L'occlusion intestinale est retrouvée dans 20 à 30% des cas, souvent précédée d'une
sémiologie sub-occlusive négligée ou non étiquetée [61,98) .
La perforation est rare et se rencontre généralement dans l'ordre de 1 à 2%; dans
notre courte série aucun patient n'a été reçu dans un tableau de pé[Link] par
perforation.
Ces différents tableaux d'urgence montrent que les malades viennent consulter
tardivement à un stade de complications.
Aucun cas dans notre série n'a été de découverte fortuite, généralement observée
dans 10 à 15% des cas [6 1].
99
b) Imagerie:
La radiogTaphie de l'abdomen sans préparation (ASP) garde sa valeur dans les
syndromes occlusif et perforatif.
Ne disposant pas de SCaImer ni d'artériographie, Je transit du grêle demeure pour
nous l'examen de base en dehors d'une complication aiguë. 11 nous a pennis
d'évoquer le diagnostic dans seulement 2 cas. Le faible taux d'utilisation de cet
examen dans le diagnostic des tumeurs malignes du grêle est dû d'une part aux
tableaux cliniques qui est celui d'une urgence et d'autre part au nombre insuffisant
de spécialistes de radiologie. Dans nos milieux, l'examen du transit du grêle
demeure l'examen de référence dans le diagnostic des CaI1Cers grêliques , Il pennel
de visualiser la valvule de Bauhin et l'iléon tenninal, et ainsi est utile dans Je
diagnostic des tumeurs situées sur ce segment intestinal. Il a permis de poser le
diagnostic dans 5 cas sur 6 dans la série de A YITE [12] , SETHI cité par A YITE
[12] signale que seulement t 0% des tumeurs malignes du grêle sur une série de 34
cas ont pu être diagnostiquées grâce à cet examen , HOLLENDER [61] fait état
d'une grande disparité dans la valeur diagnostique de cet examen (12 à 50%).
Dans tous les cas, dans notTe milieu, la suspicion d'une tumeur maligne du grêle est
faite à la laparotomie ,
Le bilan d'extension a noté des métastases hépatiques chez 2 malades.
c) Bi%gie:
Ne disposant pas de marqueurs biologiques, nous nous sommes contentés
d'examens biologiques de routine n'ayant aucune spécificité. Il s'agissait
essentiellement d)un bilan pré-opératoire.
c- Anatomie pathologique:
Les twneurs lymphosarcomateuses ont occupé le devant de la scène dans notre
série (75%). Nos résultats sont contraires à ceux de AYITE [12] au Togo, de
TrSSOT et SAKI cités par AYlTE [12] qui ont noté plutôt une prédominance des
adénocarcinomes.
DUICING signale une prédonùnance des adénocarcinomes au niveau iléale. Dans
notre courte série, nous avons noté que six tumeurs étaient localisées au niveau de
l'iJéon terminal et deux au niveau du jéjunum . Ces résultats sont identiques à ceux
de A YTTE [12] et de la littérature [33 ,34,54,61,981 qui notent que le siège de
prédilection des adénocarcinomes est généralement le jéjunum et celui des tumeurs
sarcomateuses l'iléon .
100
0- Traitement:
A- Aspects épidémiologiques:
a) fréquence.
En 6 ans et demi, 7 cancers de l'oesophage ont été recensés au CI-fNYO . Ils
ont représenté 0,65% de l'ensemble des cancers et 4,92% des cancers du tube
digestif.
Lorsque nOLIs comparons ces résultats à ceux d'autres pays, nous obtenons le tableau
suivant:
b) L'âge:
L'âge moyen a été de 57,14 ans avec des extrêmes de 35 et 78 ans; 70% des
patients avaient plus de 50 ans. PEGHfNI [96] au Sénégal et CORNET [31,32] en
Côte-d' 1voire ont noté respectivement un âge moyen de 48 ans avec des extrêmes de
J 7 et 74 ans et de 52,4 ans avec des extrêmes de 28 et 83 ans.
A YI TE [II] au Togo a noté une prédominance dans la tranche d'âge de 50-59 ans et
un âge moyen de 59 ans.
Dans les séries africaines du sud et de l'est, il est de 50 à 55 ans [58].
En Europe, l'âge de prédilection de ce cancer se situe habituellement entre 60 et 70
ans [56,58,74,82]. En France par exemple, l'àge moyen de survenue est de 65 ans.
c) Le sexe:
Tous nos patients étaient de sexe masculin.
Cette classique prédominance masculine a été notée dans les séries africaines et
ailleurs dans le monde. Ainsi, PEGHJNI [96] au Sénégal, CORNET [31,32] en
Côte-d'Ivoire ont noté respectivement un sex-ratio de 2,3 8 et 4,33 hommes pour une
femme.
KADENDE [65] a relevé 8 cancers de l'oesophage survenus tous chez des hommes.
En France, le cancer oesophagjen touche 15 à 30 fois plus l'homme que la fenune
[56,58,74,82].
102
La différence entre le sexe pourrait s'expliquer par [es habitudes alimentaires. Les
hommes consommeraient plus d'alcool et de tabac que les feIrunes, p,incipaux
facteurs incriminés dans la genèse du cancer de ['oesophage (17)1,32 ,74].
B- Diagnostic:
La dysphagie, maître symptôme du cancer de l'oesophage [56,58,74] est
retrouvée chez tous nos patients. Malheureusement elle est un signe déjà tardif. La
dysphagie entraîne une dénutrition avec altération importante de l'état général.
Le délai de consultation a été de 10 mois. CORNET [32] a noté que 67% des
malades consultent après 3 mois et 31% après 9 mois.
c- Aspects anatomopathologiques:
L'aspect macroscopique habituel est celui d'une lésion végétante et ulcérée,
souvent circonférencielle et sténosante [56,58,74] .
Dans notre série, les fOlmes mixtes (ulcéro-bourgeonnantes, ulcéro-infiltrantes) ont
été rencontrées dans 85,7\ % des cas.
Dans 6 cas, la tumeur siégeait au 1/3 inférieur de l'oesophage.
CORNET [32] en Côte-d'Ivoire et PEGHfNI [96] au Sénégal ont noté
respectivement 25 et 19,67% au niveau de cette loca[isation.
Le cancer de J'oesophage est dans 95% des cas un carcinome malpighien
épidermoïde [25,26,56,58,67,74]. Nous avons trouvé 5 carcinomes épidennoïdes sur
7. PEGHrNI [96] et CORNET [32] ont noté respectivement 9\ et 86,66% de cas de
cancers épidennoïdes.
La muqueuse malpighienne est à l'origine habituelle des cancers oesophagiens et
ceci explique que le carcinome épidennoïde ou épithélioma malpighien spmo-
cellulaire soit donc le type histologique le plus rencontré [56,58,74] .
D- Aspects thérapeutiques:
La chirurgie représente la seule anne thérapeutique dans notre pays. Mais
l'abstention thérapeutique a été décidée dans tous les cas à cause du mauvais état
général: dénutrition et cachexie majeure de nos patients .
1(l]
b)-L'âge:
L'âge moyen dans notre sene a été de 52 ans . Cet âge jeune est retrouvé
ailleurs en Afrique. Ainsi, ASSOHOUN (5] et BAGNAN [14] ont noté
respectivement un âge moyen de 49,39 ans et 56 ans.
Ailleurs dans le monde, l'âge moyen se situe autour de 65 ans; les cancer de l'anus
est rare avant 40 ans et exceptionnel avant 30 ans [38, Ill].
c)- Le sexe:
Nous avons noté une prédominance masculine: 4 hommes et 3 femmes avec un
sex-ratio de 1,3311. BAGNAN [14] et OLUWOLE [91] ont noté également cette
prédominance masculine.
Dans la littérature au contraire, la tumeur maligne de l'anus sUIvient plus
fréquemment chez la femme que chez l'homme. Le sex-ratio est habituellement de 2
à 6 femmes pour un homme [38, [ Il]. PILLERON, cité par ASSOHOUN [5] sur 80
cas de cancers de l'anus rapportent 3 fois plus de femmes que d'hommes.
Il semble que la démographie des [onnes masculines est en train de changer avec
l'émergence d'une nouvelle population d'hommes homo- ou bisexuels [111J ou
ayant des antécédents de condylomes.
[04
B)-Diagnostic:
Les aspects cliniques ont été des écoulements sanguinolents mêlés aux selles
chez 3 patients, une tuméfaction anale chez 3 patients.
BEAHRS [111] et STEARNS [Ill] ont noté respectivement que 46 et 50% des
patients consultent pour des écoulements de sang par l'anus, associés ou non aux
selles.
Un patient a consulté pour une altération de l'état général accompagnée d'une toux
chronique. AI' examen clinique, nous avons noté des hémorroïdes.
La radiographie pulmonaire demandée a révélé une métastase pulmonaire. Le
diagnostic d'un cancer primitif a été donc suspecté.
Une biopsie des hémorroïdes a été faite et envoyé dans le service d'anatomie
pathologique. Le résultat a été un adénocarcinome.
En effet, dans la littérature, la découverte fortuite sur une pièce d 'hémorrol'dectomie
n'est pas rare, 7,7% pour GOLDEN, 5,7% pour WELCH [111]. n semble également
que des degrés variables de dysplasie épithéliale peuvent être rencontTés à l'examen
histologique des pièces d'hémorroïdectomie [11 J].
D)-Traitement:
Actuellement, la radiothérapie est le traitement qui est généralement mis en
oeuvre devant un cancer anal en France [38, Ill].
Ne disposant pas de cette thérapeutique chez nous, notre attitude thérapeutique a été
simplement un traitement symptomatique. Il s'agit donc essentiellement d'une
abstention thérapeutique.
Aucun patient n'a été opéré, des biopsies chirurgicales ont été simplement
pratiquées dans un but diagnostic.
105
CONCLUSION
106
CONCLUSION
De Janvier 1990 à Juin 1996, soit 6 ans et demi nous avons recensé au
CHNYO 1069 cancers dont 142 cancers du tube digestif.
L'analyse rétrospective des 142 cancers, faÎt apparaÎtTe que les cancers du tube
digestif au Burkina (13,28% de l'ensemble des cancers) ne sont pas aussi rares.
Les cancers gastriques (47,88% des cancers du tube digesti f) prédominent dans
notTe étude. Ils sont SUIVIS respectTvement par les tumeurs malignes du côlon
(28, l6%), du rectum (8,45%), de l'intestin grêle (5,63%), de l'oesophage et de
,'anus (4,92%).
Le cancer du tube digestif a été noté chez 1'homme dans 73,23% des cas
contre 26,76% chez la femme. Le sex-ratio a été de 2,7 hommes pour une femme.
La prédominance masculine de la maladie constatée ailleurs, s'observe au niveau de
tous les segments du tube digestif.
Nos patients etaient relativement plus jeunes que ceux des pays industrialTsés.
L'âge moyen était de 51 ans contre 65 ans en Europe et en Amérique du Nord. Cette
survenue précoce des cancers pourrait s'expliquer par l'espérance de vie qui est
basse en Amque.
Les lésions précancéreuses quoI que rares ont été rencontTées dans les
antécédents de nos patients.
Le diagnostic de ces cancers a été toujours tardif.
L'amélioration des techniques de dépistage en particulier la pratique de
l'endoscopie serait d'un grand apport dans la stratégie diagnostique. Son
développement en milieu tropical est indispensable.
Le traitement a été presque exclusivement chirurgical dans notre milieu. ,
Le pronostic de ces cancers est toujours réservé à cause du diagnostic tardif et
du traitement chirurgical le plus souvent palliatif.
L'amélioration de nos conditions de travail, des moyens diagnostiques et la
sensibilisation de la population pennettront dans les années à venir de prévenir ces
cancers, de faire un diagnostic précoce et d'obtenir de meilleurs résultats
thérapeu ti ques.
107
SUGGESTIONS
lOg
SUGGESTIONS
- faire des études prospectives sur les cancers gastriques et coliques afin de
savoir leur fréquence réelle au [Link], les facteurs favorisants, dans le but de
développer des mesures de prévention.
Au niveau de l'hôpital:
RESUME
110
RESUME
Les cancers du tube digestif (CTO) Ile doivent pas êb·e considérés aujourd 'hui
comme rares au Burkina-Faso.
Cent quarante deux (! 42) cancers du tube digestif (CTO) ont été étudiés
rétrospectivement de Janvier 1990 à Juin 1996 au CHNYO de Ouagadougou. JIs ont
représenté J 3,28% de l'ensemble des cancers.
Le nombre de cas était progressivement croissante avec une incidence
moyenne de 22 cas par an.
La prédominance masculine était nette avec 73,23% d'hommes contre 26,76%
de fenunes soit un sex-ratÎo de 2,55/].
Nos patients étaient relativement plus jeunes que ceux des pays industrialisés.
L'âge moyen était de 51 ans contre 65 ans en Europe et en Amérique du Nord.
Environ 3/4 (73,23%) des patients avaient moins de 60 ans.
Nous avons noté une prédominance des localisations gastrique et colique avec
respectivement 68 et 40 cas.
Les lésions précancéreuses quoi que rares ont été rencontrées dans les
antécédents de nos patients.
Le diagnostic de ces cancers a toujours été tardif, le plus SOl/vent à un stade de
complications. Le traitement a été presque exclusivement chimrgical.
Le pronostic des patients atteints de ces cancers est toujours réservé à cause du
diagnostic tardif et du traitement chifllrgical qui a été le plus sOlive nt palliatif.
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112
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ANNEXE
124
EludianUElève 11Autres 11
SERMENT DtHYPOCRATE
RESUME
Les cancers du tube digestif (CTO) ne doivent pas être considérés aujourd'hui
comme rares au Burkina-Faso.
Cent quarante deux (142) cancers du tube digestif (CTD) ont été étudiés
retrospectivement de Janvier 1990 à Juin 1996 au CHNYO de Ouagadougou . Ils ont
représenté 13,28% de {'ensemble des cancers.
Le nombre de cas était progressivement crojssant avec une incidence moyenne
de 22 cas par an .
La prédominance masculine était nette avec 73,23% d'hommes contre 26,76%
de femmes soit un sex-ratio de 2,55/].
Nos patients étaient relativement plus jeunes que ceux des pays industrialisés.
L'âge moyen était de 51 ans contre 65 ans en Europe et en Amérique du Nord .
Environ 3/4 (73,23%) des patients avaient moins de 60 ans.
NOlis avons noté une prédominance des localisations gastrique et colique avec
respectivement 68 et 40 cas.
Des lésions précancéreuses ont été rencontrées dans les antécédents de nos
patients.
Le diagnostic de ces cancers a toujours été tardif, le plus souvent à un stade de
complications. Le traitement a été presque exclusivement chimrgical.
Le pronostic des patients atteints de ces cancers est toujours réservé à cause du
diagnostic tardif et du traitement chirurgical qui a été le plus souvent palliatif.